Corpus Reporterre Downloaded and encoded by Olivier Kraif Reporterre - Le média de l'écologie 2013 fr Le conseil général de Lozère rejette le schéma éolien lagazette.fr Reporterre 2013/01/01 lagazette.fr (1er janvier 2013 à 11h38,) Le conseil général de Lozère rejette le schéma éolien. Reporterre. fr

Le conseil général de Lozère rejette le schéma éolien

Le conseil général de Lozère a rejeté vendredi 21 décembre 2012 le volet sur l’éolien du schéma régional air-énergies présenté par le conseil régional Languedoc-Roussillon, au terme de longs débats, a-t-on appris samedi 22 [par 15 voix contre dix - Reporterre].

Si l’assemblée départementale s’est déclarée favorable au développement des énergies renouvelables dans le département, ainsi qu’aux diverses normes préconisées, notamment en matière de rejets de CO2, elle s’est très nettement opposée au projet éolien.

Après de longs débats, les élus ont décidé de séparer la question de l’éolien des autres préconisations de la région et d’organiser un vote à part. La majorité s’est alors prononcée contre l’implantation d’éoliennes dans le département.

Pour les élus défavorables au projet, le bât blesse quant aux zones protégées. Selon eux, aucune zone ne mérite moins que d’autres d’être protégée. La question se posait en particulier pour la Margeride, zone montagneuse peu peuplée qui aurait été le plus grand espace d’implantations.

Avis consultatif - L’avis du conseil général, tout comme le schéma régional, “n’est toutefois pas opposable légalement, et n’est donc que consultatif”, a rappelé le président du conseil général, Jean-Paul Pourquier (UMP).

Plus d’un million d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012 Reuters Reporterre 2013/01/01 Reuters (1er janvier 2013 à 11h50,) Plus d’un million d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012. Reporterre. fr

Plus d’un million d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012

Le PDG de Vinci a exercé en décembre des stock-options pour un montant de 1,42 million d’euros, selon un avis de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publié lundi 31 décembre.

Selon une déclaration faite au gendarme boursier le 24 décembre, Xavier Huillard a racheté le 20 décembre 40.000 actions au prix unitaire de 35,58 euros.

Le PDG du groupe de BTP avait déjà exercé des stock-options le 24 septembre en deux opérations : une première pour un montant de 403.600 euros au prix unitaire de 20,18 euros, et une deuxième pour un montant de 8.720,30 euros au prix unitaire de 15,035 euros. Il avait dans la foulée cédé les titres ainsi levés (20.580 actions) en deux fois pour un montant total de 711.096 euros.

La différence entre le prix d’exercice de l’option et le prix de vente, soit 298.776 euros représente la plus-value encaissée par le dirigeant.

Toujours selon des documents de l’AMF, Xavier Huillard avait aussi procédé à deux opérations similaires en juin, réalisant une plus-value de 750.465 euros au total (504.500 euros rachetés au prix unitaire de 20,18 euros et cédés à 31,94 euros pour 798.500 euros, et 645.033 euros rachetés au même prix et cédés pour 1,1 million).

Au total, la rémunération du PDG de Vinci par le biais de l’exercice et de la revente de ces stock options atteint 1,05 million d’euros en 2012, selon un calcul de Reuters d’après les données de l’AMF.

En Bourse, l’action Vinci a clôturé l’année 2012 sur un cours de 35,96 euros.

L’électricité nucléaire la moins chère du monde : un mensonge d’État ! Didier Anger (Crilan) Reporterre 2013/01/02 Didier Anger (Crilan) (2 janvier 2013) L’électricité nucléaire la moins chère du monde : un mensonge d’État !. Reporterre. Tribune — fr

L’électricité nucléaire la moins chère du monde : un mensonge d’État !

Les dernières annonces quant aux coûts du nucléaire ont mis en lumière :

- Les 500 millions d’euros pour le démantèlement du petit réacteur ( 70 mégawatts) de Brennilis en Bretagne ;

- Le surcoût de près de 6 milliards pour la construction de l’EPR de Flamanville ;

- À peu près le même surcoût pour l’EPR d’OLKILUOTO qu’AREVA a vendu pour 3 milliards aux producteurs privés finlandais qui refusent de payer le supplément ;

- Les 4 milliards pour le démantèlement de la première usine de retraitement-extraction de plutonium de la Hague ;

ET cela en fonctionnement non accidentel.

En cas d’accident majeur, comme ceux de Tchernobyl et de Fukushima, l’IRSN en estimait le coût dans une fourchette de 600 à 1000 milliards ( cf le rapport public de la Cour des comptes de janvier 2012, p. 202). Elle le révise étonnamment, aujourd’hui, à la baisse, pour la France, à 430 milliards.

L’industrie nucléaire civile ( le militaire est encore moins transparent) menace l’économie française d’effondrement catastrophique. Au début des années 2000, divers audits estimaient l’endettement d’EDF entre 35 à 43 milliards d’euros. Un flou de 8 milliards ! On annonce, début janvier, chaque année, les bénéfices d’EDF et jamais l’état de ses dettes endémiques : aujourd’hui, on peut les estimer aux environs de 50 milliards, ...en fonctionnement non accidentel.Et ce, sans donner la juste estimation :

- Des coûts de la prolongation de la durée de vie des réacteurs , - Des coûts du démantèlement de l’ensemble des 58 réacteurs, maintenant ou plus tard, - Des coûts du stockage des résidus de celui-ci ; - Des coûts du stockage des déchets nucléaires, d’abord estimés à 15 milliards que l’on estime déjà à 30, voir à 50 milliards en 2026, date présumée du début de leur enfouissement.

EDF, c’est Électricité Dette France.

Ce n’est pas l’augmentation du kWh de 2,5% sur la quittance au 1er janvier qui comblera ces trous énormément plus importants que celui de la Sécurité Sociale ou celui des caisses de retraites estimé pour 2020.

QUI paie ? Qui paiera ? - Le consommateur : depuis l’arrivée de M.PROGLIO à la tête d’EDF l’augmentation avoisine les 20%. - Le contribuable, consommateur ou non de l’électricité d’EDF. Des impôts cachés passent déjà par le biais du budget de l’État pour la recherche attribuée au CEA, l’un des membres du combinat AREVA ( avec FRAMATOME et un peu EDF).

La pieuvre nucléaire fait tentacules basses sur l’État, son propriétaire, qui ne connaît pas les populations concernées quant aux choix énergétiques faits avant même tout débat public ou sur la transition énergétique, mais qui les connaît très bien quand il s’agit de les ponctionner.

Arrêtons cette escroquerie de l’État entrepreneur, légalisé par l’État institutionnel.

Pour un socialisme vert Par Julien villalard Reporterre 2013/01/02 Par Julien villalard (2 janvier 2013) Pour un socialisme vert. Reporterre. fr

Pour un socialisme vert

L’écologie politique peut-elle faire l’économie d’une remise en question fondamentale des principes de la société capitaliste ? Dans cet essai qui retrace l’histoire et les principales lignes de fracture de l’écologie politique depuis sa création, Arno Münster répond par la négative, et appelle de ses vœux l’avènement d’un véritable « socialisme vert », qui saurait articuler efficacement les préoccupations sociales et environnementales.

Connaisseur des théories de Marx, spécialiste d’André Gorz, auteur d’un essai d’hommage paru chez Lignes en 2008 sous le titre André Gorz, le socialisme difficile, Arno Münster retrace ici la généalogie de la prise de conscience écologique dans le monde, et celle de la constitution progressive d’un mouvement organisé (parti) en Europe et en France.

Bien que d’une constitution récente, le mouvement écologique s’appuie sur un corpus théorique divers, toujours en mouvement aujourd’hui. L’examen attentif que mène ici Arno Münster fait apparaître les principales lignes de fracture conceptuelles qui séparent et opposent les tenants d’une écologie avant tout concernée par la préservation de la nature, de ceux qui inscrivent l’écologie dans l’histoire politique de l’émancipation sociale.

La période récente a montré qu’indépendamment des partis politiques qui font de l’écologie leur principal combat affiché (les partis écologistes), cette dernière pouvait faire l’objet d’appropriations très diverses, et parfois situées en des points opposés du spectre politique. Pour certains en effet (cf. le « Grenelle » organisé en France par le dernier gouvernement), l’écologie représenterait une voie permettant au capitalisme de se réformer, du moins superficiellement, en lui offrant l’illusion d’un développement à la fois profitable et plus respectueux de l’environnement. Ce « capitalisme vert », ne représente cependant qu’un aggiornamento du capitalisme traditionnel, certes modéré dans ses excès, et structuré par des innovations technologiques permettant d’occuper de nouvelles positions dominantes.

Pour d’autres, au nombre desquels Arno Münster se place à la suite d’André Gorz, la révolution écologique ne peut se faire sans remise en cause fondamentale des principes du capitalisme. Ce dernier, du fait de son appétit insatiable pour l’accumulation, conduit en effet selon lui à la destruction inévitable de la totalité des ressources disponibles et de l’écosystème global. Car il n’est pas tenable, affirme Munster, de prétendre entretenir une croissance infinie dans un environnement fini.

Promouvoir un « socialisme vert », comme le fait ici Arno Münster, c’est affirmer que la préoccupation écologique (y compris sur son versant environnemental) n’est nullement dissociable de la préoccupation sociale, telle qu’elle est traditionnellement portée par la gauche. L’une et l’autre, bien qu’elles se fondent sur une histoire, des luttes et des concepts différents, doivent conjoindre leurs luttes, pour une remise en cause radicale de l’ordre existant. L’écologie doit affirmer son ancrage à gauche, et la gauche inscrire l’écologie dans ses programmes et ses actes, faute de quoi l’une et l’autre verraient leur existence menacée.

- Arno Münster, Pour un socialisme vert, Contribution à la critique de l’écologie politique, éd. Lignes, 12,50 €.

Téléchargeable ici

Un Turc, une Afghane et un Etats-unien ont reçu en décembre le « Prix Nobel alternatif » René Hamm Reporterre 2013/01/02 René Hamm (2 janvier 2013) Un Turc, une Afghane et un Etats-unien ont reçu en décembre le « Prix Nobel alternatif ». Reporterre. fr

Un Turc, une Afghane et un Etats-unien ont reçu en décembre le « Prix Nobel alternatif »

Le lundi 10 décembre, autour de midi, sous les lambris de l’Hôtel de ville d’Oslo, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, le Belge Herman von Rompuy, celui du Conseil européen, et l’Allemand Martin Schulz, qui tient le perchoir au Parlement strasbourgeois (1), ont reçu en grandes pompes le Prix Nobel de la Paix 2012 au nom de l’Union des 27.

On peut évidemment contester le choix arrêté, le 12 octobre, par le comité norvégien, voire considérer que cette attribution s’apparente à une « farce grotesque » (2). Je ne gloserai pas ici sur les orientations politiques, diplomatiques et économiques du conglomérat.

Je préfère évoquer une autre cérémonie, qui s’est déroulée, vendredi dernier, dans l’enceinte du Riksdag, la chambre des députés à Stockholm, et que les médias ont superbement ignorée : la remise du Right Livelihood Award, généralement qualifié de « Nobel alternatif », à trois personnes et un mouvement œuvrant réellement pour le bienfait de l’humanité.

L’essayiste et philatéliste suédois Jakob von Uexkull avait créé en 1980 cette distinction « pour un mode de vie juste », notion reposant sur l’idée que chaque être doit pouvoir exercer une activité honnête sans nuire à ses semblables et à la nature.

Elle induit que nous nous sentions pleinement responsables de nos actes et que nous prélevions avec parcimonie les ressources de la planète pour la satisfaction de nos besoins.

Le susnommé a tenu à mettre en évidence des domaines qui n’intéressent guère le jury officiel ainsi que le peu de femmes honorées par lui. Refusant les catégories figées, il a élargi les critères en couplant par exemple paix et désarmement, droits de l’Homme et justice sociale, jalons sur le chemin d’un monde meilleur.

Hayrettin Karaca, le grand-père du mouvement écologiste turc, avait, dans le cadre de ses déplacements en tant que businessman du textile, constaté les dégradations de l’environnement, en particulier l’érosion des sols générée par une fertilisation excessive, le gaspillage de l’eau, l’épandage massif de pesticides.

En 1980, il créa chez lui à Yalova, dans le nord-ouest du pays, un parc comprenant plus de 14 000 espèces et variétés d’arbres de même que 3800 plantes herbacées et vivaces.

En 1992, il initia avec Nihat Gökyigit, un collègue de l’industrie, la Fondation TEMA. La mission : combattre l’érosion, faciliter la reforestation et protéger les habitats naturels. Hayrettin Karaca échafauda des modèles que les populations locales prendraient en charge : l’apiculture, la production de fourrage, l’amélioration de l’élevage, l’introduction de pratiques non intensives, l’écotourisme, la culture de fruits et légumes.

TEMA, qui organise des stages pour les fermiers, a touché 2,5 millions de personnes, notamment à travers des cycles éducatifs, et publié 84 manuels. En septembre 2012, elle comptait 160 employé(-e)s à temps plein, 450 000 membres ainsi que des clubs dans 60 universités. Une centaine de scientifiques et de juristes l’assistent. Son budget 2011 s’élevait à 10 millions de livres turques, soit 4,2 millions d’euros.

Le 17 avril 2010, le nonagénaire s’était rendu à Kozak, dans l’ouest de la Turquie. Les exploitants de mines d’or avaient massacré 7400 arbres. Le vieil homme prit des photos. Lui et les habitants du cru qui avaient attiré son attention sur les dégâts subirent des intimidations.

Les responsables de la compagnie Koza Altin Madencilik A.S. les poursuivirent pour violation de propriété, un délit passible de six années d’emprisonnement. Le 20 novembre 2012, lors d’une audience au Tribunal pénal de Dikili, ils retirèrent leur plainte. La nomination pour le Prix n’est sans doute pas étrangère au revirement.

Sima Samar (55 ans), médecin des pauvres en Afghanistan, n’avait que 22 ans lorsque son époux, trois de ses frères et soixante autres membres de sa famille périrent dans les affrontements entre les troupes russes et l’armée nationale en 1979.

Après son doctorat à l’Université de Kaboul, en 1982, elle fuit au Pakistan où elle s’exila durant dix-sept années. En 1987, elle ouvrit à Quetta le premier hôpital pour femmes et enfants. En 1989, elle créa Shuhada, une association qui patronne désormais plus d’une centaine d’écoles, une quinzaine d’établissements de soins en Afghanistan et dans le pays limitrophe.

De retour dans sa patrie en décembre 2001, elle occupa le poste de ministre des Affaires féminines. Elle démissionna en juin 2002 pour présider la Commission indépendante des Droits de l’Homme.

Elle s’assigna la tâche de fortifier le corpus juridique et d’éradiquer l’impunité dont jouirent de nombreux notables indélicats. Craignant que ses engagements n’entraînent des dommages pour son intégrité physique, Sima Samar ne se déplace qu’entourée de gardes du corps.

En 2012, Shuhada chapeaute 71 écoles en Afghanistan et 34 accueillant des réfugiés à Quetta. Durant le régime des talibans, les établissements sous l’égide de Shuhada furent les seuls à fonctionner quasiment en permanence.

En sus des cours d’anglais, d’informatique et de littérature, l’association offre un abri aux femmes les plus vulnérables ; il ne s’agit pas seulement de les protéger, mais également de leur permettre de parfaire leur éducation. Elles y apprennent comment gérer au mieux leur quotidien et de conquérir une certaine autonomie.

Entre 1989 et 2011, les programmes de santé ont concerné 3,3 millions de bénéficiaires, les cycles scolaires 176 000 et la formation professionnelle 6000. Deux cent vingt mille personnes ont participé à des initiations aux droits humains. De 2005 à 2009, Sima Samar, auréolée de plusieurs récompenses, fut rapporteur quant à la situation au Soudan.

L’Américain Gene Sharp (84 ans) est avec le Norvégien Johan Galtung, lauréat du Prix en 1987, le théoricien de la non-violence le plus célèbre. Objecteur de conscience à 25 ans, il refusa de quitter son Ohio natal pour aller tuer des gens lors de la guerre de Corée (25 juin 1950 – 27 juillet 1953).

L’admirateur du Mahatma Gandhi fut condamné à neuf mois sous les verrous. En 1983, il porta sur les fonds baptismaux à Boston l’Institut Albert Einstein, spécialisé dans l’étude des formes de résistance non-violentes. Il avait achoppé sur la portion congrue dévolue à celles-ci dans les livres d’histoire.

En 1990, il seconda Roine Carlsson, le ministre suédois de la défense, dans son projet d’intégrer la composante non armée dans la doctrine gouvernementale. En 1992, il pénétra clandestinement en Birmanie pour y tenir des ateliers avec des étudiant(-e)s, des militant(-e)s des Droits de l’Homme et des combattants de la minorité Karen.

En octobre 1993, il publia son essai majeur « De la dictature à la démocratie. Un cadre conceptuel pour la libération » (3), traduit en plus de trente langues et qui inspira maints activistes dans le monde. En 2011, le réalisateur et journaliste écossais Ruaridh Arrow tourna le documentaire « How to start a revolution », basé sur les écrits de Gene Sharp et leur impact sur des mouvements de lutte.

À l’honneur également, la Campagne contre le commerce des armes, lancée en 1994 à Londres après le déclenchement de la guerre du Kippour au Moyen-Orient. La CAAT se mobilise surtout pour fustiger l’influence des magnats du secteur sur le gouvernement anglais.

Elle estime que la domination militaire, un des axes sur lesquels repose la diplomatie, constitue un facteur prégnant d’insécurité. Parmi les causes majeures de conflits, elle mentionne les inégalités croissantes entre le Nord et le Sud tout comme les corollaires des dérèglements climatiques.

Elle a dévoilé en 2004 les conditions du deal entre la Grande-Bretagne et l’Arabie Saoudite, entaché de corruption à hauteur de plusieurs centaines de millions. L’affaire s’était conclue, le 30 juillet 2007, lorsque la Chambre des Lords décréta que l’Office des fraudes avait eu raison de stopper ses investigations, conformément aux impératifs de sécurité intérieure.

Mais la CAAT avait soulevé publiquement la question des us et coutumes immoraux liés aux transactions si peu transparentes concernant le matériel de guerre. Actuellement elle dénonce l’exportation d’engins de mort à destination d’Israël.

En 2011, le volume global à l’échelle de la planète se situait autour de 1338 milliards d’euros. Selon le rapport au Parlement (4) présenté, le 22 novembre dernier, par Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense, la France se situait au 4e rang avec 6,5 milliards d’euros (8,5% des parts de marché), derrière les States (33,6 milliards d’euros, 44%), la Russie (10,7 milliards d’euros, 14%) et le Royaume Uni (8,2 milliards d’euros, 11%).

Quelques lignes sur le Ig Nobel (par analogie avec les adjectifs « noble » et « ignoble »). Ce prix parodique est décerné depuis 1991 à dix personnes, respectivement groupements dont les « découvertes » ou les « accomplissements » paraissent bizarres, drôles, absurdes, totalement décalés.

En 1996, Jacques Chirac avait été désigné dans le domaine de la Paix pour la reprise des essais atomiques l’année précédente, cinquantième « anniversaire » des bombardements de Hiroshima et Nagasaki.

Les catégories ne sont pas immuables. Le palmarès est décliné à Harvard (Cambridge dans le Massachusetts) sous le patronage de la revue d’humour en science Annals of Improbable Research.

Le 20 septembre 2012, furent applaudis ou moqués, en psychologie les Néerlandais Anita Eerland et Rolf Zwaan ainsi que le Péruvien Tulio Manuel Guadalupe Estrada pour leur découverte que la tour Eiffel semble plus petite lorsqu’on penche la tête vers la gauche ; en dynamique des fluides, le Russe Rouslan Krechetnikov et l’Américain Hans Mayer, pour leur étude sur le ballottement du café dans une tasse tenue par une personne en train de marcher ; en médecine, le Parisien Emmanuel Ben-Soussan, cancérologue et gastroentérologue, ainsi que son confrère rouennais Michel Antonietti, pour leurs explications sur la minimisation des risques d’explosion dans le tube digestif de patients à l’occasion de coloscopies.

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Notes

(1) Les deux premiers n’ont aucune légitimité démocratique. Quant au social-démocrate d’outre-Rhin, il ne se singularise pas par une opposition tranchée aux diktats des institutions bruxelloises.

(2) Dans le passé il y eut des lauréats encore plus débectants. Je n’en citerai que deux : Henry Kissinger en 1973, Barack Obama en 2009.

Le vendredi 7 décembre, François Hollande a accueilli à l’Élysée l’ancien secrétaire d’État américain dont le nom est associé à quelques-unes des pires violations des Droits humains au cours du XXe siècle : les bombardements, entre 1969 et 1975, contre les populations civiles au Laos et au Cambodge (un million de morts), l’implication, des préparatifs à son exécution, le 11 septembre 1973, du coup d’État contre Salvador Allende, le président du Chili, le soutien au tyran indonésien Suharto, qui envahit en 1975 le Timor oriental (213 600 victimes jusqu’en 1999), son rôle dans le « Plan Condor », vaste opération destinée à éliminer des militants de gauche en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Chili, au Paraguay et en Uruguay dans les années 70… Mais cet individu de la pire engeance ne répondra vraisemblablement jamais de ses crimes. Au contraire, à l’instar d’autres immondes « délinquants », il reste très sollicité pour ses « expertises » et « conseils »…

(3) Chez l’Harmattan, collection « La Librairie des Humanités », novembre 2009, 137 pages, 14,50 euros.

(4) Le document rédigé sous la direction de Marylène Folliet, Isabelle Valentini, Stéphane Reb et Michel Wencker atteste, une fois encore, qu’en ce domaine comme en tant d’autres, il n’existe aucune différence entre le Parti socialiste et l’UMP ou le Front national.

Le gouvernement autorise une mine d’or dans une zone protégée de Guyane Christian Roudge (Guyane Nature Environnement) Reporterre 2013/01/02 Christian Roudge (Guyane Nature Environnement) (2 janvier 2013) Le gouvernement autorise une mine d’or dans une zone protégée de Guyane. Reporterre. fr

Le gouvernement autorise une mine d’or dans une zone protégée de Guyane

Le Gouvernement vient de délivrer un permis d’exploitation minière à l’entreprise REXMA, à quelques kilomètres du bourg de Saül, dans un secteur du Parc National interdit à l’activité minière.

Les gouvernements changent mais les incohérences persistent durablement en matière de mines en Guyane.

C’est un coup de théâtre de plus, qui intervient alors que la pièce semblait bel et bien terminée. Le ministre du Redressement productif vient de signer un arrêté octroyant à la société minière REXMA un permis d’exploitation minière de 10 km² sur la Crique Limonade, à quelques kilomètres à peine du bourg de Saül.

Ce secteur n’a pourtant plus aujourd’hui vocation à accueillir une mine industrielle. En effet, le bassin versant de la Crique Limonade fait intégralement partie du Parc Amazonien de Guyane, pour partie en zone de libre adhésion et pour partie en zone coeur du Parc National.

De plus, depuis le 1er janvier 2012 l’ensemble de la zone est interdite aux activités minières de part le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM). Le secteur est par ailleurs l’une des principales portes d’entrée touristique du Parc Amazonien de Guyane.

Rappelons enfin que la délivrance de ce titre intervient dans un contexte d’opposition marquée du territoire. Ainsi dès 2006, la décision ministérielle d’autoriser les recherches minières dans ce secteur avait déclenché la colère de la Commune de Saül, soutenue par la Région Guyane et les associations de protection de la nature.

Pour satisfaire les intérêts particuliers de l’entreprise, le ministre était alors passé outre les avis défavorables du maire, de la Commission départementale des mines et du préfet.

La fédération Guyane Nature Environnement ne comprend pas cette décision ministérielle à contrecourant, intervenant dans une période bien particulière de réforme du Code minier et de passage en consultation de la charte du Parc Amazonien.

Guyane Nature Environnement est d’ores et déjà mobilisée pour attaquer au besoin cette décision en justice afin que la volonté du territoire soit respectée.

L’étrange fugue de Camille et Geneviève à Notre-Dame des Landes BreizhJournal Reporterre 2013/01/03 BreizhJournal (3 janvier 2013) L’étrange fugue de Camille et Geneviève à Notre-Dame des Landes. Reporterre. fr

L’étrange fugue de Camille et Geneviève à Notre-Dame des Landes

La difficile récupération par son père, samedi 29 décembre, de Camille Lauran, l’adolescente qui a fugué du Puy-en-Velay (Haute-Loire) pour venir à Notre-Dame des Landes avec une amie, a soulevé un nuage de questions qui sont venues s’ajouter à celles posées par l’affaire.

Trois éléments en particulier posent question dans l’affaire des fugueuses du Puy. Quel a été le rôle de certains opposants qui auraient agressé la famille de Camille Lauran ? Comment expliquer l’extraordinaire discrétion de la justice ? Quelle est la communication faite, en arrière-plan, par l’Etat ? Avec en ligne de mire le sort de l’autre jeune fille fugueuse, Geneviève, et l’exploitation que chacun des protagonistes, pouvoir et opposants, peut faire de l’affaire sur l’ensemble du conflit.

Michel Lauran : « Nous avons été bien accueillis sur la ZAD »

Le samedi vers 13h, Camille appelle ses parents depuis Notre-Dame des Landes. Ceux-ci lâchent tout pour la rejoindre. « Sur le moment, c’était comme une excitation intérieure. Elle nous a appelés, donc on a pensé qu’elle voulait qu’on vienne la voir. Cela faisait un mois qu’on ne les avait plus vues, on n’avait plus de nouvelle depuis leur passage à Toulouse. Bref, on a tout lâché et on est partis », nous confie Michel Lauran, le père.

Après six heures de route, les parents, accompagnés d’un de leurs fils, débarquent à Notre-Dame des Landes, où des jeunes filles les guident vers le point d’accueil de la ZAD, le camp Hors-Contrôle. Là, l’accueil a plutôt été cordial, voire chaleureux.

« On a discuté avec des gens qui étaient prêts à la discussion, qui nous ont expliqué ce qu’était leur lutte, ce que voulait dire ‘‘Hors contrôle’’, le fonctionnement de la ZAD, leurs idées. Dans l’ensemble, on a été bien accueillis ». Camille vivait avec Geneviève sur le campement Hors Contrôle, dans une yourte.

Difficile de comprendre comment ça a déraillé. Toujours est-il que lorsque la famille décide d’emmener Camille dans sa voiture, des personnes cagoulées s’y opposent avec violence. « Ils n’ont même pas pris le temps de discuter. Ils y sont allés de manière violente, et puis c’est tout. Il y a des gestes qu’ils n’avaient pas le droit de faire et qu’ils ont fait, et cagoulés en plus, ce qui me met en hargne », explique Michel Lauran.

Celui-ci, qui ne souhaite pas en dire plus pour le moment sur les conditions de l’accrochage, réussit à s’en extirper et rentre vers le Puy-en-Velay. La suite est connue : Camille et ses proches sont entendus par le SRPJ de Clermont-Ferrand, auprès duquel le père dépose plainte contre X pour coups et blessures volontaires. Cette plainte a depuis été transmise au TGI de Saint-Nazaire, territorialement compétent. Les investigations se poursuivent pour déterminer les responsables.

Les coups ont visé le père, la mère et le frère de Camille ; des jours d’ITT leur ont été prescrits après examens médicaux ordonnés par la justice. Nous n’en saurons pas plus, hormis que la mère de Camille semble avoir été plus touchée que les deux autres membres de la famille, parce que les opposants « n’ont pas fait que lever la main sur elle », déclare Michel Lauran, outré.

Par ailleurs, Michel Lauran nous confie que sa voiture a été touchée par un jet de projectile – à priori une pierre – qui est « passée à deux doigts de briser la vitre arrière et de blesser du monde dans la voiture ». Elle a rebondi sur la carrosserie, à laquelle elle a causé des dégâts importants. Raison pour laquelle il ne retirera pas sa plainte pour violences volontaires, même s’il doute que les coupables soient un jour retrouvés. C’est l’assurance auto qui commande. L’expert se prononcera demain sur le montant du préjudice.

Les opposants rejettent la faute sur la famille de Camille

L’ACIPA, association des riverains et paysans opposés à l’aéroport, nous explique qu’« aucun de [ses] militants n’était sur place à ce moment ». Donc elle s’abstient de prendre parti dans « ce qui devrait rester un différend familial ». Du côté de la ZAD, on se refuse à toute communication.

Cependant, nous avons réussi à retrouver plusieurs témoins de la scène, soit qu’ils étaient simples badauds, soit qu’ils participaient à l’accrochage. Sous couvert d’anonymat, ils acceptent de témoigner. Tous les noms ont donc été changés. Ainsi, Antoine explique : « Camille était prise de force, deux ou trois personnes la tenaient. J’étais sur place, avec d’autres on a pensé qu’elle était emmenée contre sa volonté, d’autant plus qu’elle se débattait. »

Ce qui expliquerait une intervention musclée d’opposants, qui pensaient empêcher un kidnapping, un coup de force, ou simplement la manifestation de l’autorité parentale. Gilles complète : « Camille a été poussée de force dans la voiture par son père, qui s’en est pris ensuite aux zadistes pendant que le frère de Camille fermait la porte de la voiture. Puis ils se sont barrés. » Hélène rajoute : « c’est Camille elle-même qui a donné des coups de coudes à sa mère ».

Toutes versions que le père de Camille balaie d’un revers de main. « Je les laisse dire, quand ils en auront assez, ils se fatigueront. Cependant, s’ils pensent que je suis en tort, qu’ils portent plainte, et là on pourra discuter. Qu’ils n’oublient pas cependant que ma fille est mineure, et que je suis parfaitement dans mon droit ». C’est ce qui s’appelle justement l’autorité parentale, telle qu’elle est posée par la loi.

Méthodes contestées et fossé idéologique

Par delà « l’affaire » Camille et Geneviève, ce sont les méthodes de certains opposants qui posent problème. Sous couvert d’anonymat, un membre de l’ACIPA nous dit à demi-mot que « tous les opposants ne sont pas blancs comme neige, certes, mais il y en a qui abusent franchement ».

Renée, qui habite Vigneux, non loin, se montre plus franche. « L’aéroport, on n’en veut pas. Mais ce genre d’agissements non plus. C’est n’importe quoi. » De là à déceler une fissure, on en est loin, parce que le front bigarré des opposants s’est uni à mesure que les attaques des forces de l’ordre prenaient de l’ampleur, et si pour certains, la présence de jeunes – et moins jeunes – rompus à la lutte avec les forces de l’ordre est un « mal nécessaire », pour d’autres, c’est une providence.

« Sans eux, où serions-nous ? Est-ce qu’on parlerait encore de Notre-Dame des Landes ? Ou bien ce serait déjà un ballet de pelleteuses ici ? » nous confie un paysan impacté par le projet.

Mais il y a gêne. Une gêne qui s’appuie notamment sur l’apparence cagoulée de certains opposants. Leurs idées, pas tellement. Leur intolérance, voire les méthodes d’intimidations exercées contre les journalistes indépendants sur fond d’hostilité à la « grande presse » gênent aussi, et pas seulement les premiers intéressés. Peu après la publication de l’article qui révélait la présence de Camille sur la ZAD, certains opposants d’extrême-gauche ont déversé des tombereaux d’immondices sur BreizhJournal.

Le but était simple, comme nous le révélait un de leurs – pour le moins déplaisant – courriels. Nous « punir » pour un article qui « livrait Camille aux flics ». Cependant, ces procédés et d’autres se retrouvent retournés par le discours du pouvoir – nous y reviendrons – et par certains médias plutôt favorables à l’aéroport qui montent en épingle le comportement de certains opposants pour caricaturer toute la lutte.

Le risque est simple : que l’intolérance, voire la bêtise de certains opposants mette en péril toute la lutte. Une situation résumée par le père de Camille, rompu dans son expérience professionnelle aux situations difficiles. « Nous avons été accueillis par des gens très bien, nous avons pu discuter. Globalement, comme dans toute lutte, il ya 80% de gens intelligents, 5% qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là, mais ils sont dans la lutte, et 15% de cons. Dont une partie qui n’est là que pour casser du flic. Et ceux-là, s’ils ne se calment pas rapidement, ils vont ruiner tout le mouvement et discréditer la lutte ».

Une impression qui est aussi partagée par un nombre croissant d’habitants des communes alentour, qui ne livrent leurs impressions qu’en murmurant, tant le dossier Notre-Dame des Landes reste un chaudron qui bout dans les boues de Loire-Atlantique.

Sur la ZAD, certains militants conscients du problème essaient d’écarter les opposants les plus déterminés à en découdre. Julien, zadiste croisé à Nantes un jour d’action de la ZAD en centre-ville, explique : « il y a des afflux et des départs tous les jours. Ces derniers temps, on fait ce que l’on peut – avec plus ou moins de succès – pour que les gens qui ne sont là que pour casser du keuf dégagent. Ce n’est pas notre lutte. »

Sur la ZAD, bien que le sujet reste tabou, certains s’interrogent sur la poursuite de la présence de Geneviève Euvrard, l’autre fugueuse du Puy. En effet, nombre d’opposants « historiques » craignent la sur-médiatisation qu’elle cause, source d’accusations larvées en toute sorte et pensent que son départ suffira à dégonfler l’affaire.

Ce que nous confirme le père de Camille : « si dans les jours qui viennent, Geneviève rentre, je pense que je vais retirer mes plaintes et l’affaire sera close. Les médias passeront rapidement à autre chose. »

L’ACIPA, qui ne dénoncera pas sa présence, tient à nous faire savoir par la voix de son porte-parole Julien Durand que « si sa famille le demande en [les] contactant, nous communiquerons à Geneviève que ce serait bien qu’elle les contacte ou les rejoigne. Nous sommes là pour faire relais. » C’est là que le fossé idéologique se creuse avec la ZAD.

Celle-ci s’est refermée autour de Geneviève, et les « zadistes », ces militants apolitiques, libertaires ou alter-mondialistes venus de partout lutter pour que la « Zone à défendre » devienne une « zone d’autonomie définitive », la protègent ardemment, arqueboutés sur sa liberté de consentement et le fait que sa démarche soit le fruit de sa volonté.

Certains opposants remettent en cause notamment le fait même de l’autorité parentale, qu’un blog proche des militants libertaires présents sur la ZAD qualifie de « supercherie ». Pour eux, la ZAD n’a pas à réclamer le départ de Geneviève. L’un d’eux, qui se fait appeler Camille, nous résume la position de ses camarades de lutte : « elle est là par sa volonté, elle y reste jusqu’à ce qu’elle veut partir. Nous ne la retenons pas parmi nous, elle est totalement libre. »

La question s’est réglée d’elle même : sa mère l’a récupérée cet après-midi sur la ZAD et elle est rentrée [mercredi] au Puy-en-Velay. Il balaie au passage les critiques faites aux opposants pour leurs méthodes : nous, nous ne sommes pas là pour casser du flic, mais il y a clairement un rapport de force et nous entendons ne pas être balayés. Le préalable à toute négociation, c’est que les flics dégagent et que cesse la militarisation de la ZAD ».

Ce que bon nombre de Français ne savent pas, c’est que la mise en place de la « commission de dialogue » qui semble quelque peu illusoire sur place a été arrachée après des assauts policiers d’une extrême violence – la ZAD a dénoncé près d’une centaine de blessés en deux jours - impossible à cacher ni aux médias, ni à l’opinion.

Par ailleurs, depuis trois ans, les forces de l’ordre s’attaquent régulièrement aux biens des habitants de la ZAD. Dans un perpétuel jeu du chat et de la souris, où normalement les forces de l’ordre ne peuvent commettre des actes illégaux et sont donc en infériorité, elles sont passées du côté obscur de la force pour rétablir leur supériorité et soutenir une guerre d’usure.

Les méthodes de la justice en question

« Une question me taraude », nous explique Michel Lauran, le père de Camille : « pourquoi la justice s’est dérobée à sa responsabilité ? » Juridiquement, il y a en effet un hiatus. L’article 371-3 du Code Civil pose que « l’enfant ne peut, sans permission des père et mère, quitter la maison familiale » et permet aux parents, dans les cas où cela se produit (fugue), de solliciter le concours de la force publique pour que l’enfant réintègre de gré ou de force son domicile.

C’était donc bien à la justice d’aller chercher les enfants à Notre-Dame des Landes. Une évidence pour le père, qui a décidé, en accord avec la mère de Geneviève Euvrard, à faire appel aux médias pour « bouger la justice » après que les enquêteurs se soient arrêtés faute de pistes après le passage des deux fugueuses à Toulouse. La question du rôle de la justice se pose à nouveau au sujet de Geneviève.

Jacques Louvier, procureur en charge de l’affaire, répond à BreizhJournal : « Il n’y a plus de raison à la justice d’intervenir ». Il dénonce le « traitement médiatique surdimensionné », de ce qui n’est qu’ « une des 45.000 fugues qui se passent chaque année en France ». Or, il y a un cadre juridictionnel précis qui cadre l’intervention de la justice. Or, celui-ci « ne justifie pas l’intervention de la justice » pour le procureur.

En clair, les forces de l’ordre n’ont aucune raison d’aller récupérer Geneviève sur la ZAD car la justice « a toutes les bonnes raisons de penser qu’elle n’y est pas retenue de force » et « qu’elle n’y court pas de danger ». Son amie était très bien traitée sur la ZAD, ce que son père confirme : « elle mangeait très bien, couchait dans un endroit – une yourte – sec et elle a même pris du poids ».

Jim, qui a cotoyé Camille sur la ZAD du 15 au 21 décembre, la trouvait « agréable, très investie dans ce qu’elle faisait, heureuse ». Pour Jacques Louvier, la situation est claire : « pas de contrainte donc pas d’infraction », Camille et Geneviève sont allées à Notre-Dame des Landes de leur propre chef et il est hors de question d’envoyer les forces de l’ordre les rechercher.

Seulement, si Camille et Geneviève étaient allées fuguer ailleurs, ou chez une tierce personne qui les nourrissait bien et ne les contraignait pas de rester avec elles, il y aurait-il eu une telle discrétion de la justice ? Autrement dit : y-a-t-il un traitement particulier de l’affaire parce que c’est de Notre-Dame des Landes qu’il s’agit ? Voilà une question nettement plus dérangeante et qui met en lumière le rôle discret du pouvoir.

La partition subtile de M. Valls

Le ministère de l’Intérieur, à la manœuvre, a décidé de rapatrier la communication à Paris. On notera l’extraordinaire discrétion de la Préfecture de Loire-Atlantique, qui ne communique absolument pas sur l’affaire, et se garde d’en tirer le moindre profit. Au grand dam du cabinet, dont un membre nous confiera sous couvert d’anonymat : « c’est quand même bête de perdre un prétexte rêvé d’intervention ».

C’est justement la crainte n°1 de l’ACIPA : que la présence des fuyardes sur la ZAD soit le prétexte d’une intervention massive de forces de l’ordre sur la zone, avec de nouvelles scènes de violence inévitables. Le ministère de l’Intérieur a décidé de jouer beaucoup plus subtilement, afin de ne pas prêter le flanc aux critiques, comme l’a été la Préfecture suite à la trouble affaire du vigile tabassé à la Pointe. La Préfecture n’a en effet pas hésité à fouler aux pieds le secret de l’instruction et la présomption d’innocence dans une affaire sur laquelle l’information a été systématiquement cadenassée.

Alors le ministre, Valls, a déclaré sur RTL que l’envoi de forces de l’ordre à Notre-Dame des Landes pour récupérer Geneviève allait être « dangereux » pour les forces de l’ordre puisque les occupants de la zone étaient très hostiles aux forces de l’ordre.

Coup double : le ministre se montre réaliste – on ne peut pas dire que les forces de l’ordre soient particulièrement populaires sur place, compte tenu d’une petite minorité qui radicalise la lutte – et en phase avec le dialogue et l’apaisement médiatique impulsés depuis Matignon. Tout en instillant dans l’opinion la certitude selon laquelle la ZAD est une zone de non-droit, ce qu’il désignait en novembre comme un « kyste ».

« On est deux familles heureuses » : le fin mot de l’affaire pour bientôt

L’implication de l’Etat dans un dossier qui reste très politique, pourrait expliquer l’extrême discrétion de la justice et des forces de l’ordre au sujet des deux fugueuses. Une hypothèse qui met en colère le père de Camille « On ne mêle pas la politique quand la vie d’un enfant est en jeu », fulmine-t-il.

L’aéroport de Notre-Dame des Landes est bien plus qu’un grand projet d’Etat contesté depuis son ébauche en 1967 ou un « grand chantier » comme un autre. C’est aussi l’aboutissement du développement urbain de Nantes, ville du Premier Ministre. Cependant, pour le père de Camille, « La ZAD n’est pas une zone de non-droit. On la traverse aisément, on y pénètre, ce n’est pas Beyrouth. Mais ça, je peux le dire maintenant, parce que j’y suis allé. »

Cependant, le père de Camille jure que l’on ne lui arrachera pas sa liberté de parole. Celui qui se décrit comme un « ours d’1m95 et 105 kg, très doux, mais aussi capable de renverser des montagnes pour défendre ses enfants », va décrire précisément ce qui s’est passé quand il a récupéré Camille sur la ZAD, « lorsque Geneviève rentrera, et en accord avec sa mère ».

Il n’est pas question de lâcher l’autre famille, ni de risquer que Geneviève fugue à nouveau vers une destination inconnue. Alors, « quand les conditions seront réunies, je relaterai les faits, tels qu’ils se sont produits, sans minimiser ni extrapoler, du moment où je suis entré sur la ZAD au moment que je l’ai quittée ». Nous n’en saurons pas plus, hormis que « tout le monde en prendra pour son grade » et que les dysfonctionnements et éléments curieux du traitement par la justice et les forces de l’ordre de l’affaire seront pointés.

Après ? « L’affaire sera close, et nous tournerons la page. Là, nous sommes en train de reconstruire. C’est comme si on apprenait à se connaître à nouveau », souffle Michel Lauran, très ému. Dernière question : permettra-t-il à Camille de retourner sur la ZAD ? « Maintenant que je connais, oui, sous conditions. Deux-trois jours au plus, pendant les vacances, mais pourquoi pas. »

La mère de Geneviève Euvrard a récupéré sa fille aujourd’hui [mercredi] vers 13h à Notre-Dame des Landes et est actuellement en route vers Le Puy-en-Velay. Michel Lauran déclare : « on est heureux, la boucle est bouclée, on est deux familles heureuses, c’est un vrai soulagement ».

Pour rejoindre Nantes depuis Toulouse, les deux fugueuses ont pris… le train !

Il nous confie au passage le périple rocambolesque des deux amies, tel que le lui a relaté Camille : celles-ci, après avoir atteint Toulouse par un covoiturage depuis le Puy ont voyagé toutes seules sur les lignes SNCF, de Toulouse à Bordeaux, puis de Bordeaux à Nantes, sans être inquiétées. Sur ces lignes, à la décharge des agents de la compagnie nationale, c’est plutôt l’état de la voie et les caprices du matériel qui sont sujets d’inquiétude. Néanmoins, cette performance aurait été impossible si « l’administration française avait été un peu plus rapide à diffuser les avis de recherche ».

Par ailleurs, M. Lauran a envoyé ses nièces sur la ZAD – où les jeunes filles sont arrivées le 6 décembre – pour les rechercher. Mais la ZAD c’est grand, « et les petites filles, c’est malin », bref, elles ne les ont pas trouvées, ni d’ailleurs la mère de Geneviève qui est venue sur la ZAD le 6 décembre (et non le 16).

« Après quoi, comme elles n’avaient pas été trouvées et que personne n’avait parlé d’elles sur la ZAD, on a pensé qu’elles n’y étaient pas ». Jusqu’à ce que les deux lycéennes se signalent d’elles-mêmes.

Le SMIC à 1 700 euros, une fausse bonne idée Parti de la décroissance Reporterre 2013/01/03 Parti de la décroissance (3 janvier 2013) Le SMIC à 1 700 euros, une fausse bonne idée. Reporterre. Tribune — fr

Le SMIC à 1 700 euros, une fausse bonne idée

« Le problème : nous aspirons à avoir plus d’argent pour vivre mieux, donc à travailler toujours plus dans le stress et de manière abrutissante, produisant encore plus d’objets inutiles que nous achetons en nous endettant toujours plus. »

Présenté par beaucoup comme solution pour réduire les inégalités, le SMIC à 1 700 € a tout de la fausse bonne idée : elle paraît évidente au premier abord, mais à la réflexion elle devient une aberration, tant d’un point de vue économique et environnemental que du point de vue politique et culturel.

Rappelons d’abord la signification du SMIC qui s’inscrit pleinement dans la logique de notre société capitaliste et productiviste : Salaire minimum interprofessionnel de croissance… le mot est lâché, allons plus loin.

Les Objectrices et Objecteurs de Croissances (OC) [i] sont fondamentalement opposés à cette logique suicidaire de croissance illimitée. Ils sont également opposés à la vision comptable de nos existences que cette augmentation du revenu minimum sous-tend.

Augmenter le revenu minimum, c’est augmenter la masse monétaire en circulation, donc la production, donc les prélèvements de ressources, qui tendent aujourd’hui à s’épuiser. C’est aussi vouloir faire perdurer un système ni soutenable ni souhaitable, en le rendant moins injuste. Cela revient à rendre socialement acceptable un système qui est de toute façon voué à sa perte.

Entendons-nous bien : les OC ne dénient évidemment pas le droit aux moins riches de subvenir à leurs besoins mais ils proposent de s’extraire de la vision économiciste qu’impose le capitalisme et le productivisme et de parvenir à une réelle autonomie de toutes et tous dans un bien-vivre. L’autonomie, c’est se réapproprier le sens que nous souhaitons donner à nos vies.

Une aberration économique

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. » Un Amérindien

L’aberration, ce n’est pas l’augmentation du SMIC, c’est le système économique dans lequel nous nous sommes enfermés. La logique capitaliste nous oblige à entrer en compétition pour subvenir à nos besoins. Or le niveau des salaires est un marquage de cette compétition. Les plus hauts revenus sont réservés à ceux qui ont gagné la compétition et qui ont le privilège d’en fixer les règles. Quand aux plus bas salaires, ils vont bien sûr à ceux qui ne décident de rien.

Comment ne pas s’indigner qu’on décide du montant des plus bas salaires, sans discuter du montant des plus hauts ? Pourquoi ne décider que du minimum et jamais du maximum ? Et pourquoi ne pas revoir globalement la répartition des richesses ? Quel que soit le montant que l’on fixera pour le salaire le plus bas, dans notre système consumériste, il restera au bas de l’échelle et redeviendra indigent après une période d’adaptation du marché. Alors à quoi bon ?

Nous ne nous étendrons pas sur l’aberration d’une augmentation du salaire minimum qui aboutirait plus sûrement à une hausse des prix qu’à une réduction des inégalités, annulant en peu de temps les effets de cette augmentation. Ce n’est pas notre propos, nous préférons discuter des solutions permettant d’offrir à toutes et tous les moyens de leur subsistance, dans le bien-vivre.

Car plutôt que les niveaux de salaire, ou la nécessité pour tous de trouver un emploi salarié, ne faut-il pas se poser plus globalement la question de la satisfaction des besoins élémentaires et existentiels, pour notre génération et les suivantes, en tant que droit essentiel ?

Nous devons trouver le moyen de satisfaire tous les besoins, durablement et équitablement en se soustrayant de la compétition capitaliste. Pour cela, il est nécessaire de développer l’autonomie de toutes et tous. Mais cela ne peut se faire dans ce système qu’il faut mettre à bas. Le salariat est un asservissement, qui n’est pas apte à conduire à ce besoin d’autonomie. Il fixe une norme et un rythme de vie épuisant, désespérant. Il ne laisse aucune place à la simple jouissance de vivre en bonne santé dans un pays en paix.

Une aberration environnementale

« Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Kenneth E. Boulding

Aujourd’hui, nous sur-consommons des choses inutiles que nous sommes contraints d’acheter pour des raisons structurelles (urbanisme construit autour de la voiture, obsolescence programmée, jetable, malbouffe …) ou culturelle (avec la publicité). Cette situation n’est possible que parce que nous sommes 20% à nous approprier 87% des ressources mondiales…

L’augmentation toujours continue de notre consommation personnelle a pour conséquence directe d’empiéter sur “l’espace écologique” des autres résidents du monde. Notre empreinte écologique est déjà explosive et les inégalités se multiplient. Même les plus pauvres d’entre nous en Occident ont une empreinte écologique insoutenable.

En fait, le problème est bien que nous aspirions tous à avoir plus d’argent pour vivre mieux, donc à travailler toujours plus dans le stress et de manière abrutissante, permettant de produire encore plus d’objets inutiles que nous achetons en nous endettant toujours plus.

Surtout, la quantité de monnaie mise en circulation doit correspondre à la quantité de biens de consommation à échanger. Créer de la monnaie ne crée ni pétrole, ni uranium, ni fruits et légumes. Plus il y a de masse monétaire, plus il faut produire. En attendant la production, cette masse correspond à de l’argent-dette. Mettre en place un SMIC à 1700 euros ne permettrait qu’à court terme de relancer la consommation et donc la croissance tout en créant de nouvelles dettes et en ponctionnant toujours plus les ressources de la Terre.

En quelques décennies nous avons épuisé plus de la moitié de celles-ci et, à ce rythme, il n’y aura plus rien dans quelques années. Nous avons quasiment stérilisé les océans et asséché les sols. Notre mode de vie fondée sur cette consommation effrénée, sans réflexion, n’est plus possible.

Il est donc temps de sortir de cette logique du toujours plus : à « travailler plus pour gagner plus », et donc consommer plus, nous répondons « travailler moins pour vivre mieux » ! Il est temps de décoloniser nos imaginaires de consommateurs et de passer du pouvoir d’achat au pouvoir de vivre !

Une aberration politique et culturelle

« Même si une croissance infinie dans un monde fini était possible, elle resterait absurde. Comment ouvrir des chemins vers d’autres mondes ? » Plate-forme de convergence des Objecteurs de Croissance [ii]

Le SMIC à 1.700 euros, s’il ne s’accompagne pas d’un véritable projet de transition sociétale, est la banalisation et la promotion du mode de vie des plus riches, comme un objectif à atteindre. C’est un véritable renoncement politique, à travers l’acceptation de cette société capitaliste, productiviste et consumériste.

En effet, l’enjeu n’est pas d’apaiser les maux d’une civilisation malade à travers des mesurettes palliatives et électoralistes, mais bien de sortir de cette impasse dans laquelle nous amène toujours plus vite notre société de croissance !

Un SMIC à 1700 euros ne pourrait être, au mieux, qu’une mesure très éphémère participant à la transition mais uniquement à la condition qu’elle s’inscrive dans un projet politique beaucoup plus large, ambitieux et surtout un changement culturel profond et radical (résoudre le problème à la racine).

Être de gauche, c’est chercher des leviers sur lesquels on pourrait à la fois faire décroître les inégalités, sortir de cette société capitaliste et productiviste du travail contraint, initier une relocalisation ouverte, construire une démocratie réelle, sortir de la religion de l’économie mais aussi du consumérisme et du techno-scientisme.

C’est initier une transition. C’est-à-dire, en partant de cette société existante, commencer à construire ce que pourrait être des sociétés soutenables et souhaitables que ce soit sur les plans psychologiques, culturels, économiques, institutionnels, politiques et démocratiques. Et en posant la question de : qu’est-ce l’on produit ? Comment ? Pour quel usage ?

Cet effort de pensée est facilité par le non-sens de ce système, pour revenir à une vision finalement très simple. Travailler à son autonomie, c’est organiser le monde autour de soi, pour ne plus dépendre d’un système insensé ; c’est par exemple participer à la construction de son logement, de son quartier, cultiver son potager, entretenir, réparer. Cette vision, apaisante, équilibrante est pleine d’un sens premier. Il faut apprendre les moyens de cette autonomie et la transmettre.

Pour construire un monde relocalisé il faut se retrousser les manches, se réapproprier les outils et la démocratie ! Il n’y a pas de chômage. Il y a à manger pour tout le monde, assez de toits pour abriter bien plus de gens qui ne vivent chez nous.

Cette vision paraît naïvement utopique, coupablement béate. Elle semble pourtant être la seule issue. Alors laissons de côté nos à-priori négatifs et cyniques. Laissons l’évidence nous gagner. Laissons cette vision de jours heureux nous coloniser. Un monde sans compétition, sans pub, sans crédits, sans machines aliénantes, sans contraintes stupides.

Pour ce faire nous proposons une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, autant pour réduire les inégalités, et sortir de l’économie et de l’aliénation du travail, que pour adopter un mode de vie soutenable et souhaitable.

Une vraie mesure sociale et de sortie de cette impasse : la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) [iii]

« Pour une transition sereine et démocratique vers des sociétés soutenables mais surtout souhaitables basée sur la Décroissance »

La Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) a pour objectif de donner, de manière inconditionnelle, de la naissance à mort, à toutes et tous, ce que le peuple décidera démocratiquement de considérer comme suffisant pour une vie décente. Cette DIA est nécessairement couplée à un revenu maximum autorisé (RMA) et une réflexion sur le renchérissement du mésusage.

Le couple DIA-RMA est un outil économique et social susceptible d’initier une décroissance des inégalités, une sortie du capitalisme et de la religion de l’économie, une relocalisation ouverte et la mise en place d’une démocratie réelle. En d’autres termes, il permet de sortir des récessions subies et de choisir de construire une transition vers des sociétés de Décroissance. Le contenu de cette DIA sera discutée et mise en place collectivement dans une logique de réappropriation de l’économie, de nos productions et de manière générale du sens de nos vies.

La DIA se compose de droits d’accès qui devront être gérés le plus localement possible et de façon collective : droit à un logement, à un local d’activité, à une parcelle de terre ; droit d’usage à une certaine quantité d’eau, de gaz et d’électricité, son dépassement étant surenchéri ; droit aux services publics (santé, éducation, transports, etc.) mais aussi, à travers une monnaie alternative fondante, à des biens locaux et de premières nécessités (nourriture biologique, vêtements,…).

La DIA est accompagnée et facilite la mise en place d’autres mesures et d’alternatives concrètes (jardin communautaire, atelier de réparation autogéré, AMAP, SEL, monnaies locales, etc.). Sa mise en place pourrait ainsi s’effectuer de façon progressive à partir d’un revenu d’existence.

Cette dotation inconditionnelle d’autonomie s’inscrit dans une continuité historique de l’émancipation humaine en élargissant les droits fondamentaux et en donnant une chance réelle d’appropriation de nos choix de vie. Elle initie une bifurcation, une transition vers l’après-développement et la sortie de l’impasse dans laquelle nous amène cette société de Croissance, capitaliste, productiviste et consumériste.

Conclusion

« Tout ceux qui, à gauche, refusent d’aborder sous cet angle la question d’une équité sans croissance, démontrent que le socialisme, pour eux, n’est que la continuation par d’autres moyens de rapports sociaux et de la civilisation capitaliste, du mode de vie et du modèle de consommation bourgeois. » André Gorz

Dans la plupart des débats autour de la crise économique et financière mais surtout sociale, puisque nous vivons dans des sociétés régies par l’économie, jamais le parallèle n’est fait avec les autres crises auxquelles nous devons aussi faire face et qui sont bel et bien interconnectées : la crise énergétique, environnementale, politique et démocratique mais aussi culturelle.

En tant qu’objecteurs et objectrices de croissance, nous nous retrouvons avec nos amis de la gauche de la gauche dans leur volonté de s’attaquer prioritairement aux inégalités, à l’exclusion économique et sociale que représentent le chômage et la précarisation dans une société où la valeur travail est centrale et où le mythe du plein emploi est toujours vivace.

La première des Décroissance doit être celle des inégalités comme le dit l’un de nos slogans. De même, il est urgent de sortir du stress, du mal-être, des frustrations, de l’incompréhension, des maux que génère cette insécurité économique vécue par toujours plus de nos concitoyen-ne-s.

Par contre, nous ne nous retrouvons que très peu dans les mesures proposées. En particulier, et c’est pourquoi notre slogan provocateur Décroissance reste malheureusement toujours si juste et si important car trop souvent nos amis de la gauche de la gauche n’arrivent pas à faire ce pas de côté salvateur et s’enferment dans la logique économiciste et consumériste du système. C’est le cas avec la proposition, marquée d’un imaginaire productiviste, d’un SMIC à 1700 euros.

L’urgence est de donner à tous et toutes les moyens de vivre dignement, dans la convivialité, de se réapproprier son autonomie et d’arrêter de croire que l’argent est la seule réponse à cette question et encore plus d’arrêter de ne voir le bonheur que sous le prisme de toujours plus de consommation.

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Notes

[i] Les OC sont celles et ceux qui colportent la Décroissance. Pour une introduction à la Décroissance, voir 10 entretiens filmés

[ii] Voir ici

[iii] Pour aller plus loin sur la DIA

La production de gaz de schiste libère des produits radioactifs Yves Heuillard (DD Magazine) Reporterre 2013/01/04 Yves Heuillard (DD Magazine) (4 janvier 2013) La production de gaz de schiste libère des produits radioactifs. Reporterre. fr

La production de gaz de schiste libère des produits radioactifs

Tout ce que nous savons de l’exploitation des gaz de schiste nous vient des États-Unis. Ce sont les extrapolations américaines à des zones géologiques similaires du territoire français qui font dire aux industriels que la France recèlerait de réserves de gaz non-conventionnel importantes.

Les techniques d’exploitation ont été mises au point outre-atlantique. Les risques liés à l’exploitation des gaz de schiste ont d’abord été portés à l’attention du public par les scientifiques et les défenseurs de l’environnement américains.

Parmi ces risques, celui de la dispersion de minéraux radioactifs issus du sous-sol, est souvent sous-estimé, quand il est évoqué. Un rapport officiel récent de l’administration américaine en précise la nature.

Les précisions sur le risque radioactif lié à l’exploitation des gaz de schiste sont issues d’un rapport de E. Ivan White, scientifique au Conseil américain pour la mesure et la protection des rayonnements (National Council on Radiation Protection & Measurements, NCRP). Ici le rapport rendu public par l’association newyorkaise Grassroots Environmental Education qui vise à l’éducation du public sur la santé et l’environnement.

Selon le rapport la fracturation hydraulique provoque d’importantes remontées à la surface d’éléments radioactifs dans les liquides issus de la fracturation.

Le rapport indique que les éléments radioactifs issus des schistes de Marcellus (nom de la couche géologique riche en gaz dans l’est des Etats-Unis) font partie des éléments radioactifs à vie longue et que par conséquent ils peuvent s’accumuler dans la chaîne alimentaire et engendrer des doses de radiations dangereuses pour des millions de personnes.

Le rapport met prudemment les choses en perspective. Un camion de déchets issus d’un forage ne pose pas véritablement de problème de santé publique, mais il en est tout autrement de quelques millions de camions sur 40 ans.

Ivan White cite en particulier le radium-226 et le radium-228, qui peuvent se retrouver à la surface sous forme solide et liquide, du fait du processus d’exploitation.

L’auteur analyse la dispersion dans l’environnement de ces radioéléments et conclut : « Ils restent actifs et potentiellement mortels et peuvent se retrouver des années plus tard dans des endroits imprévisibles. Ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire, jusqu’à l’homme ».

Rappelons que le radium-226 a une demi-vie de 1600 ans. C’est à dire qu’en 1600 ans il pert seulement la moitié de sa radioactivité. C’est un corps particulièrement dangereux parce que l’organisme l’assimile comme le calcium et, fixé dans les os, il est potentiellement source de cancers.

Une anguille sous roche bien génante

Dans son rapport Ivan White prend des précautions très appuyées pour montrer que contrairement à l’industrie nucléaire « qui suit précisément toute la production d’éléments radioactifs jusqu’à leur destination finale sûre », la réglementation concernant la fracturation hydraulique est très insuffisante.

Le propos rapporté ici entre guillemets est évidemment incorrect puisque les équipements nucléaires rejettent, en fonctionnement normal, des effluents radioactifs gazeux et liquides dans l’air, les rivières, et les océans ; et que la notion de « destination finale sûre » est plus que controversée.

Notons enfin que le problème soulevé par le Conseil américain pour la mesure et la protection des rayonnements, n’est pas nouveau. Le département américain de l’énergie (DOE) et General Electric ont engagé depuis 2011 deux millions de dollars pour permettre d’isoler les matériaux radioactifs des boues et liquides de la fracturation hydraulique (Source Forbes).

En Pennsylvanie haut lieu de l’exploitation des gaz de schiste (de l’ordre de 100 000 puits de forage), des rejets liquides ont été déversés dans les rivières alimentant le réseau d’adduction d’eau potable sans test de radioactivité.

Le New York Times, qui rapporte l’information en février 2011 sur la base de documents officiels jamais rendus publics, précise que le niveau de radioactivité des rejets liés à la fracturation hydraulique est bien plus élevé que la réglementation ne l’autorise.

Comment Camille et Geneviève ont quitté Notre Dame des Landes Breizh Journal Reporterre 2013/01/04 Breizh Journal (4 janvier 2013) Comment Camille et Geneviève ont quitté Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Comment Camille et Geneviève ont quitté Notre Dame des Landes

Les parents de Camille Lauran et de Geneviève Euvrard, les deux filles du Puy en Velay qui ont fugué à Notre-Dame des Landes, ont transmis un communiqué qui relate les circonstances de la récupération de leurs deux filles. Les deux familles s’interrogent sur la discrétion de la justice et trouvent « scandaleux » que les forces de l’ordre n’aient pu intervenir pour des raisons politiques. Elles tiennent cependant à remercier les médias qui ont diffusé les photos de leurs enfants et le travail des policiers.

Camille : une récupération mouvementée

"Camille a appelé ses parents samedi 29 décembre aux alentours de 13 heures. Le commissariat de police du Puy en Velay a immédiatement été prévenu. Parents et frère ont immédiatement pris la route pour voir Camille. Pendant le voyage, le SRPJ de Clermont Ferrand a pris en charge la suite des évènements. Camille nous a contacté plusieurs fois le long de la route pour être sûre qu’on arriverait à rejoindre la ZAD sans embûche. Une fois sur place, nous avons eu le temps de discuter avec des militants accueillants nous proposant même de nous ravitailler. Camille nous a rejoint rapidement. Après s’être enlacés, et avoir discuté, et d’accord sur le fait qu’elle repartait avec nous, elle est allée chercher son sac. En revenant, une personne est venue lui parler ne nous invitant pas à écouter. Camille et sa mère ont à nouveau parlé en marchant pour rejoindre la voiture.

"C’est là qu’ont surgi des individus cagoulés armés de bâtons et d’une pelle. Nous avons décidé de quitter le lieu très rapidement. Camille est montée toute seule sans contrainte dans la voiture à l’arrière gauche. Mon épouse est montée à l’arrière droit, et c’est à ce moment là que tout a dérapé. Un homme caché derrière bonnet et écharpe a hurlé ’Alerte ! Enlèvement d’enfant !’. Très rapidement, une bagarre violente a éclaté entre ces hommes cagoulés et notre famille. Voyant qu’ils ne pouvaient pas ouvrir la portière arrière gauche pour extraire Camille de la voiture, plusieurs personnes se sont dirigées du côté droit de la voiture, ont ouvert la portière arrière, ont voulu sortir violemment ma femme de la voiture. Voyant ça, mon fils est passé du côté droit afin de protéger sa mère. Un des agresseurs a asséné un coup de pied dans le thorax de ma femme.

"Nous avons réussi à rentrer une première fois dans la voiture, mais hélas un des agresseurs a ouvert la portière du côté de Camille qui s’est mise à crier ’Ce sont mes parents, je ne veux pas qu’on tape ma famille’. Je suis ressorti pour fermer la porte et ai crié à mes agresseurs, ’Le premier qui touche à ma fille, je le tue !’. J’ai pu alors remonter dans la voiture et partir. Nous avons entendu des bruits violents, et un projectile a été lancé sur la voiture avant que l’on arrive au barrage de gendarmerie 300 mètres plus loin environ."

Il apparaît très probable que les auteurs des coups aient pu croire, dans le feu de l’action, à un enlèvement de Camille, même si leurs coups ne plaident pas en leur faveur. En tout état de cause, une plainte reste déposée devant le TGI de St Nazaire pour violences volontaires et dégradations.

Geneviève : des retrouvailles plus sereines à Nantes

"Geneviève a téléphoné à sa maman le 1er janvier pour lui donner de ses nouvelles, et a accepté un rendez vous à Nantes dans un endroit connu des deux le 2 janvier. Une fois sur place, Geneviève était accompagnée de deux personnes de la ZAD. Ce n’est pas sans mal que Sylvie a pu avoir un moment en privé afin de parler avec son enfant. Elle n’a pu la convaincre de rentrer à la maison qu’après de longues discussions. L’un des accompagnants de Geneviève a émis plusieurs objections à son départ prétextant vouloir lui laisser son libre arbitre et lui faisant noter dans un calepin qu’elle était d’accord pour rentrer avec sa mère. Geneviève est rentrée cette nuit (du 2 au 3 janvier 2013) au Puy en Velay. Elle est en bonne santé, quoique très fatiguée."

Notre Dame des Landes : Autissier, Lepage et Cohn-Bendit pour un référendum régional Isabelle Autissier, Corinne Lepage, Daniel Cohn-Bendit Reporterre 2013/01/04 Isabelle Autissier, Corinne Lepage, Daniel Cohn-Bendit (4 janvier 2013) Notre Dame des Landes : Autissier, Lepage et Cohn-Bendit pour un référendum régional. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : Autissier, Lepage et Cohn-Bendit pour un référendum régional

Organisons un référendum en 2013 sur Notre-Dame-des-Landes

Par ISABELLE AUTISSIER Présidente du WWF France, DANIEL COHN-BENDIT Coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, CORINNE LEPAGE Ancienne ministre, députée européenne, YANN MOULIER-BOUTANG Professeur à l’université technologique de Compiègne, SERGE ORRU Fondateur du festival du Vent, SERGE GUÉRIN Professeur à l’ESG Management School

La confrontation autour du projet de création de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes échappe de plus en plus au débat argumenté. Ce projet, de plus de trente ans, recueille l’assentiment de la très grande majorité des corps institutionnels et d’une large partie de la société convaincue de la nécessité économique et sociale de cet investissement pour le développement et l’emploi de toute une région. Pour autant, il suscite l’opposition de plus en plus vive de celles et ceux qui parlent au nom des générations futures, qui s’inquiètent du manque de réalisme économique de ce projet, qui veulent préserver les ressources de la terre et sauvegarder un écosystème local de grande importance. Rappelons aussi que ce débat se déroule sur fond de crise des finances publiques.

Ce désaccord réel peut à tout moment basculer dans l’irréparable, devenir un abcès de fixation échappant à l’argumentation rigoureuse pour sombrer dans la lutte des signes et des symboles. Le débat démocratique et notre pays n’en sortiraient pas gagnant.

Dans une période de mutation et d’incertitudes, les projets structurants nécessitant des budgets publics d’envergure ne peuvent se développer sans un fort consensus de l’ensemble du corps social. Dans une époque d’inflation de messages et d’informations contradictoires, il est impératif de permettre à chaque personne de pouvoir choisir son avenir en connaissance de cause.

C’est pourquoi, nous, personnes engagées en faveur de l’écologie et d’une société soutenable, proposons que soit organisé un référendum en 2013. Une année sans élection, précisons-le.

Bien conscients que ce projet dépasse les limites d’enjeux locaux, nous appelons à ce que ce référendum puisse concerner l’ensemble de la population de la région Pays-de-la-Loire. Ce référendum devrait permettre la transparence du débat et la présentation des arguments et des scénarios de toutes les parties prenantes. Chaque habitant pourrait ainsi saisir la globalité des conséquences et des perspectives des différents enjeux.

Le vote, quel qu’il soit, aurait alors une légitimité indiscutable permettant de sortir d’une confrontation stérile et de dessiner l’avenir.

Newton regrettait que « les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts ». Le référendum doit permettre aux habitants de décider après avoir écouté et analysé l’ensemble des arguments pour faire décoller un mouvement démocratique concepteur du futur.

Des enfants, par milliers, à Notre Dame des Landes Serge Quadruppani Reporterre 2013/01/04 Serge Quadruppani (4 janvier 2013) Des enfants, par milliers, à Notre Dame des Landes. Reporterre. Tribune — fr

Des enfants, par milliers, à Notre Dame des Landes

« La forêt de Rohanne, c’est sûrement, pour des jeunes filles, un des lieux les plus sûrs existant à l’heure actuelle sur le territoire français, tant y sont peu tolérés, par principe, les comportements sexistes et machistes »

Et la Mère, fermant le livre du devoir, S’en allait satisfaite et très fière, sans voir, Dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences, L’âme de son enfant livrée aux répugnances.

Rimbaud, « Les poètes de 7 ans »

On était partagé entre la rage et l’hilarité en tombant par hasard à la télé sur le feuilleton de fin d’année, cette invraisemblable mobilisation des médias avec envoyé spécial en direct de Notre Dame des Landes, racontant aux téléspectateurs une histoire de fugue avec parents affolés.

Ces géniteurs peu avisés se comportaient comme si leurs filles avaient été enlevées par une secte, alors qu’elles avaient décidé, plutôt que d’aller traîner en boîte ou de se tripoter le portable, de mener à bien un excellent projet de formation politique et culturelle en se rendant sur la ZAD.

Et les commentaires les plus crasseux de traîner sur internet, invoquant un fantômatique détournement de mineures sans aucun fondement juridique ou daubant la présumée étourderie de ces jeunes filles alors que leur détermination raisonnée a été reconnue par le procureur lui-même…

Notons au passage que la forêt de Rohanne et alentours, c’est sûrement, pour des jeunes filles, un des lieux les plus sûrs existant à l’heure actuelle sur le territoire français, tant y sont peu tolérés, par principe, les comportements sexistes et machistes. La rage l’a emporté quand on a entendu, sans que personne n’y trouve apparemment à redire, que la jeune fille de 17 ans (à un an de la majorité, donc !) a eu droit, à la demande de la justice, à un transport à l’hôpital, à un entretien avec un psychiatre et à un interrogatoire par la police judiciaire.

Manquait plus que le test de virginité. Pour finir, les médias ont mis une sourdine quand Valls a avoué que "ce serait dangereux pour les gendarmes d’essayer d’aller chercher" la demoiselle de 16 ans qui n’a pas voulu se soumettre à l’ordre parental.

Pour calmer la colère et la garder pour des jours plus propices, on a commencé à rêver : et s’il en venait de plus en plus, des "fugueurs" et des "fugueuses", et de plus en plus jeunes ?

Et si Notre Dame des Landes était l’occasion de renouer avec une histoire qui va des croisades des enfants et des pastoureaux aux manifs lycéennes d’aujourd’hui en passant par celles des lycéens au XIXe siècle (plus de 200 mutineries en France dans ce siècle-là) et celle des écoliers anglais en 1911* ?

Imaginons : des centaines, bientôt des milliers d’enfants sortant des établissements scolaires, parcourant le pays, et convergeant vers le bocage nantais pour y construire une autre vie… Les vieux de 20 ans bientôt dépassés et ravis… Les zéros du gouvernement s’arrachant ce qui leur reste de cheveux…

…le beau slogan du Front de Libération de la Jeunesse de 1970 réapparaissant sur les banderoles entre les arbres :

Nous ne sommes pas contre les vieux mais contre ce qui les a fait vieillir.

A vous d’imaginer la suite…

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* Voir le superbe article de Danièle Rancière ici

"Libérer les enfants ? Mais ce serait plus beau que d’ouvrir les cabanons !" Roger Gilbert-Lecomte

Retour à Notre Dame des Landes Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/01/04 Hervé Kempf (Reporterre) (4 janvier 2013) Retour à Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Retour à Notre Dame des Landes

- Reportage, Notre Dame des Landes (Loire-Atlantique)

Jeudi 27 décembre

Me voici donc, sac à dos, au sortir de la gare de Nantes. Il pleut doucement. A l’arrêt du tramway, un jeune homme cheveux longs boit une bière en prenant son temps, l’agenda de l’après-midi ne semble pas trop chargé. Il indique le chemin, observe qu’avant, la place du Commerce s’appelait place de la Bourse, donne du papier à cigarettes à un passant qui lui demande, indique qu’il a beaucoup plu les derniers jours – mais voilà le tram qui arrive.

Après changement au Commerce, ex Bourse, je me dirige vers le terminal d’Orvault, observant un avion qui passe au-dessus de la ville, un coin de ciel bleu entre les nuages, les passagers tête penchée, presque tous absorbés par leur écran de téléphone. Des panneaux dans la ville annoncent « Happy green year », ce qui signale aux voyageurs anglophones qu’en leur souhaitant une heureuse et verte année, la ville de Nantes a reçu un label de ville verte par la Commission européenne, apparemment ignorante de l’affaire de l’aéroport de Notre Dame des Landes.

A Orvault, je retrouve Elisabeth, qui est gentiment venue me chercher depuis la Zone, située à quinze kilomètres au nord. Elisabeth et Paul vivent aux Fosses noires depuis 1989. Leur maison est expulsable, et ils sont parmi les opposants les plus farouches au projet d’aéroport. Elle est sage-femme, il est régisseur de théâtre, après avoir été paysan, précisément dans cette ferme et ses dix hectares de terre. Au moment de l’invasion policière du 16 octobre, ils ont accueilli dans leur grange et leur hangar des zadistes expulsés des maisons. Depuis trois mois, les Fosses noires sont ainsi devenues un des refuges en dur de quelques zadistes permanents et de nombreux zadistes de passage, dortoir, cuisine, salle de séjour, connexion internet et diverses commodités ayant été progressivement aménagés. Le propre logement de Paul, Elisabeth et leur fils Matéo, jouxte les lieux communs où jusqu’à trente personnes vivent.

C’est avec patience et placidité que les hôtes supportent cette transformation de leur vie, ne manifestant que parfois de l’agacement quand un zadiste abuse de leur générosité. Ils expliquent aussi, par exemple, qu’il faut déboucher les fossés, pour faire écouler l’eau, faute de quoi on aura des problèmes d’hygiène – voilà déjà que la jument a des poux…

Les Fosses noires, depuis la route, derrière les caravanes...

D’ailleurs, dit Paul, « on était les zadistes d’avant les zadeux » : ils se rangeaient parmi les habitants critiques de l’Acipa, dont ils jugeaient la politique trop consensuelle, trop juridique, trop accommodante avec les autorités et les élus. Vers 2008, ils avaient créé avec une dizaine d’autres l’association Les habitants qui résistent, et ont sans doute été les premiers à soutenir ce qui semble être le premier groupe de zadistes, qui s’est installé vers 2007 au Rosier. « Ils étaient tout étonnés qu’on les aide ». Depuis, d’ailleurs, l’un de ces pionniers, F. , a quitté la zone et s’est installé comme paysan dans le Morbihan avec sa compagne, ils ont deux enfants.

Paul et Elisabeth, lors du repas, m’expliquent qu’en 2011, l’Acipa était « au fond du trou ». Les opposants historiques ont compris qu’ils avaient besoin des zadistes le jour où un huissier est venu avec une équipe pour réaliser des forages pour la tour de contrôle de l’aéroport. « Soudain cinquante gueux sont apparus » et les foreurs ont dû décamper. Ils sont revenus en juin 2011 avec la maréchaussée et des gaz lacrymogènes, mais déjà, il était clair que les autorités ne maîtrisaient plus tout à fait le terrain, et que des nouveaux occupants allaient leur donner un fil à retordre inattendu.

Réciproquement, les zadistes n’auraient pu s’installer vraiment au Sabot et créer un grand jardin maraîcher si plus de mille personnes et un tracteur n’étaient venus les soutenir en mai 2011, désherber et retourner le champ.

Pendant la discussion, deux jeunes filles viennent demander la tronçonneuse pour couter un arbre qui menace de s’abattre sur le toit d’une cabane.

L’heure tourne. Alexandre, le fils d’un ami de Paul et Elisabeth, et Zoum, venu d’Aix en Provence, me proposent une visite des lieux alentours. Je m’équipe des bottes indispensables sur la zone. Car on marche sans arrêt dans la boue des champs détrempés et des chemins défoncés par les centaines de personnes qui les parcourent depuis des semaines. Alex et Zoum sont arrivés depuis quelques jours à la Zad, et vivent dans le dortoir collectif des Fosses noires. On emprunte des vélos. L’atelier de vélos a bien travaillé, plusieurs dizaines sont disponibles. On les prend à un endroit, on les dépose à un autre, on reprendra ce qu’on trouvera – un système Velib sans borne ni carte. L’entretien se fait… par la magie de l’esprit collectif et le talent de ceux de l’atelier vélo, puisque chacun s’invente ici les tâches en fonction des besoins qu’il observe.

On tourne à gauche, vers la D 281, qui relie le nord au Paquelais, et qui est parsemée de deux ou trois chicanes, dont on reparlera bientôt. Elles ont un aspect piteux, abandonné, mais obligent les voitures à ralentir. Nous nous arrêtons à l’entrée d’un chemin et passons une haie pour entrer dans un champ en direction de Far West. Ah, quelqu’une arrive, il faut porter des tuyaux de poêle, eh oui, des tuyaux de poêle, à la maison, on file un coup de main ? Et nous voilà à traverser le vaste champ, floc floc, tiens, ma botte est trouée, en devisant sous le ciel gris. On a de la chance, il ne pleut pas.

Zoum est là depuis quelques jours. Il a vingt-huit ans, un visage mince et mat, des cheveux longs et une moustache fine, une vraie face de boucanier. Sa mère est professeur de sport, son père travaille dans un Centre d’action sociale, ils sont à droite, nourris de télévision quotidienne, et un de leur meilleurs amis est un gendarme qui se réjouit de blagues racistes et sexistes. Zoum s’est émancipé de cet univers mental depuis quelques années, et s’occupe à Aix d’une Amap, d’une épicerie collective, d’un projet de jardin communautaire. Il s’agit de préparer l’autonomie pour quand le système craquera. Il vient ici avec l’intention de préparer l’arrivée des marcheurs partis de Nice il y a quelques semaines – ils ont fait une étape à Aix - et qui doivent arriver sur la Zone le 9 février.

Il parle avec enthousiasme et dans un certain désordre de tout et d’utopies, avec une bizarre fixation sur les gendarmes. Il paraît qu’il y a sur la zone des groupes de sympathisation avec les gendarmes – qui maintiennent un poste de contrôle très gênant au carrefour du chemin de Suez et de la route des Domaines, dit carrefour des Saulces -, et Zoum pense qu’il faut parler à ceux-ci afin de « trouver l’humanité en eux » et « déconstruire leurs convictions ». Il dit que les gendarmes sont mieux « construits » que des zadistes qui gardent des barricades et avec qui il a discuté pendant des heures. C’est bizarre, mais ce n’est sans doute pas faux : les gendarmes sont bien installés dans la vie, ils ont leur foyer, leur salaire, et des convictions bien enracinées, étayées par le sentiment de défendre l’ordre de la société. On commence à parler de la violence, de la désumanisation, et… mais voici Far West.

C’est une cabane bien construite. A vrai dire, le terme de cabane – employé à propos des constructions sur la zone - est trompeur. A quel moment une cabane devient-elle une maison ? Car ce cube de bois, monté sur pilotis, doté d’un auvent et de fenêtres, paraît bien charpenté et intelligemment construit. Tout autour, c’est la boue. Casseroles et vaisselle sont suspendues à un faisceau de branches, plus loin, un type alimente un brasier, sous l’auvent un groupe discute pendant que l’un joue de la guitare. On pose les tuyaux de poêle, et la jeune fille au regard clair et à la tignasse ébourriffée nous raconte qu’on s’amuse bien au Far West, ils ont fait récemment une bataille de mottes de boue qui valait son pesant de cacahouètes. Il vaut mieux rester de bonne humeur, car les conditions de vie ne sont pas confortables, d’autant plus que si l’eau qui tombe du ciel ne manque pas, il n’y pas de puits à proximité et il faut aller en chercher avec des bidons depuis la route.

On continue avec Zoum sur un chemin qui s’engage dans la forêt éparse, apercevant sur l’étang des Nouées la cabane flottante installée il y a quelques semaines. Plus loin, c’est Le Port, une autre cabamaison en bois. Même disposition : cuisine à l’extérieur, dortoir et repos l’intérieur. Un gars travaille à renforcer le bardage d’une paroi. « Salut – Salut. » Pas trop causant. Il nous invite à entrer, si on veut. Ce n’est très grand, mais assez confortable et chaleureux. Un gus lit une bande dessinée littéraire sur l’espace de canapé qui longe un mur, au milieu il y a un pilier et une table, il fait bon et chaud, il y a quelques livres, le couchage est en haut. On se salue, M . se présente, Zoum propose un verre – il a une bouteille dans son sac –, mais on trouve qu’il est un peu tôt. La conversation ne s’engage pas vraiment, et l’on repart, en saluant le travailleur, qu’a rejoint un autre en blouson et capuche qui tourne ostensiblement la tête pour qu’on ne voit pas son visage.

Plus loin, entre les arbres, une bâche est posée sur une esquisse de charpente – chantier en cours, il n’y a personne. On repasse par le Far West puis vers la route, en discutant de l’autorité, de l’absence de leader, de la démocratie, d’humanisation. Zoum me parle du livre d’Hakim Bey sur les utopies pirates (Taz, zone autonome temporaire) et d’une brochure de Simon, « Rupture. Replacer l’émancipation dans une perspective sécessionnistes », deux textes qui l’ont beaucoup inspiré.

On retrouve les vélos à la chicane où se trouve un petit abri. Alex est là, on recommence à discuter de la droite et de la gauche, pas de différence, les politiciens appliquent les directives données par les banquiers et autres milliardaires. Voilà un type en cape et casquette qui arrive, il est anglais, nous propose en riant une gorgée de rhum, c’est bon, il repart vers Far West. Et nous, on reprend les vélos vers les Fosses Noires.

Carte de Global Mag

Dans la salle commune, il y a une dizaine de personnes autour de la table. C’est calme, ça discute, peut-être que notre arrivée jette un froid, je ne suis pas identifié. Les conversations sont éparses, les gens se lèvent, partent, d’autres arrivent. La cuisine est dans un coin, le dortoir en haut, il y a des ordinateurs sur la mezzanine, pour internet. Tous les âges sont là, comme Marie, une habitante du coin qu’on a vu sur les vidéos qui ont circulé sur internet, houspillant les gendarmes qui ont mené l’agression contre la zone en octobre. Un type d’une soixantaine d’années arrive, béret et parka de chasseur, une patte traînante, il parle fort d’un problème de construction à la Sécherie, une maison en chantier non loin de là. Deux couples de la Drôme et du Puy-de-Dôme arrivent, se reconnaissent, ils commencent à parler des comités de soutien, d’une manifestation qui a eu lieu à Clermont-Ferrand quand Ayrault est venu. La fille de Clermont voudrait monter une cabane sur la zone, pour accueillir les visiteurs du comité de soutien qui viendront ici.

Un repas se prépare, on coupe l’ail, l’eau chauffe. Pâtes, lentilles et carottes. Quand c’est prêt, chacun prend une assiette dans le buffet où des inscriptions au feutre indiquent l’emplacement des assiettes, couverts, verres. On se sert, il y en a pour tout le monde, on mange assis ou debout, ou assis sur l’escalier. Et pour la vaisselle, itou, ca se fait avec fluidité et sans discours, dans l’évier aux deux bacs.

A côté, dans le hangar à matériel, je rejoins Alex, Zoum et un jeune, P ., adolescent. On parle de la manifestation à Chefresne, en juin, qui a été violemment réprimée : un activiste a perdu un œil, une autre a été sévèrement blessée de nombreux éclats de grenades (voir article sur Reporterre). Plusieurs avaient la volonté d’en découdre, raconte P., qui y était. Ils étaient équipés de lances, de boules de pétanque, de cocktail Molotov. Mais ce n’était pas clairement dit aux autres manifestants, venus dans un esprit pacifique. Et le terrain était si mal choisi (la progression sur une petite route montante) que la police a eu beau jeu de réprimer les manifestants. Elle a cependant agi avec une violence stupéfiante.

Mais l’heure tourne, et c’est le moment d’aller à l’assemblée générale, qui a lieu à La Vache Rit. J’y vais avec « Bob », qui vit dans une caravane aux Fosses noires. Bob a trente-quatre ans, elle est sur la zone depuis la mi-2011, et ça a été une activité incessante. Elle a décroché dix jours début novembre, pour prendre des « vacances », - mais restant ici -, à se retrouver, ranger ses affaires, parler avec les amis… On discute, mais une voiture arrive, on fait du stop, ils ont de la place, on va à La Vacherie tranquillement.

Le hangar est plein de gens, pas loin de trois cent personnes, se répartissant entre opposants historiques et zadistes – on les distingue assez bien, par les vêtements, surtout, mais aussi par l’âge. Heureusement, la distinction n’est pas aussi tranchée, d’autant qu’il y a des gens venus d’ailleurs, de la Sarthe ou du Béarn, par exemple, et que s’il y avait avant la manifestation du 17 novembre environ 150 zadistes permanents, il y en aurait maintenant près de 500, venant et repartant, si bien que comme le dira quelqu’un dans la soirée, « Des fois, on n’y comprend rien, c’est le bordel ».

On finit d’installer les chaises, il n’y en aura pas pour tout le monde, un espace est laissé vide au centre, et sur le premier cercle, se trouve d’un côté Dominique Fresneau, co-président de l’Acipa, et de l’autre, A., que l’on va appeler « Camille », dont il ne faudrait surtout pas dire qu’il est une sorte de leader dans ce mouvement sans leader qu’est le zadisme. Il va jouer le rôle de « facilitateur ». On désigne aussi deux répartiteurs de parole, un zadiste, veste de laine colorée et toque ornée de plumes d’oiseaux, et un historique, frère de Dominique Fresneau, habillé comme… tout le monde…

La discussion s’engage, lancée par Fresneau et par Camille, qui va assez régulièrement resynthétiser la discussion. La parole circule bien, le répartiteur à plume d’oiseau ne s’en sort pas mal. S’il y a pas mal de tension dans l’air, tout le monde joue le jeu, parle quand il est désigné et écoute les autres. Des chiens passent de temps à autre dans le cercle, on voit même un chat, il arrive que quelqu’un vienne y parler pour mieux se faire entendre.

On parle d’abord de la question des tracteurs disposés autour de la Chataigneraie. Dominique Guitton, un paysan du COPAIN (Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport explique qu’ils ne resteront que jusqu’au 10 janvier, parce qu’on en a besoin dans les fermes. « Les paysans sont très motivés, c’est pas mince ce qu’on a fait depuis deux mois », dit Guitton. Il assure qu’en cas d’intervention policière, les paysans se sont organisés pour revenir très rapidement avec les tracteurs pour défendre la Zad. Eric Petetin, venu de la vallée d’Aspe, prend la parole pour déclarer la Zad « zone d’amour décalé », saluer le « mouvement révolutionnaire fabuleux » et dire qu’on « fait ici la révolution tous ensemble ». Applaudissements. On passe à un sujet qui paraît biscornu mais qui va focaliser la discussion pendant près de deux heures : les chicanes sur la D 281.

Geneviève Coiffard pose le débat : « Il faut prendre acte que la situation a évolué [depuis la Commission de dialogue]. On n’est plus sous la même pression répressive. Enlever les chicanes serait important pour l’opinion publique, et enlèverait sa raison d’être à la présence policière ». S’ensuit une longue série de prises de parole : les chicanes ne sont pas si gênantes que ça, elles obligent à ralentir les véhicules, au contraire elles favorisent les accidents parce qu’on les voit mal la nuit, on pourrait les enlever puis les remettre trois jours après si les gendarmes ne sont pas partis, etc. En fait, résume un barbu en parka noire, « on discute du terrain, mais l’essentiel est l’opinion publique, qui a basculé en notre faveur le 17 novembre, parce que la manifestation était non-violente autour d’une revendication très humaine. La chicane projette une image de violence. L’enjeu n’est pas que les flics s’en aillent, mais que l’opinion publique reste avec nous. Les flics vont rester, et ce seront eux qui empêchent les gens de passer, pas les opposants ».

La discussion continue sans vraiment avancer, les historiques poussant à enlever les chicanes, les zadistes à les garder. On commence à avoir froid aux pieds, le hangar est ouvert. « Camille » tente une synthèse : « Proposition : on ferait une manifestation où on enlèverait ensemble les chicanes et on irait jusqu’aux Saulces où il y a les bleus [les gendarmes]. Est-ce que ça parle un peu, comme proposition ? ». Une zadiste parle d’un groupe d’action directe non violente qui se réunit à la Chataigneraie, « on ferait des ‘Un deux trois soleil’ devant les flics », un autre répète qu’il ne veut pas enlever les chicanes, un autre qu’il n’y a pas de lien entre les chicanes et la présence des gendarmes.

A un moment le ton monte, « tu peux fermer ta gueule, quand je parle ! ». Tiens, Zoum, « Vous êtes tous extraordinaires, j’ai le cœur qui palpite, ne changez rien, vous êtes très bien ». Le frère de Dominique Fresneau rappelle qu’il faudrait avoir fini avant minuit, pour dégager les voitures afin de permettre au camion de lait de passer – eh oui, il y a toujours le ramassage du lait sur les exploitations. On lance un vote sur trois ou quatre propositions, on ne sait plus très bien où on en est, « Camille » conclut en disant qu’on fera une réunion mercredi suivant sur les chicanes… D’ici là, elles restent en place.

On parle ensuite de la manifestation de samedi à Nantes pour soutenir les opposants emprisonnés. Et puis du FestiZad, qui doit avoir lieu les 5 et 6 janvier, et qui a de bonnes chances de tourner à la mégateuf, genre rave ou technofête. Est-on prêts à accueillir près de cent mille jeunes ?, s’inquiètent les uns. « La machine est lancée, la bête a la dalle, répond un zadiste de la Sécherie, qui a un langage fleuri. Il y a des gens qui ont pris leurs couilles avec leurs mains et qui l’ont lancée, il va falloir assumer et se démerder ». Estelle, cheveux gris, visage jeune, s’avance et calme le jeu : « Moi j’ai envie d’y être, il y a de belles têtes d’affiche, et puis ceux qui viennent, ils savent faire les fêtes, ça brasse du monde, il y a beaucoup d’énergie, ce soir c’est la pleine lune, ca va se faire, en restant positif ». Allez, va pour le FestiZad.

Bon, la réoccupation en avril, construire des bâtiments agricoles et ré-ensemencer les champs. Guitton remarque : « en avril, faire des semis à Notre Dame des Landes, c’est pas gagné… » On verra ce qui se passe.

Place à la discussion sur la commission de dialogue lancée le 25 novembre par le gouvernement. Geneviève Lebouteux, une représentante du Cedépa (Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre Dame des Landes) explique que le collectif a accepté de rencontrer cette commission, en y mettant comme condition que les forces de l’ordre ne devaient pas envahir la zone durant son mandat. Attention, intervient quelqu’un, si d’autres discutent avec eux, cela va fragiliser la lutte.

Dominique Fresneau rappelle que l’Acipa ne compte pas rencontrer cette commission, « les conditions ne sont pas réunies pour qu’on y aille ». « Ces gens-là, c’est juste du foutage de gueule », dit quelqu’un. Un autre prend du champ : « La coordination réunit quarante organisations. Une chose est sûre : on ne veut pas de l’aéroport. Mais ils ne peuvent pas dire que ‘tout le monde refuse de dialoguer’ puisqu’on y va, donc on les coince. Nous ne sommes pas un monolithe. La force du mouvement, c’est sa diversité. Arrêtez de ne pas faire confiance à ceux qui sont les plus anciens dans la lutte. On va le gagner, ce combat ». Applaudissements. « Camille » : « Je parle en mon nom propre. Je ne vois pas pourquoi le Cédépa va discuter, mais s’il reste clairement solidaire des zadistes, et si l’Acipa tient sa ligne, c’est fantastique. Il faut être clair : ne pas se dissocier des zadistes ».

Ouf, l’heure a tourné, tout le monde est fatigué, un échange éclair se produit à propos des médias, et on lève le camp. C’est le brouhaha, on range les chaises en les ré-empilant, on discute ici et là.

Je me retrouve avec Paul et « Bob » dans la voiture de Julien Durand, qui va nous déposer aux Fosses noires. Il se heurte au barrage des gendarmes mobiles, au carrefour de la Saulce. Discussion avec le gradé, pendant qu’un autre bleu regarde les passagers d’un air inquisiteur. « On applique une politique, dit le gradé, vous les avez élus, nous aussi on a voté, mais là, je suis neutre, j’applique ». Pas moyen de tourner à gauche vers les Fosses noires, il faut aller faire le détour par La Paquelais.

Chez Paul, on discute un bon moment avec Julien Durand. Il connait le dossier par cœur. On parle de la police. Les gendarmes ne sont pas si à l’aise, dans ce terrain boueux et bocager. J’ai l’impression que depuis des années, les forces de répression se sont entraînés à la guerre urbaine, dont la répression israélienne à Gaza est le prototype pour les polices du monde entier (voir aussi Mathieu Rigouste, La domination policière. Mais elles ne maîtrisent pas les techniques d’intervention en milieu campagnard, comme l’a montré la résistance des occupants de la Zad depuis octobre. Cependant, on tombe d’accord : si l’Etat veut investir le site, il le pourra. L’enjeu est la bataille de l’opinion publique : la violence policière n’a pas ici bonne presse.

Vendredi 28 décembre

Le jour se lève lentement, dans un dégradé de l’obscurité à la lumière. Gris, il pleut. J’écris un peu. Café et thé dans la salle, Paul et Elisabeth discutent avec Estelle, qui vit aux alentours. Elle a pris la parole à l’AG hier soir, pour dire qu’il fallait laisser se dérouler le Festizad.

On revient sur l’enjeu politique de fond, qu’a exprimé l’AG : il s’agit de savoir comment orienter la lutte. Celle-ci est menée par deux courants de force équivalente, ils voient le monde différemment, mais ils savent que c’est leur union qui fait leur force. Il ne faut pas perdre cette union : en cheminant de concert, et en apprenant chacun de l’autre, en acceptant chacun de l’autre.

On discute de l’avenir. Ayant lu quelque part une analyse prédisant le départ d’Ayrault du poste de Premier ministre – parce qu’il plombe le président François Hollande -, et compte tenu du fait que son successeur ne voudra pas s’embarrasser du boulet de ce projet fumeux d’aéroport, j’estime les chances de victoire à 80 %. Elisabeth est beaucoup plus pessimiste, 50/50.

Quand même, il faut se placer dans la perspective de la victoire, et donc commencer à imaginer ce qui se passera. C’est d’ailleurs le thème d’une discussion qui doit avoir lieu le 2 janvier à La Chataîgneraie, et à laquelle je regrette de ne pouvoir assister : « 14 h – Discussion : ‘Après la victoire, qu’est ce qu’on fait ?’ Proposition d’exercices sur l’idéal et le concret des suites possibles de l’abandon des terres par AGO » (voir le programme de la semaine).

La première question qui vient à l’esprit est de savoir ce que deviendront les terrains. Ils appartiennent pour l’essentiel au Conseil général. Selon Paul, les agriculteurs d’ici et d’alentour se précipiteront pour se les approprier. Et les zadistes ? Auront-ils une place ? Ou imposeront-ils leur présence ? Trouvera-t-on un moyen de partager les terres ? La ZAD ne pourrait-elle pas devenir un lieu de vie alternative, mettant en œuvre les valeurs d’autonomie, de partage, de collectif non hiérarchique qui président à l’occupation depuis deux ou trois ans, et qui a trouvé un spectaculaire renfort dans l’énergie collective déployée en réponse à l’agression étatique engagée le 16 octobre ?

Paul va chercher de la paille chez un paysan, Alexi, pour sa jument. On discute avec Estelle et Elisabeth, de choses et d’autres, de la fête, du haschich. Oui, il y aura de la drogue à la Festizad, mais comme il y en a dans toutes les techivals, et comme il y en a partout, dans les lycées, ce qui n’était pas le cas il y a… trente ans, quand on était lycéens. On parle de jeunes qui fument du cannabis régulièrement, d’un tel qui est schizophrène, de tel autre qui a déclaré qu’il ne fumerait plus que de temps en temps – parce qu’il avait décidé de passer son bac cette année. Une fille à l’accent anglais passe, la connexion internet ne marche pas à côté, peut-elle voir sur le poste d’Elisabeth ? Celle-ci accepte.

Estelle part. On parle avec Elisabeth des violences qu’il y a eu, ici ou au Chefresne. Elle m’apprend que le blessé à l’orteil risque de voir son pied amputé. Le soir du 16 décembre, lors de la manifestation aux flambeaux qui a conclu la réunion des comités de soutien à NDL, la situation a dégénéré, comme on dit, et le jeune en question a renvoyé une grenade du pied, en croyant que c’était une lacrymogène. Mais c’était une assourdissante, qui a explosé, et lui a cassé le tibia. Les docteurs s’inquiètent de voir que le sang ne circule plus dans le pied, la gangrène guette, on pourrait lui couper.

Elisabeth me parle de la jeune fille, N., qui vivait aux Fosses noires, et qui a été à la manifestation du Chefresne (à Montabot, en fait), en juin, elle a été blessée de nombreux éclats. Elle avait écrit un texte, que les autres lui ont fait ré-écrire. C’est celui qu’un ami qui était à Montabot avait envoyé à Reporterre (on peut lire l’original sur Indymedia), on l’avait renvoyé en demandant un texte plus factuel ; il a été ainsi publié. Elle va bien, mais elle aura toujours des séquelles des tirs de grenades, des morceaux de métal dans sa chair. En ce moment, elle est à Strasbourg, pour voir sa famille.

On parle de bouquins, Elisabeth me donne une brochure de l’Encyclopedie des nuisances, Adresse à tous ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer, qui date de juin 1990, et dont cette phrase me frappe : « Les écologistes sont sur le terrain de la lutte contre les nuisances ce qu’étaient sur celui des luttes ouvrières les syndicalistes : des intermédiaires intéressés à conserver les contradictions dont ils assurent la régulation, des négociateurs voués au marchandage (la révision des normes et des taux de nocivité remplaçant les pourcentages des hausses de salaire), des défenseurs du quantitatif au moment où le calcul économique s’étend à de nouveaux domaines (l’air, l’eau, les embryons humains ou la sociabilité de synthèse) ; bref les nouveaux courtiers d’un assujetissement à l’économie dont le prix doit maintenant intégrer le coût d’un ‘environnement de qualité’ ».

« Bob » arrive. J’aimerais bien discuter avec elle, mais là, elle doit aller tenir Radio Klaxon : « Je n’aime pas qu’on la laisse silencieuse, sinon il y a Radio Vinci à la place ». La radio de la zone émet en effet sur la fréquence 107.7, qui est celle d’Autoroutes Info. Où se trouvent l’émetteur, et la caravane studio ? No sé… Ensuite, Bob descendra sur Nantes, en vélo, s’il vous plait, pour faire les courses, se doucher chez un copain, et le lendemain matin, vendre sur le marché avec un compagnon paysan – qui est dans la lutte de Notre Dame des Landes – ses produits maraîchers. « On discute avec les gens, ils voient à quoi ressemblent les terroristes ». On rigole. Mais bon, moi demain, je devrai partir. La conversation sera pour une autre fois.

Paul arrive, me demande ce que je compte faire, me propose sa voiture. Je n’ai pas de plan précis, sinon aller – à pinces - au pot au feu organisé à la Chataîgneraie et parler avec tel ou tel que je connais déjà, puisque le contact spontané avec nos amis zadistes n’est pas toujours facile. « Oui, ils se méfient beaucoup ».

On part à pied, en discutant de mille choses, passant devant le Gourbit – il ne reste rien de la maison, c’est pitoyable -, et devant les gendarmes, au carrefour de la Salce, ils ne nous demandent pas nos papiers, mais l’un d’entre eux marche à nos côtés jusqu’à ce qu’on ait passé leurs trois ou quatre camionnettes. En face, c’est le chemin de Suez, on va droit, passons deux barricades. Un attroupement, des gens qui vont à la ferme Saint Antoine, à gauche, où a lieu le Pot au Feu, mais on continue tout droit, pour aller jeter un œil à la Chataîgneraie. Paul passe par le chemin de gauche, qui est moins boueux, et on arrive par l’arrière de la Chataigneraie, franchissant une file de tracteurs : ils sont solidement attachés les uns aux autres par de gros câbles de fer, et plusieurs sont en très bon état, les paysans ont vraiment engagé leur outil de travail, pas des vieux tacots. D’ailleurs, ça va être du boulot de les sortir, plusieurs sont bien enfoncés dans la boue.

La Chataigneraie rassemble en un cercle approximatif cinq ou six grosses cabanes de rondins de bois, et en fait, on dirait un village de pionniers aux Etats-Unis ou au Canada. Ca me rappelle le camp de cow boys que j’avais eu à un Noël, quand j’étais gamin.

De la boue partout, quelques passerelles ou échelles par terre.

Une maison dortoir se place sous le patronage, si l’on peut dire, de Kulon Progo. Explication : « Kulon Progo est le nom d’une communauté de paysan-ne-s en lutte, sur l’ile de Java en Indonésie. Après 50 ans de recherches techniques pour cultiver une terre devenue infertile, la communauté est aujourd’hui en lutte contre une compagnie minière qui veut imposer l’implantation de mines d’extraction de fer. La communauté affirme une farouche autonomie, refusant toute aide de groupes extérieurs payés pour leur venir en aide, tel que les ONG ou partis politiques. »

Plus loin, il y a une… baignoire chauffée ! On se demande si elle a déjà fonctionné.

(La baignoire est le cube au-dessus du bidon bleu, sur la photo. On ne la reconnait pas bien, parce qu’elle est couverte d’une plaque marron, pour la protéger de la pluie, je suppose. Un tuyau en inox gris part sur la droite, vers le haut.)

On passe un autre dortoir « réservé aux personnes acceptant d’être réveillées à 4 h du matin pour le relais barricades et guets ». Des gens visitent, ils viennent de loin, un peu touristes, comme nous, ils regardent avec sympathie et amusement. Il commence à pleuvoir, on rejoint une grande maison devant laquelle un groupe discute autour d’une table haute abritée par un auvent. Tiens, voici Eric Petetin, le combattant de la vallée d’Aspe, qui bataille depuis des années contre le projet de tunnel du Somport. On s’était vus il y a un an à la Communauté Emmaus Lescar Pau.

« Oui, tu ne m’as pas fait d’article – Eh, Eric, c’était une discussion, pas une interview ! » Il m’apprend qu’il a fait Science Po ! Il avait aussi suivi quelques cours de Jacques Ellul, à Bordeaux. Il est ici depuis quelques jours, il dort au Far West, où il y a une bonne ambiance. Ensuite, sous l’œil amusé des jeunes qui sont là, il part dans une histoire d’amour universel, et qu’il a bien de la chance d’être né en 1953, parce que 3 et 5 font 8, qui est le chiffre de l’harmonie – « ceux qui sont nés les autres années, c’est dur pour eux, non ? », je me moque gentiment, et puis j’ai oublié le reste, pas de carnet pour noter.

Pendant ce temps, Paul discute avec une paysanne qui est venue avec ses trois fils, ils piquent-niquent, le mari est au boulot, « le métier est dur », dit-elle sans se plaindre, sur le ton du constat, « parfois on se demande si on ne va pas arrêter ». Elle file à manger à Eric, et puis on part en queue-leu-leu vers la ferme Saint Antoine, il pleut un peu moins. Un groupe est en train de travailler dans la bonne humeur à une cabamaison, on rassemble leurs marteaux et leurs clous éparpillés qui pourraient se perdre.

A la ferme Saint Antoine, le pot au feu a lieu sous un vaste hangar. La ferme est abandonnée, le mouvement veut la récupérer, on en reparlera. En arrivant, je croise Marcel Thibault et sa femme Sylvie. On ne se connaît pas, on discute un peu. Marcel est celui qui a mené la grève de la faim, avec Michel Tarin, au printemps. Avec Sylvie, ils conduisent une des dernières exploitations agricoles de la zone, et ils ne veulent pas lâcher. « On a le sentiment d’être sur le fil du rasoir, ca peut basculer d’un côté ou de l’autre – Ils [le pouvoir] ont essayé de donner au mouvement une image de casseurs, ça n’a pas marché. Mais on a un fonctionnement horizontal [sans autorité], il suffit de quelques connards pour faire basculer ». Marcel et Sylvie sont des jeunes installés, en quelque sorte, puisque Sylvie était professeur jusqu’à il y a treize ans, lui était conseiller agricole, avant qu’ils reprennent la ferme. Ils quittent le pot au feu, on se promet de se revoir.

Sous le hangar, les plats ont été apportés de la Châtaigneraie, je crois, ils sont posés sur une enfilade de planches sur tréteaux, les gens font la queue en prenant des assiettes dans un coin. Il y a aussi du pain, et un peu de vin. Plein de monde, pas loin de trois cent personnes, zadistes, historiques, paysans, gens des alentours, touristes, ça discute, ça mange. Je parle avec Geneviève Coiffard, qui m’apprend qu’une chaîne humaine autour de la zone est en projet pour le 11 mai, qu’un grand rassemblement – 300 000 personnes (300 000 personnes !) – se prépare pour les 3 et 4 août. « Il faudra prévoir 25 hectares de parking, 40 hectares de camping. Ce sera en août, parce qu’il faut laisser passer les foins et la moisson ».

Je vais manger, je prends une assiette sale (la vaisselle n’a pas lieu ici), la nettoie avec un mouchoir en papier. Il y a encore à manger, et c’est très bon, eh oui. Une cagnotte est posée, ceux qui peuvent laissent un peu d’argent pour payer le repas. Des zadistes appellent à une réunion pour discuter de la manifestation de samedi, ils vont dans le champ, à l’écart.

Mais de l’autre côté du hangar, une charrette a été avancée, formant tribune. Et les paysans parlent. Dominique Guitton, d’abord : « On va retirer les tracteurs, mais on se prépare à revenir très rapidement si une intervention policière avait lieu. On a fait une chaîne téléphonique avec les départements limitrophes. » Il dit aussi qu’il est prévu de réoccuper la ferme Saint Antoine, pour y reprendre les travaux agricoles. Et puis que pour l’avenir, « les terres n’iront pas à l’agrandissement des exploitations existantes, il faudra une gestion collective et des nouvelles installations ». Applaudissements. Un autre prend la parole, « on va veiller à la gestion du secteur, il y en a déjà qui se préparent à se partager les terres, mais on l’empêchera. Quant à cet aéroport, c’est la goutte qui fait déborder le vase. A un moment, il faut dire stop ».

Guitton reparle : « Dans le monde, les ressources deviennent rares, la population augmente. La question agricole va reprendre de l’importance. » Marie Jolivel, d’Ille-et-Vilaine, s’avance : « On est moins dans le bain que vous, mais on est neuf dans la lutte, on est plein d’énergie. On a fait une manifestation à Rennes avec les tracteurs. En ce moment, on travaille les élus ».

Puis un homme en combinaison rouge et avec toque et barbe grise : il représente les cyclistes qui sont arrivés hier de l’Ardèche, et qui ont parcouru 800 km en sept jours. « On est le collectif des fées ailées, les fêlés ». « Ici comme ailleurs, on défend nos terres qui nous nourrissent. Les gouvernants mangent deux ou trois fois par jour, ils croient que ça tombe dans leur assiette parce qu’ils ont du pognon, ils oublient qu’il faut des terres pour la nourriture ». Ensuite, Kamel Bouhofra, c’est son nom, reprend le conte du colibri : « Que chacun porte sa petite goutte, et on parviendra à éteindre le feu ». Il cède la place à un zadiste, qui parle de la manifestation de demain à la prison de Nantes, en soutien à un qui a été interpellé par un policier infiltré sur une barricade, qui a procédé à un flagrant délit. (J’ai vu une photo, le policier est en civil, sans signe distinctif, sinon une mince étiquette qu’il a sorti de son blouson au dernier moment. Et il paraît que c’est légal…). Un autre lit le texte écrit par Cyril en prison.

Les gens discutent, se dispersent, on commence à partir.

Tiens, voilà Julien Merlaud, un documentariste indépendant - par ailleurs surveillant dans des collèges pour remplir la casserole -, que je n’ai pas vu depuis des années. Il est né à Notre Dame des Landes, et réalise une série de videos autour de la lutte sous le titre « Nous sommes tous des salamandres de feu ». Son "obsession", en fait, c’est Bolloré, le milliardaire très investi en Afrique. Julien voudrait "réquisitionner Bolloré et rendre les bénéfices aux Africains". Il travaille aussi sur le projet de ligne TGV au Maroc.

On commence à discuter avec un trio, Kleber, Alice et Mathilde - qui a une petite caméra, mais elle ne filme pas, là. Ils appartiennent à un groupe intitulé ARS Combat (ah ?), et on parle du postcapitalisme, du socialisme, tout ça. Ils viennent ici pour se forger une opinion. Ils ont commencé hier par faire des micro-trottoirs autour de l’aéroport de Nantes-Atlantique, et ils sont tombés dans une boulangerie sur un homme qui les a fortement impressionnés. Il leur a délivré un argumentaire élaboré en faveur de l’aéroport - on convient qu’il devait travailler pour Vinci ou un partenaire impliqué dans le projet. Un argument les a marqués : le nouvel aéroport permettrait de mieux densifier la ville de Nantes en libérant l’espace autour de l’aéroport existant, et donc de consommer moins de terre.

Ils me demandent des arguments contre le projet. En marchant, je leur énonce les raisons écologiques de s’y opposer, du fait du changement climatique, de la nécessité d’arrêter l’artificialisation des terres, du maintien et du développement de la paysannerie, de la vacuité économique du projet fondé sur des extrapolations hasardeuses, des conflits d’intérêt qui imprègnent toute l’affaire, du rôle de la multinationale Vinci, enfin, tout un discours. Ils ont l’air de boire cela comme du petit lait.

On arrive près du carrefour de la Saulce, Paul est en discussion avec les "pétroleuses", disons des zadistes très féministes. On se joint au groupe, le dénommé Kléber se présente, pose des questions sur le projet d’aéroport en se faisant "l’avocat du diable". Les zadistes le regardent comme s’il était un Martien et décampent fissa. Il se tourne vers Paul, et reprend les arguments du gars de la boulangerie. Mais Paul ne répond pas sur le terrain technique, il adopte le "point de vue humain que les gens voulaient garder les lieux qu’ils venaient de construire". Il pose la légitimité de raisonner en fonction de "sa subjectivité", par opposition à la rationnalité purement économique qui se dégage du discours de Kléber. Pour celui-ci, "on peut critiquer le projet quand on est un Européen au ventre bien rempli, mais il faut se projeter dans l’avenir". Aïe ! Paul lui parle des paysans indiens qui se sont bagarrés contre le projet d’usine Tata, ou en ce moment contre des projets de centrale nucléaire. Mais les autres - Mathilde se met de la partie - n’en démordent pas, "économie", "progrès", etc. Bon, on n’est pas sur la même longueur d’onde, on se quitte courtoisement. Plus tard, je regarderai le site de Combat, Alternative révolutionnaire socialiste, leur groupe : du marxisme aux semelles de plomb...

Avec Paul, on part vers La Rolandière, qui se trouve à quelques hectomètres de là. Au moment de l’intervention étatique du 16 octobre, dit-il, "on pensait qu’on avait perdu, on était moins nombreux contre l’aéroport qu’il y a dix ans. On était exsangues, isolés de la population [des villages alentour]. La violence de l’intervention a renversé l’opinion."

A La Rolandière, Alain discute autour de la table, dehors, avec Dominique Fresneau et Claude, un ami. Il nous offre un verre. Une pluie légère commence à tomber. Voilà qu’arrive un petit camion. Une fille descend. "C’est bien ici, La Rolandière ? On nous a dit qu’il fallait venir y poser les affaires. On vient du Gers". Ils apportent les dons du comité de soutien gersois, des matelas, des sommiers, des vêtements, du matériel médical, 160 € pour l’Acipa, des pétitions... On transbahute le chargement dans le hangar de Rolandière, trois chiens descendent du camion et folâtrent. Pour dormir, Paul indique à l’équipage comment se rendre aux Fosses Noires. Et demain, ils feront le tour de la zone pour voir comment aider.

Tout ce matos, c’est impressionnant. Les surplus de la société de consommation ne manquent pas, l’économie du don a de l’avenir...

C’est la nuit, maintenant. Je vais voir les zadistes du bus de communication, qui est rangé devant la Rolandière. C’est là qu’est notamment animé le site de Zone à défendre. La porte en accordéon est au milieu, c’est un ancien bus de ville, il y a quatre jeunes, dont D., que j’avais vue en novembre. C’est tout beau, il y a des ordinateurs, un photocopieur, des rayonnages de livres... Les choses se sont améliorées depuis novembre, quand il fallait se serrer dans une toute petite caravane. "On finit par avoir trop de fric", dit D., "il vaudrait mieux en donner aux Roms".

On discute de la violence - légitime quand il s’agit de se défendre -, de l’A.G. de la veille et de cette longue discussion sur la chicane. On parle aussi de l’avenir : il faudrait partager les terres, mais aussi qu’elles soient exploitées en bio, en méthodes alternatives, telles que la permaculture. On aborde le problème du Champ hors contrôle, juste à côté d’ici, et qui porte bien son nom. L’afflux de nombreux nouveaux zadistes depuis quelques semaines change l’équilibre de vie qui s’était instauré depuis un ou deux ans, quand les occupants "permanents" se connaissaient tous. Mais c’est le signe du succès, non ? Oui. Mais des coupures peuvent se créer, comme avec l’est de la zone, vers le Far west, alors que le centre de gravité s’est déplacé vers la Chataîgneraie. On parle aussi du sexisme, un des repères du mouvement, et auquel des nouveaux arrivants sont peut-être moins sensibles.

Mais l’heure tourne. On se quitte. Dehors, c’est de nouveau la pleine lune. Je retrouve Paul chez Alain et Marie, on discute un bout, et on repart dans la nuit, en passant par les champs pour éviter les gendarmes du carrefour. Que de boue, que de boue ! On pense à Verdun, ce que ça devait être, dans la boue en permanence... avec les obus et la mort en plus, l’enfer, le vrai !

Diner avec Elisabeth et Matéo, et Zoum, qui débarque. On discute. Qu’est-ce qu’on parle, sur la Zad ! Pas de télé, peu de radio, une énergie énorme, beaucoup d’idées et de rencontres... ça brasse. Je vous passe les détails, juste cette discussion, sur les prénoms, l’anonymat vécu et revendiqué par de nombreux zadistes. Il y a bien sûr la méfiance par rapport à la police, les médias, l’Etat. Il y a aussi un choix politique, exprimé dans L’insurrection qui vient (p. 102) : il faut "tourner à notre avantage l’anonymat où nous avons été relégués et, par la conspiration, l’action nocturne ou cagoulée, en faire une inattaquable position d’attaque. L’incendie de novembre 2005 en offre le modèle. Pas de leader, pas de revendication, pas d’organisation, mais des paroles, des gestes, des complicités. N’être socialement rien n’est pas une condition humiliante, la source d’un tragique manque de reconnaissance - être reconnu : par qui ? -, mais au contraire la condition d’une liberté d’action maximale".

Certes. Mais l’aisance avec lequel ce code est adopté est aussi un révélateur. D’abord de la fluidité des relations humaines née de la culture très individualiste qui imprègne, comme nous tous, les zadistes, cet hyper-individualisme exacerbé par le capitalisme des trente dernières années. On se croise, on se parle, on se quitte, on se recroisera, rien ne nous attache... même pas le nom, le souvenir du nom.

Révélateur aussi, peut-être, du désir de rompre avec le passé, avec cet embrouillamini aliénant de télé, de voiture, des contraintes médiocres et confortables qui forment le quotidien des classes moyennes d’où sont issus beaucoup des jeunes zadistes : perdre le prénom, adopter un surnom, c’est aussi changer de peau, devenir l’humain neuf de ce nouveau monde que l’on veut construire et vivre. Et auquel, d’ailleurs, on ne donne pas de nom, parce qu’il est lui aussi libre et indéterminé.

Sur ces hypothèses, la deuxième journée s’achève.

Samedi 29 décembre

Le matin, dodo, on traîne, le jour traîne, le ciel traine, toute la zone semble traîner. En route ! L’air est clair, l’atmosphère détendue. Je marche. On marche beaucoup sur la zone, comme autrefois. Les gens marchaient. Des amis en Lozère me racontaient, lors d’une ballade en forêt, que dans des temps pas si lointains, puisqu’ils en ont été témoins, les paysans venaient de loin jusqu’à la foire au bétail de Chambon-le-Château, ils marchaient cinq, dix, quinze kilomètres, avec leurs bêtes, partis avant l’aube, sans faiblir, et ils repartaient de même, l’après-midi, après la palabre sur le foirail et la pause dans un des nombreux bistros. On a oublié, aujourd’hui que la marche est devenu « randonnée », qu’elle a longtemps été, pendant des milliers d’années, le principal moyen de locomotion des humains.

Donc je marche, croise des gens, « salut », « salut », « salut », tout le monde semble de bonne humeur, ce matin. Ah, sur la zone, on dit « salut », pas « bonjour », je ne sais pas pourquoi. Les bleus laissent passer sans presque se faire remarquer, ils saluent, je salue, puis remonte vers La Rolandière, histoire d’aller voir le Champ hors contrôle, et ensuite la Chataigneraie, pour quelques photos. Il ne faut pas trainer, rendez-vous à 14 h à Notre Dame des Landes pour aller à Nantes à la manifestation de soutien aux prisonniers.

Quelques inscriptions, sur la route ou sur de petits panneaux de carton ou de bois. « Ralentir, animaux et humains en liberté ». Un grand panneau : « La nature est NON recyclable ! », phrase suivie d’une liste détaillée des nombreuses espèces de hérissons, écureuils, reptiles, chauves-souris, oiseaux nicheurs, amphibiens, insectes, que les naturalistes ont inventoriées sur la zone. Ailleurs, ce bout de papier délavé accroché à un arbre : « La trahison des clercs, encore pour longtemps ? ». Hélas oui, je le crains, tant qu’ils voudront manger dans la main des puissants.

Le Champ Hors contrôle est juste après la Rolandière et le « point d’information ». C’est un vaste terrain boueux, où une vingtaine de yourtes, grandes tentes, caravanes, forment cercle avec une sorte de cuisine au milieu, et au fond, des toilettes. Ouye, il faut du courage, de l’obtination, pour vivre dans ces conditions, avec la pluie, qui se remet encore à tomber, et le froid, souvent. Mais on s’arrange, comme en a témoigné le père de Geneviève, l’adolescente qui est venue vivre quelques temps ici : « Elle mangeait très bien, couchait dans un endroit – une yourte – sec et elle a même pris du poids ».

Je repars vers La Chataigneraie, il pleut, je ne rencontre presque personne.

Tout le monde est ailleurs, comme évaporé, ou au fond des duvets douillets, peut-être. Personne au dortoir de Kulon Progo. Je prends quelques photos, discute un peu avec un constructeur d’un nouveau dortoir, à deux niveaux, en rondins épais.

L’heure tourne, je rentre. Il y a un gars à la barricade, avec un talky-walky, c’est plus sûr que les téléphones portables. J’emprunte de nouveau la voie des champs pour éviter les gendarmes, qui semblent s’être remis à contrôler les passants.

Fosses Noires, déjeuner rapide, bouclage du sac, grand salut à Paul et à Elisabeth, dont l’hospitalité est si généreuse. Paul me prête même sa vieille Xantia, je pourrai aller à Nantes et transporter des manifestants.

Route vers Notre Dame des Landes, à quelques kilomètres. Les gendarmes sont aux Ardillères, ils laissent passer les voitures. Juste après, quatre zadistes et un chien font du stop, je les embarque, ils sont de très bonne humeur, l’un a une guitare et une fausse barbe, "Monsieur, quel âge j’ai ?", "Hmm, quatre vingt douze ans", rires. On arrive vite au village, où une soixantaine de gens sont rassemblées. Il y a des tambours et percussions qui s’exercent, on papote. Je tombe sur P., le jeune avec qui on a discuté l’autre jour de la violence. C’est amusant, parce qu’on a entendu parler des fugueuses qui sont sur la zone, et qui semble-t-il agitent les médias. P. a seize ans et parle avec beaucoup de maturité des différentes actions auxquelles il participe, avec l’assentiment de sa tante, apparemment. En fait, il part ici et là pendant les vacances, et a par exemple suivi les Indignés l’an dernier à Paris, notamment quand ils étaient à La Défense. On sent aussi chez lui, comme chez R., pas beaucoup plus âgé, avec qui on discute, une excitation née de la confrontation avec la police. On n’a pas le temps de parler plus avant, car la troupe commence à s’agiter, on commence à se répartir dans les voitures disponibles, une part en tête et les autres vont suivre en faisant clignoter les feux pour se reconnaître dans le trafic.

J’embarque une fille et trois gars et... foin des théories sur les prénoms, tout le monde se présente spontanément : R., E., J.-B. et F. R. vient d’arriver hier de Paris, il est jeune, a arrêté le lycée pour faire une formation de jardinier, vit en ce moment en woofing (travail au pair dans des fermes bio). E. a trente trois ans, elle est travailleuse sociale, en ce moment au chômage, elle n’a pas été retenue pour un poste à la Cimade à Paris - 5 000 demandes d’asile par mois à traiter, parait-il ; son copain travaille dans une boulangerie en SCOP à Montreuil, La conquête du pain - c’est bien, mais proche de "l’auto-exploitation". Elle est plusieurs fois venue sur la Zad depuis deux-trois ans, et est là depuis quelques jours. J.-B. vient de Brest, il est chômeur en ce moment, "ce qui laisse du temps pour militer". Et F.,... j’ai oublié.

On discute de la prison, de manière assez surréaliste. Car R. explique qu’en gros, la prison est nécessaire pour protéger l’Etat. Bien sûr, il ne faut pas emprisonner les activistes, mais il est normal d’enfermer les gens dangereux, par exemple les trafiquants de drogue. Même les petits dealers de banlieue ? Oui, enfin... Ca réplique sec, la prison comme instrument de répression, libérer la prison, et l’une ou l’autre de raconter des expériences de garde à vue, 24 h, 48 h, sans manger sinon un paquet de biscuit, à ne pas pouvoir pisser, des ados mis dans des cellules pleines d’adultes, et la prison qui est si dure que les gens sortent de là encore plus désocialisés qu’avant. Ah, répond R., mais les prisons sont confortables, ça coûte cher à l’Etat. Là on arrive presque au point de rupture, j’avance que le capitalisme depuis une trentaine d’années a énormément augmenté le nombre de personnes emprisonnées pour contrôler les classes populaires, mais ça n’accroche pas vraiment, on est plutôt sur le thème de la prison en tant que telle, utile ou pas à la société.

On roule maintenant sur la voie rapide qui conduit à Nantes, suivant le cortège qui clignote, sous la brumasse, en longeant les centres commerciaux et entrepôts qui forment l’environnement usuel de nos si belles métropoles, avant de s’engager sur le périph. Où la conversation redécolle, car notre ami R. parle d’"enculés", ce qui déclenche le hourvari, "Ah, injure homophobe !, comment peux-tu dire ça ?", eh oui, la zone est non homophobe, non sexiste, non raciste, et en discutant, on se rend compte que presque toutes les injures sont sexistes, "bâtard", "fils de pute", "pédé", et nous voilà partis à discuter de savoir comment s’injurier correctement, parce qu’il faut être réaliste, les injures, on en a besoin, ne serait-ce que, pour prendre un exemple au hasard, s’adresser aux forces de l’ordre quand elles vous envahissent... Et là, on cherche, "malandrin", "voyou", "vilain", "méchant", et puis il faudrait dire "zut" plutôt que "putain", on rigole bien.

Mais voilà qu’on arrive, sur une grande zone commerciale Carrefour. Parking, rassemblement, on n’est pas loin de trois cents, parce que des Nantais sont venus, et il y a aussi des militants de l’Acipa. On s’abrite de la pluie sous les auvents d’un MacDonald’s, bloquant une file de voitures qui ne le prennent pas mal, on se regroupe, des indications sont données : rappel du sens politique de l’action - manifester la solidarité avec les militants emprisonnés (deux ont reçu des peines de prison ferme) -, numéro de l’avocat en cas de pépin, on l’écrit au feutre sur l’avant-bras, distribution de quelques masques et citrons en cas de lacrymo. Il y a deux banderoles, les tambours et sifflet qui donnent une bonne pêche, et on s’ébranle, devant l’immense supermarché, puis à travers un quartier d’immeubles HLM, puis sur une route où les maisons s’éclaircissent, en discutant sous la pluie qui tombe, s’arrête, retombe, etc.

La troupe parvient à un carrefour. Aller à droite ou tout droit. On va à droite, puis rebrousse chemin, reprend la longue route qui longe une forêt derrière laquelle se trouve la prison dont on aperçoit quelques bâtiments. Que faire ? Une partie décide de monter vers la prison à travers les arbres, mais on est plusieurs à juger - surtout les plus anciens - que c’est aller se prendre des lacrymogènes pour le plaisir sans que ça serve à grand chose. Donc l’autre partie revient vers la première voie, qui traverse la zone industrielle.

Je suis à côté de Julien Durand, le porte-parole de l’Acipa, notant quelque chose sur mon carnet. Et voilà que sa femme m’interroge : "Vous êtes policier ?" - Ah... ben non, je suis journaliste. Mais pourquoi vous me posez cette question ? - Parce que vous avez une tête de policier". Marie, de la Rolandière, qui assiste à la scène, se marre doucement. Et c’est vrai que cheveux courts, un âge certain, la bouche aux plis sévères, une tête qui n’inspire pas la sympathie spontanée, je pourrais bien être un policier en civil. Je porte de plus une parka bleue marine, ce qui est le pire dans le code vestimentaire de la Zad, parce que ça évoque la couleur des gendarmes... La femme de Julien en veut à ces “journalistes“ qui appellent si souvent son mari, qui ne se présentent pas, et auquel il répond avec trop de confiance, selon elle.

Mais ça me fait réfléchir : car au fond, un journaliste recueille beaucoup d’informations, tout en maintenant une distance à l’égard de son sujet, et en parlant avec les différentes parties prenantes d’une situation. Cela implique d’une part qu’il soit très vigilant pour respecter ses informateurs et ne pas les mettre en danger, et d’autre part qu’il est très important que le principe légal de secret des sources des journalistes soit strictement maintenu et respecté. Après, vous avez la tête que vous pouvez...

On avance vers la prison en discutant. Justement, Julien Durand me raconte un bout d’histoire de la lutte - engagée dès 1973, quand il avait fondé l’Adeca avec Michel Tarin, l’aéroport était prévu pour 1985. Il me raconte aussi les débuts des Paysans Travailleurs, l’organisation qui allait donner naissance à la Confédération paysanne, et dont Bernard Lambert, en Loire-Atlantique, était le leader. Sur la stratégie, me dit Julien, Lambert avait une phrase : "L’important, c’est le but". Ne jamais oublier, dans les luttes qui prennent de l’ampleur et deviennent protéiformes, le but qui les axe. Et pour Notre Dame des Landes, sous les couches multiples et passionnantes qui l’enrichissent jour après jour, le but essentiel : empêcher que se réalise ce projet d’aéroport.

Mais on arrive à la prison.

Rien à faire, il y a une grande grille posée par les CRS et qui bloque le passage.

On peut crier des slogans, au moins les prisonniers entendront, sauront qu’on est venus.

Je reste un peu, puis je m’éclipse. Retour au parking, reprendre la voiture, la poser au parking du tram, jeter les clés à l’arrière et la porte se ferme, Paul la retrouvera demain. Direction la gare, le train.

Fin du reportage. Et une réflexion. Un des enjeux de Notre Dame des Landes, c’est que la zone ne devienne pas un fétiche de la liberté, une sorte d’Eurodisney de l’alternative, mais que l’on retrouve cette liberté en mille lieux, que partout s’inventent des zones d’autonomie à défendre, d’agriculture durable, d’amour décalé, d’anarchisme démocratique, d’alternatives définitives... Gagner à Notre Dame des Landes pour gagner aussi ailleurs. Une graine, qui multiplie...

Shell reprend les forages en mer en Guyane leparisien.fr Reporterre 2013/01/04 leparisien.fr (4 janvier 2013) Shell reprend les forages en mer en Guyane. Reporterre. fr

Shell reprend les forages en mer en Guyane

Après un forage infructueux l’an dernier au large de la Guyane, la compagnie pétrolière Shell a indiqué jeudi 3 janvier que sa campagne d’exploration pétrolière au large du département d’outremer se déroulait comme prévu, avec le lancement ces jours-ci d’un deuxième forage.

« Le navire de forage s’est déplacé sur la zone du nouveau forage fin décembre afin d’être en position pour démarrer le forage début janvier », a déclaré à l’AFP une porte-parole de Shell France, confirmant des informations du Bulletin de l’industrie pétrolière (BIP).

Ce nouveau forage devrait être le premier d’une série de trois programmés cette année dans le cadre de la campagne de prospection menée par Shell et ses partenaires.

Un précédent forage effectué l’an dernier par la filiale du géant pétrolier anglo-néerlandais, devenu il y a un an l’opérateur du permis de recherche d’hydrocarbures au large de la Guyane, avait fait chou blanc.

Il avait été foré à quelques kilomètres d’un premier puits exploratoire creusé en 2011 par le précédent opérateur du permis, le groupe britannique Tullow, qui avait effectué à cette occasion une importante découverte de pétrole. Cette découverte initiale a fait miroiter d’énormes retombées économiques potentielles pour la Guyane, qui est l’un des départements les plus pauvres de France, même si l’exploitation de pétrole ne devait pas démarrer quoiqu’il arrive avant la fin de la décennie.

Mais l’exploration pétrolière alimente les craintes d’écologistes pour l’écosystème fragile des côtes guyanaises.

La prospection pétrolière au large de la Guyane a été motivée par les importantes découvertes d’or noir réalisées au cours de la dernière décennie au large des côtes sud-est du Brésil. Des gisements géants y ont été détectés à de grandes profondeurs, sous d’épaisses couches de sel, propulsant le Brésil au rang de puissance pétrolière.

Shell détient 45% des parts du permis dit de Guyane Maritime, renouvelé début 2012 pour quatre ans, devant la compagnie britannique Tullow Oil (27,5%), qui en était jusque-là l’opératrice, et le géant pétrolier français Total (25%). Restent 2,5% partagés à égalité entre deux autres sociétés britanniques, Northern Petroleum et Wessex.

L’âge de faire Par Julien villalard Reporterre 2013/01/04 Par Julien villalard (4 janvier 2013) L’âge de faire. Reporterre. fr

L’âge de faire

Le numéro 71 de L’âge de faire, janvier 2013, est paru. Sommaire :

Reportage : à la rencontre des jardiniers de la forêt

Dans le Tarn, à l’initiative du Réseau pour les alternatives forestières, bûcherons, débardeurs à cheval et techniciens confrontent leurs visions de l’arbre et du bois. Récit de ces échanges au sein d’une filière hiérarchisée dont les acteurs se mélangent peu.

EDITO LISA GIACHINO

On parle beaucoup des Organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agriculture, et l’on s’inquiète par ailleurs de la diminution des forêts naturelles et anciennes. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que l’industrie du bois s’intéresse aux OGM.

Sur le grill

Grands projets inutiles : une logique de concurrence, un fantasme des élus.

Du grain à moudre

Préemption des salariés sur leur entreprise : le gouvernement dit oui, mais…

SAVOIR. Les incinérateurs européens en surcapacité

De nombreux incinérateurs de déchets doivent « importer » de la matière première pour fonctionner. Une logique absurde qui risque de compromettre les politiques de réduction des déchets.

COMPRENDRE. La malbouffe, maladie de la mondialisation

Le commerce international contribue à étendre les problèmes de surpoids et d’obésité dans les pays qui exportent leurs produits frais. Entretien avec Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation.

Il faut de la cohérence pour mobiliser les citoyens

Nicolas Hulot, qui cherche depuis 2007 à faire peser l’écologie sur les décisions publiques, n’ est pas tendre avec les responsables politiques. Entretien avec cet ancien animateur télé populaire qui a musclé son argumentation.

L’urgence climatique : un défi démocratique

Face aux décisions qu’imposent les enjeux environnementaux, Nicolas Hulot et le Comité de veille écologique qui accompagne sa fondation proposent une "refondation écologique et solidaire de nos sociétés".

DOSSIER : quelle forêt pour demain ?

2000 ans de défrichements : la forêt vierge européenne n’ existe plus qu’à l’état de trace, dans les pays de l’Est et peut-être en Scandinavie. La civilisation occidentale s’est construite en défrichant : d’abord pour dégager des espaces à cultiver, puis pour alimenter l’industrie en énergie et bois de construction. Alors qu’il y a 2 000 ans, la Gaule était recouverte aux deux tiers par une épaisse forêt, les espaces boisés recouvraient en 1850, à peine 10 % du territoire français. A partir de cette date, la forêt a regagné du terrain, jusqu’à atteindre aujourd’hui 28 % de la surface du pays. Mais ces nouveaux espaces n’ont rien à voir avec la forêt primaire : il s’agit essentiellement de monocultures de résineux, choisis pour leur pousse rapide, et de forêts spontanées qui recolonisent des terrains privés suite à l’exode rural et à la mécanisation de l’agriculture. Depuis 2009, les espaces boisés ont cessé de progresser en France.

GROS PLAN. Colporteuses de résistances

Auteures d’une conférence gesticulée sur le management, Alexia Morvan et Annaïg Mesnil font circuler des témoignages à travers toute la France. L’air un peu revêche, elles sont entrées dans la salle armées d’un balai à franges, vêtues d’une blouse de ménage et coiffées d’une charlotte.

Alexia Morvan, une petite brune sarcastique, imite à merveille le hennissement du cheval. Quant à Annaïg Mesnil, une grande fille qui en impose et décoche de bons sourires, elle se lancera plus tard dans un numéro burlesque sur un sujet qui n’a rien de drôle : la démarche qualité dans les entreprises.

Rire et apprendre, c’est le principe des conférences gesticulées, ce mélange de spectacle, de conférence et de débat inventé par la coopérative d’éducation populaire Le Pavé. Mais les fondateurs du Pavé, dont font partie Alexia et Annaïg, ne conçoivent pas l’apprentissage comme un transfert à sens unique. « Il n’y a ni ignorants ni savants absolus : il y a des hommes qui, ensemble, essaient de savoir davantage », écrivait en 1974 le Brésilien Paolo Freire dans sa « Pédagogie des opprimés ».

C’est mon sentiment en quittant la MJC : ces filles ont digéré pour nous des livres ; elles ont puisé dans leur expérience et ont collecté des témoignages sur le management ; elles nous ont poussés à mettre en commun nos connaissances. En échange, elles attendent des participants de nouveaux savoirs qui enrichiront leur analyse. « Nous apprenons auprès de chaque personne qui apporte des corrections, des compléments, des subtilités, explique Annaïg. Ces rencontres font évoluer la conférence. »

AGIR COLLECTIVITES

LE MAIRE DU MOIS

La Talaudière (42) sauve sa librairie

Qu’est-ce qui a bien pu pousser Pascal Garrido, maire de La Talaudière, à se couper en quatre pour maintenir une librairie dans sa commune ? « Ça a été lourd à porter ! » lâche au téléphone l’une de ses collaboratrices. L’homme, âgé de 68 ans, préside depuis 17 ans aux destinées des 6 300 habitants de cette petite ville située à quelques kilomètres de Saint-Étienne.

« J’ai estimé que la petite librairie méritait de vivre. Le contact avec le libraire qui connaît son métier est essentiel », précise-t-il. Tout a commencé quand Regain, l’unique libraire de La Talaudière, a fermé et vendu. Gilbert Castelliro, son seul salarié, n’ayant pas les moyens financiers de racheter le fonds de commerce, la ville se retrouvait sans librairie, car le nouveau propriétaire des lieux avait opté pour une autre activité commerciale.

Inacceptable pour Pascal Garrido, qui ne concevait pas que La Talaudière, forte de son école maternelle, de ses trois écoles primaires et de son collège de 800 élèves, puisse se passer de librairie. « Une librairie, ce n’est pas un commerce comme les autres, répète-t-il. C’est culturel et c’est un lieu de proximité, en lien avec l’enseignement, les enfants, la bibliothèque. »

FICHES PRATIQUES. Réduire sa consommation d’électricité

Reportage « A l’école en forêt » . Une expérience venue de Scandinavie

La première école en forêt est née dans les années 50 en Scandinavie. En Suisse, où la première expérience date de 1996, les animations en forêt se multiplient aussi dans les écoles classiques. Les maîtresses d’écoles sont accompagnées lors de leurs premières sorties avec leur classe. En Allemagne, il existe environ 400 « Kindergarten » dont les enfants se rendent tous les jours dans la nature (chiffre de 2007). Certaines panachent : le matin en forêt, l’après-midi à l’intérieur. En Suisse et en Allemagne, on peut inscrire son enfant dans une école en forêt. Le principe ? Les enfants sont dehors par tous les temps.

Et toutes nos autres rubriques habituelles …

A lire aussi : la visite en France de Raoni, défenseur amérindien de l’Amazonie ; le Mozambique à l’heure des crédits carbone ; l’héroïsme des écologistes russes qui défendent la forêt de Khimki, etc.

Le président de la commission du développement durable de l’Assemblée Nationale favorise la publicité illégale Paysages de France Reporterre 2013/01/04 Paysages de France (4 janvier 2013) Le président de la commission du développement durable de l’Assemblée Nationale favorise la publicité illégale. Reporterre. fr

Le président de la commission du développement durable de l’Assemblée Nationale favorise la publicité illégale

Alertés de la présence de panneaux publicitaires illégaux à Blanc (Indre), le préfet d’Indre et le maire de la commune, Jean-Paul Chanteguet, par ailleurs président de la commission du développement durable de l’Assemblée Nationale, n’ont pas réagi. La justice condamne cette « inertie » et l’assimile à de la « complicité » avec les contrevenants.

Le jugement rendu le 6 décembre 2012 par le tribunal administratif de Limoges confirme la volonté des tribunaux administratifs de sanctionner de plus en plus fortement le refus obstiné de nombre de maires et de préfets de se conformer à la loi, en l’occurrence de mettre en œuvre les dispositions de l’article L. 581-27 du Code de l’environnement.

Cette affaire apparaît d’une gravité toute particulière dès lors qu’elle est liée à l’origine au refus d’un maire qui est également président de la commission de l’environnement durable de l’Assemblée nationale et président d’un parc naturel régional (PNR).

Le tribunal augmente de 100 % le montant des dommages intérêts à verser à Paysages de France

Comme l’avait déjà fait notamment le tribunal de Cergy-Pontoise en avril 2011, le tribunal de Limoges a augmenté à son tour de 100 % le montant qui avait été proposé le 22 novembre 2012, jour de l’audience, par le rapporteur public. C’est ainsi que le montant des dommages-intérêts a été porté de 1 500 € à 3 000 €, auxquels s’ajoutent 1 500 € au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Un nouveau signal fort adressé par la justice

Il s’agit là bien évidemment d’un nouveau signal fort adressé aux nombreux maires et préfets qui, bien que le Code de l’environnement leur impose de prendre un arrêté de mise en demeure à l’encontre des contrevenants (article L. 581-27) dès constatation d’une infraction en matière d’affichage publicitaire, se bornent, au mieux, à écrire à ces derniers et permettent ainsi que les dispositifs illégaux restent en place de longs mois, voire des années.

Le magasin avait installé 23 faces d’enseignes au sol alors qu’il n’avait le droit que d’en implanter deux au maximum ! Le maire du Blanc, saisi par l’association, n’avait pas répondu au courrier de l’association.

Le silence de Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale et président du parc naturel régional, à l’origine de cette affaire

La portée de cette décision est d’autant plus grande que, si l’État a été condamné, c’est parce que le silence de Jean-Paul Chanteguet — maire du Blanc (Indre) jusqu’à sa très récente démission — est à l’origine de l’affaire.

En effet, bien que dûment saisi par l’association — qui lui avait expressément demandé de mettre en œuvre les dispositions de l’article précité du Code de l’environnement en vue de mettre fin à 21 infractions commises par l’enseigne Carrefour Market — le maire du Blanc n’avait même pas répondu au courrier de Paysages de France. C’est à la suite de ce silence que l’association s’était alors tournée vers le préfet.

Pourtant, outre ce mandat de maire, interrompu depuis, Jean-Paul Chanteguet est président de la commission nationale du développement durable de l’Assemblée nationale et président du parc naturel régional (PNR) de la Brenne.

Le préfet de l’Indre ignorait qu’il y avait une loi !

Le préfet, quant à lui, n’allait pas agir pour autant. Alors même qu’il avait été informé par Paysages de France de la nature exacte des infractions et de l’obligation qui lui était faite de prendre, conforméméent à l’article L. 581-27 du Code de l’environnement, un arrêté mettant en demeure Carrefour de se mettre en règle, il était allé jusqu’à prétendre qu’il convenait d’attendre la mise en place d’un « outil réglementaire permettant de mettre fin à ce type de problème » !

Les efforts de Paysages de France pour dialoguer directement avec le maire auront été vains. Ce silence a obligé l’association à saisir à nouveau le tribunal administratif de Limoges, le 31 juillet 2012, pour une autre affaire

À plusieurs reprises, le président de Paysages de France avait sollicité un entretien avec Jean-Paul Chanteguet. Cette demande n’avait jamais fait l’objet de la moindre réponse.

Règlement de publicité entaché d’illégalité

Il en a été de même lorsque l’association, constatant que le règlement de publicité du Blanc était entaché d’illégalité, a demandé au maire d’abroger les dispositions irrégulières. Ce n’est finalement que lorsque Paysages de France a saisi à nouveau le tribunal administratif, le 31 juillet 2012, que l’article précité a, finalement, été abrogé, par arrêté du maire en date du 31 août 2012.

Après l’affaires des enseignes Carrefour et celle du règlement de publicité entaché d’illégalité, l’affaire des enseignes NETTO !

De la même manière, il a fallu que Paysages de France saisisse la commission d’accès aux document administratifs (CADA), pour que l’association ait confirmation, par un courrier en date du 29 octobre 2012 de cette instance, que la procédure concernant l’installation des enseignes dans les parcs naturels régionaux ainsi que dans les zones de protection du patrimoine architectural et paysager (ZPPAUP) n’étaient pas respectées.

Sur l’affaire NETTO lire notamment ici et ici.

Le Blanc (Indre, PNR de la Brenne) : enseignes Netto devant l’église Saint-Génitour, classée par arrêté du 7 janvier 1930.

Une affaire d’une gravité toute particulière

Qu’un maire "ordinaire" fasse preuve de peu d’empressement lorsqu’il est saisi d’une demande visant au respect du code de l’environnement est déjà très choquant en soi. Mais lorsque ce maire est également président d’un PNR — territoire où, par définition, le moins est que les lois destinées à protéger soient respectées — et que ce même maire est encore président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, l’affaire devient d’une gravité toute particulière.

Pour sa part, la cour d’appel de Grenoble a estimé que « l’inertie » dont pouvait faire preuve un représentant de l’État dans sa commune, lorsque des infractions en matière d’affichage publicitaire lui étaient signalées, était « constitutive d’une forme de complicité » avec les contrevenants. Or la chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé cette interprétation (Cour de cassation, chambre criminelle, arrêt n° 1416 du 1er mars 2005).

En novembre 2012, M. Chanteguet a démissionné de son poste de maire. Paysages de France, qui attend du nouveau maire que le dialogue soit enfin possible, ne manquera pas de suivre avec la plus grande attention la manière dont l’héritage laissé par son prédécesseur sera géré.

Des socialistes demandent au gouvernement de sortir de l’impasse de Notre Dame des Landes Laure Pascarel, Nicolas Pagnier, Fabienne Bidou, Denis Vicherat Reporterre 2013/01/05 Laure Pascarel, Nicolas Pagnier, Fabienne Bidou, Denis Vicherat (5 janvier 2013) Des socialistes demandent au gouvernement de sortir de l’impasse de Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Des socialistes demandent au gouvernement de sortir de l’impasse de Notre Dame des Landes

Notre-Dame-des-Landes (NDDL) est désormais le symbole de la résistance à un modèle de développement que beaucoup jugent inadapté aux enjeux actuels et l’emblème de ces « grands projets inutiles », alors que l’argent public se fait plus rare. Au regard des événements récents et des manifestations qui se déroulent depuis de longs mois, la résistance se fédère et sa détermination grandit. Le propos de ce texte n’est pas d’argumenter sur les avantages et inconvénients de ce projet - même si notre mouvement a pris clairement position contre ce nouvel aéroport - mais de contribuer à sortir de cette situation d’incompréhension, de blocage et d’affrontement.

La réponse d’un gouvernement de gauche ne peut en aucun cas consister en une répression brutale et disproportionnée, fût-elle légale. Car elle accélère la rupture entre notre gouvernement et une partie non négligeable des citoyens en prenant le risque toujours possible d’un drame. Et n’utilisons pas l’argument fallacieux selon lequel, ayant voté localement pour des élus favorables au nouvel aéroport, les habitants ne seraient plus en mesure de contester ce projet. Ce serait faire injure aux électeurs et adopter une vision restrictive de la démocratie. D’ailleurs, l’UMP est également favorable à ce nouvel aéroport, contrairement à la majorité des forces de gauche et des milieux associatifs. Affirmer que la population locale serait pour ce projet sous prétexte qu’une majorité des élus régionaux le sont n’est que pure spéculation.

Notre parti ne peut pas continuer à regarder en spectateur ce qui se passe à NDDL, au risque de laisser le gouvernement s’embourber dans ce qui pourrait être un nouveau Larzac. Les difficultés économiques et sociales auxquelles les Français sont confrontés n’autorisent pas la gauche à ouvrir un nouveau front avec cette population qui devrait être notre alliée dans ce combat contre la droite et ses partenaires économiques. Peut-on reprocher à ces opposants, souvent jeunes, de s’intéresser à la chose publique, d’expérimenter et de proposer d’autres formes de vie commune, faites de coopération et de solidarité, à l’opposé du néolibéralisme que nous combattons ?

Notre parti doit avoir la mission de rassembler l’ensemble des forces de gauche ainsi que les milieux associatifs. Or, à l’intérieur même du PS et encore plus particulièrement en Loire-Atlantique, règne une omertà sur NDDL. Evoquer le sujet, vouloir en débattre, suscite immédiatement la suspicion. Ce sujet est tabou. « Le débat a été tranché il y a dix ans… dans tous les cas de figure ce projet se fera », déclarait récemment la porte-parole de notre parti. Belle ouverture d’esprit ! Nos militants, nos sections, nos fédérations doivent être les outils d’un dialogue ouvert à tous et non, comme cela vient d’être le cas, réservé aux seuls responsables de notre parti, ce qui constitue un déni de démocratie interne.

Les porteurs du projet en sont réduits à recruter des lobbyistes et à acheter des pages de publicité dans la presse où les opposants sont caricaturés comme menant « une lutte idéologique contre le progrès, le développement et la croissance de nos territoires » (sic).

Rien ne serait pire qu’un passage en force entraînant une victoire à la Pyrrhus aux séquelles durables. Contrairement à certaines déclarations, tous les recours juridiques, au niveau français ou européen, n’ont pas encore été rejetés et pourraient ne pas l’être. Six au moins, dont quatre sont susceptibles de bloquer le projet : recours devant le Conseil d’Etat ; au Parlement européen pour non-respect des directives européennes et recours possible au regard de la loi sur l’eau et sur le fondement de la destruction d’espèces protégées. Une condamnation de la Cour de justice de l’Union européenne rajouterait l’humiliation au désaveu.

En exerçant son devoir d’alerte devant une situation de plus en plus explosive et pour renouer les fils d’un dialogue aujourd’hui inexistant, les membres de notre mouvement adhérents au PS font la proposition suivante :

Le soutien à Jean-Marc Ayrault sur la commission de dialogue est conditionné à l’élargissement de son champ d’action à l’étude des propositions alternatives au nouvel aéroport, en intégrant l’analyse économique du cabinet d’études européen CE Delft, les coûts pour la collectivité des infrastructures de transport que ce nouvel aéroport entraînerait et les besoins d’Airbus quant à la piste actuelle.

Par ailleurs, ce projet devra être cohérent avec le plan climat de Nantes métropole et les travaux de la conférence environnementale nationale sur la transition écologique.

Si ces éléments essentiels ne sont pas ajoutés et que cette commission se contente de débattre des mesures d’accompagnement environnemental du nouvel aéroport, elle est vouée à l’échec et ne fera qu’exacerber la tension entre les parties.

Nous suggérons également à notre Premier ministre, qui personnalise beaucoup trop ce projet, de prendre, dans l’intérêt du gouvernement, une nécessaire distance et d’exprimer sa neutralité.

Il n’y a pas d’urgence, tout le monde en convient. Prenons le temps d’un vrai dialogue, même s’il dure un ou deux ans, mettons tous les éléments sur la table, en toute transparence. Abordons sereinement l’option du référendum, étudions la possibilité d’abroger la déclaration d’utilité publique ainsi que le contrat de concession signé avec Vinci par le gouvernement précédent. Prenons enfin, à partir de ces études, consultations et discussions, la meilleure décision.

Le gouvernement et notre parti ont besoin de tous pour engager démocratiquement la nécessaire transition écologique et la rendre compatible avec le souci légitime des élus de développer l’activité économique de leur région.

Les catastrophes naturelles ont coûté 122 milliards d’euros en 2012 Trends.be Reporterre 2013/01/05 Trends.be (5 janvier 2013) Les catastrophes naturelles ont coûté 122 milliards d’euros en 2012. Reporterre. fr

Les catastrophes naturelles ont coûté 122 milliards d’euros en 2012

Le coût des catastrophes naturelles dans le monde devrait atteindre 160 milliards de dollars en 2012 (122 milliards d’euros), estime le réassureur allemand Munich Re.

« L’année dernière, les catastrophes naturelles dans le monde ont causé environ 160 milliards de dollars de pertes au total, et près de 65 milliards de dollars de pertes assurées », a précisé Munich Re dans un communiqué publié jeudi 3 janvier.

Ces chiffres sont inférieurs aux dégâts record constatés en 2011, année marquée par le tsunami au Japon, et durant laquelle le secteur de l’assurance avait couvert 119 milliards de dollars de dommages à la suite d’un grand nombre de tremblements de terre et d’inondations, selon l’assureur allemand.

En 2012, « 67% des pertes totales et 90% des pertes assurées sont imputables aux Etats-Unis », a précisé Munich Re. Les plus gros dégâts de l’année 2012 ont été notamment provoqués par l’ouragan Sandy, qui représente près de 25 milliards de dollars à couvrir par le secteur de l’assurance, souligne le communiqué.

« Les dommages élevés liés aux catastrophes naturelles aux Etats-Unis ont montré qu’il est important de soutenir les efforts en matière de prévention des dégâts », a commenté Torsten Jeworrek, patron de Munich Re.

Notamment, « il serait possible de doter certaines régions, comme New York, d’une meilleure protection contre les effets des tempêtes. Cela serait raisonnable d’un point de vue économique et les assureurs pourraient tenir compte dans leur prix d’une exposition moindre aux dommages », a-t-il ajouté.

En novembre dernier, l’assureur allemand avait estimé son exposition à « environ 500 millions d’euros », après le passage dévastateur de l’ouragan Sandy sur la côte Est des Etats-Unis.

L’exploitation du gaz de schiste dégage plus de méthane qu’on ne pensait Valéry Laramée (Journal de L’Environnement) Reporterre 2013/01/05 Valéry Laramée (Journal de L’Environnement) (5 janvier 2013) L’exploitation du gaz de schiste dégage plus de méthane qu’on ne pensait. Reporterre. Mines et Gaz de schiste fr

L’exploitation du gaz de schiste dégage plus de méthane qu’on ne pensait

Une étude, présentée en décembre lors du congrès de l’Union géophysique américaine, estime à 9% le taux de fuite des puits de gaz de schiste. Un taux double des estimations antérieures.

Une de plus. Au début du mois de décembre dernier, nous rappelle Nature dans sa dernière édition, l’Union géophysique américaine (AGU) tenait son colloque annuel à San Francisco. L’occasion pour des chercheurs de présenter leur dernière évaluation des taux de fuite des puits de gaz de schiste. Réalisée par des physiciens des universités de Boulder (Colorado) et de Californie, et de l’administration de l’océan et de l’atmosphère (Noaa), cette étude a stupéfait les auditeurs.

En combinant des relevés de la composition de l’atmosphère réalisés par Lidar à des mesures aéroportées de CO2 et de méthane des champs gaziers du bassin d’Uintah (Utah), les scientifiques sont parvenus à déterminer les taux de fuite des puits surveillés. Selon leurs résultats préliminaires, ceux-ci pourraient s’élever à 9%. Ce qui dépasse de loin les estimations les plus pessimistes déjà publiées dans des revues à comité de lecture.

Dans un article publié en mars 2011 dans Climatic Change, Robert Howarth (université Cornell, à New York) estimait, d’après calcul, le taux de fuite moyen entre 3,6 et 7,9%. Ce qui avait fait hurler le secteur gazier.

Et pour cause. Le haut de la fourchette du chercheur new-yorkais signifie simplement que le bilan climatique de l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique est plus lourd que la combustion du charbon dans des centrales thermiques. On comprend l’émotion des compagnies gazières.

A partir de mesures de la qualité de l’air effectuées à proximité des champs gaziers situés dans le nord-est du Colorado, la chercheure Gabrielle Pétron (Noaa) estimait, dans un article publié dans le Journal of Geophysical Research, le taux de fuite des puits à 4% : presque le double de ce qu’indique le dernier inventaire de l’EPA. L’agence fédérale de protection de l’environnement a d’ailleurs doublé ses estimations de fuite de méthane par rapport à la version précédente de son inventaire des rejets de gaz à effet de serre.

Un résultat comparable a été trouvé quelques mois plus tard par des universitaires australiens. En utilisant des moyens différents (la chromatographie) et en travaillant sur un terrain neuf (les champs de Tara dans le Queensland australien) Damien Maher et Isaac Santos (université South Cross, Nouvelle Galle du Sud, Australie) ont évalué à 4% le taux de fuite : près de 40 fois les taux admis par les… gaziers australiens (JDLE).

Cette succession de résultats convergents (et d’autres sont sous presse) discrédite le principal argument climatique des partisans de l’exploitation des gaz de schiste. Ce gaz – qui n’est autre que du méthane - possède un pouvoir de réchauffement global 25 fois supérieur, sur un siècle, à celui du gaz carbonique. Mais sa combustion rejette, en gros, deux fois moins de dioxyde de carbone que celle d’un charbon vapeur.

Personne ne conteste cette équation, tant que l’on ne prend pas en compte l’aval du cycle, c’est-à-dire l’extraction et le transport du gaz, sources de fuites.

Dans un article, publié en avril dernier dans les Annales de l’académie des sciences américaine (PNAS), Stephen Pacala (université Princeton) et 4 co-auteurs ont tenté d’estimer la limite au-delà de laquelle le taux de fuite de gaz rend moins intéressante pour le climat la gazéification de l’économie. Verdict : passés les 3,2%, l’empreinte carbone du système énergétique s’alourdit.

Une conclusion partagée par Tom Wigley, mais pour d’autres raisons. Dans un papier publié en juillet 2011 dans Climatic Change, le scientifique craint lui aussi les conséquences néfastes d’une gazéification (de schiste) de l’économie.

Certes, confirme le scientifique de l’université de Boulder, le taux de fuite des puits renforce l’effet de serre. De plus, contrairement à celle du charbon, la combustion du gaz n’émet pas de dioxyde de soufre. Bien sûr, ce polluant est désastreux pour nos bronches, mais il a la capacité (comme l’ont montré les impressionnants rejets du volcan Pinatubo en 1991) de… rafraîchir le climat.

Appel au banc public Par Julien villalard Reporterre 2013/01/05 Par Julien villalard (5 janvier 2013) Appel au banc public. Reporterre. fr

Appel au banc public

Appel au banc public

Réappropriation d’une ville qui cartonne

Le Festival des Utopies Concrètes et Quartiers en Transition lancent un « Appel au banc public » :

réapproprions nous la ville

samedi 5 janvier à Paris à partir de 11h

99 rue Championnet dans le 18e face au café « Le Point Bar » en compagnie du Squat Cats’ Jazz band !

Comment les lobbies ont freiné l’interdiction du bisphénol par le Sénat Marie-Paule Nougaret (Reporterre) Reporterre 2013/01/05 Marie-Paule Nougaret (Reporterre) (5 janvier 2013) Comment les lobbies ont freiné l’interdiction du bisphénol par le Sénat. Reporterre. Tribune — fr

Comment les lobbies ont freiné l’interdiction du bisphénol par le Sénat

La mesure ne coûtait rien, plaisait aux mères de famille, luttait contre le cancer, l’obésité, rehaussait le prestige de la France. Il fallait donc y surseoir. De l’art sénatorial de se tirer dans le pied.

Le BPA, bisphénol A de son nom complet, entre dans divers plastiques, dont les vernis de l’intérieur des boites de conserve, pour éviter la pénétration de bactéries par des soudures défectueuses ; ou l’attaque du métal par les jus très acides d’orange et de tomate voire, plus agressif encore, par du coca-cola. Ces résines garnissent de même les couvercles des bocaux.

Enfin le BPA, selon le professeur André Picot, toxico chimiste, rend un autre service à l’industrie : ses vertus anti oxydantes ralentissent la dégradation des aliments. Autrement dit, il prolonge leur durée de vente sur les rayons.

Mais le BPA est aussi un perturbateur endocrinien, nouvelle catégorie toxique indiquant les produits seulement nocifs à très faible dose, quand le corps les confond avec ses propres sécrétions. Passons sur la difficulté, pour faire admettre en science cette notion, tout à fait officielle depuis le consensus dit de 2006 (1) (seule l’administration réclame encore qu’on lui indique des « doses maximales », aux chercheurs qui n’en peuvent mais, au lieu de suggérer qu’on change les réglements).

Dès 1995 on a suspecté le BPA dans les cancers du sein et de l’appareil génital des deux sexes, car il perturbe l’action des œstrogènes. La chose est largement prouvée depuis sur les rongeurs. Mais pas sur les humains, ce serait illégal, heureusement. D’autant que ce type de maladie se déclare des décennies après la contamination.

En octobre 2011, la député PS de Bordeaux et médecin Michèle Delaunay, réussit à convaincre l’Assemblée (de droite donc) de voter l’interdiction du BPA dans les contenants des aliments pour enfants de moins de 3 ans au 1er janvier 2013, et au 1er janvier 2014 pour les autres aliments.

Aussitôt, l’industrie se récrie qu’on n’y arrivera pas. L’Académie de médecine, qui craint du retour du botulisme, mortel, par des soudures percées, estime aussi que ça va trop vite. Mais elle demande qu’on fournisse des gants aux caissières pour les protéger de l’encre thermique au BPA des facturettes de supermarchés.

En outre elle réclame l’interdiction de servir des plats chauds pour les collectivités (hôpitaux et maisons de retraite) dans les barquettes en plastique (tous sont plus ou moins instables en fait, et migrent, terme officiel, sous le bombardement de micro ondes, vers la préparation).

De son côté l’ANSES, Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, de l’Alimentation de l’Environnement et du Travail (comme son sigle ne l’indique guère), publie un « premier rapport » sur le BPA de plus de 383 pages (dont bon nombre répétées deux fois). Pour l’agence, l’alimentation est le vecteur de la contamination au BPA constatée dans le sang de la population.

Davantage que les facturettes, donc, ou les lunettes en polycarbonate (plastique très solide à base de BPA). De plus, le BPA interfère avec l’action de l’insuline sur les sucres et aurait un effet « obésogène ». Dès lors la question surgit : l’obésité mondiale de la jeunesse proviendrait elle des canettes de coca ?

En même temps le projet de loi, auquel ne manque plus qu’un vote du Sénat, serait le premier au monde à garantir des petits plats sans BPA, ce qui ne peut qu’augmenter le prestige de la France. Mais les Verts et Socialistes majoritaires à la haute chambre n’en ont cure qui vivent dans un monde exempt de pollution.

Et tandis que l’Union des Fabricants de Boites et Bouchons Métalliques met au point le vernis sans perturbateur endocrinien - il ne s’agit pas rater le marché des pots de bébé - (Le Canard Enchaîné du 11 octobre 2012), les sénateurs éludent le sujet pendant onze mois.

Le 9 octobre 2012 enfin, le Sénat vote une version édulcorée. Interdiction du BPA dans l’alimentation infantile en janvier 2013 comme prévu. Cependant les plus de quatre ans, c’est à dire vous et mois, attendront deux ans et demi, jusqu’à juillet 2015, s’ils veulent des sardines ou du vin sans BPA (les cuves dans les caves, en polycarbonate).

Le Réseau Environnement Santé proteste, lance une pétition, et obtient une concession : ce sera le 1er janvier 2015 (au lieu de 2014 dans la première version). A partir de maintenant la date limite de vente sur les boîtes se lit différemment.

Un an pourtant suffisait bien aux petits producteurs de paté ou de confitures pour s’adapter à une loi qui allait les protéger de la concurrence. Seule la grosse industrie mouline des aliments de très longue durée. Le pire c’est que la France doit importer le BPA, comme l’aluminium des canettes, qui détruit le cerveau du reste (2) et qu’il faudrait bannir du réseau d’eau des villes ; mais c’est une autre question. Gageons que Coca Cola n’a même pas eu besoin d’exercer des pressions.

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Notes :

(1) « A l’automne 2006, près de quarante chercheurs internationaux, pour la plupart ayant mené des travaux sur le BPA (…) réunis à Chapel Hill, en Caroline du Nord (Etats-Unis) (…) à l’initiative du National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) américain (…) rédigent le Consensus de Chapel Hill (…) qui sera publié dans Reproductive toxicology (...) » (Stephane Foucart, Le Monde, 28 octobre 2011).

(2) Perl, D.P."Exposure to aluminium and the subsequent development of a disorder with features of Alzheimer’s disease » - Journal of Neurology Neurosurgery and Psychiatry 77, no. 7 2006.

Appel des 451 Par Julien villalard Reporterre 2013/01/06 Par Julien villalard (6 janvier 2013) Appel des 451. Reporterre. fr

Appel des 451

En 2012, des personnes travaillant dans différents secteurs des métiers du livre se sont réunies pour écrire un appel dénonçant la concentration des capitaux, l’industrialisation des professions, la séparation des acteurs et la déferlante technologique que subissent aussi les métiers du livre.

Intitulé "Appel des 451“, le texte est paru dans Le Monde en septembre 2012, signé par des centaines de professionnels ou de lecteurs, reconnaissant là une base suffisante pour entamer des discussions sur l’avenir de nos métiers, des pratiques de lecture ou des bouleversements anthropologiques et sociaux qu’entraînent la gestion et l’informatique généralisées.

Un second écrit, plus développé, répondait aux premières critiques, positives et négatives que le collectif des 451 a reçues suite à la publication de l’Appel. Ce texte, La querelle des modernes et des modernes, tente de donner quelques pistes de réflexion pour penser l’actualité économique, sociale et technique de la chaîne du livre.

Dans la perspective de mutualiser nos moyens, de créer des structures plus coopératives et de mener des actions et des réflexions, le collectif des 451 lance une invitation à participer à deux journées d’ateliers et de discussions autour de ces problématiques. Y sont conviées toutes les personnes qui travaillent dans la chaîne du livre, tous les lecteurs et lectrices qui le souhaitent.

Voici le programme

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[Note de Reporterre : "L’appel des 451" fait référence au roman de Ray Bradbury, Fahrenheit 451, qui raconte un monde dans lequel les livres ont disparu]

Saint-Louis du Sénégal, du délabrement à la réhabilitation Barnabé Binctin Reporterre 2013/01/07 Barnabé Binctin (7 janvier 2013) Saint-Louis du Sénégal, du délabrement à la réhabilitation. Reporterre. fr

Saint-Louis du Sénégal, du délabrement à la réhabilitation

A Saint-Louis du Sénégal, la révolution passe aujourd’hui par la réhabilitation. C’est le paradoxe d’une ville dont les fastes d’antan ont laissé place au délabrement. Reportage au cœur d’une reconstruction politique, depuis que le nouveau Gouvernement a érigé Saint-Louis au rang de priorité nationale.

Patrimoine mondial de l’humanité depuis 2000, deuxième pôle urbain du Sénégal, hôte d’un festival international de jazz – qui a fêté en 2012 ses vingt ans d’existence et de belle réputation auprès des experts mélomanes – Saint-Louis du Sénégal présente une carte de visite attrayante.

Elle a également pour elle une histoire et un emplacement pour le moins favorables. L’île, sur et autour de laquelle la métropole s’est construite, est située à l’embouchure du fleuve Sénégal, dans un mariage subtil entre terre et mer. Porte d’entrée principale sur le bassin de l’Afrique de l’Ouest, Saint-Louis fut la capitale du Sénégal de 1872 à 1957, imprégnant la région de son influence culturelle et économique.

La réalité est aujourd’hui beaucoup moins rutilante. C’est une ville moribonde, aux rues ternes et à l’architecture détériorée, qui s’offre aux visiteurs. Ici, pas de charme vétuste digne des vieilles cartes postales vendues à la sauvette. L’île est gagnée de toutes parts par les ruines.

72 hectares sur lesquels les célèbres « maisons à balcon » et « maisons à galerie » des Signares, décrépies et bien souvent abandonnées, côtoient les maisons-basses portugaises restantes, aux couleurs délavées. Rares cas de préservation locale, les vestiges de la splendeur coloniale, à l’image du Palais de la gouvernance, masquent à peine les risques d’affaissement qui les menacent. Ultime symbole d’une grandeur passée, tombée en désuétude.

Pour Marie-Caroline Camara, ancienne présidente du syndicat d’initiative, il y a deux facteurs d’explications principaux : « Saint-Louis a les pieds dans l’eau. Techniquement, c’est une ville comme Venise ou Bruges, où les maisons baignent dans l’eau salée ». Cette eau qui ronge les murs, et l’humidité permanente qu’elle engendre, altèrent inévitablement la solidité des bâtisses.

« Ensuite, il n’y a jamais eu d’entretiens publics ou de grands plans de consolidation. On a vu quelques travaux isolés de réfection, mais sans cohérence les uns avec les autres. Ce n’étaient que des cache-misères ». Après quelques années, ces réhabilitations anarchiques n’ont définitivement pas enrayé le processus d’érosion général. Cet échec traduit ainsi l’absence notoire d’engagement politique dans le domaine.

Pourtant, les conséquences économiques sont désastreuses. Le tourisme s’effondre, dans une zone sahélienne de plus en plus fragile, soumise aux menaces d’AQMI aux frontières voisines. Le taux moyen d’occupation dans les hôtels devient alarmant, n’atteignant pas les 35% sur ces deux dernières années. « Les dégradations immobilières ont causé l’exil des grands propriétaires, qui portaient l’économie locale. C’est un cercle vicieux » explique un responsable de l’agence de développement communal.

Face au mutisme des autorités, des initiatives se développent au sein de la population : en quelques mois, un conseil de quartier se met en place, accompagné d’un GIE communautaire puis d’une association d’habitants – « Entre’vues, le patrimoine saint-louisien en partage ». Leur activisme doit permettre la tenue de portes ouvertes sur la ville en novembre prochain.

Politiquement, le moment est idoine. La fin du règne Wade au printemps dernier et le remaniement des équipes dirigeantes augurent de nouvelles opportunités. En quelques mois, la réhabilitation de Saint-Louis s’est imposée comme un enjeu majeur de la nouvelle mandature. Ainsi, le maire de Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye, s’est vu confier l’important portefeuille des Collectivités Locales.

Surtout, pour la première fois depuis plusieurs décennies, un Conseil interministériel s’est tenu hors de Dakar, précisément à Saint-Louis. Le 6 juin dernier, il a mobilisé les grandes personnalités de la ville autour du Premier Ministre afin d’engager le lancement des programmes locaux de restauration urbaine. Y étaient également associés quelques partenaires internationaux, appelés à participer à ces projets.

Parmi eux, l’Agence Française de Développement est un des bailleurs les plus conséquents. Elle a ainsi financé la reconstruction du pont Faidherbe, qui relie l’île à la terre ferme, grâce à une subvention de 12,1 millions d’euros.

Toutefois, plus que de moyens financiers, c’est aujourd’hui de sensibilisation dont il est beaucoup question. Charlotte Fauquembergue, chargée de mission sur le programme de Saint-Louis à l’agence AFD, témoigne de l’évolution des mentalités : « L’Etat et la Commune, aux côtés de la société civile, du Syndicat d’Initiative, et des associations de Saint-Louis ont pris conscience du rôle essentiel qu’ils doivent jouer dans la formation de toutes les générations à la valeur du patrimoine de Saint-Louis, et à son impact économique, social et écologique sur toute la région ».

Premières pierres d’un édifice qui doit en remettre d’autres sur pieds. Et qui résonne comme un vrai test pour le nouveau pouvoir politique sénégalais.

Il faut questionner la place de la technique dans la société Technologos Reporterre 2013/01/07 Technologos (7 janvier 2013) Il faut questionner la place de la technique dans la société. Reporterre. Tribune — fr

Il faut questionner la place de la technique dans la société

Au fil des siècles, l’homme a conçu ses outils dans le but d’améliorer sa condition.

Or force est de constater que ceux-ci contrarient aujourd’hui sa sécurité, son confort et sa liberté bien plus qu’ils ne se mettent à leur service. Posons-nous quelques questions.

Pourquoi, par exemple, l’homme ne sait-il pas arrêter ses centrales nucléaires lorsqu’elles échappent à son contrôle ?

Pourquoi, dans le monde du travail, se proclame-t-il toujours « acteur » mais jamais « responsable » quand survient un accident ?

Pourquoi laisse-t-il les robots-traders faire la loi à Wall Street et sur l’ensemble de l’économie mondiale ?

Pourquoi le système technicien est-il fondamentalement productiviste, donc générateur de prolétarisation et d’inégalités (quand la spéculation financière ne l’est que secondairement) ?

Comment - parce qu’il ne reconnaît pas cet enchaînement causal - l’homme occidental menace-t-il les fondements de la démocratie (ce qui fait le lit du fondamentalisme religieux) en même temps qu’il détruit l’équilibre écologique de toute sa planète ?

Pourquoi cet homme, qui ne jure d’habitude que par les libertés, se laisse-t-il localiser passivement par les radars, les caméras de surveillance, les systèmes GPS et autres techno brothers ?

Pourquoi s’apprête-t-il à introduire des nanocapteurs (objets dits « intelligents ») dans son organisme en leur donnant carte blanche ?

Pourquoi confie-t-il de plus en plus de responsabilités à des automates, au point de devoir « communiquer » avec eux bientôt plus qu’avec ses semblables ?

Pourquoi, via internet, cherche-t-il à « se faire des centaines d’amis » qu’il n’a jamais vus et ne verra jamais ? Pourquoi y exhibe-t-il de plus en plus son intimité ?

A-t-il donc quitté le terrain de l’humanité pour celui d’une post-humanité, élaborée en fonction de ses moyens, qu’il érige désormais en finalités ? En est-il devenu, à son insu, leur « serviteur volontaire » ? Leur est-il aliéné ?

Toutes ces questions, quelques citoyens se les posent régulièrement. Ils le font sans nostalgie ni réflexe technophobe, animés seulement par un esprit critique qu’ils ont du mal à percevoir autour d’eux, que ce soit dans la sphère politique ou dans les milieux intellectuels et militants.

Ils sont en revanche guidés par les travaux d’une poignée d’intellectuels du XXe siècle, qu’ils jugent clairvoyants et dont ils se réclament les héritiers : Hannah Arendt, Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, Günther Anders, Ivan Illich… pour ne citer que les plus importants.

Nous faisons partie de ces citoyens. A ce titre, nous vous invitons à créer avec nous des espaces de débat public consacrés à la place de la technique dans les mentalités. Dans l’objectif de résister à sa sacralisation et d’oeuvrer à sa démystification.

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Eric Andrade, Dorothée Benoit Browaeys, Cyrille Bodolec, Christophe Bonneuil, Dominique Bourg, Simon Charbonneau, Jean-Michel Dauriac, Joël Decarsin, Gérard Dubey, Fabrice Flipo, Jean-Baptiste Fontaine, Jean-Baptiste Fressoz, Alain Gras, Philippe Gruca, Marie Guibert, Jean-François Hérouard, François Jarrige, Maxime Jebar, Jean-Pierre Jézéquel, Jean-Paul Karsenty, Philippe Lacaze, Anthony Laurent, Stéphane Lavignotte, Philippe Léna, Michel Lepesant, Noël Mamère, Sébastien Morillon, Sophie Poirot-Delpech, Michel Rodes, Frédéric Rognon, Thierry Sallantin, Olivier Sigaut, Michel Sourrouille, Christian Sunt, Jacques Testart, Lionel Thébaud, Hélène Tordjman, Pierre Trigano, Gérard Weil (membres fondateurs).

Au Japon, un opposant aux déchets de Fukushima a été arrêté Thierry Ribault Reporterre 2013/01/07 Thierry Ribault (7 janvier 2013) Au Japon, un opposant aux déchets de Fukushima a été arrêté. Reporterre. Libertés fr

Au Japon, un opposant aux déchets de Fukushima a été arrêté

En décembre, Masaki Shimoji a été arrêté par la police d’Osaka. Cet universitaire s’oppose à la dispersion de déchets radioactifs de la région de Fukushima vers d’autres régions du Japon.

Le dimanche 9 décembre 2012, la police du département d’Osaka a arrêté Masaki Shimoji, professeur associé de finance publique à l’université Hannan.

Le 22 décembre, lors d’une conférence de presse, il sera dévoilé que ce sont des membres de la « Police de sûreté », héritière directe de la « Police politique spéciale », démantelée en 1945 par les forces d’occupation américaines, devenue depuis une division de la protection des personnalités de la Police Métropolitaine de Tôkyô, qui ont mené l’arrestation de Masaki Shimoji, avec la coopération de représentants officiels de son université.

De fait, le 6 décembre 2012, trois jours avant l’arrestation, le président et le vice-président de l’université Hannan ont reçu la visite de deux détectives de la section 3 de la Police de sécurité (la section 3 se consacre officiellement à la protection des personnalités étrangères telles que les ambassadeurs et les chefs d’Etat) et d’un détective du commissariat de Matsubara. Il leur est alors notifié que l’arrestation aura lieu le 8 décembre et que le bureau du prévenu sera perquisitionné le 10 décembre.

Toutefois, un appel ultérieur de la police à la présidence informera cette dernière que l’arrestation sera décalée au 9 décembre, ce à quoi la présidence donnera son accord. Aucun mandat n’a été fourni, ni demandé par l’université, lors de la perquisition du bureau du professeur Shimoji.

Trois délits sont allégués à Masaki Shimoji : « violation de la loi sur les services de chemin de fer », « obstruction vigoureuse au bon déroulement des affaires » et « violation de propriété ». Les faits reprochés à Masaki Shimoji remontent au 17 octobre 2012, jour où il a participé à une manifestation d’opposition à la dissémination des débris radioactifs (et accessoirement chargés en amiante) du Tohoku, devant une des entrées de la gare d’Osaka, puis traversé la même gare pour rejoindre la mairie.

Intervention de Masaki Shimoji - désigné par la flèche rouge - dans la gare d’Osaka en octobre 2012

C’est cette traversée jugée intempestive qui lui vaut, apparemment, avec quatre autres personnes, d’avoir été arrêté deux mois après les faits, une semaine avant les élections du 16 décembre.

« Une lutte pour sauver notre avenir »

Selon l’association des « Citoyens contre la dissémination des matériaux radioactifs », une telle arrestation est « illégale », et Masaki Shimoji « devrait être relâché immédiatement », considérant qu’il s’agit d’ « une grossière tentative d’intimidation exercée sur les citoyens opposés à la dissémination nationale des matériaux radioactifs ».

Cette association est en lutte contre le programme gouvernemental visant à « partager la charge entre tous », programme qui consiste à convaincre les gouvernements locaux d’accueillir au plus vite une part des débris afin de commencer les opérations d’incinération dès février 2013. Plusieurs villes, dont Osaka, ont déjà mené des tests d’incinération considérés comme « sans problème pour la sécurité » par les autorités bien que contestés par les résidents.

Selon le Mainichi du 18 septembre 2012, la ville de Kitakyushu dans le sud du pays, accueille depuis septembre 2012 des débris contaminés acheminés par bateau par l’entreprise Kajima dans le cadre d’un contrat de 2 milliards de yens (20 millions d’euros) depuis le Tohoku afin de les incinérer.

Un responsable de la mairie déclarait au même quotidien : « Peut-être nous ne devrions pas le faire, mais c’est de la responsabilité du gouvernement de nous le dire dans le cas contraire. »

La municipalité a mobilisé une entreprise privée chargée d’effectuer un contrôle des rumeurs et des commentaires négatifs relatifs à son initiative. Il s’agit pour la municipalité de « s’assurer que des messages sans fondement ne génèrent pas de rumeurs dommageable aux activités du tourisme, de l’agriculture et de la pêche. »

Le 30 août 2012, lors d’une réunion publique à la mairie d’Osaka, où parapluies et bouteilles d’eau avaient été confisqués à l’entrée, le maire d’Osaka, ex-gouverneur du département d’Osaka, avocat et vedette de télévision, Tôru Hashimoto, connu notamment pour ses appels en faveur d’un Japon armé de la bombe atomique, avait rétorqué aux résidents qui désapprouvaient le plan d’incinération des débris du Tohoku (Osaka compte accueillir 36 000 tonnes de débris d’ici avril 2014) : « La politique municipale n’est pas guidée par vos opinions. »

Outre son investissement auprès des familles de réfugiés du nucléaire - on compte environ 6000 déplacés, forcés ou volontaires, originaires du département de Fukushima, et déclarés dans la mégalopole de Kobe, Kyoto, Osaka -, Masaki Shimoji a pris activement part à la campagne d’opposition aux différents projets des grandes agglomérations japonaises relatifs à la réception, l’incinération des débris contaminés en provenance du Nord du Japon, puis l’épandage des cendres issues de ces débris incinérés.

Depuis le centre détention où il a été placé, Masaki Shimoji a fait parvenir un appel daté du 12 décembre dans lequel on peut lire : « Comme je l’ai inlassablement répété, la dissémination des débris dans tout le Japon ne sera d’aucun bénéfice pour quiconque. Les budgets dédiés à la reconstruction des zones dévastées seront canalisés vers l’incinération, freinant les avancées en matière de reconstruction. La radioactivité sera propagée, contraignant ceux qui vivent dans les zones affectées à endurer les conditions de la contamination, et les responsabilités de TEPCO seront ainsi diluées.

Nous paierons cela de notre vie, de celle de nos enfants et de celle des enfants à naître. Une telle politique irresponsable ne devrait pas être autorisée. Nous devons arrêter cela. Ceux d’entre vous qui ont étudié la question et combattu ensemble, n’abandonnez pas et continuez la lutte. Quant à ceux qui ignorent les enjeux de l’incinération des débris, qu’ils en prennent connaissance et nous donnent un coup de main. C’est une lutte pour sauver notre avenir. »

Une solidarité radioactive

Les débris contaminés se retrouvent effectivement au centre d’une conception inédite de la solidarité. On connaissait la solidarité active, mais on ignorait tout, jusqu’à présent, de la solidarité radioactive, le ministère de l’Environnement ayant dans un premier temps, en août 2011, fait voter une loi, la première du genre dans l’archipel, autorisant les départements et les municipalités à demander au gouvernement de désigner certaines communes comme candidates à l’évacuation de décombres contaminés, puis dans un second temps, dès le 18 novembre 2011, convié des élus locaux à des « voyages de découverte » des mêmes décombres, afin de les convaincre d’en accepter une partie sur leur territoire.

Afin de parachever ce programme de dilution comme solution à la pollution, le Premier ministre Yoshihiko Noda a, dans un troisième temps, le 16 mars 2012, fait parvenir une lettre à trente-cinq départements et dix grandes agglomérations leur demandant d’accueillir une part des 4 millions de tonnes de déchets contaminés des départements d’Iwate et de Miyagi et de Fukushima.

Huit départements et huit grandes agglomérations urbaines (dont Tokyo et Osaka) avaient promptement répondu favorablement et proposé de recevoir près d’un million de tonnes de décombres contaminés. Il est toutefois fort probable que sur l’ensemble des 27 millions de tonnes de débris à traiter, bien plus de 4 millions soient contaminées.

Le site d’enchères en ligne Yahoo Japan, tout comme le magazine Sotoko et la chaîne de radio J-WAVE, participent activement à cette campagne du ministère de l’Environnement en affichant sur sa page principale des slogans du type « Participez à la destruction des débris du désastre », « Travaillez comme bénévole ! » ou « Aidez les municipalités qui acceptent les débris du désastre ! ».

« L’heure est venue de faire face à l’autorité de la nation »

Le communiqué paru dans le journal Asahi du 17 août 2011 annonçant le vote de la loi sur la dissémination des débris radioactifs précisait utilement que, « bien que spécifiquement conçue pour gérer les retombées de l’accident nucléaire de Fukushima, cette loi pourra aussi être appliquée lors de tout autre accident nucléaire qui pourrait survenir ».

Il est vrai que le seul principe de précaution que les autorités reconnaissent désormais comme pouvant être effectivement mis en œuvre, est celui qui consiste à garantir la protection de l’industrie nucléaire des effets négatifs, du point de vue de la perception du public il s’entend, que peuvent susciter les retombées de ses activités sur la bonne marche de ces dernières.

La radio-équité, consistant à disperser les radionucléides concentrés dans une partie d’un territoire en un nombre de lieux le plus grand possible dans le but d’en diminuer la concentration, est censée rendre soutenable la charge de radioactivité des uns, tout en en assurant le partage équitable avec les autres.

L’accès démocratique à la protection consiste donc désormais à accéder démocratiquement à la contamination dans le cadre d’un partage des nuisances, et à garantir par là même l’acceptabilité des conséquences néfastes du désastre nucléaire en soumettant chacun à l’adaptation à un milieu morbide.

Dans sa lettre du 12 décembre, Masaki Shimoji demande spécifiquement « aux enseignants de l’université, aux médecins et aux scientifiques, et à tous ceux considérés comme des spécialistes, d’écouter les citoyens et d’apprendre d’eux qui semblent sans instruction et émotifs et dont la parole demeure non-entendue et ignorée. » (…) « Restez du côté de ceux qui s’opposent et agissent de manière à faire connaître la vérité » (…)

« Soyez toujours du côté de ceux qui ont le moins de pouvoir et aidez les. Même s’ils commettent des erreurs, usez de votre autorité quand il s’agit de faire face à ceux qui sont au pouvoir. Votre champ de spécialité n’a aucune importance ; ayez le courage de parler haut et fort. »

Dans une seconde lettre écrite en prison deux jours plus tard, Masaki Shimoji confie : « L’heure est venue de faire face à l’autorité de la nation, et cela me rend nerveux. Je ne peux pas les combattre seul. »

Au tribunal, lors de l’audience du 18 décembre, il déclare : « Les personnes qui se sont fermement opposées aux interférences abusives et aux actions injustes menées par la police d’Osaka ont été arrêtées l’une après l’autre. Il s’agit là d’une situation inhabituelle qui rappelle les pratiques de la « Police politique spéciale » d’avant la seconde guerre mondiale. Je voudrais rappeler que le tribunal a la lourde responsabilité soit d’inviter à, soit d’empêcher la répétition de l’âge des ténèbres de la justice. »

(On a appris le 29 décembre que Masaki Shimoji avait été libéré par les autorités la veille. Un autre manifestant reste toutefois incarcéré au motif d’ « obstruction au bon déroulement des affaires »).

La REVUE de PRESSE de Reporterre : les articles environnement des quotidiens Par Julien villalard Reporterre 2013/01/07 Par Julien villalard (7 janvier 2013) La REVUE de PRESSE de Reporterre : les articles environnement des quotidiens. Reporterre. fr

La REVUE de PRESSE de Reporterre : les articles environnement des quotidiens

Revue de presse environnementale : semaine du vendredi 4 janvier au jeudi 10 janvier.

Les articles listés dans cette rubrique ont par ailleurs été résumés par de simples citoyens, pour faciliter l’accès à l’actualité environnementale. Si vous désirez recevoir chaque semaine ce travail de synthèse d’articles de quotidiens nationaux, envoyez un courriel à revuedepresse@hotmail.com.

NB : Le but de cette démarche n’est pas de faire une sélection pointue d’articles ou de les analyser, mais plutôt de fournir la matière première permettant de mieux comprendre les débats et enjeux liés à l’environnement.

OCEANS

Dix-sept tonnes de coquilles Saint-Jacques saisies sur un chalutier britannique (Le Monde, 09/01/13)

Un thon rouge de 222 kilos vendu… 1,38 million d’euros (Le Monde, 05.01.2013) + Le thon rouge le plus cher de l’Histoire (Courrier International, 07.01.2013)

BIODIVERSITE

Un troupeau d’éléphants massacré au Kenya (Libération, 8/01/2013)

Des cornes de rhinocéros d’une valeur de plus de un million d’euros saisies en Asie (Le Monde, 07.01.2013)

Des mouches pour mesurer… la biodiversité (Le Monde, 7.01.13)

ENERGIE

Le gouvernement lance un appel d’offres pour deux parcs éoliens en mer (Le Monde, 08/01/13)

Gaz de schistes aux Etats-Unis : le PDG de Total fait un bilan « pas terrible » (Les Echos, 10.01.13)

Gaz de schiste : des fuites de méthane plus importantes que prévu (Le Monde, 04.01.2013)

Gaz, électricité : l’entrée en vigueur des tarifs progressifs reportée à 2015, voire 2016. (Les Echos, 09.01.13)

La plate-forme pétrolière de Shell en sécurité dans une baie d’Alaska (Le Monde, 05/01/13)

Le solaire à nouveau dans la lumière (Libération, 07.01.13)

La France reprend l’offensive dans l’énergie solaire (Le Monde, 09/01/13)

La production d’agrocarburants menace la qualité de l’air en Europe (Le Monde, 08/01/13)

NUCLEAIRE

Morin propose de supprimer la composante aérienne de la force nucléaire (Les Echos, 10.01.13)

Narbonne : la Comurhex, qui purifie l’uranium mondial, monte en puissance ( Midi Libre, 07.01.13)

L’avenir du nucléaire est en Asie (Le Monde, 09/01/13)

NKM, ancienne ministre de l’environnement, a un train de retard sur le coût de l’énergie nucléaire. VIDEO (Libération, 10.01.13)

Areva revoit à la hausse la quantité de plutonium dans des fûts de son usine de la Hague (dépêche AFP, romandie.com, 08.01.13)

POLLUTION

La France, premier marché européen pour la voiture électrique. (Les Echos, 08.01.13)

Pollution : une étude prône des politiques plus « radicales » (Le Monde, 08/01/13)

La seconde vie des poubelles (Libération, 6/01/2013)

L’interdiction des sacs en plastique se mondialise (Le Monde, 03/01/13)

CHANGEMENT CLIMATIQUE

L’élévation des mers, une estimation « au doigt mouillé » (Le Monde, 08/01/13)

VILLES

25 hectares de nature en plus à Paris en 2013 (Le Figaro, 07.01.13)

La moitié de la nourriture produite dans le monde gaspillée (Libération, 10/01/2013)

GOUVERNANCE

Le filon de la rénovation (Libération, 6/01/2013)

Emplois verts : promesse ténue (Libération, 6/01/2013)

Notre-Dame-des-Landes : l’opposition à l’aéroport s’annonce bruyante en 2013 (Le Monde, 04.01.2013)

Revue de presse environnementale : semaine du vendredi 27 décembre 2012 au jeudi 3 janvier 2013.

Pour la recevoir directement, courriel à : revuedepresse@hotmail.com

OCEANS

Les baleiniers japonais voguent vers l’Antarctique (Le Monde, 28.12.2012) et autre récit : La flotte japonaise prend la mer (Libération, 28.12.2012)

BIODIVERSITE

Ivoire : la Tanzanie renonce à vendre son stock de 101 tonnes (Le Monde, 27.12.12)

Le boom économique de la Chine a détruit une grande partie de ses coraux (Le Monde, 27.12.12)

Les fourmis sont contaminées par les phtalates. (Le Figaro, 3.01.13)

Aux Philippines, l’essor de l’huile de palme divise les indigènes (Le Monde, 28.12.12)

ENERGIE

L’éolien devant les centrales à gaz aux Etats-Unis en 2012. (La Tribune, 28.12.12)

NUCLEAIRE

Difficile relance du nucléaire au Japon (Le Monde, 27.12.12) Le Premier ministre japonais envisage de construire de nouveaux réacteurs nucléaires (Libération, 27.12.12)

Huit soldats de la Marine américaine portent plainte contre Tepco, après Fukushima (Le Monde, 28.12.12)

Japon : défaut dans la sécurité anti-incendie de réacteurs nucléaires (Le Monde, 01.01.13)

Le nucléaire à l’heure du doute (Le Monde, 28.12.12)

Nucléaire : les doutes du patron de la sûreté belge (Le Monde, 27.12.12)

L’Iran annonce des négociations sur le nucléaire en janvier. (Les Echos, 04.01.13)

La Finlande prévoit d’enfouir des déchets nucléaires en 2022. (Les Echos, 28.12.12)

POLLUTION

Derrière son image de carte postale, la Polynésie française se transforme en poubelle (Le Monde, 28.12.12)

La France oblige les industriels à déclarer les nanoparticules dans leurs produits (Le Monde, 31.12.12)

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Les bonus-malus écologiques s’accentuent en 2013. (La Tribune, 02.01.13)

GOUVERNANCE

TRIBUNE : Economie verte : méfions nous des marchands de doute. (Les Echos, 04.01.13)

A Berlin, le projet d’aéroport patauge dans les grandes largeurs Thibault Madelin (Les Echos) Reporterre 2013/01/08 Thibault Madelin (Les Echos) (8 janvier 2013) A Berlin, le projet d’aéroport patauge dans les grandes largeurs. Reporterre. fr

A Berlin, le projet d’aéroport patauge dans les grandes largeurs

L’Allemagne connait aussi les grands projets inutiles. Le nouvel aéroport de Berlin voit son calendrier et son budget déraper, créant une crise politique locale.

Correspondant à Berlin

Le fiasco de l’aéroport de Berlin fait ses premières victimes politiques. Lundi 7 janvier, le maire de Berlin, Klaus Wowereit, a annoncé sa démission de la présidence du conseil de surveillance du nouvel aéroport international de la ville après avoir confirmé un cinquième retard. Ce baron du parti social-démocrate (SPD) restera membre du conseil. Malgré les appels de l’opposition locale, il a refusé de démissionner de son mandat de ministre-président de la capitale allemande.

Il sera remplacé à la présidence du conseil par Matthias Platzeck, ministre président du Land de Brandebourg, actionnaire du projet aux côté de la ville-Etat de Berlin et de la République fédérale. Signe de la tension qui règne autour du sujet, celui-ci va toutefois demander un vote de confiance au parlement régional cette semaine.

Klaus Wowereit a été vivement critiqué pour les retards accumulés par le chantier de l’aéroport Willy Brandt, devenu un symbole de l’échec de grands projets allemands. La nouvelle installation aurait dû ouvrir en 2011. L’inauguration a d’abord été repoussée à juin 2012, puis à mars 2013, puis à octobre 2013. Lundi, le gestionnaire du projet a indiqué que l’ouverture aura lieu « au plus tôt » en 2014. « Ce n’est actuellement pas possible de fixer une date », s’est excusé Klaus Wowereit.

La facture attendue en hausse

Le budget a lui aussi sérieusement dérapé . Initialement prévu pour environ 3 milliards d’euros, le projet se chiffre aujourd’hui à plus de 4,3 milliards d’euros. Lundi, le porte-parole du ministère fédéral des Transports n’a pas exclu que la facture monte avec ce nouveau retard. « La situation est très sérieuse », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse du gouvernement.

Klaus Wowereit, réputé pour son goût prononcé des fêtes nocturnes, n’est pas la seule victime du fiasco, et quand bien même son sacrifice est d’abord et avant tout symbolique. Rainer Schwarz, le patron de la société de projet, devrait quant à lui être relevé de ses fonctions lors de la prochaine réunion du conseil de surveillance, le 16 janvier, a indiqué le maire de Berlin lors d’une rencontre avec la presse.

Le Tour de France veut bétonner la montagne Matthieu Stelvio (Agora Vox) Reporterre 2013/01/08 Matthieu Stelvio (Agora Vox) (8 janvier 2013) Le Tour de France veut bétonner la montagne. Reporterre. fr

Le Tour de France veut bétonner la montagne

L’aménagement d’une route dans les Alpes pour une étape du tour de France pourrait servir de prétexte à une opération immobilière

Outre les affaires de dopage, le Tour de France pose des problèmes environnementaux importants. Après le saccage de la Planche des Belles Filles en 2012, c’est la route pastorale du Col de Sarenne que la prochaine grande boucle menace. Nous avons besoin de votre signature pour nous faire entendre.

Le contexte : Clavans et l’Alpe d’Huez sont séparés de seize kilomètres par une route pastorale franchissant le Col de Sarenne. Une petite route oubliée, menacée par des éboulements, qui devient progressivement un chemin pour randonneurs et cyclistes. Le GR54, le Tour des Ecrins, se confond même avec la route sur de nombreux kms.

2005, Clavans : un projet de station de ski qui manque de transparence

En 2005, l’ adjoint au maire de Clavans tombe de haut en découvrant par hasard « un document établi par le maire dont il ne [lui] avait jamais parlé ! » Il s’agissait ni plus ni moins d’un projet de téléphérique reliant Clavans au Col de Sarenne. Projet qui fut exposé, par la suite, au conseil municipal du village : vaste programme immobilier (3000 lits) assorti de l’aménagement en domaine skiable des pentes de Sarenne.

Quelques temps plus tard, Isère Nature s’était procuré un document « confidentiel » circulant entre les mains des investisseurs : on y apprenait que derrière l’implantation immobilière à Clavans, beaucoup avaient des idées derrière la tête.

En effet, Clavans est un point stratégique qui permettrait à l’Alpe d’Huez d’étendre de façon considérable son domaine skiable pour le relier à une station de la vallée de l’Arves, située à l’autre extrémité du massif des Grandes Rousses : Saint Sorlin. De la sorte, l’Alpe d’Huez ne serait plus une simple station, mais une station-massif.

Beaucoup de clavanchots ont exprimé leur désaccord, et l’affaire s’est calmée. Mais des investisseurs ont « acheté des terrains au-dessus le Clavans-le-Haut » en espérant obtenir un jour la majorité au conseil municipal de la petite commune.

2013 : une route pastorale refaite pour le Tour de France

Lors de la présentation de la 100e édition du Tour de France, C. Prudhomme frappe fort, il veut déplacer les montagnes : en 2013, l’Alpe d’Huez ne sera pas grimpée une fois, mais deux ! Pour permettre aux coureurs de grimper l’Alpe d’Huez deux fois, la solution est assez simple : utiliser la route de Sarenne.

Est-il raisonnable de faire passer le Tour de France par cette route sinueuse et étroite, menacée par de nombreux éboulements ? Aucun souci pour le maire de l’Alpe d’Huez, il suffit simplement de lancer « une petite tranche de travaux pour fignoler un peu ». En outre, il explique à la presse que des travaux sont nécessaires, car « les passages de ruisseaux ne permettaient pas de passer en voiture et encore moins à vélo. » Ce qui est notoirement faux.

Pour n’effrayer personne sur l’ampleur des travaux, les trois conférenciers font preuve d’une éloquence minimaliste, mais certaines expressions ont de la résonance : ainsi, pour faire en sorte que « les cailloux qui sont instables tombent », « [ils] purger[ont] un peu le secteur ». Et toujours concernant la « petite tranche de travaux », le maire de l’Alpe d’Huez a aussi fait référence à la « mise en sécurité de la route, qui sera importante » et à des « virages [qui] nécessitent que l’on mette des protections ». En somme, une route pastorale va être « goudronnée », significativement refaite et aménagée pour une demi-journée de télévision.

Sarenne : Nature contre Business

Dans ce vaste et magnifique espace sauvage, au-delà des chamois, marmottes et autres niverolles, précisons que des espèces rares et fragiles, « menacées d’extinction », vivent sur les pentes de Sarenne : des lagopèdes et des tétras lyre.

Manifestement, la protection environnementale n’est pas le souci du directeur de l’Office du Tourisme de l’Alpe d’Huez qui, en utilisant Sarenne, veut faire de l’Alpe d’Huez, la « capitale mondiale du vélo », et souhaite insister sur les retombées économiques de l’événement : « Si on calcule que chaque personne consomme 10 euros… (…) [Si] on a un million de personnes, ça fait 10 millions de retombées économiques. »

Ensuite, cet adroit comptable explique qu’ils essaieront de faire le maximum pour caser tous les spectateurs ; même si ce sera difficile « parce que, à un moment, on n’arrive plus à les mettre… sur trois, quatre, cinq rangs. » Bien heureusement, la capacité d’accueil de l’Alpe est accrue, puisque ces spectateurs en excès, ils « pourr[ont] les mettre sur la montée » de Sarenne au milieu des tétras lyre, des lagopèdes, des chamois et des marmottes.

Sarenne : menace sur le dernier bastion de l’Oisans sauvage

En aparté, C. Prudhomme déclare que cette double ascension de l’Alpe d’Huez est « rendue possible par les travaux qui ont été et qui seront encore faits sur la route qui va du Col de Sarenne au Lac du Chambon. » Notez que la route dont il parle inclue la portion de route à laquelle fait allusion le dossier présenté au Conseil Municipal de Clavans en 2006.

A cette époque, des investisseurs immobiliers voulaient refaire la partie basse de la route en question pour mettre au bout une soi-disant petite station de ski qui, en réalité, était destinée à relier l’Alpe d’Huez, extrémité Sud des Grandes Rousses, à Saint Sorlin, extrémité Nord des Grandes Rousses, pour en faire une station-massif. Après la tentative infructueuse de ces investisseurs qui, aux alentours de 2006, « ont acheté des terrains au-dessus le Clavans-le-Haut », le Col de Sarenne ne serait-il pas aujourd’hui assailli par son autre versant ?

En somme, il y a deux options :

• 1) Soit la route de Sarenne est refaite pour une demi-journée de télévision.

• 2) Soit la route de Sarenne est refaite pour aller dans le sens des investisseurs.

N’oublions pas qu’en 2006, la Frapna dénonçait un manque de transparence. Est-il si irrationnel de penser que certains ont des idées derrière la tête en lançant des travaux dans un "au milieu de nulle part" aussi stratégique, soi-disant pour une journée de vélo ? Le maire de l’Alpe d’Huez n’est-il pas assez clair, lorsqu’il déclare que ce premier passage du Tour de France à Sarenne, qui est rendu possible par des travaux qui vont dans le sens des investisseurs immobiliers, "offre beaucoup de possibilités pour le futur" ?

Une pétition

Les prochains travaux (goudronnage, purge, mise en sécurité) ne pourront avoir lieu avant la fonte des neiges, et vous pouvez dire « Non au passage du prochain Tour de France sur la route pastorale de Sarenne » en signant cette pétition.

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Cet article est une synthèse du texte plus exhaustif : Et si l’Alpe d’Huez se servait du Tour de France pour partir à la conquête d’un massif ? N’hésitez pas à le consulter pour approfondir et vérifier la pertinence des sources. A noter : la même étape pourrait avoir lieu en passant par Villard Reculas plutôt que par le Col de Sarenne.

Ligne THT Cotentin Maine : un déboulonnage a eu lieu fin décembre Un admirateur des artistes en devenir Reporterre 2013/01/08 Un admirateur des artistes en devenir (8 janvier 2013) Ligne THT Cotentin Maine : un déboulonnage a eu lieu fin décembre. Reporterre. fr

Ligne THT Cotentin Maine : un déboulonnage a eu lieu fin décembre

Peu avant Noël nous avons reçu ce joli mail revigorant, accompagné du lien vers une vidéo, « Noël avant l’heure » ! :

Chers Messieurs L. Prentout, P. Remy, P-L. Jacob et A. Colrat,

Une nuit, il y a peu, nous avons pu observer un curieux phénomène dont j’aimerais vous faire part.

Vers Saint-Martin d’Aubigny, une guirlande de petites lucioles, et plusieurs paires de mains gantées se sont activées joyeusement dans notre riante campagne.

Les scies à métaux rugissaient pendant que les clés à molette chantaient dans le calme nocturne de notre contrée que le bourdonnement de votre nouvelle THT ne perturbe pas encore.

Malgré toutes les précautions que vous avez prises, il semblerait que les services qui se donnaient l’air d’être très occupés il y a peu, à surveiller nos maisons, à contrôler nos voitures, et toutes ces charmantes activités dont vous détenez le secret ; n’ont même pas pu profiter de ce spectacle féérique et encore moins y mettre fin.

Je vous assure chers Messieurs, que j’avais bien mes lunettes et que je marchais droit. C’est d’ailleurs le lendemain que j’ai pu m’assurer que je n’avais pas rêvé.

Des grandes barres métalliques avaient pris des courbures élégantes, et les prairies étaient parsemées de boulons, comme si le chariot du père Noël s’étaient écrasé sur vos grandes tours de fer.

Car j’imagine qu’il s’agit bien de cadeaux, certes un peu en avance, vous étant destinés par ces petites mains qui s’affairent à ne pas vous laisser sévir. Et il semble bien que ces mêmes petites lucioles sont passées maîtres dans l’art de vous faire ces présents.

Vous conviendrez, chers messieurs, en admirant ce spectacle, que votre grande oeuvre gagnerait en charme si tous les pylônes de la Cotentin-Maine se mettaient à ressembler à celui-ci.

En espérant que l’argent public ne servira pas à rectifier un tel travail, et que de Flamanville à Beaulion-sur-Oudon, on puisse encore bénéficier du spectacle des barres qui crissent et du ballet des lucioles voletant autour de vos 420 « Tours Eiffel ».

Scielutations sincères !

Un admirateur des artistes en devenir.

Hyper riches : au-delà de l’indécence Michel Lepesant (Mouvement des objecteurs de croissance) Reporterre 2013/01/08 Michel Lepesant (Mouvement des objecteurs de croissance) (8 janvier 2013) Hyper riches : au-delà de l’indécence. Reporterre. Tribune — fr

Hyper riches : au-delà de l’indécence

« Dans un pays sans croissance qui continue pourtant d’en réciter le catéchisme, nous pouvons prévoir qu’il faudra de plus en plus d’appauvris pour que quelques-uns continuent de s’enrichir de plus en plus. »

La polémique fait-elle vraiment rage ? « Protégés » par un bouclier fiscal, les riches sont-ils aujourd’hui les nouveaux persécutés, harcelés par des prélèvements confiscatoires ?

Comment arriver à le croire quand, dans une même semaine, les news ne font au contraire que confirmer et entériner la légitimation des inégalités les plus iniques ?

L’ex-épouse bafouée d’un ex-dirigeant transalpin obtient par décision de justice une pension alimentaire de trois millions d’euros par mois, soit près de 100 000 euros par jour : comment peut-on encore continuer à qualifier une telle pension d’« alimentaire » ? Que veut dire « justice » dans ce cas ?

Le Conseil Constitutionnel vient de censurer, dans la loi de finances pour 2013, la taxation à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Serait-il indécent de rappeler que le montant mensuel net du Smic pour 35 heures de travail (après déduction de la CSG et de la CRDS) est en décembre 2012 de 1138,36 euros ? Serait-il absurde de rappeler que le même Conseil Constitutionnel valide, dans le budget 2012 rectifié, un crédit d’impôts d’aide aux entreprises de 20 milliards d’euros, quand on sait parfaitement que ce type de « cadeau fiscal » aux entreprises n’est qu’une nouvelle aubaine en faveur du Capital et aux dépens du Travail ?

A l’annonce de cette nouvelle, le président de la Ligue de Football Professionnel s’est félicité de cette « belle et indispensable victoire collective ». Comment ne pas s’indigner quand la laideur des pires individualismes revendique la défense de la « beauté » et du « collectif » ?

Faut-il vraiment s’étonner d’une telle rhétorique footbalistique quand nous apprenons l’introduction dans le dictionnaire suédois du verbe « zlataner », une invention de nos Guignols de l’info ? Et pour ceux qui l’ignorent, il signifie « dominer » ! Mais bien sûr, pour décrire l’invention permanente de nouvelles formes de domination, nous avions bien besoin d’un nouveau verbe !

Cette déroute des mots, celle qui déroule le tapis rouge sur la route des maux, atteint le comble de la confusion quand même les porte-parole de l’indignation ne font que renforcer, cran par cran, le progrès des indécences et le recul du sens commun. Dans une tribune, le producteur Vincent Maraval dénonce avec raison l’impéritie économique du cinéma français financé par l’argent public : « Dix fois moins de recettes, cinq fois plus de salaire, telle est l’économie du cinéma français. » Mais jusqu’où nos bras peuvent-ils tomber quand nous lisons, quelques lignes plus bas, que sous couvert de dénoncer un « système » il prend la défense de celui des héritiers, de cette nouvelle aristocratie des « fils de » ? Comment peut-on présenter comme modèle de vertu l’usage que le fils de Jean-Pierre Cassel fait de « son argent et son énergie » pour aider le fils de Kiki Picasso et celui de Costa-Gavras ? Faut-il alors s’étonner que cette tribune, vendue comme une « charge au canon », finisse en proposant une « idée simple », celle de plafonner les cachets des acteurs à 400 000 euros ? 400 000 euros, plus un intéressement aux bénéfices en cas de succès… commercial !

Mais tout cela n’est-il pas l’air du temps qui permet à la ministre des « affaires sociales » et de la santé de garantir un salaire plancher de 4600 euros mensuel pour les jeunes médecins acceptant de s’installer pendant deux ans dans un « désert médical » ? Que veut encore dire « social » quand il n’y a plus que la logique « libérale » des « affaires » ?

Comment reprocher aux uns de perdre tout bon sens dans l’évaluation d’un « plafond » quand d’autres nomment « plancher » ce qui n’est que « privilège » et aveu d’impuissance à conduire une véritable « politique » ?

Nous avons toujours su qu’il faut, mathématiquement, beaucoup de « pauvres » pour faire un seul « riche ». Mais dans un pays sans croissance qui continue pourtant d’en réciter le catéchisme, nous pouvons prévoir qu’il faudra de plus en plus d’« appauvris » pour que quelques-uns continuent de s’enrichir de plus en plus.

Ce qui signifiera de plus en plus d’indécences, de plus en plus d’irresponsabilités écologiques, de plus en plus d’injustices sociales, de plus en plus d’atteintes à la démocratie ; bref, de plus en plus de croissance…

De plus en plus de rage devant des polémiques faussées.

EXCLUSIF : l’article de Séralini sur les OGM traduit en français Dominique Béroule Reporterre 2013/01/09 Dominique Béroule (9 janvier 2013) EXCLUSIF : l’article de Séralini sur les OGM traduit en français. Reporterre. OGM fr

EXCLUSIF : l’article de Séralini sur les OGM traduit en français

A l’attention de toutes les personnes qui se méfient des jugements de valeur –fussent-ils émis par des scientifiques- et qui préfèrent capter les informations à leur source pour s’en faire une opinion personnelle.

…Voici une traduction de certains passages, sans les figures ni les références bibliographiques, de l’article « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a roundup-tolerant genetically modified maize », publié par Gilles-Eric Séralini et son équipe en septembre 2012.

Traduction réalisé par Dominique Béroule, et relue par les auteurs.

Présentation de l’article original

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Toxicité à long-terme d’un herbicide Roundup et d’un maïs modifié génétiquement pour tolérer le Roundup

Gilles-Eric Séralini, Emilie Clair, Robin Mesnage, Steeve Gress, Nicolas Defarge, Manuela Malatesta, Didier Hennequin, Joël Spiroux de Vendômois

Paru dans : « Food and Chemical Toxicology » (2012)

Résumé : Nous avons étudié pendant 2 ans sur des rats les effets sanitaires d’un maïs transgénique tolérant à l’herbicide Roundup (introduit dans l’alimentation à doses variables de 11% et plus), cultivé avec ou sans épandage de cet herbicide, ou bien de Roundup seul (à partir de 0,1 parties par milliard).

Dans tous les groupes de rats ainsi traités, les femelles sont mortes 2 à 3 fois plus que dans le groupe-témoin, et plus rapidement. Cette différence a été observée dans 3 groupes de mâles nourris avec l’OGM. Tous les résultats obtenus dépendent du sexe de l’animal et montrent une dépendance hormonale, avec des profils pathologiques comparables dans presque tous les cas.

Les femelles ont développé des grosses tumeurs mammaires plus fréquemment que la population de contrôle, l’hypophyse étant le second organe le plus touché ; l’équilibre hormonal a été modifié par les traitements à base d’OGM et de Roundup. Chez les mâles ainsi traités, les nécroses et congestions du foie étaient de 2,5 à 5,5 fois plus élevées.

Cette pathologie a été confirmée visuellement et par microscopie électronique en transmission. Les atteintes des reins étaient généralement de 1,3 à 2,3 plus élevées. Les mâles présentaient jusqu’à 4 fois plus de grosses tumeurs, qui apparaissaient jusqu’à 600 jours plus tôt que la population de contrôle. Les données biochimiques ont confirmé des déficits chroniques significatifs des reins.

Pour tous les traitements chez les deux sexes, 76% des altérations de paramètres physiologiques étaient liés aux reins. Ces résultats peuvent s’expliquer par les perturbations endocriniennes non linéaires (non proportionnelles à la dose) causées par le Roundup, ainsi que par la surexpression du transgène dans l’OGM, et ses conséquences métaboliques.

1. Introduction

Où l’on découvre le contexte réglementaire et scientifique de cette étude, ainsi que ses spécificités par rapport aux travaux existants sur le même sujet.

Contexte international : débat sur les plantes génétiquement modifiées ; faiblesse de la réglementation, en dehors d’un taux maximal d’OGM et de pesticides autorisés dans l’alimentation.

Etudes existantes : des tests sur 90 jours réalisés par les industriels producteurs d’OGM concluent à l’absence de toxicité. Pourtant, des premiers résultats avaient déjà montré des altérations fonctionnelles des reins, du foie et du pancréas, pour de très faibles concentrations (1000 fois plus faibles que le taux réglementaire).

Apports méthodologiques de l’étude proposée : Mesures fréquentes pendant 2 ans, réalisées sur au plus 11 échantillons sanguins et urinaires : plus que les standards habituels dans une expérimentation de longue durée.

Plutôt que de tester uniquement le principe actif (glyphosate), c’est l’ensemble de la formulation du Roundup qui est impliqué, avec ses adjuvants qui facilitent la pénétration cellulaire. 3 dosages des suppléments alimentaires ou de l’eau de boisson (NK603 et Roundup) ont été testés à très basse concentration, plutôt que les 2 dosages habituels.

2. Matériels et méthodes

Où l’on apprend que le protocole expérimental a bien suivi les règles éthiques en vigueur concernant les espèces vivantes utilisées. Les conditions de culture du maïs et le mode d’administration du Roundup à certaines parcelles sont également précisés. Ce paragraphe indique en détail le déroulement de l’expérimentation, ainsi que les mesures réalisées.

2.1. Ethique (…)

2.2. Plantes, régimes et chimie

Variété de maïs : le NK603 tolérant au Roundup, et sa version non transgénique pour l’alimentation du groupe témoin (les rats dont le régime ne comporte ni OGM ni herbicide). Les possibilités de contamination entre ces deux maïs ont été soigneusement évitées, puis vérifiées par analyse génétique d’échantillons après culture.

L’un des deux champs de maïs NK603 a été traité à l’herbicide Roundup. Le mode d’alimentation des rats était conforme aux standards en vigueur, à raison de 3 doses possibles du maïs transgénique avec ou sans Roundup (11%, 22%, 33%) et une dose de maïs non-transgénique (33%) pour le groupe témoin. Le Roundup seul était dilué dans l’eau de boisson du groupe concerné.

Méthodes de vérification des concentrations : Analyse génétique qPCR ; HPLC-UV standard ; spectrométrie de masse.

2.3. Animaux et traitements

Sujets d’expérimentation : 100 rats mâles et 100 femelles de l’espèce Sprague-Dawley, répartis, pour chaque sexe, en 10 groupes de 10 individus. Exemple des groupes de mâles : 1 groupe témoin ; 6 groupes nourris aux concentrations 11%, 22%, 33% de NK603, avec ou sans Roundup ; 3 groupes avec seulement du Roundup dans la boisson aux 3 concentrations précitées. Chaque animal était soumis sa vie durant à deux suivis médicaux par semaine : signes cliniques, mesures éventuelles de tumeurs, consommation de nourriture et d’eau, poids.

2.4. Analyses biochimiques

Les échantillons sanguins ont été collectés sous anesthésie légère tous les 3 mois, ce qui signifie au maximum 11 prises de sang pour un animal encore vivant au bout de 2 ans. Les mesures ont concerné 31 paramètres, incluant le taux de coagulation, la présence d’albumine, de cholestérol, de testostérone et de différentes molécules (calcium, sodium, potassium, glucose…).

Le protocole utilisé a été comparé aux tests réglementaires réalisés par Monsanto, ainsi qu’à des tests obligatoires de produits chimiques (norme OCDE 408) ou -non obligatoires- des OGM. Des analyses d’urine ont également été réalisées au plus 11 fois sur chaque animal, et ont concerné 16 paramètres.

2.5. Pathologies anatomiques

Les animaux en début de souffrance ont été sacrifiés en fonction des critères éthiques suivants : perte de poids égale à 25%, tumeurs de 25% du poids total, saignement hémorragique, prostration. Parmi les 36 organes recueillis, 14 ont été pesés, ainsi que les éventuelles tumeurs.

Méthodes de conservation et d’étude : glace carbonique, formol, microscopie électronique.

2.6. Analyse statistique

Il s’agit de répartir les données observées dans des groupes distincts. Méthodes reconnues pour modéliser, analyser et interpréter des données biologiques et chimiques complexes : Analyse à plusieurs variables par logiciel SIMCA-P(V12), Analyse en composante principale (PCA), Analyse partielle des moindres carrés (PLS), et PLS orthogonale (OPLS).

3. Résultats

Où l’on découvre que les rats des groupes-tests meurent plus précocement et développent plus de tumeurs que les rats du groupe témoin, avec des différences significatives en fonction du sexe, et des effets nonproportionnels à la quantité d’OGM ou de Roundup ingérés.

2.7. Mortalité

A partir du début de la période d’expérimentation, les animaux (de 8 semaines d’âge) appartenant au groupe contrôle (nourris sans OGM ni Roundup) ont survécu en moyenne 624 jours (+ ou – 21 jours), pour les mâles, et 701 (+ ou – 20) jours pour les femelles. Avant l’âge moyen de survie, 3 mâles (sur 10) et 2 femelles (sur 10) du groupe-contrôle sont morts spontanément, alors que 5 mâles et 7 femelles sont morts dans certains groupes nourris au maïs OGM.

Cependant, le taux de mortalité n’était pas proportionnel à la dose reçue, atteignant un seuil aux valeurs faible (11%) ou intermédiaire (22%) avec ou sans Roundup. On notera que les deux premiers rats mâles des groupes OGM décédés ont dû être euthanasiés à cause de grosses tumeurs (de Wilms) des reins, environ un an avant le premier décès dans le groupe témoin. La première femelle décédée d’un fibrome mammaire appartenait au groupe nourris avec 22% de maïs OGM, 246 jours avant le 1er décès dans le groupecontrôle de femelles.

Chez les mâles, la différence la plus importante avec le groupe témoin fut : 5 fois plus de morts au 17e mois, du groupe consommant 11% de maïs OGM. Chez les femelles, la mortalité fut 6 fois plus élevée durant le 21e mois avec 22% d’OGM, avec ou sans Roundup.

Parmi l’ensemble des femelles, il y eut 2 à 3 fois plus de décès, généralement plus précoces, dans tous les groupes traités, par comparaison au groupe-témoin. Les femelles se sont révélées plus sensibles que les mâles au Roundup présent dans la boisson, impliquant une réduction de leur durée de vie. La cause des décès est liée principalement à de grosses tumeurs mammaires chez les femelles et à d’autres problèmes organiques chez les mâles.

2.8. Observations anatomopathologiques

Une partie seulement des résultats sont présentés ; les autres feront l’objet d’autres articles.

95% des tumeurs (jusqu’à 2 cm de diamètre) n’ont pas régressé, et n’étaient pas liées à une infection. Comme pour le taux de mortalité, on observe un effet de seuil aux plus faibles doses.

La fréquence de ces tumeurs était 2 à 3 fois plus élevée dans les groupes-test que dans les groupes-témoins, mâles et femelles confondus. La taille des tumeurs devenait significative en moyenne 94 jours plus tôt chez les femelles, et 600 jours plus tôt chez les mâles de 2 groupes (11% et 22% d’OGM), par rapport aux animaux témoins. Au bout de 2 ans, les tumeurs les plus grosses, essentiellement mammaires, étaient 5 fois plus fréquentes chez les femelles que chez les mâles. C’est la taille atteinte par les tumeurs qui affaiblissait les animaux par compression des poumons ou de l’estomac.

Une seule tumeur cancéreuse des ovaires et deux tumeurs de la peau ont été identifiées. Des métastases ont été observées dans seulement deux cas : dans le groupe nourri à 11% de NK603 et celui à 33% de Roundup.

Au 24e mois, de 5 à 8 femelles avaient développé des tumeurs dans chaque groupe traité, jusqu’à 3 tumeurs par animal, tandis que seulement 3 femelles étaient atteintes dans le groupe-témoin. Les groupes « avec Roundup » produisaient le plus fort taux de tumeurs. La glande hypophyse était le second organe le plus affecté chez les femelles, généralement 2 fois plus que dans le groupe contrôle.

Chez les mâles, les grosses tumeurs palpables (reins, et peau principalement) étaient à la fin de la période d’expérimentation deux fois plus fréquentes que dans le groupe témoin. (…) La dégradation des reins incluant des zones inflammatoires a révélé des atteintes chroniques, progressives et sévères des reins, jusqu’à 2 fois plus élevées avec le maïs dosé à 33% ou bien avec la dose la plus faible de Roundup.

2.9. Analyses biochimiques

L’analyse statistique a concerné des mesures biochimiques effectuées au 15e mois, période la plus tardive où la plupart des animaux étaient toujours vivants (90% des mâles, 94% des femelles, 100% du groupecontrôle).

Des modèles statistiques ont été créés entre chaque groupe et son témoin. Seuls les modèles significatifs ont été conservés (Variance > 80 %, Capacité de prédiction > 60%) pour déterminer les variables discriminantes.

Ainsi, chez les femelles traitées (NK603, Roundup), les insuffisances rénales étaient visibles au niveau biochimique (82% de paramètres altérés). Chez les mâles, 87% des variables discriminantes étaient liées aux reins.

En résumé, pour tous les groupes traités, versus contrôle, 76% des variables discriminantes étaient liées aux reins. De plus, l’équilibre chez les femelles entre hormones mâle et femelle a été perturbé par la consommation de maïs OGM et de Roundup avec un niveau de confiance de 95%. Avec la plus forte dose de Roundup, le niveau d’hormone femelle (estrogène) a plus que doublé chez les mâles.

4. Discussion

Où l’on résume les caractéristiques des résultats obtenus, et où l’on propose des hypothèses explicatives au niveau de mécanismes génétiques, en s’appuyant sur d’autres travaux de recherche. La conclusion replace l’étude dans son contexte scientifique et réglementaire, en proposant que les OGM agricoles et les pesticides soient évalués avec le plus grand soin sur de longues périodes, afin d’en mesurer la toxicité potentielle.

 Ce rapport décrit la première étude menée sur toute la durée de vie d’un rongeur, pour examiner les éventuels effets toxiques 1/ d’un maïs OGM (NK603) tolérant au Roundup et 2/ de la formulation commerciale complète de l’herbicide.

 Comme souvent dans les maladies hormonales, la plupart des effets observés ne sont pas proportionnels à la dose de toxine impliquée.

 Les doses produisant des effets significatifs sont minimes, et donc susceptibles de se produire dans l’environnement : 11% de maïs OGM dans la nourriture, ou 50 ng/l de Roundup, comme dans une eau du robinet contaminée, restant pourtant dans les limites autorisées.

 Comme fréquemment chez la plupart des mammifères, y compris les humains, les mâles mourraient avant les femelles, sauf dans le cas de certains groupes-test de femelles (OGM/Roundup).

 Les premières tumeurs sont apparues au 4e mois chez les mâles et au 7e mois chez les femelles, prouvant l’insuffisance des 3 mois habituels d’évaluation de la toxicité des plantes OGM.

 Même à la plus petite dose considérée, le Roundup seul induit chez les femelles des tumeurs associées à un déséquilibre hormonal (estrogène).

Hypothèses explicatives de l’augmentation des tumeurs et de la mort précoce des animaux nourris au seul maïs NK603 (sans Roundup) :

1- Production de produits toxiques spécifiques à la nourriture contenant de l’OGM.

2- Inhibition de produits protecteurs des organes, contenus dans la nourriture OGM :

Le maïs NK603 a été construit par génie génétique de manière à sur-exprimer une enzyme indispensable à la survie de la plante, et modifiée de façon à être insensible au Roundup. Dans sa version naturelle, cette enzyme facilite une chaine de réactions biochimiques qui produisent différentes molécules : en plus d’acides aminés indispensables à la plante, cette chaine de réactions engendre habituellement des molécules plus secondaires, telle que l’acide caféique qui intervient dans la synthèse de la lignine qui rigidifie la plante. Les effets de l’acide caféique sur un organisme qui se nourrit de sa plante-hôte est connu en pharmacologie : à la fois antiinflammatoire, antimutagène et antioxydant. Or, les analyses effectuées mettent notamment en valeur un déficit en acide caféique de l’alimentation OGM (avec la version génétiquement modifiée de l’enzyme). Comme montré dans une autre étude, un tel déficit pourrait diminuer l’effet protecteur de l’acide caféique vis-à-vis du développement de cancers et de tumeurs mammaires.

Les insuffisances hépatiques et rénales des rats mâles, dont les premiers signes avaient déjà été observés par la même équipe de recherche en 2007 sur des tests à 90 jours, pourraient avoir la même origine : un vieillissement prématuré des reins par stress oxydatif (radicaux libres), insuffisamment contrarié par un acide caféique déficitaire.

Chez les mâles également, les atteintes du foie sont caractéristiques d’une intoxication chronique, comme confirmé par l’analyse des paramètres biochimiques. La structure du noyau des cellules du foie a révélé des altérations comparables chez les deux sexes, conformément aux effets toxiques reconnus de très petites doses de Roundup : programmation de la mort cellulaire, production d’énergie interne à la cellule, dégradation de la membrane induisant une nécrose des cellules du foie.

Les perturbations des chaines de réaction biochimiques impliquées dans ces résultats appellent des investigations approfondies.

Méthodes proposées : Analyse génétique (caractérisation du transcriptome) ; étude du profil moléculaire des foies et reins perturbés (Métabolomique).

Conclusion :

Alors que le principe actif du Roundup (glyphosate) était déjà connu pour dégrader le fonctionnement des reins et du foie à des doses dépassant les normes autorisées, cette étude prouve clairement que des doses largement en dessous de ces normes de l’herbicide complet altèrent sévèrement les fonctions mammaire, hépatique et rénale, dépendantes des hormones.

Cette étude constitue le premier recueil détaillé sur les effets délétères à long-terme de la consommation d’un maïs tolérant au Roundup et du Roundup lui-même, herbicide le plus utilisé dans le monde. Des études futures pourraient concerner l’influence de ces produits sur le métabolisme des cellules (ex : déséquilibre de composants tels que l’acide caféique), ainsi que la possible présence du gène étranger (transgène) et de Roundup dans les tissus du rat.

Les perturbations biochimiques significatives et les défaillances physiologiques consignées dans cette étude confirment les effets pathologiques d’une plante OGM et du Roundup sur les deux sexes, avec différentes amplitudes.

Nous proposons que les OGM agricoles alimentaires et les formulations de pesticides soient évalués très précisément par des études à long-terme pour mesurer leurs effets potentiellement toxiques.

Références bibliographiques : 56 articles scientifiques

Une nouvelle passion française : Le tourisme à vélo Cyclo Trans-Europe Reporterre 2013/01/09 Cyclo Trans-Europe (9 janvier 2013) Une nouvelle passion française : Le tourisme à vélo. Reporterre. fr

Une nouvelle passion française : Le tourisme à vélo

Le tourisme à vélo Débat Samedi 12 janvier à 14 h Maison du vélo 37 bd Bourdon Paris M° Bastille

CyclotransEurope organise un débat qui promet d’être passionnant sur cette nouvelle tendance... quoique pas si récente que ça.

Voici les invités :

- Les nouvelles évolutions du tourisme à vélo, une expertise incomparable d’enquêtes et de comptages avec Marc Linsig, consultant du bureau d’étude Inddigo-Altermodal, spécialisé dans les projets de véloroutes et voies vertes et de leurs valorisation touristique.

- Véloroutes et voies vertes, de nouvelles manières de voyager avec Michel Bonduelle, journaliste, ex-rédacteur en chef de Vital et Détours en France, auteur de « Les Plus Belles Voies Vertes de France » et de nombreux véloguides.

- Le tourisme à vélocipède, tout a commencé vers 1880, une histoire étonnante et passionnante avec Michel Delmotte, président de CyclotransEurope, expert des véloroutes et voies vertes et Francis Robin, président de Vélocipédia.

Samedi 12 janvier à 14 h Maison du vélo 37 bd Bourdon Paris M° Bastille

Gaz de schiste : contestation autour de l’eau en Pologne Maya Szymanowska (RFI) Reporterre 2013/01/09 Maya Szymanowska (RFI) (9 janvier 2013) Gaz de schiste : contestation autour de l’eau en Pologne. Reporterre. fr

Gaz de schiste : contestation autour de l’eau en Pologne

En Pologne, on multiplie les forages. Encore timides, des contestations s’organisent autour de la crainte pour la pureté de l’eau.

A trois heures au nord-ouest de Varsovie, dans la région des lacs, une activité inhabituelle agite la petite bourgade de Brodnica en plein milieu de l’hiver. Le parking du collège affiche complet. Les couloirs de l’école résonnent des voix des invités venus de tout le pays à l’appel du maire, soucieux de répondre aux inquiétudes de la population locale.

La raison de cette agitation : le gaz de schiste. L’entreprise américaine Marathon Oil vient en effet d’effectuer des forages de reconnaissance dans cette région très touristique.

Les habitants de Brodnica et des environs sont venus nombreux, certains avec des pancartes contre le gaz de schiste. Leur principal reproche : la désinformation.

Mieczyslaw Rutkowski est propriétaire d’un terrain de 70 hectares situé à un kilomètre à peine du forage. Il voulait se lancer dans l’agrotourisme, comme beaucoup de ses voisins. Maintenant il craint que le bruit, les dangers de pollution et les installations minières vont faire fuir le touriste.

« Halte au gaz de schiste ». Les habitants de Brodnica craignent pour le tourisme dans la région si elle se couvre de tours de forage - RFI/Maya Szymanowska

Les dangers pour l’environnement

Selon Tomasz Derkowski, qui vient de fonder une association pour préserver cette région faisant partie du programme Natura 2000, l’extraction du gaz de schiste présente de sérieux dangers de pollution.

Derkowski cite l’exemple américain où un forage sur cent a un problème : « Il suffit d’une panne. Le forage est près du lac Skarlinski qui alimente en eau tous les autres lacs de la région. Si le lac Skarlinski vient à être pollué, c’est toute la région qui va trinquer ».

De plus, la fracturation hydraulique, la seule technologie connue pour extraire du gaz de schiste, nécessite un grand volume d’eau. C’est en effet de l’eau sous pression qui est pompée dans le sol pour faire sortir le gaz. La région de Brodnica, qui souffre souvent de sécheresse en période estivale, craint de manquer complètement d’eau si les entreprises d’extraction commencent à pratiquer la fissuration hydraulique.

Selon Andrzej Szesniak, un expert indépendant en énergie, le gros problème concerne le partage des bénéfices. Les agriculteurs polonais ne reçoivent que quelques centaines d’euros par hectare loué aux entreprises d’extraction. On est loin du modèle américain où les richesses du sol appartiennent au propriétaire du terrain.

L’eau semble au cœur de toutes les craintes. Pas loin de Brodnica, plus au Sud, un autre forage de reconnaissance est réalisé par l’entreprise polonaise Upstream Orlen. Zbigniew possède une ferme juste en face du site. L’eau de son puits est brune depuis le début des travaux de forage.

Les stations thermales menacées

Avec 111 concessions, qui couvrent 29% du pays, attribuées à une vingtaine d’entreprises et une centaine d’autres demandes qui attendent le feu vert des autorités, la Pologne est le leader de la recherche du gaz de schiste en Europe.

Ces recherches sont menées souvent dans des endroits aussi touristiques que la région des lacs, dans les Kachouby, une région située au nord du pays, ou encore ici à Cichocinek, une station thermale connue depuis deux siècles pour ses revigorantes eaux salées.

Robert Zareba est un enfant du pays qui voudrait développer cette richesse de la région. Son rêve : remettre à neuf la plus grande piscine d’Europe qui a été fermée à Cichocinek en 2001. Mais son projet est en sursis, la faute au gaz de schiste. Robert Zareba multiplie les consultations avec la mairie et tente d’intervenir auprès des députés.

Le rêve d’indépendance pour les autorités

Les autorités polonaises se veulent, au contraire, rassurantes, et font tout pour promouvoir le gaz de schiste. Le Premier ministre Donald Tusk vient d’annoncer qu’un fonds de prêts de 10 milliards d’euros était débloqué pour les investissements gaziers. L’engouement est né d’une étude américaine. Selon l’Agence américaine de l’énergie, la Pologne serait assise sur 300 milliards de mètres cubes de gaz. Soit 300 ans d’indépendance gazière.

Une aubaine pour le gouvernement polonais qui rêve de ne plus dépendre du géant russe Gazprom. Le ministre du Trésor, Mikolaj Budzanowski, est allé jusqu’à boire devant les caméras le liquide de fissuration pour prouver qu’il n’était pas nocif.

Pourquoi tant d’obstination ? « Même si l’on sait déjà qu’il y a dix fois moins de gaz que l’on ne l’a cru, cela représente quand même trente à cinquante ans d’indépendance énergétique. Donc l’enjeu est de taille », explique Stéphane Portet, expert du secteur d’énergie de S Parner.

Reste à savoir si ce nouvel eldorado en lequel le gouvernement polonais croit dur comme fer va s’avérer rentable. Le géant russe Gazprom vient en effet de baisser de 15% les prix du gaz fourni à la Pologne.

Manifestations au Bangladesh contre la hausse du prix de l’essence Farid Hossain (Metro) Reporterre 2013/01/09 Farid Hossain (Metro) (9 janvier 2013) Manifestations au Bangladesh contre la hausse du prix de l’essence. Reporterre. fr

Manifestations au Bangladesh contre la hausse du prix de l’essence

DACCA, Bangladesh – Des policiers ont tiré des balles de plastique et lancé des gaz lacrymogènes, dimanche 6 janvier, afin de repousser des manifestants en grève générale contre la hausse du prix de l’essence.

Une alliance formée de 18 partis d’opposition, menée par l’ancien premier ministre Khaleda Zia, tentait d’encourager la population à prendre part à une grève générale de 24 heures après que le gouvernement eut annoncé une augmentation de 9 pour cent du prix de l’essence. Il s’agit d’une cinquième hausse depuis 2009.

Le dimanche est une journée de travail normale dans ce pays à majorité musulmane.

Selon le gouvernement, cette hausse est nécessaire afin de couper dans les subventions — estimées à plus de 300 millions $ par année — qu’il débourse pour l’essence. Mais d’après les opposants, cela fera gonfler l’inflation, qui atteint maintenant neuf pour cent au Bangladesh.

Somoy TV, une chaîne télévisée de la capitale, et Independent Television ont rapporté que les manifestants avaient fait exploser une dizaine de bombes artisanales dans le centre-ville de Dacca. Au moins six véhicules ont été incendiés.

Les policiers ont affirmé avoir eu recours aux balles en plastique et aux gaz lacrymogènes afin d’empêcher les protestataires d’endommager des véhicules qui faisaient fi de l’appel à la grève générale en circulant dans les rues de Dacca.

Environ 25 personnes ont été blessées, selon un policier qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat.

La grève générale a mené à la fermeture des écoles et des commerces de Dacca, une ville de 15 millions d’habitants.

La carte de vœux du Musée des Beaux-Arts de Nantes évoque Notre-Dame-des-Landes ! Interpro Reporterre 2013/01/09 Interpro (9 janvier 2013) La carte de vœux du Musée des Beaux-Arts de Nantes évoque Notre-Dame-des-Landes !. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

La carte de vœux du Musée des Beaux-Arts de Nantes évoque Notre-Dame-des-Landes !

La ville de Nantes n’aime pas seulement les grands aéroports inutiles. Elle développe aussi des plans géniaux sur les musées, qui restent du coup fermés, et deviennent des Grands musées inutiles

Les promoteurs PS locaux du méga-aéroport de NDDL sont, on le sait depuis 20 ans, les meilleurs gestionnaires du monde civilisé : Nantes, Nantes-Métropole, département 44, région Pays de la Loire, Hôtel Matignon, etc.

Y compris dans les détails ! Ce n’est pas pour rien qu’ils ont réussi le tour de force de faire fermer simultanément pour plusieurs années (soit une génération complète de scolaires) les deux principaux musées de Nantes (sur trois, quand même : Musée des Beaux-Arts, Musée Dobrée) et que ces deux musées ne sont pas près de ré-ouvrir, en raison de négligences incroyables dans la préparation des dossiers, qui ont mis les deux chantiers dans une panne quasi-insoluble, sauf à prévoir des dépassements pharaoniques de budget, de type « Village olympique grec : je gaspille et je corromps, et après c’est le peuple paiera la dette plus les intérêts ».

Voici donc la carte de vœux 2013 du Musée des Beaux-Arts de Nantes : l’un des plus beaux de France, et qui ne demandait qu’à le rester, s’il n’y avait pas eu cette idée funeste de l’agrandir démesurément pour y loger, non pas les collections patrimoniales qui attendent désespérément dans les réserves, mais le flux tiède et insipide de l’art dit « contemporain » généralement insignifiant, parfaitement académique et apolitique, mais cher, très cher, aux spéculateurs privilégiés en mal de frissons, les futurs usagers jet-set du méga-aéroport NDDL et des hôtels de luxe made in Ayrault-Land.

- Est-ce par humour involontaire que cette carte de vœu 2013 présente une sorte de balais brosse essorant du néant, poussant ce néant vers une serpillère grisâtre et disproportionnée, elle-même s’ouvrant sur un carré noir inquiétant en forme de trappe, signe de vacuité angoissante, alors que la femme de ménage ou le balayeur municipal, on le pressent, ont préféré démissionner ou se mettre en grève ?

- Cela... c’est de l’art contemporain qui « interpelle notre regard » selon la formule consacrée des communicants touristico-culturels.

- Mais dis donc, Jean-Marc Ayrault, cette carte de vœu en serpillère, n’est-ce pas une indication sémiotique cryptée de la nappe phréatique souterraine qui a provoqué l’arrêt des les travaux du-dit musée des Beaux-Arts ?

- Et oui Jean-Marc ! Encore une zone humide récalcitrante non-prévue par les technocrates du PS, comme à Notre-Dame-des-Landes ? Bonne année !

La PMA pour tous ? Illimitation de la technique, donc problème écologique Michel Sourrouille Reporterre 2013/01/10 Michel Sourrouille (10 janvier 2013) La PMA pour tous ? Illimitation de la technique, donc problème écologique. Reporterre. Tribune — fr

La PMA pour tous ? Illimitation de la technique, donc problème écologique

La critique écologiste de la technique doit aussi porter sur la PMA, dès lors qu’il est question de la généraliser à tous les couples, hétérosexuels ou homosexuels.

Hervé Kempf aurait aimé « analyser la procréation médicalement assistée sous l’éclairage du discours sur la technique de Jacques Ellul et Hans Jonas. » [1] Cette problématique interpelle TECHNOlogos, une association dont l’objectif est de résister à la sacralisation de la technique et d’œuvrer à sa démystification.

D’abord quelques indications d’ordre scientifique sur la PMA. Le britannique Robert Edwards a reçu le prix Nobel de médecine pour le développement de la fécondation in vitro [2].

Que disent les scientifiques français de la procréation médicalement assistée ? René Frydman, « père » d’Amandine, premier bébé-éprouvette français en 1982, conçoit que la procréation médicalement assistée (PMA) soulève une série de problèmes de nature éthique.

Mais comme il reste un scientifique au service de la technique, il n’a plus de repères si ce n’est les moyens de son financement ou l’ambition de sa notoriété. Pour lui, tout devient possible ou presque : « Avec une dizaine d’embryons humains conçus in vitro, nous savons maintenant obtenir une lignée stable et immortelle de cellules souches. Imaginons que nous soyons capables de les faire se transformer in vitro en ovocytes ou en spermatozoïdes, pour un seul individu le nombre de descendants conçus in vitro n’aurait plus de limite. Il s’agit ainsi d’obtenir une forme d’immortalisation de la fertilité. »

René Frydman n’envisage qu’une seule contrainte : il trouve impossible de remplacer la présence d’une mère pendant la durée de gestation et rejette ainsi le projet de créer un utérus artificiel ! Les présupposés des technolâtres se nichent dans les détails.

Jacques Testart a été le co-auteur avec René Frydman du bébé expérimental Amandine. Dans son livre de 2006, Le vélo, le mur et le citoyen, Jacques Testart avait poussé un cri de colère : une recherche finalisée crée immédiatement le maquignon derrière tout chercheur qui trouve.

Après avoir initié la stratégie des mères porteuses qui permet à une femelle remarquable de faire naître plusieurs veaux chaque année en transplantant dans les matrices de vaches ordinaires des embryons sélectionnés, il avait compris l’inanité de sa tâche : en 1972, les excédents laitiers sont généralisés en Europe !

Il avait alors aidé à résoudre l’infécondité des couples humains. Avait-il enfin compris qu’on ne pouvait penser la recherche-développement en faisant l’impasse sur ses conséquences sociale-écologiques ? Non. Il a combattu les plantes génétiquement modifiées, pas les humains artificiellement créés.

Quand Jacques Testart parle des couples séduits par la fivète (FIV, fécondation in vitro), il fait preuve d’une conception très limitée de la démocratie : « Toutes les considérations du genre ’Faut-il forcer la nature ?’, ’Il y a l’adoption !’, ne méritent d’être réfléchies que par les couples stériles eux-mêmes. L’important est de reconnaître la légitimité de la demande d’enfant formulée par un couple ».

Jacques Testart fait donc du désir d’enfant une nécessité historique : « Il n’y a ni caprice ni perversion, seulement l’expression ancestrale d’un désir obscur et partagé. On peut convenir que la fivète est une expérience, mais il n’y a aucune raison de la refuser aux demandeurs inféconds ». Ce scientifique, pourtant ouvert, a aussi des a priori qui consistent ici à combattre la stérilité.

Ces deux raisonnements non scientifiques de la part de scientifiques révèlent des présupposés éthiques qui reposent sur la place de la mère, vouée à la fécondité selon la culture dominante. Les applications techniques de la science sont toujours dépendantes de choix sociaux : dans quelle société voulons-nous vivre ? Cette problématique est d’actualité.

Lors des manifestations en faveur du mariage pour tous, on défile dorénavant pour l’accès à la procréation médicalement assistée pour les lesbiennes. La technique se veut toute puissante, franchissant la barrière des espèces et la différence sexuée. Les homosexuels en profitent.

Mais le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a demandé au président de son groupe de renoncer à un amendement sur la PMA : « Avec la PMA, ouvrant le chemin de la gestation pour autrui, nous passons à autre chose. Il ne s’agit plus seulement d’égalité, de liberté, mais du genre humain. » [3]

Il aborde encore une fois le problème de la limite éthique à l’application de nos techniques. Si l’on part du principe que tout ce qui est réalisable techniquement sera réalisé, tout est possible, nous allons croire que le monde de demain sera soumis à la toute puissance des humains. Le passage du défendu au toléré, puis au légalisé, suit le rythme des innovations techniques et l’emporte jusqu’à présent sur l’éthique.

Pourquoi pas demain l’utilisation des souches IPS (cellules souches pluripotentes induites) grâce auxquelles les homosexuels pourront produire à la fois des ovules et des spermatozoïdes ? - la seule limite des IPS, pour l’instant, étant que l’enfant d’un couple de lesbiennes ne pourrait être qu’une fille.

Les couples d’hommes pourront en outre bénéficier de l’utérus artificiel, simple amélioration de la couveuse pour prématurés [4]. La volonté des gays et lesbiennes d’avoir un enfant n’est qu’un symptôme de cette dérive de la pensée qui découle à la fois du libéralisme moral (tout découle de la volonté humaine) et de la technique extrême (tout est possible).

Il existe même actuellement un cas de lesbiennes aux Etats-Unis qui font prendre des hormones à leur fils dans l’attente de l’opération qui fera de lui l’objet de leur espérance, une fille. Où est la limite à notre volonté de toute puissance favorisée par les avancées technoscientifiques ? Deux personnes nous donnent des pistes de réflexion.

Ivan Illich distingue deux sortes d’outils : « Ceux qui permettent à tout homme, plus ou moins quand il veut, de satisfaire les besoins qu’il éprouve, et ceux qui créent des besoins qu’eux seuls peuvent satisfaire. Le livre appartient à la première catégorie, l’automobile, par contre, crée un besoin (se déplacer rapidement) qu’elle seule peut satisfaire : elle appartient à la deuxième catégorie.

N’importe quel outil (y compris la médecine et l’école institutionnalisées) peut croître en efficacité jusqu’à franchir certains seuils au-delà desquels il détruit inévitablement toute possibilité de survie. Un outil peut croître jusqu’à priver les hommes d’une capacité naturelle. Dans ce cas il exerce un monopole naturel. »[5] Quid de la PMA ? Quand commence l’effet de seuil ?

Theodore J. Kaczynski nous donne une autre classification qui recoupe les idées d’Ivan Illich : « Nous faisons une distinction entre deux types de technologies : la technologie cloisonnée et la technologie systémique. La première, qui se développe au niveau de petites cellules circonscrites, jouit d’une grande autonomie et ne nécessite pas d’aide extérieure.

Quand l’Empire romain a éclaté, la technologie à petite échelle des Romains a survécu parce que n’importe quel artisan de village pouvait construire, par exemple, une roue à eau, parce que n’importe quel forgeron habile pouvait faire de l’acier avec les méthodes traditionnelles, et ainsi de suite. La technologie des Romains dépendant d’une organisation a régressé. Leurs aqueducs sont tombés en ruine et n’ont jamais été reconstruits ; leurs techniques de construction de routes ont été perdues ; le système romain d’assainissement urbain a été oublié, au point que jusqu’à assez récemment l’assainissement des villes européennes était inférieur à celui de la Rome Antique. (§ 209) » [6]

Le critère pour passer des techniques dures, inacceptables, à des techniques douces, vraiment utiles aux humains et à la biosphère, reposerait donc sur l’idée de complexité et de durabilité. En résumé, ce qui est trop complexe n’est pas durable.

D’un point de vue global, nous retrouvons là les idées de Joseph Tainter selon laquelle les sociétés complexes sont vouées à l’effondrement. Cette idée de lier durabilité et simplicité nous semble favorable à une perception raisonnable qui donne aux générations futures des chances de perdurer au moindre mal. Le choix social, si ce n’est éthique, reposerait alors sur des bases plutôt objectives : un avenir qui se veut durable. Appliquons maintenant notre raisonnement - trop de complexité nuit à la durabilité - à la procréation médicalement assistée.

La PMA est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée.

Il est vrai que la société complexe s’accompagne généralement d’inégalités très importantes, il y a ceux qui ont le pouvoir, ceux qui peuvent payer et tous les autres.

Ce n’est pas ce type de société que je désire. La PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. Une autre manière de se reproduire est à la portée de tout un chacun, faire l’amour tout simplement, en usant de la différenciation des sexes. Une technique simple qui n’a pas besoin de l’assistance de « médecins » pour porter ses fruits.

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Notes :

1. Le Monde du 16 décembre 2012 p.17, chronique écologie d’Hervé Kempf

2. Le Monde du 6 octobre 2010, Le père de la fécondation in vitro Nobel de médecine

3. Le Monde du 18 décembre 2012, Les manifestants favorables au mariage gay font match nul face aux opposants

4. Le Monde science&techno du 27 octobre 2012, Biologie et homoparentalité

5. La convivialité (numéro 9 du mensuel la Gueule ouverte, juillet 1973)

6. L’effondrement du système technologique de Theodore J. Kaczynski (éditions Xénia, 2008)

En Normandie, une « zone à défendre » près de Rouen Breizh Journal Reporterre 2013/01/10 Breizh Journal (10 janvier 2013) En Normandie, une « zone à défendre » près de Rouen. Reporterre. fr

En Normandie, une « zone à défendre » près de Rouen

Près de Rouen, une autre « zone à défendre » se constitue autour d’une ferme menacée par le groupe Auchan

Les dix bâtiments entre le centre commercial Carrefour et la Forêt Verte, sur le plateau de Bel-Event, forment la ferme des Bouillons, un ensemble qui apparaît déjà sur le « plan d’une ferme nommée la vastine, dépendante du prieuré de Saint-Thomas le martyre du mont-aux-malades lès Rouen », levé en 1763. Cette ferme plus que bicentenaire a gardé de l’époque son corps d’écuries ; la maison d’habitation date, elle, du XIXe.

Ferme maraîchère, elle est vendue par les derniers propriétaires à Immochan, filiale d’Auchan spécialisée dans l’acquisition d’immobilier commercial. L’emplacement, au bord de l’avenue du Bois des Dames, apparaît en effet comme un endroit rêvé pour implanter, à l’avenir, un centre commercial. En effet, avant la vente, début 2012, la municipalité qui était encore de droite modifie le plan local d’urbanisme (PLU) en changeant la classification de la zone : de agricole, elle devient zone à urbaniser (Au). Tout projet d’urbanisation nécessitera alors une nouvelle révision du PLU. De son côté, le groupe Immochan déclare ne pas vouloir lancer de projet avant 2014. Mais demande tout de même un permis de démolir. Que la mairie lui accorde.

2008 – 2012, l’embrouille politique

Et c’est là que le dossier devient un sac de nœuds politique. En effet, en mars 2008, le Mont-Saint-Aignan, commune sociologiquement à droite, bascule à gauche, suite à la division de la droite en deux listes, aux deux tours. La ville se retrouve alors dirigée par une majorité composée à 42% d’élus EELV et à 58% de socialistes ; une élue verte est 1re adjointe. En parallèle, au sein de l’agglomération de Rouen Elboeuf – la CREA –, le petit groupe d’élus Verts, 11 sur 167 conseillers, se positionne pour une politique agricole ambitieuse, qui fait la part belle à la sauvegarde des dernières fermes de l’agglo et à l’octroi d’aides au développement de l’agriculture urbaine et maraîchère. Or, il se trouve que la ferme des Bouillons est la dernière ferme exploitable de Mont-Saint-Aignan.

Une autre se trouve au sud de l’Université, au Fond du Val, mais le vent qui balaie ses terres est pollué pendant des décennies par les rejets des usines pétrochimiques de l’agglomération. Inexploitable, elle est en friche depuis vingt ans. Les écologistes font donc de la sauvegarde de la ferme des Bouillons et de la réinstallation dans ses bâtiments d’un maraîcher leur cheval de bataille. Mais… Auchan l’a acheté légalement. Et la mairie socialiste ne brusque surtout pas les choses, d’abord en refusant de préempter lorsque la vente de la ferme se fait début 2012, puis en accordant le permis de démolir.

Entre temps, notamment sur d’autres dossiers, les élus Verts sont mis à l’écart, tant au Mont-Saint-Aignan que dans d’autres communes de l’agglomération de Rouen où des majorités roses-vertes se scindent. Une adjointe finit par abandonner sa délégation. En 2012, le maire, Pierre LEAUTEY, se présente aux législatives en tant que suppléant de Valérie Fourneyron. Celle-ci devenant ministre, il devient député et est forcé par le PS à abandonner sa mairie, qu’il cède à Patrice COLASSE, socialiste et 6e adjoint. Les élus Verts remettent sur la table tous les projets qu’ils défendent depuis 2008, et ayant obtenu une fin de non-recevoir, notamment par rapport à la ferme des Bouillons dont ils avaient pris en 2008 l’engagement de préserver le site, se retirent de l’exécutif. Fin du premier acte.

Une occupation début décembre pour éviter la démolition

Début décembre, le collectif citoyen qui s’était constitué pour éviter la démolition de la ferme apprend que la destruction des bâtiments aura lieu début janvier 2013. Précipitamment, une dizaine de personnes s’installent sur place, des animaux, puis un tracteur sont ramenés. Une trentaine de personnes se relaie au quotidien. La solidarité s’organise peu à peu. Le journal Paris-Normandie, repris cet été par deux journalistes et qui a regagné du mordant, couvre la lutte qui s’organise.

Les membres du collectif font tourner une pétition, qui à ce jour récolte 700 signatures contre la démolition de la ferme. « Lorsque nous nous sommes installés », nous explique Philippe Vue, président de l’association de sauvegarde, « il y avait des trous dans tous les murs de la maison d’habitation, les démolisseurs étaient passés voir de quoi les murs étaient constituées pour faire leur devis ». Le maire intervient peu avant Noël pour demander à Immochan de ne pas expulser les occupants tant que tous les recours sur le devenir de la ferme n’auront pas été épuisés. « Le maire a demandé à Auchan de nous confirmer le sursis qu’ils nous accordaient par lettre recommandée. Pour l’heure, on n’a rien reçu ».

Car l’occupation est illégale. Néanmoins, de la mâche sera semée en mars et la ferme redeviendra productive au printemps.

Pendant ce temps, l’embrouille politique continue. Le nouveau maire déclare que, tant qu’il est là, jusqu’en 2014, il n’engagera pas de révision du PLU, et qu’il laisse le soin à son successeur de régler le sort de la ferme. Mais le temps presse : « la prochaine mairie sera de droite », estime-t-on au collectif. Et reprendra ce qui avait été ébauché en 2007 : passer la zone en zone urbaine (U) pour permettre à Auchan d’y implanter sa grande surface.

Le collectif critique aussi le fait que les Verts n’aient pas pris position franchement en 2012 pour sauvegarder la ferme et empêcher que le permis de démolir soit accordé. C’est pourquoi les élus Verts ont changé leur fusil d’épaule. « Il faut réviser le PLU maintenant et agir via le SCOT », déclare Alice Briand, conseillère municipale EELV au Mont-Saint-Aignan. En effet, l’agglomération risque de se retrouver en première ligne. Son schéma directeur, obsolète depuis 2010, est révisé en ce moment. « Nous sommes dans le dur des discussions », confie Alice Briand, et « certaines d’entre elles portent sur le devenir de la ferme, son inscription parmi les espaces naturels à protéger ».

L’adoption du SCOT, un document d’urbanisme qui fait office de PLU à l’échelle de l’ensemble de l’agglomération, en 2014, entraînera de plein droit la révision des PLU de toutes les communes concernées, pour leur mise en conformité avec le document. Nous en sommes là aujourd’hui. Le 15 octobre 2012, la politique agricole de la CREA devient réalité, l’agglomération se retrouve au pied du mur. Fin du second acte.Et maintenant ?

Les vieux communs

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la révision du PLU en 2007 n’a fait l’objet d’aucun recours. Pourtant, les délais sont très courts, et il ne faut pas traîner : le citoyen n’a que deux mois à compter de la promulgation d’un PLU pour déposer un recours en excès de pouvoir contre celui-ci, devant le tribunal administratif, ou alors un recours gracieux par lettre recommandée au maire de la commune. Passé ce délai, les possibilités de recours sont nettement plus restreintes, afin d’éviter l’insécurité juridique qui pourrait résulter de l’annulation d’un PLU des années après sa mise en place.

Le collectif qui occupe actuellement la ferme n’a donc que très peu de voies juridiques. Des recours seront cependant déposés en janvier. De deux choses l’une : soit la situation pourrit pendant encore quinze mois – c’est long –, et la droite revient au pouvoir en 2015, évacue les opposants et laisse Auchan transformer la ferme en centre commercial.

Soit une solution amiable est trouvée à l’échelle de l’agglomération. La piste de l’échange des terres est discrètement évoquée par certains élus.

Les Z’indigné(e)s Par Julien villalard Reporterre 2013/01/10 Par Julien villalard (10 janvier 2013) Les Z’indigné(e)s. Reporterre. fr

Les Z’indigné(e)s

Les Z’indigné(e)s N°4, la revue internationale des résistances et des alternatives.

Qu’est-ce que les Grands Projets Inutiles Imposés ?

Un numéro exceptionnel de la nouvelle revue trimestrielle internationale Les Z’indigné(e)s en partenariat avec le collectif de Notre–Dame-des-Landes avec l’essentiel des interventions au 2e Forum européen contre les « Grands Projets Inutiles Imposés » (GPII) de juillet 2012.

Six mois de réflexions politiques et théoriques au plein cœur des mobilisations contre le projet d’aéroport.

Avec des textes de Paul Ariès, Gus Massiah, Anne-Marie Chabod, Dominique Fresneau, Christian Grisollet, co-présidents de l’ACIPA, Geneviève Coiffard-Grosdoy, Marc Delepouve, Jérôme Gleizes Jacques Cambon, des contributions exceptionnels des collectifs français (COUAC), espagnols, britanniques, allemands, russes, mexicains, etc., engagés dans des luttes contre les « GPII ».

Quels liens entre l’anti- extractivisme et les luttes contre les GPII ? Quelles convergences internationales ?

Un second dossier ouvre le débat « rouge-vert » par excellence : « pour ou contre le SMIC à 1700 euros… ? »

Avec des contributions de Maxime Vivas, de Thomas Avenel, Fréderic Denise, Vincent Liegey, Stéphane Madeleine, Christophe Ondet, Anisabel Veillot, Michel Lepesant, Baptiste Mylondo, Mathieu Agostini, Paul Ariès.

Des textes hors-champs de Paul Jorion (la guerre numérique), David Puaud (la « gérontechnologie »), de Michel Billé (ré-enchanter la vieillesse), Thierry Brugvin (les risques d’instrumentalisation des écologistes et des décroissants par les industriels du Club de Rome). Avec les journalistes de Golias.

Rédacteur en chef : Paul Ariès.

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160 pages d’analyse – Trimestriel hiver 2012 – 14 euros

Pour se procurer ce numéro exceptionnel :

1) les bonnes librairies… 2) le site de la revue Les Z’indigné(e)s 3) par correspondance Chèque de 14 euros Paul Aries/combats actuels 3, rue de Montferrat 69500 Bron

Areva a offert un avion au président du Niger Observatoire du nucléaire Reporterre 2013/01/10 Observatoire du nucléaire (10 janvier 2013) Areva a offert un avion au président du Niger. Reporterre. fr

Areva a offert un avion au président du Niger

Attaqué en justice par Areva, et menacé de disparition, l’Observatoire du nucléaire exige la vérité de la part de l’Etat français, et écrit pour cela à l’Élysée, à Matignon, et au ministre EELV du Développement.

Le 1er février 2013, sous prétexte de diffamation, Areva assigne à comparaître l’Observatoire du nucléaire. Ce dernier, par communiqué du 11 décembre 2012, a en effet accusé Areva de corruption pour avoir fait un curieux « don » de 17 milliards de Francs CFA (environ 26 millions d’euros) au budget d’un Etat supposé souverain, le Niger.

Qui plus est, divers éléments montrent que ce don était pré-affecté à l’achat d’un nouvel avion pour le Président du Niger, M. Issoufou, qui est par ailleurs ancien directeur… d’une filiale d’Areva (une société d’exploitation de l’uranium).

Interrogé par l’AFP (dépêche du 12 décembre 2012), le président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir), M. Zakari Oumarou, reconnaît que « Areva a accordé au Niger une aide budgétaire de 17 milliards FCFA ».

Bien qu’il ait ajouté qu’il s’agissait d’une « aide sans conditions et non ciblée », il est clair que, en tentant de désamorcer la polémique, M. Oumarou a de fait reconnu l’existence du versement d’Areva au budget du Niger !

Par ailleurs, l’opposition parlementaire à l’Assemblée nationale du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale, avait déjà donné des éléments précis dès le 3 décembre 2012 (*).

Pourtant, Areva nie avoir effectué ce versement et, se prétendant diffamée, veut obtenir la disparition de l’Observatoire du nucléaire en demandant à la justice de le condamner à payer de lourdes sommes.

L’Observatoire du nucléaire a donc absolument besoin que soit attestée la réalité du versement de 17 milliards de Francs CFA par Areva au budget du Niger. Areva étant une société d’Etat, l’Observatoire du nucléaire exige que la vérité soit dite par les représentants de l’Etat français, à savoir le Président de la République, le Premier ministre et le ministre du Développement.

L’absence de réponse de leur part reviendrait lâchement à laisser Areva, par le mensonge et la dissimulation, faire disparaître une association qui agit pour faire connaître la vérité sur les activités de l’industrie nucléaire.

(*) Extrait du Communiqué du 3 décembre 2012 de l’Alliance pour la réconciliation nationale : « Par lettre N 1938/MF/CAB du 29 novembre 2012, le Ministre des Finances a saisi directement la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée Nationale, à l’effet de modifier le projet de loi de finances 2013 », précisant qu’il s’agissait d’ « une aide budgétaire de 17 054 882 000 FCFA de la société AREVA dont dix milliards de FCFA sont affectés à l’acquisition d’un avion présidentiel ».

Lettre de l’Observatoire du nucléaire à l’Élysée, à Matignon, et au ministre EELV du Développement.

Lundi 7 janvier 2013 Observatoire du nucléaire 12 rue des Pommiers 33490 Saint-macaire

Tel : 09 82 37 26 54 / 06 64 100 333

www.observatoire-du-nucleaire.org

à M. le Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Par communiqué du 11 décembre 2012, l’Observatoire du nucléaire a dénoncé une bien curieuse « aide financière » versée par la société nucléaire Areva au budget du Niger, somme pré-affectée à l’achat d’un avion pour le Président Issoufou (par ailleurs ancien directeur d’une filiale d’Areva).

En réaction, Areva va tenter de faire disparaître l’Observatoire du nucléaire en l’attaquant en justice, le 1er février 2013 au Tribunal de grande instance de Paris, sous prétexte de « diffamation » et en niant avoir effectué un tel versement.

Areva étant une société d’Etat, nous vous demandons instamment de bien vouloir confirmer la réalité de ce versement d’Areva au budget du Niger.

Pour mémoire, l’opposition parlementaire du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale, a fait savoir que, par lettre N 1938/MF/CAB du 29 novembre 2012, le Ministre des Finances du Niger a fait modifier le projet de loi de finances 2013 afin d’y faire figurer la dite « aide budgétaire » de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d’euros) attribuée par Areva.

Nous considérons que, par l’intermédiaire d’Areva (anciennement la Cogéma), la France s’octroie depuis des décennies l’uranium du Niger à un prix ridiculement bas, tout en causant de graves dommages à l’environnement et en nuisant aux populations locales. Il serait donc parfaitement légitime que le Niger taxe fortement Areva. Par contre, il n’est pas acceptable de voir Areva attribuer une somme au Niger comme un généreux donateur venant au secours d’un déshérité.

Mais cette prétendue « aide » de la part d’Areva n’est pas seulement indécente, elle relève aussi d’une évidente manœuvre de corruption (probablement juridique, assurément morale) en direction du Président du Niger, M. Issoufou. Il est évident qu’Areva attend des contreparties à la suite de ce « cadeau » dont personne ne peut croire un seul instant qu’il soit désintéressé.

Areva est une société qui appartient à l’Etat français. Ce dernier, par votre voix, doit donc dire immédiatement toute la vérité sur ce versement d’Areva et son éventuelle « justification ».

Dans l’attente de votre réponse urgente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, à notre attachement à la préservation de l’environnement et à la Démocratie.

Pour l’Observatoire du nucléaire

Stéphane Lhomme, Directeur.

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à M. le Premier ministre

Monsieur le Premier ministre,

Par communiqué du 11 décembre 2012, l’Observatoire du nucléaire a dénoncé une bien curieuse « aide financière » versée par la société nucléaire Areva au budget du Niger, somme pré-affectée à l’achat d’un avion pour le Président Issoufou (par ailleurs ancien directeur d’une filiale d’Areva).

En réaction, Areva va tenter de faire disparaître l’Observatoire du nucléaire en l’attaquant en justice, le 1er février 2013 au Tribunal de grande instance de Paris, sous prétexte de « diffamation » et en niant avoir effectué un tel versement.

Areva étant une société d’Etat, nous vous demandons instamment de bien vouloir confirmer la réalité de ce versement d’Areva au budget du Niger.

Pour mémoire, l’opposition parlementaire du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale, a fait savoir que, par lettre N 1938/MF/CAB du 29 novembre 2012, le Ministre des Finances du Niger a fait modifier le projet de loi de finances 2013 afin d’y faire figurer la dite « aide budgétaire » de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d’euros) attribuée par Areva.

Nous considérons que, par l’intermédiaire d’Areva (anciennement la Cogéma), la France s’octroie depuis des décennies l’uranium du Niger à un prix ridiculement bas, tout en causant de graves dommages à l’environnement et en nuisant aux populations locales. Il serait donc parfaitement légitime que le Niger taxe fortement Areva. Par contre, il n’est pas acceptable de voir Areva attribuer une somme au Niger comme un généreux donateur venant au secours d’un déshérité.

Mais cette prétendue « aide » de la part d’Areva n’est pas seulement indécente, elle relève aussi d’une évidente manœuvre de corruption (probablement juridique, assurément morale) en direction du Président du Niger, M. Issoufou. Il est évident qu’Areva attend des contreparties à la suite de ce « cadeau » dont personne ne peut croire un seul instant qu’il soit désintéressé.

Areva est une société qui appartient à l’Etat français. Ce dernier, par votre voix, doit donc dire immédiatement toute la vérité sur ce versement d’Areva et son éventuelle « justification ».

Dans l’attente de votre réponse urgente, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à notre attachement à la préservation de l’environnement et à la Démocratie.

Pour l’Observatoire du nucléaire

Stéphane Lhomme, Directeur

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à M. Pascal Canfin, Ministre du Développement

Monsieur le Ministre du Développement,

Nous attendons toujours votre réponse à notre courrier du 11 décembre 2012 concernant la curieuse « aide financière » versée par Areva au budget du Niger, somme pré-affectée à l’achat d’un avion pour le Président Issoufou (par ailleurs ancien directeur d’une filiale d’Areva).

Votre réponse nous est plus que jamais indispensable puisque la société Areva va tenter de faire disparaître l’Observatoire du nucléaire en l’attaquant en justice, le 1er février 2013 au Tribunal de grande instance de Paris, sous prétexte de « diffamation » et en niant avoir effectué un tel versement.

Cette affaire relevant directement des dossiers suivis par votre ministère, nous vous demandons instamment de bien vouloir confirmer la réalité de ce versement d’Areva au budget du Niger.

Pour mémoire, l’opposition parlementaire du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale, a fait savoir que, par lettre N 1938/MF/CAB du 29 novembre 2012, le Ministre des Finances du Niger a fait modifier le projet de loi de finances 2013 afin d’y faire figurer la dite « aide budgétaire » de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d’euros) attribuée par Areva.

Nous considérons que, par l’intermédiaire d’Areva (anciennement la Cogéma), la France s’octroie depuis des décennies l’uranium du Niger à un prix ridiculement bas, tout en causant de graves dommages à l’environnement et en nuisant aux populations locales. Il serait donc parfaitement légitime que le Niger taxe fortement Areva. Par contre, il n’est pas acceptable de voir Areva attribuer une somme au Niger comme un généreux donateur venant au secours d’un déshérité.

Mais cette prétendue « aide » de la part d’Areva n’est pas seulement indécente, elle relève aussi d’une évidente manœuvre de corruption (probablement juridique, assurément morale) en direction du Président du Niger, M. Issoufou. Il est évident qu’Areva attend des contreparties à la suite de ce « cadeau » dont personne ne peut croire un seul instant qu’il soit désintéressé.

Areva est une société qui appartient à l’Etat français. Ce dernier, par votre voix, doit donc dire immédiatement toute la vérité sur ce versement d’Areva et son éventuelle « justification ».

Dans l’attente de votre réponse urgente, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à notre attachement à la préservation de l’environnement et à la Démocratie.

Pour l’Observatoire du nucléaire

Stéphane Lhomme, Directeur

Les grands patrons gagnent plus de 400 fois le SMIC Observatoire des inégalités Reporterre 2013/01/11 Observatoire des inégalités (11 janvier 2013) Les grands patrons gagnent plus de 400 fois le SMIC. Reporterre. fr

Les grands patrons gagnent plus de 400 fois le SMIC

Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 400 et 1 500 années de Smic par an... Et encore, sans tenir compte de tous leurs avantages.

Le revenu annuel d’un grand patron représente de 400 à 1 500 années de Smic, selon les données 2011 publiées par Proxinvest dans son quatorzième rapport La Rémunération des Dirigeants des sociétés du SBF 120 (11 décembre 2012).

De 5,5 millions d’euros pour Olivier Piou (GEMALTO) à 19,6 millions d’euros pour Maurice Lévy, patron de Publicis (ce niveau record est en partie dû au versement anticipé de ses bonus différés, une prime exceptionnelle de 16 millions d’euros).

Les revenus pris en compte dans cette étude totalisent les salaires fixes, variables et/ou exceptionnels, les stocks-options [1] et les actions gratuites. Ils ne comprennent pas par contre certains autres avantages comme ceux en nature (voitures, logements de fonction par exemple), le complément de retraite sur-complémentaire alloué à certains dirigeants de grandes entreprises notamment.

Proxinvest indique que la rémunération des grands patrons est composée en 2011 de 24 % de rémunération fixe, 32 % de variable, 16 % d’autres avantages, 16 % en actions gratuites et 12 % en options d’achat [2].

Ces revenus demeurent bien supérieurs à ce que le talent, l’investissement personnel, la compétence, le niveau élevé de responsabilités ou la compétition internationale peuvent justifier. Ils vont bien au-delà de ce qu’un individu peut dépenser au cours d’une vie pour sa satisfaction personnelle.

Ils garantissent un niveau de vie hors du commun, transmissible de génération en génération, et permettent de se lancer dans des stratégies d’investissement personnel (entreprises, collections artistiques, fondations, etc.). Il faut ajouter que ces dirigeants disposent de mécanismes de protection considérables en cas de départ forcé de l’entreprise : mésentente avec les actionnaires, erreurs stratégiques ou économiques, etc.

Les PDG ne sont pas les seuls à être les mieux rémunérés. Des très hauts cadres de certaines professions ou des sportifs peuvent avoir un revenu annuel moyen astronomique : 35 années de Smic pour un sportif de haut niveau, 23 années pour un cadre du secteur de la finance, 18 années pour un dirigeant d’entreprise salarié...

Pour voir le détail des revenus des patrons d’entreprises du CAC 40 les mieux rémunérés et des très hauts salaires par profession.

Pour en savoir plus : Les très hauts salaires du secteur privé - Insee première n°1288 - avril 2010.

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Notes

[1] Droits attribués aux salariés d’acquérir des actions de leur société sous certaines conditions, notamment avec un rabais, ce qui leur procure une plus-value quasi certaine lors de la revente.

[2] Droit d’acheter, pendant une période et à un prix convenus à l’avance, une certaine quantité d’actif. En contrepartie de ce droit l’acheteur verse une prime au vendeur

Deuxième chaine humaine à Rouen pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire Par Julien villalard Reporterre 2013/01/11 Par Julien villalard (11 janvier 2013) Deuxième chaine humaine à Rouen pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire. Reporterre. fr

Deuxième chaine humaine à Rouen pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire

Le samedi 15 décembre 2012, le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, organisait une première chaine humaine à Rouen pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire. Plus de 50 personnes ont répondu à l’appel du Collectif et exprimé leur refus du nucléaire en se tenant la main entre la place Foch et la rue du Gros Horloge.

Samedi 12 janvier 2012, à 15 h place Foch,

le Collectif appelle le plus grand nombre à participer à une deuxième Chaine humaine, rue Jeanne d’Arc à Rouen. Il s’agit pour ce deuxième événement de rejoindre la rue aux Ours et donc d’être plus nombreux encore que le 15 décembre.

Par notre mobilisation donnons à voir notre refus du nucléaire civil et militaire !

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A l’heure où le coût de l’EPR atteint le chiffre vertigineux de 8.5 Mds euros, à l’heure où la fiabilité et la sûreté des réacteurs nucléaires français sont au plus bas, à l’heure où Fessenheim comme tous les réacteur de plus de 30 ans doivent être arrêtés en priorité, à l’heure où la catastrophe se poursuit à Fukushima, à l’heure où le schéma régional climat énergie de Haute-Normandie garantit la pérennité de l’option nucléaire...

Venez exprimer une volonté partagée de l’arrêt du nucléaire civil et militaire ici et ailleurs.

Nous revendiquons un véritable changement de la politique énergétique en France comme en Europe au profit d’autres modes de consommation et de nouveaux moyens de production décentralisés, solidaires et écologiques.

L’énergie est l’affaire de tous, emparez-vous de cet enjeu et réclamons ensemble une autre politique énergétique sans nucléaire !

venez participer à la chaine humaine du collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs qui aura lieu à Rouen le samedi 12 janvier 2013 à 15 h,

rendez-vous place Foch.

Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs association membre de Haute-Normandie Nature environnement et du Réseau Sortir du nucléaire siégeant à la CLIN Paluel-Penly

Notre Dame des Landes : état des lieux par les agriculteurs de la zone Marcel Thebault Reporterre 2013/01/11 Marcel Thebault (11 janvier 2013) Notre Dame des Landes : état des lieux par les agriculteurs de la zone. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : état des lieux par les agriculteurs de la zone

Combien de terres encore libres sur la zone, combien d’exploitations en activité, où en sont les paysans ? Voici les réponses.

Depuis 1974, c’est le choix de nos politiques, faire le vide. Avec un droit de préemption, le conseil général a progressivement acheté les terres, ce qui lui a permis de transférer 870 hectares (ha) à AGO-Vinci. Ils espéraient un abandon des terres au fil du temps. Nous nous sommes battus pour chaque installation et les exploitations ont été maintenues. Nous avons tenu bon et il y a chez nous moins de friches qu’en moyenne dans le département.

Quelques chiffres pour décrire ce projet

Une emprise directe de 1.650 ha. Une emprise indirecte forte pour les surfaces de compensation, coefficient proche de 2 si on applique la loi sur l’eau. Donc environ 3.000 ha à mettre sous contrat environnemental et qui deviendraient peu productifs du point de vue agricole. Une surface prévue en béton de 750 ha : 539 ha dans un premier temps pour la plateforme à 4.5 millions de passagers + 239 ha pour passer à 9 millions de passagers, auxquels s’ajoutent 186 ha pour le barreau routier, soit un total à terme de 962 ha (source Commission d’enquête loi sur l’eau).

A l’état des lieux en 2003, il y avait 47 exploitations impactées de façon plus ou moins importante. 15 exploitations n’étaient plus viables soit par emprise très importante sur la surface, soit par le siège détruit.

Je voudrais rappeler que toutes les organisations syndicales agricoles se sont prononcées contre ce projet, que toutes sont scandalisées par la consommation de terres agricoles. Par contre, pour les mobilisations pour Notre Dame, toutes ne sont pas là. Par contre, aussi, depuis 2012, les tracteurs se comptent par centaines (220 à 400) à chaque manifestation.

En 2011, AGO-Vinci, détenteur de la concession, a cherché à faire des accords amiables. Depuis 2003, certains étaient partis à la retraite ou en étaient proches, d’autres ont eu des soucis de santé et certains ont choisi de prendre acte du projet.

Mais 11 exploitations n’ont pas signé d’accord amiable (source AGO), soit 19 personnes. Avec l’émission par le juge en février 2012 de l’ordonnance d’expropriation, toutes nos terres, nos maisons, nos bâtiments sont destinés à être achetés par AGO-Vinci, qu’on le veuille ou non. Le seul débat est : quel montant pour le chèque ?

Ces 11 exploitations subissent en 2012 l’expropriation, qui va décider de la valeur de leur biens et les rendre expulsables ensuite. Puisque, une fois le chèque déposé à la Caisse des dépôts et consignations, vous n’êtes plus chez vous. Nous serons squatters sur nos propres terres et dans nos maisons.

5 exploitations, soit 9 personnes sont très impactées et se situent au cœur de la zone et constituent un ensemble bloquant de 450 ha environ. Ces exploitations sont expulsables dès 2013, mais sont normalement protégées par l’accord politique dit « de la grève de la faim » qui dit que exploitants et habitants de maisons avec titres à la date de la DUP (9 février 2008) ne seront pas expulsés tant que les recours français déposés avant le 5 mai 2012 ne sont pas traités.

Aujourd’hui, il reste 2 recours. Vinci a dit publiquement qu’il mettait ses juristes sur cette affaire qui les perturbe.

Pour l’instant, nous, agriculteurs qui restons en place, continuons à cultiver les terres, y compris celles des voisins qui partent dès cette fin d’année. De manière individuelle, mais aussi collective, nous ne laisserons pas la friche s’installer en attendant le projet.

Parmi les exploitations très impactées qui ont signé un accord amiable, aucune n’a recréé un siège, les personnes concernées ont pris la retraite ou l’ont anticipée, et pour certains ont licencié des salariés.

Deux mots sur une très bonne nouvelle dans notre combat. C’est la résistance des propriétaires : sur 780 ha détenus par des propriétaires privés, seulement 142 (18%) ont été négociés à l’amiable, ce qui représente 16% (94/577) des propriétaires.

AGO-Vinci donne des statistiques fausses, car ils comptent en achat amiable la surface très importante du conseil général et les dossiers non retenus par le juge par défaut de procédure.

Ce refus de vendre est dû à 2 raisons : l’opposition au projet et le prix de 1.600 € par ha. Quand on pense aux profits que fera Vinci sur ces terres, on est scandalisé.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir mis tous les moyens d’intimidation en œuvre pour persuader les gens de vendre : « vous n’avez pas le choix », « vous irez devant le juge », « les frais d’avocats sont terribles », appels répétés...

Quelques informations sur les maisons : 49 au total dans la ZAD en 1973, 6 détruites avant 2008, 13 détruites en octobre-novembre 2012, 8 en instance et 15 en sursis car utilisées par des habitants et exploitants avant la déclaration d’Utilité Publique et donc protégées pour l’instant par l’accord politique de mai 2012.

Quelques mots sur ce que nous vivons :

Avec le procès de Sylvain, vous avez vu qu’ils essaient de criminaliser les opposants. Nous avons découvert ces jours-ci que nous sommes classés, nous la famille Thebault comme activistes. Nous ne sommes pas encore des narco-anarchistes, ça ce sont les jeunes, mais cela pourrait venir.

Avec l’opération policière, la vie se complique sérieusement. Nous devons subir la destruction des maisons voisines, la circulation avec des détours car ces messieurs ne peuvent pas se garer et surtout ils sont envahissants. Les camions s’installent sur les parkings privés, dans les entrées de ferme.

Un copain en a vu sous l’auvent de notre stabulation à vaches en notre absence, d’ailleurs j’y ai retrouvé un écusson maître chien. Les forces de police ne referment jamais les barrières, des collègues ont du courir plusieurs fois après leurs génisses.

Enfin, depuis l’arrivée des gardes mobiles, on a eu des rangées de fils de clôture de barbelés et des barrières de coupés. Y a-t-il un lien ? En tout cas, ils sont équipés de pinces coupantes, on les a vus les utiliser pour ouvrir plus rapidement une barrière lors d’un affrontement.

Nous sommes sous forte tension, mais ce n’est rien à coté de ce que subissent les jeunes.

Il faut bien savoir que les maisons de la ZAD auraient déjà été détruites si elles n’étaient pas squattées.

Chaque action de répression soude chaque fois plus les différentes composantes de la lutte.

Par exemple, en décembre, 45 tracteurs ont protégé les maisons construites suite à la manifestation de réoccupation du 17 novembre et attaquées par la police les 23 et 24 novembre.

Le mariage homosexuel est-il soluble dans l’écologie ? Pierre-Jean Dessertine Reporterre 2013/01/11 Pierre-Jean Dessertine (11 janvier 2013) Le mariage homosexuel est-il soluble dans l’écologie ?. Reporterre. Tribune — fr

Le mariage homosexuel est-il soluble dans l’écologie ?

« La mise en place d’une pratique eugénique socialement acceptée est une pièce maîtresse du projet transhumaniste. Est-ce écologiste de contribuer à mettre la société sur la voie du transhumanisme ? »

Le grand parti écologiste français – Europe-Écologie-Les-Verts – milite activement pour le droit au mariage des homosexuel(le)s, ceci au nom de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits. Ce parti pris est-il cohérent avec l’engagement écologiste ?

Le mariage est une institution moribonde qui ne perdure que parce qu’elle maintient un cadre légal qui permet de garantir, tant bien que mal, l’accueil et l’éducation des enfants. Mais en tant qu’engagement d’un couple pour la vie, il n’est presque jamais respecté.

L’homosexualité n’est plus stigmatisée comme un délit ou une tare, et, depuis plus d’une décennie, le couple homosexuel a un statut civil en France – le PACS –, ce qui permet à ceux qui le choisissent de bénéficier de droits fondamentaux conformes à la valeur de leur lien.

Dans ce contexte la revendication du droit de se marier au nom de l’égalité semble un peu à contretemps, alors que ce droit est majoritairement délaissé, dévalué, dans la population. La seule explication est dans l’investissement par les homosexuels de la valeur symbolique du mariage : ils revendiquent le statut de parents d’enfants comme les autres. L’enjeu de cette revendication est la pleine parentalité.

Mais justement, il ne peut pas y avoir pleine parentalité : il y a toujours un tiers décisif. Le tiers, ce sont les parents réels de l’enfant adopté, c’est la mère porteuse, c’est le médecin technobiologiste qui choisit sperme et ovule pour la fécondation in vitro, c’est le donneur de sperme, c’est l’intermédiaire pour l’adoption, et c’est, presque toujours, la grosse somme d’argent qu’il faut débourser.

Il y aura donc des conséquences graves à l’adoption de cette loi :

- C’est la reconnaissance institutionnelle de la parentalité assistée. Avant cette loi, la parentalité assistée (et non seulement procréation médicalement assistée pour inclure l’adoption) était toujours une rémédiation à un état de choses anormal, et qu’il fallait essayer d’éviter par prévention. Après son vote, elle sera consacrée comme une pratique normale puisque le loi légitime une situation de parentalité en laquelle on ne peut qu’y avoir recours.

- C’est le renforcement du marché de l’adoption – car il ne faut pas se leurrer, il existe un marché mondial de l’adoption entre pays riches et pays pauvres.

- C’est l’ouverture d’un marché de la procréation assistée – c’est un euphémisme : il vaudrait mieux dire "procréation technicisée" – qui va engendrer de belles carrières de médecins technobiogénéticiens qui se feront une réputation et demanderont grands émoluments pour les beaux bébés (dépistés sans malformation génétique, pas trop petits, etc.) qu’ils fourniront à une clientèle aisée (et qui bien vite ne sera plus seulement homosexuelle).

C’est ainsi la voie ouverte à un eugénisme sournois : "On va choisir une mère biologique, elles sont toutes génétiquement rigoureusement testées ... mais je reviens, ... commencez à regarder les photos dans mon catalogue !" Car, cela est certain, on pourra choisir, on ne pourra manquer de choisir, entre les gènes disponibles à la main du technobiogénéticien. Et bien sûr, derrière les paroles lénifiantes – "l’essentiel, c’est votre désir, laisser parler votre désir, etc...!" -, on aura tendance à choisir selon l’idéal d’individu bien déterminé par les médias omniprésents dans l’environnement contemporain.

Finalement, après la biodiversité des légumes, des fruits, des semences, des animaux, c’est la biodiversité à l’intérieur de l’espèce humaine qui serait remise en cause. Car la biodiversité, c’est la procréation selon les hasards de l’amour qui assure un réassortiment constant des gènes.

Est-ce écologiste de contribuer à réduire la diversité des humains ?

Voici ce qu’écrivait Marcel Pagnol :

« Un soir d’hiver, à la campagne, devant de flamboyantes bûches, je pensais tout à coup à Sparte, à ses lois, à ses moeurs, à son idéal... Lorsqu’un enfant naissait, une commission d’experts venait donc l’examiner, dans la chambre même de l’accouchée... Quant aux enfants ’réformés’ par ce ’conseil de révision’, les vieux sages les emportaient sous le bras, et allaient les jeter dans un gouffre voisin, qui s’appelait le Barathre. Finalement, cette race si belle, et si soigneusement épurée, que nous a-t-elle laissé ? Des noms de rois, auteurs de lois aussi sévères qu’un règlement pénitentiaire, des noms de généraux, dont les armées ne dépassèrent jamais les effectifs d’un régiment, des noms de batailles, dont la plus célèbre est le glorieux désastre des Thermopyles, et les murs effondrés d’une petite ville. Ces pierres éparses sous des ronces ne cachaient pas une Vénus, un Discobole, une Victoire ailée... Au centre d’un paysage quelconque, ces ruines anonymes ne sont pas dominées par un lumineux Parthénon, haut dans le ciel sur une Acropole, mais accroupies dans l’ombre au bord d’un trou. Ces hommes furent des Grecs de la grande époque, à deux pas d’Athènes, mère de l’intelligence et des arts. Pourquoi leur héritage est-il si misérable ? C’est parce qu’ils ont sacrifié leurs poètes, leurs philosophes, leurs peintres, leurs architectes, leurs sculpteurs ; c’est parce qu’ils ont peut-être précipité sur les rocs aigus, au fond du Barathre, un petit bossu qui était Esope, ou le bébé aveugle qui eût chanté à travers les siècles les Dieux et la gloire de leur patrie... Et parmi les trop pâles petites filles qui tournoyèrent un instant, frêles papillons blancs, à travers la nuit verticale du gouffre, il y avait peut-être les mères ou les aïeules de leur Phidias, de leur Sophocle, de leur Aristote ou de leur Platon ; car toute vie est un mystère, et nul ne sait qui porte le message ; ni les passants, ni le messager. »

Marcel Pagnol, [L’eau des collines (Cité par)

La mise en place d’une pratique eugénique socialement acceptée est une pièce maîtresse du projet transhumaniste.

Est-ce écologiste de contribuer à mettre la société sur la voie du transhumanisme ?

En fait, il y a une grave confusion dans l’argumentation des homosexuels qui militent pour le droit au mariage, confusion qui abuse les écologistes, et qu’il faut mettre sereinement à jour, car elle ne remet pas en cause la sincérité de leur engagement. On peut l’exprimer ainsi : ils confondent le droit à l’égalité avec le droit à l’identité.

L’identité c’est de vouloir singer la parentalité naturellement fondée des hétérosexuels ; ce qui amène à occulter le lourd tribut à payer à la techno-mercatocratie pour aboutir à une situation qui, en terme de vécu psychologie de la « famille », risque fort de sonner faux.

L’égalité des droits, c’est de reconnaître que les adultes homosexuels, comme tous les adultes, ont tout à fait le droit de prendre à part à cette situation, si importante pour donner sens à une vie, d’une relation de responsabilité d’éducation d’enfant.

Cela les amène à confondre la reconnaissance de la différence du rapport à l’enfant du couple homosexuel avec une discrimination. C’est une situation très paradoxale : ceux qui ont gagné de haute lutte le droit à une sexualité différente escamoteraient maintenant cette différence en masquant sa conséquence sur le rapport à l’enfant au moyen d’artifices techniques au coût social très lourd !

Mais si l’on part de l’acceptation de cette différence tout change.

Le homosexuels ont le droit à une relation privilégiée à l’enfant de responsabilité éducative comme tout adulte : c’est en effet une relation fondamentale pour donner sens à une vie humaine. Mais cette relation ne peut pas être, rigoureusement parlant, de parentalité.

Situons-nous dans une société qui aurait significativement avancé dans le projet écologique : on serait sorti de la compétition marchande et de l’incessante rivalité entre individus et groupes sociaux. Des relations de confiance auraient été retrouvées qui nourriraient la vie sociale. Nul doute que les homosexuels qui voudraient assumer la responsabilité d’éducateurs d’enfants qui ne sont pas les leurs pourraient le faire. Dans toute société on a besoin de tels rôles sociaux ( qui correspond à ceux qu’on appelait les « parrains »/« marraines »), et ils manquent cruellement dans la nôtre : ils permettraient d’éviter des actes de violence de jeunes, aussi terribles qu’apparemment absurdes, mais qui sont toujours liés à une trop grande absence éducative des adultes.

PMA et mariage homosexuel : Jacques Testart prend position Jacques Testart Reporterre 2013/01/12 Jacques Testart (12 janvier 2013) PMA et mariage homosexuel : Jacques Testart prend position. Reporterre. Tribune — fr

PMA et mariage homosexuel : Jacques Testart prend position

« Je résiste à la perspective de l’assistance médicale à la procréation pour les homosexuels comme je me suis opposé au don anonyme de gamètes. »

En me présentant comme un fervent technophile, Michel Sourouille oublie mon combat ancien (L’oeuf transparent, 1986) contre les dérives de l’AMP.

Il faut d’abord convenir qu’une PGM [plante génétiquement modifiée] est plus « artificielle » qu’un bébé fivète, ou alors le bébé né après chirurgie réparatrice des trompes de sa mère est aussi un bébé « artificiel » ! J’ai défendu l’AMP [Assistance médicale à la procréation] qui réalise le même bébé que celui que ses parents auraient conçu s’ils n’étaient pas stériles, et c’est dans cet esprit qu’il faut lire les phrases qui me sont attribuées hors contexte.

C’est pourquoi j’ai défendu la procréation aléatoire contre la reproduction normative (Des hommes probables, Seuil, 1998) ma conviction étant que le plus grave problème induit par l’AMP est la sélection des humains avec le DPI [diagnostic pré-implantatoire].

Pour le reste, est-ce un a priori que de vouloir « combattre la stérilité » ? Résister à l’emprise technologique consiste t-il à refuser toute technique ? L’auteur peut-il me montrer une personne qui y aurait réussi ?

J’ajoute que je résiste aussi à la perspective de l’AMP pour les homosexuels comme je me suis opposé au don anonyme de gamètes.

Pour poursuivre la réflexion induite par Illich, « l’effet de seuil » en AMP se situe pour moi dans son recours soit hors stérilité (GPA pour les homos mais aussi « gardiennage » des ovules de jeunes femmes pour plus tard), soit pour calibrer l’enfant à naître (DPI). En deçà, l’AMP ne crée pas un besoin puisque celui-ci préexiste et disparaît dès satisfaction, contrairement à l’automobile. Au-delà, les atteintes sont graves et irréversibles.

La nuance de Kaczynski entre techniques cloisonnée ou systémique est pertinente mais comment adopter une position théorique sans s’interroger sur les réalités ? Pour faire un pontage coronarien, où est la technique cloisonnée ?

Si on veut être réaliste il faut assumer une grande partie des techniques déjà considérées comme des acquis par nos contemporains (même au delà des pays riches) et poser la question : veut-on en inventer d’autres ? C’est exactement ce que j’écrivais il y a 28 ans, et que je ne renie pas. Mais peut-on sérieusement revenir en arrière, par exemple sur la fivète (qui n’est pas toute l’AMP) ?

Poser démocratiquement des limites et les faire respecter partout est un enjeu plus modeste que l’effacement du possible mais il semble déjà illusoire, non seulement parce qu’on peut faire ailleurs ce qui est interdit ici (voir la GPA, l’achat de gamètes et embryons dans les pays limitrophes) mais aussi parce que « les gens » en veulent plus jusqu’à la catastrophe qui peut les rendre raisonnable mais bien tard.

On pourrait interdire les PGM (elles sont sans avantage pour les consommateurs) et limiter l’AMP à la stérilité (déjà des millions d’enfants nés de fivète), mais ces propositions exigent des combats argumentés et un jugement démocratique (conventions de citoyens) plutôt qu’un refus global théorique.

La dernière phrase introduit une équivalence entre AMP et artifice inutile, comme si tous les patients de l’AMP étaient naturellement fertiles

Je suis d’accord avec la proposition : « Cette idée de lier durabilité et simplicité nous semble favorable à une perception raisonnable qui donne aux générations futures des chances de perdurer au moindre mal. Le choix social, si ce n’est éthique, reposerait alors sur des bases plutôt objectives : un avenir qui se veut durable ».

C’est le thème du bouquin que je viens de commencer...

Nous transhumons contre le puçage électronique Collectif des éleveurs drômois contre l’obligation de puçage électronique Reporterre 2013/01/14 Collectif des éleveurs drômois contre l’obligation de puçage électronique (14 janvier 2013) Nous transhumons contre le puçage électronique. Reporterre. Tribune — fr

Nous transhumons contre le puçage électronique

Une transhumance aura lieu dans la Drôme du 28 janvier au 1 février pour protester contre l’obligation de puçage électronique des moutons. « Les animaux sont autre chose qu’un objet industriel permettant de faire de l’argent »

Nous sommes des collectifs de différents départements, regroupant essentiellement des éleveurs mais aussi des non-agriculteurs. Chaque collectif est indépendant et ne se revendique d’aucun syndicat ni parti politique.

En tant qu’éleveurs, nous sommes soumis à des contraintes de plus en plus fortes qui nous obligent à accepter les normes de l’élevage industriel.

Considérant que ce mode d’élevage est une impasse, alors même que d’autres voies existent, nous refusons de nous y soumettre et nous revendiquons le droit des paysans à rester maîtres de leur pratiques. Pour ce faire, nous organisons une transhumance de plusieurs jours à travers la Drôme pour attirer l’attention de la population et des pouvoirs publics sur deux mesures qui s’opposent à notre vision de l’élevage et qui contribueront à fragiliser un grand nombre de fermes : l’identification électronique des ovins et caprins et l’obligation d’acheter des reproducteurs mâles « certifiés » pour tous les ruminants.

L’identification électronique des ovins et des caprins, c’est-à-dire la pose d’une boucle munie d’une puce RFID à l’oreille des animaux, est obligatoire depuis juillet 2010. Les arguments avancés par l’administration sont l’amélioration de la traçabilité et la facilitation des conditions de travail des éleveurs, deux arguments que nous réfutons.

En effet, le système actuel d’identification (une boucle classique à chaque oreille) assure une traçabilité amplement suffisante et notre travail se verra alourdi d’une contrainte informatique inutile et coûteuse. Si nous ne croyons pas à l’intérêt de cette mesure pour l’élevage, nous ne doutons pas qu’imposer l’usage de gadgets électroniques à toute une profession ouvrira un marché fort intéressant à l’industrie des nanotechnologies, particulièrement bien implantée en France.

Les éleveurs qui ne posent pas cette boucle électronique sont passibles de sanctions financières très lourdes. Un couple d’éleveurs de la Drôme s’est ainsi vu supprimer ses aides PAC au titre de la conditionnalité des aides équivalant à 8.000 €.

Nous acceptons d’autant plus difficilement cet empressement de la France à imposer la mesure qu’elle va totalement à l’encontre d’un rapport parlementaire européen de 2008, signé par notre actuel ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Nous sommes donc en droit de nous interroger sur un tel retournement de situation...

Enfin, nous avons de profondes inquiétudes sur l’avenir d’une société qui puce de plus en plus largement les êtres vivants et qui ne voit de salut que dans toujours plus de technologie.

Autre facette de l’industrialisation de l’élevage, promise pour 2015, l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection. Autrement dit, il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait.

Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie. Exit les multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, etc. La seule chose que l’élevage risque de gagner avec une telle mesure, c’est la dégradation du capital génétique existant et l’apparition de nouvelles maladies. Mais soyons rassurés, l’industrie saura inventer les remèdes et vaccins nécessaires !

La transhumance que nous organisons a pour objectif de faire connaître le plus largement possible notre situation et nos positions. Nous souhaitons que la population soit consciente de ce que signifierait la disparition totale des élevages non industriels pour l’environnement, le bien être animal et la santé des hommes et des femmes. Nous pensons que les animaux sont autre chose qu’un objet industriel permettant de faire de l’argent et que les éleveurs doivent rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux.

Quant à l’administration, et donc à l’Etat, nous souhaitons lui signifier notre refus catégorique de nous plier à des exigences qui ne servent que l’industrie. Après avoir déjà rencontré à plusieurs reprises différents représentants locaux de l’administration qui nous disent ne pas être en mesure de répondre à nos revendications, nous sollicitons une rencontre avec Monsieur Le Foll, Ministre de l’Agriculture, lors de notre arrivée à Valence pour lui demander la levée de l’obligation de l’identification électronique et la suppression du projet de mâles certifiés.

Complément d’info

Les bergers et les chevriers de la Drôme ont décidé de mener une fausse transhumance au départ de Mornans ce 28 janvier et jusqu’à l’arrivée prévue le 1er février à la Préfecture de Valence, en guise de protestation contre de nouvelles législations dont ils ne saisissent pas la légitimité : celle de poser des puces RFID à l’oreille des brebis et des chèvres premièrement, et celle de se conformer à des exigences génétiques pour tous les animaux d’élevage qui se profile deuxièmement.

(...)

Nous concevons notre action (qui met en jeu très directement la survie de certaines exploitations) comme allant au-delà de préoccupations personnelles ou professionnelles : nous pensons que ces problèmes regardent l’ensemble de la société.

Nous sommes attachés au jeu démocratique qui vise à laisser place au débat, à l’échange contradictoire, à la rencontre, et bien sûr à la protection du vivant tant pour la santé des bêtes que largement pour celle des « consommateurs ». Nous faisons de l’« élevage » et non de la « production animale ».

Il nous semble enfin qu’il y a un aussi enjeu d’humanisme à s’opposer à ce que les animaux et l’agriculture en général soient sans cesse considérés uniquement comme de nouveaux marchés pour tous les invendus des industries techniques, bancaires, chimiques, génétiques, nanotechnologiques... « innovantes » : c’est le vivant, celui-ci ne peut être réduit au statut de Marché, avec lequel nous n’avons pas signé de pacte démocratique.

Nous souhaitons donc que ce moment soit avant toute chose un moment de fraternité et de partage autour du questionnement démocratique qui nous anime.

Pour ouvrir son sens, nous souhaitons le partager avec tout un chacun. C’est pourquoi nous invitons tous les Habitants à venir simplement marcher avec nous, pendant une demi heure, une heure, un jour, assister et participer à une soirée film dans les villages traversés, une pause repas, ou l’arrivée à Valence. Les bergers attendent la rencontre, et souhaitent expliquer leur engagement.

La Crète menacée par une invasion d’éoliennes Réseau crétois de lutte contre les E.R.E.I. Reporterre 2013/01/15 Réseau crétois de lutte contre les E.R.E.I. (15 janvier 2013) La Crète menacée par une invasion d’éoliennes. Reporterre. fr

La Crète menacée par une invasion d’éoliennes

Profitant de la crise profonde dans laquelle est plongée la Grèce, des investisseurs internationaux veulent suréquiper la Crète en éoliennes et centrales solaires, sans enquête environnementale préalable. Des écologistes crétois s’insurgent.

Nous résistons aux politiques néolibérales menant à une autre faillite des pays du sud Européen.

La Grèce se trouve actuellement dans l’œil d’un « cyclone énergétique » intensifié ces dernières années par la conjoncture géopolitique dans la région (menaces de guerre envers l’Iran, détérioration des relations entre la Russie et l’Europe dans le domaine de l’énergie), et ce d’autant plus depuis le placement du pays sous la tutelle de la Troïka (UE, BCE, FMI).

Dans ce contexte, le gouvernement grec actuel – tout comme ses prédécesseurs - promeut la vente sans conditions de chaque ressource naturelle (minerais, hydrocarbures, eau, vent et potentiel solaire) par le biais de procédures d’accélération des investissements, connues sous le nom de « Fast Track » en Grèce, qui court-circuitent toutes les étapes légales habituelles dans l’octroi de permis, soulevant des questions à la fois de constitutionnalité et de légitimité politique.

En Crète et ailleurs en Grèce, utilisant comme cheval de Troie le concept du « développement vert », des compagnies multinationales et leurs associés locaux - privés ou institutionnels- progressent dans divers projets d’installation d’unités de production d’énergie renouvelable à l’échelle industrielle (E.R.E.I.), tous caractérisés par leur gigantisme, et l’absence totale de prise en compte des besoins locaux comme de l’impact environnemental qu’auraient de tels chantiers pharaoniques sur des biotopes déjà fragilisés.

Un zoom sur la carte de Grèce des projets en cours est révélateur de la démesure qui prévaut, la Crète y apparaissant comme une immense zone industrielle vouée à la production d’énergie.

En juin 2012, le Comité interministériel des investissements stratégiques a introduit dans la procédure « Fast Track » trois projets d’installation d’unités E.R.E.I., d’une capacité totale de 2.151 MW [mégawatts] , prévoyant l’installation d’environ 800 éoliennes (hauteur de mât : 90 à 140m) sur 69 sommets de l’île et d’une centrale solaire à concentration de 180 hectares à l’est de l’île.

Ces projets constituent une première phase dans la planification de l’installation de 6.500 MW en E.R.E.I., alors que les besoins énergétiques de l’île n’ont jamais excédé 750 MW (en moyenne 250 MW) !

Ces installations, programmées même en zones Natura 2000, affecteront irréversiblement le paysage crétois, auront des impacts dramatiques sur le tourisme et suspendront tout effort de restructurer le secteur primaire de production.

Les travaux réalisés avec le matériel des principales multinationales européennes (Siemens, Vestas, etc.) créeront très peu d’emplois pour les gens du pays et produiront et exporteront de l’énergie chère pour le consommateur, via le réseau continental (4 projets de câble sous-marin).

Le Réseau Crétois de lutte contre les E.R.E.I., opposé à l’absurdité de cette politique, a déposé le 14 octobre 2012 un recours au Conseil d’Etat grec afin d’annuler les projets en cours.

L’action a été signée, en un très court laps de temps, par 1.275 citoyens, 11 conseils municipaux et 84 associations et organismes de l’île, une mobilisation sans précédent dans l’histoire juridique du pays.

La date prévue pour l’audition au Conseil d’état est fixée au 01/03/2013 et notre voix contre la planification de ces projets criminels doit être entendue encore plus fort de tous les coins de la Grèce, de l’Europe et du monde.

Vidéo « Comment ne rien dire » Français

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Pétition

Nous, les signataires de cette pétition, demandons au gouvernement grec et au comité interministériel des investissements stratégiques, l’annulation immédiate des permis accordés au trois projets E.R.E.I d’une capacité de 2.151 MW prévus en Crète, et leur retrait de la procédure anticonstitutionnelle d’accélération des investissements (Fast Track).

Ces projets qui ignorent les besoins énergétiques réels de l’ile, qui ne sont encadrés par aucun plan d’occupation des sols ni par aucune stratégie de développement, et qui n’ont fait l’objet d’aucun débat public démocratique, sont considérés par nous comme absurdes, illégaux et donc indésirables.

Nous demandons au gouvernement et aux autorités des ministères compétents, au lieu de brader par le biais de procédures opaques et pour une bouchée de pain tout notre patrimoine naturel et culturel, d’être attentifs aux besoins réels de la population et d’agir dans le respect de la logique, de la mesure et du droit.

En lieu et place de la cession sans conditions aux grands investisseurs dans les E.R.E.I.(éolien, photovoltaïque, solaire à concentration, STEP-Station de Transfert d’Energie par Pompage), de quasiment toutes les crêtes montagneuses, des plaines et plateaux, des zones protégées, mais aussi de patrimoines immobiliers privés, nous demandons le soutien actif des projets en énergies renouvelables visant à l’autonomie énergétique au niveau individuel et local, tout en encourageant l’économie d’énergie et les activités productives du secteur primaire.

Signer la pétition

Qu’est-ce que l’autre ? Solange Chouchana Reporterre 2013/01/15 Solange Chouchana (15 janvier 2013) Qu’est-ce que l’autre ?. Reporterre. Culture et idées fr

Qu’est-ce que l’autre ?

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Solange Chouchana est peintre et graveur. Elle vit et travaille à Strasbourg.

Des syndicats capitulent devant le patronat sur le contrat de travail Attac France Reporterre 2013/01/15 Attac France (15 janvier 2013) Des syndicats capitulent devant le patronat sur le contrat de travail. Reporterre. Tribune — fr

Des syndicats capitulent devant le patronat sur le contrat de travail

En signant avec le Medef un accord « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », trois syndicats minoritaires ont donné en France un aval anticipé aux réformes structurelles du marché du travail imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI [Fonds monétaire international] dans le sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Le Wall Street Journal félicite les patrons français d’avoir « gagné une nouvelle flexibilité ».

L’accord signé le 11 janvier par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC confirme la possibilité, déjà adoptée par la majorité précédente, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi », avec une baisse des salaires, en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel », dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.

La « sécurisation des licenciements » tant souhaitée par le Medef se traduit aussi dans l’accord du 11 janvier par une réduction des délais de contestation des plans sociaux et des licenciements, ainsi que par une priorité donnée à la conciliation prudhommale, avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interdit ensuite toute poursuite judiciaire.

Plus profondément encore, l’accord du 11 janvier dynamite toute la législation sur les plans sociaux : un accord d’entreprise peut prévoir une procédure totalement différente de celle prévue par la loi ; et s’il ne parvient pas à obtenir la signature des syndicats, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail, qui doit motiver un éventuel refus dans un délai de 2 à 4 mois.

En guise de contreparties, l’accord prévoit essentiellement un renchérissement limité des CDD de très courte durée (moins d’un mois), la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés des PME et une majoration de 10% pour les heures complémentaires des salariés à temps partiel. Des avancées qui seraient appréciables si elles n’étaient pas payées aussi cher.

Car la France et l’Europe s’enfoncent dans une grave récession, provoquée par les politiques d’austérité et par la frilosité des banques qui réduisent leurs crédits pour préserver leur bilan. Les brèches ouvertes par l’accord du 11 janvier ne vont certainement pas « accélérer la création d’emploi » comme l’annonce le gouvernement ; elles vont plutôt faciliter le passage du tsunami de licenciements qui s’annonce et accélérer la montée du chômage.

Attac appelle les parlementaires français à corriger les graves dangers que présente ce texte et invite tous les acteurs sociaux à organiser ensemble la résistance et la construction d’alternatives à ces politiques suicidaires pour les salariés et pour les peuples européens. Dans cette perspective, les nombreuses forces syndicales et associatives européennes engagées dans le processus d’Altersommet se réuniront début juin à Athènes en vue d’affirmer haut et fort qu’une autre Europe est possible.

Des déchets atomiques italiens vont traverser la France dans le secret Réseau Sortir du nucléaire Reporterre 2013/01/15 Réseau Sortir du nucléaire (15 janvier 2013) Des déchets atomiques italiens vont traverser la France dans le secret. Reporterre. fr

Des déchets atomiques italiens vont traverser la France dans le secret

15 départements seront traversés les 16 et 17 janvier par un convoi de déchets atomiques italiens. « La situation a empiré ces derniers mois ; les autorités mettent tout en œuvre pour qu’aucune information ne puissent filtrer sur l’existence de ces convois, quitte à employer des stratagèmes scabreux pour camoufler ces trains et les faire passer pour des trains classiques. »

Communiqué de presse commun du Réseau "Sortir du nucléaire", du syndicat SUD-Rail et des associations italiennes Legambiente Valsusa, Legambiente e Pro Natura del Vercellese et Global Info Action

Un train transportant deux conteneurs de combustible usé italien hautement radioactif devrait quitter l’Italie dans les jours à venir pour rejoindre le terminal ferroviaire de Valognes (Manche). Il traversera la France les mercredi 16 et jeudi 17 janvier, passant par 16 départements [1]. Le référé-liberté déposé par le Réseau Sortir du nucléaire ayant été rejeté, ce transport dangereux va donc traverser l’Italie et la France sans que les populations ni même leurs élus ne soient informés de son existence et des risques inhérents.

Une fois arrivés à Valognes, ces déchets seront acheminés à l’usine Areva de La Hague pour y être "traités". Leur retour en Italie, où aucune solution n’existe pour les stocker, aurait lieu entre 2020 et 2025.

Des deux côtés de la frontière, les citoyens se mobiliseront pour dénoncer le passage du convoi.. Le Réseau "Sortir du nucléaire" publie les horaires et l’itinéraire sur son site.

Un transport à haut risque

Hautement radioactif, le combustible usé, composé majoritairement d’uranium, mais aussi de plutonium et de produits de fission et actinides mineurs, dégage énormément de chaleur et de radioactivité. Ce convoi à hauts risques devrait traverser des zones urbaines densément peuplées.

Les rayonnements radioactifs gamma émis par les conteneurs Castor (Cask for storage and transport of radioactive material) se propagent à plusieurs dizaines de mètres du wagon, entraînant un risque pour les personnes se trouvant à proximité, riverains comme cheminots.

Inique et obsolète, la réglementation sur le transport des matières radioactives autorise des débits de dose pouvant aller jusqu’à 2 millisieverts par heure au contact du wagon, soit un niveau de radiation environ 20 000 fois supérieur à la radioactivité naturelle [2]. Il est impératif que les pouvoirs publics revoient ces normes de toute urgence.

Par ailleurs, les normes de résistance aux chocs et au feu des Castor s’avèrent ridiculement basses et ne prennent pas en compte bon nombres de situations qui pourraient se présenter en cas d’accident ferroviaire grave.

Le Réseau "Sortir du nucléaire", le syndicat SUD-Rail et les associations italiennes rappellent qu’il est conseillé aux agents et au public de se tenir éloigné d’un convoi hautement radioactif stoppé en gare, et incitent les cheminots à exercer leur droit de retrait en cas d’intervention sur ces convois.

Un transport tenu secret

Malgré ces risques, les autorités italiennes et françaises ne fournissent aucune information sur ce type de transports, et taisent leur existence et leur dangerosité pour les riverains, la population et les salariés concernés. Certains services de l’État, les collectivités et les élus locaux, qui devraient être formés et avertis pour pouvoir réagir et mettre en œuvre un plan d’urgence en cas de problème, sont maintenus dans l’ignorance.

La situation a même empiré ces derniers mois ; les autorités mettent tout en œuvre pour qu’aucune information ne puissent filtrer sur l’existence de ces convois, quitte à employer des stratagèmes scabreux pour camoufler ces trains et les faire passer pour des trains classiques. Cela, afin d’éviter les mobilisations qui pourraient attirer l’attention sur l’existence de ces transports et sur leurs risques.

Un transport inutile

L’industrie nucléaire produit chaque année des tonnes de déchets dont on ne sait que faire [3]. Certains pays étrangers, dont l’Italie, envoient le combustible usé issu de leurs centrales – telle une patate chaude - à l’usine AREVA de La Hague pour qu’il y soit “traité“ : l’Hexagone est ainsi régulièrement traversé par ces déchets, qui s’ajoutent à ceux issus des réacteurs français, pour un volume dépassant les 500 convois par an.

Pourtant, loin d’être une solution, le “traitement“ des déchets engendre des risques et des transports supplémentaires. Il contamine de manière irréversible la pointe du Cotentin et la Mer du Nord en rejetant des effluents chimiques et radioactifs dans l’eau et l’environnement. Il est de surcroît inutile : le traitement à l’usine Areva de La Hague ne diminue pas la radioactivité des déchets, mais augmente au contraire leur volume.

Quand le retraitement des déchets italiens à La Hague cache en réalité un stockage en France

Pour l’heure, aucune solution de stockage ou d’entreposage n’existe en Italie pour accueillir ces déchets après leur retraitement en France. À l’occasion du premier transport italien en 2008, l’Autorité de Sûreté Nucléaire avait d’ailleurs rappelé publiquement ses réserves sur ces convois et sur les délais de retour prévus par l’accord entre la France et l’Italie [2]. Ceux-ci doivent retourner en Italie entre 2020 et 2025, ce qui est très tardif. Pourquoi un tel délai de retour qui a pour conséquence de stocker les déchets italiens en France, faute de solution en Italie pour les recevoir ?

Non seulement le « retraitement » à La Hague ne constitue en rien un recyclage, mais l’envoi des déchets radioactifs à La Hague semble surtout une astuce pour certains pays afin de faire oublier temporairement le problème insoluble de leur gestion. Plus de 20 ans après l’arrêt de son dernier réacteur, l’exploitation de l’énergie nucléaire dans les années 1980 laisse à l’Italie un lourd héritage...

En Italie comme en France une même impasse : on ne sait pas quoi faire des déchets nucléaires

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire" et le syndicat SUD-Rail, Legambiente Valsusa, Legambiente e Pro Natura del Vercellese et Global Info Action il faut mettre fin à cette industrie productrice de déchets mortifères, pour lesquels il n’existe nulle part de gestion viable.

En France, les autorités souhaiteraient les enfouir à 500 mètres sous terre à Bure dans la Meuse ; en Italie, en attendant de trouver une hypothétique solution, on les envoie en France, afin de repousser la question de leur gestion dans le temps. Il n’y a qu’une solution crédible : arrêter d’en produire en sortant au plus vite du nucléaire.

Le Réseau "Sortir du nucléaire", le syndicat SUD-Rail, Legambiente Valsusa, Legambiente et Pro Natura del Vercellese et Global Info Action seront donc mobilisés contre ce transport et appellent à des mobilisations et vigies tout au long du trajet.

Pour retrouver le suivi du convoi et des éventuelles mobilisations

Retrouvez également des informations en direct sur notre fil twitter @sdnfr

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Notes

[1] La Savoie, l’Ain, le Jura, la Saône-et-Loire, la Côte d’Or, la Haute-Marne, les Vosges, la Meuse, la Marne, l’Aisne, la Somme, la Seine Maritime, l’Eure, le Calvados et la Manche. Trajet et horaires ici

[2] En 1998, le laboratoire de la CRIIRAD a mesuré, à 50 mètres d’un wagon transportant du combustible irradié, un flux de radiation gamma nettement supérieur à la normale. Le débit de dose gamma neutrons était plus de 500 fois supérieur au niveau naturel, à 1 mètre du wagon. Comme l’a régulièrement rappelé la Criirad, la réglementation autorise ainsi la circulation, en des lieux accessibles au public, de wagons dont le niveau de radiation au contact peut être si importante, qu’en seulement 30 minutes de présence, un individu peut recevoir la dose maximale annuelle admissible pour le public. Voir la note CRIIRAD N°11-20 Risques liés au transport des combustibles irradiés, Valence, 8 février 2011

[3] 1 200 tonnes par an, uniquement pour la France.

Notre Dame des Landes : jugés pour avoir scotché des affiches Solen et Cédric Reporterre 2013/01/15 Solen et Cédric (15 janvier 2013) Notre Dame des Landes : jugés pour avoir scotché des affiches. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : jugés pour avoir scotché des affiches

Deux citoyens seront jugés mercredi 16 janvier à Paris. Leur délit : avoir collé des affiches contre le projet d’aéroport Notre Dame des Landes sur une permanence PS et l’avoir taggé. Affaire suffisamment grave pour avoir été suivie par un service anti-terroriste.

Bonjour à toutes/tous,

Vous le savez peut-être déjà : MERCREDI 16 JANVIER AU MATIN AURA LIEU NOTRE PROCÈS.

NOUS - CÉDRIC ET SOLEN - ALLONS ÊTRE JUGÉS POUR « DÉGRADATIONS LÉGÈRES DE BIEN PRIVÉ EN RÉUNION », à savoir des slogans contre la construction de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes écrits au Posca et quelques affiches collées au scotch sur le mur de la permanence PS du 12e arrondissement de Paris.

NOUS SOMMES ÉGALEMENT JUGÉS POUR « REFUS DE PRÉLÈVEMENT BIOLOGIQUE » parce que nous avons refusé de donner notre ADN pendant la garde à vue.

Suite à notre arrestation en « flagrant-délit » le 15 novembre 2012, nous avons été privés de liberté pendant 62 heures (48h de garde à vue et 14h de cellule au Tribunal). Nous avons également subis des perquisitions de nos domiciles avec saisie de nos ordinateurs et téléphones portables, ainsi que des documents personnels.

Téléphones portables qui ne nous ont pas été rendus depuis, et ordinateurs dont les contenus ont été totalement téléchargés par le Service d’Investigation Transversale.

La disproportion entre les faits reprochés et le traitement subi montre l’instrumentalisation de cette affaire par le gouvernement socialiste. Nous avons également appris que notre dossier était passé par les services de l’antiterrorisme, ce qui montre que tous les faits liés à Notre-Dame-des-Landes sont considérés comme des affaires d’Etat. Avant même l’audience, cette histoire est d’ores et déjà aberrante au vu de la réponse de la police aux faits.

Pour montrer votre soutien, vous indigner, montrer votre émoi, défendre la liberté d’expression, vous lever face à la répression, discuter, ou encore connaitre l’issue du procès,

LE RDV EST À 8H30 AU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS où se tiendra l’audience à 9h (À LA 24e CHAMBRE).

Il est bien entendu demandé à toutes les personnes qui le peuvent d’être présentes mais également de proposer le rendez-vous aux ami-e-s présent-e-s à Paris ou proche banlieue.

Je sais que ce mail n’arrivera pas seulement dans des boites aux lettres parisiennes, et tant mieux. La première chose que nous pouvons faire où que nous soyons est d’en parler, de témoigner, de faire connaître ce type d’affaires - qui malheureusement deviennent presque normales- en transférant ce mail à quelques-uns de vos contacts par exemple.

Enfin, vous pouvez lire le témoignage de notre fabuleux week-end en entier ici, écrit par Cédric.

En espérant vous voir nombreu-x-ses mercredi,

La lutte continue !

Le mariage et l’écologie Hervé Kempf Reporterre 2013/01/16 Hervé Kempf (16 janvier 2013) Le mariage et l’écologie. Reporterre. Édito — Culture et idées fr

Le mariage et l’écologie

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est favorable au mariage homosexuel. Plus cohérent que le Parti socialiste (PS), EELV lie logiquement cet état revendiqué du droit à sa conséquence, la possibilité de recourir à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples ainsi mariés. En effet, les couples homosexuels, en tant que couples, sont nécessairement stériles. Dès lors, le mariage leur ouvre le droit de recourir à la PMA. Une autre conséquence logique devrait être, dans la foulée, l’ouverture du droit au recours à la gestation pour autrui. La position d’EELV découle de ce qu’il considère que l’enjeu du mariage homosexuel est le refus de la discrimination et « le progrès du droit des individus » (Cécile Duflot, Libération du 9 décembre 2012).

Légitime, cette position n’exprime cependant pas celle de tous les écologistes. Car, si l’on peut avancer qu’ils s’accordent sur l’égalité des droits et le refus des discriminations sexuelles, nombre d’entre eux s’inquiètent des conséquences collectives de ce « progrès du droit des individus ».

Un des piliers de la réflexion écologiste, dans le fil notamment des réflexions d’Ivan Illich et de Jacques Ellul, est en effet le questionnement de la technique, la critique de son caractère autonome, le refus de son caractère illimité. Les effets en sont, selon les écologistes, à la fois néfastes pour l’environnement – parce qu’elle favorise une transformation de plus en plus nuisible de la biosphère – et aliénante – parce qu’elle conduit à rendre l’humain esclave de son outil. Or la PMA s’inscrit pleinement dans cette analyse : « On ne peut être contre la fuite en avant technologique quand il s’agit des prouesses des nanotechnologies et pour quand il s’agit de faire des enfants », dit Alain Gras (sociologue des techniques à l’université Paris-I).

Michel Sourrouille, membre d’EELV, rappelle qu’Ivan Illich distinguait les outils permettant à l’humain de s’épanouir et ceux qui l’asservissaient en créant de nouveaux besoins. Selon lui, la PMA appartiendrait à cette dernière catégorie. Jacques Testart, coauteur de Labo Planète (Mille et une nuits, 2011), estime que la PMA est justifiée quand il s’agit de femmes stériles, mais il « résiste à la perspective des PMA pour les homosexuels ». Débat tranché ? Certes pas. Mais l’enjeu technique donc écologique de cette évolution possible du droit doit être clairement posé et débattu.

Le principe de précaution doit s’appliquer aux grands projets d’infrastructure Daniel Ibanez (Les Echos) Reporterre 2013/01/16 Daniel Ibanez (Les Echos) (16 janvier 2013) Le principe de précaution doit s’appliquer aux grands projets d’infrastructure. Reporterre. Tribune — fr

Le principe de précaution doit s’appliquer aux grands projets d’infrastructure

Le dirigeant politique peut-il exiger du dirigeant d’entreprise qu’il respecte le principe de précaution dans la conduite de ses affaires, mais s’en exonérer, lui, alors que les enjeux des dépenses publiques se chiffrent en milliards ?

Dans une situation budgétaire difficile, et dans la perspective de renouer avec la croissance, les grands projets ou grands travaux sont présentés comme des outils de relance. Réalité ou illusion, les dirigeants politiques et techniques doivent-ils appliquer le principe de précaution économique et financière ? Nombre de rapports de la Cour des comptes les y invitent.

Si la question peut paraître provocatrice, il faut reconnaître que les similitudes permettent de décliner ce principe de précaution, appliqué en matière de santé publique, à la gestion des deniers publics.

Dans le domaine de la santé publique, il n’est plus envisageable d’autoriser une mise sur le marché de médicaments, destinés à soigner des corps malades, sans expérimentation en laboratoire et tests cliniques préalables se révélant parfaitement probants.

Dans le domaine économique, si l’on considère que les grands travaux constituent des remèdes pour soigner une économie malade, peut-on envisager de les engager sans expérimentation préalable et probante ?

L’histoire récente de la pratique pharmaceutique a imposé des déclarations d’intérêts, des expertises contradictoires… La responsabilité politique a été engagée à quelques reprises et récemment encore, dans les affaires Servier ou celle de l’amiante.

En matière économique, le principe de précaution n’a pas été décliné. Il est rare que la décision d’investissement public implique la responsabilité de son ou ses auteurs, même si la santé économique ne s’est pas trouvée améliorée ou s’en est trouvée détériorée...

Pourtant, les dirigeants politiques n’ont pas hésité depuis des décennies à responsabiliser les dirigeants d’entreprises qui eux, en cas de procédure de redressement ou liquidation judiciaire, peuvent se voir poursuivis en sanction au nom de l’insuffisance d’actif (article L.651-1 et suivants du Code du Commerce).

Les jugements et arrêts en la matière illustrent parfaitement ce qui peut être reproché aux dirigeants : utilisation de moyens ruineux, prévisions fantaisistes ou irréalistes, intérêt personnel...

Nombre de ces reproches peuvent s’apprécier comme des « erreurs manifestes d’appréciation » ou une « méconnaissance du principe de précaution ». Ils fondent les sanctions pécuniaires et quelquefois aussi des interdictions de gérer.

La question se pose donc : le dirigeant politique peut-il exiger du dirigeant d’entreprise qu’il respecte le principe de précaution dans la conduite de ses affaires, les enjeux se chiffrant en millions voire moins, mais s’en exonérer, lui, en matière de dépense publique alors que les enjeux se chiffrent en Milliards ?

Si l’on retient que ce principe doit s’appliquer en matière de dépense publique, alors les analyses ou études, préalables à la décision, doivent répondre à certains critères et certaines questions.

I) S’agit-il de relance ou de maintien de l’activité ?

Les discours officiels évoquent toujours la création d’activité et d’emplois induits, pourtant, l’analyse montre que la formule est quelquefois osée.

Ainsi pour les travaux publics, dont près de 70 % de l’activité proviennent de la commande publique, les collectivités locales et territoriales sont aujourd’hui remplacées par les États pour maintenir l’activité du secteur.

Parler alors de relance est excessif, puisqu’il s’agit objectivement de maintien d’activité, certes nécessaire, mais pas de relance avec les créations d’emplois qui devraient l’accompagner.

Il y a là, un premier et véritable critère d’appréciation de l’opportunité d’un projet de grands travaux. Crée-t-il de l’activité ou se contente-t-il de la maintenir ? Dans la première hypothèse, on peut apprécier l’intervention de l’État comme un réel investissement, dans la seconde comme une subvention.

Se posent alors les questions de l’exploitation de l’ouvrage et de son financement.

II) La validation du besoin et de l’exploitation

Les études préalables, enquêtes publiques... sont censées montrer l’adéquation du projet avec le problème à traiter, le valoriser sous ses différentes formes, montrer l’équilibre ou le bénéfice qui en résulte, faire ressortir l’utilité publique.

S’il est acquis qu’il n’existe aucune obligation légale obligeant les auteurs à une indépendance envers le maître d’ouvrage, il n’en reste pas moins que la loyauté et la transparence commandent de révéler les éventuels liens. C’est pourtant rarement le cas.

Pour autant, le principe de précaution exige, lui, que les décisionnaires, politiques ou techniques se posent la question de l’indépendance des auteurs d’études pour les projets soumis à leur arbitrage.

Sans verser dans la paranoïa, il y a des raisons objectives de les lire avec un œil critique lorsque les auteurs ne sont pas indépendants.

S’abstenir de cette nécessaire vigilance, c’est, pour le décideur, méconnaître une règle essentielle du principe de précaution.

Il n’est pas envisageable, en droit, de rendre une décision judiciaire sans la fonder sur des éléments de fait, échangés dans le cadre d’un débat contradictoire. C’est la précaution minimale, elle n’exclut pas l’erreur, mais la limite, et elle doit s’appliquer en matière d’investissement public.

III) La validation économique et financière

En matière financière, la Cour des comptes souligne fréquemment les dépassements de budget, les sous-évaluations… De façon assez surprenante et générale, on considère en France ces dépassements comme « normaux » et inhérents aux dépenses de l’État. On évoque pour les travaux publics la règle Pi (3,14116 – p), qui se traduit en général, par un coût trois fois supérieur à celui annoncé.

Cette approche, n’est plus acceptable pour autant qu’elle le fût un jour !

Si cette pratique a été possible et l’est encore souvent aujourd’hui, c’est qu’il est toujours possible de méconnaître le principe de précaution, sans conséquence en terme de responsabilité.

Il est donc indispensable que les décideurs politiques et techniques soient en mesure de prendre des décisions fondées sur des analyses, qu’ils se doivent de reprendre à leur propre compte.

Il faut pour cela qu’ils ne se satisfassent pas de déclarations voire d’allégations, sans avoir pris le soin d’étudier eux-mêmes les données ou d’avoir exigé le nécessaire débat contradictoire que suppose la prise de décision.

En période de crise plus encore, les risques que représentent des décisions de gestion hasardeuses sont graves. Dans ces conditions, l’erreur manifeste d’appréciation ou la méconnaissance du principe de précaution ne sont pas justifiables.

Les dirigeants politiques et les techniciens se doivent de prendre la mesure de leurs responsabilités envers la collectivité, cela passe par une exigence particulière d’information, d’analyses contradictoires et de connaissance des dossiers qui leur sont soumis. Ils ne peuvent plus aujourd’hui confondre ce besoin avec les campagnes de communication pour se laisser convaincre du bien-fondé supposé des projets.

On le voit, le volontarisme et le caractère visionnaire ne peuvent, à eux seuls, justifier les grands travaux dans les plans de relance. Les nombreux projets dans les cartons ou en cours d’étude, doivent sans exception, être expertisés d’autant qu’ils sont de plus en plus largement contestés y compris par la Cour des comptes.

La Cour des comptes a fait du dossier Lyon Turin un cas d’école.

Les études préalables ont été, pour une grande partie, faites par le maître d’œuvre mandataire, c’est-à-dire le « représentant », de Lyon Turin Ferroviaire.

Le coût du tunnel international est présenté à 8,5 milliards d’euros, alors que la Suisse en construit un de la même longueur, dans les mêmes conditions qui lui coûte 10,5 milliards d’euros.

Les prévisions de trafic poids Lourds établies depuis vingt ans ne se sont jamais réalisées.

Une analyse de ce projet, comme des autres, s’impose donc au regard du principe de précaution, hors de toute pression et intérêt économique ou politique.

Ce débat sur le principe de précaution économique et financier sur la responsabilité des dirigeants politiques et techniques s’impose de lui-même.

Pour autant, dans la période difficile que connaissent les finances publiques et les économies, il est impératif et urgent de mettre en place de réels outils et méthodes d’appréciation, pour éviter des engagements hasardeux, des dérives de coûts entraînant des déficits futurs et en définitive des abus.

Il semble bien que le nécessaire retour à une pratique de bonne gestion se trouve, au moins pour partie, dans l’institution de responsabilités et de garanties réelles pour les grands projets.

Un appel à soutien pour les lémuriens aux Comores Camille P. Reporterre 2013/01/16 Camille P. (16 janvier 2013) Un appel à soutien pour les lémuriens aux Comores. Reporterre. fr

Un appel à soutien pour les lémuriens aux Comores

Etudiante en master en écologie, je me suis lancée le défi d’agir pour la préservation d’une espèce. Je vais donc consacrer tout mon temps, mon énergie et ma volonté pendant les 2 mois pendant lesquels je serai sur place pour mener à bien mon projet.

Il consiste à connaître l’effectif de la population de Lémuriens mongoz vivant aux Comores sur l’île de Mohéli. Cette espèce n’est présente dans le monde qu’aux Comores et à Madagascar (d’où elle est originaire). Elle est malheureusement en voie d’extinction, classée « vulnérable » par l’IUCN. Aucune étude n’a à ce jour été menée pour connaître l’effectif exact de cette population.

Les résultats de cette étude permettront d’apporter des informations précieuses aux organismes s’occupant de la protection de cette espèce.

Mon projet a également pour but de proposer des idées afin d’améliorer la sauvegarde du lémurien et de sensibiliser la population locale vis-à-vis de l’importance du lémurien sur Mohéli. Encore trop de personnes le capturent pour en faire un animal de compagnie ou comme viande à rôtir.

Je finance le trajet jusqu’à Mohéli par mes propres moyens ainsi que mes frais de logement et nourriture, je ne dispose d’aucune aide extérieure. Je vous demande votre aide pour m’aider à rassembler assez d’argent pour acheter le matériel dont j’aurais besoin sur place ; à savoir :

• Un GPS permettant de répertorier sur une carte les emplacements des familles de lémuriens.

• Un monoculaire nocturne pour mieux repérer les lémuriens (car c’est une espèce crépusculaire/nocturne).

• Une caméra nocturne qui permettrait de faire des observations sans déranger les animaux.

Ce projet me tient réellement à coeur, je fais appel à votre gentillesse et votre générosité pour m’aider à le réaliser. Merci.

François Hollande se fait le VRP des énergies fossiles Réseau Action Climat France Reporterre 2013/01/16 Réseau Action Climat France (16 janvier 2013) François Hollande se fait le VRP des énergies fossiles. Reporterre. fr

François Hollande se fait le VRP des énergies fossiles

Le Sommet mondial des énergies futures aux Emirats Arabes Unis [s’est ouvert mardi 15 janvier]. François Hollande y est accompagné du patron de Total, Christophe de Margerie, pour décrocher notamment le contrat d’exploitation d’un champ de gaz corrosif d’une valeur de 10 milliards d’euros.

Le Réseau Action Climat et ses associations membres sont consternés par les incohérences du gouvernement qui, d’une main lance un débat sur la transition énergétique en France, et de l’autre promeut à l’étranger des investissements dans les énergies fossiles, néfastes pour l’environnement et le climat.

A la mi-novembre 2012, le Président de la République, en visite officielle en Pologne, avait déjà emmené dans ses valises les patrons d’EDF et d’Areva pour obtenir de gros contrats de centrales au charbon et nucléaires, tandis que Total commençait à y explorer des gaz de schiste [1].

Le 20 décembre, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait déclaré à quelques journalistes que la France et l’Algérie signeraient prochainement un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien en vue de l’exploitation des gaz de schiste – déclaration ensuite démentie par la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, mais uniquement sur l’utilisation de la fracturation hydraulique. Par sa présence aux Emirats, François Hollande recherche aussi de nouvelles perspectives dans le nucléaire.

« La politique d’appui aux investissements fossiles menée en catimini par la France à l’étranger est en totale contradiction avec les annonces du gouvernement au niveau national, et le lancement du débat sur la transition énergétique », alerte Meike Fink, chargée de mission Energie-climat au Réseau Action Climat France (RAC-F).

« Le Président doit-il être le VRP des industries nucléaire, pétrolière et gazière, quand les énergies fossiles sont déjà trois fois plus subventionnées en France que les solutions au changement climatique ? [2] », interroge Lorelei Limousin, chargée de la fiscalité écologique et des transports au RAC-F.

« Au lieu de promouvoir en Europe et dans le monde des investissements dans les secteurs d’avenir, comme les énergies renouvelables et les solutions d’efficacité énergétique, le gouvernement français cautionne que certains pays accentuent leur dépendance aux énergies fossiles, menaçant à la fois le climat et la santé des populations locales », conclut Célia Gautier, chargée des questions européennes au RAC-F.

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Notes :

[1] http://www.lefigaro.fr/politique/2012/11/16/01002-20121116ARTFIG00563-paris-et-varsovie-divergent-sur-le-gaz-de-schiste.php

[2] Rapport de Guillaume Sainteny, « Les aides publiques dommageables à la biodiversité », Centre d’analyse stratégique(2011), http://www.strategie.gouv.fr/content/les-aides-publiques-dommageables-la-biodiversite-note-de-synthese-246-octobre-2011.

Le train nucléaire a emprunté la voie alpine que les autorités disent dangereuse Coordination des opposants au Lyon Turin Reporterre 2013/01/16 Coordination des opposants au Lyon Turin (16 janvier 2013) Le train nucléaire a emprunté la voie alpine que les autorités disent dangereuse. Reporterre. fr

Le train nucléaire a emprunté la voie alpine que les autorités disent dangereuse

Dangereuse quand il s’agit de la remplacer par un projet pharaonique, la ligne ferroviaire entre Lyon et Turin ne l’est plus quand il s’agit de faire passer des déchets nucléaires.

Un train de déchets radioactifs en provenance de Vercelli en Italie est passé en France [dans la nuit du 15 au 16 janvier] en utilisant la ligne existante entre Lyon et Turin.

Le convoi a quitté Vercelli, a pris la direction de Turin puis la vallée de Suse. Il a traversé les Alpes à Bardonnechia à plus de 1.100 m d’altitude, puis les villes de Modane, St Michel de Maurienne, St Jean de Maurienne, Aiguebelle, Montmélian, Chambéry, Aix les bains, Culoz, Ambérieu.

La ligne ferroviaire utilisée est la ligne « historique » qui a été mise au gabarit B1 et aux normes ERTMS.

Cette ligne, décrite comme dangereuse par les Préfets et promoteurs du Lyon Turin, ne l’est étonnamment plus pour les transports de déchets nucléaires. Sauf à avoir méconnu le principe de précaution en utilisant une ligne « dangereuse » et en mettant en péril les populations riveraines !

UNE NOUVELLE FOIS CE TRANSPORT « SECRET » DISQUALIFIE LES LOBBYISTES ET PARTISANS DU LYON TURIN, AVEC LEURS ARRANGEMENTS ET ALLÉGATIONS À GÉOMÉTRIE VARIABLE.

Notons que les conditions météorologiques exécrables (neige et froid) auraient dû interdire selon les risques allégués tout transport dangereux !

De façon étonnante, les camions et marchandises ne présentant aucun danger ne sont pas reportés sur cette ligne existante alors qu’elle est utilisée à moins de 20 % de sa capacité.

Elle permet de transporter les marchandises non dangereuses, circulant à bord d’environ un million de poids lourds sur 1,3 millions qui circulent au Mont-Blanc et au Fréjus.

Cette situation démontre une fois de plus que la formule d’abus de conscience utilisée par la Coordination des Opposants au Lyon Turin est parfaitement justifiée.

Il est temps d’exiger :

- l’utilisation immédiate de la ligne existante pour transporter les marchandises par le train plutôt que par la route,

- la couverture des voies pour sécuriser les voies et diminuer les nuisances pour les riverains,

- d’interdire la circulation des camions à vide ou peu chargés,

- de reporter le trafic italo-espagnol sur la méditerranée par l’autoroute de la mer,

- l’arrêt de la politique du fait accompli,

- d’investir immédiatement, comme le demande la directrice régionale de la SNCF, sur le réseau existant pour améliorer les transports collectifs de proximité et notamment le doublement de la ligne entre St André le Gaz et Chambéry.

Un organisme public de recherche verrouille l’accès à l’information Sylvestre Huet (AJSPI) Reporterre 2013/01/16 Sylvestre Huet (AJSPI) (16 janvier 2013) Un organisme public de recherche verrouille l’accès à l’information. Reporterre. fr

Un organisme public de recherche verrouille l’accès à l’information

Lors du pic d’actualité du conflit social autour des hauts fourneaux de Florange (Mittal), la presse a longuement traité du projet de capture et stockage du CO2 qui avait été envisagé pour l’un des hauts fourneaux.

Ce projet, composante du programme ULCOS soutenu par la Commission Européenne, avait comme partenaire public le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM). Aussi, je m’étais, comme d’autres collègues probablement, dirigé vers cet organisme de recherche public pour obtenir des informations techniques et scientifiques sur le projet.

Or, le BRGM a établi entre les journalistes et ses ingénieurs et chercheurs une véritable barrière sous la forme d’un service de presse externalisé chez une agence de communication.

Le résultat est lisible dans l’échange de mails disponible plus bas.

J’ai donc fait appel à la ministre, Geneviève Fioraso. Pour l’instant, la seule réaction est le courriel qu’elle m’a fait parvenir et qui est également publié ci-dessous.

J’invite les collègues et membres de l’AJSPI à ne pas laisser passer ce type de comportement, déjà désagréable lorsqu’il s’agit d’entreprises privées, mais insupportable et inacceptable de la part d’un organisme public financé par les deniers publics. Et donc à signaler à l’AJSPI tout comportement de ce type, de manière à ce qu’elle puisse intervenir auprès des pouvoirs publics.

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La lettre adressée à Mme Fioraso et les échanges avec le BRGM ici.

La réponse de Mme Fioraso.

Voici comment Areva impose ses volontés au président du Niger Observatoire du nucléaire Reporterre 2013/01/16 Observatoire du nucléaire (16 janvier 2013) Voici comment Areva impose ses volontés au président du Niger. Reporterre. fr

Voici comment Areva impose ses volontés au président du Niger

L’Observatoire du nucléaire révèle le compte-rendu confidentiel d’une réunion entre Areva et le gouvernement nigérien. Le texte révèle l’ampleur du rapport de forces que maintient la compagnie nucléaire à l’endroit d’un des pays les plus pauvres de la planète.

Assigné à comparaître le 1er février 2013, et menacé de fait de disparition, l’Observatoire du nucléaire, n’entend pas baisser la garde et publie ce jour un document exceptionnel qui montre comment Areva dicte, aujourd’hui comme depuis 40 ans, sa loi aux dirigeants du Niger, et qui confirme les accusations portées par l’Observatoire.

Il s’agit du compte-rendu confidentiel (cette donnée est explicitement précisée dans le texte) d’une réunion qui s’est tenue le 9 novembre 2012, à Paris, entre trois hauts dirigeants d’Areva et M. Hassoumi, le directeur de cabinet du Président de la République du Niger. On notera l’infériorité numérique du représentant du Niger, clairement placé en situation de vulnérabilité.

On comprend vite à la lecture du document que, en menaçant de n’ouvrir la mine d’Imouraren qu’en 2016, voire en 2017, Areva impose ses volontés au Président du Niger : ce dernier a absolument besoin que cette ouverture se fasse en 2015… afin de ne pas compromettre sa réélection en janvier 2016. Ancien cadre d’une filiale d’Areva, M. Issoufou doit constater amèrement que Areva reste son donneur d’ordre bien qu’il soit aujourd’hui Président du Niger.

Le premier point abordé lors de cette réunion est celui de la confidentialité des discussions : il est probable que le non-respect de cette clause provienne de Nigériens qui ne supportent pas de voir Areva dicter ses volontés aux dirigeants du Niger.

Le second point abordé est lui aussi parfaitement illustratif de la façon dont Areva tire les ficelles au Niger : il s’agit de l’entrée du coréen KEPCO au capital de la société Areva NC Expansion, principal actionnaire de la mine d’Imouraren. Pour « prouver » que cette décision n’a pas été prise sans l’aval du pouvoir nigérien, Areva produit un courrier prétendument envoyé en 2009 au ministre nigérien des mines (qui n’est plus en poste). M Hassoumi découvre en séance ce courrier et ne peut qu’en prendre acte.

Le cœur de la réunion concerne l’avancement du projet de la mine d’uranium d’Imouraren. Areva liste les difficultés, réelles ou non, que rencontre ce projet, jouant avec les nerfs du représentant nigérien en évoquant pour le « premier fût » la date de la « mi-2016 », avec qui plus est « un risque de glissement de 6 mois », ce qui repousserait l’ouverture à début 2017 !

Areva met de fait sous pression le représentant du Président du Niger : « M Hassoumli réaffirme que le Niger a très peu de marge de manœuvre pour la date de démarrage du Projet Imouraren qui correspond à un projet majeur du Président de la République en un engagement fort vis-à-vis du peuple nigérien. L’année 2015 est une échéance politique importante qu’il convient de ne pas dépasser pour un démarrage du projet Imouraren ».

Sans surprise, la suite de la discussion permet à Areva, sous prétexte du contexte international, de signifier « poliment » que le prix payé pour l’uranium restera très bas. En contrepartie, Areva s’engage enfin « à déployer tous les efforts pour un démarrage du projet marqué par le début de la mise en tas du minerai mi-2015 ».

Traduction : dans la mesure où l’entreprise Areva pourra continuer à s’accaparer à bas prix l’uranium du Niger, elle organisera à la mi-2015 une jolie cérémonie pour simuler le début de la production d’uranium à Imouraren et permettre ainsi au Président nigérien sortant d’en tirer partie pour sa réélection début 2016.

Il est facile de comprendre qu’Areva détient désormais une « arme atomique » contre le Président du Niger : si celui-ci formule des exigences (en particulier sur le prix de l’uranium), Areva le punira en n’organisant pas la cérémonie dont il a tant besoin…

Ensuite, les dirigeants d’Areva soufflent le chaud et le froid : d’une part ils font quelques promesses concernant une possible réhabilitation de la route Arlit-Tahoua, laquelle est gravement endommagée, car quotidiennement empruntée par les camions d’uranium d’Areva.

D’autre part, ils « invitent » le Niger à renouveler des permis d’exploitation d’uranium détenus par Areva (Tagait 1, 2 et 3) et l’attribution d’un nouveau permis (Toulouk 3)

Pour finir, afin de faciliter la mise en œuvre de leurs exigences (en langage diplomatique : « la résolution prochaine des points évoqués dans ce compte-rendu »), Areva annonce un curieux « don » au budget du Niger, dont les sommes annoncées correspondent d’ailleurs à celles évoquées dans l’affaire de « corruption / diffamation » qui oppose Areva à l’Observatoire du nucléaire.

En effet, « Areva s’engage à soutenir financièrement l’Etat du Niger en mettant à sa disposition la somme de 35 (trente-cinq) millions d’euros sous la forme de paiements successifs de 16 (seize) millions d’euros en 2013, 10 (dix) millions d’euros en 2014, et 9 (neuf) millions d’euros en 2015 ».

Pour mémoire, l’Observatoire du nucléaire estime qu’il serait légitime que l’État du Niger taxe fortement Areva (qui s’accapare de longue date, à un tarif très bas, l’uranium nigérien) mais, par contre, qu’il est insupportable de constater que, tel un généreux donateur secourant un déshérité, Areva accorde au Niger un « don » fort humiliant que l’on peut voir comme une manœuvre de corruption.

Héros d’humanité Reporterre 2013/01/16 (16 janvier 2013) Héros d’humanité. Reporterre. fr

Héros d’humanité

Les héros d’autrefois s’étaient couverts de gloire sur les champs de bataille. Celles et ceux d’aujourd’hui ont fait progresser la conscience humaine : Helder Camara, Las Casas, Gandhi, Mandela, Aung San Suu Kyi, Schoelcher, sans oublier les martyrs de l’écologie (Diane Fossey, Chico Mendes, Bruno Menser) ou les peuples en lutte pour préserver leurs droits et ceux de leur environnement. Tous se sont engagés, souvent au péril de leur vie, à défendre de grandes causes : lutte contre l’esclavage ou les excès du colonialisme, pour la démocratie, les droits de l’homme et plus récemment l’écologie.

Leur détermination fut nourrie par leur haute élévation spirituelle, liée à leur appartenance religieuse, voire à une spiritualité laïque et athée. Leur message s’est propagé dans le monde entier en en faisant des citoyens du monde. La stature de ces héros d’humanité offre des références exemplaires ; en particulier pour les jeunes engagés dans les valeurs contemporaines de la solidarité, de la convivialité, de l’écologie, des droits humains et de la paix.

C’est à eux que je songeais en écrivant ce livre, conscient que le message de ces héros jalonne et renforce la marche de l’humanité vers plus de conscience, plus d’humanisme, et plus de respect mutuel entre les hommes et les peuples. Ces héros sont, avec les saints dont il fut question dans mon dernier ouvrage, Heureux les simples, des modèles d’humanité.

- Jean-Marie Pelt, Héros d’humanité, Flammarion, 17 €.

Malgré les risques écologiques, l’Algérie se lance dans l’off shore M’hamed Rebah Reporterre 2013/01/17 M’hamed Rebah (17 janvier 2013) Malgré les risques écologiques, l’Algérie se lance dans l’off shore. Reporterre. fr

Malgré les risques écologiques, l’Algérie se lance dans l’off shore

La compagnie Sonatrach a annoncé des forages offshore en Méditerranée.

On pensait qu’après la marée noire sans précédent, qualifiée de Tchernobyl pétrolier, qui a touché le Golfe du Mexique, à la suite de l’explosion, le 20 avril 2010, de la plate-forme Deepwater Horizon du groupe pétrolier britannique British Petroleum, on pouvait dire adieu aux projets de forage en mer. Immédiatement après l’accident, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) avait demandé un moratoire sur l’extraction de gaz et de pétrole dans les zones écologiques sensibles.

En Algérie, au contraire, l’exploitation pétrolière off shore semble avoir de beaux jours devant elle. Le premier forage est pour bientôt, le contrat a été attribué dimanche 23 décembre 2012 au groupe français CGC Veritas (Compagnie Générale de Géophysique-Veritas), spécialisé dans l’exploration du sous-sol et notamment dans la prospection sismique marine.

L’annonce en a été faite par le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine. Sonatrach est déjà familiarisée avec l’off shore. Un partenariat avec la société brésilienne Petrobras, qui passe pour être leader dans le domaine, lui a permis d’approfondir ses connaissances en vue de renforcer sa position sur le marché international.

En 2005, Sonatrach avait décroché, seule, deux blocs d’exploration en offshore en Afrique et, en association avec le groupe norvégien Statoil, un autre bloc en Egypte. Selon les responsables de Sonatrach, l’expérience acquise en Egypte devait être mise à profit dans l’ouest-africain.

Plus récemment, début 2011, la presse avait évoqué également un projet de partenariat algéro-tunisien d’exploration pétrolière offshore dont les travaux devaient commencer la même année, au large des côtes tunisiennes, dans le cadre du partenariat (50/50 %) entre Sonatrach et l’Entreprise tunisienne des activités pétrolières (Etap).

Le monde de l’offshore n’est donc pas inconnu à Sonatrach. Elle aurait pu tenter seule l’aventure de la production de pétrole à partir de la mer. L’an dernier, la compagnie nationale a procédé à deux forages offshore d’une profondeur de 10 kilomètres, sur deux blocs d’exploration, l’un à l’ouest, entre Ténès et Mostaganem de 2 000 km², et l’autre à l’est du pays, entre Bejaia et Annaba, de 3 000 km², ce qui donne une superficie de quelque 5 000 km², s’étendant d’est en ouest sur une bonne partie du littoral algérien.

On peut penser que le premier forage se situera dans une de ces zones. S’agit-il encore d’un forage d’exploration ou carrément de puits de développement pour entamer directement la production ? L’information donnée par le P-DG de Sonatrach ne le précise pas. Ces deux phases ont des incidences écologiques différentes.

La prise en compte du risque écologique, considérable que présente une exploitation pétrolière offshore pour l’environnement marin, exige une étude d’impact. Cette obligation découle de la législation algérienne sur l’environnement. L’impact sur la faune et la flore marines, dans la phase d’exploration, peut être faible ou destructeur selon les techniques sismiques mises en œuvre.

Quant à la phase de production, elle doit être précédée d’une étude d’impact sur l’environnement qui déterminera la stratégie d’exploitation. L’étude d’impact permet d’analyser les effets sur l’environnement durant l’exploitation du gisement et dans la période qui suivra, et prévoit ainsi les mesures à appliquer pour réduire voire éliminer les incidences écologiques négatives.

Les responsables de Sonatrach concernés par l’étude d’impact trouveront toutes les informations sur les ressources biologiques marines algériennes et sur leurs habitats dans le très beau livre Biodiversité marine et littorale algérienne réalisé en 2005, et avec l’aide de Sonatrach d’ailleurs, par une équipe d’une vingtaine de spécialistes coordonnée par Samir Grimes, expert en la matière.

Mais le plus important sera de pouvoir faire face à l’aléa qui résulte souvent de l’erreur humaine, possible et imprévisible, qui peut dérégler les meilleurs systèmes de sécurité.

Bobines paysannes Par Julien villalard Reporterre 2013/01/17 Par Julien villalard (17 janvier 2013) Bobines paysannes. Reporterre. fr

Bobines paysannes

« L’ENJEU AGRICOLE EN 2013, UN AVENIR POUR LES PAYSANS QUI FOURNISSENT UNE ALIMENTATION DE QUALITÉ » Jeudi 24 janvier 2013

Dans le cadre des Bobines paysannes, et avec le soutien de la MAS, Consom’Solidaire et Les Amis de la Confédération paysanne vous invitent à un débat.

Du Larzac à Notre-Dame-des-Landes, des terres pour vivre !

DÉBAT : « L’ENJEU AGRICOLE EN 2013, UN AVENIR POUR LES PAYSANS QUI FOURNISSENT UNE ALIMENTATION DE QUALITÉ »

Le jeudi 24 janvier 2013 à 20h30 À LA MAISON DES ASSOCIATIONS DE SOLIDARITÉ, 10-18, rue des Terres-au-Curé, M° Olympiades et Porte d’Ivry, Paris 13e.

ORGANISATION : CONSOM’SOLIDAIRE et LES AMIS DE LA CONF’

La contestation du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes-des-Landes se nourrit, comme au Larzac, des luttes pour la préservation des terres agricoles. Depuis plusieurs années, les habitants et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des surfaces agricoles (1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport).

En Ile-de-France, près de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, un projet commercial (Europa City) veut bétonner notre environnement. Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité.

En janvier, à l’occasion des élections aux chambres d’agriculture, notre avenir est en jeu :

* Pourquoi la terre est-elle devenue un bien commun à protéger ?

* Comment décider de nos choix alimentaires ?

* Quelle politique foncière pour notre région ?

* Comment installer de jeunes paysans sur nos territoires ?

* Et quel avenir pour la politique agricole commune (PAC) ?

Avec Christian Roqueirol, éleveur ovin du Larzac, Confédération paysanne, Camille, du Collectif de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes Paris-Ile-de-France, Bernard Loup, du Collectif pour le triangle de Gonesse, et Xavier Morize, arboriculteur-maraîcher, Confédération paysanne Ile-de-France.

INTRODUCTION au débat : projection d’un court-métrage sur les luttes foncières, bière de soutien bio, dégustation de produits fermiers...

Programme de la soirée.

En Lozère, les naturalistes prennent position contre le schéma régional des éoliennes ALEPE Reporterre 2013/01/17 ALEPE (17 janvier 2013) En Lozère, les naturalistes prennent position contre le schéma régional des éoliennes. Reporterre. fr

En Lozère, les naturalistes prennent position contre le schéma régional des éoliennes

« La sensibilité de certaines espèces d’oiseaux au risque de collision avec les pales des éoliennes est avérée. C’est le cas notamment de l’aigle royal, du milan royal, des vautours fauves, moines et percnoptères »

A l’attention de : DREAL Languedoc-Roussillon 520 allée Henri II de Montmorency 34064 MONTPELLIER

Balsièges, le 14 décembre 2012

Objet : Avis de l’Association Lozérienne pour l’Etude et de Protection de l’Environnement sur le projet de Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie (SCRAE) Languedoc-Roussillon

Madame, Monsieur,

Les objectifs et les orientations énoncés dans le Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie (SCRAE) Languedoc-Roussillon sont tout à fait conformes à l’objet statutaire de notre association.

Cependant :

• Il nous semble assez surprenant que l’énergie nucléaire qui fournit 75 % de l’électricité produite en France soit totalement absente du SCRAE. Ce dans une région qui abrite plusieurs sites de la filière nucléaire, et qui est à proximité immédiate des centrales nucléaires de la vallée du Rhône menaçant gravement la sécurité de la population.

• Il ne sert à rien d’encourager le développement de filières industrielles d’énergies renouvelables si aucun engagement ferme n’est pris pour se désengager à terme du nucléaire. Sans fermeture de centrales nucléaires (en plus de Fessenheim en 2016), et si les objectifs ambitieux de maîtrise de la consommation énergétique affichés dans le SRCAE sont tenus, les nouvelles capacités de production en énergies renouvelables entraîneront une surproduction non stockable. Laquelle induira nécessairement l’exportation d’électricité et une nouvelle incitation au gaspillage généralisé.

• La mise en oeuvre de la plupart des mesures concrètes préconisées se fera de toute façon de par la loi (rénovation énergétique des logements etc.).

• La seule conséquence spécifique, contenue dans le Schéma Régional Eolien, annexé au SCRAE est l’incitation au développement de l’éolien industriel de la manière la plus large possible.

• Il n’est pas acceptable que le SCRAE ne considère pas les Zones de Protection Spéciales issues de la directive 2009/147CE (directive « Oiseaux ») comme des zones où l’installation des éoliennes est rédhibitoire. La France s’est en effet engagée à éviter dans les ZPS « la pollution ou la détérioration des habitats ainsi que les perturbations touchant les oiseaux ». Dans ces zones, l’Etat français a en effet l’obligation de conserver les populations d’espèces d’intérêt communautaire dans un bon état de conservation.

Or, la sensibilité de certaines espèces d’oiseaux au risque de collision avec les pales des éoliennes est avérée. C’est le cas notamment de l’aigle royal, du milan royal, des vautours fauves, moines et percnoptères (espèces de l’annexe I de la Directive « Oiseaux »), qui font par ailleurs l’objet de plans nationaux d’actions pour restaurer leurs populations. A minima, les ZPS devraient donc être exclues des zones « propices au développement de l’éolien ».

De façon pertinente avec les objectifs de conservation de ces sites et la biologie de ces espèces, un rayon d’exclusion d’au moins 3 km devrait même être respecté autour des ZPS accueillant ces espèces à grands domaines vitaux…

De plus, dans ou hors ZPS, aucun parc éolien ne devrait pouvoir être construit dans un rayon de 5 km autour des principaux sites de rassemblement automnaux de faucon crécerellette (Causse Méjean, Cerdagne, Plateau de Sault, Capcir, Lézignanais), et des principaux dortoirs internuptiaux de milan royal (voir tables « PNA » mis en ligne par… la DREAL).

• Dans le même sens, les chiroptères font également l’objet d’un plan national d’actions et certaines espèces, inscrites à l’annexe II de la Directive « Habitats Faune Flore », ont justifié la désignation de Zones Spéciales de Conservation. L’Etat français a l’obligation de maintenir les populations de ces espèces dans un bon état de conservation dans ces sites du réseau écologique Natura 2000.

Or, certaines de ces espèces sont aujourd’hui reconnues comme sensibles au risque de collision avec les éoliennes. A minima, le Schéma devrait donc exclure tous les sites Natura 2000 proposés au titre de la Directive « Habitats » et présentant un enjeu « Chiroptères » fort. Dans ou hors sites Natura 2000, une zone d’exclusion de l’éolien industriel d’au moins 5 km de rayon devrait être définie autour des colonies de reproduction et des principaux gîtes d’hibernation des 3 espèces d’intérêt communautaire suivantes dont des cadavres ont déjà été trouvés au pied d’éoliennes en Europe : le minioptère de Schreibers, le petit murin et le grand murin.

Cette préconisation nous apparaît d’autant plus élémentaire et nécessaire que seulement une dizaine de colonies de ces espèces sont connues sur le territoire régional. Bien que non concernées par Natura 2000, le Languedoc-Roussillon présente une forte responsabilité (cf Schéma Régional pour la Biodiversité…) pour la conservation de la grande noctule et du molosse de Cestoni, espèces de « haut vol » et donc potentiellement très sensibles au risque de mortalité par collision avec les éoliennes.

Dans ou hors sites Natura 2000, aucun parc éolien ne devrait donc être implanté dans un rayon d’au moins 5 km autour des quelques gîtes connus de ces espèces en Languedoc-Roussillon.

• En rapport avec les deux précédentes remarques, on note que le document souligne bien la richesse du territoire régional en matière de biodiversité… pour l’oublier tout à fait dans les conclusions et rendus cartographiques… Dès lors, on peut légitimement s’interroger sur la logique et la cohérence des politiques de l’Etat, en matière d’aménagement du territoire (SRCAE) et de préservation de la biodiversité (Natura 2000, plans nationaux d’actions)…

Où sont les belles préconisations du SRB (Stratégie Nationale pour la Biodiversité) en termes de prise en compte transversale de la biodiversité dans toutes les politiques régaliennes ?

• Pour finir, l’étude départementale des sensibilités paysagères et naturalistes au regard de l’éolien industriel en Lozère à laquelle notre association a participé n’est pas intégrée dans le SCRAE ; non opposable au tiers, nous ne pouvons que déplorer sa simple valeur « informative », compte tenu de la qualité du travail réalisé (et qui devrait être reproduit dans les 4 autres départements de la région).

Cette étude contient de plus des recommandations pour nous essentielles, non reprises par le document de cadrage régional.

C’est pourquoi l’ALEPE émet un avis défavorable sur le projet de SRCAE soumis à notre appréciation.

Le président de l’ALEPE, Rémi DESTRE

PMA et critique de la technique : au nom de quelle nature ? Aude Vidal et Stéphane Lavignotte Reporterre 2013/01/18 Aude Vidal et Stéphane Lavignotte (18 janvier 2013) PMA et critique de la technique : au nom de quelle nature ?. Reporterre. Tribune — fr

PMA et critique de la technique : au nom de quelle nature ?

Le débat au sein des écologistes sur les conséquences du mariage homosexuel continue sur Reporterre. Voici, en réponse à Jacques Testart et à Michel Sourrouille, une analyse qui interroge la conception de la « nature » chez les contempteurs de la technique.

L’écologie politique a notamment vocation à critiquer l’emprise de la technique sur nos vies, de leur organisation sociale à ce qu’elles ont de plus intimes. Nous nous retrouvons avec Jacques Testart et Michel Sourrouille pour nous inquiéter, à la suite d’Ellul, d’une technique qui s’insinue de plus en plus tôt dans la vie – dès la conception – et nous poursuit jusqu’à notre dernier souffle (la fin de vie hypermédicalisée). Nous nous inquiétons de son autonomie vis-à-vis de la démocratie et du social.

Nous nous retrouvons avec eux sur les thèses d’Illich sur les deux sortes d’outils, ceux qui permettent à tout être humain, plus ou moins quand il veut, de satisfaire les besoins qu’il éprouve (le livre), et ceux qui créent des besoins qu’eux seuls peuvent satisfaire (la voiture).

Nous nous retrouvons dans les thèses de Kaczynski sur les deux types de technologies : la cloisonnée et la systémique.

Nous rajouterions volontiers l’idée de la micro-biologiste et historienne des sciences Annick Jacq pour qui toute technique est soumise en même temps à deux régimes : la technique comme médiation par rapport à la nature pour une espèce humaine qui (née prématurée) a besoin d’être protégée ; la technique comme satisfaisant le désir de toute puissance par rapport à la finitude.

Ces réflexions, comment les appliquer à la procréation médicalement assistée (PMA) ?

Le risque est d’aller trop vite en besogne. Restant à ce niveau de généralité de dire un accord ou un refus. Et de faire de la PMA un nouveau diable, un nouveau « passé les bornes, il n’y a plus de limite », un « repentez-vous, la fin du monde est proche ». Le tout agrémenté d’exemples aussi extrêmes que peu vérifiés (1). Tout cela n’aide pas à penser.... Il y a des étapes de prudence dans la réflexion à ne pas sauter si on ne veut pas jouer à bon compte les héros de la critique de la technique (et de la publicisation d’une nouvelle association) sur le dos d’une minorité sexuelle.

Prenez vos précautions !

Il est en effet étonnant que cette technique ne nous interroge dans le débat qu’aujourd’hui, pas tant comme technicisation de la reproduction entamée depuis au moins 1978 et le premier bébé-éprouvette, mais en tant qu’un des outils qui permet aux couples homosexuels d’accéder à la parentalité.

Soyons justes : les écologistes et les critiques de la technique (hormis Jacques Testart dont nous aurions dû relayer plus tôt la critique pour ne pas nous retrouver dans la nasse actuelle) s’intéressaient moins à ces techniques quand elles permettent à des couples hétérosexuels stériles de devenir parents. Nous ne pouvons imaginer qu’il s’agirait de s’abriter derrière ce discours critique pour justifier un inconfort devant l’idée qu’on puisse aimer et vouloir partager sa vie avec une personne de son propre sexe.

On peut, bien sûr, être contre la PMA, tout en n’étant pas homophobe. Cela revient à une figure connue : un•e anarchiste qui appelle à l’abstention est-il ou elle pour autant opposé•e au droit de votre des étranger•e•s ? Un e antimilitariste est-il contre l’accès des femmes à l’armée ? Nous savons dissocier la question de l’égalité et celle de la finalité des pratiques permises par l’égalité. Pourquoi ne le ferions-nous pas dans le cas de la PMA puisque nous ne sommes pas homophobes ?

Une fois cette première précaution prise, prenons-en une deuxième, pour ne pas traiter ce sujet à la truelle : prenons en compte la complexité de la réalité à laquelle s’applique le débat. Passer de la généralité des théories à leur confrontation à la complexité de la réalité technique, humaine, sociale.

Le texte de Jacques Testart nous montre qu’il y a une vraie complexité des techniques de PMA. Qu’il y en a plusieurs, mettant en jeu différents patrimoines génétiques, étant plus ou moins compliquées ou lourdes pour les parents. Qu’il y a la procréation aléatoire et la reproduction normative, etc.

Le savoir du scientifique nous intéresse. Nous voulons en savoir plus. Mais il y a aussi celui des sociologues de la famille, des pédopsychiatres, des philosophes, des militant•e•s et bien sûr, au premier chef, n’en déplaise à certains, des personnes concernées...

N’est-ce pas cela l’approche citoyenne de la science ? Celle que nous défendons dans les conventions de citoyens ou dans le combat antinucléaire ? Pourquoi cela ne serait-il plus le cas quand il s’agit de PMA et d’homosexuel•le•s ? Car si la PMA implique de faire appel au savoir du biologiste, le fait qu’elle s’applique à un groupe social précis – les familles, les couples, les personnes homosexuelles – implique de faire appel aux sciences humaines et à la parole des personnes.

Peut-on parler de ces techniques de reproduction sans travailler en même temps avec les sciences humaines, les études de genre, les études queer, l’anthropologie, qui nous ont montré à quel point la différence des genres était construite et renforcée par les sociétés humaines ? Avec les féministes qui nous avertissent des usages politiques de cette différence pour justifier les inégalités socio-économiques et la domination masculine ?

Les stéréotypes de genre et de race ne sont jamais mieux réactivés que par les sociétés en crise, et c’est le cas de la nôtre aujourd’hui, où les désarrois de la classe moyenne et l’écrasement des classes populaires par la fin de l’ère du pétrole bon marché peuvent être compris à la manière des désarrois concernant l’identité masculine, mise à mal par le féminisme et l’homosexualité. Il est certes réconfortant d’imaginer un monde où l’hétérosexualité serait le seul régime de relations amoureuses et sexuelles et où chacun•e serait à la place bien comprise où son sexe l’a assigné•e.

Pouvons-nous travailler ces questions sans intégrer des réflexions politiques et philosophiques sur les dominations, l’égalité, la justice ? Quid de la liberté individuelle, qui n’est pas l’alpha et l’oméga de notre pensée du politique, mais doit être prise en compte dans la société que nous souhaitons construire ? Quid de la variété et de la diversité humaines, dont nous déplorons la perte quand elles sont biologiques ?

Pour réfléchir à la PMA, il faut étudier la technique en question mais aussi ce qu’elle bouge ou non dans la société et dans le groupe qui y fera appel. N’est-ce pas dans son interaction, dans sa façon de s’appliquer à la réalité sociale, qu’on peut vérifier qu’une technique est conviviale ou non, cloisonnée ou systémique ?

Logique de l’outil et réalité sociale

Il est étonnant par exemple de voir dans un texte quasi pornographique un auteur (qui ne signe pas, mais dont on retrouve des exemples et des expressions dans le texte de Michel Sourrouille) projeter sur les homosexuel•le•s les fantasmes de sa propre sexualité (visiblement) hétérosexuelle, uniquement basée sur la pénétration (caresses et clitoris, connaît pas). Le voilà décrétant que celle des homosexuel•le•s ne serait pas « naturelle » (2), puisque différente de la sienne.

Exit les travaux de Foucault sur la scientia sexualis et l’ars erotica dans son histoire de la sexualité qui montre que la sexualité et ses configurations sont hautement culturelles et loin d’être des éternels naturels... Guère plus étudiées, les études scientifiques en la matière : la pénétration anale n’est, par exemple, pas le mode de relation sexuelle le plus pratiqué entre hommes gays (3) et il n’y a pas que les lesbiennes qui ont des godemichés...

Cette connaissance de la réalité sociale à laquelle s’applique la PMA est importante, par exemple pour savoir si une technique est « conviviale » ou non au sens d’Illich, dans la réalité de son application.

Jacques Testart avance ainsi – si nous avons bien compris - que la PMA créerait le besoin d’enfant pour les personnes homosexuelles en le rendant réalisable et que pour cela, en s’inspirant d’Illich, il y résiste : « Pour poursuivre la réflexion induite par Illich, "l’effet de seuil" en AMP se situe pour moi dans son recours soit hors stérilité (GPA pour les homos mais aussi "gardiennage" des ovules de jeunes femmes pour plus tard) ».

Cela correspond-il à la réalité sociale ? Le fait que 2000 enfants naissent déjà ainsi chaque année nous donne un terrain. Ce que nous pouvons observer des couples que nous avons accompagnés, c’est que la plupart du temps les couples ont ce désir en dehors de tout choix technique. Pour eux comme pour les hétéros, pour reprendre les beaux mots de Testart, « il n’y a ni caprice ni perversion, seulement l’expression ancestrale d’un désir obscur et partagé ».

Ils tentent les différentes possibilités qui s’offrent à eux : adoption, PMA, coparentalité... Et y réussissent plutôt : 15 000 à 350 000 enfants selon les études déjà dans des familles homoparentales. L’ouverture de la PMA en France, ne va sans doute pas, en elle-même, créer de nouveaux besoins. Elle ajoutera seulement un moyen possible pour un désir qui se serait de toute façon réalisé d’une manière ou d’une autre.

Elle va seulement éviter – et c’est déjà pas mal ! - que les couples aillent le faire en Espagne ou en Belgique, dans une grande situation d’inégalité économique, dans une dépense financière qui fait peser sur l’enfant une envie de « retour sur investissement » défavorable à son éducation... Mais les enfants sont déjà là, et l’auraient été de toutes façons. Ils auront juste à faire moins de chemin. N’est-on pas pour la réduction des mobilités inutiles ?

En dehors de cette dernière plaisanterie, cela nous amène à une réflexion sur la logique de l’outil : sans doute avons-nous trop tendance à la penser en dehors de son contexte social d’utilisation et en omettant ce que les usager•e•s en feront ou les contraintes sociales qu’elle rencontrera.

Nous le faisons spontanément pour l’automobile : nous ne la pensons pas de la même manière en ville et à la campagne, selon qu’il s’agisse d’un taxi ou d’une voiture individuelle. Pourquoi pas cette intelligence pour la PMA ?

Mais de manière générale, le filtre des dominations de classe, de genre, de race sont les grandes absentes de la réflexion écologiste sur la technique.

Technique systémique : la paille et la poutre

Michel Sourrouille fait grand cas de la classification de Theodore J. Kaczynski entre la technologie cloisonnée (au niveau de petites cellules circonscrites, grande autonomie et ne nécessitant pas d’aide extérieure) et technique systémique (s’appuyant sur une organisation sociale complexe, faite de réseaux interconnectés).

En gros, la première serait acceptable, pas la seconde, et c’est par ce qu’elle appartiendrait à la seconde catégorie que la PMA devrait être condamnée : « Appliquons maintenant notre raisonnement – trop de complexité nuit à la durabilité – à la procréation médicalement assistée. » Internet, la télévision, la radio, la presse écrite... ne sont-elles pas des techniques systémiques ? Michel Sourrouille n’a-t-il pas publié son texte sur un site Internet et ne lui répondons-nous pas sur ce même support ?

Il nous semble léger de condamner une technique sur cette simple base. C’est bien la difficulté de notre époque : l’omnipotence et omniprésence des techniques systémiques. On est à la limite de la tautologie : pour Ellul, la technique qui fait problème c’est celle qui fait système. Et c’est bien parce qu’elle fait système qu’il est difficile de la faire reculer. Mais pourquoi alors s’en prendre à celle là – dont l’élargissement ne va concerner que 2 à 3000 enfants – et pas Internet ou la télévision qui en lobotomisent tous les jours bien plus ? Pourquoi le faire justement quand elle s’ouvre à une minorité sexuelle ?

Transcendances laïques

Un autre risque nous apparaît à la lecture de ces textes, que nous avions pointé dans le passé dans les pensées (4) de Vincent Cheynet et Paul Ariès (ce dernier a changé de position depuis) : celui de faire appel à une transcendance pour trancher la question.

En lisant les textes évoqués, nous avons l’impression de trouver en milieu laïcs certaines des tournures de nos adversaires religieux conservateurs. Dans ces milieux, les choses sont simples : l’homosexualité ne correspond pas au « projet de Dieu » (que eux seuls connaissent, trop forts !), il faut la condamner.

Là, d’autres concepts sont invoqués – y compris par un député PS ou un ancien socialiste passé à EELV – comme des transcendances aussi indépassables et incriticables que la transcendance technique : la différence des sexes, la barrière des espèces, l’œdipe, l’ordre naturel, le genre humain, le normal, la nature... Qui définira leur contenu ? Leurs limites ? Qui se fera le grand prêtre de ces boites fourre-tout et dira qui tombe dedans et qui tombe à côté ? Qui a droit à la PMA et qui n’y a pas droit ?

Rien que sur la nature, de quoi parlons-nous ? De la nature conservatrice selon un Robert Hainard qui pensait que la nature existait identique de tout temps à jamais (comme « La-Femme », « L-Homme » etc.) ? De la nature subversive d’un Serge Moscovici qui montrait que la nature avait une historicité et que la coupure humain-nature était d’abord le résultat d’une histoire humaine de la nature ? De la création chrétienne comme pensée métaphysique ? De la nature critiquée comme une notion occidentalo-centrée, coupure colonialiste arbitraire avec les êtres vivants non-humains, comme nous l’apprennent l’anthropologie et la philosophie de la nature, en lien avec les peuples d’Amérique du Sud ?

De même, le terme de technique que nous utilisons à tout bout de champ. Les lecteurs et lectrices d’Ellul savent qu’une des difficultés est qu’elle n’est jamais réellement définie mais saisie par ses effets. C’est une position critique, qui constate ce que fait la technique. Elle critique radicalement ses effets, bien plus qu’elle ne met au pilori telle ou telle méthode (« le tire-bouchon n’est pas l’ennemi ! »).

Le risque de remplir La Technique d’un contenu précis, c’est d’en faire l’idole, un négatif parallèle de la transcendance... et de raisonner avec des grosses boites, trop grosses pour ne pas écraser les personnes et l’intelligence...

Nature fantasmée, technique incertaine...

Cet appel inquiétant aux transcendances montre une étrange alliance – que personnalisent des soi-disant « Chrétiens indignés » ou « Poissons roses », faux chrétiens de gauche, vrais réacs – entre certains écolos et les plus conservateurs de la théologie catholique romaine : dans les exigences d’égalité des personnes et des couples homo, il y aurait une hubris, un mépris de la Nature. Qui ne porterait pas seulement sur les questions débattues en ce moment (le droit à l’adoption et à la PMA qui pourraient être acquis suite à l’extension des droits des personnes LGBT) mais sur l’homosexualité en tant que telle.

La sexualité entre femmes ou entre hommes serait moins naturelle que l’hétérosexualité ? Dans certains textes, les auteurs (en recherche d’une hypothétique « nature de l’homme ») s’y prennent les pieds : une ligne disant que « le comportement des humains n’est pas fixé par la nature, mais par la culture », puis quelques lignes plus bas que « la nature nous a fait homme et femme pour faire l’amour ensemble, sinon nous serions unisexe » ! Le roulis donne la nausée...

D’où vient cet appel à une Nature fantasmée, à une Biologie naïve ? Quand bien même aucune relation entre individu•e•s de même sexe ne serait documentée chez aucune espèce de mammifère (ce qui est loin d’être le cas !), le registre qui confond naturel et bon, et artificiel et mauvais, ne serait-il pas une manière simpliste d’ordonner le monde ?

Les écolos disent ce qui est juste et bon, et comme les grands prêtres de l’Ancien Israël affolés par les écoulements des femmes (qui s’ils ne sont pas contrôlés vont entraîner un nouveau déluge !), ils et elles commenteraient les différentes positions sexuelles pour déterminer laquelle est la plus « naturelle », donc la plus irréprochable moralement ? La capote, oui, mais pas la pilule, en latex équitable et bio, et dans la position du missionnaire...

Quel rôle faisons-nous tenir à la Nature dans notre discours pour pouvoir désavouer le mode de vie d’une part importante de notre humanité ? Quel est ce retour du biologique fantasmé qui veut réordonner le monde, qui nous dit que le vrai père d’un enfant est celui qui lui a donné son spermatozoïde et pas celui qui l’a élevé ? Il faut revoir de toute urgence les films de Pagnol !

Questions sur les questions

Une fois déblayés ces gravats, peut-être pouvons-nous alors accéder aux nœuds des questions compliquées. A celles qui méritent d’être poursuivies par l’échange. On pourrait aussi discuter l’idée que (comme le défend Jacques Testart) la PMA serait légitime pour soigner la stérilité mais pas comme technique procréatrice. Réfléchir si l’effet de seuil se trouve vraiment là. Sauf que.

La PMA (sauf si on y inclut la chirurgie réparatrice des trompes de la mère, mais est-ce de la PMA ?) ne soigne à proprement parler aucune stérilité : le couple stérile avant la naissance par PMA le sera encore après. La PMA est bien, dans le cas des couples hétérosexuels comme des couples homosexuels, une technique palliative pour faire naître des enfants. Pourquoi une réponse différente à un problème plus similaire qu’il n’y paraît ? En droit français, deux situations identiques doivent se voir appliquer une même réponse juridique. Une fois les couples mariés, pourquoi y-aurait-il une différence ?

Cela veut-il dire que nous défendions la PMA à tout crin, comme nous en soupçonne déjà certains lecteurs ? Pas forcément. Mais nous ne voudrions pas la condamner pour de mauvaises raisons. Ainsi, d’un point de vue humain, on peut s’interroger sur les conséquences pour les couples d’un niveau d’échec de plus de 80 % des parcours en PMA.

Des couples ont renoncé au projet d’enfant, puis pensent à la PMA et y croient à nouveau à fond (le facteur psychologique de réussite : il faut y croire !). Puis sont déçus dans 8 cas sur 10. Comment un couple résiste-t-il à un tel yoyo ? Quel pourcentage de séparations à l’issu d’un tel lessivage ? Faut-il plus de moyens pour plus de réussite, comme le demande le docteur Frydman ? Ou contester (avec les féministes et l’éthique protestante de la famille quand elle n’a pas rendu les armes face aux évangéliques) l’idée qu’un couple ne serait légitime que parent ?

Nous voulons critiquer cette norme de « un papa, une maman, des enfants » pour laquelle les médias, l’Église catholique, le code civil (lecture obligatoire des articles sur les enfants au moment du passage en mairie !) et les zélateurs de la PMA se tiennent la main... en tenant le plus loin possible les couples homos qui n’ont comme tort que de vouloir être comme tout le monde.

Une autre question se profile de manière dangereuse compte tenu des évolutions de la génétique : la calibration de l’enfant à naître. Comment penser toutes les pratiques basées sur la PMA qui tendent à sélectionner les caractéristiques des enfants à naître (et qui sont déjà présentes avec le choix des donneurs et donneuses de sperme ou d’ovocytes) (6) ?

Une prise de position n’est pas un jeu

On le voit, les débats sont en série et ne peuvent se régler d’un coup de goupillon au nom d’un discours surplombant anti-technique. Une prise de position sur ce sujet ne peut pas se faire uniquement sur la base d’une critique de la technique. Pas plus qu’une critique de la bagnole ne peut faire l’économie d’une critique de la géographie capitaliste de la ville ou de la question de la reconversion des usines.

Nous nous étonnons d’une certaine légèreté dans les prises de position que nous discutons. Prendre position ne devrait pas être un exercice de style, une publicisation gratuite de soi et d’une nouvelle association. Car elle n’est jamais sans conséquence sur les débats et la réalité.

D’abord parce que l’inégalité des droits est toujours une violence concrète faite à des personnes réelles et que si on doit la défendre, on devrait toujours le faire avec une extrême prudence car sa défense même produit une violence psychologique (et à vrai dire, nous ne voyons jamais aucun cas où elle se justifie).

Ensuite parce que le débat est loin d’être tranché. Les sondages donnent une opinion très favorable au mariage, moins à l’adoption et à la PMA. Le Parti socialiste a déjà – quelle surprise ! – reculé en scindant le projet en deux, alors que PMA et statut du beau-parent auraient du se trouver dans le même wagon (et ça aurait été le meilleur de moyen de favoriser les projets « bios » de co-parentalité (4) contre la technicienne PMA).

Dans ce contexte fragile quels seront les dégâts créés par des médias relayant, dans leur frénésie technicienne ignorante de la finesse de la pensée, une « info » du genre « Jacques Testart est contre » ? Et cela a commencé...

Les critiques de la technique sont-ils et elles obligé•e•s de se laisser piéger par la politique technicisée – l’illusion politique ! – qui veut que l’on tombe dans le fonctionnement technicien du « un problème, une réponse », « un débat, une position » ? Un groupe de réflexion est-il obligé d’adopter les mauvaises manières des partis politiques, obsédés par la publicité, le rapport de force, la petite phrase et la prise de position obligatoire donc le contraire de la pensée ? Les critiques de la technique – comme des religieux – ne seraient-ils pas plus utiles à faire réfléchir qu’à choisir un camp... au demeurant le plus mal fréquenté !

L’écologisme est à la croisée des chemins. Elle fut un mouvement social qui apprenait des mouvements féministes, homosexuels ou régionalistes pour remettre en cause les évidences de l’industrie, de la bourgeoisie, de la technique et du capitalisme. Une articulation entre monde naturel et monde social, aussi attentive à la domination de l’être humain sur la Nature qu’à la domination que des êtres humains peuvent exercer sur d’autres. Aussi prompte à dénoncer le capitalisme qu’à refuser un socialisme productiviste.

L’égalité entre les personnes, leur autonomie, la préservation de la diversité humaine, tant culturelle que sexuelle, nous tiennent à cœur et c’est au nom de ces valeurs, tout aussi importantes à nos yeux que la préservation de l’environnement, que nous sommes favorables au mariage et à la parentalité homosexuelles.

La PMA pour tous ou plus de PMA du tout ! Le droit pour tou•te•s à être soldat ou plus d’armée du tout !

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Notes

(1) « La volonté des gays et lesbiennes d’avoir un enfant n’est qu’un symptôme de cette dérive de la pensée qui découle à la fois du libéralisme moral (tout découle de la volonté humaine) et de la technique extrême (tout est possible) (…) Il existe même actuellement un cas de lesbiennes aux États-Unis qui font prendre des hormones à leur fils dans l’attente de l’opération qui fera de lui l’objet de leur espérance, une fille. Où est la limite à notre volonté de toute puissance favorisée par les avancées technoscientifiques ? » - Citation du texte de Michel Sourrouille.

(2) « Sexe et enfant, l’homosexualité en lutte contre la nature »

(3) Institut national de veille sanitaire, ANRS, avec la presse gay, Recrudescence des prises de risque parmi les gays

(4) Stéphane Lavignotte, La décroissance est-elle souhaitable ?, Textuel, 2008.

(5) La coparentalité est la situation où un couple d’hommes et un couple de femmes se mettent ensemble pour concevoir et élever un enfant. Il y a ainsi deux parents de sexe et genre différents et deux beaux-parents participant à l’éducation. La question est de savoir comment ne pas laisser ces situations dans le vide juridique et comment donner un statut aux beaux-parents, des droits et des devoirs qui permettent de sécuriser le cadre au profit de la tranquillité de l’enfant. Cette évolution juridique profiterait également aux familles recomposées hétérosexuelles.

(6) Voir Catherine Bourgain, L’ADN, superstar ou superflic. Les Citoyens face à une molécule envahissante. Le Seuil, 2013.

Les experts du FMI avouent une incroyable erreur Arnaud Bouillin et Laurent Neumann (Marianne) Reporterre 2013/01/18 Arnaud Bouillin et Laurent Neumann (Marianne) (18 janvier 2013) Les experts du FMI avouent une incroyable erreur. Reporterre. fr

Les experts du FMI avouent une incroyable erreur

Le principal bailleur de fonds de la planète vient d’admettre sa faute : il a gravement sous-estimé les effets néfastes des cures d’austérité qu’il préconise. « Simple erreur de calcul », dit-il, mais dont les conséquences sont dévastatrices. Or, devinez quoi : les tenants de la rigueur continuent à faire comme si de rien n’était...

L’aveu est incroyable, presque inimaginable. Quatre ans après le déclenchement de la Grande Crise qui secoue les économies occidentales avec une violence sans égale depuis 1929, l’un des plus grands économistes de la planète, en l’occurrence le directeur du département Recherche du Fonds Monétaire International, vient de publier un rapport dans lequel il avoue que le FMI - et avec lui, l’ensemble des dirigeants européens, ministres des finances, Banque centrale, Commission européenne… – ont gravement sous-estimé les effets néfastes des politiques d’austérité infligées aux Etats les plus endettés.

Oui, vous avez bien lu : Olivier Blanchard, l’une des sommités économiques les plus renommées au monde, admet noir sur blanc, dans un rapport de 43 pages rendu public le 3 janvier dernier, que le FMI s’est trompé sur toute la ligne. Et la faute provient d’une simple erreur de calcul, sur un coefficient bien connu dans la discipline : le multiplicateur.

Entre 1970 et 2007, les prévisionnistes du FMI avaient constaté que 1% de dépense publique en moins – ou d’impôt en plus – entraînait, en moyenne, 0,5% de croissance en moins dans les pays avancés. Soit un multiplicateur de 0,5, qu’ils ont doctement retenu dans les travaux préparatoires aux plans d’aide à la Grèce ou au Portugal. Mais ça, c’était avant la crise et son lot d’incertitudes qui perturbent le comportement des consommateurs.

Dans son « Panorama de l’économie mondiale » publié en octobre dernier, le FMI a d’abord reconnu, au détour d’une page repérée par les seuls spécialistes, que les multiplicateurs actuels pouvaient être compris « entre 0,9 et 1,7 ». C’est-à-dire entre deux et trois fois plus !

L’étude détaillée d’Olivier Blanchard, (« Growth forecast errors and fiscal multipliers »), confirme la bévue. Les conséquences sont abyssales : en obligeant les gouvernements d’Europe du Sud à réduire drastiquement les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités, le FMI a fait plonger la demande intérieure deux à trois fois plus vite que prévu.

La suite, hélas, est connue : faillites en série, explosion du chômage et manifestations monstres dans les rues d’Athènes ou de Lisbonne. Comme le dit le proverbe japonais, « si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou »…

Hubert Reeves écrit à Arnaud Montebourg contre un permis minier en Guyane Audrey Chauvet (20 Minutes) Reporterre 2013/01/18 Audrey Chauvet (20 Minutes) (18 janvier 2013) Hubert Reeves écrit à Arnaud Montebourg contre un permis minier en Guyane. Reporterre. fr

Hubert Reeves écrit à Arnaud Montebourg contre un permis minier en Guyane

Le célèbre astrophysicien appelle le ministre du Redressement productif à préserver le territoire guyanais de l’orpaillage...

Le permis Limonade a mis de l’eau dans le gaz. Accordé par un arrêté du 26 octobre dernier signé par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, il autorise la société française Rexma à exploiter l’or de la rivière Limonade, proche du village de Saül. Or cette zone est très proche du parc national amazonien et pourrait causer de graves dommages à l’environnement et à la population, selon les opposants au projet.

Destruction d’espèces

Les gestionnaires du parc national ont estimé que la mine entraînerait « la destruction inévitable de milieux naturels préservés » et de « nombreuses espèces de vertébrés protégés », parmi lesquels 35 espèces d’oiseaux dont l’ibis vert, le duc à aigrettes et la chouette mouchetée.

Dans les villages avoisinants, les avis sont partagés : si certains s’inquiètent de la pollution de la rivière et de la déforestation de la zone, d’autres espèrent que les soixante-dix emplois que doit créer la mine profiteront aux populations locales. Les entreprises minières, elles, rappellent qu’il vaut mieux accorder des permis à des opérateurs légaux que de laisser faire les orpailleurs clandestins.

Du côté des ONG écologistes, la réaction est unanime : non au permis Limonade. France Nature Environnement (FNE), la Fondation Nicolas Hulot (FNH) et WWF ont demandé son annulation et ce mercredi, c’est Hubert Reeves, l’astrophysicien président de l’association Humanité et Biodiversité, qui a pris sa plume pour écrire à Arnaud Montebourg.

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Lettre de Hubert Reeves

Paris, le 16 janvier 2013

Monsieur le ministre,

En ce début d’année, les problèmes auxquels votre gouvernement doit faire face sont nombreux, votre ministère n’est pas épargné. Ainsi votre décision concernant une mine d’or en Guyane est fortement contestée par des scientifiques connaisseurs du dossier.

Mon propos se veut le partage de pensées inspirées par certaines situations que les responsables politiques ont à prendre en compte quand elles concernent

- des territoires qui ont un projet économique tout-à-fait pertinent qu’une décision prise sans eux contrarie,

- des territoires de peuples autochtones, ces populations dont l’identité culturelle est distincte de la nôtre.

Dans le premier cas, comme à Saül, l’éco-tourisme est le moteur économique choisi par le village qui, à l’unanimité de ses habitants, a refusé avec une logique et une cohérence incontestables, l’installation d’une exploitation minière.

Dans le second, ces peuples se savent appartenir à la biodiversité alors que nous nous comportons comme si nous étions en dehors.

Dans les deux cas, nos décisions de développement sont des obstacles à leur propre conception du présent et de leur avenir.

Les habitants connaissent la biodiversité de leur lieu de vie. Ils veulent la défendre et pour beaucoup la protègent déjà alors que nous prenons seulement conscience qu’elle est notre assurance-vie et commençons à souscrire à l’idée de la préserver. Contrairement à nous, ils interagissent avec les autres espèces vivantes sans les faire disparaître.

L’établissement de zones protégées ne peut suffire à assurer la préservation de la diversité biologique. S’il importe à nos yeux qu’elles soient respectées, il importe aux leurs que leur milieu de vie le soit, au-delà des limites administratives d’une aire de protection officielle.

Ce milieu qui est d’abord le leur, ils en connaissent et respectent les dynamiques assurant la pérennité de leur choix de vie.

Ne pourrions-nous préserver de l’orpaillage le territoire pouvant faire vivre, dans un développement durable, les villageois de Saül ?

Voilà, Monsieur le ministre, le voeu que je vous présente.

Avec espoir

Hubert Reeves, Président de « Humanité et biodiversité »

L’inquiétant incident de la centrale de Penly qu’EDF voulait étouffer Alain Corréa Reporterre 2013/01/18 Alain Corréa (18 janvier 2013) L’inquiétant incident de la centrale de Penly qu’EDF voulait étouffer. Reporterre. fr

L’inquiétant incident de la centrale de Penly qu’EDF voulait étouffer

Un incident le 5 avril 2012 à la centrale de Penly, et voilà un réacteur arrêté pour plusieurs mois... EDF a tenté de banaliser l’’événement. Qui se rèvèle très instructif lorsqu’on reconstitue les circonstances qui l’ont produit.

Le 5 avril 2012 s’est produit dans la centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe, un incendie maitrisé dans le bâtiment réacteur, avec un fort dégagement de vapeur. Une pompe primaire est devenue inutilisable et un des deux réacteurs nucléaires s’est arrêté automatiquement.

Pour découvrir la véritable origine de ce coûteux incident, il fallait être présent le 19 décembre à Dieppe à 18h30, là où la CLIN (Commission Locale d’Information sur le Nucléaire) tenait sa toute première réunion publique. 70 personnes étaient présentes.

Ce n’est qu’à une heure avancée de la soirée que le public a pu, enfin, s’emparer du micro.

Et à la question de savoir pourquoi l’incident avait commencé le 4 avril à 3 h 41, le directeur de la centrale nucléaire commença par répondre qu’un opérateur avait d’abord arrêté un ventilateur, puis mis une pompe de graissage en route.

Sans plus de précision.

Déclencher une pompe dans une centrale nucléaire est d’une grande banalité.

Mais, ce que le directeur omettait sciemment de préciser, c’est que l’opérateur avait bien arrêté le ventilateur comme prévu, mais que treize secondes auparavant, il avait mis en marche par erreur la petite pompe hydraulique de soulèvement 2RCP111PO. Action qui n’était pas du tout prévue…

Cette pompe, à déclenchement automatique, est censée ne fonctionner que quelques minutes lors du démarrage d’une des quatre très grosses pompes primaires qui refroidissent le cœur du réacteur. Or, elle a fonctionné plus de trente heures sans que les opérateurs en salle de commande s’en rendent compte.

Non prévue par le constructeur Jeumont-Schneider, cette durée a été fatale à l’un des joints ; trop sollicité et mal positionné lors du montage en usine, il a fui sur les canalisations brûlantes du circuit primaire, avec les conséquences qui se sont produites le 5 avril : arrêt du réacteur pour plus de 3 mois, manque à gagner de plus de 150 millions d’euros, sans compter la réparation de la pompe primaire (8 mètres de haut, 110 tonnes, brassant 6.000 litres d’eau par seconde).

Récapitulons :

- Une première conclusion évoquant l’erreur humaine est officialisée le 21 juin 2012 devant le HCTSIN (Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire). Personne n’a communiqué sur cette information.

- Celle-ci est confirmée en novembre, lors d’une commission technique de la CLIN Paluel-Penly / EDF /ASN, mais sans faire, là encore, l’objet d’aucune communication.

- La vérité apparaît enfin grâce aux associations, à l’occasion de la première réunion publique du 19 décembre ; on voit donc toute l’utilité de cette institution locale, à condition de savoir la stimuler et de pousser EDF dans ses retranchements, qui ne communique qu’à dose homéopathique ou dos au mur.

- Tout comme dans l’aviation civile où 70% des accidents sont dus au facteur humain, ici aussi les mêmes causes produisent les mêmes effets : personnel EDF jeune et nouvellement formé, travailleur isolé à trois heures du matin, opérateur utilisant une « boite à boutons » au fonctionnement trompeur aux dires mêmes du directeur de la centrale et d’un de ses ingénieurs.

Au vu du rapport officiel du HCTISN du 21 juin reprenant des documents EDF, on peut légitimement, se poser quelques questions.

Comment et pourquoi, un agent d’EDF, censé connaître les installations, a-t-il pu commettre une telle erreur ?

Cela dit, l’erreur est humaine, mais :

Comment se fait-il qu’il ne s’en soit pas rendu compte lui-même ? Comment se fait-il que personne ne s’en soit rendu compte pendant plus de 30 heures ? Le directeur nous a pourtant parlé de « pré-job briefing » qui permet à l’opérateur de préparer son intervention avec ses pairs. Il a également été question de communication sécurisée : l’opérateur confirme son intervention en direct à son équipe et se fait confirmer ses effets via la salle de commandes.

Comment se fait-il que personne n’ait relevé l’erreur ? Quelqu’un aurait-il caché quelque chose ? Un dysfonctionnement technique aurait pris le pas sur l’action humaine ?

EDF doit se recentrer sur la formation de son personnel, dont le renouvellement et la connaissance des installations, pour certaines vieillissantes, semblent perfectibles.

A cause des départs en retraite, sur la centrale de Flamanville par exemple, en 2015, 50 % des effectifs auront été renouvelés. On peut craindre une perte substantielle de mémoire du lieu et de tous ces détails qui en assurent le bon fonctionnement et la sécurité au quotidien. Voir ici.

Au sein des 58 réacteurs nucléaires qui nous ont été imposés, ces femmes et ces hommes, avec les trop nombreux sous-traitants, sont les garants de la sécurité du peuple français et de plusieurs millions d’européens. Une charge lourde de responsabilités et un enjeu qui ne peuvent souffrir la moindre défaillance.

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Pour en savoir plus :

Collectif Stop-EPR, ni à Penly, ni ailleurs, membre de la CLIN Paluel-Penly.

Le rapport du HCTISN (Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire).

Le rapport de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) sur l’incident du 5 avril qui ne mentionne pas l’erreur humaine.

C’est quoi, l’interculturalité ? Audrey Zoure Reporterre 2013/01/19 Audrey Zoure (19 janvier 2013) C’est quoi, l’interculturalité ?. Reporterre. Culture et idées fr

C’est quoi, l’interculturalité ?

ECOUTER ICI

Audrey Zoure était en 2009 étudiante à Montpellier en sciences de l’éducation.

Deux millions d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012 Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/01/19 Hervé Kempf (Reporterre) (19 janvier 2013) Deux millions d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012. Reporterre. Économie fr

Deux millions d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012

Xavier Huillard, PDG de Vinci Xavier Huillard est le PDG de Vinci, le groupe qui veut construire un aéroport à Notre Dame des Landes. Il s’est encore enrichi en 2012. En achetant et en vendant les actions de son groupe, grâce au mécanisme des stock-options, il a reçu plus de deux millions d’euros, en sus de sa rémunération.

C’est l’agence Reuters qui a sorti l’information, au début de l’année : Xavier Huillard, le PDG de Vinci, a levé un paquet de stock-options en 2012. Intéressant et bien vu, même si personne n’en a parlé. Bravo, collègue.

Mais il y avait quelque chose que je ne comprenais pas bien dans la dépêche, dans le jeu entre achats et reventes d’actions, et les chiffres ne me paraissaient pas clairs. Alors j’ai repris les données, en saluant le camarade de Reuters qui a ouvert la voie.

Comment savoir ?

Légalement, les dirigeants des grandes entreprises doivent déclarer leurs opérations sur les actions de leurs propres entreprises auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). C’est une obligation prévue par l’article L-621-18 du Code monétaire et financier.

Très bien. On va donc sur le site de l’AMF. Ah ? Où chercher ?

Il faut cliquer dans la colonne de gauche sur « Décisions et informations financières ».

Une colonne s’ouvre, et il faut cliquer sur « Décisions et informations de l’AMF ».

On se retrouve ici.

Alors là, on regarde le ruban bleu en haut de la page, et on distingue un mince bandeau où plusieurs onglets sont proposés. Il faut cliquer sur « Accès par société ».

On voit ceci : un joli formulaire où on va indiquer le nom de la société et la période à étudier.

Bon, on va inscrire « Vinci », en pensant à cliquer « Index » à droite pour bien choisir « Vinci » parmi trois possibilités.

On va inscrire du 1 janvier 2012 au 1 janvier 2013, et voici qu’apparait, un tableau. On va cliquer sur l’onglet « Déclaration », et voici que surgit, normalement, cette splendide liste.

Bravo !

Sauf que là, on n’a fait qu’une partie du travail. Parce qu’il faut ouvrir tous les avis les uns après les autres - il y a en 43 -, et noter à côté les opérations de ces messieurs. Car si Xavier Huillard, le président a été très actif (c’est formidable que parmi toutes ses occupations, cet homme trouve encore le temps de vendre et d’acheter les actions de la société qu’il dirige), le directeur financier de Vinci, Christian Labeyrie, ne l’est pas moins.

Chaque fiche va avoir cette allure : http://www.amf-france.org/inetbdif/....

Et là, pas d’autre solution que de prendre une feuille et de noter précisément les opérations, qui consistent soit en « exercice de stock-options » (le dirigeant achète des actions à un cours défini à l’avance), soit en « cessions » (il les vend au prix du marché). Comme le prix du marché est supérieur au cours défini à l’avance pour les stock-options, le dirigeant empoche la différence. Elle n’est pas belle, la vie ?

On prend les fiches une à une, en laissant de côté celles concernant Christian Labyerie. Ce qui nous donne pour Xavier Huillard :

- Cessions : avis dont les numéros se terminent par 3845, 3844, 3943, 3669, 2272, 1721, 1027, 0628, 0060.

- Exercice de stock-options : avis dont les numéros de terminent par 5318, 3842, 2543, 2273, 0061.

Ensuite, on prend la calculette (il faut vraiment tout faire, ici !), on additionne, on soustrait, ce qui nous donne :

- Cessions : 5.278.419 €.

- Exercice de stock-options : 3.178.133 €

- Gain : 2.100.286 €

Plus de deux millions d’euros ! Très bien... Et qui s’ajoutent à sa rémunération de l’ordre de 1,8 millions d’euros, selon le Journal du Net.

Voilà aussi pourquoi on veut construire des aéroports...

Si une erreur s’était glissée dans le calcul, que Xavier Huillard n’hésite pas à me contacter, je me ferais un plaisir de rectifier.

Contre le puçage électronique des moutons et des humains Pièces et main d’œuvre Reporterre 2013/01/19 Pièces et main d’œuvre (19 janvier 2013) Contre le puçage électronique des moutons et des humains. Reporterre. Tribune — fr

Contre le puçage électronique des moutons et des humains

Du 28 janvier au 1er février 2013, nous marcherons dans la Drôme avec les éleveurs et leurs troupeaux, contre le puçage électronique des moutons et des hommes. Vendredi 1er février 2013 au matin, les moutons et les hommes vous appellent à les rejoindre pour manifester à Valence jusqu’à la préfecture.

Depuis les années 2000, une technologie dissimulée et disséminée révolutionne nos vies à notre insu. Rares sont ceux qui connaissent l’acronyme RFID (Radio Frequency Identification).

Les puces RFID sont des tatouages électroniques. Elles permettent d’identifier et de suivre un objet ou un être vivant parmi tous les autres, à distance. Minuscules, elles s’intègrent à la matière (papier, verre, tissu, plastique, etc.) et transforment ce – ou celui - qui les porte en objet communicant. En objet. Repérable et traçable par les détecteurs placés dans l’environnement, pour une gestion optimisée des flux et des stocks, de marchandises, d’animaux ou d’humains.

Les RFID sont partout. Dans nos papiers d’identité, nos cartes de transports, les livres des bibliothèques, les arbres des villes, les pass sans contact, des vêtements et produits de consommation. Elles sont aussi sous la peau des animaux domestiques et d’élevage, et de milliers d’humains pucés, volontairement ou par obligation.

Le but de l’industrie électronique, des gouvernements et des vendeurs de tout et n’importe quoi, est de pucer toute chose sur Terre : objets manufacturés, décors urbains, réseaux, paysages « naturels », infrastructures, bâtiments, êtres vivants. Par exemple, nos compteurs électriques.

Les fameux « Linky » permettront de savoir à la minute ce que nous faisons chez nous, de relever notre consommation à distance – et de couper l’électricité pour défaut de paiement. Flicage, automatisation, suppression des rapports humains, et des humains eux-mêmes. Ou encore les téléphones portables. Pour vous envoyer, de façon ciblée, les publicités des boutiques ou lieux près desquels vous passez.

Les machins électroniques seront partout, et partout ils nous remplaceront. L’humain est le maillon faible de la machinerie économique, trop aléatoire, fragile, incontrôlable. Pour optimiser et rentabiliser tous les aspects de nos vies, les puces – connectées au système informatique de collecte et de traitement de leurs milliards d’informations - agiront à notre place.

Ce projet d’automatisation et de pilotage centralisé de la société-fourmilière a été nommé « planète intelligente » par IBM, qui vend au pouvoir et aux entreprises les systèmes de puçage et de gestion des données. Après le contrôle et la surveillance, nous voici dans la société de contrainte.

Depuis 2012, les éleveurs de moutons et de chèvres sont contraints de mettre une puce RFID à leurs animaux. Pour une gestion informatisée du troupeau. Vous trouvez indigne de traiter les bêtes comme des conserves de supermarché ? De les « biper » pour les nourrir, les soigner, les déplacer ? On fait aux animaux ce que l’on fera aux hommes. Certains déjà « scannent » leur bras pour s’identifier à l’entrée de leur banque ou pour payer leur bière en boîte de nuit.

Sans puce sous la peau, mais pris dans le filet de centaines de mouchards autour de nous, quelle liberté, quelle dignité, quelle autonomie nous resteront ? Voulons-nous laisser la conduite de nos vies à des systèmes automatisés ? Ou voulons-nous encore du hasard, de l’imprévu, de l’improvisation, de l’inconnu ?

Nous refusons de déléguer notre existence aux automates. Nous n’avons pas besoin de machines, mais d’humanité. C’est maintenant qu’il faut refuser la dissémination des RFID : soutenez les éleveurs réfractaires, boycottez les entreprises et magasins qui pucent leurs produits et services (renseignez-vous auprès des employés) et appelez vos proches au boycott, refusez le compteur Linky et les pass sans contact, et faîtes connaître les raisons de votre refus.

Débranchons-nous.

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Pour en savoir plus

RFID : la police totale. Puces intelligentes et mouchardage électronique, Pièces et main d’œuvre (Editions l’Echappée, 2008 et 2011)

RFID : la police totale, le film, par Subterfuge et Pièces et main d’œuvre (28’). A voir ici.

Mouton 2.0 – La puce à l’oreille, un film d’Antoine Costa et Florian Pourchi. Projections et DVD.

Les sites www.piecesetmaindoeuvre.com - http://nanomonde.org - http://contrelepucage.free.fr

A Trouville, Gérard Depardieu fait détruire un site naturel Michel Vincent Reporterre 2013/01/21 Michel Vincent (21 janvier 2013) A Trouville, Gérard Depardieu fait détruire un site naturel. Reporterre. fr

A Trouville, Gérard Depardieu fait détruire un site naturel

Depuis ses origines, Trouville doit son charme et sa popularité à son mariage harmonieux avec la campagne et la mer.

Il y a peu encore, la ville avait su sauvegarder cette délicate osmose. Un de ses joyaux était le vallon de Callenville, dont la nature champêtre venait dispenser ses bienfaits jusqu’au centre de la cité, à deux pas de la place du Pont, où une ferme-camping permettait à une clientèle populaire de savourer, après les plaisirs de la plage, un verre de lait frais.

Un peu plus haut, un artisan horticole venait renforcer cette alliance ancienne entre le paysan et le citadin. Au cœur du vallon, parmi quelques rares et discrètes villas, une autre ferme bocagère abritait d’un écrin de haies vives une petite route qui serpentait parmi des prairies plantées de pommiers, où paissaient paisiblement des vaches et leurs veaux.

Ce paysage typiquement normand, façonné par des générations de fermiers, abritait alors une faune et une flore d’une richesse exceptionnelle. Au printemps, près des chemins creux, bordés de hauts talus où fleurissaient la jonquille et l’aubépine, les mares s’animaient des ébats des grenouilles, des tritons et des premières libellules.

Puis, l’éclosion d’une arche d’insectes, scarabées, hannetons, coccinelles, faisait le bonheur de la musaraigne, de l’orvet, du hérisson et d’un orchestre d’oiseaux dont les arbres creux, trognes ou têtards des haies, abritaient les couvées. Plus tard, à la lisière de l’été et du jour, la marche du promeneur, se gorgeant des parfums d’herbes et de fleurs, n’était guère distraite que par le bourdonnement d’un lucane cerf-volant ou le hululement vibrant d’une chouette hulotte, cachée dans le lierre touffu d’un vieux chêne.

Hélas, ces dernières années, cet endroit paisible et préservé a bien changé.

Les prairies du camping et le jardin horticole, vendus à des sociétés immobilières, ont laissé la place à des immeubles et lotissements plutôt luxueux, inaccessibles à la clientèle modeste et joyeuse, jeune souvent, qui savait l’apprécier.

Le bocage fermier, peu favorisé et entretenu, a vu décroître son élevage, s’assécher ses mares, remplacées par des abreuvoirs métalliques, dépérir ses haies, alors que le calme chemin voyait rapidement croître un trafic automobile favorisé par l’implantation sur le plateau proche d’une zone d’activité industrielle et d’un onéreux lycée privé.

Or, à la lecture d’un récent P.L.U.[Plan local d’urbanisme] ( ex-P.O.S.[Plan d’occupation des sols), au langage technocratique alambiqué et aux cartes illisibles, et à la vue des actuels travaux et bouleversements qui se déroulent Chemin de Callenville, il semble bien que les élus de Trouville y aient donné définitivement carte blanche aux aménageurs privés, c’est à dire aux bétonneurs et pollueurs les plus boulimiques.

Comment peut-on comprendre en effet que la Municipalité ait accordé à Monsieur Gérard Depardieu, acteur au talent gargantuesque déjà co-propriétaire d’une spacieuse villa du vallon et grand dévoreur de terres de la Belgique à l’Oural, le permis de construire en un territoire fermier - qui conviendrait beaucoup mieux à un jeune producteur de légumes et fruits biologiques, ou de fromage cherchant à s’établir en AMAP aux portes de la ville - une immense et prétentieuse gentilhommière de deux étages qui restera probablement fermée la plupart du temps et colonisera durablement le paysage ?

Le chantier de la villa de M. Depardieu

Comment peut-on comprendre que l’on puisse laisser construire un peu plus haut par un promoteur spécialisé, une maison de retraite pour clientèle aisée dans une région qui n’en manque pas et qui pourrait récupérer, en bord de Touques, une partie des vastes terrains enlaidis par une profusion de hangars commerciaux, de routes et de parkings ?

Il me semble que si Trouville veut retrouver son attrait et son charme, elle doit s’orienter vers un statut de « ville en transition », véritablement écologique, en associant plus que jamais à ses atours touristiques, parfois envahissants, le paysan, l’artisan, le pêcheur et l’artiste, et en faisant refluer rapidement l’invasion marchande et automobile au profit de productions locales de qualité et de transports en commun propres, sobres et silencieux.

Dans cette optique, le respect du vallon de Callenville, dernier havre de nature bocagère, serait un signe majeur de la clairvoyance enfin restaurée de nos élu(e)s.

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Raoul Dufy, Les affiches à Trouville, 1906

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Précision de Reporterre : Au croisement du chemin Vert et du chemin de Callenville, sur les hauts de Trouville, Gérard Depardieu fait construite une grande villa dont la réalisation entraîne la destruction d’une partie importante de la colline. Les travaux ont commencé à l’automne 2012. Le dossier est suivi par l’association des Amis de Trouville, Hennequeville et Villerville. Tel : 02 31 98 58 21.

Un pylône électrique aurait été déboulonné dans l’est de la France Des antinucléairEs du 55 Reporterre 2013/01/21 Des antinucléairEs du 55 (21 janvier 2013) Un pylône électrique aurait été déboulonné dans l’est de la France. Reporterre. fr

Un pylône électrique aurait été déboulonné dans l’est de la France

En solidarité avec la lutte contre la ligne THT Cotentin Maine, des antinucléaires de la Meuse disent avoir endommagé un pylône électrique dans l’est de la France.

L’appel à actions décentralisées de l’assemblée anti-THT et antinucléaire du Chefresne (Manche/Cotentin) a été entendu.

Aussi, dès l’annonce du bucheronnage d’arbres au bois auparavant occupé, nous nous sommes apprêté-e-s.

C’est par le biais de la scie à métaux que nous avons souhaité exprimer notre solidarité avec la lutte antinucléaire du Cotentin. C’est à une ligne THT, comme nos ami-e-s de l’ouest, que nous nous sommes attaqué-e-s ici, dans l’est.

Ainsi, nous avons mis à mal un de ces pantins métalliques reliant la centrale nucléaire de Fessenheim à la région parisienne en passant par Nogent-sur-Seine.

« Lequel ? » nous direz-vous. A RTE [Réseau de transport d’électricité] de découvrir LESquelS (avant qu’il ne tombe) !

Mettront-ils un jour un flic sous chaque pylône comme dans certains lieu du Cotentin ?

Scie-lodarité !

Des antinucléairEs du 55 [Meuse].

Rencontre pour une civilisation sans argent Par Julien villalard Reporterre 2013/01/21 Par Julien villalard (21 janvier 2013) Rencontre pour une civilisation sans argent. Reporterre. fr

Rencontre pour une civilisation sans argent

Rencontre pour une Civilisation Sans Argent, samedi 26 janvier à Lyon

Nous sommes des citoyens lambdas aux parcours très différents qui se sont rencontrés sur internet autour de l’idée qu’une société utilisant la monnaie est une société sans avenir. Nos civilisations actuelles crèvent de la recherche des profits monétaires et notre planète ne peut pas résister à une telle orientation d’organisation...

Notre collectif est informel, non statutaire et à but non lucratif bien sûr. Notre but : « fédérer » les énergies et les intelligences autour de cette idée centrale qu’une civilisation sans argent est maintenant possible. Nous n’avons pas de solutions toutes faites, mais différentes idées à proposer et les vôtres sont évidemment les bienvenues.

Actuellement, tous les projets de société sont réformistes, pleins de qualités, généreux, mais ils voient l’avenir en fonction des structures du présent, ce qui revient à regarder dans le rétroviseur.

Maintenant, nous avons les moyens de nous passer d’argent : nous en avons les moyens techniques, les ressources humaines et énergétiques, et ces journées vont montrer les avantages qu’il y aurait à abolir les monnaies dans des domaines fondamentaux que nous allons évoquer lors de cette rencontre.

Le collectif « Civilisation sans argent » propose des réflexions qui engagent leurs auteurs lors de leurs interventions, ainsi que le public invité à débattre et à participer.

Dans chaque édition, présente et à venir, le respect de la personnalité individuelle donne un espace de communication qui enrichit la réflexion et diffuse des différentes visions d’un futur auquel nous aspirons, ainsi qu’a ses valeurs.

Ne réduisons donc pas le concept énoncé à un seul discours, mais appréhendons-le comme la somme de ses composantes présentes et aussi à venir.

Personne ne détient la vérité absolue...

Programme

8h30

Ouverture des portes

9h00 - Marc Chinal

Bienvenue

9h10 - Florence Leray

Introduction

9h20 - Lecture d’un article d’Anselm Jappe

L’argent est-il devenu obsolète ?

9h30 - François Laouadi - Jean-Paul Lambert

De la décroissance à la désargence

Abolir l’argent prend mieux que jamais en compte la paix sociale – Solidarité - Sauver la planète - Le prix des choses sans prix…

10h15 - Jean-Patrick Abelsohn

Si l’argent ne compte plus, faut-il encore compter ? Quoi ? Comment ?

L’aide informatique et ses limites en régime amonétaire.

11h15

Débat

12h00

Pause

13h30 - Franck Victorien

Humour, poésie, écologie

13h45 - François Laouadi

Nous ne sommes pas seuls

La galaxie antimonétaire avec intervention du public

14h00 - Anthony Boulin

Tarir les injustices à la source

Saper les rapports de pouvoir liés à l’argent

14h45

Débat

15h30 - Marc Chinal

Exemples de différents types de transition

De la plus simple à la plus complexe

16h15

Débat

17h00 - Florence Leray

Conclusions et perspectives

17h15

Discussions libres

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Date et lieu : samedi 26 janvier

Espace Citoyen, 12 avenue Jean Mermoz, 69008 Lyon

Près d’Orléans, Decathlon veut bétonner des terres cultivées Collectif Pour un site préservé entre Loire et forêt Reporterre 2013/01/21 Collectif Pour un site préservé entre Loire et forêt (21 janvier 2013) Près d’Orléans, Decathlon veut bétonner des terres cultivées. Reporterre. fr

Près d’Orléans, Decathlon veut bétonner des terres cultivées

Un village Oxylane (Décathlon) doit s’implanter sur des espaces naturels et des terres encore cultivées à l’entrée Nord-Est de l’agglomération Orléanaise (45), sur la commune de Saint Jean de Braye.

Or :

- Décathlon est déjà présent sur l’Agglomération, ainsi que de nombreuses autres enseignes sportives.

- Saint Jean de Braye est déjà dotée d’infrastructures sportives variées et de nombreuses associations dédiées au sport.

En outre, ce projet inutile provoquera des nuisances environnementales importantes et irréversibles :

- bétonnage de l’entrée de ville avec la construction d’une zone commerciale et la modification des infrastructures existantes (création d’un rond point, de nombreuses places de parkings, de routes d’accès pour desservir uniquement ces commerces).

- Pollution de l’air, des sols, pollution sonore dues au trafic automobile du million de visiteurs attendus par an, alors que Saint-Jean de Braye a l’ambition d’être une « ville Jardin/ville Durable ».

- Destruction d’espaces naturels et de terres encore cultivées, alors que Saint Jean de Braye a signé la Charte de l’Agglo "pour une agriculture urbaine durable sur le territoire de l’Agglomération orléanaise".

