donc comme oui donc comme le comme ça a été dit notre laboratoire est plutôt connu pour l'histoire ancienne et la numismatique un peu moins pour euh d'autres recherches et c'est un peu d'un esprit de provocation que j'ai choisi euh c'est de présenter ce travail-là alors euh bon provocation oui et non non aussi pour montrer l'ouverture du laboratoire euh entre autres parce que cette recherche elle est menée en liaison aussi avec un doctorant d'un autre labo qui est le laboratoire Polen c'est monsieur Christian de Valence donc avec qui on travaille dans le dans ce cadre-là bon ce qui permet de montrer bon c'est des journées f- qui font je pense mises en place pour mettre en place des collaborations aussi entre équipes donc c'est c'est peut-être aussi bien de travailler là et puis en ces périodes un peu troubles c'est une provocation personnelle pour montrer que l'immigration c'est un une c'est un enrichissement pour la société et que à toute période elle a eu lieu et que Orléans à une à à une époque a pu en tirer parti grâce à l'arrivée donc de ces immigrés italiens qui étaient verriers et spécialistes et autres donc voilà donc contrairement à ce qu'on entend parler à l'heure actuelle ça peut être important parfois de le rappeler alors donc pour rappeler un peu le contexte on est au dix-septième siècle y a un certain nombre de d'industries verrières en Italie que ce soit Altare que ce soit Venise que ce soit tout un tas d'autres villes et ces verriers vont émigrer dans toute l'Europe en apportant leur savoir-faire et ce savoir-faire qui va faire des allers-retours vu qu'on va le retrouver après en Italie parce qu'il y a bon y a tout un tas de contacts et je vais parler de l'un d'entre eux qui s'est établi à Orléans qui est donc Bernardo Perroto plus connu sous le nom de Bernard Perrot sur l- bon sur lequel il y a eu une exposition euh l'année de y a deux ans euh au musée de au musée des Beaux-Arts d'Orléans donc sur euh son oeuvre et montrer en quoi donc euh ce verrier qui a énormément voyagé vu qu'on bon avant de s'établir à Orléans il a été à Liège il a voyagé un peu dans toute l'Europe euh ce qu'il a apporté donc à l'histoire des sciences et techniques et comment il s'intègre dans tout un mouvement qu'on appelle un peu les les verriers alchimistes au dix-septième siècle d'ailleurs à propos de verriers alchimistes y a eu en deux mille huit une un livre très important euh très très bien fait euh publié par le Corning Museum of Glass qui s'appelle Glass of the Alchemists donc le verre c- le les cristals de plomb et le verre euh rubis le le rouge rubis à l'or et à la grande surprise quand on regarde ce livre on voit que l'on parle d'un certain nombre de verriers alors ça commence par Antonio Neri avec l'Arte Vetraria hein donc euh du siècle enfin plutôt euh oui seizième tout début dix-septième puis on parle de Glauber on parle de Kraft de Becker de Kunckel qui est quand même bien bien connu de Ravenscroft qui sera connu parce qu'il a déposé le premier un brevet de fabrication du verre cristal on parle aussi de Böttger qui est connu pour l'invention de la porcelaine nulle part il est fait mention de trois personnes qui pourtant d'après si on regarde les recherches de Christian de Valence ont eu un rôle quand même dans cette époque Bernard Perrot Nicolas Toinard un autre savant orléanais et John Locke un serv- un savant anglais alors Bernard Perrot qui est-il ? c'est un verrier donc qui i- vient venir s'installer à Orléans en seize cent soixante-huit qui va être très tôt je dirais remarqué par la cour il va avoir des patentes il va avoir des des privilèges de fabrication et il est surtout connu donc pour son inventivité pour un certain nombre de choses en particulier le verre coulé en table la mise en le travail du verre au plomb donc en même temps que Ravenscroft qui lui a déposé donc un brevet le verre rouge à l'or et