donc comme oui donc comme le comme ça a été dit notre laboratoire est plutôt connu
pour l'histoire ancienne et la numismatique
un peu moins pour euh d'autres recherches
et c'est un peu d'un esprit de provocation
que j'ai choisi euh c'est de présenter ce travail-là
alors euh bon provocation oui et non non
aussi pour montrer l'ouverture du laboratoire
euh
entre autres
parce que cette recherche
elle est menée en liaison aussi
avec un doctorant d'un autre labo
qui est le laboratoire Polen
c'est monsieur Christian de Valence donc avec qui on travaille dans le
dans ce cadre-là
bon ce qui permet de montrer bon c'est des journées f- qui font
je pense mises en place pour mettre en place des collaborations aussi entre équipes
donc c'est
c'est peut-être aussi bien de travailler là
et puis en ces périodes un peu troubles c'est une provocation personnelle
pour montrer que l'immigration c'est un une
c'est un enrichissement pour la société
et que
à toute période elle a eu lieu
et que Orléans à une à à une époque a pu en tirer parti
grâce à l'arrivée donc de ces immigrés italiens
qui étaient verriers et spécialistes et autres
donc voilà
donc contrairement à ce qu'on entend parler à l'heure actuelle
ça peut être important parfois de le rappeler
alors donc pour rappeler un peu le contexte
on est au dix-septième siècle
y a un certain nombre de
d'industries verrières en Italie
que ce soit Altare que ce soit Venise que ce soit tout un tas d'autres villes
et ces verriers vont
émigrer dans toute l'Europe
en apportant leur savoir-faire
et ce savoir-faire qui va faire des allers-retours
vu qu'on va le retrouver après en Italie parce qu'il y a
bon y a tout un tas de contacts
et je vais parler de l'un d'entre eux qui s'est établi à Orléans
qui est donc Bernardo Perroto plus connu sous le nom de Bernard Perrot
sur l- bon
sur lequel il y a eu une exposition euh l'année de y a deux ans euh au musée de
au musée des Beaux-Arts d'Orléans donc sur euh
son oeuvre
et montrer en quoi donc euh
ce verrier qui a énormément voyagé vu qu'on
bon avant de s'établir à Orléans il a été à Liège
il a voyagé un peu dans toute l'Europe
euh ce qu'il a apporté donc à l'histoire des sciences et techniques
et comment il s'intègre dans tout un mouvement
qu'on appelle un peu les
les verriers alchimistes au dix-septième siècle
d'ailleurs à propos de verriers alchimistes y a eu en deux mille huit
une un livre très important euh
très très bien fait euh publié par le Corning Museum of Glass
qui s'appelle Glass of the Alchemists
donc le verre c- le les cristals de plomb et le verre euh rubis le le rouge rubis à l'or
et
à la grande surprise
quand on regarde ce livre
on voit que l'on parle d'un certain nombre de verriers
alors ça commence par Antonio Neri avec l'Arte Vetraria hein
donc euh du siècle enfin plutôt euh oui seizième tout début dix-septième
puis on parle de Glauber on parle de Kraft de Becker de Kunckel
qui est quand même bien bien connu de Ravenscroft
qui sera connu parce qu'il a déposé le premier un brevet de fabrication du verre cristal
on parle aussi de Böttger qui est connu pour l'invention de la porcelaine
nulle part il est fait mention
de
trois personnes qui pourtant d'après si on
regarde les recherches de Christian de Valence
ont eu un rôle quand même dans cette époque
Bernard Perrot
Nicolas Toinard un autre savant orléanais
et John Locke un serv- un savant anglais
alors Bernard Perrot
qui est-il ?