Nous, signataires de la pétition, nous opposons donc à ce projet inutile.

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Présentation du Collectif pour un site préservé entre Loire et forêt

Qui sommes nous ?

Des associations environnementales et citoyennes de l’Agglo d’Orléans, des citoyens protestent contre le projet « village Oxylane » initié par la municipalité de Saint Jean de Braye et le groupe Mulliez.

L’implantation est prévue à l’entrée Nord-Est de l’Agglo, sur la commune de Saint Jean de Braye, sur des terres encore cultivées et boisées.

Lors d’une réunion plénière, nous avons décidé de créer le « collectif pour un site préservé entre Loire et forêt » afin de porter nos exigences pour l’avenir de notre territoire.

NON au projet de bétonnage de l’entrée Nord-Est de l’agglo NON à la prolifération de centres commerciaux

POUR une requalification de la zone en zone agricole POUR une agriculture de proximité

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Signer la pétition ici .

Il faut appliquer des règles sociales et environnementales au commerce mondial Bertrand de Kermel Reporterre 2013/01/21 Bertrand de Kermel (21 janvier 2013) Il faut appliquer des règles sociales et environnementales au commerce mondial. Reporterre. Tribune — fr

Il faut appliquer des règles sociales et environnementales au commerce mondial

Dans le droit commercial interne, les règles sociales et environnementales sont à égalité avec les règles de la liberté du commerce, qu’elles équilibrent. Mais ce n’est pas le cas dans le droit du commerce international. Ce qui conduit à un désastre humain et écologique.

La mondialisation est porteuse de progrès et de modernité. Malheureusement, elle est trop injuste. Sans une évolution dans les règles qui lui sont applicables, les peuples exigeront tôt ou tard un retour au protectionnisme. Ce sera une erreur, mais nous l’aurons mérité.

Pour éviter ce scénario, il n’y a pas d’autre choix que d’intégrer les dimensions sociale et environnementale dans les règles du commerce mondial. Pourquoi ?

Prenons l’exemple de la France. Aujourd’hui, dans notre pays, les entreprises évoluent dans un cadre bien précis, une sorte de code de la toute, qui peut être succinctement résumé de la façon suivante.

- Respect du droit commercial. Si elles s’y soustraient, elles peuvent être condamnées par les tribunaux de commerce.

- Respect du droit du travail. Si elles s’y soustraient, elles peuvent être condamnées par le Conseil des Prudhommes

- Respect du droit de l’environnement. Si elles s’y soustraient, elles peuvent être condamnées par le tribunal de Grande Instance ou le Tribunal correctionnel

Le droit du commerce, le droit du travail et le droit environnemental ont donc la même force juridique. Ces règles collectives obligatoires instaurent des limites dans le comportement des acteurs, empêchant les marchés de se transformer en jungle, où tous les coups seraient permis.

Rien de tel dans la mondialisation. Les accords qui ont été signés par les Chefs d’Etat lors de l’ouverture des frontières ayant permis la mondialisation, sont muets sur le volet social et le volet environnemental de l’activité des entreprises.

Résultat : aucun pays ne peut s’opposer à l’importation d’un produit sur son territoire, quand bien même celui-ci aurait été fabriqué dans des camps de travail forcé ou par des enfants esclaves, et au prix de graves dégâts environnementaux. S’il le fait quand même au nom de considérations humanitaires ou écologiques, cet Etat sera condamné à de fortes amendes par le Tribunal de l’Organisation Mondiale du Commerce.

C’est inacceptable au XXI ème siècle. Ce système trop dérégulé incite les entreprises à délocaliser dans les pays où les normes sociales, fiscales et environnementales sont les plus basses.

Une des réponses consiste à mettre le droit de l’environnement, le droit du travail, et le droit à la santé à égalité avec le droit du commerce dans les échanges mondiaux, comme c’est le cas dans tous les pays développés. La France a fait cette proposition par trois fois sur la scène internationale. Les solutions techniques existent, et tiennent compte, bien sûr, de la situation de chaque pays.

Les esprits sont-ils prêts à une telle évolution ? Oui.

Le 25 novembre 2010, le Parlement Européen a voté à l’unanimité une « résolution sur les droits de l’homme et les normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux » qui demande la prise en compte de ces deux aspects dans tous les accords commerciaux internationaux.

Monsieur Ban ki moon, secrétaire général de l’ONU déclarait à Beyrouth le 3 juin 2011 : « Nous ne pourrons construire un monde juste et équitable que lorsque nous accorderons un poids égal aux trois composantes du développement durable, à savoir les composantes sociale, économique et environnementale".

A Bruxelles, élargir le périphérique serait mauvais pour le climat Inter Environnement Bruxelles Reporterre 2013/01/21 Inter Environnement Bruxelles (21 janvier 2013) A Bruxelles, élargir le périphérique serait mauvais pour le climat. Reporterre. fr

A Bruxelles, élargir le périphérique serait mauvais pour le climat

L’élargissement du ring de Bruxelles ou de l’Oosterweelverbinding à Anvers est incompatible avec les objectifs climatiques européens.

Greenpeace et Bond Beter Leefmilieu ont présenté l’étude « Influence des nouvelles infrastructures routières sur les émissions de CO2 en Belgique ». Transport & Mobility Leuven a analysé l’impact réel des différents projets annoncés en matière d’émissions de CO2. Le bureau d’études a examiné les conséquences des plans d’élargissement du ring de Bruxelles et d’Oosterweelverbinding à Anvers. La conclusion est très claire. L’élargissement du ring de Bruxelles ou l’Oosterweelverbinding à Anvers sont incompatibles avec les objectifs climatiques européens.

Le rapport montre qu’une politique maximaliste - investir à la fois dans la création de voiries et dans les alternatives à la voiture - ne permet pas d’atteindre nos objectifs climatiques. Le bénéfice réalisé par les alternatives est réduit à néant par l’expansion du réseau routier. L’étude met également en évidence l’existence d’un biais important dans l’approche actuelle d’évaluation des incidences environnementales.

En effet, les systèmes de modélisation du trafic ne prennent pas en compte (ou très peu) l’impact fondamental du trafic supplémentaire induit par les nouvelles infrastructures (effet d’appel). En outre, les Études d’Incidences Environnementales flamandes considèrent les émissions de CO2 comme des données marginales dont le poids n’est pas déterminant dans les décisions finales. Le changement climatique est pourtant le plus grand défi environnemental auquel nous sommes confrontés.

Les associations de défense de l’environnement attendent que le Gouvernement flamand :

• résolve les problèmes de circulation à Anvers et à Bruxelles en instaurant des mesures fiscales et en optant résolument pour les transports publics et les infrastructures cyclables ;

• cesse les couteux projets d’extension des infrastructures routières ;

• impose de réels efforts aux secteur des transports dans le cadre du Plan Climat flamand. Une taxe kilométrique pour les poids lourds (prévue pour 2016) n’est qu’un premier pas et devrait être étendu à l’ensemble du parc automobile ;

• fasse des émissions de CO2 un élément clé dans l’évaluation des impacts environnementaux ;

• intègre l’effet d’appel dans les modélisations de trafic.

Climato-sceptiques et partisans du gaz de schiste font alliance à l’Académie des sciences Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/01/22 Camille Martin (Reporterre) (22 janvier 2013) Climato-sceptiques et partisans du gaz de schiste font alliance à l’Académie des sciences. Reporterre. fr

Climato-sceptiques et partisans du gaz de schiste font alliance à l’Académie des sciences

Voilà des alliés dont le lobby du gaz de schiste se serait peut-être passé : les climato-sceptiques sont favorables au développement de cette énergie fossile. C’est au fond assez logique. Mais c’est maintenant officiel, grâce à l’Académie des sciences, dont Reporterre publie le programme d’un colloque en février officialisant l’union des deux groupes.

Vincent Courtillot est un grand ami de Claude Allègre et un des climato-sceptiques les plus notoires. Il est aussi membre de l’Académie des sciences. Et il y organise un colloque sur les gaz de schiste, dont la liste des intervenants indique la conclusion : on peut exploiter le gaz de schiste, sous réserve de diverses précautions.

Sont ainsi invités Robert Mair, un des auteurs du rapport anglais de la Royal Society promouvant l’exploitation du gaz de schiste en suivant certaines règles environnementales, Bruno Courme, directeur général de Total Gas Shale Europe, ou Mark Zoback, un physicien de Stanford lui aussi favorable au gaz de schiste.

Programme du colloque en PDF :

Conférence débat de l’Académie des sciences

LES GAZ DE SCHISTES

Mardi 26 février 2013 de 14h30 à 17h00

Organisateur : Vincent COURTILLOT, Membre de l’Académie des sciences Académie

Introduction : Vincent Courtillot, Université Paris Diderot, Institut de Physique du Globe, Membre de l’Académie des sciences

Aspects géologiques de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste : Bruno Goffé, INSU-CNRS

Aspects technologiques ; point de vue de l’industriel ; code minier : Bruno Courme, Total

The Royal Society / Royal Academy of Engineering report on shale gas extraction in the UK : Robert Mair, Cambridge University and Royal Society

On the US Senate shale gas committee (or Impacts of shale gas recovery) : Marc Zoback, Stanford University

Etude de cas : les bassins du sud du Massif Central : Olivier Arnaud, Université de Montpellier

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Grande salle des séances Palais de l’Institut de France 23, quai de Conti 75006 Paris

Contact : Académie des sciences – Institut de France, Service des séances – sandrine.chermet@academie-sciences.fr

Le Mercaptan cause d’un accident mortel en 1970 Robin des bois Reporterre 2013/01/22 Robin des bois (22 janvier 2013) Le Mercaptan cause d’un accident mortel en 1970. Reporterre. Pollutions fr

Le Mercaptan cause d’un accident mortel en 1970

L’accident mortel du 8 avril 1970 qui a provoqué la mort de trois cheminots à la suite d’une fuite de mercaptan sur un wagon-citerne a eu lieu à Morcenx dans le département des Landes. Une autre fuite analogue a provoqué le 1er décembre 1970 l’évacuation d’urgence d’une partie du village de Lamothe dans les Landes et l’arrêt pendant plusieurs heures du trafic ferroviaire. Depuis ces évènements, le mercaptan est ciblé par la protection civile et les autres instances comme une molécule particulièrement dangereuse, appelant le renforcement des modalités de transport et d’intervention en cas de fuite ou de dégagement.

Robin des Bois note avec satisfaction qu’un périmètre de sécurité est établi autour du site Lubrizol de Rouen. Cette disposition est tardive. En 2009, le site Lubrizol d’Oudalle (76) a subi deux dégagements incontrôlés de mercaptan obligeant à l’évacuation des entreprises voisines et à l’hospitalisation brève de quelques salariés.

L’incapacité de Lubrizol à stopper les dégagements et à empêcher les émanations hors du périmètre de l’usine montre que ce site ancien rattrapé par l’urbanisation, cerné par d’autres entreprises industrielles et des axes routiers très fréquentés ne répond aux objectifs de maîtrise des risques de la directive Seveso.

Ce qu’un non-violent peut dire sur le Mali Louis Campana (Association Gandhi International) Reporterre 2013/01/22 Louis Campana (Association Gandhi International) (22 janvier 2013) Ce qu’un non-violent peut dire sur le Mali. Reporterre. Tribune — fr

Ce qu’un non-violent peut dire sur le Mali

« Il n’y a pas là de souci humanitaire, ni de volonté de défense des plus faibles, ce sont des fables qui ne tiendront pas face à l’Histoire, mais un calcul pour les intérêts français »

J’observe, pendant que nous nous posons la question de savoir si nous risquons de présenter « la non-violence comme une idéologie », que tous les terroristes, trafiquants, extrémistes de tous bords sont contents.

On parle d’eux, ils rameutent tous les frustrés et les désaxés contre l’Occident, ils s’apprêtent à mettre le feu au Magreb et au reste de l’Afrique, tout simplement parce que la France a pris l’initiative de corriger quelques fadas.

L’escalade de la violence n’est pas un vain mot, c’est une réalité encore une fois vérifiée.

Beaucoup de mes amis « non-violents » (et je les crois non-violents), approuvent en partie l’intervention militaire de la France, au mobile qu’il faut protéger les plus faibles.

Par cela même l’intervention provoque un désastre à venir et un bourbier sans fin qui mettra l’Afrique et le monde dans une spirale de violence.

Qu’aurait-il fallu faire ?

Je ne sais pas. En tout cas, ne pas réveiller nos vieux démons.

J’observe encore que les mensonges français concernant les véritables raisons sont les mêmes ou presque que ceux de Bush en Irak en 2003. Anciens colonisateurs, nous trouvons une bonne raison, défendre l’Etat malien (en fait des militaires corrompus, une oligarchie à notre botte), le même qui maltraite la population, pas plus ni moins que les « fadas » de tout poil.

La première chose à faire est donc de le dire, et non de se cacher derrière l’information officielle.

Ensuite distinguer ce qui est du ressort des délits de droits communs et ce qui est des menaces réelles affectant en profondeur l’état de droit.

Faire l’amalgame est tellement simpliste mais c’est ce que nous faisons.

Nous partons en guerre avec quelques milliers d’hommes suréquipés, sur un territoire grand comme la France pour exterminer quelques fanatiques fous de joie de leur importance et ravis de l’honneur qu’on leur fait. Tout d’un coup, leurs rapines ordinaires deviennent des causes capables de rallumer le combat idéologique et religieux contre l’Occident.

Je voudrais aussi m’arrêter sur les identités de ceux que nous appelons maintenant les « terroristes », « fanatiques », « Islamistes », « touaregs », « criminels », « trafiquants » et j’en passe. Ils le sont tour à tour, changeant de casquette et de comportement à l’envi. Leur comportement nous déroutera, ce ne sont pas des Occidentaux, ils ont une conception de la vie au jour le jour.

Et nous voilà embarqués pour des années de malheurs, pour en réalité préserver nos accords commerciaux sur l’uranium du Niger, le pétrole du Sahara et autres gisements de ressources qui nous sont indispensables pour notre bien-être. Il n’y a pas là de souci humanitaire, ni de volonté de défense des plus faibles, ce sont des fables qui ne tiendront pas face à l’Histoire, mais un calcul pour les intérêts français.

La non-violence, une idéologie ?

Non ! Elle est recherche de vérité et de justice dans un monde, le nôtre, qui en a perdu le sens.

Abandonnons nos privilèges et nos comportements envers des peuples qui ont besoin d’exercer leur « empowerment ».

« L’empowerment est un processus, un mécanisme par lequel les personnes, les organisations et les communautés acquièrent le contrôle des événements qui les concernent. Cette notion est traduite en français pour "pouvoir d’agir" ou capacitation ».

C’est tout le travail que je préconise à la suite de Gandhi, agir comme Ariyaratné au Sri Lanka pour donner aux peuples l’accès à leur propre puissance. Voir le documentaire Sarvodaya, vers une économie non-violente.

Voilà ce qu’il conviendrait de faire, un travail qui commence par leur foutre la paix et cesser de les prendre pour des peuples « non entrés dans l’Histoire ».

Mercaptan de Rouen : le gaz est bien toxique Michèle Rivasi Reporterre 2013/01/22 Michèle Rivasi (22 janvier 2013) Mercaptan de Rouen : le gaz est bien toxique. Reporterre. Pollutions fr

Mercaptan de Rouen : le gaz est bien toxique

La fuite de gaz mercaptan qui se produit depuis lundi 21 janvier est présentée par les autorités comme sans danger. Mais ce gaz est nuisible pour les populations critiques.

Lundi 21 janvier, l’usine Lubrizol de Rouen a détecté une instabilité sur une de ses spécialités chimiques : le mercaptan (dont le nom chimique est méthanetiol). Cette instabilité est à l’origine de dégagements d’odeurs de gaz qui se sont répandues jusqu’en région parisienne. Selon les autorités, ce gaz n’a pas de caractère toxique.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne EELV, les autorités ont failli dans l’application du principe de précaution :

« Les autorités sont parties du principe que la concentration en gaz était suffisamment basse pour ne pas déclencher d’alerte, mais il ne s’agit là que d’un calcul lié à une valeur limite d’exposition pour des individus bien portants. La fiche toxicologique du méthanetiol n’a rien de rassurant : il est toxique par inhalation. On ne classe pas une industrie Seveso s’il n’y a pas de risques liés à l’exploitation de quantités importantes de produits chimiques nocifs pour la santé et l’environnement, et dans le cas présent les quantités présentes risquent d’affecter fortement les riverains ».

"Je suis d’accord avec le fait qu’il ne faut pas provoquer des mouvements de panique injustifiés mais il faut aussi et surtout protéger les personnes les plus sensibles et notamment celles souffrant d’affections respiratoires et cutanées chroniques, pour qui ce genre d’expositions temporaires est un véritable calvaire. N’oublions pas non plus que notre société compte de plus en plus de personnes ayant développé une ultra-sensibilité à l’exposition aux produits chimiques.

Quand l’on voit l’ensemble des réactions sur Twitter, on est en droit de se poser des questions sur l’absence véritable de risques : migraine, mal aux yeux, mal au cœur, démangeaisons, etc. Ce n’est pas parce que le danger n’est pas mortel qu’il ne faut pas prendre de précautions : le Ministère de l’Intérieur aurait dû appeler à la vigilance et demander aux riverains et aux personnes sensibles de rester confinées chez elles pour ne pas saturer les pompiers d’appels - à juste titre - anxieux« . »Surtout il faut bien prendre conscience que cette odeur de gaz risque d’empêcher de détecter de véritables fuites de gaz, chacun doit donc rester vigilant pour éviter tout risque d’explosion".

Le logiciel Pronote banalise la surveillance informatique des enfants Sébastien Navarro (CQFD) Reporterre 2013/01/23 Sébastien Navarro (CQFD) (23 janvier 2013) Le logiciel Pronote banalise la surveillance informatique des enfants. Reporterre. fr

Le logiciel Pronote banalise la surveillance informatique des enfants

Le logiciel scolaire Pronote est censé améliorer la vie à l’école. Mais il sert surtout à banaliser la gestion informatique de la vie et le fichage des individus.

Utilisé en lycée et collège, le logiciel Pronote est surtout connu pour sa fonctionnalité d’agenda des devoirs en ligne. Mais, derrière le côté pratique de l’outil, se cachent une batterie de mouchards, véritables jalons d’une philosophie orwellienne à l’œuvre dans toute la société.

« Vous cherchez un logiciel de gestion de vie scolaire qui fait l’adhésion de tous ? Choisissez l’environnement de référence, dont 5 800 chefs d’établissement ne peuvent plus se passer [1]. »

Ainsi plastronne la société Index édition sur son portail Internet. Voilà plus de dix ans qu’elle développe son produit phare, Pronote, un logiciel qui réunit sur la même interface enseignants, administration scolaire, élèves et parents. Et comme le dit la pub : « Tout le monde est d’accord ! Les parents : “On consulte son relevé de notes sur Internet.” Les enseignants : “On peut saisir les notes chez soi par Internet.” Les surveillants : “Plus d’erreurs dans le suivi des absences.” Le principal adjoint : “Tous les relevés de notes et bulletins sont imprimés en quelques minutes.” Les élèves : “Avec ma moyenne sur Internet, je sais toujours où j’en suis.” »

Un vrai bonheur de convivialité. Papa et maman qui peuvent suivre en temps réel le parcours de leur collégien ou lycéen de rejeton. Un fardeau en moins pour les ados qui ne stressent plus pour savoir comment annoncer une banane en maths ou deux heures de colle, puisque les darons sauront déjà tout avant que la sonnerie de cinq heures ne retentisse.

Enseignante, Josiane boude cependant le progrès : « Que veux-tu que les enfants te racontent le soir ? Tu sais tout. Les notes en direct, les punitions, le repas de la cantine, les sorties, les évènements du bahut. Ce n’est plus la peine de leur demander ce qui se passe au collège. Au final, le collégien en tant qu’être autonome est supprimé, il n’existe plus dans la chaîne de communication et d’information. »

Sentiment partagé par Sam, collégien en 5e : « Quand tu rentres en cours, le prof fait l’appel sur son ordi et un projecteur montre un tableau avec le nom des élèves et les colonnes des observations, retards, exclusions… Du coup on voit tous ce qui est noté pour tout le monde. On a l’impression d’être fliqué par le collège, c’est comme s’il savait tout à l’avance. Comme si on voulait nous foutre tous dans le même moule ! »

Dans Pronote, le collégien ou lycéen est découpé, scanné et tracé comme une cuisse de poulet sous Cellophane. Un gros mot lâché en classe ? L’affaire fait l’objet d’une observation. Un retard de deux minutes ? Un texto avertit fissa les parents. Fut une époque où ces micro-évènements étaient rapidement dissous par les mécanismes normatifs d’une vie scolaire déjà suffisamment codée et hiérarchisée. Avec Pronote, l’incident mineur se grave désormais dans le marbre des atypies comportementales.

Sam : « Pronote se rappelle des vieilles choses. Par exemple, t’es à la fin de l’année et les heures de colle et observations du premier trimestre sont encore inscrites. » « Au niveau de la réception par les parents, toutes ces observations produisent un effet d’accumulation, constate Raymond, enseignant. Ça coupe le vrai lien avec eux. »

Ailleurs, c’est l’onglet « profil » qui permet au gamin d’évaluer quotidiennement sa performance scolaire via des graphes et des histogrammes. Transparence, compétitivité : c’est très tôt qu’on injecte, en douceur, toute la doxa capitaliste du moment.

Enseignante, Anne fait ce constat : « Pour certains profs, Pronote est devenu sacro-saint. Si l’élève n’a pas Internet chez lui, tant pis, il n’avait qu’à se renseigner au CDI. » Et les élèves ne sont pas les seuls à faire les frais du logiciel espion. « À tout moment le proviseur sait ce que tu fais, explique Raymond. La dernière fois, j’ai été absent suite à une convocation pour une mission pédagogique. Or Pronote mentionnait absence personnelle et non pas administrative. Rien de méchant, mais j’ai dû aller au bureau me justifier. Ce type d’outil renforce le sentiment de méfiance entre direction et enseignants. »

Anne va plus loin : « Pronote, en tant qu’enseignant, il faut le remplir. Le plus possible. Sinon on dit que tu es feignant. C’est là-dessus que tu seras jugé par l’inspecteur. À la limite, c’est pas grave si tes cours sont de mauvaise qualité. »

De son côté, Maxime [2], surveillant en lycée professionnel, témoigne : « Ces systèmes automatisés peuvent avoir des bugs. Une année, on a eu des courriers générés par Pronote qui sont partis par erreur. Des courriers-types prévus en cas d’absences répétées et qui prévenaient les familles qu’elles encourraient des suppressions d’allocations de la CAF. Avec ce genre de gaffe, on perd toute crédibilité vis-à-vis des parents ! »

Et de poursuivre : « Avant pour faire l’appel, il y avait un pion qui faisait le tour des classes, un autre qui rentrait les données dans l’ordi. Depuis Pronote, les absences sont rentrées directement par les profs. Du coup, les administrations ont pu soit supprimer des postes de surveillants, soit comme dans mon bahut, nous affecter à la surveillance de la cour. Au final, les élèves se retrouvent doublement fliqués. »

Malgré ce tableau à charge, il est étonnant de constater le peu de réactions critiques du corps enseignant ou des parents d’élèves. Si des dispositifs outrageusement liberticides du style Base élèves [3] ont pu provoquer une saine bronca chez certains profs, les dernières innovations technologiques entrant dans le champ des Espaces numériques de travail se diffusent comme un lent poison indolore.

Rien n’est plus aisé que d’offrir des gages de sécurité à une population abasourdie par une multiplicité de discours anxiogènes. Aussi ne faut-il pas s’étonner que les actions de résistance restent circonscrites à un registre individuel. « Si tu as accès aux codes, tu peux t’amuser un peu, confesse Maxime. Une fois, j’ai mélangé les pseudos des surveillants. J’ai attribué du travail à des gens qui n’avaient rien foutu. C’était rigolo : tout d’un coup, un mec qui faisait du zèle se retrouvait gros glandeur dans les stats. »

Nostalgique, Josiane se souvient : « Je m’imagine quand j’étais en seconde et que je signais les mots à la place de mon père pour retrouver mes potes et refaire le monde… » Refaire le monde, même en pensée. Y a-t-il plus grand danger pour nos élites ?

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Notes

[1] http://www.index-education.com/fr/logiciel-gestion-vie-scolaire.php.

[2] Le prénom a été changé.

[3] Application informatique, utilisée depuis 2007 en maternelle et élémentaire, conduisant à un fichage des élèves en fonction de divers critères. Suite à une large contestation, l’État a supprimé des champs sensibles (relatifs à la nationalité et à la culture d’origine par exemple) en 2008. On peut suivre les récentes mobilisations ici

En Allemagne, la bataille de la gare de Stuttgart continue Eva Deront (Reporterre) Reporterre 2013/01/23 Eva Deront (Reporterre) (23 janvier 2013) En Allemagne, la bataille de la gare de Stuttgart continue. Reporterre. fr

En Allemagne, la bataille de la gare de Stuttgart continue

Depuis des années, les habitants de Stuttgart s’opposent à un grand projet inutile : la reconstruction de la gare, à un prix démesuré et en abîmant l’environnement urbain. Un référendum a fini par être décidé, qui a donné le feu vert au projet. Et pourtant, la bataille continue... Le cas de Stuttgart peut procurer d’utiles leçons aux combattants de Notre Dame des Landes.

- Reportage, Stuttgart

Un homme aux cheveux et à la barbe déjà bien blanchis déambule dans le hall de la gare de Stuttgart, une pancarte à la main : « S21 bouffonnerie, après le carnaval, c’en sera fini ! »

S21, trois signes pour désigner un des plus importants projets d’aménagement ferroviaire actuellement en cours en Europe. S comme Stuttgart, 21 comme le XXIe siècle, dont la première décennie aura été marquée par la mobilisation passionnée des Stuttgartois et le réveil de vieux démons : corruption, violences policières et raccourcis démocratiques.

Un grand projet public-privé

Dans la gare, le voyageur intrigué par la démolition des façades nord et sud du bâtiment (classé monument historique) peut aller se renseigner sur trois étages de la tour principale, source d’informations fournies par la Deutsche Bahn (SNCF allemande). Genèse du projet, planification des travaux, avantages socio-économiques attendus par la ville, le Land et le gouvernement fédéral, tout y est évoqué.

Remplir les conditions permettant « une croissance économique, politique et culturelle commune entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest », voilà la pierre angulaire de Stuttgart 21, dont les plans furent rendus publics en 1994. Une modernisation mammouth : afin de connecter la capitale automobile à l’axe grande vitesse Paris-Budapest (autrement appelé magistrale européenne), la vieille gare terminus desservant actuellement Stuttgart sera remplacée par une gare de passage souterraine.

Preuve du sérieux du concessionnaire, des plans architecturaux sont affichés sur les murs. Preuve de l’engagement de la Bahn pour un projet citoyen, un soin particulier a été apporté à la pédagogie : manivelles, tableau de correspondance, animations permettant de visualiser le temps de transport gagné et les désagréments épargnés…

Le voyageur devrait l’avoir compris : Stuttgart 21, ce sont des avantages pour le transport régional et national favorisant l’essor économique (la production totale est censé croître de 500 millions d’euros par an), et, à en juger par les images de synthèse du projet normalement achevé en 2020, une chance formidable pour la ville qui disposera de 100 hectares supplémentaires.

Serait-ce donc contre ce projet d’utilité publique que les habitants de la prospère région du Bade-Württemberg ont mené une fronde dont le souffle est venu faire valser les chapeaux politiques ? Du débat qui a fait rage entre 2010 et 2012 subsistent quelques traces dans les dépliants offerts par la Bahn : « Il est vrai que de nombreux citoyens se sont sentis insuffisamment informés ; mais il est tout aussi vrai que 54 % de la population approuvent le projet ». Euphémismes et comique involontaire : on sentirait presque le regard ironique du grand-père, posté à quelques mètres de là avec sa pancarte.

Mobilisation sur les lieux des travaux

Autour de l’ancien parc du château, les preuves de l’opposition ne se font pas longtemps attendre. Un premier t-shirt « Oben bleiben » (« rester en surface », slogan des opposants) s’arrête devant le chantier désert, prend quelques notes et repart tranquillement. Ici aussi, des images d’un futur alliant verdure et modernité dérobent les gravats à la vue des touristes.

La Bahn a même lancé un concours d’idées sous le mot d’ordre « Rosenstein, j’y construis ». Les citoyens sont invités à exprimer leurs vœux quant à l’utilisation des 100 hectares libérés, les propositions étant affichées publiquement. On y retrouve les utopiques « logements financièrement accessibles et bien équipés », les familiales « aires de jeux », ou encore un alternatif « espace de libre expression pour artistes ». Un mauvais joueur a rajouté à la main : « Vous faites bien ce que vous voulez ». Et un autre a inscrit sur le ciel azur des images du projet : « Le capitalisme repose sur les tromperies et la violence. Ici : les tromperies ».

Des craintes écologistes…

Margarete, la soixantaine sonnée, manteau chic et broche en perle, secoue tristement la tête. « Et bien pour une fois oui, ils ont raison. Si vous aviez vu le parc avant, les marronniers centenaires… » Derrière le chantier, des « défenseurs du parc » (Parkschützer) ont planté une croix de bois avec une bougie et une étiquette « Frêne 280, abattu le 15.02.12 ». Ce sont également eux qui ont mené une partie de l’opposition lors du début des travaux en 2010, en s’enchaînant nuits et jours aux 300 arbres menacés.

Comme souvent, des arguments écologiques (risques pour les aquifères, disparition d’insectes) érodent la légitimité du projet. Mais, de ce côté du Rhin, il n’est nullement question de destruction de terres agricoles et de leur biotope, ou de promotion d’un modèle directement producteur de gaz à effet de serre. Et pourtant, l’opposition est là. Animée par d’autres raisons.

… à la débâcle financière

En 1995, la Bahn, le Land et l’Etat signaient un contrat de mise en œuvre qui s’accompagnait, quelques années plus tard, d’une participation financière de la ville et de la région de Stuttgart aux 4,3 milliards d’euros initialement prévus. Le début d’un partenariat public-privé.

Mais depuis, les plans ont changé, la tâche s’avère plus ardue et le coût global ne fait que croître. Il atteint aujourd’hui 6,8 milliards d’euros, sans oublier les milliards nécessaires à l’aménagement urbain, qui se répercutent sur les habitants en moult impôts.

L’explosion des coûts : voici donc la pomme de discorde qui cristallisa les passions et signa le début des tracas pour les concessionnaires. Margerete insiste : « Plus que d’avoir détruit ce parc et le calme qu’il apportait, ils nous ont surtout roulé en beauté ! C’est contre cela que je suis fondamentalement. »

Comme elle, des habitants de toutes sensibilités ont commencé à rejoindre le mouvement de protestation et ont exigé d’avoir voix au chapitre. Les « chrétiens contre Stuttgart 21 » s’allièrent aux « ingénieurs », aux « Robins des bois », aux Verts. Et les promenades pédagogiques sur le lieu des travaux alternèrent avec des débats philosophiques sur l’éducation, l’indépendance des médias et la révolution.

« Mensonges imprimés ? Vérité et réalité dans les médias. »

Déni de démocratie et exaspération citoyenne

On commença également à s’intéresser aux affaires des hommes politiques. Surprise : l’ancienne ministre fédérale de l’environnement, Mme Gönner, appartenait à une fondation engagée pour le développement du parc immobilier. Quant à l’ancien ministre président du Land, M. Mappus, il soutenait directement la banque régionale du Baden-Württemberg, fervent défenseur du projet.

Les rassemblements prirent de l’ampleur, jusqu’à faire perdre la raison aux forces de l’ordre. Fin septembre 2010, des images de violences policières sur des manifestants pacifiques choquent le reste de la population et entraînent une mobilisation massive : ils seront plus de 100 000 à descendre dans la rue exprimer leur exaspération. Pour calmer les esprits, le ministre président décide alors de nommer un médiateur chargé d’entendre les avis des opposants et des défenseurs du projet.

Panser les plaies de la démocratie directe

Un homme semble satisfaire les deux bords : Heiner Geissler, politicien rompu aux négociations, membre du parti conservateur des chrétiens démocrates, mais ayant adopté des positions anticapitalistes au sein d’Attac. Il exige une retransmission en direct des huit débats prévus, à la télévision et sur internet. La stratégie est payante : plus d’un million de téléspectateurs suivent les échanges.

Fin novembre 2010, le sage Geissler rend son verdict juridiquement non contraignant : il préconise la poursuite des travaux, sous réserve d’améliorations, et la soumet à la réussite d’un stress-test prouvant que la nouvelle gare pourrait faire face à une augmentation de 30% du trafic. C’est le projet « Stuttgart 21 plus ».

Mais en juillet 2011, les résultats du stress-test sont controversés. Pour sortir d’une situation de crise, le médiateur et l’instance indépendante de supervision proposent un projet s’intitulant « la paix pour Stuttgart ». Ce dernier combine les deux modèles d’aménagement : une partie neuve et souterraine pour les trajets longue distance, associée à l’ancienne gare terminus, rénovée pour les trajets régionaux. Solution rejetée par la Bahn, qui poursuit les travaux, soulignant que leur abandon coûterait plus d’un milliard d’euros à l’Etat...

Pour sortir de cette paralysie, le gouvernement rouge-vert (SPD-Grünen), arrivé entre temps au pouvoir dans le Land à la faveur des événements, organise un référendum régional. En novembre 2011, à la question « Approuvez-vous un projet de loi permettant à l’Etat d’exercer son droit de retrait du financement des travaux ? », 58% des votants répondent… non. Ce qui signifie une approbation du projet.

L’opposition est toujours là

Fin de l’étape démocratie participative. A-t-elle clos le conflit ? Non. Lundi 7 janvier, lors de la 155e manifestation hebdomadaire, ils étaient encore plus de 3000 réunis devant l’hôtel de ville, pour accompagner l’investiture du nouveau maire de Stuttgart au son des « Oben bleiben ! ».

Le référendum ? « Il tente d’ôter sa légitimité à la contestation », constate Andreas, cadre chez Daimler et opposant au projet depuis les violences policières de 2010. « Il aurait fallu réunir 33% des inscrits sur listes électorales… Kretschmann [le ministre qui a organisé le référendum] est normalement un opposant au projet ; soit il était convaincu que les gens allaient voter massivement pour le retrait de l’Etat, soit il a botté en touche pour se décharger du problème… »

Quant à la marge de manœuvre restante, elle réside maintenant dans le bon vouloir des politiques. Face à une augmentation supplémentaire des coûts, le nouveau maire Fritz Kuhn a évoqué une crise de confiance entre la Bahn et l’Etat. Les opposants comptent sur un retrait progressif des investisseurs, de plus en plus dubitatifs.

Lundi dernier, après avoir exhorté le ministre des finances à ne pas accorder plus de fonds que prévus, la foule se mit en route en direction de la centrale du parti socialiste, concert de casseroles en cadeau. Le référendum a certes affaibli l’opposition, mais elle reste ferme et mobilisée.

Stuttgart et Notre Dame des Landes

Des leçons peuvent-elles être tirées de la bataille de Stuttgart ? Récemment, on a pu entendre réclamer un référendum régional sur Notre Dame des Landes, directement inspiré des événements relatés ici. Cette option n’a été choisie, à Stuttgart, qu’après des mois de discussions, après une médiation dont certains chercheurs ont souligné le principal manquement [1] : l’absence de participation active du public, maintenu dans un fauteuil de spectateur.

Prôner le référendum comme solution miracle, c’est oublier les problèmes survenant en amont : l’implication de la population, la transparence des données, l’information. Oublier l’inégalité des capacités de communication. Oublier les dérives possibles, comme la lettre ouverte du maire de Stuttgart aux habitants de la ville, faisant l’apologie du projet.

Transposer cette idée de manière pertinente implique donc d’analyser l’ensemble du processus, de s’attacher à toutes les étapes de la médiation, à leurs écueils. Ou encore, de s’attarder un instant sur les observations des principaux acteurs, tels le médiateur Heiner Geissler :

« Les décisions étatiques sans consentement des citoyens appartiennent au siècle passé […] Un des buts de la médiation était de regagner un peu de crédibilité et de confiance en la démocratie, […] par un échange objectif d’arguments entre participants de la société civile également représentés, quelque chose qui aurait dû avoir eu lieu 4 ou 5 ans plus tôt. Mais elle ne pouvait réparer que partiellement ces erreurs. » [2]

Nos voisins outre Rhin n’ont pas encore trouvé le Graal démocratique, mais, le temps d’un repas, ils ont refusé qu’il serve de verre à vin à la classe dirigeante.

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Notes :

[1] : Spieker, Bachl, Kercher, Brettschneider : “Public alternative dispute resolution in local political conflicts- Unifying or polarising ?"

[2] http://www.schlichtung-s21.de/39.html

La culture des OGM a presque disparu d’Europe, hormis l’Espagne Christophe Noisette (Inf’OGM) Reporterre 2013/01/23 Christophe Noisette (Inf’OGM) (23 janvier 2013) La culture des OGM a presque disparu d’Europe, hormis l’Espagne. Reporterre. fr

La culture des OGM a presque disparu d’Europe, hormis l’Espagne

Seuls l’Espagne et le Portugal cultivent les plantes transgéniques sur une grande échelle.

En 2012, 132 000 hectares de plantes génétiquement modifiées (PGM) ont été cultivés dans l’Union européenne, soit une augmentation de 15% par rapport à 2011 (114 500 hectares). Ces chiffres et statistiques, issus de sources officielles compilées par Inf’OGM, masquent des déséquilibres grandissants.

Premier constat : les cultures de PGM dans l’Union européenne sont exclusivement des cultures de maïs MON810, alors que deux autres plantes ont été autorisées à la culture, le maïs T25 et la pomme de terre Amflora, au taux d’amidon plus élevé.

Amflora a totalement disparu du sol européen. Elle avait été autorisée en 2010, après un marathon de dix ans pour BASF... La première année, ce furent 281 hectares, dans quatre pays ; puis en 2011, la République tchèque a quitté le club des cultivateurs d’Amflora, tandis que les autres pays réduisaient leur surface comme peau de chagrin. Et deux ans après, cette pomme de terre GM a disparu des assolements. La Suède et l’Allemagne ne cultivent plus aucune PGM cette année. Et aucun autre pays n’a décidé d’en cultiver.

Deuxième constat : deux pays, l’Espagne et le Portugal, représentent 95% des cultures de PGM dans l’Union européenne. Les autres – la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie, la République Tchèque – représentent donc moins de 5%. On peut donc dire que les PGM sont cultivées, à quelques épis près, dans la seule péninsule ibérique.

Troisième constat : les cultures de maïs MON810 ont diminué dans les six pays européens qui en cultivaient (voir tableau ci-dessous), à l’exception des deux leaders précédemment évoqués. Dans ces quatre pays, la baisse a été d’environ 33% passant de 9 466 hectares en 2011 à 6 456 hectares en 2012.

Les surfaces en OGM dans l’UE (2012 et 2011)

Pourquoi les surfaces n’augmentent-elles que dans deux pays ? Pour l’Espagne, c’est avant tout l’absence de règles de coexistence, l’augmentation des contaminations par des OGM qui fragilisent les filières « biologiques » ou ’« sans OGM » et la raréfaction organisée des ventes de semences conventionnelles de qualité qui pourraient en partie expliquer cette augmentation.

Inf’OGM va donc, à partir des données brutes qu’elle a réussi à obtenir, analyser le fossé qui se creuse dans l’Union européenne. Car n’oublions pas, aussi, que six autres pays – La France, le Luxembourg, la Grèce, la Bulgarie, la Hongrie et l’Autriche – ont adopté des moratoires sur la culture de ce maïs MON810, voire pour certains sur la pomme de terre Amflora. L’Union européenne ne parle donc décidément pas d’une même voix sur le dossier des OGM. Et la réticence vis-à-vis des PGM ne faiblit pas, au contraire.

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PS : Pour la Pologne, nous avons gardé le chiffre de 3 000 hectares, mais ce chiffre est plus que douteux. Il n’existe en effet aucun contrôle officiel des surfaces de maïs MON810. La Pologne a en 2012 interdit la vente des semences transgéniques mais pas les semis. Donc un certain nombre d’agriculteurs vont acheter les semences GM en République tchèque ou en Slovaquie. Personne ne peut nous confirmer ces chiffres.

Gaz de schiste : lettre ouverte à l’Académie des sciences ALDEAH Reporterre 2013/01/23 ALDEAH (23 janvier 2013) Gaz de schiste : lettre ouverte à l’Académie des sciences. Reporterre. Tribune — fr

Gaz de schiste : lettre ouverte à l’Académie des sciences

Un membre de l’Académie des sciences demande l’engagement de forages exploratoires de gaz de schiste. Mais il se fonde sur des arguments erronés.

Des collectifs citoyens anti-gaz et pétrole de schiste répondent aux deux articles parus dans L’Usine nouvelle les 14 et 15 janvier 2013 (« Les scientifiques favorables à l’exploration des gaz de schiste » et « Gaz de schiste : arrêter la recherche c’est perdre en compétitivité ») [1].

Revenir sur le bannissement des gaz de schiste du paysage énergétique

Par la voix de son président du Comité de prospective en énergie, Sébastien Candel, l’Académie des Sciences demande que des forages exploratoires soient autorisés, séparant ainsi l’exploitation de la connaissance des gisements. Elle considère qu’il est possible de garantir des conditions acceptables d’exploitation par un cahier des charges précis et finalise sa position en stipulant que : "La prise de risques calculée et raisonnée, s’appuyant sur des études sérieuses, ne doit pas être bannie".

Sébastien Candel, qui est aussi président du Conseil scientifique de l’IFPEN (Institut Français du Pétrole Energies Nouvelles), ne peut ignorer que définir une teneur précise d’hydrocarbures d’une couche de « schistes » exige l’emploi de la fracturation. Un simple carottage serait insuffisant pour déterminer combien d’hydrocarbures seraient réellement récupérables.

Ce qu’il faut faire, c’est disloquer artificiellement ce millefeuille compacté où sont piégés ces hydrocarbures pour cartographier un volume donné de cette couche. Cartographier d’abord et déceler la possibilité exacte de récupération dans ce volume donné… et multiplier ce travail de proche en proche induisant de plus en plus de fissurations artificielles pour évaluer un maximum de récupération de cette couche qui ne répond pas forcément de la même manière partout.

Si notre technicité française nous le permet sans fuites, il serait bon que nos scientifiques français joignent la société Schlumberger qui, sur quelques 15.000 puits classiques, a un taux de fuites incontrôlées répertoriées. Nous vous rappelons ces chiffres : 5% pour des puits neufs, 30 à 40% pour des puits vieux de 10 ans, et un taux atteignant les 50% pour des puits dépassant 15 ans.

Source : Wojtanowicz et al, 2001- Marc Durand [2]

Si la dégradation avec le temps des puits classiques existe, qu’en sera-t-il pour des puits sollicités par la fracturation, avec extension horizontale dépassant le kilomètre ? On peut suspecter surtout des aciers et coulis fragilisés par les produits chimiques, et malgré un contrôle complexe de mise en place des tubages (sections courbes et horizontales), on peut envisager un vieillissement accéléré par rapport aux puits classiques.

L’exception française

Pour mémoire, voici, pour alimenter notre propos, quelques faits bien connus advenus en France sur des puits classiques :

• 1991 : pollution des nappes de la Brie et de Champigny par des chlorures des eaux du Dogger (origine : puits 46 de réinjection à Chailly-en-Bière par Elf – fuite due à la corrosion de tubages non ou mal cimentés – sources BRGM/RP-51312-FR [3]).

• 1978 : fuite accidentelle d’huile, sans récupération, sur une durée supposée de 18 ans, dans les formations crayeuses du Séno-turonien (origine : puits 48 d’exploitation fermé par 3 bouchages consécutifs réalisés sur 2 ans – fuite due à la corrosion puis perforation d’un tube défaillant malgré une intégrité du cuvelage vérifiée par diagraphie – sources BRGM/RP-51312-FR).

• 1995-96 : fuite d’eau géothermale dans les Calcaires de Champigny détectée par une baisse anormale de pression (origine : deux perforations dans le tubage du puits CGO2 de réinjection à Coulommiers - sources BRGM/RP-51312-FR). Le BRGM souligne au passage la complexité de ce contexte géologique et hydrogéologique des formations aquifères du Tertiaire, car cet important volume de fluide géothermal a disparu sans qu’on puisse savoir où.

• Un dernier exemple récent et embarrassant de novembre 2012 à Cébazat dans le Puy-de-Dôme : des remontées de pétrole dans un chantier de construction résidentiel concernant un puits de 1981, connu non pour du pétrole mais pour du gaz carbonique. Sauf que c’est du pétrole qui remonte (3 à 5 m3/jour). Ce qui se solde par un 1er bassin de rétention, puis un second à venir qui devrait atteindre 70.000 €, sans oublier un rebouchage prévu d’ici un an qui pourrait coûter entre 500.000 et 1 million d’euros. Ceci avant même d’avoir l’analyse de ce précieux liquide.

Cette liste suffira, malgré d’autres exemples tout à fait français…

La technique française a certainement évolué en 20 ou 30 ans, et tous les anciens puits classiques ne fuient pas forcément. Loin s’en faut et heureusement, vu la densité de forages dans notre bassin parisien très peuplé. Alors, comment affirmer que la France ferait mieux que les Etats-Unis ?

Quant à la réaction unanime des collectifs citoyens, qui refusent une quelconque appartenance politique, contrairement à ce que laisse entendre le raccourci fait par l’Usine Nouvelle, elle se situe justement dans un refus argumenté pour éviter cette prise de risque réclamée par l’Académie des sciences. Et ce, pour favoriser le plus grand nombre, pour l’avenir, pour nous et nos enfants.

Est-il besoin de souligner les problèmes liés à l’eau, à sa qualité et à sa quantité, que nous affrontons dans les régions où ces permis existent, que ce soit dans le sud ou en Seine-et-Marne, dont l’eau alimente aussi, ne l’oublions pas, la capitale ?

« …Regagner une partie de la compétitivité française » ?

Christian Pierret, ancien ministre délégué de l’industrie du gouvernement Jospin, cité par l’Usine Nouvelle, célèbre « une vraie possibilité de regagner une partie de la compétitivité française grâce aux prix de l’énergie ». M. Pierret fait l’amalgame entre le prix du pétrole et le prix du gaz, ce qui est une tromperie car le pétrole est un liquide qui se transporte très facilement d’un continent à un autre, ce qui génère un cours mondial.

Tout au contraire, le gaz, pour se transporter, nécessite des gazoducs et des infrastructures très lourdes, ce qui entraine des cours très différents selon les endroits d’utilisation, faibles aux Etats-Unis, beaucoup plus élevés en Europe.

L’Agence Internationale de l’Energie évalue un prix de revient du gaz de schiste en Europe 3 à 6 fois plus élevé que le gaz importé de Russie ou d’Algérie. Il est donc tout à fait faux de penser que l’exploitation des gaz de schiste entrainera une baisse du prix de l’énergie favorable à notre industrie.

Source : AIE [4]

M. Pierret ignore-t-il que l’exploitation des gaz de schiste en France, si elle était entreprise à grande échelle pour contribuer de manière significative à notre mix-énergétique, nécessiterait plus de 10 ans pour mettre en place les réseaux de collecte (pipe-line), les infrastructures et les milliers de forages nécessaires ? Cette industrie deviendrait éventuellement opérationnelle au-delà de 2020 – date à laquelle tous les pays dits « développés » s’engagent à avoir réduit massivement leurs besoins en hydrocarbures.

Indispensable et urgente transition énergétique

Pour mémoire, constatons tout d’abord que le réchauffement climatique de + 0,4°C depuis les années 1900 a déjà causé de graves conséquences sur notre planète : fonte des glaciers, fréquence des événements climatiques multipliée par 5 ! [5]

La limite à + 2° aurait déjà peu de chances d’être obtenue (voir à ce sujet les craintes du Vice-président du Giec, Jean Jouzel [6]) et les anticipations les plus pessimistes des spécialistes et observateurs semblent devoir être dépassées (+4°, +5°, +6°…), entrainant des conséquences catastrophiques bien avant la fin de ce siècle.

Peu de scientifiques (sauf peut-être encore M. Claude Allègre ?) mettent en doute l’origine de cette subite accélération du réchauffement, qui coïncide avec le développement de l’ère industrielle ; aucun ne conteste l’objectif de réduction de nos émissions de C02 pour limiter l’aggravation du réchauffement.

François Hollande a d’ailleurs déclaré dans son discours à Abou Dhabi que la France veut faire de la transition énergétique une grande cause nationale et internationale, appelant à davantage d’investissements dans les énergies renouvelables pour préparer l’après-pétrole.

Qui parle de bannir la recherche et l’esprit scientifique des choix en matière d’énergie ? Au contraire, cette recherche doit être développée, mais sur des solutions d’avenir, qui ne dégradent pas les conditions d’existence de nos descendants, loin des ambitions visant à exploiter les dernières ressources non renouvelables de la planète sans souci des générations futures.

« Rassurer l’opinion publique »

Ce qui serait véritablement rassurant, serait de voir s’engager un vrai débat pour cibler les difficultés en cherchant le meilleur moyen de les dépasser. Là-dessus nous serions d’accord.

Ne pas toucher aux réserves d’hydrocarbures de roche-mère, quel que soit leur potentiel, n’empêche nullement les scientifiques de plancher pour répondre aux vrais besoins du moment : diminuer notre facture énergétique en réduisant les coûts par l’isolation des bâtiments, favoriser la recherche vers un urbanisme à énergie positive, parvenir à construire des véhicules à faible coût employant peu ou pas d’énergie fossile.

A seulement 50 km de Paris, les villages n’ont pas de transports en commun pour rejoindre les gares et les lieux de travail, un véhicule est indispensable pour vivre dans ces villages populeux où les commerces ont disparu. Car il ne s’agit pas du Dakota, avec ses 2 habitants/km2, mais d’un territoire où ce chiffre monte à près de 1000 hab/km2… L’exploitation des schistes, avec sa kyrielle de conséquences possibles, ne présente rien de rassurant.

Même si l’entretien des routes déjà existantes aboutissait à maintenir quelques emplois, certains villages de Seine-et-Marne ont une vieille tradition pétrolière et savent qu’elle n’a pas créé directement un seul emploi local en plus de 40 ans, ni sauvé le moindre commerce.

Ce qui rassurerait vraiment l’opinion publique viendrait de scientifiques dignes de ce nom qui favoriseraient le plus grand nombre en répondant à leurs besoins et aux attentes d’aujourd’hui : alors, la compétitivité française vaudrait de l’or, en montrant cette originalité de l’esprit français, qui dans d’autres temps a su être un phare civilisateur. Engager notre civilisation vers l’avenir est la véritable responsabilité, celle qui permet à l’être humain de comprendre le sens fondamental de la vie.

Le désir d’extractivisme ne fait pas rêver les populations qui habitent les lieux d’extraction : prenez des risques dans votre jardin, sur votre propriété et cessez de vouloir le faire chez les autres qui, eux, paieront les conséquences en cas de problème. Surtout, surtout, pensez aux enfants qui viendront, pensez au monde que nous allons leur laisser, avec la chance d’y vivre à leur tour …

« Pourquoi les politiques sont-ils si sensibles à l’opinion publique » ?

Cité par Usine Nouvelle, François Goulard, Ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche du gouvernement de De Villepin, déplore que « nos gouvernants […] suivent ce qu’ils croient être l’opinion publique » et se demande pourquoi « nos politiques » y « sont si sensibles ». Cet étonnement témoigne d’une curieuse conception de la démocratie.

Comme si les diplômes, titres et médailles, conféraient aux avis de leurs auteurs une supériorité évidente, une moralité sans faille. Comme si nombre de ces experts n’étaient pas plus ou moins directement impliqués par leurs doubles casquettes dans les profits de cette industrie que l’on veut nous imposer. Comme si les plus grands savants ne s’étaient jamais trompés une fois ou l’autre dans leur vie.

Le bon sens des habitants des régions concernées par les projets d’exploitation des hydrocarbures de roche-mère leur suggère de se méfier de ces experts qui veulent leur bien malgré eux. Ils savent trop que les immenses efforts déployés par l’industrie et relayés par une soi-disant élite n’ont en réalité qu’un but : le profit immédiat.

Non aux énergies fossiles, Ni ici, Ni ailleurs, Ni aujourd’hui, Ni demain !

Oui à la recherche, pour une véritable transition énergétique.

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Premiers signataires : Collectif citoyen Ile-de-France « non aux gaz et pétrole de schiste », Collectif « Huiles de schiste non merci » Carmen (02), Collectif « Non au Pétrole et Gaz de schiste » Bocage gâtinais (77), Collectif du Pays Fertois (77), Collectif Briard (77), Collectif non au gaz de schiste 91, Collectif ALDEAH, Collectif « non gaz de schiste Florac » (48), Collectif « Causse Méjean - Gaz de schiste NON ! » (48), Collectif Orb-Jaur Non aux gaz de schiste (34), Collectif GDS-Gardonnenque et Petite Camargue (30), Collectif du GDS du Céressou contre le permis "Plaines du Languedoc", Collectif Sète (34), Collectif Bassin de Thau (34), Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif du Grand Valentinois (26), Convergence citoyenne pour la Transition énergétique, Collectif stop gaz de schiste 69, les Collectifs Isère (38), Collectif du Narbonnais (11), Collectif des Corbières (11), NGDS47, Collectif Drôme (26), Collectif Dégaze Gignac et les Environs (34), Collectif Roquedur Le Vigan (30), Collectif viganais stopgaz de schiste (30), Association No gazaran !

Vous pouvez signer cette lettre en envoyant un commentaire ci-dessous.

Contact : collectif-citoyen-idf-non-aux-gpds@lists.riseup.net

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Notes

[1] ici et ici

[2] Tableau présenté par Marc Durand d’après « Diagnosis and remediation of sustained casing pressure Final » de Wojtanowicz et al, 2001 dans le rapport "Risques potentiels de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels en-Ile-de France" du Conseil scientifique régional d’Ile-de-France - mars 2012.

[3] « Etude bibliographique sur le suivi des risques engendrés par les forages profonds sur les nappes d’eau souterraine du bassin Seine-Normandie » par J-F Vernoux - BRGM/RP-51312-FR - septembre 2002. Même référence pour les trois exemples cités.

[4] Voir ici et ici

[5] ici

[6] Voir ici

Rencontre avec l’équipe de Reporterre Par Julien villalard Reporterre 2013/01/24 Par Julien villalard (24 janvier 2013) Rencontre avec l’équipe de Reporterre. Reporterre. fr

Rencontre avec l’équipe de Reporterre

Jeudi 24 janvier à Paris

Mais qui sont-ils donc ?

Comment font-ils ? Ou font-elles ?

D’où vient le site de l’écologie ? Où va-t-il ? Et où est-il ?

Comment y participer ? Le critiquer ? L’améliorer ?

Quelques questions auxquelles on pourra trouver réponse en venant rencontrer l’équipe de Reporterre, et discuter de l’écologie, de l’avenir, du cosmos, pour la première soirée ouverte du site de l’écologie.

On se retrouve à La Veilleuse de Belleville, café coopératif situé 26 rue des Envierges, dans le XXe, entre le Parc de Belleville et la rue des Pyrénées (métro Pyrénées, Couronnes ou Belleville, bus 26).

Ambiance festive, vins et bières de pays, charcuterie et fromage bio, le tout à prix modique.

A jeudi, 24 janvier, à partir de 20 h.

Adieu la « gauche » Béatrice Turpin Reporterre 2013/01/24 Béatrice Turpin (24 janvier 2013) Adieu la « gauche ». Reporterre. Tribune — fr

Adieu la « gauche »

Je n’ai jamais été communiste ou socialiste, Mais maintenant je ne suis même plus « gauchiste ». Face à Hollande et son équipe, Je préfère de loin être extrêmiste, Radicale, excentrique et grande-gueuliste, Face aux médias, d’accord, j’abdique, Même si la « gauche » et la droite ont fusionné Se sont emmêlés dans leurs lacets, OK, c’est bon, maintenant je le revendique, Je suis extrêmistement décentrée. Face à la finance et à son monde, Je ne peux que gueuler, manifester, Face à la capitulation immonde, D’une « gauche » néolibéralistiquement métamorphosée, D’accord, d’accord, je le revendique, Je suis extrêmistement transformée. J’aime trop le/les peuples et leurs divers droits, Face à des pouvoirs collusionnistes qui veulent en faire leurs proies, Je respecte trop le pouvoir de la nature et de l’univers, Pour m’identifier à une « gauche » qui transgresse la loi, Continuellement refuse la réalité de la terre. Adieu la « gauche », je suis extrêmiste, je le revendique, C’est officiel : je suis radicale, décentrée et excentrique, Adieu la « gauche », la droite, le centre, Tous les moutons agenouillés devant les riches de la finance, Face à vous, c’est bien une révolution qu’il faut maintenant, Assez de politesse, on enlève les gants, Adieu la « gauche » establish-ment, Songe d’une autre ère, je fiche le camp !

Hollande a cédé aux banques ATTAC France Reporterre 2013/01/24 ATTAC France (24 janvier 2013) Hollande a cédé aux banques. Reporterre. fr

Hollande a cédé aux banques

Le projet de loi sur la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires est vidé de toute substance.

C’était il y a un an. Le candidat Hollande, au meeting du Bourget, pointait du doigt son « véritable adversaire » : « Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Un an après, ce sont surtout les banques qui célèbrent cet anniversaire. Grâce à leurs réseaux d’influence, elles ont pesé de tout leur poids pour vider de sa substance le projet de "loi de séparation et de régulation des activités bancaires [1]" que le gouvernement doit soumettre à l’approbation du Parlement d’ici fin février. Avec un grand succès, puisque le texte n’est plus que l’ombre des engagements de campagne du candidat Hollande.

Parmi ses promesses les plus emblématiques, la séparation claire des activités de crédit, de dépôt et celles de spéculation n’est désormais plus à l’ordre du jour. "Cette loi ne s’attaque pas aux vrais problèmes et aura peu d’effet sur l’activé des banques. Elles vont continuer à prendre des risques et ne seront pas incitées à faire leur vrai métier : financer les investissement, les emplois, les logements" analyse Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac France.

Dans une note qu’il a rendu publique lundi 21 janvier, et qui a fait grand bruit, l’économiste Gaël Giraud estime même que le projet "cumule les faiblesses des modèles étrangers - Volcker, Vickers, Liikanen, Glass-Steagall Act-, sans hériter d’aucune de leurs qualités ". [2]

Attac France se mobilise pour obtenir des modifications substantielles de ce projet de loi et publie aujourd’hui ses contre-propositions [3] pour remettre la banque au service de l’intérêt général.

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Notes

[1] lien

[2] Lien

[3] Lien

Les bactéries pourraient s’attaquer aux déchets nucléaires souterrains Ecole polytechnique fédérale de Lausanne Reporterre 2013/01/24 Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (24 janvier 2013) Les bactéries pourraient s’attaquer aux déchets nucléaires souterrains. Reporterre. fr

Les bactéries pourraient s’attaquer aux déchets nucléaires souterrains

Les micro-organismes pourraient affecter la stabilité de l’entreposage de résidus radioactifs. Un problème encore méconnu, qui fait l’objet d’une étude pionnière à l’EPFL

9 juillet 2012

Sous terre, le temps semble s’être arrêté. C’est pourquoi les profondeurs de la Terre sont considérées comme les endroits les plus sûrs pour enfouir les déchets nucléaires. Mais les scientifiques ont constaté une intense activité bactérienne dans ce monde souterrain, suite à l’intrusion humaine. Des scientifiques de l’EPFL [Ecole polytechnique fédérale de Lausanne] ont lancé un programme de recherche afin d’identifier ces microorganismes souterrains. Ils comptent mieux comprendre quelle pourrait être leur influence sur l’étanchéité des barrières utilisées pour confiner les déchets nucléaires - conteneurs, béton ou roches, par exemple.

Il s’agit d’identifier les bactéries présentes dans les profondeurs, et de comprendre comment elles transforment la chimie de leur milieu. Plus encore, il s’agit également de prédire comment ces microorganisme pourraient évoluer sur de longues périodes. Autant d’informations qui permettront d’évaluer, à long terme, la sécurité des sites d’enfouissement.

« Pour identifier les microbes qui évoluent dans la roche, nous utilisons des techniques de séquençage d’ADN et des outils bio-informatiques », explique le Rizlan Bernier-Latmani, directrice du projet et responsable du laboratoire de microbiologie environnementale à l’EPFL. Les données fourniront aussi un aperçu des types de molécules que les microbes peuvent produire en transformant leurs substrats. « Nous parlons de très longues durées, plusieurs centaines de milliers d’années. Si les bactéries peuvent transformer leur milieu, elles le feront. »

Rizlan Bernier-Latmani a lancé une campagne expérimentale à des centaines de mètres de profondeur, sous le Mont Terri, près de St. Ursanne dans le Jura. Un site qui n’abrite pas - et n’abritera jamais - de déchets nucléaires. Ce lieu est devenu une plateforme de recherche et de collaboration internationales pour étudier la pertinence de la roche argileuse dans l’enfouissement des déchets radioactifs. Les résultats obtenus sur ce site expérimental pourront être transférés à d’autres sites similaires.

Évaluer le potentiel des microbes

Rizlan Bernier-Latmani cite plusieurs processus bactériologiques qui pourraient avoir un impact sur la stabilité du stockage de déchets radioactifs. La corrosion des déchets métalliques et des conteneurs de stockage, ou la production de gaz, peuvent affecter le confinement des déchets radioactifs. On présume aussi de potentiels effets bénéfiques. En effet, les microbes peuvent également consommer certains gaz qui, au fil du temps, pourraient augmenter la pression dans un environnement étanche et scellé. De plus, en modifiant la conformation des éléments radioactifs, les bactéries peuvent réduire leur solubilité, et les figer à l’intérieur du substrat rocheux.

« Pour prendre en compte l’activité des micro-organismes, il nous faut mieux la comprendre. Ainsi, nous pourrons évaluer la sécurité, de l’environnement de stockage sur le long terme », explique la chercheuse.

Observer l’adaptation des bactéries en temps réel

La technologie de séquençage d’ADN permet d’identifier des quantités infimes de bactéries, même dans les cas où ils ne représenteraient que 0.1% de la population microbienne. « Il est très important de repérer même les bactéries présentes en faibles quantités, parce qu’elles pourraient prospérer une fois l’environnement de stockage sous scellés. »

Cette même technique permettra de résoudre un problème épineux. Dans les communautés microbiennes, différentes espèces coexistent pendant des millénaires. L’environnement est en constante évolution. En conséquence, il arrive que les bactéries mutent et acquièrent de nouvelles fonctions. Elles peuvent même s’emparer des gènes d’autres espèces - un processus connu sous le nom de « transfert génétique horizontal ». Afin de mieux cerner la façon dont les bactéries pourraient évoluer sur des milliers d’années, les scientifiques doivent identifier l’ensemble des gènes exprimés par toute la communauté microbienne.

Comment identifier tous les types de bactéries présents dans les dépôts d’argile, sous le Mont Terri ? Dans le passé, les scientifiques prélevaient des bactéries à partir d’échantillons d’eau, et les cultivaient jusqu’à ce qu’elles atteignent une population suffisamment importante pour être analysée. Or, seul un pour cent des espèces bactériennes peuvent être mises en culture. De fait, les résultats étaient loin de représenter l’ensemble des espèces présentes.

Aujourd’hui, de nouvelles techniques permettent aux scientifiques d’analyser les populations bactériennes sans avoir à les mettre en culture. Grâce à ces techniques, l’ADN de tous les micro-organismes présents dans un échantillon peut être extrait, séquencé, puis réuni en utilisant des algorithmes bio-informatiques. Cela permet d’identifier tous les microbes et de cataloguer leur machinerie moléculaire de manière exhaustive – on dresse la liste complète des protéines qu’ils peuvent produire. Les scientifiques peuvent même identifier avec précision quelles protéines sont utilisées à un moment donné. Cela fournit un aperçu de la stratégie adoptée par les bactéries pour survivre, et surtout du danger qu’elles pourraient représenter.

Un aquarium à bactéries

Rizlan Bernier-Latmani et son équipe utilisent un nouveau bioréacteur - un aquarium à bactéries - qui peut s’intégrer directement au substrat rocheux des tunnels profonds. De la sorte, ils peuvent extraire des échantillons d’eau souterraine, qui leur permet d’observer la prolifération des bactéries et leur activité dans leur milieu naturel.

À l’heure actuelle, les scientifiques cherchent à comprendre comment les bactéries s’adaptent à leur régime souterrain, et comment leur présence peut influer la sécurité des dépôts. Ils les stimulent, en enrichissant l’eau souterraine avec des molécules différentes : par exemple l’hydrogène, pour simuler l’accumulation du gaz qui résulte la corrosion des conteneurs en acier. En même temps, ils auront accès à de nombreux paramètres en temps réel –pH, quantité d’oxygène dissous ou sulfates. . Avec les techniques de séquençage d’ADN, ils pourront observer les bactéries alors même qu’elles s’adaptent à leur nouvel environnement.

On ne sait toujours pas si les microbes étaient présents à l’origine, ou s’ils ont colonisé le substrat rocheux pendant les travaux de forage. Mais ils sont bien là, et ils sont actifs. Des centres souterrains ont été sélectionnés pour offrir l’option la plus viable en matière de stockage des déchets nucléaires car, contrairement à la surface de la terre, le substrat rocheux semble être figé dans le temps. Les microorganismes, quant à eux, continuent de prospérer à leur propre rythme.

Jan Overney

[Note de Reporterre - Cet article nous a été signalé par le Cedra, qui relève aussi une thèse soutenue à Nancy sur le même sujet des bactéries, dont il présente une synthèse :

Le Tour de France prépare un mauvais coup écologique en Corse Robin des Bois Reporterre 2013/01/24 Robin des Bois (24 janvier 2013) Le Tour de France prépare un mauvais coup écologique en Corse. Reporterre. fr

Le Tour de France prépare un mauvais coup écologique en Corse

Le Tour de France veut draguer le golfe de Porto Vecchio, en Corse, pour les besoins d’une étape. Mais cela aurait un effet écologique irréparable.

Le Tour de France 2013 a l’idée géniale de partir le 29 juin de Porto-Vecchio dont la capacité hôtelière est très réduite. Le golfe de Porto-Vecchio bénéficie d’un statut protecteur. Ce bouclier juridique cherche à en protéger la fonctionnalité et à endiguer la dégradation des paysages et de la biodiversité marine.

Or, la veille de Noël 2012 a débuté une enquête publique qui s’achève. Discrète et express, elle a tenté une échappée solitaire mais elle a été rattrapée par un petit groupe de poursuivants composé de l’Association pour le libre accès aux plages et la défense du littoral de Porto-Vecchio, d’U-Levante et de Robin des Bois.

L’enquête publique, obligatoire au vu des enjeux environnementaux et financiers, vise à obtenir dans des délais très courts l’autorisation d’extraire 220.000 tonnes de sédiments marins et de les immerger à la sortie du golfe à 3 km de la côte. 15.000 tonnes de matériels rocheux devront aussi être extraits et clapés, c’est à dire immergés.

Le but initial est d’accueillir des navires de « grande taille » dans des conditions de navigabilité et de sécurité acceptables. 10 hectares de fonds marins situés en face du « port de commerce » doivent être surcreusés jusqu’à une profondeur de 8,50 mètres.

Le tirant d’eau est aujourd’hui de 5 mètres. Ces navires de « grande taille » sont dans un premier temps destinés à acheminer ou à héberger une partie de la manifestation du Tour de France estimée selon la police et les organisateurs à environ 4.500 personnes et à 2.500 véhicules motorisés.

Ce bassin de 10 hectares surcreusé serait un tonneau des Danaïdes constamment rechargé par les matières organiques charriées par l’estuaire du Stabiacciu. Si le dragage de 2013 a lieu, il faudra le répéter régulièrement au fil des années. Le cru 2013 est estimé à 9 millions d’euros.

La course contre la montre du dragage qui s’engage ne peut supporter le moindre contretemps. Enquête publique bâclée, commissaire-enquêteur dopé remettant son rapport dans des délais jamais vus, mémoire en réponse expéditif du Conseil Général de la Corse du Sud et arrêté préfectoral dans la foulée. En draguant 24/24h, 7/7j, et en empêchant de dormir les 12.000 habitants de Porto-Vecchio, les dragues aspiratrices peuvent boucler l’affaire, travaux de préparation compris en 3 mois et demi après le top départ.

Bon pour la logistique du Tour de France, à condition de prendre des risques importants pour la sécurité nautique de l’ensemble des opérations. Mauvais pour les reliques d’herbiers de zostères, de cymodocées et de posidonies, mauvais pour les poissons et les mammifères marins affolés et, pour certains, mutilés par le vacarme du déroctage. Mauvais pour les pêcheurs professionnels et pour la qualité sanitaire du golfe de Porto-Vecchio et des eaux adjacentes contaminés par les micropolluants chimiques et les polluants bactériologiques stockés dans les sédiments anciens et dispersés.

Robin des Bois, bon connaisseur en dragage, n’a jamais vu même dans les cas les plus graves une telle précipitation. Le Tour de France cycliste réussirait là l’exploit irréparable et sans précédent de détruire l’un des plus beaux golfes de la Corse.

Les banques ne payent pas assez d’impôt, démontrent deux économistes Challenges Reporterre 2013/01/25 Challenges (25 janvier 2013) Les banques ne payent pas assez d’impôt, démontrent deux économistes. Reporterre. fr

Les banques ne payent pas assez d’impôt, démontrent deux économistes

Gunther Capelle-Blancard et Jézabel Couppey-Soubeyran dénoncent les conclusions du rapport du Conseil des prélèvements obligatoires qu’ils ont en partie élaboré.

Gunther Capelle-Blancard (Cepii & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Jézabel Couppey-Soubeyran (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ont contribué à l’élaboration du rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) sur la fiscalité des groupes financiers paru jeudi 24 janvier. Ils en ont rédigé les rapports annexes III et IV. Contrairement aux conclusions de ce rapport, ils estiment que les banques ne payent pas assez d’impôts. En exclusivité pour Challenges, ils expliquent leur désaccord.

Même si la part des banques et assurance dans le total des prélèvements obligatoires est passée de 4,3% à 5,3% entre 2010 et 2013, vous estimez que le taux d’imposition implicite des banques a nettement baissé au cours des 20 dernières années. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

L’important, ce n’est pas d’observer seulement les prélèvements obligatoires du secteur financier (ou la part de ce dernier dans le total des prélèvements) mais de mettre en rapport ces prélèvements et les profits réalisés. Alors il est vrai que l’exercice n’est pas facile parce que les données statistiques détaillées font cruellement défaut (l’ACP et la Banque de France ne se montrent pas toujours très coopératives en la matière) mais, malgré cela, on observe clairement que les profits du secteur financier ont augmenté beaucoup plus vite que les prélèvements dont il fait l’objet.

En France, dans le cas des banques précisément, le montant des impôts sur le revenu et sur la production ont augmenté d’environ 50% entre 1996 et 2011 mais, dans le même temps, le produit net bancaire (principal indicateur de résultat des banques) a doublé, l’actif total des banques a été multiplié par 3 et leurs profits (jusqu’en 2007 avant que la crise n’éclate) ont été multipliés par 10.

Donc quand on fait le rapport entre les impôts payés par les banques et leurs profits, on obtient ce qu’on appelle un taux d’imposition implicite dont la tendance est nettement à la baisse. Cette tendance s’observe pour la plupart des pays de l’OCDE : jusqu’à la crise, le résultat avant impôt (qu’il faut lisser sur plusieurs années parce qu’il varie beaucoup) a augmenté beaucoup plus vite que les impôts sur le résultat, d’où un taux de taxation implicite qui chute nettement dans le secteur bancaire de ces pays. Si la question est « l’imposition des entreprises du secteur financier est-elle ajustée à leur capacité contributive », la réponse est donc clairement non !

Les banques françaises disposent de multiples filiales à l’étranger, cela ne rend-il pas très difficile le calcul des taux d’imposition ?

Les banques françaises comme celles de beaucoup d’autres pays sont fortement internationalisées. C’est un trait saillant de l’évolution des secteurs bancaires au cours des dernières décennies. Bien entendu, ce n’est pas sans lien avec la baisse du taux d’imposition implicite qu’on vient de mentionner. Le nombre de filiales à l’étranger se compte par centaines pour la plupart des groupes bancaires et cela renforce nettement la capacité de ces groupes à tirer avantages des différences de réglementation et de fiscalité. Les banques sont les championnes de l’optimisation fiscale, d’autant que parmi ces implantations à l’étranger il y a bien sûr beaucoup de filiales localisées dans des centres offshore, c’est-à-dire des paradis fiscaux : c’est le cas pour 10 à 20% des filiales étrangères des grandes banques françaises, italiennes ou espagnoles.

Pour les banques britanniques ou suisses, ce pourcentage se monte à 30% ! Cela rend effectivement le calcul des taux d’imposition compliqué ou, en tout cas, cela devrait obliger à être conscient qu’on sous-estime une large part des bénéfices ou qu’une large part des bénéfices échappe à l’impôt. Là encore, il y a un grave problème d’accès à l’information. En France, l’ACP ne publie plus d’informations sur les implantations des groupes bancaires et lorsque cette donnée était publiée, elle ne l’était que de manière agrégée sans qu’il soit possible d’identifier les implantations dans les paradis fiscaux.

Les banques devraient avoir, comme aux Etats-Unis, l’obligation de renseigner dans le détail leurs implantations à l’étranger et l’Autorité de surveillance (l’ACP en France) devrait être obligée de rendre accessibles ces informations. On pourrait alors évaluer avec précision l’avantage que confère la présence dans les paradis fiscaux, voire même ajuster la fiscalité en conséquence. Les paradis fiscaux servent souvent d’épouvantail pour dire que si on renforce la réglementation ou la fiscalité des banques, celles-ci s’évaderont dans ces paradis fiscaux. Il est temps de renverser l’argument et de dire que, au nom du manque à gagner que cela représente pour les finances publiques, il faut taxer la présence des banques dans les paradis fiscaux.

Selon vous faudrait-il taxer davantage les banques ? et dans quel objectif ?

Contrairement à la tonalité du rapport général du CPO, on peut penser en effet qu’il y a de la marge. Le taux d’imposition implicite des entreprises du secteur financier est en moyenne moins élevé que celui des entreprises non financières et il a baissé davantage. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’optimisation fiscale du côté du secteur non financier. Mais la structure du secteur bancaire est devenue tellement concentrée autour de très grands groupes fortement internationalisés que la situation qu’on observe pour quelques grands groupes de services non financiers est en quelque sorte généralisée pour le secteur bancaire.

Donc oui, la fiscalité des banques pourrait être accrue, sans injustice et surtout sans menace pour la croissance. Car c’est souvent l’argument que les banques et leur lobbys (très actifs et présents partout) opposent à tout projet de renforcement de la fiscalité : cela augmentera le coût du crédit et pèsera sur la croissance. Or la répercussion de la taxe sur le coût du crédit reste à prouver. Dans nos travaux, nous montrons qu’il n’y a aucune preuve empirique solide de cette répercussion. De plus, il faut être conscient que la croissance du secteur financier a dépassé la limite. Un secteur financier hypertrophié ne contribue plus à la croissance, au contraire il expose à des crises dont les conséquences économiques et sociales sont lourdes.

Or c’est précisément à contenir la taille du secteur bancaire et financier qu’un accroissement de la fiscalité de ce secteur pourrait servir. Plus taxé, le secteur bancaire retrouverait une taille raisonnable, celle qui le remettrait au service de l’économie réelle. Les questions de fiscalité et de régulation financière sont encore aujourd’hui trop déconnectées. Les fiscalistes sont très réticents à l’idée d’affecter des taxes à un objectif spécifique de régulation d’un secteur, très réticents à ce qu’une taxe n’ait pas d’autre motif que celui seulement d’augmenter les recettes fiscales. Pourtant, la fiscalité peut servir à corriger des rentes, une taille excessive, les externalités associées aux crises bancaires.

On pourrait aussi en augmentant la fiscalité des banques augmenter le budget des autorités de surveillance, abonder des fonds de résolution des faillites, augmenter la capacité du fonds de garantie des dépôts … autrement dit se donner les moyens de mieux organiser la stabilité financière. La taxe sur le risque systémique, appliquée en France depuis 2011, est un peu dans cet esprit. Mais en dépit du doublement de son taux (passé de 0,25% à 0,5% des fonds propres réglementaires), la taxe française est encore trop peu ambitieuse. Elle a au moins le mérite d’exister et peut encore être améliorée.

Propos recueillis par Irène Inchauspé

Hollande et le nucléaire : rien ne va changer Jean-Marie Brom Reporterre 2013/01/25 Jean-Marie Brom (25 janvier 2013) Hollande et le nucléaire : rien ne va changer. Reporterre. Tribune — fr

Hollande et le nucléaire : rien ne va changer

Fermer Fessenheim, ouvrir Penly : au terme du mandat de M. Hollande, la capacité nucléaire de la France n’aura pas bougé d’un iota.

En ce mois de janvier 2013 devraient commencer les premières tables rondes autour de la « transition énergétique », avec en particulier le dossier nucléaire. Mais sur ce dossier, y-a-t-il encore matière à discussion ?

Parallèle…

Juin 2007 : juste avant de lancer le « Grenelle de l’Environnement », le ministre Alain Juppé annonce que le dossier du nucléaire n’en fera pas partie. Histoire de bien montrer à certains groupes de pression qu’ils n’ont pas à s’inquiéter.

Septembre 2012 : à la veille de la première réunion interministérielle sur la transition énergétique, le Président Hollande renouvelle sa promesse de fermer la seule centrale de Fessenheim à la fin 2016, de terminer le chantier de l’EPR et d’amener la part du nucléaire à 50% à l’horizon 2025. Sur le nucléaire, débat clos avant même d’avoir commencé…

Autrement dit : que ce soit pour Sarkozy ou Hollande, rien de changé : à peine élu, le chef de l’Etat entame un grand débat écolo-énergétique, quel qu’en soit le nom, et vide ce débat pour ce qui concerne le nucléaire, tout en renouvelant l’allégeance de l’Etat pour l’atome – voir les déclarations de Delphine Batho et Arnaud Montebourg…

Opération blanche

En supposant réelle la volonté de François Hollande de respecter sa promesse, la capacité nucléaire de la France n’aura pas évolué durant ce mandat : 1.760 MWe de moins avec l’arrêt de Fessenheim, 1.650 MWe de plus avec l’EPR de Flamanville.

Opération blanche en définitive, avec une dépendance nucléaire maintenue à près de 75% pour notre électricité à la veille de l’élection de 2017… François Hollande n’aura finalement pas fait grand’chose, à part dépenser quelques milliards de plus pour un EPR de toute façon invendable à quiconque...

L’intenable promesse ou le mensonge conscient ?

Restera la promesse de réduire notre dépendance au nucléaire pour 2025, c’est-à-dire passer de 75 à 50% en huit ans. Et là, le calcul est simple : en 2012, la capacité nucléaire installée est de 63.130 MWe, produisant environ 75 % des 541 TWh de 2011. Depuis un dizaine d’année, notre capacité de production augmente de quelques 2% par an – essentiellement par l’apport des énergies renouvelables .

En poursuivant sur cette lancée, notre production électrique pourrait s’établir en 2025 autour de 700 TWh, produits à 50% par le nucléaire. Il conviendrait de fermer une capacité de quelques 10 000 MWe, ce qui correspond à 13 réacteurs : la totalité des sites de Bugey et Dampierre, 2 réacteurs à Gravelines et Tricastin, un au Blayais, si l’on commence par les plus anciens… Et encore, en supposant qu’aucun nouvel EPR, aucun réacteur même expérimental ne sera construit entre temps… Douteux…

Et douteux également, à voir la mollesse du pouvoir face au lobby nucléaire pour fermer les deux vieux réacteurs de Fessenheim pourtant mis en cause même par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (problèmes de la digue du Canal d’Alsace, de séismicité, permanence d’un nombre très élevé d’incidents…). S’il faut 4 ans pour fermer – à reculons – deux réacteurs, comment imaginer en fermer 13 ou plus en 8 ans ?

Comme monsieur Sarkozy avant lui, il semble que monsieur Hollande n’ait pas attendu pour s’être mis au pas du nucléaire : comme son prédécesseur, il organise un vaste débat en trompe-l’œil dont le nucléaire est bizarrement absent. Et comme son prédécesseur, dès qu’il s’agit du nucléaire, la solution sera pour le mandat suivant.

Mais après tout pourquoi se dépêcher ? Les 19 sites abritant nos 58 réacteurs sont pollués pour une bonne cinquantaine d’années au moins, et nos futurs sites de déchets le seront pour quelques dizaines de milliers d’années… Et un mandat ne dure que 5 ans… La tranquillité nucléaire n’a pas de prix. Jusqu’à Tchenobyl ou Fukushima…

Journée internationale - Dénonciation des violences d’Etat Reporterre 2013/01/25 (25 janvier 2013) Journée internationale - Dénonciation des violences d’Etat. Reporterre. fr

Journée internationale - Dénonciation des violences d’Etat

Samedi 26 janvier

Victimes d’irréparables violences policières (fractures, hémorragies internes, éclats de grenades, surdités, yeux crevés…), plus de 120 blessé(e)s en deux jours lors de la dernière opération policière) et d’une forte répression politique (des centaines de procès et d’arrestations, et deux prisonniers politiques à ce jour), des occupant(e)s de la ZAD - Zone à Défendre contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes - auxquels s’associe l’ACIPA, lancent une invitation à dénoncer publiquement les violences d’Etat le 26 janvier, dans toutes les villes de France et d’ailleurs.

Ces violences ont été extraordinairement choquantes, mais les occupant(e)s politiques de la ZAD ne sont évidemment pas les seuls à subir des violences d’Etat. Violences symboliques, légales, judiciaires, policières, militaires, institutionnelles, présomption de culpabilité, discriminations, humiliations, déportation de sans-papiers, contrôle de nos vies... sont autant de formes de violence ordinairement subies par la population. Invitation est donc lancée à toute personne qui se sentirait concernée à dénoncer aussi ces autres formes de la violence d’Etat.

Cet appel porte au-delà des frontières, en résonance avec d’autres luttes contre la dictature économique et les grands projets inutiles qui l’accompagnent, en Italie (No TAV), en Espagne, en Russie (Kimski), au Brésil (Mouvement des Sans-Terre)...

A la violence d’Etat, nous avons décidé de répondre par des actions non-violentes, des marches festives, artistiques, conviviales et fédératrices. Il n’y aura pas d’organisateurs officiels, ni de programme prédéfini. Toute action artistique est donc la bienvenue (théâtre de l’opprimé, Chorales Républicaines de Sérénité (CRS), expos photos, projections vidéos, musique,...).

La marche de Nantes partira à 15 h de la place de la Petite Hollande.

Nous appelons à : - vous coordonner avec les comités de soutien de la zad - la liste est disponible sur Zone à défendre - relayer l’appel le plus largement possible afin que des espaces d’expressions fleurissent partout.

Exprimons nous publiquement et collectivement, que les idées fusent, et que soit une nouvelle fois démontrée la force de l’auto-organisation populaire !

Veolia poursuit le film « Water Makes Money » en diffamation Water makes money Reporterre 2013/01/25 Water makes money (25 janvier 2013) Veolia poursuit le film « Water Makes Money » en diffamation. Reporterre. fr

Veolia poursuit le film « Water Makes Money » en diffamation

On peut faire de l’argent avec de l’eau ? Les informations présentées sur ce thème par un film indisposent la multinationale française de l’eau.

Le 14 février 2013 à 13 heures 30 au Palais de Justice à Paris s’ouvrira le procès en diffamation intenté par le groupe Veolia contre le film Water Makes Money.

Toutefois, seuls la présidente de l’association La Mare aux canards, distributeur français du film, et Jean-Luc Touly, cadre de Veolia et protagoniste central du film, sont poursuivis. La procédure judiciaire du groupe contre les « vrais » responsables du film Water Makes Money – les réalisateurs Leslie Franke et Herdolor Lorenz – s’est en effet brisée contre le fait que la filiale allemande de Veolia a renoncé à déposer une plainte en Allemagne.

Le procès débutera par la projection du film. Veolia se dit diffamé par le film et a déposé plainte le 28 septembre 2010. Déjà, avant la première de Water Makes Money, un risque d’interdiction de la sortie du film via l’obtention d’une ordonnance provisoire existait. L’équipe du film a pallié à ce danger en organisant une première simultanée dans 150 villes européennes.

Le film a pu atteindre un large public et a été projeté publiquement près de 1 000 fois. ARTE l’a programmé plusieurs fois et une nouvelle diffusion est prévue pour le 13 février prochain, la veille du procès, à 22 heures.

Veolia n’a pas pu empêcher le film et ce sont aujourd’hui La Mare aux canards, petite association qui n’est pas responsable du contenu du film mais uniquement de sa diffusion en France et évidemment leur whistle-blower [lanceur d’alerte], Jean-Luc Touly – qui s’est déjà battu dans beaucoup de procès avec son employeur et les a tous gagnés – qui sont renvoyés devant le Tribunal correctionnel.

Lors de l’audience du 14 février 2013, Veolia contestera très probablement l’affirmation de Jean-Luc Touly selon laquelle le groupe lui aurait proposé un million d’euros pour qu’il renonce à publier son livre L’eau des multinationales : Les vérités inavouables. Les autres passages poursuivis concernent l’utilisation du terme « corruption » et nullement les faits apparaissant dans le film.

La loi allemande empêche d’attaquer les protagonistes et le distributeur du film, seuls les réalisateurs pouvant être poursuivis. Or le groupe ne l’ose pas. Jean-Luc Touly et La Mare aux canards sont menacés de fortes demandes de dommages et intérêts. Et même s’ils sont relaxés en première instance, un groupe comme Veolia pourrait sans problème expédier la procédure à travers toutes les instances possibles.

Pour éviter cela, nous avons besoin entre autres d’un public aussi grand que possible !

- Toute information diffusée dans n’importe quel média, avant ou après le procès, pourra aider.

- Suivez l’exemple d’ARTE en organisant de nouvelles projections du film à l’occasion du procès : C’est le meilleur signal de discuter le cas pendant la semaine du procès où que ce soit et d’en informer le public.

Contribuez à ce que le procès du film « Water Makes Money » le 14 février se déroule sous la surveillance d’un public le plus important possible.

L’équipe de Water Makes Money vous remercie. Leslie Franke, Herdolor Lorenz, Lissi Dobbler et Christiane Hansen

Lozère en transition Par Julien villalard Reporterre 2013/01/25 Par Julien villalard (25 janvier 2013) Lozère en transition. Reporterre. fr

Lozère en transition

Lozère en transition, à Mende le 25 janvier et à Marvejols le 26 janvier.

Les membres du CCFD-Terre Solidaire, organisation Non Gouvernementale qui, depuis 1961, soutient et accompagne des initiatives de développement dans les pays du Sud et sensibilise ici, en France, aux enjeux de solidarité internationale (souveraineté alimentaire, partage des richesses, égalité hommes/femmes, gestion des conflits et paix, etc.), vous invitent

le vendredi 25 janvier, à Mende - 18 heures, à la Salle des associations

et

le samedi 26 janvier, à Marvejols - 18 heures, à la Salle du Cheval rouge

A un événement convivial d’information et d’échange autour de la TRANSITION.

Mais de quoi s’agit-il ?

La mouvance des Territoires en Transition apporte une réponse aux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui : écologiques (raréfaction des ressources naturelles, changement climatique, alimentation saine...) et socio-économiques (paupérisation et précarisation, individualisme...). Comme nos gouvernements peinent à prendre les mesures qui s’imposent, il nous revient à nous, citoyen-ne-s, d’inventer ensemble des modes de vie soutenables, solidaires et aussi joyeux que possible.

Afin d’illustrer les différentes formes que peut revêtir la Transition sur un territoire, nous vous invitons à la projection du documentaire En Transition 1.0, qui retrace avec clarté et simplicité différentes initiatives menées à travers le monde. Des citoyens de tous âges ont réuni leur volonté et leurs savoir-faire pour aller vers plus d’indépendance énergétique, de solidarité intergénérationnelle, inter-locale et internationale.

Après la projection de ce documentaire, nous vous invitons à un apéritif dînatoire et musical (duo violon/guitare folk - musiques du monde), au cours duquel nous échangerons et ferons émerger nos idées pour mener à bien, ici, en Lozère, une initiative de TERRITOIRE EN TRANSITION, sachant que notre département est riche, déjà, de nombreuses initiatives de ce genre ! A noter qu’une animatrice - form’actrice spécialiste de la Transition, Anne Amblès, sera présente pour animer la soirée. C’est l’occasion de nous interpeller collectivement et dans une bonne ambiance sur nos envies et nos motivations à devenir acteurs de changement !

N’hésitez pas à en parler à vos contacts et à communiquer l’information autour de vous. A très bientôt, au plaisir de se rencontrer !

Cécile, Raphaëlle et les autres...

CCFD Terre Solidaire Lozère

Contact : lozereentransition (arobase) gmail.com

Des firmes US veulent commercialiser des saumons transgéniques Avaaz Reporterre 2013/01/26 Avaaz (26 janvier 2013) Des firmes US veulent commercialiser des saumons transgéniques. Reporterre. fr

Des firmes US veulent commercialiser des saumons transgéniques

Les États-Unis ont sur le point d’offrir au monde un cadeau empoisonné : le premier saumon génétiquement modifié qui pourrait décimer les saumons sauvages et menacer notre santé. Mais nous pouvons encore agir avant de retrouver ce poisson mutant dans nos assiettes.

Ce nouveau saumon génétiquement modifié grandit deux fois plus vite que les saumons naturels et aucun scientifique ne connaît les conséquences à long terme de sa consommation sur la santé. Pourtant, la FDA américaine (Food and Drug Administration) s’apprête à le déclarer propre à la consommation sur la base de recherches financées par l’entreprise qui a fait naître cette créature ! Heureusement, la législation américaine contraint le gouvernement à consulter l’opinion publique avant de prendre sa décision. Les consommateurs, les défenseurs de l’environnement et les pêcheurs sont de plus en plus nombreux à appeler le gouvernement à rejeter cette folie. Pour qu’ils gagnent, le monde entier doit se faire entendre des autorités américaines.

La consultation se tient en ce moment même. Ne ratons pas cette occasion de renvoyer ce poisson mutant loin de nos assiettes. Signez notre pétition pour arrêter l’invasion de ce « poisson Frankenstein » et parlez-en autour de vous. Quand nous aurons recueilli un million de signatures, nous ajouterons notre appel à la consultation publique.

L’entreprise qui a développé ce saumon répond au nom d’AquAdvantage®. Elle a modifié l’ADN d’un saumon Atlantique pour créer un nouvel animal qui grandit à la vitesse de l’éclair. Outre le fait que nous n’avons aucune idée des conséquences à long terme sur la santé, il faut savoir que si des saumons adultes ou des œufs se retrouvent dans la nature, ce super-saumon pourrait décimer des populations entières de saumon sauvage. Pire encore, une fois qu’ils seront dans nos supermarchés, il sera extrêmement difficile de distinguer ce "poisson Frankenstein" des saumons « naturels ». Quasi-impossible de l’éviter !

Le secteur des biotechnologies a déjà dépensé des millions de dollars en lobbying afin que les États approuvent ses organismes génétiquement modifiés. Ce « Frankenfish » est leur nouvelle poule aux œufs d’or. Une fois qu’il sera mis sur le marché, comment bloquer les autres aliments transgéniques, comme les viandes OGM ? Heureusement, la FDA doit prendre en compte l’opinion publique avant de rendre sa décision. Si nous la surprenons avec une immense mobilisation mondiale quand elle s’y attend le moins, nous pouvons arrêter cette mesure irresponsable. Le saumon mutant est à deux doigts d’arriver sur nos étals. Empêchons le secteur des biotechnologies de décider du contenu de notre assiette. Aidez-nous à atteindre un million de voix pour arrêter ce poisson mutant :

Pétition Avaaz

Les membres d’Avaaz se sont déjà mobilisés par le passé pour protéger la nature et notre alimentation des dangers des OGM. En 2010, plus d’un million d’entre nous se sont mobilisés contre les OGM en Europe. Rassemblons-nous aujourd’hui encore pour que les saumons génétiquement modifiés ne soient plus qu’un mauvais souvenir.

Avec espoir,

Jamie, Nick, Emma, Dalia, Emily, Paul, Ricken, Wen-Hua et toute l’équipe d’Avaaz

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Pour en savoir plus :

États-Unis : les débats continuent… et l’autorisation est toujours en attente (Inf’OGM)

Du saumon génétiquement modifié bientôt dans vos assiettes (Slate)

Les États-Unis pourraient autoriser un saumon génétiquement modifié (lemonde.fr)

Rapport de la FDA sur la commercialisation du saumon AquAdvantage (FDA) (en anglais)

Utopies en marche Par Julien villalard Reporterre 2013/01/26 Par Julien villalard (26 janvier 2013) Utopies en marche. Reporterre. fr

Utopies en marche

A Die (Drôme) jusqu’au 4 février

XIe Rencontres de l’écologie

A Die (Drôme), jusqu’au 4 février.

Au programme :

Jean-Marie PELT- « La Raison du plus Faible »

Isabelle Filiozat - l’Intelligence de coeur

Francis Hallé

Les Invités au Festin

Marie-Noëlle Besançon - psychiatrie citoyenne

Etienne Chouard - pratiques sociales et participatives

Maureen Jorand - Terre Solidaire

NégaWatt

Daniel Cauchy - Maison du Développement Durable

Les Désobéissants - Action non-violente

Alter Drôme Magazine

Rafael Baile- Danse Biodynamique

Informations

Lettre d’un cobaye à un ministre Frédéric (Robin des Toits) Reporterre 2013/01/28 Frédéric (Robin des Toits) (28 janvier 2013) Lettre d’un cobaye à un ministre. Reporterre. Tribune — fr

Lettre d’un cobaye à un ministre

Lettre d’un cobaye au ministre

France, le 25 Janvier 2013

M. le ministre de l’industrie et de la maladie,

J’exerce depuis mon plus jeune âge le métier de cobaye.

J’ai pris matin, midi et soir mes doses de pesticides et des nitrates grâce à mes actes d’achats raisonnés,

j’ai mangé de la vache folle, aux hormones et aux antibiotiques, j’ai relevé mes sauces vinaigrettes d’huile de vidange mélangée à l’huile de table,

j’ai ingurgité mon quota de mercure via les amalgames dentaires, les vaccins obligatoires et les ampoules basse consommation,

j’ai, comme tout un chacun, bien profité des vapeurs d’essence et de diesel,

j’ai respiré à pleins poumons les fumées d’usines et d’incinérations,

j’ai acheté toutes les versions de gogol-phone sans exception, j’en suis à mon 62e modèle qui me donne toute satisfaction question vertiges, migraines et Alzheimer…

Certes, j’ai échappé en partie aux radiations nucléaires grâce aux frontières qui arrêtent les nuages, mais ma thyroïde me dit que j’ai dû en bénéficier un tant soit peu…

Je tiens à vous préciser que j’ai occupé cet emploi à plein temps, 24 heures sur 24, sans un jour de congé, d’arrêt de travail ni même de grève. Le salaire que j’ai versé à l’industrie de la maladie a été à la hauteur de mon engagement pour la cause nationale de la croissance économique.

Je ne vous écris pas pour vous demander une médaille du cobaye. J’estime avoir été largement récompensé des bienfaits de mon activité. Aujourd’hui, en effet, je peux profiter pleinement de mes maladies et tester toutes les innovations de l’industrie pharmaceutique. Je suis comblé.

Ce qui m’inquiète, voyez-vous, c’est qu’avec les déremboursements partiels de soins, je ne dispose plus d’un budget suffisant pour continuer à consommer toutes les nouveautés qui sortent sur le marché. Par conséquent, je sollicite auprès de vos services une aide exceptionnelle pour le redressement productif et le développement nécro-nomique. Cette aide pourrait prendre la forme d’une allocation ou d’une prime d’ancienneté réservée exclusivement à des achats figurant sur une liste garantie 100% cobayes.

Je tiens à vous rassurer quant au coût d’une telle mesure, dont la durée sera nécessairement limitée, étant donné que je suis arrivé au bout du rouleau.

Je vous remercie d’avance pour votre réponse.

Frédéric

Le nombre d’ateliers vélo participatifs et solidaires explose Julien Allaire (L’heureux cyclage) Reporterre 2013/01/28 Julien Allaire (L’heureux cyclage) (28 janvier 2013) Le nombre d’ateliers vélo participatifs et solidaires explose. Reporterre. fr

Le nombre d’ateliers vélo participatifs et solidaires explose

L’Heureux Cyclage vient de publier la 2e édition de son panorama français des ateliers vélo participatifs et solidaires. Fondé sur une enquête statistique réalisée auprès de 39 ateliers vélo , il en présente une revue synthétique et détaillée : nombre et types d’ateliers, activités proposées, profils des usagers, etc . Le nombre d’ateliers vélo croît de manière exponentielle et.... les usagers aussi !

Répondant à un besoin réel des cyclistes quotidiens, les projets d’ateliers vélo se sont multipliés ces dernières années dans les villes françaises. On en dénombre aujourd’hui 71 en activité (contre une trentaine en 2010) et leur rythme de croissance est important : + 37 % entre 2011 et 2012. Les cyclistes de leur côté répondent présents : on peut estimer aujourd’hui le nombre d’usagers des ateliers à plus de 25 000. En six mois d’existence à peine, certains ateliers comptent plus de 600 adhérents. Les ateliers attirent des usagers plutôt jeunes (28 ans en moyenne), hommes (58 %) comme femmes (42 % ).

Des activités en faveur du vélo très diversifiées

Dans tous les ateliers, on propose l’apprentissage de la mécanique vélo afin d’être le plus « vélonome » possible. Et l’effet pédagogique est réel puisque 69 % des adhérents d’ateliers vélo déclarent réparer eux-mêmes leur vélo contre 43 % pour des non adhérents.

En plus de cette activité de base, un grand nombre d’ateliers (85 %) déclare réaliser des événements afin de promouvoir la pratique quotidienne du vélo. Un certain nombre (39 %) s’exerce même au plaidoyer pro-vélo sur leur territoire. Un élément prédomine : les ateliers sont très attentifs à ce que l’accès au vélo se fasse à un coût modeste. Ainsi, la grande majorité d’entre eux (83 %) vend des vélos d’occasions et une moitié organise des bourses aux vélos.

Le réemploi des vélos : écologique, économique et source de valeur

Une des premières ressources des ateliers est la récupération de vélos : 68 % des cycles étaient destinés à l’abandon et 25 % sont directement prélevés en déchetterie (25%). Chaque vélo, qu’il soit entier ou en pièces, est revalorisé dans l’atelier : réparé afin d’être réemployé ou démonté pour alimenter un stock de pièces détachées. En France, l’Heureux Cyclage évalue entre 12 000 et 15 000 le nombre de vélos traités dans les ateliers vélo, contribuant ainsi à la mise en place d’une économie circulaire du vélo à l’échelon local.

En Italie, un chantier de LGV arrêté. La mafia en tirait les ficelles Comité NoTav Firenze Reporterre 2013/01/28 Comité NoTav Firenze (28 janvier 2013) En Italie, un chantier de LGV arrêté. La mafia en tirait les ficelles. Reporterre. fr

En Italie, un chantier de LGV arrêté. La mafia en tirait les ficelles

Le creusement d’un tunnel de 7 km pour le train à grande vitesse TAV (Treno al Alta Velocità) sous la vielle ville de Florence a pris fin le 17 janvier, à la grande joie des opposants, dans un parfum de scandale et de malfaçon.

Parmi les trente six inculpés figure l’ancien président de la région Emilie Romagne et nombre de responsables de coopératives "rouges" (ex communistes).

La longue enquête a débuté en 2010, par les investigations du corps des Gardes Forestiers (d’Etat) sur la nature des déblais er leur traitement. Les entreprises engagées par les Ferrovie dello Stato [Chemins de fer italiens] auraient déversé des boues directement dans la nappe phréatique autour de la future gare souterraine, ou dans des décharges illicites.

Peu à peu les magistrats ont établi des liens entre ces sociétés et la camorra —branche napolitaine de la mafia ; et de forts soupçons de corruption et collusion entre les cadres de Ferrovie dello Stato et de ces entreprises.

Les inculpés doivent répondre de sept chefs d’inculpation, dont escroquerie, corruption, et association de malfaiteurs. Des dizaines de perquisitions se déroulent dans toute l’Italie. Les écoutes téléphoniques ont révélé des échanges très explicites entre dirigeants des Ferrovie dello Stato et entrepreneurs : « il n’y a qu’à mettre des matériaux de mauvaise qualité, de toute façon là-dessous personne n’y verra rien ».

L’énorme machine du tunnelier, surnommé la taupe, se retrouve sous séquestre, du fait de diverses pièces défectueuses, hors normes voire dangereuses. Le matériau de revêtement du tunnel ne respectait pas les paramètres européens anti-incendie fixés après l’accident tragique du tunnel du Mont Blanc. Et depuis des mois les enseignants du lycée Otonne Rosai, dans le périmètre du chantier, dénonçaient des affaissement structurels du bâtiment et des failles qui menacent leur sécurité comme celle des enfants.

Le gouverneur (président) de la région Toscane, les Ferrovie dello Stato et le maire de Florence insistent sur le caractère « indiscutable » du projet et la nécessité de « se débarrasser des pommes pourries ».

Le Comité contre le TAV souterrain à Florence répète que c’est tout le projet qui est pourri. On ignore depuis des années toutes ses alertes sur les malfaçons. On ne lui a pas davantage répondu sur l’absence du mesure anti-sismique pour la gare sous-terraine, sur la mise en péril de la nappe phréatique, sur le bétonnage désastreux du Mugnone (affluent de l’Arno), et les risques entraînés par le creusement avec un seul tunnelier au lieu de deux —comme c‘est généralement le cas pour des travaux de cette ampleur, etc.

Le Comité demande la démission de ces Messieurs qui persistent à soutenir ce chantier frauduleux et dispendieux. Il rappelle qu’un autre projet de traversée en surface, rédigé par des techniciens et des urbanistes, permettrait en outre de financer pour le même prix, la rénovation des trois quart des transports publics florentins, en piteux état.

Concertation sur le devenir de la Petite Ceinture Mairie du 20e Reporterre 2013/01/28 Mairie du 20e (28 janvier 2013) Concertation sur le devenir de la Petite Ceinture. Reporterre. fr

Concertation sur le devenir de la Petite Ceinture

Concertation sur la Petite Ceinture de Paris lundi 28 janvier à Paris

Concertation sur la Petite Ceinture de Paris

lundi 28 janvier 2013 de 19h à 21h30

Ancienne ligne de chemin de fer à double voie de 32 kilomètres de longueur construite il ya 150 ans, la Petite Ceinture de Paris, propriété du Réseau ferré de France (RFF), faisait le tour de Paris à l’intérieur des boulevards des Maréchaux.

Désertée par les Parisiens en raison de la concurrence croissante du métropolitain, la ligne est a été fermée (exceptée la ligne d’Auteuil, restée ouverte jusqu’en 1985) pour l’essentiel au trafic de voyageurs en 1934 et au transport de marchandises en 1993.

Aujourd’hui, elle constitue un lieu exceptionnel de par ses paysages inédits, ses qualités écologiques, la respiration qu’elle apporte au coeur d’une des villes les plus denses au monde, mais aussi par l’espace de liberté qu’elle représente en matière d’usages (territoire de graffiti, ateliers d’artistes, jardins partagés...) et d’innovation urbaine.

Après des années de « somnolence », la question d’un aménagement des 50 hectares de la Petite Ceinture se pose !

C’est pourquoi, nous vous proposons d’en débattre à travers des ateliers thématiques dans le cadre du Plan local d’urbanisme le :

lundi 28 janvier 2013 de 19h à 21h30

Gymnase- 25 rue Bidassoa, Paris 20e

En présence :

- de Frédérique Calandra, Maire du 20e arrondissement

- de Julien Bargeton, adjoint au Maire de Paris, chargé des déplacements, des transports et de l’espace public

- de Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris, chargée des espaces verts et de la biodiversité

- des élus du 20e

- de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR)

- du Réseau Ferré de France (RFF)

Venez nombreux échanger sur le devenir de la Petite Ceinture !

Site participatif sur le devenir de la Petite Ceinture

Soirée gaz de schiste sur Arte Par Julien villalard Reporterre 2013/01/29 Par Julien villalard (29 janvier 2013) Soirée gaz de schiste sur Arte. Reporterre. fr

Soirée gaz de schiste sur Arte

Soirée Gaz de Schiste sur Arte ce soir mardi 29 janvier

« Gaz de schiste - Une énergie qui divise »

Aujourd’hui à 20h50

De la Pologne à la Pennsylvanie, Lech Kowalski met à jour le fossé entre le discours des industriels et la réalité de l’exploitation du gaz de schiste.

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Débat et chat en direct : à partir de 22 h 05

Le documentaire La malédiction du gaz de schiste sera suivi à 22h05 d’un débat, puis d’un chat en direct.

Il vous sera possible de dialoguer avec les invités à partir de 22h30 jusqu’à 23h00.

Parmi les invités du débat :

- José Bové

- Hervé Kempf

- Michael Paul

Tous dopés Dominique Béroule Reporterre 2013/01/29 Dominique Béroule (29 janvier 2013) Tous dopés. Reporterre. Tribune — fr

Tous dopés

Il n’y a pas que les cyclistes, les footballeurs ou les joueurs de tennis. Toute notre société fonctionne sur le dopage, qui est au coeur de l’économie croissanciste.

1er épisode : « What a wonderful world » (chanson célèbre, 1967)

S’il fallait choisir une époque à vivre pleinement, utilement, mais sans doute pas sereinement, ce serait ce début de XXIe siècle ; et ajoutons : plutôt au sein d’une population dont les besoins fondamentaux sont satisfaits, puisque tel n’est pas le cas de tout le monde. Sur le plan politique, les siècles précédents ont montré la prévalence d’une forme de démocratie dans laquelle le principe d’Egalité serait central, comme en témoigne surtout le fronton de nos mairies (en France).

L’accès aux connaissances, les moyens de transport et de communication à grande distance n’ont jamais été aussi aboutis. L’espérance de vie saine a augmenté pour les personnes ayant atteint leur maturité en seconde partie du siècle dernier, lorsque les pollutions industrielles n’encombraient pas trop notre environnement. Tout va donc presque pour le mieux dans le moins mauvais des mondes existants.

Paradoxalement, l’avenir se révèle menaçant. L’avancée des connaissances scientifiques a en effet accompagné la mise au point d’engins de destruction de plus en plus efficaces. Si elles ne portent pas directement atteinte à l’Homme ou à l’environnement, d’autres applications techniques participent à une autre guerre, dite commerciale, tellement présente que ses produits façonnent la société moderne. Cette société s’adapte en effet à ses principaux outils, plutôt que le contraire. La compétition internationale justifie cette inversion des valeurs. Les outils agricoles motorisés exigent-ils de vastes étendues cultivables ? Soit. Supprimons les haies du paysage rural, remembrons à grande échelle. Profitons-en pour doper largement l’agriculture avec des engrais et des pesticides.

L’outil automobile demande-t-il des voies rapides et des lieux de stationnement ? Soit. Couvrons des terres cultivables de goudron et de béton. Dopons les transports à grande distance. L’outil ‘téléphone mobile’ exige-t-il un réseau de relais de communication ? Soit. Arrosons le territoire de micro-ondes. Dopons les télécommunications. L’activité nucléaire civile requiert-elle d’importants circuits de refroidissement ? Soit. Implantons les centrales aux abords des fleuves, bien qu’ils accueillent déjà les plus fortes concentrations de citadins. En stimulant la consommation d’énergie, le nucléaire et les autres ressources fossiles participent également à un dopage généralisé* de la société. La dépendance énergétique qui en découle justifie le recours à la force armée pour garder le contrôle des régions productrices de ressources fossiles, ou proches de celles-ci (exemple récent, début 2013 : le Mali, proche du Niger-producteur-d’Uranium).

Le dopage serait donc le symptôme d’une société compétitive du « toujours plus », plus vite, plus loin, plus fort… favorisée par une capacité jamais atteinte auparavant de concentration des capitaux. Car c’est en définitive le dopage économique qui finance et permet tous ces excès… qui ne restent pas sans conséquences globales.

La vie sur terre est en danger. La planète se réchauffe, comme en témoigne son lot annuel de catastrophes dites naturelles qui doivent beaucoup à l’activité humaine du siècle dernier. Des maladies chroniques apparaissent, les orphelines de l’ère industrielle, à base de mutations génétiques d’origines environnementales : des pollutions imperceptibles s’accumulent en un cocktail de pesticides, de métaux lourds et de radiations ionisantes. Du fait de la compétition instituée comme principe de relations sociales, les inégalités économiques s’accroissent. Elles peuvent couver des années jusqu’au déclenchement de conflits, également attisés par la raréfaction des ressources énergétiques mondiales et de l’accès à l’eau.

Le tableau du dopage généralisé voit donc son vernis s’assombrir

Pourtant, une lueur d’espoir éclaire ce début de XXIe siècle, avec l’avancée récente des sciences humaines, et plus précisément la révélation des mécanismes qui, inconsciemment, déterminent dans son cerveau les choix et les actions d’un individu. Il devient possible de donner une base physiologique à des notions aussi abstraites que la motivation, l’envie, ou bien encore l’attrait exercé par un gadget industriel, ainsi que par tout ce qui permet d’obtenir ce gadget. L’entrée en dépendance, l’appauvrissement des activités, la rechute dans la dépendance, sont décrits en termes de circuits et de substances chimiques impliqués dans la neuromodulation.

Malheureusement, la prise de conscience de ces phénomènes ne suffit pas pour que soient adoptés des comportements plus sobres, plus respectueux de soi, des autres et de l’environnement. Mais c’est un début incontournable. Une modification éventuelle des comportements de dépendance individuels, puis collectifs, passe en effet par une meilleure compréhension de leurs ressorts intimes… Ces ressorts qui maintiennent le verrou du dopage.

Dans les épisodes suivants, nous présenterons les circuits émotionnels dont le fonctionnement explique notre sensibilité particulière à diverses formes de dopage. Guérir de l’emprise de ces dopants implique du « sevrage » et leur remplacement par des « substituts » à identifier dans plusieurs champs d’activité humaine. On essaiera surtout d’aborder le portail qui peut s’ouvrir à nous dans les décennies à venir, une fois sauté le verrou du dopage généralisé…. vers une société non-compétitive, relocalisée, égalitaire : une vision utopique qui contredit les principaux réflexes culturels liés aujourd’hui à l’argent, au pouvoir, à la reconnaissance d’autrui.

On essaiera de montrer que ce rêve de collectivité égalitaire et respectueuse de l’individu est réalisable, moyennant notamment que chacun renonce à certaines satisfactions immédiates. La construction collective de ce nouvel édifice social pourrait alors faire du XXIe siècle le cadre de vies bien pleines et on ne peut plus utiles pour les générations futures.

à suivre...

................................

Note :

*Définition du dopage généralisé : Ensemble de procédés permettant d’augmenter certaines performances, mais produisant dépendances et dégradations à long terme.

Téléphone et ondes : le gouvernement fait le jeu des compagnies Robin des Toits Reporterre 2013/01/29 Robin des Toits (29 janvier 2013) Téléphone et ondes : le gouvernement fait le jeu des compagnies. Reporterre. fr

Téléphone et ondes : le gouvernement fait le jeu des compagnies

Depuis plusieurs années, des discussions sont menées pour abaisser le niveau d’exposition aux ondes électromagnétiques de la téléphonie mobile. Mais malgré des expérimentations concluantes, les autorités choisissent de botter en touche et préparent une loi protégeant la position des compagnies.

Robin des Toits vient de suspendre sa participation au COPIC (Comité d’expérimentation de l’abaissement de l’exposition du public à 0,6 V/m).

Robin des Toits a été à l’initiative de cette expérimentation en 2009, lors du Grenelle des Ondes.

A ce jour, les travaux du Copic ont montré qu’il était possible d’abaisser l’exposition du public à 0,6 V/m à Paris 14e à condition de multiplier le nombre d’antennes-relais par trois ; à Grenoble en multipliant les antennes par 1,6 ; en revanche, nul besoin d’en rajouter à Kruth (Alsace) où l’exposition culmine à 0,3 V/m.

Ces résultats embarrassent les opérateurs car ils valident ce que Robin des Toits a toujours déclaré : sur le plan technique une exposition n’excédant pas 0,6 V/m fonctionne parfaitement mais à condition de reconfigurer le réseau d’antennes-relais, ce qui est moins rentable pour les industriels.

Or l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences) souhaite ajouter de « nouveaux objectifs » à l’expérimentation initiale dans le but d’invalider le 0,6 V/m. Et l’association nationale Robin des Toits ne souhaite pas cautionner cette instrumentalisation de ses travaux.

Par ailleurs, la proposition de loi de Laurence Abeille (EELV) vient de passer en commission des affaires économiques [de l’Assemblée nationale] où elle a été soumise à une cure d’amaigrissement radicale alors que la ministre de l’Ecologie Delphine Batho a, de son coté, l’intention de proposer un Projet de loi en Juin 2013 qui pourrait être bien plus favorable aux opérateurs qu’à la santé publique. Voir l’enquête de Rue89 à ce propos.

La ministre envisagerait-elle de s’appuyer sur les travaux biaisés du COPIC qui ont pour objet de gonfler le nombre d’antennes nécessaire à l’application du seuil de 0,6 V/m et qui seront rendus en juin tout comme le rapport de l’ANSES – quel timing ! – qui, lui, aura très probablement des conclusions beaucoup plus rassurantes que celles du rapport Bioinitiative 2012 ?...

Tout laisse à penser que le projet de loi de Madame Delphine BATHO préservera les intérêts des industriels, en « abaissant » l’exposition du public à 5 ou 6 V/m en lien avec les objectifs actuels de l’ANFR.

6 V/m est le seuil minimum acceptable pour les opérateurs, il permet de conserver le réseau d’antennes en l’état.

Robin des Toits suspend donc sa participation au COPIC et ce faisant « fige » les résultats actuels qui ont été réalisés de manière fiable. Robin des Toits ne peut cautionner un projet à visée exclusivement économique qui se ferait au détriment de la santé publique.

Organisations paysannes et écologistes, « très inquiètes », interpellent le ministre de l’agriculture Par Julien villalard Reporterre 2013/01/29 Par Julien villalard (29 janvier 2013) Organisations paysannes et écologistes, « très inquiètes », interpellent le ministre de l’agriculture. Reporterre. fr

Organisations paysannes et écologistes, « très inquiètes », interpellent le ministre de l’agriculture

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ne semble pas accorder ses actes officiels à ses paroles écologiques. Plus de dix organisations paysannes et syndicales lui expriment solennellement leur inquiétude.

A l’attention de Monsieur Stéphane Le Foll Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt

Montreuil, Paris, Rochefort, Saint Laurent, Tours,

Le 22 Janvier 2013

Monsieur le Ministre,

Suite à la conférence nationale « agriculture : produisons autrement » qui s’est tenue le 18 décembre 2012 au Conseil Economique Social et Environnemental, nous souhaitons attirer votre attention sur plusieurs points.

Nous vous félicitons pour votre ouverture aux alternatives et votre conscience de la nécessité de réformer le modèle agricole industriel polluant et destructeur des sols arables pour répondre aux enjeux actuels de développement durable, mais nous sommes inquiets. Très inquiets.

En effet, pour « réconcilier écologie et agriculture » vous semblez soutenir une forme d’agroécologie très éloignée de celle que nous souhaitons voir promue pour notre agriculture, notre alimentation et le développement de nos territoires.

Par exemple, certains experts présentent le non labour comme la recette miracle capable de réconcilier productivité et environnement. Malheureusement, le non labour tel qu’ils le conçoivent repose sur l’utilisation d’un herbicide total pour préparer le semis et de semences enrobées d’insecticides toxiques. Tandis que vous affichez votre volonté d’orienter notre agriculture vers une réduction des produits phytosanitaires, ce type de non labour ne pourra aucunement répondre à votre attente. Aux USA, après 10 années de promotion du non labour associé à des OGM tolérants aux herbicides, plus de 500 000 ha sont envahis d’adventices devenues tolérantes aux herbicides et retournent à la friche.

Seule une toute petite poignée d’agriculteurs français pratiquent aujourd’hui le non labour sans herbicide : c’est techniquement possible mais la publicité des produits phytosanitaires et la recherche agronomique ignorent totalement leur expérience.

Nous sommes également inquiets de vous voir renoncer à abroger, comme vous nous l’aviez promis, la loi votée en décembre 2011 sur le Certificat d’Obtention Végétale (COV) des semences pour nous annoncer que les décrets d’applications en préparation suffiront à protéger les droits des agriculteurs. Dans le même temps le Brevet Unitaire Européen déroule un tapis rouge aux détenteurs de brevets sur le vivant.

Pourquoi verrouiller ainsi toutes les possibilités de développer des semences paysannes adaptées aux besoins d’une agroécologie indépendante des firmes agro-industrielles ?

Nous sommes inquiets de voir les agriculteurs livrés pieds et mains liés aux semences commerciales et de ne leur laisser entrevoir d’avenir que dans une course en avant technologique.

Il n’y a pas de fatalité à ce que le nombre de paysans continue à diminuer. Au contraire, nous affirmons que c’est en stimulant les installations et les systèmes autonomes paysans que nous pouvons inverser la tendance pour « produire autrement » et devenir le « modèle mondial de l’agroécologie ».

Car c’est seulement ainsi que les artisans, TPE et PME de l’agro-alimentaire, pourront trouver des matières premières de proximité. Car c’est seulement ainsi que nos territoires ruraux conserveront leur vitalité. Car la production agricole, la transformation artisanale et locale, les circuits courts de distribution sont le moyen d’atteindre et de conserver notre souveraineté alimentaire.

Nous appelons à une réforme agraire favorisant les agricultures biologiques, diversifiées et à taille humaine, à des actions fortes en direction des TPE alimentaires engagées dans des circuits courts d’approvisionnement et de distribution, à une revalorisation des métiers artisanaux par la formation. Une telle approche permettra de tendre vers un équilibre écologique, social et économique des filières agricoles et agro-alimentaires et servira de base nourricière pour la société dans son ensemble.

Notre définition de l’agroécologie est celle qu’entendent et pratiquent les paysans d’Amérique du Sud, avec le soutien de leurs pouvoirs publics (financement de la recherche, adaptation des lois). Une agroécologie synonyme d’agriculture de proximité créatrice d’emplois, inscrite dans une économie sociale et solidaire, facteur de vitalité des territoires, incontournable pour l’alimentation des citadins en produits frais diversifiés.

Le virage à prendre pour stopper le gaspillage et la pollution de nos ressources terrestres et halieutiques est devant nous. Permettez que les praticiens de l’agroécologie, méprisés depuis si longtemps par les puissants experts de l’agronomie française, puissent vous livrer leurs savoirs en matière d’agriculture, d’artisanat agroalimentaire et d’organisation citoyenne, pour oser développer l’agriculture paysanne et biologique.

Dans l’attente d’échos favorables de votre part, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre très haute considération.

Signataires : Amis de la terre, Artisans du Monde, Aspro Pnpp, Bio Consom’acteurs, BEDE, Colibris, Confédération Paysanne, DEMETER France, FADEAR, Fédération Nature & Progrès, Fondation Sciences Citoyennes, Générations Futures, La Ligne d’Horizon, Ligue pour la Protection des Oiseaux, MINGA, MIRAMAP, Mouvement d’Agriculture Biodynamique, Réseau Cohérence, Slow Food France, Terre et Humanisme.

Notre Dame des Landes : la Ferme de Bellevue s’adresse à François Hollande Par Julien villalard Reporterre 2013/01/30 Par Julien villalard (30 janvier 2013) Notre Dame des Landes : la Ferme de Bellevue s’adresse à François Hollande. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : la Ferme de Bellevue s’adresse à François Hollande

La Ferme de Bellevue

Bellevue, 44130 Notre Dame des Landes

Avec le soutien de la Coordination des opposants

Objet : Rester Ferme. Lettre ouverte

Monsieur François HOLLANDE Palais de l’Elysée 55 rue du Faubourg Saint Honoré 75008 PARIS 8e

Notre Dame des Landes le 29 janvier 2013

Monsieur le Président,

Je suis Belle vue du ciel : je crois que vos hommes m’ont remarquée, ils me passent au-dessus depuis des mois, dans leur hélicoptère, chaque semaine, parfois chaque jour, parfois plusieurs fois par jour.

Depuis bientôt deux siècles que des paysans et paysannes sont arrivés ici pour vivre de la terre, depuis bientôt deux siècles qu’ils m’ont construite à la sueur de leur front, apportant au fil des décennies des améliorations et extensions pour loger leur famille et leurs animaux, les fourrages et le matériel agricole, le sentiment d’être utile ne m’a jamais quittée.

Certains disent que je ne suis qu’un tas de pierres ; je surprend des conversations inquiétantes depuis quelques années à ce sujet.

Mes habitants paysans et paysannes ont aimé trouver dans mon corps de ferme l’abri, la chaleur, la sécurité, trouver ici un sens à leur vie, la tranquillité et le refuge, le repos après des journées de travail éprouvantes. Ils ont souffert aussi, beaucoup, j’en suis témoin, mais grâce à moi ils ont tenu bon dans les périodes de doute, repère et repaire qui ne les jugeais pas.

Croyez-vous qu’ils aient choisi au hasard de me nommer ainsi : Bellevue ?

Certes je ne suis pas un château, je ne suis pas « moderne », je suis une vieille, mais pour moi voilà ce qui compte dans la vie d’une maison, d’un lieu de vie, d’un lieu de travail : rendre service aux gens simples, aux revenus modestes, être à leur portée, voilà ce qui me semble noble et dont je suis si fière.

Fière de ce que j’ai permis, car je sais que vous le savez, mais je vois que les humains l’ont un peu oublié : ce que j’ai permis en abritant ces humains et leurs animaux, c’est la production de nourriture. Sans ferme comme Bellevue, la famine s’abattrait sur l’Humanité.

La ville est au centre de toutes les attentions, le développement économique, la vitesse, courir, voler, communiquer, voyager, et HOP !, plus besoin de manger, de se nourrir, de déguster ?

J’ai l’impression qu’il est urgent de se réveiller. Voilà pourquoi je m’adresse à vous en ces jours sombres.

Certaines conversations entre mes murs m’ont fait douter : serais-je promise à la destruction, à disparaitre à jamais ? Il parait qu’il faudrait que le rouleau compresseur avance pour anéantir le mouvement d’opposition au projet d’aéroport. J’ai entendu que la maison de Saint-Jean-du-Tertre a été démolie en toute discrétion la semaine dernière. Par toutes ces destructions de l’automne 2012, des dizaines de mes sœurs ont été rasées, anéanties. Dans la violence et la précipitation, en choquant des millions de citoyens qui aujourd’hui organisent la résistance à cette guerre insensée.

Ces destructions sont inutiles, vous le savez, puisque ce projet d’aéroport sera abandonné.

Cet aéroport ne verra jamais le jour, « C’est la dernière des idées à avoir » disait récemment Jean-Marc Jancovici. L’autre jour un visiteur chargé de me vider a laissé trainer un journal sur la table, j’ai donc aperçu ceci dans un article du Figaro : « Pour l’Union des démocrates et indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo, le projet d’aéroport devrait être abandonné. Le parti a appelé dimanche le gouvernement à ’suspendre’ le projet ’après qu’il a enfin compris qu’il fallait engager une concertation.’ ‘À l’évidence, le projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est intenable sur le plan économique et injustifiable sur le plan écologique’, affirme la formation centriste. »

C’est pour cette raison précisément que j’ai repris espoir : « La ferme de Bellevue restera debout, nous la défendrons et nous cultiverons ses terres. Ces bâtiments serviront encore et encore, au fil des saisons, et seront un des emblèmes de la lutte des paysans et des citoyens vigilants ». A la veillée de dimanche soir, ces murmures entre mes murs m’ont touchée au cœur. Ces paysans et ces citoyens ont compris plus que d’autres qu’une ferme a une âme, qu’elle n’est pas qu’un tas de pierres.

ACIPA de chez moi La Vache Rit. Y ADECA plus grave que moi, des maisons menacées, avec des gens dedans, qui ont décidé de rester. Chez moi ce sont de nouveaux habitants qui s’installent. Avec les pressions incessantes pendant des années, mes derniers serviteurs et protégés ont jeté l’éponge, ils ont accepté les conditions pour refaire leur vie. Je les comprend et les respecte. Ils ont le droit à la tranquillité. A toutes fins utiles, j’avais quand même prévu le coup : j’ai quelques amies dans les landes de Notre-Dame, sans droit ni titre diriez-vous, enfin pas vraiment, mes amies les chauves-souris sont arrivées à la rescousse, les voilà installées depuis quelques temps, me servant de protection, et si heureuses de dormir dans mes recoins.

César ne peut rien contre des chauves-souris, c’est bien connu.

Et puis dimanche soir j’ai entendu le bruit des moteurs, non ce n’était pas l’hélicoptère, mais les tracteurs vigilants du COPAIN 44 qui s’approchaient. Ils m’ont entourée, je dois vous avouer que je n’avais jamais rien ressenti d’aussi intense, l’envie de vivre encore longtemps … avec eux.

Vous aurez compris, Monsieur le Président, que je ne sollicite pas une rencontre à l’Elysée. Contrairement aux signataires des précédents courriers je ne suis pas mobile. Je suis de garde ici depuis deux siècles et pour encore des décennies. Ma place est ici, et c’est donc pour vous inviter que je vous écris. Si vous trouvez inconvenant de vous présenter simplement chez moi, vous pouvez passer inaperçu à bord de l’hélicoptère. Je suis convaincue que vous serez touché.

Mais soyez-en sûrs : les gens qui vivent ici ont mis beaucoup d’espoir dans votre élection, ils croient au changement que vous avez promis, ils ont aimé vos paroles d’apaisement en avril 2012. Vous pouvez venir à leur rencontre chez moi, vous serez le bienvenu.

Rester ferme : oui je veux rester « ferme de Bellevue », je veux servir mon pays, à ma manière. Des fermes nombreuses, viables, vivables, durables. Pour une alimentation de qualité, pour une vie rurale apaisée, dense en emplois utiles.

Comptant sur votre bienveillante attention pour les chauves-souris, les paysans et les citoyens engagés pour ma protection, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de mon plus profond respect.

La ferme de Bellevue.

Halte à la publicité sur Internet ! Khaled Gaiji, Charlotte Nenner et Antonin Moulart Reporterre 2013/01/30 Khaled Gaiji, Charlotte Nenner et Antonin Moulart (30 janvier 2013) Halte à la publicité sur Internet !. Reporterre. Tribune — Pollutions fr

Halte à la publicité sur Internet !

« La liberté d’intrusion de la publicité s’oppose clairement à la liberté de réception de l’internaute, le tout au nom d’une fausse gratuité »

En janvier 2013, le fournisseur d’accès internet Free avait bloqué par défaut la publicité pour ses clients pendant quelques jours, protégeant plus de 5 millions d’internautes de l’agression publicitaire. Cette mesure courageuse répondait à une préoccupation importante des Français ; la publicité est en effet considérée par la majorité d’entre eux comme envahissante (1). Free vient de réactiver l’option mais sans blocage par défaut, une timide avancée.

Liberté d’intrusion contre liberté de réception

Free, par cette action, a engagé bien malgré elle, un débat sur la pollution visuelle et mentale due à la publicité sur Internet. Des acteurs du web, très dépendants de la publicité, se sont offusqués de cette pratique au nom de la liberté d’expression et d’accès à une information gratuite.

On peut les comprendre : qui va mordre la main qui vous nourrit ? Car ces acteurs ne font que défendre les intérêts économiques du système publicitaire. Ils légitiment une liberté d’intrusion d’une publicité qui s’oppose clairement à la liberté de réception de l’internaute, le tout au nom d’une fausse gratuité.

Fausse gratuité

L’information véhiculée par ces sites internet dépendants de la publicité n’est jamais gratuite. La gratuité suppose une absence de contre-partie. Or, un annonceur achète l’audience d’un site internet - « temps de cerveau disponible » - pour essayer de capter son attention et espérer un clic sur sa bannière. Le site vend ses lecteurs à cet annonceur moyennant finance. C’est pourquoi on a coutume de dire que lorsque l’on ne paye pas le produit c’est que nous sommes le produit vendu.

Les services en lignes publicitaires ne se contentent plus de vendre le temps d’attention de leurs lecteurs mais également leurs contributions. Cette dimension productive des contributeurs est exploitée par l’industrie publicitaire que représente notamment Facebook, Google ou Twitter. Les tentatives d’appropriations des contributions par ces services en ligne sont régulières, on l’a vu récemment avec Instagram (2) qui a tenté de déposséder des millions de contributeurs de leurs photos.

Enfin, les annonceurs répercutent le prix de leurs campagnes publicitaires dans le prix des produits vantés. Chacun d’entre nous paye, dans ses achats, le prix de cette publicité, comme une taxe cachée. On le chiffre, toutes publicités confondues, à environ 480 € par personne et par an (2).

A cela, on peut ajouter d’autres coûts indirects tels que ceux de la consommation énergétique et d’exploitation de matières premières rares utilisées par les ordinateurs et serveurs.

Gaspillage et encombrement

Une des explications de Free pour justifier le blocage des publicités est à ce titre éclairante : la qualité de leur réseau aurait été touchée par le trafic de sites internet consommant trop de bande passante. Sur certains sites d’information en ligne financés par la publicité, la charge de celle-ci peut représenter entre 30 et 50 % de la page selon les estimations de « Surfez Couvert ».

Une part non négligeable en termes de consommation énergétique est donc clairement imputable à la publicité. Et les internautes ne sont pas dupes : 83% des sondés estiment que la publicité sur Internet dérange la navigation (3).

De plus, la croissance exponentielle de l’information rend sa compréhension et le tri entre l’accessoire et l’essentiel encore plus compliqué. La publicité par la captation de notre attention brouille nos sens et entraîne une véritable « infobésité ». La publicité n’est pas seulement gênante par son omniprésence, elle est aussi nocive pour les individus, comme pour la société : obésité, anorexie, sexisme, frustration, comportements violents, surconsommation, sur-endettement…

Un autre web est possible

Des modèles économiques qui se passent de publicité existent déjà et sont viables. Wikipédia est l’un des sites les plus consultés au monde et est financé par ses contributeurs. Ou encore, Médiapart et @rret sur images fonctionnent sur un modèle d’abonnement communautaire.

Les politiques doivent garantir aux Français, par la loi, la liberté de réception pour que les bloqueurs de publicités et de cookies publicitaires soient installés par défaut sur tous les navigateurs internet pour être contrôlé par l’internaute lui même.

Enfin, on peut aussi imaginer une redevance web qui permettrait de financer de manière inconditionnelle les sites internet sans publicité. Faute de mieux, nous encourageons tous les internautes, soucieux de se protéger de la pollution et l’intrusion publicitaire à suivre le guide du site internet Surfezcouvert.net.

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Notes :

(1) Sondage TNS Sofres - Australie "Publicité et Société".

(2) Service en ligne de partage d’image racheté par Facebook.

(3) 31,410 milliards d’euros de dépenses publicitaires (source IREP-France Pub) divisés par 65 millions d’habitants.

(4) Sondage Ifop juin 2011.

La forêt de Brocéliande ne veut pas être la « porte des poubelles » Association Sauvegarde de Brocéliande Reporterre 2013/01/30 Association Sauvegarde de Brocéliande (30 janvier 2013) La forêt de Brocéliande ne veut pas être la « porte des poubelles ». Reporterre. Forêts fr

La forêt de Brocéliande ne veut pas être la « porte des poubelles »

Dans la forêt au nom mythique de Brocéliande, en Bretagne, est projetée une grande décharge d’ordures. Que nombre d’habitants refusent énergiquement.

Depuis juillet 2004, un collectif d’associations soutient « Sauvegarde de Brocéliande » dans sa lutte contre le projet insensé de centre d’enfouissement et d’usine de compostage de déchets ménagers en forêt de Brocéliande.

Le site se trouve sur la commune de Gaël au lieu dit "Point-Clos". Il aura une capacité de stockage estimée à 300 000 m 3 pour une durée de vie prévisionnelle de 15 à 20 ans avec un stockage quant à lui définitif. Adossée à une ancienne décharge d’environ 6 hectares contenant 330 000 tonnes de déchets, cette nouvelle zone occupera près de 12,6 hectares dont 7 ha dédiés au stockage des déchets et le reste étant réservé aux traitements des effluents. L’usine de compostage d’ordures ménagères (Tri Mécano Biologique) d’une superficie de 11.900m² pourra traiter 25000 T de déchets par an.

Ce projet élaboré par le SMICTOM du Centre Ouest d’Ille et Vilaine (Syndicat Mixte Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères) défie toutes les règles élémentaires en matière d’environnement : atteinte à la ressource en eau (site en tête de bassin versant), pollution de l’air (rejets de "biogaz"), atteintes à la faune et la flore (projet en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique), risques majeurs d’incendie à enjeux humain (proximité de la forêt), risques sanitaires (nombreux cancers à proximité de l’ancienne décharge, déjà 30 ans d’enfouissement) et il porte enfin une atteinte irréversible au patrimoine culturel breton et de l’humanité (mythes et légendes).

Récemment, la commission d’enquête publique du PDEDMA d’Ille et Vilaine a donné un avis favorable au dossier présenté par le conseil général et conforte ainsi « L’entrée Nord de Brocéliande », comme lieu dédié aux déchets. De plus, la réforme territoriale en 2014 risque de redessiner et d’étendre le territoire du SMICTOM Centre Ouest et de faire de Brocéliande la plus grande décharge du Centre Bretagne.

Le 17 septembre dernier, le Conseil Général d’ Ille et Vilaine (qui subventionne les projets du SMICTOM) a inauguré à Paimpont : "Brocéliande, la porte des secrets" avec boutique et nouvel office de tourisme du pays de Brocéliande. Ce même conseil, viendra-t-il en 2013 à Gaël inaugurer "Brocéliande la porte des poubelles" ?

Une même forêt de légende, un même patrimoine, mais Brocéliande attend toujours et encore une réelle politique de mise en valeur qui soit, effective, globale et cohérente de la part des élus locaux et départementaux .

Le 22 Février 2012, nous avons remis cette pétition de plus de 17 000 signatures au secrétaire général de la préfecture lors de la séance du CODERST d’Ille et Vilaine. Manifestement, nous n’avons pas été entendus, le CODERST a validé la demande du SMICTOM d’exploiter le Centre d’Enfouissement et l’usine de Tri Mécano Biologique, seulement trois voix se sont élevées contre cette demande.

Maintenant, la décision est entre les mains du préfet de région Mr Michel Cadot, qui dans quelques semaines signera l’ arrêté d’autorisation d’exploiter le centre d’enfouissement et l’usine TMB avec production de compost.

Donnons encore plus d’ampleur à la pétition qui ce jour a recueilli 19 800 signatures et a reçu au-delà du niveau local, un écho national et international (Belgique, Espagne, Italie, Allemagne, Canada, Etats-Unis,…). Nous demandons à la presse locale et nationale muette à ce jour, de se faire l’ écho du désastre écologique et humain qui se joue en ce moment en Brocéliande.

La pétition est en ce moment en ligne sur le site d’AVAAZ "Pétitions citoyennes".

Voici le texte :

Dites NON au projet d’enfouissement et de compostage de déchets ménagers sur le site de "Point Clos" en forêt de Brocéliande. En signant massivement cette pétition, faisons reculer la préfecture d’Ille et Vilaine pour qu’elle ne donne pas les autorisations d’exploiter et exigeons une expertise indépendante sur les nombreux cas de cancer qui frappent la population riveraine du site. Cette pétition sera remise au secrétaire général de la préfecture, dans les semaines à venir, lors du CODERST (dernier examen de passage avant validation définitive du dossier).

Dans tous les cas, plus personne ne pourra dire : « Nous n’étions pas au courant ».

Notre Dame des Landes à La Grange à Palabres Par Julien villalard Reporterre 2013/01/30 Par Julien villalard (30 janvier 2013) Notre Dame des Landes à La Grange à Palabres. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes à La Grange à Palabres

Notre Dame des Landes à La Grange à Palabres (Haute-Loire) le 1 février

La grange à palabres sort de son hibernation avec chants d’oiseaux et pleine lune...

Vendredi 1er février à 20 h 30, nouvelle projection avec un documentaire tourné de novembre à décembre 2012 sur la Zone à Défendre à Notre Dame des Landes,

Film intimiste de Jean-François Castell, regard à hauteur d’homme sur cette lutte de résistance à l’aéroport prévu dans le bocage, haut lieu de biodiversité, vision interne du fonctionnement de ce microcosme composé de locaux, de gens venus de tout le territoire et des pays voisins. Comment ces forces s’unissent dans un même but recréant un lieu et des liens de solidarité et de défense de savoirs intergénérationnelsdans l’objectif de bien vivre ensemble en intégrant nos différences.

Palabres après la projection avec des membres de comités de soutien.

A Tailhac (Haute-Loire), près de Langeac.

Contact : lagrangeapalabres (arobase) gmail.com

La revue durable Par Julien villalard Reporterre 2013/01/30 Par Julien villalard (30 janvier 2013) La revue durable. Reporterre. fr

La revue durable

Le n°47 (décembre 2012-février 2013) de La Revue Durable est paru.

Enquête sur l’écologie en Pologne

De l’Oder au Bug, de la Baltique aux Carpates, les écologistes polonais se heurtent à des difficultés classiques, mais de façon peut-être encore plus aiguë qu’ailleurs : réussir à faire entendre les mauvaises nouvelles, convaincre qu’une autre forme de prospérité n’est pas juste une option alternative, mais une question de stabilité ou d’effondrement à l’horizon du siècle, parvenir à adopter, à l’échelle du pays, des modes de vie plus sains pour les écosystèmes et plus solidaires, faire advenir un cadre légal qui protège la qualité de vie des générations suivantes.

Partout en Pologne, en dehors des écologistes convaincus, la réaction est la même : « Donnez-nous du temps. Notre démocratie est encore jeune. Laissez-nous d’abord nous développer. » A cela, il faut rétorquer : « Non, non et non ! La Pologne est en démocratie depuis vingt-trois ans. C’est déjà plus que durant l’entre-deux-guerres (vingt et un ans) et c’est maintenant – ou jamais – qu’il faut cesser de considérer l’écologie comme un supplément d’âme, opérer un virage à 180 degrés, profiter de la manne budgétaire européenne qui n’aura pas de lendemain pour réorganiser la charpente énergétique, économique et sociale du pays afin de préparer l’avenir. »

Ce dossier exceptionnel de LaRevueDurable est un plaidoyer en faveur de l’écologie en Pologne, pays majeur de la construction européenne. C’est un acte de respect pour ce grand pays, en particulier pour ses femmes et ses hommes qui se battent pour le placer sur une autre trajectoire, durable et solidaire. LaRevueDurable l’a rédigé après y avoir effectué un voyage de cinq semaines durant l’été 2012 et à l’issue d’une longue enquête.

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Sommaire :

Brèves sur le climat

Coup de projecteur Sur le climat, le succès de la conférence de Paris en 2015 passe par Pékin.

Rencontre Jean-Claude Guillebaud : Il faut au plus vite réinsuffler le goût de l’avenir.

Dossier : Enquête sur l’écologie en Pologne

Agenda

Brèves sur la consommation

Conférence Iclei Genève 2013 Une autre économie est possible.

Brèves sur les avancées de l’Union européenne sur la durabilité

Nicolas Hulot lance un « think tank » sur l’écologie Audrey Chauvet (20 Minutes) Reporterre 2013/01/31 Audrey Chauvet (20 Minutes) (31 janvier 2013) Nicolas Hulot lance un « think tank » sur l’écologie. Reporterre. fr

Nicolas Hulot lance un « think tank » sur l’écologie

Une Fondation ne suffit pas. Nicolas Hulot, « l’envoyé spécial pour la protection de la planète » du gouvernement Hollande, a lancé ce mercredi 30 janvier son « think tank », un « laboratoire d’idées innovantes, apolitique et indépendant dédié à l’écologie ». Autour d’un comité scientifique rassemblant une quarantaine d’experts, ce laboratoire devrait accoucher d’études, notes et rapports pour « placer la transition énergétique au cœur de l’action publique et privée ».

Pour mener toutes ces réflexions, on retrouve les têtes de la Fondation : Hulot lui-même, même si « en état d’épuisement, il a dû arrêter toute activité » et n’était pas présent à la soirée de lancement ce mercredi soir, Dominique Bourg et Cécile Ostria. Cette dernière assure que le think tank « ne remplace pas la Fondation » : « Cela restructure et donne plus de force pour travailler en réseau », explique-t-elle à 20 Minutes lors de la soirée de lancement à laquelle tous le « réseau » était convié. Les sponsors sont aussi les mêmes que ceux de la Fondation : TF1 et EDF arrivent en bonne tête des financeurs du laboratoire.

Le Conseil scientifique du « think tank » devrait néanmoins « être le garant de la qualité et de la rigueur scientifique des travaux ». Il réunira des personnalités diverses, de l’écolo-économiste Alain Grandjean au chercheur au Muséum national d’histoire naturelle Pierre-Henri Gouyon, en passant par les voix de France Inter Jean-Claude Ameisen et Bernard Maris. Tout ce beau monde discutera avec des ONG, des syndicats, des entreprises… pour « porter ce travail en lobby d’intérêt général », explique Cécile Ostria. Et peu importe le contexte politique, assure-t-elle : « Nous sommes toujours dans un marasme lié à la crise économique avec des problématiques urgentes comme le chômage, mais nous ne nous positionnons pas à court terme. Nous voulons donner envie d’un futur durable. »

Un futur dans lequel Nicolas Hulot aurait à nouveau un rôle politique ? Son statut d’envoyé spécial du gouvernement, qu’il définissait lui-même comme une « mission internationale diplomatique qui s’inscrit dans la tradition universaliste de la France », reste flou. Son divorce d’avec Europe Ecologie-Les Verts l’a semble-t-il définitivement vacciné de l’écologie politique, malgré la présence à la soirée de lancement du think tank de Pascal Durand, secrétaire national d’EELV et ancien soutien de Hulot, venu « en ami ». Nicolas Hulot a du mal à se trouver une place durable dans le paysage de l’écologie.

Le PDG d’une entreprise de Loire-Atlantique juge que Notre Dame des Landes ne sera pas rentable Jean-Marie Ravier (Mécan’outil) Reporterre 2013/01/31 Jean-Marie Ravier (Mécan’outil) (31 janvier 2013) Le PDG d’une entreprise de Loire-Atlantique juge que Notre Dame des Landes ne sera pas rentable. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Le PDG d’une entreprise de Loire-Atlantique juge que Notre Dame des Landes ne sera pas rentable

Dans une lettre adressée à son ancien condisciple François Hollande, lle chef d’entreprise Jean Marie Ravier, PDG de Mécan’outil à Ancenis, explique que le projet d’aéroport Notre Dame des Landes ne sera pas rentable.

Monsieur le Président, et cher camarade,

(Je me permets cette familiarité en tant que co-diplômé Service Public 74, de la rue Saint Guillaume [Institut d’études politiques]).

Vous avez reçu ces derniers mois des courriers de Marcel et Sylvie Thébault, de Brigitte et Sylvain Fresneau, de Chantal et Thierry Drouet, de Geneviève Lebouteux, de Jacques Chiron, de Françoise Verchère, de Patrick Baron, de Michel Tarin, d’Anne-Marie Chabod, de Philippe Trotté, d’Agnès Belaud, d’un collectif d’Orvault, de Dominique Fresneau, de Benoît Rubin, du CéDpa, d’Eric Jean, de Violette Boiveau, de Christophe Mounier, de Marie Jolivel et de Thierry Masson, soutenus par l’ensemble de la coordination des opposants au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes, vous demandant un entretien. La commission de dialogue mise en place a effectivement une mission très limitée et nous insistons pour vous rencontrer personnellement.

Ce courrier a pour but de vous apporter un éclairage différent, sur le problème largement traité de « l’Ayrauport ». L’éclairage d’un chef d’entreprise de la région nantaise.

Différent parce que la plupart de mes confrères sont encore unis derrière l’étendard de la Chambre de Commerce, pilier historique du projet NDDL.

Or, si l’on regarde le projet avec l’éclairage que vous connaissez bien de la Cour des Comptes, on ne peut que constater que les 600 millions d’Euros du projet devront bien être financés un jour, cela se fera majoritairement par les quatre millions d’usagers annuels, ce qui renchérira le coût de chaque billet aller-retour de 20 euros environ.

Nantes Atlantique est totalement amorti, les rares extensions récentes ont été faites de façon frugale par une chambre de commerce obsédée de longue date par la perspective de NDDL.

L’aéroport actuel est hyper compétitif, personne ne le dit !

Cette explosion inéluctable des taxes d’aéroport représente à la fois peu et beaucoup. C’est peu pour les vols charters longue distance, car on touche à des voyages à budget élevé : 1 500 à 3 000 €. C’est beaucoup pour les vols low cost. Un aller-retour Nantes Nice, Nantes Marseille, Nantes Genève, coûte souvent moins de 100 euros, soit moins cher que les 120 à 140 euros d’un aller-retour Nantes Paris en TGV en seconde à la même échéance.

On ne vous dit pas tout ! La belle croissance du trafic de Nantes s’est faite ces dernières années, et se fera les années à venir par la croissance du low cost, RYANAIR, EASYJET, plus récemment VUELLING, et VOLOTEA, qui vient de créer à Nantes un véritable pôle low cost.

Notre Dame des Landes, va faire fuir ces low cost. Des expériences multiples prouvent qu’elles sont frileuses et allergiques aux taxes d’aéroport élevées. Rennes et Angers sont prêts à dérouler le tapis rouge pour les accueillir, et NDDL redescendra inéluctablement sous les trois millions de passagers annuels. Désastre financier garanti ! Impossibilité de couvrir les frais directs d’un aéroport surdimensionné et, encore plus grave, de rembourser une dette très importante.

Désastre surtout pour le contribuable car l’équipe d’avocats de VINCI a très bien « blindé » son contrat !

Le chef d’entreprise que je suis sera pénalisé doublement :

1/ Parce que l’explosion du low cost nantais ces derniers temps m’a permis une bien meilleure présence commerciale sur certains territoires, notamment à l’exportation, mon carnet de commandes en ressent déjà l’impact favorable, malgré la conjoncture.

2/ Tout parallèlement, mes clients viennent beaucoup plus facilement me rendre visite, des Anglais la semaine prochaine, des Suisses dans quinze jours, qu’il était très difficile de faire venir avant le low cost.

Le low cost favorise donc de façon significative l’activité et la compétitivité (mot à l’ordre du jour) des entreprises régionales. Sans parler de l’impact qu’aurait le départ des low cost sur le tourisme local…

En conclusion, NDDL sera une plate-forme non compétitive, ce qui fera fuir les low cost avec des impacts lourds sur l’activité et l’emploi.

Deuxième considération, là aussi jamais évoquée dans le débat NDDL :

Le low cost que j’utilise fréquemment, peut aussi être analysé à travers le prisme de l’analyse sociologique, que l’on apprend aussi Rue Saint Guillaume. Il est frappant de constater que l’on est très loin de l’ambiance feutrée, très « jet set » du transport aérien des années passées.

Les passagers du low cost proviennent de toutes les CSP [classes socio-professionnelles], même les plus modestes. C’est comme aux USA un transport de masse, qui démocratise totalement le voyage, moins cher encore une fois que le rail, et même avec des profits pour les compagnies concernées (les seules du secteur aérien constamment profitables et en croissance).

Votre sensibilité politique devrait être sensible à cette démocratisation objective et indiscutable des voyages aériens.

Démocratisation qui sera remise en cause par NDDL, et le départ des low cost.

Troisième point original, plutôt dans une optique purement politique : Nantes est un bastion socialiste mais ce bastion est fragile. Pourquoi ? Deux raisons :

1/ Les automobilistes nantais, malgré les efforts énormes (et ruineux) en faveur des transports en commun, réalisent une part incompressible de 55% des déplacements. Une majorité donc, liée en très grande partie à l’urbanisme « tâche d’huile » de la métropole qui rend la voiture indispensable pour beaucoup de déplacements. Cette majorité commence à être excédée des embouteillages, des pertes de temps quotidiennes, et de la pollution que cela engendre. Pertes de temps qui sont également au détriment de la compétitivité du tissu économique régional.

Cette majorité d’automobilistes réclame une troisième file sur la rocade de NANTES, bloquée une bonne partie de la journée, elle réclame des parkings beaucoup plus grands, aux extrémités des réseaux de transports en communs. Les parkings actuels sont saturés de très bonne heure chaque matin.

Ces travaux pourraient être financés très facilement avec une fraction des sommes budgétées pour la desserte de NDDL, et ils changeraient la vie de nombreux automobilistes qui sont aussi des électeurs.

2/ Lors des prochaines élections, la donne sera radicalement changée :

- Jean Marc Ayrault ne sera plus là !

- L’alliance électorale avec les Verts ne sera vraisemblablement plus à l’ordre du jour

Risque majeur que Nantes bascule à droite surtout si l’on continue à brimer la majorité silencieuse des automobilistes pour les pousser dans les transports en commun !

Maintenant, quelques considérations plus techniques, et là c’est l’ingénieur qui s’exprime ! (Centrale Paris)

1/ On ne vous dit pas tout ! Le bruit des avions baisse aussi vite que leurs exigences en carburant, les vieux aéronefs bruyants sont retirés du service, car ce sont également des gouffres à kérosène. L’empreinte sonore des nouvelles générations d’aéronefs équipés de réacteurs UDF unducted fans (post 2025) n’excédera pas les limites des plate-formes aéroportuaires.

Demandez donc aux services de l’Etat de remettre à jour le plan d’exposition au bruit (PEB), en tenant compte des machines retirées du service depuis 10 ans pour les plus bruyantes, cela montrerait une volonté objective de faire avancer les choses ! On verra que le problème du bruit ne fait courir aucun risque à l’urbanisation de l’île de Nantes, comme un ancien maire avait pu le craindre !

2/ On vous a caché aussi qu’il était facile de prolonger une des lignes de tramway jusqu’à Nantes Atlantique, (1 500 m depuis le terminus de la Neustrie, zone non urbanisée). La desserte ferroviaire tram-train prévue pour NDDL coûtera au bas mot 20 fois plus cher ! Sans parler des trois milliards d’euros du TGV Nantes Rennes via NDDL.

Dans le contexte financier actuel, il est facile de comprendre que cette liaison ne se fera jamais ! Il faut l’avouer aux Français. Il faut également mettre à jour le dossier VINCI si l’on veut éviter que le contribuable, taillable et corvéable à merci, ne doive indemniser le concessionnaire, qui aura subi un préjudice de ce fait.

En tout cas, les taxis nantais se réjouissent de NDDL ! A juste titre : ils pourront renouveler leurs grosses AUDI et MERCEDES plus fréquemment….

3/ Il faut également que vous sachiez qu’au voisinage immédiat des aérogares prétendument en voie de saturation de Nantes Atlantique, se trouvent des hangars pour petits avions privés. Très pratique pour les mandarins de la chambre de commerce et leurs amis ! Aller à Belle Ile ou l’ile d’Yeu en avion privé, c’est quand même bien agréable !

En conclusion, NANTES ATLANTIQUE est un excellent aéroport, très compétitif, très facile à mettre à jour progressivement, du fait de ses réserves foncières importantes. La chambre de commerce avec son obsession pour NDDL, l’a fait évoluer de façon très frugale, ce qui représente un gros atout aujourd’hui.

Les contribuables nantais apprécieront certainement que l’on dépense leur argent pour améliorer leur vie quotidienne, et non pour un équipement absolument inutile et qui handicapera la compétitivité de leurs entreprises, l’attractivité de leurs activités touristiques, et alourdira leurs impôts.

Dans l’attente de votre proposition de rencontre, je vous assure, Monsieur le Président, de toute ma considération.

Le Président Directeur général

Jean-Marie RAVIER

Le coût du démantèlement de La Hague est revue à la hausse latribune.fr Reporterre 2013/01/31 latribune.fr (31 janvier 2013) Le coût du démantèlement de La Hague est revue à la hausse. Reporterre. fr

Le coût du démantèlement de La Hague est revue à la hausse

4 milliards d’euros pour démanteler une usine de retraitement nucléaire de La Hague. Début 2012, la Cour des Comptes tablait sur 3,2 milliards d’euros.

Il faudra finalement près de 4 milliards d’euros sur 25 ans pour démanteler l’ancienne usine [UP 400] de retraitement de déchets nucléaires de la Hague, a indiqué lundi 28 janvier Jean-Jacques Dreher, directeur du site. En 2010, le coût avait été évalué autour de 2,5 milliards d’euros par une commission locale d’information qui avait rassemblé cadres d’Areva, écologistes anti-nucléaires et élus locaux.

Pour Catherine Argant, la directrice de la communication du site, il n’y a pas de contradiction entre ces chiffres. « Nous n’avons pas revu à la hausse notre évaluation. Le chiffre donné de 2,5 milliards n’incluait pas le coût de reprise de conditionnement de déchets », a-t-elle expliqué à l’AFP. Les déchets de cette usine n’étaient, en effet, pas conditionnés de façon définitive, d’où la nécessité de revoir leur emballage.

La Cour des comptes, loin du compte...

Mais le coût du démantèlement ressort à un niveau plus élevé que l’estimation qui avait été faite en janvier 2012 par la Cour des comptes. Celle-ci tablait alors sur un coût total de 3,2 milliards d’euros. D’après Catherine Argant, les magistrats n’avaient pas pris en compte le coût du transport des déchets jusqu’au nouveau centre de stockage.

Le transfert des 50 000 m3 de déchets de cette usine qui a été en service entre 1966 et 1998 est un chantier de grande envergure. Pour le géant du nucléaire, c’est un chantier plus important encore que le démantèlement d’un réacteur nucléaire.

Nouvelle mise en demeure de l’ASN

L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a une nouvelle fois mis en demeure Areva de respecter la réglementation sur 60 équipements de son usine de retraitement de Beaumont-La Hague. D’après l’ASN, certains de ces équipements « contiennent des niveaux très élevés de radioactivité ». Ces niveaux de radioactivité ont été constatés lors d’une inspection effectuée les 3 et 4 décembre dernier. Areva a entre six et douze mois pour se mettre en conformité, en fonction des équipements. Areva, de son côté, a estimé que la « la mise en demeure est liée à un retrad de transmission de documents ».

C’est la troisième fois en moins d’un an que cette usine est visée par une mise en demeure de l’ASN.

Pierre Rabhi lance la « révolution des colibris » devant une salle comble Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/01/31 Barnabé Binctin (Reporterre) (31 janvier 2013) Pierre Rabhi lance la « révolution des colibris » devant une salle comble. Reporterre. fr

Pierre Rabhi lance la « révolution des colibris » devant une salle comble

Mercredi 30 janvier, le mouvement Colibris a lancé sa nouvelle campagne citoyenne, dans une ambiance de raz-de-marée populaire inattendu. Reporterre y était.

- Reportage, Paris

Dix minutes avant l’ouverture des portes, c’est l’effervescence chez les organisateurs ; on distingue, derrière les grandes baies vitrées, la foule alignée en file indienne. Il y a du monde, beaucoup de monde. Il y en aurait jusqu’au bout de la rue dit-on, et même après le coin, dessinant un « Z » patient mais costaud, dans les rues calmes du quartier de Montgallet. Un an après la « fausse » campagne présidentielle de Pierre Rabhi au nom du mouvement des Colibris, le message a bel et bien été entendu, et les soutiens sont au rendez-vous. 20 minutes plus tard pourtant, les mines sont presque déconfites : les portes enfin ouvertes, un flot continu de fidèles s’est engouffré dans les escaliers et la salle de l’Espace Reuilly – qui peut accueillir 750 personnes – s’est remplie à ras bord en quelques minutes. Le succès a dépassé les attentes, la stupéfaction laissant progressivement place à un constat amer : tout le monde ne pourra pas entrer…

Les responsables se concertent, débordés par l’affluence : « Il y a des gens qui viennent de Lyon ou de Montpellier, c’est terrible, on ne peut pas les laisser dehors… ». Finalement, quelques courageux se chargent du crève-cœur : pour des raisons de sécurité évidentes, la salle ne peut plus abriter plus de monde, et après mille excuses, rendez-vous est pris pour de nouvelles échéances très rapidement… Pendant ce temps, Anne-Marie, bénévole historique, regrette presque que le mouvement « n’ait pas eu l’ambition de sa réussite. Des fois, je me souviens, on était qu’une centaine… Maintenant, c’est bientôt Bercy qu’il faudra réserver ! ». Bilan comptable, en ce soir du 30 janvier : près de 3 000 personnes se sont déplacées, selon les organisateurs, à peine un tiers pourra participer directement à l’événement.

Mais qu’est-ce qui a donc suscité tant de réactions aux quatre coins de la France ? Il s’agit d’une conférence participative pour lancer la nouvelle campagne du mouvement, intitulée « la (R)évolution des Colibris », et permettre ainsi de discuter collectivement de la feuille de route « le Plan des Colibris » avec tous les membres, soutiens et bénévoles du réseau Colibris.

Colibris, colibris, colibris ? C’est le nom poétique pris en 2007 par le mouvement fondé par Pierre Rabhi, anciennement appelé Mouvement pour la Terre et l’Humanisme. En 2012, les Colibris font une campagne originale, « Tous candidats ». Aujourd’hui, la structure est aussi nébuleuse que le projet n’est ambitieux. Le prospectus à l’entrée ose une première définition : « Colibris est un mouvement de citoyens décidés à construire une société vraiment écologique et humaine ». Puis une deuxième : « Colibris a pour mission d’inspirer, relier et soutenir toutes les personnes qui participent à construire un nouveau projet de société ». Le directeur des Colibris, Cyril Dion, dessine les contours du mouvement : « Nous faisons le constat qu’il existe actuellement une force qui réinvente la société depuis sa base, et Colibris est la structure-relais de toutes ces mobilisations locales. L’objectif est d’aider les gens à agir ». Mais qu’est-ce vraiment ? un think tank, un courant politique, un adversaire en gestation en vue des futures luttes électorales ? « Non, nous ne serons jamais un mouvement politique, nous ne prendrons jamais position lors des échéances politiques. A terme, nous voulons orienter les décisions publiques, en restant à l’échelle citoyenne. Notre rôle est d’ensemencer ». Concrètement, Colibris est une association d’intérêt général, qui se finance majoritairement, depuis 2012, par le don citoyen et qui emploie 7 salariés.

Chloé est venue de Nantes uniquement pour l’occasion, cela lui a coûté un jour de congé et un aller-retour en train. Colibris en vaut largement la peine : « Cela permet de réaliser qu’il existe plein d’alternatives et de projets locaux. Colibris tisse la toile entre toutes ses initiatives, c’est un travail absolument nécessaire ». Le mouvement est donc ce vivier d’initiatives qui portent un nouvel élan d’espoir. Et lorsqu’on lui demande si les Colibris peuvent s’apparenter à de nouveaux Indignés, la jeune femme est catégorique : « Non, ce n’est pas de la contestation ! au contraire, c’est de la création, on montre qu’autre chose peut exister, c’est possible ».

La philosophie du mouvement : re-responsabiliser l’individu

Le mouvement des Colibris est de l’ordre de l’utopie concrète, dans cette tentative de réconciliation entre l’idéal et le monde vécu. La raison d’être du mouvement réside probablement là, d’ailleurs, dans sa philosophie d’action : re-responsabiliser l’individu et redonner confiance dans la capacité personnelle et quotidienne d’agir concrètement pour le changement. Les inspirations gandhiennes sont à peine voilées : « Soyons le changement » est ainsi le slogan de la nouvelle Révolution.

Le Mahatma des Colibris, c’est Pierre Rabhi, et c’est lui qui exprime le mieux cette pensée : « La crise, nous la cherchons partout, alors que nous l’avons en nous-mêmes. Tous les jours, à travers nos choix de consommation, nous déterminons un modèle de société. C’est à nous de changer le paradigme dominant ».

Réaccorder les valeurs et le mode de vie. Rejouer ensemble le fond et la forme. Cette conférence « participative » était l’occasion de convertir les discours en actes, en renouvelant les modes d’échange par exemple. Les « forums de proximité » qui offraient des temps de discussion entre voisinage ont permis de mettre en débat les exposés des intervenants. Car de beaux noms se sont relayés sur la scène, autour de Pierre Rabhi, entre Thierry Salomon – président-fondateur de Négawatt – et Jacques Caplat – auteur de L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité. Tous étaient là pour présenter la feuille de route qui guidera cette campagne de près de 18 mois, autour de 5 thèmes prioritaires qui se succèderont dans le temps : 1/ l’économie : relocaliser, 2/ l’agriculture : planter ce que nous mangeons, 3/ l’éducation : révolutionner l’école, 4/ la démocratie : réinventer un modèle pour la Cité, 5/ l’énergie : économiser et produire renouvelable.

Avec toujours le souci d’associer le geste et la parole : à côté des programmes d’actions locaux, cette feuille de route sera également soumise à amendements. Une version 1.0 est mise en ligne sur un espace collaboratif, qui sera actualisé tous les 6 mois afin de l’enrichir des commentaires et propositions de chaque citoyen.

Il reste à expliquer ce succès que les organisateurs n’avaient pas anticipé. Pour beaucoup, c’est un révélateur important, le signe qu’on s’enfonce dans la crise. « Regardez dans quel monde on vit… c’est un terreau propice à ce genre de mouvements qui cherchent des réponses », souffle Anne-Marie. Laurent, un autre bénévole surpris, confirme : « Cela traduit bien qu’il y a un immense besoin d’espoir, une volonté forte de réenchantement. Pour moi, on tombe finalement dans le registre de la religiosité, une sorte de nouvelle religion laïque ».

Cette approche spirituelle est probablement la marque du Père fondateur : « On s’est rendu compte que Pierre Rabhi transmettait quelque chose aux gens, et que cela avait à voir avec la spiritualité. Il peut être vite dépassé par ce qu’il insuffle » commente Céline Morel, la responsable communication des Colibris.

L’arrivée sur scène confirmera que son charisme transcende les foules : une longue ovation d’un public qui se lève en son honneur et l’émotion perceptible d’un homme respecté. « C’est toujours le même problème, j’ai pas fait de stage avec Johnny Hallyday moi, je sais jamais comment faire face à tant de monde… ». Un mouvement à l’image de son représentant adulé, nous confiera encore Céline Morel : « Il n’y a pas d’idées de grandeur ; ce qui plaît aux gens, ce sont des scénarios compréhensibles, car ils peuvent se les approprier et en devenir acteurs. C’est ça, Colibris ».

Au fait, pourquoi les colibris ? La réponse nous vient du côté de l’Amérique du sud, dans une légende chère à Pierre Rabhi. L’histoire veut qu’un jour, alors qu’un incendie ravageait la forêt et que tous les animaux regardaient désemparés le désastre se produire, le colibri, lui, s’activait de son côté, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Un tatou, agacé de cette agitation dérisoire lui dit alors : « N’es-tu pas fou Colibri ? crois-tu vraiment éteindre le feu avec ces gouttes d’eau ? » Et le colibri de répondre : « Non, mais je fais ma part… »

Hier soir, le colibri n’était plus vraiment seul, et sa petite goutte d’eau, associée à celle de ses camarades, a pris du volume. Preuve que le calendrier avait été bien étudié : avec ce froid, l’histoire de la petite goutte d’eau pourrait vite faire effet boule-de-neige… C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

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Complément d’information :

Le Plan des Colibris lancé par le mouvement de Pierre Rabhi :

Face à la violence d’Etat Geneviève Coiffard-Grosdoy Reporterre 2013/01/31 Geneviève Coiffard-Grosdoy (31 janvier 2013) Face à la violence d’Etat. Reporterre. Tribune — fr

Face à la violence d’Etat

« Certains estiment que compter sur la justice face à la police est peine perdue. Pour ma part, je pense qu’il faut essayer de jouer des contradictions entre les différentes institutions théoriquement garantes de l’Etat de droit »

Témoignage de Geneviève Coiffard-Grosdoy lors de la journée internationale de dénonciation publique contre les violences d’Etat

1- La police et la justice, instruments du pouvoir d’État

La police et la justice sont des instruments de l’État. Si celui-ci, par certaines lois et règlements, garantit un minimum de droits aux plus faibles (éducation...), il n’en reste pas moins, globalement, au service des dominants, de leurs intérêts, de leurs projets...

Cependant, les citoyens ont un droit et un devoir (!) de regard sur la manière dont la police et la justice remplissent leur mission. Par exemple, il est inconcevable que des propos des juges, procureurs... puissent être inaudibles lors d’auditions au tribunal, comme nous l’avons constaté tant de fois : la justice est rendue au nom du peuple français, qui doit pouvoir entendre ce qui se dit et se juge en son nom !

Il faut combattre les dérives de la police et de la justice, sans rêver de leur destruction, parfaitement illusoire. Tout au plus peut-on essayer de les contrôler... moins mal.

2- Légalité/légitimité

La législation évolue, bien des actes deviennent légaux après avoir été seulement légitimes, et après un dur combat pour obtenir cette légalité : rappelons qu’en 1920, la loi a interdit toute information sur la contraception (il fallait repeupler la France après la boucherie de la grande guerre). Pendant la deuxième guerre, le régime de Pétain a institué et appliqué la peine de mort pour les femmes qui interrompaient une grossesse, ou aidaient à en interrompre une. Il a fallu de durs combats sur plusieurs décennies pour que le droit de choisir leurs maternités puisse être reconnu aux femmes. Le légitime est alors devenu légal !

Lors de la manifestation du 17 novembre des dizaines de milliers de personnes ont assumé la participation à une action de réoccupation illégale, mais identifiée comme totalement légitime ; elles ont participé avec enthousiasme au transport de planches et de matériaux divers.

Gageons que sur Notre Dame des Landes, après l’abandon du projet, nous allons être capables de créer de nouvelles légitimités puis légalités, d’inventer des modes nouveaux de mise en valeur coopérative des terres, de gestion de propriétés collectives... Peut-être, en plus de la victoire contre l’aéroport, allons-nous faire avancer l’occupation de maisons vides et la mise en culture de terres abandonnées de la légitimité vers la légalité...

3- L’illégalité d’une action ne saurait justifier la violence policière

Les flics sont réputés formés à assurer le ’maintien de l’ordre’ (et donc, de leur point de vue, et celui de l’État, l’interruption d’une action illégale), ils ont mission de le faire dans le respect des personnes et de leur intégrité physique. Ils nous bassinent d’ailleurs sur le fait qu’ils sont là pour notre ’sécurité’. Nous savons ce qu’il en est.

4- La violence policière n’est pas non plus ’justifiée’ par des comportements particuliers d’auteurs d’actes illégaux

Le fait, lors d’actions illégales, d’avoir un look un peu rebelle, d’être cagoulé, de prendre des moyens de défense (masques contre les lacrymogènes...) n’est pas non plus une justification de la violence des gendarmes mobiles lesquels, bien souvent, utilisent ces comportements comme ’justificatif’ de leur violence par rapport à l’opinion publique. Si, personnellement, j’ai toujours milité ’à visage découvert et à mains nues’, je conçois que l’opposition au fichage et au flicage que nous vivons conduisent certains à se masquer le visage ; ce choix, que je ne partage pas, car il suscite fréquemment de violentes réactions négatives, et parce que je pense qu’il faut assumer ses actes en toutes circonstances, ne justifie en rien un surcroît de répression.

5- Celle que nous avons connue à Nddl a atteint des sommets peu courants

Les blessures infligées (voir le témoignage du Docteur Stéphanie L.) les 23, 24 et 25 novembre, pendant des jours de violence à l’initiative des policiers, à des personnes désireuses d’empêcher les expulsions/destructions, ces blessures, donc, devraient révolter toutes les personnes humaines de France et d’ailleurs.

6- La violence policière frappe tout le monde, et parfois s’exerce aussi hors de tout contexte délictueux

Ce fut le cas face aux milliers de personnes criant leur révolte les 23 et 24 novembre.

C’est aussi ce que j’ai subi le mardi 23 octobre 2012 (juste une semaine après le début de l’opération César, au lieu-dit La Gaieté sur Notre Dame des Landes). J’en dirai peu de choses, une plainte étant en cours.

J’avais vécu, avec ses habitants, l’évacuation de la maison le 16 octobre au matin... L’action de filmer, le 23 octobre, la destruction du toit de la maison (destruction sous surveillance policière) n’avait RIEN D’ILLEGAL. Je m’étais d’ailleurs trouvée sur les lieux parce que nous étions venus à plusieurs rassembler des génisses dispersées après destruction de clôtures par les gardes mobiles... Aucune sommation légale, juste quelques cris, « pas de film, pas de photos... », d’un gradé, auxquels j’ai très consciemment refusé d’obéir !

Et j’ai haussé le ton pour que B. qui filmait également puisse, peut-être, enregistrer ce qui allait se passer, ou avoir au moins le son. J’ai été ceinturée par derrière (je m’y attendais) et me suis fait arracher mon caméscope (qui n’était pas tenu à ma main par une dragonne), avec torsion de la main gauche : douleur très vive et claquement sec ne m’ont guère laissé de doute sur l’existence de dégâts. J’ai crié ’salaud’... et autres, toujours délibérément, et affirmé que je m’étais fait abîmer la main (pour ne pas m’entendre dire que çà avait eu lieu plus tard dans la soirée).

Il existe effectivement une vidéo réalisée par B., qui n’a pas été mise sur internet, ni visionnée publiquement, puisqu’elle doit être utilisée au tribunal. Elle est très suffisamment éloquente sur les faits.

Nous avons crié et discutaillé pas mal pour récupérer le caméscope, ce qui fut fait, mais sans la carte numérique support des enregistrements. Ce qui nous prive peut-être de moyens d’identification du gendarme mobile auteur de l’agression, et peut constituer un détournement de preuve.

Je suis allée ensuite pour constat voir un médecin, puis le lendemain 24 à l’hôpital de Saint-Nazaire, qui a diagnostiqué fracture et m’a fait un certificat de 21 jours d’ITT (incapacité totale de travail). Après immobilisation, je suis encore en rééducation, et continue à souffrir de ma main gauche, toujours déformée. Je suis allée porter plainte le jeudi 25 octobre à la gendarmerie de Blain, où j’ai été très fraîchement accueillie...

J’y ai affirmé ma conviction qu’il n’y avait pas besoin de casser pour la ’maîtriser’, une femme de 65 ans de taille et corpulence plutôt modeste, armée d’un seul caméscope.

Me Le Moigne sera mon avocat, et la Ligue des droits de l’homme est informée tant des faits que de la plainte … et des conditions de son dépôt.

7- Oui, il faut porter plainte face aux violences policières, à chaque fois que cela est possible

Certains peuvent estimer que compter sur la justice face à la police est totalement peine perdue. Pour ma part, je pense qu’il faut essayer de jouer des contradictions entre les différentes institutions théoriquement garantes de l’Etat de droit, et tenir compte du fait que tous les membres de ces institutions n’ont pas forcément les mêmes réactions..

La plainte que j’ai déposée vise à faire reconnaître précisément, par la justice, la violence et les dysfonctionnements de la police : au delà des ’intentions’ du GM impliqué, qu’il ait surestimé sa force en tordant un peu trop fort, réglé des comptes... sur ordre... à une personne nommément désignée, ou que sais-je..., c’est la responsabilité des gradés et des donneurs d’ordre qu’il importe de faire apparaître au grand jour au cours d’un procès, et c’est le seul moment possible. Avoir la peau d’un individu mal formé, mal dirigé... présente peu d’intérêt, même si une sanction s’impose.

Nous ferons tout pour l’obtenir. Dans tous les cas, la tenue d’un procès, bien préparé, peut servir de révélateur ; et personne parmi nous ne laissera dire, j’imagine, que c’est la faute à pas de chance, ou à mon outrecuidance...

Il est certain que toutes les personnes ne sont pas en conditions comparables pour porter plainte contre l’État (plainte qui risque de durer plusieurs années). Il est compréhensible que certains des jeunes n’aient pas souhaité être identifiés en portant plainte après de très sérieuses blessures. Les raisons d’une fragilité peuvent être nombreuses : famille, travail (en cours dans le privé ou la fonction publique, recherché en période de chômage...), crédits en cours, mandats politiques ou associatifs... Raison de plus pour que les personnes qui le peuvent assument une plainte contre l’État. J’en fait partie, je ne suis pas en situation particulièrement vulnérable, car, à 65 ans, en tant que retraitée, mes ressources ne dépendent plus d’un emploi ni d’un employeur, mes enfants sont élevés, je n’ai pas d’emprunts à rembourser...

Mais il faudra ferrailler collectivement pour que ce procès ait lieu, et qu’il soit l’occasion d’une tribune politique principalement contre la violence d’État, mais aussi sur la légitimité de nos actions contre l’aéroport. J’avoue que j’aurais mille fois préféré répondre au tribunal d’actes illégaux quoique légitimes (j’en ai pris ma part !), plutôt que d’y aller en plaignante, et victime de blessures... dont j’ignore à ce jour les traces qu’elles pourront laisser. On ne choisit pas...

8- En guise de conclusion

Chacun selon ses moyens et situation doit individuellement lutter contre la violence d’État, mais l’action collective est primordiale dans ce combat, on ne doit rien laisser passer.

Et on n’ lâche rien !

Village énergie à Montreuil Par Julien villalard Reporterre 2013/01/31 Par Julien villalard (31 janvier 2013) Village énergie à Montreuil. Reporterre. fr

Village énergie à Montreuil

Forum sur la sortie du nucléaire et la transition énergétique Samedi 2 février à Montreuil (93).

VILLAGE ENERGIE :

Samedi 2 février, Montreuil.

Ciné débat autour du film documentaire de la réalisatrice japonaise Hitomi Kamanaka - « Comme l’abeille qui fait tourner la terre ».

Pour son troisième VILLAGE ÉNERGIE, Sortir du Nucléaire Paris présente les solutions de remplacement à l’électricité d’origine nucléaire, les « 3E » illustrées par un film documentaire, rarement diffusé, qui a suscité l’enthousiasme de ses spectateurs.

Avant la catastrophe de Fukushima, des Japonais s’étaient déjà levés contre les centrales nucléaires. Avant les autres pays européens la Suède a progressivement remplacé cette périlleuse source d’électricité et a diminué sa consommation de pétrole.

Lire « L’île où les vieux disent non au nucléaire », un article de : Courrier international.

Programme :

MONTREUIL - Samedi 2 février.

14h Organisé par Sortir du Nucléaire Paris et Yosomono-net Avec l’aimable participation de la maison des associations de la ville de Montreuil Entrée libre

Hotel de ville 1 place Jean-Jaurès, 93100 Montreuil Salle des fêtes, Métro Mairie de Montreuil

le programme en détail - localisation- à l’affiche.

Pour vous présenter le combat des habitants de l’Ile d’IWAISHIMA, nous laissons la parole à Béatrice Jaud, productrice des films "Nos enfants nous accuseront" et "Tous cobayes" :

Ce film indépendant a été projeté plus de 550 fois dans l’ensemble du Japon, par des groupes de citoyens de plus en plus nombreux à rejoindre le débat sur la politique énergétique, à s’insurger contre le gaspillage et la privatisation des ressources naturelles, le saccage de l’agriculture et de la pêche par la recherche de profits immédiats.

Nous y voyons comment les habitants d’Iwaishima, petite île située dans la mer intérieure de Seto à quelque 80 km de Hiroshima, mettent en échec depuis bientôt 30 ans la construction du complexe nucléaire de Kaminoseki par la compagnie électrique privée Energia.

Ils savent que « tout est lié » : le nucléaire, qu’on leur présente cyniquement comme le seul avenir possible pour une commune dont la moyenne d’âge est maintenant de 75 ans, transformerait les eaux fécondes de la baie de Ta-no-ura en plateforme de remblais et zone de rejets qui détruiraient à jamais une biodiversité exceptionnelle.

Ils refusent les dédommagements : « la mer n’est pas à vendre ! » – pas plus que d’abandonner le droit de pêche, le travail de la terre, la récolte des algues dont ils ont vécu et qu’ils veulent transmettre, propres, comme ils les ont reçus.

Ils résistent sans violence, solidaires et joyeux, soudés autour du jeune Yamato Takashi qui réorganise avec eux la production locale pour la vendre hors des réseaux de la grande distribution. Leur prochain objectif : l’autonomie énergétique.

Kamanaka Hitomi nous entraîne alors en Suède, dans la première commune auto-suffisante, ou dans un champ d’éoliennes du nord du Japon. Ce ne sont pas des modèles, mais des pièces apportées au débat. L’allégresse communicative de ce documentaire est d’abord un hommage à l’ingéniosité des humains qui, partout dans le monde, s’occupent d’inventer un futur autre que celui qu’on veut leur imposer.

Site officiel du film

Mais enfin, Mme Lepage et M. Séralini, ce n’est pas malin d’attaquer les journalistes en justice Frédéric Denhez Reporterre 2013/02/01 Frédéric Denhez (1er février 2013 à 09h54,) Mais enfin, Mme Lepage et M. Séralini, ce n’est pas malin d’attaquer les journalistes en justice. Reporterre. Tribune — fr

Mais enfin, Mme Lepage et M. Séralini, ce n’est pas malin d’attaquer les journalistes en justice

Corinne Lepage et Gilles-Eric Séralini poursuivent en justice le journaliste favorable aux OGM, Jean-Claude Jaillette. Ca ne fera pas avancer les choses...

Corinne Lepage et Gilles-Éric Séralini ont porté plainte contre notre confrère de Marianne, Jean-Claude Jaillette, coupable selon eux d’avoir publié dans un de ses papiers des assertions de « fraude » à propos de la publication fameuse du chercheur français. Lesquelles assertions n’étaient pourtant que rapportées, à partir de propos tenus par des scientifiques américains dans un papier du magazine américain Forbes intitulé « Scientists Smell A Rat In Fraudulent Genetic Engineering Study ».

En dealant ensemble pour faire d’une simple publication scientifique un objet médiatique, Gilles-Éric Séralini et la rédaction du Nouvel Observateur avaient déjà utilisé la presse à des fins si ce n’est de propagande, du moins de communication : il fallait qu’à partir de l’étude, certes originale, qui ne portait que sur un seul OGM et même sur un seul transgène, il fût affirmé que tous les OGM étaient des poisons. Dans un long article où l’on peine à dénicher une contradiction, car tel était le prix de l’exclusivité. Et voilà qu’aujourd’hui, alors que la presse libre de ses mouvements, déplaît, on l’attaque.

Pour traîner en justice un journaliste, il faut avoir de sérieux arguments. Le principe de la diffamation sert à tout, permet de tout oser, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Tout de même, porter plainte contre un média parce que ses informations déplaisent, c’est en soi porter plainte contre la liberté d’expression. Alors, porter plainte pour des informations rapportées à partir de citations parues dans un autre magazine, c’est assez baroque : un journaliste doit-il être non seulement responsable de ses écrits, mais aussi de ceux des quidams qu’il cite ? Ou bien doit-il faire viser son papier par les gens qu’il contredit ?

Cela prêterait à rire si ce n’était si grave. Car devant la Justice, Jean-Claude Jaillette devra s’expliquer sur le fond. C’est-à-dire sur ce qui pourrait permettre d’affirmer qu’il y a eu fraude dans le travail de Gilles-Éric Séralini.

Autrement dit, il est fait appel à la Justice pour contribuer à trancher la controverse académique sur la publication fameuse et, plus généralement, sur la toxicité éventuelle des OGM sur l’organisme humain. La fabrique du savoir quitte donc la dictature du laboratoire et de la publication pour gagner la démocratie du prétoire. Gilles-Éric Séralini et Corinne Lepage semblent vouloir s’appuyer sur l’opinion publique, la presse, pour mieux faire valoir leurs arguments.

Une démarche scientifique, rigoureuse et impartiale, courageuse, qui les rapproche étonnamment de Claude Allègre et Vincent Courtillot : tout le monde a applaudi le « débat » de l’Académie des Sciences qui avait paraît-il tranché la question de la responsabilité humaine dans l’accélération du changement climatique, alors que ce fut une défaite pour la démarche scientifique que d’être ainsi mise en scène, manipulée, méprisée. Allègre et Courtillot avaient tout fait pour amener la controverse, qu’eux seuls portaient, dans l’opinion publique. La logique binaire du pour/contre, médiatiquement porteuse, leur avait donné un poids sans commune mesure avec celui de leurs travaux de recherche sur le sujet. S’estimant insultés, les compères eurent beau jeu de se faire passer pour des incompris que la majorité obscurantiste et stipendiée des chercheurs voulait faire taire. Ils en appelèrent donc au peuple, aux médias, pour faire valoir leurs arguments. Et obtinrent leur « débat » sur le plateau d’argent de l’Académie, qui ne trancha rien, car tout l’était déjà, mais entérina le fait qu’aujourd’hui, un avis scientifique peut se traiter comme une simple opinion, durant quelques heures dans un amphithéâtre. Il est vrai que l’Académie des Sciences avait déjà fait de même, on l’avait oublié, à propos de Caulerpa taxifolia, « l’algue tueuse ».

Avec cette plainte, une étape supplémentaire a cependant été franchie. Se comportant comme Allègre et Courtillot, Séralini et Lepage semblent vouloir faire taire toute contestation un peu franche. La controverse sur les OGM était déjà résumée, médiatiquement, à un classique et désespérant pour/contre. Doit-elle s’achever par un « contre » définitif parce que c’est plus ainsi qu’il faut penser ? Bref, peut-on simplement faire valoir des faits objectifs, voire une opinion contraire, sur un sujet polémique sans courir le risque d’être immédiatement étiqueté sous l’opprobre ? Il semblerait que ce soit de plus en plus difficile : Jean-Claude Jaillette est en fait puni d’avoir osé publier en 2009 un livre favorable aux OGM (Sauvez les OGM, Hachette Littératures). C’est désespérément triste, et incroyablement grave pour la liberté d’informer.

Malgré la manne nucléaire, la Haute Marne est en hémorragie démographique Cedra Reporterre 2013/02/01 Cedra (1er février 2013 à 15h30,) Malgré la manne nucléaire, la Haute Marne est en hémorragie démographique. Reporterre. fr

Malgré la manne nucléaire, la Haute Marne est en hémorragie démographique

Coup de massue de l’INSEE qui, dans son dernier rapport, non seulement confirme une inquiétante hémorragie démographique mais révèle que la même Haute-Marne décroche la timbale nationale des départements qui perdent des habitants. Au vu des « atouts » politiques de cette partie de la Champagne, c’est à n’y rien comprendre.

En guise d’étrennes, le rapport de l’INSEE dit tout haut ce que nombre d’élus locaux auraient bien aimé laisser sous le boisseau. La Haute-Marne est dans une spirale de déclin démographique, signe le plus apparent d’une panade majeure.

Amorcée dans les années 70, l’hémorragie prend de l’ampleur depuis les années 90 pour faire perdre près de mille habitants chaque année au département. Et l’INSEE prévient, cette érosion devrait encore se renforcer dans les années à venir !

Un comble alors que la cité préfecture est dirigée par un député-maire longtemps ministre (1). Un comble alors que la plus grande ville du département, Saint-Dizier, est pilotée par un député-maire qui depuis plusieurs mandats axe sa politique sur l’attractivité de la ville et du territoire (2). Un comble alors que le département est gouverné par un président qui depuis de longues années s’accroche à une formule incantatoire : « Bure nous sauvera ». (3)

Le rapport de l’INSEE aura au moins eu le mérite de démontrer l’affligeante politique de ceux qui gouvernent ce département. Non seulement le projet qui se trame dans le secteur de Bure n’est pas le beau laboratoire promis, mais encore la carotte « développement » n’aura été qu’un lamentable miroir aux alouettes. Ni les coups de menton, ni les chantages de ces élus, ni les emplois extorqués à Edf/Areva/Cea, ni les sommes folles déversés à travers les GIP n’auront permis de « sauver » la Haute-Marne.

Et si c’était tout le contraire, d’ailleurs ? Et si cet argent facile - 30 millions d’euros à discrétion chaque année - portait à une politique d’indolence, à la petite semaine, alors que l’époque et le contexte exigent au contraire des élus-es dynamiques, qui en veulent, dans l’intérêt commun, et qui donnent envie.

Manifestement, la Haute-Marne a été mise sous perfusion frelatée. Honte aux fossoyeurs du département. Par incompétence, ou pire ? Honte à eux et elles car, aux antipodes d’une politique de facilité basée sur un projet mortifère et tueur d’image, il est une autre voie pour ce département et sa population, basée sur les valeurs locales profondes : honnêteté, éthique, savoirs faire, qualité et cadre de vie… Poubelle nucléaire - dévoilant de plus en plus ses tares - ou avenir constructif ? à chacune et chacun de se faire entendre, et d’agir…

Ne plus subir > AGIR !

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Notes

(1) Luc Chatel

(2) François Cornut-Gentille

(3) Bruno Sido, dont l’incantation a été relayée par son vice-président A. Allemeersch et nombre d’autres. Bruno Sido qui, sans vergogne, jongle avec les casquettes : président du conseil général il reçoit les largesses bienvenues du GIP… présidé par lui-même… GIP dont les apports ont été récemment prolongés (et antérieurement multipliés) grâce aux manœuvres du sénateur… Bruno Sido. Assainissement de la vie publique, avons-nous entendu dire voici peu. Vraiment ?

Samedi, c’est la journée mondiale des Zones humides, un enjeu écologique essentiel FRAPNA Isère Reporterre 2013/02/01 FRAPNA Isère (1er février 2013 à 10h47,) Samedi, c’est la journée mondiale des Zones humides, un enjeu écologique essentiel. Reporterre. fr

Samedi, c’est la journée mondiale des Zones humides, un enjeu écologique essentiel

Le 2 février, la journée mondiale des Zones Humides est l’occasion de faire découvrir ces milieux naturels, de sensibiliser le public à leur valeur et à leurs avantages et de rappeler les objectifs fixés depuis 42 ans par la Convention Internationale de Ramsar, signée par la France.

L’annulation de l’aire de grand passage des gens du voyage de Crolles par le tribunal administratif il y a quelques années, les problèmes de réalisation de la Maison du Rugby à Montbonnot-Saint-Martin (en cours de régularisation), d’extension de la station du Collet d’Allevard (en cours de jugement) ou de réalisation du stade de biathlon au Col de Porte (en cours d’enquête) trouvent toutes leurs sources dans une méconnaissance de la réglementation des zones humides. La FRAPNA continue son rôle d’alerte à chaque fois qu’une zone humide est menacée.

La valeur des zones humides est inestimable. Jouant un rôle essentiel de régulation des crues, de filtres naturels et constituant des réserves d’eau importantes indispensables pour nos besoins humains, les zones humides participent également au maintien d’une biodiversité qui s’effondre là où elles régressent.

Cette journée mondiale est l’occasion pour la FRAPNA de rappeler que la préservation de ces zones est une de ses priorités. La FRAPNA ne transige pas avec l’application de la loi sur l’Eau, un des mécanismes censés assurer en France leur protection.

Le principe posé, rappelé récemment par le Préfet de région à tous les Préfets de Rhône-Alpes, indique que les projets ne doivent pas porter atteinte à une Zone Humide. Le cas échéant, tout doit être fait pour limiter les impacts et ces derniers doivent faire l’objet d’une compensation totale des surfaces impactées.

D’où les interrogations sur le choix d’implantation du projet de Center Parcs à Roybon sur une zone très majoritairement humide, qui plus est tête de bassin versant de deux rivières l’Herbasse et la Galaure.

Difficile pour les aménageurs publics ou privés d’ignorer qu’ils sont en présence de zones humides. Des inventaires précis ont été réalisés par les Conservatoires d’Espaces Naturels aidés et soutenus par les associations de défense de l’environnement comme la FRAPNA. Dans certains cas, détruire ou détériorer une zone humide est passible du tribunal correctionnel, de lourdes amendes et de coûteux travaux de remise en état.

La FRAPNA Isère se réjouit d’avoir convaincu le Président du Conseil général de la nécessité de financer des inventaires beaucoup plus précis des zones humides existantes mais également des zones à réhabiliter en priorité afin de disposer d’une base de données qui serait sur ce point unique en France.

A l’heure où notre pays semble vouloir opérer le virage de la transition écologique, consciente des défis posés par le réchauffement climatique sur la ressource en eau et le bon état de nos milieux naturels, la FRAPNA rappelle son rôle de sentinelle et de conseil.

Notre Dame des Landes : les opposants remportent une victoire judiciaire Erwan Le Moigne et Etienne Boittin Reporterre 2013/02/01 Erwan Le Moigne et Etienne Boittin (1er février 2013 à 08h55,) Notre Dame des Landes : les opposants remportent une victoire judiciaire. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : les opposants remportent une victoire judiciaire

La Cour de Cassation vient de rendre un arrêt qui empêche les expropriations à Notre Dame des Landes. Elles ne pourraient avoir lieu qu’au terme des recours juridiques engagés à leur propos. Cette décision est un revers important pour les promoteurs de l’aéroport. Reporterre publie le texte des arrêts de la Cour.

En octobre 2011, des propriétaires de terres et exploitations agricoles impactés par le projet aéroportuaire de Notre Dame des Landes ont saisi le Juge administratif d’une demande d’annulation de l’arrêté de cessibilité (acte élaboré par le Préfet consistant à lister les parcelles expropriables).

Le 18 janvier 2012, le Juge de l’expropriation a rendu des ordonnances prononçant l’expropriation de propriétaires de terres et exploitations agricoles dans le cadre du projet aéroportuaire de Notre Dame des Landes.

Les propriétaires et les exploitants ont formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, il ressort de cette procédure :

- Les expropriés ont notamment demandé la cassation (annulation) des ordonnances d’expropriation pour des motifs de procédure qui dépendent de l’issue du recours à l’encontre de l’arrêté de cessibilité,

- La société AGO, concessionnaire désigné au titre du projet aéroportuaire, a sollicité le rejet immédiat du pourvoi, sans attendre l’issue du recours contre l’arrêté de cessibilité.

En décembre 2012, le Tribunal administratif de Nantes n’a pas annulé l’arrêté de cessibilité. Il s’agit d’une décision rendue en première instance, qui va faire l’objet d’un appel et n’est en aucun cas définitive.

Le 29 janvier 2013, la Cour de cassation a rendu cinq arrêts qui rejettent la demande de la société AGO et prononcent la radiation de l’affaire dans l’attente d’une décision définitive de la Juridiction Administrative concernant l’arrêté de cessibilité.

Concrètement, jusqu’à expiration de l’ensemble des recours devant les juridictions administratives à l’encontre de l’arrêté de cessibilité (Cour administrative d’appel de Nantes et ultérieurement Conseil d’Etat), la Cour de cassation met le dossier en attente en ne prononçant aucune décision.

Cette décision est donc favorable aux intérêts des expropriés puisqu’elle sanctionne la volonté de la société AGO de « passer en force » sans laisser le temps aux juridictions saisies de statuer.

Enfin, il sera relevé que l’accord politique signé par l’équipe du candidat François Hollande en 2012, stipule qu’aucune expulsion des propriétaires et exploitants n’interviendra avant que la Cour de Cassation se soit prononcée sur l’Ordonnance d’expropriation du 18 Janvier 2012.

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Voici le texte des arrêts de la Cour de Cassation :

L’EPR de Penly ne sera pas construit - enfin, pour l’instant COLLECTIF STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs Reporterre 2013/02/04 COLLECTIF STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs (4 février 2013) L’EPR de Penly ne sera pas construit - enfin, pour l’instant. Reporterre. fr

L’EPR de Penly ne sera pas construit - enfin, pour l’instant

Arnaud Montebourg a annoncé qu’un EPR ne serait pas construit à Penly, « à ce stade ». Mais l’abandon du projet n’est pas encore définitif.

Deux jours après avoir annoncé, le 29 janvier, aux côtés de Delphine Batho, des mesures de soutien à l’industrie nucléaire [1], Arnaud Montebourg a révélé au quotidien Paris Normandie que le projet Penly III ne sera pas relancé.

« Nous en sommes à terminer celui de Flamanville (Manche). Le gouvernement n’a pas l’intention de relancer, à ce stade, le projet de Penly [2]. »

Cette formule n’est pas si évidente qu’il y parait. Quoi qu’en pensent messieurs Jumel et Gautier, le ministre du redressement productif n’a pas dit que l’EPR de Penly était abandonné. Bien au contraire, il laisse ouverte la possibilité de la poursuite du projet.

Arnaud Montebourg ne fait finalement que confirmer les propos tenus par François Hollande le 14 février 2012 [3]. Dans un entretien accordé à Paris-Normandie, le président de la République expliquait que s’il est élu, le chantier de l’EPR « ne se fera pas dans le prochain quinquennat ». Ce qui laisse donc ouverte la possibilité de le construire lors de la mandature suivante...

Cette position est conforme aux engagements pris par EDF à l’issue du débat public sur le projet Flamanville III en février 2006 [4]. Il n’y a donc rien de nouveau. EDF, compte-tenu de sa situation financière mais surtout de la surcapacité du parc nucléaire français, n’a pas besoin de construire un second EPR avant 2020.

Les partisans du nucléaire peuvent cependant se rassurer. Le Schéma régional climat air énergie proposé par les services de l’Etat et la présidence de la Région Haute-Normandie admet la construction d’un réacteur EPR pour faire face à la demande d’électricité locale et nationale d’ici 2050...

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs déplore qu’Arnaud Montebourg ne tienne pas un discours de vérité. L’EPR n’est pas abandonné mais seulement suspendu. Tout laisse croire que l’enquête publique sur le dossier d’autorisation de création de Penly III aura lieu en 2018 ou 2019.

L’EPR de Penly est nécessaire au lobby nucléaire pour assurer la pérennité de cette industrie. Puisque des réacteurs seront fermés au cours de la décennie 2020-2030, l’Etat et EDF veulent disposer de réacteurs neufs pour perpétuer un modèle énergétique archaïque, cher, inadapté et dangereux... voire même absurde. Et cela quel qu’en soit le prix économique, social et environnemental.

Nous aurions attendu de la part de l’Etat, à l’heure où s’ouvre le débat national sur la transition énergétique, des déclarations plus fortes qui donnent à voir un réel souci de transformer profondément le système énergétique français.

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Notes

[1] L’Usine nouvelle

[2] Paris Normandie

[3] ’Mediapart

[4] CNDP

Notre Dame des Landes : « Je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié » Thierry Pradier Reporterre 2013/02/04 Thierry Pradier (4 février 2013) Notre Dame des Landes : « Je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié ». Reporterre. Tribune — fr

Notre Dame des Landes : « Je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié »

Elu EELV au conseil régional des Pays de Loire, Thierry Pradier a démissionné de son poste de vice-président de la commission des Finances, afin de protester contre le projet de Notre Dame des Landes. Le conseil l’a empêché d’expliquer en séance les motifs de sa démission. Voici ce qu’il voulait dire.

Voici l’intervention que Thierry Pradier souhaitait faire devant l’assemblée du conseil régional mais qu’on lui a refusé. Il y explique les raisons de sa démission de la vice-présidence de la commission finances. Déjà annoncée, il y a quelques jours, cette démission plonge dans l’embarras les élus EELV (Europe écologie les verts) au sein du conseil régional.

On notera que Thierry Pradier use, non sans humour, de l’épiphore (répétition d’un mot ou groupe de mots en fin de phrase)“je me suis senti humilié”, référence assez flagrante à l’anaphore (répétition d’un mot ou groupe de mots en début de phrase) de François Hollande“Moi, président de la République”.

Ce que souhaitait dire l’élu

Suite à ma décision de démissionner de la vice-présidence de la commission finance, j’avais fait part de ma volonté de pouvoir expliquer mon acte devant l’hémicycle des conseillers régionaux des Pays-de-la-Loire lors du vote sur le budget 2013.

Dès jeudi matin [31 janvier] le président de groupe EELV me fait savoir que je peux faire mon intervention vendredi matin ou en début d’après-midi au moment du vote sur le budget global. Le groupe écologiste envoie l’information au cabinet du président le jeudi matin comme convenu. Je prends donc la décision d’attendre le lendemain pour donner mon explication sur ma démission de la vice-présidence de la commission finance. Même si cette procédure est peu logique car je vais devoir voter avant sur les budgets de commissions et donner mon explication après (les budgets se votent d’abord par commission, il y en a 9, selon les textes de loi sur le fonctionnement des Conseil Régionaux).

Je vote durant la session conformément avec ce que j’avais décidé et dis.

Le vendredi vers midi, les groupes de l’opposition de droite reviennent sur les bancs de l’hémicycle pour donner leur vote sur le budget général (ils avaient boycotté les votes précédents de la matinée du vendredi). Lorsque le Président du Conseil Régional annonce le passage au budget général, j’appuie donc sur le bouton de demande d’intervention. Le président annonce alors que l’on passe au vote. Il n’y a donc pas de débat, je ne peux donc pas m’exprimer. Je lève alors la main espérant pouvoir au moins donner mon explication : il clot en un temps record la séance, alors que le repas était initialement prévu vers 13h00 : il est autour de 12h20. Nous avions donc le temps pour qu’opposition et majorité s’expriment. Je suis stupéfait ! Il est clair que le Président lui-même ne souhaitait pas que je puisse lire mon texte.

Voici donc le texte complet qui fait l’objet de ces évènements :

Monsieur le Président, merci de me donner la parole : ce que je dirai, je le dirai en mon nom propre. Ma décision résulte d’une longue réflexion et n’a pas été facile à prendre, mais ma démission de la vice-présidence est tout sauf le fruit du hasard.

Le 8 mai 2012 un accord entre opposants au projet de Notre Dame des Landes (NDDL) et le président F. Hollande avait été acté : il concernait les expulsions sur site de NDDL jusqu’à expiration judiciaire des procès en cours signé avant la date du 4 mai 2012.

Quand l’accord a été moralement rompu de facto par l’intrusion des forces de l’ordre sur le site, je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié.

Quand il fut évident que les responsables de l’État adoptaient en novembre dernier des mesures débouchant sur des violences policières avec la volonté manifeste de criminaliser le mouvement de résistance à NDDL, je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié.

Quand sont parues dans la presse des menaces explicites concernant les postes et responsabilités exécutives dévolus aux membres d’EELV du Conseil Régional, je n’ai rien dit, mais je suis senti humilié.

Quand la communication régionale est devenue une machine de propagande mise au service du projet d’aéroport, sans concertation et sans recherche de compromis avec les membres écologistes de la majorité et quand les finances régionales mobilisées sur cette communication n’ont fait l’objet d’aucune discussion ou accord au sein de la majorité régionale, je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié.

Quand ont été nommés les membres de la commission de dialogue, sans concertation et sans information préalable avec EELV, pourtant partenaire du PS au sein du gouvernement, je n’ai toujours rien dit, mais je me suis encore senti humilié.

Quand il y a moins d’une semaine une maison a été détruite au lieu-dit Saint-Jean-du-Tertre (la quatorzième depuis l’opération César), au moment même où la commission de dialogue travaillait, je n’ai rien dit, mais je me suis senti humilié.

Quand les quelques dizaines d’écologistes de ma propre famille et celle de ma compagne, de Loire-Atlantique ou d’ailleurs, émettent des doutes, des critiques ou des sarcasmes à propos de NDDL, je ne dis rien, mais comme eux je me sens offensé, méprisé dans mes convictions et humilié.

Quand je mesure la considération dans laquelle on tient l’écologie au niveau national à l’aune des décisions prises par le gouvernement actuel, quand des électeurs et des militants écologistes m’interpellent en colère sur ces sujet et plus particulièrement sur Notre-Dame-des-Landes, quand ils sont des dizaines à le faire, comme eux je me sens bafoué dans mes engagements, méprisé et humilié !

Alors quand on me demande de prendre mes responsabilités politiques de simple élu du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, je choisis de ne plus accepter ni l’intimidation ni l’humiliation. J’ai toujours été favorable au compromis quand il résulte d’une discussion d’égal à égal. Certains dossiers portés dans cette majorité régionale méritent toute mon attention et celle de mes collègues écologistes. Mais personne ne peut m’obliger à abdiquer mes convictions. Et ce serait le cas si je soutenais le projet d’aéroport à NDDL !

C’est par solidarité avec tous les paysans et habitants encore présents sur le site qui risquent d’être expulsés de chez eux cette année, du fait de ces presque 2 000 ha de terres bocagères non remembrées qui forment un milieu environnemental exceptionnel et pour protester contre l’aberration économique que constitue ce projet pharaonique d’aéroport, que j’ai symboliquement remis ma démission du poste de vice-président de la commission finance.

Pour cette session du Conseil Régional, je ne souhaite pas modifier mon vote : je voterai favorablement les budgets des commissions Emploi et Education présidées par les élus écologistes et je refuse de prendre part aux autres votes sur le budget des commissions et sur le budget global. Le refus n’étant pas admis par notre règlement intérieur du Conseil Régional, mon vote sera transformé de fait en abstention.

Sachez bien que quelles que soient les difficultés, désaccords, compromis et décisions pris au sein de la majorité actuelle, s’il n’y avait pas eu cette fracture au sujet de NDDL, j’aurais voté l’ensemble des budgets des commissions et le budget général. Mais je ne puis me résoudre à renier 28 années de militantisme sur une question où la dignité de l’écologie et des écologistes est engagée.

Mobilisation pour sauver 500 chauves-souris qui hibernaient dans un platane 20 Minutes Reporterre 2013/02/04 20 Minutes (4 février 2013) Mobilisation pour sauver 500 chauves-souris qui hibernaient dans un platane. Reporterre. fr

Mobilisation pour sauver 500 chauves-souris qui hibernaient dans un platane

Elles avaient tranquillement entamé leur hibernation dans un platane à Strasbourg quand leur refuge a été abattu. Des amoureux des chauves-souris s’activent depuis une semaine pour remettre d’aplomb près de 500 rescapées de cette mésaventure.

Une chauve-souris craintive lance un cri strident, avant de planter ses dents dans la chenille que lui tend une « soigneuse » du centre de sauvegarde de Rosenwiller (Bas-Rhin) de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

« C’est un jeu de patience : elles sont craintives et ce n’est pas leur nourriture habituelle, cela peut prendre plus d’une demi-heure chacune », explique Lauriane Perraud, l’une des deux salariées du centre, qui a enfilé de gros gants en cuir pour se protéger des petites dents acérées de ces chiroptères voraces.

Depuis une semaine, la scène se répète inlassablement dans ce refuge niché dans un petit village du piémont alsacien, qui a l’habitude de recueillir oiseaux et petits mammifères en détresse... mais qui n’en a jamais vu arriver autant d’un coup. Sur place, une dizaine de bénévoles sont venus à la rescousse pour aider à les nourrir.

Les bestioles, qui mesurent moins de 10 cm de long, sont alimentées à tour de rôle, avant d’être placées dans des caisses humidifiées, dans des conditions proches de celle de leur hibernation naturelle. L’objectif : faire retrouver le plus rapidement possible à ces « noctules communes » les précieux grammes qu’elles ont perdus dans la panique quand le platane où elle s’étaient discrètement nichées à Strasbourg a été abattu.

Une découverte due au hasard

La découverte de cette impressionnante colonie a eu lieu par hasard au début de la semaine dernière à Strasbourg. Ce sont des riverains qui ont donné l’alerte, après avoir repéré quelques chauves-souris mal en point autour d’un arbre fraichement coupé sur un chantier en cours. Le soir même, des membres du Groupe d’étude et de protection des mammifères d’Alsace (GEPMA) et de la LPO étaient sur place.

« On a vite compris qu’il s’agissait d’un site d’hivernage, mais cela a été une grande surprise d’en trouver autant », explique Cathy Zell, de la LPO d’Alsace. Les meilleurs experts ont été contactés sans tarder, et le choix a été fait d’accueillir les près de 500 chiroptères, affaiblis et en danger, dans le centre de Rosenwiller. « A ce stade, l’idée est de relâcher petit à petit celles qui auront retrouvé leur bon poids, qui devraient alors être capables de retrouver un site d’hivernage », explique Lauriane.

Laurent Arthur, conservateur au muséum d’histoire naturelle de Bourges, s’enthousiasme pour ce qui est selon lui « la plus importante découverte connue et documentée de noctules communes dans un arbre en Europe ». Ce spécialiste des chauves-souris, qui suit l’évolution des hôtes du centre au jour le jour par téléphone, compare la situation à celle « d’un crash d’avion ». « Le plus urgent, c’est de porter secours au plus vite aux rescapés, mais ensuite, il faudra tirer les leçons de ce cas d’école », estime-t-il.

La mésaventure strasbourgeoise montre qu’« abattre un platane creux en hiver, c’est un peu une loterie. Toute une population régionale de noctules peut se trouver dans le même arbre : pour abattre, il faut privilégier des périodes comme la fin de l’été ou le début de l’automne », selon lui.

Les noctules communes, des migratrices qui se sont bien adaptées au milieu urbain, ne sont pas considérées pour l’instant comme une espèce menacée, mais « il faut être prudent si on ne veut pas qu’elles le deviennent », d’après ce spécialiste, évoquant la menace que font aussi peser sur elles les éoliennes.

Action Sauvons les riches Sauvons les riches ! Reporterre 2013/02/04 Sauvons les riches ! (4 février 2013) Action Sauvons les riches. Reporterre. fr

Action Sauvons les riches

La Brigade Anti-terrorisme Financier vous invite au lancement de l’opération « Casino fatal » Un objectif : libérer les 65 millions de Français otages de la finance folle Une stratégie : découper les banques Le 5 février de 12h30 à 13h Rdv M° Richelieu-Drouot à la sortie Boulevard Haussmann (75008) }}

En présence, entre autres, de Susan George, Edgar Morin, Gaël Giraud…

Contexte :

Ça y est, François Hollande est parti en guerre « contre le terrorisme »… Mais il a changé de cible. Il y a un an – souvenez-vous, le Bourget ! - son adversaire, c’était la finance : « La première décision à prendre, c’est de séparer ce qui relève du crédit de ce qui appartient aux opérations de spéculation »...

Un an plus tard, la finance continue ses ravages. Mais P. Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances (spéculatives), présente au Parlement un projet qui ne change rien – ou presque – pour les banques.

De l’aveu de Frédéric Oudéa, patron de la Société générale, devant les députés, 99% de l’activité des banques ne sont pas concernées par le projet de loi ! La Commission des Finances de l’Assemblée nationale commence à en débattre le 6 février 2013.

Action :

Les collectifs « Sauvons les Riches », « Roosevelt 2012 » et « Plate-forme paradis fiscaux et judiciaires » appellent les parlementaires à un sursaut : Non, les banques ne doivent pas faire la loi ! Non, l’argent de l’Etat ne doit pas servir à éponger les pertes des banques et de leurs clients au casino de la finance !

Il faut couper les banques comme Roosevelt l’a fait en son temps, et leur demander des comptes sur leur activité pays par pays.

Devant le siège de la BNP-Paribas, ces collectifs feront donc intervenir un groupe d’agents spéciaux, la BAF, pour réveiller les parlementaires et le gouvernement qui s’est laissé endormir par les banques.

Les photos de la visite chez François Pinault, actionnaire de Vinci Des personnes du collectif parisien de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes Reporterre 2013/02/05 Des personnes du collectif parisien de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (5 février 2013) Les photos de la visite chez François Pinault, actionnaire de Vinci. Reporterre. Luttes fr

Les photos de la visite chez François Pinault, actionnaire de Vinci

Le 28 janvier, des opposants à Notre Dame des Landes ont visité la propriété de François Pinault, actionnaire de Vinci. Ils s’en expliquent.

François Pinault est depuis 2006 le 2e actionnaire du groupe Vinci. Sa holding Artémis, également actionnaire de Bouygues, autre géant du BTP bien connu, a acquis près de 12 millions de titres du bétonneur de Notre-Dame-des-Landes ! Alors quand on a appris que Pinault représentait à lui seul 5% du capital de Vinci, on s’est dit que ça méritait bien un pique-nique sur la pelouse de son château !

Sans attendre d’y être invitéEs, nous nous sommes renduEs [dimanche 28 janvier] à quelques unEs sur le domaine de la Mormaire et, profitant d’une porte ouverte, nous sommes dirigéEs vers le parvis du château où nous avons déployé une banderole, avant de partager quelques morceaux de quiche et quelques bières artisanales made in ZAD.

Pour dire toute la vérité, nous ne nous sommes pas attardéEs. Après avoir expliqué l’objet de notre présence aux employéEs du (multi)milliardaire (sa fortune personnelle est de 8,1 milliards d’euros, soit 472 000 années de SMIC), nous sommes très vite repartiEs en criant quelques slogans bien à propos : « Pinault, pollueur, voleur, expropriation ! » Rien de bien méchant en somme...

Pinault et ses acolytes de Vinci, eux, ne se gênent pas pour projeter la destruction de 2 000 hectares de bocages et de terres agricoles pour y construire un aéroport inutile et coûteux. Ils ne s’offusquent pas non plus du fait que des centaines d’hommes en uniforme violent quotidiennement les propriétés des habitants de la zone pour les en exproprier par la force. Ils ne sont pas gênés, de manière générale, du fait qu’ils contribuent au désastre écologique et à la destruction lente et irrémédiable de nos espaces de vie et de notre atmosphère.

Nous, pique-niqueur/euses du dimanche, résistantEs en bottes crasseuses, hordes indisciplinées et fières de l’être, revendiquons notre impertinente intrusion sur la modeste propriété du patron de Pinault-Printemps-Redoute.

Pour autant, nous regrettons que de jeunes randonneur/euses aient eu à subir la répression à notre place. En effet, 16 personnes de 17 à 20 ans ont été interpelléEs (info AFP reprise par divers média) sur un chemin de campagne et maintenues en garde-à-vue durant 45 heures, subissant auditions et relevés d’empreintes digitales et génétiques.

InculpéEs pour « violation de domicile » et « menaces de mort », ainsi que pour « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques » pour certainEs, ils et elles comparaîtront les 28 février 2013 à 9h30 devant le Juge des Enfants au TGI de Paris et le 11 mars 2013 à 14h devant la 7e chambre D du TGI de Versailles.

Nous, militantEs de tous âges, agissant en conscience et en accord avec nos principes, exprimons toute notre solidarité avec les inculpéEs et appelons chacunE à nous rejoindre dans notre lutte déterminée contre Vinci et son monde, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre tous les autres Grands Projets Inutiles et Imposés !

Greenpeace en procès pour avoir survolé la centrale du Bugey Gaiga Kaunta (Mediapart) Reporterre 2013/02/05 Gaiga Kaunta (Mediapart) (5 février 2013) Greenpeace en procès pour avoir survolé la centrale du Bugey. Reporterre. fr

Greenpeace en procès pour avoir survolé la centrale du Bugey

Mercredi 6 février comparaitront en justice deux militants de Greenpeace. Leur crime : avoir montré les faiblesses de la sécurité des centrales nucléaires françaises en survolant en parapente celle du Bugey.

Nous sommes nombreux à avoir applaudi l’action de Greenpeace se posant en paramoteur à côté d’un des réacteurs du site nucléaire de Bugey début 2012.

Pour ces faits, deux militants avaient comparu une première fois le 17 octobre 2012 au Tribunal Correctionnel de Bourg en Bresse.

Le procès avait été renvoyé au mercredi 6 février 2013 à la demande du procureur au début de l’audience, pour avoir le temps d’examiner une requête déposée la veille par l’avocat des deux militants, Me Alexandre Faro.

Comme pour la première comparution, un rassemblement de soutien est organisé devant le tribunal correctionnel de Bourg en Bresse à partir de 13h30 / 14h00. Seront présents quelques militants de Stop Bugey, de Greenpeace Lyon et du Collectif Résistances & Alternatives.

Votre présence est pour eux un nécessaire, fraternel et militant signe de soutien, qui plus est par les peines encourues.

Le premier militant, Kai Emmanuel Von Stietencron, de nationalité allemande, âgé de 29 ans et médecin de profession, comparaît pour « survol volontaire par le pilote d’un aéronef d’une zone interdite », infraction passible d’un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

Le second, Jonathan Palais, 33 ans, est poursuivi pour « complicité » du même délit et encourt donc la même peine.

Les militants de Greenpeace Emannuel et Jonathan

RAPPEL DES FAITS

L’action de Greenpeace au Bugey s’était déroulée entre les deux tours de la présidentielle. Le 2 mai 2012, filmé par un drone, l’activiste allemand avait survolé, puis atterri sur le site de la centrale à bord d’un parapente à moteur. Il avait réussi à lancer un fumigène sur le toit d’un réacteur avant d’être arrêté dès son atterrissage par des gendarmes et placé en garde à vue.

Alors que les accès de la centrale étaient bouclés, conformément aux procédures en cas d’intrusion, un autre militant s’était présenté à l’accueil pour « prévenir la sécurité » et « éviter des violences », d’après Greenpeace. Selon les gendarmes, il voulait prendre des nouvelles de son camarade. Il avait été également arrêté et placé en garde à vue.

Après le procès, une distribution de tracts contre le projet EDF de décharge radioactive ICEDA aura lieu dans le centre ville de Bourg en Bresse auquel nous vous invitons également à participer (une centaine de tracts sera à votre disposition, mais vous pouvez également en imprimer afin de nous aider à diffuser de manière plus large).

(Voir le flyer disponible en téléchargement ici et la page facebook associée.)

Cette action sera aussi l’occasion de mieux faire connaissance entre militants et de renforcer les connexions et convergences nécessaires à la lutte.

Dans le Morvan, l’Etat détruit un bois et une zone humide en s’arrangeant avec la loi Adret Morvan Reporterre 2013/02/05 Adret Morvan (5 février 2013) Dans le Morvan, l’Etat détruit un bois et une zone humide en s’arrangeant avec la loi. Reporterre. fr

Dans le Morvan, l’Etat détruit un bois et une zone humide en s’arrangeant avec la loi

Une déforestation est en cours aujourd’hui même, sous protection des gendarmes, dans le Morvan. Habitants et écologistes tentent de résister.

Communiqué de presse :

Notre Dame des Landes ne leur suffit pas. Un événement grave est en train de se produire dans le Morvan : une forêt de 100 ha, toute sa biodiversité, vont être massacrées pour un projet industriel inutile, dangereux pour l’environnement, la filière bois et l’emploi.

Alors que le Tribunal Administratif de DIJON a déjà rendu 3 jugements ordonnant la suspension de l’autorisation de destruction d’espèces, au lieu de faire appliquer la loi, la préfète de la Nièvre envoie les gendarmes pour protéger le début des travaux. Ce passage en force est scandaleux.

Les petits barons locaux du Parti socialiste ( Christian PAUL…) ont vendu le Morvan pour un plat de lentilles aux intérêts privés et spéculatifs d’une multinationale. Par manque de courage politique, le Conseil Régional et son président restent muets.

Que valent les discours ronflants sur la biodiversité et la « stratégie régionale » mise en place conjointement par l’Etat et le Conseil Régional ? Rien. Si le massacre se poursuit, les associations de protection de la nature et de l’environnement de Bourgogne sauront que leurs « engagements » ne sont que des chiffons de papier.

Avec FNE, les associations appellent à une mobilisation sur le site de SARDY les Epiry, dans la Nièvre, et exigent l’arrêt immédiat des travaux.

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Courriel :

POUR TOUS CEUX ET CELLES QUI PEUVENT SE MOBILISER :

ECRIRE, TELEPHONER A : - préfecture de la Nièvre : communication@nievre.pref ;gouv.fr - dreal-bourgogne@developpement-durable.gouv.fr - Nièvre aménagement : 03 86 57 44 75

RENDEZ VOUS IMMEDIAT POUR TOUS CEUX QUI LE PEUVENT SUR PLACE - prenez des vêtements chauds, des bottes, à boire et à manger : être autonome … - Attention à ne pas avoir sur vous des outils qui pourraient être catalogués comme des « armes ».

Nous sommes arrivés assez tard, vers 16h30 [lundi 4 février], juste au moment où les gendarmes s’en allaient. N’étaient plus présents que les manifestants. Il en restait une quarantaine à notre arrivée. Il y en avait eu entre 50 et 60 toute la journée.

Un point a été fait avec ceux qui étaient encore là. La préfète de la Nièvre a simultanément abrogé hier soir son arrêté « de destruction d’espèces » (celui qui avait été suspendu par le tribunal admnistratif (TA) de Dijon) et en a repris un, apparemment identique. Ce tour de passe-passe est évidemment tout à fait illégal, les raisons qui ont poussé le TA à suspendre le premier arrêté devant logiquement l’amener à faire de même avec son clone. Un recours « en référé d’heure à heure » devrait être déposé ce soir ou demain matin par les opposants pour obtenir la suspension du nouvel arrêté et l’interruption des travaux.

Sauf, bien sûr que l’ogre Erscia a déjà mangé aujourd’hui son premier bout de forêt. Les arbres gisent à terre, coupés et laissés en tas chaotique sur place, sur une surface de l’ordre du quart d’hectare (à vue de nez de non spécialiste).

Sauf que demain, on voit mal ce qui empêchera les engins de terrassement d’entrer en action. Il faudrait, pour les bloquer, disposer au moins d’une dizaine de tracteurs. Le seul paysan (de la conf’) qui était présent ne peut pas intervenir seul.

Reste qu’il est très important d’être présents en nombre, demain encore, et peut-être après : - pour retarder les travaux autant que possible malgré tout - pour montrer le mécontentement aux autorités et à la presse - et pour obliger les forces de l’ordre à mobiliser de gros effectifs (jusqu’à 80 gendarmes aujourd’hui !)

En outre, c’est l’occasion de se rencontrer, de partager des informations sur nos luttes, de faire croître nos réseaux et nos moyens collectifs, ce que nous avons fait cette fin d’après-midi.

Restons donc mobilisés sur place autant que possible.

Le rendez-vous demain matin : à partir de 7h, au même endroit (RD985 peu après la sortie de Marcilly en allant vers Aunay-en-Bazois).

Du collectif NDDL 89, seront au moins présents : Fabien, Sylvie, Éric.

Pour organiser le covoiturage, il y a la pag. C’est assez intuitif d’utilisation, se référer aux explications données dans la page qu’on peut ensuite modifier directement comme avec un traitement de texte.

Deux mots des travaux engagés : il s’agit dans un premier temps de défricher un bout de forêt pour y creuser une mare. En effet, le site (dénommé le Bois du Tronçay, à Sardy-lès-Épiry, proche de Marcilly) compte actuellement une zone humide qu’il est prévu de détruire pour construire l’usine. Une mesure compensatoire consiste à construire une mare « compensant » la destruction de la première dans un coin du bois qui sera conservé sur une partie du site... c’est très poétique tout cela. Les arbres ont donc été coupés aujourd’hui pour permettre aux machines de creuser la mare demain. Le « déplacement des espèces » de la mare d’origine à la nouvelle est également prévu (sans rire). On ne sait pas encore s’ils emploieront un bulldozer ou une pelleteurs pour le transfert de la faune et de la flore.

Bref, tout cela n’est qu’un petit apéritif en comparaison des travaux de défrichement ultérieurs (le bois compte 100ha dont l’écrasante majorité sera coupée). Donc pas de quoi paniquer pour le moment, mais la manière de faire des autorités montre la détermination conjointe des barons locaux du PS, peu d’embarras à agir dans l’illégalité de la part de l’État, des médias bien peu concernés... On teste sans doute aussi notre capacité à mobiliser et les résistances auxquelles le projet devra faire face par la suite.

Raison de plus de nous organiser et de marquer une présence soutenue sur place dès maintenant. Et d’ouvrir des foyers multiples de résistance (courriels, appels téléphoniques, rassemblements ailleurs, etc.).

Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir Par Julien villalard Reporterre 2013/02/05 Par Julien villalard (5 février 2013) Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir. Reporterre. fr

Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir

« Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir »

Tel est le titre du nouveau livre que nous avons co-écrit et qui sort aux éditions Dangles.

Mais ce n’est pas seulement un livre, c’est aussi un appel à action citoyenne.

Depuis 2008, il devient de plus en plus évident que le système monétaire est au cœur des crises que nous vivons. Il est devenu la forme moderne d’un esclavage sournois grâce à l’ignorance dans laquelle sont entretenus les citoyens. L’opacité et la complexité trompeuse véhiculés par les termes et pratiques ne visent qu’à laisser croire qu’il n’est qu’affaire d’experts et qu’il n’y a pas de salut hors de la voie qu’ils tracent.

Or, nous avons une bonne nouvelle : les choses ne sont pas si complexes et nous pouvons faire autrement ! Les crises actuelles n’ont rien de fortuit, elles sont le seul produit de la pensée humaine prisonnière d’une idéologie devenue suicidaire, imposée d’une manière de plus en plus autoritaire pour maintenir dans les mêmes mains pouvoir, privilèges et fortune.

Affranchissons-nous des fausses vérités qui empêchent de considérer les vraies réponses aux défis de notre temps et tout devient alors possible.

Bien sûr nous dénonçons l’iniquité et les dangers du système. Mais pour nous en affranchir, nous posons notre regard sur ce qu’est la richesse, sur ce que la monnaie devrait être et à qui revient la légitimité d’exercer le pouvoir de sa création. Ainsi espérons-nous faire appel au bon sens de chacun pour que la dictature idéologique cède la place à l’intelligence.

Mais notre seule compréhension ne sera pas suffisante tant la classe dominante mondiale est attachée à poursuivre le « business as usual ». La voix de chacun d’entre nous doit s’élever pour que grossisse et s’incarne la volonté populaire de s’affranchir et de créer des conditions de vie durables et équitables pour tous ; la monnaie est la clef.

Le chapitre 7, qui a donné son titre au livre, est écrit sous forme d’appel pour donner la parole à chacun. Plus il circulera dans vos réseaux, plus il sera envoyé à vos élus, plus nous contribuerons à ce mouvement de transformation pacifique. Pour vous aider dans sa diffusion nous avons mis en ligne l’appel sur le site de notre association AISES (Association Internationale pour le Soutien aux Économies Sociétales).

Ce livre, « Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir » - ISBN 9782703309819 - est volontairement court, moins de 100 pages et d’un prix accessible (9 euros). À lui seul il est bien peu de chose, mais si chacun d’entre nous contribue à le faire connaître et lance l’appel comme nous y invitons, quel que soit le résultat, chacun au moins aura-t-il fait sa part.

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« Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir », Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq , Editions Dangles, Prix : 9 E

La transition est en marche ! Vincent Liegey Reporterre 2013/02/05 Vincent Liegey (5 février 2013) La transition est en marche !. Reporterre. Tribune — fr

La transition est en marche !

Venant de Hongrie, un séjour à Paris permet de voir que - eh bien, il y a une bonne pêche partout, et l’envie de changer les choses.

La transition est en marche ! C’est l’intitulé que l’on utilise pour des encarts dans notre livre, Un projet de Décroissance, Manifeste pour une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, pour présenter des alternatives concrètes diverses et variées.

Je suis rentré en France depuis une semaine et c’est vraiment ce que j’ai pu observer à travers toutes les rencontres que j’ai faites. On assiste un peu partout, et pas uniquement en France puisque je l’observe également en Hongrie où je réside, ainsi que dans tous mes voyages, à une transformation silencieuse de la société.

La prise de conscience des limites, physiques mais aussi anthropologiques, de cette société de croissance s’étend. De plus en plus de gens ressentent un malaise face au consumérisme, mais plus encore face à la perte de sens dans notre travail, aux conséquences désastreuses des plans d’austérité, à ce que nous appelons cette religion de l’économie. De même, de moins en moins de personnes croient encore en la démocratie représentative, aux élites politiques et médiatiques, au système de parti.

Alors on se pose des questions et, surtout, on essaie d’agir. Que ce soit individuellement ou collectivement les comportements changent : on expérimente.

Nous avons organisé le lancement de notre livre au Shakirail, lieu alternatif parisien autogéré, afin de mettre en cohérence les idées que nous développons et ce que nous essayons de vivre.

Au Shakirail, j’(y) ai rencontré des personnes actives dans le mouvement de la transition, dans les collectifs Notre Dame Des Landes et aussi dans les mouvements des indignés, occupy et démocratie réelle. Toutes et tous se posent les mêmes questions et essaient d’expérimenter ce que pourraient être demain des sociétés soutenables et surtout souhaitables. Ils expérimentent d’autres manières de pratiquer la démocratie, de vivre et de prendre des décisions ensemble.

J’ai rencontré aussi des personnes de mouvements et partis politiques comme le Parti Pirate (démocratie liquide, plus de transparence et un plus grand contrôle du citoyen sur l’élu), Parti de gauche (PG) et Europe-Ecologie-Les Verts, chacun s’appuyant sur la prise de pouvoir institutionnel pour changer la société, le PG à travers la volonté de dépasser le Parti Socialiste, EELV à travers des compromis et en participant au gouvernement.

J’ai aussi rencontré ATTAC, qui réfléchit à comment faire le lien avec les mouvements sociaux et syndicaux à l’échelle européenne, rompre avec cette Europe technocratique et oligarchique appliquant plans d’austérité les uns après les autres, et les Alternatifs (Solidarité, Écologie, Autogestion et Féminisme, dans une logique de convergence du rouge et du vert).

Toutes et tous, avec leur culture politique, leur histoire, essaient de faire face à leurs contradictions. Mais toutes et tous avec les mêmes questionnements, et une certaine humilité sur les limites de leurs démarches : plus ou moins jouer le jeu des institutions (voir par exemple les discussion entre le PG et EELV), plus ou moins centralisé, participatif.

Comment accompagner cette volonté de faire de la politique autrement, de rompre avec les modèles imposés par nos institutions centralisées et de démocratie se limitant à la représentativité, et en même temps faire preuve d’une certaine forme de réalisme : qu’on le veuille ou non, nous vivons dans ces sociétés !

Dans le mouvement de la Décroissance, nous avons depuis plusieurs années discuté, réfléchi et débattu de ces notions de pouvoir ou comment changer la société sans prendre le pouvoir. Nous nous appuyons sur une stratégie de masse critique qui s’articule autour des 4 niveaux politiques de la Décroissance :

- Le collectif : à travers les alternatives concrètes, mises en avant dans ce livre.

- Le projet : projet de transition et aussi réflexion sur ce que peuvent être des sociétés de Décroissance.

- La visibilité : l’organisation de rencontres-débats, de manifestations, le passage dans les médias, la participation à des élections de manière non-électoraliste.

- L’individuel : à travers la simplicité volontaire et la décolonisation de l’imaginaire.

L’enjeu, pour notre mouvement mais aussi de manière générale pour toutes celles et ceux, tous les collectifs, mouvements et partis politiques qui essaient de construire des alternatives à une société en pleine crise anthropologique est de jouer à ce jeu d’équilibriste, d’être à la fois dans et à l’extérieur du système.

D’arriver à cultiver cette diversité des approches tout en recherchant des équilibres et des convergences, des coopérations sur des projets communs qui peuvent être une lutte, comme à Notre Dame Des Landes ou contre les gaz de schiste, l’organisation de débats et de conférences, la mise en commun d’outils, la participation à des élections, avoir des élus, des soutiens critiques et ponctuels à des majorités.

L’enjeu est d’arriver à construire un mouvement politique, en rupture avec le modèle et la pensée dominante, mais capable de le renverser dans une logique de transition. Il s’agit d’inventer un nouveau modèle, autour d’un réseau horizontal de collectifs, de personnes et de groupes, locaux et/ou thématiques, divers et variés.

La transition est bel et bien en marche... Mais elle se heurte à des résistances institutionnelles, aveugles et toujours plus violentes !

Mercredi dernier, je suis allé à la soirée de lancement des (R)évolutions organisée par le mouvement des Colibris. Il y avait beaucoup de monde et un fort enthousiasme. La soirée pour une large part d’entre nous s’est finie dans la rue, mais avec des rencontres, des discussions passionnantes et surtout un état d’esprit positif et constructif.

Comme le mouvement de la Transition, les Colibris rejettent la politique, les élections, voire les institutions. Cette posture a l’avantage d’ouvrir les portes à des citoyens qui souhaitent être dans le faire et rompre avec le combat déprimant de la politique politicienne. En ce sens ils participent à une repolitisation de la société, qui plus est, en s’appuyant sur une pratique de la politique des plus originelles : réappropriation de la vie de la cité au niveau local.

Ces mouvements participent à cette transformation silencieuse et construisent et expérimentent des alternatives. Ils ouvrent de nouveaux possibles.

Par contre, se pose la question de la violence institutionnelle à laquelle nous faisons face, que ce soit à NDDL ou ce que Naomi Wolf révélait dans le Guardian il y a quelques semaines : comment le FBI, avec le Homeland Security et les grandes banques a littéralement détruit le mouvement Occupy Wall Street.

Comment rester dans la non-violence face à un système qui s’enfonce toujours plus dans son aveuglement, où l’oligarchie et les lobbies construisent un contrôle toujours plus fort sur les populations, là où tous les Etats occidentaux préparent leurs armées et polices au combat urbain, là où les inégalités deviennent intenables, les plans d’austérité continuent à ronger les citoyens et ce qui reste encore de nos institutions telles que l’éducation ou la santé.

Plus que jamais, il va falloir collaborer, résister, construire ensemble cette transition démocratique et sereine vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables et souhaitables. Et cette transition est en marche... à l’intérieur et à l’extérieur du système. Alors collaborons !

Lettre ouverte à François Hollande sur la pollution électromagnétique Frédéric Wolff Reporterre 2013/02/06 Frédéric Wolff (6 février 2013) Lettre ouverte à François Hollande sur la pollution électromagnétique. Reporterre. Tribune — fr

Lettre ouverte à François Hollande sur la pollution électromagnétique

Pour ne pas froisser les compagnies téléphoniques, le gouvernement a reporté la discussion de la loi sur les ondes électromagnétiques à une date indéterminée.

Vous trouverez ci-joint ce qui reste de ma carte d’électeur : des lambeaux dispersés, à l’image de ce que sont devenues notre démocratie et les valeurs de notre République.

Soyez sans crainte pour ma santé mentale, je suis en possession de toute ma raison. Mon geste n’est en rien guidé par un acte d’humeur impulsif ou colérique. Il est le fruit d’une longue réflexion qui s’est cristallisée le 31 janvier dernier.

Cette date ne vous dira peut-être rien. Pour moi, elle représente plus qu’un symbole. Elle incarne le crépuscule de notre civilisation et de ses grands principes, j’emploie ces termes sans emphase ni rhétorique, croyez-le bien.

Le 31 janvier, l’Assemblée nationale devait débattre d’une proposition de loi portant sur la santé et les pollutions électromagnétiques. Les députés socialistes en ont décidé autrement, en votant [à la demande du gouvernement] une motion de renvoi en commission des affaires économiques. Ce qui signifie clairement un abandon du texte de loi et de ses propositions :

- Etude d’impact sanitaire et environnemental avant le lancement de toute nouvelle application émettant des rayonnements électromagnétiques, dont la technologie 4G.

- Interdiction du wifi dans les crèches et préférence au filaire dans les écoles.

- Reconnaissance de l’électro-hypersensibilité, étude de création de zones blanches.

- Permis de construire pour les antennes-relais.

- Abaissement des seuils d’émission à un niveau aussi bas que possible.

- Demande d’un rapport sur un réseau unique de téléphonie mobile…

Il ne s’agissait aucunement de remettre en cause les nouvelles technologies, mais de prendre en compte la santé des enfants et de la population, alors que de plus en plus d’études scientifiques indépendantes nous alertent sur les risques sanitaires de ces nouvelles techniques.

Ces études se comptent par milliers, ce qui, vous en conviendrez, devrait nous conduire à une certaine prudence, particulièrement lorsque l’on se souvient des précédents scandales de santé publique (amiante, sang contaminé, vache folle, Mediator…). Nous sommes en présence d’un risque qui concerne des millions d’individus, exposés en permanence aux ondes de téléphonie mobile.

Aussi, saborder le débat public sur ces questions est un acte grave.

Les arguments opposés à cette proposition de loi sont, quant à eux, consternants.

- Ainsi, pour ne retenir que quelques exemples, invoquer l’impératif de l’école numérique pour justifier les connexions wifi dans les crèches et dans les écoles est une imposture. Dans les crèches, nous sommes en présence d’enfants de moins de trois ans et nullement dans le cadre scolaire. Dans les écoles, il est tout à fait possible de développer l’informatique et l’internet par voie filaire.

Quant à déclarer que l’« on ne peut sous-estimer le surcoût auxquelles seraient confrontées les collectivités locales si elles étaient tenues d’installer des connexions filaires dans l’ensemble des établissements dont elles ont la charge », c’est tout simplement obscène, quand on sait notamment que l’OMS a classé les radio-fréquences (dont les ondes wifi) comme cancérogènes possibles et que plusieurs études ont montré des effets biologiques indéniables de ces ondes sur les humains et, a fortiori, sur les enfants.

- Brandir l’épouvantail des « peurs irrationnelles » quand des milliers de travaux indépendants apportent la preuve des risques sanitaires est pour le moins mal à propos. Quand bien même il n’y a pas d’unanimité scientifique, le moindre doute nous met en devoir de protéger la population. Le principe de précaution ne s’applique pas quand la certitude absolue est étayée, mais précisément en l’absence de certitudes. Enfin, vous n’êtes pas sans connaître les conflits d’intérêt et les financements privés qui peuvent orienter un certain nombre d’études se révélant, comme par hasard, rassurantes.

Du reste, qui est irrationnel ? Celui qui demande une étude d’impact sanitaire avant le déploiement d’une nouvelle technique ? Celui qui diffuse cette technique sur la seule justification de sa croyance aveugle dans la technique et de son dogme de la croissance et de l’emploi à tout prix ?

- Refuser la création de zones blanches au prétexte qu’une telle mesure conduirait à un « isolement social inacceptable » des personnes électro-hypersensibles (Ehs) relève soit de la méconnaissance totale de cette question, soit de la muflerie. Quand on connaît les conditions de survie des Ehs et leur déshérence, se prévaloir de l’isolement social qui serait induit par les zones blanches est tout simplement indigne. Cette demande de zones blanches ne relève pas d’un caprice ou d’une phobie. C’est une question de vie ou de mort.

- Reporter la décision de reconnaître et de protéger les Ehs à la fin de l’étude Cochin, en 2016, est inadmissible. Ce dispositif ne prévoit aucun examen biologique ou neurologique, aucun encephaloscan. Il se contente d’orienter les malades vers des soins psychologiques ! Pour les personnes les plus atteintes, cette réponse dilatoire pourrait bien être une condamnation à mort pure et simple.

Dans ces conditions, comment peut-on parler d’égalité des citoyens quand on doit vivre dans une cage en tissu blindé pour ne pas mourir, quand on ne peut plus prendre le train, aller au cinéma, faire ses courses... sans être durement affecté, parce qu’on est devenu allergique à une dose, même infime, d’ondes pulsées ?

Quel sens donner à l’égalité quand on doit quitter son travail, son lieu de vie, sa famille, ses amis, pour chercher un lieu protégé dans un repli de montagne, dans une forêt loin de tout, dans une grotte ?

A quoi bon se gargariser d’égalité quand on ne peut plus se rendre dans un hôpital chargé en électrosmog, quand les espaces de survie se réduisent de jour en jour, parce que l’on déploie des nouvelles technologies sans aucune étude d’impact sanitaire ?

Comment se prévaloir de la fraternité quand on survit dans la misère extrême, parce que l’électro-hypersensibilité n’est pas reconnue comme handicap à part entière, parce qu’on ne peut plus se rendre dans un centre administratif saturé d’ondes pour solliciter une aide sociale ?

Quant à la liberté des uns qui menace celle des autres, quel crédit lui apporter ? La liberté de déployer des antennes-relais sans que les élus locaux aient leur mot à dire, sans que les personnes hyper-sensibles qui avaient trouvé un semblant de refuge soient à nouveau gravement affectées et doivent se remettre en quête d’un lieu préservé qui n’existe plus, appelez-vous cela la liberté ?

N’avons-nous pas, dans nos régions, quelques dizaines d’hectares qui pourraient être dédiées aux Ehs ? N’avons-nous pas un devoir d’humanité élémentaire ? Que va-t-il leur rester ? Vont-ils devoir s’enterrer vivants pour ne plus gêner la couverture du territoire, pour ne plus souffrir de brulures et de migraines qui les laissent anéantis ?

A travers cette question, ce sont les valeurs essentielles de notre République qui sont bafouées. C’est le sens même de la démocratie qui est nié. Ce n’est certes pas la première fois, ni la dernière sans doute. La ratification parlementaire de la constitution européenne après son rejet par le peuple ou l’absence de débat réel sur le nucléaire en sont d’autres exemples dont il serait trop long de dresser la liste ici.

Pour revenir au sujet qui nous occupe, il était écrit en toutes lettres, dans l’accord de gouvernement PS-EELV, signé avant votre victoire aux présidentielles : « Nous appliquerons le principe de précaution sur les champs électromagnétiques. »

Quelle confiance accorder à une prétendue démocratie qui escamote le débat public et qui se moque des promesses signées avec ses propres partenaires ?

Je doute que vous lisiez et que vous répondiez personnellement à mon courrier. Vos collaborateurs prendront peut-être le temps de le parcourir et de m’envoyer une réponse que je n’espère même plus, voyez-vous. A force d’écrire aux ministres, aux députés, aux élus locaux sans jamais avoir de retour, je me suis habitué aux lettres mortes. On ne prend plus le temps de répondre aux citoyens qui s’inquiètent du bien commun, de nos jours.

Si toutefois, par miracle, cette lettre venait jusqu’à vous, si vous étiez touché par le sort réservé à des milliers d’électro-hypersensibles, de plus en plus nombreux, si vous étiez interpelé par les risques qui pèsent sur des millions d’enfants et d’adultes, alors je vous en prie, faites quelque chose, ainsi que l’a recommandé le Conseil de l’Europe le 6 mai 2011. Il y va de la vie sur terre.

Recevez mes sincères salutations.

Frédéric Wolff

Transrural Initiatives Par Julien villalard Reporterre 2013/02/06 Par Julien villalard (6 février 2013) Transrural Initiatives. Reporterre. fr

Transrural Initiatives

Le n° 423 (janv. 2013) de Transrural Initiatives est paru.

Sommaire :

Culture - Des artistes à la campagne

Économie - L’économie sociale et solidaire a-t-elle besoin de plus d’entrepreneuriat ?

Agriculture - Fier de ses producteurs

Société - Le béton vert - Emploi et sociabilités : deux ressorts du vote frontiste en milieux populaires

Énergie - Dans les arcanes de l’atome

Sylviculture - Sylviculture : couper les idées inculquées sur la plantation

DOSSIER : Quels services en milieu rural demain ?

Évolutions démographiques, réformes institutionnelles et évolutions sociétales remettent en question l’organisation des services en milieu rural. Ce constat est une façon diplomatique d’évoquer le sentiment d’abandon, en matière de services notamment, d’un nombre croissant d’habitants. Ce dossier s’intéresse à des réponses et dispositifs qui participent au développement des services dans les territoires avec, comme idéal, l’égalité entre les citoyens.

Politique agricole - Une (in)certaine vision de l’agro-écologie

Agriculture - Une charte pour l’agriculture périurbaine toulousaine - L’éco-pastoralisme, retour du pastoralisme ?

Initiative - Recyclage social à Buenos Aires

Histoire - La déroute de la soie ?

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Transrural initiatives est une revue associative d’information sur les espaces ruraux qui se propose de défendre et de promouvoir des espaces ruraux aux multiples usages, où il est possible d’habiter, de se déplacer, de s’instruire, de se cultiver, de produire, de se distraire... en tissant des liens avec une grande diversité de territoires. La mise en valeur d’initiatives marque l’identité de la revue.

Les abonnements constituent la principale source d’autonomie financière et fondent l’indépendance éditoriale de la revue. Mais sa diffusion reste insuffisante pour assurer sa pérennité. Si le nombre d’abonnés n’évolue pas significativement dans les mois à venir, la revue risque de disparaître. Votre soutien est donc précieux dans cette période transitoire : sans attendre, abonnez-vous, faites découvrir la revue !

Les herbonautes, premier site de science participative consacré aux herbiers Muséum national d’Histoire naturelle Reporterre 2013/02/06 Muséum national d’Histoire naturelle (6 février 2013) Les herbonautes, premier site de science participative consacré aux herbiers. Reporterre. fr

Les herbonautes, premier site de science participative consacré aux herbiers

Suite à la numérisation de l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle et dans le cadre du programme E-ReColNat, le premier site de sciences participatives consacré aux collections d’herbiers vient d’ouvrir ! Rendez-vous sur : Lesherbonautes.mnhn.fr

Quel est l’objectif ?

Le site « Les herbonautes » propose au grand public de contribuer à la création d’une base de données scientifique à partir des millions de photos des plantes de l’Herbier national situé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Avec l’aide des internautes, le site souhaite faire d’une banque d’images une base de données accessible à tous.

Quel est le principe ?

Le site « Les herbonautes » propose des « missions ». Chacune d’entre elles comporte entre 250 et 2500 images de spécimens qui répondent à une question scientifique. L’internaute choisit au hasard une image qu’il devra identifier et renseigner. Il explore alors l’image de la plante et son étiquette et détermine où et par quels botanistes elle a été récoltée.

Afin de valider les données, chacune de ces images sera proposée plusieurs fois sur le site. En cas de contradiction, un forum permet aux participants de discuter et de choisir la donnée la plus pertinente. A l’issue de la mission, un compte-rendu est diffusé sur le site et les informations sont incorporées à la base de données Sonnerat (base du réseau des herbiers de France), et va alimenter celles de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, ainsi que les grandes bases internationales sur la biodiversité (GBIF). L’animation des communautés d’herbonautes se fait en collaboration avec l’association Tela Botanica.

Rien qu’à l’Herbier national, plus de 6 millions de photos sont disponibles. Ce nombre doublera en incluant les autres herbiers de France. Une seule personne mettrait 500 ans pour informatiser la totalité…

Après la numérisation des planches d’herbiers, pourquoi l’informatisation ?

Tout comme un livre dans une bibliothèque, le report des informations d’un spécimen dans une base de données permet de pouvoir l’exploiter de façon optimale. Les données trouvées sont des éléments précieux pour améliorer la connaissance de la biodiversité et de sa dynamique : cela peut notamment aider à mesurer l’érosion de la diversité végétale, ce qui est important dans le contexte de crise d’extinction actuelle.

Qui peut participer ?

L’herbonaute peut être un passionné de sciences naturelles, un amateur de géographie, un féru de paléographie ou juste un accro des « enquêtes » qui va consacrer un peu de son temps pour aider à l’informatisation des herbiers. Et ceci de façon ludique et instructive !

Il n’est pas nécessaire d’être compétent en botanique. Il suffit juste d’être un peu curieux… Concernant l’incontournable inquiétude de l’internaute du « je vais me tromper », elle n’a pas lieu d’être. Toutes les informations sont croisées et recoupées avant d’être validées.

Quelles sont les missions en cours ?

Les pivoines, plantes du guérisseur Paeon Les pivoines que l’on rencontre chez les fleuristes et dans les jardins représentent des centaines de variétés horticoles qui rivalisent par l’esthétique et le parfum de leurs fleurs. Mais les pivoines existent avant tout à l’état sauvage avec une trentaine d’espèces : c’est à partir de ces espèces prises dans la nature que les variétés horticoles ont été obtenues par croisements et sélections.

Orchidées de France et d’ailleurs, le genre Epipactis La répartition des orchidées de France commence à être assez bien connue grâce aux efforts des botanistes de la Société Française d’Orchidophilie (SFO). Cependant, de nombreuses zones naturelles ont disparu en raison de l’industrialisation du pays à la fin du 19e siècle et cette distribution actuelle ne peut être complétée que par les données d’herbier.

Les plantes subantarctiques Mêmes aux confins de l’Antarctique, dans les îles parmi les plus isolées au monde, se cachent certaines plantes : oui, mais lesquelles ? Cette mission permettra de les découvrir...

Le projet E-ReColNat

C’est l’un des 11 lauréats de l’appel à projets « Infrastructures Nationales en Biologie et Santé » du programme d’Investissements d’Avenir. Coordonné par le Muséum national d’Histoire naturelle en partenariat avec l’Université Montpellier 2, le PRES Clermont-Université, l’Université de Bourgogne, l’IRD, l’INRA, le CNAM, Tela Botanica et Agoralogie (avec le soutien du CNRS et de l’AllEnvi), EReColNat a pour objectif de réunir l’ensemble des données des collections françaises d’histoire naturelle sur une même plateforme informatique.

Un train de déchets nucléaires bloqué à Lille mardi soir 20 minutes Reporterre 2013/02/06 20 minutes (6 février 2013) Un train de déchets nucléaires bloqué à Lille mardi soir. Reporterre. fr

Un train de déchets nucléaires bloqué à Lille mardi soir

Un train transportant des déchets nucléaires en provenance des Pays-Bas et destinés au centre de retraitement de La Hague, dans la Manche, a été immobilisé par des militants écologistes mardi soir 5 février dans la banlieue de Lille, a-t-on appris de sources concordantes.

Le train qui a franchi la frontière franco-belge à Mouscron, en Belgique, vers 22h a été immobilisé un peu plus tard à Marcq-en-Baroeul, dans le Nord, dans la banlieue de Lille, à l’aide d’un fumigène lancé sur la voie, a indiqué à l’AFP Laura Hameaux, de Réseau Sortir du nucléaire.

D’autres actions ce mercredi

Le train a dû s’arrêter ensuite un peu plus loin lorsque plusieurs militants se sont mis en travers de la voie. « Il a été immobilisé 45 minutes au total, en deux fois », a déclaré à l’AFP le conseiller régional écologiste Dominique Plancke. « On a montré qu’on pouvait arrêter le train où on voulait et quand on voulait ». Le train était sur le point de repartir peu avant 23h30, a-t-on appris auprès de la préfecture du Nord.

D’autres actions des opposants au nucléaire, qui dénoncent la dangerosité de ces convois et l’absence de transparence qui les entoure, sont prévues ce mercredi notamment au Bourget, en Seine-Saint-Denis, et à Sotteville-lès-Rouen, en Seine-Maritime, selon Réseau Sortir du nucléaire. Le train devrait arriver jeudi matin à Valognes, dans la Manche. Le 11 décembre 2012, un autre train de déchets nucléaires en provenance des Pays-Bas avait été arrêté par des écologistes après avoir franchi la frontière franco-belge.

EDF espionnait Greenpeace, elle est relaxée Greenpeace Reporterre 2013/02/07 Greenpeace (7 février 2013) EDF espionnait Greenpeace, elle est relaxée. Reporterre. fr

EDF espionnait Greenpeace, elle est relaxée

La Cour d’appel de Versailles vient de rendre son verdict dans l’affaire de l’espionnage de Greenpeace par EDF [mercredi 6 février]. L’électricien français a été relaxé.

« Cette décision peut avoir des conséquences très graves. Elle revient à autoriser l’industrie nucléaire à enfreindre la loi, la vie privée sur de simples suppositions, commente Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Les preuves contre EDF ne manquaient pourtant pas, elles avaient d’ailleurs conduit le tribunal de Nanterre à condamner l’énergéticien au maximum légal en première instance. Mais en France les industriels du nucléaire font ce qu’ils veulent, la loi ne s’applique pas pour eux. Nous savons maintenant que tant que la France n’aura pas entamé sa nécessaire transition énergétique incluant une sortie progressive du nucléaire, nous serons à la merci des pratiques mafieuses de l’industrie de l’atome. »

Greenpeace demande au procureur général de la Cour d’appel de Versailles de se pourvoir en cassation afin que cette scandaleuse décision puisse être remise en cause.

Seul Pierre-Paul François, numéro trois de la sécurité d’EDF à l’époque des faits, reste condamné et va devoir verser 5 000 € de dommages et intérêts à Greenpeace.

EDF espionne Greenpeace : rappel des faits

Tout commence par la découverte d’une intrusion informatique dans le Laboratoire national de dépistage du dopage. Lors de la perquisition chez Kargus, officine responsable de cette opération, on découvre que l’ordinateur d’un collaborateur de Greenpeace France, a également été infiltré.

L’instruction apporte suffisamment de preuves pour qu’EDF doive répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Le procès se déroule du 17 au 21 octobre 2011 et le verdict tombe le 10 novembre 2011 : EDF est reconnue coupable d’espionnage et est condamnée à l’amende maximale de 1 500 000 Euros ainsi qu’à verser 500 000 Euros de dommages et intérêts à Greenpeace. EDF a fait appel de cette décision. Un nouveau procès a donc lieu devant la Cour d’appel de Versailles les 7 et 8 novembre 2012.

« L’énergie nucléaire rime, partout dans le monde, avec opacité, dissimulation, danger. Mais en France cela va désormais rimer aussi avec illégalité, barbouzerie, impunité… Cela fait une raison supplémentaire de se mobiliser contre cette énergie néfaste non-seulement pour l’environnement et l’homme mais aussi pour notre démocratie. » conclut Jean-François Julliard.

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Le Pays basque crée sa monnaie locale Rémi Rivière (Basta !) Reporterre 2013/02/07 Rémi Rivière (Basta !) (7 février 2013) Le Pays basque crée sa monnaie locale. Reporterre. fr

Le Pays basque crée sa monnaie locale

C’est l’une des plus importantes monnaies locales en France, avec le Sol Violette à Toulouse : l’eusko vient d’être lancé à Bayonne. Quel intérêt face à l’euro ? Favoriser l’économie locale, soutenir les circuits courts, plus écologiques, développer les entreprises éthiques et contribuer au progrès social. Des dizaines de commerçants, d’artisans et d’associations s’y sont déjà convertis. Reportage au Pays basque, qui entre dans la zone eusko.

« C’est la première fois que je vois une Assemblée générale se terminer à l’heure », s’emballe le jeune directeur d’une petite entreprise, coup d’œil furtif sur sa montre, avant de noyer cette synthèse mémorable dans une joyeuse gorgée de cidre basque.

La démonstration de l’association Euskal Moneta (Monnaie basque), le 23 janvier à Ustaritz, était irréprochable, comme il se doit lorsque l’on met au vote la création d’une monnaie locale et que l’on ambitionne d’y associer des valeurs éthiques d’économie solidaire, sociale ou écologique.

En moins de trois heures, les questions les plus pointues ont reçu les réponses les plus simples et les infographies menaçantes ont fini par esquisser des issues prometteuses. Avec la même sérénité appliquée et après un an et demi de travail, les créateurs bénévoles de « l’Eusko » (variante du mot « basque ») ont proclamé, devant une centaine d’adhérents au projet, le lancement de la monnaie basque alternative. Et ont assuré qu’elle deviendrait la plus importante de l’hexagone. Un serment déjà à moitié tenu, avant même que ne circulent les nouvelles coupures dans les commerces du Pays basque.

Sol Violette à Toulouse, Eusko à Bayonne

En quelques semaines, près de 190 entreprises, commerçants, artisans et associations ont été rejoints par plus de 600 particuliers. Un nombre qui devrait progresser rapidement dès les premières transactions et l’ouverture des bureaux de change, le 31 janvier. Un résultat exceptionnel, à comparer aux 70 structures qui utilisent la monnaie complémentaire de Toulouse, le Sol violette, durant son expérimentation, entre mai et décembre 2011.

« A notre connaissance, le Sol violette est la monnaie locale la plus forte de l’hexagone et compte près d’un millier d’utilisateurs », indique Txetx Etcheverry, trésorier de l’association Euskal Moneta. 2 500 systèmes de monnaies locales et solidaires sont recensés à travers le monde, dont une quinzaine en France. Le Pays basque possède naturellement des atouts majeurs grâce à une identité forte, des outils de relocalisation de l’économie et un tissu militant extrêmement vigoureux.

Une monnaie solidaire pour une économie locale

A Villeneuve-sur-Lot, les créateurs de la monnaie complémentaire « l’abeille », lancée il y a près de trois ans, ne s’y sont pas trompés. Ils ont reçu les Basques pour un cours pratique en estimant que ce territoire possédait toutes les garanties du succès.

Il fallait voir, ce 19 janvier, les premiers adhérents de la monnaie basque se procurer avec empressement des coupures de 1, 2, 5, 10 et 20 euskos pour leur équivalent euros (1 eusko est égal à 1 euro). Les liasses multicolores, bleues, vertes, jaunes ou mauves pâles, encore pleines de relents d’encres, figurant la culture basque en verso, et son économie en recto, disparaissaient dans les poches.

Ce jour-là, au siège de la Chambre d’agriculture alternative [1], 6 500 euros ont été changés en autant d’euskos durant l’Assemblée générale de l’association agricole. Et pas besoin de grands discours. Au cœur d’une structure qui défend déjà une autre économie agricole, l’intérêt d’une monnaie locale et solidaire va de soi.

Ainsi, les paysans basques sont en train de réintroduire le blé panifiable (utilisé pour le pain), disparu du paysage il y a plus d’un demi siècle. Dans quelques mois, les boulangers basques pourront se procurer de la farine fabriquée localement.

Tout bénef’ pour les commerçants

C’est le principal avantage d’une monnaie locale : favoriser les filières courtes et les transactions sur le territoire qui y recourt. « C’est un système assez simple de solidarité : on tourne entre nous », résume Dante Edme-Sanjurjo, co-président de Euskal Moneta.

Un constat qu’a dressé Xina Dulong, heureux propriétaire du Café des Pyrénées à Bayonne et représentant de l’association des cafetiers-hôteliers-restaurateurs de la ville. Son commerce accepte les euskos et servira même de bureau de change. Partisan de la première heure de cette initiative, Xina anticipe déjà les changements dans sa manière de commercer.

En tant qu’entreprise, et contrairement aux simples usagers de la monnaie, il peut convertir ses euskos en euros. Un taux de 5% est cependant prélevé à chaque conversion. Une « taxe » qui sert à inciter les entreprises et les associations utilisant les euskos à les réinvestir localement, sans payer les 5%.

Ces frais de conversion peuvent être supportés par les commerçants, au même titre que des tickets restaurants ou des transactions par cartes bleues, contre la promesse de gagner de nouveaux clients. Mais le bénéfice est total si le commerçant les dépense plutôt pour régler ses frais ou ses fournisseurs, localement bien évidemment.

Xina s’intéresse donc à un brasseur, installé à l’intérieur du Pays basque et adhérent de l’eusko. Ses bières côtoieront bientôt les grandes marques internationales sur le comptoir des Pyrénées. « Si plusieurs bars font de même, peut-être pourra t-il embaucher et se développer ? », espère le patron des cafetiers bayonnais. « Et il aura le même problème pour écouler ses euskos » continue t-il, esquissant ainsi l’ébauche d’un circuit commercial aux vertus locales. Vin, cidre, jus de pomme ou cola basques élargissent déjà les possibles de Xina.

L’entreprise devient solidaire des citoyens

En Allemagne, près de 10 ans après la création de la monnaie de Chiemgau, les 600 entreprises adhérentes parviennent à réinvestir 73 % de leurs Chiemgauers dans le réseau. En Autriche, la ville de Wargla était parvenue, au début des années 30, à vaincre la grande dépression en éditant une monnaie locale.

Jean-Baptiste Etcheto, président du Conseil de développement du Pays basque — dont le Conseil de direction vient de voter son adhésion à l’eusko —, en relève l’essence en un slogan élémentaire : « nos emplettes feront nos emplois ». Ou comment l’entreprise devient solidaire des citoyens en relocalisant l’économie. Dans le cas de l’eusko, l’inverse est également vrai : le consommateur peut contribuer au développement de l’activité économique.

Ainsi, chaque usager de cette monnaie complémentaire peut choisir de parrainer une entreprise ou une association. Dès qu’une structure réunit une trentaine de parrainages, elle reçoit 3 % des sommes converties par ses parrains. En changeant chaque mois 100 euros contre 100 euskos (dont 3 euskos vont à la structure parrainée), un groupe de 30 personnes peut ainsi permettre à une association de toucher plus de 1 000 euskos par an.

Que l’association cherchera ensuite à faire circuler dans le réseau, si elle veut éviter la décote de 5 % en les changeant en euros. Ou risquer que l’eusko, comme toute monnaie complémentaire, perde de sa valeur puisqu’elle ne peut générer d’intérêts, réduite à sa condition d’argent liquide.

Progrès social et changement global

En Allemagne, où cette mécanique a fait ses preuves, une valeur de 50 000 euros est directement versée aux associations chaque année. Pour autant, la plupart des monnaies locales restent dépendantes des subventions. Pour compenser leur absence, les basques proposent une adhésion libre à leur système, à partir de 5 euros pour un particulier et 10 euros pour une association.

Mais ils ont également choisi, comme l’abeille, de développer une économie sociale et solidaire, et comme à Toulouse, de ne compter dans leur réseau que des entreprises partageant des valeurs éthiques. L’association Euskal Moneta choisit d’accompagner les entreprises vers des pratiques plus éthiques au lieu de leur imposer des critères d’entrée.

« Chaque année, les entreprises du réseau devront relever des défis simples et pragmatiques » explique le co-président de l’association, Dante Edme-Sanjurjo. Une « mise au norme » qui touche la relocalisation de l’économie, le progrès social, mais aussi le lien à la vie du territoire, l’usage de la langue basque ou encore l’écologie. Des défis simples qui, pour être relevés, peuvent être aidés par l’association et dûment vérifiés.

« Sortir l’argent d’un circuit capitaliste »

Quant aux euros encaissés par Euskal Moneta, dans le respect du code monétaire et financier, ils doivent constituer un fonds de garantie. C’est à la NEF, société financière éthique et partenaire du Crédit Coopératif, que l’argent sera bloqué. Une façon, pour Dante Edme-Sanjurjo, de « sortir l’argent d’un circuit capitaliste pour une économie sociale et solidaire ».

Cerise sur le gâteau, la société capital risque basque Herrikoa, qui œuvre au développement économique et solidaire, s’est engagée auprès d’Euskal Moneta à investir dans des entreprises du réseau à hauteur du fond de garantie. Chaque euro converti en eusko permettra d’investir « dans un projet structurant », assure Dante.

Une façon d’inscrire la démarche de l’Eusko dans « un territoire qui produit des structures », détaille Txetx Etcheverry, qui souligne « le potentiel spécifique du Pays basque ». Si l’association a manqué de financement pour lancer le projet, chaque étape a fait l’objet de coups de mains complaisants. « On a été porté par ce pays », confie Txetx.

19 projets de monnaie complémentaire en France

L’Eusko ne s’exportera pas dans le Béarn voisin, qui partage pourtant le même département des Pyrénées Atlantiques, mais passera peut-être les Pyrénées pour conquérir l’autre Pays basque et ses industries. « La frontière n’empêchera pas l’eusko de circuler », estime Txetx. « Le Pays basque sud développe aussi une agriculture hors sol. Est-ce la bonne échelle de relocalisation ? Comment articuler ces régions industrielles ? Nous verrons à l’avenir… »

Reste que le développement de l’eusko est attentivement suivi depuis Bilbao ou Saint Sébastien, notamment par le syndicat ouvrier ELA, majoritaire dans la Communauté autonome basque. Il considère ce lancement comme une « expérience de laboratoire » et y a même contribué.

Il faut dire que les monnaies complémentaires ont le vent en poupe. Certains projets existent déjà au Pays basque sud. 19 sont en cours de création en France. Un air du temps économique et écologique.

« Nous, on construit l’avenir »

Car les monnaies locales ont ceci de commun qu’elles pensent global. Ancrées à un territoire et à une identité, elles permettent de relocaliser une partie de l’économie et de réduire les émissions de CO2 en créant des circuits plus courts. Si l’économie locale s’en porte mieux, la planète ne va pas plus mal.

Et la hausse programmée du prix du pétrole risque d’inciter encore davantage les entreprises à créer des réseaux de proximité. Exemple parmi d’autres, le Pays basque compte des productions horticoles alors même que les fleuristes basques s’approvisionnent en Hollande. L’eusko ne peut que favoriser une mise en réseau salutaire et rogner dans les flux monétaires dont 90 % sont aujourd’hui internationaux. « Un battement d’aile de Colibri », consent Txetx. Certes. « Mais nous, on construit l’avenir. »

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Notes

[1] Euskal Herriko laborantza ganbara, voir les différents articles de Basta ! sur cette Chambre d’agriculture alternative

L’Atlantique nord absorbe de moins en moins de C02 Ifremer Reporterre 2013/02/07 Ifremer (7 février 2013) L’Atlantique nord absorbe de moins en moins de C02. Reporterre. fr

L’Atlantique nord absorbe de moins en moins de C02

Les océans constituent un tampon essentiel du changement climatique, en absorbant une part majeure du gaz carbonique émis par la société humaine. Mais, selon une nouvelle étude scientifique, l’absorption par l’Atlantique nord semble diminuer. Moins de CO2 dans l’océan signifie plus dans l’atmosphère.

L’océan est le principal réservoir qui modère l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère, facteur principal du réchauffement climatique. La compréhension des mécanismes à l’origine du stockage du CO2 dans l’océan est donc essentielle pour mieux prévoir l’évolution du climat.

La revue Nature Geoscience publie cette semaine les résultats [1] des travaux menés par une équipe de chercheurs franco-espagnole (CNRS, Ifremer2 et Instituto de Investigaciones Marinas, CSIC3). Ceux-ci ont mis en évidence le lien entre le ralentissement du « tapis roulant » océanique, qui transporte en surface les eaux chaudes vers les hautes latitudes et en profondeur les eaux froides vers le sud, et la réduction de l’absorption du carbone anthropique dans l’Atlantique nord entre 1997 et 2006.

Le tapis roulant océanique : le maillon manquant

Aujourd’hui, environ un quart du CO2 émis par l’homme est absorbé par l’océan, et l’Atlantique Nord constitue un des principaux réservoirs de CO2 anthropique. Le puits océanique de carbone s’explique par l’augmentation de la teneur en CO2 dans l’atmosphère (due aux activités humaines) qui favorise ainsi la dissolution du CO2 dans l’eau. De plus, le tapis roulant océanique contribue à enfouir le CO2 anthropique en profondeur dans l’Atlantique Nord.

L’absorption du CO2 atmosphérique a diminué rapidement entre 1990 et 2006 dans la zone subpolaire de l’Atlantique nord. De nombreux travaux l’ont déjà montré : des modèles numériques et des observations ont ainsi mis en évidence l’influence des forçages atmosphériques sur cette diminution.

Cette réduction a aussi coïncidé avec un ralentissement du « tapis roulant » océanique, appelé circulation atlantique méridienne par les scientifiques. L’équipe franco-espagnole de chercheurs s’est intéressée à ce facteur, et, grâce à des observations en mer, a pu prouver que le ralentissement du tapis roulant océanique réduit la capacité naturelle de l’Atlantique subpolaire à piéger le CO2 atmosphérique dans l’océan.

Le ralentissement du tapis roulant océanique observé au début des années 2000 fait partie d’une variabilité dont les cycles durent de une à plusieurs dizaines d’années. Cet élément peut être considéré comme le "maillon manquant" dans la compréhension du ralentissement du stockage du CO2 atmosphérique. Il faudra à l’avenir le prendre davantage en compte dans les modèles de prévisions du changement climatique.

Des données issues de campagnes en mer

Ces travaux ont été menés dans le cadre des programmes internationaux OVIDE [4], CATARINA5 et CARBOCHANGE [6] qui ont permis la réalisation de campagnes transocéaniques répétées d’observation de l’océan. Celles-ci ont permis aux scientifiques de déterminer les changements de circulation et du transport du CO2, et ainsi d’évaluer le bilan de CO2 dans l’Atlantique nord à partir de son accumulation et de son transport par les courants.

Dans leur étude, les chercheurs ont décomposé l’Atlantique nord en deux régions principales : subtropicale et subpolaire. Ils ont cherché à comprendre où le CO2, et en particulier le surplus anthropique (d’origine humaine), est absorbé. Leurs principales conclusions pour la période 1997-2006 sont les suivantes :

- L’absorption du CO2 anthropique a eu lieu presque exclusivement dans le gyre [7] subtropical, mais il est transporté vers le gyre subpolaire par la circulation méridienne.

- Le ralentissement de la circulation méridienne est le principal responsable de la diminution du transport du CO2 anthropique du gyre subtropical vers le gyre subpolaire, ce qui contribue à limiter le stockage du CO2 anthropique dans les eaux profondes.

- La circulation méridienne apporte de l’eau non saturée en CO2 en provenance de l’Atlantique Sud. Son ralentissement contribue à augmenter la teneur de CO2 en surface dans l’Atlantique Nord et donc à limiter le transfert du CO2 de l’atmosphère vers l’océan.

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Notes

[1] « Atlantic Ocean CO2 uptake reduced by weakening of the meridional overturning circulation » by Fiz F. Pérez, Herlé Mercier, Marcos Vázquez Rodríguez, Pascale Lherminier, Anton Vélo, Paula C. Pardo, Gabriel Rosón and Aida F. Ríos, Nature Geoscience, online 13 Jan., 2013.

[2] Laboratoire de physique des océans (Unité mixte de recherche Ifremer/ CNRS / IRD / UBO).

[3] CSIC : Consejo Superior de Investigaciones Cientificas, agence d’état espagnole.

[4] OVIDE : Observatoire de la Variabilité Interannuelle à Décennale en Atlantique Nord, projet coordonné par le LPO, en collaboration avec des laboratoires de Paris, Vigo et Moscou.

[5] CATARINA : Carbon Transport and Acidification Rates in the North Atlantic, projet coordonné par le CSIC, en collaboration avec l’Université de Vigo et le LPO.

[6] CARBOCHANGE : Changes in carbon uptake and emissions by oceans in a changing climate, programme européen regroupant 100 scientifiques de 15 pays.

[7] gyre : boucle fermée de courant autour d’un bassin océanique.

« Nous avons besoin de héros » Jean-Marie Pelt Reporterre 2013/02/07 Jean-Marie Pelt (7 février 2013) « Nous avons besoin de héros ». Reporterre. Entretien — Culture et idées fr

« Nous avons besoin de héros »

Inlassable Jean-Marie Pelt qui publie chaque année ou presque un ouvrage nous invitant à changer notre rapport à la nature. Le célèbre botaniste présente ici brièvement ses deux derniers titres dont Héros d’humanité, un hommage à ceux « qui ont dit non » et qui paraît chez Flammarion en janvier 2013.

Qui sont ces hommes ?

Les héros d’autrefois étaient des guerriers qui mouraient au champs de bataille pour l’honneur, le courage. Les héros d’aujourd’hui sont des hommes ou des femmes aux valeurs plus féminines, porteurs de solidarité, de fraternité et d’amour. Par leurs actes et leurs écrits ils ont réussi à faire reculer l’esclavage, le colonialisme, la dictature…

J’ai écrit ce livre en pensant aux jeunes surtout. J’ai voulu leur donner des exemples et la conviction que chacun peut encore agir. Je consacre aussi une partie de l’ouvrage aux héros de l’écologie, des hommes très actifs, parfois tragiquement disparus comme Chico Mendès ou Bruno Manser.

Au regard de l’état de la planète, les héros de l’écologie n’ont-ils pas échoué ?

Ah mais non ! Ils ont fait considérablement avancer l’écologie. Voyez Dian Fossey et son combat pour les gorilles. Je pense aussi à Henry David Thoreau, ce visionnaire du XIXe siècle, défenseur de la nature prônant la simplicité de vie. Il est parmi les pères, sinon Le père de l’écologie.

Plus récent et peu connu, je pense à Aymak Djangaliev *. Cet agronome né en 1913 et mort en 2009 qui a passé sa vie à étudier et tenter de sauvegarder les forêts de pommiers sauvages du Kazakhstan. Un jardin d’Eden sur lequel il a fini par attirer les regards du monde scientifique. C’est une belle histoire.

Aujourd’hui des chercheurs travaillent sur des croisements de pommes kazakhes avec nos variétés cultivées afin de leur faire bénéficier des gènes de résistances aux parasites et aux maladies dont on les protège par des épandages de pesticides.

Justement, l’an dernier vous avez publié Cessons de tuer la terre pour nourrir l’homme !

Pour en finir avec les pesticides comme l’indique le sous-titre du livre. L’idée est de passer d’une culture « anti », anti parasite, anti insecte à une vision plus harmonieuse de notre lien à la nature. Dans ce livre je fais le tour des alternatives qui sur le terrain, permettront de sortir des rapports de force.

Ce sont des stratégies qui favorisent les mécanismes naturels comme la capacité des plantes de se défendre face à des agresseurs comme la SDN, stimulation des défenses naturelles, ou l’allélopathie. Par exemple, certaines racines de plantes émettent des excrétions qui empêchent les adventices de pousser. Aujourd’hui, des recherches se développent dans ce domaine.

Vous en évoquez certaines sur les plantes et la musique. Pouvez-vous précisez ?

La matière est composée de corpuscules et de vibrations. Jusqu’à présent on a travaillé les corpuscules et peu exploré les vibrations comme le fait par exemple Joël Sternheimer et son équipe en France sur la vigne. A partir de vibrations qui correspondent au métabolisme interne de la plante, il cherche à développer leur potentiel, à augmenter la croissance, à favoriser la production de molécules d’autodéfense. Là il s’agit de recherches de pointe, non publiques.

Tous les agriculteurs sont-ils à même de pouvoir utiliser les techniques que vous évoquez ?

Non bien sûr. Cela demandera de la formation et un peu de culture dans tous les sens du terme et notamment une nouvelle culture dans les rapports homme nature qui se fera progressivement ! Mais les mentalités évoluent.

Propos recueillis par Pascale Garcia

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* Pour en savoir plus sur Aymak Djangaliev, voir aussi le site de l’association des Amis d’Aymak Djangaliev pour la sauvegarde de la pomme Malus sieversii.

Kaizen Par Julien villalard Reporterre 2013/02/07 Par Julien villalard (7 février 2013) Kaizen. Reporterre. fr

Kaizen

Kaizen Hors-série spécial Pierre Rabhi

Hors-série spécial Pierre Rabhi

Le premier Hors-série de Kaizen consacré entièrement à Pierre Rabhi est sorti.

Un bel ouvrage de 132 pages, avec de nombreuses photos inédites et sans publicité.

Découvrez le parcours de Pierre Rabhi depuis son Algérie natale jusqu’à son Ardèche d’adoption, les livres et les personnes qui l’ont inspiré depuis un demi-siècle.

Explorerez également toutes les réalisations que Pierre Rabhi a initiées : Les Amanins, le Mouvement Colibris, le Hameau des Buis, Terre et Humanisme, le Monastère de Solan…

A lire aussi des entretiens et témoignages exclusifs : Matthieu Ricard , Nicolas Hulot, Edgar Morin, Zaz, Michèle Rabhi, Cyril Dion, Françoise Nyssen, Fabrice Nicolino…

Un premier hors-série très positif, essentiel en ces temps moroses.

État des lieux des mouvements de protestation Par Julien villalard Reporterre 2013/02/08 Par Julien villalard (8 février 2013) État des lieux des mouvements de protestation. Reporterre. fr

État des lieux des mouvements de protestation

« État des lieux des mouvements de protestation », de l’Egypte à la France Tables rondes. SAMEDI 9 FÉVRIER - de 14H à 20H

« État des lieux des mouvements de protestation »

Maison des Cultures du Monde, 101, boulevard Raspail, 75006 Paris

Métros Notre-Dame-des-Champs, Rennes, Saint-Placide Tél. 01 45 44 72 30

www.maisondesculturesdumonde.org Entrée libre

Trois tables rondes sont proposées, organisées en partenariat avec les associations Humanity in Action < Network France et Alternatives Européennes.

AU PROGRAMME

TABLE RONDE 1 / 14h00 - 15h40

Manifestations et transformation des systèmes politiques : Egypte, Europe

De jeunes manifestants venus d’Egypte, d’Espagne et de France viendront échanger avec le public leurs espoirs, déceptions et propositions d’action dans un contexte de contestation du pouvoir.

En Egypte, les résultats des votes et les nouveaux textes constitutionnels vont à l’encontre des demandes exprimées par la rue.

En Espagne, les politiques d’austérité sont contraires aux revendications des « indignés ».

En France, le droit de manifester est de plus en plus contesté.

Comment améliorer les chances des manifestants de voir leur mobilisation aboutir à un rebond démocratique ? Malgré les profondes différences des situations vécues quelles comparaisons possibles entre l’Egypte et l’Europe ?

TABLE RONDE 2 / 16h00 - 17h40

Liberté de manifester : à l’Ouest, du nouveau / Animée par Chloé Choquier

(HIA < Network France)

TABLE RONDE 3 / 18h00 - 19h40

Protester et mobiliser aujourd’hui : quels défis ? / Animée par Nabil Berbour

(HIA < Network France, coordinateur du collectif Stop le contrôle au faciès)

La banque Goldman Sachs conseille à la France de baisser les salaires de 33 % Grégory Raymond (Huffington Post) Reporterre 2013/02/08 Grégory Raymond (Huffington Post) (8 février 2013) La banque Goldman Sachs conseille à la France de baisser les salaires de 33 %. Reporterre. fr

La banque Goldman Sachs conseille à la France de baisser les salaires de 33 %

« La France devrait réduire sa moyenne salariale d’environ un tiers », dixit Huw Pill, de Goldman Sachs. La banque dont les dirigeants vont se partager plus de cent millions de dollars pour 2012.

De passage à Paris pour faire le bilan de l’année passée et de celles à venir, les économistes de Goldman Sachs sont venus distiller leurs prévisions pour 2013. C’est Huw Pill, le ’Monsieur Europe’ de ses économistes, qui répond aux questions du HuffPost et balaye tous les sujets majeurs.

Situation de la zone euro, la Grèce, la France, mais aussi la cabale lancée par The Economist à l’encontre du gouvernement... Voici l’avis de la plus prestigieuse - et plus sulfureuse - banque d’investissement du monde.

Qu’attendre de l’année 2013 en Europe ?

Nous sommes assez optimistes en ce qui concerne la situation économique globale, notamment pour la seconde partie de l’année. Nous sommes également optimistes pour les marchés financiers, qui ont pris une bonne direction depuis la fin de l’année dernière. Les moteurs de croissance que sont la Etats-Unis et la Chine ont retrouvé les niveaux qu’ils tutoyaient avant la crise.

Et pour la zone euro en particulier ?

Elle devrait connaître une contraction moins importante qu’en 2012. Il faudra toutefois attendre au moins 2016 pour retrouver une croissance modeste, selon nos estimations. La zone euro a surtout besoin de réduire sa dette publique.

Distingue-t-on une porte de sortie ?

A partir de 2015, les bénéfices des plans d’économies réalisés commenceront à porter leurs fruits. L’Europe va s’en sortir doucement, mais sûrement. Sa lenteur lui permet de s’adapter à la situation économique globale.

Qu’en est-il de la situation de la Grèce ?

C’est le pays qui compte les plus gros déséquilibres. Athènes est loin d’être sortie d’affaire, mais c’est le pays qui a connu les plus gros ajustements de toute la zone euro. D’autres mesures sont encore à prendre, mais la stabilisation est proche. La Grèce a toujours besoin de l’aide de l’Europe, mais aussi de temps. Ca ne sera pas facile, ni rapide.

Comment Goldman Sachs voit l’économie française ?

Si on la compare à la Grèce, la France a tout pour elle. Mieux placée géographiquement, plus importante économiquement… Mais elle ne pourrait pas compter sur un programme d’aide européen comme pour la Grèce. Du coup, la France doit pratiquer des ajustements d’elle-même.

C’est quoi le problème, donc ?

La France a un problème chronique, qui dure depuis de nombreuses années. Notamment un manque de compétitivité et des déséquilibres dans ses comptes. Selon moi, le principal défaut est incarné par un secteur public bien trop important. Cela a pour conséquence de retourner l’économie sur elle-même, c’est pour ça que la France ne produit pas assez de biens exportables.

Une recette miracle pour François Hollande ?

Il faudrait déplacer l’emprise de l’Etat vers le secteur privé. Ensuite, il faudrait s’appuyer sur une baisse des salaires générale, afin de regagner de la compétitivité. On estime que la France devrait réduire sa moyenne salariale d’environ un tiers, ce qui est politiquement impossible à imposer…

Que pensez-vous de la couverture de The Economist, illustrant la situation économique de la France avec une bombe à retardement ?

Parler d’un article en particulier est assez dangereux, mais je crois que je l’ai détesté, il m’a inquiété. The Economist a critiqué la faible compétitivité et l’emprise de l’Etat, ce qui pourrait à terme menacer l’Europe. Je suis d’accord avec l’analyse, mais au contraire de ce journal, je suis persuadé que la France peut se réformer. La France n’est pas la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Italie ou l’Espagne. Elle continue d’emprunter à des taux très bas sur les marchés, qui ont confiance en elle.

Êtes-vous confiant pour elle ?

Je pense que la France aura entrepris ces changements d’ici trois à cinq ans. Elle devrait donc prendre la bonne direction, qui rendra la zone euro plus puissante et plus résistante. La vraie question est plutôt de savoir si le pays va saisir l’opportunité qui se présente à lui, notamment grâce à ses faibles taux d’emprunt sur les marchés…

L’écologie est l’avenir de la classe ouvrière Jacques Archimbaud Reporterre 2013/02/08 Jacques Archimbaud (8 février 2013) L’écologie est l’avenir de la classe ouvrière. Reporterre. Tribune — fr

L’écologie est l’avenir de la classe ouvrière

Petroplus, Arcelor Mital, PSA... ? D’autres avenirs ouvriers sont possibles

Automobiles, pétrole, pneus, acier, il va falloir dire la vérité ! Sidérurgie, Psa, Renault, Goodyear, Faurecia. Les plans de licenciements se multiplient.

Des milliers d’ouvriers qui ont sué sang et eau pendant 150 ans pour la jouissance de quelques grandes familles de profiteurs et des générations lamentables de petits boursicoteurs, vont être jetés comme des malpropres par des tôliers qui les auront pressés jusqu’à la dernière minute.

Des ministres s’agitent, des avocats syndicaux tentent par de pathétiques plaidoiries de retarder en droit la fatale échéance... On se raccroche à la fable des licenciements boursiers comme cause majeure du massacre social qui se déroule sous nos yeux. Tout le monde entretient la croyance selon laquelle, comme aux Usa, après une purge sévère, tout finira par repartir comme en quatorze...

Il n’en est rien : aucune des activités carbonées à la base des deux révolutions industrielles et de la seconde accumulation du capital n’a d’avenir sur le long terme.

On peut tenter de retarder l’échéance. On peut mentir aux ouvriers qui d’ailleurs n’en croient rien. C’est une autre direction qu’il faut prendre, on a déjà vingt ans de retard, il faut décider maintenant.

Moins d’automobiles de grosses cylindrées, davantage de trains, d’autobus et de tramways... Moins d’avions et davantage de bateaux, moins de pétrole et plus d’énergies renouvelables et d’écomateriaux, moins de surconsommation individuelle standardisée et plus de services partagés à haute valeur ajoutée. Moins d’ hypermarchés et plus de commerces de proximité. Moins de camions et d’autoroutes et plus de circuits courts. La reconversion est urgente, incontournable, juste et positive.

Il y aurait cependant un scandale à ce que les ouvriers qui ont tout le temps donné, payent une fois encore pour la navrante cécité historique des classes dirigeantes.

Voilà pourquoi le gouvernement de la gauche et des écologistes ne peut ni entretenir la fiction du redémarrage ou de la continuation sous perfusion d’activités caduques, ni accompagner les plans de licenciements secs et scandaleux qui se préparent.

Il doit au contraire ouvrir la voie de la reconversion industrielle et celle-ci passe par la garantie absolue de revenus et de formations professionnelles des salariés.

Comment ça, on ne sait pas faire ? Allez donc demander aux métallos, aux chimistes et aux gens du bâtiment : ils ont plein d’idées et de propositions pour l’avenir.

L’écologie, c’est l’avenir de la classe ouvrière et la classe ouvrière, c’est l’avenir de l’écologie.

La France soupçonnée d’utiliser au Mali des armes à uranium appauvri Thierry Lamireau Reporterre 2013/02/08 Thierry Lamireau (8 février 2013) La France soupçonnée d’utiliser au Mali des armes à uranium appauvri. Reporterre. Armée fr

La France soupçonnée d’utiliser au Mali des armes à uranium appauvri

L’armée française ne dément pas utiliser au Mali des obus flèche à l’uranium appauvri. Celui-ci est un déchet radioactif recyclé. Son usage militaire conduit à une contamination des zones impactées.

Objet : non utilisation, destruction et interdiction des armes à l’uranium « appauvri » par l’Etat français.

Monsieur le Président de la République,

Vous avez choisi, récemment, de faire intervenir les différents corps de l’armée française sur le territoire du MALI. A cette occasion, permettez-moi de vous envoyer cette LETTRE OUVERTE.

La France utilise des armes à l’uranium "appauvri"

Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN » et également enseignant en Haute-Savoie auprès d’enfants de la maternelle, permettez-moi de vous indiquer que je reste très sensible à tout ce qui touche aux Droits de l’Homme et plus généralement à l’intégrité humaine.

En effet, la France, les Etats-Unis et quelques autres utilisent, lors de conflits (à travers par exemple les interventions de l’OTAN, les mandats de l’ONU ou en nom propre des pays) divers, des armes dites « munitions flèches » à l’uranium « appauvri ».

Certains aéronefs (avions de chasse, hélicoptères d’attaque, certains blindés) ont ainsi envoyé ces armes sur les sols de l’ex-Yougoslavie, en Bosnie, en Serbie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Liban, etc.

Au Mali, en votre nom, la France a décidé d’envoyer, entre autres, des Mirage 2000, des Rafale, des hélicoptères Tigre et certains blindés. Pour une destruction plus rapide et « efficace », ces appareils utilisent les « munitions flèches » à l’uranium « appauvri ».

Bizarrement, les médias ne peuvent témoigner des actions de l’armée française notamment dans le nord du Mali. L’une des raisons de cette « omerta » est très certainement l’utilisation des armes à l’uranium « appauvri » par les aéronefs français. Mon expérience de l’analyse des rares images présentées ici ou là m’amène justement à aller vers cette affirmation. Ainsi, cette utilisation d’armes nucléaires s’est banalisée dans l’indifférence générale.

L’uranium métal inclus dans le pénétrateur de ces armes est, si l’on peut dire, l’arbalète des temps modernes. L’uranium « appauvri » est plus dense que le plomb et, de ce fait, au lieu de traverser un char en traverse deux ou pénètre dans des bâtiments en béton à des profondeurs encore plus importantes. Après le lancement de l’obus, le sabot s’ouvre en libérant le pénétrateur à une vitesse supersonique de 1700 mètres par seconde. A cette vitesse, l’impact est celui d’un caillou dans l’eau, le blindage de l’objectif visé jouant le rôle de l’eau et la flèche de l’arme celui du caillou.

Environ 50 pays (dont la France) détiennent ou fabriquent (et peuvent donc utiliser) des munitions contenant de l’uranium « appauvri ». Ces pays affirment que « l’utilisation de ces munitions se justifie sur un plan militaire car elles sont plus « efficaces » que celles au tungstène (l’autre option principale) pour pénétrer dans les blindages ou le béton » (Ministère de la Défense 2001, Memorandum : Gulf War Illnesses, présenté au Defence Select Committee de la Chambre des Communes, le 26 avril 2001, Londres, HMSO, P.37. Department of the Air Force, Headquarters United States Air Force).

Ajoutons que l’uranium “appauvri” coûte moins cher que le tungstène et qu’il est plus largement disponible.

En outre, la densité et la vitesse de ces armes permettent aux pilotes qui les lancent de se trouver plus loin de la cible lorsqu’ils tirent, ce qui accroît leur sécurité (Pour une étude de l’intérêt militaire de l’uranium appauvri, voir Carnaham, 2008).

Mais ces armes possèdent d’autres effets, ceux-là, plus dévastateurs et à très longs termes.

L’entrée brutale dans la cible entraîne une surpression terrible capable de faire sauter une tourelle de char comme un bouchon de champagne. De plus, la vitesse et le contact entre les deux matériaux (celui de l’arme et de la cible) dégagent une énorme chaleur de rayonnement dont l’effet destructeur s’ajoute aux précédents.

Enfin, l’uranium est un matériau pyrophorique, c’est-à-dire qu’il prend feu dans l’air. L’uranium s’oxyde si vite qu’il prend feu en libérant in situ différentes particules radioactives ET chimiques.

Je tire ces informations d’un document de l’OTAN en date du 25 août 1992 (Document AC/258-D/425).

L’on peut lire dans ce même document : « Un dépôt important de poussière d’uranium, de l’ordre de quelques g/m2, peut avoir un effet toxique sur les plantes et sur le bétail en pâture. Le dépôt d’uranium ’appauvri’ pourrait alors finir par être ingéré par l’homme, si la contamination se met dans la chaîne alimentaire.

Le taux de conversion de l’uranium ’appauvri’ métallique en oxyde, sous la forme de particules d’un format potentiellement respirable (très petites), est bien plus important (de 10 à 1000 fois) en cas d’explosion qu’en cas d’incendie. En outre, des éclats d’uranium ’appauvri’ en feu peuvent être projetés à des distances considérables, créant des sources secondaires de fumée d’uranium ’appauvri’ et de contamination de la surface. »

Les pays voisins des régions bombardées n’ont pas été épargnés par les retombées de particules radioactives et chimiques… comme le Koweït, l’Arabie Saoudite, l’Iran, des régions d’Albanie, de Macédoine, de Grèce, du Pakistan, pour ne citer qu’eux.

Il y a donc une pollution des sols, des eaux et de l’air pour plusieurs milliards d’années et cela provoque des problèmes importants de morbidité (nombreuses maladies induites), de mortalité et d’apparition de malformations congénitales monstrueuses puisque l’ADN est touché… il y a, de ce fait, une transmission aux générations suivantes.

Une arme radioactive

L’uranium « appauvri » est un déchet nucléaire « recyclé » par les pays utilisateurs comme une munition classique. C’est un déchet radioactif issu de l’enrichissement de l’uranium destiné aux réacteurs nucléaires civils et militaires.

Il contient environ 0,2% d’uranium 235 et 99,75% d’uranium 238 dont la demie vie (période) est de 4,5 milliards d’années (l’âge de la terre !). On l’appelle « appauvri » parce que son activité est de 40% inférieure à celle de l’uranium naturel…ce qui ne signifie nullement qu’il est moins dangereux !

Il faut, en effet, rappeler que l’uranium « appauvri » utilisé dans l’armement est mélangé à de l’uranium issu des usines de retraitement qui contient des produits de fission hautement radioactifs comme l’uranium 236, le plutonium 238 et 239, le technétium 99 ou le ruthénium 106 qui potentialisent de fait sa nocivité.

Le mythe de la « guerre propre » a fait long feu… si je puis dire !... pour les peuples autochtones comme pour les militaires et journalistes ayant approché de trop près les pollutions de ces armes.

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique prévoit d’ailleurs un excès d’un demi million de morts rien que pour l’Irak !

Il y a une violation des règles internationales de radioprotection.

Selon le Droit International sur le contrôle des armements, les armes à l’uranium « appauvri » sont illégales (Convention de LA HAYE de 1899 et 1907, de GENEVE de 1925 et 1949, Charte de NUREMBERG de 1945, Convention des Nations Unies du 10 octobre 1980 dite « Convention des armes inhumaines ») pour les raisons citées précédemment.

« Dans la plupart des rapports officiels, la question du respect de la réglementation et des normes de radioprotection est totalement éludée. Pareillement, le terme de « déchets radioactifs » et les prescriptions qui s’y rapportent sont tabous. C’est pourtant la terminologie appropriée pour décrire les obus et munitions à l’uranium appauvri dispersés dans l’environnement. » (Document CRIIRAD Corinne Castanier et Bruno Chareyron).

La désinformation, qui présente l’uranium « appauvri » comme un produit anodin, permet aux pays comme la France de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination mais surtout de banaliser dans l’indifférence générale l’usage de telles armes dans les conflits en condamnant pour « l’éternité » des populations civiles innocentes.

Arrêtons ce massacre sous couvert de l’OMS et de l’ONU !

L’utilisation de ces armes à l’uranium « appauvri » est un CRIME CONTRE L’HUMANITE !

Il y a, malheureusement, pire que la folie fanatique d’un individu comme celle, par exemple, de Mohamed MERAH… il y a la folie meurtrière des Etats comme la France et bien d’autres.

Les efforts de désarmement ont enregistré, au fil des années, des succès remarquables… même si toutes les armes devraient être interdites ! Ces initiatives n’étaient pas complètement aléatoires ; elles visaient généralement à neutraliser et à retirer de la circulation des armes pouvant enfreindre le droit des conflits armés.

Les Etats ont interdit les armes chimiques en 1993, puis les armes à laser aveuglantes en 1995 et les mines antipersonnel en 1997. La campagne de désarmement la plus récente a conduit à l’interdiction des armes à sous-munitions (pour les pays qui adhèrent à la Convention sur les armes à sous-munitions de 2008).

Quelles armes « nouvelles » devraient faire l’objet d’un prochain traité d’interdiction ? Nombre de personnes pensent que ce devrait être les armes à l’uranium « appauvri » !

Vous êtes le Président de la République française.

Vous avez décidé d’engager les forces françaises dans un conflit au Mali en utilisant des aéronefs qui « consomment » des munitions flèches à l’uranium « appauvri ».

Je souhaiterais donc connaître votre engagement concernant ce grave problème… bien plus important que celui d’un individu fanatique puisqu’il concerne l’engagement moral de notre Nation vis-à-vis du peuple français et des Nations de la planète comme au Mali.

Vous engagez-vous à arrêter, détruire et interdire l’usage des armes à l’uranium « appauvri » et à œuvrer sans relâche auprès des instances internationales comme l’ONU pour que ces munitions soient définitivement interdites dans tous les conflits sur la planète ?

Vous exprimant par avance ma très vive gratitude, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’hommage de mon profond respect.

Forêt du Morvan : le texte de l’arrêté organisant la destruction des espèces Par Julien villalard Reporterre 2013/02/10 Par Julien villalard (10 février 2013) Forêt du Morvan : le texte de l’arrêté organisant la destruction des espèces. Reporterre. Forêts fr

Forêt du Morvan : le texte de l’arrêté organisant la destruction des espèces

dimanche 10 février 2013

Le 31 janvier dernier, la préfète de la Nièvre prenait un arrêté permettant la destruction d’espèces protégées à Sardy-les-Epiry, en forêt du Morvan.

Le texte est éloquent :

« Considérant que le projet répond à des raisons impératives d’intérêt public majeur de nature sociale, économique et environnementale, (…) la Société d’économie mixte Nièvre Aménagement est autorisée à détruire, altérer ou dégrader les sites de reproduction ou les aires de repos d’espèces animales protégées »

Dimanche 10 février s’est tenu un pique-nique de résistance sur le site, devenu "Zone à défendre" de "Notre Dame des Bois". Récit du pique-nique

samedi 9 février 2013

Erscia : le Conseil national de protection de la nature était très partagé ne. - DESTRADE Pierre

Le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a examiné le dossier de pôle industriel bois à Sardy-lès-Épiry le 11 janvier dernier. Un « avis défavorable » a été rendu. Mais que dit ce rapport dans le détail ?

Le CNPN, qui est une instance consultative, a statué sur le volet faunistique du projet Erscia. Donc sur le déplacement des espèces protégées. Les conclusions ont été communiquées aux principales parties concernées le 14 janvier.

Premier enseignement, selon le texte de l’expert que nous nous sommes procuré : « la commission a été très partagée sur l’appréciation du dossier (4 voix pour, 6 voix contre et 4 abstentions) ».

Par ailleurs, « la commission a bien noté que l’intérêt public majeur lui a été présenté et que l’absence d’autres solutions a été démontrée ». En octobre dernier, le tribunal administratif de Dijon avait retoqué un arrêté préfectoral en estimant, notamment, que cet impératif d’intérêt public majeur n’était pas reconnu. Les porteurs du projet avaient sensiblement affiné leur argumentaire pour gagner, enfin, cette reconnaissance.

D’après l’expert, « les mesures d’évitement et de réduction » ainsi que « les mesures de compensation » ont été « renforcées » par rapport à la première présentation devant le CNPN en février 2012. Il est au passage fait mention de la création de la zone humide dans le bois du Tronçay, en vue de laquelle huit arbres ont été coupés lundi. Depuis, le site est occupé par les opposants au projet Erscia, qui ont créé une « zone à défendre » et qui promettent un « Notre-Dame-des-Bois ».

La commission dit aussi avoir « pris acte de l’annonce, par le Conseil général, de l’acquisition de 60 hectares de boisements, mais elle estime qu’une durée de 10 ans pour l’acquisition du reste des boisements ou de terrains à boiser est trop longue ».

Enfin, le CNPN « regrette que des informations plus détaillées n’aient pas été fournies sur la gestion forestière des espaces boisés acquis ou sur ceux maintenus sur le bois du Tronçay ». Une remarque dont les services de l’État ont tenu compte puisque la gestion forestière fait l’objet d’un paragraphe spécifique dans le dernier arrêté préfectoral pris le 31 janvier.

Stéphane Vergeade (Le journal du Centre)

Mardi 5 février

La lutte s’organise contre la scierie géante

Deuxième jour d’occupation au bois du Tronçay. Depuis le départ des forces de l’ordre, lundi soir, les opposants au projet Erscia comptent rester sur le terrain.

Après le face-à-face entre gendarmes et opposants au projet Erscia, lors d’une coupe d’arbres sur une parcelle du bois du Tronçay, commune de Sardy-lès-Épiry (voir notre édition d’hier), les opposants ont continué à occuper le site. Voici les faits saillants de la journée de mardi.

1 - Une plainte a été déposée. Dans la matinée, le président d’Adret Morvan Pascal Fichot a été convoqué à la gendarmerie de Corbigny, dans le cadre d’une plainte déposée par Nièvre Aménagement, pour violation de propriété privée. Il a été entendu pendant une heure et demie avant d’être relâché.

2 - Le cercle des opposants s’élargit. « Une quarantaine de personnes en moyenne a occupé la parcelle du bois du Tronçay », rapporte Muriel André, d’Adret Morvan. « Nous avons accueilli des militants du comité de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes, du comité Loire Vivante, de la Confédération paysanne, et des riverains. »

Via Internet, les réseaux militants extérieurs à la Nièvre ont été activés. Et des personnes des départements limitrophes ont répondu présent comme Fabien Houyez, Icaunais et membre du comité de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes. « J’ai vu aussi des gens de Chalon-sur-Saône, de Puisaye et de Sens. » Tous attendaient l’arrivée d’engins pour nettoyer le site. Sauf que le chantier n’a pas repris hier.

Des militants d’Europe Écologie-Les Verts ont également rejoint le mouvement. Certains ont été aperçus dès 6 h 30 sur le site. Les Verts, qui dénoncent « un passage en force » de la préfecture sur la coupe des arbres, lundi, demandent « l’arrêt immédiat des travaux », a indiqué dans la soirée le porte-parole départemental, Jean-Yves Demortière.

3 - Création d’un collectif et d’une “zone à défendre”. Un collectif a vu le jour, intitulé “collectif du bois du Tronçay”. Il regroupe associations et comités opposés au projet Erscia. Sa première action : la création d’une zone à défendre (ZAD). Son objectif : installer durablement les opposants sur l’emplacement prévu de la scierie, comme cela a été fait à Nantes. Cette “zone à défendre” est la déclinaison de l’acronyme ZAD (zone d’aménagement différée), utilisé à l’origine du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. « Le comité de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes incite la création de ZAD là où des projets comme ceux de Nantes et de Sardy existent », précise Fabien Houyez.

D’après nos informations, les occupants entendent inscrire le mouvement dans la durée. Des cabanes pourraient être construites dans le bois du Tronçay. Façon Notre-Dame-des-Landes...

4 - Christian Paul rencontre Arnaud Montebourg. Le député PS de la Nièvre, Christian Paul, ainsi que les investisseurs belges du projet Erscia, ont rencontré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, dans l’après-midi à Paris. Cette entrevue a duré 45 minutes. « Une très bonne rencontre » d’après Christian Paul. Arnaud Montebourg aurait « confirmé son soutien au dossier ». La fronde lancée par les opposants a été évoquée. « Personne ne comprendrait que la Nièvre soit le seul département de France qui refuse d’accueillir un projet comme celui-ci », lance Christian Paul. « Demander des garanties, c’est nécessaire, mais à l’heure de Goodyear, PSA, Petroplus, s’opposer, cela semble irresponsable. C’est notre position et celle du gouvernement ».

Pierre Destrade et Stéphane Vergeade (Le Journal du Centre)

Saint Nazaire le 11 février Par Julien villalard Reporterre 2013/02/10 Par Julien villalard (10 février 2013) Saint Nazaire le 11 février. Reporterre. fr

Saint Nazaire le 11 février

« Notre Dame des Luttes »

11 février 2013, 20H30 à Agora, Saint Nazaire ( salle René Guy Cadou, rue Albert de Mun )

Un documentaire de Jean François Castell

« Camille à Couettes » et « Camille à Barbe » sont inculpés d’outrage à la force publique pour s’être dénudés devant un bataillon de gendarmes mobiles à Notre Dame des Landes.

A la veille de leurs procès prévu à 14h00 le lendemain, le Comité de soutien de le région nazairienne contre l’aéroport à Notre Dame des Landes les accueillera à cette soirée. Cette projection sera suivi d’un débat en présence de :

Jean François Castell , réalisateur

Hervé Kempf, journaliste et écrivain.

Julien Durand, porte parole de l’Acipa

« Camilles » de la Zone à Défendre

• Elise, (Camille à Couettes) • Erwan, (Camille à Barbe)

Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande La Zad est partout Reporterre 2013/02/11 La Zad est partout (11 février 2013) Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande. Reporterre. Tribune — Notre-Dame-des-Landes fr

Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande

Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes s’inscrit dans un système plus général, qui imbrique activités du BTP (bâtiment et travaux publics), financement des collectivités locales et partis politiques.

Pourquoi l’Etat veut-il tant un aéroport à Notre Dame des Landes ?

Ce n’est sans doute pas par nécessité. Il apparaît manifestement que l’aéroport de Nantes est suffisant pour faire face au trafic actuel, futur et même à celui d’un futur lointain.

Il convient de se demander à qui profite l’ouverture d’un tel chantier

Construire une piste avec l’aéroport qui va avec, c’est alimenter le chiffre d’affaires du bâtiment et des travaux publics (BTP). Il est aussi bien connu que les travaux qui sont facturés à l’État et aux collectivités territoriales ne sont pas au même prix que si le donneur d’ordre était une personne privée. C’est bien plus cher, donc très rentable.

Afin de comprendre le fonctionnement et le pouvoir lobbyiste du BTP, il faut se pencher sur le rapport Perruchot publié par Lepoint.fr.

- Précision : le texte intégral du rapport n’est plus disponible sur ce site, mais le voici :

On y apprend que les fédérations syndicales du BTP ont collecté plus de 86 millions d’euros de cotisations et possèdent une trésorerie de 180 millions d’euros en 2010. Elles sont, en terme de cotisations officielles, plus riches que l’UIMM [Union des industries et des métiers de la métallurgie], les magnas de la Métallurgie. Les fédérations du BTP possèdent un patrimoine très important dont il est difficile d’en avoir connaissance.

Cette puissance organisationnelle est très influente. Il en sera pour preuve les 85 propositions du BTP aux parlementaires qui visent à modifier, amender, créer la loi partout où cette fédération le juge utile aux intérêts, non pas de la profession toute entière comme cela le devrait, mais surtout pour les grandes entreprises du BTP qui tiennent la barre dans cette organisation professionnelle. Il y a cependant des propositions pertinentes.

Ici la FFB (Fédération Française du Bâtiment) demande des modifications sur les règles contractuelles. Mais aussi, hélas, la possibilité de pouvoir licencier plus facilement les salariés, c’est-à-dire assouplir les règles qui ré­ gissent les contrats de travail.

Ces instances du BTP sont si riches et si puissantes qu’elles deviennent un État dans l’État. En effet, les or­ ganisations privées qui détiennent des masses d’argent très importantes ne s’embarrassent pas d’éthique. La règle devient l’absence de règle, partant du principe que tout s’achète.

Ces fédérations du BTP savent que le pouvoir est dans le système bancaire, donc, elles y siègent. Et tout particulièrement dans Dexia Crédit Local. Les présidents du BTP sont d’office dans la gouvernance de cette banque

On remarquera que figurent dans ce conseil le président de la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics), Patrick Bernasconi, et celui de la FFB, Didier Ridoret.

Ce système [la banque Dexia] a distillé les fameux prêts toxiques à taux variables indexés sur le franc suisse auprès de 5500 communes pour un encours de 25 milliards d’euros. Des montages compliqués dans lesquels les responsables locaux se sont laissés piéger par les remboursements différés ou même assortis de premières échéances financièrement in­téressantes. Il faut dire aussi que les élus ont des mandats de courte durée qui ne les incitent pas à se soucier outre mesure du devenir de leur gestion.

Voir cet article sur Dexia

Or, ces prêts sont affectés à des travaux qui relèvent du BTP. Il faut s’interroger sur le point de savoir s’il n’y aurait pas ici conflit d’intérêts. Et se demander avec quels financements l’aéroport de Notre Dame des Landes serait construit.

Nous trouvons aussi le BTP dans une banque qui lui dédiée : BTP Banque, filiale du Crédit Coopératif et propriété des Banques Populaires.

En voici la gouvernance

Ici, il faut constater que les collecteurs d’argent sont là. Il y a SMABTP, SMAVie BTP, et autres organismes dont notamment les CAISSES DE CONGES PAYES DU BTP dont les principaux représentants sont dans BTP Banque.

Il faut savoir que les élus des fédérations du BTP sont les membres de droit de ces caisses de congés.

Si les fédérations du BTP ont beaucoup de moyens financiers, c’est grâce aux Caisses de congés qui collectent les cotisations professionnelles.

Le but principal des caisses de congés est de collecter les congés des ouvriers du BTP du 1er avril de l’année N jusqu’au 30 avril de l’année N + 1 pour les redistribuer en congés en pratique de juillet de l’année N + 1 jusqu’au 30 avril de l’année N + 2. Il s’agit d’un mouvement perpétuel. Au moment où les caisses de congés commencent à verser les congés, elles ont déjà engrangé l’argent social des congés qui sera distribué à partir de juillet de l’année N + 3 et ainsi de suite.

Evidemment, ces caisses ne garantissent pas le droit au congé des salariés, dès lors qu’elles ne le reversent que si les cotisations ont été payées. Au passage, elles gardent, selon les rapports de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), 2 à 3 % de la collecte dont les salariés sont privés. Ceci sur un encours moyen de 6,5 milliards d’euros que les caisses placent, afin, disent-elles, de couvrir les frais de fonctionnement des caisses. Ces caisses de congés, qui sont des associations de droit privé, pratiquent l’affiliation obligatoire et se moquent des droits et libertés fondamentaux de leurs adhérents. En somme, les fédérations du BTP ne défendent pas leurs cotisants, elles les exploitent...

Sur les Caisses de Congés Payés du BTP, voir explications, articles de presse, consultation juridique sur 4c-btp.

Priver le BTP de ces moyens de collecter beaucoup d’argent, c’est contribuer à faire en sorte que le béton et le bitume ne gagnent pas chaque jour un peu plus sur les terres agricoles et la forêt. Oui, il faut occuper le terrain pour que les acteurs de ce monde puissent répondre aux nécessités des populations. Désormais il convient de savoir qui doit avoir le pouvoir et de quelles manières nous devons répondre à chaque nécessité sans hypothéquer l’avenir. Ce qui exige une autre politique d’occupation des sols, un bien commun très précieux même s’il est souvent détenu par des personnes privées.

Concrètement, cela signifie que les opposants à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes doivent aussi s’attaquer à la « pompe à fric » du BTP, à savoir les caisses de congés payés du BTP dont celle d’Orvault (Loire-Atlantique) qui finance aussi le MEDEF

Une fois le chantier achevé, les entreprises du BTP, par­ fois, apportent des enveloppes avec des espèces qui sont remises aux élus, donneurs d’ordre, afin de financer leur parti

Tout cela doit être vérifié, de fait et en cohérence. Qui sont les administrateurs des banques qui financent les travaux ? Quelles sont les entreprises qui vont faire les travaux ? Qui les gouvernent ? Etc.

Julian Assange : « Internet est une menace pour la civilisation humaine » Christophe Ventura (Mémoire des luttes) Reporterre 2013/02/11 Christophe Ventura (Mémoire des luttes) (11 février 2013) Julian Assange : « Internet est une menace pour la civilisation humaine ». Reporterre. Libertés fr

Julian Assange : « Internet est une menace pour la civilisation humaine »

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, est sous résidence très surveillée à Londres, réfugié à l’ambassade d’Equateur. Mais il continue à réfléchir. Pour lui, « Internet a été transformé pour devenir le plus dangereux facilitateur de totalitarisme que nous ayons jamais connu ».

- Reportage, Londres

Depuis sept mois, Julian Assange vit reclus à l’intérieur de l’ambassade de l’Equateur à Londres. La figure emblématique de « l’organisation médiatique à but non lucratif » WikiLeaks, fondée en 2007 [1], a bénéficié de l’asile « diplomatique » [2] du pays andin que préside Rafael Correa.

Julian Assange séjourne – ou campe pour être plus précis – dans une petite pièce d’un appartement victorien d’une centaine de mètres carrés occupé par la représentation diplomatique équatorienne dans le quartier de Knightsbridge. A deux pas du luxueux grand magasin Harrods, fournisseur officiel de la famille royale...

L’exposition naturelle de la pièce à la lumière du jour a été condamnée pour ne pas l’offrir à la surveillance permanente de la police et des services britanniques postés autour du bâtiment. C’est dans un espace confiné d’environ 15 mètres carrés qu’il nous a reçus à la faveur d’une rencontre organisée le 6 décembre 2012 avec le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon.

Julian Assange ne peut mettre un pied hors les murs, sous peine de se voir immédiatement arrêter par les forces de l’ordre qui, mitraillette MP5 en bandoulière, stationnent jusque sur le pas de la porte d’entrée de l’appartement couvert par l’immunité diplomatique. Mais il peut néanmoins recevoir invités, journalistes, collaborateurs et « ambassadeurs » de WikiLeaks.

L’épreuve et l’enfermement ont visiblement forgé les traits du visage de ce jeune « quadra ». Pour certains, l’homme est devenu une icône ; pour d’autres, un personnage critiquable. Le cinéma vient même de s’en inspirer. Il semble en effet évoqué de manière troublante dans Skyfall, le dernier épisode en date de la saga James Bond. L’agent 007 y affronte Raoul Silva, cyber-terroriste machiavélique incarné par l’acteur Javier Bardem, et dont le visage rappelle celui du fondateur de WikiLeaks.

La pièce à vivre de Julian Assange est à la fois son lieu de travail, sa chambre, sa médiathèque et sa salle de sport. Comme il la décrit lui-même, l’ambassade est devenue « [sa] maison, [son] bureau, [son] refuge » [3]. DVD, livres, connectique multimédia, disques durs et dossiers divers s’entassent sur une étagère qui sépare la pièce en deux parties.

Une moitié est saturée par un matelas et un tapis de course qui permet au locataire de l’appartement du 3 Hans Crescent de pratiquer un minimum d’activité physique. Des sacs et des livres jonchent le sol. L’autre moitié est réservée au « bureau » organisé autour d’une petite table ronde capable d’accueillir trois ou quatre personnes.

C’est là que Julian Assange reçoit et travaille avec un petit ordinateur portable que des musiciens qualifieraient volontiers de « vintage » s’il s’agissait d’un instrument. C’est également de là qu’il mène, avec son état-major, ses deux principaux combats : celui qui l’oppose à la justice suédoise, pour des faits présumés d’agression sexuelle, et celui qui concerne le sauvetage et le développement de WikiLeaks face à l’offensive du gouvernement des Etats-Unis.

Sur un mur, le visiteur découvre une multitude de « post-it » et d’affichettes. Peu à peu, elle révèle, telle une toile d’informations, les activités et les dossiers en cours, les contacts (établis ou à prendre) de l’équipe de WikiLeaks.

L’éclosion d’un deuxième monde

Au-delà de sa situation personnelle, Julian Assange souhaite sensibiliser ses invités au véritable objet de son engagement pour un Internet et un journalisme libres. Selon lui, ce qui est l’ordre du jour n’est pas une discussion sur Internet, mais bel et bien une réflexion sur la civilisation moderne.

Julian Assange affirme que celle-ci est désormais entrée dans une nouvelle ère ouverte avec l’éclosion d’un deuxième monde – immatériel – relié au premier – physique – par les structures « en dur » de l’Internet : câbles en fibres optiques qui traversent les océans, satellites, serveurs informatiques domiciliés.

Ainsi, selon lui, les individus vivent sous des régimes de droits et de surveillance sociale, politique et commerciale différents selon qu’ils agissent dans le monde physique ou dans son extension immatérielle. Et, peu à peu, les évolutions et les dérives qui se manifestent dans le monde immatériel modifient l’histoire de nos sociétés dans le sens d’une régression démocratique.

Assange souligne devant nous à quel point un processus de fusion intégrale et inédite est en train de se mettre en place entre la société, l’Etat, les groupes commerciaux et la technologie. Ce faisant, le fondateur de WikiLeaks estime que les conséquences de ce phénomène technique, politique et économique sont structurelles pour l’ensemble des sociétés humaines. Elles remettent en cause les schémas habituels des analyses du pouvoir, de l’action politique et de la démocratie.

L’ensemble de cette réflexion est développé dans le dernier ouvrage auquel il a contribué. Intitulé Cypherpunks. Freedom and the Future of the Internet [4], ce livre, qui se présente comme une « alarme », est construit autour d’un échange à quatre voix mobilisant, outre Julian Assange, Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn, et Jérémie Zimmermann.

Le premier nommé est le fondateur de Noisebridge [5]. Il s’agit d’une plateforme collaborative de hacking et de développement de systèmes de logiciels. Elle garantit l’anonymat et offre des formations aux utilisateurs d’Internet qui souhaitent échapper à la surveillance des Etats et des groupes commerciaux. L’un des projets phares auquel est associé Jacob Appelbaum se nomme Tor Project [6].

Andy Müller-Maguhn, quant à lui, est le co-fondateur de European Digital Rights(EDRI), une ONG qui milite « pour le renforcement des droits humains dans l’Age numérique ». Enfin, Jérémie Zimmermann est le co-fondateur et le porte-parole de La Quadrature du Net. Cette organisation européenne de défense du droit à l’anonymat sur Internet a joué un rôle central dans la bataille remportée au Parlement européen contre l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) [7].

Chacun des intervenants fait partie du mouvement Cypherpunk né au début des années 1990 avec l’émergence d’Internet. Il s’est ensuite développé avec son explosion, à partir de 1995, dans les économies de la Triade. Le mouvement milite pour l’utilisation et la promotion de la « cryptographie » – l’écriture secrète – pour « atteindre un objectif de changement sociétal et politique ». Dans la sphère Internet, cette écriture est « la pratique de la communication en code », c’est-à-dire l’encodage de toute information avant sa mise en circulation sur la Toile.

"Internet est une menace pour la civilisation humaine"

Qu’y a-t-il à changer ? Pour Julian Assange, tout, et d’urgence. Selon lui, le monde est « en train de galoper vers une dystopie [une contre-utopie] transnationale (…). Internet a été transformé pour devenir le plus dangereux facilitateur de totalitarisme que nous ayons jamais connu ». Et d’ajouter : « Internet est une menace pour la civilisation humaine ».

Pour en arriver à cette conclusion radicale, Julian Assange articule un raisonnement bâti à partir d’une analyse de la nature de l’Etat. Ainsi, selon lui, l’Etat est, dans son essence, « un système à travers lequel la force coercitive circule ». (…)

« Ce qui fonde l’action des Etats est leur capacité d’alterner application systématique et menace d’application de la violence [dans la société]. » In fine, cette violence, appliquée ou potentielle, encadre toutes les relations sociales et régit les rapports à la « propriété, aux profits, à la taxation, à la censure, aux copyrights, aux marques commerciales, etc. »

Internet a facilité, en la matière, un changement de nature de l’Etat. Pour la première fois dans l’histoire humaine, en effet, citoyens, groupes commerciaux et structures étatiques – notamment celles qui lui assurent le monopole de cette violence dans la société (armée, police, services secrets et de surveillance) –, ont fusionné dans un espace dématérialisé commun.

Dans celui-ci, chacun est interconnecté et partage les mêmes outils. Chaque individu y livre, en temps réel, la signature d’un nombre incalculable d’informations privées qu’aucun Etat ou groupe d’intérêt n’aurait pu imaginer capter dans le monde physique : emplacements et déplacements, transactions financières, pratiques politiques, intellectuelles, philosophiques et religieuses, lectures, amis, loisirs, correspondances, etc.

Avec Internet et la démocratisation des nouvelles technologies, les Etats sont aujourd’hui capables, tout comme les groupes commerciaux – et souvent en étroite complicité avec eux – d’organiser une surveillance de masse à l’échelle planétaire. Telle « une armée d’occupation » qui contrôle les points de passage – les structures « en dur » d’Internet – entre le monde physique et le monde immatériel, les Etats « empêchent l’indépendance » de la Toile.

Poussés à l’extrême, ils pourraient, telles des sangsues, « se nourrir dans les veines et les artères de nos nouvelles sociétés, se gavant de chaque échange exprimé ou communiqué, de chaque message envoyé et de chaque pensée « googlée », puis stocker ce savoir – des milliards d’interceptions quotidiennes, un pouvoir inimaginable – dans des centres de traitement de données [8], et cela pour toujours ».

La réflexion des auteurs frappe par sa résonance avec la notion de « biopolitique » – la domination, au-delà de la territorialité, du pouvoir sur la vie des individus et des populations, – développée par Michel Foucault [9].

Grâce au développement permanent d’algorithmes puissants qui creusent toujours plus le « fossé entre les intercepteurs et le monde des interceptés », les Etats pourront, dans cet univers et dans quelques années, « dupliquer et adapter ce qu’ils ont appris dans le monde physique : démarrer une guerre, lancer des drones, manipuler les Nations unies et les accords commerciaux, accorder des faveurs à leur vaste réseau d’industries connectées, aux insiders et à leurs amis ».

"Internet est devenu un espace militarisé"

D’ores et déjà, les systèmes de surveillance de masse ont atteint des niveaux d’efficacité redoutables. Pour Julian Assange, « Internet, qui était censé être un espace civil, est devenu un espace militarisé ». Les puissances militaires mondiales (Etats-Unis, France, Israël, Royaume-Uni, Russie) investissent dans « l’archivage de masse » : télécommunications, messages vocaux, flux de données, SMS, connections internet, correspondances électroniques.

Aux Etats-Unis, le géant des télécommunications AT&T collabore avec la National Security Agency (NSA) pour développer de nouveaux systèmes d’interception de données et d’écoute. En France, l’entreprise Amesys [10] a vendu son nouveau système d’interception et d’écoute Eagle au régime de Mouammar Kadhafi lorsque celui-ci s’est lancé dans la répression contre une partie de sa population. Ce système était capable d’intercepter toutes les communications de l’ensemble de la population libyenne.

Mais le problème ne se limite pas à la question de l’Etat. Il concerne, dans le même mouvement, le secteur privé.

Celui-ci est devenu maître dans l’espionnage des individus, à son profit, mais également pour celui des Etats qu’il renseigne lorsque ces derniers en ont besoin. En retour, ceux-ci favorisent l’élaboration d’un cadre légal et fiscal sur Internet qui préserve le modèle économique publicitaire et la liberté des entreprises.

Comme le résume Jérémie Zimmermann, « si vous êtes un utilisateur standard de Google, Google sait avec qui vous êtes en train de communiquer, qui vous connaissez, ce que vous êtes en train de rechercher ; il connaît potentiellement aussi votre orientation sexuelle et vos croyances religieuses ou philosophiques ».

Pour sa part, Facebook gratifie symboliquement ses utilisateurs en leur offrant des crédits sociaux : propositions d’amis et élargissement de leur visibilité sociale sur le réseau. De ce fait, chaque utilisateur peut avoir le sentiment d’obtenir, tel un client, un service de la plateforme.

Mais Julian Assange de rectifier : « L’utilisateur de Facebook est en réalité le produit, le véritable client étant l’entreprise qui place ses publicités ». Intégrer le réseau Facebook revient en effet à se livrer aux entreprises par l’intermédiaire des fichiers de données compilées et vendues par le programme californien.

Dans le deuxième monde, les acteurs et les institutions de l’univers physique s’interpénètrent pour créer les fondations d’une nouvelle société globale dans laquelle appareils d’Etat et conglomérats capitalistes scellent une nouvelle alliance totalitaire.

Les Quatre cavaliers de l’infocalypse

Alors, que faire ? Pour les auteurs, l’action sur les institutions des démocraties libérales, certes nécessaire, ne permettra pas, pour autant, d’apporter une réponse à ce nouveau défi. Car, selon eux, toute démocratie intègre dans son système le principe de régime d’exception à l’état de droit, lorsque la raison d’Etat ou les valeurs constitutives de la vie en société sont en danger.

L’appareil d’Etat décide, en dernier ressort, le motif et le moment de la violation de ces valeurs. Il peut ainsi, quand bon lui semble, en abuser pour atteindre ses objectifs en matière de surveillance et de politiques sécuritaires. Dans cette perspective, Jacob Appelbaum affirme que les démocraties sont confrontées à « Quatre cavaliers de l’Infocalypse » : la pornographie enfantine, le terrorisme, le blanchiment d’argent, les guerres de la drogue.

Chacun de ces fléaux, indépendamment du fait qu’ils doivent être effectivement combattus, servirait dans le même temps de prétexte au renforcement permanent des systèmes de surveillance globale des populations. Julian Assange et ses co-auteurs considèrent que toute personne souhaitant renforcer la démocratie au 21e siècle doit mener un combat au cœur de la nouvelle dimension immatérielle du monde.

Dans cette perspective, deux principaux objectifs doivent être poursuivis : l’imposition d’un maximum de transparence aux puissants de l’Internet (entreprises, Etats, agences, banques, etc.) et, dans le même temps, la reconnaissance, la promotion et la protection du droit à l’anonymat pour les individus.

Des logiciels libres à la cryptographie [11], en passant par l’organisation de mouvements de sensibilisation pour imposer de nouveaux droits (anonymat, décentralisation des données et des hébergements, etc.), plusieurs fronts sont désormais ouverts contre l’Alliance de la surveillance globale.

Et les auteurs de rappeler que de nombreux outils et services performants, gratuits et accessibles, sont déjà disponibles pour qui est prêt à en finir avec sa servitude volontaire : Tor, Diaspora [12], Cryptophones, monnaies Chaumian [13] ou…WikiLeaks.

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Notes

[1] Lire Ignacio Ramonet, L’explosion du journalisme, Galilée, Paris, 2011.

[2] Lire le dossier de Mémoire des luttes, « L’affaire Julian Assange »

[3] Extrait de la déclaration de Julian Assange : « Après six mois dans l’ambassade de l’Equateur »

[4] Julian Assange, avec Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn, et Jérémie Zimmermann, Cypherpunks. Freedom and the Future of the Internet, OR Books, New York, 2012. L’ouvrage sera publié en France à partir du 21 mars 2013 sous le titre Manuel d’insurrection. Comment Internet nous surveille. Comment résister. aux éditions Robert Laffont (http://www.laffont.fr/manuel_d_insurrection).

[5] https://noisebridge.net/wiki/Noisebridge

[6] Tor Project est « un logiciel libre et un réseau ouvert qui aide à vous défendre contre le réseau de surveillance qui menace la liberté personnelle et la confidentialité ». Il s’agit d’un réseau « de tunnels virtuels qui permet aux individus et à des groupes de personnes de renforcer leur intimité et leur sécurité sur Internet ». En savoir plus

[7] Lire « Enterré au Parlement européen, l’ACTA ressuscite au G8 », Le Monde diplomatique, 12 avril 2012

[8] Data Centers

[9] Lire Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Cours au collège de France 1978-1979, Hautes études, Gallimard-Seuil, Paris,2004.

[10] Amesys est une entreprise française « leader dans la conception et l’intégration des systèmes critiques de haute technologie ». (Lien). Elle a été rachetée, en 2010, par le groupe Bull dont France Telecom et le Fonds stratégique d’investissement (FSI) détiennent respectivement 8,1% et du 5% du capital.

[11] Grâce à l’existence de multiples systèmes de cryptage des messages et des données - que les puissants utilisent systématiquement pour leurs propres communications -, les internautes peuvent s’affranchir de la surveillance de masse.

[12] The Diaspora Project est un réseau social qui offre les mêmes fonctionnalités de partage que Facebook. Cependant, plusieurs différences majeures existent entre les deux systèmes. Avec Diaspora, l’utilisateur contrôle avec qui il souhaite partager des informations. Il conserve également une copie des données qu’il héberge directement – sans dépendre d’un serveur centralisé extérieur – et qu’il peut retirer à tout moment. Il sait que ses données personnelles ne seront pas commercialisées. Pour en savoir plus.

[13] David Chaumian a inventé un système de signature cryptée pour effectuer des transactions financières. Celui-ci permet la création de monnaies numériques anonymes avec lesquelles des individus peuvent opérer des transferts financiers entre eux sans être « tracés » par des systèmes centralisés comme Paypal, Mastercard, etc. Un système s’inspirant de ce protocole Chaumian se nomme « Bitcoin »

Les mensonges de la « croissance verte » Simon Charbonneau Reporterre 2013/02/12 Simon Charbonneau (12 février 2013) Les mensonges de la « croissance verte ». Reporterre. Tribune — fr

Les mensonges de la « croissance verte »

Après l’oxymore du « développement durable », nous voilà arrivés dans ce que le déni collectif de la crise écologique peut produire de pire, à savoir la « croissance verte ».

Car suite à l’effondrement en cours des économies occidentales depuis 2008, au lieu de se poser des questions de fond sur ce qui nous a mené là et la manière d’y répondre, notre oligarchie éclairée n’a rien trouvé de mieux que foncer la tête dans le guidon sur les rails qui nous y ont mené, mais en ayant recours à une nouvelle rhétorique qui est celle de la « croissance verte ».

Car depuis l’épisode éphémère du « Grenelle de l’Environnement », une idée, qui pourtant n’a rien de nouveau, a surgi dans l’espace médiatique consacré à la crise économique, à savoir que cette dernière pouvait constituer une opportunité pour relancer une croissance en berne.

D’où le succès de cette nouvelle expression destinée aussi à répondre aux oiseaux de malheurs estimant que la cause structurelle de la catastrophe écologique en cours se trouvait dans la croissance économique et technique ignorante des limites de la terre [1] comme de celles liées intimement à la conditions humaines.

Les illustrations de cette absurdité se rencontrent dans à peu près tous les domaines de la gestion officielle du désastre en cours, mais j’en retiendrai trois à titre pédagogique.

Des énergies renouvelables mais à échelle industrielle

En matière énergétique tout d’abord, il faut rappeler que le mouvement écologique à ses débuts a fait la promotion des énergies renouvelables et décentralisées face au nucléaire et aux énergies fossiles, mais à une échelle communale, artisanale et familiale.

Or aujourd’hui, il s’agit d’alimenter le système industriel dans son ensemble avec ce type de technologie pour répondre aux besoins énergétiques actuels et futurs, sans poser comme priorité la réduction drastique de notre consommation d’énergie engendrée par notre mode de vie. Autrement dit, c’est le recours à la technique qui va nous permettre de sauvegarder ce dernier sans que ce dernier ne soit remis en question !

De cet aveuglement initial sont nés les conflits environnementaux locaux engendrés par la prolifération actuelle des installations d’éoliennes et de centrales photovoltaïques. Car, indépendamment de l’une ou de l’autre de ces techniques alternatives, dont il faut bien sûr souligner les inconvénients écologiques sans commune mesure par rapport au nucléaire, il s’agit aujourd’hui d’alimenter le réseau électrique national mais nullement de mener à bien des projets décentralisateurs de production et de distribution d’énergie électrique.

Pour les entreprises promotrices de ce genre de projet et les propriétaires des terrains concernés, le prix de vente du courant produit à EDF constitue alors une opportunité spéculative intéressante.

Par ailleurs, comme cela a été très tôt le cas avec les barrages hydroélectriques, ces technologies n’ont pas un impact mineur sur l’environnement et ceci en raison de leur dimension industrielle. Les éoliennes par exemple peuvent monter jusqu’à plus de 150 mètres de haut pour trouver suffisamment de vent, ce qui n’a rien à voir avec le pylônes électriques auxquels elles se surajoutent.

Delà un impact paysager important portant atteinte au cadre de vie des populations, sans compter les conséquences négatives sur les couloirs de migration de l’avifaune. C’est ainsi que dans le Sud Gironde, ces projets d’implantation sont contestés par les chasseurs de palombe et par les ornithologues à la Pointe de Graves.

Ici encore, ce n’est pas le choix technologique qui est en cause mais sa taille, car une politique intelligente de décentralisation de production et de distribution d’énergie axée sur l’autonomie énergétique locale devrait privilégier la multiplication de petites éoliennes dans les zones exposées au vent comme sur le littoral. Small is beautiful, comme disait il y a quarante ans E.F. Schumacher ! [2]

En ce qui concerne les centrales photovoltaïques, déjà installées ou en cours d’installation en Aquitaine, les inconvénients sont différents. La taille de ces centrales fait que la superficie d’installation peut atteindre plusieurs centaines d’hectares.

Mais surtout, le principal inconvénient réside dans le fait que ces centrales sont presque toujours installées sur des espaces naturels parfois déboisés ou des terres agricoles, contribuant ainsi à étendre un peu plus les superficies artificialisées.

Or l’incontestable intérêt écologique de ce type de projet du point de vue de l’autonomie énergétique locale devrait inciter les autorités chargées de l’urbanisme à privilégier les superficies déjà artificialisées, telles que les grandes surfaces commerciales ou les parkings comme cela a été fait à Bordeaux Lac en permettant un usage local de l’énergie produite, ce qui n’est pas le cas dans les espaces naturels à moins d’avoir recours à la mise en place de réseaux de distribution.

Le recours aux énergies renouvelables tel qu’il est pratiqué aujourd’hui s’inscrit donc dans la logique de la croissance du système industriel et ne peut donc constituer une alternative crédible à la crise environnementale.

La gestion des déchets

Il en va de même avec les réponses officielles données actuellement à l’échelle européenne et nationale à la question des déchets produits par le système économique. En matière de gestion des déchets, les textes européens comme nationaux donne une claire priorité à la réduction des quantités de déchets produites à la source, autrement dit, au stade de la production industrielle de déchets.

Ces dispositions n’ont jamais été accompagnées de mesures d’application par nos ministres successifs en charge de l’environnement. On peut citer à ce propos le cas des emballages qui n’ont jamais fait l’objet de mesure d’interdiction quand ils s’avéraient inutiles.

Au lieu de cela, ont été privilégiées les solutions du recyclage et de l’incinération qui ont l’inconvénient de produire à leur tour des déchets dits ultimes qu’il s’agit alors de mettre en décharge.

Au final, on a un système de gestion des déchets extrêmement lourd et particulièrement onéreux qui s’impose aux collectivités territoriales chargées d’en assurer la responsabilité alors qu’une politique européenne de réduction des quantités de déchets mis sur le marché résoudrait en grande partie la question.

Or cette situation est aujourd’hui encore aggravée par les quantités astronomiques de déchets électroniques résultant de l’usage massif des téléphones portables causé par l’expansion d’un nouveau secteur industriel partout dans le monde.

"Sauvegarde" de la biodiversité

Le dernier exemple de cette politique de « croissance verte » concerne le domaine de la sauvegarde de la biodiversité. Depuis la loi de Grenelle II de 2010, toute opération d’aménagement portant atteinte au milieu naturel, et Dieu sait si elles sont encore nombreuses malgré la crise économique, doit s’accompagner de compensations sous forme d’achats d’espaces naturels, de replantations ou de réintroduction d’espèces menacées par la destruction de leurs habitats.

Ce mécanisme administratif acté par la loi doit intervenir en matière d’implantation de grandes infrastructures de transport (autoroutes, LGV) et de grandes zones d’activités faisant l’objet d’autorisations préalables. Il s’avère d’autant plus indispensable que ces chantiers souvent pharaoniques s’accompagnent toujours de destruction d’espèces protégées exigeant l’obtention de dérogations accordées par les autorités administratives au maître d’ouvrage.

La gestion de ces destructions/compensations fait d’ailleurs appel des directives ministérielles [3]. Or il est évident, que cette politique de compensation constitue un simulacre destiné à résoudre au plan rhétorique la contradiction insurmontable existant entre protection et aménagement.

La vérité est que compensation à la destruction d’un habitat il y aurait si, par exemple, un parking de supermarché pouvait être transformé en zone humide ou en mare à batraciens, suite à un travail important de génie écologique ! C’est ainsi qu’en Aquitaine aujourd’hui, des chantiers comme ceux de l’A65 Langon/Pau ou la LGV Tours/Bordeaux font l’objets de nombreuses opérations dites de compensation constituant autant d’alibis à des destructions irréversibles de biotopes.

Autrement dit, tout continue comme avant le Grenelle, mais avec une pollution mentale en plus représentée par les faux semblant d’une politique écologique.

Comme le développement durable, la croissance verte ne constitue donc qu’une figure rhétorique destinée à mystifier l’opinion à propos d’entreprises qui ne font qu’alimenter un peu plus les ravages planétaires d’une société dont l’homme sera un jour la victime finale.

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Notes

[1] Denis Meadows : dernier rapport sur les limites de la croissance avec son interview en mai 2012 dans Terra Eco.

[2] E.F. SCHUMACHER : Small is beautiful : une société à la mesure de l’homme. Collection Points 1979.

[3] Voir le guide ministériel « Espèces protégées, aménagement et infrastructures » 2012.

Paul Watson élu héros de l’écologie, Nicolas Vanier imposteur Marc Giraud (JNE) Reporterre 2013/02/12 Marc Giraud (JNE) (12 février 2013) Paul Watson élu héros de l’écologie, Nicolas Vanier imposteur. Reporterre. fr

Paul Watson élu héros de l’écologie, Nicolas Vanier imposteur

Le vote vient des adhérents de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). Chaque année, ils élisent le personnage qu’ils apprécient le plus ou le moins pour leurs actions vis-à-vis de la nature. Positif, le « Trophée de plume » 2012 revient à Paul Watson. Nicolas Vanier a reçu quant à lui le « Trophée de plomb » pour son attitude anti-écologique.

Ca tombe à pic pour le capitaine Watson. Recherché par la police de plusieurs pays et par la mafia des trafics d’ailerons de requins, Watson vient de demander l’asile politique en France à François Hollande via Nicolas Hulot. Les actions de terrain du pirate pacifique, qui n’hésite pas à risquer sa vie pour stopper des baleiniers illégaux en les sabordant ou en les arrosant de chocolat rance, ont séduit les adhérents de l’ASPAS.

Mais pas seulement eux. Watson est un héros dans le monde entier, soutenu par le Dalaï Lama ou Mick Jagger. Cependant, il est très peu connu en France, et bien peu médiatisé.

C’est quasi le contraire de Nicolas Vanier, surfant médiatiquement sur l’image populaire de l’explorateur, mais pas si aimé par beaucoup de ceux qui l’ont approché.

65 % des adhérents de l’ASPAS lui reprochent de soutenir le lobby des chasseurs de phoques, de s’afficher anti-scientifique dans son film Le dernier trappeur (« il n’y aurait pas tant d’animaux s’il n’y avait pas de chasseurs »…), d’infliger des conditions de tournage déplorables aux bêtes sauvages et domestiques exploitées dans son film « Loup », d’avoir construit un camp touristique sur une zone protégée du Vercors, ou laissé ses chiens de traîneau attaquer des animaux…

Pierre Athanaze, Président de l’ASPAS, a remis en main propre le Trophée de Plume destiné à Paul Watson à Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France, le 28 janvier 2013. Monsieur Vanier a reçu le sien par la poste.

Nouvel incident à Fukushima Fukushima Blog Reporterre 2013/02/12 Fukushima Blog (12 février 2013) Nouvel incident à Fukushima. Reporterre. Monde fr

Nouvel incident à Fukushima

Tepco, le plus grand pollueur du monde depuis mars 2011, continue ses bêtises. Dans une bienveillance incompréhensible de la part de tous les pays du monde, cette entreprise qui aurait dû être mise sous tutelle dès le lendemain de la quadruple catastrophe nucléaire a continué d’exister et est restée entièrement responsable du site nucléaire sans garantir la moindre transparence (1).

Le 7 février 2013, Tepco a admis avoir perdu la veille une partie d’une machine, un grand cylindre permettant de charger et décharger le coeur du réacteur. Cette machine de chargement de combustible de 35 tonnes était tombée dans la piscine de désactivation lors de l’explosion du 14 mars 2011 ; une partie, de 1,5 tonnes, était encore visible et accessible.

Suite à des travaux de déblaiement, le vérin a donc sombré complètement, occasionnant probablement des dégâts supplémentaires.

Voici le rapport de Tepco en anglais, qui dit en gros qu’ils n’ont pas remarqué tout de suite que le vérin était tombé et que ce n’est pas grave, puis une photo de l’intérieur de la piscine montrant une partie de cette machine. Le journal Asahi qui publie cette photo ne dit pas si elle date de 2013 ou si c’est une photo d’archive.

ndlr : IMPORTANT ! La gaine de zirconium constitue de dernier rempart entre le combustible et l’environnement ! La chute d’un objet de 1.5 tonnes peut modifier la géométrie des assemblages et entraîner une reprise de criticité en piscine .

Il faut le rappeller, la caractéristique du réacteur N°3 et de sa piscine c’est qu’il est chargé au MOX soit un combustible qui contient entre 7 à 8 % de plutonium, dont 4 à 5 % fissile, c’est-à-dire essentiellement du Plutonium 239 et à la marge du Pu-241 très instable (demi-vie de 14 ans), le reste étant essentiellement formé par les isotopes 240 (fertile) et 242 (non fissile et très peu fertile).

Le plutonium est beaucoup plus radioactif que l’uranium et avant utilisation, les pastilles de MOX sont plusieurs milliers de fois plus radioactives que celles d’uranium.

Notre Dame des Landes : le procès de la liberté Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/02/13 Hervé Kempf (Reporterre) (13 février 2013) Notre Dame des Landes : le procès de la liberté. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : le procès de la liberté

Le 12 février à Saint Nazaire, Elise et Erwan comparaissaient devant le tribunal. Leur crime ? Avoir « outragé » les gendarmes surarmés qui investissaient le bocage de Notre Dame des Landes en manifestant nus.

- Reportage, Saint Nazaire

Je me rends au procès d’Elise P. et Erwan T. « La citation à témoins » que j’ai reçue indique que j’ai « à comparaître devant le tribunal correctionnel de Saint Nazaire » le 12 février à 14 h « en qualité de témoin pour y être entendu dans l’affaire concernant Madame P. [je n’indique pas les noms] et Monsieur Erwan T. poursuivis pour avoir à Notre Dame des Landes (44), le 23 novembre 2012, outragé par gestes non rendu public une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions en l’espèce en déambulant entièrement dénudé ».

Le vendredi 23 novembre, une semaine après la grande manifestation populaire du 17 à Notre Dame des Landes, l’Etat avait lancé une nouvelle opération policière, très brutale, sans doute pour signifier qu’il restait maître du terrain. Dans la boue et le froid, une guerilla de deux jours s’enclenchait sous les nappes de gaz lacrymogène, avant que, dimanche soir 25 novembre, une cinquantaine de tracteurs viennent former autour de la Chataîgneraie une barrière protectrice. Face à la violence policière, Elise et Erwan, qui s’étaient rencontrés quelques jours auparavant, décidèrent de manifester nus.

Le 24 novembre, Elise et Erwan recommencent leur action, joints par deux autres zadistes, dont Baptiste. La police réagit sauvagement, les aspergeant à bout portant de gaz lacrymogène. Voici le témoignage de Baptiste.

C’est cependant seulement le geste du 23 novembre qui est poursuivi.

Elise a expliqué sa démarche de façon claire : « Pourquoi nue ?

Camille à Couettes (Elise) ».

Elle s’explique aussi en interview : écouter ici

Erwan et Elise, le 12 février

Il y a environ quinze jours, Baptiste m’a proposé de venir témoigner au procès. L’avocat d’Elise et d’Erwan, Me Le Moigne, m’a appelé peu après pour officialiser cette proposition. J’ai accepté sans trop d’hésitation. Je ne suis pas un témoin des faits, mais ce qu’on appelle, je crois, un témoin de personnalité, apte à replacer le délit présumé dans un cadre plus large. Il avait été question de trouver d’autres témoins pour enrichir la barre de ce procès évidemment politique, mais le temps a manqué de mon côté pour en chercher, et il en est allé de même, manifestement, du côté de Me Le Moigne.

Cela me fait un peu bizarre d’aller témoigner ainsi. Je ne crois pas que ma personne impressionnera fort la cour (à moins, hypothèse peu probable, que les juges aient lu L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie), il faudrait des personnalités plus notoires, plus reluisantes. Mais partons du postulat que cette démarche peut être utile.

Je n’ai guère hésité, car il ne s’agit pas d’un procès visant à décider si le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes doit ou non se faire, mais du procès d’une forme non-violente de manifestation dans le cadre d’une lutte évidemment publique et dont les enjeux sont légitimement controversés. Autrement dit, c’est un procès qui concerne la vie démocratique, qui concerne les libertés publiques.

Mardi 12 février. Après le petit déjeuner, on se rend dans le cabinet de l’avocat, Maitre Le Moigne, sis à Saint Nazaire. Celui-ci explique aux prévenus l’aspect juridique du procès. « Pour que l’outrage soit constitué, selon le Code pénal, il faut atteindre une personne directement. Là, le commandant, qui se plaint, n’a pas été spécifiquement ciblé. Le point de droit est là : il n’y a pas d’atteinte à la dignité d’une personne ». Erwan et Elise, qui n’ont jamais pensé outrager quiconque, raisonnent autrement : « Notre but n’était pas de déambuler devant eux, dit Erwan, mais d’être entre eux et les barricades. De leur montrer la fragilité des gens comme de la forêt ». Elise : « Pour moi, c’était une poésie. La poésie est jugée par beaucoup comme inutile, ou futile – mais pas du tout ! Il s’agissait de faire passer le contraste entre leur surarmement et la vulnérabilité humaine et naturelle. Qui va parler du lieu ? C’est lui qui est outragée. La forêt, personne ne l’entend. Elle crie qu’elle ne va pas bien ».

Dans la discussion, on se rappelle qu’Elise a été frappée par les gendarmes, qu’elle a eu deux hématomes – dont attestent des photos -, le 23 novembre au bras, le 24 à la cuisse.

Dehors, on discute un peu sur le trottoir. Elise me dit qu’elle a toujours vécu dans la région. Depuis près de dix ans, elle élève des chevaux. Mais elle manquait d’espace. Il y a cinq mois, elle a pu s’installer – avec Olivier, son mari, qui est informaticien – non loin de Notre Dame des Landes, sur 5 hectares, avec ses quatorze chevaux (il a fallu en vendre pendant l’hiver, qui a été beaucoup trop humide). Ce qui se passait sur la Zad l’a tout de suite attirée, elle y a été avec une petite caravane. On discute aussi des enfants, elle en a trois, de deux, cinq et huit ans. Elle veille à, comment dire, ne pas les endoctriner, pour qu’ils restent libres de choisir quoi penser, plus tard. Dans le village, quand il y a eu l’histoire dans les journaux sur son acte poétique, ses voisines, les autres mères à l’école, ont été en sympathie avec elle, l’ont soutenue.

Non loin de là, sur une espèce de place, un pique-nique de soutien a été organisé. Il y a de la soupe chaude, plus d’une centaines de personnes, venues de la Zad et de Saint Nazaire, on discute, on se retrouve.

Je tombe sur Eric, paysan dans le Var, fabricant d’un délicieux pistou, que j’avais croisé voici quelques années. Il est venu avec les marcheurs partis de Nice et qui sont arrivés dimanche. Je discute avec Fatima et Patrice, d’une radio alternative toulousaine, Radio Canal Sud : ils sont venus voir ce qui se passait sur la Zad.

« En ce moment, dit Fatima, le slogan, c’est ‘Tousse ensemble’, il fait froid, tout le monde a le rhume ». Je discute avec Fred qui vit sur la Zad : son beau chien nous fait entrer en conversation. Fred me dit qu’en ce moment, les gendarmes ou les CRS sont carrément provocateurs, ils injurient ceux qui sont sur les barricades de manière vulgaire et provocante, c’est stressant. On discute de l’avenir, des risques d’expulsion.

Plus loin, on se maquille : torse dénudé, on se peint des slogans ou le symbole de la lutte, un panneau d’interdiction de stationnement des avions.

Mais il est l’heure d’aller au tribunal, à quelques centaines de mètres de là. La salle d’audience est vaste et moderne.

La première affaire appelée concerne une histoire pitoyable, impliquant deux perdants de la vie, tous deux classés adultes handicapés pour motif psychique. L’un, conducteur d’engins – il ne travaille plus depuis 2005 -, a enchainé courtes peines de prison et séjours psychiatriques. L’autre, c’est à peu près pareil, mais il était dans une phase tranquille depuis un an et demi. Ils se sont rencontrés à Angers, où le premier – un grand et fort barbu – a convaincu l’autre – mince et crâne rasé - de l’accompagner à Notre Dame des Landes où se déroulait, selon lui, une rave-party succédant à la FestiZad de début janvier. Ils embarquent dans un taxi, dont le chauffeur n’a pas hésité à les emmener, le prix de la course étant fixé au départ et, je crois, payé. Mais arrivés sur la zone, ils ne savent où aller, errent sur les routes, le chauffeur s’inquiète, leur propose de les ramener à Nantes ou de le laisser là, le ton monte, ils finissent par faire arrêter la voiture et à cogner le conducteur. Celui-ci a passé le plus sale quart d’heure de sa vie, parvient à s’échapper et à se réfugier dans une maison d’où l’on appelle la police.

Les discours des deux prévenus ne brillent pas par leur cohérence. Un avocat plaide l’irresponsabilité, l’autre recommande l’obligation de soins. Leur argumentation ne convainct pas la cour, qui suit le procureur, et assène les peines : deux ans et trois ans fermes, avec maintien en détention.

C’est le tour d’Elise et Erwan. Ils sont appelés à la barre. Moi, comme témoin, je quitte la salle et vais dans le hall du Palais de justice. A travers la fenêtre, on voit que dehors, la foule chahute et chante. Une trentaine se sont dénudés le torse et parfois les jambes, et chantent, malgré le froid. Une pancarte rappelle le bon sens : « Etre nu, c’est naturel, pas criminel ».

Mais je suis déjà rappelé. Je vais à la barre. Le président me demande de me présenter, puis ce que j’ai à dire. Je commence à parler, mais il m’interrompt rapidement : « Nous ne sommes pas là pour parler de Notre Dame des Landes, mais du délit d’outrage. – Je ne parle pas de ce projet, Monsieur le Président, mais du contexte sur les personnes dépositaires de l’autorité publique… » Il m’interrompt à nouveau, je retente de parler, il me coupe.

Maitre Le Moigne se lève et lui demande de me laisser parler. J’indique : « Je ne parlerai que cinq minutes, Monsieur le Président, si on ne m’interrompt pas. » C’est tendu, incorrect. Heureusement, je sais ce que je veux dire, et ne suis pas trop déstabilisé.

Je rappelle qu’en tant que journaliste, j’ai mis à jour deux informations sur Notre Dame des Landes. L’une, que l’ancien préfet de Loire-Atlantique au moment de l’enquête publique et du lancement de l’appel d’offres, a ensuite été embauché par Vinci. Voilà qui peut répandre chez beaucoup de nos concitoyens un doute légitime sur l’impartialité des personnes dépositaires de l’autorité publique. L’autre, qu’il y a eu manipulation sur des prévisions de trafic dans le dossier d’enquête d’utilité publique. Voilà qui peut répandre chez beaucoup de nos concitoyens, répété-je, un doute légitime sur l’impartialité des personnes dépositaires de l’autorité publique.

Ensuite, j’observe que de très nombreuses images de personnes nues sont répandues à foison par les télévisions, les affiches, les magazines, sans que l’on considère qu’il s’agit d’un outrage à l’égard des femmes, dont la représentation est pourtant le plus souvent sexiste, ou des enfants.

Je dis ensuite qu’en novembre, des députés européens et français ont pénétré illégalement dans une maison proche de Notre Dame des Landes, appartenant à Vinci, et qu’ils n’ont pourtant pas été poursuivis pour cet acte manifestement illicite.

Enfin, et c’est le point essentiel, on reproche à des opposants de répondre parfois violemment à des interventions policières, en les traitant parfois de ‘terroristes’, d’’anarchistes’, d’’étrangers’, mais si on leur reproche aussi de répondre par la non-violence – car qu’y a-t-il de moins violent que de s’exposer nu ? -, cela signifie que l’on interdit toute manifestation, toute liberté de manifester.

J’ai à peine fini cette phrase que le président, qui a toujours détourné le regard pendant mon témoignage, assène : « Les cinq minutes sont écoulées ! ». Je ne peux que répondre : « Merci Monsieur le président d’avoir compté le temps », et je vais m’asseoir sur un banc, secoué par la sécheresse de l’échange.

La suite s’enchaine rapidement. Me Le Moigne demande le visionnage de la vidéo montrant ce qu’ont fait Erwan et Elise le 23 novembre. La procureur s’y oppose, et le président la suit.

"Et ça les rend ridicules, les forces de l’ordre"

C’est à la procureur de présenter son argumentation. « Il y a un mot du témoignage du monsieur [c’est moi] tout à l’heure, le ‘contexte’. On ne peut pas faire abstraction du contexte, qui est celui de Notre Dame des Landes. On a taxé le ministère public de choix dans les poursuites, avec ‘l’outrage’. Mais ce choix n’est pas fait parce que l’acte est non-violent : le ministère public a l’opportunité des poursuites. On nous dit qu’avec le terme de ‘terroristes’, il y a stigmatisation des personnes. Sous-entendu : les prévenus seraient poursuivies par assimilation avec ces personnes. Non. Il y a bien poursuite parce qu’il y a outrage.

« On nous dit qu’il n’y a pas d’élément intentionnel. Cette affirmation n’est pas admissible. Qu’il n’y a pas d’élément matériel. Il n’y a aucune difficulté à prouver le contraire. »

Elle revient au texte du dossier : « Mme P. est venue en véhicule jusqu’au carrefour et dit, ‘là on a décidé de se déshabiller’. On est loin de la poésie. C’est un comportement délibéré. Et ça les rend ridicules, les forces de l’ordre. C’est une protestation qui n’est pas violente, mais qui est très délibérée. » Et elle demande « d’entrer en voie de condamnation », requérant un mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende.

C’est au tour de Me Erwan Le Moigne de mener sa plaidoirie. Il va parler d’une voix dense et claire.

"Comme la salle, commence-t-il, j’ai envie de sourire. En 2013, poursuivre des personnes qui ont eu le courage de se mettre nus est déplorable". Il montre la couverture d’un récent numéro de Courrier international qui montre que dans de nombreux endroits du monde, en Egypte, en Ukraine, en Iran, des femmes se sont dénudées pour manifester.

« Sommes-nous en 1965, quand Louis de Funès, dans Le gendarme de Saint Tropez poursuivait les nudistes sur la plage ? Là, sur les photos du dossier, on voit que les gendarmes ne se sentent pas outragés, ils ont plutôt le sourire ! »

« Dans un dossier aussi lourd, avec des policiers surarmés, on voit des jeunes gens dans le plus simple appareil, simplement pour dire, ’Ca suffit’. Le 23 novembre, je le rappelle, il y avait plus de 500 gendarmes sur le terrain, venus détruire les cabanes. Ce n’était pas rien. »Ils disent qu’ils ont voulu rappeler l’essentiel, qu’ils se sont mis nus pour exprimer la liberté. Eh bien, rappelez le grand tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple, si chère au coeur des Français. La liberté y est représentée nue."

« Ce dossier, dit-il, c’est l’outrage à la liberté ».

Il rappelle ensuite que le délit d’outrage participe de la répression des mouvements sociaux, et qu’il a été dénoncé dès 2008 par des intellectuels et des citoyens dans une pétition.

Il entre ensuite dans le détail juridique du procès, démontrant que les éléments matériels du délit ne sont pas constitués. « L’outrage, c’est cibler une personne. Là, une vingtaine de gardes mobiles étaient présents. Tous auraient dû porter plainte. Celui qui a porté plainte, le commandant Pierre Morant, a-t-il été outragé personnellement ? Non. Donc il n’y a pas d’élément matiérie. C’est là le point essentiel. »

Me Le Moigne se rassied. La procédure veut que les prévenus aient le dernier mot. Le président leur demande s’ils ont quelque chose à ajouter. « Ne démolissez pas la plaidoirie de l’avocat », glisse-t-il. Erwan est bref : « J’espère que cela a été suffisamment clair pour que nous obtenions la relaxe ».

Le président met en délibéré au 5 mars. Il faudra attendre jusque-là le verdic.

Tout le monde sort. Elise est sonnée. Elle a été tétanisée par la foule, par la salle, et n’a presque pas pu dire un mot de l’audience. Erwan et Le Moigne répondent aux journalistes. Dehors, chants et cris redoublent, cela réchauffe le coeur.

Elise et Me Erwan Le Moigne

On sort par une sortie arrière et on rejoint les amis. Une trentaine se sont mis nus, Erwan et Elise les rejoignent.

Il y a quelques prises de parole. Erwan : « Je me rends compte à quel point c’était difficile, plus que ce que je croyais. » et il évoque les autres opposants à l’aéroport qui sont poursuivis ou en prison, et qui n’ont pas bénéficié du même soutien.

Tout le monde discute, dans la bonne humeur, avant de se disperser.

Appel pour coordonner les luttes contre le changement climatique Par Julien villalard Reporterre 2013/02/13 Par Julien villalard (13 février 2013) Appel pour coordonner les luttes contre le changement climatique. Reporterre. Tribune — fr

Appel pour coordonner les luttes contre le changement climatique

Au Forum social mondial qui se tiendra en Tunisie en mars, de nombreux militants climatiques se retrouveront pour commencer à élaborer une stratégie internationale de lutte.

ESPACE CLIMAT : REPENSER LES STRATEGIES POUR LUTTER POUR NOTRE FUTUR

Le Forum Social Mondial 2013 (FSM) se tiendra du 26 au 30 mars 2013 en Tunisie où, il y a seulement deux ans, une révolution débuta et se conclut par un changement historique qui eut des répercussions partout dans la région. Maintenant, la Tunisie est une source d’inspiration pour les mouvements dans le monde entier,qu’ils soient nouveaux ou anciens.

C’est de cette source d’inspiration, provenant de cette vague de changements et de l’émergence de nouveaux mouvements avec des tactiques et stratégies nouvelles et passionnantes, que l’idée de cet Espace Climat est née. L’Espace Climat sera un espace fixe à l’intérieur du FSM 2013 pour échanger sur les causes, les impacts, les luttes, les alternatives et les stratégies pour faire face au changement climatique. Ce sera un lieu avec de nombreux ateliers, débats et sessions stratégiques.

Nous avons perdu de trop nombreuses batailles dans le combat pour la justice climatique, à tel point qu’il ne nous reste que peu de temps pour empêcher que la Terre Mère et l’humanité ne périclitent dans un futur trop affreux à imaginer.

Le changement climatique contribue déjà à 400 000 morts par an. Il suffit d’un regard sur les quelques derniers mois pour constater la dévastation du sud des Philippines par un typhon tellement destructeur qu’il a tué plus de 1 000 personnes et en a laissé des milliers sans abri, les chaleurs extrêmes en Australie, et le désastre que l’ouragan Sandy a causé en Haïti, sur des pans entiers du Canada et des Etats-Unis.

La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), en charge d’obtenir un accord global qui mettrait un terme à la marche vers le chaos climatique, a oeuvré au statu quo préservant les intérêts économiques et financiers au profit d’accords qui vont « brûler la planète ».

Les preuves scientifiques sont accablantes. Les effets du réchauffement climatique sont ressentis et observés directement dans le monde entier. Les études ont démontré que pour avoir une chance d’inverser un processus qui nous mène droit au chaos climatique, nous devons laisser les réserves d’énergies fossiles restantes dans le sol. Pourtant, les gouvernements et les multinationales continuent de forer toujours plus profond pour extraire des énergies fossiles.

Pour changer notre futur, nous devons passer à l’action. L’Espace Climat vise à réunir les militants et mouvements sociaux et écologistes pour débattre d’une série de questions :

Qu’est-ce-qui ne va pas dans les négociations climatiques internationales ? Comment peut-on atteindre l’objectif de laisser dans le sol plus des 2/3 des énergies fossiles ? Quelles sont nos alternatives énergétiques décentralisées ? Comment faire face à la crise alimentaire aggravée par les crises climatiques et financières ? Comment arrêtons-nous les perturbations des cycles vitaux de l’eau ? Comment répondons-nous au besoin d’emplois et arrêtons-nous le modèle suicidaire de croissance sans fin ? Comment renforçons-nous-le combat contre les fausses solutions telles que les OGM, la biologie de synthèse, les agrocarburants et la géo-ingénierie ? Quelles sont les implications de la marchandisation et de la financiarisation de la nature à travers « l’économie verte », les marchés de carbone et les initiatives REDD ? De quoi avons-nous besoin pour changer le modèle économique dominant ? Quelles menaces représentent la notion de « sécurité climatique " pour la paix, la démocratie et les migrants ? Comment construisons-nous des alternatives au capitalisme avec des expériences comme le « vivre bien », la défense des biens communs, la promotion de nouveaux indicateurs de bonheur, la souveraineté alimentaire, les « climate jobs » et d’autres alternatives déjà développées au niveau local ?

Depuis de très nombreuses années, les peuples indigènes, les petits paysans, les populations locales ont pratiqué et développé des manières de vivre et de coexister avec la nature. Il a été prouvé par les scientifiques que l’agro-écologie, un système de production agricole que les paysans utilisent et développent depuis des années, n’a pas comme simple vertu d’alimenter les populations avec de la nourriture plus saine et d’une meilleure qualité, mais permet également de refroidir la planète.

Mais comment porter ces solutions sur le devant de la scène et stopper les fausses solutions dommageables ? En d’autres termes, comment allons-nous au-delà de nos stratégies habituelles afin de voir comment nous pouvons gagner des victoires concrètes sur le terrain en travaillant ensemble, de façon horizontale et en mélangeant les acteurs, anciens et nouveaux, en liant les luttes sociales avec les luttes environnementales, en regroupant les syndicats, paysans, femmes, indiens, migrants, organisations communautaires, indignés, mouvements Occupy, Idle No More et les activistes pour le climat…

Nous invitons tous ceux qui sont intéressés par renverser le cours des choses à venir et se joindre à nous au sein de l’Espace climat au FSM à Tunis, du 26 au 30 mars.

Organisations facilitatrices :

Alliance of Progressive Labor, Philippines Alternatives International ATTAC France Ecologistas en Accion Environmental Rights Action, Nigeria Fairwatch, Italy Focus on the Global South Global Forest Coalition Grassroots Global Justice Alliance Grupo de Reflexão e Apoio ao Processo do Fórum Social Mundial La Via Campesina Migrants Rights International OilWatch International Polaris Institute Social Movements for Alternative Asia Transnational Institute

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ANNEXES

Informations pratiques

1) L’Espace Climat sera un espace fixe pour 200 à 300 participants au coeur du Forum Social Mondial en Tunisie du 26 au 30 mars 2013 ; c’est un processus de discussions pour tous ceux qui se sentent concernés par les dérèglements climatiques.

2) Nous avons enregistré un total de 14 activités comme point de départ :

- Qu’est-ce-qui ne va pas dans les négociations climatiques internationales ? Une discussion entre les réseaux sur le climat, les syndicats, paysans, femmes, indigènes, migrants, les communautés religieuses, indignés, Occupy, Idle No More et les autres.

- La lutte contre les combustibles fossiles et la construction de nouvelles alternatives comme la démocratisation de l’énergie, les transports publics, etc...

- Souveraineté alimentaire, agroécologie et slow-food comme des solutions aux dérèglements climatiques.

- Les cycles vitaux de l’eau et le changement climatique.

- L’emploi et les “climate jobs”.

- Fausses solutions : OGM, la biologie de synthèse, les agrocarburants, la géo-ingénierie.

- Marchandisation et financiarisation de la nature : l’économie verte, les marchés du carbone et les initiatives REDD.

- Les communautés religieuses et la Terre Mère.

- Alternatives systémiques : « Vivir Bien », les communs de l’humanité, les droits de la nature, indices de bonheur, etc.

- Les menaces liées à la “sécurité climatique” : discriminations, militarisation et guerres.

- Face aux dérèglements climatiques dans les pays du Maghreb, du Machrek et du monde entier.

- Migrations et changement climatique.

- Multinationales, Accords de Libre-échange et d’investissement et dérèglements climatiques : les forces à l’oeuvre derrière la scène.

- Quelles nouvelles stratégies ?

3) Dans chacune de ces sessions, nous débattrons de propositions et alternatives concrètes, de nos stratégies et de nos actions.

4) Nous inviterons toutes les organisations qui ont enregistré des activités sur le climat et l’environnement pour ce FSM d’essayer d’agglutiner nos activités, de partager les intervenants et les résultats de nos différentes activités.

5) Plus d’activités peuvent être et seront ajoutées sur les base des suggestions et propositions que nous recevrons. Notre seule limite est l’espace et le temps disponible.

6) Tous les participants du FSM 2013 seront invités à participer aux sessions stratégiques de l’Espace Climat excepté les organisations financées par les compagnies énergétiques et les multinationales.

7) L’Espace Climat essaiera de produire une série de propositions tant en termes d’analyses, d’alternatives et d’initiatives qui pourraient aider à faire face aux dérèglements climatiques.

8) Nous travaillons pour avoir une traduction en Arabe, Anglais, Français et Espagnol.

9) L’Espace Climat est doté d’un comité de facilitations composé d’organisations et de mouvements provenant de tous les continents et des différents secteurs.

10) Une liste de discussions afin de faciliter les échanges et la préparation de l’Espace Climat sera mise en place pour toutes les organisations qui soutiennent l’Espace Climat.

11) Une page web sera mise en place pour donner à voir tous les résultats de l’Espace Climat.

12) Si votre organisation veut se joindre à notre appel ou participer à l’Espace Climat, contacter climatespace.tunis@gmail.com

13) Notre Twitter est @ClimateSpace et notre hashtag est #ClimateSpace

Action Brigade Antiterrorisme Financier Par Julien villalard Reporterre 2013/02/13 Par Julien villalard (13 février 2013) Action Brigade Antiterrorisme Financier. Reporterre. fr

Action Brigade Antiterrorisme Financier

La Brigade Antiterrorisme Financier (BAF) recrute à l’Assemblée nationale ! Mercredi 13 février de 12h30 à 13h Rdv place Edouard Herriot M° Assemblée nationale

La Brigade Antiterrorisme Financier (BAF) recrute à l’Assemblée nationale

Collectifs Sauvons les Riches, Roosevelt 2012 et Plate-forme paradis fiscaux et judiciaires

Un objectif : Aider les députés à ne pas laisser dicter la loi de finance par les banques.

Le mercredi 13 février de 12h30 à 13h Rdv place Edouard Herriot M° Assemblée nationale Opportunités photos / vidéos / interviews

Contexte :

« La première décision à prendre, c’est de séparer ce qui relève du crédit de ce qui appartient aux opérations de spéculation ». C’est signé François Hollande, il y a un an au Bourget.

La France sera bien la première à adopter une nouvelle loi bancaire, mais si le texte en restait là, la loi ne changerait rien et menacerait la portée des discussions en cours au niveau européen.

Après plusieurs tentatives pour débouter des amendements clés, le 6 février, Pierre Moscovici a verrouillé la discussion en Commission des Finances à l’Assemblée. Le lendemain matin, sur France inter, il défendait bec et ongle le « modèle » français de la banque universelle (qui mélange toutes les activités). Quelle meilleure nouvelle pour les banquiers ?

Rappelons que l’absence de séparation :

- leur permet de prendre tous les risques sur les marchés financiers avec l’assurance que l’Etat règlera la facture en cas de crise ;

- se révèle être une opération juteuse pour les banques : la garantie implicite que leur apporte l’Etat leur permet de lever des fonds beaucoup moins cher sur les marchés… une « subvention » masquée qui fait économiser aux 4 grandes banques françaises la bagatelle de 48 milliards d’euros !

Un an plus tard, la finance continue ses ravages. Mais P. Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances (spéculatives), présente au Parlement un projet qui ne change rien – ou presque – pour les banques. De l’aveu de Frédéric Oudéa, patron de la Société générale devant les députés, moins d’1% de l’activité des banques est concernée par le projet de loi !

L’Assemblée nationale commence à en débattre le 13 février 2013.

Action :

Les collectifs Sauvons les Riches, Roosevelt 2012 et Plate-forme paradis fiscaux et judiciaires recrutent les députés dans les rangs de la Brigade antiterrorisme financier : Non, l’argent de l’Etat ne doit pas servir à éponger les pertes des banques et de leurs clients au casino de la finance !

Il faut couper les banques comme Roosevelt l’a fait en son temps, et leur demander des comptes sur leur utilisation des paradis fiscaux avec une transparence pays par pays non seulement sur leur activité mais aussi sur leurs profits. Devant le Palais Bourbon, les agents spéciaux de la BAF viendront fournir aux députés les armes pour ne pas se laisser dicter la loi par les banques.

Le géant Véolia attaque un écologiste en diffamation Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/02/14 Barnabé Binctin (Reporterre) (14 février 2013) Le géant Véolia attaque un écologiste en diffamation. Reporterre. fr

Le géant Véolia attaque un écologiste en diffamation

Aujourd’hui, 14 février 2013, à 13h30 au Palais de Justice de Paris, s’ouvrira le procès en diffamation intenté par le groupe Veolia à l’encontre de Jean-Luc Touly pour ses propos dans le film « Water Makes Money ». L’occasion d’un combat à fronts multiples pour les militants écologistes.

Pour cette Saint-Valentin 2013, c’est donc devant la 17e chambre correctionnelle de Paris que Veolia et Jean-Luc Touly célèbreront leur amour respectif, un amour vieux de plusieurs années et de quelques précédents judiciaires.

Licencié en 2006, Jean-Luc Touly - ancien cadre CGT chez Veolia - est réintégré au sein du groupe en septembre 2010, sur décision prud’hommale. Depuis, le film "Water Makes Money", au sein duquel Jean-Luc Touly dénonce les pratiques occultes du groupe, a largement ravivé la flamme et donne l’occasion de nouvelles déclarations publiques.

Le combat judiciaire qui s’ouvre demain en première instance est ce que l’on pourrait appeler un procès-prétexte. Un prétexte d’abord pour Veolia, à travers ses chefs d’accusation. Le groupe n’attaque ni les réalisateurs, ni les producteurs, ni même les médias qui diffusent le film "Water Makes Money".

D’aucuns les considèreraient pourtant comme les principaux responsables de l’existence, du contenu et de la visibilité du film. Après une première plainte contre X, Veolia poursuit donc un "petit" protagoniste du film - les trois interventions de Jean-Luc Touly dans le film représentent environ 40 secondes en cumulé - et l’association La Mare aux canards, le distributeur français du film. Des brebis largement à la portée du loup.

« Veolia n’a pas pu empêcher le film, et fait très attention à son image. Il était trop risqué de mettre en cause directement les responsables ; dès lors nous représentions un fusible idéal pour s’attaquer au film sans le nommer » explique sereinement Jean-Luc Touly.

En Allemagne, d’où sont originaires les réalisateurs et une bonne partie de la production, la filiale allemande de Veolia a, elle, refusé de porter plainte, considérant que la procédure ne ferait qu’aggraver les nuisances... Jean-Luc Touly est lucide sur la situation : « ils veulent surtout éviter d’être accusés de censure. Ce procès est un moyen habile pour eux de faire pression. C’est le tarif minimum ».

Un procès utilisé comme tribune politique

Si ce procès est plus un prétexte pour les plaignants, il le devient également pour les inculpés. « Je suis ravi car cela va être l’occasion de remettre des problématiques en lumière, notamment celle de la politique de l’eau. A la veille des municipales, les enjeux sont énormes. Pour moi, ce n’est pas seulement un procès, c’est aussi une tribune politique » poursuit Jean-Luc Touly.

Pour l’écologie politique et ses militants de la société civile, ce procès est ainsi un prétexte à mobilisation autour de trois thèmes principaux.

• Remettre la gestion de l’eau au coeur des débats

Le film "Water Makes Money" dénonce avant tout la privatisation des services publics de l’eau. Il montre ainsi comment des multinationales, comme Veolia et d’autres, gèrent aujourd’hui ces services publics, n’hésitant pas parfois à augmenter les prix à la consommation tout en diminuant l’entretien des réseaux pour accroître leurs profits.

Pour Jean-Luc Touly, fervent défenseur d’une gestion publique de l’eau, le sujet est capital : « Nous travaillons à faire revenir les municipalités dans les régies collectives, mais on fait face à la force des lobbys qui ont réussi à influencer quelques décideurs. L’eau est au coeur d’enjeux industrialo-politiques importants ».

Conseiller Régional d’Ile-de-France pour Europe Ecologie-Les Verts, il reconnaît bien volontiers l’absence d’implication sur cette question : « Il y a un désintérêt général autour de l’eau. Le sujet n’est pas pris à bras-le-corps par nos dirigeants, les médias et les partis politiques sont inexistants sur ces enjeux. Quand on voit qu’il n’y a quasiment rien sur l’eau dans le programme d’Eva Joly, ça en dit long sur l’état de la question... ».

• Défendre la liberté d’expression

Veolia intente ce procès en diffamation car il conteste deux affirmations de Jean-Luc Touly dans le film. La première dénonce une proposition d’un million d’euro que lui aurait fait le groupe afin que l’homme se taise. A l’époque, Jean-Luc Touly s’apprêtait à sortir son livre "L’eau des multinationales : les vérités inavouables" et la somme d’argent visait à l’en dissuader.

« Il n’y a pas de témoins, c’est parole contre parole » concède-t-il. L’autre passage au coeur du litige concerne l’utilisation du mot "corruption". « C’est normal que cela dérange. Je suis le seul salarié d’une multinationale d’eau qui dénonce ça... ». Derrière le débat sur la véracité ou non des propos, c’est l’idée de liberté d’expression dans sa globalité qui est en jeu.

Qui peut relater des traffics d’influence et des procédures occultes qui décident de l’attribution des marchés publics ? Jean-Luc Touly précise : « Veolia utilise une stratégie de victimisation, pour contourner le débat. Bien sûr que c’est un film à charge, mais on ne fait pas cabale contre Veolia spécifiquement ! ».

D’autres ont également par le passé engagé des poursuites à l’encontre de documentaires compromettants, comme Suez contre "Flow, for love of Water", documentaire canadien sur le même thème. Comme si les grands groupes se partageaient les poursuites en diffamation, comme ils se partagent les marchés publics...

• Lutter contre les "poursuite-bâillons" qui paralysent les mobilisations citoyennes

Ce procès révèle, enfin, les difficultés auxquelles font face ceux qui osent se confronter aux grandes multinationales. Julien Bayou, militant activiste et lanceur d’alerte proactif, participe au comité de soutien qui se rendra au Palais de Justice aujourd’hui.

Egalement accusé de diffamation par le passé, il témoigne de la violence sous-jacente à ces procès : « La diffamation est une procédure pénible, qui jette l’opprobre tout autant qu’elle intimide. C’est très crispant, d’autant plus que ça monopolise énormément de temps, d’argent et d’énergie ». Face à des organisations puissantes, disposant de fonds conséquents et de départements juridiques bien établis, les petites structures ou les personnes seules qui se trouvent accusées peuvent vite se retrouver débordées par les frais d’avocat et la lourdeur de la procédure juridique.

Un coût financier doublé d’un coût moral qui portent un coup fort aux "rebelles" : « au-delà de gagner ou pas le procès, il s’agit de faire taire les opposants pour un certain temps. Même si Jean-Luc touly est relaxé en première instance, un groupe comme Veolia peut sans problème expédier la procédure à travers toutes les instances possibles » explique Julien Bayou.

Une procédure judiciaire dont le but réel n’est pas tant de faire condamner un détracteur que de l’épuiser financièrement, moralement et nerveusement afin de le faire taire, de le baîlloner : voici la définition de la "poursuite-bâillon". Ou "S.L.A.P.P." en anglais, pour Startegic lawsuit against public participation. Un acronyme futé, qui rappelle que to slap signifie gifler...

Aurélien Bouayad, doctorant en droit à Sciences-Po Paris, détaille le concept : « la poursuite-bâillon est une arme de muselage très puissante, car elle utilise des moyens tout à fait légaux. C’est donc très difficile à réguler : comment définir ce qui est une procédure abusive de ce qui ne l’est pas ? ». Cette utilisation du droit comme moyen de pression est très courante en Amérique du Nord, et arrive doucement en France. « Ce sont des stratégies de défense de plus en plus utilisées par les acteurs des sociétés néo-libérales. Dans des pays où on ne fait plus facilement taire la société civile, c’est paradoxalement un indicateur intéressant d’Etat de droit... » complète Aurélien Bouayad.

Le procès Veolia vs Touly serait donc, au fond, le symptôme d’un activisme citoyen qui dérange d’autant plus qu’il se fait entendre. A la veille de l’ouverture du procès, Jean-Luc Touly se veut déterminé et confiant. Il peut compter sur la mobilisation de soutiens variés. Des élus municipaux de grandes villes témoigneront en sa faveur lors du procès, à l’image d’Anne le Strat, élue parisienne et présidente d’Eau de Paris, tandis que le film, lui, a été reprogrammé deux fois au mois de février par ARTE.

« Une belle marque de solidarité », selon l’intéressé. Preuve aussi que la mobilisation des forces citoyennes est une arme réelle face à l’impunité des puissants. Ce qui donne à Julien Bayou l’idée de paraphraser à bon compte : « Si à 50 ans t’as pas été poursuivi en diffamation, t’as raté ta vie de militant ! ».

Manifeste des Assises pour l’Ecosocialisme Parti de Gauche Reporterre 2013/02/14 Parti de Gauche (14 février 2013) Manifeste des Assises pour l’Ecosocialisme. Reporterre. Tribune — fr

Manifeste des Assises pour l’Ecosocialisme

« L’écosocialisme est un nouveau projet politique réalisant la synthèse d’une écologie nécessairement anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme. »

18 THÈSES POUR L’ÉCOSOCIALISME

Ce Manifeste des Assises pour l’écosocialisme s’inscrit dans la lignée du Manifeste international de l’écosocialisme publié en 2002 ainsi que de la déclaration écosocialiste de Belem de 2009, pour ouvrir la voie à un nouveau projet politique.

Il a été très largement soumis à débat dans le cadre des Assises pour l’écosocialisme organisées par le Parti de Gauche le 1er décembre 2012. Depuis, 133 amendements de fond, émanant de plus d’une trentaine d’auteurs d’horizons divers ont été reçus et traités.

Cette synthèse est proposée à toutes celles et ceux qui le souhaitent, organisations et individus, en France et à l’international, qui se reconnaissent dans l’écosocialisme.

QU’EST-CE QUE L’ECOSOCIALISME ?

1) Une alternative concrète et radicale. L’écosocialisme n’est pas une utopie à laquelle le réel devrait se conformer. C’est la réponse humaine raisonnée à la double impasse dans laquelle est enfermée dorénavant l’humanité en raison des modes de production et de consommation de notre temps qui épuisent l’être humain et l’environnement.

Elle appelle une pensée et une action politique radicale, au sens où elle doit aller à la racine des causes. Nous combattons donc les deux moteurs du système actuel : le capitalisme et le productivisme.

Le capitalisme impose la marchandisation pour faire de toute chose une nouvelle source de dividendes. Il est ainsi responsable du creusement des inégalités sociales et de la mondialisation à l’œuvre, libérale et liberticide, où règne le dumping social et environnemental avec la délocalisation des pollutions et des altérations de l’écosystème.

Le productivisme épuise les ressources naturelles et perturbe le climat. L’idéologie consumériste est son corollaire. Elle élève l’accumulation matérielle au rang de loi, à grands coups de publicité pour générer des besoins jamais rassasiés.

Nous désignons les vrais coupables de ce système : l’oligarchie financière mondialisée, les gouvernements soumis aux lobbies des multinationales sans contrôle démocratique, les idéologues de la concurrence « libre et non faussée », du capitalisme vert et du libre échange.

Face à eux, l’écosocialisme est une alternative pour sortir de la crise et imposer l’intérêt général humain : partager les richesses sans attendre, fonder une nouvelle économie des besoins et de la sobriété, préserver le climat, l’écosystème et sa biodiversité.

2) Un paradigme de l’intérêt général. Dans la réalité, avant toute idée humaine sur le sujet, l’être humain est partie intégrante de l’écosystème dans lequel il vit. Ils ne peuvent être dissociés. Il n’y a qu’un seul écosystème global compatible avec la vie humaine. Dès lors, nous sommes tous semblables dans notre dépendance à l’écosystème. Cette vérité s’impose à tous, en dépit de nos différences de tous ordres.

Il y a donc un intérêt général humain qui est lié à celui des autres espèces vivantes : préserver l’écosystème qui rend la vie humaine possible. Comment l’identifier sinon par la libre délibération collective ? Comment celle-ci pourrait-elle être libre si les uns dominent les autres, si des vérités révélées s’imposent en préalable ?

Le paradigme écologiste appelle donc la démocratie, l’égalité sociale, la laïcité et le féminisme. Ce sont des conditions indispensables pour que le débat citoyen puisse avoir lieu sans intrusion de force oligarchique, dogmatique ou patriarcale. Enfin, dans la délibération pour déterminer l’intérêt général humain, chacun d’entre nous est appelé à dire non pas ce qui est bon pour lui mais ce qui est bon pour tous. Cela institue l’universalité des droits humains, la citoyenneté comme devoir et la République comme nécessité.

Tel est le lien raisonné qui unit l’écologie politique et la République sociale universelle. C’est cette théorie politique globale que nous nommons écosocialisme. Il s’agit d’un humanisme et d’un universalisme socialiste et concret.

3) Une nouvelle synthèse politique à gauche. L’écosocialisme est un nouveau projet politique réalisant la synthèse d’une écologie nécessairement anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme. Il permet ainsi la jonction des grands courants de la gauche dans un nouveau paradigme politique.

Nous avons besoin de ce projet de société alternatif au capitalisme. Il trace une ligne d’horizon dans la lutte pour une société d’émancipation et de progrès où le saccage de l’environnement et l’exploitation de l’homme par l’homme auront disparu. Notre projet écosocialiste prend en compte les besoins humains et les limites de la planète. Il repense l’utilité sociale de la production, nos manières de consommer, nos besoins réels, la finalité de nos produits et la manière de les produire.

4) Le renouveau du socialisme. Le socialisme a toujours visé l’émancipation de la personne humaine. Elle passe par le partage de la richesse, la démocratisation du pouvoir et l’éducation globale de chaque femme et chaque homme. Ce programme est toujours le nôtre.

Mais nous savons dorénavant que l’émancipation ne peut être atteinte par la croissance sans fin : l’écosystème qui rend la vie humaine possible ne le permet pas. Ce constat oblige à définir un nouveau modèle de progrès en rupture avec le système capitaliste. Doivent être repensés non seulement le système de production et d’échange, mais aussi le contenu des productions et les modes de consommation. Cette approche implique par conséquent l’ensemble de l’organisation sociale et politique. Elle nous oblige à penser de façon nouvelle ce qu’est véritablement le progrès humain dans la perspective de la préservation de l’écosystème.

Dans ces conditions, nous proposons un nouvel énoncé de la stratégie émancipatrice pour le futur de l’humanité. Cette nouvelle conscience et son programme d’action sont l’écosocialisme. Ses méthodes sont la radicalité concrète, la planification écologique et la révolution citoyenne.

SORTIR DES IMPASSES IDÉOLOGIQUES

5) Le mensonge du capitalisme vert, les risques de l’environnementalisme. Notre écologie est sociale, elle prolonge les combats historiques de la gauche. Nous rejetons la mystification représentée par une certaine vision de l’écologie qui se veut compatible avec le libéralisme. Nous dénonçons le « capitalisme vert », qui sous couvert de développement durable offre un nouvel espace à la mainmise de la recherche du profit maximal, alimente la dynamique impérialiste et le court-termisme.

Nous refusons le discours écologiste qui se contente de culpabiliser les individus. Il s’abstient ainsi de souligner la responsabilité majeure du productivisme sans frein. Il renonce à s’attaquer aux modes de production et de consommation capitalistes et refuse de voir qu’ils exploitent les plus précaires et pillent les pays du Sud.

Nous refusons ce que serait une écologie de salon coupée des classes populaires, sans critique sérieuse de l’économie mondialisée, dépourvue de vision sociale et dès lors d’efficacité environnementale. Notre écologie à nous aborde les questions d’environnement en faisant systématiquement le lien avec la critique du système économique et avec les luttes sociales, en y impliquant l’ensemble des citoyens.

6) L’impasse sociale-démocrate. Nous réfutons la doctrine sociale-démocrate qui voudrait que toute redistribution des richesses passe d’abord par la relance de la croissance du PIB et la hausse de la consommation matérielle globale. C’est un double contre-sens.

D’une part, elle maintient la puissance du capital financier et suppose que la répartition de la richesse s’organise à partir « des fruits de la croissance ». Elle ne s’attaque pas à l’accumulation déjà acquise. Or nous savons que les richesses existent, et qu’il n’y a pas lieu d’attendre pour les redistribuer. Ce qui est en cause c’est l’accaparement de ces richesses via la prédation du capital.

D’autre part, cette doctrine repose sur un modèle d’expansion infinie qui est un suicide de la civilisation humaine. Le PIB est un indicateur qui ne reflète pas le bien vivre dans une société. Il est bien sûr impératif que chaque être humain puisse accéder aux biens fondamentaux. Bien sûr, la relance des activités d’intérêt général est indispensable.

Pour autant, la relance d’une croissance économique aveugle n’est pas de nature à répondre aux urgences sociales. Elle est encore moins souhaitable ni tenable du point de vue de la préservation de l’écosystème, des ressources naturelles et du climat. Nous n’attendons donc ni la reprise de la croissance ni les effets bénéfiques de l’austérité : nous ne croyons ni à l’une ni aux autres.

INSTAURER UNE NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE AU SERVICE DU PROGRÈS HUMAIN

7) Mettre l’économie au service des besoins. L’écosocialisme veut mettre l’économie et le système productif au service des besoins humains. En cela, il s’oppose à la « politique de l’offre » défendue par les libéraux.

Nous refusons cette logique productiviste qui consiste à produire tout et n’importe quoi dans n’importe quelles conditions pour l’écouler sur un marché par des dépenses publicitaires. Comment ne pas voir aussi que dans cet objectif, pour augmenter ses profits, le système nous vend des produits programmés pour tomber en panne et devenir démodés de plus en plus vite ? Comment supporter plus longtemps le gâchis des déchets croissants de notre civilisation ? Comment fermer les yeux sur le fait que beaucoup sont exportés vers les pays du Sud au détriment de la santé des populations et de leur environnement ?

Nos décisions collectives doivent au contraire être guidées par la satisfaction des besoins réels. C’est le sens de la planification écologique. Elle inverse cette logique en partant des besoins, du devoir de préserver l’écosystème et du droit de tous à vivre dans un environnement sain. Elle met le système productif en adéquation avec ces impératifs.

8) Rompre avec les schémas de pensée traditionnels. L’écosocialisme remet en cause la dictature des intérêts particuliers et de la propriété privée des moyens de production. Il questionne le rapport au travail.

Nous prônons l’appropriation sociale des moyens de production et les propositions alternatives de l’économie sociale et solidaire en termes d’autogestion et de coopératives.

Nous défendons la souveraineté budgétaire et la nationalisation comme outil de politique publique, notamment en matière de services bancaires et de crédit. Indice de progrès humain, démondialisation et protectionnisme social et écologique, dotation inconditionnelle d’autonomie et salaire socialisé, revenu maximum autorisé sont autant de perspectives que nous avons à l’esprit pour sortir des sentiers battus et éviter le piège d’un accompagnement du système.

Il nous faut également aller plus loin en matière de réduction drastique du temps de travail : « travailler moins pour travailler tous et mieux », fixer le plein emploi comme horizon tout en interrogeant les finalités du travail.

Rien ne sert de travailler davantage que le temps utile à produire ce qui nous est nécessaire. Le temps ainsi libéré pourrait utilement être affecté à des activités considérées aujourd’hui comme « improductives » et pourtant combien essentielles au bien vivre.

9) Produire autrement. La révision en profondeur de notre système de production repose sur ce que nous appelons les « 4 R » : relocalisation de l’activité, réindustrialisation écologique, reconversion de l’outil industriel et redistribution du travail.

De nombreux besoins non satisfaits existent : dans une industrie relocalisée, dans les services aux personnes, dans l’agro-écologie et l’agriculture paysanne au service de la souveraineté alimentaire et de la santé de tous, dans la recherche et les filières « vertes » visant à réduire notre dépendance aux ressources épuisables (écoconstruction, efficacité énergétique, rénovation thermique, énergies renouvelables…).

Avec l’augmentation du chômage et la crise sociale, l’argument de l’emploi est trop souvent mis en avant contre l’impératif de la protection de l’environnement. C’est une absurdité : on voit aujourd’hui le coût économique et social du laisser-faire libéral, là où la relocalisation et la transition écologique permettraient au contraire de conserver, transformer ou créer de nombreux emplois, locaux et pérennes, dans tous les pays.

10) Instaurer la règle verte comme boussole politique. La « règle verte » est notre indicateur central de pilotage de l’économie. Elle remplace « la règle d’or » des politiques d’austérité et « d’ajustement structurel » imposés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne.

Elle vise à assurer notre responsabilité devant l’humanité et son écosystème en supprimant la dette écologique. Elle associe la nécessaire réduction de certaines consommations matérielles et la nécessaire relance de certaines activités avec la prise en compte systématique de l’empreinte écologique générée.

En plus des dégâts déjà commis à rattraper en matière d’émissions de gaz à effet de serre et de perte de biodiversité, nous adoptons comme moyen d’évaluation des politiques publiques, de retarder chaque année le « jour du dépassement global ». Il s’agit de la date où nous avons prélevé à l’échelle mondiale le volume de ressources renouvelables égal à ce que la planète est en mesure de régénérer et où nous avons produit les déchets qu’elle est capable de digérer.

Notre objectif est de la repousser au 31 décembre, c’est-à-dire de neutraliser notre empreinte écologique. Cela implique la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et l’arrêt du nucléaire qui produit des déchets radioactifs que nul ne sait gérer et qui comporte des risques inacceptables pour les êtres humains comme pour l’écosystème.

CONSTRUIRE LA RÉVOLUTION ECOSOCIALISTE

11) Les luttes doivent converger. Notre objectif de rupture civilisationnelle impose que l’action politique soit le fait du plus grand nombre. Il s’agit de rassembler et d’agir, non de se contenter d’avoir raison entre convaincus, ou pire, de dresser les uns contre les autres : nous nous situons aux côtés des salariés et des exclus du système qui résistent et sont porteurs de projets alternatifs sociaux et environnementaux. La reconversion écologique ne se fera pas sans eux, encore moins contre eux.

Nos adversaires dans cette bifurcation radicale de société ne sont pas les chercheurs ou les salariés de l’industrie, mais bien les banques, les multinationales et les actionnaires qui orientent la production en fonction de leurs intérêts privés et non de l’intérêt général.

12) Lutter et résister pour inventer. La révolution écosocialiste combine propositions programmatiques et présence dans les luttes sociales et environnementales, aux côtés de toutes celles et ceux qui résistent.

Les citoyens engagés dans ce projet s’impliquent dans le développement d’expérimentations et alternatives concrètes : circuits courts, associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, soutien aux ceintures vivrières et actions contre l’artificialisation des sols, collectifs de villes en transition, reprise d’entreprises par les salariés, systèmes d’échanges locaux, épargne citoyenne et monnaies complémentaires, habitat collectif et co-voiturage…

Ils sont actifs dans des actions de désobéissance civique non violente, opérations anti-publicité ou réquisitions de logements vides. Les élus du peuple pour le projet écosocialiste s’engagent dans une démarche cohérente entre leurs discours et leurs actes. Ils font vivre la gauche par l’exemple en prenant des mesures d’interdiction de la publicité, de retour en régie publique de l’eau, de renchérissement du mésusage ou encore d’extension de la gratuité des services publics.

13) Mettre en œuvre la planification écologique. La planification écologique impose la prise en compte du temps long et la maîtrise publique, le tout placé sous contrôle des citoyens, travailleurs et usagers. Le problème n’est pas l’industrie, la recherche ou la technique en soi, mais bien l’absence de choix et de contrôle citoyen.

Une révolution citoyenne est nécessaire pour conquérir cette capacité de contrôle. Tel est le mélange détonant d’utopisme révolutionnaire et de technicité auquel nous aspirons. Le Plan écologique donne la possibilité d’organiser la bifurcation vers un autre mode de développement, en interrogeant nos besoins et en réorientant production, échange et consommation en vertu de leur utilité sociale et écologique.

Le secteur de la recherche doit se réorganiser autour de l’intérêt général et des besoins réels, et inventer de nouvelles formes participatives par le biais par exemple de conventions de citoyens. L’école publique, à travers les voies professionnelles, technologiques et générales, doit organiser l’élévation des connaissances et des qualifications à tout âge afin de réussir cette bifurcation et faire émerger de nouvelles filières.

Des « conférences de participation populaire » doivent être organisées pour redéfinir les critères d’utilité sociale et environnementale et l’articulation entre les différents échelons, des politiques européennes aux actions locales. La planification écologique organise l’intervention continue des salariés dans la gestion des entreprises, dans le prolongement de la convergence croissante des luttes sociales et environnementales.

14) Pas d’égalité et de République sociale possibles sans Constituante ! Nous affirmons l’exigence d’un haut niveau de culture commune par l’école publique incluant l’éducation à l’environnement. Sinon comment rendre possible l’émancipation individuelle et collective, seule à même de permettre le consentement à un contrat social partagé par tous ?

Le projet écosocialiste réaffirme le rôle de l’État, de la collectivité et des services publics, indispensables pour planifier la rupture, construire une société émancipatrice et garantir l’égalité d’accès aux droits fondamentaux pour tous, partout. Ils doivent être refondés par le moyen d’une assemblée constituante. Celle-ci doit renouveler de fond en comble les formes institutionnelles et mettre en place les moyens démocratiques qui rendront possibles l’implication citoyenne permanente et la souveraineté populaire en tous domaines.

Car la tâche révolutionnaire est immense. Nous appuyons en effet la mise en place d’un « ménagement » du territoire à rebours de l’étalement urbain, de la concentration des populations dans des mégalopoles et de la mise en concurrence des territoires. Nous militons pour un nouvel urbanisme qui rapproche les fonctions indispensables au « bien vivre » (services publics de santé et d’éducation, logement, activité professionnelle, culture et loisirs, biodiversité, agriculture paysanne).

Nous refusons la marchandisation du vivant et les OGM, ainsi que la financiarisation des biens communs comme l’eau, l’énergie et le savoir, et la privatisation des services publics. Ceux-ci doivent faire l’objet d’une gestion publique en repensant l’articulation entre l’État, garant de l’égalité républicaine, les collectivités locales et l’action des citoyens, syndicats, associations et usagers.

15) Mener la bataille culturelle. Le projet écosocialiste mène son combat idéologique par l’éducation populaire. Il veut décoloniser l’imaginaire. Il dénonce la programmation d’un individu-consommateur docile, soumis aux avis de prétendus experts et aux impératifs du productivisme qui nous fait désirer des productions nuisibles et inutiles, fabriquées à l’autre bout de la planète dans des conditions de travail indignes et sous des législations environnementales défaillantes voire inexistantes.

Il combat les bras armés du productivisme que sont la publicité, avec son cortège de marchandisation des corps et de sexisme, la mode et les médias, relayés par les organismes de crédit, qui nous conditionnent et nous soumettent à une injonction d’achat et de gaspillage permanents. Cette bataille idéologique est aussi une bataille de vocabulaire.

Nous refusons la politique de l’oxymore et la novlangue libérale : le « prix du travail » qui devient un « coût », les cotisations sociales des « charges », les « gardiens de la paix » renommés « forces de l’ordre », la vidéosurveillance « vidéoprotection », ou encore le nucléaire déguisé en énergie « propre et décarbonée ».

16) Faire sauter le verrou des traités libéraux. A l’échelle mondiale, nous dénonçons les accords promus par l’Organisation mondiale du commerce, accords de libre échange et accords de partenariat économique qui contribuent à l’épuisement des ressources naturelles, à l’exploitation des peuples du Sud et au dumping social dans les pays dits développés.

Parce qu’elle est la première zone économique du monde, l’évolution de l’Union européenne implique toute la planète. Sa politique libérale est verrouillée par les traités actuels et les plans d’austérité. Établis sous la houlette de lobbies économiques et financiers, ils ont tous en commun de prévoir la disparition des services publics, l’extension du domaine marchand et du libre-échange.

Cela provoque à la fois gâchis dû aux compétitions mercantiles, et destruction des services publics et biens communs au profit des intérêts privés. L’Europe libérale et austéritaire empêche aussi de maîtriser et d’orienter le contenu de la production et de l’échange vers des objectifs de progrès humain. Dans ces conditions, nous assumons qu’une politique écosocialiste en Europe passe par la désobéissance à l’Europe libérale et à ses directives.

Il faut pour cela construire d’autres rapports de force entre les citoyens, le pouvoir de la finance et celui des institutions anti-démocratiques de l’Union européenne. Si l’échelon européen peut être pertinent pour de grandes politiques environnementales et sociales, leur mise en œuvre ne sera possible que par la construction d’une autre Europe, sous le contrôle démocratique des peuples.

17) Porter un combat internationaliste et universaliste. Il n’y a qu’un seul écosystème compatible avec la vie humaine. Il faut en tirer les conséquences dans tous les domaines. Les décisions prises à un endroit sur la planète ont des répercussions partout ailleurs.

Le projet écosocialiste implique la reconnaissance de la responsabilité des pays dits du Nord, de l’Organisation mondiale du commerce, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale vis à vis des peuples dits du Sud.

Il dénonce la compétition organisée en lieu et place de la coopération, le productivisme et ses effets sur le climat mondial, le pillage des ressources naturelles, l’accaparement des terres arables, ou encore l’austérité imposée par la Troïka. Il induit la reconnaissance de la Déclaration universelle des Droits de l’homme et la création d’un Tribunal international des crimes contre l’environnement.

L’écosocialisme nous impose de contribuer aux débats liant politiques de développement et de progrès social, et préservation de l’environnement. Pour cela, nous soutenons et nous inspirons des alternatives à l’étranger : révolutions citoyennes et Printemps arabe, refus de la dette et des monopoles médiatiques en Argentine, assemblée constituante en Islande et au Vénézuela, initiative Yasuni ITT pour laisser le pétrole sous terre en Équateur…

Les savoirs, l’expérience et les méthodes acquises dans ces situations doivent pouvoir converger. Le projet écosocialiste doit pouvoir être porté par un forum mondial qui en fasse le but de la révolution citoyenne de notre temps.

18) Mener la révolution citoyenne pour l’écosocialisme. Compte tenu de l’ampleur de son objectif, la remise en cause du modèle productiviste capitaliste ne peut résulter d’une simple alternance électorale et de décisions venues d’en haut.

Elle implique une refonte radicale des institutions incluant scrutins à la proportionnelle, parité et non cumul des mandats permettant au peuple d’être effectivement représenté dans toutes ses caractéristiques. Il s’agit de mettre au pas l’oligarchie et d’assurer, en toutes circonstances, la souveraineté populaire par une démocratie réelle.

Cela exige que les majorités parlementaires écosocialistes conjuguent leur action avec des mouvements d’implication populaire dans tous les domaines de la vie de la société. Cette réappropriation de l’initiative politique et citoyenne par chaque femme et chaque homme, dans le but de déterminer partout et sur tous les sujets quel est l’intérêt général, c’est ce que nous nommons la révolution citoyenne. C’est une révolution.

Car elle se propose de changer les formes de la propriété, le système institutionnel et la hiérarchie des normes juridiques, sociales et environnementales qui organisent la société et l’économie. Elle est citoyenne. Car elle veut donner le pouvoir à chacun non pour l’intérêt d’une catégorie sociale en particulier mais pour le bien de tout humain, Et car elle se donne des formes institutionnelles et se soumet au suffrage universel, dans le pluralisme politique.

Nous refusons que le désespoir et la colère ne basculent du côté de la haine. Ni avant-garde éclairée, ni dictature verte, ni repli ethniciste, nous défendons donc la voie démocratique de la révolution citoyenne. Le peuple n’est pas le problème, il est la solution. Le pire dommage de la crise actuelle de la civilisation humaine serait que l’humanité soit incapable de s’ouvrir à la voie d’un autre futur. L’écosocialisme peut être celui-ci. Qu’il fleurisse !

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Ce « Manifeste des Assises pour un écosocialisme » sera discuté tout au long de l’année et donnera lieu à de nouveaux débats à l’occasion des secondes Assises pour l’écosocialisme qui se tiendront en décembre 2013, dans le cadre du comité des Assises composé des personnalités suivantes : Mathieu Agostini, Paul Ariès, Guillaume Etievant, Laurent Garrouste, Susan George, Janette Habel, Damien Joliton, Matthieu le Quang, Jacques Lerichomme, Michael Löwy, Laurent Maffeis, Corinne Morel Darleux, Arno Munster, Danièle Obono, Anita Rozenholc…

La flotte de pêche d’Intermarché sous perfusion des aides publiques Bloom Reporterre 2013/02/14 Bloom (14 février 2013) La flotte de pêche d’Intermarché sous perfusion des aides publiques. Reporterre. Enquête — Pêche fr

La flotte de pêche d’Intermarché sous perfusion des aides publiques

Depuis 2009, la flotte d’Intermarché avait cessé de publier ses comptes, malgré l’obligation faite aux entreprises de déposer leurs comptes annuels,¹ et surtout malgré le fait que cette flotte, l’acteur français le plus important de la pêche en eaux profondes, soit devenu le point de mire des institutions européennes qui sont en train de réformer le règlement encadrant cette pêche, notamment celle au chalut de fond, décrite par les chercheurs comme « la plus destructrice de l’histoire ».

La Commission européenne, en conformité avec les engagements pris devant la communauté internationale d’éliminer les pratiques de pêche destructrices, a ainsi proposé en juillet 2012 de mettre fin au chalutage profond dans les deux ans suivant l’adoption du nouveau règlement.

Principale concernée : la flotte d’Intermarché, la Scapêche, et six de ses navires ciblant les espèces profondes dans l’Atlantique Nord-Est à l’aide de chaluts de fond déployés à plus de 1000 mètres de profondeur. La Scapêche plaide des pratiques exemplaires en matière de pêche et de transparence et insiste sur sa rentabilité et l’importance de son activité pour l’emploi (sans toutefois fournir sa base de calcul des emplois induits par son activité de pêche profonde).

Il était donc devenu indispensable d’avoir accès à des éléments factuels pour que les Parlementaires européens, prochainement appelés à voter ce règlement, puissent se forger une opinion objective sur la performance socio-économique de cette entreprise dont le sort de quelques navires est en train de peser de façon disproportionnée sur un règlement international.

Les demandes amicales adressées par BLOOM à la Scapêche de publier ses comptes étant restées sans suite, il a fallu entamer une procédure d’assignation en référé auprès du Tribunal de Commerce pour que la filiale du groupe Intermarché se décide enfin à publier, mi-janvier 2013, ses comptes de 2009 à 2011.

L’analyse des comptes réalisée par l’Association BLOOM révèle une situation en tous points contradictoire aux dires de la flotte des Mousquetaires : malgré des subventions publiques substantielles, l’activité de pêche d’Intermarché opère à perte de façon chronique et n’est absolument pas viable économiquement.

En effet, en dépit de près de 10 millions d’euros de subventions perçues entre 2004 et 2011 et 20 millions d’euros injectés par le groupe Intermarché, la Scapêche a accumulé plus de 19 millions d’euros de pertes courantes.²

« Sur les quatre dernières années, à l’exception de 2009, le résultat d’exploitation, qui correspond au chiffre d’affaires diminué des charges d’exploitation et reflète ainsi le plus fidèlement le profil économique de l’activité de pêche, a toujours été déficitaire. La perte d’exploitation cumulée sur cette période atteint -2,7 M €. Sans les subventions d’exploitation, celle-ci serait de -7,36 M €, soit 8% du chiffre d’affaires » résume Denis Berger, trésorier de l’Association BLOOM et auteur de l’analyse.

« Nous avons affaire à une entreprise dont le coeur de métier, la pêche, ne lui permet pas d’être rentable, et ce, malgré les millions d’euros de fonds publics perçus. En réalité, une entreprise comme la Scapêche n’existerait pas si elle n’était pas adossée financièrement au groupe Intermarché qui éponge les pertes en y trouvant son compte puisque le prix de revient de sa matière première se trouve réduit grâce aux subventions publiques ».

Le groupe Intermarché ne s’est pas lancé au hasard dans la pêche...

Si l’activité de pêche est déficitaire, il ne fait aucun doute que le profit se fait aux rayons poissonnerie des supermarchés de l’enseigne, qui réalisent la marge grâce à l’accès au consommateur final.

« Acheter son poisson chez Intermarché équivaut presque à le payer deux fois : d’abord en amont par le biais de nos impôts puis en aval sur notre panier de ménagère » ironise Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

La politique de subventions publiques à l’égard de la flotte d’Intermarché est en complète contradiction avec les objectifs de la Politique Commune de la Pêche qui sont de « renforcer le développement d’entreprises économiquement viables » et de « favoriser la protection de l’environnement et la conservation des ressources de la mer ».

« Les comptes de la flotte d’Intermarché révèlent une vision cynique de « la pêche » qui n’existe plus comme activité autonome, ancestrale et humaine » ajoute Claire Nouvian. « Il ne s’agit plus de pêche mais de captation des ressources marines sauvages par la grande distribution sur le dos des contribuables » s’indigne-t-elle.

« Tout cela, ne l’oublions pas, avec des méthodes de pêche destructrices déployées dans les milieux marins les plus vulnérables des océans qui comptent des organismes multimillénaires comme les coraux profonds. »

Pour trois espèces ciblées principales, les navires de la Scapêche rejettent plus de 100 autres espèces profondes par-dessus bord. « Des espèces inutiles d’un point de vue commercial mais indispensables au maintien de la diversité biologique marine… Des créatures dont on ne sait presque rien mais dont certaines, comme les requins profonds, sont déjà menacées d’extinction. »

Déjà critiquable pour ses pratiques de pêche profonde au chalut de fond, la réalité comptable de la Scapêche révèle d’autres tares qui expliquent sans doute que la société ait souhaité dissimuler ses comptes.

Une analyse du poste « carburant » par exemple révèle qu’en dépit d’une détaxe qui le réduit de moitié, celui-ci représente plus de 25 % du chiffre d’affaires de la flotte. Sans la détaxe sur le carburant consentie à tous les professionnels du secteur, le poste gasoil atteindrait 50 % du chiffre d’affaires et porterait la perte d’exploitation moyenne à 33 % de celui-ci.

« Les dépenses en carburant, qui n’ont cessé d’augmenter avec les années et sur lesquelles les opérateurs n’ont d’autre moyen de contrôle que la modernisation de leur flotte, rendent l’équation quasi impossible à résoudre, voire absurde : l’augmentation de productivité des bateaux n’est pas infinie et la capacité d’investissement des sociétés de pêche est forcément limitée » analyse Denis Berger.

« Nous espérons que les données rationnelles que nous apportons au débat permettront de générer une discussion objective sur la réalité de la pêche profonde au chalut de fond. Il s’agit de savoir si cette pêche, caractérisée par un impact environnemental très important et une absence de viabilité économique correspond à ce que les citoyens et les Parlementaires définissent comme une pêche désirable pour l’avenir des hommes et des océans, notamment à l’aune des objectifs ambitieux de la Politique Commune de la Pêche tels qu’ils ont été votés par le Parlement à Strasbourg le 6 février dernier » conclut Claire Nouvian.

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Les subventions reçues par la flotte d’Intermarché

De 2004 à 2011, la Scapêche a bénéficié de quatre types d’aides pour un montant total de 9,34 M € et d’une subvention au gasoil de 2,8 M €, remboursée en 2011.

• 3,34 M € de subventions d’investissement de l’Europe, de l’Etat français, de la Région et du département. Soit 3,1 M € reçus entre 2004 et 2005 ayant servi à financer la construction des trois chalutiers neufs de 46 m ciblant les espèces profondes et 0,24 M € hérités de l’Armement Atlantique Pêche Concarneau en 2008.

• 2,25 M € d’aides d’Etat à la « sortie de flotte » de navires spécialistes d’espèces profondes en 2008. Les plans de sortie de flotte étaient supposés alléger la pression de pêche sur les espèces profondes mais ils ont contribué au renouvellement de ce segment de la flotte d’Intermarché, et même à augmenter la pression de pêche sur ces stocks sensibles par amélioration des coefficients techniques des navires.

• 2,8 M € de subvention directe au gasoil par le biais du Fonds de Prévention des Aléas de la Pêche (FPAP)³ versée en 2004, 2005 et 2006. La Commission européenne, ayant jugé cette aide illégale en a exigé le remboursement en 2008 [4]. La Scapêche a fini par s’acquitter de sa dette en 2011.

• 3,75 M € d’aides déguisées sous la forme de facturation de prestations environnementales. Depuis juin 2008, les sociétés de pêche respectant certaines règles (réduction des temps de marées et éloignement des côtes pour la pêche profonde) visant à instaurer une « pêche durable et responsable » ont droit à des facturations appelées « contrats bleus » qui leur sont réglées par une coopérative (Ar Mor Glaz) créée à cet effet en 2008 [5]. Ces mesures sont issues de la protestation du secteur de la pêche face à la flambée des prix du gasoil en 2007 qui a débouché sur le « Plan Barnier », du nom du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche qui a mis en place ce dispositif, M. Michel Barnier.

Les facturations de Scapêche au titre de 2008, 2009 et de 2010 ont été respectivement de 0,4M €, 1,6 M € et 0,85 M €. Bien que le montant exact de ces facturations ne soit pas mentionné dans le rapport d’audit de 2011, celles-ci peuvent être raisonnablement estimées à 4% du chiffre d’affaires, soit 0,9 M €.

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Notes

[1] En vertu de l’article 232-21 du Code de Commerce.

[2] Le résultat courant est le résultat d’exploitation auquel on ajoute les produits financiers et auquel on soustrait les pertes financières.

[3] Le Fonds de Prévention des Aléas de la Pêche (FPAP) a été créé en avril 2004 pour aider les entreprises de pêche à faire face à la hausse du prix du carburant. Cette mesure a été considérée comme une aide d’Etat incompatible avec le marché commun et a pris fin début 2007 (le FPAP a été dissous le 27 février 2008). Les entreprises ont donc bénéficié de cette aide sur leurs exercices de 2004 à 2006. Le 20 mai 2008, la Commission européenne exige que les entreprises, et non l’Etat, remboursent les 87 millions d’aides qui furent allouées au cours des trois années (Décision 2008/936/CE). L’euro-compatibilité du « Plan Barnier » en dépend et les 310 millions promis au secteur.

[4] Décision 2008/936/CE.

[5] Notons que les aides touchées par la Scapêche au titre des contrats bleus représentent, par exemple en 2010, plus de 4% du montant total des aides allouées au secteur de la pêche par le biais de ce dispositif.

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Pour en savoir plus sur la pêche profonde.

BLOOM est une association à but non lucratif fondée en 2005 qui oeuvre pour la conservation marine et la défense de la pêche durable à travers une démarche de sensibilisation et de médiation scientifique des problématiques environnementales, la production d’études indépendantes, ainsi que par la participation à des consultations publiques et des processus institutionnels. Ses actions s’adressent au grand public ainsi qu’aux décideurs politiques et acteurs économiques.

BLOOM est membre de la coalition « Deep Sea Conservation Coalition » qui regroupe plus de 70 ONG oeuvrant pour la protection des océans profonds.

La Brique n°33 Par Julien villalard Reporterre 2013/02/14 Par Julien villalard (14 février 2013) La Brique n°33. Reporterre. fr

La Brique n°33

La Brique n°33 est dans les kiosques !

Dossier Main basse sur la campagne

Enquête : Les dessous de l’accès à la terre.

Tarente : Reportage dans la ville la plus polluée d’Europe.

Lille3000 : Critique sociale et terrine de lapin.

Roms : A Cysoing on sait recevoir...

Filature Mossley : Une lutte de classes dans la ville. Suite et fin.

LMCU : La démocratie confisquée

Mais aussi : Maison du Hype Hop, frénésie répressive à Calais, détour par un café culture, la fin de la Zone de l’Union, une usine à viande picarde et une avalanche de brèves...

Sortie du film « Ca va marcher » Par Julien villalard Reporterre 2013/02/15 Par Julien villalard (15 février 2013) Sortie du film « Ca va marcher ». Reporterre. fr

Sortie du film « Ca va marcher »

Sortie du film « Ca va marcher », sur la marche des paysan-ne-s sans terre du Nord-Pas-de-Calais

Nous sommes le collectif non violent et autogéré des « paysan-ne-s sans terre du Nord-Pas de Calais ». Nous réclamons un droit à la terre.

Jeunes, moins jeunes, femmes et hommes, pour certains ayant un projet d’installation en agriculture ou en milieu rural, pour d’autres soutenant les projets et les revendications.

Depuis 3 ans, nous pédalons… En 2010 en Bretagne, en 2011 dans le Nord-Pas de Calais, à la rencontre de paysans, d’institutions, de politiques, de lieux de vie alternatifs. En avril 2012 de Lille à Notre Dame des Landes en soutien à la lutte contre le projet d’aéroport.

Nous sommes une centaine à nous être mobilisés depuis 3 ans.

En octobre 2012, c’est cette fois à pied que nous nous sommes rendus de Lille à Bruxelles en soutien à la marche des paysans sans terre marchant vers New Delhi, revendiquant le droit à la Terre pour tous.

Le film crée par le collectif de vidéo et de lutte « Regarde à vue » relate nos questionnements et nos revendications lors de la marche de 100 km de Lille à Bruxelles.

Cet objet libre et gratuit est accessible sur le site du collectif.

Il doit jouer un rôle dans la compréhension par le plus grand nombre de notre quête de terre. A travers la question de l’agriculture, nous voyons naturellement des enjeux sociaux et culturels prendre place.

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CA VA MARCHER - collectif « Regarde à vue » - (22 min) en octobre 2012.

Le collectif Cyclo paysan-ne-s décide de se rendre à Bruxelles en marchant. 100 Km de débats, de rencontres institutionnelles/de paysans /de badauds, de revendications, d’apprentissages, de cheminement personnel. Nous délions quelque peu ce sac de nœuds qu’est devenu le monde agricole et exprimons notre vision.

La publicité de l’opérateur téléphonique Free enfreint la loi Etienne Cendrier (Robin des Toits) Reporterre 2013/02/15 Etienne Cendrier (Robin des Toits) (15 février 2013) La publicité de l’opérateur téléphonique Free enfreint la loi. Reporterre. fr

La publicité de l’opérateur téléphonique Free enfreint la loi

"Art. L. 5231-3 - Toute publicité, quel qu’en soit le moyen ou le support, ayant pour but direct de promouvoir la vente, la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de quatorze ans est interdite"

A L’ATTENTION DE MONSIEUR FRANÇOIS D’AUBERT, Président de l’ARPP, AUTORITE DE REGULATION PROFESSIONNELLE DE LA PUBLICITE.

A L’ATTENTION DE MADAME NATHALIE HOMOBONO, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE LA DGCCRF, DIRECTION GÉNÉRALE DE LA CONCURRENCE, DE LA CONSOMMATION ET DE LA RÉPRESSION DES FRAUDES.

Monsieur le Président,

Madame la Directrice Générale,

L’association nationale Robin des Toits, pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil, a l’honneur d’appeler votre attention sur une publicité affichée sur tous les murs de France, ces jours derniers, par la société propriétaire de la marque de téléphonie mobile Free.

Sur ces affiches, image jointe, on voit une fillette, âgée d’entre 5 à 10 ans, tenir un panneau sur lequel figure l’inscription « merci Free !! » suivi d’une offre à un prix avantageux pour un forfait de deux heures de téléphonie et des SMS illimités.

En sous-entendant que ce produit est particulièrement adapté pour les enfants, cette publicité contrevient directement à la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, laquelle ajoute notamment au code de la santé publique (titre III, livre II, cinquième partie), un article L 5231-3 ainsi rédigé :

" Art. L. 5231-3. - TOUTE PUBLICITÉ, quel qu’en soit le moyen ou le support, ayant pour but direct de promouvoir la vente, la mise à disposition, L’UTILISATION OU L’USAGE D’UN TÉLÉPHONE MOBILE PAR DES ENFANTS DE MOINS DE QUATORZE ANS EST INTERDITE".

La motivation de cet article réside dans la fragilité plus grande des enfants face au danger représenté par les champs électromagnétiques et la nécessité de les protéger. Cependant, à l’heure où le marché « adulte » est mûr et donc saturé, les enfants représentent la nouvelle cible privilégiée des opérateurs téléphoniques.

En utilisant une fillette pour la promotion de ses produits, Free méconnaît directement la loi. C’est pourquoi notre association demande le retrait immédiat de la publicité litigieuse.

Comptant sur votre diligence et vous en remerciant, notre association vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ses sentiments respectueux et dévoués.

Traçabilité ? Laissez-nous hennir ! Pièces et main d’œuvre Reporterre 2013/02/15 Pièces et main d’œuvre (15 février 2013) Traçabilité ? Laissez-nous hennir !. Reporterre. Tribune — fr

Traçabilité ? Laissez-nous hennir !