on va voir en quoi ce verrier se distingue des autres et puis des verres imitant la porcelaine c'est-à-dire qu'il est vraiment dans ce courant des mouvements des alchimistes par ses oeuvres alors on a un certain nombre d'articles qui sont euh soit dans le Mercure Galant soit dans le livre commode des adresses donc de Paris donc de des de la fin du dix-septième par contre le problème c'est qu'on n'a pas d'écrits contrairement à d'autres il n'a pas laissé de même si il la s- il a paraît-il travaillé un manuscrit il a travaillé dans on n'a pas de sources écrites de lui on n'a pas de reste c'est peut-être pour ça qu'il est pas resté dans l'histoire comme d'autres de ses collègues donc Bernard Perrot verrier immigré d'Altare dans un premier temps bah je vais essayer de montrer comment il s'inscrit dans ce courant de l'histoire des sciences et des techniques donc euh du dix-septième siècle ici nous avons deux illustrations une du dix-septiè- une du dix-huitième qui est une table de coulée de Saint-Gobain euh suite bon sachant que c'est Perrot qui a eu quand m- le premier déposé ce cette sorte de brevet et une recette donc du dix-septième siècle enfin pas une recette une liste d'ingrédients de verrier tirée d'un manuscrit donc du dix-septième siècle alors les les premières études que je vais montrer c'est une étude qui a été faite y a deux ans en collaboration avec euh Isabelle Biron du Louvre sur un certain nombre d'oeuvres attribuées à Perrot et très vite la surprise ça a été de voir que dans les verres attribués à Bernard Perrot on a énormément de verres au plomb de cristal de plomb qui sont donc parmi les premiers vu que sei- seize cent soixante-quatorze Ravenscroft dépose la patente euh en Angleterre bon on connaît ces verres dès le quinzième siècle à Venise mais ils sont très rares et c'est vraiment le dix-septième la et la le dernier quart du dix-septième qui va qui va voir l'explosion de ces verres alors ce qu'il faut savoir c'est qu'officiellement en France le verre au plomb n'est introduit que un siècle plus tard par les manuf- euh par les manufactures donc de Saint la verrerie de Saint-Louis et avant il en est jamais fait euh mention or la plupart des verres analysés de Bernard Perrot sont des verres au plomb donc les premiers on voit des oeuvres un peu kitsch parfois euh des verres qui contiennent entre cinq et vingt-cinq pour cent de plomb on peut penser que ce sont les premières productions c'est des compositions extrêmement variables y a rien de fixé avec des oxydes bon euh cuivre cobalt et autres et puis un certain nombre de verres qui ont plutôt trente à trente-cinq pour cent d'oxyde de plomb c'est le cristal que l'on connaît hein c'est la cette composition qui va rester euh et autres et y a au moins parmi les oeuvres attribuées à Perrot des oeuvres qui sont indiscutables ce sont les portraits du Duc d'Orléans ou de Louis XIV parce que là on a des textes qui mentionnent donc la remise de ces portraits le la fabrication de ces portraits donc euh que ce soit le Mercure Galant ou autre et leur analyse montre qu'on a vraiment du verre cristal trente à trente-cinq pour cent d'oxyde de plomb et donc produits certainement entre les années seize cent quatre-vingt et seize cent quatre-vingt-dix donc pratiquement en même temps que leur première production attestée en Angleterre voilà ensuite d'autres verres donc voilà donc les fourchettes de composition on voit que ce sont des verres extrêmement variables donc euh de cinq à trente-cinq pour cent de plomb de s- pratiquement pas de chaux à trois pour cent des verres qui sont plutôt potassiques huit douze pour cent donc des productions un peu donc on a l'impression que quelque chose qui tâtonne c'est pas une production définie c'est tout un tas de productions qui évoluent d'une pièce à l'autre on a aussi des verres translucides rouges alors ce verre rouge rubis à