c'est un verrier donc qui i- vient venir s'installer à Orléans en seize cent soixante-huit
qui va être
très tôt je dirais remarqué par la cour
il va avoir des patentes il va avoir des des
privilèges de fabrication
et il est surtout connu donc pour son inventivité pour un certain nombre de choses
en particulier le verre coulé en table
la mise en le travail du verre au plomb
donc en même temps que Ravenscroft qui lui a déposé donc un brevet
le verre rouge à l'or
et on va voir en quoi ce verrier se distingue des autres
et puis des verres imitant la porcelaine
c'est-à-dire qu'il est vraiment dans ce courant des mouvements des alchimistes
par ses oeuvres
alors on a un certain nombre d'articles
qui sont euh soit dans le Mercure Galant
soit dans le livre commode des adresses donc de Paris
donc de des
de la fin du dix-septième
par contre le problème c'est qu'on n'a pas d'écrits
contrairement à d'autres
il n'a pas laissé de même si il la s-
il a paraît-il travaillé un manuscrit il a travaillé dans
on n'a pas de sources écrites de lui
on n'a pas de reste
c'est peut-être pour ça qu'il est pas resté dans l'histoire comme d'autres de ses collègues
donc Bernard Perrot verrier immigré
d'Altare
dans un premier temps bah je vais essayer de montrer
comment il s'inscrit dans ce courant de l'histoire des sciences et des techniques
donc euh du
dix-septième siècle
ici nous avons deux illustrations
une du dix-septiè- une du dix-huitième
qui est une table de coulée de Saint-Gobain
euh suite bon sachant que c'est Perrot qui a eu quand m- le premier déposé ce cette sorte de brevet
et une recette
donc du dix-septième siècle
enfin pas une recette une liste d'ingrédients de verrier
tirée d'un manuscrit donc du dix-septième siècle
alors
les les premières études que je vais montrer
c'est une étude qui a été faite y a deux ans en collaboration avec euh
Isabelle Biron du Louvre
sur un certain nombre d'oeuvres attribuées à Perrot
et
très vite la surprise ça a été de voir que dans les verres
attribués à Bernard Perrot
on a
énormément de verres au plomb de cristal de plomb
qui sont donc parmi les premiers vu que
sei- seize cent soixante-quatorze Ravenscroft dépose la patente
euh en Angleterre
bon
on connaît ces verres dès le quinzième siècle à Venise mais ils sont très rares
et c'est vraiment le dix-septième la et la le
dernier quart du dix-septième qui va qui va voir l'explosion de ces verres
alors ce qu'il faut savoir c'est qu'officiellement
en France
le verre au plomb n'est introduit que un siècle plus tard
par les manuf- euh par les manufactures donc de Saint la verrerie de Saint-Louis
et avant
il en est
jamais fait euh mention
or
la plupart des verres analysés de Bernard Perrot sont des verres au plomb
donc les premiers on voit des oeuvres
un peu kitsch parfois
euh des verres qui contiennent entre cinq et vingt-cinq pour cent de plomb
on peut penser que ce sont les
premières productions
c'est des compositions extrêmement variables
y a rien de fixé
avec des oxydes bon euh cuivre cobalt et autres
et puis un certain nombre de verres
qui ont plutôt trente à trente-cinq pour cent d'oxyde de plomb
c'est le cristal que l'on connaît hein
c'est la cette composition qui va rester euh et autres
et y a au moins
parmi les oeuvres attribuées à Perrot des oeuvres qui sont indiscutables
ce sont les portraits
du Duc d'Orléans ou de Louis XIV
parce que là on a des textes
qui mentionnent donc la remise de ces portraits le
la fabrication de ces portraits donc euh que ce soit le Mercure Galant ou autre
et leur analyse montre qu'on a vraiment du verre cristal
trente à trente-cinq pour cent d'oxyde de plomb
et
donc produits certainement
entre les années seize cent quatre-vingt et seize cent quatre-vingt-dix
donc pratiquement en même temps que leur première production attestée en Angleterre