On a trouvé du cheval dans des lasagnes « au bœuf » surgelées. De la viande découpée en Roumanie vendue par un trader hollandais à un trader chypriote qui l’a revendue au groupe français Poujol, holding de la société Spanghero, fournisseur de Comigel, une entreprise de Metz qui fabrique des lasagnes au Luxembourg pour les vendre à Findus, entreprise suédoise appartenant au fonds anglais Lion Capital.

On ignore d’où viennent les tomates des lasagnes Findus, comment elles ont poussé, par qui elles ont été achetées, à qui elles ont été revendues avant d’être transformées en sauce et vendues à Comigel afin d’être incorporées aux lasagnes Findus. Idem pour les pâtes, le lait de la béchamel et le fromage.

Et encore, on ne nous dit pas tout. On aurait retrouvé parmi les embryons congelés de la filiale de Findus spécialisée dans la reproduction humaine artificielle (RHA), des spécimens fécondés par du sperme d’étalon.

Lequel aurait été vendu par un haras ukrainien à un trader italien qui l’aurait revendu au groupe européen Frydman, Testard & Co, fournisseur de Ovulux, une entreprise de Lille qui commercialise des projets parentaux en série.

Les lots de projets parentaux datés du 15 janvier 2013 au 11 février 2013 ont été rappelés pour contrôle. Les experts remontent la filière pour savoir si le sperme suspect vient de Roumanie, du Luxembourg ou de Suède. Une réunion de crise est prévue dans les prochains jours au ministère de la santé avec les acteurs de la filière. Je vais en parler à mon cheval.

Un produit industriel destiné à l’alimentation humaine parcourt des milliers de kilomètres avant de finir au four à micro-ondes. Grâce aux progrès de l’informatique, d’Internet et des porte-conteneurs - ce qu’on nomme « mondialisation ».

C’est pour optimiser ces flux de merdechandises que l’industrie a besoin des « étiquettes intelligentes » RFID, de la connexion de chaque lot à l’Internet des objets - ce qu’on nomme « traçabilité ».

Le puçage électronique de chaque objet, chaque animal, chaque élément des infrastructures de transformation, de transport, de logistique, n’a d’autre but que d’accélérer et rentabiliser les flux et les stocks de marchandises, d’animaux, d’humains.

Réclamer plus de traçabilité, c’est réclamer plus de flux, plus de kilomètres entre l’abattoir et l’assiette, plus d’élevage et d’agriculture industriels, plus de ravages environnementaux, sanitaires, sociaux.

Nous n’avons pas besoin de machines, mais d’humanité. Nous avons besoin d’une agriculture de proximité, à échelle humaine. Boycottons la bouffe industrielle, le micro-ondes et les supermarchés - ou ne pleurons pas qu’on nous fourgue des produits hybrides.

Écrasons les puces RFID.

Fessenheim : un physicien de l’Ecole polytechnique demande la fermeture Jean-Louis Basdevant Reporterre 2013/02/15 Jean-Louis Basdevant (15 février 2013) Fessenheim : un physicien de l’Ecole polytechnique demande la fermeture. Reporterre. fr

Fessenheim : un physicien de l’Ecole polytechnique demande la fermeture

Physicien nucléaire, professeur à Polytechnique pendant 35 ans, Jean-Louis Basdevant a formé toute une génération d’ingénieurs du nucléaire. Dans cette interview, il affirme qu’« arrêter Fessenheim relève d’un devoir moral ».

Jean-Louis Basdevant a enseigné la physique nucléaire à l’Ecole polytechnique jusqu’en 2005.

Pourquoi estimez-vous que Fessenheim doit absolument être fermée ?

Jean-Louis Basdevant - La fermeture de Fessenheim est l’exemple de ce que doit être une décision politique sage. Il s’agit de l’installation nucléaire la plus ancienne du parc français (le général de Gaulle avait voulu y implanter un réacteur graphite-gaz, le président Pompidou avait décidé d’inaugurer là la filière à eau pressurisée, plus moderne et performante).

De ce fait, elle détient le record de minceur de radier : un mètre, comparé à trois à Fukushima et six dans les EPR et deux dans les centrales françaises plus récentes. Son ancienneté fait craindre une fragilité et tous ces éléments concordent à y favoriser le risque d’un accident avec fusion du cœur.

À l’issue de sa troisième visite décennale, le 4 juillet 2011, l’ASN a donné un avis technique favorable à la prolongation du réacteur 1 pour dix ans, avec les conditions expresses de 1) renforcer le radier du réacteur avant le 30 juin 2013, afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve, et 2) installer avant le 31 décembre 2012 des dispositions techniques de secours permettant d’évacuer durablement la puissance résiduelle en cas de perte de la source froide. À ce jour, aucune proposition acceptable n’a été faite par EDF.

La centrale de Fessenheim est située sur une faille en zone sismique (l’implantation la plus dangereuse de France à cet égard). Elle s’alimente en eau froide dans le grand canal d’Alsace, qui la surplombe de 9 mètres, toute perturbation grave de ce canal (chute d’avion) risquerait de noyer la centrale.

Elle est, tout comme une autre, exposée au risque d’un « accident normal des systèmes complexes », c’est là un concept introduit après Three Mile Island par l’Américain Charles Perrow dans son livre Normal Accidents : Living With High Risk Technologies, Princeton,1984 (réédité en 1999) [1].

Dans un système complexe, un accident grave peut provenir de la conjonction inattendue et imprévisible de défaillances élémentaires, anodines en elles-mêmes. Three Mile Island en donne un exemple, Charles Perrow a pu étendre cette idée à de nombreuses situations de la technologie moderne : accidents chimiques, catastrophes aériennes, etc.

Un accident nucléaire à Fessenheim aurait des conséquences plus que dramatiques. Elle est située à l’aplomb de la plus grande nappe phréatique de France, d’une capacité de 35 milliards de mètres cubes sur sa partie alsacienne, qui se prolonge en Allemagne. Et, pour corser le tout, elle est également à l’aplomb de la vallée du Rhin qui, entre Bâle et Rotterdam, est la région la plus peuplée, active, industrielle de l’Europe.

Cela signifie qu’en cas d’accident avec fusion partielle du cœur, une fois la dalle percée, le Rhin serait contaminé, jusqu’à Rotterdam. Un accident nucléaire grave y serait une catastrophe dramatique pour toute l’Europe, un coup de poignard qui anéantirait la vie dans cette région pendant plus de 300 ans.

Arrêter Fessenheim est, pour moi, une application du principe de précaution, tant évoqué, qui relève d’un devoir moral vis-à-vis des habitants de l’Europe.

Selon vous, quels sont les problèmes qui concernent les centrales nucléaires françaises ?

Le principal problème des centrales nucléaires françaises est que parce qu’elles sont essentiellement du même type que les centrales japonaises et que les centrales américaines, y compris celle de Three Mile Island, elles présentent le même risque de fusion du cœur et de ses conséquences contre lesquelles on est sans défense à l’heure actuelle.

La fusion du cœur et ses conséquences catastrophiques est, j’insiste, un problème qui se pose pour pratiquement toutes les centrales électronucléaires au monde.

Ce type d’accident menace donc la totalité actuelle du parc français, notamment les réacteurs de Fessenheim. Or un seul accident de ce genre serait une tragédie pour notre pays. Les recommandations faites par l’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN) à la suite de Fukushima sont de nature à améliorer la sûreté de ces réacteurs, sans toutefois éliminer le risque.

Mais j’ai le regret de ne pas voir, à l’heure actuelle, le moindre signe de mise en conformité des réacteurs par EDF, ni de mise en place « à partir de 2012, d’une »force d’action rapide nucléaire« nationale […] qui devrait être totalement opérationnelle fin 2014 ». J’évoquerai plus loin le cas du « renforcement de la dalle de béton » sous les radiers.

Il existe, dans ce que l’on appelle la génération 4 des réacteurs nucléaires, des réacteurs plus « sûrs » qui, par construction, ne peuvent pas subir ce type d’accident. […] En tout état de cause, on estime que la durée de la phase de recherche et développement [pour leur] mise au point, avant une véritable industrialisation (très coûteuse) serait d’environ 50 ans. Les centrales « sûres » seront peut-être la bonne solution au XXIIe siècle… mais ce ne sera plus notre affaire.

Votre remise en cause du nucléaire est-elle exceptionnelle dans votre milieu ? Avez-vous un message à adresser à la communauté scientifique, et en particulier aux ingénieurs nucléaires ?

Il serait exagéré de ma part de dire que j’ai un message à adresser. Je m’exprime librement et ne fais qu’apporter ma contribution personnelle à une œuvre qui comporte de très nombreux acteurs.

Je ne suis certainement pas le seul dans mon milieu professionnel à remettre en cause le nucléaire civil. Je communique avec de nombreux collègues, de spécialités diverses, tous de grande compétence.

J’ai fait plusieurs conférences, dans le grand public comme dans les milieux scientifiques. J’ai toujours été écouté très courtoisement. Bien entendu, j’ai rencontré beaucoup de gens qui n’étaient pas de mon avis, et c’est parfaitement normal. Certains amis très proches sont en désaccord avec moi mais nos échanges sont toujours, pour moi, très stimulants.

Un argument évident, qui n’a rien à voir avec la physique nucléaire ou la technique, est celui de l’avenir énergétique, fût-il de notre pays, de l’Europe ou du monde, compte tenu de ce que nous savons de l’état de l’économie, et la question de la transition énergétique tant prônée. On se trouve, comme souvent dans la vie, devant de difficiles problèmes de choix. Ces choix sont de nature politique et je ne puis en parler qu’en amateur et apporter des informations.

Propos recueillis par Charlotte Mijeon

La police de M. Valls range les mouvements écologistes parmi les dangers publics lefigaro.fr Reporterre 2013/02/15 lefigaro.fr (15 février 2013) La police de M. Valls range les mouvements écologistes parmi les dangers publics. Reporterre. fr

La police de M. Valls range les mouvements écologistes parmi les dangers publics

« Les mouvements de défense de l’environnement, qui peuvent être amenés à conduire des ’actions fortes’ sur les thèmes du nucléaire ou du gaz de schiste, doivent également ’faire l’objet d’une veille permanente’ » Comme le gouvernement de droite dure au Canada, celui des « socialistes » considère les écologistes comme une menace à l’ordre public

Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux, selon une note de service.

« Dans un contexte économique dégradé qui touche l’ensemble des territoires, il est important de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir », explique cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP), qui fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d’information générale (SDIG, ex-RG).

Ce document, daté du 30 janvier et transmis aux différents directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne la nécessité « d’anticiper » les mobilisations, ainsi que « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ». Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs (PSA, Renault, Petroplus...).

Les services de renseignement, selon des sources policières, craignent une « radicalisation » de salariés de ces entreprises en difficulté, qui pourrait notamment apparaître lors d’une manifestation le 12 février à Paris.

Des réunions ont eu lieu à cet égard, notamment à la préfecture de police de Paris (PP), et ce mouvement, « s’il est confirmé », est « suivi de très près », selon les sources. La note « insiste » notamment sur la « nécessité de préserver et renforcer au besoin le potentiel d’analyse et de couverture des territoires dans ce domaine ».

Concernant les quartiers sensibles, la note précise que le travail de veille doit être « prioritairement » orienté vers les zones de sécurité prioritaires (ZSP) lancées par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Les fonctionnaires de la SDIG sont également invités, avec leurs homologues du renseignement intérieur, à détecter des « groupes ou individus à risque » qui graviteraient dans les milieux islamiques en France.

Parmi les groupes ou milieux à suivre « avec constance », la note évoque « les sectes apocalyptiques, les groupes survivalistes, tout comme les nouvelles thérapies ». Les mouvements de défense de l’environnement, qui peuvent être amenés à conduire des « actions fortes » sur les thèmes du nucléaire ou du gaz de schiste, doivent également « faire l’objet d’une veille permanente », explique cette note.

Lasagne au cheval : le suspect est un anti-écolo militant Remi Rivière (Reporterre) Reporterre 2013/02/16 Remi Rivière (Reporterre) (16 février 2013) Lasagne au cheval : le suspect est un anti-écolo militant. Reporterre. fr

Lasagne au cheval : le suspect est un anti-écolo militant

Barthelemy Aguerre, président de la société Spanghero impliquée dans le trafic de viande de cheval, sévit de longue date dans le Pays basque : partisan des OGM, d’une nouvelle deux fois deux voies, patron de choc, opposé à la chambre autonome d’agriculture...

Ainsi donc, le ministre Benoit Hamon se serait montré « très léger » et même "extrêmement imprudent" en pointant la responsabilité de la société Spanghero dans le scandale de la viande de cheval qui se fait passer pour du boeuf.

C’est en tout cas l’avis de l’intéressé, un certain Barthélémy Aguerre, président de l’entreprise, qui veut bien cependant consentir une « négligence ». Mais Barthélémy Aguerre est un franc du collier, maire et conseiller général Modem, qui a toujours clamé ses intentions en barrant la route aux défenseurs de l’environnement, aux promoteurs d’une agriculture paysanne et aux syndicats. Qu’il déclare innocemment qu’il ne faisait que réexpédier de la viande venue de Roumanie, alors même qu’il est vice-président de la coopérative agricole Lur Berri de Saint-Palais, en dit long sur ses principes et précautions. Au mieux, son rôle d’intermédiaire est irresponsable. Au pire, il ruine ceux qu’il prétend défendre, la coopérative Lur Berri qui a pris le contrôle de Spanghero en 2009. Surtout en définissant, en devanture de web, ce « projet coopératif centré sur les valeurs humaines », cherchant « à valoriser les atouts de son terroir et le savoir faire reconnu des 5 000 agriculteurs qui adhèrent à ces valeurs ».

Droit dans ses bottes, Barthélémy Aguerre a pourtant déjà été au cœur d’un scandale de viande, avariée cette fois. En 2008, la coopérative Arcadie, également filiale de Lur Berri et présidée par le même Aguerre, a été mise en examen pour « tromperie sur les qualités substantielles et sur l’origine d’un produit, tromperies aggravées sur les risques pour la santé humaine » et « mise en vente de denrées corrompues ».

Une logique industrielle qui a fait bondir le chiffre d’affaire de la coopérative de 85% en un an, sans pour autant calmer les salariés de Lur Berri qui dénoncent régulièrement des salaires planchers, une politique sociale « déplorable », des primes retirées, des heures supplémentaires non payées.

Mais au chapitre des contestations, Barthélémy Aguerre a l’habitude d’encaisser. Il s’est également distingué il y a quelques années, comme Conseiller général délégué au transport, pour avoir été le promoteur d’une 2X2 voies qui devait traverser le Pays Basque intérieur contre l’avis des habitants et des défenseurs de l’environnement. Projet qui fut finalement sagement enterré. De même que l’extension controversée d’une porcherie industrielle, qu’il appelait de toute son influence, et dont l’autorisation préfectorale de 2004 fut finalement annulée en 2007 par décision de justice.

Le modèle agricole de Barthélémy Aguerre reste très éloigné du modèle défendu au Pays Basque, majoritairement proche du syndicat ELB et de la Confédération paysanne. Barthélémy Aguerre fut d’ailleurs l’un des rares maires basques à contester, il y a près de 10 ans, la création d’une chambre d’agriculture alternative du Pays Basque défendant une agriculture paysanne et durable. Structure qui a aujourd’hui dûment fait ses preuves.

Mais ce fils d’agriculteur est resté dans le collimateur des paysans basques, notamment de ceux qui ont dû occuper, en 2007, les locaux de Lur Berri jusqu’à ce que la coopérative renonce à commercialiser des semences OGM de maïs. Au grand soulagement de trois mille producteurs AOC de la région. Le principe de précaution qui se heurte, en somme, à des principes industriels arrogants, loués crânement par petites phrases pour moquer ceux « qui n’ont pas la logique entrepreneuriale ». Sans précautions.

Le nombre d’affamés dans le monde semble plus proche de deux milliards que de 870 millions Frédéric Dévé Reporterre 2013/02/18 Frédéric Dévé (18 février 2013) Le nombre d’affamés dans le monde semble plus proche de deux milliards que de 870 millions. Reporterre. fr

Le nombre d’affamés dans le monde semble plus proche de deux milliards que de 870 millions

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait environ 870 millions de personnes sous-alimentées. Ce chiffre découle, non d’un recensement, mais d’une méthodologie selon certaines hypothèses de calcul. En 2012, la FAO a revu ces hypothèses dans un sens plus réaliste. Ce qui conduit à estimer le nombre de personnes sous-alimentées à... environ deux milliards.

Le rapport de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) sur l’état de l’insécurité alimentaire 2012, publié en automne dernier, a présenté de nouvelles estimations du nombre et de la proportion de personnes sous-alimentées.

La méthodologie aboutit à estimer que la sous-alimentation chronique touche encore 870 millions de personnes dans le monde, dont 850 millions dans des pays en développement. Il n’y a pas eu de scoop ni d’agitation particulière autour de cette publication.

Et pourtant… une observation importante mérite d’être faite. La méthodologie d’estimation du rapport 2012 a en effet été ajustée, et parmi les innovations s’en trouve une qui peut questionner drastiquement les chiffres retenus et diffusés, et l’optimisme ambiant (très relatif il est vrai) concernant l’objectif du millénaire N°1.

C’est un indice de prévalence de l’inadéquation de l’alimentation qui a été utilisé, et non plus l’ancien indice de privation chronique d’alimentation.

Ce nouvel indicateur est analogue conceptuellement à l’ancien, mais :

- 1) il est calculé en établissant le seuil calorique de la sous-alimentation par rapport aux besoins énergétiques à un niveau plus élevé ; et surtout

- 2) le seuil calorique retenu peut maintenant être décliné en fonction des besoins énergétiques de trois différents styles de vie : activité physique modérée, normale et intense. Et c’est selon chacun de ces trois styles de vie que l’indice permet de mesurer maintenant le pourcentage de la population qui est en risque de ne pas couvrir ses besoins alimentaires.

Dans un souci de transparence, la FAO publie sa méthodologie dans l’annexe technique du rapport. Personne n’y a prêté garde. Il y apparaît cependant que le chiffre de 870 millions de personnes repose sur l’hypothèse d’un style de vie à activité physique « modérée ».

Impact sur les estimations de la faim des définitions alternatives du minimum énergétique diététique requis - Annexe 2, p. 55 du SOFI

Voilà qui est surprenant, peut-on se dire. En effet, les trois quarts des personnes souffrant de la faim sont des ruraux des pays en développement pour lesquels cette hypothèse ne saurait s’appliquer (que l’on pense aux femmes et enfants dans les travaux aux champs pour la préparation du sol et les récoltes, les distances parcourues pour avoir accès à l’eau, au marché, au bois, les journées de dur labeur comme journaliers… s’agit-il d’activité physique modérée ?).

Si l’on applique l’hypothèse d’une activité « normale », le chiffre des personnes affectées par la sous-alimentation passe à 1,5 milliards de personnes. Si on retient l’hypothèse d’une activité « intense » (plus réaliste au style de vie paysan), ce chiffre passe à 2,5 milliards de personnes.

Il semble sur ces bases que ce n’est donc pas le chiffre de 870 millions d’affamés qu’il faut avoir en tête, mais quelque chose entre 1,5 milliards et 2,5 milliards d’affamés.

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Note :

• Lien vers le rapport “SOFI” en anglais dans son intégralité (State of Food Insecurity).

30e Festival du film d’environnment Par Julien villalard Reporterre 2013/02/18 Par Julien villalard (18 février 2013) 30e Festival du film d’environnment. Reporterre. fr

30e Festival du film d’environnment

Le 30 eme festival international du film d’environnement

Du 19 au 26 février 2013

Des débats, des rencontres et 145 films à voir gratuitement dans une dizaine de salles d’île de France ou sur le site, le lendemain de la projection.

Pour en savoir plus.

Le casse du siècle Par Julien villalard Reporterre 2013/02/19 Par Julien villalard (19 février 2013) Le casse du siècle. Reporterre. fr

Le casse du siècle

- Note de lecture par Jade Lindgaard (Reporterre)

Carbone connexion : TVA, le casse du siècle, par Aline Robert (Max Milo, 2012) est un livre d’enquête qui raconte comment le marché européen du carbone a été le théâtre de l’une des fraudes les plus massives et les plus lucratives du XXe siècle.

Entre 10 et 20 milliards d’euros ont été détournés par les diverses mafias qui ont sévi sur les bourses européennes des droits à polluer. L’un des apports forts de l’auteure, ancien journaliste de La Tribune, est de révéler un défaut initial majeur de la finance carbone. Sur le marché européen, la tonne de CO2 est à la fois une matière première, donc soumise à la TVA, et un actif financier qui traverse les frontières aussi facilement qu’un courant d’air. Cet hybride de composants matériels et immatériels a créée les conditions idéales pour frauder la fiscalité des Etats. Si les gouvernements ne sont pas directement mis en cause - ce « casse du siècle » s’est produit malgré eux- en revanche, ils ont trop tardé à l’endiguer. La responsabilité du cabinet d’Eric Woerth est posée à ce titre car ses services ont mis de longs mois à réagir aux alertes que lui remontaient les policiers de Tracfin.

J. L.

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Carbone connexion. Le casse du siècle, par Aline Robert, éd. Max Milo, 18 €.

Une zone à défendre s’installe au Chefresne, dans la Manche Des occupant-e-s de la ZAD des Mares// Solidarité Anti THT Reporterre 2013/02/19 Des occupant-e-s de la ZAD des Mares// Solidarité Anti THT (19 février 2013) Une zone à défendre s’installe au Chefresne, dans la Manche. Reporterre. fr

Une zone à défendre s’installe au Chefresne, dans la Manche

Chefresne est l’épicentre de la lutte contre la ligne THT Cotentin Maine. Alors que le préfet prétend passer au-dessus d’une décision de justice, une occupation a commencé le 18 février.

Occupation au Chefresne

Ce matin du 18 février 2013, depuis l’aube, deux parcelles agricoles du Chefresne (Manche), au lieu dit Les Mares, sont occupées.

Ces deux parcelles sont gâchées par la présence de deux pylônes érigés en toute illégalité (ainsi en a jugé le tribunal de Coutances qui, de ce fait, a interdit l’accès aux parcelles à RTE [Réseau de transport d’électricité] par ordonnance du 13 septembre 2012).

Ce 18 février 2013, RTE a donc confirmé vouloir commencer immédiatement les travaux. A l’annonce de leur venue prétendument légale, il a été répondu : “je ne crois pas, non.”

Outre le bon droit des agriculteurs Yves Larsonneur et Sylvie Hubert, il s’agit de poursuivre la résistance à la construction de la ligne THT Cotentin-Maine, et plus largement de poursuivre la résistance aux lignes THT, au nucléaire et au monde qui va avec.

Qu’il soit bien entendu que la Zone à défendre est bien le terrain que nous occupons et non les pylônes qui s’y trouvent.

Des occupant-e-s de la ZAD des Mares

Dans la Manche, le préfet se place au-dessus de la justice

Nous le savions déjà, après maintes observation sur la capacité de M. Colrat à se substituer à la justice dans dans le tandem qu’il forme avec RTE pour en finir avec la construction de la ligne THT Cotentin Maine. Pour éviter à RTE de se trouver interdit de chantier à Saint -Martin d’Aubigny (Manche) pour la construction du pylône 114, le préfet s’est permis de demander à ce que le juge des référés de Coutances, en l’occurrence le président du tribunal, se déclare incompétent, dans une affaire ne concernant nullement la préfecture.

Pour permettre à RTE de construire ladite ligne, il s’est permis d’user d’un droit d’accès (une servitude) pour faire construire des pylônes demandant une autorisation d’occupation temporaire alors même que RTE indique sur son site internet cette obligation [d’autorisation] pour tous les propriétaires avec lesquels aucune convention amiable n’a été signée.

Mais le pompon est arrivé cette semaine !

En effet, le préfet fait passer par voie de presse sa capacité à se placer non seulement au-dessus des lois, mais aussi à aller à l’encontre d’une décision de justice, à moins que les journalistes de Ouest-France aient mal compris. En tous cas, ces journalistes n’ont pas l’air d’avoir daigné contacter le greffe du tribunal qui aurait pu facilement confirmer que la décision de justice du 12 septembre 2012 signifiée par ordonnance du 13 septembre 2012 était toujours en vigueur.

Cette ordonnance concerne l’interdiction pour RTE de poursuivre le massacre commencé avec la construction des pylônes 224 et 225 effectuée au Chefresne (50) après avoir forcé le passage et fait arrêter Yves Larsonneur, l’agriculteur propriétaire des lieux le 31 juillet 2012.

Du coup, Me Gervaise Marie-Doutressoulle a adressé un droit de réponse à la rédaction saint-loise du quotidien régional, mais celui-ci ne semble pas avoir suffisamment attiré l’attention pour susciter une publication.

Par conséquent nous relayons directement ce droit de réponse en pièce jointe.

De même, le conseil de la famille Larsonneur a rappelé à RTE et la préfecture de la Manche la décision de justice toujours en cours, joignant celle-ci à son courrier pour être sûr qu’ils n’oublient pas. Il a aussi averti le Président du Tribunal de ses craintes quant à la capacité de la préfecture, de RTE et de leur force dite publique à ne pas tenir compte d’une décision de justice en lui envoyant copie de son rappel.

Solidarité antiTHT

Amiante : la justice continue le scandale de l’impunité Association Henri Pezerat Reporterre 2013/02/19 Association Henri Pezerat (19 février 2013) Amiante : la justice continue le scandale de l’impunité. Reporterre. Tribune — fr

Amiante : la justice continue le scandale de l’impunité

La justice française refuse de poursuivre les responsables de la société Amisol. Celle-ci fabriquait des produits à base d’amiante à Clermont-Ferrand. De très nombreux ouvriers y ont attrapé une maladie mortelle. Cette décision est inique.

Honte à la justice française

à l’égard des victimes de la pire usine d’amiante !

Le 13 février 2012, à Turin, deux des plus hauts responsables du groupe Eternit ont été condamnés à 16 ans de prison ferme pour désastre volontaire ayant fait des milliers de victimes. Ce 8 février 2013, pour des faits analogues, commis à la même époque, avec les mêmes conséquences, la cour d’appel de Paris décide que le procès de claude Chopin, ex-PDG de l’usine française de textile amiante, Amisol, n’aura pas lieu. Aucune charge n’est retenue contre lui, au motif « que les faits commis en 1974 ne peuvent pas être appréciés avec les exigences de santé publique apparues depuis »… « Que la mémoire des faits s’efface » !

L’Etat contre les victimes d’empoisonnement industriel

Cet épisode éclaire de façon nette la volonté de l’Etat à l’égard des victimes de l’amiante puisque cette décision résulte de la demande du Procureur général en soutien objectif de la demande de l’ex-PDG d’Amisol. Elle s’inscrit en cohérence avec l’annonce par le ministère de la Justice du retrait des fonctions de juge d’instruction de la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, coordonnatrice de l’instruction au Pôle de Santé Publique, sous le couvert d’une interprétation de la loi limitant la durée de mandat de juges spécialisés.

La décision rendue à Paris contre les victimes d’Amisol témoigne d’une volonté politique d’étouffer l’affaire de l’amiante. C’est à cela qu’aura servi la création du pôle judiciaire de santé publique ! Non pas juger mais étouffer...

Cette décision scandaleuse qui éconduit les victimes de la pire usine d’amiante française, va cependant beaucoup plus loin qu’AMISOL. Elle est dangereuse pour tous. Elle signifie que les effets différés des empoisonnements industriels, qu’il s’agisse de l’amiante ou autres toxiques mortels, pourraient ne jamais être jugés. La porte est ainsi ouverte à tous les abus, à toutes les impunités des véritables responsables.

Prend le chèque et circule

La réprobation doit s’exprimer, parce que cet épisode sous-tend aussi cette idée : « les victimes ouvrières n’ont pas droit à la justice pénale, la réparation par l’indemnisation éventuelle doit leur suffire ». C’est en quelque sorte : PRENDS LE CHEQUE ET CIRCULE.

Le POURVOI EN CASSATION des victimes d’AMISOL A ETE IMMEDIAT… LE COMBAT CONTINUE !

En mémoire et en soutien de toutes les victimes d’AMISOL, avec les militantes et militants, ex-ouvrières et ouvriers de cette usine qui, depuis les années 1970, luttent contre l’amiante et pour les droits des victimes,

NOUS, SOUSSIGNES, NOUS VOULONS DIRE :

NOTRE REPROBATION DE CETTE DECISION JUDICIAIRE INDIGNE

NOTRE SOUTIEN RECONNAISSANT AUX AMISOL

NOTRE REFUS DE PROCUREURS AU SERVICE DES POUVOIRS ECONOMIQUES

NOTRE VOLONTE QUE LE DOSSIER DE L’AMIANTE NE SOIT PAS JUSQU’AU BOUT DANS LA CONNIVENCE

ET NOUS NOUS ENGAGEONS AUX COTES DES AMISOL POUR LA JUSTICE PENALE CONTRE LES RESPONSABLES DE CRIMES SOCIAUX ET ENVIRONNEMENTAUX.

Merci de lire et de signer cette pétition en ligne : « AMISOL Honte à la justice française à l’égard des victimes de la pire usine d’amiante ! » et de la faire signer autour de vous.

Notre Dame des Landes : des données oubliées pour gonfler artificiellement les estimations du trafic aérien Nexus Reporterre 2013/02/19 Nexus (19 février 2013) Notre Dame des Landes : des données oubliées pour gonfler artificiellement les estimations du trafic aérien. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : des données oubliées pour gonfler artificiellement les estimations du trafic aérien

Les chiffres de perspective du trafic sur l’aéroport de Notre Dame des Landes sont censés attester de sa rentabilité future. Mais ils sont faux, puisqu’ils n’ont pas pris en compte l’arrivée de la LGV et les effets qu’elle va avoir sur le trafic.

Lettre à Monsieur Claude Chéreau Président de la Commission de dialogue du projet pour un aéroport à NDDL Préfecture de Loire Atlantique 6 quai Ceineray 44000 Nantes

Objet - Transport dans l’Ouest Atlantique, - Intermodalitél Rail / Air / Route, - Projet Aéroport du Grand Ouest, - Surévaluation des trafics, un manque de recouvrement D.G.A.C./ R.F.F. Monsieur le Président,

Le temps disponible lors de notre audition du 29 Janvier 2013 n’ayant pas permis d’attirer votre attention sur quelques points troublants à connaître par les Membres de la Commission de dialogue, nous nous permettons en conséquence de vous les faire parvenir progressivement par courrier et par thème...

Thème - Concurrence des LGV nouvelles « occultée » ou « oubliée » dans l’évaluation du trafic par la D.G.A.C.[Direction générale de l’aviation civile] dans le dossier du Maître d’ouvrage projet NDDL soumis à enquête publique.

La D.G.A.C. dans ses estimations de trafic régulier a pris pour référence de base le trafic 2005 sur lequel elle a appliqué les prévisions de croissance pour les années 2006 à 2050 soit pour le scénario 3 [1], 9.48% de 2006 à 2010, 6.2% de 2011 à 2015, 3.3% de 2016 à 2020, 2.805% de 2021 à 2025, 2.1754% de 2026 à2050.

Mais alors que la D.G.A.C. aurait dû appliquer ces coefficients de croissance au cas par cas pour les onze lignes aériennes de l’hexagone pour permettre d’en réactualiser le total au gré de l’arrivée de la concurrence de telle ou telle LGV nouvelle, elle a appliqué ces coefficients de croissance d’une façon globale et constante sur le montant total des passagers du trafic régulier en 2005 à Nantes Atlantique soit sur 1 341 081 [2] !

Les coefficients ont été appliqués systématiquement sur ce chiffre de 1 341 081 pendant 45 ans ce qui onduit à l’ estimatif de 6 590 000 [3] pour 2050 mais cela sans tenir compte de l’arrivée au fil du temps de la concurrence des LGV nouvelles !

Les coefficients de croissance ont été appliqués pour 45 ans par la D.G.A.C. sur les onze lignes de l’Hexagone dont la ligne n° 1 Nantes - Roissy, soit 306 723 passagers en 2005, chiffre qui devient en 2050, par l’application des coefficients D.G.A.C., 1 507 554 .

Un chiffre que vous ne verrez apparaître nulle part et qui n’attirera donc pas l’attention du lecteur puisqu’il est présenté « noyé » dans le total de 6 590 000.

Or aux environs des années 2024 cette ligne n°1 (Nantes-Roissy), du fait des concurrences LGV Bretagne/Pays de la Loire (2018), de l’Interconnexion Sud LGV Ile de France (2024), voire même d’un prolongement de la LGV depuis Sablé-sur-Sarthe jusqu’à Nantes et de la billetterie commune, subira le même sort que la ligne actuelle Strasbourg-Roissy [4] dont le transfert au rail suite à l’effet LGV Est sera effectif le 2 Avril 2013.

Il faut donc que la D.G.A.C. pour son trafic estimé en 2050 déduise 1 507 554 à son estimation de 6.590 000 passagers du trafic régulier en 2050 et portée dans le dossier du Maître d’ouvrage puisque cette ligne aérienne Nantes-Roissy ne sera plus active dès 2024 ou alors vraiment insignifiante.

Ceci est le chiffre à déduire des prévisions pour le seul cas de la ligne n°1. Il faut maintenant appliquer le même raisonnement sur les dix autres lignes aériennes dans l’hexagone au départ du projet NDDL.

Ces lignes subiront elles aussi des réductions de leur trafic à l’occasion des mises en service de LGV nouvelles prévues pour entrer en service entre 2005 et 2050. Le pourcentage à déduire varie au cas par cas de 0 à 100% selon la localisation des LGV nouvelles sur le territoire.

Des estimations à diviser par deux

Nous confirmons que la prise en compte de la concurrence des LGV nouvelles « occultée » ou « oubliée » par la D.G.A.C. revient par ses effets directs et indirects à diviser quasiment par deux l’estimation de 8 940 000 passagers pour 2050 inscrite dans le dossier du Maître d’ouvrage du projet d’aéroport.

Voilà pourquoi nous avons proposé une audition par la Commission de dialogue de la D.G.A.C. qui ne pourra que constater et vous confirmer qu’elle n’intègre pas véritablement dans sa/ses prospective(s) les aspects rails.

Nexus saurait si nécessaire montrer documentations ou correspondances en relation avec ses écrits. L’audition simultanée de R.F.F.[Réseau ferré de France] nous paraît nécessaire afin d’établir pourquoi, alors que cette entité a dans ses fonctions la recherche de nouveaux marchés, et qu’elle est bien placée pour connaître l’impact de la vitesse rail, elle n’a pas défendue pour l’Ouest la carte de l’Intermodalité Rail / Air pour absorber les accroissements de trafic.

Certes la marge d’expression pour la Direction de R.F.F. comme pour celle de la S.N.C.F. n’est pas bien grande lorsque l’employeur à Matignon est aussi bien avant mai 2012 qu’après, un porteur inconditionnel du projet pour un autre aéroport à Notre Dame-des-Landes !

Ceci explique pourquoi nous avons demandé une audition des divers porteurs de projets transport devant les acteurs économiques clés, CCI [Chambre de commerce et d’industrie], chambre d’agriculture, chambre des métiers, Medef... et cela en présence de personnalités rompues aux métiers du transport et davantage en situation de s’exprimer librement.

Le constat d’un trafic largement surévalué à 9 000 000 de passagers pour 2050 à Notre-Dame des-Landes ne gêne en rien le réaménagement que nous préconisons à Nantes-Atlantique et que nous savons possible au-delà de dix millions de passagers.

Toutefois la vérité sur les chiffres pour tous constitue bien un droit et montre au demeurant que les dépenses d’aménagement de Nantes- Atlantique n’en seront que plus voire très réduites.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre considération distinguée.

Bernard Fourage Annie Le Gal La Salle Département Études Vice Présidente Association NEXUS

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Notes

[1] Pièce F du dossier du Maître d’ouvrage page 84, Scénario 3, tableau accroissement des trafics réguliers prévus à NDDL (situation de référence)

[2] Pièce F du dossier du Maître d’ouvrage page 45. Le tableau du trafic régulier de l’aéroport de Nantes par destination en 2005.

[3] Pièce F du dossier du Maître d’ouvrage page 84, Scénario 3, tableau accroissement des trafics réguliers prévus à NDDL (situation de référence)

(Le Lien vers : Dossier du Maître d’ouvrage projet NDDL, pièce F Évaluation Socio-économique et Financière

Rappel lettre à RFF 21.10.2012 Concurrence déloyale, dossier Maître d’ouvrage projet NDDL)

[4] Lien vers journal l’Alsace, Ligne Strasbourg-Roissy, AF remplacera en avril ses avions par des TGV.

Strasbourg va créer un périphérique réservé aux vélos Territorial.fr Reporterre 2013/02/20 Territorial.fr (20 février 2013) Strasbourg va créer un périphérique réservé aux vélos. Reporterre. fr

Strasbourg va créer un périphérique réservé aux vélos

Elle se veut « première ville cyclable de France » et le prouve : Strasbourg va se lancer cet été dans de nouveaux aménagements en faveur des cyclistes, parmi lesquels un périphérique qui leur sera réservé, une première en France.

« Strasbourg va un peu servir de test pour d’autres villes et agglomérations qui suivent avec intérêt la manière dont nous allons gérer ce dossier », s’est félicité lundi le maire Roland Ries lors d’une conférence de presse.

« Il s’agit de mettre en place une sorte de périphérique pour vélos, avec des portes identifiées et des connexions avec des radiales qui permettront de desservir l’ensemble du territoire en moins de 30 minutes », a détaillé Serge Asentio, chargé de mission vélo auprès de la mairie. L’idée est de « favoriser l’usage du vélo sur des trajets plus longs, comme c’est le cas à Copenhague par exemple ».

« On doit changer de logique : (à) Strasbourg et (dans) son agglomération 70% des déplacements font moins de 3 km, mais le vélo ne représente que 8% [de ces trajets]. Nous souhaitons par ces aménagements porter ce chiffre à 16% à l’horizon 2025 » a expliqué Alain Jund, adjoint en charge de l’urbanisme.

Notre Dame des Landes : foin de la Commission de dialogue, l’Etat lance déjà les marchés de travaux Reporterre Reporterre 2013/02/20 Reporterre (20 février 2013) Notre Dame des Landes : foin de la Commission de dialogue, l’Etat lance déjà les marchés de travaux. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : foin de la Commission de dialogue, l’Etat lance déjà les marchés de travaux

Une Commission de dialogue ? Très bien. Mais dans l’esprit du gouvernement, il ne s’agit que d’un dialogue cosmétique, puisqu’il engage, comme si de rien n’était, les marchés publics des travaux à sa charge.

Comme, par exemple, celui des plantations orneraient l’autoroute qui doit balafrer le bocage entre les voies rapides Vannes-Nantes et Rennes-Nante.

Cette autoroute, ou « barreau routier », reste à court terme la plus grande menace de début du chantier.

Voici le PDF de ce marché :

Et le lien où on peut le consulter : Les marchés publics et privés

Un carême sans viande et sans poisson Chrétiens Unis pour la Terre Reporterre 2013/02/20 Chrétiens Unis pour la Terre (20 février 2013) Un carême sans viande et sans poisson. Reporterre. fr

Un carême sans viande et sans poisson

Suite au « Jeûne pour la Terre » proposé en juin 2012, à l’occasion du Sommet de la terre Rio+ 20, Chrétiens Unis pour la Terre un carême sans viande et sans poisson.

Aujourd’hui, la pratique de ne pas manger de viande durant le carême a quasiment disparu, alors que la question de l’élevage industriel se fait brûlante pour les dommages qu’elle occasionne aux écosystèmes, aux hommes et aux bêtes (tant sur le plan de la déforestation, de l’effet de serre que du traitement, souvent indigne, des animaux...).

L’initiative date d’avant le scandale de lasagne au cheval et des poissons nourris aux farines animales mais elle prend une nouvelle pertinence depuis quelques jours.

A l’occasion du carême (13 février- 31 mars), le jeune mouvement Chrétiens unis pour la terre lance l’initiative de passer 40 jours sans consommer de viande ni de poisson.

Après les initiatives de « carême sans carbone », le « sans voiture », « sans plastique » lancés ailleurs, la période est manifestement propice aux questionnements écologiques.

Le dernier rapport de la FAO prévoit que la consommation mondiale de viande augmentera de 73% d’ici 2050 si les courbes actuelles se poursuivent. Depuis 30 ans la consommation de porc a déjà été multipliée par 3, celle de boeuf par 2 et de poulet par 6.

Cette même organisation onusienne rappelle que la terre produit actuellement des céréales suffisantes pour alimenter les 900 millions de personnes qui souffrent de la faim. Or une trop grande partie de ces céréales sert aujourd’hui à nourir le bétail (il faut 10 kilos de céréales pour un kilo de steak). Les effets de l’expansion de l’élevage en matière de déforestation ou d’effet de serre y sont également présentés.

L’évêque en charge de l’environnement dans l’épiscopat en a signé le texte introductif aux côtés d’une pasteure et d’un orthodoxe. Et si le prochain pape était écolo ?

A l’appui de cette « expérience » on trouvera un Livret d’accompagnement pratique et spirituel qui présente une série d’arguments issus tant de l’étude des écosystèmes que de l’éthique de la relation au vivant non humain ou d’écrits plus théologiques.

Pour accompagner chacun sur ce chemin, ce livret d’une vingtaine de pages contient en première partie, des textes de réflexion rédigés par des prêtres, pasteurs, moines ou théologiens, en seconde partie, des argumentaires écologiques expliquant les conséquences de la surconsommation de viande et de poisson dans le monde et en France, et en troisième partie des pistes pour bien se nourrir avec de nombreuses recettes (afin de nous faciliter la vie) .

Ce livret a été parrainé par Jean Bastaire et Jean-Marie Pelt. Il fait déjà l’objet d’un partenariat avec Pax Christi, la C.OR.E, le réseau Bible et Création, Eglise & Ecologie et le Pelerin magazine.

Il est disponible à l’achat dans 10 lieux en France au tarif de 3€. L’ensemble de la campagne peut être suivi sur notre blog où une version simplifiée du livret est téléchargeable.

Si vous pensez vous engager à nouveau à nos côtés, envoyez-nous un petit mail à : chretiensunispourlaterre arobase gmail.com ! Vous recevrez un courriel hebdomadaire de soutien composé de quelques réflexions et de nouvelles recettes. Et surtout, n’hésitez pas à diffuser autour de vous !

La gendarmerie a évacué la Zad du Chefresne FR3 Reporterre 2013/02/20 FR3 (20 février 2013) La gendarmerie a évacué la Zad du Chefresne. Reporterre. fr

La gendarmerie a évacué la Zad du Chefresne

En fin de matinée mardi 19 février, sur ordre du préfet de la Manche, les gendarmes ont finalement évacué les militants venus soutenir Yves Larsonneur dans son combat contre RTE et la THT.

Une évacuation qui s’est faite relativement en douceur et dont l’objectif était de permettre aux ouvriers et aux engins d’accéder au champs de l’éleveur de la Manche pour y poursuivre le chantier de la THT Contetin-Maine.

Or, Yves Larsonneur, soutenu par son avocat, entendait bloquer l’accès à ses champs au nom d’une décision de justice rendue en sa faveur par le tribunal de Coutances en septembre dernier.

Le reportage de Stéphanie Vinot et Joël Hamard (Intervenants Yves Larsonneur agriculteur, Me Gervais-Marie Doutressoulle avocat d’Yves Larsonneur, Jean-Michel Ehlinger directeur d’aménagement du projet Cotentin-Maine RTE).

La France exhortée à sauver l’ours polaire Robin des Bois Reporterre 2013/02/20 Robin des Bois (20 février 2013) La France exhortée à sauver l’ours polaire. Reporterre. fr

La France exhortée à sauver l’ours polaire

L’ours polaire sera-t-il inscrit à l’annexe I de la Convention Cites ? C’est le meilleur moyen de protéger cette espèce gravement menacée. Mais la France hésite...

L’ours polaire (Ursus maritimus) est un mammifère marin qui se nourrit d’autres mammifères marins. Il vit pour l’essentiel sur la banquise arctique, sur les glaces de mer et en mer ouverte. C’est un excellent nageur. La banquise, le domaine vital de l’ours polaire, est en régression. Les prédations et les risques mortels pour les ours polaires sont en augmentation.

L’ours blanc fait fondre les cœurs. Les gouvernements et les ONG l’exploitent comme emblème et martyr du réchauffement climatique. L’ours blanc est devenu un top-model et un bailleur de fonds.

Pourtant en pratique, quand il s’agit de venir dès maintenant à son secours, il y a un monde fou aux abonnés absents. Les faux-amis oublient les menaces immédiates et historiques qui pèsent sur l’espèce entière :

- Le commerce international légal des ours blancs est sanguinaire et florissant. Griffes, pelisses, mâchoires, crânes, dents, trophées de chasse, spécimens vivants s’arrachent à condition d’y mettre le prix. Dans le cœur de Paris, un ourson blanc naturalisé se vend 20.000 euros, l’adulte 40.000 euros et la peau 18.000 euros. Chaque année, ceux qui vendent la peau de l’ours blanc sont responsables de la capture ou de l’abattage de 800 individus. La population globale est estimée entre 20.000 et 25.000 divisée en 19 populations connues et réparties sur un territoire de 15 millions de km2 en hiver et de 3 millions de km2 en été. Les données démographiques sont lacunaires, imprécises, anciennes ou même inexistantes pour 4 sous-populations. Au commerce légal, il convient d’ajouter le trafic illégal aiguisé par la boulimie de l’Asie et du Moyen-Orient pour les parures animales. Un des foyers virulents du braconnage sévirait en Russie dans la mer de Béring.

- A la chasse s’ajoute l’exposition aux pollutions chimiques. Les ours polaires sont au sommet de la chaîne alimentaire arctique. Leurs proies sont contaminées et contaminantes. Les ours polaires accumulent les polluants persistants historiques et émergents dans les tissus, dans le sang et dans les graisses. La littérature internationale est abondante à ce sujet depuis le début des années 1980. Courant 2010, une nouvelle étude danoise publiée dans Environment International a confirmé que les ours polaires sont parmi tous les mammifères, y compris l’homme, les plus contaminés par les résidus chimiques des activités humaines et des incendies des forêts boréales. Les scientifiques vétérinaires danois constatent que la dose quotidienne de PCB, de lindane et de composés bromés dépasse très largement les valeurs-guides sanitaires recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour le genre humain. Ils notent d’autre part que les teneurs en mercure et en composés fluorés sont en constante augmentation. « Ces agressions chimiques peuvent avoir pour conséquence le déclin des populations d’ours polaires ». A leur corps défendant, les ours polaires sont les poubelles biologiques de l’Arctique.

- A la chimie s’ajoute le bruit. Les ourses blanches s’enterrent dans leur tanière de glace en octobre et y mettent bas en décembre. La mortalité naturelle des petits atteindrait 70%. Ils sont totalement dépendants de leur mère. Malgré l’insonorisation des tanières de glace et de neige, les bruits sont susceptibles de pousser les mères à la fuite et à l’abandon des portées. En Arctique, le harcèlement acoustique est multiple et en expansion : hélicoptères, travaux miniers, recherches sismiques, forages, brise-glace, véhicules tout terrain, bases-vie…

- Les activités humaines génèrent pour les ours polaires et la faune arctique d’autres stress que le bruit. Importés et favorisés par la colonisation industrielle, les trafics maritimes de marchandises et de voyageurs, le « polar bear watching » et le réchauffement climatique actuellement observé, des germes pathogènes provoquent des épisodes de plus en plus fréquents de mortalité parmi les populations de phoques, de morses et d’ours polaires. Il est par ailleurs noté depuis plusieurs décennies que l’acculturation du genre Ursus maritimus au genre humain provoque chez le premier des intoxications alimentaires mortelles, les ours polaires ayant dans certains cas pris l’habitude de parcourir les décharges de déchets et les sites pollués toxiques abandonnés sur le littoral de l’océan Arctique.

- Le cauchemar majeur, c’est la marée noire. Les risques d’occurrence sont élevés. Les moyens de confinement et de remédiation sont très faibles en Arctique voire inexistants. Les marées noires seront catastrophiques pour toutes les chaînes trophiques et pour les ours polaires.

La position européenne est déterminante pour protéger l’ours polaire

Les Etats-Unis présenteront à Bangkok au mois de mars 2013 une proposition d’inscription des ours polaires à l’Annexe I de la CITES, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. L’Annexe I interdit le commerce international. L’inscription de l’ours polaire à l’Annexe I de la CITES est le moyen concret immédiatement disponible pour réduire les risques d’extinction de l’espèce.

Cette proposition avait été refusée à Doha au Qatar en mars 2010 ; les 27 pays de l’Union Européenne présents avaient voté contre. La nouvelle position de l’Union sera débattue le 6 février à Bruxelles. Aujourd’hui encore la France hésite. Elle se réfugierait dans l’abstention. Seule la Russie parmi les pays de l’aire de répartition des ours polaires soutient les Etats-Unis. Le Canada, le Danemark au nom du Groënland, la Norvège sont contre la proposition des Etats-Unis.

Complément info - IFAW : Les ministres de l’Environnement de l’Union européenne doivent se réunir le 6 février à Bruxelles, afin d’adopter une position commune en vue de la 16e Conférence des Parties (CoP16) de la CITES, qui se tiendra du 3 au 14 mars 2013. Si une position unanime ressort de ce scrutin, l’UE votera en bloc lors de la réunion de la CITES. En revanche, si les pays encore indécis refusent de voter pour la conservation des ours polaires, l’UE ne se prononcera pas sur cette proposition à la CITES. - Source : IFAW

Lyon Turin : le député UMP Dominique Dord dénonce l’irréalisme des trafics projetés Dominique Dord Reporterre 2013/02/20 Dominique Dord (20 février 2013) Lyon Turin : le député UMP Dominique Dord dénonce l’irréalisme des trafics projetés. Reporterre. Tribune — fr

Lyon Turin : le député UMP Dominique Dord dénonce l’irréalisme des trafics projetés

Député UMP de Haute Savoie, Dominique Dord annonce qu’il retire son soutien au projet Lyon Turin. La raison ? Les trafics projetés par les promoteurs de la LGV sont irréalistes et ne seront pas atteints.

Depuis les années 90, c’est-à-dire plus de 20 ans, mon soutien n’a jamais manqué au projet de création d’une nouvelle voie ferrée entre Lyon et Turin imaginée dès 1980 pour faire transiter, entre la France et l’Italie, le plus de marchandises possible et libérer nos routes et autoroutes savoyardes de leurs trop nombreux poids lourds.

En 1980, des prévisions de trafic poids lourds alarmistes

Dans les années 80, on nous prédisait, en effet, une croissance forte du trafic de marchandises entre la France et l’Italie, perspective insupportable selon moi pour les Savoyards. Et, de fait, les prévisions se sont avérées exactes jusqu’en 1998 où 34.7 millions de tonnes de marchandises ont traversé « nos » Alpes (contre 17 millions de tonnes en 1980).

Mais, depuis 1998, la courbe est toute autre puisque le trafic marchandises n’a cessé de baisser pour atteindre un point bas en 2009 à 20.4 millions de tonnes… pas beaucoup plus haut, finalement, qu’en 1980…

Alors, bien sûr, il y a eu des aléas, techniques, économiques…, parfois tragiques, en France sur cette longue période, mais à bien regarder, si on élargit l’angle de vue, on constate que le trafic de marchandises, lui, a continué de croître à travers l’ensemble du massif alpin : il a, en effet, plus que doublé entre 1980 et 2011, passant de 50 millions de tonnes à 107 millions de tonnes ! Mais l’augmentation du trafic de marchandises est passée ailleurs, par la Suisse et par l’Autriche mais plus par la France ! En clair, on peut donc dire aujourd’hui avec certitude que les constats et prévisions alarmistes des années 80 en France ne se sont pas du tout vérifiés. Tant mieux !

En 2013, des prévisions de trafic toujours alarmistes

Maintenant que les faits radicalement différents sont avérés par les chiffres, nous propose-t-on d’en tirer les conséquences, ce qui serait la moindre des choses pour les 30 années à venir ?

Non. Et c’est là que je ne peux plus être d’accord.

En effet, RFF et LTF, c’est-à-dire les toutes puissantes autorités techniques qui pilotent ce dossier pour l’État (page 64 de la toute récente enquête publique), nous refont le même coup, 30 ans plus tard, de prévisions de croissance exponentielle du trafic !

Pour justifier le projet du Lyon-Turin, ils prévoient ainsi pour 2035, le passage de 74,7 millions de tonnes à travers « nos » Alpes dont 41,6 par le rail et 33,1 par la route ! Des chiffres jamais atteints, même au plus fort du trafic marchandises, dont le maximum a été de 9,8 millions de tonnes par le rail en 1983, c’est-à-dire quatre fois moins, et de 26,3 millions par la route en 1998, il y a plus de 15 ans.

On prévoit donc, sans sourciller, une augmentation en France de 40 millions de tonnes en un peu moins de 30 ans, c’est-à-dire une augmentation de plus de 300 %, et cela, comme si rien ne s’était passé depuis 30 ans. Et naturellement, on ne nous dit ni pourquoi ni comment…

Pour moi, cela ressemble à un abus de confiance, vis-à-vis des élus et des citoyens, si ce n’est un abus de conscience ! C’est parfaitement insupportable.

La Cour des Comptes l’a dit cet été, en termes choisis, au Premier Ministre en émettant des doutes sérieux sur le fondement même du projet du Lyon-Turin : on croit rêver.

La réalité arithmétique, que sont les chiffres constatés sur 30 ans, montre que ces prévisions sont absurdes et la réponse du Premier ministre à la Cour des Comptes, surréaliste : « … elles ont toujours été effectuées dans les règles de l’art ». La règle de l’art reviendrait selon lui à se tromper pendant vingt ans et encore en 2012, chapeau l’artiste !

Le monde a changé : les marchandises passent ailleurs

La réalité économique l’explique et le confirme.

En 1980, en 1990, et même encore dans les années 2000, les pays émergés aujourd’hui, étaient encore en voie de développement. On pouvait difficilement prévoir que, 30 ans plus tard, leur industrie déferlerait sur nos marchés. Et c’est bien sûr à cette organisation nouvelle des flux de marchandises que nous devons adapter nos modes de transports.

Les marchandises qui arrivent par bateaux, de Chine ou d’Inde, n’ont aucune raison de transiter entre Turin et Lyon ! Il n’y a que certains technocrates français pour penser ça !

Une fois débarquées à Gênes, elles montent de l’Italie vers les pays d’Europe centrale à travers la Suisse ou l’Autriche, sauf peut-être pour celles qui sont destinées au marché français, si elles ne sont pas débarquées directement à Marseille. Mais dans tous les cas, elles ne passent que de manière ultra marginale par Turin puis Lyon.

Pour l’Europe du Nord, pourquoi voudrait-on qu’elles soient débarquées à Gênes pour prendre le Lyon-Turin ? Elles vont par la mer, et c’est très bien ainsi, vers le Havre ou les grands ports du Nord !

Idem pour ce qui nous vient du Brésil ou du Continent américain plus largement…

En 30 ans le monde a changé ! Or, il n’y a que le Lyon-Turin qui fait du sur-place.

Depuis l’Espagne, la mer plutôt que la montagne

RFF utilise aussi un autre argument insupportable. On nous explique, en Rhône-Alpes, qu’entre 2 et 5 millions de tonnes de marchandises, venant d’Espagne ou des pays du Sud de l’Europe, ne passeraient plus par Vintimille en 2035, mais remonteraient jusqu’à Lyon pour rejoindre Turin et l’Italie, ce qui est absurde. Dans le même temps, en effet, le même RFF explique dans la Région PACA aux élus de la Côte d’Azur que « sur longue distance, le transport maritime est l’alternative naturelle à Vintimille », et propose la mise en place, non pas du Lyon-Turin, mais d’une autoroute de la mer beaucoup plus écologique avec des navettes au départ de Barcelone ou de Valence vers les ports de l’Italie dès 2020 !!!

Pour justifier le Lyon-Turin à 25 ou 30 milliards, RFF multiplie les tonnes de marchandises au point de les compter 2 fois… à moins que l’on souhaite condamner les autoroutes de la mer pour 600 millions. La Cour des Comptes devrait apprécier, les écologistes aussi !

Bref, 75 millions de tonnes chez nous en 2035, je n’en crois pas un mot. Les arguments ne tiennent pas. Les arguments ne tiennent plus.

Un projet gigantesque non financé

Si encore nous vivions pendant les Trente Glorieuses – où certains semblent s’être arrêtés – on pourrait probablement se payer cette danseuse, mais la Puissance publique ne souffre-t-elle aujourd’hui d’aucun problème d’argent ?

La Cour des Comptes, encore elle, s’étonnait dans le même avis très critique de cet été, que le projet ne soit pas financé : un projet pourtant en débat depuis plus de 20 ans et pas un sou depuis tout ce temps ?

Elle n’a pas tout à fait tort, la Cour… cela d’autant plus que les prévisions de coûts sont autant minorées que les prévisions de trafic sont surévaluées. Si l’on se réfère aux rapports suisses sur le suivi des coûts du tunnel du Saint Gothard, très comparable à « notre » Tunnel pour le Lyon-Turin, il est raisonnable de penser que « notre tunnel » finira autour de 10,5 milliards d’euros et non pas à 8,5 comme nous l’annonçons aux autorités européennes… Et ce sont les États français et italiens qui paieront la différence !

Un tunnel sans accès

Le Sommet franco-italien de Lyon, au mois de décembre dernier, dont on nous a fait croire qu’il allait être décisif n’a rien décidé du tout. Il n’a concrétisé aucun accord nouveau sur le plan financier. Il a simplement redit la détermination des deux États, comme ils le font à chaque sommet depuis 20 ans pour « notre » tunnel. Chapeau.

Enfin, les Français ont inventé un outil extraordinaire dont nous avons seuls le secret, le Stif : une commission nationale va, en effet, décider cette année dans quelles infrastructures de transports nationales nous devons investir. Compte tenu du nombre de projets au moins aussi légitimes que le Lyon-Turin défendus à travers toute la France par des élus, au moins aussi motivés que nous, la nouvelle ligne ferroviaire permettant d’aller, depuis Lyon jusqu’à l’entrée de « notre » futur tunnel, n’a à peu près aucune chance d’être retenue…

Nous pourrions donc avoir réaffirmé notre détermination en décembre pour « notre » cher tunnel et décidé au Printemps de ne pas en planifier les accès. Encore chapeau.

Maintenant, ça suffit, il ne faut plus compter sur moi pour défendre l’indéfendable.

Il y aurait pourtant des choses à faire tout de suite, comme, par exemple :

- doubler la ligne Saint-André-le-Gaz / Chambéry comme le demande la directrice régionale de la SNCF,

- couvrir les voies pour réduire les nuisances subies par les riverains et apporter du travail aux petites et moyennes entreprises du BTP,

- investir dans les nouvelles technologies pour rendre le fret ferroviaire plus souple et adapté à la demande des transporteurs.

Cela, je le redis, pourrait se faire tout de suite, et l’argent serait beaucoup mieux utilisé !

Didier Migaud, super-héros de l’oligarchie François Delapierre (Parti de Gauche) Reporterre 2013/02/21 François Delapierre (Parti de Gauche) (21 février 2013) Didier Migaud, super-héros de l’oligarchie. Reporterre. Tribune — fr

Didier Migaud, super-héros de l’oligarchie

C’est quoi, l’oligarchie ? C’est quand les mêmes personnages, qu’ils soient de « droite » ou de « gauche », font la même politique, celle que demandent les marchés financiers. Exemple concret : le président de la Cour des Comptes.

Sans surprise, hélas, l’austérité débouche sur l’austérité. Les chiffres de l’Union Européenne publiés la semaine dernière sont ACCABLANTS. Ils ont pourtant été accueillis dans l’indifférence médiatique.

Une dépêche AFP fait même diversion : c’est Chypre qui « menace de ruiner les efforts de la zone euro ». Mais ce sont ces « efforts » qui ruinent la zone euro ! Le bon élève portugais voit son PIB dégringoler de 1,8% au dernier trimestre 2012. Le docteur Monti a réduit celui de son pays de 2,7% en un an. Même la vertueuse Allemagne entre en récession. Et je ne parle pas de la Grèce : - 30% depuis 2009.

Au total, le PIB de la zone euro a reculé de 0,6% au dernier trimestre 2012, AUTANT QU’APRÈS LA CHUTE DE LEHMAN BROTHERS en 2008.

Nous sommes au bord du gouffre. Faisons un grand pas en avant ! Le gouvernement français prévoit un nouveau tour de vis. Avant de serrer, il faut lubrifier. En France, nous n’avons ni Monti ni les envoyés de la Troïka. MAIS NOUS AVONS DIDIER MIGAUD , le président de la Cour des Comptes. L’oracle a table ouverte dans les médias.

Mardi 12 février, le voilà invité de BFM TV et dimanche 14 du Grand Rendez-vous Europe 1-i-Télé-Le Parisien. Il reste « Migaud le discret » dans la chronique politique de France Inter. La fascination qu’il exerce sur les importants éclaire l’époque. Sa seule passion, les finances publiques !

« Avec lui, on ne sait pas si c’est blanc, on ne sait pas si c’est noir » témoigne un de ses collègues. Mi chair mi poisson : on se croirait dans une barquette Findus. « C’est l’homme de la semaine, il n’est NI DE GAUCHE NI DE DROITE ! » roucoule Philippe Labro qui, lui, se contente d’être ni de gauche.

Interchangeable, inamovible, l’homme occupe un poste public assuré jusqu’à sa retraite en 2021.

Cela ne l’empêche pas d’estimer qu’il faut « inciter les chômeurs à la mobilité géographique ou à la diminution de salaire » pour retrouver un emploi.

Ancien député PS, c’est le seul spécimen de cette espèce qui se pense à l’abri d’une vague électorale contraire, quand bien même aurait-il contribué à la provoquer. Il a été élu à maintes reprises. Mais ce n’est pas de ce peuple éternellement suspect qu’il a obtenu le plus de pouvoir. C’est NICOLAS SARKOZY qui lui confia la présidence de la Commission des Finances de l’Assemblée puis, satisfait de son travail, le propulsa à sa fonction actuelle.

Migaud troqua alors sa carte du PS contre un premier rôle politique sous tous les gouvernements. Il anticipait le social-libéralisme de Hollande sous Sarkozy. Il garantit que la politique austéritaire de Sarkozy continue sous Hollande.

LE PRÉSIDENT DE LA COUR DES COMPTES N’EN REND À PERSONNE . Il est censé être un magistrat indépendant. En l’espèce, c’est un homme très politique, très médiatique et très social-libéral. Loin de se contenter de vérifier si les deniers publics sont utilisés conformément aux décisions du législateur, il déclare, alors que le chômage explose, que « la France est malade de ses déficits publics ».

Il demande d’en finir avec les hausses d’impôts mais de fiscaliser les allocations familiales. Il appelle à sabrer dans les retraites et l’assurance chômage au nom du fait que « personne ne doit être à l’écart de l’effort nécessaire pour redresser les comptes publics ».

Quelques députés PS toussent. Il sort de son rôle ! ONT-ILS LU LA RÈGLE D’OR QU’ILS ONT UNANIMEMENT VOTÉE ? Elle institue une instance « indépendante » pour faire appliquer les engagements budgétaires du gouvernement et la confie à un certain… Didier Migaud.

8e manif mensuelle contre le projet d’aéroport à NDDL, la métropole et son monde Par Julien villalard Reporterre 2013/02/21 Par Julien villalard (21 février 2013) 8e manif mensuelle contre le projet d’aéroport à NDDL, la métropole et son monde. Reporterre. fr

8e manif mensuelle contre le projet d’aéroport à NDDL, la métropole et son monde

Huitième rendez-vous mensuel : samedi 23 février à 15h, place Royale à Nantes. Contre l’aéroport, la métropole et son monde.

AÉROPORT, MÉTROPOLE, EXIGEONS L’ARRÊT IMMÉDIAT

Impossible ces derniers temps de vivre dans l’agglomération nantaise sans savoir que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est de plus en plus contesté.

On veut nous faire croire que les investissements seraient raisonnables et maîtrisés. Tout cela alors que l’Etat est à la recherche d’argent, que les collectivités territoriales et surtout ses habitantEs se serrent la ceinture, que l’industrie subit plan social sur plan social.

Plus que l’aéroport en lui même, c’est aujourd’hui tout un projet de société qui est remis en question. Loin des délires de développement des barons locaux vieillissants, qui se disputent l’attractivité financière de leur mégalopole respective, c’est toute la question de l’organisation de nos vies qui est remise sur la table.

METTONS LA PRESSION POUR PORTER UN COUP D’ARRÊT DÉCISIF !

Habitant le Pays Nantais, la ville ou ses banlieues, nous sommes concerné-e-s en premier lieu par ce projet d’aéroport. Par son coût et par son développement, ainsi que par les choix associés, il conditionnera un mode de vie toujours plus encadré et contraint.

Concrètement, il n’est tourné que vers le profit et décidé hors de tout cadre démocratique.

Ce projet d’aéroport n’est qu’un maillon dans une vision plus vaste d’aménagement d’une métropole ininterrompue de Nantes à Saint-Nazaire. Nous ne voulons pas de cette ville programmée, hygiéniste, de la mort des quartiers, d’un centre-ville en carton-pâte et d’une ville marketing.

Nous ne voulons pas d’une échelle urbanistique toujours plus grande, consommatrice d’espaces et non propice aux rencontres. Nous ne voulons pas d’une ville qui ne nous appartiendrait plus, où le constructeur a priorité sur l’habitant.

Réapproprions-nous la rue, faisons jouer notre droit et plus si nécessaire. Opposons nous à l’urbanisme fonctionnaliste et réducteur de libertés que tentent de nous imposer les décideurs !

Quand les riches s’opposent à une décharge... La Garnie Reporterre 2013/02/21 La Garnie (21 février 2013) Quand les riches s’opposent à une décharge.... Reporterre. Tribune — fr

Quand les riches s’opposent à une décharge...

Une soirée avec les opposants au centre d’enfouissement de Nonant le Pin dans l’Orne

- Reportage, Argentan

Thierry Ardisson pointe son doigt vers la caméra : "je ne suis pas spécialement écologiste, je ne suis pas spécialement militant, vous ne m’avez jamais entendu militer pour une grande cause parce que je trouve que c’est un peu frelaté, mais là c’est naturel d’être là et j’espère que nous serons très nombreux et que nous ferons plier les pollueurs."

Le chapiteau de l’université populaire du goût (prêté par Michel Onfray comme l’a rappelé Thierry Ardisson) est à Argentan dans l’Orne. Ce soir, samedi 9 février 2013, il accueille une réunion d’information des associations en lutte contre un centre d’enfouissement de déchets industriel à Nonant Le Pin.

Nonant le Pin, terre d’élevage des chevaux de courses, est célèbre dans le monde du cheval par son haras éponyme. Sur ces terres, n’auront de cesse de répéter les personnes présentes ce soir, se trouve la plus forte concentration de haras prestigieux de France, d’Europe et peut être même du monde…

Thierry Ardisson file la métaphore : "non ce n’est pas le combat de quelques riches propriétaires de chevaux de courses, si une décharge était prévue dans le parc du Château de Versailles on ne traiterait pas les opposants de monarchistes… Nous sommes là pour la nature, la préservation de ces terres et la sauvegarde d’une filière d’excellence."

Il fait déjà nuit, au bout d’un étroit chemin, le chapiteau commence à accueillir son public. Le parking se remplit doucement, certes, les véhicules présents sont d’un standing supérieur à ceux plus mélangés d’un samedi après midi à l’hypermarché. Certes. Nous sommes quand même dans le monde du cheval de prestige. La neige commence à peine à tomber.

Le chapiteau est spacieux. Une tribune couverte des affiches noir et jaune de la soirée affirme le credo de la réunion : non aux dechets toxiques à Nonant le Pin. Les journalistes carnets en main ou caméra font leur travail tandis que le public s’installe…

Thierry Ardisson, encore. Avec un autre journaliste : "je pense en plus que cela ne touche pas que de riches éleveurs, je pense que ça touche aussi les habitants des villages environnants qui ne sont pas tous ni riches ni éleveurs donc je pense que c’est une cause qui dépasse les clivages politiques ou sociaux…"

Au mur de fond de scène des images des manifestations précédentes, Jean-Vincent Placé aux coté d’une dame aux cheveux gris, coiffure impeccable, collier de perles et chemisier à carreaux… Une autre dame, elle aussi, coupe au carré sur des cheveux gris, col roulé, la bouche pincée de rides, tient son ipad pour filmer le public qui entre. Elle réprimande des enfants blonds à croquer, je pense aux triplés de madame figaro… Ceux-là portent les micros qui seront prêtés au public lors des questions.

Il poursuit : "elle était baby sitter chez nous, une fille d’Argentan, et un jour elle m’appelle et elle me dit Mr Ardisson j’aimerais vous voir, pourquoi ? et elle m’explique ça, j’en suis tombé de ma chaise, ce n’est pas croyable, elle me dit si, si, c’est malheureusement ce qui est en train d’arriver."

Le chapiteau se remplit, le premier rang est vide : des panneaux réservés montrent à tous que des personnalités sont attendues. Il se murmure que Bartabas pourrait venir, Hervé Morin, ancien ministre de la défense du gouvernement précédent aussi…

"Alors là j’ai décidé, j’ai pris contact avec les comités, mon ambition là dedans c’est de servir un peu de haut parleur, c’est pas… Après, je suis pas juriste… Oui je suis là pour attirer un peu les gens… Y a pas besoin de beaucoup d’arguments, il suffit de dénoncer le problème et tout le monde comprend…"

La dame à l’ipad parle avec la dame au collier de perles… Les couleurs du public sont celles de l’automne : vert matelassé, brun, ocre, vert nantais, cols en velours, sacs vuitton… Moyenne d’âge : plus de quarante pour les plus jeunes… Des hommes que l’on croirait en tenue de chasse, des éleveurs, des propriétaires terriens… Il a été dit que le chapiteau est équipé pour accueillir 500 personnes. La presse annoncera entre 350 et 400 personnes, des bancs sont disposés en fond de salle en plus des chaises.

La soirée commence, Ardisson à la tribune, sur scène, entouré des responsables des associations reprend ses arguments : "Ce n’est pas un combat de riches éleveurs ou propriétaires, c’est un combat de tout le monde... Ce qui arrive est impensable, le château de Versailles… avant de conclure s’il faut faire comme à Notre dame des landes, nous ferons pareil…."

Les paysans et les tracteurs à la rescousse ! Aucun paysan dans la salle, aucun applaudissement alors que le public montrera par la suite qu’il n’en est pas avare. La comparaison avec Notre Dame des Landes est à l’image de l’animateur et de son métier : animer...

Les deux associations principales « Nonant environnement » et « Sauvegarde des terres d’élevage » sont à l’origine de la mobilisation de ce soir comme des précédentes. La dame au collier de perle, Noëlle Sandoz, est la présidente de Nonant Environnement.

Etrange dossier que celui de l’entreprise GDE (Guy Dauphin Environnement) à Nonant le Pin. Le projet obtient un avis négatif du commissaire chargé de l’enquête publique. Le préfet refuse le dossier. Ce qui arrive par la suite est très rare.

Le dossier est retravaillé, représenté aux autorités de l’état (dreal, brgm, etc.) qui le valide comme respectant les normes indispensables à ce type d’installation. Malgré cela le préfet d’alors le refuse à nouveau. GDE saisi le tribunal administratif et en 2011, l’arrêt du préfet est cassé, les travaux peuvent commencer.

A ce moment là, les deux associations, très surprises, se motivent pour réclamer l’arrêt du projet qu’elles jugent dangereux, polluant et nuisible. Les éleveurs, quelques agriculteurs, les rejoignent, des manifestations sont organisées, le cheval, cette noble conquête, le haras du pin, cette prestigieuse institution sert d’étendard à la contestation… Les journalistes locaux relaient les actions des associations, les journalistes nationaux ont plus de mal, le dossier est technique…

La mobilisation fonctionne alors comme une fin en soi, les chevaux, les terres agricoles, les succès de la filière d’excellence des chevaux de course issus de ces près sont de belles images. De belles images qui s’opposent parfaitement aux images de décharge et de pollution qui sont évoquées sur le dossier en permanence… La presse nationale s’empare des images.

Les associations doutent des experts de l’état. Elles financent une étude d’impact économique et une étude sur la santé avec des résultats pire que ce que nous pouvions imaginer, confirme Noëlle Sandoz au micro de la tribune. Bigre.

Tout d’un coup cela semble plus important encore que les particules fines des moteurs diesels qui tuent plus de 50 000 personnes par an en France et contre lesquelles notre premier ministre vient de prendre des mesures d’intérêt national.

Ici, à Nonant le Pin, il s’agit ce soir de faire de cette « cause » un exemple national de ce qu’il ne faut pas faire. Les deux associations sont soutenues par France Nature Environnement et le CNIID qui file un coup de main en information juridique. Tout ce beau monde a les moyens et le répète à l’envie.

Jacques Carles, le stratège des associations répond à un journaliste : que faire de ces déchets ? Les recycler pardi, là nous parlons d’enfouissement, pas de recyclage, de toute façon il y a une directive européenne qui rend le projet de GDE à Nonant le Pin inutile, les résidus de broyage automobile devront être recyclés à 95% dès 2014, il en restera donc 5% c’est à dire rien du tout, donc déjà, le projet ici est absurde sur le plan économique….

Absurde sur le plan économique… Etrange argument à l’égard d’une entreprise dont on reprochera plus tard à la tribune son besoin de profit : comment une absurdité économique peut-elle être rentable ?

Hubert Seillant, le directeur de la revue Preventique suggère d’aller enfouir ces déchets dans d’anciennes friches industrielles ultra polluées où l’on peut enfouir tout ce qu’on veut… La Région Nord Pas de Calais où est concentrée la majeure partie des friches industrielles aux travaux de dépollution ininterrompus appréciera… C’est aussi mal connaitre ces friches dont la grande majorité (industrie lourde oblige) sont situées au bord d’une voie d’eau… Bref !

La pensée nimby ne s’embarrasse pas de détails : pour que ce ne soit pas dans mon jardin il y a forcément plein de solutions auxquelles personne n’a pensé. (Nimby signifie Not In My BackYard : pas dans mon jardin.)

Il n’y a pas d’urgence industrielle affirme Jacques Carles, il n’y a pas urgence à enfouir des détritus qui de toute manière sont devant l’usine de Rocquancourt (l’usine de GDE, situé dans le calvados, qui recycle les résidus de broyage automobile)…

Cela rappelle une affiche des végétariens vue à Paris : sur une photo d’un boucher qui égorge un mouton pendu par les pieds la phrase suivante : cessez de manger et nous cesserons de tuer… Arrêtez d’acheter des voitures tous les deux ans et nous arrêterons de produire autant de déchets…

Le nimby ne voit pas plus loin que le bout de son jardin où il ne veut pas…

Voilà bien le problème des nimby… 5% c’est déjà ce que les industriels doivent enfouir aujourd’hui puisque tous les recycleurs industriels, les GDE, Gallo, Derichebourg, etc., sont tous désormais entre 90 et 95% de recyclage de ces matières…

Mais les nimby, tout en consommant comme tout le monde, tout en acceptant que la télévision martele dans les têtes les besoins de nouvelles voitures, n’ont aucune idée du volume énorme de déchets ainsi produit…

Mr Ardisson, pourtant fort bien payé par la publicité (les salaires de la télévision en sont issus) devrait le savoir. Il faut être allé dans les centres d’enfouissement en activité pour s’en faire une idée concrète et non abstraite… Et savoir que ce volume dément n’est que la fraction de 10 à 5% du volume total.... Et nous ne parlons pas des ordures ménagères dont l’ADEME ne cesse de nous demander de les réduire parce que ça déborde… Mais pas dans le jardin des nimby.

En bord de scène trois gros bocaux fermés sont posés à la curiosité du public. Des morceaux informes de matières noires les remplissent au trois quart. Ca ressemble à de la mousse marinée dans de la suie. On imagine cependant ce que c’est : de la mousse de siège de voiture passée au gaz d’échappement. Beurk. Ce n’est pourtant pas ce que GDE montre de ce qui sort de ses usines dans le petit film qu’ils ont consacré à leur projet de Nonant le Pin.

La soirée commence :

Jacques Carles est présenté comme conseil stratégique des deux associations. Il habite la région et sait se servir de powerpoint debout face au pupitre qui lui a été réservé. Il rappelle l’étonnant parcours juridique du dossier, le prefet dit non à la deuxième présentation alors qu’à ce moment là toutes les autorités sanitaires et environnementales ont donné leur accord (ce que Jacques Carles s’abstient de dire).

Il s’étonne à nouveau que l’industriel, en saisissant le tribunal administratif ait eu gain de cause… Et pour cause.

Mais Jacques Carles s’étonne. Il n’est pas là pour informer son public : il est là pour le convaincre, ou plutôt pour le conforter, voire plus justement : pour le motiver à lutter… Et dans cette perspective, si le mensonge est fallacieux, l’omission est la main gantée du prestidigitateur habile qui sourit sous les applaudissements.

Noelle Sandoz a bien dit en le présentant, Jacques Carles est là pour nous motiver… Cela ressemble à de l’information, merci powerpoint, mais c’est de la motivation, de la thérapie de groupe !

Derrière les mains gantées de ces experts, de powerpoint ou de l’animation télé il y a des enjeux qui n’ont jamais été dit et des personnes concernées de très près dont le nom est tu, qui ne sont pas là, ni ce soir, ni ailleurs…

A l’inverse, le cas d’Alain Lambert, Président du Conseil Général, que tout le monde connait et qui n’est pas là arrive très vite dans les propos… Il n’a jamais pris partie, ce qui lui est reproché ici. Il se retranche derrière la décision du tribunal administratif, se contente de botter en touche : nous n’avons pas à commenter une décision de justice qui établit la loi.

Pourquoi ? demande avec une ingénuité pleine de sous-entendu Jacques Carles ? Sans répondre… Ardisson rebondit et se tournant vers la salle : si vous croisez Alain Lambert, demandez-lui… Ca ne rate pas : un cri fuse du public : Alain Lambert salaud !… Ambiance…

Jacques Carles reprend : un projet absurde, des risques majeurs, une localisation insensée… Le public en rêvait, Jacques Carles l’a dit… Les administrations qui ont refusé le projet dans un premier temps et qui l’ont accepté dans un second temps ont finalement validé un projet absurde, dangereux et insensé. Il faut l’entendre pour le croire mais le public aime croire…

Pourquoi est ce insensé ? Parce qu’il y a des chevaux et des haras ! Ah le couplet sur la nature ! Et, pire que tout : le seul bénéficiaire de ce projet est privé…

Donc, cette assemblée qui se sait ultra libérale, prête à en découdre avec le moindre fonctionnaire trop payé forcément, va reprocher au privé de faire preuve d’esprit d’entreprise parce qu’il le fait dans son jardin…

Une question mériterait pourtant d’être posée à cet instant : pourquoi GDE a choisi cet endroit si c’est absurde, dangereux et insensé ?

Y aurait il des intérêts cachés, des raisons d’état ? Pour quelle raison les arguments de GDE ne sont ils jamais évoqués ? La raison en souffre un peu ce soir-là.

Thierry Ardisson, sans doute sensible à cette raison, interrompt l’orateur : et qu’en dit Mr Dauphin quand on lui pose la question ? Mr Dauphin comme tout capitaine d’industrie n’aime pas perdre, il est propriétaire de Trafigura et de GDE, exilé en suisse il pèse plus de 120 milliards d’euro (mazette !) et ce ne sont pas les quelques millions qu’il a mis ici pour faire ce trou qui lui manqueront…

Finalement Ardisson a trouvé la parade à ce qui l’obsède au point de toujours revenir à ça : on parle des riches éleveurs et propriétaires mais le riche, c’est lui !

Suit le tableau apocalyptique de la mort programmé des chevaux de Nonant le Pin, la stérilisation totale du territoire et les impacts économiques de ces horreurs à venir... C’est la présentation succinte de l’étude d’impact dont le préfet a confié qu’il la trouvait sérieuse mais bien pessimiste.

Etude d’impact économique, c’est très à la mode de chiffrer tout ce qui peut l’être, ainsi l’association a repris tous les risques possibles de l’activité d’enfouissement des résidus de broyage automobile, les a acceptés comme non pas probable dans une infime mesure mais simplement prévus…

Si l’industrie pharmaceutique élaborait ses études d’impact des traitements mis à disposition des malades de cette manière, la prière à Lourdes serait le seul remède encore autorisé.

Tout peut et doit se chiffrer, et les chiffres dans ce cas sont affolants… On connait tous le goût du drame de l’être humain, chacun comprendra les applaudissements nourris de la séquence.

Le mystère de l’enquête publique négative, de l’avis du préfet toqué par la tribunal administratif inquiète : un élu du sénat, dupont, qui est aussi du cheval, évoque un devoir de réserve… Ceci alimente toutes les suspicions et les sous-entendus… Ardisson en rajoute une couche vers le public : si vous le croisez…

Hervé Morin, ex-ministre de la guerre de Nicolas Sarkozy, vient d’arriver.

Il n’a pas encore montré qu’il a bouffé un clown avant de venir… La défense des territoires et de la nature, tout d’un coup sont de toute première importance.

Thierry Ardisson l’interpelle : Hervé Morin, vous allez nous aider ?

Il se lève, sourire en coin, costume gris et démarche familière de la droite décomplexée…

Mêmes arguments : oui, je suis moi-même éleveur de pur sang, mais ce n’est pas un combat pour les riches, cela nous concerne tous... Allez trouver vos élus et dites-leur que vous n’êtes pas d’accord…

Facile devant un public ravi de voir un ministre, même ex, en chair et en os, avec eux…

Puis il commence à mentir, c’est son métier comme il s’en défendra peu après… Il déclare : GDE je connais, ils avaient un projet à Monnai, dans l’Orne, en limite de ma circonscription pour un centre d’enfouissement, des ordures ménagères, et bien nous avons dit non et cela ne s’est pas fait…

Dommage c’est un gros mensonge puisque ce projet n’a rien à voir avec GDE. Mais bon…

Il poursuit, à l’époque on avait dit au promoteur du projet (tiens il ne se rappelle plus de GDE ?) jamais votre centre ne se fera…

Le seul moyen d’empêcher ce qui vous arrive c’est votre volonté personnelle et votre mobilisation qui est capable de tout renverser : dites-leur non !

Quand le préfet me disait l’enquête publique est positive (encore un mensonge !) je lui répondais : c’est pas compliqué si on continue sur ce projet on bloque la route nationale et la ligne Paris-Cherbourg en train, je vous le dis la solution c’est la fourche et les faux ! Premiers applaudissements, alors il répète : les fourches et les faux !… Délire d’applaudissements et consternation des élus locaux au premier rang…

Les fourches et les faux ! Il retourne s’assoir et le clown qu’il est fait un clin d’œil à la caméra tout fier de lui…

Une dame prend le micro : et pourquoi Hervé Morin qui est aux côtés des anti GDE était au gouvernement et n’a rien fait à l’époque ?

Ardisson ironise "il était Ministre des armées… A part envoyer la troupe !…

Rire général… Elle insiste : pourquoi il n’a rien fait puisqu’il suggère la révolution aujourd’hui ? Il revient : je ne pensais pas que ce serait ma fête ce soir… Je vais dire la vérité parce que je dis toujours la vérité… Aie… Le public adore, sait bien que c’est un mensonge, il rit de bon cœur, applaudit....

Morin se découvre marxiste de droite puis se répète et s’en va dès que Patrick Mussat vice-president du Conseil Général de l’Orne chargé du cheval prend la parole…

Le public adore la démagogie, le spectacle, les idées simples et surtout simpliste, les oppositions noir ou blanc et Thierry Ardisson…

C’est au tour de Laurent Beauvais après les congratulations de Mussat.

Beauvais est le Président de Région Basse Normandie, plutôt à l’aise, il pique Morin : non on ne fait pas avancer les choses en faisant la révolution, fait l’éloge de la filière et se fait interrompre par Ardisson.

Bon concrètement vous allez faire quoi pour nous Mr Beauvais ?

Celui çi explose : ah non, pas de démagogie Thierry Ardisson ! Le public jubile, je ne suis pas Président du Conseil Général de l’Orne ! Sous-entendu, je n’y suis pour rien dans ce projet et je n’y peux rien.

Beauvais se reprend rapidement et saisi l’idée d’un moratoire évoquée plus tôt… Tiens c’est curieux c’est ce que Ayrault a proposé à Notre Dame des Landes en croyant endormir le poisson en grève de la faim durant les élections, endormir les médias pendant les élections…

Bon, à Notre Dame des Landes les enjeux ne sont pas les mêmes, la population, les experts (naturalistes, pilotes de ligne, économistes...) et de très nombreux politiques ont potassé le dossier depuis des années : l’opposition est donc solidement argumentée et partagée par toutes les couches de la population… 17 000 manifestants dans la boue ce ne sont pas 400 éleveurs de pur sang sous un chapiteau…

Sous le chapiteau le spectacle continu… Yves Goasdé, nouveau député de l’Orne prend le micro… Pour lui ces déchets sont les plus péjoratifs (les rebus de broyage), ensuite ils sont mélangés à des déchets industriels banals dont on ne sait pas d’où ils viennent affirme-t-il benoîtement en prenant Ardisson à témoin, il répète, dont on ne sait pas d’où il viennent…

Pour un peu il se demanderait pourquoi on dit banals et pas banaux ?

Ardisson ne dit rien… Gouasdé poursuit, ils sont extrêmement fermentiscibles, il va falloir des grandes torchères pour brûler tout le méthane que cela produit…

Nous ne saurons jamais d’où viennent ces déchets banals… Une chose est certaine : ce ne sont pas des ordures ménagères (déchets organiques). En vérité, les déchets industriels banals sont le tout venant des décheteries de votre quartier, les déchets des artisans, des professionnels et des pme pmi…

Tout le monde est passé un jour pour porter des déchets en déchetterie, tout le monde a un jour jeté des matelas crevés ou des étendoirs à linge tordus, des seaux percés en plastique voire même des lots de selles de cheval usagées dans une benne de tout venant, tout le monde mais pas Yves Goasdé, député…

Yves Goasdé qui pourtant affirme que sur le plus mauvais site, c’est le plus mauvais opérateur qui s’installe, mais il ne dit pas pourquoi, il ne doit pas savoir… Comme pour les déchets banals…

Du coup, très convaincu de ce qu’il ne sait pas il nous explique qu’il est allé voir Delphine Batho début juillet dernier : je te demande de confier une mission au préfet pour que tout soit remis à plat, que l’on ait la connaissance complète de ce dossier immédiatement…

En fait il voulait comprendre… Ca n’a servi à rien : le rapport n’a rien dit de plus et Goasdé ne sait toujours pas d’où viennent ces déchets !

Il est rigolo Goasdé, c’est un brave type qui comprend pas pourquoi le tribunal administratif a ordonné au préfet d’autoriser l’exploitation du site, pour lui c’est idiot, c’est le monde à l’envers, et il se présente comme juriste… Puis il explique que c’est madame NKM, ministre de l’environnement de l’époque qui a dit au préfet de ne pas faire appel cette décision idiote.

Applaudissements, la solution c’est le moratoire affirme-t-il.

Nous avons rencontré Claude Dauphin, avec Laurent Beauvais, il le prend à témoin, et il nous a confirmé : je me soumettrais à toutes les réglementations en vigueur, ce projet est un bon projet…

Goasdé interprète : je n’ai pas eu le sentiment que c’était la fin du siècle pour lui et que cela menacerait son entreprise ou son groupe, c’est pour cela que je pense qu’un moratoire, demandé au ministre, est une bonne solution… Un moratoire pour lui permettre de finalement étudier le dossier ?

Veronique Louwagie, député de l’Orne également n’en dit pas plus, mesurée, elle affirme le besoin de l’unité de tous pour tous, le spectacle marque une pause.

Alexandre Faro, l’avocat de France Nature Environnement partage son intérêt de ce qui va se jouer au tribunal. L’arrêté d’exploitation est attaqué en suspension dans les jours à venir… Un vrai suspense que Faro n’exploite pas, il poursuit sur l’intérêt juridique de la situation en argumentant : les autorisations des ICPE (installation classé au titre de la protection de l’environnement) sont délivrées sous réserves du droit des tiers c’est à dire vous et moi, les riverains, les citoyens… Et il affirme que les droits des tiers sont opposables plusieurs mois après le début de l’exploitation…

C’est ce qu’il défend en demandant l’annulation de l’autorisation d’exploitation… Est-il possible que le droit des tiers soit représenté par le préfet et l’enquête publique ? Il ne le dit pas. Il n’est pas démagogue, le spectacle s’essoufle un peu.

Heureusement vient Hubert Seillan, directeur de la revue Preventique qui réveille le show en évoquant le droit pénal, la mise en danger de la vie d’autrui… Ah, du drame, le public est tout ouie, il parle d’une voix qui roule un peu les r, sans chichi et lorsqu’il aborde la question de la corruption, la salle est à son aise…

N’y a t’il pas des liens un peu suspects entre certaines industries et certaines décisions politiques ? Il n’insiste pas, évoque le passé de GDE, mélange les approximations, demande un répertoire des friches industrielles dans un rayon de 200 km, et se tourne vers la sacro sainte méthode Coué pour garder son public bien accroché jusqu’aux applaudissements, il affirme : oui, je suis certain que Claude Dauphin saura dire j’abandonne, je suis certain que de très nombreux responsables politiques sauront dire non et je suis certain comme je le vois ce soir alors que je n’y croyais pas que la population toute entière est engagée contre ce projet…

Tonnerre d’applaudissement…

Pour terminer le professeur Lesné vient plomber la soirée en décrivant toutes les horreurs que va produire ce centre d’enfouissement sur la santé des gens…

Le public a peur, le public se regarde le nombril et il a peur… Le public frémit, s’indigne, se sent solidaire de son voisin, en ces temps de télévision, de iphone et d’ipad, c’est tellement rare que ça fait tellement de bien.

La réflexion est inutile, seul le contentement suffit, le contentement d’être ensemble à se dire que la peur qui rôde sera anéantie parce que nous sommes ensemble… Qu’importe que ce soit l’expression du phénomène nimby, qu’importe que cela ne porte pas plus loin que le jardin, c’est un instant de grâce populaire que tout le monde savoure en attendant la victoire parce que la victoire, hein, elle va venir, hein, c’est toujours comme ça dans les films et les séries…

L’annonce de la demande de classement au patrimoine mondial de l’unesco est un des clous de la soirée.

C’est d’ailleurs en phase avec la philosophie de la démarche : opposer par tous les moyens un projet d’enfouissement et de tri de déchets industriels, moche, inutile, destructeur et qui pue à la nature magnifique, idyllique des chevaux courant dans les prés, des cavalières d’exception qui saluent leur prince de la main en passant sous les fenêtres des châteaux, des palefreniers toujours propres et bien payés, des jeunes en formation dans une filière qui entretient et transmet avec calme et sagesse un savoir équestre issu des traditions de Louis XIV, de Colbert et de Napoléon réunis.

Non pas que ce ne soit pas une bonne idée que ce classement mais c’est encore et toujours présenter aux publics et aux décideurs politiques un choix de publicitaire : vous préférez une bonne voiture qui roule ou une vieille guimbarde qui tombe en panne tout le temps, une paire de claque ou une caresse ? Un gros méchant ou un bon gentil ? Un monde tout noir ou un monde tout blanc ? un grand trou plein de déchets ou la reconnaissance de terres aux qualités exceptionnelles ?

Un monde simple… Simple, sans les personnes concernées par ce projet et qui pourtant ne sont jamais évoquées ni ici ce soir, ni avant ni après…

Ce centre d’enfouissement est un projet fort ancien pour les industriels concernés… Le lieu est extraordinairement propice (qualité des sols, des dessertes et impact minimum, n’en déplaise aux nimby).

Pour quelles raisons c’est GDE qui l’a fait et pas un autre puisque l’emplacement est convoité depuis longtemps ?

Les industriels concernés sont connus de tous dans l’Orne et personne n’en parle.

Dans le désordre pour les intérêts croisés : Michel Desjouis, promoteur immobilier sulfureux, plusieurs fois fâché avec les politiques propriétaire de la Re, ex grand café historique d’Alençon... (ou ce qu’il en reste, les murs et tout l’immeuble entre autre).

Michel Desjouis est propriétaire d’un centre d’enfouissement exploité par Suez Sita à Cauvicourt dans le calvados… Lui comme tous les propriétaires de centre d’enfouissement touche à chaque fois que quelqu’un lui demande d’enfouir des déchets dans son trou… Et comme toutes les mairies où ils sont situés (1à 2 euros la tonne selon selon...).

Ensuite il y a Joël Séché, de Mayenne, juste à coté, les centres d’enfouissement il connait ça par cœur, ses centres à lui sont des montagnes de déchets que les riverains appellent la montagne à Séché…

L’un et l’autre sont aussi éleveurs et propriétaires de pur sang, ils connaissent tout le monde ici dans le chapiteau mais ne sont pas là.

Enfin il y a Suez Sita qui vient d’ouvrir le site de Vente de Bourse… Qui ne traite que les déchets ménagers bien mélangés et non triés… Et Véolia, attaqué sur l’eau à l’échelle européenne (toujours plus cher toujours moins bonne), qui ramasse les ordures et les mets partout dans des trous aussi, pas d’inquiétudes, pas de remarques ? Ah, non c’est dans le jardin du voisin, c’est loin, cela n’existe pas…

Les nimby c’est bien, ça fait un peu de bruit pour pas que ça bouge dans son jardin, mais cela ne fait jamais rien bouger à l’extérieur du jardin…

Ni dans l’industrie de l’emballage, ni dans l’industrie de la collecte et des traitements, et encore moins dans l’isoloir… Aucun mot sur le projet d’implantation d’un centre comparable en pleine forêt de Brocéliande... Pas un mot, pas une adresse, pas une info ne serait-ce que pour signer la pétition mondiale lancée par Avaaz...

Ah ces nimby, s’il n’étaient pas là il faudrait les inventer…

La solidarité des riches par l’égoisme et l’auto-célébration...

La gloire de la filière est célébrée par Patrick Mussat : des fonds étrangers viennent investir en Normandie, nous sommes des résistants, nous les éleveurs de chevaux nous allons gagner…

Mais toujours pas d’évocation du besoin d’un plan régional de gestion de déchets, ce soir, aucune mention des besoins du département, personne pour dire faisons pression pour traiter différemment nos déchets, où allons nous les mettre ?…

De parfaits nimby, dans le spectacle, dans la fin heureuse des films et des séries...

C’est une chose d’affirmer faire de son jardin une cause nationale, s’en est une autre que de fédérer les situations similaires afin de peser sur le législateur.

Que le combat serve l’intérêt général qu’il prétend défendre… Toutes choses totalement ignorées par les animateurs de ces associations chics fascinées par les modèles du spectacle.

Fascinées à ce point que les personnalités du comité de soutien sont toutes du monde du spectacle. Evidemment, le cheval tel que monnayé au travers les courses est avant tout du spectacle…

La conclusion de la soirée est livrée par Thierry Ardisson, la star de l’événement, il interpelle le public :

Vous avez vu dans le comité de soutien il n’y a pas Michel Onfray, je le connais bien, c’est lui qui nous a prêté son chapiteau, je l’en remercie. Lorsque je l’ai sollicité pour rejoindre le comité de soutien contre le projet de GDE il m’a répondu : c’est une affaire de riches qui défendent uniquement leurs intérêts, alors sans moi… Il est têtu constate Ardisson, je lui demanderais à nouveau quand même, et je vous dirais...

Non, Thierry Ardisson, Michel Onfray n’est pas têtu : il est réfléchi.

.........................

PS : Le tribunal de Caen a mis sa décision en délibéré ce lundi 11 février, réponse en fin de semaine.

Procès OGM en Belgique : un déni de démocratie Fondation Sciences Citoyennes Reporterre 2013/02/21 Fondation Sciences Citoyennes (21 février 2013) Procès OGM en Belgique : un déni de démocratie. Reporterre. fr

Procès OGM en Belgique : un déni de démocratie

La plantation d’OGM étaient illégales. Des faucheurs l’arrachent. Ce sont les faucheurs qui sont condamnés...

La Fondation Sciences Citoyennes s’insurge contre la condamnation, le mardi 12 février 2013, par le tribunal de Termonde (Belgique) de onze membres du Field Liberation Movement pour avoir participé à une action non violente contre l’expérimentation plein champ d’une variété de pommes de terre OGM.

Pour dénoncer l’expérimentation plein champ d’une variété de pommes de terre OGM au mépris du principe de précaution, plusieurs centaines de militants avaient choisi, le 29 mai 2011 à Wetteren (Belgique), de remplacer des tubercules génétiquement modifiées par des variétés conventionnelles et biologiques. Cela leur a valu une citation directe du parquet et les institutions menant l’essai ont choisi de porter cette affaire devant les tribunaux.

Trois experts du Conseil de biosécurité belge avaient donné un avis négatif pour ledit essai faisant valoir les risques environnementaux induits. En août 2012, le tribunal de Gand avait par ailleurs jugé que l’autorisation de l’essai était illégale suite au manque de motivations de la part des ministres compétents pour n’avoir pas tenu compte des oppositions publiques, ni des avis quoique minoritaires des experts du Conseil de biosécurité.

Cela n’a pas empêché le tribunal correctionnel de Termonde de prononcer, à l’encontre des militants, des peines qui laissent pantois : deux condamnations à des peines de 8 mois ferme, trois condamnations à 6 mois ferme et cinq condamnations à 6 mois avec sursis.

La lourdeur de ces peines s’explique par le fait que les inculpés ont été accusés, et reconnus coupables, d’« association de malfaiteurs », un chef d’accusation qui, en Belgique, permet désormais la répression de tout mouvement de contestation politique, même non violent.

La juge a d’ailleurs, lors du procès qui s’est tenu le 15 janvier dernier, argué de ce que seuls « les faits » comptaient pour refuser d’entendre les témoins de la défense qui allaient affirmer le sens et la légitimité de l’action. Les droits de la défense étant piétinés, les accusés et leurs avocats ont quitté la salle et le procès s’est poursuivi sans eux.

Symbole de ce déni de l’action militante, la condamnation à 6 mois ferme de la chercheuse Barbara Van Dyck pour avoir répondu à la presse.

S’exprimer à l’encontre des OGM deviendrait criminel.

Pendant ce temps, l’Institut pour la recherche en agriculture et pêche (ILVO), l’Institut flamand pour la biotechnologie (VIB), l’Université de Gand et la Haute-Ecole de Gand se frottent les mains par l’intermédiaire de leur avocat : "Nous sommes satisfaits du jugement", se réjouit Me Vandenbussche.

Les chantres des OGM, d’une recherche aveuglée et irresponsable, indifférents aux conséquences sanitaires, environnementales et socio-économiques inhérentes à leurs cultures, peuvent en effet être satisfaits du soutien que leur apporte la justice belge contre l’action de désobéissance civile du mois de mai 2011.

Seul bémol, BASF, commanditaire de l’essai de Wetteren, a annoncé, ce 29 janvier, abandonner le développement de ses pommes de terre génétiquement modifiées.

Les accusés se sont bien évidemment opposés à ce jugement inique et attendent un nouveau procès respectant, cette fois, les droits de la défense.

Les consommateurs à travers chaque sondage effectué sur cette question montrent leur défiance voire leur hostilité vis-à-vis des Plantes Génétiquement Modifiées (PGM).

Comment ne pas leur donner raison lorsqu’on constate le déni de démocratie mais aussi le mépris du principe de précaution qui marquent le développement de cette technologie, la carence et l’opacité de l’évaluation dont elle fait l’objet, et l’absence totale de garantie quant à leur innocuité, comme l’a montré récemment l’ « Affaire Séralini » ?

L’intérêt même de ces plantes n’est toujours pas fondé (sauf pour les actionnaires des géants de l’agroalimentaire qui produisent ces semences). Pire encore, il est constaté une utilisation accrue de pesticides - alors que le contraire nous était promis - ou le développement de résistances par la faune et la flore cibles, ce que n’importe quel biologiste aurait pu annoncer dès lors qu’on utilise une substance agressive de façon répétée.

Par ailleurs, les risques de dissémination de PGM sont loin d’être suffisamment pris en compte rendant compliqué - puis un jour peut-être impossible - l’absence de contamination dans les filières non-OGM.

La lutte contre la publicité en procès Les Déboulonneurs Reporterre 2013/02/21 Les Déboulonneurs (21 février 2013) La lutte contre la publicité en procès. Reporterre. fr

La lutte contre la publicité en procès

Six déboulonneurs seront jugés lundi 25 février. Ils avaient barbouillé des panneaux publicitaires et refusé le prélèvement ADN. Ils dénoncent l’invasion de l’espace public par la publicité.

Lundi 25 Février

13H30, 12e Chambre correctionnelle, tribunal de grande instance de Paris.

Ce sera le 8e procès du Collectif des déboulonneurs à Paris, le 19e au niveau national.

Le Collectif des déboulonneurs lutte contre le système publicitaire actuel et alerte sur les conséquences de la surpublicité dans l’espace public, par des actions non-violentes et de désobéissance civile.

Il demande une réduction de la taille des affiches, à 50 x 70 cm, et du nombre de panneaux afin que soit respectée la liberté de ne pas recevoir des messages publicitaires sans consentement. Les messages publicitaires sont imposés aux usagers de l’espace public, et ce, de manière toujours plus agressive et intrusive.

Aussi, le collectif demande un réel débat public sur ce sujet de société. Des personnalités ont déjà dénoncé la nocivité de la publicité sur les plans sanitaire, démocratique et écologique : promotion de comportements à risque, anorexie, obésité, cancers alimentaires, surcharge cognitive, frustration, dépression, pression des publicitaires dans les instances démocratiques, surconsommation, surproduction, pollution, surexploitation...

Inscription de messages sur des publicités

Le procès fait suite à l’action de désobéissance civile non-violente du 28 février 2009, boulevard Rochechouart, à Paris (1). Les six militants avaient barbouillé des panneaux publicitaires avec des messages tels que « vitrine du mensonge » ou « violence économique ».

Les déboulonneurs attendent de la 12e chambre qu’elle les relaxe pour confirmer la légitimé de leur acte de résistance au danger publicitaire. Une jurisprudence pourrait commencer à prendre forme à partir du procès du 25 février.

Les déboulonneurs invoqueront l’état de nécessité, qui efface l’infraction, puisque, face à cette confiscation générale de l’espace d’expression, le citoyen n’a plus d’autre solution, pour faire entendre une pensée différente, que de le faire « par-dessus » l’espace accaparé.

Refus de test ADN

Les militants avaient été placés en garde à vue à 20 heures, et un prélèvement d’empreinte ADN leur avait été demandé, ce qu’ils avaient tous refusé. Par ce refus, ils dénoncent le fait que ce qui devait être un instrument de preuve à l’encontre de criminels particulièrement dangereux est devenu un outil de fichage de l’ensemble des citoyens, et des militants en particulier.

Ce fichage pose de sérieux problèmes démocratiques car, comme le montrent les travaux de Catherine Bourgain, témoin au procès, la réalisation du test ADN oblige à recueillir des informations, notamment ethniques, dont la loi interdit la recherche.

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Les événements du lundi 25 février 2013 :

Témoins :

Catherine Bourgain (généticienne), Claude Got (Professeur de santé publique), Mehdi Khamassi (chercheur en neuroscience).

Avocat :

Maître William Bourdon (avocat des droits de l’homme)

Réunion publique avec les Déboulonneurs et leurs témoins (sous réserve) : à 20 H : rendez-vous apéritif et convivial à 19 H 30, début de la réunion à 20 h, mairie du 2e arr., 8 rue de la Banque, M° Bourse.

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Notes

(1) Compte-rendu de l’action et de la garde à vue du 28 février 2009 ici.

(2) Ce procès a été reporté pour cause de Question prioritaire de constitutionnalité : lien.

Enfin ! Une 50 G à réveiller les morts Frederic Wolff Reporterre 2013/02/22 Frederic Wolff (22 février 2013) Enfin ! Une 50 G à réveiller les morts. Reporterre. Tribune — fr

Enfin ! Une 50 G à réveiller les morts

Il était temps : le ministre a enfin inauguré le réseau 50 G de téléphonie extra-mortuaire.

Toute ressemblance avec des situations ou des personnages existants serait pure coïncidence.

AFP, le 3 juin 2023

Le ministre de l’industrie a inauguré ce matin la nouvelle antenne portant les ondes de la technologie 50G. Il a salué la prouesse de cette avancée majeure. « C’est un nouvel horizon qui s’ouvre à nous, a-t-il déclaré. Le rêve qui a bercé toutes les civilisations va enfin devenir réalité : les nécrophones permettront aux vivants de communiquer avec les morts. Le chiffre d’affaires prévisionnel est estimé à plus de 100 milliards d’euros, les limites de la vie humaine sont totalement pulvérisées. »

L’antenne couvrira un rayon de 650 km. Son dispositif de rayonnement mobile ultra-puissant permettra de s’affranchir de tous les obstacles : reliefs, forêts, bâtiments, métaux, sous-sols… Un soin particulier a été porté à l’intégration paysagère, afin d’obtenir le label « Excellence environnementale ».

Un collectif d’une centaine d’opposants a défilé en marge de cette inauguration. Les manifestants ont déploré l’absence d’étude d’impact sanitaire. Plusieurs personnalités scientifiques ont exprimé leurs plus vives inquiétudes, alors que le nombre de personnes électro-hypersensibles a franchi la barre des 50% de la population et que de plus en plus de jeunes adultes sont victimes de tumeurs au cerveau et de maladies d’Alzheimer.

Le cortège a ensuite allumé un gigantesque bûcher avec les 15 000 études indépendantes prouvant la nocivité des radio-fréquences, afin d’illustrer la façon dont les autorités traitent la santé publique. La dernière étude en date a été commentée par les scientifiques présents. Elle porte sur les embryons de poulets exposés aux ondes wifi et révèle une hécatombe de la totalité des sujets soumis à l’expérience.

Le ministre a tenu à rappeler la demande massive de la population, aussi bien morte que vivante. Il a souligné l’investissement considérable et les emplois attendus.

« Nous ne saurions tolérer une fracture numérique, a martelé le membre du gouvernement. Tous les morts sans exclusion ont droit à être équipés des nouveaux nécrophones, il s’agit là d’une question d’égalité et de justice les plus élémentaires. Priver un mort de la possibilité d’être joint par un vivant conduirait à un isolement social inacceptable.

Je mets en garde les agitateurs qui exacerbent des peurs irrationnelles. Nous ne disposons pas à ce jour d’un consensus scientifique nous permettant de conclure à la certitude absolue d’un quelconque danger des micro-ondes pulsées. Il convient donc de poursuivre les études et d’appliquer le principe de précaution : pas de nécrophone pour les nourrissons avant l’âge de 6 mois. »

Le ministre a conclu son discours en hissant le drapeau national au sommet de l’antenne, aux côtés de ceux des quatre grands opérateurs. Une protection militaire renforcée a été mise en place afin d’éviter l’irruption intempestive de faucheurs volontaires.

L’antenne a immédiatement été mise en service et le ministre a répondu aux questions des journalistes. La séance a dû être écourtée, en raison d’une insolation subite de l’assemblée. Le ministre a conclu son intervention en appelant les embryons de poulets à ne pas céder à la panique et à consulter les cellules de soins psychologiques mises à leur disposition sur l’ensemble du territoire.

Quand les députés rêvaient d’un EPR en Russie Reporterre Reporterre 2013/02/22 Reporterre (22 février 2013) Quand les députés rêvaient d’un EPR en Russie. Reporterre. fr

Quand les députés rêvaient d’un EPR en Russie

Pendant que l’EPR de Flamanville voit ses coûts s’envoler, un lecteur nous fait découvrir une perle : en 1998, dans un rapport parlementaire, les députés Claude Birraux, Jean-Yves Le Déaut et Henri Révol envisageaient avec espoir la vente d’EPR à la Russie.

Dans un « adenda » ajouté juste avant publication, le rapporteur écrivait :

"La recherche de partenaires me paraissait indispensable pour donner une assise et une vocation européenne au projet EPR.

Votre rapporteur a été informé qu’à la demande du nouveau ministre du Minatom, E. Adamov, formulée en avril 1998 à FRAMATOME ainsi qu’au Secrétaire d’Etat à l’industrie, NPI, FRAMATOME et SIEMENS ont rencontré l’Institut OKBM de Nijni-Novgorod que le ministre du Minatom a chargé de ce dossier en mai dernier."

L’exposition des travailleurs et des riverains des vignes aux pesticides est importante Générations Futures Reporterre 2013/02/22 Générations Futures (22 février 2013) L’exposition des travailleurs et des riverains des vignes aux pesticides est importante. Reporterre. Pesticides fr

L’exposition des travailleurs et des riverains des vignes aux pesticides est importante

Le 19 février Générations Futures a rendu public son enquête sur la présence de résidus de pesticides dans les cheveux des salariés viticoles et des riverains des vignes. Si vous n’avez pas eu l’occasion de lire les informations dessus vous trouverez ci-dessous le résumé de l’enquête.

Vous pouvez aussi écouter ou lire des éléments sur France Info ; France Inter à la 12e minute ; Le Monde ; France 2 JT de 13h du 19/02 ; ou encore France 3 nationale 19/20 à 17min58 (d’autres articles ici).

Cette enquête n’est qu’une première étape. Comme le souligne - dans le quotidien Sud Ouest de ce jour - le docteur Annie Sasco (Inserm Bordeaux), spécialiste du cancer, « l’intérêt de ce travail est de poser la question de l’exposition aux pesticides, y compris pour ceux qui ne font pas l’épandage. Cela mérite de faire des études scientifiques de validation. » Nous espérons que cela se fasse et nous comptons poursuivre notre action en ce sens. Vous en serez plus dans les mois qui viennent.

Contexte Général. La France reste le premier utilisateur de pesticides en Europe avec 62700 tonnes de substances actives vendues en 2011. Malgré le lancement du plan Ecophyto en 2008, et l’objectif affiché de réduction de 50% des pesticides en 10 ans ainsi que l’exclusion des substances les plus dangereuses, la consommation de pesticides (NODU) a augmenté entre la période de 2009-2010 et la période 2010-2011 de 2.7% (1) et les professionnels, comme les amateurs ou les consommateurs, sont toujours exposés à des substances pouvant être perturbatrices du systèmes endocrinien, des neurotoxiques ou encore des cancérigènes possibles.

Avec 783 milliers d’hectare en 2011, la vigne représente 3.7% de la Surface Agricole Utile mais elle consomme à elle seule environ 20% des pesticides (en masse) dont une majorité de fongicides (80%).

L’enquête APAChe. Forts de ces éléments, Générations Futures et Marie-Lys Bibeyran, une salariée agricole, ont décidé de mener une enquête dont l’objectif était de répondre à la question « Est-ce que les salariés viticoles, qui ne pulvérisent pas les pesticides, mais travaillent dans les vignes et les riverains des vignes sont contaminés par les pesticides viticoles ? ».

Ainsi, entre mi-octobre et mi-novembre 2012, ils ont prélevé et fait analyser par le laboratoire Kudzu Science les mèches de cheveux de 25 personnes (15 salariés viticoles du bordelais, 10 non-salariés viticoles dont 5 riverains des vignes du bordelais et 5 « témoins » vivants loin des vignes) afin de mettre en lumière la présence ou non de résidus de pesticides viticoles.

Des résultats préoccupants. Les résultats (2) ont permis de mettre en évidence ce que l’on pouvait craindre :

• 11 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les salariés viticoles que chez les non professionnels habitant loin de vignes (6,6 pesticides en moyenne contre 0.6) !

• 4 des 15 salariés viticoles présentent 10 pesticides différents !

• 5 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les non-professionnels de la vigne habitant près des vignes que ceux habitant loin des vignes (3 résidus de pesticides en moyenne trouvés chez les premiers contre 0,6 pour les seconds).

• 74 % des pesticides actuellement autorisés sur vigne de la liste, établie pour l’enquête, et recherchés ont été retrouvés au moins une fois chez les personnes testées !

• Un produit interdit, le diuron, a été retrouvé chez un professionnel.

• Plus de 45% des molécules retrouvées sont classées cancérigènes possibles en Europe ou aux USA !

• Plus de 36% des molécules retrouvées sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens (PE).

« A l’heure où va s’ouvrir le Salon International de l’Agriculture, ces résultats montrent clairement que l’exposition des travailleurs agricoles à des pesticides dangereux est importante, même si ceux-ci non pas manipulé les produits. Ce rapport montre également que le simple fait de vivre à proximité de zones cultivées, moins de 250 mètres, ce qui est sans doute le lot de millions de familles françaises, augmente votre exposition. » déclare F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

« Il est indispensable de reconnaître le scandale sanitaire des pesticides en France, on ne peut plus être à la fois malade et être ignoré en tant que victime, c’est une double peine inacceptable ! Il faut interdire les pesticides sur lesquels planent les soupçons de cancérogénicité et sans délai d’écoulement des stocks ! » ajoute ML Bibeyran.

« Nos concitoyens auront l’occasion de demander, à nos côtés, la mise en place rapide de toutes ces mesures lors de la prochaine édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides (3) qui aura lieu du 20 au 30 mars prochains dans toute la France, en Afrique ou encore dans d’autres pays européens de plus en plus nombreux. » conclut N. Lauverjat, chargée de mission à Générations Futures.

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Notes

[1] NOTE DE SUIVI – Groupe Indicateurs du plan Ecophyto Tendances de 2008 à 2011 du recours aux produits phytopharmaceutiques.

[2] Le rapport complet de l’enquête APAChe et le rapport du laboratoire Kudzu Science. A télécharger ici.

[3] Voir le site Semaine sans pesticides.

Semaine de l’environnement Par Julien villalard Reporterre 2013/02/22 Par Julien villalard (22 février 2013) Semaine de l’environnement. Reporterre. fr

Semaine de l’environnement

La Semaine de l’Environnement en mars dans sept villes de France

Mars 2013 - Semaine de l’environnement : Les étudiants se mobilisent et portent une vision alternative et engagée de l’écologie.

Le réseau Grappe a pris racine, partout en France ! A Rennes, Strasbourg, Pau, Montpellier, Grenoble, Perpignan et Tours, les associations du réseau vous invitent à venir participer aux activités proposées pour la Semaine de l’Environnement.

Au programme : des conférences, des projections, des ateliers, des expositions, des forums d’associations, des spectacles et concerts. Un moment de réflexion à la fois informatif et festif vous attend ! Un constat nous anime pour organiser, années après années cette Semaine de l’Environnement !

Après 2010, année de la biodiversité ; 2011, année des forêts ; 2012 fut l’année du changement (que l’on attend toujours, d’ailleurs). Mais où était passé le débat sur l’écologie ? Et 2013 ? 2013, année de… de quoi déjà ? L’année de rien ? Ah si, l’année de l’eau ! On l’oublierait presque ! Mais c’est important l’accès à l’eau, le prix de l’eau, la qualité de l’eau, … hein ?

En réalité, le réseau GRAPPE réfute le principe de “l’année de” : pourquoi pas faire tous les ans un printemps des initiatives pour l’écologie ? Le moment de se bouger quoi, à la Semaine de l’Environnement !

Nous pensons que le “développement durable”, largement diffusé, engendre la culpabilisation individuelle et tend à nous déposséder de notre conscience collective. Car, quand les politicien-ne-s « oublient », il faut savoir se rappeler que l’écologie ne se résume pas à éteindre son robinet quand on se brosse les dents. Pire, cette culpabilisation alimente la passivité politique et discrédite l’écologie en général.

Face à cet immobilisme (du monde politique), nous sommes fier-e-s de vous proposer des événements abordant les questions écologiques qui nous concernent toutes et tous, sous un autre angle.

Les différentes voies possibles ne sont pas suffisamment diffusées ; il est important de pouvoir les discuter, voire de les imaginer, ensemble. Ne comptons plus sur les autres pour faire bouger les choses, ne nous laissons pas dicter notre avenir, comptons sur nous, qui sommes, finalement, “les 99%”, la majorité ! La transformation écologique passera avant tout par une transformation des modes de pensée.

Cet événement national est alors l’occasion de venir rencontrer, échanger, s’informer et se former pour évoluer vers une société plus humaine avec tout ce que cela implique. Vous y découvrirez (ou approfondirez) comment avoir une approche différente de l’écologie, souvent éloigné de ce qui est gentiment recommandé. Le tout en s’amusant !

Cliquez sur la ville de votre choix pour accéder au site de l’association organisatrice :

Rennes (Ar Vuez) 10 au 17 mars

Strasbourg (Campus Vert) 20 au 29 mars

Grenoble (Effet Papillon) 11 au 15 mars

Pau (ASPE) 22 au 28 mars

Tours (Apné) 11 au 17 mars

Montpellier (Ouvre tête) 23 au 30 mars

Perpignan (Energie citoyenne) 15 au 24 mars

Le marché international du nucléaire périclite Gen 4 Reporterre 2013/02/23 Gen 4 (23 février 2013) Le marché international du nucléaire périclite. Reporterre. Tribune — fr

Le marché international du nucléaire périclite

Les perspectives de nouveaux réacteurs en Angleterre, Roumanie, Bulgarie, Lituanie sont de plus en plus incertaines

Mycle Schneider [1] est revenu récemment sur la posture de plus en plus inconfortable et acrobatique d’un village nucléaire dont les perspectives d’avenir pourraient encore se restreindre après l’abandon probable du chantier d’extension de la centrale Tchèque de Temelin.

Le projet de Temelin pourrait capoter, miné par les crises électronucléaire et financière

Le projet de centrale nucléaire de Temelin, au Sud de la République Tchèque, avait récemment fait les choux gras de la presse française à l’occasion de l’affaire de la mise au placard de notre spécialiste national AREVA qu’un Premier Tchèque Petr Necas très remonté pour l’occasion jugeait “incompétent” à la suite de la remise d’une offre manifestement bâclée.

Bigre, l’AFP utilise là une expression que nous n’aurions jamais, jamais oser cautionner !

Notre EPR national ainsi éconduit de Tchéquie avec perte et fracas, les candidats survivants (le russe Atomstroïeport et le nippo-américain Toshiba-Westinghouse) sentaient déjà un vent favorable orienter finalement vers l’un d’entre eux [2] la dizaine de milliards d’Euros d’investissements prévus pour la réalisation de deux réacteurs nucléaires supplémentaires [3] ; las, le projet pourrait finalement capoter après que de nombreuses voix Tchèques se soient élevées pour remettre en cause l’utilité même du projet.

Temelin : deux réacteurs mais 4 tours aéro-réfrigérantes, cherchez l’erreur ?

Cinq puis deux puis… zéro réacteur ?

A l’origine, l’appel d’offres lancé par CEZ [4] portait sur la fourniture “ferme” de deux réacteurs accompagnés d’une “option” sur 3 autres unités pour un total de cinq tranches à réaliser d’ici à 2025.

Début janvier 2012, l’Etat Tchèque, les poches sensiblement percées, revenait manifestement en arrière après le vote d’une nouvelle loi organique ad’hoc interdisant désormais les options futures sur les marchés publics.

Une modification législative “sur mesures” ?

L’un des actionnaires du groupe mixte CEZ a déclaré à Bloomberg qu’il estimait que “le projet de Temelin ne présentait à ce jour plus aucun aspect logique” et que “la construction des réacteurs présenterait désormais un risque énorme pour CEZ et, de manière plus générale, pour la république Tchèque.” Fermez le ban !

Angleterre, Roumanie, Bulgarie, Lituanie… Autant de projets électronucléaires abandonnés ?

Toujours d’après Bloomberg, le projet anglais d’implanter quatre réacteurs EPR, désormais soutenu par le seul EDF Energy après que son partenaire Centrica PLC se soit habilement “faufilé” hors du montage le 4 février dernier, semble s’orienter vers la même destination, l’opérateur historique français, soutenant désormais l’ensemble des risques liés au projet, souhaitant désormais obtenir des garanties de la part du gouvernement anglais qu’il n’a bien évidemment aucune chance de recueillir.

En Roumanie, le projet d’extension du site nucléaire de Cernavoda (4 milliards de dollars) a vu les investisseurs Européens potentiels se défiler en 2011 alors que le projet Bulgare de Belene (US$ 8 milliards) ne parvient même pas de son côté à recueillir la moindre offre de financement, “crise” oblige.

La Lituanie aurait de son côté probablement été confrontée aux mêmes aléas de financement si le référendum du 14 octobre 2012 portant sur l’extension du parc électronucléaire n’avait pas fait capoter prématurément le projet d’installation d’un réacteur nucléaire à Visaginas. Ah, si le peuple s’en mêle maintenant…

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Compléments d’information :

Bio Mycle Schneider – cartografailpresente

L’émission “Retour sur Fukushima” – franceculture, 28112, avec Mycle Shneider

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Notes

[1] Mycle Schneider a fondé WISE-Paris en 1983, il est consultant indépendant et enseigne à l’école des Mines de Nantes ; il a co-reçu le prix Livelihood 1997 (prix Nobel alternatif) avec Jinzaburo Takagi pour leur travail commun traitant des dangers “sans précédent” représentés par le Plutonium.

[2] Voire les deux comme c’était le cas pour les premières unités de Temelin qui ont été fournies par les russes et aussitôt “modernisées” par les américains.

[3] Le site nucléaire de Temelin accueille déjà 2 unités VVER-320 de 912 MWe.

[4] České Energetické Závody, Opérateur Mixte d’Energie Tchèque détenu à 70% par l’Etat.

Vache folle : l’Union européenne abandonne les tests de dépistage Erwan Manac’h (Politis.fr) Reporterre 2013/02/23 Erwan Manac’h (Politis.fr) (23 février 2013) Vache folle : l’Union européenne abandonne les tests de dépistage. Reporterre. Animaux fr

Vache folle : l’Union européenne abandonne les tests de dépistage

Dans la plus grande discrétion, la Commission européenne vient de mettre un terme aux tests de dépistage sur les animaux « sans signe clinique » apparent, alors que l’interdiction des farines animales a été partiellement levée.

Le chevauchement des calendriers est pour le moins fâcheux. Lundi 4 février 2013, dix jours avant la levée partielle de l’interdiction des farines animales et en pleine crise de la viande de cheval, la Commission européenne a adopté une décision importante, passée inaperçue.

En modifiant le règlement de surveillance de l’Encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), autrement appelée « vache folle », la Commission européenne lève l’obligation d’effectuer des tests de dépistage chez les animaux de plus de 72 mois « ne présentant pas de signe clinique de la maladie » [1].

Un cas positif sur 5 millions

Sous la pression des États membres, qui dénoncent les coûts importants des campagnes de dépistage, les directives européennes sur le contrôle de l’ESB ont été successivement assouplies, en 2008 et 2011. D’après une décision de juin 2011, 25 pays – dont le Royaume-Uni – sont ainsi autorisés à ne procéder qu’à des dépistages d’échantillons à compter du 1er janvier 2013.

Mais la Commission a souhaité aller plus loin en supprimant totalement les dépistages sur les bovins « sains ». Les contrôles sont désormais limités aux bêtes « à risques (animaux trouvés morts, animaux abattus d’urgence et cas cliniques suspects) », âgés de plus de 48 mois, indique la Commission.

Ce système est « largement conforme aux normes internationales » tente de rassurer le texte, paraphé par le commissaire européen chargé de la Santé et des Consommateurs, Tonio Borg. Ce dernier s’appuie sur un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) affirmant que, même en l’absence de dépistage sur les bovins sains, le système garantit « avec un niveau de confiance de 95 % (…) une prévalence d’un cas [de vache folle] sur 5,4 millions de bovins adultes », contre 1 cas sur 7,2 millions avec le système actuel.

En France le nombre de cas d’ESB détectés est passé de 274 en 2001 à 3 en 2011. Il a chuté à 7 cas en 2011 au Royaume-Uni contre 37 000 cas recensés lors du pic de 1992 [2]. Près de vingt ans après la crise sanitaire dite de la « vache folle », le temps de l’émotion est passé. Et avec lui, celui du « principe de précaution ».

« Nous baissons la garde, car la psychose est retombée. Mais c’est une maladie que nous ne connaissons pas", s’inquiète Jean-Marc Desfilhes, assistant de José Bové au parlement européen, en découvrant le texte en question. "Il n’y a pas eu de progrès scientifiques dans l’étude du prion [protéine de l’ESB] et de la façon dont il se diffuse. »

36 millions d’euros par an

Or, cet assouplissement des règles de dépistage était attendu de longue date par les professionnels de la filière bovine, largement impactée par le coût du programme mis en place en 2001 : 36 millions d’euros par an selon la Commission. La Confédération paysanne n’a ainsi « rien à redire » à cette nouvelle réglementation européenne. Le risque de voir réapparaître la vache folle est maîtrisé, estime l’organisation.

« Le prion est apparu à cause du laxisme de la réglementation du Royaume-Uni sur les farines animales, assure Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. L’utilisation des bêtes d’équarrissage [cadavres d’animaux] et la baisse des températures et du temps de cuisson pour la fabrication des farines animales sont clairement identifiées comme les causes du phénomène. »

La priorité est donc selon lui de veiller à « l’étanchéité » des filières de distribution pour que la farine animale n’atterrisse pas dans les exploitations de viande bovine. « Ce n’est pas gagné, quand on voit que nous ne sommes pas capables de distinguer de la viande de bœuf et de la viande de cheval », conclut pourtant le responsable syndical.

Une simultanéité « irresponsable »

En pleine crise de confiance sur l’industrie agroalimentaire, la Commission européenne a surtout déjà lâché du lest sur les farines animales. Elle annonçait, jeudi 14 février, la levée de l’interdiction des farines de porc et de volailles dans les élevages de poissons, à compter du 1er juin. L’utilisation des farines animales reste théoriquement sous étroit contrôle et catégoriquement interdite à la filière bovine.

Mais la crise actuelle et la simultanéité des deux annonces de la Commission génèrent beaucoup d’inquiétude : « Ils sont complètement cinglés, réagit José Bové mardi soir. Abandonner les tests et réintroduire les farines animales dans le même temps, c’est irresponsable. Nous savons que les farines animales font l’objet de trafics et sont difficiles à contrôler. »

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Ajout, jeudi 21 février à 15 h : Interrogé jeudi matin par un auditeur de France inter sur le sujet, le ministre de l’Agriculture a livré une réponse évasive.

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Notes

[1] Décision du 4 février 2013 modifiant une décision de (2009/719/CE) autorisant certains États membres à réviser leur programme se référant (modifié en 2011 par la décision 2011/358/UE).

[2] Source Organisation mondiale de la santé animale.

La pétition pour le retrait du pesticide Round’up prend de l’ampleur Round’up Non merci Reporterre 2013/02/23 Round’up Non merci (23 février 2013) La pétition pour le retrait du pesticide Round’up prend de l’ampleur. Reporterre. fr

La pétition pour le retrait du pesticide Round’up prend de l’ampleur

Castorama, leader européen et plus grande enseigne du bricolage en France propose du Roundup aux jardiniers amateurs, alors que plusieurs études scientifiques ont démontré la toxicité de ce produit. Une pétition demande à Castorama de montrer l’exemple en arrêtant de vendre ce produit dangereux.

Le Roundup est un herbicide très populaire chez les agriculteurs et les jardiniers amateurs qui croient souvent avoir à faire à un produit biodégradable et sans dangers. En effet, les utilisateurs peuvent lire sur les bidons de Roundup vendus en grande surface et chez les enseignes de bricolage comme Castorama, qu’ “utilisé selon le mode d’emploi, Roundup ne présente pas de risque pour l’homme, les animaux et leur environnement”.

Pourtant, le Roundup est loin d’être inoffensif : Monsanto, qui commercialise ce produit, a été condamné pour publicité mensongère concernant une annonce qui montrait un chien couvrant une plante de Roundup afin de déterrer un os enseveli pour le manger en toute sécurité, sans se préoccuper d’éventuels résidus toxiques sur sa nourriture.

Depuis, plusieurs études scientifiques ont montré la toxicité de ce produit, notamment l’étude du professeur Gilles Eric Séralini de l’université de Caen, qui a révélé que le produit avait un caractère cancérigène sur des rats en ayant consommé pendant 2 ans. En plus de développer les cancers, le Roundup est notamment accusé d’être à l’origine de troubles de la reproduction.

D’ici décembre, le sort de ce pesticide doit être discuté au Parlement français et à la Commission européenne. Seulement, sans pression populaire, le pesticide le plus vendu au monde, et sans doute l’un des plus dangereux aussi, risque de passer une fois de plus entre les gouttes... Il est donc indispensable d’en appeler à la responsabilité des grands distributeurs face à leurs clients.

Castorama s’est déjà engagé à fournir à ses clients une alternative écologique dans tous les rayons de l’enseigne en signant un partenariat avec le WWF. Demandons au leader du bricolage d’aller plus loin et de montrer l’exemple aux autres enseignes en stoppant la distribution du Roundup dans ses rayons.

Signez la pétition et diffusez-là autour de vous.

Complément d’information : Round’up Non merci !

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Pétition adressée à :

Aurélie Radenac, attachée de presse Castorama Claude Dehais, directrice d’agence de presse de Castorama Melissa Brochant, communication produits et services agence de presse de Castorama Michelle Kamar, communication institutionnelle agence de presse de Castorama Véronique Laury, Directrice Générale de Castorama Geoffrey Lavielle, Directeur Commercial de Castorama Maxellende Hersoy, Directrice Marketing et Image Castorama Laurent Desessart, Directeur Exécutif Gilles Verstraete, Directeur Stratégie et Organisation Sophie Vandecasteele, Directrice responsabilité sociétale de l’entreprise Laurent Nicastro, Directeur supply chain Grégoire Dufour, Directeur Financier.

Un projet de décroissance Par Julien villalard Reporterre 2013/02/24 Par Julien villalard (24 février 2013) Un projet de décroissance. Reporterre. fr

Un projet de décroissance

Un projet de décroissance

Depuis le début des années 2000 a émergé un nouveau mouvement de pensée autour du slogan provocateur « Décroissance ». A travers la critique radicale de la société de croissance et de son impasse, cet OVNI politique a su enrichir les débats et les discussions.

Les réflexions du Parti pour la Décroissance, partie prenante de ce mouvement, ont débouché sur une proposition appelée Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA), couplée à un Revenu Maximum Acceptable.

Ce manifeste pour une DIA part des origines de la Décroissance et propose des pistes, des réflexions susceptibles d’initier une transition sereine et démocratique vers des sociétés écologiquement soutenables et socialement justes. Il représente en cela un projet de Décroissance.

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Par Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Christophe Ondet et Anne-Isabelle Veillot, Préface de Paul Ariès, éd. Utopia, 156 pages, 7€.

Le gouvernement se fait représenter dans les négociations internationales par le lobby semencier Blossomtime (Mediapart) Reporterre 2013/02/24 Blossomtime (Mediapart) (24 février 2013) Le gouvernement se fait représenter dans les négociations internationales par le lobby semencier. Reporterre. fr

Le gouvernement se fait représenter dans les négociations internationales par le lobby semencier

Lors d’une émission récente, sur France Inter, réunissant le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences, graines et plants), l’association Pro-maïs, l’association Kokopelli, et Christophe Bonneuil, chercheur à l’INRA, Monsieur Burgaud, Directeur de Communication au GNIS, a prétendu que le GNIS n’avait pas le pouvoir d’écrire les textes qui régissent la profession.

Pourtant, l’article 3, al. 5 de la loi du 11 octobre 1941, qui, sous Vichy, a créé le GNIS, rend les propositions du GNIS « obligatoires pour tous les membres des professions intéressées dès qu’elles ont reçu, selon le cas, l’acquiescement du ministre d’Etat à l’agriculture ou du commissaire du gouvernement ».

Mais ce n’est pas tout : une vaste réforme de la législation européenne sur le commerce des semences est actuellement en cours.

Or qui, dans les bureaux de la Commission Européenne, rédige, conjointement avec quelques fonctionnaires européens, la proposition législative ?

Madame Isabelle Clément-Nissou, Directrice des Relations Internationales du GNIS, et détachée par le Ministère de l’Agriculture français en tant qu’ « expert national » !

Quel est exactement le rôle du GNIS ?

Cet organisme, qui regroupe exclusivement des professionnels privés de la filière semences présente toutes les caractéristiques d’un groupe de pression défendant les intérêts de l’industrie semencière.

Il se présente d’ailleurs officiellement comme le défenseur des « intérêts » de cette filière, et ne cache pas que l’une de ses missions est que « les législateurs européens et français prennent en compte les préoccupations de la filière (…) : biotechnologies et OGM, biodiversité, propriété intellectuelle et brevets, protection des semences et environnement ».

De plus, le GNIS ne représente que les professionnels engagés dans la logique industrielle.

En effet, il ne regroupe en son sein que les « organisations professionnelles les plus représentatives », à l’exclusion de toutes celles, minoritaires, qui tentent de faire émerger une autre logique.

Malgré cela, ignorant tout du concept de conflit d’intérêt, le législateur lui a confié des missions de représentation officielle de la France, en Europe et à l’international, d’élaboration de textes réglementaires et de conseil auprès du Ministère de l’Agriculture, une mission de contrôle et de certification de la production de semences auprès de ses propres membres (et souvent par ses propres membres), et, afin de boucler complètement la boucle de la consanguinité, une mission d’agent de répression des fraudes, pour sanctionner ceux qui ne voudraient pas admettre la légitimité d’un tel système !

Ce mélange des genres, qui institutionnalise les conflits d’intérêt, n’est pas admissible dans une société démocratique.

L’intérêt général, dans un contexte qui a vu l’expansion de l’industrie semencière se faire au dépends de la biodiversité, commande d’assurer la pluralité des opinions et la protection des intérêts minoritaires.

C’est pourquoi, l’Etat français doit mettre fin à cette confusion des genres en retirant en priorité le mandat de Madame Clément-Nissou auprès des instances européennes et en supprimant les prérogatives de puissance publique du GNIS pour les remplacer par une instance représentative de toutes les filières agricoles, industrielles et non industrielles.

Revenir aux fondamentaux d’un état démocratique afin d’éviter la dérive vers l’oligarchie !

En Grèce, la société est durement traumatisée Melanie Mühl (Frankfurter Allgemeine Zeitung) Reporterre 2013/02/24 Melanie Mühl (Frankfurter Allgemeine Zeitung) (24 février 2013) En Grèce, la société est durement traumatisée. Reporterre. fr

En Grèce, la société est durement traumatisée

Un traumatologue allemand habitué aux scènes de drame s’est rendu en Grèce. Ce qu’il a vu dans cette société au bord de l’explosion a dépassé ses pires craintes. Extraits.

La spécialité de Georg Pieper, c’est le traumatisme. Chaque fois qu’une catastrophe s’est abattue sur l’Allemagne, le traumatologue s’est rendu sur place. Après les attentats d’Oslo et d’Utøya, Georg Pieper est allé en Norvège où il a encadré ses confrères. Il s’y connaît pour observer une situation à la loupe et juger de l’ampleur d’une catastrophe.

En octobre, Georg Pieper a passé quelques jours à Athènes, où il a donné des cours de traumatologie à des psychologues, des psychiatres et des médecins. Il s’attendait à trouver une situation difficile, mais la réalité était au-delà de ses pires appréhensions.

Pour l’Allemand consommateur d’information, la crise est de l’histoire ancienne. Elle s’est avant tout révélée à nous par l’intermédiaire d’expressions comme « fonds de sauvetage » ou ’« trou de plusieurs milliards ». Au lieu d’analyser le contexte global, nous voyons Angela Merkel à Berlin, à Bruxelles ou quelque part ailleurs, descendre d’une limousine noire, l’air grave.

Mais cela ne nous apprend pas la vérité, la vérité sur la Grèce, sur l’Allemagne, sur l’Europe. Georg Pieper parle de « refoulement massif » pour qualifier ce qui se déroule juste sous nos yeux. Les mécanismes de défense des responsables politiques, en particulier, fonctionnent à merveille.

Traumatisme collectif

En octobre 2012, voilà la Grèce qui se présentait à lui : des femmes enceintes jusqu’aux dents courent les hôpitaux en suppliant qu’on les y admette, mais parce qu’elles n’ont ni assurance-maladie, ni suffisamment d’argent, personne ne veut les aider à mettre leur enfant au monde. Des gens qui, il y a peu, faisaient encore partie de la classe moyenne, glanent les restes de fruits et de légumes dans la rue, dans une banlieue d’Athènes.

Un vieil homme explique qu’il ne peut plus payer ses médicaments pour ses problèmes cardiaques. Sa retraite a été sabrée de moitié. Ayant travaillé pendant plus de 40 ans, il pensait avoir fait tout ce qu’il fallait, et aujourd’hui il ne comprend plus le monde.

Les gens qui vont à l’hôpital sont tenus d’apporter leurs draps et leur nourriture. Depuis le congédiement des équipes d’entretien, ce sont les médecins, les infirmières et les aides-soignants, privés de salaires depuis des mois, qui se chargent du ménage. L’hôpital manque de gants jetables et de cathéters. L’Union européenne met en garde le pays contre la propagation des maladies infectieuses.

Par manque de moyens financiers, des pâtés de maisons entiers ne sont plus approvisionnés en fioul à l’heure qu’il est. Au printemps, un homme de 77 ans s’est suicidé avec une arme devant le Parlement d’Athènes. Juste avant de passer à l’acte, il aurait crié : « Comme cela, je ne laisse aucune dette à mes enfants ! » Le taux de suicide a doublé au cours des trois dernières années.

Un traumatisme est un événement qui ébranle la perception du monde de l’individu jusque dans ses fondements. L’expérience est si violente qu’elle plonge le sujet dans un tourbillon de détresse absolue. Seuls les esprits cyniques parlent encore de régression sociale au sujet de la Grèce. Ce que nous observons actuellement est un traumatisme collectif.

L’homme se transforme en fauve

« La crise touche particulièrement les hommes », constate Georg Pieper. Comme chacun sait, les hommes fondent leur identité, bien davantage que les femmes, sur le travail, et donc sur leur valeur marchande. Or, la valeur marchande du plus grand nombre fond sans discontinuer. La crise porte également atteinte à leur virilité.

Actuellement, les troubles psychiques comme les dépressions se propagent en Grèce comme le ferait une épidémie. Personne ne s’étonne d’apprendre que les trois-quarts des suicides sont commis par des hommes.

Nul besoin d’être un Cassandre ou un expert pour imaginer l’incidence que cela peut avoir sur les relations sociales entre les individus et sur le ciment de la société grecque. Le ressentiment à l’égard d’un système corrompu, perverti, et à l’égard de la politique internationale, dont les tranches d’aide tombent dans l’escarcelle des banques au lieu de servir à sauver des gens, est immense, et va croissant. Les hommes ramènent cette haine dans leur famille, et leurs fils la traduisent en actes dans la rue. On observe une multiplication des groupes violents qui s’en prennent aux minorités.

Au mois de novembre, les Etats-Unis ont émis un avertissement à l’adresse des voyageurs désirant se rendre en Grèce – les gens de couleur, en particulier, y seraient menacés. Pour un pays comme la Grèce, qui a d’elle-même l’image d’une terre hospitalière, cela choque, confie Georg Pieper.

En temps normal, même le plus terrible des coups du sort ne met pas l’individu à genoux, explique Georg Pieper, car chacun d’entre nous est doté d’un instinct de survie extrêmement développé. Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise est que cet instinct de survie n’est effectif que dans une société en état de fonctionnement, capable d’amortir le choc.

La tragédie d’Utøya a montré la force qu’une telle société était capable de déployer. Toute la Norvège a apporté son soutien aux victimes après le massacre, comme si quelqu’un avait coiffé le pays d’une cloche de solidarité.

En Grèce, les fondements de la société ont été sapés jusqu’à ce que celle-ci finisse par s’effondrer. La crise a anéanti l’Etat-Providence. « L’homme, analyse Georg Pieper, se transforme en fauve dans ce type de situations dramatiques ». La nécessité le pousse à la déraison. L’égoïsme supplante la solidarité.

Eva Joly : « Le vote des socialistes contre la réforme de la pêche est un scandale sans nom » Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/02/24 Barnabé Binctin (Reporterre) (24 février 2013) Eva Joly : « Le vote des socialistes contre la réforme de la pêche est un scandale sans nom ». Reporterre. Entretien — Pêche fr

Eva Joly : « Le vote des socialistes contre la réforme de la pêche est un scandale sans nom »

Le Parlement européen a adopté une réforme de la politique commune de la pêche, et le texte arrive lundi 25 février devant le Conseil des ministres européens. Dans cet entretien avec Reporterre, Eva Joly interpelle François Hollande en dénonçant l’absurdité de la position des socialistes français sur cette question

Quel est le véritable enjeu de la réunion du Conseil des ministres de la pêche à Bruxelles ?

Eva Joly - L’enjeu, c’est l’avenir de notre pêche. Et l’urgence, aujourd’hui, c’est de modifier la position du Conseil. Le Parlement européen a opéré une révolution intellectuelle avec le vote de cette réforme de la politique commune de la pêche à une large majorité le 6 février. Mais pour qu’elle devienne législation, il faut l’accord du Conseil. Or, la position de la France y est la même depuis 30 ans : « on pêche jusqu’au dernier poisson, on verra après », et elle entraine dans son sillage deux autres nations qui se sont fait également remarquer pour leur pillage des ressources : l’Espagne et l’Italie. Nous n’avons pas le temps d’attendre plus longtemps.

En quoi cette réforme est-elle une rupture vers une pêche plus durable ?

Pour la première fois, on a écouté ce que nous expliquent les scientifiques. Cette réforme dit qu’il faut arrêter de pêcher au-delà des seuils de renouvellement des stocks. Ca paraît une évidence au regard de la réalité actuelle : aujourd’hui, si on prend la consommation sur une année, l’Europe commence à importer du poisson à partir d’avril. Cela veut dire que l’on a du poisson seulement pour trois mois. Ce n’est pas durable. Il faut sortir de cette politique de la demande qui ne prend pas en compte l’ « offre » naturellement limitée des ressources. Il est indispensable de préserver cette offre pour qu’elle nous nourrisse encore dans 10, 20, 30 ans. Il faut instaurer une pêche respectueuse de son environnement, et c’est exactement ce que propose la réforme, en mettant fin aux rejets de poissons en mer et le chalutage en eau profonde.

Le secteur de la pêche est-il rentable ?

Non. En plus d’être un contre-sens écologique, la politique actuelle de la pêche est aussi un contre-sens économique et social. Le secteur de la pêche industrielle vit en grande partie sous perfusion de subventions publiques. Et la France a particulièrement insisté pour continuer à subventionner ses propres flottes industrielles. C’est une politique absurde que de maintenir à bout de bras une flotte en surcapacité, que nous envoyons ensuite vider, pour ne pas dire piller, nos mers et celles des pays en développement. Tout cela pour satisfaire une demande insoutenable et en très rapide augmentation. C’est d’autant plus absurde que le secteur de la pêche a perdu 40% de ses emplois en 10 ans… Comment ne pas comprendre qu’une pêche durable est créatrice de plus d’emplois, des emplois durables et soutenables ? C’est pour ça que cette réforme a été adoptée aussi largement, même jusque sur les bancs de la droite européenne. Que les socialistes français aient voté contre, en dissidence de tous les autres socialistes européens, est un scandale sans nom.

Comment expliquez-vous une telle position sur cette question ?

Au Parti Socialiste, la pêche n’intéresse pas grand-monde. Dans l’indifférence, les intérêts particuliers prennent facilement le pas sur l’intérêt général. C’est simple, la position de la France au Conseil est portée par le ministre Frédéric Cuvillier, qui est l’ancien maire de Boulogne-sur-Mer, où près de 8 000 familles dépendent directement ou indirectement de la pêche industrielle. Je l’accuse de sacrifier l’avenir du secteur à l’intérêt mal-compris de ceux qui l’ont localement élu et réélu. Car l’intérêt de tous est évidemment que la pêche continue. En tant que ministre, il ne doit pas céder à une pression court-termiste, à une compréhension du monde biaisée, mais avoir une vision beaucoup plus globale.

Que demandez-vous ?

Je veux qu’il y ait débat chez les socialistes, afin qu’ils prennent la question de la pêche au sérieux. On ne peut pas laisser dicter la position de la France par un ministre qui, peut-être malgré lui, est le porte-parole de la pêche industrielle en France. Sa ministre de tutelle, Delphine Batho, doit reprendre la main. Il me semble normal que la ministre de l’écologie s’implique sur une question aussi importante écologiquement.

La pêche est-elle un nouveau symbole des dissensions entre écologistes et socialistes ?

L’épreuve du pouvoir réveille les conservatismes et révèlent à quel point les socialistes peuvent encore être en retard sur leur temps à propos des enjeux écologiques. Le socialisme français en est resté au début du XXe siècle, au temps des utopies productivistes. C’est incompréhensible. Comment peut-on être socialiste, allié aux écologistes, et ne pas prendre ce sujet au sérieux ?

N’est-ce pas l’inverse ? Aujourd’hui, ce sont les écologistes qui acceptent de participer à un gouvernement socialiste…

Nous sommes ensembles au Gouvernement, ça crée des obligations pour les deux partis.

Ca ne s’est pas beaucoup vérifié pour l’instant…

Nous avons fait le choix d’influencer la politique gouvernementale de l’intérieur. Mais après 8 mois désormais, je reconnais que c’est de jour en jour plus difficile. Notre rôle est d’informer, d’interpeller. Encore faut-il des interlocuteurs attentifs. Je garde l’espoir que M. Hollande, lorsqu’il sera informé de tous les enjeux de la pêche – car je suppose qu’il ne l’est pas pour l’heure – va s’abstenir de conduire cette bataille d’arrière-garde. Car je veux croire à l’intelligence et aux arguments raisonnables. Je me mobilise pour les faire entendre.

Notre Dame des Landes : le mystère des 911 millions Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/02/24 Hervé Kempf (Reporterre) (24 février 2013) Notre Dame des Landes : le mystère des 911 millions. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : le mystère des 911 millions

L’administration a enfin communiqué des notes expliquant comment l’aéroport de Notre Dame des Landes est censé générer 911 millions d’euros d’avantages. Reporterre les publie en exclusivité. Problème : les explications ne résolvent pas le mystère.

En décembre dernier, nous avions montré que le chiffre de 911 millions d’euros d’avantages supposés être dégagés par l’aéroport de Notre Dame des Landes était très suspect.

En nous appuyant sur l’analyse du rapport d’experts indépendants CE Delft, nous soulignions que ce chiffre paraissait le fruit d’une manipulation.

C’est seulement le 19 février que la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) nous a communiqué deux notes censées expliquer comment est produit ce chiffre.

Les deux notes sont datées du... 4 novembre et du 4 décembre 2012. Quel dommage qu’elles ne soient publiées que maintenant ! Nous les avons communiqué, avec l’accord de la DGAC, au CéDPA (Collectif d’élus Doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes), qui ne les avait pas reçues.

Voici la première note :

Accompagnée d’une seconde, présentant un tableau précis :

Ah, au fait... Ces documents ne sont pas publiés largement ! Autrement dit, Reporterre a l’honneur de vous les présenter en exclusivité.

La DGAC a du retard à l’allumage. Disons qu’elle a fait confiance à la presse pour contribuer à l’édification du public et au débat démocratique.

On peut donc maintenant étudier la version officielle des fameux 911 millions.

Rappelons que ces notes cherchent à expliquer le raisonnement tenu en 2006 permettant de parvenir au chiffre de 911 millions d’euros présenté dans la pièce F du dossier d’enquête d’utilité publique.

Pour mémoire, le voici :

Tout le raisonnement repose sur le fait que le futur aéroport ferait gagner du temps aux voyageurs, et que ce temps peut être valorisé.

Ainsi, le tableau de la pièce F de 2006 signifie Qu’en 2025 (deuxième colonne), l’aéroport fait gagner 312 000 heures ce qui génère des « avantages » de 30,6 millions d’euros par an, soit 911 millions sur la période 2012-2042.

La première note de la DGAC nous explique aujourd’hui qu’il faut prendre en compte différents modes de transport pour se rendre à l’aéroport. Et qu’en allant à Notre Dame des Landes, on va globalement gagner du temps par rapport au trajet passant par l’aéroport existant de Nantes Atlantique.

"A titre d’exemple, écrit la DGAC, un voyageur nantais qui aurait effectué une correspondance aérienne par Paris depuis Nantes-Atlantique pourra, avec l’enrichissement de l’offre aérienne sur le nouvel aéroport, s’y rendre en voiture pour prendre directement l’avion vers sa destination finale, comptabilisant ainsi une économie de temps sur le mode aérien en évitant une correspondance, et une augmentation du temps passé en voiture compte tenu du fait que le nouvel aéroport n’est plus situé à proximité immédiate du centre de l’agglomération.

Les ’plus’ et les ’moins’ sur chacun des modes de transport conduisent ainsi au résultat final présenté dans le dossier d’enquête publique, qui ne peut être repris directement par une simple division comme le fait le cabinet Delft."

Le détail du calcul est ensuite présenté dans un tableau de la deuxième note. Le voici :

Oh, il y a du bleu, il y a du jaune, c’est très joli.

Et regardez en bas à droite :

30 626 951 €, 30,6 millions d’euros, voici le fameux chiffre, le même que dans le tableau de la pièce F de 2006 :

On retombe sur nos pieds, les experts de CE Delft n’avaient rien compris, le CéDPA est nul, et les journalistes qui creusaient la question des sapajous !

Ah, bon, très bien. Réfléchissons, et délibérons.

D’abord, remarquent les membres du CéDPA, on nous parle maintenant de temps de transport aérien, mais celui-ci n’est pas du tout évoqué dans la pièce F : pages 96 et 97, le texte cite le transport par route, par train, par tram-train, mais jamais le transport aérien, alors que c’est en avion qu’on gagne le plus de temps. Bizarre, non ?

Deuxième observation, plus importante : puisque le temps gagné dépend aussi des itinéraires empruntés par les voyageurs prenant l’avion à Nantes (ou à Notre Dame des Landes), l’analyse de ces itinéraires est très importante.

Or, indique la pièce F, p. 96, le consultant qui a mené les calculs (JLR Conseil) a recouru à une enquête datant de 2000-2001 :

Or, depuis 2000, il y a eu des évolutions très importantes : le trafic a augmenté sur Nantes-Atlantique, des compagnies low cost s’y sont installées, des lignes ont été ouvertes, d’autres fermées, etc.

Il est donc nécessaire de connaître la matrice des itinéraires utilisée pour voir si elle correspond à la situation actuelle, d’une part, et quelles hypothèses elle adopte pour le futur.

Dans l’avenir, deux éléments paraissent en effet importants : d’une part, l’arrivée de la LGV Paris-Rennes, et un barreau LGV dans l’Essonne, qui facilitera l’accès aux aéroports parisiens ; d’autre part, une incertitude sur la pérennité des vols low cost, en général et sur leur implantation à Notre Dame des Landes.

« Allo, la DGAC, la matrice des itinéraires, s’il vous plait ? »

Troisième observation, carrément troublante :

Les notes de la DGAC reconstituent le chiffre de 30,6 millions d’euros en 2025. Mais comment est-on passer de 30,6 millions cette année-là à 911 millions sur 2012-2042 ?

Comme on a un point de départ en 2012, on peut reconstituer une évolution sur 2012-2025.

On peut faire de même jusque 2042, puisque l’on a le chiffre global de 911 millions, qui en fait est le résutat du cumul des gains annuels sur toute la période. La logique voudrait que l’on observe une évolution assez régulière.

Or, regardez ce qu’un calcul sommaire en fonction des résultats indiqués par la pièce F et par la note de la DGAC indique :

Vous ne voyez pas ? Attendez, on va préciser :

Ah, vous comprenez. On passe d’une année sur l’autre de moins d’un million à 27 millions ! Fortiche ! Cà, c’est de la culbute !

Un tour de passe-passe. A moins qu’il y ait une meilleure explication... Mais il faut l’indiquer.

Alors, si on mettait tout sur la place publique ?

« Allo, la DGAC, la série année par année sur 2012-2042, s’il vous plait ? »

France Bleu Loire Océan : des journalistes dénoncent une publicité pro-aéroport Notre Dame des Landes AFP Reporterre 2013/02/24 AFP (24 février 2013) France Bleu Loire Océan : des journalistes dénoncent une publicité pro-aéroport Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

France Bleu Loire Océan : des journalistes dénoncent une publicité pro-aéroport Notre Dame des Landes

Image : l’affiche de la campagne de promotion en faveur de l’aéroport

Les journalistes de France Bleu Loire Océan ont adressé jeudi 21 février une lettre ouverte au président de Radio France, Jean-Luc Hees, pour protester contre une campagne de publicité sur leur antenne en faveur du projet d’aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes, a-t-on appris samedi de sources syndicales.

« Nous estimons qu’il (ndlr : le spot publicitaire) porte atteinte à notre travail et à notre crédibilité. Nous craignons d’en subir les conséquences sur le terrain », écrivent les journalistes qui ont obtenu le soutien de plusieurs syndicats nationaux de Radio France ainsi que des élus du CE Radio France Grand Ouest.

« Sur ce sujet polémique (...) nous ne cessons de respecter une stricte neutralité, en lien avec les valeurs du service public de l’audiovisuel », poursuivent les journalistes.

« Nous ne comprenons pas comment (...) la direction de Radio France peut cautionner la diffusion de cette campagne promotionnelle, sauf à considérer qu’elle vaut plus que notre travail », écrivent-ils encore.

Dans sa réponse faite jeudi soir, et dont l’AFP a obtenu une copie, le président de Radio France invoque des « règles très strictes concernant notamment la notion de ’refus de vente’ ».

Tout en comprenant, dit-il, « les difficultés, et c’est un euphémisme, que ce message pourrait entraîner dans votre travail quotidien », Jean-Luc Hees écrit que « le cahier des missions et des charges de Radio France est sur ce plan explicite et notre régie (publicitaire) n’est habilitée à refuser l’ouverture de ses antennes à un client que dans des circonstances très précises ».

Evoquant « une question de principe, voire de déontologie », le président du groupe Radio France s’interroge : « Les journalistes sont-ils légitimes à refuser ou accepter un message publicitaire sur leur antenne, sauf bien entendu à ce que le contenu dudit message soit expressément mensonger, tendancieux, insultant envers un individu (...) ? »

Cette campagne de publicité a été lancée jusqu’à fin février par le syndicat mixte aéroportuaire pour convaincre le grand public de la pertinence du projet contesté du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce dernier vise à remplacer, à l’horizon 2017, l’actuel aéroport de Nantes Atlantique. Ces derniers mois, les journalistes - tous medias confondus - ont souvent eu le plus grand mal à faire leur travail sur le site où ils ont été fréquemment pris à partie par des opposants au projet.

Le SNJ et la CGT de Radio France ont demandé l’annulation de la campagne publicitaire. Le SNJ souligne que « les journalistes de Radio France résistent chaque jour aux pressions économiques, politiques, idéologiques. Ils aimeraient bien que Radio France les aide ».

La CGT s’étonne que la vente d’un espace publicitaire de cette nature ait « pu être effectuée par Radio France sans même que la direction de la station concernée soit informée ou consultée ».

Quant aux élus du CE Radio France Grand Ouest, ils soulignent que « cette campagne risque d’avoir des conséquences graves sur la sécurité des personnels de cette station locale » et porte « atteinte à la crédibilité de la radio ».

En Angleterre, EDF demande 5 millions de livres à des militants anti-nucléaires ATTAC France Reporterre 2013/02/25 ATTAC France (25 février 2013) En Angleterre, EDF demande 5 millions de livres à des militants anti-nucléaires. Reporterre. fr

En Angleterre, EDF demande 5 millions de livres à des militants anti-nucléaires

En octobre dernier, seize militants pour la justice climatique du groupe « No Dash for gas » ont occupé pendant une semaine deux cheminées de la centrale à gaz d’EDF de West Burton pour dénoncer le plan du gouvernement visant à construire 40 nouvelles centrales à gaz.

EDF les poursuit aujourd’hui pour cette action de désobéissance civile pacifique en exigeant qu’ils versent 5 millions de livres. Si les poursuites d’EDF devaient aboutir, les militants concernés perdraient leurs maisons et seraient obligés de reverser à EDF une part importante de leurs salaires pour les décennies à venir. Ces 5 millions de livres ne représentent que 0,3% des bénéfices annuels d’EDF au Royaume-Uni, qui ont augmenté de 7,5% en 2012 pour atteindre 1,7 milliards de livres.

Les dirigeants d’EDF et ses actionnaires, notamment l’État français en tant qu’actionnaire majoritaire (84,4 %), doivent retirer immédiatement leurs poursuites envers ces militants pacifiques œuvrant pour l’intérêt général.

Attac France invite les organisations syndicales, associatives et politiques à dénoncer cet acte d’intimidation qui vise à faire taire toutes celles et tous ceux qui voudraient utiliser des pratiques de désobéissance civile non-violente pour dénoncer des crimes sociaux ou environnementaux.

En maintenant les poursuites, EDF et le gouvernement français démontreraient le peu d’importance qu’ils accordent aux dérèglements du climat et à la démocratie. La construction de ces centrales à gaz hypothèquerait toute possibilité pour le Royaume-Uni d’atteindre ses (maigres) objectifs de réduction d’émissions de gaz à effets de serre, contribuant à conduire la planète à des dérèglements climatiques irréversibles. En s’opposant à ce programme irresponsable, ces militants pour la justice climatique mériteraient reconnaissance et médaille, pas des poursuites-bâillons.

Attac France apporte tout son soutien à ces militants et encourage toutes les initiatives citoyennes permettant de renforcer la lutte contre les dérèglements climatiques.

Qui sommes-nous ? Reporterre 2013/02/25 (25 février 2013) Qui sommes-nous ?. Reporterre. fr

Qui sommes-nous ?

Son histoire

En 1989, Reporterre avait été le premier magazine sur l’écologie à paraître depuis La Gueule Ouverte et Le Sauvage, dans les années 1970. Sa parution témoignait du réveil de l’écologie en France. Lancé par une équipe animée par Hervé Kempf, il vendait en moyenne 26 000 exemplaires par mois et a compté 4 400 abonnés payants. Mais l’insuffisance de ses moyens financiers l’a obligé à s’interrompre.

La relance sur Internet

En 2006, Reporterre est relancé sur internet, afin d’informer sur les liens entre la crise écologique, les injustices sociales et les menaces sur les libertés. D’abord très modeste, le site a grandi doucement, en commençant à publier des enquêtes ou des entretiens exclusifs.

La maquette actuelle a été mise en place en janvier 2008, à l’occasion de l’adaptation du site au logiciel libre SPIP.

Début 2013, une association s’est constituée pour structurer le site, l’animer collectivement et le développer : c’est La Pile (Association pour une presse indépendante, libre et écologique). Elle est présidée par Olivier Mugler. Le rédacteur en chef du site est Hervé Kempf.

La ligne de Reporterre

Le « quotidien de l’écologie » veut proposer des informations claires et pertinentes sur l’écologie dans toutes ses dimensions, ainsi qu’un espace de tribunes pour réfléchir et débattre. Dans toutes ses dimensions signifie que pour nous, l’écologie est politique, et ne peut se réduire à des questions de nature et de pollution - même si nous suivons attentivement ces questions vitales. L’écologie engage le destin commun, engage l’avenir, sa situation découle largement des rapports sociaux : c’est donc bien une écologie politique et sociale que Reporterre présente et discute.

Impartial et non partisan, Reporterre est en empathie avec les mouvements écologiste, altermondialiste, et alternatif. Sa vision de la situation présente de la planète est que la crise écologique en est le problème fondamental.

Il entend aussi relayer toutes les initiatives qui montrent que les alternatives au système dominant sont possibles et réalistes.

Fonctionnement éditorial

Reporterre produit des contenus propres rédigés par ses collaborateurs réguliers ou amis.

Il accueille aussi des textes provenant d’autres sources, et notamment des associations et des citoyens, parce qu’il considère que la société civile produit beaucoup d’informations intéressantes, même si elles ne sont pas présentées selon les codes techniques (et au demeurant nécessaires) du journalisme. Ces textes ne sont pas modifiés, sauf à la marge, par exemple pour l’orthographe. La source d’origine est toujours spécifiée à la fin de l’article, et c’est elle qui fait foi. Titres et chapôs sont de la responsabilité de Reporterre.

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Les Amis de la Terre ont organisé une manifestation pour lutter contre l’obsolescence programmée. Alors que les politiques tableront prochainement sur un projet de loi, l’occasion était bonne pour sensibiliser plus directement les consommateurs au coût écologique des nouveaux outils « high-tech ».

- Reportage, Paris

Une jeune Blanche-Neige aux faux airs d’acheteur candide, des pommes empoisonnées en guise de produits technologiques toxiques, sept nains qui rappellent la dureté des conditions d’exploitation des métaux rares nécessaires à la production de ces outils modernes et une sorcière au sourire espiègle devant tant d’affluence récompensant l’illusion du stratagème. Voici pour le casting de la mise en scène qui attendait les clients à l’entrée de l’Apple Store, samedi après-midi 23 février, en face de l’Opéra.

Une nouvelle fois, les Amis de la Terre ont poussé loin la métaphore pour faire passer le message. Il s’agissait d’alerter les utilisateurs sur l’impact environnemental et social des outils de nouvelle technologie. « En reprenant le mythe de Blanche-Neige, on voulait mettre en avant la face cachée des produits courants comme le téléphone portable ou les tablettes numériques. C’est moderne, pratique, très tentant au premier abord, mais terriblement nocif en vérité. C’est la tactique classique de séduction en matière d’obsolescence programmée » explique Camille Lecomte, la chargée de campagne sur les modes de production et de consommation responsables chez Les Amis de la Terre.

L’obsolescence programmée, c’est cette stratégie qui vise à réduire volontairement la durée de vie ou d’utilisation d’un produit pour en augmenter son taux de remplacement. Entraînant par la même occasion une augmentation des besoins en ressources minières – en même temps que leur épuisement progressif, en toute logique… –, l’accumulation de déchets ainsi qu’une incitation permanente à la surconsommation. Les Amis de la Terre ont contribué depuis quelques années à faire émerger ce sujet dans le débat public à travers plusieurs études scientifiques. « Nous sommes là pour transmettre l’information qu’on ne trouve pas dans les médias. Qui sait aujourd’hui ce qui se trame véritablement dans le processus de fabrication de nos portables ? », s’interroge Camille Lecomte.

40 métaux différents pour un seul téléphone

Qui sait en effet aujourd’hui combien de métaux différents peuvent contenir nos téléphones ? Plus de 40, parfois. Et qui sait combien de temps durent en moyenne ces petits bijoux de la technologie ? 18 mois. A raison de 20 millions de téléphones vendus par an en France… Le système entretient ainsi une société du gaspillage, selon une manœuvre bien rôdée : plus les appareils deviennent sophistiqués et séduisants, moins ils durent longtemps. Derrière ce système se joue le drame de l’épuisement des ressources.

Pour fabriquer toujours plus d’appareils nouveaux, on prélève autant de métaux et de ressources non renouvelables. Du cuivre, de l’or, du plomb, de l’arsenic et du béryllium pour les puces électroniques, de l’argent pour les claviers, du fer et de l’aluminium pour les boîtiers, du tantale pour les condensateurs, du cobalt, du lithium et du carbone pour la batterie…

Pour lutter contre ça, les Amis de la Terre appellent à changer les pratiques, au moyen de deux propositions fortes :

- une extension de la durée de garantie de deux à dix ans, valable pour tous les produits,

- la mise sur le marché de pièces détachées à prix accessibles.

Car aujourd’hui, le consommateur est trop souvent obligé de racheter plutôt que de changer, réparer ou recycler. Apple incarne justement la quintessence de cette manipulation habile (cf le désastre écologique de l’iPhone 5). Camille Lecomte précise : « Dans l’I-Pod par exemple, la batterie était soudée ce qui impliquait que la durée de vie de l’appareil était en fait celle de la batterie. De manière générale, Apple est très doué pour obliger les gens à consommer toujours plus : chaque nouvelle génération d’appareils possède un système d’exploitation incompatible avec le précédent modèle, ils changent les connectiques comme sur l’I-Phone 5, obligeant chaque utilisateur à racheter tous les nouveaux accessoires… C’est pour ça que nous sommes ici aujourd’hui, car Apple est le symbole d’une entreprise qui maîtrise sciemment la durée de vie de ses produits ».

Au Brésil, la firme est attaquée en justice

A l’intérieur, l’armée des conseillers-vendeurs qui vous sourient à l’entrée ne pipent mot et la direction du magasin refuse d’émettre le moindre commentaire. Le sujet commence, pourtant, à parvenir aux oreilles du monde politique. Le gouvernement prépare un projet de loi que présentera Benoît Hamon, tandis que les sénateurs écologistes feront la semaine prochaine une proposition de loi. Au Brésil, une association locale, l’Instituto Brasileiro de Direito da Informática, a déposé plainte la semaine dernière contre Apple, au motif que l’iPad 4 commercialisé depuis septembre n’offre pas suffisamment de nouveautés par rapport à son prédecesseur. Constatant que celui-ci, l’iPad 3, n’était sorti que 6 mois auparavant, le plaignant accuse la marque à la pomme d’étaler dans le temps les améliorations apportées à ses produits – alors même qu’elles sont déjà prêtes ! – afin d’encourager toujours plus à leur renouvellement.

Selon Camille Lecomte, l’essentiel du travail reste à faire à l’échelle personnelle, auprès de tout un chacun, sur les enjeux de la consommation. « La question des pratiques reste le levier du changement. On ne fera pas arrêter la surconsommation sans expliquer pourquoi ce n’est pas bien ». A voir le chaland ignorer le spectacle pour pénétrer le magasin surchauffé, on se dit que la tâche est pour le moins ambitieuse.

Et on se demande s’il est bien judicieux pour cela de parodier Blanche-Neige ou Pinocchio – que Les Amis de la Terre aiment à utiliser à bon compte – et qui restent des symboles de Walt Disney, fondateur de la culture du divertissement de masse. Faut-il ainsi utiliser les oripeaux du diable ? Camille Lecomte corrige : « Avant d’être un film de Walt Disney, Blanche-Neige est surtout un conte des frères Grimm. Preuve que de tels empires industriels peuvent réimprimer l’imaginaire des gens… ». Preuve aussi que le moment est mûr pour faire d’Apple une pomme un peu plus verte.

Trois millions d’hectares en Amazonie menacés par l’exploitation pétrolière Paroles de Nature Reporterre 2013/02/26 Paroles de Nature (26 février 2013) Trois millions d’hectares en Amazonie menacés par l’exploitation pétrolière. Reporterre. fr

Trois millions d’hectares en Amazonie menacés par l’exploitation pétrolière

Les entreprises françaises vont-elles participer à l’exploitation pétrolière de l’Equateur ? Les indiens Sarayaku les implorent de ne pas le faire.

Des concessions pétrolières pourraient être accordés sur plus de 3 millions d’hectares de forêt primaire amazonienne. Les peuples et nationalités indiennes qui vivent sur les territoires ancestraux concernés s’opposent fermement au 11e appel d’offre et appellent à la conscience des entreprises pétrolières françaises.

Ce mardi 26 février, à Paris Hôtel Marriott Rive Gauche (17 Boulevard Saint-Jacques, 75014 Paris à partir de 8h00), en présence de Wilson Pastor, ministre équatorien des Ressources Naturelles Non Renouvelables, [les entreprises françaises sont conviées à prendre part au [11e appel d’offre pétrolier lancé par l’équateur sur le centre-sud de l’Equateur lien (voir aussi.

Carte 11e appel d’offre.

Carte peuples et nationalité indiennes concernées.

Pourquoi les peuples et nationalités indiennes s’opposent à cet appel d’offres ?

- Une atteinte à leurs droits collectifs garantis par la Constitution et les Traités Internationaux relatifs aux Droits Humains.

- Le processus de "consultation" des peuples indiens, ne respecte pas les standards internationaux relatifs à la Consultation Préalable, Libre et Informée (CPLI) établis par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) lors de la sentence du « Cas Sarayaku » en juillet 2012.

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LETTRE OUVERTE DE LA CONFEDERATION DES NATIONALITES INDIGENES DE L’AMAZONIE EQUATORIENNE À LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE ET AUX ENTREPRISES PETROLIERES PUBLIQUES ET PRIVEES

La Confédération des Nationalités Indigènes de l’Amazonie Equatorienne (CONFENIAE) et nos alliés de la Nation Achuar d’Equateur (NAE), la Nation Shiwiar, Sapara, Shuar, le peuple ancestral de Huito, le peuple originaire Kichwa de Sarayaku (TAYJASARUTA), l’association des Femmes Waorani d’Equateur, exprimons notre refus catégorique du processus de promotion internationale du 11e appel d’offre pétrolier, qui concerne le centre-sud de l’Amazonie équatorienne, qui affectera nos territoires ancestraux.

Demande d’annulation du 11e appel d’offre pétrolier

Lors de nos déclarations antérieures, nous avons exigé l’annulation de l’appel d’offre pétrolier car il représente une atteinte à la nos droits collectifs garantis par la Constitution et les Traités Internationaux relatifs aux Droits Humains.

Nous demandons aux entreprises pétrolières publiques et privées du monde entier de NE PAS PARTICIPER au 11e appel d’offre pétrolier, ce projet pétrolier affecte les territoire ancestraux indigènes ce qui constitue une violation des droits de sept nationalités indigènes d’Equateur.

Non respect de la Consultation Préalable, Libre et Informée

La « socialisation » du projet pétrolier réalisée dans les communautés, qui se veut être une Consultation Préalable des peuples et nationalités concernées, ne respecte pas les standards internationaux relatifs à la Consultation Préalable, Libre et Informée établis par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme lors de la sentence du « Cas Sarayaku », sentence qui n’a pas encore été prise en compte par l’Etat Equatorien. Ce qui démontre bien que les projets pétroliers ne respectent pas les droits des communautés indigènes. L’histoire se répète...

Nous appelons la communauté internationale à nous soutenir et à rester vigilants en se solidarisant avec les Peuples et Nationalités Indigènes de l’Amazonie Equatorienne afin que notre cosmovision, nos forêts tropicales et nos espace de vie, qui sont en danger à cause du 11e appel d’offre pétrolier, soient préservés et respectés.

Franco Viteri, Président de la Confédération des Nationalités Indigènes de l’Amazonie Equatorienne (CONFENIAE) Jaime Vargas, Président de la Nationalité Achuar del Ecuador (NAE) Fernando Santi, Président de la Nationalité Shiwiar del Ecuador (NASHIE) Manari Ushigua, Président de Fédération Binacional Zapara Ecuador – Perú (FEBZEP), Manuel Maiche, Président de la Nation Shuar del Ecuador (NASHE) Darío Jaramillo, Président du Peuple Ancestral de Huito José Gualinga, Président du Peuple Originaire Kichwa de Sarayaku Manuela Ima, Présidente de l’Association de Femmes Waorani d’Equateur (AMWAE) Francisco Shiki, Président de la Fédération Interprovinciale de Centres Shuar (FICSH) Cristóbal Jimpikit, Fédération de la Nation Shuar de Pastaza (FENASHP)

Mais si, Corinne Lepage et Gilles-Eric Séralini ont eu raison d’attaquer le journaliste Jean-Claude Jaillette Marie Paule Nougaret Reporterre 2013/02/26 Marie Paule Nougaret (26 février 2013) Mais si, Corinne Lepage et Gilles-Eric Séralini ont eu raison d’attaquer le journaliste Jean-Claude Jaillette. Reporterre. Tribune — fr

Mais si, Corinne Lepage et Gilles-Eric Séralini ont eu raison d’attaquer le journaliste Jean-Claude Jaillette

Marie-Paule Nougaret répond à Frédéric Denhez, pour qui « Mais enfin, Mme Lepage et M. Séralini, ce n’est pas malin d’attaquer les journalistes en justice »

Notre confrère semble ignorer que le droit de la diffamation en France protège les journalistes. On peut en effet imprimer ce qu’on veut sur quiconque, au risque de lasser, sans sanction juridique, du moment qu’on peut le prouver. Cette loi de 1881 permet au Canard enchaîné de prospérer depuis 1913, car il n’a pas pour habitude de perdre ses procès.

Ainsi l’instrument de répression est-il devenu celui de la véracité. C’est si vrai que lorsqu’un politique, accusé à tort ou raison, ne contr’attaque pas en diffamation, tout le petit monde juridique et de la presse se dit : c’était donc vrai.

Voilà pourquoi, cher Frédéric Denhez, ni le professeur Séralini, longtemps membre expert de la Commission du Génie Bioméculaire, qui a évalué les OGM pour l’Etat jusqu’en 2008, ni Corinne Lepage, qui a cautionné ses travaux, n’ont pu laisser passer ces mots : « fraude scientifique où la méthodologie sert à conforter des résultats écrits d’avance », signés Jean-Claude Jaillette, dans Marianne du 29 septembre 2002.

On a certes le droit de suivre une ligne anti écolo de base afin d’écarter les lecteurs trop sensibles ou perceptifs. Mais il faut respecter la loi. Et Marianne, qui n’a jamais manqué de courage, le sait bien. Le journal a donc supprimé de son site Internet l’article où figuraient les mots imprudents (et que les chercheurs cités à la rescousse se gardaient d’énoncer).

Imprudents dans plusieurs sens du terme. Car l’inocuité des OGM, évidente pour MM. Denhez et Jaillette, semble plutôt un but à atteindre qu’un résultat avéré. Rappelons quelques faits :

- en 1998 Arpad Puztai, sommité de la toxicologie, dirige malgré un âge avancé un laboratoire d’Edinburgh : il est en effet si prestigieux dans son domaine qu’il suffit qu’il signe un projet pour que l’Institut emporte des crédits européens. Or, voici qu’il teste des pommes de terre OGM sur des rats. La toxine insecticide exprimée chez les tubercules cause d’étranges excroissances dans leur intestin. Il le mentionne à une équipe de télévision venue l’interviewer. Dès la diffusion, on lui ferme son bureau, ses expériences et ses archives. Le premier ministre Tony Blair devra s’en expliquer au Parlement.

- en septembre 2000 aux Etats-Unis, le maïs insecticide Starlink, destiné aux animaux, ayant contaminé de la nourriture pour humains, 40 personnes se plaignent de crises de vomissements. La FDA (autorité de santé) bannit des rayonnages 300 produits. Pour la première fois la Corée et le Japon demandent une garantie sans OGM sur le grain américain.

- de 1997 à 2002, Gotfried Gloekner, fermier allemand a cultivé et utilisé un maïs GM, à la fois insecticide et résistant à un herbicide et perdu au moins douze vaches sans comprendre pourquoi. On lui en a remboursé cinq. Cette affaire a rebondi en 2008 et se poursuit devant les tribunaux.

Tout ceci ayant été publié en France sans poursuite judiciaire, je signe sans crainte,

Dans le Morvan, l’occupation s’organise dans un bois visé par un projet industriel Erwan Manac’h (Politis.fr) Reporterre 2013/02/26 Erwan Manac’h (Politis.fr) (26 février 2013) Dans le Morvan, l’occupation s’organise dans un bois visé par un projet industriel. Reporterre. fr

Dans le Morvan, l’occupation s’organise dans un bois visé par un projet industriel

Riverains et militants écologistes tentent de faire barrage à un immense incinérateur qui doit s’implanter au pied du Morvan. L’occupation vient de commencer.

« Un événement grave est en train de se produire dans le Morvan ! » Depuis lundi 4 février, les habitants du pays Corbigeois (Nièvre) sont aux abois. De toute urgence, ils font appel au renfort de militants écologistes de toute la France, pour faire stopper le début de déforestation du bois de Tronçay, au pied du Morvan.

Depuis un peu plus d’un an, ils s’opposent à un projet de scierie et d’incinérateur géants, porté par l’industriel Erscia, qui lorgne sur une forêt de 110 ha sur la commune de Sardy-lès-Epiry. Le projet, soutenu par la majorité départementale socialiste, doit permettre l’installation d’une usine de production d’électricité « verte » par incinération de bois, adossée à la plus grosse scierie de France. Ersia projette d’y fabriquer 250 000 tonnes de « pellets », les granulés utilisés pour le chauffage au bois.

Mais depuis la publication des premiers plans, les militants écologistes et les riverains s’arrachent les cheveux. « Il y a d’énormes incohérences dans le dossier. C’est une catastrophe écologique sous couvert de “greenwashing“ », gronde Régis Lindeperg, de l’association Adret Morvan, créée il y a huit mois contre le projet.

Énergie « verte » subventionnée

Ils craignent pour la quiétude des villages alentour et présagent des conséquences écologiques « catastrophiques et irréversibles ». L’usine devrait faire débouler au moins 170 camions par jour et générer des rejets polluants dans une zone qui abrite des espèces protégées.

« Au départ, il devait s’agir d’une “cogénération de biomasse“ [matières organiques renouvelables NDLR] mais on s’aperçoit que l’usine sera finalement autorisée à brûler 75 % de déchets de bois », raconte Jérôme Bognard qui tient une petite exploitation d’escargots, en vente directe, à deux pas du futur incinérateur.

Ces déchets, classés « non polluants », concentrent les inquiétudes. « Le tri se fera à l’œil, il ne sera pas fiable. On brûlera donc du bois verni, collé ou peint dans le tout qui générera des émissions polluantes », dénonce Jérôme Bognard.

Les opposants au projet contestent aussi une utilisation « affligeante » des lois en vigueur sur l’énergie « verte » : « L’usine doit produire 12 mégawatts d’électricité classée “verte“, vendus trois fois le prix normal à EDF. Mais elle en consommera elle-même 10 mégawatts – au prix normal - pour fonctionner. La différence est bien maigre, mais elle représente une plus-value importante en termes financiers », se désole Régis Lindeperg.

L’opération, dénoncent aussi ses détracteurs, nécessitera d’aller chercher 800 000 tonnes de bois naturel ou usé dans un rayon de 150 km [1], avec un réseau routier jugé inadapté et une ligne de voie ferrée qui n’est plus électrifiée.

« C’est justement une occasion de la remettre sur pied, tente de rassurer Fabien Bazin, maire de Lormes, une commune voisine, et conseiller général PS de la Nièvre. De toute façon, notre bois sera vendu. Sans cet incinérateur, il partira en camion vers l’étranger pour être traité. Mieux vaut le traiter localement », insiste l’élu, qui regrette le scepticisme des riverains.

Le bois de Tronçay, visé par le projet

Des militants débarquent de toute la France pour installer une nouvelle « Zad »

Lundi 4 février en fin de matinée, les tronçonneuses ont commencé à défricher sous escorte de gendarmerie. Un arrêté, publié le matin même par la préfecture de la Nièvre, autorisait « la destruction d’habitat d’espèces protégées » alors que deux arrêtés similaires, désavoués par le Conseil national de la protection de la nature (ministère de l’Écologie), avaient précédemment été attaqués et suspendus au tribunal administratif.

La préfecture est allée très vite pour court-circuiter d’éventuels recours et lancer sans tarder les tout premiers travaux. Il s’agit pour l’heure de construire une « zone humide » destinée à accueillir les amphibiens (grenouilles) chassés par le défrichement de la zone visée par le projet.

Mais pour les opposants au projet, ce premier déboisement constitue un « passage en force scandaleux » (lire le communiqué). « Nous avons pris un sérieux coup sur la tête lundi matin, mais notre détermination était plus forte mardi. Ils nous ont bafoués, et cela a déclenché quelque chose », raconte Jérôme Bognard.

Dans l’urgence, un appel à l’aide a été lancé dans tous les réseaux écologistes et auprès des comités de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes qui se sont constitués partout en France. Des dizaines de sympathisants convergent depuis mardi matin et un collectif a été créé, ainsi qu’une occupation de la « Zone à défendre » (Zad) du bois de Tronçay. Les premières cabanes sont déjà sur pied.

Les premières cabanes sont installées sur la « Zad » du bois de Tronçay

« L’occupation durera jusqu’à l’abandon du projet, nous nous relayons tous les jours, une quinzaine de personnes le matin et deux fois plus l’après-midi pour tenir le campement », raconte Muriel André, vice-présidente de l’association Adret Morvan.

La bagarre ne fait que commencer sur le terrain juridique. 5 recours doivent être examinés, contre le défrichement du bois, le déplacement des espèces protégées, le permis de construire, le lotissement industriel et sur l’application de la loi sur l’eau. Selon les opposants au projet, les plans ont largement sous-évalué les contours de la zone humide qui sera détruite (0,22 ha déclarés contre 6 ha selon un constat de l’huissier des opposants) pour se soustraire à la loi sur l’eau. De quoi alimenter un peu plus les suspicions.

Une région menacée par la désertification

Malgré la détermination des riverains à faire stopper ce projet, les élus locaux des 5 communes de la communauté de Corbigny ont approuvé le projet. Car l’argument économique est séduisant.

L’investissement de 150 millions d’euros, subventionné à 13 % par les collectivités locales, est censé créer 150 emplois directs et 250 emplois indirects au service d’un développement de la filière bois. Les concepteurs du projet espèrent que l’usine appelle d’autres installations, pour mettre sur pied une « plate-forme industrielle dédiée aux activités du bois ».

Dans une région menacée par la désertification, les pouvoirs publics ne boudent pas leur plaisir : « Ce serait irresponsable de bloquer ce projet industriel ambitieux, qui sera un ballon d’oxygène pour la Nièvre et qui se montre exigeant aux niveaux énergétique et environnemental », tente de rassurer Fabien Bazin. L’élu veut croire en la rigueur de « notre police de l’environnement » et au travail scrupuleux des services préfectoraux sur ce dossier.

Mais les opposants au projet craignent que la filière bois ne s’essouffle. « Le marché dégringole et les scieries cassent leurs prix, raconte Jérôme Bognard. La viabilité financière du projet ne tient que grâce aux subventions à l’électricité dite “verte“ ». La commune de Sardy-lès-Epiry, où est situé le bois de Tronçay, est par ailleurs classée « zone d’aide à finalité rurale » (ZAFR) qui prévoit des avantages conséquents. Erscia sera exonérée d’impôts locaux et sur les bénéfices pendant cinq ans [2] et pourra bénéficier de 15 000 euros de subventions publiques par salarié et par an.

« Les scieries ne sont plus rentables aujourd’hui et les industriels du secteur craignent qu’Ersia n’entraîne la fermeture d’une ou deux scieries dans la région », rapporte Jean-François Davaut, 1er adjoint de la commune de Cervon, proche du bois de Tronçay. Il était seul à s’opposer au projet lorsqu’il a dû être voté en Conseil municipal. Lors du vote d’une motion pour soutenir le projet, « 4 ou 5 élus » avaient fait un pas supplémentaire en ne prenant pas part au vote.

« Nous devons être exemplaires, déclare Fabien Bazin, avec un contrôle citoyen sur ce projet, qui nous permette de faire la démonstration qu’on est capable d’avoir un projet industriel respectueux de l’environnement ».

En attendant, un air de mini Notre-Dame-des-Landes s’est installé sur la commune de Sardy-lès-Epiry. La situation devrait rester calme jusqu’aux travaux de terrassement d’une nouvelle « zone humide », prévus pour la mi-mars.

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Ajout, jeudi 14 février 2013 :

Dans un communiqué publié lundi 11 février, dix élus locaux réaffirment leur soutien au projet. Ils se disent « vigilants sur les conditions d’exploitation de ce site » et attachés à « la protection de l’environnement et [au] développement durable ».

« Nous n’acceptons [aucune] forme d’occupation illégale du site », lance surtout le communiqué, signé par des conseillers généraux, le député de la Nièvre, Christian Paul, ainsi que Jean-Sébastien Halliez, président de la communauté de communes des Portes du Morvan.

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Notes

[1] Source : rapport d’enquête publique Inspection classée pour la protection de l’environnement (ICPE), janvier 2012.

[2] 100% les deux premières années, 75 % la troisième, 50 % la quatrième et 25 % la cinquième.

La production totale des 5 ‘majors’ du pétrole a chuté d’un quart depuis 2004 Matthieu Auzanneau Reporterre 2013/02/26 Matthieu Auzanneau (26 février 2013) La production totale des 5 ‘majors’ du pétrole a chuté d’un quart depuis 2004. Reporterre. fr

La production totale des 5 ‘majors’ du pétrole a chuté d’un quart depuis 2004

Le cumul de la production de brut des 5 principales compagnies pétrolières internationales (Exxon, BP, Shell, Chevron et Total) a atteint un maximum historique en 2004. Depuis, il a diminué de 25,8 %.

La production totale de brut des majors était de 10,760 millions de barils par jour (Mb/j) en 2004. Elle a atteint seulement 7,981 Mb/j en 2012. La baisse est de 2,779 Mb/j en 8 ans (- 1/4).

S’agit-il du clair signal avant-coureur d’un déclin prochain de la production mondiale d’or noir, phénomène prédit depuis 1998 par d’anciens responsables scientifiques de compagnies pétrolières, issus notamment du groupe français Total ?

Les majors font toutes face à un déclin de leur production de brut amorcé par chacune avant 2007, en dépit d’un accroissement très massif de leurs efforts d’investissement, consentis à la faveur de la forte augmentation des cours du brut depuis la fin des années 2000. Total, par exemple, a vu sa production baisser de près de 20 % depuis 2007, alors même que le géant français dispose aujourd’hui d’au moins 40 % de puits d’extraction en plus ! La production de brut du groupe Total décline elle aussi depuis 2004.

Depuis 2004, le cumul des extractions des majors n’a augmenté qu’à une seule reprise, entre 2008 et 2009, de 0,13 Mb/j seulement, malgré les chiffres d’affaires sans précédent engrangés au cours des dernières années. Les contrats dits de partage de production, qui allouent une part plus importante de la production aux pays hôtes lorsque le prix du baril augmente, ne semblent pas permettre d’expliquer la baisse de la production des majors, loin s’en faut.

La part de la production de brut des cinq majors dans la production mondiale totale est passée de 13,39 % en 2004 à 9,98 % en 2011. Cette part a encore diminué en 2012.

Entre 2004 et 2011, la production mondiale de brut s’est accrue de 4 %. Mais elle n’a plus guère augmenté après 2006 : elle est demeurée depuis sur un plateau ondulant à l’intérieur d’une faible marge, inférieure à 1,25 %.

Le fort déclin des extractions des majors a été compensé par les pays de l’Opep (+ 2,189 Mb/j), essentiellement l’Irak et l’Arabie Saoudite, et par les pays de l’ex-Union Soviétique (+ 2,131 Mb/j). Dans le reste du monde, là où les majors sont avant tout implantées et occupant souvent les positions clé, la production de pétrole (hors agrocarburants) a diminué de 1,104 Mb/j, toujours entre 2004 et 2011.

En 2012, la production mondiale paraît avoir sensiblement augmenté, en premier lieu grâce au boom des huiles de schiste aux Etats-Unis ; l’ensemble des données détaillées n’est pas encore disponible (à suivre.)

Source : Energy Information Administration. Pétrole brut, NGL, bitumes & agrocarburants.

Le cas BP. Depuis 2011, le déclin de la production cumulée des majors est sensiblement amplifié par la vente à la compagnie nationale russe Rosneft des parts du groupe BP dans TNK-BP, une importante coentreprise fondée en Russie en 2003. A elle seule, la cession de TNK-BP ampute BP d’environ 40 % de sa production antérieure. Cette production a atteint son niveau record en 2005. Si ce rachat ne s’était pas produit, la production totale des 5 majors aurait encore reculé de 17,7 % en 8 ans, pour s’établir à 8,86 Mb/j en 2012. Et la production de BP aurait tout de même été en net repli.

Depuis 2011, BP a dû se séparer d’autres capitaux de production importants afin de régler la facture de la marée noire du golfe du Mexique en 2010. Dans ce cas comme dans celui de TNK-BP, c’est la nécessité d’aller chercher les sources intactes de pétrole dans des conditions toujours plus extrêmes qui aura entravé le développement de BP : le forage responsable de la catastrophe du golfe du Mexique était situé à une profondeur record ; le conflit entre les actionnaires de TNK-BP à l’origine de la cession des parts de BP portait sur l’opportunité d’une vaste campagne de forages en océan Arctique, où les échecs se sont récemment répétés pour les compagnies pétrolières.

Les « sept sœurs » ont vieilli. Exxon, Shell, Chevron, BP et Total demeurent des acteurs incontournables de l’industrie pétrolière, tant par leur extractions encore très importantes, par leurs capacités d’investissement et leur expertise technique, que par leur rôle stratégique de fournisseurs prioritaires des consommateurs des vieilles puissances industrielles occidentales. Ces majors occidentales, à commencer la plus puissantes d’entre elles, Exxon, demeurent plus que jamais aux tout premiers rangs des plus grosses entreprises privées de la planète.

Les majors ont vu le jour entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Longtemps surnommées les « sept sœurs », elles ne sont désormais plus que cinq, au terme des méga-fusions intervenues au cours des deux dernières décennies.

Jusqu’aux années soixante, les majors anglo-saxonnes ainsi que les ancêtres de la compagnie française Total dominaient très largement la production mondiale. Le cartel des pays pétroliers de l’Opep a été crée en 1960 pour faire pièce à l’étroit cartel occulte des « sept sœurs », lequel a régné sans partage hors des Etats-Unis durant un demi-siècle.

Au cours des années soixante et surtout des années soixante-dix, à mesure que les membres de l’Opep ont nationalisé leurs champs pétroliers dans le sillage de l’Algérie, de la Libye et de l’Irak, le contrôle exercé sur la production par les majors occidentales s’est réduit.

La riposte intervenue à la fin des années soixante-dix, a grosso modo stabilisé depuis l’équilibre des parts de marché, grâce notamment au lancement de la mer du Nord et de l’Alaska. Deux zones d’extraction en fort recul depuis plus d’une décennie, du fait de l’épuisement de leurs réserves de brut.

L’Opep se contente aujourd’hui d’assurer un peu plus de 40 % de la production mondiale. Mais elle contrôle plus de 70 % des réserves prouvées de la planète.

Par conséquent, à mesure que les champs de pétrole connus s’épuiseront, la production devrait de plus en plus se concentrer dans les principaux pays de l’Opep, à commencer (ou à terminer) par l’Arabie Saoudite, ainsi que, dans une moindre mesure, en ex-Union Soviétique.

Il semble peu plausible pour l’heure que le développement des pétroles non-conventionnels et extrêmes, notamment celui des hydrocarbures de schiste dont il est beaucoup question aujourd’hui, puisse changer cet état de fait. Nous y reviendrons.

Stéphane Hessel, « Une voix pour la poésie » Par Julien villalard Reporterre 2013/02/27 Par Julien villalard (27 février 2013) Stéphane Hessel, « Une voix pour la poésie ». Reporterre. fr

Stéphane Hessel, « Une voix pour la poésie »

La poésie a accompagné Stéphane Hessel toute sa vie durant. Souvent, il récite à ses amis les poèmes qu’il aime et qu’il connaît par cœur. Fin 2011, il en a enregistré « pour RESF » plus d’une vingtaine, en français surtout (Villon, Beaudelaire, Rimbaud, Apollinaire...), mais également en allemand (Hölderlin, Von Platten...), et en anglais (Shakespeare, E. A. Poe...).

Né en 1917 à Berlin, résistant, déporté, diplomate, l’auteur de Indignez-vous ! est connu pour ses prises de position concernant les droits de l’homme, le conflit israélo-palestinien, le droit d’asile et l’accueil des migrants : il a été membre du « collège des médiateurs » pour les « sans-papiers » en 1996.

Stéphane Hessel est proche du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) dont l’objectif est d’obtenir la régularisation d’étrangers exilés menacés d’expulsion : familles, jeunes scolarisés. Il a souhaité que ce CD soit vendu au profit du RESF.

Les textes de tous ces poèmes, récités de mémoire par Stéphane Hessel, se trouvent dans le livre Ô ma mémoire, la poésie, ma nécessité, Seuil 2006. Il y a rassemblé quatre-vingt-huit poèmes qu’il connaît par cœur et explique pourquoi chacun d’eux a joué un rôle important au cours de sa vie.

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CD audio

24 poèmes dits par Stéphane Hessel dont certains mis en musique par Laurent Audemard, durée totale : 68’14’’.

En coffret cartonné, illustré par 2 photos originales de Rajak Ohanian. co-édité par RESF et Indigène Édition (diffusion Harmonia Mundi), 15 euros.

Agriculture bio : le Figaro répand la peur et l’incertitude Pryska Ducoeurjoly Reporterre 2013/02/27 Pryska Ducoeurjoly (27 février 2013) Agriculture bio : le Figaro répand la peur et l’incertitude. Reporterre. fr

Agriculture bio : le Figaro répand la peur et l’incertitude

« La vérité sur le bio » ? Une attaque en règle, fondée sur des arguments faux et des à-peu-près. Démontage d’une manipulation réthorique.

Le FUD (fear, doubt and uncertainty, expression anglaise) est un outil rhétorique qui distille l’intox médiatique. Il est souvent employé par certains médias sur des dossiers bousculant l’ordre établi, par exemple le bio. Dans son édition du week-end (le 22 février 2013), le Figaro Magazine livre un bel exemple de FUD, dénigrant habilement le bio dans l’esprit du grand public.

Les spécialistes de la question, eux, reconnaîtront l’arnaque, non pas du bio, mais d’un tel travail journalistique, qui rajoute de la confusion à la confusion, au profit, bien sûr, d’un immobilisme de nos comportements alimentaires. Décryptage de ce dossier, pompeusement intitulé « La vérité sur le Bio ».

L’agriculture bio, les Français en ont une image très positive. 86% d’entre eux estiment que l’agriculture bio contribue à préserver l’environnement, la qualité des sols, les ressources en eau et 83% pensent qu’elle fournit des produits plus naturels car cultivés sans produits chimiques de synthèse (d’après la 10e édition du Baromètre Agence BIO/CSA) . Ces chiffres n’empêchent pas les mass médias de se tirer régulièrement une balle dans le pied en allant à l’encontre de l’opinion publique. Pas étonnant que la presse papier soit en chute libre…

Dernier exemple en date, le dossier du Figaro magazine du 22 février 2013. A la Une : « La vérité sur le bio ». Ou plutôt, la vérité de certains journalistes du Figaro sur le bio. Question complexe s’il en est, réglée en quelques pages. « Tout ce qu’on ne vous dit pas et ce qu’il faut savoir sur le bio ». Sous-entendu : nous allons désamorcer un certain nombre de lieux communs… Distillés par le très puissant lobby du bio ?

Parmi ces idées reçues que se font les gens :

Le bio est-il meilleur pour la santé ? Réponse du Figaro : « Non » Le bio, plus économe en énergie ? « A démontrer » Le bio meilleur au goût ? « Subjectif » Le bio ami de la biodiversité ? « Pas si sûr » Le bio est-il garant de qualité ? « Sans garantie » Les contrôles sont-ils rigoureux ? « Non » Le bio est-il local ? « Pas seulement »

Qu’est-ce que le FUD ?

Dans ce dossier, nous pouvons reconnaître les outils rhétoriques du FUD, Fear, uncertainty and doubt (FUD, littéralement « peur, incertitude et doute », prononcez « feude »).

Il s’agit d’une technique rhétorique utilisée notamment dans la vente, le marketing, les relations publiques et le discours politique. Elle consiste à tenter d’influencer autrui en diffusant des informations négatives, souvent vagues et inspirant la peur (je vous laisse relire les réponses du Figaro ci-dessus).

« La force du FUD réside dans le fait qu’il s’adresse à un public de non spécialistes, plus influençable. Généralement, un FUD rassemble des hypothèses sans fondement et des verbes conjugués au conditionnel. Plus un FUD est répété, plus il entre dans l’inconscient collectif et plus son effet peut être important », rappelle l’article de wikipédia consacré à ce sujet.

Citons quelques extraits du dossier du Figaro (si vous voulez en savoir plus, courrez acheter le Figaro, cela soutiendra leurs ventes à la baisse sur les 5 dernières années... ).

« Le bio n’est pas à l’abri d’intoxications alimentaires graves. Pour preuve, en automne 2012, le Dr Laffont, de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, a enregistré 32 cas d’intoxication due au datura, une plante sauvage et toxique, retrouvée dans la farine de sarrasin bio. (…) Huit personnes ont été hospitalisées ». Attention, le bio peut être dangereux…

« La traçabilité des produits reste aléatoire. Les auteurs du rapport ont ainsi essayé de remonter à l’origine de 85 produits. Après six mois de recherche, 40% des producteurs n’avaient pas été retrouvés. Les documents concernant l’identification des opérateurs, les certificats de conformité n’étaient complets que pour 38% des produits importés, et 48% des produits fabriqués dans l’Union euroépenne »… Pire que les lasagnes Findus ?!

« L’agriculture bio assure des rendements moindres et nécessite de ce fait l’exploitation de plus grandes surfaces pour produire une même quantité d’aliments. Résultat, son impact sur la biodiversité serait tout aussi significatif que celui de l’agriculture conventionnelle ». Relisez bien la phrase. On nage en plein sophisme. On est en train de nous dire qu’il vaut mieux bousiller une portion réduite de terre en haut rendement, plutôt que de développer le bio sur des grandes surfaces. Parce que de grandes surfaces cultivées, même en bio, porteront toujours atteintes à l’environnement. Désespérant.

« Les aliments issus de l’agriculture biologique sont bons pour la santé mais pas meilleurs que ceux issus de l’agriculture conventionnelle ». Est-ce à dire que les résidus de pesticides, contenus en plus grande quantité dans les aliments conventionnels, sont bons pour la santé ?

Ce dernier paradoxe ne semble pas interpeller les neurones des journalistes. Ceux des lecteurs, pétris de bon sens, voient rouge. Leur réactions, sur le forum du Figaro, à un précédent article intitulé « Le bio n’est pas meilleur pour la santé », témoigne du fossé croissant entre le bas peuple et nos élites bien-pensantes.

Cet article, citant la même étude que celle du dossier qui nous préoccupe ici, commençait par poser le débat en ces termes : « Faut-il encore manger bio ? La question mérite, une nouvelle fois, d’être posée après la publication cette semaine dans la revue Annals of Internal Medicine, d’une étude dont les conclusions montrent clairement que les aliments issus de l’agriculture biologique ne sont pas meilleurs pour la santé que ceux produits par l’agriculture conventionnelle ou « chimique ». Alors que le consommateur les paie en moyenne, et au bas mot, 25 % plus cher ! »

Réactions des internautes : « Mais bien sûr, les engrais, les pesticides, les OGM, les traitements chimiques, l’algue verte, le lisier, les déserts verts, la terre rendue stérile, les nappes phréatiques pourries, c’est bon pour la santé et la nature. Au fait, qui a osé écrire cet article débile ? Allez,-y, mangez-en, et à fond. Mais ne venez pas pleurer le jour où vous serez bien malade ! »

« Ce sont les mêmes qui font les pesticides et les anti-cancéreux, voilà bien des gens qui ont intérêt à ce que le bio ne soit pas meilleur pour la santé, et avec les MILLIARDS qui sont en jeu, vous imaginez tous les labos d’université qu’on peut financer (=acheter) avec ça… qui viennent nous dire ensuite la bouche en coeur : « oh que je suis surpris, le bio c’est nul » »…

Peut-être un peu excessif tout de même, mais les lecteurs expriment en filigrane leur colère de voir leurs comportements vertueux systématiquement dénigrés par des journalistes (une profession qu’ils passeraient bien au bûcher, avec les hommes politiques).

Conclusion : Le dossier du Figaro n’est pas complètement infondé ou mal étayé. Des études scientifiques sont citées. Malheureusement, la défiance vis à vis du bio transpire. Les arguments en sa faveur sont faibles et bien souvent démontés par des « Oui, mais », « Cependant », « Ce n’est pas l’avis de »…

Le plus grave, dans ce dossier, reste l’absence de perspective pour le lecteur. C’est là que le Fud est un fléau pour le grand public : entre le conventionnel toxique et le bio pas meilleur pour la santé, quelle solution ? Ce genre d’articles vient décourager les lecteurs qui s’engagent dans de meilleurs comportements alimentaires. Voilà bien un dossier qui contribue à creuser le trou de la sécu !

Conseils à mes confrères du Figaro :

Manger davantage bio vous apportera des vitamines, des oligo-éléments, des minéraux. Ainsi, vos cellules nerveuses seront mieux nourries et votre réflexion sera nettement améliorée…

Essayez la pensée complexe. Je sais, c’est pas facile. Cela demande une vision éco-systémique, à 360°. Par exemple, lorsque vous affirmez que le bio n’est pas meilleur pour la santé, avez-vous pensé aux agriculteurs qui sont les premières victimes des pesticides (la maladie de Parkinson a été reconnue en 2012 maladie professionnelle pour les agriculteurs, du fait de l’exposition aux pesticides).

Consultez d’urgence le Petit guide pour vos amis bio-sceptiques (guide militant, cela vous donnera matière à développer un débat contradictoire plus sincère).

Pensez à rééduquer votre palais en consommant régulièrement des produits bio, afin de retrouver le vrai goût des aliments (ce que ne permettent pas les lasagnes Findus).

Fiez-vous aux grands chefs cuisiniers que vous avez interviewés et qui plaident unanimement pour les aliments bio (Cyril Lignac, Jean-François Piège et Christian Le Squer). (« subjectif », votre conclusion sur le goût des aliments bio sous-entend « non-objectif », ce qui tend, habilement, à semer le doute sur la qualité gustative de ces produits).

Faites-vous aider, parlez-en autour de vous, même au petit peuple. Vous verrez que beaucoup de gens sont déjà engagés dans la bio attitude. Les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter manger bio au-delà de chez eux. Les parents notamment sont très demandeurs de bio : 75% d’entre deux voudraient que leurs enfants se voient proposer des produits bio à l’école. Une vraie tendance de fond, qui va bien au delà des produits alimentaires : comme le montre le 10e Baromètre Agence BIO / CSA, les achats de produits biologiques autres qu’alimentaires augmentent : 1 Français sur 2 déclare en acheter (49%) contre 44% en 2011. Alors pourquoi enfoncer vos lecteurs par des arguments fallacieux ?

Retournez aux fourneaux, vous verrez que manger bio n’est pas forcément plus cher, mais qu’on consomme différemment. Autre élément à prendre en compte lorsque vous comparez les prix au kilo : la cuisse de poulet non bio peut fondre à la cuisson (elle est pleine d’eau), tandis que la cuisse bio gardera son poids de départ. Découvrez la notion de « densité nutritionnelle ». Une famille du Bordelais que j’avais interviewée début 2008, dans le cadre de la quatrième Journée de dépistage de l’obésité infantile démontre que l’on peut s’alimenter en produits frais, sains, et naturels, avec un budget de 200 à 250 euros par mois (avec deux enfants !), sans compter la cantine. Mais voilà : dans le réfrigérateur familial, pas un seul produit issu de l’industrie agroalimentaire ; seulement des légumes, du beurre, des cornichons, de la moutarde et autres produits de première nécessité. Dans les placards : pas de paquets de gâteaux ni de plats cuisinés, seulement quelques denrées en dépannage, des fruits secs, du riz, des lentilles, des pâtes et quelques conserves (« On ne fait pas de régime », P. DUCŒURJOLY, Sud Ouest, 13 janvier 2008).

Consultez mon ouvrage La Société toxique, manuel de dépollution mentale, gratuitement mis en ligne, cela vous fera le plus grand bien. Notamment la conclusion de la partie « Intox alimentaire », page 307 : « N’oublions pas que l’agro-industrie est fortement subventionnée et fortement polluante. Coût pour le contribuable européen de la politique agricole commune (la PAC) : 450 euros par an et par foyer… »

« En d’autres termes, supprimez les subventions aux cultures intensives et vous verrez doubler les prix dans les supermarchés ! Tout le monde trouvera alors l’agriculture biologique soudainement beaucoup plus abordable… »

Fukushima, deux ans après, retour à l’anormal Gaiga Kaunta (Mediapart) Reporterre 2013/02/27 Gaiga Kaunta (Mediapart) (27 février 2013) Fukushima, deux ans après, retour à l’anormal. Reporterre. Catastrophes nucléaires fr

Fukushima, deux ans après, retour à l’anormal

Les autorités japonaises rêvent d’une catastrophe réversible : le gouvernement a engagé un immense programme de « décontamination » et a promis un retour à une partie des 160 000 personnes qui ont quitté leur habitation pour fuir les dangers de la radioactivité. Dans d’autres zones, non évacuées, mais aussi contaminées de 8 régions du Japon, ce sont les municipalités qui ont la charge des travaux qui consistent à laver, frotter, couper les herbes, arbustes, gratter la terre…

Pour les zones évacuées, le gouvernement a lancé des appels d’offres et ce sont les majors du BTP, sans aucune expérience, mais pouvant mobiliser une large main d’œuvre, qui ont été retenues. L’une d’entre elles avait la charge du génie civil lors de la construction des réacteurs de la centrale de Fukushima. Comme toujours, ce sont des sous-traitants qui font les sales travaux.

L’Asahi, un des principaux quotidiens du Japon, a enquêté et révélé ce que tout le monde savait sur place : le travail est bâclé. Les déchets sont parfois seulement rejetés un peu plus loin, l’eau de lavage n’est pas récupérée… le débit de dose n’est pas toujours contrôlé à la fin des travaux.

Les ouvriers ne sont pas mieux traités : le ministère du travail a trouvé que le droit du travail est violé dans 45% des cas. Non paiement de la prime de risque absorbée dans le mille-feuille des intermédiaires pour des centaines, voire des milliers d’entre eux, équipements de protection individuelle pas toujours utilisés, contrats caducs, absence de visite médicale… Pas étonnant qu’il y ait une pénurie de main d’œuvre. Seulement 10% des postes sont pourvus.

Seul l’appât du gain intéresse les compagnies retenues, qui n’ont subi aucune sanction. Personne n’a été sanctionné suite à cette catastrophe. Les cadres dirigeants limogés de TEPCo, l’exploitant de la centrale accidentée, se sont recasés dans des filiales et la compagnie espère toujours pouvoir continuer à exploiter son autre centrale nucléaire. On retire le permis de conduire à un chauffard, pas à un exploitant du nucléaire.

TEPCo, s’accroche à ses 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, sur la mer du Japon, dans la province de Niigata, même si deux d’entre eux sont situés sur une faille sismique qui a été requalifiée en faille active suite aux révisions des critères de sûreté. Les autres, à eau bouillante, de la même technologie que ceux de Fukushima, nécessitent des investissements massifs et des années de travaux de remise aux normes durcies par la nouvelle autorité de sûreté.

TEPCo n’a pas renoncé non plus à ses réacteurs non accidentés de Fukushima, même s’ils ont été noyés par de l’eau de mer corrosive lors du tsunami de mars 2011 et même si les autorités locales n’en veulent plus. Des milliers de travailleurs y sont exposés à des doses inutiles pour tenter de les remettre en état de marche.

Les autres compagnies d’électricité ne sont pas en reste. 14 réacteurs ont été arrêtés par les séisme et tsunami du 11 mars 2011 et ceux de Hamaoka ont été arrêtés sur ordre du 1er ministre en mai 2011. Et les autres n’ont pas été autorisés à redémarrer suite à l’arrêt programmé tous les 13 mois. Le gouvernement a finalement autorisé le redémarrage de deux réacteurs durant l’été 2012, même s’ils n’étaient pas aux normes provisoires. Il est passé outre l’opinion publique et les manifestations massives. Le pays aurait pu passer l’été sans. Ils seront à nouveau arrêtés après 13 mois de fonctionnement durant l’été 2013 et le pays sera de nouveau sans nucléaire.

La validation d’un nouveau référentiel de sûreté, la remise aux nouvelles normes des réacteurs et les inspections vont prendre du temps. Nombreux réacteurs, situés sur des failles sismiques jugées actives suite à une réévaluation ou étant câblés avec des câbles inflammables ne redémarreront probablement jamais. Il se pourrait que la moitié du parc nucléaire japonais ne redémarre jamais et c’est même certain pour plus d’un quart du parc.

Les compagnies d’électricité font un lobbying intense pour obtenir un assouplissement des règles de sûreté et une période de grâce, comme si elles n’avaient rien retenu de la catastrophe en cours. Elles ne veulent pas non plus entendre parler de l’ouverture du marché de l’électricité et garder leur monopole très lucratif. Elles mettent en avant les coûts élevés des énergies fossiles de remplacement comme argument principal. Mais ce sont les réacteurs nucléaires, devenus inutiles, qui leur coûtent cher. Les seules compagnies qui ne sont pas dans le rouge sont celles qui n’ont pas ou peu de nucléaire !

L’industrie nucléaire, qui a sa part de responsabilité dans la catastrophe, mais qui n’a pas déboursé un yen pour venir en aide aux populations touchées, espère toujours vendre des réacteurs à l’étranger, le marché intérieur étant fermé pour longtemps. Les modèles en catalogue n’ont pas évolué depuis Fukushima.

Pour les populations touchées par la catastrophe la vie est toujours anormale. Les déplacés volontaires ne bénéficient de quasiment aucune aide. On ne sait même pas combien ils sont, nombre d’entre eux n’allant pas s’enregistrer sur le nouveau lieu de vie. Pour ceux qui sont restés par force ou par choix, la vie dans les territoires contaminés est difficile. L’alimentation est toujours un sujet d’inquiétude. Les enfants ne jouent presque plus dehors et prennent du poids.

Pour les réfugiés, qui ont dû évacuer sur ordre des autorités, la vie est aussi difficile dans le logement provisoire, souvent exigu. Comment refaire sa vie quand on ne sait pas combien de temps cette attente va durer, quand on ne sait pas si l’on pourra rentrer un jour chez soi ? Pour les agriculteurs, l’espoir de retrouver une ferme est très mince.

L’indemnisation des personnes déplacées de force coûte cher aux autorités qui avancent l’argent à TEPCo. Comme il est fort probable qu’elle ne pourra jamais rembourser, ce sera le contribuable qui, in fine, paiera. Alors que les autorités ont baissé les concentrations limites de césium radioactif dans l’alimentation, pour tenter de regagner la confiance des consommateurs, elles refusent de baisser la limite d’évacuation, pourtant beaucoup trop élevée. Fixée à 20 mSv/an, comme pour les travailleurs du nucléaire, elle s’applique maintenant à toute la population, même les personnes les plus vulnérables comme les enfants. Pire, le gouvernement a gardé cette limite pour autoriser le retour des populations. Il a vaguement promis une limite plus basse à long terme, sans donner aucun calendrier.

Dans certaines zones, les habitants sont autorisés à rentrer chez eux durant la journée, pour remettre en état leur habitation, mais à pas à dormir sur place car les services comme l’eau, l’électricité, endommagés par le séisme, n’ont pas pu être rétablis à cause de la radioactivité. Le gouvernement a donc engagé un programme de « décontamination » à marche forcée.

Même en cas de travail soigné, avec récupération des déchets, la décontamination semble être une mission impossible. Avec 70% de montagnes et de forêts, le débit de dose dans les zones nettoyées ne diminue que modestement, sauf à raser de grandes étendues. Souvent, il y a recontamination avec la pluie, le vent. Et il n’y a toujours pas de solution pour les déchets engendrés.

Ce n’est pas mieux dans les zones non évacuées : selon le ministère de l’environnement, fin décembre 2012, seulement 23% des 103 000 habitations contaminées des 7 provinces autres que Fukushima, qui sont aussi touchées, ont été « décontaminées ». Et l’on ne connaît pas l’impact des travaux en terme de dose.

La mer continue à se contaminer sans que l’on n’y puisse rien. Les infiltrations d’eau souterraine polluent le rivage sur le site de la centrale et le lessivage des sols par les eaux de pluie entraîne une augmentation de la contamination des sédiments dans l’embouchure des fleuves. C’est particulièrement flagrant dans la Baie de Tôkyô où la contamination croît de jour en jour.

Le pire est peut-être à venir : TEPCo est contrainte d’injecter d’énormes quantités d’eau pour refroidir les combustibles fondus des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Cette eau se contamine, s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et menace de déborder dans la mer. TEPCo la pompe donc continuellement, la décontamine très partiellement et la réinjecte.

Mais de l’eau souterraine s’infiltre aussi, se contamine et augmente les stocks. La compagnie ne sait plus où mettre les cuves pleines d’eau contaminée sur son site. Elle n’a d’autre perspective que de la rejeter en mer à plus ou moins longue échéance, après une décontamination plus poussée, promet-elle, mais toujours partielle. La station de traitement, prévue pour septembre 2012, ne fonctionne toujours pas.

Sur place, ce sont les ouvriers sous-traitants qui payent le plus lourd tribut. Ce sont eux qui prennent les plus fortes doses de radioactivité et leur statut précaire les pousse à tricher en minimisant l’enregistrement des doses reçues. Avec environ 3 000 personnes par jour sur le site, plus de 25 000 personnes y sont passées.

Quant aux habitants évacués, ils n’en peuvent plus. Ils ne croient plus à un retour à la normale. De nombreux habitants, surtout ceux avec de jeunes enfants, se sont résignés et ne rentreront jamais. Quelle sera leur vie quand les indemnités s’arrêteront ? Quel sera leur état de santé à long terme ? Il y a déjà, officiellement, trois cas de cancer de la thyroïde avérés chez les enfants de Fukushima, qui ont subi une intervention chirurgicale. 7 autres cas suspects sont en cours d’analyses complémentaires. Cela ne va qu’empirer, le pic du nombre de cas étant apparu 4 à 5 ans après les rejets massifs à Tchernobyl.

Combien seront-ils au Japon ? Pour eux, comme pour beaucoup, aucun retour à la normale n’est possible.

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Les informations sont tirées du suivi quotidien de la catastrophe de l’Acro. Le titre est inspiré d’un article d’Alissa Decotes-Toyosaki dans Zoom Japon de février 2013.

Notre Dame des Landes : Stéphane Hessel demande à Jean-Marc Ayrault de reconsidérer sa position Reporterre Reporterre 2013/02/27 Reporterre (27 février 2013) Notre Dame des Landes : Stéphane Hessel demande à Jean-Marc Ayrault de reconsidérer sa position. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : Stéphane Hessel demande à Jean-Marc Ayrault de reconsidérer sa position

Dans une de ses dernières interviews, Stéphane Hessel s’était engagé sur Notre Dame des Landes. En signe d’amitié et de respect, revoici cet entretien. Stéphane Hessel appelle le Premier ministre à reconsidérer sa position sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Souhaitant la fin des violences policières, il juge le projet ni économiquement nécessaire ni écologiquement innocent.

Notre Dame des Landes : Stéphane Hessel demande à Jean-Marc Ayrault de reconsidérer sa position from Reporterre on Vimeo.

Reporterre - Que pensez-vous du déploiement de forces policières, engagé depuis le 16 octobre, pour expulser les jeunes habitants de Notre Dame des Landes ?

Stéphane Hessel - Je trouve toujours très regrettable que des problèmes, qui suscitent tout naturellement une opposition des uns et une opposition des autres, soit traitée avec de la violence. C’est le contraire de ce que nous a appris le mouvement socialiste, qui est un mouvement de remise ensemble des positions des uns et des autres, surtout lorsqu’il s’agit de ces jeunes indignés, dont j’ai eu l’occasion de marquer la vitalité. Il ne faut pas les brusquer, il ne faut surtout pas leur envoyer la police, il faut discuter avec eux.

Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est très discuté, de longue date et de façon très argumentée. Que pensez-vous de ce projet ?

Je ne le connais pas suffisamment, ça n’a pas été un des sujets sur lesquels je me suis jusqu’ici engagé. Mais tout ce que j’en entends dire, et notamment de la part de mes amis d’Europe Ecologie Les Verts, avec lesquels je me suis engagé pour essayer de donner le maximum de sens au programme écologique français, je n’entends qu’une chose, c’est que ce projet de Notre Dame des Landes n’est ni véritablement nécessaire sur le plan économique, des études l’ont je pense démontré, ni suffisamment innocent sur le plan de problèmes comme la loi sur l’eau, comme la dégradation des terres agricoles.

Il me semble donc qu’il est normal que ceux qui se sont engagés derrière ce projet, reconsidèrent leur position et au moins reviennent à une discussion, à un débat, à un débat conduit avec le respect de l’autre, et arrivent peut-être à la conclusion que véritablement on s’était fourvoyé en voulant à tout prix cet aéroport.

Qu’aimeriez ous dire à Jean-Marc Ayrault à ce propos ?

A Jean-Marc Ayrault, je voudrais dire deux choses. D’abord je voudrais dire que j’ai beaucoup de respect pour lui, que je considère qu’il a fait à Nantes un travail remarquable. Et je suis heureux qu’il ait accepté le choix de François Hollande de diriger notre gouvernement.

Mais je voudrais lui dire que tout homme peut avoir des raisons de reconsidérer une position qu’il a prise, qu’il a prise sous je ne sais quelle influence particulière. Mais à laquelle il ne doit pas rester lié sans se demander s’il n’y a pas une solution qui ne mettrait pas en conflit des gens auxquels il doit l’amitié et le respect.

Ceux qui protestent, ceux qui n’en veulent pas, ce sont de bons citoyens français, ce ne sont pas des malotrus, des voyous, au contraire, ce sont des gens qui ont bien réfléchi.

J’aimerais que lui aussi réfléchisse bien. Je lui dis ça avec tout le respect que j’ai pour lui et avec la conviction que lorsqu’il tiendra compte de l’émotion provoquée, de la volonté citoyenne de faire autrement, eh bien que lui aussi se demandera s’il ne peut pas, s’il ne doit pas, faire autrement.

Propos recueillis par Hervé Kempf et Eduardo Febbro.

ITV reprise en coopération par Rue89

Des dizaines d’OGM en voie d’autorisation par l’Europe Les Amis de la Terre Reporterre 2013/02/28 Les Amis de la Terre (28 février 2013) Des dizaines d’OGM en voie d’autorisation par l’Europe. Reporterre. OGM fr

Des dizaines d’OGM en voie d’autorisation par l’Europe

Les règles d’évaluation des OGM changent. Mais le nouveau régime ne s’appliquera pas aux produits transgéniques dans les tuyaux, qui voient donc leur autorisation confirmée.

Les représentants des 27 gouvernements de l’Union Européenne réunis le 25 février 2013 au sein du Comité Permanent de la Chaîne Alimentaire, ont décidé d’ouvrir brutalement le marché européen à 66 nouveaux OGM. 27 d’entre eux pourront aussi envahir les champs.

Aujourd’hui, les industriels qui veulent commercialiser des OGM, décident eux-mêmes des protocoles d’évaluation sanitaires de leur produit. Face à l’inquiétude des consommateurs et citoyens constatant que de plus en plus de nouveaux produits technologiques atterrissent dans leur assiette et dans les champs sans aucune évaluation sérieuse, l’Europe a suspendu ses procédures d’autorisation dans l’attente de la définition de protocoles officiels.

Le règlement adopté le 25 février rend l’évaluation toxicologique enfin obligatoire. Cette décision devrait rassurer les consommateurs constatant qu’elle ne l’était pas jusqu’à présent !

Mais nos gouvernements ont décidé que ces nouvelles règles ne s’appliqueront pas aux 93 dossiers actuellement en attente. Ces OGM seront donc « évalués » suivant les protocoles les plus laxistes qui ont permis l’autorisation systématique de l’écrasante majorité des OGM examinés jusqu’à ce jour par les comités d’experts européens.

Il semblerait que le gouvernement français ait accepté cette supercherie. Les organisations soussignées dénoncent ce recul scandaleux qui va contre l’intérêt général. Suite à la succession des scandales qui ébranlent la confiance des consommateurs dans la sécurité sanitaire des produits industriels introduits dans les champs et les assiettes, elles attendent du gouvernement français qu’il indique rapidement comment il compte s’opposer à sa mise en application.

Il est temps de fermer le marché du carbone européen Aitec, Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne Reporterre 2013/02/28 Aitec, Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne (28 février 2013) Il est temps de fermer le marché du carbone européen. Reporterre. Tribune — Europe fr

Il est temps de fermer le marché du carbone européen

Plus de cent-dix organisations de la société civile exigent de l’Union européenne (UE) qu’elle abandonne le marché du carbone européen (ETS). Après sept ans d’échecs répétés, l’UE a perdu toute crédibilité lorsqu’elle annonce vouloir « corriger » ses défaillances.

Plus de cent-dix organisations de la société civile ont rendu publique une déclaration qui exige de l’Union européenne (UE) qu’elle abandonne le marché du carbone européen (ETS). Après sept ans d’échecs répétés, l’UE a perdu toute crédibilité lorsqu’elle annonce vouloir « corriger » ses défaillances.

Inefficace, coûteux et dangereux, le marché carbone européen entrave toute politique climatique à la hauteur des enjeux, c’est-à-dire qui permette de réduire drastiquement la forte dépendance de l’UE aux énergies fossiles et de transformer profondément nos modes de production et de consommation.

Le Parlement Européen va être amené à se prononcer sur les propositions de la Commission européenne visant à réduire (faiblement) le nombre excessif de droits d’émission actuellement en circulation afin de stopper l’effondrement du marché du carbone européen. Cette proposition, publiquement soutenue par le gouvernement français sans qu’il n’y ait eu de débat, n’est pas acceptable.

Les organisations soutenant la déclaration « Il est temps de mettre fin au marché du carbone européen ! » invitent les institutions européennes, les élu-e-s, la société civile et les citoyen-ne-s européen-ne-s à regarder les faits en face et en tirer les conclusions qui s’imposent.

En l’absence [1] de preuves établissant un lien de causalité entre les réductions d’émissions observées après 2008 – principalement dues à la crise économique – et le marché du carbone européen, les organisations soussignées rappellent que le marché du carbone européen :

• n’est pas efficace : les émissions des secteurs économiques relevant du marché carbone diminuent moins vite (1,8 %) que celles des secteurs ne relevant pas de ce système (3 %) ;

• ne permet de pas de réduire les émissions domestiques : en prenant en compte les émissions liées aux produits importés, les émissions n’ont baissé que 4% entre 1990 et 2012, et non 17,5 % ;

• sert d’échappatoire au secteur industriel : l’introduction de certificats de réductions d’émissions liés à des opérations de compensation menées hors UE s’accroît considérablement, au point de représenter 13% des émissions domestiques du secteur (+ 85 % en 2011 par rapport à 2010), aggravant la situation de surabondance de crédits carbone ;

• contribue à accroître les conflits sociaux et environnementaux en encourageant l’accaparemment des terres, les violations des droits de l’homme, les déplacements forcés et les atteintes à l’environnement liés à la mise en oeuvre des projets de compensation carbone ;

• fonctionne comme un système de subvention des pollueurs : l’attribution gratuite des permis est de facto une subvention qui permet aux industriels – notamment Arcelor Mittal et Lafarge – d’engranger des milliards d’euros : 14 milliards [2] entre 2005 et 2008 et 7 milliards par an jusqu’en 2020 pour les 75% de permis qui seront toujours distribués gratuitement ;

• fait retomber le coût sur les consommateurs : presque l’intégralité du coût de mise en conformité du secteur industriel avec le marché carbone européen aurait été financé par les consommateurs ;

• incite les secteurs industriels au statu-quo : en raison de son fonctionnement, du trop grand nombre de permis existants et de comportements spéculatifs, le marché carbone ne délivre aucune incitation économique pouvant provoquer une transformation profonde du système productif ;

• est coûteux et particulièrement sujet à la fraude : fondé sur des mesures d’émissions souvent incertaines ou invérifiables et faiblement encadré sur le plan réglementaire, il est propice aux abus et aux fraudes – plus de 5 milliards d’euros de perte en 2010 – faisant dire à Europol que « dans certains pays, jusqu’à 90 % du marché du carbone était le fait d’activités frauduleuses » [3] ;

• sert d’excuse à l’Union Européenne : bloquée sur un engagement de 20% de réduction d’émissions – soit un objectif légèrement inférieur pour la deuxième période du protocole de Kyoto (1,5 % par an) que pour la première (1,6% par an) – l’UE refuse de passer à des objectifs de 40 % de réduction d’ici 2020 et de 80 à 95 % d’ici 2050, seuls à -même d’être à la hauteur des défis climatiques.

Avec un tel bilan, n’importe quel dispositif devrait être supprimé et enterré. Pas le marché carbone européen. La Commission européenne lui voue un attachement idéologique sans faille, déterminée à maintenir cet instrument comme le pilier central de ses politiques climatiques. Au point de le promouvoir comme le modèle à suivre auprès d’autres pays ou pour instituer de nouveaux marchés portant sur la biodiversité, l’eau et les sols.

Par ses que quelques mesures cosmétiques, la Commission Européenne refuse de s’affranchir d’une vision marchande et financière de la « gestion de l’environnement ». Elle entrave ainsi toute possibilité d’une transition énergétique qui réduise drastiquement la très forte dépendance de l’UE aux énergies fossiles et qui permette de mettre en oeuvre des systèmes énergétiques, agricoles, financiers et de transports adéquats.

En exigeant de « mettre fin aux marchés carbone européen » les organisations signataires de cette déclaration exigent que l’UE n’hypothèque plus l’avenir de la planète et des populations avec des politiques climatiques aussi inefficaces que désuètes.

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Notes :

[1] European Environmental Agency (2011) Greenhouse gas emission trends and projections in Europe ; 2011 : Tracking progress towards Kyoto and 2020 targets, Copenhagen : EEA, p.37, lien.

[2] Bruyn, S. et al. (2010) Does the energy intensive industry obtain windfall profits through the EU ETS ? CE Delft, lien.

[3] Lien.

Notre Dame des Landes : l’occupation de la ferme de Bellevue condamnée par la justice AFP Reporterre 2013/02/28 AFP (28 février 2013) Notre Dame des Landes : l’occupation de la ferme de Bellevue condamnée par la justice. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : l’occupation de la ferme de Bellevue condamnée par la justice

L’occupation d’une ferme sur le site du futur aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes par des opposants a été jugée jeudi 28 février illégale par le tribunal d’instance de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), qui a ordonné leur départ ou leur expulsion au besoin par la force, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Etienne Boittin.

Le tribunal a considéré, dans son ordonnance de référé transmise par Me Boittin à l’AFP, que l’occupation sans droit ni titre de la ferme de Bellevue par une dizaine de personnes constituait une voie de fait dont découle un trouble manifestement illicite.

Le tribunal leur a donc ordonné de quitter les lieux immédiatement, sous astreinte chacun de 50 euros par jour de retard, et leur expulsion au besoin avec le concours de la force publique.

Les dix occupants ont été condamnés à payer 1.000 euros à la société Aéroports du Grand Ouest, filiale de Vinci et concessionnaire de l’infrastructure.

Nous avons la possibilité de faire appel, mais l’appel n’est pas suspensif, a indiqué Me Boittin à l’AFP. La décision du tribunal signifie concrètement que l’expulsion peut avoir lieu dès demain (vendredi) matin, a-t-il souligné.

La principale association d’opposants au projet d’aéroport, l’Acipa, a appelé jeudi dans un communiqué à une mobilisation immédiate sur le site de la ferme de Bellevue.

Cette ferme est destinée à être démolie dans le cadre de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Au tribunal, les dix occupants avaient demandé à pouvoir rester sur les lieux pendant un an, les travaux, avaient-ils fait valoir lors de l’audience, ne devant débuter qu’au premier semestre 2014, dans la version la plus courte des hypothèses.

A l’automne, des expulsions musclées d’opposants avaient assuré un large écho médiatique à leur cause, dans ce dossier porté notamment par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes.

Une commission de dialogue mise en place par le gouvernement pour tenter d’apaiser les débats doit rendre un rapport fin mars au Premier ministre.

Son président, Claude Chéreau, avait estimé fin décembre que de nouvelles expulsions sur le site ne faciliteraient pas ce dialogue.

Relaxé, mais quand même poursuivi ! Les joies de la justice Michel D. Reporterre 2013/02/28 Michel D. (28 février 2013) Relaxé, mais quand même poursuivi ! Les joies de la justice. Reporterre. fr

Relaxé, mais quand même poursuivi ! Les joies de la justice

Rappel des faits ici, ou très détaillé ici.

15 Mars 2012 à Marseille : Je vois des policiers en train d’exercer des brutalités sur deux adolescents immigrés ; inquiet, je les filme : ces policiers m’arrêtent en me tirant par les cheveux. Je suis mis en garde-à-vue et accusé mensongèrement de violences volontaires sur agent.

L’officier de police judiciaire tente de me faire signer un document sans m’autoriser à le lire, et me refuse mes droits (avocat, visite médicale, appel téléphonique). En garde-à-vue, on veut me prendre photo et ADN : dans une démarche de désobéissance civile, je refuse.

21 juin 2012 au TGI de Marseille : Je convaincs assez facilement les juges ainsi que le procureur de mon innocence : je suis relaxé pour l’accusation de violence - et donc reconnu innocent - et devrais donc assez logiquement être reconnu victime d’abus - mais je suis finalement condamné pour refus de fichage (1000€ avec sursis).

Les nouvelles :

Innocent et victime, mais condamné... J’étais contrarié. Les « petites » condamnations sont faites pour dissuader de faire appel, tout en condamnant tout de même. Mais pour moi l’enjeu n’est pas que financier : il est aussi politique ; et il est aussi une question de dignité.

Et puis mes frais d’avocat ont été intégralement pris en charge par des dons de solidarité (j’en profite pour dire encore un très grand merci à vous tous pour votre solidarité, qu’elle ait été financière ou d’une autre forme !). Je sais donc que je ne suis pas seul à assumer les frais de justice.

J’ai donc osé faire appel, et ai enfin porté plainte pour les multiples abus policiers subis.

Ma plainte a été classée sans-suite. (Concernant l’impunité de la police française, on peut lire les deux rapports successifs d’Amnesty International : lien (avril 2009) ; lien (30 novembre 2011).)

Je suis convoqué en cour d’appel d’Aix-en-Provence le 28 février 2013 à 14h00.

NB : Ne pouvant faire appel que de la seule partie qui me posait problème (le refus de fichage), ma relaxe est elle aussi remise en jeu.

Que ce soit : en diffusant cette information, en vous rendant au tribunal pour assister au jugement (ce qui constituerait pour moi un soutien), en organisant des actions diverses, en liant mon cas à d’autres, en me faisant une suggestion : michel.dartois@gmail.com

... merci à vous de donner à cette affaire l’ampleur politique qu’elle mérite...

Très solidairement et chaleureusement,

Que dire à ceux qui pensent que tout ne va pas si mal ? Stéphane Hessel Reporterre 2013/02/28 Stéphane Hessel (28 février 2013) Que dire à ceux qui pensent que tout ne va pas si mal ?. Reporterre. fr

Que dire à ceux qui pensent que tout ne va pas si mal ?

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Suisse : les gros salaires bientôt abolis ? Citazine Reporterre 2013/03/01 Citazine (1er mars 2013 à 16h24,) Suisse : les gros salaires bientôt abolis ?. Reporterre. fr

Suisse : les gros salaires bientôt abolis ?

Le 3 mars, la population suisse est appelée à se prononcer sur les rémunérations abusives des grands patrons.

En Suisse, on appelle ça l’Initiative Minder, et ça fait beaucoup parler. Lundi prochain, les Suisses sont effectivement invités à se rendre aux urnes pour se prononcer sur un sujet très sensible : les rémunérations abusives des grands patrons.

A l’origine de cette nouvelle "votation", un scrutin populaire organisé plusieurs fois par an dans le pays, on retrouve un entrepreneur. Son nom : Thomas Minder, qui est devenu, au fil du temps, le champion de la lutte contre les très gros chèques versés aux très gros patrons, comme l’expliquent Les Echos.

Touchés directement par les déboires financiers de SwissAir, Minder et son entreprise ont bataillé longtemps pour obtenir le paiement d’une facture dont devait s’acquitter la compagnie aérienne. En vain. Une pilule très difficile à avaler pour le patron installé à Schaffhouse. Et pour cause : Mario Corti, le PDG de la société a touché une indemnité de 12,5 millions lorsqu’il a rejoint l’entreprise… or, il n’a pas restitué cette somme quand les finances de SwissAir ont plongé.

Il n’en a fallu guère plus pour que Minder monte au créneau. Et qu’il lance cette votation. Si le scrutin remporte une majorité de « oui », La rémunération des grands patrons sera décidée par les actionnaires, qui n’avaient jusqu’alors aucun droit. Les parachutes dorés et autres indemnités deviendraient illégaux.

Et en cette fin février, la tendance va en faveur de cette option. Mais si le « non » venait à l’emporter, ce ne serait pas pour autant le statu quo. Dans ce cas de figure, un texte de loi proposé par les Chambres fédérales entrerait effectivement en vigueur. Celui-ci propose aussi des solutions pour limiter les hauts salaires… sans aller aussi loin.

Le vent est-il en train de tourner pour les grands patrons suisses ? Ca se pourrait bien.

Morvan : une première victoire juridique ! Adret Morvan // Reporterre Reporterre 2013/03/01 Adret Morvan // Reporterre (1er mars 2013 à 10h40,) Morvan : une première victoire juridique !. Reporterre. fr

Morvan : une première victoire juridique !

Alors que, dans la forêt du Tronçay, la mobilisation continue autour de la cabane construite sur le terrain visé par un projet industriel géant de scierie, le tribunal administratif de Dijon vient de donner raison aux opposants en suspendant l’arrêté préfectoral autorisant le défrichement. Reporterre publie le texte de l’ordonnance du tribunal.

Pour la 3e fois, l’arrêté de destruction d’habitat d’espèces protégé est suspendu par le tribunal administratif de Dijon suite au recours déposé par maître Blanchecotte à la demande du collectif de Marcilly et des associations Loire Vivante et de Decavipec. Les arguments utilisés par la préfète et les élus porteurs du projet pour lancer les travaux n’ont pas trompé le juge. Le tribunal conforte une nouvelle fois notre point de vue.

Depuis le début, ce dossier est déni de démocratie, ce dernier épisode montre l’acharnement des porteurs du projet contre les habitants et les associations qui se battent du coté du droit et de la justice.

Rappel des faits :

- 2 octobre : 2e suspension et respect de l’engagement du préfet Matalon de ne pas écrire de 3e arrêté

- 17 octobre : pourvoi de Nièvre aménagement rejeté par le Conseil d’état

- 14 janvier : par un artifice que nous n’expliquons pas, les porteurs du projet réussissent à faire glisser une petite phrase sur l’intérêt public majeur dans le nouvel avis, toujours négatif demandé au CNPN (conseil National de Protection de la Nature) alors que ce point ne relève pas de sa compétence.

- 4 février, la préfète Kirry dans le même temps retire le deuxième arrêté, en publie un troisième (daté du 31 janvier), autorisant Nièvre aménagement à défricher une parcelle du bois, ce qui est fait dans l’instant. Elle vend le coup de force aux médias en prétextant que « l’intérêt public majeur est reconnu par le CNPN » ...

Le juge du tribunal administratif ne s’y est pas laissé prendre et motive sa décision en réaffirmant le « doute sérieux » sur les « raisons impératives d’intérêt public majeur ».

Reporterre publie de surcroît le texte de l’ordonnance du tribunal administratif de Dijon du 27 février :

Un village picard résiste à l’usine à vaches Pascale Solana (Reporterre) Reporterre 2013/03/02 Pascale Solana (Reporterre) (2 mars 2013) Un village picard résiste à l’usine à vaches. Reporterre. Agriculture fr

Un village picard résiste à l’usine à vaches

Dans la Somme, les habitants se rebellent contre le projet d’une ferme géante de 500 vaches. Ils manifestent le 3 mars à Paris.

Eté 2011 : la population d’une petite commune de la Somme, à Drucat, au nord d’Abbeville, apprend l’installation prochaine de la plus grande ferme-usine de France dans son voisinage : un élevage laitier géant (qui donne son nom au projet, dit des "Mille vaches") qui sera associé à un méthaniseur de puissance industrielle, et mis en oeuvre par la société SCEA Côte de la Justice.

La lutte s’organise avec la création notamment de Novissen (acronyme de « NOs VIllages Se Soucient de leur Environnement », prononcez « nos vies saines ») une association qui depuis milite pour faire annuler ce projet jugé mettre « en péril la santé, la sécurité, l’environnement, l’emploi ». De plus « il pose la question de la condition animale et montre de façon évidente les dérives de tout un système ! »

Début 2013 : une décision préfectorale autorise le projet de ferme, mais avec 500 vaches. Novissen maintient sa position, arguant que les extensions futures ne sont pas exclues et qu’une exploitation de 500 vaches reste une exploitation géante et une forme d’élevage intensif. L’association attire aussi l’attention sur d’autres projets d’agrandissements d’élevages industriels (porcs, volailles) du secteur.

Aussi le 3 mars, Novissen, qui affiche de nombreux soutiens (EELV, Cap 21, FNE, Confédération paysanne…), a prévu de défiler à Paris, de la gare Montparnasse au Salon de l’agriculture dont ce sera le dernier jour, pour dénoncer les dérives de l’élevage industriel.

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Complément d’info :

- Association Novissen

- Un article du Courrier Picard : « Ferme des 1000 Vaches : Novissen montre les cornes »

Armes à l’uranium appauvri au Mali : deux parlementaires interpellent le ministre de la Défense Thierry Lamireau Reporterre 2013/03/02 Thierry Lamireau (2 mars 2013) Armes à l’uranium appauvri au Mali : deux parlementaires interpellent le ministre de la Défense. Reporterre. Armée fr

Armes à l’uranium appauvri au Mali : deux parlementaires interpellent le ministre de la Défense

La France utilise-t-elle des armes à l’uranium appauvri au Mali ? Un député et une sénatrice viennent de poser la question au gouvernement.

La France a engagé des Rafales équipées de bombes GBU 12, GBU 49 et AASM au Mali

Quatre avions de chasse Rafale des forces françaises ont conduit dimanche 13 janvier 2013 des frappes aériennes près de Gao (nord), au Mali, détruisant des camps d’entraînement et des dépôts logistiques des groupes islamiste armés.

« Conformément à la mission confiée à nos forces armées par le président de la République, l’aviation de chasse française a visé et détruit ce dimanche plusieurs cibles » dans le nord du Mali « à proximité de Gao », indique le Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué.

Il précise que « des camps d’entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques constituant les bases arrières des groupes terroristes » ont notamment été détruits.

« Cette mission a été effectuée par quatre Rafale qui ont décollé de France et qui viennent renforcer le dispositif aérien français », précise le communiqué. Au vu des images diffusées par le ministère de la Défense, chaque avion était armé de 6 bombes 250 kg guidée laser GBU-12, GBU 49 et AASM.

Les quatre Rafale ont décollé de la base aérienne 113 de Saint Dizier avec pour objectif des camps d’entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques constituant les bases arrières des groupes terroristes. A l’issue de ces frappes, accompagnés par deux C135F, les quatre Rafale ont rejoint la base aérienne de N’Djamena pour renforcer les moyens engagés dans l’opération SERVAL.

L’engagement de Rafale dans le conflit est un message politique fort.

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Question du député André Chassaigne (PC) au ministre de la Défense le 27 février 2013

Monsieur André Chassaigne attire l’attention de Monsieur Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, sur l’utilisation d’armes à l’uranium appauvri au Mali.

Selon des informations concordantes, l’armée française utiliserait au Mali des armes à uranium appauvri, définies comme étant des « munitions fléchées à l’uranium appauvri ». Cet usage militaire par aéronefs et certains blindés n’a pas été démenti par l’armée française. De telles armes sont utilisées au nom de « l’efficacité » pour pénétrer dans les blindages ou béton.

Mais elles ont des effets néfastes et de très longue durée, connus depuis longtemps, par la contamination des zones impactées. Elles ont notamment un effet toxique sur les plantes et sur le bétail, intégrant ainsi la chaîne alimentaire.

De plus, l’utilisation de ces armes est illicite, car en violation des règles internationales de radioprotection. Elles ont été à maintes reprises déclarées illégales par le Droit international sur le contrôle des armements. De fait, elles constituent un crime contre l’humanité dans la mesure où elles entraînent pour plusieurs milliards d’années la pollution des sols, des eaux et de l’air, contaminant la flore, la faune et les populations, engendrant des malformations congénitales avec transmission aux générations futures.

André Chassaigne demande à Monsieur le Ministre de lui préciser si cette information est vérifiée. Si elle s’avérait juste, il souhaite connaître son engagement à faire procéder à l’arrêt immédiat de leur utilisation et prendre en charge les coûts de décontamination. Il lui demande si la France est prête à œuvrer auprès des instances internationales pour que ces munitions soient effectivement interdites dans tous les conflits sur la planète.

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Question écrite n° 04198 de Mme Joëlle Garriaud-Maylam (UMP) publiée dans le JO Sénat du 24/01/2013 - page 243.

Mme Joëlle Garriaud-Maylam interroge M. le ministre de la défense quant aux mesures prises par la France suite à la Résolution du Parlement européen du 22 mai 2008 (2009/C 279 E/18) sur les armes contenant de l’uranium (appauvri) et leurs effets sur la santé humaine et l’environnement.

Elle rappelle que les armes à l’uranium appauvri ont été largement utilisées dans de multiples conflits depuis la guerre d’Irak de 1991, tant sous la forme de munitions que sous celle de blindages renforcés contre les missiles et les tirs d’artillerie.

Classées « conventionnelles », elles sont fabriquées par un nombre croissant de pays dont la France qui est le seul pays européen dans cette situation. Malgré l’absence de preuves scientifiques irréfutables, ces armes sont fortement soupçonnées de provoquer des malformations congénitales, ainsi que d’accroître les cancers et leucémies, tant parmi les militaires que les populations civiles, dans les pays où ces armes sont utilisées mais peut-être aussi dans les zones où elles sont fabriquées et testées.

Il semble également que les projectiles manquant leur cible puissent provoquer une contamination des sols et des nappes phréatiques aux conséquences graves et durables pour les populations civiles comme pour l’environnement.

La résolution du 22 mai 2008 votée par le Parlement européen affirme que « l’emploi d’uranium appauvri dans les conflits viole les règles et principes fondamentaux consacrés par le droit international humanitaire et environnemental, écrit et coutumier ».

Cette résolution formule plusieurs exigences vis-à-vis des États membres, dont la présentation d’un rapport exposant leurs vues sur les effets de l’emploi d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri ; la réalisation d’études scientifiques sur l’emploi d’uranium appauvri dans toutes les zones où des personnels militaires et civils, européens et internationaux, ont été déployés ; un moratoire sur l’utilisation de ces armes et munitions ; l’arrêt de leur fabrication et de leur achat et le déploiement d’efforts en vue de l’interdiction mondiale de ces armes, notamment via l’élaboration d’un traité international sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage, de la diffusion, des essais et de l’emploi d’armes contenant de l’uranium, ainsi que sur la destruction ou le recyclage des stocks existants.

La France s’était opposée à la résolution du 22 mai 2008, niant les risques sanitaires et environnementaux de l’uranium appauvri. Toutefois,au vu de la gravité des dangers suspectés de l’uranium appauvri, l’application du principe de précaution devrait légitimer, au minimum, une suspension de l’utilisation, de la fabrication et du commerce de ces armes, le temps que des études scientifiques approfondies aboutissent.

Elle souhaiterait savoir si des mesure ont été prises par la France suite à cette résolution, tant au plan unilatéral que dans le cadre de sa participation aux diverses instances multilatérales (Union européenne, Nations Unies, OTAN…).

Elle l’appelle aussi à s’engager à ne pas recourir à ce type d’armement dans le cadre de l’intervention militaire française au Mali et à s’impliquer pour les partenaires de la France dans le conflit ne les utilisent pas non plus. Il importe en effet que notre politique de défense s’inscrive dans le respect du principe de précaution et du droit international humanitaire.

Les éducateurs à l’environnement se retrouvent à Lyon le 4 mars Journée européenne de l’EEDD Reporterre 2013/03/03 Journée européenne de l’EEDD (3 mars 2013) Les éducateurs à l’environnement se retrouvent à Lyon le 4 mars. Reporterre. fr

Les éducateurs à l’environnement se retrouvent à Lyon le 4 mars

Lundi 4 mars, nous serons ensemble à Lyon venant de plus de 20 pays européens pour tenter de faire avancer l’EEDD (l’Education à l’Environnement et au Développement Durable) de quelques pas.

Dans l’ensemble nous ne nous connaissons pas ou très peu mais nous avons sans doute beaucoup de choses en commun. Nous avons sans doute en commun d’être engagés comme citoyens européens dans le développement de l’EEDD, sans doute aussi en commun beaucoup de valeurs, une convictions et une volonté profonde de changer les choses pour trouver un terme à la crise écologique et à toutes les crises que nous connaissons...

Mais il y a quelque chose que nous avons certainement en commun, c’est que nous sommes européens, nous avons l’Europe comme territoire et tous nous regardons Bruxelles de la même façon : c’est un endroit où se décident des choses qui nous concernent.

Le Conseil de l’Union Européenne n’est pas indifférent à l’EEDD et le 19 novembre 2010 il a produit une information sur "l’éducation au développement durable".

Pour nous préparer à nos travaux collectifs, nous vous proposons de prendre connaissance de cette note paru au Journal officiel de l’Union européenne le 4/12/2010, elle nous ouvre la voie, vous en trouverez quelques extraits ci-dessous.

Les Nations Unies vont dans le même sens et vous trouverez aussi ci-dessous quelques extraits de la stratégie de Vilnius qui nous touchent directement.

Nos volontés ne sont pas éloignées de celles exprimées par l’Union Européenne et les Nations Unies, le dialogue avec nous qui sommes engagés à la base ne pourra qu’être fécond.

Extraits :

"La réflexion critique, la résolution de problèmes, la créativité, la prise d’initiative, et la prise de décision qui toutes sont nécessaires pour atteindre les objectifs du développement durable."

"Envisager d’inclure l’EDD parmi les domaines prioritaires du prochain cycle du cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation ("éducation et formation 2020")".

La stratégie de Vilnius de 2005 valide aussi nos efforts :

(47) « Un mécanisme de coordination est nécessaire pour assurer la mise en oeuvre de la stratégie par les Etats » (48) « Le plan national (au niveau de l’Etat) de mise en oeuvre doit avoir un rôle central. Les pays devraient décider d’un organisme qui serait chargé de l’élaborer »…

(49) « Une telle élaboration devrait se faire sur la base d’une approche participative, associant toutes les parties prenantes concernées ».

Les Suisses décident de limiter les rémunérations des patrons Europe 1 Reporterre 2013/03/03 Europe 1 (3 mars 2013) Les Suisses décident de limiter les rémunérations des patrons. Reporterre. fr

Les Suisses décident de limiter les rémunérations des patrons

Les Suisses ont voté pour un contrôle des rémunérations de patrons parmi les plus stricts au monde.

Ce qui affolait les milieux d’affaires et le gouvernement suisse est finalement arrivé : les Suisses ont approuvé dimanche 3 mars par référendum la mise en place d’un système de contrôle des rémunérations des dirigeants d’entreprises parmi les plus stricts au monde. L’initiative Minder, du nom du sénateur et entrepreneur Thomas Minder qui en est à l’origine, a recueilli 67,8% des voix. Tous les cantons ont dit « oui ».

L’initiative Minder, qui concerne uniquement les sociétés suisses cotées en bourse, prévoit d’accorder aux actionnaires un droit de veto sur le montant des salaires des dirigeants. Surtout, elle interdit les primes d’entrée et les indemnités de départ, ces « parachutes dorés » qui ont fait polémique ces derniers mois en Suisse. Les sanctions en cas d’infraction vont d’une amende correspondant à six ans de revenu à trois années de prison. Enfin, le mandat des membres du conseil d’administration devra être limité à une année.

« Nous sommes ravis, ce sera plus difficile à l’avenir pour les dirigeants de s’asperger de rémunérations abusives », s’est félicité le député socialiste helvète Roger Nordmann, joint par Europe 1. Pour l’élu, il s’agit d’un « cri du cœur du peuple en faveur de la justice sociale ».

Et à ceux qui s’inquiètent d’une fuite des riches de Suisse, le député répond : « cela fera peut être fuir quelques managers rapaces qui sont obsédés uniquement par leur rémunération personnelle. Et peut-être qu’à la place, on aura des managers qui ont un meilleur sens de l’intérêt général. On peut considérer ça comme une interdiction par le peuple contre le vol organisé au sein des grandes entreprises. Je pense que le gouvernement français pourrait s’en inspirer. »

Thomas Minder s’est, lui, réjoui dès les premières projections des résultats : « le peuple suisse a décidé d’envoyer un signal fort aux conseils d’administration, au Conseil fédéral et au Parlement », a-t-il déclaré à la radiotélévision suisse (RTS). « C’est une excellente journée pour les actionnaires », a de son côté réagi Dominique Biedermann, directeur de la fondation Ethos, une organisation d’actionnaires qui représente 141 fonds de pension.

Et ensuite ? Il faudra encore attendre plus d’un an avant la mise en œuvre de l’initiative Minder. Le gouvernement suisse doit d’abord rédiger un projet de loi puis le faire approuver par le Parlement. Ce qui devrait donner lieu à de longs débats, en raison notamment de la technicité du sujet. De plus, seuls le Parti socialiste et les Verts ont soutenu l’initiative, la droite et le centre l’ayant combattu.

Projection Le monde après Fukushima Par Julien villalard Reporterre 2013/03/03 Par Julien villalard (3 mars 2013) Projection Le monde après Fukushima. Reporterre. fr

Projection Le monde après Fukushima

lundi 4 mars à 20 h, Paris LE MONDE APRÈS FUKUSHIMA Un film de Kenichi Watanabe, suivie d’une rencontre avec le réalisateur

Canal Bio vous invite en avant-première, lundi 4 mars à 20 h, à la projection de LE MONDE APRÈS FUKUSHIMA Un film de Kenichi WATANABE

La projection, suivie d’une rencontre avec le réalisateur, a lieu à la Péniche Antipode 55 quai de la Seine (19e) sur la rive face à Canal Bio.

Nombre de places limité, s’inscrire à Canal Bio, 46 bis quai de la Loire, 75019 Paris - 01 42 06 44 44 Métro Jaurès/Laumière/Stalingrad ou piste cyclable du quai de l’Ourcq

PARTICIPATION LIBRE !

Durée du documentaire : 75 min.

Fukushima, un désastre environnemental et humain qui cristallise toutes les angoisses de la planète, symbolise les contradictions d’un système mal maîtrisé. Cette grande enquête sur l’état de notre civilisation, sur la notion de désastre, la civilisation nucléaire, la responsabilité de l’homme, de l’Etat, fera entendre les voix des témoins de Fukushima et les paroles de politologues, de philosophes, d’écrivains. Comment va se dessiner le monde d’après ? Venez en discuter après la projection du film !

L’incident grave à la centrale du Tricastin n’est toujours pas réglé Collectif antinucléaire de Vaucluse / CAN84 Reporterre 2013/03/04 Collectif antinucléaire de Vaucluse / CAN84 (4 mars 2013) L’incident grave à la centrale du Tricastin n’est toujours pas réglé. Reporterre. fr

L’incident grave à la centrale du Tricastin n’est toujours pas réglé

Dans un des réacteurs nucléaires les plus anciens de France, un incident électrique grave s’est produit le 1 mars. La situation ne parait pas y avoir été parfaitement rétablie.

Le nouvel incident - une explosion précédée d’un immense flash bleu - qui s’est produit jeudi 28 février 2013 vers 20h à la centrale nucléaire du Tricastin, l’une des plus vieilles centrales nucléaires, n’est pas clos.

A ce jour les investigations indépendantes menées en dehors de la parole officielle et de l’exploitant EDF révèlent :

- le parasurtenseur (parafoudre) de sortie du transformateur principal du réacteur nucléaire n° 1 est touché et git à 45 ° vers le sol, des techniciens sont en intervention

- les bâtiments annexe « phase 3 » du réacteur nucléaire n°1 , celui des turbines et condensateurs, crachent de la "vapeur" de tous les côtés. D’importantes coulures de liquide se répandent au long de l’assise en béton. Ce qui peut laisser supposer une difficulté de régulation de la pression.

- le mistral soufflant entre 80 et 90 km/h rend impossible des prélèvements d’échantillons significatifs de présence ou non de radioactivité

Des rejets radioactifs possible, une vétusté inquiétante

Lors de l’arrêt d’urgence d’un réacteur, tel celui qui affecte aujourd’hui le réacteur n°1 du Tricastin, il y a impossibilité de stopper instantanément la réaction nucléaire (blackout). En conséquence le refroidissement et la production de vapeur par l’échangeur du circuit primaire doivent être assurés. Cette continuité peut engendrer des "soulagements" qui peuvent nécessiter en urgence des rejets gazeux radioactifs et chimiques par la cheminée (et non par les tours de refroidissement dont ce n’est pas la fonction).

Le réacteur n°1 est celui qui présente le plus de vétusté dont de nombreuses fissures de plus de 1 cm et il apparaît que sa maîtrise de conduite relève de la danse de Saint-Guy. L’ASN [Autorité de sûreté nucléaire] l’a placé particulièrement sous surveillance tout en lui ayant octroyé un prolongement de durée de fonctionnement plutôt contradictoire.

D’autres incidents dans les mois et années passées

- le 2 juillet 2011 : un incendie avait déjà touché le transformateur de l’unité du réacteur n°1 à l’arrêt. Incendie, flammes, fumées noires dans le ciel, intervention des pompiers, périmètres de « sécurité ». Explication officielle à l’époque : « Une borne en porcelaine s’est fissurée et a explosé. De l’huile a coulé, provoquant l’incendie. »

- février 2011 : Un incident concernant les groupes électrogènes de secours à moteur diesel de la centrale nucléaire du Tricastin a été déclaré par EDF le 16 février 2011. Les groupes électrogènes de secours à moteur diesel permettent d’alimenter les systèmes de sûreté du réacteur en cas de perte de l’alimentation électrique par le réseau national. L’ASN a classé au niveau 2 sur l’échelle INES cet incident.

- mardi 10 avril 2012 au petit matin, un incendie dégageant une importante fumée s’est déclaré dans la salle des machines, cette fois-ci du réacteur n° 4. La quasi totalité des voies de circulations situées à l’extérieur du site nucléaire ont du être fermées par les forces de gendarmerie.

Notre Dame des Landes : Lettre ouverte à la DGAC Cédpa Reporterre 2013/03/04 Cédpa (4 mars 2013) Notre Dame des Landes : Lettre ouverte à la DGAC. Reporterre. Tribune — Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : Lettre ouverte à la DGAC

Les élus opposés à l’aéroport demandent à la Direction générale de l’aviation civile de faire preuve de transparence : qu’elle publie les données statistiques sur lesquelles sont fondées les hypothèses d’évolution du trafic aérien futur à Nantes.

Monsieur le Directeur Direction Générale de l’Aviation Civile 50, rue Henry-Farman, 75 720 PARIS CEDEX 15

Et copies à : M Frédéric Cuvillier, Ministre des transports, M Claude Chéreau, président de la Commission de dialogue

Monsieur le Directeur,

Suite à l’article de Presse Océan du 8 décembre dernier, nous vous avons écrit le 18 décembre, demandant à être destinataire du rapport émis par vos services, rapport qui, d’après le journal, contestaitles conclusions de l’étude du cabinet CE Delft, expertisant l’analyse coûts-bénéfices de 2006 du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

A ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse de votre part. La DGAC a par contre communiqué la semaine dernière trois notes à Hervé Kempf, journaliste au Monde, en lui donnant l’autorisation de nous les communiquer.

Passant sur la démarche que nous trouvons fort curieuse (une association de plus de 1000 élus, dont la plupart dans l’Ouest, n’est pas considérée comme un interlocuteur possible par votre direction ?), nous avons pris connaissance de ces notes et tout particulièrement de celles traitant d’un aspect de l’analyse coûts-bénéfices de 2006, datées des 4 novembre et 4 décembre 2012.

Par ailleurs, sur le seul sujet de la valorisation des gains de temps de trajet.

En effet, les calculs présentés ne concernent que les deux années 2012 et 2025 et ne renseignent donc pas sur les valeurs obtenues pour chacune des trente années de calcul, de façon à aboutir à un gain extrêmement important sur cette période : 911 millions d’euros, 80 % des avantages escomptés du projet. Ces notes font émerger de nouvelles interrogations :

- Il est annoncé 30,6 millions d’euros par an de gain de temps de trajet (note du 4 décembre, 1er paragraphe page 1,) or 30,6 millions d’euros est la valeur de 2025 (en 2012, c’est 0,7 million d’euros) ; dans les hypothèses de la DGAC, les gains augmentent fortement à partir de l’année de contrainte de Nantes Atlantique, estimée à 2019 dans le scénario 2. Il est en outre logique que ces gains soient proportionnels au nombre de passagers qui évolue.

- C’est très surprenant que pour expliquer le calcul des gains de temps de trajet, la pièce F de l’analyse de 2006 (pages 96-97) présente les temps par transport routier et transport ferroviaire… mais pas en transport aérien, alors que d’après ces deux notes, le transport aérien apparait être un paramètre crucial pour la valeur du temps !

Nous avons relevé d’autres choses qui nous ont choqués dans ces notes : celle du 4 décembre justifie que le gain principal du projet d’aéroport soit le gain en temps de trajet pour les passagers, en comparant ce projet avec d’autres projets d’infrastructures comme des LGV pour lequel c’est habituellement le cas…

Ne pensez-vous pas que cette comparaison est inadéquate dans la mesure où les LGV sont conçues dans le but de faire gagner du temps aux passagers alors que le projet de nouvel aéroport est censé répondre à des contraintes environnementales ?

A ce propos, nous trouvons très surprenant que le bruit ne compte que pour 1 % des avantages du projet comme le relève le rapport de 2007 de la commission d’enquête (page 50), et les bénéfices en urbanisation pour moins de 10 % des avantages du projet.

Enfin, quand cette note prétend qu’il n’y a « ni manipulation ni opacité » (bas de page 1), nous considérons qu’il y a au minimum de l’opacité car les calculs d’une SCBA doivent être transparents.

Il est écrit : « Nous nous sommes procurés auprès du consultant (JLR Conseil) le détail des calculs ; ils sont exacts. » Et bien, dans l’intérêt général, année après année, les nombres de passagers par lieu de résidence, aéroport de destination et mode de transport avec les temps gagnés correspondants, qui ont permis d’élaborer ces résultats, aboutissant à 911 millions d’euros de gains de temps de trajet sur trente ans.

Confiants que vous aurez à cœur la transparence nécessaire au débat, et en vous en remerciant par avance, nous vous assurons, Monsieur le Directeur, de nos salutations les meilleures,

Les présidents du CéDpa

Françoise Verchère – Jean Paul Naud – Isabelle Loirat

Le président de l’Islande : « le plus important dans nos sociétés, ce ne sont pas les marchés financiers, c’est la démocratie » Pascal Riché (Rue 89) Reporterre 2013/03/04 Pascal Riché (Rue 89) (4 mars 2013) Le président de l’Islande : « le plus important dans nos sociétés, ce ne sont pas les marchés financiers, c’est la démocratie ». Reporterre. fr

Le président de l’Islande : « le plus important dans nos sociétés, ce ne sont pas les marchés financiers, c’est la démocratie »

« Le plus important, et je le dis à mes amis européens, ce ne sont pas les marchés financiers. » Entretien (sur un nuage) avec Ólafur Ragnar Grímsson, élu cinq fois à la tête du « laboratoire » islandais.

Björk n’était pas la seule star islandaise en tournée en France cette semaine. Le président du pays Ólafur Ragnar Grímsson, 69 ans, était en visite officielle, auréolé des succès islandais contre la crise, et du rôle qu’il a joué dans ce redressement spectaculaire, en décidant à deux reprises de consulter le peuple par référendum.

Il a rencontré mardi François Hollande pendant 35 minutes. Les deux hommes, raconte-t-il, ont parlé de trois sujets :

« La reprise économique en Islande et les leçons à en tirer, la coopération économique dans l’Arctique et l’expérience islandaise en matière de géothermie – qui assure 90% du chauffage des habitants –, et comment elle pourrait être développée en France. »

Le président islandais, qui en est à son cinquième mandat, est sur un petit nuage. Quatre ans après l’explosion des banques islandaises, son pays redémarre plus fort que la plupart des autres en Europe, et il vient de gagner une bataille devant la justice européenne. L’Etat islandais, a jugé la cour de l’Association européenne de libre-échange (AELE) fin janvier, était dans son droit quand il a refusé de rembourser les épargnants étrangers qui avaient placé leur argent dans ses banques privées.

Rue89 : Vous avez évoqué avec François Hollande les leçons à tirer du redressement Islandais. Quelles sont-elles ?

Ólafur Ragnar Grímsson : Si vous comparez avec ce qui s’est passé dans d’autres pays d’Europe, l’expérience réussie de l’Islande s’est avérée différente sur deux aspects fondamentaux.

Le premier, c’est que nous n’avons pas suivi les politiques orthodoxes qui se sont imposées depuis trente ans en Europe et dans le monde occidental. Nous avons laissé les banques faire faillite, nous ne les avons pas renflouées, nous les avons traitées comme d’autres entreprises. Nous avons instauré des contrôles des changes. Nous avons essayé de protéger l’Etat providence, refusant d’appliquer l’austérité de façon brutale.

Seconde grande différence : nous avons très vite pris conscience que cette crise n’était pas seulement économique et financière. C’était aussi une profonde crise politique, démocratique et même judiciaire. Nous avons donc engagé des réformes politiques, des réformes démocratiques, et même des réformes judiciaires [un procureur spécial, doté d’une équipe, a été chargé d’enquêter sur les responsabilités de la crise, ndlr]. Ce qui a permis à la nation d’affronter le défi, de façon plus large, plus globale que la simple exécution de politiques financières ou budgétaires.

L’Islande compte 320 000 habitants. Ces politiques sont-elles exportables dans des pays plus grands, comme la France ?

D’abord, j’hésite toujours à donner des recommandations concrètes à d’autres pays, parce que j’ai entendu tant de mauvaises recommandations prodiguées au mien !

Ce que je peux faire, c’est simplement décrire ce que l’Islande a fait, et chacun peut en tirer ses propres leçons. Mais il est clair que nombre des choix que nous avons faits pourraient l’être dans d’autres pays. Par exemple, se garder d’une austérité trop stricte.

Vous avez pourtant suivi une politique d’austérité assez rude...

Bien sûr. Mais l’un des axes des politiques orthodoxes est de couper de façon agressive dans les dépenses sociales. Ce n’est pas ce que nous avons fait. Nous avons protégé les ménages les plus modestes.

L’approche large de la crise – politique et judiciaire – peut aussi être suivie dans d’autres pays que l’Islande. La mesure qui est impossible à appliquer en France ou dans d’autres pays de la zone euro, c’est évidemment la dévaluation de la monnaie.

Pour ce qui est de ne pas avoir sauvé les banques, l’Islande avait-elle vraiment le choix ? Et serait-ce possible de laisser des grandes banques européennes sombrer ?

Nos banques étaient importantes. Elles pesaient dix fois la taille de notre économie. Je ne dis pas que la taille ne compte pas. Mais si vous voulez parler en terme de taille, posez-vous la question : est-ce que le Portugal est un grand ou un petit pays ? Est-ce que la Grèce est un grand pays ou un petit pays ?

Pouvions-nous faire autre chose que laisser nos banques faire faillite, c’est un débat ouvert. Mais de toute façon, cela correspondait à un choix. Ces banques étaient privées : pourquoi des entreprises dans le secteur bancaire serait-elles traitées différemment de compagnies privées dans d’autres secteurs comme les technologies de l’information, Internet, les compagnies aériennes ? Ces entreprises sont tout aussi indispensables à nos sociétés, mais on les laisse faire faillite. Même les compagnies aériennes. Pourquoi les banques sont-elles traitées comme des lieux saints ?

La réponse traditionnelle, c’est que leur faillite peut en entraîner d’autres et mettre le système financier à terre : il y a un risque « systémique ».

Ça c’est l’argument avancé. Mais regardez ce qui s’est passé en Islande avec l’affaire Icesave. Le gouvernement britannique et le gouvernement néerlandais, soutenus par l’Union européenne, voulaient que le contribuable islandais rembourse les dettes de cette banque privée, au lieu de laisser le syndic de liquidation être responsable de ces dettes.

J’ai alors fait face à un choix : fallait-il soumettre la question au référendum ? Une armée d’experts et d’autorités financières me disaient : si vous autorisez les gens à s’exprimer, vous isolerez financièrement l’Islande pour des décennies. Le scénario catastrophe serait sans fin... J’étais devant un choix fondamental entre les intérêts financiers d’un côté, et la volonté démocratique du peuple de l’autre.

Et je me suis dit : la partie la plus importante dans nos sociétés – et je le dis aussi à mes amis européens –, ce ne sont pas les marchés financiers. C’est la démocratie, les droits de l’homme, l’Etat de droit.

Quand nous sommes face à une crise profonde, que ce soit la crise islandaise, ou la crise européenne, pourquoi ne laisserions-nous pas l’élément le plus important de nos sociétés guider la voie à suivre ? C’est ce que j’ai fait. Nous avons organisé deux référendums. Et dès le premier trimestre après le référendum, l’économie a redémarré. Et depuis, ce redressement se poursuit. Maintenant nous avons 3% de croissance, l’une des plus élevée d’Europe. Nous avons 5% de chômage, l’un des taux les plus bas. Tous les scénarios de l’époque, d’une faillite du système, se sont révélés faux.

L’épilogue a eu lieu le mois dernier : la cour de l’AELE nous a donné raison. Non seulement notre décision était juste, était démocratique, mais elle était aussi juridiquement fondée. Mes amis européens devraient réfléchir à tout cela avec un esprit ouvert : pourquoi étaient-ils autant dans l’erreur, politiquement, économiquement et juridiquement ? L’intérêt de se poser cette question est plus important pour eux que pour nous, car ils continuent, eux, à lutter contre la crise et car ils s’appliquent à eux-mêmes certains des principes et des arguments qu’ils utilisaient contre nous.

Le service que peut rendre l’Islande, c’est donc d’être une sorte de laboratoire, qui aide les pays à réévaluer les politiques orthodoxes qu’ils suivent. Je ne vais pas dire à la France, la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, faites-ci ou faites ça. Mais la leçon donnée par l’expérience de ces quatre dernières années en Islande, c’est que les scénarios alarmistes, assenés comme des certitudes absolues, étaient à côté de la plaque.

L’Islande est devenue un modèle, une source d’espoir pour toute une partie de l’opinion, spécialement chez la gauche anticapitaliste. Cela vous plaît-il ?

Ce serait une erreur que de voir notre expérience à travers cette vieille grille de lecture politique. En Islande, les partis de droite et de gauche ont été unanimes sur la nécessité de protéger le système social. Personne, à droite ou au centre, n’a défendu ce que vous appelleriez des « politiques de droite ».

C’est la voie nordique...

Oui, c’est la voie nordique. Et si vous regardez ce qui s’est passé dans les pays nordiques ces 25 dernières années, tous ont connu des crises bancaires : Norvège, Finlande, Suède, Danemark et enfin Islande, où nous avons toujours un temps de retard. Ce qui est intéressant, c’est que nos pays se sont tous redressés relativement vite.

Regrettez-vous d’avoir vous-même encouragé le développement de la banque dans les années 2000 ? A l’époque, vous compariez l’Islande à une nouvelle Venise ou Florence ?

Pendant la dernière décennie du XXe siècle et les premières années du XXIe siècle, des entreprises pharmaceutiques ou d’ingénierie, technologiques, bancaires se sont développées et ont procuré aux jeunes Islandais éduqués, pour la première fois de notre histoire, la possibilité de travailler sur une échelle globale, sans avoir besoin de quitter le pays.

Les banques faisaient partie de cette évolution. Elles se portaient bien. En 2006 et 2007, on a commencé à entendre des critiques. Je me suis demandé alors : que disent les agences de notation ? Elles dressaient pour les banques islandaises un très bon bulletin de santé. Les banques européennes et américaines faisaient toutes du business avec nos banques, et désiraient toutes en faire davantage !

Les agences de notation, les grandes banques, tout le monde avait tort. Et moi aussi. Ce fut une expérience coûteuse, que notre pays a payée très cher : nous avons connu une crise profonde, des émeutes... Nous nous en souviendrons longtemps.

Aujourd’hui, les gens continuent à écouter les agences de notation. Il faudrait leur demander : si vous vous étiez autant trompés sur les banques islandaises, pourquoi auriez-vous raison aujourd’hui sur le reste ?

Ce que vous appelez les « émeutes » ne fait-il pas partie de la nécessaire « approche politique » de la crise, que vous décriviez il y a un instant ?

Je ne dirais pas cela ainsi. L’Islande est une des démocraties les plus stables et sûres du monde, avec une cohésion sociale solide. Et pourtant, à la suite de la faillite financière, la police a dû défendre le Parlement jour et nuit, la Banque centrale, les bureaux du Premier ministre...

Si une crise financière peut, dans un laps de temps très court, plonger un tel pays dans une si profonde crise politique, sociale et démocratique, quelles peuvent être ses conséquences si elle survient dans des pays qui ont une expérience plus courte de stabilité démocratique ? Je peux vous dire que pendant les premières semaines de 2009, quand je me réveillais, ma crainte n’était pas de savoir si on retrouverait ou pas le chemin de la croissance. C’était de savoir si on ne vivait pas l’effondrement de notre communauté politique stable, solide et démocratique.

Mais nous avons eu la chance de pouvoir répondre à toutes les demandes des manifestants : le gouvernement est tombé, des élections ont été organisées, les directions de la Banque centrale et de l’autorité de surveillance des banques ont été remerciées, nous avons mis en place une commission spéciale pour enquêter sur les responsabilités, etc.

Cette idée, répandue dans les sociétés occidentales, que les marchés financiers doivent représenter la part souveraine de notre économie, et devraient être autorisés à grossir sans contrôle et dans la mauvaise direction, avec pour seule responsabilité de faire du profit et se développer... Cette vision est très dangereuse. Ce qu’a démontré l’Islande, c’est que lorsque ce système a un accident, cela a des conséquences politiques et démocratiques dramatiques.

Dans cette approche politique, un projet de nouvelle Constitution a été élaboré par une assemblée de citoyens élus. Il semble que le Parlement ne soit pas pressé de la voter avant les élections du 17 avril. Pensez-vous qu’elle restera mort-née ?

La Constitution actuelle a joué son rôle dans la crise : celui de tenir des élections, d’organiser des réferendums... Cela ne veut pas dire qu’elle est parfaite, elle peut être améliorée.

Avec la crise, le besoin de rénover notre système politique s’est exprimé. On a donc déclenché un processus de réforme constitutionnelle très innovant : une assemblée de citoyens a été élue, les citoyens ont été consultés par Internet... Mais selon moi, ils n’ont pas eu assez de temps : quatre mois seulement. Seuls des surhommes auraient pu faire un texte parfait en seulement quatre mois.

Ces derniers six mois, il y a eu au Parlement un débat, des propositions... Le Parlement va peut-être adopter certaines mesures, ou va peut-être s’entendre sur une façon de poursuivre le processus, ou va adopter une réforme plus complète. Nul ne le sait.

La dévaluation a aidé au redémarrage de l’Islande. L’idée de rejoindre un jour l’euro est-elle écartée à jamais ?

La couronne a été une partie du problème qui a conduit à la crise financière, mais elle a été aussi une partie de la solution : la dévaluation a rendu les secteurs exportateurs (pêche, énergie, technologies...) plus compétitifs, ainsi que le tourisme, bien sûr.

Il y a une chose dont on n’a pas encore bien pris conscience dans les pays d’Europe continentale. Les pays du nord de l’Europe – Groenland, Islande, Grande-Bretagne, Norvège, Danemark, Suède...– n’ont pas adopté l’euro, à part la Finlande. Aucun de ces pays n’a rejoint l’euro.

Et comparativement, ces pays s’en sont mieux tirés, économiquement, pendant ces années qui ont suivi la crise de 2008, que les pays de la zone euro, Allemagne exceptée.

Il est donc difficile d’arguer aujourd’hui que l’adhésion à l’euro est une condition indispensable à la réussite économique. Pour ma part, je ne vois pas d’argument nouveau qui justifierait l’adhésion de l’Islande à l’euro.

Adieu la banque : où les jeunes Islandais ayant fait des études supérieures vont-ils être employés ?

Les banques, que ce soit en Islande ou ailleurs, sont devenues des entreprises très technologiques, employant de nombreux ingénieurs, informaticiens, mathématiciens. Elles ont détourné les talents des secteurs innovants, comme les hautes technologies ou les technologies de l’information.

Après la chute des banques, ces talents se sont retrouvés sur le marché du travail. En six mois, ils avaient tous été embauchés... Et les entreprises technologiques ou de design se sont développées très rapidement depuis trois ans. Des centaines de nouvelles compagnies ont été créées. Je suis heureux de constater que les jeunes générations ont répondu à la crise de façon très créative.

Morale de l’histoire, si vous voulez que votre économie soit compétitive sur le secteur des technologies innovantes, le fait d’avoir un gros secteur bancaire est une mauvaise nouvelle, même s’il est performant.

Un ingénieur des Ponts et Chaussées pour diriger le cabinet de Delphine Batho Ministère de l’écologie Reporterre 2013/03/04 Ministère de l’écologie (4 mars 2013) Un ingénieur des Ponts et Chaussées pour diriger le cabinet de Delphine Batho. Reporterre. fr

Un ingénieur des Ponts et Chaussées pour diriger le cabinet de Delphine Batho

Le corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées joue un rôle des plus néfastes dans l’encouragement aux grands projets inutiles. C’est donc un ingénieur des Ponts et Chaussées que la ministre de l’Ecologie a nommé à la tête de son cabinet.

Après une première période marquée par l’installation de la nouvelle équipe et la mise en route de nombreux chantiers, l’année 2013 constituera, pour le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, une nouvelle étape pour accomplir les grands projets de la transition énergétique, de la création de l’agence française de la biodiversité et de la mise en œuvre d’une fiscalité écologique notamment.

Delphine BATHO remercie Pierre CUNÉO pour la qualité du travail accompli comme directeur de cabinet tout au long de ces premiers mois consacrés à la mise en route d’une nouvelle politique de l’écologie et de l’énergie. Il a su avec dynamisme et beaucoup d’engagement personnel contribuer notamment à la réussite de la conférence environnementale et des premières décisions. Pierre CUNÉO sera appelé à de nouvelles fonctions importantes à partir de la mi-mars.

La Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie a demandé à Gilles RICONO de prendre la direction de son cabinet à partir du 15 mars. Jusqu’ici Directeur général des services de la région Bretagne depuis 2004, Gilles RICONO est ingénieur général des Ponts et Chaussées. Il a été successivement Directeur départemental de l’Équipement, Préfet, directeur des Cabinets ministériels de Louis BESSON puis de Jean-Claude GAYSSOT, et Président de section du Conseil général des Ponts et Chaussées.

Paquita MORELLET-STEINER, Conseillère d’Etat, directrice de cabinet adjointe, sera chargée à ses côtés notamment des grands chantiers de la modernisation du droit de l’environnement et de la réforme du code minier.

La France importe beaucoup d’électricité d’Allemagne AFP Reporterre 2013/03/04 AFP (4 mars 2013) La France importe beaucoup d’électricité d’Allemagne. Reporterre. fr

La France importe beaucoup d’électricité d’Allemagne

« En raison de l’essor de la production d’électricité éolienne et solaire en Allemagne, qui créée à certaines heures des surplus d’électricité bon marché sur le réseau allemand, il est parfois plus intéressant pour les fournisseurs d’électricité français d’importer du courant d’Allemagne que d’en produire eux-mêmes. »

Les importations nettes d’électricité de la France en provenance d’Allemagne ont atteint en janvier un plus haut depuis fin 2010, selon des données publiées lundi 25 février par RTE, l’entreprise qui coordonne les échanges d’électricité entre la France et les pays voisins.

En janvier 2013, la France a exporté 169 gigawattheures (GWh) d’électricité vers l’Allemagne et en a importé parallèlement 1.739 GWh, soit un solde importateur de 1.570 GWh, indique RTE dans son « aperçu » mensuel du système électrique français.

« Le solde mensuel avec l’Allemagne reste importateur depuis octobre 2011 », et « il atteint même son niveau le plus élevé observé depuis décembre 2010, dépassant le solde de février 2012 », souligne RTE. Et cela alors même que le pic de consommation d’électricité en janvier s’est établi à 92,6 gigawatts, bien en-dessous du record historique de février 2012 (102,1 GW).

Alors qu’autrefois, la France n’était importatrice nette vis-à-vis de l’Allemagne qu’en période de grand froid, pour couvrir les éventuels déficits de production nationale durant les pics de consommation d’électricité, la France importe désormais très régulièrement du courant produit outre-Rhin, pour des raisons principalement économiques.

En effet, en raison de l’essor de la production d’électricité éolienne et solaire en Allemagne, qui créée à certaines heures des surplus d’électricité bon marché sur le réseau allemand, il est parfois plus intéressant pour les fournisseurs d’électricité français d’importer du courant d’Allemagne que d’en produire eux-mêmes.

RTE (Réseau de transport d’électricité), filiale quasi-autonome d’EDF, gère le réseau français de lignes à haute tension ainsi que les interconnexions qui permettent d’échanger du courant avec les pays voisins.

Les Rendez-vous de l’Anthropocène Par Julien villalard Reporterre 2013/03/04 Par Julien villalard (4 mars 2013) Les Rendez-vous de l’Anthropocène. Reporterre. fr

Les Rendez-vous de l’Anthropocène

Cycle de débats publics organ­isé par les enseignants du sémi­naire « His­toire de l’Anthropocène » de l’Ehess (Cen­tre Alexan­dre Koyré) et l’Institut Momen­tum, en parte­nar­iat avec la revue Entropia, Medi­a­part, La Fon­da­tion Sci­ences Citoyennes, Attac, et le Fes­ti­val des Utopies Concrètes.

Depuis les débuts de l’époque indus­trielle, une par­tie de l’humanité s’est érigée en force géo­physique toute-puissante, au point qu’aujourd’hui tous les cycles de la biosphère sont mod­i­fiés par les activ­ités humaines. L’Anthropocène, qui désigne une péri­ode géologique nou­velle liée à la com­bus­tion de char­bon, de pét­role et d’uranium dans les machines ther­miques, s’illustre par des boule­verse­ments et une accéléra­tion sans précé­dent.

Au point qu’aujourd’hui, tous les cycles de la biosphère sont mod­i­fiés par les activ­ités humaines — cycle du car­bone, de l’eau, du phos­phore, six­ième crise d’extinction de la bio­di­ver­sité… La Terre sort de la zone de sta­bil­ité de l’Holocène qui a vu s’épanouir les civil­i­sa­tions. Pourra-t-on éviter l’impasse de l’Anthropocène ? Quel sujet cos­mopoli­tique et quelles résis­tances cette péri­ode fait-elle émerger ?

Ven­dredi 15 mars — « Com­ment nous avons engagé la sor­tie de l’Anthropocène »

Con­férence ges­tic­ulée de Désiré Prunier (précédée d’une présen­ta­tion générale du cycle de débats).

Retour vers le futur… Com­ment aurons-nous réussi à sur­mon­ter les crises de l’Anthropocène ?… Com­ment aurons-nous mené cette grande tran­si­tion, mal­gré les aveu­gle­ments, les oppo­si­tions, les indif­férences, les résig­na­tions d’alors ? Désiré Prunier vient témoigner de son expérience…

Jeudi 21 mars — Bien­v­enue dans l’Anthropocène…

Bifur­ca­tion, accéléra­tion, résistances

Débat avec Christophe Bon­neuil (Sémi­naire « His­toire de l’ anthropocène », Cen­tre Alexan­dre Koyré, Ehess) et Alain Gras (Revue Entropia), présenté par Agnès Sinaï (Insti­tut Momentum).

Lundi 15 avril — Sor­tir de l’industrialisme His­toire et actu­al­ité des pen­sées et pra­tiques anti-industrielles

Débat avec François Jar­rige (Maître de Con­férence, Uni­ver­sité de Dijon), Philippe Bihouix (Insti­tut Momen­tum), présenté par Jean-Baptiste Fres­soz (Sémi­naire « His­toire de l’anthropocène », Ehess).

Mer­credi 17 avril — Pénurie et démocratie

Energie, démoc­ra­tie, équité

Débat avec Mathilde Szuba (Insti­tut Momen­tum), Julien Vin­cent (Uni­ver­sité Paris 1-Sorbonne) , présenté par Jade Lindgaard (Médiapart).

Lundi 22 avril — Jar­diner la planète après l’âge du pétrole

Descente énergé­tique pour l’agriculture et l’alimentation ; éthique per­ma­cul­turelle ; impor­tance des ini­tia­tives actuelles de relo­cal­i­sa­tion ; quels imag­i­naires fer­tiles de la terre ?

Débat avec Per­rine Hervé-Gruyer (Ferme du Bec Hel­louin), Jean-Claude Besson-Girard (Entropia), Gilles Clé­ment (paysag­iste et jar­dinier), présenté par Alice Le Roy (Insti­tut Momentum).

Mer­credi 24 avril — L’imaginaire extractiviste

Fièvre des éner­gies non con­ven­tion­nelles ; mou­ve­ments anti-extractivistes ; droits de la nature et Pachamama

Débat avec Anna Bed­nik (ALDEA, Alter­na­tives au Développe­ment Extrac­tiviste et Anthro­pocen­tré), Maxime Combes (Attac), présenté par Jean-Baptiste Fressoz.

Mer­credi 15 mai — La décrois­sance joyeuse

Expéri­ences passées et ini­tia­tives de sobriété et décrois­sance par en bas, pop­u­laire et joyeuse, aux antipodes d’une éco-technocratie

Débat avec Paul Ariès (auteur de Le social­isme gour­mand), Luc Semal (Insti­tut Momen­tum), Michel Lep­e­sant (auteur de Notre gauche n’est pas pro­duc­tiviste, et prati­cien d’une mon­naie locale dans la Drôme), animé par Aurélie Trouvé (Attac).

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Entrée libre, inscrip­tion req­uise par cour­riel à : anthropocene@laposte.net

Amphithéâtre du 105 Bd Ras­pail (Ehess), 75006 Paris, 19h-21h.

Les con­férences seront ouvertes et clô­turées par des poèmes lus par Clara Breteau.

Ren­seigne­ments et inscrip­tions au sémi­naire « Une his­toire de l’anthropocène. Cap­i­tal­isme, techno­science et nature aux XIXe et XXe siè­cles » ici.

Notre Dame des Landes : Elise et Erwan condamnés par le tribunal, ils font appel Geneviève Coiffard-Grosdoy Reporterre 2013/03/05 Geneviève Coiffard-Grosdoy (5 mars 2013) Notre Dame des Landes : Elise et Erwan condamnés par le tribunal, ils font appel. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : Elise et Erwan condamnés par le tribunal, ils font appel

Elise et Erwan avaient manifesté nus contre le projet d’aéroport. Le tribunal de Saint Nazaire les a condamnés à 15 jours de prison avec sursis. Ils font appel.

- Reportage, Saint Nazaire

Petit rassemblement ce mardi 5 mars à 14h devant le tribunal de St-Nazaire, pour le rendu du jugement de nos deux Camille (à barbe et à couettes). Contrairement à l’audience qui avait eu lieu le 12 février, ils n’ont pas souhaité aujourd’hui une très forte mobilisation, sachant que nous sommes pris sur tant de fronts.

Mais les fidèles sont là. Juste devant l’entrée du tribunal, trois confortables fauteuils relax/ chaises longues... et des slogans :

’Nous somm’s venus chercher La relaxe, la relaxe tout autre jugement serait iniquité...’

Plus quelques remarques sur tous ces pharmaciens qui, sans être jamais inquiétés, étalent dans leur devanture des femmes dénudées pour vendre des produits de bronzage cancérigènes...

Arrivent nos deux Camille. Ovationnés, ils entrent dans le tribunal.

C’est très bref, Camille à couettes sort la première, secouée quand même par cette condamnation : ils sont reconnus coupables (on ne sait toujours pas bien de quoi !) et condamnés à 15 jours de prison avec sursis, sans amende (la réquisition était de un mois et 200 euros d’amende).

Puis sortent Maître Le Moigne, et Camille à barbe. L’avocat a immédiatement interjeté appel. L’audience aura lieu à Rennes avec un délai de l’ordre de six mois.

’En appel on aura La relaxe, la relaxe...’

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Note :

Selon Ouest-France, l’avocat d’Erwan et Elise, Me Erwan Lemoigne, a indiqué qu’il faisait aussitôt appel de cette décision. « Nous avons apporté la preuve que le délit n’est pas constitué sur le plan juridique. Espérons que la juridiction rennaise aura un peu plus de recul car il est clair qu’à Saint-Nazaire le rapport de force n’est pas en faveur des militants. »

Lyon Turin : en Italie, le mouvement No TAV est entré au Parlement Coordination des Opposants au Lyon-Turin Reporterre 2013/03/05 Coordination des Opposants au Lyon-Turin (5 mars 2013) Lyon Turin : en Italie, le mouvement No TAV est entré au Parlement. Reporterre. fr

Lyon Turin : en Italie, le mouvement No TAV est entré au Parlement

Le premier enseignement de l’élection italienne est que Mario MONTI est le personnage politique italien le moins représentatif, il a été désavoué par les urnes, il n’avait d’ailleurs jamais été élu.

Il est le signataire de la déclaration commune franco-italienne sur le projet de nouvelle ligne entre Lyon et Turin qui n’a pas eu plus d’effet que celui d’un « show » médiatique le 3 décembre dernier.

C’est une nouvelle preuve de la manière dont est géré ce dossier : des prévisions fausses, la politique du fait accompli, des engagements pris par des hommes politiques désavoués, des cabinets d’études dépendants des maîtres d’ouvrage, des conflits d’intérêt...

La grand messe du 3 décembre 2012 avec un homme politique italien autoproclamé puis rejeté par les urnes prend là toute sa mesure.

Le second enseignement à tirer de cette élection est l’entrée au Parlement et au Sénat italiens de membres du mouvement NO TAV (opposants au Lyon Turin). Ils figuraient sur les listes « Gauche Écologie et Liberté » et du ’« Mouvement 5 étoiles ».

Ainsi en Italie comme en France maintenant, la voix des opposants pourra enfin s’exprimer dans les assemblées parlementaires.

C’est également la preuve d’un fort mouvement d’opposants italiens au Lyon-Turin, contrairement aux caricatures le présentant comme celui de quelques excités venus de l’étranger.

Les faits sont décidément têtus car les trafics de marchandises entre la France et l’Italie ne cessent de diminuer, les alternatives immédiates pour diminuer le trafic routier existent et ne sont pas mises en oeuvre malgré les capacités de la ligne existante et les possibilités de transports maritimes.

C’est cela qui est de plus en plus dénoncé en France et en Italie au sein même des assemblées parlementaires.

Mais pour faire avancer un projet inutile, qui ne créera que des déficits publics supplémentaires et pour lequel on vient d’apprendre que les études sur l’exploitation économique n’ont pas été faites, les promoteurs et lobbyistes du Lyon-Turin ont choisi l’homme le moins représentatif de l’Italie : Mario Monti.

Tant en Italie qu’en France, il faut aujourd’hui compter au sein des assemblées parlementaires avec une opposition au Lyon-Turin. Un projet insoutenable pour les finances publiques, inadapté aux besoins et aux priorités.

Trop de tout, trop vite, trop mal Samsara Reporterre 2013/03/05 Samsara (5 mars 2013) Trop de tout, trop vite, trop mal. Reporterre. fr

Trop de tout, trop vite, trop mal

Voici des images comme on n’en avait plus vu depuis le film Koyaanisqatsi : les images d’un monde frénétique, déshumanisé, où le vivant devient matière, et où l’humain se perd dans la vitesse et la surconsommation. Cela dure six minutes. Voyez.

Images provenant du film Samsara : Samsara est un mot tibétain qui signifie la roue de la vie, un concept à la fois intime et vaste, qui définit l’âme de chacun.

Le film sort en France le 27 mars : infos chez ARP Sélection

Les médecins de Paris s’alarment de la pollution atmosphérique Appel des médecins de Paris Reporterre 2013/03/05 Appel des médecins de Paris (5 mars 2013) Les médecins de Paris s’alarment de la pollution atmosphérique. Reporterre. fr

Les médecins de Paris s’alarment de la pollution atmosphérique

Les dernières données publiées confirment l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé des habitants des grandes villes.

La prévalence de l’asthme a progressé de 20% chez les enfants tandis que les personnes âgées et plus vulnérables voient leur risque cardiovasculaire et respiratoire augmenter.

La relation entre l’exposition aux particules fines, la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires avait été établie par les travaux de l’American Heart Association ; l’étude européenne Aphekom la confirme.

Le Centre international de recherches sur le cancer (OMS) de Lyon a décidé le classement des particules fines en cancérogènes certains.

L’INVS évalue à 3 000 le nombre de décès annuels évitables par l’amélioration de la qualité de l’air des 9 principales villes françaises.

Les pathologies d’irritation des voies aériennes supérieures : pharyngites, trachéites, toux chroniques touchent de plus en plus nos patients.

Au total, ce sont 8 mois d’espérance de vie que la pollution de l’air retire à chaque Parisien.

La qualité de l’air à Paris s’est dégradée au point que l’Union européenne a entamé une procédure de sanctions contre la France qui aboutira quasi certainement au paiement de lourdes pénalités financières.

Nous, médecins parisiens, refusons l’indifférence face à cette atteinte à la santé de nos patients.

Nous alertons les pouvoirs publics sur la gravité de la situation.

Nous demandons que la santé de nos patients soit reconnue comme une priorité dans les décisions relatives à la pollution de l’air.

Nous demandons à l’Etat et à la Ville de Paris d’agir ensemble pour améliorer la qualité de l’air.

Nous appelons à une réglementation plus protectrice de la santé de la population, en accord avec les données scientifiques actuelles.

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Si vous êtes médecin, signez cet appel par simple e-mail à : appelmedecinsparis@gmail.com, en précisant vos Nom, Prénom, spécialité et arrondissement. Appel des médecins de Paris. ...................................................................................................

Premiers signataires :

Dr Bernard Jomier, généraliste. Dr Thomas Tarjus, généraliste. Dr Judith Adrien, ORL. Dr Mathilde Andlauer, généraliste. Dr Ghislaine Audran, généraliste. Dr Pierre Burtschell, généraliste. Dr Nathalie Caron, généraliste. Dr Maxime Catrice, généraliste. Dr Catherine Chaumie, généraliste. Dr Marie Chevillard-Hauguel, généraliste. Dr Hélène Corte, chirurgien. Dr Maddy Denantes, généraliste. Dr Gauthier Desmarchelier, généraliste. Dr Valérie Douillard, généraliste. Dr Aude Dunand, généraliste. Dr Martin Duteurtre, généraliste. Dr Laurent Feldmann, généraliste. Dr Marina Karmochkine, médecine interne. Dr Anaïs Laforest, chirurgien. Dr Marina Lavigne, généraliste. Dr Claudine Maari, généraliste. Dr Alex Maire, généraliste. Dr Olivier Margelisch, généraliste. Dr Anna Maruani, généraliste. Dr François Myara, généraliste. Dr Sabine Nizery, généraliste. Dr Ismael Nureni, généraliste. Dr Evelyne Renault-Tessier, généraliste. Dr Pascale Rolland, généraliste. Dr Frédéric Sorge, généraliste. Dr Olivier Tauléra, généraliste. Dr Bernard Topuz, santé publique. Dr Anne Vellay, généraliste.

Procès en rafale contre des antinucléaires Des inculpés Reporterre 2013/03/05 Des inculpés (5 mars 2013) Procès en rafale contre des antinucléaires. Reporterre. fr

Procès en rafale contre des antinucléaires

Presque vingt-six ans jour pour jour après le désastre de Tchernobyl, une petite centaine de personnes est venue s’attaquer, le 25 avril 2012, à une tentacule du nucléaire dans la région, un pylône de la ligne à très haute tension Cotentin-Maine.

Neuf mois après, cinq personnes sont sommées de se présenter à la gendarmerie de leur domicile (Rennes, Plélan-le-Grand, Coutances, Paris, Le Mans). Mis en garde à vue pour vingt-quatre heures renouvelables, mais finalement relâchés dans la journée, nous sommes poursuivis pour dégradations en réunion sur un bien d’utilité publique et refus de donner notre ADN.

Pour défendre une industrie qu’il ne voudrait voir souffrir d’aucune critique, l’État fait jouer son arsenal judiciaro-policier. Nous nous retrouvons sur le banc des accusé(e)s ainsi que d’autres, concernés tant par l’opposition à la THT que par les blocages de trains de déchets nucléaires (Valognes et Caen).

On aurait pourtant tendance à penser, deux ans après la catastrophe en cours de Fukushima, que c’est l’industrie nucléaire dans son ensemble qui est condamnable par son inconséquence - des dégâts incommensurables occasionnés par les mines d’uranium et par son enrichissement à ceux de la ligne THT, en passant par l’exploitation erratique des centrales, les tares du retraitement et la longue aventure du stockage des déchets...

L’action menée ce jour-là paraît bien anodine, mais hautement symbolique, à côté de tous les maux qu’ont entraînés, qu’entraînent et qu’entraîneront l’industrie nucléaire et ses lignes à très haute tension.

Procès à venir :

- 3 et 4 mars à Caen : procès en appel du GANVA, pour le blocage du train de déchets nucléaires en novembre 2010.

- 18 et 19 mars à Caen : deux appels suite à l’action contre le train de déchets nucléaires à Valognes en novembre 2011.

- 21 mars à Laval : notre procès.

- 22 mars à Laval : procès d’un anti-THT venu constater l’intrusion de RTE et de la gendarmerie sur une propriété privée.

- 22 mars à Caen : procès en appel suite au camp anti-THT de Montabot.

Fonds de soutien : chèques à l’ordre de l’APSAJ - Association pour la solidarité et l’aide juridique, APSAJ, 6, cours des alliés, 35000 Rennes.

En Russie, la Société générale soutient le projet de deux réacteurs nucléaires dangereux Les Amis de la Terre Reporterre 2013/03/06 Les Amis de la Terre (6 mars 2013) En Russie, la Société générale soutient le projet de deux réacteurs nucléaires dangereux. Reporterre. fr

En Russie, la Société générale soutient le projet de deux réacteurs nucléaires dangereux

Un projet de deux centrales nucléaires a été annoncé en 2008 dans l’enclave russe de Kaliningrad qui donne sur la mer Baltique, à 10 kilomètres de la frontière avec la Lituanie.

Les Amis de la Terre France, Banktrack et de nombreuses organisations de la société civile s’opposent au projet pour de nombreuses raisons :

APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE DE LA RÉGION

Les écologistes locaux ont révélé en 2009 un rapport confidentiel de l’industrie nucléaire qui suggérait que l’électricité soit exportée dans les pays voisins et qu’une infrastructure chère soit construite à cette fin, pour un coût total proche de 10 milliards d’euros. Selon les échos de la presse locale, la région n’aurait pas besoin d’énergie supplémentaire car d’autres constructions sont déjà en cours pour répondre à la hausse de la demande énergétique envisagée. Le projet est en fait destiné à pénétrer le marché européen de l’électricité.

OPPOSITION DE LA POPULATION LOCALE AU PROJET

Opinion publique locale opposée au projet depuis son annonce en 2007. 67 % d’opposition d’après un sondage réalisé en 2007 auprès des résidents locaux.

Le parlement local a empêché les écolos locaux d’organiser un référendum local sur le projet à quatre reprises.

OPPOSITION DES PAYS VOISINS AU PROJET

Les pays voisins sont aussi opposés au projet. La Lituanie a beaucoup critiqué le projet et promet de passer une loi européenne empêchant d’importer de l’électricité de Kaliningrad dans l’UE. Les lituaniens ont voté à une forte majorité contre le nucléaire lors d’un référendum en 2012. Aucun de ces pays n’a besoin de cette électricité.

ETUDE D’IMPACT ENVIRONNEMENTALE BÂCLÉE

L’EIE présentée en 2009 présentait de fausses informations, d’autres exigées par la loi russe étaient manquantes. L’EIE ne traite pas de potentielles alternatives, ne parle pas du démantèlement, de l’analyse de l’impact d’un accident nucléaire. L’EIE ne respecte donc pas la loi russe. Manque de respect des normes démocratiques pour ce type de projet avec 200 citoyens locaux qui furent empêchés de participer aux auditions des EIE par les organisateurs et Rosatom à Oblast. Proximité avec le parc national de Rambyno à 10 km de là.

D’autant plus que ce type de réacteur VVER 1200 est nouveau et n’a encore jamais été utilisé ni vérifié par des régulateurs indépendants dans l’UE.

LA NAPPE PHRÉATIQUE EST TRÈS PROCHE de la surface à l’endroit où est prévue la centrale et les recherches géologiques n’ont pas été faites correctement.

RISQUES ÉLEVÉS DE CORRUPTION sur ce type de projet selon Transparency International, et donc d’utilisation de matériaux de construction moins chers comme sur une autre centrale russe récente.

RISQUES D’ACCIDENT NUCLÉAIRE, et problème de la gestion des déchets nucléaires qu’il est prévu d’envoyer en Sibérie… dans une installation qui n’existe pas encore et qui n’est pas prévue d’être construite officiellement !

IMPACT NÉGATIF SUR L’ÉCONOMIE LOCALE BASÉE SUR L’AGRICULTURE

De plus, ce projet nucléaire a entrainé l’abandon d’un projet éolien sur la côte de la mer Baltique dans la région et d’autres recherches du potentiel de renouvelables.

La Société Générale est impliquée dans le projet comme agent responsable du développement d’une transaction bancaire depuis 2011 pour attirer des investisseurs étrangers.

Le Préfet s’oppose au projet d’aéroport : « pas justifié », écrit-il Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/03/06 Hervé Kempf (Reporterre) (6 mars 2013) Le Préfet s’oppose au projet d’aéroport : « pas justifié », écrit-il. Reporterre. fr

Le Préfet s’oppose au projet d’aéroport : « pas justifié », écrit-il

« Aucune relance d’une réflexion sur un nouveau site aéroportuaire n’est donc aujourd’hui justifiée » : le préfet de région s’oppose au projet d’aéroport, reprenant point par point les arguments des opposants à Notre Dame des Landes. Mais c’est... à Toulouse. Un fort document, que Reporterre est heureux de verser au débat.

Cela se passe dans une belle région de France. Depuis de longues années, on y parle d’un projet d’aéroport. Où en est-on, se demandent les élus ? Ils interrogent le Préfet de la région.

Et celui-ci lui répond point par point :

- de nombreuses études ont été menées entre 2000 et 2006 : mais « depuis, de nouveaux éléments sont apparus et doivent être pris en considération » ;

- en effet, explique le Préfet, même si le trafic de l’aéroport existant a fortement augmenté, le nombre de passagers par avion s’est accru si bien qu’il y a « un nombre de mouvements moins importants que prévu » ;

- de surcroît, poursuit-il, on a restreint les vols de nuit et il y a un « effort continu d’amélioration des performances acoustiques de nouvelle génération », si bien que l’on peut penser que « le développement du trafic de l’aéroport (...) restera cohérent avec le Plan d’exposition au bruit actuel » ;

- de plus, on peut décharger une partie du trafic de l’aéroport sur un aéroport voisin ;

- enfin, explique le représentant de l’Etat, « le projet de lignes ferroviaires à grande vitesse (...) se poursuit normalement ».

Au total, conclut Henri-Michel Comet, préfet de région, « aucune relance d’une réflexion sur un nouveau site aéroportuaire n’est donc aujourd’hui justifiée ».

Cela vous rappelle quelque chose, n’est-ce pas ? Autant d’arguments parfaitement valables pour l’aérport de Nantes... mais c’est de l’aéroport de Toulouse Blagnac, que parle Henri-Michel Comet, préfet de la région Midi-Pyrénées.

Lisez sa lettre :

Réforme de la politique agricole : ça part mal, interpellez vos députés ! Terre de Liens Reporterre 2013/03/06 Terre de Liens (6 mars 2013) Réforme de la politique agricole : ça part mal, interpellez vos députés !. Reporterre. Tribune — fr

Réforme de la politique agricole : ça part mal, interpellez vos députés !

La réforme de la Politique agricole commune (PAC) se poursuit dans l’indifférence. La semaine prochaine mars, l’Europe va prendre des décisions importantes. Et pour l’instant, elles partent dans le mauvais sens. Il est encore d’agir pour peser.

Au début de l’été 2013, l’Union Européenne doit acter la réforme de sa Politique Agricole Commune (PAC) pour les sept prochaines années. Celle-ci [revient en discussion le 12 mars] au Parlement européen.

Cela nous concerne tous, car les choix politiques vont avoir des conséquences sur la qualité des aliments produits en Europe et leur adéquation avec nos besoins mais aussi sur l’environnement : pollution de l’air et de l’eau, changement climatique, biodiversité…

Avec 12 réseaux associatifs partenaires (dont la Confédération paysanne et la Fédération de l’agriculture biologique et Terre de Liens), la Fondation Nicolas Hulot a lancé mercredi 20 février la campagne « I field good » (traduisez « j’me champ bien ») pour informer et sensibiliser les citoyens sur les enjeux de cette réforme et leur proposer de signer une pétition pour faire pression sur les négociations en cours.

La réforme de la politique agricole commune était bien partie et des rééquilibrages intéressants ont émergé pour rendre l’agriculture européenne plus écologique et créatrice d’emplois en agriculture. Mais la proposition de la Commission européenne est en train d’être vidée de son contenu par les députés européens sous la pression des lobbies agrochimiques et les syndicats d’agriculteurs.

Le Parlement européen doit voter le texte de réforme de la Pac en mars, avant l’ouverture de négociations avec les Etats prévues jusqu’en juin. Faites connaître votre point de vue en signant la pétition.

Agissez auprès de les députés. Une aide à l’interpellation ici.

Participez à la manifestation prévue à Strasbourg le 12 mars prochain.

Complément d’information : Pour une autre Pac.

Les sages ou les fous : et si la poésie nous guidait... Christine Arfeuilleres Reporterre 2013/03/06 Christine Arfeuilleres (6 mars 2013) Les sages ou les fous : et si la poésie nous guidait.... Reporterre. Tribune — fr

Les sages ou les fous : et si la poésie nous guidait...

Un jour, un pêcheur triste édifia une maison bizarre et inspirée. Ce qui, par un détour vagabond de la pensée, conduit aux dessins de Folon, et au rappel de l’indispensable poésie pour comprendre le monde.

A Dives-sur-mer, près d’Houlgate (Calvados), il y avait une petite maison bleue recouverte de créations prolifiques (un peu comme « le facteur Cheval »), sculptures, mosaïques...

L’artiste propriétaire était un simple pêcheur, comme autrefois, dont la vie avait été bouleversée quand les Russes on envoyé dans l’espace, ficelée à bord d’un Spoutnik, la petite chienne Laïka, cobaye malgré elle, d’un voyage que l’on savait sans retour. De ce jour il n’avait cessé de pleurer et de recouvrir sa petite maison d’hommages à Laïka.

J’ai récemment travaillé pour ceux qui, un jour ou l’autre, disjonctent et s’évadent du réel comme ils le peuvent. On parle de maladie mentale, de souffrance psychique... On ne comprend pas toujours leur message.

Et puis, les merveilleux dessins de Folon me sont revenus en mémoire.

Il me semble qu’il nous faut re-visiter l’oeuvre de Folon et s’inspirer de cette poésie pour remuer nos politiciens et leur monter le chemin des vraies chances de la vie, des vraies énergies qui sont nos trésors, de la vraie croissance.

Les dessins de Folon en disent plus long que tous les discours sur la fragilité humaine, nos désirs grandioses, nos minuscules prouesses et nos vanités, « poussières d’étoile » selon H.Reeves.

Nous ne sommes que des rêveurs sans tête ni mémoire. Mais il y a une richesse en nous qui s’appelle la sensibilité, l’amour - amour d’autrui, amour de la beauté de cette planète, paradis perdu dans l’infini du cosmos. Un paradis que personne ne pourra jamais échanger contre tout l’or du monde : l’amour qui éloigne les guerres, les peurs, les jalousies mortelles.

Oui, Folon est un interprète universel, comme beaucoup d’autres sages poètes, musiciens, ermites ou vagabonds. Sages, ou fous : prenons-les pour guides et porte-paroles... Organisons des expos poétiques pour un avenir de paix et d’amour partagé.

Bonne nuit, malgré toutes les menaces et les mauvais jours, un beau matin, le ciel redevient bleu...

Le ministre de l’économie « de gauche » embauche des hauts fonctionnaires de droite Laurent Mauduit (Marianne) Reporterre 2013/03/06 Laurent Mauduit (Marianne) (6 mars 2013) Le ministre de l’économie « de gauche » embauche des hauts fonctionnaires de droite. Reporterre. fr

Le ministre de l’économie « de gauche » embauche des hauts fonctionnaires de droite

« Ministre des Finances socialiste mais conduisant une politique résolument orientée à droite cherche inspecteurs des finances pour l’épauler. Qualité requise : avoir servi avec zèle Nicolas Sarkozy. Hauts fonctionnaires de gauche s’abstenir »... Cette petite annonce incongrue, le patron de Bercy, Pierre Moscovici, n’a pas eu le mauvais goût de l’afficher sur les murs de son ministère. Pour être honnête, elle est même fictive.

Pourtant, elle résume la situation dans laquelle se trouve plongée la direction du Trésor : avec l’assentiment de son ministre de tutelle, cette administration prestigieuse, qui a la haute main sur la politique économique, est tombée entre les mains d’une camarilla de hauts fonctionnaires dont beaucoup sont des sarkozystes militants.

En cherche-t-on une illustration, en voici une qui fait beaucoup jaser, ces temps-ci, dans le petit microcosme de la haute fonction publique, à Bercy. Le directeur du Trésor, Ramon Fernandez, a discrètement informé Pierre Moscovici qu’il souhaite promouvoir une dénommée Delphine d’Amarzit au poste de chef du service du financement de l’économie. Et, selon de bonnes sources, le ministre des Finances s’est empressé de lui donner son accord.

Où est le mal ? En fait, dans la tradition démocratique française, qui ignore le spoil system à l’américaine - c’est-à-dire le changement de la haute administration avec l’alternance politique -, la neutralité de la haute fonction publique est conçue comme le gage de l’impartialité de l’Etat. Il est donc fréquemment arrivé que des ministres des Finances de gauche travaillent en bonne intelligence avec des directeurs du Trésor de droite - le cas le plus célèbre est celui de Pierre Bérégovoy qui a gardé Jean-Claude Trichet à ses côtés.

Mais cette neutralité a longtemps eu un prolongement naturel : la haute fonction publique devait être à l’image de la société, composite et pluraliste. Longtemps, à la direction de la prévision, il y a eu ainsi des hauts fonctionnaires libéraux mais d’autres étaient ancrés à gauche - Michel Rocard ou le communiste Anicet Le Pors en ont été, en d’autres temps, des figures connues.

Et, à la direction du Trésor, il a longtemps été de notoriété publique que les hauts fonctionnaires se partageaient en deux grandes sensibilités, celle des balladuriens et sarkozystes, d’un côté, et, de l’autre, les fidèles de l’ancien ministre des Finances, Michel Sapin, et son ex-directeur de cabinet, Thierry Aulagnon.

Or, ce temps-là est bien révolu. Et la direction du Trésor, temple de la « pensée unique », est devenue radicalement de droite. Au sommet de la pyramide, il y a d’abord Ramon Fernandez, le directeur du Trésor. Conseiller à l’Elysée sous le précédent quinquennat et figurant parmi les « chouchous » de Nicolas Sarkozy, il a été propulsé par ce dernier à ce poste en mars 2009. Depuis, il coule des jours heureux à Bercy, entretenant désormais avec Pierre Moscovici des relations plus que confiantes : quasiment complices.

Sous son autorité, sur les cinq services qu’il supervise, le principal et le plus stratégique d’entre eux, qui a en charge le financement de l’économie, va donc être confié à Delphine d’Amarzit. Sarkozyste elle aussi, elle a été de 2007 à 2009 la conseillère de François Fillon à Matignon pour les affaires économiques et financières. Elle est par ailleurs très proche de François Pérol, l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy qui est devenu patron de BPCE.

Sa nomination prochaine est d’autant plus surprenante que le numéro deux de ce même service, Corso Bavagnoli, a, lui aussi, exactement le même pedigree. Aujourd’hui sous-directeur en charge des banques et du financement de l’intérêt général, il a succédé à Delphine d’Amarzit en 2009, quand elle a quitté Matignon.

Or, à la direction du Trésor, ce service du financement de l’économie s’occupe des dossiers du logement, de ceux de la régulation des banques et des assurances ou encore, comme son nom l’indique, de celui du financement de l’économie. C’est donc lui qui a la responsabilité de préparer quelques-unes des réformes les plus emblématiques défendues par François Hollande pendant la campagne présidentielle, qu’il s’agisse de la partition des banques entre activités commerciales et activités spéculatives, de la Banque publique d’investissement ou encore du doublement du plafond du Livret A.

Du même coup, on en vient naturellement à se poser ces questions : si beaucoup de ces réformes ont capoté ou ont tourné court, est-ce parce que cette camarilla monocolore de hauts fonctionnaires dispose toujours de la réalité du pouvoir au sein de la plus stratégique des directions de Bercy ? Ou, à l’inverse, mettant le cap sur le social-libéralisme, le gouvernement a-t-il trouvé en eux les hauts fonctionnaires les mieux à même de mettre en chantier ses réformes ?

En vérité, cela revient au même. Dans un cas comme dans l’autre, c’est la mise en œuvre du sinistre principe oligarchique que Tancredi professe à l’oreille de son oncle, le prince de Salina, dans Le Guépard, de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

Rien donc que de très logique. Voudrait-on que Pierre Moscovici enrôle des hauts fonctionnaires de gauche ? Les idiots ! Ils pourraient être tentés de rechercher les voies d’une politique économique alternative...

L’Ecole des Mines occupée par les antinucléaires Collectif de soutien à la chaîne humaine du 9 mars Reporterre 2013/03/06 Collectif de soutien à la chaîne humaine du 9 mars (6 mars 2013) L’Ecole des Mines occupée par les antinucléaires. Reporterre. fr

L’Ecole des Mines occupée par les antinucléaires

Le « Collectif de soutien à la chaîne humaine du 9 mars » a pénétré plusieurs heures dans les locaux de l’école des mines à Paris, afin de dénoncer l’implication historique de cette école dans la fabrique des futures élites du nucléaire français.

STOP à la fabrique des parrains de la mafia du nucléaire !

Ce samedi 9 mars 2013, une chaîne humaine pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire sera organisée à Paris. Celle-ci reliera la Défense à Bercy et encerclera les lieux de pouvoirs où se prennent les décisions sur le nucléaire. Objectif : reprendre en main notre avenir énergétique, alors que le nucléaire a toujours échappé au débat démocratique.

En écho à cette grande mobilisation, une action [a eu lieu mercredi 6 mars en début d’après-midi] par le « Collectif de soutien à la chaîne humaine du 9 mars » [qui a occupé quelques heures] les locaux de l’école des mines à Paris, dans le but de dénoncer l’implication historique de cette école dans la fabrique des futures élites du nucléaire français.

D’Anne Lauvergeon, ex-présidente d’Areva, à Pierre-Franck Chevet, actuel président de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire), en passant par Luc Oursel, actuel président d’Areva, tous ont été formatés dans cet incubateur du nucléaire, sans jamais remettre en question cette énergie du passé.

Cette situation a assez duré ! Il est inacceptable qu’une poignée de technocrates coupés des réalités continue à nous imposer cette énergie du siècle dernier. Le 9 mars, tout-e-s à Paris pour reprendre en main notre avenir énergétique !

Yucca Mountain Par Julien villalard Reporterre 2013/03/06 Par Julien villalard (6 mars 2013) Yucca Mountain. Reporterre. fr

Yucca Mountain

En 1980, un an après l’accident du réacteur de la centrale de Three Mile Island, le Comité américain de l’énergie atomique fait pression sur le Congrès pour que tous les déchets nucléaires du pays soient stockés sur un seul site.

Ce sera Yucca Mountain, à 140 kilomètres de Las Vegas, Nevada. Ce livre révèle les moindres détails de ce projet d’enfouissement massif : les dizaines de millards de dollars nécessaires pour aménager la montagne ; le rôle des lobbyistes pro-nucléaires sur le vote des élus corrompus ; l’échec des géologues à rendre la montagne imperméable ; les 250 camions qui passeront chaque mois par le centre de Las Vegas, remplis de déchets radioactifs ; les manuels scolaires financés par l’État pour convaincre les élèves que le « nucléaire est écologique » ; le comité d’experts chargé d’inventer une enseigne indiquant la dangerosité du site et compréhensible dans 10 000 ans ; la visite guidée des entrailles de la montagne…

Mais la force du texte ne réside pas seulement dans les cris suscités par la peur du nucléaire. Mêlant avec force détails enquête de terrain et dialogues personnels – où s’invitent Noam Chomsky, Edward Abbey et Edvard Munch –, John D’Agata scrute les néons d’une ville derrière lesquels les suicides se comptent en masse et où la démesure ultime prend la forme d’un hôtel stratosphérique indestructible. Un récit sombre et éblouissant, servi par une écriture cinématographique, qui s’avale aussi vite qu’une pastille d’iode et dont la chute est vertigineuse.

- John D’Agata, Yucca Mountain, Traduit de l’anglais par Sophie Renaut, éd. Zones sensibles, 160 p., 16 euros, 2012.

Le nucléaire français de plus en plus sujet aux erreurs humaines Guillaume Blavette et Bernard Laponche Reporterre 2013/03/06 Guillaume Blavette et Bernard Laponche (6 mars 2013) Le nucléaire français de plus en plus sujet aux erreurs humaines. Reporterre. Tribune — fr

Le nucléaire français de plus en plus sujet aux erreurs humaines

Une des principales causes des accidents nucléaires est le « facteur humain », c’est-à-dire les erreurs commises par les opérateurs des centrales. Or les rapports officiels montrent une multiplication de ces erreurs humaines dans les centrales françaises.

On constate une tendance croissante chez les promoteurs du nucléaire et leurs émules à présenter les grands accidents nucléaires comme des catastrophes naturelles dans lesquelles la responsabilité humaine serait relativement limitée, voire inexistante : les fameux « Acts of God » [actes de Dieu] de la littérature anglo-saxonne.

En réalité, l’utilisation de l’énergie nucléaire, notamment pour la production d’électricité, est une technologie inventée et mise au point par des scientifiques et des ingénieurs, approuvée et décidée par des dirigeants industriels, économiques et politiques.

La responsabilité humaine des accidents nucléaires est entière, à différents niveaux et différents degrés et l’erreur humaine peut se manifester à tous les stades du développement et de la mise en œuvre de cette technique d’utilisation de l’énergie libérée par la fission et la réaction en chaîne pour produire de la chaleur, puis de l’électricité : choix d’utiliser cette technique, conception des réacteurs et choix des filières, construction et exploitation des centrales et des usines des combustibles nucléaires, gestion des déchets radioactifs, contrôle de la sûreté des installations, gestion des situations accidentelles...

Le « facteur humain » est omniprésent dans la chaîne qui peut aboutir à un accident grave et l’apparition d’un risque non maîtrisé trouve le plus souvent sa racine dans une étape très antérieure à l’occurrence de l’accident : chacune de ces étapes mérite d’être étudiée sous l’angle de la responsabilité.

Nous nous intéressons ici à l’importance du facteur humain dans la phase la plus visible, mais pas forcément la plus « responsable » qui est celle de l’exploitation des centrales nucléaires. La qualité de l’exploitation et de la maintenance comme de la gestion d’une situation accidentelle est d’autant plus importante sur les réacteurs en fonctionnement des centrales nucléaires françaises que, comme nous le dit l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) : « Dans le cas des centrales existantes, les accidents graves n’ont pas été considérés lors de leur conception ». [1]

La vulnérabilité intrinsèque des réacteurs à eau en cas de perte du refroidissement a été démontrée par l’accident de Three Mile Island en 1979, dont l’événement déclencheur a été une série de défaillances internes, et par celui de Fukushima en 2011, initié par un tremblement de terre suivi d’un tsunami.

La France n’a pas échappé aux erreurs humaines

Rappelons que les 58 réacteurs actuellement en fonctionnement dans les centrales nucléaires françaises appartiennent à cette filière et plus précisément à celle des réacteurs à eau sous pression, analogues au réacteur détruit par l’accident de Three Mile Island.

L’industrie nucléaire a toujours été confrontée à des erreurs humaines et la France n’est pas exempte de fausses manœuvres, d’erreurs de conception ou de défaillances imprévues de certains dispositifs qui ont abouti à des situations incidentelles ou accidentelles.

Le 17 octobre 1969, une mauvaise manipulation lors du chargement du cœur sur le réacteur n°1 [2] de la centrale de Saint-Laurent des Eaux entraîne la fusion de 50 kilos d’uranium. C’est l’un des plus graves accidents nucléaires jamais survenus en France. [3]. Pourtant, quarante-deux ans plus tard, l’événement reste quasi inconnu du grand public.

Comme si le sort s’acharnait sur la centrale de Saint-Laurent, onze ans plus tard, le 13 mars 1980, à 17 h 40, les alarmes se déclenchent. Une nouvelle fusion se produit, cette fois sur le réacteur n°2, du même type. Un morceau de tôle vient d’obstruer une partie du circuit de refroidissement. La température fait un bond, ce qui provoque la fusion de plus de 20 kilos d’uranium et entraîne l’arrêt d’urgence du réacteur. [4]

Le 16 août 1989, sur le réacteur Gravelines-1 [5], le montage d’un type de vis inadéquat sur les valves de relâchement de la pression du circuit primaire aurait rendu inefficace le système de protection contre la surpression. Les valves se seraient ouvertes et fermées avec un retard significatif par rapport aux conditions prévues à la conception. L’exploitant a contesté le classement au niveau 3 et a initié, en vain, une procédure pour le déclasser au niveau 2.

Le 29 janvier 1994, sur le réacteur Bugey-5, alors que le réacteur était à l’arrêt et que le niveau dans le circuit primaire avait été réduit pour permettre l’exécution de certaines opérations de maintenance, le flux d’eau au niveau des pompes primaires a connu huit heures de fluctuation sans intervention de l’opérateur. Les responsables du contrôle de la sûreté ont identifié un « dysfonctionnement significatif » : le manuel était erroné, les opérateurs n’avaient reçu aucun entraînement spécifique pour cette opération « particulièrement délicate », la situation avait été considérée à tort comme « normale et sûre », et la visite de l’ingénieur de sûreté dans la salle de contrôle n’avait entraîné aucune action corrective.

En 2006, à la centrale de Civaux, un opérateur a posé un livret sur un clavier de commande, entraînant un dépassement de la puissance thermique autorisée. On dénombre chaque année un grand nombre d’incidents dus soit à une défaillance matérielle, soit à une erreur de manipulation.

Le plus inquiétant, aujourd’hui, est que les défaillances ont tendance à se multiplier. Le 5 avril 2012, le réacteur n°2 de la centrale de Penly connaît un incident grave qui entraîne un arrêt de la tranche pendant quatre mois. Le 5 septembre 2012 à 15h00, lors d’une manutention d’eau oxygénée dans la partie nucléaire du réacteur n°2 de Fessenheim, un déversement du produit a provoqué un dégagement de fumée conduisant à l’intervention des secours EDF et des pompiers. Le personnel a évacué le bâtiment concerné par l’évènement.

Le 9 novembre 2012, alors que le réacteur n° 2 de la centrale du Blayais était en production à pleine puissance, l’exploitant a constaté qu’un groupe de grappes de commande du réacteur était trop inséré [6]. Le 16 novembre 2012, le réacteur n° 3 de Paluel s’est arrêté automatiquement après l’atteinte du seuil de très bas niveau d’eau secondaire dans le générateur de vapeur (GV) n° 1, consécutif à la perte partielle du circuit d’alimentation en eau alimentaire (ARE).

Le 18 décembre 2012, alors que le réacteur n° 2 de Chinon était en cours de déchargement du combustible, l’exploitant a détecté qu’une vanne d’isolement de l’enceinte de confinement, normalement fermée durant les opérations de manutention de combustible, était ouverte. Ces incidents ou accidents, souvent sous-évalués, parfois évités de justesse, conduisent à s’interroger sur la possibilité de garantir durablement la sûreté nécessaire des installations.

En cause : la recherche de la productivité

Le rapport 2009 de l’IRSN sur la sûreté du parc électronucléaire français établit que le facteur humain est de loin le premier responsable des incidents recensés dans les centrales nucléaires françaises, en constante augmentation [7]. « L’année 2009 a montré à nouveau, malgré les efforts de prévention réalisés, une très forte prépondérance du ’facteur humain’ (85%) à l’origine des incidents significatifs, la plupart sans conséquences notables », constate Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Pour expliquer ces erreurs humaines croissantes, l’IRSN cite notamment la complexification des procédures mais aussi « la recherche de productivité » qui « conduit à de fortes tensions sur les activités pendant les arrêts de réacteurs ». Les statistiques réalisées sont éloquentes : les événements significatifs pour la sûreté (ESS) pendant les arrêts représentent à eux seuls 45% du total recensé en 2009, alors qu’un réacteur est en arrêt pour rechargement en moyenne environ 10% de l’année.

Une tendance similaire pour les opérations de maintenance, qui ont représenté en 2009 près de 30% des ESS survenus sur le parc nucléaire français et qui sont « essentiellement d’origine humaine ou organisationnelle », souligne l’IRSN. Au total, 95 des EES ont été classés au niveau 1 de l’échelle internationale INES (7 niveaux au total), contre 72 en 2008 et 55 en 2007.

Le rapport 2011 de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) sur l’état de la sûreté nucléaire montre que des progrès de la part de l’exploitant peuvent encore être réalisés. Les postes de consultant "facteurs humains" ne sont pas pourvus dans toutes les centrales. Les moyens dont ils disposent dans les autres sont insuffisants. Même si des efforts importants ont été développés par EDF, l’ASN considère qu’ils doivent être poursuivis. Et le constat est une fois encore très inquiétant :

"L’ASN relève encore en 2011, sur plusieurs CNPE [centrales nucléaires de production d’électricité], de nombreuses insuffisances qui concernent des documents opérationnels et les interfaces hommes-machines. L’ASN a, ainsi, pu constater des matériels mal adaptés aux tâches à effectuer, des locaux exigus, des documents inappropriés, incomplets ou peu accessibles, des défauts de repérage, des indications difficiles à lire, qui ont pu conduire à des événements significatifs [8]."

Et le réquisitoire se poursuit en mettant en cause des défauts liés à l’ergonomie des postes de travail, les conditions de travail des intervenants, etc.

Le rapport 2010 de l’IRSN sur la sûreté du parc électronucléaire français, même s’il essaie d’esquiver le problème des facteurs organisationnels et humains, prouve que la situation se dégrade nettement dans les centrales [9].

« Malgré les différents plans déployés par EDF à l’échelle du parc pour améliorer la maîtrise des opérations relatives à la maintenance et aux modifications matérielles, le nombre d’événements significatifs liés à ces activités est élevé depuis trois ans (environ 180 ESS [10] par an). Près de la moitié de ces ESS impliquent directement les agents EDF [11] ».

L’IRSN constate qu’une part importante des ESS survenus en 2010 est la conséquence de défauts de préparation des interventions. L’institut confirme ainsi les critiques de l’ASN sur le « Plan performance humaine » mis en œuvre par EDF depuis 2007 : « Nous pointons une augmentation du nombre d’incidents lié à des activités de maintenance, mais nous ne l’attribuons pas aux sous-traitants », précise Pascal Quentin, l’adjoint au directeur de la sûreté des réacteurs à l’IRSN [12]. « Nous considérons qu’en 2009, EDF a eu des problèmes liés à la maintenance. Nous le traduisons comme un manque d’anticipation », affirme Guillaume Wack, le responsable de la direction des centrales nucléaires à l’ASN.

La situation se dégrade

Les conséquences d’une telle dérive sont évidentes. L’IRSN a recensé 399 non-conformités aux spécifications techniques d’exploitation (NC-STE) pour l’année 2010. Le nombre d’événements de ce type est en forte hausse depuis plusieurs années (354 en 2008, 365 en 2009). L’augmentation continue du nombre de NC-STE depuis 2004 est proportionnellement plus importante que celle des ESS (63% en 2010 contre 39% en 2004).

Le détail de ces manquements aux règles les plus élémentaires de sûreté établis par l’IRSN est édifiant : défaut des dispositifs de confinement, indisponibilité des systèmes de ventilation, défaillance des instruments de régulation de la puissance neutronique, etc. Et dans bien des cas ces ESS se produisent parce que les STE sont tout simplement ignorées (77 en 2010 contre 58 en 2009).

Comment s’étonner dès lors de l’épisode risible (mais inquiétant) qui a eu lieu le 30 novembre 2011 à la centrale de Paluel [13] : « Documentation foisonnante et parfois erronée, clef du tableau électrique indisponible car en commande : une visite inopinée de parlementaires dans deux centrales nucléaires pour des exercices d’urgence n’a rien dévoilé d’alarmant mais donné lieu à des ’situations parfois burlesques’ ».

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Notes

[1] Introduction de : R & D relative aux accidents graves dans les réacteurs à eau pressurisée : bilan et perspectives, IRSN et CEA, La Documentation française, Paris, Janvier 2007.

[2] Réacteur de la filière à uranium naturel, graphite, gaz (UNGG).

[3] http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/petit-breviaire-des-accidents-121628

[4] http://www.lepoint.fr/societe/le-jour-ou-la-france-a-frole-le-pire-22-03-2011-1316269_23.php

[5] Cet exemple et les suivants portent sur les réacteurs actuellement en fonctionnement, tous de la filière REP (réacteurs à eau sous pression).

[6] http://groupes.sortirdunucleaire.org/France-Blayais-grappes

[7] http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Communiques_et_dossiers_de_presse/Pages/20110104_rapport-irsn-surete-parc-electronucleaire-2009.aspx

[8] http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Publications/Rapport-annuel-de-l-ASN/La-surete-nucleaire-et-la-radioprotection-en-France-en-2011, p 367.

[9] http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/Documents/surete/IRSN_rapport_surete_du_parc_2010.pdf

[10] ESS : Evénements Significatifs pour la Sûreté.

[11] ibidem, p 11.

[12] http://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-edf-doit-revoir-sa-maintenance.N129345

[13] http://www.paris-normandie.fr/article/societe/la-centrale-nucleaire-de-paluel-controlee-par-surprise-en-pleine-nuit

L’Académie des sciences prône la domestication numérique Divina Frau-Meigs, Sophie Jehel, Christine Menzaghi, Christian Gautellier Reporterre 2013/03/07 Divina Frau-Meigs, Sophie Jehel, Christine Menzaghi, Christian Gautellier (7 mars 2013) L’Académie des sciences prône la domestication numérique. Reporterre. Tribune — fr

L’Académie des sciences prône la domestication numérique

L’Académie des sciences vient de rendre un avis sur « l’enfant et les écrans ». Sous prétexte de modernité, c’est en fait l’assujettissement aux écrans qui est encouragé.

L’Académie des Sciences a rendu il y a peu son dernier avis sur « L’enfant et les écrans ». Instructif ? Pas du tout, répondent certains universitaires, qui contestent le contenu et la méthode. Divina Frau-Meigs, sociologue des médias, Sophie Jehel, maître de conférences, Christine Menzaghi membre de La Ligue de l’enseignement et Christian Gautellier, membre de l’association Enjeux e-médias, signent ensemble cette tribune.

On aurait pu se réjouir du fait qu’une institution telle que l’Académie des Sciences se préoccupe d’une urgence sociale telle que la relation des enfants et des écrans. Las, l’avis rendu public le 17 janvier 2013 aborde des questions de société et des questions d’éducation complexes de façon réductrice et discutable. Il navigue entre une adresse aux pouvoirs publics et des recommandations destinées aux enfants eux-mêmes et à leurs parents.

Qu’en est-il de ces fameuses recommandations qui ouvrent l’avis au lieu de le clore ? Elles reposent sur des oppositions binaires qui reproduisent les blocages du passé sans les dépasser. En outre, elles se fondent sur l’illusion (ou l’alibi ?) d’une vision idéale de la famille nucléaire classique où les parents ou grands-parents sont toujours présents pour réguler la consommation des écrans de leurs enfants.

Une conception binaire de la culture

Les recommandations de l’Académie des Sciences partent d’une opposition binaire entre « la traditionnelle culture du livre » et « la nouvelle culture du numérique », passant à la trappe la variété des relations de nos sociétés à la culture. Serait-ce à dire qu’à travers l’opposition entre une « culture » dite « traditionnelle » et une qualifiée de « nouvelle », l’Académie des Sciences cherche à rajeunir son profil ?

L’Académie vise d’ailleurs explicitement à épouser les transformations technologiques pour « rester en phase avec la jeunesse ». Le jeunisme peut-il autoriser de tels raccourcis dans un texte qui s’annonce comme « scientifique » ?

Télévision passive vs tablette active : une opposition qui ne tient pas

De même l’opposition qui traverse le rapport entre la télévision favorisant la passivité, et les tablettes l’interactivité, n’ont pas de pertinence. D’abord parce que la tablette donne accès aux autres médias, ensuite parce qu’aucune étude n’a prouvé que le bébé pouvait apprendre quelque chose avec une tablette, en dehors du fait de se familiariser avec l’utilisation de l’écran tactile (voir la tribune du 9 février 2013 « Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable » sur le Monde.fr).

Enfin la passivité entendue comme caractéristique du spectateur n’est pas en soi à rejeter. C’est l’écoute attentive, qui peut être synonyme d’interaction émotionnelle, esthétique ou cognitive, qui permet d’apprécier ou non un spectacle, quel que soit le média qui le propose. Ce qui pose problème dans la passivité sollicitée par les écrans de télévision, ce n’est pas l’écoute attentive des enfants, c’est la durée que certains peuvent y passer et la faible qualité de nombreux contenus visionnés par les enfants et les adolescents.

La citoyenneté serait de l’ordre du virtuel ? Allons donc !

L’avis identifie dès le début le problème principal du numérique comme étant celui du « virtuel ». Et c’est à partir du « virtuel » que devraient être posés les principes de la « liberté responsable », de la « sexualité » et du « respect de la vie privée »… Alors que ces notions renvoient à l’apprentissage des droits et des libertés tout autant qu’à la relation à l’autre.

La plupart des échanges que tissent les jeunes sur Internet ne sont en rien virtuels. C’est bien parce que la dimension virtuelle est faible sur les réseaux sociaux (et notamment les blogs) que ces principes de droit et de liberté sont cruciaux dans un apprentissage de la citoyenneté. Le point de vue de l’avis passe sans transition de la question des effets des écrans sur le cerveau à celle de la transmission des valeurs fondamentales (droits de l’Homme) et de leur place dans les espaces numériques.

Cet élargissement intempestif du champ de l’avis suscite une interrogation sur la pertinence du choix des personnes auditionnées.

Des écrans hors sol : l’angle mort des usages sociaux

La vision de la relation des enfants et des écrans est évoquée en dehors de tout contexte social de leurs usages, dans une vision totalement désincarnée. Les tablettes sont décrites sans tenir compte de l’accès qu’elles permettent à Internet, aux jeux vidéo, à la télévision.

Elle ignore le rôle des industries dont la logique consiste à fidéliser des individus le plus tôt possible pour s’assurer une clientèle à venir. La logique de marketing à l’ère du numérique, qui consiste à viser les enfants jeunes afin de bénéficier d’une plus grande implication de leur part dans la construction de leur identité, est passée sous silence.

Elle méconnait la réalité sociale des relations aux écrans, et notamment le fait que si les écrans avant l’âge de trois ans peuvent être envisagés selon l’Académie des Sciences avec l’accompagnement d’un adulte, c’est sans doute plus souvent pour occuper l’enfant seul qu’ils sont utilisés que pour jouer avec eux.

Une conception néolibérale et tronquée de l’éducation

L’avis pose ensuite les bases d’une éducation aux médias d’un nouveau type : l’éducation à « l’autorégulation » par l’information sur le fonctionnement du cerveau. Le thème de l’autorégulation est emprunté à l’idéologie néolibérale, qui voit dans les interventions de l’État une source systématique de déséquilibre du marché, et dans le recours à l’autorégulation une façon de rendre inutile de telles interventions, renvoyant la responsabilité aux utilisateurs et aux industries de contenus.

Appliqué au cas des enfants, dès « la grande section de maternelle », on voit que l’avis propose à l’Éducation nationale de changer d’objectif : de la transmission des connaissances, des compétences et des valeurs de la société permettant de construire un citoyen responsable et actif, elle deviendrait un moyen d’éviter l’intervention de l’État. Dans cette logique individualiste poussée à l’extrême, chacun est sommé de se prendre en charge, afin d‘être responsable de soi, au plus tôt !

Apprendre comment fonctionne son cerveau paraît être la version techniciste et néolibérale du précepte socratique « connais-toi toi-même ». L’Académie recommande ce type d’enseignement dans un cours d’éducation à la santé et aux écrans (qui ferait l’économie d’une éducation critique aux médias ?). Est-ce pour effacer tout regard critique des individus vis-à-vis des opérateurs économiques qui conçoivent les écrans, produisent les interfaces et leur design, diffusent les contenus les plus regardés ?

Est-ce un hasard si, au détour d’une phrase, c’est « l’éducation à la conscience numérique » et non l’éducation à la conscience de soi ou à celle de ses droits et devoirs qui est invoquée ? L’autonomie de l’individu et la conscience de soi sont pourtant essentielles dans l’accès aux libertés fondamentales.

A en croire l’Académie des Sciences, l’éducation aux écrans médiatiques consiste en une familiarisation aux écrans dès le plus jeune âge. Cette vision réductrice ne pourra expliquer aux enfants la responsabilité sociale des médias en démocratie, le fonctionnement économique des médias électroniques gratuits, le rôle que jouent l’audience et les données personnelles, ne les aidera pas à analyser les messages diffusés par les médias…

Loin de jouer le rôle d’une éducation citoyenne et émancipatrice, cette éducation se ferait le bras armé du marketing d’industries culturelles, ce qui représente un détournement du sens même de l’école républicaine.

Un avis qui ignore les travaux sur la régulation sociale autour des écrans

Le contenu des recommandations est assez confus et frappe par une fascination relativement naïve des auteurs pour ce nouvel outil qu’est la tablette ! Ainsi, il y a dans l’avis aussi bien des formules qui incitent à utiliser les tablettes dès deux ans parce qu’elles seraient « utiles au développement sensorimoteur » et à « l’éveil cognitif précoce du bébé », que des formules qui en rappellent les risques si cette activité en remplace d’autres, et si elle n’est pas accompagnée par des adultes. Ces précautions verbales permettent de dire une chose et son contraire, de sorte que l’avis détisse d’une part ce qu’il tisse de l’autre.

Le présent avis fait fi des rapports nombreux publiés par d’autres autorités, comme celui de la Défenseure des enfants, du ministère de la Santé et du CSA. Il ne relaie pas non plus l’engagement pris par l’AFOM de ne pas commercialiser de téléphones pour les enfants.

Ce rapport vient détricoter ces mesures de prévention tout en se targuant de promouvoir la prévention (le mot protection n’est pas utilisé). Il est officiellement envoyé à neuf ministres, non pas pour leur faire des préconisations mais pour leur demander de ne rien faire. Aucune recommandation ne réclame de politiques publiques pour favoriser la sensibilisation des parents et des éducateurs vis-à-vis des contenus à risque, pour introduire à l’école et dans tous les lieux éducatifs une éducation à l’information, voire à l’informatique.

Aucune recommandation ne s’adresse à l’industrie, qui pourtant revendique ses capacités d’autorégulation. De fait, ces recommandations prennent la forme d’une ordonnance médicale pour les différents âges de l’enfance. Pour sous-entendre que le rapport aux écrans doit être placé sous contrôle médical ?

Des références déséquilibrées, partielles et partiales

Les ouvrages cités en bibliographie correspondent pour la plupart à des recherches effectuées sur la base de données américaine Medline, mais dans le corps du texte, les rapporteurs ont cité leurs propres ouvrages, ce qui est compréhensible. Un auteur gagne le palmarès : Serge Tisseron, cité 26 fois. Le jeu des « trois figures » qu’il a inventé est abondamment mentionné comme une solution privilégiée pour évacuer la violence des écrans. Or, ce jeu « éducatif » n’a pas donné lieu à ce jour à une évaluation solide.

Dans un domaine qui concerne les questions éducatives, par nature complexes et diverses, la promotion d’une solution miracle et la tendance à la simplification manquent de pertinence et inquiètent de la part d’une autorité comme l’Académie des Sciences et l’équipe de la Main à la pâte. En revanche de nombreux auteurs français ne sont pas cités.

Au final, cet avis démobilise les instances qui devraient s’emparer enfin de l’éducation aux médias. Il rend plus nécessaire que jamais une réflexion des différents acteurs de l’éducation, de la famille, de la société civile pour qu’une refondation de l’école à l’ère du numérique se fasse bien sur le mode de l’humanisme et non du néo-libéralisme.

Derrière le gaspillage des terres, l’arnaque des résidences de tourisme Tatiana Kalouguine (L’Hémicycle) Reporterre 2013/03/07 Tatiana Kalouguine (L’Hémicycle) (7 mars 2013) Derrière le gaspillage des terres, l’arnaque des résidences de tourisme. Reporterre. Économie fr

Derrière le gaspillage des terres, l’arnaque des résidences de tourisme

Le gaspillage des terres agricoles découle en bonne partie de mécanismes fiscaux pervers. Tels ceux qui encouragent les résidences de tourisme. Mais des milliers de copropriétaires se retrouvent floués par des aigrefins, tandis que le territoire est parsemé de bâtiments inutiles.

Depuis des mois, plusieurs centaines de particuliers ayant acheté des appartements en résidences de tourisme inondent leurs élus de lettres de protestation et de pétitions. Estimant avoir été floués par les promoteurs immobiliers et les exploitants de ces résidences, ils se sont regroupés en associations disséminées sur le territoire. Une fédération nationale de quelque 2 000 adhérents est en train de voir le jour pour demander réparation et faire connaître l’affaire auprès du public.

Ces propriétaires ont souscrit un investissement dit « locatif », le type de produit « béton », présenté par de nombreux experts comme une valeur sûre. Mais qui dans bien des cas s’avère un piège redoutable. Sur le papier, le produit en question ne présente que des avantages.

En achetant dans une résidence de tourisme classée ou « RC », vous bénéficiez d’une déduction de TVA (19,6 %) sur le prix d’achat, voire d’une réduction d’impôt de 25 % supplémentaire si la résidence se trouve en zone de réhabilitation rurale (loi Demessine). Ensuite, plus rien à faire. Une société d’exploitation spécialisée se charge de commercialiser l’appartement. Elle vous verse un loyer fixe garanti par un bail commercial irrévocable de neuf ans au minimum. La rentabilité offerte est alléchante : environ 4 à 5 % par an. Cerise sur le gâteau, vous êtes libre d’occuper votre logement plusieurs semaines par an pendant vos vacances.

Mais le rêve tourne bien souvent au cauchemar. À la mi-octobre 2012, les propriétaires d’une résidence située à Morgat (Finistère) s’étonnent de recevoir sans explication un chèque de loyer trimestriel de… 48 euros de la société exploitante, Soderev Tour. « Pour la même période de l’année précédente, le chèque était de 1 421 euros », se souvient un des copropriétaires. Une semaine plus tard arrive un courrier de Soderev Tour, qui annonce à tous ses propriétaires son placement sous procédure de sauvegarde en raison de graves difficultés financières.

Faillites en cascade

Si l’exploitant ne peut rompre le bail commercial, il peut fort bien… mettre la clé sous la porte. Dans ce cas le deal est simple : soit les propriétaires acceptent de revoir les loyers à la baisse, soit le bail est rompu. Avec dans ce cas le risque pour le propriétaire de perdre tous ses revenus et de devoir rembourser au fisc les 20 % de TVA sur le prix d’achat du bien.

Sept mois avant Soderev, la société Résitel, en difficulté elle aussi, avait également demandé sa mise en procédure de sauvegarde, après six mois de loyers impayés. Se tournant vers ses propriétaires, elle réclamait alors des réductions pouvant aller jusqu’à 70 % du montant des loyers garantis et le déplafonnement des charges. 75 résidences étaient touchées, les propriétaires pris à la gorge.

« Personne n’avait terminé de payer son crédit, précise Thien An Hoang, l’une d’entre eux. Certains ont encore 1 000 euros à rembourser chaque mois et un manque à gagner de 700 euros de loyer. »

Ce n’est pas une première. Depuis 2007, de nombreuses sociétés d’exploitation ont ainsi été placées sous administration judiciaire, mettant généralement les propriétaires au pied du mur. Citons la déroute d’Antipodes, Oléa, Mona Lisa, Quiétudes, Transmontagne, Maisons de Biarritz, Résid’Hôtel ou encore Rhodes Tourisme au printemps dernier… la liste est longue.

Surexploitation

La crise du tourisme suffit-elle à expliquer ces faillites en cascade ? Certainement pas, affirme Georges Guérin, le président de la Fédération nationale des propriétaires de résidences de tourisme. Pour lui, la faute incombe partiellement aux promoteurs qui « construisent en dépit du bon sens, encouragés par des fiscalités avantageuses comme la loi Demessine ».

Il s’agit pour lui « d’une crise de la gestion des résidences ». À Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées) comme dans d’autres zones touristiques, le problème de surexploitation est manifeste, selon Thien An Hoang, qui a acheté son appartement 180 000 euros en 2007. « L’offre y a explosé ces dernières années. On a construit quatre résidences au même endroit récemment. La ville de Saint-Lary comprend aujourd’hui 50 000 lits, ce qui est totalement disproportionné. »

La chose est entendue. Même Pascale Jallet, la directrice générale du Syndicat national des résidences de tourisme (qui représente les entreprises du secteur) le reconnaît : « Il y a eu une euphorie et puis la crise est arrivée, tout ça est allé trop loin. »

Reste à savoir pourquoi la construction de résidences de tourisme se poursuit à un tel rythme. Au pire de la crise en 2009, les capacités d’hébergement en résidences de tourisme ont augmenté de 12 % puis encore de 7% en 2010 selon l’Insee (chiffres contestés par le SNRT, qui constate un ralentissement). La France compte désormais 2 067 résidences au total pour 669 343 lits.

Opération viciée

La concurrence mortifère que se mènent les opérateurs ne serait toutefois qu’une partie d’un problème bien plus complexe. Lorsque l’on se penche sur les nombreux litiges depuis cinq ans, on est étonné de retrouver à chaque fois le même modus operandi, quels que soient les protagonistes en présence.

Côme Idrac, avocat spécialisé dans ce type de contentieux, qui a eu à défendre près d’un millier de propriétaires piégés, le résume ainsi : « Dès le départ, le fond de l’opération est vicié. Le promoteur vend un logement à un prix supérieur au marché en échange de loyers garantis et de rendements très élevés, de l’ordre de 5 % par an. Mais il sait que c’est impossible sur le long terme, compte tenu de la concurrence. »

« Il lui faut alors trouver une société de gestion pas trop regardante, qui accepte ce deal bancal », poursuit-il. Pour le convaincre, le promoteur promet à l’exploitant de lui verser pendant deux ou trois ans une subvention appelée « fonds de concours » qui lui permettra de verser le différentiel de loyers surévalués.

Ce que le propriétaire ne sait pas au moment de signer c’est que la rentabilité promise n’est donc pas « garantie » sur la durée de son bail, mais uniquement sur deux ou trois ans, le temps pour l’exploitant d’épuiser ce fameux fonds de concours. Si les revenus de sa résidence ne sont pas suffisants pour générer ce niveau élevé de rentabilité, il l’apprendra à ses dépens au moment où la subvention arrivera à sa fin. « L’expression “loyer garanti” est une hypocrisie extraordinaire, il n’y a rien de garanti ! », conclut l’avocat.

« Réticence dolosive »

Dans un jugement de février 2011, le TGI de Périgueux a assimilé le mécanisme du fonds de concours à une tromperie, le qualifiant de « réticence dolosive ». Quiétude, le groupe concerné, exploitait alors 55 résidences. Trois mois avant son placement en redressement judiciaire, il avait racheté 16 résidences au groupe Résid’Hôtel.

« Le fonds de concours est une pratique ancienne censée permettre de lancer la résidence, d’arriver à un rythme de croisière, explique Pascale Jallet. Mais elle s’est trop généralisée. On ne peut pas utiliser ce genre d’artifice sans mettre en action les mesures nécessaires pour démarrer une exploitation. »

Force est de constater que les bonnes recettes perdurent. Thien An Hoang, qui a eu accès aux comptes de Résitel en tant que représentante des copropriétaires et contrôleuse judiciaire, a constaté l’existence de versements de sommes conséquentes provenant du promoteur Lagrange, qui pourraient être des fonds de concours.

Pourquoi ces pratiques s’arrêteraient- elles aujourd’hui ? « Le promoteur gagne de l’argent, précise Côme Idrac. Il lui faut juste un exploitant un peu voyou qui accepte de se charger de l’exploitation, en échange du versement du fonds de concours, le temps que les lots soient tous vendus. »

Le scénario est imparable, sans être illégal. Si bien rôdé que certains, comme l’UFC Que choisir, vont jusqu’à soupçonner les promoteurs de programmer à l’avance la défaillance de l’exploitant et son placement en sauvegarde. Les soupçons sont d’autant plus sérieux lorsque le promoteur et l’exploitant ne sont qu’une seule et même entité, ce qui est le cas pour Soderev Tour et Résitel, toutes deux filiales du Groupe Lagrange.

Le même Groupe Lagrange, troisième opérateur du secteur des résidences en France, qui commercialise les appartements Résitel et Soderev Tour et contrôle même la société de syndic qui gère le quotidien de toutes les résidences.

Tromperie manifeste

Le résultat, pour Côme Idrac, c’est une tromperie manifeste des petits épargnants : « On fait rêver des gens à petit revenus qui s’endettent sur vingt ans pour un studio invendable à Gémenos, persuadés qu’ils seront remboursés par les revenus locatifs. On leur dit qu’ils investissent dans la pierre donc qu’il n’y a pas de risque, or il ne s’agit pas d’investissement dans la pierre, mais dans du commerce hôtelier, ce qui est bien plus risqué. »

Pas question de parler d’escroquerie pour Pascale Jallet, tout au plus d’un « manque de professionnalisme des gestionnaires. Les pratiques malsaines ont bien existé, mais elles sont en voie d’extinction », constate-telle. Fermez le ban.

Aujourd’hui « les promoteurs ne s’intéressent plus au tourisme côtier ou de montagne, ils préfèrent construire dans les centres villes, où les capacités d’hébergement sont moins importantes et la rentabilité plus élevée », promet la représentante des grandes enseignes.

Mais est-ce vraiment rassurant ? Les signaux économiques ne sont pourtant pas très enthousiasmants. Certes l’Insee a jugé l’année 2011 « excellente » pour le secteur des résidences de tourisme, tout comme le premier semestre 2012. Mais les opérateurs ne redressent pas la tête, bien au contraire. « Le rythme des faillites s’est considérablement accru depuis deux ans », observe Côme Idrac.

Pire, le Groupe Pierre & Vacances, leader du secteur, qui n’est pas en sauvegarde, tenterait actuellement de renégocier les loyers à la baisse en fin de bail, dans des proportions allant de 20% à 65 %, en menaçant les propriétaires de se retirer. « Tous les investissements ne tournent pas à la catastrophe, mais voir Lagrange et Pierre & Vacances en difficulté, c’est un mauvais signe », souligne l’avocat.

Claude Guibal, député-maire de Menton et signataire d’une proposition de loi sur la protection des propriétaires en résidences partagées, est lui aussi inquiet. « J’ai été alerté par des gens de la classe moyenne qui ont acheté en multipropriété au centre-ville de Menton pour préparer leur retraite et qui ont tout perdu par la faute de groupes qui n’honorent plus leurs baux et le paiement des loyers. »

Comme une dizaine de députés, il demande au gouvernement de « prendre des mesures » pour assurer la protection des propriétaires et « lutter contre ces dérives qui mettent en péril de modestes investisseurs ». Car, selon lui, de nombreuses résidences en situation précaire, pas toutes en zone touristique, menaceraient de mettre la clé sous la porte. La balle est maintenant dans le camp des politiques.

A Vannes, le tunnel construit par Vinci lui serait outrageusement profitable Isabelle Johancik (Ouest France) Reporterre 2013/03/07 Isabelle Johancik (Ouest France) (7 mars 2013) A Vannes, le tunnel construit par Vinci lui serait outrageusement profitable. Reporterre. fr

A Vannes, le tunnel construit par Vinci lui serait outrageusement profitable

Patrick Lagarde a épluché le contrat de partenariat public-privé. Il estime que la vérité des chiffres a été cachée.

Expert en techniques du bâtiment et ancien président des Amis de Vannes, Patrick Lagarde (notre photo) a écrit, samedi, une lettre ouverte au maire de Vannes.

Il y affirme que des chiffres auraient « été cachés aux Vannetais et aux élus en disant que ce tunnel de Kerino coûterait 76,2 millions. La vérité est qu’il coûtera 90,36 millions ».

Il a épluché le complexe contrat qui lie la Ville à la société Vinci : près de quinze millions d’euros sous « la forme de subventions versées à Vinci » n’auraient jamais été mentionnés.

Au chapitre « aspects financiers », figurent ces subventions de l’Agglo, du conseil général et de l’État. « ces sommes ne passent pas par le plan de financement. » Plus de 3 millions pour le premier appel de fonds ; près de 6 millions lors du second et plus de 4 au troisième.

Toxique

Patrick Lagarde dénonce également le choix d’un taux variable de l’emprunt. « C’est dangereux et toxique : les taux sont très bas actuellement et les frais financiers attractifs. Mais d’ici à deux ou trois ans ? Et sur vingt-huit ans ? »

Il estime que la Ville de Vannes prend seule des risques : « Vinci fait son métier. Déjà, quelle évolution des chiffres depuis l’origine de ce projet ! »

A Nanterre, on invente la ferme en ville Eva Deront (Reporterre) Reporterre 2013/03/07 Eva Deront (Reporterre) (7 mars 2013) A Nanterre, on invente la ferme en ville. Reporterre. fr

A Nanterre, on invente la ferme en ville

A Nanterre, dans la proche banlieue de Paris, cochons et carottes prospèrent sur l’autoroute...

- Reportage à Nanterre

Le soleil a beau être au rendez-vous, traverser la banlieue parisienne pour rejoindre Nanterre à vélo n’est pas la plus bucolique des promenades dominicales. HLM à gauche, buildings de La Défense dans le dos, prendre à droite à contresens après une carcasse de scooter. Avec un peu de malchance et un mauvais sens de l’orientation, on se retrouve sur la départementale, surplombant un magnifique paysage industriel où quelques grues, poules d’un autre monde, semblent picorer des champs de gravats.

Au bout du périple, le campus de l’université, et plus exactement les Arènes de Nanterre. C’est derrière cet ensemble hétéroclite, fait de tentes colorées et d’un chapiteau de cirque que se trouve la Ferme du Bonheur, dernière étape du Festival des Utopies Concrètes ayant débuté le 27 septembre.

De la ferme au PRE

Ce week-end de clôture, 6 et 7 octobre, s’intitule donc : « Les automnales de la Permaculture et de la Transition ». Permaculture à Nanterre ? Aurait-on inventé des carottes transgéniques capable de pousser à travers le bitume ? La réponse surgit de derrière une palissade : « Vous voulez aller au pré ? Attendez-nous, on amène le cochon. » Et c’est d’un pas nonchalant qu’Hélène, la truie mascotte de la Ferme du Bonheur, ouvre la marche, accompagnée du fondateur des lieux Roger des Prés.

Rien de plus normal, donc, qu’une petite balade citadine pour atteindre une corniche longeant l’autoroute A14. Ils sont une dizaine de bénévoles à faire quotidiennement ce trajet, reliant la Ferme au PRE, Parc Rural Expérimental. Etudiants, urbanistes, paysagistes ou citoyens amoureux de la nature, tous ont trouvé leur place dans l’aventure lancée par Roger en 1993.

Sur un bout de terrain prêté par les Arènes de Nanterre, ce personnage indescriptible, citadin, metteur en scène, acteur de théâtre de rue, a décidé de fonder une ferme où la culture, non déracinée, jouerait également un rôle central. Lieu de rencontres « agropoétiques », la Ferme du Bonheur accueille des pièces de théâtre –on y a joué Genet et Dostoïevski-, des concerts, des soirées électro, et naturellement de nombreux groupes scolaires avec lesquels les bénévoles partagent enthousiasme et découvertes sur la vie animale.

Permaculture et villes en transition

Car Hélène, notre guide d’une après-midi, n’est pas l’unique pensionnaire du lieu. Alors que poules, lapins, paon sont restés à la ferme, un troupeau de brebis paît sur les talus des HLM encadrant notre destination : le PRE, en réalité le toit d’un des tunnels de l’autoroute. Un peu plus d’un hectare défriché, maintenant reconverti en terrain de maraîchage, potager commun et petites parcelles de culture céréalière. Si chacun peut venir cultiver son propre carré, le projet collectif semble tout de même avoir la préférence des bénévoles. Pour le moment, la plus grande partie des produits de la ferme est consommée sur place, excepté les fromages de chèvre et le miel, très appréciés du public. Mais Roger des Prés entend bien poursuivre son rêve, bêcher et défricher, pour qu’un jour, les habitants des alentours puissent entièrement « manger nanterrois ».

Augmenter la résilience des villes face à une crise alimentaire future : une démarche clef mise en lumière lors Festival des Utopies Concrètes. Au-delà de l’aspect résolument pratique, il y a bien sûr le plaisir de recréer des liens entre citadins, d’instaurer un climat de confiance et de partage. Des échanges qui se tiennent, par exemple, autour d’un thé sous la khaïma (tente du Sahara) montée à côté du potager. Un cadre surréaliste pour parler urbanisme, culture, association, ou simplement refaire le monde pendant quelques heures.

A l’occasion du Festival, des ateliers four solaire, compost, semences, botanique, sol vivant, se sont en outre succédés sur le PRE, animés par l’association de permaculture Brin de Paille Ile de France. Ce terme, né dans les années 1970, désignait à l’origine un mode d’agriculture prônant le respect de la Terre et des Hommes, à travers des choix particuliers de conception des espaces : système de recyclage naturel des déchets, complémentarité des espèces, efficacité énergétique… Le concept de permaculture s’est aujourd’hui étendu à la mise en place de rapports sociaux durables, en harmonie avec l’environnement, à la base même de l’utopie grandeur nature que poursuit la Ferme du Bonheur.

Sur le tracé des terrasses de Nanterre

Planant au-dessus du PRE, le Léviathan n’est cependant jamais loin… Située sur un terrain où s’entrechoquent, entre autres, les intérêts de la municipalité, de la DDE et de la SNCF, la Ferme du Bonheur a réussi à obtenir une convention d’occupation temporaire, lui assurant un statut précaire.

Mais chaque année, lors du renouvellement de cet accord, le plan d’aménagement Seine-Arche de l’EPADESA (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense Seine Arche) menace la survie du projet. Lancé en 1960, dans la continuité de l’axe parisien conçu par Le Nôtre sous Louis XIV, ce plan entend réaménager l’espace public de l’Ouest parisien au-delà de l’arche de la Défense. Bureaux, logements, équipements et terrasses paysagères sont au programme, une de ces dernières devant être implantée à l’endroit même du PRE.

« En retrouvant le sol naturel, les Terrasses révèlent le paysage et composent avec le dénivelé de cinquante mètres qui sépare la Seine et l’Arche. La construction, côté sud, participe à la conception d’un espace dissymétrique avec une partie piétonne, une partie voitures et une partie plantée, créant un système paysager accueillant. », peut-on lire sur le site du projet Seine-Arche.

Reconnaissons que le résultat des 40 dernières années de mise en œuvre d’un « paysage accueillant » nanterrois a été particulièrement probant : espaces découpés, bitumés, population paupérisée… Un « espace dissymétrique » et ses multiples « parties », serait-il le remède aux maux de la banlieue ?

Il semblerait plutôt que la solution, citoyenne cette fois, ait déjà réquisitionné la place : la Ferme du Bonheur et son PRE, avec le soutien croissant de la population, mettent Nanterre sur le chemin de la Transition. Ce pourrait être une belle erreur politique que de s’y opposer…

Le rôle de l’aviation dans le changement climatique toujours plus important Réseau Action Climat France Reporterre 2013/03/07 Réseau Action Climat France (7 mars 2013) Le rôle de l’aviation dans le changement climatique toujours plus important. Reporterre. fr

Le rôle de l’aviation dans le changement climatique toujours plus important

Une nouvelle étude scientifique, publiée par l’Université de Manchester Metropolitan, montre que les mesures existantes de limitation des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’aviation sont insuffisantes [1]. Elles ne permettront pas d’atteindre l’objectif de neutralité carbone à partir de 2020, adopté par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et les compagnies aériennes (Association internationale de l’aviation – IATA) [2].

Les émissions de l’aviation ont déjà un impact important sur le climat, avec 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si rien n’est fait pour limiter la croissance des émissions, cet impact devrait augmenter rapidement puisque le trafic aérien s’accroît de 4 à 5 % par an au niveau mondial.

Cette étude est publiée alors que le Conseil de l’OACI, et son Groupe d’experts de haut niveau sur l’aviation et le climat, se réunissent dans quelques jours. Ils sont chargés de donner des orientations à l’Assemblée de l’OACI de septembre [3] en vue de l’adoption d’une solution internationale pour limiter les émissions du secteur.

Ces travaux de recherche analysent les scenarios d’émissions du secteur aérien en fonction de trois types de mesures de réduction. Les projections pour un scénario d’émissions [4] moyen révèlent un fossé de 153 à 387 millions de tonnes de CO2 restant à combler pour atteindre l’objectif à l’horizon 2050. Ce fossé représente un tiers des émissions actuelles de l’aviation.

Ces projections prennent en compte toutes les mesures de réduction d’émissions proposées par l’OACI et par l’industrie, y compris la prolongation du marché européen des quotas (EU ETS) jusqu’en 2050.

L’étude conclut qu’un mécanisme mondial de limitation des émissions du secteur, tel qu’un système mondial d’échange de quotas, permettrait d’aller plus loin dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Cette étude scientifique révèle le caractère abusif des affirmations de l’industrie aérienne, de l’Organisation de l’aviation civile internationale et des Etats-Unis. Contrairement à ce qu’ils disent, il est clair que les mesures actuelles sont insuffisantes pour limiter les émissions de CO2 du secteur, et que des mesures supplémentaires doivent être adoptées au plus vite. Une tarification mondiale des émissions de CO2 de l’aviation permettra de réduire l’impact de ce secteur très polluant sur le climat », explique Célia Gautier, chargée de mission au Réseau Action Climat France.

L’étude de l’Université de Manchester Metropolitan montre également l’importance des mécanismes régionaux de limitation des émissions de l’aérien, comme le Système européen d’échange des quotas, en attendant une solution internationale. L’Union européenne a suspendu l’application de son mécanisme régional aux vols intercontinentaux pour laisser le temps à l’OACI de s’accorder sur un instrument international.

« L’OACI est sous le feu des projecteurs », rappelle Célia Gautier. « Mais il est essentiel de préserver et d’étendre le système de tarification européen, sans l’affaiblir »

« L’OACI doit désormais faire face à ses responsabilités, en adoptant dès cette année une mesure internationale de limitation des émissions de l’aviation. L’industrie doit aussi accepter l’idée qu’une tarification du carbone dans l’aérien fait partie des solutions indispensables pour éviter un changement climatique catastrophique » [5], conclut Célia Gautier.

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Notes

[1] D. S. Lee, L. L. Lim and B. Owen, « Bridging the aviation CO2 emissions gap : why emissions trading is needed », Dalton Research Institute, Department of Environmental and Geographical Sciences, Manchester Metropolitan, mars 2012 : lien

[2] Engagement de IATA

[3] L’Assemblée de l’OACI n’a lieu qu’une fois tous les trois ans.

[4] Les scenarios de croissance et de mesures possibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont fondés sur les méthodologies utilisées pour le rapport de référence de l’Onu (Programme des Nations unies pour l’environnement) en 2011 : « Bridging the Emissions Gap ».

[5] Le lobby des compagnies aériennes américaines, Airlines for Amarica (A4A) continue de faire campagne contre tout type de mécanisme de tarification de limitation des émissions du secteur. Ils privilégient une amélioration des technologies, des procédés et des infrastructures. Lien

Kashima paradise. NDDL, le précédent japonais Mémoire des Luttes Reporterre 2013/03/07 Mémoire des Luttes (7 mars 2013) Kashima paradise. NDDL, le précédent japonais. Reporterre. fr

Kashima paradise. NDDL, le précédent japonais

La lutte contre un aéroport géant... C’était au Japon, dans les années 1970

NOTRE-DAME-DES-LANDES. Le précédent japonais

Des mouvements pour la défense de la terre contre des projets d’aéroports, il y en a eu d’autres avant celui, admirable, qui s’oppose aujourd’hui à la construction de l’absurde mégaprojet de Notre-Dame-des-Landes.

Rappelons, par exemple, les luttes victorieuses des écologistes et des paysans mexicains, en 2001, contre l’initiative du gouvernement mexicain d’exproprier des terres dans la commune d’Atenco afin de construire un nouvel aéroport pour la ville de Mexico [1].

Mais la bataille la plus exemplaire et la plus formidable contre un projet d’aéroport géant reste celle de Narita au Japon [2]. Vers 1970, en effet, entre Kashima et Tokyo, les autorités décident de construire l’immense aéroport de Narita sur des terres agricoles très fertiles.

Mais les paysans refusent de vendre leurs parcelles, s’organisent et résistent. Des milliers d’étudiants solidaires et d’écologistes accourent alors de tout le pays les soutenir et leur prêter main forte. Ensemble, au cours de batailles homériques, ils affrontent - durant des mois - les compagnies de gardes mobiles casqués, armés de matraques et de boucliers géants, envoyés pour les expulser.

A cette époque, le cinéaste Yann Le Masson part au Japon rejoindre une jeune sociologue, Bénie Deswarte, qui étudie la société japonaise. Tous deux, caméra et micro déployés, ils décident de filmer la « bataille de Narita ».

Ils suivent pas à pas les affrontements et les résistances contre la construction du gigantesque aéroport de Narita. Leurs images, inoubliables, rappellent celles des chevaliers teutoniques dans Alexandre Nevsky, le chef d’œuvre d’Eisenstein. Ils montrent les chocs héroïques entre paysans et étudiants contre les gendarmes et les soldats imbriqués dans une inextricable mêlée.

Leur documentaire, Kashima Paradise, se présente comme un somptueux poème en noir et blanc à la gloire des paysans qui défendent leurs terres et refusent de les vendre au profit d’une prétendue expansion économique du Japon. En réalité, un mégaprojet destiné à devenir un "paradis" pour les entreprises multinationales.

Yann Le Masson et Bénie Deswarte composent ainsi, avec une élégance exquise, par petites touches, un des plus beaux et bouleversants documentaires engagés du cinéma français, magnifié par un puissant commentaire de Chris Marker [3].

Filmé en noir et blanc, ce film est devenu la référence du cinéma militant des années 1970.

Kashima Paradise

[France, 1973, 112 min] Réalisation : Yann Le Masson, Bénédicte Deswarte Scénario : Benie Deswarte, Yann Le Masson Production : Les Films Grain de sable Image : Yann Le Masson Musique : Hiroshi Hara Commentaires : Chris Marker Semaine internationale de la critique au Festival de Cannes 1973 Nominé pour les Oscars 1974

Disponible aux Editions Montparnasse.

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Notes

[1] Rue 89 Ici et Reporterre Ici

[2] http://npamenton.unblog.fr/2010/08/01/1971-japon-la-bataille-de-narita-entre-la-population-et-letat/

[3]http://susauvieuxmonde.canalblog.com/archives/2011/06/28/21500761.html

Chaîne humaine à Paris pour sortir du nucléaire Par Julien villalard Reporterre 2013/03/07 Par Julien villalard (7 mars 2013) Chaîne humaine à Paris pour sortir du nucléaire. Reporterre. fr

Chaîne humaine à Paris pour sortir du nucléaire

Samedi 9 mars à Paris pour sortir du nucléaire

Le printemps est encore loin, et déjà le deuxième anniversaire de l’accident de Fukushima approche...

Une grande chaîne humaine, de la Défense à Bercy (35km de long), pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire aura lieu le samedi 9 mars dans l’après-midi.

Sortir du nucléaire Paris et Yosomono-net vous donnent RV à 13h30 devant l’Opéra Garnier : batukada, interventions, kansho-odori (danse des femmes de Fukushima) etc.

Puis, nous allons commencer à former la chaîne dans le quartier d’Opéra vers 14h30. Il y aura un concert et le village associatif à la Bastille à partir de 17h30.

Venez nombreux, vous avez le choix entre différents quartiers de Paris....

- Si vous voulez nous joindre à l’Opéra Garnier.

- Trajet et points de rassemblements.

Si jamais vous n’êtes pas à Paris le 9 mars (c’est pendant les vacances scolaires), nous organisons deux événements le vendredi 22 mars au soir (Maison des Ensembles, 3-5 rue l’Aligre 75012) et le samedi 23 mars dans l’après-midi (la péniche Antipode).

Inde : une sécheresse historique menace des millions d’agriculteurs AFP Reporterre 2013/03/07 AFP (7 mars 2013) Inde : une sécheresse historique menace des millions d’agriculteurs. Reporterre. fr

Inde : une sécheresse historique menace des millions d’agriculteurs

Privés d’eau potable, ruinés par la mort du bétail et le dépérissement des cultures qui les menacent de famine, des millions d’Indiens connaissent une sécheresse historique dans l’ouest du pays après deux faibles moussons, un phénomène accentué par l’incurie et la corruption.

La situation dans le centre du Maharashtra (ouest), dont Bombay est la capitale, est plus alarmante qu’en 1972, année record pour la sécheresse, a souligné auprès de l’AFP le chef du gouvernement local, Prithviraj Chavan.

« Les réservoirs n’ont jamais été aussi bas et à chaque jour qui passe, ils se vident un peu plus », a-t-il ajouté en incriminant les précipitations insuffisantes tombées dans cet Etat depuis deux ans.

Près de 2.000 camions-citerne chargés d’eau potable circulent en permanence entre les villages, et le bétail a été rassemblé dans des centaines de camps provisoires en attendant la mousson qui traverse le sous-continent indien de juin à septembre.

Des millions de personnes dans quelque 10.000 villages sont menacés.

Christopher Moses, qui dirige un hôpital caritatif à Jalna, l’un des districts les plus touchés, raconte comment la sécheresse met au désespoir une population déjà défavorisée.

« C’est la famine. Les villageois n’ont rien à manger, ils grattent littéralement le fond de leurs casseroles. Les cas de maladies liées à l’eau sont en augmentation, les problèmes d’inanition et de malnutrition vont commencer à apparaître », a-t-il dit par téléphone à l’AFP.

Pour la première fois depuis sa création il y a 117 ans, l’hôpital pourrait même fermer s’il ne reçoit pas urgemment des réserves d’eau nécessaires à son fonctionnement.

La sécheresse de 1972

Plus de sept Indiens sur dix vivent de l’agriculture et pour eux la mousson est vitale car deux-tiers des terres cultivées ne sont pas irriguées et dépendent entièrement de la pluie.

La sécheresse de 1972 avait dévasté les cultures céréalières et fait flamber le prix des produits alimentaires de base. Le gouvernement avait dû recourir à l’importation. En 2009, un épisode de sécheresse avait eu les mêmes effets.

L’an dernier, la mousson fut tardive dans l’ouest de l’Inde et les pluies du mois de juin, normalement le plus humide, ont été insuffisantes, selon Medha Khole, de l’agence nationale de météorologie.

Les racines du mal plongent aussi dans les plaies habituelles de l’Inde, corruption et népotisme, des bureaucrates locaux ayant été accusés d’avoir dilapidé l’argent public dans des projets inaboutis.

La surface irriguée dans le Maharashtra a augmenté de seulement 0,1 point de pourcentage entre 2000 et 2010, selon une étude officielle, alors que des milliards de dollars ont été dépensés à cet effet.

Un rapport du gouvernement local conteste ces statistiques et Prithviraj Chavan a refusé de commenter les accusations de corruption impliquant des ministres en raison d’une enquête judiciaire en cours.

Il reconnaît que le gouvernement « aurait pu mieux faire » dans le développement de l’irrigation et qu’il s’attelait à présent à la tâche.

Pour l’économiste H.M. Desarda, la corruption est « un élément important du problème » mais il dénonce également la mauvaise gestion des eaux de pluie et préconise des solutions de stockage de l’eau moins dispendieuses et plus modestes que les barrages.

« Ce n’est pas un problème de pluie, c’est un problème de politiques publiques », estime-t-il.

Paradoxalement, la mousson, cruciale pour des millions de paysans, provoque chaque année des inondations meurtrières.

Déjà 50 000 signatures contre la destruction de la forêt du Morvan Adret-Morvan et les occupants de la ZAD du bois du Tronçay Reporterre 2013/03/08 Adret-Morvan et les occupants de la ZAD du bois du Tronçay (8 mars 2013) Déjà 50 000 signatures contre la destruction de la forêt du Morvan. Reporterre. Forêts fr

Déjà 50 000 signatures contre la destruction de la forêt du Morvan

Le 24 février dernier, nous avons lancé une pétition sur la plateforme d’action Change.org pour empêcher la société Erscia d’implanter, dans la Nièvre, un gigantesque complexe industriel qui polluera l’eau et l’environnement.

En quinze jours, cette pétition « Touche pas à ma forêt : non à la destruction du #Morvan » a déjà récolté plus de 50 000 signatures.

Jeudi 7 mars, dans la matinée, au Conseil régional, l’association Adret Morvan et les occupants de la ZAD du bois du Tronçay ont remis symboliquement la pétition à François Patriat, président de la région Bourgogne.

En effet à l’abri des regards, un projet de scierie géante est en train de voir le jour dans la forêt du Morvan où nous vivons, et risque de détruire cet écosystème riche et unique. C’est pourquoi, depuis le 5 février, nous occupons pacifiquement le bois du Tronçay pour le protéger des tronçonneuses et pelleteuses qui prépareront le terrain pour les travaux de la société Erscia qui souhaite implanter ce gigantesque complexe industriel. Il comprend un incinérateur qui polluera l’eau et l’environnement.

La méga-scierie d’Erscia prévoit de traiter près de 1900 m3 par jour, soit une coupe quotidienne de 3 hectares, l’équivalent de 4 terrains de football toutes les 24 heures. De telles installations favorisent l’industrialisation massive de la sylviculture en Bourgogne et en France. A l’image de l’agriculture intensive, nos forêts deviendront des champs d’exploitation nécessitant engrais et pesticides, générant destructions et pollutions

En plus d’un désastre écologique, ce projet contribuera à aggraver la crise économique et sociale dans la région. En effet, les scieries du département de la Nièvre, déjà en difficulté, ne pourront pas supporter la concurrence déloyale auxquelles elles seront soumises. Créer 120 emplois sur le site pour en perdre 300 sur le reste du département est sans intérêt.

En choisissant Erscia plutôt qu’une économie locale, solidaire et respectueuse de l’environnement, nos élus favorisent les intérêts des actionnaires du groupe, plutôt que ceux de la population et un modèle d’exploitation outrancière, plutôt que le développement durable du département. Mais s’ils réalisent que nous sommes soutenus par des milliers de citoyens, ils devront faire machine arrière.

Notre Dame des Landes : le procès de Cyril met en évidence le rôle provocateur des policiers en civil Geneviève Coiffard-Grosdoy Reporterre 2013/03/08 Geneviève Coiffard-Grosdoy (8 mars 2013) Notre Dame des Landes : le procès de Cyril met en évidence le rôle provocateur des policiers en civil. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : le procès de Cyril met en évidence le rôle provocateur des policiers en civil

Le 6 mars, Cyril, un opposant à Notre Dame des Landes, était jugé à Rennes. Il est déjà emprisonné depuis plusieurs mois. Le procès a mis en évidence le rôle des policiers en civil, infiltrés et provocateurs.

- Reportage, Rennes

mercredi 6 mars

Cyril est tailleur de pierre (il a aussi fait une formation en boulangerie), sans emploi à ce jour, originaire de la région, où il est né et a vécu, ; il habite la commune de A, où il retape une maison, avec des amis qu’il héberge.

Il est détenu depuis le 28 novembre 2012, jugé en comparution immédiate, et condamné en correctionnelle à Nantes : pour violence contre les gendarmes sans incapacité de travail, et violence avec arme contre un civil, M. G (3 jours d’ITT), port d’armes (une sorte de fronde) et attroupement à visage masqué ; condamnation à 10 mois de prison dont 5 avec sursis, interdiction de paraître en Loire Atlantique sauf dans sa commune de résidence, interdiction de port d’armes.

Cinq autres personnes étaient en cause, seul Cyril a eu droit à comparution immédiate.

L’opération lors de laquelle les faits se sont produits avait pour objectif, selon les gendarmes, de libérer les routes.

Cyril explique son appel par sa volonté d’obtenir la levée de l’interdiction de circuler en Loire-Atlantique. Calme et digne, il reconnaît le port de masque, comme protection contre les lacrymogènes, un coup avec la ’fronde’ sur une personne en civil sans savoir que c’était un gendarme, un jet de bouteille en direction des gendarmes et un coup sur M. G qui le décrit comme ’très agressif’. Les gendarmes l’identifient comme ’un meneur’. Il se serait dit membre de l’ARB, et venu ’casser du gendarme’. Son casier n’est pas vierge...

Tout en semblant admettre que se dissimuler le visage peut effectivement avoir l’objectif de se protéger, l’Avocat Général maintient la caractérisation d’attroupement à main armée et s’attache à justifier qu’il faut retenir l’’élément intentionnel’ : il voulait se faire du flic... les interpellations ne visent pas quelques traînards... elles visent les meneurs, les leaders, que les gendarmes sur place savent identifier sans erreur... On peut imaginer la sidération de Cyril quand il s’est rendu compte que ceux qu’il croyait ses camarades de combat étaient en fait des gendarmes, ce dont il a été tenu compte... mais il y a bien eu de la part de Cyril attaque sur M. G sans être en état de légitime défense, et jet de projectile ensuite sur gendarmes identifiables.

Puis une petite phrase : il fallait mettre un terme aux actions du 26 novembre... Et pour cette peine prononcée dans une audience au rabais (comparution immédiate), dictée, de son propre aveu, par le contexte (et non pas seulement par les faits concernant Cyril), l’Avocat Général demande à minima la confirmation des peines, avec maintien en détention.

Ce que Maître Fabrice Petit, avocat de Cyril, de Nantes, pointe immédiatement ; bien au-delà des histoire de brassards mis un peu plus tôt ou un peu plus tard, il place d’emblée sa plaidoirie au niveau global, et demande si l’institution judiciaire a fonction de maintien de l’ordre : au-delà de Notre Dame des Landes, il existe un problème de statut des opposants politiques dans notre pays : depuis des années, la criminalisation est la règle dans les conflits sociaux (OGM...). Les tribunaux sont-ils donc le bras armé de cette répression décidée pour des raisons politiques ?

Il souligne ensuite les lacunes des audiences en flagrant délit : dans celle-ci n’ont été entendus que les gendarmes : il tient d’autres témoignages à la disposition du tribunal.

Car il revient maintenant sur les faits, et raconte une toute autre histoire : il y avait une centaine de personnes autour des barricades (branchages) ; ces dernières n’empêchent pas la circulation, ce sont les policiers qui ont décrété l’impossibilité de circuler. Les moyens de ces derniers sont énormes en nombre. En plus des gendarmes en tenue, identifiables, il y a les infiltrés, une dizaine, déguisés en manifestants (masques, armes - cailloux - en main...) qui se sont chargés, selon des témoignages concordants, d’aller chercher et de rameuter des opposants (à la Vache Rit et d’autres lieux) : « la troupe va charger, il faut aller aider les copains... ». Cyril y va pour protéger ses camarades. Avant l’intervention des infiltrés, il y avait certes des barricades, mais çà se passait bien. Les propos de M. L’Avocat Général semblent indiquer bien peu de connaissance de sa part des conditions d’une manifestation : bruit, lacrymos, sommations inaudibles...

Maître Petit pose le problème de la légitimité d’’infiltrer’ des manifestations, il souligne combien, au moins, cette pratique devrait être encadrée.

Autre problème : un film et des photos ont été confisqués par les gendarmes, ils auraient pu servir de preuve sur les faits. Une photo a été sauvée, que Maître Petit produit, sur laquelle les policiers infiltrés sont parfaitement identifiables dans l’accoutrement qu’ils ont eux-mêmes décrit, sans brassard ou autre identifiant de leur appartenance aux forces de l’ordre.

Les propos qu’on prête à Cyril sur l’ARB (dissoute depuis des dizaines d’années) et sur le cassage des flics sont pure imagination, l’importance pour lui de la levée d’interdiction de circuler en Loire Atlantique est primordiale, cette interdiction a pour but d’alimenter la fable que les opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes ne sont pas de Loire Atlantique, qu’ils sont des étrangers venus de l’extérieur.

Concernant le casier de Cyril, Maître Petit évoque avec sobriété des faits qui n’auraient, affirme-t-il, jamais dû faire l’objet de condamnation.

Malgré tout ce qui a été mis en évidence sur ce qu’il faut bien appeler une manipulation, la conclusion tombe comme un couperet : délibéré à 4 semaines (début avril) avec maintien en détention, ce qui condamne de fait Cyril a faire ses cinq mois de prison.

L’Age de faire n° 73 Par Julien villalard Reporterre 2013/03/08 Par Julien villalard (8 mars 2013) L’Age de faire n° 73. Reporterre. fr

L’Age de faire n° 73

L’Age de Faire, numéro 73 (mars 2013), est sorti

AU SOMMAIRE :

INGÉNIERIE CLIMATIQUE Devant l’urgence du réchauffement, certains veulent manipuler le climat pour le refroidir. Au risque de jouer les apprentis sorciers.

ENTRETIEN AVEC PATRICK VIVERET Pour le philosophe, auteur de La cause humaine, agir pour changer le monde implique de concilier résistance, imagination, et expérimentation.

SEMENCES PAYSANNES Des organisations reconnues (Kokopelli, Croqueurs de pommes…) aux « anonymes », rencontre avec ceux qui cultivent la biodiversité.

PRATIQUE DÉMOCRATIQUE Les élus de Tordères, dans les Pyrénées, cherchent à associer adultes et enfants à toutes les décisions. La mairesse, Maya Lesné, décrit les réussites et les échecs.

CAHIER SPECIAL : Les jeunes et l’ESS en partenariat avec l’IUT de Digne-les-Bains (04).

• La loi sur les ondes enterrée / Vignerons intoxiqués / Pôle emploi • « Attention, voilà l’Ani ! » : la chronique des Economistes atterrés • Paysans à Gao / « expropriation populaire » au Québec • Quelle légitimité pour la Pac ? / Avec les Fralib contre Unilever • Fukushima : des cliniques fiables, d’urgence ! • Lire, écouter, voir : Hervé Kempf et la fin de l’Occident • Transhumance contre le puçage obligatoire des brebis • Des vignerons créent un pot commun pour s’entraider • Fiche pratique : démarrer et piloter son lombricomposteur • Vive la Jeun’ESS ! • Courrier / Annonces / Coin des diffuseurs

En finir avec le marché du carbone, oui ! Mais fixer un prix au C02 reste nécessaire Jean Sireyjol (Taca) Reporterre 2013/03/08 Jean Sireyjol (Taca) (8 mars 2013) En finir avec le marché du carbone, oui ! Mais fixer un prix au C02 reste nécessaire. Reporterre. Tribune — fr

En finir avec le marché du carbone, oui ! Mais fixer un prix au C02 reste nécessaire

Le marché des quotas du CO2 ne fonctionne pas et ne sert que les grandes entreprises. Mais poser un prix au CO2 reste un instrument économique nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Nous, association Taca, sommes tout à fait d’accord avec toutes les critiques de la pétition contre le marché européen des quotas de CO2. Il est particulièrement choquant que quelques entreprises polluantes aient pu obtenir des profits « tombés du ciel » en facturant des quotas de CO2 reçus gratuitement et non utilisés.

Face à ces combines du pire greenwashing, me revient un slogan en anglais : Our Climate, not your business !

En effet, ce qui nous déplait le plus dans ce marché des quotas, c’est l’idée que protéger notre climat, ce serait l’affaire du monde des affaires. Réduire nos émissions de CO2, pas de souci, nos entreprises s’en chargeraient pour nous !

Cette idée est naturellement absurde.

Ce marché ne concerne qu’une petite partie de nos émissions de CO2 ; celles des grosses installations émettrices de gaz à effet de serre, à savoir les centrales électriques, les gros sites de métallurgie, de pétrochimie et de cimenterie. En France ça représente environ 20% de nos émissions totales de CO2 (*4).

Seulement 20% ? Eh oui ! 100% des émissions de CO2 d’un Français moyen c’est quoi ?

• le CO2 pour chauffer son logement et disposer d’électricité : seule la partie électricité est couverte par le marché des quotas, mais pas les gros bataillons du chauffage au gaz et au fioul ;

• le CO2 pour se déplacer en voiture, en avion : rien n’est couvert par le marché des quotas ;

• le CO2 (équivalent) pour se nourrir : seule une minorité comme les emballages fabriqués en France sont couverts par le marché des quotas ;

• le CO2 des biens de consommation : seule une partie est concernée par le marché des quotas, mais tout le CO2 nécessaire à la fabrication des produits que nous importons depuis la Chine, par exemple, n’est pas compris dans ce marché des quotas.

En voyant cette liste, en essayant de mesurer son Impact Carbone, on comprend bien que ce marché des quotas ne couvre qu’une toute petite part de nos émissions de CO2.

Alors, ce marché qui ne concerne qu’une petite partie du problème à résoudre, et qui en plus ne marche pas, nous taca on est bien d’accord pour en jeter l’eau du bain. Mais pas le bébé Prix carbone !

Réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour arriver à les diviser par 4, demande un changement profond. Sans signal prix, ce changement ne se fait pas (on peut tristement en faire le constat) et ne se fera pas.

Le grand climatologue de la NASA Jim Hansen le dit de la façon suivante : « Aussi certain que la loi de la gravitation universelle, tant que les énergies fossiles seront moins chères que les énergies renouvelables on continuera à utiliser les énergies fossiles ».

Le signal prix est primordial. En France, un avantage de 18 centimes par litre de carburant en faveur du diesel a conduit à ce que 2 voitures sur 3 soient vendues avec un moteur diesel !

Pour nous Taca (et nous partageons ce point de vue avec notamment Bizi !) la solution au réchauffement climatique passe principalement par un changement de comportement du citoyen consommateur.

Consommateur, il oriente ses achats vers des produits à faible empreinte carbone ; citoyen, il vote pour une politique mettant en priorité absolue la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour orienter les choix du consommateur, il faut que le citoyen demande la mise en place d’un prix sur le carbone qui va renchérir le prix des produits et services contenant beaucoup de carbone, et ainsi rendre financièrement plus intéressant les produits et services équivalents avec moins de carbone.

Our Climate, our business ! Le climat, c’est notre affaire !

Mon témoignage sur Hugo Chavez Hervé Kempf Reporterre 2013/03/11 Hervé Kempf (11 mars 2013) Mon témoignage sur Hugo Chavez. Reporterre. Édito — fr

Mon témoignage sur Hugo Chavez

Je n’avais guère prêté attention à Hugo Chavez. Pour moi, le Venezuela évoquait un pays pétrolier longtemps réduit à un statut de semi-colonie par les Etats-Unis, et qui par ailleurs avait subi des inondations catastrophiques en 1999. Chavez ? Hmm ?

Mais peu avant la conférence de Copenhague sur le climat, en 2009, la traduction en espagnol de mon livre, Comment les riches détruisent la planète, lui fut transmise. Il faut savoir que Chavez participait tous les dimanches à un programme radiophonique de plusieurs heures, mélange de radio-crochet, chansons, jeux, informations sur l’activité du gouvernement et éducation politique populaire. Une part de la faconde intarissable de l’animateur Chavez venait de ses lectures de la semaine, que ce quasi-autodidacte dévorait pendant ses nuits.

Advint la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. On l’a oublié aujourd’hui, mais cette conférence se produisit dans un état d’excitation impressionnant, dans un moment où la question du changement climatique n’avait jamais été aussi présente dans la conscience collective. Et tout ce que la planète comptait d’écologistes engagés et de chefs d’Etat étaient animés par l’irrépressible besoin… d’ETRE LA.

Permettez-moi de vous raconter comment j’ai croisé alors Hugo Chavez – il s’agit en fait des notes que j’avais prises alors, pour le récit de la conférence.

Ainsi donc, le 16 décembre 2009… me voici à côté de la salle plénière, qui normalement interdite d’accès aux journalistes. Soudain, des gardes de l’ONU courent derrière nous, rentrent tout agités dans la grande salle. On se faufile à leur suite.

Deux manifestants ont réussi à parvenir à la tribune et à crier des slogans. Ils sont emmenés par les gardes de l’ONU, et ils continuent à crier sous les applaudissements des délégués. Je file vers eux avec mon magnéto, voir ce qui se passe, quand je suis interpellé : "Eh Hervé !"

C’est Maximilien, un conseiller de Chavez. "Reste, il va parler dans un moment". Maximilien propose d’aller saluer le président. On y va. La salle contient mille personnes à l’aise, assises en rang derrière des tables, chacun avec un panonceau portant le nom de son pays ; les pays sont alignés par ordre alphabétique. C’est une salle, vous mettriez deux terrains de football. El presidente a, sur sa table, un exemplaire de Como los ricos destruyen el planeta. Maximilien me présente (tout ça, alors qu’un autre président est en train de parler à la tribune), "c’est l’auteur. - Ah, très bien". Chavez me serre la main, il serre ferme. "Et comment ça se prononce, votre nom, Kempé ? Et le prénom, Arve ?" Je lui dis. On retourne à notre place, ça va bientôt être son tour.

Ca y est. Il monte à la tribune, ses documents dans la main. Vingt minutes de festival. Tiens, Alain Juppé arrive, va s’assoir. Chavez : "A bas la dictature impériale... il n’y a pas de démocratie... Deux jeunes sont montés à la tribune, je salue tous ceux qui sont dehors [les manifestants], ce sont des jeunes, ils sont préoccupés de l’avenir... Un fantôme rôde parmi nous, dans les couloirs, dans cette salle, personne n’ose le nommer, c’est le capitalisme !... Les manifestants ont deux slogans que je reprends mon compte : ’Changer le système, pas le climat’, et ’Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé". Applaudissements, comme souvent ensuite, et comme quand les deux jeunes criaient, tout à l’heure. La majorité des délégués viennent de pays du sud, et ils se défoulent.

Et puis Chavez dit : « Je recommande le livre de Hervé Kempf, vous pouvez l’avoir en espagnol et en français, en anglais probablement, Como los ricos destruyen el planeta, Hervé – Kempf,- il insiste bien sur les mots, c’est pour cela qu’il voulait vérifier la bonne prononciation, il y a un instant - Como los ricos destruyen el planeta. Le Christ a dit : il est plus facile à un chameau de passer dans le trou d’une aiguille qu’à un riche de rentrer au paradis. Les riches détruisent la planète. Peut-être pensent-ils qu’il y en aura une autre quand ils auront détruit celle-ci, mais je ne peux en voir aucune dans la galaxie pour l’instant. Ignacio Ramonet m’a donné ce livre, il est quelque part dans la salle. Je le regardais, et à la fin de l’introduction, il y a une phrase très importante : Kempf dit ceci : ‘Nous ne pourrons pas réduire la consommation matérielle si nous ne veillons pas à ce que les tout puissants descendent de plusieurs échelons, et si nous ne luttons pas contre les inégalités. … Moins consommer, mieux partager.’ Je crois que c’est un excellent conseil que nous donne cet écrivain français, Hervé Kempf. Ceci dit, Monsieur le président, le changement climatique… »

Ouah ! C’est fort, ça ! Le discours se poursuit, je continue à prendre des notes. "... 7 % de la population font 50 % des émissions mondiales, 50 % de la population font 7 % des émissions... le changement climatique n’est pas le seul problème dont souffre l’humanité..." Il cite Leonardo Boff, un théologien de la libération, Simon Bolivar, rappelle qu’en 1999, le Venezuela a connu "la tragédie la plus grave de notre histoire", évoque "le socialisme, autre fantôme qui hante nos salles. Voilà la voie à suivre pour sauver la planète", lève "le drapeau du Christ, de Mahomet, de la paix, de l’amour", cite Fidel Castro, Rosa Luxemburg, et conclut sur le Christ : "Bienheureux les pauvres".

Applaudissements. Une foule se rassemble autour de Chavez, revenu s’assoir. C’est une star, pas de doute.

Le lendemain, conférence de presse de l’ALBA (alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique) : Chavez, Morales, le vice-président cubain, une ministre équatorienne. Morales : "Le capitalisme fait de la Terre-mère une marchandise". Le Cubain : "L’Alliance bolivarienne n’est pas seulement pour les peuples d’Amérique, mais pour les peuples du monde". L’Equatorienne : "On ne peut accepter que les pays en première classe décident pour les autres".

Les présidents partent, mais leurs délégués restent. A la sortie, confusion, attroupement, sur la tribune, Amy Goodman, de Democracy Now, est montée avec son cadreur et espère l’interview. Avec quelques autres journalistes, qui vont vite former une petite troupe, on monte et se place derrière elle, débordant la sécurité. Chavez revient vers la caméra.

Chavez répond à Goodman, je suis juste derrière elle, je pourrais poser mon bras sur son épaule, bras au bout duquel il y a mon magnéto, qui espère capter Chavez en face, la traductrice à gauche, au milieu de la jungle des micros, caméras, perches de son, appareils photo. Chavez regarde intensément la journaliste, Amy Goodman, comme si c’était vraiment à elle qu’il parlait, et c’est vraiment à elle qu’il parle, visage carré, fort, un peu en sueur, énergique mais avenant.

Ces personnages – Chavez, Obama, Sarkozy, tous ces gens, quel que soit ce que l’on pense d’eux – sont des piles d’énergie, des miroirs fascinants, des charmeurs envoûtants. S’ils sont là où ils sont, c’est aussi grâce à ce don étrange de capter les regards et l’attention, comme la reine dans la ruche. Je pense à cette remarque lue il y a longtemps à propos de Mick Jagger : quand il parle à quelqu’un, il lui donne vraiment l’impression de lui accorder toute son attention. Leçon retenue : quand on parle à quelqu’un, lui être vraiment attentif. C’est ce que fait Chavez : il parle, et c’est vraiment à son interlocuteur qu’il parle, de ses mots, de son cerveau et de son âme. Et c’est par cette attention donnée que, anges ou démons, les types comme lui gagnent.

Je n’écoute pas vraiment, je m’imprègne de la situation, observe Chavez à un mètre de moi à peine, entend une question de Goodman : « Aux Etats-Unis, on dit que vous êtes un dictateur ». Il sourit en coin, et plutôt que de s’indigner, il renvoie la balle en parlant de « l’Empire » et de sa guerre en Afghanistan.

Décryptage de l’enregistrement, ce dimanche :

« Goodman : Quel niveau de réduction des émissions de gaz à effet de serre soutenez-vous ? - Chavez : 100 % ! Il faut un nouveau modèle de vie, changer de système, sortir du capitalisme. - Comment allez-vous vous débarrasser du capitalisme ? - Comme ils ont fait à Cuba. Donner le pouvoir au peuple, l’enlever aux riches. On ne peut le faire que par la révolution. - Comment réagissez-vous au discours d’Obama ? - Obama est pour moi une grande frustration. Il pourrait s’inscrire dans l’histoire, mais il a créé une grande frustration pour ceux qui ont voté pour lui dans l’espoir du changement. Il ne fait que continuer la politique de Bush. - Pouvez-vous donner des exemples ? - La guerre. J’ai vu Obama quand il est venu nous saluer au Sommet des Amériques, on a parlé, je lui ai dit, ‘travaillons ensemble à la paix en Colombie’. Mais il ne s’est absolument rien passé, sinon qu’il a installé sept nouvelles bases militaires en Colombie. Ce n’est qu’un exemple. En Irak et en Afghanistan, la guerre continue. Je suis désolé pour vous, vous devriez avoir un meilleur gouvernement. - Le gouvernement des Etats-Unis vous qualifie de dictateur. Que répondez-vous ? - Merveilleux. Merveilleux. L’empire m’appelle un dictateur (rire). Je suis heureux. »

Je ne comprends pas la suite, je vous la dirai quand un ami me l’aura traduit.

« Merci, je dois partir, bonne chance ». L’entretien a duré moins de dix minutes, la forêt de micros se dissout, le président quitte la salle entouré d’un essaim d’humains, Goodman, isolée, se détend, ravie de son coup – ce n’est pas si facile que ça d’attraper quelqu’un comme Chavez -, se tourne vers son équipe en souriant : « On l’a eu ! » « C’est bien en boîte », assurent ses équipiers.

Retour en 2013.

D’avoir eu un lecteur aussi éminent que Chavez m’a bien sûr conduit à être beaucoup plus attentif à son action et à son parcours. Sans être du tout un bon connaisseur du Venezuela et de la politique de Chavez, voici deux remarques que m’inspire son parcours.

D’une part, Chavez était évidemment quelqu’un d’imparfait, il n’a pas réussi à débarrasser son pays de la corruption, sa politique à l’égard des médias semble très discutable, il aurait pu se passer de certains amis dans sa lutte d’indépendance face aux Etats-Unis, son bilan écologique est fort ambigu, et il risquait de devenir « presidente » à vie, ce qui est clairement trop long…

Ceci dit, le Venezuela était avant lui une oligarchie où une classe dirigeante, valet des Etats-Unis, maintenait dans la pauvreté le peuple d’un pays doté d’une énorme richesse pétrolière : Chavez a conquis l’indépendance par rapport au puissant voisin du nord, mené une réelle politique de redistribution de la richesse collective, encouragé l’éducation et le système de santé, fortement réduit l’inégalité dans son pays. Il a, de surcroît, ce qui n’est pas rien, rendu à son peuple sa dignité et sa fierté. Ce bilan est largement positif.

D’autre part, la haine des grands medias occidentaux à l’égard de Chavez m’a toujours stupéfié. Son motif est simple : ils avaient peur de l’alternative au capitalisme qu’il tentait d’incarner avec d’autres, peur qu’il puisse servir d’exemple et de modèle. Chavez n’était certes pas un saint, mais ce n’était pas un démon. Il a toujours été régulièrement élu, et les prisons de Caracas ne comptaient pas de prisonniers politiques. Et surtout, j’ai toujours été frappé de la différence de traitement des médias envers le Venezuela et d’autres pays d’Amérique centrale : a-t-on prêté la même attention au Guatemala, au Honduras, au Salvador, théâtres de violentes et barbares répressions, et dont les régimes politiques sont loin d’être des parangons de vertu démocratique. Mais ils sont dans la main des Etats-Unis, et c’est cela que les médias de l’oligarchie reprochaient à Chavez : il était libre.

L’Histoire leur donnera raison Yvan Gradis Reporterre 2013/03/11 Yvan Gradis (11 mars 2013) L’Histoire leur donnera raison. Reporterre. fr

L’Histoire leur donnera raison

Ce n’est pas du théâtre : les faits se sont déroulés, le 8 octobre 2012, au Palais de justice de Paris, dans la salle d’audience de la 16e chambre correctionnelle, devant les sympathisants qui avaient trouvé place à l’intérieur ; les autres – pour la consolation desquels ce livre a été réalisé – ont patienté deux heures dans la salle des pas perdus, la juge ayant interdit que l’on se tînt debout dans le fond.

Ce jour-là, six membres du Collectif des déboulonneurs passaient en procès pour avoir, le 28 janvier 2011, dans la station de RER Auber, barbouillé de peinture (en bombant des slogans subversifs) des panneaux publicitaires de la pire espèce : inventés en 2009 et répandus dans les gares et les transports en commun, ces écrans, baptisés « Numériflash » par leur propriétaire Métrobus, ont la taille d’armoires à glace, la luminosité et le rythme stroboscopique de téléviseurs devenus fous, et ce, pour imposer à votre cerveau reptilien les images nourrissantes concoctées par nos commerçants et industriels philanthropes – bref, des pulvérisateurs de tranquillité, des matraques visuelles dernier cri, ou encore, dans l’arsenal moyenâgeux de la guerre publicitaire menée contre le citoyen, des « panneaux forts » aux murailles imprenables. Cerise sur le gâteau (ou capteur dans le panneau) : ces délicats instruments du pouvoir économique ont été conçus, de l’aveu même de leur propriétaire, pour observer l’âge, le sexe, la chevelure et jusqu’au mouvement des yeux des passants en train de contempler leur contenu si enrichissant (pour qui ?).

Les courageux assaillants s’en étaient pris audites murailles à visage découvert, dans un esprit de « légitime réponse » ou de désobéissance civile non-violente, entourés d’une foule d’amis, de la presse, de la police et d’élus en écharpe tricolore. Un grand moment de civisme et de reconquête symbolique de la salubrité publique !

Avec ce livre – serait-ce une nouveauté ? –, vous assistez à l’audience comme si vous y étiez… De la première à la dernière seconde, jugement compris (vous saurez, en le lisant, à quelle sauce judiciaire ont été mangés ces martyrs de la liberté mentale !), la quasi-totalité des échanges a été reconstituée avec le plus grand réalisme, grâce à des prises de notes. Une authenticité garantie jusqu’à l’identité de la juge, du procureur, des prévenus, des avocats et des témoins, tous nommés.

Pourquoi la dédicace au garde des Sceaux (Christiane Taubira) ? Pour une raison simple, que les prévenus lui avaient rappelée dans une lettre ouverte reproduite : la cocasserie de la situation voulait, en effet, que les six militants eussent reçu leur assignation à l’été 2012, quelques semaines après la nomination de cette femme politique à la tête du ministère de la Justice – et quelque trois ans après que ladite femme, alors simple élue, avait honoré certains d’entre eux de sa présence, dans un café parisien, à la sortie d’un de leurs précédents procès pour des faits rigoureusement identiques… À propos de soutien moral, ont été inclus au document la lettre reçue de l’ambassadeur Albert Salon et le message téléphonique du philosophe Edgar Morin.

Oui, ce compte-rendu d’un procès qui, plus qu’aucun autre (ledit collectif en a suscité dix-neuf à ce jour), abordait tous les aspects du problème publicitaire (pollution de l’environnement, sexisme, injustice sociale, manipulation mentale, entrave à la démocratie, etc.) tient du théâtre. De quoi inspirer des comédiens ? Une occasion de rire ensemble du léviathan publicitaire et des institutions qui s’en font les complices ?

Yvan Gradis

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- L’Histoire leur donnera raison, 87pages, peut être téléchargé gratuitement ou commandé (10,40 euros, port compris, tarif dégressif pour une commande de plusieurs exemplaires), sur le siteilv-edition.

Le préfet interpellé sur le projet mangeur de terre à Pézenas Catherine Grèze Reporterre 2013/03/11 Catherine Grèze (11 mars 2013) Le préfet interpellé sur le projet mangeur de terre à Pézenas. Reporterre. fr

Le préfet interpellé sur le projet mangeur de terre à Pézenas

A Pézenas (Hérault), un projet commercial dénommé « Les Jardins de Bonneterre » prévoit d’artificialiser de nouvelles terres agricoles. La députée européenne (EELV) Catherine Grèze se tourne vers le Préfet.

Pierre de Bousquet de Florian Préfecture du Languedoc-Roussillon 34 Place Martyrs de la Résistance 34000 Montpellier

Bruxelles, le mardi 5 mars 2013

Monsieur le Préfet,

Députée européenne, élue de la circonscription du Sud-Ouest, j’ai été avertie lors d’une récente visite des menaces posées à Pézenas par l’imposant projet commercial des Jardins de Bonneterre : en matière d’imperméabilisation des sols mais aussi de tissu économique et social local.

J’ai aussi été informée des déclarations du maire de la ville, Monsieur Alain Vogel-Singer, qui a publiquement affirmé qu’il envisageait la mise en oeuvre d’une procédure d’expropriation visant à permettre la réalisation du projet.

Comme vous-même, au travers de l’action menée par la Direction départementale des territoires et de la mer de l’Hérault, je m’inquiète vivement de la disparition des terres agricoles, dont la consommation, en France, s’accélère depuis 2006. La Commission européenne, que j’ai alertée, rappelle elle aussi sa volonté de lutter contre la dégradation des sols.

La lutte contre leur artificialisation est désormais pour elle une priorité puisqu’elle a publié le 12 avril 2012 de nouvelles lignes directrices pour limiter ce phénomène. Parmi les mesures préconisées, figurent la recherche d’un meilleur aménagement du territoire ou encore le réexamen des « subventions négatives ».

C’est donc au regard de ce contexte que devra être évaluée l’opportunité d’une éventuelle demande de déclaration d’utilité publique pour la réalisation du projet des Jardins de Bonneterre. Discutable à bien des égards, ne serait-ce que par la différence de rythme, dans l’Ouest-Hérault comme ailleurs, entre la création de surfaces commerciales et l’augmentation de la population, celui-ci ne saurait justifier qu’on expulse et qu’on détruise des terres parmi les plus fertiles du Languedoc-Roussillon.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations distinguées.

Catherine Grèze Députée européenne du Sud-Ouest

Fukushima : émotion et colère à Paris dans la chaîne humaine contre le nucléaire Pascale Solana et Gaia Mugler (Reporterre) Reporterre 2013/03/11 Pascale Solana et Gaia Mugler (Reporterre) (11 mars 2013) Fukushima : émotion et colère à Paris dans la chaîne humaine contre le nucléaire. Reporterre. Reportage — Catastrophes nucléaires fr

Fukushima : émotion et colère à Paris dans la chaîne humaine contre le nucléaire

Le 9 mars 2013, deux ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, 20 000 personnes ont manifesté dans différents quartiers de la capitale contre le nucléaire. Dans le quartier de l’Opéra, la communauté des Japonais de Paris était très représentée. Rencontres et témoignages de femmes.

- Reportage, Paris

La manifestation est une chaîne humaine, une farandole pacifique qui se déploie dans différentes zones de la capitale entre la Défense et Bercy, autour de lieux symboles de pouvoir ou d’institutions impliquées dans le nucléaire : sièges d’Areva, d’EDF, de Bouygues… À l’initiative de vingt-six associations), les militants appellent à la transition énergétique « maintenant ». Signe de ralliement ? Le jaune. Chaque lieu est dédié à une thématique particulière. Dans le quartier de l’Opéra, la communauté des Japonais de Paris est très présente.

La fille aux bottes

Jaune ! Vues du bas des escaliers de la bouche de métro Opéra, on ne remarque qu’elle, ou plutôt ses deux bottes en caoutchouc jaune, comme deux soleils dans le ciel bleu de Paris, sauf qu’elles sont marquées de symboles nucléaires noirs. L’étudiante, sourire en banane, en est fière. Elle les a customisées ce matin même et précise : « En plus, elles ont encore de la boue de Notre-Dame-des-Landes ! » Le ton est donné. Militant mais bon enfant, presque léger s’il ne s’agissait d’un sujet aussi grave. Sur le parvis de l’Opéra, touristes et parisiens curieux se mêlent aux anti-nucléaires, prêts à se donner la main pour entamer la marche pacifique.

Dans ce quartier, ils sont environ 500, et c’est au son de « Fukushima plus jamais ça » et « Nucléaire non merci », qu’ils encerclent trois bâtiments. Ceux de la [Société Générale-http://www.reporterre.net/spip.php?article3927] pour ses engagements dans plusieurs projets et entreprises nucléaires. De Kepco, Kansai Electric Power Company, un des plus grands fournisseurs d’électricité du Japon qui y exploite trois centrales nucléaires. De la BNP Paribas, « banque la plus nucléarisée » du monde selon Sortir du Nucléaire qui dénonce notamment parmi ses projets financés, deux centrales situées dans des régions sismiques, Jaitapur (Inde) et Béléné (Bulgarie).

Umiko, le papillon et l’empereur

« Umiko, Umi comme mer, ko comme enfant, c’est un beau nom ! » s’exclame Tea M., une Européenne venue participer à la chaîne. Ce nom est celui avec lequel elle signe son blog Le Papillon et l’empereur. Tea alias Umiko aime le pays du Soleil levant. Très fort. Sa fille parle le japonais et suit des études sur le Japon. Umiko, elle, s’y est déjà rendue en famille en avril 2011, justement. Mais elle n’a pas été à Fukushima. Elle est triste. « On n’aurait jamais dû construire des centrales nucléaires dans un pays sismique. La terre s’est mise en colère… » C’est aussi pour soutenir l’action de l’association Yosomono, créé au lendemain de la catastrophe par des Japonais résidant en France, qu’elle est venue ce jour retrouver ses amis, revêtue d’un très beau kimono, le vêtement traditionnel japonais.

Yuki de Yosomono

Journaliste auteur et traductrice, Yuki Takahata vit en France. Avant Fukushima, elle militait avec le réseau Sortir du nucléaire. Après la catastrophe, elle a participé à la création de Yosomono. « Notre association apporte son soutien financier et moral aux victimes de Fukushima et notamment à ceux qui ont intenté un procès à la société Tepco, accusée par ces derniers de ne pas avoir organisé d’évacuation collective et de n’avoir pas su protéger les populations », explique-t-elle. Yosomono s’est rapidement dupliqué en Allemagne, en Grande-Bretagne et forme un réseau : « Nous voulons empêcher le redémarrage des réacteurs nucléaires au Japon ».

En ce 9 mars, femme décidée, Yuki monte en militante sur l’estrade installée devant les marches de l’Opéra de Paris et prend le micro. Elle raconte. Les 160 000 réfugiés, les aliments pollués, ceux qui luttent là-bas, Tepco et le gouvernement qui minimisent le danger des radiations, la contamination qui n’en est qu’à ses débuts, la situation toujours pas maîtrisée, le niveau très élevé de radioactivité, les difficiles voire impossibles opérations de décontamination, le démantèlement des installations qui ne sera pas envisageable avant 2050 … D’autant que Shinzo Abe, premier ministre du nouveau gouvernement japonais, souhaite la remise en marche d’un certain nombre de réacteurs arrêtés suite à la catastrophe. La foule rassemblée à Opéra sous les étendards jaunes écoute avec attention et respect.

Haruko et Tomoko

Mariée à un Français, Haruko Boaglio habitait à Fukushima à 45 km de la centrale où elle enseignait le français. Avant l’accident, elle était déjà antinucléaire. C’est ainsi d’ailleurs qu’elle découvre que certaines installations n’étaient pas sécurisées. Elle se souvient du 11 mars. « L’après midi nous avons ressenti une grande secousse. Puis plus rien. On s’est demandé avec mon mari ce qu’il se passait. On a pensé à la centrale mais il n’y avait aucune information. Le téléphone avait été coupé. C’était une ambiance particulière parce qu’on sentait qu’il se passait quelque chose mais on ne savait pas quoi exactement. Ça, je voudrais le souligner, il n’y avait vraiment pas d’information, tout le monde en a souffert ». Un peu plus tard, une amie très militante les rejoint en voiture et leur raconte ce qu’elle sait du système de refroidissement de la centrale. Haruko et son époux comprennent que c’est grave. « Nous nous sommes préparés pour être prêts à partir, vite, s’il le fallait ». Le samedi, ils décident de quitter Fukushima pour le week-end et partent avec leur petite fille pour les environs de Tokyo. Peu après, c’est un courriel de l’ambassade de France qui les informera de la gravité de la situation. Ils partent plus loin, vers Osaka et cherchent refuge pour séjourner dans une auberge. Puis l’ambassade de France conseille à ses ressortissants et à leurs familles de quitter le Japon avec un avion de rapatriement. Ils acceptent. « Nous avons emporté l’essentiel. Peu de chose. On a tout laissé. Plus tard la société à qui on louait notre maison nous a informé qu’il fallait qu’on libère les lieux pour installer d’autres gens parce qu’on ne revenait pas ».

Haruko retournera-t-elle vivre au Japon ? Silence. Ses yeux se font durs. « Non, c’est clair. La contamination va perdurer pendant des décennies. Tout est irradié. Les aliments. Au début les gens faisaient très attention à ce qu’ils mangent. Et puis ils se lassent… Les informations diffusées aux populations sont rassurantes ! Les médias parlent très peu des procès que les victimes intentent. » Tomoko, son amie, vient d’arriver. Elle vit à Kyoto et témoigne de la division au Japon : « A l’Ouest, les gens se moquent un peu de Fukushima. Les jeunes ne se sentent pas concernés. » La vie continue, tranquille.

La colère d’Aizen

Un peu plus loin, Aizen prend la pause. Aizen est belle à faire fleurir un cerisier. Perchée sur des chaussures compensées à très hauts talons, avec des jambes qui n’en finissent pas, couvertes de collants bleu flashy, et une petite robe courte bleu pétant que déchire en son centre un champignon atomique rouge. Plus haut, un masque blanc couvre sa bouche, son nez laissant juste percevoir d’immenses yeux ourlés d’un trait de maquillage bleu électrique, son visage est encadré de longs cheveux noirs de jais. On pourrait la prendre pour une mannequin, mais non. Aizen est là parce qu’elle en colère.

Cette franco-japonaise bilingue née au Japon a créé l’association Kibô-Promesse. Kibo signifie espoir en japonais. « J’ai ressenti une telle colère au fond de moi que je ne pouvais pas rester sans rien faire. Je ne voulais pas passer par une grande association. Je voulais apporter une aide directe et de proximité aux victimes ». Par le biais de créations artistiques revendue via le site, elle recueille des sommes qu’elle reverse à des ONG et des associations qui viennent en aide aux victimes, notamment aux enfants de Fukushima (comme Fukushima Network for Saving Children from Radiation, une petite organisation locale japonaise et humanitaire, d’intérêt public, basée à Fukushima). Cela permet aussi d’équiper la population d’appareils de mesure de la radioactivité des aliments.

Kibo-promesse apporte son soutien à l’association CRMS (Citizen’s Radioactivity Measuring Station) qui, sur place, fait un travail similaire à celui de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) au lendemain de Tchernobyl.