l'or qui est euh lié aussi pas mal à l'alchimie parce que y a ça entraîne un certain nombre d'éléments y a l'or y a l'arsenic y a tout un y a l'eau régale c'est des premières manipul- manipulations et là encore alors que ces verres commencent à se développer dans l'Europe par Kunckel et autres on voit apparaître donc dans les productions de Bernard Perrot des verres donc qui contiennent à la fois du plomb et qui sont des verres rouge à l'or donc ce sont des silica- ce sont donc des des verres silico-potasso-calciques de composition là encore extrêmement variable mais ce qui est intéressant c'est que donc euh le verre rouge à l'or il est connu dans le l'histoire par la Pourpre de Cassius c'est une recette bien spécifique qui fait intervenir de l'or de l'étain et du chlore ces éléments sont totalement enfin hormis l'or ces éléments sont totalement absents des recettes de Perrot et on a des verres qui contiennent de l'arsenic et de l'or donc vraiment une recette à part et cette recette on va ne la retrouver dans les manuscrits vénitiens que vraiment à la fin du dix-septième siècle et plutôt au dix-huitième siècle et on a eu la chance d'analyser dans le cadre de cette étude des verres qui viennent de Murano et les verres qui ont cette composition sont plutôt des verres début dix-huitième alors que là on a des verres de la du dernier quart du dix-septième donc une recette originale qui s'inscrit dans un mouvement de recherche alors euh Christian de Valence serait là il ferait le lien avec l'affaire des poisons avec tout un tas de choses euh de ce genre-là là on va rester vraiment à la physique et à la chimie on va laisser euh ces plutôt donc au niveau composition et l'insertion donc de Perrot dans ce mouvement donc de d- des verriers alchimistes qui qui nous intéressent et donc on voit un cer- une certaine innovation qui apparaît donc là encore des fourchettes de composition très variables donc ce sont des verres dont la couleur est liée à la présence d'or dissout donc euh à l'état colloïdal dans le verre et puis aussi les verres opaques un autre privilège de Bernard Perrot donc des verres opaques blancs qui imitent la porcelaine donc plus faciles à travailler vu qu'un verre on va le mouler on va en faire ce qu'on veut donc plus facile à à fabriquer qu'un objet en porcelaine et là encore lorsqu'on avait fait l'étude avec euh Isabelle Biron y a une chose qui nous avait énormément surprise c'est la dernière coupe qui est en bas on avait un verre avec une opacification à l'arsenic or cette opacification à l'arsenic c'est vraiment l'extrême fin du dix-septième là encore c'est plutôt le début du dix-huitième dans les recettes vénitiennes ce verre est-il vraiment à B- euh de Bernard Perrot ou est-il plutôt euh une production différente ? donc la question euh se se posait et lorsqu'on avait fait l'étude d'abord c'est vrai qu'on avait quand même un point d'intér- d'interrogation et une des conclusions qu'on avait eue avec euh Isabelle Biron de lors de cette étude c'était dans toutes les verres qu'on n- dans tous les verres qu'on nous avait fait analyser sur les productions attribuées à Bernard Perrot est-ce qu'il y avait pas d'autres choses ? est-ce qu'il y avait pas d'autres productions ? euh parce que c'est vrai qu'une telle variabilité dans l'oeuvre d'un verrier ça nous surprenait un petit peu mais enfin donc notre conclusion c'était que bah Bernard Perrot était quand même quelqu'un d'extrêmement inventif qui venant d'Italie où on te fait des verres à la soude va f- très rapidement se s'adapter au verre potassique donc typique du centre de la France et puis i- il u- i- il fabrique et il utilise des verres on retrouve dans ses productions des choses que l'on va retrouver en même temps qui sont publiées en même temps dans tout le reste de l'Europe donc vraiment au sein d'un mouvement euh d'innovation euh verrière à la fois technique