voilà
ensuite d'autres verres donc voilà donc les fourchettes de composition
on voit que ce sont des verres extrêmement variables
donc euh de cinq à trente-cinq pour cent de plomb
de s-
pratiquement pas de chaux à trois pour cent
des verres qui sont plutôt potassiques huit douze pour cent
donc
des productions un peu
donc on a l'impression que quelque chose qui tâtonne
c'est pas une production définie
c'est tout un tas de productions qui évoluent d'une pièce à l'autre
on a aussi des verres translucides rouges
alors ce verre rouge rubis à l'or qui est euh
lié aussi pas mal à l'alchimie
parce que y a ça entraîne un certain nombre d'éléments y a l'or y a l'arsenic y a tout un
y a l'eau régale
c'est des premières manipul- manipulations
et là encore
alors que ces verres commencent à se développer dans l'Europe par Kunckel et autres
on voit apparaître donc dans les productions de Bernard Perrot
des verres
donc qui contiennent à la fois du plomb et qui sont des verres rouge à l'or
donc ce sont des silica-
ce sont donc des des verres silico-potasso-calciques
de composition là encore extrêmement variable
mais ce qui est intéressant
c'est que donc euh le verre rouge à l'or il est connu dans le l'histoire
par la Pourpre de Cassius
c'est une recette bien spécifique qui fait intervenir de l'or de l'étain et du chlore
ces éléments sont totalement enfin hormis l'or
ces éléments sont totalement absents des recettes
de Perrot
et on a des verres qui contiennent
de l'arsenic
et de l'or
donc vraiment une recette à part
et cette recette
on va ne la retrouver dans les manuscrits
vénitiens
que vraiment à la fin du dix-septième siècle
et plutôt au dix-huitième siècle
et on a eu la chance d'analyser dans le cadre de cette étude des verres qui viennent de Murano
et les verres qui ont cette composition
sont plutôt des verres début dix-huitième
alors que là on a des verres de la du dernier quart du dix-septième
donc
une recette originale
qui s'inscrit dans un mouvement de recherche
alors euh Christian de Valence serait là il ferait le lien avec l'affaire des poisons
avec tout un tas de choses euh de ce genre-là
là on va rester vraiment à la physique et à la chimie
on va laisser euh ces
plutôt donc au niveau composition et l'insertion donc de Perrot
dans ce mouvement donc de d- des verriers alchimistes qui qui nous intéressent
et donc on voit
un cer- une certaine innovation qui apparaît
donc là encore des fourchettes de composition très variables
donc ce sont des verres dont la couleur est liée à la présence d'or
dissout donc euh à l'état colloïdal dans le verre
et puis aussi les verres opaques
un autre privilège de Bernard Perrot
donc des verres opaques blancs qui imitent la porcelaine
donc plus faciles à travailler
vu qu'un verre on va le mouler
on va en faire ce qu'on veut donc plus facile à à fabriquer qu'un objet en porcelaine
et là encore lorsqu'on avait fait l'étude avec euh Isabelle Biron
y a une chose qui nous avait énormément surprise
c'est la dernière coupe qui est en bas
on avait un verre
avec une opacification à l'arsenic
or
cette opacification à l'arsenic c'est vraiment
l'extrême fin du dix-septième
là encore c'est plutôt le début du dix-huitième dans les recettes vénitiennes
ce verre est-il vraiment
à B- euh de Bernard Perrot
ou est-il plutôt euh une production différente ?
donc la question euh se se posait
et lorsqu'on avait fait l'étude
d'abord c'est vrai qu'on avait quand même un point d'intér- d'interrogation
et une des conclusions qu'on avait eue avec euh Isabelle Biron de lors de cette étude
c'était dans toutes les verres qu'on n- dans tous les verres qu'on nous avait fait analyser
sur les productions attribuées à Bernard Perrot
est-ce qu'il y avait pas d'autres choses ?
est-ce qu'il y avait pas d'autres productions ?