La jeune femme parle vite, sa voix est pleine de tension. « Fukushima c’est un choc profond, un traumatisme. Il y a des enfants de cinq ou dix ans qui ont déjà des cancers. Vous imaginez cette violence ? Le nucléaire, c’est tout ça ». L’émotion et la révolte montent au fur et à mesure qu’elle énumère les problèmes : pas assez d’évacuation ni de capsules d’iode, des enfants qui aujourd’hui vivent avec des dosimètres, prisonniers de zones contaminés, des nodules qui apparaissent. « C’est insupportable ! » Elle décrit un Japon divisé en deux avec d’un côté ceux qui continuent à vivre comme avant la tragédie et qui s’en moquent et de l’autre, ceux qui bougent. « Tous les vendredis à Tokyo il y a des manifestations. Vous savez, c’est fort, très fort ce genre de réactions au Japon ! Ils n’ont pas cette culture de la révolution. » La majorité de peuple japonais est aujourd’hui contre le nucléaire, mais il est dans la contradiction et suit les décisions d’un gouvernement pro-nucléaire.

Comme le signalait Kenichi Watanabé, le réalisateur du documentaire Le Monde après Fukushima ( diffusé sur Arte le 5 mars), venu présenter son film à la péniche Antipode à Paris sur l’invitation de la biocoop Canal Bio, à Fukushima, l’implication des femmes est remarquable. « Les femmes portent la vie ! » confirme Aizen. Soudain elle s’excuse, de sa colère et de son ton. « C’est ça, ou je pleure… » En fait, elle n’en est pas loin. Stéphane Hessel, dans votre repos, vous n’avez rien à craindre : Aizen l’indignée en est la preuve.

Ayuko, déchaînée…

16h30, direction place de la Bastille pour un concert de taiko - tambour et danse japonais - avec l’école Tsunagari Taiko Center, Tsunagari signifiant "lien". Ce soir, Ayuko Yonemura Bonnan, danseuse et joueuse de taiko, joue pour envoyer de l’énergie à ceux qui en ont besoin, là-bas : « Je suis japonaise et je suis très heureuse de voir les Français se lever pour Fukushima. Merci. »

Et si le Lyon Turin était justifié ? Jean Sivardière (FNAUT) Reporterre 2013/03/11 Jean Sivardière (FNAUT) (11 mars 2013) Et si le Lyon Turin était justifié ?. Reporterre. Tribune — fr

Et si le Lyon Turin était justifié ?

Le député UMP Dominique Dord a récemment pris position contre le projet de LGV Lyon Turin. Mais le président de la Fédération des usagers de transport conteste ses arguments.

Le député Dominique Dord justifie son opposition au projet Lyon-Turin par la baisse du trafic de fret à travers les Alpes du Nord depuis une dizaine d’années : de 35 à 20 millions de tonnes par an. Mais est-il sérieux de s’en tenir à cette observation sommaire (« les marchandises passent ailleurs ») et de ne pas s’interroger sur les raisons de cette baisse ?

La crise économique a sans doute freiné les échanges intra-européens, mais ce n’est pas la raison principale (curieusement, le député ne s’étonne pas que le trafic de fret à travers l’ensemble de l’arc alpin ait doublé, passant de 50 à plus de 100 millions de tonnes par an).

L’explication est ailleurs :

- les péages imposés aux tunnels routiers du Mont-Blanc et du Fréjus ainsi que sur les autoroutes d’accès sont devenus très élevés et ont incité les transporteurs routiers à se reporter sur d’autres itinéraires, la Suisse mais essentiellement la Côte d’Azur ;

- le tunnel ferroviaire du Mont-Cenis a été en travaux pendant près de dix ans et mis alors provisoirement à voie unique, si bien que le trafic de fret a été quasiment interrompu (il a cependant été possible de démontrer la pertinence technique de l’autoroute ferroviaire mise en place entre Aiton et l’Italie).

Par ailleurs l’argumentaire de Dominique Dord présente de graves lacunes, comme celui publié récemment par la Cour des Comptes.

- Pas un mot sur les nuisances pénibles (bruit, pollution de l’air, insécurité) générées par un trafic de poids lourds qui reste considérable (2,7 millions de poids lourds par an contre 1,2 seulement à travers la Suisse), et subies par les habitants de la Maurienne, de la vallée de Chamonix, de la Côte d’Azur et les riverains des axes routiers d’accès à ces régions.

- Pas un mot sur les nombreux projets d’augmentation des capacités routières si une alternative ferroviaire crédible n’est pas offerte aux chargeurs : le deuxième tube du tunnel du Fréjus en cours de reconstruction, la rocade de Chambéry, l’élargissement de l’A43 et de l’A8. Pas un mot sur la légalisation récente de la circulation des camions de 44 tonnes, qui renforce de 10% la compétitivité de la route face au rail.

- Pas un mot sur l’obsolescence de la vieille ligne de la Maurienne, incapable de provoquer un basculement significatif du trafic routier sur le rail car cette ligne de montagne, ouverte en 1871, comporte de fortes déclivités (3% sur 100 km) et culmine à 1300 m d’altitude. Jamais compétitive avec l’autoroute, elle ne sera jamais saturée : un tunnel à basse altitude est indispensable pour réduire le coût d’exploitation du rail et le rapprocher de celui du transport routier ; la Suisse (tunnels du Lötschberg et du Gothard), l’Autriche et l’Italie (tunnel du Brenner) l’ont bien compris.

- En ce qui concerne le trafic routier est-ouest, le député considère qu’il peut être capté par la voie maritime (il faudrait mettre en service une armada de navires, à quel coût écologique ?) et qu’un détournement par Modane est irréaliste : il oublie que la distance ferroviaire Barcelone-Milan est la même via Vintimille ou Modane.

- Pas un mot sur le trafic voyageurs que devrait capter le rail grâce au Lyon-Turin : les perspectives de report de trafic routier et aérien sur le rail, et l’importante réduction des émissions de gaz à effet de serre qui en résulterait, ne sont pas la principale justification du projet, mais elles ne peuvent être oubliées pour autant.

Aujourd’hui, l’Italie est le seul pays européen voisin de la France non connecté à son réseau à grande vitesse, si bien que les déplacements entre la France et l’Italie s’effectuent essentiellement par la route et l’avion (plusieurs millions de passagers par an utilisent l’avion entre Paris et l’Italie du Nord) : on assiste même à un développement de relations par autocar (SNCF et Réunir) entre Lyon et Turin.

Quant au financement du tunnel ferroviaire interfrontalier, ici encore il ne faut pas s’en tenir à des affirmations superficielles. Ce tunnel n’est pas ruineux : non seulement son coût serait partagé entre la France, l’Italie et l’Union européenne, mais il est possible d’imposer, comme l’ont fait nos voisins suisses pour leurs deux tunnels, une écotaxe sur le trafic routier de transit afin de financer l’ouvrage.

Il est facile de critiquer tout grand projet avec des arguments classiques : coût pharaonique et sous-estimé, trafic potentiel surévalué. Il est plus difficile, et Dominique Dord en fait la démonstration, d’en proposer une alternative sérieuse répondant au problème posé : comment transférer massivement sur le rail les trafics aériens et routiers existants dont les nuisances asphyxient les vallées alpines.

Jean-Paul Gaultier, arrêtez de tuer les ours ! Robin des Bois Reporterre 2013/03/11 Robin des Bois (11 mars 2013) Jean-Paul Gaultier, arrêtez de tuer les ours !. Reporterre. Tribune — fr

Jean-Paul Gaultier, arrêtez de tuer les ours !

Une publicité pour le parfum de Jean-Paul Gaultier met en scène un beau mec et des dépouilles d’ours polaires.

Les ours polaires sont menacés d’extinction. La chasse vise en priorité les mâles. Les ours polaires sont aussi menacés par la contamination chimique de l’Arctique, les pollutions sonores, la pénurie alimentaire et les dérèglements climatiques.

Bien entendu l’authenticité de ces parties d’ours polaires à usage publicitaire n’est pas garantie. Mais l’image véhicule la croyance dans les vertus du charme et de la virilité des parures animales. Au moment où la CITES - Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction - vient de refuser l’inscription de l’ours polaire à l’Annexe I (interdisant son commerce international), cette publicité est particulièrement mal venue.

Le styliste et couturier français Jean-Paul Gaultier et tous les distributeurs de ce parfum se font les promoteurs de la chasse et du commerce international d’animaux menacés d’extinction.

Le ministère de l’Ecologie couronne la stratégie pour la biodiversité de Vinci Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/03/11 Camille Martin (Reporterre) (11 mars 2013) Le ministère de l’Ecologie couronne la stratégie pour la biodiversité de Vinci. Reporterre. fr

Le ministère de l’Ecologie couronne la stratégie pour la biodiversité de Vinci

Vinci, comme dix autres grandes entreprises, a obtenu le statut « d’engagement reconnu » pour la Stratégie nationale pour la biodiversité accordé par le ministère de l’Ecologie.

Un projet d’aéroport qui détruit des centaines d’hectares de terres agricoles et une zone humide ? Peu importe. L’essentiel est de "se mobiliser pour la stratégie nationale de la biodiversité", et de "s’engager".

C’est ainsi que pour récompenser ces efforts impressionnants, le ministère de l’Ecologie a accordé le statut d’"engagement reconnu sratégie nationale biodiversité" à onze grandes entreprises, dont Vinci.

Pas besoin de commentaires : lisez le communiqué d’Entreprises pour l’Environnement ci-dessous :

.................................... Les engagements des membres d’EpE (Entreprises pour l’Environnement) mobilisés en faveur de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité (SNB)

Les engagements des membres

Préserver, restaurer, renforcer et valoriser la biodiversité, en assurer l’usage durable et équitable, réussir à impliquer tous les acteurs, publics ou privés de tous les secteurs d’activité, telle est l’ambition de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020 du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie (MEDDE).

EpE et ses membres se sont mobilisés dès le lancement de la SNB en 2011. Plusieurs entreprises, et l’association elle-même, ayant signé leur adhésion, ont proposé à reconnaissance leurs plans d’engagement volontaire constitués d’actions concrètes et significatives. Ces plans d’actions ont fait l’objet d’un examen par le jury du Ministère de l’Écologie et obtenu une reconnaissance officielle SNB.

Parmi les 11 entreprises reconnues par le MEDDE pour leurs plans d’engagements en décembre 2012, 7 sont membres d’EpE : Ciments CALCIA, EUROVIA, GDF SUEZ, GSM, LAFARGE, RTE et VINCI.

Cette distinction annoncée le 17 décembre dernier au Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), dans le cadre de l’événement “Le temps de l’engagement pour la biodiversité”, vient renforcer la visibilité des actions des membres d’EpE. D’autres présenteront à leur tour des plans d’engagements en 2013.

Sept grandes entreprises membres d’EpE ont obtenu le statut d’ “engagement reconnu SNB” par le MEDDE pour une durée de 3 ans, pour leur engagement en faveur de la biodiversité.

(...)

L’engagement volontaire de Vinci pour la biodiversité porte sur la période 2012-2015. Il comporte 9 actions qui tournent autour des axes suivants : la recherche scientifique, la formation et le partage des bonnes pratiques en matière de biodiversité.

VINCI oeuvre également pour que l’ensemble de ses activités intègrent davantage les enjeux biodiversité tout au long du cycle de vie des projets, depuis la phase de réponse aux appels d’offre jusqu’’à l’exploitation en passant par la construction.

La biodiversité à Notre Dame des Landes, version Vinci

La politique agricole européenne doit sortir du productivisme Les Jeunes écologistes Reporterre 2013/03/12 Les Jeunes écologistes (12 mars 2013) La politique agricole européenne doit sortir du productivisme. Reporterre. Tribune — fr

La politique agricole européenne doit sortir du productivisme

Le Parlement européen discute les 12 et 13 mars de la réforme de la politique agricole commune. C’est le moment d’orienter celle-ci dans le sens de l’écologie et de l’emploi.

La position définitive du Parlement européen sur les nouvelles orientations de la Politique agricole commune (PAC) doit être votée en plénière le 12 mars. Elle est le dernier espoir de négocier une réforme plus écologique et plus solidaire pour les 7 ans à venir. Tandis que la commission Agriculture du Parlement a littéralement cédé aux pressions des lobbies et contrecarré toute tentative de verdissement proposée par la Commission européenne, les Jeunes Écologistes demandent une réorientation globale des aides de la PAC vers des modes agricoles écologiquement soutenables et socialement préférables car plus riches en emplois.

Dans une Europe en crise, où le chômage ne cesse d’augmenter, où la sécurité alimentaire ne semble pas être garantie, la PAC a un rôle central à jouer. Représentant encore 40% du budget européen – soit 55 milliards d’euros -, elle reste le dispositif concret le plus abouti de l’Union Européenne. Mais la PAC, c’est aussi la disparition d’un quart des agriculteurs entre 2007-2013, 90% de l’activité biologique des sols européens détruite, des crises alimentaires et sanitaires à répétition, des aides qui tardent à être versées pour les agriculteurs bio français. C’est enfin une politique inéquitable et inégalitaire, qui verse 80% des aides à 15% des agriculteurs.

Par conséquent, les Jeunes Écologistes soutiennent un changement d’envergure et une réorientation des financements européens. Plutôt que d’appuyer l’agriculture productiviste et intensive, les aides de la PAC doivent soutenir une agriculture paysanne, biologique, à échelle humaine, plus riche en emplois. Cela passe par une répartition des aides sur l’ensemble du territoire et un plafonnement de la somme perçue par exploitation, afin de ne pas favoriser les bassins de production hyper-intensive. Il est également indispensable de réorienter les financements vers les programmes de développement rural et de recherche agronomique pour favoriser l’émergence de solutions viables à long terme.

Les Jeunes Écologistes prônent également le renforcement de l’éco-conditionnalité des aides, afin de faire des dispositifs existants des leviers au service d’un verdissement des pratiques agricoles européennes. A cet égard, nous demandons une orientation en faveur des multicultures, de la rotation des cultures, ainsi que de la réintroduction des légumineuses, garantissant l’indépendance énergétique du continent européen et assurant la biodiversité dans nos espaces ruraux.

Ainsi, Les Jeunes Écologistes appellent à une prise de conscience des parlementaires européens pour qu’ils mettent enfin l’intérêt des populations, et non ceux des grands groupes de l’agroalimentaire, au centre des politiques européennes. Si le projet de la PAC est voté dans son état actuel, c’est l’Europe des citoyens et des consommateurs qui risque d’être sacrifiée. La PAC doit devenir l’instrument européen permettant de protéger l’environnement, de promouvoir l’agro-écologie et les circuits courts, de soutenir les petites exploitations agricoles et les collectivités rurales tout en garantissant la sécurité alimentaire sur le continent européen.

> Pour soutenir cette vision d’avenir de la PAC, une mobilisation citoyenne est organisée le 12 et 13 mars devant le Parlement européen à Strasbourg.

> une agriculture paysanne à échelle humaine et soutenue par des circuits courts, c’est aussi le début de la Révolution énergétique !

En Bretagne, un scénario alternatif permet d’éviter une centrale polluante Collectif Gaspare Reporterre 2013/03/12 Collectif Gaspare (12 mars 2013) En Bretagne, un scénario alternatif permet d’éviter une centrale polluante. Reporterre. fr

En Bretagne, un scénario alternatif permet d’éviter une centrale polluante

Le Collectif Gaspare (Garantir l’Avenir Solidaire Par l’Autonomie Régionale Énergétique) a été reçu vendredi 8 mars au ministère de l’écologie, avant que le Débat national sur la transition énergétique ne soit décliné en régions.

A cette occasion, le ministère a reconnu que, dans le contexte économique actuel, les CCCG - Centrales à cycle combiné gaz - ne sont pas rentables. Pour preuve, les projets en cours au niveau national sont tous suspendus ou « mis sous cocon ». Seul le projet breton est maintenu, car il sera économiquement profitable pour l’opérateur qui bénéficiera d’une prime fixe annuelle d’État de 40 M€.

De ce fait, l’arrêté ministériel a été signé le 10 janvier, essentiellement pour des raisons juridiques, et non techniques, d’après le ministère.

Par ailleurs, Gaspare a été informé que le Préfet de Région a demandé à RTE - Réseau de transport d’électricité - d’étudier le Scénario électrique alternatif breton du Collectif pour y répondre lors de la Conférence bretonne de l’énergie du 22 mars à laquelle Gaspare n’est, à ce jour, pas invité.

Le Collectif a signalé au ministère qu’il avait sollicité un rendez-vous de travail sur ce Scénario auprès des services de l’État et de la région, et qu’il était toujours en attente de réponse.

A l’issue de cette réunion d’échanges, Gaspare a officiellement demandé un moratoire sur le projet CCCG, le temps que le Débat national arrive à ses conclusions et que la prochaine PPI - Programmation pluriannuelle des investissements de production électrique - soit élaborée en 2014 à l’issue du Débat et de la Loi qui en découlera.

Le Collectif a été entendu dans ses demandes et attend les réponses du ministère en espérant qu’il ait été écouté.

Conférence obsolescence programmée Par Julien villalard Reporterre 2013/03/12 Par Julien villalard (12 mars 2013) Conférence obsolescence programmée. Reporterre. fr

Conférence obsolescence programmée

Dans le cadre de son programme « Campus », Surfrider Foundation Europe organise une conférence sur le thème de l’obsolescence programmée, le mardi 12 Mars prochain à Biarritz, en présence de représentants de l’association Les Amis de la Terre et de l’entreprise d’insertion Recycléco.

Ouverte au grand public, la conférence donnera la parole à des experts du monde associatif et privé, afin d’apporter des éléments objectifs de réflexion sur l’obsolescence programmée, problématique au coeur d’enjeux économiques, environnementaux et sociaux majeurs.

Les échanges permettront également de découvrir des réponses possibles, au travers la découverte d’une entreprise locale, Recycléco.

VENEZ ASSISTER À LA CONFÉRENCE AU SURFRIDER CAMPUS LE 12 MARS PROCHAIN !

Le Parlement européen vient d’enterrer la réforme de la PAC José Bové Reporterre 2013/03/13 José Bové (13 mars 2013) Le Parlement européen vient d’enterrer la réforme de la PAC. Reporterre. Tribune — fr

Le Parlement européen vient d’enterrer la réforme de la PAC

Le Parlement européen vient de voter 4 propositions législatives visant à réformer la politique agricole commune de l’UE. Les Verts au PE regrettent profondément les résultats de ce vote crucial. Selon eux, le Parlement européen vient d’enterrer la réforme de la PAC.

S’exprimant à l’issue du vote, José BOVE Vice-président de la commission de l’agriculture du Parlement Européen a estimé que :

« Le Parlement européen a manqué un rendez-vous historique. Alors que c’est la première fois qu’il avait la possibilité de se prononcer sur la PAC, il a préféré poursuivre une logique du passé. Le scandale sur la viande de cheval et l’émotion qu’il a suscité à travers toute l’Europe rendent ces votes d’autant plus inacceptables.

La fixation d’un plafonnement à 300 000€ est scandaleuse. Les grosses exploitations continueront à éliminer les plus petites qui les entourent. C’est le feu vert au gigantisme et à une agriculture industrielle. Seulement 2 voix ont manqué pour imposer un plafonnement à 200 000 euros qui, bien qu’insuffisant aurait permis de réorienter ce bateau à la dérive, ce résultat est déplorable. Les députés européens « progressistes » qui n’ont pas pris part à ce vote aujourd’hui portent une lourde responsabilité. Les avancées sur les questions environnementales ont été balayées du revers de la main. A la rotation des cultures qui aurait permis de produire des protéines végétales, le Parlement a préféré poursuivre avec la pratique de la monoculture. A croire que la majorité de cette assemblée n’a toujours pas intégré la question du réchauffement climatique, la détérioration des sols et des eaux, la perte de la biodiversité ni la protection des paysans du sud victimes de la monoculture du soja.

Face à ce coup dur porté aujourd’hui à la réforme de la politique agricole de l’UE, il faut être honnête avec nos concitoyens : la réforme de la PAC qu’ils appellent de leurs voeux est morte et enterrée ».

Pour Catherine Grèze, membre du Groupe des Verts/ALE, rapporteure de l’avis de la commission du Développement régional sur le règlement « paiements directs » :

« Combien de temps va-t-on encore subventionner les épidémies modernes liées à une agriculture qui se soucie plus de son bilan comptable que de nos territoires et de la santé de nos enfants ? Combien de temps nous faudra-t-il pour comprendre qu’il y a une autre voie, une autre agriculture, saine pour les consommateurs comme pour les agriculteurs, pouvant créer de l’emploi ? »

Mais si, le diesel peut être écologique Roger Cans Reporterre 2013/03/13 Roger Cans (13 mars 2013) Mais si, le diesel peut être écologique. Reporterre. Tribune — fr

Mais si, le diesel peut être écologique

Une voiture diesel, sobre et durant longtemps, évite le remplacement fréquent et le gaspillage de matières. Et la sobriété n’est-elle pas la vertu cardinale de l’écologie ?

Voici maintenant qu’on veut nous priver de diesel, sous prétexte qu’il nuirait à la santé et parce que les caisses sont vides. A ce compte, supprimons le tabac, l’alcool, la télévision, les feux dans la cheminée, et tout ce qui, à faible ou forte dose, peut nuire à la santé !

L’écologie, pour moi, n’est pas la santé (surtout lorsqu’elle est statistique et difficile à prouver) mais d’abord la sobriété, c’est-à-dire une consommation minimale des ressources de la planète. Or la voiture diesel est une voiture sobre. Ma vieille 205 Peugeot, achetée en 2001 mais construite en 1989, ne consomme que 4 ou 5 litres de carburant aux 100 kilomètres, ce qui est beaucoup moins que la même voiture à essence. Comme c’est une berline utilitaire à deux places, elle passe chaque année avec succès le contrôle anti-pollution.

La voiture diesel est aussi écologique pour d’autres raisons : elle dure en moyenne deux fois plus longtemps qu’une voiture à essence, disons 300.000 kilomètres au lieu de 150.000. Cette longue durée est une qualité écologique essentielle, puisqu’elle divise par deux la production de l’industrie automobile qui fabrique des voitures diesel pour une même clientèle.

Posséder une voiture qui roule depuis plus de vingt ans, c’est lutter contre la consommation à outrance, c’est défier l’obsolescence programmée. J’ai commencé comme beaucoup avec des voitures à essence (Fiat 600, Renault 4 L, etc.), dont la durée de vie, comparée à la voiture diesel, était plutôt brève. Pourquoi fabriquer ou acheter deux voitures au lieu d’une seule ? Bien sûr, cela fait marcher le commerce, mais cela puise dans la ressource, qu’il s’agisse de l’acier, des matières plastiques, du caoutchouc, du verre et de tous ces matériaux indispensable à la construction d’une voiture.

Notre société s’oriente de plus en plus vers le jetable. On nous pousse à la consommation : les ampoules vendues par deux, les brosses à dents par trois, les rasoirs (jetables) par dix, et tout à l’avenant. Indignons-nous contre ces méthodes commerciales qui transforment le citoyen en consommateur, en acteur de la croissance « à l’insu de son plein gré ».

Indignons-nous contre ces ordinateurs et ces portables périmés aussitôt qu’achetés. Refusons d’obéir à ces publicités pernicieuses (« On change d’heure, changez de montre ») et arc-boutons-nous contre toutes les incitations à changer de literie, de mobilier…ou de voiture.

Si le parc automobile diesel était si nocif pour la santé, la France n’arriverait pas en tête de l’Europe pour l’espérance de vie des hommes et des femmes de notre temps. Bien sûr, il vaut mieux rouler à vélo que rouler diesel, ce que j’ai fait durant vingt ans à Paris, et sans assistance électrique. Mais tant qu’à se déplacer en quatre roues, autant choisir le véhicule le plus sobre, le plus solide et le plus durable. C’est ainsi que je conçois l’écologie.

Que les hygiénistes rejoignent les économistes de la Cour des comptes en prônant d’aligner la taxation du diesel sur celle des autres carburants, cela sent un opportunisme de mauvais aloi, voire une funeste aubaine. Vive la voiture diesel, vive le véhicule à moteur qui est pour l’instant le plus écologique à l’usage !

Un projet pour la décroissance Par Hervé Kempf Reporterre 2013/03/13 Par Hervé Kempf (13 mars 2013) Un projet pour la décroissance. Reporterre. Économie fr

Un projet pour la décroissance

- Note de lecture par Hervé Kempf

Un revenu égal pour tous d’un côté, un revenu maximal de l’autre : voilà la vision économique exprimée par des partisans de la décroissance dans cet ouvrage qui ne vise rien moins qu’à bouleverser la société. Il est peu probable qu’il y parvienne rapidement, mais la vision présentée est si radicalement opposée aux dogmes dominants qu’elle en devient diablement intéressante.

Ecrit par divers "objecteurs de croissance", le livre rappelle d’abord les fondamentaux de la théorie de la décroissance. Les auteurs soulignent avec un brin d’ironie que le terme même de décroissance, malgré ses imperfections, est, "contrairement à celui de développement durable, difficilement récupérable par la société de croissance".

Ils soulignent qu’alors que "la mythologie de la ’Croissance’ veut que l’augmentation du produit intérieur brut [PIB] fasse baisser le chômage (...), depuis quarante ans, si le PIB a augmenté régulièrement, le taux de chômage s’est accru pour stagner autour de 10 %".

RÉORGANISATION DU SYSTÈME

En fait, les auteurs n’imaginent pas que le capitalisme puisse se sortir de la crise actuelle, parce qu’elle découle "de la déplétion des énergies, des métaux et de la biodiversité". Si bien qu’au fond "il ne s’agit pas de choisir entre ’croissance’ ou ’décroissance’, mais bien entre une ’décroissance volontaire et démocratique’ et une ’récession subie et oligarchique’".

Comment, alors, mettre en oeuvre l’économie en état stable (steady state economy) théorisée par l’économiste américain Herman Daly ? En organisant le couplage entre le revenu maximum acceptable (RMA) - puisque "la première décroissance doit être celle des inégalités" - et la dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA), "versée à toutes et tous de manière égale de la naissance à la mort, afin de garantir un niveau de vie décent et déconnecté de l’occupation d’un emploi".

Il ne s’agit pas là d’une simple redistribution, mais de la réorganisation du système économique. La DIA ne serait pas seulement un flux monétaire, mais comprendrait des droits de tirage gratuits sur des ressources (eau et électricité), des services publics et des biens communs partagés, basés sur des monnaies locales. Cela supposera « des choix, comme de ne pas rembourser la part de la dette qui est illégitime, une nationalisation partielle voire totale du système bancaire avec l’instauration de taxes sur les transactions financières, un débat public sur le fonctionnement voire l’existence de la Bourse, l’interdiction des paradis fiscaux, etc. De même, [les auteurs proposent] de confisquer aux banques privées le pouvoir de la création monétaire en le conférant aux banques publiques ».

La condition pour réussir cette transformation radicale de l’économie est « une forte adhésion de tous et une participation à cette volonté de changement ». Pour le moins... Mais il faut bien commencer un jour, et ce petit livre stimulant y contribue incontestablement.

H.K.

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Un projet de décroissance - Manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie, Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot, préface de Paul Ariès, Editions Utopia, 150 p., 7 €

Dans la Loire, on veut reconstruire un barrage nuisible Collectif Loire Amont Vivante Reporterre 2013/03/13 Collectif Loire Amont Vivante (13 mars 2013) Dans la Loire, on veut reconstruire un barrage nuisible. Reporterre. fr

Dans la Loire, on veut reconstruire un barrage nuisible

Il faut réduire la dette publique, parait-il ? Pas dans la Loire, où un barrage inutile pourrait être reconstruit sur la Semène, au sud de Saint Etienne.

La France traverse une importante crise de la dette publique, qui assombrit son avenir. Cette crise préoccupe au premier rang les Français, qui ont bien compris que notre pays ne ouvait pas continuellement vivre à crédit. La dette nous oblige à réviser la forme et le montant des dépenses publiques.

Pour tout bon gestionnaire, il est donc nécessaire de mieux utiliser l’argent du contribuable, particulièrement en matière de gestion de la ressource en eau, un bien vital. Et la gestion de cette ressource n’est pas satisfaisante en France, comme l’a soulignée le récent Rapport Annuel 2013 de la Cour des Comptes, pour ce qui touche à la question des polluants agricoles, nitrates en particulier.

« Alors que des actions contentieuses ont été engagées contre la France sur le non-respect de la directive européenne sur les nitrates, la « pression de contrôle » est insuffisante pour faire diminuer ce type de pollution et se prémunir contre de nouveaux contentieux » (p.331 du rapport).

Gaspiller l’argent public pour le béton ou l’investir pour lutter contre les nitrates dans la Loire ?

Le résultat de cette gestion déficiente ? Plus de la moitié de l’Hexagone est touchée par la pollution liée aux nitrates. 18 860 communes sont concernées, 860 de plus qu’en 2011, le bassin Loire Bretagne comptant à lui seul 434 communes supplémentaires. C’est donc, dans la Loire aussi, dans ce domaine qu’il faut investir l’argent public, pour aller vers une agriculture durable, permettant d’améliorer la qualité de l’eau et non pas dans le bétonnage de la Semène qui, en coulant librement, contribue à améliorer de la qualité de l’eau !

Nous n’allons pourtant pas dans cette direction. : l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, mise sous pression par une minorité d’élus locaux, dont le parlementaire de Firminy Dino Cineri, risque d’être obligée de gaspiller 1.860 000 d’euros (auxquels il faut rajouter 744 000 euros de l’Etat, 250 000 euros Conseil Général de la Loire, 353 000 euros Conseil général de Haute-Loire) pour reconstruire le barrage obsolète des Plats, sur la Semène, un affluent de la Loire en rive droite au sud de Saint Etienne. De la gestion d’avenir, conforme à ce qu’exige l’Union Européenne et sa Directive nitrates 91/676/CEE ?

Un moratoire et une alternative pour économiser l’argent du contribuable.

Pour la construction du nouveau barrage des Plats, la « pression de contrôle de l’Etat » n’a pas été insuffisante, elle a été inexistante. Dans la Loire, la DDT et quelques élus semblent continuer à considérer que les poches de l’Etat et de ses établissements sont toujours pleines et que l’indispensable mobilisation des deniers publics pour l’effort national de lutte contre la pollution par les nitrates, et donc pour la protection de la biodiversité, passe au second rang.

Le WWF, les ONG du Collectif Loire Amont Vivante demandent donc à nouveau un moratoire sur un chantier coûteux, qui n’a pas de justification avérée et qui va altérer le potentiel de développement économique durable autour d’une « rivière joyau ».

Une alternative pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable, étudiée par la SOGREAH en 2009, à la demande du Conseil Général de Haute-Loire existe. Elle consisterait pour l’essentiel dans la réalisation d’une conduite de 17 km reliant l’usine de potabilisation du SYMPAE (le Syndicat Mixte de Production et d’Adduction des Eaux) de Monistrol-sur-Loire. Il faut l’étudier plus avant. Qu’attendons-nous ?

Le Collectif Loire Amont Vivante demande également que la question de la reconstruction du barrage des Plats soit une examinée dans le futur « Rapport d’évaluation des politiques de l’eau » dans notre pays qui va être mise en oeuvre sous l’égide du Conseil Général du Développement Durable dans les prochaines semaines.

Investissons l’argent public pour sauver l’eau, pas pour la couler !

Il lutte contre le changement climatique. La juge ordonne son expertise psychiatrique Pierre-Emmanuel Neurohr Reporterre 2013/03/13 Pierre-Emmanuel Neurohr (13 mars 2013) Il lutte contre le changement climatique. La juge ordonne son expertise psychiatrique. Reporterre. Climat fr

Il lutte contre le changement climatique. La juge ordonne son expertise psychiatrique

Pierre-Emmanuel Neurohr a bloqué plusieurs fois des avions pour manifester la nécessité de lutter contre le changement climatique. Il a été emprisonné plusieurs mois. Mais l’instruction continue, et la juge demande une expertise psychiatrique. Il la refuse, en tant qu’« opposant politique ».

COMME AU BON VIEUX TEMPS DE L’UNION SOVIÉTIQUE, SELON UNE JUGE D’INSTRUCTION, UN OPPOSANT POLITIQUE, C’EST UN CAS POUR LA PSYCHIATRIE.

Pierre-Emmanuel Neurohr a bloqué, de manière non-violente, des avions sur le tarmac de l’aéroport Charles-de-Gaulle.

La raison est simple : lorsqu’on regarde les chiffres officiels, on s’aperçoit que cette machine vous fait dépasser votre quota annuel de CO2... en quelques heures (1).

Or, en 2013, on sait que Kevin Trenberth, l’un des climatologues les plus en vue au niveau mondial, affirme dans une étude que « la famine en Afrique de l’est » qui a eu lieu en 2011 était due de manière « significative » au « réchauffement global » (2).

Ceux qui polluent le climat avec la machine la plus efficace pour ce faire - l’avion - savent désormais qu’il est prouvé qu’ils participent à la mise à mort d’êtres humains. Le lien est scientifiquement établi.

En 2013, on sait que l’ensemble des études scientifiques sur le thème de la sécheresse arrivent à la même conclusion : en 2030, des régions entières de la planète seront en situation de sécheresse quasi-permanente (3). Dans à peine quinze ans, l’agriculture de pays entiers va être détruite. Et cela aura pour conséquence la destruction de millions d’êtres humains, principalement par famine. Dans quinze ans, personne ne pourra dire : " Ah, on ne pouvait pas savoir".

En 2013, on sait tout cela. Mais Mme Herlaut, juge d’instruction, a décidé de protéger le système qui détruit le climat. Alors qu’elle est censée enquêter à charge et à décharge, elle a accumulé les parti-pris les plus grossiers :

- face à un citoyen non-violent et poli, elle a évoqué le terrorisme irlandais et les attentats du 11 septembre, ce qui constitue une insulte, et plus grave, un manque de discernement qui a de quoi faire frémir, vu sa profession ;

- elle affirme - par écrit ! - que les journalistes (Le Parisien et l’AFP en l’occurrence) qui ont effectué des reportages sur la dernière action de M. Neurohr « sont en réalité des complices » (4) ;

- Mme Herlaut a maintenu dans la prison de La Santé un citoyen non-violent et n’ayant pas volé un centime d’euro ; au bout de deux mois, elle s’est fait taper sur les doigts par les juges d’appel, qui l’ont forcée à accepter la libération de M. Neurohr ; entretemps, il était passé à deux reprises tout près du tabassage en règle à l’intérieur de la prison.

Pierre-Emmanuel Neurohr, suite à ses actions de blocage, n’est accusé d’aucune violence, et d’aucun vol. En d’autres termes, une définition quasi-parfaite de l’opposant politique. L’année dernière, le procureur de Bobigny avait demandé à faire expertiser M. Neurohr, étude qui a montré qu’il est sain d’esprit.

Malgré cela, Mme Herlaut a décidé de lui faire subir une seconde expertise psychiatrique aujourd’hui. En conséquence de quoi M. Neurohr a envoyé la lettre suivante à Mme Herlaut, juge d’instruction :

« Madame,

Pierre-Emmanuel Neurohr »

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Notes

(1) « Pour que les concentrations en gaz à effet de serre arrêtent d’augmenter dans l’atmosphère, une règle de 3 relativement grossière entre l’absorption de dioxyde de carbone par les océans et la végétation (environ 10 milliards de tonnes de CO2) et la population mondiale actuelle (6,8 milliards d’individus plus ou moins gourmands en énergie) suggère qu’il faudrait rejeter au plus 1,5 t de CO2 par personne et par an en moyenne. Malgré la relative modestie des rejets de gaz à effet de serre français par rapport à ceux d’autres pays industrialisés, nos rejets pour le seul CO2 devraient être divisés par 4 à 5 pour arrêter l’augmentation (…) », Climat : le vrai et le faux, Valérie Masson-Delmotte (l’une des principales climatologues françaises), 2011, p. 69.

Il existe différents modes de calcul pour estimer la pollution générée par un passager prenant l’avion entre Paris et Montréal, par exemple, et 1,5 t de CO2 représente l’estimation la plus basse. En fait, selon le gouvernement français, un A/R 2e classe Paris-Montréal pollue notre fine couche d’atmosphère avec 2,5 t de CO2 par individu (tableur Ademe V6.1, septembre 2010 ; un aller-simple pollue avec 1248 kg). Mais nous prenons à dessein l’estimation la plus basse : même de cette manière, il est évident pour toute personne rationnelle que l’utilisation de l’avion est incompatible, mathématiquement parlant, avec un climat préservé.

(2) « In part the high SSTs were a consequence of the previous El Niño (Trenberth et al. 2002) but there is surely a significant global warming component (Gillett et al., 2008). » [p. 4]. « The drought and famine in East Africa [were] also related to the high Indian Ocean SSTs (Williams and Funk 2011). » [p. 6]. Source : Framing the way to relate climate extremes to climate change, Kevin E. Trenberth, Climatic Change, 21.3.12.

(3) Drought under global warming : a review (Les sécheresses dans le cadre du réchauffement climatique : un état des connaissances), Aiguo Dai, WIREs Climate Change, 2010.

(4) Madame Herlaut, juge d’instruction, document du 24.9.2012.

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Complément d’information

* Il est également possible de l’entendre développer ses arguments sur France Culture, en podcast.

* Des textes de référence sont disponibles sur http://parti-de-la-resistance.fr/

Notre Dame des Landes : les poteaux du barreau routier attaqués à la masse Par Julien villalard Reporterre 2013/03/14 Par Julien villalard (14 mars 2013) Notre Dame des Landes : les poteaux du barreau routier attaqués à la masse. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : les poteaux du barreau routier attaqués à la masse

Mardi 12 mars

Le dimanche 10 mars 2013, nous sommes allé-e-s nous promener sur le tracé du futur barreau routier (croient-ils !). Sourires aux lèvres, regards complices,... nos interrogations, nos peurs, nos doutes atténues par une joyeuse détermination et une confiance mutuelle. Nous nous sommes rendu-e-s sur un chantier de déviation de ligne, derrière Terre-Neuve, qui s’inscrit dans le cadre de la construction du barreau routier. Nous étions une centaine de tous horizons, de tous ages, avec ou sans terre, avec ou sans salaire, avec pour points communs notre détermination de ne pas laisser les travaux commencer et nos k-ways sous les capuches desquels se logeait un mélange explosif de diversité subversive.

Les bornes et les piquets de géomètres ont été arrachées. Un stock de gaines a été percé et rendu hors d’usage, les câbles et leurs futurs embouts de liaisons ont été sectionnés, six poteaux électriques en béton armé ont été copieusement fracassé à la masse. Chaqu’un-e se relayait avec engouement, les outils passait de main en main. pour le plaisir l’un des poteaux a été abattu, tombant au sol sous les cris de joie. Lorsqu’il n’y avait plus rien à déplacer, déterrer, éclater, couper ou détruire, nous sommes rentré-e-s en chantant et en cueillant les champignons oranges laissés par les géomètres sur le reste du tracé.

Le barreau routier, c’est un fantasme de 4 voie griffonné sur une carte par quelques aménageurs qui croient tout planifier. C’est l’axe de communication censé permettre :

- à court terme : l’acheminement du matériel et des machines pour la construction du futur aéroport du Grand-Ouest.

- à long terme : assurer une liaison entre les axes Nantes-Rennes et Nantes-St. Nazaire, reconstituant l’un des segments d’une deuxième ceinture périphérique autour de la métropole nantaise.

A part aux extrémités, les travaux préliminaires (fouilles archéologiques, forages géotechniques) n’ont pas commencé sur la majeure partie du tracé.

S’ils sont parvenus (pour l’instant) à réaliser des fouilles et des forages protégés par une armada de gendarmes, il leur faudra balayer l’occupation et les constructions qui fleurissent sur le tracé de leur 4 voie imaginaire pour continuer d’avancer dans les travaux.

L’attaque de dimanche dernier cible les toutes premières étapes du chantier du barreau routier : déviation de lignes et élargissement des routes connexes.

Le projet de ligne endommagé l’avait déjà été le mois dernier, comme a pu le constater un groupe en ballade sur le barreau le 2 février 2013. L’aéroport est prévu pour 2017 s’ils mettent plus d’un mois à poser sept poteaux électriques, les travaux sont décidément bien engagés !

Attaquer dès maintenant le barreau routier, cela signifie :

- que défendre la zone et lutter contre l’aéroport et son monde ce n’est pas uniquement occuper la ZAD, y vivre dans l’attente des expulsions. C’est construire une offensive par des pratiques de résistance active à l’avancée des travaux ! - que le mouvement ne se laissera pas facilement neutraliser par les pièges tendus par le pouvoir. Comme la commission de dialogue en cours, avec son cortège de négociations, d’accords, de compromis, de possible moratoire et autres arnaques. - que nous jubilons et que nous recommencerons jusqu’à ce que les décideurs ne dorment plus la nuit à l’idée que chaque étape infime des travaux nécessite une présence policière permanente, que chaque chose construire peut être détruite, qu’il leur faudra des dizaines d’années, des milliards d’euros et des régiments s’ils veulent construire cette aéroport. Même l’abandon du projet ne permettra aux décideurs ni de reprendre sans résistance les terres que nous habitons et que nous cultivons en commun, ni d’anéantir les liens tissés entre ce bocage et les collectifs partout ailleurs.

Quand armé-e-s de masses, ingouvernables, nous frappons votre béton, c’est tout l’édifice de la Métropole qui vibre et se craquèle !

Quelques membres de la Commission de Dialogue à la Masse

Zone à défendre (avec d’autres photos)

Lundi 11 mars

« Le Monde » a compris l’inverse de ce que lui disait la Commission de dialogue

Contrairement à ce qu’a laissé entendre le quotidien, le président de la Commission de dialogue, Claude Chéreau, « n’est pas du tout opposé au projet d’aéroport ».

Dans son édition du 10-11 mars, Le Monde indique que le président de la Commission de dialogue, Claude Chéreau, a "des doutes sur le projet aéroportuaire"… Il "avoue son scepticisme". Las ! Dès dimanche, sur FR 3 celui qui a été conseiller de François Hollande a recadré les choses : "Je ne suis pas du tout opposé au projet“. Voici ses propos :

……………………………

FR3

Tout d’abord, Claude Chéreau a tenu à signaler l’ambiguité du titre de l’article du Monde : "Il ne correspond pas au contenu (...) le texte parle de mes doutes sur quelques arguments, je ne suis pas du tout opposé, je n’ai du tout de doute en ce qui concerne le projet aéroportuaire lui-même".

Interrogé par notre journaliste Myriam N’Guénor, le président de la Commission de Dialogue a tenu à préciser qu’"il est tout à fait légitime de songer à un nouvel aéroport même s’il n’y a pas saturation, certes les pistes pourraient le devenir mais il y a encore un peu de marge"...

Selon lui, le projet "se justifie aussi par d’autres arguments notamment en matière de bruit, par le dérangement que les avions peuvent causer aux gens qu’ils survolent (...) il est tout à fait légitime de se préoccuper de la construction d’un nouvel aéroport dès maintenant même si la saturation n’est pas encore complètement au rendez-vous".

Claude Chéreau s’interroge aussi "bien sur les anti que sur le pro. Des deux côtés, en voulant quelquefois trop prouver on ne contribue pas à trouver une issue au dossier".

Claude Chéreau a tenu également à souligner que "le rapport n’est pas tout rédigé" et qu’il reste "des auditions importantes à réaliser". Avant de conclure : "Je n’ai pas du tout pris d’orientation sur ce qu’il y aura dans ce rapport".

FR3 avec la video de l’entretien.

Lundi 5 mars

Un troupeau de vaches arrivera à Bellevue le 10 mars

Photo Vache à Bellevue

Plus de cinq semaines que la Ferme de Bellevue est occupée par les paysans du Copain 44, les membres des comités de soutiens et les zadistes

- Suite de la plainte d’AGO Vinci

L’ordonnance de référé rendu le 28 février par le tribunal d’instance de Saint Nazaire, suite au dépôt de plainte d’AGO Vinci, condamne l’occupant et les 9 comparants volontaires à une expulsion immédiate, à compter du jour du passage de l’huissier, assortie d’une astreinte de 50 euros par personne et par jour, ainsi qu’au paiement d’une somme de 1000 euros à verser à AGO Vinci. Sur le conseil de Me Boittin, avocat des paysans, il a été décidé de faire appel de l’ordonnance dès le vendredi 1 mars au matin. L’huissier est passé déposer les significations d’ordonnance de référé et les commandements à quitter les lieux le vendredi 01 mars, à la ferme de Bellevue.

Comme l’ordonnance de référé ne concerne que les dix personnes qui y sont citées, les occupants déclarés et les comparants volontaires ont affirmé à l’huissier ne plus habiter à Bellevue depuis le 01 mars au matin. Dès le samedi 2 mars, sept autres paysans envoyaient une lettre recommandée à AGO Vinci, pour les informer qu’ils avaient élu domicile à la Ferme de Bellevue le vendredi 1 mars, espérant ainsi les contraindre à une nouvelle procédure en référé avant toute expulsion.

- La mobilisation à la ferme de Bellevue et sur tout le territoire

L’appel n’étant pas suspensif, la mobilisation reste forte pour prévenir toute tentative d’expulsion avec l’aide de la force publique. Les tracteurs ont été redéployés en bouclier autour de la maison de Bellevue et les permanences ont été renforcées jours et nuits.

Suite aux différentes réunions et AG, le Copain 44 a décidé de proposer, conjointement avec l’Acipa, d’appeler les paysans et les collectifs du 44 à se mobiliser à Bellevue et sur la Zad et d’inciter ceux des autres départements et régions de France à développer des actions de solidarité sur leur propre territoire. La décision de mettre en application l’ordonnance d’expulsion de Bellevue et plus largement de persister dans ce projet absurde est aujourd’hui uniquement entre les mains du pouvoir politique en place. Toutes les actions même symboliques pour interpeller les élus partout en France sont donc les bienvenues.

Face à la lourde artillerie médiatique déployée par les porteurs du projet, et à la mobilisation de toutes ses forces vives (voire serviles) pour tenter d’imposer leur vision du développement, toute opération pouvant sensibiliser l’opinion publique à notre action sont les bienvenues (ex : autoroutes gratuites).

- La mise à l’herbe du 10 Mars

Dans le cadre de cette mobilisation forte, le dimanche 10 mars 2013, à partir de 11h00, les paysans du Copain 44 vous invitent à venir accompagner l’arrivée par la route, en mini transhumance, d’un nouveau troupeau de vaches menées à la mise à l’herbe de printemps, dans les prairies de la Ferme de Bellevue. Les éleveurs qui souhaiteraient compléter les effectifs du troupeau en amenant une ou plusieurs vaches de réforme peuvent contacter Cyril. Les paysans veulent réaffirmer, par cette action fortement symbolique, leur volonté de maintenir les fermes de la Zad en production, de protéger terres et bâtis du saccage et de la destruction, et de réclamer à nouveau la remise à plat de la DUP de 2008 avant d’envisager toute poursuite de travaux.

- Le Copain 44 dans l’opération Sème ta Zad

Depuis plusieurs mois, le Copain 44 participe aux travaux d’une commission agricole, ouverte à tous, qui se réunit à la Chataigne et tente de réfléchir à ce que pourrait-être l’occupation des terres libres quand le projet d’aéroport sera abandonné. La première action proposée par la commission est l’opération « Sème ta Zad ». Les organisations du Copain 44 ont relayé et relaieront les appels à mobilisation rédigés par la commission (consultables sur : http://zad.nadir.org/semetazad ).

Par leur présence, les paysans des six structures, qui œuvrent largement par ailleurs, chacune dans leur domaine, à promouvoir, faciliter, accompagner et pérenniser l’installation de nouveaux paysans sur des fermes à échelle humaine, respectueuses de l’homme et de l’environnement, souhaitent mettre à la disposition de la commission leur analyse et leurs compétences.

Ils souhaitent rappeler que la grande majorité des terres de la zad est exploitée par des paysans en place luttant contre l’aéroport et souhaitant continuer à vivre de leur ferme et que donc les surfaces réellement disponibles ne représentent qu’une petite partie de l’emprise globale de la Zad et du barreau routier.. C’est dans cet esprit que des paysans, du Copain et exploitants sur la Zad, participent à l’établissement d’une cartographie pour préparer la mise en œuvre de cette manifestation, et tenter d’anticiper une localisation des actions de mise en culture qui soient avantageuses pour tous.

Le 9 mars des paysans seront présents à la Ferme Saint Antoine pour participer aux réflexions ; Le 13 avril des paysans seront présents sur les différents sites, en soutien technique aux travaux de mise en culture.

Par leur présence en soutien à l’opération Sème ta Zad, les paysans du Copain 44 veulent réaffirmer que tout en gardant en objectif prioritaire l’abandon du projet d’aéroport, les occupations, comme à Bellevue, et les opérations de mise en culture des terres libérées, sont autant d’occasions de revendiquer une autre conception du développement de notre société, particulièrement pour l’agriculture, l’alimentation, l’environnement et la transition énergétique.

- Banderoles de bords de route

Les 80 premiers kits de quatre banderoles sont partis à l’impression et seront normalement disponibles d’ici une quinzaine de jours. Merci à ceux qui n’ont pas encore réglé leur réservation de le faire rapidement.

- La vie continue à Bellevue

A la Ferme de Bellevue, les chantiers avancent et de nouveaux se préparent : la salle de réunion a hébergé ses premiers rassemblement, la salle d’accueil ses premières affiches, tracts et documents d’information ; le four à pain aura bientôt retrouvé son conduit de cheminée et, après séchage, la première fournée sera l’occasion d’une grande fête ; la mise en place d’un tunnel maraicher et d’un potager suit sont cours ; des chantiers de remise en état de clôtures sont programmés (le premier, ce jeudi 7).

COPAIN 44 (Comité des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport).

Dimanche 3 mars

- 22h : pas de nouvelles du copain interpelé. Les flics répondent qu’il est « dans les prisons de Nantes ». Ah ah ! humour débile d’abrutis se faisant passer pour de bons démocrates. « Heureusement pour lui qu’on est pas en Yougoslavie, hein ! » Bon, faudra leur dire que ça n’existe plus...

Quelques photos du carnaval pour terminer la journée

- 20h40 : les affrontements ont continué jusqu’après la tombée de la nuit. Les flics ont abusé comme à leur habitude des grenades de désencerclement, ont gazé abondamment les personnes présentes. tout çà pour pas grand chose une fois encore... la flicaille a opéré des tentatives d’arrestation arbitraire avec de petites équipes dissimulées dans les champs alentours du carrefour. Au moins un copain, qui revenait tranquillement de la Chat-Teigne, a été arrêté il y a environ 20 minutes.

- 19h : quand des gens en fin de carnaval en croisent d’autres déguisés en bleus et jamais fins... ça frictionne vite : ça se passe au croisement de la Saulce, et manifestement les bleus en ont assez vite eu marre et sorti les grenades assourdissantes. Une manière de fêter leur 99e jour ici ?

- les potes qui sont en lien avec Enric Duran cherchent du soutien pour des traductions des textes des coopératives intégrales : écrire à ecorezonao@mailoo.org en précisant [TRAD] et les langues qu’ils parlent et le « sens » dans lequel illes se sentent plus à l’aise.

- 17h45 : aux ardillières, les flics bloquent la circulation vers la ZAD par la D281 et la D81. pas de nouvelles des personnes arrêtées

- 17h30 : le carnaval a finalement repris son périple, en direction de la Saulce et de la D281, plusieurs personnes étaient encore aux Ardillières. Les gendarmes sont revenus et ont repris le carrefour ( 10 fourgons) et auraient embarqué deux personnes.

- 17h : 6 fourgons signalés du côté de la Fremière

- 15h : le carrefour des Ardillières s’est fait libérer par une foule déguisée et déjantée !

- 12h30 : après quelques incidents techniques, le carnaval a décollé de Notre Dame des Landes, à destination de la ZAD. La température extérieure commence à se réchauffer ! Depuis 10h, sont passé-e-s par NDDL, une pieuvre en roulotte, des papillons et des bêtes sauvages, des sonneurs de cornemuse, des forces du désordre en tandem, et plein d’autres individus louches, ce qui devait bien faire entre 100 et 200 personnes. Tou-te-s attendaient avec impatience l’arrivée du char de tête, qui n’était pas d’asso, mais de Vinci... et c’est derrière un avion, dernier de son espèce, que le cortège des plus résistant-e-s au froid est parti. Ca valait le coup d’attendre, on vous montrera des photos !

- La pratique de péage gratuit devient monnaie courante ? En tout cas Vinci semble se résigner, bon, en même temps c’est tellement des clopinettes pour leurs actionnaires qu’ils enlèvent de toute façon très certainement à leur fondation pour faire style on aime les pauvres... On apprend que ce week end il y a eu plusieurs actions de péage gratuit. A côté d’Angers sur ce site internet : « Pour des raisons de sécurité, le gestionnaire d’autoroute a maintenu les barrières ouvertes pendant la durée de la manifestation » et « La gendarmerie de Chemillé, dépêchée sur place pour assurer la sécurité, ainsi qu’un responsable du gestionnaire autoroutier, Vinci Autoroutes, n’ont pu que constater le bon déroulement de la manifestation, sans l’en empêcher. »

En Alsace les gendarmes les ont laissé 2 fois 1h sans intervenir. Lâchons-nous ! Les récits des actions sont rassemblées sur plein d’articles par là

Tandis que bastamag nous apprend qu’au sud de l’Espagne, dans la ferme de Somonte, des ouvriers agricoles occupent une ferme de 400 hectares, menacée par la spéculation

Fabrice Nicolino a publié sur son site Planète sans visa un article sur une lettre d’une personne de la CGT auditionnée par la commission du dialogue, et c’est à pleurer qu’il dit et c’est vrai que c’est écœurant en fait

11h07 : alors on a pas trop de nouvelles, à part qu’il y a des déguisés au carrefours de la Saulce qui : contrôlent ? fouillent ? interdisent carrément le passage ? ordonnent de passer par le champs ? qui sait ? Comme c’est la roulette russe, c’est la surprise à chaque fois entre les options ci-dessus. Faut dire qu’on a une vie vraiment trépidante par ici ! Aux Ardillères ça doit être pareil... Qu’en est-il de char latent ? Char ly ? Char d’asso ? et autres engins carnavalesques ? déambulent-ils sur les routes de la zad ?

Bon matin bien frais !

Tandis qu’à la chatte teigne on se prépare (en non mixité MGT) à un atelier chants féministes commençant à 10h, d’autre sont déjà prêts pour le petit carnaval géant sur les routes de la zad !

Zone à défendre

Photo : Danactu

Vendredi 1 mars

La Châtaigne de nouveau menacée !

Rassemblement en solidarité pour le procès de la Châtaigne mardi 12 mars à 10h au tribunal de Saint-Nazaire.

Le 17 novembre dernier, lors de la manifestation de réoccupation de la ZAD, des cabanes ont été construites sur un terrain en cours d’expropriation à Notre-Dame-des-Landes. L’objectif était de faire de ces cabanes un carrefour de la lutte contre l’aéroport. Cet espace collectif, la Châtaigne, est devenu un lieu emblématique, défendu suivant les semaines par des barricades ou des tracteurs enchaînés, et surtout par la détermination des dizaines de milliers de personnes qui ont participé son édification.

Le 23 novembre dernier, les occupant-e-s de la Châteigne étaient expulsé-e-s une première fois et leurs outils et matériaux volés par les forces de police. Dès le lendemain la Châteigne était pourtant reprise collectivement par les soutiens affluant de toute part. En décembre la préfecture a essayé de passer en force pour obtenir la démolition immédiate des cabanes. Mais elle a dû finir par admettre, sous la pression, qu’elle ne pouvait expulser de nouveau sans que les personnes domiciliées en ces lieux puisse se défendre et demander l’obtention de délais.

Le 12 mars, les habitants officiels de la Châteigne sont convoqués au tribunal de Saint-Nazaire. Après avoir attendu pendant plus de deux mois, AGO, propriétaire de la parcelle invoque aujourd’hui, menace d’amendes salées à l’appui, la nécessité d’expulser immédiatement des personnes dont les maisons et ressources ont déjà été détruites en octobre lors de l’opération César.

Depuis décembre, des comités locaux venus des quatre coins de l’hexagone et au-delà se relaient chaque semaine pour apporter leurs énergies et leurs luttes à la chat-teigne avec des ateliers, jeux, projections, discussions, cantines, expo, fêtes... Ce bouillonnement d’idées et de pratiques représente une expérience unique dans la constitution d’un mouvement qui fait aujourd’hui écho bien au-delà de la question de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Avec sa salle de réunion, son atelier, sa No-TAVerne ou sa cuisine collective, la Châteigne est aussi un des lieux importants de ressources et de d’organisation sur la ZAD.

Que ce soit en nous battant sur le plan juridique ou sur le terrain, nous ne laisserons pas la Châtaigne se faire envahir une nouvelle fois ! Nous appelons donc tous les groupes et personnes solidaires à se rendre au procès de la Châteigne, le mardi 12 mars à 10h devant le tribunal de Saint-Nazaire.

Au-delà de la Châteigne, la ferme de Bellevue qui vient de recevoir un verdict d’expulsion sans délais, ainsi que des dizaines d’autres habitats sur la ZAD pourraient être broyés par les tractopelles dans les semaines à venir. A l’heure où nous écrivons cet appel, cela fait presque 100 jours que l’occupation militaire de la ZAD a commencé et que les checkpoint policiers permanents bloquent les allées et venues aux carrefours stratégiques - sans pour autant parvenir à empêcher les outils, vivres et matériaux nécessaires de passer à travers champs. Mais nous arrivons à un moment charnière : la fin de la commission du faux dialogue pourrait signifier le retour d’offensives policières d’ampleur.

Pourtant, même si l’occupation militaire alourdit l’atmosphère et que les menaces d’expulsion continuent à plomber l’horizon, nous savons que les tenants de l’aéroport sont dans une impasse et tournons résolument le regard vers de possibles victoires. Auxiette, AGO et consorts continuent de jeter des centaines de milliers d’euros dans des campagnes publicitaires mais la réalité leur échappe, radicalement.

Il y a aujourd’hui plus d’habitats et d’habitants sur la ZAD qu’au début de l’opération César et une dizaine de nouveaux projets agricoles devraient s’ancrer dans le sol lors de la grande manifestation de mise en culture "Sème ta ZAD" le 13 avril. La chaîne humaine entourant la ZAD le 11 mai sera un autre moment fort et les 200 comités locaux contre l’aéroport n’ont cessé de multiplier les actions depuis décembre. Mieux encore ,ce qui se passe ici encourage d’autres ailleurs à faire concrètement obstacle à des projets d’aménagements nuisibles. En cas de reprise des expulsions, de multiples initiatives se préparent : résistances sur le terrain, blocages et occupations immédiates des lieux de pouvoir partout en France, grande manifestation à Nantes dans les semaines qui suivront...

Nous ne les laisserons pas faire : on résiste, on construit, on cultive, on occupe, on réoccupe !

Zone à défendre

Samedi 9 février

Ces dernières semaines, la situation avec les flics sur la ZAD s’est un peu corsée. Après la « trêve de Noël », les poulets ont repris du service.

Voici quelques exemples de leurs exactions des semaines passées

- en cas d’absence sur les barricades et chicanes, saccages et rafle systématique du matos : à la barricades des Fosses Noires près de la Sècherie, aux chicanes nord et sud de la D281 (près du Phare Ouest). Jeudi, ils ont saccagé une petite cabane qui a été montée sur le « Chemin des Dames » derrière les Noues Pourries ;

- des PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) se « baladent » à pied, notamment dans les champs entre les Fosses Noires et la Rolandière, vers la Grée et à la Boissière. On les soupçonne de couper les clôtures barbelés ;

- ils font des courses poursuites dans les champs et des interpellations ciblées ;

- ils provoquent régulièrement sur les barricade : par exemple à la barricade sud de la D281, ils s’arrêtent devant la barricade et crient « venez, venez ! » ;

- après leur passage, on a retrouvé des toiles de tentes et des bâches lacérées à coup de couteau.

De plus, les fouilles archéologiques préventives ont repris sur le tracé du projet de barreau routier (l’autoroute censée permettre l’accès à l’aéroport).

On soupçonne une « garnison cow-boy » particulièrement zélée arrivée il y a environ deux semaines. Ont-ils des ordres spécifiques ? Font-ils du repérage ? En tout cas, on manque d’indiens !

Zone à défendre

Samedi 9 février

sous prétexte d’archéologie, l’Etat saccage le terrain

Regardez comme on respecte la loi sur l’eau. Alors qu’il n’y a pas encore d’autorisation au titre de cette loi, on démarre les fouilles archéologiques en plein hiver ...De la provoc pure et simple et un beau saccage !

Nous sommes écoeurés...

Courriel, avec photos, de Françoise Verchère, du Cedpa, à Reporterre.

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Bonjour, Je suis archéologue en Haute-Normandie. Je viens de lire, par l’intermédiaire de mes collègues d’EELV de Normandie, l’article à propos des travaux archéologiques à NDDL. Attention, la loi sur l’archéologie est une loi cadre qui est déconnectée des autres lois. Elle ne dépend que du code du patrimoine et est sans interaction avec le code de l’urbanisme et autres ... et donc la loi sur l’eau.

Certes c’est souvent un problème. Mais n’accusez pas les archéologues qui sont tenus d’intervenir si un propriétaire ou aménageur qui a la maîtrise foncière demande l’intervention du diagnostic archéologique. Ne nous prenez pas pour des boucs émissaires (c’est trop souvent le cas et nous en avons un vrai ras-le-bol de colère).

Et si les archéologues interviennent dans de mauvaises conditions, ne croyez pas que cela leur fait plaisir.

Bien cordialement.

Philippe Fajon Membre EELV Haute-Normandie Archéologue

Courriel à Reporterre

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L’affaire juridique n’est pas simple. Voyez ce communiqué du 7 février des juristes de l’Acipa :

Des travaux et sondages archéologiques préventifs sont actuellement effectués sur des terrains relevant de la desserte routière de l’aéroport du Grand-Ouest à Vigneux-de-Bretagne.

L’ACIPA et le collectif des juristes opposés à Notre-Dame-des-Landes dénoncent la réalisation de ces travaux depuis près d’un an et demi sur la ZAD, territoire composé à 98% de zones humides et constituant l’habitat de nombreuses espèces protégées. Le caractère humide de la zone se révèle en outre de manière plus importante en période hivernale.

L’ACIPA et le collectif des juristes opposés à Notre-Dame-des-Landes rappellent qu’à l’heure actuelle, aucune dérogation permettant la destruction d’espèces protégées et aucune autorisation au titre de la loi sur l’eau n’ont été délivrées, suite aux conclusions de la commission d’enquête fin octobre 2012. Les interventions du maître d’ouvrage se font donc au mépris du régime de protection des espèces et de la législation sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006.

Une circulaire du 24 novembre 2004[1] précise bien que « la saisine du préfet de région par l’aménageur en vue de la prescription d’un diagnostic archéologique se fait sous la forme d’une déclaration obligatoire de l’aménageur à un moment où le projet est déjà suffisamment calé, soit, à titre indicatif, après obtention de l’autorisation au titre de la loi sur l’eau ».

Plus largement, ils dénoncent l’absurdité du droit français qui tolère une telle pratique, en envisageant la loi sur l’eau uniquement comme un point final dans la procédure d’autorisation d’un projet. Cette dernière devrait constituer le point de départ dans la construction et l’ancrage territorial du projet, notamment concernant l’étude des alternatives.

En effet, le SDAGE Loire-Bretagne, déclinaison locale de la loi sur l’eau, conditionne l’intervention de mesures compensatoires à la démonstration de l’absence d’« alternatives avérées » à la mise en œuvre du projet (disposition 8B2).

Ces lacunes juridiques se font encore plus criantes pour un projet d’envergure tel que celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et portent préjudice au dialogue censé s’installer suite à la mise en place de la Commission du dialogue en décembre dernier.

Quelques jours seulement après la journée mondiale des zones humides, la présence de pelleteuses sur les terrains concernés par les fouilles témoigne du peu d’attention que le maître d’ouvrage accorde aux enjeux environnementaux et hydrauliques du bocage.

L’ACIPA - Le collectif des juristes

Communiqué de l’Acipa

Vendredi 1 février

Cher voisin(e)s, medias et tous les passants de la D281,

Nous avons décidé d’écrire ce communiqué, suite à une constatation de saccage des structures, que nous avons construit sur la départementale, de la part des gendarmes mobiles.

En effet nous avons surpris,le jeudi 31 janvier, des GM qui enlevaient des signalisations sur les chicanes destinées a la sécurité des passants.

Ce matin, vendredi 1 fevrier, nous avons constaté que de nombreuses structures ont été déstabilisées (fils coupés, materiaux volés, eparpillés sur la route et dans les fossés, chicanes subtilisées de leurs signalisations) ce qui rend la route dangereuse pour les passants.

Alors que nous faisons de notre mieux pour sécuriser cette route pour les piétons, voitures et annimaux,les forces de l’ordre essaient de nous diaboliser,faisant croire que ce sont eux qui sécurisent cette route.

Nous avons créé ces chicanes et structures pour sensibiliser et symboliser le fait que cette route risque de disparaitre si les travaux aéroportuaires commencent et pour protéger la zone (habitants et leurs lieux d habitations, jardins, potagés) des attaques, de la militarisation et des réppressions violentes executées par les forces de l’ordre.

Nous n’abandonnerons pas l’occupation de cette route tant que l’Etat et AGO ne cessent pas ce projet megaloman, inutile et destructeur de cette belle et rare zone humide essentielle a notre environnement.

des habitants voisins de la D281.

Communiqué de presse envoyé par courriel à Reporterre.

Vue aérienne de la ferme de Bellevue en 2011 (Breizh journal)

Vendredi 1 février

Dimanche, on installe les animaux à Bellevue

Le Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport (COPAIN), occupe depuis lundi 28 janvier, la ferme de Bellevue libérée la veille. Cette occupation la protège de sa démolition et de son démantèlement afin qu’elle garde son potentiel de production en attendant l’arrêt du projet.

C’est dans une démarche constructive qu’une réintroduction d’animaux (vaches, moutons, poules) va se faire dimanche 3 février.

Un besoin important de main d’œuvre est demandé pour le nettoyage de la ferme et la préparation de l’’arrivée des animaux : se présenter directement sur place dès vendredi – Ferme de Bellevue à Notre Dame des Landes (passer par le Limimbout)

Nous demandons à tous les volontaires de se mobiliser pour être présents sur le site de la ferme de Bellevue et ceci jour et nuit. Le jour des chantiers seront organisés pour, d’abord, nettoyer la ferme et ses abords (aujourd’hui, demain et dimanche matin ) puis remise en état la ferme.

Et la nuit gardes avec dortoirs pour pouvoir dormir !

Un pique-nique est organisé dimanche midi 3 février pour fêter l’’arrivée des animaux.

Courriel à Reporterre

Lundi 28 janvier

Vigilance à la ferme de Bellevue

La Ferme de Bellevue est une ferme d’une centaine d’hectares viable située sur la ZAD à Notre Dame des Landes.

L’agriculteur qui y travaillait vient de la quitter ce dimanche 27 janvier 2013. Depuis hier soir dimanche, ce sont des paysans et des tracteurs, des citoyens, des zadistes qui s’y sont installés pour la protéger de la destruction.

Tous les tracteurs qui étaient restés sur la ZAD sont maintenant autour du siège d’exploitation. Nous avons besoin de nouveaux tracteurs, en renfort de ceux déjà présents, pendant 2 ou 3 jours autour du siège.

Le COPAIN44 fait appel à la mobilisation du plus grand nombre de paysans pour garder cette ferme viable qui verra demain de nouvelles installations.

Dès aujourd’hui, nous avons besoin de tracteurs et de personnes : un planning de présence s’organise par secteur. Inscrivez-vous. Nous comptons sur votre mobilisation.

Ce lundi soir, une équipe de naturalistes sera également sur place.

Communiqué de presse du COPAIN44 transmis par l’Acipa.

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Les opposants au projet d’aéroport encerclent depuis hier soir, dimanche, la ferme de Bellevue, près du Liminbout à Notre-Dame-des-Landes.

Une trentaine de « tracteurs vigilants » se sont installés autour de la ferme pour empêcher une possible destruction par les forces de l’ordre dans les jours à venir. Les anti-aéroport squattent cette propriété qui était restée inoccupée depuis la vente par le propriétaire exploitant. Un avis de démolition était en cours depuis le 1er novembre.

Pour l’instant, aucun engin n’a été vu au Liminbout. Mais cette présence des tracteurs se veut surtout préventive. La semaine dernière, les anti-aéroport s’étaient fait surprendre par une démolition d’une ancienne ferme au lieu-dit Saint-Jean-du-Tertre.

Ouest-France

A propos de l’opération Yes Chicanes

OPERATION "YES CHICANE" DE CE DIMANCHE [27 janvier] (à laquelle je participais) -vous allez comprendre en lisant parce que c’est vraiment ce que j’ai ressenti avec les quelques autres redonnais qui participaient à cette action du jour -

Comment dire sans être (trop) inconvenant ! ? : "Quelle(s) bande(s) de gros nazes les flics -CRS-" OU plutôt ceux qui les dirigent...de loin !...de la Préfecture !? ou d’on ne sait où... à Paris ? !

Le lieu de rendez-vous pour la marche du jour (11h) est bloquée par quantité (15, 20) de camions de CRS essentiellement + quelques GM ou de brigades locales ! On demande donc après notre regroupement à ce lieu de rendez-vous du carrefour des Ardillères à pouvoir effectuer cette marche tout à fait normalement et pacifiquement sur cette route D281 (la même que celle du FestiZad) pour nous diriger, vers la Pâquelais.

But : rejoindre les chicanes qui y sont installées 2 km plus loin par les occupants zadistes, et pour bien montrer que si elles freinent quelque peu la vitesse des véhicules sur cette portion de route, elles n’entravent nullement le passage de ceux-ci, et que si des véhicules ne passent pas, c’est bien par la faute des GM’s et CRS qui pertubent la circulation (fouilles, détours imposés...).

Or, très bêtement, en ce jour, ces messieurs CRS et GM’s empêchent le passage de tout véhicule quelqu’il soit sur cette départementale D281 en direction de la Pâquelais ET en direction de Vigneux/ La Vache rit (D81) avec 2 cordons espacés de 150m de distance l’un de l’autre (tout au plus).

Pourquoi ? On ne sait pas !!! le seul commentaire répété à l’envi ? : "On applique les ordres". Ben Oui ! Pauvres gars qui sont là "qui appliquent les ordres", ceux qui les donnent ne sont pas là eux évidemment ! Sinon, ils se rendraient compte (peut-être, va voir) de la totale déconnexion entre un ordre donné (face à 200 marcheurs avec femmes et enfants lol bien pacifiques) et cette interdiction catégorique faite aux véhicules de pouvoir utiliser cette route.

BIEN PIRE ! A pied NON PLUS, nous n’avons pas le droit d’y aller ! Pourquoi ? On n’en sait pas plus ! On discute, négocie, re-négocie face aux rangées de CRS alignées face à nous avec des camions aux grilles anti-émeutes , PAS MOYEN... ! On organise, soi-disant en ce dimanche, "une manif" et elle n’est pas autorisée ! Le FestiZAD non plus, avec 15.000 et quelque personnes sur trois jours, mais là, on pouvait passer !!!! REDEMONSTRATION étaient donc bien re-faites que ce sont les flics et NON PAS les "zadistes" qui "foutent la m....", d’autant que certains voulaient simplement rentrer chez eux en voiture ou à pied (habitant tout près et ne participant pas visiblement à ce rassemblement) ...sans avoir autorisation à le faire, sauf avec fouilles, papiers, et bla, bla, bla .... !!!!

D’autant que nous nous rendons compte (certains habitants du lieu le savaient bien) que nous n’avons pas de grosse(s) difficulté(s) à éviter CES BARRAGES en passant par un champ (bien détrempé certes) derrière une maison du carrefour pour accéder librement à la route juste derrière les flics du 2e cordon. Ce que nous faisons tous allègrement à un moment. Résultat : Nous étions tous, 10mn plus tard, derrière leur barrage du 2e cordon nous interdisant la route -nous ouvrant ainsi la voie vers les chicanes et La Pâquelais,

Le bien plus ridicule encore, c’est qu’à aucun moment LEUR dispositif n’a été modifié ensuite (c’est-à-dire "revoir" en tout cas leurs barrages puisque nous étions passés). Ils étaient toujours comme si nous n’avions accédé à rien ...à barrer avec 2 cordons de GM’S CRS sur seulement 150m de tronçon de route !

Comment se retenir de LES NARGUER ensuite (pour le moins et une fois de plus) de la disproportion, de LA FUTILITE de leur présence et de LEUR dispositif (ceux-ci venaient du 17 paraît-il). Sauf que les automobilistes voulant utiliser ces voies D281 et D81 (pour le coup aussi) étaient toujours obligés eux d’effectuer de gros détours pour rejoindre La Pâquelais, Nantes ou Vigneux-de-Bretagne ! .

Plus loin, sur la route, qui était, cette fois, dégagée pour les marcheurs, les grilles et la porte blindée anti-squat d’une maison au lieu-dit Bel-Air qui était autrefois occupée (jusqu’au 16 octobre dernier, jour de l expulsion de ses résidents) "volaient en éclat" et étaient embarqués par les "zadistes" (2 ou 3 agents de sécurité privés qui gardaient la maison ont vite fait de détaler lol) pour servir comme autant de précieux et lourds renforts supplémentaires pour "tenir les barricades".

Les flics/CRS arrivaient ensuite 4 à 4 !!! Trop tard ! (la maison était ouverte, les grilles enlevées !)

Et marrons une fois de plus !

Quand, je vous dis(ais) "gros nazes" ...qui ont CONFIRME que ce sont EUX qui "emm...... les gens " !

Ps/ Si au moins les "donneurs d’ordre" (comme les politiques défendant l aéroport d’ailleurs) venaient de temps en temps sur le terrain, ils se rendraient déjà compte de "leurs décisions décalées" et adapteraient au moins en fonction de la (des) situation(s). Mais non ! Les téléphones portables et autres outils teknologik n’’existent probablement pas encore chez eux !!! OU c’est p’têt plus une question de "difficulté à comprendre/piger " les événements, de ce qui s’y passe sur la ZAD, de cette "raideur mentale des services" qui les empêchent de piger quoi que ce soit !!! non ? Ils n’ont pas -alors- fini d’être marrons, mais ils peuvent aussi ETRE FEROCES ET VIOLENTS A FORCE DE SE FAIRE "BAISER". Alors ATTENTION, puisque c’est en général la seule réponse QU’ILS SONT CAPABLES (et fiers ?) D ENGAGER ces "bonnes gens" !

Christophe

Zone à défendre

Photo : Chicane sur la D 281, novembre 2012 (Reporterre)

Mercredi 23 Janvier

Circulons librement et sereinement sur les routes de la ZAD

Depuis le début de l’opération César, le 16 octobre dernier, les gendarmes occupent militairement les principaux carrefours de la zone du projet d’aéroport du grand ouest.

Pour nous, habitant-e-s de la zone, nous subissons : des contrôles à répétition, l’obligation de passer à travers champs pour rentrer chez nous, d’interminables négociations pour passer en voiture et en vélo, des fouilles de véhicules, sacoches et sacs à dos, des situations humiliantes au quotidien.

Pour nous habitant-e-s de Fay-de-Bretagne, NDDL, Vigneux-de-Bretagne et les communes alentours, cette situation nous empêche de circuler librement sur la D281 et la D81, nous forçant à des gros détours.

Ces routes D281 et D81 sont les nôtres. Celles de tou-t-e-s celleux qui en ont l’usage et les empruntaient quotidiennement avant le début des expulsions et destructions des maisons des occupant-e-s. Dans cette période, nous avons du les barricader pour empêcher les gendarmes, pelleteuses et autres de s’y sentir trop à l’aise.

Les gendarmes ont pris le contrôle des départementales et n’en laissent l’accès que lorsqu’ils le veulent et rarement sans contrôles des véhicules et personnes.

Suite à la première vague d’expulsion, les barricades ont été enlevées, laissant des chicanes pour 2 raisons : ralentir la circulation car ces routes sont aussi empruntées quotidiennement par des piétons, animaux, cyclistes ; rester réactifs en cas de nouvelles attaques des lieux de vie.

Nous voulons faciliter la circulation sur ces routes et améliorer la visibilité des ralentisseurs. De leur côté les gendarmes bloquent l’accès de la D281 avec des panneaux sens interdits et des déviations bien qu’elle soit roulante.

Serait-ce pour nous habituer au contournement d’un espace aéroportuaire suite aux destructions en cours ?

Refusons ce nouveau plan de circulation imposé par le préfet et continuons à utiliser les routes existantes.

Nous appelons à emprunter ces routes chaque fois que vous le souhaitez.

Rassemblement au carrefour des Ardillères, le dimanche 27 janvier à 11h

afin d’accueillir les automobilistes et de leur garantir la possibilité de passer.

(venez avec brassards, chasubles, pique-nique, musique et tout objet permettant de mieux signaliser...)

Yes chicanes !

Courriel à Reporterre de Zone à Défendre

Lundi 21 janvier

Attila est de retour à Notre-Dame-des-Landes

La semaine dernière, alors que la commission de dialogue installée par le Premier Ministre avait demandé un climat propice au dialogue, M. le Préfet, lui, choisit de faire table rase.

Une nouvelle maison a été détruite sur la zone du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Il s’agissait d’une ancienne ferme en pierre située au lieu dit « Saint Jean du Tertre » sur la commune de Vigneux de Bretagne. Elle comportait maison, étable, hangar et garage. Ses habitants l’ont quittée le 11 janvier.

Aucune perturbation ou agitation n’a été signalée et, dans la semaine, les 15, 16 et 17 janvier, police, pelleteuse et camions ont fait leur sale travail. Il ne reste pas un caillou, pas même de quoi caler une roue de car de garde mobile.

C’est ainsi la 14e destruction au compteur de M. le Préfet, alors que l’hiver fait rage et que des personnes sont sans logis.

Trois ministres ont annoncé en décembre un moratoire sur les travaux de défrichement tant que le comité d’expertise scientifique n’aura pas rendu son rapport

Peut-on détruire l’habitat de l’homme quand on préserve celui de la faune ?

A tout fin utile, nous informons donc le public qu’au lieu dit « Bellevue » à Notre Dame des Landes, dans une ferme qui pourrait aussi subir la colère de M. le Préfet, une espèce protégée de chauve-souris a trouvé refuge et que toute destruction de son habitat est interdite.

Acipa

Samedi 19 janvier

De nombreuses actions contre Vinci se sont déroulées avec succès

- 22h45 : encore un péage gratuit. On ne s’en lasse pas.

Loire Atlantique : Blocage du péage du Bignon

Une trentaine de personnes des comités de soutien du sud Loire opposés au projet d’aéroport de notre dame des landes ont "libéré" samedi 19 janvier le péage autoroutier du Bignon pendant une quarantaine de minutes malgré le froid dans la bonne humeur.

Barrières relevées les automobilistes n’avaient pas à payer pour rentrer sur Nantes en échange d’un tract dénonçant l’impact économique et écologique du projet et les invitant à remplacer le paiement de leur ticket par un soutien financier à leur lutte. L’argent récolté sera reversé à la caisse de solidarité du mouvement. Nous avons eu le soutien et l’encouragement à continuer la lutte de la part des automobilistes.

merci à tous on ne lâche rien

HASTA LA VICTORIA

- 22h10 : Paris : Des camarades ont été arrêtés lors de l’action contre Vinci

Une action contre Vinci a eu lieu aujourd’hui à Paris. Nous étions une cinquantaine à nous donner rendez-vous à Belleville pour aller ensuite sur le chantier Vinci des Halles, dans le 1er arrondissement. Des affiches ont été collées et des tags réalisés tout autour du chantier, jusqu’à ce que les flics ne se regroupent et ne prennent notre manifestation en tenailles. Finalement, presque autant de flics que de manifestants étaient présents. Ils ont appréhendé 4 personnes, avant d’en laisser repartir deux. Durant le temps de l’interpellation, des slogans ont été criés et des tracts distribués.

Les deux personnes interpellées, S. et G., ont été emmenées menottées au commissariat des Halles avant d’être transférées en soirée vers le Service d’Investigation Transversale (SIT) de la rue Riquet (Paris 19e).

Nous nous attendions à ce qu’ils les transfèrent là-bas. D’affaire en affaire, le rôle du SIT se précise : sous couvert d’enquêtes sur les émeutes urbaines ou sur la délinquance astucieuse, les agents du SIT jouent un rôle de police politique. Il n’est pas à douter du fait que les manifestations et actions en soutien à la ZAD rentrent dans une catégorie qui intéresse tout particulièrement la police (et certainement pas que la police judiciaire)...

On reste en attente de nouvelles. Les proches n’ont pas eu d’informations supplémentaires.

- 22h05 : et encore ! Béziers

Nous étions une quarantaine ce matin à 10h30 à la sortie d’autoroute de Béziers Ouest pour l’action contre Vinci "péage gratuit" en soutient aux zadistes. Un "comité d’accueil" policier était déjà sur place mais s’est tenu tranquille. Pendant 3/4 d’heure, les automobilistes ont eu la bonne surprise de ne pas avoir à payer au péage. Tout s’est passé sans incident, quelques euros ont étés récoltés par le comité NDDL de Béziers.

Fraternellement, les membres du collectif "Nongazdeschiste.orbtaurou" (34)

Photo : action de péage gratuit à Béziers (Zone à défendre)

- 22h : un lecteur vigilant nous permet de partager de nouvelles actions anti Vinci réalisées aujourd’hui :

Vendée : le collectif vendéen mène une action sur un péage de l’A87

source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmi...

"Ils ont agi, sans prévenir personne, mais n’ont pas déjoué la vigilance des gendarmes. Samedi, une quinzaine de membres du collectif vendéen de soutien aux opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont répondu à l’appel national, en menant une action « péage gratuit », sur l’A87, dans le sens Angers-La Roche.

Pendant une demi-heure, gilet de sécurité fluo sur les épaules, ils ont levé les barrières au passage des automobilistes et pu remettre leurs tracts. Il s’agissait ici de mener une action contre le groupe Vinci, qui a signé en décembre 2010 un contrat de concession avec l’État pour le futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes. « Nous restons toujours mobilisés. » L’action visait à dénoncer ainsi « la connivence entre les décideurs politiques et les industriels »."

Vannes : Les militants anti-aéroport ne désarment pas

"Vannes est à plus de 80 km de Notre-Dame-des-Landes. Et pourtant, samedi matin, le débat sur le projet d’aéroport s’est à nouveau invité au coeur de la ville préfecture du Morbihan. C’est devant un lieu symbolique qu’une trentaine de manifestants ont donné de la voix.

Postés devant le parking République géré par Vinci, concessionnaire également du futur aéroport, ils ont dénoncé un « projet dépassé alors que l’on peut encore améliorer l’aéroport de Nantes et augmenter son trafic ».

Et de regretter « l’attitude du Premier ministre qui reste sourd à nos revendications et veut passer en force en détruisant les champs et la biodiversité de Notre-Dame-des-Landes », regrette Marie-Josée Thouvenel, membre du tout nouveau collectif de la presqu’île de Rhuys. Les opposants ont étalé de la paille au sol et fait déguster de la soupe aux passants."

- 21h20 : un retour cette fois ci sur une action hier vendredi à Nîmes : Action de soutien à la ZAD et de dénonciation de l’emprise de VINCI sur nos vies à Nîmes.

Ce vendredi 18 janvier, la mairie de Nîmes, tristement célèbre pour ses arrachages d’arbres, inaugurait la « nouvelle » avenue Feuchères, jouxtant la place de l’Esplanade dont le sous-sol est occupé par… un parking VINCI.

C’était l’occasion pour nos Collectifs d’alerter la population sur les nuisances de VINCI en général, et sur celles qu’il envisage à Notre-Dame-des-Landes en particulier. Panneaux, tracts, prises de paroles, discussions : nous avons pu toucher plusieurs dizaines de personnes dont certaines nous ont réservé un accueil très chaleureux. La lutte de Notre-Dame-des-Landes est connue et très souvent regardée avec sympathie.

Malgré quelques tentatives d’intimidation policière, les clowns présents parmi nous ont réussi à répondre par la dérision aux menaces et aux provocations.

Un encouragement pour nous et pour tous ceux qui sur la ZAD comme ailleurs, se lèvent contre la bétonisation du monde.

Collectif nîmois de soutien à la résistance de Notre-Dame-des-Landes.

Collectif NDDL des Cévennes.

Ayrault n’est pas venu à Nantes

- 19h58 : Il devait y avoir une action à Nantes pour embêter Jean-Marc pendant qu’il remettait une médaille à ce cher monsieur de l’école d’architecture de Nantes (qui avait vainement essayé d’interdire à ses élèves de venire construire à la Chat Teigne le 17 Novembre). Elle n’a pas eu lieu car il n’est pas allé à Nantes... Jean-Marc Ayrault : à Nantes ou pas ?

- 19h25 : et ca continue : des nouvelles de Poitou Charentes et de Sud Vendée

Ce samedi 19 janvier, une cinquantaine d’opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes venus des départements du Poitou Charentes et de Sud Vendée ont organisé un péage gratuit à la sortie autoroutière de Granzay Gript, située au Sud de Niort en direction de Saintes. Ils ont distribué des tracts d’information aux automobilistes et les ont invités à remplacer le paiement de leur ticket par un soutien financier à leur lutte. L’argent récolté sera reversé à la caisse de solidarité du mouvement.

Ils s’inscrivent ainsi dans le cadre des actions nationales des Comités de soutien aux opposants à ce projet dont la cible privilégiée ce week-end est la multinationale Vinci, géant mondial de la concession d’infrastructures publiques, gestionnaire heureux de parkings et des trois quarts des autoroutes françaises (gratuites en Allemagne !), constructeur de nos ruineuses et dangereuses centrales nucléaires (abandonnées par de plus en plus de pays dans le monde), lignes à grande vitesse (au détriment de toutes les autres lignes "secondaires"), autoroutes...

Cette entreprise a obtenu en 2009 pour sa filiale Vinci-Airport la concession de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique et du futur aéroport de Notre Dame des Landes dont elle est chargée de la réalisation. Le concessionnaire, contrairement au délégataire de service public, a habituellement la charge entière du projet, y compris la charge financière. Or, sur les 550 millions d’euros d’investissement prévus, Vinci a obtenu que l’Etat et les collectivités locales y participent pour près de la moitié (246 millions d’euros). Par ailleurs, des clauses très avantageuses dans le contrat de concession lui assurent de ne pas perdre d’argent, même si le projet s’avère déficitaire.

Il s’agit donc d’un véritable financement public de profits privés, ce que dénoncent les opposants au projet. Ils pointent le fait qu’en période de crise, ceci ne peut qu’accentuer le creusement de la dette publique, et risquer ainsi d’entraîner notre pays vers les situations économiques et sociales dramatiques que connaissent la Grèce ou l’Espagne.

Ils rappellent par ailleurs l’inutilité du projet (l’aéroport actuel n’est pas saturé et, bien que considéré comme très sûr, il peut être aménagé quant à sa sécurité), sa nocivité pour l’environnement (destruction de 2000 ha de zone agricole humide d’une exceptionnelle biodiversité, encouragement à l’augmentation du transport aérien, le plus pollueur de tous), son aberration en terme de créations d’emploi (transfert du sud Nantes vers le nord, destruction de tout un réseau d’emplois agricoles).

Ils dénoncent enfin l’entre-soi bureaucratique qui a prévalu dans ce projet pour faire converger les intérêts des responsables publics et représentants de l’Etat locaux et ceux d’un groupe privé. Ils constatent ainsi que le préfet qui a conduit en son temps l’enquête d’utilité publique occupe maintenant un poste à haute responsabilité chez Vinci-Autoroutes. Les énormes moyens policiers mis en place pour réprimer durement les opposants sur place, avec là aussi une dépense publique exorbitante, signent à l’évidence pour ces dirigeants leur volonté de maintenir coûte que coûte ce grand projet inutile imposé aux populations.

Les comités locaux Poitou Charentes et Sud Vendée expriment ainsi par cette action leur entière solidarité aux habitants en lutte de Notre Dame des Landes et environs.

- 19h20 : à Saint Nazaire

Les comités de St Nazaire et de Guérande n’appelaient pas qu’à un rassemblement contre Vinci cet après-midi, nous nous sommes ensuite dirigé-e-s vers le parking Vinci le plus fréquenté de la ville. Sans porter atteinte à la dignité du matériel de ces chers capitalistes, grâce à d’habiles déboulonneurs, nous avons pu rendre ce parking gratuit pour les habitant-e-s , tout en tractant et en chantant contre l’aéroport. Opération réussie !

Les 2 comités appellent à un rassemblement lundi matin à 8h45 au rond-point de Gron au bas du pont de St Nazaire à l’occasion de la venue de JM Ayrault et de 4 de ses sinistres (ils atterrissent à 8h45 à l’aéroport de Gron)

- 19h03 : on nous signale que Vinci ne fait pas que construire des aéoports, ils viennent aussi de remporter un gros contrat de 300 millions d’euros pour construire le bâtiment d’un réacteur nucléaire (du projet ITER).

- 19h02 : Xavier Huillard est le PDG de Vinci, le groupe qui veut construire un aéroport à Notre Dame des Landes. Il s’est encore enrichi en 2012. En achetant et en vendant les actions de son groupe, grâce au mécanisme des stock-options, il a reçu plus de deux millions d’euros, en sus de sa rémunération.

Quelques précisions par là

- 19h : Action à Caen à partir de 14h Entre 30 et 40 personnes, banderoles et distribution de tracts entre centre-ville pendant 1 heure. Puis pendant plus d’une heure, action de parking gratuit sur le parking de VINCI du port. Environ 60 euros récoltés. Les réactions sont très diverses mais une tendance ressort : Les personnes qui roulent en 4x4 aiment aussi les aéroports et préfèrent généralement donner du fric à Vinci qu’à nous ! Bon courage à tous les comités de soutien !

- 18h50 : Des nouvelles de la marche Lille Nantes...

Après des rencontres inoubliables et des liens indescriptibles, qu’ont vécu tous les marcheurs depuis Lille....Nathalie et Grégory passent le relais à Erwann et d’autres amis qui continueront jusqu’à Nantes, cette action collective contre l’aéroport .... Bonne soirée.

- 18h : Un petit message de soutien reçu :

Bonjour à vous, J’ai bien pensé à vous aujourd’hui dans le froid !! Même si la neige est belle... J’ai pris ce matin dans les marais-salants quelques photos hivernales, brume, brouillard (la neige avait déjà fondu elle ne reste pas sur le littoral), je vous en envoie quelques-unes particulières... montrant des opposants tout de blanc vêtu :) eh oui nos mouettes (et un héron) soutiennent aussi la lutte anti-aéroport :) Des paludiers guérandais ont planté ces petits panneaux dans leur saline, les touristes et autres usagers de passage sur les petites routes qui bordent le marais les voient bien !

- 15h15 : Un copain situé en Cote d’or (21) cherche un camion pouvant rapporter pleins de palettes et caisses en bois pouvant servir de planches vers la ZAD. Si vous vous reconnaisez la dedans, contactez nous on fera suivre.

- 15h10 : Lors de la dernière réunion des habitantEs de la ZAD nous avons reparlé de la question des dons, à propos notamment des approvisionnements de nourriture.

"Les remarques concernant notre envie de voir les dons diminuer ont été entendues. Cependant il nous a paru nécessaire d’y apporter des précisions. Notre objectif est de contribuer le moins possible au système marchand. A ce titre nous faisons la différence entre des maraicherEs ou éleveurEuses qui nous apporteraient des produits qu’illes ont fait et l’apport de produits industriels achetés. Par ailleurs nous envisageons de proposer aux agriculteur-trices autour de la ZAD des échanges de coup de main contre nourriture. Si cela vous intéresse merci de nous envoyer des propositions sur zad at riseup.net ou en passant nous voir. Enfin nous ne posons bien sur aucun interdit : si vous voulez rapporter quelque chose faites-le, la cuisine du champ Hors Controle accueillera vos dons. Rappelez vous cependant que vous pouvez tout à fait arriver les mains vides !!!"

- 15h : Riseup refonctionne. Ce qui nous permet de transmettre cette info : réunion débat organisé par le collectif de Férel ce vendredi à 20h, Salle du pressoir à Férel (A côté de l’école publique)

- 14h45 : Les gendarmes ont quitté la Paquelais. Comme les chicanes de la d281 sont passables en voiture, contrairement à ce qu’aimerait faire croire la Péfecture, n’hésitez pas à empruntez cette route si vous en avez le besoin.

Sinon au carrefour de la Saulce ils font toujours la gueule, ils n’ont pas trop digérer l’attaque d’hier. Il faut dire que le rapport de force était inégal, on avait la neige et le vent (qui soufflait tout droit dans leur direction) avec nous alors qu’eux n’avaient que des grenades lacrymogènes. Faut pas s’étonner... C’était bien plaisant à voir en tout cas comme l’esprit du jeu leur est passé au dessus de la tête, ils en étaient tout désorienté. Aujourd’hui ils sont en alerte maximale et rien que pour ca ca valait le coup ;)

Un petit message à celleux qui fabriquent ces pourritures lacrymogènes : manif à Pont-de-Buis, hier :

- 14h35 : Nous avons eu quelques problèmes de connexion aujourd’hui et riseup ne fonctionne pas, nous n’avons pas réussi à lire nos mails ce qui limite notre capacité à relayer les actions anti Vinci en cours. Certaines étaient annoncées : Journées nationales contre VINCI : Les RDVs du 18 et 19 janvier

et on imagine que bien d’autres surviendront. Laissez libre cours à votre imagination, occupation de locaux, péages gratuits, ouvertures de parkings mais aussi points infos, décorations murales, prises à partie de responsables d’entreprises Vinci et de ses filières, il y a tellement à faire !

Vous pouvez vous reporter à cet article : « Les bases de ce qu’il faut savoir sur Vinci » ... qui donne des idées sur comment démasquer les filiales de Vinci.

Une idée toute simple aussi avec cette liste (toujours dans le même article) de tout un tas de gens à féliciter pour tout ce qu’illes font ...

« N’en profitez surtout pas pour harceler les décideurs et décideuses de Vinci Airport. Illes ont déjà une vie pas facile les pauvres. et encore moins de les inscrire sur un maximum de site commerciaux à travers le monde, ils pourraient comprendre à quel point les intérêts privés peuvent être envahissant. ci-joint quelques coordonnées utiles chez Vinci Airport et notamment Vinci Airport Grand Ouest dont je suis sur que vous ferez bon usage. »

Pleins de mails à utiliser et même des téléphones à appeler pour celleux qui n’aiment pas écrire !

- 11h15 : Les flics sont toujours aux Ardillères et au carrefour de la Saulce, et il y aurait apparement 2 camions de GM à la Paquelais (à confirmer). Aujourd’hui 2e jours du week end d’action contre Vinci, de nombreux collectifs de soutien nous ont déjà annoncé des actions et rendez vous publics et on espère qu’il y en aura plein d’autres...

Zone à défendre, présentant des liens supplémentaires et des photos que Reporterre n’a pas le temps de reprendre.

Jeudi 17 janvier

Ayrault s’annonce à Nantes

Le CNCA (Collectif Nantais Contre l’Aéroport), à l’occasion des deux jours de mobilisation contre Vinci (constructeur et gestionnaire du projet), les 18 et 19 janvier 2013, appelle toutes les personnes opposées à ce projet inepte et imposé, à rejoindre la manifestation organisée à l’occasion de la venue de JM Ayrault, principal promoteur du projet, à l’école d’architecture de Nantes ; à cette occasion JMA remettra la légion d’honneur au directeur de l’école pour bons et loyaux services.

Ce même directeur qui interdisait aux élèves de son école de s’impliquer le 17 novembre dernier, dans la conception et la reconstruction des cabanes de la ZAD, sur la commune de Notre Dame des Landes, après leur destruction par les flics.

Cette manifestation sera festive et ouverte à tous les publics, et réaffirmera au premier ministre notre détermination à combattre ce projet et la métropolisation qui l’accompagne.

RENDEZ-VOUS VENDREDI 18 JANVIER À 16h 30, ARRÊT MÉDIATHÈQUE (LIGNE DE TRAM 1)

Courriel à Reporterre du Collectif nantais contre l’aéroport

Mardi 15 janvier

14h21 : on nous signale 7 camions en provenance de Nantes.

Quand l’AFP diffuse de fausses infos sur une action anti-aéroport NDDL et s’appuie sur des correspondants peu fiables.... c’est le titre d’un (article sur mediapart->http://blogs.mediapart.fr/blog/flo-genestier/221212/quand-lafp-diffuse-de-fausses-infos-sur-une-action-anti-aeroport-nddl] et voici une vidéo qui retrace l’action en question

13h15 : Il y a 2 fourgons qui escortent des travailleurs à Saint-Jean du tertre. Ils travaillent sur une des maisons mais on ne sait pas s’ils la démolissent, on sait qu’ils ont enlevé des fenêtres. Les playmobiles surveillent les alentours avec des jumelles.

- 10h18 : Ahhh, il fait beau maintenant, le soleil nous gâte ! Pas plus d’infos que ça. On les attend un peu, mais aucun moyen qu’on va se faire chi... a faire que ça tout la journée non plus. Il y a des cabanes a finir et construire :)

- INFO : plein de CRS partent de Angers vers Nantes....bon, on n’est pas les seul-e-s qui les attendent....

- 9h38 : LES FLICS SONT PARTIS DE CARREFOUR DE FOSSES NOIRES / CHEMIN DE SUEZ ! Bah, ce sont des Altertes qu’on aime : on se prépare qu’ils arrivent, et ils partent en bloc ! Tout le monde au carrefour ! Il faut fêter le libération.... ERRATUM 2 minutes après : ils sont revenus...Bande de nazes !

- 9h25 : Le projet énorme de stockage de gaz dans les Landes est annulé car peu rentable et il gênerait l’image touristique du coin.... Le fait que ça puisse détruire la nature en faisant des trous partout et qu’il y ait une pollution par les rejets de saumure ne rentre évidemment pas dans les critères de décisions ! Enfin, on va dire que le fait qu’il ne fasse pas leur projet est déjà une victoire !

- 9h05 : Les keufs sont au retour aux Ardillières !

- 8h26 : Pas de flics aux Ardillières, Fosses noires / chemin de suez, comme toujours 24/24, 7/7.

Solidarité : Bexhill/Hastings campement contre une route, risque d’expulsion imminente aujourd’hui / Bexhill/Hastings anti-road camp eviction attempt imminent - Courage et force les ami-e-s / Big ups, courage and force !!!

- 7h33 : Pouet Pouet ! Dehors il fait noir et froid.

- 7h03 : ca doit passer sur la D81 Ardillières vers Vigneux. Pas de nouvelles sinon, tout est encore calme, mais déjà du monde reveillé et en train de dejeuner...

- 6h10 : Bonjour ! :) sur la zone tout est encore très calme...pas encore des infos reçues, mais on part sur la logique qu’ils sont surement au carrefour Fosses noires / chemin de suez. Il fait froid bordel !

Point Flics autour lundi soir : 6 fourgons GM à Atlantis, 8 fourgons GM à Treillières, 12 fourgons de GM a St. Herblain, au moins 15 camionnettes de transports de troupe , des véhicules type C5 break blanc banalisés (x2) + 7 camions de transport de matériel Westhotel Chapelle sur Erdre, Hôtel Mercure Beaulieu 14 fourgons CRS, 1 Scenic Police, 3 camions.

Zone à défendre

vendredi 11 janvier

Communiqué de presse de la coordination des opposants et des habitants de la ZAD

Circulons librement et sereinement sur les routes de la ZAD

Depuis le début de l’opération César, le 16 octobre dernier, les gendarmes occupent militairement les principaux carrefours de la zone du projet d’aéroport du grand ouest.

Les habitant-e-s de la zone subissent : - des contrôles à répétition, - l’obligation de passer à travers champs pour rentrer chez elles et chez eux, - d’interminables négociations pour passer en voiture ou en vélo, - des fouilles de véhicules, sacoches et sacs à dos, - des situations humiliantes au quotidien.

Les habitant-e-s des communes environnantes sont contraint-e-s à de grands détours.

Les gendarmes ont pris le contrôle des départementales, serait-ce pour nous habituer au contournement d’un espace aéroportuaire suite aux destructions en cours ?

Refusons ce nouveau plan de circulation imposé par le préfet, représentant du gouvernement, et continuons à utiliser les routes existantes.

Courriel à Reporterre de : La coordination des associations opposées à l’aéroport de Notre Dames des Landes et Des occupant-e-s et habitant-e-s de la Zad

vendredi 11 janvier

Les tracteurs vigilants remplissent leur mission

Les 50 tracteurs du COPAIN44* et autres, arrivés par surprise le 25 novembre, ont assuré la protection des cabanes, symbole du refus collectif du projet d’aéroport exprimé massivement le 17 novembre. Ils ont matérialisé la solidarité du monde paysan avec les habitants de la Châtaigneraie.

L’’entraide entre collègues a fonctionné dans la campagne pour pallier à l’absence des tracteurs, outils de travail indispensables pour les travaux quotidiens.

Cependant, la présence policière permanente maintient encore une tension sur place et soulève bien des questions.

Le dimanche 13 janvier, les tracteurs sortiront de la Châtaigne et se déploieront sur la Zad.

Les paysans opposants de toute la France, assureront, par cette présence, une vigilance permanente pour protéger les terres, les fermes, les maisons et les habitants menacés sur l’ensemble de la Zad.

Les paysans se déclarent prêts à réagir à la première alerte et réaffirmeront, ce dimanche,avec tous les citoyens vigilants invités à venir pour l’occasion pique-niquer à la Châtaigne, qu’ils souhaitent avant tout l’abandon officiel et rapide du projet d’aéroport.

..................

(*) Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles Indignées par l’aéroport.

Communiqué de presse de l’Acipa

Mercredi 9 janvier

22h18 il n’y a pas de présence policière à la sortie de la paquelais malgrè l’arrété interdisant la circulation sur la D281 entre la paquelais et les ardillères, pas de nouvelles des ardillères, restent-ils à nouveau jusqu’à point d’heures ?

Petit retour sur l ’action du jour :

Les keufs se sont fait repeinturlurer la gueule au carrefour. ils ont meme pas voulu resté apres pour qu on puisse en rire tout.e.s ensemble, ils ont vraiment pas d humour ces gens. Heureusement nous avons reussi a obtenir une photo satellite de la zone :

D’après les témoignages, une bande déguisée se serait approché du carrefour par les champs et par le chemin de suez et aurait canardé allègrement la bande adverse en deux temps trois mouvements en leur souhaitant "joyeux Noel", des remords certainements de ne pas etre venu.e.s a temps le souhaiter aux occupants du carrefour. Le mal est réparé.

L’autre action du jour, c’etait le nettoyage de la foret : une vingtaine de personnes ont nettoyé la foret aujourd’hui, illes ont trouvé beaucoup de déchets, enormément de residus de lacrymos, palets et capsules , ainsi que les restes des expulsions, mais aussi beaucoup de papier hygiénique, de plastique en tout genre. illes ont bien avancé mais il reste une partie à mettoyer et il y aura bientot un nouveau rendez-vous. Il y aura aussi des ateliers sur l’écologie de la foret et des ateliers grimpe.

Bientôt de nouvelles opérations policières sur la ZAD ? Différentes sources ( gendarmes, agents d’entretien des routes, ...) nous ont informé avoir été mobilisées pour une opération sur lz ZAD aux alentours du 14 janvier,merci à elles !

Même s’il apparait que les différentes déclarations de la Préfecture et de la commission de dialogue rendent improbables de nouvelles expulsions, il nous semble important d’informer nos soutiens et ami-e-s et de renforcer nos mesures de sécurité.

Ils pourraient envisager, par exemple, de venir détruire chicanes et barricades. Pourtant, il est clair que ce sont eux et leurs barrages qui rendent la circulation difficile. Nous ne céderons pas à leurs provocations, mais nous ne laisserons pas non plus faire ce qu’ils veulent ici.

On vit ici, on reste ici, on résiste ici ! re de Berlin est pressé de démissionner de ses fonctions.

des infos d’autres luttes : Procès Entartage anti-TGV : appel à solidarité : mercredi 30 janvier, journée d’action décidée en coordination nationale : "un toit pour toutes et tous - non à la précarisation de nos vies". Le collectif nantais prépare une action visible. Cette journée est importante pour la mobilisation locale nationale, à l’heure où le gouvernement expulse plus qu’il ne reloge (cf les récentes expulsions à Bordeaux et Rennes, bientôt relatées sur le blog du collectif : untoitpourtoutesettous.overblog.com ). La présence de toutes les personnes disponibles est importante. Merci de noter la date dans vos agendas.

Les Assemblées Générales ont lieu le mardi à 18heures, au local du Gasprom (24 rue Fouré).

"Idle no more" : une lutte qui s’oppose au Canada à des projets de loi du gouvernement canadien qui autoriseraient toutes les multinationales étrangères à exploiter les ressources naturelles, et en particulier l’eau, sans concertation avec les peuples indigènes un lien en français pour comprendre ce qui se passe là bas et voir quelques vidéos.

le 15-16 janvier, Grow Heathrow, lieu occupé à l’emplacement de la 3e piste de l’aéroport de Londres ( dont le projet a été arrêté ) passe une nouvelle fois au tribunal : appel à solidarité

15h20 : les flics du carrefour de la Saulce viennent de se faire décorer : un peu de peinture, ça met tout de suite un peu de joie dans tout ce bleu ... il semblerait que ça sente un peu aussi par chez eux... il y avait du purin

Des nouvelles de la répression de la lutte, à Guingamp : "Un petit mot pour informer du procès le 30 janvier prochain à St Brieuc de Christian suite à la manifestation de soutien aux opposants à l’aéroport NDDL à Guingamp le 10 novembre 2012.

Christian est accusé de violences volontaires sur gendarmes (2) dont un avec 6 jours d’ITT. Un fest noz de soutien à la lutte de NDDL et à leurs inculpés est organisé le 26 janvier à Plougonver (22)"

Solidarité avec tou-te-s les inculpé-e-s !

On apprend aussi qu’une action à Angers hier s’est heurtée à des violences policières lors des vœux des opposant-e-s aux élus locaux et régionaux : "Pendant cette action pacifiste, les opposant-es ont été malmenés par les forces de l’ordre. A la sortie, un barrage filtrant de la police nationale avait été mis en place afin de procéder à un contrôle d’identité. Pendant ce contrôle d’identité, deux apposants se sont fait violentés par bousculade et étranglement, et mis à l’écart du groupe. Ces opposants étudient une possibilité de recours juridique afin de dénoncer ces violences policières".

aux Ardillières, les gendarmes présenteraient un arrêté interdisant toute circulation sur la D281 entre le 7 janvier 2013 17h et le 14 janvier 17h

9h : Un groupe part nettoyer la Lande de Rohanne, les flics sont à leurs postes habituels

Une nouvelle matinée de grisaille sur la ZAD...

Zone à défendre

Lundi 7 janvier

Nouveau slogan : "On est le peuple de boue"

- 13h46 : bon, pas trop des nouvelles....Post-Festizad, la Zad se fait nettoyer....

- 10h45 : Les flics sont au carrefours Ardillières et Fosses noires / chemin de suez. A l’entré de Liminbout. Surement aussi d’ailleurs. l’occupation militaire continue....

Fugueuse du Puy : la plainte des parents de Camille - décidé ou dévidé ? de notre côté certaines peuvent constater d’avoir vu de la violence, c’est vrai. Notamment quand la famille a embarqué Camille avec force dans la voiture. Les coups au thorax viennent d’elle qui se battait. On s’est étonné quand même sur le traitement médiatique de cette "affaire". On a l’impression que les parents se déresponsabilisent pas mal sur notre dos. On aurait imaginé que des parents qui ont récupéré leur enfant "perdu" ont autre chose à faire que porter plainte... triste. C’est très simple de déplacer les problèmes inter-familiaux sur d’autres. Si elle ne voulait pas rentrer et vu comment ça s’est passé, ça n’étonne personne pourquoi elle ne voulait pas, on devrait quand même s’interpeller et espérer qu’elle va bien....

Reçu : Tout le FestiZad s’est déroulé dans une ambiance très bon enfant ! Comment pouvait-il en être autrement : il n’y avait que des gens empreints de gentillesse... et à s’entraider dans la gadoue ! Tout n’a pu exactement avoir lieu comme prévu à cause des interdictions de ceci ou de cela, mais les d’jeun’s ou moins d’jeun’s (zadistes ou pas/) ont été épatants pour organiser (tout mettre en place, avec retard à cause de qui vous savez, le vendredi soir ) un événement dans des conditions bien difficiles et rassembler 20.000 personnes...ravies . UN NOUVEAU SLOGAN DEPUIS CE WEEK-END / ON EST LE PEUPLE DE BOUE * !) * On ne compte plus parait-il les chaussures restées enfouies dans le terrain !

- 9h15 : deux fourgons decomplexés de GMs se baladent tranquilles sur la D81 Fosses noires direction Ardillières en faisant des enregistrements Video...

- 7h56 : Bonjour !! Appel aux ami-e-s autour de signaler, si vous pouvez, ou ils sont les flics aujourd’hui...merci :)

Zone à défendre

Dimanche 6 janvier 2013

21h17 : la route de Grandchamps est dégagée de fourgons.

- La réunion des comités de soutien a proposé des journées d’actions contre Vinci, c’est le week end du 18 et 19 janvier.

- 20h32 : tout à l’heure les piétons et vélos pouvaient passer sans contrôle au carrefour fosses noires chemin de suez, espérons que ça dure ! Et c’est toujours la fête à Notre Dame des Landes et sur le site du Festizad avec peut-être bien la projection du film des occupant-es de la forêt de Rohanne.

INFOTRAFLIC : Il y a aussi des contrôles systématique à Héric.

- 18h03 : La journée a été plutôt tranquille sous la bruine. Les concerts n’ont pas encore repris.

- 17h34 : Un lien pour avoir des nouvelles des marcheurs partie de Lille pour rejoindre la ZAD

- 17h10 : On nous a signalé de nombreux point de contrôles aux sorties de la ZAD (Lieu dit la Gazette au Temple de Bretagne, La paquelais, ROute de Vigneux à St Etienne de Montluc en direction de la 4 voies et Fay de Bretagne). Ils vérifient les cartes d’identité et l’alcoolémie. Prenez vos précautions.

- 16h08 : Y’a une fanfare qui joue en ce moment dans le village de Notre-dame-des-landes et l’ambiance est super belle. Une émission de radio a interviewé des habitants de NDDL et la plus-part sont contents de l’énergie qui se dégage depuis des semaines.

- 14h40 : Y a également 10 camions de GM vers Vigneux et des CRS sur la route de Nantes qui ont été vus. C’est probablement les relèves de ceux en place mais gardez l’oeil ouvert.

- 14h35 : Message reçu. A bon entendeur :

“Bonjour les Festizadiers,

Si on récapitule :

Occupation du terrain depuis plusieurs années, grève de la faim, divers rassemblements et manifestations et depuis octobre, 40 000 personnes le 17/11 à NDDL, d’autres manifestations de soutien ailleurs le même jour, La solidarité énorme, efficace en vêtements, métériaux de construction, médicaments, etc ... Toutes les nouvelles constructions de cabanes Tous les tracteurs de soutien autour des cabanes Toutes les associations contre le projet 180 comités de soutien recencés et toutes leurs actions mises en place, Les marcheurs de Nice, d’autres marches vont démarrer, Les opposants à vélos Beaucoup de monde au festizad malgré les interdictions en tout genre, le peu de moyen matériel, la boue ! Le soutien des artistes Les messages de soutien, témoignages divers, la lettre de constat des blessures du Docteur ...

J’en ai oublié ... quand même cela en fait des CONTRE l’aéroport et POUR la Terre !!!

Bonne suite festive, Amitiés”

- 14h32 : On nous signale 10 camions de GM vers la Paquelais et aussi 7 camions sur la 4 voies en direction de la ZAD ainsi qu’un "camion de repérage" sur la route de la Sécherie. On veut bien continuer à être tenue au courant de leur déplacement même si on sait qu’ils sont un peu partout.

- 14h04 : Reçu suite à la proposition de hier de répondre aux offres d’emploi de VINCI par des non-candidatures :

“« j’ai tenté de me rendre sur leur site mais là plus rien ne s’affiche, les offres ont comme disparu. Bizarre, que fait VINCI ? »”

On se demande si VINCI a fermé son pôle de recrutement ou s’ils ont été submergés de mails ? Après...pour non-candidater y’a pas forcément besoin d’annonce d’offre d’emploi.

Medias :"Le préfet Christian Galliard de Lavernée a indiqué que ses services avaient pu obtenir la présence d’un médecin sur le site du festival où, jusqu’alors, seule une association de prévention était présente. ’A la suite d’une inquiétude signalée par ce médecin sur un manque d’eau, on en a fait acheminer 2.000 litres’, a-t-il par ailleurs souligné." - sauf, il avait des médécins sur place et l’eau de la Préfecture n’a jamais été touché a notre connaissance. Lavernée, on n’a pas besoin de toi ni ton "aide" imposée...

Bientôt, des enfants, par milliers, à Notre Dame des Landes

- 12h : ça serait mensonge de dire que tout est calme sur la zone. Il y a quand même le boumboumboumboumboum qui date de vendredi soir et qui a l’air de ne plus jamais s’arreter....Par contre, le rassemblement Festive se passe a priori très bien pour l’instant.

- 10h20 : pas d’infos sur la circulation et barrages. On reste sur le cadre d’hier il nous semble : une seul entré sur la zad aux Ardillières, mais faut mieux pas, il y a deja trop des vehicules, vennez a pied et laissé vos véhicules exterieure la Zad....

- 9h37 : Bonjour tardive :) les nuits de cette weekend sont un peut moins loin comme d’habitude....tout semble OK sur la Zone.

Zone à défendre

Samedi 5 janvier

Plusieurs milliers de personnes participent depuis la nuit de vendredi à samedi au "Festizad" de Notre-Dame-des-Landes. Ils seraient 11.000 selon les pompiers, deux fois plus selon les organisateurs, indique un journaliste de RennesTV, qui évaluait pour sa part cette nuit à "5.000 à 6.000" le nombre de personnes présentes sur place.

Le montage des scènes, retardé par des difficultés techniques liées notamment aux limitations d’accès au site et à la boue, s’est achevé vers 3h du matin. Auparavant, au moins un son techno avait pu être mis en marche.

Le ton est monté, par ailleurs, hier vendredi, entre les organisateurs de la manifestation et les autorités, à la suite de la mise en place de barrages à l’entrée du site et des déclarations selon lesquelles la manifestation n’avait pas été déclarée aux autorités, même si l’Etat en assurerait "au mieux" la sécurité. "Depuis ce matin, tout est bloqué aux entrées de la ZAD. Que ce soit de la nourriture, des structures, du matériel médical et même les toiles de tente des manifestants ! En gros tout ce qui peut servir de près ou de loin au bon déroulement de la ManiFestiZAD", regrettait le collectif d’organisation, avant de menacer : "Cette manifestation se voulait festive, si les provocations continuent nous n’hésiteront pas à déplacer la manifestation au centre ville de Nantes" [communiqué de presse ci-dessous, à la date du vendredi 4 janvier].

En attendant, de nombreux concerts sont prévus ce samedi et ce dimanche, avec plusieurs pointures comme Keny Arkana ou Dub Inc.

Le Télégramme (et photo).

Vendredi 4 janvier

Etonnant communiqué que celui émis par la prefecture hier après-midi. La première moitié est entièrement consacrée à expliquer que la préfecture n’aurait pas été prévenue et n’aurait pas non plus réussi à nous joindre.

Outre le fait que les contacts étaient visibles sur le site depuis près d’un mois et que nous recevons environ 200 mails par jour, l’équipe sanitaire avait appelé la préfecture il y a 15 jours de cela pour se mettre en relation. Le but étant d’être sûre qu’elle puisse accéder sur zone. Il leur avait été répondu que la préfecture laisserait faire l’événement et n’interviendrait pas sur site. Cela semblait coïncider avec la demande émise par la commission de dialogue. Etrangement, selon le cabinet du préfet, notre interlocuteur n’aurait pas transmis les informations et serait actuellement en congé. Cela ne nous semble pas très crédible...

Effectivement, la préfecture n’a pas interdit cette manifestation festive. Pourtant, depuis ce matin, tout est bloqué aux entrées de la ZAD. Que ce soit de la nourriture, des structures, du matériel médical et même les toiles de tente des manifestants ! En gros tout ce qui peut servir de près ou de loin au bon déroulement de la ManiFestiZAD.

La majorité du matériel de sonorisation et quelques chapiteaux étant déjà sur place, la manifestation aura bien lieu.

Toutefois la sécurité sanitaire des participants s’en trouve fortement impactée : plus d’abris ni de tentes pour dormir au chaud la nuit, plus de matériel médical de premier secours et une tension évidente ne pouvant conduire qu’à des affrontements.

Loin de vouloir calmer la situation, la préfecture semble donc vouloir créer de nouveaux champs de bataille. Par cette situation, elle fait surtout en sorte de favoriser les accidents sanitaires lors de cette manifestation festive. Elle en assumera pleinement les conséquences. Cette manifestation se voulait festive, si les provocations continuent, nous n’hesiterons pas à déplacer la manifestation au centre ville de Nantes.

Communiqué de presse de Zone à défendre

Vendredi 4 janvier

- 17h05 : Les gendarmes bloquent tout la zone, tres peu de possibilité d’y rentrer. Et leur dernier acte a la con et bien scandaleux : le brasseur COREFF, qui aurait bien aimé soutenir le rassemblement festif avec de la bière en posant une tireuse a eu un appel de la Préfecture, menaçant que s’ils posent leur structure, ils seront confisqués........

- 15h14 : le hélicoptere a aussi l’envie d’y aller au rassamblement festive. Par contre, il a du mal a atterir sur les champs boueux.... Sinon, pas la peine de raconter ou ils sont les flics, le plus important est de savoir où ils ne sont pas. Donc, ils sont aux Ardillières, La Bossière, Carrefour Foses noires/chemin de suez, L’Epines, et a Vigneux c’est les CRS. Ils controlent mais laissent passer...

- 14h20 : La zone est encadrée par chaque route d’acces. Pas une seule dans ce moment ou il aura pas de la flicaille. Des fouilles et interdictions de tentes, de materielle, et de la nouriture. Bravo la préfecture, c’est comment vous assurez la "sécurité". Encore une fois ils prennent les gens pour des DUPs.

- 13h09 : La Préfecture, cohérent et raisonable comme on la connais : "L’Etat prendra toutefois les mesures pour assurer au mieux la sécurité de cet événement", souligne la préfecture. Ca nous fait un peut rire, leur idée de sécurité. A notre estime, empêcher des structures, de la nourriture et de materielle pour une deroulement correcte de cette rassamblement festive, rends pas trop dans des "mesures pour assurer au mieux la sécurité de cet événement". Ne pas laisser les gens passer avec leur tentes, qui les oblige de dormir sans, nous pose la gestion si la sécurité des gens est moins importante que la continuité de la provocation. La strategie de "laisser pourrir la situation" qui est mise en place par la préfecture depuis des emaines, est tout mais pas assurer au mieux la sécurité.....

Manifestizad : Dernières Infos

- RADIO KLAXON : Fréquence 107,7 -> La radio pirate de la ZAD vous informe !!

- Ne cherchez pas a venir au plus proche du festival en véhicule, ils faut preserver les acces pompiers, ravitaillement, etc !!

- Ils y a des contrôles sur tous les accès de la ZAD, les forces du désordre veulent vous empêcher d’accéder à pied avec vos tentes, soit arrivez groupé-e-s, soit contournez. N’hésitez à demander à voir les documents des arrétés préfectoraux lors des contrôles, vérifier qu’ils soient datés et signés.

- Le camping se fait sur le site du Manifestizad, derrière le champ des concerts. Il ne faut pas vous installer sur les zones de vies (foret de rohanne, rolandière, chat-teigne, fosses noires, sécherie, far ouest, et la ou tous les zadistes vivent, construisent, etc...).

- Les sleeping et cantine de la ZAD sont réservés pour les zadistes vivants ici. Les manifestivants doivent être soit autonomes en nourriture, soit voir avec les stands de cuisine proposés sur les champs du Manifestizad. Si vous pouvez venir avec des récups et de quoi cuisiner, on saura quoi en faire.

- 11:00 : Pour les personnes qui viennent pour le festizad garer vous à la Paquelais ou à Notre Dame Des Landes c’est mieux pour acceder par les champs et les chemins et ca peut être bien d’attendre d’autres personnes pour être plus nombreuses et allez voir pourquoi ils font chier, demander à voir les arrêtés ...

- 10:02 : on apprend qu’il y a un fourgon au carrefour de la Boistière deux fourgons de CRS à la Mancelière Richard (entre Vigneux et la Paquelais) A la Paquelais il y a 3 camions de Gendarmes Mobiles ou plus A Vigneux de Bretagne il y a 4 camions Les flics disent qu’ils y a un arrêté pour interdire le passage de tente alors venez par les champs et les chemins ! Il y aurait aussi des flics au chemin de l’Epine et à la Grée

- 10:00 : Pour toutes les personnes qui arrivent sur la ZAD Présenter ses papiers, c’est collaborer.

Ce serait chouette de ne pas faciliter le travail des flics en leur présentant vos papiers d’identité. Avoir ces papiers d’identités n’est pas obligatoire (sauf quand on conduit).

D’après la loi, donner son identité (au moins oralement) est obligatoire mais il n’y a pas de sanctions prévues. Le seul risque, c’est de se faire embarquer au poste pour un controle d’identité qui peut durer jusqu’à quatre heure. Mais si tout le monde refuse, c’est impossible pour eux de controler tout le monde.

Il y a des gens qui ne peuvent pas se permettre de montrer leur papiers aux flics, soit parce qu’illes n’en ont pas, soit parce qu’illes sont recherché.e.s, soit parce qu’illes sont interdit.e.s de territoire (c’est le cas de plusieurs opposant.e.s qui ont eu des procès ou qui sont en attente d’en avoir).

Depuis longtemps il y a des personnes sur la Zad qui portent la pratique de refuser les controles. Souvent, les flics n’ont pas les moyens de les arrêter et les relâchent immédiatement. D’autres fois elles se font arrêter pour quatre heures. Si plus de monde s’y mets, les flics seront vite débordés, et si au pire, des gens sont embarqués, ça ne tombera pas toujours sur les mêmes.

Vous avez plusieurs possibilités : - Ne pas montrer vos papiers, mais déclarer votre vraie identité. Ca permet déjà de compliquer le travail des flics et de faciliter aux autres la possibilité de donner un faux nom. N’hésitez pas à raler et à leur faire sentir que vous n’appreciez pas d’être controlé.e. - Donner un faux nom, un faux prénom et une fausse date de naissance. Pensez à l’avance au nom que vous allez donner et assurer vous de pouvoir donner deux fois la même date de naissance. - Refuser de vous prêter au controle.

Les flics vont vous menacer de ne pas vous laisser passer ou de vous embarquer au poste. Bien souvent, il ne s’agit que de menace. Restez ferme sur votre position.

Si jamais vous vous retrouviez au poste pour un controle d’identité. - Refuser de répondre aux questions des flics. Vous pouvez leur dire "je n’ai rien à déclarer" ou "je ne souhaite pas répondre à votre question". N’essayez pas d’esquiver les questions ou de prétendre que vous ne connaissez pas la réponse, vous vous fatiguerez inutilement et vous prenez le risque de faire des gaffes. Les flics vous retienne contre votre gré, vous n’avez aucune raison de faire preuve de bonne volonté. - Refuser les photos, les prises d’empruntes et les prélèvement ADN. Ce serait dommage de refuser un controle et de donner son ADN.

Ne croyez pas trop les menaces que les flics pourront vous faire, pour vous faire craquer. Il n’y a vraiment pas beaucoup de chance pour qu’il vous gardent plus de quatre heures, même s’il y a plus de risque si vous n’êtes pas blanc et si vous parlez mal le français.

A n’importe quel moment vous pouvez changer d’avis et déclarer votre (vraie) identité. A votre sortie prévenez la Légal Team au 06 75 30 95 45. Ca arrive souvent que des gens refusent de donner leur identité, refusent de donner leurs empruntes et de se faire prendre en photo et que les flics les relachent au bout de quatre heures sans savoir qui elles sont. C’est une belle victoire, ne vous en privez pas.

Il y a déjà eu quelques personnes qui se sont faites condamner pour avoir donner une fausse identitée, mais seulement dans des cas ou les gens avaient commis des délits (ce qui n’est pas votre cas si vous avez seulement refuser un controle). La peine ordinaire est d’une petite amende qu’on peut payer collectivement.

L’occupation militaire de la Zad n’est pas quelque chose de banal qu’on peut accepter sans réagir.

- 9:32 : Reveil tranquile sur la zad , on nous apprend quil y avait un checkpoint policier à Vigneux de Bretagne direction la D81 ce matin, ils y sont encore surement. Sinon ils sont aussi aux carrefours des Ardillères et des fosses noires/d81 comme d’habitude.

Zone à défendre

Tracteurs à la Chataigneraie - photo Reporterre

Vendredi 4 janvier

« L’implantation de chapiteaux sur le site ne sera pas autorisée, ces matériels appartenant à des catégories dont l’installation est réglementée au titre de la législation des établissements recevant du public et leur montage hors de tout contrôle présentant un risque important », a annoncé la préfecture dans un communiqué. « Aucun organisateur ne s’est déclaré et les contacts que la préfecture a pris auprès de l’opposition institutionnelle représentée sur le site n’ont pas permis d’identifier les responsables de ce rassemblement », est-il encore précisé. « L’Etat prendra toutefois les mesures pour assurer au mieux la sécurité de cet événement », souligne la préfecture.

Le collectif officieux des « zadistes » occupant la zone dédiée à l’aéroport controversé prévoit 42 concerts, cinq scènes et six chapiteaux pour trois jours de « ManiFestiZAD », un rassemblement musical contre le projet. Un porte-parole des « zadistes » a réagi jeudi à l’annonce préfectorale en assurant que les chapiteaux prévus seraient bel et bien montés. « Ils interdisent les chapiteaux ? On fera des chapiteaux, comme on fait des cabanes alors qu’ils interdisent les cabanes. Sans chapiteaux, il n’y a pas de festival », a indiqué « Camille ». « Interdire les chapiteaux vingt-quatre heures avant le début de ce festival qui est annoncé depuis plusieurs semaines, n’est-ce pas une forme de provocation ? », a-t-il ajouté, en n’excluant pas l’éventualité d’une intervention des forces de l’ordre.

France 3 Bretagne

Mercredi 2 janvier

23:30 : Suite et dénouement absurde de ce petit feuilleton : Les flics ont chargé, repris la maison, gazé à l’intérieur... La transition est floue mais toujours est-il que les flics ont désormais quitté la maison, ont reculé à peu près jusqu’aux Ardillères. Des barricades se sont donc reformées sur la route et la maison est ré-investie !

- 23:10 : Pour récapituler avec des infos qui semblent confirmées : Les personnes qui avaient réoccupé Bel-Air ont étés expulsées. 6 personnes ont été arrêtées ou en vérification d’identité. Une a été relâchée après avoir donné son identité. Puis pas mal de monde aurait débarqué en soutien, construit des barricades sur la route et affronté la gendarmerie mobile jusqu’aux Ardillères où gaz et grenades assourdissantes ont été tirés. Une demi-heure plus tôt les flics auraient chargé jusqu’à la première barricade, il y aurait un blessé et il y aurait actuellement toujours pas mal de gaz dans le secteur de Bel-Air et autour. Ca faisait au moins 3 jours qu’on n’avait pas vécu ça, non ?

- 22:10 : La projection interrompue de « life in the fast lane » reprendra à 16 heures, demain, jeudi 3, à la Châtaigne.

- 21:40 : Environ 200 personnes manifestaient sur la route devant Bel-Air pour réclamer la libération des camarades arrêté-e-s. Elles auraient été chargées. On a pas entendu vent de blessé-e-s. Les flics sont postés aux Ardillères.

- 21:25 : Pas de nouvelles (bonnes nouvelles ?) des échaffourées.

- 21:00 : Une quinzaine de fourgons de GM (gendarmes mobiles) stationnés sur le parking de l’ancien Super U de Vigneux de Bretagne.

- 20:10 : Il n’y aurait plus personne dans la maison. Une partie des personnes arrêtées auraient été rélâchées après avoir donné leur identité. D’autres seraient toujours en vérification d’identité.

- 19h45 : on nous indique que 6 personnes auraient été arrêtées à Bel Air. Du monde est parti là-bas.

- 19h35 : à Bel Air, 4 personnes sont dans la maison, avec du monde à l’extérieur. 7 fourgons de CRS toujours sur place mais rien ne semble avoir bougé. L’appel à soutien est toujours d’actualité.

- 19h02 : hier la maison de Bel Air avait été réouverte et occupée. depuis quelques minutes elle est entourée par les flics. Appel a celleux qui ont envie de venir en soutien dans le coin.

Une journée partagée entre discussions, chantiers, fébrilité pré-festival ...

Zone à défendre

Mercredi 2 janvier

En accord avec les anarchistes, elle retourne chez sa maman

Après un mois de fugue, elle rentre finalement chez elle. Geneviève, la lycéenne du Puy-en-Velay qui avait disparu le 4 décembre et qui résidait à Notre-Dame-des-Landes parmi les opposants à la construction de l’aéroport, a retrouvé sa mère mercredi et décidé de rentrer à la maison en sa compagnie. « Elle avait donné rendez-vous hier à sa mère pour une rencontre à Nantes à 16h30 aujourd’hui (…). Elle a décidé de rentrer », a en effet déclaré le procureur du Puy-en-Velay, Jacques Louvier, précisant que les deux femmes étaient en chemin vers le domicile familial.

Geneviève, 16 ans, et son amie Camille, 17 ans, deux lycéennes de Haute-Loire, avaient fugué le 4 décembre dernier, prétextant aller à l’infirmerie, pour rejoindre les opposants au projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les parents des lycéennes avaient alors alerté les médias, puis fait appel à la justice, allant jusqu’à porter plainte pour « soustraction de mineures ».

Camille, de son côté, avait été récupérée samedi dernier par ses parents sur le site. Mais Geneviève, elle, refusait de quitter Notre-Dame-des-Landes, car elle se sentait « heureuse » parmi les opposants au futur aéroport, et en accord avec ses idées anarchistes. « Je me reconnais dans le combat des anti-aéroport, un projet qui menace la nature sans être nécessaire. On défend une cause juste », affirmait-t-elle dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. Sa mère en avait alors appelé à la « compassion » des adultes entourant sa fille pour la convaincre de rentrer chez elle.

De leurs côtés, le procureur de la République du Puy-en-Velay et le SRPJ de Clermont-Ferrand, chargé de l’enquête, avaient indiqué que le recours à la force publique pour récupérer la lycéenne fugueuse n’était pas l’option privilégiée et que « l’idéal était qu’elle change d’avis », craignant que cela n’entraîne la détérioration d’une situation déjà explosive sur place. Une inquiétude relayée par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui avait jugé qu’il serait « dangereux d’envoyer des gendarmes » pour la récupérer dans le campement des opposants à l’aéroport.

lefigaro.fr

Mardi 1 janvier

Une nouvelle incroyable pour cette nouvelle année : il a fait beau ! si ça c’est pas bon signe ?

Journée tranquille après les festivités d’hier, mais néanmoins productive : tout le monde qui à sa construction, qui à son atelier, sa préparation de festival, son rangement, ... C’était la fête jusqu’à pas d’heure à la chateigne, et plein d’autres endroits, Quelques ( beaucoup pour certain-e-s) lacrymogènes ont fusé au coin du carrefour au milieu de la nuit, ( bien moins que des feux d’artifices) une personne qu’on avait cru arrêtée a en fait "seulement" eu un contrôle et ses affaires confisquées.

Zone à défendre

Samedi 29 décembre

Manifestation devant la prison de Nantes, de soutien aux opposants incarcérés

Environ 300 opposants au futur aéroport Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes ont manifesté samedi devant la prison de Nantes en soutien à leurs camarades condamnés après les heurts avec les forces de l’ordre sur le site de l’aéroport, a constaté un photographe de l’AFP.

Les opposants se sont rassemblés à 16h00 [en fait, plutôt 17 h 00] devant la maison d’arrêt de Nantes/Carquefou dont les accès routiers étaient interdits par des grilles, selon cette même source.

Puis ils ont traversé la forêt avoisinant la prison pour s’approcher au plus près des grilles de l’enceinte protégées par plusieurs groupes de forces de l’ordre.

Parvenus à quelques dizaines de mètres des grilles ils ont chanté, scandé "liberté" et joué de la musique à grand renfort de tambours. Environ une heure plus tard ils ont quitté les lieux sans incident en scandant "on reviendra".

"Certain(e)s d’entre nous ont été condamné(e)s à des interdictions du territoire, de la ZAD ou du département pour un ou deux ans, à de la prison avec sursis, et dernièrement à des peines de prison ferme de deux et cinq mois", expliquent les occupants de la ZAD dans leur communiqué d’appel à la manifestation.

"Ils tentent de nous isoler physiquement, ça ne se passera pas comme ça !", affirment-ils dans ce communiqué.

lepoint.fr

Mercredi 26 décembre

Aujourd’hui 26 décembre, l’occupation militaire de la zone dure depuis 73 jours. Nos camarades sont emprisonnés depuis 30 jours pour l’un et 9 jours pour l’autre On pense à elleux, à tou-te-s celleux qui sont en prison, en exil, en galère, en luttes... et à tou-te-s celleux qui nous envoient des messages de solidarité et d’amitié auxquels on ne répond pas toujours ...

une petite annonce en passant, une guitariste malheureuse cherche un jeu de cordes pour remplacer le sien qui a rendu l’âme... si quelqu’un-e passe par là avec ça dans sa poche, ça peut se déposer à l’accueil du champ hors contrôle

17h : après-midi qui sent les vacances sur la ZAD... des gens se promènent, d’autres construisent, lisent, d’autres profitent de la venue d’une ostéopathe ... on croise des gens qui viennent d’un peu partout, avec des messages et des colis en provenance de par chez elleux ( speciale dédicace aux trièvrois-e-s, aux bourguignon-ne-s...), un paysan voisin apporte du bois pour le chauffage du campement.

La journée de demain se prépare aussi : ça sera les débuts de la crèche de la chataigne, il y aura un atelier fabrication de bière, ....

13h10 : tout est calme sur la zone , ça fourmille, ça range , ça construit...alors on en profite pour vous donner quelques liens vers des vidéos,articles... un reportage [video] sur Rue 89.

13h00 : Après Notre Dame des Landes : Notre Dames du Littoral Réunionais un article ici sur un super projet en perspective Voir ici aussi avec contact

Quelques liens vers des articles et de très jolies photos ici , ici et ici.

11h55 : des copains copines du Groupe d’Actions Directes Non Violentes cherchent des personnes qui voudraient participer à la réalisation d’affiches, de témoignages sur la repression, sur les blessures, des textes... pour un évènement contre la répression. Pour plus d’infos : contacter gadnv@riseup.net.

Un petit lien vers un article sur les dernières semaines.

et les copains de copwatch (un site qui informes sur les différents corps de polçice, gendarmerie....et qui surveillent ces crapules ) nous font rêver un peu sur l’état d’esprit des Gendarmes Mobiles pas très surprenant.. Alors toujours l’envie de leur parler amicalement pour les convaincre de démissionner ? le texte ici

11h00 : tout est plutôt calme sur la zone, il ne fait pas trop froid. Les flics s’enracinent toujours aux carrefour des Ardillères et de la Saulce/Suez ou ils bloquent vélos,piétons qui font le tour par le champ.

Zone à défendre

Mardi 25 décembre

22h39 : Sur mediapart, les mal logés manifestent devant le ministère du logement Ici on continue à construire nos logements même s’ils ont prolongé les arrêtés interdisant le transport de matériel de construction (pour le carburant et explosifs en tout genre idem) sur nos routes du 25 décembre au 7 janvier. De quoi justifier l’opressante présence permanente de la milice de Vinci aux carrefours.

21h25 ; journée plutôt calme sur la zone, pas beaucoup d’infos. A part que les flics vont bientôt s’enraciner tellement ils ne lâchent pas le carrefour saulce/fosses noires.

16h49 : les gendarmes sont toujours au carrefour des Fosses noires sans vraiment le bloquer. Si on veut pas les côtoyer de trop près, on peut aussi couper par les champs. Par contre des personnes auraient été reconnus aux jumelles par les playmobiles qui les ont coursés dans les champs sans réussir à les rattraper.

16h44 : hahaha ! on en apprend un peu plus comment Auxiette patauge avec son appel d’offre censé redorer le blason de son projet bidon sur les réseaux sociaux et le net. Apparemment, 3.000 personnes auraient demandé à recevoir le dossier pour répondre Un bon article de Reporterre : Auxiette annule l’appel d’offres de propagande, mais en a-t-il le droit ?

11h : confirmation de la présence des flics au carrefour fosses noires/chemin de suez.... ils contrôlent les passant-e-s

10h45 : fausse alerte, il grêle, vente et pleut ...

10h30 : le soleil brille, ça se réveille doucement, on n’a pas encore d’infos pour savoir si les flics sont en congé...

Zone à défendre

Lundi 24 décembre

17h10 Les flics ont quitté les Ardillères. C’est le bon moment pour apporter de nouvelles constructions sur la zone. Ah Ah Ah !!!

16h35 tout à l’air calme sur la zone, on en profite pour un peu d’humour en ce jour de fête

16h00 Les flics aux ardillères bloquent des gens au faciès au carrefour et bloquent la D281.

15h20 Apparemment 15 cars de Gendarmes mobiles à Vigneux

14h30 : Vous êtes nombreusEs à nous envoyer des messages de solidarité avec les personnes emprisonnées.

On a reçu une nouvelle lettre et une nouvelle chanson de Cyril, qui sont publiés ici.

Vous pouvez lui écrire au "centre pénitentiaire quartier maison d’arrêt Cyril n°d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 nantes"

ou en passant par le collectif de soutien

"Comité de soutien des inculpées, le gué, 44220 Coueron"

qui transmettra

salut à tous !

Il parait que c est la fête aujourd’hui. vous etes donc invité.e.s ce midi par un ostreiculteur à venir manger des huitres et boire du muscadet au carrefour du Chemin de Suez et des Fosses Noires.

Zone à défendre

Prison de Nantes

Dimanche 23 décembre

20h48 : plus de flics aus Ardillières

Quelqu’un-e par ici demande si des gens peuvent amener des tubes en PVC de 8 cm de diamètre, avec des embouts et des raccords ... si quelqu’un-e a ça, c’est possible de le poser à la cuisine du champs hors -contrôle ( et aussi un appareil photo jetable)

Le lien d une vidéo fort intéressante d’un des signataires « prestigieux » favorables à l’aéroport. on cite la personne qui nous l’a envoyé : « Je trouve cette intervention incroyable, elle contribue à la décridibiliser le mouvement pro (la fine fleur nantaise !) qui peine tant à se justifier ! Vous noterez que par peur du ridicule, la section commentaires a été désactivée ».

Et pour finir de rigoler, le cri pathétique d’un ancien ministre des affaires européennes au Royaume Uni dont les enfants ne pourront pas prendre l’avion...

Conférences « Nantes, ville verte » le 22 janvier 2013. Alors qu’en ville le square Elisa Marcœur est en cours de destruction, que le Jardin des 5 sens est, lui, complètement rasé, que le bétonnage s’intensifie... et qu’un peu plus au nord l’État et Vinci et quelques autres essaient de nous imposer leur aéroport, un cycle de conférence intitulé « Nantes, ville verte » devrait se dérouler le 22 janvier 2013 au lieu unique !

Aujourd’hui commençait la semaine de péages gratuits dont l’idée a été évoquée aux rencontres intercomités : on a déjà reçu des nouvelles de Toulouse, Ancenis, Bignon, et de Caen qui a fait un parking gratuit,..

17h30 : quand même quelques nouvelles de la zone : les flics sont toujours aux Ardillières, à contrôler les voitures (ils ouvrent aussi les coffres...).

Aujourd’hui, ça ressemble à un dimanche pluvieux par ici, alors on en profite pour donner des nouvelles d’ailleurs :

solidarité avec les potes à Athènes, dont la police expulse le squat Amalia ! https://athens.indymedia.org/front.... https://athens.indymedia.org/front...., une pensée à Aurore Martin qui sort de prison d’Espagne aujourd’hui,

solidarités avec tou-te-s celleux qui se font expulsées, chassées, réprimées, sans que ça se voit, sans qu’il y ait ce formidable mouvement de solidarité autour, plein de pensées aux constructeur-trices de cabanes de Ris Orangis,

des nouvelles du Mexique des échos d’une marche de fin du monde au Chiapas et une vidéo

et pour celles et ceux qui lisent l’espagnol, un texte écrit du Pérou en lutte contre le projet minier Conga, à Cajamarca, sur les « zones à défendre » en France et au Pérou :

« Las Zonas a Defender (ZAD) en Perú y Francia, luchas contra el sistema »

des nouvelles de la lutte contre la THT et l’EPR : Une nouvelle action a eu lieu ce 22 décembre 2012dans le Morbihan en solidarité avec la lutte antinucléaire, et particulièrement celle se déroulant en Cotentin contre la THT et l’EPR.

11h59 : Tout semble calme sur la zone, alors on va vous parler d’autre chose que de la situation sur place...

3h : on ne vous a pas donné beaucoup de nouvelles hier, il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de mouvements de police. Ils endurent stoiquement le haut parleur insultant, les passantEs moqueurs et l’inutilité évidente de leur présence. Les ordres changent régulièrement et on imagine qu’ils ne doivent pas y comprendre grand chose. Laissez passer, laissez plus passer. Au pire ils obligent les copinEs à faire un détour de quelques mètres pour passer par les champs, ce qu’on fait en se moquant d’eux. Il apparait de plus en plus clair que les expulsions sont suspendues, au moins le temps de leur prétendue « commission de dialogue ».

ALORS PROFITIONS EN VENEZ RECONSTRUIRE SUR LA ZAD

Zone à défendre

Illustration "Fin du monde" publiée par Zad

Samedi 22 décembre

17h15 : un mégaphone a été accroché à un arbre au niveau du carrefour Fosses Noires Chemin de Suez à 15 m des flics et répète en boucle dpuis bientot 45 minutes : "Grosses merdes, vous etes inutiles et nuisibles, Dégagez ! ".

nous remercions du fond du coeur les terroristes qui ont fait ça. nous les aimons profondément.

16h00 : un internaute nous fait parvenir ce message : Cinq villes du Chiapas ont été occupées hier en silence par des milliers de zapatistes sous une pluie (inhabituelle au Mexique en cette saison) qui rappelait celle de Notre-Dame-des-Landes.

Un communiqué laconique a été rendu public :

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE – COMMANDEMENT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE. MEXIQUE.

21 DÉCEMBRE 2012. AUX PERSONNES CONCERNÉES,

VOUS AVEZ ENTENDU ?

C’est le bruit de votre monde qui s’écroule. C’est le son du nôtre qui resurgit. Le jour qui a été le jour, était nuit. Et nuit sera le jour qui sera le jour.

DÉMOCRATIE ! LIBERTÉ ! JUSTICE !

Des montagnes du Sud-Est mexicain. Pour le Comité clandestin révolutionnaire indigène – commandement général de l’EZLN. Sous-commandant insurgé Marcos. Mexique, décembre 2012.

..................

On relaie les demandes des constructeur-trice-s du samedi ... (non, du we, et de tous les jours, en fait) : en ce moment, il y aurait besoin de matériel pour barder et isoler ( planches, palettes, paille, ... et autres idées) et aussi de beaucoup de bidons de 200 litres étanches (métal ou plastique) le plus simple étant de déposer les matériaux au lieu de stockage de la manif de réoccupation, les flics étant souvent aux Ardillières.

9h35 : situation de la circulation : Les flics sont aux Ardillières et contrôlent les véhicules qui passent par là, ils sont aussi au carrefour des fosses noires/chemin de suez, où ils contrôlent les véhicules et empêchent les piéton-ne-s de passer.

Notre-Dame-des-Landes : Appel aux naturalistes

Des dizaines de milliers d’individus et des dizaines d’associations s’investissent dans la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (organisation de manifestations, recours juridiques, expertises, matériel, etc.). L’un des aspects les plus scandaleux du projet est la destruction de 2.000 hectares de bocage et de zones humides miraculeusement préservés et, avec elles, d’une foule d’espèces protégées. C’est une richesse « incompensable » et la communauté naturaliste ne peut que s’attacher à le montrer concrètement en réalisant des inventaires et leur valorisation.

Un regroupement des naturalistes aura lieu le 2e dimanche de chaque mois à 9 heures devant l’église de Notre-Dame-des-Landes. Le premier rendez-vous est prévu le dimanche 13 janvier.

8h00 : le jour ( et la zad...) se lève doucement en cette nouvelle journée post-fin du monde ( c’est promis, après, on arrête de faire des blagues sur ce sujet).

Zone à défendre

Vendredi 21 décembre

20h25 Et la bonne nouvelle de la soirée, on a trouvé une solution efficace contre les flash ball : le parapluie !

18h20 la soirée s’annonce festive sur la ZAD, sauf pour les gendarmes qui continueront à rester dehors comme des gros débiles à regarder passer les voitures...

15h30 Des nouvelles des camarades allemands interpellés dans la nuit de mardi à mercredi. Ils ont pris 3 mois avec sursis et un an d’interdiction du territoire... pour que dalle. L’un deux est photographe indépendant, a une carte de presse. Quand les flics ont chargé dans sa direction il n’a pas bougé tant il paraissait évident qu’il n’était pas dangereux ou en train de commettre une action illégale. Grosse erreur ! Les flics se sont jetés sur lui, ont arraché son sac. Ils ont par la suite prétendu qu’ils l’avaient reconnu jetant des pierree avant. Et voilà. Leur parole contre la nôtre. Et c’est tout. Plus besoin de preuves. On s’achemine gentiment vers un Etat policier. Ne parlons pas de cette nouvelle double peine qui consiste à cumuler peine ET interdiction de territoire. Justice bourgeoise au service du Capital, comment veux tu qu’on ai confiance en toi ?

14h45 on nous signale 7 camions de gendarmes quittant Vigneux vers la ZAD, surement la relève. Au carrefour de la Saulce les flics demandent les cartes d’idendité pour laisser passer les gens. Sinon il est toujours possible de passer par les champs.

En continuant à lire l’article de Presse Océan on lit quand même quelque chose qui ressemble à une bonne nouvelle :

"Le rapport de la commission doit être rendu au 31 mars, dernier délai. Il sera public. Sauf violences, aucune opération d’expulsion ne devrait intervenir sur le site au cours de cette période, y compris au niveau des cabanes de la Châtaigneraie. ’Si on veut instaurer un dialogue, il vaut mieux l’engager dans des conditions favorables’, note Claude Chéreau".

12h22 : On semble toujours être là, il faut croire que l’horaire de fin du monde à 11h11 était faux... Enfin, comme on est sur une zone différée, ce n’est peut-être qu’un contretemps !

Cela dit, Aujourd’hui vendredi 21 décembre, c’est le premier jour de la commission de dialogue sur le projet d’aéroport : Cette farce ou « il n’est pas question "d’aborder le fond du dossier", donc la remise en question du projet », car bien sûr, et c’est assumé très clairement par notre très cher premier ministre « souverain » (maudit soit son nom pour 15 décennies si ce monde tient debout), son but est de mieux « faire accepter le projet aux habitants ». Eh bien oui, on peut causer pour vous calmer, mais il ne faudrait pas mettre en doute quoi que ce soit, surtout pas que c’est comme si les avions décollaient déjà de NDDL depuis 40 ans !

11h06 : Au carrefour du Moulin de Rohanne (au bout du chemin de Suez), les flics contrôlent les identités des gens à pied. Ils semblent embarquer les personnes qui n’ont pas leurs papiers.

10h40 : 10 camions de gardes mobiles se dirigent de Nantes vers la ZAD. La relève de ceux qui sont toujours sur le carrefour du Moulin de Rohanne ?

7h : le monde est encore là ... mais pas de flics aux Ardillières une pensée aux deux potes en prison en ce moment, et à tou-te-s les prisonnier-e-s, aux blessé-e-s...

Zone à défendre

La Châtaigneraie vue d’en haut : Facebook

Jeudi 20 décembre

Ok, juste pour dire comme nous l’a rappelé Radio Klaxon, que la prefecture n’engagera pas de recours à la force tant que les procédures juridiques concernant la Chateigne ne seront pas terminées. Ouais autant dire qu’on n’est pas parti !

et que ces flics au carrefour n’ont rien a foutre ici. Occupation militaire de merde, si vous ne voulez pas continuer à faire des cauchemars, Cassez- vous !! On vous l’a deja dit et on vous le redira, tous les jours s il le faut.

Francois, Jean-Marc, Christian, Lapouze et tous vos petis soldats....

Tout comme vous mettez des bombes sous nos bottes, Nous on sera toujours le clou rouillé dans votre pied.

Alors, nonobstant le fait qu’il est 00h02 et que donc le compte à rebours a commencé, on voudrait bien repréciser un truc sur la personne qui a été arrétée ; il n est pas en prison pour le moment, mais il est en mise à l’épreuve pendant 6 mois, période où il devra trouver un travail (toute notre compassion) et prouver qu il est bien inséré dans la société etc...ce n’est que s’il ne repond à ces attentes qu’il devra aller en prison pour une periode de 6 mois.

Ok, il est 23h17 les enfants et c’est bientot la fin du monde ; alors si on veut entamer cette nouvelle ère dans les meilleures conditions, je vous propose de prendre en considération ce que ça représente d’aller en prison et d’etre poursuivi par la justice :

C’EST LA MERDE

alors personne n’a dit qu’il fallait arreter de faire chier les flics parce qu’ils ne méritent que ça ; cependant nous vous proposons de penser à 2 fois aux stratégies utilisées et surtout de relire ce petit guide juridique...

En cas d’interpellation : Si tu es interpelé-e, alerte les personnes autour de toi pour qu’elles préviennent l’équipe légale.

Si tu es témoin d’une interpellation, appelle le numéro qui figure sur ce tract. Et donne : une description physique et vestimentaire de la personne arrêtée, ainsi que l’heure, les circonstances et le lieu de l’arrestation. Ne donne aucun nom au téléphone, ne donne aucune info sur les infractions commises (exemple : « mon ami était en train de taguer »). Si ça ne répond pas, laisse un message, avec les infos pour que l’on te rappelle plus tard. Ce numéro sert exclusivement à centraliser les infos sur les arrestations et à organiser le soutien (venir chercher les gens au poste, préparer la défense pour les procès...). Puis n’oublies pas de rappeler pour signaler ta sortie de GAV [garde à vue], ou la sortie d’un-e de tes proches. Prière de ne pas saturer le téléphone en appelant pour un autre motif.

Une fois au poste : Soit tu resteras 4 heures ou moins ; alors c’est une simple vérification d’identité. Soit ta garde-à-vue (GAV) te sera signalée la première heure de ton arrestation. Elle peut durer 24 heures, puis être renouvelée une fois pour 24 heures de plus (sauf certains cas comme terrorisme ou bande organisée, où elle peut durer jusqu’à 96 heures). Dès que ta GAV t’est signalée, tu as le droit de voir un médecin (même si tu n’as de médocs à prendre, même si tu n’as pas reçu de coups pendant l’arrestation). Tu peux aussi demander à appeler un proche mais c’est la police qui le fera. Un avocat avec lequel tu auras un entretien peut, à ta demande, être présent pendant les auditions de ta GAV. Si tu n’en connais pas, tu en auras un commis d’office. Si vous êtes plusieurs au poste, laisse les avocats proches pour celles-ceux qui risquent le plus pénalement. L’avocat n’est pas forcément ton complice, tu n’es en rien obligé-e de tout lui raconter, ni de lui faire entièrement confiance. C’est toi qui choisis ta stratégie de défense et qui définis ton attitude vis à vis de la police.

Stratégies de résistance et de non coopération : Pour ralentir le travail de la police, certain-e-s ne déclarent rien et refusent de décliner leur état civil. D’autres ne déclarent que le strict minimum (nom, prénom, lieu et date de naissance). Garder le silence est un droit. Lors de l’interrogatoire, tu peux répondre « je n’ai rien à déclarer » (différent de « je ne sais rien », ce qui revient à déclarer quelque chose). Plus elles sont portées collectivement, plus ces attitudes de défense sont efficaces et faciles à tenir. Quelle que soit la stratégie, ne donne surtout aucune info sur les autres interpellé-e-s, ni sur l’action. On ne balance jamais quelqu’un-e d’autre, et quoi que puissent en dire les flics, en dire plus n’écourtera pas ta GAV et peut compliquer ta défense le jour du procès. Tu peux refuser de signer les documents présentés par les flics (compte-rendu d’interrogatoires, PV de sortie de GAV,...). Signer c’est reconnaître que tout s’est bien passé et s’empêcher de revenir sur les trucs dis ou subis pendant la GAV. Tu peux refuser les photos d’identité, les prises d’empreintes digitales et le fichage ADN. Si ces refus constituent des délits en soi, refuser le fichage est une position politique.

En cas de comparution immédiate : A l’issu de la GAV, tu peux être emmené-e au tribunal où tu peux refuser d’être jugé-e une fois à la barre. Ce qui augmente le risque de contrôle judiciaire, voire de détention préventive. Cependant, les peines sont généralement plus lourdes en comparution immédiate. Refuser d’être jugé-e en comparution immédiate te permet de gagner du temps pour préparer ta défense. Si tu peux justifier d’un emploi et d’un logement, tu as moins de chance d’être placé-e en détention préventive.

En action : Tu es libre d’avoir ou pas tes papiers d’identité sur toi. Posséder une carte d’identité n’est pas obligatoire. Certain-e-s refusent de donner leur identité. Cela augmente le risque d’une vérification d’identité (4 heures max au poste), mais utilisée comme stratégie collective, cela complique le travail de fichage de la police et peut permettre de rester anonyme.

Pense à avoir sur toi : le contact d’un avocat et, si tu suis un traitement, penses à prendre des médicaments et/ou une ordonnance (attention : document nominatif).

Attention aux conséquences si tu as sur toi : drogues illégales, armes (couteau suisse, cutter), armes par destination (bouteille en verre, caillou), carnet d’adresses et répertoire téléphonique (qui peuvent être saisis pour alimenter le travail des flics).

Contre les gaz : du sérum physiologique pour se rincer les yeux ; du citron, du vinaigre ou du Maalox ou Xolaam pour mettre sur ton foulard et ta peau ; des lunettes de plongée pour te protéger. Tu respireras mieux.

En cas de charge : pas de panique, reste en groupe, ne laisse aucune personne isolée pour tenter d’éviter les arrestations (extraire un personne d’un groupe soudé est plus difficile pour la police). Pense à garder un œil sur le groupe, car celles et ceux qui ne peuvent pas suivre risquent d’être arrêté-e-s. Faire bloc donne de la force, essaie de rester avec des gens que tu connais, ainsi si quelqu’un-e se fait arrêter les autres pourront prévenir l’équipe légale pour qu’elle commence à préparer le soutien.

En cas de blessure : faites un cordon pour protéger le ou la blessé-e, tout en surveillant les flics. Crie « Médic », en indiquant la localisation de la personne blessée. Il y a des équipes prévues. Si tu entends crier « Médic », relaye l’appel et la localisation.

Tu peux aussi appeler l’équipe médicale par téléphone :

n° de l’équipe médic : 07 60 26 42 14

En cas de contrôle routier : A moins d’une commission rogatoire ou d’un arrêté du Procureur :

Seul-e le conducteur ou la conductrice est obligé-e de se soumettre au contrôle d’identité ; les passagers-ères ne sont pas tenu-e-s de décliner leur identité, ni de fournir leurs papiers aux flics.

Les gendarmes et les policiers ne peuvent pas fouiller le véhicule, ils ne disposent pas des droits de douanes. Lorsqu’ils vous demandent « ouvrez votre coffre s’il vous plaît », vous pouvez répondre non.

Si les flics veulent quand même contrôler les passagers et fouiller le véhicule, vous pouvez exiger d’eux qu’ils vous fassent lire les documents qui les y autorisent (pensez à vérifier la date). Ces opérations ne peuvent être effectuées que par un Officier de Police Judiciaire. Demandez au flic qui effectue le contrôle de vous fournir sa carte (il est obligé) pour vous prouver qu’il a bien le droit d’effectuer de tels contrôles. Si votre véhicule est votre lieu d’habitation (camion aménagé par exemple), il faut aux flics une commission rogatoire qui les autorise à perquisitionner le véhicule pour le fouiller. Lors d’un départ en convoi, il est possible de refuser collectivement le contrôle, cela a déjà marché. Il est important dans ce cas que quelques passagers descendent des voitures pour rejoindre le véhicule de tête en train de subir le contrôle. Quoi qu’il en soit, plus les contrôles sont longs et laborieux pour les flics, plus les flics ont de chance de se décourager et d’abandonner les contrôles.

Numéro de l’équipe légale de la ZAD : 06.75.30.95.45 Mémorise le nom d’un-e avocat-e connu-e de l’équipe légale.

19h : des nouvelles de la personne passée en comparution immédiate à Saint- Nazaire, elle est condamnée à 12 mois, dont 6 mois ferme et 6 de mise à l’épreuve, et 5 ans d’interdiction de territoire de Loire-Atlantique 2 personnes passaient à Nantes en procès pour dégradations, : relaxées pour les dégradations, et (2 x 200€ pour refus d’ADN et signalétique pour une des personnes

17h45 : on n’a pas trop donné de nouvelles dans la journée, c’est que tout le monde est occupé dans tous les coins : ça construit, ça réfléchit aux prochains appels, festivals, chantiers,... , ça accueille et discute avec tous les gens qui passent par ici plein d’espoirs et d’énergies, ça se remet des émotions judiciaires, ... bref, une journée ordinaire sur la ZAD...

16h30

RAPPEL On peut écrire à Cyril au centre pénitentiaire quartier maison d’arrêt Cyril n°d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 nantes

On nous a prévenu que des lettres avec prénom et numéro d’écrou lui étaient parvenues. Cependant si vous ne voulez prendre aucun risque vous pouvez transmettre vos courriers et/ou lettres au comité de soutien qui transmettra

Comité de soutien des inculpées, Le gué, 44220 Coueron.

On peut aussi envoyer des sous pour le comité à cette même adresse avec pour ordre Comité de soutien des inculpées.

Une personne fait une revue de presse régulière sur ce qui se passe ici. Vous pouvez la trouver ici. Le lien sera dans la rubrique Ressources du site.

Revue de presse

D’autres lectures qu’on nous a envoyées :

un guide de l’armement des forces de l’ordre, pour pouvoir faire la différence entre une lacrymo et une grenade assourdissante

un article de Vinci dans le moniteur ( revue du BTP), histoire de voir leur propagande (leur mauvaise foie disent certain-e-s) à l’oeuvre : le transfert de l’aéroport Nantes Atlantique générera une vraie plus value écologique

le compte-rendu d’une séance d’assemblée nationale : Il s’agit de l’adoption de deux amendements à l’article 15 de la loi de finances pour 2013, relatifs à la limitation de la déduction des charges financières des grandes entreprises, dont le principal a été soumis par le ministre du Budget (le louche Cahuzac). C’est du sur-mesure pour Vinci, Bouygues, Suez, and Co

14h25 Il n’y a pas eu de comparutions immédiates aujourd’hui.

14h10 Un rdv pour ce soir : Reze Soirée Repaire des AMG de l’émission de Là bas si j’y suis sur Notre Dame des Landes, ce jeudi 20 décembre au Canon à Pat à partir de 20h30. Pensez à aller voir les autres rdv en bas de cet article

14h un chouette article paru dans CQFD sur la lutte

13h40 Ca fait quelques heures que les flics sont aux Ardillères et font ouvrir les coffres sans pour autant demander systématiquement les papiers. Faites attention à vous ! N’hésitez pas à leur réclamer les arrếtés justifiant leur intervention. Pour l’instant ils refoulent le matériel de construction

11h17 : un point juridique :

Jeudi (aujourd’hui) à 14h au tribunal de St Nazaire et celui de Nantes : probablement des comparutions immédiates ; venez assister aux procès. à 18h place Bouffay : Rassemblement contre l’enfermement

BILAN DES ARRESTATIONS DES 2 DERNIERS JOURS

Dans la nuit de lundi, 10 personnes ont été arrêtées sur la ZAD. 6 d’entre elles, on en a plus de nouvelles (elles pourraient être relâchées ou maintenues en détention provisoire) ; si vous en avez, appelez la “legal team” au 0675.30.95.45 4 personnes sont passées hier devant le juge à la fin de leur garde-à-vue prolongée, pour une “comparution immédiate” ; l’une d’entre elles a refusé la compa, les 3 autres ne l’ont pas refusé (ce qui revient à l’accepter) : La personne ayant refusé d’être jugée en comparution immédiate a une convocation au tribunal pour janvier. D’ici à son procès, elle est sous “contrôle judiciaire” (elle devra pointer toute les semaines dans la gendarmerie plus proche à son domicile déclaré) + elle a une interdiction de séjour en Loire Atlantique. Une personne s’est pris du ferme avec “mandat de dépôt”, càd il a été emprisonné directement après son procès. Il est condamné à 2 mois de prison ferme + 6 mois de prison avec sursis + à sa sortie, obligation de travailler, interdiction de séjour sur les 6 communes de la ZAD et un an de mise à l’épreuve. Les deux autres personnes ont été condamnées à 3 mois avec sursis + interdiction de séjour dans les 6 commmunes de la ZAD.

Donc encore quelqu’un en prison, des condamnations et un nouveau procès en janvier pour “attroupement après sommations”, “violences sur agent”,... basées sur uniquement des déclarations mensongères des gendarmes !

Dans la journée de mardi, 3 personnes qui s’aprétaient à faire une action d’information sur le marché de noël à Nantes se sont fait interpellées et embarquées en garde-à-vue. Toutes les 3 sont sorties, sans suite judiciaire.

Dans la nuit de mardi, 3 personnes (au moins) ont été arrêtées sur la ZAD : L’un d’entre elles a été relâché hier (avec ou sans suites ?) Un autre a eu sa garde-à-vue prolongée de 24h, avec de fortes chances donc de passer en “comparution immédiate” aujourd’hui à St Nazaire. La dernière personne, aucune nouvelle.

Du coup c’est très probable que cet aprèm certaines de ces personnes détenues en garde-à-vue soient présentées devant le juge pour une compa, à la fois au tribunal de Nantes, comme celui de St Nazaire. Un nouvel emprisonnement est à craindre !

Alors on vous encourage à aller aux tribunaux de ces deux villes pour assister aux audiences (au cas où il y en aurait), pour qu’au moins les personnes jugées ne se sentent pas toutes seules. A St Nazaire comme à Nantes, c’est à partir de 14h que passent les gens en comparution immédiate.

A Nantes sont aussi convoquées cet aprèm deux camarades qui s’étaient faites arrêtées fin octobre (lors des premières arrestations sur la ZAD depuis les expulsions) et qui avaient refusé leur comparution immédiate. Venez donc les soutenir.

09h37 : les flics sont toujours au carrefour Fosses Noires Chemin de Suez et s’enfoncent dans leur occupation militaire, meme si tout cela n a toujours aucun sens.

08h33 : Et nous sommes de retour sur le fil info, le rendez vous préféré des zadistes qui ne sont pas à la Zad, special dédicace à toi à l’hopital, tout le monde t’envoie des gros calins, des coucous aussi aux gens de toute la zone qui nous soutiennent et à ceux qui sont en prison, (eh oui, une personne de plus arrétée il y a 2 jours est partie directement en maison d’arret) sachez que nous sommes de tout coeur avec vous meme si nous ne pouvons pas communiquer pour le moment.

et à tous les flics de la zone, espèce de raclure de l’univers :

BARREZ-VOUS !!

2h Parce que les journées précédentes ont été marquées par de trop nombreuses arrestations on voudrait vous rappeler qu’il est essentiel de se munir du numéro de la Légal Team avant de partir en action, et si vous êtes pris, de refuser à tout prix la comparution immédiate.

Une manif aura lieu aujourd’hui : Rassemblement contre l’enfermement, à Nantes, 18H, place du Bouffay

Une réflexion l’anti répression à lire sur le blog du collectif de Rouen

1h30 Et pas encore couchéEs... On voudrait vous rappeler que vous n’avez plus que jusqu’à demain 21 décembre pour le grand jeu concours "toi aussi tu peux pourrir l’appel d’offre ultra couteux de l’Etat pour faire de la pub pro aéroport". Voir ici pour le mode d’emploi

C’est aussi aujourd’hui que la commission de dialogue arrive sur Nantes. Tiens, elle a oublié de nous contacter ?! On vous renvoie à des textes reçus, Commission du dialogue ou compromission du dialogue ? et à notre liste de revendications, publiée pourtant dès réception de la proposition de dialogue.

On rappelle aussi la position, très claire, de l’ACIPA :

"L’ACIPA a reçu une invitation à rencontrer la commission du dialogue le vendredi 21 décembre prochain.

L’ACIPA reste ouverte à une rencontre dès les premiers jours de 2013, dès lors que des réponses positives auront été apportées à ces demandes."

Zone à défendre

Mercredi 19 décembre

22h48 :

Des infos lues sur Ouest France :

Un homme de 42 ans a été condamné, ce mercredi soir, à Nantes, à huit mois de prison dont deux fermes. Il a été écroué dès la fin de l’audience du tribunal correctionnel. Récidiviste, il a été reconnu coupable de violences sur des gendarmes (des jets de projectiles), d’outrage et de rébellion.

Ce militant anti-aéroport avait été interpellé à Vigneux-de-Bretagne lors d’échauffourées survenues vers minuit, mardi. Deux autres militants, de jeunes Allemands de 24 ans, ont été placés en garde à vue ce soir-là. Inconnus de la justice, ils ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis.

Tous ont interdiction de fréquenter les six communes concernées par le projet d’aéroport.

et

Un jeune homme de vingt ans, sans domicile fixe et avec des antécédents judiciaires, s’est vu signifier la prolongation de sa garde à vue pour 24h, mercredi soir par la procureure adjointe de Saint-Nazaire, Natacha Rateau. Le temps de procéder à des vérifications supplémentaires sur les photos issues des vidéos tournées par les gendarmes mobiles pendant un affrontement intervenu mardi à Notre-Dame-des-Landes. Si le parquet confirme grace à ces images qu’il est bien l’auteur de jets de projectiles contre les forces de l’ordre, il pourrait comparaître dès ce jeudi en procèdure de comparution immédiate devant le tribunal de Saint-Nazaire.

Un autre jeune homme de 21 ans, étudiant originaire de Nîmes, interpellé pendant le même affrontement a été remis en liberté. Si il est apparu qu’il a bien participé à l’attroupement, il n’est pas été établi qu’il a lancé des projectiles. Il était semble-t-il sur le site pour un reportage photo.

20h50

on nous informe que 7 fourgons de GM, un camion de matos et une fourgonnette sont stationnés à L’hôtel "IBIS Budget" rue Gustace Eiffel à Sainte Luce sur Loire (périphérie est de Nantes).

18h40

Les arrêtés préfectoraux qui sont dispos sur le site courent jusqu’au 17 décembre. Les arrêtés ont depuis été prolongés jusqu’au 24 : arrêté pour les matériaux de construction arrêté pour les explosifs, produits inflammables et feux d’artifice arrêté pour le transport de carburant

18h30

Un retour sur le weekend de rencontre à lire ici

Ou comment la ZAD a permis une jolie remise en question à un élu EELV : "Les jeunes, ils ne viennent pas beaucoup dans nos partis, ils sont où, ils s’en foutent ? Non, ils sont ici et préparent pour lui un monde meilleur. Il est impossible qu’ils ne gagnent pas contre l’aéroport et son monde. Tout faire pour les y aider. Au milieu de ces bois, nous sommes loin des assemblées d’élus, des ministères, des conseils fédéraux. Nos combats internes me paraissent bien inutiles, je suis au milieu d’une terre d’Utopie, un vrai lieu où s’ancre l’avenir. Il n’y a rien de plus précieux. J’ai envie de remercier celles et ceux qui sont là"

18h

Tout est calme sur la ZAD, la vie continue à s’organiser. On vous prépare des compte rendu des rencontres inter comités de ce weekend afin de partager l’énorme énergie qu’on en a retiré. On voudrait aussi partager une analyse de Mathieu Rigouste, auteur engagé de La domination policière, une violence industrielle qui montre que « La violence policière est rationnellement produite et régulée par l’Etat »

17h

Le directeur du projet AGO chez Vinci continue à baver dans la presse et annonce les premiers transferts d’espèce protégées pour février.

et il parle évidemment de nous : "Je souligne la violence qui émane de l’opposition radicale pour laquelle l’opposition à l’aéroport n’est qu’un prétexte à contester la société. Il est inacceptable de s’attaquer aux biens, aux outils, aux salariés. Nous sommes obligés de prendre des mesures de sécurité pour nos salariés et ceux des entreprises partenaires".

INFOS SUR CE QUI MANQUE PAR ICI : Le groupe communication / auto-média recherche un-e dépanneur-euse de photocopieuse Des copin-es cherchent "un plateau style plateau à foin avec essieu d’au moins 6 mètres pour faire une roulotte"

15h04 : Aux Ardillères, les flics contrôlent les voitures, jettent un coup d’oeil dans les coffres sans vraiment fouiller... Et toujours 6 camions de bleus au carrefour du moulin de Rohanne, qui bloquent les gens à pied, mais nous on passe dans les champs !

14h57 : On nous apprend que des 3 personnes arrêtées hier à Nantes, les 2 premières ont été relâchées à 23h hier soir et la troisième à été relâchée ce matin à 4h.

13h 50 : un 4×4 noir Bmw x3 ou 5 a pris des photos de l’accueil... Faites gaffe à elle !

13h38 : Au carrefour du Moulin de Rohanne, les flics se sont avancés sur la route à 300 m au nord au niveau de la Genestière. Ils contrôlent apparement tout le monde. Ils feraient chier parce qu’ile ont trop été emmerdés ces derniers jours...

11h19 : pas trop d’infos a vous donner.

Reçu : L’action Vinci a recule de 28,82% sur les 5 dernieres annees, et ne remonte pas en ce moment (en fait, ca bidouille du zero virgule, a monter, puis descendre, puis remonter, reredescendre ...). En fait, on dirait que, côté traders, Vinci ne soit pas un produit intetessant. Avenir trop flou ? (A noter pour les camarades anti-nuc que les actions Areva et Edf se cassent la gueule de facon encore plus magistrale !! Voir boursier.com par ex.)

10h45 Fin de l’occupation du chantier Vinci à Rennes mais la journée de travail aura été foutue. Bravo les copin-es, que se multiplient les actions directes contre Vinci, ses filiales et sous traitants !

Drôle ? Jean-Marc Ayrault a signé une pétition pour sauver les zones humides. Plutôt ridicule... Demission Jean-Marc !

reçu : les machines sur les remorques (porte chars) sont peut-être celle des archéologues qui refuseraient de travailler pour des raisons "sécuritaire", il doivent intervenir, quand, je ne sais pas, mais les force du désordre ne veulent ou ne peuvent sécuriser les mini pelle et les porte chars en même temps

APPEL : Ca sera superbe si on avait des piles AAA et du beurre ! :) ET un copain paysan cherche a rentrer ce soir à Rennes...contact zad at riseup.net

9h56 : Sur le campement hors contrôle, démontage de chapiteau. Faut des bras....

9h : Il fait jour ! On aimerait savoir où sont passées les machines sur des remorques proche de l’Isolette vues hier soir.....

Merci Klaxon !

La vie s’écoule, la vie s’enfuit Les jours défilent au pas de l’ennui Parti des rouges, parti des gris Nos révolutions sont trahies

Le travail tue, le travail paie Le temps s’achète au supermarché Le temps payé ne revient plus La jeunesse meurt de temps perdu

Les yeux faits pour l’amour d’aimer Sont le reflet d’un monde d’objets. Sans rêve et sans réalité Aux images nous sommes condamnés

Les fusillés, les affamés Viennent vers nous du fond du passé Rien n’a changé mais tout commence Et va mûrir dans la violence

Brûlez, repaires de curés, Nids de marchands, de policiers Au vent qui sème la tempête Se récoltent les jours de fête

Les fusils sur nous dirigés Contre les chefs vont se retourner Plus de dirigeants, plus d’État Pour profiter de nos combats

"Le coût de la mobilisation policière est connu : à raison de 500.000 € par semaine depuis deux mois, ce sont entre 3 et 4 millions d’€ qui ont été engloutis dans la ZAD depuis le début de l’opération Cesar le 16 octobre 2012" - Paye ton Ayraultport, Ayrault

Lecture : Notre Dame des Landes : comment répondre à l’appel d’offres de communication

INFO : Action à Rennes en solidarité avec la ZAD contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Depuis 6h30 ce mercredi matin, 19 décembre 2012, des opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes, et au monde qui va avec, occupent le chantier VINCI de l’extension du centre commercial ALMA à Rennes. Des personnes occupent une des grues. Le chantier ne pourra pas démarrer ce matin !

7h55 : pas des nouvelles par rapport de barrages par exemple aux Ardillières. On aimerait bien savoir ! Par contre, sûr sans besoin d’y aller, il y a plein des GMs sur le carrefour Fossses noires /chemin de suez / l’Isolette. Ils ont mis des brutes, ce genre de mecs qui sont devenus GM pour dominer, encore mieux avec leur baton. Humiliations, provocations et aggressions pendant des contrôles signalés bien plus souvent que par habitude. Faites attention a vous les ami-e-s qui passent vers la-bas. Le Préfet joue un jeu pervers et il met en danger tout le monde sur place. Démission !

Je m’excuse par avance pour une matinée peut-être plus enrageé que d’autres. La haine monte incroyablement fort en pensant aux arretéEs, blesséEs, humiliéEs de la zad et d’ailleurs. Ce gouvernement est contrariant Malheur à vous

Le changement, c’est pour maintenant, n’est ce pas Francois ( ta gueule ) : 6 opposants dans l’après-midi, à Lille-Grand Palais, pour s’opposer à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à l’occasion de la venue du Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT, présent aujourd’hui.

7h01 : Bonjour, Dzieri dobry, Bom dia....SHhhhhhSShhh...LaZad dors encore. On pense fort au camarade a l’hôpital et les autres en taule... Courage !!!

Zone à défendre

Mercredi 19 décembre

Bis repetita. Hier soir [mardi] encore - tout comme la veille -, des heurts ont éclaté sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Peu après 21 h, des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre.

Deux personnes ont été interpellées chemin de Suez et placées en garde à vue.

La veille, quatre opposants avaient déjà été interpellés. Les gardes à vue de ces deux hommes et de ces deux femmes ont été prolongées hier soir.

presseocean.fr

Photo des clowns bleus du Péage Vinci en juin dernier au carrefour des Fosses Noires : Kalzadud

Mardi 18 décembre

23h30 : point sur la soirée : la situation est revenue « au calme » : les flics sont sur le carrefour et le chemin de suez, mais ça ne bouge pas... la conclusion de la soirée, ça pourrait être qu’ils ne veulent plus risquer de se faire jeter des sorts on nous a quand même annoncé 4 arrestations, et une personne blessée par des barbelés en voulant leur échapper ...

22h30 : les flics courent après les gens dans les champs autour du carrefour des fosses noires, au moins une personne arrếtée, à priori les flics sont entrés sur le chemin de Suez.

22h : et c’est reparti pour un tour au carrefour des fosses noires... faites gaffe à vous, les flics sont jusque devant la sortie du champ que tout le monde traverse entre la D81 et la route des fosses noires

Si vous êtes à côté d’une radio qui ne capte pas Radio Klaxon, vous pouvez essayer d’écouter sur BramFm (radio locale de Tulle en Corrèze) à 20h l’équipe de l’émission les Chants des Possibles consacre une grande partie de l’émission à la ZAD en présence du comité de soutien local à écouter sur www.Bramfm.com ps : si le direct ne passe pas bien, il suffit de mettre pause quelques secondes (et puis il y aura toujours le podcast)

Appel pour tous les collectifs : est-ce que c’est possible de nous envoyer votre adresse mail (ou numero telephone, adresse) si c’est pas marqué sur la liste des collectifs ici ou ici, pour qu’on peut completer la liste. Merci !

Petite annonce Vu le manque d’accès sur certaines partie de la ZAD (notamment la Chataîgne) pour les personnes ayant des problèmes de mobilité, on cherche un peu de matos (et autres idées brillantes si vous en avez). Le plus « simple » ce serait sans doute un ou des quads, sans embrayage au pied de préférence. C’est sûrement pas nécessaire que ce soit des grosses cylindrées, et si il y a un peu de mécanique à faire dessus on devrait pouvoir se débrouiller. Sinon il y a cette idée de monter une cavalerie, alors si quelqu’un a un poney pépère et un peu obèse (c’est plus stable), peut-être qu’on pourrait lui trouver un coin tranquille et aller se balader ensemble...

18h50

NOUVELLES DU COPAIN BLESSÉ DIMANCHE SOIR

Le copain touché par une grenade assourdissante dimanche soir est encore à l’hopital. Contrairement à ce que nous avions annoncé il n’a pas, pour l’instant, été amputé du gros orteil. Cependant les nouvelles ne sont pas bonnes pour autant : les chirurgiens lui ont posé une broche dans le tibia et le métatarse est cassé. Les chirurgiens ne sont toujours pas sûrs de pouvoir rétablir correctement l’irrigation du pied, c’est donc possible que cela soit plus grave et qu’une amputation soit finalement nécessaire.

Les gendarmes sont passés dans sa chambre d’hopital hier, prétendant en avoir le droit et en lui cachant qu’il avait le droit de refuser. Apparemment ils cherchent à enterrer l’histoire, en effet comment justifier l’utilisation de grenades assourdissantes , dites de désencerclement, alors que les manifestantEs ne tenaient que 2 des 4 axes du carrefour ? Alors qu’aucune procédure n’a été entamée, ils ont mis ses vêtements sous scellés et sont partis avec. Nous dénonçons fermement cette forme minable de harcèlement, l’intrusion dans sa chambre à peine 24h après sa blessure. Cela ne nous étonne cependant pas de la part des gendarmes.

Nous adressons toute notre solidarité au copain, de nombreux mails nous sont parvenus demandant de ses nouvelles et pour lui envoyer du soutien.

18h Les flics ont quitté le carrefour des Ardillères. Bon vent !

15h Les flics, ont décidé de ne plus laisser passer personne à pied ou vélo au carrefour des Fosses Noires. Comment justifient-ils cela ? « Circulez y a rien à voir, vous êtes pas chez vous ici ». Occupation militaire par des fachos qui assument fièrement les blessés dont ils sont responsables, y compris le copain qui a été amputé du gros orteil ( dimanche soir) et subi plusieurs opérations. « Mais enfin s’il a pris une grenade assourdissante il était à quelle distance d’après vous ? ». « euh... 100 mètres ? ». « Et à 100m il vous menaçait comment ?? avec des fusées de farce et attrapes ??? » « euh... circulez on vous a dit ».

On n’oublie rien.

Et on est toujours sans nouvelles des 9 personnes arrêtées hier soir sur la ZAD et des 3 arrêtées à Nantes ce matin.

12h33 apparement, il y a un fourgon au carrefour des Ardillières mais qui ne controle pas systematiquement.

09h37 : de nombreux arrétées hier visiblement...dont on n’a pas de nouvelles. de plus en plus de personnes sont arrétées lors des affrontements et on n’arrive pas toujours à avoir des nouvelles donc des que vous etes témoins d’une arrestation, il faut tout de suite prevenir la Legal Team (06 75 30 95 45) et raconter ce qui s’est passé, sans jamais donner d’information personnelle sur vous ou les personnes arretees.

On aurait envie de dire de limiter au maximum les possibilités d’arrestations. Si vous avez l’intention de venir sur la zone, n oubliez pas qu’il y a ce risque et que ca n a rien de drole d’etre arreté.e et d’avoir à faire à la justice, car la justice ne vous aime pas, soyez en certaines, surtout ici en ce moment.

Avant d’envisager venir defendre cette lutte, il faut absolument prendre en considération tous les risques et surtout apprendre à se proteger, notemment en evitant de jouer les héros et en connaissant au maximum ses droits et la marche à suivre en cas d’arrestation. La guerre (meme à petite échelle) n’est pas un jeu. Ce sont de vrais armes que nous avons en face de nous

07h30 Yo yo yo, bon matin ! la lutte continue et nos premieres pensées vont à notre camarade à l’hopital, à celleux qui sont enfermées notamment celleux qui ont été hier emportées par la rixe et emmenées au poste hier ou bien etait-ce dejà ce matin ? et tous ceux et celles qui resistent et qui soutiennent la lutte, ici ou ailleurs.

Visiblement certains ont envie de rejouer l’histoire et se prennent pour des milices d’occupation et bien nous, nous seront toujours du coté de la résistance, les pieds dans la boue.

Encore des gendarmes ce matin donc, qui veulent absolument tenir ce carrefour, là ou autrefois, il n y a pas si longtemps flottait une banderole « foire au porc », peut etre pourrions nous superposer quelques images du present avec celle d’un passé proche.. Bref ils sont toujours nombreux au carefour Chemin de Suez-Fosses Noires sur la D81. Pour le moment rien à signaler aux Ardillières.

Zone à défendre

Photo de la cabane, Nddl agir désobéir

Lundi 17 décembre

La nuit continue et son obscurité nous donne souvent l’avantage, nous sommes les louves et les loups de la Zad, les êtres qui rodent jusqu’au bout. Il semble qu’il y ait encore quelques affrontements au loin.

Malheur à vous !

Hier, dans l’obscurité, des flambaux sont sortis du bois, des mannequins sur des pics ont été brulés et des incantations ont été dites. Une tentative comme une autre de nous libérer de la présence policière, de cette occupation militaire qui duuuuuuuuure maintenant depuis plusieurs semaines. Jours et nuit, à 3 ou à 160, les flics sont là, juste pour dire qu ils sont là, même si le gardiennage de carrefour n’ a jamais fait aucun sens.

Bonne nuit les ami-e-s, a demain ! Bonne nuit Genivieve et son mari que je connais pas de nom ! Bon courage !

1h30 : Au moins 3 personnes d’arretés pendant une charge au carrefour de Fosses noires, coté chemin de suez. Les flics a l’air d’avoir consigné de ne pas utiliser les grenades assourdissantes. On se demande quand même pourquoi les flics sont sur place au lieu de se disperser et partir, vu qu’ils sert a rien a part montrer leur présence et mettre une ambiance de guerre, sans guerre. On révendique la disparision des gendarmes de nos carrefours et routes ! Si le préfet veut, pour une fois, faire quelque chose de raisonable, il a que a laisser les GMs rentrer chez eux et tout le monde sera content....

21h24 : on a pas trop des infos par rapport de contrôles et barrages

20h20 : La boite mail est très fatigue, elle nous a dit : ERRORERRORERROR, j’ai en marre...

- 17h51 : Il y a encore environ 10 fourgon au carrefour de Fosses noires / chemin de suez. Aux Ardiliières a priori plus. Mouvement des flics autour sans savoir si a faire avec la ZAD : 20 fourgon apreçu l’aprèm à St. Herblain, 17 fourgons d’Angers direction Nantes. On trouvera ça chouette si le gens autour de la Zad pourrient aller voir dans les Hôtels d’habitude. Merci <3

16h41 : Tout a l’air calme sur la zone, pas beaucoup d’infos par rapport au contrôles, n’hesitez pas nous prévenir si vous voyez des choses....

reçu : "aperçus par des copains entre Tours et Angers 17 fourgons de CRS, en direction de l’ouest. Ce jour 17/12 à 13h40"

reçu 15h20 : VU route de vannes à ST HERBLAIN, au moins 20 fourgons de CRS et un poids lourd (type transport matériel). En espérant qu’il partent en vacances en laponie pour au moins 10 ans...

15h14 : encore des contrôles de véhicules sur la carrefour Fosses noires / chemin de suez, ca passe à pièd apparament, mais encore mieux a travers champs !!

14h34 : petite panne internet, tout va bien içi, il fait beau !!

12h30 : il n’y a plus de flics aux ardillières

11h45 : 4 fourgons s’installent aux Ardillières, ils ont l’air de prendre des photos, 3 fourgons ont été vus se dirigeant vers Bellevue.

11h30 : les flics font des contrôles (aléatoires...) au carrefour de la Saulce

On relaye une une sollicitation artistique de la compagnie de la Nécessaire Impertinence à participer le 21 décembre à Saint Brieuc à « L’Extravagant-Apocalyptico-Jubilatoirement-Impertinamment-Sensationnel-Débilo-Futuristo-Antérieur Défilé De La Fin d’Un Monde » qui peut concerner entre autres la lutte contre l’aéroport de NDDL.

10h : le soleil commence à réchauffer doucement le bocage, une réu autour de l’action non-violente commence à la chataigne, à 14h il y aura la suite de la discussion de vendredi autour de "comment faire face aux problèmes de sexisme et d’homophobie sur la ZAD ?", à 17h , un rdv est donné à la yourte du champ hors contrôle pour les personnes qui font des arts de la rue, en vue d’organiser un festival prochainement et à 18h à la chataigne pour celleux qui ont des projets agricoles bonne journée !

9h30 : pas de nouvelle de la présence des flics, n’hésitez pas à en donner ! Des nouvelles de la personne blessée hier soir sur le carrefour de la saulce, actuellement à l’hôpital pour amputation du gros orteil, fracture du tibia et d’un autre orteil. faites attention à vous !

editobiotop : la meilleure réponse proposée à la question d’hier, ( pourquoi les flics coupent des arbres au carrefour ?) : parce qu’ils ont envie eux aussi de faire des cabanes ... pas sûr qu’on ait envie de les avoir pour voisins....

7h00 : les infos de circulation matinales au fur et à mesure qu’on les reçoit : les flics sont au carrefour de la saulce, mais les voitures passent sur la D81 ( pour l’instant, on ne sait pas s’ils contrôlent)

cette nuit, zéro fourgon sur les parkings d’hotels de la chapelle sur Erdre.

Zone à défendre

Dimanche 16 décembre

00h30 : les pompiers viennent chercher une personne blessée au pied par une grenade assourdissante, les flics sont encore au carrefour, dérangés par un certain nombre de gens, d’autres vont se coucher, on fait pareil, et on revient si besoin.

23h 30 : on entend et voit des feux d’artifices au carrefour de la Saulce, et aussi des tirs de lacrymo et grenades assourdissantes... pas de nouvelles plus précises

22h25 : Une marche au flambeau est arrivée il y a un moment au carrefour de La Saulce/Moulin de Rohanne , face aux flics, et leur jettent des sorts ... .Les bleus n’en mènent pas large, ils balancent du lacrimo, mais c’est plutôt rigolo .

Fin d’un we de rencontres intercomités locaux : plus de 400 personnes se sont croisées au cours de ces deux journées riches en échanges, discussions, récits des actions des un-e-s et des autres, énergies et idées folles bientôt réalisées, ..... un compte-rendu arrivera dans les semaines prochaines, mais il se passera sûrement plein de choses d’ici là !

19h59 : Salut les aminches ! On n’est pas mortEs, on vous donne des infos quand on en aura des choses à dire ! ( en attendant, on écoute l’émission sur l’antispécisme qui passe sur Radio Klaxon)

14h12 : pas de nouvelles des arbres coupés. Pas de nouvelles tout court. Il fait beau ! la crèche acheminée hier se monte doucement à la chataigne, celleux qui ne construisent pas se promènent ...

13h18 : on cherche encore savoir pourquoi les bleus coupent des arbres au carrefour Fosses noires / D81 ?

...encore des cabanes en construction, faites avec l’amour :)

12h21 : point circulation - il nous manque des infos ! La situation a l’air pas trop changé pour l’instance.

[Notre Dame des Landes : l’avis de l’autorité environnementale passe à la trappe !

11h34 : au carrefour Fosses noires / chemin de suez, les GMs sont en train de couper des arbres, on attends d’infos supplementaires...

11h07 : il y a 3 fourgons qui se baladent autour de la zone, dernièrement vus direction chennes de Perrières. Il y a un fourgon "transmission" avec eux, on aimerait bien savoir ou ils sont. on aimerait encore mieux si l’orage de ce moment, qui nous gate avec une belle lumière sur la ZAd, tapera fort et pète leur petit outil.

10h40 : 3 fourgons aux Ardillières. Coucou amicale aux voisins de la-bâs et a l’Isolette, courage !!

9h58 : Pas des grandes nouvelles de chez nous coté keufs. Donc, un petit récit de hier : Forte présence inhabituelle de 20 fourgons de GM’s sur le Carrefour de Fosses noires / chemin de suez / l’Isolette, finalement pour empêcher les gens d’aller au rdv pique nique vers la Chat Teigne. L’idée était de faire passer du materiel de construction d’une crèche pour des enfants. Visiblement, la préfecture etait, comme toujours, pas très ravie de nos activités et aurait aimé empêcher cette action. Encore une fois ils ont eu lection que ce n’est pas possible de contrôler un territoire tellement grand. Tout le monde et tout le matos sont arrivés où il fallait. Obligatoirement, il fallait fêter ça avec des pétards et feux d’artifices autour du carrefour et keufs, parce que ca fait plaisir a faire comprendre que toutes les mesures, soit par leur dispositif, soit par la justice - on arrive toujours !! Du coup, il aura une crèche pour des enfants a la Chat Teigne dans très peu de temps...

Témoignage Manif Anti-Répression à Nantes : "Samedi 15 décembre, 17h30, place de la Petite Hollande, fin d’une manifestation (bien nommée) contre la répression. Nous sommes quelques centaines à nous diriger vers le palais de justice. Un barrage de CRS nous en empêche. Notre groupe est composé de familles avec enfants, de jeunes, de gens comme nous et de personnes âgées. Au bout d’une dizaine de minutes les CRS nous bombardent de grenades lacrymogènes et d’une grenade de désencerclement. La place est noyée dans un nuage toxique dont profitent aussi les usagers du parking et ceux de la piscine (en famille bien sûr). Pour couronner le tout, bien que nous fuyions cette pestilence, on nous envoie deux convois de six cars de CRS, sirènes hurlantes. Que le ciel vous tienne en joie."

Non à l’aéroport, non aux délocalisationsd’Arcelor-MittalI Basse Indre ! : Les ouvrier-es d’Arcelor-Mittal Basse Indre (44) occupent leur usine depuis lundi 10 décembre pour sauver leurs emplois. Alors que la nationalisation de Florange a été balayée d’un revers de la main face à la pression du libéralisme, de la grande industrie et des marchés financiers.....

9h06 : Pas de nouvelles par rapport de circulation. La deuxième journée de rencontre inter-comités commence dans quelques instants. Il y a au moins 300 personnes à Nddl pour discuter la suite de lutte ici et ailleurs.

MANIF NANTES hier : Il avait apparemment environ 3.000 personnes. Pas beaucoup d’infos depuis hier, mais il nous semble une fois arrivée au Canal, la manif a été répoussée par les CRS avec du lacrymo, pour se trouver en façe de la Préfecture. Si jamais quelqu’un-e qui était veut bien écrire une petite récit,...ARTICLE

7h35 : Egun on les zadist-e-s sur place et dehors la, Kali mera tout le monde ! Tout est "normal" sur la Zone. Encore 20 fourgons sur le carrefour Fosses noires / chemin de suez / l’Isolette. Il me semble qu’il y avait toute la nuit des gens qui ont passé un bout de la nuit avec la. Histoire, si vous êtes payés pour nous faire chier, au moins vous allez pas faire ça assis en jouant de cartes dans vos fourgons. Pas encore des Infos sur les Ardillières, mais hier aprèm vers 16 heure, les GMs ont laché ce carrefour.

Zone à défendre

Illustration venant de ZAD

Samedi 15 décembre

11h09 : Ils sont aussi engagés dans la route de Fosses noires. Ils bloquent la route entre Ardillières et La Paquelais depuis les Ardillières. Fouilles aux Ardellières.

11h02 : les flics commencent à contrôler les gens a pied vers le carrefour Fosses noires / chemin de suez.

10h47 : 11 fourgons encore sur le carrefour Fosses noires / chemin de suez / La Saulce. Aux Ardillières, encore certains. Ils contrôllent les véhicules sur les deux cotés.

9h46 : au moins 6 fourgons vers les carrefours Fosses noires/chemin de suez/La Saulce. 4 bonhommes hors des véhicules....

8h50 : On rappelle : Manif contre la Répression, Nantes 16h Place de Bouffay : From ZADécembre et juste avant, a 14h aussi Place Bouffay : Manif Pas de compromis avec l’homophobie.

8h30 : rien à signaler pour le moment, les membres des collectifs qui sont déjà arrivés se trouvent pour petit dej !

7h22 : Bonjour les ami-e-s ! Shhhhh, la Zad dort encore....les flics non, ils sont au carrefour et ils se font chi..

ZAD

Photo : matin gelé à Notre Dame des Landes, le 12 décembre (ZAD)

Vendredi 14 décembre

24h17 : :) Finalement, pas trop. La nuit est à nous ! Les gendarmes sont au carrefour la Saulce - l’Isolette et un peu plus loin sur la carrefour Fosses noires / chemin de suez. Il y a environ 20 minutes, une joli feu d’artifice est parti en AIR, pas vers les gendarmes, mais bien placé entre les deux dispositifs, apparament avec une telecomande. Ca du avoir faire une drôle d’effet sur les bleus, qui se trouve depuis peu encerclés sur le carrefour de Fosses noires/chemin de suez par des manifestants qui chantent et rigolent et foutent bien de leur gueules ! Pas de tension pour l’instant...

24h11 : tout est calme sur la zone. Présence de flics encore aux Ardillières et a l’Isolette, mais plus de contrôles...

19h22 : La zone retrouve un peu son calme. Donc, si on a bien compris, tout ce délire avec je ne sais plus combien de fourgons de CRS et GMs un peu partout, c’était pour nous garder sur la Zone et pas y aller sur Nantes pour aller voir Ayrault, Auxiette et co. Cette « strategie salomonienne » n’est pas gratuite ! Voyons voir : Le coût de mobilisation d’une compagnie de CRS (salaires, primes et heures supplémentaires) est estimée à 13 200 euros par jour !

18h35 : les trois camarades arrêtés à Bel Air hier soir ont été relâchés à Blain.

16h50 : on vient d’avoir le résultat du procès de la camarade qui passait en procès accusée de « particiation à un attroupement avec arme après sommations » et « jet de projectiles » au tribunal de Nantes cet après-midi. Elle a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et interdite des communes de Vigneux de Bretagne, Malville, Trellières, Grandchamps-des-Fontaines, Fay de Bretagne. Il semble qu’il n’y ait pas eu d’autres comparutions à Nantes dans la journée.

15h18 : il y a un début de rassemblement en cours devant la gendarmerie de Blain pour demander la libération des 4 camarades arrêtés hier. Ils appellent à les rejoindre. Pour rappel, il y a actuellement aussi un appel à rassemblement pour le procès d’une camarade à Nantes.

14h54 : Résumé des positions connues des flics (certaines datent de quelques heures) : 25 fourgons à la ZI de Vigneux, 12 fourgons de CRS au Super U de Vigneux, 2 camions de GM au carrefour du Moulin de Rohanne (Fosses Noires/D81), 5 camions de GM aux Ardillères, 1 camion aux Chênes de Perrières, 3 camions à l’Ouest du chemin de Suez et 1 à l’est, contrôles routiers sur la D81 au niveau de l’Isolette. On rappelle que bien qu’ils n’aient pas été signalés aujourd’hui, il y a souvent aussi des contrôles au niveau du Bois Rignaoux à la sortie de la Paquelais sur la D218 et sur la D81 au niveau du croisement avec le chemin de Saint-Yves (entre le bourg de de Vigneux et la ZAD).

14h05 : 9 fourgons de GM se dirigent vers la ZAD à partit de Nantes (normal quoi)...

13h05 : il y aurait 1 fourgon de flics à la barricade est du chemin de Suez et 3 fourgons à la barricade ouest (les flics seraient dans les véhicules).

12h55 : il y a quelques dizaines de minutes, 3 fourgons de GM contrôlaient les voitures au niveau de la route de l’Isolette sur la D81.

12h30 : les 3 camarades arrêté-e-s à Bel-Air hier sont toujours en garde à vue à Blain.

12h12 : Un message nous signale le départ de 20 camions de playmobiles en direction de la ZAD par les routes de campagnes ! Ça commence à faire beaucoup de mouvements signalés. Si jamais vous voyez les endroits où ils sont garés, prevenez-nous pour qu’on y voit plus clair sur la situation.

11h42 : Message reçu INFOTRAFLIC : à 11h10 vu sur la N137 sens Rennes-Nantes, 6 camions GM + 1 voiture, prendre la sortie Blain. Vous les avez invités ? :-) C’est peut être juste un renfort de parapluie pour poule mouillées. XD Bon courage à vous ! La ZAD est partout.

11h37 : Un copain s’est fait arrêter hier. Il vient de sortir de Waldek-ROusseau avec une convocation le 26 février pour outrage et refus d’ADN... Encore une belle preuve que quand l’Etat n’arrive pas à faire passer ces projets, il se sert de la matraque judiciaire !

11h31 : La lutte contre l’aéroport est une grosse épine de rosier dans le pied des avions ! Du coup le syndicat mixte aéroportuaire se voit obligé de lancer une campagne qui « portera sur l’élaboration d’une stratégie de lobbying auprès des institutionnels et du grand public afin de promouvoir la réalisation du futur aéroport ». L’article ici

11h26 : 15 camions de GM viennent de partir de Blain en direction d’ici gyrophare allumé...

11h16 : Les copains aux Ardillières sont toujours dans la maison. Les flics sont autour du véhicule. Ils sont obligés de se soumettre à un contrôle si jamais ils veulent prendre la voiture ! Si c’est pas de la provo’ ça. Belle façon de dialoguer !

10h56 : Aux Ardillieres les CRS controlent une vehicule des copains garé devant une maison !

10h51 : RAPPEL recherche hébergement ou transport Vosges-NDDL : Chères ZADISTES et amis du contre ayrautporc nous avons besoin sur les sites de construction de la ZAD de matériaux parfois lourds ou encombrants. L’arrivée sur sites de ceux-ci sont de plus en plus compliqué entres les barrages de nos imposés et imposants « con pagnons » et les barricades de nos camarades. L’affaire se termine a dos d’homme. Pour pallier à cela, une solution serait d’avoir sur la ZAD des chevaux. Dans ce but j’aimerais acheminer ma jument jusqu’à la ZAD, seulement elle se trouve dans les Vosges j’en appelle a votre solidarité pour soit m’offrir un transport des Vosges vers la ZAD, soit pour m’offrir le gite au fur et a mesure de ma route a pied... vous pouvez me joindre par mon adresse mail : lootchi@hotmail.com par avance merci a tous et a très bientôt j’espère.

10h12 : la d281 est bloquée, à la paquelais et aux ardillères. j’y ai vu passer un véhicule (peut être habitant de la zone) mais tout le reste : demi tour ! y’a 2 camion crs et ils sont plus à être dans les camions que dehors ; z’aiment pas la pluie fine d’ici.

8h34 : La ZAD est partout, même en Finlande. On vient de recevoir un article publié dans un journal étudiant Finois, malheureusement on a pas la traduction.

8h16 : Actuellement mise en place de CRS sortie ZAD cote NDDL avec des armes a la main.

8h09 : Et aussi 12 camions de CRS à l’ancien SuperU a Vigneux, ils ne faisaient rien, regardaient la pluie tomber.

7h37 : Matin tout le monde ! Aux Ardillieres les flics font des controles. Et a la zone industrielle a Vigneux-de-Bretagne il y a 25 fourgons de gendarmes mobiles.

Zone à défendre, ainsi que la photo aérienne sur les positions de la police.

Photo : réunion de soutien à Notre Dame des Landes, à Angers, le 11 décembre

Mercredi 12 décembre

15h10 : Un journaliste de Libération confirme qu’une ordonnance a été prise par le tribunal pour autoriser l’expulsion des personnes de la Chat Teigne.

14h58 : La pelleteuse est partie en direction de Vigneux, gardez les yeux ouvert.

Article : Quand le serpent se mord la queue ou la multiplication des contradictions (pour pas dire qu’on nous prend pour des cons !) : Ce matin sur France Inter (Nicolas Hulot)

14h44 : Une pelleteuse est sur le chemin des Fosses noires en direction du carrefour du chemin de Suez... on ne sait pas si elle est escortée ou non. On reste sur nos gardes !

14h21 : Selon Presse océan, le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire aurait ordonné hier après la décision autorisant la destruction des cabanes, l’expulsion de tous les occupants de la Chat-Teigne à la demande du préfet... On se penche sur cette info pour voir si elle se vérifie et vous en dit plus dès que possible.

13h40 : Les blocages sont levés, les flics qui étaient au carrefour FOsses noires/chemin de suez sont retournés sur la route de l’isolette. Par contre les contrôles et les fouilles continuent.

13h38 : POINT SUR LES BLOCAGES AUX CARREFOURS DE LA SAULCE/FOSSES NOIRES ET LES ARDILLIERS Les habitants qui ne pouvaient accéder à leur maison ont pu être rajoutéz sur la liste des personnes autorisées. La mairie dément sa participation en commun avec la préfecture à la réalisation de la liste alors que cette info à été donné par les GM aux deux endroits de blocages. Il a fallu que les habitants, très énervés ! se rendent à la mairie pour qu’un conseiller les accompagne et se débrouille avec la préfecture pour leur donner l’autorisation. On se demande si cette liste avait pour but de faciliter le passage à certaines personnes ou plutôt de bloquer des habitants participant activement à la lutte...!

13h29 : Apparemment il y a des camions de GM au carrefour de la Boissière (à l’Est de la zone sur la route qui va de la Paquelais à Notre-dame-des-Landes) et aussi au carrefour à côté du rosier qui permet d’aller soit à VIgneux soit au Temple de Bretagne.

HAHA, la blague de journée : Notre Dame des Landes : le conseil général de Loire Atlantique soutient les « habitants atypiques »

APPEL : Rassamblement fini, les habitant-e-s ont en fin reussir de rentrer !

Par Rapport des habitant-e-s qui peuvent pas rentrer chez eux, selon des journalistes cet document ne serait pas signé par le maire de notre dame des landes. Va savoir....

INFO : Bien, bien, on les a tout-e-s ensembles a Nantes le 13 et 14 Décembre - ventilons les cerveaux... : un colloque national eolien aura lieu le 13 et 14 decembre 2012 à la cité des gorets, euh pardon, cité des congrès...un rassemblement placé "Sous le haut patronage de Jean-Marc AYRAULT, Premier ministre" en présence de : Jacques AUXIETTE, Président du Conseil Régional des Pays de la Loire,.......

APPEL AU RASSAMBLEMENT AVEC DES HABITANT-E-S DE LA ROLANDIERE en face de la mairie de Notre dame des Landes tout de suite. Selon les gendarmes qui les ont pas laissé passer, il aura une document qui signalise tout les habitant-e-s sur la zone qui ont la droit de passer. Ils ne sont pas dessus, malgre situé officiellement au centre zone. Cette document sera signé par la prefecture et le maire de Notre dame des Landes. ( Merci Jean-Paul ! Encore une fois tu nous montre ta veritable visage de traitre et collabo !)

MESSAGE A LA PREFECTURE : Il y a des habitant-e-s qui aimerent bien rentrer midi chez eux. Vos chiens ne les laissent pas rentrer, malgre l’adresse sur leur carte grise et carte ID officiellement sur la zone. On previens les Journalistes qui sont sur place. Cela est une premièr sommtion ! après des semaines de contrôles, parfois 4 fois par jour, ca commence a faire trop !!

12h20 : La situation au Carrefour sans nouvelles !

INFO : LA Zad n’est pas sur facebook. On nous a signalé une comportement "bizarre" voir "facho" par la personne qui tient le groupe "Contre l’aéroport de NDDL". On n’a pas acces a facebook, et puis non, on n’en veut pas ! Qui est dessus, soyez vigilant et si vous remarquez des comportement nationaliste ou fascistes, signalez, spamez, faites comprendre que ni içi ni d’ailleurs il aura place pour eux !! No Pasaran !!!

11h49 : le carrefour Fosses noires/chemin de suez est pris, par les keufs, ils bloquent des véhicules, mais aussi des vélos et pietons, pareil aux Ardillières.

11h04 : ERRATUM - la flicaille n’est pas coté Ouest vers le Rosièr.

10h44 : il y a apparament 20 fourgons vers le carrefour de fosses noires/chemin de suez sur la D81, situation bien tendue, mais dans cette moment même, plus d’affrontements.

10h21 : Encore 4 fourgons qui sont parti de Vigneux, probablement de renforts pour les affrontements. aussi, D81 est bloque par les keufs aux Ardillieres. une interpellation et aussi ca chauffe a la barricade ouest de la Chateigne

10h09 : Des affrontements au carrefour de fosse noires / chemin de suez ! Apparament les flics a la Isolette se sont fait dégagés tout a l’heure et du coup ils sont revenu en renforts. Ca gaze et flashball pas mal..

9h55 : le dispositif est jamais arrivé au carrefour fosse / suez sur la D81, ca veut forcement dire qu’ils sont partis direction Rosièr / ferme d’un paysan pastrespot qui est en train de partir. Bon voyage serge, et surtout reviens pas !

9h35 : et encore un 15aine de fourgons qui viennent de Vigneux en grande vitesse direction Les Ardillieres

9h32 : 7 fourgons en provenance de Vigneux vers NDDL

9h24 : deux camions DDE avec des keufs aux Ardillières...

9h21 : Pas des nouvelles a vous raconter, a part qu’enfin, le soleil nous gate, il fait beau et notre ZAD adore se reveille magnifiquement.

:) merci pour tout les mots d’encouragement par rapport au gel ! Vous nous rechauffez le coeur...et les pieds...et les petites mains....

7h53 : encore calme, noir et froid sur la zone. Allé léve toi soleil !

7h19 : Bonjour La ZAD de partout ! Içi, ca dort, et c’est tant mieux. Il fait froid, tellement froid que le robinet exterieur est gélé. Une forte et chaude pensée a ceux qui dorment sous une serre ou tente. Ah Oui, et il y a 4 fourgon a l’Isolette, pas d’info pour l’Ardillières..

Zone à défendre

Mardi 11 décembre

Destruction oui, expulsion non

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a rendu mardi matin son jugement très attendu sur le devenir des constructions faites à la Châteignerie (la Chat Teigne), sur un terrain privé à l’ouest du Bois de Rohanne.

Il a reconnu que le préfet peut « solliciter les forces de l’ordre pour démolir les constructions qu’il juge illicites », ouvrant ainsi la voie à une opération policière de grande ampleur dont nous décrivions l’imminence dans notre édition d’hier.

Cependant, le jugement autorise le préfet à démolir, mais non à expulser les occupants des cabanes, dont plusieurs ont déclaré lundi matin par lettre recommandée et fax à Vinci qu’il s’agissait de leur domicile principal. Ils le réaffirment ce matin dans un communiqué : « un certain nombre de personnes expulsées depuis le 16 octobre habitent dans certaines des cabanes de la Châtaigne. Ces cabanes sont actuellement leur domicile et leur résidence principale. Toute démolition des cabanes impliquerait leur expulsion. Or il ne peut juridiquement y avoir d’expulsion de ces personnes de leur logement sans nouvelle procédure contradictoire et décision du tribunal d’Instance. »

La bataille juridique continue

Un nouveau front s’ouvre. En effet, les opposants ont demandé que leur soit appliquée la trêve hivernale pour le village collectif de la Châtaigneraie. Si celle-ci leur est reconnue, le village serait épargné au moins jusqu’au 15 mars 2013.

De plus, « le jugement n’a pas reconnu qu’il s’agissait de constructions en dur, mais s’est cantonné au terme de cabanes », commente Dominique Fresneau, de l’ACIPA. Soit des constructions légères, illégales, mais qui constituent un trouble à l’ordre public moins grave que s’il s’agissait de constructions en dur. Une justification en moins pour l’opération de grande ampleur.

Plus important « le jugement a dédouané le propriétaire », M. Jacques Paressant, accusé par la Préfecture et AGO-Vinci d’avoir sciemment permis aux opposants à l’aéroport de venir construire sur son terrain, qu’il savait en fin de procédure d’expulsion. Il était donc accusé de n’avoir pu offrir les garanties civiles qui permettraient à AGO-Vinci de jouir sans trouble de sa propriété. La propriété du terrain litigieux est reconnue à AGO, et d’autres propriétaires se sont montrés soulagés, voire plus réceptifs à la possibilité d’ouvrir leurs terrains à des constructions comme celles de la Chateignerie. Le jugement de Saint-Nazaire pourrait faire école.

Par ailleurs, nous apprenons qu’un référé-suspension contre le nouvel arrêté interdisant le transport de carburants sur les communes de Notre-Dame des Landes et de Vigneux, pris le 7 décembre par le Préfet de Loire-Atlantique, vient d’être déposé au tribunal administratif de Nantes. C’est l’ACIPA, association de riverains et de paysans opposés à l’aéroport, qui porte plainte avec l’accord de ses membres, avec un autre paysan.

« Tous les opposants s’apprêtent à résister »

Ils préfèrent prévenir, « au cas où la Préfecture passerait en force » et procéderait avec force gendarmes mobiles et policiers, à l’expulsion massive de la ZAD, « sans respecter les procédures » juridiques ou en « reprenant ses attaques sur les autres habitats menacés de la ZAD » les occupants « manifesteront leur colère et leur détermination ». En effet, si l’expulsion de la Chateignerie (la Chat teigne) s’avère impossible, le pouvoir serait très tenté de vider les autres lieux occupés illégalement, sachant que la trêve hivernale ne s’applique pas aux squatteurs en application de l’article 313-3 du Code de la construction.

Le communiqué relaie deux autres initiatives : l’appel à une manifestation de grande ampleur à Nantes « quelques semaines » après une éventuelle expulsion massive de la ZAD et l’appel transmis à tous les collectifs de soutien de la contestation, ailleurs en France, à « occuper les lieux de pouvoir » en « réaction immédiate » à une grande opération de police sur la ZAD.

Breizh Journal

Lundi 10 décembre

Appel au soutien sur la zone est de la ZAD (zone sabocage) pour demain jusqu’à vendredi, afin de résister aux probables expulsions et destructions de cabanes !

Les forces militaires sont massés autour de la ZAD dans différentes lieux (surtout hôtels . Plus de 80 camions de gendarmes mobiles y ont été repérés, ainsi que quelques camions de CRS !

De plus, les arrêtés d’interdiction de transporter des produits inflammables, des explosifs… sur la ZAD ont été étrangement renouvelés pour cette semaine. Et un nouvel arrêté d’interdiction de transporter des matériaux de construction a été pris. Rappelons-nous que les arrêtés de la semaine dernière coïncidaient avec l’assurance du préfet que le jugement d’expulsabilité de la chataigneraie du 4/12 serait rendu aussitôt. Des sources policières affirmaient aussi que les autorités ne voulaient plus d’une expulsion au coup par coup mais d’une expulsion massive et totale. Les autorités ont donc surement décidé d’attendre le rendu du jugement de la châtaigneraie pour agir. Or ce jugement c’est demain, le 11 !

La solidarité est très importante envers la zone ouest de la ZAD (qui comprend la chataigneraie, la forêt de Rohanne, la Rolandière… avec le soutien des paysan-ne-s, d’associations, de nombreux-se-s Nantaises.. ) mais la zone est de la ZAD a aussi besoin de vous ! Beaucoup de personnes ne la connaissent pas, or il y a environ une centaine de camarades qui y sont et qui se logent dans de nombreuses cabanes en bois (cabanes construites/en construction pour la plupart après le 17, sauf pour le farouezt qui est un des seuls lieux à avoir tenu les trois vagues d’expulsion/destruction d’octobre !)

Les cabanes sont pour la plupart construites aux alentours du projet de 4 voies qui passerait au sud du projet d’aéroport. Or, la construction de cette 4 voies n’a pas été reporté et le défrichage commencerait normalement début 2013 !

Il est important de défendre cette zone qui est une grosse épine dans le pied pour les projets de Vinci et consorts ! Il est important d’être solidaire avec les camarades de la zone « sabocage » qui se sentent parfois isolé-e-s par rapport au reste de la ZAD, et qui souhaitent, pour la plupart, défendre des projets de culture maraîchère fruitière et d’élevage, afin de vivre en autonomie face au système consumériste !

Les cabanes de la zone est de la ZAD sont directement expulsables, c’est pourquoi nous appelons à une large mobilisation dès demain matin de bonheur (ou dès ce soir) pour aider les camarades à préserver leurs lieux de vie et d’autonomie !

Nous vous attendons toutes/tous nombreux-se-s dès ce soir au farouezt (proche de feu « le sabot », ancien lieu maraîcher détruit) ou sur les autres lieux.

Soutenons tous/toutes les camarades de la ZAD ! Résistons à son arasement programmée et à la politique de la terre brûlée !

Face à l’occupation militaire de la ZAD, solidarité et résistance !

Des paysan-ne-s membres du CLCA

Blog du collectif de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes

Vendredi 7 décembre

18h30 : il y a des flics qui feraient des contrôles sur le D81 entre Vigneux et le Moulin de Rohanne/Saulce au niveau du chemin de Saint-Yves, sur la place de l’Eglise de Vigneux, aux Ardillères, à Bellevue et au Chêne des Perrières.

16h30 : Les flics contrôlent au carrefour du Moulin de Rohanne (au sud de la Rolandière, route de Vigneux aux Ardillères) et on a entendu l’hélicoptère tourner un peu... Rectificatif : ce serait plus au sud sur la D81 au niveau du chemin de Saint-Yves.

15h04 : ATTENTION SUR L’AUTOROUTE entre Paris - Nantes, Péage juste avant Angers, fouilles des vehicules qui ont l’air amener des matos sur la ZAD....

Houlà, la France sous contrôle de travaux, tout l’Ouest de la France n’a plus la droit de bricoler jusqu’au 2017, n’est pas ;)

PAR RAPPORT AUX FOUILLES dans les voitures, les infos de base relatives au cadre juridique des fouilles de véhicules :

Voici donc les articles du Code de procédure pénale qui en causent :

Code de procédure pénale Article 78-2-2 (partiel)

Sur réquisitions écrites du procureur de la République aux fins de recherche et de poursuite des actes de terrorisme visés par les articles 421-1 à 421-6 du code pénal, des infractions en matière d’armes et d’explosifs visées par les articles L. 2339-8, L. 2339-9 et L. 2353-4 du code de la défense, des infractions de vol visées par les articles 311-3 à 311-11 du code pénal, de recel visées par les articles 321-1 et 321-2 du même code ou des faits de trafic de stupéfiants visés par les articles 222-34 à 222-38 dudit code, les officiers de police judiciaire, assistés, le cas échéant, des agents de police judiciaire et des agents de police judiciaire adjoints mentionnés aux 1°, 1° bis et 1° ter de l’article 21 peuvent, dans les lieux et pour la période de temps que ce magistrat détermine et qui ne peut excéder vingt-quatre heures, renouvelables sur décision expresse et motivée selon la même procédure, procéder non seulement aux contrôles d’identité prévus au sixième alinéa de l’article 78-2 mais aussi à la visite des véhicules circulant, arrêtés ou stationnant sur la voie publique ou dans des lieux accessibles au public.

Pour l’application des dispositions du présent article, les véhicules en circulation ne peuvent être immobilisés que le temps strictement nécessaire au déroulement de la visite qui doit avoir lieu en présence du conducteur. Lorsqu’elle porte sur un véhicule à l’arrêt ou en stationnement, la visite se déroule en présence du conducteur ou du propriétaire du véhicule ou, à défaut, d’une personne requise à cet effet par l’officier ou l’agent de police judiciaire et qui ne relève pas de son autorité administrative. La présence d’une personne extérieure n’est toutefois pas requise si la visite comporte des risques graves pour la sécurité des personnes et des biens.

Article 78-2-3

Les officiers de police judiciaire, assistés, le cas échéant, des agents de police judiciaire et des agents de police judiciaire adjoints mentionnés aux 1°, 1° bis et 1° ter de l’article 21, peuvent procéder à la visite des véhicules circulant ou arrêtés sur la voie publique ou dans des lieux accessibles au public lorsqu’il existe à l’égard du conducteur ou d’un passager une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’il a commis, comme auteur ou comme complice, un crime ou un délit flagrant ; ces dispositions s’appliquent également à la tentative.

A cela s’ajoutent les ruses habituelles des flics qui, lorsqu’ils ne peuvent pas s’inscrire dans ce cadre utilisent leurs pouvoirs de police routière pour demander aux gen-te-s d’ouvrir leur coffre pour vérifier la présence d’un triangle ou d’une roue de secours.

..........................

12h24 : toujours des contrôles aux Ardillières, il y a des informations contradictoires sur un dispositif vers le Tertre, soit 2, soit 20 fourgons (!), il s’agit d’un eventuel depart d’un habitant ?

- On a reçu cette info :

« Sur Twitter, un message a été émis par une certaine Berthé Ingrid à partir de l’adresse @IngridAlphacoms : »Allez on fait monter le compteur aussi pour l’aéroport ! en signant la pétition ici http://www.ouialaeroportdugrandouest.fr/ #NDDL #Téléthon "

Après le déni de démocratie, la calomnie, la brutalité, la violence, etc., etc., etc. : le cynisme ! Bravo ! Plus on les voit à l’oeuvre, plus les masques tombent, et ce n’est pas beau à voir. Sous l’apparence des beaux costumes, l’odeur est, elle, pestilentielle."

10h47 : comme prévu, les braves gens sont passé direction Nantes travailler, les fouilles commencent au moins vers les Ardillières. Fouilles, contrôles et verification des ID sur le titre d’un avis de requisition de Procureur de la Republique de St. Nazaire, Florence Lecoq au tribunal de grande instance.

10h39 : pas des nouvelles sur la zone, apparemment, il y a un fourgon entre Liminbout et le Rosier.

9h30 : il fait beau, aux Ardillières les flics, pas encore signalement de fouilles, ils sont aussi a l’Isolette sur la D81, mais le carrefour Fosses noires/chemin de suez reste libre.

Pour un gradé, la lutte va être difficile : « C’est impossible, la tâche est titanesque ; ici, on est dans la verte avec tous ces hectares de bocage, et ils sont déterminés, sitôt qu’on démonte, ils remontent. » - bah oui mec, c’est ce qu’on vous dit depuis 51 jours....

8h15 : ça circule encore normalement, pas d’autre signalement....si jamais tu part de chez toi et vois des barrages, contrôles, fouilles, préviens-nous stp :) ( zad at riseup.net).

7h25 : Il y a un fourgon de keufs en place, comme hier, ils laissent passer les gens qui vont au boulot. Les fouilles vont continuer, surement un peu plus tard dans le matinée, comme hier

7h24 : Bonjour :) ...et vous savez quoi ?.....

Jeudi 6 décembre

19h05 : Pas trop de nouvelles niveau barrages. A priori on compte que les fouilles continuent dès qu’il n’y a pas de signalisation qu’ils sont partis. QUI VEUT VENIR AVEC DE MATOS, ENVOYEZ NOUS UNE MAIL AVANT VENIR :)

Petit rappel concernant les controles sur les routes : il s agit bien d’une demande de réquisition du procureur jusqu’à samedi au moins, donc soyez tres attentifs, cela concerne le transport de matériaux inflammables, carburants et explosifs, ils ont des derogations pour faire des contrôles d’identité à l interieur des véhicules. Si vous souhaitez nous apporter ce genre de matériel (et celui-là uniquement), envoyez-nous un mail au prealable pour nous prevenir.

un nouvel article à consulter régulièrement : Les petits coups de mains des Camille.s extérieur.e.s ce sont les aides que vous pouvez nous apporter de chez vous, grace à vos compétences personnelles et nos demandes particulières.....

A écouter : émission Radio Canu Lyon : reportage sur la répression des no tav lors du rassemblement lundi à Lyon

14h19 : 7 fourgons seront partis de l’hotel ibis de Treilliers direction Paquelais. Apparament il y a des fouilles archeolgiques vers la Gare

13h58 : AUX ARDILLIERES ILS laissent pas passer des voitures avec des matos de construction sur le pretexte d’un arrêté préfectoral. Cet arrêté n’existe pas sur la site de la préfecture. APPEL a tout les conducteurs qui passent la bas : verifiez bien l’authenticité du document que les gendarmes vous montrent !

A la Paquelais les gendarmes sont partis !

PAR RAPPORT des arrêtés préfectorale : Si on va sur le site de la préfecture qu’on cherche dans les recueils des actes administratifs, on ne trouve que ces deux arretés. Recueil des actes administratifs - Préfecture Loire-Atlantique - Normal n°104 édité le 30/11/2012 RAA HEBDOMADAIRE N° 104 NOVEMBRE 2012 Arrêté n°2012335-0001 publié au Recueil Normal n°104 le 30/11/2012 Arrêté préfectoral du 30 novembre 2012 portant interdiction temporaire de transport de carburant Arrêté n°2012335-0002 publié au Recueil Normal n°104 le 30/11/2012 Arrêté préfectoral du 30 novembre 2012 portant interdiction temporaire de transport d’explosifs, produits inflammables, feux d’artifice

On ne trouve rien concernant le transport de matériaux....

..pas très transparente cette belle « democracie » ( ouch ) !! Il nous semble certaine que cette arrêté n’existe pas !

13h02 : qui est proche de la zad et veut bien donner un coup de main ? C’est possible a la vache rit où on essaye de nettoyer !

Bah oui, on dis ça dés que debut, ils vont pas reussir :D : Notre Dame des Landes : une opération policière coûteuse et intenable dans la durée

APPEL : On cherche savoir si il y a un arrêté préfectorale existante par rapport de transport de matos construction !! si quelqu’un-e puisse nous aider, ça sera chouette !!

[Reporterre : la réponse est ici : Faux arrêté, vrai barrage, Breizh Journal.]

Plein de Lecture : Bonne Dossier sur Notre Dame des Landes de Reporterre.

11h19 : aux Ardillières, fouilles des vehicules !! sinon, il fait beau et froid, partout des petite-s Camille qui bougent dans tous les sens, la zone a l’air d’une fourmillière :)

Résumé : Selon le site Reporterre, l’Etat aurait manipulé les chiffres pour démontrer que la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes était financièrement plus intéréssante que le maintien de celui de Nantes. La préfecture dément.

9h56 : Aux Ardillières les flics sont partis, a confirmer. Ils sont encore, comme depuis des journées aux Isolettes !

9h19 : le soleil se montre, c’est magnifique les champs gelés, le brouillard et le soleil du petit matin, ....il faut voir ça :) sinon, rien a signaler ! l’heure de déjeuner et se rechauffer autour d’un feu.

8h26 : encore calme, mine de rien, la zone pus de flics, il s’agit d’une occupation militaire vs occupation militante. salaires vs convictions. cons vs tritons.

7h37 : Bonjour ! Il fait froid, aussi pour les gendarmes aux Ardillières. 2 fourgons qui voient les voitures passer sans contrôler. Lache, trop froid le gars, hein... Pas de signalisations autre pour l’instant, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de contrôle au barrage, juste on est pas en courant..

Zone à défendre

Mercredi 5 décembre

19h00 : 10 camions de gardes mobiles stationnés dans le bourg de Vigneux (parking du Miron).

15h56 : contrôle de police sur la D81 entre Vigneux et les Ardillieres au niveau du croisement du chemin de St-Yves pour les vehicules qui entrent sur la zone.

13h51 : plus de flics a la Pacquelais mais aux Ardillieres direction la Pacquelais et bloquent les voitures à l aide de chicanes.

13h : côté flics, tout est calme pour l’instant, il semblerait que les rumeurs d’intervention pour aujourd’hui ne se vérifient pas.

12h40 : un manitou et un camion benne ont été vus dans le bourg de Vigneux sans escorte policière en direction de la Paquelais. On ne sait pas si c’est lié au projet d’aéroport.

10h05 : au barrage des Ardillères les flics fouillent des véhicules qui rentrent sur la ZAD.

9h50 : on nous signale que des flics bloquent la D281 des Ardillères direction la Paquelais et contrôlent les gens qui viennent de la Paquelais par cette route (à confirmer).

On nous transmet un article du Télégramme comme quoi « gendarmes et policiers nous affirment que c’est quasiment... impossible » de « venir à bout des squatteurs de Notre-Dame- des-Landes ».

8h30 En terme de bleu(s) pour le moment c’est juste le ciel (et un camion stationné sans contrôle sur la petite route de la Saulce). On attend le soleil qui devrait pas tarder. Donc tout est calme et c’est tant mieux parce que comme d’habitude on a toujours plein de choses à faire.

6h30 Bonjour à tou-te-s. Pas e nouvelles pour le moment.

Zone à défendre

Mardi 4 décembre

Démolition de cabanes à Notre-Dame-des-Landes : décision le 11 décembre

Aucune construction ne devrait être détruite d’ici mardi prochain au lieu-dit La Chataigneraie, sur la commune de Notre-Dame-des-Landes. Le tribunal de Saint-Nazaire a étudié ce mardi matin un référé déposé par le préfet contre les deux anciens propriétaires d’une parcelle sur laquelle se sont installés des opposants au projet d’aéroport le 17 novembre et ordonnant la destruction. Il a mis sa décision en délibéré. Conséquence immédiate, les forces de l’ordre ne pourront pas intervenir d’ici pardi prochain.

A l’extérieur du palais de justice une centaine de personnes ont attendu toute la matinée. Ils ont accueilli cette décision comme une victoire.

Presse Océan

Mardi 4 décembre

14h12 : il fait beau et le chantier hors contrôle manque encore des bras....

INFO - CHAT TEIGNE : le rendu de tribunal sera le 11 décembre !!!!!

APPEL : tout la journée chantièr au campement « Hors contrôle » pour aménager, déménager et mettre tout en place pour accueillir du monde, n’est pas :)

- 12h21 : St. Nazaire - ca se passe pas avant 12h30....il y a du monde la-bas !!

11h34 : LYON - Les amiEs en GAV sont finalement sortis, sauf 2 qui passent en comparution immédiate au moment même. ERRATUM : Selon des informations, il y aurait encore 5 personnes en GAV.

- 11h11 : La foule grossit devant le tribunal de Saint-Nazaire

ST NAZAIRE : selon presse 50 personnes devant le tribunal

10h29 : il y des flics vers le lac et la bossière pour accompagner les collabos BIOTOPE.

10h01 : les flics au retour a la carrefour fosses noires/chemin de suez. L’Héli fait son tour de repérage (..pour demain ? ) Tiens, ils sont deux. Par contre, il fait beau !!!!

- 9h45 : ca circule sur la zone, des flics sont carrefour D81 Fosses noires chemin de suez. Encore stationés aux Arillières.

MAINTENANT : RASSAMBLEMENT ST NAZAIRE POUR LE PROCES DE LA CHAT TEIGNE

- 7h23 : Aux Ardillières 1 fourgon de bleus avec deux bonhommes pommés exterieure leur vehicule qui montent présence mais pas ( encore )contrôle.

- 6h15 : Bonjour ! tout est calme...

Zone à défendre

Lundi 3 décembre

01h09 :ce qui s’est passé a Lyon aujourd’hui. Voila : Les militants de la manif no tav à Lyon sont détenus à ciel ouvert devant la Gare des Bottreaux.Les CRS ont construits des murs en plexi tout autour de la place. Il y a environ 40 cars de CRS. Ils sont encerclés et ne peuvent sortir... ils sont enfermés sur une place publique...Un hélicoptère tourne en permanence au dessus de la place. 20h10 : Les derniers opposants sont laissés libres après avoir donné leur identité aux forces de l’ordre. Fin officielle d’un sommet et contre-sommet mouvementés. 20h05 : en tout, 54 personnes ont été interpellées lundi. 20h : les cars d’Italiens sont repartis. Désormais, une trentaine d’opposants restent encerclés par des CRS place Jules Ferry.

BON COURAGE AUX CAMARADES ENCORE EN GAV A LYON !

20h38 reçu par mail : J’ai écouté l’émission sur France Inter. C’était à vomir. Voici le message que j’ai mis après l’émission sur le site web. Il résume ma pensée : « Bonjour, Je tenais à vous féliciter pour cette promotion faite pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : pratiquement tous les messages des auditeurs sélectionnés étaient pour, aucun invité de l’ACIPA, le représentant pro-aéroport a quasiment monopolisé la parole avec un incompétent en face. Encore une fois, BRAVO, ça c’est du bon boulot. Bien sûr on ne peut pas satisfaire tout le monde, mais une telle iniquité, il fallait le faire. Après une telle mise en condition, une intervention massive de la police à Notre-Dame-des-Landes serait en préparation que ça n’aurait rien de surprenant »

Il paraitrait qu’ils vont parler de NDDL sur France Inter, à partir de 19 heures 20, dans l’émission « Le Téléphone sonne : NDDL nécessité économique ou désastre écologique ? » Très facile comme question puisque c’est justement les nécessité économiques de quelques uns qui conduisent au désastre écologique pour tout le monde non ? On peut les appeler au 01 45 24 70 00.

16h30 : Plus de barrage aux Ardillères.

16h00 : Les flics entourent la ferme de Bellevue ainsi que tous les accès aux Rosiers et le chemin de Saint-Yves. Ils contrôlent les véhicules. Il y a des fouilles des véhicules au croirsement du Moulin de Rohanne (Fosses Noires - chemin de Suez/D81).

15h25 : Des flics qui protègent des camions de transport de gravats on été aperçus à Bellevue (près du Liminbout)

- Le SNUITAM FSU (min. de l’agri) du Finistère a publié un communiqué de soutien de la lutte

15h15 : Contrôle avec fouille des véhicules aux Ardillères. On peut supposer qu’il y en a à d’autres points comme le Bois Rignoux - à confirmer.

- 15h00 : Contrôle de flics au carrefour du Moulin de Rohanne (Fosses Noires - Chemin de Suez/D81 Vigneux - Fay)

14h10 : Lyon : 20 de nos camaradees sont en GAV Comi 3 rue Esperance à Lyon et 7 Rue St. Jaques et 9 rue Villeurbann !!!

13h30 point à la mi-journée : peu de flics sur la zone, on est au courant de 2 fourgons stationnés au Chêne des Perrières (pas de contrôle), et probablement ailleurs autour de la zone, mais pas de contrôle.

9h28 : tout est calme sur la zone, pas des informations sur les bleus. Ils sont tous parti a Lyon ?

8h20 : le jour se lève, il fait plus très froid dehors depuis hier, mais ca flotte, paye ta zone humide !!

7h00 : Bonjour ! tout est calme...

Zone à défendre

Lundi 3 décembre

Le pouvoir va tenter de vider Notre-Dame des Landes cette semaine

Le 30 novembre, Patrick Lapouze, directeur de cabinet de la Préfecture de Loire-Atlantique, a signé deux arrêtés jumeaux. L’un interdit le transport de « tout carburant", dans quelque récipient que ce soit, sur les communes de Notre-Dame des Landes et Vigneux du 3 au 10 décembre. L’autre prohibe sur le même territoire et la même période le transport de « tout explosif, produit inflammable, feu d’artifice" .

Jointe par BreizhJournal, la préfecture assure que la motivation de ces arrêtés est de « prévenir les troubles à l’ordre public » sur la ZAD et de « rétablir la légalité". De source policière, ces arrêtés sont motivés par « l’organisation d’une opération de grande ampleur pour vider Notre-Dame des Landes des opposants ". Le pouvoir de Jean-Marc Ayrault, qui dévisse dans les sondages, est conscient du caractère illusoire du dialogue et n’a plus grand chose à perdre, ne veut pas se couvrir de ridicule en les laissant passer l’hiver sur zone. L’organisation d’une opération très prochaine nous est confirmée par des gendarmes de Loire-Atlantique « pour le milieu de la semaine ".

Un jugement en référé est attendu le 4 décembre pour décider si les cabanes construites depuis le 17 novembre à la Châtaigneraie (la Chat Teigne), à l’ouest du bois de Rohanne, sont légales ou non par rapport au code de l’Urbanisme (Vinci-AGO a déposé plainte pour construction illégale) et si la force de l’ordre peut procéder à leur démolition. L’opération commencerait le 5 décembre au petit matin et s’étalerait sur deux ou trois jours. Elle pourrait reprendre le lundi 10 décembre en cas de résistance inattendue sur zone.

Breizh Journal

Dimanche 2 décembre

1h18 : on s’arrete ici pour ce soir. Bon courage en direction Lyon pour demain ! De notre coté on se prépare du coup pour la semaine qui arrive ! MEME PAS PEUR, Khyste my ass VINCI ! :D

Un autre Appel : "chères ZADISTES dehors et amis du contre ayrautporc nous avons besoin sur les sites de construction de la ZAD de matériaux parfois lourds ou encombrants. l’arrivée sur sites de ceux ci sont de plus en plus compliqués entres les barrages de nos imposés et imposants "con pagnons" et les barricades de nos camarades l’affaire se termine a dos d’homme. Pour pallier à cela, une solution serait d’avoir sur la ZAD des chevaux. Dans ce but j’aimerais acheminer ma jument jusqu’à la ZAD, seulement elle se trouve dans les Vosges j’en appelle a votre solidarité pour soit m’offrir un transport les Vosges la ZAD soit pour m’offrir le gite au fur et a mesure de ma route a pied... vous pouvez me joindre par mon adresse mail : zad@riseup.net par avance merci a tous et a très bientôt j’espère."

APPEL des Chat Teignière-es pour matos précis :

Tuyeaux Robinets tôles transparents chargers universelles lampes 12V en général tout qui se branche sur allume cigare trasnfo 12V -> 220V.

APPEL aussi pour :

peinture, cire, ballons à gonfler, papièr journal, bandes de platre, cintres

20h41 : l’heure de répas, la vie collectif sur la zad prends forme, les campement avancent dans une vitesse impressionante ! Il y a du monde qui peut arriver :)

19h24 : apparament, les flics bloquent aux Ardillières avec une fourgon carrement a travers, a confirmer

Plusieurs messages dans cette sense la arrivé vers chez nous, donc on transmets : « ...Possible action le 5/XII...si Résistance...PLUS GROSSE ACTION avec renforts supplémentaires prévu le 10/XII ...Cela va parfaitement avec l’interdiction de transport des carburants dans votre secteur... »

18h30 : la nuit tombe, c’empêche pas les gens de travailler a droit et a gauche, à 19 h chorale et chant a la Chat Teigne.

16h37 : les flics au rétour au carrefour fosses noires/chemin de suez sur la D81, également vers le Rosièr. L’arrêt par rapport de carburant est a partir de demain, aujourd’hui ca d"vrais encore passer...

MERCI au collectifs d’habitants de quartièr sévrés sud de Nantes !! LES GATEAUX SONT TROOOOOOOP BONNES !!!!!!!!!! :) comme ca on tiens pour toujours....

14h56 : 7 fourgons spotté à Vigneux de Bretagne en sortent de la 4 voie, soit ils viendrent, soit ils se plantent au Palazzio

14h45 : INFO, on apprend que la Préfecture, jamais en mal d’innovations, a pondu un arrêté interdisant le transport d’essence sur les communes de Notre Dame des Landes et Vigneux du 03 au 10 décembre. Parait que ca pourrait servir à incendier véhicules et batiments. Apparamment les poulets n’aiment pas les coqs-tails.

14h32 : tout est calme, il faut encore des palettes et à 17h chorale et chant à la Chat Teigne !!

APPEL : Mardi 4 décembre à 10 h, Rassemblement à St. Nazaire au Tribunal pour la procédure des constructions sur la Chat Teigne

12h20 : rien à signaler, pas des infos par rapport de barrages à part cela vers le bois rignoux

APPEL aux palettes, et des palettes, et puis, des palettes ! Aussi tables ou alternativement planches pour nous en construire les dernières....Merci !! Et encore, des recharges masques à gaz !

10h37 : les keufs sont sur la D281 vers le Bois Rignoux, contrôles probables, mais on peut passer quand même

10h26 : les detonations laissent l’impression qu’il y a des heurts encore quelque part proche, mais en fait, ne flippez pas, les camarades sur la zone, c’est dimanche : la vie continue et pour certains c’est parfaitement « normal » : il y a des chasseurs qui s’amusent. Courez vite les amis lapins et sangliers !!!

9h51 : on dirait que l’annonce sur le bon coin a marché, pas de flics en vue ! Ca fait du bien quand même après une occupation militaire bien provocatrice pendant une semaine et ce 24h sur 24/

9h14 : Bonjour ! Pas de flicaille sur la Zad, au moins pas en uniforme. Par contre plein d’activités partout.

Zone à défendre

Samedi 1 décembre

17h10 : apparemment, une personne arretée a la barricade est de la Chat Teigne et une deuxieme personne pendant une contrôle de voiture sur le chemin de suez.

16h42 : Le week-end s’annonce calme, mais les troupes d’occupation militaire sont encore là.

15h04 : Vers le Phare Ouest, il y a des flics qui bloquent des voitures vers là bas.

14h06 : Il ya du monde qui arrive sur la zone pour les multiples chantiers qu’il y a un peu partout sur la zad aujourd’hui, il fait beau et on est parti pour un weekend avec plein des gens differents qui échangent leurs outils de travail, soit des marteaux sur les chantiers, soit les couteaux pour couper des légumes. Les flics sont là, mais on les ignore, ils ne sont pas plus qu’une déco sans goût.

12h12 : En plus des 3 fourgons qui sont à la Saulce, on nous signale 3 autres au carrefour des ardillères.

11h31 : La météo annonce un peu plus de bleu autour du croisement fosses-noires/sabot : 3 fourgons se sont arrêtés ici puis sont repartis en direction de la Saulce. Y’en a un qui ressemble bien à un camion de communication (son antenne le trahit).

9h15 : Les constructions reprennent leur cours. Pas trop d’agitation encore alors on en profite pour vous transmettre l’invitation de La Gare (zone Est de la ZAD) à une initiation à la grimpe dans les arbres et à un petit spectacle à 13h dans un bout de bois magnifique (prévoyez les bottes !). Sinon y’a toujours plein de chantiers d’installation où il y a besoin de monde. Si vous avez envie de donner la main ce week-end vous pouvez passez à l’accueil sur la D81 pour avoir des infos.

7h51 : Pour le moment tout semble calme alors on continue de lire tout ce que vous nous envoyez. Ici ; une lettre du ministère de l’intérieur sur l’utilisation des grenades assourdissantes qui explique que leur emploi est "exeptionnel"...

7h00 : 3 fourgons sont placés au carrefour Saulce/Fosses Noires et des copains-copines dansent devant eux.

6h35 : Bonjour à tous. Hier soir (cette nuit), on a fini sur ça - 02h47 : citation pluôt contextuelle : « On ne vit pas en Tchétchénie : quelle que soit la cause défendue,bloquer une route départementale n’est pas acceptable », rappelle un conseiller de Ayrault. Alors Ayrault, aujourd’hui tu continues d’imposer l’"innaceptable" avec tes hommes en bleu ou tu nous laisses tranquillement continuer à construire pour protéger le bocage ?

Zone à défendre

Vendredi 30 novembre

12h50 : au croisement Moulin de Rohanne (entre la route des Fosses Noires/chemin de Suez et la D81), les flics ont arrêté un véhicule transportant du matériel. Il a maintenant pu repartir, mais faut savoir qu’il semble que les flics bloquent les arrivée de matos vers la Chataigne.

12h10 : on nous informe de la présence d’un camion de flics au croisement de la route du Liminbout avec celle du Chêne des Perrières à Vigneux - comme d’habitude quoi...

11h30 : le soleil brille et fait doucement fondre la gelée blanche, la journée semble tranquille, les chantiers, l’aménagement des campements, etc. continuent.

A ceux qui viennent sur place : merci de vous garer tous du même côté de la D81 (Ardillères - Vache-Rit - Rolandière - Moulin de Rohanna), sinon c’est le bordel et on peut plus passer !

9h : A part les contrôles évoqués précédemment, pas de nouvelles...

7h : Y’a aussi les flics au carrefour au bout du chemin de Suez (comme d’habitude quoi). Ils laissent passer les gens à pied.

6h30 : Il y a un barrage filtrant aux Ardillères sur la D81 pour les véhicules qui rentrent sur la ZAD. C’est probablemet le cas sur d’autres accès à la ZAD.

Zone à défendre

Jeudi 29 novembre

15h14 : 8 fourgons de GM sont garés entre la Gree et la chêvrerie, ils sont sortis des vehicules.

14H37 : 7 fourgons qui sont passé àla Paquelais et vont en direction de Vigneux.

Reçu : Il veulent des lois et bien voilà un article de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 (le XXXV) « QUAND LE GOUVERNEMENT VIOLE LES DROITS DES PEUPLES, L’INSURRECTION EST POUR LE PEUPLE ET POUR CHAQUE PORTION DU PEUPLE LE PLUS SACRE DES DROITS ET LE PLUS INDISPENSABLE DES DEVOIRS »

14h13 : 6 fourgons de la Gare sont repartis.

Reçu : "Voilà quelques jours maintenant que je harcèle la boîte alsetex qui fabrique les munitions que vous prenez sur la gueule : http://www.alsetex.fr/ Tel : 02 43 92 81 00 Courage et rage à vous tous-tes."

14h01 : Fort mouvement des flics vers La Gare

13H47 : ATTENTION ! un type en voiture prend des photos des gens aux Ardillières.

13h33 : reçu : "Plus de 10 camions de CRS vus sur la route rennes-nantes direction nantes après guichen à 13h30. Sinon tout les autres 25, 20 qui ont été signalé sont probabalement perdu dans les bocages.

12h45 : IL FAIT BEAU !!!!!!! :)

12H08 : plus de presence policière au niveau des Noues Pourries

11h56 : on nous signale 25 camions de CRS sur le periph en direction de Nantes, qui accompagnent 2 pelleteuses. on ne sait pas si les 15 GMs sur la route des Noues Pourries, accompagnant un huisier ou Biotope. les 20 camions de GMs de la Paquelais ont disparu...

11h28 : un Huissier accompagné de 15 GMs sont vers le chêmin de « nouis pourris » ( vers le lac et sherwood )

11h25 : ERRATUM - les 25 fourgons de CRS ne sont pas allés a l’hôtel, en vrai ils sont même pas encore arrivés vers chez nous mais encore sur la RN Rennes direction Nantes.

11h21 : 20 GM et 2 cars vu vers la Paquelais sur la D42 ( si ca sont les mêmes ou 20 en plus, on sait pas).

11h17 : 25 fourgons viennent de la 4/4 de Rennes sont arrivés a l’hôtel Ibis a Treilliers.

10h17 : 7 fourgons avec deux pelleteuses arrivent vers la Curette sur la zone.

10h13 : circulation - pas mal présent au carrefours, mais ca circule bien sans forcement des contrôls, mais rien est très sur.

9h46 : Infos de la nuit passée - les flics qui ont ennuyé la barricade vers le Rosièr ont été repoussés et dégagés par des amiEs barricadeurs-euses ! ( Bon boulot )

9h06 : pas des nouvelles, bonnes nouvelles :) plein des autres choses a faire sur la Zone

7h56 : circulation sur la D81 passe, après la nuit sous la pleine lune, il commence a faire jour, encore un jour ou nos trajets passent à travers champs, on connais quasi chaque vache par son prenom...

7h26 : Bonjour sur la zone militarisée - 3 fourgons ont gardé le carrefour sur la D81/Fosses noires a la Saulce et ils sont toujours la. 4 fourgons sont depuis une heure vers la barricade ouest de la Chat Teigne, ca bouge un peu. Sinon ils sont aussi au Carrefour Ardillières !

Zone à défendre

Mercredi 28 novembre

20H30 : Encore un fourgon sur le carrefour de la Saulce, mais ça passe.

19H20 : Encore deux fourgons sur le carrefour de la Saulce (D81 / Fosses Noires / Chemin de Suez).

18H17 : La pelleteuse et toute sa clique est partie en direction de Vigneux. Bon débarras.

18h04 : Une pelleteuse et deux camions bennes sont au carrefour de la Saulce avec une escorte nombreuse... c’est pour le chemin de suez ?

17h18 : Ca à l’air calme du côté des flics, on en profite pour organiser les campements. Le point d’accueil se développe, une liste de petit chantier est affichée pour ceux qui veulent venir donner un coup de main.

16h32 : Les tracteurs qui sont en soutien à la Chat Teigne viennent de nous informer qu’ils restaient là-bas sans date limite ! Merci les copains, c’est beau à voir cette ronde autour des cabanes !

15h18 : sur la route Paquelais/Ardillières, les flics enlèvent les chicanes, les amiEs demandent renforts sans stresser, c’est pas la guerre.

Lecture : Nicolas Hulot : « Notre-Dame-des-Landes est un investissement archaïque »

14h36 : Pour les personnes qui sont à Nantes, des personnes passent au tribunal en comparution immédiate cette aprém, si vous allez le temps allez les soutenir.

- 14h30 : On nous apprend que des personnes habillées en « mode Zadist » (Ayoye ! je crois que d’ici on n’a pas conscience d’être aussi reconnaissable que ça...), ont été contrôlé à Nantes hier et ont passé 6 heures en garde à vue sous faux-prétexte de vol d’un téléphone portable... Ils ont été relachés sans poursuite... On pourrait lancer un nouveau style en ville pour soutenir la ZAD : Chaussez vos bottes et sautez dans la boue !!!

13h44 : Les fourgons aux Ardillières ont avancé vers le Vache rit, ou il se sont stationnés. Peut-être ils veulent gouter la bonne cantine a la Vache rit, vu qu’ils sont « très fatigués » et pas bien fourni avec la bouffe de leur coté ?

13h11 : Circulation - entre Ardillières et Temple, chaque carrefour subit la présence de deux fourgons de gendarmes, qui sont dans les forgons, pas de contrôles pour l’instant. Chemin de suez, tout va bien, pareille pour Phar Ouest.

12h57 : Le tracteur est liberé, en train d’aller à la Chat Teigne ! La-bâs ca construit, il y a du monde, il fait beau en plus :)

12h53 : pas des nouvelles de tracteur, mais on a reçu ca : 2 copains on vu environ 25 camions de gendarmes mobiles passer sur la A85 à hauteur d’Anger et se dirigeant vers l’est.

12h20 : les flics bloquent un tracteur de matériel de construction au carrefour du Moulin de Rohanne (D81/Fosses Noires).

12h05 : selon maville.com, trois personnes passeraient en comparution immédiate, accusés d’« attroupement, violence sur personnes dépositaires de l’autorité publique et port d’armes (frondes, lance-pierres) et rébellion ». C’est chouette si des gens vont au tribunal les soutenir !

12h : pas de nouvelles infos, c’est plutôt tranquille.

9h40 : il y a aussi des contrôle routiers aux Ardillères et au Liminbout (2 camions à chaque point de contrôle)

9h30 : on nous signale des contrôles routiers à la sortie de Vigneux sur la D81

9h00 : les flics sont à la barricade nord-ouest de la Châteigne et ont dégagé une barricade nouvellement construite. Ils sont maintenant face aux camarades qui sont là. C’est calme pour l’instant. Il y aurait d’autres flics qui arrivent au carrefour du Moulin de Rohanne (Fosses Noires/D81).

A la Châteigne, les camarades sont toujours présents pour reconstruire et les cabanes sont toujours entourées par les tracteurs enchaînés. C’est toujours bienvenu de passer là bas.

8h51 : voilà, les flics sont là, au moins dans le carrefour Fossses Noires/D81.

8h11 : à 7h40 vu 10 fourgons bleus sur le periph nantais en direction de NDDL.

7h53 : pas des informations de barrages ni autres choses.

Zone à défendre

Mardi 27 novembre

- 19h40 : plein de flics sur la zone, mais çà reste calme. Mal accueil des journalistes à la Chat Teigne, on se demande pourquoi personne sur la zad n’est au courant des decisions "collectifs" fait sur place. Entre temps on s’amuse à lire des centaines de mails, on essaye de répondre plus vite, mais on a des limites, patience svp :)

19h11 : Réunion Nantes B17 après Manif

18h20 : les barricades nord vers le Rosier a été enlevée "en douceur". On joue le jeu, n’est pas....

17h : les barricades à proximité de (feu le) Rosier sont attaquées. On n’a pas beaucoup d’infos mais y’a des gens là-bas.

16h25 : 8 fourgons de GM arrivent au Limimbout depuis l’ouest.

16h : flics au niveau de la barricade est sur le chemin de Suez, apparemment offensifs.

15h45 : 9 fourgons de GM depuis le Temple en direction chêne des Perrières.

15h30 : la barricade ouest du chemin de Suez est attaquée.

15h20 : au sujet des 4 personnes arrêtées hier, elles sont a priori toujours en garde à vue et on n’a des nouvelles que de l’une d’entre elles

IDEE SOUMISE (on rigole bien, vous êtes tou-te-s aussi dingues que nous !) : Dans le Finistère près de Morlaix, à Plougasnou Le Diben où la communauté de communes envisage de faire une marina à 30 millions d’euros, notre groupe « Les Irréductibles de Morlaix » est solidaire des résistants de la ZAD. Certains sont sur place. En soutien, nous avons lancé à travers les réseaux sociaux l’opération "On s’appelle tous Camille". L’opération consiste à ajouter le mot Camille à son prénom en solidarité avec les Zadistes qui ont pris le prénom Camille pour faire obstruction aux contrôles d’identité des "bleus" https://www.facebook.com/groups/168998326576640/

15h : ce sont maintenant plutôt 70 flics qui sont dans la forêt

14h45 : une cinquantaine de gendarmes entrent à pied dans la forêt de Rohanne. On nous prétend qu’ils ne sont ici que pour détruire des barricades au Rosier puis partir, mais en fait on a bien l’impression qu’ils cherchent à savoir si ça reconstruit dans la forêt ...

14h19 : la préfecture a appelé des amiEs de la coordination pour prevenir qu’ils sont en train de venir enlever des barricades autour de Rosier et non pas pour attaquer aux cabanes de « Chat Teigne » !! Ca nous fait un peu rire qu’ils préviennent maintenant avant venir. Par contre, on se demande pourquoi ils appellent pas des occupantes, par exemple sur le telephone de presse ? LEs essais de semer la division comme ça sont plutôt ridicules....

13h59 : deux binomes de flics se baladent sur la route de Fosses noires, decomplexées. Signalisation de plusieurs fourgons vers la 4/4 à Vigneux de Bretagne

13h40 : la pelleteuse part du Rosier, escortée par un fourgon

12h34 : Plus de flics au carrefour du Moulin de Rohanne...

11h14 : 2 camions de Gendarmes mobiles arrivent aux barricades au nord du Farouezt (entrée du chemin de Pimky)... Un petit point plus large sur les positions des flics pour les gens interessés : 1 camion au carrefour Fosses Noires/Route de Fay, un autre sur les Fosses Noires au niveau de la Sècherie. À l’ouest, des GM sur la route du Rosier à la hauteur de l’entrée du Rosier (paix à ses pierres) ; des mobiles aussi sur la moitié est du chemin de Suez et au carrefour du moulin de Rohanne ; d’autres déployés à pied dans la pertie sud-est de la Lande de Rohanne et enfin un hélico pour couvrir le tout.

10h10 : l’hélico tourne

8h13 : Des infos légales sur les consructions qui ont été faites suite à la manif de réoccupation dans la chataîgneraie : AGO a déposé planite pour construction illégale selon le code de l’urbanisme. La convocation pour le jugement aura lieu le 4 décembre, ils ne devraient donc pas pouvoir détruire ces cabanes au moins jusqu’à cette date...

07h15 : La barricade à l’est de la Châtaigneraie (au niveau de St Antoine) est enflammée avec des flics stationnaires à 100m en face. Les bleus se mettent en place sur la route des fosses Noires, le Carrefour du Moulin de Rohanne et le chemin de Suez (une douzaine de camoins).

07h48 : Tout semble calme sur la zone, si ce n’est la présence d’au moins 2 camions de flics au carrefour du Moulin de Rohanne... c’est triste à dire mais ça devient la norme dans le coin.

01h25 : Aux dernières nouvelles, plus de flics sur le chemin de suez, mais ils sont toujours postés au carrefour du moulin de Rohanne avec 3 projecteurs

01h : Il y a une bonne demi-heure, une douzaine de camions de flics, une machine et un groupe de GM à pied ont été vus sur le chemin de Suez se dirigeant vers la Châtaigneraie.

Zone à défendre

Lundi 26 novembre

19h45 : il n’y a plus de mobiles au Far ni au carrefour des Fosses noires. Bon débarras !

19h10 : 10 fourgons de GM, une pelleteuse et un camion évacuent les restes des barricades

Pour se remonter le moral on remercie les copains de l aveyron qui nous proposent leur mairie comme residence secondaire : Ils et Elles sont des centaines a occupe la mairie de Rodez

Et merde ! on vient d apprendre que les 3 personnes embarquées aux barricades du Far ont été arrêtés par des flics déguisés en black bock cailloux à la main... Ils étaient une dizaine et sont restés pendant une heure derriere nos barricades avant de rebasculer du sale coté des puissants oppresseurs au moment de la charge de leurs collègues, pourris jusqu a l os !!!

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Les gendarmes se déguisent en opposants (Ouest-France).

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L entreprise CLENET MANUTENTION dont le nom etait marqué sur le grand manitou qui a sacagé la foret, nous remercie d avoir vite reagi plus bas sur le fil d info, nous signale qu ils ont recu des dizaines de mails d insultes et de menace et nous demande de faire apparaitre plus clairement que cet engin n’est plus a eux et qu’ils n’en sont pas responsables.

17h50 : 5 fourgons de GM de Vigneux vers Notre Dame

17h40 : Aux Ardillères, il y a un barrage filtrant, mais ils ne contrôlent pas tout le monde, ça passe assez bien.

17h15 : Des infos de la personne qui était en comparution immédiate à St-Nazaire : Ce paysan a pris 1 mois de prison avec sursis, plus sûrement la peine la plus farfelue qu’on ait entendue ici : Interdiction de séjour sur les 4 communes concernées pas le projet d’aéroport pendant 2 ans. Sisi, vous avez bien lu.

Un porte parole du préfet disait tout à l’heure que s’ils avaient fait venir tous ces flics vers le Farouezt de toute façon c’était juste pour protéger le démontage des barricades, et que si on était gentils et mignons ils partiraient et il n’y aurait plus de flics sur la zone ce soir. Evidement, on les croit ou pas (plutôt pas avant d’avoir constaté quoi que ce soit) !

Zone à défendre

Lundi 26 novembre

17 h 21 : L’État est prêt à stopper les opérations de gendarmerie sur le site du futur aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes en échange d’un gel de toutes les nouvelles constructions illégales, a-t-on appris lundi auprès de la préfecture.

L’État propose « d’engager une discussion sur les bases suivantes », a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué : en échange du « gel de toutes les nouvelles constructions illégales sur la ZAD » (zone d’aménagement différée réservée à l’aéroport), « la contrepartie serait de stopper les interventions de la gendarmerie sur site ».

Europe 1

Lundi 26 novembre

Il y aurait tellement de choses à raconter, ne serait-ce lorsque tu te poses à La Vache Rit pour observer son fonctionnement !

Une cuisine incroyablement bien tenue malgré des conditions pour le moins rustiques, une alimentation saine et équilibrée à faire pâlir toutes les campagnes de com’ de l’Etat sur la nécessité de bien manger, une infirmerie d’urgence du tonnerre, des petites équipes se déplaçant face aux gardes mobiles équipées de tout le nécessaire pour se remettre des tirs lacrymos, des agriculteurs ultra déterminés (tu en connais beaucoup d’ailleurs prêts à laisser leurs matériels rouiller tout l’hiver dans la boue quand on connaît le prix de ces mécaniques ?), la bonne humeur, en fait, lorsque tu t’enfonces dans la nuit et la boue vers la Châtaigneraie équipé de ta seule frontale. Le seul moment où tu ressens de la peur est lorsque tu te rapproches des garde-mobiles : quand tu les as vus à l’œuvre face aux manifestants de tous âges, oui vraiment tu peux avoir peur.

Jacques Le Brigand, courriel à Reporterre.

Lundi 26 novembre

16h40 une dizaine de gardes mobiles se baladent dans la foret.

16h35 les flics ont pris en etau les barricades nord et sud devant le farouezt et lancent des lacrymos. 10 camions à la barricades nord, juste 2 van au sud.

point info sur le chantier de fouille en cours à l’est de la ZAD : 5 fourgons de GM escortent 2 pelleteusee en plein travail mais on nous signale qu il n y a pas tant de gendarmes dans les champs.

16h14 : Les flics démontent les barricades sur la route devant de Farouezt. Des camarades y sont, même s’ils aimeraient être plus nombreux.

16h10 : Une personne passe en ce moment même en comparution immédiate au tribunal de St-Nazaire pour violence sur agent.

15h51 : Les flics qui étaient en place à la barricade sud du Farouezt sont toujours en place, ceux qui étaient à la barricades sont presque tous partis en direction du Moulin de Rohanne.

15h45 : une dizaine de fourgons de keufs viennent des Ardcillères et se dirigent vers le Farouezt.

15h05 : 3 fourgons de GM et 1 véhicule de communication au niveau des Fosses noires.

14h55 : les flics prennent place au niveau des barricade du Far. Ils essayent aussi d’empêcher les gens venant des Fosses noires d’atteindre les barricades du Far.

- 14h50 : on nous indique que, en plus d’évacuer les restes de la belle maison du Rosier, les flics sont venus aujourd’hui pour reprendre la D42 tenue par les barricades du FarWest depuis bien deux semaines. 20 fourgons de GM et une énorme pelleteuse sont sur place.

- 14:45 ALERTE : les barricades du Far West sont attaquées par les forces du désordre, appel a renfort.

INFO qu’on nous envoie : Le grand manitou rouge (vu dans la forêt vendredi) appartient a la boite CLENET MANUTENTION - cholet 0241586590 et proche angers 3 rue Gustave Eiffel 49070 ST JEAN DE LINIERES Tél : 02 41 43 46 60 / Fax : 02 41 34 26 28 http://www.clenet-manutention.com/

- Ce matin il y a eu une conférence de presse qui a rappelle que nous vivons ici et qu on y reste ! Et entre autre que : ce nouveau lieu collectif de la chataigneraie a bien pour vocation d être un lieu collectif d organisation de la lutte pour tout-es les opposant-es, on continue a le construire et à defendre tous les lieux de vie de la zad. VINCI DEGAGE, RESISTANCE ET SABOTAGE

- 13h : la route devant le Far West est en train de se réouvrir, pour y faire une fête jusqu’à jamais !

- 12h20 : barrage de flics aux Ardillières (une voiture et un fourgon), ils contrôlent les véhicules on attend les precisions pour savoir si c est dans les 2 sens ou pas.

- 10h26 : des gendarmes un peu partout, sans savoir ce qu’ils sont en train de faire à par ramasser le reste de notre joli Rosièr. Il y a un énorme dispositif vers la-bâs, il y a une groupe qui est parti voir. Et l’Héli vient d’arriver.

- 9h50 : plusieurs dizaines de fourgons de GM viennent de passer à Curette en direction de La Paquelais (de Grand-Champs).

- 9h40 : 1 tracto aux Rosiers. Possiblement un autre en route.

- 9h10 : confirmation par l’AFP que ce matin les GM s’occupent des gravats.

- 9h00 : Point sur les GM : 7 camions sur l’Ouest. 4 camions sur l’Est. 1 camion sur le champ au Nord. 2 groupes au Rosiers. 1 groupe entre les Rosiers et les Chats Teignes.

- 8h52 : Ils se mettent en ligne barricade Est.

- 8h50 : 10 camions à Vigneux. A prioiri, à prendre avec des pincettes, mais ils n’attaqueraient pas les Chats Teignes aujourd’hui, mais vireraient les gravats des Rosiers. Confirmé par le fait que 50 GM s’y positionnent en 3 groupes.

- 8h05 : Déplacements suspects vers le Sud. 3 camions de flics sont partis de l’Est.

- 7h36 : les flics avancent doucement vers la barricade St.Antoine

- 7h19 : pas des nouvelles des barricades, la situation reste stable vers les chataignières, sinon, pas des mouvements. Les GMs laisse passer les gens sur la D81 en voiture pour aller travailler.

- 6h10 : 20 flics avancent vers la barricade Est Saint Antoine.

- 5h40 : Le fil d’info commence. 9 fourgons au chemin de Suez/St Antoine.

Zone à défendre

Lundi 26 novembre

Les tracteurs sont arrivés en renfort

Dès 5h30 ce lundi matin, des opposants au projet du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont rassemblés pour poursuivre le mouvement.

Les premières personnes répondant à un appel de l’Acipa - la principale association d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes - à venir « dès 5H00 du matin » sur place ont commencé à arriver lundi vers 5 h30, a-t-on appris de sources concordantes.

Quarante-cinq tracteurs étaient d’ores et déjà positionnés et enchaînés depuis dimanche soir autour des nouvelles cabanes construites par les opposants au projet soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, au quatrième jour de très vives tensions sur ce terrain.

Ces « nouvelles cabanes » de la Châtaigneraie, sont devenues un lieu emblématique de la lutte car ces maisons ont été construites collectivement lors d’une grande manifestation le 17 novembre et qu’elles risquent désormais la destruction.

« Nous sommes ce matin déjà 50 à 60 dans les nouvelles constructions », a indiqué à l’AFP Cyril Bouligand, un agriculteur de la Confédération paysanne qui a dormi sur place. « Les gens arrivent en nombre », a pour sa part indiqué Sylvain Fresneau, pilier historique de la lutte et agriculteur sur place.

Une conférence de presse rassemblant toutes les composantes de l’opposition au projet d’aéroport, auquel le nom du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ex-maire de Nantes, est étroitement associé, devait avoir lieu vers 11h00.

Depuis vendredi, les forces de l’ordre, absentes lors de la manifestation massive de « réoccupation » du site le 17 novembre, sont réintervenues en nombre pour expulser puis détruire tous les lieux d’habitation qui avaient pu être reconstruits depuis une première vague de destruction en octobre. De très vifs affrontements ont eu lieu, faisant des blessés de part et d’autre.

Après avoir proposé samedi une « commission de dialogue » et un report de six mois des travaux de défrichage qui devaient commencer en janvier, Jean-Marc Ayrault a aussi fait savoir dimanche par la voix de la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem qu’il ne s’agissait « aucunement de revenir sur le projet d’aéroport » qui doit remplacer en 2017 celui de Nantes.

Face à lui l’Acipa, mais aussi les élus opposés à l’aéroport, ont indiqué qu’il n’y aurait « pas de dialogue sans retrait des forces de police ».

lexpress.fr

Dimanche 25 novembre

Ne pas haïr

Dis papa !

Dis papa ! Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui dans la forêt de Rohanne ? Dis papa ! Tu m’emmènes, demain, dans la forêt de Rohanne ? Dis papa ! J’ai envie ! Il paraît qu’il y a plein d’arbres superbes ! Plein de gens gentils ! De champignons ! D’oiseaux !... Dis papa ! Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui dans la forêt de Rohanne ? Dis papa ! Pourquoi t’as des marques comme çà le long du nez ? Et sur la nuque ? Dis papa ! T’as utilisé un masque ? Un casque ? Dis papa ! Pourquoi ? Dis papa ! T’as lancé des lacrymogènes ? Des grenades assourdissantes ? Dis papa ! T’as couvert la destruction d’arbres ? Quand il y avait encore des gens dedans ? Dis papa ! Tu veux pas m’emmener demain, en forêt de Rohanne ?v Mais dis un peu, papa ! J’ai grandi ! Si tu veux pas m’emmener, j’irais sans toi, avec mes potes ! Tu crois pas qu’on joue un peu notre survie dans une planète solidaire, sur ce coup là ? Dis papa !...

Un écho de la journée du samedi 24 novembre : nous avons organisé un co-voiturage de St-nazaire ce matin (3 voitures pour ce matin d’auitres sont prévues pour la manif à Nantes cette après-midi), et nous longeons au plus près l’énorme cordon de flics, avec le texte ’dis papa’ (à quelques variantes près... chacun peut broder !). Je peux vous assurer qu’ils n’aiment pas :

A nouveau l’insupportable face à face avec les ’casseurs’, les ’terroristes’ en bleu ! Nous sommes des milliers de militants dans la forêt, je ne suis pas capable de donner un nombre pour les flics... De toute ma vie militante, je n’ai jamais vu une telle concentration !

Des jeunes se sont dénudés et ont marché à quatre pattes vers le barrages de flics, ’s’offrant’ à la répression pour faire apparaître la violence des flics et invitant les témoins à se joindre à eux. Ils affirment à la fois leur détermination et leur vulnérabilité... Ils déclenchent (forcément dans le contexte) un tir nourri de grenades lacrymogènes, dont une fois de plus, nous prenons plein la gueule ! Des amis me protègent -relativement- et m’aident à reculer, pour que je ne risque de tomber sur ma main abîmée...

Une journaliste de l’AFP (que je connais un peu) me sollicite pour une interview vidéastée...

La question me gêne : comment je vis, moi, personnellement, tout çà. Je fais part de mon inquiétude, puisque elle veut du personnel : ce que le massacre de ma main n’a pas réussi à obtenir (je vois et vise dans cette affaire non une personne, mais la hiérarchie et les donneurs d’ordre...), ce que je refuse de tous les pores de ma peau, eh bien l’attaque féroce contre les militants montés dans les arbres, contre les arbres eux-mêmes, est en train de le réaliser : j’ai peur de basculer dans la haine, de devenir haineuse... contre les flics... contre les porteurs du projet... J’ai toujours essayé d’éviter de tomber dans ce piège, et peut-être est-il en train de se refermer.

Le problème n’est pas tant un problème moral, que celui de la pertinence politique : la haine affole, elle fait fait perdre sang-froid et lucidité. La rage, (celle de ’courage’, quand on a tordu le cou...) est moins grave... Ce dont nous avons besoin en ce moment, ce n’est pas de haine, mais de clairvoyance et détermination politique...

Pour gagner ! Et nous gagnerons : historiques qui avons permis par notre lutte l’arrivée des zadistes... Zadistes au cœur de la bataille expulsions/destructions (avec le soutien des historiques) Tous ensemble : nous gagnerons

Geneviève Coiffard-Grosdoy 23 novembre 2012 18h30

Courriel à Reporterre.

Dimanche 25 novembre

Voir ce reportage où l’on voit des opposants nus face à la police.

Dimanche 25 novembre

Manuel Valls reprend le bâton

« Cette main tendue doit être prise comme telle, sans condition », a déclaré dimanche le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, au sujet de la mise en place, annoncée samedi par Matignon, d’une « commission du dialogue » autour du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

Les anti-aéroport réclament un retrait préalable des forces de police avant l’ouverture du dialogue, alors que des affrontements ont à nouveau eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche.

« Il n’y a jamais de conditions au dialogue », a répondu Manuel Valls en marge d’un déplacement en Corse. « Ce projet doit se faire avec le temps et avec le dialogue, pour expliquer, pour protéger, et donc cette main tendue doit être prise comme telle, sans condition, avec la volonté d’avancer mais avec le respect de la loi et c’est le rôle évidemment des forces de l’ordre, dont je salue une nouvelle fois le travail et l’engagement », a affirmé le ministre lors d’une conférence de presse.

Côté politique, Europe Ecologie-Les Verts, opposé au projet d’aéroport mais présente dans le gouvernement Ayrault, a estimé dimanche dans un communiqué que l’annonce de Matignon était « une excellente nouvelle ». Mais le Parti de Gauche a estimé que « 40 jours de répression pour une commission, le compte n’y est pas ! »

A l’autre bout de l’échiquier politique, l’ex-Premier ministre Alain Juppé a qualifié dimanche sur Europe 1 de « reculade » l’annonce du gouvernement. Des propos réfutés sur Radio J par la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem : « Il ne s’agit aucunement de revenir sur le projet d’aéroport, il n’y a pas de reculade », a-t-elle déclaré. « En revanche, il est pris acte qu’il y a des divergences d’interprétation sur l’impact de ce projet sur l’environnement et pour lever ces divergences, cette commission du dialogue servira à exposer à toutes les parties prenantes la réalité des travaux réalisés, de leur impact sur la biodiversité », a-t-elle expliqué.

Plusieurs élus du CeDpa (Comité des élus opposés à l’aéroport) sont allés jusqu’à s’enchaîner aux grilles de la préfecture à Nantes dimanche après-midi pour demander le retrait des gendarmes mobiles du site. Le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Laverné, a reçu une délégation de ces élus. « Nous lui avons demandé de faire remonter au ministre de l’Intérieur qu’il était absolument impossible de parler de dialogue tant que les forces de l’ordre ne seraient pas retirées de la zone », a dit Françoise Verchère porte-parole du CeDpa après la rencontre. « Quand il n’y en avait pas il n’y avait pas de guerre », a-t-elle ajouté. « Nous n’irons pas si cette commission vient nous expliquer que nous n’avons pas compris », a-t-elle ajouté en réponse au gouvernement qui continue de juger le projet nécessaire.

« Le Premier ministre veut amener des mesures d’apaisement, alors que c’est lui qui a allumé des incendies partout », a également lancé dimanche lors d’un point presse à Notre-Dame-des-Landes Dominique Fresneau, co-président de l’Acipa, la principale organisation d’opposants au projet. Visiblement en colère, il avait demandé le « retrait » des forces de police avant toute négociation. « Il va falloir que l’apaisement soit réel », a-t-il dit avant d’ajouter : « On va panser et compter nos blessés et on verra quel mode de discussion on pourra engager avec un gouvernement comme ça ».

L’Acipa a par ailleurs appelé à une nouvelle mobilisation lundi, dès 5 heures du matin, pour « protéger les cabanes ré-occupées » face aux forces de l’ordre, qui ont lancé une opération d’expulsion vendredi. Dans un communiqué, dimanche soir, l’Acipa a appelé les opposants au projet d’aéroport soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, à occuper les lieux « dès 5 heures du matin et au plus tard avant 9 heures pour protéger les cabanes ré-occupées et les 40 tracteurs arrivés sur les lieux et enchaînés autour ».

leparisien.fr

Contre les grands projets de métropoles Par Julien villalard Reporterre 2013/03/14 Par Julien villalard (14 mars 2013) Contre les grands projets de métropoles. Reporterre. fr

Contre les grands projets de métropoles

Paris, dimanche 17 mars

Rencontres et débats entre les opposant-e-s au projet d’aéroport de Notre-Dames-des-Landes et des collectifs de région parisienne en lutte contre les choix d’urbanisation et les grands projets imposés en Ile-de-France.

A l’initiative du Collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes, et avec : Collectif 3R (en lutte contre des projets de TMB-méthanisation surRomainville et Ivry), COSTIF (Coordination pour la Solidarité desTerritoires d’Ile de France et contre le Grand Paris), Collectif pour le Triangle de Gonesse (contre le projet Europa City d’Auchan), collectifs contre les gaz de schiste, Flins sans circuit F1, Monts 14 (membre du collectif contre la Tour Triangle), Souriez vous êtes filmés, Terres fertiles / Saclay, le Transfo de Bagnolet, Quartier en transition, No-TAV. Avec le soutien des collectifs participants et d’Attac, des Amis de la Confédération paysanne et des Amis de la Terre.

De Notre-Dame-des-Landes au Grand Paris, les pouvoirs publics nous vendent de faramineux projets d’urbanisation sous couvert de progrès, de désenclavement des quartiers par les transports, de création d’emploi et de développement local. En réalité, ces arguments cachent des intérêts tout autres, tandis que ces plans promettent les conséquences les plus néfastes, que ce soit sur l’habitat et son prix, sur les populations, ou sur des zones encore rurales vouées à la destruction.

A Nantes, où le projet de « futur nouvel aéroport » s’inscrit dans un plan pour la compétitivité économique de la région Grand Ouest censé attirer investissements et entreprises, le « développement local » va consister d’abord à bétonner des terres agricoles et l’écosystème précieux de Notre-Dame-des-Landes et à détruire les maisons de ses habitant-e-s.

A Paris et dans sa banlieue, des projets semblables veulent reconfigurer les pôles urbains au mépris du cadre de vie, et bien-sûr de la volonté des populations. Le tout pour que les capitales régionales ou nationales puissent se livrer une âpre concurrence pour attirer les capitaux et les classes aisées.

Ces questions sont au cœur de nos luttes, ainsi que celle de la connivence entre pouvoirs publics et grosses entreprises de construction. Les raisons de combattre « l’aéroport et son monde » résonnent en Île-de-France, où des habitant-e-s ont engagé des combats contre divers aménagements, notamment liés au Grand Paris, mais pas seulement.

Bétonnage de terres agricoles fertiles, ouverture de nouvelles décharges et construction d’usines d’incinération,construction d’infrastructures hors de prix commandées à des multinationales du BTP, partenariats public-privé, spéculation immobilière et foncière, embourgeoisement des quartiers populaires et éviction des indésirables…

Nous, rurales-aux ou citadin-e-s, habitant-e-s d’Ile-de-France, nous n’y voyons aucun intérêt ! Ces gigantesques projets dessinent un monde dont nous ne voulons pas, nous dépossèdent de nos quartiers comme du choix de nos modes de vie. A ce modèle, nous préférons un monde inventé par nous tou-te-s.

Nous ne donnerons pas le pouvoir à Vinci et consorts ou à des maire-sse-s intéréssé-e-s, car nous sommes capables de créer nos propres quartiers : habiter des villes et des quartiers écologiques et populaires, moins chers, irrigués non plus par le tout-bagnole mais par des pistes cyclables et pédestres, des transports en communs, des circuits courts de production alimentaire.

Habitant-e-s de l’agglomération parisienne, la lutte de Notre-Dame-des-Landes vous parle aussi de vous. La ZAD est partout !

Grande rencontre le dimanche 17 mars 2013 de 14 h à 19 h au Lavoir moderne parisien (35, rue Léon - Paris 18e - M° Château-Rouge,Marcadet-Poissonniers).

Programme : Description de la métropolisation autour de Nantes et en Île-de-France, puis échanges sur les luttes locales.

Lien Démosphère.

Voici pourquoi j’ai rompu avec la gauche Jean-Claude Michéa (Marianne) Reporterre 2013/03/14 Jean-Claude Michéa (Marianne) (14 mars 2013) Voici pourquoi j’ai rompu avec la gauche. Reporterre. Tribune — fr

Voici pourquoi j’ai rompu avec la gauche

Le clivage gauche-droite n’a plus lieu d’être, dès lors que la "gauche" accepte le capitalisme comme horizon indépassable. C’est ce qu’explique le philosophe Jean-Claude Michéa, qui observe que “le capitalisme se dirige tranquillement vers l’iceberg".

Au moins depuis la parution d’Impasse Adam Smith en 2002, un livre de Jean-Claude Michéa est toujours attendu. Avec jubilation. Ou avec un fusil, c’est selon. D’abord parce que la parole de ce philosophe, nourri à la pensée de George Orwell, de Guy Debord et du meilleur Marx, est extrêmement rare dans les médias.

Ensuite parce qu’il appartient à cette espèce politiquement ambidextre, hélas si peu représentée et si mal comprise, capable de se montrer aussi cruel à l’égard d’une gauche libérale qui s’autocaricature en valorisant toutes les prétendues transgressions morales et culturelles, qu’il sait se montrer lucide à l’égard de l’incroyable cynisme des dirigeants de la droite actuelle (Sarkozy et Copé en tête), lorsqu’ils se posent en défenseurs des « petites gens », que vient en fait piétiner tout leur programme économique, voué à l’expansion illimitée des intérêts du CAC 40.

Disons-le d’emblée : Les Mystères de la gauche (Climats) est le livre que l’on espérait depuis plusieurs années de la part de Michéa. Sur plusieurs points capitaux, celui-ci s’explique en effet. Notamment sur son refus définitif de se réclamer de « la gauche », pour penser le front de libération populaire qu’il appelle de ses vœux.

« La gauche », un signifiant-maître trop longtemps prostitué, et qu’il juge désormais « inutilement diviseur, dès lors qu’il s’agit de rallier les classes populaires ». Aussi parce que le philosophe répond au passage aux procès en droitisation qui lui sont régulièrement faits. Ainsi cet anticapitaliste conservateur admet-il ici que l’attachement aux « valeurs traditionnelles » peut produire des dérives inquiétantes, et que, « sur ce point, les mises en garde permanentes de la gauche conservent tout leur sens ».

Un grand millésime donc, pour l’orwellien de Montpellier. Percutant, souvent hilarant dans sa façon de moquer l’autocélébration de la gauche en « parti de demain » (Zola), Michéa dérange, éclaire, emporte presque toujours la conviction.

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Marianne : Vous estimez urgent d’abandonner le nom de « gauche », de changer de signifiant pour désigner les forces politiques qui prendraient à nouveau en compte les intérêts de la classe ouvrière... Un nom ne peut-il pourtant ressusciter par-delà ses blessures historiques, ses échecs, ses encombrements passés ? Le problème est d’ailleurs exactement le même pour le mot « socialisme », qui après avoir qualifié l’entraide ouvrière chez un Pierre Leroux s’est mis, tout à fait a contrario, à désigner dans les années 80 les turlupinades d’un Jack Lang. Ne pourrait-on voir dans ce désir d’abolir un nom de l’histoire comme un écho déplaisant de cet esprit de la table rase que vous dénoncez sans relâche par ailleurs ?

Jean-Claude Michéa : Si j’en suis venu - à la suite, entre autres, de Cornelius Castoriadis et de Christopher Lasch - à remettre en question le fonctionnement, devenu aujourd’hui mystificateur, du vieux clivage gauche-droite, c’est simplement dans la mesure où le compromis historique forgé, au lendemain de l’affaire Dreyfus, entre le mouvement ouvrier socialiste et la gauche libérale et républicaine (ce « parti du mouvement » dont le parti radical et la franc-maçonnerie voltairienne constituaient, à l’époque, l’aile marchante) me semble désormais avoir épuisé toutes ses vertus positives.

A l’origine, en effet, il s’agissait seulement de nouer une alliance défensive contre cet ennemi commun qu’incarnait alors la toute-puissante « réaction ». Autrement dit, un ensemble hétéroclite de forces essentiellement précapitalistes qui espéraient encore pouvoir restaurer tout ou partie de l’Ancien Régime et, notamment, la domination sans partage de l’Eglise catholique sur les institutions et les âmes.

Or cette droite réactionnaire, cléricale et monarchiste a été définitivement balayée en 1945 et ses derniers vestiges en Mai 68 (ce qu’on appelle de nos jours la « droite » ne désigne généralement plus, en effet, que les partisans du libéralisme économique de Friedrich Hayek et de Milton Friedman). Privé de son ennemi constitutif et des cibles précises qu’il incarnait (comme, la famille patriarcale ou l’« alliance du trône et de l’autel ») le « parti du mouvement » se trouvait dès lors condamné, s’il voulait conserver son identité initiale, à prolonger indéfiniment son travail de « modernisation » intégrale du monde d’avant (ce qui explique que, de nos jours, « être de gauche » ne signifie plus que la seule aptitude à devancer fièrement tous les mouvements qui travaillent la société capitaliste moderne, qu’ils soient ou non conformes à l’intérêt du peuple, ou même au simple bon sens).

Or, si les premiers socialistes partageaient bien avec cette gauche libérale et républicaine le refus de toutes les institutions oppressives et inégalitaires de l’Ancien Régime, ils n’entendaient nullement abolir l’ensemble des solidarités populaires traditionnelles ni donc s’attaquer aux fondements mêmes du « lien social » (car c’est bien ce qui doit inéluctablement arriver lorsqu’on prétend fonder une « société » moderne - dans l’ignorance de toutes les données de l’anthropologie et de la psychologie - sur la seule base de l’accord privé entre des individus supposés « indépendants par nature »).

La critique socialiste des effets atomisants et humainement destructeurs de la croyance libérale selon laquelle le marché et le droit ab-strait pourraient constituer, selon les mots de Jean-Baptiste Say, un « ciment social » suffisant (Engels écrivait, dès 1843, que la conséquence ultime de cette logique serait, un jour, de « dissoudre la famille ») devenait dès lors clairement incompatible avec ce culte du « mouvement » comme fin en soi, dont Eduard Bernstein avait formulé le principe dès la fin du XIXe siècle en proclamant que « le but final n’est rien » et que « le mouvement est tout ».

Pour liquider cette alliance désormais privée d’objet avec les partisans du socialisme et récupérer ainsi son indépendance originelle, il ne manquait donc plus à la « nouvelle » gauche que d’imposer médiatiquement l’idée que toute critique de l’économie de marché ou de l’idéologie des droits de l’homme (ce « pompeux catalogue des droits de l’homme » que Marx opposait, dans le Capital, à l’idée d’une modeste « Magna Carta » susceptible de protéger réellement les seules libertés individuelles et collectives fondamentales) devait nécessairement conduire au « goulag » et au « totalitarisme ».

Mission accomplie dès la fin des années 70 par cette « nouvelle philosophie » devenue, à présent, la théologie officielle de la société du spectacle. Dans ces conditions, je persiste à penser qu’il est devenu aujourd’hui politiquement inefficace, voire dangereux, de continuer à placer un programme de sortie progressive du capitalisme sous le signe exclusif d’un mouvement idéologique dont la mission émancipatrice a pris fin, pour l’essentiel, le jour où la droite réactionnaire, monarchiste et cléricale a définitivement disparu du paysage politique. Le socialisme est, par définition, incompatible avec l’exploitation capitaliste. La gauche, hélas, non. Et si tant de travailleurs - indépendants ou salariés - votent désormais à droite, ou surtout ne votent plus, c’est bien souvent parce qu’ils ont perçu intuitivement cette triste vérité.

Vous rappelez très bien dans les Mystères de la gauche les nombreux crimes commis par la gauche libérale contre le peuple, et notamment le fait que les deux répressions ouvrières les plus sanglantes du XIXe siècle sont à mettre à son compte. Mais aujourd’hui, tout de même, depuis que l’inventaire critique de la gauche culturelle mitterrandienne s’est banalisé, ne peut-on admettre que les socialistes ont changé ? Un certain nombre de prises de conscience importantes ont eu lieu. Celle, par exemple, du long abandon de la classe ouvrière est récente, mais elle est réelle. Sur les questions de sécurité également, on ne peut pas davantage dire qu’un Manuel Valls incarne une gauche permissive et angéliste. Or on a parfois l’impression à vous lire que la gauche, par principe, ne pourra jamais se réformer... Est-ce votre sentiment définitif ?

Ce qui me frappe plutôt, c’est que les choses se passent exactement comme je l’avais prévu. Dès lors, en effet, que la gauche et la droite s’accordent pour considérer l’économie capitaliste comme l’horizon indépassable de notre temps (ce n’est pas un hasard si Christine Lagarde a été nommée à la tête du FMI pour y poursuivre la même politique que DSK), il était inévitable que la gauche - une fois revenue au pouvoir dans le cadre soigneusement verrouillé de l’« alternative unique » - cherche à masquer électoralement cette complicité idéologique sous le rideau fumigène des seules questions « sociétales ». De là le désolant spectacle actuel.

Alors que le système capitaliste mondial se dirige tranquillement vers l’iceberg, nous assistons à une foire d’empoigne surréaliste entre ceux qui ont pour unique mission de défendre toutes les implications anthropologiques et culturelles de ce système et ceux qui doivent faire semblant de s’y opposer (le postulat philosophique commun à tous ces libéraux étant, bien entendu, le droit absolu pour chacun de faire ce qu’il veut de son corps et de son argent).

Mais je n’ai là aucun mérite. C’est Guy Debord qui annonçait, il y a vingt ans déjà, que les développements à venir du capitalisme moderne trouveraient nécessairement leur alibi idéologique majeur dans la lutte contre « le racisme, l’antimodernisme et l’homophobie » (d’où, ajoutait-il, ce « néomoralisme indigné que simulent les actuels moutons de l’intelligentsia »). Quant aux postures martiales d’un Manuel Valls, elles ne constituent qu’un effet de communication. La véritable position de gauche sur ces questions reste bien évidemment celle de cette ancienne groupie de Bernard Tapie et d’Edouard Balladur qu’est Christiane Taubira.

Contrairement à d’autres, ce qui vous tient aujourd’hui encore éloigné de la « gauche de la gauche », des altermondialistes et autres mouvements d’indignés, ce n’est pas l’invocation d’un passé totalitaire dont ces lointains petits cousins des communistes seraient encore comptables... C’est au contraire le fond libéral de ces mouvements : l’individu isolé manifestant pour le droit à rester un individu isolé, c’est ainsi que vous les décrivez. N’y a-t-il cependant aucune de ces luttes, aucun de ces mouvements avec lequel vous vous soyez senti en affinité ces dernières années ?

Si l’on admet que le capitalisme est devenu un fait social total - inséparable, à ce titre, d’une culture et d’un mode de vie spécifiques -, il est clair que les critiques les plus lucides et les plus radicales de cette nouvelle civilisation sont à chercher du côté des partisans de la « décroissance ». En entendant par là, naturellement, non pas une « croissance négative » ou une austérité généralisée (comme voudraient le faire croire, par exemple, Laurence Parisot ou Najat Vallaud-Belkacem), mais la nécessaire remise en question d’un mode de vie quotidien aliénant, fondé - disait Marx - sur l’unique nécessité de « produire pour produire et d’accumuler pour accumuler ».

Mode de vie forcément privé de tout sens humain réel, inégalitaire (puisque la logique de l’accumulation du capital conduit inévitablement à concentrer la richesse à un pôle de la société mondiale et l’austérité, voire la misère, à l’autre pôle) et, de toute façon, impossible à universaliser sans contradiction dans un monde dont les ressources naturelles sont, par définition, limitées (on sait, en effet, qu’il faudrait déjà plusieurs planètes pour étendre à l’humanité tout entière le niveau de vie actuel de l’Américain moyen).

J’observe avec intérêt que ces idées de bon sens - bien que toujours présentées de façon mensongère et caricaturale par la propagande médiatique et ses économistes à gages - commencent à être comprises par un public toujours plus large. Souhaitons seulement qu’il ne soit pas déjà trop tard. Rien ne garantit, en effet, que l’effondrement, à terme inéluctable, du nouvel Empire romain mondialisé donnera naissance à une société décente plutôt qu’à un monde barbare, policier et mafieux.

Vous réaffirmez dans ce livre votre foi en l’idée que le peuple serait dépositaire d’une common decency [« décence ordinaire », l’expression est de George Orwell] avec lesquelles les « élites » libérales auraient toujours davantage rompu. Mais croyez-vous sincèrement que ce soit aujourd’hui l’attachement aux valeurs morales qui définisse « le petit peuple de droite », ainsi que vous l’écrivez ici ? Le désossage des structures sociales traditionnelles, ajouté à la déchristianisation et à l’impact des flux médiatiques dont vous décrivez ici les effets culturellement catastrophiques, a également touché de plein fouet ces classes-là. N’y a-t-il donc pas là quelque illusion - tout à fait noble, mais bel et bien inopérante - à les envisager ainsi comme le seul vivier possible d’un réarmement moral et politique ?

S’il n’y avait pas, parmi les classes populaires qui votent pour les partis de droite, un attachement encore massif à l’idée orwellienne qu’il y a « des choses qui ne se font pas », on ne comprendrait pas pourquoi les dirigeants de ces partis sont en permanence contraints de simuler, voire de surjouer de façon grotesque, leur propre adhésion sans faille aux valeurs de la décence ordinaire. Alors même qu’ils sont intimement convaincus, pour reprendre les propos récents de l’idéologue libéral Philippe Manière, que seul l’« appât du gain » peut soutenir « moralement » la dynamique du capital (sous ce rapport, il est certainement plus dur d’être un politicien de droite qu’un politicien de gauche).

C’est d’ailleurs ce qui explique que le petit peuple de droite soit structurellement condamné au désespoir politique (d’où son penchant logique, à partir d’un certain seuil de désillusion, pour le vote d’« extrême droite »). Comme l’écrivait le critique radical américain Thomas Franck, ce petit peuple vote pour le candidat de droite en croyant que lui seul pourra remettre un peu d’ordre et de décence dans cette société sans âme et, au final, il se retrouve toujours avec la seule privatisation de l’électricité !

Cela dit, vous avez raison. La logique de l’individualisme libéral, en sapant continuellement toutes les formes de solidarité populaire encore existantes, détruit forcément du même coup l’ensemble des conditions morales qui rendent possible la révolte anticapitaliste. C’est ce qui explique que le temps joue de plus en plus, à présent, contre la liberté et le bonheur réels des individus et des peuples. Le contraire exact, en somme, de la thèse défendue par les fanatiques de la religion du progrès.

Propos recueillis par Aude Lancelin

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- Les Mystères de la gauche, Jean-Claude Michéa, éd. Climats, 131 p., 14 €.

Près d’Orléans, la lutte continue contre le projet de Décathlon Collectif Pour un Site Préservé entre Loire et Forêt Reporterre 2013/03/14 Collectif Pour un Site Préservé entre Loire et Forêt (14 mars 2013) Près d’Orléans, la lutte continue contre le projet de Décathlon. Reporterre. fr

Près d’Orléans, la lutte continue contre le projet de Décathlon

Le collectif « Pour un Site Préservé entre Loire et Forêt » rassemble des associations et des citoyens qui veulent défendre les zones agricoles et naturelles sur l’agglomération orléanaise. Il s’oppose au projet d’implantation d’un "village Oxylane" sur 15 hectares de terres encore cultivées et boisées à Saint-Jean de Braye.

INTOXYLANE

Nous, empêcheurs de bétonner en rond, demandons solennellement à ceux qui évoquent le projet de « village Oxylane » sur la commune de Saint-Jean de Braye (45) de parler au conditionnel.

Il existe en effet plusieurs recours possibles pour que ce projet ne voie pas le jour : participation aux enquêtes publiques du PLU, du DAC, recours auprès de la CDAC et de la CNAC, contestation du permis de construire.

Sous la pression citoyenne, d’autres projets ont été déboutés (cf projet d’implantation d’un Oxylane à Valence). Michèle Rivasi, députée européenne ayant participé à cette mobilisation, nous explique : « Urbaniser de telles zones est devenu totalement dépassé au regard des nouveaux enjeux écologiques, sanitaires et de préservation de nos ressources naturelles ».

D’autre part, malgré nos demandes à la mairie de Saint-Jean de Braye, à l’AgglO, à Décathlon, personne n’a été en mesure de nous montrer un document garantissant la création des 240 emplois. La vente a été autorisée sans qu’elle soit conditionnée à la création durable d’un nombre donné d’emplois. Pour nous, le risque que le nombre n’y soit pas est grand. Et sur le nombre de postes effectifs, combien seront de réelles créations de postes, et pas des redéploiements ? Quelles seront les conséquences chez les concurrents de Décathlon déjà présents sur l’AgglO ?

Enfin, alors que la mairie de Saint-Jean de Braye lors de sa première présentation en 2011 du projet Oxylane disait que les transactions sur les terrains se déroulaient « de privé à privé », nous découvrons avec stupeur que 80% des terres prévues pour ce projet sont des terres qui appartiennent à la collectivité ! En effet, la mairie et l’AgglO ont décidé de céder au prix imbattable de 2€40 le mètre carré 12 hectares des 15 concernés...A titre d’exemple, l’empire Mulliez était prêt à acheter à 36 € le m² un terrain de 6,9 hectares en 2009 à Troyes...

Alors à nous d’employer le conditionnel : il semblerait que l’intérêt général soit oublié au profit de l’intérêt du groupe Décathlon !

Ne laissons pas brader notre avenir et celui de nos enfants en laissant l’empire Mulliez stériliser les terres fertiles de notre entrée de ville !

INDIGNONS-NOUS !

Morvan : la scierie géante autorisée à rejeter de la dioxine L’Echo des Adrets Reporterre 2013/03/14 L’Echo des Adrets (14 mars 2013) Morvan : la scierie géante autorisée à rejeter de la dioxine. Reporterre. fr

Morvan : la scierie géante autorisée à rejeter de la dioxine

La mobilisation continue dans le Morvan contre le projet d’une scierie géante de la société Erscia. Il apparait que la préfecture a autorisé des taux élevés de rejets de dioxine par l’incinérateur prévu.

Le dossier est tellement « sérieux » que personne n’a vu que le taux de dioxine de l’arrêté est tout simplement mortel.

Chacun sait que la dioxine est un poison très dangereux. L’organisation Mondiale de la Santé (OMS) écrit : « Une exposition brève de l’homme à de fortes concentra- tions en dioxines peut entraîner des lésions dermiques, comme la chloracné (ou acné chlorique), la formation de taches sombres sur la peau et une altération de la fonction hépatique. L’exposition de longue durée s’associe à une dégradation du système immunitaire, du développement du système nerveux, du système endo- crinien et des fonctions génésiques. »

Or le taux annuel autorisé dans l’arrêté, 60 g (60 000 mg), est extraordinairement élevé pour de la dioxine. Ce taux sauterait aux yeux de tout scientifique ou ingénieur traitant des questions environnementales.

À cette concentration c’est un poison violent, suffisant pour rayer de la carte l’en- semble des habitants du Pays Corbigeois et même au-delà.

Le calcul corrigé donne 60 mg, soit 1 000 fois moins. Ce taux reste cependant élevé. À titre de comparaison l’incinérateur à ordures de Fourchambault a rejeté 2,45 mg en 2010 et pose déjà de gros problèmes.

Coquille dans le texte ? Erreur de calcul des ingénieurs d’Erscia ? Les 60 g ont pour- tant été validés par les services de l’État !

Par ailleurs, Erscia a demandé, et obtenu, une dérogation pour brûler à 800 degrés au lieu des 850 degrés imposés par la norme pour limiter les émissions de dioxines.

La conséquence de cette modification de température est une production beaucoup plus importante de dioxine. La Dreal aurait dû exiger en compensation un temps de chauffage des fumées beaucoup plus long. Cette disposition réglementaire de 850 °C à 800 °C sans modifier le temps est un signe... très inquiétant. Vous pouvez avoir confiance, les services de l’État ont validé !

Il faut savoir que la dioxine s’accumule dans le temps sur les terres, qu’elle a une durée de vie très longue et que cette pollution est invisible.

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M. Magnon : "aucun danger pour la santé"

Dans le cadre de la réunion de soutien au projet Erscia du 15 décembre dernier à Corbigny, M. Magnon a répondu à une question sur les rejets en affirmant qu’il n’y avait aucun problème pour la santé et qu’il faudrait dépasser la dose maximale de 50 fois pour qu’il puisse y en avoir.

Mais il ne nous a pas précisé que l’incinérateur avait l’autorisation de fonctionner sans filtre en cas d’accident. Le total d’heure de fonctionnement sans filtre annuel autorisé correspond à 500 fois la dose maximale. C’est-à-dire 10 fois la dose que M. Magnon considère comme dangereuse pour la santé.

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Interdit dans toute la nièvre, autorisé chez Erscia

Depuis le premier janvier 2013, le recyclage des bois usés des déchetteries munici- pales (bois vernis, peints, placages, panneaux agglomérés etc.) ne fait plus l’objet d’incinération, ce procédé étant considéré trop nocif pour l’environnement par le dé- partement, pour lui préférer la technique de l’enfouissement.

Par contre Erscia en brûlera jusqu’à 75 % en allant le chercher sur 13 autres départements ! Cet avantage considérable pour la Nièvre de devenir la poubelle des autres a fait l’objet d’une dérogation, car en principe les déchets ont interdiction de circuler d’un département à l’autre.

Eurotunnel veut manger 160 hectares de terre pour faire un golf et un complexe touristique Eurotunnel Reporterre 2013/03/14 Eurotunnel (14 mars 2013) Eurotunnel veut manger 160 hectares de terre pour faire un golf et un complexe touristique. Reporterre. fr

Eurotunnel veut manger 160 hectares de terre pour faire un golf et un complexe touristique

« Eurotunnel souhaite créer au débouché français du Tunnel sous la Manche un site attractif pour les golfeurs (1er sport individuel au monde) »

Aménageur responsable et innovant, spécialiste des infrastructures, Groupe Eurotunnel a remporté l’appel d’offres organisé par la Mairie de Sangatte désireuse de lancer un grand projet touristique portant sur la création d’une nouvelle station balnéaire et d’un complexe golfique de standing international au pied du Cap Blanc-Nez, face à la Manche, à deux pas du site d’où Louis Blériot s’envola pour gagner l’Angleterre.

Propriétaire d’une partie des terrains, Groupe Eurotunnel a créé à cet effet une filiale, Euro Immo GET et s’est adjoint les services d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage d’ADEVIA, pour sa maîtrise technique des projets d’aménagement et son expertise du développement des éco-quartiers.

Etendu sur 160 hectares, le périmètre de la concession présenté lors du MIPIM (le salon international des professionnels de l’immobilier) se compose d’un complexe golfique de standing international inspiré par Kyle Phillips, de 40 hectares de foncier (plus de 500 logements dont 90 villas et 180 logements collectifs), d’un complexe de balnéothérapie, de commerces et de services (1 600 m2).

Investi par les pouvoirs publics d’une mission d’aménageur depuis sa création, Groupe Eurotunnel a déjà à son actif la création à Coquelles d’un centre commercial de premier plan (Cité-Europe enregistre 7 millions de visiteurs par an), un cinéma, un parc d’affaires et un pôle hôtelier.

En parfaite cohérence avec la Ville de Sangatte Blériot-Plage, Groupe Eurotunnel souhaite créer au débouché français du Tunnel sous la Manche un site attractif pour les golfeurs (1er sport individuel au monde) et pour une clientèle à la fois européenne et régionale au carrefour de la Grande-Bretagne, de la France, des Pays-Bas et de la Belgique. Groupe Eurotunnel participe pleinement à sa vocation première : relier les territoires, soutenir un développement durable et drainer les visiteurs vers un environnement de qualité.

Favi, l’usine qui tourne sans chefs Caroline Racapé (Capital) Reporterre 2013/03/14 Caroline Racapé (Capital) (14 mars 2013) Favi, l’usine qui tourne sans chefs. Reporterre. fr

Favi, l’usine qui tourne sans chefs

Depuis près de trente ans, les ouvriers de ce sous-traitant de l’industrie automobile travaillent sans hiérarchie. Le succès est au rendez-vous : l’entreprise est prospère et les salariés sont détendus et responsabilisés.

Posée comme un ovni au milieu des champs, à Hallencourt, commune coincée entre Amiens et la baie de Somme, l’usine Favi – Fonderie et ateliers du Vimeu – tourne sans discontinuer au rythme des trois huit.

Il est 13 heures pile : le moment précis où l’équipe de l’après-midi doit, comme chaque jour, prendre le relais. En fait, dans le grand hangar éclairé aux néons, tous les opérateurs sont déjà en place, installés devant leurs machines depuis cinq bonnes minutes.

« Ça a commencé avec le retrait des pointeuses, explique l’un d’eux. Quand il y en avait, tout le monde faisait la queue et on commençait plus tard. » Bienvenue chez Favi, la PME qui laisse ses ouvriers se débrouiller tout seuls.

“L’homme est bon”

Dans cette usine qui fabrique depuis cinquante ans des siphons en cuivre, des compteurs d’eau et des fourchettes de boîtes de vitesses pour la moitié des constructeurs européens, les 400 salariés sont poussés à pratiquer l’autogestion.

La hiérarchie est quasi inexistante, les fonctions support (comptabilité, bureau d’étude…) se limitent à une quarantaine de personnes et le management repose sur des principes rares dans le monde de l’entreprise.

« L’homme est bon, il faut lui faire confiance, tout le monde a le même but, satisfaire le client, et chacun doit être traité de la même façon », récite Dominique Verlant, le discret quadra qui dirige la société depuis 2008.

Embauché en 1984 comme dessinateur industriel, ce fidèle poursuit l’œuvre de son prédécesseur et mentor, Jean-François Zobrist. L’ancien directeur de Favi, qui a publié ses méthodes de management « judéo-chrétiennes picardes » sur le site Web de la maison, a éradiqué voilà près de trente ans tous les symboles du pouvoir dans les locaux.

Fini, les places de parking réservées (sauf pour les clients) et les berlines de fonction à l’usage des cadres (elles sont désormais affectées à ceux qui roulent le plus). Même les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction : « Normal, elles sont davantage utilisées », précise Dominique Verlant. Quant aux primes individuelles, elles ont été abandonnées il y a belle lurette, y compris pour les commerciaux, au profit d’un intéressement et d’une participation identiques pour tous (3.000  euros environ en 2011).

La philosophie Favi s’applique évidemment au-delà de ces symboles. Prenez l’organigramme. Jusqu’au milieu des années 1980, il comptait quatre ou cinq échelons. Il a été réduit à deux et demi. Et encore. « Le seul véritable échelon, c’est l’opérateur, explique le directeur. C’est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer. »

Leaders cooptés

Pour redonner de l’autonomie aux ouvriers, l’activité a été découpée en une quinzaine de « mini-usines » de 10 à 40 personnes, chacune dédiée à un client – PSA, Renault, Fiat… – ou à une mission transversale, la maintenance par exemple. A leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues.

Ces « leaders », qui rapportent à la direction ou aux fonctions support, n’ont qu’un statut d’agent de maîtrise et peuvent redevenir simples opérateurs en cas de désaveu ou s’ils le demandent. Leur rôle ? « Organiser la production de A à Z, définir les besoins d’investissements, ajuster le planning de l’équipe… », énumère Régis Marchetti, 47 ans, leader de la mini-usine PSA Valenciennes, un bloc de machines qui s’étend sur 500 mètres carrés.

« On gère aussi les congés, les entretiens de fin d’année et les augmentations, on transmet les revendications et on règle les conflits, comme quand l’opérateur de l’après-midi se fâche avec celui du matin pour une machine mal nettoyée. »

Ces chefs-qui-n’en-sont-pas-vraiment ont-ils l’autorité suffisante ? « Oui, assure la direction. Parce qu’ils sont cooptés pour leur expérience, leur charisme et leur justesse. » Pourtant, même avec trente ans d’ancienneté, ils ne sont payés que 2.500 à 3.000  euros net par mois. « Mais avec mon CAP boulangerie, je n’aurais jamais obtenu de responsabilités ailleurs », admet Jean-Luc Daussy, leader de l’équipe Renault depuis vingt ans.

“Faire du fric”

Les « Faviens » tiennent à leur organisation atypique. Il faut dire qu’elle n’empêche pas l’entreprise d’afficher de bons résultats dans un secteur où la pression des clients et la concurrence sont exacerbées : le chiffre d’affaires augmente chaque année (80  millions d’euros attendus en 2012) et le résultat d’exploitation tourne autour de 15%, bien plus que chez ses rivaux.

L’autogestion, mise en place avec intelligence, génère en effet de jolis gains de productivité – 3% par an depuis vingt ans, chez Favi. « Si on est humanistes, c’est aussi pour faire du fric », aime répéter Jean-François ­Zobrist.

Et du fric, Favi en a économisé beaucoup en donnant des responsabilités aux salariés. Sa structure est légère : pas de secrétaire, pas de magasinier (les stocks sont ouverts et autogérés), pas de régleur (l’opérateur ajuste lui-même sa machine avant de commencer).

Le service administratif ne comporte que sept salariés, standardiste incluse, le directeur financier est aussi DRH, la responsable de la paie gère la trésorerie et l’informaticien, la logistique.

("Toute entreprise qui veut ’libérer’ ses salariés doit se séparer d’un certain nombre de fonctions annexes, analyse Isaac Getz, professeur à l’ESCP et coauteur de Liberté & Cie, une étude portant sur treize entreprises – dont Favi – fonctionnant en auto­gestion. Ces services peuvent générer des lenteurs et, parfois, parasiter les employés productifs. »

Solidarité interne

Pas de parasites chez Favi : les salariés sont trop attachés à leur flexibilité. Ici, tout se règle de façon informelle. Quand une mini-usine reçoit une commande imprévue, son leader demande aux autres de lui prêter de la main-d’œuvre. « Et tout le monde se défonce pour tenir les délais », crâne un ouvrier.

En février, à cause du gel, les commandes d’enveloppes de compteurs d’eau ont bondi de 30% : leaders et opérateurs ont décidé d’eux-mêmes de travailler le week-end pour suivre la demande, « sans consulter le patron ».

Quid des périodes de creux, comme cette fin d’année, où le carnet de commandes a chuté de 20% ? Jamais de chômage technique, assure la direction… qui emploie tout de même des intérimaires pour amortir les chocs lors des pics d’activité. Quand celle-ci baisse, les salariés à temps plein privilégient leur formation ou se consacrent à l’optimisation des process.

Idées à 1.000 euros

Chaque mini-usine est en effet tenue de trouver au moins une idée d’amélioration par semaine, à noter sur un grand tableau « Kaizen » dans le bureau de son leader : « rehausser un bac pour éviter le mal de dos », « aligner deux postes pour ne plus pivoter », etc.

Alexandre Rhuin, 34 ans, opérateur de la mini-usine Renault, a ainsi imaginé les modifications d’une fraise qui permettent de ne plus la changer que toutes les 60.000 pièces, contre 8.000 auparavant. Un jury, composé notamment d’opérateurs, octroie chaque mois une prime de 1.000 euros à la meilleure initiative. Un juste retour : la moitié des gains de productivité viennent de ce genre d’idées.

Près du client

« De toute façon, ici, on ne travaille pas pour un chef ni pour un reporting, tout est tourné vers le client », rappelle Jean-Luc Daussy, le leader Renault, à qui « personne ne fixe d’objectifs ». Dans chaque mini-usine, le commercial travaille, lui aussi, au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte.

Régulièrement, les équipes se déplacent chez leur client (en septembre, chez PSA à Valenciennes) pour observer comment sont utilisées les pièces. De quoi donner aux ouvriers une meilleure connaissance de ses besoins. Et beaucoup plus de sens à leur propre travail. « Il n’y a pas de productivité sans bonheur, et le bonheur, c’est de faire des choses que l’on comprend », s’enflamme Dominique Verlant.

Pour que personne ne perde de vue le sens de son job, Favi s’efforce de casser la routine. Car un opérateur réalise de 200 à 1 500 pièces par jour. Alors, « depuis cinq ans, on change de poste chaque heure, et on peut permuter entre mini-usines au bout d’un an ou deux », raconte Alexandre Rhuin, qui a travaillé pour quatre clients en dix ans. Pas évident, mais les ouvriers ne se plaignent pas.

Et les syndicats, dans tout ça ? Chez Favi, il n’y en a pas. « Si j’ai un problème, j’en discute avec mon leader et je suis écouté », assure Nicolas Carpentier, qui produit pour PSA. En trente ans, personne ne s’est présenté aux élections.

Des Indiens d’Amazonie s’unissent contre un géant pétrolier Survival International Reporterre 2013/03/15 Survival International (15 mars 2013) Des Indiens d’Amazonie s’unissent contre un géant pétrolier. Reporterre. fr

Des Indiens d’Amazonie s’unissent contre un géant pétrolier

Des Indiens d’Amazonie péruvienne et brésilienne se sont unis pour empêcher une compagnie pétrolière canadienne de détruire leurs territoires et de mettre en péril la vie de groupes d’Indiens isolés.

Des centaines de Matsés se sont rassemblés samedi dernier à la frontière entre le Pérou et le Brésil exigeant le retrait de la compagnie pétrolière qui s’apprête à dévaster leurs forêts.

Au Pérou, le géant pétrolier canadien Pacific Rubiales a déjà commencé l’exploration de la concession – le bloc 135 – qui se trouve en plein cœur d’une zone destinée à devenir une réserve pour protéger les tribus isolées.

Survival a recueilli le témoignage d’une femme Matsés : ‘Le pétrole va polluer les sources de nos rivières. Que vont devenir les poissons ? Quelle eau boiront nos animaux ?’

Les Matsés, qui représentent une population d’environ 2 200 personnes, vivent à la frontière entre le Brésil et le Pérou. Avec la tribu voisine des Matis, ils étaient connus comme le ‘peuple du jaguar’ en raison de leurs peintures faciales et de leurs tatouages qui rappellent les dents et les moustaches du jaguar.

Les Matsés ont été contactés dans les années 1960 et sont, depuis lors, exposés aux maladies introduites par les étrangers. Des groupes isolés sont également gravement menacés par ces maladies contre lesquelles ils ont peu – ou pas – d’immunité.

Malgré sa promesse de garantir les droits de ses citoyens indiens, le gouvernement péruvien a donné le feu vert à ce projet d’un montant de près de 28 millions d’euros. La compagnie ouvrira des centaines de kilomètres de lignes sismiques à travers la forêt où vivent les Indiens isolés et y forera des puits d’exploration.

Le gouvernement a également attribué une licence d’exploration pétrolière dans le bloc 137, au nord du bloc 135, situé en plein cœur du territoire des Matsés. Malgré la pression de la compagnie, les Indiens résistent fermement à ses activités dans leur forêt.

L’exploitation pétrolière aura également des impacts de l’autre côté de la frontière, dans la vallée brésilienne du Javari où vivent plusieurs groupes isolés, les tests sismiques et les puits d’exploration risquant de polluer les sources de plusieurs rivières dont ces groupes dépendent.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘L’Etat canadien a été fondé sur la spoliation des territoires indigènes. Lorsque les Européens envahirent le Canada, ils introduisirent des maladies inconnues, s’emparèrent du contrôle des ressources naturelles et furent responsables de l’extinction de groupes entiers. Aujourd’hui, une compagnie canadienne est sur le point de commettre les mêmes crimes contre les Indiens du Pérou.

Pourquoi le gouvernement péruvien ne respecte-t-il pas ses propres engagements envers les droits des Indiens ? L’Histoire nous a pourtant montré que l’invasion des territoires de groupes isolés amène inévitablement à la destruction, à la maladie et à la mort’.

Face à la crise, l’Espagne redécouvre l’autogestion José Luis Carretero Miramar Reporterre 2013/03/15 José Luis Carretero Miramar (15 mars 2013) Face à la crise, l’Espagne redécouvre l’autogestion. Reporterre. fr

Face à la crise, l’Espagne redécouvre l’autogestion

Nous publions la traduction en français de cet article très intéressant et éclairant sur la situation dans l’Etat espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d’ICEA sous le titre de "Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España".

Avec la situation de crise financière et économique, l’Etat espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé – et continuent à se succéder - laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux mais aussi profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population.

Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait - ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement - la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936-39 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scenario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 70, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs a joué un rôle marquant.

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électrodomestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires de Joaquím Jordá : Númax vit et 20 ans ce n’est pas rien.

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du Metro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ; ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a 25 ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura 03.

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial - à l’éclatement de la bulle immobilière - ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliqué le début de grandes transformations économiques mais également socioculturelles.

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un Etat de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’Etat espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai de 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenu possible.

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

En ce sens, au tout début de la crise, près de 40 entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA). Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zero-Pro de Porriño (Pontevedra – NdT : Galice) ou celle de meubles d’agencement de cuisine Cuin Factory en Vilanova i la Geltrú (Barcelone), dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et, où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de 900 euros.

L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell (NdT : Banlieue de Barcelone) a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex-employé-e-s du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant 90 % de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développé : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un Etat du Bien-être de plus en plus faible et contesté.

Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées.

Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblant à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra – Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, 223 nouvelles coopératives ont été créées dans l’Etat espagnol.

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus (NdT : tracés) par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

Traduit du castillan par Richard Neuville

Dans l’aéroport fantôme de Mirabel, temple des grands projets inutiles Richard3 Reporterre 2013/03/15 Richard3 (15 mars 2013) Dans l’aéroport fantôme de Mirabel, temple des grands projets inutiles. Reporterre. Grands projets inutiles fr

Dans l’aéroport fantôme de Mirabel, temple des grands projets inutiles

Ce pourrait être l’ancêtre des grands projets inutiles : l’aéroport de Mirabel, près de Montréal, qui s’est révélé un énorme gâchis sans usage. Il reste le béton, des immeubles vides, des parkings déserts... Promenade photographique dans le temple du gaspillage.

Lors de son ouverture, et même avant, quand les politiciens ont « vendu » le projet à la population, l’aéroport de Mirabel devait devenir l’exemple à suivre par le monde entier, en ce qui concerne les terminaux aériens évolutifs. Encore chanceux que le monde n’ait pas suivi cet exemple. Le site est pratiquement à l’abandon, l’hôtel et l’aérogare sont vides, l’herbe pousse dans les fissures des stationnements, bref, c’est presque totalement désert.

Depuis ce qui est désormais le boulevard Henri-Fabre, le complexe aéroportuaire, au loin. À remarquer, la forme particulière des lampadaires, qui me font penser à ces espèces de cornets stupides, que l’on met à un animal qui sort du chez le vétérinaire, et qui l’empêche de se gratter.

La tour de contrôle, où plus personne en travaille depuis plusieurs mois déjà ; tout le trafic est contrôlé depuis l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, autrefois connu – et toujours identifié par les gens – comme l’aéroport de Dorval.

Quand je dis que c’est désert, en fait, ça ne l’est pas tout à fait ; les restes d’une bouteille de bière montrent qu’il y a eu présence humaine, dernièrement.

L’herbe pousse allègrement dans les multiples stationnements, qui sont barricadés, en grande majorité.

L’aérogare déserté, le long du boulevard Henri-Fabre, sur lequel il passe tout de même une voiture, de temps en temps.

L’entrée, barricadée, d’un autre stationnement.

Quand on regarde à l’intérieur du stationnement étagé, qui se trouve entre l’aérogare et le boulevard Henri-Fabre, on y voit des tuyaux qui tombent en ruines.

Ici, c’est le bâtiment administratif de l’aéroport Montréal-Mirabel, dont les surfaces, entre les fenêtres, ont été décolorées par l’action du soleil, et dont les bureaux sont probablement tous, ou presque, désaffectés. À noter, la présence d’un seul drapeau, malgré que l’on compte quatre mâts, devant l’édifice.

La passerelle, ici au-dessus du boulevard Henri-Fabre, qui permet aux gens (malgré l’absence de ceux-ci) de relier l’aérogare, le stationnement étagé, l’hôtel et l’édifice administratif, le tout à l’abri des intempéries.

Bienvenue à l’hôtel « Le Château de l’Aéroport Mirabel ». Avec une affiche semblable, vous ne trouvez pas que ça fait un peu « république de bananes » ?

Pendant que je suis sous la passerelle, je vous montre, juste en-face de l’hôtel, l’entrée, elle aussi barricadée, du stationnement de l’aire des voitures de location. Certaines des compagnies affichées là-dessus existent-elles encore ?

Voici la sortie du débarcadère de l’hôtel. Un peu comme c’était le cas à l’entrée de celui-ci, certaines parties du plafond du débarcadère brillent par leur absence, tout comme des lettres de l’affichage ; il ne reste plus que le « t », au mot « hôtel ».

Un peu partout, le long du boulevard Henri-Fabre, et ailleurs, sur le site de l’aéroport, on voit des bouches d’aération, comme celles-ci. C’est parce qu’il devait y avoir, en fait, un terminal ferroviaire sous le complexe, afin de relier rapidement celui-ci au centre-ville de Montréal, terminal qui n’a jamais été complété, entre autres parce que le financement de la ligne ferroviaire n’a jamais été bouclé. Ces bouches servaient probablement à assurer une ventilation efficace de la gare.

Voici l’ancêtre des panneaux à messages variables, que l’on trouve sur nos routes. On peut voir des afficheurs comme celui-ci à quelques endroits, sur le site.

Quand je regarde la devanture de l’hôtel, j’ai l’impression d’être dans un autre monde ; comme dans un film de série B, ou pire encore, dans les Sentinelles de l’air (Thunderbirds), cette émission de marionnettes d’une époque révolue.

Retour sur le stationnement étagé, pour constater que les coudes des tuyaux d’évacuation de l’eau de l’étage supérieur ont été débranchés, et rattachés à la conduite. Probablement que ce démontage se voulait temporaire.

Voici le panneau qui vous saute aux yeux quand vous quittez le stationnement de l’hôtel, l’un des seuls à ne pas être barricadé. À l’origine, le panneau n’affichait aucun badge d’autoroute ; ceux-ci ont probablement été ajoutés vers la fin des années 1980, lorsque le gouvernement fédéral a remis la route d’accès au gouvernement québécois, sauf celui dans le coin supérieur droit, qui est nettement plus récent que les deux autres, et qui fut possiblement ajouté suite aux travaux à l’échangeur A-15/A-50, il y a de cela quelques années seulement, ce qui explique que la partie en rouge soit beaucoup moins décolorée. D’ailleurs, on n’a pas cru nécessaire de remplacer l’inscription « Hull – Ottawa » par « Ottawa – Gatineau », comme ce fut fait sur tout le reste de la supersignalisation routière du grand Montréal.

Regardez bien ce panneau, car vous n’en verrez vraiment pas souvent, au Québec. Ce type de panneau, qui encourageait les usagers de la route à ralentir, était courant, dans ma jeunesse, mais a littéralement disparu avec l’accession au pouvoir du premier gouvernement péquiste de René Lévesque, en 1976. Celui-ci se trouve toujours là parce qu’il fut installé alors que le site était encore sous contrôle fédéral, tout comme la supersignalisation bilingue.

Un peu à l’ouest de l’aéroport, le long de l’A-50, l’entrée du site de quarantaine de l’aéroport, qui semble abandonné depuis de nombreuses années.

À voir l’état des lieux, il est possible de croire que l’aéroport de Mirabel, à tout le moins sous la forme d’un aéroport international, ne rouvrira plus jamais ses portes, tellement tout le site de l’aérogare semble abandonné.

D’ailleurs, le tarmac est maquillé en piste de karting, l’une des pistes d’atterrissage est transformée en piste de courses, qui sert entre autres de circuit d’entraînement pour la conduite d’ambulances, alors que les usagers de l’autre piste d’atterrissage sont soit des pilotes de F-18 américains, qui se rendent à une base d’entretien, située sur le site, et qui atterrissent à l’aide d’un fil de fer, en travers de la piste, comme sur les porte-avions, soit des pilotes de chez Bell Helicopter, qui font parfois des manoeuvres à reculons, soit des pilotes de la firme Bombardier, qui essaient les CRJ-900, dont l’assemblage est fraîchement terminé, en simulant tous les problèmes imaginables, ou encore des techniciens de Pratt & Whitney, qui se rendent sur les pistes pour tester des moteurs, et tout ce beau monde doit composer avec les pilotes d’avions cargo, dont les bases sont toujours sur le site, et ceux qui font affaire chez Hélibellule, qui a construit une aérogare de 5 millions$, récemment.

Le tout sans contrôleurs aériens sur place, puisque tout est dirigé depuis Dorval, et le fait que l’usine d’assemblage d’avions de Bombardier Aéronautique fut érigée sur le site de l’une des cinq aérogare supplémentaire, prévues aux plans, au lieu d’être construite dans la zone industrielle.

Encore une fois, un grand projet québécois (mais au départ, canadien, cette fois-ci) qui n’aura finalement pas respecté le concept original.

La Terre pour horizon Par Julien villalard Reporterre 2013/03/15 Par Julien villalard (15 mars 2013) La Terre pour horizon. Reporterre. fr

La Terre pour horizon

Lire Isabelle Autissier, c’est respirer une grande bouffée d’air marin. Son goût de la liberté, sa curiosité vivifiante, sa volonté de ne pas se laisser arrêter par les peurs, invitent à partir au large.

Mais cette liberté n’est pas la liberté égoïste du chacun pour soi. Elle s’appuie sur les règles de la mer et sur celles de la communauté humaine qui partage une même terre. Pour avoir parcouru maintes fois la planète, Isabelle Autissier en connaît les beautés et les limites, les richesses et les atteintes. Des peuples rencontrés, elle a appris le respect de l’autre dans sa différence.

Dans cet entretien, Isabelle Autissier livre ce qui fonde ses engagements, rappelle que rien n’est écrit à l’avance et que, dans une société complexe, il est grand temps d’éduquer les jeunes à s’engager et avoir foi en l’avenir.

Parce qu’Isabelle Autissier est une femme de conviction, elle est un témoin stimulant pour nous tous, citoyens du monde, désireux d’habiter autrement la planète.

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Quelques citations :

- la nature

« Nous sommes simplement habitants de la planète et notre empreinte doit être la plus légère possible. »

- la société

« Réfléchir à d’autres fonctionnements pour nos sociétés, à d’autres manières d’être. Il est urgent de fertiliser notre imagination. Cela tombe bien, la matière grise est la seule matière très largement sous exploitée. »

- l’écologie

« L’empreinte écologique d’un merlu importé d’Argentine par avion et dégusté en Europe est tout de même un peu lourde ! »

- la mer

« La mer apprend à simplifier les modes de consommation, et qu’il est plus facile d’être simple que d’être compliqué. »

- l’éducation

« Apprendre aux jeunes à organiser leur vie autour de leurs talents du mieux possible. »

« Quand l’apprentissage du danger n’a pas été bien fait, c’est la peur qui prend le dessus. »

- la liberté

« Nous avons tous peur du regard de l’autre. Pourtant, savoir s’affirmer est le prix même de notre liberté. La liberté est un combat, elle se construit. »

- la responsabilité « Inscrit dans un collectif, prendre des responsabilités relève davantage de la qualité sociale que du métier. Une qualité qui consiste à entraîner les autres sur des projets. »

- la réflexion

« Enfants, adolescents, adultes, continuez de poser et de vous poser des questions, de demander pourquoi le ciel est bleu. »

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La Terre pour horizon, Propos recueillis par Gaïa Mugler-Solana, Les Presses d’Ile-de-France, 136 pages, 9,60 €, février 2013, ISBN 978-2-7088-8143-3.

Deux millions de foyers de cuisson améliorés au Cambodge GERES Reporterre 2013/03/15 GERES (15 mars 2013) Deux millions de foyers de cuisson améliorés au Cambodge. Reporterre. fr

Deux millions de foyers de cuisson améliorés au Cambodge

Le foyer de cuisson New Lao Stove (NLS), introduit au Cambodge par le GERES (Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarités) en 2003, vient de célébrer la production et vente du numéro 2 000 000. Cet événement représente un fait majeur pour les ONG qui travaillent sur l’énergie durable des ménages des pays en développement.

Une solution à la crise écologique

En introduisant le NLS au Cambodge, le GERES cherchait une solution à la situation de crise écologique à laquelle le pays doit faire face : la demande en charbon de bois pour la cuisson des aliments, de plus en plus importante, entraîne une déforestation massive du pays.

En adaptant le foyer traditionnel utilisé par la plupart les ménages urbains, le GERES a permis d’intégrer les techniques d’efficacité énergétique simplement et à moindre coût. Plus résistant et moins énergivore, le foyer NLS a ainsi conquis des milliers de Cambodgiens. Grâce à lui, plus de 1 200 000 tonnes de bois ont déjà été préservées dans les forêts cambodgiennes.

Cette « success story » n’a pas seulement contribué à réduire la pression sur les ressources naturelles menacées au Cambodge, elle a aussi permis de créer des activités génératrices de revenus pour de nombreux producteurs et distributeurs de la filière.

Pour assurer le développement à long terme du produit, le GERES a soutenu la création d’ICOPRODAC, l’association des producteurs et distributeurs des foyers de cuisson améliorés au Cambodge. A ce jour, 253 entrepreneurs indépendants de 11 provinces en sont membres (84 producteurs et 171 distributeurs). Ils se réunissent une fois par trimestre pour décider ensemble des orientations marketing. Un micro-crédit, basé sur le système de coopérative est à la disposition des membres souhaitant développer leur activité.

La célébration du deux millionième NLS est une étape importante en 2013. Mais bientôt le GERES annoncera son retrait du projet laissant aux membres d’ICOPRODAC la gestion complète de leur association et de leurs produits. Le GERES aura alors réussi une dissémination à grande échelle d’un foyer de cuisson efficace et permis la création d’un secteur privé indépendant basé sur un modèle responsable et social.

Le projet NLS fait maintenant référence auprès des acteurs internationaux qui travaillent sur ce sujet. Ainsi la Global Alliance for Clean Cookstoves et la Fondation des Nations Unies, qui a lancé en 2012 l’initiative de l’Energy Access Practitioner Network, ont choisi cette année d’organiser leur forum à Phnom Penh, regroupant plus de 500 spécialistes en provenance du monde entier. .......................

Témoignages

A 90 km au nord de Phnom Penh dans la province de Kampong Chhnang, Phun Sophal, producteur et Sim Srun, distributeur du foyer NLS, ont voulu faire part de leur expérience.

Sophal travaillait dans une usine textile quand il a entendu parler du programme de formation à la production de foyers améliorés, proposée par le GERES.

« Je me suis dit que c’était l’occasion de me lancer dans une activité de production à mon compte. En 2009, après la formation, j’ai démarré seul dans ma maison. J’arrivais alors à produire de manière traditionnelle plus de 150 foyers par mois. Aujourd’hui je gère un centre de production qui emploie 14 membres de la communauté. Nous produisons 2 000 unités par mois. Grâce au GERES, mon réseau de distribution est solide et constant. Je peux me concentrer sur le suivi qualité des produits et la gestion des équipes. »

Srun était revendeur de poterie et de foyers quand l’aventure NLS a commencé.

« J’étais convaincu que les améliorations apportées au foyer étaient réellement avantageuses pour les familles de ma communauté, alors j’ai décidé avec ma femme de participer à la diffusion du produit sur le marché. Je travaille avec 10 producteurs et je vends environ 7000 unités par mois. Aujourd’hui, je suis l’un des deux principaux grossistes de NLS de ma province. »

Pour ces deux entrepreneurs et l’ensemble des bénéficiaires de ce projet, l’expérience NLS leur a permis d’augmenter leurs revenus fixes de manière significative. Cette stabilité financière leur permet d’appréhender l’avenir avec plus de sérénité. Ils ont renforcé leurs compétences pour développer leur entreprise et embaucher des salariés.

Changement climatique, pandémies et guerre nucléaire : les trois spectres de l’avenir proche Immanuel Wallerstein Reporterre 2013/03/15 Immanuel Wallerstein (15 mars 2013) Changement climatique, pandémies et guerre nucléaire : les trois spectres de l’avenir proche. Reporterre. Tribune — fr

Changement climatique, pandémies et guerre nucléaire : les trois spectres de l’avenir proche

Les trois phénomènes susceptibles « d’exploser » et avec lesquels nous devons compter : changement climatique, pandémie mondiale et conflits nucléaires.

J’ai déjà expliqué pourquoi, selon moi, l’économie-monde capitaliste se trouve dans une crise structurelle et pourquoi celle-ci nous conduit inexorablement à une lutte politique planétaire dont l’enjeu sera la sortie de crise. Deux solutions tenteront, dans ce contexte, de s’imposer : celle débouchant sur un système non capitaliste conservant du capitalisme ses pires caractéristiques (hiérarchie, exploitation et polarisation), et celle posant les bases d’un système fondé sur une démocratisation relative et un égalitarisme relative, c’est-à-dire un système d’un type qui n’a jamais encore existé.

Ce processus de transition systémique doit cependant prendre en compte trois impondérables ; ces trois phénomènes ont partie liée avec les développements historiques du système-monde actuel et sont susceptibles d’« exploser » – pour ainsi dire – d’ici vingt à quarante ans d’une façon violemment destructrice, avec des conséquences imprévisibles pour la lutte politique planétaire en cours.

Ces trois impondérables sont le changement climatique, les pandémies et la guerre nucléaire. On peut parler d’« impondérables », non pas quant aux dangers que posent ces phénomènes pour toute l’humanité, mais quant au moment où vont survenir les catastrophes. Nos connaissances sur ces questions sont vastes, mais il demeure tellement d’incertitudes et de différences d’appréciation parmi les spécialistes qu’il est impossible – selon moi – de savoir ce qui va se passer exactement. Examinons successivement chacun de ces points.

Le changement climatique semble un fait incontestable, sauf pour ceux qui le nient pour des raisons politiques ou idéologiques. Ses causes sous-jacentes font que le phénomène s’accélère plus qu’il ne ralentit. En outre, du fait des divergences politiques entre Etats riches et moins riches, un accord pour réduire les risques associés au changement climatique paraît tout simplement hors de portée.

La planète est si complexe du point de vue écologique et les bouleversements sont si importants que l’on ne sait pas quels types de changements vont se produire exactement. Ce qui est clair, c’est que le niveau des eaux va augmenter, qu’il augmente déjà et menace d’engloutir de vastes espaces terrestres. Il est également clair que les températures moyennes en différents endroits du monde vont se modifier – elles se modifient déjà. De plus, la situation pourra se traduire par des modifications dans la géographie des lieux de production agricole et énergétique : de nouvelles zones de production pourraient apparaître, de façon à « compenser » les graves dégâts causés en d’autres points du globe.

Le même constat peut être tiré pour les pandémies. Les énormes « avancées » médicales réalisées dans le monde au cours du siècle dernier ont permis de maîtriser de nombreuses maladies, mais, dans le même temps, elles ont créé un environnement où les microbes – le vieil ennemi de l’homme – deviennent plus résistants sous de multiples formes et génèrent de nouveaux types de pathologies très difficiles à combattre pour la médecine.

Par ailleurs, on commence, peu à peu, à se rendre compte que les microbes peuvent parfois être les meilleurs amis de l’homme. Une fois de plus, nos connaissances censément fabuleuses s’avèrent, en fin de compte, très limitées. Dans cette course contre la montre, à quelle vitesse saurons-nous acquérir de nouvelles connaissances ? Et que devrons-nous désapprendre pour être en mesure de survivre ?

Enfin, la guerre nucléaire. Je défends l’idée que les dix prochaines années vont être marquées par la prolifération nucléaire. Je n’y vois pas pour autant un danger accru de guerre entre Etats. C’est même plutôt le contraire qui devrait se produire. Les armes nucléaires revêtent fondamentalement une vocation défensive. Loin d’augmenter le risque de conflits inter-étatiques, elles en diminuent la probabilité.

Cela dit, la prolifération se caractérise aussi par plusieurs impondérables. Les motivations des acteurs non étatiques en la matière ne sont pas forcément les mêmes que les Etats. Il ne fait aucun doute que ces acteurs cherchent à mettre la main sur des armes nucléaires (ainsi que sur des armements chimiques et biologiques) pour les utiliser. Qui plus est, les capacités limitées de nombreux Etats à protéger leurs armes contre d’autres acteurs tentés de s’en emparer, ou de les acheter, pourraient en faciliter l’acquisition par des acteurs non-étatiques. Enfin, le contrôle effectif de ces armes réside fatalement entre les mains de quelques personnes : il ne faut donc jamais exclure la possibilité d’un docteur Folamour – un agent de l’Etat qui perd la tête ou vire de bord.

Il est tout à fait possible que le monde effectue sa transition globale vers un nouveau système-monde (ou plusieurs systèmes) sans connaître aucune catastrophe. Mais l’inverse peut aussi être vrai. Par ailleurs, si le monde accomplit sa transition, il est possible que le nouveau système-monde adopte le genre de mesures susceptibles de diminuer (voire d’éliminer) la probabilité de telles catastrophes.

A l’évidence, on ne peut pas attendre passivement de voir les événements se produire. Dans l’immédiat, nous devons tout mettre en œuvre pour réduire l’éventualité que l’un ou l’autre des trois impondérables n’« explose ». Dans le cadre du système-monde actuel, notre marge d’action politique est toutefois limitée. C’est pour cela que j’emploie ce mot « impondérable » : il est impossible de savoir ce qui va réellement se produire et quels seront les effets des événements sur la transition.

Je voudrais clarifier ma position. Aucun de ces événements néfastes n’est susceptible, en soi, de mettre fin au processus de transition structurelle. En revanche, ils peuvent sérieusement modifier les rapports de force politiques à l’œuvre dans la lutte. Il apparaît déjà clairement que, pour beaucoup de gens, la principale réponse aux menaces consiste à se replier sur soi-même et à favoriser les solutions protectionnistes et xénophobes, ce qui renforce par là même les partisans d’un système oppressif (fût-il non capitaliste). Cette tendance est presque partout observable. Il revient donc aux partisans d’un système relativement démocratique et relativement égalitaire d’approfondir leur compréhension des processus en cours et de redoubler d’efforts pour développer les stratégies politiques destinées à contrer ces tendances.

Comment harmoniser la retraite à 60 ans et la politique écologique que vous préconisez ? Jean-Luc Mélenchon Reporterre 2013/03/15 Jean-Luc Mélenchon (15 mars 2013) Comment harmoniser la retraite à 60 ans et la politique écologique que vous préconisez ?. Reporterre. Économie fr

Comment harmoniser la retraite à 60 ans et la politique écologique que vous préconisez ?

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Première mise en ligne sur Reporterre le 21 octobre 2010.

Halte au massacre des éléphants Pierre Pfeffer (SNPN) Reporterre 2013/03/16 Pierre Pfeffer (SNPN) (16 mars 2013) Halte au massacre des éléphants. Reporterre. Tribune — fr

Halte au massacre des éléphants

« Si nous n’étions pas là pour sauver les mammouths, nous pouvons encore sauver les élephants »

Tout récemment, le 3 septembre 2012, cinq gardes du Parc national de Zakouma, au Tchad, qui avaient imprudemment posé leurs fusils pour faire leur prière matinale, furent surpris par un groupe de braconniers et tous massacrés ! Ils sont les dernières victimes, rapportées à ce jour, de l’impitoyable guerre que mènent, depuis plus de trente ans, des bandes puissamment armées pour s’approprier l’ivoire des derniers éléphants d’Afrique.

DE PLUS EN PLUS DE MASSACRES… LES CONSÉQUENCES SONT CATASTROPHIQUES !

Ayant pratiquement exterminé les éléphants qui peuplaient les zones non protégées, les braconniers s’attaquent à présent aux populations réfugiées dans les réserves de faune et les parcs nationaux. Celui de Zakouma, bénéficiant d’une aide européenne, en hébergeait encore près de 4 000 en 2009, mais les comptages aériens entrepris par des spécialistes au cours des deux dernières années n’ont permis d’en retrouver que 614 vivants, tandis que de tous côtés, dispersés dans la savane, gisaient des cadavres d’éléphants dépouillés de leurs défenses !

Cette situation désastreuse se retrouve, hélas, pratiquement sur toute l’étendue du continent africain, même si c’est à des degrés divers, y compris dans des pays réputés pour la gestion exemplaire de leur faune sauvage. Le résultat est que la population globale d’éléphants, massacrée à un rythme voisin de 100 000 têtes par an, est tombée de près de 2,5 millions en 1970 à plus ou moins 300 000 à l’heure actuelle !

L’HISTOIRE A PROUVÉ QUE DES SOLUTIONS EXISTAIENT

Les populations d’éléphants n’ont connu qu’un bref répit d’environ sept ans, entre 1990 et 1997, essentiellement grâce à l’action de quelques scientifiques et associations, telles qu’en France la Société nationale de protection de la nature (SNPN), fondée en 1854, et qui avait, déjà en 1933, obtenu des puissances coloniales qu’elles interdisent la chasse commerciale pour l’ivoire, mais pas la chasse dite « sportive », limitée suivant les pays à 2 ou 4 éléphants par an et par chasseur.

La retentissante campagne internationale menée dans les années 1980 par ces différentes organisations a abouti, en octobre 1989, à l’interdiction du commerce de l’ivoire par la Convention sur le Commerce international des espèces menacées de faune et de flore (sigle anglais CITES) : de l’Annexe 2 de cette Convention (commerce autorisé sous contrôle), toutes les populations d’éléphants d’Afrique furent transférées en Annexe 1 (commerce totalement interdit) où figurait déjà, depuis 1975, l’éléphant d’Asie.

Cette décision s’est immédiatement traduite, sur le terrain, par une chute spectaculaire et même inespérée du braconnage, et par l’amorce, constatée par les spécialistes, d’une remontée des populations d’éléphants qui avaient cependant besoin d’un répit d’au moins vingt ans pour retrouver leurs effectifs des années 1970.

Malheureusement, les partisans du commerce de l’ivoire, et notamment l’Afrique du Sud, ont entrepris un tel « lobbying » qu’ils ont obtenu, en 1997-2000, un retour en Annexe 2 de la CITES pour les populations d’éléphants de quatre pays d’Afrique australe : Botswana, Namibie, Zimbabwe et, bien sûr, Afrique du Sud ! Le commerce, soi-disant contrôlé, mais en fait incontrôlable, a donc repris comme avant. Ces pays jouant le rôle de filière écoulaient l’ivoire braconné sur le territoire des 25 autres pays d’Afrique qui, renonçant à des profits à court terme, avaient choisi de rester en Annexe 1 pour sauver leurs derniers éléphants.

Ce trafic, exclusivement et paradoxalement accordé par la CITES à destination de la Chine et du Japon, les deux plus grands consommateurs d’ivoire, coûterait encore la vie à près de 40 000 éléphants par an, selon l’estimation basée sur les saisies opérées par les douanes de différents pays et qui ne représenteraient que 10 % de l’ivoire frauduleusement exporté !

URGENCE ABSOLUE : RECLASSER LES POPULATIONS D’ÉLÉPHANTS D’AFRIQUE EN ANNEXE 1 DE LA CITES

En conséquence, et afin de prévenir l’extinction inexorable de toutes les populations d’éléphants dans les dix années à venir, la Société nationale de protection de la nature en appelle à tous les Etats signataires de la CITES - à commencer par ceux de l’Union européenne, dont la France qui a déjà joué dans ce conflit un rôle de premier plan - pour qu’ils apportent leur soutien à tous les pays d’Afrique opposés à la reprise du commerce de l’ivoire, et plus particulièrement aux 26 Etats qui ont formé la Coalition pour l’Eléphant.

Il est primordial qu’à la prochaine conférence de la Cites, prévue en mars 2013, les Etats signataires votent pour le retour effectif en annexe I de cette convention de toutes les populations d’éléphants d’Afrique qui avaient été rétrogradées en Annexe 2 en 1997, avec les conséquences désastreuses que tous les Etats de l’aire de répartition de l’espèce ont pu constater.

Le temps nous est compté, mais comme nous l’avons déjà dit : si nous n’étions pas là pour sauver les mammouths, nous pouvons encore sauver les élephants !

Les méduses envahissent les mers en raison de la surpêche IRD Reporterre 2013/03/16 IRD (16 mars 2013) Les méduses envahissent les mers en raison de la surpêche. Reporterre. Nature fr

Les méduses envahissent les mers en raison de la surpêche

Serons-nous bientôt contraints de manger des méduses ? Depuis le début des années 2000, ces organismes gélatineux envahissent plusieurs mers du globe comme la mer du Japon, la mer Noire, la Méditerranée, etc. Une nouvelle étude scientifique montre que la surpêche est la cause principale de cette prolifération

Les prédateurs des méduses, tels que les thons ou les tortues, disparaissent du fait de la pêche. Mais les méduses profitent avant tout de la surpêche des petits poissons pélagiques. Sardines, hareng, anchois… se nourrissent comme ces cnidaires [groupe d’espèces auquel appartiennent les méduses] de zooplancton. Ils constituent leurs principaux compétiteurs pour l’alimentation.

Dans les zones où ces petits poissons sont prélevés en trop grand nombre, ils libèrent une niche écologique. Les méduses ont alors le champ libre et peuvent prospérer. De plus, les petits poissons mangent les œufs et les larves des méduses. En temps normal, ils en régulent donc la population. En leur absence, plus rien ne freine la multiplication des animaux gélatineux.

La preuve par comparaison

Pour mettre en évidence ce rôle majeur de la surpêche, les chercheurs ont comparé deux écosystèmes appartenant au même courant océanique, le Benguela, qui borde le sud de l’Afrique. Le premier est situé au large de la Namibie. Les mesures de gestion des réserves de poissons y sont peu contraignantes. A peine les stocks rétablis, la pêche redémarre de plus belle. Les méduses y colonisent aujourd’hui les eaux littorales.

Le second se trouve 1 000 km plus bas, au large de l’Afrique du Sud. La pêche y est à l’inverse très contrôlée depuis 60 ans. La population de méduses n’a pas augmenté.

La pêche en pâtit en retour

Dans les zones touchées, un cercle vicieux s’instaure. Sous l’eau, les maillons de la chaîne alimentaire sont beaucoup plus modulables que sur terre : une proie peut se nourrir de son prédateur. Les méduses dévorent ainsi les poissons à l’état larvaire. Leur prolifération empêche le renouvellement des ressources halieutiques. Cette espèce invasive menace de fait en retour la pêche. En Namibie, les quelque 10 millions de tonnes de sardines dans les années 1960 ont laissé place à 12 millions de tonnes de méduses.

Les méduses sont la bête noire des touristes. La piqûre de leurs filaments venimeux, si elle est rarement mortelle, est très urticante. Elles mettent donc en péril les activités économiques dans de nombreuses régions du monde. En particulier dans les pays qui dépendent de ces ressources, comme de nombreux pays en développement.

Ces travaux de recherche soulignent la nécessité d’une approche écosystémique de l’exploitation des mers. Autrement dit, la mise en place de mesures de gestion tenant compte de tous les niveaux du réseau trophique. Seul moyen d’après les scientifiques de ne pas avoir bientôt plus que des méduses dans nos assiettes.

Le saviez-vous ?

Sans cerveau, ni cœur, ni dents... les méduses sont de redoutables prédateurs ! Elles immobilisent leurs proies à l’aide de leurs tentacules venimeux .

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Références

Roux J-P, van der Lingen C., Gibbons M., Moroff N., Shannon L., Smith A., Cury Philippe, Jellyfication of marine ecosystems as a likely consequence of overfishing small pelagic fishes : lessons from the Benguela, Bulletin of marine science, 2013.

Philippe Cury, spécialiste des écosystèmes marins à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), publie un livre intitulé Mange tes méduses ! aux éditions Odile Jacob. Écoutez ses préconisations pour « conjurer le sort » d’une mer sans poissons (2’ 20) ici.

Le Tour de France requis de ne pas massacrer un magnifique coin des Alpes Matthieu Stelvio Reporterre 2013/03/16 Matthieu Stelvio (16 mars 2013) Le Tour de France requis de ne pas massacrer un magnifique coin des Alpes. Reporterre. fr

Le Tour de France requis de ne pas massacrer un magnifique coin des Alpes

Lettre ouverte au directeur du Tour de France à propos de la pétition : Non au passage du Tour de France au Col de Sarenne.

Monsieur,

Vous avez l’intention de faire passer le 18 juillet prochain les coureurs du Tour de France sur la route pastorale du Col de Sarenne. Nous sommes nombreux à nous inquiéter de la disproportion de l’impact environnemental que pourraient avoir les travaux afférents à l’événement et l’étape en elle-même. La pétition Non au passage du Tour de France au Col de Sarenne a ainsi récolté plus de 4 000 signatures.

Très peu fréquentée (sur 16 km, on ne compte que deux traces de civilisation : un refuge et une bergerie), la route reliant l’Alpe d’Huez à Clavans traverse un espace sauvage d’une grande richesse. Les paysages sont somptueux, la flore est luxuriante, la faune est opulente. Outre les chamois, niverolles, aigles royaux et marmottes, certaines espèces très fragiles, menacées d’extinction, sont présentes sur le site : des tétras lyre et des lagopèdes.

Au Col, on ne dénombre guère plus qu’une voiture toutes les dix minutes en période de pointe (des locaux le disent) : autant dire que nous avons affaire à une belle terre de quiétude ! D’ailleurs, compte tenu du caractère singulier de cette route pastorale, un arrêté municipal datant de 1989 y limite la vitesse à 20 kilomètres/heure.

20 km/h !? Le Tour serait-il une fois de plus au-dessus des lois ? Notez que la route est si sauvage qu’elle se confond même, par endroits, avec le célèbre GR54. Le peloton a-t-il sa place sur les chemins de randonnées du Tour des Ecrins ?

Spécifiquement pour cette étape, des travaux vont être engagés. Tenant compte de l’étroitesse de la chaussée, de son état, des éboulements récurrents, de la sinuosité de la descente, de la raideur de la pente, nous pouvons aisément imaginer que si vous tenez à ne pas envoyer trop de coureurs à l’hôpital, l’ampleur des travaux (purge, goudronnage, aménagement des virages) sera importante. Ce n’est pas un hasard si, à ce jour, le Tour de France est passé 27 fois à l’Alpe d’Huez et zéro fois à Sarenne.

Certains penseront peut-être : un peu de goudron en plus, un peu de goudron en moins, quelle importance ? Leur tort serait de faire abstraction du contexte : interposé entre les stations de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes, l’étau se resserre autour de l’Oisans sauvage ; et vous comprendrez certainement, Monsieur Prudhomme, que nous sommes nombreux à être attachés à une beauté qui, décennie après décennie, se réduit comme nos glaciers !

C’est pourquoi nous souhaitons que la tranquillité du Col de Sarenne soit respectée. Non, vraiment, nous avons beaucoup de mal à accepter que des travaux soient engagés dans le secteur pour une simple journée de vélo. (C’est à Sarenne que j’ai vu pour la première fois des chamois, ne les faites pas fuir !)

Nous ne sommes pas dupes, et restons persuadés que ces premiers « aménagements » de la route pastorale pourraient être les prémices d’une dénaturation beaucoup plus importante du site ; en témoigne ce propos du maire de l’Alpe d’Huez : « [Ce premier passage du Tour de France] offre beaucoup de possibilités pour le futur ». Qu’entend-il au juste ? Démentirait-il que, par le passé, certains entrepreneurs ont clairement manifesté leur désir de relier la station de l’Alpe d’Huez à Clavans ?

Vous nous rétorquerez sans doute que pour faire passer le Tour de France par Sarenne, vous avez obtenu l’autorisation des maires concernés ; mais n’oubliez pas que si l’Oisans appartient à ceux qui y vivent, il appartient également à tous. Sa richesse fait partie du patrimoine commun de ceux qui ont aimé la montagne, de ceux qui l’aiment et de ceux qui la découvriront ; en somme : de nous tous !

En 2011 déjà, l’arrivée au Cap Fréhel, au beau milieu de « landes uniques en Europe », n’a-t-elle pas été qualifiée « d’hérésie » par un professeur d’Université spécialisé en environnement ? Répondez-nous !

L’an dernier, pour subvenir aux besoins de votre entreprise, le sommet de la Planche des Belles Filles n’a-t-il pas été rasé et bétonné ? Répondez-nous !

A Sarenne, la foule, les véhicules, les travaux, les hélicos auraient-ils un impact positif sur l’environnement ? Répondez-nous !

Pour une simple journée de course, tout ce remue-ménage dans ce vaste espace sauvage est-il raisonnable ? Répondez-nous !

De tels comportements ne sont-ils pas à l’origine de la catastrophique accélération de l’érosion de la biodiversité, de la crise écologique actuelle, de la crise sociale qui en découle ? Répondez-nous !

Imaginez que nous soyons sept milliards à agir de la sorte, à impacter durablement la nature pour 30 minutes de divertissement : que deviendrait notre planète ? Répondez-nous !

Nous sommes plus de 4 000 à vous demander de respecter Sarenne, ce sublime sanctuaire sauvage ; et nous vous invitons à modifier le tracé de l’étape du 18 juillet en suivant un autre itinéraire qui pourrait être : Bourg d’Oisans – Huez – Villard Reculas – Allemont – Bourg d’Oisans – Alpe d’Huez. Ainsi, le profil de votre course ne serait que très peu affecté, et Sarenne demeurerait encore et toujours en paix !

« Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. » disait Gandhi.

Ayez cette phrase en tête. Agissez en votre âme et conscience.

La pétition

La décroissance Nicholas Georgescu-Roegen Reporterre 2013/03/18 Nicholas Georgescu-Roegen (18 mars 2013) La décroissance. Reporterre. fr

La décroissance

Ce livre est le meilleur moyen d’accéder directement à la pensée de Nicholas Georgescu-Roegen, l’économiste qui a fondé l’analyse économique de la décroissance. A l’occasion de sa réédition (le livre avait d’abord été intitulé Demain la décroissance), nous reprenons, avec l’accord de la revue Entropia et de Jacques Grinevald, des extraits de la présentation de celui-ci

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Nicolae Georgescu est né à Constanza, en Roumanie, le 4 février 1906, dans une famille économiquement modeste (son père, officier exclu de l’armée, meurt en 1914, à la veille de la Grande Guerre). Malgré les difficultés de l’époque, sa vocation de mathématicien s’est très vite affirmée, elle a été remarquée par ses premiers maîtres, Gheorghe Radolescu, puis, dès 1918, par Octav Onicescu, éminent professeur de calcul des probabilités et directeur de l’Institut de Statistique de Bucarest.

En novembre 1927, boursier de son pays, Georgescu arriva à Paris où il mena une vie d’étudiant très studieux à la Faculté des sciences de la Sorbonne (pour une thèse avec Emile Borel). Il sera docteur en statistique mathématique, “mention très bien, avec les félicitations du jury“, en 1930. Il a assimilé l’héritage des plus grands mathématiciens à l’Institut Henri Poincaré. Ensuite, il passa deux ans auprès du vénérable Karl Pearson (1857-1936) à Londres, approfondissant ses connaissances en statistique mathématique, mais aussi en biométrie, en biologie mathématique des populations et en épistémologie.

De 1932 à 1946, non sans turbulences et drames politiques, il sera professeur de statistique à l’Université de Bucarest. Entre temps, en 1934-36, boursier de la Fondation Rockefeller, il fit un extraordinaire séjour aux Etats-Unis. A Harvard, sa rencontre inattendue avec Joseph Schumpeter, le célèbre directeur du département d’économie, va l’orienter vers l’économie, théorique et appliquée. Il se lie d’amitié avec Léontief et Samuelson. À la fin des sombres années 30, Georgescu rejoint le Parti national paysan et résistera, aux côtés de Juliu Maniu, aux fascistes et aux communistes.

Aux lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, en pleine nuit, le 13 février 1948, menacé de mort (à plus d’un titre) par le nouveau régime communiste qui s’est imposé avec l’aide des Soviétiques, il s’enfuit clandestinement de sa patrie, au risque de sa vie, avec sa femme Otilia Busuioc (sa camarade mathématicienne qu’il a épousée en 1934). Arrivé à Constantinople, en Turquie, il est désormais sous la protection des autorités américaines. Comme bien d’autres réfugiés, Georgescu et sa femme traversent l’Atlantique pour le Nouveau Monde.

Le couple arrive aux Etats-Unis en été 1948. Georgescu est accueilli à nouveau à Harvard. Il retrouve Vassily Leontief, Paul Samuelson, Tjalling Koopmans (le directeur des recherches à la Cowles Commission), et bien d’autres stars (comme John von Neumann) qui transforment l’économie en discipline mathématique (de 1951 à 1968, Georgescu fait partie de la rédaction de la revue Econometrica). Fin 1949, il est appelé (George W. Stocking) comme professeur d’économie à l’Université Vanderbilt, à Nashville (Tennessee). Il y fera une brillante carrière académique, jusqu’à sa retraite en 1976. Il est devenu citoyen américain en 1954 (en pleine guerre froide). De 1973 à 1975, il a été membre du comité sur les ressources minérales et l’environnement de l’Académie nationale des sciences.

Ses livres de 1966, 1971 et 1976, certes impressionnants, vont faire problème pour l’establishment, car ils réclament un changement de paradigme radical, mais ses confrères ne sont pas prêts à assumer. Ils vont préférer le déni et l’ignorance. Dans les années 1980, notre prestigieux auteur de The Entropy Law and the Economic Process élargit ses critiques aux illusions des environnementalistes et des néo-énergétistes de la mouvance du sustainable development. Economiste hétérodoxe dans les années 50, hérétique dans les années 60-70 ; il devient, dans les années 1980, le dissident par excellence de la science (économique) dominante de l’Occident. Fait exceptionnel, il démissionne de l’American Economic Association (dont il était distinguished fellow) en 1985 !

Malade depuis quelques années, il meurt à Nashville le 30 octobre 1994, dans un scandaleux silence. Sa solitude intellectuelle, presque totale à la fin de sa vie, est une tragédie qui fait honte à la science économique américaine. Certains de ses collègues, aussi bien économistes que scientifiques, le croyaient mort depuis longtemps !

(…)

Je veux parler ici de l’époque où Georgescu-Roegen défendait publiquement, avec de plus en plus d’arguments, son nouveau paradigme épistémologique et ontologique, sa nouvelle « perspective bioéconomique » (véritablement révolutionnaire) qui ne rencontra qu’une fin de non recevoir de la part de ses collègues (qu’il cherchait sincèrement à convaincre et à convertir). D’une manière plus générale, je crois que le message de Georgescu-Roegen était tout simplement incompatible avec le système scientifico-militaro-industriel (S.S.M.I.) qui domine l’Histoire de notre modernité à l’échelle du monde. J’ai connu l’époque où le professeur Georgescu-Roegen, au sommet de sa réputation scientifique et de sa notoriété académique, lançait dans le débat public son « programme bioéconomique minimal », en réaction non seulement contre la « growthmania », la folie de la croissance soutenue par ladite science économique, aussi bien d’inspiration marxiste que libérale ou néoclassique, mais encore (et cela n’a pas toujours été bien vu) en opposition à l’alternative – illusoire à son avis – de la fameuse « steady-state economy » propagée par Herman E. Daly, son ancien étudiant à Vanderbilt.

(…)

La première fois que j’ai vu et entendu Georgescu, j’ai repensé à l’hérétique Galilée. Dès 1977, j’ai lancé publiquement la comparaison, et je ne le regrette pas : le « message terrestre » de Georgescu-Roegen est, à mon sens, à mettre en parallèle avec le « message céleste » que Galilée publia en 1610 et dans lequel il annonçait au monde des choses que personne n’avait jamais vues. Les temps ont changé. La différence tient à l’essor et à la sociologie de la science moderne. Galilée (“jugé véhémentement suspect d’hérésie“) était à peu près seul au milieu d’un petit nombre d’initiés à la philosophie naturelle (la science). L’hérétique Georgescu, au fond, était aussi à peu près isolé parmi les économistes mainstream, qui sont très nombreux, et il l’était aussi parmi les physiciens qui jouent, plus que jamais , avec les « démons de Maxwell » ! Cependant, après Georgescu-Roegen, un nombre croissant d’écologistes et d’objecteurs de croissance disent maintenant fondamentalement la même chose (même s’il reste encore bien des confusions et des malentendus à dissiper).

À propos de la publication de Demain, la décroissance

C’était en 1979, à Lausanne (la ville suisse de l’école de Walras et Pareto). Ce titre, Demain la décroissance, fut en fait adopté à la dernière minute, lors d’une discussion animée, dans le bureau, 29 rue de Bourg (Lausanne), de notre éditeur de la dernière chance : Pierre-Marcel Favre, trouvé par Ivo Rens – sur les conseils de Jean Rossel (1918-2006), physicien de Neuchâtel qui venait de publier chez Favre L’enjeu nucléaire (essai critique qui joua un rôle non-négligeable dans le mouvement anti-nucléaire suisse).

Nos démarches à Paris avaient toutes échoué. Même le vénérable Armand Petitjean (mon premier contact en 1975 pour cette traduction française de Georgescu-Roegen), qui avait transporté sa collection « Ecologie » (Fayard) aux Editions du Seuil (« Equilibres »), n’avait pas réussi à faire publier, comme il le souhaitait, en même temps Prigogine et Georgescu-Roegen.

Suite à ce double échec, Armand Petitjean (1913-2003), à qui je dois personnellement une autre amitié essentielle, se retira définitivement du monde de l’édition. Ma première idée – « entropie-écologie-économie » – pour ce petit recueil destiné à faire connaître les thèses bioéconomiques de Georgescu-Roegen n’était manifestement pas un titre très accrocheur ! J’avais à l’esprit Entropie – Information – Irréversibilité, le sous-titre du très beau petit livre, grandiose et fascinant, du physicien et cybernéticien Olivier Costa de Beauregard : Le Second Principe de la Science du Temps (Seuil, 1963).

Avec Ivo, notre première idée avait été de traduire “Bio-economic Aspects of Entropy“ (Georgescu-Roegen, 1975), en plus de la conférence du 3 décembre 1970 intitulée The Entropy Law and the Economic Problem (qui donnait un résumé magistral de The Entropy Law and the Economic Process – deux titres à ne pas confondre).

Malheureusement, les éditeurs ne répondirent pas à la demande d’autorisation écrite par Georgescu lui-même. Au printemps 1975, Georgescu m’envoya sa conférence de 1972 à Yale, “Energy and Economic Myths“, enfin publiée aux Etats-Unis, en janvier 1975, après bien des difficultés. Ce texte magistral, assez polémique, notamment avec ses multiples ajouts et son appareil critique, incluait bien le « programme bioéconomique minimal » (Georgescu-Roegen, 1975) que j’avais transcrit en juin 1974. Nous fûmes désormais bien convaincus, Ivo et moi, qu’il nous fallait traduire « L’énergie et les mythes économiques » en français. Il faut rappeler que les rapports entre l’écologie et l’économie n’étaient pas encore vraiment à la mode, malgré l’ancienneté des racines de cette question. On le comprend aisément, il n’était pas question, pour notre éditeur suisse, qui visait le grand public, d’employer un terme aussi ésotérique que entropie dans notre titre.

Favre voulait un titre moins savant, plus frappant. Je me souviens bien de sa réaction hilare lorsque, dans notre discussion à trois, dans son bureau, en janvier 1979, j’ai lancé, sans me prendre trop au sérieux : Demain la décroissance ! Cela nous sembla parfaitement correspondre au « message terrestre » de Georgescu-Roegen (et l’idée était explicite dans le livre et dans notre préface). A vrai dire, je venais de lire un livre intitulé Demain le capitalisme, d’un certain Henri Lepage, un économiste libéral qui, lui, n’avait strictement rien à dire sur l’écologie des ressources et la crise de l’environnement, et qui ignorait, évidemment, les thèses hétérodoxes du professeur Georgescu-Roegen.

Favre, nouveau venu en Suisse romande dans le monde de l’édition, et qui ne manquait ni d’audace ni de malice, adopta immédiatement cette expression iconoclaste de Demain la décroissance. Cette formule convenait bien aussi à Ivo Rens, qui était maintenant impatient (comme Georgescu) de voir enfin paraître cette traduction française, après tant de refus et d’atermoiements dans le monde (parfois désinvolte) de l’édition parisienne.

Revenons aux sources de la décroissance !

Tout a donc bien commencé publiquement, pour ainsi dire, avec la publication, au printemps 1979, de ce petit volume Demain la décroissance. Je l’avais composé et préfacé, en collaboration avec mon professeur et ami Ivo Rens (dont j’étais alors l’un des assistants en histoire des doctrines politiques). Au départ, il devait comprendre deux textes. Le troisième fut ajouté en 1977 sur l’insistance de notre ami Nicholas qui trouvait qu’il y exprimait clairement sa critique de l’illusion écologiste de l’état stable ou stationnaire et sa critique du dogme néo-énergétiste qui oublie que la loi de l’entropie s’applique aussi à la matière économiquement utilisable (« matter matters, too »).

L’initiative de ce livre et son titre étaient entièrement de nous deux, Ivo et moi, et non de Georgescu-Roegen (Demain la décroissance n’avait pas d’équivalent en anglais). Notre économiste hétérodoxe, comme il se présentait lui-même, accueillit très favorablement notre démarche, nous encourageant du mieux qu’il pouvait. Je l’ai consulté plus d’une fois sur des points précis ; j’ai aussi discuté la préface avec lui à Strasbourg en 1978. Le thème et le terme de décroissance (en français) revenaient souvent dans nos discussions sur l’avenir de « la phase industrielle » de l’évolution de l’humanité.

Cela, évidemment, heurtait de front non seulement la growthmania des économistes, aussi bien marxistes que libéraux, que notre conception progressiste eurocentrique de l’histoire des modes de vie et des sociétés humaines. Cette traduction en français de textes « bioéconomiques » de Nicholas Georgescu-Roegen fut une réelle aventure, commencée, comme on vient de le voir, avec ma rencontre avec Georgescu-Roegen et ma collaboration avec Ivo Rens à la Faculté de droit de l’Université de Genève.

C’est dès 1975 que l’idée de traduire l’hérétique Georgescu nous mena finalement à un titre plus polémique et plus prophétique que prévu au départ. Notre chapitre II, “l’énergie et les mythes économiques“, le plus important, contient explicitement la perspective de la transition inéluctable vers la décroissance, telle qu’elle était pensée par Georgescu-Roegen (qui citait significativement M. King Hubbert et le numéro spécial du Scientific American de 1970 sur « the Biosphere ») au moment où il prenait part au débat sur la « crise de l’énergie » et « les limites à la croissance ».

Sa position nuancée vis-à-vis du Rapport Meadows pour le Club de Rome a récemment fait l’objet d’une remarquable mise au point, basée sur les archives Georgescu-Roegen déposées à la bibliothèque de la Duke University (Levallois, 2010).

L’intérêt pour Ivo et moi était double : participer nous-mêmes à la critique de la croissance économique et faire connaître le point de vue révolutionnaire (épistémologique, ontologique, éthique et politique) d’un économiste chevronné, un temps le « darling » des économistes mathématiciens américains, ami et rival du célèbre Paul Samuelson (1915-2009), et que le grand public – y compris celui, minoritaire, de sensibilité écologiste – ignorait encore totalement.

Ensuite, j’ai repris ce travail pour présenter une nouvelle édition, entièrement révisée et augmentée, avec l’appareil critique qui manquait, et cette fois, d’entente avec Dominique Bigourdan qui m’accueillait aux Editions Sang de la terre, l’ouvrage fut intitulé La Décroissance.

Parce que demain, c’était hier ; parce que la décroissance, maintenant, c’était aujourd’hui ! Ce titre frappa davantage. De plus, grâce aux contacts d’Ivo Rens au Canada, cette édition fut mise en ligne, gratuitement, sur le site de la bibliothèque numérique « Les classiques des sciences sociales » créée et animée par le sociologue québécois Jean-Marie Tremblay.

En 2008 est paru une deuxième édition de La Décroissance (ou troisième édition du livre de 1979), avec encore quelques corrections et améliorations (notamment dans les notices des auteurs cités). C’est un outil de travail, de recherche, un work in progress.

Jacques Grinevald

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- La décroissance, par Nicholas Georgescu-Roegen, introduction par Jacques Grinevald et Ivo Rens, éd. Sang de la Terre, 302 p.

La terre à ceux qui la travaillent Esther Vivas Reporterre 2013/03/18 Esther Vivas (18 mars 2013) La terre à ceux qui la travaillent. Reporterre. Tribune — fr

La terre à ceux qui la travaillent

Au début du XXe siècle, Emiliano Zapata, paysan et symbole de la Révolution mexicaine, exigeait « La terre à ceux qui la travaillent ». Plus de cent ans ont passé et ce mot d’ordre conserve toute son actualité.

La terre est une source de profit pour quelques uns, que ce soit ici ou à l’autre bout de la planète. Dans l’Etat espagnol, le boom immobilier a laissé un héritage d’urbanisations en ruines, d’aéroports pratiquement sans avions, de villages fantômes, de grandes infrastructures en désuétude… Une réalité dont la photographe Julia Schulz-Dornburg a brillamment tiré le portrait dans son livre/inventaire Ruines modernes, une topographie du profit.

Dans les pays du Sud, la soif du profit avec la terre expulse des paysans, des peuples indigènes et impose la monoculture pour l’exportation, de grandes infrastructures au service du capital ou la spoliation des ressources naturelles.

L’oligarchie au pouvoir en tire profit et négocie dans l’ombre des combines urbanistiques, signe des projets d’aménagement du territoire et transforme le sol rustique en sol urbanisable. Les cas de corruption se multiplient. La culture du pot-de-vin est à la mode. Il se développe ainsi un nouveau caciquisme qui réalise de grandes affaires sur le dos et aux dépens des citoyens et du territoire.

Sous d’autres latitudes, l’histoire se répète. Les gouvernements corrompus sont les meilleurs alliés des investisseurs qui veulent acquérir rapidement des terres bon marché. D’après un rapport d’Oxfam, on vend à des investisseurs étrangers tous les six jours une superficie équivalente à la taille de la ville de Londres. C’est la fièvre de la terre.

La privatisation et l’accaparement des terres sont à l’ordre du jour. Qu’y a-t-il de plus profitable que ce dont nous avons besoin pour vivre et pour manger ? Comme l’a amplement documenté l’organisation internationale GRAIN, la crise alimentaire et financière qui a éclaté en 2008 a donné lieu à un nouveau cycle d’appropriation des terres à l’échelle globale.

Dans l’objectif d’assurer au-delà de leurs frontières la production de nourriture pour leurs populations, des gouvernements, des entreprises de l’agro-industrie et des investisseurs (fonds de pensions, banques), avides d’investissements nouveaux et rentables, achètent depuis lors des terres fertiles dans les pays du Sud. Une dynamique qui menace l’agriculture paysanne et la sécurité alimentaire des pays concernés.

Les peuples indigènes expulsés de leurs territoires constituent le fer de lance du combat contre la privatisation de la terre. Une lutte qui n’est pas nouvelle et dont Chico Mendes, « seringueiro » (ouvrier cueilleur de latex), célèbre pour son combat en défense de l’Amazonie et assassiné en 1988 par des latifundistes brésiliens, fut une des principales figures emblématiques.

Chico Mendes impulsa l’Alliance des Peuples de la Forêt, rassemblant des indigènes, des seringueiros, des écologistes et des paysans contre les multinationales du bois et revendiqua une réforme agraire accordant la propriété communautaire de la terre et son exploitation en usufruit par les familles paysannes. Comme il le disait souvent : « Il n’y a pas de défense de la forêt sans défense des peuples de la forêt ».

Sans aller plus loin, ici, dans l’Etat espagnol, le Syndicat des Ouvriers de la Campagne (SOC), qui fait partie du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT), est l’une des principales références quant à la lutte pour la terre et en défense des droits des travailleurs agricoles journaliers. Depuis plus d’un an, ils occupent et exploitent la propriété de Somonte, à Palma del Río (Cordoue), une terre que la Junta de Andalucía se disposait à vendre en dépit du fait que 1.700 personnes sont au chômage dans cette localité.

L’objectif des occupants est que cette propriété soit exploitée par des coopératives de journaliers au chômage au lieu de passer dans les mains de banquiers et de grands propriétaires terriens. Somonte est un symbole de la lutte du SOC et du SAT, tout comme l’est également la municipalité de Marinaleda et tant d’autres projets dont ils sont à l’initiative.

En Catalogne, aujourd’hui, un exemple très éclairant de la manière dont les intérêts privés s’imposent au détriment des besoins sociaux et collectifs dans l’utilisation de la terre est offert par la masía (ferme traditionnelle catalane, NdT) Can Piella, avec ses terres attenantes et qui se situe dans les rares zones rurales qui subsistent dans la région métropolitaine de Barcelone.

Abandonnée depuis plus de dix ans, elle a été occupée par un groupe de jeunes qui a créé une association qui compte aujourd’hui 2.000 associés. Ils ont restauré la ferme, relancé l’activité agraire avec un potager communautaire, revitalisé son environnement et l’ont ouverte aux villages voisins ; La Llagosta, Santa Perpètua de Mogoda et Montcada i Reixac. Actuellement, après trois ans et demi de fonctionnement, un ordre d’expulsion menace le projet. La compagnie immobilière qui, pendant une décennie a abandonné la ferme et qui n’a aucun projet pour elle, la réclame.

Au début du XXe siècle, Emiliano Zapata, paysan et symbole de la Révolution mexicaine, exigeait « La terre à ceux qui la travaillent ». Plus de cent ans ont passé et ce mot d’ordre conserve toute son actualité.

Alter-Conso : quand une coopérative esquisse l’économie et les emplois de demain Sophie Chapelle (Basta Mag) Reporterre 2013/03/18 Sophie Chapelle (Basta Mag) (18 mars 2013) Alter-Conso : quand une coopérative esquisse l’économie et les emplois de demain. Reporterre. fr

Alter-Conso : quand une coopérative esquisse l’économie et les emplois de demain

C’est une coopérative née dans la banlieue lyonnaise : Alter-Conso fournit une alimentation de qualité à plus de 700 familles tout en ayant créé huit emplois et en permettant aux agriculteurs locaux de vivre de leur travail. Un laboratoire de l’entreprise et de l’économie de demain, qui se développe dans l’indifférence des pouvoirs publics… Reportage.

Se faufilant entre les caisses de fruits et légumes, Sam répartit les « paniers solo », « couples » et « familles ». Evelyne sort des bureaux administratifs pour s’atteler à la préparation des « paniers goûters », pendant que Roger livre sa farine de sarrasin dans le coin épicerie. L’organisation est parfaitement rodée.

Au fond de l’entrepôt, Thomas s’active à la préparation des « caisses d’échanges », qui permettent à un consommateur d’échanger un produit qui lui déplaît. Nous sommes à Décines, dans la banlieue lyonnaise, au sein d’une nouvelle manière d’envisager l’entreprise, la vente de produits alimentaires, le travail et l’économie en général. Un laboratoire du commerce en circuits courts.

Alter-Conso se lance en 2006. A l’époque, ils sont plusieurs producteurs et consommateurs à vouloir dépasser les contraintes des traditionnelles Amap (Association de maintien pour une agriculture paysanne), où la logistique, comme la répartition et la distribution des paniers, sont assurées par des bénévoles.

« Avec l’appui de producteurs, nous avons fait le choix de rémunérer progressivement ces emplois », explique Thomas. Sept ans plus tard, la coopérative compte 46 producteurs, environ 740 adhérents consommateurs et distribue des paniers de produits agricoles locaux, chaque semaine, dans 14 quartiers de Lyon et de ses environs. Huit salariés employés à temps partiel assurent le travail de mise en relation entre l’ensemble des adhérents et des producteurs.

Rien à envier aux supermarchés

Les coopérateurs d’Alter-Conso sont parvenus à professionnaliser la structure tout en garantissant des emplois pérennes. Au point de concurrencer les grandes surfaces ? L’idée peut faire sourire, mais Alter-Conso réalise un chiffre d’affaires de 104 000 euros par salarié [1] contre 250 000 euros en moyenne dans la grande distribution, selon les calculs réalisés par Patrick Mundler et Lucas Rumpus de l’Isara Lyon, dans le cadre d’un projet de recherche portant sur l’agriculture biologique en Rhône-Alpes.

Deux fois plus d’emplois créés que dans les supermarchés

La coopérative est donc en capacité de créer deux fois plus d’emplois que les systèmes classiques de distribution alimentaire. Grâce à son fonctionnement plus artisanal et des charges plus faibles, notamment en immobilisations de capital. Surtout, différence essentielle avec la grande distribution où le travail est souvent répétitif et parfois pénible, la coopérative assure créer des « emplois de qualité ».

« Le temps partiel est un choix volontaire », tient à souligner Sam, salarié depuis quatre ans. « Avant de travailler ici, je faisais 35h dans la photocomposition. En rejoignant Alter-Conso, je déconstruis ce j’ai pu apprendre par rapport au travail classique où l’on n’est pas du tout acteur. Là, je contribue à l’avenir d’une agriculture paysanne de qualité, tout en ayant du temps pour faire d’autres choses. »

Les contrats étaient de 24h par semaine, rémunérés 1,4 fois le SMIC. Récemment, pour compenser une partie du travail réalisé bénévolement (comme les temps de réunions et de discussions stratégiques), les contrats sont passés à 30h. Mais le taux horaire a été revu à la baisse. De quoi générer quelques frustrations malgré la volonté de retrouver des marges de manœuvres financières.

« Un autre rapport au salariat »

« C’est un métier très varié où il faut à la fois beaucoup de relationnel, savoir animer des réunions, savoir utiliser plusieurs logiciels informatiques, et faire beaucoup de manutention », confie Evelyne. Une véritable « polycompétence » ! Pour améliorer la rotation des tâches, une organisation en cinq pôles a été mise sur pied depuis 2011. Chacun tourne tous les six mois. Deux salariés peuvent ainsi être en charge du suivi de la comptabilité et de la gestion de janvier à juin, puis s’occuper de la communication et de l’animation de juillet à décembre.

« C’est essentiel qu’il y ait une polyvalence entre nous, assure Sam. C’est ce qui a permis par exemple à l’un des salariés de prendre une année sabbatique. On crée un autre rapport au salariat ». Sans l’appui d’aucune subvention publique ni de contrat aidé.

Alter-Conso a obtenu le statut de Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) en 2008. Son conseil d’administration est composé de quatre collèges : les consommateurs, les salariés, les producteurs et les sympathisants. Les trois premiers collèges disposent respectivement de 30 % des parts sociales, et les sympathisants de 10 %.

« La SCIC est un modèle où les décisions et les pouvoirs sont discutés, partagés, et où chacun doit donner son avis sur le principe d’une personne égal une voix », rappelle Sam. Les conseils de coopération, des ateliers de réflexion, des groupes de travail thématiques, qui réunissent des producteurs, consommateurs et salariés, rythment la vie de la coopérative. Ils permettent de débattre et de trancher les grandes décisions. Et de partager au mieux les responsabilités.

Des prix décidés collectivement

Les prix sont également fixés collectivement, lors de réunions de filières, deux fois par an. Les consommateurs peuvent participer à ces réunions et exprimer leurs positions quant au fonctionnement, à la qualité des produits, ou aux améliorations à apporter.

« Mais nous manquons de temps pour bien expliquer le coût de production de nos produits », confie Guillaume Gontel, maraîcher biologique. Selon les formules, les prix des paniers varient de 7 à 16 euros [2]. L’ensemble des consommateurs paient le produit à sa valeur réelle et l’argent est entièrement reversé au producteur.

Du coup, quelles sont les ressources de la coopérative ? Les services proposés par la coopérative sont facturés en fonction de la situation financière des adhérents – consommateurs comme producteurs – via les frais de fonctionnement (salaires, loyers, transports...) [3]. Ces frais sont payés pour moitié par les adhérents selon leur revenu, et pour moitié par les producteurs selon leur chiffre d’affaires. Le taux de participation est discuté entre les acteurs de la Scic. Ainsi, les personnes au RSA ou au minimum vieillesse ne paient pas davantage que les paniers qu’ils achètent.

Soutenir la conversion en agriculture biologique

Pour la coopérative, il est important de faire évoluer simultanément les pratiques et les modes de consommation afin d’avoir une action cohérente. « Pour un producteur, disposer d’une visibilité sur plusieurs mois côté trésorerie peut contribuer au déclic pour passer en bio relève Sam. Mais on reste évidemment attentif à d’autres critères comme la taille humaine de l’exploitation. »

Les coopérateurs ont voté en assemblée générale le fait que l’ensemble des producteurs qui entraient dans la coopérative devaient s’engager dans une démarche d’agriculture biologique. Au démarrage de l’activité, un seul maraîcher pratiquait une agriculture répondant au cahier des charges de l’agriculture biologique. Aujourd’hui ils sont quatre sur six à s’y être convertis.

Les membres d’Alter-Conso sont bien conscients de la difficulté de passer en bio selon les filières. « Pour les fruits, c’est très long, souligne Guillaume Gontel. Il faut parfois recréer un nouveau verger, recourir à d’autres variétés. J’étais contre le fait d’imposer le bio tout de suite, mais il faut reconnaître que progressivement on y arrive ». Ce maraîcher commercialise ses légumes via des systèmes de paniers depuis les années 90, mais reconnait une capacité de diffusion plus large via le réseau d’Alter-Conso.

« Nous sommes libérés de la gestion des paniers tout en ayant une sécurité sur nos ventes. On gagne en économie d’échelle au niveau des transports car les volumes fournis sont plus conséquents qu’avec les Amap. » Le partage des risques avec les adhérents et la garantie de revenus fixes et « équitables » contribuent à rapprocher paysans et salariés.

Fruits et légumes compétitifs

Ce mercredi-là, c’est Clément, salarié d’Alter-Conso, qui assure la distribution à l’espace associatif de Vaulx-en-Velin. Il est accompagné par Claude, producteur de fruits rouges. Comme à chaque distribution, un producteur est présent sur place. « Selon les lieux on distribue de 25 à 75 paniers. Chez les consommateurs, il y a encore une certaine crainte de s’engager sur les paniers. C’est vu comme une contrainte alors que ce n’est pas très cher compte-tenu de la qualité », confie Claude.

« Personnellement, j’ai fait les comptes, et c’est très compétitif avec les grandes surfaces souligne Chantal, adhérente depuis le lancement de l’initiative. Et puis c’est extrêmement sympathique, j’ai l’impression d’être en famille. »

Le soutien à la création d’emplois est déterminant pour Claudine. « Quand l’espace associatif a relayé leur projet, j’ai immédiatement adhéré car je voulais les aider à travailler. Maintenant, je ne pourrais plus m’en passer. Je ressens vraiment le goût des légumes et de la bonne viande, ça me rappelle mon enfance ! », lâche-t-elle.

L’abonnement à Alter-Conso dure six mois et permet à une famille d’y voir plus clair dans son budget alimentaire. Claudine et Emmanuel arrivent, accompagnés de leurs enfants. « On cherchait une solution pour avoir des produits de confiance, naturels, avec un contrat avec les producteurs », explique Emmanuel. « Le fait de ne pas savoir à l’avance ce que je vais manger me permet d’innover », ajoute Claudine, ravie. L’affaire de la viande de cheval a conforté nombre d’entre eux dans la volonté de poursuivre leur abonnement.

Travail d’éducation populaire

Centres sociaux, MJC, espaces associatifs... Les lieux de distribution ne sont pas uniquement des aires d’accueil pour Alter-Conso qui leur a proposé de rejoindre le collège « sympathisants ». L’enjeu : insuffler une dynamique commune et prendre une part active dans les orientations futures de la coopérative.

« Dans le cadre des centres sociaux, nous aidons aussi à la création d’emplois. A titre personnel, j’étais déjà sensibilisé aux circuits courts, et leur distribution hebdomadaire contribue vraiment à l’animation de vie de quartier », témoigne Jean-Paul Vilain, directeur du centre social de Gerland.

Le directeur du centre social aimerait aller plus loin dans la démarche. « Alter-Conso a déjà été partenaire de notre carnaval en assurant les goûters pour les enfants et la vente de bières locales à la buvette. Mais on pourrait imaginer que les cours de cuisine que l’on dispense une fois par semaine s’inspirent davantage des recettes données par Alter-Conso ».

Une idée qui plaît au maraîcher Guillaume Gontel : « Les consommateurs ont toujours tendance à complexifier la préparation des légumes alors que ce sont des produits très simples à cuisiner ». L’idée d’un atelier cuisine les rend enthousiaste. Reste la question du temps et des financements. « Aucune mairie n’a pour le moment accepté de nous financer dans cette démarche », déplore Sam. Les collectivités locales qui partagent les valeurs d’Alter-Conso ont la possibilité d’entrer au collège des sympathisants. Sans succès pour le moment...

Essaimer au lieu de monopoliser

C’est donc sans aucun financement public qu’Alter-Conso a rapidement grandi. « Après les premières années de lancement s’est posée la question de la forte demande à satisfaire », relate Sam. L’idée d’augmenter le nombre de salariés pour réaliser plus de ventes et pousser les producteurs à devenir intensifs, ne correspondait pas au sens du projet. Les coopérateurs ont alors fait le choix de fixer un seuil de 800 consommateurs à ne pas dépasser.

« La solution est de se lancer dans l’essaimage de structures identiques à la nôtre pour promouvoir un système économique qui correspond à nos valeurs », ajoute Sam.

Deux structures sont nées de ce processus, Croc’Ethic et l’Arbralégumes, qui partagent aujourd’hui l’entrepôt d’Alter-Conso et qui, elles-aussi, créent des emplois. « Ce type de projets est essentiel pour dynamiser une coopérative comme Alter-Conso. Si l’on veut continuer à changer le monde, nous avons besoin d’un développement politique », confie Sam. Si tout le monde pouvait s’en inspirer...

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Notes

[1] Sur la base du chiffre d’affaires global de la SCIC Alter-Conso en 2010.

[2] Panier Solo : 7 euros ; panier couples : 11 euros ; panier Famille : 16 euros.

[3] Un pourcentage différent s’applique selon les situations : - 20 % de frais de fonctionnement : plein tarif ; - 10 % de frais de fonctionnement : personnes non imposables (hors crédit d’impôt), chômeurs ayant une indemnité journalière inférieure à 30 euros, étudiants de moins de 26 ans, abonnements de plus de 3 paniers hebdomadaires ; - 0 % de frais de fonctionnement : RSA, minimum vieillesse.

A Nantes, le niveau sonore du périphérique est beaucoup trop élevé Collectif Anti-bruit Nantes Erdre Reporterre 2013/03/18 Collectif Anti-bruit Nantes Erdre (18 mars 2013) A Nantes, le niveau sonore du périphérique est beaucoup trop élevé. Reporterre. fr

A Nantes, le niveau sonore du périphérique est beaucoup trop élevé

Tandis que les édiles nantais font croire que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes vise à réduire le bruit que subissent une partie des habitants du fait des avions, ils laissent perdurer des nuisances sonores bien plus importantes sur le périphérique de l’agglomération.

Le collectif Anti bruit Nantes Erdre, est constitué de plusieurs associations de copropriétaires et habitants des micro quartiers de Nantes Erdre rassemblant plus d’un millier de personnes, riverains du périphérique, qui se refusent d’être condamnés à subir toutes les pollutions. C’est pourquoi ils ont alerté à nouveau les élus et services de l’Etat pour leur demander :

- la baisse de la vitesse de manière permanente et définitive à 70 km/h sur le tronçon RN 844.09.02 du périphérique nantais, le boulevard Flemming, pour tous les véhicules,

- de faire financer des murs anti-bruit par les 10.000 € journaliers que la nouvelle taxe poids lourds va rapporter entre la Porte de la Beaujoire et la Porte de la Chapelle de la RN 844.

De ces deux mesures dépendent la santé et l’espérance de vie des riverains du périphérique…

Trafic en augmentation constante :

Comme cela était prévisible et maintes fois démontré, le trafic global augmente et augmentera chaque année (politique de la ville, attractivité de la métropole, grands projets.) Il a encore progressé en 2012, essentiellement en raison de la progression de 2 % du trafic des poids lourds !

Le trafic dépasse maintenant, boulevard Flemming, 70.000 véhicules journaliers plusieurs mois dans l’année. Un poids lourd peut émettre autant de bruit que 10 véhicules légers, et jusqu’à 8.000 poids lourds se font entendre chaque jour.

Le collectif a constaté au minimum plus 7 dB(a) par rapport à tout mesurage antérieur, et à plusieurs reprises en journée des pics à 74,5 dB(a) en un point réputé par les mesures de l’observatoire du bruit toujours en sommeil à ce jour, et simulations antérieures des cartes de bruit, n’avoir jamais dépassé 55 dB(a) !

55 db(A) c’est aujourd’hui le bruit ambiant et apaisé constaté lors des jours de fermeture du périphérique pour inondation !

Et pourtant, un arrêté préfectoral n° 2012327-0006 du 22 novembre 2012 a, de manière incompréhensible, limité la vitesse à 70 km/h partiellement sur le boulevard Flemming et cela que sur un sens de circulation !

Pollution atmosphérique et dépassement permanent des concentrations en oxydes d’azote (NOx)

Les gaz d’échappement des moteurs Diesel ont été reconnus par l’OMS comme étant cancérogènes sur la base d’indications suffisantes prouvant qu’une telle exposition est associée à un risque accru de cancer du poumon. Sans omettre que le moteur à essence n’est pas propre pour autant puisqu’il émet moins de NOx que le Diesel mais plus de particules ultrafines (PM<0.05μm).> ; la moyenne annuelle des concentrations qui y est observé en oxydes d’azote (NOX), 51 μg/m3 [microgramme par mètre cube], reste supérieure à la valeur limite annuelle fixée à 40 μg/m3 en France, limite pourtant moins sévère que celles de l’Organisation Mondiale de la Santé fixée à 20μg/m3.

Pour le boulevard Flemming périphérique Nord, ces dépassements sont confirmés par Air Pays De Loire et le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie dans son bilan de la qualité de l’air en France en 2011.

Au-delà de notre quartier, la France ne respecte pas la réglementation communautaire en matière de qualité de l’air et le contentieux européen sur le dépassement des émissions de microparticules est déjà très avancé.

Il pourrait se traduire non seulement par une amende mais surtout par des pénalités estimées à 240.000 euros pour chaque jour de retard « jusqu’à ce que les normes de la qualité de l’air soient respectées ».

Le collectif Anti bruit Nantes Erdre s’interroge :

Ces sommes ne pourraient-elles pas être affectées pour protéger les populations des nuisances… ? (Revêtements bitumineux peu bruyants, murs anti-bruit.)

- Réduction de la vitesse impérative :

Le collectif Anti bruit Nantes Erdre a cependant toujours essuyé des refus de limiter la vitesse de manière permanente.

Réduction ciblée des vitesses, c’est pourtant ce que préconise un récent Comité Interministériel de la Qualité de l’Air dans ces mesures d’urgence pour la qualité de l’air déployées dans le cadre de la mise en oeuvre des plans de protection de l’atmosphère.

Ce Comité a précisé que dans les zones les plus sensibles en termes de qualité de l’air, des mesures d’ordre public environnementales apparaissent nécessaires pour améliorer la situation des populations exposées…

C’est aussi ce que préconise la Préfecture de Loire-Atlantique dans ces messages de recommandations sanitaires et comportementales aux populations en raison de teneurs élevées en poussières fines dans l’air sur la métropole nantaise puisqu’elle recommande aux usagers de la route de réduire la vitesse de leurs véhicules !

Ne pouvons-nous pas y voir de fortes similitudes et une application toute trouvée pour le boulevard Flemming de manière permanente ?

- Affectation des recettes de la Taxe Poids Lourds :

10.000 euros / jour , c’est l’estimation des recettes de la taxe poids lourds entrant en vigueur en octobre 2013 sur la RN 844 boulevard Flemming entre la Porte de la Beaujoire et la Porte de la Chapelle (13.7 km * 5929 * entre 8 et 14 cts du km).

Le Collectif Anti Bruit Nantes suggère que tout ou partie des recettes de la taxe poids lourds annoncée soit affectée à la réparation des nuisances sonores que le transport engendre, par la création de murs anti-bruit, selon le principe du pollueur-payeur et non pas uniquement pour financer les nouvelles infrastructures nécessaires à la mise en oeuvre de la politique durable de transport, notamment par la logistique lente.

D’autant plus que la métropole nantaise profitera difficilement de cette fiscalité verte puisque l’offre de transport en commun est importante, le fret ferroviaire sur la ligne Nantes-Châteaubriant a été stoppé par son inadéquation depuis des années et le transport fluvial ne peut être mis en oeuvre sur la Loire et l’Erdre, non navigables.

Le Collectif Anti Bruit Nantes Erdre enjoint donc les élus et service de l’Etat de ne pas continuer d’exposer les populations riveraines du boulevard Flemming aux risques de survenance de maladies liées au bruit et à la pollution atmosphérique, et à la perte d’espérance de vie de 8 à 12 mois, … et de prendre les mesures adéquates de toute urgence pour les protéger de ces nuisances.

La Revue des Livres Par Julien villalard Reporterre 2013/03/20 Par Julien villalard (20 mars 2013) La Revue des Livres. Reporterre. fr

La Revue des Livres

Le numéro 10 de mars-avril 2013 de La Revue des Livres est paru.

Sommaire :

Yves CITTON Le démon de la bureaucratie néolibérale – à propos de Béatrice Hibou, La Bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale ; Ben Kafka, The Demon of Writing ; Alexander R. Galloway, Protocol

François CUSSET Ce que lire veut dire. La lecture, une affaire collective, une affaire politique – à propos de Marielle Macé, Façons de lire, manières d’être

Débat Philippe COLOMB, Stéphane LAVIGNOTTE et Joseph MASSAD L’empire de « la sexualité » en question

Nicolas HAERINGER Occupy Wall Street : fin ou début d’un mouvement ? – à propos de Thomas Frank, « Occuper Wall Street, un mouvement tombé amoureux de lui-même »

Matthieu RENAULT Black Marxism. C. L. R. James et l’indépendance des luttes noires – à propos de C. L. R. James, Sur la question noire

Stéphanie ÉLIGERT La courbe de la Bastille. Paris, le 6 mai 2012

François DUMASY Colonisation française et protection de l’environnement au Maghreb : histoires mêlées – à propos de Diana K. Davis, Les Mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb

Le portrait Enrique DUSSEL La théologie politique au service de la libération. Entretien Propos recueillis par Luis Martínez Andrade

Le point sur Aude LALANDE Les politiques des drogues – à propos d’Anne Coppel et Olivier Doubre, Drogues, sortir de l’impasse

Géographie de la critique Hervé KEMPF Un, deux, trois, mille Notre-Dame-des-Landes ! Entretien Propos recueillis par Alice Le Roy et Charlotte Nordmann

Expérimentations politiques Andrea BENVENUTO Les banquets des sourds-muets au xixe siècle et la naissance du mouvement sourd

Sandra ALVAREZ DE TOLEDO et Bertrand OGILVIE Deligny – Cartographier les territoires du commun. Entretien Propos recueillis et introduit par Charlotte Nordmann – à propos de Cartes et lignes d’erre

Iconographie Les cartes et lignes d’erre du réseau Deligny Les cartes et « lignes d’erre » du réseau Deligny, qui composent, avec deux dessins de Janmari et quelques photographies de Thierry Boccon-Gibod et Alain Cazuc, l’iconographie de ce numéro, sont publiées, avec l’aimable autorisation de Gisèle Durand-Ruiz et de Sandra Alvarez de Toledo, à l’occasion de la parution, le 11 avril 2013, de Cartes et lignes d’erre. Traces du réseau de Fernand Deligny, 1969-1979 et du Journal de Janmari aux éditions L’Arachnéen (www.editions-arachneen.fr). Pour en savoir plus, lire l’entretien avec Sandra Alvarez de Toledo et Bertrand Ogilvie publié dans ce numéro.

- RdL la Revue des Livres

en kiosque et en librairie tous les deux mois

5,90 euros, 80 pages en couleurs, 22,5 x 30 cm

Le Parc national des Cévennes en danger de banalisation Jean-Luc Ciulkiewicz (SNE-FSU) Reporterre 2013/03/20 Jean-Luc Ciulkiewicz (SNE-FSU) (20 mars 2013) Le Parc national des Cévennes en danger de banalisation. Reporterre. fr

Le Parc national des Cévennes en danger de banalisation

La charte en négociation du Parc national des Cévennes affaiblit toutes les mesures de protection de la nature dans ce site exceptionnel. La direction du Parc elle-même encourage cet affablissement. Le ministère de l’Ecologie va-t-il réagir ?

Madame la Ministre Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie Hôtel de Roquelaure, 246 boulevard Saint Germain 75007 Paris.

Situation du Parc National des Cévennes

Madame la Ministre,

Le SNE-FSU est très inquiet au sujet de la situation du Parc national des Cévennes (PNC). En effet, trois sujets importants nous poussent à vous demander de réagir le plus vite possible pour éviter le pire.

1. Enquête publique

A l’issue de l’enquête, la commission, très fortement influencée par le directeur du PNC, a majoritairement évacué toutes les questions touchant à la protection de la nature et des patrimoines.

Malgré les remarques détaillées de l’autorité environnementale, du CNPN, d’associations de protection de la nature, des représentants du personnel du PNC et de particuliers, seules les remarques venant du territoire et amenant à plus d’ouvertures et moins de contraintes ont été reprises (contraintes déjà très modestes pour un Parc national).

Ainsi, il s’avère qu’en matière d’eau, de pratique de l’écobuage et des modes de gestion agricole dans leur quasi-totalité, la réglementation du Parc se reporte à la réglementation banale. Des ouvertures très importantes par rapport aux anciens textes sont faites sur la chasse, la cueillette et la circulation des véhicules motorisés.

D’autres mesures que nous ne pouvons détailler ici, car trop nombreuses, vont toujours dans le même sens de banalisation du coeur du Parc.

Seules deux réserves sont faites par la commission :

- une sur le loup et sa présence maintenant avérée en Cévennes (nous y reviendrons par la suite) ; - une sur l’eau qui ne fait que reprendre ce que prévoit déjà le Code général des collectivités territoriales que la direction de l’établissement s’est empressée de reprendre comme modification de la charte (demander comme engagement de la charte de respecter la loi risquerait-il de contribuer à la protection d’un patrimoine naturel, culturel et paysager exceptionnel ?).

Tous ces éléments nous inquiètent fortement sur la capacité du PNC à maintenir un niveau de protection suffisant, digne d’un Parc National. Cela ouvre la porte aux contentieux dès la publication de la charte.

Enfin sachez que depuis le 1er janvier 2013, le PNC est dépourvu de réglementation sur toutes les activités encadrées auparavant par les arrêtés du directeur et les délibérations du conseil d’administration (circulation motorisée, cueillette, camping, coupes de bois...).

Alors que les agents des différents services du PNC et les services juridiques des Parcs Nationaux avaient alerté la direction de l’établissement leur demandant de prendre au plus vite des pré-MARCoeur (Modalités d’Application de Réglementation du Coeur), le directeur et le président du Parc ont préféré qu’il n’y ait pas de protection dans le coeur pendant plusieurs mois (entre 6 et 12 mois), préférant délibérer sur le loup, le vautour et la mise place d’une restructuration allant dans leur sens de toujours moins de protection et plus de développement local.

2. Loup

Après avoir pris une délibération dans la précipitation, mettant à mal des décennies de politiques de concertation sur l’acceptation de cette espèce, le Conseil d’Administration (CA) du Parc National des Cévennes continue à affirmer haut et fort que le loup n’a rien à faire sur ce territoire.

Le président du PNC s’est affiché dans l’assemblée générale de l’association locale d’opposants au loup (le Collectif des Eleveurs de la Région des Causses et leur Environnement : CERCLE) en y déclarant : « …il y a quelques années, je ne suis pas sûr qu’un président d’un Parc national se serait déplacé. Pourquoi je le fais aujourd’hui : c’est parce que je pense que la donne a changé au Parc et il y a plusieurs de mes collègues qui sont ici administrateurs avec moi…ça n’aurait pas été possible il y a quelques années parce que la donne a changé au Parc, aujourd’hui nous sommes en majorité des gens du territoire et donc forcément dans les décisions qui sont prises au CA, ça pèse. Depuis la loi de 2006 le CA a un véritable pouvoir de décision, auparavant le CA était plutôt un endroit où on validait la position de la tutelle et de la direction. Aujourd’hui ça a changé, c’est le CA qui prend les décisions et la direction du Parc est chargée de les appliquer. Quand le problème du loup est venu dans les débats du CA, y a pas eu photo, très rapidement une majorité très large a considéré que la présence du prédateur sur le territoire était pas compatible avec le type d’élevage du territoire… une délibération a été prise, elle a surpris très désagréablement le monde de l’environnement… ».

Le SNE-FSU est bien conscient des difficultés que représente la présence de cette espèce pour les éleveurs. Néanmoins, qu’un président de Parc National tienne un tel discours, qui va à l’encontre de la position de l’Etat et des missions fondamentales d’un parc, voilà qui me paraît dépasser les bornes et déstabiliser un peu plus le PNC.

S’exprimer ainsi en tant qu’élu local est compréhensible, mais le faire en tant que président du CA, avec toute la symbolique que cela amène, nous semble très dommageable.

Cette dérive et le malaise généré au sein du monde de l’environnement illustrent parfaitement les problèmes de gouvernance auxquels sont exposés les Parcs nationaux français à l’heure actuelle.

Après les préconisations de la commission d’enquête, le CA va délibérer pour modifier le texte de la charte. A cette occasion, nous savons que le PNC s’apprête à intégrer dans sa charte la délibération prise il y a quelques mois et qui affirme l’opposition du CA à l’arrivée de ce grand prédateur.

Remettant en cause l’ancien plan national sur le loup et devançant le nouveau en « validant » par avance, entre autres, les tirs létaux possibles en coeur de Parc.

Il nous semble inadmissible que soit inscrit dans un document de planification à 15 ans, qu’une espèce animale protégée par la convention de Berne et par le droit français, soit considérée comme nuisible dans un espace protégé qui plus est un Parc national. Là aussi, les risques de contentieux avec l’Europe et les associations de protection de la nature sont grands.

3. La réorganisation du PNC

Depuis deux ans et demi, la réorganisation du PNC oppose le directeur – qui s’appuie sur une partie du CA – et les agents du PNC, toutes tendances confondues. Le projet des personnels se fondait sur trois objectifs : mettre en place une organisation efficace pour le Parc national des Cévennes, qui dure dans le temps et basée sur les agents et les compétences actuelles.

Finalement, le CA a délibéré à bulletin secret et a validé la nouvelle organisation proposée par la direction.

Cette restructuration va de fait créer de la précarité et faire du PNC un outil de développement, le SNE-FSU s’est largement exprimé sur ce sujet auprès des élus des Cévennes, dans les médias et auprès de vos services sans la moindre réaction concrète sur le projet retenu.

Cela étant dit, les agents du PNC livrés à eux-mêmes ont simplement obtenu du CA et de la direction : « Une mise en oeuvre avec un véritable accompagnement au changement » et en particulier : « pour apporter aux agents qui vivront la réorganisation avec forcément des efforts supplémentaires à produire, une compensation sous la forme de conditions exceptionnelles » qui se limite, comme l’a annoncé la direction au dernier Comité Technique, à une discussion sur le maintien des résidences administratives des agents situés sur le terrain en cas de changement de poste, ce qui légalement est déjà problématique.

Depuis trois mois, la réorganisation avance tambour battant et sans dialogue social. Bien sûr il y a le passage mécanique du projet dans les comités techniques, mais ceux-ci sont considérés par la direction du PNC comme des chambres d’enregistrement, dont les avis négatifs ne valent pas d’être pris en compte.

Les personnels ont obtenu de la direction et du CA du PNC un soutien par un prestataire extérieur pour évaluer et limiter les risques psychosociaux. Nous veillerons tout particulièrement à ce que cet accompagnement ne soit pas qu’un alibi pour que la direction continue à avancer froidement malgré toutes les alertes que notre syndicat vous a déjà exprimé.

En effet, la direction agit toujours dans un esprit de défiance et de revanche vis-à-vis des personnels, majoritairement contre cette réforme. Nous vous alertons une nouvelle fois sur la nécessité de rétablir un dialogue social réel, en respectant les engagement pris, dans des délais de mise en oeuvre raisonnable (et non au 1er mai comme c’est prévu) sachant que la direction demande à l’ensemble du personnel de mettre en place dès maintenant des actions de la charte pour montrer au territoire (avant adhésion) que cette dernière va lui servir, en occultant toujours la protection des patrimoines en coeur.

De plus, la direction exerce de plus en plus ouvertement un chantage sur les représentants syndicaux élus en leur reprochant leurs positions syndicales lors des débats et en les accusant d’être responsable du non dialogue.

Le mal-être généré par cette restructuration est grand, le SNE-FSU sera toujours extrêmement vigilant sur ce sujet brûlant qui concerne tous les Parcs nationaux.

De plus, je vous rappelle que vos directeurs ne sont pas exonérés des règles élémentaires de la fonction publique sur la nomination des agents à tel ou tel poste.

La direction du PNC affirme haut et fort qu’elle a carte blanche pour nommer comme bon lui semble sur un poste des agents d’horizons ou de statuts totalement différents. Si tel était le cas, le SNE-FSU porterait l’affaire devant les tribunaux dès que le nouvel organigramme sera validé.

Enfin, se pose la question budgétaire : comment le PNC compte-t-il financer cette réforme dans le contexte budgétaire actuel ? Car cette réforme implique des créations de structures sur certains massifs, de nouveaux bureaux au siège à Florac, l’embauche massive de personnels de catégories A ou B à la place de postes budgétaires de catégories C et une multiplication des déplacements (et donc des coûts afférents) engendrés par une nouvelle organisation géographique basée sur un pilotage des services centraux.

Aux yeux de notre syndicat, la situation du Parc National des Cévennes est extrêmement préoccupante tant pour les personnels que pour le devenir de l’établissement et nous espérons sincèrement que vous prendrez très rapidement les mesures adaptées qui permettront de remettre cet établissement public sur pied.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de ma très haute considération.

Le Secrétaire Général du SNE-FSU

Jean-Luc CIULKIEWICZ

Voici le CO2... comme vous ne l’avez jamais vu Sophie d’Anhalt (L’Expansion) Reporterre 2013/03/20 Sophie d’Anhalt (L’Expansion) (20 mars 2013) Voici le CO2... comme vous ne l’avez jamais vu. Reporterre. Climat fr

Voici le CO2... comme vous ne l’avez jamais vu

Partant du principe que l’on ne comprend que ce que l’on voit, la société Carbon Visuals développe des outils de visualisation de nos émissions de gaz à effet de serre. Des images qui font réfléchir.

Des tonnes, des millions de tonnes, des centaines de millions de tonnes, des milliards de tonnes. Lorsque nous évoquons l’empreinte climatique de nos activités, nous nous mettons rapidement à jongler avec des chiffres qui dépassent l’entendement.

Et les climatologues, qui s’amusent, eux, avec leurs teragrammes et autres gigagrammes de carbone, ne nous facilitent pas non plus la comprenette.

Pourtant, en climatologie, comme en toute chose, un bon dessin vaut mieux qu’un long discours. C’est tout le projet de la société Carbon Visuals. Créée par Antony Turner, son concept est lumineux.

Lors d’une récente conférence, l’ingénieur anglais le rappelait simplement : « La raison fondamentale qui explique l’indifférence de la société à la problématique climatique est que les gaz à effet de serre sont invisibles. »

Le boulot de l’entreprise britannique consiste donc à montrer au monde ces GES que nous ne voyons pas. Entouré de geeks, de pros de la 3D et de graphistes, Antony Turner met en scène l’invisible, nous révèle enfin l’importance de nos émissions.

Son coup de génie marketing a été la mise en ligne sur YouTube, peu de temps avant le passage de l’ouragan Sandy, d’une vidéo visualisant les rejets carbonés de New York.

Partant du principe qu’une tonne de gaz carbonique tient dans un gros ballon de 10 mètres de diamètre et que le bilan carbone annuel de la Grosse Pomme est de 54,3 millions de tonnes de dioxyde de carbone, le film d’animation montre l’éclosion, dans les rues new-yorkaises, d’une bulle bleue de CO2 toutes les deux secondes.

Au bout d’une journée, une montagne de bulles engloutit les 381 mètres de l’Empire State Building. En un an, Manhattan a totalement disparu sous un massif turquoise que l’on ne peut survoler qu’en avion.

Voir la video.

Le travail de Carbon Visuals est de concevoir et de produire des outils pédagogiques pour les entreprises, institutions et collectivités qui souhaitent sensibiliser salariés, clients, citoyens et administrés aux effets climatiques de leurs habitudes.

Impressionnant de voir que les 1 620 tonnes de CO2 produites par un champ de 200 hectares de pommes de terre (donnant 9 000 tonnes de tubercules) occupent le volume d’un cube de 857 375 mètres cubes, haut de 95 mètres. Un cube sur lequel on peut facilement visualiser les baisses d’émissions en utilisant moins d’intrants ou en optimisant le transport ou le stockage des patates.

En couplant modélisation, logiciel Google Earth et performance énergétique, Carbon Visuals produit des images de ville où, à la taille et à la couleur de chaque bâtiment, correspond leur bilan carbone. Son outil le plus étonnant est, peut-être, la trame carbone.

Une image de synthèse de la planète est recouverte d’un fin maillage sur lequel on peut visualiser une représentation graphique des émissions d’un pays, d’une région, d’une agglomération voire d’une famille. Très efficace !

Notre Dame des Landes : attention, les travaux pourraient démarrer sur le barreau routier Des membres du Collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL Reporterre 2013/03/20 Des membres du Collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL (20 mars 2013) Notre Dame des Landes : attention, les travaux pourraient démarrer sur le barreau routier. Reporterre. Tribune — fr

Notre Dame des Landes : attention, les travaux pourraient démarrer sur le barreau routier

La « Commission de dialogue » s’apprête à rendre son rapport. Le gouvernement pourrait en même temps tester le rapport de forces, en engageant des travaux de préparation du « barreau routier ». « Ils ne peuvent pas abandonner sur ce projet d’aéroport. Ce serait alors nous démontrer que nous pouvons gagner sur bien d’autres plans et que nous pouvons, dans le grand ouest et ailleurs, décider nous-mêmes de ce que nous voulons faire de nos vies et préserver l’espace que nous habitons. »

Le printemps approche, mais à la place d’une nature verdoyante et animée, la ZAD risque bien de connaitre le bruit déchirant des pelleteuses qui arrachent des arbres par dizaines, détruisant un peu plus la richesse de cette zone magnifique.

L’information nous vient du journal mainstream Libération, des déclarations de travaux d’agrandissement de routes, sur et en dehors de la ZAD prévus pour fin-mars/début avril, ont été déposés. Ce sont ainsi des haies, abritant de nombreux arbres centenaires et une biodiversité remarquable, qui risquent de disparaître en très peu de temps. Au delà de cet arasement que nous ne pouvons concevoir et accepter, se joue bel et bien une bataille pour la conquête de la ZAD.

Dans l’agenda du bétonneur Vinci (AGO), les travaux pour le barreau routier (4 voies), qui passerait au sud de la ZAD, commencent au printemps.

Le report éventuel (et hypocrite selon nous, cf lien) des travaux du projet d’aéroport ne concernent pas les travaux pour la 4 voies. Or ces travaux impliqueraient le bétonnage, le saccage d’une centaine d’hectares ; des kilomètres de haies détruites, de nombreuses routes d’accès aux chantiers construites et d’autres impacts plus stratégiques.

Ces travaux permettraient de justifier une expulsion massive de la zone est de la ZAD (voire de toute la ZAD), où de nombreuses cabanes sont construites sur ou à proximité du tracé du barreau routier. Mais aussi de permettre d’occuper un peu plus la ZAD, d’élargir les routes d’accès autour et sur cette dernière (facilitant les interventions militaires) et de préparer les esprits à l’arasement progressif de la ZAD toute entière.

Les laisser conquérir le tracé du barreau routier ne peut que nous affaiblir par la suite, nous ne pouvons les laisser faire !

Nous craignions une expulsion et une reprise des travaux début mars, or des tractations politiques ont apparemment évité une intervention militaire qui apparaissait imminente, particulièrement sur la ferme de Bellevue.

Il fallait préserver le semblant de concertation et d’écoute instauré par la commission de dialogue aux ordre du PS (cf le revirement express du président de la commission). Et assurément laisser espérer aux opposant-e-s qui ont accepté de négocier avec cette dernière que leurs voix ont du poids. Mais qu’en est-il au fond ?

Depuis le début de ces tractations politiques, les autorités locales n’ont cessé d’approfondir leur propagande, de renforcer leurs réseaux, de financer de très coûteuses et mafieuses campagnes publicitaires et médiatiques. Ces manœuvres ne sont pas étrangères à un affaiblissement du soutien à leur projet, mais elles montrent aussi une volonté, rarement démontrée pour un projet de ce genre, de mener à bien la construction de l’aéroport de Notre Dame Des Landes.

Le revirement express du président de la commission de dialogue montre d’ailleurs que cette volonté est partagée par les plus hautes autorités.

Les autorités savent qu’elles marchent sur des braises, qu’elles doivent ménager leur base électorale et leurs alliés historiques. Mais ce projet est bien trop important à leurs yeux, car il ne s’agit pas d’un simple projet d’aéroport. Il s’agit d’un projet plus large de créer une métropole du grand ouest (cf ici et ici), qui serait un des prochains axes principaux de développement de la politique économique française et européenne, avec à la clé de juteux profits financiers dans l’immobilier, l’industrie et les politiques commerciales internationales.

Cela a beau être mégalomane, d’une politique de croissance sans fin et destructrice de terres et de l’environnement, à court terme en termes d’emplois, tiré d’une politique de gestion des espaces qui ne prend pas du tout en compte les conséquences à long terme et les désirs de vie et volontés de ceux/celles qui y habitent ; mais pour les autorités, cette politique est nécessaire dans le cadre de leur idéologie capitaliste et technocratique, et financièrement juteuse pour leurs alliés industriels.

Ils ne peuvent pas abandonner sur ce projet d’aéroport. Ce serait alors nous démontrer que nous pouvons gagner sur bien d’autres plans et que nous pouvons, dans le grand ouest et ailleurs, décider nous-mêmes de ce que nous voulons faire de nos vies et préserver l’espace que nous habitons.

Pour notre force, le projet d’aéroport de NDDL et la ZAD, sont devenues les points convergents de nombre de colères, de résistances envers un système qui nous écrase chaque jour un peu plus, qui saccage l’environnement qui nous fait vivre, et qui méprise nos désirs d’autogestion et de liberté.

Mais ceci est la plus grosse crainte du gouvernement, et il ne souhaite pas voir s’installer cette Zone d’Autonomie Définitive qui serait un pied de nez permanent à son idéologie prédatrice et à son esprit de conquête des espaces et de nos libertés, comme peut l’être le Chiapas au Mexique.

Ce constat ne nous empêche pas du tout de croire que nous pouvons gagner. Il nous fait juste dire que la lutte sera dure, longue et qu’elle demandera de ne pas se relâcher face à leurs multiples tentatives de nous endormir et de nous diviser. N’oublions pas que la meilleure stratégie reste pour eux la stratégie de la concertation/division.

Fort de leurs alliances pourries avec leurs alliés politiques et syndicaux, et de la confiance qu’à une bonne part d’opposant-e-s dans un gouvernement « de gauche » (sic), ils pourront instiller à chaque fois un semblant de dialogue, de négociation, tout en stigmatisant une partie de l’opposition à l’aéroport de NDDL, qui serait selon elle la responsable de tous les maux.

Certain-ne-s dans l’opposition à l’aéroport, parmi les responsables syndicaux, associatifs et politiques, en viennent ainsi à penser de plus en plus qu’une bonne partie des occupant-e-s de la ZAD est plus un problème qu’une solution (sic).

Que l’opposition qui permettra de gagner se jouera avant tout sur le plan juridique, politique et des évènements médiatiques et spectaculaires (nous avons reçu des mails en ce sens). D’accord… Faut-il à chaque fois leur rappeler les multiples victoires et reports de travaux obtenus grâce aux luttes directes sur le terrain ?!