et à la fois chimique alors ça donc c'était la partie Bernard Perrot je dirais euh acteur des sciences et techniques de son temps mais Bernard Perrot c'est un Orléanais il va laisser des tra- un certain nombre de traces dans Orléans dont les traces les plus importantes sont dans les roses des cathédrales n- nord euh des transepts nord et sud de la cathédrale d'Orléans comme euh nous avons pu le montrer récemment alors pour ça bon on se met pas à étudier des verres de cathédrale euh simplement au petit bonheur la chance on avait un certain nombre de textes et en particulier on a une facture publiée par le petit-fils du verrier qui a qui a fabriqué donc les verres des roses des transepts euh d'Or- d'Orléans donc comme je dis que comme on aime bien dire c'est une très magnifique cathédrale gothique construite au dix-septième siècle donc euh à la gloire du roi Louis XIV quand on est s- la chance d'aller sur l'édifice ben il est partout hein y a son blason y a la couronne y a la fleur de Lys y a le L y a vraiment euh et autres mais ce qui nous intéresse c'est cette facture qui est donc établie entre monsieur Le Vieil entrepreneur des vitres de de de Sainte-Croix qui doit au sieur Perrot de la verrerie d'Orléans pour les vitres de couleur qu'il a livrées donc des verres rouges des verres bleus et des verres verts donc qui vont qu'on va retrouver dans la cathédrale donc ça c'est le premier texte publié en dix-sept cent soixante-quatorze par le petit-fils de monsieur Le Vieil très bonne idée hein vous voyez déjà un travail d'archive et des gens qui publient des des vieux documents euh et on a aussi quand même tout les travaux de l'abbé Chenesseau qui a sauvegardé euh ces archives qui ont disparu après euh dans un ouvrage donc euh sur la cathédrale d'Orléans mais ce qui nous intéressera ici c'est surtout la remarque de Gui- euh de Gui- de Pierre Le Vieil par rapport aux verres conservés par son grand-père et qui nous dit j'ai conservé deux tables de ce verre de couleur d'environ un pied de superficie chacune l'une bleue l'autre verte que mon f- père fit venir de Rouen après le décès du sien elles montrent assez par leurs contextures d'un verre dur et épais leurs surfaces ondées et raboteuses combien l'art de la verrerie dans ce genre ét- étoit déchu de l'état où il étoit dans le seizième siècle c'est-à-dire qu'en gros bah au seizième au dix-septième ils travaillaient comme des cochons bon c'est un peu surprenant donc euh l'idée donc c'était vu que Chenesseau avait dit dans ses écrits que des roses des du travail fait par euh donc Guillaume Le Vieil ne restaient que les deux roses lorsqu'il y a eu les travaux de restauration sur la cathédrale on s'est dit bon on a travaillé sur des verres qui sont soi-disant de Perrot dans les conservations des musées on a peut-être la chance d'avoir vraiment des productions de l'atelier en place sur le euh sur les roses du transept et ben on va aller voir ce qu'il en est alors bah déjà euh Gui- euh Pierre Le Vieil s'est pas trompé quand on regarde les verres des vitraux de la cathédrale d'Orléans en particulier les verres bleus et les verres verts bah c'est pas du joli joli c'est des verres qui ont vraiment une surface ondée raboteuse là vous voyez l'état de surface de ces verres alors bon typiquement ce sont des verres soufflés au manchon mais qui ont une surface très ré- très euh ondée et on voit ici donc en particulier le verre vert avec euh une surface un peu grêlée euh vérolée je dirais euh ce qui est vraiment euh totalement différent des autres verres que l'on connaît sur un ensemble de cathédrales donc déjà par leur aspect ces verres posaient un certain euh un certain questionnement on a entrepris ensuite l'analyse de ces verres bon on voit qu'il y a un certain nombre de défauts ici par exemple y a un morceau de verre qui a éclaté lors de la cuisson de la grisaille et qui s'est