euh parce que c'est vrai qu'une telle variabilité dans l'oeuvre d'un verrier
ça nous surprenait un petit peu
mais enfin donc notre conclusion c'était que
bah Bernard Perrot était quand même quelqu'un d'extrêmement inventif
qui venant d'Italie où on te fait des verres à la soude
va f- très rapidement se s'adapter au verre potassique
donc typique du centre de la France
et puis i- il u- i- il fabrique et il utilise des verres
on retrouve dans ses productions des choses
que l'on va retrouver
en même temps qui sont publiées en même temps dans tout le reste de l'Europe
donc vraiment au sein d'un mouvement
euh
d'innovation euh verrière
à la fois technique et à la fois chimique
alors
ça donc c'était la partie Bernard Perrot
je dirais euh acteur des sciences et techniques de son temps
mais Bernard Perrot c'est un Orléanais
il va laisser des tra- un certain nombre de traces dans Orléans
dont les traces les plus importantes sont dans
les roses des cathédrales n- nord euh
des transepts nord et sud de la cathédrale d'Orléans
comme euh nous avons pu le montrer récemment
alors pour ça
bon on se met pas à étudier des verres de cathédrale euh
simplement au petit bonheur la chance
on avait un certain nombre de textes
et en particulier on a une facture publiée
par le petit-fils
du verrier qui a
qui a fabriqué donc les verres des roses des transepts euh d'Or- d'Orléans
donc comme je dis que comme on aime bien dire
c'est une très magnifique cathédrale gothique construite
au dix-septième siècle
donc euh
à la gloire du roi Louis XIV
quand on est s- la chance
d'aller sur l'édifice ben
il est partout hein y a son blason y a la couronne y a la fleur de Lys
y a le L y a vraiment euh et autres
mais ce qui nous intéresse c'est cette facture
qui est donc établie entre monsieur Le Vieil entrepreneur des vitres de de de Sainte-Croix
qui doit au sieur Perrot de la verrerie d'Orléans
pour les vitres de couleur qu'il a livrées
donc des verres rouges des verres bleus et des verres verts
donc qui vont
qu'on va retrouver dans la cathédrale
donc ça c'est le premier texte publié en dix-sept cent soixante-quatorze
par le petit-fils de monsieur Le Vieil
très bonne idée hein vous voyez
déjà un travail d'archive et des gens qui publient
des des vieux documents
euh
et on a aussi quand même tout les travaux de l'abbé Chenesseau
qui a sauvegardé euh ces archives qui ont disparu après euh
dans un ouvrage donc euh
sur la cathédrale d'Orléans
mais ce qui nous intéressera ici c'est surtout la remarque
de
Gui- euh de Gui- de Pierre Le Vieil par rapport aux verres conservés par son grand-père
et qui nous dit
j'ai conservé deux tables de ce verre de couleur d'environ un pied de superficie chacune
l'une bleue l'autre verte
que mon f- père fit
venir de Rouen
après le décès du sien
elles montrent assez par leurs contextures
d'un verre dur et épais
leurs surfaces ondées et raboteuses
combien l'art de la verrerie dans ce genre ét-
étoit déchu de l'état où il étoit dans le seizième siècle
c'est-à-dire qu'en gros
bah au seizième au dix-septième ils travaillaient comme des cochons
bon c'est un peu surprenant donc euh
l'idée donc c'était vu que Chenesseau
avait dit dans ses écrits
que
des roses des du travail fait par euh donc Guillaume Le Vieil ne restaient que les deux roses
lorsqu'il y a eu les travaux de restauration sur la cathédrale on s'est dit bon
on a travaillé sur des verres qui sont soi-disant de Perrot dans les
conservations des musées
on a peut-être la chance d'avoir vraiment
des productions de l'atelier en place
sur le euh
sur les roses du transept
et ben on va aller voir ce qu'il en est
alors
bah déjà euh
Gui- euh Pierre Le Vieil s'est pas trompé
quand on regarde les verres des vitraux
de la cathédrale d'Orléans en particulier les verres bleus et les verres verts
bah c'est pas du joli joli
c'est des verres qui ont vraiment une surface ondée raboteuse
là vous voyez l'état de surface de ces verres
alors bon typiquement ce sont des verres soufflés au manchon
mais qui ont une surface très ré- très euh ondée
et on voit ici donc en particulier le verre vert
avec euh une surface un peu grêlée euh vérolée je dirais euh
ce qui est vraiment euh
totalement différent des autres verres que l'on connaît sur un ensemble de cathédrales
donc déjà
par leur aspect
ces verres posaient un certain euh un certain questionnement
on a entrepris ensuite l'analyse de ces verres
bon on voit qu'il y a un certain nombre de défauts
ici par exemple y a un morceau de verre qui a éclaté lors de la cuisson de la grisaille
et qui s'est collé sur un au- sur une autre pièce
donc y a un certain nombre de défauts comme ça
puis c'est vrai des verres donc plutôt euh ondulés
quand on fait l'analyse de ces verres
bah on s'aperçoit qu'on a deux verres totalem-
euh deux types de verres totalement différents
tous les verres de couleur verres bleus
et rouges
sont des verres au plomb
ce qui est très surprenant
parce que le verre au plomb euh
seize cent quatre-vingt-neuf vient à peine d'être inventé
en Angleterre en seize cent soixante-quatorze
euh
et on a
pratiquement une des premières verrières
fait avec du cristal au plomb
ce qui pour une verrière est assez surprenant
parce que le verre au plomb c'est un verre lourd
et
bah oui Perrot faisait ces verres-là donc il a euh fourni du verre comme ça
et alors comment expliquer leur aspect bizarre ?