Avec comme exemple le plus parlant, les batailles autour de la forêt de Rohanne qui ont permis le report des travaux de défrichement de la ZAD de 6 mois ? Aucune bataille juridique ou politique n’a permis d’obtenir autant en termes de report de travaux, de mobilisation et de renforcement de la résistance sur place !

Libres à ceux/celles qui croient encore à ces moyens de luttes légalistes de continuer, mais cela se fait au prix de compromissions avec le pouvoir en place, de tractations non-transparentes, d’un mépris pour la résistance directe sous toutes ses formes sur la ZAD, et d’une division assumée de plus en plus flagrante entre bons et mauvais opposant-e-s (sic), quitte à les dénoncer !

Pour prendre l’exemple de la D281, qui sera de toute manière coupée et inaccessible, si les travaux du barreau routier s’effectuent, une bonne partie des bureaux de l’opposition légaliste a stigmatisé les occupant-e-s de la ZAD qui défendent cette route, mais surtout la zone qui l’entoure. Pour quelles raisons ? Des raisons pitoyables pour lesquelles on a déjà présenté des éléments auparavant, et qui feront surement l’objet d’un article plus détaillé.

Toujours est-il que l’opposition au projet d’aéroport et au monde qui l’accompagne est menée par des personnes aux motivations variées, mais qui partagent la même envie d’en finir avec ce projet insensé. Stigmatiser une partie des opposant-e-s pour leurs tactiques et modes de vies radicaux, qui ne correspondent pas au cadre dans lequel on aimerait les ranger et les contrôler, ne fait qu’alimenter la politique actuelle des autorités PS !

Les camarades de la zone est (D281) seront les premiers concernés par les travaux de la 4 voies au sud du projet d’aéroport. Chaque jour, ils se relaient devant les barricades ou les chicanes pour éviter que la route ne soit reprise ou traversée par les CRS, et pour mieux anticiper une éventuelle expulsion !

Le moins que l’on puisse faire est d’être solidaire envers ceux/celles qui se battent chaque jour sur le terrain pour défendre une zone qui pourrait être la première impactée par le début des travaux !

Ne participons pas à la stratégie gouvernementale, consciemment ou non ! Et renforçons la résistance sur le terrain !

Nous appelons tous/toutes ceux/celles qui le peuvent à venir préserver la ZAD, et ses alentours, de tout arasement à partir de la fin mars. Et surement à défendre une bonne partie de la ZAD d’une expulsion massive !

L’aéroport et son monde ne passeront pas ! Vive la ZAD !

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Voici une carte de la ZAD, où vous pourrez repérer le tracé du barreau routier (au sud) et la D281 (au niveau du Farouezt, les deux se croisent) :

En Angleterre, la justice donne raison aux écolos contre EDF Elsa Ferreira (Rue89) Reporterre 2013/03/20 Elsa Ferreira (Rue89) (20 mars 2013) En Angleterre, la justice donne raison aux écolos contre EDF. Reporterre. fr

En Angleterre, la justice donne raison aux écolos contre EDF

EDF s’incline face aux écolos. Après avoir réclamé près de 6 millions d’euros à des militants écologistes qui avaient campé au sommet de deux cheminées de la centrale de Nottinghamshire (propriété d’EDF), en Angleterre, la compagnie renonce, sous les huées de l’opinion publique.

Personne ou presque n’avait eu vent de l’action des 21 activistes de No dash for gas (pas de ruée vers le gaz). C’était en octobre 2012 et tous les journalistes environnement avaient les yeux rivés sur l’ouragan Sandy. La menace d’une poursuite aura suffi à redonner aux militants une place parmi les gros titres, explique une militante :

« Le jour où on a fait la manifestation, il y avait l’ouragan et beaucoup d’autres infos dans les médias. Ce à quoi on ne s’attendait pas, c’était qu’une poursuite judiciaire ferait le gros du travail pour nous. »

Graham Thompson, autre activiste de No dash for gas, approuve :

« Ils nous ont donné un espace pour faire passer notre message. »

L’effet Streisand et la poursuite-bâillon

Mauvais calcul pour la compagnie française. L’effet Streisand – la mise en avant d’une info que l’on essayait au contraire d’étouffer– est en marche, analyse George Monbiot, journaliste environnement au Guardian. La stratégie d’EDF est un « suicide d’entreprise et de relations publiques », estime-t-il.

La requête est disproportionnée. L’opinion publique et les commentateurs l’interprètent comme une menace à la liberté d’expression et de manifestation : une poursuite-bâillon – en anglais, SLAPP (comme une gifle). George Monbiot :

« On essaye d’effrayer ceux qui auraient pu joindre la campagne. Ceux qui par la suite auraient pu s’engager dans d’autres campagnes évitent la politique par peur des conséquences. Leur absence appauvrit la démocratie. »

Car 6 millions d’euros à se partager entre 21 activistes, c’est une dette de près de 300 000 euros. « Plus que nous ne gagnerons jamais », estimait une militante.

« Ils nous ont envoyé un inventaire où l’on devait détailler nos revenus, les dépenses en gaz, électricité, emprunt immobilier, redevance télé, vêtements pour les enfants, nourriture, cantine et le montant de nos dettes.

Tout ça pour qu’ils sachent combien on gagne et qu’ils puissent décider combien ils peuvent nous prendre, chaque mois, pour le reste de notre vie. »

Pour EDF, cette somme représente 0,3% de ses bénéfices au Royaume-Uni (qui s’élèvent à près de 2 milliards d’euros).

Epinglé sur Wikipédia

La réaction de l’opinion publique ne se fait pas attendre. La pétition mise en ligne par les parents de l’une des activistes récolte plus de 64 400 signatures – dont celles de Naomi Klein et Noam Chomsky. Sur la page, les signataires expliquent ce qui les a poussés à joindre le mouvement :

« Les gens normaux ne devraient pas être intimidés par les grosses compagnies et les riches à la recherche d’un peu plus de profit. Le climat mondial est plus important que les bénéfices. »

« EDF, dans ses relations avec ses clients, n’est pas seulement incompétente mais aussi agressive, grossière et menteuse. »

No dash for gas explique, sur le site EDFOff.org, comment se tourner vers d’autres fournisseurs d’énergie (ils proposent même de faire les démarches) et les futurs ex-clients font savoir leur colère.

« Par votre tentative de poursuivre ces manifestants, vous perdez à vie cinq contrats d’entreprise. »

« Merci EDF de me pousser à l’action. J’ai enfin changé de fournisseur d’énergie. Au revoir EDF. »

L’affaire No dash for gas est désormais mentionnée sur la page Wikipédia anglaise de la compagnie, signale Terence Zakka, spécialiste en communication digitale.

« Sur le long terme ce sera assez dommageable. La séquence sera difficile à effacer pour EDF. »

« Le syndrome David contre Goliath »

Ce que EDF n’avait pas prévu (ou pas compris), c’est que dans ce genre d’action, les activistes fonctionnent de pair avec le public. Les compagnies en revanche sont les « méchants » de l’histoire, explique Graham Thompson :

« Les grosses compagnies énergétiques ont mauvaise réputation : à cause de leurs tarifs, de leur manque de transparence, des affaires de piratage et de surveillance des activistes. Avec cette poursuite, ils ont prouvé qu’ils essayaient de supprimer le débat. »

Terence Zakka confirme :

« Lorsqu’une multinationale s’attaque à des activistes, et spécialement aux individus directement, c’est le syndrome David contre Goliath. Dans ce cas, la sympathie a plutôt tendance à aller vers le petit. »

« EDF a fait d’une crise un désastre »

EDF a donc abandonné sa folle requête au profit d’un compromis « juste et raisonnable » : une injonction qui interdit aux activistes de pénétrer sur les sites de EDF. Pour Kate Harrison, l’avocate qui a défendu les militants, la stratégie de EDF « a fait d’une crise un désastre ».

« Au final, tout ce qu’ils ont gagné c’est la promesse de 21 militants qu’ils ne s’approcheront pas de leurs sites. »

Pour les militants écologistes – qui devaient servir d’exemple « pour que ceux qui envisagent ce genre d’action comprennent qu’il peut y avoir des conséquences » –, c’est une victoire importante, estime Graham Thompson :

« EDF a perdu publiquement : les activistes vont s’enhardir et les grosses compagnies vont savoir qu’elles ne peuvent pas faire n’importe quoi, qu’il peut y avoir des répercussions. »

Les militants ont par ailleurs plaidé coupable à l’accusation d’intrusion sur une propriété privée et seront jugés prochainement.

Si une telle poursuite semble sévère, elle serait tout à fait possible en France. En 2009, EDF, en association avec Bouygues et Solétanche, avait poursuivi Greenpeace pour avoir occupé le chantier de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).

Les accusant de « violation de domicile », « entrave à la liberté du travail » et « opposition à des travaux publics et d’intérêt public », ils leur réclamaient 516 000 euros de dommages et intérêts.

Les Alpes défigurées par le lobby de l’or blanc Matthieu Stelvio Reporterre 2013/03/21 Matthieu Stelvio (21 mars 2013) Les Alpes défigurées par le lobby de l’or blanc. Reporterre. Tribune — fr

Les Alpes défigurées par le lobby de l’or blanc

Au nom de l’économie de la neige - un loisir qui ne concerne qu’une minorité de Français -, les grandes stations de montagne continuent de bétonner et d’artificialiser le massif alpin.

Les 10 plus grandes stations de France génèrent un chiffre d’affaire supérieur à 400 millions d’euros [1]. Cette puissance financière donne à l’industrie du ski un pouvoir démesuré et délétère.

IMPACT DE LA NEIGE ARTIFICIELLE : DES CHERCHEURS RÉDUITS AU SILENCE !

Avec la loi de l’autonomie des universités, la recherche est de plus en plus dépendante des financements locaux. Carmen de Jong, chercheuse travaillant sur la pollution générée par les stations de ski, a reçu d’innombrables pressions du lobby de l’or blanc. On lui a demandé de se taire. Des personnes sont venues lui rendre visite « pour [lui] interdire de parler avec des journalistes ».

« C’est allé beaucoup plus loin : le président de l’Université [de Savoie] [lui] a demandé de démissionner », de travailler sur les barrages plutôt que sur les dégâts induits par la neige artificielle.

Refusant de céder, elle s’est vue retirer ses fonctions de directrice scientifique de l’Institut de la Montagne, et a été évincée de tous ses projets de recherche. Pour la dissuader, son salaire a été divisé par trois ! [2]

Michel Garnier, documentariste s’intéressant au sujet, déclare « qu’il faut parler de la neige artificielle d’une certaine manière pour avoir le droit à la tribune des médias. » Et ajoute : « le discours scientifique n’apparaît pas dans la région Rhône Alpes ». [3]

L’objectif de ces pressions est de réduire au silence les personnes démontrant que la neige artificielle a un très fort impact sur l’érosion, la pollution de l’eau, l’équilibre hydrographique et les écosystèmes.

Il faut à tout prix cacher la vérité ; à savoir « qu’entre 2005 et 2011, la surface de la neige artificielle a doublé dans les Alpes » ou encore que les « enneigeurs » consomment des quantités d’eau et d’énergie phénoménales. [4] Ainsi, en France, l’énergie nécessaire au fonctionnement des canons à neige représente plus du quart de la production d’un réacteur nucléaire ! [5]

UNE POLLUTION COLOSSALE

L’Alpe d’Huez, 7e station de France, c’est 135 pistes sur 10 000 hectares, deux « usines à neige », plus de 900 canons à neige, 80 remontées mécaniques, des sommets et des lacs alpins défigurés jusqu’à 3300 m ! [7]

Chaque année, l’Alpe d’Huez consomme près d’un million de litres de gasoil ; et ce, sans se préoccuper le moins du monde d’économie d’énergie. [8]

A ce sujet, un responsable de la mairie de l’Alpe d’Huez explique : « Ca ne fonctionne pas le solaire, on est trop haut en altitude » ! [9] C’est tout de même triste de ne pas être capable de faire fonctionner un panneau photovoltaïque lorsqu’on bénéficie de 300 jours de soleil par an ! A la décharge des industriels du ski, il faut dire que « bâillonner » les chercheurs ne doit pas beaucoup aider…

PROJETS D’EXTENSION : L’EXEMPLE D’UN MANQUE DE TRANSPARENCE

En 2005, le maire d’une petite commune proche de l’Alpe d’Huez est entré en relation avec des investisseurs ; et ce, en douce, dans le dos de son maire adjoint et de bon nombre de ses administrés ! [10] L’objectif était de transformer un village de 100 habitants en complexe de 3000 lits relié à l’Alpe d’Huez par des remontées mécaniques via le Col de Sarenne. [11]

Par ailleurs, la FRAPNA s’est procurée des documents montrant que ces mêmes investisseurs s’étaient bien gardés en présentant leur projet d’avouer qu’ils voulaient utiliser Sarenne pour relier l’Alpe d’Huez à une autre station de ski à l’autre bout du massif [12] [13].

SILENCE, HARCÈLEMENTS ET COUPS DE BATTE DE BASE-BALL

Dans ce même secteur, le gardien du refuge du Col de Sarenne, un écologiste qui défend une autre vision de la montagne, s’est fait « fracasser avec des battes de base-ball » ! [14] [15]

Selon lui, ses agresseurs étaient des « entrepreneurs de la station ». En 2012, la gardienne de ce même refuge parlait de « harcèlements » récurrents, et s’étonnait de certains comportements très louches.

« Nous avons vu des hélicoptères qui volaient très très bas ; et qui lançaient de la dynamite pour déclencher des avalanches. Ces avalanches ont arraché plus de 800 arbres, ont saccagé la nature », et détruit, par la même occasion, une végétation qui habituellement retient les coulées de neige. En ratiboisant les pentes, la montagne devient plus lisse, ce qui fait l’affaire des partisans d’une extension du domaine skiable. [16] [17] [18]

C’est dans ce contexte que l’an prochain, la très étroite et très peu fréquentée route pastorale du Col de Sarenne sera refaite, soi-disant pour accueillir une étape du Tour de France. Ce qui, compte tenu de la beauté sauvage du lieu, serait scandaleux : la zone est l’une des plus riches de France sur le plan de la flore et de la faune. [19] Bien évidemment, ils profiteront de l’occasion pour purger (un peu plus) la montagne. [20] [21] [22]

MARRE DES GROSSES STATIONS !

Les journaux télévisés nous abreuvent d’images d’Epinal, et le système médiatique continue à fonctionner sur un leitmotiv consistant à dire que tous les Français s’acheminent gaiement vers les pistes. Alors que lorsqu’on regarde les données : une très petite minorité de français (3%) fréquente tous les ans les stations de ski ; une minorité plutôt aisée : un forfait d’une journée à l’Alpe d’Huez coûte 45€ (hors coût du logement, du transport et du matériel). [23] [24]

La pratique du ski alpin « en grosse station » est un loisir élitiste au travers duquel une petite proportion de la population s’approprie les montagnes et les détériore gravement.

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Liens

[1] [2] [3] [4] http://www.lapassionduski.com/?page=classement-stations-de-ski

[5] http://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/cgedd/006332-01_rapport.pdf

[7] http://www.sataski.com/commun/qui-sommes-nous/lalpe-et-la-sata-en-chiffre/

[8] [9] http://www.dailymotion.com/video/xqkmc7_l-alpe-d-huez-assume-sa-pollution_news

[10] http://sauvons.clavans.free.fr/Lu%20dans%20la20presse/2005_10_3_dauphine.pdf

[11] http://atla.over-blog.com/article-sarenne-le-tour-de-france-ouvre-t-il-la-porte-aux-investisseurs-113078822.html

[12] http://sauvons.clavans.free.fr/Lu%20dans%20la%20presse/article%20frapna.jpg

[13] http://www.mountainwilderness.fr/images/documents/ClavansPref38.pdf

[14] http://www.dailymotion.com/video/xqaugp_refuge-sarenne_news

[15] [16] http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/05/11/dans-lenergivore-alpe-dhuez-defenseurs-des-emplois-et-de-la-nature

[18] http://www.ledauphine.com/isere-sud/2010/06/14/des-enneigeurs-pour-sauver-le-glacier-de-sarenne

[19] http://carmen.application.developpement-durable.gouv.fr/IHM/metadata/RHA/Publication/docob/FR8201736_I15/I15_docob.pdf

[20] http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/mobilisation-contre-le-tour-de-132122

[21] http://lebruitduvent.overblog.com/petition-sarenne-au-lettre-ouverte-au-prefet-de-l-iserea

[22] http://www.avaaz.org/fr/petition/Non_au_passage_du_Tour_de_France_2013_au_Col_de_Sarenne/

[23] http://www.sataski.com/hiver/achetez-votre-forfait/forfait-journee/

[24] http://www2.cnrs.fr/journal/2588.htm

Contrôlons-nous la technique ? Par Julien villalard Reporterre 2013/03/21 Par Julien villalard (21 mars 2013) Contrôlons-nous la technique ?. Reporterre. fr

Contrôlons-nous la technique ?

Samedi 23 mars, CONTRÔLONS-NOUS LA TECHNIQUE OU EN SOMMES-NOUS LES ESCLAVES ? Paris

TECHNOlogos

Internet, nanotechnologies, robotique, neurosciences, télésurveillance, clônage, réseaux sociaux... Pour inonder notre quotidien, la Technique constitue le phénomène le plus déterminant de nos sociétés « avancées ». Ainsi, par exemple, le capitalisme ne survivrait pas aux multiples crises qui l’affectent si elle n’alimentait pas régulièrement de nouveaux marchés.

Créée en septembre 2012 à l’appel d’une quarantaine de citoyens, l’association Technologos se fixe entre autres objectifs celui de diagnostiquer l’ensemble des conséquences psychosociales de cette mutation.

Samedi 23 mars, à Paris, nous organisons une JOURNE THEMATIQUE à laquelle nous vous invitons.

CONTRÔLONS-NOUS LA TECHNIQUE OU EN SOMMES-NOUS LES ESCLAVES ?

PROGRAMME

.14h00 - 17h00. ASSEMBLE GENERALE Par rapport à qui ou à quoi la technique est-elle autonome ? Comment concilier différentes approches de la notion d’autonomie de la technique ? Quelle stratégie militante ?...

.17h15 - 18h15. RESISTER A L’ETAT Le point sur la lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (débat)

.18h30 - 19h30. PAUSE - COLLATION

.19h30 - 21h00. (CON)SCIENCE ET PROGRES Conférence gesticulée de Benjamin Caillard

.21h15 - 23h00. UN MONDE SANS HUMAINS Film (en présence de Philippe Borrel, réalisateur)

Samedi 23 mars 2013, 14h-23h Gare expérimentale - Paris 156, avenue Paul Vaillant-Couturier, 14e (=> entrée par l’avenue Lucien Descaves)

Participation libre - places limitées inscriptions sur RESERVATION par courriel : contact (arobase) technologos.fr

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Manifeste Assises nationales Lettre d’information

Un livre en faveur de l’aéroport Frap Reporterre 2013/03/21 Frap (21 mars 2013) Un livre en faveur de l’aéroport. Reporterre. fr

Un livre en faveur de l’aéroport

Jacques Auxiette, président du Conseil régional des Pays de Loire, a écrit un livre en faveur du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

PAC : les ministres européens ont cédé au lobby agro-industriel Verts/ALE au PE Reporterre 2013/03/21 Verts/ALE au PE (21 mars 2013) PAC : les ministres européens ont cédé au lobby agro-industriel. Reporterre. Tribune — fr

PAC : les ministres européens ont cédé au lobby agro-industriel

Le conseil des ministres a maintenu le 20 mars une réforme de la PAC conservatrice et peu écologique, selon José Bové.

Le Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE, en réunion ces 19 et 20 mars 2013 a encore affaibli la proposition de réforme de la PAC proposée par la Commission européenne.

José Bové, vice président de la commission de l’agriculture du Parlement européen a estimé que :

"Le Conseil des ministres de l’agriculture a poursuivi le travail de sape de la proposition pourtant déjà bien timide de réforme de la Politique Agricole Commune. Les ministres européens de l’agriculture cèdent ainsi aux exigences du lobby agro-industriel.

Le refus d’un plafonnement obligatoire est tout simplement incroyable. A une époque où les gouvernements, d’un bout à l’autre de l’Europe, imposent des plans d’austérité qui mettent des dizaines de milliers de personne au chômage, je n’accepte pas qu’une poignée d’exploitations agricoles continuent à accaparer 80% des aides agricoles.

Laisser le libre choix à chaque Etat membre de fixer ou non un plafonnement remet en cause le principe de solidarité et celui du marché unique. C’est un pas vers une renationalisation de la PAC, un manque d’ambition pour l’Europe.

Les ministres de l’Agriculture ne sont visiblement pas prêts à réorienter l’agriculture vers des pratiques efficaces et novatrices moins dépendantes des énergies fossiles et de la chimie. J’ai l’impression qu’ils n’ont pas entendu parler du réchauffement climatique et que les cris d’alarme des médecins qui font un lien de plus en plus évident entre l’augmentation des cancers et l’utilisation massive des pesticides ne sont pas parvenus jusqu’à leurs oreilles. Le verdissement n’est plus qu’un mot vide de sens.

Pour enfoncer le clou, le Conseil des ministres de l’Agriculture serre le frein à main pour empêcher un rééquilibrage de la distribution des aides entre les paysans. La convergence, c’est-à-dire une prime d’un même montant pour tous, qui devait être mise en place d’ici à 2020, est repoussée aux calendes grecques."

L’OCDE désapprouve le projet de Notre Dame des Landes Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/03/21 Camille Martin (Reporterre) (21 mars 2013) L’OCDE désapprouve le projet de Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

L’OCDE désapprouve le projet de Notre Dame des Landes

C’est dit avec douceur, mais le sens est clair : « Certains aéroports régionaux risquent de représenter une charge pour les générations futures ». Dans son étude économique pour la France, l’OCDE appelle à une réévaluation « de la rentabilité des projets d’investissement public ».

L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) vient de publier son Etude économique sur la France, exercice qu’elle effectue régulièrement pour chacun de ses pays membres. Elle y analyse, d’un point de vue néo-libéral, la situation économique du pays.

Dans son chapitre sur les dépenses publiques, les experts de l’OCDE admonestent à mots couverts mais sans ambiguïté la politique d’investissements publics, en exprimant ce que nombre d’écologistes disent avec constance depuis des années : la France est déjà bien équipée d’infrastructures, il n’y en a pas besoin de plus. L’organisation insiste sur leur rentabilité : des LGV, projets prestigieux, stades et aéroports régionaux « risquent de représenter une charge pour les générations futures ». Et d’émettre cette recommandation : « La rentabilité des projets d’investissement public devrait être évalué avec soin ».

Cela s’appelle une « litote » : « Figure de rhétorique consistant à affaiblir l’expression de la pensée pour laisser entendre plus qu’on ne dit ». Traduit en termes plus abrupts, le jugement de l’OCDE est donc que cette rentabilité publique n’est pas étudiée suffisamment sérieusement.

Voici le texte de l’OCDE, p. 27 :

Un préfet rejoint un cabinet de lobbying à grand coup de trompe Thomas Legrain Conseil Reporterre 2013/03/21 Thomas Legrain Conseil (21 mars 2013) Un préfet rejoint un cabinet de lobbying à grand coup de trompe. Reporterre. fr

Un préfet rejoint un cabinet de lobbying à grand coup de trompe

Ce qu’il y a de bien dans le régime oligarchique, c’est qu’on n’a plus besoin de sauvegarder les apparences. Il est donc normal d’annoncer le passage d’un haut fonctionnaire dans le secteur privé, où il pourra utiliser ses connaissances acquises au service de l’Etat au profit des grandes entreprises.

Communiqué de presse

Le préfet Patrice MOLLE rejoint le cabinet de lobbying Thomas Legrain Conseil en qualité de Senior Advisor.

Thomas Legrain et son équipe peuvent compter sur Patrice MOLLE qui les rejoint comme Senior Advisor.

Un co-équipier de poids lorsqu’on connaît la carrière du préfet.

Chez Thomas Legrain Conseil, iinterviendra dans le cadre de missions d’intermédiation et de gestion de crises, de mise en place de stratégies de lobbying et d’influence ou encore d’accompagnement dans les procédures administratives.

Patrice MOLLE a 13 ans de service militaire de Saint-Cyr à la légion étrangère parachutiste puis 30 ans de service dans le corps préfectoral, dont 18 ans dans le grade de Préfet :

* Préfet, directeur-adjoint et secrétaire général de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN), établissement public dépendant du Premier Ministre (2010-2012). * Préfet, adjoint au secrétaire général du ministère de l’intérieur (2008-2009). * Directeur du cabinet civil et militaire d’Hervé Morin (ministre de la défense) (2007). * Préfet du département des Vosges (2006-2007). * Directeur de l’administration pénitentiaire au ministère de la justice (2004-2005). * Directeur des ressources humaines de la ville de Paris (2002-2004). * Directeur des affaires scolaires et universitaires de la ville de Paris (1997-2002). * Conseiller au sein du cabinet de Philippe Douste-Blazy (ministre de la culture) (1995-1997). * Nomination au grade de préfet (1995). * Chef du cabinet civil de François Léotard (ministre de la défense) (1993-1995). * Sous-directeur des opérations de secours et adjoint opérationnel à la direction de la sécurité civile du ministère de l’intérieur (1992-1993). * Secrétaire général de la préfecture de la Drôme (1989-1992). * Chef d’état-major de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) (1986-1989). * Sous-préfet de l’arrondissement d’Ambert (1984-1986). * Directeur du cabinet du préfet de l’Aisne (1983-1984).

A propos de Thomas Legrain Conseil

Créé en 2007, Thomas Legrain Conseil est un cabinet qui intervient dans le domaine de la stratégie, du lobbying et de la communication d’influence.

Thomas Legrain Conseil a comme objectifs d’aider ses clients à :

* Comprendre les mutations de leurs marchés, * Mettre en place des dispositifs de veille, * Gérer leurs relations avec les pouvoirs publics, les relais d’opinion, la presse, * Défendre leurs intérêts, * Définir une stratégie de communication, * Accroître leur influence, * Exploiter de nouvelles opportunités de développement.

Thomas Legrain Conseil a développé deux dispositifs d’accompagnement stratégiques qu’il met au service de certains de ses clients :

* Un réseau : le Networking & Business Club, qui fédère 270 membres parmi lesquels 150 attachés parlementaires et conseillers ministériels, * Un site d’information participatif : legrain2sel.com, qui permet d’exprimer des idées, de valoriser des arguments, d’accroître son influence et de défendre ses intérêts.

Afin d’être capable d’offrir une prestation globale à ses clients en matière de communication d’influence, Thomas Legrain a créé l’agence de communication Pixel Attitude dont la mission principale est d’être source de créativité. Pixel Attitude intervient aussi bien dans le domaine du Print que dans celui du Web. Pour en savoir plus

Les clients de Thomas Legrain Conseil comme ceux de Pixel Attitude sont principalement des grands groupes et des organisations professionnelles.

Une stratégie qui s’est mise progressivement en place et qui se révèle particulièrement efficace si on regarde les références clients du cabinet : la Fédération des Centres de Gestion Agréés (FCGA), l’Union des industries de la fertilisation (UNIFA), l’Union Française de la Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie, des Pierres & des Perles (Union Française BJOP), Groupama, la SAUR, le Groupe IGS, Polyflame, SEITA – Groupe Imperial Tobacco, FIMINCO…

Et demain ? Thomas LEGRAIN comme Patrice MOLLE ne savent pas répondre à cette question. Une chose est sûre : ils ne manqueront ni de projets, ni de défis à relever.

Le Nouveau monde Par Julien villalard Reporterre 2013/03/22 Par Julien villalard (22 mars 2013) Le Nouveau monde. Reporterre. fr

Le Nouveau monde

Le nouveau monde – regard sur la disparition des banquises et sur le sens des choses est le nouvel ouvrage d’Emmanuel Hussenet, qui vient de paraître aux éditions Les cavaliers de l’Orage.

« Que la glace fonde n’a rien de surprenant. Ce qui aurait pu être déconcertant, voir décevant, c’est qu’elle reste insensible. Que la violence de l’atteigne pas. Mais la glace est touchée, bien plus que l’homme, qui fait mine de ne pas entendre. L’homme sait faire semblant ».

Ces mots sont ceux d’Emmanuel Hussenet. A la fois écrivain et accompagnateur d’expéditions dans le grand Nord, il a tiré de ses expériences, de son vécu et son ressenti un nouvel ouvrage intitulé Le nouveau monde. Sous-titré Regard sur la disparition des banquises et sur le sens des choses, il nous propose une réflexion sur la fonte des glaces, dûe au réchauffement climatique qui sévit sur la planète.

Une sentinelle des glaces

Au fil des pages, en utilisant la première personne, il retrace quelques épisodes de ses aventures dans l’Arctique ou au Groënland (rencontre avec des Inuits, attaque de grizzli, expédition en kayak), agrémenté de réflexions écologiques.

« La confusion climaitique autour des pôles ne serait pas inquiétante si elle n’était qu’accidentelle. Or l’exception est devenue la loi. Chacune des mes expéditions des dix dernières années est marquées par une anomalie », commente-il ainsi.

En véritable « sentinelle des glaces » comme il se définit lui-même, Emmanuel Hussenet, de part son style à la fois littéraire et poétique, arrive à faire passer le message que la banquise court un important danger. L’auteur arrive à nous faire partager son amour pour la banquise. Le nouveau monde est un livre qui se lit aisément, et nous donne à voyager et à voir les beautés d’un monde méconnu du plus grand nombre, menacé aujourd’hui par l’action de l’homme. A lire en complément de la visionnage de son court-métrage, La voix des glaces !

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- Le nouveau monde – regard sur la disparition des banquises et sur le sens des choses, d’Emmanuel Hussenet, 156 pages, éditions Les Cavaliers de l’Orage, 14,50 euros.

Les bétonneurs réactivent le plan de l’autoroute Grenoble-Sisteron Un collectif d’opposants à l’A51 Reporterre 2013/03/22 Un collectif d’opposants à l’A51 (22 mars 2013) Les bétonneurs réactivent le plan de l’autoroute Grenoble-Sisteron. Reporterre. fr

Les bétonneurs réactivent le plan de l’autoroute Grenoble-Sisteron

Vieux serpent de mer, l’autoroute A 51 entre Grenoble et Sisteron ressort des placards des bétonneurs. Les opposants se regroupent le 29 mars.

L’ aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la Ligne Grande Vitesse entre Lyon et Turin ou dans le Pays Basque ; l’ EPR à Flamanville, à Taishan ou à Olkiluoto et leurs lignes THT associées ; le "ruban" de villes entre Genève, Annecy, Chambéry, Grenoble et Valence ; le Center Parcs dans la Vienne ou dans les Chambarans ; le parc commercial à Saint-Paul-lès-Romans…

« Des territoires au territoire, la roue tourne…

« Cette mise à sac des territoires accentue la dépossession de ceux qui se verront condamnés à se recycler, se spécialiser, s’exiler, ou crever et confirme l’action, le pouvoir accablants de l’industrie et de la finance. »

(Des opposants à la conquête de l’espace, « Les plates-bandes de nos jardins ne sont pas celles des arrêts d’urgence », 14 mars 1995)

Le texte dont est tirée la citation ci-dessus fut distribué à l’occasion de l’opposition à la construction du tronçon entre Grenoble et le Col du Fau, de l’autoroute A51.

Aujourd’hui le projet de joindre Grenoble et Sisteron par l’autoroute A51 se retrouve à nouveau entre les mains du président du Conseil général de l’Isère Vallini et l’esprit de ses amis de la Chambre de Commerce et d’Industrie, de la Chambre des métiers et de l’artisanat, de la Fédération du BTP, du MEDEF, de la Confédération des petites et moyennes entreprises, de l’Union des Industries métallurgiques, électriques et connexes, de l’Isère (UDIMEC)…

Nous nous associons sans réserve à l’appel ci-dessous et nous vous invitons à vous joindre à ce rassemblement.

Quelques Opposants à Center Parcs

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VENEZ PROTESTER CONTRE LA RELANCE DE L’A51

Vendredi 29 mars 2013 à 10h30 rendez vous devant le Conseil Général (7 Rue Fantin Latour, tram A arrêt Préfecture)

Depuis quelques mois André Vallini, président du conseil général de l’Isère, ne cesse d’affirmer sa volonté de terminer l’A51. Cette liaison autoroutière entre Sisteron et Grenoble était pourtant jusqu’ici, plus ou moins considérée comme abandonnée en raison d’impasses financières, environnementales et juridiques, le conseil général lui-même ayant renoncé à financer ce projet.

Pourquoi aujourd’hui relancer cette autoroute coûteuse, polluante et inutile ?

Nous venons devant le Conseil Général pour manifester à M. Vallini ainsi qu’ à tous les conseillers généraux notre détermination à nous opposer à ce projet.

Une voiture en autopartage remplace neuf voitures individuelles Ademe Reporterre 2013/03/22 Ademe (22 mars 2013) Une voiture en autopartage remplace neuf voitures individuelles. Reporterre. fr

Une voiture en autopartage remplace neuf voitures individuelles

Lancée en juillet 2012, l’enquête nationale sur l’Autopartage réalisée par 6T-Bureau de recherche en partenariat avec France Autopartage et avec le soutien de l’ADEME dans le cadre du PREDIT 4 a été menée auprès de 2090 abonnés à 21 services d’autopartage répartis dans toute la France.

La conférence de presse organisée le jeudi 21 mars a été l’occasion pour Nicolas Louvet, directeur du bureau de recherche 6T de présenter les résultats de cette étude avec les retours de Jean-Baptiste Schmider directeur de France Autopartage.

Les Français utilisent de moins en moins leur voiture. En milieu urbain, en posséder une devient de moins en moins rentable. L’autopartage est le système qui permet d’utiliser ponctuellement une voiture sans subir les inconvénients liés à sa possession.

Il est encore marginal, mais il a connu dans les dernières années une croissance exponentielle et dispose d’un potentiel de développement très important. Si le service Autolib’ à Paris lui a permis de gagner en visibilité, la plupart des grandes agglomérations françaises disposent également d’un service d’autopartage, géré par un opérateur privé ou directement par la collectivité locale.

Face à l’augmentation des prix du pétrole, à l’étalement urbain et aux politiques de restriction de la voiture individuelle, il apparaît inévitable que de nouveaux services de mobilité comme l’autopartage séduisent de plus en plus les particuliers et continuent à se développer partout en France.

Dans ce contexte, le Bureau de recherche 6T, en partenariat avec France Autopartage, a souhaité mesurer et comprendre l’impact de l’autopartage sur la mobilité urbaine.

La principale raison pour passer à l’autopartage est le coût de revient moins élevé qu’une voiture individuelle. L’autopartage permet à ses usagers de ne pas supporter tous les coûts liés à la possession d’une voiture, notamment les coûts fixes (amortissement et assurance) et ceux liés au stationnement.

Après le passage à l’autopartage, les autopartageurs parcourent 41 % de kilomètres en moins en voiture.

Chaque voiture d’autopartage remplace 9 voitures personnelles et libère 8 places de stationnement

Suite à leur passage à l’autopartage, les autopartageurs utilisent davantage la marche à pied (pour 30 % d’entre eux), le vélo (29 %), les transports collectifs (25 %) le train (24 %), et le covoiturage (12 %).

L’autopartage permet l’adhésion aux politiques d’écomobilité telles que les péages urbains, les Zones Prioritaires d’Action pour l’Air ou encore les mesures de limitation du stationnement.

Pour développer l’autopartage, il est nécessaire de le faire connaître en améliorant sa visibilité dans les villes.

Pour sauver les terres agricoles, Lurzaindia lance l’épargne populaire au Pays basque Luzraindia Reporterre 2013/03/22 Luzraindia (22 mars 2013) Pour sauver les terres agricoles, Lurzaindia lance l’épargne populaire au Pays basque. Reporterre. fr

Pour sauver les terres agricoles, Lurzaindia lance l’épargne populaire au Pays basque

Chaque année, 1 200 hectares de terres sont perdues par l’agriculture en Pays basque français. Afin d’enrayer ce phénomène et installer de jeunes agriculteurs, l’épargne collective est mobilisée.

En janvier est née LURZAINDIA, un outil de collecte d’épargne pour l’acquisition collective de foncier agricole. La première campagne de collecte a débuté, elle vise à réunir 350 000 euros en 2013.

Le maintien du foncier agricole : un enjeu de taille dans la gestion du territoire et du développement agricole et rural

Depuis 10 ans en Iparralde [Pays Basque français], la surface agricole utile (SAU) diminue de près de 1 200 ha par an : 150 exploitations disparaissent et plus de 250 actifs quittent le secteur agricole chaque année. Les installations de paysans, certes plus dynamiques en Pays Basque qu’ailleurs, restent insuffisantes à cause notamment de la difficulté à accéder au foncier devenu un bien spéculatif.

D’autre part, la population du Pays Basque va augmenter fortement, particulièrement sur l’agglomération de Bayonne. Autant de personnes à qui il faudra donner accès à une alimentation de proximité et de qualité. Il est donc primordial de préserver les terres agricoles, ce sont elles qui nous nourrissent. Le GFAM Lurra (voir encadré ci-dessous) a œuvré dans ce sens pendant 30 ans. Voyant son action atteindre des limites et suite à une longue réflexion des différents acteurs de l’agriculture paysanne en Pays Basque, la décision de lui donner une nouvelle forme juridique, mieux adaptée, a été prise.

SCA Luzraindia : outil d’épargne populaire

Portée par le syndicat agricole ELB-Confédération Paysanne du Pays Basque, les structures de la fédération Arrapitz, l’Inter-Amap Pays Basque et Euskal Herriko Laborantza Ganbara, LURZAINDIA va s’appuyer sur l’épargne populaire pour freiner la disparition des terres agricoles, les préserver de la spéculation.

Lurzaindia, Société en Commandite par Action (SCA), sera en mesure d’acquérir du foncier agricole ainsi que du bâti (bâtiment agricole, habitation) pour les mettre ensuite à disposition des paysans via des baux à long terme, dans une démarche d’agriculture paysanne. Lurzaindia aura aussi pour rôle de sensibiliser la société à l’enjeu de la protection du foncier agricole.

Premier objectif : collecter 350 000 € en 2013

Lurzaindia est un outil d’achat en collectif de terres agricoles à partir de l’épargne solidaire. Dès maintenant, il est possible de participer à cette aventure collective en prenant des parts, à partir de 20 €. Chacun peut participer : femme, homme, association, entreprise, institution... La participation de chacun permettra à Lurzaindia de tout mettre en œuvre pour faire de la terre, base de l’alimentation humaine, un patrimoine qui nous sera commun, sorti du marché spéculatif, conformément à la charte éthique de Lurzaindia.

Chacun contribuera ainsi activement à maintenir des paysans nombreux à travers le Pays Basque. Il ne s’agit pas de faire un don mais bien de faire un placement dont le remboursement sera possible.

Deux partenaires forts se positionnent également aux côtés de Lurzaindia :

• Herrikoa, société locale d’investissement, qui a soutenu la création de plus de 2 600 emplois en Pays Basque, notamment grâce à des appels publics à épargne et qui croit comme Lurzaindia à un Pays Basque solidaire et au potentiel économique fort,

• Terre de Liens pour qui la Terre mère nourricière et outil de travail doit être un patrimoine commun qu’il faut à tout prix préserver. La Foncière Terre de Liens a réalisé plus de 70 acquisitions pour installer ou maintenir des paysans.

Les porteurs de parts ont élu un conseil de surveillance chargé du contrôle permanent de la gestion financière et éthique d’Erne. Les fondateurs du GFAM, les représentants d’Herrikoa et de Terre de Liens en sont les premiers membres.

Renseignements et souscriptions : LURZAINDIA - 2 rue de la Bidouze, 64120 Donapaleu / Saint Palais 05 59 65 46 02 info (arobase)LURZAINDIA.eu www.LURZAINDIA.eu

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Lurzaindia est issue du Groupement foncier agricole mutuel Lurra. Créé en 1979, le GFAM Lurra, devenu Lurzaindia, compte aujourd’hui 2 749 porteurs de parts et a acquis 14 fermes, 260 ha de terre, et a installé 21 fermiers. La première campagne a permis d’installer un fermier à Beyrie Sur Joyeuse en 1979, la plus récente un paysan boulanger sur la ferme Oxidoia à Arroue en 2011.

Lurzaindia est gérée collectivement, par les structures reconnues de développement de l’agriculture paysanne en Pays Basque.

• ELB (Euskal Herriko Laborarien Batasuna – Confédération Paysanne du Pays Basque) : Syndicat agricole pour qui la lutte pour la préservation du foncier agricole et la défense des paysans est la priorité.

• Arrapitz : fédération qui regroupe 13 associations de développement agricole dont Idoki – Producteurs fermier, BLE Civam Bio, AOC Piment d’Espelette...

• EHLG (Euskal Herriko Laborantza Ganbara) : association pour le développement de l’agriculture paysanne en Pays Basque et qui travaille notamment à la préservation du foncier agricole et accompagne des jeunes en projet d’installation agricole.

• Inter AMAP : concerne plus de 1 000 famille en AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) en Pays Basque.

« L’offensive doit être menée contre toutes les formes de vie » Frédéric Wolff Reporterre 2013/03/22 Frédéric Wolff (22 mars 2013) « L’offensive doit être menée contre toutes les formes de vie ». Reporterre. Tribune — fr

« L’offensive doit être menée contre toutes les formes de vie »

Courage ! Il reste des zones à détruire, mais la guerre au vivant est en passe d’être victorieuse. Allons, enfants de l’industrie...

Il paraît que notre époque est au parler vrai, à la transparence, à la sincérité. D’ici peu, nous devrions donc entendre un grand discours de nos ministres de l’industrie, de l’agriculture, de la guerre et de l’écologie réunis.

Vous connaissez mon dévouement aux grandes causes nationales. J’ai préparé un brouillon de déclaration interministérielle, pour aider.

Après « Vive la crise » des années 80, « Vive la guerre » des années 2 000 !

Mes chers cons patriotes,

La guerre menée par les nations civilisées touche à sa fin. Les nouvelles du front sont excellentes : nous sommes sur le point d’anéantir notre ennemi héréditaire.

Ainsi, la plupart des sols agricoles sont biologiquement morts. Leur taux d’humus est au plus bas et toute trace de vie ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

Les océans se vident, le climat se réchauffe beaucoup plus vite que prévu, la déforestation gagne du terrain.

Grâce au redressement productif et aux efforts sans précédent de notre industrie du cancer, nous avons réussi à empoisonner l’eau, l’air, la terre, les ours blancs, la rosée où vont boire les abeilles, les oiseaux, les poissons... La débâcle est générale, le succès quasi-total.

Le nombre de personnes souffrant de la faim a dépassé le milliard et, selon les dernières estimations, oscille entre 1,5 et 2,5 milliards d’humains. Ces chiffres sont un encouragement sans précédent à développer les bio-carburants, les élevages industriels et le bétonnage des terres agricoles.

Nous appelons chacun, chacune à intervenir en renfort auprès des autorités, pour soutenir tous les projets nuisibles : constructions d’aéroports, de zones commerciales, de routes, d’industries nationales et transnationales… en veillant à ce que soient détruites les dernières zones humides et agricoles.

L’offensive doit être menée contre toutes les formes de vie. L’arsenal de destruction massive s’est enrichi de nouvelles armes, au premier rang desquelles figurent les gadgets sans fil. Il est impératif que l’ensemble de la population en âge d’être mobilisée participe à l’effort national, en soutenant les dealers de nouvelles technologies. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons éradiquer les derniers îlots de résistance.

Les nano-technologies gagneront à être répandues dans l’ensemble des produits de première nécessité.

Grâce aux cyborgs de la nouvelle génération, l’homme supprimé 2.0. devrait être disponible très prochainement sur le marché.

Chacun, chacune est appelé(e) à produire plus pour consommer plus, conformément à l’Evangile de la croissance infinie. Il reste des zones à détruire, la victoire est au bout de l’industrie !

Nous avons bon espoir de vendre nos avions de guerre à l’Inde et à tous pays qui voudraient en faire bon usage. Il en est de même pour nos usines atomiques que nous comptons déployer sur la planète, afin d’offrir un avenir rayonnant au monde de demain !

Si ces mesures ne suffisaient pas à porter un coup fatal à la vie, un ultimatum serait lancé par les nations civilisées : chacun(e) sera enjoint à prendre ses responsabilités en participant au suicide collectif instantané. Le libre choix des moyens sera laissé aux citoyens, conformément aux grands principes démocratiques qui sont les nôtres.

Allons enfants de l’industrie

Empoisonn’ nos poumons…

Centrale de Fessenheim : travaux inutiles et coûteux, la justice est saisie Réseau Sortir du nucléaire Reporterre 2013/03/22 Réseau Sortir du nucléaire (22 mars 2013) Centrale de Fessenheim : travaux inutiles et coûteux, la justice est saisie. Reporterre. fr

Centrale de Fessenheim : travaux inutiles et coûteux, la justice est saisie

Le 19 décembre 2012, l’ASN a donné son accord à la réalisation des travaux pour le renforcement du radier du réacteur 1 de la centrale de Fessenheim. Le Réseau Sortir du nucléaire, Alsace Nature, le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Stop Fessenheim et Stop Transports - Halte au Nucléaire ont déposé un référé pour empêcher la réalisation de ces travaux inutiles et coûteux.

Une prolongation d’exploitation conditionnée à la réalisation de travaux colossaux

À l’issue de la troisième visite décennale du réacteur 1 de Fessenheim, l’ASN a rendu un avis favorable à la poursuite de son exploitation après 30 ans de fonctionnement, sous réserve de respecter différentes prescriptions [1]. Il s’agit notamment de renforcer le radier du réacteur avant le 30 juin 2013. Le 19 décembre 2012, elle a donné son accord pour qu’EDF procède à la mise en œuvre de la modification proposée, consistant à augmenter à la fois l’épaisseur et la surface de la zone d’étalement du corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve.

Colossaux, les travaux prescrits n’ont pas de précédent : il s’agit notamment de couler environ 50 cm d’un béton spécial dans le puits de cuve [2] et dans une zone voisine réaffectée en « local de collecte ». De plus, pour permettre l’étalement du corium entre ces deux zones, il faudra creuser un canal de transfert.

Au vu de l’ampleur de cette modification, celle-ci devrait faire l’objet de la procédure d’autorisation telle que prévue par l’article L 593‐14 du Code de l’environnement, qui impose notamment une enquête publique en cas de modification notable d’une installation nucléaire.

Des travaux coûteux, inutiles, voire dangereux pour une centrale destinée à une fermeture imminente

Alors que les économies d’énergie et les énergies renouvelables manquent cruellement de soutien, il est inacceptable de gaspiller des dizaines de millions d’euros dans de tels travaux. La centrale de Fessenheim est dangereuse et devrait être arrêtée maintenant [3]. Alors même que le gouvernement s’est engagé à la fermer durant le quinquennat, autoriser ces travaux revient à donner un argument à EDF, qui ne manquera pas d’invoquer leur rentabilisation pour justifier la poursuite de l’exploitation du réacteur.

Les travaux se dérouleront dans un environnement extrêmement radioactif, juste sous la cuve du réacteur. En dépit des déclarations d’EDF, qui peut garantir que les personnes qui seront chargées des opérations ne courront aucun risque ? Il serait inacceptable que des travailleurs soient exposés à des radiations intenses pour ce chantier qui n’est même pas destiné à prévenir le risque d’accident.

En effet, l’objectif est uniquement, une fois l’accident arrivé, de reporter d’une journée environ (soit 44 h après au lieu de 24) le moment où le combustible en fusion percera le socle de béton du réacteur et entrera en contact avec la plus grande nappe phréatique d’Europe !

Ces travaux ne changeront rien aux risques qui pourraient mener à un accident à Fessenheim : vieillissement, situation en zone sismique, près d’un aéroport, en contrebas du grand canal d’Alsace…

La seule manière d’assurer la sécurité est de fermer cette centrale. Ces travaux aussi coûteux qu’inutiles sont un leurre. Le 21 mars 2013, le Réseau "Sortir du nucléaire", Alsace Nature, Stop Transports - Halte au nucléaire, Stop Fessenheim et le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin ont déposé un référé devant le Conseil d’État afin de les empêcher.

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Pour plus d’informations :

Voir notre dossier juridique.

En savoir plus sur Fessenheim

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Notes

[1] Décision de l’ASN n° 2011-DC-0231 du 4 juillet 2011.

[2] Zone hautement radioactive située juste sous le réacteur.

[3] Selon un rapport commandé par le ministère de l’Environnement du Bade-Wurtemberg, Fessenheim aurait déjà dû être fermée si on lui avait appliqué les critères de sûreté en vigueur en Allemagne : http://groupes.sortirdunucleaire.org/Analyse-de-l-Oko-Institut

Notre Dame des Landes : ça lui a pris du temps, mais le WWF prend position WWF France Reporterre 2013/03/25 WWF France (25 mars 2013) Notre Dame des Landes : ça lui a pris du temps, mais le WWF prend position. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : ça lui a pris du temps, mais le WWF prend position

Le projet d’aéroport est, selon le WWF, « une offense à la biodiversité nationale ». L’ONG internationale demande des « études complémentaires ».

Après plusieurs mois d’études des différents arguments, le WWF rend public sa position concernant le projet d’aéroport du Grand Ouest. Au regard des risques d’atteintes à la biodiversité locale, le WWF France exhorte les pouvoirs publics à réaliser un certain nombre d’études complémentaires afin de quantifier réellement les impacts du projet sur les écosystèmes et sur les activités humaines.

> La réalisation d’inventaires faune / flore complets, concernant tous les groupes taxonomiques dont la présence est déjà connue sur le site ou pour lesquels les habitats sont favorables, sur l’ensemble des saisons, en incluant l’automne et l’hiver.

Il s’agit de montrer très précisément les enjeux relatifs à la biodiversité du site de Notre-Dame-des-Landes et d’apprécier objectivement l’impact du projet aéroportuaire sur les habitats naturels, sur les espèces et leur population et sur l’importance écologique du site, en particulier comme carrefour migratoire.

Le WWF considère que les études réalisées à ce jour (étude du cabinet Biotope de 2002, 2006 et 2011) ont certes démontré l’importance de la biodiversité du site mais comportent encore de nombreuses lacunes (sur la flore, les oiseaux, les insectes, les reptiles…) et ne permettent pas de déceler les enjeux écologiques globaux liés au projet. Des études complémentaires sont donc nécessaires pour mieux évaluer la situation.

> Une étude complète du risque d’inondation que peut entraîner le projet sur les villages alentours.

Le WWF considère que ce risque a été sous évalué dans les études actuelles, qui sont basées sur les connaissances existantes mais sans prises en compte suffisantes des profondes modifications apportées par le projet. En fonction des résultats de l’étude, une prise en considération de ces risques doit être faite dans le cadre de la mise en place des plans de prévention du risque inondation (PPRI) ;

> Une réelle évaluation des fonctionnalités hydrologiques des zones humides du site.

Le WWF considère que le dossier loi sur l’eau ne peut se contenter d’indiquer que l’évaluation fine des fonctionnalités hydrologiques des zones humides nécessite la mise en place d’études spécifiques avec la réalisation de mesures et d’analyses in situ mais également à l’échelle des bassins versants concernés, et ce sur des échelles de temps suffisamment longues (suivis pluriannuels). Ces types d’études, longues et complexes relèvent du domaine de la recherche et de l’expérimentation.

Une évaluation fine, « de terrain », des fonctionnalités hydrologiques n’est donc pas réalisable pour ces raisons.

Ces études spécifiques doivent être réalisées pour une réelle prise en compte des services rendus par les zones humides du site, sur les aspects quantitatifs et qualitatifs pour la ressource en eau, sur l’atténuation du risque inondation et sur leur importance comme réservoir biologique.

> Une étude juridique des conséquences de ce projet sur le principe de compensation et de ses implications à l’échelle nationale sur la doctrine « éviter, réduire, compenser ». Les résultats de cette étude doivent par la suite faire l’objet d’un débat national.

Sans de tels compléments d’information, il apparaît au WWF France inenvisageable de lancer un projet d’infrastructure aéroportuaire sur le site de Notre-Dame-Des-Landes.

Le Tarn renâcle devant les boues Collectif Pur Burg 81 Reporterre 2013/03/25 Collectif Pur Burg 81 (25 mars 2013) Le Tarn renâcle devant les boues. Reporterre. fr

Le Tarn renâcle devant les boues

Les stations d’épuration des eaux produisent des milliers de tonnes de boues. Que faire de celles-ci ? Du compost dans des usines ? Mais dans le Tarn, les habitants refusent les « boues non normées », polluées, qui seraient répandus sur les champs.

Dans un petit coin du Tarn, au cœur des Monts d’Alban, une vingtaine d’habitations sont dispersées en hameaux : des agriculteurs, dont certains possèdent des labels de qualité, une ferme pédagogique, une poignée d’amoureux de ce lieu paisible. Arrive la société SEDE Environnement, une filiale de Véolia, qui projette d’y installer une unité de traitement des boues issues des stations d’épuration pour en faire du compost.

Le projet a déjà reçu un avis favorable de la préfecture mais reste encore soumis aux conclusions d’un enquêteur public qui écoutera tous les avis jusqu’au 4 avril à la mairie de Paulinet. Le dossier préparé par SEDE garantit qu’aucune nuisance ne sera causée au site et que quatre emplois seront créés. Sauf que….

Sauf qu’il s’agit de 20 000 tonnes de boues transportées et traitées par an, que 20% de la production dite "non normée" (trop polluée pour être commercialisée) sera étendue sur les 405 hectares, polluant les terres et les rivières… (Rappelons que les boues en question recèlent une forte teneur en métaux lourds, pesticides, dioxines, résidus médicamenteux, etc., qu’aucun traitement ne permet actuellement d’éliminer. Nous sommes très loin du compost familial fait au fond du jardin !)

Ce projet induit :

- La dissémination de particules pathogènes et cancérigènes dans l’air et sur des kilomètres. - La pollution des réserves d’eau (le barrage de Razisse alimente en eau 400 000 habitants) par infiltration, par épandage et son pillage (10 000 m3 consommés par an). - Des odeurs pestilentielles, un bruit constant d’engins, des allers et retours de camions malodorants et de chargeurs. - L’intoxication et la dévalorisation des terres et des troupeaux. - La ruine de la notoriété de produits agricoles de qualité. - La mort de toute attractivité touristique (tourisme vert, pêche, chasse, randonnées).

Il faut savoir que cette société SEDE cherche désespérément des lieux où s’implanter et s’est déjà vu refuser des projets semblables dans nombre de communes à travers la France

Le collectif "Pur Burg 81" vient de se constituer pour s’opposer au projet, pour sauver la région et son potentiel agricole et touristique.

Je joins à cet article une lettre que j’ai envoyée à l’enquêteur qui se tiendra à la mairie de Paulinet. Vous pouvez la personnaliser et l’envoyer à votre tour pour soutenir le collectif Pur Burg. Sans l’appui de nombreuses personnes extérieures au Tarn, il est à craindre que les quelques habitants du cru ne fassent le poids face au géant Véolia !

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M. JEANNE, Commissaire Enquêteur, Mairie de Paulinet, 81 250 PAULINET

Les sectionaux sont une nouvelle zone à défendre Association Force de défense des Ayants droit et des Sections de communes (AFASC) Reporterre 2013/03/25 Association Force de défense des Ayants droit et des Sections de communes (AFASC) (25 mars 2013) Les sectionaux sont une nouvelle zone à défendre. Reporterre. Tribune — fr

Les sectionaux sont une nouvelle zone à défendre

Les sectionaux sont des biens communs villageois, qui ont toujours permis aux pauvres de faire pâître leurs animaux. Ils sont aujourd’hui comme les jardins partagés en ville. Mais un projet de loi veut transférer ces biens aux communes pour les revendre. Une pétition est lancée pour s’opposer à cette spoliation.

Les Sectionaux avec Notre Dame des Landes sont les nouvelles ZAD (Zones à défendre) . Les biens de section ou Sectionaux sont des terres agricoles qui appartiennent aux habitants d’un village ou d’une section. Depuis leur origine qui remonte bien avant le Moyen âge, ces terres étaient destinées à permettre aux pauvres de vivre en faisant paître leur troupeau de moutons, de chèvres, parfois de quelques vaches, de pratiquer l’affouage (coupe du bois de chauffage et du bois d’œuvre), la cueillette, etc. . Or l’actualité nous montre malheureusement qu’il y a de plus en plus de pauvres. . Aujourd’hui les Sectionaux permettent une agriculture vivrière, la possibilité d’installer de jeunes paysans, la coupe de bois de chauffage et de bois d’œuvre pour tous les habitants du village. . Les Sectionaux sont aux ruraux ce que les Jardins Ouvriers et les Jardins Partagés sont aux citadins. . Le parlement s’apprête à voter une loi dite « loi Mézard » pour « communaliser » ces Sectionaux, ce qui signifie en clair que les communes ayant des besoins financiers, vont pouvoir spolier ces terres et les revendre aux plus offrants, privant ainsi les habitants d’un espace de liberté. . Nous demandons aux députés de s’opposer à ce projet de loi, loi qui va contribuer si elle est adoptée, à la disparition définitive des petits paysans, à la désertification des campagnes et à une marchandisation de la nature.

Des résidus de pesticides détectés dans les bouteilles d’eau minérale Viva Reporterre 2013/03/25 Viva (25 mars 2013) Des résidus de pesticides détectés dans les bouteilles d’eau minérale. Reporterre. Pesticides fr

Des résidus de pesticides détectés dans les bouteilles d’eau minérale

Des analyses menées par 60 millions de consommateurs révèlent la présence de pesticides et de médicaments dans plusieurs échantillons d’eau embouteillée.

Selon le magazine 60 millions de consommateurs et la Fondation Danielle Mitterrand - France Libertés, environ 10% des eaux en bouteille présenteraient des traces infimes de pesticides et de médicaments.

L’analyse réalisée par le magazine a porté sur 47 bouteilles d’eau, trois bonbonnes d’eau, et une dizaine d’échantillons d’eau du robinet prélevés dans trois départements.

Sur les bouteilles d’eau étudiées (Vittel, Volvic, Cora, Cristalline, Salvetat, Saint-Yorre...), portant sur l’ensemble du marché, 37 ne présentaient aucune trace des 85 molécules recherchées. Dix en revanche contenaient des résidus de médicaments et pesticides, dont des traces d’Atrazine et d’Hydroxyatrazine, des désherbants pourtant interdits depuis 2001.

"La grande surprise", écrit 60 millions de consommateurs, est la présence de Tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein ». L’étude montre des traces de ce médicament dans les eaux Mont Roucous, Saint-Amand (Du Clos de l’abbaye), Carrefour Discount (Céline Cristaline), et la Salvetat gazeuse, ainsi que la Vichy Saint-Yorre. Des traces de Buflomedil, un vasodilatateur, pour dilater les artères, ont aussi été retrouvées dans l’eau d’Hépar.

L’analyse de l’eau du robinet révèle que huit prélèvements sur dix contiennent une à quatre molécules sur les 85 recherchées, principalement des pesticides mais aussi des résidus de médicaments dont, à nouveau, du Tamoxifène décelé notamment en milieu urbain (Rennes et Limoges). Enfin, sur les trois bonbonnes, des traces de Diéthylphtalate ont été trouvés dans l’Obio, et de Bisphénol A, d’Atrazine et de retardateur de flamme dans la Culligan. Interrogation sur leur potentiel effet cocktail

"A court terme, il n’y a absolument aucun problème de qualité. Ces eaux sont parfaitement buvables", insiste le rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, Thomas Laurenceau, interrogé par l’AFP, tout en précisant que cette teneur infime est néanmoins suffisante « pour qu’on s’interroge sur la pureté originelle imposée par la règlementation des eaux minérales".

Le magazine a d’ailleurs procédé deux fois à l’analyse des échantillons après contestation de la part des embouteilleurs des premiers résultats et de la méthodologie employée accusée de produire de "faux positifs". "La seconde analyse a confirmé cette présence, sans que nous soyons en mesure d’en expliquer l’origine", écrit 60 millions de consommateurs. "L’affaire est suffisamment sérieuse pour qu’on lance des analyses à plus grande échelle", estime Thomas Laurenceau. Car « si tous les micropolluants sont ici présents en très faibles teneurs, leur variété interroge sur les potentiels effets cocktail", souligne 60 millions de consommateurs.

Le magazine et France Libertés, qui ont lancé en 2011 l’Opération transparence sur l’eau, ont publié en mars une carte de la qualité de l’eau potable en France, montrant que les seuils limites en polluants étaient dépassés dans près de 420 communes grâce à des dérogations, sans risque sanitaire immédiat.

Qu’est-ce que l’économie verte ? Manuel Flam Reporterre 2013/03/26 Manuel Flam (26 mars 2013) Qu’est-ce que l’économie verte ?. Reporterre. Économie fr

Qu’est-ce que l’économie verte ?

Manuel Flam est économiste et actuel directeur de cabinet de Cécile Duflot, ministre du Logement. Il a écrit L’économie verte (PUF, 2010).

• Écouter ici

Pesticides : les citoyens se rebiffent Pascale Garcia (Reporterre) Reporterre 2013/03/26 Pascale Garcia (Reporterre) (26 mars 2013) Pesticides : les citoyens se rebiffent. Reporterre. Pesticides fr

Pesticides : les citoyens se rebiffent

La huitième édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides se déroule jusqu’au 30 mars. Alors qu’un rapport sénatorial s’alarme du danger des pesticides et appelle au contrôle de leur usage, des associations lancent des « zones sans pesticides ». La France est le troisième consommateur mondial de ces produits dangereux.

Il y a un an, la justice donne raison à Paul François. L’agriculteur charentais avait intenté un procès au fabricant Monsanto, l’accusant d’être responsable de l’intoxication dont il a été victime, après avoir inhalé en 2004, des vapeurs de l’herbicide Lasso commercialisé par la firme.

Cette histoire alerte la sénatrice Nicole Bonnefoy sous l’impulsion de laquelle une mission d’information sénatoriale est constituée en février 2012 avec pour objet, l’usage des pesticides en France. Ses membres s’aperçoivent vite que l’accident dont a été victime le maïsiculteur n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs départements français, des agriculteurs sont victimes d’accidents, d’intoxications aiguës, de maladies chroniques dont la cause, souvent lointaine, semble résider dans l’utilisation des pesticides.

La mission engage alors un travail de six mois, auditionnant des centaines de personnes d’horizons divers, au terme duquel elle rend en octobre dernier un rapport très fouillé intitulé Pesticides : vers le risque zéro volontairement orienté sur l’impact sur la santé des utilisateurs : fabricants, agriculteurs, paysagistes et même riverains…

Ses principaux constats sont alarmants : sous-évaluation des dangers et des risques des pesticides, mauvaise prise en compte des perturbateurs endocriniens et du suivi des produits après leur mise sur le marché au regard de leurs impacts sanitaires réels, insuffisance des protections de la conception des produits phytosanitaires à leur fabrication en passant par leur utilisation, nécessité de faire évoluer un modèle agricole aux pratiques dépassées et de renforcer le plan Ecophyto.

Pour mémoire, ce plan lancé en 2009 dans la trace du Grenelle de l’Environnement visait une réduction de 50 % de l’usage des pesticides en France. Peu coercitif, il misait sur la pédagogie, la formation et surtout reposait sur le volontariat. Quatre ans plus tard, loin d’avoir diminué, les ventes, surtout d’herbicides, ont augmenté de 2,6%.

Un rapport… et après ?

Le rapport conclut sur la nécessité de renforcer le plan et propose une centaine de propositions classées par thèmes. Plutôt que d’envisager une ou deux lois incluant ses nombreuses recommandations, les sénateurs, décidés à les concrétiser, selon la sénatrice Nicole Bonnefoy disent avoir choisi de les faire entrer dans tous les textes : « Partout ou ce sera possible, on le fera » assure-t elle. Il vient d’être débattu en séance plénière le 23 janvier en présence des ministres de la santé et de l’agriculture).

Selon la sénatrice, un certain nombre de recommandations pourront s’inscrire dans différents projets de lois ou travaux en cours. A commencer par le projet de loi sur l’avenir de l’agriculture. La mission attend beaucoup d’une révision des autorisations de mise sur le marché : « Nous voulons des études indépendantes des fabricants, payées par un fonds abondé par ces derniers, et sur les compositions complètes, et non sur un ou deux composants avec des réévaluations régulières ».

Elle demande aussi que l’expertise évolue, y compris au niveau européen. Si les sénateurs n’ont pas fait de comparaison entre les différents pays de l’Union ils insistent sur la nécessité d’harmoniser et aussi de réévaluer l’expertise et de formuler des règles de déontologie : « L’évaluation est au cœur du problème et doit être absolument revue. J’ai été stupéfaite de constater que le travail de l’EFSA par exemple ce n’était pas de refaire des évaluations, mais de vérifier des grilles de méthodologies et d’interpréter". D’apprendre que les experts européens travaillaient bénévolement, le week-end, pendant les vacances l’a aussi surprise.

Du côté du ministère de la Consommation, les propositions relevant de la protection des consommateurs comme l’interdiction de la vente de pesticides dans l’alimentaire, ou des promotions abusives (dites promotions « girafes ») pourraient être reprises, selon elle.

Enfin « les données toxicologiques de terrain sont éparpillées et ne permettent pas d’avoir une bonne lecture. Les travaux menés par le ministère de la santé pour améliorer le dispositif de toxicovigilance devraient tenir compte de nos recommandations. » Aujourd’hui « on ne peut vraiment plus attendre d’avoir la certitude de l’épidémie pour agir ».

Zone sans pesticides

Sur le terrain, les associations militantes en sont convaincues. Pour la 8e année consécutive, la semaine des alternatives aux pesticides se déroule du 20 au 30 mars : des centaines d’événements, en France mais aussi en Europe, en Afrique ou au Canada pour informer sur les pesticides et sur les alternatives. Les arguments pour mobiliser ne manquent pas à l’association Générations Futures qui coordonne la manifestation : la France est le premier pays européen utilisateur de pesticides et le troisième au monde ; plus de 50 % des fruits et légumes (non bio) contiennent des résidus de pesticides ; les surfaces agricoles bio devaient atteindre 6 % en 2012, elles peinent à approcher 4%.

Loin de lasser, le sujet suscite un intérêt croissant selon les organisateurs qui se félicitent de voir de nouvelles structures les rejoindre, notamment des associations d’agriculteurs et même des participants qui ne sont pas directement concernés par la problématique. De même, les riverains dont les témoignages de nuisances dus aux traitements phytosanitaires commencent à émerger avec ceux des agriculteurs victimes des pesticides devraient se faire remarquer.

Générations Futures avec l’association Agir pour l’environnement invitent tous ceux qui se sentent concernés par les pesticides, les agriculteurs, les élus, les jardiniers amateurs, les consommateurs, les commerçants, les parents d’élèves, etc., à se manifester de différentes manières : en créant des « zones sans pesticides » signalées par des panneaux, stickers et autres visuels disponibles ici, en déposant les photos de leurs zones ou en se signalant sur le site.

« Cette action de géo-mobilisation a vocation à durer dans le temps et à mobiliser un maximum de personnes afin de constituer une carte de France participative et citoyenne des zones sans pesticides » expliquent les organisateurs qui espèrent montrer ainsi aux décideurs « l’importance des attentes citoyennes ainsi que la possibilité et la nécessité de mettre en place des mesures concrètes et ambitieuses pour lutter contre les pesticides ».

Attention ! Les crapauds sortent d’hibernation Aspas Reporterre 2013/03/26 Aspas (26 mars 2013) Attention ! Les crapauds sortent d’hibernation. Reporterre. fr

Attention ! Les crapauds sortent d’hibernation

Dure vie que celle des amphibiens. Ils sont en très mauvaise posture dans tous les pays du monde. Et voilà qu’ils sortent d’hibernation, traversent les routes, et courent le plus grand risque de se faire écraser.

Levons le pied pour les crapauds et ceux qui les ramassent !

Les amphibiens sortent actuellement d’hibernation pour rejoindre leur lieu de reproduction… Comme ils se font écraser sur les routes, de nombreux bénévoles les ramassent, faute de structure en France pour coordonner les bonnes volontés.

L’ASPAS diffuse gratuitement un guide de conseils et propose des panneaux signalétiques adaptés, à placer aux abords des routes. Et demande aux automobilistes un peu plus de compréhension.

Les crapauds, les grenouilles ou les tritons sont d’utiles éliminateurs de moustiques ou de limaces, et sont protégés par la loi. Or, chaque année, pendant leur migration nuptiale durant laquelle ils tentent de rejoindre les zones humides nécessaires à leur reproduction, ces amphibiens se font écraser par millions, agonisant parfois dans d’atroces souffrances.

S’ajoute à cette souffrance animale et à la disparation progressive de ces espèces sauvages protégées, un réel danger pour les automobiliste de « crapauplanning » … La prudence est donc de mise.

Si vous constatez des écrasements de crapauds, et vous ne savez pas comment agir ? Voici différents degrés d’action :

• Le plus simple et le plus immédiat : ramassez-les et faites-les traverser. Leur venin n’est absolument pas toxique pour l’homme, il faut juste ne pas se frotter les yeux. Pour ne pas abîmer leur peau fragile, mouillez-vous les mains avant de délicatement les saisir. Votre seul matériel sera une torche, un seau et un gilet fluo.

• Un peu plus collectif : rassemblez des volontaires et organisez des roulements. Vous pouvez également coller des affiches chez les commerçants pour sensibiliser les gens. Prévenez éventuellement les gendarmes, qu’ils veillent au respect des vitesses lors des ramassages…

• Pour une action efficace et à plus fort impact, ou un projet de crapauduc, il faut contacter une association locale de protection de la nature et l’ASPAS pour vous aider dans vos démarches. Écrire au Conseil général et à la mairie, obtenir leur aide, leurs autorisations, etc.

• L’ASPAS propose aux particuliers, aux mairies et aux associations des panneaux de signalisation réfléchissants, en PVC, semblables aux panneaux routiers. Attention : leur pose sur la voie publique est soumise à autorisation accordée par les Conseils généraux ou les mairies.

À vos seaux et à vos gilets fluo, l’ASPAS est à votre écoute !

Marinaleda, l’utopie réalisée en Espagne Andrea Duffour (Le Grand Soir) Reporterre 2013/03/26 Andrea Duffour (Le Grand Soir) (26 mars 2013) Marinaleda, l’utopie réalisée en Espagne. Reporterre. fr

Marinaleda, l’utopie réalisée en Espagne

« Les bénéfices de la coopérative ne sont pas distribués, mais réinvestis pour créer du travail. Ça a l’air si simple, mais c’est pour cela que le village est connu pour ne pas souffrir du chômage. »

J’ai récemment découvert l’existence de MARINALEDA, une commune de 2645 habitants en Andalousie « où Marx vivrait s’il était encore en vie, avec zéro chômage, zéro policier et des habitations à 15 euros par mois ». Une alternative au capitalisme réalisée à moins de 2.000 km de chez nous et qui fonctionne depuis plus de 30 ans sans que j’en aie jamais entendu parler ? A la première occasion, c’est donc sac à dos, train, bus et autostop que j’irai pour vérifier si cette belle utopie existe vraiment…

Comme c’est Pâques, je tombe en pleine Semana Santa. Au village voisin on m’avertit : « Leur maire est un fou, quand nous autres, Espagnols, faisons des processions religieuses, eux ils font la fête pendant 5 jours. »

J’apprends que la fête de la paix qui tombe durant la Semaine Sainte y est effectivement une tradition depuis plusieurs années et beaucoup de jeunes de Sevilla, Granada ou Madrid ont rejoint les villageois. Des lectures, des films ou une conférence, en solidarité avec la Palestine, ainsi qu un appel au boycott des produits israéliens ouvrent les soirées de concerts et de fête. Pour les nuits, l’immense complexe poly-sportif reste ouvert pour loger les visiteurs de l’extérieur. Une première auberge est en construction.

En tant que membre de l’association de solidarité Suisse-Cuba, je m’étais déplacée pour voir s’il existait effectivement une expérience socialiste un peu similaire à la révolution cubaine ici en Europe et j’en ai eu pour mon compte.

Le droit à la terre et au travail

A Marinaleda aussi, il a fallu d’abord passer par une réforme agraire. « La lutte révolutionnaire du peuple cubain a été une lumière pour tous les peuples du monde et nous avons une grande admiration pour ses acquis », m’explique Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire communiste, réélu depuis 31 ans. Il était le plus jeune édile d’Espagne en 1979. En 1986, après 12 ans de luttes et d’occupations où les femmes ont joué le rôle principal, ce village a réussi à obtenir 1.200 ha de terre d’un grand latifundiaire, terre qui a aussitôt été redistribuée et transformée en coopérative agricole de laquelle vit aujourd’hui presque tout le village. « La terre n’appartient à personne, la terre ne s’achète pas, la terre appartient à tous ! ».

A la ferme de la coopérative, EL HUMOSO, les associés travaillent 6 heures et demie par jour, du lundi au samedi, ce qui donne des semaines de 39 heures. Tout le monde a le même salaire, indépendant de la fonction. 400 personnes du village les rejoignent pendant les mois de novembre à janvier (olives), et 500 en avril (habas, haricots de Lima).

La récolte (huile d’olive extra vierge, artichauts, poivrons, etc.,) est mise artisanalement en boite ou en bocal dans la petite fabrique HUMAR MARINALEDA au milieu du village où travaillent environ 60 femmes et 4-5 hommes en bavardant dans une ambiance décontractée. Le tout est vendu principalement en Espagne. Une partie de l’huile d’olive part pour l’Italie qui change l’étiquette et la revend sous un autre nom. « Nous avons la meilleure qualité, mais malheureusement, c’est eux qui ont les canaux pour la commercialisation » m’explique un travailleur de la ferme. Avis donc aux magasins alternatifs de chez nous pour leur proposer un marché direct…

Les bénéfices de la coopérative ne sont pas distribués, mais réinvestis pour créer du travail. Ça a l’air si simple, mais c’est pour cela que le village est connu pour ne pas souffrir du chômage. En discutant avec la population, j’ai pourtant appris qu’à certaines époques de l’année, il n’y a pas assez de travail dans l’agriculture pour tous, mais que les salaires sont tout de même versés. Comme à Cuba, l’habitation, le travail, la culture, l’éducation et la santé sont considérées comme un droit. Une place à la crèche avec tous les repas compris coûte 12 euros par mois. A nouveau, ça rappelle Cuba où l’éducation est gratuite, depuis la crèche jusqu’à l’université.

Les maisons auto-construites

Plus de 350 maisons ont déjà été construites par les habitants eux-mêmes. Il n’y a pas de discrimination et l’unique condition pour une attribution est de ne pas déjà disposer d’un logement. La municipalité met à disposition gratuitement la terre et les conseils d’un architecte, Sevilla fait un prêt des matériaux. Les maisons ont 90m2, deux salles d’eau et une cour individuelle de 100m2 où on peut planter ses légumes, faire ses barbecues, mettre son garage ou agrandir en cas de besoin. Comme dans certaines régions à Cuba, un groupe de futurs voisins construisent ensemble pendant une année une rangée de maisons mitoyennes sans savoir encore laquelle sera la leur. Une fois le logement attribué, les finitions, l’emplacement des portes, les ouvertures peuvent être individualisées par chaque famille. Le loyer se décide en réunion du collectif. Il a été arrêté fixé à moins de 16 euros par mois. Les constructeurs deviennent ainsi propriétaires de leur maison, mais elle ne pourra jamais être revendue. (En dehors de l’auto-construction, j’ai rencontré une famille qui loue à 24 euros par mois ainsi que la seule ouvrière de la fabrique Humar Marinaleda qui vient de l’extérieur et qui paye, elle, 300 euros pour son logement. Les personnes qui souhaitent vivre à Marinaleda doivent y passer deux ans d’accoutumance avant une décision définitive).

Le coiffeur, qui fait plutôt partie de la minorité de l’opposition, est propriétaire de sa maison et se plaint de devoir travailler quand même. A ma question, pourquoi il ne vend pas sa maison à une des nombreuses familles espagnoles qui aimeraient venir rejoindre ce village, il dit qu’il y a tout de même aussi des avantages de rester ici. (L’opposition serait financée par le PSOE, Partido socialisto obrero espagnol, selon certaines sources).

Ce samedi de Pâques, les intéressé-e-s sont invités à la mairie pour une petite conférence. Le maire nous explique son point de vue sur différents points avant de répondre à nos questions. En voici quelques extraits ou résumés :

S’organiser

« Il faut lutter unis. Au niveau international, nous sommes connectés avec Via campesina, puis nous nous sommes organisés syndicalement et politiquement », nous communique le maire. Esperanza, 30 ans, éducatrice de profession, conseillère sociale bénévole de la municipalité, m’avait déjà expliqué ceci la veille au « syndicat », bar et lieu de rencontres municipal : « Ici, nous avons fait les changements depuis le bas, avec le SAT, syndicat de travailleurs d’Andalousie, anciennement SOC, syndicat fondé en 76, juste après Franco, et avec la CUT, collectif unitaire de travailleurs, parti anticapitaliste ».

Pas de gendarme

« Nous n’avons pas de gendarmes ici - ça serait un gaspillage inutile ». Les gens n’ont pas envie de vandaliser leur propre village. « Nous n’avons pas de curé non plus –gracias à Dios ! » plaisante le maire. La liberté de pratiquer sa religion est pourtant garantie et une petite procession religieuse timide défile discrètement, sans spectateurs, dans le village en évitant la place de fête.

Le capitalisme

« La crise ? Le système capitaliste a toujours été un échec, la crise ne date pas d’aujourd’hui. L’avantage de la crise : le mythe du marché est tombé (...) Les réalités sont toujours les mêmes : quelque 2% détiennent 50% de la terre (…). Ceux qui veulent réformer le capitalisme veulent tout changer pour que rien ne change ! Dans le capitalisme, on a des syndicats de régime et non pas des syndicats de classe, il y a beaucoup d’instruments d’aliénation, pas de liberté d’expression, seulement la liberté d’acquisition (...) A Marinaleda, nous serons les premiers quand il s’agit de lutter et les derniers à l’heure des bénéfices. »

Démocratie

« Nous pratiquons une démocratie participative, on décide de tout, des impôts aux dépenses publiques, dans des grandes assemblées. Beaucoup de têtes donnent beaucoup d’idées. Nos gens savent aussi qu’on peut travailler pour d’autres valeurs qu’uniquement pour de l’argent. Quand nous avons besoin ou envie, nous organisons un dimanche rouge : par exemple certainement dimanche après cette fête, il y aura assez de jeunes volontaires qui viendront nettoyer la place ou préparer un petit déjeuner pour les enfants et tout ceci pour le plaisir d’être ensemble et d’avoir un village propre (…). La démocratie doit être économique et sociale, pas seulement politique. Quant à la démocratie politique, la majorité 50%+1 ne sert à rien. Pour une vraie démocratie, il faut au moins 80-90% d’adhérents à une idée. D’ailleurs, toutes nos charges politiques sont tous sans rémunération ».

Luttes futures et amendes…

Le maire appelle à participer à la grève générale annoncée par le SA pour ce 14 avril, en solidarité avec les sans terres en Andalousie qui ne bénéficient pas encore de leur droit à la terre et aussi pour nos revendications à nous. Il préconise aussi la nécessité de nationaliser les banques, l’énergie, les transports, etc. Nous devons 20-30 millions de pesetas d’amendes pour nos luttes différentes…

La culture, les fêtes

« Nous faisons beaucoup de fêtes avec des repas communs gratuits, et il y a toujours assez de volontaires pour organiser tout cela. La joie et la fête doivent être un droit, gratuites et pour tous. Ce n’est pas la mayonnaise des médias qui vont nous dicter ce qui doit nous plaire, nous avons une culture à nous. »

Expérience sociale unique en Europe

Avec un sol qui n’est plus une marchandise, mais devenu un droit pour celui qui veut le cultiver ou l’habiter, une habitation pour 15 euros par mois, du sport ou la culture gratuits ou presque (piscine municipale 3 euros pour la saison), un sens communautaire de bien-être, je pense pouvoir dire que Marinaleda est une expérience unique en Europe. Chaque samedi d’ailleurs, le maire répond également aux questions des villageois présent-e-s à la maison communale sur la chaîne de la TV locale. Cela nous rappelle l’émission « Alô présidente » de Hugo Chavez, un autre leader pour lequel Gordillo a exprimé son admiration.

La désinformation

Apaga la TV, enciende tu mente - Eteins la TV, allume ton cerveau, ce premier mural m’avait frappé, il se trouve jusqu’en face de la TV locale… A ma question en lien avec la désinformation, Juan Miguel Sanchez Gordillo me fait part de son plan d’écrire un livre sur « Los prensatenientes » – la demi-douzaine de transnationales qui possèdent les médias dans le monde. « Pendant que la gauche écrit des pamphlets que personne ne lit, la droite économique, la grande bourgeoisie, installe chez toi plein de canaux de télévision racontant tous les mêmes valeurs et propageant la même propagande mensongère. (…) Au niveau de l’information, l’éducation est très importante » et, en ce qui concerne le programme national de l’éducation, cela ne lui convient pas. Jean Manuel Sanchez Gordillo me confie donc qu’il compte venir bientôt en Suisse pour étudier notre système d’éducation qui est organisé au niveau cantonal... Probablement il pense que nous sommes une vraie démocratie avec des programmes scolaires indépendants du pouvoir…

Des expériences alternatives au capitalisme qui font peur

Par rapport aux médias, la question que je me pose à nouveau est la suivante : Pourquoi l’expérience de Marinaleda est-elle si mal connue en Espagne ainsi qu’auprès de nos édiles ? Pourquoi Cuba, cas d’école au niveau mondial en ce qui concerne la désinformation, mérite-t-il un budget annuel de 83 millions de dollars de la part des Etats-Unis, consacrés uniquement au financement de la désinformation et des agressions contre ce petit pays ?

Y aurait-il des alternatives au capitalisme qui fonctionnent depuis longtemps et qui font si peur à certains ?

Complément d’information : Un reportage vidéo sur Marinaleda

Négliger le changement climatique conduit à la guerre Harald Welzer Reporterre 2013/03/26 Harald Welzer (26 mars 2013) Négliger le changement climatique conduit à la guerre. Reporterre. Tribune — fr

Négliger le changement climatique conduit à la guerre

« Comment seront résolus les conflits dans des économies déclinantes, dans des sociétés sujettes au stress environnemental ou économique ? Ce sont des questions cruciales pour l’avenir de tous, or je ne vois aucun gouvernement, dans aucun pays, se soucier de cela. »

Interview. Harald Welzer, sociologue, s’alarme du peu de prise de conscience des politiques.

Propos recueillis par Laure Noualhat (Libération)

En 2009, Harald Welzer publiait les Guerres du climat, un ouvrage marquant qui s’essaie à l’anticipation géopolitique en décryptant les conflits du XXIe siècle.

Selon le sociologue, l’évolution du climat va entraîner une accumulation de catastrophes sociales, qui produiront des modèles, temporaires ou durables, sur lesquels on ne sait rien, mais dont on pressent la noirceur. D’après Welzer, l’impact social des changements climatiques est le parent pauvre de la pensée écologique.

« Les études qui traitent des catastrophes naturelles ressortissent aux sciences de la nature, tandis que c’est le silence du côté des sciences humaines et sociales, comme si n’entraient pas dans leurs compétences des phénomènes comme l’implosion des sociétés, les conflits autour des ressources, les migrations massives, les insécurités, les angoisses, les radicalisations, les économies de guerre et de violence. »

Depuis la sortie de votre livre, la prise de conscience des questions environnementales a-t-elle progressé ?

Non. En dépit de nombreuses études qui mettent à jour l’importance de ces sujets - celles du Parlement allemand sur le réchauffement climatique et la violence ou, plus récemment, celle du Centre américain pour le progrès sur les interrelations entre les sécheresses, l’augmentation du prix des matières premières agricoles et les révolutions arabes - rien ne change. Ni les hommes politiques ni les diplomates ne semblent vouloir s’intéresser aux conséquences, pourtant prévisibles, des changements climatiques en cours.

Avec cet ouvrage, vous avez écrit une histoire non conventionnelle du XXIe siècle. Pensez-vous que nous puissions éviter la trajectoire tracée par la pénurie annoncée des ressources ?

Question difficile. Nous sommes potentiellement capables de le faire mais, en réalité, nous sommes toujours sur un chemin plus que périlleux : les taux d’émission de gaz à effet de serre augmentent significativement d’une année à l’autre, par exemple. Et je ne vois aucun signe de changement.

Ce n’est pas la première fois que l’environnement se trouve à l’origine de conflits…

Non, bien sûr. Les conflits violents ont toujours quelque chose à voir, directement ou indirectement, avec les ressources naturelles. Cependant, ces causes sont rarement seules à l’origine des conflits, ce qui pourrait bien changer au cours de ce siècle.

D’après vous, la violence sera inévitable au XXIe siècle ?

Le nombre de blessés ou de victimes de conflits violents a significativement baissé au cours des derniers siècles, même si l’on prend en compte les deux guerres mondiales. Il existe donc une tendance civilisationnelle aux résolutions non violentes de conflits. La clé de cela réside dans une prospérité grandissante et partagée, une répartition juste des richesses et des revenus.

Mais que se passera-t-il lorsque la totalité de ce qui peut et doit être partagé viendra à diminuer ? Comment seront résolus les conflits dans des économies déclinantes, dans des sociétés sujettes au stress environnemental ou économique ? Ce sont des questions cruciales pour l’avenir de tous, or je ne vois aucun gouvernement, dans aucun pays, se soucier de cela.

Agir au niveau politique requiert un certain courage. Serions-nous en manque de courage ou de compassion pour les générations futures ?

Ni l’un ni l’autre. Les phénomènes dont nous parlons - changement climatique, effondrement des écosystèmes, rareté des ressources… - semblent trop distants et trop abstraits pour compter au quotidien. Les gens et les hommes politiques imaginent qu’il s’agit d’un sujet appartenant au futur tandis que la crise de l’euro, celle de la dette ou le chômage constituent des problèmes à résoudre aujourd’hui et maintenant. Il ne s’agit donc pas de courage ou de compassion mais de priorité. L’histoire est marquée par une exécrable hiérarchisation des problèmes.

Comment expliquez-vous que l’action politique tarde à venir ?

Nos gouvernants choisissent d’avoir d’autres priorités. Sur le court terme, les problèmes économiques sont bien plus importants que les questions environnementales. C’est par ailleurs faux d’imaginer que les hommes et femmes politiques sont plus responsables ou plus intelligents que la plupart des gens, c’est même souvent l’inverse. Les cadres de compréhension de nos dirigeants ne me semblent guère réalistes, peu ancrés dans la réalité et rarement profitables à la majorité d’entre nous.

La déplétion des ressources, également appelée le peak all, c’est-à-dire le pic de tout, semble inévitable. Est-ce le cas pour la violence, selon vos pronostics ?

Victoire juridique contre la publicité Les Déboulonneurs Reporterre 2013/03/26 Les Déboulonneurs (26 mars 2013) Victoire juridique contre la publicité. Reporterre. fr

Victoire juridique contre la publicité

La 12e chambre correctionnelle du Tribunal de Paris a relaxé le 25 mars les six militants de notre collectif qui étaient jugés le 25 février 2013 pour avoir barbouillé trois panneaux JCDecaux en 2009.

LE TRIBUNAL RECONNAÎT L’ÉTAT DE NÉCESSITÉ et cite l’article 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Nous nous félicitons que notre mouvement de désobéissance civile voit son mode d’action reconnu par le tribunal.

JCDecaux est débouté de sa demande de 895 € pour frais de nettoyage des panneaux. Les faits de barbouillage ont été requalifiés en dégradation légère (passibles d’une contravention de 5e classe). En conséquence, conformément aux réquisitions du procureur, le tribunal a également relaxé les militants pour le refus de prélèvement ADN.

La reconnaissance de l’état de nécessité par le tribunal a deux conséquences : - le danger publicitaire immédiat et important sur la société est avéré ; - le dysfonctionnement de la démocratie et des méthodes classiques d’interpellation des pouvoirs politiques ne peut plus être nié.

CET ÉTAT DE FAIT NOUS AUTORISE À EXIGER UN RENDEZ-VOUS D’URGENCE AVEC LE GOUVERNEMENT. Mme Batho, ministre de l’Écologie, qui déclarait récemment que le Grenelle de l’Environnement n’avait été qu’une opération de communication n’a d’autre choix que de rouvrir ce dossier extrêmement mis à mal par ses prédécesseurs sous la pression des afficheurs. Elle montrera ainsi que le changement des pratiques politiques est à l’œuvre.

Le Débat National sur la Transition Énergétique nous permettra d’entrer immédiatement dans le vif du sujet. Une première décision pourrait être l’interdiction des écrans publicitaires numériques, symboles de la défiguration des paysages, de la main-mise sur les esprits que représentent ces télévisions géantes dans la rue et du gaspillage énergétique étalé en plein jour et érigé en modèle.

Suite à cette décision de justice, et dans l’attente d’une réponse de la Ministre, notre collectif envisage une trêve des actions de désobéissance civile.

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Note

Rappel de l’action et de l’audience de février

Pierre Rabhi, au nom de la terre Colibris Reporterre 2013/03/27 Colibris (27 mars 2013) Pierre Rabhi, au nom de la terre. Reporterre. fr

Pierre Rabhi, au nom de la terre

27 Mars 2013 - Sortie nationale du film Pierre Rabhi, au nom de la Terre

Petit homme du désert, paysan, écrivain, penseur, fervent défenseur de l’agroécologie, humaniste, voici quelques mots pour définir Pierre Rabhi. Témoigner aujourd’hui de la pensée et de l’itinéraire de Pierre Rabhi est une chose essentielle.

Chaque année, il part à la rencontre d’un public toujours plus large venu écouter son message humaniste et incitant à une insurrection des consciences. Le 27 Mars 2013, c’est dans les salles de cinéma qu’il ira à notre rencontre.

Le film Pierre Rabhi, au nom de la terre, réalisé par Marie Dominique Dhelsing, retrace son itinéraire du désert algérien à son expertise internationale en sécurité alimentaire. C’est aussi l’histoire d’un homme et de sa capacité hors du commun à penser et à agir pour un monde différent, fédérant à chaque instant ce que l’humanité a de meilleur pour préserver notre planète des souffrances qu’elle subit.

Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

Au fil des images, vous découvrez les organisations qui se sont créées pour incarner les idées de Pierre Rabhi : Terre & Humanisme, la Ferme des Enfants, le Hameau des Buis, Colibris, les Amanins, le Monastère de Solan.

Qu’il s’agisse de transmettre l’agroécologie, de reconstruire l’autonomie alimentaire, de développer des écovillages et éco-lieux, de réinventer la vie en commun, d’éduquer autrement nos enfants, de mobiliser les personnes sur les territoires pour faire germer des projets, de montrer des initiatives pionnières dans tous les domaines, chacune organisation, à son échelle, propose des voies d’avenir, reproductibles, appropriables par tous.

Un peu partout en France, des projections, parfois suivies de débat, sont programmées, nous vous invitons à vous renseigner sur ce lien.

Des tours pour densifier les villes ? Un désastre énergétique Thomas Avenel, Frédéric Denise, Christophe Ondet, Cynthia Toupet et Anne-Isabelle Veillot Reporterre 2013/03/27 Thomas Avenel, Frédéric Denise, Christophe Ondet, Cynthia Toupet et Anne-Isabelle Veillot (27 mars 2013) Des tours pour densifier les villes ? Un désastre énergétique. Reporterre. Tribune — fr

Des tours pour densifier les villes ? Un désastre énergétique

« Une tour végétalisée, bardée de panneaux photovoltaïques et surmontée d’éoliennes, c’est quand même bien, non ? C’est pire. C’est comme un 4×4 électrique peint en vert. Un monstre hybride et absurde, déguisé pour polluer en cachette, et inefficace par rapport aux enjeux énergétiques à venir… » Il faut penser la relocalisation avant la densification.

Article paru dans Moins ! de mars-avril 2013, journal romand d’écologie politique. Dossier très intéressant sur la thématique : Repenser l’habitat !

Pour en savoir plus et soutenir leur démarche, c’est par là.

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La densification des villes est une réponse naturelle au véritable fléau qu’est l’étalement urbain. Cet objectif de densification repose sur le constat que plus les villes sont denses, moins elles sont énergivores par habitant.

Mais ce constat n’autorise pas à penser que la densification est la seule réponse à toutes les difficultés que connaissent actuellement nos villes, d’autant plus que ce sont les aires urbaines déjà surpeuplées et déshumanisées qui sont concernées. Cette densification n’est-elle pas un prétexte à tous ces projets de tours qui fleurissent sur les nœuds des réseaux de transport ?

Il ne sert à rien de densifier si les urbains sont obligés de parcourir de longues distances pour aller travailler et faire leurs courses. La densification devrait avant tout viser aux rapprochements des fonctions d’habitat, de travail, de loisir, d’éducation et d’approvisionnement afin de limiter les déplacements. Faut-il pour cela construire toujours plus, et plus haut ?

Les tours, des impasses verticales

Pourquoi refuser ces projets de tours, aptes à limiter le mitage du territoire et contribuer à ce rapprochement des fonctions ? Est-ce parce qu’elles sont le symbole arrogant du capitalisme triomphant ? Pas seulement.

Une tour, en réalité, c’est une impasse… verticale. Ça ne va nulle part, sauf à vouloir se jeter du haut. Un truc désespéré. Les promoteurs, les multinationales, les urbanistes et les architectes sont prêts à se laisser convaincre par des arguments fallacieux pour justifier leur mégalomanie dépassée.

Pourtant, une tour végétalisée, bardée de panneaux photovoltaïques et surmontée d’éoliennes, c’est quand même bien, non ? C’est pire. C’est comme un 4×4 électrique peint en vert. Un monstre hybride et absurde, déguisé pour polluer en cachette, et inefficace par rapport aux enjeux énergétiques à venir. Car énergétiquement, c’est un désastre.

Tous les efforts écolo-technologiques ne rembourseront jamais le gouffre que représente l’énergie nécessaire pour construire un gratte-ciel, l’entretenir et, un jour, le déconstruire. Bâtir un mètre carré à cent mètres de hauteur dépense dix fois plus d’énergie qu’au sol. Le gâchis de matériaux est écœurant. Pour une hauteur proportionnelle, la surface est au carré, le volume au cube !

Voyez la différence entre un éléphant et un chat : pour avoir les yeux quinze fois plus haut, il sera trois mille fois plus lourd ! De plus, on ne peut pas construire de tours en terre, en bois, en paille, en déchets recyclés. Non il faut du très solide et de l’insoutenable : du béton et de l’acier. Ensuite, l’énergie pour son fonctionnement est dans les mêmes proportions : ascenseurs, éclairage, ventilations, déperditions en tous genres.

Et si on recherche la densité, ce n’est pas le meilleur moyen. En effet un centre urbain historique est plus dense en habitants qu’un quartier vertical composé de tours, car celles-ci doivent respecter entre elles des distances importantes, proportionnelles à leur hauteur.

Quant à la problématique de la lutte contre l’étalement urbain, soyons clairs : ce n’est pas avec des gratte-ciels que nous allons faire revenir en ville les habitants des lotissements périphériques. Il vaudrait mieux travailler pour faire de ces nouveaux territoires péri-urbains des lieux de vie à part entière, ouverts et autonomes.

Car nous n’allons pas en plus, pour lutter contre l’étalement urbain, raser ces quartiers tout neufs ! Ce n’est donc pas l’habitation qu’il faut densifier mais les fonctions, les échanges locaux et les liens.

Priorité à la relocalisation

Mais au-delà de la polémique sur les tours, ne devons-nous pas réinterroger cet objectif de densification ? N’est-il pas incompatible avec la nécessaire transition de nos territoires urbains ? La recherche d’une plus grande autonomie alimentaire des villes par le développement d’une agriculture urbaine, de la production à l’échange ne pourra fonctionner qu’avec une densité modérée ; une juste proportion entre nombre d’habitants et surface cultivée, en recyclant les espaces immenses dédiés à l’automobile.

A cet objectif de densité, signe d’une compétition entre territoires, nous préférons la (re)localisation, et la reconquête par les citadins des espaces publics, démarchandisés pour accueillir les activités et les échanges entre des habitants ayant retrouvés leur autonomie de production : lieux festifs, espaces de gratuité, foires permanentes d’échange d’objets et de savoirs entre habitants.

Car la (re)localisation doit être pensée avant la densification. C’est par la localisation que les différents territoires trouveront cette autonomie, nécessaire pour diminuer les transports intempestifs : agriculture et manufactures en tous genres, en prélevant la matière première dans le recyclage de leurs propres déchets.

Après, seulement, si elle s’avère nécessaire aux territoires en accroissement démographique, on peut alors imaginer leur densification. Et celle-ci pourra être obtenue en construisant le moins possible, par la reconversion des futures friches urbaines que constituent en quantité phénoménale les parkings, les garages, les centres commerciaux.

S’il faut densifier sans construire, c’est aussi par la diminution de la taille des logements, permise par la reconquête de l’espace public et la mutualisation de fonctions telles que buanderies, ateliers de bricolage, lieux de réception, etc. créant ainsi, par la même occasion, les conditions d’une croissance des liens entre voisins d’un même quartier.

Les tours, et plus globalement la densification des villes, ne sont donc pas la bonne solution à l’étalement urbain ou à la crise énergétique. La solution est plus complexe car elle ne s’inscrit pas dans le paradigme économique porté par le capitalisme. Il faut au contraire dé-penser ce système. Nous devons densifier sélectivement le bâti existant, certes, mais aussi le rénover et l’isoler, et surtout repenser nos déplacements et, plus en général, nos modes de vie.

Le projet inutile de nouveau périphérique à Lyon bloqué par une expertise officielle Marcel Robert (CarFree) Reporterre 2013/03/27 Marcel Robert (CarFree) (27 mars 2013) Le projet inutile de nouveau périphérique à Lyon bloqué par une expertise officielle. Reporterre. fr

Le projet inutile de nouveau périphérique à Lyon bloqué par une expertise officielle

Nous sommes en 2013 et plus que jamais, il faut construire des autoroutes. La France, pays sans doute le plus autoroutier au monde, manque semble-t-il encore d’autoroutes. Du côté de Lyon, l’agglomération du socialiste Gérard Collomb (photo) et le Conseil Général du Rhône veulent construire à tout prix le Tronçon Ouest du Périphérique lyonnais (TOP).

Une idée pas vraiment TOP ? Effectivement, on peut se poser la question, quand on sait que le projet d’une quinzaine de kilomètres devrait coûter au moins 2 milliards d’euros, peut-être même pas loin de 3 milliards d’euros.

Il est envi­sagé que le projet soit payé moitié moitié par le Grand Lyon et le Département, l’Etat ayant jeté l’éponge car il estime que le projet est trop coû­teux. Rendez-vous compte, même l’Etat français, traditionnel bétonneur autoroutier devant l’éternel n’en veut pas ! Ce coût particulièrement élevé s’expli­que car la majeure partie du projet est sous tunnel. A titre de com­pa­rai­son, 2 mil­liards d’euros seraient suf­fi­sants pour dou­bler le réseau de métro de l’agglo­mé­ra­tion lyonnaise…

A ce prix-là, les experts en communication de l’équipe du Grand Lyon ont eu la magnifique idée de rebaptiser le dit projet autoroutier en « Anneau des Sciences ». Ça en jette plus que « Périphérique Ouest »… mais l’histoire ne dit pas combien le nouveau nom a coûté. Vous me direz, quand on en est à 2 ou 3 milliards d’euros, on n’est plus à quelques centaines de milliers d’euros près s’il s’agit de trouver un nouveau nom sexy à un vieux projet d’autoroute crado…

Comment en est-on arrivé là ? Comment quelques notables locaux peuvent-ils défendre un projet autoroutier d’une quinzaine de kilomètres coûtant autant que l’ensemble du réseau de métro de l’agglo de Lyon ?

Attention, c’est une affaire qui pique les yeux, entre multinationales du BTP qui veulent s’en mettre plein les poches (premier truisme), notables locaux aveuglés par le tout-voiture (second truisme), simulacre de concertation pilotée localement par le WWF (oui, le WWF !) et massacre des espaces naturels au bout de l’autoroute… Un projet vieux de 1974, rappelez-vous Giscard et son accordéon, oui Giscard !, toujours d’actualité en ce moment même, à l’époque de la transition énergétique de François Hollandréou !

On croit nager en plein délire, mais c’est la France de 2013, celle des Vinci et Bouygues, Jean-Marc Ayrault et Gérard Collomb, Nicolas Hulot et le WWF ! Jean-Marc Ayrault veut son aéroport, Gérard Collomb veut son bout de périphérique !

Bon j’arrête là ! Si vous voulez vraiment faire le tour du dossier en profondeur, jusqu’à la nausée, vous vous reporterez sur l’analyse réalisée par le site Rebellyon (1). L’analyse est très bien faite et elle intègre en plus un petit guide intitulé « Comment bétonner en 5 étapes ». Sans doute un manuel destiné à tout élu socialiste qui se respecte !

Ceci dit, pour boucler avec le titre de l’article, l’actualité toute récente sur le sujet est quasi désopilante si le sujet n’était pas gravissime. Face à la levée de boucliers sur le plan local, la commission nationale du débat public chargée de piloter la concertation avait dû, en fin d’année dernière, requérir une expertise indépendante auprès d’un bureau d’études franco-allemand (2).

Le bureau d’étude vient tout juste de rendre son expertise (3), qui met en coupe réglée toutes les études menées par l’équipe du Grand Lyon et du Conseil général du Rhône ! Selon l’expertise, les études menées par le Grand Lyon sous-estiment constamment le rôle des transports en commun, de la marche et du vélo et sur-estiment au contraire le trafic automobile futur.

L’expertise indépendante se présente comme une charge contre le périphérique ouest, « générateur de futurs trafics routiers » et d’étalement urbain. Selon le bureau d’études, les hypothèses retenues par le maître d’ouvrage sont « arbitraires et maximalistes »… La messe est dite !

On dirait bien que le Grand Lyon s’est fait prendre en flagrant délit la main dans le goudron…

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Notes

(1) Béton ou Révolution ? Le tronçon Ouest du périphérique lyonnais (TOP), Rebellyon.

(2) Le rapport qui remet en cause le périphérique ouest , Lyoncapitale.fr.

(3) http://www.debatpublic-anneau-top.org/fil-du-debat/expertise-complementaire.html

Montebourg à Ayrault : « Tu fais chier la Terre entière avec ton aéroport de Notre Dame des Landes dont tout le monde se fout » Le Télégramme de Brest Reporterre 2013/03/27 Le Télégramme de Brest (27 mars 2013) Montebourg à Ayrault : « Tu fais chier la Terre entière avec ton aéroport de Notre Dame des Landes dont tout le monde se fout ». Reporterre. fr

Montebourg à Ayrault : « Tu fais chier la Terre entière avec ton aéroport de Notre Dame des Landes dont tout le monde se fout »

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg aurait violemment pris à partie le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en décembre 2012, au plus fort de la tension liée au dossier de Florange, sur son aéroport « dont tout le monde se fout ».

C’est une des « bonnes feuilles » de Florange, la tragédie de la gauche, de Valérie Astruc et Elsa Freyssenet, que publie L’Express. Ça se passe en décembre. La tension liée au dossier de la reprise de Florange est très importante. Jean-Marc Ayrault vient de désavouer publiquement Arnaud Montebourg, qui se démenait pour trouver un repreneur pour le site sidérurgique. Le ministre du redressement productif est furieux, et la discussion est décrite par les médias comme « très houleuse ». De fait…

« Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport ! »

« Comment tu as pu taper ainsi sur le repreneur ? s’emporte Montebourg. De quoi j’ai l’air après ce que tu as dit devant les Français ? (…) Dans une situation exceptionnellement grave, j’ai besoin de moyens exceptionnels ! Et toi, t’envoies l’aviation mitrailler tes troupes, c’est ça ? T’es vraiment un chef de guerre ! »

Et d’enchaîner : « Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont tout le monde se fout ! Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes ! »

Réponse d’Ayrault, selon les deux journalistes : « Tu ne m’impressionnes pas du tout ». Avant de conclure en revenant au sujet initial (les ouvriers de Florange seront contents de l’apprendre) : « Je suis désolé, Arnaud, mais il n’a jamais été envisagé de nationaliser ».

Les Nations-Unies demandent la suspension d’un projet gazier en Amazonie Survival International Reporterre 2013/03/27 Survival International (27 mars 2013) Les Nations-Unies demandent la suspension d’un projet gazier en Amazonie. Reporterre. fr

Les Nations-Unies demandent la suspension d’un projet gazier en Amazonie

Les Nations-Unies ont demandé au Pérou de renoncer à l’expansion d’un gigantesque projet gazier, dit Camisea, en raison des risques majeurs qu’il fait courir aux Indiens isolés qui vivent à proximité.

Dans une lettre adressée au gouvernement péruvien, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a exigé ‘la suspension immédiate’ du projet d’expansion des champs gaziers de Camisea au cœur de la réserve Nahua-Nanti qui ‘menacent la survie physique et culturelle des peuples indigènes qui y vivent’.

Cette requête fait suite à l’appel lancé au CERD par les organisations indigènes du Pérou AIDESEP, ORAU et COMARU, qui intentent une action en justice contre le gouvernement et les compagnies impliquées dans ce projet de 1,2 milliards d’euros.

Camisea, gouverné par un consortium de compagnies regroupant Pluspetrol (argentine), Hunt Oil (nord-américaine) et Repsol (espagnole), est l’un des plus grands projets d’Amazonie. Il est situé au cœur de la Réserve Nahua-Nanti créée pour protéger les terres et la vie des Indiens isolés.

Plus de la moitié du groupe de cet Indien nahua a succombé à des maladies dans les années 1980 lorsque Shell est venue explorer du gaz dans cette région.

Les compagnies projettent d’effectuer prochainement des tests sismiques dans la forêt – en utilisant des milliers d’explosifs – et de forer plus d’une vingtaine de puits d’exploration.

Ces opérations auront un effet dévastateur sur les Indiens qui dépendent de la forêt et du gibier pour leur survie. Par ailleurs, étant très vulnérables aux maladies introduites par les étrangers, tout contact peut s’avérer mortel.

En 2003, sous la pression de la Banque interaméricaine de développement, un décret suprême avait été adopté interdisant toute expansion du projet. Mais en avril 2012, dans une violation flagrante de ce décret, le ministère de l’Energie a approuvé l’expansion partielle de Camisea. Il doit prochainement approuver l’étape suivante de cette expansion d’un coût de 370 millions d’euros.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré lundi 25 mars : ‘Le gouvernement péruvien s’est engagé auprès de la Banque interaméricaine de développement à ne pas étendre le projet Camisea et a même décidé par un décret suprême que cet engagement serait inscrit dans la législation. Il agit aujourd’hui en totale contradiction avec ses promesses. Il ne faisait aucun doute que les Nations-Unies demanderaient la suspension de ce redoutable projet’.

Démographie et écologie Par Julien villalard Reporterre 2013/03/28 Par Julien villalard (28 mars 2013) Démographie et écologie. Reporterre. fr

Démographie et écologie

Depuis un demi-siècle, la Terre a connu de profonds changements environnementaux, tandis que la population mondiale faisait plus que doubler, passant de 3 milliards d’habitants en 1960 à 7 milliards aujourd’hui.

Dans le même temps, le monde a continué de s’urbaniser, plus de la moitié de l’humanité vivant actuellement dans une ville.

Les modifications de l’environnement tiennent à la croissance démographique ainsi qu’à l’évolution de la consommation et des technologies. Mais, selon les pays et en particulier leur niveau de richesse, la responsabilité respective dans les changements observés des facteurs « population », « mode de vie » et « progrès technique » varie.

L’objet de ce livre est de préciser les grands enjeux actuels du champ de la démographie et de l’écologie, tout en rendant compte de la complexité des dynamiques en jeu.

[Reporterre - On n’a pas le temps de vous en parler, mais cet ouvrage fait une synthèse très claire et utile sur une question essentielle]

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- Démographie et écologie, Jacques Véron, La Découverte, 128 p., 10 €.

Notre Dame des Landes : humain ou journaliste ? Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/03/28 Hervé Kempf (Reporterre) (28 mars 2013) Notre Dame des Landes : humain ou journaliste ?. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : humain ou journaliste ?

Le printemps arrive, après un hiver long, rude, et roboratif. La bataille n’est pas finie. Mais peut-on raconter la Zad et rester humain ? Le reporter s’interroge.

- Reportage, Notre Dame des Landes

Elle porte un bonnet de laine vert, sur lequel est cousu un crâne et deux tibias croisés : le signe des pirates. A. est postée dans une cabane sommaire près d’une chicane de la départementale D 281, sur l’est de la ZAD, près de l’embranchement des Fosses noires. A. peste contre les gendarmes, qui viennent régulièrement tester le dispositif des chicanes. Elle a même bloqué aujourd’hui la route, ce qui oblige les voitures à rebrousser chemin.

On est le matin du samedi 23 mars, et la D 281 est hérissée de cabanes, de panneaux et d’obstacles attentivement surveillés par les zadistes. En décembre, une vive discussion avait animé l’assemblée générale de la Zad : fallait-il maintenir ces obstacles, au risque de se couper de la population locale, ou les défaire, au risque de séparer nettement, par la circulation routière, la zone en ses parties est – où se trouvent les plus radicaux des zadistes, autour de Far Ouest - et ouest – où se trouvent les bases de La Vache Rit, la Chataigneraie et la ferme de Bellevue ?

L’action a tranché : on barre ! Et les chicanes ont été refaites, enrichies de cabanes pour abriter les veilleurs, qui se relaient presque en permanence, et communiquent entre eux par talky-walkies.

Quelques centaines de mètres avant le poste de A., voici une splendide tour, dénommée Bison Futé.

C’est dans une cahute en face de la tour qu’on trouve W. et un autre guetteur. « On ne bloque pas, dit W., on ralentit ». Il y a des trous dans la chaussée, ici et là. « Bon, les météorites font les trous ». On discute de l’ambiance, de Radio Klaxon qui n’émet plus depuis trois semaines [elle est revenue en ondes le 26 mars], des difficultés à se rendre à Bellevue à travers les champs boueux, les gendarmes verrouillant toujours le carrefour des Ardillières, des rumeurs d’intervention policière – « c’est permanent, ça file des coups de stress ». W. a l’œil rouge, il s’est heurté contre un bois dans l’obscurité, à l’aube. Isabelle lui passe du tabac, et on discute, pendant qu’il se roule une cigarette, de l’Etat au service des intérêts privés, en face de la banderole tendue au bord de la route, sur laquelle se lit : « Ici, l’Etat emprisonne blesse pour Vinci, au Mali il tue pour Areva ! ».

On repart avec Isabelle Rimbert, photographe qui a le « projet militant » de photographier les acteurs de la Zad, permanents ou non, et qui est venue gentiment me chercher à Nantes ce matin. Il faut redescendre vers Vigneux, et revenir par la D 81 en passant les Ardillières, où les gendarmes ne nous arrêtent pas, vers La Rolandière et Hors Contrôle. Pas grand monde, en ce samedi matin, ça dort encore, profitant de cette belle matinée où il ne pleut pas, pour la première fois depuis plusieurs jours. Je vais chercher des bottes dans la « free shop », une tente sur le champ d’Hors Contrôle où se trouvent des vêtements bien rangés et quelques paires de bottes dépareillées et surtout en tailles Enfant. J’ai de la chance, j’en trouve deux qui vont bien..

On discute avec une amie qui vit par là. Elle raconte la fatigue, les épreuves de l’hiver, la pluie. « Tout le monde est fatigué, c’est la tension tout le temps ». Il y a la police, qui ne relâche jamais son étreinte, la violence, les problèmes pratiques comme la gestion des poubelles, les tensions entre les uns et les autres : « Les ‘rebelles’, à l’est, accusent ceux de l’ouest d’être des ‘bobos, des bourgeois’. Il faut qu’on renoue. Mais on ne peut pas lâcher. Tous les anciens zadistes, qui avaient été expulsés en octobre, ont reconstruit, c’est du bonheur, ça fuse, du côté de Bellevue, de Limabout. »

Tout le monde a tenu, malgré la rigueur d’un hiver très pluvieux : « Chapeau pour ceux qui sont restés : tu te lèves, il y a la boue, la pluie. Et à l’est, ils ont bien tenu les chicanes ». D’ailleurs, « à la dernière assemblée générale, il n’y a pas eu de masques, pas de ‘plus radicaux’ que d’autres, juste des humains qui discutaient ensemble. Ca fait du bien. Il faut arriver à tout lier, les préoccupations des uns et des autres, ensemble : la nature, l’anticapitalisme, le sexisme, les paysans… »

« On est en phase de transition, c’est glauque… mais le printemps revient ». Et les prochains rendez-vous, plus encore que la remise du rapport de la Commission de dialogue, c’est la journée Sème ta Zad, le 13 avril, et la Chaine humaine, le 11 mai.

On repart chercher un lieu pour la photo. Isabelle veut me photographier, comme des dizaines de personnes qu’elle a déjà saisies dans sa boite. « Quel lieu préfères-tu dans la Zad ? » Je ne sais pas, c’est partout qui m’intéresse, la Zad elle-même. Et si l’on me mettait simplement devant des genêts en fleur, devant un champ, parce qu’après tout, la clé de départ de toute l’aventure, c’est le refus de voir détruire la nature, non ? Je garde le carnet à la main, comme le signe de la position compliquée du journaliste – dedans-dehors, requis-détesté, allié-ennemi…

On est près de la Chataigneraie. Après la photo, Isabelle repart tandis que je poursuis la marche vers la ferme de Bellevue.

J’écoute les chants et pépiements d’oiseaux, observe les grandes prairies qui respirent sous le soleil, les bourgeons qui apparaissent aux arbustes des haies, un scarabée qui traverse la voie, des vaches qui ruminent.

On n’entend pas de bruit, pas de voiture, mais le chant d’un coq résonne soudain : la ferme de Bellevue est toute proche. J’y accède par une route barrée par deux tracteurs attelés à une charrette. Voici la ferme, sa cour, je passe à côté de la porcherie où une truie grogne fortement.

Plus loin, dans la longère, une porte ouvre sur la salle commune. Des gens déjeunent. « Bonjour, c’est bien Bellevue ? Je peux entrer ? – Oui, entre. Tu as mangé ? » Ils m’invitent à partager le repas, autour de Romain, le paysan installé ici. Ils m’expliquent les travaux en cours, le troupeau de vaches qui a été constitué, les tours de garde programmés pour qu’il y ait toujours des personnes ici, les projets de culture sur un champ voisin.

N. parle de l’importance des discussions ici, des contacts humains qui s’y lient.

Arrive... appelons-la Camille. Elle est à La Souardine, un collectif qui s’est créé non loin. Elle vient chercher un outil, relativement à la greffe d’arbres fruitiers. On se salue. Mais elle me morigène : "Ce que tu as écrit, l’autre fois, en parlant de moi, ça ne va pas. Tu ne m’avais pas prévenue. - Mais je n’ai rien écrit de très précis ni compromettant, il n’y a pas ton nom. - Oui, mais des amis ont pu me reconnaitre, et puis, c’est ma vie." Une sorte de silence. "On te parle en tant qu’humain, pas en tant que journaliste".

Elle part, sans m’en vouloir ; sur le pas de la porte, elle sourit, disant quelque chose comme "Continue ton boulot, c’est bien ce que tu fais". Mais l’épisode me laisse songeur. L’heure tourne, et d’ailleurs, tout le monde part dans tous les sens pour diverses occupations. Je pars en traversant les champs, réfléchissant à l’étrange séparation entre "humain" et "journaliste".

Un mythe réel qui fabrique en permanence sa légende

D’une certaine manière, la Zad ne veut pas de journaliste. Il n’y a pour l’instant quasiment pas de récits développés du vécu de cette communauté de hasard et de choix, alors que films et photos abondent. Mon carnet, l’outil indispensable du journaliste pour noter les détails que la mémoire ne peut tous retenir dans la profusion des faits et des émotions qui vibrent dans les moments denses, ce carnet est d’un usage difficile sur la Zad, générant une suspicion aussi grande que l’appareil photo, et peut-être même plus grande. Car le regard de la photographie est perçu comme un reflet de la réalité, accepté dès lors que le visage n’est pas saisi sans le consentement, tandis que l’écrit est incontrôlable, il signifie l’altérité de l’interprétation imprévisible.

La Zad est un mythe réel qui fabrique en permanence sa légende, dans une oralité qui transmettra par la poésie du souvenir les hauts faits et les grandes misères de ces jours aventureux. Ici, on veut vivre pleinement le présent, la relation humaine dans sa densité instantanée. Les mots sont importants - il existe peu de lieux où l’on discute autant et aussi intensément de questions essentielles -, mais ils s’inscrivent dans la chair des locuteurs bien plus que dans la logique référentielle de l’écrit. L’écrit, d’ailleurs, renvoie à l’institution, à l’autorité, c’est un outil dont il faut certes user, par internet bien plus, au demeurant, que par l’imprimé, mais pour influer sur le monde extérieur dans la relation indispensable qu’il faut établir avec celui-ci, pas pour exprimer l’intensité et la singularité du vécu quotidien de la légende.

Et c’est donc en me demandant comment je pourrais exercer mon métier de journaliste, c’est-à-dire ma mission de témoin, si je veux rester un humain, que je chemine à travers champs. Ils sont totalement détrempés, et tout en goûtant le calme de cette marche dans le bocage qu’éclaire une lumière cristalline, j’imagine avec horreur le revêtement de béton dont certains s’obstinent à vouloir étouffer cette terre qui respire.

Voici la Chataigneraie. Le village est devenu le rendez-vous des collectifs de toute la France, dont des délégations viennent ici quelques jours, et où se déroulent presque tous les soirs des événements, projections de films ou discussions. Un homme lave son linge dans une bassine. Un groupe déjeune sur une table dehors. On entend des coups de marteau. Plus loin, un gars montre à une fille comment faire un truc de charpente. Je note un carton, posé sur une fenêtre « Sexistes, homophobes, transphobes, specistes, agistes, validistes, interdits ici et ailleurs ». Agistes, c’est la discrimination à l’égard des personnes âgées, et le validisme, à l’égard des invalides.

Plus loin, je me rends compte qu’il fait chaud. J’enlève mon pull. Car l’essentiel de toute cette histoire, au moment présent, c’est que le printemps arrive.

« On vit dans la nature »

Mais l’heure tourne. Je retrouve Isabelle Rimbert, qui va me déposer à Nantes. E., un zadiste, vient avec nous, il a quelque chose à y faire. Il est sur la Zad depuis janvier, il est venu à cause de la répression d’octobre et novembre, et depuis, il est resté.

N’était-ce pas trop dur, de vivre dans le froid, l’humidité, le manque de confort ? « Non, non. On vit dans la nature, dans la forêt, on ré-apprend à faire du feu, des cabanes. Et puis on essaye de construire une nouvelle société... »

Des faucheurs volontaires condamnés à Tours Confédération paysanne Reporterre 2013/03/28 Confédération paysanne (28 mars 2013) Des faucheurs volontaires condamnés à Tours. Reporterre. fr

Des faucheurs volontaires condamnés à Tours

Le tribunal correctionnel de Tours a condamné 25 mars des faucheurs volontaires. Ceux-ci avaient coupé du tournesol modifié par mutagenèse.

Pour la Confédération paysanne, la condamnation de deux Faucheurs volontaires, lundi 25 mars, par le tribunal correctionnel de Tours, est inconcevable. A l’heure où une loi sur la protection des lanceurs d’alerte est en cours d’adoption, il est temps de reconnaître ces actions spécifiques.

L’action remonte à juillet 2010. Ils sont alors 119 Faucheurs, en Indre-et-Loire, à neutraliser des parcelles de tournesol génétiquement modifié pour tolérer les herbicides. En novembre dernier, trois d’entre eux sont convoqués par le tribunal correctionnel de Tours pour destruction du bien d’autrui. Face au refus de la cour d’entendre les autres Faucheurs qui ont participé à l’action, ils refusent de comparaître.

La cour a rendu son verdict lundi : trois mois de prison avec sursis et 5 500 euros de dommages et intérêt pour deux d’entre eux, et la relaxe pour le troisième prévenu, paysan retraité.

Cinq témoins sont par ailleurs condamnés à 350 euros d’amende pour avoir refusé de témoigner, en solidarité avec les prévenus.

Ces Faucheurs ont ici agi comme lanceurs d’alerte. Le tournesol qui a été fauché était une plante mutée, et non transgénique. Une plante rangée dans la catégorie des OGM, mais qui n’est pas soumise à la même réglementation. Leur culture est donc autorisée, alors qu’il y a autant de risque qu’avec les OGM par transgenèse.

Ce sujet, le gouvernement refuse de le prendre à bras le corps. Encore une fois, les Faucheurs sont là, en courant le risque de la condamnation, pour orienter les projecteurs vers ces risques.

C’est ce qu’ils ont fait avec le maïs MON810, producteur d’insecticide. Il s’agit là de tournesol, mais d’autres cultures sont concernées. En 2012, 800 hectares de colza muté, tolérant aux herbicides, auraient été cultivés.

Par ailleurs, de nouveaux OGM pourraient être autorisés grâce à une lacune dans la règlementation européenne. Une cyber@ction est en cours à ce sujet [1].

Les 119 Faucheurs de Tours ont agit dans un état de nécessité, poursuivant leur rôle de lanceur d’alerte. Il est urgent que le gouvernement s’engage, tant dans la protection de ces citoyens à l’action indispensable, que dans la suspension des cultures transgéniques ou mutées qui produisent ou tolèrent des pesticides.

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Note

[1] Cyberacteurs

Le Forum social mondial est un outil essentiel pour la coordination des luttes Esther Vivas Reporterre 2013/03/28 Esther Vivas (28 mars 2013) Le Forum social mondial est un outil essentiel pour la coordination des luttes. Reporterre. Tribune — fr

Le Forum social mondial est un outil essentiel pour la coordination des luttes

Le Forum social mondial se poursuit à Tunis. Le changement climatique est un des thèmes de discussion. ’"Actuellement, l’axe de la mobilisation ne se trouve déjà plus en Amérique latine, où était né le FSM. Il se situe dans le monde arabe et dans une Europe bouillonnante de protestations et « tiers-mondisée », tant elle est frappée par la crise."

La Tunisie, berceau des révoltes dans le monde arabe, accueille à partir du 26 mars et jusqu’à samedi le Forum Social Mondial (FSM), la plus importante rencontre internationale des organisations et des mouvements sociaux. Et ce n’est pas un hasard.

Les promoteurs du FSM ont choisi ce pays en référence au « Printemps Arabe ». Ce dernier a non seulement donné naissance à de nouveaux mouvements de contestation en Afrique du Nord et au Moyen Orient, mais il a aussi « contaminé » le sud de l’Europe, en particulier avec les Indignés dans l’Etat espagnol, et jusqu’au mouvement Occupy aux Etats-Unis.

C’est un nouveau cycle de protestations qui a surgi avec force à l’échelle internationale, déterminé par une crise systémique du système et par les politiques d’austérité et d’endettement, en particulier dans les pays de la périphérie de l’Union européenne soumis à de dures mesures d’ajustement.

Le « Printemps Arabe » a apporté un vent frais dans la longue nuit de la crise. Il a permis de récupérer la confiance dans l’action collective, dans le « nous ». En janvier 2011, le président tunisien Ben Ali fuyait le pays sous la pression de la rue. Un mois plus tard, en février 2011, l’histoire se répétait ; le président égyptien Hosni Moubarak jetait l’éponge et démissionnait, forcé et contraint par la mobilisation sociale. Le monde arabe, tant de fois stigmatisé en Occident, nous offrait une leçon de démocratie.

Aujourd’hui, deux ans après, le Forum Social Mondial se déroule dans l’épicentre de ces révoltes, où il trouve des processus politiques de changement ouverts, instables et chaotiques. En Tunisie, en février dernier, l’assassinat nullement fortuit de Chokri Belaïd a marqué un tournant. Avocat et militant marxiste, il était l’un des dirigeants d’un Front Populaire qui rassemble différentes organisations de gauche qui revendiquent dans leur programme non seulement plus de démocratie, mais aussi la justice sociale.

Le premier assassinat politique de la jeune démocratie tunisienne a représenté un dur coup pour la société et déclenché de nouvelles mobilisations contre la montée de la violence dans le pays.

Tant en Tunisie qu’en Egypte, les processus révolutionnaires qui ont émergé sont aujourd’hui toujours ouverts, mais leur résultat demeure incertain. Les conquêtes démocratiques sont fragiles et encore limitées et il n’y a pas encore eu de changements économiques significatifs. Une lutte ouverte se livre entre ceux qui considèrent que la révolution est terminée et ceux qui veulent l’approfondir et la porter jusqu’à ses ultimes conséquences.

Les jeunes et les militants de gauche démontrent quotidiennement qu’ils sont déterminés à ne pas se laisser confisquer leur révolution, que ce soit par les vestiges de l’ancien régime ou par les islamistes qui sont arrivés au pouvoir.

Au-delà du débat sur la situation du « Printemps Arabe », auquel sont consacrés tous les séminaires et les activités du 2e jour du FSM, d’autres thématiques auront une centralité particulière. La lutte féministe, par exemple, avec l’Assemblée des femmes, juste avant le début du FSM et qui, logiquement, se consacrera en partie à l’analyse et au partage d’expériences sur le rôle important joué par les femmes dans les révoltes arabes, comme l’a fort bien dépeint Leil-Zahra dans sa série documentaire « Words of Women from the Egyptian Revolution ».

Le changement climatique, un des thèmes clé du Forum

Le mouvement international pour la justice climatique, quant à lui, organisera un intéressant « Espace Climat » au sein du FSM afin de discuter de ses stratégies à venir, des convergences et des perspectives sur une question clé pour l’avenir de la planète et de l’humanité.

Depuis que le Forum Social Mondial a organisé sa première édition, dans un lointain mois de janvier 2001, en même temps que la célébration du Forum Economique Mondial de Davos et comme contrepoint à ce dernier, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le FSM est né à la chaleur du mouvement antiglobalisation, plus tard converti en mouvement anti-guerre, et comme point de rencontre d’une nouvelle résistance globale contre les désastres de la globalisation néolibérale.

Après avoir joué un rôle important dans les luttes au cours de ses premières éditions, il a perdu sa centralité politique en dépit, à chaque fois, d’une participation élevée et il s’est peu à peu éteint parallèlement au mouvement antiglobalisation. Le contexte avait changé et, par conséquent, sa raison d’être également.

Aujourd’hui, avec l’ouverture d’un nouveau cycle de protestations né à la suite du « Printemps Arabe », avec les mouvements des Indignés et Occupy, le Forum Social Mondial est en partie bien plus perçu comme un instrument du passé que du présent et de l’avenir.

Mais son existence souligne, à son tour, l’une des principales faiblesses des nouveaux mouvements sociaux de protestation apparus dans le cadre de la crise systématique : leur fragile coordination internationale. Ces derniers sont confrontés au défi de recréer de nouveaux espaces d’articulation à l’échelle mondiale qui permettent d’avancer dans la lutte commune et dans l’échange d’expériences.

L’offensive des politiques d’austérité, dans chacun des pays, est tellement intense et requiert un tel effort de mobilisation nationale qu’elle agit comme un pôle d’attraction qui affaiblit, par conséquent, la coordination vers l’extérieur. Malgré le fait que ces nouveaux mouvements se sont ressentis comme participant à la même vague globale qui avançait depuis l’Afrique du Nord en passant par la périphérie de l’Europe avant d’atteindre les Etats-Unis, la coordination entre les différents acteurs du mouvement est demeurée plutôt faible, malgré l’organisation de journées d’action globale et de quelques rencontres ponctuelles.

Actuellement, l’axe de la mobilisation ne se trouve déjà plus en Amérique latine, où était né, précisément, le FSM. Il se situe aujourd’hui dans le monde arabe et dans une vieille Europe bouillonnante de protestations et « tiers-mondisée », tant elle est frappée par la crise.

Le défi consiste maintenant à apprendre de ces luttes qui, dans un passé pas si lointain, ont émergé contre la dette, les expulsions de logement, les privatisations… dans les pays du Sud. Et d’avancer vers une coordination indispensable des résistances qui soit à la hauteur de l’organisation implacable du capital.

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En Belgique, une banque coopérative voit le jour Caroline Lallemand (Trends.be) Reporterre 2013/03/28 Caroline Lallemand (Trends.be) (28 mars 2013) En Belgique, une banque coopérative voit le jour. Reporterre. Économie fr

En Belgique, une banque coopérative voit le jour

10.000 coopérateurs ! La banque alternative en création New B a atteint en à peine deux jours son premier objectif alors que le timing fixé pour atteindre ce nombre de citoyens partisans était la fin juin.

« Je crois qu’il s’agit du début d’un nouveau mouvement », a réagi Marc Bontemps, coordinateur et vice-président du conseil d’administration. « Les gens demandent des messages et projets positifs dans ces temps d’incertitudes liées à la situation financière et bancaire », ajoute-t-il. « Les gens attendent des perspectives et nous en donnons. »

Un début sur les chapeaux de roue donc pour ce pari audacieux. La banque coopérative New B bénéficie d’appuis très divers, allant de la FGTB à Oxfam et d’Inter-environnement à la Ligue des Familles. Elle se définit comme une banque basique, promettent ses initiateurs : sobre et simple, participative et transparente.

Très répandu en Europe, le modèle de banque coopérative pesait également lourd en Belgique, avant que ses chefs de file Bacob, Cera, Crédit Agricole et autre Codep ne changent de statut, notamment après fusion.

Forte de ce premier succès de participation, la banque ne se repose cependant pas sur ses lauriers, de nouveaux coopérateurs sont toujours les bienvenus et la campagne continuera jusque fin juin.

« Un tel succès et les nombreux témoignages laissés sur le site montre avec force qu’une banque coopérative est voulue et attendue de la part de nombreuses personnes », avancent encore ses initiateurs dans un communiqué.

La souscription se fait à partir du site jeprendspart.be mais aussi durant le New B Tour. De fin mars à fin juin, une centaine de rencontres à travers toute la Belgique seront organisées. Le 6 juillet prochain, les coopérateurs décideront s’ils poursuivent le processus de création de la banque.

La Confédération Paysanne s’oppose au Plan loup Confédération Paysanne // FNE-Ferus-WWF Reporterre 2013/03/29 Confédération Paysanne // FNE-Ferus-WWF (29 mars 2013) La Confédération Paysanne s’oppose au Plan loup. Reporterre. Tribune — fr

La Confédération Paysanne s’oppose au Plan loup

Selon le syndicat agricole, le Plan loup ne répond pas à la « détresse des éleveurs ». Il satisfait en revanche plusieurs associations environnementalistes.

Confédération paysanne

Contrairement aux affirmations du président du Groupe national loup qui fait état dans la presse d’une « vraie adhésion » des éleveurs au plan validé la semaine dernière [le 22 mars], la Confédération paysanne est en désaccord avec le Plan loup. La « vraie adhésion » des éleveurs est une vue de l’esprit, qui ne correspond, en rien à la réalité insupportable vécue sur le terrain.

Cependant nous continuerons d’être présents au Groupe national loup pour faire entendre la détresse des éleveurs et faire reconnaitre l’absolue nécessité d’une régulation forte des populations de loups.

Si la possibilité de se défendre doit bien évidemment être laissée aux éleveurs quand leur cheptel est attaqué, les possibilités d’utiliser des armes à canons rayés pour prélever des loups est d’abord du ressort des agents publics et non pas une charge supplémentaire à infliger aux éleveurs ni aux bergers : ce n’est pas leur métier, bien souvent ils ne le souhaitent pas, ni ne le réclament.

Le plan ne prévoit absolument rien de ce que la Confédération paysanne a soutenu comme proposition lors de son élaboration, ni d’ailleurs ce qui a été dit par certains experts chevronnés. Le retrait du statut d’espèce strictement protégée doit être retiré et l’Etat doit se donner les moyens d’assurer lui-même les prélèvements au lieu de laisser reposer cette charge sur les éleveurs.

Les pouvoirs publics garantissent une protection règlementaire à outrance de ce prédateur [1], et refusent d’assurer la tranquillité nécessaire des éleveurs et de leurs cheptels face à cette agression. Ils esquivent depuis 20 ans, quelle que soit leur couleur politique, la question de la survie des élevages de montagne du sud-est et maintenant de ceux de tout le grand sud et de l’est du pays.

La politique de protection intégrale du loup par l’Etat nous condamne soit à cesser tout simplement l’élevage, soit à enfermer nos animaux dans des bâtiments d’ateliers hors-sol, avec des méthodes industrielles dont la société s’inquiète, voire se défie à différents titres.

Le rôle de l’Etat est d’abord de protéger l’élevage de plein air, nourri surtout à l’herbe, ainsi que ses éleveurs garants de l’entretien et de la conservation de la nature et qui s’efforcent de vivre dignement de leur travail.

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Note

[1] On programme de prélever au maximum 24 loups sur une population de 300 animaux qui a une croissance annuelle de 19%, donc une croissance moyenne de 11%.

Les associations naturalistes favorables au Plan Loup

FNE, Férus, WWF

Au lendemain de la réunion du Groupe National Loup dans laquelle a été présentée la version quasi-finalisée du "Plan Loup" 2013-2017, il est possible d’évaluer les principales orientations de son contenu et les perspectives qu’il trace pour la présence du loup dans notre pays. Que peut-on en retenir essentiellement ?

- la réaffirmation de la protection du loup et de la légitimité de sa présence partout où les conditions biologiques le permettent, sans zones d’exclusion ;

- une méthode encadrée de "gestion adaptative" qui prévoit au minimum 10 % de progression annuelle de l’espèce, et la fixation annuelle d’un plafond maximum de dérogations possibles en conséquence, révisable chaque année selon l’évolution constatée de la population ;

- un engagement contre le braconnage des loups, avec rappel des peines encourues en cas de destructions illégales et mission donnée aux préfectures de mettre en oeuvre les moyens adéquats ;

- des engagements de poursuite du soutien aux moyens de protection ;

- le maintien de toute interdiction de tir dans le cœur des Parcs Nationaux et des Réserves Naturelles.

Si ces avancées contribuent à dessiner les conditions concrètes de la consolidation de la présence du loup en France, FNE, FERUS, WWF et la FRAPNA prennent acte, sans l’approuver, de l’annonce pour 2013 d’un doublement du plafond de dérogations de tirs possibles par rapport à l’année précédente. Cette décision est essentiellement destinée à donner des gages au monde de l’élevage : nous savons que ces tirs sont globalement inefficaces dans le temps pour éviter de nouvelles attaques puisqu’ils ouvrent la porte à la venue de nouveaux loups.

FNE, FERUS, WWF et la FRAPNA continueront à s’impliquer sur ces sujets de façon vigilante, dans un esprit de dialogue et de responsabilité par rapport à toutes les parties prenantes (professionnels de l’élevage, services de l’Etat, élus locaux, réserves, parcs régionaux et nationaux,..).

Tunis : les antipubs préparent un réseau international contre la publicité Résistance à l’agression publicitaire (RAP) Reporterre 2013/03/29 Résistance à l’agression publicitaire (RAP) (29 mars 2013) Tunis : les antipubs préparent un réseau international contre la publicité. Reporterre. fr

Tunis : les antipubs préparent un réseau international contre la publicité

- Témoignage, Tunis

Après un démarrage un tantinet longuet dû à une organisation fastidieuse, le Forum Social Mondial bat son plein depuis hier. Nous sommes sept militants de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire à nous être rendus sur place pour cette grande occasion fraternelle.

Notre but ? Poser les fondements d’un réseau mondial de contestation de la publicité avec les personnes que nous rencontrons sur place.

Au programme, une conférence, un stand tout au long du forum et un atelier de mise en place du réseau mondial.

La journée de mercredi fut longue, intense et extrêmement gratifiante. Démarrage en trombe à 9H00, nous avons organisé une conférence sur « Les mécanismes de la publicité pour occidentaliser le monde » animée par Khaled Gaiji, coprésident de l’association.

Salle comble, nous avons perçu un grand intérêt pour le sujet. Un débat a suivi la conférence. Il a été l’occasion de compléter nos informations et de constater la convergence de luttes en apparence différentes. Un participant a précisé qu’à Sao Paulo la ville a interdit les grands panneaux publicitaires mais vendu plus cher de nombreux espaces de la taille d’une télévision dans les transports publics. Lorsque nous avons évoqué la Rentrée sans marques imaginée par Casseurs de pub en France, une femme tunisienne a indiqué que dans certaines crèches tunisiennes, une campagne a été lancée pour encourager les parents à faire apporter à l’école par les enfants des goûters faits maison au lieu d’aliments industriels, et des bouteilles d’eau sans étiquette.

Pendant ce temps, un petit groupe est allé installer le stand de Résistance à l’Agression Publicitaire. Nous avons eu quelques frayeurs en arrivant sur la zone E, espace où nous devions nous installer, quasi-désert sans aménagement... Nous avons alors décidé de nous mettre en quête d’un autre espace, plus visible. Finalement, nous nous sommes installé en zone D avec la bénédiction des organisateurs.

Le stand a été très fréquenté. Enormément de personnes se sont arrêtées pour engager la conversation. Certain-e-s par simple curiosité, d’autres par vif intérêt pour le sujet avec l’envie d’approfondir ou participer activement.

Nous avons distribué plus de 300 manifestes contre le système publicitaire en grande partie en langue Française et Arabe mais aussi Anglais, Espagnol et Allemand dans une moindre mesure.

De très nombreuses personnes se sont déclarées intéressées pour participer de façon active à la construction du réseau mondial en aidant à la traduction en ligne de texte politique ou en livrant des témoignages des problèmes liés à la publicité qu’ils rencontrent chez eux. D’autres ont manifesté le souhait de rester informé.

Des médias étrangers Brésiliens et Congolais sont également venus nous interroger.

Nous sommes restés en place sur le stand, en nous relayant, jusqu’à 19H00 !

A l’heure où ces quelques lignes sont écrites, le stand est en place. Si vous êtes sur place vous pouvez passer nous voir en zone D, non loin du bâtiment administratif, nous vous accueillerons avec grand plaisir !

Tunis : un Appel international pour le climat lancé au Forum social mondial Logoklima Reporterre 2013/03/29 Logoklima (29 mars 2013) Tunis : un Appel international pour le climat lancé au Forum social mondial. Reporterre. Tribune — Climat fr

Tunis : un Appel international pour le climat lancé au Forum social mondial

Dix personnalités internationales signent l’appel pour la création d’un logo mondial pour le climat, mercredi 27 mars à l’occasion de l’ouverture du Forum Social Mondial de Tunis, alors qu’est mis en ligne le site internet Logoklima, dédié à recevoir des propositions de logos du monde entier.

Naomi Klein, Vandana Shiva, Susan George, Adolfo Pérez Esquivel, Paul Nicholson, Bill McKibben, Bobby Peek, Pablo Solon, Wanjira Mathai et Sharan Burrow sont les premières personnalités internationalement reconnues pour leur engagement pour le climat, l’environnement ou la solidarité internationale, qui ont tenu à apporter leur soutien au projet Logoklima, pour une dynamique de création d’un logo mondial symbolisant l’urgence climatique et la justice sociale.

Neuf représentants de Bizi ! (« Vivre ! » en langue Basque), association écologiste du Pays Basque à l’origine du projet, participent au Forum Social Mondial qui se déroule du 26 au 30 mars à Tunis. Ils doivent y rencontrer des mouvements et des associations du monde entier, pour que cette initiative puisse être relayée sur les 5 continents, dans les écoles, les communautés religieuses, les associations, etc.

Cette dynamique originale veut être un outil concret de sensibilisation au changement climatique, mais aussi un moyen de contribuer à fédérer les nombreuses luttes sociales et environnementales qui sont liées au changement climatique : pour l’agriculture paysanne, pour l’accès à l’eau, ou contre la déforestation, l’exploitation des gaz de schiste, les Grands Projet Inutiles et Imposés, etc.

Les habitants de tous les pays du monde sont invités à proposer leur idée de logo via le site internet dédié au projet, qui vient d’être mis en ligne en neuf langues (arabe, japonais russe, anglais, espagnol, français, italien, allemand, portugais) et qui sera traduit prochainement dans les douze langues les plus parlées du monde.

À l’issue de cette dynamique, un jury international choisira un des logos pour qu’il puisse symboliser l’urgence climatique et la justice sociale en étant porté sur la poitrine de personnalités, d’artistes, de militants, etc., à l’instar de ce qu’a été le ruban rouge pour la lutte contre le Sida.

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L’appel

Le changement climatique s’accélère et menace de plus en plus les conditions de vie civilisée sur Terre, à brève échéance. Partout dans le monde, des populations, notamment les plus pauvres et les plus fragiles, commencent à être victimes des premières conséquences dramatiques de ce changement climatique à l’œuvre. Ce n’est pourtant, hélas, qu’un petit avant-goût de ce qui attend l’humanité si nous restons les bras croisés.

Selon les scientifiques spécialistes du climat, la bataille pour éviter l’emballement climatique se joue, se gagne ou se perd maintenant, dans les quelques années qui viennent. Nous ne pouvons plus accepter que nos dirigeants continuent de regarder ailleurs.

Nous devons les obliger à regarder en face l’urgence climatique, nous devons leur permettre d’entendre la voix de la justice climatique.

Déjà, sur les cinq continents, des millions de gens luttent, se mobilisent contre les causes humaines du changement climatique, réclament un nouveau modèle de société et d’économie, qui respecte la nature et ses grands équilibres, qui protège les plus démunis des premiers effets du réchauffement climatique, et qui permette d’éviter l’aggravation terrible du changement climatique.

Il est temps que naisse un symbole unifiant toutes ces voix, toutes ces mobilisations. Il nous faut aujourd’hui un logo permettant de rendre visible, en tout lieu et à tout moment, l’urgence et la justice climatique.

Nous appelons les populations, les différentes communautés, les artistes, les individus, à créer des propositions de logos, de symboles, répondant à cette nécessité.

Pour être le symbole mondial et unificateur dont nous avons besoin, un tel logo devra n’être rattachable à aucune culture, langue ou alphabet en particulier, et encore moins à une quelconque organisation. Il doit pouvoir être reproduit avec les moyens, ou l’absence de moyens, de chaque personne sur la planète.

Une seule adresse pour envoyer vos propositions : www.logoklima.org

Maintenant, que chacun-e fasse circuler cet appel, organise des initiatives dans son école, son association, sa communauté religieuse, ses réseaux sociaux, pour que naissent des milliers de propositions de logos, et qu’à travers elles fleurissent des milliers de discussions et des millions de prises de conscience sur l’urgence de se mobiliser toutes et tous pour empêcher l’emballement climatique.

Nous n’avons qu’une planète !

Pesticides en Limousin, des médecins lancent l’alarme Des médecins du Limousin Reporterre 2013/03/29 Des médecins du Limousin (29 mars 2013) Pesticides en Limousin, des médecins lancent l’alarme. Reporterre. Pesticides fr

Pesticides en Limousin, des médecins lancent l’alarme

Plus de quatre-vingts médecins limousins prennent leur responsabilité, s’appuyant sur des études scientifiques que nul ne peut plus ignorer, ils alertent sur la dangerosité de ces produits dont notre région n’est pas exempte, loin s’en faut, notamment sur les plantations d’arbres fruitiers.

Ils en appellent donc à la réaction urgente de chacun, qui ne pourra vraiment être effective qu’accompagnée d’un engagement ferme et clair des pouvoirs publics locaux et nationaux.

Car il faut être réaliste, cela suppose « d’inverser le processus de concentration des exploitations et d’y favoriser de manière significative l’accroissement de l’emploi agricole, condition incontournable d’une diminution réellement globale de l’utilisation des pesticides ». C’est tout dire de la justification économique des pesticides et de l’immense défi à relever par la société, celui de l’agroécologie.

Voici leur appel :

« Médecins, nous avons choisi le cadre de la semaine pour les alternatives aux pesticides afin de mettre en avant la dimension sanitaire dans ce débat. Elle ne le résume pas car la dimension environnementale est elle aussi incontournable… Nous tenons à préciser que nous ne cherchons pas à montrer du doigt une profession, mais que chacun doit prendre ses responsabilités. A nous d’assumer les nôtres en alertant sur les dangers de ces produits, particulièrement pour certaines catégories de la population (ceux qui y sont le plus exposés, ainsi que les femmes enceintes et les enfants).

Car des liens sont établis en milieu professionnel entre l’utilisation de pesticides et certaines pathologies : des cancers. Les expositions professionnelles aux pesticides ont été plus particulièrement mises en cause dans les hémopathies malignes lymphoïdes.

Des études en populations agricoles suggèrent leur implication dans les tumeurs cérébrales et dans les cancers hormono-dépendants (cancers de la prostate, du sein, des testicules, de l’ovaire(1) ), des troubles neurologiques comme la maladie de Parkinson (2).

Chez l’enfant, l’utilisation domestique de pesticides, notamment d’insecticides domestiques, par la mère pendant la grossesse et pendant l’enfance a été régulièrement associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales (1)

Surtout il faut rappeler, comme l’a fait l’INSERM que « près d’un millier de molécules ont été mises sur le marché en France ; les risques liés à ces molécules ne peuvent être évalués faute de données toxicologiques et épidémiologiques suffisantes. » (1)

Si peu d’études ont porté sur l’ensemble de la population et les riverains, plusieurs montrent toutefois que des expositions environnementales sont susceptibles de causer des cancers et des maladies de Parkinson. Comme aux Antilles avec la chlordecone (3) ou chez des riverains exposés à des fongicides de la famille des carbamates et à du paraquat (4).

Or personne ne le conteste, l’imprégnation de la population est générale : les pesticides ont largement contaminé l’environnement, aussi bien les eaux de surface que les eaux de pluie, aussi bien les sols que nos organismes (90% de la population française est contaminée par les organophosphorés) (5).

Plus préoccupant, dans la cohorte PELAGIE en Bretagne, seuls 1,6% des échantillons d’urine de femmes enceintes ne contiennent pas de trace des pesticides recherché (6).

Mais si l’on retrouve une imprégnation à « faibles doses » dans la population générale, cela n’est pas rassurant pour autant : en effet de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens, substances chimiques soupçonnées d’être l’une des causes de la recrudescence de certains troubles (infertilité, cancers hormonodépendants, obésité, etc.).

Parce que leurs effets ne dépendent pas de la dose, mais de la période d’exposition, qu’ils ne sont pas linéaires, qu’ils s’ajoutent à ceux d’autres substances (effet cocktail) et qu’ils sont susceptibles d’être transgénérationnels, les perturbateurs endocriniens sont au centre d’une attention grandissante comme l’a reconnu Madame Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie lors du colloque international sur les perturbateurs endocriniens des 10 et 11 décembre 2012(7).

Or comme le souligne le rapport sénatorial sur les pesticides et la santé (8), le cadre réglementaire européen ne protège ni les agriculteurs ni les consommateurs puisque l’UE n’a toujours pas validé de méthode permettant de déterminer si un pesticide est un PE ou non. Il faudra donc beaucoup d’études, beaucoup d’argent et beaucoup de temps pour objectiver plus avant ces risques sanitaires que l’on peut craindre dévastateurs.

Aussi nous souhaitons poser deux questions simples :

- Peut-on s’abstenir de prendre des précautions dès maintenant ? Ce serait à nos yeux totalement inconséquent et irresponsable.

- Des alternatives, économiquement viables sont-elles possibles ? Nous pensons que Oui, et elles sont connues.

C’est pourquoi les médecins signataires de ce texte se déclarent :

- solidaires des demandes d’interdiction des épandages aériens (9), et des mesures de réduction des risques vis à vis des populations vivant à proximité des cultures à forte utilisation de pesticides (signalisation sur les routes et chemins traversant les zones d’épandages, distance de sécurité avec les habitations) et vis-à-vis des agriculteurs (information sur les risques des produits et l’usage des protections individuelles par des institutions distinctes des vendeurs) ;

- solidaires des collectivités territoriales signataires de la charte zéro pesticide ;

- solidaires de toutes les initiatives qui permettront une transition vers des filières agricoles n’utilisant pas de pesticides. A ce titre l’introduction de l’alimentation biologique dans les cantines scolaires nous parait un moyen à la fois d’obéir à un principe de sécurité sanitaire et de structurer des filières utilisant les principes de l’agroécologie.

- Solidaires de tous les projets de transition de l’agriculture qui se proposent de stopper et d’inverser le processus de concentration des exploitations et d’y favoriser de manière significative l’accroissement de l’emploi agricole, condition incontournable d’une diminution réellement globale de l’utilisation des pesticides.

Et demandent que notre Région Limousin s’engage résolument vers l’objectif d’une réduction de 50 % des pesticides à l’horizon 2020. »

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Notes

(1) Expertise INSERM « cancers et environnement » octobre 2008

(2) Inscrite au tableau des maladies professionnelles agricoles depuis 2011.

(3) BEH 08-02-2011(bulletin épidémiologique hebdomadaire édité par l’INVS : Institut National de Veille Sanitaire). Chlordecone aux Antilles : bilan actualisé des risques sanitaires.

(4) La Recherche, septembre 2009, Les pesticides doublent le risque de maladie de Parkinson, S. Costello et al, American Journal of Epidémiology,169, 919, 2009.

(5) Institut national de veille sanitaire (INVS) « Exposition de la population française aux polluants de l’environnement » (volet environnemental de l’étude nationale Nutrition Santé, septembre 2010). Disponible à l’adresse : www.invs.sante.fr

(6) BEH : du 16 juin 2009

(7) Discours de Delphine BATHO Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Discours d’ouverture de la Ministre lors du colloque international sur les perturbateurs endocriniens des 10 et 11 décembre 2012 dans le cadre du Programme National de Recherche sur les Perturbateurs Endocriniens.

(8) Rapport sénatorial adopté à l’unanimité des groupes politiques au sénat : « Pesticides, vers le risque zéro », accessible sur le site du sénat : www.senat.fr. Ce rapport dresse cinq constats : – les dangers et les risques des pesticides sont sous-évalués ; – la nécessité d’améliorer la procédure d’autorisation de mise sur le marché des pesticides (AMM) et le suivi post AMM ; – l’absence de protection contre les pesticides à la hauteur des dangers et des risques ; – la nécessiter de mieux cerner les limites des modèles et des pratiques industriels, commerciaux et agricoles ; – revoir le plan Ecophyto 2018 : conçu à la suite du Grenelle de l’Environnement en 2008 pour permettre une division par deux de la quantité de pesticides utilisée par la France à l’horizon 2018, la mission sénatoriale a en effet constaté qu’au tiers de la durée de ce plan l’usage avait augmenté au lieu de se réduire.

(9) Il existe un principe général européen d’interdiction des épandages de pesticides par aéronefs mais les Préfectures peuvent accorder localement des dérogations. Le rapport sénatorial réclame également la fin de ces dérogations.

Il faut interdire les pesticides néonicotinoïdes Confédération paysanne Reporterre 2013/03/30 Confédération paysanne (30 mars 2013) Il faut interdire les pesticides néonicotinoïdes. Reporterre. Tribune — Pesticides fr

Il faut interdire les pesticides néonicotinoïdes

Les néonicotinoïdes sont des pesticides dangereux pour les pollinisateurs. Mais les autorités rechignent à les interdire.

Lettre ouverte à Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable, et de l’énergie

Madame la Ministre,

Lors de votre intervention dans l’émission « Envoyé Spécial, la suite », sur France 2, le 23 mars, vous avez déclaré qu’il fallait diminuer l’utilisation des pesticides, défendre les abeilles et pollinisateurs, et que la Commission européenne devait poursuivre son projet de suspension des néonicotinoïdes pour certains usages. La Confédération paysanne prend acte de ce volontarisme et vous demande donc d’agir en faveur d’une interdiction totale des insecticides néonicotinoïdes.

Comme vous l’avez souligné, les pollinisateurs sont indispensables pour la production d’alimentation, mais c’est aussi la biodiversité qui est en jeu et, à travers elle, l’avenir de l’humanité et de son environnement. A cela s’ajoute une question de santé publique car l’usage des pesticides a, on le sait, des effets particulièrement nocifs pour la santé des paysans et de leurs proches. Votre collègue, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture prétend lui aussi vouloir diminuer les pesticides, protéger les abeilles et développer l’agroécologie.

Depuis des années, ses prédécesseurs ont commandé des études qui ont démontré les effets négatifs des néonicotinoïdes. Des mesures d’interdiction ont donc été prises mais elles restent tout à fait ponctuelles, et insuffisantes (Gaucho sur maïs et tournesol, Cruiser sur colza), pour stopper les mortalités d’abeilles. En particulier du fait de l’omniprésence de Gaucho sur céréales, de sa persistance dans les sols et de ses effets dans les rotations.

La France, premier producteur agricole européen, devrait être exemplaire dans cette volonté d’évolution, c’est pourquoi elle doit prendre la décision sur son territoire d’interdire tous les néonicotinoïdes sur toutes cultures, céréales incluses, et ne pas se contenter d’une position européenne trop laxiste.

L’inertie des services du ministère de l’Agriculture peut-elle s’expliquer par le poids de l’industrie et des tenants d’une agriculture hautement consommatrice d’intrants, ainsi que par des conflits d’intérêts ?

Madame la ministre, la Confédération paysanne sollicite votre intervention pour convaincre votre collègue Stéphane Le Foll de ne pas se limiter à soutenir la proposition de la Commission, mais d’agir pour une interdiction totale des insecticides néonicotinoïdes, en particulier pour toutes les céréales.

L’évolution de l’agriculture que vous dites souhaiter ne se fera pas spontanément. La suppression de tous les pesticides dangereux pour la santé et l’environnement est une des voies de cette évolution, de nombreux paysans l’ont déjà réalisé, alors, pourquoi autant d’hésitations ? Il est temps de passer du discours aux actes.

Plus de tritium radioactif devant La Hague qu’à Fukushima La Manche Libre Reporterre 2013/03/30 La Manche Libre (30 mars 2013) Plus de tritium radioactif devant La Hague qu’à Fukushima. Reporterre. Pollutions fr

Plus de tritium radioactif devant La Hague qu’à Fukushima

L’Acro a relevé cette semaine dans les eaux devant l’usine nucléaire de La Hague des taux de tritium plus élevés que devant Fukushima.

Le laboratoire de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (Acro) était dans la Hague mercredi 27 mars pour procéder à une série de prélèvements permettant de mesurer la radioactivité à proximité des sites nucléaires.

En octobre dernier, l’association de bénévoles avait relevé une concentration anormale en tritium dans l’eau de mer, à proximité de l’usine Areva-La Hague.

« Habituellement, les relevés approchent les 30 becquerels par litre d’eau de mer. Cette fois-ci nous avions dépassé les 110 becquerels. Il y a plus de tritium à cet endroit que dans les eaux du Pacifique à proximité de la centrale de Fukushima », indiquait Antoine Bernollin, salarié de l’Acro.

Des conséquences incertaines sur l’homme

L’association a fait une demande auprès de l’autorité de sûreté nucléaire pour savoir si un incident avait été signalé. Aucune réponse n’a pour le moment été apportée.

En parallèle, Areva et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) avaient procédé à des prélèvements à la même époque. Leurs résultats ne présentent rien d’anormal.

Si l’Acro s’alarme et demande des réponses sur les causes de cette concentration, les bénévoles restent prudents sur les conséquences pour l’homme. « Il est très difficile de dire si cela a une incidence sur la santé humaine. Cependant, si une personne était venue se baigner à ce moment là, elle aurait été exposée à une eau plus radioactive que d’habitude ».

Manif à Nantes contre NDDL Par Julien villalard Reporterre 2013/03/30 Par Julien villalard (30 mars 2013) Manif à Nantes contre NDDL. Reporterre. fr

Manif à Nantes contre NDDL

9e rendez-vous mensuel : samedi 30 mars à 15h, place Royale à Nantes. Contre l’aéroport, la métropole et son monde.

"CAPITALE VERTE" OU BIEN "CAPITALE BLEU" ?

Partout on nous rabâche que Nantes a été élue Capitale Verte. Ne nous laissons pas berner, cette écologie n’est que de surface et si les décideurs nous la servent outrageusement à toutes les sauces ce n’est pas pour nous féliciter, mais pour mieux nous flatter, nous endormir.

Ce label, c’est entre-autre l’occasion d’imposer de nouvelles lignes de "chronobus", mais malheureusement associées aux parkings payants et à la suppression des parkings gratuits, tout en augmentant les bouchons des heures de pointe, les chronobus étant non dépassables.

De raser des quartiers pour en créer d’autres dédiés aux affaires (Euro-Nantes) ou encore de faire pousser sur 35ha de terres maraîchères des « éco-quartiers » (avec "rivières naturelles" (?)).

Être Capitale Verte , ça justifie aussi un bon nettoyage : nettoyage et uniformisation des murs et des façades, nettoyages des rues en en éloignant les pauvres et en camouflant tant bien que mal la misère.

Bref, profitons-en pour créer une ville bien aseptisée où tout ce qui se passe doit être sous contrôle, choisi par les autorités, et dans des cadres bien précis.

Repeindre toute cette ville en vert permet donc juste de mieux faire avaler la pilule. Et quand il s’agit de faire tourner des camions de CRS 24h/24 un peu partout et depuis des mois, bizarrement on ne nous parle plus « d’empreinte carbonne », ni de trous dans les finances publiques...

METTONS LA PRESSION POUR PORTER UN COUP D’ARRET DECISIF !

Habitant le Pays Nantais, la ville ou ses banlieues, nous sommes concerné-e-s en premier lieu par ce projet d’aéroport. Par son coût et par son développement, ainsi que par les choix associés, il conditionnera un mode de vie toujours plus encadré et contraint.

Concrètement, il n’est tourné que vers le profit et décidé hors de tout cadre démocratique.

Ce projet d’aéroport n’est qu’un maillon dans une vision plus vaste d’aménagement d’une métropole ininterrompue de Nantes à Saint-Nazaire. Nous ne voulons pas de cette ville programmée, hygiéniste, de la mort des quartiers, d’un centre-ville en carton-pâte et d’une ville marketing.

Nous ne voulons pas d’une échelle urbanistique toujours plus grande, consommatrice d’espaces et non propice aux rencontres. Nous ne voulons pas d’une ville qui ne nous appartiendrait plus, où le constructeur a priorité sur l’habitant.

Réapproprions-nous la rue, faisons jouer notre droit et plus si nécessaire. Opposons nous à l’urbanisme fonctionnaliste et réducteur de libertés que tentent de nous imposer les décideurs !

Manifestation samedi 30 mars 15h, place Royale à Nantes

Climat : le GIEC pourrait ouvrir la porte à la géo-ingénierie Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/03/30 Hervé Kempf (Reporterre) (30 mars 2013) Climat : le GIEC pourrait ouvrir la porte à la géo-ingénierie. Reporterre. fr

Climat : le GIEC pourrait ouvrir la porte à la géo-ingénierie

La géo-ingénierie pourrait être avalisé comme un moyen de lutte contre le climat par le GIEC. Au Forum social mondial de Tunis, Pat Mooney, d’ETC Group, a lancé l’alerte.

- Reportage, Tunis

Pat Mooney, est le coordinateur d’ETC Group, une des organisations les plus affutées sur la question du lien entre technologies et société. Elle a été parmi les premières à faire connaître la question des OGM et celle des nanotechnologies.

A Tunis, Pat Mooney est venu porteur de deux idées. D’une part, alerter sur le fait que le prochain rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) risque fort d’ouvrir la porte sans grande réticence à la géo-ingénierie ; d’autre part, pousser à la constitution d’une plate-forme de la société civile pour évaluer les nouvelles technologies, telles qu’OGM, nanotechnologies, biologie de synthèse, et géo-ingénierie.

Alerte à la géo-ingénierie

La géo-ingénierie, c’est ce projet technique visant à agir sur la biosphère pour limiter le changement climatique. Par exemple, déverser du sulfate de fer dans l’océan pour stimuler le plancton qui absorberait alors plus de CO2 ou répandre des particules dans l’atmosphère, qui bloqueraient une partie du rayonnement solaire. Cela pose de nombreux problèmes, d’abord que jusqu’à présent, les expériences ne se sont pas révélées efficaces, ensuite que cela risque d’avoir des conséquences imprévues et négatives sur l’environnement, et puis que cela ne régle pas le problème de fond, qui est de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais la géo-ingénierie est une solution technique qui permet au système capitaliste de perdurer sans changement majeur.

« La géo-ingénierie, explique Pat Mooney, est juste un moyen de repousser le problème du changement climatique. Mais c’est dangereux, et ceux qui la promeuvent n’ont pas le droit de contrôler le climat »

Cela n’empêche pas les expériences de se préparer. Dans le Nouveau Mexique, un chercheur, David Keith, voudrait ainsi tenter de la « gestion solaire » (solar management).

Pat Mooney, qui est un activiste toujours concret, a plusieurs objectifs pour contrer le développement de la géo-ingénierie. D’abord, à court terme, peser sur le GIEC : une version préliminaire du rapport scientifique qui sera publiée en octobre prochain laisse la porte ouverte à la géo-ingénierie. Par des commentaires et le poids de l’opinion publique, on peut peser sur ce texte.

Par ailleurs, deux possibilités légales permettraient d’agir :

- d’une part, étendre le traité sur la modification de l’environnement aux activités civiles. Ce traité (la convention ENMOD) avait été élaborée dans les années 1970 dans le contexte de la guerre du Vietnam. Il ne concerne que les activités militaires.

- d’autre part, faire un recours devant la Cour international de justice de La Haye, par des pays très sensibilisés à cette question, comme les Philippines.

Notre Dame des Landes : la Commission de dialogue repousse son rapport à la mi-avril Julie Drouin (Politis) Reporterre 2013/03/30 Julie Drouin (Politis) (30 mars 2013) Notre Dame des Landes : la Commission de dialogue repousse son rapport à la mi-avril. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : la Commission de dialogue repousse son rapport à la mi-avril

« Un petit délai supplémentaire ». Voici ce dont le président de la Commission de dialogue, Claude Chéreau, a besoin pour élaborer un rapport complet. La rédaction du document serait plus lente que prévu, « pas en termes de longueur, mais en termes de complication » justifiait-il jeudi 28 mars, dans une interview à l’AFP.

Nouvelles enquêtes ? Réactualisation des études ? Claude Chéreau n’a pas détaillé son annonce. Il indique néanmoins que le rapport sera livré avant la mi-avril. La date exacte dépendra du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui l’a commandé en novembre par souci d’apaisement. « Notre rapport présentera les inconvénients et les avantages du futur aéroport, et ce sera au gouvernement de décider. »

Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, une association réunissant les opposants au projet, « attend de voir ce qui sera écrit noir sur blanc ». Il ajoute un brin moqueur, « ce n’est pas facile de rédiger un texte qui fait plaisir à tout le monde ».

Pour l’association, le rapport « ne sera pas essentiel au débat ». La Commission d’évaluation scientifique du système de compensations environnementales, qui doit rendre ses conclusions début avril également, est plus importante à ses yeux. Et plus légitime. La Commission de dialogue n’est qu’un « sous-produit ». « Cela va nous donner une tendance quant à la suite du mouvement, mais rien de plus ».

Le bras de fer est en effet politique. « Seul le gouvernement pourra décider de faire intervenir ou non les forces de l’ordre pour déloger tout le monde, assène Julien Durand. C’est une situation de rapport de force entre le pouvoir et nous ».

Les jeunes Tunisiens fuient la terre pour la ville Isabelle Bourboulon (Attac) Reporterre 2013/03/30 Isabelle Bourboulon (Attac) (30 mars 2013) Les jeunes Tunisiens fuient la terre pour la ville. Reporterre. fr

Les jeunes Tunisiens fuient la terre pour la ville

- de Tunis

L’agriculture tunisienne est très diversifiée, chaque région ayant ses spécificités selon la pluviométrie et la qualité des sols. Au nord, région agricole la plus riche, dominent les céréales, les cultures maraichères et l’élevage ; au sud et au centre, on trouve les grandes plantations d’oliviers ; le sud-ouest, porte du Sahara, est la région des grandes palmeraies dont les dattes, les fameuses « Deglet Nour », sont exportées dans le monde entier ; au sud-est, l’oasis de Gabès est une des rares dans le monde à se trouver à côté de la mer.

Cette grande diversité a de tous temps permis à la Tunisie d’être auto-suffisante en productions agricoles ; au moins pour les cultures vivrières.

Le pays exporte essentiellement des dattes, de l’huile d’olive (transformée en majorité dans des moulins privés, l’Office national achetant la surproduction pour l’exportation) et du blé dur (une variété panifiable de très bonne qualité).

Mais la Tunisie importe tout de même des céréales, des fruits et parfois du lait quand il y a crise de production – c’est le cas depuis que le pays doit en exporter vers la Lybie dont la machine économique s’est quasiment arrêtée. Quant aux exploitations, elles se répartissent en majorité entre petits et moyens agriculteurs, les anciennes grandes fermes d’État du nord étant régies par un système d’affermage.

Crise de la ruralité

La disparition des semences locales, bien adaptées aux sols et aux conditions climatiques du pays, est un des premiers problèmes que soulève Mohamed Sadok Dababi, secrétaire général de l’Association tunisienne pour le développement durable, dans l’entretien qu’il nous a accordé au Forum social mondial.

Ces variétés locales sont en effet progressivement remplacées par des variétés industrielles jugées plus productives, donc plus rentables. Mais, celles-ci sont aussi beaucoup plus chères, leur prix augmentant régulièrement, parfois jusqu’à deux ou trois fois par an... L’association de M. Dababi tente donc d’aider les petits agriculteurs à conserver leurs semences locales.

Autre problème de taille, celui de la main d’œuvre. Beaucoup de paysans ont en effet émigré vers les villes, notamment dans les années 65-75, attirés par le développement urbain et les salaires plus élevés que dans l’agriculture traditionnelle.

Aujourd’hui, les jeunes fuient massivement les campagnes : bénéficiant souvent d’un niveau d’éducation élevé, ils préfèrent émigrer vers les villes - où ils viennent grossir les rangs des jeunes diplômés chômeurs - ou partir en Europe dont « ils s’imaginent que c’est le paradis », déplore M. Dababi.

Ce phénomène de manque récurrent de main d’œuvre dans l’agriculture tunisienne est un véritable problème, alors que les infrastructures qui se sont beaucoup développées à partir des années 80-90 (routes, systèmes d’irrigation, électrification), la diversité des productions et la qualité des sols pourraient permettre à la Tunisie de développer ce secteur d’activité qui reste malgré tout le premier contributeur de la richesse nationale (avant même le tourisme).

Resterait aussi, selon M. Dababi, à revoir le code de financement des activités agricoles qui permet d’attribuer des subventions à l’installation des jeunes agriculteurs à hauteur de 15 à 20% de leur projet, mais... de façon totalement indifférenciée, alors que les conditions ne sont évidemment pas les mêmes au nord qu’au sud.

Si à la faveur du processus révolutionnaire en cours, la Tunisie pouvait réorienter son développement économique, c’est sur ce secteur primaire qu’elle pourrait compter en priorité.

Le froid printanier s’explique par le changement climatique The Guardian Reporterre 2013/04/01 The Guardian (1er avril 2013 à 13h47,) Le froid printanier s’explique par le changement climatique. Reporterre. fr

Le froid printanier s’explique par le changement climatique

On grelotte, le printemps se fait attendre. « Et vous allez encore nous parler de réchauffement climatique ?! » Eh bien oui : c’est parce que la calotte glaciaire arctique est en retrait que le flux d’air froid polaire pénètre plus loin vers le sud.

Adapté d’un article du Guardian

Le Royaume-Uni, une grande partie de l’Europe et l’Amérique du Nord vivent actuellement un épisode très froid avec d’importantes chutes de neige.

Selon des scientifiques américains, cela s’explique par le réchauffement des eaux du Pôle Nord dont la couverture glacière (en surface comme en volume) a connu un recul historique à l’automne dernier (80% moins de glace que 30 ans auparavant). Des images satellite, publiées par le NSIDC (USA), montrent également que nous nous approchons du minimum pour la période actuelle de l’année.

La conséquence en est une modification du « jet stream », le flux d’air à l’origine des perturbations orageuses. En conséquence, l’air froid du Pôle Nord pénètre plus loin vers le Sud. Les conditions climatiques extrêmes sont une conséquence attendue du changement climatique. L’épisode actuel avait été prévu par la chercheuse Jennifer Francis dès septembre 2012.

La forêt du Morvan, nouvelle « zone à défendre » Sophie Caillat (Rue89) Reporterre 2013/04/01 Sophie Caillat (Rue89) (1er avril 2013 à 11h14,) La forêt du Morvan, nouvelle « zone à défendre ». Reporterre. Forêts fr

La forêt du Morvan, nouvelle « zone à défendre »

- Morvan, reportage

La scierie géante, ce sera plus de mille emplois, promettent les élus. Mais dans ce coin sinistré de Bourgogne, on refuse de « laisser les politiciens décider ».

Dans l’hôtel particulier où il a installé son bureau, Pascal Jacob nous reçoit dans une vaste pièce Empire, nous priant de bien vouloir noter quelques « éléments de langage » griffonnés sur une feuille A4 :

« Ce que nous allons faire, c’est un concept global que la filière bois française attend depuis longtemps, et que tous les rapports réclament. Si on ne coupe pas les arbres, ils vont mourir. Et un arbre qui meurt c’est un arbre qui rejette du CO2 ».

Puis, il jette :

« On est une entreprise privée, on n’a de comptes à rendre qu’à nos actionnaires... et à l’Etat pour ce qui est du respect de la réglementation. »

Et tant pis pour les citoyens.

Cet homme d’affaires, naviguant entre Paris et Nevers, a été choisi par une holding belgo-luxembourgeoise pour monter Energies renouvelables et sciages (Erscia), un pôle industriel de 100 hectares, qui mobilise contre lui un petit bout de cette campagne perdue. Sa « Wood Valley » serait en réalité un concentré de « greenwashing » (écoblanchiment) moderne à la sauce morvandelle.

Qui sont-ils ces autochtones qui ne croient plus aux promesses ? Des « anarchistes, babas cool proches d’Europe écologie - Les Verts ou du Front de Gauche, des groupuscules qui ne comprennent pas qu’il faut exploiter la forêt », selon Pascal Jacob.

Un éleveur d’escargots ? « Pas légitime »

Prenez Jérôme Bognard, le plus bruyant d’entre eux. Il est éleveur d’escargots, un « interlocuteur pas légitime », pour l’homme d’affaires habitué à traiter avec des ingénieurs spécialistes de l’énergie.

Un jour de 2011, il a découvert que l’enquête publique sur l’installation de ce projet géant dans le bois près de chez lui venait de se terminer. Il n’avait pas pris le temps de compulser les cinq tomes, épais comme des dictionnaires, disponibles en mairie.

Depuis, les réglementations d’installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), les taux de rejet de dioxine, les mégawatts de la cogénération et toutes les subtilités d’un projet particulièrement complexe n’ont plus de secret pour lui.

« La principale activité d’Erscia, son Kbis et sa raison d’être, c’est de produire de l’électricité à partir du bois », répète-t-il. En effet, EDF rachète, à un tarif près de trois fois supérieur au prix réglementé, l’électricité issue d’un cogénérateur de biomasse, car il tourne avec une énergie renouvelable, le bois.

Une hérésie dénoncée par nombre d’écologistes et de spécialistes de la filière, comme Philippe Canal, secrétaire départemental du syndicat majoritaire de l’Office national des forêts, le Snupfen :

« Le problème est que pour faire tourner cet énorme cogénérateur, ils vont prélever plus de bois qu’il ne faudrait. Le projet ne part pas de la ressource en bois disponible mais de la nécessité de brûler de la biomasse pour obtenir les subventions. »

Bienvenue à « Notre-Dame-des-Bois »

Le 4 février dernier, quand les bûcherons accompagnés de 80 gendarmes ont débarqué dans le bois de Tronçay pour couper les arbres, Jérôme et sa bande ont compris que les événements basculaient.

Voilà un an et demi que les opposants au projet n’obtenaient que le mépris des politiques et quelques victoires judiciaires. Là, l’emploi de la force leur a rendu un gros service : depuis, l’association Adret Morvan croule sous les dons (200 euros par jour), les adhésions (dix par jour)… et la pétition a déjà reçu plus de 60 000 signatures... alors que le canton de Corbigny compte moins de 5 000 âmes.

Ce dimanche, Jérôme, Muriel, Antonio et les autres le passent sur la ZAD, la « zone à défendre » qu’ils ont créée sur le modèle de celle de Notre-Dame-des-Landes, en bordure du bois de Tronçay, à Sardy-lès-Epiry. Autour d’une tisane bio et d’un far breton, dans cette cabane bien chauffée par un poêle à bois, ils refont le monde et la filière bois en Bourgogne, tout en organisant le grand concert de soutien du 6 avril prochain.

Comme à Notre-Dame-des-Landes, les résistants à un grand projet jugé inutile occupent le terrain physiquement, et sont prêts à s’enchaîner aux arbres le jour où les gendarmes reviendront les couper.

Contrairement à Notre-Dame-des-Landes, ils ne squattent pas un terrain d’où ils risquent d’être expulsés, et ne viennent pas de toute la France, seulement de toute la région.

« Le projet ne pourra pas se faire ici »

Dans les virages incessants de la Nièvre, au volant de sa petite voiture, le président de la communauté de communes du Pays corbigeois, le docteur Jean-Paul Magnon, revient sur l’incident du 4 février.

Il explique que les services de l’Etat ont préféré « agir vite » face aux opposants : dès que l’arrêté préfectoral autorisant la création d’une zone humide de substitution dans le bois de Tronçay a été publié, il en a décidé l’exécution immédiate.

D’où les gendarmes accompagnant les bûcherons... Et le déclenchement d’une guérilla champêtre simplement parce qu’il fallait créer une mare où seraient déplacées les espèces protégées, que l’usine Erscia va déranger. La justice doit encore se prononcer sur le fond du dossier, mais Jean-Paul Magnon s’avoue « inquiet ». D’autant qu’en face, maître Blanchecotte, l’avocat de l’association Loire vivante, qui a réussi à faire annuler trois arrêtés de suite devant le tribunal administratif de Dijon, l’affirme :

« Le projet ne pourra pas se faire ici, selon moi. On ne comprend pas le forcing des élus pour que le projet n’aille pas ailleurs dans la Nièvre. »

Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, Christian Paul, figure du PS local, ancien ministre (de l’Outre-mer) et père de la Wood Valley, s’emporte quand on lui demande pourquoi le projet n’est pas déplacé puisqu’il pose un problème légal de protection de la nature :

« Nier le potentiel de création d’emplois de ce projet c’est vivre hors sol.

Il faut se demander si les installations industrielles doivent exclusivement être positionnées aux abords des grandes agglomérations, ou a-t-on une chance d’en avoir dans les territoires ruraux ? Moi je dis que la réindustrialisation de ce département est d’un intérêt national majeur. »

Les héritiers de Mitterrand tremblent

Cette histoire est en train de prendre des proportions d’« affaire Dreyfus », estime Régis, graphiste à Paris la semaine, Morvandiau le reste du temps. Lui ne met plus les pieds chez les commerçants qui soutiennent le projet Erscia, et ne parle plus à une partie de ses voisins.

Mobilisé contre un projet qu’il juge « symptomatique du mensonge des élus », Régis est écœuré de les voir promettre avec démagogie que l’immobilier va prendre de la valeur, que les classes et des maternités vont rouvrir… pendant que lui se fait traiter de « défenseur des grenouilles ».

Il assure que pas mal de gens « sont contre le projet mais n’osent pas le dire », tandis que le maire de Corbigny, Jean-Paul Magnon, jure qu’« une grande majorité est pour ». Pour en convaincre le passant, il a d’ailleurs affiché sur la porte d’entrée de l’hôtel de ville : « Des emplois, vite Erscia. » Car, rappelle-t-il au volant de sa voiture :

« Ce coin de la Nièvre est, en terme de revenu par habitant, plus pauvre que la moyenne de la Bourgogne, elle-même plus pauvre que la moyenne française. »

Daniel, informaticien néorural, s’étonne encore de voir des bleds comme Lormes dotés d’autant de services publics. Ici, les socialistes ont été biberonnés aux méthodes mitterrandiennes, « et dans la galaxie PS, ou au Parc naturel régional du Morvan, ceux qui sont réservés ne le disent pas ».

Pourtant, les potentats locaux commencent à trembler et si la région est acquise à la gauche, il est arrivé, lors de la dernière législative, « ce qui n’arrive jamais : Christian Paul a eu besoin d’un deuxième tour pour être élu ».

Daniel est entré en opposition contre cette classe politique pour laquelle il ne votera plus et estime qu’en rejoignant le combat d’Adret Morvan, il dit :

« Il n’est plus possible de laisser les politiciens décider pour nous. »

Eléments de langage, face A et face B

Alors que le soir tombe sur la ZAD, qu’on entend au fond du pré la cabane « boîte de nuit » faire vibrer ses enceintes, Jérôme l’éleveur d’escargots, sort lui aussi ses éléments de langage. Sur une feuille, il fait une colonne « déclare » et une autre « écrit », et commence à pointer les « mensonges » des autorités et des entreprises, mises dans le même sac :

• « Le rapport d’enquête publique dit que 27 camions passent chaque jour en provenance de la carrière d’à côté, en fait c’est entre 75 et 100. Ils veulent en ajouter 200 de plus chaque jour, ça fera un toutes les trois minutes. »

• « Le cogénérateur n’alimentera pas 24 500 foyers mais 14 000 maximum. »

De son côté, l’industriel estime que les arguments des opposants témoignent qu’ils « vivent dans une bulle », et Pascal Jacob jure :

• « que la centrale ne brûlera pas de déchets, toxiques, mais des résidus forestiers et des bois en fin de vie collectés en déchetterie, qu’il ne faut pas appeler déchets ;

• que l’actionnaire ayant déjà dépensé près de 3 millions d’euros, il ne compte pas se retirer même s’il en reste 113 à trouver auprès des banques (37 étant apportés par les actionnaires et 5 acquis en subventions). »

Du « mieux », plutôt que du « toujours plus »

Dans cette atmosphère technique et délétère, il faut revenir au sujet principal, le bois du Morvan. Et comprendre de quoi est composée cette forêt :

• une moitié de feuillus, surtout du chêne, du hêtre qui met plus de temps à pousser. On en fait du bois de chauffage et des palettes ; • une moitié de résineux, épicéa, douglas, pins sylvestre et maritime.

Cette dernière catégorie est issue de plantations réalisées entre l’après-guerre et les années 70. Ce sont les sapins, qui commencent à arriver à maturité, mais peuvent vivre jusqu’à 100 ans et qu’il n’est donc pas urgent de couper. C’est ce que demande le marché, et ils sont taillés de plus en plus jeunes, pour le satisfaire.

Or, explique Philippe Canal, l’employé de l’Office national des forêts (ONF), à l’heure où les forêts françaises sont en train d’être vues comme des usines dotées d’un combustible, on ne va pas pouvoir tout demander à la forêt.

« Les services rendus par la forêt sont aussi l’eau, la fertilité des sols, la biodiversité, tout cela n’est pas compatible avec une vision industrielle de la forêt. Un douglas puise dans le sol pendant 60 ans, puis l’enrichit, si on coupe à 45 ans, il l’aura appauvri. »

Il fait valoir que 600 hectares (près de 800 terrains de foot) sont coupés par an en Bourgogne, et que si Erscia se fait, il lui en faudra 2 500 à 3 000... « On aura donc un problème dans dix ans. »

Pascal, éleveur de vaches charolaises (en bio) se demande si les élus ne veulent pas « une ruralité sans nous, avec seulement des agrimanagers, comme ils ont fait avec l’agriculture ».

Finalement, se dit Philippe Canal, derrière la défense affective de la forêt et des paysages du Morvan, il y a peut-être aussi « les idées de la décroissance qui gagnent les esprits : les gens ne veulent pas de toujours plus, mais du mieux ».

En Bretagne, l’autonomie énergétique en marche Hervé Kempf Reporterre 2013/04/02 Hervé Kempf (2 avril 2013) En Bretagne, l’autonomie énergétique en marche. Reporterre. fr

En Bretagne, l’autonomie énergétique en marche

Au centre de la Bretagne, la communauté de communes du Mené vise l’autonomie énergétique en 2025.

- Reportage, Saint-Gouëno (Côtes-d’Armor)

Jacky Aignel regarde les grutiers hisser les pales en haut du mât : « Depuis le temps qu’on attendait... » L’éolienne se dresse enfin, mardi 19 mars, sous les yeux du maire de Saint-Gouëno : le résultat de longues années d’efforts pour cette petite commune des Côtes-d’Armor.

L’Enercon E53, d’une puissance de 850 kilowatts, première d’une série de sept, n’est pas une éolienne comme les autres : elle résulte d’un savant montage financier visant à associer les habitants à l’investissement, afin que les retombées économiques soient bien locales.

Dès 2008, la société d’investissement coopératif Cigale a été créée. Ce sont maintenant 127 personnes qui contrôlent, ensemble, 30 % de l’investissement du parc. L’éolien participatif n’est qu’un volet de la politique énergétique de la communauté de communes du Mené, qui unit les 6 500 habitants de Saint-Gouëno et de six autres communes du centre de la Bretagne.

Sur ce territoire rural, on peut tracer un circuit conduisant d’une chaufferie à bois (fourni par les forêts avoisinantes) alimentant un réseau de chaleur, au Gouray, à une usine de méthanisation à Saint-Gilles-du-Mené, puis vers l’huilerie d’agrocarburants de Saint-Gouëno, avant d’admirer une maison passive à panneaux solaires à Plessala.

OBJECTIF : ÊTRE AUTONOME ÉNERGÉTIQUEMENT EN 2025

Marc Théry dans l’huilerie d’agrocarburants de Saint-Gouëno.

Autant d’éléments qui doivent permettre à la communauté d’atteindre son objectif : être autonome énergétiquement en 2025, c’est-à-dire produire de quoi couvrir sa consommation annuelle de 22 000 tonnes équivalent pétrole (sans doute moins à l’avenir, si la politique d’économies d’énergie porte ses fruits). En ces temps de débat national sur la transition énergétique, Le Mené est devenu un exemple de mélange d’énergies renouvelables et de décentralisation de la production que des élus de toutes les régions viennent visiter avec curiosité.

Bernard Chapin, maire adjoint de Gouray et agriculteur, dans la chaufferie à bois du village.

Tout est parti en 1999 du projet d’un groupe d’éleveurs porcins d’édifier une usine de méthanisation capable de digérer leur production de lisier : cette technique transforme en méthane, par fermentation, les excréments animaux. Une réflexion sur l’énergie s’est rapidement greffée à cette idée.

« Nous sommes dans l’un des cantons les plus pauvres de Bretagne, explique Jacky Aignel. En tant que paysan, je cherche à travailler le plus possible en autonomie. Et je savais bien que l’énergie peu chère finirait un jour. »

« CRÉER DES EMPLOIS QUALIFIÉS »

Une autre préoccupation a joué : l’activité locale dépend d’un grand abattoir qui emploie 2 500 personnes, Kermené, filiale du groupe Leclerc. L’énergie pourrait être un axe de diversification, ont pensé les élus. En 2005, certains se sont rendus à Gussling, en Autriche, une commune engagée depuis quinze ans dans une démarche d’autosuffisance énergétique.

« On est revenus convaincus qu’avec les déchets, les ressources de la biomasse, le vent, le soleil on pouvait faire une diversification économique à côté de Kermené, raconte Michel Fablet, maire du Gouray. Et que cela permettra de créer des emplois qualifiés. »

Après le voyage, élus et citoyens, aidés du polytechnicien Marc Théry, ancien président d’une grande entreprise, ont décidé de lancer dix projets énergétiques, qui peu à peu se sont concrétisés.

Tout n’a pas été aisé. « La superposition des structures administratives qui ralentissent les prises de décision », observe Jacky Aignel, a été un frein puissant dans l’avancement des dossiers. Les règles de l’Autorité des marchés financiers n’ont pas facilité le montage de la coopérative éolienne. Les lobbys des agrocarburants et des engrais ont mis des bâtons dans les roues de l’huilerie et de l’usine de méthanisation.

« ON NE PEUT PAS DIRE QU’IL Y AVAIT FOULE »

Autre difficulté : susciter la participation des habitants. « On a fait des réunions dans chaque village, raconte Michel Faiblet, on ne peut pas dire qu’il y avait foule. Il faut trouver d’autres domaines, comme l’habitat, qui concerne tout le monde. » C’est peut-être par les économies d’énergie dans le logement que l’intérêt des administrés se réveillera. « Mais, selon Marc Théry, ¶il est beaucoup plus compliqué d’économiser 2 000 tonnes équivalent pétrole en consommation d’énergie que de faire des parcs éoliens. »

Pierre Norée devant sa maison solaire à basse consommation.

Les conditions économiques pèsent lourd : « On vise à réhabiliter 90 maisons, dit Michel Faiblet, afin de réduire leur consommation de 30 %. Les subventions couvrent 60 % des travaux, le reste est en prêt à taux zéro, mais ce prêt, les gens ont du mal à le souscrire. »

Les difficultés n’empêchent pas d’avancer. « Le plus fabuleux, ce n’est pas les bouts de tôle, c’est l’aventure humaine. Ce qu’on cultive, c’est des liens », conclut Dominique Rocaboy, éleveur de porcs et directeur de l’usine de méthanisation Geotexia.

Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages Par Julien villalard Reporterre 2013/04/02 Par Julien villalard (2 avril 2013) Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages. Reporterre. fr

Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages

Récolter les feuilles des plantes sauvages sans crainte, voilà bien le rêve de chacun de nous !

Le livre :

Moutsie, avec l’aide de Gérard Ducerf, décrit 50 plantes sauvages comestibles communes et leurs confusions possibles.

Ainsi, ce ne sont pas moins de 300 plantes qui sont minutieusement décrites, photographiées et classées selon leur forme. Un code permet au lecteur de distinguer facilement les plantes comestibles des plantes toxiques.

Le caractère bio-indicateur de chaque plante est aussi mentionné. Les relevés botaniques facilités par la description des feuilles, permettront un diagnostic utile de sol . Manger des plantes sauvages devient simple, c’est une réponse à la recherche d’autonomie pour une alimentation vivante, riche en nutriments, locale et gratuite.

Cet ouvrage permet la cueillette des feuilles et des jeunes pousses sans risque de confusion y compris pour les débutants. Belle récolte !

Ce livre s’adresse à toute personne désireuse de s’alimenter plus naturellement et d’agrémenter ses repas de saveurs sauvages, mais aussi aux jardiniers, paysans, naturalistes, botanistes et curieux voulant mettre un nom sur une plante avant sa floraison.

Nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir la nécessité d’utiliser ces trésors accessibles à tous. La méconnaissance et la peur de cueillir une plante toxique sont les premiers freins à la consommation des herbes sauvages. Dans les ouvrages botaniques, les plantes sont identifiées par leurs fleurs. Pourtant ce sont souvent les feuilles de la base que l’on consomme et la récolte se fait généralement avant la floraison. Il est indispensable de bien les reconnaître avant de pouvoir se régaler d’une salade de feuilles de porcelle ou de coquelicot !

L’objectif de cet ouvrage conçu comme un guide est de rendre la cueillette accessible à tous grâce à un grand nombre de photos et d’indices qui facilitent l’identification des plantes. On y apprendra à repérer les confusions possibles de 50 plantes communes et surtout, à distinguer celles qui sont dangereuses. Les feuilles de la base de 280 plantes sont minutieusement décrites et accompagnées de multiples photos illustrant l’approche botanique. La classification par la forme des feuilles facilite la recherche visuelle. Pour chaque plante des éléments de bio-indication sont donnés. Ils vous permettront de connaître la nature du sol où elles poussent et alertent sur les carences, les excès, les pollutions…

Vous posséderez ainsi un outil précieux pour reconnaître les plantes sauvages avant leur floraison. Les plantes vagabondes qui peuplent nos jardins, nos terres cultivées et nos campagnes deviendront des trésors alimentaires, originaux, sains, gratuits et à portée de main. en toute confiance, sans risque de confusion...

L’auteur :

Moutsie se régale tout simplement d’utiliser les plantes sauvages au quotidien pour son plus grand bien et pour le bonheur de son entourage. C’est pour éviter les impacts destructeurs des produits de l’agro-industrie qu’elle approfondit ses connaissances sur les diverses utilisations des plantes et surtout celles des plantes sauvages comestibles.

En effet, elle est convaincue que la consommation de ces plantes sera une réponse à la crise alimentaire qui nous guette et répond déjà à la recherche d’une alimentation saine, locale et gratuite.

Depuis 8 ans, elle suit le botaniste Gérard Ducerf dans son approche sur les plantes bio-indicatrices afin d’aider les paysans à mieux connaître leur sol. Elle cultive sa passion dans la Haute Vallée de l’Aude.

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- Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages comestibles, Moutsie, Gérard Ducerf, Éditions de Terran, 24,50 €

Pour Vinci, les autoroutes favorisent le maraîchage.... Fondation Vinci Reporterre 2013/04/02 Fondation Vinci (2 avril 2013) Pour Vinci, les autoroutes favorisent le maraîchage..... Reporterre. Autoroutes fr

Pour Vinci, les autoroutes favorisent le maraîchage....

Il suffisait d’y penser. Vous voulez développer le maraîchage et l’installation de jeunes agriculteurs ? Construisez une autoroute (ou un aéroport), et sur les marges, vous plantez les haricots... C’est beau comme chez Vinci.

Maraîchage biologique solidaire le long des autoroutes VINCI

Depuis 2009, le Groupe VINCI et la Fondation VINCI se sont engagés dans un partenariat innovant avec le Réseau Cocagne et les pouvoirs publics pour créer un nouvel outil de lutte contre l’exclusion en milieu rural.

Le principe :

Créer des jardins d’insertion professionnelle de maraîchage biologique aux abords des autoroutes du réseau VINCI Autoroutes.

Une expérience à deux volets : - social, en dotant des territoires ruraux d’un nouvel outil d’insertion pour des publics en difficulté d’emploi, - et environnemental en valorisant des terrains délaissés en bord d’autoroute par la production de légumes biologiques.

Quatre partenaires : > VINCI Autoroutes (Cofiroute, Autoroutes du Sud de la France, Escota) > La Fondation VINCI pour la Cité > Le Réseau Cocagne qui regroupe 110 chantiers d’insertion de maraîchage biologique en France > Les pouvoirs publics

Aujourd’hui :

Trois jardins sont en activité sous forme de chantiers d’insertion dans le Centre et en Provence Alpes Côte d’Azur. Ils permettent le retour à l’emploi d’une quinzaine de personnes chacun, bénéficiant d’un accompagnement socio-professionnel individualisé, en contribuant à préserver la biodiversité et à faire revivre les territoires et les traditions.

o Le Jardin de la Voie romaine (Beaune-la-Rolande, 45) : culture et production de légumes biologiques, aux abords de l’A19, vendus sous forme de paniers hebdomadaires à un réseau d’adhérents-consommateurs locaux. L’aire d’autoroute avoisinante représente un nouveau canal potentiel de distribution des produits, et une diversification des parcours d’insertion des salariés (métiers de l’entretien des espaces verts, du nettoyage et de la vente).

o L’Oliveraie conservatoire (Puget-Ville, 83) : plantation et entretien de 27 variétés d’oliviers méconnues ou en déclin, en partenariat avec le Jardin de Cocagne Clarisse Environnement (Toulon), sur les bords de l’A57.

o Verger de mémoire, verger de demain (Le Poët, 05) : culture d’arbres fruitiers en voie de disparition (pommiers, poiriers, pruniers, amandiers) sur des parcelles proches de l’A51, en partenariat avec le Jardin de Cocagne Les Jardins du Buëch (Laragne). Cette exploitation permet la réappropriation de métiers oubliés et de traditions culinaires locales anciennes.

Demain :

Trois nouveaux jardins d’insertion sont à l’étude pour 2012 en Corrèze, Haute-Garonne et dans la Sarthe.

Dans le Limousin, bataille contre l’épandage des pesticides par hélicoptère Pascale Garcia (Reporterre) Reporterre 2013/04/02 Pascale Garcia (Reporterre) (2 avril 2013) Dans le Limousin, bataille contre l’épandage des pesticides par hélicoptère. Reporterre. Pesticides fr

Dans le Limousin, bataille contre l’épandage des pesticides par hélicoptère

En Limousin, la culture de la châtaigne recourt à des épandages de pesticides par avion ou par hélicoptère. Une association a réussi à faire reculer cette pratique nuisible à la santé.

« Dans les vergers du Limousin, les tracteurs équipés d’aérosols répandent des pesticides, jusqu’à 50 passages par an » explique Fabrice Micouraud président de l’association Allassac-ONGF et administrateur de Générations Futures.

Il tempête contre le développement de la casténeiculture [culture de la châtaigne] intensive où l’on reproduit les mêmes erreurs qu’avec les pommiers. « Des arbres plantés en rangs, des variétés de châtaignes non locales mais à fort rendement qui nécessitent beaucoup de traitements, notamment par voie aérienne ». En France, la loi interdit les épandages par voie aérienne, sauf dérogations… trop souvent accordées jusqu’à présent déplore-t-il.

Et dans ce cas, d’ailleurs, des conditions particulières doivent être respectées comme les distances par rapport aux habitations, aux points d’eau, etc. « Entre 2008 et 2010, on a assisté à des épandages par hélicoptères jusque dans des cours de maisons ! Pas n’importe lesquels, des applications de produits classés cancérigènes ou perturbateurs endocriniens. Nous avons porté plainte contre une quinzaine de communes. Suite à quoi, malgré les pressions, le préfet a refusé de signer les dérogations ! » Une grande victoire pour la petite association car en 2012, il n’y a pas eu de pulvérisation par hélicoptère.

Reste que les particuliers ont dû mal à faire valoir leurs droits. En cas de dépôt de plainte, il faut pouvoir faire constater le dommage par un agent assermenté, prouver les conditions météo, mener des investigations sur le calendrier (concordance des déclarations de traitements et traitements effectifs par exemple), et connaître les textes, ce en quoi s’est spécialisée l’association de M. Micouraud.

Ainsi selon les textes de loi, lorsqu’il traite, un agriculteur doit tenir compte de la force du vent. Au delà de 19km/h, un riverain peut se plaindre. C’est pourquoi l’Allassac-ONGF souhaiterait l’installation de drapeaux ou de manchons dans les champs pour indiquer le sens et la force du vent.

En attendant, la dernière action des militants limousins semble avoir porté ses fruits : « Nous avons défilé et planté des croix blanches dans les champs en hommage aux agriculteurs victimes, passées et à venir. Peu de temps après, le conseil général de Corrèze a annoncé qu’il s’engageait dans une charte zéro pesticides ».

La centrale de Fessenheim n’est pas rentable Jean-Marie Brom Reporterre 2013/04/02 Jean-Marie Brom (2 avril 2013) La centrale de Fessenheim n’est pas rentable. Reporterre. Tribune — fr

La centrale de Fessenheim n’est pas rentable

Les directeurs de centrales nucléaires affirment que celle de Fessenheim rapporte 400 millions d’euros par an. Mais si on entre dans le détail des comptes, on s’aperçoit que la réalité est à peu près inverse.

Depuis quelques semaines nous connaissons le revenu généré par la centrale de Fessenheim : que ce soit la direction, que ce soient les syndicats, tout le monde semble s’accorder sur la somme de 400 millions d’euros que cette vieille unité a générée en 2012. Certains (voir le communiqué de presse des directeurs de centrales nucléaires) vont même plus loin, affirmant que la centrale alsacienne dégage généralement un « revenu annuel » de 400 millions d’euros...

C’est une première : depuis l’aube du programme nucléaire français, EDF a toujours refusé de communiquer le moindre chiffre quant à la rentabilité du parc. En janvier 2012, La Cour des Comptes elle-même a été incapable d’apporter une réponse claire, soulignant dans son rapport sur le coût de la filière nucléaire « la complexité du sujet, l’incertitude des données et le grand nombre d’hypothèses... »

L’annonce réitérée de la fermeture prochaine de la centrale n’est certainement pas étrangère à cette subite poussée de « transparence financière ». Transparence d’ailleurs sujette à caution, si l’on compare le chiffre de 400 millions à la réalité des faits :

Lors d’une récente réunion de la CLIS (Commission Locale d’Information et de Surveillance) de la centrale de Fessenheim, le directeur de la centrale a brièvement explicité ce chiffre : « 12,417 Twh de production électrique, à 50 € par MWh, moins les frais divers, il reste 400 millions d’euros ». On peut en déduire que les frais de la centrale en 2012 représentent quelques 220 millions d’euros.

Mais Monsieur le directeur semble oublier quelques faits :

- Par contrat, 32,5 % de la production électrique de la centrale sont envoyés (et non vendus) vers l’Allemagne et la Suisse, en contrepartie de leurs contributions (les mêmes 32,5 %) aux coût de construction et de maintenance... Il ne s’agit donc pas de 12,4 TWh, mais de 8,4 TWh qui ont été mis sur le marché.

- La loi Nome impose à EDF un prix de 42 € / MWh, cédant à l’exigence d’Henri Proglio, PDG d’EDF à l’époque, pour « tenir compte des coûts globaux liés à la production nucléaire ». Nous sommes donc en 2012 en-dessous des 50 € / MWh invoqués par le directeur de la centrale (*) ...

En supposant que la déclaration faite à la CLIS contienne – au moins – une part de vérité (les frais divers), il reste 131 millions d’euros de revenus nets pour 2012. Nous sommes loin des 400 millions claironnés à tous vents...

Le record de France des incidents et arrêts

Et encore... Si l’on admet que l’année 2012 a été bénéficiaire, il faut se souvenir que cette année aura été exceptionnelle – la deuxième meilleure année depuis le démarrage de la centrale. Et ce n’est que normal, juste après les 2 visites décennales des réacteurs 1 (160 jours entre octobre 2009 et mars 2010) puis 2 (324 jours entre avril 2011 et mars 2012) : très peu d’arrêts pour rechargement ou réparations, maintenance réduite...

Du coup, il faut s’interroger sur les chiffres de 2010 (11,7 TWh de production) et 2011 (7,1 TWh de production), années de travaux pour visites décennales (70 millions d’euros en 2010, plus de 200 millions en 2011)... Et là, les chiffres sont bien moins enthousiasmants : avec les mêmes critères (production vers l’étranger, frais annuels), et les factures de ces visites décennales, on arrive sans peine à une perte de 220 millions en 2011, et un maigre revenu de 30 à 40 millions en 2010, moins que le coût des travaux de renforcement prévus un seul des deux réacteurs...

On peut également rappeler que dans les documents de 1976, la durée d’amortissement de la centrale de Fessenheim était estimée à 20 ans. Estimation revue à la hausse lors d’une enquête de l’INESTENE en 1989, qui estimait à 28 ans « de l’ordre de la durée de vie de la centrale » le temps de retour sur investissement. Et plus récemment, la Cour des Comptes note que cette estimation « a été portée à 40 ans à l’initiative de l’entreprise en 2003 et n’a pas été modifiée depuis »...

Lorsque l’on mesure que cette centrale, prévue à l’origine pour fournir 11,72 TWh au réseau par an n’a atteint ou dépassé ce chiffre que 8 fois en 35 ans, il y a de quoi se poser sérieusement la question : La centrale de Fessenheim est-elle rentable ou pas ?

Oui, si l’on ne tient compte que d’une année parfaitement atypique... Certainement pas sur le long terme, vu son âge, les coûts de maintenance, le nombre d’incidents et d’arrêts (toujours le record de France) et la production électrique réelle.

Il n’y a qu’un moyen de répondre clairement : qu’EDF rende les chiffres publics, et soit capable de répondre au défi de la transparence. Ce qui serait une première.

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Note :

(*) On peut mentionner que dans son rapport, la Cour des Comptes estimait que le coût de production de l’électricité nucléaire s’établissait entre 33 et 49 centimes le kWh, selon les méthodes de calcul...

De Naples à Paris, la généreuse coutume du « café en attente » Sophie Caillat (Rue89) Reporterre 2013/04/03 Sophie Caillat (Rue89) (3 avril 2013) De Naples à Paris, la généreuse coutume du « café en attente ». Reporterre. fr

De Naples à Paris, la généreuse coutume du « café en attente »

Grâce à un post sur la page Facebook des Indignés, la tradition du café de la solidarité, partie de Naples, pourrait se développer dans la capitale française.

A Paris, cette histoire ressemble à une légende urbaine. A Naples, elle a existé. Comme une tradition venue du temps où la solidarité irriguait les ruelles.

Cette semaine, la page Facebook des Indignés de France a lancé un buzz avec cette histoire qui « vous réchauffera mieux qu’un café dans une froide journée d’hiver » :

« – Cinq cafés, s’il vous plaît. Deux pour nous et trois “ en attente ”.

Ils paient pour leur commande, prennent les deux cafés et partent. Je demande à mon ami :

– C’est quoi ces cafés “en attente” ?

– C’est simple : les gens paient à l’avance pour prendre un café destiné à quelqu’un qui ne peut pas se permettre une boisson chaude. La tradition des cafés “ en attente ” (suspended coffee) a commencé à Naples, mais s’est répandue partout dans le monde et dans certains endroits, vous pouvez commander non seulement un café, mais aussi un sandwich ou un repas complet. »

Les « like » se multiplient sur la page des Indignés, sans que l’on sache si le phénomène se développe « in real life », comme on dit.

Une tradition de Naples

En retrouvant une dépêche AFP intitulée « La tradition italienne du café suspendu arrive en Bulgarie », on comprend mieux l’origine de ce que j’ai pris pour une rumeur (démontée depuis par le site spécialisé Hoaxbuster, dans la foulée de Snopes, son équivalent américain). A Sofia, 150 cafés ont annoncé y participer.

Et à Paris ? Rien n’indique que le phénomène soit en train de devenir une des facettes de l’économie de la débrouille à l’ère de la crise. Rien n’empêche chacun de le pratiquer... en accord avec le cafetier.

Naples est le berceau de cette pratique, indique la dépêche. Dans cette ville pauvre du sud de l’Italie, la tradition a bien existé, mais elle est « éteinte », nous indique Annamaria, riveraine italienne.

Au point que le maire de la ville a décide d’instaurer Giornata del Caffè Sospeso (Journée du café suspendu) en décembre 2011, raconte la fiche Wikipedia nouvellement créée.

Quand quelqu’un a plus d’argent que nécessaire...

Pourquoi Naples ? Parce que « le café est une tradition très importante à Naples, bien plus que dans le reste de l’Italie », poursuit la riveraine italienne.

« Le café, ça veut dire se retrouver avec des amis au bar et parler de n’importe quoi. On le prend à toute heure, même à la fin de la soirée, aussi bien à 18 heures qu’à 4 heures du mat’. »

Animatrice d’un réseau d’artistes, l’écrivain Nathalie de Saint Phalle habite le vieux centre historique de Naples, là où grouillent ses cafés typiques :

« J’ai constaté cette pratique en arrivant à Naples en 1993. C’est une ville très inégalitaire, féodale et clanique, il y a peu de classe moyenne. Dans les mêmes maisons, peuvent encore cohabiter les deux extrêmes de la société.

Prenez le propriétaire d’un palais, il loue des pièces à des familles pauvres. Lorsqu’il faisait installer l’électricité, dans les années 1920, il ne demandait qu’une facture, à son compte. Le café en attente, c’est pareil : quand quelqu’un a plus d’argent que nécessaire pour survivre, il redistribue. »

Le vrai café napolitain, au comptoir

Avec l’arrivée de l’euro et de l’afflux de touristes, cette coutume ancestrale s’est peu à peu perdue. Comme le linge que les Napolitaines ne laissent plus pendre aux fenêtres du rez-de-chaussée, la disparition du « sospeso » est le signe d’une entrée de la ville dans la mondialisation.

Nathalie de Saint Phalle raconte ce qu’est le vrai café napolitain, avalé sitôt posé sur le comptoir, lui aussi en voie de raréfaction :

« Un café est un endroit tout petit, où l’on ne vient pas pour s’asseoir mais pour boire un ristretto. D’ailleurs, les restaurants ne servaient ni café ni dessert il y a dix ans, car chacun son métier, et ç’aurait été voler le boulot des autres.

Et puis, pour les touristes, se sont créés des cafés à l’européenne, avec des tables, où les gens restent plus longtemps, ce qui est économiquement moins rentable. »

Du « like » à la vraie vie

Et à Paris, le café en attente va-t-il devenir une mode ? Les cafetiers engagés peuvent toujours mettre un pic sur le comptoir, un tableau en liège avec des aiguilles. Il faudra alors lui faire confiance pour qu’il ne garde pas l’argent pour la caisse, mais le remette en circuit.

En Italie, le ticket de caisse est mis sur un pic [les mêmes qu’on voit encore chez le boucher, ndlr], et le pauvre rentre en lançant : « Qu’y a-t-il en attente ? ». Le cafetier lui dit si c’est un panino, une eau minérale ou un café. Celui qui avait la noblesse de faire ce geste payait double ce qu’il consommait, il ne laissait pas un café en attente alors qu’il s’était gavé de pâtisseries. Un pour un, en quelque sorte.

Le pauvre n’est alors pas un moins que soi à qui on condescend un geste de charité, mais un alter ego moins bien doté. Un peu comme cette tradition chrétienne de la « place du pauvre » à table, que certains voudraient réhabiliter.

Cette générosité là peut-elle passer par des « like » sur Facebook ? Peut-être, mais à condition de ne pas s’en contenter. Nathalie voit mal comment la tradition pourrait prendre à Paris, où « la charité est peut-être aussi en voie disparition ».

Cahuzac : sa fortune vient-elle des laboratoires pharmaceutiques ?, interroge la député Michèle Rivasi Michèle Rivasi Reporterre 2013/04/03 Michèle Rivasi (3 avril 2013) Cahuzac : sa fortune vient-elle des laboratoires pharmaceutiques ?, interroge la député Michèle Rivasi. Reporterre. fr

Cahuzac : sa fortune vient-elle des laboratoires pharmaceutiques ?, interroge la député Michèle Rivasi

Ultime rebondissement, Jérôme Cahuzac a enfin reconnu sa culpabilité après avoir nié pendant des mois avoir détenu un compte bancaire en Suisse.

Au-delà du scandale politique et de ses conséquences déplorables sur la confiance qu’ont les Français dans leurs gouvernants, il s’agit aujourd’hui de comprendre pourquoi et comment cet argent s’est retrouvé sur un compte UBS en Suisse et à son nom.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne EELV active contre le lobbying des laboratoires pharmaceutiques, il n’y a peut-être pas une simple volonté d’évasion fiscale :

« La chronologie de l’enquête de Mediapart a démontré que certains faits laissaient supposer un éventuel financement illicite par les laboratoires pharmaceutiques. Ou alors les coïncidences sont vraiment troublantes ! En effet, Jérôme Cahuzac aurait ouvert ce compte UBS alors qu’il officiait auprès du Ministre de la Santé, Claude Evin. A cette époque, M. Cahuzac a noué des liens étroits avec l’industrie pharmaceutique puisque qu’il était conseiller technique pour le médicament. Il jouait donc un rôle crucial puisqu’il jouait l’interface entre son ministère et la Direction de la pharmacie et du médicament, qui était notamment en charge de l’attribution du prix des médicaments (jusqu’en 1993) ».

« En 1989, alors que M. Cahuzac était en fonction, les laboratoires Pierre Fabre avaient bénéficié de la sympathie du Ministère de la Santé : son médicament Mexapa bénéficiait d’un prix de vente trois fois supérieur à celui de ses concurrents. A l’époque, le Canard enchaîné avait évoqué une promesse faite par Fabre à Evin : implanter une usine dans sa circonscription. Une promesse jamais démentie par les intéressés. Par la suite, les associations sportives de Villeneuve-sur-Lot, dont M. Cahuzac fut le maire, n’eurent aucun mal à trouver des partenaires pour financer leurs activités : Fabre et Upsa ont fait preuve d’une générosité non dissimulée ».

« Aujourd’hui se pose donc une grave question : est-ce que M. Cahuzac a bénéficié des largesses de l’industrie pharmaceutique alors qu’il officiait au Ministère de la Santé ? S’agit-il d’une simple affaire de fraude fiscale ou d’un scandale de corruption impliquant les laboratoires pharmaceutiques ? Toute la lumière doit être faite : la presse indépendante a fait son travail, c’est maintenant à la Justice de démêler le vrai du faux ».

Le débat sur la transition énergétique est le masque du capitalisme vert Guillaume Blavette (Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs) Reporterre 2013/04/03 Guillaume Blavette (Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs) (3 avril 2013) Le débat sur la transition énergétique est le masque du capitalisme vert. Reporterre. Tribune — fr

Le débat sur la transition énergétique est le masque du capitalisme vert

« Il ne s’agit plus de transformer la société en mettant en œuvre de nouveaux usages de l’énergie, mais de garantir le développement des énergies renouvelables bridé jusque là par la double domination du pétrole et du nucléaire. »

Le débat national sur la transition énergétique a commencé depuis plusieurs mois déjà. Des événements se multiplient dans toute la France. Alors qu’en 2003, le précédent débat n’avait guère suscité d’adhésion, quelque chose se passe aujourd’hui.

D’aucuns pourraient croire qu’il s’agit là d’une victoire du mouvement écologiste. Rien n’est moins sûr. Un regard attentif en cours modère ce constat. C’est au prix d’un certain nombre de renoncements que les écologistes participent à cette grande messe plus institutionnelle que citoyenne.

La transition énergétique version 2013 n’a plus grand chose à voir avec les revendications historiques du mouvement écologiste. Il suffit de regarder la place accordée au nucléaire dans ce débat pour s’en convaincre. Loin d’exiger l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires, les acteurs écologistes du débat se satisfont de l’orientation fixée par François Hollande. Tout au plus, ils indiquent qu’il préfèrent un rythme plus rapide de fermeture et une date fort conciliante de sortie du nucléaire.

L’argument climatique amène des écologistes à admettre que le nucléaire constitue aujourd’hui une solution pour accompagner la montée en puissance d’ici la fin de la décennie, et même au delà, des énergies renouvelables. Ce mode de production autrefois dénoncé haut et fort fait désormais l’objet d’une étrange tolérance. Il est tout au plus question d’une sortie progressive qui nous expose au risque nucléaire pour encore une génération au moins.

Etrange transition que celle-ci. Serait-ce que le développement des énergies renouvelables est devenu un enjeu bien plus important que la transformation profonde du modèle énergétique français ? Bien des indices laissent penser que c’est le cas. Les mots d’ordre de sobriété et d’efficacité passent au second plan. Ce qui compte, c’est d’ouvrir un espace à des modes de production alternatifs.

Le nucléaire n’est plus tant dénoncé en raison des risques qu’il représente et de ses implications militaires, qu’en raison de ses coûts, de son manque de fiabilité et de son incapacité à s’adapter aux variations de la demande.

La transition énergétique consiste dès lors à diversifier l’offre d’énergie, et a fortiori d’électricité, afin de modérer la hausse inéluctable de la facture énergétique et de garantir l’indépendance énergétique du pays. Une fois encore l’écologie cède le pas à l’économie et donne à voir qu’elle est une formidable opportunité pour une nouvelle croissance.

Ne serions-nous pas en face d’une gigantesque opération de greenwashing ? Tout porte à la croire. Il y a un monde entre les avertissements d’Ellul ou de Belbéoch et les préconisations de l’Institut Négawatt. Il ne s’agit plus tant de transformer la société en mettant en œuvre de nouveaux usages de l’énergie mais de garantir le développement des énergies renouvelables bridé jusque là par la double domination du pétrole et du nucléaire.

Tout au plus l’objectif est de compléter l’offre d’énergie par de nouveaux moyens de production et non d’opérer une authentique transition. On est face à une stratégie de substitution très progressive qui laisse une place centrale au nucléaire.

Mais le plus surprenant n’est pas là. La transition proposée aujourd’hui ne considère pas l’énergie comme un bien commun. Il n’est question que de prix et de marché. Les énergies renouvelables ne sont pas tant reconnues comme un atout écologique que comme un moyen de garantir des coûts de production modérés et surtout l’avènement d’une multiplicité d’acteurs - ce dont la libéralisation du marché de l’énergie a été incapable jusqu’à présent. L’écologie est une opportunité pour étendre la sphère marchande à un secteur jusque-là public.

Cette transition marchande ne peut satisfaire aucun écologiste soucieux de décroissance et de gratuité. L’énergie ne peut ainsi être laissée en pâture à des industriels et à des collectivités locales plus soucieuses de vendre de l’énergie que de répondre aux besoins de leurs administrés.

Elle est l’affaire de tous. C’est donc ensemble qu’il revient de penser un modèle qui se fixe comme objectif principal de préserver la vie et de limiter autant que faire se peut notre impact environnemental.

A la transition énergétique proposée par l’Etat il existe une alternative éthique où le nucléaire n’a nulle place. C’est la démarche des territoires en transition que le mouvement écologiste anglo-saxon nous propose. Une transition énergétique par en-bas qui part du souci de se préparer à la déplétion des matières premières.

Une transition qui privilégie la baisse des consommations à la promotion des productions aussi vertes soient-elles. Une transition qui n’est pas le projet de quelques experts mais le fait d’un travail collectif dans les villages et les quartiers.

Le débat national sur la transition énergétique offre plus le spectacle d’une transition qu’il ne crée les conditions d’une réforme audacieuse des choix énergétiques à la mesure des enjeux climatiques et environnementaux.

Décidément nous sommes bien loin d’un authentique changement. Tout au plus se profile une poursuite des orientations présentées par la programmation pluriannuelle des investissements 2009 établies à l’issue du Grenelle. Mais bon, on est bien loin de la révolution énerg’éthique revendiquée par certains.

Pour autant, il ne s’agit pas de céder à la désespérance. L’écologie ne se résume pas à la promotion du business des énergies renouvelables. Le mouvement des villes en transition et même le projet des territoires à énergie positive par certains aspects donnent à voir une vitalité locale d’une écologie politique qui n’a pas renoncé.

Le ressort profond d’une transition au delà du nucléaire et du pétrole se trouve au cœur des territoires à mille lieux des macros projets de parcs éoliens d’EDF EN. Mais pour que cette transition là s’épanouisse pleinement il faut faire sauter le verrou du nucléaire. Voilà ce que nous essayons de démontrer dans notre contribution au débat.

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Complément d’information

Consulter la brochure du Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs :

Revue Mouvements Par Julien villalard Reporterre 2013/04/03 Par Julien villalard (3 avril 2013) Revue Mouvements. Reporterre. fr

Revue Mouvements

« Un revenu pour exister », thème de la revue Mouvements

Le n° 73 de la revue Mouvements est paru

Donné à tous, sans condition ni contrepartie, le revenu universel introduit un socle de droits. Utopie ambitieuse mais réaliste, il permet d’envisager une société libérée de l’injonction productiviste et de l’exploitation salariale. Le revenu universel garantit à chacun-e de trouver sa place et d’exprimer sa spécificité en explorant d’autres manières de participer à l’épanouissement collectif et individuel.

Dans notre société capitaliste, c’est le marché qui donne une valeur au travail, le travail valorisé - c’est-à-dire l’emploi - qui donne un statut à l’individu, et le statut qui est source de droits. Dans ce dossier, Mouvements explore la faisabilité et la portée de la revendication d’un revenu universel permettant à chacun d’obtenir statut, revenu et droits, et ce quelles que soient ses activités.

Chercheurs, journalistes et militants peuvent-ils s’essayer, ensemble, à décrire le monde social et contribuer au débat d’idées ? C’est le pari lancé par la revue Mouvements, fondée en 1998 par Gilbert Wasserman : se constituer en espace d’information critique, d’enquêtes sociales, de travaux théoriques et d’interpellation politique afin d’intensifier les échanges entre travaux de recherche, espaces de résistance et de proposition politique.

Mouvements entend conjuguer le sérieux et la rigueur à un souci de réactivité aux grands débats et faits du moment, et montrer que les sciences sociales peuvent contester ou utilement éclairer les prises de position politique.

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Sommaire

Un revenu pour exister

7- Éditorial (disponible ici)

I- Origines philosophiques du revenu universel

12- Économie et politique du Revenu Inconditionnel d’Existence. Un hommage à André Gorz Par Antonella Corsani

19- Penser le revenu garanti avec Thomas Paine Par Laurent Geffroy

23- Pour un revenu social… démonétarisé Par Paul Ariès

28- Pas de revenu inconditionnel sans revenu maximum acceptable Par Michel Lepesant

II- Comment financer un revenu pour tous

38- Un revenu pour tous, mais à quel montant ? Comment le financer ? Micro-simulation de l’allocation universelle en France. Par Marc de Basquiat

44- Le financement du revenu social garanti comme revenu primaire. Approche méthodologique Par Jean-Marie Monnier et Carlo Vercellone

54- Considérer ensemble revenu inconditionnel et monnaie locale Par Michel Lepesant

60- Le salaire universel : un déjà-là considérable à généraliser Par Bernard Friot

III- La convergence des luttes

72- « Un emploi, sinon un revenu garanti et décent ». Entretien avec Marc Desplats du Mouvement national des chômeurs et précaires Propos recueillis par Simon Cottin-Marx et Vincent Bourdeau

79- Le revenu universel : outil de lutte féministe ? Par Samira Ouardi

83- Le revenu universel : une véritable perspective inclusive pour les personnes en situation de handicap Par Patrick Presse

91- Reconnaître le travail étudiant par le salaire ? La revendication de l’allocation d’études Par Emmanuel Porte

98- Les intermittents du spectacle. Le revenu inconditionnel au regard d’une expérience de socialisation du salaire Par Mathieu Grégoire

IV- La fin du salariat ?

108- Le travail, sa valeur et la gauche Par Denis Vicherat

113- Quels droits pour un plein accès à la citoyenneté ? Entretien avec Robert Castel Propos recueillis par Simon Cottin-Marx et Baptiste Mylondo

124- Activation de la protection sociale : un droit à revenu universel de type nouveau ? Par Chantal Nicole-Drancourt

132- Allocation universelle et économie solidaire : une alliance au nom de la démocratie Par Éric Dacheux et Daniel Goujon

140- Des « coopératives municipales » pour des travailleurs « autonomes » Par Jean Zin

147- Expérimentations locales : une voie pragmatique vers la mise en place du revenu universel ? Par Stanislas Jourdan

Itinéraire

158- « De chacun (volontairement) selon ses capacités, à chacun (inconditionnellement) selon ses besoins. » Entretien avec Philippe Van Parijs Propos recueillis par Baptiste Mylondo et Simon Cottin-Marx

Livres et Thème

178- À propos du livre Les rémunérations obscènes, de Philippe Steiner Par Manuel Domergue

180- À propos du livre Le travail, quelles valeurs ? Idées reçues et propositions, du mouvement Utopia Par Samuel Michalon, Baptiste Mylondo et Lilian Robin

183- Géopolitique de la sensibilité et du savoir. (Dé)colonialité, pensée frontalière et désobéissance épistémologique Par Walter Mignolo

Revue Mouvements n°73 – 192 pages – 15,00 €

Un éléphant braconné au Muséum d’histoire naturelle Muséum national d’Histoire naturelle Reporterre 2013/04/03 Muséum national d’Histoire naturelle (3 avril 2013) Un éléphant braconné au Muséum d’histoire naturelle. Reporterre. fr

Un éléphant braconné au Muséum d’histoire naturelle

Le trafic de l’ivoire ne connaît pas de limite : un individu s’est attaqué aux défenses d’un pachyderme empaillé au Muséum d’histoire naturelle !

Un individu s’est introduit aux alentours de 3h ce matin (30 mars) dans les Galeries d’Anatomie Comparée et de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle pour tenter de dérober les défenses d’un spécimen d’éléphant.

Le système d’alarme du Muséum a mis en fuite l’individu qui, dans la précipitation, a laissé sur les lieux sa tronçonneuse en marche, après avoir découpé une seule des deux défenses.

L’intervention rapide du service de sécurité du Muséum et de la Brigade Anti-Criminalité, a permis d’interpeler le fuyard à quelques dizaines de mètres de la Galerie (rue Geoffroy Saint-Hilaire).

D’une grande valeur historique et scientifique, cet éléphant a heureusement peu souffert de cette agression : bien que l’une de ses défenses ait été sciée, l’os n’a pas été endommagé, ce qui facilitera la restauration du spécimen. Par ailleurs, les défenses de ce spécimen n’étaient pas celles d’origine.

Dans cette attente, l’éléphant de Louis XIV (*), est toujours présent dans la galerie, restée ouverte au public. Un diagnostic plus précis de son état sera réalisé et d’ici-là, il demeurera recouvert.

La restauration de ce spécimen bénéficiera du soutien du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Mme Fioraso ayant par ailleurs salué la réactivité des équipes du Muséum national d’Histoire naturelle et de la Police.

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Note

(*) L’éléphant de la Ménagerie de Versailles est le squelette complet le plus ancien de la Galerie d’Anatomie comparée (à l’exclusion des momies). C’est le Roi Pierre II du Portugal qui l’offrit à Louis XIV en 1668. D’origine congolaise, cette femelle éléphant mourut, au terme de treize ans de captivité, au cours de l’hiver 1681. Il est considéré comme le type de l’espèce Loxodonta africana.

L’éléphant a été figuré dans des dictionnaires majeurs d’histoire naturelle, notamment ceux de Buffon et de Cuvier, sans oublier l’Encyclopédie de Diderot. Il a également inspiré nombre d’artistes, comme Gustave Moreau qui l’a prise pour modèle en 1881 pour illustrer plusieurs fables de La Fontaine.

Deux ans après Fukushima, Areva se prépare à envoyer du Mox au Japon Réseau Sortir du nucléaire Reporterre 2013/04/04 Réseau Sortir du nucléaire (4 avril 2013) Deux ans après Fukushima, Areva se prépare à envoyer du Mox au Japon. Reporterre. Énergie fr

Deux ans après Fukushima, Areva se prépare à envoyer du Mox au Japon

Après avoir contaminé le Japon en lui vendant le combustible MOX qui a fondu dans le réacteur n°3 de Fukushima Daiichi, Areva s’apprête sans scrupule à envoyer de nouveau la substance mortifère vers les centrales japonaises. En solidarité avec le peuple japonais, le Réseau Sortir du nucléaire demande l’annulation de ce convoi.

Areva le pollueur récidive sans scrupules

Il y a deux ans, trois réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi ont subi une explosion nucléaire et leurs cœurs sont entrés en fusion, dispersant dans l’eau et dans l’air des radioéléments qui ont contaminé des régions entières pour des siècles. En particulier, le réacteur n°3 contenait depuis quelques mois du MOX, un dangereux combustible à base de plutonium qui sortait tout droit des usines françaises d’Areva.

Le cynisme n’a pas de limites pour Areva. Après avoir contribué à la contamination massive, puis s’être fait pompier-pyromane en décrochant le marché de la dépollution des eaux radioactives de Fukushima [1], elle se prépare maintenant à envoyer de nouveau du MOX au Japon !

Un transport imminent et honteux

En janvier 2011, une cargaison de MOX fabriquée à l’usine MELOX (Marcoule) avait été livrée à l’usine Areva de La Hague pour un envoi vers les réacteurs de Fukushima Daiichi 3, Hamaoka 4 et Takahama 3. Prévu pour avril 2011, le convoi avait été annulé du fait de l’accident nucléaire.

Or selon des informations de Greenpeace confirmées par Areva, le MOX devrait bientôt reprendre la route du Japon après deux ans d’entreposage à La Hague. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec quasi-certitude que le convoi devrait quitter le port de Cherbourg dans la semaine du 14 au 19 avril.

Le MOX est destiné au réacteur 3 de la centrale de Takahama, que Kansai Electric Power (KEPCO) souhaite remettre en marche dès juillet 2013. Mais l’autorité de sûreté japonaise a exigé la réalisation de travaux obligatoires avant toute autorisation de redémarrage. Or KEPCO a annoncé que ceux-ci ne s’achèveraient pas avant mars 2015.

Dans un pays meurtri par l’accident, alors que les associations japonaises se battent contre le redémarrage des réacteurs, cet envoi honteux et absurde de MOX n’a donc aucun sens. Mais Areva s’en moque, ne tenant compte que de ses intérêts étroits : respecter ses engagements commerciaux et se débarrasser coûte que coûte d’un combustible qui s’use si l’on ne s’en sert pas [2] .

Le MOX : un combustible dangereux et une supercherie qui entretient le mythe du recyclage des déchets radioactifs

Après utilisation dans les réacteurs, le combustible nucléaire usé est « retraité », une opération qui consiste uniquement à en séparer les différents éléments radioactifs. Seul le Plutonium 239, qui ne représente qu’une infime partie de ceux-ci, est effectivement réutilisé, entre autres pour la fabrication de bombes… et du MOX, combustible extrêmement dangereux et toxique [3].

Loin du mythe du recyclage et d’une gestion maîtrisée, le retraitement est un leurre. L’industrie nucléaire est en réalité incapable de gérer ses déchets ainsi que l’ensemble des matières radioactives qui s’accumulent depuis des décennies. Il en va de même d’un bout à l’autre de la chaîne du combustible, dont chaque étape (extraction, enrichissement, utilisation dans les réacteurs, retraitement…) engendre des pollutions radioactives, nécessite des transports dangereux, expose les populations à des risques inacceptables et produit des déchets qui resteront radioactifs et nocifs pendant des milliers d’années.

Inacceptables en France, ces risques ne doivent surtout pas être imposés aux autres pays par le lobby nucléaire français, et encore moins dans un pays subissant une telle catastrophe ! Le Réseau "Sortir du nucléaire" exige l’annulation de ce convoi honteux et appelle, en solidarité avec peuple japonais, à la mobilisation contre ce nouveau transport.

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Notes

[1] Cf lien.

[2] Le combustible MOX doit être utilisé rapidement après avoir été produit : cinq mois de vieillissement entraînent déjà une perte de 3% de sa durée d’utilisation : lien

[3] Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, inhaler une dizaine de microgrammes de plutonium déclenche un cancer mortel. L’utilisation de MOX dans les centrales accroît les risques, dans la mesure où ce combustible est particulièrement « réactif ». Par ailleurs, une fois utilisé, le combustible MOX est quatre à cinq fois plus chaud et radioactif que les combustibles classiques et doit refroidir 100 ans de plus. Enfin, rappelons que 5 kilos de plutonium peuvent suffire à fabriquer une bombe.

Notre Dame des Landes : à Bellevue, la bataille continue Copain 44 Reporterre 2013/04/04 Copain 44 (4 avril 2013) Notre Dame des Landes : à Bellevue, la bataille continue. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : à Bellevue, la bataille continue

Plus de deux mois que les paysans du Copain (Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport) 44 et des autres départements, les membres des comités de soutien et les zadistes occupent et protègent la Ferme de Bellevue !

Le jeudi 28 mars, par le rendu du jugement du deuxième référé déposé par AGO Vinci, le Tribunal d’Instance de Saint Nazaire condamnait les huit paysannes et paysans déclarés résidents à la ferme de Bellevue, à l’expulsion immédiate de la maison d’habitation de la ferme, sous astreinte de 50 euros par jours et par personne.

Après avoir déclaré ne plus résider dans la maison de la ferme de Bellevue, les huit ont rejoint les 10 précédents en procédure d’appel. Ce sont donc, aujourd’hui 18 paysannes et paysans du Copain 44 qui sont poursuivis en justice par AGO Vinci.

Dès le 1er avril, neuf nouveaux paysans et paysannes se sont déclarés occupants des bâtiments et exploitants des terres de la ferme de Bellevue depuis le 28 mars 2013.

Les bâtiments agricoles de la ferme n’étant pas concernés par les deux précédents jugements, si le concessionnaire AGO Vinci persiste à vouloir expulser les occupants, il devra passer par une nouvelle procédure auprès du Tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire.

Les paysans du Copain 44 et autres réaffirment, par cette occupation de l’ensemble de la ferme de Bellevue, leur volonté d’empêcher toute démolition ou saccage de terres sur l’ensemble de la Zad, de garantir la pérennisation des fermes en place et préserver le potentiel d’installation de nouveaux paysans lorsque ce projet inutile et destructeur sera enfin abandonné.

« Il sera bientôt trop tard » Ban Ki-moon Reporterre 2013/04/04 Ban Ki-moon (4 avril 2013) « Il sera bientôt trop tard ». Reporterre. Tribune — fr

« Il sera bientôt trop tard »

Le secrétaire général des Nations Unies a lancé un cri d’alerte sur la situation écologique mondiale.

AFP

MONACO - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, pour la première fois en visite à Monaco mercredi, a estimé qu’il serait « bientôt trop tard » pour sauver l’environnement de la planète si on ne mettait pas en place un « instrument contraignant » d’ici à 2015.

« Les paroles n’ont pas été suivies d’effets. Il sera bientôt trop tard. Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète. Notre empreinte écologique est démesurée », a asséné Ban Ki-moon, devant un parterre de personnalités.

« Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses neuf milliards d’habitants », a-t-il plaidé.

Sur quatre-vingt-dix objectifs adoptés d’un commun accord par la communauté internationale dans le domaine environnemental ces 20 dernières années, seuls quatre enregistrent des progrès notables, a déploré Ban Ki-moon.

Le responsable a mis en exergue l’amoindrissement de la biodiversité, la diminution des stocks de poissons, la plus grande acidité des océans, ou encore l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

« Il faut que la dynamique s’accélère. Nous devons développer ce que nous testons en éprouvette depuis 40 ans. Pour cela, nous devons adopter des mesures d’incitation efficaces, et notamment mettre un prix sur les émissions de carbone », a-t-il dit.

« Nous devons aussi adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s’y adapter », a préconisé le secrétaire général des Nations unies.

(...)

Extraits du discours de Ban Ki Moon

"Aujourd’hui, je voudrais me concentrer sur l’environnement.

D’abord, parce qu’il est le plus menacé.

Ensuite, parce que, si nous consentons les investissements voulus dans la santé de notre planète, nous récupérerons notre mise un nombre incalculable de fois.

Enfin, parce que nous avons les connaissances et la technologie voulues pour transformer nos modes de fonctionnement économiques et engager définitivement nos sociétés sur la voie d’une croissance verte.

Je parlerai d’abord des risques.

L’an dernier, le Programme des Nations Unies pour l’environnement a passé en revue les nombreux engagements pris par la communauté internationale dans le domaine de l’environnement ces 20 dernières années.

Quatre-vingt-dix objectifs avaient été adoptés d’un commun accord, et il n’y avait eu de progrès notables qu’en ce qui concerne quatre d’entre eux. J’ai bien dit quatre.

La biodiversité continue de s’amoindrir à un rythme alarmant.

Les stocks de poissons diminuent à vue d’œil, surtout à cause des excès de la pêche commerciale.

Les émissions de gaz à effet de serre augmentent et les changements climatiques s’accélèrent.

Les océans deviennent plus acides, ce qui menace l’ensemble de la chaîne alimentaire marine. Partout, les récifs coralliens s’amenuisent.

Le Prince Albert Ier, fondateur de ce musée, serait horrifié de voir de qui arrive au milieu marin qu’il aimait tant.

Et il reconnaîtrait à peine l’Arctique qu’il a connu.

Je suis moi-même allé dans l’Arctique et dans l’Antarctique pour constater les effets des changements climatiques.

Le Prince Albert II y est allé lui aussi.

Comme moi, il a fait de la lutte contre les changements climatiques et du développement durable des questions prioritaires.

C’est pourquoi une des premières choses qu’il a faites lorsqu’il est monté sur le trône a été de signer le Protocole de Kyoto.

Comme moi, il comprend qu’il est dangereux de ne rien faire.

Nous approchons de plusieurs seuils critiques.

Dans l’Arctique, les scientifiques craignent que le pôle Nord ne soit bientôt plus couvert de glace en été, ce qui déclencherait de dangereuses réactions en cascade.

La glace est blanche et reflète le soleil. L’eau, plus foncée, ne le reflète pas ; elle absorbe la chaleur, ce qui fait fondre encore plus de glace.

Une autre réaction en chaîne risque de se déclencher si le permafrost de Sibérie et d’Alaska continue à fondre et à libérer le méthane qu’il recèle.

Le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone.

Des changements climatiques incontrôlables sont un risque réel, et une menace pour l’environnement de la planète, le développement durable et la sécurité des nations et leur stabilité économique.

Ce n’est pas d’hier que datent les préoccupations relatives aux changements climatiques et à la dégradation du milieu naturel.

Depuis que la Conférence de Stockholm s’est tenue en 1972, puis le Sommet de la terre en 1992 et la Conférence Rio +20 l’an dernier, l’ONU s’efforce de faire prendre conscience de la menace, ainsi que des possibilités qui existent.

Mais les paroles n’ont pas été suivies d’effets.

Et il sera bientôt trop tard.

Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète.

Notre empreinte écologique est démesurée.

Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses 9 milliards d’habitants."

Constituante de la Coopérative écologiste 6 et 7 avril Par Julien villalard Reporterre 2013/04/04 Par Julien villalard (4 avril 2013) Constituante de la Coopérative écologiste 6 et 7 avril. Reporterre. fr

Constituante de la Coopérative écologiste 6 et 7 avril

Constituante de la Coopérative écologiste Samedi 6 et dimanche 7 avril 2013 à la Mairie du IIe arrondissement de Paris

Aboutissement de plusieurs mois de travaux collectifs et ouverts à toutes les bonnes volontés, la constituante de la Coopérative écologiste aura lieu les 6 et 7 avril prochains à Paris.

Cette constituante est aussi une naissance. Celle d’une association trans-nationale de citoyens et de personnes morales, qui contribuent, chacun à leur manière, à l’émergence d’une société capable de répondre aux urgences sociales, économiques, démocratiques et environnementales.

Parmi les textes fondateurs qui seront étudiés, figure une Charte qui s’inscrit dans le respect des droits humains, de la diversité, de la démocratie et de la préservation de notre patrimoine naturel.

Le temps est venu de rassembler les acteurs de la société dans une dynamique collective pour donner un nouvel élan à la transition écologique.

Vous êtes chaleureusement invité-e à la constituante de la Coopérative écologiste qui aura lieu :

Samedi 6 et dimanche 7 avril 2013 à la Mairie du IIe arrondissement de Paris 8, rue de la Banque, 75002 Paris

Cet événement a vocation à être médiatisé.

Inscription obligatoire

Le nombre de places étant limité, nous vous recommandons de vous inscrire dès que possible.

Merci d’avance de bien vouloir remplir le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

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Samedi 6 avril de 10h à 19h :

Conformément à l’esprit d’ouverture et de démocratie qui a présidé aux travaux de préparation, l’Assemblée Générale constituante aura pour mission de définir, choisir et amender les éléments constitutifs de la “Coopérative écologiste” afin de permettre l’enregistrement en Préfecture d’une association Loi 1901. Parmi ces éléments figure, notamment, le nom de l’association, car nous le choisirons ensemble.

Dimanche 7 avril de 9h30 à 18h :

Un Forum Ouvert nous permettra de dessiner les contours du fonctionnement, de créer des groupes d’action/réflexion/projet et de déterminer les objectifs de l’année à venir.

N’hésitez pas à transmettre largement cette invitation autour de vous, tout en précisant que, pour des raisons logistiques, l’inscription préalable est obligatoire.

Vous trouverez ci-dessous les détails pratiques pour organiser votre participation, vous renseigner, si nécessaire, et pour vous inscrire.

Sincèrement,

La Coordination : Alexei Bagrianski, Angelo Sanfilippo, Boris Aubligine, Céline L’Hostis, Christelle de Crémiers, Colette Lecuyer, Dominique Scappini, Gilles Lacan, Hubert Tortes Saint-Jammes, Jean-Luc Puyo, Jean-Michel Gode, Joëlle Taillefer, Mamady A. Cisse, Mathieu Jeanneau, Matthieu Vachez, Nathalie Canard-Béchade, Olivier Blond, Peter Paulich, Philippe Vacheyrout, Rachid Mokran, rEvolution, Simon Louvet, Stéphane Sanchez, Thierry Billet, Thomas Fritz, Yassine Bouchentouf

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Détails pratiques

PARTICIPATION AUX FRAIS Participation libre avec un minimum de 5 euros par jour et par personne. Merci !

LES TEXTES DE RÉFÉRENCE - Le projet.

- Le texte des statuts soumis au travail des participants de l’Assemblée Générale constituante.

HORAIRES - Samedi de 10h à 19h (accueil à partir de 9h30)

- Dimanche de 9h30 à 18h (accueil à partir de 9h)

ACCÈS : Métro Bourse - Ligne 3

Autolib’ ne supprime pas de voitures Olivier Razemon (lemonde.fr) Reporterre 2013/04/04 Olivier Razemon (lemonde.fr) (4 avril 2013) Autolib’ ne supprime pas de voitures. Reporterre. fr

Autolib’ ne supprime pas de voitures

« On a raté l’objectif. Autolib’ ne supprime pas de voitures ». Pour la première fois, un adjoint au maire de Paris brise l’omerta.

Jusqu’à présent, l’affaire était entendue, et le discours unanime : « grâce à Autolib’, les habitants de Paris et des communes avoisinantes abandonnent leur véhicule thermique et passent à l’électrique », un mode de propulsion systématiquement présenté comme vertueux.

Certes, il demeurait difficile de croiser cette espèce rare de Parisien qui sauve la planète en revendant un modèle chic pour s’engouffrer dans une voiture grise. Le report modal (le fait de changer de mode de transport) semblait compromis. Mais enfin, c’était le discours officiel, tenu à la fois par les élus parisiens et la société Bolloré.

Une déclaration publique et des chiffres

Ce 26 mars, Pierre Mansat, adjoint (PCF) au maire de Paris, en charge des relations avec l’Ile-de-France et de « Paris Métropole » (c’est ainsi qu’on appelle le « Grand Paris » à l’Hôtel de Ville), a dit ouvertement ce que tous les observateurs attentifs de la mobilité pressentaient depuis quelques temps.

Pierre Mansat

« On ne parvient pas à l’objectif. En fait, Autolib’ séduit les passagers aux transports en commun. Autolib’ ne supprime pas de voitures », a-t-il affirmé, interpellé au cours d’une rencontre organisée par le Ministère de l’égalité des territoires et du logement, à Paris.

L’atelier, qui se déroulait dans un amphithéâtre du Palais des congrès de la porte Maillot, à Paris, portait sur le thème « Ville et voiture ». Plusieurs « twittos », présents dans la salle, confirment la citation. Nicolas Le Douarec, fondateur de Cityzencar, s’exclamait : « Scoop de Pierre Mansat ’On a raté l’objectif. Autolib ne supprime pas de voitures’ Ooooh ».

Aurélie Deudon rapportait également : « Pierre Mansat : on a un peu raté l’objectif d’Autolib (réduire la possession voiture). Aujourd’hui, la majorité des utilisateurs n’ont pas de voiture ». L’adjoint de Bertrand Delanoë « avait l’air très déçu », raconte une autre participante.

Interview. Suite à cette prise de parole publique, Pierre Mansat a accepté de répondre aux questions de l’auteur de ce blog.

Qu’avez-vous dit exactement ce mardi 26 mars ?

J’étais dans la salle et j’ai été interpelé à propos d’Autolib’ par une personne qui se trouvait à la tribune. J’ai dit que le service était un succès pour l’opérateur Bolloré mais que les chiffres disponibles laissaient ouverte la question du changement de comportement. 60% des utilisateurs d’Autolib’ ne possèdent pas de voiture, et 40% en possèdent une. Or, si un tiers de ces derniers se demandent s’ils ne vont pas revendre leur automobile, seuls 70% de ceux qui n’en possèdent pas se disent prêts à renoncer à l’achat. On est en-deçà de l’objectif.

Donc, ces chiffres s’équilibrent plus ou moins. Pensez-vous que qu’Autolib’ parviendra, malgré tout, à atteindre son objectif consistant à limiter le nombre de véhicules particuliers en Ile-de-France ?

Il est trop tôt pour le dire, car Autolib’ n’est pour l’instant disponible que dans 47 communes. Il faut attendre que le service soit davantage déployé en Ile-de-France et atteigne sa vitesse de croisière.

D’où viennent les chiffres dont vous faites état ? Jusqu’à présent, il était très difficile de connaître les motivations réelles des utilisateurs du service.

D’une enquête réalisée par la Ville de Paris qui n’était pour l’instant pas diffusée.

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NB : 26 mars, 18h40. Pour tout comprendre des différences entre l’autopartage classique (qui incite effectivement les abonnés à se passer de véhicule) et Autolib’, lire cet article de Jean-Baptiste Schmider, président de France Autopartage.

Les Etats ont adopté à l’ONU le traité sur le commerce des armes Oxfam Reporterre 2013/04/04 Oxfam (4 avril 2013) Les Etats ont adopté à l’ONU le traité sur le commerce des armes. Reporterre. fr

Les Etats ont adopté à l’ONU le traité sur le commerce des armes

Le premier traité de l’histoire visant à réguler le commerce international des armes classiques a été adopté le 2 avril. C’est un « résultat historique » selon la coalition Control Arms. Il reste à ce que les Etats ratifient le texte, et y adaptent leur législation nationale.

Après six années de négociations diplomatiques et plus de dix années de mobilisation de la société civile, les Etats membres de l’ONU ont voté le 2 avril le traité sur le commerce des armes (TCA) à une majorité écrasante (154 oui, 3 non, 23 abstentions). Le vote de l’Assemblée générale de l’ONU a eu lieu cinq jours après que l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie ont bloqué l’adoption du traité au consensus lors d’une session pleine de suspense, le dernier jour de la conférence diplomatique pour l’adoption du TCA.

Le traité créera des obligations juridiquement contraignantes pour les Etats, qui devront évaluer tous les transferts d’armes afin de s’assurer que celles-ci ne contribueront pas à des violations des droits humains ou du droit international humanitaire. Il exige des Etats qu’ils refusent tout transfert d’armes dès lors qu’il existe un risque qu’elles soient utilisées pour violer les droits humains ou commettre des crimes de guerre.

Anna MacDonald, responsable du contrôle des armes à Oxfam, a déclaré : « Pour la première fois, nous avons un traité international juridiquement contraignant qui permettra de réguler le commerce le plus meurtrier au monde, celui des armes. L’adoption d’un traité sur le commerce des armes envoie un message clair aux marchands d’armes, aux seigneurs de guerre et aux dictateurs que leur heure a sonné. Ils ne pourront plus opérer et continuer à acquérir des armes en toute impunité. Le monde aura les yeux rivés sur eux et ils devront désormais rendre des comptes. »

« Depuis les rues d’Amérique latine jusqu’aux camps de déplacés à l’Est du Congo, en passant par les vallées d’Afghanistan, les communautés vivant dans la peur des attaques rendues possibles par un commerce des armes non régulé pourront maintenant croire en un avenir plus sûr. »

Selon Allison Pytlak, responsable de campagne pour Control Arms : « La grande majorité des Etats ont déclaré cette semaine qu’ils s’engageaient à garantir que les armes ne tombent pas dans de mauvaises mains, qui pourraient les utiliser pour violer les droits de l’Homme. Désormais, les projecteurs de la communauté internationale vont être braqués sur l’univers trouble du commerce des armes. »

« Il est impératif que tous les gouvernements qui ont voté en faveur du traité fassent la démonstration de leur engagement à mettre en place les normes internationales les plus élevées lors de la mise en œuvre du traité. Par exemple, les Etats pourraient inclure toutes les armes conventionnelles dans leurs listes nationales de contrôle, et garantir qu’ils n’autoriseront pas de transferts d’armes en cas de risque substantiel que des violations des droits de l’Homme et du droit humanitaire soient commises. »

Le vote de l’Assemblée générale de l’ONU constitue le point culminant d’années de travail pour la société civile, qui a joué un rôle central dans l’organisation d’une conférence diplomatique ayant pour objectif de réguler les ventes d’armes conventionnelles.

Baffour Amoa, président du Réseau ouest-africain d’action sur les armes légères, a déclaré : « Nous avons longtemps attendu ce traité. Trop de sang a été versé en Afrique du fait de la violence armée. Les Etats doivent mobiliser les ressources nécessaires afin de garantir une application efficace du traité, qui renforcera la paix et la sécurité en Afrique, et mènera plus rapidement vers le développement. »

Selon Alex Galvez, un survivant de la violence armée qui a fondé la Transitions Foundation au Guatemala : « C’est un jour qu’attendaient depuis longtemps les survivants de la violence armée, et un jour important pour la campagne Control Arms. Mais le travail ne prend pas fin pour autant. Nous devons nous assurer que ce traité change réellement la situation sur le terrain. Les Etats doivent désormais ratifier le TCA, et faire de son application une priorité. »

Selon Nicolas Vercken, d’Oxfam France : "La France, comme tous les autres pays européens, a co-sponsorisé la résolution d’aujourd’hui, et a bien évidemment voté en sa faveur. Mais, au-delà de ses belles déclarations en faveur du respect des droits de l’Homme et d’une transparence accrue, la France n’a eu de cesse de poursuivre son véritable objectif : aboutir à un traité que les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde pourraient éventuellement signer, comme le souhaitaient les lobbies industriels.

Cette posture dans les négociations a eu un prix, celui d’ambiguïtés et de compromis potentiellement dangereux, notamment sur le contrôle des munitions, la possibilité de déroger au respect des droits humains et du droit international humanitaire, ou encore la possibilité de contourner les obligations du traité dans le cadre d’accords de coopération et de défense.« »La France ne doit pas en rester là. Elle doit désormais signer et ratifier le traité sans délai, et aller au delà des normes plancher définies dans le traité en le transposant de manière ambitieuse dans son droit interne. Il est essentiel d’intégrer en droit français des critères clairs conduisant à l’interdiction automatique d’un transfert d’armes dès lors qu’il y a un risque substantiel qu’il contribue à des graves violations des droits humains ou du droit international humanitaire, ou porte atteinte à la paix et la sécurité.« »Le gouvernement français devra s’efforcer dès les prochaines semaines de mobiliser les moyens nécessaires pour que le plus grand nombre de pays, notamment en Afrique et dans le monde arabe, soient effectivement en mesure de mettre en œuvre le traité, et que la société civile puisse continuer son indispensable rôle de suivi indépendant de ces questions."

Un tribunal international des crimes climatiques est nécessaire Georges Menahem Reporterre 2013/04/05 Georges Menahem (5 avril 2013) Un tribunal international des crimes climatiques est nécessaire. Reporterre. Tribune — fr

Un tribunal international des crimes climatiques est nécessaire

Il faut préparer un appareil international de sanction, sur le modèle de la Cour pénale internationale, pour faire pression sur les Etats négligents en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

- Tunis, Forum social mondial

Les conséquences du réchauffement climatique, de la crise des ressources énergétiques, alimentaires ou de l’eau mettent en cause la sécurité des peuples et déchainent la violence. Il n’y a hélas pas d’avenir du côté des négociations climatiques, car la plupart des États veulent conserver leurs libertés de brûler les réserves fossiles et retardent la mise en place de règles internationales contraignantes.

En l’absence de règles contraignantes, les dirigeants politiques préfèrent attendre que leurs voisins fassent le premier pas en matière de limitation des émissions. Ayant en tête leurs échéances électorales, ils privilégient la sauvegarde à court terme des besoins d’énergie de leurs entreprises et de leurs électeurs. Ils se comportent comme des passagers clandestins qui évitent de payer les coûts collectifs de leur présence sur la planète.

Mais la Terre n’a pas les moyens de transporter tous ces passagers clandestins. Il nous faut trouver des moyens de mettre en place des autorités mondiales ayant des pouvoirs internationaux de contrainte et de sanction pour imposer des limites à tous.

Deux moyens d’imposer une discipline pour tous

1° Un droit international contraignant

Il est d’abord urgent de développer les normes du droit international afin qu’il soit possible de mettre en cause la responsabilité mondiale d’une multinationale dans les actions de ses filiales. Il faut aussi pouvoir incriminer la responsabilité mondiale d’un État pour les actions de son administration ou de ses ressortissants.

Ce sont des moyens essentiels pour imposer aux principaux acteurs mondiaux une discipline dont on ne peut attendre qu’elles proviennent de leur seule bonne conscience, tant ils sont motivés d’abord par la recherche de profit ou de résultats politiques à court terme.

2° Un tribunal jugeant et sanctionnant les crimes contre l’environnement

De telles juridictions internationales existent. L’Organe de règlement des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du commerce, par exemple, impose aux États de respecter les préceptes de la libre concurrence en les sanctionnant par des amendes. Il est donc possible de mettre en place un tribunal international climatique équivalent à l’ORD, qui aurait pouvoir sur les États comme sur les firmes.

Une telle institution serait légitime dans le cadre de l’ONU (Organisation des Nations unies) dont la première finalité, selon l’article 1 de sa Charte, est "de maintenir la paix et la sécurité dans le monde". L’élargissement des compétences de la Cour pénale international aux crimes en matière d’environnement pourrait permettre de poursuivre deux objectifs :

• faire respecter au plan mondial les protocoles limitant les émissions de gaz à effet de serre ; • faire appliquer le droit international ainsi développé dans les domaines de l’environnement.

Si un tel tribunal peut agir au niveau mondial et s’il est indépendant des pouvoirs établis, la crainte de ses sanctions amènera les États et les entreprises multinationales à discipliner leurs actions pour que leurs pollutions et émissions ne dépassent pas les seuils admissibles.

Si une autorité mondiale pouvait sanctionner les écarts à la norme mondiale et donner une forte reconnaissance aux actions les plus exemplaires, alors nous pourrions espérer constater une limitation des comportements nationaux égoïstes, ce qui limiterait les dégradations mondiales associées au réchauffement climatique, aux cyclones et sécheresses associées.

Un processus menant à l’imposition d’une discipline environnementale

Le modèle de la Cour pénale internationale édifiée de 1989 à 2002

L’idée d’une juridiction permanente pour sanctionner les génocides a été lancée en 1985. Elle a été reprise en 1989 par le premier ministre de Trinité-et-Tobago, qui a proposé à l’ONU la création d’une cour pénale internationale afin de juger les crimes liés au trafic de drogue.

Un travail d’argumentation juridique et de lobbying a suivi, réunissant de plus en plus d’États, pour aboutir neuf ans plus tard à la signature du Statut de Rome prévoyant la création de la Cour pénale internationale. La Cour a été officiellement créée le 1er juillet 2002, date à laquelle le Statut de Rome est entré en vigueur. La CPI est ainsi devenue compétente pour statuer sur les crimes commis à compter de cette date, ceci pour les 121 pays qui la reconnaissent.

Les initiatives d’Evo Morales et les travaux de Cochabamba

Evo Morales, le Président de la Bolivie, a pour la première fois, lors d’une conférence de presse en septembre 2009 au siège des Nations unies, réclamé l’instauration d’un référendum dans les différents pays pour décider de la mise en place d’un tribunal sur les changements climatiques. Il a repris les mêmes arguments en décembre 2009 lors du sommet sur le réchauffement climatique de Copenhague, puis en juillet 2011 de nouveau à l’ONU.

En avril 2010, cette proposition a été travaillée dans l’atelier n°5 de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique de Cochabamba, en Bolivie. Après trois jours de discussions, la création d’un tribunal climatique international pouvant juger des pays, entités ou personnes aggravant le réchauffement ou détruisant l’environnement est apparue comme une proposition réaliste.

Des actions pour mobiliser les États en matière climatique

Les États les plus pauvres ont bien plus à perdre dans la détérioration du climat que les pays industrialisés, même s’ils se mobilisent maintenant d’abord pour faire face aux multiples pénuries du court terme. Si comme à Bandoeng en 1955, les États d’Asie, d’Afrique mais aussi d’Amérique Latine parviennent à se réunir pour décider d’une conduite commune, leur force peut être considérable.

Car, dès maintenant, les conditions existent pour imposer le saisissement de la Cour pénale Internationale (qui juge les individus) ou la Cour Internationale de justice (qui juge les États), par exemple si on prend en compte les atteintes à l’environnement qui résultent des conflits armés. Il suffit de passer en revue les dernières guerres entre États ou les guerres civiles pour constater que ces dégâts environnementaux entraînés sont à la fois immenses et « durables ». De nombreux exemples en témoignent :

• le bombardement en 2003 par les Américains des stations d’épuration de Bagdad, • la marée noire provoquée au Liban par le bombardement de la centrale électrique de Tripoli, • le déversement clandestin de déchets chimiques au large de la Somalie, • le déversement depuis dix ans de défoliants sur la forêt colombienne financé par les États Unis.

Les cas ne manquent pas et la Cour pénale internationale pourrait d’autant plus facilement s’en saisir que de nombreux dégâts environnementaux ont fait l’objet de rapports très documentés par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le PNUE. Ces rapports pourraient immédiatement servir d’actes d’accusation.

Sur un plan plus dénonciateur, la création d’un Tribunal moral pour juger les crimes contre le futur de l’humanité peut aussi contribuer à sensibiliser les opinions sur le besoin de justice climatique. Cristovam Buarque, sénateur brésilien, Eva Joly et Edgar Morin ont démarré à Rio+20 un mouvement international vers la création d’un tel tribunal.

Dans ce cadre, une enquête internationale va être lancée sur la perception des crimes environnementaux et des crimes contre la nature, son colloque de lancement étant prévu au Sénat français et à l’UNESCO en septembre 2013.

De telles actions contribuent à populariser les notions de droit international de l’environnement et d’un Tribunal international climatique, idées qu’Evo Morales a lancées en 2009.

Quand, hélas, de nouvelles catastrophes climatiques se développeront, comme nous pouvons le prévoir aujourd’hui, les mobilisations des peuples pourront déboucher sur des prises de conscience plus fortes des gouvernements en ce qui concerne la nécessité d’un appareil mondial de sanction.

Les premiers éléments de justice internationale de l’environnement déjà mis en œuvre pourront alors donner des exemples à l’ensemble des États pour les décider à mettre en place des juridictions mondiales permettant de généraliser de telles sanctions, instruments essentiels pour instaurer une discipline en matière climatique.

La ministre de l’Ecologie prend l’avion plutôt que le train pour aller à Clermont-Ferrand Respire // Reporterre Reporterre 2013/04/05 Respire // Reporterre (5 avril 2013) La ministre de l’Ecologie prend l’avion plutôt que le train pour aller à Clermont-Ferrand. Reporterre. fr

La ministre de l’Ecologie prend l’avion plutôt que le train pour aller à Clermont-Ferrand

Delphine Batho ne prêche pas d’exemple : elle se rend en avion à Clermont-Ferrand pour un congrès d’écologistes portant sur le thème de la mobilité.

[Note de Reporterre : la ministre de l’Ecologie se rend au 37e congrès de France Nature Environnement à Clermont-Ferrand ce vendredi 5 avril. Le thème en est : Mobilités de demain]

Un avion, propulsé au kérosène détaxé et qui n’a pas la chance d’être pourvu d’un filtre à particules, émet en très grande quantité du monoxyde carbone, des Composés Organiques Volatils, des oxydes d’azote, du dioxyde de souffre et des particules fines. Pour connaître les émissions gazeuses des avions, il suffit de se rendre sur le site du ministère de l’Ecologie à la page du transport aérien.

Delphine Batho emprunte le vol AF7432 à 9:15 au départ d’Orly en direction de Clermont-Ferrand et repart le soir par le vol AF7439 de 18:50. Elle parcourt ainsi environ 800 kilomètres aller/retour. Selon nos calculs, rapportés à un passager et pour un trajet de 800 kilomètres, Mme Batho a émis :

147 000 microgrammes de monoxyde de carbone, 24 000 microgrammes de COV, 22 000 microgrammes de COV non méthanique, 270 000 microgrammes de NOx, 24 500 microgrammes de SO2, 12 300 microgrammes de particules fines.

Soit au total 500 grammes de polluants tous aussi dangereux pour la santé les uns que les autres. Pour mémoire, la France est hors la loi depuis le 28 février 2013 parce qu’elle ne respecte pas les normes « terrestres » sur les particules fines et elle sera bientôt hors la loi sur le dioxyde d’azote.

Rappelons que des épisodes de forte pollution sont actuellement en cours en France.

Pas obligée de respecter la charte du gouvernement pour un trajet qui prendrait plus de 3 heures en train (ici 3h30), la ministre de l’Ecologie qui parle de dérèglement climatique dans Libération, se sent sali par M. Cahuzac dans Le Figaro et doit (enfin) quitter son logement social évoqué sur Rue 89, devrait plutôt montrer l’exemple sur la qualité de l’air, sujet qu’elle a à sa charge et pour lequel son engouement reste encore à démontrer.

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PS 2 : Pour le calcul, la source des émissions est ici, à partir de la page 10.

Panne à Fukushima : le système de refroidissement d’une piscine relancé 20 Minutes Reporterre 2013/04/05 20 Minutes (5 avril 2013) Panne à Fukushima : le système de refroidissement d’une piscine relancé. Reporterre. Monde fr

Panne à Fukushima : le système de refroidissement d’une piscine relancé

Le système de refroidissement du combustible nucléaire usé de la piscine du réacteur numéro 3 de la centrale ravagée de Fukushima (Japon) a été remis en service après une panne de plusieurs heures, a annoncé vendredi la compagnie exploitante Tepco.

Une alarme avait retenti à 14H27 (05H27 GMT) et les techniciens avaient constaté que le dispositif était stoppé.

Les vérifications opérées sur place laissent supposer que des travaux préventifs sur le site seraient à l’origine de cette panne.

La remise en service a été confirmée à 17H20 (08H20 GMT).

La situation n’était pas jugée alarmante, puisque la température de l’eau de la piscine était de 15,1° Celsius peu avant la coupure, selon un communiqué du groupe qui précise que, sans refroidissement continu, elle augmente à raison de 0,145°C par heure. Cela laissait environ deux semaines avant qu’elle n’atteigne le niveau de 65°C fixé comme étant celui à ne pas dépasser.

La piscine du réacteur 3, totalement saccagé par une explosion d’hydrogène, contient un peu plus de 500 assemblages de combustible usé.

Toutefois, ce nouvel incident souligne la précarité des installations. C’est le deuxième gros problème de refroidissement survenu en moins d’un mois à Fukushima Daiichi, complexe mis en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon.

Les 18 et 19 mars, les systèmes de refroidissement des piscines 1, 3, 4 et d’un bassin commun s’étaient arrêtés à cause d’une panne de courant dont on apprit ultérieurement qu’elle avait été provoquée par un court-circuit causé par un rat.

La compagnie Tepco avait alors été fortement critiquée pour avoir mis trois heures avant de faire état de cette grave avarie.

C’est lors de travaux menés vendredi pour mieux protéger les équipements contre ces rongeurs et autres petits animaux que la nouvelle panne est survenue.

« Il existe une forte probabilité pour qu’un problème de réseau de terre se soit produit », a précisé Tepco tout en indiquant poursuivre les investigations.

Beaucoup des moyens techniques provisoires mis en place sur le site pour éviter le pire sont encore en service et sont de fait très vulnérables.

La situation de la centrale de Fukushima est considérée comme stabilisée depuis décembre 2011, mais le site reste très fragile, notamment en cas de nouveau séisme et tsunami comme ceux qui ont mis en péril ce complexe atomique le 11 mars 2011.

« Fukushima, le monde de l’absurdité » : entretien avec Kenichi Watanabe Gaïa Mugler Reporterre 2013/04/05 Gaïa Mugler (5 avril 2013) « Fukushima, le monde de l’absurdité » : entretien avec Kenichi Watanabe. Reporterre. Entretien — Catastrophes nucléaires fr

« Fukushima, le monde de l’absurdité » : entretien avec Kenichi Watanabe

Kenichi Watanabe est documentariste. Il a relaté dans un film émouvant le désarroi des habitants de la région de Fukushima, chassés de chez eux par le poison nucléaire. Il témoigne du drame qui continue à peser sur le Japon.

Lundi 4 mars 2013, dans une péniche parisienne pleine comme un œuf, Le Monde après Fukushima est projeté en avant-première en présence de son réalisateur Kenichi Watanabe. Un documentaire poignant et beau, dans lequel il revient sur la catastrophe du 11 mars 2011 et sur la vie des habitants depuis lors. Les lumières se rallument. Stupeur et tremblements.

Une semaine plus tard, je le retrouve dans un café du côté de Montparnasse.

L’homme semble serein, plein de douceur. Mais on le sent aussi habité d’une indignation violente. Kenichi Watanabe vit en France, produit des documentaires pour la télévision française. Il s’exprime en français, mais c’est à la japonaise, en homme de contrastes - ou de nuances - avec le sourire et les yeux émus, qu’il vous parle du plus révoltant.

Le jour du séisme, Kenichi Watanabe est au Japon. Ironie de la situation, il attend une équipe de tournage de France parce qu’il réalise La Face cachée d’Hiroshima. L’équipe ne viendra pas. Il rentre à Paris. Et se le promet : il dira Fukushima.

Dès son arrivée en France, désastre chevillé au cœur comme une bombe de volonté et de colère, il prépare avec Arte pour son prochain documentaire. Le titre s’impose : ce sera Le Monde après Fukushima.

« LA RADIOACTIVITÉ, COMME L’ARGENT, N’A PAS D’ODEUR », dit le commentaire. Il explique aussi que Tepco, la compagnie productrice d’énergie nucléaire au Japon, verse de l’argent aux populations, échangé plus ou moins sous la table contre leur silence. De l’argent pour diviser, pour ne pas faire de vagues plus grosses que celle qui a ravagé le nord-est du Japon.

L’Etat japonais récemment devenu actionnaire principal, aide Tepco à gérer les conséquences de la catastrophe, à hauteur d’environ 13 milliards d’euros. « Tepco aurait encore besoin de 50 milliards d’euros équivalents. Si ce n’est plus ! », estime Kenichi Watanabe.

Il raconte comment au début, et « pendant trop longtemps », ce fut aux civils de trouver des solutions de secours. Depuis le tournage, peu de choses ont changé, même si la décontamination est à présent en grande partie prise en charge par des professionnels. Mais on ne sait que faire des tonnes de déchets qui s’accumulent. Comble de l’absurde, la décontamination est gérée par la même entreprise que celle qui bâtit les centrales nucléaires, et fait partie de la même famille industrielle que Tepco.

L’installation fuit toujours. Récemment, un robot y aurait été envoyé pour localiser les fissures du ciment. Avec un rire à la fois moqueur, inquiet et peut-être désabusé, Kenichi Watanabe évoque le risque de China’s syndrome : née dans un film de fiction, c’est l’hypothèse la plus grave en cas d’accident nucléaire, qui impliquerait que des éléments du cœur d’une centrale s’enfoncent dans la terre.

Si l’argent n’a pas d’odeur, il ne règle pas le problème, comme témoigne une des femmes filmées par Kenichi Watanabe : « Nous, ce qu’on veut, c’est que l’accident de Fukushima ne soit pas arrivé. On veut revenir à nos vies d’avant. Mais ce n’est pas possible. » Il y a un avant et un après Fukushima.

Pour Shinzo Kimura, scientifique interviewé dans le film, « nous sommes entrés dans l’ère nucléaire ». Selon Eiji Oguma, sociologue, « administrer les problèmes générés par le nucléaire ne peut se faire que sans transparence, au mépris de la démocratie ».

DES CONTESTATIONS

Vingt mois plus tard, le 26 décembre 2012, Shinzo Abe est élu premier ministre du Japon. Quatrième premier ministre de sa famille, issu du Parti Libéral Démocrate, il souhaite relancer les centrales nucléaires.

« Les sondages montrent pourtant que 70% des Japonais sont contre le nucléaire », signale le réalisateur qui précisément s’applique à montrer la révolte des populations et leurs actions. Les femmes, surtout, témoignent. Beaucoup de celles qui habitaient Fukushima n’ont pas quitté la région.

Le réalisateur insiste : « les gens de Fukushima -tous !- n’acceptent pas cette situation. Ils ne l’acceptent pas… Mais ils sont là. » Attachés à leurs terres, ils savent que « là où sont [leurs racines], ces dernières sont pourries ». « Je leur ai demandé de ne pas faire d’enfants », vont jusqu’à dire certaines mères à leurs filles. Douleur.

Kenichi revient sur les manifestations qui ont régulièrement lieu dans la moitié nord du Japon, et aussi devant la maison de l’ancien premier ministre, Naoto Kan, à Tokyo, tous les vendredis. Apolitiques, elles ne militent que pour l’arrêt du nucléaire. Alors comment cette même population a-t-elle pu élire un premier ministre pro-nucléaire ?

L’argument économique aurait fait mouche, d’après Kenichi Watanabe. Et puis il faut compter avec les industries et le sud du Japon, qui manifestement moins concerné par la catastrophe nucléaire que le reste du pays

DEPUIS 2011, la majorité des réacteurs japonais, qui avaient tous été stoppés, n’ont pas été remis en route. Comment le pays tient-il ? Les industries ont dans un premier temps activé leurs générateurs de secours, puis elles ont dû trouver des alternatives, tel Toyota dont les quatorze usines seraient en autonomie énergétique quasi-totale. Une partie du Japon a réduit sa consommation d’énergie. Beaucoup d’employés ont travaillé l’été dans des températures allant jusqu’à 28°C, sans air conditionné.

Contrairement à la France, le Japon a des sources d’énergie diversifiées ; le nucléaire représentait un peu moins de 30% de la production électrique. Une douzaine d’entreprises privées, essentiellement thermiques (près de 70%) ont été mises à contribution, et les énergies renouvelables ont également progressé (près de 5%).

Aujourd’hui, si le premier ministre souhaite relancer le nucléaire, c’est probablement aussi parce que certaines industries le demandent. « Mais pas toutes », affirme Kenichi Watanabe, « les industries ne sont pas l’Ennemi, il faut une coopération entre la société civile et les grands industriels. On a besoin de leur implication. Ils peuvent motiver des changements majeurs, ce sont eux qui ont les moyens de trouver des alternatives, même si les énergies renouvelables ne font pas partie des solutions envisagées sérieusement en ce moment ».

Pour que le Japon sorte la tête de l’eau, le réalisateur croit dans les initiatives qui s’inscrivent dans le quotidien et dans la répétition. Comme les manifestations qui ont lieu chaque vendredi à Tokyo. Ou encore comme les haikus tweetés par le poète Ryoîchi Wago, dont les mots qui disent l’indicible scandent Le Monde après Fukushima.

Depuis la catastrophe, ses poèmes ont été rassemblés en recueil et il continue d’écrire tous les jours ou presque. Ce sont des cris du cœur, une musique tripale, directe. Selon Kenichi Watanabe, ce type d’expressions artistiques doit se développer. Cela donne de l’espoir, du courage, pousse à l’action, et réveille les consciences, notamment par leur régularité.

Comme Ryoîchi Wago, beaucoup de Japonais sont indignés. Nombre d’entre eux, dans la région de Fukushima, ont perdu confiance dans l’Etat et dans les médias. Le réalisateur a dû batailler pour gagner la confiance des hommes et femmes qui témoignent dans son film : « ils se sentaient méprisés par une masse médiatique indécente, voire indifférente », dit-il. Lui reste frappé par la catastrophe.

Ses prochains documentaires ? Ils se centrent sur la dimension scientifique des radiations, et sur l’histoire de l’atome. Ils posent la question de ce que signifie « être irradié ». On sent toute son émotion lorsqu’il explique les parallèles entre Hiroshima et Fukushima. Comme Hiroshima, zone radioactive circonscrite avec précision, on essaie d’établir une zone définie à Fukushima, comme si le vent, l’eau, les particules nucléaires ne se déplaçaient pas. Comme à Hiroshima, la région de Fukushima devient un immense laboratoire pour le reste du monde… Et les habitants de la région sont parfois discriminés.

Le réalisateur en tremble : « Je suis en colère. C’est mon sentiment dominant. Fukushima, c’est le monde de l’absurdité. Il faut avoir beaucoup de courage pour y faire face ».

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POUR ALLER PLUS LOIN :

- La Face cachée d’Hiroshima, le précédent documentaire de Kenichi Watanabe, raconte l’histoire des secrets qui entoure la bombe nucléaire.

- Le Japon, l’empereur et l’armée, s’articule autour de l’article 9 de la constitution japonaise. Établi au sortir de la seconde guerre mondiale, cet article interdisait au Japon de se pourvoir d’une force armée, à l’exception de forces d’autodéfense. Aujourd’hui, le sujet est d’une actualité brûlante : il est en effet question de revoir cet article. Tout se jouera en août 2013, à l’élection du nouveau sénat. À suivre…

• Les films de Kenichi Watanabe sont en vente sur le site sales.arte.

. Le site de Kenichi Watanabe.

Nouvelle victoire judiciaire contre la publicité Paysages de France Reporterre 2013/04/05 Paysages de France (5 avril 2013) Nouvelle victoire judiciaire contre la publicité. Reporterre. fr

Nouvelle victoire judiciaire contre la publicité

Le tribunal administratif de Montpellier condamne l’État à cause de la carence du préfet de l’Aude. Pour la 53e fois, un préfet est sanctionné pour avoir refusé de mettre en œuvre les dispositions de l’article L. 581-27 du Code de l’environnement.

Photo : 2 des 4 panneaux Clear Channel** installés à Fitou, PNR de la Narbonnaise-en-Méditerranée, en triple violation du code de l’environnement (situation en mars 2013)

Le 26 mars 2013, le tribunal administratif de Montpellier a condamné l’État à réparer le préjudice causé à Paysages de France par la carence du préfet de l’Aude*.

Le tribunal a également enjoint à ce dernier de prendre, dans le délai d’un mois, les arrêtés mettant en demeure les contrevenants.

Alors que L’État est régulièrement condamné à cause de la carence de préfets, Paysages de France demande à Manuel VALLS – qui vient de dénoncer « l’absence d’autorité, de règles, de principes dont souffre notre pays depuis des années » – qu’il prenne enfin les mesures nécessaires pour que ceux qui sont censés être les garants du respect des lois la respectent eux-mêmes.

Manuel Valls a dénoncé un mal que certains préfets sont les premiers à entretenir, parfois pendant des années !

Le 5 février 2013, le ministre de l’Intérieur, Manuel VALLS, déclarait sur BFM TV : « Dès le premier délit, dès la première faute, il doit y avoir sanction. Parce que ce dont souffre notre pays depuis des années, c’est l’absence d’autorité, de règles, de principes. »

Comment la loi pourrait-elle être respectée, si ceux-là mêmes qui en sont les garants dans leur département ne la respectent pas ?

En vertu de l’article 72 de la Constitution, les préfets ont « la charge du respect des lois » ;

En vertu des articles L. 581-27 et L. 581-32 du code de l’environnement, ils sont ’« tenus » de prendre un arrêté à l’encontre des auteurs des infractions en matière d’affichage publicitaire.

Pourtant, même lorsqu’il s’agit de délits, comme c’est le cas dans le PNR de la Narbonnaise, même lorsqu’ils sont saisis par une association qui, en relevant les infractions, fait le travail qui devrait être celui de leurs services, des préfets laissent perdurer les infractions pendant des années.

Ainsi, non seulement certains préfets ne veillent pas au respect de la loi, mais ils entretiennent le mal qu’ils sont censés combattre en laissant entendre que l’impunité est la règle !

Paysages de France demande donc à Manuel Valls qu’il prenne enfin les mesures nécessaires pour que ceux qui sont censés être les garants du respect des lois la respectent eux-mêmes.

Aucun des autres dossiers transmis au préfet de l’Aude par Paysages de France, dont certains depuis près de 6 ans, n’a fait l’objet de la moindre réponse du préfet de l’Aude !

Seule la saisine de la justice, le 2 septembre 2011, aura fait réagir, avec un retard sans précédent, le préfet de l’Aude. Encore faut-il savoir que, le 12 mars 2013, jour de l’audience, le préfet de l’Aude n’avait toujours pas mis en œuvre les dispositions de la loi ! Pire, il se bornait encore à adresser quelques demandes amiables, et ce dans la plus grande confusion.

Outre l’affaire des panneaux illégaux de Fitou, le préfet a été saisi en 2007, 2009 et 2011 pour des infractions dans plusieurs autres communes du PNR de la Narbonnaise-en-Méditerranée. Or le préfet n’a jamais donné la moindre suite à ces dossiers.

Il va de soi que, faute d’une mise en œuvre des dispositions de la loi dans les prochaines semaines concernant notamment ces affaires, l’association n’aura d’autre choix que de saisir à nouveau la justice, et cela autant de fois que nécessaire.

Du fait de la carence du préfet de l’Aude, le nombre de panneaux illégaux a explosé au cours des dernière années

En effet, l’impunité étant – de fait – la règle depuis des années, le nombre de panneaux illégaux a littéralement explosé au point que des panneaux, parfois gigantesques, sont installés en violation de la loi jusque dans le PNR de la Narbonnaise et jusque dans les lieux d’interdiction absolue situés le long de l’axe majeur traversant le département.

Pire, l’association vient de constater que de nouveaux panneaux avaient été récemment installés jusque dans le massif classé de la Clape, alors même que le préfet de l’Aude s’était prévalu, devant le tribunal, d’actions présentées comme exemplaires dans ce secteur !

Une « dette morale » de plusieurs milliards d’euros rien que pour les infractions commises dans PNR de la Narbonnaise-en-Méditerranée

En vertu de l’article L. 581-27 du code de l’environnement, un contrevenant qui n’a pas démonté son panneau dans les 15 jours suivant la notification de l’arrêté de mise en demeure est placé sous astreinte de 200 € par jour et par panneau.

En ayant laissé faire pendant des années, le préfet de l’Aude a permis aux contrevenants d’exploiter en toute impunité et en toute illégalité leurs panneaux et, concernant les afficheurs, d’engranger des revenus considérables.

À raison de 200 € par jour et par face de panneau, on peut donc estimer que la « dette morale » due par les contrevenants à la collectivité pour violation d’une loi de protection de l’environnement s’élève, pour les seuls panneaux (une dizaine) ayant fait l’objet de l’instance, à quatre millions cent seize mille euros (4 116 000 €).

Pour le seul PNR de la Narbonnaise-en-Méditerranée, cette « dette morale », s’élève donc, compte tenu du nombre de panneaux illégaux implantés depuis des années, à plusieurs milliards d’euros. Sans compter les dispositifs installés en violation de la loi en dehors du PNR, et dont certains sont pourtant, du fait de leurs dimensions notamment, particulièrement ostentatoires.

Justice indépendante

On mesure donc, eu égard à la situation qui prévaut tant au niveau local qu’au niveau national, à quel point, la justice reste très souvent l’unique recours pour obtenir le respect de la loi.

En sanctionnant le préfet de l’Aude et en condamnant l’État à réparer le préjudice causé à Paysages de France, le tribunal administratif de Montpellier, a, comme 19 autres tribunaux administratifs l’ont déjà fait, joué pleinement le rôle qui est dévolu à la justice asministrative.

Alors que le préfet de l’Aude semble avoir fait feu de tout bois pour tenter de convaincre le tribunal de se limiter à une condamnation purement symbolique, le tribunal administratif a montré sa parfaite indépendance.

Une condamnation suffisamment sévère et exemplaire pour qu’elle ait la vertu pédagogique nécessaire

Il n’en demeure pas moins que, si par malheur, la carence du préfet de l’Aude devait se confirmer, l’association serait conduite à saisir à nouveau et sans délai la justice. Dans cette hypothèse, il conviendrait alors que cette dernière donne un signal fort en prononçant une condamnation suffisamment sévère et exemplaire pour qu’elle ait la vertu pédagogique nécessaire, aussi bien localement qu’au niveau national.

Un phénomène d’ampleur nationale

En effet, au niveau national, si la situation est ce qu’elle est en matière d’affichage publicitaire, c’est, certes, à cause d’une réglementation extraordinairement laxiste, imposée par certains groupes de pression, mais c’est aussi à cause de l’ampleur de la carence de ceux qui ont la charge du respect du Code de l’environnement.

C’est ainsi que, malgré la faiblesse des moyens dont dispose Paysages de France, association totalement indépendante des pouvoirs politique et économique, quinze autres affaires sont actuellement en cours d’instance devant 10 tribunaux différents : Bordeaux, (cour d’appel), Cergy-Pontoise, Châlons-en-Champagne, Grenoble, Nantes, Paris, Rennes, Rouen, Toulouse, Versailles.

Une inertie constitutive d’une forme de complicité

Au-delà de l’appréciation de Manuel Valls ou de Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l’Écologie, qui, le 5 juin 2008, dénonçait les « blocages à tous les niveaux », il convient de rappeler que la chambre criminelle de la cour de Cassation (arrêt n° 1416 du 1er mars 2005) a estimé que « l’inertie » dont pouvait faire preuve un représentant de l’État dans sa commune, lorsque des infractions en matière d’affichage publicitaire lui étaient signalées, était « constitutive d’une forme de complicité ».

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Préfet de l’Aude : rappel des faits

23 mai 2007 : Paysages de France demande au préfet de l’Aude de prendre des arrêtés de mise en demeure en vue de la suppression de publicités implantées en violation du code de l’environnement à Fitou.

Deux ans plus tard, la situation n’a pas évolué d’un iota.

19 juillet 2011, l’association relance le préfet et lui demande de prendre lesdits arrêtés dans le délai d’un mois.

Ce courrier ne provoque aucune réaction de la part du préfet.

22 août 2011 : l’association adresse un ultime courrier par lequel elle annonce qu’elle va demander réparation du préjudice - considérable - que lui cause cette situation.

Pas plus que le précédent, ce courrier ne sera honoré de la moindre réponse.

2 septembre 2011 : Paysages de France saisit le tribunal administratif de Montpellier.

Mars 2013 : tous les panneaux signalés au préfet en 2007 sont encore en place. Depuis, le nombre de panneaux illégaux a littéralement explosé, notamment dans le PNR de la Narbonnaise-en-Méditerranée.

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Notes

* Sur l’ampleur de la carence du préfet de l’Aude voir ici, ici et ici

** Sur l’afficheur Clear Channel, voir aussi : lien, lien, lien, lien, lien

L’aide aux pays pauvres se réduit à mesure que les gouvernements serrent la vis budgétaire OCDE Reporterre 2013/04/06 OCDE (6 avril 2013) L’aide aux pays pauvres se réduit à mesure que les gouvernements serrent la vis budgétaire. Reporterre. fr

L’aide aux pays pauvres se réduit à mesure que les gouvernements serrent la vis budgétaire

L’aide au développement a reculé de 4 % en valeur réelle en 2012, après avoir baissé de 2 % en 2011. Dans plusieurs pays, la poursuite de la crise financière et des turbulences dans la zone euro a conduit les pouvoirs publics à donner un tour de vis budgétaire, décision qui a eu un impact direct sur l’aide versée aux pays pauvres.

On observe en outre un redéploiement notable de l’aide des pays les plus pauvres vers les pays à revenu intermédiaire. Néanmoins, selon les prévisions des dépenses à venir des donneurs du CAD, un redressement modeste des niveaux d’aide est attendu en 2013.

Le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, s’est déclaré préoccupé par cette tendance et il s’est exprimé en ces termes : « Il est inquiétant de constater que les contraintes budgétaires des pays membres ont entraîné un deuxième mouvement consécutif de repli du montant total de l’aide, mais je me réjouis qu’en dépit de la crise, neuf pays aient tout de même réussi à accroître leur apports d’aide. A mesure que se rapproche l’échéance de 2015 fixée pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, je forme le vœu que la tendance au redéploiement de l’aide, qui se fait au détriment des pays les plus pauvres, va s’inverser. Cette inversion de tendance est en effet primordiale pour que l’aide puisse dûment contribuer à la concrétisation des OMD. »

PRINCIPAUX CHIFFRES DE L’AIDE EN 2012

En 2012, les apports nets d’aide publique au développement (APD) versés par les membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE se sont chiffrés à 125.6 milliards USD, ce qui représente 0.29 % de leur revenu national brut (RNB) cumulé. L’APD a reculé de 4.0 % en valeur réelle par rapport à 2011 (voir tableau 1 et graphique 1*).

Depuis 2010, année où elle avait atteint son niveau record, l’APD a baissé de -6.0 % en valeur réelle. Si l’on fait abstraction de 2007, qui correspond à la fin des opérations exceptionnelles d’allègement de la dette, le repli observé en 2012 est le plus marqué depuis 1997. C’est aussi la première fois depuis 1996-1997 que l’aide se contracte pendant deux années successives.

La crise financière et les turbulences dans la zone euro ont amené les gouvernements de nombreux pays à appliquer des mesures d’austérité et à amputer les budgets alloués à l’aide. Cependant, en dépit des tensions budgétaires actuelles, certains pays ont maintenu, voire accru, leurs budgets consacrés à l’APD afin d’atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés.

Le nouveau Président du CAD, Erik Solheim, a déclaré que le CAD continuerait à encourager ses membres à honorer leurs engagements. « Je salue l’effort des neuf membres du CAD qui ont accru leurs apports d’aide en 2012, et j’invite instamment les autres à faire de même dès que leur situation budgétaire le leur permettra », a indiqué M. Solheim, et d’ajouter :

"Il n’est pas impossible de maintenir le niveau d’aide même dans le contexte budgétaire actuel. Dans son budget pour 2013-2014, le Royaume-Uni prévoit d’allouer à l’aide une enveloppe dont le montant sera porté à l’équivalent de 0.7 % du revenu national, ce qui nous laisse espérer que nous parviendrons à inverser la tendance à la baisse."

REDÉPLOIEMENT DES CRÉDITS D’AIDE

Il ressort des données pour 2012 que, bien que le montant total de l’APD nette fléchisse, l’aide bilatérale affectée à des projets et programmes de développement (c’est-à-dire hors allègement de dette et aide humanitaire) a progressé de +2.0 % en termes réels ; les contributions aux budgets centraux d’institutions multilatérales ont en revanche baissé de -7.1 % (voir graphique 2*).

L’aide bilatérale à l’Afrique subsaharienne s’est chiffrée à 26.2 milliards USD, soit une chute de -7.9 % en termes réels par rapport à 2011. L’aide au continent africain a été réduite de -9.9 % et ramenée à 28.9 milliards USD après une année 2011 marquée par le soutien exceptionnel accordé à certains pays d’Afrique du Nord à la suite du « printemps arabe ».

Le groupe des pays les moins avancés (PMA) a également vu les apports nets d’APD bilatérale qui lui étaient destinés accuser un repli de -12.8 % en termes réels et tomber à environ 26 milliards USD.

Résultats des différents donneurs

Les donneurs les plus généreux, en volume, ont été les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et le Japon. De leur côté, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède ont à nouveau dépassé l’objectif de 0.7 % du RNB fixé par les Nations unies.

Neuf pays ont enregistré une hausse de leurs apports nets d’APD en termes réels, ceux dans lesquels ce mouvement a été le plus marqué étant l’Australie, l’Autriche, la Corée, l’Islande (qui a rejoint le CAD en 2013) et le Luxembourg. Quinze pays ont observé une tendance inverse, les variations à la baisse les plus prononcées s’étant produites en Espagne, en Italie, en Grèce et au Portugal, qui ont été les pays les plus durement touchés par la crise de la zone euro.

Les pays du G7 ont contribué à hauteur de 70 % au chiffre total de l’APD nette du CAD en 2012 et les pays de l’UE membres du CAD ont quant à eux été à l’origine de 51 % des versements nets d’APD du CAD.

En volume, les États-Unis se classent toujours premiers, avec des versements nets d’APD de 30.5 milliards USD en 2012, en régression de -2.8 % en valeur réelle par rapport à 2011. Le rapport APD/RNB des États-Unis est ainsi passé de 0.20 % en 2011 à 0.19 % en 2012.

Ce fléchissement est principalement dû à une réduction du montant net des opérations bilatérales d’allègement de la dette, passé de 1.1 milliard USD en 2011 à 56.3 millions USD en 2012. Les contributions versées par les États-Unis à des organisations internationales ont en revanche atteint un niveau historiquement élevé de 4.9 milliards USD (soit une hausse de +30.0 % en termes réels par rapport à 2011).

En 2012, l’aide bilatérale consentie à l’Afrique subsaharienne par les États-Unis est tombée à 8.8 milliards USD (soit une contraction de -4.5 % en termes réels par rapport à 2011) ; hors allègement de la dette, elle a en revanche progressé de +7.2 %.

L’APD émanant des quinze pays de l’UE qui sont membres du CAD s’est établie à 63.7 milliards USD en 2012, chiffre en baisse de -7.4 % par rapport à 2011. En pourcentage de leur RNB cumulé, leur APD a été ramenée de 0.44 % en 2011 à 0.42 % en 2012.

Les évolutions de l’APD observées dans les pays de l’UE membres du CAD ont été les suivantes :

* Autriche (+ 6.1%) : imputable à des opérations d’allègement de la dette au profit de l’Afrique subsaharienne ; * Belgique (- 13.0%) : sous l’effet d’une réduction du budget global alloué à l’aide ; * Danemark (-1.8%) : à cause d’une réduction des dons bilatéraux ; * Finlande (- 0.4%) ; * France (- 1.6%) ; * Allemagne (- 0.7%) : du fait d’une réduction des contributions versées aux institutions multilatérales ; * Grèce (- 17.0%) : à cause des mesures d’austérité ; * Irlande (- 5.8%) : en raison des restrictions fiscales ayant conduit à amputer le budget alloué à l’aide ; * Italie (- 34.7%) : à cause d’une diminution de l’aide accordée aux réfugiés arrivant d’Afrique du Nord et d’une réduction des dons consentis au titre de l’allègement de la dette par rapport à 2011 ; le gouvernement italien a toutefois pris l’engagement ferme d’accroître les crédits d’APD de façon à atteindre un rapport APD/RNB de 0.15-0.16 % en 2013 ; * Luxembourg (+ 9.8%) : sous l’effet d’une hausse des dons bilatéraux ; * Pays-Bas (- 6.6%) : en raison d’une réduction du budget global consacré à l’aide ; * Portugal (- 13.1%) : à cause de réductions sans précédent des apports d’aide consécutives à la crise financière ; * Espagne (- 49.7%) : à cause de la crise financière ; * Suède (- 3.4%) : en raison d’une diminution de souscriptions au capital aux organisations internationales, bien que les montants versés à ces organisations aient augmenté ; * Royaume-Uni (- 2.2%) : dû au fait que des engagements budgétaires fermes ont été pris pour garantir des dépenses d’APD équivalant, en volume, à 0.56 % du RNB en 2012 et 0.7 % du RNB à compter de 2013.

En 2012, le montant total de l’APD nette cumulée versée par les 27 États membres de l’UE s’est chiffré à 64.9 milliards USD, soit 0.39 % de leur RNB cumulé. Les apports nets versés par des institutions de l’UE à des pays en développement et des organisations multilatérales sont ressortis à 17.6 milliards USD, soit une progression de +8.0 % par rapport à 2011, due pour l’essentiel à une augmentation des prêts.

Dans les autres pays du CAD, l’APD nette a connu les évolutions suivantes :

* Australie (+ 9.1 %) : pour respecter les engagements pris par le pays au niveau international d’accroître son aide afin d’atteindre un rapport APD/RNB de 0.5 % en 2016-2017. * Canada (+ 4.1 %) : grâce à une augmentation des opérations d’allégement de dette et au maintien de ses engagements envers des initiatives régionales conséquentes ; * Islande (+ 5.7 %) : évolution traduisant la montée en puissance globale du programme d’aide islandais ; * Japon (- 2.1 %) : à cause du fléchissement des dons bilatéraux et du recul des contributions versées à des organisations internationales ; * Corée (+ 17.6 %) : en raison de l’accroissement global des apports d’aide décidé pour atteindre un rapport APD/RNB de 0.25 % d’ici à 2015 ; * Nouvelle-Zélande (+ 3.0 %) : résultat de l’accroissement global des apports d’aide décidé pour porter le montant de l’APD à 600 millions NZD ; * Norvège (+ 0.4 %) ; * Suisse (+ 4.5 %) : dû à l’accroissement global des apports d’aide décidé pour atteindre un rapport APD/RNB de 0.5 % d’ici à 2015.

D’autres pays donneurs ont notifié les chiffres provisoires suivants concernant l’APD :

* République tchèque (- 4.2 %) : principalement dû au fléchissement des contributions versées à l’UE ; * Estonie (- 2.7 %) à cause d’une diminution de contributions versées à l’UE ; * Hongrie (- 7.5 %) : à cause de la diminution des contributions versées à l’UE et la baisse des apports d’aide bilatérale ; * Israël (- 10.1 %) : à cause d’une réduction de l’APD bilatérale ; * Pologne (+ 12.4 %) : en raison d’une hausse de l’APD bilatérale ; * République slovaque (- 3.5 %) ; * Slovénie (- 2.4 %) ; * Turquie (+98.7 %) : du fait de l’aide octroyée aux nombreux réfugiés affluant de Syrie et de l’intensification du soutien accordé aux pays d’Afrique du Nord à la suite du printemps arabe ; * Émirats arabes unis (+30.6 %) : en raison de l’accroissement global de l’aide bilatérale.

En 2012, les apports bruts d’APD des pays membres du CAD (c’est-à-dire avant déduction des remboursements de prêts) ont totalisé 138.0 milliards USD, en baisse de -5.2 % en valeur réelle par rapport à 2011. Au regard de cet agrégat, viennent aux premiers rangs des donneurs les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France.

PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION DE L’APD

L’Enquête la plus récente réalisée par le du CAD sur les plans de dépenses indicatifs des donneurs contient des estimations des apports d’aide futurs de l’ensemble des membres du CAD ainsi que des principaux donneurs non membres du CAD et donneurs multilatéraux sur la période allant jusqu’en 2016. Elle comporte également des prévisions concernant les recettes brutes perçues par les pays en développement au titre de l’aide-pays programmable (APP- voir tableau 4*).

En 2012, l’APP a progressé de +0.3 % en termes réels, les mouvements de repli enregistrés dans les pays du CAD ayant été compensés par des variations inverses du côté des donneurs non membres du CAD. Selon les prévisions, l’APP devrait augmenter de 9 % en termes réels en 2013, essentiellement en raison des majorations prévues des apports d’APP de l’Australie, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Suisse et du Royaume-Uni et d’augmentations des prêts assortis de conditions libérales consentis par des organismes multilatéraux (notamment l’IDA, le guichet concessionnel de la Banque mondiale et le FIDA). Le montant total de l’APP devrait ensuite demeurer stable de 2014 à 2016.

L’Enquête du CAD laisse augurer une réorientation de l’aide vers les pays à revenu intermédiaire de l’Extrême-Orient et d’Asie du Sud et de l’Est, principalement la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, le Sri Lanka, l’Ouzbékistan et le Vietnam, et il semble très probable que l’aide vers ces pays prendra la forme de prêts assortis de conditions libérales.

L’APP devrait en revanche stagner à destination des pays les plus en retard sur la voie de la réalisation des OMD et affichant les niveaux de pauvreté les plus élevés, comprenant des pays d’Afrique subsaharienne comme le Burundi, le Tchad, Madagascar, le Malawi et le Niger.

Dans le cadre de l’effort de transparence qu’elle a engagé, l’OCDE publiera les données par pays relatives à l’APP en volume que lui ont communiquées plusieurs donneurs .

* Accéder aux graphiques et chiffres

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Ce document est fondé sur les réponses des pays membres de l’OCDE au questionnaire anticipé sur les principaux agrégats de l’APD ainsi que sur l’Enquête du CAD sur les plans de dépenses indicatifs des donneurs. Les données peuvent être sujettes à révision. Pour plus d’informations et des renseignements sur les graphiques dynamiques, voir ici.

A PROPOS DE L’OCDE : l’OCDE est un forum mondial de politique économique. Elle fournit des analyses et conseils à ses 34 pays membres et aux autres pays à échelle mondiale, en encourageant des politiques meilleures pour une vie meilleure.

Fukushima : possible fuite d’eau radioactive dans un réservoir souterrain lemonde.fr Reporterre 2013/04/06 lemonde.fr (6 avril 2013) Fukushima : possible fuite d’eau radioactive dans un réservoir souterrain. Reporterre. Catastrophes nucléaires fr

Fukushima : possible fuite d’eau radioactive dans un réservoir souterrain

La compagnie gérant la centrale accidentée de Fukushima a fait état dans la nuit de vendredi à samedi 6 avril d’un possible écoulement d’eau contaminée dans le sol depuis un réservoir de stockage souterrain. Tepco évalue à 120 tonnes environ la quantité de liquide qui aurait fui.

Des éléments radioactifs ont été décelés dans de l’eau accumulée entre le sol autour de la cuve et la couche externe d’un revêtement imperméable au fond du réservoir, a expliqué un porte-parole de Tepco lors d’une conférence de presse nocturne. Pour y remédier, la compagnie a commencé samedi matin à transvaser à l’aide de pompes les 13 000 tonnes d’eau du réservoir 2 défectueux vers un autre.

La cuve enterrée comprend trois couches censées empêcher l’eau de s’infiltrer dans le sol. Le réservoir (de 60 mètres sur 53 m et d’une profondeur de 6 m) est situé à 800 mètres environ de l’océan et Tepco juge peu probable que l’eau radioactive puisse s’y écouler.

INCIDENTS EN CASCADE

Les incidents se multiplient ces dernières semaines à la centrale Fukushima Daiichi mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Vendredi, Tepco avait rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d’une grave panne d’électricité survenue les 18 et 19 mars. Un rat avait alors fait jonction entre deux connecteurs électriques et causé un court circuit dans les distributeurs de courant qui alimentent plusieurs systèmes de refroidissement des piscines de désactivation des assemblages de combustible usé.

Cette semaine, plusieurs autres incidents se sont produits, à cause notamment d’erreurs de manipulation d’équipements, les travailleurs œuvrant à l’extérieur dans des conditions très difficiles, en combinaisons de protection et masques intégraux. Beaucoup des moyens techniques provisoires mis en place sur le site pour éviter le pire lors de la phase aiguë de la crise sont en outre encore en service et sont de fait très vulnérables.

Pollution de l’air très élevée ces jours-ci en région parisienne Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/04/06 Camille Martin (Reporterre) (6 avril 2013) Pollution de l’air très élevée ces jours-ci en région parisienne. Reporterre. fr

Pollution de l’air très élevée ces jours-ci en région parisienne

Vendredi 5 avril : niveau 8 de pollution atmosphérique sur une échelle de un (air pur) à dix (super-grave)...

La pollution de l’air en Ile-de-France a été vendredi 5 avril très élevée (niveau 8 sur l’échelle de 1 à 10) comme chaque jour depuis le 23 mars. Samedi 6 et dimanche 7, ce n’est guère mieux : niveau 7.

La situation avait été identique une semaine d’affilée le 1er mars, et 5 jours sur 7 depuis des mois.

Source : Airparif

- Illustration de cet article : relevé du samedi 6 avril

L’exposition chronique est la plus dangereuse pour la santé. Nous y sommes depuis novembre environ.

L’Etat nous propose de rester chez nous, de ne pas faire faire de sport aux enfants et d’attendre. Comme en temps de guerre.

Bonne journée à tous et heureux ceux qui vivent hors de l’Ile-de-France depuis des mois.

Après Cahuzac : oui, il faut une VIe République Noël Mamère Reporterre 2013/04/06 Noël Mamère (6 avril 2013) Après Cahuzac : oui, il faut une VIe République. Reporterre. Tribune — fr

Après Cahuzac : oui, il faut une VIe République

L’argent, le pouvoir, la justice, la presse. Les ingrédients d’une série américaine ? Non, le quotidien de la France. En trois semaines, on a vu le pire des scénarios – comme dans un film accéléré – de ce qu’a produit la Ve République.

Deux semaines après que le Parti socialiste a mis sa fédération des Bouches-du-Rhône sous tutelle, suite à la mise en examen de deux de ses élus, dont le premier secrétaire de ladite fédération, président du conseil général et sénateur, Jean-Noël Guérini, placé en garde à vue pour trafic d’influence.

Le même jour, Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre du Budget, pilier du système Hollande, mis en examen pour fraude fiscale et blanchiment d’argent, avoue un mensonge d’Etat. Les « yeux dans les yeux » devant le président de la République, le Premier ministre, la représentation nationale, il a menti sans vergogne, s’enfonçant selon ses propres dires dans « une spirale du mensonge ».

Une République en décomposition

Ce rebondissement en forme de tragédie politique, survient après le coup de tonnerre de la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « abus de faiblesse » sur une personne âgée ne possédant plus tous ses moyens, mais à la tête d’une fortune colossale : madame Bettencourt…

Tout cela, malheureusement, en dit long sur les mœurs de la classe politique d’une République en décomposition. La réaction à cette cascade de scandales est symptomatique de cet état d’esprit.

Le syndrome du « je te tiens, tu me tiens… » a fonctionné, dans un premier temps, avec une intensité jamais égalée. L’UMP et le PS ont tenté de stigmatiser Mediapart, puis la droite s’est voulue discrète sur le cas Cahuzac, invitant la gauche, sous le couvert de sourdes menaces, à faire de même sur le cas Sarkozy.

Nous avons ensuite assisté à un festival indécent, notamment de la part des grognards du sarkozysme, tels les Hortefeux, Guéant, Balkany, Morano, Estrosi, Guaino, à des attaques personnelles contre le juge d’instruction et des remises en cause répétées de la justice qui n’a pourtant que fait son travail.

La faute de François Hollande

Maintenant, dans l’affaire Cahuzac, les hiérarques du PS se défaussent sur le « méchant », le « menteur », le Dalton de série B qui, la veille, était encore glorifié pour sa capacité à combattre le déficit public sans voir ce qui reliait sa politique à ses intérêts propres. Ils ne savaient rien. Ils ont été trompés.

Mais qui peut croire à ce boniment ? Jérôme Cahuzac n’était pas n’importe qui. Il était connu comme propriétaire d’une clinique, actionnaire d’un cabinet de conseil dépendant des laboratoires pharmaceutiques, menait un grand train de vie…

C’est pourtant lui qui a été choisi par François Hollande pour mener une politique d’austérité imposée aux Français au nom de la justice sociale.

Que le Président ait su ou non la vérité, confier à cet homme-là une fonction aussi exposée, est une faute politique, comme l’avait été son élection à la présidence de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, sous Sarkozy, qui en savait tout autant sur le personnage.

Des sacrifices, mais pour les gens de peu

Mais pourquoi cette faute a-t-elle était commise ? Cahuzac était connu pour sa « compétence » budgétaire, une compétence qu’il mettait au service d’une pensée et d’une politique uniques, celles qui s’appliquent durement aux pauvres en Grèce, à Chypre, en Espagne, au Portugal, en Italie et, maintenant, en France.

Comme je l’ai répété ici à plusieurs reprises : à l’époque de la mondialisation, la sociale-démocratie se réduit au social-libéralisme. Ceux qui incarnent et appliquent avec le plus de vigueur cette politique ultralibérale sont convaincus de ses bienfaits, car ils en sont les porteurs et parfois les bénéficiaires. Ils veulent du « sang et des larmes », mais pour les autres, les gens de peu. Ils réclament des sacrifices, mais ne suppriment pas les niches fiscales qui profitent à leurs pairs.

Sarkozy réunissait les membres du CAC 40 au Fouquet’s et Woerth organisait la collecte de fonds pour ses campagnes. Strauss-Kahn vivait dans le luxe, déconnecté du réel. Cahuzac, ce père-la-rigueur pour les classes populaires, connaissait de l’intérieur les paradis fiscaux, de la Suisse à Singapour.

Maintenir les privilèges

Toute une oligarchie politico-financière s’est constituée, avec :

ses avocats d’affaires qui font les lois, ses lobbyistes qui envahissent les couloirs de nos parlements, ses publicitaires pour qui « on a raté sa vie quand on a pas une Rolex à 50 ans », ses commentateurs attitrés qui s’attaquent d’abord à leurs confrères et absolvent les tenants d’une politique qu’ils partagent, ses fonctionnaires formés aux frais de l’Etat dans les grandes écoles, qui pantouflent dans les banques et les multinationales, ses banquiers, ses traders et ses patrons de multinationales qui crient comme des oies qu’on égorge dès qu’on leur demande de payer des impôts.

Hervé Kempf l’a dit mieux que je pourrais l’exprimer : si nous voulons répondre aux défis du XXIe siècle, il faut revenir en démocratie. Cela suppose de reconnaître l’oligarchie pour ce qu’elle est, un régime qui vise à maintenir les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.

Depuis que la démocratie a remplacé la monarchie de droit divin, il y a toujours eu des « affaires ». Mais jusqu’au début des années 80, jusqu’à la mondialisation financière, le politique avait un pouvoir de régulation. Sa capacité à modeler l’avenir national compensait sa faiblesse. Les responsables politiques représentaient les citoyens ; ils étaient l’expression des différentes classes sociales.

Une hyperclasse, hors-sol

Ce qui est en train de disparaître sous les coups de la crise, c’est leur utilité. Ils se servent sans servir, constituent une oligarchie au-dessus des citoyens, une hyperclasse, hors-sol, qui vit dans l’entre-soi, déconnectée des préoccupations de 99% de la population.

Ces gens-là ont la bonne conscience pour eux et le mépris pour les autres. Ils s’enrichissent à partir de la détention de connaissances et d’informations qu’ils détiennent grâce à la connivence entre le public et le privé, la politique et les médias. Le délit d’initiés est leur pain quotidien. Leur seule morale c’est celle du capital, leur seule vertu celle de l’argent fou, leur seule politique celle du marché.

Toutes ces affaires alimentent la montée du populisme et le vote Front national. La seule qui profite des turpitudes à répétition de nos dirigeants, c’est Marine Le Pen, la fille d’un milliardaire raciste et xénophobe qui, rappelons-le, doit sa fortune à un vieillard qui régnait jadis sur des cimenteries.

Oui, il y a vraiment quelque chose de pourri dans le royaume de France quand, successivement, deux ministres du Budget qui devraient être irréprochables sont mis en examen, quand deux anciens présidents de la République sont logés à la même enseigne.

Un référendum !

Après l’épisode Cahuzac, François Hollande pourrait faire un geste qui ne lui coûterait rien : mettre en place les bases d’une refondation de la Ve République – non comme il s’apprête à le faire de manière cosmétique pour ne pas troubler les notables d’un Congrès où il n’a pas de majorité pour changer la Constitution – pour que le peuple s’exprime.

Je sais bien que lors des référendums, les électeurs répondent souvent à d’autres questions que celles qui leur sont posées, mais nous sommes face à une telle crise morale et politique que cette fois-ci, l’affaire serait jouable.

Qui prendrait à droite la décision de dire non à des mesures telles que :

le non cumul des mandats, la refonte du statut pénal du chef de l’Etat, la lutte contre les conflits d’intérêts, la transformation du Conseil constitutionnel en une véritable Cour constitutionnelle indépendante, l’instauration de la proportionnelle aux élections législatives et, pourquoi pas, l’instauration du droit de vote pour les étrangers non communautaires ?

Soit la gauche continue à agiter ces questions comme un chiffon rouge et ne va pas au combat et elle perd à la fois son capital électoral et son honneur, soit elle se décide enfin à tenir ses promesses de campagne et se donne les moyens de gagner politiquement contre le populisme.

Buisson, idéologue de toute l’oligarchie

François Hollande en s’exprimant jeudi 28 mars sur France 2 n’a rien dit. Ou plutôt si, il a confirmé qu’il menait une politique économique qui nous mène droit dans le mur. La seule annonce, c’est une nouvelle loi de stigmatisation des musulmans. Comme si Patrick Buisson était devenu l’idéologue de toute l’oligarchie de droite et de gauche.

L’affaire Cahuzac, véritable séisme politique, permet paradoxalement de reprendre l’initiative, de montrer la différence entre l’oligarchie et la démocratie. Si la gauche ne veut pas s’enfoncer dans la crise politique, morale, sociale, elle doit donner des signes clairs sur la direction à suivre.

Face à la crise morale et politique due à la guerre d’Algérie, de Gaulle avait créé la Ve République sur les décombres de la IVe. François Hollande trouvera-t-il en lui même la détermination d’aller vers une VIe République ! Le courage, c’est maintenant !

L’étrange cadeau fiscal de Jérôme Cahuzac au promoteur immobilier Pierre et Vacances Europe Ecologie les Verts Isère Reporterre 2013/04/07 Europe Ecologie les Verts Isère (7 avril 2013) L’étrange cadeau fiscal de Jérôme Cahuzac au promoteur immobilier Pierre et Vacances. Reporterre. Enquête — Économie fr

L’étrange cadeau fiscal de Jérôme Cahuzac au promoteur immobilier Pierre et Vacances

Un amendement du gouvernement au projet de loi de Finance 2013 a prolongé pour quatre ans un dispositif fiscal très favorable au promoteur. L’amendement a été déposé par le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, peu après qu’il ait reçu le PDG de Pierre & Vacances, très directement intéressé par ce dispositif

Un amendement du gouvernement au projet de loi de Finance 2013, déposé à la dernière minute, a permis de prolonger pour 4 années un dispositif fiscal des plus contestables. L’amendement a été déposé en séance par le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, quelques jours après qu’il ait reçu en entretien le PDG de la multinationale Pierre & Vacances, très directement intéressée par ce dispositif. Coïncidence ?

Il s’agit du dispositif de défiscalisation dit « Censi-Bouvard » (similaire au dispositif « Scellier ») taillé sur mesure pour quelques grands groupes du tourisme.

En effet, le système permet de bénéficier d’un avantage fiscal de 11% sur le prix de revient d’un investissement (plafonné à 300 000 €) et d’une récupération de la TVA. Pour cela l’investisseur doit s’engager à louer son bien pendant 9 ans à un gestionnaire.

Ainsi, chaque investisseur peut économiser jusqu’à 33 000 € d’impôt sur neuf ans, soit 3 660 € par an, auxquels s’ajoute la récupération de la TVA. Le dispositif est valable pour les maisons de retraites et les résidences étudiantes ... mais aussi, plus bizarrement, pour les résidences de tourisme.

Et ainsi, l’Etat subventionne très généreusement les activités de grands groupes, devenus de véritables spécialistes du placement immobilier et dont le modèle économique repose sur ces aides publiques indispensables pour équilibrer leurs opérations.

Par ce biais, sont favorisés les complexes touristiques de grande taille au détriment des structures du tourisme doux, peu tournées vers la spéculation immobilière.

Depuis le milieu des années 1990, c’est toute la montagne française qui a été bétonnée à outrance grâce à des systèmes de défiscalisation qui ont contribué à fabriquer de véritables friches touristiques (de nombreuses résidences restent vides 11 mois sur 12 et certaines font faillites) et à mettre à mal les secteurs du tourisme social, des centres de vacances ou de l’hôtellerie traditionnelle.

Autre exemples de ce système : les Center parcs de la multinationale Pierre & Vacances, qui annonce d’ailleurs la couleur sur son site :

En devenant propriétaire d’un bien immobilier avec le Groupe Pierre & Vacances Center Parcs, vous choisissez le régime fiscal le plus intéressant au regard de votre situation patrimoniale : Censi Bouvard : location en meublé […] De plus, un investissement en Résidence de Tourisme vous assure le remboursement de la TVA, soit 19,6% sur la valeur de votre bien (pour un programme neuf). Profitez de votre investissement locatif avec le Groupe Pierre et Vacances Center Parcs pour bénéficier d’une défiscalisation immobilière avantageuse.

Lors d’une table ronde sur la politique touristique de la France, organisée au Sénat le 19 mai 2011, Gérard BREMOND, PDG de Pierre & Vacances, ne cachait pas ses attentes auprès des parlementaires :

« Nous avons actuellement un avantage fiscal, appelé « Censi-Bouvard », qui permet à la fois des opérations de rénovation lourdes et la création de villages tels que Center Parcs. Ce crédit d’impôt a été ramené à 18 %, au lieu de 25 %, suite au « coup de rabot » sur les niches fiscales intervenu en loi de finances pour 2011. Une grande incertitude plane sur ce qui va se passer en 2012 et plus encore sur ce qui se passera après. […] Les parlementaires, particulièrement les sénateurs, vont jouer un rôle important dans les débats à venir. Le terme de ces dispositifs est fixé à 2012. […] Nous avons donc besoin du soutien des parlementaires. »

Le dispositif devait donc s’arrêter en 2012, ce qui aurait bien réduit les profits de Pierre & Vacances qui a notamment plusieurs projets de Center parcs en cours : en Isère, dans la Vienne et en Saône et Loire.

Le lobbying a dû être intense en coulisse. Et il a manifestement touché les plus hautes sphères.

Ainsi on peut lire dans l’agenda du Ministère du Budget, encore en ligne sur internet :

Mardi 30 octobre : 11H00 Entretien avec Gérard BREMOND, Président du Groupe Pierre & Vacances et Jean CHABERT, Directeur général PV Développement chez Pierre & Vacances

Et 15 jours plus tard, le 14 novembre, arrivait l’amendement « n°754 » au projet de loi de Finance 2013, prolongeant pour 4 ans le « Censi-Bouvard ». Amendement défendu dans l’hémicycle par le ministre du budget en personne.

Le verbatim des échanges, confirme le circuit pour le moins inhabituel et le débat pour le moins expéditif pour un choix politique de cette importance. L’amendement n’a pas pu être débattu et étudié en commission puisque déposé au dernier moment :

- M. le président : Quel est l’avis de la commission ? - M. Christian Eckert, rapporteur général : La commission n’a pas examiné cet amendement.

De son côté, Jérôme Cahuzac est resté sobre dans la défense de cette niche fiscale :

« […] Je tiens à le souligner, cette prorogation s’appliquera également aux résidences de tourisme, qui permettent la création de nombreux emplois et contribuent incontestablement à l’attractivité touristique de notre pays. »

Le Ministre a oublié de préciser qu’aucune évaluation sérieuse des différents dispositifs de défiscalisation immobilière n’a été publiée à ce jour, alors qu’ils ont généré de nombreuses dérives dont notamment un des plus gros scandales immobiliers de l’histoire d’après les associations des victimes dans l’affaire « Appolonia » pour laquelle 23 députés viennent de demander une commission d’enquête parlementaire.

Après son rejet au Sénat, la loi de Finances 2013 est revenue à partir du 13 décembre en seconde lecture à l’assemblée nationale. L’occasion pour le groupe écologistes de déposer deux « contreamendements » :

- un 1er amendement visant à retirer les résidences de tourisme du dispositif ;

- un 2e amendement visant à limiter à une seule année la prolongation du dispositif permettant notamment la réalisation d’un bilan, ce qui n’a jamais été fait.

Dans les exposés sommaires, les députés écologistes rappellent que :

[cette] mesure n’a jamais fait l’objet d’une évaluation présentée au parlement. Prorogée d’année en année, toujours par amendements de dernière minute, ce qui démontre en soit les doutes qui ont toujours pesées sur son opportunité, il serait temps enfin qu’une évaluation sérieuse soit effectuée. Or si nous la prolongeons aujourd’hui de quatre exercices, il sera difficile d’y mettre un terme s’il s’avérait qu’elle soit sans intérêt et même contreproductif. Il est vrai qu’un certain nombre de lobbies font chaque année pression. Il est temps d’y mettre un terme.

Plusieurs députés socialistes ont suivi les écologistes, mais malheureusement ces amendements ont été rejetés à une courte majorité le 13 décembre.

Il faut néanmoins noter que le rapporteur de la loi de Finances lui-même, le socialiste Christian Eckert, a soutenu le second amendement écologiste et a déclaré dans l’assemblée :

Cela n’a plus de sens, mes chers collègues : les niches persistent, voire même se développent. Or, en l’occurrence, certaines opérations se sont révélées peu productives, ce qui rend cette niche d’autant plus fragile. […] Ce n’est pas parce que le dispositif s’appelle « Censi-Bouvard » qu’il doit être gravé dans le marbre et gagner l’éternité !

Nous, élus et militants écologistes, allons continuer à suivre de près ce dossier et à demander le bilan complet et la suppression de cette niche fiscale qui ne permet pas de concentrer les investissements immobiliers là où se situent les réels besoins : pour les résidences principales et notamment pour le logement social.

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Maryse OUJAOUDI, Secrétaire régionale EELV Rhône-Alpes Yann MONGABURU, Porte-parole EELV Isère Michèle RIVASI, Députée européenne du Sud-Est Michèle BONNETON, Députée de l’Isère Claude COMET, Conseillère régionale de Rhône-Alpes, déléguée au tourisme et à la montagne Maryvonne BOILEAU, conseillère régionale et chef de projet du CDDRA Sud-Grésivaudan Olivier BERTRAND, Conseiller général de l’Isère, délégué aux nouvelles mobilités

Sergio Bello Par Julien villalard Reporterre 2013/04/07 Par Julien villalard (7 avril 2013) Sergio Bello. Reporterre. fr

Sergio Bello

Exposition VERS LE VERT Sérgio Bello 45 ans de créations (1968 – 2013) Du 5 avril au 25 mai 2012, à la Galerie Ricardo Fernandes, Paris.

image : Les enfants terribles

L’artiste Sérgio Bello

Originaire de Recife (Nord-Est du Brésil), Sérgio Bello vit à Paris depuis 1978. Peintre et plasticien reconnu, il débute sa carrière dans son pays natal où il rencontre un vif succès qui le mène à poursuivre ses études et son travail à Paris. Artiste engagé, ses oeuvres traduisent ses préoccupations sociales et environnementales et nous invitent à la découverte d’une nature tropicale en agitation, où la faune et la flore nous interpellent sur l’urgence d’une prise de conscience écologiste.

Texte de l’artiste

Vers le Vert

Profondément indigné par le cruel manque de Vert dans notre société, toute mon oeuvre picturale témoigne de ma colère - Le Vert est un idéal, et vous l’avez oublié. Je porte en moi une graine verte, couleur de l’espérance, une graine qui va éclore en une jeune plante, chlorophylle vert tendre, rêvant de lumière, promise au miracle de la photosynthèse, cri-vert, destiné à s’ouvrir en un bourgeon rouge-vermillon.

Je me rêve en jardinier aux doigts verts qui chercherait à infuser de l’art dans la chimie. Mon atelier-pépinière se fait orangerie, haute en couleurs, des couleurs belles et rebelles, qui interpellent notre destinée commune. Je ne cesse de semer des toiles et des polyptyques naturalistes pour arroser la « Terre-Mère » d’éloges affables. Je cultive notre « Pacha-Mama » dans mes enluminures où verdissent d’exquises beautés, illuminées comme celles des livres anciens.

D’où ma révolte : mes « éco-enluminures » sont des icônes en cris, en écho logique aux souffrances de la nature. Dans toutes mes oeuvres actuelles, la sève coule, mais en ruisseaux de larmes.

Qu’on se rappelle que les premières cellules vivantes sont nées probablement dans l’eau et ont évolué vers des formes de plus en plus complexes. Les premières formes chlorophylliennes furent les algues vertes. Unicellulaires nous étions, avant d’être poissons, avant d’être singes. Verts, invertébrés et vertébrés ont germé ensemble. Les algues vertes sont nos soeurs-aquatiques. Elles ont inventé l’intelligent processus de captation des rayons solaires.

Le Vert, couleur de la connaissance. Le Vert est donc sorti des eaux. Le Vert a gagné les berges. Le Vert s’est ancré sur terre par des racines bien profondes. Il a formé des forêts primitives, des jungles, des séquoias gigantesques. Nous sommes tous issus d’un arbre généalogique. Nous avons les mêmes troncs familiaux, les mêmes branches familières et les mêmes racines premières.

Envers et contre tout, allons vers le Vert comme vers notre Bien commun. Que la Biosphère atteinte par le vertige survive par la vertu des hommes. Que le Vert insuffle sa note aux versets des poètes. Que les vers de terre cheminent, sous terre, pour aérer la terre et pour faire pousser les racines ! Et que des grandes verrières, en verres polychromes, comme les plantes, s’élancent verticales vers la lumière !

Sérgio Bello

Mandala

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Vernissage : 4 avril 2012, de 18H à 21H Dates : du 5 avril au 25 mai 2012 Horaires : du mardi au samedi, de 11H à 19H Lieu : Galerie Ricardo Fernandes Adresse : 7 rue Vertbois Paris France Métro : Temple / Art et Métiers / République Bus : 20, 56, 65 et 75

Info : www.ricardofernandes.biz

Forum citoyen Ardèche Par Julien villalard Reporterre 2013/04/08 Par Julien villalard (8 avril 2013) Forum citoyen Ardèche. Reporterre. fr

Forum citoyen Ardèche

1er Forum citoyen Samedi 13 et Dimanche 14 avril Ardèche. Villeneuve-de-Berg

TOUT le samedi & TOUT le dimanche, à partir de 10h - Entrée libre

Des espaces permanents, pédagogiques, culturels et festifs

Marché bio / La rue des initiatives / Éco-artisans et éco-entrepreneurs / Inventeurs / Stands des collectifs, des associations, des partenaires / Zone de troc. ...Jeux, ateliers, carrefour et spectacles pour les enfants, ... Les fables de Pistil, éco-fabuliste ardéchois / Photo-langage : humaine nature / Exposition de photos participative et professionnelle / Atelier de création photo / Ateliers d’écriture / L’espace Bridget Kyoto / Ciné-débats, ...

Scène ouverte aux musiques vivantes et festives : les Batucadas : Tinunda & Patoukalé, qui calerons nos pas. Chorale P. Partouche, 30 chanteurs / Jo Figaro / BaZaltiK, Quartet de musique Klezmer / Demaria trio, Trio Jazz / Octet Jazz de Schiste / Tonton Jules, Trio Blues / Les souliers à Bascule / École de Viviers musique et Danse / Hélène Deschamps / Manbouss, Acoustik roots / Liber’trad …

Restauration & troquets, produits bio et locaux

Des espaces pour débattre, échanger, découvrir... et se détendre

L’Agora du changement

Elle prendra la forme d’ateliers­-débats, de tables rondes, de projections, et permettra de décliner différents thèmes pour réfléchir à la manière de se loger, se déplacer, se nourrir…, ils mêleront témoignages et dialogues.

Le Village des possibles

Sa rue des Initiatives, sa place des Entrepreneurs, son marché bio, accueilleront des acteurs de la transition venus d’ici et d’ailleurs. Éco-hameau, biométhane, recyclage, éco-invention, jardins partagés, ressourceries, ...

L’Archipel artistique

Espace jeune public, expression artistique, fables, théâtre, scène musicale en continu, bal festif…

L’espace détente

Le local et le bio seront au menu, dans les troquets, les restaurants et sur le marché.

Samedi 13 avril

10h —12h Grand chapiteau

Ouverture du Forum - De la Lutte contre les Gaz et Huiles de Schiste à la Transition

14h —16h Grand chapiteau

Débat mouvant participatif - Pourquoi et comment la transition ?

Ateliers/débats en simultané. Maison Familiale Rurale

• Lutte contre la précarité énergétique

• L’eau essentielle pour la vie - Un bien commun public à sauvegarder, protéger ;

• De l’accaparement des terres à la maîtrise citoyenne du foncier ;

• Vers une agriculture nourricière, économe et respectueuse de l’environnement ;

• Décision citoyenne et gestion socialisée.

• Les Fables de PISTIL (14 à 15h)

• Photo-langage : Humaine Nature (15 à 16h)

Salle platane - Atelier/débat

• Quelles luttes contre l’étalement urbain ?

Salle lumière (mairie) - Ciné/Débat

• Le changement climatique et ses conséquences sur nos territoires.

Visite à la Ferme caprine du Pradel à 10h et à 14h (uniquement samedi)

• Unité de méthanisation de la ferme du Pradel

Inscription sur le stand AGNR : atelier gaz naturel renouvelable.

16h30 — 18h30

Ateliers/débats en simultané

→ Maison Familiale Rurale

• Diminuer l’empreinte énergétique et écologique de notre habitat, la démarche négaWatt ;

• Quelles épargnes citoyennes et quels mécanismes de financement pour la transition ?

• Vers une autre pratique de santé, autonome et relocalisée ;

• Changement d’alimentation et transition énergétique ;

• Éco-hameau ou éco-habitat groupé : un « vivre ensemble » solidaire.

• Les Fables de PISTIL (16h30 à 17h30)

• Photo-langage : Humaine Nature (15 à 16h)

→ Salle platane - Atelier/débat

• Quel avenir pour l’énergie nucléaire ?

→ Salle lumière (mairie) - Ciné/Débat

• Et les forêts ? Piste d’utilisation locale du bois-énergie.

→ Au Village des Possibles - Atelier/débat

• Vers l’autonomie alimentaire de nos cités :

Incroyables Comestibles aux pieds des HLM et permaculture

20h — 22h en simultané

→ Grand chapiteau - Théâtre multimédia

• « Prometheus » par la Cie Zarina Khan

→ Salle platane - Théâtre forum

• Une pièce à transformer par les spect’acteurs

→ Salle lumière (mairie) - Film

• « Peak Oil of Cuba » Un pays en autonomie énergétique

22h GRAND BAL FESTIF

Concerts avec les groupes : Duodenum Tribal & Raki Balkans Sound System

Dimanche 14 avril

10h30 —12h30

Ateliers/débats en simultané

→ Maison Familiale Rurale

• Produire de l’énergie propre en Ardèche. Les énergies renouvelables sur nos territoires ;

• 2042 : Quelle Ardèche pour après-demain ? Jeu de rôles ;

• Se nourrir : du champ à l’assiette localement.

• Décision citoyenne et gestion socialisée.

• Photo-langage : Humaine Nature (15 à 16h)

• Les Fables de PISTIL (11h30 à 12h30)

→ Salle platane - Atelier/débat

• Comment aménager et ménager les territoires pour s’engager dans la TE ?

→ Salle lumière (mairie) - Ciné/Débat

• Exemples d’autonomie énergétique : Gussing, Le Mené, Montdidier, Songhai, ...

→ Grand chapiteau - Rencontre

• Noël se fête au printemps. Le Père Noël en transition accueille petits et grands pour son atelier d’écriture « lettres d’engagement »...

14h —16h

Ateliers/débats en simultané

→ Maison Familiale Rurale

• Des villages ou territoires en transition ; comment ? Quel plan de descente énergétique ?

• 2042 : Quelle Ardèche pour après-demain ? Jeu de rôles ;

• Relocaliser les échanges par un nouvel outil : la monnaie locale complémentaire ;

• Se nourrir : du champ à l’assiette localement.

• Écologie, autonomie et simplicité : les yourtes. Atelier débat sur le Droit pour les yourtes.

• Les Fables de PISTIL (14 à 15h)

• Photo-langage : Humaine Nature (15 à 16h)

→ Salle platane - Atelier/débat

• Comment réduire nos déplacements ? La mobilité en question ?

→ Salle lumière (mairie) - Ciné/Débat

• Exemples d’autonomie énergétique : Gussing, Le Mené, Montdidier, Songhai, ...

→ Grand chapiteau - Théâtre multimédia

• « Prometheus » par la Cie Zarina Khan

16h30 — 18h30

Clôture collective

• Un autre avenir est possible !

Un nombre record d’incidents en 2013 sur le parc nucléaire français Denis Baupin Reporterre 2013/04/08 Denis Baupin (8 avril 2013) Un nombre record d’incidents en 2013 sur le parc nucléaire français. Reporterre. fr

Un nombre record d’incidents en 2013 sur le parc nucléaire français

Depuis le début de l’année, le parc nucléaire français connait un nombre record d’incidents : 218, contre 134 pour toute l’année 2012.

218. C’est le nombre d’arrêts fortuits de réacteurs nucléaires qui se sont produits entre le 1er janvier et le 2 avril 2013 (contre 134 sur toute l’année 2012). Dans une question écrite adressée jeudi 3 avril à la ministre de l’écologie, Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée Nationale, s’interroge sur « l’indisponibilité croissante des réacteurs nucléaires, liée aux incidents à répétition dus au vieillissement et à la vétusté des installations nucléaires de base".

Il souhaite « attirer l’attention du gouvernement sur cette dégradation continue de la sûreté, savoir quelles en sont les causes, quelles sont les responsabilités des instances de contrôle internes et externes, des recours à la sous-traitance et du vieillissement des installations ».

« Pour l’année 2012, rappelle-t-il, le taux de disponibilité des centrales françaises a été de 81%, contre un objectif affiché de 85%, ce qui représente une production inférieure de 3.8% aux prévisions. Ce taux d’indisponibilité est le reflet de la multiplication d’incidents, tout au long de l’année 2012, survenant sur un parc vieillissant.

Pour mémoire : incident à Penly du 4 avril 2012, dû à une fuite sur une pompe primaire rendant indisponible le réacteur n° 2 durant plusieurs mois ; arrêts intempestifs de la centrale de Saint-Laurent des Eaux le 5 avril 2012 suite à un défaut d’isolement des capteurs ; multiples incidents sur le réacteur n°1 de la centrale de Flamanville en novembre et décembre 2012 suite à un fonctionnement erratique des vannes vapeur ; incident à Belleville sur Loire en janvier 2013 suite à un départ de feu dans le local contenant les pompes empêchant pendant 6 heures, puis à nouveau pendant 15 heures, le refroidissement de la piscine d’entreposage ».

Denis Baupin interroge Delphine Batho « sur l’impact économique de tels arrêts des installations (le seul arrêt d’un réacteur à Penly aurait causé un manque à gagner de 150 millions d’euros) et sur la façon dont cette indisponibilité croissante, cette intermittence constatée et non anticipable, l’adaptation des réseaux que cela engendre, sont prises en compte dans la comparaison de la rentabilité respective des différents modes de production de l’électricité ».

Enfin, Denis Baupin demande « quelles mesures le gouvernement entend mettre en œuvre afin de réduire la vulnérabilité énergétique que fait courir à la France sa très grande dépendance à l’énergie nucléaire dans la production d’électricité combinée à la vétusté grandissante de son parc ».

La croissance économique est la cause de la crise Irmi Seidl et Angelika Zahrnt Reporterre 2013/04/08 Irmi Seidl et Angelika Zahrnt (8 avril 2013) La croissance économique est la cause de la crise. Reporterre. Tribune — fr

La croissance économique est la cause de la crise

« Tous les problèmes sont aggravés par la croissance économique et les politiques la mettant en oeuvre. La crise économique, financière et budgétaire à laquelle nous sommes confrontés trouve sa source dans la croissance visée par nos sociétés et nos économies. »

Phénomène relativement nouveau, la permanence de la croissance économique peut être datée à la fin de la seconde guerre mondiale. John R. Hicks, Prix Nobel d’économie en 1972, notait dans un article paru en 1966 (« Growth and Anti-Growth », Oxford Economic Papers 18-3) : « Il n’est en aucune façon nécessaire que les sciences économiques visent la croissance. Je me souviens personnellement d’une époque où elles n’étaient absolument pas orientées vers la croissance. Je me revois suivre un cours de principes [économiques]... en 1926-1927. Il n’était en rien question d’indice de croissance élevé. La stabilité de la majorité des secteurs économiques suffisait à nous satisfaire. »

Un historien suisse, Christian Pfister, date la croissance des pays occidentaux des années 1950 et l’appelle « syndrome des années 1950 » (« Das 1950er Syndrom. Die Epochenschwelle der Mensch-Umwelt-Beziehung zwischen Industriegesellschaft und Konsumgesellschaft », Gaia 3-2, 1994).

Selon lui, les principaux ressorts de ce syndrome ont été le pétrole bon marché, le besoin de reconstruction suivant la seconde guerre mondiale et le modèle « d’une société fordiste de consommation » qui s’est développé avant-guerre aux Etats-Unis pour être adopté après-guerre par les pays occidentaux. Depuis, les indices de croissance ont constamment décrû sans que ce phénomène ait été pris en considération.

Simultanément, il devient évident que la croissance économique n’est plus la solution à nos défis majeurs tant en matière sociétale qu’économique.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social établis, sous la houlette du Prix Nobel Joseph Stiglitz, par l’ex-président Sarkozy, témoignent de ce que le produit intérieur brut échoue à mesurer le bien-être, comme il est évident que la croissance interfère négativement avec le bien-être dans les pays riches.

RÉDUCTION DE LA FRACTURE SOCIALE

De plus, dans la majorité des pays membres de l’OCDE, les écarts de revenus ont augmenté au cours des trente dernières années. Cela a amené les trois principales organisations économiques internationales, l’OCDE, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale à plaider en faveur d’une réduction de la fracture sociale.

Dans le même temps, le taux de chômage a constamment crû depuis les années 1970 et la proportion des jeunes (15-24 ans) chômeurs est de 20 % à 50 % dans bien des pays membres de l’OCDE.

Enfin, la dette publique est montée en flèche, amenant divers pays à la limite de la banqueroute. Les problèmes environnementaux empirent, mettant en péril la vie des hommes ainsi que celle d’autres espèces.

Tout porte à croire que ces problèmes sont aggravés par la croissance économique et les politiques la mettant en oeuvre, et que la crise économique, financière et budgétaire à laquelle nous sommes confrontés trouve sa source dans la croissance visée par nos sociétés et nos économies.

Malgré cela, politiciens, économistes et représentants du monde des affaires continuent à aspirer à la croissance économique. Cela est renforcé par les médias. En particulier, face à la crise actuelle, la reprise de la croissance est considérée comme le but principal.

LES OPINIONS DIVERGENT

La croissance est supposée remplir par le biais de l’impôt les caisses publiques, et rassurer agences de notation et marchés financiers. Elle devrait permettre de réduire le taux de chômage, d’accroître les revenus des ménages et donc de stimuler la demande de biens.

Mais les opinions relatives aux façons de stimuler cette croissance lorsque les caisses sont vides divergent, si tous s’accordent cependant sur le fait d’amener la croissance à un niveau suffisant pour régler les problèmes évoqués plus haut. Les voix mettant en question la validité de cette hypothèse sont difficilement audibles voire ignorées au profit d’une exaltation des taux de croissance des pays émergents montrés comme modèles.

Qu’est-ce qui rend si forte cette fixation sur la croissance économique, et pourquoi nous y accrochons-nous ainsi ?

La réponse tient au fait que l’aide sociale, les entreprises, le secteur bancaire et financier, les marchés, l’industrie des biens de consommation et les individus sont réglés sur l’hypothèse d’une croissance constante. Et pour stimuler celle-ci, un large éventail de politiques, incluant les systèmes fiscaux, a été conçu.

Mais ces institutions et ces politiques ont été façonnées à une époque de croissance économique soutenue et de croyance en sa perpétuité. Aussi suffit-il que la croissance marque le pas, voire tende vers zéro, pour qu’elles plongent dans une crise existentielle débouchant sur le désordre politique et social.

CROISSANCE DU CHÔMAGE ET DIMINUTION DES REVENUS

Considérons l’assurance-vieillesse. Si les fonds de pension ont des difficultés à dégager un profit suffisant du fait du ralentissement de la croissance, les pensionnés deviennent très nerveux. L’industrie des biens de consommation offre un autre exemple : lorsque la sécurité de l’emploi diminue, les gens réduisent leur consommation.

Il s’ensuit que l’activité de ce secteur industriel ralentit, entraînant une croissance du chômage qui se conjugue avec la diminution des revenus, etc. Bref, une situation que chaque politicien cherchera à éviter.

Mais cette addiction du système à la croissance économique ne suffit pas à expliquer pourquoi celle-ci est si ardemment recherchée. Qu’est-ce qui nous empêche de prendre des mesures pour nous débarrasser de notre addiction à la croissance ?

L’explication de John W. Kingdon concernant l’action politique (Agendas, Alternatives, and Public Policies, Longman Classic Editions, New York, 2002) pourrait être ici pertinente : pour que les politiques changent, il faut une conjonction entre la « notoriété publique » de la nécessité de changement et l’existence de solutions au problème rencontré.

Or les solutions font ici défaut. Cela peut aussi être la raison pour laquelle les problèmes liés tant à la croissance qu’à la dépendance à la croissance font l’objet d’un tel déni. Aussi longtemps que politiciens et société ignoreront comment restructurer nos économies et notre protection sociale pour dépasser notre addiction à la croissance, nous ne devons pas nous attendre à un abandon du paradigme de la croissance.

Ainsi, le défi est d’identifier les approches existantes qui nous permettraient de nous débarrasser de cette dépendance à la croissance, de développer des concepts nous permettant de restructurer ces systèmes et de les mettre en oeuvre. Un regard attentif porté sur les secteurs et les institutions, jusqu’ici dépendants d’une croissance perpétuelle, révèle qu’y existent déjà réflexions et expériences tournées vers les réformes.

ENLEVER AUX BANQUES D’AFFAIRES LA FACULTÉ DE CRÉER DE L’ARGENT

Par exemple, des années de discussions ont balisé dans le secteur de la santé des pistes permettant de viser la réduction des dépenses sans compromettre la qualité des soins. Nous pouvons aussi nous appuyer sur les expériences réalisées par des coopératives ou des fondations promues au rang d’entités légales dans le monde de l’entreprise et, en tant que telles, bien moins soumises à la nécessité de croissance que les entreprises cotées en Bourse.

On débat également de la possibilité d’enlever aux banques d’affaires la faculté de créer de l’argent, en remettant ce monopole dans les mains des banques centrales, et de permettre ainsi un meilleur contrôle de l’expansion de la masse monétaire.

Nous avons aussi une solide expérience en matière de réduction du temps de travail qui pourrait être utilisée pour une meilleure répartition des emplois. Des pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse ont démontré qu’un système étendu d’apprentissage permet de minorer significativement le chômage des jeunes.

Nous savons aussi qu’une réforme écologique de l’impôt permettrait de faire peser celui-ci sur les ressources naturelles au lieu de grever le coût du travail, et permettrait d’augmenter le nombre d’emplois.

Il n’est donc pas indispensable de réinventer la roue, même si la créativité, l’inventivité et la disposition au changement sont nécessaires. Le passage à la post-croissance est inévitable ; il serait préférable d’y arriver, comme le pointe l’économiste canadien Peter Victor, par la voie du dessein plutôt que par celle du désastre.

Une carte « bus-vélo-voiture » à Belfort : plus besoin de posséder une voiture ! Optymo Reporterre 2013/04/08 Optymo (8 avril 2013) Une carte « bus-vélo-voiture » à Belfort : plus besoin de posséder une voiture !. Reporterre. fr

Une carte « bus-vélo-voiture » à Belfort : plus besoin de posséder une voiture !

A Belfort, une même carte permettra bientôt de passer du bus au vélo public et à la voiture partagé

Comment développer significativement la part du transport en commun dans les villes moyennes ? En misant sur une offre globale de mobilité. C’est le choix que propose Optymo pour Belfort.

La solution Optymo : une offre globale qui intègre tous les moyens de se déplacer, y compris la voiture.

Le Syndicat Mixte des Transports en Commun du Territoire de Belfort ne considère pas l’automobile comme une ennemie. Il compte au contraire en faire un moyen de développement du transport en commun urbain.

Pourquoi ? Parce que le choix du transport collectif doit s’accompagner de bénéfices immédiats, pratiques et économiques. Or, si les utilisateurs potentiels des transports en commun sont obligés de posséder une voiture pour leurs déplacements non couverts de façon efficace par les transports en commun, ils ont intérêt à utiliser leur voiture tous les jours compte tenu de l’importance de ses coûts fixes.

Pour changer les comportements, il est donc nécessaire que l’offre de transports publics réponde aux besoins de déplacements quotidiens, courts et réguliers, mais aussi, à la demande de déplacements longs effectués en voiture.

Le service autopartage (ou voiture libre-service) s’intègrera dans une offre publique qui autorise à ceux qui font le choix économique et pratique d’abandonner leur véhicule de trouver une solution d’urgence ou de loisir à leurs déplacements longs et, occasionnellement, de courtes distances.

Répondre à tous les besoins de déplacements, courts et longs.

Grâce à la carte « Pass Optymo », les Belfortains auront accès à plusieurs modes de déplacement, dont la voiture.

Sur les trajets courts et urbains, la réponse du Syndicat Mixte des Transports en Commun du Territoire de Belfort est la suivante : un réseau à haut niveau de service avec une fréquence de bus élevée (de 5 et 10 minutes) et un maillage qui dessert tous les quartiers de l’agglomération, associé à une offre de vélos en libre-service.

Sur les trajets plus longs, la voiture en libre-service (ou autopartage) sera à disposition de ceux qui feront le choix économique et pratique de ne plus posséder de véhicule en ville : ils disposeront ainsi d’une solution pour leurs déplacements longs.

Le client Optymo profitera ainsi d’une voiture en se libérant des contraintes de sa possession (prix d’achat, entretien, stationnement, assurance, etc.). En outre, il réalisera une économie conséquente de l’ordre de 500 € par mois (coût mensuel moyen d’une voiture), ce qui représente un gain important de pouvoir d’achat.

Acte I : lancement du vélo libre-service Optymo, le 22 avril 2013.

Le 22 avril, le Syndicat Mixte des Transports en Commun du Territoire de Belfort inaugurera ses 21 stations et ses 200 vélos en libre-service. Ils seront répartis selon un maillage étudié : des stations à proximité des arrêts de bus et des pôles d’activités, entre le centre-ville et les autres quartiers, en complémentarité avec l’offre de bus.

Il s’agit d’un vélo au design urbain. Il est « intelligent » et communiquant grâce à son boîtier de commande remontant les informations au serveur central. Il dispose d’une transmission sans chaîne avec un système 3 vitesses, des pneus anti-crevaison, un éclairage à leds, une selle confortable et adaptable, hautement sécurisé en et hors station, robuste, et très ergonomique.

L’accès au service se fait directement sur le vélo. La prise en main est facile et rapide : il suffira de passer son Pass Optymo sur le cadran équipé du vélo. Et pour ceux qui n’ont pas le Pass, il est possible d’utiliser un code délivré par téléphone en appelant un numéro cristal. Cette offre évoluera vers des locations de vélos en longue durée, une augmentation du parc de prêt (700 vélos) et des stations sécurisées.

A l’automne, c’est le réseau de bus qui basculera vers un réseau à haut niveau de service avec des lignes à fréquence de passage de 5 minutes. Puis, en décembre, viendra l’autopartage.

Le changement climatique va redessiner la carte des vignobles mondiaux 20 Minutes Reporterre 2013/04/08 20 Minutes (8 avril 2013) Le changement climatique va redessiner la carte des vignobles mondiaux. Reporterre. fr

Le changement climatique va redessiner la carte des vignobles mondiaux

Nous sommes en 2050. Les amateurs de vin ne dédaignent pas s’offrir quelques caisses d’un cru de Suède. Un rêve scandinave ? Peut-être pas, pour les experts en oenologie et climatologie, qui voient le changement climatique en cours redessiner la carte mondiale des vignobles.

Alors que des territoires nouveaux vont pouvoir accueillir des vignobles, les régions viticoles traditionnelles sont sous la menace de l’augmentation des températures et des sécheresses prolongées.

« Certains sont alarmistes, moi je préfère être dans le camp des optimistes », tempère Fernando Zamora, chercheur en oenologie et professeur à l’université espagnole Rovira i Virgili de Tarragone. « Je ne doute pas qu’il y aura toujours des vignobles dans les régions traditionnelles, mais il faut qu’elles réfléchissent à de nouvelles stratégies » même s’« il y aura de nouvelles zones de vignoble. Cela ne fait aucun doute ».

« En Allemagne on commence à faire des vins élégants dans des endroits où par le passé cela était excessivement difficile » et « au Danemark on commence déjà à produire du vin », souligne le chercheur.

La Tasmanie, certaines régions de Nouvelle-Zélande, le sud du Chili, l’Ontario et d’autres régions du Canada ainsi que l’Angleterre, la Moselle et la région du Rhin en Allemagne sont quelques-uns des territoires qui pourraient tirer profit du changement climatique.

« Est-ce que les régions viticoles actuelles pourront continuer à faire pousser les mêmes variétés de raisin et faire les mêmes styles de vins ? Si ce que nous savons aujourd’hui est exact, il y a fortement à en douter », renchérit Gregory Jones, professeur d’oenologie à l’université de Southern Oregon (Canada).

Fernando Zamora et Gregory Jones sont membres d’un programme international sur le changement climatique dans les forêts et l’agriculture (ACCAF) piloté par l’INRA, l’institut national de recherche agronomique.

Le Beaujolais, encore meilleur ?

Les climatologues travaillant avec l’industrie du vin prédisent que les températures vont augmenter de deux degrés Celsius d’ici 2050. Il y aura aussi plus de phénomènes climatiques extrêmes. Or, le stress hydrique, les changements brutaux de températures, les averses inopportunes et le gel sont quelques-unes des variables ayant un profond impact sur l’équilibre des sucres et de l’acidité, la maturité des tanins et la palette des arômes du vin.

Ainsi, certains vins blancs, autrefois renommés comme vifs et délicats, deviennent plus gras avec des notes florales, de même que les vins rouges de structure moyenne se sont transformés en bombes fruitées, riches et concentrées.

« En Alsace, le changement climatique est déjà un problème car il transforme le profil aromatique et l’équilibre des sucres et des acidités », dit Jean-Marc Touzard, coordinateur de l’ACCAF. Reste à savoir si le consommateur appréciera.

A l’inverse dans le Beaujolais, un climat plus chaud augmente la qualité du vin alors que les vignerons étaient autrefois contraints d’ajouter du sucre pour soutenir les niveaux d’alcool dans ses vins rouges de table.

« En 2003, lors de la canicule, nos vins ressemblaient à des Côtes du Rhône », plus haut-de-gamme, reconnaît le délégué général de l’interprofession du Beaujolais, Jean Bourjade. Dans le Languedoc, un temps plus chaud et plus sec produit des vins plus robustes avec une teneur en alcool plus élevée.

Mais « les vignerons ont déjà commencé à s’adapter en plantant des vignes plus en altitude et sur des sols différents », indique Jean-Marc Touzard. Une autre solution est de changer de variété de raisin en se tournant vers des variétés indigènes adaptées à des climats chauds tels la Sicile, la Grèce, l’Espagne ou le Portugal.

Selon Gregory Jones, « il existe pour le seul Portugal de 100 à 150 variétés indigènes dont nous ne connaissons rien encore ». « Celles les plus au sud, dans des endroits véritablement très chauds, possèdent un potentiel génétique pouvant résoudre à l’avenir les problèmes de tolérance à la chaleur" avance-t-il.

L’usine nucléaire de La Hague démunie en cas de très fortes intempéries Le Blog de jeudi Reporterre 2013/04/09 Le Blog de jeudi (9 avril 2013) L’usine nucléaire de La Hague démunie en cas de très fortes intempéries. Reporterre. fr

L’usine nucléaire de La Hague démunie en cas de très fortes intempéries

Non, il ne peut y avoir de tsunami sur le Cotentin. Mais des chutes de neige paralysant la région, oui, comme on l’a vu en mars. Qu’arriverait-il alors si se produisait un accident nucléaire dans l’usine de déchets de La Hague, secours et équipements ne pouvant arriver ? Les habitants et les élus s’interrogent.

Les chutes de neige et leurs conséquences dans la Manche amènent les élus à s’interroger sur les risques qui pourraient peser sur les sites nucléaires en cas d’intempéries paralysantes.

Comme de bien entendu, Areva ressort « blanc comme neige » ( Voir Ouest France ci-dessous) de cet épisode qui montre une fois de plus la fragilité des sites nucléaires du Cotentin. En fin d’article un reportage photo sur les évènements du 11 au 15 février et deux vidéos donnent l’ampleur du sujet.

En effet personne ne savait que des naufragés de la route se trouvaient bloqués dans la neige à deux pas du site d’Areva La Hague. C’est vers ce site que l’armée s’est dirigée en premier et avec succès. Comme l’indique un élu « il serait bon que le groupe de travail interCli (Areva, Andra et EDF Flamanville) poursuive son travail sur l’analyse de l’événement neigeux du 10 au 13 mars, et l’audition des intervenants, avant d’en tirer des recommandations pour tous les acteurs ».

Chiche ! On avait dit ça après l’étude du Pr Viel sur les leucémies de la Hague et on n’a rien fait. Alors on bouge ?

Des maires de la Manche ont douté de la capacité des secours et des industriels à faire face à un accident nucléaire en cas de fortes intempéries, évoquant un risque comparable à celui d’un « tsunami », après les chutes de neige qui ont paralysé le département à la mi-mars.

« Le blizzard, notre Tsunami local ? »

« Le blizzard, notre tsunami local ? Gardons-nous de voir la paille dans l’oeil du voisin et ne pas voir la poutre dans le nôtre. Restons vigilants " , a averti Patrick Fauchon, maire (PS) de Flamanville, commune qui abrite une centrale nucléaire et où est en construction le premier réacteur EPR français, dans une allusion à la catastrophe de Fukushima.

En raison des fortes chutes de neige et des forts vents qui avaient frappé le Cotentin durant la semaine du 11 mars, beaucoup de routes, dont des axes clés d’intervention en cas d’incident à la centrale nucléaire de sa commune, étaient restées plusieurs jours « impraticables », rappelle l’élu dans un communiqué publié en marge d’une commission locale d’information (CLI, qui réunit élus, industriels et écologistes) sur l’usine Areva de Beaumont-Hague, autre site nucléaire, situé à 23 km de Flamanville.

Coupés du monde

A l’heure où les élus manchois travaillent à tirer des leçons de Fukushima, plusieurs membres de cette CLI se sont montrés préoccupés par la neige. Durant la semaine du 11 mars, de nombreux foyers manchois s’étaient ainsi retrouvés coupés du monde, ont-ils souligné.

« C’est inadmissible, je me suis retrouvée sans téléphone, ni électricité. Même la radio ne captait pas. Durant deux jours, je n’ai pu joindre ni gendarmerie ni préfecture. Il aurait pu se produire n’importe quoi " , a déclaré vendredi à l’AFP Odile Thominet, maire UMP de Surtainville, située à 11 km de Flamanville et 28 km de Beaumont-Hague.

En outre, sur le site même d’Areva, « il y a eu des salles de repli difficile, voire impossible d’accès » pour les salariés, s’est de son côté inquiété Yann Perotte, délégué syndical FO.

Impossible de mobiliser le personnel, selon l’ASN

A Flamanville, la centrale exploitée par EDF avait déclaré un incident de niveau 0 à la suite de l’épisode neigeux, car, en cas de problème, "elle n’aurait probablement pas été en mesure de gréer (mobiliser, ndlr) le personnel dont elle aurait eu besoin dans les temps imposés" , selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), une partie du personnel habitant à plusieurs kilomètres.

Durant cet épisode, le département a été recouvert de 80 cm de neige en moyenne avec des congères de plusieurs mètres de haut.

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Voir aussi :

Ouest France, 6 avril 2013

Intempéries : Areva blanc comme neige

La sécurité de l’usine de la Hague, lors de la tempête de neige, n’a jamais été menacée, assure la direction de l’établissement Areva à l’occasion de la commission locale d’information.

Hier matin, la commission locale d’information (Cli) de l’usine Areva-Hague a examiné les conditions dans lesquelles s’était produit et avait été géré l’épisode neigeux du mois dernier. Pour mémoire, 570 agents de l’usine sont restés bloqués pendant des heures dans les cars immobilisés sur la D901, entre Beaumont-Hague et la route de Flamanville, avant d’être secourus et conduits à l’abri à Beaumont-Hague par des bénévoles locaux.

« Lorsque la préfecture a été informée que les cars étaient bloqués, indique le chef de la Protection civile, nous avons dédié les moyens qui restaient à disposition. » Mais, le lundi soir, « il en restait assez peu ». En conséquence, « les itinéraires des bus n’ont pu être dégagés que le mercredi matin ».

L’usine était en arrêt pour maintenance, a indiqué Roland Jacquet, directeur adjoint d’Areva. « Dès lundi matin à 9 h, l’ensemble de la direction était réuni et est restée sur le site pendant trois jours. Nous avons arrêté les installations qui fonctionnaient. Si les usines n’avaient pas été à l’arrêt, nous les aurions arrêtées. »

Les équipes en poste n’étant pas relevées, du fait de l’impossibilité d’arriver à l’usine, elles « sont restées en place. Nous avons organisé des rotations de travail et de repos. Nous avons toujours eu largement les effectifs de sécurité ».

Se protéger de la neige plus que du tsunami

Toujours ce lundi, les personnels en horaire normal venus en voiture ont été invités à quitter l’usine en fin de matinée, ce qui a permis à un millier de personnes de sortir de la nasse neigeuse. Les cars, eux, ne sont partis qu’à 18 h. Trop tard. Areva plaide non coupable.

« Il n’y avait pas d’interdiction de circuler pour les bus et les camions. » Effectivement, cette interdiction préfectorale n’a été prise qu’à 20 h. La situation décrite dans les documents internes fut un peu moins simple. Yann Perrotte (FO) a rappelé, en s’appuyant sur ces documents, que « des groupes diesel étaient difficilement accessibles », que « certaines salles de repli étaient impossibles d’accès ».

Logiquement, la question d’un accident nucléaire dans ces conditions d’accès impossible a été posée. « Cela relève de la Protection civile » a répondu Michel Laurent, président de la commission, et maire de Beaumont-Hague.

Patrick Fauchon, maire de Flamanville, assistait à cette assemblée, dont il n’est pas membre. Après avoir évoqué, hors réunion, la situation sur sa commune et la façon dont EDF l’a gérée, il constate que « le risque naturel extrême vent et neige est assurément plus réaliste pour les installations nucléaires de notre région que le séisme ou l’inondation. Alors même que les membres des Cli du Nord-Cotentin vont se rendre au Japon pour voir comment nos amis japonais ont géré les conséquences du tsunami du 11 mars 2011, il serait bon que le groupe de travail interCli (Areva, Andra et EDF Flamanville, ndlr) poursuive son travail sur l’analyse de l’événement neigeux du 10 au 13 mars, et l’audition des intervenants, avant d’en tirer des recommandations pour tous les acteurs ».

Notre Dame des Landes : les rapports des commissions sont en ligne, les voici Reporterre Reporterre 2013/04/09 Reporterre (9 avril 2013) Notre Dame des Landes : les rapports des commissions sont en ligne, les voici. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : les rapports des commissions sont en ligne, les voici

En PDF à télécharger

Le rapport du Collège d’experts scientifiques sur la compensation :

Le rapport de la Commission de dialogue :

Le rapport d’expertise agricole :

Vinci et corruption en Russie : Hollande a promis d’interroger la multinationale Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/04/09 Camille Martin (Reporterre) (9 avril 2013) Vinci et corruption en Russie : Hollande a promis d’interroger la multinationale. Reporterre. fr

Vinci et corruption en Russie : Hollande a promis d’interroger la multinationale

En Russie, Vinci participe au projet d’une autoroute très controversée, détruisant la forêt de Khimki. Le montage financier associe la firme française à des entités basées en Chypre. Vinci est accusée de participer à la corruption en Russie. Lors de sa visite à Moscou, François Hollande a dit qu’il parlerait à la direction de la firme.

L’entreprise Vinci est engagée dans un projet d’autoroute en Russie entre Moscou et Saint Petersbourg. Ce projet est vivement contesté par les écologistes locaux, qui s’insurgent contre la destruction de la magnifique forêt de Khimki qu’impliquerait cette autoroute, dont l’utilité n’est au demeurant pas assurée.

Vinci est accusée de s’être associée dans cette entreprise à des partenaires liés à la mafia et au blanchiment d’argent.

Comme l’a montré l’ONG Bankwatch, le projet lie ainsi Vinci avec des entreprises ayant leur siège à Chypre, un des hauts lieux du blanchiment des capitaux obscurs. Voici l’organigramme qu’a établi Bankwatch :

Voici la carte à télécharger en PDF, plus lisible :

Ces accusations ont été reprises par Eva Joly, pour qui Vinci participe à la corruption en Russie.

La firme a dans la foulée démenti cette accusation, affirmant que « Le modèle de la concession retenu pour ce projet et son montage financier sont intrinsèquement porteurs de transparence financière ».

En février dernier, Evgenia Chirikova, leader du mouvement pour sauver la forêt de Khimki, a rencontré François Hollande lors de la visite de celui-ci à Moscou.

Sur le site de l’association Save Khimki Forest, Mme Chirikova raconte qu’elle a informé le président français de l’étrange comportement de la compagnie française en Russie. Au lieu d’attirer des investissements étrangers dans le projet (comme cela était prévu par le contrat de concession), Vinci a contribué à la création d’une joint-venture avec des compagnies aux liens étranges dans des paradis fiscaux, apparemment au bénéfice de l’oligarque Arkady Rotenberg, un ami de Poutine, et d’autres milliardaires".

Selon Mme Chirikova, « M. Hollande l’a remercié pour l’information transmise, importante et nouvelle pour lui. Il a promis de parler au management de Vinci ».

Il reste à attendre que l’Elysée nous informe quand Vinci sera interrogée et ce qu’il en ressortira.

Pollution de l’air : niveaux élevés... oubliés à cause du chantage à l’emploi Jeanne Sezanne Reporterre 2013/04/09 Jeanne Sezanne (9 avril 2013) Pollution de l’air : niveaux élevés... oubliés à cause du chantage à l’emploi. Reporterre. Tribune — fr

Pollution de l’air : niveaux élevés... oubliés à cause du chantage à l’emploi

La pollution de l’air atteint régulièrement des niveaux élevés dans les grandes métropoles. Mais sans que cela suscite de réaction des pouvoirs publics ni de l’opinion. Le bilan sanitaire en est pourtant élevé et bien documenté.

L’air est irrespirable, le ciel est blanc de pollution. La qualité de l’air à Paris et dans toute l’Ile de France est restée la semaine dernière aux niveaux 7 ou 8, et a été d’environ de 8 à 9 sur une échelle allant de 1 à 10 en termes de gravité depuis le 23 mars soit près de 15 jours d’affilée.

C’est notamment l’émission de particules PM 10 dues à la combustion de diesel qui est responsable du niveau très élevé de toxicité de l’air que l’on respire. Les PM 10 sont des particules de taille inférieure à 10 µm [micromètres], soit 6 à 8 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, et qui pénètrent dans l’appareil respiratoire.

Cette situation n’est pas isolée. Ni géographiquement (les zones de vie de Lyon, Grenoble, Clermont Ferrand, Marseille, Bordeaux, Toulouse notamment subissent le même sort) ni temporellement : l’air est toxique depuis le 23 mars, et 3 jours sur 5 en moyenne depuis des mois, comme selon les relevés du site d’Airparif.

Les effets les plus grave sur la santé sont liés à l’exposition chronique, jour après jour, encore plus qu’aux pics de pollution.

Le trafic routier représente l’une des principales sources de particules dans la majorité des régions. En 2012, le seuil réglementaire de 50 µg/m3 [microgramme par mètre cube] à ne pas dépasser plus de 35 jours dans l’année n’était respecté sur aucune des stations trafic du réseau Airparif (surveillance de la qualité de l’air en Ile de France). Sur le boulevard périphérique de Paris, au niveau de la porte d’Auteuil, les niveaux étaient même près de quatre fois supérieures à ce seuil.

On est tenté de se poser la question de l’inertie des pouvoirs publics. Mais si à ce jour l’Etat n’a rien fait ou presque c’est aussi parce que nous tous, les « gens », préférons un risque réel mais diffus à un nécessaire changement de nos habitudes de vie et de déplacement.

L’absence d’information « poussée » du public est aussi responsable. L’information existe mais est très peu communiquée. Le niveau de pollution pourrait apparaitre chaque jour au même titre que la météo dans les médias nationaux et régionaux.

Et que fait donc l’Etat ?

La réponse est difficile car elle renvoie à l’argument systématiquement opposé en ce moment aux volontés d’action : le chantage à l’emploi dans un pays miné par le chômage.

Pour faire simple, la dialectique développée est :

« réglementer la circulation des modèles anciens de Diesel (principaux émetteurs de pollution) = empêcher la mobilité et donc l’accès à l’emploi pour les ménages modestes péri urbains et ruraux »

ou bien « taxer le carburant Diesel = gêner la vente des véhicules de cette motorisation = affaiblir encore PSA [Peugeot Citroën] et les emplois associés, salariés et sous-traitants ».

Cette dialectique est fausse et génère l’inertie et la peur des actions publiques.

Les solutions existent, elles demandent du courage politique :

- Le renouvellement des véhicules ne suffira pas, il faut que l’Etat encourage de façon incitative et coercitive les « bouquets de solutions » de mobilité : co-voiturage, auto partage, transports en commun, télé conférence, travail à domicile. Une nouvelle filière industrielle créatrice d’emplois peut émerger de ces solutions, dans lesquelles les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent un rôle crucial (Daimler prévoit 100 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2014). Cette nécessité est mal comprise par un Etat légitimement obsédé par la création d’emploi, avec une lecture souvent traditionnelle et court-termiste de « l’industrie », de ses moteurs, véhicules et trains.

- Il est moins cher pour la collectivité nationale d’aider, même massivement, les ménages modestes à acheter une voiture neuve (encore une fois, stimulation de l’achat de véhicules neufs qui peut être bénéfique aux emplois nationaux) que de supporter les coûts médicaux et sociaux de la pollution de l’air (assistance respiratoire sur le long terme ; cancers, asthmes, irritations de la peau).

Cette solution n’est pas mise en œuvre car elle renvoie à la différence de temporalité : l’aide au changement de véhicule grève le budget national à court terme et creuse la dette alors que les coûts sanitaires de la pollution, encaissés notamment par la Sécurité Sociale s’étalent sur des dizaines d’années. Pour rappel les principaux mandats électoraux durent 5 ans.

Comme le rappellent des chercheurs, « tout euro investi pour faire diminuer la pollution atmosphérique est plusieurs fois remboursé par le gain sanitaire et économique résultant de cette diminution ».

Voici donc le dernier communiqué de presse du ministère de l’Ecologie relatif à ce qui se nomme un « épisode de pollution ».

Le ministère rappelle que « face à ce problème majeur de santé publique, la France a présenté en 2010 un plan d’amélioration de la qualité de l’air », dont la « traduction en mesures contribuant concrètement à améliorer la qualité de l’air sur le terrain est [...] restée limitée, lente et insuffisante ».

Agissons : informons le maximum de personnes du niveau de pollution jour après jour, exigeons des pouvoirs publics des actions fortes d’interdiction et d’aide au remplacement des vieux véhicules, de substitution dès que possible du déplacement en véhicule individuel vers un mode collectif ou moins polluant, et changeons pour faire changer les autres. L’air que nous respirons n’est pas seulement la conséquence de nos actions…. mais surtout de celles des autres.

Notre Dame des Landes : bataille gagnée, pas encore la victoire Par Julien villalard Reporterre 2013/04/10 Par Julien villalard (10 avril 2013) Notre Dame des Landes : bataille gagnée, pas encore la victoire. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : bataille gagnée, pas encore la victoire

Les commissions ont remis leurs rapports. Dialogue, compensation, agriculture : sur les trois dossiers, des études supplémentaires sont recommandées. Officiellement, le projet d’aéroport n’est pas abandonné. Mais le chantier ne démarrera pas à court terme.

Les textes des trois rapports publiés le 9 avril sont à télécharger ici

AFP

Un rapport préconise des aménagements à Notre-Dame-des-Landes

La commission chargée de calmer le jeu dans l’épineux dossier de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, près de Nantes, a justifié mardi l’utilité du projet controversé. Elle a toutefois préconisé des aménagements afin d’en limiter l’impact environnemental.

Dans ses conclusions, la commission du dialogue estime que "le réaménagement de [l’actuelle aérogare de] Nantes-Atlantique n’apparaît pas (...) comme une solution viable à long terme". Elle souligne notamment que "les perspectives de trafic prévoient d’atteindre 4,2 millions de passagers autour de 2018-2020".

"Actuellement, l’aéroport de Nantes n’est pas saturé, mais le développement du trafic qui est prévisible fait penser qu’il le sera à terme de quelques années", a résumé le président de la commission, Claude Chéreau.

Le rapport remis au ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier recommande en revanche d’améliorer le projet de Notre-Dame-des-Landes en réduisant notamment "autant que possible" la surface totale de la future infrastructure.

Ses autres recommandations portent sur la réduction de la surface totale du futur aéroport. Elle souligne l’importance de réduire "autant que possible" l’emprise du projet sur les terres agricoles, notamment en réduisant la surface des parcs de stationnement et celles des activités économiques autour de l’aéroport.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et fervent partisan du futur aéroport, a immédiatement réagi en réaffirmant dans un communiqué "son attachement à poursuivre la conduite de ce projet", en promettant "dialogue" et "échange constructif".

Mais pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV), partenaire du Parti socialiste au sein du gouvernement, les conclusions de la commission au contraire "reportent sine die le projet". A ses yeux, le rapport "démontre surtout que le projet est aussi fragile que mal formaté".

Sur la zone du futur aéroport, les réactions étaient mitigées parmi les opposants, déçus du maintien du projet mais satisfaits de certains éléments des rapports, qui donnent raison selon eux à certains de leurs arguments.

EELV

Pour EEVL, les rapports rendus publics condamnent de fait le projet

La commission du dialogue, le collège d’experts scientifiques et la mission agricole viennent de remettre leurs rapports au Ministre des Transports, M. Cuvillier.

Si la commission du dialogue estime, sortant ainsi de sa feuille de route initiale, que le projet est « justifié », ses observations, recommandations et conclusions démontrent surtout que le projet est aussi fragile que mal formaté.

En effet, tant sur le dimensionnement de l’aérogare et de la piste, que sur le plan des dessertes routières et ferroviaires, ainsi que sur l’impact agricole et l’emprise foncière, le projet témoigne d’un nombre considérable de failles.

En ce qui concerne l’impact environnemental, la conclusion du collège d’experts est sans appel. La méthodologie proposée est invalidée à l’unanimité d’un point de vue scientifique. D’un point de vue juridique, sauf à s’affranchir de la loi sur l’eau et du droit communautaire, le projet ne peut être autorisé en l’état actuel.

Pour Europe Ecologie – Les Verts, la copie est bien à revoir intégralement. Toutes les interrogations posées depuis des années par les opposants sont aujourd’hui confortées et légitimées.

En l’état, la mise en œuvre de toutes les recommandations formulées dans ces rapports relève de la mission impossible et reporte sine die le projet.

Revue Terrain Par Julien villalard Reporterre 2013/04/10 Par Julien villalard (10 avril 2013) Revue Terrain. Reporterre. fr

Revue Terrain

« L’imaginaire écologique n’est pas purement fantasmé, mais parvient souvent à s’ancrer dans des pratiques quotidiennes concrètes »

L’écologie existe-t-elle ailleurs que dans l’inconscient contemporain ? C’est la question que pose l’intrigant numéro de la revue d’ethnologie Terrain, en consacrant son dossier à « l’imaginaire écologique ». Car si l’écologisme semble imprégner maintenant la culture des classes moyennes des pays occidentaux, il échoue à transformer réellement les rapports sociaux.

C’est de ce constat que sont parties les coordonnatrices du numéro, Vanessa Manceron et Marie Roué, chercheuses : « Quel lien l’écologisme établit entre le réel et le possible, entre le projet et le changement social ? », demandent-elles.

Au fil des différentes enquêtes, il apparaît que l’imaginaire écologique n’est pas purement fantasmé, mais parvient souvent à s’ancrer dans des pratiques quotidiennes concrètes. Geneviève Pruvost (CNRS) montre ainsi, dans une investigation auprès de jeunes et moins jeunes ménages ayant choisi de s’installer à la campagne dans les Cévennes et en Aveyron, que si l’utopie est moins vive que celle qui a irrigué les communautés fragiles des années 1970, l’ancrage territorial et l’engagement concret sont plus forts chez ces néoruraux écolos : reconversion graduelle à partir d’une situation prospère, choix de l’autonomie et de la sobriété, appropriation de savoir-faire manuels (autoconstruction, maraîchage) participent de choix de vie qui ne prétendent que modestement transformer le monde, mais impliquent intégralement les existences.

CULTIVER SON JARDIN

« La conversion du travail en art de vivre et en action collective visant au »bien-vivre ensemble« constitue la trame des récits de vie qui se donnent à voir comme des expériences à portée de main (...) », écrit Pruvost, qui ajoute que, « comparativement à l’idéal hippie, on voit se dessiner une autre configuration, ancrée dans le couple, centrée sur l’insertion professionnelle, la vie familiale, la construction d’un terrain et la construction d’une maison ».

En somme, l’écologisme aurait choisi de cultiver son jardin faute de pouvoir radicalement bouleverser le monde.

En ce sens, selon Manceron et Roué, il exprimerait le « dilemme contemporain : comment être à la fois ancré dans un lieu que l’on transforme à son échelle, et être un écocitoyen du monde ; comment simplifier les modes de vie et embrasser la grande complexité planétaire ; comment créer un monde commun en ignorant tout, ou à peu près tout, des mondes sociaux et relationnels dans lesquels vivent les autres humains, parfois ultramobiles, tels les migrants, et de ce qu’ils font avec l’écologie quand ils veulent bien s’en saisir ? C’est peut-être là finalement que se loge la véritable utopie contemporaine : faire du local un modèle de fonctionnement global et faire tenir ensemble les espaces sociaux disparates et cloisonnés qui le composent ».

Mais c’est oublier que l’écologisme est aussi un espace du conflit politique majeur entre deux conceptions du monde, que les anthropologues pourraient saisir à Notre-Dame-des-Landes, dans les « camps action climat », ou dans les luttes où une culture anarchiste et radicale s’hybride avec des militants environnementaux plus classiques.

N’y a-t-il pas là un imaginaire moins paisible que celui qu’analyse la revue ? En matière de conflit, Terrain préfère s’interroger sur la contradiction opposant les écologistes luttant contre des projets industriels d’implantation d’éoliennes et les entreprises qui, au nom d’une écologie techniciste, les imposent aux paysages et transforment ce qu’on appelle la nature. C’est esquisser l’idée que, derrière l’écologie, se profile le spectre néolibéral, ou capitaliste, dont l’écologie contemporaine n’a certes pas fini de se déprendre.

Hervé Kempf

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Terrain n° 60, « L’imaginaire écologique », éditions de la Maison des sciences de l’homme, 172 p., 20 €.

Vinci : le journaliste russe qui avait dénoncé la corruption de l’autoroute de Khimki vient de décéder Le Courrier de Russie // Russie Libertés Reporterre 2013/04/10 Le Courrier de Russie // Russie Libertés (10 avril 2013) Vinci : le journaliste russe qui avait dénoncé la corruption de l’autoroute de Khimki vient de décéder. Reporterre. fr

Vinci : le journaliste russe qui avait dénoncé la corruption de l’autoroute de Khimki vient de décéder

Mikhaïl Beketov était journaliste à Khimki, près de Moscou. Il avait dénoncé la corruption entourant le projet d’autoroute détruisant la forêt dans Khimki, et dans lequel est associée Vinci. Violemment passé à tabac en 2008, il était depuis paralysé. Il est décédé le 8 avril.

Mikhaïl Beketov, rédacteur en chef du journal La Pravda de Khimki et militant écologiste, est décédé lundi 8 avril 2013 à l’âge de 55 ans.

- Le Courrier de Russie

« D’après les médecins, soit il s’est étouffé du fait de problèmes de coordination, soit il est mort d’une crise cardiaque », a déclaré Stalina Gourevitch, l’avocate du journaliste. Mikhaïl Beketov avait été admis dans la journée à l’hôpital, où il devait passer des examens neurologiques. C’est à l’heure du déjeuner qu’il s’est mis à suffoquer. Les médecins ne sont pas parvenus à le réanimer.

Mikhaïl Beketov était propriétaire et rédacteur en chef du journal local La Pravda de Khimki. Dans ses articles, il se faisait notamment le critique de l’administration de Khimki, une banlieue au nord de Moscou. Le maire de la ville était à l’époque Vladimir Streltchenko, un proche de l’ancien gouverneur de la région de Moscou, Boris Gromov.

« Nous avons fait connaissance il y a six ans. Je venais tout juste, alors, d’apprendre l’existence des projets de construction d’une autoroute à travers la forêt de Khimki. Je me suis mise en quête de journalistes susceptibles de s’y intéresser. C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés. C’était un bourru de deux mètres qui avait fait son service militaire dans des zones à risques », confie Evgueniya Tchirikova, figure de proue du Mouvement pour la défense de la forêt de Khimki.

Beketov a payé cher la poignée d’articles qu’il avait consacrés à cette déforestation : le 13 novembre 2008, il avait été violemment passé à tabac sur le pas de sa porte par des inconnus. Après être resté inconscient dans le froid pendant plus d’une heure, il a finalement été transporté à l’hôpital où les médecins lui ont diagnostiqué un traumatisme crânien, une commotion cérébrale, une fracture du tibia et de multiples hématomes. Il a passé plusieurs mois dans le coma et a été amputé de la jambe droite ainsi que de trois doigts. Il avait perdu l’usage de ses jambes et de la parole.

Outre ces lourdes séquelles, le journaliste avait fait l’objet de poursuites judiciaires. En été 2010, le maire Streltchenko l’a accusé d’être à l’origine de l’attaque du bâtiment de l’administration communale par des centaines d’anarchistes et d’antifascistes. Le 10 novembre 2010, le tribunal de paix de Khimki avait imposé à Beketov une amende à hauteur de 5 000 roubles (125 euros) pour calomnie. Le journaliste a finalement été acquitté, le 10 décembre, parce que les faits étaient prescrits.

Ses agresseurs, eux, courent toujours. « Quand j’allais le voir, il me montrait sa main, sa jambe, levait les bras au ciel et me demandait quand la justice allait enfin inculper les responsables. C’était très important pour lui que ceux qui l’avaient attaqué répondent de leurs actes. Malheureusement, il nous a quittés avant de connaître leur identité », s’est attristée son avocate.

Les obsèques se tiendront dans la maison du journaliste. L’endroit où il sera enterré n’a pas encore été déterminé, mais Beketov reposera très probablement dans un des cimetières de Khimki, où ses proches et fidèles pourront venir lui rendre hommage et couvrir sa tombe de fleurs.

Son combat doit continuer

- Russie Libertés

C’est avec la plus vive émotion que Russie-Libertés a appris le décès du journaliste et écologiste russe Mikhail Beketov. Les responsables de sa mort doivent être trouvés et condamnés, et son combat doit continuer !

Mikhail Beketov, journaliste et écologiste russe, s’était battu contre la construction de l’autoroute Moscou – Saint-Pétersbourg qui menace de détruire la forêt de Khimki près de Moscou. Il a notamment révélé dans le journal local les soupçons de corruption qui pesaient sur les responsables du projet d’autoroute. Peu de temps après, en novembre 2008, il a été violemment agressé et a passé le reste de sa vie dans une chaise roulante. Son décès est donc un nouveau et terrible symbole des dangers qui pèsent sur les journalistes et les militants de la société civile, notamment les écologistes, en Russie.

Aujourd’hui l’enquête sur son agression est toujours au point mort. Qui sont les responsables ? Qui sont les commanditaires ?

Russie-Libertés rend un vibrant hommage au combat de Mikhail Beketov. Nous exigeons la vérité, nous exigeons aussi plus de protection et de respect des droits des journalistes et militants qui sont aujourd’hui menacés. Nous appelons également l’entreprise française Vinci, partenaire dans ce projet d’autoroute, à suspendre sa participation au projet tant que justice ne soit pas faite et tant que le tracé de l’autoroute, tracé anti-écologique et auquel s’oppose activement la population locale, ne soit modifié.

Après Cahuzac... il faut s’investir en politique ! Didier Harpagès Reporterre 2013/04/10 Didier Harpagès (10 avril 2013) Après Cahuzac... il faut s’investir en politique !. Reporterre. Tribune — fr

Après Cahuzac... il faut s’investir en politique !

"Dans une telle atmosphère, l’indignation a plus fière allure que la résignation ! Les questions sociales et environnementales, plus que jamais indissociables, imposent à chacun l’impérieuse nécessité de se comporter en citoyen afin de faire de la politique « à temps plein » dans la mesure de ses disponibilités."

Sale temps pour l’oligarchie française ! Tel un boxeur sonné, elle se voit contrainte de mettre un genou à terre sous les coups sévères, répétés mais légitimes, d’une justice encore indépendante qui s’est autorisée la mise en examen de Nicolas Sarkozy et Jérôme Cahuzac. A n’en pas douter, nombre de journalistes d’investigation, attachés à la liberté de la presse, apporteront dans les prochains jours d’autres révélations précieuses. En soulevant le tapis des apparences trompeuses, ils dénicheront quelques mensonges poussiéreux amassés depuis plusieurs années et dévoileront quelques vérités qui dérangeront les puissants.

La démocratie sortira-t-elle grandie à la suite de ces affaires et de l’indispensable condamnation des responsables politiques incriminés ? Espérons-le mais rien n’est moins sûr !

Dans nos sociétés « égoïstes de masse », égalisation des conditions et dépolitisation vont de pair. L’illusoire démocratie consumériste a pris le pas sur la nécessaire démocratie politique. Pourtant, le démocrate, héritier des Lumières et des multiples poussées révolutionnaires nationales et étrangères, devait, en toutes circonstances, demeurer debout et combatif. Sa douce négligence a fait de lui un paresseux, un lâche s’accommodant bien volontiers de tutelles politiques et économiques suite à la démission de son intelligence.

Conduite d’autant plus regrettable que, simultanément, le capitalisme libéral triomphant, appuyé solidement sur une concurrence sauvage, dénature, fragilise l’ordre politique en le subordonnant plus étroitement à l’ordre économique. La démocratie est sans aucun doute malade de notre immobilisme, de notre apathie.

Beaucoup pensent qu’il convient, bon gré mal gré, de s’en remettre à des experts, des personnages télégéniques et narcissiques, acteurs majeurs d’une vie politique authentiquement mise en scène, en sons et en images par d’habiles conseillers en communication et pour laquelle l’alternance des forces en présence, fragile et inefficace, est devenue le seul enjeu. La politique spectacle, le spectacle de la politique occultent LE politique.

La classe politique, plus précisément celle qui exerce ses fonctions dans les hautes sphères institutionnelles, est désespérante. Le ministre du budget agit en fraudeur. Un ex-Président de la République, celui-là même qui prétendait moraliser le capitalisme se retrouve mis en examen pour abus de faiblesse. Il aurait voulu profiter impunément de « l’argent de la vieille » sans redouter, le moins du monde, le regard et les propos accusateurs d’un juge pugnace.

Alors, la tentation serait grande de tourner le dos à cette « société du spectacle », à cette mascarade et, par voie de conséquence, de déchirer sa carte d’électeur. Souvenons-nous, toutefois, que le droit de vote est une conquête majeure des sociétés démocratiques. Il faut sans doute s’en convaincre pour ensuite ardemment la préserver !

Néanmoins, l’abstention peut-être vue également comme l’expression de ma liberté. Mais est-ce que la liberté c’est l’inaction ? Est-ce que je suis totalement libre quand je ne fais rien ? Evidemment, je peux décider librement, souverainement de ne rien faire, cependant je risque très probablement de me replier sur moi-même et de me détourner de la chose publique, l’abstention en sera sûrement la conséquence.

Il n’est désormais plus nécessaire d’être un politologue averti, un observateur scrupuleux de la vie politique française pour anticiper la montée vertigineuse du taux d’abstention lors des prochaines échéances électorales, notamment dans les espaces déshérités du champ social où bon nombre de personnes ont le sentiment amer de ne pas exister politiquement et d’être dans la file d’attente des préoccupations politiques.

De même, nul besoin d’être devin pour prévoir, malgré les éclaboussures de l’affaire Cahuzac, l’insupportable poussée des idées de l’extrême droite en général et de celles du Front National en particulier. Nauséeuse formation observant en coulisses, avec délectation, les mises en examen des ténors d’une double majorité politique institutionnelle dont elle attend le désaveu populaire afin de lui succéder au plus vite. Une gauche antilibérale, anti-productiviste, écologique, prometteuse saurait-elle empêcher l’accomplissement de ce funeste projet ?

Pourtant, dans une telle atmosphère, il nous faut redire combien l’indignation a plus fière allure que la résignation ! Les questions sociales et environnementales, plus que jamais indissociables, imposent à chacun l’impérieuse nécessité de se comporter en citoyen afin de faire de la politique « à temps plein » dans la mesure de ses disponibilités.

La sortie de la religion de la croissance, de l’économie, de l’économisme, le cheminement vers la sobriété et une société de décroissance, débarrassée des scories du scientisme, du progressisme et du productivisme, dépendent, expressément, de notre réappropriation de tous les enjeux politiques. Est-ce possible ? C’est en tout cas souhaitable car l’action politique n’appartient pas qu’aux élus.

La vie associative pourrait sans nul doute répondre à ce défi. La réactivité et la pugnacité de beaucoup d’associations (écologiques notamment) leur permet d’être bien souvent aux avant-postes de la dénonciation et de la revendication. Elles obligent alors les partis politiques à leur emboîter le pas.

De même, ainsi que le suggère Serge Latouche, « des aménagements de la représentation, comme le droit de révocation des élus, l’organisation d’états généraux, le référendum d’initiative populaire et le recours à la participation directe dans certains cas (les budgets participatifs de Porto Alegre, par exemple), le bon usage des conférences de citoyens » peuvent constituer assurément des initiatives heureuses. De plus, la garantie de la liberté et de l’indépendance des médias conférera à ceux-ci le pouvoir d’arrêter le pouvoir des oligarques scandaleusement juchés au dessus des lois.

Tout pouvoir appelle donc un contre-pouvoir que nous pouvons organiser en prenant nos responsabilités et en ne cédant pas à la facilité du « nombrilisme » passif et conformiste. Une fois le désir de démocratie revivifié, la délégation de pouvoir, au demeurant nécessaire et légitime, ne suffira plus et ne garantira plus l’exercice de notre souveraineté. Une participation active de toute la population doit favoriser la transformation de nos sociétés afin de les rendre autonomes et responsables, conviviales, et solidaires.

A la verticalité vieillissante, desséchante et probablement bientôt obsolète du pouvoir politique, les indignés, et en priorité les plus jeunes d’entre eux, oseront lui substituer son horizontalité libératrice, émancipatrice, novatrice. Une vie démocratique "par en bas" enfin restructurée, ranimée, restaurée ! Pourquoi ne pas espérer, chez les hommes, un sens social aussi intense que celui des abeilles ? Plus celles-ci sont nombreuses, plus elles sont heureuses !

Un président qui roule dans un vieux tacot AFP Reporterre 2013/04/10 AFP (10 avril 2013) Un président qui roule dans un vieux tacot. Reporterre. fr

Un président qui roule dans un vieux tacot

On peut avoir du pouvoir et ne pas vouloir les signes du pouvoir. José Mujica, le président de l’Uruguay, continue à vivre simplement.

« Je ne suis pas un président pauvre, j’ai besoin de peu », explique à l’AFP l’iconoclaste président uruguayen José Mujica, qui reverse presque 90% de son salaire de 9.300 euros à une organisation d’aide au logement et critique la « société de consommation » ainsi que son « hypocrisie » sur la toxicomanie ou l’avortement.

« Je vis dans l’austérité, la renonciation. J’ai besoin de peu pour vivre. Je suis arrivé à cette conclusion parce que j’ai été prisonnier durant quatorze ans, dont dix où, si la nuit, on me donnait un matelas, j’étais content », raconte cet ancien guérillero tupamaro, emprisonné sous la dictature (1973-1985).

Elu président de l’Uruguay en 2010 sous la bannière d’une coalition de gauche, « Pépé », comme le surnomment les Uruguayens, affiche en effet de solides convictions concernant l’« esclavagisme » moderne consistant « à vivre pour travailler » au lieu de « travailler pour vivre ».

« Le bonheur sur terre (...) ce sont quatre ou cinq choses, les mêmes depuis l’époque de Homère : l’amour, les enfants, une poignée d’amis... », énumère ce président moustachu à l’allure débonnaire, qui ne porte jamais de cravate et apprécie peu les gardes du corps.

Une antienne développée à la tribune du Sommet de l’ONU pour la Terre de Rio, fin juin 2012, et son discours a depuis été vu plusieurs dizaines de milliers de fois sur des sites de partage de vidéo, lui attirant une renommée mondiale.

« Les pauvres ne sont pas ceux qui ont peu mais ceux qui veulent beaucoup », répète-t-il au cours d’un entretien accordé à l’AFP dans son bureau de la présidence encombré de maquettes, poupées et statuettes, offertes en grande partie par des investisseurs chinois.

Sa plus grande richesse ? Le temps. « Quand j’achète quelque chose avec de l’argent, je le paie avec le temps que j’ai passé à gagner cet argent », souligne celui qui a déclaré en mars 2012, à 76 ans, un patrimoine de 170.000 euros, constitué de sa ferme, deux vieilles Volkswagen, trois tracteurs et du matériel agricole.

Théoricien, il n’en reste pas moins politique. Et pragmatique. « Nous serions des imbéciles si nous n’intégrions pas (dans le Mercosur) celui qui a l’énergie », déclare-t-il notamment à propos de l’entrée récente du Venezuela dans le marché commun constitué de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay.

« Je ne crois pas que la géopolitique détermine seule l’Histoire, mais elle existe, et il est très important » d’en tenir compte, explique-t-il.

Critiquant « l’hypocrisie » des sociétés modernes et des dirigeants mondiaux, il a aussi lancé en juin un vaste débat, qui a dépassé les frontières de ce petit pays de 3,3 millions d’habitants, sur la production et la vente de cannabis sous contrôle de l’Etat, afin de lutter contre le trafic et la toxicomanie.

« Toutes les addictions sont mauvaises », estime M. Mujica, pour autant, « il y a toujours eu de la drogue, les drogues sont bibliques » et « certains n’auraient pas peint ce qu’ils ont peint s’ils n’avaient pas consommé de la drogue... », ajoute-t-il, un sourire provocateur aux lèvres.

Interrogé sur l’interdiction de l’avortement alors que la gauche dirige le pays depuis 2005, il reconnaît des blocages « philosophiques, religieux, intimes », jusque dans les rangs de son parti.

Cette question « devrait être résolue par un vote direct de toutes les femmes d’Uruguay. Et que nous, les hommes, nous nous taisions ! », s’emporte-t-il.

A propos de la France, il déclare, ironique : « En bon pays sous-développé, nous admirons Paris ». Et poursuit : « Paris m’émerveille parce que toutes les formes de négritude qui existent au monde (y) sont représentées ». Avant de se réjouir : les Parisiens « vont tous finir café au lait ! »

L’agriculture bio ne progresse plus en France AFP Reporterre 2013/04/11 AFP (11 avril 2013) L’agriculture bio ne progresse plus en France. Reporterre. fr

L’agriculture bio ne progresse plus en France

Les demandes de conversion d’agriculteurs vers le bio se tarissent. En cause, le tassement de différentiel de prix entre produits bio et conventionnels.

Après des années d’essor, les demandes de conversion en agriculture bio subissent un coup d’arrêt, assure le président de l’Agence Bio Etienne Gangneron, qui attribue ce revers à un tassement des prix entre bio et conventionnel.

« Dans certaines régions, on n’a aucun dossier de conversion depuis le début de l’année » a indiqué mardi 9 avril M. Gangneron pour qui le mouvement « a commencé en 2012 », sans qu’il ait encore de chiffres disponibles à avancer.

« Un secteur se maintenait encore, celui du vin, mais les prix ont commencé à baisser à leur tour », a-t-il ajouté. Or c’est justement le tassement du différentiel de prix entre produits bio et non bio qui rend la conversion et sa prise de risque trop aléatoire, alors que les rendements sont moindres par rapport au gain escompté par le producteur, explique-t-il.

Période de conversion difficile

« C’est particulièrement vrai dans les céréales et les viandes : je pourrais même parfois vendre des animaux bio moins cher », affirme M. Gangneron, lui-même agriculteur bio dans le Cher.

Il y a dix ans, la tonne de blé était payée 100 euros au producteur, contre 240 environ aujourd’hui (voire plus de 280 l’été dernier). Même si le prix du bio a lui aussi augmenté, le plus que doublement du prix du blé conventionnel, « rend le bio moins attrayant », insiste à son tour Christophe Cardet, conseiller en maraîchage bio à la Chambre d’agriculture du Maine-et-Loire.

La période de conversion est particulièrement difficile pour l’agriculteur, notent les experts : pendant trois ans il est soumis aux contraintes de la production bio sans pouvoir vendre ses produits comme tel.

La ville d’Arcachon distribue des vélos aux habitants CarFree Reporterre 2013/04/11 CarFree (11 avril 2013) La ville d’Arcachon distribue des vélos aux habitants. Reporterre. fr

La ville d’Arcachon distribue des vélos aux habitants

Faut-il donner des vélos aux gens pour limiter le nombre de voitures en ville ? C’est ce que pense la mairie d’Arcachon (11 000 habitants), qui a distribué gratuitement 300 vélos fin janvier et qui prévoit d’en distribuer au total 3 000.

On connaissait le Vélo en Libre Service (VLS) comme Vélo-v ou Vélib’, voici le VDM (Vélo Donné par la Mairie), un concept nouveau développé à Arcachon. Le maire de la ville souhaite que le vélo devienne « un moyen de transport et plus seulement un loisir ».

Pour y parvenir, la ville a développé une quinzaine de kilomètres de pistes cyclables et souhaité mettre en place un système de vélos en libre service. Après avoir réalisé un devis auprès de deux sociétés, il apparaissait que la mise en place d’un système de vélos en libre-service type Vélib’ à l’échelle de la ville coûterait pas loin de 800.000 euros par an, beaucoup trop cher pour les finances de la ville.

La mairie a alors décidé de mettre en place un système de don de vélos, pour environ 400.000 euros, soit deux fois moins cher. Pour cette somme, la ville peut offrir à 3.000 de ses concitoyens un vélo d’une valeur de 137 euros (le modèle Cambridge de la société française Arcade Cycles).

Les conditions pour recevoir un vélo gratuit ? En faire la demande, présenter un justificatif de taxe d’habitation et un certificat médical d’aptitude, puis signer une charte de bonne conduite – où l’on s’engage notamment à ne pas revendre le vélo.

Apparemment, fin janvier déjà 1 600 Arcachonais se sont portés candidats à l’obtention de l’un de ces vélos. La distribution va donc se poursuivre dans les semaines qui viennent.

Alors, bonne ou mauvaise idée ? Sur le plan local, la mesure mise en place par le maire UMP n’a pas fait que des partisans et les débats semblent avoir été houleux au Conseil municipal. Dans l’opposition, certains pensent qu’il aurait fallu mettre en place des critères sociaux, au lieu de distribuer indifféremment des vélos aux gens qui en veulent.

D’autres élus parlent de « démagogie » , de « coût élevé en période de crise » ou semblent dire qu’il aurait été préférable de sécuriser les pistes cyclables et de développer « les parkings à vélo insuffisants ».

Plus étrange, la position de l’élu Vert local : « Je vote contre même si j’encourage la pratique du vélo. » En outre, le même élu Vert dit carrément qu’il aurait préféré qu’on développe l’autopartage !

Un Vert qui préfère développer l’autopartage plutôt que donner des vélos aux gens ? Voilà au moins une mesure qui ne laisse pas indifférent…

Ces projets de golf qui dévorent les terres agricoles Sophie Chapelle (Basta Mag) Reporterre 2013/04/11 Sophie Chapelle (Basta Mag) (11 avril 2013) Ces projets de golf qui dévorent les terres agricoles. Reporterre. fr

Ces projets de golf qui dévorent les terres agricoles

Des golfs et des villas présentés comme écolo-compatibles à la place de terres agricoles ? Cela se passe dans le Gard, près d’Alès, où une enquête d’utilité publique vise 300 hectares de terres pour y aménager une zone résidentielle et touristique assortie de deux terrains de golf. Des habitants pointent des lacunes dans l’information et critiquent la destruction des dernières terres agricoles ainsi que le gaspillage des ressources en eau. Un Notre-Dame-des-Landes version golfique ?

« C’est un projet inutile et coûteux qui sacrifie des terres agricoles. » Nous ne sommes pas à Notre-Dame-des-Landes, mais à Saint-Hilaire-de-Brethmas, près d’Alès (Gard). Dans cette commune de 4 000 habitants, deux terrains de golf pourraient voir le jour, sur une surface de 195 hectares. Ils s’inscrivent dans un projet de Zone d’aménagement différé (ZAD) qui prévoit la construction de villas, une zone d’activités « éco-environnementale » et une zone dédiée au tourisme.

Pour la Communauté d’agglomération du Grand Alès qui porte le projet, ces 300 hectares pourraient donner un nouvel élan économique et touristique à la région. « C’est surtout la dernière zone naturelle et agricole de la commune qui pourrait être rayée de la carte », rétorquent les opposants au projet.

Golfs et villas écolo-compatibles ?

« Ce que nous dénonçons, c’est le manque de concertation autour de ce projet autoproclamé éco-compatible », explique Rémy Coulet, membre de l’association Saint-Hilaire Durable. Créée en 2008, elle vise à « exercer une vigilance citoyenne sur l’environnement de la commune ».

A l’époque, de nombreux propriétaires adhèrent à l’association en raison des craintes d’expropriation liées à la ZAD. Mais, faute d’informations « beaucoup pensaient que le projet ne se ferait pas », souligne Rémy Coulet. L’ouverture de l’enquête publique le 19 mars l’a remis dans l’actualité locale.

La communauté d’agglomération envisage de donner naissance à un nouveau « poumon vert ». « Sur les 195 hectares du golf, 50 hectares seront classés "zone verte et naturelle" et formeront des bois laissés intacts, ne nécessitant pas d’eau », rapporte le journal de l’Agglo.

Carte en main, Rémy Coulet voit surtout dans ce projet la disparition programmée des terres agricoles. « Sur les 180 hectares de zone agricole actuellement recensés, il n’en restera que 30 », relève t-il.

Menaces d’expropriations

L’équivalent d’un département de terres agricoles disparaît tous les sept ans en France. « De 54 000 hectares de terres artificialisées par an (1982-1992), nous atteignons les 86 000 hectares par an en 2010 », détaille André Torre, économiste et directeur de recherche à l’Inra (lire l’entretien). Le projet de ZAD golfique vient alimenter une concurrence déjà féroce dans l’utilisation de la terre entre l’agriculture, les loisirs et l’habitat.

La plupart des propriétaires ont accepté de céder leurs terrains au prix proposé par l’Agglomération. « 20 000 euros par hectare, soit 3 fois et demie le prix de la terre agricole », avance Rémy Coulet. Les propriétaires récalcitrants pourraient désormais être menacés d’expropriation. « En raison d’une utilité publique, on ne peut pas exclure que le Préfet en réalise », a reconnu le maire de Saint-Hilaire lors d’une réunion publique le 20 décembre dernier.

Un projet très consommateur en eau

« La consommation en eau d’un golf de 18 trous est équivalente à celle d’une ville de 15 000 habitants environ », pointent les détracteurs du projet. Qui ajoutent qu’un golf supplémentaire de 9 trous est aussi prévu à Saint-Hilaire.

L’un des coordinateurs du projet reconnaît que la création d’un tel équipement pose inévitablement la question de l’arrosage. Mais il se veut rassurant : « Le premier maillon du dispositif consistera à sélectionner et semer une herbe peu consommatrice en eau. Seuls 40 hectares seraient véritablement concernés par l’arrosage ».

Ce qui représente quand même 243 000 m3/an, selon le rapport du bureau d’étude pour le dossier de Déclaration d’utilité publique qu’a pu consulter l’association Saint-Hilaire Durable. Dans une région où la sécheresse est de plus en plus présente...

En période de pointe (juillet), le besoin s’élève à 58 169 m3. D’où la nécessité de stocker 154 000 m3 pendant 92 jours pour éviter de puiser dans une ressource en eau devenue rare. Un bassin de rétention de 250 000 m3 devrait également être construit.

« Cette réserve d’eau sera naturellement alimentée durant le printemps et l’automne et permettra de tenir sans aucun pompage dans la nappe phréatique durant toute la période estivale, du 15 juin au 15 septembre », promet l’Agglo. Difficile d’en savoir plus. Aucun compte-rendu de l’avis du Syndicat mixte d’aménagement et de gestion équilibrée des Gardons, ne figure dans le dossier de déclaration d’utilité publique.

Projet alternatif

« Accroître l’attractivité du territoire » a un prix : 20 millions d’euros selon les chiffres avancés par la communauté d’agglomération. Aucune décision n’a encore été prise quant au mode de gestion du futur golf.

Le 2 mars dernier, Saint-Hilaire Durable a présenté un projet alternatif à la ZAD. Sur le plan agricole, l’association propose de développer les zones actuellement cultivées par l’aide à l’installation de jeunes agriculteurs, en vue d’alimenter les cantines scolaires du bassin alésien. Elle encourage également à la création d’habitats groupés participatifs et socialement accessibles, dans les zones déjà urbanisées.

« Ces propositions visent à montrer que l’on peut conserver le caractère rural, agricole et libre d’accès de cette zone, tout en créant des activités pérennes agricoles, en lien avec les besoins du bassin de la population », souligne Rémy Coulet.

L’association Saint-Hilaire Durable promet de multiplier les actions. « Les élus de la communauté d’agglomération se comportent comme si l’artificialisation des terres agricoles, le réchauffement climatique, les sécheresses et la pénurie d’eau douce autour de l’arc méditerranéen n’étaient que des chimères de la communauté scientifique et non une réalité en marche », souligne Rémy Coulet.

Depuis le 19 mars, les citoyens peuvent consulter le dossier pendant un peu plus d’un mois et apporter leurs remarques. Avec un bémol : la possibilité pour le Préfet de ne pas tenir compte de l’enquête publique et d’autoriser les travaux.

Non, l’Etat ne doit pas privatiser l’énergie hydraulique Front de Gauche Reporterre 2013/04/11 Front de Gauche (11 avril 2013) Non, l’Etat ne doit pas privatiser l’énergie hydraulique. Reporterre. Tribune — fr

Non, l’Etat ne doit pas privatiser l’énergie hydraulique

L’Etat s’apprête à privatiser les barrages hydrauliques, construits par la puissance publique, et dont les profits vont partir à l’étranger plutôt que de financer une nouvelle politique énergétique. On peut encore empêcher cet acte absurde.

Contre l’ouverture à la concurrence des ouvrages hydroélectriques

Sensibilisés par leur formation, leur métier, ou comme simples citoyens à la production d’électricité hydraulique, les signataires expriment leur vive inquiétude face au projet d’ouverture à la concurrence en 2014 des concessions arrivant à expiration.

La production d’électricité d’origine hydraulique a une place déterminante à occuper dans le cadre de la mutation énergétique que tout le monde s’accorde à reconnaître comme indispensable, au delà de la diversité des projets.

Les opérateurs publics traditionnels sur les installations dont l’Etat est propriétaire, EDF, GDF et la CNR [Compagnie nationale du Rhône], sont choisis jusqu’ici de gré à gré. Ils disposent d’une expérience unique et ont fait la preuve de leur efficacité en matière de gestion de la ressource hydraulique dans l’intérêt général.

On s’interroge en revanche sur la motivation des groupes privés candidats à la concession tels que Direct Energie (français), E-ON (n°1 allemand), Alpiq (suisse), ENEL (italien) et Vattenfall (suédois). Sans doute sont-ils attirés par les faibles investissements nécessaires à l’exploitation et la perspective d’augmentation considérable des marges dans le contexte de fortes hausses des prix de l’électricité.

Les investissements ne concerneront que l’entretien de barrages largement amortis financièrement. En effet, l’augmentation de 10% de la capacité de production hydroélectrique prévue dans le mix énergétique français en 2020 sera obtenue par l’amélioration du rendement des installations existantes et l’accroissement de la puissance des turbines.

De plus, la vente par lots successifs des concessions à plusieurs opérateurs justifie les plus grandes inquiétudes en matière d’efficacité de gestion de la ressource et de sécurité. Ainsi dans notre région, un des lots ouverts à la concurrence en 2014 comprend les ouvrages de Cordéac/Le Sautet et Saint-Pierre-Cognet, tandis que dans la même vallée du Drac, les barrages de Notre-Dame-de-Commiers et de Monteynard seront privatisés plus tard et risquent d’être gérés par un exploitant différent !

Les signataires demandent que, comme l’ont fait notamment l’Autriche et l’Italie, la France prenne toutes les dispositions législatives pour repousser l’échéance de l’ouverture au marché des concessions hydrauliques. Ils demandent que soit préservée durablement la maîtrise publique du secteur – l’abrogation de la loi NOME (Nouvelle organisation des marchés de l’électricité) en étant un passage obligé - à travers les opérateurs historiques que sont EDF, GDF et la CNR.

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PREMIERS SIGNATAIRES

Annie DAVID Sénatrice de l’Isère Philippe BELLEUDY Professeur à l’Université Joseph Fourier, Laboratoire d’Etude des Transferts en Hydrologie et Environnement Claude BERTRAND, Président du SIERG Max GENEVOIS Vice-Président du Sierg, Oz en Oisans Serge GROS Maire de Vizille Jacques NIVON maire de Champ sur Drac Charles OBLED Professeur émérite INPG, ex Ecole Nationale Supérieure d’Hydraulique et de Mécanique de Grenoble Jean-Marc VENGEON guide de haute montagne, expert sur les projets du Pôle Alpin Risques Naturels, Saint Mury Monteymond Le Conseil municipal d’ALLEMONT soutient unanimement cette pétition (réunion interne du 20 Février 2012)

Texte proposé par des militants du Front de Gauche (collectif Campus de Grenoble) :

Annie BREYTON, ancienne Conseillère Régionale, Claudine KAHANE, Gérard CHOUTEAU, Jean-François DAÏAN, Guy LUCAZEAU, Jean Marc THORENT.

Lancement de la campagne Stop Paying / Ne payons plus leur crise Les Désobéissants Reporterre 2013/04/11 Les Désobéissants (11 avril 2013) Lancement de la campagne Stop Paying / Ne payons plus leur crise. Reporterre. fr

Lancement de la campagne Stop Paying / Ne payons plus leur crise

Les désobéissants appuient la démarche initiée par des indignés et visant à rendre possible une désobéissance civile massive à la dette et aux charges imposées aux peuples d’Europe par les marchés financiers.

Cette campagne, « Stop paying », vise à réunir les conditions pour déclencher la plus vaste campagne de désobéissance civile jamais vue en Europe :

une pétition est lancée, qui vise à réunir trois millions de personnes s’engageant à cesser de payer (leurs mensualités de crédits, leurs impôts illégitimes, leur électricité, les transports en commun, etc.) dès lors que le chiffre de 3 millions, justement, aura été atteint.

Le 13 avril, des rassemblements se tiendront dans plusieurs dizaines de villes, en parallèle de la manifestation d’occupation et de semailles de la Zone à défendre de Notre-Dame des Landes. Ces rassemblements visent à discuter des modalités de cette campagne, et à lui donner une visibilité importante.

Signez la pétition.

Choisissez votre rassemblement (23 villes à ce jour) :

Bordeaux : 14h place de la Bourse

Chambéry : 14h place du 8 mai 1945

Clermont-Ferrand : 14h Place de Jaude

Gap : 13h Place Jean Marcelin

La Réunion : 17h Saint-Denis Préfecture

Lille : 14h lieu inconnu

Lyon : 14h Place Bellecour

Marseille : 14h Vieux Port

Metz :14h Place de la République

Mont-de-Marsan : 14h lieu inconnu

Montpellier : 14h Place de la Comédie

Nice : 14h Place Masséna

Nîmes : 14h Maison Carré

Paris : 14h Place de la Bourse

Perpignan : 14h, Castillet, place de la Victoire

Poitiers : https://www.facebook.com/events/309440485851159/

Reims : 14h Place Drouet D’Erlon

Rennes : 14h Place de la Mairie

Rodez : 14h Place d’Armes

Sables d’Olonne : 14h la Grande Plage, au niveau de l’horloge

St-Etienne : 14h Place Jean Jaurès

Toulouse : 14h Place du Capitole

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Extraits du texte d’appel de la campagne Stop Paying :

Nous ne voulons plus payer ces dettes odieuses [concept de droit international qui renvoie à leur caractère illégitime - note des Désobéissants] privées et publiques qui nous asservissent, provoquent des destructions écologiques, laminent les principes démocratiques et les droits sociaux, entretiennent les communautarismes, alimentent les conflits militaires et conduisent aux guerres civiles.

Nous ne voulons plus payer ni la corruption des États ni le totalitarisme des marchés boursiers qui répondent à la contestation par la coercition, avec des politiques dites sécuritaires (en réalité de surveillance et de répression policières) et appuyées par des discours de plus en plus déshumanisants, ouvertement xénophobes (...)

Nous refusons de payer pour l’accès aux biens communs et aux services publics élémentaires (logement, éducation, santé, communications, culture, transports, eau, chauffage, électricité, etc.). Nous refusons de payer pour des politiques de grands projets inutiles qui démantèlent les droits sociaux gagnés grâce aux luttes menées par nos aînés.

(...) Nos situations sont différentes, nos raisons de ne plus payer le sont également : certains s’engageront à ne pas payer les transports, d’autres les frais de santé, d’autres les crédits, d’autres les loyers, d’autres un peu tout cela à la fois… avec le soutien de tous ici, et avec le réseau de ceux qui refusent de payer l’inacceptable.

Nous voulons bâtir avec nos propres moyens une société répondant à nos aspirations légitimes, contre les gouvernements à la botte du commerce international. Dès maintenant nous construisons des solidarités concrètes, nous ré-inventons, découvrons et renforçons des modes d’échanges équitables et horizontaux.

(...)

Reporterre cherche son logo Par Julien villalard Reporterre 2013/04/12 Par Julien villalard (12 avril 2013) Reporterre cherche son logo. Reporterre. Tribune — fr

Reporterre cherche son logo

cherche son logo Créatifs de tous poils à vos plumes et à vos souris ! Merci pour toutes les propositions déjà reçues. Dernière ligne droite avant le 20 avril : Vous avez jusqu’au 20 avril 2013 pour envoyer votre création. Merci de votre contribution bénévole !

APPEL

REPORTERRE cherche son logo.

Basée sur le graphisme, la nouvelle identité visuelle intègrera le nom « Reporterre le site de l’écologie ».

Elle doit exprimer les valeurs d’information et d’écologie qui fondent l’ambition du site.

Le logo doit être facile à décliner (miniaturisation, papier, exploitable en couleur comme en noir et blanc…)

Pour plus d’informations ou pour adresser votre création :

planete (arobase) reporterre.net

ou :

Reporterre-La Pile (association pour la presse libre indépendante et écologique)

60, rue des Vignoles, 75020 Paris

Un pionnier vert en terrain minier : Loos en transition Philippe Brochen (Libération) Reporterre 2013/04/12 Philippe Brochen (Libération) (12 avril 2013) Un pionnier vert en terrain minier : Loos en transition. Reporterre. fr

Un pionnier vert en terrain minier : Loos en transition

Dans ce bourg du Pas-de-Calais, les gueules noires tiennent leur revanche énergétique. À force de volonté politique, leur territoire est devenu un modèle de mise en œuvre du développement durable.

Un parc de panneaux photovoltaïques voisine avec les deux plus grands terrils d’Europe. L’image est belle, les photos aussi. Pour un peu, on dirait un cliché fumeux d’agence de communication. Il n’en est rien. Aux côtés - entre autres - de l’écoquartier résidentiel londonien de BedZED et de Fribourg, ville allemande pionnière en écologie urbaine depuis une vingtaine d’années, le village de Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais, fait office de vitrine pour le développement durable appliqué.

Au point que la commune de 7 000 habitants (pour 3 500 logements), qui jouxte Lens, reçoit chaque année des centaines de visiteurs (scientifiques, politiques, syndicalistes, militants, architectes, journalistes, écotouristes…) aimantés par la singularité de cette cité minière plombée par l’arrêt de l’extraction du charbon en 1986 qui s’est muée en pionnier des énergies douces. Et, partant, en exemple d’une transition énergétique concrète en matière d’urbanisme et d’habitat.

Horloge astronomique

A Loos, la réalité a dépassé l’affliction. Mais, Grand Dieu, par quel miracle ? Laissons le divin en dehors de l’affaire, et promenons-nous le nez au vent, sur un mode impressionniste, dans cette vaste (1 270 hectares) commune qui respire la campagne avec ses innombrables quartiers de maisonnettes en briques séparés par une verdure omniprésente.

Premier constat : mis à part quelques petits bâtiments collectifs récents à l’architecture singulière, rien ne laisse supposer que l’on se trouve ici dans un laboratoire de la transition énergétique. Difficile, en effet, de soupçonner, derrière les façades des bâtiments publics, les efforts réalisés en matière d’isolation. Ou encore le recours systématique à l’écoconstruction dans les édifices communaux et dans les logements sociaux.

Impossible aussi de deviner que l’installation de chaudières à condensation dans deux écoles et deux salles municipales a permis de réduire de 20% les dépenses de chauffage. Ou que, dans les rues, l’utilisation d’horloges astronomiques fait réaliser à la commune 20% d’économies sur la globalité de son parc d’éclairages publics.

Dès lors, comment procéder ? Une visite au garage de la municipalité, qui compte six véhicules GNV (gaz naturel non polluant, à ne pas confondre avec le GPL, gaz de pétrole liquéfié) et une voiture électrique, offre une première illustration concrète. La ceinture verte de 15 kilomètres, qui marque les limites de l’urbanisation de la commune et favorise l’écomobilité en permettant aux habitants de se déplacer à bicyclette dans une zone sécurisée, itou.

Et si on lève les yeux au ciel, en s’arrêtant sur le toit de l’église, on aperçoit des panneaux photovoltaïques qui produisent annuellement l’équivalent de la consommation électrique de douze ménages. Mieux, l’installation de la collectivité a fait florès chez les particuliers : 31 foyers loossois sont désormais autosuffisants en électricité.

Grâce à l’énergie solaire thermique, le foyer-logement pour personnes âgées réalise, lui, 30% d’économies sur le chauffage de l’eau chaude sanitaire. Bientôt, sur l’une des plaines agricoles de la commune, six éoliennes seront installées. Enfin, la plus flagrante réalisation en matière de gain d’énergie : le projet Villavenir. Soit six maisons expérimentales d’architectures diverses, construites en 1999, à haute performance énergétique et utilisant cent technologies différentes, qui ont été rétrocédées à un bailleur social.

Silicose

De l’énergie verte au pays des gueules noires : paradoxe et/ou revanche de l’histoire ? Jean-François Caron, 55 ans, maire (Europe Ecologie-les Verts) de Loos-en-Gohelle depuis 2001, kiné de formation, a son idée sur la question.

« A Loos, nous sommes le résultat de la non-rentabilité. On a produit de l’énergie fossile qui a contribué à la destruction de la planète du point de vue du réchauffement, une activité incompatible avec le développement durable, rappelle le maire et conseiller régional. Les impacts humains étaient monstrueux : les hommes mourraient de la silicose ou dans des accidents et ne voyaient jamais la retraite. Les territoires ont été détruits. Et les gens avec eux. Entre 1980 et 1990, on était dans une époque où il y avait ici un rejet et un déni complet de l’histoire minière », raconte l’élu.

Il fallait tout raser. Lui s’y est opposé. Convaincu que la population ne pouvait se redresser en occultant son passé. Objectif : faire regagner à ses administrés la fierté de leur terroir pour qu’ils aient le désir de se le réapproprier, de le réinvestir, mais différemment. Car, avant même de penser et parler écologie, développement durable et transition énergétique, c’est d’abord de transition idéologique et politique dont il a été question à Loos-en-Gohelle. De généalogie, aussi.

Caron père, Marcel de son prénom, maire (PS) de 1977 à 2001, s’était battu pour que les carreaux de fosses ne soient pas détruits, a contrario de son homologue de Lens qui voulait effacer tous les stigmates de cette période minière, jadis synonyme de prospérité mais aujourd’hui douloureuse. Il a gagné son combat. Non seulement les puits n’ont pas été rasés mais, depuis septembre 2002, est né à leur pied un lieu baptisé « Base 11/19 ».

Il abrite le CD2E, Centre expert pour l’émergence des écotechnologies, initié en 2002 par Jean-François Caron, alors vice-président du conseil régional Nord-Pas-de-Calais. Depuis, cette structure s’est imposée comme un pôle de référence du développement durable grâce aux nombreuses activités pionnières en matière d’énergies alternatives, mais aussi d’écoconstruction et de développement des éco-entreprises.

Caron fils a lui aussi son totem. Ou plutôt ses deux montagnes grises de 186 mètres, plus hautes que la pyramide de Khéops. Ces deux terrils ont été classés en juin 2012 au patrimoine mondial de l’Unesco. Un bonheur et un honneur immenses dans le bassin minier qui a payé le prix de la précédente transition énergétique.

L’occasion aussi de réaliser une implantation symbolique. Au pied des terrils, une plateforme photovoltaïque de recherche et développement produit 63 000 kWh par an. Baptisée LumiWatt, cette centrale solaire comptera à terme une soixantaine de structures fixes et mobiles qui serviront de support à 1 600 m2 de capteurs photovoltaïques.

Pour concrétiser ses projets politiques et écologiques dans une commune très modeste - elle ne totalise que 7 millions d’euros annuels de budget de fonctionnement -, Jean-François Caron ne s’en cache pas : il s’est appuyé et s’appuie toujours sur les aides publiques.

« Pour le droit à l’expérimentation, à condition que le projet soit bon, on trouve toujours des financements de la part de la région, de l’Etat et de l’Europe. » Et le maire d’ironiser : « Les financeurs nous adorent, ils ont des politiques à mettre en œuvre et nous, on arrive avec des projets ! »

Faible score du Front national

Autre méthode de l’élu : la concertation citoyenne et l’implication des habitants. Toutes ces réalisations ont été décidées de concert avec la population. « Durant mon mandat 2001-2008, on a fait 200 réunions publiques, rappelle Jean-François Caron. J’ai été réélu en 2008 avec 82,1% des voix. Et, malgré les difficultés professionnelles et sociales de mes administrés - 6 foyers loossois sur 10 ne paient pas d’impôts sur le revenu -, on est une des communes du département où le FN enregistre ses plus faibles scores. » Pourquoi ? « Grâce aux réalisations concrètes. La population est concernée et impliquée dans les projets. »

Pourtant, le maire l’affirme : « Vous ne trouverez personne ou presque ici pour dire que l’on fait du développement durable et de la transition énergétique. » Paradoxe, encore ? « Non. Les gens ne théorisent pas, ils n’ont pas conscience de ça. Ils disent juste que c’est du bon sens d’isoler son logement et de faire baisser sa facture d’énergie. La participation de la population est un processus long, high-tech, et elle doit être méthodiquement orchestrée. »

Au bar L’artiste, Cédric, le patron, arrivé sur la commune il y a six mois, s’est mis à l’heure loossoise sur le plan énergétique. Par atavisme local ? « Non, par envie d’économies », répond-il sans détours. Quand il a repris ce bistrot, quartier général des jeunes de la commune, le trentenaire originaire de la région a changé tout l’éclairage du lieu pour des ampoules LED.