collé sur un au- sur une autre pièce donc y a un certain nombre de défauts comme ça puis c'est vrai des verres donc plutôt euh ondulés quand on fait l'analyse de ces verres bah on s'aperçoit qu'on a deux verres totalem- euh deux types de verres totalement différents tous les verres de couleur verres bleus et rouges sont des verres au plomb ce qui est très surprenant parce que le verre au plomb euh seize cent quatre-vingt-neuf vient à peine d'être inventé en Angleterre en seize cent soixante-quatorze euh et on a pratiquement une des premières verrières fait avec du cristal au plomb ce qui pour une verrière est assez surprenant parce que le verre au plomb c'est un verre lourd et bah oui Perrot faisait ces verres-là donc il a euh fourni du verre comme ça et alors comment expliquer leur aspect bizarre ? bah le verre au plomb a un point de fusion qui est un peu plus bas et on peut penser que lorsque Guillaume Le Vieil a travaillé ces verres pour appliquer sa grisaille il les a cuits donc euh pour les retravailler et bah il a appliqué les mêmes standards qu'il avait pour les verres calciques de l'époque qui ont des points de fusion un peu plus hauts bah ce qui explique que le verre euh dans le four a dû un peu se déformer a dû un peu bullé a dû commencer à bouillir comme disent les verriers et donc qui peut expliquer ces aspects mais donc on a vraiment la preuve par la composition de ces verres que Bernard Perrot travaillait du verre au plomb avec des compositions dans la gamme exactement dans la gamme de composition qu'on avait trouvée pour les l'ensemble des pièces qui lui sont attribuées voilà et cerise sur la gâteau on a eu la chance de travailler sur différents verres rouges alors le verre rouge c'est un verre très classique hein euh chez Perrot c'est une couche de verre rouge au cuivre on n'est pas dans des rouges à l'or dans ce cas-là sur un verre transparent pourquoi ? parce que le verre rouge est plutôt opaque et donc pour avoir un verre transparent on met une très fine couche une centaine de microns de de verre sur un verre tran- euh donc euh incolore les deux verres sont des verres au plomb et là quand je dis cerise sur le gâteau c'est qu'on s'est aperçu que sur deux des pièces analysées la composition des vitraux est exactement la même que celle d'un médaillon donc la boucle était un peu bouclée on donc Perrot avait vraiment fourni ces verres et ça correspond vraiment à la gamme de composition qu'on a travaillée autre surprise c'est bon les travaux de Christian de Valence sur les recherches donc sur Bernard Perrot ont conduit à approximativement je dirais localiser l'atelier dans une maison donc de la rue de la Recouvrance et grâce à l'accord du propriétaire qui s'est montré très compréhensif et très intéressé on a pu faire une certaine camp- une s- campagne de sondage on s'est dit si l'atelier est là un verrier qui travaille le plomb l'arsenic et l'antimoine ça doit laisser des traces et bah on était très déçus y en avait aucune trace aucune pollution de plomb d'arsenic et dans l'environnement si ce n'est juste sur la couche de superficie du sol qui a servi de garage a une époque donc on a plus probablement des traces d'essence au plomb que des traces euh de verrier euh donc choux blanc pas tout à fait parce que la maison était censée être rénovée et euh comme je dis l'entrepreneur et et le propriétaire de la maison euh étaient quand même relativement intéressés par nos recherches et lorsqu'ils ont commencé à enlever le crépi d'un mur quelle ne fut pas la surprise de tomber sur des blocs de verres dans ce mur donc des choses qui avaient été mises en en remblai bon il nous a appelé on est arrivé alors là bon juste pour la petite image hein euh c'est la pièce qui est supposée être l'atelier donc un four tel qu'il était imaginé euh enfin tel qu'il était sur une gravure de de la fin du dix-septième on peut imaginer