bah le verre au plomb a un point de fusion qui est un peu plus bas
et on peut penser que lorsque Guillaume Le Vieil a travaillé ces verres
pour appliquer sa grisaille il les a cuits
donc euh pour les retravailler
et bah il a appliqué les mêmes standards qu'il avait pour les verres calciques de l'époque
qui ont des points de fusion un peu plus hauts
bah ce qui explique que le verre euh dans le four a dû un peu se déformer
a dû un peu bullé a dû commencer à bouillir comme disent les verriers
et donc qui peut expliquer ces aspects
mais donc
on a
vraiment
la preuve par la composition de ces verres
que
Bernard Perrot travaillait du verre au plomb avec des compositions
dans la gamme
exactement dans la gamme de composition qu'on avait trouvée pour les
l'ensemble des pièces qui lui sont attribuées
voilà
et cerise sur la gâteau
on a eu la chance de travailler sur différents verres rouges
alors le verre rouge c'est un verre très classique hein euh chez Perrot
c'est une couche de verre rouge au cuivre
on n'est pas dans des rouges à l'or dans ce cas-là
sur un verre transparent
pourquoi ?
parce que le verre rouge est plutôt opaque
et donc pour avoir un verre transparent on met une très fine couche
une centaine de microns
de de verre
sur un verre tran- euh donc euh incolore
les deux verres sont des verres au plomb
et là quand je dis cerise sur le gâteau
c'est qu'on s'est aperçu que sur deux des pièces analysées
la composition des vitraux est exactement la même que celle d'un médaillon
donc
la boucle était un peu bouclée
on
donc
Perrot avait vraiment fourni ces verres
et ça correspond vraiment à la gamme de composition qu'on a travaillée
autre surprise c'est bon les travaux de Christian de Valence
sur les recherches donc sur Bernard Perrot
ont conduit à approximativement je dirais
localiser l'atelier dans une maison donc de la rue de la Recouvrance
et
grâce à l'accord du propriétaire
qui s'est montré très compréhensif et très intéressé
on a pu faire une certaine camp- une s- campagne de sondage
on s'est dit si l'atelier est là
un verrier qui travaille le plomb
l'arsenic et l'antimoine
ça doit laisser des traces
et bah on était très déçus y en avait aucune trace
aucune pollution de plomb d'arsenic et dans l'environnement
si ce n'est
juste sur la couche de superficie du sol
qui a servi de garage a une époque
donc on a plus probablement des traces d'essence au plomb
que des traces euh de verrier
euh
donc
choux blanc
pas tout à fait parce que
la maison était censée être rénovée
et euh
comme je dis l'entrepreneur et
et le propriétaire de la maison euh
étaient quand même relativement intéressés par nos recherches
et lorsqu'ils ont commencé à enlever le crépi d'un mur
quelle ne fut pas la surprise de tomber sur des blocs de verres dans ce mur
donc des choses qui avaient été mises en en remblai
bon
il nous a appelé
on est arrivé
alors là bon juste pour la petite image hein euh
c'est la pièce qui est supposée être l'atelier
donc un four tel qu'il était imaginé euh