« L’ancienne propriétaire payait 370 euros d’EDF par mois. Moi, ça me revient à 270 euros. C’est bien simple, l’ensemble de ma ligne de LED consomme en électricité l’équivalent d’un éclairage halogène. J’ai également fait installer une climatisation réversible. »

Colibri

L’hyperactif Jean-François Caron n’a-t-il pas parfois le sentiment, sinon d’être un Don Quichotte, ou, pour le moins, de tenter de vider le Titanic à la petite cuiller ? « Non, répond-il. A Loos, ce qui est intéressant, c’est que ce propos sur le développement durable et la transition énergétique se fait en univers réel, avec des vrais gens et une histoire compliquée. Nous ne sommes pas les bobos de Fribourg. »

Le maire y croit mordicus : « On va y arriver par des cellules-souches qui montrent qu’autre chose est possible ; Loos est une de ces cellules. A un moment, on fera système. La planète n’a pas le choix, et je veux y contribuer à mon échelle. »

Et l’élu d’illustrer son engagement par une histoire : « Un immense incendie ravage la savane africaine. Tous les animaux fuient, persuadés de leur impuissance face aux flammes. Tous, sauf un colibri, qui se transforme en micro-Canadair et multiplie les allers-retours à la rivière pour transporter des gouttes d’eau qu’il déverse sur le feu. Un hippopotame l’arrête et lui fait remarquer le caractère vain de son intervention. Le colibri ne se démonte pas et lui répond : "Ce n’est pas grave, je fais ma part." »

En Bourgogne et Franche-Comté, deux aéroports vides se battent en duel Le Bien Public Reporterre 2013/04/12 Le Bien Public (12 avril 2013) En Bourgogne et Franche-Comté, deux aéroports vides se battent en duel. Reporterre. fr

En Bourgogne et Franche-Comté, deux aéroports vides se battent en duel

Deux aéroports de dimension internationale à 45 km de distance : un coût public démesuré pour seulement 80 000 passagers

Est-il bien raisonnable pour la Bourgogne et la Franche-Comté, grandes par la taille, mais modestes par leur poids économique et leurs moyens financiers, de disposer à 45 kilomètres d’écart de deux aéroports à dimension internationale ?

[Note : les deux aéroports visés sont l’aéroport de Dijon et l’aéroport de Dole.]

Non évidemment. Pourtant les deux régions n’ont jamais été capables de se mettre d’accord sur un équipement commun, dont le financement serait bien plus aisé et économe des deniers publics. Une situation ubuesque.

On pourrait en effet attendre une vision plus œcuménique et budgétairement plus responsable de la part des décideurs économiques, pourtant peu enclin aux investissements inconséquents quand il s’agit de leurs propres affaires.

Mais on peut adresser le même reproche aux décideurs bourguignons et franc-comtois qui n’ont jamais vraiment cherché à mutualiser leurs politiques en matière de transport aérien. Il est vrai qu’obtenir le soutien des élus de la Nièvre, de l’Yonne, ou du Territoire de Belfort vis-à-vis d’un dossier qui intéresse au mieux, et en partie seulement, la Côte-d’Or, le Jura (*) et la Saône-et-Loire n’est pas évident…

Résultat : chacune des deux régions finance sa propre infrastructure et les deux plateformes cumulent à elles deux environ 80 000 passagers annuels, mais à un coût pour le contribuable qui pourrait très probablement être réduit…

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(*) C’est d’ailleurs le conseil général du Jura qui finance très largement l’aéroport de Dole

A Drucat, bataille contre l’usine aux cinq cents vaches Novissen Reporterre 2013/04/13 Novissen (13 avril 2013) A Drucat, bataille contre l’usine aux cinq cents vaches. Reporterre. fr

A Drucat, bataille contre l’usine aux cinq cents vaches

Les habitants de Drucat, dans la Somme, s’opposent aux travaux de construction d’une usine qui enfermera cinq cents vaches pour produire du méthane.

Action commando vendredi matin d’une quinzaine de membres de Novissen pour s’opposer sur le terrain aux travaux qui s’intensifient à grande vitesse sur le site.

Nous n’avons pas eu le temps de prévenir les médias avant le départ pour cette action.

Les personnes présentes se sont mises devant les engins et tracteurs pendant un heure et ont « dialogué » avec M. WELTER et M. RAMERY, avertis et arrivés rapidement sur les lieux.

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Le texte ci-dessous a été publié sur Reporterre le 2 mars 2013.

Un village picard résiste à l’usine à vaches

Pascale Solana (Reporterre)

Dans la Somme, les habitants se rebellent contre le projet d’une ferme géante de 500 vaches. Ils manifestent le 3 mars à Paris.

Eté 2011 : la population d’une petite commune de la Somme, à Drucat, au nord d’Abbeville, apprend l’installation prochaine de la plus grande ferme-usine de France dans son voisinage : un élevage laitier géant (qui donne son nom au projet, dit des "Mille vaches") qui sera associé à un méthaniseur de puissance industrielle, et mis en oeuvre par la société SCEA Côte de la Justice.

La lutte s’organise avec la création notamment de Novissen (acronyme de « NOs VIllages Se Soucient de leur Environnement », prononcez « nos vies saines ») une association qui depuis milite pour faire annuler ce projet jugé mettre « en péril la santé, la sécurité, l’environnement, l’emploi ». De plus « il pose la question de la condition animale et montre de façon évidente les dérives de tout un système ! »

Début 2013 : une décision préfectorale autorise le projet de ferme, mais avec 500 vaches. Novissen maintient sa position, arguant que les extensions futures ne sont pas exclues et qu’une exploitation de 500 vaches reste une exploitation géante et une forme d’élevage intensif. L’association attire aussi l’attention sur d’autres projets d’agrandissements d’élevages industriels (porcs, volailles) du secteur.

Aussi le 3 mars, Novissen, qui affiche de nombreux soutiens (EELV, Cap 21, FNE, Confédération paysanne…), a prévu de défiler à Paris, de la gare Montparnasse au Salon de l’agriculture dont ce sera le dernier jour, pour dénoncer les dérives de l’élevage industriel.

Fukushima : Tepco reconnaît la gravité des fuites d’eau AFP Reporterre 2013/04/13 AFP (13 avril 2013) Fukushima : Tepco reconnaît la gravité des fuites d’eau. Reporterre. Catastrophes nucléaires fr

Fukushima : Tepco reconnaît la gravité des fuites d’eau

Le patron de la compagnie d’électricité Tepco, exploitante de la centrale accidentée de Fukushima, a reconnu mercredi 10 avril la gravité de fuites d’eau contaminée constatées dernièrement et promis d’agir au plus vite pour vider les réservoirs défectueux.

« Nous reconnaissons que c’est une situation grave. Nous avons mis en place une cellule de crise pour traiter ce problème », a indiqué Naomi Hirose lors d’une conférence de presse dans le centre de rassemblement des ouvriers, J-Village, à une vingtaine de kilomètres du complexe atomique.

« Nous allons faire en sorte de retirer toute l’eau des réservoirs souterrains », a-t-il expliqué, précisant qu’il espérait que cette opération serait achevée d’ici à début juin.

En attendant que toute l’eau soit transvasée ailleurs, les fuites devraient être pompées au fur et à mesure pour éviter une contamination du sol.

Tokyo Electric Power (Tepco) avait fait état en fin de semaine dernière d’un premier écoulement d’eau en provenance d’un réservoir creusé dans le sol et recouvert de revêtements censés empêcher l’eau de s’infiltrer dans la terre.

Las, d’autres fuites ont été constatées ensuite, portant à trois le nombre des réservoirs souterrains affectés sur les sept existants.

« Nous ne connaissons toujours pas la raison de ces fuites, mais nous travaillons d’arrache-pied avec l’industriel concerné pour élucider le promène », a assuré M. Hirose.

Dans la mesure des capacités disponibles, Tepco va transférer l’eau de ces réservoirs vers d’imposantes cuves posées au sol, comme c’est déjà le cas pour une grande partie de l’eau accumulée, mais cela exige des travaux pour installer ces équipements.

« Nous voulons résoudre ce problème au plus vite, mais matériellement cela ne se fait pas en une journée », a insisté le patron, promettant la construction de nouvelles cuves « le plus vite possible ».

Tepco s’engage également à surveiller très étroitement par des prélèvements le terrain menant jusqu’à la mer pour s’assurer que l’eau hautement radioactive ne se répand pas dans l’océan Pacifique contigu malgré les dispositions prises.

L’eau radioactive en question est issue du refroidissement des réacteurs ravagés. Elle est partiellement décontaminée et recyclée pour continuer à refroidir le combustible, mais il existe un excédent qui doit être stocké avant de passer dans un deuxième dispositif de filtrage, actuellement en cours de test.

Le surplus quotidien s’élève à 400 tonnes par jour et le total déjà accumulé se monte à environ 280.000 tonnes pour une capacité de stockage totale de 331.000 tonnes (cuves terrestres et réservoirs souterrains compris).

A cause de ces fuites qui rendent inutilisables en l’état les réservoirs souterrains, Tepco arrive au taquet et doit accélérer la construction de nouvelles cuves, une tâche « pas facile », selon le groupe compte tenu des circonstances dans lesquelles oeuvrent les travailleurs. Un projet d’extension était planifié pour septembre, il va être avancé.

Les problèmes se multiplient ces dernières semaines à la centrale Fukushima Daiichi mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, ce qui a conduit la compagnie à mettre en place une cellule de crise et les autorités à ordonner d’agir vite pour calmer la situation.

Tepco avait notamment rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d’une grave panne d’électricité survenue les 18 et 19 mars.

632 000 emplois créés si on changeait de politique énergétique... Marie-Laure Nauleau Reporterre 2013/04/13 Marie-Laure Nauleau (13 avril 2013) 632 000 emplois créés si on changeait de politique énergétique.... Reporterre. Économie fr

632 000 emplois créés si on changeait de politique énergétique...

L’économiste Philippe Quirion a étudié le potentiel d’emplois créés par l’application du scénario négaWatt. Bilan : plusieurs centaines de milliers d’emplois de mieux que si l’on continuait la politique énergétique actuelle.

Face aux enjeux actuels que sont le changement climatique, la diminution des ressources fossiles et fissiles et le risque nucléaire, le scenario négaWatt 2011, en fondant sa démarche sur le triptyque énergétique « sobriété, efficacité, renouvelables », nous montre, grâce à une analyse détaillée, année par année, des différents secteurs de consommation et de production d’énergie, ainsi qu’à une description fine des évolutions sociétales et techniques, que la transition énergétique vers un système fondé à 90% sur l’utilisation d’énergies renouvelables est souhaitable et possible.

Philippe Quirion, économiste de l’environnement et chargé de recherche au CNRS-CIRED (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement), a rendu public vendredi 29 mars les résultats de son étude sur l’impact sur l’emploi et l’économie de l’actuel scenario négaWatt, enrichissant ainsi l’apport de ce scénario d’une dimension économique manquante.

Cette étude analyse l’effet en termes de création et destruction d’emplois du scénario négaWatt par rapport à un scénario tendanciel de laissez-faire à l’horizon 2020, 2025 et 2030. Elle porte sur les principaux secteurs concernés par la transition énergétique, soit plus de 75 postes de dépenses : les filières énergétiques, énergies fossiles, nucléaire et renouvelables, ainsi que les secteurs du bâtiment et du transport.

La méthode utilisée est celle dite du « contenu en emploi », consistant à regarder combien d’emplois sont créés ou détruits sur chaque secteur de l’économie en valeur de chacun de ces secteurs puis de faire le solde sur l’ensemble des secteurs considérés. La question n’est donc pas de savoir quel scénario, du tendanciel ou du négaWatt, coûtera le plus cher, mais lequel, à coût global identique, sera le plus bénéfique pour l’emploi.

En reposant sur les données des tableaux entrée-sortie de la Comptabilité Nationale de l’INSEE, l’ensemble des interactions entre secteurs sont intégrées. En outre, à travers l’ « effet induit », cette méthode prend en compte les écarts de coûts entre les différentes filières énergétiques.

Il est par exemple plus coûteux aujourd’hui de produire de l’électricité photovoltaïque que de l’électricité nucléaire. Le surcoût engendré par la substitution du photovoltaïque au nucléaire a donc besoin d’être financé, ce transfert budgétaire diminue d’autant les postes de dépenses, et donc in fine l’emploi, des autres secteurs de l’économie.

Il s’agit en fait de prendre en compte l’arbitrage opéré par les ménages. Pour prendre un exemple positif pour la transition énergétique cette fois, les économies de consommation d’énergie générées par les comportements de sobriété du scénario négaWatt, prendre moins souvent sa voiture, pour n’en citer qu’un seul, se transforment en économies monétaires, lesquelles peuvent alors être réallouées aux autres secteurs de l’économie, notamment aux secteurs riches en emploi tels que les services.

235 000 emplois en 2020, 632 000 en 2030

En utilisant des sources statistiques et des hypothèses officielles (celles de l’Energy Outlook de l’Agence Internationale de l’Energie pour les évolutions des prix de l’énergie par exemple) et la rigueur de la démarche scientifique, celle-ci passant par l’explication et la justification de la méthode ainsi que de ses limites, la présentation des hypothèses dans son exhaustivité, une analyse de sensibilité des résultats, etc, l’étude aboutit à un effet net sur l’emploi positif du Scénario négaWatt par rapport au scénario tendanciel.

Cet effet irait de 235 000 emplois en plus dans le scénario négaWatt par rapport au scénario tendanciel en 2020, à 632 000 emplois en 2030. Les secteurs les plus porteurs en emplois seraient la rénovation des bâtiments puis les énergies renouvelables.

L’ « effet induit » serait quant à lui positif, ce qui montre que les dépenses annuelles d’investissement et d’exploitation de tous les secteurs pris en compte sont moins élevées dans le scénario négaWatt que dans le scénario tendanciel, et ce, dès 2015.

L’étude complète et sa synthèse sont disponibles sur le site de l’association Négawatt.

A l’heure où seulement une dizaine de scénarios sont débattus au sein du débat national sur la transition énergétique, et parmi eux le scénario négaWatt, il est certain que l’apport de ce volet économique offrira des arguments de poids en faveur de la transition énergétique promue par l’expertise négaWatt.

Dans un débat où la question de l’effet sur l’emploi comporte de vrais enjeux politiques, ce d’autant plus dans un contexte de crise économique et de chômage endémique, et cristallise des intérêts économiques divergents entre les parties prenantes, cette approche globale et transparente est véritablement bienvenue.

Pluie et plantations à Notre Dame des Landes pour « semer la Zad » leparisien.fr Reporterre 2013/04/13 leparisien.fr (13 avril 2013) Pluie et plantations à Notre Dame des Landes pour « semer la Zad ». Reporterre. fr

Pluie et plantations à Notre Dame des Landes pour « semer la Zad »

Ils ne veulent pas laisser le champ libre à Vinci. Plus d’un millier d’opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont organisé une manifestation, samedi 13 avril, sur le site dédié au projet. Au programme de la journée, nommée « Sème ta Zad ! », des plantations de pommes de terre ou un curage des fossés.

L’un des groupes a emprunté la RD281, une route barrée de chicanes depuis le début des tentatives d’expulsion en octobre 2012. « Avec les différents chantiers agricoles, nous renforcerons l’implantation dans la durée des occupations sur la Zad », a expliqué à la mi-journée un porte-parole des opposants, monté sur une remorque.

Dans un champ, une vingtaine de militants ont enrichi à l’aide de fumier un grand jardin maraîcher collectif. Dans un autre, des rangs de pommes de terre ont été plantés. Au nord, où la ferme de Bellevue est occupée depuis janvier par des agriculteurs pour éviter sa destruction, plusieurs centaines d’opposants se sont également rassemblés.

[ICI, un reportage télé de 2’05", à voir sur le site francetvinfo.]

Le Parti pour la décroissance participera à la marche pour la Constituante du 5 mai Parti pour la Décroissance Reporterre 2013/04/15 Parti pour la Décroissance (15 avril 2013) Le Parti pour la décroissance participera à la marche pour la Constituante du 5 mai. Reporterre. Tribune — fr

Le Parti pour la décroissance participera à la marche pour la Constituante du 5 mai

Le Parti Pour La Décroissance soutient l’appel du Parti de Gauche et participera à la marche citoyenne pour la 6e république (1).

Il nous semble nécessaire de revoir globalement le fonctionnement démocratique de notre société, pour faire face à cette crise anthropologique (2), convergence de crises environnementale et énergétique, économique, financière et sociale mais aussi et surtout politique et culturelle dans un monde de l’argent-roi.

Les récentes révélations de Médiapart mais aussi l’extrême droitisation de nos sociétés, sont des appels toujours plus forts à une réappropriation citoyenne de la démocratie.

Le cynisme dont fait preuve l’oligarchie pour maintenir à n’importe quel prix sa survie, exacerbe sérieusement le manque de transparence et de courage notamment en matière fiscale et de lutte contre la corruption, de notre mode de gouvernance.

Il est grand temps de sortir de la gestion absurde et technocratique de la crise en Europe et rompre avec les plans d’austérité. Il devient urgent de renier la religion de l’économie en décolonisant l’ensemble de nos imaginaires consuméristes.

C’est pourquoi, nous participerons à la manifestation du 5 mai avec notre slogan provocateur de la Décroissance (3), en gardant à l’esprit une logique de débats ouverts, avec nos propositions émancipatrices incitant à sortir de l’impasse de notre civilisation :

◾ Mise en place d’une constituante pour une première démocratie. ◾ Soutien enthousiaste et vigilant de l’initiative citoyenne pour le revenu de base et de manière plus large pour la mise en place d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie. ◾ Mise en place d’un Revenu Maximum Acceptable et une réappropriation démocratique de la banque centrale européenne, de la création monétaire et de la finance couplée à des audits sur les dettes publiques.

La Décroissance sera démocratique ou ne sera pas !

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Notes

(1) Appel du Parti de Gauche.

(2) Tout reste à faire

(3) La Décroissance : mais c’est quoi ce mot repoussoir ? : http://vimeo.com/35156418

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Ah, qu’il est difficile de discuter démocratiquement d’un projet de bétonnage... Collectif « Pour un site préservé entre Loire et forêt » Reporterre 2013/04/15 Collectif « Pour un site préservé entre Loire et forêt » (15 avril 2013) Ah, qu’il est difficile de discuter démocratiquement d’un projet de bétonnage.... Reporterre. fr

Ah, qu’il est difficile de discuter démocratiquement d’un projet de bétonnage...

Près d’Orléans, le projet Oxylane d’implantation d’une grande surface commerciale est vivement contesté. La réunion publique tenue à son propos en mars par la mairie montre qu’il est difficile pour les élus d’accepter une délibération ouverte et équilibrée.

Compte-rendu de l’atelier de travail urbain du 19 mars 2013 concernant l’implantation d’un village Oxylane sur la commune de Saint-Jean de Braye.

Lors de notre entretien avec deux élus de la commune de Saint-Jean de Braye, nous avions été invités par la mairie à participer à l’atelier de travail urbain qu ’elle organisait sur le projet « Oxylane ». Les élus ne pouvaient en effet nous donner aucun plan ni aucun calendrier en ce qui concernait la révision du Plu. « Le monsieur d’Oxylane présentera tout ça ce soir là. »

Bon.

Après tout, notre présence pouvait être un gage de démocratie sur la commune : peut-être nous laisserait-on un temps de parole égal à celui du monsieur d’Oxylane ? Les participants auraient alors nos arguments, ceux d’Oxylane, et la mairie son rôle d’arbitre.

Mais deux ou trois petits signes nous indiquaient déjà qu’il n’en serait rien. Alors nous avions préparé un power point, mais à l’ancienne : des affiches A2 reprenant nos arguments que nous avions l’intention d’afficher au fur et à mesure des arguments d’Oxylane.

Mardi 19 mars, 20h30, salle Jean Baptiste Clément à Saint Jean de Braye

La salle est déjà bien remplie (près de 150 personnes dans une salle prévue pour 90 !). L’adjoint à l’urbanisme règle les derniers détails de son intervention avec les deux représentants d’Oxylane. Nous allons le saluer et lui demander de prendre la parole pour simplement nous présenter. C’est un non poli, mais ferme : « Vous pourrez vous exprimer, mais à la fin, comme tous les abraysiens. »

L’exposé de la mairie commence, puis ce sera le tour d’Oxylane. La fin de l’atelier est prévue pour 22h30.

L’élu à l’urbanisme, après un bref historique, expose la procédure de modification du PLU, le mode utilisé sera « la déclaration de projet ».

Il présente également un échéancier :

- 19 mars 2013 : premier ATU ; - 25 juin 2013 : second ATU ; - octobre 2013 : troisième ATU avec présentation du dossier d’enquête publique puis enquête publique durant 1 mois. - Novembre 2013 : Le rapport de l’enquêteur est remis au préfet. - Décembre 2013 : délibération au conseil municipal

Les possibilités de recours sont présentés succinctement (PLU, CDAC).

Un élu précise les relations entre SCOT, PLU et DAC.

Dans la salle, des contradicteurs réagissent par rapport à la procédure de révision du PLU employée, au prix scandaleusement bas (2,40EUR le m²) auquel la mairie et l’AgglO cèdent 12 des 15 hectares du projet.

Oxylane ne souhaite pas dire à combien ils vont payer les terres privées mais sûrement pas 2 euros 40 !

Quelqu’un demande si la modification du PLU concernera toute la zone 2AU. La mairie répond qu’elle doit rencontrer les services de l’Etat (DDT), pour préciser la zone qui sera modifiée.

En tout cas, si le PLU est modifié, et qu’Oxylane ne s’implante finalement pas, toute entreprise qui respectera le cahier des charges de cette nouvelle zone, pourra s’implanter..., explique un élu.

Et puis ça attaque fort sur les emplois, et effectivement, le monsieur d’Oxylane ne peut pas être très précis, il annonce 240 emplois avec 100 en phase 1 mais pas de traces écrites à l’évidence juste « un contrat moral »... Il affirme que le magasin Décathlon d’Olivet sera maintenu. Il refuse de préciser la proportion d’équivalents temps pleins dans les emplois annoncés.

Nous, on affiche comme prévu notre power point sur le mur derrière nous :

« 80 % du site appartient à la collectivité »

« 240 emplois ? Zéro preuve ! »

Une affiche est levée aussi dans l’assistance : « Du profit pour eux, des nuisances pour nous ».

Mais l’adjoint à l’urbanisme voit alors nos panneaux affichés et décide que non, « ça, c’est pas possible ! » et nous demande de les enlever immédiatement. Nous obtempérons et nous en reparlerons avec lui à la fin de la réunion.

Le monsieur d’Oxylane présente enfin son power point qu’il avait eu du mal à charger, son ordinateur étant passé en veille au début de la réunion ! Ce dernier indique que le réseau Oxylane fait en fait 3 métiers :

- aménageur : imaginer, dessiner, construire ; - promoteur gestionnaire ; - animateur : sporteezy, sportest, place du village.

Oui, promoteur c’est-à-dire qu’ils « commercialisent à des partenaires pour renforcer le lieu de vie sportif ».

Animateur parce qu’ils proposent des événements quotidiennement.

« Un village Oxylane, c’est de la vie partout » explique-t-il.

Et là, nous apprenons avec effroi que l’UNSS (Union national des sports SCOLAIRES) a déjà organisé son cross académique sur le site d’un des Oxylane de France...

Pourquoi se gêner ! Fidéliser le client dés le plus jeune âge, y’a que ça de vrai !

Le monsieur d’Oxylane annonce 30 000 participants par an, 1 000 000 de visiteurs par an et par village, et 100 heures de test de sport par an et par village.

Il nous explique :

Que le trafic sera de 250 véhicules en moyenne par jour, puis modifie et annonce 250 véhicules instantanés...

Qu’il est responsable de l’eau sur son site et autour.

Qu’il y aura une étude d’impact avec l’enquête publique qui portera sur la circulation et le traitement de l’eau.

Que le seul accès au site se fera par la tangentielle. Et la maison située au niveau de cet accès ? Pas de réponse.

Que ce sont les élus qui ont toute latitude à décider ce qu’ils veulent mettre sur le sol de la commune (!).

Une diapositive précise alors la superficie du projet 16 hectares et demi, et le détail de la phase 1 :

- Commerces : 13480 mètres carré SP ; - Services/sports/tertiaire : 3670 mètres carré ; - HQE ; - Espaces verts : 8 hectares.

La phase 2 annoncée n’est pas planifiée dans le temps.

Le coût du projet est de 18 millions d’euros (hors investissements d’aménagements des partenaires).

L’ouverture est programmée au second trimestre 2015.

A la demande de l’assemblée, la notion de partenaires a été développée. Qui sont-ils ?

De la restauration, du futsal, un spa, un mur d’escalade, une salle de gym, une crèche privée, un siège d’asso ou même de comité olympique.

Un plan est présenté à la salle, tellement délavé qu’il est peu lisible...Mais où sont passés les belles couleurs des images publicitaires présentées quelques minutes auparavant ?

Après cet exposé, c’est enfin le tour des questions. Il est... 22h25 ! Heureusement que les Abraysiens ont demandés des éclaircissements au fur et à mesure !

L’animateur nous laisse enfin la parole mais une petite dame âgée lève aussi la main : « Qu’en est-il de la maison située sur le tracé de l’accès à Oxylane ? » Toujours pas de réponse claire, des tractations sont en cours.

Une autre habitante déplore que la mairie n’ait pas demandé aux habitants de Saint- Jean-de-braye depuis 30 ans le moindre avis concernant la rue de la Bissonnerie. Elle demande l’ouverture de cette rue. Cela permettrait en effet à Oxylane de ne pas détruire la maison qui bloque l’accès... mais les autres riverains ne sont pas forcément d’accord.

Nous intervenons enfin pour présenter notre collectif en disant que nous aurions bien aimé avoir un temps de parole égal à celui du monsieur d’Oxylane et là l’adjoint nous coupe une première fois : « Oh mais, pour vous exprimer vous organisez vous même vos réunions et on vous laisse faire ! ».

Nous tenons à rappeler que 80% des terres concernées par ce projet appartiennent à la collectivité mais nous sommes coupés une deuxième fois : « Ah oui, mais on a mis une condition pour la vente ! » Effectivement, il y a une et une seule condition : sous réserve que ce projet se fasse. (pas de date butoir par exemple !)

Il n’empêche que nous regrettons que la mairie aie pris seule la décision de l’implantation d’Oxylane, et qu’elle ne consulte les habitants que pour les détails du projet ! Démocratie participative ?

Nous enchaînons sur les raisons qui nous ont poussées à monter ce collectif : ce projet est pour nous nocif, inutile. Un monsieur dans la salle, nous demande pourquoi on le trouve inutile. Nous lui répondons qu’il existe déjà un Décathlon sur l’Agglo, qu’en matière d’associations sportives il y a ce qu’il faut sur St jean de Braye.

Nous enchaînons avec la question des nuisances, pollutions sonores, pollution de l’air avec le trafic peu présente dans ce débat, et sur les questions que nous nous posons sur les emplois promis : combien de transferts, de précaires, de suppressions chez les concurrents ?

Une autre personne intervient : « Et si c’était la nouvelle clinique qui s’était implantée, est-ce qu’on aurait eu la même réaction ? »

D’abord, soigner les personnes et vendre des chaussures de sport ce n’est pas tout à fait le même service rendu à la collectivité ! Mais l’argument de préserver les terres agricoles périurbaines est toujours aussi déterminant pour nous. On voit bien, avec les récents scandales alimentaires que les circuits courts sont une réponse de bons sens pour l’alimentation de la population.

Nous avançons un autre argument, celui de la desserte quasi inexistante du site par les transports en commun.

Et pour clore notre intervention, nous invitons l’assemblée à nous rejoindre à notre prochaine réunion publique le vendredi 3 mai à la salle René Cassin à 20h30. Nous offrons à l’adjoint un grand panneau symbolisant les 500 premières signatures de notre pétition.

Il est 23h10, l’atelier est terminé. Nous distribuons nos tracts à la sortie.

Nous retournons vers l’adjoint pour déplorer son attitude à propos de nos affiches ; nous lui citons la défnition de Paul Ricoeur :

« Est démocratique une société qui se reconnaît comme divisée, c’est à dire traversée par des contradictions d’intérêts, et qui se fixe comme modalités d’associer chaque citoyen dans l’expression, l’analyse et l’arbitrage de ces contradictions. »

Mais pour lui l’atelier de travail urbain ne sera JAMAIS le lieu de débat entre pour ou contre Oxylane, c’est juste un lieu pour décider des contraintes qu’on impose à Décathlon... Donc non, nous n’aurons JAMAIS un temps de parole égal à celui de Décathlon...

Et pourtant on nous avait bien dit que ce projet « se faisait de privé à privé, que la mairie n’avait rien à voir là-dedans... »

Après une telle réunion, cet argument va être difficilement tenable à l’avenir !

Il est clair que la mairie est engagée à fond pour défendre ce projet, cependant notre détermination et notre conviction viendront à bout de celui-ci... comme d’autres avant nous !

Notre Dame des Landes : violents heurts avec la gendarmerie Par Julien villalard Reporterre 2013/04/15 Par Julien villalard (15 avril 2013) Notre Dame des Landes : violents heurts avec la gendarmerie. Reporterre. Luttes fr

Notre Dame des Landes : violents heurts avec la gendarmerie

La préfecture a envoyé des gendarmes ré-occuper le carrefour de la Saulce, qui avait été évacué avant la fête de « Sème la Zad ». Cela a provoqué de violents heurts, et plusieurs blessés. L’équipe médicale de la Zad témoigne.

Equipe Médicale de la Zad (vers 20 h 00)

Communiqué de l’équipe médic 15.04.2013

Dans la presse vous entendrez beaucoup parler des trois gendarmes blessés mais peu des personnes subissants les violences physiques et psychologiques de cette opération militaire.

En tant qu’équipe medic on voulait transmettre ce que l’on a vu aujourd’hui. Alors qu’hier on celebrait la libération du carrefour de la Saulce deux jours plus tôt par un pique-nique festif sans autres blessures que des coups de soleil, ce matin les gendarmes sont revenus en nombre reprendre le carrefour, réinstaurer leur occupation militaire. Dans ce cadre là, on a vu de nombreux tirs tendus de flashball et grenades assourdissantes a courte distance, qui ont infligé de nombreuses blessures dont certaines pris en charge par l’équipe médic :

impacts par flashball :

oedèmes et hématomes : - trois personnes dans les jambes - une personne dans le bras - une personne dans les épaules - trois personnes dans le thorax - une personne dans le dos

un impact dans la tête entrainant une plaie ouverte du crâne nécéssitant cinq points de suture un impact dans le visage provocant un arrachement important de l’arcade et un enfoncement des sinus accompagné par une hémoragie importante nécéssitant une prise en charge par les pompiers impacts par des grenades assourdissantes :

plaies, brûlures et corps étrangers faits par les éclats de grenade : - trois personnes dans les jambes - une personne dans une fesse

blaste [détonations sonores] : - multiples personnes choquées (désorientations, acouphènes) - une personne plus gravement atteinte malgré la présence d’une palette la protégant des impacts des éclats

des nombreuses intoxications liées à l’emploi massif de gaz lacrimogène et poivré

Les pompiers ayant évacué la personne ont été bloqués par les gendarmes qui leur ont refusé l’accès et ne les ont laissé passer qu’après l’insistance d’occupants présents. Ils ont de nouveau empêché leur départ afin de contrôler la personne blessée, retardant en tout plus de vingt minutes la pris en charge des secours.

Une occupation militaire ne s’installe jamais sans violence. Cette liste non-exhaustive ne voudrait pas oublier toute la violence psychologique d’un tel déploiement policier ainsi que celles subies au quotidien dues à leur présence permanente et leurs agissements.

Acipa et Adeca (21 h 35)

Communiqué de presse - Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2013

Affrontements déplorables carrefour du chemin de Suez à Notre-Dame-des-Landes

L’opération « Sème ta ZAD » fut une belle réussite malgré les conditions climatiques, avec une ambiance conviviale et familiale, témoignage d’une réelle complicité entre les divers mouvements de la lutte contre le projet d’aéroport.

Les gardes mobiles s’étaient retirés des carrefours des Ardillères et du chemin de Suez, dit la Saulce, permettant le bon déroulement de cette manifestation d’installation de projets paysans.

La journée fut paisible et la circulation fluide.

Les forces de police sont revenues aux Ardillières et au carrefour de Suez. En ce dernier lieu, des affrontements ont dégénéré dans une violence réciproque, ce que nous déplorons.

L’ACIPA et l’ADECA regrettent que des tranchées aient été creusées sur la seule route encore utilisable normalement, offrant un prétexte à l’affrontement et entraînant l’escalade de la violence de part et d’autre.

Elles déplorent la présence policière à ces deux carrefours et n’en comprennent pas la raison, puisque suite aux conclusions des différentes commissions, les travaux seront inévitablement retardés de plusieurs mois.

Elles réaffirment leur soutien aux actions créatives de projets porteurs d’avenir pour de nombreux habitant-e-s et paysan-ne-s sur la ZAD, dans un climat de dialogue et de partage entre tous les opposants.

AFP et Reuters (mise à jour 18h30)

De vifs affrontements se sont déroulés, lundi 15 avril, sur le site du projet d’aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) après plusieurs mois de calme relatif.

Les heurts ont éclaté vers 7 heures lundi matin, non loin du carrefour de la Saulce, l’habituel point de contrôle que les forces de l’ordre occupaient jour et nuit depuis fin novembre, mais dont elles s’étaient retirées vendredi, à la veille d’une manifestation de « remise en culture des terres » qui a pacifiquement réuni plus d’un millier d’opposants samedi.

Selon les opposants, les gendarmes ont voulu reprendre leur position habituelle sur ce carrefour. La préfecture et les officiers de gendarmerie sur place ont indiqué que leurs hommes avaient été pris à partie en début de matinée et qu’ils avaient riposté. Selon un officier de gendarmerie, les opposants divisés en quatre groupes, les ont assaillis « 50 de l’est, 50 du nord, 50 du sud et 200 à l’ouest ».

Effectuant plusieurs charges précédées de sommations, puis de tirs nourris de grenades lacrymogènes, les gendarmes ont essuyé des tirs de cailloux et de cocktail Molotov, a constaté l’AFP. Sur le « chemin de Suez », barré et tenu par les opposants depuis fin décembre, la première barricade a été enfoncée.

Au moment de la charge, un homme d’une soixantaine d’années est venu au contact des gendarmes et des journalistes, demandant un arrêt de l’intervention et des « destructions ». « Nous avons travaillé pendant quatre mois sur ces terres, pendant tout l’hiver, n’essayez pas d’avancer, prenez votre carrefour et faites ce que vous voulez de votre carrefour », a-t-il demandé en se mettant à genoux dans l’herbe devant gendarmes et caméras.

[Reporterre : on peut aussi voir une video de cet homme rappelant, « Nous sommes là pour cette terre », sur Rue 89.]

« Il ne s’agit pas de procéder à des expulsions mais de se donner du champ par rapport au carrefour », a affirmé le colonel François Alegre de la Soujeole, commandant la gendarmerie des Pays-de-la-Loire. « Nous rétablissons la circulation ». Les forces de l’ordre avaient en effet entrepris d’enfoncer des barricades établies par les manifestants du week-end sur la route départementale 81, un axe qui traverse la zone du nord au sud.

A la mi-journée, plusieurs dizaines de véhicules de gendarmerie et quelque 200 gendarmes mobiles, étaient présents sur place. En début d’après-midi il restait encore une barricade, a constaté l’AFP. Et peu après 14 heures, un calme relatif était revenu.

DES BLESSÉS

Selon la préfecture, deux manifestants ont été interpellés et trois gendarmes ont été blessés, dont l’un a été hospitalisé après avoir été atteint par un cocktail Molotov. De leur côté, les opposants comptent « une quinzaine de blessés, dont un évacué par les services de secours, victimes d’éclats de grenades défensives tirées à tir tendu », a déclaré un opposant chargé de répondre à la presse.

Dans un communiqué, le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, a « regretté profondément ces incidents qui interviennent alors qu’il engage des discussions avec les différentes catégories d’opposants au projet, pour évoquer les modalités de mise en œuvre des préconisations des différentes commissions qui ont rendu leurs conclusions la semaine dernière ». Remis au gouvernement le 9 avril, le rapport de la commission de dialogue a confirmé la nécessité d’un nouvel aéroport tout en émettant des réserves sur l’argumentaire du projet.

Zad.nadir.org

En réaction à la réoccupation du carrefour de la Saulce appel à rassemblement devant les lieux du pouvoir :

Aubenas (Ardèche) : 17h30 à « PONSON » Beauvais : 17h00 Prefecture Bordeau : 18h devant la pref Brest : 18h place de La Liberté, devant l’Hôtel de Ville. Caen : 17h Prefecture La Roche : 16h devant le théâtre Lyon : 17h30 près de la Lutine, 91 rue Montesquieu Métro Saxe Nantes : 16h devant la préfecture Paris : 18h Métro Belleville Quimper : 18h prefecture Rennes : 18h devant la préfecture (rue martenot) Saint Brieuc : 17h devant la préfecture Strasbourg : 16h Place de la République coté préfecture Tours : 16h devant la mairie Vannes : 18h Préfecture.

Des habitant.e.s qui résistentt (dimanche 14 avril).

Soit ils nous virent, soit ils se cassent ! (et s’ils nous virent, on revient !)

La veille de la manifestation « Sème Ta ZAD », le carrefour de Fosses Noires / Chemin de Suez, est liberé de la présence des gendarmes mobiles...

Pendant 2 jours, ce carrefour, nombril de la zad, est spontanément redevenu ce qu’il était : un endroit de passage, où l’on se croise, où s’échangent des nouvelles, un point de rencontre. Ces jours-ci, la ZAD fut parcourue par des centaines de personnes outils en main.

Le dimanche, nous avons fêté la fin de l’occupation militaire. Rêve éphémère ou réalité des jours à venir ?

Depuis plus de 141 jours, nous sommes, habitant-e-s du centre ZAD, pris au piège par les deux barrages de flics. Notre quotidien, c’est du bleu. Pas un matin, midi au soir sans être confronté.e.s à leur présence. Sans être contrôlé.e.s, fouillé.e.s, humilié.e.s. Nous n’avons pas le choix de les éviter. Nos enfants vont à l’école, nous avons pour certain-e-s des activités professionnelles. Fini les balades à vélo, fini les marches tranquilles, les rencontres avec les voisin.e.s et les ami-e-s qui n’osent plus venir. L’endroit où nous et nos enfants vivons, est devenu une zone d’enfermement, dans le silence, depuis le weekend du 15 décembre 2012.

Doit-on continuer à subir sans réagir alors qu’il n’y a aucune légitimité et utilité à leur présence ? Nous ne le pensons pas ! Alors il faut relever la tête, s’unir et refuser cette mascarade !

Le prétexte officiel de bloquer le carrefour n’a jamais empêché d’apporter des denrées sur la ZAD, du gaz, des matériaux inflammables ou de construction. Le réel objectif est plutôt de donner l’illusion qu’ils contrôlent la zone, de faire pourrir la situation tout en tentant de contenir la lutte aux frontières de la ZAD, d’établir une pression psychologique et de créer une répression constante qui provoque un climat de tension permanente. Enfin, lors d’un contrôle, quand on craque et qu’on exprime notre ras le bol, la réponse des flics est systématique : « vous n’avez qu’à partir ». Ce qui représente une autre forme d’expulsion, plus insidieuse, à l’heure où la commission du dialogue avait demandé la fin des interventions pendant la durée de son mandat...

Leur petite comédie de « commission du dialogue » a pris fin, maintenant la conclusion doit être claire : soit ils nous virent, soit ils se cassent !

Il est évident que nous ne nous laisserons plus occupé.e.s de la sorte : s’ils reviennent chez nous, nous irons chez eux !

Il y a quelques mois, un appel à occuper les lieux de pouvoir avait été lancé en cas d’attaque sur la ZAD. Or, la ZAD est habitée sur toute sa surface et on n’habite pas un endroit sans ses routes, ses champs et les liens qu’ils génèrent. Nous considérons donc que la réoccupation militaire du carrefour serait une attaque directe de notre lieu de vie. Nous appelons en conséquence à des actions décentralisées, que ce soit par des occupations de lieux de pouvoirs et de carrefours de circulation stratégiques, ou par toute autre type d’actions jugées pertinentes !

Conférences gesticulées Par Julien villalard Reporterre 2013/04/15 Par Julien villalard (15 avril 2013) Conférences gesticulées. Reporterre. fr

Conférences gesticulées

Université Populaire Gesticulante Au Théâtre du Grand Parquet, à Paris, à partir du 19 avril

Une conférence gesticulée c’est une histoire populaire, c’est un conte politique, c’est une réflexion offerte au collectif pour qu’il se l’approprie. On y gesticule plutôt que d’expliquer, on y raconte sa vie plutôt que d’argumenter, on s’y amuse tout en réfléchissant...

On peut définir la conférence gesticulée comme la rencontre entre des savoirs chauds – savoirs « illégitimes », savoirs populaires, savoirs politiques, savoirs de l’expérience…savoirs utiles pour de l’action collective… – et des savoirs froids – l’université publie d’excellentes analyses politiques, sociologiques, sur tous les sujets dont nous avons besoin…

Sur la culture du capitalisme, sur le social, sur l’insertion, sur l’école, sur la Ville… L’idée de la conférence gesticulée est celle d’une transmission, qui n’est JAMAIS autorisée, jamais organisée : la transmission de l’expérience collective, (c’est-à-dire politique) que nous emmagasinons au fil de notre expérience.

C’est une forme volontairement pauvre, pour ne pas être parasitée par des considérations « culturelles » où l’esthétique prendrait le pas sur le politique.

Vendredi 19 - 19h : Franck Lepage Inculture(s) 2 : ET SI ON EMPECHAIT LES RICHES DE S’INSTRUIRE PLUS VITE QUE LES PAUVRES ? Ou comment j’ai raté mon ascension sociale...

Une autre histoire de l’éducation. Le spectacle utilise l’image du parapente (l’ascension aérologique) comme métaphore de l’ascension sociale. C’est donc tout autant une leçon de parapente.

Samedi 20 - 17h : Nathalie Rouquerol DE NEANDERTAL A FUKUSHIMA, LA PREHISTOIRE C’EST TOUTE UNE HISTOIRE La préhistoire fascine, sans doute parce qu’avec une simple truelle et un pinceau, l’archéologue nous révèle les témoins de notre passé. Des hommes ont risqué leur vie, le bûcher, la prison, la censure pour imposer cette évidence : nous avons tous des ancêtres lointains, lointains, et s’ils n’avaient pas survécu, nous ne serions pas là pour les évoquer ! Ils ne s’appellent pas Adam et Eve mais Sapiens et Neandertal. Et il n’y a qu’une seule espèce humaine : "l’Être humain". Mais la préhistoire n’échappe pas à son temps : elle n’est jamais neutre, elle est là, présente, partout, inattendue, subversive... Je vous raconte ?

Samedi 20 - 20h : Romain Ladent JE NE FAIS PAS DE POLITIQUE, JE POSE DES QUESTIONS Quand socialiste rime avec capitaliste et éducation populaire avec galère. Pendant des années, j’ai fait du développement social, local, durable, sans jamais demander aux citoyens concernés ce qu’ils en pensaient. Pendant des années, j’ai mangé à tous les râteliers pour permettre aux associations et aux mairies où j’ai milité et travaillé d’être subventionnées. Aujourd’hui, j’ai bien compris que militer, ça ne peut se faire qu’avec vous. Pas facile de défendre ses idées en appliquant dans les collectivités territoriales et les associations, les règles du capitalisme.

Dimanche 21 - 15h : Selma Reggui L.236-9. COULISSES DE L’ENTREPRISE Une prise de parole pour dire le pouvoir sournois des mots, la toute-puissance des chiffres, les rapports de force, les droits acquis, ceux menacés. Pour dire les pièges de l’open space, de l’autonomie, de la polyvalence, du stress, des risques prétendument psychosociaux. Pour dire le travail, ses transformations, dire le métier, son démantèlement. Pour dire la condition ouvrière, salariale, humaine. Dire les contradictions, les solitudes, les souffrances tues. Mais aussi les résistances, les rugissements, les victoires, quand le travail arrache du sens, et que le collectif dit non. Dire l’urgence, la lutte et l’espoir.

Dimanche 21 - 18h : Régine Mary SAINTE-ISO PROTEGEZ-NOUS Les normes et la marchandisation en système capitaliste. Ah le beau Label que nous avons là ! Dans les pays riches tout est dangereux, heureusement y a les NORMES. Certification des systèmes produits services. Certification des personnes ! Démarche qualité, test, diagnostic, inspection, évaluation, standardisation… Dans tous les secteurs les normes s’imposent, pour le bien de tous et de chacun. HYGIENE SANTE SECURITE. Vivons heureux bien isolés. A qui profite le crime ? Une histoire normale, racontée par une fantaisiste en redressement.

Vendredi 26 - 19h : Marc Pion DU TRACTEUR A L’ANE ... Ou la prise de conscience politique d’un paysan. De l’exode rural à la PAC. Des quotas laitiers à la vache folle. De l’agriculture bio aux algues vertes. De "la vie d’un simple" aux " paysans dans la lutte des classes". De l’évolution d’un éleveur productiviste en un paysan heureux. De la transmission aux installations atypiques. Du machisme en agriculture à la vente directe… 50 ans de vie, ou une autre histoire de la paysannerie.

Samedi 27 - 17h : Yaelle Pierrat Frappé A QUI PROFITENT NOS SILENCES ? Y’a des signes qui ne trompent pas ! Harcèlement, écoles, sourds, syndicalisme, colonialisme, Vatican... partout des silences qui étouffent ! Chacun s’impose aussi des silences à soi-même...Pourquoi ? Plus que jamais, il est utile de contourner les injonctions de se taire. Nous allons voir ensemble comment retrouver la parole. Des tranches d’humour et d’émotion, des tranches de ma vie... Allez, vas-y !

Samedi 27 - 20h : Laurence Nogues BOUGE DE LA Injonction économique de la mobilité = Nouvel esprit du capitalisme ? "Mobilité et stabilité ne sont pas antinomiques : un cycliste n’est stable sur sa bicyclette qu’en avançant." Jacques Chirac, La France pour tous. Le temps s’accélère et l’espace se réduit au rythme de la mondialisation. Les hommes sont sommés de s’adapter au monde du travail en pleine évolution. Être mobile devient le critère d’employabilité exigé. Dans une société où certains se mettent au vélo pour préserver l’environnement, et d’autres rêvent de voiture pour accéder enfin à l’emploi, les fractures géographiques, socioprofessionnelles et numériques se creusent un peu plus chaque jour. A force de naufrages dans ma vie de femme, de mère et de salariée, j’ai appris à naviguer ; je vous emmène à bord dans cette traversée tempétueuse qui m’amènera à jeter l’ancre sur une plage de Bretagne.

Dimanche 28 - 15h : Nicolas Gaillard LA MAGIE DU TRAVAIL SOCIAL Ou comment faire disparaître les pauvres (et les inégalités). La quête du Graal d’un éducateur spécialisé qui s’échine à trouver le sens de son métier et à dévoiler les mécanismes obscurs de la prise en charge des indigents. Et comment fait-il, pour tenir, seul au fond de son bureau, à recevoir la misère du monde sans savoir quoi en faire ? Entre outillage critique, réflexion politique et "vignettes cliniques", voici l’itinéraire désordonné d’un travailleur social de passage, qui veut comprendre le truc, révéler les astuces d’un métier occulte.

Dimanche 28 - 18h : Marie Kerhuel DE L’UTOPIE A LA BECHE - FAIM DANS LE MONDE ET FINS POLITIQUES ... Ou comment une petite histoire de jardin partagé s’invite dans la grande histoire de la participation. C’est l’histoire d’un jardin partagé et de ses jardiniers. C’est assui le parcours d’une militante au sein des réunions participatives d’un quartier. Les apprentissages d’une petite bourgeoise qui voulait nourrir les pauvres et qui finit par aller jardiner le samedi matin avec ses copines.

A Fessenheim, les importants travaux de la centrale se dérouleront sans enquête publique Denis Baupin Reporterre 2013/04/15 Denis Baupin (15 avril 2013) A Fessenheim, les importants travaux de la centrale se dérouleront sans enquête publique. Reporterre. fr

A Fessenheim, les importants travaux de la centrale se dérouleront sans enquête publique

Le Conseil d’Etat a rejeté le référé de suspension des travaux demandé pour la centrale de Fessenheim. Ces importants travaux, discutables, seront mis en oeuvre sans concertation.

Le Conseil d’État a rejeté le 10 avril le référé suspension introduit par le Réseau Sortir du Nucléaire concernant les travaux qui débuteront dans quelques jours sur le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim. Denis Baupin regrette cette décision qui implique que les travaux seront faits sans concertation (*).

Cette décision met en évidence le déficit du contrôle démocratique de la sûreté nucléaire. En France, il faut une enquête d’utilité publique pour construire une éolienne. Mais si vous modifiez en profondeur le système de sûreté d’une installation nucléaire et la prolongez de 10 ans, aucune concertation n’est requise !

C’est notamment pour remédier à ce déficit démocratique que, sur proposition de Denis Baupin et du groupe écologiste, un débat sera organisé le 18 avril prochain en séance de l’Assemblée Nationale sur la sûreté nucléaire.

En ce qui concerne plus particulièrement Fessenheim, la décision du Conseil d’État laisse de nombreuses questions importantes sans réponse :

- Comment a été décidé la modification des préconisations initiales de l’Autorité de Sureté Nucléaire, l’épaississement du radier prévue initialement étant dorénavant accompagnée de la construction d’un récupérateur de corium ? Quelle concertation a été menée autour de ce choix ?

- Quelles études ont permis de mettre en évidence la résistance de ce récupérateur de corium en cas de séisme, et sa stabilité horizontale ? Par qui ont-elles été menées ? Par qui ont-elles été validées ?

- Quelles mesures accompagneront la mise en place de ce récupérateur, afin de garantir, comme le demande l’IRSN, que le corium ne soit jamais en contact d’eau ? Et pourquoi les préconisations de l’IRSN ne sont-elles pas reprises telles quelles par l’ASN ?

- Quelles mesures garantissent que l’ajout d’une nouvelle source froide ne puisse constituer un canal de contamination de la nappe phréatique en cas d’accident et d’inondation ?

- Dans quelles conditions seront réalisés les travaux sous la cuve même du réacteur, permettant de garantir la sécurité des travailleurs, alors même qu’EDF indique vouloir « optimiser la dose » ?

Pour Denis Baupin, « le contrôle démocratique sur le nucléaire est une fois de plus entravé. Des questions importantes concernant la sûreté du site et la sécurité des travailleurs attendent toujours des réponses. Plutôt que de dépenser des dizaines de millions sur un site dont la fermeture est programmée en 2016, EDF se grandirait à mener cette concertation, et en tout état de cause à attendre le jugement sur le fond avant d’entamer les travaux ».

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(*) En effet, le Conseil d’État a rejeté le moyen fondé sur le caractère notable de la modification envisagée par EDF, qui aurait dû logiquement conduire à une concertation sur ces travaux, dans le cadre d’une nouvelle autorisation.

Mox : l’opposition n’est pas où police et médias l’attendaient... Le collectif Brique-Bec stop MOX Reporterre 2013/04/16 Le collectif Brique-Bec stop MOX (16 avril 2013) Mox : l’opposition n’est pas où police et médias l’attendaient.... Reporterre. fr

Mox : l’opposition n’est pas où police et médias l’attendaient...

Du Mox en partance de France vers le Japon. Le comité Stop Valognes avait annoncé un camp de protestation... qui était un piège à médias. « Il est clair pour nous que ce n’est pas un quelconque coup d’éclat devant les caméras qui permettra d’interrompre ce commerce de matière radioactive. »

L’annonce du camp de Bricquebec contre le départ de Mox pour le Japon était donc un poisson d’avril

Quoi de mieux que cette réunion de Nucléopolis le jeudi 28 mars aux Pieux pour lâcher quelques tracts et voir le poil de nucléocrates répugnants se dresser. Faire planer le spectre de ce camp à Bricquebec pour stopper le convoi de MOX, pouvait, on l’espérait, les dissuader de mener leur sinistre besogne à son terme.

Rappelons que, il y a deux ans, ce transport de MOX vers le Japon avait été annulé pour cause de catastrophe en cours à Fukushima. Areva n’étant pas à une marque de cynisme près, il n’aura fallu que quelques mois pour qu’elle s’autorise à reprendre son trafic mortifère. Pourtant, la totalité des centrales fonctionnant au MOX sont à l’arrêt au Japon et la majorité de la population japonaise refuse la relance du nucléaire. De plus, le MOX d’AREVA stocké dans les piscines en lambeau des réacteurs de Fukushima menace chaque jour ce pays d’une extinction et même le gouvernement japonais, pourtant lui non plus pas dénué de cynisme, refuse dans ce contexte de recevoir ce cadeau empoisonné.

En tout cas, une chose est sûre, les médias étaient bien contents d’avoir une info croustillante à se mettre sous la dent. Et hop, revoilà les « antinucléaires musclés de Stop Castor » prêts à dégainer leurs cagoules pour faire fuir le combustible irradié. Et ça va du Ouest-torchon au Figaro, en passant par le Nouvel Obs : « ils sont déjà 50 sur place » diront certains. Les voilà tous qui reprennent la même info, mettent le lien vers le site et, on l’imagine, rêvent déjà de sensationnelles images des « indignés du nucléaire » qui n’ont rien contre cette industrie mais « veulent en découdre avec les forces de l’ordre et veulent s’attaquer à l’ordre établi », dixit la sous-préfette de la Manche lors du camp de Montabot en juin 2012.

Et bien les charognards du spectacle se retrouveront le bec dans l’eau, et c’est non sans plaisir que nous voulons maintenant leur clouer le bec. Au moins, ils auront été contraints d’évoquer l’existence de ce transport qui serait sinon, resté beaucoup plus confidentiel. De cette initiative, nous pouvons nous enorgueillir d’avoir tiré les leçons du « spectacle de Valognes-2011 ». Les médias, eux, auront continué leur train-train quotidien du traitement sensationnel de l’actualité. Aucune recherche n’aura ainsi été menée pour savoir ce qu’il en retournait de ce projet de camp à Bricquebec. Il est clair pour nous que ce n’est pas un quelconque coup d’éclat devant les caméras qui permettra d’interrompre ce commerce de matière radioactive.

Une cargaison de MOX sous escorte rejoignant le port de Cherbourg avant un embarquement pour le Japon, le 4 mars 2009

Ainsi, nous ne viendrons pas et nous ne ferons pas de camp à Bricquebec. Nous en avons soupé des rendez-vous donnés aux flics pour venir se jeter dans la gueule du loup. Nous savions pertinemment qu’un blocage réel du convoi allait devoir faire face à un déploiement policier et militaire encore plus conséquent qu’à Valognes en novembre 2011. Ne serait-ce que du fait qu’il s’agit d’un transport de plutonium, élément radioactif le plus dangereux et pouvant servir à l’élaboration de bombes. Nous savions donc que la répression face à une réelle intention de blocage ne pouvait qu’être désastreuse pour les militant-e-s. Rappelez-vous les dizaines de blessé-e-s, dont plusieurs gravement, du côté des militant-e-s anti-THT lors de l’action du 24 juin 2012 à Montabot.

Les succès et les échecs relatifs du renouveau de la lutte antinucléaire depuis deux ans ont créé une force et une expérience collective sur ce qui nous semble stratégiquement pertinent ou non d’organiser. Nous ne serons pas là où vous nous attendez. Les cibles sont nombreuses car l’industrie nucléaire possède quelques talons d’Achille : que ce soit ces transports, de MOX ou de toute autre matière radioactive, ou concernant la distribution de l’énergie et les pylônes.

Arrivée de MOX en octobre 1999 à la centrale de Takahama

Nous avons conscience qu’il est délicat de s’autoriser ce type de canular qui peut prêter à sourire alors que ce transport de MOX vers le Japon concerne l’avenir d’une population entière déjà condamnée à vivre en milieu contaminé et à compter les becquerels.

Mais, nous espérons que les militant-e-s antinucléaires comprendront qu’il n’était pas inutile de faire frémir M. Adolphe Colrat, préfet de la Manche, et sa clique de gendarmes. Il n’est pas interdit d’imaginer qu’ailleurs qu’à Bricquebec, le train-train quotidien du nucléaire sera perturbé. Notre détermination reste intacte.

Solidarité avec les anti-nucléaires japonais !

En Grèce, une monnaie locale pour résister à la crise Metro Reporterre 2013/04/16 Metro (16 avril 2013) En Grèce, une monnaie locale pour résister à la crise. Reporterre. fr

En Grèce, une monnaie locale pour résister à la crise

À Volos, petite ville de 90 000 habitants située au nord est de la Grèce, une monnaie alternative a été créée en réponse à la crise. Depuis trois ans, le TEM (Topiki Enalactiki Monada) connaît chaque jour un succès grandissant et insuffle une nouvelle dynamique à travers le pays.

En apparence, le marché de Volos n’offre rien de nouveau. Ouvert deux fois par semaine dans une petite salle de la ville, les étals proposent des objets en tous genres, des vêtements, des accessoires, des objets artisanaux, des produits frais ou encore des plats cuisinés. Seulement, ici, rien ne se paye en euros, tous les prix sont affichés en TEM (Topiki Enalactiki Monada). Cette monnaie alternative qui calque sa valeur sur celle de l’euro, est née en 2009.

« Pour aider notre ville et ses habitants touchés par la crise, nous voulions faire quelque chose qui soit constructif et réalisable. L’idée d’une monnaie virtuelle n’a rien de nouveau et a déjà été testée dans de nombreux pays. Mais si au début nous étions une dizaine à croire que ça fonctionnerait à Volos, très vite les gens ont suivi le mouvement », raconte Yannis Grigoriou, l’un des fondateurs du TEM.

Revenir à une certaine qualité de vie

Aujourd’hui, pas moins de 1 200 habitants proposent et vendent des services sur la base du TEM. Le système est simple et les offres multiples. Une fois inscrit sur la plateforme internet créée pour l’occasion, les habitants reçoivent 300 TEM pour débuter et ont accès à toutes sortes de prestations qui vont du cours de langue à la consultation médicale en passant par le service de plomberie et l’aide à domicile.

« J’ai une femme, un bébé et aucune rentrée d’argent. J’ai une formation de peintre en bâtiment, ce qui me permet de proposer mes services sur la plateforme pour six TEM de l’heure. Avec ce que je gagne, je peux acheter d’autres choses dont nous avons besoin mais que nous ne pouvons payer en euros », explique Nikos, 25 ans.

La situation n’est pas différente pour Niki, présente deux fois par semaine sur le marché où elle vend des vêtements. « Je vis avec mon fils et ma belle-fille qui n’ont pas de travail, je viens sur le marché pour gagner des TEM et acheter à mon tour ce dont j’ai besoin. Je touche 400 euros de retraite mais nous sommes trois dessus, ce qui est très difficile quand vous devez payer le loyer et les charges. Avec les TEM, on peut souffler et se permettre d’autres dépenses. »

Un système qui va en grandissant

Grâce à un succès largement salué par les autorités locales, il est question d’ouvrir des logements pour les sans-abris de la ville. Ces derniers toucheront 300 TEM qu’ils devront rembourser en proposant à leur tour des services. « L’idée du TEM est une belle idée pour la Grèce qui traverse une période difficile. Cette monnaie permet aux gens de retrouver une certaine dignité abîmée par la crise » note Angeliki, autre pilier de ce système.

En effet, cette initiative a trouvé son public. Depuis l’exemple de Volos, d’autres villes du pays ont décidé de s’y essayer. Selon Yannis Grigoriou, près de vingt agglomérations ont depuis mis en place leur monnaie alternative et instauré leur propre mode de fonctionnement.

Pétition photo : Je dis non à Notre Dame des Landes. Et vous ? Le collectif anti-NDDL de Brest Reporterre 2013/04/16 Le collectif anti-NDDL de Brest (16 avril 2013) Pétition photo : Je dis non à Notre Dame des Landes. Et vous ?. Reporterre. Tribune — fr

Pétition photo : Je dis non à Notre Dame des Landes. Et vous ?

Galerie de photos « Je dis non à Notre Dame des Landes, et vous ? »

Pour participer : Pétition photo.

Le Collectif anti aéroport de Brest a lancé une petition photo originale. L’idée est de constituer un mur de visages de citoyens de tous bords fermement opposés au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Il suffit d’imprimer le visuel « Je dis non à l’aéroport, et vous ? ».

Faites ensuite des photos de votre entourage avec le panneau et envoyez les photos (si possible de maniere groupée) à : nddlzad@yahoo.fr

Les photos rejoindront le mur de photos.

Objectif : un mur de 1000 visages ! pour commencer...

A vos appareils photos !

Notre Dame des Landes : « il faut deux ans d’études », dit le Conseil national de protection de la nature Conseil national de protection de la nature Reporterre 2013/04/16 Conseil national de protection de la nature (16 avril 2013) Notre Dame des Landes : « il faut deux ans d’études », dit le Conseil national de protection de la nature. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : « il faut deux ans d’études », dit le Conseil national de protection de la nature

Le comité permanent du Conseil national de protection de la nature est un organe consultatif important du ministère de l’Ecologie. Il recommande de mener des études complémentaires, sur au moins deux ans, des impacts environnementaux du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

MINISTERE DE L’ECOLOGIE DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET DE L’ENERGIE DIRECTION DE L’EAU ET DE LA BIODIVERSITE

REUNION DU 10 AVRIL 2013

MOTION SUR LE PROJET AEROPORTUAIRE DE NOTRE DAME DES LANDES

Le comité permanent du CNPN réuni le 10 avril 2013 a pris connaissance du « Rapport du collège d’experts scientifiques relatif à l’évaluation de la méthode de compensation des incidences sur les zones humides », concernant le projet de réalisation de la plate forme aéroportuaire et de la desserte routière de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, publié le 9 avril 2013.

Le comité permanent rappelle qu’il a examiné le dossier de dérogation à la protection stricte des espèces protégées pour ce projet, le 5 juillet 2012, sans avoir pu bénéficier au préalable du rapport de l’ONEMA sur l’eau et les zones humides.

Le comité permanent :

- Fait sienne les douze réserves présentées* dans le rapport et demande que celles-ci soient effectivement prises en compte par les maîtres d’ouvrage,

- Recommande, conformément à ce rapport, la réalisation de compléments à l’état initial sur une période d’au moins deux années, et, en toute logique, l’examen des mesures compensatoires sur la base d’un état initial complet et actualisé ;

- Soutient la proposition du collège d’une réflexion plus approfondie, pilotée par le ministère chargé de l’environnement, sur les modalités de la compensation relative aux zones humides en France ;

- Relève le manque de justifications et l’inopérance de la méthode pour déterminer les mesures compensatoires, et sa non validation par le collège d’experts ;

- Rappelle que la même méthode a servi à déterminer les mesures compensatoires aux demandes de dérogations à la protection stricte des espèces, qu’il a examinées le 5 juillet 2012, et pour laquelle il aurait souhaité une évaluation préalable de sa pertinence et de sa réponse aux enjeux de conservation (cf avis du CP du 5 juillet 2012) ;

- Considère, en termes de cohérence, que les demandes de dérogations qu’il a examinées doivent être revues avec la nouvelle méthode validée ;

Eu égard aux constats dressés et à l’expérience acquise pour les procédures d’instruction des projets d’aménagement du territoire, le comité permanent du CNPN demande à l’Etat, dans le cadre du projet de loi cadre biodiversité, de revoir la procédure d’instruction des projets d’aménagement du territoire, afin d’instaurer l’indispensable articulation entre les dispositifs en place (étude d’impact, dérogation espèces protégées, incidences loi sur l’eau, fouilles archéologiques, enquête publique,....), et le calendrier de réalisation des projets.

Jean-Claude LEFEUVRE, Président du comité permanent

............................. (*) Liste des réserves : R1. Non adéquation de la méthode avec la disposition 8B-2 du SDAGE Loire- Bretagne. R2. Excessive complexité de la méthode utilisée. R3. Nature et valeurs des coefficients de compensation injustifiés. R4. Risque d’échec prévisible des mesures de compensation proposées et délai excessif de l’efficacité de leur mise en œuvre. R5. Analyse non pertinente de la qualité physico-chimique des eaux et de la fonction biogéochimique des zones humides. R6. Analyse insuffisante du fonctionnement hydrologique quantitatif. R7. Importance sous-estimée du ralentissement des crues. R8. Caractérisation initiale insuffisante de la biodiversité. R9. Difficulté d’appréciation et incertitudes sur la faisabilité des mesures de génie écologique. R10. Incertitudes sur la mise en œuvre des mesures de compensation R11. Insuffisance de l’engagement formel des maîtres d’ouvrage à l’obligation de résultat. R12. Absence de suivi satisfaisant des mesures de compensation.

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Document original à télécharger :

Les anti-OGM ont visité l’usine de Monsanto L’Indépendant Reporterre 2013/04/16 L’Indépendant (16 avril 2013) Les anti-OGM ont visité l’usine de Monsanto. Reporterre. fr

Les anti-OGM ont visité l’usine de Monsanto

Les militants anti-OGM qui s’étaient introduits tôt ce matin [lundi] sur le site Monsanto de Trèbes, près de Carcassonne, ont quitté les lieux vers 12 h 30. Une délégation de quatre militants anti OGM avait été admise à pénétrer dans l’usine deux heures plus tôt. Ils ont pu effectuer une visite guidée des lieux en compagnie de représentants de la direction et du directeur de cabinet du préfet.

Les Faucheurs Volontaires voulaient vérifier la présence sur le site de pesticides mis en cause dans la mort des abeilles. Ils ont en effet trouvé du ’Cruiser’ et du ’Poncho’. Deux produits qui, bien qu’interdits en France, restent tolérés sur certaines céréales.

Les militants n’ont pas découvert d’OGM, même si la directrice du site leur a indiqué qu’il pouvait y en avoir puisque la loi l’autorise.

En tout, une quinzaine de manifestants se sont perchés sur le toit d’un hangar de l’usine, près de laquelle une centaine de militants anti-OGM ont manifesté toute la matinée, dès 6 h 30 ce lundi matin. Leur objectif était de protester contre le projet d’extension de l’usine et de procéder, à l’intérieur, à une « inspection citoyenne ».

D’importantes forces de l’ordre se trouvaient déjà sur place à leur arrivée, mais 8 d’entre eux ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’usine en utilisant un passage dans le grillage. Ils ont alors déployé une banderole dans l’usine alors que 60 à 80 militants anti-OGM restaient à l’extérieur où ils bloquaient l’entrée des ouvriers sur le chantier d’agrandissement de l’usine.

Spécialisée dans la production de l’OGM MON 810 jusqu’à son interdiction, l’usine du géant céréalier américain Monsanto de Trèbes fait l’objet d’un projet d’investissement de 55 millions d’euros pouvant déboucher sur la création de 40 emplois. Les riverains se disent inquiets de ce projet.

Les activistes altermondialistes ont à nouveau signifié à la direction, à l’issue de la visite, leur opposition à l’utilisation d’OGM et de pesticides nuisibles aux abeilles.

La France s’apprête à expédier du combustible au plutonium vers le Japon de Fukushima FR3 Reporterre 2013/04/16 FR3 (16 avril 2013) La France s’apprête à expédier du combustible au plutonium vers le Japon de Fukushima. Reporterre. Énergie fr

La France s’apprête à expédier du combustible au plutonium vers le Japon de Fukushima

Les deux bateaux chargés de transporter du Mox vers le Japon devaient arriver mardi à Cherbourg pour embarquer leur cargaison radioactive.

Selon l’association Greenpeace, le Pacific Heron et le Pacific Egret, deux navires britanniques de la compagnie PNTL, auraient levé l’ancre dimanche 14 avril en début d’après-midi. Greenpeace estime qu’ils pourraient arriver à Cherbourg mardi 16 avril au petit matin.

C’est par un tweet envoyé hier vers 18h00 que l’association antinucléaire a annoncé le départ des deux bateaux destinés à transporter le Mox de Cherbourg au Japon.

Transport confirmé par Areva.

Une fois la cargaison de Mox embarquée, ils prendront la direction de Takahama, au Japon.

Le combustible, lui, est transporté par camions sur une quarantaine de kilomètres entre Beaumont-Hague et le port de Cherbourg. Selon Greenpeace, ce parcours sera hautement sécurisé par les forces de l’ordre.

Comment empêcher le Tour de France de saccager le col de Sarenne ? Matthieu Stelvio Reporterre 2013/04/17 Matthieu Stelvio (17 avril 2013) Comment empêcher le Tour de France de saccager le col de Sarenne ?. Reporterre. Tribune — fr

Comment empêcher le Tour de France de saccager le col de Sarenne ?

Jusqu’à présent, le Tour de France ne manifeste aucune intention d’éviter le bétonnage de la route du Col de Sarenne, dans les Alpes. Mais ce sont maintenant dix mille personnes qui lui demandent de changer de braquet.

NON AU TOUR DE FRANCE À SARENNE : 10 000 SIGNATURES

Préambule : Relayée par plusieurs associations, la pétition Non au Passage du Tour de France au Col de Sarenne [1] est sur le point d’atteindre 10 000 signatures.

A.S.O., l’organisateur de l’épreuve, a ignoré notre première lettre ouverte [2]. S’obstinant à refuser le dialogue, A.S.O. a annoncé, le 15 avril, vouloir doubler la mise en faisant passer le Tour à Sarenne en juillet ainsi que... le Critérium du Dauphiné en juin ! Vont-ils continuer à se boucher les oreilles ou vont-ils enfin se décider à entendre la parole des 9733 signataires ?

Voici notre seconde lettre ouverte au directeur de l’épreuve !

Monsieur,

Nous sommes 10.000 à vous demander de ne pas faire passer le Tour de France au Col de Sarenne. Nous estimons que dans un milieu naturel aussi préservé, l’impact environnemental d’un tel événement n’est pas proportionné à un enjeu déconnecté de l’intérêt public.

Fermée huit mois sur douze, la route pastorale de Sarenne est singulière, la vitesse y est limitée à 20 km/h. Elle se confond avec le chemin de randonnée du Tour des Ecrins. En période de pointe, on y croise tout au plus une voiture toutes les dix minutes.

Jouxtant les trois derniers kilomètres d’ascension, le marais du Col de Sarenne est protégé par un arrêté préfectoral attestant que « le biotope d’une espèce résulte des interactions entre la faune, la flore et les caractéristiques physiques et chimiques du milieu, et qu’une perturbation ou une atteinte portée à l’un de ces éléments peut engendrer un déséquilibre préjudiciable » ; et « qu’il y a [donc] lieu de réglementer les activités sur le périmètre [de la zone humide] afin d’assurer la préservation et la tranquillité de certains biotopes nécessaires à la survie de plusieurs espèces animales protégées ».

L’article 7 interdit même toute manifestation sportive sur un périmètre qui sera inévitablement piétiné par la foule du Tour de France !

Au-delà de cet arrêté, la route pastorale de Sarenne traverse la vallée du Ferrand dont la « diversité floristique exceptionnelle [en fait, selon le Conservatoire Botanique National Alpin, l’une] des plus riches régions de France sur le plan botanique » : 758 espèces végétales y sont recensées !

Dans ce vaste espace, on ne dénombre pas moins de 100 espèces animales protégées dont de majestueux rapaces : des aigles royaux, des circaètes Jean-le-Blanc, des gypaètes barbus, des milans royaux, des autours des palombes, des éperviers d’Europe, des busards cendrés…

Sur ces pentes vivent également de rares et chétifs coqs sauvages : des lagopèdes, des tétras lyre (dont les petits naîtront une semaine avant le Tour de France). Parmi tous ces animaux, certains sont en danger d’extinction sur la liste rouge européenne, notamment le bruant ortolan, un joli petit passereau ou encore l’azuré du Serpolet, un sublime papillon !

En ces lieux s’épanouissent des mésanges bleues, des mésanges noires, des mésanges huppées, des mésanges charbonnières, des mésanges nonnettes, des mésanges à longue queue, des mésanges boréales… des apollons, des sizerins flammés, des chevaliers guignettes, des hirondelles des roches, des niverolles des neiges … et des dizaines d’autres espèces protégées !

Le Conservatoire Botanique National Alpin estime que « la faune de la vallée du Ferrand est remarquable », et que « l’excellent état de conservation de la plupart des habitats naturels, peu perturbés, permet le maintien d’espèces animales rares ».

Habitués à la plus grande quiétude, tous ces animaux de montagne ont une vie rude, et un stress prolongé peut lourdement impacter leur survie. La perturbation de cet équilibre délicat ne peut se justifier que par un intérêt public majeur, et non par un événement sportif éphémère.

Or, c’est pour optimiser le confort des coureurs et des centaines de véhicules qui les accompagnent que des travaux vont être entrepris sur la route pastorale de Sarenne ; et ce, à votre demande, et non à celle de la population locale.

Au-delà des arrêtés préfectoraux, des espaces Natura 2000, des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique, nous défendons une beauté fragile et indicible. Au Col de Sarenne, il n’est pas rare de voir un randonneur s’asseoir et rester un long moment à contempler le paysage, à savourer le silence, à rêvasser face aux Plateaux d’Emparis et aux Glaciers de la Meije.

Essayez de comprendre ce qui nous rattache au lieu que vous voulez utiliser pour votre course. Sarenne, c’est un autre monde, celui de la montagne préservée : notre sentiment, c’est qu’il ne faut pas y toucher ; en tous les cas, pas pour une journée (aussi belle soit-elle) de Tour de France. Ne soyons pas naïfs : si vous commencez à y toucher, d’autres s’en donneront le droit !

Nous ne voulons pas bloquer votre épreuve, nous souhaitons simplement qu’une fois à Huez, le peloton tourne vers Villard Reculas plutôt que vers Sarenne. Au fond, ça n’affecterait que très peu la morphologie de l’étape ; par Villard Reculas, le risque de chute serait même considérablement réduit !

Opter pour Villard Reculas plutôt que pour Sarenne, ce serait changer 10.000 colères en 10.000 sourires !

Donner le sourire, ne serait-ce pas la vocation première du Tour de France ?

Respectueusement,

Matthieu Stelvio

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Liens

[1] La pétition

[2] Voir ici.

Emprisonnée à Madagascar parce qu’elle critique l’exploitation minière Youshaa Hassenjee (L’Express) Reporterre 2013/04/17 Youshaa Hassenjee (L’Express) (17 avril 2013) Emprisonnée à Madagascar parce qu’elle critique l’exploitation minière. Reporterre. fr

Emprisonnée à Madagascar parce qu’elle critique l’exploitation minière

Perle Zafinandro Fourquet, une Française de 46 ans, est incarcérée depuis le 12 mars à Fort-Dauphin dans le sud-est de Madagascar. Les autorités lui reprochent d’être impliquée dans le cambriolage d’un bureau de la Commission électorale nationale indépendante de transition (Cenit), l’exécutif provisoire chargé d’organiser et superviser les prochaines élections dans le pays. Ses proches, eux, dénoncent une arrestation à caractère politique.

Incarcérée depuis le 12 mars 2013, Perle Zafinandro Fourquet, une Franco-malgache de 46 ans, est accusée d’être à l’origine du cambriolage, le 27 février dernier à Fort-Dauphin dans le sud-est de Madagascar, d’un bureau de la Commission électorale nationale indépendante de transition (Cenit), l’organisme chargé d’organiser et de superviser les opérations électorales. Au cours du casse, un écran plat et trois disques durs auraient été dérobés, une imprimante endommagée.

L’arrestation de la Française est intervenue après que des témoins ont affirmé avoir reconnu une vingtaine de membres de l’association Fagnomba (Entraide) - dont Perle Zafinandro Fourquet est présidente - à proximité des locaux de la Cenit au moment du délit. Une version démentie par le vice-président de Fagnomba dans un communiqué.

Une militante engagée

Après avoir vécu à la Réunion pendant plusieurs années, Perle Zafinandro Fourquet était repartie s’installer dans la Grande Ile il y a trois ans pour y développer un projet de création d’entreprise dans le tourisme. « C’est là qu’elle a rencontré des gens qui manifestaient et qu’elle a été touchée par leurs revendications, affirme son fils Jean-Yves Etiemble, 24 ans, étudiant en médecine à Bordeaux. Comme elle avait envie de faire des choses pour son pays, elle a décidé de les aider dans leur combat ».

Le combat dont il parle, c’est celui qui oppose la population de Fort-Dauphin au trust minier Qit Madacascar Minerals (QMM). Une société détenue à 80 % par la multinationale anglo-australienne Rio Tinto et à 20 % par l’Etat malgache. Fagnomba, l’association dont Perle Zafinandro Fourquet est devenue présidente, « ne remet pas en cause l’existence de la mine mais milite pour une meilleure prise en compte des intérêts de la population », explique Jean-Marie Pernelle, co-auteur de Je veux ma part de terre, documentaire en préparation sur le sujet. « Une autre chose que nous avons constatée sur place, c’est que son engagement lui a valu une forte popularité à Fort-Dauphin », poursuit-il.

Une arrestation politique ?

Pour ses proches, c’est cette popularité qui serait à l’origine de l’incarcération de Perle Zafinandro Fourquet. Les dirigeants en place craindraient, selon eux, l’émergence d’une figure d’opposition capable de leur faire de l’ombre à l’approche des élections législatives prévues pour juillet prochain. Or, l’association Fagnomba dénonce la corruption ambiante qui règne à Madagascar et pointe la responsabilité du chef de la région d’Anosy, Guillaume Venance. Fort du soutien de l’industriel QMM, c’est lui qui serait à l’origine d’une manoeuvre d’intimidation permettant à la fois de faire taire la contestation autour de l’opérateur minier et d’éliminer une potentielle rivale politique.

Contacté par téléphone par L’Express, l’intéressé dément formellement des propos qu’il qualifie de « rumeurs ». Perle Zafinandro Fourquet « n’est pas à ma hauteur, elle est loin derrière moi », affirme Guillaume Venance. « Il est vrai que je défends l’intérêt de l’administration et je ne suis pas franchement aimé par cette association lorsque je prends mes responsabilités et que j’envoie les militaires pour faire évacuer des barrages routiers. S’ils veulent lutter, il n’ont qu’à le faire de manière réglementaire », poursuit le chef de la région d’Anosy.

Aujourd’hui pourtant, il affirme ne pas vouloir mettre de l’huile sur le feu et assure que la tendance est à l’apaisement. Pour les proches de Perle Zafinandro Fourquet, la contestation ne fait que commencer.

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Pétition

Libérez sans délai Perle ZAFINANDRO-FOURQUET, présidente de FAGNOMBA, emprisonnée arbitrairement à Fort-Dauphin, Madagas

Pourquoi c’est important

Perle ZAFINANDRO-FOURQUET a été arrêtée abusivement le 11 mars 2013 et emprisonnée à Fort-Dauphin le 12 mars 2013 pour le combat qu’elle mène, avec d’autres compatriotes,contre un géant minier Rio Tinto (80%), associé à l’état malgache (20%).

Elle réclame le droit à une indemnisation décente des propriétaires terriens expulsés de leurs terres pour le besoin de cette firme (beaucoup n’ont jamais été payés). Elle réclame également l’embauche de travailleurs locaux au sein de cette société qui fait venir la plupart de ses employés de la capitale.

Elle lutte pour la protection de l’environnement malmené durement (les poissons disparaissent depuis l’installation d’un barrage...). En emprisonnant Perle ZAFINANDRO-FOURQUET pour des raisons complètement fallacieuses, les autorités malgaches coupent la VOIX d’une association qui les dérange.

Signer la pétition

Les banques françaises championnes du financement des agrocarburants Oxfam France/Amis de la Terre Reporterre 2013/04/17 Oxfam France/Amis de la Terre (17 avril 2013) Les banques françaises championnes du financement des agrocarburants. Reporterre. fr

Les banques françaises championnes du financement des agrocarburants

Selon une étude d’Oxfam et des Amis de la Terre, les plus grandes banques françaises, comme BNP Paribas et Société Générale, soutiennent financièrement les cultures d’agrocarburants. Ce faisant, ils participent à l’accaparement des terres et à la crise alimentaire des pays pauvres.

Selon un rapport publié le 17 avril - journée internationale des luttes paysannes - par Oxfam France, les principales banques françaises auraient accordé entre 2009 et 2012 plus de 4 milliards d’euros de prêts aux dix principaux producteurs européens d’agrocarburants, et auraient émis pour ces entreprises des actions et obligations pour un montant total de plus de 3 milliards d’euros.

Oxfam France demande aux banques françaises de renoncer à financer les producteurs d’agrocarburants, qui mettent en péril la sécurité alimentaire mondiale.

Une étude des Amis de la Terre montre également que des banques françaises sont impliquées dans le financement du géant malaisien de l’huile de palme, Sime Darby, à l’origine de nombreux conflits avec des communautés locales comme au Liberia. Cette huile est destinée, entre autre, au marché européen, largement déficitaire en huile végétale à cause du développement des agrocarburants.

Dans son rapport intitulé « Agrocarburants : les banques françaises font le plein », Oxfam France établit un classement des différentes banques françaises qui financent le plus les producteurs d’agrocarburants basés en Europe. Au terme de recherches effectuées pour le compte d’Oxfam France par le cabinet néerlandais indépendant Profundo, il apparaît que la BNP Paribas arrive largement en tête de ce classement, suivie par la Société générale et le Crédit agricole.

En ce qui concerne Sime Darby, la Société générale et le Crédit agricole sont actionnaires de l’entreprise à hauteur de 7,74 et 4,45 millions d’euros respectivement. Les Amis de la Terre demandent par conséquent aux banques françaises d’arrêter de financer des projets d’immenses monocultures et d’accaparement des terres dans les pays du Sud et de s’engager à soutenir des projets favorisant l’agro-écologie et la souveraineté alimentaire.

Pour Anne van Schaik, chargée de campagne sur la finance privée aux Amis de la Terre Europe : « En investissant dans ce géant de l’huile de palme, les banques participent à la violation des droits de communautés, à la violation de la loi du Libéria, ainsi qu’à la violation d’accords internationaux portants sur les droits humains. Les banques doivent arrêter de financer des entreprises qui sont impliquées dans d’immenses projets de monocultures qui mènent souvent à des processus d’accaparement de terres et de déforestation. Elle doivent à la place rediriger leurs investissements vers les énergies renouvelables ou des projets qui promeuvent l’agro-écologie et la souveraineté alimentaire. »

« Les banque françaises participent à l’insécurité alimentaire mondiale croissante en finançant les grands producteurs d’agrocarburants », a déclaré Clara Jamart, d’Oxfam France. « Des banques telles que la BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole financent largement la production d’agrocarburants, et se rendent ainsi complices de l’augmentation des prix alimentaires et des dynamiques d’accaparement de terres dans les pays du Sud. Elles doivent mettre fin au plus vite à leurs activités de financement des producteurs d’agrocarburants. »

Les agrocarburants produits à partir de matières premières agricoles sont inefficaces pour lutter contre le changement climatique, puisque 80% d’entre eux sont en réalité plus polluants que les carburants fossiles. Pire, ils entrent en compétition avec l’alimentation et poussent les prix alimentaires à la hausse, avec des conséquences dramatiques pour les ménages les plus pauvres.

De plus, les prix de matières premières agricoles ont tendance à s’aligner sur ceux du pétrole et deviennent extrêmement volatils et imprévisibles, ce qui engendre de graves crises alimentaires comme celles de 2008, 2010 et 2012.

Clara Jamart ajoute : « Le gouvernement français et ses partenaires européens doivent mettre un terme aux politiques de soutien aux agrocarburants. La France doit en finir au plus vite avec cette niche fiscale qui permet aux producteurs d’agrocarburants de bénéficier d’un système de défiscalisation massif. Elle doit également s’engager à soutenir une réforme ambitieuse des politiques européennes, et renforcer la proposition de la Commission européenne plutôt que de pousser pour sa révision à la baisse. »

Notre Dame des Landes : oui, il y a eu des excès du côté zadiste, mais compréhensibles face au « sur-excès » de la police Bruno Dalpra (Collectif Alsace de soutien à NDDL) Reporterre 2013/04/17 Bruno Dalpra (Collectif Alsace de soutien à NDDL) (17 avril 2013) Notre Dame des Landes : oui, il y a eu des excès du côté zadiste, mais compréhensibles face au « sur-excès » de la police. Reporterre. Tribune — fr

Notre Dame des Landes : oui, il y a eu des excès du côté zadiste, mais compréhensibles face au « sur-excès » de la police

Le collectif Alsace de soutien à Notre-Dame-des-Landes a appelé à manifester lundi à 16h devant la préfecture du Bas-Rhin et de la région Alsace.

Nous étions une dizaine, nous avons déployé nos banderoles et nous sommes restés plus de deux heures pour montrer notre soutien à la ZAD et dénoncer les opérations militaires et policières du jour. Étaient présents : des indignés, quelques membres du parti de gauche, d’EELV et des citoyens.

La journée d’hier est une triste journée qui nous renvoie vers le 23 novembre dernier à la différence que les propos de l’ACIPA (1) tranchent avec la mobilisation.

Nous comprenons que l’Association veuille se démarquer des violences de certains "ultras", mais avec la présence de 70 fourgons comptabilisés selon les sources, cela représente entre 500 et 800 hommes sur le pied de guerre. L’État était près.

Nous regrettons de constater les dégradations faite sur la D81 qui mène à la Châtaigneraie, nous regrettons les dérangements sur les populations locales que peuvent engendrer certains éléments difficiles à contrôler en revanche, nous ne pouvons pas admettre que les troubles de la journée du 15 avril leur soient imputables totalement. Lorsque l’on constate qu’il y a eu différentes opérations comme dans la forêt de Rohanne, que les forces de l’ordre sont allés jusqu’à la Châtaigneraie, on ne peut pas dire que ces manœuvres soient la résultante de quelques éléments perturbateurs.

A titre personnel, j’ai été en contact avec de nombreuses connaissances sur le terrain entre hier et aujourd’hui. Nous sommes tous d’accord pour regretter les agissements de certains éléments sur la ZAD mais nous ne comprenons pas non plus l’attitude “protectrice” de l’ACIPA. Le déploiement militaire et les actions menées par les forces dont certaines en tenue kaki n’ont été largement plus loin que de la simple réaction à des “provocateurs”.

L’amorce de dialogue engagé sur le dossier ne doit pas également rendre frigides les différents acteurs engagés dans la bataille contre le projet d’aéroport. Les opposants historiques ont bien entendu une parole plus forte, mais les défenseurs de la ZAD plus récemment installés sont les artisans de la non-réalisation des travaux sur la zone et il ne faudrait pas minimiser leur droit d’action sous prétexte de quelques agitateurs.

Malheureusement, comme dans toute système, parti politique en tête, il y a toujours des brebis galeuses. N’oublions pas que certains habitants de la ZAD vivent depuis plus de trois ans dans des conditions qui ne sont pas toujours évidentes et que la pression des forces de l’ordre est psychologiquement pas toujours évidente à gérer.

Il ne faut pas simplement regarder les faits et crier au loup, il faut aller plus loin dans la réflexion.

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(1) Communiqué de l’Acipa à lire dans « Violents heurts avec la gendarmerie »

Contre la résistance aux antibiotiques, une thérapie écolo : la phagothérapie Michèle Rivasi Reporterre 2013/04/17 Michèle Rivasi (17 avril 2013) Contre la résistance aux antibiotiques, une thérapie écolo : la phagothérapie. Reporterre. fr

Contre la résistance aux antibiotiques, une thérapie écolo : la phagothérapie

Découverte à la fin des années 1910, la phagothérapie reste largement méconnue en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis, alors qu’elle semble être une alternative ou un traitement complémentaire efficace aux antibiotiques.

L’Organisation mondiale de la santé l’a rappelé en mars dernier : de plus en plus d’infections deviennent résistantes aux antibiotiques. Le staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) tue à lui seul 18 000 personnes par an aux Etats-Unis, soit plus que le sida. La comparaison est saisissante.

En Europe, la situation n’est pas plus enviable. Les bactéries résistantes tuent chaque année 25 000 personnes en Europe. La Grande-Bretagne a récemment mis en garde contre une résistance croissante des infections aux antibiotiques.

Selon Sally Davis, la principale conseillère du gouvernement britannique en matière de santé, la situation d’ici vingt ans pourrait être assimilée à un danger équivalent au terrorisme ou au réchauffement climatique.

Surconsommation d’antibiotiques

Nous continuons à surconsommer des antibiotiques, que nous ingérons sans même nous en rendre compte par le biais des animaux d’élevage. Parqués en masse dans des batteries, malades de cette proximité, ces animaux sont gavés de médicaments que nous retrouvons ensuite dans nos assiettes.

Nous venons d’ailleurs d’apprendre qu’une filière illégale de fourniture d’antibiotiques à hautes doses destinés à des animaux d’élevage vient d’être démantelée dans le Puy-de-Dôme.

Des vétérinaires pharmaciens délivraient depuis plusieurs années de grandes quantités de médicaments vétérinaires à des centaines d’éleveurs, sans suivi sanitaire ni examen des animaux. C’est ce genre de comportement inacceptable qui favorise aussi le développement d’antibiorésistance chez l’animal et l’homme.

Autre phénomène qui prend de l’ampleur : les infections associées aux soins, qui sont acquises lors de l’hospitalisation (maladies nosocomiales). Elles demeurent responsables de 4 200 décès annuels en France dans les hôpitaux. Là encore, on constate que depuis les années 1980, une part croissante d’infections acquises à l’hôpital est due à des bactéries multirésistantes aux antibiotiques.

Par exemple, les entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu augmentent dans les hôpitaux. D’autres menaces émergent : épidémies de bactéries « pan-résistantes », « superbactéries » de type NDM provenant du sous-continent indien...

Une méthode à remettre au goût du jour

Face à ce constat alarmant, la question se pose de revenir à une méthode ancienne, qui a fait ses preuves avant l’arrivée des antibiotiques dans les années 1940 : la phagothérapie. Découverte à la fin des années 1910, cette thérapie reste largement méconnue en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis, alors qu’elle semble être une alternative ou un traitement complémentaire efficace aux antibiotiques.

Le traitement consiste à utiliser les phages, virus naturels des bactéries (on parle même de virus « mangeurs de bactéries »), présents partout dans la nature et notamment dans les eaux usées.

Après des tests in vitro, il est possible de sélectionner les phages efficaces contre les bactéries présentes dans la plaie de la personne infectée, pour la soigner. Et les résultats sont impressionnants. Là où les antibiotiques échouent, les phages soignent.

Seuls certains pays de l’Est, notamment la Géorgie, continuent à les utiliser et les commercialiser. Au sein de l’Union européenne et en France, on estime que les phages, issus de la nature, ne sont pas brevetables, selon le docteur Alain Dublanchet, car il s’agit d’êtres vivants.

Des blocages administratifs et juridiques

Les industriels ne peuvent pas s’en saisir pour en faire des médicaments, et le traitement n’est donc pas légal : on ne peut pas l’utiliser car, s’il y a le moindre problème, c’est la responsabilité du médecin prescripteur qui est engagée.

De nombreux blocages administratifs et juridiques entravent la progression de la recherche et l’éventualité d’une commercialisation de médicaments à base de phages. La phagothérapie souffre en outre d’une image de vieille médecine et se heurte à beaucoup de scepticisme.

Malgré ces réserves, des médecins de l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, Alain Dublanchet, microbiologiste, et son confrère Olivier Patey, infectiologue, ont choisi de défendre la phagothérapie. J’ai pu faire leur connaissance lors du premier forum sur l’utilisation des bactériophages, organisé à Paris le 31 janvier dernier.

Ces professionnels ont choisi de soigner certains patients atteints d’infections graves avec des phages, lorsque tout a été tenté et qu’aucun traitement ne parvenait à arrêter la flambée infectieuse.

C’est ainsi que des personnes qui devaient être amputées à cause d’infections dévorantes ont pu voir leurs membres sauvés par cette technique. Cette méthode peut également être utilisée pour traiter les infections pulmonaires, comme celles dues à la mucoviscidose.

Un grand colloque au Parlement européen

Convaincue par l’intérêt de cette thérapie, j’ai par la suite invité à Bruxelles Dr. Dublanchet et Dr. Patey afin qu’ils rencontrent Dominique Ristori, directeur général du Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne, ainsi que des experts européens. Il me semble en effet important que la question soit abordée au niveau européen. La question du financement de cette recherche a également été abordée.

Il convient de mener des études cliniques sur les phages (sous la forme de cocktails pour qu’ils soient considérés comme des médicaments), afin qu’ils puissent bénéficier d’autorisations de mise sur le marché. Il est très important que cette médecine soit réintroduite de façon encadrée afin de ne pas reproduire les erreurs qui ont été faites avec le mésusage des antibiotiques.

Les protocoles doivent être minutieusement définis, ainsi que les procédures d’utilisation. Des rendez-vous sont pris avec l’Agence nationale de la sécurité des médicaments (ANSM) et le ministère de la Santé pour la mise en place d’études cliniques.

Nous envisageons également de tenir un grand colloque au Parlement européen sur la phagothérapie, afin de trouver des solutions, notamment financières, aux blocages qui persistent dans le développement de cette médecine prometteuse.

Notre Dame des Landes : le paysan arrêté lundi reste sous contrôle judiciaire Copain // Confédération paysanne Reporterre 2013/04/17 Copain // Confédération paysanne (17 avril 2013) Notre Dame des Landes : le paysan arrêté lundi reste sous contrôle judiciaire. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : le paysan arrêté lundi reste sous contrôle judiciaire

Communiqué du COPAIN 44 du 17 avril 2013

Aujourd’hui mercredi 17 avril le paysan membre du Collectif COPAIN 44 a été transféré très tôt au tribunal de Saint-Nazaire pour être présenté devant le juge des libertés et de la détention.

Il est convoqué pour comparution devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire le 21 mai à 14 Heures pour répondre d’un refus d’obtempérer et d’un refus de prélèvement ADN.

La Juge a décidé de le placer sous contrôle judiciaire jusqu’au jugement l’obligeant à un passage hebdomadaire à la gendarmerie de Couëron.

Nous rappelons que les faits reprochés se sont déroulés dans le cadre d’une action collective non violente, conviviale et constructive.

Nous déplorons l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour contrer la résistance paysanne.

Aujourd’hui, les paysans force de proposition constructive pour l’avenir des territoires de la ZAD ne se laisseront pas enfermer dans la criminalisation de leurs actions.

COPAIN (mardi 16 avril)

Depuis ce matin 7 heures, mardi 16 avril, un paysan membre du COPAIN44, très engagé contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, est retenu en garde à vue à la gendarmerie de Châteaubriant, accusé d’avoir refusé de se laisser contrôler pour la nième fois samedi soir en quittant « Sème ta ZAD » en tracteur.

On lui reproche aussi sa participation aux dégradations d’une maison en octobre dernier lors d’une action organisée pour sauver cette maison d’une destruction assurée, maison finalement détruite par AGO/Vinci.

Manifestement, malgré les discours d’appaisement du préfet, les pouvoirs publics ont décidé de judiciariser les militants les plus engagés dans la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Suite à la garde à vue, notre copain paysan risque une mise sous contrôle judiciaire et donc peut-être une interdiction de présence sur la ZAD.

Nous ne nous laisserons pas intimider et nous appelons à poursuivre le combat.

Confédération paysanne

Un paysan opposé à l’aéroport a été interpellé ce matin à l’heure du laitier, et mis en garde à vue à 80 km de chez lui. Ce militant était convoqué à la gendarmerie et avait l’intention de s’y rendre. C’est donc sans raison qu’il a été interpellé. Par ailleurs, lors du rassemblement qui a suivi devant la gendarmerie de Chateaubriant, un tracteur, symbole de la cause paysanne, mais aussi outil de travail, a été mis en fourrière sans justification.

Cette interpellation a, encore une fois, pour objectif de diviser la résistance paysanne. Nous exigeons la libération immédiate de ce militant-paysan et la restitution du tracteur, et nous appelons l’ensemble de la résistance à rester unie, quelles que soient les provocations.

Réunion Oxylane Collectif « Pour un site préservé entre Loire et forêt » Reporterre 2013/04/17 Collectif « Pour un site préservé entre Loire et forêt » (17 avril 2013) Réunion Oxylane. Reporterre. fr

Réunion Oxylane

Réunion d’information-débat sur le projet OXYLANE Le jeudi 18 avril 2013 à 20h30 Salle J.B. Clément, rue Danton, Saint Jean de Braye

EN TOUTE FRANCHISE, en tant qu’association de Commerçants, soutient le collectif : Pour un Site Préservé entre Loire et Forêt.

Pourquoi ce soutien ?

Nous dénonçons, depuis la Loi de Modernisation de l’Economie, que les commerçants et les associations de Commerçants ne sont plus associés, concertés, dans le cadre de l’aménagement du territoire pour les implantations des projets de grandes surfaces.

Avec la loi 93-122 du 23 janvier 1993 concernant la prévention de la corruption, la transparence de la vie économique et des procédures publiques, il a été créé l’Observatoire Départemental d’Equipement Commercial qui avait pour mission d’analyser l’évolution de l’appareil commercial avec en appui les inventaires des grandes surfaces et des commerces de moins de 300 m².

L’Observatoire Départemental d’Aménagement Commercial a été reconduit par la loi LME mais ces observatoires ont totalement disparus. La modification des lois ROYER et RAFFARIN, avec la dérégulation des autorisations de grandes surfaces, devait permettre : 1) de lutter contre le chômage 2) augmenter le pouvoir d’achat.

Mais qu’en est-il en réalité ? Plus de 4 000 000 m² de grandes surfaces autorisées par an, le pouvoir d’achat à diminuer et le chômage n’a cessé d’augmenter.

Si le consommateur veut du toujours moins cher, c’est à quel prix ?

L’exemple est à la porte de Saint Jean de Braye, un village OXYLANE, ou l’on pense tout pour vous… Mais saviez-vous que le groupe OXYLANE, c’est l’expédition de 40 000 conteneurs par an vers les magasins ? Combien de produits sont fabriqués en France ? Combien d’emplois en France par rapport au volume vendu, stocké et transporté par les camions sur tout le territoire ?

Les élus nous parlent d’emplois, mais combien d’emplois sont réalisés en France pour fabriquer les produits ? et combien d’emplois sont détruits en France après chaque implantation ?

Aucune loi n’a été votée pour permettre de vérifier le nombre d’emplois annoncés dans les projets et par les élus et ceux réellement réalisés, sans parler de ceux détruits dans la concurrence ?

Quelle incidence sur : 1) l’Environnement, disparition de terres fertiles alors qu’il faut repenser au circuit cours pour la production alimentaire, 2) la pollution, c’est 1 conteneur par camion, avec des entrepôts gigantesques, le stock se promène sur les routes 40 000 conteneurs, soit 40 000 camions par an, 3) les emplois il faut préserver les emplois de la concurrence, recréer des emplois de fabrications localisés pour redonner du travail -synonyme de pouvoir d’achat des consommateurs-, il est urgent de penser relocalisation.

Réunion d’information-débat sur le projet OXYLANE Le jeudi 18 avril 2013 à 20h30 Salle J.B. Clément, rue Danton, Saint Jean de Braye

Auchan fossoyeur des ceintures vertes urbaines Collectif pour le Triangle de Gonesse Reporterre 2013/04/18 Collectif pour le Triangle de Gonesse (18 avril 2013) Auchan fossoyeur des ceintures vertes urbaines. Reporterre. Tribune — fr

Auchan fossoyeur des ceintures vertes urbaines

Un mois après la publication par le 1er ministre Jean-Marc Ayrault du calendrier de réalisation du Nouveau Grand Paris, Christophe Dalstein, directeur d’Europa City, annonce la poursuite du projet et le choix de l’équipe d’architectes.

BIG est donc l’équipe gagnante. Tout son projet est dans « la toiture largement végétalisée et multifonctionnelle ». Europa City annonce les prochaines étapes : la concertation fin 2014, la pose de la première pierre début 2017 et la desserte en transport satisfaisante annoncée pour 2020. Quelle desserte ? Ce calendrier va encore laisser du temps à BIG pour revoir sa copie et préciser son « écosystème autonome et durable » ainsi que les « bains extérieurs d’Europa City ».

Europa City, rouleau compresseur annoncé du commerce du nord de l’Ile-de-France

Si Auchan met en avant le volet touristique de son projet, l’objectif réel des 500 boutiques et restaurants d’Europa City est de capter la clientèle déjà existante des centres commerciaux voisins – dont certains sont déjà en grande difficulté – et autres commerces de centres-villes. L’effet conjugué de la crise économique et de la course effrénée au gigantisme de l’immobilier commercial promet d’être dévastateur sur l’emploi de ce secteur dans un large territoire allant de Paris/Porte de la Chapelle à l’Oise.

Europa City, avant tout une opération immobilière pour Auchan

Pourquoi le projet Europa City fait-il rêver le président du groupe Auchan, Vianney Mulliez, ancien auditeur financier et dirigeant d’Immochan ? Parce que son modèle économique consistant à louer des murs de commerces et espaces de loisirs procure des revenus réguliers quasi-garantis, sans prendre de risques financiers - reportés sur les acquéreurs de boutiques - avec l’essentiel du personnel externalisé. Il est difficile d’imaginer que cette stratégie de rentier puisse réellement placer l’emploi au coeur des préoccupations du groupe !

De plus, l’argument selon lequel Auchan serait un investisseur de long terme à Gonesse ne tient plus depuis qu’Immochan a inauguré une stratégie inédite dans son histoire en revendant début 2013 sept galeries marchandes et « retail parks » en France. Dans le monde idéal d’Auchan, la plus-value immobilière est l’aboutissement logique de la rente procurée par les loyers !

Europa City, accaparement de terres fertiles avec le Qatar en embuscade ?

C’est par l’accaparement foncier que débute cette stratégie immobilière : à Gonesse, Auchan réclame 80 hectares de terres agricoles bon marché, alors que son projet n’en nécessite pas autant. Pire, au cours des trois dernières années, cette exigence est avec celle de la gare en plein champ au pied d’Europa City la seule constante de ce projet et vaut à Auchan une notoriété grandissante et bien méritée de fossoyeur des ceintures vertes en bordure d’agglomérations françaises.

Si, comme évoqué récemment dans la presse, l’argent du Qatar devait servir à acheter 80 hectares de terres agricoles et financer les 1,7 milliards de travaux du centre commercial, ceci renforcerait encore la polémique autour du projet Europa City.

La convention fiscale hors norme avec la France dont bénéficie le Qatar ne doit pas lui permettre d’artificialiser à grande échelle des espaces naturels en Île-de-France que le SDRIF s’est engagé à protéger, à la fois pour préserver notre souveraineté alimentaire et constituer des pièges à carbone dans les zones les plus polluées au premier rang desquelles l’autoroute A1 et l’aéroport de Roissy.

Pour le Collectif pour le Triangle de Gonesse, il est temps qu’Auchan renonce à son dangereux projet Europa City à Gonesse et, plus généralement, opte pour des projets commerciaux à taille humaine épargnant le foncier agricole et ne détruisant pas le commerce de centres-villes, préservant nos productions alimentaires et des espaces de respiration aux franges de l’agglomération.

500 000 euros débloqués pour la recherche en agriculture biologique Confédération paysanne Reporterre 2013/04/18 Confédération paysanne (18 avril 2013) 500 000 euros débloqués pour la recherche en agriculture biologique. Reporterre. fr

500 000 euros débloqués pour la recherche en agriculture biologique

L’Institut technique d’agriculture biologique se voit attribuer une dotation en hausse par le ministère de l’Agriculture.

La Confédération paysanne se félicite de la décision du ministère de l’Agriculture d’augmenter la dotation DAR (Développement Agricole et Rural) de l’Institut Technique d’Agriculture Biologique (ITAB). 500 000 euros supplémentaires lui seront attribués à partir de 2013 pour la recherche expérimentale en bio.

Cette décision a été officialisée lors de l’assemblée générale de l’ITAB par Luc Maurer, conseiller en charge de l’agriculture biologique auprès du ministre de l’Agriculture, en présence de trois députés paysans, parmi lesquels deux notifiés en AB : Dominique Pottier (54), Brigitte Allain (24) et Yves Daniel (44).

La Confédération paysanne réclame depuis longtemps le déblocage de fonds spécifiques pour la recherche en agriculture biologique. Cela devrait confirmer la reconnaissance récente de l’ITAB, avec son réseau de neuf stations de recherche expérimentale, comme institut technique à part entière. Et c’est un nouveau pas pour le développement de l’agriculture biologique paysanne.

L’assemblée générale de Vinci tourne au cauchemar pour le PDG Challenges.fr Reporterre 2013/04/18 Challenges.fr (18 avril 2013) L’assemblée générale de Vinci tourne au cauchemar pour le PDG. Reporterre. fr

L’assemblée générale de Vinci tourne au cauchemar pour le PDG

Les actionnaires de Vinci se sont retrouvés le 16 avril. Mais le paisible rituel qui voit l’entreprises célébrer ses réalisations et le salaire de ses dirigeants a été chahuté par des interpellations sur Notre Dame des Landes et l’exploitation des travailleurs immigrés par la multinationale.

Vinci ouvrait a ouvert mardi 16 avril la « cérémonie » des AG. Ces assemblées générales d’actionnaires où, dixit un patron du CAC40 : « Il n’y a qu’1% du capital présent, mais il faut leur en donner pour leur argent. C’est du théâtre ! »

De là à parler de grand guignol ? Ce mardi matin, au Carrousel du Louvre, Vinci a en effet assuré un sacré spectacle. La veille encore, Xavier Huillard, son PDG, posant la première pierre du futur grand stade de Bordeaux, veillait, tel un comédien au jour de la générale, à son organe, sa gorge, soigneusement emballée dans une écharpe de cachemire bleu par 25 degrés à l’ombre ! « J’aurais besoin de ma voix demain, pour l’AG. » Plus qu’il ne l’imagine…

Une AG normale…

Cortège CGT de rigueur à l’entrée, avec ses banderoles, tracts et stand de sandwichs. Rien que de très normal. L’AG démarre dans le calme. Le film de présentation des activités du groupe n’est certes pas en 3D, mais on en prend plein la vue. Jeu de lumières et musique à fond. Discours du PDG et du DAF. Tout va bien : Vinci confirme ses objectifs pour 2013.

Puis, les seconds rôles se succèdent sur l’estrade, sur un air digne de film américain. C’est beau. Les commissaires aux comptes se félicitent du devoir accompli, les administrateurs tressent leurs lauriers. Henri Saint Olive du comité d’audit pour la rapidité de publication des comptes du groupe. Jean-Bernard Lévy du comité des rémunérations pour le chèque de 1,9 million d’euros accordé au PDG. Et Yves-Thibault de Silguy, le vice-président du conseil, sur le niveau de gouvernance exceptionnel du groupe.

Bonne nouvelle cette année, il ne se fera pas épinglé pour sa deuxième casquette chez Vinci : consultant de luxe à travers sa société YSTeuropaconsultants, il a touché 200.000 euros en 2012. Mais, c’est deux fois moins qu’en 2011, les actionnaires apprécient.

… qui dérape

S’en suit l’ultime passage obligé : la séance de questions. Des micros circulent dans la salle. Après quelques interventions traditionnelles sur la nature du cadeau auquel chacun aura droit à la sortie (cette année, c’est un faux moleskine aux couleurs de Vinci) ou sur de supposées activités nucléaires au Canada dont Xavier Huillard semble tout ignorer, la parole est donnée à une jeune femme, la trentaine pouponne et la mise propre. Contre toute attente, elle aussi veut assurer sa part du spectacle et démarre : « Monsieur Huillard, ne craignez-vous pas que Notre-Dame-des-Landes ne soit mauvais pour l’image du groupe ? »

Le ton monte encore d’un cran lorsqu’un deuxième activiste gagne le micro et lance cet invective : « 600 euros pour 40 heures de travail, Monsieur Huillard, c’est un scandale ! » Tandis qu’un chœur de contestataires, dispatchés dans la salle, se met à scander : « 600 euros, c’est un scandale ! », le jeune homme brandit un document, photocopie d’un contrat de travail d’un ouvrier portugais embauché par un sous-traitant de Vinci.

« Pouvez-vous nous affirmer, les yeux dans les yeux »

Comme il commence à distribuer des copies dans les rangs, le service d’ordre, prévenu du dérapage, intervient. Le garçon résiste, et le voilà attrapé par le pantalon et évacué manu militari par une sortie de secours. Mais c’est sans compter la dizaine de ses camarades encore en poste qui maintiennent la pression.

Un troisième larron –un certain François Ruffin, rédacteur en chef d’un journal « alternatif », Fakir, au mot d’ordre prometteur « il est fâché avec tout le monde, ou presque » - s’empare à son tour du micro, malgré la tendre résistance de l’hôtesse, et met Xavier Huillard au défi :« Pouvez-vous nous affirmer, les yeux dans les yeux, que Vinci respecte partout et toujours les règles du droit du travail, Monsieur Huillard ? »

La révolte gronde, mais Xavier Huillard, mis au courant de ce show qui ourdissait sur les réseaux sociaux, garde un calme olympien. Il réfrène même difficilement un sourire, semble amusé par cet esclandre. Jusqu’à ce qu’un « vrai » petit actionnaire lui rappelle que son rôle est aussi de maintenir l’ordre pour que l’AG se déroule normalement.

Le PDG ne rigole plus, écourte la séance de questions – de toute façon, personne ne les entend plus, ni même les réponses– et, tentant de couvrir les vociférations des frondeurs –qui évoquent désormais deux décès d’ouvriers polonais sur le chantier du stade de Nice ! soumet au vote des actionnaires les résolutions prévues à l’ordre du jour. Ouf, elles sont toutes largement plébiscitées. Xavier Huillard peut s’enfuir sous les cris des activistes qui scandent « Partageons ! Partageons ! » pour retrouver son écharpe… cette année, sa voix en a pris un coup.

Les bioplastiques représentent 0,006% de la superficie agricole mondiale Enerzine Reporterre 2013/04/18 Enerzine (18 avril 2013) Les bioplastiques représentent 0,006% de la superficie agricole mondiale. Reporterre. fr

Les bioplastiques représentent 0,006% de la superficie agricole mondiale

La superficie nécessaire à la culture d’une quantité de matières premières suffisante pour la production de bioplastiques actuelle est inférieure à 0,006 % de la superficie agricole mondiale, qui totalise 5 milliards d’hectares.

Tels sont les résultats publiés aujourd’hui par European Bioplastics, d’après les chiffres fournis par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA) et l’Institut des bioplastiques et des biocomposites (IFBB) de l’université de Hanovre, en Allemagne.

Sur les 5 milliards d’hectares de la superficie agricole mondiale, qui comprennent les pâturages (70 %, soit environ 3,5 milliards d’hectares) et les terres arables (30 %, soit environ 1,5 milliard d’hectares), environ 300.000 hectares sont nécessaires à la culture des matières premières destinées aux bioplastiques (1).

L’observation des terres agricoles mondiales et de leur utilisation délivre ce constat : « 0,006 % des terres utilisées pour la culture des matières premières pour les bioplastiques sont loin d’être en concurrence avec les 98 % des terres utilisées pour les pâturages et les cultures destinées à l’alimentation humaine et animale. »

Selon European Bioplastics, l’augmentation de l’efficacité des technologies relatives aux matières premières et à l’agriculture sera essentielle en vue d’assurer une exploitation équilibrée entre les terres consacrées aux bioplastiques novateurs et celles réservées à l’alimentation humaine et animale.

L’association European Bioplastics qui représente les intérêts de l’industrie tout au long de la chaîne de valeur des bioplastiques - ses membres produisent, raffinent et distribuent des bioplastiques, c’est-à-dire des matières plastiques biodégradables et / ou d’origine biologique - publie des données sur cette thématique : ici (.pdf en englais).

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Note

(1) Les données économiques d’European Bioplastics indiquent une capacité de production actuelle d’environ 1,2 million de tonnes. Ce volume correspond à environ 300 000 hectares de terres utilisées pour développer des matières premières destinées aux bioplastiques.

Lyon Turin : mise en demeure des responsables pour la transparence sur les fonds publics Coordination des Opposants au Lyon-Turin Reporterre 2013/04/18 Coordination des Opposants au Lyon-Turin (18 avril 2013) Lyon Turin : mise en demeure des responsables pour la transparence sur les fonds publics. Reporterre. fr

Lyon Turin : mise en demeure des responsables pour la transparence sur les fonds publics

Les opposants adressent des mises en demeure au président de Lyon Turin Ferroviaire (LTF) et au président de la Commission d’enquête sur le Lyon Turin.

Les courriers recommandés que les opposants avaient adressés fin février, à Monsieur Patrice RAULIN, Président de Lyon Turin Ferroviaire et à Monsieur Pierre Yves FAFOURNOUX, Président de la Commission d’Enquête du Lyon Turin sont restés sans réponse.

Les opposants viennent d’adresser une mise en demeure à Monsieur Du MESNIL, nouveau Président de LTF, pour qu’il apporte la réponse dans le cadre de la nécessaire transparence dans la gestion des sociétés financées par l’argent public.

Il était demandé si la société LTF s’était ou non constituée partie civile dans le procès de son Directeur Général et de son Directeur des travaux, tous deux condamnés en première instance par le Tribunal Pénal de TURIN à des peines de prison et à des amendes.

Ils lui ont également adressé copie de la lettre qu’ils avaient remis au Premier Président de la Cour des Comptes, dans laquelle ils relevaient des anomalies dans la gestion de LTF.

Pour mémoire la copie du courrier à la Cour des Comptes avait également été adressé aux Ministres en charge de ce dossier et aucun d’entre eux n’a encore adressé de réponse aux opposants.

La seconde mise en demeure est adressée à Monsieur FAFOURNOUX, pour lui demander de confirmer sa totale indépendance vis-à-vis du projet Lyon Turin dont il a assuré la Présidence de la Commission d’Enquête.

En effet le premier courrier recommandé, est resté sans réponse de sa part. Dans une période ou la transparence devrait s’imposer à tous, ces absences de réponses interrogent les opposants.

L’arrêt immédiat du projet Lyon Turin est une absolue nécessité, ce qui pour autant, n’hypothèque en rien l’avenir.

A Rouen, la ferme des Bouillons menacée d’expulsion Ferme des Bouillons Reporterre 2013/04/19 Ferme des Bouillons (19 avril 2013) A Rouen, la ferme des Bouillons menacée d’expulsion. Reporterre. fr

A Rouen, la ferme des Bouillons menacée d’expulsion

Un huissier est passé mercredi 17 avril en début d’après-midi pour annoncer aux occupants que le tribunal avait délivré une ordonnance sur requête. Cela signifie que les occupants de la ferme sont expulsables sous 24h, depuis jeudi 18 avril à 14h.

Dernières nouvelles

Plus de 60 adhérents sont passés ce soir à la ferme des Bouillons après notre alerte à l’expulsion suite à une décision de justice. Nous avons décidé collectivement de poursuivre l’occupation malgré cette menace. Nous avons également décidé de nous déclarer tous occupants, et une liste avec déjà plus de 50 noms et prénoms est amorcée que nous ferons figurer à la suite d’un texte "Pourquoi nous occupons les Bouillons".

Le commandement de quitter les lieux est fixé à ce jeudi 18 avril à 14h26 (24h après la visite de l’huissier aujourd’hui), aussi nous avons décidé de tenir une conférence de presse à la ferme ce jeudi 18 avril à 14h, en présence du plus grand nombre possible d’adhérents ou de sympathisants. N’hésitez pas à venir !

Autre décision : nous allons remettre un champ en culture samedi prochain 20 avril afin d’y planter des pommes de terre, nous vous donnons RV samedi après-midi pour soutenir cette action que nous complèterons par une distribution de tracts.

Merci de diffuser largement notre tract ! Vous pouvez dès maintenant le télécharger, l’imprimer et le diffuser autour de vous.

Grand apéro-débat samedi soir à 18h pour décider de la suite des actions à tenir.

Pour rappel, vendredi soir à 20h aux Bouillons, se tient un topo-débat sur l’action non-violente, l’occasion de réfléchir à des idées et actions concrètes.

Et samedi soir à 20h, INTI, concert ska et repas en commun co-organisé par Culture en Brousse.

En résumé, comment nous aider : maintenant tout de suite !

1. PARTICIPER AUX ACTIONS PRÉVUES

Jeudi 18 avril à 14h : Conférence de presse à la ferme

Vendredi 19 avril à 20h : Topo-débat sur l’action non-violente

Samedi 20 avril dès 14h : Remise en culture d’un champ de pommes de terre et poursuite du maraîchage dès 14h

Distribution du tract « Avis d’expulsion » en différents lieux pour informer les citoyens. Apéro-débat à 18h à la ferme : « Comment empêcher Auchan de détruire la ferme » Soirée concert dès 20h.

2. S’INSCRIRE SUR LA LISTE DES OCCUPANTS DE LA FERME

pour signifier que l’occupation n’est pas anonyme, comme dit dans le jugement. En envoyant un mail à fermedesbouillons@gmail.com pour donner vos noms et prénoms.

3. TÉLÉCHARGER, IMPRIMER ET DIFFUSER LE TRACT disponible ici en pdf.

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Notre Dame des Landes : le gouvernement français se fiche de l’Union européenne Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/04/19 Camille Martin (Reporterre) (19 avril 2013) Notre Dame des Landes : le gouvernement français se fiche de l’Union européenne. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : le gouvernement français se fiche de l’Union européenne

Le gouvernement français vient de répondre à la commission des pétitions du Parlement européen, dans un document que publie Reporterre. Seul ennui : le document ne cite pas les éléments d’analyse et les questions apportées par les commissions d’experts qu’il avait lui-même nommées.

Le représentant du gouvernement français auprès de l’Union européenne a adressé le 15 avril une lettre à la présidente de la commission des pétitions du Parlement européen. Paris répond aux questions qui lui sont posées à propos de son projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Mais le gouvernement français juge les députés européens incapables de s’informer par eux-mêmes, à moins qu’il les prenne pour des imbéciles. La lettre ne tient en effet aucun compte des recommandations et remarques émises par les commissions d’experts qu’a nommées le gouvernement lui-même et publiées le 9 avril. Sur la question de la compensation des dommages causés à la biodiversité, notamment, le texte n’évoque aucunement la mise en cause de la méthode par la commission scientifique et par le Conseil national de protection de la nature.

Voici le document envoyé par Paris aux Européens :

Mille unités de méthanisation : une industrialisation de l’agriculture néfaste aux éleveurs et à l’environnement Confédération paysanne Reporterre 2013/04/19 Confédération paysanne (19 avril 2013) Mille unités de méthanisation : une industrialisation de l’agriculture néfaste aux éleveurs et à l’environnement. Reporterre. Tribune — fr

Mille unités de méthanisation : une industrialisation de l’agriculture néfaste aux éleveurs et à l’environnement

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, vient d’annoncer un objectif de mille unités de méthanisation à l’horizon 2020 contre 90 aujourd’hui. Pour la Confédération paysanne, ce plan n’apportera pas la solution aux difficultés de l’élevage, mais seulement à quelque centaines d’éleveurs. Il porte surtout le risque de transformer en « énergiculteurs » ceux dont le métier est de produire des aliments.

Les revenus des éleveurs doivent être issus de leur travail. Le rôle de l’État est de veiller aux conditions d’une juste rémunération pour tous, pas de subventionner, de fait, l’élevage de quelques-uns par des activités annexes qui pourraient vite devenir principales !

Un tel plan risque de conduire à une restructuration entraînant une concentration accrue de l’élevage. Loin de repenser le modèle agricole, ce plan favoriserait alors plutôt son industrialisation. Par extension, cela pose la question de l’avenir et de la transmission de ces exploitations.

Par ailleurs, c’est en y ajoutant des sources riches en carbone que le processus de méthanisation est le plus efficace. Cela se passe massivement en Allemagne qui incorpore plus d’un million d’hectares de maïs dans les digesteurs. Il faudrait donc un encadrement strict pour empêcher le détournement de cultures alimentaires vers des cultures énergétiques, encadrement aujourd’hui inexistant.

Enfin, la grande taille de certaines unités de méthanisation pose des problèmes de concentration d’effluents qu’il faut transporter et retraiter. Sur ce sujet, il est indispensable de prendre en considération toutes les questions environnementales.

L’usage d’unités de méthanisation pour traiter les déchets d’un élevage ou dans le cadre d’un projet collectif balisé du point de vue de la taille, de la méthode, et de l’usage, n’est pas en soi problématique. Mais ce plan de démultiplication risque surtout de coduire à la création d’une véritable économie parallèle à ’élevage. Loin d’apporter des solutions aux difficultés des leveurs, ce plan met d’autant plus en danger ceux qui en seront exclus.

Forum terres nouricières ou grands projets inutiles ? Chambéry Par Julien villalard Reporterre 2013/04/20 Par Julien villalard (20 avril 2013) Forum terres nouricières ou grands projets inutiles ? Chambéry. Reporterre. fr

Forum terres nouricières ou grands projets inutiles ? Chambéry

Forum, Terre nourricère ou grands projets inutiles ? Le 18, 19 et 20 avril à Chambéry

Aéroport de Notre Dame des Landes, Lyon Turin, Gaz de Schiste, OL land de Décines, construction d’un n-ième centre d’affaires à la Cassine, etc : Nos luttes contre les petits ou grands projets inutiles et imposés se rejoignent.

Nous luttons pour une transformation totale du modèle actuel de développement socio-économqiue. Les projets utiles, remis à l’échelle humaine, doivent réellement prendre en compte tous les critères écologiques et sociaux, et intégrer une véritable concertation démocratique. La préservation des ressources naturelles, la sobriété énergétique et la relocalisation de nos activités et de notre alimentation doivent en être le socle.

Oui à la préservation de la terre nourricière ici et ailleurs !

Gens, Terre, Eau, Vie... tout se vend, tout s’achète. Protéger des terres ? Quelle drôle d’idée au temps des grands projets censés représenter le progrès, mais en réalité l’expression de la spéculation foncière et de la recherche du profit, de l’accumulation sans fin du capital par les groupes privés, reponsables de la desruction de l’humain et de la nature.

Ces terres constituent de précieuses ressources porteuses d’un autre avenir ! Ce n’est donc pas le béton, ni le goudron, mais les terres agricoles présentes qui assurent nos besoins alimentaires. Les paysans, premières victimes de Notre Dame des Landes, savent ce que c’est de se battre pour le droit à la terre.

Gardiens de la terre nourricière, ils ont ouvert une voie de résistance : suivons cette voie, envoyons un message d’alerte aujourd’hui, pour éviter un crash demain. Ensemble, protégeons la terre et les lieux de vie, jardinons et imaginons des projets, plus petits mais surtout utiles à la préservation des biens communs.

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Le forum européen contre les grands projets inutiles se tiendra cette année à Stuttgart (allemagne) du 25 au 29 juillet.

https://twitter.com/3europForum

http://drittes-europaeisches-forum.de/

Le scandale des voitures de luxe dénoncé à Bayonne Bizi ! Reporterre 2013/04/20 Bizi ! (20 avril 2013) Le scandale des voitures de luxe dénoncé à Bayonne. Reporterre. fr

Le scandale des voitures de luxe dénoncé à Bayonne

Les ventes des automobiles Ferrari ont enregistré en 2012 et les meilleurs résultats de l’histoire de la marque. Pour dénoncer cette richesse obscène en pleine crise, les activistes de Bizi ont occupé samedi la concession Ferrari de Bayonne.

Ce samedi 20 avril à 11H00 à Bayonne, 35 militant(e)s du mouvement altermondialiste basque Bizi ! ont investi les locaux du concessionnaire Ferrari de Bayonne pour y fêter les meilleurs résultats de l’histoire de cette marque automobile, obtenus en 2012. Ils entendaient dénoncer ainsi l’enrichissement grandissant d’une minorité profitant de la crise et des politiques d’austérité, et également exiger l’instauration d’un revenu maximum autorisé.

Un personnage symbolisant un pacman ultra-riche s’est ainsi mis à poursuivre trois planètes terre entre les différentes Ferrari exposées, une marque dont les modèles de série se vendent entre 183.000 et 320.000 euros, symbolisant ainsi une course à la démesure et à la consommation ostentatoire qui met à mal les grands équilibres écologiques et climatiques de la planète.

Pendant ce temps et pour fêter ces ventes et bénéfices historiques, golfeurs, jet-setteurs et ultra-riches allongés sur des transats sablaient le champagne sur la pelouse longeant les vitrines du concessionnaire. Les Ferrari ont en effet vu leurs ventes augmenter de 4,5 % en 2012 -en pleine crise donc- et connaissent les meilleurs résultats de l’histoire de cette marque depuis sa création il y a 66 ans (+ 8 % d’augmentation du chiffre d’affaire et + 17,8 % de résultat net).

Le 1er mai à Bayonne, manifestation pour un revenu maximum autorisé

Au même moment, 4 autres activistes escaladaient une imposante structure métallique supportant le blason de la marque pour y accrocher une grande banderole disant : « La crise ? Quelle crise ? ». D’autres banderoles appelant à une manifestation pour revendiquer un revenu maximum autorisé le 1er mai prochain à Bayonne étaient accrochées sur les grilles entourant le garage de luxe.

« L’absence de limites à l’accumulation des richesses est en train de construire un monde scandaleux ou les ultra-riches le sont toujours plus. Le nombre de milliardaires a explosé en 25 ans, passant de 125 à 1226 en 2012, qui accumulent à eux seuls 4 600 milliards de dollars » expliquait le tract distribué par d’autres militant(e)s de Bizi aux passants et aux automobilistes.

« Une telle absence de limites est incompatible avec la planète dans laquelle nous vivons, en terme de ressources et d’absorption des pollutions » a déclaré Séverine Duchêne, porte-parole des manifestant(e)s. « Cela a des conséquences très concrètes : basculement climatique imminent, effondrement sans précédent de la biodiversité et état alarmant des océans et de la ressource en eau etc. C’est également une frustration jamais comblée par cette course au toujours plus : misère morale des victimes de l’hyper-consommation, misère matérielle des exclus du partage des richesses. »

Selon Adrien Kempf de Bizi, « Aujourd’hui, nous devons dire stop à cette course suicidaire à la démesure. Nous serons nombreux à manifester le mercredi 1er mai à Bayonne pour réclamer un revenu maximum autorisé afin de redistribuer les richesses, réduire les inégalités, respecter les limites de la planète et préserver les conditions de vie des générations qui nous suivent ».

Notre Dame des Landes : les soutiens Par Julien villalard Reporterre 2013/04/20 Par Julien villalard (20 avril 2013) Notre Dame des Landes : les soutiens. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : les soutiens

Les soutiens - et de plus en plus d’actions concrètes. Liste non exhaustive, pardon pour ceux qu’on n’a pas vus ou pas eu le temps de mettre en ligne.

Twitter, samedi 20 avril

Solidarité internationale par une campagne de tweets, pastebin.

Internet, lundi 15 avril

La pétition Aéroport, non merci en est à 37.700 signatures.

Strasbourg, lundi 15 avril

"Rassemblement à 16h. Nous étions une dizaine face à la Préfecture du Bas-Rhin et de la région Alsace, côté Place de la République, pour manifester notre soutien à la ZAD et contre les opérations des forces de l’ordre ce jour. En tant que défenseur contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, nous n’accepterons aucune intervention et par solidarité nous appliquerons le principe de “l’action-réaction”.

Courriel à Reporterre du Collectif Alsace de soutien à Notre-Dame-des-Landes.

Brest, lundi 15 avril

Pétition photo : Je dis non à Notre Dame des Landes. Et vous ?

Nantes, dimanche 10 février

"Unifions la lutte, affirmons sa visibilité"

Voici un aperçu du drapeau qui a été utilisé lors de la grande manif de réoccupation de la ZAD, le 17 novembre dernier à Notre-Dame-des-Landes :

Drapeaux communs

Depuis cette grande manifestation et la violente opération policière qui l’a suivie de près (à l’image de celles qui l’ont précédées...), le combat n’a cessé de s’étendre avec la création de plus de 180 collectifs locaux. Le gouvernement, afin de nous endormir et pour tenter de convaincre hypocritement la population de sa soi disant bonne foi, a créé une pantomime nommée "commission de dialogue". Jusqu’à présent, le dialogue n’a jamais eu lieu et à tous nos arguments, il a été opposé une fin de non recevoir. Il faudrait donc être bien naïfVe pour croire à la soi disant "volonté de dialogue" de cette commission, qui d’emblée refuse d’aborder le fond du problème, et pour ne pas s’apercevoir qu’elle n’est rien d’autre qu’une énième opération de communication, un nouvel exemple de ce que représente pour eux, grands spécialistes de la "novlangue", la "démocratie participative". Que dire de la destruction sur la ZAD de la très belle ferme du St-Jean-du-Tertre mi janvier, alors qu’une trêve était annoncée par les médias pendant les "travaux" de cette fameuse "commission de dialogue" ? Les faits parlent pour eux !

Ils ont beau faire semblant d’ignorer notre détermination, celle-ci n’a jamais été aussi forte.

Afin d’affirmer notre unité dans cette lutte et pour qu’elle soit visible du plus grand nombre, nous appelons toutes les personnes qui la soutiennent à imprimer massivement ce drapeau et à le diffuser chaque fois que cela est possible : lors des actions, sur les manifs, mais aussi à le coller ou l’accrocher aux fenêtres de nos logements.

Voici donc le lien pour trouver les 3 pochoirs A3 à imprimer qui permettent de réaliser les drapeaux

MANIF A NANTES TOUS LES DERNIERS SAMEDIS DU MOIS. LA PROCHAINE AURA LIEU LE 23 FÉVRIER

Courriel du CNCA (Collectif Nantais Contre l’Aéroport) - contact : cnca (arobase) riseup.net - à Reporterre

Brest, mercredi 6 février

"Pétition photo : Je dis non à Notre Dame des Landes. Et vous ?"

Galerie de photos « Je dis non à Notre Dame des Landes, et vous ? »

Pour participer : Pétition photo

Le Collectif anti aéroport de Brest a lancé une petition photo originale. L’idée est de constituer un mur de visages de citoyens de tous bords fermement opposés au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Lancé il y a 3 semaines, nous avons deja recueilli pres de 370 photos.

Il suffit d’imprimer le visuel "Je dis non à l’aéroport, et vous ?". Faites ensuite des photos de votre entourage avec le panneau et envoyez les photos (si possible de maniere groupée) à : nddlzad@yahoo.fr

Les photos rejoindront le mur de photos.

Objectif : un mur de 1000 visages ! pour commencer...

A vos appareils photos !

Le collectif de Brest

Courriel à Reporterre.

Lundi 28 janvier

Des opposants à Notre Dame des Landes se sont rendus chez le milliardaire François Pinault, actionnaire de Vinci

Quinze anarchistes opposés à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, âgés de 17 à 20 ans, ont été interpellés par les gendarmes dimanche après-midi à Grosrouvre (Yvelines) après s’être introduits dans la propriété de François Pinault. Il auraient brisé une clôture avant de déplier une banderole et de menacer de mort le propriétaire des lieux. Sur place les gardiens, le fils de l’entrepreneur et sa compagne, l’actrice et réalisatrice Salma Hayek et leur enfant, ont prévenu les forces de l’ordre.

Le petit groupe a été arrêté et placé en garde à vue dans les locaux de la brigade des recherches de Rambouillet. Pour l’instant, ils nient toute forme de dégradation sur la clôture et ont refusé les prélèvements d’empreintes génétiques.

François Pinault est un homme d’affaire français, ancien président du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) et propriétaire du club de football le Stade rennais. 59e fortune mondiale en 2012 et troisième française avec un patrimoine professionnel de 8,1 milliards d’euros, il est surtout entré dans le capital du groupe Vinci, partie prenante dans le projet de construction du nouvel aéroport de Nantes.

leparisien.fr

......................

Point legal team 15h30 - lundi 28 janvier :

Suite à un pique-nique dans la propriété de François Pinault, ce dimanche 27 janvier, vers 14h30, alors qu’elles marchaient sur une route entre Le Buisson et Grosrouvre dans les Yvelines (78), treize personnes ont été arrêtées par des gendarmes de la brigade de Montfort-l’Amaury (78), qui ont d’abord pris toutes les pièces d’identité.

Une autre personne qui s’était éloignée de l’action a été arrêtée par la suite, vers 16h.

Emmené-e-s ensuite en fourgon au commissariat de Montfort, certain-e-s ont été placé-e-s en garde à vue (motifs avancés : « violation de propriété » et "menaces de mort") et séparé-e-s, certains se trouvant finalement dans d’autres commissariats des environs (nous savons que certains au moins sont à Montfort et d’autres à Mantes).

Mises en garde à vue à 18h30 hier soir [dimanche] , elles ont vu leurs gardes à vue renouvelées aujourd’hui [lundi] vers 12h30 pour 24h supplémentaires.

Courriel à Reporterre.

Voir aussi les photos de l’action, publiées le 5 février par Reporterre

Sarthe, lundi 28 janvier

Démission de Thierry Pradier de son poste à la commission des finances conseil régional des Pays de Loire

Thierry Pradier est élu EELV et vice président de la commission des finances du Conseil régional

Monsieur le Président,

Je souhaite vous faire part de ma décision politique. Je suis un vieux militant écologiste (les Verts furent fondés il y a à peine trente ans), et les valeurs de l’écologie politique, de gauche et humaniste me tiennent particulièrement à cœur.

Aussi je vous remets ma démission de la seconde vice-présidence de la Commission Finance du conseil régional que vous présidez. En effet, l’ensemble des éléments politiques actuels, des législatives en Sarthe comme dans notre région et en France, aux évènements cruciaux et récents liés à la question de la construction possible de l’aéroport Notre-dame-des-Landes m’amènent à vous faire part de mon désarroi et désaccord concernant justement ce dernier dossier.

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de toute ma considération.

Thierry Pradier

Courriel transmis par le Collectif NDDL Paris IDF

Pays de Retz, samedi 26 janvier

Le couple Erwan-Camille fait un périple en vélo qui longera le canal de la Martinière et la Loire le 30 janvier.

Ce couple passe en procès à St Nazaire le 12 février pour atteinte à la pudeur, pour s’être dénudés devant des gardes mobiles, durant les événements de novembre 2012.

On les retrouve à partir de 7 minutes sur cette vidéo

Ils arriveront au pied du pont de St Nazaire, côté sud, le mercredi 30 janvier vers 10h30.

Nous, comité du Pays de Retz, les accompagnerons jusqu’au Pellerin où un autre groupe les prendra en charge.

Vous tous qui êtes libres ce jour-là, venez les accompagner en vélo ou les suivre en voiture, ou rejoindre le groupe pour le pique-nique du midi. Ce pique-nique pourrait se faire au Carnet, lieu symbolique du Pays-de-Retz. Mais si le temps est trop pluvieux nous cherchons un abri sur Frossay sans que cela dévie trop le parcours.

Courriel du Comité de soutien du Pays de Retz

Cap Sizun, lundi 21 janvier

" 13 h Beau travail des copains paysans et du comité du cap sizun, au bord de la route passagère qui va à Audierne", Acipa

Samedi 19 janvier

Nombreuses actions à Béziers, Nîmes, Saint Nazaire, Paris, Caen, Vannes...

Zone à défendre

Paris, samedi 19 janvier 2013

"On me signale qu’en ce moment même [19h30] 15 à 20 personnes sont encerclées par la police aux Halles, dans le cadre de l’action Vinci. Quatre personnes arrêtées et encerclées à l’angle de la rue du Pont Neuf, à côté du Chien qui fume #paris #nddl #vinci"

Tweet de Collectif NDDL Paris IDF

Cherbourg, samedi 5 janvier 2013

La rue Notre Dame est rebaptisée par le comité de soutien à NDDL de Cherbourg :

Comité de soutien

Morlaix, mardi 25 décembre 2012

Porteurs de paroles

Le 8 décembre, pour la journée de lutte contre les grands projets inutiles et imposés, le comité morlaisien de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a organisé un porteur de paroles sur le marché de Morlaix. Le principe : échanger avec les passant-E-s à partir d’une question posée, pour créer du débat dans les lieux publics. Une fois la conversation terminée, on se met d’accord sur une phrase qui résume ou qui ressort de l’échange, et on l’affiche… A la fin, nous disposons d’une magnifique exposition de phrases citoyennes sur le sujet choisi !

L’intérêt du porteur de paroles est d’inviter les citoyen-NE-s à oser s’exprimer dans l’espace public, et à considérer que leur opinion est tout aussi intéressante que celle des autres : une grande partie des gens avec qui nous avons parlé commençait par nous dire « je ne m’y connais pas » ou « je n’ai rien à dire là-dessus »… Avant d’engager une conversation d’un quart d’heure sur le sujet !! (...)

La suite chez le Collectif du pays de Morlaix contre l’aéroport de Notre Dame des Landes

Saint-Brieuc, samedi 22 décembre 2012

Lancement d’une bière anti aéroport

Paris, jeudi 20 décembre 2012

Greenpeace renvoie le projet d’aéroport au musée

Ce matin, des militants de Greenpeace ont accroché une banderole de 250 mètres carrés portant le message « Aéroport Notre-Dame-des-Landes : sa place est au musée » sur la pyramide du Louvre à Paris.

« Ce projet d’aéroport est symptomatique d’une vision dépassée du progrès et il doit rapidement être remisé au rayon des antiquités, déclare Sébastien Blavier, chargé de campagne climat pour Greenpeace. Il ne correspond plus à un monde qui subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique et dans lequel les ressources fossiles deviennent rares et chères… Le gouvernement a tort de s’entêter sur le sujet : il dit vouloir engager la France dans la transition écologique, cela passe par une annulation de ce projet d’aéroport inutile. »

Greenpeace

Rennes, mercredi 19 décembre

Action à Rennes en solidarité avec la ZAD contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Depuis 6h30 ce mercredi matin, 19 décembre 2012, des opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes et au monde qui va avec occupent le chantier VINCI de l’extension du centre commercial ALMA à Rennes.

Des personnes occupent une des grues.

Le chantier ne pourra pas démarrer ce matin !

Courriel à Reporterre.

................

Les forces de l’ordre viennent d’intervenir pour évacuer les lieux.

ouestfrance.fr (et la photo).

Lille, lundi 17 décembre

Projet de marche de Lille à Notre Dame des Landes

Nous avons pour projet, ici, à Lille, de rejoindre Nantes à pied. Pour délivrer un message à dimension humaine, à un rythme humain. Un msg de solidarité, de non violence, de décroissance. Nous voulons montrer à travers cette marche, que la France est unie, organisée, qu’elle ne veut, ni de cet aéroport, ni de tous les autres grands projets inutiles imposés.Et qu’il est grand temps que l’on cesse de massacrer la Terre, sans laquelle l’humain ne peut vivre.

Nous vous invitons tous à nous rejoindre, ou que vous soyez, ou à créer d’autres chemins pour ceux qui viennent de l’autre bout de la France ou d’ailleurs pour nous rejoindre et rejoindre NDDL !

Et nous vous demandons votre aide. Pour dormir au chaud et manger le soir. Pour se rencontrer. Ce peut être l’occasion d’organiser un débat sur la place publique dans votre ville ? De parler de vos propres groupes ?

Ca vous branche ?????? On part le 5 janvier 2013, rendez vous à 08h00 devant l’Opéra de Lille, Place du Théâtre 59000 LILLE, Métro Rihour ou Gare Lille Flandres pour un départ à 09h00.

La marche des lézards

Paris, jeudi 13 décembre

Samedi 15 à Paris, action pour rappeler à Hollande qu’il est aussi concerné par Notre Dame des Landes, à l’occasion de l’inauguration d’un tramway

Les Désobéissants

Une photo de l’action

Rennes, jeudi 13 décembre

Contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes,

Manifestation jeudi 13 décembre à partir de 13h, rue Martenot à Rennes,

à l’occasion de la session du Conseil Régional de Bretagne.

Zone à défendre

Nice, mercredi 12 décembre

NICE-NANTES À PIED CONTRE « L’AYRAULTPORT »

C’est le samedi 8 décembre au matin que des Niçois se sont retrouvés devant le Palais de Justice de Nice – un symbole ! – pour marcher jusqu’à Nantes. En 50 jours les marcheurs veulent atteindre Notre-Dame-des-Landes. Leur but ? Soutenir les opposants au projet d’aéroport dans le village de Notre-Dame-des-Landes à côté de Nantes en Loire-Atlantique. Un projet, avec celui du TGV Lyon-Turin, qui préfigure l’Europe des régions impulsée par l’Union européenne dont chacune voudra être la plus attractive… pour le capital !

Alain Fuentes, membre du M’PEP, fait partie des marcheurs. Il tiendra une chronique régulière qui sera diffusée sur la Une du site Internet du M’PEP. Voici sa chronique du 10 décembre

Vous trouverez ici le parcours et les étapes des marcheurs. Venez les accueillir pour manifester votre opposition à ce projet délirant !

Courriel à Reporterre du M’Pep

Lyon, Le Havre, Bayonne, Paris, Annecy, Toulouse..., samedi 8 décembre

Journée contre les grands projets inutiles imposés

Les Contribuables associés, vendredi 7 décembre

Non au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes

Des fédérations du PCF, jeudi 6 décembre

"Après les fédérations PCF du Morbihan et de Vendée et la section du Sud Finistère, c’est au tour de la fédération du PCF de la Sarthe de rejoindre la lutte contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. "

Parti de gauche

Stéphane Hessel et Dany Cohn-Bendit, jeudi 29 novembre

Acipa

Angers, jeudi 29 novembre

Espace de Noël « Notre Dame Des Landes » Samedi 1er décembre 2012 à 18h, Place du Ralliement

Le Collectif de Citoyens Angevins contre le projet d’aéroport de Notre Dame Des Landes, vous convie à visiter l’espace de Noël « Notre Dame Des Landes » à Angers.

Nous profitons de l’inauguration du marché de Noël à Angers pour nous aussi installer notre espace en soutien aux opposant-es du projet d’aéroport de Notre Dame Des Landes et ainsi, créer une Zone Angevine D’interpellation. Nous distribuerons aux Angevin-es de la documentation sur ce projet, ainsi que des autocollants et autres badges et n’oublierons pas d’interpeller les élus-es locaux présent-es.

La contestation de cet ouvrage pose de plus en plus de question même dans les rangs de la majorité présidentielle. Il est inacceptable que le gouvernement propose une commission de dialogue avec la présente toujours aussi forte des forces de l’ordre sur le terrain. Nous souhaitons donc par cet action festive et pacifique demander aux élu-es locaux leur position sur le projet d’aéroport et sur la situation à Notre Dame des Landes. Jacques Auxiette, Président de la Région des Pays de la Loire a dit « qu’on ne construisait pas l’avenir de la région avec des cabanes ». A cela nous souhaitons lui démontrer que l’on fait bien du commerce avec les cabanes, alors pourquoi pas refaire le monde autour de cabanes et de tentes.

Courriel à Reporterre.

Bayonne, Bizi, jeudi 29 novembre

A l’occasion du sommet climatique de Doha, Jeûne contre les grands projets inutiles et imposés

A l’occasion du sommet climatique de Doha au Qatar, Bizi appelle tous ses adhérent-e-s et sympathisant-e-s qui le peuvent à participer ce week-end à un jeûne contre la voie nouvelle LGV et en solidarité avec les occupants de Notre Dame des Landes. D’autres jeûnes similaires ont lieu sur tout le Pays Basque sud.

Ce jeûne collectif se déroulera dans nos locaux du 20 et 22, rue des Cordeliers à Bayonne : du vendredi à 18H00 au samedi à 18H00. Nous dormirons sur place (emmener un matelas et un sac de couchage ou prévenir au 05 59 25 65 52 si vous n’en n’avez pas).

Ce sera une journée formatrice, avec plein de discussions et plein de formations ouvertes aux non-jeûneurs(ses) :

En particulier : Vendredi à 20H30 : le point sur la lutte contre la voie nouvelle LGV, avec Victor Pachon Samedi à 10H00 : l’alternative au tout routier, nos propositions globales, réunion de la Commission Alternative au tout voiture de Bizi ! Samedi à 15H00 : formation sur le pic du pétrole, et les bouleversements que cela va produire dans nos sociétés (ainsi que les opportunités de transition que cela devrait induire) avec Guy Chauveteau, ancien directeur de recherche CNRS, ancien membre du Conseil Scientifique de l’Institut Français du Pétrole.

Courriel à Reporterre de Bizi !

Haute-Loire, Brioude et Le Puy, mercredi 28 novembre

Vous êtes nombreux à suivre l’actualité de ce village d’irréductibles Gaulois qui résistent encore et toujours à Vinci et Ayrault... Comme beaucoup vous vous demandez que faire pour les aider de là où nous sommes : le Langeadois et le Brivadois...

Nous vous proposons une première rencontre le vendredi 30 novembre à 20h, dans les locaux de La Pardige (au 1er étage), à Brioude. (pour ceux qui ne connaissent pas c’est la porte attenant au café-lecture La Clef). Nous espérons créer un comité de soutien local et organiser quelques actions... Bienvenue à tous les intéressé(e)s

Pour les intéressé(e)s plus proches du Puy un comité est aussi en train de se monter dans votre coin : nous vous mettons les coordonnées : natureetprogres43 (at) yahoo.fr

Pour info, ils avaient organisé un camion de matériel au départ de Vorey la semaine dernière.

Courriel à Reporterre.

Ile-de-France mercredi 28 novembre

La chambre d’agriculture d’Ile-de-France dirigée par la FNSEA soutient les paysans de Notre-Dame-des-Landes

La chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile-de-France votera jeudi 29 novembre une motion pour soutenir les agriculteurs mobilisés contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. a indiqué le 26 novembre, Christophe Hillairet, son président.

Il explique ce choix à AgraPresse ainsi : « Il ne s’agit pas d’agriculteurs de la même obédience. La plupart sont de la Confédération paysanne. Mais ce combat est juste et légitime, il doit dépasser nos appartenances syndicales. Tout le monde agricole doit soutenir ce combat ».

Par ailleurs cette même chambre s’oppose au projet de construction du futur centre d’entraînement du club de football de Paris qui concerne 80 hectares de terres agricoles

Dans le même interview, le président déclare : « il est hors de question que nous cédions, quelles que soient les pressions ».

AgraPresse (Agence d’information agro-économique)

Nicolas Hulot, 28 novembre

Nicolas Hulot : « La conviction de ceux qui défendent Notre-Dame-des-Landes est sincère...mais obsolète. Ce projet a été pensé il y a plus de quarante ans à un moment où le trafic aérien était en expansion, où le baril de pétrole ne coûtait que quelques dollars et où il n’y avait pas de problème de réchauffement climatique. Aujourd’hui, le monde a changé et on s’obstine à l’ignorer. »

"Electeur-trice-s en colère contre le projet de #NDDL, mardi 27 novembre

Je vous signale qu’un mouvement est en route afin de signifier au Président de la République notre mécontentement au sujet du projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes.

"Electeur-trice-s en colère contre le projet de #NDDL" envoyons au Président de la République nos cartes d’électeur -trices - déchirées en petits morceaux, avec un mot pour signifier notre désaccord avec le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et avec les méthodes policières violentes utilisées depuis des semaines. Et montrons lui que partout en France, des gens sont solidaires du mouvement de Résistance sur place à ce projet .

Courrier à adresser par voie postale (le courrier est alors dispensé d’affranchissement) au Président de la République à l’adresse suivante :

Monsieur le Président de la République Palais de l’Elysée 55, rue du faubourg Saint-Honoré 75008 Paris.

L’évènement facebook est ici

Le mouvement a été lancé hier soir et déjà plus de 500 personnes l’ont rejoint. A la vitesse à laquelle les informations circulent sur les réseaux sociaux nous serons très bientôt plusieurs milliers à suivre le mouvement. Des cartes d’électeurs déchirées sont déjà partis vers l’Elysée ce jour.

Un geste symbolique pour montrer total désaccord sur ce dossier et notre déception face aux méthodes du gouvernement.

Courriel à Reporterre

Ouest-France, lundi 26 novembre

Le PCF de Vendée pour un moratoire

L’exécutif départemental du PCF affirme qu’il était « présent à la manifestation ’anti-aéroport’, samedi 24, à Nantes ». Il « condamne avec la plus grande fermeté le recours à la force déployé par le gouvernement alors que la manifestation était forte de calme et de quiétude » et « les violences hors du commun sur le site de Notre-Dame-des-Landes ».

La « commission de dialogue » du Premier ministre ? « Une manoeuvre pour tenter de faire pression sur le mouvement en cours, à moins que ceci participe d’une tentative de ’sauver la face’ d’Europe Écologie Les Verts décidément en difficultés dans leur ’grand écart’ politicien », calcule le PCF vendéen.

Il indique, par ailleurs, avoir « pris note de la déclaration de Pierre Laurent qui fait part de son désaccord sur le partenariat public privé ». Il lui demande d’aller « jusqu’au bout de sa démarche et d’exiger un moratoire qui permette enfin de réexaminer ce dossier ».

Nantes, samedi 24 novembre

Plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Nantes, samedi après-midi

Paris, vendredi 23 novembre

Manifestation à Paris vendredi soir, récit et sons sur Reporterre

Rouen, vendredi 23 novembre

A Rouen, des citoyens ont investi le conseil municipal, dans le calme.

Video à voir ici

Vendredi 23 novembre

Manifestations ce soir à Caen et Lisieux, à Angers 17 h 30 place du Ralliement (voir ci-dessous), à Dijon (tweet : "le comité de soutien dijonnais à #NDDL appelle à un rassemblement ce jour à 18 h devant la préfecture à Dijon"), à Sainte-Affrique (tweet : "à partir de 16 h devant la mairie de Saint Affrique aujourd’hui vendredi #NDDL"), à Toulouse (tweet : "18h devant la préfecture en soutien à la lutte de #nddl"), à Rouen (tweet : "Rouen. Rassemblement contre #NDDL Devant l’Hotel de ville, aujourd’hui à 18h. "), etc. Et Paris, place Edouard Herriot, 18 h, à côté de l’Assemblée nationale.

Carte des manifs du 23 novembre

internet, vendredi 23 novembre

José Bové dénonce un « coup de force »

Bayonne, vendredi 23 novembre

La Vierge de Biarritz solidaire de Notre Dame des Landes !

Ce vendredi 23 novembre à 9H30 du matin, des activistes du mouvement altermondialiste basque Bizi (« Vivre ! » en langue basque, http://www.bizimugi.eu ) ont escaladé le fameux Rocher de la Vierge à Biarritz pour y accrocher des panneaux et banderoles de solidarité avec les occupants de Notre Dame des Landes.

On pouvait ainsi lire « La Vierge de Biarritz solidaire de Notre Dame des Landes » ou encore « Non a l’Ayraultport !" et "Non à l’expulsion de Notre Dame des Landes".

Le mouvement altermondialiste basque Bizi ! tient ainsi à dénoncer avec la plus grande fermeté l’envoi ce matin de 500 gendarmes pour expulser les occupants de Notre Dame des Landes.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’acharne donc à transformer ces centaines d’hectares de terres agricoles en bombe climatique ! Pour y parvenir, il emploie sans sourciller la répression brutale contre ceux qui luttent pour construire une société plus sobre et soutenable.

Notre Dame des Landes peut et doit devenir le Larzac du combat pour empêcher le basculement climatique qui se prépare dans les décennies à venir, et qui constitue le défi le plus important auquel l’Humanité a à faire face depuis qu’elle existe.

Bizi ! appelle à multiplier les actions de protestation et de solidarité dans les jours qui viennent, partout où c’est possible. Nous y prendrons notre part.

De plus, nous ferons un jeûne de 24H00 à Bayonne, du vendredi 30 novembre à 18H00 au samedi 1er décembre à 18H00, contre les projets de nouvel aéroport de NDDL et de voie nouvelle LGV Bordeaux-Hendaye.

Courriel de Bizi !

Angers, vendredi 23 novembre

Le Collectif de Citoyens Angevins au projet d’aéroport de Notre Dame Des Landes appel à un rassemblement pacifique de soutien aux opposants de NDDL.

Rassemblement à Angers à 17h30, Place du Ralliement pour une montée solidaire vers la Préfecture.

Ce matin dès 7h30, 500 CRS ont fait leur apparition dans la brume matinale aux alentours de Notre Dame Des Landes. D’après nos infos, les CRS ont expulsés les personnes sur la zone des « Rosiers », puis se sont dirigés vers le lieu de reconstruction en y saisissant les outils de construction. Les CRS sont dans l’illégalité, en effet la zone de reconstruction est actuellement non expulsable jusqu’à mars !!!

Les forces de l’ordre interdisent l’accès aux différentes zones, les journalistes sont donc bloqués. Le gouvernement doit respect les décisions de justice, nous sommes dans un Etat de Droits.

La désobéissance civile ne doit pas être punie par les forces de l’ordre avec violence et mépris, sous couvert d’un ordre du gouvernement. La désobéissance civile est une partie indissociable à la démocratie. Partout en France des rassemblements de soutien vont avoir lieu à la même heure.

Courriel à Reporterre

Parti de gauche, vendredi 23 novembre

Tôt ce matin, plusieurs centaines de policiers ont à nouveau tenté d’expulser les résistants de la Zone À Défendre (ZAD). La répression n’aura pas tardé à se remettre en place après la courte trêve de ce week-end.

Jean-Marc Ayrault n’a pas saisi la mesure de ce qu’il se passe à Notre-Dame-des-Landes. Le Parti de Gauche dénonce l’action d’un gouvernement qui n’entend pas les dizaines de milliers d’opposants venus de toute la France réunis sur place le 17 novembre. Qui protège les intérêts privés de Vinci, se plie aux desiderata du Medef et recherche l’approbation des agences de notation mais envoie les forces de l’ordre contre le peuple qui résiste. Qui impose ce Grand Projet Inutile contre toute logique écologique et sociale. La répression et la criminalisation des militants ne peut être tolérée comme seule réponse d’un gouvernement qui se dit de gauche !

Le Parti de Gauche reste mobilisé et rappelle son soutien à tous les opposants au projet d’aéroport. Il promet qu’il continuera à tout mettre en œuvre pour soutenir les résistances et adresse son soutien révolté, combatif et chaleureux à celles et ceux qui occupent la Zone À Défendre.

Parti de gauche

EELV, mercredi 14 novembre

Europe Ecologie Les Verts décrète la mobilisation pour Notre Dame des landes

Notre Dame des Landes, Brigade des clowns, mercredi 14 novembre

Albertville, mardi 13 novembre

Des trains, pas des avions

Au lieu de dépenser des sommes énormes pour construire un aéroport couteux et inutile sur des terres agricoles, il faut garder l’argent publique pour la modernisation des lignes ferroviaires TER !

En Tarentaise, où j’habite, de nombreux dysfonctionnements dus au manque de matériel, vieilles locos qui tombent en panne.

Gardons l’argent pour isoler les millions d’habitations et changer les millions de chaudières en fin de vie ; et ces travaux donneront des emplois pour les artisans chauffagistes.

Elisabeth Roulet militante Europe Ecologie de Savoie, Albertville

Courriel à Reporterre

Eaux et rivières de Bretagne, mardi 13 novembre

Eau & Rivières de Bretagne appelle à manifester pour sauver les zones humides

Eau & Rivières de Bretagne appelle ses adhérents et tous les citoyens inquiets de la régression régulière des zones humides à manifester samedi prochain leur opposition au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Partout dans le Grand Ouest, les collectivités locales et les acteurs économiques sont invités à préserver drastiquement les zones humides Des millions d’euros d’argent public sont investis sur les bassins versants pour restaurer et gérer des zones humides dont les multiples intérêts hydrologiques et écologiques sont aujourd’hui unanimement reconnus.

Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes conduirait à la destruction de plus de 200 hectares de zones humides. Il porterait une atteinte irrémédiable aux équilibres hydroécologiques de plusieurs bassins versants, en totale contradiction avec les directives de protection nationales et européennes. La commission d’enquête a souligné elle-même les insuffisances du dossier sur ce point.

Pour JO HERVE, Président d’Eau & Rivières de Bretagne « la transition écologique voulue par le Président HOLLANDE ne peut se satisfaire d’un projet d’équipement aussi destructeur de zones humides comme de terres agricoles ».

Face à un projet d’un autre siècle, Eau & Rivières de Bretagne demande à ses adhérents et à toutes les associations de Bretagne de se mobiliser pour faire échec à ce projet, et de participer à la manifestation prévue sur place samedi 17 novembre. Des informations sur le covoiturage ou les déplacements en car peuvent être obtenus dans chacune des délégations départementales de l’association.

Courriel de Eaux et rivères de Bretagne

EELV, Basse-Normandie, lundi 12 novembre

Europe Ecologie Les Verts se mobilise dans toute la France pour protester contre l’implantation par la force d’un nouvel aéroport inutile, ruineux et destructeur de l’environnement à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes (44).

En Basse-Normandie, nous organisons lundi 12 novembre à Ifs une action symbolique qui rebaptisera la rue Notre Dame des Champs en rue Notre-Dame-des-Landes. Nous marquerons ainsi notre soutien aux opposants de cet aéroport qui subissent actuellement des pressions policières importantes, à l’instar des violences inadmissibles à l’encontre des militants anti-THT, et notre opposition ferme au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Cette action aura lieu à Ifs, au coin de l’avenue Jean Vilar et de la rue Notre-Dame-des Champs à 12h30.

EELV

Samedi 10 novembre

1.500 manifestants à Paris pour soutenir les habitants de Notre Dame des Landes : récit sur Reporterre

Samedi 10 novembre

Une centaine de tracteurs se sont rassemblés au centre-ville de Rennes, ce samedi matin 10 novembre, pour protester contre la création de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. D’importantes forces de l’ordre étaient mobilisées, notamment à la gare, pour y attendre les manifestants.

Entre 500 personnes selon la police, 3.000 à 3.500 selon les organisateurs, ont manifesté samedi à Rennes, réclamant le maintien des terres agricoles de Notre-Dame-des-Landes et dénonçant le bétonnage et un "projet obsolète".

Une trentaine d’opposants se sont également rassemblée dans la matinée à Lannion (22). Militants pour la plupart, de Solidaires, de la CNT (Confédération nationale du travail, de type anarcho-syndicaliste) et du Parti breton, ils appellent à la mobilisation pour la manifestation du 17, dénoncent la violence des expulsions et affirment leur soutien aux militants présents sur la zone à défendre.

letlégramme.com

Salon Marjolaine, vendredi 9 novembre

Jean Paul Jaud, réalisateur notamment de Nos enfants nous accuseront, pose devant l’appel à la manifestation du 17 et qui viendra le 17 pour prendre des images...

J’ai interpellé personnellement Mme Corine Lepage, présidente fondatrice du parti politique Cap 21 (je connais pas très bien), ancienne ministre (ou ancienne Sinistre selon le langage), pour lui demander si elle serait présente demain à notre manif et le 17 à NDDL, surprise de ma part car elle me dit « ne pas être au courant », je lui donne donc en main propre l’appel du et des 10 et 17, et deux autres tracts disponibles.

J’ai également pu donner de la documentation à M Gilles Eric Séralini, tous les 3 étant présent pour discuter et introduire le film Tous Cobayes

La pétition présente au salon continue d’être signée.

Courriel à Reporterre envoyé par Devenez vous-même clown

Pascal Durand, EELV, vendredi 9 novembre

« Je dois rencontrer Jean-Marc Ayrault la semaine prochaine. Est-ce qu’il est nécessaire dans la période actuelle de mettre de l’argent dans la construction d’un nouvel aéroport sur des terres agricoles, alors qu’il a été dit lors de la conférence environnementale que l’une des priorités du 21e siècle était de préserver les ressources alimentaires ou encore de réduire les gaz à effet de serre ? Ce projet est absurde. Il doit être stoppé. »

Journal du dimanche

Affiche, vendredi 9 novembre

Des croûtes aux coins des yeux

Parti de gauche, vendredi 9 novembre

Mélenchon sera là le 17 novembre

Parti de Gauche 44 @partidegauche44

"@JLMelenchon sera à #NDDL le samedi 17 novembre pour soutenir la manif de réoccupation ! #17N #reseauFDG"

Rouen, Collectif de solidarité ZAD, Rouen-NDDL, jeudi 8 novembre

La création d’un nouveau collectif

Le mardi 6 novembre est né à Rouen, lors d’une assemblée générale rassemblant près de 40 citoyen-ne-s, militant-e-s, indigné-e-s et représentant-e-s d’organisations locales (ATTAC, Greenpeace, UCJS, PG, NPA, FASE, EELV, Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs), un collectif de solidarité avec les opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Ce collectif s’appelle : « Collectif de solidarité ZAD, Rouen/ Notre Dame des Landes ». Ce nom fait référence à la ZAD : Zone d’aménagement différée du projet, rebaptisée Zone à défendre par ses occupant-e-s actuels et par les nombreux citoyens et associations déjà engagés dans l’opposition à ce GPI (Grand Projet Inutile).

Sa première apparition aura lieu le dimanche 11 novembre matin Place Saint Marc, il invite les médias à venir le rencontrer, à cette occasion. Cette matinée sera émaillée de nombreuses actions surprises et de modes de communication originaux vers le public du grand marché de Rouen.

Courriel à Reporterre de soutien.rouenlazadetnddl (arobase) riseup.net

Vannes, jeudi 8 novembre

Faire-part de mariage entre Mlle l’État français et Mr Vinci Fait-du-Profit

Mr et Mme UMPS sont heureux de vous inviter à la cérémonie d’union entre Mlle l’État français et Mr Vinci Fait-du-profit.

Le mariage sera célébré par Mr Bernard H. (alias « la pantoufle »), ancien préfet de Loire-Atlantique, qui en contrepartie de ses bons offices sera gratifié d’un poste hautement rémunérateur dans l’entreprise de Mr Vinci Fait-du-Profit.

(...)

La cérémonie sera célébrée ce samedi 10 novembre 2012, à 10h, à Vannes, à la Porte Saint Vincent (près du port).

NDDL 22

Saint Nazaire, 8 novembre

Inauguration d’une place Notre Dame des Landes

Rennes, 8 novembre

Annonce manifestation de soutien à Notre Dame des Landes, à Rennes samedi 10 novembre.

Reporterre, 7 novembre

Stéphane Hessel : "Je demande à Jean-Marc Ayrault de bien réfléchir"

Reporterre

Paris, 7 novembre

Communiqué d’une action Banderole à Solférino le mercredi 7 novembre

De Notre-Dame des Landes à Solférino : le parti socialiste interpellé

Aujourd’hui, mercredi 7 novembre 2012 à 8h30 une banderole a été accrochée aux grilles du Parti Socialiste, rue Solférino à Paris.

Par ce geste, nous dénonçons la violence du gouvernement socialiste qui expulse depuis le mardi 16 octobre 2012 les centaines d’habitants et d’agriculteurs qui vivent sur les terres du projet d’aéroport de Notre-Dames des Landes près de Nantes.

Ce projet qui est né il y a 40 ans a toujours rencontré une opposition déterminée qui l’a considérablement ralenti. M. Ayrault, ancien maire de Nantes et actuel premier ministre a été la figure principale dans la relance de cet aéroport inutile et couteux.

Inutile parce qu’il existe déjà un aéroport à Nantes. Coûteux car les collectivités territoriales qui devront supporter la moitié du financement du projet qui endettera l’Etat qui se porte garant des pertes. De plus, il sacrifiera 1800 hectares de terres agricoles et de campagne habitée.

Le gouvernement ne veut rien entendre et souhaite maintenir coûte que coûte ce projet. Nous ne les laisserons pas faire, ils ne nous feront pas taire.

Manif à Paris samedi 1O novembre 14H Belleville

Courriel à Reporterre

Paris, Emmanuelle Cosse, 7 novembre

"5 cars de CRS bd St germain pr encadrer la vigie des opposants a NDDL. Est-ce bien raisonnable ? Non a NDDL, Avec l’@ACIPA_NDL"

tweet de @emmacosse, 16h54.

Ariège, Comité de soutien, 7 novembre

Comité de soutien aux opposants à l’aéroport de NDD

Réunion de constitution : vendredi 9 Novembre à 20h30

Attention, modification : victime de son succès ... la réunion de constitution change de salle pour une BEAUCOUP plus grande !!!

Salle Jean Jaurès, à la Mairie de Foix

afin d’organiser des actions de soutien en Ariège.

Démosphère

Saint Brieuc, Comité citoyen, 7 novembre

Rendez-vous Samedi à 10h00 à Saint-Brieuc devant La Poste pour distribuer des tracts, déambuler dans le centre ville… Les banderoles, panneaux et cartons protestataires sont les bienvenus !

Deux d’entre nous iront ensuite à Nantes pour co-animer une cryptoparty au café Flesselles, et nous passerons le reste du weekend à Notre-Dame-des-Landes. Si vous souhaitez apprendre à protéger vos communications, vous êtes les bienvenus Et si vous avez des paquetages à nous confier pour les zadistes, pas de souci.

(Rassemblement organisé par le Comité citoyen NDDL 22 soutenu par les organisations signataires du communiqué unitaire du 18 Octobre)

Attac, 7 novembre

Attac appelle à créer des comités locaux.

Paris, 6 novembre

Action contre Vinci

Mardi 6 novembre 2012 à 13h30, des militants ont été à la rencontre des actionnaires de VINCI. Une visite guidée sur le thème de l’urbanisme avait été organisée par la multinationale. Les militants ont déployé des banderoles et distribué des tracts pour marquer l’implication de la société dans les expulsions opérées sur les terres convoitées pour le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Indymedia

Paris, 6 novembre

Vigies citoyennes

Dans le cadre des vigies citoyennes décentralisées, les citoyens vigilants de Notre Dame des Landes seront de nouveau à Paris le mercredi 7 novembre. Ils se tiendront à l’angle de la rue Saint Simon et du Boulevard Saint Germain de 10H à 17H pour informer la population sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et dénoncer les destructions en cours sur la zone.

Nous vous invitons à aller à leur rencontre.

Courriel du Secrétariat de l’Acipa

Loire-Atlantique, femme, mère et citoyenne, lundi 5 novembre

Un beau témoignage sur ce que vivent les habitants de la ZAD et la solidarité qui s’y manifeste

Un peu partout, 5 novembre

Le soutien aux militants anti-aéroport continue à dépasser le strict cadre nantais. Un rassemblement est prévu ce soir [lundi] à 19 h devant la Préfecture de Nantes, une réunion d’information a lieu à Angers à 20h30 (26 rue Maillé, l’Etincelle). Une réunion a lieu demain à Rouen pour y créer un comité de soutien.

De tels comités locaux existent un peu partout en France, notamment en Ile-de-France et en Alsace. Le 7 Novembre, un rassemblement est prévu dans le Pas-de-Calais à 18 h et une réunion d’information se fera au Petit Louvre, rue Linard Gonthier, face à la fac de Troyes.

Breizh Journal

Crest, 4 novembre

Notre-Dame-des-Landes : NO DECOLARAN !

En chanson, 1 novembre

"Le fol aéroport de Notre Dame des Landes", une chanson de La Parisienne libérée à écouter ici

Facebook, 1 novembre

"BESOIN DE RENFORTS ! ! à Notre-Dame-des-Landes : un futur « Larzac » pour le gouvernement Ayrault ? Prêts à y partir Vendredi ?? MERCI DE DIFFUSER, DE PARTAGER, DE S’ORGANISER,etc Si assez de réponses RAPIDEMENT, on affrête un Bus."

Facebook

Facebook, 1 novembre

#NDDL URGENT RDV Aujourd’hui jeudi 1er novembre à 15h devant le siège du PS à Solferino pour manifester contre les expulsions à Notre Dame des Landes #Paris

Facebook

Minga, 1 novembre

Pour un avenir économique plus équitable : non au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Facebook, Jean-Luc Mélenchon, 31 octobre

La répression violente qui s’exerce à l’encontre des opposants au projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est une honte pure et simple : Jean-Marc Ayrault est dans l’abus de pouvoir, ni plus ni moins.

Ne lâchez rien camarades !

Jean-Luc Mélenchon

En terre d’utopie, mercredi 31 octobre

Les terres de Notre Dame des Landes sont un bien commun de l’humanité !

Depuis le mardi 16 octobre, une opération plus militaire que policière, mettant en œuvre des moyens humains et logistiques disproportionnés a été engagée sur le site du projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes.

A l’évacuation forcée des occupants pacifiques du lieu, a succédé les premières démolitions de bâtiments, laissant sans abris leurs occupants.

Le projet de détruire 2000 hectares de terres agricoles préservés dans leur état bocager d’origine et constitués majoritairement de terres humides, à la biodiversité exceptionnelle et au pouvoir drainant irremplaçable, s’inscrit dans une logique de politique publique à court terme, dépassée, dispendieuse et irresponsable.

L’imperméabilisation des sols qui croit à la vitesse d’un département tous les dix ans, au delà de la destruction de terres agricoles qu’il induit, aggrave les conséquences des pluies exceptionnelles, comme cela a été récemment le cas dans le Var.

Une mobilisation sans précédent du peuple de l’écologie se prépare pour défendre un autre avenir. Comme l’a montré la récente manifestation populaire qui a réuni plus de 10.000 personnes à Bayonne contre la Ligne à Grande Vitesse entre Bordeaux et Hendaye deux visions du monde s’affrontent.

D’un côté la logique productiviste, bercée par l’illusion d’une croissance infinie et du profit à court terme qui réquisitionne l’état et ses gendarmes pour défendre les intérêts privés d’une multinationale et les visions dépassées d’un monde régi par la vitesse et la compétitivité.

De l’autre celle d’un peuple en marche qui se bat pour construire dès aujourd’hui un autre monde solidaire, respectueux de la terre nourricière, de la biodiversité et soucieux de l’avenir de ses enfants.

Notre Dame des Landes, à l’image de Yasuni ITT en Equateur où le choix a été fait de préserver l’écosystème plutôt que d’exploiter des réserves pétrolières abondantes, est le symbole de ce monde nouveau et sans frontière que nous voulons construire.

Nous appelons l’ensemble des citoyennes et citoyens à soutenir ce combat en rejoignant les collectifs locaux qui se sont spontanément créés pour ce combat et à participer massivement à la manifestation du 17 novembre à Nantes.

Courriel de Utopia

Marseille, Mille bâbords, 31 octobre

Suite à la projection par Mille Bâbords du film décrivant la lutte de Notre-Dame-des-Landes contre la construction de "l’Ayraultport"/ Vinci de Nantes, les participantEs ont décidé de se retrouver le mardi 6 novembre 2012 à 18h30 à Mille Bâbords pour créer un comité de soutien sur Marseille et la région. Son but est de populariser la lutte sur le terrain et de préparer la journée d’action du 17 novembre.

Mille Bâbords

Paris, Cécile Duflot, mercredi 31 octobre

Cécile Duflot parle enfin de Notre Dame des Landes

France, EELV, mercredi 31 octobre

Aéroport lacrymogène : la base d’EELV s’insurge

Bègles, Noël Mamère, mardi 30 octobre

« A Notre Dame des Landes, le gouvernement a dépassé ses limites »

Mexique, mardi 30 octobre

Au Mexique aussi, des luttes populaires contre des projets inutiles

Isère, Quelques opposants à Center Parcs, mardi 30 octobre

Nous relayons et soutenons sans réserve l’appel à la réoccupation des terrains du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes à partir du 17 novembre 2012

Cet appel a été lancé par ceux qui occupent depuis des mois le terrain, afin de le préserver de l’appétit insatiable des bétonneurs et des industriels, et qui se sont vus violemment expulsés la semaine dernière et de nouveau cette semaine par les forces de l’ordre.

Nous vous invitons à rassembler toutes les énergies et à vous mobiliser pour soutenir massivement et de toutes les façons, cette lutte, nourrie de réflexions sur les ravages du monde industriel, afin de défendre les territoires, combattre leur aliénation à la société industrielle, leur confiscation autoritaire et en définitive leur destruction irréversible.

La presse si prompte à nous montrer les répressions de manifestations dans le monde entier a oublié d’envoyer ici ses journalistes témoigner de cette violence étatique. Mais les nombreux soutiens du mouvement ont su en faire passer l’information.

Nous avons pu voir à l’œuvre le nouveau gouvernement socialiste et écologiste, qui, comme ses prédécesseurs, a envoyé ses forces de répression mater la résistance avec une violence qui a très largement et fermement été condamnée et qui nous rappelle celle qui s’était abattue au Larzac, à Plogoff ou à Malville.

Le pouvoir entre les mains des socialistes et des écologistes marque ainsi son soutien actif, sa complicité et ses affinités naturelles avec le monde des bétonneurs et des industriels. Ce monde accélère sa mainmise sur les territoires et tente désespérément de perdurer. Il multiplie les grands projets idiots inutiles et ravageurs défendant ainsi ses intérêts contre ceux des populations. Les ravages passés gravissimes que l’État admet froidement, ne sont rien comparés aux ravages futurs ; croissance et emplois sans conscience obligent !

Soyons toujours, partout, de Notre Dame des Landes à Roybon, du Chefresne au Val de Suse, plus nombreux et plus solidaires pour défendre avec opiniâtreté nos territoires, en empêcher les spoliations et les destructions et reprendre morceau par morceau, les hectares aux industriels, à leur économie et à leur monde.

Quelques opposants à Center Parcs, courriel à Reporterre.

Bretagne, EELV, mardi 30 octobre

Aéroport Notre-Dame-des-Landes : des élus EELV en soutien aux opposants

Une quinzaine d’élus EELV sont présents mardi 30 octobre à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km de Nantes, où les forces de l’ordre ont lancé depuis le matin une nouvelle opération d’évacuation des opposants à l’aéroport Grand Ouest, a déclaré l’un d’eux.

"Nous sommes au minimum une bonne quinzaine d’élus Europe Ecologie Les Verts présents sur le site de Notre-Dame-des-Landes" en soutien aux agriculteurs dont les exploitations sont menacées de disparition et aux opposants à ce projet d’aéroport, a déclaré à l’AFP René Louail, conseiller régional de Bretagne et lui-même agriculteur.

"En tant qu’élu, j’appelle les autres élus à nous rejoindre", a-t-il ajouté.

"Ce qui se passe ici est d’une violence inacceptable, qu’on ne pouvait pas imaginer", a poursuivi René Louail.

"La volonté de l’Etat et d’Ayrault (Jean-Marc Ayrault, Premier ministre), c’est de jouer les gros bras sur un projet qui ne se justifie pas. C’est antidémocratique", a-t-il dit, rappelant qu’il y avait déjà "sept aéroports en Bretagne, dont certains fonctionnent à moins 60% de leur capacité".

"On aurait pu imaginer que la gauche remette en cause ce type de projets après son accession au pouvoir. C’est un projet coûteux au moment où l’Etat est contraint d’être vigilant sur les dépenses", a ajouté M. Louail.

Faisant état de la visite sur le site, samedi, du sénateur Joël Labbé (EELV), le conseiller régional a également estimé "disproportionné" le dispositif de forces de l’ordre déployé "face à des occupants non violents", selon lui.

"Quant aux agriculteurs", a-t-il dit, "il y a chez eux une mobilisation très forte, à un moment de l’année qui marque pourtant une période traditionnellement très intense" de travaux des champs.

Depuis l’aube, affrontements et périodes de pause se succèdent entre opposants au projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et forces de l’ordre, chargées par le préfet de dégager le terrain en prévision des "travaux préparatoires prévus début 2013", selon la préfecture, en vue du chantier de l’aéroport dont l’ouverture est prévue en 2017.

Le Parisien

Paris, EELV, mardi 30 octobre

Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, et Sylvain Garel coprésident du groupe EELVA au Conseil de Paris, se joindront à 17h30 à une Flash Mob’ organisée au métro Notre-Dame-de-Lorette (ligne 12 dans le 9e arrondissement), en soutien aux opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

EELV

Amis de la Terre, mardi 30 octobre

Notre Dame des Landes : une aberration manifeste

Les récents événements ont remis le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes sur le devant de la scène. Mardi 16 octobre les forces de l’ordre, casquées, bottées et lourdement armées, ont envahi les terrains squattés destinés à la construction de cet aéroport. Depuis, les expulsions, non exemptes de violences, se poursuivent, les bâtiments sont murés, les habitats dits précaires détruits, les personnes empêchées de s’approcher des lieux. Cette démonstration de force se déroule dans une quasi indifférence des medias qui se traduit par un désastreux et violent déni de démocratie.

Car depuis 2008 plusieurs familles se sont installées, à la demande des « résistants » locaux, sur les terres concernées et y ont peu à peu établi des modes de vie alternatifs, solidaires et autonomes.

Faut-il rappeler que ce projet d’aéroport est largement porté par l’ancien maire de Nantes, aujourd’hui Premier ministre ? Est-ce un hasard si on en arrive aujourd’hui à de telles extrémités ? N’y a-t’il pas de quoi s’interroger sur un possible mélange des genres (pour ne pas dire conflit d’intérêts) de la part d’un chef de gouvernement qui est sensé défendre aujourd’hui l’intérêt général et non des intérêts particuliers, fussent-ils territoriaux ? Et comment interpréter le message que porte cette attitude au moment où le gouvernement, à travers la Conférence environnementale et le débat énergie qui débute, nous dit avoir pleinement conscience des enjeux écologiques auxquels la France doit répondre ?

Pourquoi les Amis de la Terre soutiennent-ils les opposants à l’aéroport ?

Les raisons sont multiples !

Nous ne reviendrons pas sur le déni de démocratie, il est évident et a été largement souligné par d’autres. Concentrons-nous sur les aspects écologiques.

1/ Ce projet est une aberration dans le cadre de la lutte contre le changement climatique : les transports aériens sont de très loin les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre par passager et par tonne de marchandise transportée et à ce titre participent largement au réchauffement de la planète. Alors que les émissions de GES produites en Europe par l’aviation internationale ont augmenté de 100 % depuis 1990, le trafic aérien devrait plus que doubler entre 2005 et 2020. Il faut donc dès aujourd’hui les restreindre, alors qu’on sait qu’un nouvel aéroport constitue un appel d’air pour des transports aériens supplémentaires.

Or on sait déjà que le prochain rapport du GIEC (Groupement International des Experts du Climat) sera catastrophique !

Le gouvernement précédent le reconnaissait implicitement dans le cadre du SNIT (Schéma national des infrastructures de transport) en actant comme principe fondamental le report modal, c’est à dire reporter la mobilité des personnes et des marchandises des modes de transports des plus émetteurs de GES vers les moins émetteurs. La réalité des projets inscrits au SNIT est moins évidente, mais c’est une autre histoire...

2/ Ce projet est une aberration dans le cadre de l’aménagement du territoire : l’aéroport de Notre Dame des Landes est censé désengorger les aéroports parisiens, ce qui implique de multiplier les infrastructures et voies d’accès (aéroport secondaire, autoroute) les plus rapides possibles entre la capitale et Nantes.

Or le gouvernement a réaffirmé lors de la Conférence environnementale la nécessité de stopper ou au moins ralentir l’artificialisation des sols ! Un leurre dans un tel contexte !

3/ Ce projet est une aberration au regard de nos besoins en terres agricoles : il sacrifie 2 000 ha de terres pour la plupart à destination agricole, alors que la France est très loin d’assurer son indépendance alimentaire.

Or la souveraineté alimentaire est parait-il une forte préoccupation de nos gouvernants !

4/ Ce projet est une aberration écologique : sur les 2 000 ha il y a des zones humides protégées, la construction de l’aéroport et des infrastructures qui l’accompagneraient détruiraient des centaines d’hectares de zones naturelles, d’habitat animaliers, et mettrait en péril les continuités écologiques.

Or le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) vient d’annoncer que les zones humides ont diminué de moitié en un siècle alors qu’elles sont essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes !

5/ Ce projet est une aberration en termes économiques et de consommation d’énergie : à l’heure où les dernières énergies fossiles auront un coût de production exorbitant et un impact écologique dramatique (comme les seraient les huiles et gaz de schiste), il est impératif de limiter leur usage à de réels besoins pour la société (matériel médical par exemple) et uniquement s’il n’y a pas d’énergie de remplacement possible. L’idée qui a pu germer dans certains esprits d’alimenter les avions avec des agrocarburants est pure folie !

6/ Ce projet est une aberration budgétaire : alors qu’on nous parle quotidiennement de restrictions des dépenses publiques impactant très lourdement les services publics, comment justifier de mettre plus de 540 millions d’euros dans un projet en partenariat avec la multinationale Vinci ?

On sait depuis longtemps combien les partenariats public/privé (PPP) sont un gouffre qui hypothèque l’avenir des finances publiques avec bien peu d’avantages en retour pour les usagers... Au même moment, nos gouvernants nous disent qu’on ne peut pas aller plus vite dans la protection de l’environnement et dans la transition écologique parce que ça a un coût trop important pour les finances publiques !

Ces quelques points suffisent à démonter les enjeux d’un tel projet. C’est pourquoi nous en avons fait un symbole et exigeons l’abandon de ce projet. Et nous n’avons pas le droit de lâcher sur un symbole aussi important.

Nous devons nous mobiliser, tous ensemble, car le silence des chaussons peut être au moins aussi destructeur que le bruit des bottes...

Le Conseil fédéral des Amis de la Terre, le 30 octobre 2012

Courriel à Reporterre

Greenpeace, mardi 30 octobre

Notre-Dame-des-Landes : Greenpeace condamne les nouvelles expulsions en cours

Greenpeace condamne les nouvelles évacuations brutales en cours sur le site du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes et apporte son soutien aux opposants présents sur place.

« Cette nouvelle démonstration de force face à des militants qui ont choisi de s’opposer à un projet absurde, notamment d’un point de vue environnemental, est un signal clair envoyé par le gouvernement : en dépit des discours et autres consultations rien ne sera remis en cause, s’indigne Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Si le Premier ministre cherche à prouver qu’il sait être ferme et autoritaire, il a bien mal choisi son sujet et son moment. A la veille du débat sur l’énergie, cela augure mal des discussions à venir. »

Greenpeace est présente sur le site de Notre-Dame-des-Landes afin de participer à la mobilisation citoyenne et d’apporter un soutien logistique.

Confédération paysanne, lundi 29 octobre

Notre-Dame-des-Landes : manifestation paysanne mardi 30 octobre

La Confédération paysanne lance un appel national à des actions, dans les départements, contre les expulsions des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En Loire-Atlantique, plusieurs organisations paysannes se rassembleront ce mardi, 10 h 30, au Sabot, une tenue maraîchère située entre la Paquelais (Vigneux-de-Bretagne) et Fay-de-de-Bretagne.

L’appel est lancé par la confédération paysanne, mais aussi des groupements de producteurs (Civam, GAB, Terroirs 44, Accueil paysan).

Ce sera la première manifestation paysanne sur le terrain, depuis le début des opérations d’expulsion, et de destruction des maisons dans la zone du futur aéroport. Le Sabot, où de jeunes paysans sans terre ont été installés l’année dernière, est un lieu symbolique de résistance à l’aéroport. Des affrontements y ont eu lieu dans la première semaine de l’opération menée par les pouvoirs publics. Ce lundi 29 octobre, ses occupants ont reçu la visite d’un huissier. Que se passera-t-il si d’ici mardi, les gendarmes mobiles interviennent au Sabot ? « La manifestation sera maintenue, nous réinvestirons et reconstruirons le Sabot », avertit un membre de la Confédération paysanne.

EELV Bretagne, lundi 29 octobre

A Notre Dame des Landes, la mobilisation continue

Mardi 30 octobre aura lieu à Notre Dame des Landes (44), une nouvelle manifestation en soutien aux opposants au projet d’aéroport contre les expulsions des habitants et destructions des habitations de la ZAD (Zone d’Aménagement Différé). L’occasion pour Europe Ecologie Les Verts et ses élu-e-s en Bretagne de rappeler son opposition ferme contre le projet d’aéroport et soutenir la mobilisation.

Après le sénateur Joël Labbé ce week end, la conseillère régionale Gaëlle Rougier aujourd’hui (réunion du Syndicat mixte à Nantes), Michèle Le Tallec, co-secrétaire régionale et René Louail, conseiller régional EELV seront présents sur place.

France, mouvements et partis, samedi 27 octobre

Nous condamnons la violence déployée depuis la semaine dernière lors des expulsions par les gendarmes mobiles et CRS envoyés par le gouvernement, qui illustre ainsi une nouvelle fois son soutien à la multinationale Vinci, maîtresse d’œuvre du projet d’aéroport.

Depuis plusieurs années, les habitants, et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des terres agricoles (1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport, et des milliers d’autres pour les zones commerciales et industrielles sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes). Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité, leur destruction est une signe supplémentaire que le capitalisme est un modèle de développement économique irrationnel. Quand toutes les terres agricoles seront construites comment ferons-nous pour nous nourrir, et où ira se nicher la vie végétale et animale ?

Alors que le gouvernement n’a que la réduction des déficits à la bouche, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d’euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n’arrive même pas à démontrer l’utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Depuis l’expulsion, les manifestations de soutiens et les actions entreprises un peu partout en France sont de plus en plus nombreuses et témoignent d’une résistance qui en marche

Nous dénonçons les expulsions et destructions, l’occupation de la zone par les forces de l’ordre, la répression, ainsi que l’acharnement du 1er ministre J.M Ayrault, ancien maire de Nantes, à poursuivre le projet d’aéroport. Nous soutenons les initiatives de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes et appelons à rejoindre les comités de solidarité et de résistance pour stopper ce projet. L’heure est à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer le gouvernement.

Signataires :

Alter Ekolo Alternative Libertaire ATTAC Fédération Anarchiste Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste Gauche Anticapitaliste Ile-de-France Décroissance Initiative Pour un Autre Monde (IPAM) Les Alternatifs, Les Amis de la Confédération Paysanne Mouvement des objecteurs de Croissance Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance Relocalisons Union Syndicale Solidaires

France, associations et syndicats, mercredi 24 octobre

AEROPORT DE NOTRE-DAME DES LANDES :

Expulsion violente des opposants sur le terrain, entêtement du gouvernement Ayrault à poursuivre un projet inutile…

Les associations et syndicats vous convient à une CONFERENCE DE PRESSE

Ce jeudi 25 octobre 2012 à 15h

Au siège de Greenpeace France – 13, Rue d’Enghien – 75010 PARIS

(M° Strasbourg Saint Denis)

En présence de : Ø Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France

Ø Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac France

Ø Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement

Ø Philippe Colin, porte-parole de la Confédération paysanne

Jean-Baptiste Aurault, président de Droit Au Logement

Ø Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat France

Ø Alain Dordé, membre du conseil fédéral des Amis de la Terre

Ø Nadine Lauverjat, porte-parole de Générations futures

Ø Didier Aube, Secrétaire national, responsable de la commission écologie de Solidaires

Ces représentants s’exprimeront sur la brutalité policière de ces derniers jours, le non-sens économique et environnemental de ce projet et la surdité des pouvoirs publics face aux protestations locales.

Une déclaration solennelle sera rendue publique et une lettre ouverte adressée à Jean-Marc Ayrault sera diffusée à cette occasion.

Lire le comte-rendu et la lettre solennelle publiée par ces organisations le 25 octobre

Parti de gauche, mercredi 25 octobre

Le Parti de Gauche soutient les nouvelles initiatives de résistance à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Depuis sa création, le PG est actif localement et nationalement dans le mouvement d’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44). Un grand projet inutile, archaïque et nuisible. Inutile, car l’actuel aéroport de Nantes est loin de la saturation et pourrait être réaménagé de manière plus satisfaisante à moindre frais ; ce projet ne présente aucune utilité sociale. Archaïque, car pensé pour un développement fantasmagorique du trafic aérien, alors que le pic de production du pétrole et l’urgence climatique sont là.

Nuisible, car il mène droit à la destruction de zones humides fragiles et de terres agricoles - à quoi bon créer alors une Agence de la biodiversité ? Sans compter les pertes d’emplois pour les agriculteurs.

La répression massive et brutale qui se traduit depuis une dizaine de jours par la mise à la rue des familles venues expérimenter sur le site des modes de vie alternatifs suscite une nouvelle vague d’opposition. Celle-ci se structure progressivement, passé l’effarement devant une telle violence d’État, au service des intérêts particuliers de la multinationale Vinci.

Le Parti de Gauche participe aux initiatives unitaires qui comprennent des organisations politiques, et soutient la création de collectifs locaux dans tout le pays. Le PG salue également l’initiative des associations et syndicats qui donneront une conférence de presse commune jeudi 25 octobre 2012 à 15h au siège de Greenpeace France. Plus que jamais, l’heure est à l’extension de la mobilisation et à l’unité la plus large pour ramener le gouvernement à la raison.

Ile-de-France, Collectif IDF de lutte contre l’aéroport Notre-Dame des Landes, 24 octobre

Révoltés par la répression et la violence des forces de police et des expulsions sur le site de Notre-Dame des Landes près de Nantes, habitant-e-s d’Île-de-France, nous constituons ce 23 octobre un collectif de lutte en Île-de-France, contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Nous dénonçons :

- les expulsions et les destructions d’habitats

- la répression, qui est d’une violence extrême

- le gaspillage d’argent public

- le partenariat entre l’État français, les collectivités locales et le groupe privé Vinci

- l’aveuglement de Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, qui en fait un combat personnel

Nous soutenons toutes celles et tous ceux qui se battent depuis plusieurs années, contre ce projet, en particulier les habitant-e-s de la région, les paysans et les occupants de la « Zone à défendre ».

Nous nous opposons à l’implantation d’un aéroport, inutile, coûteux, aux graves conséquences sociales et environnementales, et destructeur de terres agricoles.

Nous appelons les francilien-ne-s à se mobiliser et à nous rejoindre.

Contact : collectifnddlparisidf (arobase) riseup.net

Bruxelles, Via Campesina, 23 octobre

Droit à la terre en Europe : NON aux expulsions à Notre Dame des Landes ! La terre à ceux et celles qui la travaillent !

Depuis le mardi 16 octobre, d’imposantes forces de police (plus de 500 gardes mobiles) ont envahi la zone de Notre Dame des Landes, où un projet d’aéroport international oppose depuis des années la population locale au gouvernement.

Cet aéroport, s’il voyait le jour, conduirait à l’expulsion de centaines d’habitants, à la destruction de plusieurs fermes et au bétonnage de plus de 1 600 ha de terres agricoles. De plus, dans un contexte de restrictions budgétaires, il supposerait le transfert direct de centaines de millions d’euros des caisses de l’État vers celles de Vinci, l’entreprise concessionnaire de l’aéroport. La région compte déjà avec un aéroport international à 30 km plus au Sud, de la même superficie que celui de Genève : la construction d’un nouvel aéroport ne servirait que les avantages de Vinci, au détriment de l’intérêt général.

La population européenne fait face à une crise économique et sociale sans précédent. Dans ce contexte, l’accès à la terre n’est nullement un luxe, mais bien, pour un nombre croissant de personnes, une nécessité pour répondre aux besoins vitaux que sont la nourriture et le logement. Au lieu de mettre en place des politiques de redistribution des terres, les pouvoirs publics accélèrent la privatisation de ces dernières et favorisent la prise de contrôle d’entreprises multinationales sur ces ressources vitales. Face aux résistances des populations rurales, des contingents de forces de police démesurés envahissent nos campagnes pour en chasser leurs habitants et faire place nette, au nom d’intérêts privés.

Les conflits pour la terre en Europe sont de plus en plus semblables à ceux que connaissent, depuis des décennies, l’Amérique Latine ou l’Asie : des populations sans ressources se tournent vers la terre pour y trouver de quoi survivre et sont confrontées à une répression violente ainsi qu’à une criminalisation de leurs luttes.

Nous, organisations paysannes de l’ensemble de l’Europe, exigeons : ■ l’interruption des expulsions à Notre Dame des Landes et dans les autres pays où des expulsions sont en cours (Espagne, Italie, Roumanie, etc.), ■ l’arrêt de la marchandisation de la terre fortement liée à des modes de production intensifs ou à des projets allant à l’encontre des intérêts collectifs, ■la fin de la répression et de la criminalisation des luttes pour la terre et la protection totale des droits des paysans, ■ la reconnaissance, par les pouvoirs publics, que ces luttes sont le reflet d’une crise de l’accès à la nourriture et au logement dans l’ensemble de l’Europe, ■ la mise en place d’un dialogue réel sur la redistribution des terres et la réforme agraire en Europe, ainsi que l’application des Directives de la FAO pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, ■ la reconnaissance de l’accès à la terre pour des projets d’agriculture paysanne comme une priorité totale, ■ la reconnaissance de la terre comme un « bien commun » disposant d’une valeur sociale.

Via Campesina

Strasbourg, Collectif des irradiés, 23 octobre

En solidarité avec les courageux résistants au projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes près de Nantes, sur les communes de Notre-Dame-Des-Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières, nous vous proposons de nous rassembler le vendredi 26 octobre à 17h, Place Kléber, à STRASBOURG pour montrer notre soutien et dénoncer un projet scandaleux, coûteux et destructeur !!!

Nous invitons toutes les ASSOCIATIONS qui souhaitent s’associer à se faire connaitre afin de vous ajouter comme soutien. L’UNION FAIT LA FORCE ! NOUS DEVONS DE NOUS MONTRER SOLIDAIRES AU DELÀ DE NOS DIFFÉRENCES POUR APPORTER UN SOUTIEN A CEUX QUI LUTTENT !!!

Il est inacceptable de voir une opération militaire d’une telle ampleur sur notre sol français contre des compatriotes qui défendent leur terre face à une aberration écologique et économique. L’Etat exproprie des paysans installés là depuis toujours et des néo ruraux venu les rejoints depuis plusieurs années en détruisant des lieux de vie, des maisons, des jardins, pour permettre à VINCI de s’enrichir avec un projet inutile. La ville de Nantes possède déjà un aéroport.

Et l’écologie dans toute cette affaire ?

Ce projet d’aéroport sacrifie une terre de bocage comme il n’en reste plus beaucoup en France avec pour conséquence, tout un bouleversement sur l’habitat naturel d’une multitude d’espèce sans compte l’aberration lié à la transition énergétique avec la sortie de l’ère du pétrole et des nuisances engendrées par le transport aérien ...

Notre pays possède déjà trop d’aéroports, beaucoup plus que nos voisins européens. L’actuel aéroport de Nantes est largement en capacité d’accueillir le trafic aérien actuel et futur dans un avenir où, paradoxalement, il risque de diminuer de par la transition énergétique.

par Christo Miche, éco-résistant et Bruno Dalpra, militant EELV et toutes les bonnes volontés, ...

Var et Morbihan, mardi 23 octobre

Si on réfléchit à ce qui se passe à Notre Dame des Landes depuis une semaine, il y a un fait vraiment inquiétant : le silence du « mouvement social français ».

Depuis mardi matin, plus de 500 gardes mobiles ont envahi la campagne tranquille du Nord de Nantes, ils ont chassé les gens de leur habitat, détruit des maisons et enlevées les pierres une par une pour s’assurer qu’elles ne seraient pas rebâties. Depuis six jours, environ 200 personnes dorment chaque nuit sur des barricades, respirent des gazs lacrymo, organisent le ravitaillement des copains en première ligne, tout cela dans une non-violence exemplaire (sinon, il n’y aurait pas cet assourdissant silence médiatique !). Depuis quelques jours, des gros ballots de vêtements, de bottes, de chaussettes, de piles, de pommes, de pâtes, de légumes, de café, de jus de fruits, de barres de céréales, affluent dans le hangar qui sert de QG à la résistance, témoignant que si peu de gens osent s’aventurer dans le « territoire en guerre » qu’est devenu ce beau bocage, il existe une véritable indignation dans la population.

Et enfin bon, des raisons de s’indigner il y en a tout de même : il n’a rien d’autres à faire ce gouvernement que de mobiliser des centaines de flics pendant des semaines pour chasser des gens de leur maison alors qu’il semble qu’il y ait une crise du logement dans ce pays, rien de plus urgent comme dépense que de construire un aéroport pour en remplacer un autre loin d’être saturé alors qu’on nous dit que la priorité c’est de réduire les déficits, rien de plus important que de développer le trafic aérien alors qu’il paraît qu’il y a un truc qui s’appelle le changement climatique ???

Alors pourquoi ce silence ? - Soit, ce qui est une possibilité réelle, le mouvement social est bien mal en point, tué par la « crise », asphixié par l’arrivée de la gauche au gouvernement, - Soit ce combat n’est pas celui du mouvement social, car ceux qui luttent pied à pied à Notre Dame des Landes ne sont pas très présentables, un peu trop boueux, avec en prime des têtes un peu trop jeunes et que donc certainement ils sont violents, donc peu fréquentables, - Soit encore vous ne savez pas quoi faire.

Si c’est cette dernière option qui prime, quelques idées :

La résistance à Notre Dame des Landes est incroyable. Il est incroyable que quelques centaines de personnes sans moyen financier, sans soutien logistique aucun à part celui de quelques habitants et paysans des alentours, logeant dans des abris de fortune, sans eau, sans électricité, aux vêtements détrempés, aient résisté une semaine derrière des barricades de bric et de broc face à une véritable armée. Ils sont encore là et ne vont pas lâcher, même si il leur faudra probablement se replier à un moment ou à un autre.

Il ne manque pas de courage ni de détermination à Notre Dame des Landes. Il manque de la légitimité.

Et cela, vous, vous qui savez écrire, qui avez les arguments en tête, qui êtes reconnus socialement comme des gens « sérieux », qui avez de l’audience auprès des militants de vos organisations, qui connaissez des journalistes, qui êtes en contact avec des politiques, vous qui êtes respectés, vous pouvez le donner à la lutte de Notre Dame des Landes : de la légitimité.

Ce sont des choses que vous savez faire : écrire aux pages débat des journaux, organiser des conférences de presse, passer des coups de fil à droite à gauche, signer des tribunes collectives, intervenir lors de conférences, convaincre des gens connus d’aller à Notre Dame des Landes, ne serait-ce qu’une demi-heure, pour qu’ils puissent dire leur indignation devant les médias, puisque ces médias n’ont rien à faire de l’indignation des gens ordinaires.

Vous savez faire cela et c’est vraiment le moment de le faire maintenant.

Cette lutte est exemplaire et c’est aujourd’hui à chacun-e d’entre vous de permettre au mouvement social dans son ensemble de faire preuve d’une solidarité exemplaire.

Deux jeunes paysans de la Confédération paysanne

Cap 21, 22 octobre

CAP21 dénonce la sortie de piste du gouvernement

CAP21, parti écologiste indépendant, s’insurge des méthodes et moyens disproportionnés (500 gendarmes mobiles et CRS, hélicoptères et bulldozers) employés le mardi 16 octobre pour expulser les manifestants qui occupent le site du futur aéroport Notre Dame des Landes à Nantes alors que les procédures judiciaires ne sont pas soldées.

M. Ayrault, ancien maire de Nantes, fait preuve de beaucoup de zèle avec l’Etat pour faire aboutir ce projet de nouvel aéroport dont l’utilité publique n’est pas avérée, particulièrement dans ces temps de crise et de réduction des déficits publics qui exige à reconsidérer la pertinence de certains investissements.

CAP21, par la voix d’Eric Delhaye, président délégué exige l’arrêt des expulsions et destructions et demande à l’Etat d’agir en responsabilité en renonçant à ce projet dispendieux, symbole d’un modèle de développement non durable et d’une politique d’ébriété énergétique.

Cap 21

Bretagne et Pays de Loire, 22 octobre

Notre Dame des Landes ; le gouvernement doit stopper ce projet : il a provoqué, par les expulsions, la destruction d’espèces naturelles protégées

Dans le cadre des expulsions menées manu-militari depuis le 16 octobre 2012 sur le site du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, les forces de l’ordre ont détruit de nombreuses espèces protégées. Les associations de protection de la nature dénoncent la gestion environnementale d’ores et déjà catastrophique de ce projet absurde et destructeur contre lequel elles restent mobilisées.

Expulsions, un recours à la force mal venu

Les associations de protection de la nature estiment que le recours à la force pour expulser les dizaines de personnes occupant des logements de façon irrégulière est mal venu. A quinze jours de la trêve hivernale, dans un contexte déjà difficile et où les acteurs recherchent plutôt le dialogue et la construction d’un climat de respect mutuel, c’est un bien mauvais signe qui est envoyé. Les associations de protection de la nature déplorent que l’État ait décidé d’agir de la sorte.

Des espèces naturelles protégées détruites

D’importantes destructions d’espèces naturelles protégées se sont déroulées lors des opérations d’expulsion (piétinements par les forces de l’ordre et leurs véhicules, en plus pendant le déplacement de ces espèces). Il s’agit en l’occurrence d’amphibiens et en particulier de salamandres tachetées qui sont protégées par l’arrêté du 19 novembre 2007. Cette destruction souligne l’importance du site en termes de biodiversité : il s’agit d’un véritable réservoir de biodiversité, ce que nous ne cessons de répéter depuis de longues années. Nous rappelons que les dossiers, soumis aux enquêtes publiques « loi sur l’eau » et faisant l’objet d’une demande de dérogation pour destruction d’espèces, appréhendent mal cet enjeu en prévoyant des mesures compensatoires totalement déconnectées de la réalité écologique du territoire.

Les associations dénoncent

Bretagne-Vivante, FNE Pays de la Loire, la LPO Loire-Atlantique et SOS Loire-Vivante – ERN France dénoncent ces destructions d’espèces protégées et rappellent au gouvernement la règlementation en vigueur s’agissant du respect de la biodiversité. Il n’est pas acceptable que les comportements des pouvoirs publics aient des conséquences négatives sur les milieux dont l’importance a été soulignée lors de la conférence environnementale. Les opérations policières ne sont pas exclues du champ des règles de protection de la nature.

Arrêtons tout de suite ce projet anti-environnemental

Les associations doutent de plus en plus de la capacité du porteur de projet et des pouvoirs publics à prendre en compte la protection des espèces protégées dans le cadre du projet d’aéroport, dont elles contestent l’opportunité. Elles demandent de nouveau l’arrêt de toutes les opérations en cours et la recherche d’une alternative à ce projet anti-environnemental, coûteux et inutile.

Bretagne-Vivante, FNE Pays de la Loire, LPO 44, SOS Loire-Vivante

lundi 22 octobre, Paris

Notre Dame des Landes : Attac condamne un gouvernement qui expulse et détruit !

La lutte contre la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes a pris cette semaine une tournure particulière avec l’invasion de la ZAD (Zone d’aménagement différé rebaptisée Zone à Défendre) par près de 1000 gendarmes mobiles.

Envoyés pour expulser les occupantEs militantEs à 15 jours de la trêve hivernale, ils laissent ainsi la place aux machines de chantier de Vinci pour la construction, prévue début 2013, d’un barreau routier préalable à la bétonnisation de la zone.

Cet aéroport, exemple emblématique du grand projet inutile et imposé, constitue un énorme gâchis tant humain et social que financier et environnemental : il va chasser des habitants là depuis toujours et d’autres, venus construire des alternatives soutenables, opposés à des modèles industriel et de transport qui nous mènent dans le mur.

Par ailleurs, à un moment où le gouvernement a choisi de mettre en œuvre une politique d’austérité pour atteindre en 2013 une déficit limité à 3% du PIB, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d’euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n’arrive même pas à démontrer l’utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Sur le plan écologique ce projet aura un coût considérable ; il va détruire non seulement 1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport, mais aussi des dizaines de milliers d’autres pour les énormes zones commerciales et industrielles qui ne vont pas manquer de s’implanter sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes. Ceci réduira la production maraîchère de proximité, la production agricole et la biodiversité.

Le CA d’Attac France, réuni samedi 20 octobre, apporte donc son soutien à tous ceux qui, conscients des conflits entre des intérêts privés et l’intérêt général, luttent contre la construction à NDDL de l’aéroport du Grand Ouest (AGO) et qui sont notamment victimes d’une inacceptable répression et de la violence policière.

Attac France

le 21 octobre, Le Havre

Hollande, Ayrault, Notre-Dame-Des-Landes sera votre Larzac

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, destiné à remplacer en 2017 l’actuel aéroport de Nantes Atlantique, a été validé par l’État et les collectivités locales socialistes. Celui-ci est devenu le symbole des Grands Projets Inutiles Imposés (GPII).

8 mai 2012 : un accord avait lieu entre une délégation du parti socialiste de Loire-Atlantique et des paysans alors en grève de la faim, qui s’opposaient aux expropriations et expulsions des terres de Notre-Dame-des-Landes. Un moratoire stoppait alors toute expulsion et suspendait les travaux. L’engagement était pris qu’ils pourraient rester dans leurs fermes jusqu’à la fin des derniers recours concernant les procédures engagées.

16 octobre 2012 : les occupant-e-s de la ZAD (Zone A Défendre), et des soutiens extérieurs, résistent aux expulsions et tentent de réoccuper les lieux vidés de leurs habitant-e-s. Les forces militaires en présence sont d’une ampleur sans précédent et lancent chaque jour des opérations de grande envergure afin de les en empêcher. Le silence des médias restent assourdissant.

L’abus de la violence légitimé par le gouvernement est inquiétant. Les protestataires sont inondés de gaz lacrymogène, les interpellations se font à tour de bras, comme si agir manu militari était l’unique alternative de notre société dite démocratique.

Au-delà du soutien physique, moral, politique que nous apportons à cette résistance légitime, pour la préservation d’un vaste territoire de bocage unique et de terres agricoles, se perpétue la question de la légitimité de ces trop nombreux grands projets inutiles imposés et nuisibles (LGV, autoroutes, EPR, Laser Mégajoule…).

Dominique Fresneau, président de l’Acipa, principale association d’opposants le rappelle si bien : « Nous comptons en France déjà 145 aéroports (contre 47 en Allemagne, 37 en Angleterre) » Sommes-nous à ce point obstinés à dilapider l’argent public dans la poursuite de tous ces projets pharaoniques sur la pure spéculation de besoins futurs ?

En fait, il est fort vraisemblable que l’aérien commercial tel que nous le connaissons ait disparu bien avant que cet aéroport soit terminé. L’enjeu aujourd’hui n’est plus de gaspiller toujours plus de pétrole mais bien de nourrir la planète !

Présentés comme le progrès en marche, alors même que de nombreux experts contestent leur viabilité économique et leur utilité réelle, ces projets ne reflètent que l’organisation d’une société souhaitée par une petite minorité. En prônant une pleine jouissance des ressources planétaires, par le pillage, la destruction des écosystèmes, de la terre nourricière, le capitalisme nous bouscule vers des logiques imposées de « maldéveloppement ». Non, « plus » n’est pas forcément mieux, encore moins lorsqu’il est sans rapport avec les besoins réels de la population. Les intérêts économiques en jeu derrière tous ces grands projets mégalomaniaques, posent de véritables questions : pour quoi ? et pour qui ?

Nombreux sont ceux qui sous-estiment leur dangerosité, dénonçant simplement les nombreux artifices d’une législation de plus en plus contraignante, destinée à offrir de vaines garanties écologiques et incitant au greenwashing.

Il existe plusieurs manières d’aménager nos territoires ou de penser nos organisations collectives. Par l’expérimentation concrète, de nombreux collectifs deviennent force de proposition. De véritables contre-exemples prennent vie tout en répondant à la satisfaction des besoins sociaux. Plaçons-nous du côté du bon usage, de la frugalité, de la gratuité (des transports publics, de l’eau…), osons des actes de désobéissance qui interrogent nos concitoyens, allons jusqu’au bout de la critique par l’invention de nouvelles pratiques (jardins partagés, AMAP, slow food, accueil-paysan…) à opposer à chaque nouveau GPII qui se présente près de chez nous ! Montrons combien l’argent gaspillé pourrait permettre d’élargir le champ des possibles quant « au mieux vivre », pour chacun d’entre nous.

D’autres solutions sont possibles, soyons créatifs et construisons une alternative à ces projets mégalomanes et initions une transition vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables et souhaitables.

Dès maintenant, nous appelons l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes, ainsi que les objecteurs de croissance qui le peuvent, à créer partout des collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL.

Collectif havrais d’Objecteurs de Croissance (ChOC)

Quillan, 21 octobre

Stopper le projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes

Nous, adhérents de l’association Nature & Progrès venus de toute la France en Forum national à Quillan le 21 octobre 2012, exprimons au gouvernement notre désapprobation totale de la répression policière qui s’est abattue sur les occupants des terres de Notre Dame des Landes. Nous souhaitons l’abandon du projet de construction d’un aéroport sur ces terres.

Nous réclamons une politique des transports plus écologique et au service des populations de tous les territoires.

Nous réaffirmons que la terre est un bien précieux qui risque de faire défaut pour nourrir l’humanité.

A l’heure où l’équivalent de la surface agricole d’un département français disparaît sous le béton et l’urbanisation tous les 10 ans, nous vous demandons d’arrêter ce projet inutile et coûteux.

Nous vous enjoignons à relocaliser les productions pour réduire les transports et le chômage et à cesser toutes les poursuites contre les opposants au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes.

Nature et Progrès

Jean-Luc Bennahmias, Vice-président du Modem, Patricia Gallerneau, Conseillère nationale MODEM Loire Atlantique, jeudi 18 octobre

Une infrastructure qui se trompe de siècle

Alors que depuis mardi 16 octobre des destructions, des expulsions et des arrestations sont en cours sur le site, désormais bouclé par les forces de l’ordre, du futur aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, il est bon de rappeler que cet aéroport ne se justifie toujours pas !

Dans le contexte de crises et de rigueur budgétaire que nous connaissons, alors que le gouvernement a décidé l’arrêt de plusieurs projets d’infrastructures d’envergure, le choix de construire tout de même l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes est pour le moins surprenant. Qui plus est, au delà de la période de crise dans laquelle nous vivons, ce n’est vraiment pas le moment d’engager ce genre de conflits et d’ajouter des tensions aux tensions.

Par ailleurs, l’aéroport actuel de Nantes est loin d’être saturé, on peut l’optimiser encore largement et il ne présente pas de problème de sécurité (classé A, meilleure catégorie). Sans parler des terres vouées à la disparition qui sont des terres agricoles de bocage pour environ 1800 hectares.

Gabégie financière, gabégie écologique, gabégie économique...pour un projet qui date des années 1960 et qui avait été conçu pour le Concorde !

La réalisation rapide de l’amélioration de la desserte en ligne à grande vitesse de la Loire Atlantique et de Bordeaux Toulouse devrait être LA priorité.

Aurait-on inventé qu’il y avait pendant les élections un accord de gouvernement entre deux partis politiques sur un moratoire ?

Jean-Luc Bennahmias

17 octobre

Non aux expulsions des opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes mercredi 17 octobre 2012

Les expulsions opérées hier, manu militari, à Notre Dame des Landes sont heureusement sans commune mesure avec les massacres de manifestants effectués le 17 octobre 1961 à Paris, en pleine guerre d’Algérie. Il n’en demeure pas moins qu’elles confirment, avec le déploiement de dizaines de cars et de centaines de CRS et de gardes mobiles, le choix de la méthode musclée par le pouvoir actuel.

La mise en garde lancée par ACDN après le refoulement policier, le 25 juin dernier près de l’Elysée, de ses militants en grève de la faim et l’interdiction de filmer faite à une équipe de télévision reste d’actualité :

« Outre le manque total de correction et d’ouverture dont a fait preuve l’Elysée, ACDN dénonce ces graves atteintes aux libertés publiques, à rapprocher de la répression violente dont les manifestants contre la ligne THT ont fait l’objet en Normandie ce week-end. Atteinte à la liberté d’expression à la liberté de manifestation à la liberté d’information.

ACDN appelle toutes les forces démocratiques à se mobiliser contre une dérive autoritaire du régime, qui augure fort mal du "changement" promis. »

Malheureusement, la dérive autoritaire se confirme et le changement s’éloigne.

ACDN - Action des citoyens pour le désarmement nucléaire

Paris, Parti de gauche, 16 octobre

Parti de gauche : « NDDL : Le gouvernement contre les citoyens »

Notre Dame des Landes : les gendarmes se sont retirés de la Zad Le Télégramme Reporterre 2013/04/20 Le Télégramme (20 avril 2013) Notre Dame des Landes : les gendarmes se sont retirés de la Zad. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : les gendarmes se sont retirés de la Zad

Entre 150 et 200 gendarmes se relayaient depuis octobre dernier sur le site du rpojet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils ont quitté la zone dans la nuit de vendredi à samedi. Un geste de l’Etat, qui intervient dix jours après la publication des rapports de trois commissions.

« Les gendarmes sont partis dans la nuit. On revient à un régime normal de présence de gendarmerie comme sur le reste du département », a déclaré ce samedi matin un haut responsable de la préfecture. L’information se dessinait depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux sous la forme de témoignages postés notamment sur Facebook. Elle est donc confirmée. Quelle signification ? L’Etat souhaiterait par ce geste calmer le jeu dix jours après la publication des rapports de trois commissions qui ont préconisé des études complémentaires avant le lancement des travaux.

Les hyper-riches se portent toujours bien : le nouveau plus grand yacht du monde mesure 180 m de long Mélanie Prévost (Planet.fr) Reporterre 2013/04/20 Mélanie Prévost (Planet.fr) (20 avril 2013) Les hyper-riches se portent toujours bien : le nouveau plus grand yacht du monde mesure 180 m de long. Reporterre. fr

Les hyper-riches se portent toujours bien : le nouveau plus grand yacht du monde mesure 180 m de long

Le constructeur allemande Lürssen présente Azzam, le yacht privé le plus gros du monde de 180 mètres de long.

Avec ses 180 mètres de long, Azzam dépasse l’ancien détenteur du record qui ne mesure « que » 163 mètres et appartient à Roman Abramovitch un homme d’affaire russe. Il pourrait concurrencer par la taille certains bateaux de croisière.

Le propriétaire pourrait être de la famille royale d’Abu Dhabi

Le projet du bateau est tellement complexe que son élaboration a demandé une année aux ingénieurs et trois de plus pour la construction. Ceci n’est pas étonnant quand on sait qu’en dehors de sa taille gigantesque, ce yacht possède un moteur de 94 000 chevaux, ce qui fait aussi de lui un des bateaux les plus rapides. Il pourrait aller jusqu’à 30 nœuds de vitesse. Vu sa grandeur, la taille de son réservoir devait bien entendu être proportionnelle et pourrait contenir un million de litres de carburant.

La décoration intérieure à été assurée par un français, le désigner Christophe Leoni qui souhaitait créer une atmosphère « urbaine et luxueuse ». Pour entretenir le bateau, 50 membres d’équipage sont nécessaires à son bord. La société Lürssen, spécialisée dans la construction de bateaux de luxe, ne souhaite pas dévoiler le propriétaire de ce vrai petit bijou. Néanmoins, les rumeurs tendent à dire qu’un membre de la famille royale d’Abu Dhabi pourrait l’avoir acheté. Il faut dire que l’achat de ce yacht nécessite des moyens colossaux puisque son prix est estimé à 468 millions d’euros.

En Ethiopie, un projet de barrage menace de provoquer une catastrophe humaine et environnementale Survival International Reporterre 2013/04/21 Survival International (21 avril 2013) En Ethiopie, un projet de barrage menace de provoquer une catastrophe humaine et environnementale. Reporterre. fr

En Ethiopie, un projet de barrage menace de provoquer une catastrophe humaine et environnementale

Trois nouveaux rapports annoncent une ‘catastrophe’ pour un demi-million de riverains indigènes de la vallée de l’Omo en Ethiopie.

Trois rapports indépendants établissent que le barrage controversé de Gibe III, ainsi que l’accaparement des terres pour les plantations, risquent de provoquer une ‘catastrophe’ imminente dans la vallée inférieure de l’Omo en Ethopie.

Un demi-million de riverains autochtones d’Ethiopie et du Kenya vont être affectés par ces projets dont Survival demande la suspension immédiate.

- Lake Turkana and the Lower Omo – Hydrological Impacts of Major Dam and Irrigation Projects (Le lac Turkana et l’Omo inférieur – impacts hydrologiques du barrage et des projets d’irrigation) publié par le Centre d’études africaines de l’université d’Oxford prévoit que le projet Kuraz Sugar du gouvernement éthiopien provoquera une baisse de 22 mètres du niveau des eaux du lac Turkana, le plus grand lac du monde en milieu désertique. La majeure partie de la faune aquatique, vitale pour les Turkana et autres tribus riveraines, sera détruite.

Les Bodi, les Kwegu et les Mursi sont expulsés de force pour faire place au projet Kuraz et conduits dans des camps de réinstallation où ils sont sommés de vendre leurs troupeaux et de ne conserver que quelques têtes de bétail. On a annoncé aux Bodi qu’ils ne bénéficieraient de l’aide alimentaire que lorsqu’ils auront accepté d’être déplacés.

- Humanitarian Catastrophe and Regional Armed Conflict Brewing in the Transborder Region of Ethiopia, Kenya and South Sudan (catastrophe humanitaire et conflit armé régional imminents dans la région transfrontalière d’Ethiopie, du Kenya et du Soudan), publié par le Groupe de travail sur les ressources africaines, conclut que 200 000 autochtones d’Ethiopie et 300 000 du Kenya souffriront des impacts irréversibles du barrage et des plantations.

Il indique que le barrage interrompra la crue naturelle de la rivière Omo, que son écoulement sera réduit de 60 à 70% et que les moyens de subsistance des tribus riveraines et des plaines seront anéantis. Il prédit un ‘conflit interethnique majeur’.

- The Downstream Impacts of Ethiopia’s Gibe III Dam – East Africa’s Aral Sea in the Making ? (Les impacts en aval du barrage Gibe III en Ethiopie – une mer d’Aral en Afrique orientale ?), publié par International Rivers annonce que les changements de régime hydrologique dus au barrage et l’irrigation associée pour les plantations qui utiliseront des fertilisants, conduiront à tuer toute vie dans certaines zones de l’Omo.

Le rapport établit que ‘la destruction des moyens de subsistance dans l’Omo inférieur et la coercition nécessaire pour s’approprier les terres et les remplacer par des plantations agricoles affectera gravement la vie de 200 à 300 000 riverains autochtones’. Il appelle à la cessation des financements du barrage.

L’agence britannique pour le développement international (DFID) et l’agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) sont les principaux bailleurs en Ethiopie. Toutes deux ont reçu de nombreux rapports sur les violations de droits de l’homme dans la vallée inférieure de l’Omo.

En janvier 2012, pressée par Survival International et d’autres organisations, DFID a envoyé des représentants dans l’Omo inférieur pour interroger les Mursi et les Bodi qui les informèrent sur les arrestations et les violences, la destruction délibérée des stocks de semences, l’interdiction d’accès à la rivière Omo et le déploiement de l’armée pour intimider les riverains et les forcer à quitter leurs terres. On leur signala également de nombreux cas de viols.

Il a fallu neuf mois à DFID pour rendre le rapport de sa visite qui conclut qu’une enquête plus approfondie devrait permettre de ‘confirmer’ les allégations. DFID n’a cependant rien encore entrepris.

DFID continue de financer le programme éthiopien de ‘Protection de services basiques’, sans lequel la relocalisation forcée de milliers riverains n’aurait probablement pas eu lieu.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Les fonds britanniques financent la destruction de certains des plus célèbres peuples pastoraux d’Afrique. Ce qui devrait scandaliser les contribuables, mais ils ne seront probablement pas surpris. Le gouvernement britannique est réputé pour ses vœux pieux en ce qui concerne ses obligations envers les droits fondamentaux des peuples indigènes. Quant aux engagements de DFID sur les droits de l’homme en Ethiopie, ils n’ont aucune valeur puisque cette institution ignore à la fois ses propres normes et les conventions auxquelles elle a adhéré’.

A Dijon, occupation maraîchère contre éco-bétonneurs Géo Cédille, Mickael Correia (CQFD) Reporterre 2013/04/21 Géo Cédille, Mickael Correia (CQFD) (21 avril 2013) A Dijon, occupation maraîchère contre éco-bétonneurs. Reporterre. fr

A Dijon, occupation maraîchère contre éco-bétonneurs

À Dijon, depuis bientôt trois ans, de joyeux zigues binent la terre sur une friche maraîchère et luttent pour défendre cet espace voué à la rénovation urbaine

Ce sont près de 28 hectares de friches, dont six de terres cultivables, qui doivent être réhabilités en un éco-quartier baptisé « Le Jardin des maraîchers », en référence au passé agricole du coin. Ce projet urbanistique, prévu pour 2015, a été conçu par Nicolas Michelin, architecte qui se targue de s’inspirer du « génie du lieu », qu’il définit comme « l’impression, l’air, l’atmosphère… [car] nous devons nous imprégner de ce qui existe, de l’histoire, des hommes, avant de construire [1] ».

« Le génie du lieu, c’est plutôt nous qui le portons, en refaisant vivre cet ancien quartier maraîcher ! », s’exclame une jardinière du coin. Ce « nous » rassemble voisins des HLM alentours, squatteurs ou jardiniers de tous horizons qui se sont réappropriés ce lieu baptisé Les Lentillères.

Tout commence en mars 2010, quand 200 urbains et paysans occupent une parcelle en déshérence et lancent un potager collectif, le Pot’Col’Le. « Petit à petit, on a repris la friche ! s’enthousiasme Gérard, paysan squatteur du cru. Aujourd’hui, quatre maisons sont squattées ainsi qu’une boucherie qui sert de refuge à des demandeurs d’asile. Il y a le Pot’Col’Le et une quinzaine de petits jardins, un rucher et une ferme maraichère. Sans compter la salle polyvalente où se déroulent réunions et autres fêtes ! ».

Dans cette friche en attente de rénovation, l’urbanisme ne se décline pas en concepts, il se vit au quotidien. « On pense l’espace ensemble et on concrétise nos envies lors de chantiers collectifs ». Ici, il n’est point question d’attractivité, de compétitivité ou encore de fonctionnalité de l’espace urbain. La vie est avant tout rythmée par la densité du social entre squatteurs, jardiniers et habitants du quartier.

« À la base, on lutte pour que ces terres très fertiles ne soient pas bétonnées et pour défendre ce qu’on y construit. Mais ce qu’on porte sur la friche, c’est quelque chose qui va au-delà de ces revendications. Sous leur discours de façade à hautes teneurs participatives et écologiques, les décideurs défendent une vision capitaliste de la ville, où chaque mètre carré doit permettre de tirer le maximum de profit. Pour nous, la ville doit être le fait des habitants et non pas celui des technocrates ! », renchérit Gérard.

« Comme le collectif qui a ouvert le Pot’Col’Le était assez éclectique, au départ on a joué la carte du dialogue ». Il apparaît rapidement que l’émulation autour de la friche n’est pas du goût de la municipalité. « En fait de dialogue avec la mairie, on s’est surtout retrouvé face à des bulldozers. »

Une première fois pour détruire une maison tout juste expulsée en 2010, puis une seconde fois en mars dernier : « On avait annoncé l’expansion des potagers. La mairie a alors envoyé un bulldozer faire des trous énormes sur une parcelle voisine non cultivée, histoire d’empêcher toute réappropriation. Le dialogue, ça fait longtemps qu’il n’est plus à l’ordre du jour. » Grave erreur politique. « L’anniversaire du Pot’Col’Le en mars a initié l’ouverture de nombreux jardins. Je crois que leur histoire de trous a joué plus en notre faveur qu’en la leur ! »

En effet, courant avril, une bande de jardiniers sans terre se met en tête de reboucher les trous et ouvre une ferme maraîchère en reprenant ironiquement le nom du projet municipal [2].

« On propose nos légumes à prix libre sur place tous les jeudis où viennent voisins, précaires et autres galériens du foyer social d’à côté, explique Gérard. Ce sont avant tout des rencontres, une manière pour nous de faire connaître ce qui se vit ici. Ça a été pensé comme une stratégie pour s’ouvrir vers l’extérieur, chercher du soutien au-delà de nos réseaux. »

La lutte s’organise maintenant en assemblées et début octobre, la fête de la friche a réuni plus de 400 personnes autour de concerts, ateliers, jeux et pizzas. Pied de nez aux éco-bétonneurs, les festivités se clôturaient par une tombola où le gros lot à gagner n’était rien de moins qu’une « parcelle de potager sur le quartier des Lentillères à défricher soi-même ! ».

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Notes

[1] Le Journal du Palais, septembre 2011.

2] http://jardindesmaraichers.potager.org

Agroforesterie Auch 22 avril Par Julien villalard Reporterre 2013/04/21 Par Julien villalard (21 avril 2013) Agroforesterie Auch 22 avril. Reporterre. fr

Agroforesterie Auch 22 avril

INTRODUCTION

par Alain Canet - Directeur d’Arbre & Paysage 32 / Président de l’AFAF

L’arbre et ses produits, quels bénéfices pour une alimentation goûteuse, saine et respectueuse des ressources naturelles... Des pollinisateurs à la matière première, les bénéfices de l’arbre et de ses produits sont innombrables pour une alimentation goûteuse, saine et respectueuse des ressources naturelles. Huile d’argan, thé, café, agneau, poulet, blé, miel, huile d’olive, pommes, noix, prunes, salades…. ou encore patanegra… sont autant d’aliments produits grâce à des pratiques agroforestières.

UNE AUTRE LASAGNE EST POSSIBLE

par Arnaud Daguin, cuisinier

Soucieux de la provenance de chaque ingrédient et fervent défenseur des produits de saison, du bio et du local, Arnaud Daguin prône également une alimentation “raisonnable“ et donne une place prépondérante aux végétaux dans sa cuisine. Il préconise une revalorisation du végétal qui présente une foule d’avantages dont certains insoupçonnés : - C’est bon pour la santé : 80 % de végétal dans notre alimentation est une proportion idéale. - C’est bon pour la terre que l’on épuise aujourd’hui à faire pousser de l’aliment pour bétail. - C’est bon pour l’eau qui devient un enjeu majeur (pour mémoire, il faut 1 200 litres d’eau pour produire 1 kilogramme de viande bovine.). - C’est bon pour l’emploi, les pistes ouvertes par les expériences de permaculture montrent que l’on peut produire sur 1 000 m² autant que sur un hectare en bio en employant plus de monde (cf. la ferme du Bec-Hellouin, les jardins de Mouscron, etc.). - C’est bon pour économiser l’énergie, la carotte n’a pas besoin d’être stockée à 4 °C ni de rouler à 110 km/h. - C’est bon pour la biodiversité, l’emploi accru des végétaux entraîne forcément les échanges de semences et les besoins en variétés différentes. - C’est bon pour la culture en général, tant il est triste de voir comme la prédominance de la bête dans la cuisine écrase les savoir-faire légumiers. - C’est bon pour la sécurité alimentaire, il y a beaucoup moins de germes pathogènes potentiels dans le végétal que dans l’animal. Cela permettrait peut-être aux pensionnaires des maisons de retraite de consommer leur production potagère et culinaire au lieu de les jeter pour raisons prophylactiques. - C’est bon pour les filières carnées elles-mêmes, car en retrouvant une rareté relative, elles reprendraient une valeur qu’elles ont aujourd’hui largement perdue. - C’est BON tout court !

…….. Aux légumes, citoyens !

TÉMOIGNAGES

Sabine Bonnot est agricultrice bio, Présidente du Gabb 32 qui oeuvre pour le développement et la promotion d’une agriculture biologique conforme aux besoins actuels de la société. Elle nous parlera de l’enjeu que représente l’alimentation en terme d’environnement mais également de santé publique. Elle nous expliquera comment la densité nutritionnelle de aliments a chuté avec l’industrialisation de l’agriculture et la dégradation des sols cultivés…

Jean-François Robinet est traiteur et cuisinier-remplaçant pour les cantines des collèges du Gers, il revendique une cuisine travaillée uniquement à partir de produits frais, principalement locaux et bios. Grâce à son activité de remplacement de chef-cuisinier, il participe activement au développement de la consommation de produits bio locaux dans les cantines des collèges pour une cuisine saine et savoureuse...

Etalement urbain : l’Observatoire sur la consommation des terres agricoles enfin installé Michel Tendil (Localtis.info) Reporterre 2013/04/22 Michel Tendil (Localtis.info) (22 avril 2013) Etalement urbain : l’Observatoire sur la consommation des terres agricoles enfin installé. Reporterre. fr

Etalement urbain : l’Observatoire sur la consommation des terres agricoles enfin installé

La France artificialise 79 000 hectares de terre par an, soit l’équivalent en quatre ans de la surface agricole d’un département. Pour commencer à enrayer ce gâchis, un Observatoire est mis en place.

Créé par la loi de modernisation de l’agriculture de 2010, l’Observatoire national de la consommation des espaces agricoles (Oncea) a enfin vu le jour, mercredi 17 avril. Il est présidé par la députée socialiste de l’Hérault Fanny Dombre-Coste, membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée.

L’observatoire est chargé d’élaborer des outils pertinents pour mesurer le changement de destination des espaces agricoles et homologuer des indicateurs d’évolution. Conformément à la « feuille de route pour la transition écologique » de septembre dernier, l’observatoire voit ses missions élargies aux espaces naturels et forestiers.

La loi de 2010 se donnait pour objectif de lutter contre la consommation des terres agricoles, alors que la dernière enquête Teruti-Lucas du ministère de l’Agriculture montre qu’entre 2006 et 2010, 78.700 hectares ont été urbanisés tous les ans, soit l’équivalent, en quatre ans, de la surface agricole d’un département.

« La lutte contre la consommation des espaces agricoles est un enjeu fondamental pour l’agriculture », a souligné le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, à l’occasion de l’installation de cet observatoire. Le ministre a également demandé une « évaluation la plus claire possible de la consommation des terres agricoles » pour le début de l’automne, en prévision de la future loi d’avenir pour l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt qui comprendra, à son tour, un volet sur la « protection des terres agricoles et l’installation des jeunes agriculteurs ».

Sécurité foncière

Ce texte prévoit cinq autres volets : l’alimentation, la performance économique et environnementale des filières agricoles et agroalimentaires, l’enseignement agricole et la recherche, la forêt, et les agricultures ultramarines. Il est entré en phase de concertation, lundi 15 avril, avec une réunion du Conseil supérieur d’orientation (CSO). Il se verra également alimenté par les résultats des Assises de l’installation lancées cet automne jusqu’à la fin du mois de mai.

Dans la foulée de cette consultation, le texte sera présenté en Conseil des ministres au mois de septembre puis au Parlement en novembre, afin de pouvoir entrer en vigueur avec la nouvelle programmation de la Politique agricole commune 2014-2020.

Selon les éléments de cadrage du projet de loi, « la première des conditions de durabilité des exploitations agricoles est la sécurité foncière par la maîtrise de la consommation des terres agricoles ainsi que par un statut juridique favorisant la pérennité foncière des exploitations ».

La FNSafer (Fédération nationale des Safer) rappelle que « l’Europe est en manque d’espace agricole ». « Elle importe l’équivalent de la surface agricole française », rappelle son président Emmanuel Hyest. Or la France n’est pas avare de nouveaux mécanismes mis en place au fil des années : zones agricoles protégées en 1999, Paen (périmètre de protection et de mise en valeur des espace agricoles et naturels périurbains) en 2005, taxes sur les plus-values des terres rendues constructibles en 2010…

Un arsenal qui n’a toujours pas permis d’inverser la tendance. La FNsafer pointe trois causes à l’artificialisation des sols : l’étalement des centres urbains et l’augmentation du réseau routier, l’augmentation du nombre d’habitants, le développement des zones commerciales, artisanales, industrielles, de logistique…

Pour Emmanuel Hyest, « la création de l’observatoire est importante, elle permettra de disposer de chiffres indiscutables ». « On regrette cependant que la FNsafer n’en fasse pas partie car on l’est un des principaux observateurs du territoire », fait-il remarquer.

« Le gaspillage des terres agricoles est un phénomène complètement anormal, poursuit le président de la fédération. Il faut modifier l’échelon auquel on définit l’urbanisme. Il faut passer de la commune au niveau intercommunal au minimum, voire à l’échelle du pays. En Allemagne, par exemple, les communes sont beaucoup plus grandes et disposent de ce fait de services d’urbanisme qui ont une véritable réflexion. »

Gaz de schiste : la loi interdisant la fracturation hydraulique est menacée Collectif 22 Septembre Sud Reporterre 2013/04/22 Collectif 22 Septembre Sud (22 avril 2013) Gaz de schiste : la loi interdisant la fracturation hydraulique est menacée. Reporterre. fr

Gaz de schiste : la loi interdisant la fracturation hydraulique est menacée

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise refuse de suivre les conclusions en défense du ministère de l’’Ecologie et transmet au Conseil d’Etat une Question Prioritaire de Constitutionnalité : la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique est menacée !

Cette QPC vise les articles 1 et 3 de la loi ci-dessus. Elle est introduite par la société texane Schuepbach Energy LLC, à l’appui de ses recours contre la décision gouvernementale d’octobre 2011 d’abrogation de ses deux permis de recherche d’hydrocarbures de Nant et de Villeneuve-de-Berg pour non-conformité avec la loi interdisant la fracturation hydraulique.

L’ordonnance du 21 mars 2013 prise par le TA95 renvoie la QPC au Conseil d’Etat et sursoit au jugement des recours de Schuepbach contre l’abrogation de ses permis tant que la QPC n’est pas tranchée, par le Conseil d’Etat ou, in fine, le Conseil Constitutionnel.

Si les juges font droit à cette QPC et déclarent inconstitutionnels les articles 1 et 3 de la loi du 13 juillet 2011, les 3 permis abrogés en octobre 2011 mais aussi les 7 demandes annoncées rejetées le 13 septembre 2012 retrouveraient leur validité !

Faute d’interdiction, tous les projets d’Exploration et Exploitation avec fracturation hydraulique pourraient se concrétiser.

Les collectifs anti « gaz de schiste » rappellent que cette action s’inscrit dans un effort concerté du lobby pétro-gazier pour imposer en France l’E&E des hydrocarbures nonconventionnels, malgré la loi de 2011 qui est la traduction d’une très forte opposition populaire.

- Les sociétés pétrolières ont engagé depuis 2012 une intense campagne de pression où se succédent colloques, articles de presse, interventions télé et radio, le tout confortant des interventions de politiques auprès d’élus locaux et de parlementaires. Il s’agit de persuader l’opinion que les hydrocarbures non-conventionnels serviraient l’emploi, la croissance et notre indépendance énergétique.

Or, chaque jour qui passe montre bien qu’il n’en est rien. L’unique motivation de ces compagnies est bel et bien le profit à court, voire, très court terme.

- Fin janvier 2013, la société nord-américaine Hess [1] forte d’une décision judiciaire, a commencé des forages dans la Marne (51) en vertu de permis d’exploration pourtant clairement identifiés lors du dépôt de leurs demandes (avant la loi de juillet 2011), comme visant du « pétrole de schiste ».

- Fin février 2013, a été reprise l’instruction de demandes de permis par l’émission de 15 avis de mise en concurrence [2] qui impactent potentiellement 22 départements sur plus de 16 000 km2.

- Samedi 23 mars s’achevait la consultation publique de la Commission européenne sur « Les combustibles fossiles non conventionnels en Europe ». Sa forme, révélatrice, a provoqué maintes réactions [3] en posant comme a priori l’acceptation de l’exploitation des gaz et huiles non conventionnels, et, par conséquent de la fracturation hydraulique, seule méthode d’extraction actuellement existante.

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Notes

[1] http://22septembresud.org/tag/permis-de-mairy/

[2] http://www.stop-gaz.fr (rubrique Permis)

http://eur-lex.europa.eu/JOHtml.do?uri=OJ:C:2013:047:SOM:FR:HTML http://eur-lex.europa.eu/JOHtml.do?uri=OJ:C:2013:049:SOM:FR:HTML http://eur-lex.europa.eu/JOHtml.do?uri=OJ:C:2013:051:SOM:FR:HTML http://eur-lex.europa.eu/JOHtml.do?uri=OJ:C:2013:054:SOM:FR:HTML

[3] http://www.france.attac.org/articles/contribution-la-consultation-de-la-commission-europeenne-les-combustibles-fossiles-non

En Inde, une victoire du peuple Dongria contre la mine de Vedanta Survival International Reporterre 2013/04/23 Survival International (23 avril 2013) En Inde, une victoire du peuple Dongria contre la mine de Vedanta. Reporterre. fr

En Inde, une victoire du peuple Dongria contre la mine de Vedanta

La Cour suprême indienne a rendu un jugement favorable au peuple Dongria Kondh qui s’oppose en dans l’est de l’Inde à un projet d’exploitation minière de la compagnie Vedanta.

Dans un verdict sans précédent, la Cour suprême indienne a rejeté l’appel de Vedanta concernant son projet d’exploitation minière sur la montagne sacrée des Dongria Kondh, dans l’Etat Orissa. En vertu du jugement complexe rendu par la Cour, il appartient à ceux qui sont les plus affectés par ce projet minier de décider de son avenir.

La Cour a reconnu que le droit des Dongria Kondh à vénérer leur montagne sacrée doit être ‘protégé et préservé’ et que ceux qui jouissent de droits religieux et culturels doivent être entendus dans le processus de décision. La tribu dispose de trois mois pour décider d’autoriser ou non l’exploitation de ses collines sacrées, mais des pressions sur la communauté sont à craindre au cours de cette période cruciale.

La lutte déterminée des Dongria contre la compagnie britannique cotée à la bourse de Londres a été comparée à celle des héros du film Avatar et a gagné le soutien de plusieurs personnalités de renom. L’actrice britannique Joanna Lumley a déclaré aujourd’hui : ‘Je suis heureuse de constater que le droit et la justice ont fini par l’emporter. Devant la nature des charges contre ce projet minier, il aurait été impensable que la Cour l’autorise’.

Ce verdict porte un coup dur au président de Vedanta, le milliardaire Anil Agarwal, ainsi qu’à la compagnie étatique Orissa Mining Corporation qui avait fait appel et soutenu le projet minier depuis le début.

La licence environnementale définitive avait été bloquée par le ministre indien de l’Environnement en 2010. Vedanta avait cependant maintenu en état opérationnel sa raffinerie établie au pied des collines. Celle-ci a finalement été fermée en décembre 2012 faute de bauxite pour l’alimenter.

Les voix de l’opposition à la mine ont retenti dans tout l’Etat d’Orissa. En décembre 2012, des milliers de manifestants ont rejoint le ‘rallye du défi’ pour protester contre la mine et en février dernier, lors de leur festival annuel, des centaines de Dongria ont renouvelé leur détermination à ne jamais quitter les collines Niyamgiri. Le projet minier avait également été contesté par les gouvernements norvégien et britannique, ainsi que par l’Eglise d’Angleterre, ce qui avait provoqué le retrait de plusieurs investisseurs.

Au moment où le gouvernement central tente d’affaiblir les droits tribaux, ce jugement est perçu comme un soutien aux droits des Dongria Kondh et de tous les peuples tribaux d’Inde.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Ce verdict apporte un profond soulagement et montre que des compagnies telles que Vedanta ne sont pas toutes puissantes : une campagne bien ciblée menée au niveau local et mondial peut réellement aboutir à une issue favorable. Les compagnies et les gouvernants devraient en prendre de la graine. Vedanta a vertement appris que l’époque où il était possible de spolier les territoires indigènes en toute impunité est révolue.

Les Dongria ont lutté avec beaucoup de constance et de passion contre la mine de Vedanta. Espérons qu’ils auront le dernier mot. Il est essentiel qu’ils soient protégés de tout harcèlement et intimidation dans cette période cruciale et qu’une fois leur décision prise, elle soit respectée par Vedanta et le gouvernement’.

L’Europe s’apprête à ouvrir la porte aux animaux et insectes génétiquement modifiés Les Amis de la Terre Reporterre 2013/04/23 Les Amis de la Terre (23 avril 2013) L’Europe s’apprête à ouvrir la porte aux animaux et insectes génétiquement modifiés. Reporterre. fr

L’Europe s’apprête à ouvrir la porte aux animaux et insectes génétiquement modifiés

L’Autorité européenne de sécurité alimentaire a rendu un avis ouvrant la voie à la commercialisation d’insectes et d’animaux génétiquement modifiés. Alors que des experts de l’Autorité sont liés aux compagnies productrices...

Les Amis de la Terre ont été informés des dernières décisions de l’AESA par un communiqué de Gene Watch Royaume-Uni [1]. Lors de sa dernière réunion à Parme en Italie, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a adopté les Orientations pour l’évaluation des risques environnementaux liés aux animaux génétiquement modifiés (GM). Sont concernés - pour l’instant - les poissons, les insectes, les oiseaux et les mammifères de fermes ou domestiques.

Pour Mme Wallace, directrice de Gene Watch Royaume-Uni : « En adoptant ces règles, l’AESA (EFSA en anglais) ouvre la voie à la production commerciale de poissons et d’insectes GM, d’animaux de fermes GM comme les cochons et les vaches, que nous retrouverons dans nos champs, nos rivières, nos mers et dans les airs ».

Alors que la bataille fait rage aux Etats-Unis autour du saumon GM de la compagnie AquaBounty, l’AESA déblaie déjà le terrain pour son introduction en Europe ! Une fois de plus, la Commission européenne se sert de l’AESA pour éviter d’avoir à légiférer et mettre en place un cadre légal strict. Elle préfère demander à l’AESA de soumettre des… Recommandations.

Experts au service des compagnies

Pourtant, et ce n’est pas nouveau, de graves doutes sur les conflits d’intérêts au sein de l’AESA sont soulevés. Gene Watch a déposé une plainte contre l’AESA - actuellement examinée par l’Ombudsman européen - qui porte sur les conflits d’intérêts du Groupe de travail sur les insectes GM.

Ce Groupe comprend un chercheur de l’Université d’Oxford, qui est financé par le Conseil de Recherches Scientifiques sur la Biologie et les Biotechnologies du Royaume-Uni dans le but de travailler avec la compagnie Oxitec sur la mise au point d’insectes GM. L’Université d’Oxford est un des investisseurs d’Oxitec et pourrait donc profiter de la dissémination commerciale des insectes GM, si celle-ci était autorisée.

Quatre autres membres du Groupe de travail ont ou ont eu des liens avec Oxitec et ont travaillé sur des projets communs ou co-signé des articles. Deux autres membres de ce groupe travaillent pour le programme de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur l’utilisation d’insectes GM.

La firme britannique Oxitec a déjà fait parler d’elle avec ses essais de moustiques transgéniques dans les Iles Caïman et en Malaisie et dernièrement avec des lâchers à grande échelle au Brésil, avec le soutien des autorités de ce pays [2]. Cette même firme travaille sur des papillons et mouches génétiquement modifiés [3]. Avec ce nouveau règlement européen, ce sont des milliards de chenilles et d’œufs de papillons et insectes génétiquement modifiés qui pourraient se retrouver dans les fruits et légumes.

Oxitec cherche actuellement des partenaires pour commercialiser des mouches de l’olive, des mouches des fruits (aussi appelées mouche du vinaigre), des thrips de la tomate, des mouches blanches du chou, tous ces insectes ayant été modifiés génétiquement.

Cochons transgéniques

D’autre part, cette semaine le Roslin Institute d’Edimbourg annonçait la mise au point de cochons GM censés être résistants à des maladies. L’institut Roslin travaille aussi sur des poulets GM [4].

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre : « L’agriculture intensive est dans une impasse que les compagnies de biotechnologies essayent de prolonger, mais à quel prix ? Combien de milliers d’insectes GM vont se retrouver dans la nature et se multiplier ? Quelles seront les conséquences pour l’ensemble des écosystèmes touchés ? Personne ne le sait. Mais les enjeux financiers et industriels sont importants. Au lieu d’agir dans l’intérêt général, la Commission européenne favorise ces intérêts à très court terme. »

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Notes

[1] GeneWatch UK PR : GeneWatch UK slams adoption of GM animals guidance by EU advisory committee

[2] Moustiques transgéniques contre la Dengue

[3] Des milliards d’insectes modifiés génétiquement vont être disséminés dans les fruits et légumes

[4] GM Pigs Will Not Feed the World

Un scénario énergétique alternatif en Pays de Loire Virage Énergie-Climat Pays de la Loire Reporterre 2013/04/23 Virage Énergie-Climat Pays de la Loire (23 avril 2013) Un scénario énergétique alternatif en Pays de Loire. Reporterre. fr

Un scénario énergétique alternatif en Pays de Loire

L’association VEC-PdL a été créée en octobre 2009, avec à l’origine le soutien d’associations de la région (Alisée, Attac44, Sortir du nucléaire 49 et Sortir du nucléaire 44). Notre démarche rejoint celles d’autres associations, négaWatt, Virage Énergie Climat Nord-Pas-de-Calais et Solagro, toutes engagées sur les thèmes de l’énergie et du climat. Nous entretenons des connexions privilégiées avec le Réseau Action Climat France (RAC-F) qui participe à la coordination européenne des scénarii « bas carbone » (projet européen « ENCI-Lowcarb » auquel nous sommes associés).

L’association Virage Énergie-Climat Pays de la Loire compte une cinquantaine de membres. Elle regroupe des citoyen(ne)s préoccupé(e)s par l’avenir énergétique et climatique de la région des Pays de la Loire, ayant ou non des compétences dans les thématiques énergie, climat et agriculture. Le travail bénévole, fourni par l’association, s’appuie sur des compétences personnelles et professionnelles, pour partie acquises au sein de l’association.

La scénarisation, à proprement parler, a débuté début 2010 et un premier « rapport d’étape » du scénario a été présenté à l’automne de cette même année. A l’automne 2012 nous avons publié un cénario provisoire comprenant essentiellement le volet énergétique. La version finale du scénario intègre la totalité des émissions de GES, notamment celles issues de l’agriculture et des déchets.

Le scénario VEC, un scénario de "non-regret"

Notre scénario met en avant la réflexion sur les usages de l’énergie et non pas sur la production d’énergie. Il valorise les économies d’énergie à travers la sobriété et l’efficacité et propose le développement important des énergies renouvelables. Suivant les recommandations du Groupement Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), nous prévoyons, pour assurer notre futur climatique, de réduire de 40% nos émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2020 et de 80% en 2050.

Nous affirmons de plus que, pour assurer un avenir vivable à nos enfants, cette transition vers une région décarbonée, sobre et autonome en énergie ne peut se faire que dans un souci de justice sociale.

Une fois le scénario établi, nous le diffuserons largement, afin de démontrer que la transition vers une région décarbonée et autonome énergétiquement est non seulement possible, mais surtout souhaitable. Possible en combinant les principes du scénario de descente énergétique négaWatt (sobriété, efficacité, énergies renouvelables) et du scénario pour une agriculture agro-écologique Ecoterre (maintien de l’emploi agricole, autonomie alimentaire, biodiversité, restauration et protection de la fertilité naturelle des sols).

Souhaitable, car notre scénario est un scénario de non-regret, qui tend à démontrer que si la relocalisation des activités est la seule issue possible, elle façonnera une société plus durable et heureuse que celle dans laquelle nous vivons.

Nous nous adressons à la fois aux hommes politiques, pour les convaincre d’engager notre région dans la nécessaire transition vers la sobriété énergétique et la neutralité climatique, et aux citoyens, afin de discuter et valider avec eux les options et implications de notre scénario.

Au-delà des chiffres, diffuser la culture énergie/climat et participer au débat public

Avec l’élaboration de ce scénario, l’association VEC-PdL vise à développer une « compétence citoyenne » sur les questions énergie-climat et prend en compte les initiatives alternatives et locales qui se développent (Villes en transition, réseau des AMAP ...).

Le scénario est un support pour diffuser une culture "énergie-climat" afin de permettre au plus grand nombre de participer aux débats publics sur ces questions. Il a ainsi vocation à être diffusé largement auprès de la société civile et des élus locaux et est une contribution concrète et pragmatique de la société civile au débat régional en cours sur la transition énergétique.

Et si l’on parlait des valeurs de l’écologie ? Irène Juilliard Reporterre 2013/04/23 Irène Juilliard (23 avril 2013) Et si l’on parlait des valeurs de l’écologie ?. Reporterre. Tribune — Écologie et spiritualité fr

Et si l’on parlait des valeurs de l’écologie ?

Plongé dans le flux des luttes écologiques, on finit par oublier les valeurs qui fondent ce combat. Il est utile de les reformuler, comme il est ici proposé.

J’ai écrit ce texte pour apporter ma contribution à ceux qui réfléchissent à la meilleure stratégie de sortie de crise. C’est une réflexion sur les mouvements citoyens pour l’écologie et le climat.

La plupart du temps, la partie visible des mouvements militants est plutôt belliqueuse, même si non violente : lutter contre des ennemis, des projets, bloquer, boycotter, dénoncer la démesure, montrer la nocivité, communiquer la catastrophe, culpabiliser... Pourtant, saurait-on engager le plus grand nombre dans une bataille désespérée ? Ne faut-il pas rêver d’un autre monde, côtoyer l’utopie pour se donner de l’énergie dans ces temps de crises et de repli individualiste ?

S’interroger sur nos valeurs nous permettra peut-être de trouver un sens commun et une stratégie commune à des mouvements qui paraissent dispersés et donner envie à plus de citoyens de nous rejoindre pour un objectif « d’utopie concrète ».

La Justice

Le mouvement altermondialiste Climate Justice Now !, qui a été le principal organisateur de la mobilisation autour du sommet de Copenhague en 2009, a mis au premier rang la valeur de justice. CJN ! est traduit en France par Urgence climatique justice sociale. La justice semble effectivement prépondérante pour résoudre le dérèglement climatique parce, qu’il se pose dans des termes de responsabilité et d’impact différenciés : les pays du sud réclament justice au nord, alors qu’ils subissent fortement les premiers désordres climatiques, de même les populations les plus fragiles dans tous les pays sont les plus vulnérables.

La justice prendrait ainsi au XXIe siècle la place de la valeur d’égalité qui alimentait l’utopie communiste. On a ici bel et bien tourné la page du socialisme, même si certains essaient de le recycler en « écosocialisme ».

Cette valeur de justice prend tout son sens à l’échelle internationale, en appelant à la création d’un tribunal international des droits de la Terre. La justice doit être rendue entre les hommes, mais également devant la Nature.

A l’échelle globale et locale, on retrouve la valeur de justice dans la reconnaissance des biens communs : une manière alternative de gérer les ressources naturelles au niveau local, repoussant la marchandisation de la nature et pour une justice vis-à-vis des populations locales face aux multinationales.

La Féminité

A Cochabamba lors du sommet des peuples en 2010, les mouvements d’Amérique latine ont souhaité rappeler le sens de leur relation à la terre : la Pacha Mama, la Terre mère. Cette relation ancestrale à la terre nourricière porte un profond respect de la Nature, mais également une cosmogonie où l’homme est lié intimement à son environnement. De mon point de vue d’urbaine occidentale, je propose de porter cette vision du monde par les valeurs de Féminité et de Nature.

Nos civilisations occidentales sont dominées par le masculin, qui a pour moteur l’énergie du « faire ». On a oublié celle beaucoup plus féminine de « l’être » : l’aspiration au bien vivre, le « buen vivir » d’Amérique latine, à la transmission intergénérationnelle, à la terre matrice qui nourrit et qui soigne.

Il ne s’agit pas de s’affilier à un féminisme qui demande l’égalité avec les hommes et laisse les femmes adopter des valeurs masculines pour se faire entendre, mais de porter en positif la féminité pour le bien être des femmes et de tous : lorsque la femme va bien, sa famille va bien. Par extension, la société ira mieux par les femmes. On peut prendre l’exemple du Green Belt mouvement, fondé par Wangari Maathai, qui offre aux femmes des arbres pour que celles-ci aient de quoi nourrir leur famille tout en reconstituant un couvert forestier. Quelques figures internationales portent aujourd’hui cette féminité : Vandana Shiva, Wanjira Mathai,…

Les mouvements décroissants développent en France cette aspiration à la joie de vivre et la lenteur, que je range également (arbitrairement) avec la valeur de féminité, et qui peuvent aussi être couplés avec la sobriété (ci-dessous).

La Paix

Les stratégies de lutte écologiques et climatique sont la plupart du temps affiliés aux luttes non violentes. Elles emploient plusieurs méthodes qui refusent de générer une lutte armée ou engendrer la guerre, alors qu’en face l’ennemi est violent :

⁃ celles basées sur la communication (chaines humaines, veilles, marches, manifestations, actions symboliques,...)

⁃ celles qui relèvent de l’intervention non-violente (blocages, occupation, désobéissance civile...)

⁃ les actions de non-coopération (grèves, boycott,...)

⁃ les actions de réalisation du changement positif (AMAP, jardins partagés, gratuité des transports en commun, vie en communautés autogérées et sobre..).

Certains mouvements se réclament avant tout de cette non-violence et viennent épauler les mouvements écologistes.

La paix peut être la valeur, plus complète que la non violence, des batailles écologiques et climatiques. Cette valeur est d’actualité parce que les guerres dans le monde sont des guerres pour l’accès aux ressources et elles vont se multiplier avec la raréfaction de l’eau, le pétrole, les terres fertiles,... et les déplacements de populations (les réfugiés climatiques).

De plus, elle engage aussi la coopération, qui est une valeur forte de certains mouvements citoyens.

La Sobriété et L’Humilité

La doctrine dominante montre l’Homme comme un conquérant de nouveaux espaces et de nouvelles technologies et définit le progrès comme donnant le sens de l’histoire. Or, nous sommes la première génération qui vit moins bien que ses parents et craint le pire pour ses enfants.

L’oligarchie actuelle, qui est une gérontocratie masculine, refuse en bloc toute idée de sobriété et de décroissance. Un changement de paradigme sociétal est-il possible ?

La figure qui incarne ce changement en portant les valeurs de sobriété et d’humilité est Pierre Rabhi. On a la chance d’avoir une figure charismatique et internationale qui montre l’effet de l’application de ces valeurs dans le champ de l’agroécologie. L’agroécologie est un contre-modèle d’une agriculture industrielle qui se développe en consommant énormément d’intrants. C’est ainsi un modèle de sobriété dans l’agriculture, comme l’est le mode de vie de Pierre Rabhi et de ses proches.

Le Mouvement Colibris tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !" Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part." »

La Beauté de la Nature

La beauté vient souligner ici une approche éthique de l’environnement qui se pose d’emblée comme antagoniste de la conception utilitariste ou instrumentale de la nature, que celle-ci se traduise par l’indifférence vis-à-vis des problèmes écologiques ou par leur prise en compte dans la seule perspective d’une gestion du milieu naturel conforme à l’intérêt des sociétés.

Cette valeur vient nuancer également la notion de Bien communs qui viserait à définir les « ressources naturelles » n’ayant pour l’homme qu’une valeur appropriable. Or, une chose est bonne, lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté des écosystèmes et des être vivants. Elle est mauvaise lorsqu’il en va autrement. On reconnecte ainsi les valeurs de ce qui est bien et ce qui est beau et vrai.

En évitant de porter uniquement la valeur de Nature ou celle de l’écologie, on évite d’autres écueils : celui de la deep ecology - la Nature est bonne sans les hommes - et celui du scientisme - une croyance aveugle dans les sciences qui, parce qu’elles apportent la connaissance sur l’écologie, résoudraient nos crises dont la climatique (les puits de carbone, les OGM, le bombardement chimique des nuages…).

La permaculture porte cette valeur de beauté de la nature : elle a une approche intégrée de l’agriculture avec la nature où l’approche esthétique compte beaucoup. Certains adoptent la permaculture comme un mode de vie complet et quasiment comme une utopie.

La Créativité

Enfin, il semble que la créativité vient logiquement compléter ces valeurs à porter haut et fort dans la bataille climatique.

Il ne s’agit pas à nouveau de faire table rase d’un passé encombrant et d’inviter la jeunesse à courir pour fuir le vieux monde. D’un point de vue occidental, en temps de paix et d’espérance de vie assez longue, la réconciliation (la paix) entre les générations est nécessaire parce qu’elle est indispensable à l’inscription dans une lignée qui préserve la nature pour ses enfants. Il s’agit donc de faire preuve de créativité tous ensemble et d’éviter de s’arc-bouter sur un « On lâche rien ! » ,slogan usé actuellement jusqu’à la corde.

Plusieurs mouvements portent actuellement cette créativité :

 Les territoires en transition, nés du pragmatisme anglo-saxon, tracent une voie originale pour la résolution des crises en stimulant la créativité des citoyens,

 Le mouvement des colibris fait également appel à cette créativité en nous,

 La ZAD de Notre Dame des Landes permet une réunion assez inédite de différentes formes de militantisme et une posture d’inventivité renouvelée de l’autogestion et de la liberté. A NDDL, la reconnexion à la beauté de la nature est également très forte notamment chez les habitants de la Forêt de Rohanne.

 Les créatifs culturels : étiquette posée par un journaliste américain sur toutes ces personnes qui expérimentent médecines, spiritualités et modes de vie alternatifs, silencieusement. Ils représenteraient quasiment 20% de la population. Des rassemblements de créatifs culturels ont maintenant lieu dans plusieurs pays.

Conclusion

Les arguments que vous venez de lire pour chaque valeur sont volontairement partiaux et partiels, chacun peut ou non les reprendre à son compte et les modifier à sa guise. D’autant que cette liste mérite sans doute d’être amendée, discutée et surtout confrontée avec des points de vue d’autres cultures, si l’on veut lui donner une vrai dimension internationale.

Probablement, faudrait-il faire un travail parallèle sur les autres mouvements sociaux : indignés, pirates et autres collectifs ou forums sociaux, pour tenter de rassembler les lueurs d’espoir vers une éclaircie dans les crises qui s’amplifient.

Les valeurs de justice, féminité, sobriété humilité, beauté de la nature et créativité me semblent s’incarner aujourd’hui dans la pratique du jardinage. L’espoir que je vois pour l’avenir de nos sociétés, dès lors que les femmes et les hommes substitueront à la pratique brutale de l’exploitation, la pratique plus douce et authentique du jardinage est celui de vivre dans le jardin planétaire, décrit par le paysagiste Gilles Clément.

Jardiner c’est cultiver son environnement tout en se cultivant soi même, dans le respect de son environnement comme de soi même. Ces deux versants, l’un social et terrestre, l’autre intérieur et spirituel se régénèrent sans cesse. C’est dans la sagesse de cet équilibre entre le faire et l’être que je perçois la voie vers un monde meilleur. Chacun peut prendre le temps de se connaître, de faire jaillir le meilleur de lui même. Et c’est probablement à cette condition que l’énergie militante saura trouver la confiance et l’unité nécessaires pour relever les défis de la transition.

La Brique Par Julien villalard Reporterre 2013/04/23 Par Julien villalard (23 avril 2013) La Brique. Reporterre. fr

La Brique

La Brique d’avril-mai 2013 (n° 35) est dans les kiosques !

Au sommaire :

Enquête à Boulogne : La pêche prend l’eau

Accords de compétitivité : Marche ou grève !

Lahoucine Ait Oumghar : Tué par la police

RFID : Un tour de Pass Pass signé Transpole

1789 : la Révolution bourgeoise à Lille

Hôtesses : L’intérim en talons haut

Reportage au Vénézuéla : Retour sur les années Chavez

Les gendarmes ne sont pas fanas du nucléaire Coordination Anti-nucléaire Sud-Est Reporterre 2013/04/24 Coordination Anti-nucléaire Sud-Est (24 avril 2013) Les gendarmes ne sont pas fanas du nucléaire. Reporterre. fr

Les gendarmes ne sont pas fanas du nucléaire

Les marcheurs « pour l’arrêt immédiat du nucléaire » ont parcouru le Vaucluse la semaine dernière. Parmi les nombreuses rencontres, celles des policiers, omniprésents pour surveiller les citoyens, mais qui se révèlent plus inquiets qu’on pourrait le penser à l’égard de l’atome.

Les marcheuses et marcheurs « pour l’arrêt immédiat du nucléaire » la longue plaine vers l’ouest jusqu’à Avignon. Retour sur des propos et paroles de gens ordinaires…

Jeudi 18 avril - Depuis le début de la marche, les agents de renseignements de l’appareil d’état sur les activités citoyennes sont aux aguets. Comme les marcheurs et marcheuses sont des citoyens qui s’affirment et vont à la rencontre des différences pour informer et encore informer, ils savent depuis longtemps que leur existence est surveillée, répertoriée et tenue à jour scrupuleusement dans l’immense base de données signalétiques de la police et de l’armée.

Du premier inspecteur de la DCRI (Renseignements intérieurs, ex-RG) à Manosque, à la multitudes de gradés et sous-gradés de la gendarmerie se relayant entre les territoires, villes et villages traversés : le pouvoir veut savoir et contrôler ces citoyens bizarres qui ne baissent pas la tête, ne courbent pas l’échine, osent exister et s’exprimer sur les routes de France.

A chaque fois le même scénario : les « pandores » tentent d’établir le contact d’une façon anodine puis c’est une série de questions l’air de ne pas y toucher, sur un ton presque badin, pour finir par « et vous auriez un n° de téléphone par hasard ? histoire qu’il ne vous arrive rien de grave sur la route et qu’on vous prévienne si… ». La mise en scène et le spectacle se répète ainsi dès qu’une brigade passe la main à une autre brigade en fonction de sa zone de contrôle des populations. Et les numéros de téléphones des marcheur-ses sont aussitôt mis sur écoute. Plusieurs fois par jours. Les pro de l’espionnage intérieur de la population appelle cela "scanner une cible".

C’est une illustration concrète que le nucléaire conduit le pouvoir à criminaliser les citoyens dans leurs engagements sociétaux et porte atteinte à la démocratie. Le Ministre de l’intérieur n’a-t-il pas d’ailleurs donné consigne à sa police politique, au mois de mars dernier, de renforcer la surveillance des antinucléaires ? Ils savent - les nucléocrates aux abois et leur relais politiciens - qu’ils sont en fin de course et, telle la bête qui se meurt, tentent de donner encore quelques coups de griffes virulents.

Mais chacun sait que le nucléaire est dépassé, obsolète, guerrier, criminel, anti-républicain, mortifère. Depuis sa naissance militaire il porte en lui le mépris de la vie et des peuples. Alors, contaminer des territoires par des rejets radioactifs continus, affecter la santé de la population et notamment des enfants ne peut être de nature à lui faire émerger un sentiment quelconque. Absence de dignité et d’humanisme, fanatisme et obscurantisme sont les mamelles du nucléaire depuis son origine.

C’est à un florilège d’attitudes et positions que les antinucléaires ont donc eu droit de la part des gendarmes, policiers de renseignements et policiers municipaux vis à vis du nucléaire. Les propos recueillis par les marcheurs représentent une large palette de ressentis à l’intérieur même des forces de « l’ordre ».

On peut être gendarme et pourtant être aussi père de famille, avoir des enfants et une femme, et être ébranlé dans ses certitudes face à ce qui se passe à Fukushima, s’est passé à Tchernobyl et se passera en France (nous ne mentionnons évidemment pas les brigades, échelons, et noms de ceux qui, depuis le début de la marche antinucléaire, s’autorisent quelques confidences).

Si certains gradés, devant leurs subordonnés, bombent le torse, en aparté ils témoignent d’une sympathie à l’égard des marcheurs et de leur lutte. D’autres, proches de la retraite, n’hésitent pas à se déclarer clairement contre le nucléaire ; certains, plus jeunes, avouent qu’ils n’ont aucun dispositif à mettre en oeuvre pour protéger les populations et que les ordres viendraient d’en-haut en cas de catastrophe nucléaire ; un ou deux vont même jusqu’à glisser à l’oreille des antinucléaires que « si ça pète, je fuis, je vais chercher ma femme et mon fils à l’école, et je me tire au plus vite, d’ailleurs j’ai mon itinéraire en poche »...

(...)

La suite sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-Est

« L’économie verte en trente questions » Par Julien villalard Reporterre 2013/04/24 Par Julien villalard (24 avril 2013) « L’économie verte en trente questions ». Reporterre. fr

« L’économie verte en trente questions »

Il faut remettre au coeur de notre logiciel intellectuel la question des ressources

Philippe Frémeaux

Le terme d’économie verte est aujourd’hui utilisé à toutes les sauces. Il sert tout d’abord à désigner les activités qui diminuent ou réparent les atteintes à l’environnement. Dans cette acception, l’économie verte se réduit à ce compartiment de l’économie dont l’expansion est portée par les politiques environnementales actuelles.

C’est ainsi qu’on peut entendre nos ministres se féliciter de la multiplication des emplois verts, sachant qu’en pratique, ceux-ci sont d’autant plus nombreux qu’on produit plus de déchets, et qu’on gagne plus d’argent à les ramasser et à les trier.

Le terme économie verte est également largement utilisé pour vanter des innovations techniques qui se présentent comme bonnes pour l’environnement mais qui sont d’abord des moyens de continuer à produire et consommer comme avant. Certes, progrès technique et innovation devraient nous permettre de produire demain en utilisant moins de ressources et d’énergie.

En revanche, il n’est pas sérieux d’imaginer que la possession par tous d’une voiture électrique roulant à l’électricité nucléaire soit la solution à la demande de mobilité des 9 milliards de personnes que comptera demain notre petite planète !

De manière plus systémique, enfin, la notion d’économie verte est présentée comme le moyen de réconcilier l’écologie et l’économie. Les investissements que supposerait sa mise en œuvre seraient ainsi le moyen de relancer la croissance. Et il faut bien avouer que celle-ci n’est jamais aussi désirable que lorsqu’elle a disparu, comme c’est le cas aujourd’hui en Europe.

De fait, à mesurer les risques politiques liés à l’approfondissement de la crise de la zone euro, on ne peut que souhaiter que soient dégagées rapidement les voies d’une sortie de l’austérité sur notre continent.

Mais est-il pour autant raisonnable de laisser croire, face au défi du chômage, qu’on pourrait concilier une croissance indéfinie de l’économie et une économie réellement verte, c’est-à-dire soutenable ? La réponse est non.

Au cours des dernières décennies, grâce à la montée des services et à l’optimisation des procédés industriels, la consommation de ressources entrainée par la création d’une unité de Pib [produit intérieur brut] supplémentaire a plutôt diminué. Mais la corrélation demeure positive entre la croissance de l’activité – telle qu’elle est définie aujourd’hui – et celle de l’utilisation des ressources.

C’est pourquoi, afin d’éviter le pire pour demain, il nous faut rapidement s’engager sur le chemin d’une véritable économie verte, afin d’accroître la résilience de l’économie, et au-delà de notre société. Concrètement, il nous faut :

- Penser l’économie autrement pour remettre au cœur de notre logiciel intellectuel la question des ressources. La conception de l’économie qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui valorise essentiellement les flux et l’accumulation de richesse monétaire, sans se préoccuper des conséquences environnementales de l’activité économique. Il nous faut désormais adopter une vision substantielle de l’économie, pour reprendre les termes de Karl Polanyi.

- Sortir de la dictature du Pib et lui adjoindre des indicateurs qui mesurent concrètement comment l’activité économique assure le bien-être de chacun, comment sont satisfaits nos besoins fondamentaux et avec quelles conséquences sur l’environnement.

Plus concrètement, cela signifie :

- Promouvoir une alimentation et une agriculture réellement durable au bénéfice de tous, - Agir pour réduire radicalement notre dépendance aux énergies fossiles et nucléaire, en modifiant nos villes et nos modes de déplacement, afin de ralentir le réchauffement climatique. - Imposer un recyclage généralisé et allonger la durée de vie des produits afin de privilégier systématiquement la préservation des ressources et non le gaspillage afin de se rapprocher d’une économie circulaire, - promouvoir l’usage plutôt que la possession des biens durables afin d’en limiter la production, - privilégier la production des biens et services qui prennent d’autant plus de valeur quand tout le monde en bénéficie - l’éducation par exemple - et taxer les biens statutaires dont la seule fonction est d’affirmer sa supériorité à l’égard de ses semblables, - décentraliser la production autant que faire se peut, en privilégiant les circuits courts, - étendre la démocratie à tous les niveaux afin de civiliser l’économie sans renoncer à vivre dans une société ouverte…

Autant dire qu’aller vers une vraie économie verte, c’est-à-dire propre à satisfaire les besoins de toute l’humanité sans détruire les bases naturelles de la vie, suppose des transformations bien plus profondes de nos modes de production et de consommation que ce qui nous est généralement proposé aujourd’hui. Des transformations qui loin de nous faire vivre moins bien, pourrait au contraire nous permettre de vivre mieux si nous prenons les bonnes décisions.

C’est ce que veut démontrer le hors série poche « L’économie verte en trente questions » que vient de publier Alternatives Economiques, en expliquant qu’une véritable économie verte est non seulement nécessaire, mais possible et souhaitable !

Hors série poche « L’économie verte en trente questions »

66 000 signatures contre le projet de scierie géante dans le Morvan Adret-Morvan et la ZAD du bois du Tronçay Reporterre 2013/04/24 Adret-Morvan et la ZAD du bois du Tronçay (24 avril 2013) 66 000 signatures contre le projet de scierie géante dans le Morvan. Reporterre. Forêts fr

66 000 signatures contre le projet de scierie géante dans le Morvan

La pétition : « Touche pas à ma forêt, non à la destruction du Morvan » est remise au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll le 24 avril.

Il y a deux mois, nous avons lancé une pétition sur la plateforme d’action Change.org pour empêcher la société Erscia d’implanter, dans la Nièvre, un gigantesque complexe industriel qui polluera l’eau et l’environnement. Notre pétition « Touche pas à ma forêt : non à la destruction du #Morvan » a déjà récolté plus de 66 000 signatures.

À l’occasion de la venue de Stéphane le Foll au congrès annuel de la Confédération paysanne, le 24 avril 2013 au centre des expositions de Nevers, nous remettrons symboliquement cette pétition au ministre de la Forêt entre 14h et 17h. Nous vous invitons à venir couvrir ce temps fort de notre mobilisation citoyenne.

En effet à l’abri des regards, un projet de scierie géante est en train de voir le jour dans la forêt du Morvan où nous vivons, et risque de détruire cet écosystème riche et unique. C’est pourquoi, depuis le 5 février, nous avons créé une ZAD au pied du bois du Tronçay pour le protéger des tronçonneuses et pelleteuses qui prépareront le terrain pour les travaux de la société Erscia qui souhaite implanter ce gigantesque complexe industriel. Il comprend un incinérateur qui polluera l’eau et l’environnement.

Pour attirer l’attention de l’opinion et des médias, nous avons lancé une pétition sur Change.org demandant aux autorités locales et nationales l’abandon de ce projet qui va dévaster la forêt. Plus de 66 000 personnes l’ont déjà signée. Mercredi 24 à 16h au centre des expositions de Nevers, nous la remettrons au à Stéphane Le Foll (Ministre de la Forêt) afin qu’il intervienne en notre faveur. Nous serons présents toute la journée sur un stand du congrès.

Malgré, l’enchaînement des succès judiciaires et une mobilisation de plus en plus massive, les élus refusent toujours le dialogue et la situation reste bloquée. Les soutiens en notre faveur sont de plus en plus nombreux. Depuis le début de notre mobilisation, Europe Ecologie les Verts, le NPA et le Parti de Gauche, se sont positionnés en notre faveur. De plus, le 12 avril dernier, la Fédération nationale du bois a attaqué très durement la viabilité du projet Erscia et s’est alarmée des risques écologiques liés à un tel projet.

La mégascierie d’Erscia prévoit de traiter près de 1900 m3 par jour, soit une coupe quotidienne de 3 hectares, l’équivalent de 4 terrains de football toutes les 24 heures. De telles installations favorisent l’industrialisation massive de la sylviculture en Bourgogne et en France. À l’image de l’agriculture intensive, nos forêts deviendront des champs d’exploitation nécessitant engrais et pesticides, générant destructions et pollutions.

En plus d’un désastre écologique, ce projet contribuera à aggraver la crise économique et sociale dans la région. En effet, les scieries du département de la Nièvre, déjà en difficulté, ne pourront pas supporter la concurrence déloyale auxquelles elles seront soumises. Créer 120 emplois sur le site pour en perdre 300 sur le reste du département est sans intérêt.

En choisissant Erscia plutôt qu’une économie locale, solidaire et respectueuse de l’environnement, nos élus de la Nièvre favorisent les intérêts des actionnaires du groupe, plutôt que ceux de la population et un modèle d’exploitation outrancière, plutôt que le développement durable du département.

Des écologistes appellent à la marche pour la 6e République Appel des écologistes Reporterre 2013/04/24 Appel des écologistes (24 avril 2013) Des écologistes appellent à la marche pour la 6e République. Reporterre. Tribune — fr

Des écologistes appellent à la marche pour la 6e République

Nous, militant-e-s écologistes, le constatons chaque jour : la question démocratique, par exemple à travers les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), vient percuter l’urgence écologique.

Nous affirmons que la nécessaire bifurcation écologique de nos sociétés passe par une refondation des institutions de la République. Que nous l’appelions écosocialiste, alterdéveloppement, objection de croissance, 6e République ou autrement, tou-te-s nous voulons un système démocratique écologique et social au service des citoyen-ne-s.

Aujourd’hui les grandes décisions en matière d’énergie et d’aménagement du territoire n’impliquent pas ou peu les citoyen-ne-s. Pire, elles s’élaborent souvent dans l’opacité la plus totale ou en refusant d’entendre les mobilisations populaires.

Projets d’aéroport de Notre Dame des Landes, de lignes à grande vitesse, construction de l’EPR de Flamanville, site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure sont aujourd’hui autant de symboles de la confiscation de la souveraineté populaire et de projets qui accaparent l’argent public, en totale contradiction avec les discours austéritaires.

Les scandales financiers et les confits d’intérêt ne se cantonnent pas aux paradis fiscaux et autres banques suisses. Des soupçons de corruption planent sur les agissements d’Areva au Niger ; des conflits d’intérêts pointent les travaux du Lyon-Turin, des élus et l’entreprise Vinci ; la puissance des lobbies pétroliers et pro-gaz de schiste se confirme chaque jour.

Le Débat National sur la Transition Énergétique exclut d’emblée le nucléaire, un certain nombre d’associations environnementales se voient retirer leur agrément et se trouvent de fait exclues des négociations gouvernementales… Pourquoi ?

De leur côté, les politiques européennes – même si elles ont permis de nombreux progrès en matière de protection de la faune et la flore et sont souvent un recours précieux pour le monde associatif et les mobilisations (comme le montre actuellement le dossier de Notre -Dame-Des-Landes) – n’envisagent la solution à la crise climatique que par la domination du marché.

En témoignent les directives de privatisation et de mise en concurrence de l’énergie, de libéralisation du rail, ou encore le marché des quotas d’émission de CO2. Elles n’envisagent l’évolution de l’agriculture que par toujours plus de concurrence et de fichage des paysans et de leurs cheptels.

La course à la surconsommation est une manière d’orienter les désirs vers des biens destructeurs des écosystèmes, forcément créateurs d’inégalités et de frustrations. L’engagement citoyen dans une démocratie réelle, les liens sociaux, la beauté, l’art, la poésie, etc. peuvent à l’inverse s’offrir de manière infinie aux désirs de chacun et chacune.

Toutes ces décisions où le dogme capitaliste et productiviste prime sur l’intérêt des populations et des écosystèmes sèment le doute et la colère. La mainmise des lobbies financiers et économiques sur le politique affaiblit le débat public et mine la démocratie. Elles détournent les citoyen-ne-s de l’engagement avec les élu-e-s pour le bien commun.

Dans un domaine aussi fondamental que la préservation des conditions de la vie humaine sur terre, le peuple doit être souverain. De nouveaux mécanismes démocratiques doivent être élaborés. Ces changements doivent avoir lieu à tous les niveaux de la société (municipalité, territoires, entreprises etc.). Ces nouvelles formes de la démocratie sont nécessaires y compris dans le monde économique avec le retour de l’idée coopérative, le renforcement des pouvoirs des salariés et de leurs représentants sur la définition de ce qui est produit et comment on produit.

Ouvrir le débat sur la 6e République c’est débattre du droit de vote des étrangers, des budgets participatifs y compris d’investissement, de la révocabilité des élus et le suivi des promesses de campagne, du référendum d’initiative populaire, des droits de saisine des conseils municipaux via des pétitions citoyennes, etc.

C’est aussi une révolution des cœurs et des esprits qui est nécessaire. Nous appelons à une insurrection des consciences.

Nous soutenons l’exigence d’assemblées locales débouchant sur une assemblée constituante permettant d’instaurer des droits écologiques et sociaux, l’instauration d’une règle verte pour des politiques publiques de planification écologique d’une 6e République.

Pour toutes ces raisons nous, militant-e-s écologistes, appelons toutes celles et ceux qui veulent enfin faire rimer écologie et démocratie, à la grande marche citoyenne pour la 6e République le 5 mai 2013 à Paris.

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Premiers signataires :

Paul Ariès, Directeur de la rédaction du journal La vie est à nous ! / Le Sarkophage et de la revue les Z’indigné(e)s Corinne Morel Darleux, Secrétaire nationale à l’écosocialisme du Parti de Gauche Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du Nucléaire Jacques Testart, directeur de recherche à l’Inserm Anita Rozenholc, comité de rédaction d’Ecorev Mathieu Agostini, Président de la commission Écologie du Parti de Gauche Matthieu le Quang, Enseignant chercheur à l’Instituto de Altos Estudios Nacionales de Quito (Equateur) Anne Isabelle Veillot, Secrétaire Nationale du Parti Pour la Décroissance Myriam Martin, Gauche Anticapitaliste Laurent Garrouste, Gauche Anticapitaliste Stéphane Lavignotte, militant écologiste Jean-Jacques Boislaroussie, Porte parole des Alternatifs Roland Mérieux, Exécutif national des Alternatifs Guillaume Blavette, Collectif Stop EPR – Ni Penly Ni ailleurs Silvain Pastor, Ancien conseiller régional Verts de Languedoc-Roussillon Arno Munster, Philosophe Gilles Monsillon, FASE Marie Bixel, Militante écologiste FASE 71

Gaz de schiste : en Australie, 44 % des 5 000 puits forés émettent du méthane 22 septembre Sud Reporterre 2013/04/24 22 septembre Sud (24 avril 2013) Gaz de schiste : en Australie, 44 % des 5 000 puits forés émettent du méthane. Reporterre. fr

Gaz de schiste : en Australie, 44 % des 5 000 puits forés émettent du méthane

Dans le gisement de gaz de houille australien Tara situé dans le Queensland, le Département des mines rapporte que près de la moitié des puits testés sur ce gisement montrent des signes de fuite.

Actuellement, plus de 5.000 puits de gaz de houille ont été forés dans le Queensland au cours des dernières années, et des dizaines de milliers d’autres sont prévus.

Le journal The Sydney Morning Herald publiait en novembre 2012 un article relatant l’étude et les tests menés par des chercheurs de l’Université de Southern Cross sur ce gisement gazier de Tara.

Ceux-ci montrent que les échappées de grandes quantités de méthane semblent provenir de fuites non détectées et que les niveaux de gaz à effet de serre trouvés à Condamine sont trois fois supérieur à celui des districts voisins du gisement,

Ces fuites de puits sont une caractéristique commune des gisements de gaz de houille exploités en Australie.

Un documentaire réalisé par l’équipe de télévision d’ABC sur ce gisement de gaz de houille à Tara révèle la présence de gaz dans les rivières qui sont polluées.

Il montre toute la duplicité du gouvernement qui délivrent ces autorisations de forage. Ce reportage apporte aussi des témoignages des riverains et habitants qui vivent à proximité du site de Tara et qui, à leur grande consternation, découvrent cette présence de gaz bouillonnant à la surface des eaux .

Le reportage en langue anglaise est à consulter ici ou ici.

L’empreinte carbone par habitant des Français a augmenté de 15 % en 20 ans Vincent Di Grande (Libération) Reporterre 2013/04/25 Vincent Di Grande (Libération) (25 avril 2013) L’empreinte carbone par habitant des Français a augmenté de 15 % en 20 ans. Reporterre. fr

L’empreinte carbone par habitant des Français a augmenté de 15 % en 20 ans

Si la France respecte ses engagements en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, c’est essentiellement grâce à la crise, selon une étude du ministère de l’Ecologie.

Diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre (GES), d’ici 2050, c’est ce à quoi s’était engagée la France en 2005. Un objectif baptisé « facteur 4 » qui correspond à la part « équitable » du pays à l’effort de lutte contre le changement climatique.

Un peu plus de sept ans plus tard, le pays semble en bonne voie pour respecter cet engagement. Semble seulement, selon le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), une émanation du ministère de l’Ecologie, qui vient de rendre public un rapport très critique sur le bilan de la France dans ce domaine. Pour ce dernier, c’est essentiellement la crise qui explique les bons résultats français.

Ainsi le rapport attribue les diminutions, bien réelles, d’émissions de gaz à effet de serre dans l’Hexagone à deux facteurs : la stagnation économique et la délocalisation d’activités industrielles fortement émettrices. De quoi donner l’illusion d’une France fidèle à ses engagements internationaux, alors même que la part française dans les émissions de GES au niveau mondial est en fait en augmentation.

« La France respecte formellement ses engagements au titre du protocole de Kyoto, mais il s’agit d’un résultat en trompe l’oeil : l’empreinte carbone par habitant des Français a augmenté de 15 % en 20 ans si on prend en compte le solde des échanges extérieurs de GES », explique le CGEDD, qui plaide pour la prise en compte des importations dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre.

Entre autres faiblesses, le rapport note que le faible coût de l’électricité hexagonale empêche l’émergence de nouvelles sources d’énergie « décarbonée » hors nucléaire. Avec un coût de deux fois plus élevé outre-Rhin, « l’électricité éolienne terrestre est pleinement compétitive sur le marché allemand » affirme le CGEDD, qui ajoute que « pour atteindre le facteur 4 en 2050, tous les experts s’accordent sur la nécessité urgente de donner une valeur au carbone ».

Sur ce point, le rapport propose plusieurs pistes, afin de renchérir le prix des énergies fossiles : par la fiscalité, par le système de quotas d’émission carbone ou encore par de nouvelles règlementations. Pas sûr qu’il soit entendu, dans un contexte économique et social tendu. La taxe carbone reste toujours taboue. Quant au marché du carbone, il vient de subir un sérieux coup d’arrêt au Parlement européen.

Si le CGEDD n’est pas tendre avec la France, il n’épargne pas pour autant l’Union européenne : « Le paquet climat-énergie européen, sur lequel la plupart des pays européens fondent leur programmation, reporte de manière injustifiée les efforts à plus tard. Il prévoit un rythme de diminution relative des émissions faible entre 1990 et 2020 (20 % en 30 ans soit 0,7 % par an) puis un rythme croissant de diminution de décennie en décennie pour imposer à nos successeurs des années 2040 à 2050 un rythme de 6% par an. Insoutenable, sauf miracle technologique. Rien ne justifie une telle préférence pour le présent. »

Au final, loin d’atteindre son but, la France pourrait revoir fortement à la baisse ses ambitions : « la plupart des exercices de prospective fondés sur des hypothèses raisonnablement optimistes aboutissent à un facteur de réduction des émissions de GES de 2 à 2,5 plutôt que 4 entre 1990 et 2050 », précise le rapport, sur un ton résolument pessimiste.

Pourtant l’Etat aurait tout intérêt à ne pas laisser tomber cet objectif, ne serait-ce que par patriotisme : « Dans un pays qui doute de lui-même, renoncer à un engagement que tout justifie serait une atteinte malvenue à l’image qu’il se construit de lui-même » conclut le CGEDD.

Au Japon, l’écocité où tout se recycle Mélanie Loisel (Jobboom) Reporterre 2013/04/25 Mélanie Loisel (Jobboom) (25 avril 2013) Au Japon, l’écocité où tout se recycle. Reporterre. fr

Au Japon, l’écocité où tout se recycle

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme à l’écocité de Kitakyushu, dans le sud du Japon. Des pièces de voitures aux bouteilles de plastique, tout est réutilisé, voire recyclé.

À l’usine de recyclage Nishinihon, une dizaine de travailleurs désassemblent de vieux téléviseurs par un après-midi d’automne. Gantés de cuir, ils dévissent patiemment les boulons, coupent les fils et détachent les décodeurs. Les écrans, eux, sont retirés à l’aide d’une machine au laser.

« Le recyclage des téléviseurs est vraiment un travail de moine », lance Taichi Takei, chef adjoint au bureau environnemental de la ville de Kitakyushu. En effet, tous les composants doivent être triés à la main, puis envoyés à la broyeuse pour récupérer le plastique, le fer, le cuivre et l’aluminium.

« Nous voulons créer une société sans déchets et nous devons trouver des solutions pour réutiliser tous ces matériaux », poursuit Taichi Takei, qui est aussi responsable du développement de l’écocité de Kitakyushu, le complexe industriel dont fait partie l’usine de Nishinihon.

Englobant 23 usines de recyclage et 15 centres de recherche, cette écocité parmi les premières du genre au Japon a vu le jour en 1997, à une époque où le pays voulait remédier à un important problème de déchets. Le gouvernement central, la ville de Kitakyushu et les entreprises privées ont alors investi 700 millions de dollars pour faciliter la récupération et la transformation de biens de consommation.

Du coup, 1 400 emplois ont été créés dans cette ville d’un million d’habitants située dans le sud du pays. Une vingtaine de projets d’écocités basés sur le principe dit des 3R – réduire, réutiliser et recycler – ont depuis été approuvés un peu partout dans l’archipel.

Recycler à proximité

« L’avantage de l’écocité, c’est que toutes les entreprises sont à proximité et que les débris industriels d’une usine peuvent être recyclés dans l’usine voisine », note Taichi Takei en proposant de faire le tour du complexe de Kitakyushu, qui s’étend sur 20 kilomètres carrés, ce qui correspond à l’ensemble des espaces verts à Montréal.

Nous voici à l’usine de recyclage West-Japan Auto Recycle, où il règne un vacarme fou. Deux conducteurs de chariots élévateurs déchargent des conteneurs remplis de ferraille. « Ici, nous récupérons toutes les pièces de voitures ; elles sont retirées, une par une, sur une chaîne de démontage automatisée de 60 mètres de long », mentionne Hideo Ueda, qui s’occupe des opérations.

Six opérateurs surveillent le processus, qui dure précisément huit minutes et demie par voiture. Les parebrises, les sièges, les volants sont conservés pour fabriquer de nouveaux véhicules, tandis que la structure d’acier est compressée en cubes de métal, qui seront fondus dans une aciérie de la ville.

À côté de là, une usine de recyclage de tubes fluorescents a développé un concept novateur appelé « Lampe à lampe ». À l’intérieur, les ouvriers, munis d’un masque respiratoire, décomposent quotidiennement 35 000 tubes pour récupérer le verre, le métal et les substances fluorescentes avec lesquels ils fabriqueront de nouveaux tubes.

« Les tubes fluorescents contiennent du mercure, c’est pourquoi il faut éviter de les envoyer dans les dépotoirs. À force d’essais et d’erreurs, nous avons réussi à développer un système pour purifier la matière et la réutiliser », mentionne Shizuo Tsutsumi, chargé du projet au Japan Recycling Light Technology & System.

À l’usine de Nishi-Nippon, juste en face, des experts en matière plastique ont trouvé le moyen de récupérer 20 000 tonnes de petites bouteilles par année. Une déchiqueteuse les réduit en granules, qui sont par la suite chauffées pour être transformées en fibre de polyester. Cette matière aboutit dans les ateliers de couture de la ville, qui s’en servent pour confectionner des cravates, des vêtements et les chapeaux des écoliers japonais. « Ce qui est bien dans ce processus, c’est que nous créons de l’emploi à partir de la cueillette des objets usagés jusqu’à la fabrication de nouveaux produits », souligne Taichi Takei.

Lors de notre passage à l’usine de traitement des déchets de construction, des ouvriers revenaient d’une collecte de résidus de bois sur des chantiers. L’usine voisine, Ecowood, s’en servira pour fabriquer un nouveau matériau fait à base de bois et de plastique. « Ce matériau est une première au Japon », indique Taichi Takei.

Sa voiture à moteur électrique s’arrête alors devant un immense bâtiment industriel doté de deux hautes cheminées qui crachent une fumée blanchâtre. Cette usine de la compagnie Kitakyushu Eco Energy est le centre névralgique de l’écocité. C’est là où tous les résidus et la poussière liés au processus de recyclage sont traités.

Les résidus, qui sont habituellement difficiles à éliminer, sont dissous à haute température et recyclés en un matériau de construction utilisé notamment pour la fabrication de l’asphalte. La vapeur émise au cours de ce processus est également captée pour créer 28 000 mégawatts d’électricité.

« L’électricité générée alimente une partie des usines de l’écocité, mais nous avons des éoliennes pour répondre au reste de la demande énergétique », affirme Taichi Takei.

Est-ce à dire que l’écocité affiche un bilan environnemental parfait ? Pas encore. « Nous sommes conscients que les usines de recyclage demandent de l’énergie et produisent du CO2, mais rien ne doit être perdu si nous voulons créer une société sans déchets. » Ainsi, bien que le complexe émette annuellement 129 000 tonnes de CO2, ses activités de recyclage évitent d’en rejeter 380 000.

Et l’électronique ?

Le prochain grand défi de l’écocité sera de recycler les tablettes et les téléphones intelligents, dont les composants sont faits de cuivre, d’or, de nickel et de terres rares. Comme ces métaux se trouvent dans des puces de plus en plus petites, le procédé pour les extraire pourrait se révéler complexe et coûteux.

« Dans le fond, comme tout est fait de matière, il faut trouver les procédés qui permettront de dissocier les éléments afin de revenir à la matière de base », indique Taichi Takei. À plus forte raison s’il s’agit de ressources non renouvelables.

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Les écocités dans le monde

Selon une recension faite en 2011 à l’Université de Westminster, au Royaume-Uni, il existerait près de 180 écocités dans le monde. Les chercheurs ont considéré des quartiers, villes ou régions qui se sont dotés de politiques visant le développement durable sous plusieurs aspects, par exemple le logement, le transport urbain ou l’énergie.

Trois villes canadiennes en font partie. Le quartier Dockside Green, un nouveau complexe résidentiel et commercial de six hectares à Victoria, en Colombie-Britannique, a été retenu pour ses bâtiments écologiques (design solaire passif, éclairage DEL, réutilisation des eaux grises dans les toilettes, toits verts, etc.).

Toronto se qualifie grâce à ses ambitieux objectifs de réduction de gaz à effets de serre (de 80 % par rapport au niveau de 1990, d’ici 2050) et son règlement obligeant toute nouvelle construction à se doter d’un toit vert. Vancouver y est également mentionnée pour avoir imposé la norme de construction LEED aux nouveaux lotissements et prévu d’importants espaces verts dans tout projet de rezonage.

Les auteurs n’ont repéré aucune initiative québécoise, bien que certaines, comme la Cité verte à Québec, auraient pu être dignes d’intérêt. Joint par Jobboom, l’un d’eux a mis cette omission sur le compte de la barrière linguistique, en nous remerciant de la lui avoir signalée.

La loi peut limiter l’artificialisation des terres Filière Paysanne Reporterre 2013/04/25 Filière Paysanne (25 avril 2013) La loi peut limiter l’artificialisation des terres. Reporterre. Tribune — fr

La loi peut limiter l’artificialisation des terres

La France gaspille ses terres agricoles : la superficie d’un terrain de football est artificialisé toutes les cinq minutes.

L’artificialisation de nos terres n’est pas une fatalité !

Nous appelons le Gouvernement et le Parlement Français à prendre les mesures nécessaires.

La France gaspille ses précieuses terres agricoles : 80 000 ha par an, soit un stade de foot (0,8 ha) toutes les cinq minutes. Leur préservation est pourtant une urgence mondiale absolue pour des raisons à la fois sociales, écologiques, économiques et géo-politiques.

19,5 millions d’hectares sont en effet bétonnés chaque année dans le monde (Rapport de l’ONU du 11 aout 2010). Conscients de cette urgence, de plus en plus de pays se mobilisent afin de préserver efficacement leur foncier agricole. En Europe, c’est notamment le cas de la Hollande, du Danemark ou de l’Allemagne. Cette dernière artificialise presque deux fois moins de surface que nous, avec un niveau de développement comparable.

Mieux encore : le Québec a mis en place une « loi de zonage agricole » très efficace dès 1978. Ce zonage fixe des limites précises entre espaces cultivés et espaces urbains. Toute évolution de ce zonage doit depuis lors obtenir l’accord de la « commission de protection du territoire agricole du Québec » (CPTAQ).

Ainsi, depuis 35 ans, cette politique a produit de très bons résultats en matière de préservation des espaces cultivables, de maîtrise de la croissance urbaine et de coopération intelligente entre les municipalités, l’administration centrale et la société civile.

En France, nous devons mettre en place un mécanisme analogue en nous appuyant sur les lois en cours de préparation : « Logement et Urbanisme », « Avenir Agricole », « Décentralisation » et « Biodiversité ». Cela est indispensable pour préserver durablement nos espaces agricoles, naturels et forestiers du béton et pour organiser la reconstruction de la ville sur la ville avec les nombreuses communes françaises actuellement soumises à la pression de l’étalement urbain.

Différents acteurs* ont organisé un groupe de travail le 19 mars dernier en lien avec le réseau national inPACT (initiative pour une agriculture citoyenne et territoriale) et ont rédigé des propositions dans ce sens. Ces propositions sont les suivantes :

• Mettre en place un statut national réellement protecteur pour les zones agricoles existantes à ce jour, celui-ci ayant pour but de les protéger de tout déclassement arbitraire futur et de tous artificialisation interne non justifiée. Nous proposons que ce statut s’applique aux terres en usage ou à vocation agricole.

La mise en place de ce zonage agricole au sein de chaque commune du territoire pourrait être supervisée par le Préfet de Département, en lien avec la Commune ou la structure inter-communale compétente, ainsi qu’avec les autres personnes publiques associées à l’élaboration des documents d’urbanisme communaux et intercommunaux.

• Soumettre tout évolution future de ce zonage à l’avis décisionnel de la Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles (CDCEA). Les CDCEA ont été créées par la loi de modernisation de l’Agriculture et de la Pêche de 2010 pour répondre à la disparition dramatique du foncier agricole dans les DOM. Elles ont également été mises en place dans chaque département du territoire métropolitain.

Ces commissions peuvent donc jouer ce rôle d’arbitrage foncier dans le cadre de notre contexte national, dans le même esprit que la CPTAQ du Québec. Leur statut doit pour cela être consolidé. Cela passe notamment par le renforcement de leur composition interne et par leur attibution de l’avis décisionnel (comme c’est déjà le cas dans les DOM).

Ces propositions du groupe de travail inPACT font actuellement l’objet de multiples échanges avec les ministères concernés, avec différentes groupes parlementaires, avec les Associations des maires, des départements et des régions de France, avec le Syndicat des jeunes agriculteurs, le réseau France nature environnement, les collectifs de défense des terres fertiles de PACA, d’Ile de France, de Notre Dame des Landes...

Le soutien du plus grand nombre de structures, d’élu(e)s et de citoyen(ne)s à ces propositions sera déterminant pour engager notre pays dans la voix de la raison et de l’avenir...

Nous comptons donc sur nous tou(te)s pour relayer et soutenir ces propositions concrètes.

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* Membres de Terre de Lien, de la FNAB, du MRJC, de la Confédération Paysanne, de la FN CIVAM et de Filière Paysanne.

27 avril - Rassemblement à Dole contre aéroport Par Julien villalard Reporterre 2013/04/25 Par Julien villalard (25 avril 2013) 27 avril - Rassemblement à Dole contre aéroport. Reporterre. fr

27 avril - Rassemblement à Dole contre aéroport

De Notre-Dame-Des-Landes à Dole-Tavaux : Stop aux aéroports de trop ! Rassemblement samedi 27 avril 2013 à partir de 12h Près du rond-point de l’aéroport de Tavaux (Jura)

Utilisons l’argent public pour les besoins locaux des habitants et non pour financer des compagnies privées (Vinci, Ryanair...) qui détruisent la planète (terres agricoles, émissions de CO2) et les droits sociaux (bas salaires, conditions de travail « low cost »…).

De 12h à 14h30 : cantine ouverte où chacun apporte sa spécialité, musique, prises de paroles pour faire le point sur les combats menés à Notre-Dame-Des-Landes mais aussi dans le Morvan (Erscia), autres mobilisations locales. Possibilité d’expositions temporaires si la météo le permet.

15h : action sur le rond-point de l’aéroport de Tavaux et sur les grillages de l’aéroport décorés par une multitude de cartons peints ou de banderoles (apportez vos affiches colorées et de quoi les fixer).

Avec le soutien des collectifs « Dole-Tavaux, l’aéroport de trop » et du « Collectif Jura NDDL. Sauvons l’avenir, sauvons nos terres ».

Vinci devrait construire 29 barrages sur l’Aisne et la Meuse Voies navigables de France Reporterre 2013/04/25 Voies navigables de France (25 avril 2013) Vinci devrait construire 29 barrages sur l’Aisne et la Meuse. Reporterre. fr

Vinci devrait construire 29 barrages sur l’Aisne et la Meuse

VNF (Voies Navigables de France) désigne Vinci Concessions comme attributaire pressenti du contrat de partenariat pour la reconstruction de 29 barrages sur l’Aisne et la Meuse et la construction de micro-centrales hydroélectriques.

Vendredi 19 avril, à l’issue de 30 mois de procédure dans le cadre du contrat de partenariat, le Conseil d’administration de Voies navigables de France a validé le choix de Vinci Concessions comme attributaire pressenti pour la reconstruction de 29 barrages manuels sur l’Aisne et la Meuse et la construction de micro-centrales.

16 MOIS DE DIALOGUE COMPETITIF

Le 19 octobre 2010, VNF publiait l’avis d’appel public à candidature pour le financement, la conception, la construction, l’exploitation, la maintenance et la régénération des 29 barrages manuels de l’Aisne et de la Meuse et de leurs équipements associés.

En mai 2011, les quatre groupements qui s’étaient portés candidats étaient retenus pour participer au dialogue compétitif : Vinci Concessions, NGE, SPIE Batignolles TPCI et Bouygues Travaux Publics Régions France.

Les deux premiers tours de dialogue se sont déroulés comme prévu entre juin 2011 et octobre 2012. Les offres finales des candidats ont été remises le 11 janvier 2013. Au terme de l’analyse, et après avis de la Commission consultative des candidatures et des offres, qui regroupe sept personnalités qualifiées expertes dans les domaines techniques, environnementaux, énergétiques, financiers et juridiques, VNF a retenu l’offre de Vinci Concessions. La phase de mise au point du contrat va désormais s’engager avec VNF, pour une signature attendue au plus tard en octobre 2013.

UN BUDGET ET DES DELAIS MAITRISES

L’offre de Vinci Concessions propose un calendrier de réalisation du projet resserré, avec une mise en service progressive des ouvrages à compter de 2017 et une entrée en fonction de l’ensemble des ouvrages 6 ans et 7 mois après la signature du contrat, soit en 2020.

Sur le plan technique, le candidat propose une solution de barrages gonflables à eau, et s’engage notamment sur la réalisation de centrales hydroélectriques permettant d’augmenter significativement la puissance hydroélectrique installée sur le bassin de la Meuse.

Du point de vue économique et financier, le dialogue avec le candidat a permis d’optimiser le coût du projet qui est très sensiblement inférieur aux estimations initiales.

PROJET PHARE AU SERVICE DES AGENTS, DES RIVERAINS ET DES USAGERS DE LA VOIE D’EAU

La reconstruction des barrages manuels de l’Aisne et de la Meuse s’inscrit dans le Contrat d’Objectifs et de Performance 2011-2013, qui propose un important programme de rénovation et de modernisation des voies d’eau et ouvrages confiés à VNF.

Elle va permettre d’offrir des conditions d’exploitation très améliorées aux agents, qui assurent aujourd’hui leur gestion dans des conditions pénibles et dangereuses. Cela permettra également d’optimiser la gestion hydraulique et de sécuriser les niveaux d’eau nécessaires aux différents usages (alimentation de la population en eau potable, refroidissement des centrales nucléaires, etc.). Enfin, la réalisation systématique de passes à poissons rétablira la continuité écologique des voies d’eau : un objectif très attendu.

Mexico : des réserves en eau insuffisantes pour la fracturation hydraulique LeGazdeSchiste.fr Reporterre 2013/04/26 LeGazdeSchiste.fr (26 avril 2013) Mexico : des réserves en eau insuffisantes pour la fracturation hydraulique. Reporterre. fr

Mexico : des réserves en eau insuffisantes pour la fracturation hydraulique

La ville de Mexico prévoit d’étendre ses explorations gazières cette année, mais son projet pourrait tourner court en raison de réserves insuffisantes en eau pourtant nécessaires à la réalisation de la fracturation hydraulique.

« A Mexico, il n’y a pas assez d’eau, où vont-ils aller la chercher pour extraire le gaz de schiste ? » s’interroge Miriam Grunstein, professeur au Centre de Recherche et d’Enseignement en Economie (CIDE).

Depuis 2011, Pemex, compagnie pétrolière d’Etat, a foré au moins six puits pour en extraire le gaz de schiste dans les états Nord de Nuevo Leon et Coahuila et se prépare à de plus amples explorations à Veracruz, un Etat du sud-est.

245 millions de dollars en 18 mois ont permis de cristalliser le projet en concordance avec l’Institut mexicain du pétrole, une institution d’Etat, mais son avancement pourrait être freiné en raison des faibles réserves en eau du pays.

Pour obtenir du gaz de schiste, il faut injecter un magma de produits chimiques à haute pression – incluant de l’eau - dans les sous-couches de la roche pour en dégager le gaz naturel ; une eau dont la capitale ne dispose pas.

Pour poursuivre ses activités, Pemex devra certainement envisager d’avoir recours à d’autres techniques, moins gourmandes en eau, pour continuer les explorations et les extractions du gaz de schiste. Cette démarche pourrait également tranquilliser les écologistes qui désapprouvent la technique de fracturation hydraulique.

Climat : la déclaration du Forum social mondial, « Changer le système, pas le climat » Espace Climat Reporterre 2013/04/26 Espace Climat (26 avril 2013) Climat : la déclaration du Forum social mondial, « Changer le système, pas le climat ». Reporterre. Tribune — fr

Climat : la déclaration du Forum social mondial, « Changer le système, pas le climat »

Pour la première fois lors d’un Forum social mondial, un Espace climat a été ouvert à Tunis, en mars. Voici la déclaration finale qu’ont publié les organisations représentées. Elle constitue le programme sur le changement climatique du mouvement altermondialiste.

Le système capitaliste a exploité et abusé la nature, poussant la planète à ses limites, tant et si bien que le climat est l’objet de fondamentales et dangereuses transformations.

Aujourd’hui, la gravité et la multiplicité des dérèglements climatiques – sécheresses, désertification, inondations, ouragans, typhons, feux de forêts, fonte des glaciers et de la banquise – indiquent que la planète brûle. Ces variations extrêmes ont des effets directs sur les humains, que ce soit à travers les décès, les pertes de moyens de subsistance, de cultures ou de maisons, conduisant à des déplacements de population sous la forme de migrations forcées ou de réfugiés climatiques, avec une ampleur sans précédent.

L’humanité et la nature sont au bord du précipice. Nous pouvons rester les bras croisés et poursuivre la marche vers un avenir catastrophique et si terrible qu’il ne peut être imaginé, ou nous pouvons nous engager et recouvrer un futur que nous avons tou-te-s espéré.

Nous n’allons pas rester les bras croisés. Nous ne laisserons pas le système capitaliste nous brûler tou-te-s. Nous allons passer à l’action et nous attaquer aux causes profondes du changement climatique en changeant le système. Le temps est venu d’arrêter de parler, et celui d’agir.

Nous devons favoriser, soutenir, renforcer et accroître les mobilisations locales à tous les niveaux, mais plus particulièrement dans les batailles de première ligne où les enjeux sont les plus élevés.

Changer le système signifie :

•Laisser plus des deux tiers des réserves de combustibles fossiles dans le sol ou sous le plancher de l’océan, afin d’éviter des niveaux catastrophiques de dérèglements climatiques.

•Interdire toute nouvelle exploration et exploitation de pétrole, sables bitumineux, schistes bitumineux, charbon, uranium et gaz.

•Soutenir une transition juste pour les travailleurs et les communautés qui permette de sortir d’une économie basée sur l’usage des énergies fossiles vers des économies locales et résilientes basées sur la justice sociale, écologique et économique.

•Décentraliser la production et la propriété de l’énergie sous le contrôle des communautés locales et en utilisant des sources d’énergie renouvelables.

•Cesser de construire des grands projets d’infrastructures inutiles qui ne bénéficient pas à la population et qui sont des contributeurs nets en termes d’émissions de gaz à effet de serre, tels que les grands barrages, les autoroutes, les mega projets énergétiques, et les aéroports superflus.

•Mettre fin à la domination des formes industrielles basées sur l’exportation de la production alimentaire (y compris dans le secteur de l’élevage), et promouvoir des agricultures paysannes et agroécologiques de petite échelle, un système agricole qui assure la souveraineté alimentaire et qui fasse en sorte que les productions locales respectent les besoins nutritionnels et culturels des populations locales. Ces mesures permettront de lutter contre le réchauffement climatique.

•Adopter des approches Zéro Déchets à travers la promotion du recyclage complet et à travers des programmes de compostage qui mettent fin aux émissions de gaz à effets de serre provenant des incinérateurs – y compris les incinérateurs haute technologie de nouvelle génération – et des décharges.

•Stopper l’accaparement des terres et respecter les droits des petits agriculteurs, des paysans et des femmes. Reconnaître les droits collectifs des populations indigènes conformément à la déclaration de l’ONU sur le droit des peuples indigènes, y compris leurs droits à leurs terres et territoires.

•Développer des stratégies économiques qui créent des formes de « climate jobs » – des emplois décemment rémunérés qui contribuent directement à la réduction des émissions de gaz à effets de serre – dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, l’agriculture, les transports publics et la rénovation des bâtiments.

•Récupérer le contrôle des fonds publics pour financer des projets allant dans l’intérêt des populations et de la nature, en matière de santé, d’éducation, d’alimentation, d’emploi, de logement, de restauration des bassins hydriques, de conservation et de restauration des forêts et des écosystèmes, le tout en arrêtant de subventionner les industries polluantes, l’agro-business et l’industrie militaire.

•Retirer les voitures des routes par la construction d’infrastructures de transport public propres, adaptés aux sources d’énergies locales et renouvelables, tout en les rendant accessibles et abordables à tou-te-s.

•Promouvoir la production et la consommation locales de biens durables permettant de satisfaire les besoins fondamentaux des populations et éviter le transport des biens qui peuvent être produits localement.

•Mettre fin et inverser les accords de libre-échange et d’investissements négociés au profit du secteur privé qui promeuvent le commerce pour la recherche du profit, qui détruisent la force de travail, la nature et la capacité des nations à définir leurs propres politiques.

•Mettre fin à la capture par le secteur privé de l’économie et des ressources naturelles au profit des entreprises multinationales.

•Démanteler l’industrie et les infrastructures militaires dans le but de réduire les émissions de gaz à effets de serre, et de récupérer les budgets militaires pour promouvoir une paix véritable.

Avec ces mesures, nous serons en mesure d’obtenir le plein-emploi car, construit dans cette perspective de changement systémique, il y aura plus d’emplois de meilleure qualité pour tou-te-s que dans l’actuel système capitaliste. Avec ces mesures nous serons en mesure de bâtir une économie qui soit au service des populations et non des capitalistes. Nous mettrons ainsi fin à la dégradation sans fin de la terre, de l’air et de l’eau tout en préservant la santé des êtres humains et les cycles vitaux de la nature. Nous éviterons les migrations forcées et les millions de réfugiés climatiques.

Changer le système nécessite de mettre un terme à l’empire mondial qu’exercent les entreprises multinationales et les banques. Seule une société qui établit un modèle de contrôle démocratique sur les ressources, basé sur les droits des travailleurs (y compris migrants), des femmes et des populations indigènes, et qui respecte la souveraineté des populations, sera en mesure de garantir la justice économique, sociale et environnementale. Changer le système exige de briser le patriarcat dans le but de garantir les droits des femmes dans toutes les dimensions de l’existence. Le féminisme et l’écologie sont des éléments clefs de la nouvelle société pour laquelle nous nous battons.

Nous avons besoin d’un nouveau système qui vise l’harmonie entre les êtres humains et la nature et non pas d’un modèle de croissance infinie promu par le système capitaliste cherchant à accroître encore et encore les profits. La Terre-Mère et les ressources naturelles ne peuvent pas subvenir aux besoins de consommation et de production de cette société industrielle moderne. Nous avons besoin d’une nouveau système qui réponde aux besoins de la majorité, pas à ceux de la minorité. Nous avons besoin de redistribuer la richesse qui est à ce jour contrôlée par les 1%. Nous avons également besoin d’une nouvelle définition de ce qu’est le bien-être et la prospérité pour toute vie sur la planète qui tienne compte des limites de la Terre-Mère.

Alors qu’il y aura encore des batailles à l’intérieur des négociations de l’ONU sur le climat, les principales batailles à mener seront à l’extérieur et seront ancrées dans les lieux où des luttes de première importance se déroulent contre l’industrie des énergies fossiles, l’agriculture industrielle, la déforestation, la pollution industrielle, les systèmes de compensation carbone et les projets de compensation de type REDD, le tout impliquant l’accaparement des terres et de l’eau et des migrations partout sur la planète.

Les Etats-Unis, l’Union Européenne, le Japon, la Russie et les autres pays industrialisés, en tant que principaux et émetteurs historiques de carbone, doivent mettre en œuvre les plus importantes réductions d’émissions. La Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres économies émergentes, devraient également avoir des objectifs de réduction d’émissions basées sur les principes de responsabilités communes mais différenciées. Nous n’acceptons pas qu’au nom du droit au développement, plusieurs projets poursuivant une consommation et exploitation de la nature insoutenables soient promus dans des pays en développement et ce alors qu’ils profitent seulement aux 1 %.

La bataille pour un nouveau système est aussi celle contre les fausses solutions au changement climatique. Si nous ne les arrêtons pas, ils vont perturber le système terrestre et affecter profondément la santé de la nature et de toute vie sur terre. C’est pourquoi nous rejetons les pseudo-solutions technologiques que sont la géo-ingéniérie, les organismes génétiquement modifiés, les agrocarburants, l’usage industriel de la biomasse, la biologie synthétique, les nanotechnologies, la fracturation hydraulique (fracking), les projets nucléaires, l’utilisation des déchets comme source d’énergie à travers l’incinération, etc.

Nous nous opposons également aux propositions visant à étendre la marchandisation, la financiarisation et la privatisation des fonctions de la nature à travers ce qu’ils appellent « l’économie verte » qui cherche à établir un prix sur la nature et créer de nouveaux marchés dérivés qui vont seulement accroître les inégalités et accélérer la destruction de la nature. Nous ne pouvons pas confier l’avenir de la nature et de l’humanité dans les mains des mécanismes financiers et spéculatifs tels que le commerce du carbone et REDD. Nous nous faisons l’écho et amplifions les nombreuses voix qui exigent que l’Union Européenne mette fin à son marché carbone (EU ETS).

Les dispositifs REDD (Réduire les émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts), comme les Mécanismes de développement propre, n’est pas une solution au changement climatique et c’est une nouvelle forme de colonialisme. En défense des populations indigènes, des communautés locales et de l’environnement, nous rejetons REDD+ et l’accaparement des forêts, des terres agricoles, des sols, des mangroves, des algues marines et des océans de la planète qui agissent comme des puits à carbone. REDD et son expansion constituent une contre-réforme agraire mondiale qui pervertit et détourne la production alimentaire dans un processus d’agriculture du carbone appelé « agriculture intelligente face au climat ».

Nous devons relier les luttes sociales et environnementales, rassembler les populations rurales et urbaines, combiner les initiatives locales et globales afin que nous puissions nous unir dans une lutte commune. Nous devons utiliser toutes les diverses formes de résistance. Nous devons construire un mouvement qui s’appuie sur la vie quotidienne des populations qui garantisse la démocratie à tous les niveaux de la société.

De nombreuses propositions contiennent déjà des éléments clefs nécessaires pour bâtir de nouvelles alternatives qui fassent système. En voici quelques exemples : le Buen-vivir (le vivre-bien), la défense des communs, le respect des territoires indigènes et des aires protégées, les droits de la Terre-Mère – droits de la nature, la souveraineté alimentaire, la prospérité sans croissance, la déglobalisation, l’indice de bonheur, les devoirs envers et les droits des générations futures, l’accord des peuples de Cochabamba, etc.

Cela fait longtemps que nous espérons un autre monde. Aujourd’hui, nous prenons cet espoir et le transformons en courage, force et action car ensemble, nous pouvons changer le système. S’il doit y avoir un futur pour l’humanité, nous devons nous battre pour le faire advenir tout de suite.

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Signé par les organisations facilitatrices de l’Espace Climat

•Alliance of Progressive Labor, Philippines •Alternatives International •ATTAC France •Ecologistas en Acción •Environmental Rights Action, Nigeria •ETC Group •Fairwatch, Italy •Focus on the Global South •Global Campaign to Dismantle Corporate Power and end TNCs’ impunity •Global Forest Coalition •Grassroots Global Justice Alliance •Grupo de Reflexão e Apoio ao Processo do Fórum Social Mundial •Indigenous Environmental Network •La Via Campesina •No-REDD Africa Network •Migrants Rights International •OilWatch International •Polaris Institute •Transnational Institute

40 pesticides reconnus dangereux sont toujours autorisés ! Générations Futures Reporterre 2013/04/26 Générations Futures (26 avril 2013) 40 pesticides reconnus dangereux sont toujours autorisés !. Reporterre. Pesticides fr

40 pesticides reconnus dangereux sont toujours autorisés !

L’association Générations Futures dénonce, sur la base de données tangibles, des irrégularités graves qui ont permis le maintien au marché de plus de 40 pesticides dangereux qui devraient être interdits ou avoir des usages restreints !

Rappel des faits

Générations Futures a reçu récemment copie d’une lettre de l’ANSES – Agence nationale en charge des évaluations des pesticides - signée par son Directeur, et adressée à la Direction Générale de l’Alimentation chargée (par délégation du Ministre de l’Agriculture) de donner les Autorisations de mise sur le marché des pesticides.

Dans cette lettre, datée du 27 aout 2012, le Directeur de l’ANSES, réitère à l’attention de la DGAL certaines remarques et attire particulièrement l’attention de la DGAL sur certaines « anomalies » concernant un grand nombre d’AMM de pesticides (la liste présentée n’étant pas exhaustive).

Des irrégularités graves !

Après une vérification minutieuse des éléments contenus dans les tableaux annexés au courrier, notre association a constaté, et ce pour de nombreux pesticides, que la DGAL (1) a très rarement tenu compte des remarques faites par l’ANSES et notamment de ses avis défavorables ou favorables sous conditions concernant de nombreux pesticides (2).

Autrement dit : de très nombreux pesticides, ou usages de pesticides, restent autorisés alors qu’ils devraient, selon l’ANSES même, être interdits car non conformes aux exigences de la législation en vigueur !

Notre association attend naturellement des clarifications de la part du Ministère de l’Agriculture en charge des décisions d’AMM des pesticides.

« Face à cette situation scandaleuse, nous exhortons le Ministre à prendre les mesures qui s’imposent à savoir : la suspension ou le retrait immédiat de toute AMM pour laquelle une irrégularité ou une non-conformité, la publication intégrale de l’état des situations de non-conformité avec les exigences légales, la mise en place urgente d’une commission d’enquête parlementaire sur ce sujet précis des AMM de pesticides.

De même, nous demandons que les futures décisions soient données non plus uniquement par la ministre de l’Agriculture mais également par celui de l’Environnement et de la santé. » déclare F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

« Il est temps aujourd’hui de faire la transparence sur la gestion de ce dossier des AMM. Il en va de la protection des citoyens, des consommateurs, des agriculteurs et de notre environnement. » ajoute-t-il.

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Ajout

Le Ministre de l’Agriculture a réagi en fin de journée (23/04/13).

A noter que suite à la médiatisation de cette annonce, le Ministre de l’Agriculture s’est empressé de communiquer et exhorte à son tour la DGAL à faire toute la lumière, d’ici une semaine, sur les questions soulevées par notre association.

Par ailleurs, nous avons interpellé nos élus (Sénateurs et députés) pour qu’ils posent des questions au gouvernement sur ce dossier sensible des pesticides.

Débat sur l’énergie : les nucléaristes représentent plus de la moitié des délégués du patronat Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/04/26 Camille Martin (Reporterre) (26 avril 2013) Débat sur l’énergie : les nucléaristes représentent plus de la moitié des délégués du patronat. Reporterre. fr

Débat sur l’énergie : les nucléaristes représentent plus de la moitié des délégués du patronat

Le syndicat patronal français, le Medef, s’investit vigoureusement dans le débat national sur la transition énergétique. Comme le montre le document que publie Reporterre, les firmes du nucléaire trustent la représentation des entreprises dans les débats régionaux : Areva, EDF et RTE concentrent 65 % des délégués mobilisés par le Medef.

Si le débat sur la transition énergétique n’intéresse quasiment pas les Français, il est perçu comme un moment stratégique par le patronat. C’est en effet durant ces dizaines de réunions que se concrétiseront les idées qui seront gravées dans une loi à la fin de l’année, structurant durablement la politique énergétique du pays.

Et dès l’automne dernier, le Medef (Mouvement des entreprises de France) s’est organisé pour peser sur les débats et les orienter. S’est ainsi constitué un « Groupe miroir ‘Organisation du débat national sur la transition énergétique’ » pour structurer l’intervention patronale dans le débat. Dans une note diffusée en interne en novembre dernier, et que Reporterre publie aujourd’hui, la démarche patronale est clairement posée.

D’une part, en expliquant précisément à ses membres la façon dont se déroulerait le débat. Ensuite, en résumant les principaux enjeux : le patronat demande notamment la « préservation de l’économie nationale de l’énergie, la simplification des projets d’infrastructure, la stabilité des objectifs 2020 du Paquet Energie » et la stabilité du mix énergétique, c’est-à-dire de « capitaliser sur la situation actuelle » et de ne pas avoir d’« a priori contre une solution en particulier (nucléaire, gaz de schiste… ». L’obsession, exprimée ouvertement ou de manière indirecte est toujours de ne pas toucher à la prééminence de l’énergie nucléaire.

Cette obsession apparaît nettement dans la façon dont le Medef a préparé ses troupes pour participer aux débats qui auront lieu de chaque région. Si l’on analyse présentée dans les pages 16 et 17 du document « Mobilisation du MEDEF en vue des débats régionaux et locaux » que nous publions, on constate que sur les 229 représentants des entreprises, 66 sont envoyés par la seule firme Areva, et 68 par EDF et RTE (Réseau de transport d’électricité).

Liste de mobilisation pour débats en région :

Autrement dit, la représentation du patronat est trustée à 59 % par les firmes activement engagées dans la promotion de l’énergie nucléaire !

Les PME, les énergies nouvelles et le secteur de plus en plus important des économies d’énergie sont quasiment oubliées de la logique du Medef.

Voilà qui promet un débat équilibré et ouvert aux idées nouvelles…

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Note technique :

On a compté les représentants pour chaque région, en prenant pour la Picardie, le même nombre de délégués d’Areva que pour l’Ile-de-France. La mention est en effet ici imprécise. Si l’on excepte cette région en raison de cette imprécision, l’équilibre global ne change pas : Areva, EDF et RTE regroupent 56 % du nombre de délégués.

L’hydrogène : un espoir énergétique... lointain Sylvestre Huet (Libération) Reporterre 2013/04/26 Sylvestre Huet (Libération) (26 avril 2013) L’hydrogène : un espoir énergétique... lointain. Reporterre. fr

L’hydrogène : un espoir énergétique... lointain

Dans plusieurs régions du globe, l’hydrogène sort spontanément de la terre en grande quantité. La promesse d’une énergie inépuisable ? Peut-être, mais sa réalisation attendra.

L’hydrogène natif, une nouvelle source d’énergie ?

Lorsqu’ils sont partis, fin octobre 2010, vérifier les dires de leurs collègues russes, Alain Prinz­hofer et Eric Deville n’y croyaient pas. L’équipe de Nikolay Larin avait contacté la direction de l’Institut français du pétrole-énergies nouvelles (IFP-EN) –  où les deux chercheurs travaillaient sur un ­sujet controversé  : la Terre serait-elle une source d’hydrogène, ce gaz qui, combiné avec l’oxygène, fait tourner des moteurs de fusée en produisant de l’eau.

Nikolay Larin les appâte avec une annonce ébouriffante. Des flux d’hydrogène sortant de terre, dans la plaine russe, à 500 kilomètres au sud-est de Moscou. Des flux de « 40 000 m3 d’hydrogène par jour ». Emanant de ­sortes de « trous de sorcières », des dépressions circulaires d’environ un kilomètre de diamètre, « dont une centaine parsèment la région », explique Alain Prinzhofer.

Ce dernier – ancien chercheur à l’Institut de physique du globe de Paris, actuellement au service d’une petite société pétrolière au Brésil  – et Eric Deville penchaient pour une erreur de mesure  : l’hydrogène n’est en effet pas censé sortir ainsi de terre. Et surtout, le géologue russe sent… le soufre. Nikolay Larin soutient en effet une théorie inventée par son père Vladimir Larin, en totale contradiction avec celle enseignée à l’université, sur la formation de la Terre, il y a 4,56 milliards d’années. La sienne propose que de gigantesques quantités d’hydrogène ont été alors conservées à l’intérieur de la Terre. Et que l’hydrogène qu’il mesure en provient.

La pierre philosophale de l’énergie  ?

Aussi Alain Prinzhofer et Eric Deville se rendent-ils en Russie, munis d’instruments de ­mesure et de la conviction qu’ils vont démontrer que les Russes se trompent. Et là, surprise, les instruments confirment le flux d’hydrogène. La direction de l’IFP, qui observait depuis 2008 cette quête de l’hydrogène « natif » de la Terre avec un profond scepticisme, ont alors basculé. Et informé les journalistes que l’affaire était sérieuse.

Au point « d’évaluer l’intérêt technico-économique d’une production industrielle d’H2 naturel » qui « pourrait constituer une nouvelle source d’énergie durable […] propre, respectueuse de l’environnement, et bien répartie sur les différents continents ». Prinzhofer insiste, il s’agit d’une ressource « renouvelable, un flux et non un stock fossile comme le gaz ou le pétrole ». Bigre, la pierre philosophale de l’énergie  ?

Tous les discours sur la future « économie de l’hydrogène », tenus entre autres par Jeremy Rifkin (1), se heurtent à la même objection  : d’où tirer cet hydrogène, censé remplacer pétrole, gaz et charbon  ? L’industrie l’extrait du méthane, en produisant du dioxyde de carbone. L’eau en présente une réserve quasi infinie, mais séparer oxygène et hydrogène des ­molécules d’eau suppose beaucoup d’électricité. Centrales nucléaires, surplus de production de renouvelables (géothermie, éolien, solaire)…

Plusieurs hypothèses ont été caressées par les partisans de la « révolution hydrogène », où le précieux gaz n’est pas une source, mais un vecteur d’énergie. Aucune n’est apparue en capacité de hâter cette mutation.

Pourtant, la Terre peut produire de l’hydrogène. C’est même une histoire antique, puisque les anciens Grecs connaissaient les flammes permanentes qui s’échappent de trous du mont Chimère, en Turquie, alimentées surtout par un flux de méthane, mais aussi d’hydrogène. Depuis la fin des années 70, avec l’exploration des fonds sous-marins, les scientifiques savent qu’il en existe d’autres sources.

Jean-Luc Charlou et Yves Fouquet, géologues à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), ont multiplié lors des années 90 les missions sur les « dorsales océaniques », ces gigantesques lignes de fracture à partir desquelles se forment les planchers des océans. En 2002, ils ont ainsi publié la découverte d’intenses flux d’hydrogène émis par des « fumeurs noirs », cheminées d’où sortent des fluides hydrothermaux mêlés de gaz, sur la dorsale de l’Atlantique Nord (2).

Ces découvertes qui se multiplient posent deux questions, explique Eric Deville. D’où vient cet hydrogène  ? Et de tels flux existent-ils à terre, puisque l’on n’imagine guère aller exploiter une telle ressource au milieu des océans et sous deux à trois mille mètres d’eau  ? Les géologues de l’Ifremer ont montré que cet hydrogène sous-marin ne provenait pas de processus biologiques.

Valérie Beaumont (IFP-EN) partage ce point de vue, estimant que « dans ces roches, il y a de l’olivine qui contient du fer réduit. Il capte l’oxygène de l’eau qui circule dans les roches, il rouille avec l’oxygène et en sépare l’hydrogène ». Elle précise toutefois que « le débat scientifique continue sur l’origine de l’hydrogène des nouvelles sources identifiées par les Russes dont le processus de formation demeure en partie mystérieux ».

A part l’équipe russe de Larin, personne ne parie sur l’hypothèse d’un stock d’hydrogène enfoui depuis des milliards d’années, mais plutôt sur un processus de séparation de l’hydrogène à partir de molécules d’eau ou de gaz naturel. C’est d’ailleurs l’explication logique des « trous de sorcières ». Au fur et à mesure que les molécules d’eau se séparent en hydrogène et oxygène, il se forme une dépression dans le sol.

De l’hydrogène sort des cratons

A terre, il existe quelques sites où ont émergé des roches de même type que celles des fonds marins – des péridotites. L’équipe de l’IFP-EN a parcouru le monde pour vérifier qu’il s’en exhalait de l’hydrogène. « Dans le sultanat d’Oman, aux Philippines et dans la région de Prony, en Nouvelle-Calédonie », énumère Deville. S’il est resté si longtemps inaperçu, c’est qu’aussitôt émis, il se lie chimiquement, et disparaît en tant que gaz libre. Et aussi… « parce qu’on ne cherchait pas à le mesurer », précise le géologue.

Toutefois, l’idée qu’il y aurait là une ressource énergétique d’ampleur provient de la découverte des Russes, vite confirmée ailleurs, en Amérique ou en Afrique, qu’une autre sorte d’environnement géologique pouvait émettre de l’hydrogène en grande quantité.

Car le site russe n’a rien à voir avec les roches océaniques. C’est un « craton », précise Deville, autrement dit les parties les plus anciennes des continents et qui en représentent près de 50%. Surtout, dès que l’on s’est mis à chercher, « d’autres sites ont été découverts aux Etats-Unis [en Caroline du Nord, ndlr] et au Brésil », avance Prinzhofer.

Un agriculteur américain du Kansas, Donald Clarke, tente même d’utiliser un aquifère profond de 800 m qui se présente comme « un Perrier avec des bulles d’hydrogène », s’amuse Deville. Et au Mali, près de Bamako, un forage réalisé pour obtenir de l’eau est tombé sur un aquifère tellement chargé en hydrogène que la tête du puits en laisse échapper un flux.

Fracturer les roches et les drainer de leur gaz

Pour Prinzhofer, l’important, en termes de ressources, est qu’il s’agit d’une énergie « renouvelable », si l’hypothèse de la formation d’hydrogène par réaction chimique se confirme. Tant qu’il y a de l’eau qui circule, il y aura génération d’hydrogène. Mais comment le récu­pérer  ? L’idée simple d’une « cloche » au-dessus des zones d’émission n’a pas de sens, estime Deville, car « l’hydrogène ne s’y accumulera pas et sa séparation d’avec l’air n’est pas un problème ­trivial ».

Reste la solution d’aller le chercher dans le sol. Le plus simple serait de pomper des aquifères chargés en gaz. Et d’améliorer le rendement économique en combinant géothermie, récupération d’hydrogène… et d’hélium, un gaz utilisé dans la haute technologie et cher, qui lui semble souvent associé. Lorsqu’il n’y a pas d’aquifères, le problème se complique. Il faut imaginer fracturer les roches et les drainer de leur gaz.

Le slogan « hydrogène, énergie propre » pourrait en prendre un coup. Il faut savoir patience garder, comme le précise l’IFP-EN, « le chemin est encore long avant d’envisager une production industrielle d’ampleur ».

De son côté, le Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain (Lied) de l’université Denis-Diderot (Paris-VII) y croit si fort qu’une équipe mixte de sciences humaines et sociales (Gerald Bronner, Alain Gras) et de géologues planche déjà – via de la sociologie expérimentale  – sur l’imaginaire de l’hydrogène.

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Notes

(1) « L’Economie hydrogène », la Découverte, 2002.

(2) « Chemical Geology », 2002.

La ville à 30 km/h n’a que des avantages CarFree Reporterre 2013/04/26 CarFree (26 avril 2013) La ville à 30 km/h n’a que des avantages. Reporterre. fr

La ville à 30 km/h n’a que des avantages

Vous souhaitez voir votre ville passer à 30km/heure mais vous ne savez pas comment vous y prendre pour convaincre les habitants et surtout les élus. Voici un document pédagogique qui vous aidera à convaincre vos interlocuteurs que la ville 30 n’a que des avantages.

La ville à 30 km/heure, ce n’est pas une utopie, mais déjà une réalité dans de nombreuses villes françaises : Fontenay aux Roses, Sceaux, Clamart, Sèvres, Nogent sur Marne, Rungis, Fontainebleau, Bougival, Lorient, Aytré, etc.

Également, plusieurs villes ont le projet de passer en ville 30 : Montreuil (93), Angers (49), Auray (56), Rennes (35)…

Il faut le concéder, le terme de "ville 30" n’est pas forcément très explicite et peut laisser libre cours à toutes les interprétations. D’un autre coté, même une fois le concept expliqué, on ne peut couper aux réactions de comptoir : « mais on va aller moins vite ", « rouler à 30 c’est trop dur ", etc.

C’est pourquoi, l’association ville30.org a eu l’idée de créer un dépliant très pédagogique sur la ville 30. Son objectif est de mettre des images sur le concept : une ville 30 après tout n’est que le résultat de l’aménagement de chaque espace en fonction de ses usages. C’est donc le contraire du tout ou rien que certains croient ou veulent y voir.

Les principaux bénéfices de la ville 30 sont également rappelés (sécurité, convivialité, mobilité, limitation des nuisances, intérêt pour la collectivité, les commerces et les automobilistes). Enfin quelques idées reçues sont remises à leur place et la liste (non exhaustive) des villes 30 existantes et en projet est fournie pour rappeler que la ville 30 n’est pas une utopie mais une réalité.

L’Irlande plante un million d’arbres en une journée Courant Positif Reporterre 2013/04/27 Courant Positif (27 avril 2013) L’Irlande plante un million d’arbres en une journée. Reporterre. fr

L’Irlande plante un million d’arbres en une journée

L’organisation irlandaise One Million Trees in One Day devait planter 1 million d’arbres en l’espace de 24 heures le 26 avril. Pour relever ce challenge hors norme, les bras d’une armée de 10.000 volontaires répartis sur 32 comtés sont mobilisés. Estimé à 3 millions d’euros, le projet se finance grâce à la plus grande opération de crowdfunding environnemental jamais organisée en Irlande.

« Un matin il y a deux ans, je me suis dit ‘plantons un million d’arbres’ » confie en souriant Imogen Rabone, instigatrice et actuelle coordinatrice du projet One Million Trees in One Day. Ce qui n’était qu’un rêve en 2011 est aujourd’hui sur le point d’aboutir. Le 26 avril, quelque 10.000 volontaires devaient planter un million d’arbres à travers 32 comtés d’Irlande. 24 heures montre en main pour mettre en terre ce million de végétaux issus de plus de 30 espèces différentes.

« Cette opportunité de reproduire des forêts naturelles grâce à une large variété d’espèces bénéficiera aux populations locales à travers la pollinisation des cultures par les insectes, le développement de la faune et d’un cadre naturel ainsi que la fourniture de combustible pour les besoins énergétiques », explique Cillian Lohan, directeur de l’Irish National Forestry Foundation (INFF), partenaire du projet. A la clef également, la préservation de la qualité des sols et de l’air grâce à la captation de CO2 par les puits de carbone que sont les arbres.

Gestion durable et éducation

Imogen Rabone a su fédérer. Les arbres seront plantés sur deux mille sites dont des écoles et universités, chez des fermiers, mais aussi des propriétaires fonciers publics et privés. « L’idée essentielle est d’aller à la rencontre de communautés, écoles et fermiers et d’essayer de planter des arbres ensemble dans le respect de notre philosophie. C’est-à-dire d’utiliser la terre d’une manière durable qui satisfait les besoins des populations et crée des emplois » précise Cillian Lohan.

Une fois en terre, la croissance des arbres sera suivie et entretenue pendant 20 ans par des entreprises partenaires pour les grandes forêts et par les propriétaires des sols pour les futaies plus petites. Ces derniers sont d’ailleurs formés par One Million Trees in One Day à la gestion durable des forêts dans l’optique d’essaimer eux-mêmes ensuite ces techniques autour d’eux. Passées ces 20 années, les forêts seront protégées par le Forestry Act (loi forestière) qui favorise également la gestion durable.

Coopération volontaire de haut niveau

L’idée candide de 2011 s’est rapidement transformée en une organisation d’envergure qui ne doit rien à l’amateurisme. Outre l’INFF, cinq autres entreprises et fondations de taille spécialisées dans le bois collaborent au projet depuis ses débuts.

Mais le plus intéressant est ailleurs. Les deux années de recherche et développement écoulées, estimées à 1,5 million d’euros, n’ont rien coûté à l’organisation. L’expertise apportée par les différentes parties prenantes est le fruit d’une coopération entièrement volontaire. Mieux encore, certaines entreprises assureront également l’entretien des arbres de façon bénévole. « La force du projet c’est de faire grand avec peu grâce à la coopération de milliers de volontaires, d’entreprises et d’experts de haut niveau » souligne Imogen Rabone.

Crowdfunding historique

Pour financer l’achat des arbres, les organisateurs de ce « plantathon » misent là encore sur la participation du plus grand nombre, entreprises et particuliers. A ce jour, le projet représente la plus vaste opération de crowdfunding environnemental jamais organisée en Irlande.

Les dons seront matérialisés sur une carte numérique mise en ligne. Tout donateur pourra ainsi voir où sera planté l’arbre ou la parcelle qu’il a financée. Outre le don en ligne ouvert à tous, les Irlandais peuvent également verser une contribution via leur téléphone portable par l’envoi d’un simple SMS.

Le « pucage » obligatoire des brebis n’est plus obligatoire Confédération paysanne Reporterre 2013/04/27 Confédération paysanne (27 avril 2013) Le « pucage » obligatoire des brebis n’est plus obligatoire. Reporterre. fr

Le « pucage » obligatoire des brebis n’est plus obligatoire

Bonne nouvelle : le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a annoncé le report de la date d’obligation du puçage électronique des ovins. C’est une première victoire dans la lutte engagée depuis plusieurs années par nombre d’éleveurs.

Communiqué d’ELB (Euskal herriko Laborarien Batasuna), Confédération paysanne du Pays Basque

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé, au congrès de la Confédération paysanne à Nevers, le report de l’obligation de poser des boucles électroniques sur les brebis adultes.

Ces derniers mois, la colère des éleveurs de brebis se faisait de plus en plus forte sur cette obligation, qui devait prendre effet en juillet prochain, d’identifier les brebis avec des boucles faites d’une puce électronique. Ce qui engendre notamment un coût supplémentaire important pour les secteurs d’élevage ovin viande et lait, à l’heure où les charges augmentent fortement et que les revenus sont souvent inférieurs à la moitié du SMIC.

La contestation portait même au-delà de l’économique, parce que ce « puçage » est vu comme la fin du pastoralisme et du métier de berger traditionnel, pour entrer définitivement dans l’ère de l’automatisation et de l’industrialisation de l’élevage. L’argument de la traçabilité ne vaut pas pour justifier ce nouveau système puisque le système d’identification antérieur (deux boucles simples par animaux) garantit déjà amplement la traçabilité.

C’est par ce genre d’imposition, qui en entrainera d’autres, que l’élevage ovin est condamné à entrer dans la vis sans fin de l’industrialisation. L’annonce par le ministre de l’Agriculture de la fin de l’obligation de « pucer » l’ensemble des troupeaux avant fin 2014, permettra de soulager la pression de charges sur les éleveurs ovins, dans ces périodes économiques difficiles.

En Pays Basque, un collectif de bergers opposés au « puçage » obligatoire venait de se constituer. Les bergers qui ont lancé cette initiative se voient confortés dans leur revendication, même si la victoire n’est que partielle, puisque l’objectif du collectif tout comme du syndicat ELB est d’assouplir les obligations administratives tout en garantissant la traçabilité. En ce sens, il est impératif de mettre fin à l’obligation d’identification électronique des agneaux destinés à la boucherie, ainsi que de proposer seulement sur une base volontaire le puçage de l’ensemble du troupeau.

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Communiqué de la Confédération Paysanne Rhône-Alpes et PACA

Le 24 avril, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, répondant sur le bouclage électronique obligatoire des ovins et caprins, a annoncé aux paysans confédérés le report de la date butoir de "rebouclage" complet de tous les animaux adultes : avant cette annonce, ils auraient dû y être soumis dès le 1er juillet 2013.

Au-delà de l’opposition des éleveurs syndiqués Confédération Paysanne, la lutte opiniâtre des collectifs d’éleveurs un peu partout en France, comme lors de la lutte contre la vaccination obligatoire FCO, commence à porter ses fruits. Il faut noter en outre la plainte, pendante auprès de la Cour Européenne de Justice, de nos collègues éleveurs allemands contre cette mesure de l’UE.

Il ne nous a pas échappé que l’administration sanitaire française a plaidé ardemment contre ces éleveurs ; elle a aussi été une des premières à promouvoir l’adoption de cette mesure, avec l’enthousiasme benoît d’"élites" hexagonales moutonnières influentes.

Nous prenons acte de ce léger recul sur cette obligation qui n’améliore pas la traçabilité existante et contre laquelle Stéphane Le Foll, alors député européen, avait pris position en 2007. Notre mobilisation reste entière et nous persistons à réclamer, comme les collectifs d’éleveurs, l’abrogation de l’obligation de puçage électronique des petits ruminants.

Nous exigeons aussi l’abandon total des sanctions financières ahurissantes infligées aux récalcitrants. La ténacité a permis cette légère détente, rassemblons-nous pour en finir complètement avec ces obligations absurdes et inutiles dont sont exempts les éleveurs dans les quatorze pays de l’Union qui détiennent moins de 600 000 brebis ou 150 000 chèvres.

Murray Bookchin, pionnier de l’écologie politique Reporterre 2013/04/27 (27 avril 2013) Murray Bookchin, pionnier de l’écologie politique. Reporterre. fr

Murray Bookchin, pionnier de l’écologie politique

Pionnier de l’écologie politique, Murray Bookchin demeure malheureusement encore trop peu connu du grand public. Pourtant, l’homme a anticipé, dans les années 1950-60, des problèmes environnementaux et de santé très concrets. Mais il fut surtout un des premiers penseurs à intégrer la dimension sociale et politique à la question écologique et à envisager l’écologie comme levier d’opposition au capitalisme.

Père de l’écologie sociale, Bookchin partait du postulat que nos rapports de domination se transposent dans notre relation avec la nature. L’établissement d’une société écologique passe donc nécessairement par la résolution de nos problèmes sociaux. Reconnu comme l’un des derniers théoriciens de l’anarchisme, il a ainsi proposé de nouveaux modèles d’organisation sociale, que ce soit le municipalisme libertaire ou le communalisme.

Depuis sa mort, en 2006, aucun ouvrage couvrant l’ensemble de sa pensée ne lui avait été consacré dans l’espace francophone. Murray Bookchin et l’écologie sociale vient combler ce vide. Choisissant le mode de la biographie intellectuelle, Vincent Gerber croise les évé-nements biographiques de Bookchin avec l’évolution de sa pensée au fil du temps. Il offre ainsi une vue d’ensemble claire, synthétique mais aussi critique de l’écologie sociale, tout en analysant les thèmes qui traversent ce mouvement d’écologie radicale : décentralisation, démocratie directe, technologies et villes à échelle humaine, etc.

Car comme le dit l’auteur, « réactualiser Bookchin, c’est apporter des pistes de réflexion et des arguments aux débats et questionnements qui vont occuper nos sociétés durant les prochaines décennies ».

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Historien de formation, Vincent Gerber vit en Suisse et est le fondateur de la plateforme Internet Écologie sociale.ch, un portail francophone sur l’écologie sociale. Murray Bookchin et l’écologie sociale. Une biographie intellectuelle est son premier livre.

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Murray Bookchin et l’écologie sociale. Une biographie intellectuelle, Vincent Gerber Préface de Jean-François Filion, Ecosociété, 124 p., 17 euros.

Les boues rouges empoisonnent La Ciotat Françoise Degert (Mediapart) Reporterre 2013/04/29 Françoise Degert (Mediapart) (29 avril 2013) Les boues rouges empoisonnent La Ciotat. Reporterre. fr

Les boues rouges empoisonnent La Ciotat

La création du parc national des Calanques en mars 2012 a profondément divisé La Ciotat (Bouches-du-Rhône). La pression semblait retombée lorsqu’une poignée de Ciotadens découvrent que l’usine d’alumine de Gardanne déverse ses boues rouges dans la décharge du Mentaure.

Le secret était bien gardé même si l’ampleur du dépôt aurait fini par se voir, vu la noria de camions transportant ces déchets industriels dans la décharge d’ordures ménagères du Mentaure. Située à 270 mètres d’altitude, la décharge surplombe, d’un côté, La Ciotat et son réservoir d’eau, de l’autre, la ville de Cassis…

Involontairement, c’est la conférence de presse du 9 novembre 2012 organisée par les députés Verts européens, José Bové et Michèle Rivasi, qui a mis le feu aux poudres. Entourés d’associations écologistes et de journalistes, ils ont solennellement réclamé qu’il soit mis un terme au déversement de boues rouges… en mer, en 2013, soit deux ans avant le terme prévu (31 décembre 2015).

Mais pas un mot sur les boues rouges déversées sur terre. Représentant le comité écologique de La Ciotat, Béatrice de Crozet, qui fut à la pointe du combat contre le parc national, les informe que les boues rouges sont maintenant déversées sur la décharge du Mentaure, photos à l’appui. « Si les boues sont toxiques en mer, elles le sont aussi sur terre », dit-elle. Les écologistes pro-parc tombent des nues et les ennemis d’hier se sont alliés contre les boues rouges déversées sur terre et en mer. Dans la ville, plus personne n’ignore le problème, les élus et le parc national des calanques sont informés.

Fabrique du consentement

Briser le silence n’est pas une mince affaire, les poids lourds de l’industrie ont la manie du secret. Loin d’informer, les industries « communiquent », embellissent leur rôle, tordent le cou à la réalité. Et les pouvoirs publics leur emboîtent le pas. Le rejet des boues rouges dans la Méditerranée est un cas d’école.

Dans les années 60, l’usine Pechiney de Gardanne ne savait plus où déverser les boues rouges sur terre. Les sites de Mangegarri et d’Encorse étaient saturés. À l’époque, la production d’aluminium battait son plein. Pechiney a tout de suite proposé d’envoyer ses rejets en mer, un choix d’autant plus judicieux qu’il lui revenait… 15 fois moins cher.

L’établissement a facilement convaincu les politiques, y compris les communistes (1), du bienfait de son projet. Il y a bien eu quelques réticences du côté de la population, notamment des pêcheurs de Cassis et de La Ciotat. Pour apaiser leur colère, Pechiney a fait intervenir le commandant Cousteau dans les années 60 au côté de quelques scientifiques amis. Ce dernier n’a pas hésité à envoyer ses plongeurs dans les rejets pour faire croire à l’innocuité des boues rouges en mer (2).

Jusqu’au choix des mots, rien n’a été épargné pour la fabrique du consentement. Ainsi, pendant cinquante ans, Pechiney a systématiquement remplacé les « boues rouges » par la terminologie « rejets inertes ». Ce jeu sémantique a laissé des traces dans quelques esprits et perdure aujourd’hui. C’est le cas de Denise Bellan-Santini, l’autorité scientifique du parc national des calanques nommée par le préfet, qui ne voit que des « rejets inertes » en s’appuyant sur les conclusions du comité scientifique de suivi (CSS) (3).

Auto contrôle par l’industrie

Ce comité, créé par arrêté préfectoral (24 mai 1994) est toujours présidé par Jean-Claude Dauvin depuis sa création en 1995. Constitué de scientifiques et d’ingénieurs désignés par le préfet, il commande des études, fournit des rapports. Tous les frais sont financés par l’usine, conformément à la loi de 1976 sur les installations classées.

Son indépendance est régulièrement mise en cause, mais Henri Thomas, le directeur de l’usine ALTEO (autrefois Pechiney, puis Rio Tinto-Alcan), soutient l’impartialité de ses membres car « ils ne sont pas payés par l’usine. Seuls leurs frais de déplacement sont remboursés. Soit une dépense totale de 7 à 10 000€ par an ». En fait, le comité scientifique de suivi s’apparente à un véritable service environnement de l’établissement dont il a partagé les soubresauts jusqu’à son rachat par HIG, un fonds d’investissement américain.

Le comité applique strictement le cadre des études fixé par l’arrêté préfectoral. Il se charge de l’évaluation, l’inspecteur des installations classées vérifie ensuite que les normes ne sont pas dépassées. Les études portent essentiellement sur les rejets en mer. Pour les rejets sur terre, seule leur radioactivité est vérifiée.

Le comité a engagé quatre campagnes en mer. Le rapport de la dernière (2012) n’est toujours pas publié. Ses conclusions n’ont pas varié. Selon Jean-Claude Dauvin, il n’y a pas eu « d’évolution temporelle significative de l’écotoxicité » de 1997 à 2007, ni « de risques sanitaires liés à la consommation de poissons », pas davantage de « risque cumulé pour les éléments chimiques quantifiés », bref, il n’a « pas été possible (…) de mettre en évidence une incidence directe des résidus inertes sur les peuplements, pouvant traduire un effet toxique particulier » (communiqué de Jean-Claude Dauvin du 25/7/2012). Selon le comité scientifique de suivi, les boues rouges sont toujours des « résidus inertes ».

Silence de plomb

Cette affirmation est contredite par de nombreuses études scientifiques au protocole bien établi, pour être vérifiables par leurs pairs. Ce que l’on ne trouve pas dans les rapports du comité scientifique de suivi. L’usine détient ces études, mais seul le Comité scientifique de suivi y a accès, elles sont introuvables pour le public.

En voici quelques unes résumées. En 1991, des études commanditées par l’Ifremer (Toulon – La Seyne s/m) sur les rejets de l’usine Pechiney de Gardanne ont rapporté que « des échantillons d’effluent du traitement de la bauxite pouvaient induire des altérations dans le développement embryonnaire et dans la fécondation de l’oursin de mer Paracentrotus lividus ».

Dans une seconde phase, les chercheurs confirment la toxicité de l’effluent sur les embryons et le sperme des oursins. Une toxicité d’autant plus forte que les particules sont fines. Et les dommages provoqués par l’effluent se transmettent à la descendance.

En 1992, des expériences conduites par la même équipe démontrent la toxicité des boues à la sortie de l’usine et celles qui ont été accumulées au fond du canyon de Cassidaigne. « Cette toxicité se manifeste aussi bien sur le développement larvaire que sur la fécondation ».

En 1993, Creocean compile plusieurs études, dont celles de 1991 et 1992, qui démontrent la toxicité des boues. Le rapport est toujours « confidentiel », inaccessible. En 1994, une autre équipe de chercheurs fait une analyse spectrométrique de la composition des boues de Gardanne. Résultat : les boues constituent un cocktail de métaux lourds avec, par ordre décroissant, de l’aluminium, du fer, du chrome, du mercure....

« D’après ces données, le rejet sauvage des résidus de bauxite constitue un risque majeur pour l’environnement avec des conséquences néfastes sur les premières étapes de la vie… ».

À noter que l’une des dernières études scientifiques réalisée par plusieurs chercheurs du CNRS, en 2012, a disparu des écrans, même en la payant. Le résumé de « Deep-sea foraminifera from the Cassidaigne canyon : accessing the environmental impact of bauxite red mud disposal » n’apparaît qu’en partie (publiée dans le Marine Pollution Bulletin du 13 juillet 2012).

Comment justifier cette loi du silence ? Ces informations ne relèvent pas du secret Défense. Elles ne relèvent pas non plus du secret de fabrication. Les informations scientifiques occultées montrent les conséquences d’une activité sur l’environnement, le vivant, avec des supçons légitimes sur la santé des humains. Elles intéressent tout un chacun.

L’industrie et les pouvoirs publics n’admettent pas la controverse, c’est évident. Mais cette omertà pourrait bien être anti-constitutionnelle depuis que la Constitution inclut la Charte de l’environnement dont l’article 7 donne droit à « toute personne (…) d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques ».

Boues rouges et bauxaline® , même combat

Si les rejets en mer sont inquiétants, l’épandage des boues rouges sur terre l’est tout autant. Confronté à la fin des rejets en mer, ALTEO cherche de nouveaux débouchés aux résidus, sur terre ou dans les cavités souterraines de la région. Ses ingénieurs ont commencé par mettre au point un filtre-presse afin de diminuer le volume des boues rouges en les compactant. Il en sort des résidus secs appelés bauxaline®. Reste à « valoriser » cette bauxaline®, en clair, à s’en débarrasser.

Le site de Mangegarri est plein à craquer. La principale perspective réside dans les décharges d’ordures ménagères (appelées centres de stockage des déchets ultimes). La bauxaline® servirait alors « de couverture imperméable. Après avoir isolé les déchets de l’eau, il est possible de récupérer les biogaz. Cette technique a été mise au point avec l’État » assure Henri Thomas, le directeur d’ALTEO.

Les eaux rouges de ruissellement qui dévalaient le Mentaure lors des dernières pluies, les nuages de poussière rouge lorsque souffle le Mistral, ne plaident pour l’étanchéité. D’ailleurs, « l’usine a demandé aux exploitants de la décharge de recouvrir les boues rouges d’une couche de terre végétale. L’objectif est d’éviter la dispersion des particules fines par le vent » précise son directeur.

Autre perspective : intégrer la bauxaline® au béton ou en faire un matériau des travaux publics. Ce dernier point n’est pas encore envisagé par le SETRA dont les guides ne portent que sur les mâchefers et les laitiers sidérurgiques. « Il n’existe pas de guide ou projet de guide relatif aux résidus de bauxite dont la bauxaline® est extraite » (4).

Radioactivité dans l’air, métaux lourds dans l’eau

Or, les boues rouges, comme la bauxaline®, ne se contentent pas de concentrer une radioactivité supérieure à la radioactivité naturelle. Les Ciotadens en colère qui sont allés faire des relevés de radioactivité sur la décharge du Mentaure l’ont fait constater. Les boues contiennent également des métaux lourds toxiques. L’usine affirme qu’elles n’en recèleraient presque plus, ou à des doses infimes, grâce à leur lessivage.

Une étude de 2002, commanditée par la Commission européenne et le ministère du travail italien, porte sur les rejets de deux usines, à Gardanne et en Sardaigne. Les chercheurs se sont rendus sur place pour prélever des échantillons de poussières et de sol dans les terrains environnant l’usine.

Première analyse : les échantillons recèlent une forte teneur en aluminium, fer, manganèse, plomb, zinc. Deuxième test : mélangés à de l’eau de mer, les prélèvements ont eu un impact négatif sur le développement des embryons d’oursins et leur sperme. Les échantillons prélevés à l’Est de l’usine de Gardanne se sont avérés les plus toxiques, car ils se trouvaient sous les vents dominants.

L’affaire est d’autant plus sérieuse que les sols de la région sont calcaires, voire carrément karstiques. Ce qui veut dire que toute infiltration d’eau polluée atteint rapidement les sources, les rivières souterraines, voire les nappes phréatiques. Les métaux lourds de la bauxaline® suivront le même chemin, que ce soit sur les décharges d’ordures ménagères ou dans les carrières. (5) Il était même question d’entasser la bauxaline® dans les anciennes plâtrières de Roquevaire…

L’État au service des intérêts privés

Dans les conflits d’usage, l’État devrait normalement servir l’intérêt public.

Force est de constater que depuis les années 60, l’État a surtout servi les intérêts privés : en acceptant les rejets en mer au moindre coût (les effluents sont beaucoup moins taxés que les déchets), en se rangeant systématiquement du côté du comité scientifique de suivi, en cachant la vérité aux yeux du public, en se gardant les études sérieuses sous le sceau de la confidentialité…

Les questions au préfet, de la part de Ciotadens et de moi même, sont restées à ce jour sans réponse.

L’État a-t-il engagé de véritables recherches sur la toxicité de la bauxaline® ?

Y a-t-il eu une étude d’impact de la bauxaline® sur l’eau de surface et l’eau souterraine ?

Y a-t-il eu une étude d’impact sur la poussière ?

Cette collusion avec le groupe industriel n’a pas stimulé la recherche d’alternatives innovantes, et ce dès le début, au moment de la splendeur du groupe Pechiney… Aujourd’hui, ALTEO, comme toute l’industrie, est soumis à une forte pression des investisseurs financiers qui attendent le meilleur retour sur investissement.

Cette collusion État-industrie pèse à l’échelon local, notamment sur le parc national des calanques qui a brillé par son silence, tiraillé entre quelques dirigeants opposés aux boues rouges – Danielle Milon, sa présidente, Yves Lancelot, membre du conseil d’administration ancien directeur de recherches au CNRS, et Denise Bellan-Santini, dans la ligne du comité scientifique de suivi…

ALTEO bénéficie toutefois d’un soutien de poids : celui du député EELV François-Michel Lambert, « à fond dans l’économie circulaire » avec son institut largement financé par l’établissement… Autrement dit, à fond dans le recyclage de la bauxaline® dans les décharges, les carrières, les plâtrières, le bâtiment, les travaux publics… Sans aucune crainte pour l’environement en général, les humains et les générations futures en particulier. (6)

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Notes

1 – Je peux témoigner d’un dîner mémorable avec l’ancien sénateur maire communiste de Roquevaire, Léon David, qui soutenait le projet de déversement des boues rouges dans la mer au motif qu’il fallait préserver les emplois. Nous étions quatre, Léon et sa femme Agnés d’un côté, deux étudiantes dont moi, de l’autre. C’était en 1966. La discussion a semblé l’ébranler. Il a tout de même continué à soutenir le projet.

2 - « Pechiney a financé plusieurs études visant à prouver le faible impact des rejets. A Cassis les pêcheurs rigolent encore - avec une rage contenue - de la venue de Jacques-Yves Cousteau en 1966 avec la Calypso. Chargé par l’industriel d’apporter sa caution à I’autorisation de rejet, le commandant s’était beaucoup discrédité sur le port avec une démonstration publique où il versait des boues rouges dans un aquarium contenant quelques poissons marins, et concluait à I’innocuité des déchets, puisque les animaux semblaient n’avoir aucune réaction. Au même moment la Calypso effectuait les sondages préalables à I’installation du tuyau ». Par Robin des Bois, in « le Pastis de Pechiney », La Flèche, n°33, 1999. P2.

(3) Rapports du comité scientifique de suivi

(4) SETRA : service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements

(5) Sur les sols de la région, voir l’étude et la carte du BRGM

Plus simple : http://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/milieux-continentaux/eaux-souterraines/

(6) http://www.institut-economie-circulaire.fr/search/bauxaline/

Le gaspillage des terres se poursuit frénétiquement en Ile-de-France Ile de France Environnement et Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles Reporterre 2013/04/29 Ile de France Environnement et Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (29 avril 2013) Le gaspillage des terres se poursuit frénétiquement en Ile-de-France. Reporterre. Étalement urbain fr

Le gaspillage des terres se poursuit frénétiquement en Ile-de-France

Ecologistes et agriculteurs de la FNSEA sont unis - ce n’est pas banal - pour dénoncer la consommation rapide des terres agricoles en Ile-de-France, contraire à tous les discours.

Ile de France Environnement (IDFE) et les agriculteurs franciliens de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles dénoncent la consommation excessive des meilleures terres agricoles de notre région. Les environnementalistes et les agriculteurs sont solidaires et déterminés à défendre le patrimoine nourricier de notre région. La ville ne peut plus continuer à « dévorer » indéfiniment et sans restriction ses terres « alimentaires ».

Depuis vingt ans, selon le Schéma de Développement Régional de l’Ile de France (SDRIF 2013), notre région a perdu annuellement 1 900 ha de terres agricoles soit l’équivalent du département des Hauts de Seine en dix ans. Si ce rythme continue, un rapport publié en 2009 par Philippe Pointerau et Frédéric Coulon (Courrier de l’environnement de l’INRA n°57, pp109-120) indique qu’en 2050 la France, ayant perdu son indépendance alimentaire pour les produits courants, devra importer massivement des denrées agricoles.

La réduction de la consommation des terres est un objectif affiché du SDRIF 2013 qui va dans le bon sens. Mais cet objectif n’est ni convainquant, ni crédible, puisque l’Autorité environnementale évalue à 1 800 hectares par an jusqu’en 2030 la « perte » des territoires ruraux et naturels inscrite au SDRIF 2013 alors que la loi Grenelle impose de diviser par deux le rythme de consommation des espaces agricoles d’ici à 2020.

Des projets innombrables dans notre grande couronne francilienne vont consommer encore cette surface agricole utile pour : l’entraînement sportif du Paris St Germain (Ferme de Poult-en-Yvelines), l’aménagement économique des 400 hectares de la base aérienne de Brétigny, l’extension de l’Ecosite de Vert-le-Grand en Essonne, la création des Villages Natures d’Euro-Disney (500 ha), des installations de stockage des déchets de Claye-Souilly et des plateformes logistiques du Val Bréon en Seine-et-Marne, le golf et les centres commerciaux sur les 700 ha du Triangle de Gonesse et les terres agricoles autour de l’aéroport de Roissy dans le Val d’Oise… mais surtout par les zones d’urbanisation privilégiée autour des gares du « Grand Paris Express » censées limiter le bourgeonnement des lotissements de maisons individuelles autour des villages, bourgs et hameaux responsable de plus de 50 % de cette gabegie territoriale depuis 1994.

Sans une véritable sanctuarisation de ces terres pour l’alimentation francilienne via des Zones Agricoles Prioritaires ou des « Territoires Agricoles d’Intérêt Métropolitain », assortie d’une forte taxation des ventes de terres à destination autre que l’agriculture, cette boulimie ne s’arrêtera pas.

Les agriculteurs et les 380 associations d’IDFE demandent cette protection très renforcée des territoires agricoles et s’étonnent très fortement qu’aucun Contrat de développement territorial (CDT) n’ait été construit autour du développement agricole (horticulture, maraichage… et industries agro-alimentaires) alors que l’Ile-de-France est une région agricole très performante sur le plan végétal et possède les premières industries de transformations alimentaires de France.

Un Samu écolo pour détecter les pollutions Andrea Paracchini (Basta Mag) Reporterre 2013/04/29 Andrea Paracchini (Basta Mag) (29 avril 2013) Un Samu écolo pour détecter les pollutions. Reporterre. fr

Un Samu écolo pour détecter les pollutions

Une rivière pas très nette ? Une allergie suspecte ? Une présomption de pollution ? Besoin de rassurer ou de protéger la population ? Pas de panique, le « Samu de l’environnement » est là pour réaliser analyses et prélèvements. Ces laboratoires mobiles ont été lancés par un toxicologue en Alsace. Et ces camionnettes blanches gagnent d’autres régions. Avec l’idée de multiplier les « sentinelles de l’environnement » et de démocratiser les sciences. Reportage à Strasbourg.

Une camionnette blanche surmontée de deux gyrophares, garée le long d’un canal, à quelque pas d’une voie ferrée. Dans l’arrière du véhicule, un jeune homme en polaire blanche manie des éprouvettes. Un autre, chaussé d’une paire de bottes en caoutchouc, prélève des échantillons dans l’eau du canal. Non, il ne s’agit pas d’une équipe de la police scientifique sur une scène de crime. Mais d’une intervention d’urgence d’un nouveau genre : le « Samu de l’Environnement ».

Cette camionnette est un laboratoire mobile conçu pour permettre à une équipe d’experts d’intervenir dans un périmètre de 100 km autour de Strasbourg (Haut-Rhin) en cas de pollution présumée. Sur place, l’équipe réalise des analyses et donne rapidement des consignes aux riverains et aux éventuels secouristes.

Une idée testée au Kosovo

Lors de la fuite à l’usine Lubrizol de Rouen en janvier dernier, il a fallu attendre plus de 48h pour que des prélèvements soient réalisés. « A Strasbourg, nous aurions pu donner des informations beaucoup plus rapidement », estime le toxicologue Fariborz Livardjani.

L’inventeur du « Samu de l’environnement », c’est lui. L’idée a germé il y a presque vingt ans. A l’époque, ce jeune étudiant en toxicologie travaille aux urgences et au centre antipoison des hôpitaux de Strasbourg. Les appels sont nombreux, notamment à cause des pollutions des eaux du Rhin, mais les moyens d’y faire face sont limités et les procédures longues. « Il fallait que les médecins se déplacent, qu’on ramène des échantillons à analyser, raconte Fariborz Livardjani. Je me suis dit qu’on aurait eu besoin d’une unité mobile de toxicologie pour intervenir sur ce genre de cas ».

Une idée qu’il ne pourra concrétiser qu’en 2000... à quelques milliers de kilomètres de Strasbourg. « J’étais engagé dans une mission humanitaire au Kosovo pour le compte du Comité international de la Croix-Rouge, se souvient-il. Les réfugiés revenaient dans les villages à la fin du conflit et tombaient malades à cause de l’eau ». Trop compliqué de ramener chaque patient dans la capitale pour des analyses. Il trouve alors le budget pour aménager un véhicule à bord duquel sillonner le pays. « Au bout de trois mois, nous avions constaté une baisse de 70 % des pathologies liées à l’eau ». Ce laboratoire mobile de santé, qui existe toujours, va préfigurer le futur Samu (pour « service d’analyse mobile en urgence ») de l’environnement.

Du mercure dans l’eau à la pollution domestique

Le Samu de l’Environnement reçoit presque un appel par jour. Auparavant, tous les appels passaient par le centre antipoison de l’hôpital. Désormais, chaque élément – eau, air et sol – a son référent. Parfois, les personnes cherchent simplement à être rassurées. D’autres fois, il s’agit de prouver une pollution. « Dès qu’ils voient un poisson mort dans le fleuve, les gens pensent tout de suite à une pollution chimique, reconnait Simon Schalck, en charge de la cellule eau du Samu. Mais souvent ce n’est qu’un manque d’oxygène dû à trop de végétation dans l’eau ».

Pour trancher, le Samu de l’Environnement sort son artillerie : plusieurs mallettes différentes permettent de réaliser en une heure environ une batterie d’une centaine de tests. Toutes les pistes sont ainsi creusées afin de remonter à la cause de la pollution. « Certains de ces tests n’étaient pas dans le commerce, explique Fariborz Livardjani. C’est notamment le cas des détecteurs de substances à faibles quantités, soit le type de pollution qu’on rencontre le plus fréquemment dans l’environnement ». Quand le résultat du test est positif, le Samu lance l’alerte.

« Au départ, les forces de l’ordre étaient assez réticentes, avoue le toxicologue. Notamment les pompiers : ils ont été perturbés par notre arrivée. En revanche, avec la gendarmerie, les choses se passent plutôt bien depuis la signature en 2009 d’une convention avec la brigade spécialisée dans la pollution pour la mutualisation des moyens ». Les grandes opérations avec les gendarmes pour les graves pollutions dans le Rhin ne représentent néanmoins qu’une partie des activités du Samu.

Beaucoup d’appels viennent également des médecins traitants ou des médecins du travail, lorsque l’un des leurs patients présente des symptômes suspects. « La plupart du temps, c’est lié au mauvais usage des produits d’entretiens, des peintures ou des systèmes de ventilation », explique-t-il. Alerté par un médecin du travail suite à des hospitalisations, il vient par exemple de détecter une pollution de l’intérieur causée par la peinture dans un bureau du centre-ville.

Un modèle économique fragile

Au départ, le Samu de l’Environnement est financé par l’entreprise montée par Fariborz avec d’autres toxicologues. En 2008, le Samu se dote formellement d’un statut associatif avec son siège social à l’hôpital de Strasbourg. Si auparavant certaines interventions étaient facturées, depuis, elles sont gratuites. « Tout ce qu’on demande c’est d’adhérer à l’association : 10 € par an pour les particuliers, 40 € pour les entreprises de moins de 40 salariés et 80 € pour les autres », détaille son fondateur.

Ce qui incite les personnes à s’adresser au Samu, y compris pour enquêter sur des soupçons de pollutions moins évidentes, comme celles des sols. « C’est notamment le cas des particuliers, pour qui les bureaux d’études gonflent les devis car ils les considèrent comme une clientèle peu rentable », confie Simon.

L’association a toutefois du mal à atteindre l’équilibre. La plupart du matériel technique est un don des fabricants, mais malgré le soutien du maire de Strasbourg à l’époque de la création, le Samu ne touche plus de subventions. L’association essaie donc de vendre des prestations de diagnostic environnemental et de signer des contrats avec les collectivités publiques.

« Ce matin, nous avons fait du tout-terrain pour des analyses pour le compte de Voies Navigables de France, explique Frédéric Bossert, en charge de la cellule sol, en indiquant les pneus de la camionnette recouverts de boue. Mais nous négocions aussi un contrat avec une commune pour réaliser un état environnemental de ses jardins familiaux à chaque changement de locataire ».

Pour la Communauté urbaine de Strasbourg, le Samu a réalisé une étude sur les effets du salage hivernal sur les arbres en ville. « Nous n’avons pas de modèle économique, certes, mais nous travaillons beaucoup sur les partenariats », tient à préciser Fariborz Livardjani. Ainsi Simon et Frédéric travaillent à temps-plein pour le Samu tout en étant salariés en contrat de professionnalisation par deux structures partenaires : la Fédération du Haut-Rhin pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique et le Jardin de la Montagne Verte.

La première accueille aussi les laboratoires des analyses sur l’eau et sert de parking pour la camionnette, alors que la deuxième est le siège du laboratoire pour les analyses des sols. Une troisième personne est mise à disposition selon les besoins par Habitat Santé Environnement, un cabinet d’études spécialisé en pollution intérieure et qui abrite la cellule air du Samu de l’Environnement.

Des « sentinelles de l’environnement »

C’est de retour du terrain que nous rencontrons Fatima Riahi, directrice du Jardin de la Montagne Verte, un jardin d’insertion membre du réseau Cocagne. « Nous faisions de l’agriculture en biodynamie mais nous voulions aller plus loin », explique celle qui a poussé le docteur Liverdjani à créer une cellule sol au sein du Samu. L’association a réalisé un diagnostic de tous ses terrains et fait désormais régulièrement appel au Samu avant chaque nouvelle acquisition. « Grâce au Samu, l’un de nos adhérents a détecté du plomb dans ses terres ! ».

Fatima et Fariborz cherchent également à jeter des passerelles entre le Samu et l’insertion par l’activité économique. « En formant des personnes en insertion à l’utilisation de nos mallettes, nous pourrions créer des postes de "sentinelles de l’environnement" », explique Fariborz Livardjani. L’initiative est en bonne voie avec les gardes-pêche de la fédération.

« Nous en avons formé une centaine et leur avons mis à disposition quelques mallettes. Avant ils ne savaient même pas ce qu’était le PH (potentiel hydrogène, qui permet de mesurer le niveau d’acidité, ndlr). Aujourd’hui ils sont autonomes et peuvent déclencher des alertes beaucoup plus rapidement ». Dans le Bas-Rhin, une module de formation “sentinelle” est désormais inclus dans la formation pour devenir garde-pêche assermenté. Un aperçu du possible avenir du Samu de l’environnement et une manière de démocratiser les sciences de l’environnement.

Pour l’instant, l’objectif est d’étendre l’initiative au-delà des frontières de l’Alsace, où l’association compte 150 adhérents (dont la fédération de la pêche et ses 25 000 membres) et une quarantaine de bénévoles. Déjà d’autres antennes du Samu ont vu le jour, en Nord-Pas-de-Calais (2010), Centre (2011) et Bretagne (2013). « Chaque antenne est indépendante tout en faisant partie de la fédération nationale du Samu de l’Environnement, dont on partage la philosophie ».

Et le concept s’exporte même en dehors de l’Hexagone : une quatrième filiale du Samu vient d’ouvrir à Dakar (Sénégal), accueillie au sein de l’université. Assez pour que Fariborz Liverdjani puisse penser quitter son poste et revenir à sa passion de toujours, l’humanitaire, en laissant « son bébé » grandir tout seul.

30 avril ATTAC Par Julien villalard Reporterre 2013/04/29 Par Julien villalard (29 avril 2013) 30 avril ATTAC. Reporterre. fr

30 avril ATTAC

1 an après, sortir de l’impasse Construisons nos alternatives pour changer de cap Banquet débat - mardi 30 avril 2013 - 18h15 à Paris

Construisons nos alternatives pour changer de cap

Mardi 30 avril

De 18h15 à 22h30 à l’espace Reuilly

(21 rue Henard - 75012 Paris - métro Montgallet)

Entrée libre - réservation possible par mail : reservation30avril@attac.org

Une soirée organisée par Attac France en partenariat avec Médiapart, et les partenaires de l’Altersommet.

Près d’un an après l’élection présidentielle et à la veille du 1er mai, nous donnerons la parole à celles et ceux qui résistent, s’opposent, créent, inventent et proposent ici et dans le monde.

La soirée sera conviviale et festive autour de grandes tables de banquet. Une buvette bio sera accessible tout au long de la soirée. Des petites assiettes de produits bio seront servies à toutes celles et ceux qui le souhaitent au cours de l’intermède.

Programme des débats

18h15 : introduction par Verveine Angeli (porte-parole d’Attac France)

18h30 : social : de la résistance à l’offensive comment fait-on ?

Animé par Rachida El Azzouzi, Médiapart Avec : Rachel Silvera, économiste (Mage-CNRS) - Robert Crémieux, Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) - Ollvier Leberquier, syndicaliste de Fralib - entreprise en lutte (Gémenos, Bouches-du-Rhône) - Panos Angelopoulos, collectif de solidarité France-Grèce pour la Santé.

19h20 : écologie : des incantations à la transition, comment fait-on ?

Animé par Isabelle Bourboulon, journaliste indépendante Avec : Hervé Kempf, écrivain - Anna Bednik, Collectif ALDEAH et collectif francilien contre le gaz et le pétrole de schiste - Christian Pilichowski, secrétaire international de la Fédération CGT de la métallurgie - Geneviève Coiffard-Grosdoy, membre d’Attac et de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes).

20h10 : restauration et échanges autour des tables et de la buvette

20h45 : temps musical avec la Parisienne Libérée

21h : de Tunis à Athènes, le printemps des mouvements sociaux

Animé par Joseph Confavreux, Médiapart Avec : Myrto Bolota, coordination grecque de l’Altersommet, Solidarité pour Tous (Grèce), Russ Davis, Massachussetts Jobs with Justice (Etats-Unis) - Sara Rocha, Attac et Audit citoyen de la dette publique portugaise (Portugal), Messaoud Romdhani, membre du comité d’organisation du Forum social mondial de Tunis (Tunisie).

22h : conclusion par Thomas Coutrot (porte-parole d’Attac France)

L’autoroute « la plus chère de France » reste vide Olivier Razemon (lemonde.fr) Reporterre 2013/04/29 Olivier Razemon (lemonde.fr) (29 avril 2013) L’autoroute « la plus chère de France » reste vide. Reporterre. fr

L’autoroute « la plus chère de France » reste vide

Les images sont cruelles. Un double ruban d’asphalte complètement vide qui serpente à travers la Gascogne. La presse du sud-ouest n’est pas tendre avec l’A65, dite aussi « autoroute de Gascogne », qui fêtera son deuxième anniversaire dimanche 16 décembre. Le prix du péage serait responsable du fiasco. A 20,70€ le trajet, soit 13,80 centimes par kilomètre, l’A65 serait « la plus chère de France », peut-on lire dans le magazine en ligne L’Internaute à découvrir ici.

L’infrastructure de 150 kilomètres, qui relie Langon (Gironde) à Pau (Pyrénées-Atlantiques), est-elle coûteuse et inutile ? Voire « un produit de luxe » ? C’est ce qu’affirment plusieurs associations environnementalistes de la région, qui avaient combattu la construction de l’autoroute.

Des militants de ces groupements, qui répondent aux doux acronymes de Sepanso, Lea et ARLP, se postent régulièrement au bord de l’autoroute et comptent les voitures. Le 17 mai, à trois endroits différents, ils ont totalisé entre 3641 et 4287 véhicules en 24 heures, dans les deux sens. « On est bien loin des 20 000 véhicules par jour jugés nécessaires pour rentabiliser une autoroute, des 9200 espérés à l’ouverture ou même des très modestes 7600 prévus à l’annexe 1 du contrat de concession », affirme un communiqué des trois associations.

Comptages contradictoires. Olivier de Guinaumont, PDG d’A’liénor, l’entreprise privée (filiale d’Eiffage et de la SANEF) à laquelle a été concédée la construction et l’exploitation de l’ouvrage, ne compte pas de la même manière, tout en fustigeant les militants associatifs : « s’ils ont du temps à perdre pour compter les voitures... » Selon les chiffres d’A’liénor, 5700 véhicules empruntent chaque jour l’A65 mais, comme les automobilistes parcourent en moyenne la moitié de l’ouvrage, le responsable de la société table sur « 10 000 clients par jour ».

Les automobilistes bouderaient-ils moins l’A65 si le prix du péage était plus abordable ? M. de Guinaumont manifeste son désaccord. « Il est faux de dire que nous sommes les plus chers de France », affirme-t-il sans toutefois donner de chiffres. Pour lui, « une route n’est pas gratuite. Soit ce sont les utilisateurs qui la financent, soit ce sont les contribuables ». Le prix du péage a été fixé « pour attirer un maximum de monde tout en dépensant le moins possible d’argent public », précise-t-il. Enfin, le coût d’un service n’explique pas forcément des ventes décevantes : « On ne constate pas de corrélation entre l’évolution du trafic et le prix du péage », dit-il.

Mieux que les autres. Il n’empêche que, deux ans après le début de l’exploitation, M. de Guinaumont ne prétend plus que tous les clignotants sont au vert. « Il n’y a pas péril en la demeure, mais on est en-dessous de ce qu’on avait prévu ; la crise est passée par là », admet-il. Le patron se rassure en comparant « ses » chiffres avec ceux des autres autoroutes de la région, « qui perdent des clients alors que nous en gagnons ».

France nature environnement (FNE) conteste ce point de vue. En se basant sur le rapport financier du concessionnaire, l’organisme dénonce « une fréquentation surévaluée pour justifier des projets ruineux et nuisibles à l’environnement ».

Pour Denise Cassou, présidente de l’association Landes environnement attitude (la LEA suscitée), qui combat également la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse, c’est l’avenir même de l’autoroute qui est en jeu. « Si elle n’est pas assez rentable, une clause du contrat prévoit que les collectivités locales en auront la charge », indique-t-elle. Un tel scénario coûterait très cher à la région Aquitaine et à ses contribuables.

Vivement l’étalement urbain ! Le concessionnaire écarte d’un nouveau revers de main cette vision cauchemardesque. L’A65 n’a pas, selon lui, atteint le plein de ses capacités. « Nous avons gagné pour l’instant 70% du potentiel du trafic de véhicules légers et 50% de celui des poids-lourds », affirme M. de Guinaumont. En outre, « l’A65 génère de l’activité », poursuit-il. Après tout, si le besoin d’une autoroute ne semblait pas évident, il le deviendra.

A’Lienor mise sur les skieurs bordelais ou charentais, qui, grâce à l’autoroute, profitent davantage des Pyrénées et moins des Alpes. Le PDG espère « un développement des entreprises » dont les locaux de production sont situés le long du ruban autoroutier. Il compte aussi sur les ménages qui « font leur courses à 20 minutes de chez eux » et pourront « aller plus loin en moins longtemps ».

Enfin, l’autoroute devrait favoriser l’étalement pavillonnaire. « Des gens qui louent à Pau et n’ont pas les moyens d’acheter vont acquérir un terrain à bâtir plus loin et moins cher », affirme-t-il, en précisant qu’A’liénor est prêt à offrir à ces foyers un tarif préférentiel afin qu’ils empruntent l’autoroute pour aller travailler tous les matins. L’étalement urbain, dénoncé par tous les discours politiques depuis plusieurs décennies (voir les détails ici), demeure donc une opportunité pour les concessionnaires d’autoroute.

Dans dix ans... Notre Dame des Landes L’Asso à vélo Reporterre 2013/04/30 L’Asso à vélo (30 avril 2013) Dans dix ans... Notre Dame des Landes. Reporterre. Tribune — fr

Dans dix ans... Notre Dame des Landes

Mai 2023... déjà dix ans ! Euh, non... on se prépare à la Grande chaîne humaine du 11 mai.

Communiqué d’Anticipation - 12 avril 2023

Le 6 mai prochain, des cyclistes amateurs retrouveront le fameux parcours de 400 km en forme de lasso, dont la boucle finale entoure l’ancienne ZAD de Notre-Dame-des-Landes... ZAD comme Zone A Défendre il y a une dizaine d’années, et divisée par la suite en une « Zone d’Agriculture Durable », et une « Zone d’Accueil des nomaDes ».

Une seule construction publique domine ce paysage de bocage : un grand chalet en bois local, dressé à l’emplacement de la tour de contrôle du projet d’aéroport abandonné en 2013. On n’y contrôle pas le ciel, mais le sol, cet inconnu, qui livre les secrets de sa richesse dans un institut étudiant tout particulièrement les zones humides environnantes.

Les premières recherches menées dans ce laboratoire public ont bénéficié à l’espace agricole voisin : convenablement drainé et amendé, le sol de là-bas fournit des légumes bio qui alimentent notamment les enfants des cantines scolaires de la métropole de Nantes.

Quant au parc spécialement aménagé pour accueillir les gens du voyage, il s’agissait d’une première initiative pour favoriser le rapprochement de personnes itinérantes avec la population sédentaire d’un village, grâce notamment à un espace convivial partagé. Pari réussi. Il parait que certains soirs, le son des guitares y remplacerait avantageusement celui de réacteurs d’avions au décollage.

C’est donc le 10e anniversaire du premier « Lasso à vélo » qui, depuis Magny-les-Hameaux (78), avait rallié la grande chaine humaine du 11 mai 2013 (www.chaine-humaine-stop-aeroport.org). De l’ouest de Paris jusqu’à la boucle du lasso, ce périple est toujours ponctué par des accueils conviviaux à la ferme où dans des installations communales.

La tradition du « transport doux » s’y perpétue, associé au transport en commun à petite échelle, même s’il ne s’agit plus comme en 2013 pour chaque vélo-boy et vélo-girl, de mener l’assaut à vélo d’un grand projet aéroportuaire (Programme sur : www.lassoavelo.fr).

Précurseurs de la décroissance Par Julien villalard Reporterre 2013/04/30 Par Julien villalard (30 avril 2013) Précurseurs de la décroissance. Reporterre. fr

Précurseurs de la décroissance

Précurseurs de la décroissance, d’Épicure à Jacques Ellul

Serge Latouche présente sa lecture de Jacques Ellul

Attention : les portes du Shakirail ne seront ouvertes que de 18h45 à 19h45. Il est impossible d’entrer avant ou après.

Le Shakirail est un espace de travail artistique temporaire, comprenant des ateliers, des salles de répétition…

Une adhésion de soutien au lieu (entièrement gratuite) vous sera demandée à l’entrée.

La gauche du PS veut une « relance écologique et sociale » Maintenant la gauche Reporterre 2013/04/30 Maintenant la gauche (30 avril 2013) La gauche du PS veut une « relance écologique et sociale ». Reporterre. fr

La gauche du PS veut une « relance écologique et sociale »

Le « parti socialiste » bougerait-il sur sa gauche ? Celle-ci voudrait une « relance écologique et sociale ». Mais le mot « écologique » parait plus un alibi qu’autre chose : le texte montre que la Croissance reste l’obsession de cette gauche.

METTRE EN ŒUVRE UN PLAN DE RELANCE ECOLOGIQUE ET SOCIAL POUR LA FRANCE ET POUR L’EUROPE

Les gardiens du cercle de la raison s’étaient réjouis trop tôt. La stabilisation des marchés financiers à l’été 2012 n’a pas mis fin à la crise mais seulement fait temporairement baisser la fièvre. Elle continue de se développer et vient de franchir une nouvelle étape. Après le krach financier en 2008, puis la crise économique et sociale, voici venu le temps de la crise politique. Il fallait réellement vivre loin de la réalité, les yeux rivés sur les indices boursiers, pour ignorer que rien n’était réglé et que le pire restait à venir. Le plus étonnant réside dans le fait que la plupart des commentateurs et des décideurs n’ont pas pris la mesure de cette crise, 5 ans après son déclenchement, et semblent surpris que le mal continue de courir et de s’étendre.

Le résultat est que la crise financière menace déjà à nouveau, la croissance atone n’apportant pas de recettes budgétaires suffisantes et les peuples commençant à rejeter les mesures de rigueur financières, dont certaines frisent la spoliation. « Vous avez voulu éviter l’instabilité financière au prix de la stagnation économique. Vous avez la stagnation et vous aurez l’instabilité ! » aurait pu dire Churchill en cette période qui ressemble à un Munich économique et social au profit des marchés.

Dans une situation comparable, pendant la Grande Dépression des années 30, le Président des Etats-Unis, F.-D. Roosevelt, en s’affranchissant des dogmes libéraux pour mettre en œuvre le « New Deal », a sans doute sauvé la démocratie. Régulation draconienne des établissements et des marchés financiers, pour mettre un terme à la spéculation, à l’instabilité et pour financer la reprise1, dévaluation du dollar (de plus de 40%) et protection du marché intérieur (mise en œuvre du « Buy American Act » de 1933), réorganisation à la fois dirigiste et concertée de pans entiers de l’économie pouvant passer par un soutien des prix et par des accords de coopération, plan de relance massif fondé sur l’investissement et l’emploi au travers d’un programme de grands travaux, au service des besoins sociaux et écologiques et non de la seule demande solvable, défense résolue des salariés et des syndicats, création de la sécurité sociale américaine (1935) : autant de remises en cause de l’idéologie dominante tenant pour sacrés la concurrence, le libre-échange et l’absence d’intervention de l’État dans la fixation des prix et des salaires, l’initiative privée et le caractère purement contractuel des relations sociales, la minimisation des impôts et des dépenses publiques, l’équilibre budgétaire.

Un des principaux enseignements de cette expérience est qu’il fallut à Roosevelt mener une lutte acharnée pour triompher de cette pensée libérale. Contre les media, contrôlés par le « Big business », contre le droit existant et les juristes, en particulier de la Cour suprême, mais aussi contre lui-même. Initialement partisan de l’orthodoxie financière (il fit campagne en dénonçant les déficits budgétaires laissés par le Président Hoover), Roosevelt ne s’engagea réellement en faveur d’une augmentation des dépenses publiques qu’en lançant un second « New Deal », en 1935, après les résultats insuffisants du premier.

En 2013, nous sommes entravés par la même idéologie et les mêmes oppositions, y compris à l’intérieur de nous-mêmes en quelque sorte, tant nous demeurons dominés par un « surmoi libéral » qui remonte aux années 80 et à la première expérience de la gauche au pouvoir sous la Ve République. « Situation intenable, solutions impraticables » affirme le diagnostic général. C’est la tâche historique de la gauche, en ce début de XXIe siècle, de sortir la France et l’Europe de cette impasse, de trouver une autre voie pour la construction européenne que celle de l’ « ordo-libéralisme » allemand ou de l’économie (en rien) sociale du (tout) marché, qui se transforme en camisole de force pour les peuples. Pour cela, elle doit rompre avec une hiérarchie de priorités et une stratégie elle aussi héritées des années 80 (la désinflation compétitive), qui apparaissent avec le recul tout bonnement suicidaires, au sens propre comme figuré, comme l’ont montré le désastre électoral de 1993 et la fin tragique de Pierre Bérégovoy.

Il ne suffit pas d’attendre en apurant les finances publiques, sous l’œil toujours critique des marchés financiers, que la croissance veuille bien revenir, tels les Bretons du Moyen-Âge attendant le retour du roi Arthur. Il ne suffit pas de lui fixer rendez-vous à un horizon plus ou moins reculé ; il faut aller la chercher. La situation actuelle ne peut que s’enliser voire s’aggraver si la France ne prend pas les devants, comme elle le peut et comme elle le doit.

On ne peut pas non plus tout miser sur la compétitivité, dont l’amélioration ne produirait ses effets que sur la demande externe. Or, chaque pays européen s’étant lancé dans une stratégie similaire, les gains de chacun se font nécessairement au détriment du collectif, chaque excédent commercial produisant mécaniquement un déficit dans un autre pays. A force de comprimer les salaires et d’attaquer les conditions de travail, cette politique néo- mercantiliste ne produit que le dumping social et fiscal et ne conduit qu’à la régression de tous. L’Europe de la compétitivité généralisée ne peut être celle de la coopération et du progrès. Car il faut le rappeler : si l’Union est le premier ensemble commercial au monde et si la zone euro a une balance commerciale équilibrée c’est bien parce que la performance économique ne se réduit pas à la seule « compétitivité-coût ». C’est au contraire à l’aune de paramètres autrement plus subtils, notamment dans une économie développée comme la nôtre que se mesure son attractivité. A la compétitivité par la déflation salariale, nous opposons l’élargissement de l’offre productive, l’amélioration de la qualité et la ré-industrialisation par l’investissement

Lorsqu’on interroge les investisseurs étrangers en France - 20 000 sociétés étrangères sont implantées dans notre pays, où elles emploient deux millions de travailleurs (ce qui n’est pas mal pour un pays qui ferait fuir les « créateurs de richesse »4 ), ils indiquent qu’ils choisissent la France d’abord pour la qualité de la main d’œuvre5, de ses services et infrastructures publics : agir pour notre performance économique, c’est agir d’abord sur nos capacités productives (montée en gamme, transition écologique, utilité sociale) et sur nos infrastructures ; l’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche, étant autant de leviers pour une stratégie de croissance à moyen et long terme.

Mais cet effort resterait vain si, dès à présent, faute de consommation, bon nombre d’entreprises n’avaient pas de carnets de commande remplis, si faute de « planification » les industriels n’avaient aucune vision de l’avenir, et si faute d’anticipation ils n’étaient pas au rendez-vous d’une reprise française et internationale. Aussi nous proposons un tournant de la relance fondé sur 3 piliers :

- La relance de la consommation populaire : des mesures immédiates pour une reprise à court terme,

- La relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs soutenant la ré-industrialisation, pour un redressement à moyen terme

- Une réforme fiscale fondatrice, garante d’une croissance à long terme ;

Choisir cette voie constituerait évidemment un acte politique majeur en Europe. Prendre le tournant de la relance, c’est lancer un mouvement qui permettra à l’Europe de ne plus être l’ « homme malade », regardé avec commisération par les autres continents, de la croissance mondiale.

L’importance donnée à la relance de la consommation est justifiée au plan économique, de par la rapidité et la puissance de ses effets sur la production nationale, à rebours de certains

Dans cette perspective, nous nous proposons d’examiner ici un plan de relance de 43 Md d’euros, dont seulement 28 Md d’euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012.

Il s’appuierait à la fois sur l’investissement et la consommation, en donnant sans complexe la priorité à celle-ci (qui représenterait plus de la moitié des dépenses) car c’est la meilleure manière de faire face à l’urgence économique et sociale. Ce plan de relance comprendra une nouvelle stratégie industrielle impliquant une réorientation de l’abondante épargne des français vers la ré-industrialisation du pays. Ses effets bénéfiques sur la croissance à court terme, étayés par de nombreuses études qui montrent l’efficacité de la dépense publique en période de récession ou de quasi-récession (« multiplicateurs » plus élevés), mais aussi à long terme, par le renforcement de la productivité et de la compétitivité de notre économie, font qu’il serait largement autofinancé.

Nous ne traiterons pas de l’ensemble de la révolution fiscale qu’il faudrait engager dès 2013/2014 mais qui, comme nos propositions pour l’Europe, feront l’objet de publications spécifiques.

Insistons ici dès à présent sur la justification sociale mais aussi politique de cette stratégie. Il ne faut pas oublier que les classes populaires et moyennes souffrent depuis 10 ans et qu’elles ont choisi l’alternance avec beaucoup d’espoir. Pouvons-nous sérieusement les faire attendre encore ? Remettre à demain, et à un futur bien incertain, l’amélioration de leur condition repose sur une vision statique de l’économie ; il faudrait rétablir l’équilibre avant de repartir de l’avant, alors que c’est en avançant qu’on trouve son équilibre. Ce choix ferait courir le risque d’une rupture avec une base sociale sans laquelle aucune politique ne peut perdurer très longtemps. C’est bien parce qu’il y avait eu une première phase de relance que le peuple de gauche n’a pas brutalement rejeté Mitterrand et le pouvoir socialiste après le « tournant de la rigueur » ; c’est parce qu’il n’y a rien eu de tel, durant son second septennat, qu’il fut sanctionné si durement en 1993.

Relancer, c’est aussi préparer l’avenir, et en premier lieu celui de nos enfants - non pas en se fixant pour seul objectif de réduire la dette publique qu’on leur laissera à rembourser (ils hériteront aussi des infrastructures publiques que cette dette aura contribué à financer...), mais en leur laissant une économie dynamique et moderne. Cela exige de soutenir l’activité en temps utile pour éviter une spirale déflationniste, et d’investir pour préparer l’avenir, au lieu de céder à la tentation de la prudence et du rabougrissement. Les fameuses « générations futures » dont certains n’hésitent pas à s’autoproclamer les porte-parole, attendraient peut-être de nous, si elles pouvaient s’exprimer, un peu plus que des comptes impeccables. L’état des comptes est une donnée très aléatoire dans le temps qui dépend de la monnaie, des taux d’intérêt. La force de l’économie réelle, la qualité du cadre de vie, des services publics, un environnement préservé sont bien plus essentiels. Voilà ce que nous souhaitons transmettre à nos enfants et aux générations futures qui feront la France de demain.

Chez certains de nos voisins comme l’Allemagne, la faible natalité conduit aujourd’hui à épargner et accumuler des excédents, par anticipation de leur déclin démographique. La nôtre, bien supérieure, nous oblige à faire un effort particulier pour que notre descendance dispose des infrastructures matérielles et immatérielles nécessaires à sa productivité mais aussi son bien-être. Il appelle notamment de nouveaux types d’investissement, de nature écologique. Nos priorités doivent être, dans le même mouvement, de créer des emplois pour notre jeunesse et de garantir le niveau de vie de nos anciens en consolidant nos systèmes de retraite par répartition.

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Les Etats européens votent l’interdiction de pesticides dangereux Greenpeace Reporterre 2013/04/30 Greenpeace (30 avril 2013) Les Etats européens votent l’interdiction de pesticides dangereux. Reporterre. Pesticides fr

Les Etats européens votent l’interdiction de pesticides dangereux

Une majorité d’Etats européens ont décidé lundi d’interdire trois pesticides néonicotinoïdes dangereux pour les insectes pollinisateurs. Il reste à la Commission européenne à officialiser cette décision.

Une majorité simple d’Etats membres européens a voté lundi 29 avril en faveur de la proposition de la Commission européenne d’interdire pendant deux ans trois pesticides ayant une responsabilité dans le déclin des abeilles. Après trois tentatives avortées d’obtenir la majorité qualifiée des Etats membres, la commission a désormais le droit de mettre en œuvre cette interdiction dès qu’elle le souhaite.

« Tout plaide en faveur de cette interdiction : le soutien politique exprimé par le vote d’aujourd’hui, les preuves scientifiques et la vaste mobilisation citoyenne, déclare Anaïs Fourest, chargée de campagne agriculture durable à Greenpeace. La commission doit désormais tirer la seule conclusion possible : interdire immédiatement l’usage de ces pesticides. Cette interdiction constituerait un premier pas dans la bonne direction pour protéger les insectes pollinisateurs et ainsi la production alimentaire en Europe. »

Les trois pesticides concernés appartiennent à la famille des néonicotinoïdes. L’interdiction s’appliquerait à quatre types de cultures : le maïs, le colza, le tournesol et le coton.

Greenpeace demande l’interdiction sur l’ensemble des cultures agricoles d’autres pesticides dangereux pour les pollinisateurs : le fipronil, le chlorpyriphos, le cyperméthrine et la deltaméthrine.

L’accumulation des preuves scientifiques

L’imidaclopride et la clothianidine, fabriquées par l’allemand Bayer, et le thiaméthoxame fabriqué par le suisse Syngenta sont donc sur le point d’être interdits. En début d’année, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a souligné le danger que représentent ces trois néonicotinoïdes pour les abeilles, ce qui a incité la commission européenne à proposer une interdiction partielle.

« Syngenta et Bayer sont dans le déni des preuves scientifiques, poursuit Anaïs Fourest. Ils occultent totalement le rôle que jouent leurs produits dans le déclin des abeilles et pèsent de tout leur poids pour empêcher leur interdiction. Ce comportement irresponsable met en péril l’un des meilleurs alliés naturels des agriculteurs. »

Le 9 avril dernier, Greenpeace a publié un rapport) analysant les études scientifiques parues récemment dans les revues de référence sur les facteurs menaçant les abeilles. Cette littérature scientifique est sans appel : l’usage de certains pesticides, et notamment des néonicotinoïdes, joue un rôle dévastateur dans le déclin des abeilles. Ces pesticides sont l’un des facteurs permettant d’expliquer ce phénomène au même titre que certains parasites et maladies, le dérèglement climatique et certaines pratiques de l’agriculture industrielle.

Un modèle agricole à révolutionner

Il y a urgence à changer de modèle agricole. L’actuel modèle européen conduit les agriculteurs à détruire ou contaminer les avantages précieux que leur offre la nature. Le cadre européen ne leur laisse guère le choix.

« L’Union européenne doit augmenter les crédits en faveur de la recherche, du développement et de l’application de pratiques agricoles écologiques afin que les agriculteurs de toute l’Europe puissent choisir un modèle pérenne, sain et viable économiquement. » conclut Anaïs Fourest.

L’ex-conseiller de Christine Lagarde en examen. Il a fait modifier un tracé de LGV pour sa mère Yann Saint-Sernin (Sud Ouest) Reporterre 2013/05/01 Yann Saint-Sernin (Sud Ouest) (1er mai 2013 à 10h58,) L’ex-conseiller de Christine Lagarde en examen. Il a fait modifier un tracé de LGV pour sa mère. Reporterre. fr

L’ex-conseiller de Christine Lagarde en examen. Il a fait modifier un tracé de LGV pour sa mère

Un ancien collaborateur de Christine Lagarde, à l’époque ministre de l’Economie et aujourd’hui directrice du FMI, est soupçonné d’avoir œuvré pour modifier le tracé de la LGV, qui devait passer dans le jardin de sa mère

L’affaire du fuseau nord de la LGV d’Uchacq-et-Parentis (Landes) se corse pour l’ancien conseiller technique de Christine Lagarde, François-Gilles Egretier. L’ex-collaborateur du cabinet du ministère de l’Économie vient en effet d’être mis en examen pour prise illégale d’intérêt par le juge Renaud Van Ruymbeke, qui instruit l’affaire depuis l’hiver dernier.

C’est un dossier où l’amour filial d’un jeune haut fonctionnaire épouse le désarroi d’édiles de petites bourgades qui ont vu débouler un fuseau de ligne à grande vitesse, modifiant durablement l’urbanisme local. Le magistrat financier a estimé qu’il y avait à travers cette union sacrée des indices graves et concordants selon lesquels François-Gilles Egretier avait utilisé sa position de dépositaire d’une autorité publique pour s’arroger un avantage. En l’occurrence, la protection de son patrimoine familial.

François-Gilles Egretier

« Notre antenne parisienne »

Il y a trois ans, lorsque l’État et les collectivités valident le projet de fuseau LGV sur la petite commune d’Uchacq-et-Parentis, à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan, c’est la douche froide. Soixante maisons sont impactées. Dont cette demeure bourgeoise au lieu dit Lachinoy, propriété… de la mère de François-Gilles Egretier.

Quelques mois plus tard, RFF [Réseau ferré de France] revient sur sa décision et valide un tracé, 3 kilomètres plus au nord, épargnant notamment le jardin de Mme Egretier mais pas celui d’une quinzaine d’autres habitants, incrédules face à ce revirement. Au point de déposer une plainte, portée par l’avocat montois Me Adrien Ville.

Que s’est-il passé ? De manière involontaire et fort peu discrète, la gazette communale a en tout cas fourni une piste au magistrat pour conduire ses investigations. « Suite à l’intervention d’un habitant de la commune qui s’est rappelé aux bons soins de M. François Fillon, son cabinet répond faire suivre à M. Bussereau en lui demandant de procéder à un examen attentif de ce dossier », écrit le maire d’Uchacq-et-Parentis, Jean-Claude Lalagüe, en février 2010 au sujet du nouveau tracé, avant de conclure : « Merci à M. Egretier, notre antenne parisienne. »

De fait, le juge suspecte le jeune conseiller d’avoir transmis la motion proposant un nouveau tracé au cabinet de Dominique Bussereau. Mais aussi d’avoir obtenu, après une prise de contact avec le directeur de RFF, la tenue d’une réunion avec l’établissement public au cours de laquelle serait débattue la possibilité d’un nouveau tracé. Une réunion à laquelle aurait par ailleurs participé le conseiller de la ministre de l’Économie. Une ministre qui avait… la cotutelle de RFF.

« Même Mme Alliot-Marie »

Les échanges de mails entre Jean-Claude Lalagüe et François-Gilles Egretier (dont Sud Ouest avait révélé le contenu) colorent le dossier de façon truculente. « Je vais entrer en contact avec un de mes confrères au cabinet Bussereau pour piloter plus finement l’avancée du projet », écrit le conseiller technique ministériel au maire. De son côté, Jean-Claude Lalagüe prévient les autres élus : « À l’initiative de M. Egretier, rendez-vous à Paris, le 9 ou 10 février, avec M. Delion, le directeur de RFF, pour une matinée de travail. »

Joint par Sud Ouest il y a quelques mois, Me Bertrand Domenach (1), l’ancien avocat de François-Gilles Egretier, avait décrit son client comme porté par « l’amour filial », mais ayant agi de façon bénévole pour « un tracé impactant moins de monde » - ce qui est exact.

« Le tracé, c’est moi qui l’ai dessiné, il est bien meilleur pour la collectivité. Cette mise en examen est injuste, François-Gilles Egretier ne m’a servi que de boîte aux lettres », se désole Jean-Claude Lalagüe, estimant que « M. Egretier a peut-être voulu se donner une importance qu’il n’avait pas ». Pour preuve, selon lui, « même Michèle Alliot-Marie n’a pas pu faire bouger le fuseau du Pays basque ».

Autant de points à décharge qui pourraient également peser dans le destin judiciaire de François-Gilles Egretier.

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(1) Sollicité vendredi 26 avril et lundi 29, son nouvel avocat, Me Mickaël Haddad, nous a fait savoir par son secrétariat qu’il ne souhaitait pas donner suite.

Les promoteurs de l’aéroport de Notre Dame des Landes organisent des Assises de la biodiversité Assises de la biodiversité Reporterre 2013/05/01 Assises de la biodiversité (1er mai 2013 à 10h40,) Les promoteurs de l’aéroport de Notre Dame des Landes organisent des Assises de la biodiversité. Reporterre. fr

Les promoteurs de l’aéroport de Notre Dame des Landes organisent des Assises de la biodiversité

« La préservation de la biodiversité constitue l’une des priorités pour Nantes Métropole ». Les élus de celle-ci militent ardemment pour construire un aéroport détruisant 2000 hectates de biodiversité. Ils accueillent des « Assises de la biodiversité » à Nantes début juillet.

Associations, experts, élus, agents territoriaux, ONG représentants des entreprises... tous se mobilisent autour des grandes thématiques liées à la biodiversité, chaque année depuis 2011, durant les Assises Nationales de la Biodiversité. Acteurs engagés, vos contributions enrichissent les débats d’année en année : merci à tous ! C’est pourquoi, cette année encore, nous vous attendons pour continuer les efforts...

Nantes Métropole, le Département de Loire Atlantique et la Région des Pays de la Loire accueilleront, à « Nantes Capitale verte européenne 2013 », les 1er, 2 et 3 juillet prochains, les 3es Assises Nationales de la Biodiversité.

En effet, le Réseau IDEAL, IDEAL Connaissances et les Eco Maires, ont souhaité co-organiser cette 3e édition sur ce territoire, après les succès rencontrés précédemment à Pau d’abord puis à Grande-Synthe. Devenues en trois ans seulement un lieu incontournable de partage de savoir-faire, ces Assises confirment l’importance et l’urgence des réflexions et actions à mener sur ces questions stratégiques, avec l’ensemble des acteurs impliqués : Etat, collectivités, associations, industriels, citoyens…

La préservation de la biodiversité constitue l’une des priorités pour Nantes Métropole, le Département de Loire Atlantique et la Région des Pays de la Loire : coulées vertes ouvertes au public préfigurant les trames vertes et bleues, valorisation et protection de nos cours d’eau, zones humides, espaces naturels, agricoles ou zones Natura 2000, plan de conservations d’espèces protégées, plans de gestion de nos espaces remarquables…

Autant d’expériences à mutualiser alors que le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie lance cette année un vaste débat national pour préparer la loi-cadre sur la biodiversité créant notamment l’Agence Nationale de la Biodiversité. Cette 3e édition des Assises Nationales à Nantes constituera ainsi un point d’étape très attendu, avant l’adoption définitive de ce texte programmée en septembre 2013.

Nous vous convions à y participer très nombreux, et vous donnons donc rendez-vous du 1er au 3 juillet prochain au Centre des Congrès de Nantes où nous serons heureux de vous accueillir.

L’impossible procès Par Julien villalard Reporterre 2013/05/01 Par Julien villalard (1er mai 2013 à 11h06,) L’impossible procès. Reporterre. fr

L’impossible procès

Le 3 novembre 2015, un Boeing 747 s’est écrasé sur la centrale du Blayais...

« L’IMPOSSIBLE PROCÈS » EN TOURNÉE DU 21 AVRIL AU 27 MAI 2013

Les autorités nucléaires françaises le rappellent : un accident nucléaire pourrait très bien arriver en France. Quelles en seraient les conséquences, et comment mettre en cause les responsables en amont d’une catastrophe atomique ?

Telles sont les questions soulevées par la pièce de théâtre « L’impossible Procès ». Mise en scène par la compagnie Brut de Béton Production, elle sera prochainement en tournée avec le soutien du Réseau « Sortir du nucléaire ».

L’ACCIDENT

Dans la nuit du 3 novembre 2015, un Boeing 747 de la compagnie Royal Air Maroc immatriculé EI-­CSY, en provenance de Casablanca, vol AT 764, arrivée prévue à Paris Orly à 4h15, s’est écrasé sur la centrale nucléaire du Blayais, située sur la commune de Braud-et-Saint-­Louis, dans le département de la Gironde.

Il y avait à son bord 2 pilotes, 4 hôtesses, 140 passagers dont 2 bébés.

Il n’y a aucun survivant.

SUR SCÈNE, UN TRIBUNAL

Le Président (Patrick Gay-Bellile) mène les débats. Il y a la procureure (Véronique Pilia), l’avocat (Jean-Louis Debard) et le prévenu (Bruno Boussagol).

Une narratrice (Noémie Ladouce) intervient avant chaque acte pour commenter le procès et apporter les informations complémentaires nécessaires à la compréhension de l’histoire.

Le Président ouvre la séance : « Aujourd’hui, samedi 3 novembre 2018, nous jugeons, au nom du Peuple français, l’Industrie électronucléaire française, représentée ici par Monsieur le Très Haut Commissaire à l’Energie Nucléaire Civile, monsieur De Pressac François, Directeur Président du Très Haut Commissariat à l’Energie Nucléaire Civile, pour risque causé à autrui, non assistance à personne en danger, et homicide involontaire ».

Suivent 1h40 d’échanges argumentés (une dizaine de spécialistes se sont investis pour apporter des éléments scientifiques, romanesques et juridiques permettant d’étayer le texte rédigé par Jean-Louis Debard).

Après un entr’acte de 30mn, la séance reprend, mais dans la salle et avec des victimes, témoins et « experts » du nucléaire vivants dans la ville où a lieu le procès. C’est l’occasion de présenter les problématiques et/ou procès qui mobilisent les militants locaux. Les contributions recueillies durant la « tournée » seront publiées ultérieurement.

Ce procès est une tentative de mettre le théâtre au cœur du débat citoyen.

LA TOURNÉE du 20 avril au 28 mai 2013

L’IMPOSSIBLE PROCÈS a été créé à l’occasion des « Journées d’études du Réseau sortir du nucléaire » en novembre dernier à Clermont-Ferrand.

Présenté plusieurs fois, Clermont-Ferrand, Reims, il a clôturé la « Chaine humaine » du 9 mars à Paris.

Puis le tour de France de L’IMPOSSIBLE PROCÈS commencera le 21 avril à Strasbourg, invité par STOP FESSENHEIM, pour terminer le 28 mai à Clermont-Ferrand.

Voir les dates des représentations.

L’Impossible procès

RÉALISATION : BRUNO BOUSSAGOL TEXTE : JEAN-LOUIS DEBARD AVEC : NOÉMIE LADOUCE, VÉRONIQUE PILIA, PATRICK GAY-BELLILE, JEAN-LOUIS DEBARD ET BRUNO BOUSSAGOL ET LA PARTICIPATION DE : MARINETTE MINNE, CHRISTIANE THERR et JEAN-PIERRE MINNE

Revenu maximum autorisé : il faut en reparler ! Bizi ! Reporterre 2013/05/01 Bizi ! (1er mai 2013 à 08h41,) Revenu maximum autorisé : il faut en reparler !. Reporterre. Tribune — fr

Revenu maximum autorisé : il faut en reparler !

« Le nombre de jets privés atterrissant à l’aéroport de Biarritz a été multiplié par trois en quelques années »

Y’a des limites à tout !

Le mercredi 1er mai à Bayonne à 11 h 00, Bizi organise un défilé festif et revendicatif pour réclamer l’instauration d’un revenu maximum autorisé, et demander au mouvement social, syndical et aux partis politiques de s’emparer également de cette revendication à la fois sociale et écologique.

Nous entendons régulièrement les mêmes arguments pour défendre les Bernard Arnaud, Gérard Depardieu et autres personnes rechignant à voir leur richesse limitée par l’impôt : les fortunes qu’ils ont, ils les méritent de par leur talent ou leur travail.

Mais quel talent, quel travail, quelle prise de responsabilité, quel niveau d’étude peuvent venir justifier le fait qu’un être humain puisse consommer 10 000 fois plus de ressources de la planète que son voisin ?

Quelle carrière, quelles études, quel génie des affaires ou habileté sportive peuvent donner le droit de rejeter 10 000 fois plus de gaz à effet de serre ou d’autres types de déchets que son voisin ?

Le nombre de jets privés atterrissant à l’aéroport de Biarritz a été multiplié par trois en quelques années, transportant tel dirigeant du CAC40 ou tel oligarque russe (et bien sûr régulièrement Alain Afflelou et son Falcon 50 !), et 2 millions d’euros de travaux sont actuellement investis pour les accueillir dans des conditions plus luxueuses, dans l’espoir d’en attirer encore plus.

Déjà, voyager en avion représente un bilan très négatif en termes de gaz à effet de serre, mais voyager seul dans son propre avion est une aberration criminelle au regard du basculement climatique qui nous menace aujourd’hui ! Comment peut-on non seulement accepter de tels comportements, mais en plus les encourager ?

Tout n’est pas permis :

Il y a des lois qui interdisent de rouler à plus de 130 km à l’heure pour ne pas mettre en danger la vie d’autrui sur les routes. Pourquoi n’y aurait il pas de lois qui empêchent les gens d’avoir des niveaux de consommation et de pollution qui menacent les équilibres écologiques de notre planète et les équilibres sociaux de l’humanité ?

La revendication de revenu maximum autorisé doit nous servir à reposer les termes du débat global sur de bonnes bases, quant aux solutions à imaginer face à aux crises sociales, économiques, financières, écologiques et climatiques que nous avons aujourd’hui à affronter.

L’enjeu est central : il s’agit de réintroduire dans le débat public la légitimité et la nécessité de poser des limites à un système tout entier construit sur l’absence de limites : le capitalisme.

Un système qui promeut la démesure, l’accumulation, l’« illimitation », ne peut que nous emmener à la catastrophe. Nous devons dire "ça suffit" et commencer à poser des limites, comme on le fait dans l’éducation des enfants.

Suicide en Alsace d’un faucheur volontaire d’OGM Confédération paysanne d’Alsace Reporterre 2013/05/01 Confédération paysanne d’Alsace (1er mai 2013 à 11h23,) Suicide en Alsace d’un faucheur volontaire d’OGM. Reporterre. fr

Suicide en Alsace d’un faucheur volontaire d’OGM

Lundi 22 avril, Pierre Azelvandre a mis fin à ses jours. Il s’était vigoureusement battu contre les vignes transgéniques en Alsace.

Colmar, le 26 avril 2013

La Confédération paysanne d’Alsace et les Amis de la Confédération paysanne tiennent à honorer la mémoire de Pierre Azelvandre.

Pierre a été un des pionniers en Alsace à défendre la vie sous toutes ses formes contre la volonté humaine d’intervenir dans ses différents processus sans en mesurer la complexité, la globalité et la dangerosité.

Dans les années quatre-vingt, il fut un ardent formateur d’éducation populaire sur la réalité des organismes génétiquement modifiés.

Puis, dans les années quatre-vingt-dix, il contribua à ce que les mairies puissent informer les citoyens des parcelles où sont cultivés les organismes génétiquement modifiés.

Il introduisit, seul, un recours devant la cour de justice européenne, qui lui donna raison en 2007 en rendant obligatoire la publication de la situation des parcelles OGM. Mais cette décision ne changea rien. Il décida alors, en 2009, de détruire les plants de vigne de l’INRA de Colmar, s’inscrivant dans un large courant citoyen pour un débat sur les OG.M. Son geste fut repris l’année suivante par 60 Faucheurs venant des quatre coins de France.

Les pressions sur les éveilleurs de conscience qui posent des actes de désobéissance civile sont très fortes. Pierre s’inscrivait dans un mouvement de refus des OGM de plus en plus large.Il n’a plus supporté ces pressions, ce qui l’a conduit à mettre fin à ses jours.