donc euh on avait peut-être un four dans cette maison qui ressemblait à ça avec les verriers qui travaillaient autour mais ce qui nous a intéressés donc ce sont ces blocs de verre retrouvés dans le mur à deux endroits différents que l'on a donc analysés au laboratoire et on a effectivement des verres au plomb et par contre la plus belle surprise ça a été de trouver dans ces petits déchets de verre un verre d'aspect blanchâtre opalin et qui a pratiquement alors y a des différences mais c'est le même opacifiant que dans ce verre à l'arsenic donc les verres blancs opacifiés à l'arsenic sont vraiment des verres de Bernard Perrot et donc on a vraiment la confirmation de et la validation de l'ensemble des résultats qu'on avait obtenus donc Bernard Perrot c'est vraiment un verrier au coeur de son temps et de l'histoire des sciences qui a fait tout un tas de productions et d'essais donc une production en perpétuelle je dirais euh renouvellement expérimentation avec des verres blancs à la fois à la cendre de euh à la cendre d'os comme il se faisait à l'époque mais aussi à l'arsenic à l'antimoine vraiment tout un tas d'essais donc vraiment un verrier lié au courant euh alchimiste euh et au courant je dirais d'innovation qui se fait en Europe bon il avait voyagé à Liège il avait voyagé dans tous les grands centres euh européens avant de se fixer à Orléans et on voit vraiment cet apport-là voilà et dernièrement je avant de finir un petit peu cette conférence dernièrement donc c'est à Orléans alors c'est pas dans le quartier rue de la Recouvrance c'est dommage mais c'est les travaux du tram qui ont mis à jour cette petite pièce en verre qui s'inscrit tout à fait dans un corpus d'objets qui sont attribués à Bernard Perrot qu'on a pu étudier et là encore on a un rouge à l'or on a euh ce coup-ci un verre blanc à l'arsenic et on a un cristal au plomb donc tout à fait comparable avec un certain nombre de pièces euh étudiées donc euh de ce verrier donc voilà c'est un des aspects des recherches de nos laboratoires bon c'est ça reste très minoritaire vu que le laboratoire est surtout numismatique et sur l'histoire ancienne mais bon voilà c'était idée de présenter un peu d'autres choses qui se font et s- dans des des domaines pour lesquels peut-être notre laboratoire est moins connu merci si y a des questions est-ce que vous savez des questions ? à poser à Bernard Gratuze qu'on a entendu qui était tout à fait euh passionnant on voit bien que ce travail de de de recherche autour de des matériaux qui qui débouche sur des conclusions euh en termes d'histoire et des collaborations comme je dis entre euh donc des doctorants de Polen qui sont intéressés sur l'histoire orléanaise donc avec les textes et tout ça donc pour arriver euh à une bon à un semblant de à va je dirais un début de conclusion sur cette sur cette histoire-là est-ce qu'il a beaucoup eu à l'étranger ? alors partout alors c'était un des verriers je dirais bon pas dire attitré du roi Louis XIV mais c'était quand même euh un un des verriers du roi qui a eu des privilèges de fabrication qui s'est fait spolier à une époque d'une de ses innovations qui était le verre coulé en table vu que ça a été un privilège et ensuite attribué à la verrerie de Saint-Gobain euh mais euh bon euh lorsque par exemple on cette question de Valence serait mieux à même d'en parler lorsque par exemple l'ambassadeur du Siam est venu à Paris Orlé- euh la ve- la verrerie d'Orléans visiblement de Bernard Perrot a été visitée euh il a été reçu euh donc euh plusieurs fois probablement à la cour donc c'était quand même bon les v- les portraits du Duc d'Orléans et de Louis XIV sont là pour en attester c'est des fav- euh des cadeaux qui ont été remis au roi donc qui sont conservés maintenant dans ce y en à la Corning y en a au Louvre y en a donc dans différents donc c'est quand même un verrier très connu de