enfin tel qu'il était sur une gravure de
de la fin du dix-septième on peut imaginer donc euh
on avait peut-être un four dans cette maison
qui ressemblait à ça avec les verriers qui travaillaient autour
mais ce qui nous a intéressés donc ce sont ces blocs de verre
retrouvés dans le mur à deux endroits différents
que l'on a donc analysés au laboratoire et
on a effectivement des verres au plomb
et par contre
la plus belle surprise
ça a été de trouver dans ces petits déchets de verre
un verre d'aspect blanchâtre opalin
et qui a pratiquement
alors
y a des différences
mais c'est le même opacifiant que dans ce verre à l'arsenic
donc
les verres
blancs opacifiés à l'arsenic
sont vraiment des verres de Bernard Perrot
et donc on a vraiment la confirmation
de
et la validation de l'ensemble des résultats qu'on avait obtenus
donc
Bernard Perrot c'est vraiment un verrier
au coeur de son temps et de l'histoire des sciences
qui a fait tout un tas de productions et d'essais donc
une production en perpétuelle je dirais euh renouvellement
expérimentation
avec des verres blancs à la fois à la cendre de euh
à la cendre d'os comme il se faisait à l'époque
mais aussi à l'arsenic
à l'antimoine
vraiment tout un tas d'essais
donc vraiment un verrier lié
au courant euh alchimiste euh
et au
courant je dirais d'innovation qui se fait en Europe
bon il avait voyagé à Liège
il avait voyagé dans tous les grands centres euh
européens avant de se fixer à Orléans
et on voit vraiment cet apport-là
voilà
et dernièrement je
avant de finir un petit peu cette conférence
dernièrement donc c'est à Orléans
alors c'est pas dans le quartier rue de la Recouvrance
c'est dommage
mais c'est les travaux du tram
qui ont mis
à jour cette petite pièce en verre
là
qui s'inscrit tout à fait dans un corpus d'objets qui sont attribués à Bernard Perrot
qu'on a pu étudier
et là encore on a un rouge à l'or
on a euh ce coup-ci un verre blanc à l'arsenic
et on a un cristal au plomb
donc tout à fait comparable
avec un certain nombre de pièces euh étudiées
donc euh de ce verrier
donc voilà c'est un des aspects des recherches de nos laboratoires
bon c'est ça reste très minoritaire
vu que le laboratoire est surtout numismatique
et sur l'histoire ancienne
mais bon
voilà
c'était idée de présenter un peu d'autres choses qui se font et s-
dans des des domaines pour lesquels peut-être notre laboratoire est moins connu
merci si y a
des questions
est-ce que vous savez des
questions ?
à poser à Bernard Gratuze
qu'on a entendu qui était tout à fait euh
passionnant on voit bien que ce travail de de de recherche autour de
des matériaux qui
qui débouche sur des
conclusions euh en termes d'histoire
et des collaborations comme je dis entre euh
donc des doctorants de Polen qui sont intéressés sur l'histoire orléanaise
donc avec les textes et tout ça
donc pour arriver euh
à une
bon
à un semblant de à va je dirais
un début de conclusion sur cette sur cette histoire-là
est-ce qu'il a beaucoup eu
à l'étranger
?