Il rejoint ceux qui ont mis toute leur énergie dans la défense de la vie, aux dépens de leur propre vie, parmi lesquels Vital Michalon contre l’énergie nucléaire à Malville, ou Jean-Luc Tournaire contre la vaccination obligatoire contre la fièvre catarrhale ovine.

Que les cultures d’OGM soient abandonnées serait le plus bel hommage qui pourrait lui être rendu.

La Confédération paysanne d’’Alsace Les Amis de la Confédération paysanne Les Faucheurs Volontaires L’association Kerna ùn Sohma Le comité de soutien des Faucheurs de Colmar

Incroyable ! Des poissons unis peuvent manger les requins... Luigi Kiribati (Reporterre) Reporterre 2013/05/01 Luigi Kiribati (Reporterre) (1er mai 2013 à 22h50,) Incroyable ! Des poissons unis peuvent manger les requins.... Reporterre. fr

Incroyable ! Des poissons unis peuvent manger les requins...

En France, des défilés dispersés et désunis pour un triste 1e mai pluvieux...

Ben oui : ce qui fait la force des puissants, c’est qu’ils sont unis quand les petits poissons sont dispersés. Mais si les poissons s’unissent, comme le montre cette image, ils peuvent dévorer le requin.

« Uniti siamo forti », « Unis nous sommes forts », lit-on sur l’affiche en bas. Le regroupement des poissons a été fait à l’occasion d’un congrès syndical à Zürich en 2012. Voici la vidéo montrant la manoeuvre.

Tchernobyl : dix millions de personnes affectées par dépressions, angoisses et suicides Green Cross Reporterre 2013/05/02 Green Cross (2 mai 2013) Tchernobyl : dix millions de personnes affectées par dépressions, angoisses et suicides. Reporterre. fr

Tchernobyl : dix millions de personnes affectées par dépressions, angoisses et suicides

L’accident de Tchernobyl a aussi entraîné des séquelles neuropsychologiques durables touchant près de dix millions de personnes, selon des études scientifiques récentes.

Étude Green Cross sur les conséquences à long terme de la catastrophe du réacteur de Tchernobyl

Le 26 avril 1986, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl avait lieu, contaminant une vaste partie de l’Ukraine actuelle, de la Biélorussie, de la Moldavie ainsi que de la Russie. Outre l’exposition aux radiations et le risque de cancer qui en découle, cette catastrophe déclencha chez les personnes différents facteurs de stress sévères et chroniques. Sur le plan médical, les séquelles ont principalement des conséquences psychologiques telles qu’un stress psychique permanent, des troubles de stress post-traumatique, une santé fragile, qui se traduisent par de la dépression, des angoisses, et des idées suicidaires.

Ces chiffres sont le résultat de l’étude Green Cross menée en Russie, Biélorussie, Ukraine et Moldavie sous la houlette du professeur Jonathan M. Samet, directeur de l’Institut de Santé Globale à l’Université de Californie du Sud (USA), en collaboration avec des partenaires locaux.

27 ans après la catastrophe de Tchernobyl, les personnes concernées continuent d’en endurer les séquelles neuropsychologiques, qu’elles aient été ou non évacuées. D’un point de vue médical et de santé publique, ces séquelles demeurent considérables. Afin de mesurer les séquelles neuropsychologiques à long terme entraînées par la catastrophe de Tchernobyl, deux sources font foi : les résultats de recherches publiés dans la littérature scientifique, et les informations recueillies lors des débats organisés en mars 2011 à Kiev et en juillet 2012 à Bila Tserkva par l’Institut de sociologie international de Kiev (KIIS) avec des groupes de discussion composés, entre autres, d’habitants évacués ou non de Bila Tserkva.

10 millions de personnes sont affectées par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

En résumé, les groupes de discussion ont montré que la catastrophe de Tchernobyl a eu un impact sur la vie de l’ensemble des groupes d’habitants représentés (aussi bien les personnes évacuées que celles restées sur place). Même si les questions de santé étaient au centre des préoccupations, les participants aux groupes de discussion ont accueilli avec prudence voire méfiance l’aide mise à disposition.

Ils ont également exprimé leur inquiétude concernant la stigmatisation découlant de la stupeur créée par la catastrophe de Tchernobyl et de ses conséquences sur leurs enfants et petits-enfants.

Évaluer le nombre d’habitants concernés en fonction de l’étendue de l’exposition suite à la catastrophe nucléaire s’avère une tâche compliquée. L’accent a été mis sur l’exposition aux radiations, sans pour autant oublier les facteurs de stress résultant de cette catastrophe : évacuation, manque de nourriture, perte d’emploi, et stigmatisation. On a alors formulé la supposition que tous ces facteurs affectent des groupes différents, mais se recoupant.

Ainsi, certains ont pu être soumis au stress à cause de la perte de leur travail et de leur évacuation, bien qu’ayant échappé à une exposition considérable aux radiations. Les enfants nés après la catastrophe et dont les parents ont été évacués, risquent d’être stigmatisés et de subir la rigueur socio-économique. C’est pourquoi, il existe différents types de populations concernées avec différentes combinaisons d’exposition. En impliquant toutes les combinaisons d’exposition, les auteurs des études sur Tchernobyl arrivent à la conclusion qu’énormément de personnes sont concernées. La barre des 10 millions a ainsi été atteinte.

La présente étude Green Cross sur les conséquences neuropsychologiques de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl chez l’enfant, l’adulte et le travailleur montre des effets logiquement négatifs, rendant inutiles d’autres recherches dans ce sens. Parmi les autres conséquences sur la santé, la plupart des études relèvent un risque accru de maladies cardiovasculaires, de problèmes liés au sang et de malformations.

Introduction de méthodes de dépistage précoce d’idées suicidaires

Selon Maria Vitagliano, responsable du programme international de médecine sociale, les résultats des recherches de l’étude de Green Cross ont permis de lancer des mesures thérapeutiques et d’amélioration des conditions de vie de la population touchée.

« Dépression, angoisse et suicide sont des éléments critiques relevés chez les populations vivant dans les zones contaminées ou évacuées », explique Maria Vitagliano. « Nous mettons en place des méthodes de dépistage précoce d’idées suicidaires dans les clubs de familles et les camps thérapeutiques ainsi que des partenariats stratégiques avec les administrations locales pour la prise en charge des cas de dépression », précise-t-elle.

Les mesures nutritionnelles visant à réduire les radionucléides dans l’alimentation sont complétées par la mise à disposition de plus de vitamines et de minéraux pour la population. On a par exemple constaté que l’absorption d’acide folique réduisait les malformations du tube neural et que les déficits nutritionnels augmentaient le risque de problèmes liés au sang comme l’anémie. Pour combattre le problème de stigmatisation, les représentants Green Cross prennent contact avec les leaders d’opinion connus, comme les sportifs de familles concernées, pour changer ensemble la perception publique.

Démarche

L’étude regroupe principalement des études transversales en lien avec plusieurs études longitudinales. Dans une première étape 50 publications ont été examinées en tenant compte de leurs conclusions relatives aux angoisses, à la dépression, aux troubles de stress post-traumatiques (TSPT), au bien-être et à la cognition. Sur plus de 800 études concernant la catastrophe de Tchernobyl et des maladies diverses, 18 ont été retenues pour un contrôle plus approfondi.

Près de dix millions de personnes sont exposées de leur vivant à la pollution radioactive. À l’heure actuelle, les faibles retombées radioactives qui persistent parviennent dans les organismes via les aliments consommés au quotidien. Avec les programmes internationaux de médecine sociale et de désarmement, Green Cross Suisse s’engage pour la maîtrise des dommages consécutifs aux catastrophes industrielles et militaires, et celle des déchets toxiques datant de l’époque de la guerre froide.

L’amélioration de la qualité de vie des personnes contaminées chimiquement, irradiées et autres se situe au premier plan de notre action, de même que la promotion d’un développement durable allant dans le sens de la coopération plutôt que de la confrontation. Les objectifs de l’organisation environnementale certifiée ZEWO sont soutenus par le groupe parlementaire Green Cross. Il se compose de 32 Conseillers/Conseillères aux États et de 104 Conseillers/Conseillères nationaux de tous partis.

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Fondée par Mikhaïl Gorbatchev, Green Cross International (GCI) est une organisation non gouvernementale indépendante d’utilité publique qui s’efforce, en représentant les intérêts à un haut niveau et grâce à des projets locaux, de relever les défis mondiaux, liés entre eux, relatifs à la sécurité, au combat contre la pauvreté et à la dégradation de l’environnement. Sise à Genève, GCI entretient un réseau croissant d’organisations nationales dans plus de 30 pays.

Inf’OGM Par Julien villalard Reporterre 2013/05/02 Par Julien villalard (2 mai 2013) Inf’OGM. Reporterre. fr

Inf’OGM

Le nouveau numéro d’Inf’OGM, n°122, mai / juin 2013, est paru.

Présentation :

La France a adopté en 2012 un décret pour valoriser les filières agro-alimentaires qui excluent les OGM et notamment les produits issus d’animaux nourris sans OGM (comme la viande, les produits laitiers, etc.). Mais cet étiquetage est volontaire, et après dix mois d’existence, l’utilisation de cet étiquetage « sans OGM » reste très discrète dans les rayons des supermarchés. Pourquoi cette nouvelle législation n’a-t-elle pas fait encore évoluer le marché ? Quelques réponses dans ce nouveau numéro d’Inf’OGM...

Au niveau européen, Inf’OGM a analysé le programme GRACE, destiné à proposer des nouvelles méthodes pour l’évaluation sanitaire des plantes génétiquement modifiées (PGM). Constat : ce programme européen est piloté par des scientifiques connus pour avoir un fort penchant en faveur des OGM.

Ce mois-ci, la fiche technique est consacrée aux impacts des PGM [plantes génétiquement modifiées] sur la faune, cible, c’est-à-dire celle qui est visée par la protéine insecticide produite par la PGM, et non-cible, celle qui n’aurait pas dû être atteinte....

Enfin, nous vous proposons un décryptage d’un « cavalier législatif » qui s’est glissé dans la loi sur le budget états-unien, le fameux Monsanto Protection Act, et ce que dit le droit français sur la possibilité d’introduire de tels chevaux de Troie.

Sommaire :

- ETATS-UNIS - OGM : la justice aux ordres des multinationales semencières ?,

- Le risque biologique

- A qui profitent les OGM ?

- Tous cobayes ?

- Impacts des OGM sur la faune auxiliaire

- GRACE : un programme d’évaluation sanitaire des OGM sous influence ?

- Culture du soja non transgénique : stable, malgré l’étiquetage « sans OGM »

En Autriche, l’Arche de Noah transforme la conservation des semences en création politique Alter Echos Reporterre 2013/05/02 Alter Echos (2 mai 2013) En Autriche, l’Arche de Noah transforme la conservation des semences en création politique. Reporterre. fr

En Autriche, l’Arche de Noah transforme la conservation des semences en création politique

En Autriche, plus de 6 000 variétés de légumes rares et de céréales sont conservées par l’Arche de Noah. Cette organisation à but non lucratif, forte de 10 000 membres, mise sur le travail en réseau pour faire vivre la biodiversité cultivée.

Cet article a initialement été publié dans le Journal des rencontres internationales des maisons de semences qui se sont déroulées du 27 au 29 septembre 2012 à Boulazac (Dordogne) à l’initiative du Réseau Semences Paysannes, de Bio d’Aquitaine et de l’association BEDE.

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« Nous considérons les plantes comme nos partenaires et pas comme nos marchandises ». Beate Koller est coordinatrice de l’Arche de Noah, une organisation à but non lucratif en Autriche. Créée en 1990 à l’initiative de jardiniers, d’agriculteurs et de journalistes soucieux de l’avenir des semences et des variétés « anciennes », l’Arche de Noah rassemble aujourd’hui 10 000 membres. « On compte quelques centaines de paysans et plusieurs milliers de jardiniers », précise Beate.

Ces particuliers, agriculteurs ou jardiniers amateurs, conservent des semences dans leur jardin et leurs champs, et prennent soin des variétés menacées d’extinction. L’Arche encourage à la créativité dans la conservation, chacun est donc libre de laisser les variétés évoluer et s’adapter localement s’il le souhaite.

Plus de vingt ans après sa création, l’Arche de Noah possède aujourd’hui l’une des plus grandes banques de semences d’Europe avec plus de 6 000 variétés de légumes rares et de céréales. Afin de pouvoir observer et faire vivre une partie de cette richesse, un jardin situé à 150 km de Vienne et abritant environ 400 variétés, est ouvert aux visiteurs.

« Nous n’avons pas vocation à devenir une firme semencière »

Dès le début, l’organisation a fait le choix qu’une partie de son travail devait être financé par la vente des semences. Celles-ci sont donc commercialisées dans la boutique du jardin, sur les marchés où l’Arche de Noah est présente, et par la vente par correspondance. Un inventaire de toutes les variétés détenues par les membres de Arche de Noah et par sa banque de semences est réalisé chaque année.

Le catalogue qui en est issu, gratuit pour les membres, mentionne les variétés à conserver, les contacts des personnes qui les détiennent, des informations sur les endroits où les variétés sont cultivées et des données sur leurs intérêts. Les membres de l’organisation qui mettent leurs collections dans le catalogue reçoivent une « contribution » pour leur travail au moment de la vente des semences. Mais cette contribution financière ne correspond pas totalement à la valeur de la semence vendue, c’est-à-dire au coût de production [1]. Le travail de conservation réalisé par les membres demeure un service rendu.

La mise en réseau, une dimension essentielle

« Nous n’avons pas vocation à devenir une firme semencière, tient à préciser Beate. La biodiversité est un processus vivant qui repose sur une conservation dynamique et pas statique ». La mise en réseau est ainsi un aspect essentiel du travail de l’Arche de Noah.

Au-travers de formations, de séminaires et de publications, l’Arche invite ses membres à partager leurs connaissances et à échanger avec d’autres acteurs impliqués dans la préservation de la biodiversité cultivée. « Nous tenons des rencontres dans différentes régions où les gens se rendent, visitent, échangent. Nos formations sont également variées, certaines s’étalant sur une année complète, d’autres consistant en des ateliers cuisine où l’on apprend à transformer ses légumes pour l’hiver », relate Bate.

L’organisation dispose aussi d’un service technique et apporte réponses, soutien et conseils à ses membres dans le choix des variétés, la préservation des variétés rares, la culture, etc. Plusieurs livres recensant les expériences des adhérents ont également été édités.

Créateurs actifs politiques

De façon plus globale, un travail de conscientisation autour de la semence est mené par l’Arche de Noah, auprès des enfants notamment. « Beaucoup ne comprennent plus le lien entre les semences et leur vie de tous les jours, constate Beate. Nous essayons au quotidien d’enrichir et de renouveler le lien entre les producteurs et les consommateurs ».

Toutes ces activités s’appuient sur une large équipe comprenant de nombreux bénévoles. Si l’Arche de Noah bénéficie du soutien financier de fondations, ce sont essentiellement les cotisations et les dons qui la font vivre. « Ce qui guide notre travail, conclut Beate, c’est de voir en chacun de nos membres des créateurs actifs politiques ».

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Notes

[1] Arche de Noah, réseau de conservation dynamique

Allez, « Alternatives économiques », deviens toi aussi objecteur de croissance ! Jean Gadrey Reporterre 2013/05/02 Jean Gadrey (2 mai 2013) Allez, « Alternatives économiques », deviens toi aussi objecteur de croissance !. Reporterre. Tribune — fr

Allez, « Alternatives économiques », deviens toi aussi objecteur de croissance !

Bravo, Alter Eco, tu t’habitues à penser l’économie sans croissance. Mais à regret. Assume-le totalement, intègre sans barguigner l’écologie dans ton raisonnement, deviens, toi aussi, objecteur de croissance !

Au cours des dernières années, je me suis parfois arraché les rares cheveux qui me restent en lisant, dans mon mensuel économique préféré, qu’on avait impérativement besoin de retrouver une bonne croissance pour « en sortir ». Ce qui ne m’empêchait pas d’approuver tous leurs arguments contre l’austérité programmée nous menant à une récession socialement gravissime. D’où la divine surprise qui fut la mienne en découvrant coup sur coup deux livraisons remarquables.

D’abord, le gros dossier dont le titre fait la « une » du mensuel d’avril : « Vivre mieux sans croissance, 10 propositions ».

Ensuite ce hors série poche dont la superbe couverture n’est pas du greenwashing puisque le contenu est à la hauteur : « L’économie verte en trente questions ». En passant, cette idée du globe terrestre flottant dans les airs fait penser au fil directeur symbolique du remarquable documentaire de Marie-Monique Robin « Les moissons du futur », à voir absolument.

S’agissant de l’économie verte, j’ai eu l’occasion d’écrire que « cela peut être la meilleure ou la pire des choses du point de vue des perspectives du « bien vivre dans un monde soutenable ».

[Voir l’article écrit par Philippe Frémeaux pour Reporterre et présentant ce numéro]

Comme je crains qu’on m’accuse de passer la brosse à reluire à mes petits camarades d’Alternatives économiques, voire qu’on soupçonne des conflits d’intérêts (c’est d’actualité), je vais quand même me permettre une remarque amicalement perfide.

Le dossier du mensuel est ainsi présenté : « La croissance ne sera pas au rendez-vous en 2013 et elle RISQUE d’être durablement faible dans le futur. DU COUP, il faut réfléchir dès à présent aux politiques capables d’améliorer le bien-être des populations sans miser sur l’augmentation continue de la richesse monétaire. …[Il faut] FAIRE DE NÉCESSITÉ VERTU : ’MALGRÉ une croissance atone, il est possible d’améliorer le bien-être de la population. Pour cela, il faut apprendre à partager : le travail, les revenus, les biens’ ».

Je suis bien d’accord avec tout cela, et surtout avec la fin. Mais est-ce parce que la croissance « risque » d’être faible que, « du coup », il faudrait tenter de faire mieux avec moins, ou avec pas beaucoup plus ? Ne peut-on penser positivement (et non comme une sorte de rude contrainte externe) la fin du culte de la croissance salvatrice et du « toujours plus » ? Ne peut-on souhaiter que l’on organise politiquement au plus vite les « adieux à la croissance », au consumérisme et aux gains de productivité macro-économiques ? Faut-il « faire de nécessité vertu » ou bien la vertu (une sobriété matérielle pas triste) ne serait-elle pas recommandable dans tous les cas ?

Je chipote, je chipote. Après tout, on peut venir à l’objection de croissance par divers chemins, et celui de la vertu issue de la nécessité en vaut d’autres. C’est même ce qui a provoqué ma propre conversion au début des années 2000… Mais ce qui reste un peu curieux pour moi, c’est que la « nécessité » invoquée provienne de la panne de croissance, donc de variables économiques, et pas des seuils écologiques à hauts risques que nous avons déjà franchis, ou des « limites sociales de la croissance » (titre d’un superbe livre à venir, une traduction dont je reparlerai). Je fais l’hypothèse que, parmi les économistes qui vont se « convertir » - et il y en aura de plus en plus -, beaucoup le feront sur cette base. Au fond, c’est encore la croissance qui les secoue… quand elle n’est plus au rendez-vous.

Cinq fois plus de PCB dans le sang des Français que dans celui des Etats-Uniens Humanité et biodiversité Reporterre 2013/05/02 Humanité et biodiversité (2 mai 2013) Cinq fois plus de PCB dans le sang des Français que dans celui des Etats-Uniens. Reporterre. Pesticides fr

Cinq fois plus de PCB dans le sang des Français que dans celui des Etats-Uniens

Une analyse sanguine d’un large échantillon de la population montre une imprégnation notable en plusieurs pesticides et en PCB.

Les Français ont un taux d’imprégnation parmi les plus élevés, pour certains pesticides, comparé aux Américains ou aux Allemands. C’est ce que révèle une étude de l’Institut national de veille sanitaire (INVS), qui porte sur trois familles de pesticides et certains PCB [polychlorobiphényles]. Si l’alimentation est la première cause d’exposition, c’est surtout sur les usages domestiques que l’inVS met en garde. L’étude met en lumière que l’interdiction ou la restriction, au fil des années, de certains produits jugés trop toxiques, reste la seule voie pour diminuer l’exposition des individus et des écosystèmes.

La première place européenne de la France comme utilisatrice de pesticides se lit dans le corps des Français. L’institut national de veille sanitaire (inVS) a publié lundi 29 avril le second tome de son rapport consacré à l’« exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement », qui porte sur les pesticides et les PCB-NDL. Ce travail, qui s’inscrit dans le cadre du volet environnemental de l’étude nationale nutrition santé (ENNS), a été réalisé grâce à des analyses de sang, d’urine et de cheveux prélevées sur un échantillon représentatif de la population française en 2006-2007. Il reflète son imprégnation et son exposition chronique à des substances chimiques qui ont été ou sont toujours utilisées par le monde agricole et par les particuliers.

Les pyréthrinoïdes arrivent en tête des pesticides les plus utilisés et les plus fréquemment retrouvés tant dans les organismes que dans les logements. Les professionnels comme les particuliers en font un grand usage . Résultat : « Les concentrations urinaires de tous les métabolites [produits de dégradation mesures des pyréthrinoïdes étaient plus élevées que celles observées en Allemagne, au Canada et aux Etats-Unis », écrit l’inVS. La consommation de fruits et légumes est la source principale d’exposition, mais aussi l’ingestion de poussières contaminées pour les enfants et l’inhalation de l’air intérieur lors d’utilisation d’aérosols. Peu toxiques, les pyréthrinoïdes ont, en revanche, des effets perturbateurs sur le système endocrinien.

Les pesticides organophosphorés sont efficaces pour les insectes et les acariens. Leur usage s’est beaucoup réduit et a été très restreint au fil du temps. « Globalement, les concentrations urinaires de ces (…) métabolites (…) étaient en 2007 inférieures à celles de la population allemande (en 1998) mais supérieures à celles des Américains ou des Canadiens et similaires à celles de la population israélienne (pour les métabolites diméthylés) », écrit l’inVS. Tout en notant que des facteurs tels que l’âge et la corpulence semblent « influencer de façon importante les biomarqueurs urinaires », la proximité avec des vignes, ainsi que l’alimentation et l’usage d’insecticides dans le logement sont des facteurs importants d’exposition. Les animaux d’élevage sont également susceptibles d’être exposés, ces pesticides étant souvent utilisés pour désinfecter les bâtiments agricoles.

Viande et produits de la mer (qui ont une forte tendance à la bioaccumulation) sont deux voies d’exposition fortes. Un avis récent de l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] avait attiré l’attention sur les niveaux d’exposition élevés à deux pesticides de cette même famille -pyrimiphos-méthyl et chlorpyriphos-méthyl- détectés dans respectivement 20% et 13% des échantillons de céréales en France en 2010.

« Ces deux insecticides (autorisés pour le stockage des grains de céréales récoltés), très fréquemment détectés, pourraient également être associés aux niveaux d’imprégnation en métabolites diméthylés d’organophosphorés mis en évidence. Cette hypothèse est d’autant plus réaliste compte tenu de la forte consommation de produits céréaliers en France », écrit l’inVS.

L’intoxication chronique à ces substances peut conduire à des atteintes neurologiques et à une polyneutopathie. « Des effets sur la reproduction (toxicité testiculaire, malformations squelettiques dans la descendance d’animaux exposés) ont également été suggérés dans les études animales. Chez la femme enceinte, l’exposition aux organophosphorés ou à leurs métabolites a été associée à des perturbations ultérieures du développement de l’enfant », écrit l’inVS.

Concentration de DDT en baisse, mais attention aux chlorophénols

Les pesticides organochlorés ont été retrouvés en concentration relativement basses : « les concentrations sériques moyennes de DDT (insecticide efficace interdit en France depuis 1971) et de son métabolite le DDE dans la population française étaient voisines, voire plus faibles que celles signalées dans d’autres pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord, et encore plus nettement inférieures à celles observées dans les pays d’Asie. » Une situation qui s’explique par l’interdiction déjà ancienne de la plupart des composés chlorés. Néanmoins, l’usage de certains chlorophénols –utilisés comme biocides- pose question.

La concentration de deux d’entre eux -2,5-DCP et 2,4-DCP- est respectivement 10 et 2 à 3 fois supérieure à celles observées dans la population générale allemande. Si l’un d’entre eux a été interdit en 2009, notamment comme désodorisant ou antimite, l’autre se retrouve lors du traitement de l’eau potable par le chlore. « Les chlorophénols peuvent être formés lors de la chloration de l’eau destinée à la consommation humaine et au cours des opérations de blanchiment de la pâte à papier. Ils sont produits également par la dégradation de pesticides dans le sol. La plupart des chlorophénols se retrouvent alors dans l’eau. » Les effets sanitaires de ces chlorophénols dépendent de leur degré de chloration.

Enfin, pour les PCB-NDL –pour polycholorobiphényles dit "non dioxin-like" – dont l’utilisation fut interdite en 1987, sa concentration sérique a été divisée environ par trois en 20 ans. Néanmoins, il reste qu’environ « 13 % des femmes en âge de procréer (18-45 ans) et moins d’1% des autres adultes avaient en 2007 une concentration de PCB totaux supérieure aux seuils critiques proposés par l’Anses (700 ng/g de lipides pour les femmes en âge de procréer et 1 800 ng/g lip. pour les autres adultes) », note l’institut. Un ordre de grandeur identique aux concentrations observées dans d’autres pays d’Europe - bien que le plus souvent un peu supérieures- et en moyenne environ cinq fois plus élevés que ceux des populations d’Amérique du Nord (où la réglementation et le régime alimentaire diffèrent).

L’inVS conclut sur l’efficacité des mesures d’interdiction et de restriction d’usage pour les pesticides organochlorés. Il appelle à porter « une attention particulière (…) aux pesticides organophosphorés et aux pyréthrinoïdes pour lesquels les niveaux français semblent être parmi les plus élevés en référence à des pays comparables. »

Le Parti de gauche déplore la disparition des pages Planète du journal Le Monde Parti de Gauche Reporterre 2013/05/02 Parti de Gauche (2 mai 2013) Le Parti de gauche déplore la disparition des pages Planète du journal Le Monde. Reporterre. fr

Le Parti de gauche déplore la disparition des pages Planète du journal Le Monde

Quand le journal Le Monde applique le « choc de simplification » aux pages Planète

Sous couvert de « réorganisation interne » et de « simplification », le journal dit de référence vient donc de décider soudainement de rétrograder le service Planète qui ne sera plus qu’un pôle rattaché au service International. L’environnement sera désormais traité à travers le prisme de l’économie ou de l’Europe et ne sera plus représenté à la conférence rédactionnelle du quotidien.

Nous le regrettons. Même si la ligne rédactionnelle des pages Planète, il faut le dire, suivait hélas la même pente de bon ton institutionnel et socio-libéral que son journal, traitant certes et bien des problèmes d’environnement dans le monde, mais peu des alternatives concrètes en France, sans même parler de luttes et résistances citoyennes.

La chronique Écologie, qui fut la seule à tenir le compte de ces sujets, subsiste néanmoins. C’est une bonne nouvelle.

Nous en appelons toutefois à la vigilance : gardons en tête le précédent déplorable du New York Times dont la thématique environnementale a totalement disparu. Nous espérons que résistera un ilot d’écologie politique dans cet océan « de révérence » qu’est devenu Le Monde.

Le Parti de Gauche, plus que jamais, en profite pour souligner l’importance croissante des médias alternatifs et indépendants. Il apporte tout son soutien aux journalistes qui refusent de voir leur métier se plier aux diktats de la bien-pensance des puissants.

658 000 arbres rasés pour le projet d’aéroport d’Istanbul Caroline Albert (7sur7) Reporterre 2013/05/03 Caroline Albert (7sur7) (3 mai 2013) 658 000 arbres rasés pour le projet d’aéroport d’Istanbul. Reporterre. fr

658 000 arbres rasés pour le projet d’aéroport d’Istanbul

Istanbul envisage de construire un troisième aéroport dans le nord de la ville, à proximité du lac Terkos près de la mer Noire. Celui-ci comportera six pistes et une capacité annuelle de 150 millions de passagers, selon Binali Yildirim, ministre des Transports. Un désastre écologique puisqu’il engendrera la destruction d’une forêt vierge ancienne et l’abattage de pas moins de 658.000 arbres.

Cet aéroport sera capable de dépasser le débit des passagers des plus grands aéroports existants, il deviendra donc un lieu de passage majeur. Seulement, un rapport du ministère de l’Environnement critique ce projet dont l’impact environnemental engendrera la mort d’un demi-million d’arbres, couvrant dix espèces différentes.

Le site comprend une végétation dense qui agit comme un puits de carbone naturel pour la ville d’Istanbul. Le développement de l’aéroport et la déforestation qui y sera associée vont interrompre ce cycle naturel et va augmenter considérablement la pollution atmosphérique régionale. C’est que les forêts tirent du CO2 de l’atmosphère dans le cadre de la photosynthèse et permettent donc de nettoyer une partie de la pollution atmosphérique.

La déforestation à grande échelle détruit ce stockage naturel du carbone et libère des quantités anormales de CO2 dans l’atmosphère. Le rapport ajoute que la construction de cet aéroport causera des dommages irréversibles sur la forêt et les écosystèmes aquatiques de la région.

« La zone prévue pour le projet compte 7.650 hectares alors que la superficie forestière est de 6.172 hectares. 1.180 hectares y sont utilisés pour l’exploitation minière, 660 hectares constituent un lac, 236 hectares sont consacrés au pâturage et 60 hectares sont réservés à des activités agricoles. Il y a 2.513.341 arbres dans la région : des pins maritimes, des pins parasol, des pins noirs, des pins de Calabre, des chênes, des charmes, des frênes, des tilleuls, des érables et de cèdres ».

Le rapport indique qu’il existe 70 espèces animales vivant dans la forêt, et avertit que l’aménagement proposé va détruire la végétation et les caractéristiques naturelles de la région. Sans oublier l’augmentation de la circulation et l’urbanisation autour de l’aéroport qui vont engendrer pollution et perte d’habitat.

Istanbul dispose déjà de deux aéroports internationaux : Ataturk sur la rive européenne (37 millions de passagers annuels) et Sabiha Gokcen à l’Est (13 millions de passagers annuels).

Les réacteurs en Turquie achètent le silence de la France sur le génocide arménien Observatoire du nucléaire Reporterre 2013/05/03 Observatoire du nucléaire (3 mai 2013) Les réacteurs en Turquie achètent le silence de la France sur le génocide arménien. Reporterre. Tribune — fr

Les réacteurs en Turquie achètent le silence de la France sur le génocide arménien

La Turquie signe vendredi 3 mai un accord Areva et Mitsubishi pour l’étude et la future construction de quatre réacteurs Atmea. On ne saurait oublier le volet politique de cette transaction.

En annonçant la commande de quatre réacteur à Areva (et son partenaire japonais Mitsubishi), les autorités turques n’ont pas rendu hommage à la prétendue « compétence » de la France dans le nucléaire : elles ont seulement trouvé un excellent moyen de faire taire les autorités françaises dans la perspective du centenaire du génocide arménien.

En effet, il est évident que cette promesse sera immédiatement annulée si les autorités françaises s’avisent de qualifier officiellement de génocide les événements de 1915 à l’occasion des nombreuses cérémonies et débats qui vont avoir lieu jusqu’à 2015. Cette situation est d’autant plus dérisoire que, même si les autorités françaises se taisent, la centrale en question ne sera probablement jamais construite. En effet :

- la Turquie annonce régulièrement depuis 1967 qu’elle va « bientôt » construire des réacteurs nucléaires, projet systématiquement reporté ;

- le réacteur prétendument « choisi » par Ankara, l’Atmea, n’existe que sur le papier : si par extraordinaire les Turcs achetaient vraiment un réacteur, ce ne serait assurément pas à Areva qui est totalement déconsidéré par le désastre du chantier de l’EPR en Finlande : quel pays voudrait vivre la même chose en commandant à Areva un réacteur jamais construit auparavant ?

Par ailleurs, on ne peut que rire - malgré la gravité du sujet - en lisant certaines déclarations assurant qu’Ankara aurait choisi Mitsubishi du fait du « savoir-faire des Japonais en terme de résistance au tremblement de terre » : la « preuve » en a été donnée à Kashiwasaki (séisme de juillet 2007) puis à Fukushima !

Une fois de plus, comme c’est par exemple le cas avec l’intervention militaire au Mali pour sécuriser les mines d’uranium du Niger, ou du fait des relations cordiales avec la Chine ou avec les dictatures d’Asie centrale (qui regorgent d’uranium), Paris fait passer la « diplomatie de l’atome » bien avant les Droits de l’Homme. Et ce pour des « succès » commerciaux qui, au final, coûtent de l’argent à la France au lieu de lui en rapporter...

Le mouvement de Pierre Rabhi veut transformer les territoires « en un immense potager » Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/05/03 Barnabé Binctin (Reporterre) (3 mai 2013) Le mouvement de Pierre Rabhi veut transformer les territoires « en un immense potager ». Reporterre. fr

Le mouvement de Pierre Rabhi veut transformer les territoires « en un immense potager »

Les Colibris, le mouvement de Pierre Rabhi, lance une grande opération de jardinage collectif. Le but : relocaliser l’agriculture et promouvoir l’agriculture urbaine.

Engagé depuis le début de l’année dans un ambitieux projet de « (R)évolution citoyenne », le mouvement des Colibris, association fondée par Pierre Rabhi, organise samedi 4 mai une grande session de jardinage collectif. Elle se déroulera simultanément dans une quarantaine de villes en France, avec l’objectif de « transformer nos territoires en immense potager ». Le concept, inspiré des Incroyables Comestibles, est simple : se réapproprier les espaces verts publics – très souvent fertiles ! – pour en faire de nouveaux lieux de production agricoles.

Les Incroyables Comestibles ? Une idée originale, qui a germé plus vite qu’imaginé. Tout part d’une petite cité industrielle en Grande-Bretagne, Tormorden, en 2008 : face à la crise qui éclate et au chômage qui gonfle subitement, les habitants décident d’innover en créant les premiers bacs de nourriture à partager. La méthode est bête comme chou : chacun plante ses graines dans la ville, dans son voisinage, on cultive ensemble et à la fin, les récoltes sont en libre-accès pour tout citoyen. Une nouvelle manière de concevoir l’agriculture, collectivisée : la nourriture est ainsi produite par tous et pour tous.

L’idée fait son chemin, et l’on voit désormais un peu partout s’afficher sur les réseaux sociaux des photos d’apprenti-jardiniers avec la pancarte « Nourriture à partager » devant leurs nouvelles plantations collectives. Cyril Dion, le directeur des Colibris, décrypte le succès de cette initiative : « L’action des Incroyables Comestibles à Todmorden est passionnante. Elle est parvenue à relier une action citoyenne simple - planter des légumes dans un bac - à une dynamique collective qui a engagé la collectivité, les paysans, les commerçants. Et quelle réussite ! 82% d’autonomie alimentaire regagnée pour cette ville de 14 000 habitants ». La démarche est révolutionnaire, ses implications le sont tout autant : fini le temps d’une agriculture mondialisée, destructrice et inégalitaire au possible, voici le retour d’une agriculture plus saine et plus respectueuse de l’homme et de son environnement.

Sécurité, souveraineté, salubrité

Car derrière le mot d’ordre « Plantons ce que nous mangeons », c’est du modèle d’agriculture dont il est question. A partir du constat des multiples défaillances de l’industrie agro-alimentaire et de son coût exorbitant – énergétique (dépendance au pétrole), climatique (émission de gaz à effet de serre), environnemental (artificialisation des sols), humain (impact des pesticides sur la santé), social (destruction de la paysannerie) –, les Colibris proposent de passer à une logique d’agriculture bio, locale et de saison, qui permettrait d’assurer la « trinité des ‘S’ en agriculture » : sécurité, souveraineté, salubrité.

Pour y parvenir, le mouvement Colibris appelle chacun à s’engager, grâce à des actions concrètes recensées dans une sorte de feuille de route. Il est proposé à chacun de cultiver un potager comestible - chez lui ou dans un jardin partagé, à la ville -, de s’approvisionner auprès de filières courtes type AMAP, d’investir dans une foncière pour l’accès des terres aux paysans, de militer pour l’instauration du bio dans les restaurations collectives, etc.

Il s’agit de montrer que le changement s’impose d’abord par nos habitudes quotidiennes. C’est d’ailleurs là que réside la bonne nouvelle : tout le monde a le pouvoir d’être acteur de cette transformation de la société. Car, comme le rappelle si bien Pierre Rabhi, « il n’y aura pas de changement de société sans changement humain. Et pas de changement humain sans changement de chacun ».

Cyril Dion prolonge : « Cette campagne veut reproduire les bonnes pratiques partout où cela est possible. Plus largement, elle cherche à montrer que chacun d’entre nous, qu’il soit simple citoyen, agriculteur, commerçant, élu, entrepreneur, peut participer à construire une autre agriculture ».

La démarche est encouragée par l’engouement populaire qui entoure ces idées ; du 1er au 5 mai se tient par exemple le Festival de l’agriculture urbaine, organisée dans le cadre du Festival des Utopies Concrètes. Dans le même temps, la « OuiShare Fest » s’ouvre à Paris afin de vanter les mérites de l’économie collaborative, où toute la force du système repose sur les contributions des communautés. Produire, consommer et travailler ensemble, voici le nouveau modèle. Autant de synergies qui se rencontrent, puisque l’événement de samedi verra se joindre la OuiShare Fest et les Colibris pour une grande Disco Soup collective.

"Regardez ce que peut engendrer un grain de blé..."

Avec cette journée de mobilisation citoyenne samedi, les Colibris appellent donc à réenchanter l’agriculture, tout en repensant le lien social. C’est le combat de Pierre Rabhi depuis des années : « Méditez sur un grain de blé et regardez tout ce qu’il peut créer : un épi de blé, qui lui-même engendra des milliers de graines, qui engendreront des milliers d’épis de blés ».

Avec ses 22 groupes locaux et ses milliers de donateurs, le mouvement Colibris aura de nouveau l’occasion de semer son optimisme et de cultiver des alternatives crédibles. Tel un incubateur d’espoir, qui s’attacherait à donner corps et voix aux bonnes initiatives qui essaiment partout en France, chaque jour, dans les territoires, au sein de la population. Et avec, toujours, cette même philosophie : à la fatalité, opposer les possibles ; et à l’inaction, préférer la coopération.

C’est en somme à exacerber la foi dans le potentiel humain que s’attachent les Colibris. Pour mieux faire vivre, peut-être, cette conviction chère à Paul Eluard : « il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci ».

Au nom de la croissance verte, Estrosi veut bétonner la dernière plaine de Nice Sophie Caillat (Rue89) Reporterre 2013/05/03 Sophie Caillat (Rue89) (3 mai 2013) Au nom de la croissance verte, Estrosi veut bétonner la dernière plaine de Nice. Reporterre. fr

Au nom de la croissance verte, Estrosi veut bétonner la dernière plaine de Nice

En réaménageant l’unique plaine de Nice, le maire veut créer une « Silicon Valley » verte ; ses opposants y voient un Notre-Dame-des-Landes miniature.

« Eco-Vallée », c’est le nom de la giga-opération d’aménagement sur ce qu’il reste de foncier disponible dans la métropole niçoise. Le cauchemar éveillé de certains Niçois. Le symbole de la mégalomanie du maire Christian Estrosi pour beaucoup d’autres.

A l’image de son aéroport international, dont la piste a été gagnée sur la mer, la ville va s’agrandir dans le lit du Var, un fleuve colérique, nourri aux torrents des Alpes. Ici, dompter la nature est toujours possible, ce n’est qu’une question de volontarisme politique et de moyens.

Ça tombe bien : le maire UMP, fils politique de Jacques Médecin et ami de Nicolas Sarkozy, a une vision grandiose de sa ville.

Jeudi 25 avril, tout ce que Nice compte de bâtisseurs, les donneurs d’ordre publics et les entreprises privées en passant par les sociétés d’économie mixte, se sont donné rendez-vous sous les ors de la villa Masséna, voisine du Negresco, sur la promenade des Anglais.

L’occasion : la signature, devant la presse, de la « charte d’adhésion au cadre de référence pour la qualité environnementale de l’aménagement et de la construction dans la plaine du Var ». Dans la novlangue d’Eco-Vallée, cela veut dire que les entreprises du BTP jurent qu’elles feront encore mieux que les normes environnementales en vigueur.

« Le clignotant s’allume chez nous »

Monsieur le député-maire Christian Estrosi célèbre l’entrée dans la phase opérationnelle de son grand projet, l’opération d’intérêt national « Eco-Vallée ». L’élu prévient d’emblée que ses propos pourraient sembler « arrogants » s’ils n’étaient « visionnaires » :

« La vérité, c’est que les industriels, Cisco, Schneider, GDF-Suez, nous ont choisis comme territoire de référence. Quand ils regardent la planète, le clignotant s’allume chez nous. »

A l’issue de la conférence de presse, les journalistes sont priés de faire la photo des partenaires tout sourire.

L’animal politique a réponse à tout. Et manie à merveille tout le vocabulaire à la mode, et les mots magiques de « croissance verte » :

« “Eco-Valley”, c’est un peu comme la Silicon Valley, un espace identifié de 10 000 hectares, où nous allons développer à la fois de l’industrie tournée vers de la croissance verte, des énergies renouvelables, les matériaux du futur, les grands partenariats avec les laboratoires de recherche tournés vers le développement durable... »

Au pays de Nice-Matin, récemment racheté par Bernard Tapie, les voix discordantes ont bien du mal à se faire entendre. Selon Christian Gallo, auteur du blog Ficanas :

« Ici, le mot “Eco-Vallée” fait rire tout le monde : qu’y a-t-il d’écologique à bétonner la campagne ? »

Un Ikea, que demande le peuple ?

Il suffit de regarder la topographie pour comprendre ce qu’est Eco-Vallée : l’aménagement de la seule et unique plaine de Nice. Une plaine aussi fertile qu’anarchique, où les villages côtoient les champs et les déchetteries.

« J’ai connu des gens qui vivaient sur des parcelles de 4 500 m2 et faisaient quatre récoltes par an », raconte Jean-Marc Fonseca, ancien cadre dans l’audiovisuel devenu berger, nostalgique du temps où les politiques ne parlaient pas de « coulée verte », de « théâtre de verdure », de « jardins suspendus », mais où cette terre nourrissait les Niçois.

L’opération doit composer avec les 116 000 habitants qui vivent là. Parmi eux, bien peu sont au courant de ce qui va leur arriver dans les quinze ans qui viennent – et encore moins prêts à s’y opposer.

Promis, dit l’Etablissement public d’aménagement, sur les 10 000 hectares que couvre Eco-Vallée, seuls 450 vont « muter » et « la consommation globale d’espace ne sera que d’un hectare », assure son président Christian Tordo.

Pour l’heure, seul le grand stade Allianz-Riviera dessiné par le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte est en train de sortir de terre. Voici ce qu’en dit la plaquette de com’ :

« Un vrai modèle d’éco-conception et d’éco-construction. L’un des premiers éco-stades au monde au sein d’un éco-quartier. »

Les Niçois viennent de découvrir dans la presse qu’un magasin Ikea avait l’intention de s’installer à côté du stade. Un « magasin exemplaire en matière de développement durable » et 350 emplois à la clé, reprend Nice-Matin. Que demande le peuple ?

Gérard Pla, auteur du blog Les Perdigones, craint que les automobilistes ne « pètent les plombs », encore plus qu’aujourd’hui :

« Déjà qu’on met une heure et quart aux heures de pointe pour aller de Levens, au fond de la vallée, à Nice, à 18 km... Avec Ikea, ce sera encore plus engorgé. »

« Ce sera un stade avant tout commercial »

Etrangement, alors que le chantier du stade est en train de s’achever, la route qui y mène depuis Nice est étroite, dangereuse et encombrée.

A l’horizon 2020, il y aura bien un tramway qui remontera le long de la plaine du Var, inséré dans un boulevard urbain, dit « voie de 40 mètres »... qui sera construite lorsque les propriétaires auront été expropriés.

En attendant, les supporters n’auront qu’à prendre le bus. Une aberration dénoncée par Gilles Zamolo, supporter en colère :

« Le stade ne correspond à aucun des désirs des supporters ni du club, ni l’agencement des tribunes, ni les locaux. Avec 30 000 m2 dédiés au commerce, ce sera un stade avant tout commercial. Et surtout, si l’OGC Nice redescend en D2, on n’arrivera jamais à le remplir et ce seront les contribuables niçois qui paieront la facture. »

Un « Notre-Dame-des-Landes » dans un jardin

Avant de construire la fameuse « voie de 40 mètres » (de large), il faudra raser la maison de Jeanne Venturino. Cette vieille dame se trouve sur le tracé, et même si l’Etat lui propose une autre maison de superficie égale et de qualité équivalente, comme il est obligé de le faire dans ces cas-là, elle refusera l’expropriation.

Elle « squattera » chez elle jusqu’au bout et prête son jardin aux opposants qui y font pousser des fleurs et des légumes. Laetitia Barriera, agricultrice en colère, gère la parcelle de la mamie, invite les opposants à y jardiner, et y voit se dessiner un Notre-Dame-des-Landes miniature : une zone de nature à défendre contre le bitume.

Une poignée de militants semeurs a tenté d’investir une maison pour s’opposer à l’Eco-Vallée, mais ils ont été immédiatement délogés.

La « concertation » s’est résumée à une soirée-débat avec les citoyens, mais pas de « commission nationale du débat public ». Les multiples demandes de saisine des associations sont restées sans réponse.

Un « délit d’initié » qui profite à qui ?

Dans le périmètre de l’opération d’intérêt national (OIN), c’est l’Etat qui a la main haute sur les permis de construire et qui exproprie afin de vendre les parcelles à des opérateurs privés... au nom de l’intérêt national.

Une déclaration d’intérêt national obtenue par le maire Christian Estrosi en personne, lorsqu’il était au gouvernement. Lors de son discours à la villa Masséna, il s’est félicité de son entregent :

« J’avoue avoir bénéficié de ma place au ministère de l’Aménagement du territoire [en 2005-2007, ndlr]... pour mon territoire. Est-ce un délit d’initié ? »

Quand bien même c’en serait un, comment se plaindre de la promesse de création de « 20 000 emplois dans six à sept ans » et de celle de ’« 5 000 logements, dont 40% de logements aidés » ?

Les opposants rencontrés ne s’en plaignent pas. Simplement, ils n’y croient pas. Comme Laurent Parzy, responsable de l’association Aqui Sien Ben :

« Notre vraie Sillicon Valley à la française, on l’a déjà, elle s’appelle Sophia Antipolis. Estrosi est jaloux de Leonetti, le maire d’Antibes, et essaie de rapatrier la haute technologie de Sophia chez lui. Si c’est seulement un transfert, ce n’est pas de la création d’emplois... »

Cette folie des grandeurs des élus, qui les fait déplacer des ronds-points, construire des routes, et prétendre qu’ils vont réintroduire la nature en ville, c’est tout cela qui agace ces opposants.

Alors ils s’organisent pour monter des recours contre les plans locaux d’urbanisme, contre la future piscine olympique, contre les plans de prévention des risques, qui tentent de faire oublier que le Var était bien sorti de son lit en 1994... Laetitia Barriera, l’agricultrice qui défend la mamie, a un plan pour barrer la route au maire :

« Ici, les manifs, ça ne marche pas. Il faut informer les gens un par un, leur annoncer qu’ils peuvent résister à leur expropriation, leur rappeler la loi. On est en train de tous se rassembler, et on remontera une ZAD [zone à défendre, sur le modèle de Notre-Dame-des-Landes, ndlr]... après les municipales. »

La ZAD du Morvan déménage la semaine prochaine Les indignés de la ZAD du Morvan Reporterre 2013/05/03 Les indignés de la ZAD du Morvan (3 mai 2013) La ZAD du Morvan déménage la semaine prochaine. Reporterre. fr

La ZAD du Morvan déménage la semaine prochaine

Appel à la reconstruction de la ZAD du bois du Tronçay

Depuis le 4 février, nous avons créé une Zone à Défendre (ZAD), aux abords du bois du Tronçay. Cette ZAD, initialement située sur un pré privé, est aujourd’hui menacée. Suite à des pressions administratives et politiques, subies par la propriétaire du pré, nous avons décidé de déplacer notre ZAD. Nous... refusons de céder à cet acharnement politique. Afin de défendre notre patrimoine commun et certain de la justesse de notre combat, nous allons reconstruire notre ZAD au cœur même du bois du Tronçay.

Pour faire face à cette nouvelle situation, nous renouvelons notre appel à une mobilisation nationale dans le Morvan à Sardy les Epiry. Cette ZAD est un lieu hautement symbolique de notre mobilisation. Elle nous permet de protéger le bois de toute destruction et d’afficher notre détermination. Sans elle, le bois du Tronçay est en danger car la société Erscia a le projet de raser ses 110 hectares pour s’y implanter et ainsi, à terme, piller la ressource en bois du Morvan.

Les jours qui viennent seront décisifs pour notre combat. Nous vous invitons à nous rejoindre et nous soutenir à partir du 8 mai. Un grand temps fort de reconstruction de la ZAD aura lieu du 8 au 12 mai. Pour plus d’informations, vous pouvez nous contacter via notre adresse mail (zadboisdutroncay (arobase) gmail.com).

Toute aide est la bienvenue.

Nous espérons vous voir nombreux dans le Morvan !

Alternatiba Par Julien villalard Reporterre 2013/05/03 Par Julien villalard (3 mai 2013) Alternatiba. Reporterre. fr

Alternatiba

Alternatiba : programme du week-end d’organisation : toi aussi, participe !

Le Village des alternatives Alternatiba qui aura lieu à Bayonne le dimanche 6 octobre 2013 se prépare dès maintenant. Du 3 au 5 mai à Bayonne, nous allons construire la formule globale de cet événement qui rassemblera de nombreuses associations locales ainsi que des artistes et conférenciers reconnus qui participeront à faire d’Alternatiba, un grand rassemblement des alternatives concrètes aux niveaux individuel, collectif et institutionnel. Nous devrons être plus de 450 bénévoles pour organiser au mieux cette fête populaire qui rassemblera 10 000 personnes dans tout le centre ville.

Toi aussi, participe !

Voici le programme du week-end. Merci de s’inscrire au 05 59 25 65 52 ou par mail : info@bizimugi.eu

- Vendredi 3 mai 2013, Fondation Manu Robles-Arangiz

18h30 : Accueil et repas partagé

19h – 22h30 : Présentation du projet et discussion globale.

Délimitation géographique d’Alternatiba et noms définitifs des espaces.

Structure globale de l’événement (Faire un pré-festival avec une conférence des municipales ou autre la veille ? Fixer le nombre de conférences, concerts et chapiteaux. Organisation d’une action symbolique style chaîne humaine ?, etc.)

- Samedi 4 mai 2013, Fondation Manu Robles-Arangiz

Pour chaque espace : quelles alternatives individuelles, collectives, municipales ? Quels ateliers, stands, petites conférences, projections, expos, animations spécifiques ? Responsables ?)

9h30 – 12h30 : Grandes conférences

Parrains E. Solidaire & partage* E. Déchet & recyclage* E. Consommation responsable* E. Eau.*

13h : Repas au Patxoki

14h30 - 18h30 :

Restauration (repas et sandwicheries), bars, aspect financier. E. Agriculture & alimentation*, marché local, bio et équitable E. Transport & mobilité* – espace des résistances actuelles (LGV, NDDL, etc.) ? E. Education à l’environnement* Enfants Animations pédagogiques (conférences gesticulées, théâtre de rue, animations multimédia, jeux qui veut gagner des degrés, etc.)

19h : Repas au Patxoki

20h30 – 22h30 :

Animations de rue & concerts, etc.

- Dimanche 5 mai 2013 : Fondation Manu Robles-Arangiz

10h – 13h : Communication : affiches, dépliants, flyers, évenements ou être présents pour la diffusion, internet, presse, enregistrement jingle, réalisation vidéo d’appel, Bizi Itzuli)

Communication pendant le Village du 6 octobre : plans-programmes, banderoles, tandem, stands et matériel Bizi, diffusion BOPA, diffusion du guide des alternatives Bastamag

Décoration générale du Village E. Energie* E. Eco-construction* E. Relocalisation de l’économie* Implications des commerçants & des habitants du centre ville. E. Finance éthique*

13h30 : repas au Patxoki

15h – 18h30 :

Listes de travail et responsables Espace bénévole E. Economie soutenable* E. Biens communs & culture* E. Climat & international* Comptabilité, subventions, budget prévisionnel

Txartels ?

Bilan

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Reporterre est partenaire d’Alternatiba

A Marseille, L’Equitable Café fait vivre... un café différent Faïssoili Abdou (L’Age de Faire) Reporterre 2013/05/03 Faïssoili Abdou (L’Age de Faire) (3 mai 2013) A Marseille, L’Equitable Café fait vivre... un café différent. Reporterre. fr

A Marseille, L’Equitable Café fait vivre... un café différent

Un café où infusent les idées : géré par des bénévoles, c’est à la fois un bar, une épicerie, une salle de réunion et de spectacle, une bibliothèque et un joyeux foutoir… Reportage à L’Equitable Café, à Marseille.

Un reportage de Faïssoili Abdou à lire dans le numéro de mai du journal.

C’est vendredi et le printemps est là. Il est 15h40. L’Equitable Café, ce bar associatif situé à quelques pas du métro « Notre Dame du Mont », dans le 6e arrondissement de Marseille, a ouvert il y a tout juste une demi-heure. A l’entrée, un gros carton marqué « aide aux réfugiés syriens » est bourré de vêtements. Au-dessus, des étagères sont occupées par une pile de journaux traitant d’écologie, de citoyenneté, de résistances et d’alternatives sociales. Sur un autre mur est installée la bibliothèque.

Une dizaine de personnes sont à l’intérieur. « Il n’y aura pas autant de monde que d’habitude. Comme il fait beau, certains préfèrent se promener » soulignent Tiphaine et Marie, deux responsables de l’association Envisages, qui gère le lieu.

Pendant que Vincent, de permanence au bar, s’occupe des clients, un homme assis dans un coin de la salle joue de la guitare : c’est Gabriel Lueur, un habitué du lieu. « Je viens ici tous les après-midi pour m’évader », sourit-il. Un autre homme, assis non loin de là, a posé une petite radiocassette sur sa table. Il le met de temps en temps en marche, provoquant les plaintes des autres usagers qui lui demandent de baisser le volume. « Ici c’est un joyeux foutoir » lance Gabriel, tout en continuant de gratter sa guitare et de chantonner.

UN LIEU MILITANT « CACHÉ »

Le cours Julien, où l’Equitable Café s’est installé il y a trois ans et demi, est connu pour sa créativité qui attire les artistes, les musiciens, les rebelles et les « bobos » de la cité phocéenne. On y trouve des bijouteries, des restaurants, des espaces proposant des produits bio, une salle de concert… « C’est l’endroit où on sort », fait remarquer Marie. Stratégique, le lieu donne une grande visibilité aux activités de l’association.

"Avant on avait un public qui se cantonnait plus à des gens avertis, très militants. Depuis qu’on est dans un grand lieu, on est devenu grand public, explique-t-elle. Un lieu militant affiché ne permet pas de diversifier le public, alors qu’avec un lieu militant « caché » sous un café, il y a beaucoup plus de personnes qui passent la porte."

A l’origine de l’association Envisages, trois « amis, paysans, cuisineurs », qui ont utilisé le café-bar comme tribune pour véhiculer leurs idées. « Ils faisaient des buffets itinérants sur des festivals alternatifs, puis ils ont eu l’opportunité de reprendre un petit café qui s’appelait Equitable Café, sur une trentaine de mètres carrés. Tout en continuant les buffets, ils ont développé un petit bar associatif où il y avait une épicerie de produits locaux et du commerce équitable », raconte Marie. « De fil en aiguille, c’est devenu un espace ressource », poursuit Tiphaine. « Les activités itinérantes ont été abandonnées. »

EXCLUSIF : La centrale de Fessenheim est beaucoup moins sûre que les centrales allemandes Par Julien villalard Reporterre 2013/05/05 Par Julien villalard (5 mai 2013) EXCLUSIF : La centrale de Fessenheim est beaucoup moins sûre que les centrales allemandes. Reporterre. fr

EXCLUSIF : La centrale de Fessenheim est beaucoup moins sûre que les centrales allemandes

Des scientifiques allemands ont réalisé à la demande du ministère de l’Environnement du Bade-Wurtemberg une étude comparative entre les centrales de Fessenheim, en France, et de Beznau, en Allemagne. Conclusion : les conditions de sécurité françaises sont très inférieures à la pratique allemande. Reporterre publie en primeur la traduction française de ce rapport.

A la demande du ministère de l’Environnement du Bade-Wurtemberg, l’Institut für angewandte Ökologie (Institut pour l’écologie appliquée) et l’Öko-Institut ont étudié en 2012 les centrales de Fessenheim, en France, et de Beznau, en Allemagne. Ce rapport vient d’être traduit en français par l’Association trinationale de protection nucléaire.

Le bilan est très négatif en ce qui concerne la centrale française.

Voici quelques extraits de ce rapport, que Reporterre publie en exclusivité :

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Tremblement de terre : « En supposant que le potentiel de robustesse constaté par la RSK pour les centrales allemandes puisse être établi pour un niveau d’intensité sismique, les réserves indi- quées pour la centrale de Fessenheim sont nettement inférieures par rapport à celles des centrales allemandes ».

Inondation : « L’opérateur de la centrale de Fessenheim indique des réserves pour les événements d’inondation à analyser selon la conception entre 0,06 et 0,41 m. Nous ne pouvons pas évaluer la signification de ces réserves sur une base de probabilité puisque nous ne sommes pas en possession d’informations ni sur les débits nécessaires pour un tel volume d’eau supplémentaire, ni sur les probabilités de dépassement corrélatives. Par rapport aux niveaux de sûreté qui existent dans les centrales allemandes, les réserves de la centrale de Fessenheim peuvent être qualifiées de plutôt faibles. »

Piscine de stockage des combustibles usés : « Dans la centrale de Fessenheim, les piscines de stockage se trouvent dans un bâti- ment séparé. Or, dans les réacteurs à eau pressurisée encore en fonctionnement en Allemagne, ces piscines sont situées dans l’enceinte de confinement, à l’intérieur du bâtiment réacteur. Ceci assure une protection supplémentaire contre des actions mé- caniques venant de l’extérieur et une rétention de produits de fission en cas d’un en- dommagement des éléments combustibles. Dans ces conditions, nous estimons que l’implantation de la piscine de stockage à l’intérieur du bâtiment du réacteur, au sein de l’enceinte de confinement, est un avantage pour la sûreté des centrales allemandes. »

Alimentation électrique : « Les réserves pour l’alimentation électrique existantes dans la centrale de Fessenheim sont donc nettement inférieures par rapport aux réserves des centrales allemandes. »

Eau de refroidissement : "En ce qui concerne les centrales allemandes, la RSK a constaté que dans toutes les centrales encore en fonctionnement, une défaillance du système de refroidissement d’eau secondaire sera maîtrisable par des mesures d’urgence. De surcroît, on a constaté, notamment en ce qui concerne les centrales encore en fonctionnement dans le Bade-Wurtemberg, GKN II (Neckarwestheim II) et KKP 2 (Philippsburg 2), qu’il existe d’autres éléments de refroidissement d’eau secondaires diversifiés (autre puits ther- mique, composants actifs) et redondants (n+1).

Pour la centrale de Fessenheim, nous n’avons aucun document concernant la maîtrise à long terme d’une défaillance du système de refroidissement d’eau secondaire, par des mesures d’urgence internes à la centrale (réapprovisionnement des stocks de fluide de refroidissement, refroidissement des composants, etc.)."

Voici le texte complet du rapport, à télécharger :

Au Mali et ailleurs, l’Occident part à la reconquête de l’Afrique Mohamed Hassan (Investig’action) Reporterre 2013/05/05 Mohamed Hassan (Investig’action) (5 mai 2013) Au Mali et ailleurs, l’Occident part à la reconquête de l’Afrique. Reporterre. Tribune — Armée fr

Au Mali et ailleurs, l’Occident part à la reconquête de l’Afrique

Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali... Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années.

Spécialiste de l’Afrique et auteur chez Investig’Action de La stratégie du chaos, Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières. Premier volet d’une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).

Ce qui a précédé : crise et guerre

Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux.

Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.

En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no alternative — il n’y a pas d’alternative), a été très en vogue.

Mais, au milieu des années 90, cette euphorie s’est quelque peu tempérée et le capitalisme en crise s’est mis en quête d’une nouvelle image d’ennemi. À cette fin, la théorie du « choc des civilisations », de la guerre entre civilisations, de Samuel Huntington, s’est avérée utile. Et, déjà à l’époque, l’islam a été défini comme l’ennemi.

Sur le plan stratégique, il y a eu le livre influent de l’Américain d’origine polonaise, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier avec, comme sous-titre, American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (littéralement : « L’hégémonie américaine et ses impératifs stratégiques » ; c’est devenu « L’Amérique et le reste du monde », dans la version française).

Pour Brzezinski, les États-Unis devaient s’appuyer sur l’Union européenne et les grands pays est-européens comme la Pologne et l’Ukraine afin de pouvoir contrôler la totalité de l’Eurasie, la plus vaste étendue de terre émergée du monde, que composent à la fois l’Europe et le continent asiatique.

À la fin de la présidence de Clinton est venu le projet PNAC (Project for a New American Century — Projet pour un nouveau siècle américain), par lequel les néoconservateurs préconisaient le remodelage du Grand Moyen-Orient. Cela allait être la politique du président américain suivant, George Bush Jr. Conséquence : la première décennie de ce siècle fut ébranlée par les guerres en Irak et en Afghanistan.

Une grossière erreur de calcul

Aussi violente et impressionnante qu’ait été la guerre en Irak lorsqu’elle débuta voici dix ans, on ne peut que constater aujourd’hui que les États-Unis ont perdu cette guerre. Après dix ans d’occupation américaine, le contrôle politique du pays est aux mains d’un gouvernement qui écoute davantage le pays voisin, l’Iran — l’ennemi de toujours de Washington — que ses maîtres américains mêmes.

Si, par l’occupation de l’Irak, l’intention des États-Unis était de contrôler la production de pétrole à l’échelle mondiale, cela aussi a été un échec : une partie importante du pétrole irakien part actuellement en Chine. Et les hausses du prix de l’or noir ont également enrichi des pays producteurs de pétrole qui ne sont pas en très bons termes avec les États-Unis : l’Algérie, le Venezuela, la Libye, la Russie. Ces pays ont pu de la sorte se constituer d’importantes réserves monétaires, ce qui a accru leurs possibilités de suivre un cours indépendant.

En ce qui concerne la Russie, dans les années 90 Washington a soutenu les islamistes radicaux en Tchétchénie dans le but d’affaiblir plus encore le pays. Au cours d’une lutte sanglante, la capitale tchétchène Grozny a été réduite en ruines et on a déploré, en outre, le drame des otages à l’école de Beslan. Mais la Russie a tenu bon et, sous Poutine, est redevenue un pays absolument autonome et indépendant bénéficiant également d’une forte croissance économique.

Mais c’est surtout en Chine que les États-Unis se sont trompés. Leur intention, c’était de voir la poursuite de l’application du libre marché mener enfin à l’effondrement du système d’État socialiste, comme cela avait été le cas plus tôt en Union soviétique. Mais cela n’a pas eu lieu et l’économie chinoise a continué à croître. La Chine a dépassé, l’un après l’autre, les grands pays capitalistes et est devenue aujourd’hui la deuxième économie au monde, après les États-Unis, ainsi que la plus grande puissance commerciale. Si cette évolution se poursuit, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Chine ne dépasse aussi les États-Unis.

Dans le sillage de la Chine, on trouve, par ailleurs, nombre de grands pays du tiers monde, comme l’Inde et le Brésil, tandis que quelques grands pays africains se sont mués eux aussi en pays émergents : l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria. Ensemble, les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent ce qu’on appelle les BRICS.

À mesure que se développait cette évolution, on était de plus en plus désespéré, en Occident, par ce « printemps chinois » pro-occidental qui se faisait attendre et l’idée faisait alors son chemin d’approcher ouvertement la Chine en tant qu’adversaire stratégique, dans une deuxième « guerre froide » et une politique d’encerclement, d’endiguement et de confrontation.

Quand, en novembre 2011, le président américain Obama effectua un vaste périple en Asie, il déclara que les États-Unis étaient et restaient une « puissance pacifique », faisant allusion à l’océan Pacifique qui sépare les États-Unis et l’Asie. « L’Asie est désormais la priorité numéro un des États-Unis », ajoutait-il. Ce n’est pas un hasard si le premier voyage à l’étranger d’Obama après les élections présidentielles de 2012 n’a pas eu pour destination l’Europe ou l’Amérique latine, mais bien la Birmanie, un pays clé dans la politique d’encerclement de la Chine.

L’importance stratégique croissante de l’Afrique

C’est dans ce nouveau cadre politique que l’Africom a été fondé en 2008. Il s’agit d’une importante réforme stratégique des centres de commandement suprême de l’armée américaine. L’Africom réunit désormais toutes les opérations de l’armée américaine en Afrique sous un commandement unique (dont le quartier général se trouve à Stuttgart), alors qu’auparavant elles dépendaient de trois commandements différents. Il ne s’agit pas d’une opération de chirurgie esthétique : cette réforme reflète la grande importance stratégique du continent africain dans la politique américaine de confrontation avec la Chine.

Les progrès rapides de la technologie font que de plus en plus de matières premières sont nécessaires pour l’industrie des pays capitalistes, mais aussi pour celle de la Chine et des autres économies émergentes. Dans le sous-sol africain se trouvent d’importantes réserves encore intactes de pétrole, de gaz et de métaux ordinaires ou rares. On estime que le continent possède 40 % des matières premières minérales du monde ce qui lui confère une grande importance stratégique.

La croissance spectaculaire de la Chine et des autres économies émergentes requiert en effet d’énormes quantités de matières premières. En outre, les BRICS ont grandement besoin de possibilités d’exportation et, pour eux aussi, l’Afrique constitue un marché d’écoulement très prometteur. Si les États-Unis veulent mettre un terme à l’ascension de la Chine (la politique de l’ « endiguement »), l’Afrique constitue un élément clé pour la décennie à venir. En attendant, depuis quelques années, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les États-Unis viennent ensuite et tous deux ont dépassé les anciennes métropoles coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne.

Conquérir le contrôle de l’Afrique devient donc urgent pour Washington, et cela ne peut se faire uniquement par la concurrence des acteurs économiques au sein d’un marché « libre ». Pour le bloc impérialiste, il s’agit tout autant d’une question militaire. D’où le rôle décisif joué par les armées des États-Unis et des pays européens depuis 2011 dans les guerres en Côte d’Ivoire, en Libye et aujourd’hui au Mali. Ce qui surprend ici, c’est que les États-Unis se profilent de façon peut-être plus discrète, aux yeux de l’extérieur, tandis qu’en même temps, par leur Africom et leur énorme réseau politique et diplomatique, ils tiennent malgré tout fermement les rênes en main.

Cette intervention directe des armées des États membres de l’Otan dans les guerres africaines, avec un rôle clé pour Africom, ne fera que s’accroître au cours des années à venir. Par ailleurs, Africom est également impliqué dans un nombre spectaculairement croissant de programmes de collaboration militaire avec des armées africaines, sous la forme de formation et d’exercices en commun. Le but est de prendre pied au sein de ces armées et de faire mener le plus possible les guerres qui auront lieu en Afrique par des armées africaines — mais, naturellement, toujours en fonction des intérêts des États-Unis.

Cette stratégie, Washington l’applique depuis des années déjà dans deux pays qui sont très importants sur le plan géostratégique : la Somalie et la République démocratique du Congo. Les armées, respectivement, de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Rwanda se chargent sur place du boulot. Aujourd’hui, les États-Unis passent à la vitesse supérieure dans le travail préparatoire de ce genre d’interventions. En 2012, une brigade de l’armée américaine a reçu la mission de mener des activités dans pas moins de 35 pays africains, un nombre record.

Cette tentative de soumettre militairement l’Afrique afin de contrôler l’influence économique de la Chine et des autres économies émergentes s’effectue sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Et c’est ainsi que nous en arrivons au mouvement intégriste islamique et à ce que les médias ont appelé le « Printemps arabe ».

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Extrait de « Causes et conséquences de la guerre au Mali », article paru dans Études marxistes, n°101.

Mohamed Hassan est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique. Il est l’auteur, avec David Pestieau, de L’Irak face à l’occupation (EPO, 2004) et, avec Grégoire Lalieu et Michel Collon, de La stratégie du chaos, Investig’Action/Couleur Livres, 2012.

Cette semaine, la planète approche le seuil des 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/05/05 Hervé Kempf (Reporterre) (5 mai 2013) Cette semaine, la planète approche le seuil des 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère. Reporterre. fr

Cette semaine, la planète approche le seuil des 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère

Actualisation au 5 mai

Il y a des records qu’on aimerait bien ne pas franchir. Mais voilà : on est au bord de dépasser le seuil de 400 particules par million (ppm) de CO2 (gaz carbonique) dans l’atmosphère, selon les relevés de l’observatoire de Mauna Loa. Ce centre scientifique basé à Hawaï et géré par l’Institut Scripps d’océanographie mesure depuis plus de cinquante ans la concentration de ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Situé à 3 400 m d’altitude, il constitue la référence en la matière.

Le relevé du 5 mai montre que nous sommes à deux doigts de franchir le seuil. Nous sommes précisément le 4 mai à 399.54 ppm. Le franchissement devrait avoir lieu d’ici quelques jours :

Voici où nous en étions le 28 avril :

Ce niveau s’inscrit dans une tendance continue à la hausse de la concentration de CO2 dans l’atmosphère depuis les premiers relevés, à la fin des années 1950 :

Le CO2 (gaz carbonique, ou dioxyde de carbone) est le principal gaz à effet de serre. Sa concentration dans l’atmosphère était de l’ordre de 280 ppm au XVIIIe siècle, avant la révolution industrielle. Il était à peu près stable depuis plusieurs milliers d’années.

On considère généralement qu’atteindre le seuil de 450 ppm de CO2 conduirait à un réchauffement moyen de 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle, ce qui pourrait placer le climat planétaire dans un état de déséquilibre irréversible.

Si le rythme actuel d’émissions se maintient, le seuil de 450 ppm sera atteint avant 2050.

Le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre préoccupant. Le méthane est lui aussi important.

Un trésor géothermique sous le site prévu pour les déchets nucléaires ! Réseau Sortir du nucléaire Reporterre 2013/05/06 Réseau Sortir du nucléaire (6 mai 2013) Un trésor géothermique sous le site prévu pour les déchets nucléaires !. Reporterre. Déchets nucléaires fr

Un trésor géothermique sous le site prévu pour les déchets nucléaires !

A Bure, dans la Meuse, l’Andra veut créer un centre de stockage souterrain pour les déchets nucléaires. Mais l’endroit dispose d’un potentiel géothermique qui semble très important. L’Andra a délibérément caché cette information, selon des associations qui l’attaquent en justice.

Communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire » et des associations BureStop55, MIRABEL Lorraine Nature Environnement, Les Habitants Vigilants du canton de Gondrecourt-le-Château, CEDRA52 et ASODEDRA

Alors que le débat public sur le projet CIGEO va commencer d’ici quelques semaines, le Réseau « Sortir du nucléaire » et les associations BureStop55 (Meuse), MIRABEL Lorraine Nature Environnement (Mouvement InterAssociatif pour les besoins de l’Environnement en Lorraine), Les Habitants Vigilants du canton de Gondrecourt-le-Château (Meuse), CEDRA52 (Haute-Marne) et l’ASODEDRA (Vosges) assignent l’Andra en responsabilité pour faute.

L’Andra a délibérément dissimulé l’intérêt de la ressource géothermique à Bure afin de favoriser l’implantation de CIGEO, le site national prévu pour l’enfouissement des déchets radioactifs en profondeur.

L’Andra annonce un potentiel géothermique médiocre à Bure…

Depuis 1994, l’Andra cherche à implanter à Bure (Meuse) un site d’enfouissement de déchets en profondeur. En 2008, elle fait effectuer un forage profond pour vérifier le potentiel géothermique de la région. En effet, le Guide de sûreté relatif au stockage définitif de 2008 énonce qu’on ne doit pas enfouir des déchets radioactifs à l’aplomb d’une ressource géothermique. L’Andra annonce alors un débit de 5m3/h. Comparant ce débit aux « 150 à 400 m3/h » des exploitations géothermiques, elle martèle que le potentiel géothermique est « faible », « médiocre », sans intérêt.

... mais a délibérément faussé le forage !

Ce que l’Andra s’est bien gardée de dire, c’est qu’elle avait fait prévoir une pompe dont le débit maximal était de 6 m3/h.

Ce que l’Andra s’est bien gardée de dire, c’est que l’appareillage était obstrué par des boues.

Ce que l’Andra s’est bien gardée de dire, c’est qu’elle a imposé de laisser à nu 90 mètres de roche argileuse friable juste au-dessus des mesures. Les débris d’argile tombés dans le forage ou arrachés par le passage des outils ont été à l’origine de dysfonctionnements fatals (tests inexploitables, perte d’une coûteuse sonde CNRS, etc.).

Ce que l’Andra s’est bien gardée de dire, c’est qu’elle n’a pas respecté son propre cahier des charges pour les tests.

Ce que l’Andra s’est bien gardée de dire, c’est qu’il existe un potentiel géothermique plus profond donc plus chaud (100°C et plus), d’une épaisseur exceptionnelle à l’aplomb de Bure. L’Andra a trompé tout le monde, y compris les scientifiques, et en particulier la communauté des géologues.

Face aux manipulations de l’Andra, les associations saisissent la justice

Mise en demeure pour faute le 19 décembre 2012 par les associations, l’Andra, par réponse du 18 janvier 2013, a reconnu que la ressource géothermique à l’aplomb du site de Bure était « bonne ». Mais elle refuse d’en tirer les conséquences et cherche à tromper une nouvelle fois, en utilisant à mauvais escient des cartes qui répertorient le potentiel géothermique à très faible profondeur. Destinées à l’installation de pompes à chaleur, ces cartes n’ont strictement rien à voir avec la géothermie profonde.

Les associations se tournent aujourd’hui vers la justice afin que la faute de l’Andra soit reconnue. Alors que la France doit changer d’urgence de modèle énergétique, l’Andra a choisi de dissimuler une ressource en énergie renouvelable pour imposer une installation nucléaire qui risque de contaminer toute une région !

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Retrouvez le dossier technique sur le potentiel géothermique de Bure.

Explications en vidéo par Antoine Godinot, docteur en géologie.

Elle a inventé la ferme de fenêtre Humanosphère Reporterre 2013/05/06 Humanosphère (6 mai 2013) Elle a inventé la ferme de fenêtre. Reporterre. fr

Elle a inventé la ferme de fenêtre

Agriculture chez soi

Mme Britta Riley possède un petit appartement à New-York et un jour, se rendant compte de sa dépendance alimentaire, elle décide de mettre au point un jardin vertical.

Avec ses amis, elle a développé – peu à peu – un système pour faire pousser des plantes dans de vieilles bouteilles en plastique… en les accrochant sur ses fenêtres… Avec le temps, le système s’est édulcoré. Ils ont vaqué à de nombreuses modifications jusqu’à obtenir des tomates cerises et des concombres…

Je vous propose de regarder une vidéo de 7 minutes sous-titrée en français qui vous permettra de créer votre propre jardin si vous le souhaitez...

Les vigiles de Castorama molestent des militants opposés au Roundup Round’up Non merci Reporterre 2013/05/06 Round’up Non merci (6 mai 2013) Les vigiles de Castorama molestent des militants opposés au Roundup. Reporterre. fr

Les vigiles de Castorama molestent des militants opposés au Roundup

Quartier de la Défense - 3 mai 2013. Des militants du collectif Roundup Non Merci ont été agressés par plusieurs vigiles du magasin Castorama de la Défense, alors qu’ils essayaient de sensibiliser les clients de cette enseigne au danger que représente la vente de Roundup à destination des jardiniers amateurs.

Trois journalistes ont également été pris à partie, une caméra professionnelle détruite par un vigile de Castorama, des menaces de mort proférées à l’encontre des journalistes et des militants. Plusieurs plaintes ont naturellement été déposées à l’encontre des vigiles, et de l’enseigne Castorama au titre de personne morale.

Le collectif Roundup Non Merci demande l’interdiction du Roundup, et veut cibler par des actions non-violentes toutes les enseignes qui continuent à proposer ce produit cancérigène et toxique pour l’environnement.

Castorama, leader européen et plus grande enseigne du bricolage en France propose encore dans ses rayons du Roundup aux jardiniers amateurs, alors même que plusieurs études scientifiques ont démontré la toxicité de ce produit pour l’homme et son environnement. Demandons à Castorama de montrer l’exemple en arrêtant de vendre ce produit dangereux. Dernièrement, une mobilisation citoyenne a permis d’obtenir l’interdiction des pesticides les plus dangereux pour les abeilles, notamment le Cruiser.

Le Roundup est loin d’être inoffensif : Monsanto, qui commercialise ce produit, a été condamné à plusieurs reprises pour publicité mensongère alors que la marque prétendait vendre un produit sans danger et "biodégradable".

Depuis, plusieurs études scientifiques ont montré la toxicité de ce produit, notamment l’étude du professeur Gilles Eric Séralini de l’université de Caen, qui a révélé que le produit avait un caractère cancérigène sur des rats en ayant consommé pendant 2 ans. En plus de développer les cancers, le Roundup est notamment accusé d’être à l’origine de troubles de la reproduction. Le produit - comme nombre de pesticides dangereux - a probablement aussi un effet sur la disparition des abeilles.

« Une telle violence à l’encontre de militants pacifiques et incompréhensible de la part de Castorama. Les vigiles sont-ils formés à frapper tous citoyens ou journalistes qui viendraient poser des questions dérangeantes sur la toxicité des produits vendus par cette enseigne ? Une chose est sûr : La campagne Roundup Non Merci ne fait que commencer chez Castorama", Rémi Filliau, porte parole du collectif Round’up Non Merci.

Une pétition a été signée par prêt de 27000 personnes pour demander à Castorama de stopper la commercialisation du Roundup, mais l’enseigne continue à faire la sourde d’oreille… Continuons la pression citoyenne sur Castorama, rejoignez nous !

Pétition à signer

L’échec du missile atomique M 51 rappelle que la France viole le Traité de non-prolifération ACDN // Coordination Anti-nucléaire Sud-Est Reporterre 2013/05/07 ACDN // Coordination Anti-nucléaire Sud-Est (7 mai 2013) L’échec du missile atomique M 51 rappelle que la France viole le Traité de non-prolifération. Reporterre. fr

L’échec du missile atomique M 51 rappelle que la France viole le Traité de non-prolifération

Le 5 mai, un missile M 51destiné à porter l’arme nucléaire française a explosé en plein vol au large de la Bretagne.

ACDN, le 6 mai

Hourra pour la France !

120 millions d’Euros partis en fumée, c’est le bilan du tir de missile M51 opéré dimanche 5 mai à partir d’un Sous-marin Nucléaire Lance-Engins de Nouvelle Génération (SNLE-NG) au large de la côte bretonne, vers la pointe de Penmarch.

Le Président de la République avait voulu fêter dignement la première année de son quinquennat, vouée tout entière, comme on sait, aux économies budgétaires, et faire par la même occasion un bras d’honneur aux manifestants de gauche qui, ayant contribué à son élection voici un an, se retrouvaient, quelle impudence, à battre le pavé parisien.

Las ! Admirez le bouquet ! Quel beau pétard qui fisse !

Dans les hautes sphères, on s’interroge : s’agit-il d’un nouveau prodige de la pyrotechnie française, ou d’un mauvais coup des services secrets nord-coréens ?

Le pire reste à venir : tandis que Bercy redoute les sanctions de Bruxelles après cet étalage de laxisme budgétaire, le quai d’Orsay s’attend à ce que Pyongyang exige une réunion d’urgence du Conseil de sécurité et la mise en place de sanctions contre la France, pour prolifération (plus ou moins) verticale, non–respect de l’article 6 du TNP, infraction à la législation sur les armes à feu, atteinte à l’environnement, menace sur la paix mondiale.

Qu’on se rassure toutefois : ce feu d’artifice improvisé laisse pratiquement intacte l’enveloppe budgétaire prévue pour la modernisation de nos armes atomiques, puisque celle-ci s’élève pour la seule année 2013 à 3,1 milliards d’Euros. Au regard des quelque 300 milliards d’Euros que ces armes destinées à ne jamais servir nous ont déjà coûtés, ce n’est même pas une broutille. C’est peanuts.

Le bon peuple peut même s’esbaudir : grâce aux missiles M45 d’ancienne génération toujours en place, Flanby peut encore faire en notre nom un milliard de morts, nous compris (mais pas lui, car il restera planqué sous l’Elysée, dans son bunker dénommé Jupiter).

Hourra, hourra, hourra, et vive la Royale !

Coordination antinucléaire Sud-Est, le 3 mai

En violation caractérisée du TNP (Traité de Non Prolifération), la France développe le missile nucléaire M51. Sous couvert d’une prétendue "modernisation" de l’arsenal existant, c’est à une véritable relance de l’armement nucléaire que l’on assiste. Un nouveau tir de missile M51 devrait avoir lieu le 4 mai 2013 (*), entre 6h20 et 9h40, à partir d’un sous-marin nucléaire au large de Penmarc’h (Bretagne).

Un nouveau tir de missile M51 devrait avoir lieu le 4 mai 2013 (*), entre 6h 20 et 9h 40, à partir d’un sous-marin nucléaire au large de Penmarc’h. Le dernier tir remonte au 27 janvier 2010 (4e essai) et beaucoup de bigoudens, et notamment les marins-pêcheurs langoustiniers, avaient entendu et suivi le décollage du missile.

Alors que la Corée du Nord continue d’exercer un chantage à l’arme nucléaire et de procéder à des essais de missiles, ce nouvel essai d’un missile français est une véritable provocation et marque la volonté de François Hollande de relancer l’armement nucléaire, et ce dans la droite ligne de ses prédécesseurs Sarkozy, Chirac…

Le missile M51 est en effet constitutif d’un changement radical de doctrine : il s’agit d’une arme conçue pour être utilisée sur le champ de bataille. C’est là un renversement complet de la doctrine de la dissuasion nucléaire, renversement assumé par Jacques Chirac le 19 janvier 2006 dans son discours de l’Ile Longue et non remis en cause depuis.

Avec le missile M51, plus précis et donc permettant l’utilisation de bombes nucléaires de puissance réduite, le gouvernement français poursuit un objectif de banalisation des armes nucléaires et radioactives, et de leur usage. La Fédération anti-nucléaire Bretagne rappelle que toute arme nucléaire ou radioactive est dévastatrice, et entraîne de graves conséquences sanitaires à moyen et long terme. L’usage d’armes à l’uranium appauvri employées en Irak, et probablement encore très récemment au Mali, le démontrent. D’une portée de 6000 km, le missile M51 menace jusqu’à la Chine.

Cette nouvelle violation du TNP vient malheureusement confirmer le mépris du gouvernement français pour le droit international. En contradiction totale avec les dispositions du TNP, François Hollande a une nouvelle fois tenté le 15 février 2013 de vendre des réacteurs nucléaire à l’Inde, un des 3 seuls pays au monde non signataires du traité. Le Sénat a même été saisi d’un projet de loi « relatif à la répartition des droits de propriété intellectuelle dans les accords de développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire ».

La France contribue ainsi à saboter purement et simplement le TNP, dans le seul but de vendre à l’étranger les réacteurs nucléaires d’Areva. La Fédération anti-nucléaire Bretagne rappelle les liens indissociables entre nucléaire civil et nucléaire militaire, la technologie du nucléaire civile étant une passerelle directe vers la fabrication d’armes nucléaires.

La Fédération anti-nucléaire Bretagne appelle tous les Français à exiger du Président Hollande et du gouvernement qu’il respecte enfin le Traité de Non-prolifération, en engageant la France dans la voie du désarmement nucléaire. Elle demande d’urgence le désarmement de tous les sous-marins nucléaires français et le démantèlement de leurs réacteurs nucléaires avant la catastrophe !

Trois crèches de Seine-et-Marne passent aux couches lavables Yolaine De La Bigne (Néo Planète) Reporterre 2013/05/07 Yolaine De La Bigne (Néo Planète) (7 mai 2013) Trois crèches de Seine-et-Marne passent aux couches lavables. Reporterre. fr

Trois crèches de Seine-et-Marne passent aux couches lavables

Dans le cadre de la politique régionale de prévention et de valorisation des déchets, le conseil régional d’Ile-de-France vient d’accorder 3 subventions à des crèches de Seine-et-Marne qui ont décidé d’en finir avec les couches jetables, bien trop polluantes.

Les crèches des Mousaillons à Saint-Mammès et celle de Champagne-sur-Seine, vont donc bénéficier d’une aide inédite de 14 268 euros avec laquelle elles vont pouvoir acheter les équipements adéquats et « former le personnel ». Un peu moins chanceux, les enfants de Saint-Pathus ne recevront que 5 014 euros. Mais bon, ils ne vont pas cracher dans la couche.

Bon pour l’environnement

Selon les chiffres du service de presse de Jean-Paul Huchon, chaque enfant utilise plus de 5 000 couches jetables jusqu’à ses deux ans et demi, l’équivalent de 4,5 arbres. Grâce aux couches lavables, les crèches de Seine-et-Marne vont pouvoir économiser chaque année près de 4 tonnes de couches jetables. Ensuite, après quelques mois, une évaluation d’experts vont contrôler la réduction effective du volume de déchets et évaluer le bien-être des enfants.

Pédagogie

L’idée c’est de diffuser cette pratique à toutes les crèches du pays, puis aux parents. Pour l’instant, ils ne sont que 5% à avoir adopté les couches lavables. Bien sûr, il y a tout un travail de communication de la part des collectivités locales pour faire évoluer les mentalités et faire comprendre au public que ces nouvelles couches représentent un moindre coût écologique mais aussi financier. C’est tout bénef’ !

Faire des économies

C’est bien connu, les couches coûtent une fortune ! Faisons la comparaison : pour un enfant jusqu’à sa propreté, l’investissement d’une famille en couches lavables est en moyenne de 400 à 800 € contre 1200 à 2 000 € pour les couches jetables. Trois fois moins cher ! D’autant que les couches peuvent resservir pour le 2e enfant ou des amis. En termes de déchets : à raison de 5 changes par jour, environ 1 800 changes par an seront évités, soit près de 300 kg de déchets évités. Changer bébé va presque devenir un plaisir !

9 mai Ile de Berder Par Julien villalard Reporterre 2013/05/07 Par Julien villalard (7 mai 2013) 9 mai Ile de Berder. Reporterre. fr

9 mai Ile de Berder

Jeudi 9 mai, rassemblement pour l’île de Berder, dans le Golfe du Morbihan

Pétition pour le parc départemental de l’île de Berder

Cette île merveilleuse au coeur du Golfe du Morbihan est actuellement à vendre. Nous ne voulons pas qu’elle soit privée. Elle a de tous temps accueilli les rêveurs, les poètes, les artistes, les enfants, les promeneurs, les marins, les réfugiés, les religieux, les laïques et les autres. Donnons lui un statut qui concrétise cette vocation universelle. Faisons qu’elle soit à tout jamais l’île de chacun, l’île de personne. Créons le parc départemental de l’île de Berder géré par le Conseil général, appuyé par la Région Bretagne et par l’État. Donnons-nous le temps de transformer ce bien public en un joyau d’enthousiasme. Les ressources sont immenses, retroussons nous les manches ! Merci de transmettre cette pétition à vos amis (es).

Les signataires.

Signer la pétition. ...................................................................

Rendez-vous le 9 mai !

Pendant l’hiver, nous avons tous entendu des bruits de billets de banque, des appétits qui s’aiguisent, un promoteur spécialisé dans l’hôtellerie de luxe serait sur les rangs... et pourtant, l’idée grandit de faire de Berder une île publique qui résonne aux milles idées de ses amoureux.

Elle a maintenant réuni plus de 11200 personnes ; toutes ont signé la pétition et souvent avec un commentaire enthousiaste, constructif, pétri d’intelligence pour que ce lieu magique reste une propriété universelle.

Alors voilà que le printemps arrive. Nous ressentons ce besoin de nature. Manifestons pour Berder, pour qu’enfin cette île soit inaccessible à tous les appétits privés.

Le 9 mai, c’est la Semaine du Golfe, un bon moment pour un pique-nique. Il y aura du spectacle et nous ferons l’évènement par notre présence en grand nombre, avec de quoi boire et manger, et aussi de quoi rire et faire de la musique. Nous prendrons le chemin côtier par la gauche, le long des pêcheries, pour rejoindre la plage. Si vous venez en bateau, vous pouvez mouiller ou échouer sur cette plage pour qu’on se retrouve tous ensemble le temps de la marée.

Dîtes le autour de vous, ce sera le bon moment pour se retrouver entre humains, en laissant les affairistes à leurs éternelles déceptions !

Puis pique-nique à la plage !

2012 a été une des dix années les plus chaudes jamais enregistrées Organisation météorologique mondiale Reporterre 2013/05/07 Organisation météorologique mondiale (7 mai 2013) 2012 a été une des dix années les plus chaudes jamais enregistrées. Reporterre. Climat fr

2012 a été une des dix années les plus chaudes jamais enregistrées

Le compte rendu annuel de l’OMM sur l’état du climat confirme que 2012 se classe parmi les dix années les plus chaudes.

Selon la Déclaration de l’Organisation météorologique mondiale sur l’état du climat mondial, 2012 a rejoint les dix années précédentes dans le classement des années les plus chaudes jamais observées (au neuvième rang), malgré l’influence, en début de période, du phénomène La Niña qui a normalement pour effet de refroidir le climat.

En 2012 (janvier-décembre), la température moyenne à la surface du globe (terres émergées et océans confondus) a présenté une anomalie positive estimée à 0,45°C (±0.11°C) par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 (14,0°C). D’après le compte rendu, elle se classe au neuvième rang des années les plus chaudes jamais observées depuis le début des relevés en 1850.

Pour la vingt-septième année consécutive, la température moyenne à la surface des terres et des océans se trouve au-dessus de la normale calculée pour la période 1961-1990. Les années 2001-2012 comptent toutes parmi les 13 années les plus chaudes jamais observées.

« Bien que le rythme du réchauffement varie d’une année sur l’autre en raison de la variabilité naturelle du climat induite par El Niño, par les éruptions volcaniques et par d’autres phénomènes, le réchauffement continu de la basse atmosphère reste inquiétant », a déclaré Michel Jarraud, Secrétaire général de l’OMM. Selon lui, « la tendance à la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre qui se poursuit et entraîne une augmentation du forçage radiatif de l’atmosphère terrestre confirme que le réchauffement va se poursuivre ».

« La fonte record des glaces de l’Arctique en août-septembre (chiffre inférieur de 18% au précédent minimum record enregistré en 2007 de 4,18 millions de km2) est également un signe inquiétant du changement climatique » a ajouté M. Jarraud.

« Bien d’autres phénomènes extrêmes se sont produits en 2012, comme des sécheresses et des cyclones tropicaux. La variabilité naturelle du climat a toujours donné lieu à ces extrêmes mais les caractéristiques physiques de ces phénomènes météorologiques et climatiques résultent de plus en plus du changement climatique ».

« À titre d’exemple, comme le niveau mondial de la mer est désormais plus élevé de 20cm environ par rapport à 1880, des tempêtes comme l’ouragan Sandy entraînent davantage d’inondations côtières qu’auparavant » a indiqué M. Jarraud.

Les déclarations annuelles de l’OMM forment un recueil des principaux phénomènes climatiques de chaque année. C’est aujourd’hui une source d’information reconnue qui fait autorité en matière de températures, de précipitations, de phénomènes extrêmes, de cyclones tropicaux et d’étendue de la banquise.

La nouvelle déclaration, qui fournit une analyse approfondie des tendances régionales, correspond à la volonté de l’OMM de diffuser davantage de données aux niveaux régional et national afin de soutenir les activités d’adaptation à la variabilité du climat et aux changements climatiques.

Le compte-rendu sur le climat pour l’année 2012, le plus détaillé à ce jour, sera examiné à la session du Conseil exécutif de l’OMM (du 15 au 23 mai2013).

Des températures supérieures à la normale ont été observées en 2012 sur une grande partie de la surface terrestre, en particulier en Amérique du Nord, en Europe méridionale, dans l’ouest de la Fédération de Russie et dans certaines zones d’Afrique du Nord et d’Amérique du Sud. En revanche, des températures inférieures à la normale ont été enregistrées en Alaska, dans certaines régions du nord et de l’est de l’Australie ainsi qu’en Asie centrale.

Les précipitations dans le monde ont été légèrement supérieures à la normale à long terme calculée pour la période 1961-1990. Les précipitations ont été inférieures à la normale dans la plupart des régions du centre des États-Unis d’Amérique, dans le nord du Mexique, le nord-est du Brésil, le centre de la Fédération de Russie et le centre-sud de l’Australie. Elles ont été supérieures à la normale en Europe du Nord, en Afrique de l’Ouest, au nord et au centre de l’Argentine, dans l’ouest de l’Alaska et dans la plupart des régions du nord de la Chine.

L’étendue de la couverture neigeuse a été inférieure à la moyenne en Amérique du Nord pendant l’hiver 2011/2012, ce qui en fait la quatrième plus petite étendue de couverture neigeuse jamais observée selon les données du Laboratoire de l’enneigement mondial (Global Snow Laboratory). Cela contraste fortement avec les deux hivers précédents (2009/2010 et 2010/2011) qui avaient enregistré la plus importante et la troisième plus grande étendue de couverture neigeuse, respectivement, depuis le début des relevés en 1966.

Quant à l’étendue de la couverture neigeuse sur le continent eurasien, elle a été supérieure à la normale pendant l’hiver, ce qui en fait la quatrième plus grande étendue de couverture neigeuse jamais observée. De façon générale, l’étendue de la couverture neigeuse dans l’hémisphère nord a été supérieure à la normale (de 590000 km2 supérieure à la moyenne de 45,2 millions) et a représenté la quatorzième étendue de couverture neigeuse la plus importante jamais observée.

Calotte glaciaire du Groenland : au début du mois de juillet, la couverture glaciaire de surface du Groenland a très fortement fondu, atteignant 97% à la moitié du mois de juillet selon les estimations. Il s’agit de la fonte la plus importante depuis le début des observations satellites il y a 34 ans.

En règle générale, presque la moitié de la calotte glaciaire du Groenland fond naturellement pendant l’été, en particulier à basse altitude. Cependant, en 2012, un système de haute pression a entraîné des températures supérieures à la moyenne dans cette région, qui sont liées à cette fonte rapide.

L’étendue de la banquise de l’Arctique a atteint le niveau le plus bas de son cycle annuel le 16 septembre, avec 3,41 millions de km2. Inférieur de 18% au précédent minimum record observé le 18 septembre2007, le chiffre de cette année représente une diminution de 49%, soit 3,3 millions de km2, par rapport à la moyenne des minima calculée pour la période 1979‑2000. La différence entre l’étendue maximum de la banquise arctique relevé le 20 mars et le niveau le plus bas enregistré le 16septembre est de 11,83 millions de km2. Il s’agit de la perte saisonnière la plus importante d’étendue de la banquise arctique depuis le début des observations satellites il y a 34 ans.

L’étendue de la banquise de l’Antarctique a été, en mars, la quatrième plus importante jamais observée, avec 5 millions de km2, un chiffre de 16% supérieur à la moyenne enregistrée pour la période 1979-2000. Le 26 septembre, pendant la saison durant laquelle elle s’étend, la banquise antarctique a atteint une superficie jamais observée depuis le début des relevés en 1979, avec 19,4 millions de km2. Ce chiffre dépasse le record précédent d’étendue maximum de la banquise établi à 19,36 millions de km2 le 21 septembre 2006.

Phénomènes extrêmes : l’ouragan Sandy a fait plus de 100 victimes et a causé d’importants dégâts aux Caraïbes. Aux États-Unis d’Amérique, les dommages ont été estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars des États‑Unis et 130 personnes ont été tuées dans l’est du pays. Le typhon Bopha, le plus meurtrier de l’année, a touché les Philippines à deux reprises en décembre.

Pendant l’année, les États-Unis d’Amérique et le sud-est de l’Europe ont subi une sécheresse extrême alors que l’Afrique de l’Ouest a été touchée par de graves inondations. Les populations d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie ont été fortement touchées par des conditions extrêmes de froid et d’enneigement. De fortes inondations se sont produites au Pakistan pour la troisième année consécutive.

Le changement climatique accentue la variabilité naturelle du climat et devient une source d’incertitude pour les secteurs économiques sensibles au climat, comme l’agriculture et l’énergie.

« Il est essentiel que nous continuions à investir dans l’observation et la recherche afin d’approfondir nos connaissances sur la variabilité et le changement climatiques » a indiqué M.Jarraud.

« Nous devons comprendre quelle proportion de la chaleur capturée par les gaz à effet de serre est stockée dans les océans et quelles en sont les conséquences sur leur acidification et d’autres phénomènes. Nous devons parfaire nos connaissances sur les effets de refroidissement temporaires provoqués par la pollution et les aérosols présents dans l’atmosphère.

Il nous faut également approfondir nos connaissances sur le comportement changeant des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dus au réchauffement climatique, ainsi que sur la nécessité d’aider les pays situés dans les zones les plus touchées à mieux gérer les risques liés au climat grâce à l’amélioration du système d’alerte précoce et de la veille climatique » a-t-il fait remarquer.

Le Cadre mondial pour les services climatologiques (CMSC), adopté en 2012 par le Congrès météorologique mondial réuni en session extraordinaire, constitue désormais la plate-forme mondiale nécessaire pour contribuer aux prises de décision en matière d’adaptation climatique par le biais de renseignements plus complets sur le climat.

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Complément d’information

La Déclaration sur l’état du climat mondial en 2012 peut être consultée à l’adresse suivante : www.wmo.int.

Fiche d’information de l’OMM accompagnée d’un résumé sur le changement climatique (constat et chiffres clefs).

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau.

Les éoliennes filles du big business et du greenwashing Alain Ravayrol Reporterre 2013/05/07 Alain Ravayrol (7 mai 2013) Les éoliennes filles du big business et du greenwashing. Reporterre. Tribune — fr

Les éoliennes filles du big business et du greenwashing

Dans l’Aude, la concentration des éoliennes conduit les écologistes à s’interroger : « Le problème est l’état d’esprit qui permet ce niveau de destructions cumulées, avec, dans le cas des énergies renouvelables, un étendard de bonne conscience de couleur verte ».

Sur le fond, ce qui est paradoxal n’est pas le fait de se poser des questions sur les paysages dans un département des plus ventés (on conteste bien l’exploitation des gaz de schistes là où ils se trouvent !) mais plutôt le fait de ne pas s’en être préoccupé plus tôt, car aujourd’hui il n’ y a pas un seul point de vue des Corbières affranchi de la vue de ces objets.

La région méditerranéenne est un spot de biodiversité et, économiquement, un spot touristique. Il est donc impératif que les décideurs se posent ce genre de question. Il est aussi urgent qu’ils se la posent pour tous les aménagements car le niveau d’artificialisation des sols est ici tel que nous sacrifions à grande vitesse le capital de nos piliers économiques, qu’il s’agisse des terres agricoles ou des espaces naturels.

Mais, à mes yeux, le problème majeur du développement éolien comme du photovoltaïque en plein champ n’est pas d’abord celui de la mort de busards cendré, la transformation de centaines d’hectares de nourriture en mégawatts ou la perturbation de mes songes quand j’ai le cul posé sur un caillou au sommet d’une colline languedocienne.

Le problème est l’état d’esprit qui permet ce niveau de destructions cumulées, avec, dans le cas des énergies renouvelables, un étendard de bonne conscience de couleur verte. Car les industriels de ces secteurs ressemblent à s’y méprendre à ceux du nucléaire ou des énergies fossiles (Areva, Total, GDF Suez, Alsthom, Bouygues...), ils en sont souvent les avatars en greenwashing (EDF énergies nouvelles, Véolia environnement...).

Corruption légale

La « corruption légale », permise dans la société par la prééminence de l’enjeu comptable qui transforme les élus locaux et les responsables associatifs en gestionnaires et enterre la réflexion politique, est l’outil de base dans la mallette des multinationales. La « corruption légale » accompagnée du chantage à l’emploi se renforce ici d’un chantage à la responsabilité écologique.

Au début du développement de cette filière, le mitage a été favorisé par l’opportunité de taxe professionnelle pour de petites communes rurales en mal de ressources et il continue aujourd’hui dans un système de spéculation foncière qui promet aux propriétaires fonciers et aux communes des revenus locatifs inespérés pour des sols par ailleurs peu « productifs », cela avant la moindre obtention d’un permis de construire.

L’arrogance de pouvoir qui s’appuie dès les premiers contacts sur le poids financier des « développeurs » peut dès lors s’exprimer à chaque étape des procédures visant à évaluer la pertinence et l’innocuité de ces projets, ainsi que par le lobbying organisé par le « syndicat » des énergies renouvelables dont la liste des membres peut donner une idée de l’influence ou par France Energie Eolienne (1 et 2).

Les contraintes techniques parfaitement connues et maîtrisées permettent une rapide identification des sites favorables, le blocage foncier est rapidement éliminé par l’argent mis sur la table, l’ultime objectif est donc l’obtention du permis de construire. Dans cette procédure, ce sont les questions environnementales qui s’avèrent les plus complexes et font office de dernier recours.

Ce sont elles aussi qui ont été dénoncées par l’ex président Sarkozy tout autant que par l’actuel président socialiste du Languedoc-Roussillon et que l’actuel pouvoir veut lever au bénéfice de ces lobbies.

En effet, les enjeux politiques forts, liés au foncier, sont neutralisés par le droit de propriété et soumis à un simple avis de commissions et représentants socio-professionnels qui doivent souvent se prononcer au bénéfice d’intérêts particuliers qu’ils représentent et au détriment d’enjeux sociétaux de long terme (préservation des terres agricoles, de la biodiversité, etc.) qu’ils ne peuvent défendre que dans les discours.

Etudes contrôlées par ceux-là même qui vont détruire

Les fameuses contraintes environnementales (protection des paysages, de la biodiversité), qui doivent être étudiées dans les dossier de permis de construire, suivent le cours classique des études commanditées et contrôlées par ceux-là même qui vont détruire. Ce premier enjeu du rapport de force entre l’industriel et le bureau d’étude (BE) peut donc être abordé selon différentes stratégies sachant que l’objectif de l’industriel est bien de faire apparaître des enjeux environnementaux faibles ou modérés. Pour ce faire ils peuvent :

- viser une autonomie de compétence ; - fragmenter, compartimenter les études des différents thèmes puis les faire assembler (édulcorer ?) par un bureau d’étude à leur solde ; - faire travailler plusieurs BE sur un même thème et retenir l’étude la moins disante en terme d’enjeux ; - être suffisamment convaincants auprès du BE pour lui faire percevoir des perspectives futures alléchantes contre rédaction pas méchante ; - ne rien faire de particulier, les BE ayant intégré le point précédent.

Cette somme de travail sera ensuite soumise à avis des services de l’Etat dont la RGPP [réforme générale des politiques publiques] a par exemple permis de transformer un ministère de l’Environnement en un ministère d’aménageurs et la crise à transformer les préfets comme les ministres en représentants de commerce.

Et ce sera souvent lorsque les agents des services de l’Etat auront fait leur travail de manière consciencieuse (c’est-à-dire avec la connaissance et l’adhésion aux textes du code de l’environnement ou de l’urbanisme) que le premier grain de sable pourra apparaître. Ces mêmes députés qui auront voté ces textes pourront ensuite indiquer à la vindicte populaire, l’administration zélée ou la Commission européenne.

Enfin, illusion de démocratie, une enquête publique permettra au citoyen de se prononcer à condition d’être retraité, cultivé et impliqué. Quand au militant il sera rapidement identifié par le commissaire enquêteur (lui même retraité, serviteur de l’Etat, indépendant et neutre mais ne s’étant pas trop fait remarquer dans l’excès de zèle critique) qui aura pour charge de donner un avis reflétant les propos des citoyens qui auront eu le temps et les capacités culturelles de l’être.

Le graphisme délicat des moulins à vent

Une fois le permis de construire accordé, il faudra qu’ EDF fasse fructifier son image d’énergie nouvelle en nous collant à tous vents ce graphisme si délicat des moulins à vent. Mais également en sollicitant contre monnaie sonnante et trébuchante, des associations d’éducation à l’environnement pour faire visiter ses oeuvres à nos chères têtes blondes.

Ces mêmes associations qui pourront sanctifier le belle parole en contribuant favorablement à l’étude d’impact. Les développeurs pourront également au travers de clauses de confidentialité, cacher les cadavres sous le tapis, bloquer les publications gênantes, compenser en cultures à gibier et soins à la faune sauvage.

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Notes :

(1) « Nous maintiendrons également l’attention des décideurs publics afin d’obtenir une adoption rapide des mesures d’urgence et afin de lever le carcan administratif qui nous étouffe. » FEE, objectifs et missions.

(2) Lettre au préfet de région Languedoc-Roussillon.

Le climat change trop vite pour les poissons d’eau douce CNRS Reporterre 2013/05/07 CNRS (7 mai 2013) Le climat change trop vite pour les poissons d’eau douce. Reporterre. fr

Le climat change trop vite pour les poissons d’eau douce

En analysant des données récoltées depuis plus de trente ans à l’échelle de la France, des chercheurs du laboratoire Evolution et Diversité Biologique (CNRS / Université Paul Sabatier / ENFA) apportent de nouvelles informations sur la capacité des poissons d’eau douce à répondre aux changements climatiques récents.

Leurs travaux mettent en évidence des déplacements importants des aires de distribution des espèces, mais d’une ampleur toutefois insuffisante pour faire face aux changements en cours. Ces résultats sont publiés dans la revue Ecography.

En réponse aux changements climatiques récents, des déplacements vers les pôles ou de plus hautes altitudes sont observés chez de nombreux groupes taxonomiques et dans diverses régions du monde. A ce jour, une grande diversité de réponses ont été décrites, suggérant que toutes les espèces ne seraient pas en mesure d’ajuster leur aire de répartition pour suivre les modifications de leur environnent induites par les changements climatiques.

Particulièrement sensibles aux variations environnementales et à l’intégrité écologique de leur habitat, les poissons d’eau douce pourraient être particulièrement affectés par les changements climatiques. Pourtant, peu de travaux avaient jusqu’alors cherché à savoir si les poissons d’eau douce répondaient aux changements climatiques survenus ces dernières décennies par une modification de leur aire de distribution et si ces réponses étaient cohérentes avec l’ampleur des changements observés.

C’est à ces questions qu’a permis de répondre une étude basée sur les données de l’Onema (1), qui décrit depuis plus de trente ans les assemblages de poissons des rivières françaises.

Les résultats de l’étude sont sans équivoque : les espèces de poissons d’eau douce remontent en altitude, mais à des vitesses largement inférieures à la magnitude des changements climatiques. Tandis que les isothermes montrent des remontées moyennes en altitude de 57 m par décade depuis les années 80, les 32 espèces de poissons étudiées ne sont remontées en moyenne que de 13.7 m par décade.

Ainsi, cette étude démontre pour la première fois que les poissons des rivières françaises répondent aux modifications climatiques récentes. Par comparaison avec les données de la littérature, cette réponse est plus forte que chez la plupart des organismes terrestres.

Cependant, les chercheurs soulignent que les déplacements observés sont en retard par rapport aux modifications climatiques décrites sur la période d’étude, suggérant que les espèces de poissons pourraient ne pas être capables de suivre leur niche climatique.

Même si ce résultat n’est pas surprenant au regard d’espèces dont les déplacements sont fortement contraints par la structure des réseaux hydrographiques, le retard accumulé par les poissons d’eau douce pourrait avoir d’importantes répercussions sur leur capacité à faire face aux changements climatiques attendus dans le futur, même si certaines espèces répondent à ces changements de façon imprévisible.

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Notes

(1) Office national de l’eau et des milieux aquatiques, l’Onema est l’organisme en charge de la surveillance de l’état des eaux et du fonctionnement écologique des milieux aquatiques en France.

Référence

Do stream fish track climate change ? Assessing distribution shifts in recent decades, Ecography, Lise Comte & Gaël Grenouillet.

Brésil : les Indiens luttent pour leurs terres sur le barrage de Belo Monte RFI Reporterre 2013/05/08 RFI (8 mai 2013) Brésil : les Indiens luttent pour leurs terres sur le barrage de Belo Monte. Reporterre. fr

Brésil : les Indiens luttent pour leurs terres sur le barrage de Belo Monte

Au Brésil, le chantier du barrage de Belo Monte en Amazonie est toujours paralysé par des Indiens en colère. Ils occupent le site du troisième plus grand barrage au monde qui inondera leurs terres.

- Envoyé spécial à Altamira, en Amazonie, François Cardona

Sur place, la tension est extrême, car les Indiens craignent d’être attaqués violemment par les forces de l’ordre. Tous les journalistes ont été expulsés dont le correspondant de RFI au Brésil. Plus personne ne peut les rejoindre sous peine d’emprisonnement.

Depuis le 2 mai, Valdenir, le leader du mouvement, et ses guerriers Mururuku, occupent ce gigantesque chantier sur le rio Xingu, dans l’État du Pará. Ils sont plus de 150 Indiens, des hommes armés d’arcs et de flèches, accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants, installés dans les locaux administratifs du barrage.

Ils sont déterminés et refusent de quitter le chantier mais craignent tout de même que les autorités ne donnent l’assaut sur leur camp. « Ils peuvent tout à fait tenter de manipuler l’opinion en nous attaquant et dire ensuite que ce sont les Indiens qui les ont attaqués en premier. Et se présenter comme des victimes. C’est notre grande crainte », affirme Valdenir. En effet, des dizaines de soldats lourdement armés sont prêts à intervenir.

Les Indiens exigent l’ouverture de négociations avec le gouvernement brésilien car d’ici deux ans, leurs terres seront inondées par le barrage, soit 500km2, et plus de 16 000 personnes expulsées. Mais, Valdenir assure que les Indiens ne reculeront pas : « Nous n’avons pas besoin d’avoir peur, car nous luttons pour nos droits. Nous sommes des guerriers. Nous savons que nous devons être prêts à combattre. Et à mourir s’il le faut ».

Une boite à outils pour placer les communes en transition écologique Elise Bancon (Bizi !) Reporterre 2013/05/08 Elise Bancon (Bizi !) (8 mai 2013) Une boite à outils pour placer les communes en transition écologique. Reporterre. fr

Une boite à outils pour placer les communes en transition écologique

L’association écologiste basque Bizi ! a conçu une boîte à outils pour aider les candidats aux élections municipales à intégrer les enjeux de la transition écologique dans leur programme.

Réception pour jet-set de pacotille sur le parking du concessionnaire Ferrari de Bayonne. C’est la dernière action de Bizi ! qui dénonce ainsi les dégâts infligés à la planète par la consommation des ultra-riches. Mais si l’association altermondialiste basque s’est fait connaitre par ses actions médiatiques alliant l’humour, le spectaculaire et la contestation, elle ne s’est jamais contentée de cela. La dénonciation des dysfonctionnements d’un système prédateur pour la planète et source d’inégalité n’est qu’un élément d’une stratégie plus large.

Bizi ! est radicale mais pragmatique. L’association souhaite travailler avec l’ensemble des personnes de bonne volonté et des composantes de la société. Si les désillusions sont grandes au niveau des politiques, notamment nationales, il reste des leviers d’action au niveau local.

C’est ainsi qu’est né le projet d’une boîte à outils programmatique en vue des élections municipales. Ce document vise à sensibiliser les candidats aux enjeux de la transition énergétique et écologique et de la lutte contre le changement climatique, et à leur donner les éléments concrets pour intégrer cette dimension dans leur programme.

Organisée en 50 fiches, la boîte à outil offre des propositions d’actions concrètes, qui tiennent compte de l’arsenal juridique et administratif actuel, ainsi que de la situation financière des communes et des intercommunalités. Les 13 chapitres (urbanisme et aménagement, mobilité, énergie, bâtiments, eau, agriculture, forêts, économie, consommation responsable, déchets, espaces verts, risques, stratégie) couvrent l’ensemble des champs de compétences sur lesquels une commune ou une communauté de communes peut agir dans le cadre de la transition énergétique et écologique.

Chaque fiche propose une méthodologie progressive et cite les initiatives de communes ayant mis en place des actions dans le domaine concerné, une façon d’illustrer que toutes ces propositions sont réalisables, et de favoriser la mise en réseau et le partage d’expérience.

Bien que conçue pour le Pays Basque, elle peut inspirer l’ensemble des candidats de l’hexagone. Bizi l’a conçue comme un sas d’entrée au Climat Pratic, outil réalisé par l’Ademe, le Cler, l’Etd et le Rac-F qui permet d’approfondir les pistes d’action sélectionnées.

Et parce que notre monde a besoin de bonnes nouvelles et de prendre conscience qu’ils sont nombreux, ceux qui s’engagent déjà dans la voie de la construction d’une société plus sobre, plus humaine, plus conviviale et plus solidaire, Bizi ! organise le 6 octobre 2013 Alternatiba, le village des alternatives.

Ce rendez-vous festif accueillera à Bayonne des visiteurs venus découvrir le foisonnement d’initiatives qui ouvrent la voie de la transition énergétique. Quelques jours après la sortie du rapport du GIEC sur le climat, chacun pourra venir y puiser les idées et l’énergie nécessaires afin de devenir acteur des changements incontournables qui nous attendent.

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Reporterre est partenaire d’Alternatiba

Gaz de schiste : la discussion entre Europe et Canada menace l’interdiction de la fracturation hydraulique Corporate Europe Observatory Reporterre 2013/05/08 Corporate Europe Observatory (8 mai 2013) Gaz de schiste : la discussion entre Europe et Canada menace l’interdiction de la fracturation hydraulique. Reporterre. Mines et Gaz de schiste fr

Gaz de schiste : la discussion entre Europe et Canada menace l’interdiction de la fracturation hydraulique

Des négociateurs canadiens sont cette semaine à Bruxelles pour accélérer la conclusion d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Canada. Cet accord rendrait impossible d’interdire la fracturation hydraulique.

L’Accord Économique et Commercial Global (AECG) en cours de négociation entre l’Union Européenne (UE) et le Canada accorderait aux compagnies énergétiques des possibilités étendues pour venir défier les régulations et interdictions de développement du gaz de schiste (par la fracturation hydraulique, dommageable pour l’environnement) démontre un nouveau rapport du Corporate Europe Observatory, du Conseil des Canadiens et du Transnational Institute.

Tandis que les négociateurs canadiens visitent Bruxelles cette semaine afin d’accélérer la conclusion des négociations de l’AECG, « Le droit de dire non » met en garde contre les clauses de protection des investissements proposées dans l’accord, qui viendraient mettre en péril la capacité des gouvernements à réglementer ou interdire la fracturation hydraulique.

Actuellement, les États membres de l’UE étudient les risques environnementaux et de santé publique liés à cette technologie nouvellement populaire pour extraire les gaz ou le pétrole naturel difficile d’accès. Alors que la majorité des pays concernés par des dotations en gaz de schiste prennent des positions contre la fracturation hydraulique [1], les puissantes compagnies pétrolières et gazières repoussent ces régulations.

« L’AECG permettra aux grandes compagnies gazières et pétrolières de contester les régulations et interdictions de fracturation hydrauliques en Europe à la dérobée. Elles auront juste besoin d’une filiale ou d’un bureau au Canada [2] », a averti Timothé Feodoroff, du Transnational Institute.

En vertu de l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (ALENA), il existe déjà un précédent de contestation judiciaire des régulations et interdictions de la fracturation, qui est comme un aperçu de ce qui pourrait potentiellement attendre l’Europe. La firme américaine Lone Pine Resources Inc. défie le moratoire sur la fracturation hydraulique émis par la province canadienne de Québec et poursuit le gouvernement canadien pour des compensations.

« Le cas de Lone Pine montre que les gouvernements sont sujets à des conflits investisseurs-États contre le principe de précaution dans le cadre de projets énergétiques controversés » a déclaré Stuart Trew, qui mène les campagnes sur les questions commerciales chez le Conseil des Canadiens. « Le système de règlement des différends d’investisseurs à États dans le projet de l’AECG créerait des risques inutiles pour les communautés européennes pesant les avantages et les inconvénients de la fracturation hydraulique ».

Les Etats membres de l’UE ont déjà une expérience de différends d’investisseurs à États qui compromettent les énergies renouvelables et les politiques de protection de l’environnement. L’Allemagne est actuellement poursuivie en justice par la firmeVattenfall en raison de la sortie du pays du nucléaire.Vattenfall exige 3,7 milliards € en compensation des pertes de profits.

« Les membres du Parlement Européen devraient mettre l’intérêt public avant celui des investisseurs, et s’opposer au mécanisme de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG. Ce dernier ouvrirait la voie à des millions d’euros d’indemnités à verser aux grandes entreprises par les contribuables européens, pour une législation dans l’intérêt public » a expliqué Pia Eberhardt, du Corporate Europe Observatory.

Les négociations de lAECG entre l’UE et le Canada ont été lancées lors d’un sommet bilatéral en mai 2009. Plusieurs des chapitres proposés dans l’accord vont contraindre l’espace politique de l’UE et de ses États membres, mettant des mesures efficaces et légitimes de protection de l’environnement en danger de litiges commerciaux ou d’investissements du Canada. Les négociateurs espèrent conclure l’accord avant l’été.

Le Corporate Europe Observatory, le Conseil des Canadiens et le Transnational Institute exhortent l’UE, les États membres et le gouvernement canadien à ne pas inclure un système de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG.

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Notes :

1. La France, la Bulgarie et la région de Cantabrie dans le nord de l’Espagne ont déjà interdit la fracturation hydraulique au nom de préoccupations environnementales, tandis que la Roumanie, l’Irlande, la République tchèque, le Danemark et le Nord-Westphalie en Allemagne ont proclamé un moratoire. Tout comme dans les pays où un moratoire a été déclaré, les projets prévus aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suisse ont été suspendus jusqu’à ce que l’on procède à des évaluations sur les risques environnementaux. En Norvège et en Suède, la fracturation a été déclarée économiquement non viable. Des projets en Autriche et en Suède ont été annulés pour la même raison, sans mesures législatives.

2. Il y a beaucoup de compagnies pétrolières et gazières, dont le siège ou des bureaux sont au Canada, qui ont déjà commencé à explorer les réserves de gaz de schiste en Europe, notamment en Pologne. Bien que beaucoup de ces entreprises ne soient pas strictement canadiennes, une filiale basée au Canada leur permettrait de contester les interdictions et régulations de la fracturation via l’AECG. Il est amplement prouvé que les entreprises vont changer leurs nationalités afin de bénéficier d’un tel traité.

Retour sur Boston : la dérive sécuritaire des Etats-Unis John R. MacArthur Reporterre 2013/05/08 John R. MacArthur (8 mai 2013) Retour sur Boston : la dérive sécuritaire des Etats-Unis. Reporterre. Tribune — fr

Retour sur Boston : la dérive sécuritaire des Etats-Unis

La recherche des auteurs de l’attentat de Boston, en avril, a donné lieu à l’imposition d’un état de siège pendant deux jours dans la ville américaine. Une situation qui a paru banale, mais qui révèle une évolution majeure si on la compare à ce qui s’était passé en 1963 lors de l’assassinat de Kennedy : le déploiement démesuré de l’appareil sécuritaire étatique.

Dans l’après-midi du 22 novembre 1963, après avoir tiré sur le président John F. Kennedy avec un fusil depuis le sixième étage d’un entrepôt, Lee Harvey Oswald a pris la fuite dans les rues de Dallas, au Texas. Alors que le choc résonnait à travers la nation, l’assassin parcourut la ville en autobus, en taxi et à pied. Recherché par la police, il tua un agent avec un revolver avant de se réfugier dans un cinéma où jouait War Is Hell, un film présenté hors compétition au Festival de Cannes.

Par bonheur, un citoyen alerte, gérant d’un magasin de chaussures, remarqua le fugitif, visiblement nerveux, en train de se glisser dans le cinéma sans payer son billet. Ce brave marchand en informa le vendeur de billets, qui alerta la police. Oswald fut bel et bien arrêté, assis dans un fauteuil à l’arrière de la salle et toujours armé, moins d’une heure et demie après avoir bouleversé le monde entier.

Je rappelle ces détails afin d’accentuer le contraste avec la chasse à l’homme suivant l’attentat terroriste à Boston. Toute comparaison est odieuse, il est vrai. Mais, dans ce cas-là, elle permet de souligner combien l’Amérique a changé pour le pire ; depuis l’assassinat de Kennedy, bien sûr, mais surtout depuis le 11 septembre 2001.

Comment se fait-il qu’une région de plusieurs millions de citoyens ait pu être bouclée toute une journée sans que personne proteste contre la décision - essentiellement militaire - prise par des officiels civils ? Je ne dis pas que le gouverneur, Deval Patrick, rêvait d’un coup d’État qui l’installerait à la tête du nouveau royaume du Massachusetts.

Mais, jusqu’à présent, je n’ai pas entendu un seul expert pouvant démontrer que le fait d’avoir enfermé la population de Watertown et de Boston ait aidé les forces de l’ordre à retrouver plus vite le frère cadet du duo Tsarnaev. Au contraire, c’est seulement après que le couvre-feu a été levé que David Henneberry est sorti de sa maison et a découvert la toile goudronnée de son bateau, garé dans son jardin, tachée par le sang de Djokhar.

Les différences entre la situation politique à Dallas en 1963 et celle de Boston en 2013 sont peut-être évidentes, mais j’insiste sur ce point : la non-fermeture de la deuxième ville du Texas - où, contrairement à Boston, les autobus, les taxis, les piétons et les amateurs de cinéma avaient continué à circuler - n’a pas empêché l’arrestation rapide d’un assassin dangereux qui a traumatisé l’Amérique jusqu’au tréfonds de son âme collective.

Là, comme à Boston, un agent de police a été tué par le fugitif après la terreur semée par le crime initial. Toutefois, les soldats de la Garde nationale n’ont pas envahi les lieux publics de Dallas ; des blindés n’ont pas défilé autour de Dealey Plaza. Comme l’a dit le professeur de droit Emilio Viano à Dimanche magazine, la réponse des forces de l’ordre à Boston était « presque un exercice militaire » pour démontrer avant tout « ce qu’on peut faire aujourd’hui avec la coopération des forces de police fédérale, de la Ville, de l’État et des militaires ». Bref, un exercice qui portait plus sur l’intimidation symbolique que sur le vrai travail de police.

Peu nombreux sont ceux qui ont protesté contre la conduite du gouvernement durant la crise ; inexistants sont les dissidents qui ont pu prendre la parole sur les plateaux des grandes émissions de télévision et de radio. En fait, les voix contradictoires se sont limitées à des figures marginalisées, comme le libertaire Ron Paul et le réformiste Ralph Nader : Paul a qualifié les manoeuvres des autorités d’« occupation de mode militaire » digne d’un « État policier ».

Nader, lui non plus, n’a pas mâché ses mots. Selon son voisin Albrecht Ammon, l’aîné des Tsarnaev a déclaré que les États-Unis « étaient toujours un pouvoir colonial » et que « la plupart des victimes en Afghanistan et en Irak étaient des spectateurs fusillés par des soldats américains ». Sans pour autant excuser les actions des frères assassins, Nader a déclaré que « depuis les régions d’outre-mer, le message de Boston est que, jusqu’à présent, les boutons high-tech étaient uniquement pressés par les opérateurs de drones contre eux. Après Boston, ils peuvent voir que d’autres boutons low-tech peuvent maintenant être pressés en Amérique contre des rassemblements d’innocents ».

J’irais même plus loin : un des coupables a été arrêté grâce à la vigilance d’un citoyen. Le déploiement démesuré de la sécurité d’État aura, en définitive, contribué à glorifier l’attentat.

Le gaz de schiste en France ? Un mirage économique Benjamin Dessus Reporterre 2013/05/09 Benjamin Dessus (9 mai 2013) Le gaz de schiste en France ? Un mirage économique. Reporterre. Tribune — fr

Le gaz de schiste en France ? Un mirage économique

Le dossier écologique du gaz de schiste est désastreux. Mais l’intérêt économique de son exploitation en France est tout aussi médiocre.

Gaz de schiste. Laurence Parisot revient à la charge pour réclamer l’exploitation des potentiels gisements français, clef de la réindustrialisation du pays, prétend-elle.

Le mirage gazier du Medef

Comment réindustrialiser la France ? Laurence Parisot, présidente du Medef tient la solution : « Au-delà du pacte de compétitivité, que je salue, il y a une réponse très simple : explorons et exploitons dans notre pays les gaz de schiste (…) La réindustrialisation dans ces cas là pourrait intervenir très rapidement (…) Pour avoir la même chance que les entreprises américaines, nous devons traiter la question du gaz de schiste. » (1)

Le Medef choisit de sortir du bois au moment où le groupe de travail du Débat national sur la transition énergétique chargé de comparer diverses trajectoires énergétiques à l’horizon 2050, s’accorde sur l’indispensable nécessité de faire décroître la consommation d’énergie des ménages, des entreprises et des services, pour espérer diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en France, objectif inscrit dans la loi.

Alors qu’aucun des arguments des défenseurs de l’environnement n’est à ce jour invalidé — ce qui justifie largement que l’on ne rouvre pas le dossier du gaz de schiste —, on entend curieusement fort peu porter la contradiction sur le terrain économique, tout aussi périlleux, n’en déplaise à Mme Parisot dont les affirmations ne reposent sur aucune analyse sérieuse.

Tout d’abord à supposer que la présence de gisements significatifs soit confirmée en France, les conditions d’exploitation diffèrent très sensiblement par rapport aux États-Unis. Ce pays dispose de grandes étendues sans usage, la propriété du sous-sol et du sol y sont confondues, l’industrie du forage est très développée, des réseaux de gazoducs existent, et la fiscalité, très incitative, permet d’amortir les forages en un an seulement !

En France, au contraire, la densité de population est quatre fois plus élevée, l’usage des sols fait l’objet d’une concurrence très forte, la législation régissant le sous-sol et l’environnement est beaucoup moins libérale, le réseau gazier est peu développé dans les zones intéressantes, l’industrie du forage n’est pas importante. Enfin la France a signé des engagements de réduction des émissions à l’horizon 2020.

Tout au plus les industriels du gaz de schiste peuvent-ils espérer atteindre, semble-t-il, des coûts d’extraction de l’ordre du double de ceux auxquels parvient l’industrie américaine et voisins des coûts actuels d’importation en Europe.

Il faut d’autre part prendre conscience de la fragilité spécifique de l’économie de cette filière. En effet, alors qu’un forage traditionnel de gaz naturel débite à flux presque constant du gaz pendant 40 ou 50 ans, un puits de gaz de schiste fournit 50 à 60 % de sa production totale dès la première année, 20 % à 25% la suivante, et s’épuise pratiquement au bout de quelques années.

Pour assurer un minimum de pérennité à la production, il faut donc être en mesure de réaliser, année après année, un nombre important de forages pour compenser l’épuisement des premiers. C’est le principe de la bicyclette : tant que l’on pédale (ou fore), tout va bien, mais gare à la chute si l’on s’interrompt.

Cette caractéristique est évidemment source d’instabilité potentielle importante. L’amortissement très rapide de l’investissement, favorable à l’industriel (et très exceptionnel dans le domaine de la production énergétique), se paye d’une totale imprévisibilité pour la collectivité nationale comme pour les clients potentiels de ce gaz.

Aux États Unis, le nombre de forages gaziers est tombé brutalement de 1 600 en 2008 à 700 en 2009 quand le prix du gaz a chuté de 40 % sous l’influence de la crise. Et la production ne s’est maintenue que parce que le nombre de forages de pétrole de schiste, qui coproduisent un peu de gaz, a de son côté régulièrement augmenté.

Des ressources potentielles limitées

Enfin, même en cas de succès, il est peu probable, vu les ressources potentielles, que la production de gaz de schiste dépasse 10 % des besoins de l’Union en 2030. On voit mal alors en quoi cela influerait sensiblement sur le prix indicateur du gaz (naturel) en Europe, et même à en faire un instrument de négociation avec la Russie. Il est bien plus probable que la rente éventuellement dégagée tombe, comme partout ailleurs, dans l’escarcelle des compagnies gazières plutôt que dans celle des consommateurs.

On a beau chercher, sur le terrain économique où elle veut nous entraîner, on ne voit vraiment pas ce qui peut rendre crédible l’opportunité de s’en remettre au gaz de schiste pour redresser rapidement l’industrie française, comme le prétend Mme Parisot.

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Note :

(1) Le Parisien

Cent mille et une victoires pour le monde Reporterre 2013/05/09 (9 mai 2013) Cent mille et une victoires pour le monde. Reporterre. fr

Cent mille et une victoires pour le monde

Cent Mille et Une Victoires pour le Monde. La Marche pour la justice Jan Satyagraha 2012, un film de Louis CAMPANA et François VERLET.

Cinq ans après Janadesh, leur première marche, les paysans sans terre du mouvement Ekta Parishad se retrouvent à Gwalior en Inde pour rejoindre Delhi, la capitale. Ils devaient être 100.000 pour réclamer à nouveau leurs droits sur la terre, l’eau, les ressources. Ils seront 35.000 sur place mais des millions dans les villages indiens à l’écoute de ce rendez-vous avec l’histoire. Il y eut aussi de nombreuses actions de soutien en Europe et dans le monde avec des marches locales, des repas, des conférences et des rencontres.

On a souvent entendu ce cri hérité de Gandhi dans la marche : JAI JAGAT ! Victoire pour le monde ! Mais quelle est cette victoire ? L’accord trouvé 8 jours plus tard à Agra ? Le million de titres de propriétés donnés aux Adivasis (peuples tribaux) depuis 2008 ? Ou celle d’être debout, en marche, face aux détenteurs du pouvoir, sans haine, sans mépris mais avec détermination ?

Cent mille et un, c’est l’addition des victorieux, des sans-terre d’Ekta Parishad et de leur leader Rajagopal d’un côté et de l’autre l’État indien et son gouvernement, car il n’y a pas de petite avancée sans l’apport de tous. Sans violence et avec respect.

Ce fut dur, pour tous, car il n’y a pas de victoire définitivement acquise. La victoire contre les peurs, l’indifférence, la misère, la fatalité et les fatigues est un travail au quotidien.

Ce film raconte la marche Jan Satyagraha, les vingt ans de lutte non-violente d’Ekta Parishad mais aussi les acquis de Janadesh. Le million de titres de propriété distribués aux Adivasis depuis 2008 a profondément transformé leur quotidien, leur ouvrant les portes d’une vie digne, joyeuse où l’éveil et la confiance sont revenus. Un exemple pour l’avenir ?

Le premier ministre fait un cadeau administratif aux bétonneurs Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/05/09 Camille Martin (Reporterre) (9 mai 2013) Le premier ministre fait un cadeau administratif aux bétonneurs. Reporterre. fr

Le premier ministre fait un cadeau administratif aux bétonneurs

Promoteurs d’autoroutes, d’aéroports, de zones industrielles, de Villages center et autres lotissements, réjouissez-vous ! Le gouvernement veille sur vos intérêts. Dans une instruction diffusée le 2 avril 2013, M. Ayrault invite ministres et préfets à faciliter au maximum projets publics et privés. C’est « une des plus brèves circulaires que l’on puisse trouver dans la littérature administrative », note une juriste.

Voici cette instruction :

"Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Préfets,

A l’exception des normes touchant à la sécurité, il vous est désormais demandé de veiller personnellement à ce que vos services utilisent toutes les marges de manoeuvre autorisées par les textes et en délivrent une interprétation facilitatrice pour simplifier et accélérer la mise en oeuvre des projets publics et privés."

Les juristes n’ont pas encore beaucoup commenté cette décision. Elle signifie que l’analyse par les services de l’Etat des divers projets seront systématiquement biaisée au profit de l’intérêt économique et au détriment des volets environnemental et social.

Aux Etats-Unis, des lois contre les documentaires sur les élevages industriels Valérie Tournelle (politis.fr) Reporterre 2013/05/10 Valérie Tournelle (politis.fr) (10 mai 2013) Aux Etats-Unis, des lois contre les documentaires sur les élevages industriels. Reporterre. fr

Aux Etats-Unis, des lois contre les documentaires sur les élevages industriels

Quand l’industrie agro-alimentaire américaine fait taire les « activistes »

En réponse aux activistes qui filment les dessous des exploitations agroalimentaires, quatorze États américains se sont dotés de lois imposant le secret sur les conditions de production de la filière.

Des vidéos choquantes diffusées sur les réseaux sociaux ou relayées par le New York Times ont généré une vive émotion dans la communauté de l’industrie agroalimentaire américaine (AAA - Animal agriculture alliance). Réalisées par des activistes de la cause animale infiltrés depuis deux ans dans des exploitations, ces images dénonçaient des actes de « torture ordinaire » sur les animaux d’élevage (âmes sensibles s’abstenir).

Autre exemple en Utah où Amy Meyer, postée derrière les barbelés d’un abattoir, filmait le calvaire d’une vache vivante, sans doute malade ou blessée. Évacuée à l’aide par un tracteur sans aucun ménagement. Le propriétaire en colère a porté plainte en vertu des lois dites « ag-gag » (ag pour agriculture, gag pour bâillonner).

Avec les « ag-gag », l’industrie agroalimentaire américaine pensait détenir l’arme absolue. Adoptées ou proposées dans 14 États américains depuis mars 2012, elles renforcent l’« Animal enterprise terrorism act », votée en 2006 par le Congrès, assimilant déjà l’activisme écologique à une forme de terrorisme.

« Les activistes dehors »

Ces lois interdisent de filmer, photographier, dévoiler à autrui ou diffuser toute information sur le fonctionnement des exploitations et les conditions de vie des animaux. La peine encourue en Utah, une amende de 1 500 dollars et jusqu’à un an de prison ferme.

Pour remédier aux désagréments de telles publicités, l’Animal agriculture alliance tenait mercredi 1er mai une conférence « privée » en Virginie. Le programme du jour : « expertises-conseils » sur la loi « ag-gag », ou encore, la façon de faire face « aux entreprises de manipulation des opposants ». Pudique, elle en interdisait l’accès à la presse et imposait un mot d’ordre à l’entrée : « les activistes dehors ». La veille, le bureau du procureur rejetait l’accusation contre Amy Meyer.

Des élus s’unissent pour promouvoir des alternatives aux pesticides Bonnes nouvelles environnementales Reporterre 2013/05/10 Bonnes nouvelles environnementales (10 mai 2013) Des élus s’unissent pour promouvoir des alternatives aux pesticides. Reporterre. Pesticides fr

Des élus s’unissent pour promouvoir des alternatives aux pesticides

« Il y a urgence : on retrouve des pesticides dans les rivières, dans les nappes souterraines et dans notre nourriture ». C’est par ces mots que Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée Nationale, a ouvert la conférence de presse organisée le 27 mars dernier pour présenter le comité des élus en faveur des alternatives aux pesticides. Leur objectif : faire voter des lois qui favorisent la santé humaine et la protection de l’environnement en diminuant l’usage des pesticides et en promouvant le rapport sénatorial « Pesticides, vers le risque zéro » (voir ici).

En effet, comme l’a rappelé Sophie Primas, sénateur UMP, « les pesticides ne sont pas utilisés que par les agriculteurs. Des industriels, des entreprises comme la SNCF en utilisent aussi, ainsi que des particuliers dans leur jardin. Or les risques dus aux pesticides ont longtemps été sous-estimés. » Ces risques concernent différentes pathologies, allant de la baisse de la fertilité masculine (1), aux tumeurs cérébrales (2) en passant par des troubles du système endocrinien (1), régulateur de beaucoup de fonctions dans notre corps (3).

Pour permettre de réduire l’utilisation de ces produits, également appelés produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques, plusieurs pistes ont été évoquées par les élus :

- Informer les consommateurs. Il existe déjà une prise de conscience au sein de la population, mais tous les députés et sénateurs présents étaient d’accord pour dire qu’il existe des alternatives aux pesticides – et c’est une bonne nouvelle - mais qu’elles sont moins connues. Les caisses de santé pourraient être partenaires, notamment, du relais de l’information aussi bien sur les risques que sur les alternatives et les bonnes pratiques, selon Brigitte Allain, députée Vert.

- Consommer plus de produits biologiques, français notamment. Chantal Jouanno, sénateur UDI, a rappelé que le prix des produits biologiques n’est pas forcément plus cher que celui des produits élaborés et qu’en achetant des aliments de base comme le pain, le lait ou des fruits et légumes, le consommateur y gagne le plus souvent plutôt qu’en achetant un plat préparé. Elle a également indiqué qu’en favorisant l’agriculture biologique et la diminution des pesticides par les autres utilisateurs, on traitait le problème en amont et non plus en bout de chaîne. L’idéal serait que la commission sanitaire du Sénat prenne en compte l’aspect préventif des perturbateurs endocriniens, sur lesquels elle travaille, et non plus seulement les problèmes une fois les maladies déclarées.

- Protéger les zones de captage des eaux (4)de façon systématique. « On savait qu’on ne respecterait pas les normes européennes » a ajouté Chantal Jouanno.

- Proposer l’interdiction de la vente au détail des produits phytosanitaires aux non-professionnels, c’est-à-dire les particuliers (Joël Labbé, sénateur écologiste).

- Harmoniser la législation européenne sur les molécules chimiques autorisées par pays, (proposition de Joël Labbé) car une molécule interdite en France peut revenir sur le marché alimentaire de l’hexagone via les importations.

- Mieux intégrer l’agroécologie et former les producteurs sur le terrain, développer les formations d’agriculture biologique (Brigitte Allain).

- Copier l’initiative du Danemark qui taxe les produits phytosanitaires.

- Demander l’obligation de la déclaration des adjuvants dans les préparations de pesticides (actuellement non cités dans la composition des produits), comme le benzène (retiré en agriculture depuis les années 70 mais présent ailleurs), produit dont les effets sont reconnus en maladie professionnelle aujourd’hui pour les agriculteurs.

- Mieux faire connaître les « pnpp » (préparations naturelles peu préoccupantes).

- Mieux mesurer l’effet « cocktail » c’est-à-dire l’absorption de petites doses de plusieurs pesticides et leur effet cumulé sur notre santé (Chantal Jouanno).

A très court terme, la loi d’avenir agricole qui sera débattue cette année traitera des pesticides et devrait proposer des actions concrètes pour en diminuer l’utilisation.

Après l’intervention des élus, ainsi que d’un médecin porte-parole d’un collectif de 120 médecins demandant la réduction de 50% des pesticides, un temps de questions-réponses a suivi et des idées supplémentaires ont été proposées comme la protection du fœtus, particulièrement vulnérable, et celle des enfants en priorité.

Chantal Jouanno a proposé de servir du pain biologique dans les cantines scolaires, ce qui est facile à faire et sans surcoût selon elle, et déjà testé dans certaines villes. Un autre élu a souhaité l’utilisation généralisée de silos à grain réfrigérés pour éviter l’aspersion de pesticide sur les grains stockés avant d’être moulus afin d’éviter le développement d’insectes.

Une question a été posée pour savoir s’il serait possible de ne produire que du lait biologique en France à terme, étant surtout consommé par les enfants, comme on l’a fait pour l’interdiction du bisphénol A dans les biberons en plastique.

Enfin, un des élus a indiqué que de plus en plus de villes et communes passent au zéro phyto « afin de ne pas prendre le risque d’être poursuivies en justice plus tard ». L’heure et demie n’a pas suffi pour faire le tour de la question et avant de partir, les élus ont signé la charte pour les alternatives aux pesticides, imprimée en grand format. Ils sont déjà une centaine à avoir signé. Il est possible pour les autres élus, députés, sénateurs ou maires de les rejoindre en signant la charte par internet (ici).

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Notes

(1) Enquête EXPPERT 1 Exposition aux Pesticides Perturbateurs Endocriniens. Génération Future, 19 mars 2013

(2) Brain tumours and exposure to pesticides : a case–control study in southwestern France, Dorothee Provost, Anne Cantagrel, Pierre Lebailly, Anne Jaffre, Veronique Loyant, Hugues Loiseau,Anne Vital, Patrick Brochard, Isabelle Baldi. Occup Environ Med 2007 ;64:509–514

(3) http://www.20minutes.fr/planete/1119025-20130315-medecins-limousin-alertent-dangers-pesticides

(4) http://www.france-libertes.org/IMG/pdf/carte_des_derogations_en_france.pdf

A Avignon, un campement contre la rocade autoroutière Collectif contre la LEO Reporterre 2013/05/10 Collectif contre la LEO (10 mai 2013) A Avignon, un campement contre la rocade autoroutière. Reporterre. fr

A Avignon, un campement contre la rocade autoroutière

Au sud d’Avignon, un projet de rocade autoroutière doit encore dévorer des terres agricoles. La mobilisation se poursuit, un terrain est occupé, et le samedi 11 mai doit avoir lieu la première assemblée générale du mouvement LEOpart.

GRAINE DE RESISTANCE

A la suite de l’appel lancé par des individus luttant contre la LEO et son monde, des collectifs locaux et du réseau Reclaim the Field, 300 personnes environ ont participé à une manif-occupation du 27 avril au 1er mai 2013.

[NDLR : une rocade Liaison Est-Ouest (LEO), à construire, est censée contourner le sud d’Avignon à l’horizon 2020 pour relier l’A 7 à l’A9.]

Durant ces rencontres, ont eu lieu : la construction d’un poulailler, l’installation d’un rucher et d’une serre, la plantation d’un champ de patates, le défrichage d’un terrain pour la réinstallation d’une maraîchère déplacée par le projet de la LEO, la taille d’un verger abandonné à cause de la LEO, la préparation de la terre pour des jardins potagers.

Plusieurs discussions se sont déroulées sur des thèmes variés tels que « l’occupation comme pratique de lutte », « les mouvements sociaux en Grèce » ou encore des échanges avec les acteurs des luttes locales.

Un chantier de rénovation de la maison de la lutte, baptisée maison LEOpart, s’est déroulé dans une ambiance de partage de savoirs faire. De nombreux habitants de la ceinture verte ont réagi positivement face au mouvement d’occupation. Des voisins sont venus donner un coup de main et ont fait des dons de nourriture, de matériel, d’un âne, d’un bouquet de muguet, de fumier pour les cultures et ont proposé des douches aux occupants.

LE FLEO PREND DU TERRAIN

Suite à la manif-occupation, nous avons décidé d’occuper un terrain d’un hectare que nous avons baptisé le FLEO – Fabuleux Laboratoire d’Expérimentation et d’Occupation. Ce lieu se veut une zone d’accueil des nouveaux occupants et un espace de création de nos utopies.

Une yourte dortoir, une serre et un poulailler sont déjà installés. Une deuxième yourte, une cuisine collective, des cabanes et une salle de bain sont en chantier. Parallèlement la maison LEOpart qui se veut être une base d’organisation de la lutte accueillera un dortoir, une cuisine et une salle de réu/concert/projections/infokiosk… Elle sera inaugurée le 25 Mai.

Enfin, la GanGGRaine, une maison squattée depuis février abrite un collectif d’habitants. D’autres lieux sont potentiellement squattable, d’autres maisons sont en phase d’être expropriées.

APPEL A OCCUPATION

Le samedi 11 mai aura lieu la première Assemblée Générale du mouvement LEOpart. Cette assemblée sera ouverte à toutes et tous celleux qui souhaitent s’investir dans le mouvement. Elle sera suivie d’une journée de chantier collectif le dimanche 12 mai.

Ici, la résistance s’organise avec enthousiasme. Nous appelons les individus qui se reconnaissent dans la lutte contre les projets inutiles et leur monde à nous rejoindre pour construire, faire vivre et grandir cette occupation.

Face à la LEO, semons le FLEO.

Quelle stratégie pour relancer la bataille climatique ? Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/05/10 Hervé Kempf (Reporterre) (10 mai 2013) Quelle stratégie pour relancer la bataille climatique ?. Reporterre. Tribune — Climat fr

Quelle stratégie pour relancer la bataille climatique ?

- Reportage-enquête, Tunis

Un point fort du Forum social mondial (FSM) qui s’est tenu à Tunis du 26 au 30 mars 2013 a été la présence, pour la première fois depuis que ces forums existent, d’un Espace climat abordant la question climatique. Cet espace de discussion s’ouvrait aux activistes engagés dans les luttes écologiques comme aux nombreux participants tunisiens qui voulaient s’informer de la question. Le FSM a ainsi été l’occasion d’amorcer l’articulation entre les luttes sociales, qui en forment la culture vertébrale, et la question écologique. Mais cette articulation se révèle tout sauf simple, tant du fait de la difficulté à rapprocher des cultures différentes que par l’incertitude qui prévaut en matière de la stratégie à mener pour porter la question climatique au premier plan de la scène politique mondiale.

Cet article tente de présenter une analyse des problèmes posés par la prise en compte de l’écologie dans ce Forum. Il s’appuie sur deux ateliers organisés par Transform, sur plusieurs ateliers suivis dans l’Espace climat, et sur des conversations avec des participants au Forum.

Le FSM a aussi été l’occasion de nombreux moments joyeux, comme lors de cette danse de jeunes Tunisiens entre deux sessions

Révoltes et politiques néo-libérales

La gravité de la crise écologique se déroule dans un contexte de conflit social de plus en plus aigu : partout dans le monde, la même politique néo-libérale (que l’on peut aussi bien qualifier de néo-capitaliste) s’applique. Elle vise à défaire les formes institutionnelles de sécurité collective (droit du travail, sécurité sociale, gestion publique de la santé et de l’éducation, etc.) et à privatiser les biens collectifs afin d’étendre la régulation marchande au maximum d’activités.

Par exemple, au Portugal, souligne la députée européenne Alda Sousa, « le service national de santé est démantelé, alors qu’il avait été un des principaux acquis après la chute de la dictature en 1974 ». C’est en fait l’application généralisée de la « stratégie du choc » décrite par Naomi Klein : les dirigeants capitalistes profitent de l’affaiblissement des sociétés du fait de la crise pour appliquer encore plus vigoureusement le dogme capitaliste.

Mais dans de nombreux pays, des résistances populaires se sont enclenchées, de manière plus ou moins organisée et durable. Sans que cette énumération soit exhaustive, on peut citer le Portugal, où des manifestations massives les 15 septembre 2012 et 2 mars 2013 ont fait reculer le gouvernement qui voulait augmenter les cotisations à la Sécurité sociale des salariés tout en les abaissant pour les entreprises, l’Italie, où les électeurs ont massivement rejeté la politique menée par un ancien de Goldman Sachs, Mario Monti, la Grèce, dans un état permanent d’instabilité, la Bulgarie, la Slovénie et la Croatie, où d’importants mouvements de protestation se sont produits, le Québec, où le « printemps érable » a secoué la société en 2012. Et bien sûr la Tunisie, où une part de l’agitation politique découle du fait que le gouvernement islamique s’avère continuer la politique néo-libérale du dictateur Ben Ali.

Articuler environnement et luttes sociales par la notion de « biens communs »

La question écologique est occultée par l’intensité des politiques néo-capitalistes et de la résistance sociale. Mais une même logique de privatisation des biens communs est à l’œuvre en matière d’environnement, et suscite parfois des luttes vigoureuses. Ainsi se produit en Grèce un mouvement important contre l’extraction de l’or dans la péninsule de Chaldikidi ; en Tunisie les mouvements écologiques s’inquiètent du développement sans contrôle de l’exploitation du gaz de schiste ; en Inde, de nombreux projets de centrales électriques, thermiques ou nucléaires suscitent de vigoureuses résistances populaires ; au Canada, la politique ultra-réactionnaire du gouvernement Harper s’appuie sur le développement écologiquement désastreux des sables bitumineux.

Les discussions à Tunis ont aussi montré l’impasse de la politique d’« extractivisme », suivie par plusieurs pays progressistes d’Amérique latine, et consistant à fonder le développement sur la seule exploitation des ressources naturelles. Il apparaît que cela subordonne le développement de ces pays au marché international dominé par les plus puissants : « L’Allemagne ferme des mines de charbon chez elle, mais importe du charbon de Colombie », observe ainsi Wilson Arias, député colombien. « L’extractivisme nous condamne tous, on n’en mesure pas l’impact écologique. Le secteur minier est le pire écologiquement, et aussi le pire en termes de salaires. Le régime fiscal adopté pour attirer les investissements nous condamne à être éternellement colonisés ». Un participant a souligné que « les biens communs écologiques sont devenus une variable d’ajustement des gouvernements ».

On peut ainsi avancer l’hypothèse, comme l’a fait l’auteur de cet article, que les biens communs sociaux – éducation, santé, retraite, culture – relèvent de la même logique que les biens communs écologiques – air, eau, forêts, terres. Et que les politiques capitalistes se livrent au même assaut à leur encontre. Ainsi, les luttes pour préserver les biens communs sociaux et naturels pourraient logiquement s’associer.

Des activistes climatiques sans stratégie

Du côté de l’Espace climat, l’ambiance était à l’incertitude. Certes une avancée décisive s’est produite depuis quelques années, observe Maxime Combes, membre d’Attac France : « Un succès du mouvement autour de la conférence sur le climat de Copenhague, en 2009, est qu’après, on n’a plus pu parler de changement climatique sans évoquer la question sociale ». C’est alors que le slogan « Urgence climatique, justice sociale » s’est affirmé.

Des militants de l’organisation Bizi distribuent à l’entrée du Forum des tracts sur la question climatique

Cependant, l’échec des négociations à Copenhague (confirmé les années suivantes à Durban et Cancun), et la dureté de la crise économique ont relégué la question climatique au second plan des préoccupations publiques. « Il y a un énorme décalage entre ce que disent les scientifiques – on a dix ans pour gagner la bataille du climat, c’est-à-dire réduire les émissions de gaz à effet de serre – et ce qu’on fait », dit Jean-Michel Etcheverry, militant basque du groupe écologique Bizi. « On est en train de perdre la bataille ».

Non seulement la question climatique n’entraine plus vraiment l’adhésion de l’opinion publique, mais la logique capitaliste continue de s’imposer dans les régulations institutionnelles du sujet. Ainsi, malgré son échec patent, le marché du carbone reste le paradigme dominant ; l’alibi climatique pourrait par exemple servir à financer des plantations industrielles en Amérique latine et en Afrique et faciliter l’accaparement des teres, observe Wilson Arias.

Dans cette situation de régression, le mouvement climatique – au demeurant peu structuré - apparaît divisé et pour l’instant peu capable de répondre aux questions qui se posent. Faut-il continuer à se focaliser sur les conférences sur le climat organisées annuellement sous l’égide des Nations unies ? Elles sont été le lieu traditionnel où les grandes ONG environnementales ont pu influencer les gouvernants et sensibiliser l’opinion publique. Elles sont aussi un lieu d’information important. Mais la stagnation diplomatique fait douter qu’il soit utile d’y investir de l’énergie.

Une autre question est de savoir quelle attitude adopter à l’égard de la Chine. Ce pays est devenu le premier émetteur de gaz à effet de serre, mais il reste, en termes de revenu par habitant, un pays du Sud. Faut-il mettre en cause la Chine et la placer sur le même plan que les Etats-Unis, ou continuer à la considérer comme un pays du Sud ?

Le mouvement climatique hésite de surcroit entre plusieurs tactiques de lutte. Pour les uns, comme l’activiste états-unien Bill McKibben (un des leaders de l’opposition à l’oléoduc Keystone XL, au demeurant absent du FSM), il faut cibler un ennemi visible, en l’occurrence les compagnies pétrolières, permettant d’incarner auprès de l’opinion publique la question climatique, très abstraite pour le plus grand nombre . Des activistes des pays du Sud, tel le bolivien Pablo Solon, estiment de leur côté qu’il faut se battre sur la question agricole et alimentaire, en montrant que le changement climatique menace la sécurité alimentaire. Nnimmo Bassey, le président nigérian de la fédération internationale des Amis de la terre, pousse à mettre en avant la lutte contre l’extractivisme . D’autres privilégient la critique de la financiarisation de la nature. Aucun stratégie ne s’impose.

Et d’ailleurs, interroge Maxime Combes, « faut-il lancer une campagne mondiale spécifique au climat, ou faire en sorte que toutes les campagnes sociales intègrent la question climatique ? »

Faute d’une stratégie internationale mobilisatrice, une idée pragmatique semble émerger : la nécessité de se focaliser sur une transition écologique enracinée sur les territoires.

Des alternatives locales… à la stratégie globale

Par exemple, a expliqué un représentant britannique des Amis de la terre, il y a un travail au Royaume-Uni pour aller vers le contrôle local de la production et de la consommation d’énergie. A Berlin, une bataille est en cours pour recommunaliser le chemin de fer et le réseau énergétique ; elle a une dimension plus globale, a expliqué Tadzio Mueller, chercheur à la fondation Rosa Luxemburg : « Le débat en Allemagne est de savoir quelle transition mener pour aller vers un système d’énergie renouvelable : doit-elle s’opérer sous le contrôle des communautés et municipalités, ou sous la forme de grands projets pilotés par les grandes compagnies ? ».

On peut aussi citer la multiplication des associations entre consommateurs et agriculteurs pour s’approvisionner directement en évitant le circuit de distribution. Matyas Benjik, d’Attac Hongrie, a évoqué le développement des monnaies locales et la reprise des entreprises en faillite par leurs travailleurs. Elisabeth Gauthier, d’Espace Marx, a souligné que les gens commencent à s’auto-organiser pour survivre, comme on peut l’observer en Espagne et en Grèce. On pourrait aussi promouvoir l’idée de la propriété collective de machines usuelles, a suggéré Soren Bo Sondergaard, député européen du Danemark : « Par exemple, avons-nous besoin d’une visseuse électrique dans chaque ménage, alors qu’elles sont utilisées en moyenne une fois par an ? Ne pourrait-on pas constituer des ‘bibliothèques’ d’objets, que l’on viendrait emprunter quand on en aurait besoin ? »

Cette idée des alternatives de terrain conduit souvent à des changements locaux concrets. Elle séduit aussi parce qu’elle permet à ceux qui s’y investissent de mesurer réellement l’efficacité de l’action conduite, alors que la question climatique globale paraît trop globale pour qu’on ait le sentiment de pouvoir peser.

Une autre dimension apparaît essentielle dans ces pratiques localisées : elles mêlent le plus souvent une démarche écologique et une démarche de changement social, même si cela n’est pas toujours formalisé. L’articulation si difficile sur les plans théorique et global entre question écologique et question sociale se noue assez aisément dans les pratiques concrètes.

Cependant, comme le souligne l’activiste suisse Olivier de Marcellus, « on peut mobiliser les gens sur des problèmes locaux, mais il est difficile de les faire passer à une critique globale du capitalisme ».

En effet, on ne saurait faire l’économie d’une compréhension globale de la crise en cours. S’il est reconnu par toutes les composantes du mouvement altermondialiste, semble-t-il, que lutte écologique et résistance au capitalisme sont indissociables, cela ne conduit pas forcément à un discours unifié, d’autant plus que l’extension du chômage peut paraître contredire l’analyse écologiste, qui conduit à recommander la baisse des émissions de gaz à effet de serre, donc des consommations énergétiques.

Dans l’atelier organisé par Transform sur le « changement de logique économique », la thèse exposée par l’auteur de cet article a suscité un débat à ses yeux significatif. J’ai proposé d’analyser le moment historique actuel comme la coïncidence entre la convergence en cours des niveaux moyens d’existence à l’échelle planétaire et le caractère nouveau et massif de la crise écologique . La conclusion en est que, dans les pays riches (essentiellement occidentaux : Europe et Amérique du nord, mais aussi Japon et quelques autres pays comme ceux de la région du golfe persique), le niveau moyen de consommation énergétique et matériel va et doit diminuer. La situation écologique ne permet en effet pas que l’on converge au niveau actuel moyen de consommation d’un Européen ou d’un Américain du nord (analyse détaillée dans fin de l’Occident, naissance du monde.

Ceci s’inscrit de manière explicite dans une politique recommandant la reprise du contrôle démocratique des banques et des marchés financiers, ainsi qu’une réduction drastique des inégalités. Mais ces politiques indispensables s’inscrivent, selon moi, dans une nouvelle économie écologique qui doit assumer l’objectif de baisse de la consommation matérielle moyenne dans les pays riches.

En fait, cette idée n’a pas suscité d’opposition directe. Ainsi, observe Soren Bo Sondergaard, « il est évident qu’on gaspille plein d’énergie ». Cependant, dit Asbjorn Wahl, syndicaliste norvégien, « on peut être d’accord pour réduire la consommation, mais vous ne pouvez pas mobiliser les gens là-dessus. Comment convaincre les gens ? En Norvège, la question de la surconsommation a tendance à être traitée de façon moraliste ».

Sans doute la nécessité de réduire la consommation d’énergie et matérielle devient-elle audible par les classes moyennes des pays riches. Mais il faut associer cette perspective d’alternatives positives, montrant qu’il ne s’agit pas de « sacrifices », mais d’élaborer un autre monde, cohérent avec la situation écologique et avec la justice, donc la paix.

Une façon de contourner l’obstacle est, selon Jean-Marie Harribey, d’Attac France et auteur de La richesse, la valeur et l’inestimable, de comprendre qu’« on n’est plus dans une période où le mécanisme keynésien fonctionne ». Autrement dit, on ne pourra pas sortir de la crise économique actuelle, même après avoir repris le contrôle du système financier et de la monnaie, par une politique économique de relance de la consommation : la gauche doit revoir son logiciel traditionnel. Pour Harribey, « l’amélioration de la qualité de la vie ne passe pas par des salaires augmentés et plus de consommation, mais par la santé, l’éducation, la retraite. Il faut dédramatiser la question du pouvoir d’achat ».

Et sur le terrain, un travail commun avec les organisations de travailleurs, autrement dit les syndicats, apparaît indispensable. « Il faut associer les syndicalistes à la discussion pour comprendre comment ils peuvent gommer la question du climat et de l’environnement, ce qui est absurde », a dit une participante. Mais des démarches originales apparaissent : « Le syndicat ELA a entamé une réflexion sur ce que pourrait être une transition écologique du Pays basque », indique Jean-Michel Etcheverry.

Que conclure de ces discussions au sein d’une Forum passionnant, baigné par l’atmosphère roborative générée par des milliers de participants tunisiens curieux et toniques ? Quelques idées :

- la rencontre entre le mouvement social et la préoccupation écologique est réellement en train de se produire ;

- cependant, le mouvement de la justice climatique ne dispose pas d’une stratégie de portée mondiale : pour l’instant, les campagnes qui se dessinent ont un caractère régional, adapté à des préoccupations différentes des populations dans les différents ensembles géographiques.

- l’épuisement du système capitaliste est évident dans les pays du nord, mais aussi celui de la société de consommation. Si bien que la gauche doit abandonner l’objectif devenu paresseux d’augmenter en général le niveau de vie matériel ;

- la gravité de la crise écologique impose de refonder les logiques économiques ;

- la notion de « biens communs », sociaux et naturels, pourrait être le pivot de cette refondation ;

- mais les écologistes, et plus largement le mouvement altermondialiste, doivent formuler et mettre en œuvre des alternatives positives, capables de convaincre la masse des citoyens du caractère bénéfique de la sortie du capitalisme.

Lancement d’Alternatiba : « Si l’alternative est possible, qu’est-ce qu’on attend ? » Rémi Rivière (Reporterre) Reporterre 2013/05/10 Rémi Rivière (Reporterre) (10 mai 2013) Lancement d’Alternatiba : « Si l’alternative est possible, qu’est-ce qu’on attend ? ». Reporterre. Climat fr

Lancement d’Alternatiba : « Si l’alternative est possible, qu’est-ce qu’on attend ? »

En partenariat avec Reporterre, le mouvement socio écolo Bizi ! organise, le 6 octobre 2013 à Bayonne, le village Alternatiba, démonstration pratique d’un autre monde possible, respectueux de la planète, juste socialement et joyeux. L’équipe s’est réunie début mai pour lancer la préparation. L’idée : « Si l’alternative est possible, qu’est-ce qu’on attend ? »

- Reportage, Bayonne

Au moins 450 bénévoles sont attendus le 6 octobre dans le centre historique de Bayonne pour y ériger le village Alternatiba (« alternative » en langue basque), microcosme idéal censé présenter des alternatives concrètes au réchauffement climatique. Un programme d’ampleur dont le chantier a débuté le vendredi 3 mai sur les bords de la Nive, au siège de la Fondation Manu Roblès Arangiz, local militant du syndicat basque ELA et repère de l’association organisatrice Bizi !

Une vingtaine d’heures de réunions au pas de charge, ponctuée de repas partagées, histoire de donner le ton d’une rigueur de travail baignant toujours dans la convivialité. Les 232 adhérents de Bizi ! sont habitués au pragmatisme, y compris pour décliner de copieux ordres du jours en chantiers concrets. En fond, le milieu militant basque clame depuis des décénies : « besta bai, borroka ere bai ». « la fête, oui, la lutte aussi ».

Montre en main, Yannick distribue les temps de paroles, que des mains réclament prestement. Et veille à synthétiser les idées, à valider les solutions ou à reporter les discussions techniques.

Yannick

Les chantiers s’ouvrent, se définissent et s’attribuent dans l’ambiance cadencée d’une salle des ventes. Le plan du centre ville de Bayonne se redessine en rues et quartiers dédiées à des espaces « solidaire et partage », « déchet et recyclage », « consommation responsable », « eau », « éducation à l’environnement », « transport et mobilité », « agriculture et alimentation », « animations pédagogiques », « énergie », « éco-construction », « relocalisation de l’économie », « finance éthique », « économie soutenable », « biens communs et culture », « climat et international », et lieux de concerts, d’animations, de conférences. Les décisions s’adjugent au rythme effréné de mains qu’on agite façon marionnettes, comme pour acquiescer également au brin de folie qui anime cette périlleuse entreprise. Pour autant, aucun Ingénieux Hidalgo ne charge d’éolienne. « Nous voulons démontrer que des alternatives sont possibles, que ce n’est pas utopique », explique Barth, jeune militant de Bizi ! « Ce qui est utopique, c’est de continuer à consommer plusieurs planètes », inverse t-il.

Barth

Le village des alternatives sera joyeux et festif. Mais pas question d’organiser un festival de bonnes intentions. Plutôt de poser des actions concrètes et de susciter des réactions individuelles ou collectives en chaîne « en démontrant qu’il est simple de combattre le réchauffement climatique en créant, en plus, une société meilleure », pose Txetx Etcheverry, l’un des fondateurs de Bizi !

Rebondir sur le prochain rapport du GIEC sur le climat

Balayée, l’image de « peines à jouir » ou « prônant le retour à la bougie ». « C’est tout le contraire, ajoute Txetx, nous allons montrer qu’une ville libérée de la bagnole et livrée à l’imagination des gens peut-être géniale. » A un moment crucial sur le calendrier de la planète, puisqu’il suivra de quelques jours, la publication du nouveau rapport du GIEC (prévu fin septembre), dont on n’attend aucune lecture optimiste. Autant dire que ce rapport, censé tirer la sonnette d’alarme, « peut aussi avoir l’effet inverse et démoraliser les gens, ou les entraîner dans un déni », analysent les membres de Bizi ! « Alternatiba 2013 pourrait servir à poser la question : si c’est possible, qu’est-ce qu’on attend ? », conclut Txetx, sous les gestes fulminants de Yannick.

Txetx

Au-delà d’une prise de conscience individuelle, Alternatiba prendra garde à « ne pas culpabiliser les gens ». Et à frapper plutôt là où l’on gagne le plus de degrés et de justice sociale : dans les pratiques collectives et industrielles. D’accord pour prôner une « consommation responsable, mais, ajoute Txetx, en empêchant le commissaire-priseur d’adjuger le débat, les gens sont-ils seuls responsables de leurs déchets ? » « On laisse toujours à l’écart l’industrie. Personne n’impose aux industriels de fabriquer des choses durables, comme si tout était dans le choix des consommateurs et dans leur culpabilité », étaye t-il en dépassant déjà le temps de parole alloué.

Le 6 octobre, à sept mois des élections municipales, Bizi ! veut mettre l’accent sur les initiatives municipales, en soufflant le chaud et le froid. En mettant d’abord à l’honneur des villes ou des communautés de communes qui ont fait des choix innovants, comme Montdidier, dont l’électricité est en régie municipale, les « Villes en transition », comme Salies de-Béarn, Perpignan ou Marseille, la communauté de communes du Mené ou encore des communes comme Toulouse et Bordeaux qui organisent le transport propre des enfants sous l’intitulé enfantin « carapatte et caracycle ». Avant de dénoncer et d’agiter les foules pour pointer les mauvais élèves qui prétendent à la première magistrature de la cité. Une « boîte à outils municipale pour la transition écologique et énergétique » fait déjà office de carotte sur le site de l’association socio-écolo. Et d’aide réelle aux mairies.

Mais d’autres initiatives collectives ou systémiques sont aussi concernées, comme par exemple le réseau des Amap, très dense au Pays Basque, ou encore les monnaies complémentaires, notamment l’Eusko au Pays Basque qui depuis sa création en janvier dernier, est déjà devenu la monnaie locale la plus importante de l’hexagone par le nombre de prestataires engagés dans la démarche.

Anne-Sophie, qui travaillait dans une banque, a retourné le canon de son fusil en prenant en charge la coordination de l’amap du Petit Bayonne et en s’impliquant dans la démarche de l’Eusko. Elle développera, pendant Alternatiba les projets d’économie solidaires en pensant que « tous ensemble nous sommes capables de changer les choses ».

Anne-Sophie

"Mattin m’a dit de venir"

Au centre ville historique de Bayonne, le village idéal prend forme au rythme de rêves de militants. Certains ont fait le voyage depuis la Bretagne pour apporter leur pierre à l’édifice. D’autre, comme Iban, chercheur et enseignant au Pays Basque, sont venus prêter main-forte pour des raisons aussi futiles que « c’est parce que Mattin m’a dit de venir ».

Chacun a dans la tête une première édition d’Alternatiba dans les rues de Bayonne en 2010, sous une pluie battante, que l’optimisme de Susan George peinait à dissiper. Le parrain de cette édition devait être Stéphane Hessel, disparu il y a un peu plus de deux mois. Une chaise restera vide dans ce qui devrait être un retour radieux dans une cité médiévale qui connaissait dans chaque rue son lot de vie, d’ateliers et de rencontres. Habitants et commerçant du centre-ville Bayonnais devrait ainsi profiter de la fête. A condition que Yannick trouve le responsable de cette mission.

Gaz de schiste : une avancée vers le moratoire dans l’Etat de New York LeGazdeSchiste.fr Reporterre 2013/05/13 LeGazdeSchiste.fr (13 mai 2013) Gaz de schiste : une avancée vers le moratoire dans l’Etat de New York. Reporterre. fr

Gaz de schiste : une avancée vers le moratoire dans l’Etat de New York

Le 2 mai dernier une décision de la Cour d’Appel Suprême de l’Etat de New York a confirmé que les municipalités ont le pouvoir de bannir la technique de fracturation hydraulique sur leur sol, statufiant ainsi en faveur de deux communes.

Les communes de Dryden et de Middlefield, dans l’Etat de New York, avaient adopté une interdiction d’utiliser la fracturation hydraulique au début de la grande expansion de la production aux USA. L’affaire était allée devant la justice à la suite d’une plainte.

La plainte, déposée en 2011 par Anschutz Exploration Corp, compagnie pétrolière basée à Denver, et reprise par l’actuelle société détentrice des droits d’exploration sur la commune de Dryden, Norse Energy, est parvenue jusqu’à la Cour d’Appel Suprême de l’Etat.

Une véritable bataille judiciaire qui durait depuis plus de deux ans et qui se termine en faveur des deux communes. Désormais, toutes les municipalités de l’Etat de New York auront le droit d’adopter un moratoire sur la technique de fracturation hydraulique sur le territoire.

Une décision qui risque de compromettre les projets du gouverneur Andrew Cuomo, favorable au développement du gaz de schiste. Son administration est actuellement en train de mettre en place une réglementation afin de lever le moratoire sur la technique de fracturation hydraulique en vigueur.

Cette décision de justice, en outre, va peser dans les diverses élections locales. Le gaz de schiste est déjà un argument de campagne qui voit s’opposer les candidats locaux. Le pouvoir d’interdire toute activité pourrait bien faire basculer le vote vers l’un ou l’autre côté.

Vivement 2050 ! Par Julien villalard Reporterre 2013/05/13 Par Julien villalard (13 mai 2013) Vivement 2050 !. Reporterre. fr

Vivement 2050 !

Les principes qui fondent l’économie mondiale doivent changer, et vite ! Nos modes de vie s’accompagnent de prélèvements qui détruisent les ressources limitées de la planète et menacent les bases mêmes de la vie.

Pire, la poursuite de la croissance a cessé d’améliorer le bien-être dans les pays riches tandis que pauvreté et sous-alimentation perdurent au Sud.

La bonne nouvelle est qu’il serait possible de satisfaire les besoins de tous, de concilier le nécessaire et le souhaitable, et de vivre mieux dans une économie rendue enfin durable.

Sous la houlette d’une équipe rassemblée par Robert Costanza (Crawford School of Public Policy, Australian National University), ce livre brosse un panorama des solutions à mettre en oeuvre : prendre en compte les limites écologiques (émissions de déchets, exploitation des ressources), abandonner l’objectif de croissance du PIB au profit de l’amélioration du bien-être humain, rediriger nos techniques de production vers des solutions durables, renforcer le capital humain et social (réduction du temps de travail, lutte contre les inégalités), réaliser des réformes financières et fiscales écologiques.

De quoi aller vers plus de bien-être, de prospérité et de démocratie dans le respect de la biosphère. Cela ne se fera pas en un jour. D’où la nécessité d’engager rapidement les mutations nécessaires. Vivement 2050 !

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VIVEMENT 2050 ! PROGRAMME POUR UNE ÉCONOMIE SOUTENABLE ET DÉSIRABLE, Robert Costanza • Gar Alperovitz • Herman E. Daly • Joshua Farley • Carol Franco • Tim Jackson • Ida Kubiszewski • Juliet Schor • Peter Victor, Les Petits Matins, en coédition avec l’Institut Veblen, 232 pages, 14 €.

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Les auteurs

Robert Costanza et Ida Kubiszewski, Institut pour des solutions durables de l’université de Portland ; Gar Alperovitz, Démocratie collaborative et département de sciences politiques de l’université du Maryland ; Herman E. Daly, École d’affaires publiques de l’université du Maryland ; Joshua Farley, Institut de sciences économiques écologiques de l’université du Vermont ; Carol Franco, Centre de recherches de Woods Hole (Massachusetts) ; Tim Jackson, groupe de recherches « Modes de vie durables » de l’université du Surrey (Angleterre) ; Juliet Schor, département de sociologie de l’université de Boston ; Peter Victor, faculté d’études environnementales de l’université de York (Canada).

Au Brésil, les Indiens ont quitté le site du barrage de Belo Monte Tahiti Infos Reporterre 2013/05/13 Tahiti Infos (13 mai 2013) Au Brésil, les Indiens ont quitté le site du barrage de Belo Monte. Reporterre. fr

Au Brésil, les Indiens ont quitté le site du barrage de Belo Monte

Environ 200 indiens et pêcheurs qui occupaient depuis une semaine le chantier principal du barrage de Belo Monte, au coeur de l’Amazonie brésilienne, ont quitté les lieux jeudi soir 9 mai, respectant un ordre judiciaire d’expulsion, a indiqué le service de presse du consortium chargé de la construction du barrage.

« La décision d’expulsion a été prise par la procureur Selene Almeida (...) (Le consortium) Norte Energia informe que les indiens ont accepté de quitter le chantier jeudi », dit le communiqué envoyé à l’AFP précisant que l’entreprise a assuré le transport des occupants jusqu’à leurs villages dans la région du Tapajos.

Le coût de la construction du barrage sur le Xingu, fleuve de l’Etat amazonien du Para, est estimé à plus de 13 milliards de dollars. Six mille ouvriers du chantier étaient au chômage technique depuis une semaine et environ 80 policiers avaient entouré le site.

Les indigènes des ethnies Munduruku, Xypaia, Kuruaia, Canela et Jururna exigeaient que soit appliquée la loi dite de « consultation préalable des peuples indigènes » prévoyant que les autorités les consultent avant de prendre toute décision concernant leur habitat.

Les négociations pour que les indiens quittent les lieux avec les représentants du parquet fédéral et de la Fondation nationale de l’Indien (Funai) ont duré plus de trois heures.

« Nous sommes entrés pacifiquement, nous sommes sortis pacifiquement », a déclaré l’un des responsables de l’occupation Valdemir Munduruku à la TV Globo.

Pour sortir, les indigènes ont exigé de ne pas être escortés par la police qui avait encerclé le chantier et ont fait des « danses de protestations » pour manifester leur colère de ne pas avoir été entendus par des membres du gouvernement.

Belo Monte est le barrage le plus important en cours d’édification au Brésil et le troisième du monde. Il fournira 11.233 mégawatts. Sa mise en place entraînera l’inondation de 502 km2. Même si leurs terres ne seront pas inondées, l’édification du barrage risque de changer le mode de vie des communautés vivant aux alentours, qui ne pourront plus pêcher pour leur subsistance.

Le gouvernement prévoit des investissements de 1,2 milliard de dollars d’ici à la fin des travaux pour réduire les impacts négatifs de la construction.

La première turbine devrait être opérationnelle en 2015 et la dernière en 2019.

Ce n’est pas pour faire le malin... Hervé Kempf Reporterre 2013/05/13 Hervé Kempf (13 mai 2013) Ce n’est pas pour faire le malin.... Reporterre. Tribune — fr

Ce n’est pas pour faire le malin...

Le gaz de schiste approche lui aussi de son pic...

Ce n’est pas pour faire le malin, mais...

Nombre de puits de forages : http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/10/10/baisse-du-nombre-de-forages-dans-le-dakota-du-nord/

Goldman sachs : http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/10/08/le-court-avenir-du-petrole-de-schiste-vu-par-goldman-sachs/

« Les Echos » : « pourquoi l’Europe ne doit pas se leurrer »

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Ah, les miracles promis par le gaz de schiste, « la manne extraordinaire sous nos pieds » vantée par la patronne du Medef , la promesse d’une Amérique indépendante pour cent ans ! Ô, châteaux en Espagne, lubies fantasmagoriques, rêves insensés ! Mais le songe creux d’une énergie inépuisable s’évapore comme le méthane, les faits commencent à dissiper les discours mensongers de ceux qui ne veulent rien changer.

Le 8 mai, on a appris que deux compagnies gazières, Talisman Energy et Marathon Oil, se retiraient de l’exploration du gaz de schiste en Pologne. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas trouvé suffisamment de gaz, qui se révèle ne pas être aussi aisé à extraire qu’aux Etats-Unis. Sur 43 puits creusés jusqu’à présent en Pologne, seuls 12 ont produit du gaz. La Pologne, à qui l’on avait promis des réserves immenses de 5 trillions de mètres cubes, ramenées ensuite à 800 milliards, découvre la différence entre le potentiel, le possible et le faisable.

Il ne fait guère de doute que d’autres pays vont subir les mêmes déconvenues que la Pologne, même s’ils sont prêts à faire fi de ce qu’implique l’exploitation des gaz de schiste : l’atteinte aux paysages, la consommation et la pollution des eaux, les émissions de gaz à effet de serre. Et même aux Etats-Unis, la réalité apparaît moins rose qu’elle n’est usuellement présentée.

Le pot aux roses, justement, a été découvert par un géologue canadien, David Hughes, dans une importante étude publiée par le Post Carbon Institute, en février. Le chercheur a analysé les données historiques de production sur 65 000 puits forés aux Etats-Unis. Il met en évidence un phénomène connu, mais jusque-là pas systématiquement étudié : la production de gaz de schiste ne peut se maintenir à des niveaux élevés qu’à condition de creuser sans arrêt de nouveaux puits. En effet, le rendement d’un puits isolé décline très rapidement dans le temps.

Même si le nombre de puits forés se maintient à un niveau très élevé (43 000 aux Etats-Unis en 2012, selon Oil and Gas Journal), la production globale tend à se stabiliser. Le même constat est applicable au pétrole de schiste, qui se développe rapidement dans le Dakota du Nord. En fait, estime Hughes, un pic du gaz et du pétrole de schiste va se produire aux Etats-Unis, c’est-à-dire que la production va stagner avant de décliner. Date prévue : 2017.

Ce phénomène reflète une loi fréquemment oubliée par le discours dominant, qui est celle des rendements décroissants. En énergie, elle trouve son application dans le concept de « taux de retour énergétique » (TRE ; en anglais, EROI, « energy return on energy invested »). Celui-ci traduit le fait que pour obtenir une certaine quantité d’énergie, il faut dépenser de l’énergie. Le rapport entre ces deux quantités est le taux de retour énergétique. Et la loi dominante de l’époque que nous vivons est que le TRE diminue tendanciellement : il faut dépenser de plus en plus d’énergie pour en obtenir. L’ère de l’énergie peu chère est derrière nous. Compris, le Medef ?

Pour stopper la destruction de l’environnement, une loi européenne sur l’écocide - le crime contre la nature Arrêtons l’Écocide en Europe Reporterre 2013/05/13 Arrêtons l’Écocide en Europe (13 mai 2013) Pour stopper la destruction de l’environnement, une loi européenne sur l’écocide - le crime contre la nature. Reporterre. Tribune — Europe fr

Pour stopper la destruction de l’environnement, une loi européenne sur l’écocide - le crime contre la nature

« Pour mettre un terme à la destruction de nos écosystèmes, il faut s’attaquer aux donneurs d’ordres et pas seulement aux sociétés qui commettent des crimes environnementaux. »

L’Initiative Citoyenne Européenne « Arrêtons l’Écocide en Europe » a été initiée par un comité de 11 citoyens issus de neuf pays européens et lancée au parlement européen le 22 janvier 2013.

L’écocide se définit comme la destruction totale ou partielle d’un écosystème, une destruction qui, à grande échelle, menace directement ou indirectement la survie de l’Homme en tant qu’espèce. "Eco" vient du grec ancien "maison". "Cidere" vient du latin : "tuer". L’écocide est donc le fait de "détruire la maison", en l’occurrence la seule que nous ayons : la Terre !

Dans Approaching a state-shift in Earth’s biosphere ("Approcher du seuil de basculement dans la biosphère"), les auteurs, 22 chercheurs appartenant à une quinzaine d’institutions scientifiques internationales, s’alarment sur une perte de la biodiversité de plus en plus rapide et une accélération des changements climatiques. « Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière." explique Arne Moers, co-autrice de l’étude.

Ce seuil correspondrait à l’utilisation de 50 % des ressources terrestres. Or, aujourd’hui, 43 % des écosystèmes terrestres sont déjà utilisés pour subvenir aux besoins des hommes.

Pour mettre un terme à la destruction de nos écosystèmes et garantir l’avenir des générations futures, il faut pouvoir s’attaquer aux donneurs d’ordres et non pas seulement aux sociétés qui commettent des crimes environnementaux, il nous faut faire sauter les verrous de la législation actuelle et court-circuiter la pression des lobbies exercée sur nos représentants politiques.

Une nouvelle loi est donc nécessaire et cette loi nous avons la possibilité de l’impulser, grâce à une "initiative citoyenne européenne", outil de démocratie participative créé par le Traité de Lisbonne : si un million de citoyens, venant d’au moins un quart des pays membres, se rassemblent autour d’un même projet, la Commission Européenne est tenue d’étudier la possibilité d’une directive.

Il ne s’agit pas d’une pétition mais d’un vote citoyen, ce qui a beaucoup plus de poids.

Nous avons un an pour réunir en Europe le nombre de signatures nécessaires (dont 54 000 en France). Les soutiens sont collectés via un site sécurisé de la Commission européenne qui demande à vérifier votre identité pour s’assurer que vous êtes citoyen européen.

Nous voulons que l’Écocide devienne un crime pour lequel des sociétés et des dirigeants puissent être jugés responsables selon le droit pénal et le principe de la responsabilité du supérieur hiérarchique.

Nous souhaitons, à travers l’Initiative Citoyenne Européenne, obtenir que l’Écocide soit reconnu comme crime dans les trois cas suivants :

• quand l’Écocide se produit sur le territoire européen (territoires maritimes y compris), • quand des entreprises européennes sont impliquées même en dehors du territoire européen, • quand des citoyens européens - qui pourraient travailler pour des sociétés non-européennes - sont impliqués.

Objectif général de la Directive Ecocide :

L’objectif est de responsabiliser les chefs d’entreprises, de gouvernements ou les dirigeants de banques à ne plus accepter, quelque soit la pression des actionnaires ou des lobbies, d’investir dans des systèmes de production dangereux et d’utiliser des ressources énergétiques dangereuses pour le maintien du cycle de vie et dangereuses pour le maintien de la paix.

Ils offriront leurs compétences et leurs fonds d’investissement à des sociétés qui respecteront le cadre légal posé par la directive. Ce qui manque à l’heure actuelle.

Une directive écocide permettra d’accélérer la transition énergétique en la dotant de moyens pour réussir, elle reconnaîtra le rôle incontournable des écosystèmes pour maintenir la vie et restituera à l’homme sa place réelle de maillon dans le vivant et non de gestionnaire.

Dispositions Pertinentes de la Directive Ecocide :

La directive Ecocide s’applique donc aux citoyens de l’UE et aux entreprises européennes opérant aussi en dehors de l’UE. Les produits issus d’une chaîne de production ayant causé un écocide devront être interdits d’importation sur le territoire européen. Ces mesures éviteront une délocalisation d’entreprises européennes cherchant à contourner la loi.

La directive Ecocide reconnaît la responsabilité de personnes physiques selon le principe de supériorité hiérarchique, quelles qu’elles soient, même si les actes ont été commis sans intention et lève ainsi toute impunité. Chefs de gouvernement et PDG peuvent donc être concernés.

Elle reconnaît aussi la responsabilité de personnes complices qui auraient facilité un écocide en conseillant ou subventionnant des activités dangereuses. Les institutions financières sont donc visées ainsi que les cabinets d’expertise environnementale. Les études d’impact environnemental sont souvent menées par des consultants experts financés par les entreprises elles-mêmes.

La directive Ecocide ne prend plus en considération le facteur risque comme unité de mesure mais la hauteur des conséquences. Ainsi la dangerosité d’une technologie ne se mesurera plus en fonction des risques de catastrophe (probabilité) qu’elle pourrait engendrer, mais en fonction de l’étendue des dommages en cas de catastrophe.

Le risque d’un « Fukushima » est minime, les conséquences de la catastrophe de Fukushima sont immenses. La directive demande donc aux dirigeants d’évaluer différemment leurs choix stratégiques et d’assumer, de par leurs fonctions, et non leurs intentions, leurs responsabilités dans ces choix faits au nom de leur entreprise, de leur gouvernement ou de leur institution financière.

La directive Ecocide anticipe les difficultés liées à sa mise en oeuvre en proposant la mise en place d’une période de transition d’au moins cinq années permettant à la société de s’adapter pour être en mesure de s’y conformer. Elle accompagne ainsi efficacement une transition énergétique nécessaire, en lui donnant un cadre légal qui permettra aux Etats de mettre en place un système incitatif efficace et d’abandonner petit à petit nos vieux schémas industriels.

La directive écocide prévoit enfin la mise en place d’un mécanisme de Justice réparatrice sur lequel la Cour pourra s’appuyer pour évaluer et ordonner la réparation des préjudices et la restauration des lieux, commanditer des études d’impact indépendantes et décider de suspendre des opérations en cours dangereuses.

En Italie, bataille contre MUOS, un système de radar de l’armée états-unienne Indymedia Reporterre 2013/05/14 Indymedia (14 mai 2013) En Italie, bataille contre MUOS, un système de radar de l’armée états-unienne. Reporterre. Armée fr

En Italie, bataille contre MUOS, un système de radar de l’armée états-unienne

L’armée des Etats-Unis, avec l’accord du gouvernement italien, veut installer en Sicile de nouveaux radars. Ce système MUOS est extrêmement dangereux pour la santé des riverains et sert de relais aux actions militaires des Etats-Unis. Depuis plusieurs mois, un mouvement de citoyens parvient à empêcher l’installation de ce système à haute fréquence.

Le MUOS (Mobile User Operating System) : Ce radar est une arme !

Le commandement militaire américain affirme que le MUOS deviendra l’arme la plus efficace de l’armée américaine. En fait, c’est un système de communication satellitaire qui leur permet un échange d’information extrêmement rapide de partout sur la planète. Cela dans un but belliqueux, avec la possibilité de commander à distance tout l’appareil militaire (aérien, terrestre, maritime).

Quatre bases sont prévues pour l’installation des radars du MUOS. Une en Virginie ; une dans le désert Australien ; une sur une ile perdue, réservée aux militaires ; La 4e au cœur de la Sicile à 2km d’une ville de 20.000 habitants, Niscemi. Cette dernière est déjà utilisée par la base OTAN de Sigonella, une des principale bases de drones (avions de guerre commandés à distance) dans la Méditerranée (voir guerre en Libye).

Techniquement, la base de Niscemi a été concédée par le gouvernement Italien à la marine américaine (US Navy), délaissant plus de 100 hectares de réserve naturelle. La Sicile devint ainsi un avant-poste pour la stratégie militaire américaine dans la Méditerranée et alentour. Actuellement, 46 antennes basse fréquence sont opérationnelles, connectées avec Sigonella. Les 3 antennes radar du MUOS (très haute fréquence, c’est-à-dire encore plus dangereuses pour la santé) sont déjà dans la base, pas encore montée et opérationnelles. La réserve naturelle au cœur de laquelle est située la base est une splendide forêt de liège.

Il y a deux ans (2011) a débuté une résistance qui grandit de jour en jour contre le projet MUOS et pour la destruction des 46 antennes. D’abord, les raisons de la protestation furent liées aux problèmes de santés dus au radiations. Ici, les abeilles ne volent plus : elles marchent. Petit à petit a grandi la volonté de nous ré-approprier ce territoire, de protéger la richesse naturelle de la planète et d’avoir une vie libre de base militaire et de logique guerrière – en Sicile comme partout ailleurs.

Au début c’était très difficile pour les premiers activistes d’opérer dans une zone fortement corrompue par la présence et la mentalité mafieuses, et par la résignation massive de la population. En fait, après les premières mobilisations, plusieurs activistes de Niscemi ont souffert de représailles mafieuses : cabane à outils brulée, pneus crevés, menaces téléphoniques, tracteur volé...

Malgré ce climat d’hostilité, l’adhésion de la population niscemoise et sicilienne au mouvement NOMUOS a grandit ; jusqu’à la décision de bloquer l’accès à la base, ponctuellement, pour empêcher l’entrée des grues censées monter les antennes. En janvier 2013, une opération policière massive a évacuée violemment les manifestants (des centaines de flics/CRS/gendarmes, ou plutôt leur équivalent italien, contre quelques dizaines d’activistes et de personnes âgées).

Juste après, pendant 2 semaines et demie, les activistes NOMUOS ont bloqué l’accès à la base. Parallèlement, le parlement sicilien a révoqué le permis de construire du MUOS grâce à la protestation populaire. Le gouvernement italien, qui veut imposer le projet MUOS à tout prix, demande en compensation a la région sicilienne 25.000 euros par jour de retard dans la construction. Ce même gouvernement a créé une commission pour évaluer l’impact environnemental du complexe. Le verdict, dont il y a peu a espérer, sera rendu le 31 mai 2013. Le mouvement a déjà exprimé son refus de la présence de la base, avec ou sans MUOS.

En ce moment, les actions et les initiatives sont portées par le comités des mamas, par un noyau de militants de tous âges de Niscemi et par le comité régional. Il y a un presidio (campement) permanent, ouvert à tous, au bord de la route d’accès principale à la base. C’est ici que s’organise pratiquement le blocage des travaux. Le 22 avril, 7 activiste sont entrés dans la base. Tous ont été arrêtés et deux subissent des procédures judiciaires pour avoir grimpé sur des antennes. La répression administrative contre les activistes s’intensifie avec l’intention de diviser le mouvement et de créer une situation de tension.

Parce que cette situation dépasse un cadre strictement local, nous appelons toute personne désireuse de contribuer à notre résistance à produire, traduire et diffuser l’information à propos du MUOS et de notre mouvement.

NO MUOS - NO WAR - NO MAFIA

Dans la Manche, du 17 au 20 mai, un lieu pérenne contre la ligne THT Par Julien villalard Reporterre 2013/05/14 Par Julien villalard (14 mai 2013) Dans la Manche, du 17 au 20 mai, un lieu pérenne contre la ligne THT. Reporterre. fr

Dans la Manche, du 17 au 20 mai, un lieu pérenne contre la ligne THT

Week-end à Montabot pour occuper un lieu contre la ligne THT

Invitation au week-end d’inauguration de la grange de Montabot sous le signe des (re)trouvailles et de la convivialité

Après 15 mois d’une lutte contre une ligne THT, âpre et riche de rencontres, venez en parler, danser et fêter ce nouveau lieu du 17 au 20 mai.

Un lieu pérenne pour s’organiser, une grange à rénover, à Montabot (50), pour poursuivre les luttes.

Depuis l’action à Valognes contre le train “Castor” en novembre 2011, jusqu’aux moments forts de la lutte contre la ligne Très Haute Tension (THT) Cotentin-Maine en 2011 et 2012, des personnes se sont rencontrées et se sont organisées pour lutter contre le nucléaire et son monde.

Afin de continuer sur cette lancée, il semble important de pouvoir disposer d’un lieu collectif comme a pu l’être le bois occupé de la Bévinière sur la commune du Chefresne.

Une grange, au lieu-dit la Bossardière sur la commune de Montabot (50), s’érige maintenant non loin des pylônes comme un défi face à l’imposition de la ligne THT à coups de bâtons. Il existe donc un lieu pérenne pour relayer et faire perdurer l’actualité de la lutte anti-nucléaire dans la Manche et ailleurs, être le relai de vos luttes ou simplement pour se réunir et échanger.

En effet, cet endroit constitue un point d’information et de convergences des initiatives d’ici (EPR, THT, transports castors, etc) et d’ailleurs (Poubelle radioactive de Bure, Iter, Astrid, THT partout, mines d’uranium) contre le nucléaire et aussi contre d’autres projets assez proches dans l’idéologie d’aménagement de nos espaces et de nos vies, tel celui de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, les lignes à Grande Vitesse, de la traçabilité en général et du fichage génétique en particulier.

Il s’agit aussi d’un point d’ancrage de la lutte où se déroule un chantier permanent d’échanges de savoirs et de pratiques émancipatrices (autonomie énergétique, écoconstruction, rénovation du bâti ancien, permacultures de plantes médicinales et potagères…).

Du 17 au 20 mai 2013, la grange ouvrira ses portes au grand jour. Vous découvrirez la grange à travers des expos, ses débrouilles quotidiennes, son camping, sa cantine prix libre.

Parce qu’il ne faudrait pas croire que tout s’arrête avec la mise en service d’une ligne T.H.T. Parce qu’il est essentiel pour nous de poursuivre les débats entamés lors de cette lutte, et d’anticiper les pièges des nécro-industries auxquelles nous seront confronté.e.s ici et ailleurs.

Parce que nous imaginons qu’une organisation sans intérêt de pouvoir ni hiérarchie, pourrait submerger nos décideurs.

Parce que nous voulons faire en sorte que plus aucun.e oligarque ou bureaucrate ne puisse juger et décider du cheminement de nos vies à notre place.

Nous vous invitons au week-end d’inauguration de la grange de Montabot, où grâce à un travail d’élaboration collective, nous cherchons à nous donner les moyens matériels de renvoyer dans leur coin l’État et les mafias publiques ou privées. Nous prendrons le temps qu’il faut pour saper leur infecte besogne, mais ici une pierre est posée, et nous savons que ce sont nos solidarités que l’État craint avant tout. Même si une nouvelle ligne T.H.T se dresse désormais dans le bocage Normand, la lutte liée à ces tentacules de la pieuvre nucléaire est loin d’être enterrée.

Comment venir à la grange ? La Bossardière, à Montabot dans la Manche (50) Sur la D98 entre Percy et Tessy, la Bossardière se trouve au bout du deuxième chemin sur la gauche après le pylône 223 lorsqu’on vient de Percy.

Affiche et programme complet des trois jours sur Anti THT.

Mélenchon, Joly, Durand, vous avez signé contre l’arme atomique. Dites-le ! Jean-Marie Matagne (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) Reporterre 2013/05/14 Jean-Marie Matagne (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) (14 mai 2013) Mélenchon, Joly, Durand, vous avez signé contre l’arme atomique. Dites-le !. Reporterre. Tribune — fr

Mélenchon, Joly, Durand, vous avez signé contre l’arme atomique. Dites-le !

Eva, Martine,

Je crois savoir que vous défilez ensemble aujourd’hui [dimanche 5 mai], aux côtés de Jean-Luc, pour réclamer la refondation de la République française sur de nouvelles bases, plus démocratiques, et une nouvelle constitution qui donnerait davantage la parole au peuple et respecterait un certain nombre de valeurs fondamentales, dont, on peut l’imaginer, les droits de l’homme, les droits du citoyen, le droit international.

Vous avez par ailleurs signé toutes les deux [Eva Joly et Martine Billard] une lettre ouverte au Président de la (Ve) République lui demandant d’organiser un référendum sur la question :

« Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Eva,

Pendant la campagne présidentielle, tu avais déjà approuvé cette demande en signant dans son intégralité - de même que Philippe Poutou - la Charte pour un Monde Vivable, dont l’article 1.2.F est ainsi rédigé :

« (Nous voulons) l’ouverture d’un débat national et la consultation du peuple français par référendum sur la question suivante :

« Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? ».

Jean-Luc,

Tu as, toi aussi, fait tienne cette demande puisque tu as signé la Charte pour un Monde Vivable en émettant des réserves sur un certain nombre d’articles, mais pas sur l’article 1.2.F que tu as au contraire expressément approuvé.

Pascal,

Tu n’as pas défilé pas pour réclamer une « VIe République » dont le parti Europe Ecologie – Les Verts que tu représentes est néanmoins partisan. Mais le Conseil fédéral d’EELV a adopté à l’unanimité, le 24 juin 2012, la décision CF-12-090 ainsi rédigée :

« Le Conseil fédéral des 23 et 24 juin 2012 demande à l’ensemble de ses représentant-e-s au parlement et au gouvernement de tout mettre en oeuvre pour que soit mis à l’étude dans un délai rapproché un projet de loi ou une proposition de loi portant l’organisation d’un large débat et d’un référendum sur la question suivante :

"Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?" »

Tu avais, Pascal, été élu la veille secrétaire national de EELV, et le lendemain, 25 juin, tu es venu à la conférence de presse tenue près de l’Elysée par les deux grévistes de la faim, dont j’étais, qui devaient (ou plutôt, auraient dû) être reçus peu après à l’Elysée pour y formuler cette demande, afin de leur apporter ton soutien.

Eva, Martine, Jean-Luc, Pascal,

Toutes les conditions paraissent donc réunies pour que vos partis s’entendent entre eux, ainsi sans doute qu’avec le NPA, pour adresser ensemble au Président de la (Ve) République et à son gouvernement une demande de référendum sur la question précise formulée ci-dessus.

Je vous remercie de faire ce qu’il faut pour qu’il en soit ainsi.

Le banquier de la Société générale ? Il va bien, merci. Reuters Reporterre 2013/05/14 Reuters (14 mai 2013) Le banquier de la Société générale ? Il va bien, merci.. Reporterre. fr

Le banquier de la Société générale ? Il va bien, merci.

1,2 millions d’euros de bonus pour Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale.

Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale, voit son bonus augmenter de 75% au titre de l’exercice 2012, à près de 1,2 million d’euros, selon le document de référence de la banque.

Le montant définitif de ce bonus reste conditionné à la réalisation de certains objectifs financiers, comme le renforcement de la solvabilité financière, et à la performance boursière de l’action de la banque, précise la Société générale dans une actualisation de ce document, disponible lundi sur son site internet.

La SocGen prévoit de verser à son PDG une rémunération variable de 1,194 million d’euros, contre un bonus de 682.770 euros au titre de 2011. La rémunération fixe de Frédéric Oudéa reste en revanche inchangée à un million d’euros.

« M. Frédéric Oudéa a proposé que sa rémunération variable au titre de 2012 soit entièrement différée et convertie en actions ou équivalents cessibles sur 3 ans, entre 2014 et 2016 », précise la banque.

A titre de comparaison, Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, a vu son bonus augmenter de 40% pour 2012, à 1,68 million d’euros.

A la Bourse de Paris, l’action Société générale gagne 5% depuis le début de l’année, après un gain de 64,7% en 2012.

Le crowdfunding - ou financement participatif - se développe Arte Reporterre 2013/05/14 Arte (14 mai 2013) Le crowdfunding - ou financement participatif - se développe. Reporterre. fr

Le crowdfunding - ou financement participatif - se développe

Crowdfunding, vous avez dit crowdfunding ? En français, crowdfunding veut dire financement par la foule. Les créateurs des premières plateformes proposant un financement participatif de projets sur le web se sont largement inspirés des méthodes de récoltes de dons utilisées par les organisations humanitaires. Depuis cinq ans, ce système de financement s’étend à la globalité de la sphère internet. Parallèlement, des plateformes d’échange de savoirs, de compétences et d’expériences se multiplient sur la toile.

Le financement participatif : une vraie solution pour le documentaire engagé

Il est désormais parfois plus facile de se faire financer un projet via des donateurs anonymes sur le web que par une organisation dédiée à cela. Certains sites de crowdfunding permettent de préserver une partie de la création documentaire et artistique, qui a de moins en moins de droit d’antenne à la télé.

Les premières plateformes spécialisées dans le financement de projets de particuliers sont apparues en 2006 aux Etats-Unis et fin 2008 en France. Musique, littérature, cinéma, documentaire, jeux vidéos, sport, environnement, création d’entreprises, humanitaire ou social… tous les domaines sont concernés. En France, actuellement, une quarantaine de sites de crowdfunding sont répertoriés. Avec l’installation de la crise économique et financière, les projets solidaires ont tendance à se distinguer.

Les dons de base oscillent entre 10 et 50 euros. Plus rarement, certains atteignent des sommes beaucoup plus importantes. Certains sites invitent leurs plus importants donateurs à participer directement à la finalisation du projet. D’autres accordent aux internautes un accès aux outils de développement.

Quelques exemples de plateformes d’échanges citoyens et sites de crowdfunding :

Imagination for people Sparknews Le blog de la consommation collaborative Kisskissbankbank Mailforgood Babeldoor Shamengo Ulule Arizuka

Un nouveau business ?

Bon nombre de projets ont pu voir le jour grâce à l’accumulation des micro-dons des internautes. Parallèlement aux associations, mouvements et particuliers, entrepreneurs et businessmen ont également recours au financement participatif. Pour ces projets-là, les dons recueillis peuvent atteindre 500, 1000, 10 000 euros et même beaucoup plus. Cet été, le projet de réseau social App.net qui se veut une alternative avec abonnement et sans publicité à Twitter et Facebook, a ainsi dépassé les 500 000 dollars de dons.

Limites juridiques

Plus de 6 millions d’euros ont ainsi été récoltés sur les sites français depuis 2010. Une somme qui aurait pu être plus importante encore sans la décision de l’Autorité des marchés financiers qui limite à 99 le nombre de donateurs en France, contre 1 000 aux Etats-Unis.

Assises monnaies locales complémentaires le 18 mai Par Julien villalard Reporterre 2013/05/15 Par Julien villalard (15 mai 2013) Assises monnaies locales complémentaires le 18 mai. Reporterre. fr

Assises monnaies locales complémentaires le 18 mai

Les 1res Assises des Monnaies Locales Complémentaires ont lieu le dimanche 19 et le lundi 20 mai 2013 à Villeneuve-sur-Lot ; elles sont composées de tables rondes, d’ateliers et de conférences.

Les 7es rencontres des MLC ont lieu le samedi 18 mai 2013 : elles sont plutôt destinées aux porteurs de projets de MLC et elles sont organisées comme les 6 rencontres précédentes. Elles finissent par la conférence de Jean-Michel Servet, le soir, qui sera ouverte à tous.

Infos pratiques et programme complet ici

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Editorial de Philippe Derudder (pour l’Age de Faire)

Les monnaies locales complémentaires, une nouvelle mode ?

En ce début de XXIe siècle, l’humanité se trouve face à une situation unique dans son histoire : •Une démographie qui est passée en l’espace de deux siècles de 1 milliard à plus de 7 •Des ressources naturelles non renouvelables en voie d’épuisement. •Une pollution croissante de notre milieu naturel. •Une contradiction fondamentale qui s’ancre dans le fait que l’idéologie économique ne propose pas d’autre option que la croissance, alors que le respect des équilibres écologiques réclament plus de sobriété.

Si en 1800, aux débuts du capitalisme, le défi était de produire plus, celui qui se pose à notre époque est de produire moins mais mieux et de partager équitablement pour rendre possible à tous une vie de suffisance et de dignité en harmonie avec les exigences écologiques. Il devient temps de comprendre que la « sortie de crise » présentée par nos « élites » comme s’il s’agissait de retrouver le « monde d’avant » est chose impossible car suicidaire en raison du contexte global qui est maintenant le nôtre. La clé se trouve dans l’invention d’un nouveau paradigme qui dépend complètement de la réponse que nous donnerons à la question : Qu’est-ce que la richesse ?

Or la monnaie en tant que symbole de celle-ci, de problème peut devenir la solution. C’est cela qui se joue au travers du mouvement des monnaies locales complémentaires. Des « citoyens ordinaires », conscients qu’un nouveau monde est à concevoir, se posent des questions essentielles de sorte que le côté souvent anecdotique de l’affaire doit être considéré comme le germe d’une société respectueuse et réconciliée. Tout reste à faire, certes, car une monnaie locale n’est pas une solution en soi, mais un outil pédagogique de transformation de la pensée humaine. L’histoire a besoin de temps, mais les premières lignes sont écrites et ce tirage spécial de l’Age de faire va vous les conter par le témoignage de quelques pionniers.

Dans les Alpes, des travaux ravageurs commencent pour le Tour de France Matthieu Stelvio Reporterre 2013/05/15 Matthieu Stelvio (15 mai 2013) Dans les Alpes, des travaux ravageurs commencent pour le Tour de France. Reporterre. fr

Dans les Alpes, des travaux ravageurs commencent pour le Tour de France

Le 13 mai, la route pastorale de Sarenne devait être mise en chantier pour le Tour de France. Sur le plan écologique, c’est une aberration ! Les organisateurs de l’épreuve ont refusé le dialogue avec 10 500 opposants.

Le 18 juillet, le Tour de France doit passer sur la route pastorale du Col de Sarenne (qui est située en amont de l’Alpe d’Huez). Nous sommes 10 500 à nous y opposer.

Deux millions de spectateurs sont attendus sur la montée de Bourg d’Oisans à Sarenne ! Fermée huit mois sur douze, cette route est très peu fréquentée (une voiture toutes les dix minutes), et a un caractère très singulier. Elle traverse un site d’une richesse environnementale exceptionnelle. On n’y dénombre 758 espèces végétales et 100 espèces animales protégées ; parmi lesquelles le tétras lyre, l’aigle royal, le lagopède, le circaète Jean-le-Blanc, le milan royal, l’apollon, l’azuré du serpolet (en danger d’extinction), le bruant ortolan (en danger d’extinction)…

Le Conservatoire Botanique National Alpin atteste que la Vallée du Ferrand est l’une des « plus riches régions de France sur le plan botanique » et que la faune y est « remarquable ».

Cet environnement est très fragile : les animaux de montagne ont une vie rude, et un stress prolongé peut lourdement impacter leur survie. La foule du Tour de France et les travaux perturberont ce vaste écosystème. Il est inacceptable que de tels dommages soient justifiés par un événement sportif éphémère, et non par un intérêt public majeur !

Pour le passage du Tour de France, 500 000 euros de travaux sont engagés sur la route pastorale de Sarenne. Ces travaux d’intérêt privé sont maquillés par un intérêt public « bidon ». Nous avons la preuve que si la route est refaite, c’est à la demande des organisateurs du Tour de France, et non pas à celle de la population locale. L’objectif de ces travaux est d’offrir du confort aux véhicules du Tour, et de permettre aux coureurs de descendre à 100 km/h une route pastorale qui est limitée à 20 km/h !

Sur le plan légal, le passage du Tour de France à Sarenne peut être contesté. L’arrêté préfectoral de protection de biotope interdit toute manifestation dans le périmètre de la zone humide. Or, cette zone jouxte la chaussée et sera piétinée par la foule du Tour de France !

La route pastorale se confond avec l’emblématique chemin de randonnée du Tour des Ecrins. A l’instar de nombreux cyclistes, beaucoup de randonneurs voient d’un très mauvais œil ces travaux (qui induiront une augmentation du trafic automobile touristique). La mise en chantier de la route pourrait être le prélude d’investissements plus importants destinés à étendre le domaine skiable de l’Alpe d’Huez (en 2006, un projet a été posé sur la table). L’étau se resserre trop autour de l’Oisans sauvage qui est déjà suffisamment exploité par les stations de ski !

Nous en avons assez de voir nos montagnes recouvertes de voitures et de remontées mécaniques ! Nous voulons préserver et transmettre ces grands et beaux espaces où règnent toute la beauté et toute la quiétude de la nature ! Accepter une atteinte, c’est ouvrir la porte à d’autres atteintes ; il faut préserver Sarenne de toute pression économique !

Il n’est pas tolérable qu’un site naturel aussi exceptionnel soit durablement impacté pour quelques minutes de télé ! A l’échelle de la planète, ces deux derniers siècles, la vitesse d’érosion de la biodiversité a été multipliée par un facteur compris entre 100 et 1000 : où sont les freins ?

Visiblement, la parole de 10 500 personnes compte pour du beurre ; les organisateurs du Tour de France n’ont pas répondu à nos lettres ouvertes ! Ils ont refusé le dialogue alors que des solutions alternatives existent ! Que devons-nous faire pour être entendus ?

La pétition

PS : Je pense qu’il faut donner tort à ceux qui font l’amalgame entre militantisme et non-respect de la démocratie, mais le fait que les organisateurs du Tour de France ne soient pas à l’écoute de 10 500 personnes mériterait d’être sanctionné ! Plus d’infos.

Le Paris Saint Germain, club nul : il veut bétonner des terres agricoles Confédération paysanne Reporterre 2013/05/15 Confédération paysanne (15 mai 2013) Le Paris Saint Germain, club nul : il veut bétonner des terres agricoles. Reporterre. fr

Le Paris Saint Germain, club nul : il veut bétonner des terres agricoles

Oubliez les fumigènes et les ultras : le vrai scandale du PSG, c’est qu’il rêve d’un centre d’entraînement qui dévorerait pas moins de 150 hectares de terres agricoles.

La Confédération paysanne s’oppose au déclassement des 150 hectares de terres agricoles de la ferme du Poult, sur la commune de Poissy dans les Yvelines, en vue de la construction d’un centre d’entrainement pour le PSG. C’est pour affirmer cette opposition que la Confédération paysanne a rencontré le maire de Poissy ce mardi.

La consultation publique sur le Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF), qui inclut un amendement sur ce changement de statut des terres, doit s’achever demain. L’opposition à ce projet doit être prise en compte.

Le maintien de zones agricoles en Île-de-France est un véritable défi. La réattribution de ces terres agricoles entrainera forcément une urbanisation plus poussée de ce territoire et une fragilisation de cet îlot agricole que constitue le plateau des Alluets-le-Roi.

Les friches industrielles, nombreuses en Île-de-France, doivent constituer la priorité pour les besoins en urbanisation. Cela permettrait d’ailleurs d’aller dans le sens de la note d’intention du SDRIF qui promeut le maintien des surfaces agricoles… tout en actant le déclassement de la ferme du Poult.

Bien que le terrain appartienne à un promoteur immobilier, le maire de Poissy, ainsi que les élus des autres collectivités territoriales peuvent faire en sorte que ce projet soit réalisé sans empiéter sur des terres agricoles.

En Île-de-France comme ailleurs, le maintien de l’agriculture doit être un élément déterminant de tout projet d’aménagement du territoire.

Au Bangladesh, des centaines d’usines fermées pour protester contre l’exploitation LeParisien.fr Reporterre 2013/05/15 LeParisien.fr (15 mai 2013) Au Bangladesh, des centaines d’usines fermées pour protester contre l’exploitation. Reporterre. fr

Au Bangladesh, des centaines d’usines fermées pour protester contre l’exploitation

Un effondrement faisant plus d’un millier de morts et un incendie à quelques jours d’intervalle, c’en est trop pour les ouvriers des usines textiles du Bangladesh. Mardi [14 mai], des centaines d’ateliers devaient fermer après les revendications d’employés qui se sentent en danger. Et ce malgré l’augmentation de leur salaire annoncée dimanche et la volonté de quelques marques y faisant fabriquer leurs collections d’indemniser les sinistrés.

Des manifestations continuent d’agiter le pays.

Fermées pour une durée indéterminée

« Toutes les usines de la zone industrielle d’Ashulia vont fermer pour une durée indéterminée à partir de mardi à cause de l’agitation de la main d’œuvre », explique Shahidullah Azim, le vice-président de l’Association des fabricants et exportateurs de textile. « Nous avons pris cette décision pour assurer la sécurité de nos usines », poursuit-il.

Cette zone industrielle, située à une trentaine de kilomètres de Dacca, regroupe les usines comptant parmi les plus importantes du pays. Plus de 500 ateliers qui travaillent avec des marques occidentales telles que l’américain Walmart, le suédois H&M, l’espagnol Inditex ou le français Carrefour y sont basés. Mais il n’y a « pratiquement aucun travail » dans ces usines depuis deux semaines, précise Shahidullah Azim.

Les ouvriers demandent l’exécution du propriétaire de l’immeuble effondré à Dacca

« Dans 80% des usines, les ouvriers ont débrayé aujourd’hui [lundi] pour demander des hausses de salaires », note le chef de la police d’Ashulia, Badrul Alam. Tous réclament également l’exécution du propriétaire de l’immeuble qui s’est effondré à Dacca. D’autant que la veille du drame, des ouvriers avaient signalé des fissures sur le bâtiment. Leurs responsables leur avaient demandé de reprendre le travail.

La semaine dernière déjà, « seize usines ont été fermées à Dacca et deux à Chittagong », avait annoncé le ministre du Textile, Abdul Latif Siddique, précisant que de nouvelles usines cesseraient leur activité dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité. Craignant que les marques occidentales se détournent de leurs fournisseurs bangladais, le gouvernement a par ailleurs annoncé lundi dernier la mise en place d’une commission d’enquête devant inspecter les quelque 4 500 usines textiles à la recherche d’éventuels défauts de construction. Le ministre du Textile a été nommé à la tête de cette commission.

Ces « ateliers de la misère » dénoncés par les ONG

Le Bangladesh est le deuxième exportateur au monde de vêtements en raison de la modicité des salaires et d’une main-d’œuvre abondante. Ce secteur-clé de l’économie, qui génère 29 milliards de dollars par an, représentait l’an dernier 80% des exportations du pays. Mais les conditions de travail et les normes de sécurité dans cette industrie sont dénoncées depuis des années par les ONG et la tragédie du Rana Plaza a relancé les vives critiques sur ces « ateliers de la misère ».

Au Québec, un coup de filet contre la corruption dans le BTP Clément Sabourin (AFP) Reporterre 2013/05/15 Clément Sabourin (AFP) (15 mai 2013) Au Québec, un coup de filet contre la corruption dans le BTP. Reporterre. fr

Au Québec, un coup de filet contre la corruption dans le BTP

De la corruption dans le BTP ? Ce ne peut être qu’au Québec...

Le coup de filet mené jeudi 9 mai par la police québécoise contre un cartel accusé de manipuler les appels d’offres dans le BTP au nord de Montréal a mis au jour une organisation liant dirigeants politiques, fonctionnaires et un riche entrepreneur proche de la mafia.

Quelque 120 policiers ont interpellé avant l’aube 37 personnes à leur domicile dans ce que les observateurs décrivent déjà comme l’opération la plus importante lancée contre la corruption dans la province francophone canadienne depuis, au minimum, la création d’une unité dédiée, l’UPAC, en 2011.

Hommes politiques, ingénieurs, hauts fonctionnaires, notaires, entrepreneurs : les personnes arrêtées font partie d’une « organisation criminelle » qui dirigeait « un système de collusion et de corruption organisé », a déclaré lors d’une conférence de presse Robert Lafrenière, inspecteur en chef de l’Unité permanente anticorruption.

Près de 500.000 dollars en liquide ont par ailleurs été saisis lors des arrestations.

Pour faire avancer leur enquête, digne des séries télévisées sur la mafia, les policiers ont mené plus de 30.000 écoutes téléphoniques, effectué 70 perquisitions et entendu 150 témoins.

Plusieurs chefs d’accusation « extrêmement sérieux », selon M. Lafrenière, ont été déposés contre les suspects, dont fraude envers le gouvernement, abus de confiance, corruption dans les affaires municipales et gangstérisme.

Ce dernier chef, réservé habituellement aux groupes criminels comme les Hells Angels, rend difficile la remise en liberté des accusés.

Les deux plus grosses prises des enquêteurs sont sans conteste Gilles Vaillancourt et Antonio, dit « Tony », Accurso.

Agé de 72 ans, connu pour son franc-parler, M. Vaillancourt a dirigé la mairie de Laval pendant 23 ans jusqu’à sa démission en novembre dernier, accompagnant l’explosion démographique et urbaine de cette banlieue du nord de Montréal, devenue aujourd’hui la troisième ville du Québec.

Claude Vaillancourt

Lors de son retrait précipité de la vie politique, il avait fermement nié toute malversation, déplorant des « allégations » qui, « sans être prouvées, altèrent de façon irrémédiable la réputation » des élus.

Accusés notamment de gangstérisme, M. Vaillancourt et deux de ses anciens subalternes ont comparu en fin d’après-midi au palais de justice de Laval et ont été libérés sous de nombreuses conditions avant leur prochaine comparution, prévue le 10 juillet.

Autre gros bonnet, l’entrepreneur millionnaire Tony Accurso est connu, entre autres, pour son luxueux yacht où ont défilé nombre de hauts responsables québécois.

Cheveux gris et fines lunettes, il a hérité de son père, arrivé d’Italie en 1922, d’une entreprise de BTP qu’il a ensuite érigée en empire.

Depuis cinq ans, des médias ont révélé ses contacts étroits avec plusieurs dirigeants politiques et syndicaux, et avec des fonctionnaires, mais aussi le crime organisé, dont la mafia.

Après avoir d’abord tenté des poursuites contre les médias en cause, il a finalement été arrêté en avril 2012 par l’UPAC, puis en août par la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale). La nouvelle inculpation de jeudi est toutefois la plus lourde pour cet homme de 61 ans.

En octobre, un témoin a déclaré lors d’une audience publique devant une commission d’enquête sur la corruption que M. Accurso avait obtenu un juteux marché grâce à l’intervention directe du présumé parrain de la mafia sicilo-montréalaise. L’entrepreneur a immédiatement démenti.

Ce témoin, Lino Zambito, avait dans le même temps présenté le stratagème mis en place par un cartel d’entrepreneurs italiens régnant sur le BPT montréalais : une fois le marché public obtenu, l’entreprise sélectionnée devait remettre 3% du contrat au parti de l’ex-maire de Montréal Gérald Tremblay (qui a démissionné en novembre) et 2,5% à la mafia.

Plusieurs autres accusations sont à attendre, a en outre annoncé le chef de l’UPAC.

A Montreuil, la boulangerie anarchiste fait du bon pain Martine et Lucas Reporterre 2013/05/15 Martine et Lucas (15 mai 2013) A Montreuil, la boulangerie anarchiste fait du bon pain. Reporterre. fr

A Montreuil, la boulangerie anarchiste fait du bon pain

Ce n’est surement pas un hasard si la jeune équipe militante de cette boulangerie a choisi comme nom le titre éponyme du livre de Kropotkine, anarchiste communiste russe (1842-1921).

Cette Scop créée en avril 2010 (ouverture en septembre 2010) est composée de cinq salariés, Pierre, Thomas, Mathieu, Florence et Benoît, chacun étant responsable d’un secteur d’activité. Ici, l’autogestion n’est pas qu’une utopie mais est vécue quotidiennement.

Au cours de l’Assemblée générale qui a lieu tous les quinze jours, chacun fait un compte-rendu du mandat reçu pour les quinze jours précédents et les décisions sont prises pour la quinzaine suivante. Tout le monde touche le même salaire. Chacun travaille ici de 50 à 55 heures par semaine.

Le pain est issu de farine biologique provenant de Seine-et-Marne

Si la volonté est clairement affichée de fabriquer des produits de qualité, « la démarche est d’abord sociale, d’où le refus du ’tout bio’ pour les viennoiseries et pâtisseries car l’utilisation de beurre bio entraînerait une augmentation considérablement des prix, ce que nous ne souhaitons pas », nous dit Pierre, boulanger de formation.

Un tarif social existe d’ailleurs pour le pain, sur demande et sans justificatif de revenu, qui fait passer la baguette de 1 euro à 0,75 euro et le pain d’1 kg de 5,50 à 4,20 euros. La démarche est également politique et une caisse de solidarité existe pour offrir du pain en soutien aux luttes (expulsés, squats, grévistes, etc.).

Cependant, pas de primitivisme, le pain est pétri en machine, et pas à la main, et le four électrique à basse consommation énergétique exclut le four à bois !

D’ailleurs, la consommation de farine par semaine s’élève à 1,7 tonne pour une production de 2,5 tonnes de pain.

Plusieurs gammes de pain sont proposées, toutes aussi appétissantes les unes que les autres : pain au levain et miel, pain aux graines de lin, baguette « préhistorique », clin d’œil ironique à la mode du retour à l’ancien et du « vintage ». Des sandwichs également aux noms évocateurs, Engels, Marx ou Bakounine ! Ou encore, les formules « Sortie de l’euro », payables en drachmes et en pesetas !

Pour rester dans les sous, notons que le budget de départ de l’équipe (achat du fonds de commerce, etc.) fut de 80.000 euros, monté à 240.000 avec les travaux (aide familiale, aide des réseaux et emprunt).

Cette petite entreprise autogérée s’inscrit-elle dans une démarche anti-productiviste ?

On le voit, la durée du travail excède largement la durée légale, mais ce travail a un sens, et l’absence de patron y contribue. La production est importante, mais c’est une production de qualité utilisant des farines biologiques et locales dans une démarche sociale et solidaire ouverte à tous.

Un seul souhait, que s’ouvrent un peu partout des boulangeries comme celle-ci !

Adresse : 47 rue de la Beaune , 93100, Montreuil.

Leur site

El Hierro, l’île sans pétrole mais dans le vent Alain Gioda et Carlos Sanchez Recio (Mediapart) Reporterre 2013/05/16 Alain Gioda et Carlos Sanchez Recio (Mediapart) (16 mai 2013) El Hierro, l’île sans pétrole mais dans le vent. Reporterre. fr

El Hierro, l’île sans pétrole mais dans le vent

En 2013, l’association de l’éolien et de l’hydraulique, à partir du pompage de l’eau marine, doit permettre à la plus petite île des Canaries (Espagne) de produire la totalité de son énergie, y compris pour les voitures. Pour Alain Gioda (Hydrosciences IRD) et Carlos Sánchez Recio (Natural Aqua Canarias), qui travaillent sur cette île depuis 1991, El Hierro « montre la voie d’un monde luttant contre le réchauffement climatique ».

Les moulins à vent de Don Quichotte symbolisent l’Espagne : dès juin 2011, Eole est devenu ponctuellement la première source énergétique du pays, avec plus de 20 % du total. Ainsi, dans un climat de crise économique aiguë, des mutations importantes ont lieu, dont l’exemple le plus clair se situe sur l’île d’El Hierro, aux Canaries (1).

Des gens de terrain, un forestier et un artiste plasticien du land art, rejoints par un ingénieur en électricité devenu depuis homme politique, y ont planté les jalons d’un développement alternatif reproductible.

L’aridité et l’isolement extrême d’El Hierro, au bout de l’archipel des Canaries, aggravés par l’autarcie franquiste, en avaient fait un lieu de grande pauvreté. Montagneuse, avec de nombreux cônes de volcans éteints, très brumeuse et parcourue de vents quasi constants, l’île ne présente aucune plage de sable blond propre à aimanter les touristes.

Elle ne compte que 11 000 habitants, mais qui ont su développer des solutions originales, à partir des ressources de la terre et de la mer, en conservant la nature et sans refuser le progrès lorsqu’il apportait la beauté. Ce travail fut reconnu par l’Unesco et El Hierro est devenu une Réserve de la biosphère en l’an 2000 avec aussi sa production de bananes, ananas, figues, vin, fromages...

Le brouillard et le vent donnent de l’eau. L’arbre fontaine d’El Hierro alimentait les aborigènes, avant les Espagnols, quand le brouillard, formé en altitude par le vent humide de l’Atlantique, déposait en quantité ses gouttelettes qui, devenues gouttes, s’écoulaient en filets sur ses feuilles vernissées.

L’eau était ensuite recueillie dans des puits creusés au pied du végétal, jusqu’à sa disparition en 1610. Fort de cet exemple, Don Zósimo (1920-2004), forestier de son état, devint dès 1948 l’homme qui plantait des arbres fontaines, avant le personnage de fiction de L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono.

Dans les années 80, il travailla main dans la main avec l’artiste César Manrique (1919-1992), qui valorisa les meilleurs sites de l’île par l’intégration d’aménagements dans la nature avec des miradors, un restaurant panoramique, etc. Leur travail séminal a donné une floraison d’initiatives : entre autres l’installation d’attrape-brouillard clonant l’arbre fontaine, l’aménagement de sentiers muletiers pour le trekking, la transformation d’un village abandonné en écomusée et surtout la mise en route en 2013 du projet électrique Gorona de Viento sans pétrole ni émission de CO2.

L’alliance de l’eau et du vent

Le vent et l’eau donnent de l’électricité, pour peu qu’on ne les néglige pas. Le vent, ce sont les alizés presque constants qui permettront l’approvisionnement régulier de la ferme de cinq éoliennes de 11,5 mégawatts. L’eau, c’est celle de l’océan. Afin de pallier l’intermittence du vent, une station de transfert d’énergie par pompage (STEP) aura permis auparavant de stocker, dans un réservoir supérieur, 500 000 m3 d’eau.

Après son pompage de l’océan, cette eau aura été préalablement dessalée par osmose inverse, et l’eau douce en excès pourra également servir à des fins agricoles et humaines. En 2013, la centrale hydroélectrique fournira 2 jours de consommation électrique par turbinage, sans apport de l’éolien, et, à terme, 8 jours, en surcreusant le cratère du volcan éteint où l’eau sera stockée.

A partir de ce réservoir supérieur, la centrale sera alimentée par une conduite forcée d’une chute de 685 mètres. En aval de la centrale, l’eau passera dans un second réservoir dit inférieur, situé quelques mètres au-dessus de l’océan, et le circuit sera bouclé.

L’ancienne centrale thermique diesel ne sera pas démontée, étant utile en cas dépannage, mais l’île devrait être alimentée à 100 % par les énergies renouvelables dès l’an prochain. Le projet d’électricité propre fut porté à bout de bras, depuis les années 90, par l’ingénieur Tomás Padrón qui gérait, précisément et depuis longtemps, cette centrale thermique fournissant, encore pour peu de temps, le courant d’El Hierro à partir d’un carburant importé par bateau.

Tomás Padrón, président du conseil insulaire jusqu’en 2011 et ancien ingénieur chez Endesa, premier producteur d’électricité espagnol, a porté à bout de bras le projet « El Hierro 100 % durable ».

L’idée était d’être indépendant, quant à l’énergie, tout en améliorant la qualité de l’air, sans émettre de gaz à effet de serre, en faisant des économies et en créant des emplois. Sa réalisation fut possible grâce au rôle éminent de Padrón dans la politique insulaire durant les trois dernières décennies.

Enfin, le surplus d’énergie permettrait aussi le passage à l’électrique, sur cinq à dix ans, des 6 400 véhicules particuliers recensés sur l’île. Un partenariat avec Nissan-Renault a facilité l’arrivée des premières électromobiles – trois points de recharge sont ouverts, en attendant les trente-deux autres nécessaires. Ici, le chemin à parcourir sera long entre les intérêts divergents des autres constructeurs automobiles et les décisions individuelles des acheteurs.

Néanmoins, le prix du pétrole étant condamné à grimper, la voie est ouverte pour un changement favorisé par la petitesse de l’île (270 km2) et sa topographie tourmentée qui limitent les déplacements et la vitesse.

Devenue la vitrine du nouveau savoir-faire industriel espagnol avec l’appui de l’Unesco et de l’Union européenne, la plus petite île des Canaries montre la voie d’un monde luttant contre le réchauffement climatique par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. Qu’attendons-nous pour en faire autant, sachant que le schéma est reproductible sur bien des îles et le long des côtes montagneuses ?

Le forum sur la biologie de synthèse a été envahi par les chimpanzés du futur John Kaltenbrunner (Pièces et main d’œuvre) Reporterre 2013/05/16 John Kaltenbrunner (Pièces et main d’œuvre) (16 mai 2013) Le forum sur la biologie de synthèse a été envahi par les chimpanzés du futur. Reporterre. Luttes fr

Le forum sur la biologie de synthèse a été envahi par les chimpanzés du futur

Fin avril, un « forum » sur la biologie de synthèse, organisé par les partisans de celle-ci, visait à préparer l’esprit de jeunes lycéens à cette technologie. L’intervention des chimpanzés du futur a fait dévier la discussion.

À tous ceux qui ne se trouvaient pas au pseudo-forum de la biologie de synthèse, au CNAM le 25 avril 2013 (c’est-à-dire tout le monde) et à tous ceux que l’interruption de la retransmission sur Internet, ordonnée par les organisateurs, a privé de l’événement (c’est-à-dire personne), nous offrons la transcription des principales interventions, précédée d’une analyse sur le vif de cette opération d’acceptabilité.

Merci au service cinématographique des Chimpanzés du futur pour son enregistrement. Ne manquez pas bientôt notre film sur cet affrontement entre l’humanité supérieure et les primates arriérés – prochainement sur vos écrans !

(Pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents, voir « Les chimpanzés du futur au pseudo-forum de la Biologie de synthèse ».)

Jeudi 25 avril 2013, une bande de chimpanzés du futur perturbe le Forum de l’Acceptabilité de Synthèse dans les locaux du CNAM à Paris. Banderole, tracts, slogans, déclaration lue au micro, l’opération de manipulation d’opinion tourne court. Dépassés, les organisateurs mobilisent en dernier recours les lycéens présents pour sauver leur pseudo-débat : des jeunes sont appelés à prendre le micro, à poser des questions et à distribuer la parole.

Ce conflit trouble les jeunes : le « bon débat » auquel ils avaient été préparés s’effondrant, ils hésitent entre la défense de l’ordre techno-démocratique en échec et la tentation d’intervenir de façon plus autonome, avec leurs mots, exprimant leurs doutes sur le projet nécrotechnologique que ce pseudo-forum cherche à leur faire avaler.

Un chimpanzé clame : « Nos masques servent à dire que ce forum est une mascarade ; et maintenant la mascarade est finie. Vous, dans cette salle, rentrez chez vous. Informez-vous par vous-mêmes ; parlez avec vos proches, vos voisins, vos amis ».

Une lycéenne lève le bras et crie : « Nous on est obligés, désolée ! C’est notre prof ! » Le chimpanzé lui répond : « Eh bien c’est le moment de vous réveiller. » La lycéenne s’adresse alors à la salle : « Réveillez-vous ! »

Dès le plus jeune âge

Ces lycéens – une classe du lycée Bergson de Paris et une du lycée Maurice Genevoix de Montrouge - ne sont pas venus d’eux-mêmes au CNAM, ils y ont été amenés par l’association « L’Arbre des Connaissances – Association pour la Promotion de la Science et de la Recherche », dans le cadre de son programme « Jouer à débattre ».

Qu’est-ce que cet « Arbre des Connaissances » ? Une association créée en 2004 pour ’« initier les jeunes aux métiers de la recherche » et lutter contre leur rejet des filières d’études scientifiques. Son fondateur, voyez comme les choses sont harmonieuses, est le professeur Ali Saib, actuel coordinateur de l’Observatoire de la biologie de synthèse et organisateur du pseudo-forum. Promu recteur par la ministre de la Recherche et de l’enseignement supérieur Geneviève Furioso, Ali Saib applique les injonctions de sa hiérarchie pour « désamorcer les craintes de l’opinion », en mettant en scène les lycéens enrôlés par sa propre association. Ce qui s’appelle optimiser les ressources.

« Jouer à débattre », qui prétend « mettre en valeur le rôle des sciences comme vecteur de formation à la participation citoyenne », choisit ses sujets avec soin. En 2011-12, pour sa première année, le programme a fait plancher des lycéens sur l’Homme augmenté. Cette année, sur la biologie de synthèse. En plongeant ces jeunes au coeur des technologies convergentes soutenues par les transhumanistes, l’association d’Ali Saib applique les recommandations de tous les lobbies techno-industriels : formater les esprits dès le plus jeune âge.

Il est amusant que « Jouer à débattre », pour initier les jeunes au « débat citoyen », choisisse le terrain des sciences et technologies – autrement dit celui qui se passe de toute délibération publique pour agir. Quand avons-nous été consultés sur l’opportunité de développer les nanotechnologies, les puces RFID, les bactéries synthétiques ?

On sait qu’il ne s’agit jamais de discuter ces choix stratégiques, mais des aménagements à la marge – l’étiquetage des poisons par exemple, qui suffit à combler les aspirations citoyennes de France Nature Environnement, co-organisateur de cette mascarade de synthèse.

La prolifération d’initiatives du type de « L’Arbre des connaissances » n’est rien d’autre qu’une réponse technocratique à un problème politique : la méfiance croissante des populations à l’égard des techno-sciences.

Méfiance qui ne doit rien à un « déficit de culture scientifique » et tout à l’expérience même des cobayes du monde-laboratoire. On leur a déjà fait le coup. Comment, après l’amiante, les pesticides, Tchernobyl, les vaches carnivores folles, redonner du crédit aux chercheurs et « réenchanter la science », selon la litanie de Fioraso ?

Par le spectacle d’une pseudo-délibération dont les conclusions, faute de modifier les décisions prises, donneront aux participants le sentiment d’avoir vidé leur sac. Epuisé leurs doutes ou leur colère. Parler soulage, c’est connu. D’une pierre deux coups : dans ces pseudo-forums où « tout peut être dit », sociologues de l’acceptabilité et communicants récoltent les arguments, les suggestions, les formules des participants, pour peaufiner leurs argumentaires.

Manipulations sociologiques

Pour jouer à débattre, les lycéens ont été soumis à « une méthodologie innovante » basée sur la « coconstruction », la « scénarisation de débats citoyens », « l’appropriation de la démarche scientifique ». Une méthode désormais appliquée à chaque contestation de projet technologique. Des OGM-vignes de Colmar à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, la logique de la participation à l’ordre technocratique habite chaque simulacre de débat, chaque dispositif d’acceptabilité.

« Co-construction », « dialogue interdisciplinaire », « réflexivité des acteurs » : on reconnaît dans la grise langue de Pierre-Benoît Joly introduisant le pseudo-forum, le vocabulaire de la démocratie technique théorisée en 2001 par des sociologues de l’innovation issus de l’Ecole des Mines.

Dans leur livre Agir dans un Monde Incertain, Essai sur la démocratie technique, Callon, Lascoumes et Barthes ont formulé les concepts qui, en quelques années, ont colonisé les institutions scientifiques et politiques. Un livre qui enjolive le risque en « incertitude », les conflits politiques en « controverses socio-techniques », et qui propose une nouvelle façon de résoudre ceux-ci par des « forums hybrides » - pseudo espaces ouverts dans lesquels se réunissent experts, politiques et « profanes » pour mettre en oeuvre une « démocratie dialogique » et trouver un compromis sur les sciences et les technologies.

Mode d’emploi : n’entrez pas dans la confrontation directe, tâchez d’ « organiser, maîtriser les débordements sans vouloir pour autant les empêcher. » Multipliez les débats publics. Admirez le résultat avec ce cas concret : « Le nucléaire qui en sortira sera socialement, politiquement et même techniquement complètement différent du nucléaire qui aurait été décidé en dehors des forums hybrides. Parler "du" nucléaire en général n’a aucun sens. Jouer au jeu de ceux qui sont pour et de ceux qui sont contre est encore plus inepte. »

Ce miracle qui transforme votre problème-nucléaire en solution-nucléaire s’appelle une forfaiture.

Il n’y a pas plus de « démocratie technique » que de « science citoyenne » ou de roue carrée : la démocratie est la participation de tous aux choix politiques, quand la technique est l’affaire des spécialistes. Ayant vendu les sciences humaines à « l’innovation », Callon et ses semblables ne recommandent jamais d’introduire le politique dans le technique, ni de rappeler aux scientifiques leur responsabilité sociale.

Leur solution au contraire consiste à imposer la logique technicienne au corps social, à encourager chacun à faire valoir son expertise. Ce ne sont pas les technologies qui doivent être soumises à la décision démocratique, mais les individus politiques que l’on contraint à endosser l’éthos technocrate.

La « démocratie technique », c’est la négation du politique. Et un aveu : la technologie étant la poursuite de la politique par d’autres moyens, seul un simulacre de démocratie peut tenter de maintenir l’illusion d’une participation de tous aux choix collectifs.

Agir dans un monde incertain aurait pu n’être que le point de vue de trois sociologues. Mais les pensées transforment le monde, surtout quand elles sont reprises par le pouvoir. En quelques années, ce livre est devenu la bible des décideurs. La chimère politique de la « démocratie technique », bricolée par des experts pour vendre leurs services à une démocratie « en crise », a créé un fromage pour des chercheurs en sciences sociales, sociologues des « usages » et de l’acceptabilité, et autres fourgueurs de « procédures de dialogue avec le peuple » clés en main.

Elle a produit des budgets, des institutions – tel l’Institut francilien Recherche, innovation, société (IFRIS) de Pierre-Benoît Joly, co-pilote du Forum de l’Acceptabilité de synthèse, et cité dans les remerciements du livre de Callon and Co –, des « conférences de consensus », ou les pseudo-débats publics de la CNDP (Commission nationale du débat public, dont le simple intitulé signe la victoire des technocrates sur les démocrates).

Cette chimère a contaminé le monde social et la nuée d’associations citoyennistes prêtes à se jeter sur n’importe quel dispositif leur donnant de l’importance et des financements. Et qui collaborent sans ciller aux manipulations de la « citoyenneté technique », de l’« expertise profane », de la « co-construction » de nécrotechnologies « citoyennes ».

On voit la logique dont procède le Forum sur la biologie de synthèse et l’Arbre des connaissances et on saisit les raisons du trouble lycéen au CNAM : pour se plier aux contraintes de l’innovation, la démocratie elle-même doit être redéfinie selon les critères de l’efficacité technique.

Un tel « forum » n’a rien d’une discussion entre individus politiques. Il est un composant du programme technologique, à l’image du « débat » virtuel proposé par les organisateurs le 25 avril : vous aussi, participez à la discussion grâce à Twitter, et envoyez vos arguments sur le net en 140 signes.

Nous vous proposons l’inverse. Nous avons pris la peine d’enregistrer et de transcrire les échanges animés par les lycéens, une fois le pseudo-débat avorté. Nous avons conservé les passages importants, reproduits verbatim, moins les répétitions et les paroles inaudibles. Les coupes sont signalées par des (…). Prenez le temps d’imprimer et de lire ces dix pages. Prenez le temps d’y penser et d’en discuter, avec vos proches, vos voisins, vos amis.

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La transcription des interventions ici

Et la vidéo

L’accaparement des terres sévit aussi en Europe Via Campesina Reporterre 2013/05/16 Via Campesina (16 mai 2013) L’accaparement des terres sévit aussi en Europe. Reporterre. fr

L’accaparement des terres sévit aussi en Europe

3 % des propriétaires terriens contrôlent la moitié des terres cultivables. L’accaparement des terres ne se produit pas seulement dans les pays du sud, mais aussi en Europe de l’est... et de l’ouest.

La concentration et l’accaparement des terres n’adviennent pas seulement dans les pays en développement ; en effet, ces deux phénomènes ont aussi cours en Europe aujourd’hui. Un nouveau rapport du réseau Coordination Européenne Via Campesina et Hands off the Land montre que l’accaparement des terres et l’accès à la terre sont, aujourd’hui en Europe, des questions cruciales, et révèle aussi les implications variées que peuvent avoir le régime des subventions et les autres mesures de la politique agricole commune (PAC).

Ce rapport, impliquant 25 auteurs originaires de 11 pays différents, intitulé La concentration et l’accaparement des terres et les luttes paysannes en Europe révèle le scandale tenu secret, à savoir que seulement 3% des propriétaires terriens sont arrivés à contrôler la moitié des terres cultivables. Cette concentration massive de la propriété et des richesses foncières est comparable à celle ayant cours au Brésil, en Colombie ou aux Philippines.

Certains de ces processus de concentration croissante des terres ne sont pas nouveaux, bien qu’ils aient, ces dernières décennies, surtout pris de l’ampleur dans les pays d’Europe de l’Est. Beaucoup de compagnies européennes, de même que des nouveaux acteurs, y compris les compagnies chinoises et les hedge funds du Moyen-Orient, sont liés à des filières mondiales de plus en plus concentrées , tous cherchant à profiter de la spéculation grandissante sur les produits agricoles de base.

Le rapport de l’étude de cas approfondie observe les tendances à une forte concentration des terres en Espagne, en Allemagne, en Italie, en France et en Autriche, il fait aussi état de différentes formes d’accaparement des terres en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Serbie et en Ukraine. Tout comme dans le cas de situations analogues en Éthiopie, au Cambodge, ou au Paraguay, beaucoup de ces transactions foncières à grande échelle sont réalisées de manière secrète et non transparente.

Le rapport révèle que l’un des moteurs principaux de la concentration et de l’accaparement des terres en Europe sont les subventions versées dans le cadre de la politique agricole commune ; celles-ci favorisent explicitement les grandes exploitations, marginalisent les petites fermes et bloquent l’installation d’agriculteurs potentiels. En Espagne, par exemple, en 2009, 75% des subventions ont été touchées par 16 % des plus grands producteurs.

Les autres domaines jouant un rôle clé dans l’accaparement des terres sont l’industrie extractive, l’extension urbaine, les intérêts immobiliers, les enclaves touristiques, et autres entreprises commerciales.

Le prof. Dr. Jan Douwe van der Ploeg, de l’université de Wageningen, membre de l’équipe de recherche, dit : « Il s’agit d’une dynamique de concentration et d’accaparement progressif des terres sans précédent. Cela a fait empirer la situation existante, à savoir que de nombreux jeunes voudraient pouvoir rester paysan(ne)s ou s’installer en agriculture mais ne peuvent ni se maintenir sur les terres ni y accéder."

C’était déjà, par le passé un problème important, mais cela n’a fait qu’empirer. Les subventions actuelles, accordées et planifiées par la Politique Agricole Commune, sont susceptibles de renforcer les obstacles à un accès plus démocratique à la terre et à l’installation des jeunes. L’accès à la terre est une des conditions primordiales pour parvenir à la souveraineté alimentaire en Europe.

En effet, aujourd’hui, les trois problèmes les plus préoccupants en ce qui concerne le foncier en Europe, sont ceux relatifs à la concentration et l’accaparement des terres , et à l’impossibilité, pour les jeunes, de se maintenir ou d’accéder à la terre afin de pratiquer une agriculture paysanne. Leur caractère interdépendant et trilatéral rend ces problèmes relativement similaires à ceux que l’on rencontre actuellement en Afrique, en Amérique Latine et en Asie.

Une vague de résistance massive

Ce rapport montre que la concentration et l’accaparement des terres ne vont pas sans susciter d’opposition, mais, au contraire, inspirent une vague de résistance massive. Cette année, la concentration et l’accaparement des terres sont au centre de cette journée des luttes paysannes. L’étude présente le cas de la communauté de Narbolia, en Sardaigne, qui se mobilise contre l’utilisation de terres agricoles de première qualité pour d’immenses projets d’implantation de serres solaires, et le cas de l’opposition au projet d’aéroport à Notre Dames des Landes, près de Nantes, en France.

Il y a encore beaucoup d’autre cas d’occupation collective de terres, reflétant les actions de beaucoup de mouvements sociaux du Sud. Le rapport soulignele cas du « SOC », en Andalousie, où des paysans sans terres occupent collectivement la terre et la cultivent selon des méthodes agroécologiques, et de SoLiLA, à Vienne, où des jeunes gens se retrouvent afin de « squatter » des terres urbaines fertiles pour pratiquer une agriculture soutenue par la communauté et un jardinage urbain destiné à la production de nourriture, tout en évitant que ces terres ne soient transformées pour un usage commercial.

Jeanne Verlinden, de la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC), dit que cette étude nous montre ceci : « La terre doit être à nouveau considérée comme un bien public. Nous devons réduire la marchandisation des terres et promouvoir la gestion publique de cette ressource commune de laquelle nous dépendons tous. La priorité devrait être donnée à une utilisation par des petits paysan(ne)s, pour une agriculture paysanne et pour la production de nourriture, plutôt qu’à un transfert à des intérêts commerciaux privés qui cherchent des terres pour la spéculation, accentuant ainsi la concentration croissante des richesses. L’accès à la terre devrait être donné à ceux et celles qui la travaillent. »

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Documents joints

Report Land Grabbing in Europe

Résume Exécutif

Débat sur les déchets nucléaires : une fumisterie, à laquelle les associations ne participeront pas Bure Stop Reporterre 2013/05/16 Bure Stop (16 mai 2013) Débat sur les déchets nucléaires : une fumisterie, à laquelle les associations ne participeront pas. Reporterre. Tribune — Déchets nucléaires fr

Débat sur les déchets nucléaires : une fumisterie, à laquelle les associations ne participeront pas

Le « débat public » sur le projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires s’ouvre le 15 mai. Mais il n’a de débat que le nom : la décision de fond est déjà prise, et les associations refusent d’y participer.

Communiqué BureStop 55 (Collectif Meuse contre l’enfouissement des déchets nucléaires), BZL (Bure Zone Libre), EODRA (Association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs), Les Habitants vigilants de Gondrecourt-le-Château, Mirabel Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement

42 associations et organisations dénoncent ce rendez-vous de dupes

1994, les conseillers généraux de Meuse et Haute-Marne mettaient le doigt dans l’engrenage de l’enfouissement des déchets nucléaires de Haute et Moyenne Activité à Vie Longue Activité dans leur sous-sol. La thèse officielle du « laboratoire de recherches géologiques, mais pas de déchets radioactifs chez vous » s’est transformée en Cigéo, « centre industriel de stockage géologique » imminent.

2013. Depuis près de 20 ans les populations de ces deux départements sont confrontées à une main-mise sur leur territoire de vie, orchestrée par les opérateurs du stockage nucléaire au sein d’un long processus qui :

- vend, sous couvert de recherche géologique, avancée scientifique et prouesses technologiques une immense décharge atomique appelée à fuir un jour,

- anesthésie le bon sens de nos élus et des structures locales avec des millions d’euros (argent public),

- minimise et nie les risques graves spécifiques liés à la grande profondeur, révélés par des experts indépendants,

- délivre au compte-goutte la réalité : un immense site d’entreposage nucléaire séculaire en surface, entre 4 villages du sud-meusien, sera le prélude au stockage souterrain,

- joue la non-information totale quant aux risques réels et aux nuisances que vont subir les riverains (rejets radioactifs, dangers des multiples transports de matières nucléaires, impact négatif sur l’économie locale, dépréciation des biens, transformation profonde de l’identité du territoire, etc.),

- pratique une véritable politique du chantage au développement économique, à « l’excellence et au développement durable » et au sens du sacrifice des riverains,

- cache l’enjeu majeur de l’enfouissement définitif des pires déchets nucléaires, à savoir la poursuite absurde d’un programme électro-nucléaire abusivement qualifié de « propre et pas cher ».

Jamais aucune possibilité n’a été offerte aux habitants locaux et aux citoyens français d’accéder à une information complète et transparente, de choisir et de peser sur leur destin. Les arguments développés sur les risques majeurs que présente l’enfouissement de ces déchets nucléaires n’ont pas trouvé de relais auprès des élus qui se succèdent tant au plan local que national.

45 000 électeurs Hauts-Marnais et Meusiens ont demandé en 2005 la tenue d’un référendum pour donner leur avis. Démarche classée sans suite par les élus des deux départements. Des recours juridiques ont été déposés, rejetés sans appel.

Faire croire maintenant que le moment est arrivé de « débattre » est un piège grossier de plus

Le débat public national de 2005 sur la gestion des déchets nucléaires mettait en avant la préférence pour l’étude du maintien de ceux-ci en surface, la loi qui a suivi en 2006 n’a retenu que l’enfouissement... à Bure. Le débat public n’intègre pas de pouvoir décisionnel citoyen.

Celui de 2013 est clairement annoncé comme une campagne d’information sur Cigéo, pilotée par l’Andra. En présupposé, sa finalité -enfouir- est acquise pour le gouvernement. Il arrive, alors que le projet est déjà en phase de conception industrielle et que l’Andra, seul maître à bord, ne remet rien en question, malgré toutes les incertitudes majeures sur le sous-sol, les failles et risques mis en évidence par des analyses critiques indépendantes.

Ce débat public n’est pas prévu pour agir sur le projet tant controversé de stockage souterrain des pires déchets radioactifs, mais pour faire accepter la future poubelle atomique avec tous ses risques majeurs et prévisibles. Il permettra uniquement de recueillir (et d’encadrer) toutes les questions et peurs que suscite BURE : « Ce n’est pas un référendum, mais une photographie, » dit le président de la Commission Particulière du débat public fin 2012.

Faire croire à la population qu’elle a son mot à dire, aujourd’hui, relève de la supercherie

C’est la raison pour laquelle les associations ci-dessus ont décidé de ne pas y participer, que ce soit à la rédaction des cahiers d’« acteurs », aux 15 réunions publiques, aux réactions sur le site internet spécifique,... Pour autant elles ne seront pas inactives.

Diverses actions sont prévues pour agir en dénonçant vivement ce nouveau rendez-vous de dupes. Il est crucial aujourd’hui de faire entendre et notre refus de ce faux espace démocratique et notre refus de l’enfouissement de ces poisons nucléaires qui nous concernent tous.

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Les associations et organisations qui soutiennent notre appel :

ADELP (Association agréée pour la Défense de l’Environnement et la Lutte contre la Pollution en Moselle-Est) - ADEPRA (Association de Défense de l’Environnement de Petite Rosselle et Alentours) - ADECO - ADPSE (Association de Défense contre la Pollution de Sarreguemines et Environs) - Air Vigilance - Alsace Nature - AMPER (Association Mosellane pour la Promotion des Energies Renouvelables et l’efficacité énergétique) - APEQUA (Association pour la Préservation de la Qualité de Vie) - Association pour la Préservation du Massif de Haye - ASVM (Association pour la sauvegarde de la vallée de la Moselle ) - ASVPP (Association de Sauvegarde de la Vallée de Pierre-Percée) - ATTAC 55 - AVOINE du Saulnois - CADEMOVI (Décharge de Villoncourt) - CACENDR (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs meurthe et Moselle) - CITD (Centre d’information sur le traitement des déchets) - Confédération Paysanne 55 - CREPAN (Comité Régional d’Étude pour la Protection et l’Aménagement de la Nature en Basse-Normandie) La CRISE Nancy (Coordination Révoltée des Invisibles Solidaires Enragé-e-s ) - Empreinte Positive - FLORE 54 - GECNAL de Sarreguemines-Forbach - Marne Nature Environnement - Nature Haute-Marne - Oiseaux Nature - PAVE (Protection Amélioration Vie Environnement) - Sortons du nucléaire Ardennes - Sortons du Nucléaire Moselle - Vosges Alternatives au Nucléaire - Vosges Nature Environnement - Réseau Sortir du Nucléaire - Lorraine Energies Renouvelables - FNE France Comté - FNE Midi-Pyrénées - FRAPNA - NPA Meuse

La fin des grands centres commerciaux aux Etats-Unis Impressions Urbaines Reporterre 2013/05/17 Impressions Urbaines (17 mai 2013) La fin des grands centres commerciaux aux Etats-Unis. Reporterre. Tribune — fr

La fin des grands centres commerciaux aux Etats-Unis

Les immenses mall - centres commerciaux - qui parsèment les Etats-Unis connaissent de plus en plus de difficultés économiques. L’ère de la consommation de masse qu’ils symbolisaient s’achève. De nouvelles formes urbaines apparaissent. Mais il serait bon d’anticiper, et de ne pas continuer à construire ces centres commerciaux en Europe et ailleurs.

Le 29 décembre dernier, le géant du commerce américain Sears annonçait la prochaine fermeture d’une centaine de ses 2248 supermarchés (department store) aux Etats-Unis. La suite logique d’une chute inexorable de son volume de vente et de son chiffre d’affaires depuis une dizaine d’années.

Le phénomène ne se limite pas au groupe Sears puisque la plupart des groupes américains du secteur voient leurs surfaces commerciales se réduire entraînant les propriétaires des murs dans la crise (General Growth Property, le plus important propriétaire de centres-commerciaux américains, a fait faillite dès 2009). Cette situation questionne aujourd’hui l’avenir de ces temples de la consommation et en prolongement, celui de ces vastes banlieues qui se sont agglutinées, voire structurées alentour.

A l’heure actuelle, si la crise économique n’est pas étrangère à la baisse de la consommation américaine, il est impossible de ne pas voir poindre la fin d’un modèle de commerce qui a participé au développement fulgurant de la « suburbia » (les banlieues blanches américaines) et grandement contribué au consumérisme massif façon « american way of life » ainsi qu’à sa diffusion dans le monde entier.

A partir des années 1950, ce modèle s’est matérialisé sous deux principales formes urbaines devenues depuis la norme mondiale en matière d’urbanisme commercial : le retail-park, accumulation de « boîtes » (magasins indépendants) autour d’un immense parking et le mall, centre-commercial clos, le plus généralement articulé autour d’une galerie marchande ou d’un atrium et entouré d’une nuée de places de stationnement.

« Mall of America » en banlieue de Minneapolis, plus grand mall des Etats-Unis et un retail-park au Texas

Le premier mall a été imaginé et dessiné par l’architecte Victor Gruen, immigrant autrichien qui, quelques années après son arrivée aux Etats-Unis, a réalisé une parfaite combinaison des « passages » européens du XIX ème siècle et des avancées techniques de l’après-guerre.

Symbole du XIXe siècle commerçant, les passages sont ces galeries marchandes abritées traversant un ou plusieurs îlots et reproduisant l’espace de la rue mais, dans sa seule et unique dimension commerciale. La vitrine y est magnifiée par l’éclairage électrique et la structure en fer, l’espace incite à la flânerie mais demeure contrôlé et tend vers le mercantilisme.

Walter Benjamin (1) ne manquera pas d’y reconnaitre un progrès majeur du XIXe siècle tout en pointant le contrôle social (bourgeois) auquel conduit ce type d’espace, renforçant ainsi le clivage de classe et annonçant une société de consommation ultra-capitalisée et ségréguée dont les espaces de commerce privatisés ou semi-privatisés seront l’un des fondements. Ces passages connaîtront un essor important à Paris mais également dans la plupart des grandes villes européennes comme Milan, Berlin, Moscou et Vienne, la ville d’origine de Gruen .

Plus tard, dans les années 1930, époque à laquelle Gruen immigre en Californie, les Etats au climat avantageux voient pousser les galeries marchandes à ciel ouvert inspirées des passages européens. Aussi, lorsque Gruen se voit confier en 1954 la construction d’un centre commercial à Edina dans le Minnesota, les rudes hivers locaux le poussent à imaginer le même type d’organisation commerciale, mais dans un univers clos, protégé du froid. Les progrès techniques de l’après-guerre, en particulier l’air conditionné (mais aussi l’escalator qui autorise une multiplication des surfaces commerciales), permettent de réaliser la « prouesse » d’un espace commercial à température constante été comme hiver.

Si à cette simple évocation nous vient en tête l’atmosphère aseptisée des centres commerciaux modernes, l’idée de Gruen n’était pas, à l’origine, dépourvue d’utopisme. Dans la vaste banlieue américaine en construction, socialement uniforme et sans polarité urbaine, son mall avait vocation à être un véritable lieu de rencontre, réunissant en plus des commerces, services et animations (zoo, Poste, etc.) articulés autour de fontaines, jardins et placettes. Il s’agissait de faire du mall le catalyseur d’une nouvelle urbanité et densité sociale dans l’univers d’étalement urbain aux sociabilités éparses qui l’entourait.

Cette utopie est plus ou moins devenue réalité. Des milliers de malls ont été construits à travers les Etats-Unis et sont devenus le lieu de flâneries des familles américaines et celui des rencontres pour la jeunesse suburbaine, participant ainsi à l’avénement de la société de consommation de masse et marquant l’imaginaire mondial (voir le nombre de films américains, principalement des teen-movies où le mall est un décor récurrent). Portés par leur succès, malls et retail-park ne tarderont pas à ouvrir aux quatre coins de la planète dans les banlieues de nos villes.

Vue aérienne du Southdale Centre d’Edina, premier « mall » des Etats-Unis

Malheureusement, les louables intentions citoyennes de Gruen ne tardent pas à être sacrifiées sur l’autel de la rentabilité et de la consommation. Aussi, beaucoup de ces centres commerciaux sont construits à la va-vite, architectures et ambiances s’homogénéisent au profit du « tout-commercial » (souvent accompagné de loisirs payants).

A l’aube des années 2000, plus rien – si ce n’est l’exubérance de certains – ne différencie un centre commercial de Chicago, Atlanta, Madrid ou Hong-Kong. Le mall devient une abstraction urbaine sur laquelle n’ont presque aucune incidence, l’identité locale (mêmes chaînes de magasins nationales et internationales partout), la météo, et le temps qui passe (peu de malls ne se sont pas modernisés). Faux marbre, arbres exotiques et musique d’ambiance sont restés la norme dans ces espaces entièrement privatisés et contrôlés où tout converge vers l’acte d’achat (prémédité ou impulsif)… pour aboutir à l’illusion, estampillée middle-class, d’une uniformisation sociale par la consommation.

Ce modèle qui a connu son apogée dans les années 1990 est aujourd’hui à bout de souffle. Excepté les malls géants combinant attractions et shopping, la majorité des malls et retail-parks peinent de plus en plus à attirer le chaland, en particulier les jeunes générations sevrées au centre commercial.

Selon l’International Council of Shopping Center, un tiers des malls se porte bien, un tiers voit ses ventes baisser et son taux de vacance commerciale augmenter et le dernier tiers doit faire face à d’importantes difficultés financières. Conséquence directe de cette situation, toujours selon l’ICSC, environ 1 100 malls ont fermé ces dernières années et le terme de deadmall (mall mort) est passé dans le langage courant. Cette crise a forcé les géants du secteur à se réinventer.

Pendant que des groupes comme Sears, Macy’s et Wal-Mart investissent massivement dans de nouveaux designs commerciaux et des réhabilitations architecturales, les promoteurs immobiliers lancent eux à tour de bras des green-malls (moins énergivores et orientés vers le développement « durable »), des outdoor-malls et des lifestyle-centers, sortes de retail-parks améliorés à l’ambiance plus « urbaine » combinant aux commerces, loisirs, bureaux voir logements.

Ces nouveaux complexes sont une première réponse à la recherche d’authenticité et d’urbanité des consommateurs, reste à savoir si ils suffiront à enrayer la désaffection du public et à contrer la progression remarquable de l’e-commerce (sa part est passée de 3 à 12 % du volume total des ventes entre 2001 et 2011 aux Etats-Unis).

Dead malls à Kansas City, Laredo (Texas) et Dallas.

Surtout, se pose la question du devenir de ces premiers « fantômes » urbains qui risquent d’être au XXIe siècle ce qu’étaient les usines au XXe siècle : les vestiges non plus d’une production délocalisée mais de modes de consommation révolus. Ils sont devenus des terrains d’exploration pour photographes et jeunes intrépides et il est probable que beaucoup, grâce à la qualité de leurs espaces, accueillent déjà fêtes et free-parties, participant ainsi à la naissance d’un nouvel imaginaire urbain de l’interdit et de la transgression.

Reste qu’en attendant que ces malls deviennent des vastes lieux de vie nocturne, beaucoup sont aujourd’hui reconvertis grâce à des initiatives communautaires ou de nouvelles stratégies commerciales.

Ainsi, une partie du Highland Mall d’Austin a été racheté par l’Austin Community College et à Knoxville (Tennessee) une église baptiste s’est installée dans le Tri-County Mall. D’autres centres commerciaux en difficulté financière se reconvertissent comme NorthGate Mall de Seattle qui s’est spécialisé dans le service aux personnes âgées (majoritaires dans son secteur comme dans de nombreuses banlieues américains vieillissantes) ou comme le Galleria Mall de Cleveland qui encourage le développement de cultures « hydroponiques » de légumes dans sa galerie marchande !

Ces quelques exemples montrent qu’il existe des solutions pour offrir une nouvelle vie à ces malls. Les initiatives communautaires comme les stratégies visant à créer des relations (autres que purement commerciales) entre ces centres-commerciaux et leurs clientèles montrent qu’il est possible de donner une véritable urbanité à ces lieux.

Aussi, il n’est pas impossible d’imaginer que certains de ces deadmalls seront un jour reconvertis en lieux culturels, en complexes scolaires ou que les immenses nappes de stationnement deviendront plaines sportives ou champs de plantations biologiques.

Sans tomber à nouveau dans l’utopisme, on voit que cette crise apporte des idées et offre des solutions pour mieux intégrer les centres-commerciaux à leur environnement urbain. Qu’il soient « morts » ou « vivants », ces malls ont aujourd’hui la possibilité de devenir de vrais lieux de vie et de polarité au coeur de la suburbia.

Surtout, le lent déclin américain de ce modèle aujourd’hui mondialisé ne doit pas manquer d’alerter ceux qui continuent aujourd’hui de construire à tout-va des zones commerciales sans valeur ajoutée aux portes des villes européennes ou asiatiques.

Car si l’avénement du mall est allé de pair avec celui de la société de consommation, sa lente chute intronise de nouveaux modes de consommation marqués par un retour au « local » et la dématérialisation (l’e-commerce). C’est-à-dire la recherche d’authenticité dans les produits consommés ou le confort du shopping dans son canapé. Tout le contraire des prestations offertes par une zone commerciale sans charme …

A la fin de sa vie, Gruen qualifiait sa création et ce qu’elle était devenue, de « développement bâtard » bien éloigné de sa vocation originelle. Aujourd’hui, il est possible d’imaginer qu‘après sa mort, le mall ressuscitera et qu’il réussira à combiner sa fonction commerciale avec un ancrage local, une dimension communautaire, voir culturelle pour devenir au final un vrai vecteur d’urbanité. Autrement dit, ces complexes pourraient enfin se transformer en véritables lieux d’échanges et de polarité urbaine après avoir échoué en ayant favorisé la dimension mercantile sur la dimension urbaine.

Le moment est donc opportun pour que les autorités publiques ou les communautés locales prennent le relais de groupes privés en difficulté pour offrir un seconde vie à ces centres-commerciaux. Ces initiatives, si elles réussissent, ne manqueront pas de réinventer la suburbia et de créer de véritables « centres » dans ces banlieues vieillissantes (sur le plan urbain et démographique) et toujours aussi coûteuses (sur le plan écologique et énergétique).

En observant la situation du secteur commercial aux Etats-Unis – souvent précurseurs dans ce domaine – les décideurs mondiaux pourrait ainsi favoriser l’émergence d’un nouvel urbanisme « suburbain post-mall », s’évitant une énième crise urbaine en l’anticipant.

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Notes

(1) Voir, Walter Benjamin « Paris, Capitale du XIXe siècle ».

Pyramide alimentaire vegan devant l’OMS Veggie Pride Reporterre 2013/05/17 Veggie Pride (17 mai 2013) Pyramide alimentaire vegan devant l’OMS. Reporterre. fr

Pyramide alimentaire vegan devant l’OMS

Le 16 mai, c’est le début de la Veggie Pride à Genève.

Parmi les nombreux événements qui auront lieu, une pyramide alimentaire vegan sera mise en place avec 55 participants devant l’Organisation Mondiale de la Santé vendredi 17 mai à 14h.

Une lettre sera remise à la directrice de cette organisation, le Dr. Margaret Chan. Dans ce courrier (visible sur notre blog), les végétariens-végétaliens demandent que leur droit à une information médicale neutre et adaptée soit respecté.

Ils dénoncent le fait que les médecins transmettent une information erronée et se montrent hostiles à l’alimentation végétarienne/végétalienne, alors que cette alimentation est parfaitement adaptée à tous les stades de la vie (voir en ce sens le rapport de l’ADA).

Détroit : l’agriculture urbaine, antidote à la désindustrialisation ? Alter Echos Reporterre 2013/05/17 Alter Echos (17 mai 2013) Détroit : l’agriculture urbaine, antidote à la désindustrialisation ?. Reporterre. Agriculture urbaine fr

Détroit : l’agriculture urbaine, antidote à la désindustrialisation ?

Après Montréal (Québec), Rosario (Argentine), Rio de Janeiro (Brésil), Milwaukee et Denver (Etats-Unis), Alter-Echos poursuit son tour d’horizon des expériences d’agriculture urbaine avec Détroit, symbole international de l’industrie automobile américaine. Mais aussi « symbole de la post-industrialisation » d’après Grace Lee Boggs, depuis que ses habitants essaient de réinventer leur ville à partir de l’agriculture urbaine et de l’autosuffisance alimentaire.

Détroit, la ville des « Big Three » – Ford, General Motors, Chrystler – fut le berceau de l’industrie automobile américaine. Un des carrefours névralgiques de la ‘Manufacturing Belt‘ (ceinture des usines), coeur industriel des Etats-Unis. Devenue la ‘Rust Belt’ (ceinture de rouille), cette région est souvent citée en exemple comme le symbole de la désindustrialisation et de la crise économique.

Détroit en est l’exemple le plus abouti. Depuis 1950, la ville a perdu la moitié de sa population, passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à quelque 700 000 aujourd’hui. Si le taux de chômage officiel est de 15,8 %, il augmente à mesure que l’on s’approche du centre-ville et dépasse 50 % dans certains quartiers. Avec ses 80 000 logements abandonnés (près d’un sur cinq), ses terrains vacants et ses façades de bâtiments ornées de pancartes « à vendre » ou « à louer », Détroit donne d’abord l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mise sous tutelle par l’Etat du Michigan.

Derrière cet apparent désastre industriel, économique et social, celles et ceux restés sur place ont le projet fou de rebâtir une nouvelle cité sur les ruines de l’ancienne. La portion de la ville inoccupée est évaluée à 233 km2 sur une surface totale de 350 km2. Plus un seul quartier dans Détroit n’abrite pas un jardin familial ou communautaires.

Déjà à la fin du 19e siècle, Détroit connut des expériences d’agriculture urbaine. Au cœur des années 1970, le maire Coleman Young lance le programme Farm-A-Lot qui autorise les résidents à obtenir un permis pour cultiver dans leur quartier. Aujourd’hui plus de 16 000 résidents seraient investis dans 1 300 jardins.

Les motivations sont diverses : certains cultivent pour survivre, d’autres pour nourrir les plus démunis, avoir accès à de la « nourriture saine" , recréer du lien social dans le quartier ou développer une activité économique locale… Tous à leur manière façonnent une société post-industrielle.

Voir la vidéo

Victoire juridique pour la plaine de la Crau, des entrepôts empêchés Agir pour la Crau Reporterre 2013/05/17 Agir pour la Crau (17 mai 2013) Victoire juridique pour la plaine de la Crau, des entrepôts empêchés. Reporterre. fr

Victoire juridique pour la plaine de la Crau, des entrepôts empêchés

Pour les habitants du Mas de Gouin, le bonheur tient en trois lettres : NON ! Celui opposé par la 8e chambre du Tribunal Administratif de Marseille qui, par un jugement qui fera date, annule le "permis de détruire" accordée par la mairie de Saint-Martin-de-Crau au groupe Carnivor.

Par une décision en date du 22 avril 2013, le Tribunal administratif de Marseille vient d’annuler l’arrêté en date du 17 juin 2010 par lequel le maire de la commune de Saint-Martin-de-Crau a accordé à la SARL La Thominière un permis de construire en vue de la réalisation d’une construction à vocation logistique.

Le projet porté par le groupe Carnivor prévoyait la construction de 77.000 m² d’entrepôts sur près de 24 hectares de terres, actuellement utilisées au titre de vergers. Implantés à moins de 50 mètres des habitations actuelles, ce dernier avait soulevé une profonde indignation des habitants du « Mas de Gouin », colère compréhensible quand on sait que leur maison devait être encerclée par des hangars à camions de 14m de haut.

Il aura fallu donc attendre l’issue d’une bataille juridique de plus de 2 ans pour que la justice leur donne enfin raison. Le Tribunal a considéré que ce projet était contraire à l’article 1Nab13 du règlement du plan d’occupation des sols qui stipule que « les constructions, voies d’accès et toutes utilisations du sol doivent être implantées de manière à préserver les plantations existantes. Dans la mesure où l’abattage d’arbres s’avérerait indispensable, ces derniers devront être soit transplantés, soit remplacés ».

Or, il est mentionné dans cette audience que « la commune de Saint-Martin-de-Crau reconnaît elle-même que, pour permettre l’implantation de constructions litigieuses sur un secteur planté de vergers intensifs, de nombreux arbres devront être nécessairement abattus et qu’ils ne seront pas systématiquement remplacés ». C’est donc le non respect des règles liées aux espaces libres, plantations et espaces boisés classés qui a prévalu.

Les associations Agir pour la Crau et Nacicca se félicitent de cette décision sachant que la disparition des espaces agricoles était un des arguments utilisés par elles lors de l’enquête publique menée en avril 2012, enquête qui rappelons le avait déjà débouché sur un avis défavorable du commissaire enquêteur.

Désireuses de protéger les terres fertiles, la biodiversité locale et la santé des habitants face à la pollution du « tout-camion », Agir pour la Crau et Nacicca s’opposent également aux autres projets d’entrepôts destructeurs dans la plaine de la Crau et saisiront la justice à chaque fois qu’elles le jugeront opportun. Rappelons que plus d’1 million de m² de hangars logistiques ont été dressés ou sont en en cours de réalisation.

Festival de Cannes : des spectateurs protestent contre le gâchis de tapis rouges Greenpride Reporterre 2013/05/17 Greenpride (17 mai 2013) Festival de Cannes : des spectateurs protestent contre le gâchis de tapis rouges. Reporterre. fr

Festival de Cannes : des spectateurs protestent contre le gâchis de tapis rouges

Alors que débute le Festival de Cannes, près de 7 000 personnes ont signé la pétition “Pas de gâchis pour un tapis” lancée par l’association Greenpride sur la plateforme Change.org, demandant aux organisateurs de limiter leurs déchets, à commencer par le célèbre tapis rouge.

Long de 60 mètres, le tapis rouge foulé par les stars du monde entier sera changé deux à trois fois par jour pendant la durée du festival. Engagée sur les questions d’environnement et de santé, l’association Greenpride y voit le symbole du gaspillage et de la surconsommation et appelle à “un geste fort : un seul tapis pendant tout le festival.”

Élise, membre de l’association, témoigne : “Je souffre d’une maladie de l’environnement et je sais que ce sont les tonnes de déchets produits chaque année qui sont à l’origine d’un grand nombre de ces maladies. Entassées dans des décharges, ils rejettent dans la nature des produits toxiques comme les métaux lourds, qui polluent les rivières, les terres, notre quotidien”.

L’association Greenpride illustre sa pétition par un extrait du film Super Trash de Martin Esposito, plongeant le spectateur dans l’enfer de la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet, près de Cannes, fermée en 2009. On y découvre des tonnes de déchets amassés à ciel ouvert, dont des kilomètres de tapis rouge provenant des événements de la région.

Le Festival de Cannes indique aujourd’hui recycler ses déchets dont le tapis, mais Élise et l’association Greenpride s’interrogent : “Faut-il, pour être éblouissant, produire autant de déchets ? Quel devenir pour ces tapis éphémères ? Quel impact ont ces déchets sur l’environnement et la santé ? ”

À travers sa pétition pour un “tapis unique”, l’association invite donc les responsables du Palais des Festivals à “monter la première marche vers un événement créatif et responsable, qui deviendra un modèle pour le public du monde entier”. ...............................

La Greenpride est un mouvement citoyen créé en 2011 qui à pour objectif de sensibiliser le plus grand nombre sur les liens entre la santé et l’environnement.

Semences : l’incroyable cadeau fait aux multinationales alimentaires Via Campesina Reporterre 2013/05/18 Via Campesina (18 mai 2013) Semences : l’incroyable cadeau fait aux multinationales alimentaires. Reporterre. Tribune — fr

Semences : l’incroyable cadeau fait aux multinationales alimentaires

La Commission Européenne a adopté le 6 mai une proposition de règlement sur les semences [1], qui est désormais entre les mains du Parlement et du Conseil Européens.

La Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) dénonce cet incroyable cadeau fait aux brevets et titres de propriété de l’industrie agro-alimentaire, l’agression violente que cette proposition représente contre les droits des agriculteurs et des jardiniers, et le contrôle bureaucratique qui s’y retrouve renforcé, et dont le seul résultat ne peut être que de définitivement tuer la biodiversité.

Le résultat obtenu est donc l’inverse des raisons invoquées par la Commission pour réformer la législation existante, à savoir une nécessité de simplification administrative et de protection de la biodiversité.

« Dans cette proposition, la Commission Européenne laisse la porte grande ouverte à la commercialisation sans restriction de plantes brevetées. Ces dernières vont évidemment se disséminer et venir polluer tous les champs, sans distinction. Le texte de loi est fait de telle façon, que c’est le paysan qui a été pollué qui devra payer une amende à l’industrie, comme s’il lui avait volé des semences. Alors que c’est cette dernière qui devrait porter la charge de la décontamination des champs des paysans... C’est d’autant plus grave que la plupart de ces plantes brevetées sont des OGM cachés. », a dit Andrea Ferrante, membre du Comité de Coordination de l’ECVC.

Pour faciliter encore ce processus d’appropriation du vivant par l’industrie [2], la liste de tous les producteurs qui resèment une partie de leur récolte (les « semences de fermes ») pourra directement lui être donnée par les états membres, qui en disposeront sous prétexte sanitaire, et pourront ainsi réclamer des taxes aux paysans. Pour la toute première fois, absolument tous les agriculteurs seront contrôlés.

Pourtant, le droit des agriculteurs d’échanger leurs semences ne peut être limité : il représente une première étape incontournable de la Souveraineté Alimentaire, mais aussi la première condition d’existence des agricultures paysannes et biologiques. Ces échanges sont indispensables aux sélections paysannes, qui garantissent le renouvellement constant de la biodiversité cultivée. Et seules ces sélections permettent l’adaptation locale des plantes à l’extrême diversité des terroirs et à la variabilité croissante des climats, sans recours exponentiel aux engrais et aux pesticides chimiques.

« Il s’agit d’une attaque directe, d’une violence inouïe, contre les droits des agriculteurs et les pratiques qui leur ont permis de nourrir les populations du monde jusqu’ici, et leur permettront de le faire à l’avenir. En nous obligeant à payer des coûts d’enregistrement, de contrôle ou des royalties inabordables, on essaie de nous forcer à se tourner vers les semences de l’industrie, avec la dépendance que ces dernières représentent et leur cortège de produits chimiques et phyto-sanitaires. Et ça deviendra tout simplement impossible pour le citoyen qui le souhaite de manger sainement. », a ajouté Guy Kastler, responsable des questions liées aux semences paysannes à l’ECVC.

La Coordination Européenne Via Campesina appelle le Parlement et le Conseil européens à modifier en profondeur cette proposition, pour enfin opposer et entériner les droits des paysans à produire et échanger leurs semences, contre les semences brevetées et l’appropriation du vivant par l’industrie.

Si par malheur ils laissent grande ouverte la porte aux brevets sur les plantes, l’ensemble des semences seront contaminées en quelques années par des gènes brevetés, propriétés d’une poignée de multinationales. Ce qui rendrait le Parlement et le Conseil, à la suite de la Commission, responsables de l’insécurité alimentaire des citoyens européens dans les années à venir.

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Complément d’information

Voir l’ Annexe « technique » : Première analyse synthétique de la proposition de règlement sur les semences de la Commission Européenne.

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Notes

1- Lien

2- D’après ETC Group, les 10 premières compagnies semencières contrôlent aujourd’hui 73 % du marché mondial des semences.

Munich, l’autre pays du vélo Audrey Chauvet (20 Minutes) Reporterre 2013/05/18 Audrey Chauvet (20 Minutes) (18 mai 2013) Munich, l’autre pays du vélo. Reporterre. fr

Munich, l’autre pays du vélo

Reportage - La ville de Munich est l’invitée d’honneur de la Biennale de l’habitat durable qui se tient en juin à Grenoble. « 20 Minutes » est allé voir ce que les Bavarois ont à nous apprendre...

« Je m’engage, par la présente, à ne jamais avoir de voiture ». Cette clause de contrat un peu particulière a été signée par une vingtaine de locataires du nouveau quartier Messestadt, à l’est de Munich. Dans cet éco-quartier, certaines rues sont réservées aux bus, d’autres aux riverains, et la piste cyclable mène, pour les musclés des mollets, au centre-ville à 12km.

Un homme, un vélo

Avec des pistes cyclables quasiment dans toute la ville, totalisant 1.200km, Munich est une des capitales européennes du vélo. Pourtant, pas de Vélov’ ou de Vélib’ ici : « Tous les Munichois ont leur vélo ! », explique Bernhard Fink, responsable de conception à la MVV, la régie de transport munichoise. Dans la capitale bavaroise, plus de 15% des trajets se font en vélo. Mais cela ne semble pas encore assez aux yeux du service de l’environnement de la ville malgré les embouteillages de vélos qui existent déjà.

Dans le cadre du projet Pumas, qui permet à plusieurs villes européennes proches des Alpes (Lyon, Turin, Munich, Vienne…) de partager leurs expériences en termes de mobilité, des efforts particuliers vont être faits par Munich pour inciter les habitants à réellement utiliser leur vélo. Une application pour smartphone est en développement pour permettre de calculer son trajet en combinant par exemple transports en commun et vélo, et des réductions sur le prix d’achat de vélos pliables sont offertes à ceux qui veulent partir le matin en métro avec leur deux-roues sous le bras.

Amendes sur deux-roues

Plus compliquée à gérer sera la possibilité de garer son vélo en ville. Déjà bien occupée par les voies routières, les pistes cyclables, les trottoirs et les places de parking, la ville n’a pas réellement la place d’accueillir de nouveaux parcs à vélos. « Pour cela il faudrait supprimer des places de stationnement et ce serait un suicide politique pour la mairie ! », juge Markus Spring, en charge du projet Pumas pour la ville de Munich. Selon lui, le problème pourrait devenir crucial, d’autant plus que des amendes tombent déjà en masse sur les vélos mal garés.

En revanche, les deux-roues ont la cote chez les promoteurs. Alors qu’une loi imposait aux constructeurs de logements de prévoir une place de parking par appartement, ils doivent aujourd’hui prévoir des emplacements pour les vélos. Mais dans une ville déjà dense, les constructions neuves ne sont pas légion. Le vélo partagé pourrait donc être une solution : il permettrait de réduire le nombre de vélos en circulation dans la ville et les stations pourraient être localisées à des endroits stratégiques, comme les grandes stations de métro ou de train.

« Mais pour cela nous dépendons des prochaines élections », pense Markus Spring, qui espère que le projet Pumas mènera Munich vers « le meilleur système combinant transports en commun et vélo d’Allemagne et peut-être même d’Europe » d’ici à 2015.

Vive la banqueroute ! Par Julien villalard Reporterre 2013/05/18 Par Julien villalard (18 mai 2013) Vive la banqueroute !. Reporterre. fr

Vive la banqueroute !

La dette est à payer. L’austérité, nécessaire. Les réformes, impératives. Cette petite musique, nous la connaissons par coeur.

Il suffit de regarder dans notre propre histoire, pourtant, pour découvrir que des alternatives existent. Que les dirigeants de la France ont, au fil des siècles, recouru à d’autres choix que la rigueur : l’impôt, la dévaluation, l’inflation, et surtout la banqueroute.

En dix brefs récits, nous racontons donc comment nos grands hommes, qui ont bâti l’état, qui ont leur statue sur les places de nos villes, ont régulièrement choisi, tout simplement, de ne pas payer rentiers et banquiers. Comment ces rois, ces ministres, furent plus radicaux dans leurs actes que ne le sont aujourd’hui ATTAC ou Jean-Luc Mélenchon dans leurs discours.

C’est Philippe Le Bel, qui fait confisquer la vaisselle des bourgeois, qui dévalue la monnaie, avant de liquider « les banquiers de l’Occident » : les Templiers. C’est François II qui met en place une loterie : seul un créancier sur trois sera remboursé, au hasard ! C’est Sully qui mène « un audit public de la dette », qui écarte les « dettes illégitimes », qui rejette les plaintes des prêteurs. C’est Colbert, qui dresse le procès des oligarques, des clans entiers d’affairistes qui sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés. C’est l’abbé Terray, ministre des Finances de Louis XV, qui théorise cette saine pratique : « La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’état au pair. »

« Entre 1500 et 1800, la France a répudié ses dettes en huit occasions, notent Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI. Comme les rois de France avaient pris l’habitude de mettre à mort les grands créanciers nationaux (une forme ancienne et radicale de “restructuration de la dette”), le peuple avait fini par appeler ces épisodes des “saignées”. » Et notre pays est toujours debout !

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- [Vive la banqueroute ! Comment la France a réglé ses dettes de Philippe Le Bel à Raymond Poincaré, sous la direction de Thomas Morel et François Ruffin, Fakir Editions, environ 100 pages, 6 €.

On dit « AGROCARBURANT », pas biocarburant Jean-Paul Chanteguet Reporterre 2013/05/18 Jean-Paul Chanteguet (18 mai 2013) On dit « AGROCARBURANT », pas biocarburant. Reporterre. fr

On dit « AGROCARBURANT », pas biocarburant

Décision surprise de l’Assemblée nationale : le terme officiel pour désigner les agrocarburants est « agrocarburants » et non plus « biocarburants ».

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de M. Jean-Paul Chanteguet, Président de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire

L’Assemblée nationale a adopté ce matin [vendredi] à l’unanimité un amendement porté par Philippe Plisson, rapporteur, au nom de la commission du développement durable, de la loi d’adaptation au droit de l’Union européenne dans le domaine du développement durable et député SRC de Gironde.

Cet amendement porte sur le changement de dénomination des carburants d’origine agricole.

L’appellation de « biocarburants », qui laisse supposer une production respectant parfaitement l’environnement, se révèle trompeuse à un double titre. La culture des plantes, destinées à la production de carburants, mobilise tout d’abord un grand nombre d’intrants et de produits phytosanitaires. L’utilisation de surfaces agricoles à cet effet entraîne ensuite une captation de terres arables au détriment de la production de denrées agricoles.

Si les carburants issus des cultures présentent un intérêt certain dans le cadre de la transition énergétique, les citoyens doivent cependant être informés et les consommateurs conscients des conséquences de leurs choix.

Les députés ont donc décidé de remplacer dans la loi française le mot biocarburant par celui d’agro-carburant.

Des défauts graves sont « plausibles » sur les centrales nucléaires, dit l’ASN Romandie.com Reporterre 2013/05/20 Romandie.com (20 mai 2013) Des défauts graves sont « plausibles » sur les centrales nucléaires, dit l’ASN. Reporterre. fr

Des défauts graves sont « plausibles » sur les centrales nucléaires, dit l’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire n’exclut pas de fermer cinq à dix réacteurs en quelques jours, en raison de « défauts graves » qui sont « plausibles », a averti son président, Pierre-Franck Chevet.

L’ASN : l’hypothèse d’un défaut simultané dans plusieurs centrales est plausible

Un défaut générique grave qui toucherait simultanément plusieurs réacteurs est une hypothèse plausible en raison de la standardisation des centrales, a estimé jeudi 16 mai le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lors d’une audition par le conseil national du débat national sur la transition énergétique.

Pierre-Franck Chevet a insisté sur l’importance de disposer de marges suffisantes dans le système électrique français pour faire face à l’éventualité d’une suspension rapide par l’ASN de plusieurs réacteurs qui présenteraient un tel défaut générique grave.

Le débat sur la transition énergétique, organisé jusqu’à l’été, doit permettre de définir la nouvelle politique énergétique française en vue d’une loi de programmation attendue à l’automne prochain.

Le parc nucléaire français (19 centrales pour 58 réacteurs) est standardisé, a rappelé M. Chevet, en présentant l’avis rédigé par l’ASN en guise de contribution à ce débat. Cela veut dire qu’une anomalie générique, c’est-à-dire un défaut qui affecte simultanément plusieurs réacteurs, peut arriver, a-t-il ajouté.

Il a rappelé qu’une anomalie générique a déjà été constatée, au début des années 90, concernant des couvercles de cuves.

« Une anomalie grave (...) ne peut absolument pas être exclue, elle est même plausible. Dans un tel cas, nous serions amenés à suspendre le fonctionnement de plusieurs réacteurs assez rapidement », a souligné M. Chevet, évoquant la possibilité de devoir suspendre 5 à 10 réacteurs en quelques jours.

« Dans ces conditions, cela aurait à l’évidence un impact sur l’équilibre électrique. (...) Il faut que le système électrique tienne compte de cet événement plausible », a-t-il poursuivi refusant toutefois de se prononcer sur les marges qui permettraient d’y faire face (importer de l’électricité, réduire des consommations...).

L’ASN estime également nécessaire d’anticiper dès maintenant les futures mises à l’arrêt définitif de réacteurs nucléaires, pour laisser le temps d’installer de nouvelles installations de production d’électricité, quelle qu’en soit la nature (nucléaire, gaz, renouvelable, etc).

M. Chevet a rappelé que les centrales, mises pour la plupart en service dans les années 1980, ont été dimensionnées pour une durée de vie d’au moins 40 ans. « Nous ne nous prononçons pas sur le fait que cela soit possible d’aller au-delà de 40 ans », a-t-il ajouté, rappelant que l’exploitant, EDF, souhaitait aller au-delà.

Débat Eco’Rev Par Julien villalard Reporterre 2013/05/20 Par Julien villalard (20 mai 2013) Débat Eco’Rev. Reporterre. fr

Débat Eco’Rev

Quand l’écologie-politique se met dans les pas de la bande dessinée « Saison Brune » le 21 mai 2013 à 19 h

La rédaction de la revue EcoRev’ vous convie à un débat autour de son numéro 40 en compagnie de :

Jean Jouzel Climatologue Vice-Président du groupe scientifique du GIEC

Bernard Laponche Expert en politiques de l’énergie et de maîtrise de l’énergie

Philippe Squarzoni Auteur de Saison brune

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RDV le 21 mai 2013 de 19h à 21h

Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle 13, rue de Santeuil 75015 Paris - Métro : Censier Daubenton (ligne 7) Salle 437 (4e étage)

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Dans son dernier ouvrage, Philippe Squarzoni reconnaît que l’outrance de nos consommations atteint ses limites, que l’improvisation ultralibérale et le rejet de toute régulation semblent de moins en moins viables tandis que se creusent les inégalités sociales et que s’approfondit la crise écologique.

Mais s’il reconnaît également qu’il nous faut désormais fournir une architecture intellectuelle à l’élaboration d’un nouveau projet social et d’une solidarité écologique internationale, il ne s’aventure pas à esquisser la nature de cette politique. Il termine en semblant convaincu que nous ne pourrons pas faire face aux enjeux climatiques de manière civilisée tout en semblant inviter le lecteur à lui démontrer qu’il se trompe.

C’est à cette tâche que s’attelle ce numéro 40 en demandant à plusieurs des intervenants sollicités par Philippe Squarzoni lors de son enquête, de nous assister et de revenir avec nous sur la conclusion pessimiste de l’ouvrage afin de donner matière à l’infléchir :

• en confrontant les réalités scientifiques inquiétantes aux possibilités de les juguler ;

• en tâchant de faire s’exprimer les différents aprioris idéologiques au cœur des choix scientifiques et techniques exprimés ;

• en attirant l’attention sur les différentes communautés d’ « indignés » à travers le monde, dont les pratiques de vie commune sont d’ores et déjà au cœur de cultures économiques alternatives non capitalistes, de nouveaux modes de production, de consommation, d’échanges, etc.

Et si ce numéro 40 est l’occasion pour EcoRev’ de changer de mise en page, il poursuit le travail initié à la création de la revue en 1999, celui de mettre en avant les utopies concrètes porteuses de l’espoir auquel, nous en sommes convaincus, aspire également Philippe Squarzoni.

Un travail que nous prolongerons dans notre numéro 41 en vous invitant à construire avec nous, à l’opposé d’une « culture de la consommation », « la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit. »

La militante malienne Aminata Traoré interdite de séjour en France Mouvement Utopia Reporterre 2013/05/20 Mouvement Utopia (20 mai 2013) La militante malienne Aminata Traoré interdite de séjour en France. Reporterre. fr

La militante malienne Aminata Traoré interdite de séjour en France

Elle est Malienne et elle a critiqué l’intervention de la France au Mali. Elle est donc interdite de séjour en France...

En avril dernier, alors qu’elle était conviée à se rendre à une réunion publique en France, Madame Aminata Traoré s’est vue refuser, vraisemblablement sur demande de la France, l’accès à l’espace Schengen. Elle estime que cette décision est une réponse du gouvernement français à sa prise de position contre l’intervention française au Mali.

Personnalité politique majeure au Mali, dont elle a été ministre de la Culture, militante pour les droits de l’homme, l’émancipation des femmes, la liberté et la dignité du continent africain, Aminata Traoré occupe une place importante au sein du mouvement altermondialiste.

Elle s’est notamment engagée auprès du Mouvement Utopia et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle (O.C.U) dans un combat pour la liberté de circulation et d’installation des personnes. Elle est aussi l’une des détentrices du Passeport de Citoyenneté Universelle, délivré par l’O.C.U. Madame Aminata Traoré est invitée à recevoir ce Passeport le 23 mai prochain à l’UNESCO à Paris, en présence de nombreuses personnalités étrangères, lors de la journée de lancement de l’O.C.U, et nous déplorons qu’il soit ainsi fait entrave à ses possibilités de circulation, et ce pour des raisons qui semblent éminemment politiques.

La liberté d’expression est un droit fondamental, tout comme devrait l’être la liberté de circulation. Aussi nous affirmons tout notre soutien à Aminata Traoré, et appelons le gouvernement français à s’expliquer sur ce refus de visa et à annuler cette décision qui nous semble inadmissible.

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Utopia est une coopérative politique écologiste et altermondialiste de réflexion, d’action et de diffusion d’idées, qui appelle au dépassement du système capitaliste. Les militants d’Utopia sont investis et actifs dans la société civile, au sein du monde associatif, dans le mouvement social et au sein des partis politiques de gauche.

Au garage solidaire de Montchanin, on paye selon ses revenus FranceTV Info Reporterre 2013/05/21 FranceTV Info (21 mai 2013) Au garage solidaire de Montchanin, on paye selon ses revenus. Reporterre. fr

Au garage solidaire de Montchanin, on paye selon ses revenus

A Montchanin (Saône-et-Loire), un garage facture les réparations de voitures selon le niveau de revenus des clients.

L’association Mécatelier a ouvert, à Montchanin (Saône-et-Loire), un garage de mécanique original : le paiement se fait en fonction du quotient familial. C’est l’une des premières initiatives de ce genre dans le département. Le garage solidaire propose trois formules : un garage classique, la mise à disposition des locaux et des outils, ou la mise à disposition du matériel avec l’aide du mécanicien.

Dans ce garage ouvert à tout le monde, les pièces sont facturées au prix coûtant et la priorité est évidemment donnée aux plus faibles ressources. Ce garage est ouvert dans un secteur rural où le taux de chômage est en train de grimper. Les clients sont souvent ceux qui ont un besoin indispensable de leur véhicule pour travailler ou aller chercher du travail. Le tarif fluctue entre 25 et 45 euros l’heure de travail sur le véhicule, alors qu’il est de 50 à 70 euros dans un autre garage. Les mécaniciens sont en contrats aidés, avec une prise en charge partielle de l’Etat.

Voir la vidéo.

Le film qui montre la rapidité vertigineuse de la destruction de la nature Emilie Brouze (Rue89) Reporterre 2013/05/21 Emilie Brouze (Rue89) (21 mai 2013) Le film qui montre la rapidité vertigineuse de la destruction de la nature. Reporterre. fr

Le film qui montre la rapidité vertigineuse de la destruction de la nature

L’humanité transforme l’environnement terrestre à une vitesse vertigineuse. C’est ce que montre Timelapse, une série d’animations réalisées à partir d’images satellites.

De grandes villes grossissent et grignotent les espaces auparavant vides, des lacs et des forêts fondent sur la carte et des îles aux formes bizarres apparaissent : c’est ce que permet de visualiser, entre autres, cette fascinante Timelapse du monde qui montre trente ans d’impact de l’homme sur terre.

La Nasa, l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (US Geological Survey), Time, Google, et le Create Lab de l’université de Carnegie-Mellon ont récemment dévoilé cette animation, fabriquée à partir d’images satellites de la planète, capturées entre 1984 et 2012.

A certains endroits de la terre, le résultat fait réfléchir : observez donc la déforestation de la forêt amazonienne (ci-dessus) ou la construction de Palm Island, à Dubaï (voir ci-dessous).

Voyagez dans la Timelapse (par ici) en zoomant sur votre ville ou sur des morceaux du globe. Ci-dessous, par exemple, le Mont-Blanc 1984 VS 2012 :

Déclaration aux puissants Quelques opposants à Center Parcs Reporterre 2013/05/21 Quelques opposants à Center Parcs (21 mai 2013) Déclaration aux puissants. Reporterre. Tribune — fr

Déclaration aux puissants

« Déclaration aux puissants d’ici et d’ailleurs destinée à exposer la raison pour laquelle le petit peuple de partout a entrepris d’un commun accord de bêcher, retourner et fumer le sol, puis de semer légumes et céréales à Notre-Dame-des-Landes, en Bretagne. Par ceux qui y souscrit, et par des milliers d’autres qui sont en accord avec eux. »

Nantes, le 11 avril 2013

Le dimanche 1er avril 1649 en Angleterre, 2 mois après l’exécution du roi Charles I, un petit groupe d’individus, qui prirent le nom de Diggers (piocheurs, bêcheux), visiblement fort pauvres, gravissent la colline St-George, dans le Surrey, et entreprennent d’en travailler la terre. Les terres dépendent du manoir local et leur action est manifestement illégale. Le nombre de cultivateurs réunis autour de Winstanley et de son ami Everard s’accroît rapidement lorsque femmes et enfants rejoignent leurs parents et partagent les quelques cabanes de bois construites à la hâte.

Avant la fin de l’été, les Diggers de la colline St-George ont semé onze acres de céréales, construit six maisons habitables et entretiennent un jardin potager commun. Winstanley publie une déclaration en leur nom – dont nous avons repris ci-dessus l’intitulé du titre, en l’adaptant :

« Cette déclaration signifie de manière égale à tous les travailleurs, ou à tous ceux qu’on appelle les pauvres, qu’ils ne sauraient prétendre travailler en échange d’un salaire pour le compte d’un propriétaire ou de n’importe quelle personne qui se serait élevée au-dessus d’autrui : c’est en effet par leurs travaux qu’ils ont élevé les tyrans et la tyrannie, et c’est en refusant de travailler contre salaire qu’ils les abattront à nouveau.

Celui qui travaille pour autrui, que ce soit contre un salaire ou en lui versant un loyer, le fait à l’encontre de la justice, et contribue à maintenir la malédiction ; mais ceux qui ont pris la décision de travailler et de manger ensemble, et de faire de la terre un trésor commun joignent leurs mains […] pour soulager la création du poids de l’esclavage et libérer toutes choses de la malédiction. » (1).

Leur expérience sur place durera tout juste un an avant d’être réprimée, même si une trentaine de communautés diggers se mirent en place ailleurs et, dans une bonne partie du pays se répandit leur influence, selon laquelle la culture collective des communaux était le point de départ qui permettrait au peuple anglais tout entier de bâtir une communauté égalitaire.

C’est des Diggers anglais que s’inspira expressément, en 1966 à San Francisco, la fraction radicale de contestation du consumérisme américain qui en reprit le nom. Deux cents ans plus tard, toujours en Angleterre qui est la première à avoir accompli sa révolution industrielle, Karl Marx confirme les intuitions des Diggers :

« C’est ainsi que l’expropriation des paysans, leur transformation en salariés, amène l’anéantissement de l’industrie domestique des campagnes, le divorce de l’agriculture d’avec toute sorte de manufacture. Et en effet, cet anéantissement de l’industrie domestique du paysan peut seul donner au marché intérieur d’un pays l’étendue et la constitution qu’exigent les besoins de la production capitaliste. » (2)

Vider les campagnes

Cette vieille entreprise de vider les campagnes pour fournir à l’industrie les bras de prolétaires sans feu ni lieu continue à l’heure actuelle en Chine, par exemple. La contradiction violente qui s’exprime à Notre- Dame-des-Landes tient à ce que le capitalisme persiste dans son mouvement alors même que l’industrie et les villes, ici, rejettent à leur tour des prolétaires sans feu ni lieu ni avenir décent qui se tournent vers les campagnes pour reconquérir des territoires préservant les bases du vivant (notamment pour la production de nourriture saine) contre les ravages d’une économie folle – comme ces chômeurs occupant Somonte en Andalousie, ou le mouvement des Sans-terre au Brésil…

Le 13 avril, sur la zone d’aménagement différé, devenue par la lutte des opposants la zone à défendre, la remise en cultures de terres nourricières menacées est la seule vraie réponse contre la dévastation capitaliste, incarnée ici par un projet d’aéroport : reprendre le problème par où il a commencé !

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Notes :

(1) G. Winstanley, l’Étendart déployé des vrais niveleurs, éd. Allia, 2007, p. 39.

(2) K. Marx, le Capital, chap. XXX, éd. la Pléiade, 1969, p. 1208.

Sur l’aéroport de Nantes, les compagnies low-cost surexploitent les travailleurs précaires La Lettre à Lulu Reporterre 2013/05/21 La Lettre à Lulu (21 mai 2013) Sur l’aéroport de Nantes, les compagnies low-cost surexploitent les travailleurs précaires. Reporterre. fr

Sur l’aéroport de Nantes, les compagnies low-cost surexploitent les travailleurs précaires

Les compagnies low-cost qui font la fortune de l’aéroport de Nantes Atlantique usent et abusent de travailleurs précaires et sous-payés. Exemple : Aviapartner.

Pas déçues du voyage, Carole et Émilie. L’été dernier, elles sont devenues hôtesses au sol après avoir répondu à une petite annonce publiée par le site Leboncoin.fr. C’est comme ça qu’on recrute les saisonniers pour neuf mois, chez Aviapartner. À Nantes-Atlantique comme dans une trentaine d’aéroports européens, ce groupe belge* assure les embarquements des passagers et des bagages pour les compagnies low cost. La chasse aux dépenses inutiles imprègne aussi Aviapartner. Les salaires plein pot, par exemple...

Alors qu’on peut payer les saisonniers en contrat de professionnalisation, 60% du Smic pour les moins de 21 ans comme Carole, 80% pour les moins de 26 comme Émilie. « Sur un effectif de quelques 80 personnes, on a 50 % de contrats de professionnalisation de mars à mi novembre », concède Patrick Hémery, le « station manager » d’Aviapartner.

La formation ? Expédiée en un mois, plus quinze jours de pratique sur le tas pour se retrouver à gérer sans filet des passagers à enregistrer. À 25 ans, ces « agents de passage » côtoient des gens plus âgés, plus expérimentés, mais payés un cinquième de moins. Epuisement garanti, quand on fait plus de six heures à flux tendu debout au comptoir, enchaînant les procédures d’embarquement de trois ou quatre vols d’affilée, le plus souvent sans un instant pour manger, sans la pause légale de vingt minutes toutes les six heures.

La direction du travail a été alertée. « Sur ce sujet, je ne peux pas vous répondre », dit Hémery. Et tant pis s’il n’y a pas de salle de repos, juste un siège dans le bureau des chefs, avec interdiction de manger tout comme dans le zones recevant du public. À peine le temps d’aller pisser vite fait, une perte de temps reprochée par l’encadrement.

Comme les autres, Émilie bricole : « J’avais des gâteaux dans les poches pour les manger dans les toilettes ». Pour le reste, c’est le bonheur. « C’est arrivé souvent à deux heures du mat’, un vol pas préparé, je veux dire sans savoir le type d’avion, le nombre de sièges, s’il y a des handicapés à placer, des bébés, des animaux... Le tout avec un ordi qui beugue, et en plus sans superviseur ! Génial ».

Valait peut être mieux d’ailleurs, certains superviseurs, à peine payés plus que leurs subalternes, se révélant de vraies peaux de vache, convoquant les hôtesses au sol dès que le rendement faiblissait, ou à la moindre paperasse pas bien remplie, à la plus petite erreur de procédure.

« Convocations sur le champ au bureau, réprimandes, dénigrements, menaces de licenciements, regards méprisants, avertissements. Traitées comme des moins que rien, alors qu’on était en sous effectif, sous pression... M’est arrivé de revenir du bureau en pleurs devant les passagers ».

Carotte et make up

Entre les hôtesses d’escale et les « pistards » qui enfournent les bagages dans les soutes des zingues, Aviapartner mobilise à Château-Bougon (ancien nom de l’aéroport Nantes Atlantique) une centaine de salariés, très peu en CDI - et encore, 25 heures, pas plus -, surtout en CDD, ou en contrat de professionnalisation au rabais. « La plupart des gens s’écrasent par peur de ne pas avoir de renouvellement de contrat, ou pour la carotte d’un hypothétique CDI », dit Carole.

Avec ça, uniforme obligatoire, mais pas fourni. Juste un chemisier déjà porté par d’autres, avant, et un vague remboursement de 30 euros sur présentation d’un ticket de caisse. Jupe, pull, chaussures, elles ont dû tout s’acheter. « Ce qui faisait un décalage par rapport aux permanents. Nous les saisonniers, on faisait un peu pouilleux. Et on se faisait reprendre sur les bijoux, la coiffure, le maquillage. Interdiction de mettre des bagues. J’ai ressenti ça comme une perte de personnalité », soupire Carole.

Les plannings fournis trois semaines à l’avance sont refondus et modifiés quelques jours avant en respectant quand même les onze heures de carence entre deux missions. Neuf mois sans vie sociale du matin ou du soir, horaires décalés, la nuit, le jour. « Je me suis vue débuter à une heure de matin, finir à 13 h, la musique à fond, fenêtre de voiture grande ouverte sur le périf’ pour pas m’endormir. Il y a d’ailleurs eu des accidents de voiture de collègues qui se sont endormis sur la route du retour ».

Un boulot vraiment cool : « J’ai fait une vacation de 3h du mat à 14 heures, sans manger, sans aller aux toilettes ! Je ne sais pas comment j’ai fait », ajoute Émilie. À verser au dossier des perspectives emplois vantées par les partisans de l’aéroport à ND des Landes. Le rêve cloué au sol.

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* 17 000 salariés depuis le mariage en juin 2012 avec le français WFS, Worldwide flight service.

Ligne HT Cotentin : Infotour anti THT mai juin 2013 Par Julien villalard Reporterre 2013/05/21 Par Julien villalard (21 mai 2013) Ligne HT Cotentin : Infotour anti THT mai juin 2013. Reporterre. fr

Ligne HT Cotentin : Infotour anti THT mai juin 2013

A partir du 28 mai, la lutte Anti THT parcourra la France à la rencontre de toutes les luttes contre les grands projets d’infrastructure. Voici le programme de l’Info Tour.

Invitation à se rencontrer pour s’organiser contre les grands projets d’infrastructures, au minimum !

Vous voyez, ce petit coin de Normandie, tout là-haut, où la pluie prend un jouissant plaisir à nous lessiver jusqu’aux os 360 jours sur 365, où les inséparables bottes nous protègent du tapis éponge des champs mais pas du délicieux jus de chaussettes à la fin d’une journée de balade sous les têtes de chats*. Eh bien, on se dit qu’on aimerait bien sortir le short et les tongues de la commode et aller faire un tour au soleil.

Prendre un peu de distance, partager le récit de nos aventures rocambolesques entre déboulonnages publics de pylônes THT, virées nocturnes en compagnie vigilesque, paperasses de tribunaux et autres cours d’appel, assemblées générales horizontales, gestion des massmedias et travail d’automedia, blocages de chantiers, occupations de bois et de château d’eau, débats interminables sur les modes d’action et la violence.

Mais encore, entendre d’autres histoires, celles aux abords de chantiers d’autoroutes ou lignes à grande vitesse, de centres d’enfouissement de déchets radioactifs, de lignes THT, de gaz de couche ou de schistes, et bien d’autres…

Ce n’est pas l’achèvement de la ligne THT Cotentin-Maine, ni la répression qui l’a accompagnée, qui ont entamé notre détermination et notre désir de continuer. Au contraire, car nous pensons que les liens tissés ici et là constituent notre force. En nous organisant ensemble, au-delà des frontières administratives et thématiques, et de nos divergences politiques, nous pouvons non seulement gagner quelque chose mais aussi tisser des amitiés et des solidarités pour pouvoir mieux en faire baver à celleux d’en face, voire y prendre un certain plaisir.

Aussi, comme nous nous sommes amusé.e.s à faire un film sur ce que nous avons vécu ces derniers mois en Normandie, nous proposons de le voir ensemble en préliminaire à des échanges, pour en sortir avec des pistes d’actions, de nouvelles envies d’écriture et d’automedia, de nouveaux copains-ines à qui rendre visite, etc.

* Modèle de pylône THT

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Les dates de l’InfoTour

Mardi 28 mai 2013 à Toulouse (31) 19h à l’atelier La Chapelle, 36 rue Danielle Casanova La projection du film et la discussion seront précédés d’un repas

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Mercredi 29 Mai 2013 à Saint Affrique (12) 19h lieu à venir

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Jeudi 30 mai 2013 à Montpellier (34) 19h à la Bibliothèque Scrupules, 26 bd Figuerolles, quartier Figuerolles

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Vendredi 31 mai 2013 à Marseille (13) 19h à Mille Babords, 61 rue Consolat 13001

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Samedi 1er juin à Avignon (84)

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Lundi 3 juin 2013 à Valence (26) 19h15 Au Laboratoire, 8 place Saint Jean La projection du film et la discussion seront précédées d’un repas.

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Mardi 4 juin 2013 à Grenoble (38) Antigone, 22 rue des violette

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Mercredi 5 juin 2013 à Lyon (69) 19h, à la Luttine 91 rue Montesquieu, Lyon Guillotière

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Jeudi 6 juin 2013 à Châlon-sur-Saône (71)

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Samedi 8 juin 2013 sur la ZAD du Morvan (58)

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Mercredi 12 juin à Metz (57) Salle des Coquelicots, 1 rue Saint Clément

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Vendredi 14 juin à Reims (51) A l’Ecluse, 5 rue de la Cerisaie

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Dimanche 16 juin à Lille (59)

La lettre à Lulu Par Julien villalard Reporterre 2013/05/22 Par Julien villalard (22 mai 2013) La lettre à Lulu. Reporterre. fr

La lettre à Lulu

Irrégulomadaire, c’est pas retardataire. On ne peut donc pas ronchonner contre ce Lulu numéro 80 cuvée mai 2013 qui débarque enfin.

Un numéro d’un format classique de huit pages, à l’incroyable tarif de 2 euros, annexé sur le SMIC grec, et dont les colossaux bénéfices ne seront même pas reversés aux pièces jaunes.

On peut l’acheter en kiosque, version papier. Ou en ligne ici sous forme de joli pdf tout prêt à être lu, et c’est même pas plus cher, si si.

Pour ce numéro 80 , au menu :

Paie ! Paie ! Paie ! Ordonne la Une. À peine à la mode qu’il semble déjà en déclin, le Partenariat-Public-Privé nous montre ses défauts, mais aussi ses faiblesses. Mais certains entrepreneurs, aéroportuaires ou non, semblent toujours dans les Petits-Papiers-Publics des décideurs locaux.

On rebondit justement sur un génie moderne du bâtiment déjà usagé : Le trou à cinq euros narre l’état de la maison d’arrêt de Carquefou, construite en PPP par Bouygues. Non contente d’accumuler les tares de construction, la lourdeur administrative pour résoudre le moindre pépin quotidien devient un véritable casse-tête. Mais quand Bouygues loge les exclus, il y a aussi du bonheur dans le pré carré des actionnaires, qui dans ce type de contrat, gagnent à tous les coups !

« Casse-toi pauv’compte ! », aurait pu susurrer Jérome Cahuzac, si un banquier nantais n’avait pas déjà mis ce cri en pratique. Ou quand la gentillesse requise pour un client est inversement proportionnelle à son niveau d’épargne.

On parlera aussi aviation, où :

Merci bas coût célèbre le low cost à Château-Bougon, machine à profit pour les employeurs, machine à ennuis pour les employés. Une petite pause par une Escale plus bas que terre, le temps de constater le quotidien des hôtesses d’escale, qui pensaient avoir affaire à des avions, mais se retrouvent plutôt dans une galère.

Atterrissage en douceur grâce à L’acceptabilité, ça s’impose : ou quand Vinci, qui semble toujours mêlé à la construction de l’hypothétique aéroport, aguiche et étudie méthodiquement comment les citoyens récalcitrant doivent adorer ses projets.

Actualité Notre-Dame-des-Landes toujours :

Les pros piquent du nez dans leur Auxiette : quand les partisans de l’aéroport, peinant à s’imposer, redoublent d’effort dans la com ? Et là, ils osent tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît... Aux armes, citoyens patrons ! : Difficile de savoir si les étranges « citoyens » de l’Acipran, association plus que favorable au projet, vont être d’une grande aide dans la séduction du populo.

L’immeuble où donc or ni carbone, un bâtiment qui surconsomme et se fissure dès la fin des travaux. Un immeuble construit par Vinci, qui décidément squatte les pages de Lulu avec une régularité remarquable.

Quand les Floralies chient dans le potager, elles montrent bien plus d’attention à la qualité de vie des occupants de leur bâtiment : à tel point qu’elles font expulser au bout d’un mois les vils squatteurs qui avaient pris place dans cet ensemble abandonné depuis près de trente ans. Pour des raisons humanitaires, bien sûr.

Quel crameur, ce Polonais ! L’exploitation tranquille d’un travailleur immigré sur les docks de Saint-Nazaire jusqu’à la torche vivante. Huit ans après, la justice peine à répondre à cette nouvelle victime de la sous-traitance.

Mais aussi :

Donnez du Loubouthon ! Énième procès aux prud’hommes perdu pour un patron de presse local.

La chevalerie arts déco : Quand tout et n’importe qui, entre Royal de Luxe et école d’Archi, se fait épingler honneur, arts et lettres sur le plastron.

Art et Hessel : L’hommage officiel nantais à l’ancien résistant oublie ses dernières positions par rapport à un sujet local... (Devinez lequel) C’est l’émotion, sûrement.

Roms en tri sélectifs : À Rezé comme ailleurs, les expulsions continuent, et les candidats à « l’intégration » se doivent d’avoir le bon profil pour espérer la pitié de m’sieur l’maire.

Tir en surface d’occupation : L’histoire publiée du FC Nantes oublie les tendances de certains de ses dirigeants en les gommant du récit d’un glorieux passé.

Vert extrême : la « Capitale Verte » au logo vert et noir recycle les idées réactionnaires en invitant un conférencier néo-fasciste pour jacter environnement.

Mais encore ?

Les aventures du char anti-aéroport au carnaval, le Département d’outre-mérite, La littérature et le déambulateur, L’intraduisible médaille de la Ville, Un projet à énergie négative, la rubrique Latulululu ?, et les aventures (épisodes 1 et 2) de Triton crainteux et tonton crétin !

Notre Dame des Landes : un paysan condamné pour refus d’ADN JL Voitou Reporterre 2013/05/22 JL Voitou (22 mai 2013) Notre Dame des Landes : un paysan condamné pour refus d’ADN. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : un paysan condamné pour refus d’ADN

Au tribunal de Saint Nazaire, mardi 21 mai, Christian, un paysan engagé dans la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, a été condamné à dix mois de retrait de permis et 400 euros d’amende pour avoir refusé le prélèvement de son ADN.

Christian est jugé pour un double refus d’obtempérer au carrefour des Ardillières en mai, et refus de prélèvement d’ADN. Or Christian est un récidiviste, c’est la troisième fois qu’il refuse le prélèvement d’ADN et donc effectivement, certainement qu’il y avait là, pour la police l’intention de le saisir au vol.

Sur les faits concernant l’histoire du refus d’obtempérer, il fallait à cause des chicanes et de la présence des flics, il fallait à Christian, avec son tracteur et sa remorque faire une manœuvre particulièrement délicate, les flics prétendent qu’ils ont fait les injonctions, les signaux nécessaires …

[REPORTERRE : les faits se sont produits le dimanche , lors de la fête de Sème ta Zad, alors que Christian rentrait chez lui]

Christian dit qu’il n’a pas vu ni perçu l’injonction sonore, ni visuel de s’arrêter, faut dire en plus avec un tracteur de 65 cv qui est entrain de redémarrer, avec le moteur diesel sous les pieds, . . le fait qu’il n’ait rien entendu n’a rien d’exorbitant, … donc il y a lui d’un coté qui dit ; « j’ai pas vu, j’ai pas entendu … » et les gendarmes qui disent oui, or les gendarmes ont aussi essayé d’avancer qu’il y avait une mise en danger d’autrui parce qu’il avait foncé sur eux. Cette argumentation n’a pas été retenue par le tribunal.

Donc pour faire bref, sur le refus de prélèvement d’ADN, le tribunal a souligné que Christian, c’était un méchant récidiviste, etc.

Réquisitoire du Proc : 6 mois de suspension du permis de conduire et 3 ans en principal toujours pour le refus d’obtempérer, 3 ans d’interdiction sur le territoire de NDDL et sur le refus du prélèvement d’ADN 3 mois de prison avec sursis, … malgré la récidive, a dit le procureur !.

Sur la plaidoirie de l’avocat de Christian, très très intéressante, en particulier, sur le sens, car c’est ça aussi la plaidoirie politique : sur le refus de prélèvement de l’ADN et deux choses :

d’une part qu’il n’y a aucune obligation pour un officier de police judiciaire de faire procéder au prélèvement d’ADN, il peut très bien laisser tomber,

d’autre part, il n’y avait aucune nécessité d’éclairer l’enquête, puisqu’il n’y avait pas eu de prélèvement d’ADN sur les lieux et que Christian ne conteste pas de se retrouver là au tribunal etc.

Comme pas non plus de comparaison avec des prélèvements précédents, parce qu’il n’y en avait pas eu, et il a donc rappelé les textes et attestations de travail de Mme Bourgain, qui explique qu’en 1990 au moment ou la loi a été votée, on pensait que les prélèvements d’ADN étaient non codants, et que maintenant la preuve est faite qu’ils sont codants, et donc que c’est une intrusion dans le patrimoine génétique des personnes et que donc, sans motif de prélèvement, c’est invraisemblable d’obliger quelqu’un à se soumettre au prélèvement.

Jugement : 10 mois de retrait de permis, ce qui va poser des problèmes énormes dans la vie professionnelle de Christian... dans une ferme, t’as besoin de conduire. 400 euros d’amende pour le refus de prélèvement d’ADN ….

La France dévorée par l’étalement urbain Jeanne Sézanne (Reporterre) Reporterre 2013/05/22 Jeanne Sézanne (Reporterre) (22 mai 2013) La France dévorée par l’étalement urbain. Reporterre. Tribune — Habitat et urbanisme fr

La France dévorée par l’étalement urbain

L’étalement urbain se poursuit dans l’indifférence générale. Gaspillage de terres, destruction de nature, accroissement des inégalités, les maux en sont toujours mieux connus. Des remèdes à cette maladie dévorante existent : il faut les appliquer !

Le constat est connu mais son ampleur, sa gravité et l’urgence qu’il implique moins. La France disparaît à grande vitesse. Ses paysages, sa capacité agricole, ses espaces. La France disparaît parce que jour après jour, dans chaque région sans exception, des champs, des près, des bois, des espaces entiers continus deviennent des zones d’activité (avec pour seule logique d’implantation le « chacun la sienne », à une échelle rarement plus large que celle du canton, induisant une concurrence entre des micro territoires qui induit au niveau national un énorme gâchis d’espace), des lotissements (contribuent-ils à la baisse du manque crucial de logements en France ?), des centres commerciaux (en général en concurrence avec de nombreux autres sur la même zone), des routes.

Qui n’a pas le souvenir d’un paysage, d’un lieu de son enfance, ou d’il n’y a pas si longtemps, remplacé par un lotissement alignant des maisons, un centre commercial de périphérie, une zone d’activités ? La France devient un territoire morcelé et ce morcellement conduit à une disparition accélérée de nombreuses espèces animales et notamment de celles des zones humides, et complique encore le travail des agriculteurs.

Cette destruction d’espace constitue-t-elle par ailleurs, comme le soutiennent les promoteurs des « projets » une solution aux crises du logement et de l’économie ? Non, ces crises n’ont jamais été aussi fortes en France et la consommation d’espace aussi rapide.

Le problème majeur : les innombrables "petits projets"

Le problème n’est pas tant les gros projets emblématiques et dévoreurs d’espace comme l’aéroport de Notre Dames des Landes mais les innombrables « petits » -en apparence- projets de centres commerciaux, zones d’activités, lotissements (souvent moins de 50 ha) et qui mis bout à bout aboutissent aux chiffres suivant et au visage de la France d’aujourd’hui :

315 000 ha consommés entre 2006 et 2010 (la surface moyenne d’un département métropolitain est de 588 000 ha), principalement aux dépens des terres agricoles (ministère de l’agriculture, de l’agro alimentaire et de la forêt, enquête TERUTI LUCAS, série révisée en avril 2011, citée dans la revue du CGDD mars 2012), 3% d’augmentation de la surface artificialisée entre 2000 et 2006 selon l’enquête Corine Land Cover et dans 10 régions, l’artificialisation croît même plus vite que la population.

Quelques exemples de destruction à venir, en ce moment, parmi les nombreuses passées et à venir. De gros chiffres, des petits et au final des territoires promis à la disparition : 150 hectares engloutis sous un centre commercial/parc de loisirs géant d’Auchan à Gonesse en Ile-de-France (Europacity), 1 hectare de la ferme bio de la Ruelle dans le Nord sous un lotissement, des hectares de littoral et de maquis en Corse sous des résidences secondaires utilisées quelques mois par an, 1650 hectares sous l’aéroport Notre Dame des Landes dont le besoin économique et social à long terme n’est pas établi, les avis de l’autorité environnementale, émis sur d’aménagement et publiés sur les sites des directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) égrènent les projets consommateurs d’espaces, quelques exemples pris au hasard : zone d’activité à Saint Georges-des-Coteaux (16) 56 ha ; zone d’activité à Bulle (25) 18 ha ; centre commercial à Auxonne (21) 4 ha ; lotissement à Castres (81) 16 ha et tant d’autres.

Le constat est connu et la prise de conscience dans les discours et les lois déjà ancienne : la loi SRU (Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains) de 2000, il y a 13 ans, créant les outils d’urbanisme aujourd’hui en vigueur (schémas de cohérence territoriale (SCOT) et plans locaux d’urbanisme (PLU)), posait déjà l’incitation à réduire la consommation des espaces non urbanisés et la périurbanisation, en favorisant la densification raisonnée des espaces déjà urbanisés. Ces outils d’urbanisme ont été complétés d’un empilement d’outils, inefficaces à ce jour (loi de modernisation de l’agriculture du 27 juillet 2010...) car l’urbanisation de terres agricoles accélère encore.

Pourquoi cet état de fait ? Quels sont les facteurs qui l’établissent et sur lesquels il faudra agir si collectivement la société française (Etat, collectivités locales, citoyens consommateurs) décident de mettre un terme à cette destruction ?

- Tout d’abord la dissonance entre le discours public et politique national - « il faut maitriser l’étalement urbain » - et les actes et volontés locals des élus qui cherchent à développer (la question est de savoir ce que signifie ‘développer’) leur territoire au moyen de zones d’activités, lotissements et autres centres commerciaux étalés, peu pensés du point de vue architectural, dévoreurs d’espace.

L’opposition est particulièrement forte sur ce sujet entre l’intérêt général : il faut préserver l’espace agricole et naturel et les intérêts particuliers : volonté de maison individuelle entourée d’un grand terrain, habitudes de consommation dans les centres commerciaux de périphérie, désir des propriétaires de terrains de les rendre constructibles afin les valoriser au maximum lors d’une éventuelle vente/succession, habitat dispersé autorisé pour les besoins des agriculteurs qui, revendu, devient un nouveau noyau d’urbanisation.

- La valorisation des terrains bien plus élevée quand le terrain est constructible que non constructible.

- Le coût du foncier d’autant plus bas que l’on s’éloigne des centres ville, des lieux d’emploi

- Le pouvoir des maires sur la destination des terres (constructible ou non) dans le cadre de l’établissement du plan local d’urbanisme (PLU) et la caractéristique « électoraliste » du mandat : pour être réélu, il faut satisfaire les demandes des administrés notamment de construire et rendre constructible.

- Le chantage à l’emploi des aménageurs (promoteurs d’immobilier commercial ou résidentiel) face à des maires de petites communes rurales ou péri urbaines démunis pour opposer des études sérieuses aux valorisations fantaisistes de créations d’emploi (un centre commercial de périphérie ne crée pas d’emplois nets. Ils les déplacent du centre-ville (commerces) vers la périphérie).

- La trop faible rémunération des agriculteurs, viticulteurs et exploitants forestiers qui les conduit à devoir vendre du terrain. La grande difficulté des paysans de ce pays à gagner correctement leur vie et la nécessité pour eux de vendre, hectare après hectare leur terre est un facteur majeur de la perte d’espace agricole. Un hectare constructible peut valoir en 2007 jusqu’à 300 fois le prix d’un hectare non constructible.

Ce différentiel entraîne des pressions considérables sur les élus pour rendre les parcelles constructibles et les agriculteurs eux-mêmes participent à cette hausse du coût du foncier, notamment en fin de carrière pour se donner des moyens supplémentaires au cours de leur retraite.

On peut renverser la vapeur

L’étalement urbain n’est pas un phénomène inéluctable. Il est le choix de politiques qui refusent à ce jour d’encadrer efficacement l’extension de l’urbanisation. Une partie de la destruction est irrémédiable, un changement rapide et ferme de la politique publique à cet égard permettrait de stopper ou du moins freiner fortement ce phénomène. Pas de fatalisme en ce domaine mais de l’action publique rapide.

Quelques pistes pour enrayer le gaspillage de terres

Avant tout : revoir profondément la fiscalité qui touche à l’urbanisation :

1 - Rendre plus cher de « consommer » de la terre agricole / naturelle pour la construire que de rénover une construction existante ou de construire dans un ensemble déjà urbanisé

Par exemple indexer la taxe d’habitation annuelle sur les m2 (mètres carrés) construits ou rendre coûteuse pour les propriétaires la conservation des dents creuses (terrain non construit au sein d’un ensemble déjà urbanisé) afin de favoriser la densification des zones pavillonnaires par la fiscalité.

2- Alléger la fiscalité des terres non construites « TFNB = la taxe sur le foncier non bâti » que payent les propriétaires de terrains (paysans propriétaires et propriétaires fonciers) chaque année pour rééquilibrer la « valeur » pour la société française entre un terrain construit et non construit : les terrains non construits ne sont pas des espaces « par défaut » - ils ont une valeur positive de production alimentaire, de paysage, de maintien de la biodiversité.

Surtout questionner la puissance du maire et du conseil Municipal dans la définition des terrains constructibles et dans la délivrance des permis de construire. La fonction du maire et de son conseil municipal porte en soi une part inhérente de clientélisme qui pousse à rendre les terrains constructibles et à octroyer les permis de construire.

De ce point de vue, la troisième vague de décentralisation, préparée par le gouvernement actuel sera ravageuse car elle prévoit de transférer intégralement l’application du droit des sols au Collectivités.

Enfin, une agriculture, une viticulture fortes, que les consommateurs accepteraient de rémunérer à la valeur réelle des services vitaux qu’elle rend (production alimentaire et énergétique, biodiversité, paysages, prix des matières alimentaires) sont les meilleurs outils de lutte contre la dégradation de notre territoire.

Le Forum Européen contre les Grands Projets inutiles et imposés aura lieu à Stuttgart en juillet Équipe de coordination pour le 3e Forum européen Reporterre 2013/05/22 Équipe de coordination pour le 3e Forum européen (22 mai 2013) Le Forum Européen contre les Grands Projets inutiles et imposés aura lieu à Stuttgart en juillet. Reporterre. fr

Le Forum Européen contre les Grands Projets inutiles et imposés aura lieu à Stuttgart en juillet

Nous vous invitons cordialement au 3e Forum européen contre les grands projets inutiles et imposés. Le forum aura lieu du 25 au 29 juillet 2013 à Stuttgart dans l’ancien dépôt des wagons des chemins de fer. C’est un forum du mouvement dans l’intention de le faire avancer.

Le 1er Forum a eu lieu en 2011 dans le Val de Suse en Italie. En 2012, il y a eu le 2e Forum à Notre-Dame des Landes en France. Chaque fois, le résultat en a été un échange fructueux d’expériences et un rapprochement des mouvements dans le sens d’une résistance commune et de solidarité réciproque. Le Forum de Stuttgart veut poursuivre cette voie avec les objectifs suivants :

• Pour l’échange et le soutien réciproque en Allemagne, en Europe et aussi … dans le monde entier ;

• Pour la sauvegarde des bases de la vie, pour la nature comme pour la société ;

• Pour la discussion des causes et des arrière-fonds de ces grands projets et des conditions générales posées par la société, des perspectives sociétales et des alternatives.

Le Forum veut vous offrir la possibilité de donner des informations et de présenter votre lutte comme élément de notre cause commune, et de rentrer avec de nombreuses impulsions. Nous désirons cependant aussi arriver à des succès durables dans le sens d’une résistance commune et de solidarité vécue pour l’avenir. Vos propres idées sur la manière dont vous désirez participer à la réussite sont les bienvenues.

Notre site internet est en train d’être réaménagé, il sera ensuite régulièrement actualisé. Vous y trouverez bientôt d’autres informations et la possibilité de vous inscrire à notre bulletin d’info (en allemand) sous l’adresse : info@drittes-europaeisches-forum.de.

Nous ferons un effort de trouver de bons interprètes et traducteurs, mais nous serions aussi ravis d’apprendre que vous voulez nous y soutenir.

L’uranium a disparu des documents officiels ! Bernard Laponche (Mediapart) Reporterre 2013/05/22 Bernard Laponche (Mediapart) (22 mai 2013) L’uranium a disparu des documents officiels !. Reporterre. fr

L’uranium a disparu des documents officiels !

Depuis près d’un demi-siècle, le fer de lance de la politique énergétique de la France est la production d’électricité d’origine nucléaire : dix-neuf centrales équipées de cinquante-huit réacteurs nucléaires assurent 75% de la production d’électricité du pays.

Un réacteur nucléaire produit de la chaleur par la combinaison de la fission et de la réaction en chaîne dans les éléments combustibles, initialement constitués d’oxyde d’uranium. Cette production de chaleur permet de produire de la vapeur, puis de l’électricité grâce à un turboalternateur, par un cycle thermodynamique.

L’électricité d’origine nucléaire est donc produite par une centrale « thermique » tout à fait comparable dans son principe à une centrale à charbon. Dans ce dernier cas, la chaleur est produite par la combustion du charbon, dans le cas d’un réacteur nucléaire (que l’on appelle aussi souvent « chaudière nucléaire »), elle est produite à partir de la fission dans les éléments combustibles : la matière première de la production d’électricité d’origine nucléaire est l’uranium. Le rendement d’une « tranche nucléaire » (réacteur + turboalternateur) est de 33% (33 kWh d’électricité produits à partir de 100 kWh de chaleur produite dans le réacteur).

Quoi de plus naturel pour qui veut se renseigner sur ce fleuron de l’industrie énergétique de la France que de consulter le document de référence en la matière : le Bilan énergétique de la France pour 2011, publié en juillet 2012 dans la collection Références du Commissariat général au développement durable.

Ce document, gros de quatre-vingt-quatorze pages, fournit des informations extrêmement détaillées sur le charbon, le pétrole, le gaz naturel, les énergies renouvelables et les déchets, sources primaires de la consommation d’énergie en France. On y trouve les quantités consommées et leur évolution, les prix, les stocks, les pays de provenance, souvent de façon très détaillée, etc.

Mais, ô surprise, la source primaire « uranium » ne figure pas dans cette présentation (1). Non seulement l’uranium n’apparaît pas, mais pas non plus (pas une fois) la dénomination « réacteur nucléaire ». Quant à la « centrale nucléaire », on ne la trouve mentionnée qu’une fois, en page 84, en annexe, pour expliquer la façon dont l’électricité produite par une centrale nucléaire est comptabilisée dans le bilan énergétique.

Du coup, aucune information n’est fournie sur les quantités consommées et les stocks d’uranium, les pays d’origine (la totalité est importée), les implantations des centrales sur le territoire, les activités industrielles d’enrichissement de l’uranium, de retraitement des combustibles irradiés, les quantités de déchets radioactifs et leur stockage, etc.

Que l’on se rassure : ces disparitions ne sont pas sans raison. Puisque l’on a fait disparaître la véritable source primaire, cela permet sans rougir de présenter la quantité de chaleur produite dans le réacteur comme énergie primaire (2) et de la comptabiliser comme une énergie « nationale ». Le tour est joué et on nous présente un « taux d’indépendance nationale », rapport de la production nationale primaire à la consommation primaire totale, de plus de 53,5% !

Mais l’uranium est totalement importé, comme l’est la quasi-totalité des trois combustibles fossiles, soit au total environ 90% de la consommation d’énergie primaire. Par conséquent, avec la même définition du taux d’indépendance, celui-ci n’est que de 9,1%.

De fait, c’est la notion même d’un « taux d’indépendance énergétique » qui n’a guère de sens. L’utilisation d’un indicateur unique est beaucoup trop simplificatrice et l’appréciation de la sécurité énergétique doit être plus subtile, multicritère et analysée pour chaque source d’énergie et ses usages.

Serait-ce que l’utilisation de l’uranium est incompatible avec le développement durable ?

L’uranium : le vice caché du bilan énergétique français ...

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Notes

(1) Pour être plus exact, on ne trouve le mot « uranium » que deux fois, dans les rubriques relatives à la consommation d’électricité, où il est mentionné que la consommation d’électricité de la branche énergie comprend la « consommation nécessaire pour enrichir l’uranium » (page 41) et dans les notes de bas de page des tableaux des bilans énergétiques et électriques (page 61 et suivantes), avec la même explication. Le lecteur qui s’apercevrait de cette mention serait bien étonné de voir apparaître cet « enrichissement de l’uranium » alors qu’on ne parle pas du tout d’uranium dans tout le rapport.

(2) Et en plus appelée « électricité primaire », ce qui est une autre supercherie.

La France organisera la conférence sur le climat à l’aéroport du Bourget Ministère de l’Ecologie Reporterre 2013/05/23 Ministère de l’Ecologie (23 mai 2013) La France organisera la conférence sur le climat à l’aéroport du Bourget. Reporterre. fr

La France organisera la conférence sur le climat à l’aéroport du Bourget

En septembre 2012, le président de la République François Hollande a fait part de l’intention de la France d’accueillir en 2015 la 21e Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) et la 11e session de la réunion des Parties au Protocole de Kyoto.

Cette réunion, conformément aux accords de Durban (2011) aura pour objectif principal la conclusion d’un nouvel accord international sur le climat, applicable après 2020 à tous les pays. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères a confirmé cette candidature lors de la conférence de Doha en décembre 2012.

Conformément au règlement interne de la CCNUCC qui prévoit une rotation annuelle par groupe régional des Nations-Unies, l’accueil du sommet de 2015 revient à un pays d’Europe de l’Ouest. La candidature de la France a été endossée par son groupe régional à l’ONU, le WEOG, le 12 avril dernier, ce qui ouvre la voie à une désignation officielle lors de la COP de Varsovie en novembre 2013.

Afin de préparer dans les meilleures conditions possibles la tenue de cette conférence, la France a choisi de l’organiser à Paris, sur le site Paris Le Bourget qui présente sur le plan logistique la meilleure capacité d’accueil et d’accessibilité pour les délégations officielles, mais aussi la société civile et les médias, qui sont des composantes essentielles du succès de la conférence.

La France a choisi de placer cette conférence sous le signe de l’exemplarité environnementale, et mettra en œuvre un programme d’action permettant de réduire au maximum l’impact de la réunion sur le plan des consommations de ressources naturelles (eau, déchets, énergies) et des émissions de gaz à effet de serre.

Un million d’emplois par l’écologie : le mouvement est lancé à Cluny Festival de la Transition Reporterre 2013/05/23 Festival de la Transition (23 mai 2013) Un million d’emplois par l’écologie : le mouvement est lancé à Cluny. Reporterre. Économie fr

Un million d’emplois par l’écologie : le mouvement est lancé à Cluny

Une politique écologique de relocalisation des activités alimentaires et énergétiques permettrait de créer un million d’emplois. Onze mouvements s’unissent à Cluny le 25 mai pour projeter la lumière sur cette voie d’espoir.

1 000 000 D’EMPLOIS POUR LA TRANSITION

Alors que les gouvernements successifs promettent les uns après les autres d’inverser la courbe du chômage, sans jamais y parvenir, une véritable transition vers un modèle écologique et social permettrait de créer un million d’emplois non délocalisables et utiles à l’ensemble de la société.

Onze mouvements citoyens, moteurs de l’économie sociale et solidaire chacun dans son domaine (agriculture, éducation, énergie, finance, économie, bien-être social, insertion, démocratie, accompagnement du changement…), se regroupent au sein du Collectif pour une Transition Citoyenne pour amplifier cette transition écologique sociale et humaine et lui donner la puissance nécessaire à un profond changement de société.

L’étude d’impact sur l’emploi réalisée par un membre du CNRS sur le scénario NégaWatt 2006 réalisée en 2011, fait apparaître un solde positif création/destruction de 632 000 emplois lié à la transition énergétique actualisation 2013.

De son côté, Terre de Liens Normandie a mis au point un « convertisseur alimentaire » permettant d’évaluer l’impact d’une relocalisation des achats alimentaires en terme d’emploi. Le solde positif s’élève à 600 000.

Chiffres confirmés par plusieurs études menées aux Etats-Unis sur le « coefficient multiplicateur » de l’achat local (notamment celle publiée dans la Harvard Business Review). Acheter dans un commerce local indépendant permet de créer trois fois plus d’emplois et de faire circuler trois fois plus de richesses sur les territoires.

La relocalisation d’un grand nombre d’activités économiques permettrait, outre son impact social et écologique, un véritable boom pour l’emploi, comme cet exemple de l’agriculture l’illustre.

Pas une utopie : une réalité

La préoccupation majeure des Français dans toutes les études d’opinion reste l’emploi. Ces premiers chiffres montrent que, loin d’être utopique, une puissante transition de nos sociétés répondrait non seulement aux impératifs écologiques très graves auxquels nous devons faire face, et serait en plus susceptible d’être très efficace pour créer des emplois.

Ce nouveau collectif pour une Transition Citoyenne est porté par Attac, le Mouvement interrégional des AMAP, le réseau Biocoop (premier distributeur bio en France), le réseau Cocagne (jardins maraichers biologiques à vocation d’insertion sociale et professionnelle), la CFé (coopérative de finance éthique), le mouvement Colibris, Enercoop (fournisseur d’électricité verte), Énergie Partagée (projets citoyens d’énergie renouvelables et de maîtrise de l’énergie), la Société Financière de la Nef (épargne et crédit bancaires éthiques), la foncière Terre de Liens (financement solidaire pour permettre l’installation de paysans et le développement d’une agriculture biologique), le Plan ESSE (Économie Sociale, Solidaire et Écologique), Villes et Territoires en transition (le réseau français du mouvement mondial Transition Network).

Ces mouvements citoyens d’économie sociale et solidaire témoignent à travers leurs expertises et leurs expériences de la construction d’une société nourrie par des valeurs de solidarité, de coopération, de respect des humains et des écosystèmes.

Des centaines de milliers de personnes construisent des alternatives au modèle actuel et réinventent chaque jour nos façons de produire, d’échanger, d’habiter, de nous déplacer, d’éduquer nos enfants.

Rassemblés autour d’une déclaration commune dévoilée le 25 mai 2013 en point d’orgue du Festival de la Transition (du 24 au 26 mai 2013 à Cluny), les membres du Collectif pour une Transition Citoyenne lancent un appel à amplifier ce mouvement citoyen et provoquer un sursaut en passant de plusieurs centaines de milliers de personnes impliquées à des millions.

En présence de deux grands témoins, Patrick Viveret et Pierre Rabhi, ils invitent celles et ceux qui partagent leurs convictions à s’engager concrètement dans la transition citoyenne en s’impliquant dans une ou plusieurs de leurs structures : changer de banque et placer son épargne là où elle sera utilisée de manière transparente comme un bien commun. Choisir un fournisseur coopératif d’électricité verte. Privilégier l’approvisionnement local et les circuits courts. Soutenir par ses achats et son épargne l’agriculture biologique, le commerce équitable et l’économie solidaire.

Faire de sa rue, de son quartier, de son hameau un Territoire en Transition, participer à la (R)évolution des Colibris : intégrer une coopérative d’habitants, participer à une recyclerie, à une crèche parentale, à un atelier de vélo solidaire, installer un compost dans son quartier, utiliser une monnaie alternative, etc.

Les membres du Collectif s’inscrivent dans la durée pour porter au sein des territoires et d’une voix unie, leurs valeurs partagées, créer des synergies entre les mouvements, renforcer la visibilité de leurs actions et les dynamiques locales. Dès cette année, le Collectif lance ses premières actions : une plateforme de communication pour mobiliser le grand public, un outil de collecte commun pour financer la transition citoyenne, l’impulsion de coopérations entre citoyens à l’échelle locale, à partir de la convergence des groupes locaux des différents membres du Collectif, des groupes de travail pluridisciplinaires avec une vision transversale.

Le capitaliste Albert Frère investit dans la terre agricole Thierry Denoël (levif.be) Reporterre 2013/05/23 Thierry Denoël (levif.be) (23 mai 2013) Le capitaliste Albert Frère investit dans la terre agricole. Reporterre. fr

Le capitaliste Albert Frère investit dans la terre agricole

Les écologistes ne sont pas seuls à avoir compris que la terre est une richesse essentielle. Dans un esprit tout à fait différent, les capitalistes investissent dans cette valeur d’avenir. Tel Albert Frère, figure centrale de l’oligarchie franco-belge, ami de Nicolas Sarkozy, et dont la fortune dépasse trois milliards d’euros.

Depuis la crise des valeurs boursières, les terres de culture sont plus que jamais une valeur refuge. En dix ans, la plus-value a dépassé les 100 % ! Les investisseurs se bousculent donc au portillon.

Chez les fermiers, l’info n’est pas passée inaperçue. En janvier dernier, L’Echo révélait qu’Albert Frère avait regroupé ses bois et ses terres au sein d’une nouvelle société anonyme, pompeusement baptisée Domaines Frère-Bourgeois. En tout, plus de 1 000 hectares.

La société s’occupe de l’exploitation de culture betteravière, fourragère et céréalière, ainsi que d’élevage de vaches, de chevaux et de moutons. Albert Frère, gentleman farmer ? « On entend pas mal parler de lui, ces derniers temps, dans le milieu agricole », avoue Anne-Sophie Janssens, à la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA).

L’intérêt rural croissant de la famille la plus riche de Belgique est aussi commenté sur les forums d’agriculteurs : on y évoque l’acquisition de dizaines d’hectares, à 50 000 euros l’unité, dans la région de Mettet, proche de Gerpinnes où le baron réside. « Albert encore sur ce coup ? », s’étonnait un internaute, il y a plusieurs semaines.

Si Frère agrandit son patrimoine foncier agricole et le concentre au sein d’une même société, ce n’est sans doute pas un hasard. Cet investisseur au nez fin y voit un bon filon, à l’heure où les valeurs bancaires fluctuent au gré de la crise de la zone euro. Et si Frère le fait…

« Avec la chute boursière, on a assisté à un retour vers des valeurs réelles, comme l’or, les œuvres d’art mais aussi la terre », analyse le patron d’un grand établissement financier qui, lui-même, investit dans les biens agricoles, à la fois par passion et pour diversifier son patrimoine. « La terre agricole est devenue le nouveau lingot d’or », résume Etienne Beguin, notaire à Beauraing et professeur à l’UCL.

Depuis 2008, celui-ci reçoit de plus en plus de requêtes d’investisseurs qui veulent acquérir quelques dizaines d’hectares. Yves Lange, le patron du comptoir foncier de Huy confirme : « Même si cela reste marginal, nous enregistrons, depuis quatre ou cinq ans, une demande d’un nouvel investisseur environ tous les quinze jours. Nous n’avions jamais vécu cela avant 2008. Ce sont des gens qu’on ne voyait pas sur le marché auparavant. »

Le prix moyen d’une terre de culture a grimpé de 11 971 euros l’hectare, en 1997, à 22 549, en 2007 : près de 100 % en dix ans ! Et après ? « A mon avis, ces cinq dernières années, les prix ont augmenté de 60 % en moyenne », soutient Philippe Janssens, patron du bureau d’études immobilières Stadim. La hausse serait donc plus exponentielle que jamais. Quel investisseur censé peut ignorer une telle plus-value ? Seuls l’or et l’argent, dont les cours ont doublé entre 2007 et 2012, peuvent rivaliser avec une si belle courbe.

La terre agricole n’est pas un investissement comme un autre, car on parle ici forcément de long terme, mais elle offre bien des avantages. « C’est une valeur sûre, explique Anne-Sophie Janssens. Non seulement les prix ne cessent de grimper, mais la terre est aussi valorisée par le travail de l’agriculteur qui entretient le bien en bon père de famille. Les charges foncières ne sont pas très élevées. Le risque est quasi nul. Quant au rendement – que le propriétaire soit bailleur ou lui-même exploitant – il n’est pas moins élevé que celui d’un compte épargne actuel... » Les agriculteurs locataires sont, en outre, réputés bons payeurs.

Par ailleurs, si le propriétaire exploite lui-même la terre, ses héritiers ne payeront aucun droit de succession, pour autant qu’il y ait un maintien de l’activité, de l’emploi et des investissements. C’est ce que font généralement les grands propriétaires, comme les familles Frère ou Boël, en ayant recours à des sociétés de service agricole ou en créant une société spécifique. Ils ne doivent même pas en faire leur activité principale.

Ils bénéficient, en fait, du régime des donations d’entreprises qui sont exemptes de droits de succession. Ce privilège, accordé au départ aux agriculteurs pour qu’ils puissent pérenniser leur exploitation via leurs héritiers, intéresse désormais les investisseurs.

Transhumance Par Julien villalard Reporterre 2013/05/23 Par Julien villalard (23 mai 2013) Transhumance. Reporterre. fr

Transhumance

Transhumance à travers le département des Alpes de Haute-Provence contre les obligations inutiles

Du 24 au 29 mai prochain, des éleveurs du Collectif pour la liberté de l’élevage transhumeront à travers le département des Alpes de Haute-Provence. Avant la montée en estive, ils souhaitent ainsi présenter au public les raisons de leur refus du puçage électronique des animaux ou les conséquences de la certification des mâles reproducteurs.

Ces éleveurs sont convaincus que ces obligations technocratiques n’ont aucun rapport avec la santé des consommateurs ni avec celle de leurs animaux, et privilégient des méthodes d’élevage basées sur l’observation de leurs bêtes et à l’écoute du milieu dans lequel elles évoluent.

La transhumance partira de Forcalquier le 24 mai 2013, et fera étape à Oraison le samedi 25, Les Mées le dimanche 26, Le Chaffaut le lundi 27, Gaubert/Digne le mardi 28 pour arriver à Digne le mercredi 29 mai en fin de matinée. Elle se terminera ce jour-là avec un grand rassemblement devant la préfecture de Digne.

A chaque étape, les éleveurs rencontreront la population et, à l’occasion, présenteront le film « Mouton 2.0 » d’Antoine Costa & Florian Pourchi.

Tous observateurs des hirondelles Ligue de Protection des Oiseaux Reporterre 2013/05/23 Ligue de Protection des Oiseaux (23 mai 2013) Tous observateurs des hirondelles. Reporterre. fr

Tous observateurs des hirondelles

La LPO relance son enquête sur les hirondelles !

Face au succès rencontré l’an passé, la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) poursuit sa grande enquête nationale sur les hirondelles. Pour cela, elle fait de nouveau appel aux citoyens afin de l’aider à recenser les nids d’hirondelles.

Lancée pour quatre mois, de mai à août, l’enquête hirondelles invite les particuliers à signaler à la LPO tous les nids occupés d’hirondelles de fenêtre ou d’hirondelles rustiques qu’ils rencontreraient. Ils peuvent également se rapprocher de leur association locale de protection de la nature qui relaye l’enquête, afin de participer à des recensements plus poussés menés dans cinq communes par département.

Ces données permettront d’en apprendre plus sur ces oiseaux qui ont vu leur population dramatiquement chuter depuis une vingtaine d’années (-41% pour l’hirondelle de fenêtre). Et les printemps froids et humides de ces dernières années n’ont fait qu’accentuer ce déclin !

Pour participer, pas besoin d’être un expert !

Les hirondelles sont des espèces dites « du bâti », elles affectionnent tout particulièrement les habitations pour y construire leurs nids. Ce sont elles qui construisent les nids en boulettes de boues que l’on peut fréquemment apercevoir sous les avant-toits des habitations ou dans les anciennes granges.

Il suffit donc de se balader et de lever un peu les yeux à la recherche de nids occupés ou de signaler directement les nids présents chez soi. Pour cela, une base en ligne est à la disposition des participants. Ils pourront y saisir leurs observations et y découvrir des informations sur les ambassadrices du printemps, comme par exemple des solutions simples pour cohabiter avec elles.

Plus de 44 000 nids recensés en 2012 !

Pour rappel, c’est en mai 2012 qu’a débuté cette grande enquête. Grâce aux citoyens et à l’ensemble des associations locales impliquées, ce sont près de 2 000 personnes qui se sont mobilisées en faveur de l’ambassadrice du printemps. Plus de 44 300 nids occupés ont ainsi pu être recensés. Certaines colonies menacées de destruction ont été l’objet d’une attention toute particulière. Un réel succès ! La LPO espère augmenter encore ce chiffre cette année.

Projet réalisé avec le soutien financier du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie. Plus de renseignements sur le site de l’enquête.

Morvan : Montebourg promet de recevoir les opposants. La VIDEO Adret Morvan et Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/05/24 Adret Morvan et Camille Martin (Reporterre) (24 mai 2013) Morvan : Montebourg promet de recevoir les opposants. La VIDEO. Reporterre. fr

Morvan : Montebourg promet de recevoir les opposants. La VIDEO

Le jour de la Pentecôte, le 20 mai, Arnaud Montebourg gravissait le Mont Beuvray, avec ses amis politiques. Des manifestants sont venus l’interpeller à propos du projet de scierie-incinérateur d’Erscia. Un dialogue s’est engagé, que montre la vidéo que nous présentons. Le ministre s’est engagé à recevoir les opposants rapidement.

C’était lundi 20 mai, jour de la Pentecôte. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, grimpait les pentes du Mont Beuvray, à la limite de la Saône-et-Loire et de la Nièvre. Des opposants étaient venus l’interpeller à propos ud projet Erscia de scierie-incinérateur. Voici la transcription des propos échangés.

Des manifestants crient sous la pluie : « Erscia, fais pas scier ».

Ils parviennent près du ministre. Un activiste parle à Montebourg : « La mobilisation dure depuis un an maintenant, depuis le 4 février, il y a une mobilisation sur le lieu (….) On s’inquiète par rapport à l’emploi dans la région (…) Le projet Erscia a des conséquences sur la pollution, sur le modèle économique autour de cette région… Il y a déjà des scieries, il y a déjà des ressources (…) Vous êtes un ministre, vous êtes là pour le redressement productif de la France »

Montebourg : « Y compris de la Nièvre ».

L’activiste reprend : « (…) On voudrait en parler avec vous, peut-être au ministère… On veut un dialogue (…) On a des professionnels du bois (…) Parlons-en, il faut faire évoluer le débat, il faut nous écouter, les élus sont là pour nous représenter, mais aussi pour nous écouter. »

Montebourg : « Les élus sont chargés de représenter tout le monde. (…) Je n’ai pas d’objection à vous recevoir au ministère, pour que vous veniez expliquer votre problème. Moi ce qui m’intéresse, je vous le dis franchement, je ne suis pas là pour flinguer les projets de développement économique, j’suis là pour les aider. S’ils sont pas bons, il faut les retravailler. Si ils sont amendables, modifiables, essayons d’en discuter avec les promoteurs. Mais je ne vous recevrai pas si votre projet, c’est d’empêcher ce projet. Moi ce qui m’intéresse, c’est que, s’il n’est pas bon, on peut en discuter, moi ça ne me gêne pas de discuter. Tous les jours, nous travaillons de cette manière. Nous recevons tout le monde. Et quand les reprises ou les projets ne sont pas bons, on les retravaille. Donc moi, je ne veux pas vous recevoir dans l’objectif de faire abandonner ce projet. Moi ce qui m’intéresse, c’est qu’on développe la Nièvre. Vous savez, je suis né dans la Nièvre. Donc j’ai quelque passion pour le développement de ce territoire. »

Activiste : « Vous savez qu’il y a des idées dans la Nièvre ? Des entreprises »

Femme : « On a des projets, on veut faire des propositions »

Montebourg : « Je vous recevrai à Bercy. Voilà. »

Activiste : « Début juin ».

Montebourg : « Tout de suite, quand vous voulez, je vous recevrai. Mais il y aura des élus avec vous, parce que c’est vos élus, ils seront là, ils auront leur point de vue dans la discussion. Je l’ai déjà fait dans de nombreux projets, donc je vois pas pourquoi je ne le ferais pas ici, d’autant plus que ça m’intéresse »

Activiste : « A bientôt, alors ».

Montebourg : « Et je vous remercie de nous laisser laisser marcher tranquillement, vous pouvez même venir avec nous, il y a du café chaud ».

Le débat sur les déchets nucléaires à Bure tourne court lexpress.fr Reporterre 2013/05/24 lexpress.fr (24 mai 2013) Le débat sur les déchets nucléaires à Bure tourne court. Reporterre. Déchets nucléaires fr

Le débat sur les déchets nucléaires à Bure tourne court

Boules puantes, fumigènes et annulation au bout d’un quart d’heure : le premier débat censé informer le public sur le projet de stockage souterrain dans la Meuse a tourné court, face à des dizaines d’opposants.

« Pour le débat public, c’est un échec. » Le président de la Commission particulière du débat public (CDDP) ne mâche pas ses mots après le premier débat public d’information, annulé au bout de quinze minutes après l’intervention de dizaines d’opposants au Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) des déchets nucléaires à Bure, en Meuse.

Dès l’ouverture du débat, à 19h [jeudi 23 mai], les militants hostiles au projet ont interpellé Claude Bernet, président de cette CDDP, qui n’a pas pu s’exprimer plus de deux minutes, face à des fumigènes, poules puantes et slogans hostiles, malgré un dispositif de gendarmerie conséquent.

La réunion devait se tenir dans la salle des fêtes du village, à deux kilomètres du laboratoire souterrain où se préfigure le futur Cigéo. Ce centre devrait servir à terme à confiner pour une très longue durée quelque 100 000 m3 de déchets nucléaires à haute et moyenne activité.

« Une poubelle atomique », pour les opposants

Le projet est entré en phase de conception industrielle, mais il reste plusieurs étapes décisives avant sa mise en service normalement prévue en 2025, s’il est autorisé par l’Autorité de sûreté nucléaire.

« On n’est pas venus ici pour vous entendre, mais pour vous empêcher de vous exprimer », a lancé un premier opposant, rejoint par des dizaines d’autres qui réclament « un référendum » et « le départ des technocrates parisiens ».

Pour la directrice générale de l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), Marie-Claude Dupuis, « une vingtaine de militants ont pris en otage toute une salle, c’est regrettable ».

Les opposants dénoncent ce qu’ils considèrent comme « une gigantesque poubelle atomique de 300 ha en surface et 15 km2 de galeries souterraines », et pointent l’obsolescence des matériaux devant servir à contenir les déchets nucléaires enfouis.

Le député Denis Baupin propose de repousser le débat sur les déchets nucléaires de trois mois Denis Baupin Reporterre 2013/05/24 Denis Baupin (24 mai 2013) Le député Denis Baupin propose de repousser le débat sur les déchets nucléaires de trois mois. Reporterre. Déchets nucléaires fr

Le député Denis Baupin propose de repousser le débat sur les déchets nucléaires de trois mois

Dans une question écrite adressée ce jour à la ministre de l’écologie Delphine Batho, Denis Baupin vice-président de l’Assemblée Nationale s’interroge sur l’opportunité de tenir un débat public sur le projet de site d’enfouissement de déchets radioactifs CIGEO à Bure (Meuse) et propose un moratoire d’au moins trois mois avant la tenue d’une phase de concertation.

Il souligne que « l’Autorité de Sûreté Nucléaire a rendu, mercredi 22 mai, un avis sur le projet porté par l’ Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs. Cet avis pointe notamment un manque flagrant d’informations et de visibilité quant à l‘inventaire des déchets radioactifs qui pourraient faire l’objet d’un stockage. A l’heure actuelle, on ne sait ni quelle quantité de déchets, ni leur durée d’activité sont susceptibles d’être stockés dans le site d’enfouissement proposé. Cet avis de l’ASN modifie profondément l’approche du dossier Cigeo, et confirme nombre des questions posées par les écologistes sur ce projet depuis plusieurs années. »

« En outre, ajoute-t-il, le projet est très largement dépendant de la politique énergétique de la France. Or le débat national sur la transition énergétique est en cours, la phase de consultation du conseil national du débat et des citoyens devant s’achever à l’été, et le projet de loi être élaboré pour l’automne. Le vote d’une loi de programmation de la politique énergétique est donc prévu au début de l’année 2014. Les décisions qui seront prises sur l’avenir du nucléaire dans le mix électrique français, celui du retraitement et de la filière « MOX » qui accroit la dangerosité des matériaux à stocker, ainsi que sur l’opportunité de l’enfouissement en très grande profondeur de déchets radioactifs ayant une vie longue auront un impact certain sur le dimensionnement et l’opportunité même du projet porté par l’ANDRA ».

C’est pourquoi, selon Denis Baupin, « il n’apparait pas opportun de mener ce débat public sur un site de stockage de déchets nucléaires sans avoir de réelle vision du dimensionnement nécessaire des installations que l’on soumet au débat, ni de l’orientation future de la politique énergétique de la France. Ces deux aspects conditionnent totalement le projet ».

La souveraineté alimentaire implique que les femmes aient le pouvoir Esther Vivas Reporterre 2013/05/24 Esther Vivas (24 mai 2013) La souveraineté alimentaire implique que les femmes aient le pouvoir. Reporterre. Tribune — fr

La souveraineté alimentaire implique que les femmes aient le pouvoir

Pour définir un nouveau modèle agricole, une perspective féministe est indispensable. Car « dans les pays du Sud, les femmes sont les principales productrices de nourriture, les responsables du travail de la terre, de la conservation des semences, de la récolte des fruits, du ravitaillement en eau, et de la surveillance du bétail. »

Les systèmes de production et de consommation d’aliments ont toujours été socialement organisés, mais leurs formes ont varié historiquement. Au cours des dernières décennies, sous l’impact des politiques néolibérales, la logique capitaliste s’est imposée de plus en plus dans la manière dont sont produits et distribués les aliments.

Avec le présent article, nous souhaitons analyser l’impact de ces politiques agro-industrielles sur les femmes et le rôle clé joué par les femmes paysannes, tant dans les pays du Nord que du Sud, dans la production et la distribution d’aliments. Nous analyserons donc de quelle manière une proposition alternative au modèle agricole dominant doit nécessairement intégrer une perspective féministe et de quelle manière les mouvements sociaux qui travaillent dans cette direction, en faveur de la souveraineté alimentaire, tentent de l’intégrer.

Paysannes et invisibles

Dans les pays du Sud, les femmes sont les principales productrices de nourriture, les responsables du travail de la terre, de la conservation des semences, de la récolte des fruits, du ravitaillement en eau, de la surveillance du bétail… Entre 60 et 80 % de la production d’aliments dans ces pays relèvent de la responsabilité des femmes, au niveau mondial ce chiffre se monte à 50% (FAO, 1996).

Les femmes sont les principales productrices des cultures essentielles comme le riz, le blé et le maïs qui nourrissent les populations les plus appauvries du Sud global. Mais malgré leur rôle clé dans l’agriculture et l’alimentation elles sont, avec les enfants, les plus affectées par la faim.

Les femmes paysannes ont été responsables, pendant des siècles, des tâches domestiques, des soins aux personnes, de l’alimentation de leurs familles, des cultures destinées à l’autoconsommation, de l’échange et de la commercialisation des quelques excédents produits par l’exploitation familiale, assumant le travail reproductif, productif et communautaire en étant confinées à la sphère privée et invisible.

A l’opposé, les principales transactions économiques agricoles, ont été traditionnellement assumées par les hommes, dans les foires agricoles, avec l’achat et la vente des animaux, la commercialisation en gros des céréales… en occupant la sphère publique paysanne.

Cette division des rôles assigne à la femme l’entretien de la maison, la santé et l’éducation dans la sphère familiale et octroie à l’homme la gestion de la terre et des machines, soit de la « technique ». Elle maintient intacts dans nos sociétés contemporaines les rôles assignés au féminin et au masculin durant des siècles.

Un rôle central dans la production agricole

Si nous observons les chiffres, ceux-ci parlent d’eux-mêmes. Selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) (1996), dans de nombreux pays africains les femmes représentent 70% de la main-d’œuvre agricole ; elles s’occupent à 90% de l’approvisionnement en eau des foyers ; elles ont la responsabilité à hauteur de 60 à 80% de la production alimentaire pour la consommation familiale et la vente.

Elles réalisent également 100% du conditionnement et de la préparation des aliments, 80% des activités de stockage et de transport des aliments et 90% des tâches de préparation de la terre. Ces chiffres mettent en relief le rôle crucial joué par les femmes africaines dans la production agricole à petite échelle et dans l’entretien et la subsistance familiale.

Cependant, dans de nombreuses régions du Sud global, en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie du sud, on assiste à une notable « féminisation » du travail agricole salarié, spécialement dans les secteurs orientés vers l’exportation non traditionnelle. Entre 1994 et 2000, selon White et Leavy (2003), les femmes ont occupé 83% des nouveaux emplois dans le secteur de l’exportation agricole non traditionnelle.

Ainsi, nombre d’entre elles ont accédé pour la première fois à un poste de travail rémunéré et à un revenu qui leur ont permis d’avoir plus de pouvoir dans les prises de décisions et d’être actives dans un cadre social extérieur à celui du foyer familial.

Mais cette dynamique est accompagnée d’une division de genre marquée par la répartition des postes de travail : dans les plantations, les femmes réalisent les tâches non qualifiées comme le conditionnement et l’emballage, alors que les hommes s’occupent de la plantation et de la récolte.

Cette incorporation des femmes au travail salarié implique une double charge de travail car elles continuent à être responsables des soins familiaux tout en travaillant pour obtenir un revenu et en occupant bien souvent des emplois précaires. Ces femmes bénéficient de conditions de travail pires que celles de leurs collègues masculins. Elles reçoivent un salaire inférieur pour les mêmes tâches et doivent travailler plus longtemps pour percevoir les mêmes revenus.

En Inde, par exemple, le salaire moyen des femmes pour un travail occasionnel dans l’agriculture est inférieur de 30% à celui des hommes. Dans l’État espagnol, les femmes perçoivent un salaire 30 à 40% inférieur à celui des hommes.

Un moteur de recherche d’itinéraires vélo basé sur l’énergie CarFree Reporterre 2013/05/24 CarFree (24 mai 2013) Un moteur de recherche d’itinéraires vélo basé sur l’énergie. Reporterre. fr

Un moteur de recherche d’itinéraires vélo basé sur l’énergie

Et si on avait un moteur de recherche d’itinéraires vélo basé non pas sur le temps de déplacement ou la distance, mais sur l’énergie fournie par le cycliste ? Plutôt utile si on veut choisir le parcours qui utilise le moins d’énergie.

En effet, à vélo, ce n’est pas forcément la distance la plus courte ou le parcours le plus rapide qui sont les critères de choix les plus adaptés. Dit autrement, si votre parcours « ultra-court » et « ultra-rapide » passe par une côte à 12%, c’est peut-être plus judicieux de faire un léger détour qui vous évitera d’arriver en sueur à votre destination.

Il existe donc un moteur de recherche d’itinéraires vélo basé sur l’énergie, mais en fait c’est encore un projet en recherche de volontaires. Je vous rassure, on ne parle pas de volontaires pour se taper des côtes à vélo, mais de personnes ayant les compétences informatiques pour développer le site internet qui ferait tourner le moteur de recherche.

Bon, c’est peut-être un peu compliqué mais les initiés comprendront probablement de quoi il s’agit. Pour les autres, la seule lecture du projet en question est assez poétique. On y parle de « modèle de pédaleur », de « cycliste non relativiste » ou de « puissance constante du bipède ».

Au boulot !

24 mai contre Décathlon près d’Orléans Par Julien villalard Reporterre 2013/05/24 Par Julien villalard (24 mai 2013) 24 mai contre Décathlon près d’Orléans. Reporterre. fr

24 mai contre Décathlon près d’Orléans

Manifestation Festive vendredi 24 mai 2013 à partir de 17h30 Mairie de Saint-Jean de Braye, à l’occasion de la remise au maire de Saint-Jean de Braye des 800 premières signatures de la pétition lancée pour préserver le site de la Bissonnerie contre le projet « Oxylane »

Le collectif « pour un Site Préservé entre Loire et Forêt » rassemble des associations et des citoyens qui veulent défendre les zones agricoles et naturelles sur l’agglomération orléanaise. Il s’oppose au projet d’implantation d’un centre commercial « Oxylane » sur 15 hectares de terres encore cultivées et boisées à Saint-Jean de Braye.

Depuis le 3 mai et jusqu’au 3 juin a lieu l’enquête publique portant sur le Document d’Aménagement Commercial (DAC), qui permettrait l’implantation du projet Oxylane à l’est de L’AgglO.

Nous appelons tous les habitants de l’AgglO à écrire leur opposition à la création de cette nouvelle zone commerciale sur le registre du commissaire enquêteur, en mairie ou par internet à l’adresse suivante : enqueteDAC@agglo-orleans.fr

L’AgglO, une instance pleine de contradictions...

D’un côté, le DAC permet l’artificialisation de 15 hectares de terres encore cultivées, de l’autre la « Charte pour une agriculture urbaine durable » se donne comme objectif de « connaître, préserver et pérenniser le foncier agricole péri-urbain »...

C’est cette flagrante contradiction qui nous a conduit, jeudi 16 juin 2013, juste avant le démarrage du comité de pilotage de la Charte agricole, à remettre une copie des 770 premières signatures de notre pétition accompagnée de la déclaration ci-jointe à M. Baude, vice-président de la Communauté d’agglomération Orléans-Val de Loire, en charge de l’agriculture urbaine.

En effet, pour nous, il semblerait cohérent que les élus engagés dans ce projet de charte agricole se donnent les moyens de préserver ces 15 hectares menacés par l’implantation de Décathlon en les requalifiant en zone agricole protégée.

Pour mémoire, la décision de classer ces parcelles en « zone à urbaniser » date d’il y a une trentaine d’années. Pendant tout ce temps, les différents élus ont préservé cette zone, puisque des agriculteurs la cultivent toujours (preuve s’il en faut que la terre est exploitable !). Pourquoi bétonner aujourd’hui ?

Nous ne sommes en rien prisonniers des décisions prises il y a trente ans. Le monde a changé, l’urgence écologique nous conduit à repenser notre mode de vie. Une requalification des terres est possible, mais il faut une véritable volonté politique.

En outre, des porteurs de projets veulent s’implanter sur l’AgglO et la demande des citoyens qui recherchent une agriculture de proximité est de plus en plus forte. Alors qu’attendons nous pour arrêter l’artificialisation de ces terres ?

Pour faire entendre ces arguments aux élus de Saint-Jean de Braye, notre collectif organise une manifestation festive à la mairie de Saint-Jean de Braye, vendredi 24 mai à partir de 17h30, devant la salle du conseil municipal.

Nous remettrons au début du conseil municipal une copie des 770 signatures de notre pétition au maire et nous invitons tous les habitants à se joindre à nous !

Pour plus d’infos, rendez-vous sur notre site internet.

Le Conseil économique, social et environnemental de Rhône-Alpes veut relancer le gaz de schiste Stop au pétrole et gaz de schiste Rhône-Alpes Reporterre 2013/05/24 Stop au pétrole et gaz de schiste Rhône-Alpes (24 mai 2013) Le Conseil économique, social et environnemental de Rhône-Alpes veut relancer le gaz de schiste. Reporterre. fr

Le Conseil économique, social et environnemental de Rhône-Alpes veut relancer le gaz de schiste

Le Conseil Economique, Social et Environnemental Régional (CESER) de Rhône-Alpes, dans son projet de contribution intitulé « Rhône-Alpes : la transition énergétique au service de la performance économique et sociale », remet sur le tapis la possibilité de la recherche de gaz et pétrole de schiste.

Faisant fi de la délibération du Conseil Régional Rhône-Alpes de février 2011 [1], le CESER préconise « d’une part pour les gaz et huile de schiste, que le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) effectue un recensement cartographique des ressources potentielles et leurs conditions d’exploitation, d’autre part de laisser ouverte et d’encourager la recherche afin d’explorer d’autres voies d’extractions visant à maîtriser les risques (notamment sanitaires et environnementaux) » [2].

La position du CESER n’est qu’un des éléments d’une stratégie globale pour remettre en selle la fracturation hydraulique. Elle fait suite à l’examen de supposées « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels », par l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) [3].

L’inexistence de ces techniques a été confirmée au cours des auditions réalisées par l’OPECST le 18 avril dernier [4]. De plus, Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie a évalué à une centaine le nombre de forages nécessaires pour savoir de quelles ressources on se prive par « obscurantisme ». Tous les participants ont confirmé qu‘il n’y avait pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique.

Alors que l’on évoque la « transition énergétique », et avant même d’avoir les conclusions des consultations publiques engagées ce printemps sur le territoire national, la position du CESER est pour le moins surprenante.

Les collectifs citoyens opposés à la recherche et l’exploitation de gaz et huile de schiste s’insurgent et rappellent le rejet inconditionnel de ces projets d’un autre âge par des milliers de citoyens, leurs élus et le Conseil Régional Rhône-Alpes.

Cette instance, censée représenter la société civile dans sa diversité, ne serait-elle pas sous le joug de certains lobbys ?

Si la loi interdisant la fracturation hydraulique votée avant les élections de 2012 a freiné les projets de forage, la remise en cause de la légalité du texte (par des compagnies qui s’étaient vues octroyer des permis en toute discrétion) voté par le législateur en 2011 est une des failles d’un dispositif de protection environnementale et sanitaire que les industriels et certains investisseurs veulent faire voler en éclats.

En Rhône-Alpes [5], seulement deux permis de recherche d’hydrocarbures on été abrogés, quatre sont actifs ; quatre demandes ont été rejetées (le sont-elles définitivement ?) et trois sont toujours en cours d’instruction.

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Notes

1- Délibération du Conseil Régional Rhône-Alpes 24 et 25 février 2011 : « UNE ÉCORÉGION PRÉSERVÉE SANS EXPLOITATION DE GAZ DE SCHISTE »

2- Pages 59 et 60 du projet de contribution paragraphe 5.2.2

3- Saisine n° 2012-06 : "les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels"

4- Journal de l’Environnement

5- « PERMIS ET DEMANDES DE PERMIS DE RECHERCHE D’HYDROCARBURES »

Les pesticides affectent la physiologie des femmes enceintes, révèle une étude scientifique Générations Futures Reporterre 2013/05/25 Générations Futures (25 mai 2013) Les pesticides affectent la physiologie des femmes enceintes, révèle une étude scientifique. Reporterre. Pesticides fr

Les pesticides affectent la physiologie des femmes enceintes, révèle une étude scientifique

Contexte. L’étude PÉLAGIE (Perturbateurs Endocriniens : Étude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’Infertilité et l’Enfance) a été mise en place pour répondre aux préoccupations de santé, en particulier celle des enfants, dues à la présence de composés toxiques dans nos environnements quotidiens. Il s’agit d’un suivi d’environ 3500 mères-enfants réalisé en Bretagne depuis 2002.

L’impact d’expositions prénatales à des contaminants (solvants, pesticides) sur le développement intra-utérin a été suggéré ; l’évaluation des conséquences sur le développement de l’enfant est en cours.

Publication. Dans le cadre de cette cohorte, Sylvaine Cordier et son équipe (Unité mixte INSERM, Université de Rennes 1, et Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) viennent de publier le 23 mai les résultats d’un travail [1] réalisé auprès de 83 femmes enceintes.

Celles-ci ont été réparties en trois groupes selon qu’elles résidaient dans des communes où les cultures céréalières étaient plus ou moins présentes. Des prélèvements urinaires ont également été réalisés au cours du premier trimestre de la grossesse.

Premiers résultats. Les premiers résultats mettent en évidence des « modifications physiologiques et des perturbations individuelles chez les femmes qui résident dans des communes où les cultures de céréales sont fortement présentes », a précisé Sylvaine Cordier au site destinationsante.com. Ces éléments conduisent donc les chercheurs à suggérer « une exposition environnementale à des mélanges complexes de pesticides ».

Les éventuelles conséquences cliniques, pour la femme comme pour l’enfant à naître, doivent cependant encore être évaluées précisément. Ce sera d’ailleurs « l’objectif des travaux suivants puisque les enfants sont également suivis sur le long terme », conclut la scientifique. « Nous allons également essayer d’identifier les pesticides en question ».

« Ces nouveaux résultats indiquent que les inquiétudes légitimes des riverains des zones agricoles cultivées de manière intensive doivent faire l’objet d’une attention plus forte des pouvoirs publics. » déclare F. Veilllerette, porte-parole de Générations Futures.

« Ces études n’auront de sens que si elles incitent à des prises de décisions politiques claires et volontaristes en terme d’interdiction de certains pesticides, notamment les perturbateurs endocriniens, et dans cette attente la mise en place de zones de protection de 100 mètres minium le long des habitations jouxtant ces zones agricoles. » conclut-il.

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Notes

[1] Source : INSERM, 23 mai 2013

25 mai contre Monsanto Par Julien villalard Reporterre 2013/05/25 Par Julien villalard (25 mai 2013) 25 mai contre Monsanto. Reporterre. fr

25 mai contre Monsanto

TERRE EN DANGER :

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Semences OGM, Round-up, hormone de croissance bovine, PCB, aspartame, agent orange... Le point commun entre tous les mots de cette liste toxique ? Monsanto...

Nous, citoyens responsables et vigilants, sommes informés des graves accusations qui pèsent sur la multinationale américaine Monsanto, « accusée de promouvoir des produits nocifs pour la santé et l’écosystème et de falsifier les résultats d’enquêtes scientifiques, accusations portées entre autres par un ancien directeur de filiale de la firme », rappelle l’encyclopédie citoyenne Wikipédia (page Monsanto).

Nous appelons au principe de précaution alimentaire !

Le manque de transparence de l’État sur les études qui sont fournies pour les demandes d’autorisation des produits Monsanto, l’absence d’étiquetage obligatoire européen sur les OGM, nous amène à appeler nos concitoyens à la vigilance, en les invitant à s’orienter vers des produits issus de l’agriculture biologique ou de marchés locaux, en prenant soin de contrôler le mode de culture des fruits et légumes et le contenu de l’alimentation des animaux de boucherie.

Ce 25 mai nous interpellons les élus et le gouvernement ! Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu’aux responsables européens de :

Rendre obligatoire, par devoir d’information, un étiquetage des produits issus d’OGM au niveau européen.

Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d’une alimentation OGM sur la santé publique.

Réévaluer les molécules de synthèse employées par Monsanto. Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par cette firme dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.

Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l’exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, pesticides, insecticides, fertilisants...) et l’augmentation des cancers et des problèmes d’infertilité.

Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l’agriculture de demain, pour préparer et mettre en oeuvre sa nécessaire conversion écologique.

Ayant connaissance des conflits d’intérêts chez un grand nombre d’experts des autorités sanitaires françaises et européennes, nous sommes déterminés à utiliser la mobilisation citoyenne pour exiger de nos représentants qu’ils agissent pour le bien-être des populations dont ils sont responsables !

Nous réclamons une protection des semences !

Conscients de la tentative de main mise de Monsanto sur les semences dans de nombreux pays par le rachat des entreprises locales semencières, nous considérons qu’aucune organisation ne doit détenir les clefs du garde-manger du monde !

Nous savons que l’utilisation de semences hybrides est une plaie pour la biodiversité, qu’elle rend la terre stérile et les agriculteurs dépendants des produits chimiques, que le processus naturel de pollinisation entraîne une contamination des semences là où les OGM sont cultivés (une industrie de 10 milliards d’euros en 2011), que dégradation de l’environnement, misère sociale et agriculture industrielle sont étroitement liées.

Nous demandons à nos dirigeants de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de suivre le triste exemple des Etats-Unis et du « Monsanto Protection Act » : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. Nous refusons d’être mis devant le fait accompli d’une pollution génétique et chimique de notre environnement et de notre santé !

SITTING PACIFISTE DEVANT L’ASSEMBLEE NATIONALE LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Participez ! Sur la page de l’événement FB

Quelques liens pour comprendre le problème Monsanto :

Sur Monsanto : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monsanto http://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_orange http://fr.wikipedia.org/wiki/Round_Up http://fr.wikipedia.org/wiki/PCB

Sur le « Monsanto Act » : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/05/comment-monsanto-a-mis-les-ogm-au-dessus-de-la-loi-aux-etats-unis_3154615_3244.html

Sur les conflits d’intérêts $$ : http://blogs.rue89.com/de-interet-conflit/2012/11/12/ogm-la-guerre-secrete-pour-decredibiliser-letude-seralini-228894

http://www.acteurspublics.com/2013/04/23/conflits-d-interets-l-efsa-sur-la-ligne-de-crete

Les autres manifestations dans le monde

Les citoyens sont entrés dans le débat sur l’énergie Hervé Kempf (lemonde.fr) Reporterre 2013/05/26 Hervé Kempf (lemonde.fr) (26 mai 2013) Les citoyens sont entrés dans le débat sur l’énergie. Reporterre. fr

Les citoyens sont entrés dans le débat sur l’énergie

A Lille comme dans treize autres régions, des groupes de citoyens ont discuté samedi 25 mai de l’énergie, suivant une méthode danoise de démocratie participative. C’était une première en France, et l’opération est un succès. Il reste à voir si les politiques entendront ce que disent « ceux d’en bas ».

- Reportage, Lille

« On est obligé de tout calculer. Avant, on ne réfléchissait pas. » Marise confirme : « On n’est plus dans le même contexte économique. » Brigitte reprend : « On ne peut plus se laisser vivre, il faut faire attention aux dépenses énergétiques. »

Cela discute ferme, ce samedi 25 mai, dans une grande salle du conseil régional du Nord Pas-de-Calais où se déroule, comme dans treize autres régions de France, la « Journée citoyenne du débat sur la transition énergétique ». Ce débat a été engagé depuis plusieurs mois par le gouvernement, mais en dehors des entreprises du secteur, des experts et des écologistes, presque personne n’est au courant de son déroulement. Alors cette journée citoyenne permet de faire entendre la voix des « citoyens », alias « vraies gens » ou la « France d’en bas ». Et ce que disent les gens est concret et réfléchi.

A une autre table, on discute des travaux d’économie d’énergie. « Le problème, dit Olivier, professeur, c’est qu’on calcule l’investissement à un instant T, mais que le prix de l’énergie change beaucoup et peut le remettre en cause. – Mais si le prix de l’énergie augmente, dit Véronique, cela vaut le coup d’investir. – Le coût de la facture reste le même, après travaux, parce que le prix augmente, résume Patrick, réanimateur cardiaque. – Tes dépenses dérapent moins vite, conclut Olivier, même si les factures d’énergie ne font plus qu’augmenter. »

Une méthode mise au point au Danemark

Ces discussions animées n’ont pas lieu par hasard. Le débat est organisé selon une méthode mise au point au Danemark il y a deux décennies, afin de faire participer les citoyens de manière informée aux choix technologiques. La journée du 25 mai a d’ailleurs été supervisée par des membres du Danish Board of Technology (Bureau danois de la technologie), qui a mis au point la méthodologie, afin de s’assurer que son déroulement respecte les règles de cet outil qui a fait ses preuves. Les citoyens ont été choisis au hasard, mais en veillant à ce que les groupes soient à peu près représentatifs de la population : sexe, âge, catégorie sociale, lieu d’habitation (rural ou urbain), etc. Ils sont volontaires et bénévoles.

Avant la journée de débat, ils ont reçu une formation, sous forme d’un livret pédagogique sur l’énergie, écrit par un comité pluraliste pour veiller à ce que le discours ne soit pas orienté dans un sens ou dans l’autre. La journée de débat suit elle-même des règles précises : les citoyens sont répartis sur diverses tables en groupes de six à huit. Ils vont discuter successivement de quatre thèmes (pourquoi la transition énergétique, comment maitriser la consommation d’énergie, quels choix stratégiques opérer, comment faire).

A chaque séquence, la composition des tables est redistribuée. A chaque table, un facilitateur anime la discussion, pour faire parler tout le monde et veiller à ce qu’on reste centré sur le thème. Enfin, un questionnaire est distribué à chaque citoyen : à la fin de chaque séquence, un temps est réservé pour le remplir. Tous les questionnaires sont collectés, les réponses sont saisies par les organisateurs, qui les renvoient au centre national, et celui-ci agrège les données et les analyse.

Ainsi, par exemple, se sont retrouvées à Lille Brigitte, mère au foyer, Brigitte, professeur des écoles retraitée, Marise, docteur diabétologue, Christophe, chauffeur-cariste, et Eliane, retraitée. On a surtout parlé du coût de l’énergie. Pour Brigitte, « il faut fabriquer l’énergie d’une autre façon, parce qu’on ne va pas revenir à la bougie ni pédaler dans le garage ».

« Nous on réfléchit, mais on dirait qu’au-dessus, non »

L’ambiance n’est pas à se plaindre, mais plutôt à chercher des solutions : par exemple, il serait bien qu’EDF informe clairement sur les heures creuses et pleines pour qu’on puisse mieux répartir la consommation ; Eliane raconte les avantages de sa Toyota hybride, qui lui permet de moins consommer d’essence ; Christophe explique qu’il refait lui-même l’isolation de sa maison – il en est aux combles après avoir changé les fenêtres ; Brigitte observe que les nouvelles maisons sont souvent mal orientées par rapport au soleil.

La discussion s’élargit : « Il y a trop de nucléaire, estime Marise. Le proverbe dit bien qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La diversification est une nécessité, et il ne faudra pas relancer un seul truc à la place du nucléaire, mais faire plein de petites choses. » Il reste que, observe Brigitte, « on n’a pas l’impression d’avoir de l’influence à notre niveau. Nous on réfléchit, mais on dirait qu’au-dessus, non. Il n’y a pas de politique globale, alors que tout devrait aller dans le même sens ». Mais la clochette retentit, il faut arrêter de discuter et remplir le questionnaire.

Une rapide pause café, et les tables se reforment. Sur la question des choix stratégiques, par exemple, Michel, Johan, Annie, Caroline et Geneviève rebondissent des risques d’accident technologique à la pollution et au changement climatique. Les points de vue ne concordent pas toujours. Pour Michel, ingénieur du pétrole, l’accident est évitable si les installations sont bien conçues et bien entretenues.

Mais pour Caroline, comptable, la santé et la pollution sont une préoccupation essentielle : « La production d’énergie engendre des déchets qui ont des effets néfastes. » Tandis qu’Annie, institutrice retraitée, s’intéresse aux créations d’emplois que pourrait générer la transition énergétique, Geneviève insiste sur le climat : « l’aggravation du changement climatique, ça c’est le gros problème. Pour moi, le rêve serait que la France atteigne son objectif de réduction des émissions de gaz. »

Tout s’enchaine sans anicroche, et les citoyens jouent le jeu, engagés et réfléchis. Pourquoi tant de sérieux ? « Parce que je suis content qu’on nous demande notre avis, dit Olivier. Autrement, il y a les élections tous les cinq ans et on n’a rien à dire. Là, on peut s’exprimer. »

A Paris, pendant ce temps, dans une salle du ministère de l’écologie, une équipe rassemble les résultats des questionnaires envoyés de toutes les régions. Elle se félicite aussi du succès de l’opération, une première en France : partout, on a joué le jeu, les citoyens sont venus et participent activement.

Delphine Batho acquiesce : résultats publiés le soir même

La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Delphine Batho, arrive dans la salle. Elle se demande s’il ne faudrait pas retenir les résultats jusqu’à lundi, afin de les présenter en conférence de presse. Sans explication, craint-elle, les journalistes pourraient prendre les résultats de la journée comme ceux d’un sondage. Or, ce n’est pas un sondage, puisque les citoyens ont délibéré de manière réfléchie avant de formuler leur analyse. Mais les praticiens de la méthode lui expliquent qu’il faut mettre les résultats en ligne le soir-même, comme annoncé : il ne s’agirait pas de donner aux citoyens le sentiment qu’ils ont été instrumentalisés et qu’on ne respecte pas le plan prévu.

La ministre acquiesce : les résultats seront en ligne dans la soirée, et une présentation détaillée aura lieu lundi 27 mai. Le représentant du Danish Board of Technology approuve : « C’est la bonne méthode. »

Et cette synthèse, que dit-elle, justement ? Que la transition énergétique est perçue comme une chance, plutôt que comme une contrainte. Elle est nécessaire pour réduire la pollution et protéger l’environnement, ainsi que pour réduire les importations, qui pèsent sur l’économie française. Un fort désir d’économiser l’énergie – pour limiter les dépenses – émerge aussi.

Encore faut-il que les solutions techniques existent et que l’Etat les soutienne par des dispositifs fiscaux appropriés. Enfin, alors que le nucléaire est peu présent dans le débat – un effet de la formulation des questionnaires qui l’évacuaient presque –, l’idée de création d’emplois par la transition énergétique et le souhait de relocaliser la production d’énergie apparaissent nettement.

Tout ceci influencera-t-il le débat global sur l’énergie ? Cela aura en tout cas permis de faire entendre d’autres points de vue que celui des lobbies qui pèsent lourdement sur le processus. En tout cas, l’expérience montre que « ceux d’en bas » réfléchissent, ont des choses à dire, et sont ravis de pouvoir l’exprimer.

Pégase, l’âne solaire qui sillonne la campagne de Macédoine Yoann Gibert (L’énergie d’avancer) Reporterre 2013/05/27 Yoann Gibert (L’énergie d’avancer) (27 mai 2013) Pégase, l’âne solaire qui sillonne la campagne de Macédoine. Reporterre. fr

Pégase, l’âne solaire qui sillonne la campagne de Macédoine

Initiative insolite imaginée par deux artistes originaires de Lille, Philémon et Arnaud Verley, le projet Pégase met en scène un âne chargé d’un bât photovoltaïque parcourant la campagne macédonienne.

Initiative insolite imaginée par deux artistes originaires de Lille, Philémon et Arnaud Verley, le projet Pégase met en scène un âne chargé d’un bât photovoltaïque parcourant la campagne macédonienne.

Cet âne high-tech, à mi-chemin entre installation renouvelable et dispositif artistique, explore la campagne de Macédoine depuis une dizaine de jours. Les deux panneaux solaires fixés sur son dos offrent la possibilité aux habitants de la région de brancher leurs appareils électriques les plus divers. Et c’est à proximité de Kavardaci, à une centaine de kilomètres au sud de Skopje (capitale du pays), que les deux lillois ont mis en place leur dispositif Pégase et entamé leurs tests.

« L’âne nous est prêté par un fermier, Angel, un gars enthousiaste, la soixantaine, bras tatoués à l’ancienne, hyperactif, il travaille ses lopins de terre dans les collines avoisinant Vatasa » ont indiqué au site rue89 les deux collaborateurs. « Tous les jours nous tentons d’aller un peu plus loin (…), il nous offre la lumière, la musique, nous chargeons nos appareils photographiques et ordinateurs. Au petit matin, Arnaud s’est rasé. Le dispositif est opérationnel » précisent-ils.

« Déjà, lors d’une de nos marches, nous avons coupé du bois à la scie sauteuse et offert à un jardinier de brancher directement sa tondeuse sur la monture : 1 000 watts, nous atteignons notre maximum. »

Projet tout d’abord vu comme une métaphore de l’hypermodernité, Philémon et Arnaud Verley se sont petit à petit rendu compte que Pégase présente aussi « une dimension réellement terre-à-terre et utilitariste » aux yeux des paysans de la région.

« Nous l’avons présenté à des bergers qui n’ont pas toujours le courant en montagne, et notre monture faisait figure de lumière » concluent-ils, en annonçant leur envie de se diriger vers la frontière grecque et « qui sait, de la franchir ».

La durée moyenne du travail est passée à 31h en 2010. En Allemagne, elle est de 29h ! Jean Gadrey Reporterre 2013/05/27 Jean Gadrey (27 mai 2013) La durée moyenne du travail est passée à 31h en 2010. En Allemagne, elle est de 29h !. Reporterre. fr

La durée moyenne du travail est passée à 31h en 2010. En Allemagne, elle est de 29h !

La durée hebdomadaire moyenne du travail par personne active est passée de 46h à 31h entre 1960 et 2010. En Allemagne, elle est de 29h !

On dispose de séries sur la durée moyenne annuelle du travail pour l’ensemble des personnes « en emploi », qu’on nomme aussi « population active occupée ». Mais la définition de la population active inclut aussi les chômeurs. Or on ne trouve pas de séries pour une variable certes abstraite mais qui a du sens, obtenue en divisant le volume total d’heures de travail annuelles dans l’économie par la population active. Le sens est le suivant : c’est tout simplement ce que serait la durée annuelle du travail si tous les « actifs » avaient un emploi et si tous avaient la même durée annuelle effective (« réelle ») du travail.

Une telle série peut être reconstituée, bien qu’avec de petites incertitudes (on a plusieurs sources sur la durée) et conventions (en particulier sur la mesure du chômage) qui affectent peu les ordres de grandeur et les tendances depuis cinquante ans. J’ai retenu à partir de 1970 la définition (restrictive) du BIT [Bureau international du travail] du chômage (et donc de la population active), qui sous-estime un peu la tendance à la baisse qui m’intéresse. Voici le graphique obtenu pour la durée annuelle moyenne tous emplois et tous “actifs” confondus :

Source : Durée moyenne annuelle pour les personnes en emploi : données du Groningen Growth Center development (GGDC), reprises par l’Insee. Série des taux de chômage au sens du BIT : Insee.

Pour une estimation de la durée hebdomadaire effective moyenne, j’ai retenu une convention qui tient compte de l’évolution du nombre de semaines de congés payés : 3 jusqu’en 1968, 4 jusqu’en 1982 et 5 ensuite. Pour tenir compte grossièrement des autres jours de « non travail effectif », j’ai divisé la durée annuelle par 47 semaines « d’équivalent semaine complète de travail effectif » en 1960, 46 semaines en 1970 et 1980, et 45 ensuite. Voici le résultat sous forme de graphique :

Pour ma part, j’interprète ces résultats ainsi : dans un contexte où la croissance ne reviendra pas vraiment, ou très peu, les politiques devraient tendre à réduire l’écart entre la durée légale et la durée moyenne réelle POUR L’ENSEMBLE DE LA POPULATION ACTIVE. C’est ce qu’on appelle le partage du travail, sous réserve qu’il vise la convergence des temps et non ce « partage » à l’envers qui voit les uns travailler beaucoup pendant que d’autres sont à temps partiel contraint ou au chômage.

L’Allemagne ! L’Allemagne !

Mais j’entends déjà le chœur des pleureuses, dirigé par Madame Parisot : Jean Gadrey, vos graphiques prouvent tout simplement que LES FRANCAIS NE TRAVAILLENT PAS ASSEZ ! C’est le grand obstacle à NOTRE COMPÉTITIVITÉ. Jamais nous ne pourrons être aussi compétitifs que les Allemands dans ces conditions !

Soit, parlons de l’Allemagne. Je n’ai pas sous la main, ni en ligne, de quoi reconstituer des séries longues analogues, ou alors il faudrait que j’allonge beaucoup mon temps de travail de blog. Mais pour les années récentes on a tout ce qu’il faut. Selon les données de l’OCDE et de l’UE reprises par P. Artus, la durée annuelle moyenne de travail des Allemands, salariés et non salariés, temps plein et temps partiel ensemble, était en 2009 inférieure d’environ 10 % à celle des Français.

Le taux de chômage était de 7,5 % contre 9 % en France. Il en résulte que la durée annuelle moyenne du travail effectif par actif était Outre-Rhin 7 % inférieure à son niveau en France, soit environ 29 HEURES PAR SEMAINE !

Même si on effectue le calcul sur toute une durée de vie au travail (la « durée effective tout au long de la vie »), les Allemands ne travaillent pas plus que les Français, bien que leur âge effectif moyen de départ à la retraite soit de 62,2 ans contre 60 ans en France (en 2009, selon Patrick Artus, Flash économie du 30 mai 2011).

On trouve aussi cette comparaison dans une étude de l’OFCE de 2012, très claire sur les difficultés méthodologiques et sur l’éventail des sources, question que je n’ai pas évoquée : « Combien de temps les Français travaillent-ils ? », par Éric Heyer, Mathieu Plane et Xavier Timbeau. Elle est accessible en ligne.

En raison de la fonte des glaces, la Russie doit évacuer une station polaire AFP Reporterre 2013/05/27 AFP (27 mai 2013) En raison de la fonte des glaces, la Russie doit évacuer une station polaire. Reporterre. fr

En raison de la fonte des glaces, la Russie doit évacuer une station polaire

La Russie va évacuer d’urgence sa station polaire installée sur la banquise du Pôle Nord, en raison de la fonte anormale des glaces, a annoncé jeudi 23 mai le ministère russe des Ressources naturelles et de l’Ecologie dans un communiqué.

Le ministre des Ressources naturelles et de l’Ecologie, Sergueï Donskoï, a ordonné d’« élaborer en trois jours un plan d’évacuation de la station polaire scientifique Severny Polious 40 » où se trouvent actuellement 16 personnes, indique le communiqué.

Cette décision s’explique par « un développement anormal de processus naturels dans le bassin arctique qui a abouti à la destruction des champs de glaces autour de la station », selon la même source.

« La glace se crevasse. Des fissures sont apparues sur la banquise », a précisé à l’AFP un porte-parole du ministère.

La destruction des glaces « menace non seulement la poursuite des activités de la station et la vie de son personnel, mais aussi l’environnement dans la zone de sa dérive, située non loin de la zone économique du Canada », souligne le communiqué.

L’éventuel recours à un brise-glace afin de déplacer la station sur la Terre du Nord, un archipel russe dans l’océan Arctique, doit notamment être étudié, ajoute-t-il.

Severny Polious 40, la quarantième station polaire russe déployée dans cette région depuis le début de la conquête de l’Arctique par l’URSS en 1937, a été ouverte en octobre 2012 afin notamment de surveiller l’environnement de l’océan Arctique et d’effectuer des observations météorologiques.

Début mai, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence spécialisée de l’ONU, s’est alarmée de la « fonte record des glaces de l’Arctique en août-septembre », dans son rapport annuel sur le climat 2012, publié à Genève.

L’OMM a en outre confirmé que l’année 2012 se classe parmi les dix années les plus chaudes jamais observées, depuis le début des relevés en 1850.

Le précédent record de fonte de la banquise datait de 2007.

Ainsi, la Russie a dû évacuer en 2008 les employés de sa station polaire Severny Polious 35, qui étaient à la dérive sur une banquise d’une superficie réduite à 300 mètres de large et 400 mètres de long. Au début de leur travail, la superficie totale de la banquise était de 15 km2, selon l’agence publique Ria-Novosti.

Energie : l’Europe obéit aux lobbys industriels Maxime Combes (Mediapart) Reporterre 2013/05/27 Maxime Combes (Mediapart) (27 mai 2013) Energie : l’Europe obéit aux lobbys industriels. Reporterre. Tribune — fr

Energie : l’Europe obéit aux lobbys industriels

L’événement est passé quasi inaperçu : lors du sommet européen, le 22 mai, les chefs d’Etat européens ont adopté une position sur l’énergie remisant le climat au second plan.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’UE viennent de balayer d’un revers de la main toute véritable politique climatique pour adouber les recommandations des lobbies industriels en matière énergétique. Un tournant. Sidérant

Comme nous le craignions, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’UE réunis le 22 mai se sont accordés sur une déclaration finale profondément régressive, tournant le dos à tous les engagements publics sur la lutte contre le changement climatique ou sur les promesses de transition énergétique.

Dorénavant, pour l’UE et ses pays membres, les défis énergétiques se limitent aux prix trop élevés de l’énergie, à la compétitivité industrielle, à l’achèvement du marché intérieur, aux infrastructures d’interconnexion des circuits de distribution et à la nécessité d’encourager le secteur privé pour financer et investir. Le climat, les économies d’énergie, les énergies renouvelables, sans parler de la sobriété énergétique, de la résilience des territoires ou du contrôle citoyen sur l’énergie, sont au mieux marginalisés, au pire ignorés et méprisés.

Ainsi, la déclaration finale ne fait référence qu’une seule fois aux politiques climatiques de l’Union européenne. C’est pour saluer le livre vert de la commission européenne sur les objectifs de 2030 qui est pourtant loin d’être satisfaisant (voir notre post à ce sujet).

Le terme « climat » est prononcé à une autre occasion. Dans le cadre du paragraphe portant sur les « investissements ». Il est alors mentionné que les « financements doivent principalement provenir des marchés » et qu’il faut pour cela disposer « d’un marché du carbone fonctionnel et d’un cadre prévisible sur les politiques climat et énergie post-2020, propice à la mobilisation des capitaux privés et permettant de faire baisser les coûts des investissements énergétiques ». Ayez confiance, le secteur privé et les marchés s’occupent de tout. Avec un marché carbone défaillant, inefficace et dangereux.

Tout le reste de la déclaration est à l’avenant. Priment les exigences économiques et financières à travers l’amélioration de la compétitivité coût de l’industrie européenne et ce, à n’importe quel prix. Si certaines formules ont été lissées par rapport au brouillon de déclaration révélé par la presse, l’orientation générale reste la même.

"La fin de l’hystérie sur le climat"

Holger Krahmer, eurodéputé libéral allemand (ADLE) a clairement indiqué la façon de lire cette déclaration : « Pour la première fois, l’augmentation des coûts de l’énergie et la baisse de compétitivité de l’économie européenne seront plus importantes que les ambitions bien évidemment inexécutables sur le changement climatique mondial ». Il a salué « la fin de l’hystérie sur le climat ».

Cette déclaration, qui engage l’exécutif français, évoque en bonne place « un recours plus systématique aux sources locales offshore et onshore d’énergie », ce qui renvoie explicitement aux perspectives d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, y compris de schiste, en Europe.

Pour adoucir la chose, il y est adossé une référence au « respect des choix de mix énergétique des Etats-membres ». Mais du point de vue de l’UE, point de salut sans gaz de schiste.

Sur ce sujet, comme sur d’autres, les exigences portées par le lobby industriel Business Europe ont pesé. L’ordre du jour et le contenu de ce sommet aurait largement été influencé par une lettre du président de Business Europe envoyée au premier ministre irlandais, qui occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.

Focalisée sur l’avantage en termes de coût de l’énergie dont disposerait l’industrie américaine à travers l’exploitation des gaz de schiste, cette lettre pointe les dangers que font courir les politiques climatiques et les programmes de soutien aux énergies renouvelables sur la compétitivité industrielle. Il semblerait que Business Europe ait été entendu.

Avec cette déclaration, le Conseil européen tourne clairement le dos à toute véritable politique de luttes contre les dérèglements climatiques. François Hollande, représentant de l’exécutif français au Conseil européen porte sa part de responsabilité. Affligeant, abject, exaspérant, consternant, les qualificatifs ne manquent pas.

Un million d’emplois par l’écologie, on y a toujours cru ! Reporterre Reporterre 2013/05/27 Reporterre (27 mai 2013) Un million d’emplois par l’écologie, on y a toujours cru !. Reporterre. Emploi et travail fr

Un million d’emplois par l’écologie, on y a toujours cru !

Un rapport important vient de paraître, en janvier 2017, sous le titre « Un million d’emplois pour le climat ». Une idée d’espoir pour changer le monde. A Reporterre, on y croit... depuis très longtemps.

« Un million d’emplois en l’an 2000 » : c’est ce que Reporterre, qui a existé sur papier, espérait déjà en... 1989 !

On a raconté ici l’histoire du journal, qui est devenu bien après le site de l’écologie, que vous êtes de plus en plus nombreux à consulter chaque jour.

Un site optimiste, qui relaie tous les alternatives, et qui croit fermement que l’on peut créer des emplois par l’écologie, un million, comme on vient d’en discuter à Cluny, 600 000 par l’agriculture, et plus de 600 000 par une nouvelle politique de l’énergie.

A bientôt...

A Quimper, des gobelets réutilisables à disposition des associations Quimper Communauté Reporterre 2013/05/28 Quimper Communauté (28 mai 2013) A Quimper, des gobelets réutilisables à disposition des associations. Reporterre. fr

A Quimper, des gobelets réutilisables à disposition des associations

Mieux gérer ses déchets, c’est en premier lieu éviter de les produire : Quimper Communauté poursuit les efforts entrepris dans la prévention des déchets et met à la disposition de toutes les associations du territoire (sportives, culturelles, associations de parents d’élèves…) 10 000 gobelets réutilisables.

Le stockage, le lavage et la gestion des prêts des gobelets sont assurés par un prestataire. Les associations intéressées peuvent prendre contact avec le service environnement de Quimper Communauté.

Un accompagnement sur le terrain ou simplement pour définir notamment le nombre de gobelets nécessaires leur sera proposé. Ce service est entièrement gratuit, seuls les gobelets non restitués seront facturés 1 €.

Gard : le pharaonique projet du Las Vegas français à 16 milliards d’euros Françoise Condotta (Midi Libre) Reporterre 2013/05/28 Françoise Condotta (Midi Libre) (28 mai 2013) Gard : le pharaonique projet du Las Vegas français à 16 milliards d’euros. Reporterre. fr

Gard : le pharaonique projet du Las Vegas français à 16 milliards d’euros

La Chambre de commerce et d’industrie de Nîmes travaille à l’idée d’un site touristique de 16 milliards d’euros. Droit du travail écorné et bétonnage des terres à prévoir...

« La seule chose que l’on ne pourra jamais délocaliser, c’est le tourisme », explique Jean-Louis Calini, le vice-président de la CCI de Nîmes, élu pilote de la future Frenchvallée, un grand projet à vocation touristique mondiale : 50 000 à 80 000 chambres d’hôtel, une trentaine de casinos géants et un parc du made in France, visant à attirer 30 millions de touristes.

Un projet fou, estimé à quelque 16 milliards d’euros, pour lequel le ministère de Redressement productif a manifesté son intérêt. Reste cependant à trouver des investisseurs.

Le « produit France » en vitrine

Renouant avec l’ambition des années 1970 qui virent, notamment, la création de Port-Camargue, la CCI de Nîmes a décidé d’impulser, sur son territoire, un projet pharaonique. Dans le but de répondre à la question cruciale de l’emploi, non délocalisable, en Languedoc-Roussillon. Pour la réalisation de ce projet, la CCI s’appuie sur les atouts français : culture, tourisme et cadre de vie.

« Il faut voir grand , quitte à être excessif ! », ajoute Jean-Louis Calini qui a imaginé un parc vitrine, une sorte de cité mettant en scène le « produit France » dans toute sa diversité : des quartiers représentants les différentes régions de France avec l’exposition des fleurons du patrimoine (la Tour Eiffel, le Mont Saint-Michel, le paquebot France, les châteaux, les arènes de Nîmes) et de la culture (mode, gastronomie).

Divertissements à souhait

Un deuxième parc sera dédié aux divertissements avec une trentaine d’hôtels-casinos, des salles de spectacles, des annexes des grands musées français (y compris un musée du jeans Denimes), des salles de conférence et d’exposition pour accueillir les plus grands événements mondiaux.

Déployée sur 700 hectares, s’appuyant sur les dernières technologies d’écoconstruction, cette Frenchvallée prévoit d’être autonome, tant en ce qui concerne la production d’énergies que la gestion des fluides et des déchets.

Des consultations mondiales

Actuellement, la CCI de Nîmes a engagé des négociations avec les plus grands casinotiers à travers le monde, avec les ministères de l’Intérieur, de l’Industrie, des Finances et de la Culture. Car pour passer du rêve à la réalité, il faudra plus que le nerf de la guerre puisqu’il sera indispensable de revoir une partie de la législation française.

L’Etat français poursuit les clowns qui soutenaient l’armée Rançaise BAC Reporterre 2013/05/28 BAC (28 mai 2013) L’Etat français poursuit les clowns qui soutenaient l’armée Rançaise. Reporterre. Armée fr

L’Etat français poursuit les clowns qui soutenaient l’armée Rançaise

La brigade activiste des clowns était venue aider les soldats qui paradent tous les jours dans la gare de Lyon, à Paris. Las ! Ils sont poursuivis pour « trouble de la tranquillité des voyageurs »

Procès Vichypirate

Lundi 3 juin a lieu le procès d’un clown de la BAC (Brigade Activiste des Clowns) pour « Trouble de la tranquillité de voyageurs ». Cette brigade de clowns était venue gare de Lyon « renforcer les troupes dans le cadre du plan vigipirate ». Les « forces de l’ordre » se sont alors vues dépassées par leurs collègues des « farces de l’ordre ». Exhumant un décret du régime de Vichy, la police a verbalisé sept clowns.

Il s’agissait pour eux « de maintenir un niveau de peur suffisant pour garantir sécurité et obéissance à l’injuste ordre établi ». Or ces activistes n’ont pas semblé avoir peur des mercenaires lourdement armés qui paradaient dans la gare. En effet, ils se sont joints à leur défilé en invitant chacun « à signaler tout bagage ou colis suspect » et à se suspecter les uns les autres.

Déçus par le manque de reconnaissance, alors qu’ils ont soigneusement relayé le message des autorités, les clowns ont contesté leurs infractions et demandé un procès.

« Ces atteintes à la dignité des forces d’occupation » pourraient ne pas être sanctionnées, puisque l’infraction se révèle sans objet. Le juge de proximité, quant à lui, risque d’être perplexe face aux pratiques douteuses d’oppression politique de la police.

De leur côté, les clowns affirment haut et fort leur intention de « continuer à défendre les excès du plan vigipirate ». Ils mettent en avant son coût exorbitant, sa réduction des libertés individuelles, le fichage généralisé « pour défendre les intérêts du marché et le système démocra-trique ! »

Pour questionner le rôle de l’armée Rançaise

Le procès à lieu lundi 3 juin 2013 à 13H30. Chambre 1 – Salle C -11 rue de Cambrai – Immeuble le Brabant – 75019 Paris

D’autres copains sont jugés le même jour pour avoir pic-niquer (chez Pinault) : voir ici.

Ours blanc Par Julien villalard Reporterre 2013/05/28 Par Julien villalard (28 mai 2013) Ours blanc. Reporterre. fr

Ours blanc

Craint et vénéré par les peuples chasseurs du Grand Nord, l’ours blanc fut le grand carnivore redouté des premiers explorateurs, avant d’être massacré pour sa fourrure jusqu’au seuil de la disparition.

Admirablement adapté aux régions de l’Arctique dont il est devenu le symbole, il peut nager plus de 300 km dans l’eau froide, s’empiffrer de 70 kg de viande en un seul repas et charger à 40 km/h... Ce carnivore plus grand que tigres ou lions est le seigneur incontesté de la banquise qui est son royaume.

Après des siècles de massacres, l’ours blanc doit aujourd’hui faire face à la pollution de plus en plus insidieuse provoquant cancers et dérèglements hormonaux. Par ailleurs la réduction catastrophique de la banquise et le réchauffement du climat font fondre son habitat naturel. En 2050 la population aura beaucoup diminué puis l’espèce sera confinée à quelques archipels arctiques.

Écrit par Christian Kempf qui a parcouru l’Arctique depuis plus de 40 ans et a guidé des milliers de touristes vers ce bout du monde, ce livre est un plaidoyer pour l’un des animaux les plus extraordinaires de notre planète. En quelques pages et images, vous ouvrirez aussi les portes du monde polaire.

- L’Ours blanc, Christian Kempf, Editions de l’Escargot savant, 120 pages, nombreuses photos, 12 €.

Des Grecs au Canada pour protester contre le projet de mines écologiquement destructrices Mining Watch Reporterre 2013/05/28 Mining Watch (28 mai 2013) Des Grecs au Canada pour protester contre le projet de mines écologiquement destructrices. Reporterre. fr

Des Grecs au Canada pour protester contre le projet de mines écologiquement destructrices

Une délégation du nord de la Grèce effectue une visite au Canada du 26 au 31 mai 2013, pour alerter les Canadiens au sujet de l’état actuel des projets miniers de la société Eldorado Gold de Vancouver à Skouriès et Perama Hill.

La délégation grecque est composée du maire d’Alexandroupoli, Vaggelis Lampakis, de Tolis Papageorgiou de Halkidiki et de Maria Kadoglou de l’organisme Hellenic Mining Watch.

« L’exploitation minière dans la région a toujours été modeste et souterraine, mais ces activités à petite-échelle ont malgré tout laissé un héritage de pollution », souligne Maria Kadoglou. « Nous parlons maintenant d’une intensification importante des activités minières, incompatible avec la taille de la péninsule de Halkidiki, qui n’est pas un désert, mais plutôt une région densément peuplée dotée d’un riche patrimoine naturel et d’une histoire culturelle exceptionnelle - qui en fait la troisième destination touristique en importance au pays ».

La délégation a pris la parole au nom des collectivités touchées à Thrace et Halkidiki, où l’opposition aux projets miniers est à son comble. Les délégués ont parlé du contexte explosif et du climat de violence entourant les projets, de même que de la corruption du processus démocratique à l’endroit même où Aristote est né.

Selon Mme Kadoglou, « [l]e gouvernement grec et la société Eldorado semblent croire qu’il est possible d’imposer un projet dont la majorité de la population ne veut pas, par la violence, la répression et des sanctions à l’endroit des protestataires. »

La délégation s’attarde aussi à la réputation de plus en plus mauvaise du Canada à l’étranger et a cité à cet égard l’intervention du gouvernement canadien en Grèce par l’entremise de l’ambassade du Canada, le financement consenti par Exportation et développement Canada et les investissements faits par les régimes publics de retraite.

Tout cela montre bien comment le Canada cherche à faire oublier des projets miniers destructeurs et conflictuels en brandissant des mesures soi-disant pour favoriser la « responsabilité sociale des entreprises ».

« Nous voulons que le gouvernement canadien arrête de faire la promotion de ces projets miniers catastrophiques auxquels s’opposent les collectivités locales de Halkidiki et de Thrace. Les citoyens grecs devraient pouvoir décider eux-mêmes de l’avenir auquel ils aspirent », d’ajouter Mme Kadoglou.

L’accord de libre-échange États-Unis/Europe menace l’environnement et l’alimentation Confédération paysanne Reporterre 2013/05/28 Confédération paysanne (28 mai 2013) L’accord de libre-échange États-Unis/Europe menace l’environnement et l’alimentation. Reporterre. Tribune — Économie fr

L’accord de libre-échange États-Unis/Europe menace l’environnement et l’alimentation

La Commission européenne a mandat pour négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Cela risque fort de conduire à des reculs sur les OGM, l’emploi des hormones dans l’alimentation, l’échange des semences ou la réglementation sur les pesticides.

Le Parlement européen a donné mandat, le 23 mai, à la Commission européenne pour négocier les accords de libre-échange Union Européenne/Etats-Unis. Au même moment, la Confédération paysanne, auditionnée par le groupe de travail inter-Commission de l’Assemblée nationale exprimait de fortes craintes quant aux conséquences de ce futur accord.

La pression des multinationales américaines derrière ce « partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement » n’est plus à démontrer. Si l’on y ajoute l’épouvantail de la récession qui a déjà touché la France et menace toute l’Europe, le mandat donné aux commissaires européens est de s’incliner devant les patrons des grandes firmes qui n’attendent qu’une brèche pour exporter leur malbouffe.

La boite de Pandore risque donc de s’ouvrir. Depuis 20 ans, la Confédération paysanne, avec la Via Campesina Europe et international, et de multiples partenaires de la société civile, a rejeté les cultures d’OGM, la confiscation des semences, l’importation de viandes bovines hormonées, le poulet désinfecté au chlore et les carcasses de viande bovine trempées dans l’acide lactique pour dissimuler la médiocrité sanitaire des abattoirs américains.

Le rejet de l’hormone laitière de Monsanto et le refus de produits animaux issus du clonage sont aussi à notre actif et ne doivent sous aucun prétexte être renégociés. Aucune justification ne peut être admise pour céder sur l’alimentation des Européens et sur le travail des paysans du continent.

Après toutes ces victoires, nous savions que la contre-attaque viendrait. La Confédération paysanne affirme, avec tous ceux qui ont aussi mené ces combats, que nous ne laisserons pas passer ces accords.

Nous sommes tous des bénis wifis Frédéric Wolff (Reporterre) Reporterre 2013/05/29 Frédéric Wolff (Reporterre) (29 mai 2013) Nous sommes tous des bénis wifis. Reporterre. Tribune — fr

Nous sommes tous des bénis wifis

"On est à cran sans nos écrans Sans notre i-phone on est aphones Quand ça vibre on est sur les dents Au garde à vous quand on nous sonne On veut chacun son chloroforme Son grill’pain à cramer l’cerveau Son droit à dev’nir spongiforme Ses neuronn’s qui font des grumeaux"

Après la papamobile, la téléphonie mobile s’empare du religieux. Les clochers de nos églises accueillent, ici et là, des flèches très smart pointées vers les cieux : les antennes-relais.

La messe est dite : chacun doit être joignable urbi et orbi, le père, le fils, le saint-esprit et tutti quanti. Quoi de plus normal, dans ces conditions, que les églises participent à cette transe collective ? Il faut être moderne, l’injonction ne souffre aucune exception.

Déjà que les fidèles se défilent, si en plus le sans-fil est excommunié des lieux saints, vous imaginez le drame ?

Seulement voilà, on commence avec une antenne au plus haut des édifices et allez savoir où l’on va s’arrêter. Bientôt le wifi dans la maison de Dieu le père, si ce n’est déjà fait ?

« Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, veuillez sortir vos tablettes de la loi, connectez-vous au Très-Haut débit… Et voici venue l’heure d’envoyer un message au seigneur. Je vous rappelle que, pour obtenir une réponse certifiée divine, un forfait « Eternel » est en vente libre à l’entrée de notre église… »

Le commerce des ondes bénites va-t-il fusionner avec le commerce des âmes ? On a connu les temps héroïques du sabre et du goupillon ; va-t-on assister à la sainte alliance du cash et du carillon ?

A quand le cyber-caté ? La messe virtuelle à domicile ? Les prières en langage texto ? Les confessions publiques sur les réseaux sociaux ?

Difficile d’échapper à la béatitude générale. La secte des adorateurs du sans-fil est partout. Le racket de ses adeptes fait des ravages, mais ce n’est pas là le pire, notez bien. Ce qui se trame dans l’ombre du malin est des plus inquiétants : un suicide collectif d’une ampleur inégalée. Elucubrations obscurantistes ?

Prenez la peine de lire les études scientifiques sur les dangers des ondes pulsées. C’est toute une génération de cacochymes pratiquants qui se profile et qui peut préparer son testament 3.0.. D’enfer, le numérique ! Après la foi, les foies…

Mais « chut », répètent en chœur les gourous officiels, en brandissant leurs dogmes comme d’autres des missels. De nouvelles études indépendantes doivent être menées par les industriels, ainsi qu’au bon vieux temps de l’amiante et du tabac. C’est l’esprit saint-glinglin !

« N’écoutez pas ces prophètes de malheur et leurs peurs irrationnelles. Dormez tranquilles sous nos antennes et récitez chaque soir votre catéchisme de la croissance économique. » Ainsi s’expriment la sacro-sainte industrie et son clergé ministériel parlementeur.

Et nous, dans tout ça ? Serions-nous des bénis wifi ?