son temps bon certainement un peu opportuniste hein faut quand même pas euh pour euh réussir comme ça mais qui a vraiment euh je dirais participé pour moi à un grand mouvement d'innovation et de recherche d'industrie verrière et qui est peut-être euh parce que justement trop peu peu de travaux avaient été faits jusqu'à maintenant un peu trop méconnu et il aurait sa place c'est vrai avec les Kunckel les Ravenscroft euh certain nombre de choses le ce qui est dommage c'est qu'il y ait pas d'écrits y a pas eu de manuels de verrier qui traînent euh qui qui restent de lui la seule chose qu'on peut dire c'est qu'il y a un certain nombre de v- verres qu'on a analysés dont on va retrouver les recettes plus tardivement dans des manuscrits vénitiens c'est-à-dire qu'on peut penser que ce mouvement qui vient d'Italie y a aussi un retour et ce qui est marrant par exemple c'est quand même l'Italie qui est connue pour les verres plutôt sodiques à la base de soude de salicorne les recettes de verres à l'or sont inic- uniquement pratiquement des recettes de verres potassiques donc on voit très bien qu'elles reviennent de l'Europe du nord et que c'est pas des recettes qui sont issues du du berceau italien donc c'est que c- ça c'est certainement quelqu'un qui a beaucoup circulé très en très présent à la cour de par donc un certain nombre de privilèges et autres donc voilà tout qu'on peut dire mais peu connu malheureusement par des écrits et on a simplement des oeuvres qui lui sont attribuées alors euh une continuité oui et non c'est-à-dire que y a visiblement après la verrerie d'Orléans après sa mort y a eu une verrerie qui s'est établie à Fay-aux-Loges par les descendants de Perrot mais qui n'ont pas continué je dirais à bon d'ab- d'après le peu de des d'éléments qu'on a qui n'auraient pas continué ce mouvement d'innovation c'est-à-dire que y a eu de la production mais de la production plus classique y a pas eu ces pre- y a pas eu vraiment de continuité de production de verres cristal de verres rouge à l'or toutes euh toutes ces productions-là on n'a pas de trace euh on a simplement la mention de cette verrerie par les descendants de Perrot sur Fay-aux-Loges après la verrerie d'Orléans donc euh là peut-être d'autres recherches sont euh sont à poursuivre euh dans dans ce domaine-là est-ce est-ce qu'on sait ce ce qui a pu attirer euh un verrier italien à Orléans ? alors ce qu'on sait c'est que son oncle était à Nevers et que certainement y a eu des problèmes de euh zones et de privilèges et de fabrication c'est-à- c'est-à-dire que bon euh c- c- Bernard Perrot s'installer sur Nevers pour faire ça il ne pouvait peut-être pas pour des parce que donc c'était son oncle il était bon i- y a des questions de droits de fabrication de patentes de lettres donc euh donnés par le roi pour euh pouvoir faire des productions à des endroits et si ça se trouve le choix d'Orléans c'est pas loin de Paris et c'est peut-être aussi un endroit où y avait une sorte de vacance qui pouvait donc avoir et s'établir et avoir des droits de production qu'il n'aurait peut-être pas pu avoir ailleurs parce que d'autres personnes avaient ces droits donc euh bon mais ça c'est vrai que sur ce domaine-là c'est plus euh les recherches de monsieur de Valence au niveau de Polen qui pourrait euh bon euh c'est c'est vraiment l'aspect historique c'est moi c'est vrai que c'est plus l'aspect chimique euh qui et sinon pour pour dire c'est vraiment aussi une période où les où les verriers d'Altare émigrent dans toute l'Europe hein on a bon on a vu sur la carte y a les verriers vénitiens et tout et ça donc y a vraiment un grand courant et les gens s'installent bon Orléans est peut-être aussi euh avec la Loire avec les les matières premières qu'il fallait y avait peut-être le milieu qu'il fallait aussi pour établir pour pour pouvoir s'établir en tant que verrier hein donc euh très bien