alors
partout
alors c'était un des verriers je dirais
bon pas dire attitré du roi Louis XIV
mais c'était quand même euh un un des verriers du roi qui a eu des privilèges de fabrication
qui s'est fait
spolier à une époque d'une de ses innovations
qui était le verre coulé en table
vu que ça a été un privilège
et ensuite attribué à la verrerie de Saint-Gobain
euh mais euh
bon euh lorsque par exemple on
cette question de Valence serait mieux à même d'en parler
lorsque par exemple l'ambassadeur du Siam est venu
à Paris
Orlé- euh la ve- la verrerie d'Orléans
visiblement de Bernard Perrot a été visitée
euh il a été reçu euh donc euh plusieurs fois probablement à la cour
donc c'était quand même bon
les v- les portraits du Duc d'Orléans et de Louis XIV sont là pour en attester
c'est des fav- euh des cadeaux qui ont été remis au roi
donc qui sont conservés maintenant dans ce
y en à la Corning y en a au Louvre
y en a donc dans différents
donc c'est quand même un verrier
très connu de son temps
bon certainement un peu opportuniste
hein faut quand même pas euh pour euh réussir comme ça
mais qui a vraiment euh
je dirais participé pour moi à un grand mouvement d'innovation
et de recherche d'industrie verrière
et qui est peut-être euh
parce que justement
trop peu
peu de travaux avaient été faits jusqu'à maintenant
un peu trop méconnu
et il aurait sa place c'est vrai avec les Kunckel les Ravenscroft
euh certain nombre de choses
le
ce qui est dommage
c'est qu'il y ait pas d'écrits
y a pas eu de manuels de verrier qui traînent euh qui
qui restent de lui
la seule chose qu'on peut dire c'est qu'il y a un certain nombre de v-
verres qu'on a analysés
dont on va retrouver les recettes
plus tardivement dans des manuscrits vénitiens
c'est-à-dire
qu'on peut penser que ce mouvement
qui vient
d'Italie y a aussi un retour
et ce qui est marrant
par exemple c'est quand même l'Italie qui est connue pour les verres plutôt sodiques
à la base de soude de salicorne
les recettes de verres
à l'or
sont inic-
uniquement pratiquement des recettes de verres potassiques
donc on voit très bien qu'elles reviennent de l'Europe du nord
et que c'est pas des recettes qui sont
issues
du du berceau italien
donc c'est que c-
ça
c'est certainement quelqu'un qui a beaucoup circulé
très en
très présent à la cour de par donc un certain nombre de privilèges et autres
donc voilà
tout qu'on peut dire mais
peu connu malheureusement
par des écrits et on a simplement des oeuvres qui lui sont attribuées
alors
euh une continuité
oui et non
c'est-à-dire que
y a visiblement après la verrerie d'Orléans après sa mort
y a eu une verrerie qui s'est établie à Fay-aux-Loges
par les descendants de Perrot
mais
qui n'ont pas continué je dirais à bon d'ab-
d'après le peu de des d'éléments qu'on a qui n'auraient pas continué
ce mouvement d'innovation
c'est-à-dire que
y a eu de la production mais de la production plus classique
y a pas eu ces pre-
y a pas eu vraiment de continuité de production de verres cristal
de verres rouge à l'or
toutes euh toutes ces productions-là
on n'a pas de trace
euh on a simplement
la mention de cette verrerie
par les descendants de Perrot sur Fay-aux-Loges
après la verrerie d'Orléans
donc euh
là peut-être d'autres recherches sont euh sont à poursuivre euh
dans dans ce domaine-là
est-ce est-ce qu'on sait ce ce qui a pu attirer euh un verrier italien à Orléans ?
alors
ce qu'on sait c'est que son oncle
était à Nevers
et que certainement y a eu des problèmes
de euh zones et de privilèges et de fabrication
c'est-à-
c'est-à-dire que bon euh c- c-
Bernard Perrot s'installer sur Nevers pour faire ça
il ne pouvait peut-être pas
pour des parce que donc c'était son oncle il était bon i-
y a des questions de droits de fabrication de patentes de lettres
donc euh donnés par le roi pour euh
pouvoir faire des productions à des endroits
et si ça se trouve le choix d'Orléans
c'est pas loin de Paris
et c'est peut-être aussi un endroit où y avait une sorte de vacance
qui pouvait donc avoir
et s'établir
et avoir des droits de production
qu'il n'aurait peut-être pas pu avoir ailleurs
parce que d'autres personnes avaient ces droits
donc euh
bon mais ça c'est vrai que sur ce domaine-là
c'est plus euh les recherches de monsieur de Valence
au niveau de Polen qui pourrait euh
bon euh
c'est c'est vraiment l'aspect historique c'est
moi c'est vrai que c'est plus l'aspect chimique euh qui
et sinon pour
pour dire c'est vraiment aussi une période où les
où les verriers d'Altare
émigrent dans toute l'Europe hein
on a bon on a vu sur la carte
y a les verriers vénitiens et tout et ça donc
y a vraiment un grand courant
et les gens s'installent
bon Orléans est peut-être aussi euh avec la Loire avec
les les matières premières qu'il fallait
y avait peut-être le milieu qu'il fallait aussi pour établir pour
pour pouvoir s'établir en tant que verrier hein
donc euh
très bien