On a inventé le silex

A fair’ les croquett’s de mammouth

Les signaux d’fumée les télex

Les pistes de neige au mois d’août

On a trimé du ciboulot

Pour se formater l’bourrichon

De poudre à laver les cerveaux

De puc’s à fliquer les moutons

Mais il manquait un nom

A la galerie d’l’évolution

Les bénis-wifi les bénis-wifi

On est à cran sans nos écrans

Sans notre i-phone on est aphones

Quand ça vibre on est sur les dents

Au garde à vous quand on nous sonne

On veut chacun son chloroforme

Son grill’pain à cramer l’cerveau

Son droit à dev’nir spongiforme

Ses neuronn’s qui font des grumeaux

Chacun dans notr’ boui-boui

Espère un jour finir méchoui

De béni-wifi de béni-wifi

Heureus’ment y’a les gens d’là-haut

Pour veiller à notr’ bonn’ santé

Les vendeurs de merde à gogos

Les malfaiteurs d’l’humanité

On bénit dans les ministères

Les ratatineurs de cervelles

On décor’ le mond’ des affaires

Les chefs du crime industriel

Viv’ les baratineurs

La défonc’ des consommateurs

Des bénis-wifi des bénis-wifi

Faut qu’on s’adapte on n’a pas l’choix

Ba voui c’est la loi du marché

Et pis si c’est bon pour l’emploi

Ça vaut l’coup de s’ratatiner

Ainsi va l’mond’ ma pauv’ madame

Faut bien qu’on viv’ avec not’ temps

Y’a pas d’quoi en fair’ tout un drame

Ni d’gueuler à contre-courant

Bienv’nue dans l’four à micro-ondes

Dans le plus parfait des i-mondes

Pour bénis wifi pour bénis wifi

Depuis qu’y a l’wifi dans l’métro

Tout l’monde a retrouvé l’bonheur

Y a qu’à voir nos tronch’s de mégot

De cobay’s en apesanteur

Vous allez voir qu’un jour pardi

On va brancher nos macchabées

Sur les ond’s du Très Haut débit

Gogol-phon’s de la tête aux pieds

Réservez dès maint’nant

Vot’ caveau prévu sang pour sang

Pour béni-wifi pour béni-wifi

Envie de paysans ! Par Julien villalard Reporterre 2013/05/29 Par Julien villalard (29 mai 2013) Envie de paysans !. Reporterre. fr

Envie de paysans !

Une FERME A PARIS pour le lancement de la campagne « ENVIE DE PAYSANS »

La réforme de la Politique agricole commune va bientôt être validée par le trilogue au niveau communautaire. Nous allons donc rentrer dans la phase de discussion pour son application en France. Il est donc encore possible de faire en sorte que cette PAC soit une véritable réponse aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels font face les paysans. Cela ne peut se faire qu’avec le soutien des citoyens.

La Confédération paysanne lance donc « Envie de paysans », une année de campagne qui sera l’occasion de faire se rencontrer paysans et citoyens pour échanger et inventer ensemble une vraie relation entre producteurs et consommateurs et réclamer une politique agricole et alimentaire ambitieuse.

Voir le programme des 2 jours.

Quand Vinci s’interroge sur « l’acceptabilité » La Lettre à Lulu Reporterre 2013/05/29 La Lettre à Lulu (29 mai 2013) Quand Vinci s’interroge sur « l’acceptabilité ». Reporterre. fr

Quand Vinci s’interroge sur « l’acceptabilité »

L’acceptabilité, ça s’impose Vinci travaille sur les outils de séduction pour faire passer ses projets.

On peut se marrer en piochant dans la littérature de « La Fabrique de la Cité », un think tank créé en 2008 par Vinci. Cet édito de Remi Dorval, son président*, est collé en préambule d’un rapport intitulé De l’acceptabilité à l’adhésion, synthèse du séminaire international annuel de La Fabrique-machin, tenu du 29 au 31 août 2012 à Amsterdam.

Surtout, ne jamais penser à Notre Dame-des-Landes en lisant ça : « Comment dépasser les oppositions multiformes qui s’élèvent régulièrement contre la construction des grands équipements urbains ? Comment susciter l’adhésion nécessaire à la mise en œuvre d’infrastructures décidées au nom de la rénovation urbaine, de la promotion du lien social ou de la dynamisation économique d’un territoire ? ».

C’est vrai, ça : comment ? Mais attendez, ce n’est pas tout : « Comment évaluer les divers coûts induits par la recherche de l’adhésion des citoyens (retards de construction, modifications des plans initiaux, campagnes d’information et de communication, etc) ? Comment enfin dépasser les oppositions locales et régler les conflits qui apparaissent inévitablement dans le processus de construction urbaine ? ».

Comme si cette « Fabrique de la cité » ouvrait un département fabrique du consentement, histoire de transformer la résistance à une adhésion, un accord qu’on renommera « demande »,enfin parfaitement adaptée à l’offre.

L’étude conclut que « les investissements permettant de susciter l’adhésion représentent une dépense assurancielle face à un risque de non-adhésion qui pourra bloquer la réalisation de l’équipement et engendrer des coûts bien plus élevés ». Dans le bocage nantais, y aurait comme un hic.

Remi Dorval dit le fond de la pensée : « la légitimité démocratique ou la maîtrise de l’expertise ne suffisent plus pour imposer des décisions engageant l’avenir d’un territoire ». Ces braves dirigeants de Vinci rêvent donc de décisions à imposer. Une décision soumise à impôt, ça rapporte combien en recettes fiscales ?

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* Ce n’est pas son vrai métier, ce Dorval est d’ordinaire directeur délégué de la recherche et développement de Vinci pour l’Europe.

Ecole maraichère et table d’hôte avec les légumes du jardin en permaculture Par Julien villalard Reporterre 2013/05/29 Par Julien villalard (29 mai 2013) Ecole maraichère et table d’hôte avec les légumes du jardin en permaculture. Reporterre. fr

Ecole maraichère et table d’hôte avec les légumes du jardin en permaculture

Cécile et Benoît vivent à Martillac, une petite ville aux environs de Bordeaux. C’est au milieu des vignes d’un grand vin qu’ils ont construit leur maison, toute de matériaux nobles et naturels.

Depuis 4 ans, Cécile cultive avec passion et beaucoup de talent un petit coin de verdure à l’arrière de leur maison. Ce qui n’était qu’un carré d’herbe s’est transformé en un magnifique et luxuriant potager orné d’arbres fruitiers, de buissons à baies et de fleurs gourmandes. « Il y a 4 ans, j’ai fait un stage, un peu par hasard, chez Kokoppeli . J’y ai découvert la permaculture et l’utilisation des micro-organismes. De retour chez moi, j’ai tout de suite commandé le matériel pour me mettre à l’œuvre » raconte Cécile. Les poules pondeuses déjà présentes pour leurs bons œufs, sont venues fertiliser la terre de leurs déjections. Cécile s’est documentée pour mettre en place un compost efficace pour enrichir son sol (à tendance sableuse, dans cette région) : « J’ai aussi fait un stage dans une association locale pour apprendre l’utilisation des toilettes sèches. Nous en avons une dans le jardin et une dans la maison, aucun problème d’odeur car nous avons bien pensé notre système ! » Un sol riche et vivant est la base d’un jardin en bonne santé, la démonstration est ici flagrante, puisque Cécile récolte jusqu’à 10 kilos de tomates par pieds !

L’espace est agencé selon les principes de la permaculature, ces techniques efficaces et de bon sens permettent de produire une grande quantité de légumes et de fruits sur une surface relativement petite et avec un minimum de travail (environ 5 heures par semaine). « Mon grand luxe et plaisir, c’est savoir que les produits que je cuisine ont été cueillis dans mon potager quelques heure avant de les déguster. Cet été nous n’avons mangé que des légumes du jardin et j’ai même fait des bocaux de fruits pour cet hiver ».

Il y a quelques mois, Cécile à participé à un stage aux Amanins, pour s’initier à la création d’un éco-projet autour de ses deux activités : la cuisine et le jardinage. LAbelleBio est née quelques semaines plus tard : elle invite des personnes qui désirent apprendre la cuisine bio, végétarienne et sans gluten à venir chez elle pour préparer de bons petit plats. Elle présente les ingrédients bios (et parfois un peu exotiques pour les non initiés) qu’elle utilise quotidiennement : les céréales, légumineuses diverses, le tofu, le seitan, les algues… Bien entendu, la plupart des légumes que les « élèves » cuisinent proviennent du jardin ! « On transmet quelque chose, les gens qui viennent à LAbelleBio voient le jardin, le plaisir que cela procure de l’entretenir, ils apprennent à cuisiner des choses simples et bonnes et de voir l’exemple concret leur donne envie de faire la même chose. J’adore quand les gens m’appellent quelques temps après pour me dire qu’ils ont tout chamboulé dans leur jardin ou leur cuisine ! » LaBelleBio organise également des cours de jardinage et plus particulièrement sur l’utilisation des micro-organismes (EM).

L’été dernier, Cécile a installé une ruche dans son jardin. Cet aménagement permet de « booster » toute la pollinisation, de récolter du bon miel et de faire un acte écologique en offrant à ses abeilles de saines fleurs à butiner. « Les abeilles sont fascinantes et très attachantes. Les voir butiner de fleur en fleur, travailler, organiser leur ruche est passionnant. J’ai parfois l’impression qu’elles me reconnaissent à voir la manière dont elles volent… ».

Depuis quelques mois, s’ajoute à toutes les activités de LaBelleBio la possibilité de diner en tables d’hôtes. Un soir par mois, Cécile cuisine pour ses convives un délicieux repas végétarien et sans gluten. L’occasion pour certains de découvrir cette cuisine, loin d’être monotone comme le pensent nombre d’amateurs de viandes. L’ambiance des repas est excellente, ce ne sont pas les sujets de discussions qui manquent et Cécile parle bien volontiers des plaisirs que lui procure son jardin, les ateliers cuisine et ses ruches. « J’ai toujours mené les choses ’au flair’. Je suis contente d’avoir expérimenté les choses dans l’ordre : le jardin, la cuisine, c’est un couple qui marche ! Ce n’est pas bien compliqué, tout le monde peut le faire et c’est vraiment très plaisant de manger ce que l’on cultive. Nous avons réussi et nous ne sommes pas des hurluberlus, nous sommes des gens comme tout le monde ».

Le Parti de Gauche partisan d’un référendum plutôt que d’un débat sur les déchets radioactifs Corinne Morel Darleux et Daniel Monnier (Parti de Gauche) Reporterre 2013/05/29 Corinne Morel Darleux et Daniel Monnier (Parti de Gauche) (29 mai 2013) Le Parti de Gauche partisan d’un référendum plutôt que d’un débat sur les déchets radioactifs. Reporterre. Déchets nucléaires fr

Le Parti de Gauche partisan d’un référendum plutôt que d’un débat sur les déchets radioactifs

Le débat public sur CiGéo (Centre industriel de stockage Géologique national à Bure, Meuse) qui se tient du 15 mai au 31 octobre 2013 est l’occasion pour le Parti de Gauche d’affirmer son refus de l’enfouissement comme option de « gestion » des déchets radioactifs moyenne et haute activité à vie longue, à Bure comme ailleurs.

Tout d’abord, le Parti de Gauche met en doute la crédibilité démocratique du débat public lancé sur CiGéo. Parce que les conclusions du précédent débat public de 2006, auquel les citoyen-ne-s et associations avaient activement participé, ont été bafouées par le Parlement, le PG est solidaire de ces mêmes citoyen-ne-s et associations qui remettent en cause l’actuel débat.

En effet, quelle capacité les participant-e-s peuvent avoir de remettre en cause la décision même d’enfouir quand Delphine Batho, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, affirme en amont du débat, lors de sa visite à Bure le 4 février dernier, que la décision d’enfouir prise en 2006 par le Parlement est la bonne et ne sera pas révisée ?! Curieuse conception de la consultation démocratique que de laisser au bon peuple la couleur des fûts de déchets comme seul choix !

Après un examen approfondi des différentes options, le PG fait au contraire le choix de l’entreposage en surface ou sub-surface pour quatre raisons au moins : 1) les garanties apportées par l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) sur l’enfouissement ne sont pas suffisantes sur la maîtrise de risques complexes, cumulatifs et persistants sur des milliers d’années.

2) Le coût prévisionnel de l’enfouissement de 35 milliards d’euros serait mieux utilisé dans la consolidation de l’entreposage en surface déjà en fonction.

3) Surtout, seul l’entreposage en surface ou sub-surface garantit une réelle réversibilité, c’est-à-dire la possibilité de reprendre les matières radioactives pour raisons de sécurité ou pour un traitement sur lequel des fonds pour la recherche publique doivent être massivement réorientés.

4) Enfin, nous avons tout lieu de croire que le potentiel géothermique du site retenu justifierait un autre usage du sous-sol.

Enfin, le Parti de Gauche reprend à son compte l’adage selon lequel le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. C’est pourquoi le PG appelle à sortir du nucléaire par la planification écologique, en investissant conjointement dans la baisse de la consommation d’électricité et l’augmentation de la part d’électricité produite par les énergies renouvelables.

Prenant le contre pied de la gestion jusqu’alors opaque et élitiste de l’énergie nucléaire, le PG propose avec le Front de Gauche de soumettre les choix de politique énergétique nationale à un réel débat public tranché par un référendum.

Roumanie : des milliers de personnes ont manifesté contre les gaz de schiste AFP Reporterre 2013/05/29 AFP (29 mai 2013) Roumanie : des milliers de personnes ont manifesté contre les gaz de schiste. Reporterre. fr

Roumanie : des milliers de personnes ont manifesté contre les gaz de schiste

Barlad (Roumanie) - Des milliers de personnes ont manifesté lundi 27 mai contre l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste à Barlad, une zone de l’est de la Roumanie où la compagnie américaine Chevron dispose de concessions, a constaté une journaliste de l’AFP.

La manifestation a réuni quelques milliers de personnes, a indiqué la gendarmerie.

Non à l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, no fracking (non à la fracturation hydraulique, ndlr), Chevron go home pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants venus de Barlad et des villages environnants.

Chevron dispose d’une concession de 600.000 hectares dans cette région rurale et compte commencer l’exploration dans les mois qui viennent.

« Je suis venue manifester contre l’exploration des gaz de schiste car je veux que mes enfants grandissent en sécurité et puissent boire de l’eau propre, sans pollution », a expliqué une manifestante, Alina Secrie, assistante médicale de 39 ans.

« Nous ne voulons pas que la nappe phréatique soit polluée », a-t-elle ajouté, en faisant référence aux risques de pollution causés par la fracturation hydraulique, méthode d’extraction des gaz de schiste très controversée.

Selon les défenseurs de l’environnement, cette technique qui consiste à injecter à haute pression dans la roche d’énormes quantités d’eau additionnées de sable et d’additifs chimiques pour libérer les gaz, peut polluer les nappes phréatiques, fragiliser les sols, voire favoriser les tremblements de terre.

« Notre région vit de l’agriculture, si les animaux boivent de l’eau polluée ce sera la mort pour l’agriculture », a de son côté déclaré Constantin, un hydrologue qui a préféré taire son nom de famille par peur de perdre son emploi.

Les manifestants ont longuement conspué le gouvernement de centre-gauche du Premier ministre Victor Ponta accusé d’avoir trahi en défendant aujourd’hui l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste après l’avoir vivement décriée lorsqu’il était dans l’opposition en 2012.

La Roumanie a fait partie des pays qui ont défendu l’exploitation des gaz de schiste lors du dernier conseil européen aux côtés de la Grande-Bretagne, de la Pologne ou de l’Espagne.

« Nous transmettons un message très clair au gouvernement Ponta : les gens de cette région ne veulent ni exploration ni exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique », a déclaré Violeta Cozan, une des organisatrices.

Les manifestants ont réclamé la démission de la ministre de l’Environnement Rovana Plumb accusée de minimiser les risques de l’exploration.

« Aujourd’hui un pays comme la France qui a interdit l’exploration et l’exploitation est un exemple pour nous », a estimé de son côté Lulu Fînaru, une notaire de Barlad qui fait partie du Groupe d’initiative de la société civile à l’origine de la mobilisation.

En Europe, la France et la Bulgarie ont interdit la fracturation hydraulique, seule technique disponible à ce jour pour extraire les gaz de schiste.

De l’électricité produite par.... une aile éolienne volante Enerzine Reporterre 2013/05/30 Enerzine (30 mai 2013) De l’électricité produite par.... une aile éolienne volante. Reporterre. fr

De l’électricité produite par.... une aile éolienne volante

La dernière acquisition en date du géant de l’internet Google, s’appelle Makani Power*, une compagnie américaine créée en 2006 qui conçoit des éoliennes aéroportées.

Le principe repose sur une aile volante qui réalise de larges cercles concentriques dans le ciel, là où le vent est le plus fort et le plus efficace, tandis que les turbines éoliennes intégrées produisent de l’énergie.

Selon le descriptif présenté, l’engin élimine 90% des matériaux utilisés dans les éoliennes conventionnelles, et peut accéder à des vents situés à des altitudes beaucoup plus élevées (250 à 600 mètres). L’ambition affichée par Makani Power reste à ce jour le déploiement d’éoliennes aéroportées au large des côtes et plus exactement, au-dessus des ressources - en vent - encore largement inexploitées.

En 2010, Makani recevait une subvention d’une des branches du département américain de l’énergie** afin de concevoir et de tester un prototype d’aile éolienne (Wing 7) à grande échelle, d’une puissance de 20 kW.

Pesant à peine 60 kilos, pour une longueur de moins de 9 mètres, le Wing 7 a décollé verticalement avec ses turbines intégrées pour la première fois en septembre 2011. Totalement autonome, il a effectué de nombreux virages et cercles plongeants. Les turbines ont généré de l’électricité qui a été transmise directement à la terre via le cable transporteur.

La technologie inventée par Makani Power sera transférée chez Google X, une unité spécifique dans laquelle le spécialiste des moteurs de recherche sur internet développe des projets futuristes comme le désormais célèbre Google Glass.

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* Depuis 2006, Google a déjà investi 15 millions de dollars dans Makani Power.

** ARPA-E : Advanced Research Projects Agency - Energy

Six outils pour faire vivre les biens communs Pablo Servigne Reporterre 2013/05/30 Pablo Servigne (30 mai 2013) Six outils pour faire vivre les biens communs. Reporterre. Tribune — Biens communs fr

Six outils pour faire vivre les biens communs

Le concept de bien commun a l’air évident : est commun ce qui appartient à tous. Mais en réalité, il est loin d’être simple car il heurte nos plus profondes convictions. Qu’est-ce qu’« appartenir » ? Qui est « tous » ? Finalement qu’est-ce que le « commun » ? Voici les moyens de franchir six obstacles mentaux à l’entrée dans l’univers des biens communs.

Le concept de bien commun a pris une place importante dans le champ médiatique depuis l’attribution en 2009 du prix (de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred) Nobel à la politologue étasunienne Elinor Ostrom.

Cette dernière a produit une oeuvre scientifique immense démontrant magistralement que de nombreux biens communs (des ressources naturelles et des ressources culturelles) peuvent être bien gérées localement par des communautés très diverses qui se fabriquent des normes ad hoc pour éviter l’effondrement de leurs ressources (autrement appelé « la tragédie des biens communs »).

Ostrom montre qu’il n’y a pas de recette toute faite, mais qu’il y a bien des principes de base récurrents [1]. C’est une véritable théorie de l’auto-organisation. Elle montre surtout que la voie de la privatisation totale des ressources gérées par le marché ne fonctionne pas et, plus gênant, elle montre que les cas où la ressource est gérée par une institution centralisée unique (souvent l’Etat) mènent aussi à des désastres. Cela ne veut pas dire que le marché ou l’Etat n’ont pas de rôle à jouer dans les biens communs.

Elle invite à se rendre compte des limites de ces deux approches, et à plonger dans le cas par cas, le local, les conflits, les aspérités du terrain, et l’insondable complexité des institutions et des comportements humains (par opposition aux équations et aux théories). Ce qu’il faut à tout prix éviter, c’est le simplisme, la solution unique et le prêt-à-penser.

Tentons d’entrer dans la matière à reculons. L’idée de faire une liste d’obstacles est venue bien tard, suite à de nombreuses discussions, ateliers, débats et conférences. Lâcher le terme de bien commun dans une salle fait l’effet d’une petite bombe... qui explose différemment dans la tête de chaque personne. On se retrouve systématiquement avec un débat en kaléidoscope où la seule manière de démêler les incompréhensions est d’aller voir au plus profond de nos croyances et de nos imaginaires politiques.

On se situe donc bien sur le terrain de l’imaginaire, ou de l’épistémè [2] dirait le philosophe, avec toute la subjectivité que cela implique. J’ai recensé six « obstacles » que je trouve récurrents et importants, mais ils ne sont pas classés suivant un quelconque ordre et sont loin d’être exhaustifs. Le travail d’investigation pourrait aisément continuer.

Obstacle 1 : on ne les voit pas

Comment se battre pour quelque chose dont on ignore l’existence ? L’économie dans laquelle nous avons été éduqués est celle de la rareté. Tout ce qui est rare a de la valeur. On apprend donc à prendre soin de ces ressources rares et on se désintéresse de tout ce qui est abondant. L’abondance est une évidence, puis disparaît de notre champ de vision.

On ne voit plus l’air que l’on respire. On ne voit (presque) plus l’eau, puisqu’elle tombe du ciel abondamment. On ne voit plus le silence car personne n’en parle. On ne voit plus les langues, les chiffres, les fêtes traditionnelles, le jazz, la possibilité d’observer un paysage, la sécurité, la confiance, la biodiversité ou même internet. Nous n’avons pas été éduqués à les voir, et encore moins à les « gérer ».

Les trois affluents du fleuve des biens communs. Illustration d’après Peter Barnes [3]

Tout l’enjeu du mouvement des biens communs est donc d’abord de les rendre visibles ; de leur donner, non pas un prix, mais de la valeur à nos yeux. Montrer leur utilité, leur existence, leur fragilité et surtout notre dépendance à leur égard. Rendre visible implique d’avoir aussi un langage commun, savoir désigner les choses.

La question de la définition des biens communs est bien évidemment cruciale, mais elle passe d’abord par un tour d’horizon des cas concrets, et par un émerveillement. Les communs pourraient être une fête permanente. C’est une première étape à faire ensemble, avant toute discussion théorique.

Obstacle 2 : le marché tout puissant

Bien sûr, certaines ressources abondantes deviennent rares. On pense aux poissons, à certaines forêts, à l’air pur, à des animaux ou des plantes, à l’eau propre... On utilise alors deux types d’outils pour les « sauver » : le droit et l’économie. En général, la main gauche utilise les lois et la protection juridique, alors que la main droite leur colle un prix, les fait marchandises et utilise volontiers le marché pour réguler les stocks et les flux. Ce sont les mains gauche et droite d’une doctrine de philosophie politique appelée libéralisme et dans laquelle nous baignons depuis plus de deux siècles.

Le problème est que la main droite a pris le pouvoir durant ces dernières décennies et impose ses méthodes. La vague néolibérale des années 80 n’a pas fini de privatiser tous les domaines de la société et de la vie. Cette attaque frontale aux biens communs se passe généralement de manière silencieuse à cause justement de leur invisibilité. Sauf dans certains cas trop scandaleux (l’eau en Bolivie, les gènes dans les laboratoires pharmaceutiques, etc.) où une partie de l’opinion publique réagit ponctuellement (on pense à toutes les luttes autour de l’AMI [4] menées entre autres par l’association ATTAC dans les années 2000).

L’idéologie du marché débridé est corrosive pour les biens communs. Malheureusement, elle est bien implantée dans l’imaginaire collectif de nos sociétés, et en particulier dans la tête des élites financière, politique et médiatique, qui imposent leurs méthodes au reste du monde et contribuent à maintenir invisible les biens communs... jusqu’à ce qu’ils soient privatisés et rentables pour l’actionnaire !

Obstacle 3 : le réflexe de l’Etat

Face à cette colonisation massive et inexorable, les personnes indignées se tournent le plus souvent vers la figure de l’Etat. Un Etat protecteur et régulateur, garant de la chose publique (la res publica). Publique ? Mais ne parlait-on pas de commun ?

C’est bien là le problème. Car le public est différent du commun. La chose publique appartient et/ou est gérée par l’Etat : c’est le cas de la sécurité sociale, des infrastructures routières, de l’école, du système de santé, etc. Mais réfléchissez bien : l’Etat gère-t-il l’air, la mer, le climat, le silence, la musique, la confiance, les langues ou la biodiversité ? Oui et non. Il essaie parfois de manière partielle, tant bien que mal, face aux assauts des biens privés. Mais selon le nouveau courant de pensée des biens communs, il n’a pas vraiment vocation à le faire. En tout cas pas tout seul.

Il y a plus de 1500 ans, déjà, le Codex Justinianum de l’Empire romain proposait quatre types de propriété : « Les res nullius sont les objets sans propriétaire, dont tout le monde peut donc user à volonté. Les res privatae, par contre, réunissent les choses dont des individus ou des familles se trouvent en possession. Par le terme res publicae, on désigne toutes les choses érigées par l’Etat pour un usage public, comme les rues ou les bâtiments officiels. Les res communes comprennent les choses de la nature qui appartiennent en commun à tout le monde, comme l’air, les cours d’eau et la mer. » [5] Ainsi classées, les choses prennent une toute autre tournure !

Le problème vient du fait que les pratiques de gestion des biens communs ont disparu au fil des siècles (par un phénomène appelé les enclosures [6]) et que ce vide tente d’être comblé tant bien que mal par la seule institution qui nous reste et que nous considérons comme légitime, l’Etat.

Or, non seulement il est totalement inefficace dans certains cas (le climat par exemple), mais comme l’a observé Elinor Ostrom, une organisation centralisatrice et hiérarchique est loin d’être le meilleur outil pour gérer des systèmes complexes (ce que sont les biens communs), et il peut faire beaucoup de dégâts.

De plus, à notre époque, les Etats entretiennent des rapports de soumission aux marchés. « Dans bien des cas, les véritables ennemis [des biens communs] sont justement ces Etats qui devraient en être les gardiens fidèles. Ainsi l’expropriation des biens communs en faveur des intérêts privés — des multinationales, par exemple — est-elle souvent le fait de gouvernements placés dans une dépendance croissante (et donc en position de faiblesse) à l’égard des entreprises qui leur dictent des politiques de privatisation, de ’consommation’ du territoire et d’exploitation. Les situations grecque et irlandaise sont de ce point de vue particulièrement emblématiques. » [7]

Nous aurons bien sûr toujours besoin de l’instrument public, il n’est nullement question de l’ignorer ou de le remplacer, mais de l’utiliser pour enrichir les biens communs et leur gestion communautaire. L’enjeu est de recréer ces espaces et ces collectifs propices à la gestion des communs, et de construire des interactions bénéfiques entre commun et public. L’Etat comme garant du bien public et comme pépinière des biens communs.

Une vision en trois pôles est définitivement née : privé, public, commun.

Obstacle 4 : la peur du goulag

Bien plus facile à expliquer, mais bien plus tenace, il y a cette tendance chez beaucoup de personnes à considérer toute tentative d’organisation collective comme une pente (forcément glissante) vers le communisme, puis le goulag. Dans les discussions, il arrive que l’on passe rapidement un point Godwin « de gauche » [8].

L’imaginaire de la guerre froide est encore tenace, et le communisme a mauvaise réputation (à juste titre d’ailleurs). Mais il est abusivement assimilé à l’unique expérience soviétique. Or, l’important est de se rendre compte, comme invite à le faire Noam Chomsky, que l’expérience soviétique a été la plus grande entreprise de destruction du socialisme de l’histoire humaine [9]. Ça libère ! Penser et gérer les communs n’est pas synonyme de goulag, bien au contraire.

Obstacle 5 : « l’être humain est par nature égoïste »

Il est une autre croyance bien tenace et profondément ancrée dans nos esprits, celle d’un être humain naturellement égoïste et agressif. Cette croyance s’est répandue après les interminables guerres de religions que l’Europe a subie au Moyen-Age.

Las de ces conflits, les philosophes politiques de l’époque (dont Hobbes) ont alors inventé un cadre politique à l’éthique minimale qui pourrait servir à organiser les sociétés humaines. Un cadre le plus neutre possible qui permette de cohabiter sans s’entre-tuer : le libéralisme était né.

Cette doctrine s’est donc constituée sur cette double croyance que seul l’Etat pouvait nous permettre de sortir collectivement de notre état de bestialité agressive, baveuse et sanglante ; et que seul le marché (neutre et protégé par l’Etat) pouvait nous permettre de satisfaire les besoins de tous en favorisant nos instincts naturellement égoïstes [10].

Nous savons aujourd’hui que ces croyances ne sont pas basées sur des faits. L’être humain possède bien évidemment des instincts égoïstes, mais également coopératifs, voire altruistes. Il développe très tôt dans l’enfance et tout au long de sa vie des capacités à coopérer avec des inconnu-es, à faire confiance spontanément, à aider au péril de sa vie, à favoriser les comportements égalitaires, à rejeter les injustices, à punir les tricheurs, à récompenser les coopérateurs, etc.

Tous ces comportements ont été découverts par des expériences et des observations simultanément dans les champs de l’économie, la psychologie, la sociologie, la biologie, l’éthologie, l’anthropologie, et les sciences politiques.

En économie, par exemple, presque tous les modèles sont basés sur l’hypothèse d’un humain calculateur, égoïste et rationnel, l’Homo oeconomicus. Or, sur le terrain, les recherches anthropologiques se sont avérées infructueuses : il n’existe pas. Les peuples, partout dans le monde, coopèrent bien plus que ne le prédisent les modèles économiques. Les faits et les observations accumulées depuis plusieurs décennies sont peu connues mais incontestables [11].

Nous avons désormais les moyens de savoir que l’humain est l’espèce la plus coopérative du monde vivant, mais ... disposons-nous des moyens d’y croire ? Ce sera pourtant la condition nécessaire (mais pas suffisante) à la construction d’une nouvelle épistémè favorable à l’auto-organisation, la création et la préservation des biens communs.

Obstacle 6 : se reposer sur les institutions

Il est inutile d’insister sur le fait que l’école ne nous enseigne pas à cultiver l’esprit démocratique et nous maintient dans une état d’inculture politique grave. L’école n’est pas la seule fautive, presque toutes les institutions publiques et privées que nous côtoyons tout au long de notre vie ne stimulent guère notre imagination politique.

En fait, quand il s’agit de s’organiser, nous avons tendance à nous reposer sur des institutions déjà en place (gouvernement, lois, cours de justice, commissariat de police, etc.) dont les règles sont (presque) incontournables. Ces institutions existent en tant qu’entités indépendantes de nous-mêmes, elles nous surplombent et imposent des normes sociales difficilement discutables par le citoyen lambda, et dont seule une minorité tente de les faire évoluer.

La facilité incite à « se laisser vivre » passivement sous leur tutelle, sans trop les discuter, en étant certains qu’elles nous survivront. Nous avons pris l’habitude de nous reposer sur les institutions existantes, à les considérer comme stables et acquises d’avance.

Pour les biens communs, c’est précisément l’inverse. Il nous faudra sortir de cette facilité. Leur gestion est une affaire d’effort démocratique et de citoyens émancipés et actifs. Les biens communs sont des pratiques qui naissent de la confrontation d’une communauté avec des problèmes locaux et particuliers.

Les « parties prenantes » (les différents acteurs concernés) doivent se forger eux-mêmes des normes (récompenses, quotas, sanctions, etc.) dans un processus créatif et sans cesse renouvelé. La gestion des biens communs ne se décrète pas, elle se pratique. Ce n’est pas un statut, c’est un processus dynamique.

Si les acteurs arrêtent de « pratiquer leur bien commun », alors il s’éteint, car il n’y a pas (ou peu) d’institution qui le soutienne. Les anglais ont inventé un verbe pour cela, commoning. C’est en marchant que le bien commun se crée, il suffit de s’arrêter pour qu’il disparaisse. Cela nécessite un engagement et un devoir constant.

Mais comme disait Thucydide [12], « il faut choisir : se reposer ou être libre ».

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Notes

[1] Pour une introduction à l’oeuvre d’Elinor Ostrom, lire l’article « La gouvernance des biens communs », Barricade, 2010. Disponible sur www.barricade.be

[2] Ensemble des connaissances scientifiques, du savoir d’une époque et ses présupposés.

[3] Silke Helfrich, Rainer Kuhlen, Wolfgang Sachs et Christian Siefkes. Biens communs - La prospérité par le partage. Rapport de la Fondation Heinrich Böll, 2009.

[4] Accord Multilatéral sur les Investissements. L’AMI est un accord économique international négocié dans le plus grand secret à partir de 1995 sous l’égide de l’OCDE. Il donnait beaucoup de pouvoir aux multinationales (contre les Etats) et ouvrait le champ de la privatisation de tous les domaines du vivant et de la culture. Suite aux protestations mondiales, l’AMI fut abandonné en octobre 1998.

[5] Silke Helfrich et al., ibidem.

[6] Enclosures (anglicisme) fait référence à l’action de cloisonner un espace commun par des barrières ou des haies. Le terme fait surtout référence à un vaste mouvement qui a eu lieu en Grande-Bretagne au début de l’ère industrielle, imposé par le gouvernement pour mettre fin à la gestion communautaire des biens communs naturels (forêts, pâtures, etc.) au bénéfice de grands propriétaires terriens privés. Cela s’est fait par la violence et a permis l’essor de l’agriculture industrielle capitaliste.

[7] Ugo Mattei, « Rendre inaliénables les biens communs », Le Monde Diplomatique, décembre 2011.

[8] Normalement, le point Godwin est l’instant d’une conversation où les esprits sont assez échauffés pour qu’une référence au nazisme intervienne (Wiktionnaire, mai 2013). Dans notre cas, la référence au goulag joue le même rôle.

[9] Noam Chomsky. The Soviet Union Versus Socialism. Our Generation, Spring/Summer, 1986. Disponible

[10] Pour une histoire critique du libéralisme, voir les formidables livres de Jean-Claude Michéa. En particulier Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche, Climats, 2002. Réédition Champs-Flammarion, 2006 ; L’Empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, Climats, 2007. Réédition Champs-Flammarion, 2010 ; et La double pensée. Retour sur la question libérale, Champs-Flammarion, 2008.

[11] Nous n’avons pas la place de le montrer ici, et il manque encore un ouvrage qui en fasse la synthèse. Cependant, le lecteur curieux pourra trouver quelques réponses dans Frans De Waal. L’Age de l’empathie. Leçons de nature pour une société plus solidaire (Les liens qui libèrent, 2010). Ou encore Jacques Lecomte. La bonté humaine. Altruisme, empathie, générosité (Odile Jacob, 2012).

[12] Homme politique grec qui vécut au IVe siècle av. J.-C.

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Pour aller plus loin

- Elinor Ostrom, Gouvernance des biens communs. Pour une nouvelle approche des ressources naturelles, Etopia/DeBoeck, 2010.

Un livre-clé mais assez difficile d’accès, très touffu et à la prose scientifique. De plus, il date de 1990, et depuis, Ostrom a écrit de nombreux livres et articles, non encore traduits en français. Indispensable... pour curieux motivés.

- Silke Helfrich, Rainer Kuhlen, Wolfgang Sachs et Christian Siefkes. Biens communs - La prospérité par le partage. Rapport de la Fondation Heinrich Böll, 2009. Disponible gratuitement ici.

Cette brochure, pédagogique et originale, est une très bonne introduction aux biens communs. Bien plus digeste que le livre d’Ostrom. Vivement recommandée !

- Collectif. Les biens communs, comment (co)gérer ce qui est à tous ? Actes du colloque Etopia du 9 mars 2012, Bruxelles. Disponible en pdf.

Tour d’horizon rapide et complet (mais pas ennuyeux) de la galaxie des biens communs. A lire d’urgence car il est complémentaire du rapport de la fondation Heinrich Böll.

Dans les océans, les méduses pourraient supplanter les poissons FAO Reporterre 2013/05/30 FAO (30 mai 2013) Dans les océans, les méduses pourraient supplanter les poissons. Reporterre. Nature fr

Dans les océans, les méduses pourraient supplanter les poissons

"Les méduses sont de plus en plus présentes dans les océans, ce qui conduit certains experts à parler d’un ’changement global de régime, d’un océan de poissons à un océan de méduses’, dans lequel les méduses supplanteraient les poissons.

La forte augmentation des populations de méduses pourrait bien être l’une des causes de la contraction des stocks halieutiques constatée en mer Méditerranée et en mer Noire, d’après un nouveau rapport publié par la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

La surpêche, qui fait disparaître les grands prédateurs marins, est l’un des facteurs expliquant cette prolifération de méduses. Un cercle vicieux peut s’ensuivre, puisque les méduses se nourrissent de larves de poissons et de juvéniles, ce qui « réduit encore la résilience des populations halieutiques déjà frappées par la surpêche », indique le rapport, qui émane de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée de la FAO.

Ainsi, la méduse « pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase », commente cette étude sur la prolifération des méduses en mer Méditerranée et en mer Noire.

Normalement, seule l’incidence de la pêche pratiquée par l’homme est prise en compte pour fixer les seuils de référence pour une pêche durable, explique le rapport. Mais les méduses peuvent avoir des répercussions considérables sur les œufs et les larves de poisson, soit directement, soit parce qu’elles entrent en concurrence avec d’autres espèces pour leur nourriture. Il faut donc les prendre en compte dans toute approche écosystémique de la gestion des pêches.

Un effet dévastateur

Les conséquences graves que peuvent avoir les méduses sur les stocks halieutiques ont été mises en évidence au début des années 80, lorsque Mnemiopsis leidyi, espèce vivant habituellement dans l’océan Atlantique, fut introduite accidentellement en mer Noire, où elle eut un effet si dévastateur sur les populations halieutiques que les pêcheries furent littéralement « mises à genoux ».

Le problème ne s’est résolu qu’avec l’arrivée en mer Noire d’une autre espèce envahissante, Beroe ovata, qui se nourrit de méduses Mnemiopsis.

En mer Adriatique, un recul des populations halieutiques avait également été constaté il y a 20-30 ans à la suite de plusieurs épisodes de prolifération de méduses urticantes mauves Pelagia noctiluca. Les effets combinés de cette méduse pélagique et de la surpêche ont beaucoup contribué à réduire les populations de poissons adultes « à un niveau rendant moins efficace la reconstitution des stocks ».

« Dans le passé, l’écosystème était parvenu à faire face aux épisodes de prolifération des méduses, mais lors des envahissements du début des années 80, il a pris une autre direction et n’est toujours pas revenu à la normale d’avant Pelagia », indique le rapport.

Un océan de méduses

Les méduses sont de plus en plus présentes dans les océans du monde entier, ce qui conduit certains experts à parler d’un « changement global de régime, d’un océan de poissons à un océan de méduses », dans lequel les méduses supplanteraient les poissons.

Bien que les raisons expliquant ce phénomène ne soient pas parfaitement comprises, elles incluent sans doute, outre la surpêche :

• le réchauffement climatique, qui favorise les espèces tropicales ; • l’eutrophisation, qui s’accompagne d’une augmentation de la richesse de l’eau en nutriments ; • le recours massif aux digues pour prévenir l’érosion des côtes et le grand nombre de ports touristiques, habitat idéal pour les méduses qui au début de leur vie sont des polypes.

Parmi les mesures préconisées pour prévenir la prolifération des méduses ou y faire face, on peut citer :

• l’intégration de la recherche sur les méduses aux recherches halieutiques ; • le développement de produits à base de méduses pour l’alimentation - certaines espèces sont consommées dans plusieurs pays - ou la médecine ; • autre possibilité : l’utilisation de la « méduse immortelle » (Turritopsis nutricula), capable d’inverser le processus du vieillissement et riche de promesses, pour l’élaboration de produits régénérants pour les êtres humains ; • l’adoption de systèmes d’alerte précoce signalant le pullulement des méduses, associés à des barrières de protection dans les élevages aquacoles.

Lutter contre la surpêche, les émissions de gaz à effet de serre et les causes de l’eutrophisation « améliorerait sans aucun doute la qualité de l’environnement en général et pourrait ainsi réduire le nombre de méduses », ajoute le rapport.

Les insectes constituent une ressource alimentaire d’avenir FAO Reporterre 2013/05/30 FAO (30 mai 2013) Les insectes constituent une ressource alimentaire d’avenir. Reporterre. Animaux fr

Les insectes constituent une ressource alimentaire d’avenir

Deux milliards de personnes mangent régulièrement des insectes. Et la farine d’insecte pourrait se substituer à la farine de poisson.

Les forêts, les arbres sur les exploitations et l’agroforesterie sont essentiels à la lutte contre la faim et devraient être mieux intégrés aux politiques de sécurité alimentaire et d’utilisation des sols, a affirmé le Directeur général de la FAO M. José Graziano da Silva lors de la Conférence internationale sur les forêts au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition qui se tient à Rome du 13 au 15 mai.

« Les forêts contribuent aux moyens d’existence de plus d’un milliard de personnes, y compris les plus démunis. Les forêts sont une source d’alimentation, d’énergie pour la cuisson des aliments, de fourrage pour les bêtes et de revenus pour acheter de la nourriture », a expliqué M. Graziano da Silva.

« Le gibier et les insectes constituent souvent les principales sources de protéines en zone forestière, alors que les feuilles, les graines, les champignons, le miel et les fruits apportent les minéraux et les vitamines garant d’un régime nutritif. »

(...)

Des insectes frits, sauvages ou d’élevage

Selon une nouvelle étude de la FAO présentée lors de la Conférence internationale sur les forêts pour la sécurité alimentaire et la nutrition, les insectes constituent une source majeure et facilement accessible d’aliments nutritifs et riches en protéines issus des forêts. On estime qu’ils s’inscrivent dans les régimes alimentaires traditionnels d’au moins deux milliards de personnes. La récolte et l’élevage d’insectes peuvent créer des emplois et des sources de revenus, pour l’instant essentiellement au niveau des ménages mais potentiellement aussi à l’échelle industrielle.

Une diversité étonnante de créatures

Avec environ un million d’espèces connues, les insectes représentent plus de la moitité de tous les organismes vivant sur la planète classifiés jusqu’ici.

D’après les recherches de la FAO, menées en partenariat avec l’Université de Wageningen aux Pays-Bas, plus de 1 900 espèces d’insectes sont consommées par les hommes sur le globe. À l’échelle mondiale, les principaux insectes consommés sont : les scolythes (31 %), les chenilles (18 %), les abeilles, les guêpes et les fourmis (14 %), les sauterelles et les criquets (13 %).

De nombreux insectes sont riches en protéines et en lipides mais aussi en calcium, en fer et en zinc. Le bœuf contient en moyenne 6 mg de fer pour 100 g de poids sec, alors que ce chiffre varie entre 8 et 20 mg pour 100 g de poids sec chez la sauterelle, selon l’espèce et le type d’aliments que cette espèce elle-même consomme.

Premiers pas pour les plus délicats

« Nous ne disons pas que les gens doivent consommer des bestioles », souligne Eva Muller, Directrice de la Division de l’économie, des politiques et des produits forestiers à la FAO et coauteur de l’ouvrage Des insectes comestibles : perspectives d’avenir en matière de sécurité alimentaire humaine et animale.

« Nous disons que les insectes constituent simplement l’une des ressources que fournissent les forêts, et que leur potentiel est plutôt sous-exploité dans l’alimentation, surtout l’alimentation animale. Cependant, à mesure que les habitats forestiers disparaissent, nous risquons de perdre des espèces avant d’avoir compris comment les utiliser pour réduire la faim », ajoute Mme Muller.

Les insectes d’élevage offriraient une solution durable pour éviter toute surexploitation susceptible d’affecter des espèces plus prisées. Certaines espèces, comme les vers de farine, sont déjà produites à une échelle commerciale puisqu’elles sont utilisées sur des marchés de niche comme l’alimentation des animaux domestiques, les zoos et la pêche de loisir.

Si la production était plus automatisée, cela rabaisserait les coûts à un niveau où le secteur profiterait d’une substitution de la farine de poisson par la farine d’insecte pour nourrir les élevages, par exemple. En conséquence, cela aurait pour avantage d’augmenter l’offre de poisson disponible pour la consommation humaine.

Les bestioles se développent avec moins

Parce que les insectes sont des animaux à sang froid, ils n’utilisent pas l’apport énergétique de l’alimentation pour maintenir leur température corporelle. En moyenne, les insectes consomment seulement 2 kg de nourriture pour produire 1 kilo de viande d’insecte. Le bétail, à l’autre bout du spectre, nécessite 8 kg de nourriture pour produire 1 kg de viande.

En outre, les insectes produisent une faible part des émissions telles que le méthane, l’ammonium et autres gaz à effet de serre dégagés par le fumier qui favorisent le réchauffement et polluent l’environnement. Les insectes peuvent même servir à réduire les déchets, en participant aux processus de compost qui réinjectent les nutriments dans le sol tout en diminuant les odeurs nauséabondes.

Le besoin de politiques d’exécution

Cependant, dans la plupart des pays très industrialisés, la législation interdit de nourrir les animaux avec des déchets et de la boue ou des eaux grasses, même si ces matières constituent l’alimentation habituelle des insectes. Et il conviendrait d’approfondir les recherches, notamment concernant l’élevage d’insectes à partir de déchets. Mais les scientifiques s’accordent généralement sur le fait que les insectes diffèrent tellement des mammifères sur le plan biologique qu’il est très improbable que leurs maladies se transmettent à l’homme.

Dans certains cas, la réglementation interdit également l’exploitation des insectes dans la consommation humaine, même si avec la multiplication des restaurants et boutiques de nouveaux aliments dans les pays développés, cette pratique semble largement tolérée.

Comme pour d’autres types d’aliments, l’hygiène est un aspect important à respecter dans les processus de production, de transformation et de préparation des aliments afin d’éviter le développement de bactéries et d’autres microorganismes susceptibles de nuire à la santé humaine. Les normes de sécurité alimentaire peuvent être étendues de manière à inclure les insectes et les produits à base d’insectes.

Quant aux normes de contrôle qualité le long de la chaîne de production, elles joueront un rôle majeur pour susciter la confiance du consommateur envers les aliments contenant ou dérivés des insectes et destinés à la consommation humaine ou animale.

"Le secteur privé est prêt à investir dans l’élevage d’insectes. De grandes perspectives se dessinent devant nous », explique Paul Vantomme, l’un des auteurs de ce rapport. « Mais aucune entreprise ne se risquera à investir dans ce secteur d’activités tant que les textes législatifs n’auront pas été clarifiés et empêcheront même l’essor de ce nouveau marché ».

A Toulouse, Vinci poursuit les occupants de sa maison abandonnée Squat Vinci Reporterre 2013/05/30 Squat Vinci (30 mai 2013) A Toulouse, Vinci poursuit les occupants de sa maison abandonnée. Reporterre. fr

A Toulouse, Vinci poursuit les occupants de sa maison abandonnée

A Toulouse, une maison inoccupée du groupe Vinci a été investi par des squatteurs. Le groupe les poursuit en justice.

Nous, occupants depuis le 17 mai d’une maison d’un Comité d’Entreprise de Vinci précédemment laissée à l’abandon et ouverte à tous vents, avons été assignés ce vendredi 24 mai 2013 en référé d’heure à heure pour nous voir solennellement mettre à la rue.

Nous avons donc l’audace de demander pourquoi. Pourquoi des centaines de gens doivent-ils rester dehors puisque la mairie elle-même reconnait que 2000 logements sont réquisitionnables – en tout 15 à 20 000 logements sont indéfiniment vides à Toulouse ?

Pourquoi sinon pour entretenir dans le reste de la population la peur du déclassement et de la précarité, et augmenter toujours la soumission des populations ? Que cela fait-il donc de nous tous ?

Et si tant de logements restent vides, alors pourquoi en construire toujours davantage ? Et quels logements, quels quartiers et quelle ville sont en train de nous construire les promoteurs tels que Vinci ? Des villes sans vie, toutes identiques, ayant perdu leur âme, avec bureaux, centre commercial, parking et logements dont nous sommes expropriés exclusivement au bénéfice de notre odieuse jet-set ?

D’autres choses ne changent par contre pas, comme les centaines de sans-abris dans nos rues, avec enfants. Leur « progrès » n’empêche pas un tas d’arriérations et de décadence. Trouver un logement et un boulot devient de plus en plus martyrisant et illusoire.

La propriété est un dispositif jugeable à ses résultats – et quels sont-ils ? Quelques uns possèdent des dizaines voire des centaines de milliers de logements, pendant que 600 000 autres vivent dans la rue. N’est-il pas temps d’y faire quelque chose ? Et que faire, sinon s’organiser nous-mêmes, et porter la chose devant les tribunaux : le droit au logement doit être appliqué, et pas seulement le « droit restrictif d’user et d’abuser de la richesse socialement produite ».

Une étude a décrit le comportement des entreprises comme psycopathique selon les critères de la psychologie humaine. Là non plus, Vinci n’est pas en reste. Le 1er bétonneur mondial accumule les scandales, de la Russie à la Grande-Bretagne, en passant par Notre-Dame-des-Landes, où la préfecture a fait des centaines de blessés cet hiver.

La solidarité est plus que jamais nécessaire car la loi laisse s’installer le désastre économique, écologique, humain, et réprime expéditivement toute initiative autonome. L’époque est au conformisme et à la médicalisation, à la performativité, époque ignoble faite de responsabilité limitée et de partenariat public-privé (PPP) pour l’aménagement urbain, la rénovation de nos quartiers, tous ces rond points, zones commerciales, autoroutes, aéroports, parkings et vidéo-surveillance : « diriger un moratorium est une affaire rentable ».

Le ministère de l’Ecologie a cédé gratuitement la maison à la compagnie

Le plaignant, Vinci, via l’ASF, est donc propriétaire de nos autoroutes du sud de la France. Les autoroutes construites avec l’argent public sont, depuis 2005, privatisées. Mais qu’est-ce ça veut bien dire ? Ça veut dire, dans le cas de Vinci, que 50 % des bénéfices sont détournés par les actionnaires.

La poule aux oeufs d’or a été concédée à tarif très avantageux. Tellement avantageux d’ailleurs que nous apprenons en lisant notre dossier de référé, qu’en effet, le ministère de l’Ecologie et de l’aménagement du territoire, a GRACIEUSEMENT CÉDÉ, c’est-à-dire pour rien, gratuitement, notre maison à la dite société, afin qu’elle puisse la revendre à son profit. Cette entreprise n’est pourtant pas d’utilité publique, surtout dans le contexte écologique et humain, loin s’en faut !

C’est pourquoi nous estimons que Madame le juge pourrait aussi bien soutenir et encourager notre action qui, elle, se réclame bien de salubrité publique, et pas l’obligation d’augmentation des marges de profit pour nos privilégiés actionnaires.

Notre Action la voici : en plus d’être notre lieu de vie c’est l’endroit idéal, jugeons-nous, pour la création d’un Centre de Recherche et d’Information sur la Politique Urbaine et les Nouvelles Perspectives Émancipatrices. Un lieu pour se questionner sur les agissements et l’influence tentaculaire qu’obtiennent certaines multinationales.

Nous nous proposons d’y organiser nos recherches sur l’agencement d’une vie faste et souveraine, et les partager dans des débats, des projections, une bibliothèque, un lieu de réflexion et d’organisation d’un vrai débat populaire sans que les puissants nous imposent leur vision.

Le monde est notre jardin, et non pas un camp, un zoo ou une jungle.

Suite de l’aventure au procès le 31 mai !

Masse critique vélo à Bruxelles Par Julien villalard Reporterre 2013/05/31 Par Julien villalard (31 mai 2013) Masse critique vélo à Bruxelles. Reporterre. fr

Masse critique vélo à Bruxelles

Ahem…BROTHERS AND SISTERS !!

PROCHAINE MASSE CRITIQUE : 31 mai 2013

OU ? : départ Porte de Namur QUAND ? : 18h DATE ? : dernier vendredi du mois, 31 mai 2013 BOF ? : passez un moment sympa de ballade EN MASSE dans la ville

La Masse Critique, c’est quoi ?

Définition : "En physique nucléaire, c’est la masse critique de matériaux fissiles à atteindre pour déclencher une réaction nucléaire en chaîne."

La Masse Critique est une coïncidence organisée. Cela se passe lorsque des cyclistes se retrouvent au même moment et à la même heure et décident de rouler ensemble pour un petit bout de chemin. Cela faisant, ils constatent que plus leur nombre augmente plus le trafic est modéré automatiquement par leur présence, et ainsi que leur mobilité s’en trouve grandement facilitée.

Le dernier vendredi de chaque mois, des cyclistes de toutes les confessions se regroupent et occupent les rues de Bruxelles dans l’espoir d’un futur meilleur… Certains voudraient voir moins de voitures en train de boucher les rues de nos villes, d’autres sont préoccupés par le réchauffement de la planète et par l’environnement, beaucoup en ont marre des risques pour la santé et la sécurité que subissent les cyclistes. Il y en a aussi qui vienne juste pour s’amuser et se balader ! Le but final étant de promouvoir les déplacements à vélo dans la ville..

Les Masses Critiques ont lieu dans plus de 100 villes dans le monde et Bruxelles est une des derniers ajouts à la liste. Si suffisamment de cyclistes roulent ensemble dans un groupe, ils peuvent dominer n’importe quelle rue et ralentir la circulation à leur rythme. C’est ce phénomène qui a été baptisé « la masse critique ».

Des dizaines de cyclistes se retrouvent à Porte de Namur à 18h et démarrent une balade à travers la ville. Le parcours change chaque mois, mais l’atmosphère est toujours électrique ! La balade, qui dure environ une heure, est comme une fête, célébrant la ville comme nous la voudrions. Alors, joignez-vous à la fête, amenez vos motivations sur la scène publique – soyez acteur de la vélorution !

Rendez-vous à Porte de Namur à 18 h le dernier vendredi de chaque mois. Ensemble, nos actions pendant la masse seront beaucoup plus visibles et ciblées.

Faites partie de la Vélorution !

Des infos ?

Une manifestation dans plusieurs pays européens contre la Troïka Par Julien villalard Reporterre 2013/05/31 Par Julien villalard (31 mai 2013) Une manifestation dans plusieurs pays européens contre la Troïka. Reporterre. fr

Une manifestation dans plusieurs pays européens contre la Troïka

Dans plusieurs pays européens, on manifeste le 1er juin contre la politique de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international.

Rassemblement à Paris, samedi le 1er juin, à 14h sur le parvis des droits de l’Homme - esplanade du Trocadéro.

Suite à l’initiative de citoyen-nes du Portugal, de Grèce, d’Espagne et et de France, nous relayons auprès des citoyen-nes, associations, mouvements, organisations politiques et syndicats de France, l’appel à une manifestation internationale contre la Troïka* le 1er juin prochain**.

Cette initiative a été lancée à Lisbonne le 26 avril dernier par des militant-es de cinq pays européens, dont le mouvement portugais « Que se lixe a Troïka » (« Que la Troïka aille se faire foutre ») qui a déjà mobilisé plus d’un million de personnes dans les rues du Portugal les 15 septembre et 2 mars derniers.

Elle entre en écho avec toutes les résistances citoyennes, sociales, syndicales en cours et à venir (blockupy Francfort les 31 mai et 1er juin, Altersommet à Athènes les 7 et 8 juin...).

Partout où elle sévit déjà (Grèce, Portugal, Irlande, Chypre...), la Troïka, mise en place par les chefs d’États et de gouvernement européens, sème le chômage de masse, la misère, la pauvreté, la précarité, privatise tout ce qui peut être rentable, détruit la culture, les systèmes de santé et l’école publique. Elle condamne des hommes et des femmes chaque fois plus nombreux à l’émigration et met en concurrence pauvres et encore plus pauvres que soi.

Sous son emprise, nous sommes condamnés à la récession et plongés dans le cercle infernal de l’endettement, dont nous devenons les esclaves. Là où la Troïka ne sévit pas encore, les gouvernements anticipent des mesures d’austérité, de privatisation et de démantèlement des droits sociaux.

Parce que personne ne doit rester seul-e face à la crise, nous devons exprimer partout, toutes et tous ensemble en Europe, notre refus des politiques d’asservissement des peuples. Nous – citoyen-nes, mouvements, syndicats, organisations, représentant-es de collectivités, groupes formels ou informels - appelons à répondre à cet appel à mobilisation.

Un rassemblement sera organisé à Paris, samedi le 1er juin, à 14h sur le parvis des droits de l’Homme - esplanade du Trocadéro.

Premiers signataires

Bloco de Esquerda en France(Portugal), collectif Juventud sin futuro Paris (Espagne) - Comité de SY.RIZ.A à Paris (Grèce). Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (Membres du collectif : Act Up-Paris, Agir ensemble contre le chômage (AC !), AITEC-IPAM, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Richesse, Convergence SP, Coopérative DHR, Economistes Atterrés, Emmaüs International, Fakir, Fédération Syndicale Unitaire, Finances CGT, Fondation Copernic, Indecosa-CGT, L’Appel des Appels, Ligue des Droits de l’Homme, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement Utopia, Réseau Education Populaire, Résistance Sociale, SNESUP, Solidaires Finances Publiques, Sud BPCE, Union syndicale Solidaires. Soutiens : Alliance Ecologiste Indépendante, Alternatifs, Association Nationale des Élus Communistes et Républicains, Convergences et Alternative, Démocratie et socialisme, Europe Ecologie Les Verts, FASE, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, M’PEP, NPA, Parti Communiste Français, PCOF, Parti de Gauche, Parti pour la décroissance). Association Autogestion, FAE - Féministes pour une autre Europe, Le Mouvement de la Paix, Mémoire des luttes, Réseau Féministe "Ruptures",Transform ! Europe, Unies-vers-elles, VISA.

..................................

* Troïka : Commission Européenne, Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne

** L’appel de Lisbonne :

L’Europe subit une violente attaque du capital financier représenté par la Troïka (FMI, BCE, CE) et par les différents gouvernements qui appliquent les politiques concoctées par ces institutions qui méprisent les personnes. Nous savons que cette offensive vise à faire plier les peuples en les rendant esclaves de la dette et de l’austérité. Cette attaque concerne toute l’Europe et elle doit être également vaincue par la lutte internationale.

Chacun de nous, dans chaque pays, dans chaque ville, avec ses spécificités, ressent dans ses chairs les mesures qui détruisent les droits conquis par des décennies de luttes ; des mesures qui aggravent le chômage, qui privatisent tout ce qui peut être rentable et qui conditionnent la souveraineté des pays avec la propagande de « l’aide externe ». Il est urgent d’unir nos forces pour mieux combattre cette attaque.

L’appel de que nous lançons pour une manifestation internationale décentralisée circulait déjà parmi des dizaines de mouvements sociaux en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, à Chypre, en Irlande, en Angleterre, en Ecosse, en Allemagne, en Slovénie… Lors de notre réunion d’hier, le 26 avril à Lisbonne, des camarades de plusieurs pays d’Europe ont discuté ensemble de cette proposition.

Il a été décidé par consensus international que nous descendrons dans les rues le 1er juin prochain sous le mot d’ordre : « Les peuples unis contre la Troïka ! »

Ceci est le début d’un processus qui se veut décentralisé, inclusif et participatif. Nous voulons le construire collectivement en rassemblant nos forces. A partir d’aujourd’hui, cet événement du 1er juin sera diffusé à l’échelle européenne et nous invitons tout le monde à participer à cette protestation internationale contre la Troïka et contre l’austérité et pour que ce soient les peuples qui décident de leur destin.

Nous faisons appel à tous les citoyens et citoyennes, avec ou sans parti, avec ou sans emploi, avec ou sans espoir ; nous les appelons à s’unir tous et toutes. A toutes les organisations politiques, mouvement civiques, syndicats, partis, collectivités, groupes informels, nous les appelons à nous rejoindre.

Nous voulons continuer à élargir nos contacts tant nationaux qu’internationaux, parce que nous sommes conscients que ce sera l’addition de nos voix qui pourra bloquer la nouvelle vague d’austérité qui est en train de se préparer. Les peuples d’Europe ont démontré à plusieurs reprises qu’ils ne sont pas disposés à plus de sacrifices au nom d’un futur qui ne viendra jamais. C’est pour cela que nous pensons que l’heure est venue pour ces peuples de démontrer qu’ils peuvent se coordonner dans la lutte et dans l’opposition à ces politiques.

Du Nord au Sud de l’Europe : prenons la rue contre l’austérité !

(Source : http://www.esquerda.net/artigo/povos-unidos-contra-troika-manifesta%C3%A7%C3%A3o-internacional-dia-1-de-junho/27632)

Energie : la Chine ralentit Hervé Kempf Reporterre 2013/05/31 Hervé Kempf (31 mai 2013) Energie : la Chine ralentit. Reporterre. Climat fr

Energie : la Chine ralentit

Un tournant : alors que la Chine voyait sa consommation d’énergie croître de 7 % par an depuis 2000 (et même 8 % en 2010), elle a fortement décéléré en 2012, avec un taux de croissance ramené à 4 %. C’est l’un des principaux enseignements du Bilan énergétique mondial 2012 publié mercredi 29 mai par Enerdata

Ce bilan montre aussi que le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) consomment plus d’électricité que les pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Canada, Italie).

Enerdata est un cabinet d’études basé à Grenoble depuis 1991. Fondé par des chercheurs du CNRS, il est devenu une référence en matière d’analyse énergétique, réalisant des études pour des grandes compagnies et des organismes gouvernementaux.

Le tableau qu’il livre pour l’énergie en 2012 montre une certaine modération de la consommation des pays du G20 (qui comptent pour 85 % du PIB mondial) : elle a augmenté de 1 % quand le PIB s’élevait de 2,1 %.

Un mouvement important est que la consommation diminue légèrement dans les pays les plus riches, tandis qu’elle augmente toujours fortement dans les pays émergents.

Découplage chinois

La Chine ralentit donc : c’est le trait le plus remarquable de l’année écoulée. La consommation d’énergie y augmente de 4 % alors que la croissance du PIB y a été de 7,8 %. Ce découplage, comme disent les spécialistes, découle d’efforts importants d’efficacité énergétique. Le gouvernement chinois a aussi interdit l’exploitation des mines de charbon d’une production inférieure à 300 000 tonnes par an. Efficacité énergétique et limitation du charbon expliquent que les émissions de gaz carbonique de la Chine progressent moins qu’avant : + 3,5 % en 2012 contre +9 % en 2011. Le pays n’en reste pas moins un dévoreur d’énergie : sa consommation électrique dépasse maintenant celle des Etats-Unis.

Si la Chine décélère, ce n’est pas le cas des autres BRICS (Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud), dont la consommation énergétique continue d’augmenter rapidement. Cela découle de leur forte croissance économique, ainsi que du processus d’électrification qui l’acompagne.

Dérapage des émissions de gaz carbonique

Mauvaise nouvelle pour le climat : les émissions de CO2 dans le monde ont augmenté de +1,4 % en 2012. La décélération chinoise, mais aussi celle des Etats-Unis sont compensées par l’essor des BRICS, qui utilisent plus de charbon.

En Europe, les compagnies électriques utilisent de plus en plus le charbon exporté par les Etats-Unis, qui en ont à revendre puisque leurs propres compagnies électriques brûlent plus de gaz de schiste, dont le prix est bas, et donc moins de charbon.

Du coup, les émissions de gaz carbonique du secteur électrique européen devraient repartir à la hausse : la combustion du charbon produit en effet plus de CO2 que celle du gaz. Cependant, selon Eurostat qui l’a annoncé mercredi 29 mai, les émissions de CO2 en 2012 dans l’Union européenne ont baissé en 2,1 % en 2012 (une baisse moins importante qu’en 2011 où elle s’élevait à 4 %).

Les Etats-Unis, eux, voient leur balance énergétique transformée par l’essor du gaz de schiste. Au point que sont en projet une trentaine de terminaux gaziers, à des fins d’exportation. S’ils étaient réalisés dans les années qui viennent, cela pourrait bouleverser le marché mondial de ce combustible. Pour les producteurs américains, il s’agit de vendre sur les marchés européen et japonais, où le cours du gaz est plus élevé, et qui sont donc plus rémunérateurs. Mais ils entreraient alors en concurrence avec les autres producteurs de gaz, tels que Qatar ou la Russie, ce qui affaiblirait la position de ceux-ci.

Ces terminaux seront-ils concrétisés aux Etats-Unis ? Il faudra surmonter la résistance des populations locales, inquiètes pour l’environnement, ainsi que celle des industriels utilisateurs, tels que la chimie, qui apprécient de bénéficier d’un prix du gaz particulièrement bas.

En Europe, jugent les experts d’Enerdata, le gaz de schiste, s’il était exploité, ne devrait pas bouleverser la donne énergétique. Ils jugent que les réserves sont sans doute surestimées.

Le nucléaire dépassé par les renouvelables

Au niveau mondial, le charbon reste le principal combustible utilisé pour produire de l’électricité : il compte pour 40 % de l’électricité produite dans les pays du G20, en particulier dans les BRICS. Cependant, les pays européens utilisent plus de charbon. En effet, comme les Etats-Unis substituent le gaz à la houille dans leur centrales, du charbon à plus bas prix est exporté vers l’Europe, où il remplace en partie le gaz. Au niveau mondial, la croissance de la demande de charbon s’est cependant ralentie (+ 2 % contre + 5 % en 2011).

Autre évolution marquante : la progression des énergies renouvelables (où l’hydraulique tient la première place), qui comptent pour près de 20 % de la production électrique du G20, loin devant le nucléaire, qui décroit et ne compte plus que pour 11 %. Cette évolution devrait se poursuivre : baisse de la part relative du nucléaire et progression des renouvelables, tirées par l’éolien et le solaire.

L’efficacité énergétique s’améliore... trop lentement

L’intensité énergétique est le rapport entre la consommation d’énergie et le PIB. Sa diminution signifie que l’économie gaspille moins l’énergie. En 2012, elle a diminué dans le monde de 1,7 %, un niveau insuffisant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dans les pays européens, l’efficacité énergétique n’a pas progressé en 2012. Une raison en est le glissement du gaz vers le charbon : les centrales au charbon ont en effet un moins bon rendement énergétique que celles au gaz.

Le champion de l’efficacité énergétique est le Japon : sa consommation d’énergie a diminué malgré un rebond de la croissance économique. Cela est fortement lié à l’accident de Fukushima et à la fermeture des centrales nucléaires. Mais, du coup, il lui a fallu importer davantage de gaz, et les émissions de CO2 du Japon sont en hausse de 5,7 %.

Prix du pétrole : un scénario à 200 $ le baril

Les experts d’Enerdata tablent sur le maintien d’un prix du pétrole autour de 100 dollars le baril, « un prix qui arrange tout le monde », producteurs et consommateurs.

Ils ont bâti plusieurs scénarios selon divers jeux de paramètres. Dans l’un d’eux, qui intègre l’idée d’une déplétion totale du pétrole de la mer du Nord, le prix du baril passe à 200 dollars.

Autre tendance importante : si l’Arabie saoudite continuait sa tendance à la hausse de la consommation de gaz, elle ne pourrait plus exporter en 2030. Globalement, la consommation par les producteurs de pétrole et de gaz de leur énergie pourrait limiter les quantités exportées, donc pousser les marchés à la hausse.

A Cluny, les acteurs de la transition ont décidé de s’unir Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/05/31 Barnabé Binctin (Reporterre) (31 mai 2013) A Cluny, les acteurs de la transition ont décidé de s’unir. Reporterre. fr

A Cluny, les acteurs de la transition ont décidé de s’unir

Du 24 au 26 mai dernier s’est tenu à Cluny le Festival de la Transition, acte de naissance du collectif éponyme. Les mouvements de réappropriation de la terre, de l’énergie, de la ville, de l’économie se sont retrouvés pour unir leurs forces.

- Reportage, Cluny

« Transition » : action de passer d’un état à un autre. Liaison, enchaînement, évolution par un exercice de progression, sans rupture. Voici une définition générique et adaptable du concept de transition. Et si l’on pourrait croire à un mauvais jeu de mise en abyme, force est de reconnaître que le mouvement de la Transition a bel et bien franchi une transition importante le week-end dernier, à Cluny, dans les beaux jardins de l’Ecole nationale supérieure des arts et métiers.

Car le mouvement prend forme et s’installe depuis quelques années. Tout part, à l’origine, d’une réflexion entre La Nef et Terre de liens : Pourquoi ne pas tenir ensemble une assemblée générale ? L’idée se concrétise une première fois, en 2011, à Barjac dans le Gard, où les deux structures se réunissent pour une AG commune. L’expérience est concluante. L’année suivante, Enercoop, Energie Partagée et Cfé (Coopérative de finance éthique) se joignent à l’aventure et l’événement est délocalisé à Cluny, ville historique du renouveau humaniste au Moyen-âge – aujourd’hui plus petite ville universitaire de France avec ses 2 000 étudiants pour 5 000 habitants. C’est donc en Bourgogne, en 2012, que naît le premier Festival de la Transition.

Cette année, le dispositif s’est engagé dans une nouvelle dimension. En accueillant six nouvelles structures – parmi lesquelles Attac, le mouvement Colibris ou le réseau Biocoop – et en célébrant la constitution d’un collectif à part entière, le Festival a pris de fait un nouvel élan. « Un moment historique » prédit Jacky Blanc, un des pionniers de ce projet de rassemblement associatif, aujourd’hui président de la Cfé. L’avenir le dira. Ce qui est sûr, c’est qu’un millier de participants se sont retrouvés sur les trois jours, sous le parrainage de Patrick Viveret et Pierre Rabhi, pour paticiper à une multitude d’ateliers, d’animations et de conférences alimentant les échanges, en parallèle des différentes AG qui réunissaient les militants. Au bout du compte, un événement que l’on qualifiera de marquant, dont l’efficacité à terme s’évaluera à sa capacité d’aider le mouvement à se mieux structurer en interne.

Le Collectif de la Transition : essai de définition

Qu’est donc ce « collectif pour une transition citoyenne » ? C’est le rassemblement de onze mouvements citoyens, moteurs dans leurs secteurs respectifs de l’économie sociale et solidaire, qui décident de mutualiser leurs expertises. Au complet : Attac, le mouvement inter-régional des AMAP (MIRAMAP), le réseau Biocoop, le réseau des jardins de Cocagne, Enercoop, Energie partagée, le mouvement Colibris, la foncière Terre de liens, le Plan ESSE, Villes et Territoires en transition ainsi que la Nef, représentée par ses deux volets – la Société Financière d’épargne et de crédit bancaire, et la coopérative de finance éthique (Cfé).

La déclaration commune du collectif, prononcée en point d’orgue du Festival, le samedi soir, donne un premier aperçu de la logique et des ambitions qui animent le mouvement : « Nous, organisations qui œuvrons, chacune dans notre domaine, à cette transition écologique, sociale et humaine, croyons qu’il est temps d’amplifier ce mouvement et de lui donner la puissance nécessaire à un profond changement de société. (…) Nous entendons ainsi rassembler nos compétences, nos ressources, nos réseaux afin d’optimiser l’impact de nos actions individuelles et collectives ».

L’architecture reste encore floue. Quel cadre juridique pour héberger quel modèle économique ? Pour le collectif, comme partout, l’argent est le nerf de la paix. Le fonctionnement est jusqu’ici fait de débrouille : un budget de 60 000 euros pour ce Festival, principalement financé par la Nef et Biocoop, en plus d’une subvention de la région Bourgogne. Il n’existe pas encore d’outils financiers dédiés à l’organisation.

Mais le mouvement se met en place ; dans les prochaines semaines, une plate-forme de communication doit voir le jour, un outil de collecte commun devrait être créé et des groupes de travail pluridisciplinaires essaimer dans les territoires. Pour l’heure, ce qui compte, ce sont bien les idées, voire les idéaux, qui ont présidé à la création du projet. Au gré des rencontres sur les stands, des allocutions en plénières ou des diverses conversations entre militants, quelques termes d’expression reviennent souvent : « ouvrir les gens au changement », « dévoiler le champ des possibles », « revendiquer une cohérence d’ensemble », « fédérer les initiatives ». Le mouvement de la Transition, c’est donc un peu tout ça à la fois.

Responsabilité individuelle

Au fond, ce mouvement de la Transition citoyenne revendique trois idées ; d’abord, une conviction sur laquelle s’appuie le collectif : la responsabilité individuelle. Tous ces acteurs s’attachent, chacun dans leur domaine, à redonner du sens au geste quotidien et à démontrer que nos choix de consommation sont des actes politiques. Mettre son épargne à la Nef plutôt qu’ailleurs, choisir Enercoop comme fournisseur plutôt qu’un autre, s’approvisionner dans les réseaux Biocoop plutôt que dans les grandes distributions habituelles… autant d’actes qui engagent de nouveaux modèles de société, à nos échelles individuelles.

Le mouvement s’inspire de la philosophie de Pierre Rabhi – « il n’y aura pas de changement de société sans changement humain, et il n’y aura pas de changement humain sans changement de chacun ». On appelle cela une approche « bottom-up » : la transformation viendra d’en bas, par une modification des comportements. Les vrais artisans de la transition sont ainsi ceux qui, chaque jour, dans leur territoire, agissent concrètement, développent des projets alternatifs et donnent à voir une autre réalité. « Un autre monde est possible, puisqu’il est déjà là » déclare ainsi Viveret en préambule de son allocution.

Se réapproprier les biens communs

« Ce qui nous définit ensemble, c’est le ’faire’ » lâche Amandine Albizzati, responsable des relations institutionnelles de la Nef. Deuxième dénominateur commun donc, l’action, et son motif. Les acteurs du collectif partagent en effet un objectif semblable : la réappropriation des biens communs. Tous y travaillent : Terres de liens promeut la réappropriation des terres agricoles par les paysans, Energie partagée redonne la possibilité aux citoyens de décider de leur modèle énergétique, Attac combat la domination des marchés financiers et la privatisation en tout genre qu’elle induit, MIRAMAP s’attaque au retour de la souveraineté alimentaire en circuit-court…

Le mouvement de la Transition porte haut et fort une conception volontariste de l’intérêt général : l’argent, l’énergie, l’agriculture, la démocratie sont des biens communs auquel chacun d’entre nous doit pouvoir prétendre équitablement et disposer sans entrave. Présente pendant les trois jours, Frédérique Basset, journaliste et auteure de Vers l’autonomie alimentaire, parle de manière enthousiaste d’une « société civile qui se réapproprie son demain ».

"Les grenouilles doivent parler avec les ours"

C’est dans cet objectif, qu’elle décide de s’allier. Le dernier pilier est finalement ce qui constitue l’ossature du mouvement : c’est la dynamique collective qui porte, ensemble, les idées du collectif. Derrière la sempiternelle devise selon laquelle l’union fait la force se cache un pari audacieux, celui de regrouper onze structures indépendantes et souvent bien établies. Certes, ces mouvements regardent la société avec un prisme identique ; ce n’est pas pour autant qu’ils partagent leur lunette.

Alain Aubry, en charge du Réseau des Colibris, est un des membres fondateurs du projet de Festival. Il explique la démarche : « on cherche avant tout à construire un dialogue ; en organisant plusieurs AG au même endroit dans le cadre du Festival, on permet la rencontre de militants qui s’ignoraient parfois, jusque-là. La coopération, c’est bien mais ça s’apprend. C’est toute la valeur ajoutée des Colibris dans ce collectif : relier et faire vivre ensemble ».

Frédérique Basset confirme : « Cette branche du militantisme est un microcosme, et pourtant il n’évolue pas vraiment ensemble. C’est intéressant de voir comment on construit une cause commune sans gommer les différences. Les grenouilles doivent parler avec les ours et les ours avec les grenouilles ». Il s’agit de parvenir à placer l’intelligence collective comme fondement du mode opératoire du collectif.

Le mouvement de la transition a donc trois valeurs fondatrices : démontrer les responsabilités individuelles de chacun, se réapproprier les biens communs et agir en synergie, par la force collective. Trois valeurs au service d’une vision transversale et systémique de transformation de la société.

Reste à adopter une ligne de conduite, que les porte-paroles veulent résolument optimiste. Philippe Cacciabue, directeur de la Foncière Terre de liens, le répète franchement : « J’attends de ce collectif qu’il me fasse rêver ». Cultiver, entretenir et partager cet optimisme, telles sont les clés des prochaines années pour le mouvement. Car les contraintes et les embûches sont nombreuses. Un jeune militant l’explique à sa façon : « les mauvaises nouvelles, on les connaît. Les bonnes, un peu moins. Regardez ce week-end : tout le monde savait qu’il allait pleuvoir et faire froid, et pourtant les gens se sont déplacés. C’est un peu ça, le mouvement de la Transition : on a conscience que c’est difficile, mais on y va ».

"Sommes-nous vraiment la société civile ?"

Mais qui sont donc ces gens qui se sont déplacés ce week-end ? Pour la plupart, tous les participants étaient acquis à la cause. Une responsable associative, habituée de ces événements, ne s’en cache pas : « Cela reste toujours les mêmes militants, on tourne entre nous, en vase-clos ». Pour la plupart, les visiteurs du Festival étaient des sociétaires des associations qui y faisaient leur AG. De quoi établir une limite évidente pour Déborah C., d’ATTAC : « Entre nous, on aime bien se revendiquer comme des acteurs de la société civile, mais sommes-nous vraiment celle-ci ? De qui sommes-nous véritablement représentatifs ? »

Si beaucoup concèdent à demi-mot cet entre-soi, tous n’y voient pas que des aspects négatifs. Maxime G., par exemple, est ainsi devenu sociétaire de quatre des associations présentes sur le Festival. Il s’est ainsi rendu aux AG d’Enercoop, d’Energie Partagée, de Terre de liens, et de la Nef. Pour lui, « c’est vrai qu’on croise toujours les mêmes têtes. Mais depuis un ou deux ans, il y en a aussi de plus en plus de nouvelles. C’est l’efficacité de notre travail de sensibilisation à tous. Cela prend du temps, mais cela traduit que l’on passe d’une étape de prise de conscience à une étape d’action ».

Le mouvement naît, il a besoin d’une assise solide, il fédère les consciences proches. C’est un tour de chauffe. Judith Schneider, responsable de la communication d’Enercoop, témoigne : « Même si on a l’impression d’être entre convaincus, il nous faut toujours pousser plus loin notre discours, vérifier qu’il fonctionne auprès de nos adhérents et qu’il peut en séduire d’autres, proches de notre vision. C’est une sorte d’étape de confirmation nécessaire ». Après, il faudra aller chercher l’adhésion du plus grand nombre, et s’atteler à inscrire cette vision dans la société, comprise dans son ensemble. Le comité de pilotage du collectif y réfléchit déjà. Paris, d’autres villes européennes, plus grandes, les possibilités sont nombreuses.

Empêcheurs de tourner en rond

Trois Espagnoles avaient fait le voyage depuis Chalon-sur-Saône. Kinésithérapeutes, elles se sont installées depuis quelques mois en France, pour y trouver du boulot. Leur regard s’est aiguisé sur les espoirs déçus que peuvent engendrer de grandes mobilisations collectives : « Les Indignés ont représenté beaucoup, pendant quelques mois, au début de la crise en Espagne. Mais il était difficile d’organiser ce mouvement, de le structurer pour lui donner une réalité pérenne. Peu à peu, l’euphorie est retombée, la mobilisation s’est essoufflée et la jeunesse espagnole se sent aujourd’hui dépitée, désemparée. Et il est beaucoup plus difficile de construire sur du désenchantement ». L’expérience est à méditer pour le Festival, car l’enjeu est de s ’inscrire dans la durée et d’atteindre une taille critique. Pour ne plus tourner en rond mais devenir ces vrais empêcheurs de tourner en rond dans l’espace public.

Viveret le rappelle, lorsqu’il paraphrase Einstein : « On ne résout pas un problème dans les termes qui lui ont donné naissance ». Ingénieur et ingénieux, le collectif de la Transition citoyenne s’attache donc à cette importante tâche : donner à voir les indices de la fin du vieux monde et rendre visible ce qui existe déjà pour mieux construire ensemble la transition vers de nouveaux modèles pour demain.

1er juin vélorution Reporterre 2013/05/31 (31 mai 2013) 1er juin vélorution. Reporterre. fr

1er juin vélorution

Nous dénonçons l’inaction des pouvoirs publics dans la lutte contre la pollution de l’air - Appel à manifester à Paris le 1er juin 2013

Les Amis de la Terre Paris, Vélorution, le Collectif des médecins Parisiens, Mieux se déplacer à Bicyclette (MDB) et l’Association des victimes de la pollution de l’air en vallée de l’Arve (AVPAVA) appellent à un rassemblement samedi 1er juin pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics dans la lutte contre la pollution de l’air.

Le collectif d’associations demande au Préfet de Police d’agir sans délai en commençant par des mesures simples et efficaces de réduction de la circulation automobile.

Rendez-vous à Paris :

à vélo à 14h pl de la Bastille (au bas de l’Opera) - lieu habituel pour la vélorution mensuelle - qui rejoindra... à 15h au 1 bd du Palais (devant la préfecture de Police) - action commune du collectif d’associations

L’inaction dans la lutte contre la pollution, une (trop) longue histoire...

Déjà, en mai 2004 le ministre de l’Écologie et du Développement durable expliquait que la lutte contre la pollution de l’air « n’a pas suffisamment pris en compte » le rejet des particules fines par les véhicules. Un rapport de l’AFSSE (Agence française de sécurité sanitaire environnementale) venait de sortir, indiquant que la pollution atmosphérique urbaine, liée en grande partie aux rejets polluants des voitures, serait responsable chaque année de la mort de 4876 personnes en France.

La pollution atmosphérique comme problème de santé publique a depuis fait de nombreuses fois la une. Plus récemment, l’étude Aphekom calcule que la pollution, aux particules fines notamment, diminue de 6 mois de durée de vie moyenne des parisiennes et des parisiens. Les études s’empilent (comme celle de l’Institut de veille sanitaire, ou comme les compte-rendus d’Airparif...) et mettent toutes en évidence l’impact direct sur la santé de la pollution atmosphérique urbaine, qui augmente. Les médecins et ORL font état d’un accroissement et d’une aggravation des maladies respiratoires et de leur extension aux personnes de plus en plus jeunes.

Et pourtant, l’État, donc à Paris la Préfecture, ne respecte pas ses propres directives visant à protéger les personnes, en particulier les plus fragiles. En avril 2013, les parisiennes et parisiens ont subi une vingtaine de jours de pics de pollution, sans qu’aucune des mesures prévues par le Plan de protection de l’atmosphère ne soient prises. Celui-ci étant par ailleurs extrêmement insuffisant.

L’obsession de la fluidité, le règne de la mobilité absolument, le lobby auto-moto... L’inaction des pouvoir publics s’explique : la Préfecture et la Ville préfèrent des morts "invisibles" à l’effort de modifier la ville pour libérer les piétons et les cyclistes qui sont enfermés dans leur voiture ou sous leur casque.

Les Amis de la Terre se sont engagés dans une action en justice contre l’État et vont être amenés à se pourvoir en cassation, pour que les citoyennes et citoyens de l’agglomération parisienne puissent respirer en tout lieu, un air qui ne soit plus nocif pour la santé.

Vélorution Paris Île-de-France (http://velorution.org/paris) fait partie du collectif d’associations qui va manifester devant la préfecture de Police le samedi 1er juin en soutien à ces efforts des Amis de la Terre Paris (http://www.amisdelaterre.org/Paris.html). La lutte contre la pollution atmosphérique est l’une des raisons d’être de Vélorution et de la persistance des vélorutions, manifestations cyclistes mensuelles qui se tiennent sans interruption le 1er samedi du mois depuis bientôt 10 ans à Paris.

À propos de Vélorution

Vélorution Paris Île-de-France est une association de promotion du vélo comme moyen de transport et de lutte contre les pollutions. Elle dénonce les privilèges des transports motorisés et prône leur suppression.

Considérant le vélo comme un moyen d’améliorer la société, la Vélorution organise des actions militantes en faveur d’une ville apaisée et libérée de l’emprise de la bagnole et des deux-roues motorisés, et rejoint souvent d’autres mobilisations contre la surconsommation énergétique et les pollutions.

Tous les mois, la « masse critique » rassemble sur un mode festif et militant les cyclistes qui veulent se faire entendre dans l’espace urbain. Elle part de la place de la Bastille à Paris le premier samedi du mois à 14h.

Les ateliers coopératifs de mécanique permettent à chacun et à chacune d’apprendre avec les autres à réparer son vélo. Par l’entraide, la discussion et la bonne humeur, on y renforce sa vélonomie, c’est-à-dire son autonomie dans l’entretien et la réparation de son vélo. Les ateliers vélorutionnaires parisiens participent au réseau des ateliers de mécaniques participatifs francophones, l’Heureux-Cyclage.

La révolution ne sera pas motorisée : cycliste, rejoins la Vélorution !

J’ai sauvé 80 kilos de fruits et légumes dans une Disco Soupe Sophie Caillat (Rue89) Reporterre 2013/05/31 Sophie Caillat (Rue89) (31 mai 2013) J’ai sauvé 80 kilos de fruits et légumes dans une Disco Soupe. Reporterre. Alimentation fr

J’ai sauvé 80 kilos de fruits et légumes dans une Disco Soupe

Cette semaine, j’ai participé à une « Disco soupe ». Comprendre : l’art d’éplucher, en musique, fruits et légumes mis au rebut, de les accommoder et de les manger dans des gobelets appelés « éco-cup ». C’était mardi soir 28 mai à la Bellevilloise, salle d’événementiel en vue dans les milieux bobos de l’est parisien.

Cette idée est née dans la foulée du « banquet des 5 000 », le curry géant organisé en octobre dernier par Canal+ en même temps que la sortie du documentaire Global Gâchis. Le héros de ce docu, Tristram Stuart, est justement là ce mardi soir à l’occasion de la sortie de la traduction française de son livre Waste (Ed. Rue de l’Echiquier, 2013).

« C’est une soirée sponsorisée par Danone », me souffle avec malice une copine fin gourmet, amatrice des Up-conférences, cycle destiné à « inspirer l’Innovation sociale », organisé par le groupe SOS. Tristram Stuart, entre sa conférence et la Disco Soupe, s’en explique :

« Je suis très radical dans mon cœur, mais si on veut changer le monde, il faut bien discuter avec tout le monde... sinon on vit dans une forêt. »

Sous ses allures de grande gigue anglaise, l’homme de 35 ans (que ma copine trouve « craquant ») sait s’y prendre. Tant avec la grande distribution, qui vient lui acheter des conseils, qu’avec le grand public et les politiques.

La grande révolution de Tristram Stuart, c’est d’avoir convaincu les gens que ce n’est pas sale de cuisiner cette nourriture récupérée.

« J’adore Paris pour les pieds de cochon »

Margaux et ses amis bénévoles, se sont fournis ce soir auprès d’un Auchan de Val d’Europe, en banlieue parisienne. Menu imposé donc : guacamole, salades variées et compotes de pommes, pêches et fraises. 80 kilos en tout, sauvés par ces bonnes âmes et servis dans des bassines en plastique. Avec un bon assaisonnement, on oublie l’origine.

« Le goût n’est pas dégoûtant, mais y a un goût de revenez-y. Et la salade cuite c’est excellent pour la santé », remarque Agnès, la cinquantaine. Elle ajoute :

« Ça me rappelle les débuts du recyclage des bouteilles, au début, ça paraissait bizarre, maintenant tout le monde s’y est mis. »

La conférence de Tristram Stuart, qui a précédé la Disco Soupe, a mis tout le monde dans l’ambiance.

L’Anglais looké raconte souvent que c’est en donnant à manger aux cochons qu’il s’est rendu compte qu’on pourrait nous-même manger cette nourriture comestible et encore délicieuse. Effet garanti :

« J’adore Paris pour les pieds de cochon. Qui a déjà mangé des abats ici ? [une majorité de la salle lève le doigt] Génial ! »

Plan de lutte contre le gaspillage alimentaire

Celui qui affirme avoir « sauvé 300 tonnes de produits en changeant le regard du public », se montre en photo devant une montagne de bananes :

« C’est ce que l’Equateur a jeté en un jour. Je trouve ça moralement condamnable, dégueulasse. Chacun d’entre vous peut agir en disant à son magasin qu’il veut des fruits non calibrés comme les bananes jumelles, ça évitera de les jeter. Militez pour une agriculture sans critère cosmétique. »

Passé presque inaperçu en fin de conférence, le ministre de l’Alimentation, Guillaume Garot, avait lui-même fait le déplacement. Il a rappelé son ambition : réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025.

Son futur plan de lutte contre le gaspillage alimentaire, qu’il présentera le 14 juin, comportera « des obligations », assure-t-il. Mais il n’a pas précisé si elles s’imposeront aux producteurs ou aux consommateurs.

Une fois que le ministre a annoncé à cette assemblée de convaincus qu’« il va falloir que chacun s’y mette », Tristram le mandate :

« Je veux savoir combien de nourriture a été gaspillée par qui et où, que les grandes surfaces soient obligées de faire des rapports sur leur gaspillage. »

Son autorité ne va pas encore jusque-là.

Petit massacre immobilier en perspective à Belle-Ile, en Bretagne Agence Bretagne Presse Reporterre 2013/05/31 Agence Bretagne Presse (31 mai 2013) Petit massacre immobilier en perspective à Belle-Ile, en Bretagne. Reporterre. fr

Petit massacre immobilier en perspective à Belle-Ile, en Bretagne

C’est un de ces milliers de projets qui, à coups de lotissements et de petites zones comerciales ou artisanales dévorent les terres : un projet immobilier spéculatif et inutile sur la grande île de Belle-Ile, dans le Morbihan.

Un Bellîlois, devenu promoteur, veut implanter 56 à 67 maisons sur un espace de 21 543 m2 à la sortie de Palais au lieu-dit Penecam. Il ne s’agit que d’une opération d’entassement urbain, à caractère strictement lucratif. C’est d’ailleurs une clientèle particulière qui est visée, le produit est en effet proposé à des acheteurs potentiels aisés comme le prouve la méthode de prospection utilisée (courriels adressés nominativement à des cadres ou des chefs d’entreprise du Continent).

Ce projet ne correspond en rien aux besoins locaux de logements, ne serait-ce que par le nombre prévu (énorme par rapport à la capacité annuelle de construction de nouveaux logements dans l’île) et le prix de vente : 300 euros le m2 de terrain nu.

Ce terrain avait d’ailleurs été préempté à juste titre par la commune de Palais au moment de l’achat par le promoteur. Il s’agissait de constituer une réserve foncière proche du centre ville et des commodités destinée à être aménagée progressivement pour les insulaires - avec une densité plus adaptée aux besoins de résidents principaux et au contexte urbain. Elle a malheureusement perdu le procès que lui a intenté le promoteur.

Une verrue qui défigure la sortie de Palais

L’examen des plans montre un ensemble d’une forte densité d’habitations. Le terrain est découpé en petites parcelles – entre 200 et 400 m2 en majorité, toutes les maisons seront disposées en rangs d’oignons, orientées dans la même direction.

Cet ensemble « passe partout », sans âme, comme on en voit à l’entrée des grandes agglomérations n’a rien à voir avec les traits urbains traditionnels de l’île que chacun veut préserver. Il ne s’intègre pas du tout au paysage bâti du secteur. Et que dire du déséquilibre démographique créé par l’occupation de 67 maisons, de la capacité des infrastructures (routes, réseaux divers) à « digérer » un ensemble aussi dense.

Quant aux retombées économiques pour l’île, elles risquent d’être bien négligeables, les divers travaux ne seront pas apparemment confiés aux entreprises locales.

Aménager, oui, mais…

Les associations examinent de près le dossier et sa cohérence avec le SCOT en projet. Elles sont résolument opposées à une urbanisation excessive au mépris des paysages et de l’environnement et elles exigent la prise en compte des besoins de logement de la population. Elles pèseront pour que les alentours de Palais ne soient pas défigurés par un lotissement de type banlieue du continent et pour que Belle-Ile reste Belle-Ile.

Plan du lotissement de 56 maisons. Source : dossier de permis.

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- L’union Bellîloise pour l’Environnement et le Développement (UBED) - Les Amis des Chemins de Ronde (ACR) - L’association pour l’application de la loi littoral dans le pays d’Auray (AALLPA) - L’Union pour la mise en valeur esthétique du Morbihan (UMIVEM)

En Haute Normandie, le débat sur l’énergie est fermé à la discussion Collectif Stop EPR, ni à Penly ni ailleurs Reporterre 2013/05/31 Collectif Stop EPR, ni à Penly ni ailleurs (31 mai 2013) En Haute Normandie, le débat sur l’énergie est fermé à la discussion. Reporterre. Tribune — fr

En Haute Normandie, le débat sur l’énergie est fermé à la discussion

Mercredi 21 mars, Pierre-Henry Maccioni, préfet de région et Alain Le Vern, président de la Région Haute-Normandie, ont présenté le cadre et la déclinaison régionale du débat national sur la transition énergétique, voulu par le Président de la République [1].

Depuis, la région a organisé quatre réunions thématiques autour de quatre grandes questions identifiées par le Conseil national du débat sur cinquante-deux.

L’ambition de la Région était « de faire émerger un projet de société autour de nouveaux modes de vie sobres et efficaces en énergie. » Et Alain Le Vern lui même déclarait à la presse le 21 mars 2013 : « Les principes de ce débat national que nous déclinons ici en région correspondent tout à fait à la voie dans laquelle la collectivité régionale est engagée depuis des années en termes de transition énergétique. »

La mise en oeuvre du débat cependant n’a que partiellement répondu à cet objectif. Le travail collaboratif attendu n’a pas eu lieu. A notre regret, la Région a prévu et organisé seule le débat national sur la transition énergétique en Haute Normandie alors que l’observatoire Climat énergies Haute-Normandie aurait pu offrir la possibilité d’associer l’ensemble des acteurs de la transition comme cela a pu se faire en Basse-Normandie.

Ni le contenu des interventions ni le choix des intervenants n’ont fait l’objet d’une réelle consultation. A croire que la filière énergie reste encore aujourd’hui le principal interlocuteur des pouvoirs publics locaux [3].

Comment parler d’un climat de confiance aux vues de la désaffection des réunions et surtout des tensions palpables à Saint-Martin en Campagne ? Les réunions du débat sur la transition énergétique n’ont été que des conférences ne permettant pas un dialogue serein sur des questions pourtant concrètes qui intéressent le plus grand nombre.

Seul Michel Frémont a fait l’effort de présenter des solutions efficientes pour que chacun soit acteur de la transition, en particulier les élus, qui comme à Güssing ou à Montdidier pourraient engager leur collectivité sur la voie d’un modèle énergétique sobre, efficace et adapté aux ressources locales. Aucun autre acteur écologiste local n’a pu accéder à la tribune malgré de nombreuses sollicitations...

Nous sommes en droit de nous interroger sur la volonté effective en région de réduire la consommation énergétique globale. A Evreux, Jean-Louis Destans a donné à voir une réelle incompréhension des enjeux de la rénovation de l’habitat. Améliorer l’efficacité énergétique du parc immobilier n’est pas une charge mais un investissement vecteur d’emplois locaux et de développement des compétences des entreprises.

Le Schéma régional climat air énergie adopté le 21 mars 2013 ne peut nous rassurer compte tenu de la modestie des objectifs affichés [4]. Quand donc la Haute-Normandie entrera-t-elle en transition ?

Si la Région a l’ambition « de faire de l’énergie un secteur économique d’avenir, créateur d’emplois », force est de reconnaître que cet enjeu n’a pas été traité à sa juste valeur à l’occasion des réunions du débat sur la transition énergétique. Un réel manque d’ambition est apparu au Havre où il n’a été question que d’éolien, de photovoltaïque et de biomasse.

Or il existe bien d’autres énergies renouvelables qui pourraient être développées en région. Cela implique que les industriels et les pouvoirs publics imaginent des solutions innovantes tant sur le plan technique que financier. Il manque ici des outils de financement qui permettent de préparer l’après pétrole mais aussi l’arrêt des centrales nucléaires.

Aucun projet citoyen solidaire n’a été présenté. Seule l’intervention dans la salle d’une représentante de la société civile au Val de Reuil a mentionné ce modèle qui offre la possibilité à chacun de se réapproprier les enjeux énergétiques. La transition n’est pas le monopole de quelques grands groupes industriels mais l’affaire de tous, usagers et élus. Ainsi nous ne pouvons que regretter que la seule commune de la région qui dispose d’une régie publique d’électricité, Elbeuf, n’ait pas pu témoigner de son expérience.

Finalement il n’a jamais été question de la gouvernance de la transition énergétique en Haute-Normandie alors que cet enjeu a été clairement identifié par le conseil national du débat sur la transition énergétique dès novembre 2012 [5].

Le débat en Haute-Normandie n’a pas abordé un enjeu majeur de la transition, à savoir la nécessaire décentralisation du modèle énergétique français. A trop vouloir ménager les industriels locaux du secteur de l’énergie [6], la Région n’a pas assumé le rôle qui lui revient dès aujourd’hui pour préparer notre territoire aux enjeux du XXIe siècle. Chacun sait pourtant que le réchauffement climatique et la déplétion des matières premières vont nous obliger d’ici quelques années à revoir complètement nos consommations et l’appareil productif.

Les solutions pour faire face à cette crise globale ne viendront ni de Paris ni de Bruxelles. C’est ici en Région qu’il convient de penser l’énergie de demain, ses usages mais aussi ses modes de production et de distribution. Voilà un véritable défis pour la Région à l’heure où la troisième étape de la décentralisation s’annonce.

La Région, les départements et les communes sont les lieux de la transition énergétique [7]. Faut-il encore que nos élus en aient conscience. Leur responsabilité est grande non seulement face à l’avenir mais, dès aujourd’hui, face à leurs administrés percutés de plein fouet par la flambée de la facture énergétique. Des solutions existent et réussissent ailleurs. Qu’attendons-nous en Haute-Normandie pour les mettre en oeuvre ?

La Haute-Normandie n’a pas vocation a être une annexe du Grand Paris chargée de gérer des flux des marchandises et de produire une énergie consommée ailleurs. Il s’agit d’abord de faire face aux besoins locaux en particulier en matière d’emplois alors que les vieilles industries de l’ère du pétrole abondant disparaissent les unes après les autres.

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Notes

1- http://www.hautenormandie.fr/Lettres-d-informations/Articles/numero-ma-region-eco/n-24-mars-2013/Debat-sur-la-transition-energetique-cap-vers-l-excellence-environnementale

2- http://www.transition-energetique.gouv.fr/

3- sur quatre débats, EDF a été représenté deux fois à la tribune et systématiquement dans la salle

4- http://www.calameo.com/read/0015749753b1544cb1e00?authid=18uGuM6nUTsP

5- http://www.actu-environnement.com/ae/news/transition-debat-energie-propositions-groupe-travail-gouvernance-18412.php4

6- http://www.energies-haute-normandie.com/un-nouveau-conseil-dadministration-pour-energies-haute-normandie/

7- http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/07/les-villes-veulent-choisir-leur-avenir-energetique_1757100_3244.html

Dernier jour pour protester contre le bétonnage de terres agricoles par Decathlon près d’Orléans Collectif SPLF45 Reporterre 2013/06/01 Collectif SPLF45 (1er juin 2013 à 23h47,) Dernier jour pour protester contre le bétonnage de terres agricoles par Decathlon près d’Orléans. Reporterre. fr

Dernier jour pour protester contre le bétonnage de terres agricoles par Decathlon près d’Orléans

L’enquête publique du DAC, document d’aménagement commercial qui délimite les zones de développement commercial et qui, à la page 17, mentionne la création d’un « pôle de sport/loisir » qui permettrait à Oxylane de s’implanter à l’est de l’AgglO prend fin le 3 juin.

Si on arrive à avoir 200 à 300 personnes qui complètent l’enquête publique contre ce projet, on met encore plus de chances de notre côté !

Vous aussi, écrivez au commissaire enquêteur à l’adresse suivante enqueteDAC@agglo-orleans.fr. qui peut être inspiré de celui-ci :

« Je suis opposé à la création d’un pôle »sport/loisir« sur la commune de Saint-Jean de Braye »

avec votre argument favori, au choix :

- nocif pour l’environnement, - inutile, - en contradiction avec les politiques de développement durable, d’économie sociale et solidaire, - choix tourné vers le passé, - ...

D’autres arguments ? Consultez la page « argument » de notre site, vous pourrez y lire la note déposée par notre collectif.

Le commissaire enquêteur assurera sa dernière permanence au siège de la Communauté d’agglomération - 5 place du 6 juin 1944 - 45000 Orléans : le 3 juin de 11h à 13h.

Fukushima : Le gouvernement japonais dénie l’ampleur du drame Thierry Ribault Reporterre 2013/06/03 Thierry Ribault (3 juin 2013) Fukushima : Le gouvernement japonais dénie l’ampleur du drame. Reporterre. Tribune — Catastrophes nucléaires fr

Fukushima : Le gouvernement japonais dénie l’ampleur du drame

Alors que François Hollande doit se rendre au Japon, un rapport de l’ONU souligne la gravité des conséquences sanitaires de Fukushima. Mais le gouvernement japonais en rejette la teneur, se référant aux normes « scientifiques » de l’AIEA et de l’OMS.

Le 27 mai, Anand Grover, rapporteur spécial du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies, présentait à Genève les résultats de sa mission de novembre dernier à Fukushima. Une fois n’est pas coutume, les Nations unies ont fait leur travail : protéger. Ou, tout au moins, émettre la ferme intention de le faire. Voici les principales conclusions de ce rapport accablant pour le gouvernement japonais.

Anand Grover prend acte de l’ampleur de la catastrophe : la quantité de césium relâchée suite à l’accident nucléaire de Fukushima est de l’ordre de 168 fois celle relâchée lors du bombardement atomique d’Hiroshima. Sans parler du tellure, du lanthane, de l’argent et du baryum.

Le rapporteur prend également acte du fait que l’on ne peut plus appliquer à Fukushima les mêmes méthodes de maquillage de la réalité mobilisées après Tchernobyl, notamment en ce qui concerne les effets sanitaires désormais identifiés (aberrations chromosomiques, hausse de la morbidité infantile, hausse du nombre de leucémies).

Selon Anand Grover, on ne peut plus considérer comme négligeables les travaux scientifiques démontrant le lien entre une exposition durable aux faibles doses et le développement de cancers.

Le rapport critique l’absence de distribution effective à la population de tablettes d’iode. Et remet en question le système de protection sanitaire des travailleurs : l’accès aux examens médicaux n’est pas systématique (contrairement à ce que la loi prévoit) et les résultats ne sont pas transmis aux autorités ; la main-d’œuvre embauchée par les sous-traitants, majoritaire, n’accède pas à de tels examens.

Un droit à la santé non respecté

Concernant les zones, Anand Grover rappelle qu’à Tchernobyl en 1991, le seuil d’inacceptabilité a été fixé à 1 mSv (millisievert) par an pour pouvoir retourner vivre et travailler dans les zones contaminées. A Fukushima ce seuil est de 20 mSv par an, sans compter qu’entre 20 et 50 mSv, la population peut accéder librement aux zones contaminées en période diurne.

Le rapporteur critique le recours à l’analyse « coûts-bénéfices » par les autorités japonaises car une telle analyse ne respecte pas le droit de chaque individu à la santé. Selon le rapporteur, l’intérêt collectif ne peut dominer le droit individuel, notamment le droit à la santé. Aussi demande-t-il au gouvernement japonais de ramener son seuil d’autorisation au retour, et son seuil d’indemnisation et de droit à la protection sanitaire gratuite, à 1 mSv par an.

Dans le domaine éducatif, Anand Grover demande au gouvernement de cesser d’affirmer aux enfants japonais dans leurs manuels scolaires qu’en dessous de 100 mSv par an, les radiations sont inoffensives pour la santé.

Au sujet de la décontamination, le rapport regrette qu’aucun calendrier ne soit fixé au delà de 2013, ayant pour perspective un retour à des niveaux inférieurs à 1mSv.

Par ailleurs, nettoyer les cours d’école ne suffit pas : il faut décontaminer de manière beaucoup plus large notamment en se préoccupant des « points chauds », qui peuvent exister dans des zones en dessous de 20 mSv où les populations sont désormais appelées à vivre. Enfin, il critique le fait d’impliquer la population, non équipée et non informée, dans la décontamination.

Le rapporteur critique aussi le financement par l’Etat (c’est-à-dire par les contribuables) des dommages dus à Tepco (110 milliards d’euros annoncés fin 2012).

Le contre-rapport du gouvernement japonais

Le gouvernement japonais a fait savoir, dans un contre-rapport rendu public le 27 mai à Genève, lors de la même conférence, son entière désapprobation des conclusions du rapport Grover.

Les « bases scientifiques » du rapport Grover, seraient, selon les autorités japonaises, inexistantes. Il faut ici entendre par « bases scientifiques » celles des experts de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), de l’UNSCEAR (Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives), de la CIPR (Commission internationale de protection radiologique) et de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). Hors de ces « bases », à leurs yeux, nulle vérité ne peut être établie.

L’UNSCEAR, cette agence de l’ONU en charge de l’estimation des conséquences sanitaires de la catastrophe de Fukushima, conclut à moins de 50 morts immédiates dues aux radiations et moins de 15 morts liées au cancer de la thyroïde à Tchernobyl, et prévoit d’ores et déjà « zéro mort », à court comme à long terme, à Fukushima.

Ne pas « accabler les riverains »

Les appels d’Anand Grover à une meilleure protection sanitaire des populations sont considérés par le gouvernement japonais comme totalement déplacés et superflus dans la mesure où rien ne prouve « scientifiquement » que les populations concernées ont un réel besoin de protection allant au-delà de celle qui leur est déjà fournie :

« Le gouvernement continuera de travailler à des mesures permettant d’apporter le soutien nécessaire aux personnes qui en ont véritablement besoin. »

Ainsi, lorsque le rapporteur Grover recommande de « ne pas limiter les contrôles sanitaires des enfants au seul examen de la thyroïde et de les étendre à l’ensemble des effets sanitaires potentiels, notamment à travers des examens urinaires et de sang », la réponse du gouvernement japonais, qui exige que ces lignes soient effacées, est la suivante :

« Le jugement d’intervention doit être fondé scientifiquement et éthiquement. Pourquoi les examens de sang et d’urine sont-ils requis ? Sur la base de la possibilité de quel type de troubles sont-ils justifiés ? L’idée est inacceptable parce que nous ne devons en aucun cas accabler les riverains en les contraignant à subir des examens médicaux injustifiés. […] Les examens de dépistage […] ne doivent pas être imposés aux habitants locaux car ils constituent un fardeau inutile. »

« Controverse sur le niveau de radiation affectant la santé »

A la demande du rapporteur spécial d’appliquer « la loi pour la protection des victimes de l’accident nucléaire votée en juin 2012, et de fournir les fonds nécessaire au relogement, à l’habitat, à l’emploi, à l’éducation et aux autres besoins fondamentaux de ceux qui ont choisi d’évacuer, de rester ou de retourner dans n’importe quelle zone où le niveau de radiation dépasse 1 mSv par an », le gouvernement japonais répond :

« Les phrases citées ci-dessus doit être effacées car elles sont fondées sur des préjugés. Comme nous l’avons déjà noté, il y a une controverse internationale sur le niveau de radiation qui affecte la santé et cette question est encore à l’étude. »

Concernant les déchets liés à la décontamination, les autorités japonaises n’hésitent pas à mentir ouvertement :

« Lorsque la terre enlevée est stockée, des mesures visant à prévenir l’impact sur la santé humaine, telles que la mise en place de films écrans protecteurs, sont prises. Aussi, la description faite par le rapport Grover, selon lequel “les déchets constituent un risque sanitaire pour les habitants”, n’est pas fondée. »

Fidèle à lui-même, le gouvernement japonais corrige l’histoire. Il sera sans doute aidé par le président de la République française, les sept ministres, les parlementaires et la délégation industrielle, en visite d’Etat au Japon du 6 au 8 juin. La livraison des dix tonnes de MOX qui ont quitté La Hague, le 17 avril dernier, l’aidera aussi.

Kaizen Par Julien villalard Reporterre 2013/06/03 Par Julien villalard (3 juin 2013) Kaizen. Reporterre. fr

Kaizen

Le numéro 8, mai-juin 2013, de Kaizen est paru.

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Pourquoi Kaizen ?

édito du numéro 1 de Kaizen, paru le 1er mars 2012

Aujourd’hui, Kaizen est né.

Un nouveau média, un magazine, destiné à nous faire découvrir les hommes, les femmes, les initiatives qui construisent le XXIe siècle tout du moins tel que nous l’espérons. Mais pourquoi diable avoir créé un nouveau magazine ? Les kiosques en regorgent, la presse s’effondre, le papier semble condamné face à l’émergence du numérique…

Tout simplement parce que le monde dans lequel nous voulons vivre, celui dans lequel nous voudrions que nos enfants grandissent, n’est pas celui que la majorité des médias dépeignent. Ce n’est pas celui de l’urgence perpétuelle, de la cacophonie, de l’information spectacle, du catastrophisme et du cynisme, du paraître.

Et nous croyons fermement que nous ne sommes pas seuls dans ce cas. Qu’une majorité grandissante d’entre nous aspire à découvrir des initiatives positives, constructives, humanistes, écologiques, créatives, audacieuses… Que nous avons besoin de rêver, de nous figurer comment notre monde pourrait se transformer et de quelle façon nous pourrions y contribuer, pas à pas. De découvrir comment des personnes qui nous ressemblent réinventent l’école, l’agriculture, l’économie et vivent plus heureux.

Nous nous acheminons sans doute vers des temps difficiles, angoissants, les ruptures économiques et écologiques peuvent survenir à tout moment et déstabiliser l’ensemble de nos sociétés. Plus que jamais nous avons besoin d’entrevoir les chemins que nous pourrons prendre, ensemble, si l’irréparable n’est pas évité. Kaizen voit le jour dans cette perspective : nous indiquer des voies, des possibles et nous remettre en lien. Chaque jour il y a de bonnes raisons d’avoir peur, de râler, de désespérer, mais aujourd’hui est une bonne journée : Kaizen est né.

Cyril Dion, directeur de la rédaction

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n° 7

La plus vieille maison en paille d’Europe... attend l’aide de tous Réseau Français de la Construction en Paille Reporterre 2013/06/03 Réseau Français de la Construction en Paille (3 juin 2013) La plus vieille maison en paille d’Europe... attend l’aide de tous. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

La plus vieille maison en paille d’Europe... attend l’aide de tous

La maison Feuillette (plus ancien bâtiment en paille d’Europe) est à vendre !

Sa propriétaire a souhaité la céder à des personnes qui vont en prendre soin. Elle a donc pensé au RFCP (Réseau Français de la Construction en Paille) qui ne dispose pas des fonds nécessaires et qui lance donc une souscription pour pouvoir sauvegarder ce patrimoine unique.

La maison Feuillette a été construite en 1921 par l’ingénieur Feuillette qui cherchait une solution à la reconstruction du pays au sortir de la guerre. Elle est située à Montargis, à 90kms de Paris. Elle est habitée depuis plus de 90 ans et en vente depuis 1 an.

Sur une parcelle de 1500 m² la maison de 80 m² au sol sur 2 étages est orientée le long de la voirie. Malgré le lierre qui recouvre entièrement l’édifice, les murs enduits à la chaux ne présentent aucune détérioration, preuve de leur qualité d’exécution. A l’arrière, côté jardin, se trouve un grand hangar de 200m² construit selon la même technique d’ossature légère composite.

Pour en savoir plus sur la technique utilisée, consultez l’article de Sciences et Vie de 1921 sur le site de la maison Feuillette [1].

Le projet Feuillette

Le Projet Feuillette consiste à profiter de l’opportunité de la vente pour sauvegarder la maison et faire de ce site un outil de communication, de promotion et d’expérimentation dans le domaine de la construction durable au travers de plusieurs volets : · auscultation puis réhabilitation de la maison et de son hangar ; · création d’un espace de formation / information / recherche ; · construction sur le site de logements à loyers modérés.

1- La Maison Feuillette

En 1921, la construction de cette maison a suscité la curiosité de Gustave LAMACHE journaliste scientifique au magazine « La Science et la Vie ». Il nous lègue un article d’époque sur le numéro 56 de ce magazine.

La surface habitable de la maison est de 110 m². Elle est construite sur 2 niveaux avec une ossature bois et un remplissage en bottes de paille enduites sur leurs deux faces. La paille toujours en excellent état est visible et accessible à la fois au RDC et au grenier. Les menuiseries, les sols, les parements intérieurs et extérieurs sont d’époque. Les travaux de restauration à mener sont relativement modestes.

2- Bureaux énergie positive / innovation

Le hangar va être exploité de deux manières :

- des bureaux passifs vont être construits en paille sous le hangar. Ils seront constitués de locaux utilisés pour réaliser de la Recherche, des formations, des conférences. Ils seront instrumentés et auront des parois “écorchées” qui pourront servir de support aux formations (gestion de l’étanchéité à l’air, transferts d’humidité etc.) ;

- exposition permanente de maquettes de parois échelle 1:1 sera disposée sous le hangar. Cet espace sera construit progressivement dans le cadre de chantier-école encadrés par des professionnels.

3- De nouveaux habitats participatifs écologiques passifs

La parcelle est suffisamment vaste pour accueillir un nouveau bâtiment tout en préservant une grande partie du jardin et du potager existant. Ceci va être mis à profit pour construire des logements en paille qui vont permettre : · d’appliquer les techniques de construction en paille contemporaines ; · de réaliser les logements dans une démarche participative ; · d’assurer l’équilibre de l’opération sur le long terme ; · de faire vivre le site.

Ce projet est une opportunité unique pour promouvoir la construction en bottes de paille et prouver que le facteur 4 est atteignable dans des bâtiments neufs et rénovés.

Ainsi : · construite en 1920 à Montargis en plein centre ville, la maison “Feuillette” est le plus ancien bâtiment au monde à ossature bois et remplissage en bottes de paille ; · par une chance extraordinaire, des photos et un récit de chantier sont disponibles dans un article très complet publié en 1921 dans la revue “La science et la vie” ; · bien qu’habitée sans discontinuer depuis sa construction, la maison est en bon état et n’a pas été rénovée. Elle est dans son état initial et pourra donc faire l’objet d’investigations et d’études fructueuses ; · sur le site, se trouve aussi un hangar construit sur le même modèle d’ossature que la maison ; · la parcelle est suffisamment grande pour pouvoir édifier un bâtiment supplémentaire bien orienté (sud, sud-est) ; · une souscription mondiale a été lancée par le RFCP. · le RFCP a besoin d’autres soutiens financiers pour pouvoir réaliser cette opération.

Nous avons besoin de vous !

Chaque don est important. Pour sauvegarder la maison Feuillette, il suffit que nous soyons 25000 souscripteurs à 10€, 5000 à 50€, ou 1000 à 250€...

En soutenant cette action, vous donnez de la force à un réseau humaniste dédié à la construction en paille. Le réseau vous offre en échange la garantie de continuer à préserver la maison Feuillette, à oeuvrer activement pour le développement et la reconnaissance de la construction écologique, considérée par ses acteurs comme une solution majeure face aux immenses enjeux de ce siècle.

Penn ar Bed : dossier Notre Dame des Landes Par Julien villalard Reporterre 2013/06/03 Par Julien villalard (3 juin 2013) Penn ar Bed : dossier Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Penn ar Bed : dossier Notre Dame des Landes

Le numéro spécial de la revue Penn ar Bed consacré au travail des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes vient de paraître. En attendant les bilans des inventaires naturalistes, l’accent a été mis sur la critique des mesures compensatoires.

On trouvera dans ce numéro spécial le dossier qui a été remis au Collège des experts en charge de la validation des mesures compensatoires et la lettre ouverte qui a été adressée au même collège par les « Décompenseurs en lutte ».

Par ailleurs, deux chercheurs apportent des éléments complémentaires : Benoît Dauguet montre ce que cachent les calculs de compensation et Loïc Marion souligne les mensonges de ceux qui veulent faire croire que la réserve naturelle de Grand-Lieu bénéficierait de la création d’un nouvel aéroport. De son côté, Michel Mayol propose une première synthèse de la lecture paysagère de la ZAD.

Spécial Notre-Dame-des-Landes

Sommaire

• Le pavé dans la mare • Éléments du paysage de la ZAD par Michel MAYOL • La vérité sur Grand-Lieu par Loïc MARION • Rapport à l’attention du collège des experts par le collectif des Naturalistes en lutte • Les mesures compensatoires et la marchandisation de la nature par le collectif des "Décompenseurs" en lutte • Dans les rouages de la méthode compensatoire par Benoît DAUGUET

Vous pouvez le commander à : Penn ar Bed – Bretagne vivante, BP 63121, 29231 Brest Cedex 3.

7 € + 1,73 € pour les frais d’envoi. Les éventuels bénéfices serviront à financer la lutte contre l’aéroport.

Bientôt en Suisse, une votation sur le revenu de base Stanislas Jourdan Reporterre 2013/06/03 Stanislas Jourdan (3 juin 2013) Bientôt en Suisse, une votation sur le revenu de base. Reporterre. fr

Bientôt en Suisse, une votation sur le revenu de base

Les Suisses sont étonnants. Après avoir décidé en avril de plafonner les rémunérations des patrons, une votation sur le revenu de base est dans les tuyaux de la démocratie helvétique.

La presse francophone est désormais unanime : avec plus de 110.000 signatures à 4 mois avant la fin de la campagne, l’initiative fédérale est sur le point d’aboutir. Selon la Constitution suisse, il faut en effet 100.000 signatures pour qu’une initiative citoyenne aboutisse, déclenchant alors une votation sur le projet de loi proposé par les initiants bâlois et zurichois il y a un an.

Mais les représentants du BIEN-Suisse, qui s’est rallié aux efforts de leurs concitoyens germanophones pour organiser la récolte en Suisse Romande, ne cessent de le répéter : l’ambition est maintenant d’obtenir plus de 130.000 signatures d’ici début août, afin de se couvrir du risque qu’un certain nombre de signatures ne soient pas validées par les autorités communales (en raison de doublons et autres données non conformes).

Un référendum d’ici deux ans ?

Si cet objectif est atteint, alors le gouvernement soumettra le projet de loi à une votation populaire, c’est-à-dire un référendum où chaque électeur suisse sera invité à s’exprimer sur l’idée du revenu de base. En général, cette votation est organisée entre une et quatre années après que les autorités nationales aient officiellement reconnu le succès de l’initiative.

« Mais rien ne presse » précise Ralph Kundig, membre du comité du BIEN-Suisse, « car si la votation intervient trop tôt, cela réduit aussi le temps nécessaire à ce que le peuple soit informé et fasse son propre jugement. En fait, le Conseil fédéral et le Parlement sont susceptibles d’accélérer le processus afin de prendre de court les initiants, sans nous laisser le temps nécessaire de préparer la (coûteuse) campagne précédant la votation » explique-t-il avant de relativiser : « d’un autre côté, écourter ce délai leur fait courir le risque qu’on surfe sur le capital sympathie de l’initiative Minder. »

Minder, c’est le surnom d’une autre initiative contre les rémunérations abusives qui vient d’être couronnée de succès lors d’une récente votation.

Autre danger pour le revenu de base : la chancellerie de la confédération a également la possibilité de soumettre un contre-projet, lui aussi soumis à votation populaire. Cette contre-proposition est souvent moins radicale que celle des initiants, si bien que, dans les rangs des activistes du revenu de base, on l’imagine déjà proposer un « faux revenu de base », soumis à condition, avec un montant au rabais.

À propos de montant justement, précisons que les 2 500 francs mis en avant par les activistes suisses ne figurent pas dans le texte officiel de l’initiative, qui se contente de tenter d’inscrire le principe du revenu de base dans la constitution Suisse, comme c’est déjà le cas au Brésil (pdf).

Le succès de l’initiative n’indique en rien que les suisses plébisciteront la proposition de revenu de base. Il faut en effet rappeler que si les Suisses ont récemment accepté l’initiative Minder, ils en ont aussi rejeté une autre pour une augmentation des congés payés…

A l’inverse de la plupart des autres initiatives fédérales, l’initiative pour un revenu de base inconditionnel n’a obtenu jusque-là qu’un faible soutien des syndicats et des partis politiques suisses. À l’exception notable du syndicat SYNA, des Verts Vaudois et Valaisans et des Jeunes Verts, plusieurs syndicats se sont exprimés ouvertement contre le revenu de base, dénonçant une « prime à la paresse » ou encore une hypothétique baisse des salaires en cas d’instauration du revenu de base. Myret Zaki, célèbre journaliste économique très critique à l’égard de la finance, dénonce quant à elle « un projet démagogique qui crée une mentalité de rentier. »

Ces critiques vont-elles dissuader le peuple Suisse de voter pour le revenu de base ? « Malheureusement, les initiants pourraient avoir raison trop tôt » craint Didier Berberat, Conseiller aux États neuchâtelois interrogé dans un reportage diffusé par la télévision Alpha Canal.

Pourtant, on sous-estime certainement l’impact d’ores et déjà acquis par ce succès, s’il se confirme.

Une première mondiale

Car quel que soit le résultat du vote, l’organisation d’une votation constitue en elle-même un événement historique majeur. Pour la première fois, un peuple de 8 millions d’habitants va s’exprimer directement à ce sujet, ce qui serait ni plus ni moins qu’une première mondiale pour cette idée vieille de plus de deux siècles.

Concrètement, cela signifie aussi que tous les citoyens en âge de voter recevront dans leur boîte aux lettres des documents informatifs sur le revenu de base, en amont de la votation. Cela signifie aussi que tous les partis politiques devront prendre position vis-à-vis de l’initiative. Un activiste s’enthousiasme :

‘‘On espère ainsi briser pour de bon le tabou (ou la timidité ?) qui entoure généralement l’idée du revenu de base dans les milieux politiques.’’

« Maintenant, on nous prend au sérieux »

Et ce n’est pas tout : « Le regard des médias sur le revenu de base a fortement changé depuis que nous avons passé la barre des cent mille » constate Anne-Béatrice Duparc, membre du comité du BIEN-Suisse. Pour preuve, cette une du journal de gauche Le Courrier, qui titrait lundi dernier : « Le revenu de base s’est imposé dans le débat. »

« Maintenant, on nous prend au sérieux » résume Anne-Béatrice. « Tous les suisses ont désormais l’occasion de réfléchir au fait que le droit à l’existence n’est pas forcément lié à une activité salarié. En soi c’est déjà est une réussite pour notre initiative. »

Certes une bonne partie de la gauche reste à convaincre, mais les soutiens continuent malgré tout d’affluer. Ainsi, M. Guy Mettan, représentant du parti de centre droite PDC a exprimé son soutien à l’initiative le 21 mai dernier lors d’une conférence à Genève en présence de Philippe Van Parijs, l’un des avocats majeurs de cette cause, et devant un public convaincu.

De bon augure pour l’initiative citoyenne européenne ?

Le succès de l’initiative est-il de bon augure pour l’initiative citoyenne européenne qui est actuellement en cours dans l’Union Européenne ? Hélas, nous avons encore beaucoup à apprendre, non pas sur le revenu de base, mais plutôt sur la démocratie.

« C’est en fait plus facile en Suisse car ici, signer et faire signer une initiative est un sport national » explique Ralph Kundig, l’un des champions reconnus dans la discipline.

Et puis, comme les Suisses ne peuvent pas signer par voie électronique, cela force les initiants à aller dans la rue pour récolter des signatures sur des formulaires papier, créant au passage une vraie visibilité auprès des passants.

L’expérience de l’initiative citoyenne européenne montre à ce stade que récolter les signatures est plus difficile qu’en Suisse car les gens ne sont pas habitués à ce genre de procédure. Beaucoup pensent signer une simple pétition et manifestent donc leur inquiétude au moment de fournir un numéro d’identité.

Comme le dispositif de l’initiative citoyenne européenne n’est pas connu du grand public, nous devons parallèlement expliquer le principe du revenu de base, et celui de l’initiative citoyenne européenne.

Quoi qu’il en soit, ces difficultés ne doivent pas nous décourager, car s’il y a bien une leçon à retenir de ce qui se passe aujourd’hui en Suisse, c’est qu’un groupe de citoyens, aussi petit soit-il, peut accomplir de très grandes choses… s’il ose en relever le défi !

Affiche festival du livre écologie Par Julien villalard Reporterre 2013/06/03 Par Julien villalard (3 juin 2013) Affiche festival du livre écologie. Reporterre. fr

Affiche festival du livre écologie

Le Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie lance un concours d’affiche pour sa 11e édition (12-13 octobre) Faites mieux que... l’année dernière !

Comme chaque année, le Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie lance un concours d’affiche pour la 11e édition de cet événement qui se tiendra les 12 et 13 octobre prochain, à la Bellevilloise.

Artistes, créatifs, designers, dessinateurs et autres : à vos outils et idées en tout genre !

Vous avez un mois, jusqu’au 18 juin prochain, pour proposer votre visuel qui deviendra l’affiche officielle du Festival et qui décorera ainsi les rues de Paris à l’automne.

Le lauréat se verra remettre un chèque de 400 Euros.

Pour plus de précisions sur le règlement du concours, rendez-vous ici.

Et pour inspirer votre imagination débordante, n’hésitez pas à jeter un œil aux précédentes affiches primées.

C’est désormais à vous de jouer !

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Reporterre est partenaire du Felipe 2013

En Turquie, la base de la révolte est écologique Urban Movements Istanbul / Habitat International Coalition Reporterre 2013/06/03 Urban Movements Istanbul / Habitat International Coalition (3 juin 2013) En Turquie, la base de la révolte est écologique. Reporterre. fr

En Turquie, la base de la révolte est écologique

La révolte en Turquie est née de la protestation contre la destruction d’ un parc au centre d’Istanbul afin d’y édifier un centre commercial.

- Communiqué de Urban Mouvements Istambul, traduit du turc

Ceci est un appel urgent de la part de défenseurs des droits de l’homme, activistes, ONG, professionnels, associations de quartiers et stambouliotes [habitants d’Istanbul].

Depuis le 27 mai, des Stambouliotes, classes sociales et appartenance politique confondue , de tous âges et de différents quartiers d’Istanbul sont entrés en résistance passive au parc Gezi, le plus grand parc public de la ville, dont la démolition devait avoir lieu bientôt en raison d’un soi-disant projet de rénovation. Le projet prévoit en effet la construction d’un immense centre commercial ( qui devait être une réplique de la maison de l’artillerie ottomane).

http://www.bianet.org/english/english/147016-demonstrators-plant-trees-against-destruction-in-taksim-gezi-park

La police est intervenue à trois reprises, plus violemment à chaque fois : La première intervention a eu lieu le 28 mai au matin, environ 50 manifestants ont été pris pour cible et le gaz été projeté directement sur leur visage.

http://stream.aljazeera.com/story/201305302148-0022796

En solidarité avec les manifestants, des centaines de personnes les ont rejoint en fin de journée et le mouvement d’occupation a pris en importance. La seconde intervention de la police a pris place le 30 mai à 5 heures du matin. Les forces de l’ordre ont brûlé les tentes des occupants et les gaz lacrymogènes et autres ont été utilisés de manière ininterrompue, causant de sérieuses blessures.

http://www.youtube.com/watch?v=suEVcTIpzxA&list=UUNwGZGYteEB64ywTGCn0w2g&index=2

http://www.hurriyetdailynews.com/protester-to-undergo-surgery-after-morning-police-intervention-at-taksim-park--.aspx?pageID=238&nID=47878&NewsCatID=341

Contre cette violence extrême et aveugle, la réaction a été d’occuper le parc, cette fois, à plusieurs milliers.

Ce matin s’est révélé être une culmination de violence et de barbarie que peu de mots peuvent décrire, avec un usage de la force tout à fait disproportionné. Les sorties du parc ont été bloquées par la police, enfermant le groupe à l’intérieur. Les manifestant ont été pris entre des violents tirs de gaz et des grenades lacrymogènes, beaucoup se sont évanouis. Les manifestants ont du détruire un mur pour pouvoir s’échapper, beaucoup on été gravement blessés.

http://www.hurriyetdailynews.com/protester-to-undergo-surgery-after-morning-police-intervention-at-taksim-park--.aspx?pageID=238&nID=47878&NewsCatID=341.

En ce moment, l’intervention brutale contre les manifestants continue. Le groupe s’est fait attaquer par les forces de l’ordre une nouvelle fois alors qu’ils lisaient leur déclaration à la presse. En ce moment certains sont à l’hotel Divan à Elmadag, se réfugiant des attaques au gaz.

Littéralement toute la place Taksim, où est situé le parc Gezi, est sous les gaz, les rues autour de Taksim sont sous des nuages de gaz.

Chers camarades, nous croyons n’avoir rien à ajouter, les scènes parlent pour elles-mêmes.

La résistance pour les droits de l’homme et la démocratie ne s’arrête pas ici, nous sommes déterminés à continuer notre lutte contre un gouvernement déterminé à écraser toute opposition, un gouvernement qui ne peut même pas tolérer une manifestation pacifique pour sauver des arbres. Le gouvernement actuel a violé toutes les conventions internationales auquelles il est partie.

Votre soutien et votre solidarité est déterminant pour notre détermination et notre résistance. Partagez ces évènements, nommez les et accusez les responsables, afin que cette folie et ces pratiques brutales contre les militants des droits de l’homme stoppent avec la pression internationale.

Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/06/03 Camille Martin (Reporterre) (3 juin 2013) Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler. Reporterre. fr

Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler

Plus de voitures produites que de pétrole : pour l’instant, cela passe, parce que, dans les pays du sud, elles roulent relativement peu. Mais la crise d’approvisionnement est programmée.

- Traduction de l’article « World car production grows 3 times faster than global oil supplies » par Matt Mushalik, paru dans Crude oil peak

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Durant les dix dernières années, la production mondiale d’automobiles est passée de 41 millions d’unités à 63 en 2012, soit une augmentation de 52 %. Presque deux tiers de cette augmentation est le fait de la Chine. Mais durant la même période, les combustibles liquides n’ont vu leur production s’élever que de 16 % : il y a un décalage évident.

Les statistiques sont ici

Sur le graphique, on constate qu’en 2005, la production automobile mondiale a commencé à croitre plus vite que les combustibles disponibles. Incidemment, cette date correspond au début du pic de pétrole. La crise financière de 2007-2008, induite par la coïncidence de prix du pétrole élevés et de la dette accumulée, a interrompu la croissance, mais pas dans les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud).

Comment expliquer ce fossé entre la production d’automobiles et celle de pétrole ?

Dans les pays du BRICS, le nombre de voitures produites était avant 2005 inférieure au volume de consommation de pétrole de ces pays. Cela a changé après 2005.

La situation est supportable parce que les voitures des BRICS roulent moins que dans les pays du nord, et consomment moins. Mais si cela changeait, cela conduirait à un fossé de production de pétrole de plus de 25 millions de barils par jour, soit un quart de la production mondiale de ce liquide... Le conflit est programmé.

A Bristol, la monnaie locale se porte à merveille et en anglais lagazette.fr Reporterre 2013/06/04 lagazette.fr (4 juin 2013) A Bristol, la monnaie locale se porte à merveille et en anglais. Reporterre. fr

A Bristol, la monnaie locale se porte à merveille et en anglais

Guy Poultney est conseiller municipal à Bristol. En septembre 2012, cette ville du Royaume-Uni (430 000 habitants) a lancé sa propre monnaie : le Bristol Pound.

Comment, pourquoi créer une monnaie locale ? – Interview de Guy Poultney qui a lancé le Bristol Pound

Pourquoi la ville de Bristol a-t-elle lancé sa propre monnaie, le Bristol pound ?

A l’origine, le Bristol pound est un projet indépendant. La mairie a décidé de se joindre à cette initiative et de la soutenir. Dans un contexte économique difficile, un tel projet est quelque chose que les gens peuvent s’approprier ici et maintenant et voir concrètement l’impact de leur argent.

En plus, cela renforce les liens sociaux. Autres avantages pour la ville : les habitants sont incités à acheter local, ce qui permet de réduire l’empreinte écologique de Bristol. Cela encourage également la diversification de l’économie locale pour aider à la création d’emplois, en plus de qualité. Enfin, le Bristol pound contribue à la résilience économique locale et crée de la croissance économique grâce à la circulation plus rapide de la monnaie locale.

Est-ce que les habitants de Bristol ont été impliqués ?

Oui, des centaines d’habitants se sont inscrits pour soumettre leurs idées de dessins destinés à être imprimés sur les billets et des centaines d’autres ont participé, à travers la ville, à des rencontres pour tester la faisabilité du projet. Des douzaines d’entreprises ont également été consultées et ont contribué à structurer le projet.

Comment ont été choisis les dessins qui figurent sur les billets ?

Des panels de personnes, représentatives des différentes communautés (ethniques, artistiques, écologiques, activistes et culturelles) de la ville, ont choisi les symboles des billets de 1, 5, 10 et 20 Bristol pound (1 Bristol pound équivaut à 1 livre sterling). Sur le billet de £B5, on voit un tigre en train d’écrire ce tag sur un mur : « Oh Liberté » !

Quels sont les premiers résultats ?

Au bout d’un mois d’activité, l’équivalent de 50 000 livres sterling est en circulation, sous forme de billets, et l’équivalent de 25 000 livres sterling sont en dépôt virtuellement. Nous avons atteint des millions de personnes. Il est important de souligner qu’il devrait y avoir une accélération de la consommation puisque cet argent est fait pour être être dépensé et non économisé, stimulant ainsi le secteur indépendant.

Où les habitants peuvent-ils échanger leur argent ?

Pour l’instant, il y a sept espaces d’échange répartis dans la ville. Les gens peuvent aussi simplement recevoir des Bristol pounds lorsqu’on leur rend la monnaie. Nous avons également commencé à faire la promotion du Bristol pound sur les salaires. À noter que vous pouvez payer un autre membre du réseau en ligne ou via un simple texto.

Où peut-on utiliser le Bristol pound ?

À travers toute la ville et ses environs. Nous encourageons aussi les fermiers à rejoindre le réseau via Farm-Link, une initiative qui soutient le développement de l’agriculture locale et la construction de bâtiments respectueux de l’environnement. Le réseau du Bristol pound est très large afin d’inclure toute entreprise indépendante locale. Nous nous réservons cependant le droit de refuser un membre si nous estimons que son activité sape la réputation et le fonctionnement du projet.

Quel est le montant du budget alloué par la municipalité ?

Le conseil municipal de Bristol a versé 5 000 livres sterling pour les recherches initiales et le travail de faisabilité. Nous apportons aussi un soutien en nature dans le sens où nous prêtons gracieusement des bureaux à l’équipe du Bristol pound, situés dans le centre ville, sans oublier le temps de travail d’un agent de la ville.

Est-ce légal de créer une monnaie locale en Angleterre ?

Tout à fait légal et nous avons communiqué très ouvertement avec les autorités nationales comme la Banque d’Angleterre.

Combien de municipalités ont lancé leurs propres monnaies en Angleterre ?

D’après nos connaissances, cinq villes, pour l’instant, l’expérimentent : Bristol, Brixton, Lewes, Totnes et Stroud. Il y a beaucoup de projets plus petits basés sur le troc de biens et de savoirs ou les crédits de temps : les Local exchange trading system, les Lets (connus en France sous le nom de Systèmes d’échanges locaux, les Sel).

Existe-t-il un réseau des villes « monnaies locales » ?

Chaque initiative de monnaie locale est indépendante, mais nous réfléchissons à mettre en place des services intégrés. En attendant, nous partageons les open source software.

Quelle perception ont les Anglais de l’argent et des banques ?

Certains sont très en colère après les banquiers. Ils leur reprochent d’avoir contribué à la perturbation économique afin de se faire rapidement de l’argent pour eux-mêmes. Cela leur semble très injuste, mais ils se sentent impuissants pour changer des personnes si influentes.

Bristol est une « ville en transition ». Qu’est-ce que cela signifie ?

C’est une transition vers une économie de résilience dans laquelle les communautés peuvent répondre positivement à un contexte économique difficile, à un pic du pétrole et au dérèglement climatique. Afin d’y parvenir, nous avons besoin d’être davantage connectés et habilités à créer une économie plus juste et moins dépendante des énergies fossiles.

4°C de réchauffement en France dans le siècle si on n’agit pas CNRS Reporterre 2013/06/04 CNRS (4 juin 2013) 4°C de réchauffement en France dans le siècle si on n’agit pas. Reporterre. fr

4°C de réchauffement en France dans le siècle si on n’agit pas

Une nouvelle étude scientifique montre que le réchauffement en France pourrait atteindre près de 4°C en moyenne en l’absence d’une réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre.

À partir d’un ensemble de simulations climatiques réalisées par un grand nombre de modèles, les chercheurs du laboratoire Sciences de l’Univers au CERFACS (SUC, CNRS/CERFACS) ont estimé les projections du climat de la France pour le 21e siècle.

Les modèles climatiques utilisés ont été contraints par trois scénarios d’évolution différente des émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols. Selon le scénario le plus sévère, le réchauffement du climat de la France pourrait atteindre 3,8°C en moyenne annuelle d’ici la fin du 21e siècle, et serait plus élevé en été qu’en hiver. De plus, les précipitations diminueraient fortement en été et augmenteraient légèrement en hiver. Ces travaux sont publiés dans la revue Comptes Rendus Geoscience, le 30 mai 2013 (1).

À l’aide de ces simulations climatiques, les chercheurs du SUC ont obtenu des estimations des changements climatiques passé et futur sur la France de 1850 à 2100. Pour la période dite historique (1850-2005), les modèles climatiques utilisent, en plus des observations des variations solaires et des éruptions volcaniques, les concentrations observées en gaz à effet de serre et aérosols. De 2005 à 2100, les différents scénarios d’évolution de ces concentrations traduisent différentes hypothèses sur le développement des sociétés humaines.

Afin d’évaluer la fiabilité des modèles climatiques, les simulations ont d’abord été comparées aux données climatiques observées au cours du 20e siècle. Elles indiquent une augmentation des températures françaises depuis les années 1900, avec une accentuation au cours des trente dernières années, ce qui est en accord avec le réchauffement observé de 1°C. Elles suggèrent également que 70% environ du réchauffement observé est directement lié à l’influence humaine.

Les chercheurs ont ensuite estimé les changements climatiques à venir en France. Selon le scénario le plus sévère n’incluant aucune mesure d’atténuation, le réchauffement, par rapport au climat présent, serait de 3,8°C en moyenne annuelle à la fin du 21e siècle, et plus fort en été (5,3°C) qu’en hiver (3°C). Dans un futur proche (sur la période 2020-2049), il serait de 1,4°C (1,9°C en été et 1,1°C en hiver).

Des sources d’incertitude inhérentes aux projections climatiques ont également été quantifiées par les chercheurs. La première est due à notre ignorance sur l’évolution future exacte des émissions et concentrations des gaz à effet de serre et autres composés chimiques : elle dépend donc en particulier de l’ampleur des mesures d’atténuation qui seront prises. Cette source d’incertitude, pour le changement de température à la fin du 21e siècle, est simplement estimée par la différence entre les projections climatiques issues des scénarios d’évolution les plus contrastés. Ainsi, un scénario plus modéré prévoit un réchauffement en moyenne annuelle de 1,9°C vers la fin du 21e siècle. Selon le scénario le plus optimiste, prenant en compte des mesures d’atténuation très agressives de rejet de CO2 dans l’atmosphère, le réchauffement serait de 1,2°C en moyenne annuelle.

Une deuxième source d’incertitude est liée à l’utilisation des modèles climatiques et à leur reproduction imparfaite de la réalité. Elle a été estimée, uniquement pour le scénario le plus sévère et le climat de la fin du 21e siècle, à ± 1,8°C en moyenne annuelle.

Quant aux changements hydrologiques pour la fin du 21e siècle (2070-2099), cette étude indique en moyenne une diminution significative des précipitations en été, en particulier sur le sud de la France, et une faible augmentation en hiver, principalement pour le nord du territoire français. Les incertitudes sur l’amplitude des changements de précipitations sont toutefois importantes, en particulier pour le futur proche.

2°C de réchauffement dans le monde : quand ?

Par ailleurs, l’équipe du SUC a cherché à dater cette fois pour l’ensemble de la planète, le franchissement du seuil de 2°C de réchauffement climatique depuis le début du 20e siècle. Il se situe entre 2035 et 2045 pour le scénario le plus sévère et entre 2040 et 2050 avec un scénario plus modéré. En revanche, si les mesures d’atténuation très agressives prévues dans le scénario le plus optimiste sont prises, le réchauffement ne devrait pas excéder de manière significative le seuil de 2°C au cours du 21e siècle.

Cette étude s’est faite à partir d’un vaste exercice d’inter-comparaison de simulations climatiques, réalisées par la communauté de modélisation climatique internationale, regroupant une trentaine de groupes issus d’une quinzaine de pays, dans le cadre du projet CMIP51 coordonné par le Programme mondial de recherche sur le climat.

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Note :

(1) « Quantifying 21st Century France Climate Change and Related Uncertainties », Terray, L., and Boé, J., Comptes Rendus Geoscience, online 30 May, 2013.

Plus d’émeutes ? L’Etat abandonne les médias de banlieue Presse et Cité Reporterre 2013/06/04 Presse et Cité (4 juin 2013) Plus d’émeutes ? L’Etat abandonne les médias de banlieue. Reporterre. Tribune — fr

Plus d’émeutes ? L’Etat abandonne les médias de banlieue

En 2005, la France s’embrasait. 300 cités en périphérie du récit national s’insurgeaient contre la dégradation de leur quotidien. Une presse nouvelle émergeait alors de ces zones. Elle est à l’agonie aujourd’hui. Pourtant, elle donne à voir une France nouvelle. La gauche va-t-elle l’enterrer ?

Toute la presse s’est émue des émeutes de 2005. Elle s’est esbaudie de l’émergence du Bondy blog. Nouveaux média, nouveaux journalistes, nouveaux points de vue… Dans la foulée, Rue89 apparaissait. Puis Médiapart, et d’autres. Mais la presse traditionnelle, elle, continuait à boire la tasse. En particulier pour une raison : le lectorat populaire ne s’y intéressait plus. Et pourquoi s’y serait-il intéressé, puisque cette presse elle-même ne s’intéressait pas à ce lectorat : les élites et leurs médias s’enfermaient dans l’entre-soi… tout en fustigeant l’enfermement des quartiers.

« malgré bien des difficultés endurées par les quartiers sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le bout du tunnel apparaissait »

Au même moment, une première génération de médias issus des quartiers, souvent en format magazine, passait de vie à trépas : Fumigène, Dawa, 5style, Orbeat, Vu d’ici… Pote à Pote souffrait aussi, et Respect mag se faisait racheter. Vous ne les connaissiez pas ? Pourtant, ils existaient, et ils ont transmis la parole des quartiers pendant des années, sans que personne ne les considère.

Et, malgré bien des difficultés endurées par les quartiers sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le bout du tunnel apparaissait : en fin de mandature, le ministère de la culture de Frédéric Mitterrand se penchait sur ces nouveaux acteurs de la scène médiatique, et leur permettait d’accéder aux aides à la presse numérique (Spel), et trouvait même de nouveaux interlocuteurs auprès de certaines Drac.

Plusieurs jeunes médias de quartier avaient bénéficié de cette reconnaissance, d’autant qu’ils commençaient à tenter l’aventure du web, plus proportionnée à leurs moyens et à leurs lecteurs, représentatifs de cette nouvelle génération de digital natives. Med’in Marseille, Kaïna TV, No ghetto, Afriscope, Presse & Cité et tant d’autres offraient de nouvelles perspectives à la « France moisie » dont parlait… Philippe Sollers !

« Le service public a décidé de sous-traiter la médiatisation de ces territoires. Il n’y a plus d’émeutes ? Il n’y a donc plus de sous pour eux. En haut lieu, on doit estimer qu’elles ne vivent que d’amour et de thé à la menthe. »

Avec l’arrivée de la gauche, les médias des quartiers espéraient sortir définitivement la tête de l’eau. Et patatra ! Regards2banlieue (80 salariés passés par ses chantiers d’insertion depuis 2007) se voit retirer une bonne partie des aides (passant de 80 000 à 17 000 euros) : pourquoi existe Regards2banlieue ? Parce que France3, avec les émeutes de 2005, souhaitait filmer les quartiers vus par ceux qui y habitaient. La chaîne a proposé à ces spécialistes de l’insertion de former des habitants des quartiers au métier de journaliste.

Autres exemples ? L’Acsé, localement fondue dans l’obscure et byzantine DRJSCS, arrête aussi de soutenir Kaïna TV (au cœur d’un réseau d’une centaine d’associations de quartiers montpelliéraines). Med’in Marseille (1995 articles depuis l’année 2007) boit la tasse épisodiquement, et menace de fermer ses portes (au moment où David Guetta touchait 400 000 euros de la municipalité pour son concert dans le cadre de « Marseille capitale de la culture »).

Radio HDR (18 ans d’activité, 30 000 auditeurs dans l’agglo rouennaise) se voit gratifier d’un plan d’apurement de dettes, et licencie ses responsables. Yahoo met fin à son partenariat avec le Bondy blog. L’avenir de Respect mag ? En suspend. L’EPRA ? Avec un budget amputé de 300 000 euros, ce groupement d’intérêt public portant 171 radios doit stopper son activité (en attendant qu’un médiateur trouve une solution).

Conclusion ? On est au milieu d’un champ de ruines. La plupart de ces médias sont nés suite aux émeutes de 2005. Il n’y a plus d’émeutes ? Il n’y a donc plus de sous pour eux. En peu de chiffres, mais beaucoup de symboles : le ministère de la Culture de Mitterrand ? 280 000 euros d’aides à ce secteur en 2010 et 2011. Le ministère de la Culture de Filippetti ? 0 euros. Oui : 0 euros. Les banlieues ? En haut lieu, on doit estimer qu’elles ne vivent que d’amour et de thé à la menthe.

La cruelle réalité est là : « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés », disait Jean de La Fontaine dans Les animaux malades de la peste. Les vrais « pigeons » ne se cachent pas dans les nuages du numérique, mais dans les coursives des cités en rénovation. En guise de peste, on leur a inoculé un nouveau virus : ils sont devenus les pestiférés du récit national, les galeux des plateaux télé, les parias des partis, les misérables de la culture, les indignes de l’emploi !

« Aujourd’hui on ampute les budgets ; peut-être certains rêvent-ils même d’amputer la France de ses banlieues ! »

A qui la faute ? A la crise ? A une administration décidant de sacrifier certains de ses administrés les plus mal en point sous prétexte de RGPP ou de transfert d’une partie des budgets initialement dévolus aux associations (soutien scolaire, insertion…), vers des acteurs publics ?

La faute à l’autisme des nouveaux cabinets ministériels, à nouveau prisonniers des lobbies traditionnels de la gauche et du mandarinat culturel germano-pratin ? A leur incapacité récurrente à s’intéresser à des quartiers populaires qui comptent pourtant près de dix millions de français ?

Mais qui veut donc la peau des banlieues ? Qui peut aujourd’hui, dans la situation sociale que connaît le pays, se passer de certains de leurs porte-voix, aussi déshérités qu’ils sont jeunes et créatifs ? Aujourd’hui on ampute les budgets ; peut-être certains rêvent-ils même d’amputer la France de ses banlieues !

« Ces médias créent du lien dans les quartiers. Portent des idées et des cultures nouvelles, comme les cultures urbaines. »

Et pourtant ces médias insèrent des jeunes en difficulté. Forment de futurs journalistes, issus des quartiers et des minorités. Sont un tremplin vers d’autres médias, plus puissants. Donnent la parole à un peuple qui ne l’a guère, la parole. Ces médias créent du lien dans les quartiers. Sensibilisent à la vie locale, à la citoyenneté. Portent des idées et des cultures nouvelles, comme les cultures urbaines. Ont médiatisé bien des stars issues de cet environnement, bien avant qu’elles soient passées dans les radars de la presse traditionnelle. Inventent un style d’écriture, une manière de raconter, de filmer. Tentent de nouveaux modèles économiques, et de nouvelles manières de chercher un public qui s’esquive.

En un mot, parce qu’ils ont faim, ces médias créent, innovent ; ils ont l’énergie de leur jeunesse et de leur rage. Pour cela, ils sont aussi l’une des solutions à la crise.

Ces médias, baromètres sociaux des quartiers, indiquent que la température du volcan français s’approche de la fusion. Il ne faudra pas compter sur eux, qui sont parmi les derniers médiateurs des cités qui les ont vu naître, lors des prochaines émeutes, pour tenter de « recréer du lien » et de « renouer le dialogue » avec les institutions honnies, les policiers caillassés, les journalistes tabassés, et on ne sait trop qui encore. On ne pourra plus venir les chercher, ces damnés de la presse, puisqu’ils seront bientôt six pieds sous terre.

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Akli Alliouat, directeur de Kaïna TV, Anne Bocandé, rédactrice en chef de Afriscope, Moïse Gomis, fondateur et ex-directeur de radio HDR, Gabriel Gonnet, rédacteur en chef de Regards2banlieue, Farid Mebarki, président de Presse & Cité, Ahmed Nadjar, directeur de Med’in Marseille, Erwan Ruty, directeur de Ressources Urbaines, l’agence de presse des quartiers.

Des ours dans les Pyrénées : les associations remontent au créneau Collectif Ours Pyrénées Reporterre 2013/06/04 Collectif Ours Pyrénées (4 juin 2013) Des ours dans les Pyrénées : les associations remontent au créneau. Reporterre. fr

Des ours dans les Pyrénées : les associations remontent au créneau

En 2011, une pétition avait servi de prétexte au président de la République pour renoncer à un lâcher d’ours dans les Pyrénées. En 2013, une pétition rassemble le double de signatures pour réanimer la politique ursine.

En deux semaines, le Collectif Ours Pyrénées vient de réunir plus de 13 800 soutiens à un nouveau plan de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées. C’est exactement le double des signatures obtenues par les opposants en 2011, faisant alors renoncer le 1er juin 2011 le Président de l’époque à lâcher une ourse en Pyrénées Atlantiques, malgré une consultation publique et un avis favorable du Conseil National de la Protection de la Nature.

Deux ans plus tard jour pour jour, le collectif associatif a voulu pour la première fois donner une dimension franco-espagnole, puis européenne à cette nouvelle pétition, d’ores et déjà accessible en 6 langues. C’est en effet au niveau européen que se votent les directives en matière de biodiversité et se finance la politique agricole.

Chaque contribuable européen est ainsi directement concerné tant par la conservation de la faune sauvage que le développement agricole, dans les Pyrénées comme ailleurs. Le succès du lancement de cette pétition démontre l’intérêt et l’importance qu’ils accordent à ce débat qu’ils n’entendent pas laisser confisquer par quelques groupes de pression locaux, eux-mêmes souvent largement bénéficiaires des subsides européens.

Les associations en appellent au Président de la République afin que l’intérêt général reprenne ses droits face à des lobbys sectoriels, et que soit lancée sans délai la préparation du nouveau plan de restauration annoncé par le Gouvernement début 2013.

La pétition est accessible sur le site d’Avaaz, en français, espagnol (et catalan), anglais, Italien et allemand.

Lancée le 16 mai, le compteur de la pétition affichait le 31 mai plus de 13 800 signatures.

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Le collectif Ours Pyrénées est composé de 29 associations, dont 19 françaises et 10 espagnoles :

En France (Associations membres de CAP Ours) :

Altaïr Nature, Animal Cross, Association Pyrénéenne des Accompagnateurs en Montagne du département Pyrénées-Orientales (APAM 66), Association Nature Comminges (ANC), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Mille Traces, Nature Midi-Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées comité local Hautes-Pyrénées, Pays de l’Ours-ADET (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest - Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

En Espagne :

Acció Natura, ADENA-WWF España, Amigos de la Tierra Aragón, Asociación naturalista de Aragón (ANSAR), (DEPANA) Lliga per a la Defensa del Patrimoni Natural, Ecologistas en Acción Aragón, Fondo natural, Fondo para la protección de los animales salvajes (FAPAS), Fundación para la Conservación del quebrantahuesos (FCQ), GURELUR (Fondo Navarro para la Protección del Medio Natural.

Pétrole : le rêve guyanais se dégonfle Emmanuel Grasland (lesechos.fr) Reporterre 2013/06/05 Emmanuel Grasland (lesechos.fr) (5 juin 2013) Pétrole : le rêve guyanais se dégonfle. Reporterre. fr

Pétrole : le rêve guyanais se dégonfle

Après un deuxième forage à sec en avril, le potentiel du gisement de pétrole découvert au large des côtes de Guyane apparaît de moins en moins évident.

Chez Total, partenaire de Shell sur ce permis d’exploration, certains estiment que ce gisement ne sera pas à l’évidence très important et qu’il faudra se poser la question de la rentabilité de son exploitation en cas de nouvel échec.

En septembre 2011, la découverte par Tullow Oil d’une poche de pétrole à près de 6.000 mètres de profondeur avait suscité de grands espoirs au sein du département français. Le gisement avait alors été jugé susceptible de contenir 700 millions de barils de brut par Tullow. Un montant revu ensuite à 300 millions par Shell.

Deux puits d’exploration sont encore prévus cette année dans le cadre d’une campagne d’exploration d’un coût de 500 millions de dollars.

Les descendants du saumon OGM menaceraient les saumons sauvages Christophe Noisette (Inf’OGM) Reporterre 2013/06/05 Christophe Noisette (Inf’OGM) (5 juin 2013) Les descendants du saumon OGM menaceraient les saumons sauvages. Reporterre. fr

Les descendants du saumon OGM menaceraient les saumons sauvages

Le feuilleton scientifique et juridique du saumon transgénique (GM) « AquAdvantage » n’en finit pas. Une nouvelle étude confirme que ce saumon génétiquement modifié, s’il venait à quitter ses bassins d’élevage, pourrait devenir un danger pour les populations de saumons sauvages.

Krista Oke, chercheuse à l’Université Mémorial, à Terre Neuve, a publié une étude dans Proceeedings of Royal Society, qui montre que la truite brune (Salmo trutta), si elle s’hybride avec un saumon GM d’AquaBounty, engendre des hybrides qui, à 43%, ont hérité du transgène qui code pour l’hormone de croissance.

De plus, ces descendants grossissent encore plus vite que les saumons GM de la première génération. Dans des conditions d’élevage, les hybrides transgéniques (quels que soient les parents) prennent, en moyenne, 2,1% de leur poids quotidiennement, contre 1,9% pour les saumons transgéniques, et entre 1,5 et 1,7% pour les poissons sauvages (truite, saumon ou hybride).

Deuxième observation : ces hybrides transgéniques, du fait d’une croissance extrêmement rapide, sont aussi très voraces. En milieu semi-naturel – à savoir une reconstitution en laboratoire de cours d’eau rendus aussi naturels que possible, et donc où l’alimentation est en quantité relativement limitée - ces hybrides sont donc des concurrents redoutables : leur présence diminue de 82% la croissance des saumons transgéniques et de 54% celle des saumons sauvages.

Les auteurs ont pris soin de souligner que « le niveau naturel d’hybridation [entre le saumon et la truite] excède rarement 1% » et qu’ainsi il faut se garder de transposer ces résultats à un milieu totalement naturel.

Le patron d’AquaBounty a aussitôt réagi à cette étude pour en minimiser la portée. Pour lui, les saumons GM qu’ils produiront seront tous stériles et les hypothèses de cette étude ne se retrouvent pas en conditions naturelles. Mais la stérilité annoncée est-elle crédible ?

Les moustiques transgéniques supposés « stériles », mis au point par Oxitec, se sont en fait avérés « un peu » fertiles, suffisamment pour transmettre leurs génomes modifiés à des populations sauvages. La nature ne se maîtrise pas si facilement que cela, et ce projet démiurgique n’est qu’un fantasme de plus d’une humanité qui n’accepte pas la finitude du monde.

Annuaire des alternatives concrètes Générations Futur Reporterre 2013/06/05 Générations Futur (5 juin 2013) Annuaire des alternatives concrètes. Reporterre. fr

Annuaire des alternatives concrètes

Des dizaines de liens pour faire fleurir un autre monde.

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■ Appel pour le revenu de vie “Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue.”

■ Comment créer une monnaie locale ? est une fiche méthodologique dont le nom explique lobjectif.

■ La NEF La Société financière de la Nef est une coopérative de finances solidaires. Depuis sa création en 1988, elle exerce une double activité de collecte d’épargne et d’octroi de crédit dans le cadre d’un agrément de la Banque de France.

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■ Villes et communautés en Transition pour le passage « de la dépendance au pétrole à la résilience locale »

Luttes locales à soutenir

■ « ZAD » : Zone A Défendre Site des occupant⋅e⋅s de la ZAD, territoire prévu pour la construction de l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landes.

■ « ZAD » Décines ta résistance Des terres agricoles contre un méga stade de foot, ses parkings, son temple de consommation et autres hôtels de luxe…

■ Bure Zone Libre ! Maison de résistance à la poubelle nucléaire de Bure

■ NO TAV France Textes et traductions contre la grande vitesse

■ Résistance contre la ligne THT Cotentin-Maine

Manger... Partager...

■ Disco Soupe communauté collaborative qui sensibilise au gaspillage alimentaire en organisant des évènements festifs !

■ Food Not Bombs collectif international qui a émergé dans les années 1980 à Boston, aux États-Unis.

Médias libres

■ Actualutte Marre de la presse docile ?

■ Article 11 Site internet ET journal qui déchire !

■ Atelier médias libres Bidouilles techniques, infos et prises de tête par et pour les médias libres

■ Basta mag agence d’informations sur les luttes environnementales et sociales

■ Fakir n’est lié à aucun parti, aucun syndic, aucune institution… il est entièrement bénévole et faché avec tout le monde, ou presque !

■ indymedia collectif regroupant des organisations de médias indépendants et des centaines de journalistes cherchant à produire démocratiquement des récits radicaux, exacts et passionnés

■ infokiosque.net Des centaines de brochures subversives à lire, télécharger, imprimer, propager

■ L’âge de Faire : mensuel dédié aux expériences alternatives en matière de réappropriation de l’économie, de création de lien social, d’écologie et d’engagement citoye

■ L’interstice Il s’agit surtout de faire parler les masques noirs, ceux qui ne veulent pas exposer leurs tronches contestataires au contrôle social et médiatique.

■ La Revue S !lence se veut être un lien entre toutes celles et ceux qui pensent qu’aujourd’hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité

■ La voie du jaguar informations et correspondance pour l’autonomie individuelle et collective, du Chiapas à Oaxaca, du Mexique à l’Argentine, de l’Amérique à l’Asie, etc

■ Le passager clandestin Maison d’édition indépendante, nous voulons arracher à l’histoire quelques fragments de vérité, interroger sans complaisance l’ordre présent des choses…

■ Les RG : Renseignements GénérEUX autodéfense intellectuelle, informations et alternatives

■ Medialternative c’est d’abord et avant tout un outil. Un outil d’information et de publication mis à la disposition de celles et ceux qui veulent l’utiliser

■ Passerelle Eco Une revue trimestrielle, un éditeur associatif, un réseau d’éco-acteurs et de très nombreuses annonces

■ Rebellyon.info Site d’informations alternatives et anti-autoritaires sur Lyon et sa région, participatif et collaboratif.

■ Reporterre veut être le forum de toutes celles et ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice.

■ Ritimo a pour objectif la mobilisation citoyenne pour la solidarité internationale et pour un autre monde en mettant à disposition des informations plurielles, critiques, et diversifiées.

■ Truks en vrak des truks mais en vrak

■ W2eu.info Informations indépendantes pour réfugiés et migrants arrivant en Europe

■ Web Bibliothèque Resistante Apprenons. Questionnons. Agissons Faisons notre part, maintenant !

■ Z revue itinérante d’enquête et de critique sociale

Nomades

◾La caravane des espaces libres est une association artistique, nomade et alternative. Elle manifeste l’art, la joie de vivre et le mouvement.

◾Le cinéma voyageur libre et ambulant qui tente un autre chemin dans les méandres d’un système où l’image et la création sont devenues des objets de consommation

◾Le JOIE Jardin d’Opportunités Itinérantes Emancipatristes

Nucléaire : NON MERCI !

■ Bure Zone Libre ! Maison de résistance à la poubelle nucléaire de Bure

■ CRIIRAD Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité

■ Enercoop : l’énergie militante Choisissez un fournisseur d’électricité SANS NUCLÉAIRE en accord avec vos valeurs !

■ Site du collectif « Areva ne fera pas la loi au Niger »

OGM

■ Inf’OGM une veille citoyenne d’information, qui décrypte l’actualité mondiale sur les organismes génétiquement modifiés et les biotechnologies.

Permaculture

◾Permaculture sans frontières l’efficacité + l’éthique = sociétés d’abondance + soutenables + écologiques + heureuses

◾Permaculture.fr est une science de conception de cultures, de lieux de vie, et de systèmes agricoles humains utilisant des principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels.

Peuples Racines

◾Tchendukua – Ici et Ailleurs réunit celles et ceux qui souhaitent préserver un mode d’existence basé sur le respect de la nature, des autres et la recherche de l’équilibre, celui des Indiens Kogis

Prisons

■ Contre tous les lieux d’enfermement Relais d’informations sur les actions menées pour briser l’isolement des personnes incarcérées et de leurs proches.

■ L’ Envolée est un journal critique du système carcéral et judiciaire, et du monde qui le génère, il s’inscrit dans l’histoire de la critique sociale abordée sous l’angle du châtiment, de la discipline, de la prison.

◾Sans papiers S’organiser contre l’expulsion – Que faire en cas d’arrestation ?

◾Sans Papiers Ni Frontières Contre les frontières et leurs prisons

■ Sans remède Journal contre l’enférmement psychiatrique

Qui surveille la police ?

■ Copwatching surveillons ceux qui nous répriment, surveillons les polices !

Radio Libre

■ Radios libres en lutte Une coordination informelle de médias à but non lucratif, ouverte aux non professionnel-le-s, proches du secteur associatif, défricheurs de sons, portés par celles et ceux qui n’ont pas la parole ailleurs.

■ Sons en luttes permet de constituer une mémoire sonore des luttes. Il favorise en priorité l’expression des acteurs des luttes et de la contre-culture qui nourrissent le mouvement social

Religion

■ Eglise de la Très Sainte Consommation beaucoup de personnes pratiquent son culte sans le savoir, ou en ayant une vision peu précise de ce qu’il implique.

Retour aux Sources

■ Écologie libidinale « Abolition de la morale sexuelle inspirée des travaux de Wilhelm Reich sur la répression sexuelle »

■ Fruitarien.fr …SANTÉ, INTUITION, SIMPLICITÉ …

■ Fruitarisme Le site de référence sur la fructivorie, sur le fruitarisme

■ Inspiration Naturienne « Déconditionner le dualisme pour renouer totalement avec la Nature »

■ Le mouvement Matricien « abolir le patriarcat, rétablir le matrilignage »

■ Vivre Cru « … à la rencontre de l’alimentation originelle de l’humanité : le Fruit… »

Video Surveillance

■ « Sous-surveillance.net » propose un outil de lutte permettant à chaque ville de se doter facilement d’un site local de cartographie des caméras, publiques comme privées, qui filment l’espace public.

Ferme des Bouillons 8 juin Par Julien villalard Reporterre 2013/06/05 Par Julien villalard (5 juin 2013) Ferme des Bouillons 8 juin. Reporterre. fr

Ferme des Bouillons 8 juin

Pourquoi l’occupation de la ferme des Bouillons ?

Voilà 6 mois que nous occupons la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan afin de nous opposer à sa destruction. Cette ferme, en très bon état, compte 4ha de terres agricoles de bonne qualité. La société immobilière d’Auchan l’a achetée et a obtenu de la mairie un permis pour tout démolir en juillet 2012. Les terrains sont actuellement en « zone à urbaniser » mais non « constructibles » : nous dénonçons la dérive foncière de cette opération et la mainmise d’un grand groupe sur ce patrimoine agricole dans une périphérie urbaine déjà saturée de commerces.

Avis d’expulsion ?...

Le 17 avril 2013, les occupants ont été informés par huissier d’un avis d’expulsion : Auchan a choisi une procédure ne permettant pas à l’association de faire valoir les raisons de son occupation de la ferme. Réaction immédiate : 80 adhérents étaient présents à la conférence de presse exceptionnelle, 142 personnes se sont déclarées occupantes de la ferme. Le samedi suivant, nous étions très nombreux à planter 100 kg de pommes de terre !

… poursuite de l’occupation !

Nous avons déjà 400 adhérents, 3.500 signataires de notre pétition, un comité de soutien de personnalités locales et nationales, un écho dans les médias nationaux… Forts de ces soutiens, notre revendication reste la même : rendre à ces terres leur vocation agricole (maraîchage, petit élevage).

Présence de notre association au « Café du SCoT » le 26 juin (maison de l’Université, 18h) :

Aux élus de Mont-Saint-Aignan et de la CREA de réaffirmer leur intention de reclasser la ferme des Bouillons et toute la zone du Bel Event en zone agricole.

Venez découvrir la ferme et participer !

Depuis janvier, nous avons remis en culture des terres de la ferme (champ de pommes de terre, maraîchage), nous entretenons les bâtiments et prenons soin d’animaux. Nous organisons aussi des « Bouillons de culture » (débats, rencontres, concerts…).

- Pour que cet espace continue à vivre au bénéfice de tous ! - Pour promouvoir et pratiquer une agriculture de proximité et d’avenir !

Les activités sur les lieux se poursuivent : on vous invite à soutenir notre action et à participer aux travaux (maraîchage, entretien des lieux, soin des animaux…) les samedis et dimanches de 14h à 18h !

En juillet et en août, nous nous consacrerons aux travaux de la ferme, en particulier au maraîchage : plantation, désherbage, récolte…

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Samedi 8 juin : Les six mois des Bouillons Forum paysans-citoyens

Co-organisé avec la Confédération paysanne

Thème : « Agriculture et spéculation foncière : hold-up sur les terres et l’alimentation »

A 12h : déjeuner paysan (adulte : 14 €, enfant -12 ans : 7 €) Réservation obligatoire : 02.35.95.66.66 - espoirrural@wanadoo.fr

De 13h30 à 17h30 : conférence-débat, avec la participation d’Hélène Roux (association aGter) et de Régis Hochart (Confédération paysanne) Stands d’associations et produits fermiers

Contes pour les enfants dans l’après-midi

De 18h à 19h30 : conférence gesticulée par Johann Charvel : « Les mystères du nucléaire, la conférence dont vous êtes les héros »

De 19h30 à 20h30 : cabaret comique (numéros de clowns, improvisations…)

A partir de 20h30 : scène ouverte, fanfare Orphéon Piston, concert.

Repas sur place avec méchoui (prix libre)

La télé rend les enfants obèses Jacques Brodeur (Edupax) Reporterre 2013/06/05 Jacques Brodeur (Edupax) (5 juin 2013) La télé rend les enfants obèses. Reporterre. Tribune — fr

La télé rend les enfants obèses

Pendant que les oursons, les louveteaux, les chiots, les chatons, les jeunes antilopes, les petits grizzlis, les veaux, les chèvres, les renardeaux et les canetons nagent, bougent, sautent, courent, sautent et grimpent, les petits humains restent assis de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, et de plus en plus tôt après leur naissance. L’attention de leur cerveau est captée grâce des moyens technologiques puissants et ils peuvent difficilement détacher leur regard de l’écran, parfois ils n’y arrivent pas.

Quelle est l’activité la plus courante chez la vaste majorité des enfants ? Regarder la télévision. Elle et divers autres écrans accaparent aujourd’hui des dizaines heures de la vie des enfants chaque semaine. Or, la science nous apprend que les enfants qui passent plus d’une heure par jour devant un écran (de télévision, d’ordinateur, de jeux vidéo) augmentent de 30% le risque de surplus de poids (1), comparés à ceux qui y passent moins d’une heure.

Faut-il s’étonner que les coûts individuels et sociaux aient augmenté et continuent d’augmenter ? Déplorer le phénomène n’est pas une solution, à moins que ça nous conduise à en cherche une. Faut-il se résigner ou répliquer ? Ne nous fait-on pas écouter des « experts » qui nous disent qu’il ne faut pas s’inquiéter ?

Un enfant est considéré obèse quand son indice de masse corporelle (IMC) atteint 30 (2). Encore tout récemment, on refusait d’inclure le temps-écrans parmi les facteurs de la pandémie d’obésité. Qui aurait oser mettre en cause le progrès moderne qui permet aux images d’arriver chez nous en passant par des satellites ?

Et puis graduellement, l’évidence s’est imposée : comment avons-nous pu nier la différence énorme entre d’un côté le robinet, le frigo, le lave-linge, le sèche-linge, le chauffe-eau, la cuisinière, le calorifère, l’automobile, le train, …et loin, très loin de l’autre côté, la télévision. Alors que les premiers nous faisaient économiser des efforts et du temps, la deuxième accaparait notre temps et nous éloignait des loisirs physiquement actifs et transformait les conversations familiales en folklore.

Chez les enfants, les écrans ne font pas que gaspiller du temps, ils remplacent une activité humaine essentielle, surtout au cours des 16 premières années après la naissance. Ici et là, autour de nous, on rencontre des personnes qui ont compris que les petits humains ont autant besoin d’activité physique que tous les animaux et qu’il faut éviter de les laisser se faire attraper (avaler) par les écrans.

Aujourd’hui plus que jamais auparavant, il faut savoir (et pouvoir) faire la différence entre mettre le cerveau de nos enfants au service de la télé, et mettre la télé au service de nos enfants.

Les écrans contribuent à l’obésité des jeunes de cinq manières

Ils gardent les enfants sédentaires souvent et longtemps, plus de 25 heures/semaine en moyenne (3). Tout le monde sait qu’on brûle moins de calories affalé devant l’écran qu’en pédalant sur un vélo. Les enfants qui passent plus de 2 heures par jour devant la télé sont 2 fois plus susceptibles (3) d’avoir un surplus de poids et de devenir obèses que les enfants qui y passent moins d’une heure.(4)

Trois fois sur quatre, la publicité à l’écran fait la promotion d’aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés. Les enfants voient 40 000 messages publicitaires par an.(5) Les préférences des enfants sont influencées par les messages qui vantent ce type d’aliments. Votre enfant ne sait pas lire, mais il reconnaît ses « amis » Bob l’éponge, Winnie l’ourson, Shreck, Dora. On a payé les producteurs d’émissions pour enfants afin de pouvoir placer la photo d’un personnage aimé des enfants sur la boîte. L’enfant moderne reconnaît rapidement certains logos avant même d’apprendre à parler ou à lire.

On a fait juger des carottes (6) à des enfants : celles placées dans un contenant rouge décoré d’un gros M jaune vif avaient meilleur goût. On a demandé aux enfants de bien réfléchir, de goûter de nouveau, elles avaient meilleur goût. Le système nerveux de l’enfant avait associé le logo au contenu, et ce, malgré que le commerçant au logo rouge et jaune n’ait jamais vendu une seule carotte.

Selon le Dr Victor Strasburger, les publicitaires réussissent à marquer les enfants de plus en plus jeunes en instillant en eux un désir impératif pour le produit associé au logo.(7) Bref, les agences de marketing paient des docteurs en neurologie, une science créé pour soigner, et les rémunèrent afin d’épingler leur message profondément, et ça fonctionne.

Regarder la télé incite à grignoter, et la plupart du temps des aliments malsains, trop salés, sucrés ou gras. Chaque heure/jour de télé additionnelle fait avaler au spectateur l’équivalent de 167 calories supplémentaires par semaine, surtout lorsque les aliments ingurgités sont ceux annoncés à la télé, avec beaucoup de calories et peu de valeur nutritive.(8) Les ados « invincibles » mordus de jeux vidéo sont des proies faciles : bien accrochés à leur console, ils mangent plus eux aussi, sans même avoir faim.(9)

La télé abaisse le métabolisme (l’ensemble des dépenses énergétiques) pratiquement au niveau du sommeil. Une étude canadienne (2008) auprès de 42 612 personnes (10) a révélé que le risque d’obésité augmente de 80 % lorsqu’on consacre 21 h/s (heures par semaine) à la télé au lieu de 5 h/s ou moins.

L’ordinateur est-il aussi nocif ? Les personnes qui s’en servent plus de 6 h/s pour se récréer sont de 20 à 30% plus susceptibles d’être obèses. Les personnes qui consomment plus de télévision ont de moins bonnes habitudes : ils sont plus sédentaires et moins nombreux à manger des fruits et légumes. L’écoute de la télévision et le sommeil abaissent le métabolisme pratiquement au même niveau.

Voici la demande d’énergie métabolique (indice MET) quand on dort, (0,9), quand on regarde la télé (1,0) quand on lit (1,3), que l’on joue aux cartes (1,5), qu’on écrit à l’ordinateur (1,8), que l’on range l’épicerie (2,5). Imaginons les calories brûlées quand notre enfant marche, pédale, court, patine, danse, saute à la corde, grimpe, revient de l’école à pied ? Du point de vue de la santé publique, les décideurs se demandent s’il ne faudrait pas décourager l’écoute de la télévision (10) plutôt que d’encourager l’activité physique.

Les écrans grugent du temps de sommeil. Le directeur de la Clinique du sommeil de l’Hôtel-Dieu du CHUM, le Dr Pierre Mayer, place l’explosion des nouvelles technologies de l’information/communication, (NTIC) y compris celle des réseaux sociaux, parmi les ennemis du sommeil. (11) Le manque de sommeil contribue au surpoids (12) selon le cercle vicieux suivant : quand on dort moins, on sécrète moins de leptine, l’hormone qui règle l’appétit. Dormant moins, on a donc plus faim. En mangeant plus, on prend plus de calories. Privé de sommeil, la fatigue augmente et l’on diminue l’activité physique. La proportion de personnes obèses augmente en même temps que le temps de sommeil diminue.

Nous dormons aujourd’hui 2,5 heures de moins par nuit qu’il y a 40 ans. Il nous manque 30% de notre temps de sommeil. Dans la plupart des classes des écoles de France et du Québec, on voit des enfants bailler au beau milieu de la matinée tous les lundis, et souvent même tous les jours de la semaine. Des enfants se lèvent avant leurs parents pour aller regarder des dessins animés, s’amuser sur la console de jeux ou correspondre avec leurs « amis ».

Les adolescents manquent eux aussi de sommeil.(13) Plusieurs de ceux qui ont des écrans dans leur chambre se lèvent au milieu de la nuit pour répondre à un appel, activer leur console de jeux, regarder un film ou visiter des sites pornographiques.

Le diagnostic n’est pas alarmiste, il est réaliste, et solidement documenté. On n’est donc pas face à un phénomène épisodique ou à des cas individuels. Il s’agit d’un problème de société qui traverse toutes les frontières, avec des variantes mineures selon la culture locale.

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Notes

(1) Selon la DREES, les enfants qui passent plus d’une heure/jour devant un écran présentent un risque de surpoids/obésité 30% supérieur à ceux qui y passent moins d’une heure ». Rapporté sur le site de dans Futura-Santé, avril 2013. http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/lobesite-infantile-est-en-baisse-en-france_25277/

(2) L’IMC équivaut au poids (en kilos) divisé par la taille (en mètres) au carré. Femme actuelle : « La corrélation très forte entre le temps passé devant la télé et l’obésité est connue depuis longtemps. Le développement des jeux vidéo, d’Internet et l’abondance de l’offre télévisuelle, via le câble et le satellite, favorisent la sédentarité. » Non seulement la dépense énergétique est quasi-nulle, mais le temps-écrans est associé au grignotage, encouragé par les nombreuses publicités pour les boissons gazeuses, glaces et autres « snacks ». (…) le nombre de kilos gagnés est proportionnel au temps passé devant les écrans. » http://www.femmeactuelle.fr/enfant/enfants/sante-psycho/lutter-contre-l-obesite-infantile-00332/%28page%29/2

(3) Groupe de recherche Médias et santé - UQAM, Jean-Philippe Laperrière M.A.(2010).

(4) Crespo, CJ. et al. (2001), « Television watching, energy intake, and obesity in U.S. children : results from the third National Health and Nutrition Examination Survey », Archives of Pediatric and Adolescent Medecine, Vol. 155, no 3, pp. 360-365. Le sondage du 3e NHNE a recueilli des données sur 4069 enfants des États-Unis entre 1988 et 1994. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11231802

(5) Coalition québécoise sur la problématique du poids (CQPP), « Publicité aux enfants ». http://www.cqpp.qc.ca/fr/priorites/publicite-destinee-aux-enfants

(6) « McDo a meilleur goût », Reportage de Radio-canada. « L’auteur de la recherche, Tom Robinson, a déclaré que la perception du goût par les enfants était « physiquement altérée par la marque ». Selon lui, il est remarquable de constater à quel point les jeunes enfants sont déjà influencés par la publicité. » http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2007/08/07/004-test-Mcdo.shtml

(7) Dr Victor Straburger, Université du Nouveau-Mexique, Albuquerque, rédacteur principal de la politique de l’American Academy of Pediatrics concernant le marketing ciblant les enfants. « Les publicitaires ont essayé de faire exactement ce que cette étude démontre : marquer les enfants de plus en plus précocement, instiller en eux un désir quasi obsessif pour un produit d’une marque particulière. » Propos rapportés par Radio-Canada en 2007. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2007/08/07/004-test-Mcdo.shtml

(8) Wiecha JL, Peterson KE, Ludwig DS, Kim J, Sobol A, Gortmaker SL. (2006). « When children eat what they watch : impact of television viewing on dietary intake in youth ». Arch Pediatr Adolesc Med. 160(4):436-42. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16585491

(9) Chaput, JP. (2011). « Video game playing increases food intake in adolescents : randomized crossover study », American Journal of Clinical Nutrition. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21490141

(10) Julie Mandeville, Statistique Canada, propos rapportés dans Le Devoir, 19 juin 2008. http://www.edupax.org/images/stories/edupax/doc_msword/9_ArticleDevoir%20TelevisionObesite_2008-06-19.doc

(11) ’’Dormir - le sommeil raconté’’, Dr Pierre Mayer, directeur de la Clinique du sommeil de l’Hôtel-Dieu du Centre Hospitalier de l’Université de Montréal. http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201205/28/01-4529161-dix-verites-sur-le-sommeil.php

(12) Dr Garry Sigman, pédiatre, Centre médical universitaire Loyola, Chicago, Illinois. http://www.health.am/ab/more/childhood-obesity-epidemic/

(13) Site web de Sommeil-Santé. http://www.sommeilsante.asso.fr/informez/inform_somnolence_adolescents.html

La France engagée dans un projet contesté de centrale nucléaire en Russie Les Amis de la Terre Reporterre 2013/06/06 Les Amis de la Terre (6 juin 2013) La France engagée dans un projet contesté de centrale nucléaire en Russie. Reporterre. fr

La France engagée dans un projet contesté de centrale nucléaire en Russie

Dans l’enclave de Kaliningrad, la Russie veut construire un nouveau réacteur nucléaire. Mais la population s’y oppose, et les paramètres économiques du projet sont plus qu’incertains. Pourtant, la France soutient ce projet, par sa diplomatie et par un prêt de la Société générale.

Alors que le projet nucléaire de Kaliningrad, en Russie, connait de grandes difficultés techniques et de financement, la France tente de le faire survivre coûte que coûte. L’ambassadeur français en Russie, Jean de Gliniasty, s’est rendu le 3 juin en personne sur le site de construction du projet pour le soutenir et inciter les autorités russes à aller de l’avant.

Yann Louvel, référent de la campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, dénonce :

« Ce soutien officiel révèle l’hypocrisie totale des autorités françaises qui assurent vouloir tirer les leçons de Fukushima et ont lancé un grand débat national sur la transition énergétique, tout en continuant à soutenir activement la construction de centrales nucléaires dans un pays aussi corrompu et dangereux que la Russie. Les Amis de la Terre, Greenpeace et le Réseau ’’Sortir du nucléaire’’ demandent au gouvernement français et à la Coface de se retirer immédiatement de ce projet. Ils réitèrent également cette même demande à la Société Générale, en charge de structurer le financement export des turbines d’Alstom pour ce projet. »

Le projet de centrale nucléaire de la Baltique, situé dans l’enclave russe de Kaliningrad, entre la Lituanie et la Pologne, rencontre de grandes difficultés depuis plusieurs mois. Plusieurs dépêches (1) d’agence de presse font état ces derniers jours d’une décision récente des autorités russes qui envisageraient de modifier substantiellement le projet en changeant le type de réacteurs prévu.

Rosatom, l’entreprise russe qui mène le projet, prévoirait désormais la construction de réacteurs de plus petite taille et de plus faible puissance, comme les réacteurs VVER-640 ou KLT-40S de 640 ou 40 MW, plutôt que les deux grosses unités de 1 150 MW envisagées jusqu’alors. Elle se serait donnée un mois pour prendre une décision finale à ce sujet. Sur le terrain, des entrepreneurs locaux témoignent d’un arrêt complet du chantier, débuté en 2010 (2).

Cette décision s’explique par la difficulté des promoteurs de trouver des financements et des débouchés à leur projet. Comme Ecodefense, l’association russe en pointe contre ce projet, et les Amis de la Terre, le soulignent depuis des mois, aucun des pays limitrophes ne veut du futur courant nucléaire qui pourrait être produit par cette centrale.

Pire, l’enclave de Kaliningrad risque de se retrouver électriquement totalement isolée dans les prochaines années avec l’intégration des pays baltes au réseau européen, privant la centrale nucléaire de débouchés majeurs puisque ce projet vise précisément et avant tout à pénétrer le marché électrique européen.

C’est dans ce contexte et suite à ces annonces que l’ambassadeur de France en Russie, Jean de Gliniasty, a jugé bon de se rendre en personne sur le site de construction pour confirmer le soutien de la France et l’implication d’Alstom dans ce projet (3).

Vladimir Slivyak, co-président de l’ONG russe Ecodefense, conclut : « Ce soutien des autorités françaises va directement à l’encontre de la volonté de la majorité des habitants de la région qui s’oppose à ce projet, d’après un nouveau sondage publié il y a quelques jours seulement. Il omet également totalement les graves déficiences de l’étude d’impact environnemental concernant la gestion des déchets nucléaires, le démantèlement et les impacts potentiels d’un accident nucléaire majeur.

Nous nous mobilisons depuis 2007 contre ce projet et cette mobilisation est en train de porter ses fruits. L’ambassadeur français ne devrait pas tant se préoccuper de ce projet et le laisser mourir en paix. Il devrait au contraire soutenir le développement des énergies renouvelables en Russie. »

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Notes

(1) Voir la dépêche de l’agence Reuters du 23 mai dernier sur cette page

(2) Voir cet article sur le site rugrad .eu

(3) Voir la dépêche de l’agence de presse officielle Rossiyskaya Gazeta du 3 juin dernier

Le Havre Vélorution Par Julien villalard Reporterre 2013/06/06 Par Julien villalard (6 juin 2013) Le Havre Vélorution. Reporterre. fr

Le Havre Vélorution

Samedi 8 juin aura lieu la 7e balade manifestive et conviviale du Havre.

Rendez-vous à 14h00 à la place Place Georges Clemenceau à Sainte-Adresse (Rond-Point du bar « le Week-End »).

A l’heure où le soleil nous fait l’honneur de se montrer à nouveau, une ballade en vélo et en nombre s’impose pour renouveler notre message aux Havrais et à la Ville : le développement des transports doux est une nécessité pour le mieux-vivre de chacun. Moins de pollution, moins de bruit, des déplacements à vitesse humaine et gratuits !

La Vélorution de l’Eté invite toutes les personnes qui se sentent concernées par ces idées et capables de pédaler (ou glisser en rollers !) à une ballade manifestive et conviviale, lors de laquelle les usagers pourront se rencontrer, s’informer ou s’impliquer dans le collectif lh-vélorution. N’hésitez pas à décorer votre vélo avec des couleurs, drapeaux, fanions, à vous habiller en couleur fluo, prenez votre meilleur klaxon et mémorisez quelques paroles bien trouvées pour animer la ballade !

Rendez-vous à 14h00 au rond-point du bar « Le Weekend », en face des Voiles, ou encore place Albert 1er ou Georges Clémenceau. Départ à 14h30 pour un parcours qui longera la plage, passera près du Muma et fera quelques tours de l’hôtel de ville. L’autogestion est le mot d’ordre et le reste du trajet sera élaboré au fur et à mesure. Comme d’habitude, le parcours se terminera par un petit goûter à prévoir et une verre de l’amitié pour débriefer et faire connaissance après la balade.

Par définition, les actions du collectif sont auto-gérées et dépendantes des moyens des personnes qui s’impliquent. La communication est notamment un poste de dépense majoritaire. Nous ferons tourner un pot pour la caisse vélorutionnaire avant le départ, afin que chacun contribue à ces actions en fonction de ses moyens.

L’objectif des Vélorutions est de sensibiliser tout le monde aux enjeux sociaux, écologiques et en bien-vivre, liés aux questions de la mobilité (lien vers le manifeste). Au delà de l’organisation d’actions manifestives, le collectif se donne pour objectif de porter collectivement la parole des cyclistes souhaitant promouvoir des transports doux et apaisés au Havre.

A ce titre, le rôle des Vélorutions est aussi de créer du lien entres les usagers, pour que chacun puisse participer à faire évoluer les infrastructures et les habitudes. Tout le monde est invité à contacter le collectif ; pour simplement partager des idées ; être inscrit sur la liste d’information ; ou pour rejoindre le collectif.

Tout le monde est invité à contacter le collectif contact@lh-velorution.fr ; ou le groupe Facebook : lh.velorution

- pour simplement envoyer des informations utiles aux actions du collectif : propositions d’améliorations, identification aberrations de circulation, autres bonnes idées - pour être inscrit sur la liste d’information (1 fois par mois environ) - pour rejoindre le collectif et participer à l’organisation, aux idées, affichages, etc…

Gaz de schiste : en Pologne, combat en cours entre paysans et la compagnie Chevron Raphaëlle Bauduin (Reporterre) Reporterre 2013/06/06 Raphaëlle Bauduin (Reporterre) (6 juin 2013) Gaz de schiste : en Pologne, combat en cours entre paysans et la compagnie Chevron. Reporterre. fr

Gaz de schiste : en Pologne, combat en cours entre paysans et la compagnie Chevron

Dans le village de Zurawlow, une confrontation violente se poursuit entre les paysans polonais et la compagnie Chevron. Un paysan a été blessé.

Dans le village de Zurawlow, c’est le quatrième jour [6 juin] de la confrontation entre les paysans, la multinationale américaine Chevron et les autorités locales. En cause : l’exploitation du gaz de schiste par Chevron et la fracturation hydraulique, qui priveraient tous les habitants d’eau potable.

Il y a deux ans, les paysans s’étaient déjà battus, dans cette même région (communes de Grabowiec, Zurawlow et Miaczyn) contre la société américaine qui souhaitait exploiter leurs champs. Faute d’autorisation et de papiers officiels, la société américaine avait dû renoncer. Lech Kowalski, produit par Arte, en avait fait un film, La malédiction du gaz de schiste.

Chevron revient aujourd’hui, malgré la protestation des habitants

Le ministère polonais de l’environnement aurait donné l’autorisation à Chevron de mener une étude sismique, sur des terrains loués par la multinationale à certains paysans. 2, 7 hectares seraient concernés pour le moment.

Chevron serait propriétaire d’une parcelle dans la commune de Grabowiec, depuis le 6 décembre 2007. Numéro de la concession : 30/2007/p. La compagnie aurait l’autorisation de mener une étude sismique jusqu’au 6 décembre 2013. En revanche, l’autorisation de forer aurait été annulée en juin 2012. (source : les paysans sur place)

Pour les habitants du village, ce n’est qu’une première étape, avant les forages. Ils protestent violemment ; certains ont été blessés. Barbara Siegienczuk, une des figures de la protestation, s’est fait rouler dessus par un des camions de Chevron. Elle est actuellement à l’hôpital.

Les paysans ont passé la nuit sur leurs champs, afin d’empêcher Chevron de mener à bien son projet. Ils seraient plus de cent cinquante à protester, 24h/24h, et demandent à leurs voisins de les soutenir, en apportant davantage de véhicules et de tracteurs pour bloquer la multinationale. Ils ne craignent pas les arrestations et se disent prêts à aller au bout de leur combat. Désespérés, ils plantent depuis ce matin des tentes afin de s’installer sur leurs terres.

Un porte-parole de Chevron a déclaré hier travailler dans la légalité la plus totale, estimant avoir en sa possession tous les permis nécessaires pour commencer le travail.

Les autorités locales, pour le moment, ne font rien pour empêcher le travail des employés de Chevron.

Le réalisateur Lech Kowalski est sur place et filme la situation. Il manque de réseau pour envoyer ses images.

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Complément d’information :

Articles en polonais : - Dziennik

- Zamosc

Pour la 56e fois, la justice sanctionne la publicité illégale Paysages de France Reporterre 2013/06/06 Paysages de France (6 juin 2013) Pour la 56e fois, la justice sanctionne la publicité illégale. Reporterre. fr

Pour la 56e fois, la justice sanctionne la publicité illégale

Les préfets négligent de manière répétée d’appliquer la loi sur l’affichage publicitaire. La justice administrative les sanctionne... et tout continue.

Quelques jours seulement après le tribunal de Toulouse (voir ici), le tribunal administratif de Rennes sanctionne le préjudice causé à Paysages de France par la carence de préfets

56 condamnations par 19 tribunaux administratifs différents

Lors de son audience du 12 avril 2012, le tribunal administratif avait examiné deux affaires (voir ici) opposant l’association Paysages de France aux préfets des Côtes-d’Armor et du Finistère.

Par cette décision, rendue le 17 mai, il confirme les 54 jugements déjà rendus en faveur de Paysages de France par 19 tribunaux administratifs différents.

Les afficheurs violaient la loi en toute connaissance de cause, dans un parc naturel et dans une ZPPAUP

Ces deux affaires concernaient près de 160 infractions commises notamment par les poids lourds de l’affichage publicitaire que sont les sociétés JCDecaux, CBS ou encore Clear Channel. Un scandale d’autant plus grand que :

- les lieux impactés étaient : d’une part, le parc naturel régional (PNR) d’Armorique, dans le Finistère, d’autre part et pour l’essentiel, la zone de protection du patrimoine architectural et paysager (ZPPAUP) de Lamballe (Côtes-d’Armor) ;

- les afficheurs impliqués connaissaient mieux que quiconque la réglementation qui s’applique en de tels lieux, et que, partant, ils violaient cette dernière en toute connaissance de cause.

Ménager les délinquants plutôt que de les sanctionner

Or, lorsque Paysages de France a saisi le préfet du Finistère, le 14 octobre 2008, puis celui des Côtes-d’Armor, le 4 janvier 2010, ces derniers ont refusé, malgré de multiples relances de la part de l’association, de prendre les arrêtés de mise en demeure prévus à l’article L. 581-27 du code de l’environnement, lequel donne 15 jours aux contrevenants pour démonter leurs panneaux.

Cela malgré les circonstances rappelées ci-dessus et alors que les afficheurs avaient donc d’ores et déjà engrangé pendant des années des bénéfices illégaux.

Une fois de plus, des préfets ont donc préféré, alors que la cour criminelle de cassation a considéré un tel refus comme « constitutive d’une forme de complicité », donner un signal exactement contraire à celui qu’il convenait de donner, laissant ainsi entendre qu’il valait mieux ménager les délinquants plutôt que de les sanctionner !

Le contraire de ce que demande Manuel VALLS

Pourtant, Manuel VALLS a récemment dénoncé « l’absence d’autorité, de règles, de principes dont souffre notre pays depuis des années » : Paysages de France ne peut que demander une fois de plus au ministre (voir ici et ici) de prendre enfin les mesures nécessaires pour que ceux qui sont censés être les garants du respect des lois la respectent eux-mêmes.

La situation nécessite plus que jamais qu’au moins les quelques garde-fous instaurés par le code de l’environnement soient respectés.

En effet, alors même que la réglementation issue du Grenelle est, plus que jamais, taillée sur mesure pour les afficheurs et que le gouvernement Hollande ne semble toujours pas décidé, bien au contraire (VOIR ICI), à faire mieux sur ce plan que le gouvernement Sarkozy, il n’est évidemment pas acceptable que les quelques mesures destinées à limiter les dégâts soient violées à travers tout le territoire, parfois de façon massive, de l’Alsace (voir ici, sur l’affaire Straumann) à la Guyane, et du département du nord à celui de la Réunion.

L’électricité doit augmenter fortement pour couvrir les coûts d’EDF ladepeche.fr Reporterre 2013/06/06 ladepeche.fr (6 juin 2013) L’électricité doit augmenter fortement pour couvrir les coûts d’EDF. Reporterre. fr

L’électricité doit augmenter fortement pour couvrir les coûts d’EDF

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a estimé mercredi que les tarifs réglementés de l’électricité devaient augmenter fortement pour couvrir les coûts de production et de commercialisation d’EDF, eux-même en forte progression, dans un rapport mis en ligne mercredi.

Selon les calculs du régulateur, le tarif bleu d’EDF, destiné aux particuliers, devrait ainsi augmenter de 6,8% à 9,6% cet été, puis d’environ 3,2% en 2014 comme en 2015. Selon ses calculs, il faudrait en plus ajouter un rattrapage de 7,6% (qui pourrait être étalé dans le temps) pour compenser la hausse nettement insuffisante de ce même tarif l’an dernier.

Notre Dame des Landes : de la chaîne à la victoire Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/06/06 Hervé Kempf (Reporterre) (6 juin 2013) Notre Dame des Landes : de la chaîne à la victoire. Reporterre. Luttes fr

Notre Dame des Landes : de la chaîne à la victoire

C’est du journalisme lent : voici un récit du week-end de la Chaine humaine qui s’est tenu à Notre Dame des Landes dimanche 12 mai. Un tel retard atteste le caractère paisible, voire retardataire, de Reporterre... Dégustez, sur la fin du reportage, le fort riche débat qui a eu lieu à La Chateigne sur... la victoire.

- Reportage, Notre Dame des Landes

Là, c’est un reportage en famille. En famille ? Interdit par les canons de la pure loi du journalisme estampillé objectif et sérieux. Et c’est donc par le train que, vendredi 10 mai, Véronique et moi allons rejoindre à Nantes notre fille Juliette, de passage en France quelques semaines entre la Creuse et la Pologne, avant qu’on retrouve ce soir, sur la Zad, Adrien venu en co-voiturage de son côté. Pour l’instant, il faut aller chercher la petite voiture de location, y coincer tente et sacs, errer dans les rues de Nantes la moderne – ah, les casemates de béton plaqué alu proclamant à la face du monde la modernité implacable de la métropole atlantique ! – jusqu’à trouver La lettre à Lulu. Dans une cour pavée verdoyante, Nicolas de La Casinière nous accueille. Il me prête son ordinateur connecté à internet pour envoyer à heure dite la splendide chronique Ecologie d’un quotidien vespéral. L’info ? L’annonce du pic du gaz de schiste. A contre-courant du discours dominant, donc vraisemblablement juste.

On déjeune avec Nicolas. Ce journaliste impénitemment libre anime l’irrégulomadaire La lettre à Lulu, qui lui coûte plus qu’elle ne lui rapporte. Mais le journal souffle un grand vent frais dans la ville qui, après trois décennie du magistère d’Ayrault, dégage l’ennui propre au croisement entre boboland et zones commerciales démesurées.

En route pour la Zad. Voie rapide Nantes-Rennes, kilomètres d’entrepôts et d’hypermarchés, verdure, puis Héric, au nord de Notre Dame des Landes. Le gros bourg est devenu un exemple d’étalement urbain. Il n’y a plus d’épicerie dans le village, et pour faire les courses, il faut aller au Super U. En sortant, on se perd dans les lotissements. Des jeunes, qui boivent une bière dans le garage d’un pavillon, nous remettent obligeamment sur la route.

Arrivée dans le bocage. Dans le village de Notre Dame des Landes, on croise l’épouse de Julien Durand, le porte-parole de l’Acipa. Elle nous dit qu’il y a de la tension depuis quelques temps, que des pro-aéroport ont peint des croix gammées sur un panneau de la Zad.

Après quelques zig-zags suivant les orientations des bénévoles de la Chaine humaine vêtus d’un gilet fluo jaune, on parvient au camping des Planchettes. Pour l’instant, il n’y a pas encore grand monde sur le parking.

Les tentes commencent à se monter. Tiens, un jeune couple avec un bébé qu’on a vus dans le train, ils sont venus en vélo. On parvient à dresser la tente que nous a prêtée Nelly, près d’une haie colorée de genêts jaunes : elle ouvre sur un grand pré, sous le ciel immense où nuages et trouées de ciel bleu flirtent en cadence, délivrant une lumière vibrante et limpide. Il fait beau, le soleil brille quand les cumulus s’enfuient, le vent souffle.

On part reconnaître les lieux, direction les Fosses noires. Juste avant, un champ maraîcher barré d’une ficelle, lieu de « Rouge et Noire », où est aussi inscrit « Notre Dame des Cacahuètes ». Un panonceau explique la démarche :

« Petit collectif avec l’envie commune de se nourrir de manière autonome, nous avons choisi de cultiver un champ situé sur la piste sud de l’aéroport, car on voit l’occupation maraîchère comme outil pour la défense des terres agricoles et contre le bétonnage, parce que se nourrir collectivement et lutter pour l’autonomie alimentaire fait partie de notre rupture avec le système capitaliste.

Nous voulons faire du maraîchage pour la ZAD, offrir nos légumes à prix libre, fonctionner autant que possible sans argent, favoriser l’aide mutuelle et le partage des savoirs… Et même si demain les gendarmes déferlent sur la zone et détruisent nos terres, c’est vital pour nous de l’avoir fait. »

Aux Fosses noires règne l’agitation des grands jours. On retrouve E., qui a décidé d’aller s’installer près de Tarbes avec ses chevaux, elle y a trouvé douze hectares, alors que depuis dix ans à Notre Dame des Landes, elle ne parvenait pas à trouver de terre. Il y a du mouvement, des têtes connues qui passent et discutent, des jeunes gens qui regardent les filles, « Bob » et d’autres qui apportent des jus de fruits… Comme dit Juliette, « Ici, il y a des vies qui se croisent ».

Paul et Elisabeth nous offrent le thé chez eux. Ils nous parlent de ce qui se passe, de la difficulté pour des jeunes inexpérimentés de faire pousser des légumes, des logiques claniques qui s’expriment sur la Zad, des spécistes, féministes et insurrectionnistes – tiens, un nouveau mot -, des tarnaqueux – par référence à Tarnac et au livre L’insurrection qui vient, du bon pain que fait Damien le boulanger, du facteur qui ne délivre toujours pas le courrier – il faut aller le chercher à Notre Dame des Landes. Mais l’heure tourne, et Adrien va arriver.

On salue les amis et on repart vers les Planchettes, où l’on trouve Adrien. Son co-voiturage allait jusqu’à Ancenis, et là, il a trouvé une voiture qui venait ici. Ses amis de Bayonne sont arrivés par ailleurs, leurs tentes ne sont pas loin, on va partager le diner : salades, pain, fromage, patés végétaux et charcutiers. Camille est « vegan ». Elle raconte qu’elle avait travaillé un mois chez McDonald’s, le patron lui disait de changer l’étiquette de date de préemption des salades en sachet. Elle nous montre le drapeau pour la libération animale.

Sylvie est d’Attac – et de toutes les manifestations. Elle raconte Copenhague en 2009, le Forum mondial de l’eau qui a eu lieu à Marseille, un festival des multinationales de l’eau financé sur fonds publics. Un joint circule, très léger. Juliette me dit qu’au Sénégal, l’herbe est très douce, pas comme les herbes qui poussent sous serre aux Pays-Bas, et qui sont forcées en THC.

Et le soir ? Ben, il y a des concerts, sur un vaste pré à côté du camping. Il est grand : il y a quatre scènes, dont une sous chapiteau, trois grandes buvettes tenues par des bénévoles, deux ou trois caravanes vendant des sandwiches, des merguez et des crêpes. Quelques milliers de gens sont là, c’est tranquille. On va écouter ZEP (zone d’expression populaire), une espèce de rap-rock qui dégage une bonne énergie. Entre deux chansons, le chanteur explique que le groupe est poursuivi en justice par un groupe d’extrême-droite pour avoir dénoncé la « France raciste, capitaliste, impérialiste, colonialiste ». Alors, « achetez des babioles sur le stand, c’est pas pour nous, c’est pour payer les frais d’avocat ». Plus tard, il évoque la lutte de la Zad, celle de la Palestine, et celle des Indiens qui occupent le barrage de Belo Monte, au Brésil. Le groupe finit par une chanson qui raconte l’histoire d’un jeune de quartier, comme on dit, qui se plaint à sa mère de toutes ses galères, et sa mère qui lui répète, « il y a des gens plus malheureux que toi sur terre ».

Tiens, voilà une amie journaliste, elle est venue elle aussi en famille. « Tu viens en reportage ? – Non, en soutien, pour participer à la Chaine humaine ». Où allons-nous, si les journalistes se placent du côté du peuple ? Ils dorment dans la voiture, un grand et vieux break, sur le camping.

Plus loin, sous le chapiteau, il y a un groupe habillé en noir. Problème, une corde de guitare est cassée, il faut attendre, le chanteur à chapeau essaye de meubler, « Vous avez des blagues à raconter ? ». Une fille arrive, en raconte une assez vulgaire – un jeu de mots sur « con plisse », complice, et couilles fripées, je vous l’épargne. Voilà Eric Petetin qui débarque, vêtu d’un pancho, allumé, il parle de la « zone d’anarchie délirante ». Je vais le voir après, il me dit qu’il est en ce moment à l’Isolète, « où il y a des éco-warriors géniaux ». Il veut y installer une chapelle, l’esprit parle à cet endroit, entre deux arbres.

La nuit est bien tombée. Un skin ventru, à la crête dressée, titube un peu, ivre. Plus loin, au milieu d’un cercle formé par des panneaux de dessins contre l’aéroport, des jongleurs de feu embrasent la nuit.

Voici le groupe HK, une bonne pêche, tout le monde s’agite. Le tube, c’est « Niquons la planète » : des hommes d’affaires, à cigares, qui y vont franchement :

« Niquons la planète, faisons l’amour à la Terre, des tonnes de pétrole dans la mer, une apocalypse nucléaire, et du phosphore dans les rivières, de la dioxine dans le désert, des piscines en plein désert, cinquante degrés en plein hiver, et tant pis pour l’ours polaire, un ours à quoi ça sert, niquons la planète, niquons la planète, niquons la planète, de toute façon, on va tous crever, niquons la planète. »

Voici un bout du son :

Le chanteur fait reprendre en cœur : « Niquons la planète ». Tout le monde y va de bon cœur. Il se marre : « faire chanter ‘niquons la planète’ à des écolos, bravo les gars ! ».

C’est la nuit noire. Un gars nous tombe dessus d’un rire tonitruant : « Aaaaaah ! » C’est Skippy, barbu, chevelu, dans un grand ciré jaune, en pleine forme. Il nous claque la bise. Il est bourré et ponctue ses discours d’éclats de rire explosifs. Il a son carnet de dessins avec lui et une ceinture de crayons de couleur sur la poitrine, comme une cartouchière. Dans l’obscurité, il tombe sur une fille avec un chien, et entreprend de la dessiner, en lui montrant le résultat.

On chemine vers la buvette. Skippy vient souvent ici, avec ses copains de Rouen. « Les gens n’ont pas peur de leur voisin… Jamais vu d’espace libre aussi vaste qu’ici, où tu marches quarante minutes pour aller quelque part, c’est à échelle humaine… de l’irréversible, des gens qui ont tout plaqué pour venir… combattants de la terre… c’est sauvage comme expérience, primaire, ça te prend au… après, il y a l’alcool, le shit… ». On est à la buvette, il est imaginable que quelques verres aient été bus, un jeune gars me parle de semences, de carottes, de plantations, il a travaillé chez un jardinier,…

Sous le chapiteau, commence le concert de Burning Heads. Quatre types dégingandés en tee-shirt, un batteur torse nu tatoué, trois guitares ou basses, ils ont une énergie incroyable, le son fait penser aux Clash, le chanteur se donne à fond, veines du cou saillantes, le guitariste saute en l’air, ils ont à peine fini un morceau qu’ils repartent à fond la caisse, comme si leur vie était en jeu, ça déménage, c’est monstrueux.

Toujours est-il que l’heure de dormir arriva…

Et que le jour se leva sur le samedi 11 mai. Il y a des toilettes sèches, au camping, c’est bien plus sain que des toilettes à l’eau. Sur une des portes, les Bayonnais ont posé une grande affiche annonçant Alternatiba. Un point d’eau, derrière. On va petit déjeuner sur le pré des concerts, où des bénévoles servent thé et café, à 1 euro, aux campeurs.

Le ciel est gris, humide. On discute avec Claire, de radio, de rivières, de spiritualité, comme un matin, en désordre et par bribes inabouties. Elle explique le lien entre la culture du maïs et les barrages

Retour à la tente. Je croise Ruth Stegassy, de Terre à Terre (elle va faire une émission, que l’on peut écouter ici). Au camp, deux gars qui passent : « Pardon si on a fait du bruit ». Ils sont restés à discuter tard près d’un feu, des gens le leur ont reproché. Nous, on n’a rien entendu. Tiens, Xavier, catogan et barbe, il porte bizarrement une casquette colorée à l’effigie de McDonald’s. On s’était vus à Saint Nazaire, au procès d’Erwan et d’Elise. Il est venu plusieurs fois sur la Zad, il a visité de nombreuses cabanes : « Celle des Parisiens est très belle, elle a été montée dans un squat à Paris et amenée par camion. Elle est derrière la Rolandière ». A La Gare, il y a des cabanes dans les arbres. Xavier a travaillé dix ans dans un laboratoire d’essais de jouets.

On décide d’aller voir l’Isolete, cette fameuse chapelle. Il faut marcher, marcher, il y a pas mal de gens partout. Tiens, voilà « Camille », que j’avais interviewé en novembre. Elle vit maintenant dans le Morbihan, sur un projet de ferme collective. Elle accompagne un petit stand à roulette, où elle et des camarades proposent des gateaux et diffusent de l’information sur la lutte autour de la mine de Hambach, en Allemagne.

Silvia explique ce dont il s’agit

Au carrefour des Saulces, les gendarmes ont disparu. A la place a été installée une bicoque d’information, « Au carrefour libéré ».

Sur la route qui y mène, la chaussée a été aménagée : sans doute en avril, lorsqu’il y a eu les affrontements avec la police, qui était revenue.

A l’Isolète, pas de trace de Petetin ni de chapelle. D’ailleurs les zadistes qui sont là ne sont pas vraiment d’accord avec l’idée d’une chapelle. Chacun peut trouver son lieu de méditation où il veut, dans la nature, explique l’un. Au demeurant, ce matin, on se préoccupe surtout de préparer l’action qui aura lieu tout à l’heure au long de la Chaine humaine : montrer la solidarité avec ce qui se passe au Brésil, avec l’occupation de Belo Monte (en fait, elle a cessé depuis deux jours, mais on ne le saura que le lendemain).

Marcius explique ce qui se passe

Ils vont mimer l’occupation militaire du terrain, menée pour appuyer les grandes compagnies, dont GDF-Suez, qui construisent ce barrage, un des plus grands du monde. D’autres se déguisent en Indiens, se peignant la peau autour des yeux en rouge. Un camion a été repeint en véhicule de l’armée.

Le cortège s’ébranle et nous dépasse. On va rejoindre Christine et Anne du côté de La Paquelais. Elles sont venues en train et en car ce matin depuis Paris. Sur la route, il y a plein de gens, tout le monde est de bonne humeur. Voici la charrette-orchestre d’Equiaquoibon.

Un accordéoniste joue des airs de chansons qui donnent envie de danser :

On retrouve Christine et Anne, et l’on pique-nique sur un talus herbeux, comme tout plein de gens qui s’égrènent au long de la route, avant la chaine humaine. Il y a même du soleil ! On parle de tout et de rien, du temps, du train, de permaculture, et de politique. Anne de Rugy est porte-parole d’EELV sur Paris. « Alors, pourquoi ne pas s’allier avec le Parti du Gauche ? ». Ben oui… Voilà sa réponse

Mais l’heure tourne, et 15 h approche, moment où doit se former la chaine humaine. Il s’agit, rappelons-le, d’entourer symboliquement la Zad, pour signifier qu’on la protègera des agresssions policière et bétonnière. On remonte la petite route, où un filet continu s’est formé. On finit par trouver une place dans un petit bois. Tout le monde se met en place au long de la ligne blanche. On se donne la main par intermittence, quand un hélicoptère passe à basse altitude, pour la photo.

Tiens, voici un tracteur des COPAIN qui passe. Et voilà la bande de Belo Monte. Le camion militaire s’approche, les types habillés en soldat, l’air méchant, disent aux gens de s’écarter.

Une journaliste tente de distribuer des tracts aux gens, pour les informer. Des soldats la rattrapent et l’emprisonnent.

Une contradiction des zadistes, observe Véronique : eux-mêmes empêchent souvent les journalistes de travailler. Mais les journalistes sont-ils libres ? Certains ? Et comment définir la liberté des journalistes, comment la reconnaître ? Le débat tourne court, car voilà la cage dans laquelle les infâmes promoteurs du barrage de Belo Monte ont enfermé les Indiens.

Et, pour clore la performance, voilà le mot de la fin, puisque la grande firme GDF-Suez est impliquée dans la construction du barrage de Belo Monte.

Sur la chaîne, on continue à parler de choses et d’autres, en se relevant quand on entend parler d’hélicoptères. Des gens passent à vélo, ils disent que le ruban est presque continu, qu’on est au moins 25 000. Tout s’est bien passé, on est contents. 16 h arrivent, on se disjoint, Anne et Christine repartent prendre leur car. De notre côté, on décide d’aller à la Chateigne, où une histoire de la lutte de Notre Dame des Landes doit être racontée. Mais en chemin, on se perd lamentablement dans les chemins boueux. On a fait les malins, genre « Moi j’connais », et on a tourné à gauche plutôt qu’à droite. Que de boue, que d’eau ! On oubliait à quel point les bottes sont utiles.

Si bien qu’on se retrouve quasi au point de départ. Bon. Remonter la route, en croisant des gens qui repartent, et d’autres qui arrivent, en voiture, en vélo, pour les concerts qui commencent.

On va se poser au camping, souffler un peu, avant de repartir pour la Chateigne, où un débat a lieu sur le thème « Qu’est-ce que la victoire ? ». Oui, la bataille n’est pas totalement gagnée, mais le projet d’aéroport a subi un sérieux revers. Alors, on en est où, maintenant ?

"La victoire serait que nos vies et la lutte pour un autre monde ne soient pas distincts."

Plus d’une centaine de personnes sont assemblées derrière une cabane de la Chateigne, assis par terre, sur des souches d’arbres, ou debout en lisière de forêt. Il y a un peu tout le monde, des zadistes, des « touristes », des militants venus de partout, enfin, le peuple de Notre Dame des Landes. Quelques zadistes historiques, si l’on ose ce qualificatif, sont du côté de la cabane, assis sur la coursive de bois. Un facilitateur explique la forme que peut prendre la discussion – on va faire un tour de parole pour que tout le monde puisse parler, il faut s’écouter, ne pas parler trop longtemps -, un gars écouteur sur les oreilles et micro tendu au bout d’un bras enregistre le débat pour Radio Klaxon, après avoir demandé si cela ne dérangeait personne. Un autre note les tours de parole sur un carnet. Une fille lit un petit texte d’introduction.

La restitution qui suit n’est pas exhaustive, ce sont des phrases attrapées à l’écoute de la bande enregistrée par Radio Klaxon, qui l’a transmise à Reporterre, et que l’on remercie bien. Un souci : j’ai pensé utile de situer les interlocuteurs par quelques mots (homme, femme, jeune....). N’est-ce pas insupportablement sexiste, agiste, dominateur ? Commentaires à planete (arobase) reporterre.net.

L’introduction, donc : « Je suis parti de la Zad pendant un mois, j’ai entendu que l’aéroport ne se ferait pas. Merde, me suis-je dit, on n’est pas prêt pour la victoire. Chacune a sa petite idée de la victoire. Au cours de cette lutte, on s’est rencontrés, on s’est confrontés, on a fait pas mal de compromis. La lutte ne s’arrête pas à l’arrêt de ce projet. J’ai peur que, après l’arrêt, tout le monde retourne à sa vie. Des personnes ont pu voir des choses qui dans d’autres moments sont de l’ordre du rêve. On n’a pas fait ici sécession avec le monde extérieur, déconstruit les rapports de domination. Je ne vois pas en quoi on peut dire qu’on a gagné quoi que ce soit si l’aéroport ne se fait pas et que ces rapports ne changent pas. La ville de Nantes s’étendra toujours plus. Est-ce qu’on lutte seulement contre cet aéroport, ou contre cette ville qui s’étend toujours plus, contre l’aménagement du territoire, contre ce monde ? Victoire de pouvoir enfin en apercevoir une. J’avais envie de cette discussion, parce qu’il ne faut pas attendre la victoire pour en parler »

Un homme : « La victoire, c’est la défaite des combattants. Un combattant n’existe que par sa guerre. Ici, des gens qui se sont battus pour garder leur terre, et d’autres pour un mieux-vivre, pour créer une autre société. Mais créer une autre société, c’est à très long terme, et il y a beaucoup de défaites. Pour vous qui avez vécu de grandes choses, ce sera la fin d’une histoire. On ne peut pas vaincre complètement un système, on ne peut que l’améliorer. Ce que vous avez fait contribuera à l’améliorer. C’est déjà un victoire de l’avoir fait. Continuer à vivre chacun après individuellement, en continuant à vivre ses idéaux, même si on rentre dans le bercail, ça c’est une victoire. »

Un autre : « Pas d’accord pour améliorer le système qui est plutôt nocif. Mon idéal, je ne l’atteindrai peut-être jamais. Je m’étonne qu’on soit si peu à réagir ».

Une fille : « Je voudrais savoir comment ça se dessine avec les paysans, qu’est-ce qu’ils en pensent, s’il n’y a pas d’aéroport, est-ce que les terres vont être reprises, par les gens d’ici, vous en avez déjà discuté ? »

Un homme : « Ce sera repris par les propriétaires des terrains ».

Un autre : « Le problème agricole, il est très difficile. C’est à vous les jeunes à trouver une solution, à faire autrement, le système agricole, aujourd’hui, il est corrompu ».

Une fille, accent étranger : « On n’a pas vraiment discuté de cette question. Sème ta zad, c’est un projet, ça continue, le proprio des terres sur la Zad, c’est Vinci, on lui rendra pas si facilement. Peut-être il y a des gens qui vont continuer à squattter, à cultiver. »

Une fille : « Je reformule la question. Les occupants souhaitent-ils collectiviser les terres, pas sur la base de la propriété privée ? Les zadistes… ne faut-il pas abolir la propriété privée ? »

Une fille : « Pour moi, la victoire, ce serait plutôt quelque chose qui continuerait sur ce qui s’est fait à la Zad, autogestionnaire, tous ensemble, pas individualiste. Et que ce soit en perpétuel changement, pour que ce soit mieux encore, toujours de nouvelles solutions, avec l’institution qui change pour réussir à vivre… »

Jeune homme : « La Zad a permis de faire toutes sortes de trouvailles, et la victoire serait de récolter les fruits de toutes ces trouvailles et de semer ailleurs, de faire boule de neige dans les villes et au-delà. La victoire serait aussi que nos vies et la lutte pour un autre monde ne soient pas distincts. Le privé a une grande part de politique. A chaque instant, la société organise les choses de façon prévisible. Pour moi, c’est un cauchemar. Ici et maintenant, c’est pas forcément tout de suite sur la Zad, mais quelque chose comme partout et tout le temps. Rendre nos existences illégales, c’est un instrument de contrôle. Gérer tous ces trucs là, c’est un jeu des gens de pouvoir. S’attaquer à ces structures et les détruire. Pour ceux qui ont peur du vide, il faudrait diffuser l’expérience sociale d’ici sans la diluer ».

Il continue : « Une liste de mots : observatoire stellaire, création d’images, multiples qui tiennent la route, enchantement avec d’autres luttes, émouvance, responsabilité, crise psycho-magique, inventer un vocabulaire qui ne créerait pas de nouvelles identités, pouvoir discuter de nos rêves sans les abimer ».

Un homme : « Le projet global, c’est la métropole Nantes-Saint Nazaire, ça ils ne vont pas l’arrêter. Ils vont mettre des entrepôts, des autoroutes, des hôtels, un nouveau périphérique, ils veulent urbaniser tout de Nantes à Saint-Nazaire en conservant quelques zones naturelles. Ce problème a des tentacules sur tout le territoire. La victoire, c’est pas juste gagner contre l’aéroport, au mieux, c’est une concession qu’il nous feront. Quand cette lutte-là on va la gagner, parce qu’on va la gagner, qu’on s’attaque au nouveau pont qu’ils veulent construire sur la Loire, au nouveau périphérique, aux autres endroits, égrainer sur tout le territoire. Que tous les comités locaux attaquent les projets de merde qu’ils ont chez eux. A Toulouse, ils n’ont pas construit leur aéroport, parce qu’ils flipent un peu : ‘On va se ramasser une bande de tordus’. Il faut leur faire peur. Il faut reprendre les moyens de décision, à la ville comme à la campagne. »

Homme : « Sur Perpignan, on a commencé à réfléchir à tous les projets qu’ils font. Il y a maintes luttes. Mais il y a tellement de luttes qu’il n’y a pas assez de soldats ».

Quelqu’un : « La victoire c’est aussi l’auto-organisation collective. Ce qu’il y a d’intéressant dans la zad, c’est la lutte contre l’aéroport, mais aussi de participer à inventer un mode de vie concerté, où il n’y a pas d’exclusion. On aborde l’ère de l’après-pétrole, où il va falloir s’organiser pour vivre bien, avec la concertation locale et la redécouverte des palabres. C’est ce qui fondait la plupart des sociétés traditionnelles, où l’exclusion n’existait quasiment pas. »

Femme à l’accent espagnol : « On a tous à gagner en défendant cette zone. C’est l’humanité entière qui va devenir plus heureuse ».

Fille : « On pourrait aussi envisager l’après-nucléaire, avec une société qui penserait d’abord sobriété énergétique, pour ne pas laisser aux générations futures toutes les cochonneries ».

Un hélicoptère policier passe dans le ciel. Son bruit assourdissant empêche la discussion.

Homme : « Pour répondre à la copine, l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, et pourtant, la société allemande, c’est pas vraiment ce qu’on veut. Au-delà du nucléaire, il y a la société politique que l’on veut ».

L’hélicoptère, très bruyant. Il tourne autour de la Chateigne. On imagine son appareil photo qui crépite.

Quelqu’une : « La victoire, elle est déjà là. Vous avez su créer un parc d’attractions, d’idées, de réflexion. La société en a tellement besoin qu’il faut absolument continuer. Il faut essayer de faire bouger les choses. Et dans un espace naturel qui est assez extraordinaire. C’est les gens qui sont là tous les jours qui gagnent, et vous avez déjà gagné ».

"Ca me fait bizarre que vous disiez ‘vous’, c’est grâce à nous tous, ça serait bien qu’on dise ‘on’"

Homme : « Sortie du nucléaire, Greenpeace vient de sortir un truc là-dessus qui est très bien fait. Les gens veulent autre chose. Le combat de quelques-uns ici comme ailleurs, ça fait boule de neige. La victoire, c’est d’avoir fait une journée comme aujourd’hui, où des gens sont venus de différents points. Après, la victoire définitive n’a jamais existé. »

Jeune fille : « Je veux répondre à ça, j’ai passé un peu de temps, là, ça me fait bizarre que vous disiez ‘vous’, c’est grâce à nous tous, ça serait bien qu’on dise ‘on’, c’est tous ensemble tout le temps. Je me rappelle une fois en AG où il y avait des gens de partout qui étaient venus, ma question était, est-ce que ça peut durer ? A moins que tout se soit cassé la gueule, pour moi la victoire, je sens un truc d’une soudure de plein de gens, et que ça va éclabousser partout. Je suis super-contente qu’il y ait eu cet éveil, on est réveillés, la victoire c’est le fait que ça continue encore ».

Sylvia : « J’ai envie de dire, on est en pleine phase d’expérimentation, et il n’y a presque rien qui marche vraiment super bien ici, on est en train d’essayer plein de trucs ensemble, mais on vient tous de la même société, avec toute la merde qu’on a appris étant gamins, et on ne sort pas de la société comme ça, on essaye de changer quelque chose ».

Quelqu’un : « Il ne faut pas qu’on boude les petites histoires. Ma question, comment on fait pour être plus nombreux ? Même si arrive à faire reculer ce projet d’aéroport, ce sera déjà une victoire contre la résignation, qui montre qu’on peut obtenir des choses quand on est tous ensemble. »

L’hélicoptère…

Homme : « … nourrir Rennes sans pétrole… ceinture vivrière autour de Nantes… »

Homme : « La victoire, c’est ce qui va se faire après. Qu’est-ce qu’on fait des terres ? Comme il y a eu dans les marais salants, ou au Larzac. Ici c’est compliqué, le conseil général, Vinci sont propriétaires. Comment les gens vont se réapproprier, et comment nous, qui ne sommes pas ici, on va pouvoir les soutenir dans cette lutte contre le département la région et Vinci, qui auront des envies de vengeance pour la perte qu’ils ont eu de ce projet ? »

Jeune homme : « La victoire elle réside dans le fait qu’on peut vivre même quand rien ne fonctionne, dans les bois, contre le système, qu’on peut vivre avec trois fois rien, qu’on peut vivre dans un gros bordel, mais qu’on est là, qu’on est contents d’être là, qu’on discute tous ensemble, c’est une victoire déjà d’en parler. Ce que je vois aussi, c’est que c’est pas évident pour tout le monde de quitter une vie qu’on a mis des années à construire pour venir vivre dans les bois. On peut pas tous se le permettre, on peut pas tous le faire, ça remet trop de choses en question.

Ce qui est intéressant, aussi, c’est que quarante mille personnes sont passées ici, moi je viens d’arriver, sur ces quarante mille personnes, combien ont un boulot, combien ont une famille, qui font ce qu’on fait tous, et qui sont concernées par ça, moi ça me fait chaud au cœur, des gens qui sont finalement très éloignés de la vie dans les bois, mais qui se sentent concernés par ça. Il y a des gens dans le système qui luttent à leur manière, par des trucs infimes, par des modes de consommation, des discussions autour d’une table, il y a des tonnes de gens qui luttent en faisant des petites choses, et c’est toutes ces petites choses qui font une victoire. Il ne faut pas s’attendre à une victoire éclatante, mais à une victoire à l’intérieur de nous, qu’on fasse quelque chose qui nous convient, qui nous corresponde, qu’on puisse parler, s’exprimer, et vivre comme on l’entend. »

Un jeune homme en jupe noire : « Je ne crois pas que c’est en allant tous vivre dans les bois qu’on réussira à construire un monde sans domination. Le monde qui nous opprime, il est fort, et il faut faire un peu plus qu’être trop cool dans les bois pour réussir à avoir une société qui fonctionne un peu mieux. Pour l’après-pétrole, je m’inquiète pas trop pour les capitalistes, le pétrole ils ont bien vu qu’ils en avaient pris trop, avec l’E 10 au colza et les gaz de schistes, l’après pétrole, ils ont tout prévu et ils en ont rien à foutre. Il va falloir qu’on fasse plus que vivre dans les bois de manière sympathique, qu’on soit capable de s’unir ensemble contre ce système. »

Homme : « Pour moi, la victoire, c’est des rapports de force. Aujourd’hui, le rapport de forces il est loin d’être gagné. Sous prétexte de lutter contre la crise, on met au placard toute la question écologique, les acquis sociaux gagnés après de longues luttes. Pour arriver vraiment à une victoire, il faut qu’il y ait plus de convergence de luttes. On le voit aussi. Mais il faudrait aussi politiques et syndicales. La victoire sera véritablement acquise lorsqu’il y aura une convergence avec le monde du travail, avec les luttes citoyennes, et avec les luttes politiques si on veut changer le système qui est complètement corrompu aujourd’hui."

Une intervention sur les agrocarburants. Le gars cite un rapport de l’OCDE prévoyant un fort développement des agrocarburants, cultivés dans les pays du sud, mais consommés dans ceux du nord. L’orateur vient des Hautes-Pyrénées. Il dit que l’on y pousse à la culture du colza.

Eric Petetin : "Il y a une victoire à célébrer, c’est celle de l’amour. L’amour a gagné entre nous, pendant tout cet automne et cet hiver. Avant je ne sais pas, je n’y étais pas. On a des progrès à faire, on peut s’aimer encore plus. On a fait sécession du vieux monde. On s’achemine vers des temps abominables, on le sait tout, la Zad elle est là, on gagnera si on s’aime."

Un homme : "Dans le passé, par l’autogestion en Espagne, il est possible de faire la nique au pouvoir. Le pouvoir, il nous concède de petites victoires quand ça l’arrange. Il est de notre devoir de continuer ce qu’ils ont fait [ceux de l’autogestion espagnole], avec tellement d’amour que j’ai envie de chialer".

Une fille : "J’essaye de dire un truc un peu court. Pour moi, victoire, ca serait vie-toi-re, ce qu’il y a au fond de tes tripes, la vie".

Quelqu’un : "Dans les luttes sont souvent stigmatisés les gens qui lancent des cailloux ou des cocktails molotov, dans les situations de guerre. Et je veux dire qu’on serait pas là s’ils n’avaient pas fait ça, il faut se montrer solidaires de ceux qui se sont battus, parce qu’il s’il n’y a pas des gens pour tenir sur les barricades et résister,..."

F : "Ca serait bien qu’il y ait des trucs où on serait d’accord pour qu’on puisse faire la fête. Par exemple dire que quand ils annuleront le DPU, on débouche les bouteilles. (...) Ce qui est important dans cette lutte, c’est que les gens ne sont pas venus sur la zad par esprit de sacrifice, mais parce qu’on a envie, qu’on vit de beaux moments en dehors du système, ça crée en nous des aspirations qui sont différentes, c’est ça l’important. La victoire ne va jamais être totale, mais regagner de cette volonté d’être libre, c’est ce qui est important dans ce qui se passe ici. ’Ah, on pourrait vivre comme et je serais plus heureuse si on vivait comme ça !’ C’est ça qui est important."

F : "Si on est là, c’est parce qu’on est concernés, je ne sais pas s’il faut parler en termes de victoire. Ce qui est sûr, c’est que c’est une victoire. Ce n’est pas seulement une lutte contre l’aéroport, mais contre son monde, c’est là-dessus qu’il faut continuer à avancer. Ici ça dépend de par quoi va être remplacé l’aéroport, mais aussi pour tous les collectifs, cela ne peut passer que par une convergence des luttes partout. Que ça continue, mais partout, qu’on ne lâche rien. C’est pas très original ce que je dis, cela rejoint ce qui se dit partout. Contre le système, une convergence des luttes".

On entend des bruits d’oiseau.

Jeune fille : "Moi, je ne vais pas parler d’amour. Mais ce qu’il y a d’important, c’est que les gens ne repartent pas dégoûtés de ce mouvement, c’est pour ça qu’il faut garder nos ambitions pleines et entières. Il n’y a pas que la victoire, il y a tout ce qu’on porte. Entre nous, comment on va déconstruire tous ces rapports de domination, qu’on soit tous encore là quand il y aura d’autres bagarres, pas rester chez soi avec des souvenirs de vieux militants".

Homme : "Un tout petit témoignage : on a trois gamins à la maison à Oléron, ils ont treize, onze et cinq ans. C’est la première fois qu’on vient. On leur a expliqué avec nos mots. La victoire, un des éléments serait de rentrer lundi et de leur expliquer ce qui s’est passé, et qu’ils voient que les grands, les adultes participent à ces choses là, et sont capables de s’écouter, de parler, de revenir avec des choses à partager. L’autre truc aussi, c’est qu’il y avait le G8 à Gênes, il y a dix ans, il y a un jeune qui est mort, Carlo Giuliani, il avait vingt-trois, par un carabineri, qui avait vingt-et-un ans, s’il était là-bas, c’était pour cet esprit, pour tous ceux qui se sont battus et qui se battent encore, c’est la plus belle des choses de continuer à faire ces choses ensemble".

Homme : "Un truc un peu con - on parle de victoire, mais l’aéroport il est abandonné ou pas ? S’il est abandonné, ça sera toujours sympa dans la tête des gens : ’on a réussi’, et ça, c’est pas rien".

Homme : "Soit on considère que quelque chose est gagné ici, dans l’auto-organisation, le retour de la palabre. C’est bien l’auto-critique des gens d’ici qui disent que c’est pas encore gagné. Il ne faut pas trop idéaliser. Ce qui me chagrine un peu, c’est que cette lutte et la lutte contre les grands projets, pour certains, la perspective ce serait de stopper, mais le réformisme vert, ça ne me fait pas marrer, parce que si on fait confiance à un système participatif, on se fera toujours avoir. On a peu parlé de l’occupation militaire qu’il y a eu quelques mois. Même si l’ambiance est un peu plus détendue, il ne faut pas oublier qu’il y a une force de frappe de l’Etat derrière. Pour faire sécession, il faut penser la question de la violence et de l’offensivité des luttes, il ne faut pas se bercer d’illusions."

Femme : "On a entendu parler de convergence des luttes. Moi ce qui me touche, c’est la complémentarité des luttes. Les manières de lutter ont été différentes, elles se sont toutes ralliées sur un même objectif. Ailleurs ça se passe aussi. Ca c’est la petite victoire, on a besoin les uns des autres, et des manières de lutter de chacun".

(...)

Ce lieu fait catharsis

Jeune femme : "Il me semble que tous les gens qui sont passés par ici, moi c’est la première fois que je viens, on est tous actifs là où on est. Il y a des vraies choses qui se passent. Ce lieu fait catharsis, c’est très chouette, ça permet de nous ancrer dans un truc concret. Si on est venus deux heures se donner la main pour la chaine humaine, quand les gens rentrent chez eux, ils sont dans une réflexion, il faut avoir confiance dans ces gens là".

Jeune homme : "N’aime pas m’illusionner sur la victoire, parce que c’est une manière de se décourager. Au-dessus de nous, il y a une espèce de chape, le capitalisme, la domination. Le plus important, c’est de créer des trous dans ce voile, pour faire des lieux alternatifs. J’ai vu ici s’exprimer des rapports de domination, des modes d’habiter le monde calqués sur le capitalisme, des modes autoritaires de s’adresser à l’autre, on essaye de libérer des espaces où le capitalisme n’a pas toute sa place. Pour autant, penser en termes de victoire, c’est compliqué. Habiter un espace naturel, je suis venu ici quelques mois, mais j’ai du mal à croire que c’est ici qu’on arrivera le mieux à contester le système, parce que le système, il est en ville. Il ne faut pas idéaliser ce qui se passe ici, ne pas le voir comme une alternative durable, il faut libérer des espaces dans les endroits où on vit, dans les villes. J’aime beaucoup les discours pleins de paix et d’amour, pleins d’idéalisme, mais l’Etat opprime, aussi pacifiste que vous serez, les coups de matraque sont là. Il y a des espaces qui se libèrent par la force, c’est triste parce qu’on rentre dans des rapports de domination, mais il faut penser la violence. Comment on libère des espaces dans un monde de violence sans nous-mêmes user de méthodes qui peuvent paraître violentes ?"

Ensuite, un gars parle d’une histoire d’axe nord-sud et est-ouest, et c’est un peu compliqué à suivre. Il s’agit d’une sorte de jeu, où on va opérer des visualisations collectives. Mais bon... Un syndicaliste prend la parole, pour dire qu’il va falloir partager avec le reste du monde. Un autre, qui a déjà parlé plusieurs fois, parle des ennemis - "chacun a le sien... on se doit un respect mutuel et sincère... dès qu’on a une démarche d’auto-organisation, on est sur la bonne voie, mais on n’atteindra jamais l’idéal..." Le gars en jupe noire, à la voix aigüe : "... la liberté... chacun fait ce qu’il veut... ce n’est pas ça la liberté... j’essaye de construire avec les gens une forme d’auto-organisation, construire ensemble ce qu’on a envie de faire...".

Homme : "Si chacun nous avons pu parler chacun notre tour, c’est parce qu’il y a eu une organisation. Donc, une organisation est nécessaire. Il a fallu un effort de chacun, comme disait Mademoiselle tout à l’heure, c’est à chacun de respecter les croyances, et ça c’est une victoire, je rejoins Monsieur là-bas, le libertaire c’est le respect de l’autre, de suivre ses directions dans le respect de l’autre."

Un petit avion dans le ciel, un chien aboie, on entend des oiseaux.

Le facilitateur prend la parole, en gros pour dire que non, on n’est pas si gentil que ça, et que dans les tours de parole, il y a des dominations, "des gens parlent plus que d’autres, est-ce que les hommes ici parlent plus longtemps que les femmes et sont plus écoutés, il y a encore de la domination masculine dans ce monde, et en nous, c’est bien pratique de trouver un ennemi dehors, l’Etat, et de ne pas voir les dominations qu’on reproduit en nous, je suis fermé aux dominations,... pour critiquer l’ouverture et l’amour... sur les formes de la discussion, j’aime bien qu’on se pose la question des formes de discussion qu’on veut adopter, je veux qu’on prenne une décision nous-mêmes... on est encore privés de la parole, c’est à nous de décider..." Lui-même parle longtemps, mais bon...

Femme : "Jai lu une affichette dans la ferme de Bellevue, elle dit, ’ce n’est pas le bruit des bottes qui est le plus dangereux, c’est le bruit des pantoufles’ ". Rires.

Homme : "Ce qui fera toujours notre force, c’est la volonté de s’organiser en groupe restreint. On a une cantine du côté de la cabane des Rouennais, et tous ceux qui veulent venir manger, ils sont bienvenus."

Homme qui a déjà parlé : "... parcours humble de combattant... il y en a qui la ramènent comme ma grande gueule aujourd’hui, mais on est quand même dans une démarche d’amour, une démarche autogestionnaire... On est des enfants, nous balbutions, nous sommes encore à l’ère reptilienne, on défend encore nos territoires, mais c’est noble un animal qui se défend contre plus fort que lui, une proie qui se bat contre son prédateur... "

Jeune fille : "J’aimerais bien qu’on n’intervienne pas pour dire dix fois la même chose".

Homme : "Bon, on a une cantine"... Rires. Fille : "Les invitations à l’apéro, on peut répéter plusieurs fois". Rires.

Intervention à propos des concerts de la veille, où il n’y a pas eu de prise de parole par rapport à ce qui se passe sur la zad. Quelque chose pour le soir, où il y aura d’autres concerts ? Mais la discussion arrive au bout, ça s’effiloche. Une fille annonce la construction la semaine prochaine d’une cabane non mixte, "un groupe non mixte, femmes, trans, gouines", "il se passe plein de choses sur la zad à d’autres moments que quand l’Acipa appelle à des grands mouvements".

Un homme à foulard vient parler de la lutte à Nonant-le-Pin, dans l’Orne, contre la construction de déchetteries, "consultez le site sauvegarde des terres d’élevage", "il n’y a que les haras qui sont mobilisés sur cette question là, il y a le dossier sur le bureau de la ministre, mais ça n’est pas suffisant, il n’y a pas convergence, le risque existe toujours, je voulais vous en informer."

Une fille : "Je crois au nombre, au rapport de forces. J’ai une proposition pour ceux qui bossent à plein temps, en fait on a trop d’argent qu’on dépense dans des choses inutiles et on n’a pas de temps. Est-ce qu’on pourrait bosser moins pour avoir plus de temps pour déconstruire la société et la reconstruire autrement ? Est-ce qu’il est possible de vivre avec moins d’argent et de trouver des solutions, faire plus de trucs ensemble ?"

Possible ?

La fatigue gagne, on a dit bien des choses, les gens partent peu à peu. Et l’on finit la discussion.

Et d’ailleurs, nous aussi, on part, direction la cabane des Rouennais, tout au fond des bois... Puis la nuit passe, et le jour revient, et l’on repart, et la vie continue...

Plutôt que de soutenir les industries du passé, Montebourg devrait faire du vélo CarFree Reporterre 2013/06/07 CarFree (7 juin 2013) Plutôt que de soutenir les industries du passé, Montebourg devrait faire du vélo. Reporterre. Tribune — fr

Plutôt que de soutenir les industries du passé, Montebourg devrait faire du vélo

L’Etat français s’obstine à soutenir l’industrie automobile défaillante et ses fantasmes électriques. Pendant ce temps, on vend beaucoup plus de vélos... importés. Elle est où, l’industrie de l’avenir, à votre avis ?

M. Montebourg : combien de vélos pour combien de voitures ?

Mardi 28 mai 2013. La ministre de l’écologie, Delphine Batho, convoque les partenaires sociaux pour un plan vélo mais n’y participe pas. Agenda trop chargé dira-t-on mais alors pourquoi avoir choisi cette date si on ne peut être là ? Sans doute que le vélo, c’est bien d’en parler mais d’agir en son sens, bof, laissons ça aux fonctionnaires sous les ordres.

Même jour : Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg se pavane avec le patron de Renault pour (encore) faire la promotion d’un truc qui ne marche pas : la voiture électrique !

5 000 !!!!

C’est le chiffre du jour. On a vendu 5 000 voitures électriques au cours des 4 derniers mois dont 80% « fabriquées » en France.

Mais combien de vélos pendant la même période. Je n’ai pas les chiffres, mais c’est bien plus que ça. Sauf que, le vélo, on s’en fout. Arnaud, lui, c’est la bagnole qui l’intéresse.

Soutenons ce qui meurt

Tout le monde sait que la voiture électrique bute sur des problèmes techniques immenses et pour ne parler que d’un : l’électricité. On sait bien que c’est impossible de fournir les voitures en plus de ce qu’on consomme déjà. Mais on oublie ce détail. Alors, on préfère soutenir un truc qui meurt et on promet monts et merveilles :

Invité à l’usine Renault de Flins, où est fabriquée notamment la voiture électrique Zoé, le ministre a souligné que « 85 % des Français font moins de 65 kilomètres par jour » et « peuvent donc se contenter d’une bonne Zoé et d’une bonne prise ». Le gouvernement veut « tenir l’objectif de 8 000 prises de recharge d’ici la fin 2013" et « en dix mois nous avons triplé le nombre de prises de recharge ouvertes au public ».

« Nous faisons confiance aux acteurs publics et aux acteurs privés ».

L’État réfléchirait à la création « d’un opérateur dans les infrastructures de recharge », capable de gérer un maillage territorial.

« Plutôt qu’un opérateur national de grande envergure, nous avons fait le choix de procéder par appels d’offres (…) pour aider les collectivités locales à financer les installations de prises au bon endroit. »

Dépensons. Gaspillons l’argent. Après tout, pourquoi s’en priver ? Ce n’est pas le leur, c’est le nôtre. Cela n’empêche pas les usines de fermer mais ça fait plaisir à l’ami Carlos Ghosn.

Laissons les autres nous tailler des croupières dans ce qui marche

Les vélos se vendent comme des petits pains un peu partout. En France, nous avons du retard, mais il est en plein essor. Mais le soutien est tellement faible que les usines de vélos françaises sont en bien mauvais état. Et quand elles s’en sortent, c’est parce que ce sont des chaines de supermarchés qui les rachètent.

Alors, pendant que le ministre du redressement productif claironne pour des produits qui se vendent peu, ce sont donc les pays étrangers qui se taillent la part du loup dans un marché qui grossit, parce que l’Etat français est aveugle. Nous retrouvons donc pour la livraison de pièces détachées des Allemands avec des catalogues, des prix et des stocks tellement gigantesques qu’aucun grossiste français ne rivalise. Pour les vélos, le Français aura donc le choix de la qualité parmi des marques étrangères.

Un jour, peut-être, on découvrira que le vélo est là et que nous n’avons aucune usine en France digne d’alimenter le marché, aucun groupe d’envergure européen. Un jour, nous nous réveillerons complétement dépendant des autres et on se dira « pourquoi ? ».

Un jour, peut-être comprendra t-on que pour ré-industrialiser la France, il faudrait la porter dans les secteurs qui marchent et ne pas l’entrainer dans le tout-voiture et le tout-nucléaire voué à l’échec. Un jour, cela arrivera peut-être mais pour cela, il faudrait qu’Arnaud Montebourg ne soit plus là et que Delphine Batho assiste aux réunions qu’elle provoque.

De l’huile de foie de requins menacés dans les cosmétiques à l’insu des consommateurs Océana Reporterre 2013/06/07 Océana (7 juin 2013) De l’huile de foie de requins menacés dans les cosmétiques à l’insu des consommateurs. Reporterre. fr

De l’huile de foie de requins menacés dans les cosmétiques à l’insu des consommateurs

On retrouve de l’huile de foie de requins dans six crèmes de jour sur huit, selon une étude menée par des chercheurs du CNRS. Les requins sont surpêchés et de nombreuses espèces sont menacés de disparition.

Peu de consommateurs accepteraient de mettre sur leur visage de l’huile de foie de requin provenant d’espèces d’eau profonde en danger.

Pourtant, ils le font sans le savoir, parce qu’il n’existe à ce jour aucun moyen de savoir si les cosmétiques utilisent des produits provenant des requins ou bien leurs équivalents préparés à base de plantes. Oceana demande aux fabricants de produits cosmétiques d’arrêter d’utiliser l’huile de foie de requin dans leurs préparations et pour ceux qui ne le font pas, de l’indiquer lisiblement sur les étiquettes de leurs produits.

Le squalène et le squalane, qui sont utilisés comme émollients dans certaines crèmes et lotions cosmétiques, peuvent être fabriqués à partir d’huile de foie de requin ou en utilisant des produits d’origine végétale telles que les olives, les germes de blé, le son de riz ou les graines d’amarantes.

Les règles européennes sur l’étiquetage n’imposent aucune obligation aux fabricants d’indiquer quels ingrédients ont été utilisés pour leur production. Les consommateurs européens contribuent ainsi sans le savoir ni le vouloir à la demande mondiale d’huile de foie de requin, un marché qui est estimé nécessiter entre trois et six millions de requins annuellement. Les requins principalement utilisés sont les requins d’eau profonde, lesquels ont une longue durée de vie et une croissance lente, et sont par conséquent particulièrement vulnérables à la surexploitation.

« Les consommateurs méritent d’avoir toute l’information nécessaire pour pouvoir faire des choix informés sur ce qu’ils mettent sur et dans leurs corps », s’est exprimée Dr. Allison Perry, scientifique à Oceana en Europe. « Peu de gens savent que l’industrie cosmétique est une source importante de la pression de pêche qui existe sur les stocks de requins d’eau profonde. Qui préfèrerait utiliser des cosmétiques faits avec des requins vulnérables alors que des alternatives à base de plantes existent ? »

L’organisation de conservation marine s’est associée avec le grand magasin britannique Selfridges pour son Projet Ocean 2013, afin de garantir que les produits de beauté qu’ils proposent à la vente ne contiennent pas d’huile de foie de requin ou d’autre produit dérivé des requins.

D’après une étude réalisée en 2011 par des scientifiques français, six crèmes sur les huit qui ont été testées parce qu’elles indiquaient contenir du squalène, avaient été fabriquées à partir de produits dérivés du requin.

Référence de l’étude : « Determination of squalane origin in commercial cosmetic creams using isotop ratio mass spectrometry », Jame P. et al., SOFW Journal, 1-2, 2011.

« En s’imposant des règles pour identifier et retirer de leurs rayons les produits utilisant des produits dérivés des requins, et garantir à ses clients des produits cosmétiques sans requin, Selfridges montre l’exemple et nous espérons qu’il sera suivi par d’autres distributeurs » a ajouté Xavier Pastor, directeur exécutif d’Oceana en Europe.

Le marché européen d’huile de foie de requin est très difficile à contrôler, non seulement en raison de l’absence de règle pour l’étiquetage, mais également de part les règles douanières qui ne distinguent pas l’huile de foie de requin des autres huiles de foie réalisées à partir de poissons. Enfin, l’huile de foie de requin n’est pas parmi les produits couverts par la législation européenne de lutte contre la pêche illégale.

Le gouvernement du Québec ouvre la voie à la production pétrolière sur l’ïle d’Anticosti Alexandre Shields (Le Devoir) Reporterre 2013/06/07 Alexandre Shields (Le Devoir) (7 juin 2013) Le gouvernement du Québec ouvre la voie à la production pétrolière sur l’ïle d’Anticosti. Reporterre. fr

Le gouvernement du Québec ouvre la voie à la production pétrolière sur l’ïle d’Anticosti

Le gouvernement Marois a dû se défendre mercredi 5 juin de vouloir favoriser les pétrolières avec son projet de règlement sur la protection de l’eau. Celui-ci leur imposera au contraire des contraintes supplémentaires, a affirmé le ministre de l’Environnement. Mais selon Québec solidaire et l’ingénieur géologue Marc Durand, ce projet ouvre la voie pour des opérations de fracturation sur la quasi-totalité de l’île d’Anticosti.

« Le règlement impose des contraintes sur l’exploitation pétrolière et gazière en matière de protection des eaux. Ça ne fait que ça. Et là, il y a une espèce de glissement pour dire que le gouvernement encourage la fracturation », a laissé tomber le ministre Yves-François Blanchet avant son entrée au Conseil des ministres.

« En cas de projet de fracturation hydraulique, rien ne permet d’ailleurs de présumer de la délivrance de permis par le ministère des Ressources naturelles ou de certificats d’autorisation par mon ministère, et encore moins de contournement des mécanismes d’évaluation environnementale », a-t-il par la suite précisé par voie de communiqué.

M. Blanchet a affirmé récemment au Devoir que le gouvernement comptait permettre aux pétrolières de mener des travaux d’exploration sur l’île d’Anticosti, incluant des opérations de fracturation.

« Il faut être cohérent. On ne peut dire qu’on veut permettre l’exploration, mais qu’on ne permettra pas la fracturation. Ce n’est pas logique », a-t-il dit. Québec veut savoir « ce qu’il y a là », a aussi souligné le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Par la suite, si les pétrolières concluent que le sous-sol de l’île recèle un gisement commercial, le gouvernement entend mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement afin d’évaluer tout le dossier.

Mais pour le moment, « il n’y a aucune demande de permis de fracturation », a répété le ministre Blanchet. Sur Anticosti, il est pratiquement acquis que les entreprises à la recherche d’énergies fossiles devront recourir à cette méthode d’extraction. Pétrolia et Junex ont déjà dit qu’elles réaliseraient des forages cette année et possiblement de la fracturation dès 2014.

Protéger l’eau

Les pétrolières devront cependant se conformer notamment au règlement sur le « prélèvement des eaux et leur protection » lors des phases d’exploration et d’exploitation. Celui-ci a été publié dans la Gazette officielle du 29 mai, mais les détails ont seulement circulé dans les médias mercredi. Il stipule que « la fracturation d’un puits destiné à l’exploration ou à l’exploitation du pétrole ou du gaz naturel est interdite à moins de 400 mètres sous la base d’un aquifère ».

Toute opération de fracturation et de forage d’exploration de pétrole de schiste devra aussi être précédée d’une « étude hydrogéologique » dans un rayon de deux kilomètres du site.

Les opérations de fracturation seront supervisées par un « professionnel » qui devra s’assurer que « la propagation de fractures ne rejoindra pas une formation géologique aquifère exploitable et qu’il n’y aura pas de migration de fluides d’une formation géologique à une autre ». Les entreprises devront aussi informer le gouvernement de la composition des liquides de fracturation et de ’« la propagation anticipée des fractures ». Présentement, les entreprises n’ont pas l’obligation de fournir ces informations.

Québec a beau dire que les règles seront plus strictes, l’ingénieur géologue Marc Durand doute qu’elles puissent toutes être appliquées. « On demande par exemple aux entreprises de s’assurer que les fractures ne rejoignent pas l’aquifère. Le problème, c’est que quand ça survient, on s’en aperçoit après. Le mal est fait, a-t-il expliqué mercredi. Il est probable que pendant les opérations de fracturation, soit pendant les premiers jours, aucun fluide ne rejoindra l’aquifère. Mais on ne peut pas réglementer cela parce qu’il n’y a pas de façon d’observer ce qui se passe sous terre. »

Anticosti

M. Durand estime surtout que la norme des « 400 mètres » laisse le champ libre aux pétrolières déjà présentes sur Anticosti. « On peut se demander pourquoi le ministre a choisi la norme de 400 mètres, qui semble être taillée sur mesure pour Pétrolia. L’entreprise a besoin d’une telle norme pour pouvoir fracturer sur l’île d’Anticosti. »

L’ingénieur a réalisé une modélisation en se basant sur la profondeur à laquelle se trouve la formation géologique prometteuse de Macasty sous toute l’île. Celle-ci se trouve à une moins grande profondeur du côté nord de l’île. Ainsi, si Québec imposait par exemple une distance de 1000 mètres de la base de tout aquifère pour les opérations de fracturation, Pétrolia se verrait privée de presque tout son territoire sous permis.

Mais avec la norme présentée par le gouvernement Marois, l’entreprise ne perd que 3 % de ce territoire d’exploration, selon M. Durand. Pétrolia n’a pas souhaité commenter le projet de règlement mercredi.

Québec solidaire a aussi dénoncé la règle des 400 mètres. « La norme choisie est irresponsable et met en danger la nappe phréatique, a affirmé le député de Mercier, Amir Khadir. Elle est en fait taillée sur mesure pour contenter l’industrie qui veut forer impunément à Anticosti. Le résultat sera d’ouvrir 80 % du territoire de l’île aux forages. Une norme à 1000 mètres aurait protégé les deux tiers de l’île. »

M. Khadir a aussi fait savoir qu’il ferait parvenir à tous les partis la pétition signée par 26 000 personnes qui exige un moratoire sur l’exploration sur Anticosti. Le bureau du ministre Blanchet n’a pas rappelé Le Devoir et n’a pas répondu aux courriels lui demandant de réagir à cette pétition.

Acheter les terres pour empêcher la LGV S. Bardy (La Dépêche) Reporterre 2013/06/07 S. Bardy (La Dépêche) (7 juin 2013) Acheter les terres pour empêcher la LGV. Reporterre. fr

Acheter les terres pour empêcher la LGV

Pour retarder le projet de LGV entre Bordeaux et l’Espagne, 494 particuliers ont acheté deux parcelles de terrain placées sur le tracé. Ces copropriétaires, parmi lesquels José Bové et la veuve de Jacques Chaban-Delmas, sont fermement décidés à ne pas vendre.

Guérilla juridique autour de la LGV

Pendant trois ans, ils ont préparé leur coup dans le plus grand secret avant de le dévoiler officiellement le 5 juin. Les opposants à la ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Bordeaux à l’Espagne en traversant le Pays Basque, ont engagé une forme de guérilla juridique contre ce projet qu’ils jugent inutile.

Elle a pris la forme de deux parcelles de terrain d’une superficie totale de 860 mètres carrés, situé sur les communes de Mouguerre et Saint-Pierre-D’Irrube, au Pays Basque. Un bout de terrain qui a la particularité d’être sur le tracé de la future LGV, mais aussi et surtout d’appartenir à 494 copropriétaires.

Mme Chaban-Delmas et José Bové parmi les copropriétaires

« C’est amusant parce que cela faisait trois ans que l’on connaissait, suite à une indiscrétion, le tracé de RFF. Et c’est celui qui a été retenu » explique Victor Pachon, le porte-parole du Collectif des associations de défense de l’environnement (CADE) à l’origine de l’opération.

Pendant de longs mois, sans attirer l’attention de Réseau ferré de France, le collectif a œuvré discrètement pour récupérer les procurations, les livrets de famille, l’argent des 494 copropriétaires, avant de signer l’acte de vente en 2011.

Les deux parcelles ayant été achetées en indivision, tous les copropriétaires doivent s’accorder pour vendre. Ce qu’ils n’ont nullement l’intention de faire. « Évidemment, nous ne vendrons pas à l’amiable. RFF devra aller jusqu’au tribunal s’il veut acheter et donc convoquer les 494 copropriétaires. Ce sera un bon moment médiatique » s’amuse Victor Pachon, pour qui la priorité est de rénover les voies existantes sur lesquelles les trains pourraient rouler à 200 km, plutôt que d’investir des « sommes folles pour gagner si peu de temps ».

Sur la liste des 494 propriétaires, figurent notamment Micheline Chaban-Delas, la veuve de l’ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, qui possède une propriété à Arcain, ainsi que José Bové, le député européen d’Europe-Ecologie les Verts. « J’ai en effet participé à cette action de guérilla juridique qui a été gérée localement. Elle est basée sur la même logique que celle qui avait permis, à l’époque, de retarder le processus d’extension du camp militaire du Larzac » précise-t-il.

Selon lui, ce projet de LGV Bordeaux-Hendaye par le Pays Basque n’a pas de sens au moment où l’État doit faire des économies. « C’est inutile, et en termes d’aménagement, c’est une folie totale. Le tracé va désarticuler un territoire constitué de zones agricoles, de piémont. C’est d’autant plus inutile que, d’après mes informations, ce projet ne serait pas retenu par l’État » ajoute-t-il.

Une manœuvre de retardement

Quel impact peut avoir réellement l’opération lancée par les opposants sur le projet de LGV entre Bordeaux-Hendaye à supposer qu’il se fasse ?

« Un léger retard, tout au plus quelques semaines » estime un connaisseur du dossier.

Habituellement, pour la création d’une ligne ferroviaire nouvelle, la plupart des achats de terrains se font à l’amiable. « À plus de 95 %» confirme-t-il. En effet, Réseau ferré de France préfère souvent payer davantage afin d’acquérir plus rapidement la réserve foncière. Reste 5 % de cas plus litigieux qui se règlent, devant les tribunaux, par des expropriations. Des procédures dont RFF à l’habitude.

Pour l’heure, si le tracé a été défini, le projet de LGV Bordeaux-Hendaye doit encore être confirmé avant que ne démarre l’enquête d’utilité publique.

En effet, la commission Duron, qui doit faire le tri parmi les très nombreux projets du Schéma national des infrastructures de transports (SNIT) qui prévoyait sous le précédent gouvernement un investissement de 245 milliards d’euros sur 25 ans, doit rendre son rapport à la fin du mois de juin. Un rapport qui sera ensuite étudié attentivement par le ministre des Transports, Frédéric Cuvilliers.

Le projet LGV Bordeaux-Hendaye sera-t-il retenu dans le futur SNIT ? Les opposants espèrent que non.

L’Europe lance une procédure contre la construction de l’aéroport de Berlin Presseurop Reporterre 2013/06/07 Presseurop (7 juin 2013) L’Europe lance une procédure contre la construction de l’aéroport de Berlin. Reporterre. fr

L’Europe lance une procédure contre la construction de l’aéroport de Berlin

En Allemagne aussi, il y a des aéroports contestés. Le projet de celui de Berlin enfreindrait la législation européenne.

« Nouvelle querelle sur le futur aéroport de la capitale », écrit Die Welt : suite à une initiative citoyenne, « l’UE ouvre une procédure de rupture de contrat contre l’Allemagne » car les nouvelles routes aériennes de l’aéroport Willy-Brand de Berlin-Brandebourg, différentes des tracés approuvés par Bruxelles, pourraient déroger aux règles européennes en matière d’environnment.

Lors de l’atterrissage et du décollage, les avions pourraient en effet mettre en danger l’habitat de plusieurs espèces d’oiseaux (des grues et des orfraies, ainsi que des cigognes et des marouettes).

Auparavant, l’ouverture de l’aéroport, le chantier le plus coûteux du moment en Allemagne, avait déjà été repoussée « en raison d’une insuffisante protection contre les incendies », rappelle le quotidien.

Fête des mares 9 juin Par Julien villalard Reporterre 2013/06/08 Par Julien villalard (8 juin 2013) Fête des mares 9 juin. Reporterre. fr

Fête des mares 9 juin

Fête des Mares dimanche 9 juin 2013 à Verlinghem !

Cette année encore Verlin Vers l’Autre participe à la Fête des Mares, dont c’est la 10e édition.

Cette année, nous proposerons ces animations le dimanche 9 juin, de 10 à 18h.

Au programme, pour enfants et adultes :

•ateliers découverte et identification des animaux de la mare •ateliers tressage de saule (barrières, cabanes...) •jeux •contes •expo / panneau pédagogique sur l’écosystème de la mare

sans oublier une petite restauration... bio bien sûr !

Lieu : les deux mares du lotissement « L’Orée du Bois » (rue de Messines x rue de la Fontaine)

Forum Terres nouricières Montreuil 9 juin Par Julien villalard Reporterre 2013/06/08 Par Julien villalard (8 juin 2013) Forum Terres nouricières Montreuil 9 juin. Reporterre. fr

Forum Terres nouricières Montreuil 9 juin

Les Amis de la Conf’ vous invitent au FORUM : TERRES NOURRICIÈRES ou PROJETS INUTILES : « Luttes rurales et défense des terres agricoles péri-urbaines » Le dimanche 9 juin 2013 à 11H

Les Amis de la Conf’ vous invitent au FORUM : TERRES NOURRICIÈRES ou PROJETS INUTILES :

« Luttes rurales et défense des terres agricoles péri-urbaines »

Le dimanche 9 juin 2013 à 11H

Lieu : La Parole errante, 9 rue François Debergue à Montreuil (93). Métro L.9 Croix-de-Chavaux.

Thème : construction collective de la riposte à l’artificialisation des terres, comme à Notre-Dame-des-Landes, résistance contre les projets imposés et autres centres commerciaux Europa City d’Auchan à Gonesse (95) ou à Mont-Saint-Aignan (76), Poissy (78) et Saint-Jean de Braye (45).

Participants :

• Collectif pour le Triangle de Gonesse ; • SPLF45, collectif opposé à "Village Oxylane" (Décathlon) près d’Orléans ; • Ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan ; • Rémy Querbouët, Alternatifs, Coordination des opposants NDDL-44 ; • Collectif IDF NDDL ; • Confédération paysanne, lutte contre la construction d’un centre d’entraînement pour le PSG à Poissy...

Plus d’INFOS sur l’événement : http://www.foire-autogestion.org/

Et aussi :

Le samedi 8 juin, de 17 à 19 h, à la Foire à l’autogestion, Projection « Le Champ commun, ensemble on va plus loin »

- Film de Marie-Josée Desbois de 26 mn. Alimentation rurale, service de proximité, microbrasserie à Augan (56) (http://www.lechampcommun.fr/)

Suivie d’un débat : « Les pratiques économiques collectives de territoires posent un réel un débat de société, jusqu’où ? »

Des Berlinois veulent municipaliser l’électricité Thibaut Madelin (Les Echos) Reporterre 2013/06/08 Thibaut Madelin (Les Echos) (8 juin 2013) Des Berlinois veulent municipaliser l’électricité. Reporterre. fr

Des Berlinois veulent municipaliser l’électricité

Un mouvement citoyen veut recueillir 200.000 signatures d’ici à lundi pour remunicipaliser le réseau électrique de la capitale.

Plus que cinq jours. Lundi soir à minuit, les Berlinois sauront s’ils auront la possibilité de reprendre le contrôle du réseau électrique actuellement géré par le groupe suédois Vattenfall. Une initiative citoyenne, Berliner Energietisch, collecte des signatures depuis quatre mois dans les rues de la capitale allemande pour imposer un référendum qui aurait lieu le jour des élections générales, le 22 septembre.

Le mouvement, soutenu par une cinquantaine d’associations caritatives ou écologiques, connaît un réel succès. Hier, il avait recueilli 163.046 signatures. Il en a besoin de 200.000 pour imposer la consultation citoyenne. « Ce sera serré, mais c’est possible », estime Lilian Leupold, une militante.

L’objectif est multiple. Il consiste d’abord à municipaliser un réseau qui est géré depuis bientôt vingt ans par une entreprise privée et dont la concession expire l’année prochaine. Mais, pour ses initiateurs, la reprise par la ville du système électrique ne serait qu’une étape.

Ils veulent ensuite créer une régie municipale, qui puisse fournir aux habitants de l’électricité essentiellement verte et provenant du Land voisin de Brandebourg. Le tout contrôlé par le peuple. Si elle se concrétise, l’opération aura un coût, que les initiateurs chiffrent autour de 400 millions d’euros et que Vattenfall - qui veut conserver la concession - estime plutôt autour de 3 milliards. Un pari audacieux pour une ville déjà massivement endettée…

Berlin n’est pas seule à connaître ce genre de mouvement. A Hambourg, une initiative a déjà obtenu les signatures nécessaires pour imposer une consultation citoyenne, qui aura lieu le 22 septembre. D’autres villes sont déjà passées à l’action, dont Stuttgart.

Selon la Fédération des entreprises communales (VKU), plus de 70 régies énergétiques municipales ont été créées depuis 2007 et plus de 200 concessions ont été reprises par des villes.

« Il y a une forte tendance à la reprise de réseaux gaziers et électriques par les communes, se réjouit son directeur général, Hans-Joachim Reck. Au début de la libéralisation du marché de l’énergie, on annonçait la mort des régies municipales. C’est le contraire qui se produit et le soutien de la population pour un modèle commercial au service de l’intérêt général est énorme. »

Gaz de schiste : un baron du PS fusille le rapport de l’Office parlementaire des choix technologiques Jean-Paul Chanteguet Reporterre 2013/06/08 Jean-Paul Chanteguet (8 juin 2013) Gaz de schiste : un baron du PS fusille le rapport de l’Office parlementaire des choix technologiques. Reporterre. fr

Gaz de schiste : un baron du PS fusille le rapport de l’Office parlementaire des choix technologiques

Jean-Paul Chanteguet, député PS de l’Indre et président de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, a publié une vive critique du rapport de l’OPECST favorable au gaz de schiste.

06.06.2013, Communiqué de presse de M. Jean-Paul Chanteguet, Président de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques a publié ce jeudi 6 juin un rapport d’étape sur « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels », qui concerne principalement le gaz de schiste.

Les propositions de ce rapport, visent à relancer un débat tranché par le gouvernement et le parlement, qui ont interdit la fracturation hydraulique, seule méthode capable d’extraire de la roche mère le gaz de schiste

Les arguments avancés par l’OPECST n’apportent aucun élément nouveau susceptible de revenir sur les choix opérés. Ils font également état d’affirmations profondément contestables concernant les avantages à explorer et exploiter le gaz de schiste.

- La création de 100 000 emplois avancée par le cabinet privé SIA Conseil donnerait la mesure de l’enjeu économique. Le chiffre attire évidemment l’attention en cette période de chômage massif. Il donne malheureusement de faux espoirs.

L’expérience américaine démontre qu’une fois le puits mis en place, il faut moins d’une personne pour le faire fonctionner. Seule la course éperdue, qui a conduit à creuser 500 000 puits aux Etats-Unis en huit ans, a permis de renouveler les emplois. Ce qui n’est pas réalisable en France, étant donné l’occupation de notre espace géographique et notre densité de population.

- La compétitivité de notre industrie serait relancée grâce à la baisse du prix du gaz. Là encore comparaison n’est pas raison. Le marché américain, qui fixe un prix en fonction de l’offre et de la demande sur le court terme, permet des baisses considérables.

Le marché européen, basé sur des contrats à long terme, indexe le prix du gaz sur celui du pétrole et l’aligne toujours sur le prix le plus élevé, de façon à permettre de couvrir les coûts du gaz importé. Ni les ménages ni les entreprises n’ont donc à attendre de baisse du prix. Sur le long terme, même les Etats-Unis risquent de vivre l’éclatement d’une bulle. Les rendements sont si décroissants que des compagnies gazières, telles que Chesapeake Energy Corp jugent le prix insoutenable et que le PDG d’Exxon affirmait en juin dernier : « Nous perdons tous nos chemises. Nous ne faisons pas d’argent. Tous les signaux sont au rouge. »

- Une exploration des gaz de schiste respectueuse de l’environnement serait possible, puisque « la fracturation peut se concevoir uniquement avec des produits de type ménager et/ou d’usage alimentaire ».

Pourtant cette technique de production utilise aujourd’hui 750 composés chimiques, dont 29 ont été reconnus cancérigènes et à risque pour la santé humaine, auxquels il faut ajouter l’arsenic et les éléments radioactifs qui remontent des couches fracturées vers la surface. La captation de la ressource en eau (20 millions de litres par puits) provoque des conflits d’usage entre l’industrie pétrolière, les citoyens et les agriculteurs.

Enfin la noria de camions (un millier de trajets par puits) pour transporter le matériel, l’eau et le gaz provoque des nuisances sonores, oblige à un lourd entretien des routes et entraîne l’artificialisation de territoires naturels et la destruction d’écosystèmes.

- Le gaz de schiste français devrait pouvoir se substituer aux coûteuses importations d’énergie fossile, poursuivent les rapporteurs, qui prennent pour acquis que les ressources mondiales sont très importantes.

Pourtant la Pologne, qui a fondé sa décision d’exploration sur la base des estimations des agences américaine et internationale, a dû rapidement déchanter. Sur les 43 puits creusés, seuls 12 ont produit du gaz, provoquant le retrait de deux compagnies américaines du territoire polonais.

Si l’on ne sait donc pas ce que recèle notre sous-sol, il convient de l’estimer, défendent les rapporteurs. Ils proposent pour ce faire, d’utiliser la « sismique », une technologie non invasive basée sur le principe de l’échographie. Pour être non destructrice, cette technique est également purement indicative et destinée en fait à ouvrir la porte à « quelques dizaines de fracturations » qui seules donneraient de réels renseignements.

- La réforme du code minier devrait faire bénéficier les propriétaires du sol de l’exploitation des ressources du sous-sol, proposent les rapporteurs, afin de créer un intérêt local à l’exploitation. Non seulement ce code doit au contraire maintenir l’Etat dans son rôle d’arbitre de l’intérêt public, qui n’est pas la somme de quelques intérêts privés mais sa réforme doit conduire à une meilleure défense de l’environnement, à laquelle nous oblige de toute façon le renforcement du droit européen (directives eau, sol, Reach).

- Enfin les rapporteurs proposent de financer les énergies renouvelables grâce aux « éventuelles retombées financières du gaz de schiste ».

L’existence de ces retombées reste à prouver, surtout après le paiement de toutes les externalités négatives, qui ne sont considérées à aucun moment dans ce rapport.

Par ailleurs l’empreinte carbone du gaz de schiste est équivalente à celle du charbon à travers ses émissions de gaz carbonique et de méthane. Son exploitation ne ferait au contraire que retarder le passage à l’énergie du futur, en s’obstinant dans une voie du passé et en exploitant à des coûts toujours croissants pour le climat, l’environnement et la santé les dernières ressources fossiles disponibles.

Appel à mobilisation contre la disparition des associations Non à la disparition des associations Reporterre 2013/06/08 Non à la disparition des associations (8 juin 2013) Appel à mobilisation contre la disparition des associations. Reporterre. Tribune — fr

Appel à mobilisation contre la disparition des associations

Appel à une mobilisation commune pour le maintien des financements associatifs et la reconnaissance du rôle des associations dans la société.

Le gouvernement a entrepris de redéfinir le cadre des relations entre l’État, les collectivités et les associations, ainsi que la législation et la réglementation relatives au financement des associations. Ces initiatives sont opportunes et importantes car les décisions prises dans ce domaine vont fixer le cadre institutionnel et réglementaire, sans doute pour longtemps.

Mais cela ne saurait faire oublier que le même gouvernement a annoncé pour 2014 de nouvelles coupes sombres dans le budget de l’État et des collectivités, s’ajoutant à la réduction drastique des crédits en 2013. Le président de l’Association des Maires de France a dénoncé une situation « qui risque de peser sur les subventions aux associations ».

On ne peut pas assister passivement à la disparition d’un nombre sans cesse croissant d’associations, alors que celles-ci constituent l’un des piliers de notre vie démocratique, sociale, civique et culturelle. Les associations sont l’un des creusets de la démocratie et de la participation citoyenne. Elles jouent un rôle indispensable de renforcement de la cohésion sociale, de développement de l’activité et de l’emploi et de préservation des droits fondamentaux. Aucune société ne peut exister sans leur apport.

C’est pourquoi les associations, réseaux d’associations et élus signataires affirment qu’ils ne laisseront pas détruire sans réagir le tissu associatif de nos territoires et de nos villes. Les associations refusent d’être la variable d’ajustement des diminutions des financements publics et appellent à se mobiliser.

Les signataires demandent à l’Etat et aux collectivités d’adopter 6 orientations :

1- La restauration d’un climat de confiance doit se traduire par la reconnaissance de leur rôle et par le développement des financements associatifs, pour que la dynamique associative soit en mesure de contribuer à l’intérêt général. En particulier, des 2014, l’État et les collectivités doivent apporter aux associations les moyens d’exercer leurs missions en maintenant les lignes de crédits nécessaires (il ne s’agit pas du service civique).

2- La subvention constitue un mode de financement légal qui doit être conforté et privilégié. Elle ne constitue pas la compensation d’un service rendu mais la reconnaissance de l’intérêt d’un projet associatif. Les subventions de fonctionnement doivent être développées. Les appels à projets constituent des formes parfois proches de celles des appels d’offres et ne sauraient devenir le mode habituel d’attribution des subventions.

3- La plupart des actions associatives ne sont pas des activités économiques au sens européen du terme et doivent donc être considérées comme des activités non économiques ou des services non économiques d’intérêt général. Comme le permet la règlementation européenne, le gouvernement doit soustraire ces activités à l’extension indéfinie du champ de la concurrence, en réservant, lorsque la nature du service le justifie, la réalisation des actions d’intérêt général à des opérateurs ne poursuivant aucun but lucratif.

4- La diversité associative est un trésor national qui doit être préservé. Il est nécessaire de distinguer les cas des associations relevant du régime européen d’encadrement des aides d’État et la très grande majorité des associations qui n’en relèvent pas, et n’ont pas besoin de mandatement pour recevoir un soutien public. Il faut également lutter contre les politiques délibérées de certaines collectivités et de l’Etat visant à réduire le nombre d’associations, et définir un cadre juridique, comptable et administratif adapté aux petites et moyennes associations.

5- La participation citoyenne doit être encouragée pour donner une place centrale au citoyen dans la vie politique et à l’engagement du plus grand nombre. Elle passe notamment par une pédagogie de la citoyenneté et une architecture institutionnelle dynamique, favorisant un écodéveloppement local participatif et solidaire, des relations partenariales entre les associations et les collectivités. Les 3 lois de décentralisation doivent aborder ces points.

6- Ces enjeux concernent de nombreuses politiques publiques, notamment en matière d’écodéveloppement, d’éducation populaire, de défense des droits, de cohésion sociale, santé… C’est pourquoi la consolidation de la vie associative, annoncée par le Président au cours de la campagne présidentielle, doit être l’objectif de l’ensemble du gouvernement et faire l’objet d’un engagement du Premier ministre.

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Signez et faites signer largement autour de vous cet appel, faites connaître vos difficultés et vos possibilités d’action, en allant sur le site www.nondisparitionassociations.net

Les signataires appellent les associations et les citoyens à signer cet appel par leur signature et à participer à la semaine d’action organisée du 14 au 22 septembre 2013 pour engager un débat public sur l’avenir et le rôle des associations, défendre les financements associatifs, interpeller les pouvoirs publics et les élus, et si possible agir ensemble.

Une journée de travail, ouverte à tous, aura lieu le 8 juin pour préparer cette semaine d’action.

Pour signer l’appel cliquez ici !

(Quelques précisions sur l’appel du 10 avril.)

A Athènes, le sommet des peuples lance la mobilisation européenne Attac Reporterre 2013/06/10 Attac (10 juin 2013) A Athènes, le sommet des peuples lance la mobilisation européenne. Reporterre. fr

A Athènes, le sommet des peuples lance la mobilisation européenne

Trois mille militant-e-s européen-ne-s et plus de 180 mouvements associatifs, syndicaux, indignés, étudiants, précaires, féministes, écologistes venus de toute l’Europe se sont rencontrés à l’Alter Sommet d’Athènes du 7 au 9 juin [1].

Plus d’une douzaine d’assemblées étaient organisées autour de thématiques telles que les luttes contre l’extrême-droite, pour le logement, la régulation financière ou encore les biens communs [2]. Elles ont permis de discuter de la construction des résistances et des alternatives européennes à l’austérité.

L’objectif : déterminer des initiatives et stratégies communes sur la base du Manifeste des peuples, élaboré collectivement au sein du réseau Alter Sommet, et qui rassemble des revendications fortes pour une autre Europe démocratique, sociale, écologiste et féministe [3].

Le manifeste a été rendu public à l’occasion de la grande plénière du vendredi 7 juin au cours de laquelle sont intervenus de nombreux représentants des mouvements européens avec notamment Aurélie Trouvé d’Attac ou encore Alexis Tsipras de Syriza, ainsi que des représentants de mouvements sociaux et syndicats du Portugal, d’Espagne, de Grèce, Hongrie, Norvège, Allemagne, France, mais aussi de Turquie, de Tunisie et d’Equateur…

L’Alter Sommet s’est conclu dans les rues d’Athènes, avec une grande manifestation européenne de solidarité avec toutes les résistances contre l’austérité.

Parmi les suites envisagées à donner à cette mobilisation ont été évoquées une mobilisation européenne à l’occasion du Semestre budgétaire (soumission à la Commission européenne des budgets nationaux en octobre 2013) et de l’inauguration du nouveau bâtiment de la Banque centrale européenne avec les mouvements sociaux allemands courant 2014.

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Les photos d’Athènes

Notes :

[1] La liste des membres du réseau Alter Sommet est disponible ici

[2] Les assemblées de l’Alter Sommet

[3] Le manifeste des peuples est disponible ici

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La coalition française de l’Alter Sommet : AITEC, Appel des appels, Ars Industrialis, Association autogestion, ATTAC-France, CAC Collectif Audit Citoyen, CGT, Convergence de Défense et Développement des services publics, Economistes Atterrés, Espace Marx/transform ! europe, A.C !, Fédération de la Maison des Potes, Féministes pour une autre Europe, Fondation Copernic, FSU, IERPE, LDH – Ligue des droits de l’Homme, Marche Mondiale des Femmes France, Roosevelt 2012, SNES – FSU, Union syndicale Solidaires, SUD BPCE, Mémoire des luttes, Marche Mondiale des femmes France, Mouvement de la Paix, Résistance sociale.

En savoir plus : Alter Summit

Inondations historiques en Allemagne liberation.fr Reporterre 2013/06/10 liberation.fr (10 juin 2013) Inondations historiques en Allemagne. Reporterre. fr

Inondations historiques en Allemagne

Les niveaux de la crue historique de 2002 ont été dépassés dimanche 9 juin. Des milliers de personnes sont évacuées en Allemagne et en Europe centrale.

Les autorités allemandes ont demandé dimanche 9 juin l’évacuation de 15.000 habitants à Magdebourg (est de l’Allemagne), où l’inquiétude était forte, face à des inondations historiques qui ont touché plusieurs pays d’Europe centrale et menacent désormais la Hongrie.

A Magdebourg (Saxe-Anhalt), pompiers, militaires et volontaires luttaient par milliers contre la montée inexorable des eaux de l’Elbe, dont le niveau a dépassé celui de la dernière inondation record de 2002, avec 7,45 mètres dimanche, contre 2 mètres environ en temps normal.

A l’entrée de cette ville de l’ex-RDA, en état d’alerte, les troncs des arbres ont disparu sous l’eau, a constaté une journaliste de l’AFP. Le terrain de la Foire de Magdebourg a été réquisitionné par l’armée et les pompiers venus de plusieurs régions.

En tout, 23.500 habitants de Magdebourg et ses environs ont été priés de quitter leur domicile durant le weekend, selon la cellule de crise locale.

Des mesures similaires avaient été prises ces derniers jours à Halle, Bitterfeld-Wolfen et Dresde, trois villes situées en amont (sur l’Elbe ou ses affluents) et où la situation s’est détendue.

Ces évacuations, qui « se déplacent » vers le nord avec la crue, sont des mesures de précaution, mais un porte-parole de Magdebourg a souligné que, compte tenu du danger, « les gens doivent vraiment partir ».

« Nous espérons que les digues vont résister à la pression ces prochains jours, mais on ne peut pas en être certains à 100% », a déclaré à l’AFP Andreas Hamann, porte-parole des pompiers de Hanovre et responsable des opérations dans le sud et l’est de Magdebourg.

Des hélicoptères ne cessaient de survoler la ville. La surveillance dans les airs et au sol a été encore accrue depuis qu’un groupe inconnu des services de police, nommé « Brigades germanophobes anti-inondations » selon la presse, a menacé par une lettre adressée à plusieurs journaux de s’en prendre aux digues de Saxe-Anhalt.

Cette menace est « prise au sérieux » par les autorités, a précisé le directeur de la cellule de crise en confirmant l’information.

Depuis une semaine, les intempéries et les inondations qui ont suivi en Allemagne, Autriche, Slovaquie, République tchèque et Suisse ont fait au moins 18 morts, dont 10 en République tchèque, occasionnant également des dommages matériels évalués à plusieurs milliards d’euros.

Des images aériennes spectaculaires ont montré des masses d’eau submergeant des quartiers entiers de villes, des autoroutes, des voies de chemin de fer, des usines ou des entrepôts...

Le président allemand Joachim Gauck a visité dimanche des villes touchées en Saxe et en Saxe-Anhalt. « On ne peut pas imaginer ce qu’il reste à surmonter », a-t-il déclaré à l’issue d’une messe à Halle, en allusion aux travaux de nettoyage et de remises en état notamment des bâtiments.

« Nous avons affaire à une catastrophe nationale », a dit au quotidien Leipziger Volkszeitung Gerda Hasselfeldt, députée du parti conservateur CSU de Bavière, une autre région durement touchée par les inondations, en particulier à Passau sur le Danube.

Le gouvernement de la chancelière Angela Merkel préparait une réunion de crise avec les dirigeants des Länder pour discuter de la répartition des coûts des inondations, selon ce journal.

Paradoxalement, le soleil brillait dimanche sur les zones inondées en Allemagne, obligeant les milliers de personnes affairées à remplir des sacs de sable à appliquer de la crème solaire et de la crème antimoustique.

Plus au sud, la situation était très surveillée sur le Danube, dont le pic des eaux se trouvait dimanche en Hongrie, après avoir touché le sud de l’Allemagne, l’Autriche et la Slovaquie.

Le fleuve a atteint dimanche à 13H00 GMT un niveau record de 8,90 mètres à Budapest et ne devrait plus augmenter, tandis que les digues de protection sur l’ensemble du fleuve en Hongrie tenaient bon.

Le pic de la crue devrait durer probablement six heures et la décrue s’étaler sur 7 à 8 jours.

« Selon nos informations, il y aura des infiltrations d’eau, ce qui est normal, mais nous pouvons gérer la situation », a déclaré le maire de Budapest Istvan Tarlos, lors d’une conférence de presse.

« Le pic s’approche du coeur du pays, nous avons deux jours très importants devant nous », avait déclaré plus tôt dans la journée le Premier ministre, Viktor Orban, à Esztergom (50 km au nord-ouest de Budapest), où il a passé la nuit.

Au total, quelque 1.400 personnes ont été évacuées dans le pays, par mesure de précaution.

En Autriche, Slovaquie et République tchèque, le gros des inondations était déjà passé et la situation se normalisait. Les autorités restaient cependant vigilantes, un nouveau front pluvieux étant prévu en soirée et dans la nuit dans certaines régions.

A Schärding, sur l’Inn, à la frontière avec l’Allemagne, l’une des localités les plus touchées par la crue de la semaine dernière, les travaux de déblayage ont été interrompus et les murs mobiles de protection ont de nouveau été installés, ont indiqué les pompiers.

Les garages alternatifs se développent Alexandra Chanjou (La Rep.fr) Reporterre 2013/06/10 Alexandra Chanjou (La Rep.fr) (10 juin 2013) Les garages alternatifs se développent. Reporterre. fr

Les garages alternatifs se développent

En libre-service, associatif ou à domicile, de nouveaux garages proposent de réduire le coût des réparations auto.

L’entretien de la voiture étant l’un des postes de dépense les plus importants, les consommateurs se tournent de plus en plus vers de nouveaux types de garages qui permettent d’alléger leur facture.

Deux à trois fois moins cher que la moyenne

À Ingré (Loiret), le premier et le seul garage en libre-service du département, Auto self garage 45, a ouvert ses portes en octobre 2011. Pour 14,90 € de l’heure ou 80 € la journée, Monsieur et Madame Tout-le-monde peuvent y effectuer vidanges, changement de pneus et autres travaux simples mais coûteux quand ils sont confiés à un professionnel.

« Il y a des retraités du métier qui veulent continuer à bricoler leur voiture, mais aussi des jeunes qui viennent entre copains. Et même des filles… Ce qu’ils veulent, c’est avoir le plaisir de bricoler leur véhicule eux-mêmes, mais aussi payer deux à trois fois moins cher en mettant les mains dans le cambouis », affirme Sylvain Pierre, 26 ans, co-gérant du lieu.

Sofiane Attou, 31 ans, est de ceux-là. Francilien, il a profité de congés pour venir changer un joint de cache-culbuteur, « qui fuit un peu », et faire une vidange. Avec son cousin, titulaire d’un BEP en mécanique. « Ça devrait me prendre 2 à 3 heures. J’ai accès au pont élévateur et à tous les outils nécessaires : clé Torx, bac à huile… J’ai fait faire un devis : entre les pièces et la main-d’oeuvre, ça m’aurait coûté entre 150 et 200 € dans un garage traditionnel ». C’est la cinquième fois qu’il vient ici.

« Rien qu’en les écoutant, je sais s’ils travaillent correctement ou pas. Je leur donne des conseils s’ils en ont besoin. Je contrôle. Et je fais ce qu’ils ne peuvent pas faire », précise Sylvain Pierre.

Le libre-service, dit « Self garage », représente environ 30 % de son chiffre d’affaires, à côté de son activité de garage classique.

Autre alternative : les mécaniciens à domicile. Pas de local, pas de salariés, donc peu de charges et des prix serrés. Yoan Laborde, 22 ans, auto-entrepreneur répertorié à la Chambre des métiers, propose ses services pour 35 à 40 € de l’heure à Saint-Jean-de-Braye (Loiret) et ses alentours depuis deux ans. La SARL Hatt concept, qui intervient régulièrement dans l’agglo, se targue, quant à elle, d’avoir une main-d’oeuvre « moins chère qu’un garage et jusqu’à trois fois moins chère que chez un concessionnaire », avec un forfait vidange à partir de 70 € toutefois.

Un garage social

Pour les moins fortunés, il existe même un garage social à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret). Créé en 2012 par la régie de quartier associative Respire, ce chantier d’insertion pratique des prix très compétitifs (27 € l’heure de main-d’’uvre) pour les personnes dont le revenu est inférieur ou égal au Smic (ou à un Smic et demi pour un couple). Et qui sont adressées par un organisme prescripteur, comme Pôle emploi, un Centre communal d’action sociale ou une association caritative. Cent cinquante voitures y ont été réparées l’an dernier.

Le Sud passe au vert Hervé Kempf Reporterre 2013/06/10 Hervé Kempf (10 juin 2013) Le Sud passe au vert. Reporterre. Édito — Monde fr

Le Sud passe au vert

La révolte qui agite la Turquie a été allumée par une étincelle écologique : la protestation contre le projet de construction d’un centre commercial sur la place Taksim d’Istanbul, qui devrait détruire le parc Gezi. A partir de cette étincelle, le mouvement a pris une ampleur qui dépasse de beaucoup son amorce et implique bien davantage que le refus d’une politique méprisant l’environnement au nom du développement économique. La séquence n’en est pas moins remarquable.

Comme il est remarquable que, de point de vue, le cas turc est loin d’être isolé. De plus en plus souvent, dans les pays émergents, la protestation écologique est un des principaux motifs d’agitation sociale. Au Chili, le grand mouvement étudiant de 2011 avait pris appui sur le succès inattendu de la manifestation à Santiago contre un projet de grands barrages en Patagonie. En Pologne, une résistance paysanne s’affirme contre les tentatives d’exploration du gaz de schiste. En Chine, les protestations locales contre des usines polluantes sont le ferment le plus actif d’expression de l’insatisfaction sociale sous un régime qui reste très répressif. En Inde, le mouvement des paysans sans terre et les nombreuses résistances à des projets de complexes industriels ou de centrales nucléaires font écho à la rébellion naxalite qui s’appuie dans l’est du pays sur la résistance des autochtones à des plans miniers. Au Pérou comme en Bolivie, la protestation contre des projets de mines ou de routes à travers des parcs naturels ont ébranlé les gouvernements. Au Brésil, si la résistance au barrage de Belo Monte reste localisée, la place qu’a su prendre l’écologiste Marina Silva sur la scène politique montre l’importance de la préoccupation environnementale chez le géant d’Amérique latine.

Peut-on parler d’un « soulèvement contre le développement », comme l’écrit l’analyste Ali Bektas à propos des événements de Turquie ? Sans doute est-ce prématuré. Mais il est clair que la croissance effrénée que connaissent nombre de pays du sud suscite de plus en plus de frustrations, en raison de ses effets secondaires néfastes et de son caractère souvent inéquitable. L’écologie n’est décidément plus un « luxe de pays riches », comme on l’entend parfois, mais bien un élément moteur des dynamiques sociales dans tous les pays du monde.

La destruction écologique peut aussi influencer l’agitation sociale par la misère qu’elle entraîne, comme le signale le François Gemenne, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales. Bon connaisseur du Bangladesh, il observe que la radicalisation islamiste qui agite le pays peut être associée au dénuement de populations rurales qui perdent souvent leurs maigres avoirs sous les coups de conditions environnementales de plus en plus dévastatrices. Elles se rapprocheraient par désespoir du fanatisme religieux.

Il faut raffiner et préciser ces pistes d’analyse. Mais ce qui est sûr, c’est que la compréhension des enjeux sociaux de la crise écologique doit intégrer l’analyse géopolitique.

Le mirage du gaz de schiste Par Julien villalard Reporterre 2013/06/10 Par Julien villalard (10 juin 2013) Le mirage du gaz de schiste. Reporterre. fr

Le mirage du gaz de schiste

Que se passerait-il si la France décidait d’exploiter son gaz de schiste ? Y aurait-il des créations d’emplois, une baisse du prix de l’énergie ou un retour de la compétitivité ? Accéderions-nous au Graal de l’indépendance énergétique ?

Thomas Porcher propose une étude inédite sur les conséquences d’une ouverture législative à une telle exploitation. En s’appuyant sur l’expérience américaine et en prenant en compte les spécificités juridiques et économiques de la France, il vient contrebalancer point par point une information largement dominée par les lobbies et apporte des réponses cruciales en plein débat sur le gaz de schiste en France.

Thomas Porcher est docteur en économie, professeur en marché des matières premières à l’ESG-MS et chargé de cours en économie internationale à l’université Paris-Descartes. Ces analyses sur l’énergie ont été reprises dans plusieurs rapports du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

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- Le mirage du gaz de schiste, Thomas Porcher, Editions Max Milo, 64 p., 4,90 €.

Solidarité entre Français et Polonais contre le gaz de schiste Par Julien villalard Reporterre 2013/06/11 Par Julien villalard (11 juin 2013) Solidarité entre Français et Polonais contre le gaz de schiste. Reporterre. fr

Solidarité entre Français et Polonais contre le gaz de schiste

Les collectifs français contre l’exploitation des gaz et pétrole de schiste et gaz de houille se déclarent solidaires des paysans polonais en lutte contre la société Chevron.

NON AUX PRATIQUES BRUTALES DE LA COMPAGNIE CHEVRON EN POLOGNE

Depuis le 3 juin, les paysans et habitants du village polonais de Zurawlow sont à nouveau confrontés à la multinationale américaine Chevron, qui, suite à une forte mobilisation de leur part, avait renoncé provisoirement, en mars 2012, à installer un puits de forage sur leur commune. Le réalisateur, Lech Kowalski avait d’ailleurs témoigné de cette lutte dans La Malédiction du gaz de schiste, diffusé récemment sur la chaîne de télévision Arte.

Sous la protection d’agents de sécurité, et dans une très forte tension, Chevron a pris possession d’une parcelle située sur la concession de Grabowiec en vue d’y installer une clôture et de pratiquer à terme un forage sur place.

Selon les habitants, cette concession serait valable jusqu’au 6 décembre 2013 pour des tests sismiques seulement. L’autorisation pour des tests de forage a été annulée en Juin 2012. Chevron n’a donc aucune légitimité à effectuer ces travaux. (1)

Les habitants refusent ce forage visant des gaz de schiste qui pourrait conduire à la contamination de leur eau et de leurs terres ; lors des tests sismiques effectués précédemment sur place, des explosifs avaient été utilisés et avaient déjà provoqué une pollution de l’eau, devenue impropre à la consommation.

Un groupe de plus de 150 personnes occupe le terrain de Chevron 24 heures sur 24 pour empêcher ce projet et réclame le départ de la compagnie.Une des habitantes a été blessée par un véhicule de sécurité conduit par un chauffeur de Chevron, et a dû être hospitalisée. (1)

Chevron refuse la négociation et les autorités n’ont entrepris aucune action qui permettrait de résoudre ce conflit toujours en cours.

Les collectifs français et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille dénoncent les pratiques de la compagnie Chevron Polska et son mépris des populations dans un pays de droit européen. Ils exigent que cette compagnie américaine se plie aux lois en vigueur sur le territoire polonais.

Ils expriment toute leur solidarité aux habitants et en particulier aux paysans de Zurawlow qui s’opposent légitimement à toute exploration et exploitation des gaz de schiste sur leur territoire.

Leur résistance est la nôtre, leur lutte transcende les frontières. Nous soutenons avec force toutes ces luttes contre ces compagnies pétrolières et gazières qui détruisent, chaque jour un peu plus, les communautés et les territoires, que ce soit en Pologne et aux États-Unis, en Argentine et ailleurs.

NI ICI, NI AILLEURS – NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

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Note :

(1) Reporterre

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SIGNATAIRES :

Collectif Basta ! Gaz Alès (30 Gard), Inter-collectif 22 septembre sud (30 Gard), Collectif Causse Méjean Gaz de schiste Non, (48 Lozère), Collectif Roquedur- Le Vigan (30 Gard), Collectif Rivières (30 Gard), Collectif Roynac ( 26 Drôme), Collectif Anduze (30 Gard), Collectif Les Mages AJC ( 30 Gard), Collectif 07 Ardéche (07 Ardèche), Collectif du grand valentinois (26 Drôme), Collectif petite Camargue et GDS Gardonnenque ( 30 Gard ), Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist 47 ( 47 Lot et Garonne), Collectifs stop ghrm Isère 38 ( 38 Isère), Collectif stop gaz de schiste 69 ( 69 Rhône Alpes), Collectif du Narbonnais (11 Aude), CRI Nonville 77 ( 77 Seine et Marne), Collectif Non gaz de schiste Florac (48 Lozère), Collectif 91 non au gaz et pétrole de schiste (91 Essonne), Collectif Beaulieu (30 Gard), Collectif Rochegude (30 Gard), Collectif Barjac (30 Gard), Collectif Saint Jean de Maruejols (30 Gard), Collectif Vagnas (30 Gard), Collectif Bessas (30 Gard), Collectif Saint andré de Cruzières (30 Gard), Collectif Saint Sauveur de Cruzières (30 Gard), Collectif Saint privat de Champclos (30 Gard), Collectif Tharaux (30 Gard),Collectif Saint Victor de Malcap (30 Gard), Collectif Saint Etienne de Sermentin (30 Gard), Collectif Potelières (30 Gard), Collectif Hautes Cévennes (30 Gard), Collectif Auzonnet Cèze Gagnères (30 Gard), Écolectif Dégaze Gignac et Environs (34 Hérault), Association "netouchezpasauxenfants.com , Collectif citoyen Ile-de-France Non au gaz et pétrole de schiste, Collectif Garrigue- Vaunage (30 Gard), Collectif Briard-Nord Bourgogne, Non au gaz et pétrole de schiste 47 ( 47 Lot et Garonne), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais, Collectif Romans Nord Drôme des collines,( 26 Drôme) Association No Gazaran. Collectif Stop-pétrole de schiste-Sud 77 (77 Seine et Marne).

Notre Dame des Landes : encore un chiffre extravagant ! Sur le nombre d’emplois prévus, cette fois Sophie Caillat (Rue89) Reporterre 2013/06/11 Sophie Caillat (Rue89) (11 juin 2013) Notre Dame des Landes : encore un chiffre extravagant ! Sur le nombre d’emplois prévus, cette fois. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : encore un chiffre extravagant ! Sur le nombre d’emplois prévus, cette fois

Non, la compagnie Régional ne compte pas créer 200 emplois pour l’aéroport Notre-Dame-des-Landes ; une « erreur » s’est glissée dans le rapport remis au Premier ministre. Dans un courrier, que Rue89 s’est procuré, la compagnie demande que soit rétablie la vérité des chiffres. En vain.

Le 9 avril, la « commission du dialogue », formée par Jean-Marc Ayrault dans le but de calmer les esprits sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, rendait son rapport. Sa conclusion ? Cet aéroport reste utile « en raison de la saturation inévitable de la plateforme de Nantes–Atlantique », même si ses modalités de réalisation doivent être revues.

Une sorte de « oui mais » qui permet à toutes les parties d’être satisfaites, aux contestataires de continuer à occuper la « zone à défendre » sans craindre la police, et au gouvernement de gagner du temps pour ne pas perturber les élections municipales.

Un gain à l’ouverture de 400 à 500 salariés

Parmi les arguments destinés à rendre désirable ce nouvel aéroport, la croissance économique espérée par le développement du trafic aérien et les emplois qui vont avec sont en première ligne. Les rapporteurs ont écouté les prévisions avancées par Vinci, titulaire de la concession, sans même s’en rendre compte.

Ainsi, page 52 du rapport, les trois auteurs écrivent :

« La croissance prévue du trafic lors de la mise en service de Notre-Dame-des-Landes pourrait entraîner la création de 200 à 300 emplois supplémentaires. »

De plus,

« L’installation d’une base de la compagnie Régional (filiale du groupe Air France) apporterait environ 200 emplois basés. »

Il y aurait donc « un gain total de 400 à 500 salariés à l’ouverture. »

Quand elle a pris connaissance de ce passage, le directrice générale de la compagnie Régionale, Martine Selezneff, est tombée des nues. Elle a pris sa plume et demandé au sous-préfet de Loire-Atlantique de supprimer ces informations erronées.

Le courrier, que Rue89 publie, est ferme et sans ambiguïté. Par téléphone, la responsable de la communication de la compagnie estime que la création du nouvel aéroport signifierait simplement « le transfert d’activité d’un point A (Nantes-Atlantique) à un point B (Notre-Dame-des-Landes) ».

Et de préciser :

« Cette phrase a suscité de l’émoi chez nos collaborateurs, d’autant que nous sommes en plein plan de départs volontaires avec Transform 2015. Il n’est pas question de développer l’emploi et nous n’avons aucune idée d’où sortent ces chiffres. Nous espérons vivement que cette erreur sera corrigée. »

Régional est l’une des filiales d’Air France, installée à Nantes, et que la maison-mère vient de regrouper avec ses homologues au sein de HOP ! , sa compagnie low cost, dans le cadre de la réorganisation de ses court et moyen courriers.

La commission du dialogue n’a pas donné suite à la demande de correction. Elle estime que « maintenant que le rapport est remis, il n’est pas possible de le reprendre ». L’erreur restera donc en ligne, en l’état, au risque de jeter le discrédit sur l’ensemble du rapport.

« Pas certaine de la validité des données »

D’où provient cette information erronée ? Claude Brévan, architecte de profession et l’une des trois auteurs, nous explique :

« Cette information vient directement d’un e-mail adressé par le directeur du projet chez Vinci, M. Delobel, à qui je demandais, lors de l’ultime phase de rédaction du rapport, des précisions sur le nombre d’emplois prévus. Il semble s’être trop avancé en affirmant comme arrêté ce qui n’était peut-être que des pourparlers préliminaires. »

Le directeur général de Vinci conteste avoir fourni cette information. « Nous ne pouvons nous engager à la place d’autres acteurs et n’avons pu transmettre ces données », font savoir ses services.

Sur un point aussi important donc, la commission n’a pas pris le soin de aller chercher ses informations à la source.

Claude Brévan ne semble pas très gênée par cette approximation, même si cela biaise nécessairement la conclusion. Elle se justifie :

« La commission ne saurait être absolument certaine de la validité des données qu’elle a tenté de clarifier. Nous ne disposions pour l’essentiel que des déclarations des uns et des autres et de documents d’archives que nous avons essayé d’exploiter le mieux et le plus honnêtement possible, dans la limite du temps et des capacités d’expertise dont nous disposions. »

Heureusement que l’avenir de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en projet depuis quarante ans, ne se joue pas uniquement sur l’avis de cette commission.

Les nuits mouvementées de l’escargot sauvage Par Julien villalard Reporterre 2013/06/11 Par Julien villalard (11 juin 2013) Les nuits mouvementées de l’escargot sauvage. Reporterre. fr

Les nuits mouvementées de l’escargot sauvage

La narratrice, une jeune femme, se sent envahie d’une sorte de torpeur au cours de vacances en Europe. Elle rentre épuisée en Nouvelle-Angleterre. Fièvre, désorientation, bientôt une lourde paralysie… La voilà confinée sur une banquette-lit dans un studio médicalisé ; on lui administre divers traitement, dont de nouveaux médicaments, aux lourds effets secondaires.

Cette situation court sur plusieurs années ; elle fournit le fil conducteur du récit, jusqu’à la guérison. Cet état ravage toutes ses certitudes et la conduit à s’interroger sur elle-même et, au-delà, sur le fonctionnement du vivant. Un escargot des bois, dans un pot de violette lui est offert ; « confinée » elle-même « comme un escargot dans (sa) coquille », elle se passionne pour ce minuscule compagnon, à ses mœurs, aux mécanismes de l’évolution… Du microcosme que constitue l’escargot dans son terrarium, elle apprend. Sa maladie devient une brillante initiation : à l’humilité, au détachement, à l’amour de la nature et de la vie.

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Un livre très attachant, qui nous apprend beaucoup sur... l’escargot. Au fait, n’est-ce pas l’animal fétiche des décroissants ? - Camille Martin (Reporterre).

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Les nuits mouvementées de l’escargot sauvage, Elisabeth Tova Bailey, éditions Autrement, mai 2013, 16.00€

EDF veut installer une ligne THT en plein Paris en taisant les risques électromagnétiques Robin des Bois Reporterre 2013/06/11 Robin des Bois (11 juin 2013) EDF veut installer une ligne THT en plein Paris en taisant les risques électromagnétiques. Reporterre. fr

EDF veut installer une ligne THT en plein Paris en taisant les risques électromagnétiques

Entre le 10e et le 19e arrondissement de Paris, EDF veut enfouir une ligne à très haute tension. Mais sans indiquer aucun élément de mesure d’exposition aux ondes magnétiques. Quand EDF installe une ligne en milieu rural, elle se soucie plus de la santé des vaches que, en milieu urbain, de celle des riverains.

Une enquête publique privée de visibilité et de retentissement s’est terminée le 31 mai à Paris.

Pour sécuriser l’alimentation de l’est parisien en énergie électrique, deux postes de transformation EDF dans le 10e arrondissement et dans le 19e arrondissement vont être agrandis et reliés par une ligne souterraine Très Haute Tension de 225.000 volts dans le quartier de Belleville à Paris (entre la rue de l’Atlas et la rue du Buisson Saint-Louis).

Les risques d’exposition aux champs électromagnétiques sont très mal évalués dans le dossier d’enquête publique. « Ils ne dépasseront pas les normes en vigueur » rassure EDF.

Rien ne le prouve. Rien ne prouve non plus que ces normes en vigueur prennent en compte tous les risques sanitaires. Parmi eux sont évoqués le risque de leucémie pour les enfants, de même que les migraines, les troubles du sommeil, de la mémoire, de la concentration pour l’ensemble des populations. Le tracé de la galerie souterraine existante dans lequel les câbles seront engainés et la hauteur de plafond de cette galerie par rapport à la voirie et aux trottoirs sont inconnus. Les rues sous lesquelles serpentera la ligne THT d’une longueur d’environ 400 mètres sont étroites.

Aucun élément de mesure d’exposition aux ondes magnétiques dans des circonstances strictement analogues n’est communiqué dans le dossier. De nombreux logements et activités commerciales sont au rez-de-chaussée, des bureaux sont exploités à l’entre-sol, des terrasses de cafés ont pignon sur rue. De nombreux riverains et usagers seront victimes d’une exposition rapprochée et inconsciente aux champs électromagnétiques.

Moins de précaution pour les humains que pour les vaches

Quand EDF installe une ligne haute tension, en milieu rural, elle se soucie un tant soit peu de la santé des vaches, en milieu urbain elle ne se soucie pas des riverains. Une réunion de concertation a eu lieu l’année dernière mais c’était en petit comité : élus, préfet de Paris, EDF, RTE.

Normalement, un plan de contrôle et de surveillance des niveaux de champs électromagnétiques est obligatoire pour les lignes de 225.000 volts aériennes ou souterraines ; toutefois comme en fonctionnement normal l’intensité maximale de cette ligne sera inférieure à 400 ampères, ce suivi n’est pas obligatoire.

Le dossier fait ressortir par ailleurs des éléments concrets qui ne plaident pas en sa faveur. Un méga transformateur situé dans un des deux postes EDF contient 40 tonnes d’huiles contaminées aux PCB. Les terres à excaver contiennent « des teneurs anormalement élevées en plomb, en zinc, en mercure ».

Là encore, selon le dossier, pendant les travaux il n’y a aucun risque d’envol et d’inhalation pour les riverains, les patients du centre médical et les enfants du groupe scolaire voisins. Il n’y a aucun risque non plus pendant l’exploitation en cas d’incendie des transformateurs.

Non, Jeremy Rifkin n’est pas le sauveur de la planète Jean Gadrey Reporterre 2013/06/11 Jean Gadrey (11 juin 2013) Non, Jeremy Rifkin n’est pas le sauveur de la planète. Reporterre. Tribune — Économie fr

Non, Jeremy Rifkin n’est pas le sauveur de la planète

La « troisième révolution industrielle » de Jeremy Rifkin est bien séduisante. Mais son projet est centré sur la seule technologie et évacue les questions d’inégalités et de pouvoir.

Il se pourrait que ce billet et les deux suivants, consacrés à une critique de la « Troisième Révolution Industrielle » (TRI) de Jeremy Rifkin, suscitent des controverses, y compris de la part de lecteurs proches des analyses de ce blog. J’assume, et je souhaite qu’on en discute. Je n’ai lu que des comptes-rendus et réactions favorables ou enthousiastes à ce livre. Serais-je le seul à voir dans la TRI, au-delà de points de convergence évidents et anciens, une impasse pour la transition écologique et sociale ?

Les remarques qui suivent ne concernent que la TRI, et pas les ouvrages antérieurs de Rifkin, depuis son premier livre sur le brevetage du vivant (1977), puis Entropy en 1980 (postface de Georgescu-Roegen), ou son best-seller La fin du travail (1995, préface de Michel Rocard pour la traduction française en 1996). J’avais rédigé en 2001 pour l’Encyclopaedia Universalis un compte-rendu assez critique de son livre enthousiaste sur la nouvelle économie, L’âge de l’accès (2000), paru avant l’éclatement de la bulle Internet. Mes critiques de la TRI sont plus sévères.

Comme exemple de Rifkinmania de gauche, voir cet article de février 2012, « Jérémy Rifkin éclaire la gauche française ». Du côté des acteurs à forte sensibilité écologique, l’accueil n’est pas moins favorable. Voir par exemple ce (bon) billet de blog, « pourquoi j’ai dévoré le dernier Rifkin ». Commençons donc par ce côté ensoleillé de la TRI.

POURQUOI RIFKIN SÉDUIT (Y COMPRIS MOI, PARFOIS)

Cet auteur prolifique a beaucoup d’atouts. Il a un exceptionnel talent de conteur, de « storytelling » à très large spectre, et d’ailleurs il le revendique au nom du fait que nous avons absolument besoin de « grands récits ». Il a raison, sous réserve qu’il ne s’agisse pas de contes de fées.

C’est un écologiste convaincu, et depuis longtemps. Il a même parfois des accents de « deep ecology » (écologie radicale), notamment dans son chapitre sur l’école ou dans sa conception d’une science économique comme variante de la thermodynamique et de la biologie. On peut donc comprendre que nombre d’écolos le voient comme un allié important, vu sa surface politique et médiatique, car il ne manque pas de rappeler les périls qui nous attendent si nous ne changeons pas de cap. Sous l’angle de la prise de conscience des enjeux climatiques en particulier, il fait œuvre utile.

Il fait appel à la jeunesse, aux jeunes générations, à la « génération Internet », aux nouveaux entrepreneurs contre la vieille garde de la deuxième RI et les vieux « lobbies de l’énergie ». Il critique les systèmes éducatifs « verticaux » actuels et propose « l’enseignement latéral », « la classe distribuée et coopérative », ouverte sur les réseaux sociaux mondiaux. Cela contribue à son capital de sympathie chez certains. C’est l’objet de l’un des chapitres (8) les plus stimulants, en dépit du caractère « écolo-simpliste » de son hypothèse selon laquelle c’est dans « l’intégration des élèves dans la nature » que réside le cœur du lien éducatif et social scolaire, sans parler du ridicule achevé de cette citation qui en dit long sur son technocentrisme électrique : « Intéresser les élèves à l’électricité et au réseau électrique est la priorité numéro 1 » !

Il valorise le « pouvoir latéral » contre le pouvoir hiérarchique. Il se dit favorable à la coopération contre la concurrence, aux organisations non lucratives, aux AMAP, à la création de citoyens globaux dans une biosphère partagée. Il écrit qu’il faut « repenser la propriété » à l’heure des « communaux ouverts » et des réseaux sociaux, favoriser le droit d’accès, remettre en question la propriété intellectuelle et certains brevets, que la vraie richesse est dans les liens sociaux (le « capital social ») et la diversité des expériences, qu’il faut des indicateurs alternatifs. Des altermondialistes et des acteurs de l’ESS, entre autres, ont quelques raisons d’apprécier un tel avocat de certaines de leurs causes.

Que d’atouts pour une analyse vraiment alternative, surplombant les « idéologies politiques », « empathique » (voir son livre de 2011 sur l’empathie), surtout si l’on y ajoute un optimisme permettant de croire « qu’on en sortira »… si on le suit ! Car, nous dit-il, il a « la solution », et il est en train de convaincre les plus hauts dirigeants politiques (à l’exception d’Obama, qui le déçoit beaucoup, mais on verra que ce dernier a peut-être de bonnes raisons), en tout cas en Europe, et même un vaste cercle de grands patrons « modernes ».

La suite de mon analyse sera moins enthousiaste. Je la résume en quelques mots : il y a un fossé, et d’innombrables contradictions, entre d’un côté les valeurs de société hautement sympathiques mises en avant par Rifkin, celles qui expliquent les réactions enthousiastes, et, de l’autre, ses solutions concrètes (les « cinq piliers » de la TRI), dont je doute que certains commentateurs les aient vraiment décortiquées. Rifkin est une bonne locomotive pour convaincre les dominants de changer de cap, mais le cap qu’il propose avec la TRI n’est pas le bon, c’est même une impasse, tout autant que la méthode politique qu’il privilégie et par laquelle je commence.

POURQUOI LE GOUROU DU GOTHA ? UNE PREMIÈRE CONTRADICTION

Il me faut justifier le titre de ces billets. Ce n’est pas difficile. Car en fait de grand récit, ce livre multiplie surtout de petits récits mettant en scène de façon avantageuse « l’homme qui parle à l’oreille des grands de ce monde », grands politiques et grands patrons. Rifkin n’a pas toujours été comme ça. Il s’adressait d’abord, dans le passé, à des lecteurs citoyens ou militants.

Dans ce livre, il ne conte pas ou peu de rencontres avec la base, il ne s’adresse pas, comme l’a fait Stiglitz, aux « indignés », il ne fréquente pas les forums sociaux mondiaux. La société civile n’est plus sa cible, il dialogue avec le sommet, on l’invite pour des conventions, devant les cadres réunis de multinationales. Et surtout, il est l’invité ou l’ami – il nous en fournit les détails avec complaisance - d’Angela Merckel, de Manuel Barroso, « de cinq présidents du Conseil européen », de Prodi, de Zapatero, de « David » (Cameron), de Papandréou, de l’OCDE « devant les chefs d’État et ministres de 34 pays membres », de Neelie Kroes (ultralibérale, invitée régulière du groupe Bilderberg), du maire de Rome (ancien ministre de Berlusconi), du prince de Monaco. Mais aussi, à un moindre degré, de Chirac et Hollande.

Tout cela vous pose un homme, mais me pose un problème, indépendamment de la présence massive dans cette liste de nombreux leaders libéraux ou ultralibéraux. POUR QUELQU’UN QUI VALORISE EN THÉORIE LE POUVOIR LATÉRAL, TOUT SE PASSE COMME SI, POUR FAIRE AVANCER SA CAUSE, IL EMPLOYAIT EXCLUSIVEMENT DES MÉTHODES VERTICALES, visant à conquérir le cœur de l’oligarchie. La démocratie est certes pour lui une fin, mais pas un moyen de transformation sociale : elle « sera donnée par surcroît » (Évangile, Mathieu, 6.33), comme conséquence de l’adoption des nouvelles technologies « partagées » de l’information et de l’énergie.

Ce rêve de réorientation démocratique partant de l’oligarchie et de la technologie est une impasse, une dépossession, un piège à citoyens. Si ces derniers ne s’emparent pas de la transition, si en particulier ils ne reprennent pas le contrôle de la finance (une priorité totalement absente chez Rifkin) ET DES TECHNOLOGIES, l’oligarchie, qui en a vu d’autres, va récupérer les idées de Rifkin et n’en retenir que ce qui conforte ses intérêts. Elle sait fort bien, elle, que ce ne sont pas les « forces productives », Internet et les réseaux électriques décentralisés qui menacent son pouvoir et qui vont bouleverser les « rapports de production », même si, en son sein, les innovations technologiques peuvent, comme toujours, modifier le rapport des forces économiques entre diverses fractions du capitalisme.

Internet existe depuis plus de vingt ans, l’informatique depuis quarante ans, et l’on n’a pas observé de recul du pouvoir de l’oligarchie, au contraire. Rien n’empêchera Neelie Kroes et les autres ultra-libéraux qui invitent volontiers Rifkin de tenter de profiter de ces nouvelles configurations techniques pour pousser les feux d’un capitalisme encore plus dérégulé, encore moins « partagé ». Ils savent comment faire pour dominer les nouveaux réseaux techniques. Seuls des mouvements sociaux, des réseaux citoyens, peuvent, du local au global, orienter et acclimater ces innovations afin de les mettre au service du partage et des droits humains. Mais ce n’est pas à eux que Rifkin s’adresse en priorité. C’est au gotha qu’il vend, très cher, ses conseils et ceux de son team.

Les cercles de grands patrons entourant Rifkin ont très bien compris qu’ils pouvaient s’engouffrer dans la brèche médiatique ouverte et y prendre des positions de pouvoir et de lobbying, afin d’être les artisans hautement lucratifs des nouvelles infrastructures électriques « intelligentes », des véhicules électriques, des énergies renouvelables, des piles à combustibles, etc. Ils savent que, dans ce cas, le « pouvoir latéral » et le « capitalisme distribué » de Rifkin ne sont pas pour demain…

On comprend enfin pourquoi ce lobbying orienté vers le haut convient à certains élus de sommet, internationaux, nationaux ou régionaux, qui participent d’une conception verticale du changement, impulsé par eux. Rifkin les flatte, à peu de frais. Or une transition définie par le haut, presque forcément indifférente aux inégalités qu’elle suscite, prendra un autre tour que celle qui ferait toute leur place à « la base » et à la « justice environnementale », autre grande absente du livre de Rifkin.

Il me faut, à ce stade, expliquer ce qu’est le grand projet de Rifkin en termes de préconisations concrètes pour les 40 ans à venir, telles qu’il les met en avant lorsqu’il conseille les dirigeants de l’UE et la Commission, les chefs d’État, les grands patrons et les présidents de région. Elles figurent certes dans son livre, mais on les trouve de façon dépouillée dans de courts rapports pour les décideurs, dont celui qu’il a rédigé pour l’UE et que l’on retrouve partout où il passe. Ce sont « les cinq piliers » de la TRI. J’en examinerai ensuite les limites, énormes.

LES CINQ PILIERS DE LA TRI ET LE DÉTERMINISME TECHNOLOGIQUE

Les voici, dans le texte :

- Passer aux énergies renouvelables. - Transformer les bâtiments en microcentrales énergétiques. - Déployer la technologie de l’hydrogène et autres techniques de stockage dans chaque immeuble et dans l’ensemble de l’infrastructure pour stocker les énergies renouvelables intermittentes. - Utiliser la technologie Internet pour créer un réseau similaire de partage de l’énergie, chaque microproducteur ou bâtiment vendant ses surplus. - Lancer de nouveaux moyens de transport fondés sur des millions de véhicules électriques « branchables » ou à pile à combustible, capables d’acheter et de vendre de l’électricité sur le réseau.

Tel est en fait le « nouveau récit » en pratique. Il relève d’un déterminisme technologique comme il en existe peu. Il faut peut-être remonter au rapport Nora-Minc de 1978 sur l’informatisation de la société, qui fut à l’époque lui aussi un best-seller, pour trouver un équivalent. Or presque toutes les prévisions de ce rapport ont été démenties par les faits, je l’avais montré point par point dans la postface de la deuxième édition mon livre « nouvelle économie, nouveau mythe » (2001).

Voici un extrait de l’introduction du livre de Rifkin :

« Dans l’ère qui vient, des centaines de millions de personnes produiront leur propre énergie verte à domicile, au bureau, à l’usine, et ils la partageront entre eux sur un « Internet de l’énergie », exactement comme nous créons ou partageons aujourd’hui l’information en ligne. LA DÉMOCRATISATION DE L’ÉNERGIE S’ACCOMPAGNERA D’UNE RESTRUCTURATION FONDAMENTALE DES RELATIONS HUMAINES, DONT L’IMPACT SE FERA SENTIR SUR LA CONCEPTION MÊME DES RAPPORTS ÉCONOMIQUES, DU GOUVERNEMENT DE LA SOCIÉTÉ, DE L’ÉDUCATION DES ENFANTS ET DE LA PARTICIPATION A LA VIE CIVIQUE. »

La séquence logique est la suivante, et tout le livre la confirme : le gotha (grandes entreprises et grands dirigeants politiques), convaincu par Rifkin, décide d’investir massivement dans les infrastructures intelligentes d’énergie électrique du futur, dans les microcentrales (dont les automobiles, les habitations à énergie positive…) et l’économie hydrogène. Cette voie technologique décentralisée entraîne D’ELLE-MÊME un partage du pouvoir et du savoir, elle conduit à privilégier la coopération, le tout aboutissant à une économie post-carbone dans une société collaborative et « biophile ».

Quand je parlais de conte, étais-je si loin du compte ? Si la « deep ecology » est parfois présente chez lui, c’est la « deep technology » qui l’emporte en fait. Selon moi, c’est contradictoire. Non pas que la transition n’ait pas (aussi) besoin d’innovations technologiques, mais parce que, chez Rifkin, elles constituent l’unique déterminant du changement.

Or le pari de la bonne fée techno menant au partage du pouvoir et à la « biophilie » a toutes chances d’être perdu. Les maîtres du monde ne risquent pas de se faire déborder par les technologies qu’ils auront mises en place si les citoyens n’organisent pas ce débordement. Rifkin, comme tout gourou dessinant seul l’avenir souhaitable, est à l’exact opposé du mouvement des « sciences citoyennes ». C’est une autre des contradictions majeures de son livre et de sa stratégie « top-down ». Quelle différence avec ce que produit, entre autres, l’association négaWatt avec près de mille membres ! Et du coup, quelle différence dans le réalisme des scénarios !

LA TRI EST MATÉRIELLEMENT INSOUTENABLE !

J’en viens à cette question du réalisme du scénario des « cinq piliers » de la TRI. C’est un sujet délicat car on entre forcément dans des controverses scientifiques et techniques et je n’ai rien d’un expert ni d’un futurologue de l’énergie. Mais les simples citoyens, ou les élus, ne peuvent pas se laisser déposséder de toute capacité de jugement sur ces questions (ou sur celles du climat, du nucléaire, des OGM et bien d’autres), sauf à confier leur sort et ceux des générations futures à l’alliance terrible de l’expertocratie et de l’oligarchie, qui a déjà fait trop de dégâts. Il faut donc consulter les sources, les confronter, et prendre le risque d’évaluer, individuellement et (surtout) comme collectifs concernés.

Par ailleurs, le « réalisme » (ou la pertinence) d’un scénario n’est pas seulement d’ordre scientifique et technique, au sens des sciences « dures ». Il est aussi social, économique, politique, philosophique, etc. Mais commençons par le « dur ».

Rifkin développe des analyses solides en termes de « bilan carbone » et de déclin inéluctable des énergies fossiles. Mais il délaisse les « bilans matière ». Comme c’est un homme intelligent, cet oubli est délibéré : il sait que cette seconde entrée ruinerait sa crédibilité. Le scénario Rifkin revient, on va le voir, à réduire fortement nos émissions en augmentant fortement nos prélèvements matériels sur la nature. Cela ne peut pas marcher.

Mon argument est simple. Il ne concerne pas d’abord l’infrastructure électrique intelligente ou « smart grids » (elle sera en effet nécessaire, mais tout dépendra de sa configuration et de son contrôle), mais les « centaines de millions » de microcentrales énergétiques, bâtiments, véhicules (et imprimantes 3D) qui constituent le cœur de son scénario pour les quarante ans à venir.

En résumé : Rifkin « oublie » que les matières premières, minerais et terres rares absolument indispensables à ces technologies où chacun devient producteur d’énergie (et producteur de biens à domicile via la 3D) vont, tout comme les énergies fossiles, connaître des « pics » de production dans la période à venir. Pour certains de ces matériaux, nous y sommes déjà.

De ce fait, contrairement à ce que prétend Rifkin (ch. 7), LES ÉNERGIES RENOUVELABLES NE VONT PAS « DEVENIR PRATIQUEMENT GRATUITES » à un horizon prévisible. Tout juste peut-on dire, avec négaWatt et bien d’autres, qu’elle vont probablement devenir à moyen terme moins coûteuses que les énergies fossiles et que le nucléaire (si son prix inclut tous ses coûts mesurables, sans parler de ses risques non quantifiables en monnaie).

L’ÉNERGIE RESTERA CHÈRE, et c’est une bonne chose quand on voit ce qu’a produit la civilisation du pétrole abondant et bon marché. L’analogie constante que pratique Rifkin entre l’énergie et l’information (dont en effet les prix de collecte et de diffusion ont spectaculairement chuté avec l’informatique et Internet) est écologiquement et économiquement indéfendable. Cela ruine son modèle économique implicite.

Comme tous les scientistes, Rifkin s’en sort en évoquant brièvement, à propos des « terres rares », des innovations parfaitement hypothétiques permettant de mettre au point des substituts peu coûteux (ch. 7) : des « métaux alternatifs », voire des « substituts d’origine biologique » grâce aux « biotechnologies, à la chimie durable et aux nanotechnologies ».

Je ne doute pas que des recherches soient en cours, avec des bouts de solutions. Mais on nous a trop souvent fait le coup des technologies-du-futur-qui-vont-tout-résoudre et cela n’a pas empêché pas la « grande crise » écologique de s’approfondir. Par ailleurs, les substituts à la nature ne sont jamais gratuits, ils ont des effets écologiques et humains pervers, on le voit avec les agrocarburants. S’il faut en passer, après ces derniers, par de futurs « agro-minerais » ou « bio-terres-rares », les terres arables d’une planète déjà en surcharge écologique n’y suffiront pas.

Une des conséquences de la négligence totale des enjeux liés aux ressources matérielles naturelles, renouvelables ou non, est QU’ON NE TROUVE NULLE PART DANS SON LIVRE LES NOTIONS ET LES TERMES D’ÉCONOMIE CIRCULAIRE OU D’ÉCONOMIE DE LA FONCTIONNALITÉ, ET RIEN SUR LE RECYCLAGE DES BIENS ET COMPOSANTS !

Or, bien que ces solutions aient des limites elles aussi (voir mon billet), elles font partie de toute « boîte à outils » un peu sérieuse de la transition. Quant à « l’énergie grise », elle passe elle aussi à la trappe. C’est par exemple celle que nécessite la fabrication des matériaux de construction pour un immeuble dont les performances énergétiques apparemment formidables… deviennent lamentables si les matériaux sont issus de processus gourmands en énergie et généreux en émissions.

Le sommet de la futurologie anti-écologique est atteint avec ses longs développements sur l’avenir radieux des imprimantes 3D (ch. 4). Je ne dis pas que cela n’existe pas et n’aura pas d’applications. De là à prétendre que la planète et ses ressources matérielles pourront supporter une situation d’hyperconsommation où « TOUT LE MONDE PEUT ÊTRE SON PROPRE INDUSTRIEL AUTANT QUE SA PROPRE COMPAGNIE D’ÉLECTRICITÉ », je tique.

Voici cette partie hyperbolique du « grand récit » : « Bienvenue dans le monde de la production industrielle distribuée. Ce procédé s’appelle l’impression 3D…. [permettant de]… construire des couches successives du produit, en utilisant une poudre, du plastique en fusion ou des métaux… comme une photocopieuse… des bijoux aux téléphones portables, des pièces détachées d’automobile et d’avion aux implants médicaux et aux piles … Cette fabrication dite « additive »… n’exige que 10 % des matières premières consommées dans le procédé habituel et utilise moins d’énergie… »

Je ne crois pas que Rifkin ait vu le formidable documentaire « Plastic planet » et tenu compte des dommages planétaires de la poursuite dans la voie des plastiques. Je doute qu’il ait fait des bilans matière (en particulier métaux) de ces nouvelles imprimantes et des flux matériels mondiaux qui y passeraient si son rêve devenait réalité. Je doute tout autant du chiffre de 10 % qu’il balance sans preuve ni référence. Lorsque je lis cela, je ne suis pas loin de penser que la futurologie flirte avec le charlatanisme. Dites-moi si je suis trop sévère et pourquoi.

LA SOBRIÉTÉ À LA TRAPPE, BIENVENUE AU CONSUMÉRISME ET AU PRODUCTIVISME « POST-CARBONE »

Rifkin fait bien une ou deux allusions (ch. 7), très sobres, à la nécessité de ne pas trop « profiter » des miracles de la TRI (les énergies renouvelables devenant pratiquement gratuites, chacun devenant producteur à domicile d’énergie et de biens matériels et pouvant se déplacer sans dommage écologique dans des véhicules verts…) pour faire gonfler sans limites la consommation d’énergie, de biens et de déplacements. Il a entendu parler de l’effet rebond (qu’il ne cite pas), mais en réalité il s’oppose clairement aux appels à la sobriété (autre mot absent ; on trouve une fois le mot parcimonie) et encore plus à l’objection de croissance. La TRI est une modalité de croissance supposée verte.

Il est évident qu’il séduirait beaucoup moins les grands de ce monde s’il prônait la sobriété matérielle et l’objection de croissance. Il n’en est rien, bien au contraire. SA TRI EST EN RÉALITÉ HYPERMATÉRIELLE, HYPERCONSUMERISTE ET HYPERPRODUCTIVISTE, comme conséquence de son hypothèse intenable de quasi-gratuité de l’énergie à terme et de son oubli délibéré des pics matériels (minerais, terres arables, forêts, eau douce…) qui nous attendent et qui ont commencé à faire sentir leurs effets.

Il n’a tenu aucun compte des constats précis de Tim Jackson et de bien d’autres sur ces pics. Il réussit même l’exploit de ne jamais citer Jackson dans ses abondantes notes et références ! Il s’agit à mes yeux d’une imposture intellectuelle, mais aussi d’un choix stratégique pour refuser un scénario de « prospérité sans croissance ». C’est sans doute le prix à payer pour que le gotha vous écoute et vous paie. C’est très cher payé en termes d’éthique scientifique.

Son pouvoir de séduction du gotha tient aussi au titre de son livre. Avec une « révolution INDUSTRIELLE », Rifkin peut mettre dans sa poche les industrialistes de tous bords, et dieu sait s’il y en a. Il nous explique qu’il a hésité à choisir cet adjectif (début du chapitre 9). Mais pour sa stratégie orientée vers l’oligarchie, c’est beaucoup plus rentable qu’une révolution antiproductiviste…

BEAUCOUP D’AUTRES CRITIQUES, QUE JE NE DÉVELOPPE PAS

Je pourrais consacrer d’autres billets à d’autres idées de Rifkin qui me semblent scientifiquement intenables et écologiquement insoutenables. Mais je finirais par lasser, ce qui est peut-être déjà le cas. Voici en résumé ce qui ne « passe pas » pour moi et qui vient s’ajouter aux critiques précédentes.

1) Il annonce la poursuite de FORTS GAINS DE PRODUCTIVITÉ DANS L’AGRICULTURE grâce à des « technologies intelligentes » (ch. 9). On trouve certes un intéressant bilan énergétique de la consommation de viande (ch. 7) et quelques références au bio, mais rien sur les OGM, sans doute parce qu’ils ne sont pas exclus des solutions industrielles de Rifkin. Or il n’est pas difficile de montrer que la généralisation progressive de l’agro-écologie (autre terme absent) serait créatrice d’emplois, CONTRE LES GAINS DE PRODUCTIVITÉ, et que cela passerait plus par des innovations douces et sociales, par une montée en intelligence humaine distribuée, que par des technologies branchées.

2) Il prévoit de FORTS GAINS DE PRODUCTIVITÉ AUSSI DANS PRATIQUEMENT TOUS LES SERVICES, HÔPITAUX COMPRIS (ch. 9) GRÂCE AUX ROBOTS PARTOUT ! Seul l’enseignement semble être mis un peu à part. C’est à vrai dire une thèse ancienne de Rifkin, qui, vingt ans plus tard, s’est avérée fausse et le restera. C’était aussi celle du rapport Nora-Minc. Rifkin n’y connaît strictement rien aux services, il les néglige totalement, et, comme tous les industrialistes, il n’y voit qu’un nouveau secteur à « industrialiser ».

Ne parlons pas des activités de « care », ce n’est pas son truc, c’est à l’exact opposé de l’industrialisme productiviste, cela ne peut pas rentrer dans son cadre. Je suppose que sa formule est : I don’t care… L’économie de Rifkin est incompatible avec une économie du « prendre soin », qui a pourtant un énorme potentiel de création d’emplois utiles.

3) On ne trouve RIEN SUR LES INEGALITÉS QUE POURRAIT SUSCITER SA TRI, ce qui est cohérent avec son refus de se situer sur le clivage « dépassé » droite/gauche. Certes, pour faire bonne mesure, Rifkin consacre un court passage, au début du chapitre 4, aux salaires excessifs des PDG et aux revenus des 1 %. Mais c’est tout.

Or qui, dans sa TRI, va pouvoir transformer son logement en fournisseur net d’énergie, se payer un véhicule à pile à combustible producteur d’électricité et s’équiper en super imprimante 3D ? Lorsqu’il affirme que « à l’ère nouvelle, TOUT LE MONDE peut être son propre industriel autant que sa propre compagnie d’électricité », c’est de l’aveuglement. Et il n’y a rien sur les pays « en développement ». Juste quelques lignes en conclusion pour dire que sa TRI serait formidable pour eux aussi.

4) Pris dans sa logique de production généralisée d’électricité par les véhicules et les bâtiments, RIFKIN LAISSE DE CÔTÉ ce que tous les acteurs de la transition énergétique placent au premier plan : L’ISOLATION THERMIQUE DES LOGEMENTS ANCIENS, non pas pour en faire majoritairement des logements producteurs nets d’électricité, mais pour diviser par un facteur 4, 5 ou plus leurs émissions. C’est de loin la stratégie la plus réaliste écologiquement, économiquement, et SOCIALEMENT, et d’ailleurs ces acteurs commencent à disposer de modèles économiques permettant d’envisager un partage des gains (très forte réduction des factures) entre propriétaires, locataires, pouvoirs publics et établissements de crédit. C’est une condition de prévision des financements publics et privés nécessaires à moyen et long terme. Rifkin n’a aucun modèle économique pour sa stratégie, en tout cas pas dans son livre.

5) Il présente une analyse écolo-simpliste de « LA VRAIE CRISE ÉCONOMIQUE QUE PERSONNE N’A VUE », sauf lui (ch. 1). Pour quelqu’un qui plaide par ailleurs pour la pensée systémique, il est loin du compte. Il a bien raison de mettre en avant l’existence d’une composante écologique de la crise actuelle, mais, d’une part, cette composante ne se limite pas à l’énergie comme il le prétend, et, d’autre part, on a de bonnes raisons de refuser les explications unilatérales, au bénéfice d’interprétations vraiment systémiques de la crise : sociale, écologique, financière, économique, et démocratique. C’est sans doute pour cela qu’il ne voit que les énergies intelligentes comme issue, en oubliant en route aussi bien le contrôle social de la finance et du crédit que la régulation écologique et sociale du commerce et de l’investissement mondiaux ou la réduction des inégalités, parmi d’autres.

6) TOUT CENTRER SUR L’HYDROGÈNE pour stocker les énergies intermittentes, une autre vieille idée de Rifkin, est une solution refusée par presque tous les spécialistes de l’énergie et les collectifs qui les rassemblent. Voir par exemple ceci, par Jancovici, ou encore les quelques passages consacrées à l’hydrogène dans le scénario négaWatt, ou dans le rapport de février dernier du CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable).

Tous disent qu’il s’agit d’une voie parmi d’autres, que des recherches s’imposent là comme ailleurs, mais que sa généralisation est très peu probable à un horizon prévisible parce qu’elle pose de nombreux problèmes techniques, écologiques et économiques. Une fois de plus, en nous faisant croire qu’il a « la » solution, Rifkin nous induit en erreur (probable).

7) RIFKIN CRITIQUE AVEC DE BONS ARGUMENTS « LA SCIENCE ÉCONOMIQUE » actuelle, notamment pour son incapacité à penser les contraintes et les opportunités liées à notre inscription dans la biosphère et à penser la coopération plus que la concurrence marchande. J’approuve. Malheureusement, ici comme pour l’électricité à l’école, c’est pour proposer de la remplacer par une branche de la thermodynamique et de la biologie (ch. 7), au motif que « les lois de l’énergie gouvernent toute activité économique » et que « le processus économique reflète les processus biologiques de la nature ».

Le passage de l’économie comme variante de la mécanique newtonienne à une économie fondée sur la thermodynamique n’est pas du tout ce que visent les économistes hétérodoxes ou ceux qui pratiquent l’écologie politique. Même ceux d’entre eux les plus « branchés écolo » revendiquent une économie politique, écologique et sociale, relevant d’une pensée complexe, tenant compte de l’histoire et des institutions, liée à la sociologie économique, etc.

Bref, une science sociale, capable de tenir compte des enjeux de long terme et des contraintes écologiques, mais pas une science de la nature. Oui, les lois de l’énergie et de la matière doivent être intégrées, mais les pratiques économiques sont des pratiques sociales qui ne se limitent pas à des échanges d’énergie. Rifkin n’a aucune culture sociologique et aucun intérêt en la matière. C’est pour lui hors sujet.

8) Au début du chapitre « AU-DELÀ DU CLIVAGE DROITE/GAUCHE », il pose la question : « Quand avez-vous entendu pour la dernière fois un moins de 25 ans proclamer ses convictions idéologiques ? » (il veut dire ici : préférences politiques). Vous, je ne sais pas, mais moi, c’était hier soir, et presque tous les jours. Il faut dire que je ne fréquente pas le gotha mais une « base » militante, amicale ou familiale et, curieusement, on y trouve des jeunes qui « proclament des convictions idéologiques ».

9) Une dernière curiosité technocentriste. Rifkin intitule un paragraphe du chapitre 5 « comment INTERNET A TUÉ LE MACHISME ». J’ai cherché un argument à l’appui de cette thèse. Je n’ai rien trouvé, en dehors d’une citation de Zapatero… En écrivant mon livre sur la « nouvelle économie », j’avais fait le constat d’une écrasante domination masculine dans le monde de la high tech, des start-up et d’Internet.

Je suis prêt à parier que cela reste largement vrai aujourd’hui, bien que moins caricatural qu’à l’époque, et que les « smart grids » de l’énergie et les lieux d’usage d’imprimantes 3D ne sont guère peuplés de femmes. De façon générale, la pensée industrialiste est terriblement mâle. Si le machisme, toujours bien là, recule historiquement, c’est parce que les femmes se battent, parfois avec certains hommes, pas par les vertus spontanées des nouvelles technologies. On trouve une femme et douze hommes dans le « European team » de Rifkin…

MAIS ALORS, À QUI SE FIER SI LE GOUROU DU GOTHA N’EST PAS FIABLE ?

Ni à lui ni à aucun autre grand penseur autoproclamé, et il n’en manque pas chez nous, entre Attali, Minc, Allègre, les grands économistes chiens de garde et les ex-nouveaux philosophes, entre autres.

À qui se fier ? D’abord à des collectifs de la société civile incluant des experts de profession et des « profanes compétents ». Certaines administrations font également du bon boulot. Il est bien dommage que ces organismes n’aient pas la force de frappe médiatique des sauveurs suprêmes qui tiennent le haut du pavé parce que l’establishment leur déroule le tapis rouge et aligne les billets verts.

Pour ce qui est de la transition énergétique, envisagée dans toutes ses dimensions, ce que je connais de plus fiable comme scénario est un travail collectif remarquable et de longue haleine, FONDÉ EXCLUSIVEMENT SUR DES TECHNOLOGIES QUI EXISTENT DÉJÀ et jamais sur des paris hasardeux de « ruptures ».

C’est le rapport négaWatt 2011, version considérablement revue et enrichie des scénarios 2003 puis 2006. J’en reparlerai bientôt. Deux livres récents sont à conseiller : le Manifeste négaWatt et Changeons d’énergies, ainsi que le site.

Je vous indiquerai aussi des sources complémentaires et assez compatibles entre elles, mais incompatibles avec la TRI. Et je consacrerai mon prochain billet à quelques très bonnes lectures pour votre collection printemps/été, dont plusieurs livres récents sur et autour de la transition.

S’agissant de TRI, je propose donc le tri sélectif, en sachant qu’une bonne partie n’est pas recyclable dans l’écologie politique. Je compte sur vous pour exprimer vos éventuels désaccords avec mes critiques.

Col de Sarenne, dans les Alpes : une première victoire Matthieu Stelvio Reporterre 2013/06/11 Matthieu Stelvio (11 juin 2013) Col de Sarenne, dans les Alpes : une première victoire. Reporterre. fr

Col de Sarenne, dans les Alpes : une première victoire

Les travaux sur le Col de Sarenne, près de l’Alpe d’Huez, seront très limités. La défiguration de ce lieu alpin exceptionnel devrait donc être évitée. Il reste à empêcher le passage du Tour de France - et des foules piétinant l’écosystème fragile du site.

Grâce à Mountain Wilderness et à la FRAPNA, nous avons gagné une bataille : les travaux seront nettement moins importants que prévus. Le 7 juin 2013, le Président de la Communauté de Communes de l’Oisans a ainsi déclaré : « Lorsque le projet de faire passer le Tour de France au col de Sarenne avait été imaginé, on avait, c’est vrai, envisagé de faire des travaux importants. (...) ces travaux ont bien été abandonnés. »

Il nous faut encore gagner la seconde bataille : le Tour de France ne doit pas passer au Col de Sarenne !

Pour la grande étape du 100e Tour de France (qui fait déjà l’objet de publicité sur des radios nationales : « les deux ascensions de l’Alpe d’Huez », les responsables locaux attendent deux millions de spectateurs entre le Bourg d’Oisans (710 m) et le Col de Sarenne (1999 m). 2 000 000 de spectateurs sur 21 km !

Les trois derniers kilomètres du Col de Sarenne sont raides (il y a des passages à 10%) ; une grande partie du spectacle aura lieu dans ce secteur. C’est pour cette raison qu’en octobre dernier, le Maire de l’Alpe d’Huez a déclaré : « il y aura certainement beaucoup de monde vers le col [de Sarenne] ».

Sur le plan faunistique, la prospection de la ZNIEFF de type 1 des pentes de Sarenne est jugée insuffisante par des spécialistes. Toutefois, malgré ce déficit de connaissances, des animaux fragiles et emblématiques (tétras lyre, lagopèdes et aigles royaux) sont déjà répertoriés dans l’inventaire de la ZNIEFF (zone dont les extrémités sont à moins de 750 mètres de la route pastorale). Un couple d’aigles royaux vit à proximité du Col de Sarenne, et la période d’envol des aiglons coïncide avec le passage du Tour de France (et de ses hélicoptères). La faune de Sarenne est remarquablement riche : dans les alentours, d’après le Conservatoire Botanique National Alpin, on dénombre 100 espèces animales protégées !

Afin de préserver au mieux cet environnement exceptionnel, la Préfecture et le Président de la Communauté de Communes de l’Oisans ont été respectueusement informés, par l’Association de Protection des Animaux Sauvages (association 100% indépendante, reconnue d’utilité publique, affiliée au Bureau Européen de l’Environnement), que si l’accès à la zone humide protégée de Sarenne n’est pas interdit au public du Tour de France, il sera donné une suite juridique à cette affaire.

Ainsi, l’Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope du Marais de Sarenne certifie « qu’il y a lieu de réglementer les activités sur [le] périmètre de [la zone] afin d’assurer la préservation et la tranquillité de certains biotopes nécessaires à l’alimentation, la reproduction, au repos et à la survie de plusieurs espèces animales protégées ». L’article 7.3 atteste que « toute manifestation sportive ou éducative est interdite, sauf autorisation du Préfet après avis d’une personnalité scientifique qualifiée dans le domaine des tourbières ».

La petite route pastorale de Sarenne doit être préservée, et ne doit faire l’objet d’aucune spéculation médiatique. N’oublions pas qu’un parcours alternatif existe. Il ne faut surtout pas que ce premier passage du Tour de France au Col de Sarenne « offre beaucoup de possibilités pour le futur » (comme l’a déclaré le Maire de l’Alpe d’Huez). Le Tour de France ne doit pas passer à Sarenne, ni par le versant d’Huez ni par le versant du Ferrand, ni cette année ni dans le futur. Remettons le Tour de France à sa place, la nature n’est pas un stade !

Notre pétition

Envoyez une lettre au Préfet de l’Isère

Le smartphone équitable existe Romain Thuret (Les Numériques) Reporterre 2013/06/12 Romain Thuret (Les Numériques) (12 juin 2013) Le smartphone équitable existe. Reporterre. fr

Le smartphone équitable existe

Pour les addicts qui ne peuvent vraiment pas décrocher... Après le café, les bananes ou les t-shirts, voici le smartphone équitable. Pas de logo Max Havelaar ici, mais le projet de techniciens néerlandais, à l’impact environnemental réduit et aux conditions de production acceptables.

29 mai

Le commerce équitable implique le respect d’une charte rigoureuse en matière de travail, de récolte des matières premières, de qualité et durée de vie d’un produit. À la base, il a été développé sur le circuit des denrées périssables, avant d’être étendu au textile. Coton, café, paysans, récoltants, tisserands, transporteurs, le mot d’ordre pour tous les maillons de la chaîne, de la première petite main à celles du consommateur, est la garantie de l’équité à tous les niveaux.

C’est dans cette optique équitable, mais aussi durable, qu’une équipe de techniciens néerlandais a conçu le Fairphone. Ce smartphone se veut « 100% équitable », même si ses concepteurs avouent avoir du mal à atteindre ce niveau. Le plus symbolique des éléments équitables de ce produit est sans doute la volonté de puiser les matières premières dans des mines et carrières épargnées par les guerres et autres trafics. Les matières premières utilisées dans la conception de produits électroniques sont largement concernées par les conflits, notamment en Afrique avec, par exemple, les mines de coltan (utilisé pour les transistors, puces...), responsables de millions de morts en République Démocratique du Congo.

Quant à la production du smartphone, les équipes du Fairphone se concentrent, après un audit propre, sur des sous-traitants dont les employés sont correctement traités, avec le souhait d’aller dans une direction différente des usines Foxconn, par exemple, où les ouvriers sont broyés pour que les usines puissent produire des mobiles par millions. L’entreprise est louable, d’autant qu’avec le faible nombre d’unités de départ pour le Fairphone, le sous-traitant sélectionné n’aura pas trop de pression.

Côté caractéristiques techniques, le Fairphone embarque un écran qHD de 4,3 pouces (définition de 940 x 560 pixels), un processeur MediaTek MTK6589 quadri-cœur cadencé à 1,2 GHz, une mémoire vive de 1 Go et une capacité de stockage de 16 Go extensible via microSD. Le processeur ici présent est fondé sur l’architecture ARM Cortex A7, qui privilégie l’économie d’énergie à la puissance brute.

Il est alimenté par une batterie de 2000 mAh, que l’on peut changer, et il propose deux slots pour cartes SIM, l’un 2G, l’autre 2G/3G. Un capteur de 8 mégapixels habite au dos du smartphone tandis qu’un capteur 1,3 mégapixel trouve refuge en façade. Le système d’exploitation est Android 4.2 Jelly Bean et le smartphone est assuré « rootable » d’office. Certains éléments techniques peuvent encore changer avant la sortie définitive du mobile.

Le Fairphone est commercialisé sans chargeur (via micro-USB, quasi universel), ni écouteurs, les responsables du projet entendant réduire au minimum requis l’impact environnemental. Autre impact, sur la santé cette fois-ci : l’indice DAS du Fairphone est bas, avec une valeur moyenne de 0,318 W/kg.

Le Fairphone est proposé au tarif de 325 euros. Un prix raisonnable pour les composants intégrés dans la bête ET le sentiment de faire une B.A. Ses concepteurs attendent un minimum de 5000 pré-commandes avant de lancer la production, pour une livraison à la fin de l’été, au plus tard au début de l’automne prochain. Aujourd’hui, le projet approche les 60% de cet objectif, avec un peu plus de 3000 commandes, et le créneau prend fin dans un peu moins de trois semaines. Tous les détails se trouvent sur la page officielle du Fairphone.

5 juin

Ils l’ont fait. Les créateurs du Fairphone, smartphone équitable suivant une certaine charte de développement éthique et humaine, ont atteint le seuil de 5 000 pièces pré-commandées annoncé pour débuter la production.

Souvenez-vous, la semaine passée, nous vous parlions du premier [article ci-dessus], le Fairphone. Développé par une équipe d’ingénieurs néerlandais, il ne pouvait entrer en production qu’à partir d’un minimum de pré-commandes. L’objectif, de 5 000 unités, a été atteint dans la nuit de mardi 4 juin à mercredi et le Fairphone va pouvoir entrer en production, avec une disponibilité effective programmée, au plus tard, pour le début du mois d’octobre prochain.

Rappelons que le Fairphone est un mobile de 4,3 pouces doté d’une dalle IPS, d’un processeur quadri-cœur cadencé à 1,2 GHz, d’une mémoire vive de 1 Go, d’une capacité de stockage de 8 Go extensible via une carte micro SD, un capteur photo-vidéo de 8 mégapixels, deux slots pour carte SIM et que sa batterie de 2000 mAh est amovible. L’ensemble, auquel il faut ajouter la sensation de faire une bonne action, est commercialisé à 325 euros.

C’est, certes, un peu plus cher que certains smartphones asiatiques aux caractéristiques approchantes voire semblables (chez Wiko par exemple), mais cela semble être le prix à payer pour que la chaîne de production du produit, de la mine de coltan en Afrique à la pose du dernier bouton soit un peu plus respectable et équitable qu’à l’accoutumée.

A noter également que pour chaque produit vendu, l’équipe de Fairphone reverse 3 euros à un organisme chargé de débarrasser le Ghana, véritable décharge de la planète, de ses nombreux déchets électroniques.

Pique-nique de résistance le 23 juin contre la LGV Coordination contre la LGV Reporterre 2013/06/12 Coordination contre la LGV (12 juin 2013) Pique-nique de résistance le 23 juin contre la LGV. Reporterre. fr

Pique-nique de résistance le 23 juin contre la LGV

Pique-nique de résistance contre la LGV le 23 juin à St Pée sur Nivelle

A quelques jours du compte rendu de la commission « Mobilité21 » qui va classer les projets d’infrastructures en 3 groupes (à réaliser dans les 10 ans, entre 10 et 20 ans ou plus de 20 ans ou jamais), les bruits courent de plus belle. Le journal Sud-Ouest, faisant état de fuites, a récemment classée la LGV Bordeaux-Espagne dans le troisième groupe.

Pourtant, nous connaissons les mœurs politiques en cours et nous savons que dans les coulisses, les accros de la LGV s’activent. Ils viennent récemment de demander audience au premier ministre. Ils désirent que nous soyons « en haut de la pile ».

Nous savons depuis les déclarations de la cour des comptes, des assises du ferroviaire, des récents rapports « Bianco » et « Auxiette », que les jours des futures LGV sont comptés. Ces rapports se dirigent vers un train « maillon manquant » entre les TER et les LGV circulant à 200 km/h maxi sur les voies existantes. Alors dans ce cas, tout retard nous rapproche de la victoire. Nous espérons donc que la commission Mobilité21 nous classera « le plus bas possible dans la pile ».

Pourtant, nous qui luttons depuis 1992 contre ce projet fou et destructeur, avons appris que nous n’obtiendrons rien sans lutter. Si nous n’avions pas lutté, la LGV nous aurait déjà éventrés. Alors si nous espérons de bonnes nouvelles, nous ne baisserons pas les bras en cas de résultats contraires (ils seront sans doute « mitigés » comme savent si bien le faire les commissions). Nous ne nous résignerons pas !

C’est pourquoi, après le renvoi chez eux des cadres RFF qui prétendaient rencontrer des propriétaires dans le Seignanx fin Mai, après l’annonce publique des achats de terrains « barricades » sur le tracé par 494 personnes, le prochain acte se joue à St Pée sur Nivelle le 23 juin.

Ce dimanche là, nous reviendrons sur le site de la stèle d’une tonne posée l’an dernier sur le tracé. Devant cette stèle symbole de notre résistance nous reprêterons serment de s’opposer de toutes nos forces à ce projet. Nous donnerons également le coup d’envoi de la mobilisation contre une éventuelle enquête publique et nous pique niquerons ensemble car il fera beau.

Vive l’économie circulaire Serge Orru Reporterre 2013/06/13 Serge Orru (13 juin 2013) Vive l’économie circulaire. Reporterre. Tribune — fr

Vive l’économie circulaire

« On peut voir l’économie circulaire par le prisme des déchets et du recyclage. En clair, le déchet de l’un devient matière première de l’autre »

L’économie circulaire est un formidable mouvement sociétal qu’il faut polliniser de toute urgence dans notre pays . C’est un véritable potentiel d’emplois et de richesses reposant sur la créativité et l’intelligence de tous, la seule énergie inépuisable.

L’économie circulaire, c’est l’économie du moindre impact sur notre environnement immédiat et lointain. C’est un système économique et industriel produisant sans détruire, boosté par la croissance de la conscience. Production et consommation ne pouvant plus se traduire par la seule destruction des ressources. L’écoconception de tous nos produits devra être généralisé en rendant leur usage durable et leur fin assimilable par une autre issue que le gaspillage. Nous souhaitons tous la disparition de ces emballages qui durent plus longtemps que le produit ! Des continents de plastiques, guère fantastiques, naviguent en mer pour des millénaires…

On peut voir l’économie circulaire par le prisme des déchets et du recyclage. En clair, le déchet de l’un devient matière première de l’autre. La biodégradabilité s’imposera à l’ensemble des produits éphémères. La France jette ou brule l’équivalent d’un Mont Blanc de déchets chaque année… il nous faut passer de la société du jetable à la société du durable, véritable société moderne où l’économie et l’écologie vont enfin se penser ensemble. Mais, c’est surtout observer et s’inspirer de l’immense créativité, à l’œuvre dans la nature pour développer le biomimétisme. Place à l’innovation, à la recherche pluridisciplinaire et à l’intelligence collective dans tous nos territoires

D’aucuns diront que le développement durable concilie, déjà, croissance économique, préservation de l’environnement et amélioration des conditions sociales. Alors, pourquoi inventer une autre voie ? Parce que près de trente ans après le rapport Brundtland, le dérèglement climatique devient un péril et la dégradation de la biodiversité s’accélère ; parce que le lien environnement santé à cause de la toxicité de l’air, de l’eau, des sols coûte très cher en termes de santé publique (nous dépensons 10 à 40 milliards d’euros en France, à cause d’une mauvaise qualité de l’air dont un milliard pour les médicaments dédié aux asthmatiques) provoquant l’amplification des crises sociales.

Aujourd’hui, notre monde autophage repose sur la fabrication polluante de marchandises trop souvent fabriquées ailleurs, sans réelle valeur et durabilité, ni éthique et minima sociaux. L’obsolescence programmée de tous nos produits n’est plus admissible car elle représente une grave menace pour les générations futures.

Il est temps de désirer une économie dont la logique est la qualité de vie pour l’humain ,l’animal, le végétal. En privilégiant par exemple, l’agroécologie, superbe exemple d’économie circulaire où rien ne se perd et tout se transforme.

Découpler la croissance économique de l’augmentation de l’exploitation des matières premières est une nécessité absolue. Nos espèces ont évolués dans l’interdépendance et nous, les humains, nous évoluons souvent avec désinvolture et individualisme. La cupidité fait circuler 98% de la finance mondiale dans son casino planétaire alors que les 2% restant vont à l’économie réelle. Nous avons un système fou qui détruit la nature et les entreprises…

La nature doit devenir une source inspirante pour le monde de l’entreprise afin d’installer une relation harmonieuse entre l’homme et sa biosphère. Métamorphoser une société de consommation en une société d’utilisation est indispensable en donnant toute sa place à l’économie de fonctionnalité qui fait du produit un service.

Produire de la richesse sans détruire nos milieux naturels, préservera la Terre, notre foyer, notre ile dans l’Univers, où s’exprime la conscience de notre devenir et de nos responsabilités.

Alors, place à la bienveillance et à solidarité avec l’écosystème planétaire et tous ses passagers. Le sens de la vie et de l’histoire nous dit que nous ne sommes pas ce que nous achetons et consommons. Nous sommes ce que nous créons et réalisons dans la joie de vivre !

La bataille du gaz de schiste en Pologne : Lew Kowalski interpellé No Fracking France // AFP Reporterre 2013/06/13 No Fracking France // AFP (13 juin 2013) La bataille du gaz de schiste en Pologne : Lew Kowalski interpellé. Reporterre. fr

La bataille du gaz de schiste en Pologne : Lew Kowalski interpellé

A Zurawlow, le documentariste Lew Kowalski a été interpellé par la police. Il suit la lutte des paysans polonais qui s’opposent depuis dix jours à l’intrusion de la firme Chevron.

Mercredi 12 juin à 15h40, le réalisateur Lech Kowalski a été interpellé par la police à Zurawlow, village où des paysans polonais, s’opposent depuis plusieurs jours, à la Compagnie Chevron, qui souhaite s’installer pour rechercher du gaz de schiste... Motif de son arrestation : Refus de donner ses images.

Tweet de Lech : "I am not giving footage and they say they can arrest me . I will not give up footage !!!"

Voir la video montrant l’altercation avec la police

[Reporterre - Lech Kowalski a réalisé le documentaire sur le gaz de schiste Drill, baby drill. Il suit la lutte des paysans polonais.]

Voici par ailleurs le récit par l’AFP de la bataille, que Reporterre relate depuis le début :

Deux grands tracteurs, décorés de drapeaux aux couleurs nationales, blanc et rouge, bloquent une route de campagne qui mène au champ que Chevron voulait clôturer avec une grille.

« Ils vont d’abord mettre une grille, c’est juste un prétexte pour commencer leurs travaux. Puis, on n’y aura plus accès et on ne pourra plus protester contre Chevron qui fera ce qu’il voudra : des tests sismiques, puis des forages », dit Wieslaw Gryn, l’un des plus riches agriculteurs de la commune de Zurawlow, qui exploite quelque 300 hectares.

Dans les champs, des banderoles proclament : « Empoisonneurs, quittez nos terres », « Stop fraking Chevron - Occupy Chevron », « Nous ne voulons pas de gaz ».

« Nous protestons depuis neuf jours, 24 heures sur 24 heures », déclare Andrzej Bak, l’un des manifestants. « En cas de besoin, je peux appeler tous les voisins qui peuvent très vite venir en renfort », dit-il en montrant une liste de plusieurs dizaines de noms. « S’il le faut, 300 hommes viendront ici en quelques minutes », assure-t-il.

En mars 2012, ces mêmes habitants avaient réussi à bloquer les travaux de Chevron. « Nous avons gagné et Chevron nous a promis qu’ils ne feront rien ici », dit M. Bak.

« Aujourd’hui encore, nous n’allons pas laisser Chevron entrer sur nos terres. On ne veut pas de gaz ici. Tout ce qu’on veut, c’est vivre comme nous vivions, avoir de l’air pur et de l’eau propre », ajoute Bozena Staszczuk, une mère de famille venue avec ses trois fillettes pour protester.

Soutien de José Bové

Sous une tente militaire, les protestataires ont leur état major. C’est ici qu’ils mangent, qu’ils dorment sur la paille. Dans une cuisine militaire, ils préparent une soupe. Connectés via skype, ils cherchent le soutien des médias étrangers.

Un militant écologiste autrichien de Graz appelle les manifestants pour les encourager. « Tenez bon, on vous soutient pleinement et on espère que vous gagnerez », leur dit par skype Joseph Obermosir.

Le militant français José Bové leur a aussi apporté son soutien, ainsi que plusieurs ONG écologistes en France.

« En Pologne, personne ne s’intéresse à nous, les médias polonais soutiennent le gouvernement qui veut à tout prix que le gaz de schiste soit exploité en Pologne », affirme M.Bak.

La Pologne, qui couvre les deux tiers de sa consommation grâce au gaz russe, entend investir 12,5 milliards d’euros d’ici à 2020 pour exploiter ses gisements de gaz de schiste, évalués à près de 2.000 milliards de m3 par l’Institut national de Géologie (PIG). Ce pays de 38 millions d’habitants consomme actuellement environ 14 milliards de mètres cubes de gaz par an.

« Nous avons peur que dans quelques années notre terre ne devienne aride, alors que cette terre c’est notre vie, elle nous nourrit et nous donne du travail », dit M. Gryn.

« Et puis personne n’a demandé notre avis, personne ne nous a consultés. Et nous sommes pourtant un pays démocratique, un membre de l’UE », ajoute Andrzej Bak. « On ne lâchera pas, on va protester jusqu’à ce qu’ils partent, même si on doit passer l’hiver sous cette tente », dit-il.

Interrogée par l’AFP, la porte-parole de Chevron Pologne, Grazyna Bukowska, a assuré que le pétrolier américain agissait en toute légalité.

« Nous sommes au courant de cette action de protestation. Chevron dispose de toutes les autorisations nécessaires pour commencer les travaux à Zurawlow. Nous installons une clôture pour délimiter le terrain que nous avons pris en location », a-t-elle déclaré.

A Ksiezomierz, un village situé à une centaine de kilomètres de Zurawlow, Chevron réalise aussi un forage d’exploration, mais les habitants ne s’y opposent pas, au contraire.

« C’est peut-être une chance pour notre village, du travail pour nos habitants », déclare à l’AFP Dariusz Przywara qui, de sa maison, voit l’énorme tour de forage édifiée sur une colline. Le site vient d’être béni par le curé du village et visité par ses habitants lors d’une journée « portes ouvertes ».

L’âge de faire Par Julien villalard Reporterre 2013/06/14 Par Julien villalard (14 juin 2013) L’âge de faire. Reporterre. fr

L’âge de faire

Le numéro de juin est arrivé

Au sommaire du numéro 76 (juin 2013) :

QUAND NOTRE COEUR FAIT BZZ ! … Actrices incontournables de la pollinisation, les abeilles sauvages et domestiques déclinent. Rencontre avec ceux qui les aiment.

BANGLADESH : APRÈS L’ACCIDENT Dans le pays à la main d’oeuvre la moins chère du monde, les journées sont à rallonge, la liberté syndicale bafouée, et le salaire minimum légal est de 30 euros.

COMMERCE ÉQUITABLE Gros plan sur Artisans du monde et la coopérative Andines, deux pionniers exigeants mis en difficulté par la grande distribution.

LA DOYENNE DE KOKOPELLI Ancienne grainetière, Marie-Madeleine Gripouilleau, 87 ans, défend bec et ongles l’association Kokopelli. Récit d’une vie dans le commerce des plantes.

REPORTAGE dans un rucher partagé : Des habitants d’un village de Loire ont mis en place un rucher mutualisé : les abeilles appartiennent au groupe,qui doit s’organiser pour en prendre soin. Récit d’une aventure prometteuse.

• Insecticides : le verre à moitié vidé / Transhumance anti-puces • Transition écologique : une chance pour l’emploi des jeunes • Pénurie d’abeilles en Chine / Bangladesh : le casse-tête de l’eau • Et si on passait aux 30 heures ? / Bure : le débat truqué • Quand les avions fabriquent des nuages • Lire, écouter, voir / Vivre sans huile de palme, c’est possible ! • Bretagne : un parc éolien citoyen / Le pesto de plantain • La santé par le miel / Une seconde vie pour les huiles de friture • Trémargat, le village des possibles / L’élevage bovin à Parthenay • Abeilles : les identifier et les héberger • Apiculture, pourquoi pas moi ? • Courrier / Agenda / Annonces / Coin des diffuseurs

A commander dès aujourd’hui ici.

Dans le sud-ouest, les centrales solaires dévorent les terres agricoles Simon Charbonneau Reporterre 2013/06/14 Simon Charbonneau (14 juin 2013) Dans le sud-ouest, les centrales solaires dévorent les terres agricoles. Reporterre. Tribune — fr

Dans le sud-ouest, les centrales solaires dévorent les terres agricoles

« Les centrales solaires contribuent à la progression aveugle de l’artificialisation des sols. Il en irait différemment si ces projets étaient implantés sur des superficies déjà artificialisées. »

Depuis les accords de Grenelle et la loi de juillet 2010 qui a suivi afin de les formaliser juridiquement, les projets de technologies alternatives d’exploitation d’énergies renouvelables se sont multipliés en raison des tarifs préférentiels de rachat de l’électricité produite vendue à EDF, et ceci qu’il s’agisse de l’énergie éolienne ou photovoltaïque, en fonction des caractéristiques climatiques de chaque région.

Ici en Aquitaine, ce sont des centrales photovoltaïques implantées au sol qui se sont multipliées en particulier sur des terres agricoles comme en Dordogne ou en zone forestière comme dans les Landes et en Gironde.

En Dordogne dont les paysages constituent un capital touristique précieux, il y a eu jusqu’à présent trois projets de centrales photovoltaïques sur des terres agricoles et des zones humides (Beaupouyet, Saint Antoine d’Auberoche et Saint Médard d’Excideuil) portant sur une quarantaine d’hectares passés au stade de l’enquête publique, mais sans consultation de la commission départementale de consommation des terres agricoles.

La SEPANSO (membre de FNE) a fait annuler par le Tribunal Administratif de Bordeaux le permis de construire d’une centrale de 7 hectares sur la commune de Grèzes pour insuffisance de l’étude d’impact portant sur un site majeur. D’autres projets ont été proposés au Préfet de Dordogne portant sur des centaines hectares qui pour l’instant n’ont pas abouti.

En Gironde et dans les Landes, ce sont les superficies boisées qui sont impactées par ces projets qui pourraient affecter 10 000 hectares. A l’heure actuelle, seule la centrale EDF de Gabardan est en activité et s’étend sur plus de 317 hectares de superficie déboisée, les autres dans l’attente d’un permis de construire à venir parfois contesté devant le Tribunal Administratif par la SEPANSO.

Cet appel aux énergies renouvelables destiné à réduire notre dépendance vis à vis des énergies fossiles non renouvelables (pétrole, gaz, charbon et uranium) n’a en réalité rien de nouveau : dès avant guerre, les barrages hydroélectriques installés sur nos fleuves et rivières avaient commencés à être implantés, démontrant déjà l’impact écologique majeur sur la ressource halieutique migratrice.

Le soleil pour oublier les économies d’énergie

La vérité est en effet que toute production d’énergie, même renouvelable, comporte un impact plus ou moins important sur le milieu qui varie en fonction de son mode production. Cette politique de l’offre alternative d’énergie électrique est actuellement présentée comme constituant une priorité dans la transition énergétique au détriment des dispositifs d’économie d’énergie fondés sur une consommation frugale et qui devraient au contraire être considérés comme un impératif tant du point de vue social qu’écologique.

En ce qui concerne les centrales photovoltaïques implantées prioritairement en Aquitaine dans des espaces naturels et agricoles, elles comportent toujours un impact sur la biodiversité, le paysage et le potentiel de production des terres agricoles dont nous aurons besoin un jour pour nourrir les hommes, sans compter un bilan carbone contestable en cas de déboisement.

Autrement dit, tous ces projets contribuent à la progression aveugle de l’artificialisation des sols régulièrement dénoncé depuis Grenelle. Il en irait évidemment différemment si ces projets étaient implantés sur des superficies déjà artificialisées comme c’est le cas sur le grand parking de Bordeaux Lac ou encore sur les grandes surfaces. Or ici encore, cette voie n’est pas en fait considérée comme prioritaire.

La spéculation est aux commandes

Et tout ceci pour quels avantages procurés aux populations locales, (à l’exception du propriétaire du terrain d’implantation) et aux collectivités territoriales concernées, si ce n’est pour ces dernières une rentrée d’argent provenant de l’entreprise concernée ?

Car ces projets, il faut le dire et le répéter, sont de nature purement spéculative, portés par des logiques d’entreprise fondées sur le profit à court terme. Malgré les discours verts tenus par les porteurs de projet relatifs à la transition énergétique, ces aménagements photovoltaïques ne comportent aucun intérêt public local tangible.

Il en irait autrement, si comme en Allemagne, il y avait à la base de ces projets une véritable politique d’autosuffisance énergétique locale. Or, si l’on prend le cas de projets photovoltaïques implantés sur le territoire de petites communes en Dordogne, on constate qu’en cas de défaillances du réseau national suite à une tempête, la production photovoltaïque locale n’est pas susceptible de prendre le relais pour assurer l’autonomie énergétique des habitants concernés par la panne.

On a donc affaire à une situation absurde dont les populations locales ne tirent aucun avantage puisque la production locale d’électricité est destinée uniquement à alimenter le réseau national pour le bénéfice d’une entreprise.

Il est urgent de définir une politique de décentralisation de la production et de la distribution d’électricité susceptible d’assurer une certaine autonomie énergétique à la population locale en exploitant le potentiel de superficies de toitures existantes sur le territoire concerné. Cela est suffisant pour satisfaire une partie des besoin des usagers, si cette offre décentralisée est associée à de la sobriété énergétique.

Notre Dame des Landes : l’Etat veut enclencher les travaux en septembre CeDPA Reporterre 2013/06/14 CeDPA (14 juin 2013) Notre Dame des Landes : l’Etat veut enclencher les travaux en septembre. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : l’Etat veut enclencher les travaux en septembre

Rien n’est gagné à Notre Dame des Landes : le préfet veut enclencher dès septembre les procédures permettant l’ouverture des travaux, et AGO vient de demander le permis de construire de l’aérogare. Les élus opposés à l’aéroport dénonce l’autisme des autorités.

Lettre ouverte du CéDpa au Préfet de Région

Notre Dame des Landes, le 12 juin 2013

Monsieur le Préfet,

Nous avons le regret de vous informer que le C.A du CéDpa s’est réuni cette semaine et a décidé de suspendre sa participation au travail auquel vous nous aviez conviés à la suite du rendu des rapports des trois commissions sur le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. Nous étions déjà assez inquiets après nos premières réunions car nous avions senti que nous n’avions pas la même lecture des rapports et notamment du rapport scientifique, mais nous étions encore prêts à « jouer le jeu ». Cependant, depuis, plusieurs faits ont malheureusement renforcé notre méfiance :

1) La commission du dialogue n’a visiblement pas l’intention de répondre au courrier que nous lui avons envoyé le 1er mai dernier. Or, n’ayant pas été invités lorsque vous avez présenté ce rapport en présence de Monsieur Chéreau, nous n’avons pas pu lui poser nos dernières questions. Ce silence est assez désagréable alors que nous avons répondu de notre côté à toutes les sollicitations qui nous ont été faites. Une première erreur du rapport (sur la création d’emplois) vient d’être pointée publiquement par une journaliste (cf article de Rue89) ; sans réponse à nos questions, nous allons donc soulever les autres.

2) La réunion technique du 4 juin avec la DGAC et la DDTM, sous la direction de Monsieur Doré, nous a montré que les services de l’État avaient l’intention d’aller vite ; le mois de septembre a été cité à plusieurs reprises comme terme des études, ce qui ne nous laisse pas espérer un vrai travail contradictoire et transparent. Lorsque nous avons demandé que le PEB prévoie trois horizons de temps, comme cela se fait habituellement, nous avons senti l’embarras (« prendre plus de temps », « coûter plus cher », « pas le feu vert pour cela »…). Lorsque nous avons redemandé un véritable travail avec la DGAC sur les questions restées pendantes de l’étude coût/bénéfices de la DUP, M. Doré a commencé par affirmer qu’il ne pouvait y avoir discussion puisque nous étions en contentieux sur le sujet. J’ai alors rappelé que vous-même aviez trouvé normal d’éclaircir ce point. La réunion s’est achevée sans engagement clair sur le sujet.

3) AGO vient de déposer une demande de permis de construire pour l’aérogare, qui est donc en cours d’instruction, selon la technique bien française du « saucissonnage » des dossiers.

4) Enfin, l’interview que vous avez accordée à Presse-Océan a conforté notre sentiment. Vous évoquez à nouveau la rentrée de septembre, parlez des arrêtés loi sur l’eau et du possible démarrage des travaux à la suite. Même si M. Lapouze a ensuite téléphoné à l’une de nous pour dire que vos propos n’avaient pas été retranscrits fidèlement par le journaliste, vous ne les avez pas démentis depuis et le journaliste les confirme. Or l’émoi qui a suivi la parution de ce papier samedi est grand, et nous élus du CéDpa ne voulons pas être caution d’études complémentaires dont nous avons le sentiment qu’elles sont destinées à nous faire admettre une conclusion déjà faite. Et que nous pourrions déjà écrire !

Un an est nécessaire pour une analyse de l’état initial

C’est pourquoi, à ce jour nous préférons nous retirer d’un cadre visiblement biaisé. Pour votre complète information, sachez que nous écrivons à Monsieur le Président de la République pour lui expliquer les raisons de ce choix et en appeler à son arbitrage clair. La commission scientifique a parlé de la nécessité d’un délai d’un an voire plus pour avoir une analyse correcte de l’état initial ; la Commission européenne qui a engagé une procédure « EU-pilot », a trouvé les réponses de l’État français si insuffisantes qu’elle lui a renvoyé de nouvelles demandes ; la commission des pétitions a clairement affirmé qu’elle ne voulait pas « arriver trop tard » dans ce dossier. La rapidité affichée par les porteurs politiques du projet, rapidité que vos propos valident, n’est absolument pas compatible avec tous ces éléments importants.

Vous nous aviez dit que vous donneriez un nouveau calendrier fin juin, nous l’attendons donc pour infirmer ou confirmer nos craintes présentes et voir la suite à donner. Une reprise de notre participation aux travaux d’études ne pourrait se faire qu’à la condition d’établir un vrai climat de transparence et de prendre les moyens d’une réelle démarche contradictoire.

Avec nos regrets, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à nos salutations les plus distinguées.

Les coprésidents du CéDpa :

Françoise Verchère – Jean Paul Naud – Isabelle Loirat

Les Verts et le Parti de gauche opposés au traité de libre échange avec les Etats-Unis Verts au Parlement européen // Parti de gauche Reporterre 2013/06/15 Verts au Parlement européen // Parti de gauche (15 juin 2013) Les Verts et le Parti de gauche opposés au traité de libre échange avec les Etats-Unis. Reporterre. Politique fr

Les Verts et le Parti de gauche opposés au traité de libre échange avec les Etats-Unis

Communiqué du groupe des Verts au Parlement européen

Accord de libre-échange Europe/Etats-Unis : vers un OTAN de l’économie

Alors que les ministres européens du commerce viennent finalement de donner mandat à la Commission européenne pour négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, Yannick Jadot, député européen, vice-président de la Commission du commerce international et porte-parole du groupe des Verts sur ce dossier, dénonce le renoncement des dirigeants européens à défendre un modèle européen économique, industriel, social et écologique.

L’exclusion de l’exception culturelle des négociations, même si en des termes ambigus, non définitifs et avec la possibilité de rouvrir les négociations sur ce sujet plus tard, est un bel arbre qui ne doit pas cacher la forêt des renoncements des États-membres -et de la France- sur de nombreux choix de société et l’absolue nécessité d’une transparence des négociations.

Pour Yannick Jadot : “Le manque de transparence des négociations internes à l’Union qui ont abouti à l’octroi de ce mandat et les négociations à venir avec les États-Unis est profondément scandaleux. Comment les dirigeants européens peuvent-ils accepter que soient négociés les services publics, les OGM, le bœuf aux hormones, la volaille chlorée, l’agriculture et les indications géographiques, la protection des données privées et la propriété intellectuelle, les marchés publics, les normes environnementales et sanitaires, les droits sociaux sans que les citoyens aient la possibilité d’accéder au mandat et autres documents de négociation ?

Comment les dirigeants européens peuvent-ils accepter que se négocie un renforcement sans précédent des pouvoirs des firmes qui leur permettra de contester toute décision de politique publique ?

L’extension engagée du modèle américain à l’Europe n’est pas seulement une menace pour notre économie, elle est une remise en cause fondamentale d’un modèle européen de société et un déni scandaleux de démocratie. Il est regrettable que les fondements du combat pour l’exception culturelle n’aient pas été étendus à tous les champs de la société menacés par cet accord.

Les vraies victimes de ces négociations confidentielles sont la démocratie et les citoyens européens. Le processus engagé ressemble étrangement à celui du très controversé “traité anti-contrefaçon” (ou ACTA), rejeté au final par le Parlement européen. Malheureusement, les gouvernements européens et la Commission ne semblent pas avoir tiré les leçons de cet échec et continuent avec la même arrogance à exclure les citoyens. De même, ils ne semblent pas avoir tiré les leçons des crises que nous traversons en poursuivant les mêmes recettes de libre-échange et de la dérégulation.

Dans les semaines et les mois qui viennent, les écologistes construiront les alliances transatlantiques pour alerter et informer l’opinion publique, peser sur les négociateurs, construire des propositions alternatives et tenter de stopper cette course folle vers un marché unique transatlantique dominé par les firmes et reléguant les États et leurs dirigeants au statut d’’idiots utiles’".

Communiqué du Parti de Gauche

Derrière l’exception... la trahison

Le gouvernement crie victoire après avoir obtenu que les secteurs du cinéma et télévision soient exclus des négociations avec les Etats Unis en vue du Grand Marché Transatlantique. Si l’exception culturelle devrait évidemment toujours être un préalable dans les accords commerciaux internationaux, il s’agit cette fois non d’une victoire mais d’un leurre.

Sous couvert de cette exception, la France accepte en effet des négociations dont l’objectif est de lever toutes les protections sociales et environnementales vis à vis des USA. Dans le secret le plus total, le parlement n’ayant même pas été invité à voter sur l’ensemble de ces négociations, François Hollande et le gouvernement se préparent ainsi à un véritable acte de trahison.

De l’uranium et de l’amiante sur le tracé de la LGV Lyon-Turin Andrea Barolini (Reporterre) Reporterre 2013/06/17 Andrea Barolini (Reporterre) (17 juin 2013) De l’uranium et de l’amiante sur le tracé de la LGV Lyon-Turin. Reporterre. fr

De l’uranium et de l’amiante sur le tracé de la LGV Lyon-Turin

La montagne qu’est censée traverser la LGV Lyon-Turin est truffée d’uranium et d’amiante, révèle un scientifique italien. Evacuer et sécuriser ces matériaux dangereux ferait encore gonfler l’addition démesurée de ce projet contesté.

La construction de la ligne Lyon-Turin se trouve depuis longtemps dans le collimateur des environnementalistes italiens. Et voici qu’une nouvelle raison vient renforcer leur critique : sous la montagne dans laquelle est censée passer la ligne ferroviaire - selon le projet né en 1991 et relancé par les Etats français et italien en accord avec l’Union européenne en 2001 -, des chercheurs indépendants ont trouvé des matériaux fortement dangereux pour la santé publique, tels que l’amiante et l’uranium.

Le Val de Suse, qui traverse le Piémont du tunnel du Frejus jusqu’à Turin, est connu en Italie comme la « mine uranifère d’Europe ». Ce n’est pas le mouvement populaire « No-TAV », qui depuis longtemps désormais s’oppose au projet, qui le dit, mais la compagnie pétrolière italienne Agip : elle a confirmé la présence de matériel radioactif dans les années 1970, quand l’entreprise publique a creusé des tunnels exploratoires dans les montagnes situées entre les municipalités de Giaglione et Venaus. Les techniciens de l’Agip s’étaient lancés à la recherche de pechblenda, le constituant principal des minéraux d’uranium pour l’industrie nucléaire car, à l’époque, avant les référendums du 1987 qui ont imposé l’abandon de l’atome, l’Italie voulait se doter d’un parc nucléaire.

Massimo Zucchetti, professeur du Politecnico de Turin, est allé personnellement à coté des sites où ont commencé les premiers travaux pour la réalisation des tunnels : « Avec un compteur Geiger, a-t-il expliqué à Reporterre, j’ai relevé des taux de radioactivité jusqu’à mille fois plus élevés que la radiation naturelle. Il y a vingt-huit endroits dans le Val de Suse, où l’uranium émerge de la surface du sol, y compris sur un des sites où sera creusée une partie du tunnel. Ce matériau est présent dans la montagne depuis des milliers d’années. C’est pourquoi, s’il faut la creuser, il serait intelligent de ne pas le faire ici... ».

Le professeur Zucchetti, du Politecnico de Turin

Les anciennes mines d’uranium sont en fait localisées à quelques centaines de mètres seulement de Maddalena di Chiomonte, le lieu choisi pour le chantier par la société Lyon Turin Ferroviaire (LTF, filiale de Réseau Ferré de France et de Rete Ferroviaria Italiana), qui est le promoteur de la section transfrontalière entre Saint-Jean-de Maurienne, en Savoie, et Bussoleno, en Piémont.

Zucchetti a enregistré sa visite près du chantier : la video est diffusée par le quotidien italien Il Fatto Quotidiano

« On n’a trouvé ni amiante, ni uranium », a déclaré au contraire Marco Rettighieri, directeur général de la société franco-italienne, à l’agence de presse Ansa au début de mois de juin. Mais dans les documents de planification initiale du projet, les techniciens du LTF n’avaient même pas envisagé l’hypothèse de trouver de l’uranium. « Donc nous ne savons pas s’ils étaient équipés d’appareils pour détecter la radioactivité, ni de protections contre celle-ci. Maintenant, ils parlent dans le projet définitif de l’éventualité de trouver de l’uranium. Mais ils ne spécifient pas l’éventuelle destination de tels déchets spéciaux, qui bien évidemment ne pourraient pas être utilisés, par exemple, pour des œuvres civiles », poursuit Zucchetti.

L’affaire connait un précédent. A Venaus, où est censée passer la LGV Lyon-Turin, une centrale hydroélectrique était entré en service en 1967 Les matériaux extraits avaient été utilisés pour un terrain de football à Giaglione : « On y relève aujourd’hui un taux de radioactivité double par rapport à la normale. Il ne s’agit pas d’un risque pour la population, mais d’un signal qui confirme la présence d’éléments dangereux », observe le professeur.

Et de l’amiante !

Mais l’uranium n’est pas le seul souci. Dans les terres situées sous le Val de Suse, on trouve un autre matériau fortement nuisible pour la santé publique : l’amiante. Dans ce cas, la présence a été confirmé par les projets officiels eux-mêmes. « Mais, on ne sait pas pourquoi, le projet suppose de trouver de l’amiante seulement dans les premières 500 m des tunnels. En réalité, on pourrait en rencontrer sur l’ensemble du chantier, c’est-à-dire sur les 104 km de tunnels », explique Zucchetti.

Donc, les roches extraites devraient être traitées de la même façon que des déchets potentiellement dangereux, ce qui entrainerait une forte augmentation des coûts. Comme le projet prévoit la construction d’une ligne ferrée de 200 km, comprenant huit tunnels, cinq viaducs et cinquante-neuf ouvrages d’art, on mesure l’importance de l’enjeu.

La LTF explique sur son site internet que, « sans la nouvelle ligne Lyon-Turin, le trafic ferroviaire traversant la frontière à Modane passerait d’environ 1,4 million de voyageurs à 2,3 millions à l’horizon 2035. En revanche, la réalisation de la nouvelle liaison devrait permettre d’attirer 4,7 millions de voyageurs sur cet axe en 2035 : environ 1,3 million se transférant vers le rail, d’une part de la route (400 000), d’autre part de l’avion (900 000). Il en résultera un effet positif pour l’environnement ».

Mais cela est prévu pour 2035. Et l’an dernier, la Cour des Comptes française a souligné l’augmentation vertigineuse du coût prévisionnel du projet, passé de 12 milliards en 2002 à 26 milliards aujourd’hui. Elle a estimé que, dans le contexte économique actuel, il sera très difficile de mobiliser un tel financement public.

Le conseil des ministres italien devrait examiner dans les semaines qui viennent la loi autorisant la ratification de l’accord franco-italien du 30 janvier 2012. Le texte sera ensuite transmis à la Chambre des députés et au Sénat (en Italie, il faut que les deux chambres donnent le feu vert). Le même texte devra être aussi ratifié par l’Assemblée nationale française. Les deux parlements tiendront-ils compte de l’uranium et de l’amiante que mettraient au jour les foreuses géantes ?

La bio décolle en Russie Ria Novosti Reporterre 2013/06/17 Ria Novosti (17 juin 2013) La bio décolle en Russie. Reporterre. fr

La bio décolle en Russie

Produits bio en Russie : pas de cadre légal, mais déjà deux syndicats

Les acteurs du marché russe de l’agriculture biologique (qui exclut l’utilisation de pesticides chimiques de synthèse), un secteur dénué de cadre législatif en Russie, commencent à faire parler d’eux : deux syndicats ont vu le jour au printemps 2013. Les deux organisations ont un seul et même but : créer un secteur de l’agriculture « bio » civilisé et régulé qui n’aura rien à envier aux marchés européen et américain.

Ainsi, le 17 mai, la compagnie Agranta, le supermarché haut de gamme Azbouka Vkoussa, la corporation Organik et Arivera ont signé un mémorandum sur la création de l’Union nationale du bio (NOS). Créée par une vingtaine d’acteurs du marché, une autre structure a vu le jour dans la foulée, l’Union nationale de soutien et de développement de l’agriculture biologique.

D’après une source de l’agence Prime proche de la situation, les initiateurs des deux unions ont commencé à travailler conjointement sur un projet de loi encadrant la production agricole bio, avant de diverger sur leur vision de ce thème.

Selon le PDG d’Agranta (un des fondateurs du NOS) Sergueï Batchine, cette division initiale en plusieurs « points de croissance » est liée au caractère embryonnaire des efforts d’unification. « Je crois qu’il faut attendre un peu et faire le point dans un an et demi. Je pense avec confiance qu’il n’y aura alors qu’une seule formation unifiée », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à RIA Novosti.

PAS DE CADRE LEGAL

La Russie ne possède jusqu’à présent aucune base juridique dans la sphère de la production agricole bio. Le concept de « production organique » n’est pas défini, et aucun standard n’a été fixé. Un projet de loi est en cours de rédaction depuis la fin de l’année 2012.

« Actuellement, n’importe qui peut qualifier sa production de »bio« , cela dépend uniquement de l’honnêteté du producteur », a indiqué le directeur de la chaîne Azbouka Vkoussa Sergueï Korchounov.

Les deux syndicats se sont fixés comme but principal de promouvoir la création d’un certificat officiel de conformité aux standards bio. L’octroi des certifications devrait être réalisé par une agence accréditée par l’Etat. Le but est de créer des standards identiques pour tous et de mettre en place un label reconnaissable pour le consommateur.

Pour les petites et moyennes exploitations, l’agriculture bio est l’un des seuls moyens de survivre, indiquent les experts. En effet, si la production bio est plus chère que celle du secteur industrielle, sa demande croit de façon croit de façon « exponentielle », a souligné M. Korchounov.

« En exportant nos produits en Europe, nous nous heurtons à la méfiance des Européens. Je crois que nous avons d’immenses perspectives de développement de la production en Russie, aussi bien sur le marché intérieur que pour l’export », a indiqué de son côté le président d’Ekoniva Stefan Duerr.

Selon le représentant de la marque Organik Oleg Mironenko, le public du bio est actuellement composé principalement de jeunes familles avec enfants (45%). « Les gens commencent à prendre soin de leur santé de celle de leurs enfants », a-t-il indiqué.

EN MILLIONS OU EN MILLIARDS

En l’absence d’un système de standardisation en Russie, il est difficile de mesurer le volume du marché russe du « bio ». Selon M. Batchine, il représenterait environ 100 millions de dollars par an, contre 30 milliards de dollars en Europe, et un volume à peu près équivalent aux Etats-Unis. Au total, le secteur du bio devrait ’« peser » en 2020 environ 250 milliards de dollars au niveau mondial.

D’après les données d’Evromonitor international, les ventes de produits ’« bio » en Russie ont augmenté de 7,8% en 2012 par rapport à 2011, atteignant 148 millions de dollars. Selon les experts, le marché devrait croître de 30% entre 2010 et 2015.

Selon les représentants d’Azbouka Vkoussa, 98% de la production bio de la chaîne est importée. A terme, prévoit le NOS, la production russe devrait devenir majoritaire dans les rayons. L’augmentation du nombre de producteurs devrait en outre permettre à la production bio de devenir moins chère.

« Avec le temps, il y aura une convergence progressive du bio avec les produits dits normaux au niveau des prix », a déclaré le président d’Arivera Ilia Kaletkine.

Pique-nique sur le site du projet Oxylane-Décathlon Par Julien villalard Reporterre 2013/06/17 Par Julien villalard (17 juin 2013) Pique-nique sur le site du projet Oxylane-Décathlon. Reporterre. fr

Pique-nique sur le site du projet Oxylane-Décathlon

Pique-nique festif Dimanche 23 juin, à Saint-Jean de Braye (45) sur le site du projet Oxylane-Décathlon

Pique-nique festif Dimanche 23 juin, 12 h à Saint-Jean de Braye (45) sur le site du projet Oxylane-Décathlon Accès rue de la Bissonnerie derrière le Western Pony

Vive nos champs ! Non au béton !

Apportez vos repas, instruments de musique,votre bonne-humeur pour dire NON à ce projet nocif et inutile ! Buvette sur place, le collectif offre l’apéro ! Animations assurées toute l’après-midi ! Familles et enfants bienvenues !

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Communiqué de presse du collectif « Pour un Site Préservé entre Loire et Forêt » du 9 juin 2013

Le collectif « pour un Site Préservé entre Loire et Forêt » rassemble des associations et des citoyens qui veulent défendre les zones agricoles et naturelles sur l’agglomération orléanaise. Il s’oppose au projet d’implantation d’un centre commercial "Village Oxylane" sur 15 hectares de terres encore cultivées et boisées à Saint-Jean de Braye.

Une autre version de la réalité agricole sur le secteur de la Bissonnerie

Notre collectif souhaite réagir à l’article intitulé « Secteur de la Bissonnerie, la réalité agricole » paru dans le mensuel de la municipalité de Saint-Jean de Braye (Regards n° 174 du mois de mai 2013), et repris sur la page dédiée aux « Ateliers de travail urbain » du site de la mairie.

Dans cet article, Benoist Bertheau, l’un des deux agriculteurs exploitants des parcelles sur le secteur de la Bissonnerie, nous explique pourquoi il ne s’oppose pas au projet d’implantation du centre commercial Village Oxylane.

Cet avis n’est pas partagé par Frédéric Bertheau, le second agriculteur concerné sur ce site.

Nous regrettons de ne pas avoir lu son témoignage dans Regards. En effet, ces informations sont essentielles à la bonne compréhension du dossier. Par ce communiqué, notre association souhaite donc porter connaissance de ces éléments au plus grand nombre.

Voici le courrier de Frédéric Bertheau :

« Je m’insurge de voir que des agriculteurs en pleine carrière souhaitent que les terres qu’ils exploitent soient reprises afin d’être urbanisées. Ont-ils oublié que c’est la terre qui les fait vivre ? Ont-ils perdu la tête ?

De plus, si la création d’emplois par le groupe Décathlon est le but recherché par la municipalité, elle risque d’être fort déçue car si l’on interprète les propos du journal les Echos.fr d’avril 2013 "les effectifs du groupe resteront stables" malgré l’ouverture en France de 5 magasins cette année. »

L’association invite toutes les personnes qui refusent ce projet inutile et nocif à rejoindre notre action lors d’un pique-nique festif dimanche 23 juin à partir de 12 heures sur le site de la Bissonnerie.

Signer la pétition

Sur autoroute, des camions mus par l’électricité... comme des trolleys Cédric Philibert Reporterre 2013/06/17 Cédric Philibert (17 juin 2013) Sur autoroute, des camions mus par l’électricité... comme des trolleys. Reporterre. Transports fr

Sur autoroute, des camions mus par l’électricité... comme des trolleys

J’en rêve depuis 5 ans… Siemens l’a testé. On pourrait alimenter en électricité sur autoroute des camions hybrides – dotés d’un moteur thermique et d’une chaîne de traction électrique.

Ce pourrait même être la seule option réellement disponible pour réduire la consommation d’énergies fossiles et les émissions de CO2 des camions lors de trajets trop longs pour les seules batteries, trop courts pour justifier le passage au ferroutage, et trop « constants » pour que l’hybridation réduise vraiment la consommation. Ci-dessous une note que j’ai écrite sur le sujet il y a cinq ans, légèrement révisée en 2009. Et les pages explicatives de Siemens.

Plug-in hybrids ou autoroutes électriques – le cas des poids lourds (22/01/2008 )

La voiture hybride “plug-in” (raccordable), fonctionne en tout électrique, quotidiennement, sur batterie, tout en autorisant un fonctionnement en mode hybride, basé sur la consommation d’essence ou de gazole, pour des trajets plus longs. Il est intéressant de comparer ce concept avec celui en usage dans le monde ferroviaire, avec certaines locomotives diesels-électriques, celles dotées en outre d’un pantographe.

Leur fonctionnement est presque exactement inverse – elles n’ont d’ailleurs pas de batteries électriques. Elles fonctionnent en tout électrique sur les lignes principales électrifiées, et en mode hybride en fin de parcours sur des lignes secondaires non électrifiées.

Peut-on transposer le concept ferroviaire sur route, ou tout du moins sur autoroute, voire mixer les deux concepts ? On pourrait imaginer de commencer par le problème des camions sur autoroute. L’autoroute ferroviaire, ou le transport combiné, sont des approches nécessaires qui supportent des coûts d’investissement élevés. Ces solutions s’imposent pour les trajets de plus de 500 km, mais peinent à s’imposer pour des trajets plus courts, les temps et coûts de chargement devenant pénalisants.

A l’inverse, sur les trajets vraiment courts, on ne peut guère que chercher à améliorer l’efficacité énergétique des véhicules. Dans l’entre deux en revanche, il y a presque toujours une part de trajet sur autoroute : c’est celui-ci qui nous intéresse.

En 2005, les véhicules lourds immatriculés en France on déplacé 53 milliards de tonnes-kilomètres lors de trajets de moins de 150 km, 67,9 milliards de t-km lors de trajets supérieurs à 500 km, et 84,3 milliards de t-km lors de trajets compris entre 150 et 500 km. La « cible » représente donc nettement plus de 40% des émissions de CO2 du fret routier – en particulier selon la fraction des trajets supérieurs à 500 km qui bascule sur le ferroutage.

On cherche ici à compléter plutôt qu’à supplanter, en tirant parti du fait que les constructeurs envisagent d’« hybridiser » les poids lourds, afin d’économiser jusqu’à 35% (Volvo) voire 50% (objectif de l’US DoE) de carburant. Une possibilité serait bien sûr d’utiliser les batteries pour circuler en ville. C’est une option intéressante pour réduire la pollution urbaine, mais les bénéfices en termes de CO2 seront faibles car ces camions font rarement des trajets quotidiens courts, les seuls qu’on peut alimenter par une recharge nocturne sur le réseau, et il faut un volume et un poids de batteries bien supérieurs que pour un mode seulement hybride.

Pourtant, dès lors que les camions seront équipés d’une chaîne de traction électrique, en plus de leur moteur à combustion interne, on pourrait envisager de les alimenter en continu par trolley, ou par induction, ou par un combiné caténaire et induction. Les lignes à équiper en priorité seraient les tronçons d’autoroute à fort trafic poids lourds, comme l’autoroute du Nord. Au-delà de ces tronçons, pour la desserte finale, les camions retourneraient au mode hybride.

Il y a là, comme souvent, le problème habituel de poules et d’œufs : il faut équiper les autoroutes de caténaires, et les camions hybrides de trolley et sans doute de convertisseurs de courants. On a supposé jusqu’ici que l’hybridisation des camions s’imposerait pour des questions d’efficacité, mais ce n’est pas garanti. On pourrait aussi concevoir que la possibilité de faire rouler ces camions à la peu coûteuse électricité du réseau sur de longs trajets constituerait en elle-même un encouragement à la transformation du parc.

Il y aurait sans doute aussi une question de tarification à résoudre. Bien entendu, ces dispositifs sur autoroutes pourraient fonctionner avec des vitesses régulées et des systèmes de maintien d’écart entre véhicules, voire de guidage, cependant il faudrait que puissent se mêler dans la circulation véhicules avec et sans trolleys.

Le gain en CO2 sera bien sûr important dans les pays dont le mix électrique est peu carboné, encore qu’il puisse s’avérer nécessaire d’analyser le caractère marginal ou moyen du kWh mobilisé pour tirer les choses au clair. Il sera faible ou nul dans d’autres – mais il y aura toujours un gain de sécurité énergétique, par exemple dans tous les pays richement doté de charbon. Jusqu’où jour où, bien sûr, le CO2 des centrales à charbon sera capturé et stocké.

La forêt de Brocéliande retourne au tribunal Association Sauvegarde de Brocéliande Reporterre 2013/06/17 Association Sauvegarde de Brocéliande (17 juin 2013) La forêt de Brocéliande retourne au tribunal. Reporterre. Forêts fr

La forêt de Brocéliande retourne au tribunal

Depuis des années, des associations s’opposent à l’implantation d’un centre de traitement de déchets dans la forêt de Brocéliande, en Bretagne. Le marathon judiciaire se poursuit devant le tribunal administratif de Rennes.

Depuis bientôt neuf ans, l’association Sauvegarde de Brocéliande, SOS Brocéliande et Assure s’opposent aux projets de Centre de Stockage de Déchets Non Dangereux et d’usine de traitement de déchets (Tri Mécano Biologique) portés par le SMICTOM Centre Ouest d’Ille-et-Vilaine comprenant 65 communes. Ces projets se situent au cœur d’une zone naturelle en Forêt de Brocéliande. .

Dans le cadre des actions en référé à l’encontre des permis de construire de l’usine, le 5 décembre 2007, le tribunal administratif de Rennes avait suspendu le permis de construire de l’usine entraînant l’arrêt des travaux tout juste commencés. Le tribunal avait reconnu le risque pour la sécurité publique que faisait courir ce projet en raison de l’absence de prise en compte du risque d’incendie. L’atteinte au site a également été sanctionnée.

L’étude d’impact de l’usine a aussi été considérée comme insuffisante sur ce point, mais également, à raison de l’absence de prise en compte du patrimoine culturel de Brocéliande, des mythes et légendes que véhicule cette forêt. Cette décision de suspension des travaux avait été confirmée par le conseil d’État le 18 avril 2008.

En 2010, après six ans de mobilisation et de combats judiciaires, les associations de défense de la forêt de Brocéliande ont obtenu par un jugement du tribunal administratif de Rennes du 25 mars de la même année, l’annulation des permis de construire de l’ usine et des autorisations d’exploiter.

Puis, en novembre 2010, le SMICTOM a déposé un nouveau dossier pour le même projet, afin de solliciter à nouveau un permis de construire pour l’usine et une autorisation d’exploiter pour l’ensemble des installations (usine et centre de stockage). Le permis de construire a été délivré en octobre 2011 et a aussitôt fait l’objet d’un recours contentieux en décembre de la même année de la part des Associations Sauvegarde de Brocéliande, Assure, SOS Brocéliande, ainsi que de la Commune de GAËL qui, dans l’intérêt de ses administrés, s’oppose à l’implantation du projet sur son territoire.

Suite à cette situation, c’est maintenant ce recours mené par la commune de Gaël ainsi que les associations Sauvegarde de Brocéliande, SOS Brocéliande, Assureet autres à l’encontre du permis de construire de l’usine délivré par la préfecture qui sera examiné, le vendredi 28 juin 2013 à 10H45 au Tribunal Administratif de Rennes.

De plus, des recours indemnitaires pour préjudice écologique demandés par ces associations contre la préfecture seront également examinés suite aux autorisations d’exploiter illégales délivrées par celle-ci en janvier 2007 .

Il s’agit là d’une journée cruciale pour l’avenir de Brocéliande. La mobilisation est nécessaire devant le Tribunal pour dire NON au désastre qui se joue actuellement sur le site de Point-Clos en Gaël.

Rendez-vous le vendredi 28 juin 2013 à 10H45 au tribunal administratif de Rennes (3, Contour de la Motte)

Déchets nucléaires : les opposants réclament un référendum plutôt qu’un débat BFM Reporterre 2013/06/18 BFM (18 juin 2013) Déchets nucléaires : les opposants réclament un référendum plutôt qu’un débat. Reporterre. Déchets nucléaires fr

Déchets nucléaires : les opposants réclament un référendum plutôt qu’un débat

Le deuxième débat public concernant le site de stockage de déchets radioactifs envisagé à Bure dans la Meuse, qui devait se tenir lundi soir 17 juin à Bar-le-Duc, a été empêché par des opposants au projet qui ont fait arrêter la réunion au bout d’une demi-heure, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le premier débat, le 23 mai, avait connu un sort similaire.

« Y aura-t-il d’autres débats ? On va voir. On trouvera d’autres formes », a indiqué à l’AFP Jacques Archambault, vice-président de la Commission nationale du débat public (CNDP).

La réunion de lundi avait commencé par une prise de parole de Jean-Luc Bozon, un élu de la Haute-Marne, département voisin du Centre de stockage profond réversible des déchets radioactifs (Cigéo), qui a remis une pétition réclamant un référendum.

« Vous aurez le bordel dans toutes vos réunions tant que nous n’aurons pas de référendum », a-t-il lancé en dénonçant « des technocrates parisiens qui vont faire crever la Meuse et la Haute-Marne », sous les applaudissement nourris d’une bonne moitié des quelque 300 participants.

Le cyberespace utilisé contre la liberté Christophe Ventura (Mémoire des luttes) Reporterre 2013/06/18 Christophe Ventura (Mémoire des luttes) (18 juin 2013) Le cyberespace utilisé contre la liberté. Reporterre. Tribune — fr

Le cyberespace utilisé contre la liberté

Face à la montée de la cybersurveillance, les citoyens et les forces qui luttent pour la démocratie et l’émancipation doivent élargir leurs combats à la nouvelle dimension immatérielle du monde.

Depuis la Seconde guerre mondiale et la signature, en 1943, de l’accord BRUSA (U.S-British R.I Circuit [1]) entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne après que les services de renseignements militaires et les cryptographes de cette dernière soient parvenus à briser le code de l’armée allemande Enigma, le développement de systèmes de surveillance de masse et d’interception de données et de communications à l’échelle internationale par des Etats, en lien étroit avec les acteurs de l’industrie des technologies, n’a jamais cessé.

La signature, en 1946, du British-US Communication Intelligence Agreement (UKUSA) - succédant au BRUSA [2], le développement des systèmes Echelon à la fin des années 1990 (démarré depuis les années 1970) et Terrorism Information Awareness (TIA) élaboré dans la foulée des attentats du World Trade Center et du Patriot Act en 2001 (lire Ignacio Ramonet, « Surveillance totale »), ou du programme de surveillance globale Prism mis en place par l’Agence nationale de sécurité (NSA) des Etats-Unis [3] ont constitué autant d’étapes qui ont structuré, sans contre-pouvoirs démocratiques, l’emprise de la surveillance de masse planétaire.

Pour autant, faut-il en conclure avec Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois à l’Assemblée nationale et auteur d’un rapport sur le contrôle des activités de renseignement, que « depuis les révélations sur Echelon, l’existence de ce type de dispositif ne suscite plus de surprise démesurée » ? Et « que (le fait que) les Américains aient la tentation de nous écouter n’est pas une nouveauté » [4] ?

En réalité, oui et non. La continuité est indiscutable mais le processus de fusion intégrale actuellement à l’oeuvre entre la société, l’Etat, les groupes commerciaux et la technologie est, lui, tout à fait inédit. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère ouverte avec l’éclosion d’un deuxième monde – immatériel – relié au premier – physique – par les structures « en dur » de l’Internet contrôlées par les Etats et les groupes commerciaux : câbles en fibres optiques qui traversent les océans, satellites, serveurs informatiques domiciliés, logiciels.

Dans ce contexte, les Etats-Unis disposent désormais d’un leadership militaire, technologique, financier et commercial inégalé. Pour leur part, les principaux acteurs de l’Internet sont états-uniens ou soumis aux lois états-uniennes et disposent de grandes facilités financières et fiscales (dans le pays et en dehors). Dans le même temps, l’activité de renseignement des Etats (notamment des Etats-Unis) est largement privatisée et des nébuleuses d’entreprises spécialisées travaillent directement pour leurs agences et services, créant ainsi une nouvelle forme d’hybridation Etat/entreprise.

Ce processus engendre un changement de nature du phénomène de surveillance de masse. Son niveau de développement technologique combiné à sa privatisation et à sa capacité de traitement quasi intégral de l’humanité (individus, entreprises, gouvernements) modifie désormais la manière même de penser les questions du pouvoir, de l’action politique et de la démocratie.

"Vous ne pouvez pas avoir 100 % de sécurité et 100 % de respect de la vie privée"

L’enjeu de cette réflexion est, à sa manière, parfaitement identifié et formulé par Barack Obama lui-même lorsqu’il affirme, à la suite des révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden par qui le scandale Prism est arrivé : « Je pense qu’il est important de reconnaître que vous ne pouvez pas avoir 100% de sécurité, avoir 100% de respect de la vie privée et zéro inconvénient. Il faut bien, en tant que société, faire des choix ».

Par ces mots, le président américain confirme, à son corps défendant, l’analyse développée par Jacob Appelbaum, fondateur de la plateforme collaborative de hacking Noisebridge. Pour lui, toutes nos démocraties intègrent dans leur système le principe de régime d’exception à l’état de droit, lorsque la raison d’Etat ou les valeurs constitutives de la vie en société sont en danger.

L’appareil d’Etat décide, en dernier ressort, le motif et le moment de la violation de ces valeurs. Il peut ainsi, quand bon lui semble, en abuser pour atteindre ses objectifs en matière de surveillance et de politiques sécuritaires. Dans cette perspective, le co-auteur, avec Julian Assange, de Menace sur nos libertés.

Comment Internet nous espionne. Comment résister (5) affirme que les démocraties sont confrontées à « quatre cavaliers de l’Infocalypse » : la pornographie enfantine, le terrorisme, le blanchiment d’argent, les guerres de la drogue. Chacun de ces fléaux, indépendamment du fait qu’ils doivent être effectivement combattus, sert dans le même temps de prétexte au renforcement permanent des systèmes de surveillance globale des populations.

Dans le domaine de l’information et des communications, la mondialisation a renforcé le pouvoir des Etats. En la matière, loin de réduire leur souveraineté, la disparition des frontières communicationnelles, l’internationalisation des flux et l’émergence de nouveaux monopoles de l’Internet ont à la fois accru la puissance de quelques uns (Etats-Unis, pays d’Europe occidentale, Chine, Russie, Inde) tout en en transformant les formes.

Désormais, les Etats dominants dans le système-monde sont ceux capables de contrôler - sur le plan physique, informationnel et cognitif –, et en alliance avec des groupes industriels, les individus et les populations en dehors de toute logique territoriale. Ce faisant, c’est la nature même de l’Etat qui est en train d’évoluer sous nos yeux dans le cadre du développement du cyberespace. Ce dernier est devenu le nouveau champ de bataille des Etats pour affirmer leur puissance.

Face à ces évolutions, que doivent faire les citoyens et les forces qui luttent pour la démocratie et l’émancipation ? Ces derniers doivent impérativement élargir leurs combats au cœur de la nouvelle dimension immatérielle du monde. Celle-ci est caractérisée par l’existence d’une asymétrie informationnelle.

Dans le langage économique, cette notion indique une situation dans laquelle un agent dispose d’informations pertinentes sur un autre qui, lui, n’en a aucune. Ainsi, pour renverser cette nouvelle forme de domination immatérielle, il faut imposer un maximum de transparence aux puissants de l’Internet (entreprises, Etats, agences, banques, etc.) et, dans le même temps, la reconnaissance, la promotion et la protection du droit à l’anonymat pour les individus.

Ce combat ne fait que commencer.

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Notes

[1] Cet accord pionnier en matière de renseignement électronique - ou renseignement d’origine électromagnétique - (dit SIGINT pour SIGnals INTelligence) entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni prévoyait la mutualisation des moyens, des informations, et des techniques (algorithmes, codage, encodage, etc.) entre les deux Etats pour organiser la surveillance et la destruction des puissances de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon).

[2] Avec ce nouvel accord, il s’agit désormais de construire un réseau intégré de stations de contrôle capable d’assurer la surveillance de l’ensemble du globe. Dans une seconde étape, les pays du Commonwealth (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande), ainsi que l’Allemagne, le Danemark, la Norvège et la Turquie se joindront, en tant que partenaires associés, à cette alliance, chacun se chargeant de suivre une zone géographique déterminée. Le site de la NSA offre de nombreux documents déclassifiés relatifs à cette histoire du renseignement électronique : http://www.nsa.gov/public_info/declass/ukusa.shtml

[3] Avec la coopération des principaux acteurs de l’Internet et des réseaux sociaux à l’exception notable de Twitter (AOL, Apple, Dropbox, Facebook, Google, Microsoft, Yahoo, Skype).

[4] Le Monde, 13 juin 2013.

[5] Ed. Robert Laffont, Paris, 2013. Lire sur le sujet Christophe Ventura, « Julian Assange et la surveillance de masse ».

Le col de Sarenne est un passage dangereux pour les coureurs cyclistes Le bruit du Vent Reporterre 2013/06/18 Le bruit du Vent (18 juin 2013) Le col de Sarenne est un passage dangereux pour les coureurs cyclistes. Reporterre. fr

Le col de Sarenne est un passage dangereux pour les coureurs cyclistes

Lors du Critérium du Dauphiné qui s’est achevé le 9 juin, les coureurs sont passés par le col de Sarenne, que voudrait emprunter le Tour de France en juillet. L’expérience est claire : ce passage et la descente qui s’ensuivent sont très dangereux pour un peloton de coureurs cyclistes.

Pour Tony Martin [coureur de renom, champion du monde du contre-la-montre], la descente de l’Alpe d’Huez intégrée à la 7e étape du Critérium du Dauphiné, était trop dangereuse et obliger les coureurs à l’emprunter relève de l’irresponsabilité.

"Nous avons parcouru le tracé exact du Tour. Je dois dire que je suis négativement surpris. La route est défoncée, la surface est mauvaise, il n’y a pas de barrières. Si un coureur fait une erreur, il fera une chute de 30 mètres. Nous envoyer là-bas est irresponsable. Et je ne peux malheureusement pas espérer un changement de parcours avant le Tour" assure le coureur d’Omega Pharma - Quick Step sur son site Internet personnel.

9 juin 2013, Christopher Froome, favori du prochain Tour de France : “Nous sommes passés à faible vitesse mais en juillet, et au cœur d’une étape décisive, cela pourrait se compliquer.” Lien

8 Juin 2013, Le Dauphiné Libéré : “Tout le monde sait que la descente est dangereuse", Sébastien Joly, coureur professionnel. La descente "est très rapide, étroite pour laisser la place à deux vélos, avec en prime le ravin à côté.” Lien

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10 juin 2013, notre lettre ouverte au Préfet de l’Isère :

Le samedi 8 juin 2013, le Critérium du Dauphiné est passé par le Col de Sarenne. Dans l’étroite descente de Sarenne, Thomas Damuseau a été renversé par une voiture : « J’ai chuté dans la descente de Sarenne puisque la voiture de Movistar m’a renversé. » (1) Cette chute est survenue alors que Sarenne était placé en début d’étape et qu’il n’y avait pas « d’enjeu » à ce stade de la course.

Sur le Tour de France, les coureurs prendront plus de risques dans la descente étroite et sinueuse de Sarenne (qui n’est dangereuse qu’en situation de course). Le 2 juin 2013, Alberto Contador, double vainqueur du Tour de France, déclarait à ce sujet : « La plus grosse inconnue est la descente de l’Alpe d’Huez. Mais quand j’y suis allé ça ne s’est pas très bien passé. » (2)

De son côté, Marc Madiot, directeur sportif de la FDJ, déclarait en octobre dernier : « La descente [de Sarenne] me préoccupe. (…) C’était quand même assez dangereux. » (3) Le 7 juin 2013, dans le Dauphiné Libéré, le Président de la Communauté de Communes de l’Oisans affirmait : « on ne fera pas de travaux d’ici juillet ».

Soucieux de la préservation de la vallée du Ferrand, nous veillons, avec l’association Mountain Wilderness, à ce que cet engagement soit tenu. (4) Nous sommes prêts à donner l’alerte. La descente de Villard Reculas, alternative que nous proposons, est nettement plus sécurisée que celle de Sarenne.

(1) http://www.ledauphine.com/sport/2013/06/08/criterium-du-dauphine-damuseau-renverse-par-une-voiture (2) http://www.cyclismactu.net/news-interview-alberto-contador-savoir-ou-j-en-suis-33058.html (3) http://www.eurosport.fr/cyclisme/tour-de-france/2013/l-alpe-d-huez-sur-le-tour-de-france-2013-feu-d-artifice-ou-feu-de-paille_sto3469171/story.shtml (4) http://www.mountainwilderness.fr/se-mobiliser/participez/vigilance-travaux-au-col-de.html

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De nombreux coureurs jugent le parcours dangereux. Et à côté de ce gros point noir, nous sommes 11 680 à avoir signé la pétition « Non au passage du Tour de France 2013 au Col de Sarenne ». L’alternative Villard Reculas est la solution la plus raisonnable sur le plan environnemental et sur le plan de la sécurité des coureurs !

Notre Dame des Landes : la résistance aux forages se poursuit Quelques emmerdeureuses Reporterre 2013/06/18 Quelques emmerdeureuses (18 juin 2013) Notre Dame des Landes : la résistance aux forages se poursuit. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : la résistance aux forages se poursuit

Depuis le lundi 10 juin des forages se tiennent en plusieurs lieux de la ZAD. Après le simulacre de concertation orchestré dans le cadre de la commission de dialogue, la commission scientifique a demandé à AGO/Vinci de procéder à des études complémentaires afin de connaître l’hydrographie de la zone. Le but de ces analyses est probablement de quantifier le nombre de mares « en plastique » et la surface de bocage artificiel à reconstituer un peu plus loin, en conformité avec la loi sur l’eau, législation absurde promulguée au nom d’un capitalisme vert qui ne fait qu’aménager le désastre.

Tous les jours de la semaine passée et depuis hier, des rassemblements se sont tenus à 11 heures à la Gaité pour s’opposer à ces forages. Quelques tentatives de perturbation ont eu lieu ça et là. Ce 18 juin au matin, un dernier forage devait débuter au lieu-dit Culnoues, mais nous étions là pour les accueillir comme il se doit. Nous sommes plus que jamais organisé-e-s pour nous opposer aux forages par tous les moyens :

- Le chemin de l’Epine a été barricadé et piégé pour empêcher l’accès des machines et des gendarmes mobiles. Ce matin à 7h15 nous avons vu arriver un représentant du préfet accompagné de nombreux gendarmes mobilers sur la zone. Devant le refus des personnes présentes sur place de les laisser passer pour effectuer le forage, ils ont préféré quitter les lieux. A 9h15 il n’y avait plus de bleus sur la ZAD.

- Du fumier à été épandu sur l’emplacement de l’un des forages, dans la mesure où le code de l’environnement interdit de forer à « moins de 35 mètres d’épandages d’effluents animaux » : l’obstination d’AGO/Vinci à forer malgré tout engendrerait une pollution de la nappe. L’épandage à été fait de façon à ce que les foins puissent toujours être faits sur la parcelle.

- Presque tout les piezomètres posés la semaine dernière ont déjà été sabotés, rendant inopérants les relevés qui doivent être effectués par les expert-e-s dans les trois semaines à venir.

La détermination et l’unité du mouvement de lutte contre l’aéroport et son monde rendront la tenue de ces études complémentaires impossible. Nous n’avons pas besoin d’expert-e-s pour réaliser combien ce projet est absurde. Nous ne voulons ni dialogue ni négociation, et nous n’attendront pas d’être invité-e-s à une table pour dire « MERDE ! ». Merde à AGO/Vinci, à la DREAL et à tou-te-s les décideur/euses.

Amménageur/euses, sachez que vos travaux ne commenceront pas, et qu’à chaque étape il vous faudra tout recommencer, ici comme ailleurs, de Notre-Dame-des-Landes au Val de Suse, de la Grèce jusqu’à Taksim !

Nous affirmons notre solidarité à ces luttes et envoyons tout notre courage aux camarades qui se battent aujourd’hui en Turquie !

Dans sa maison, Amory Lovins cultive les bananes sous la neige et sans gaspiller d’énergie Claude-Marie Vadrot (Politis) Reporterre 2013/06/18 Claude-Marie Vadrot (Politis) (18 juin 2013) Dans sa maison, Amory Lovins cultive les bananes sous la neige et sans gaspiller d’énergie. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

Dans sa maison, Amory Lovins cultive les bananes sous la neige et sans gaspiller d’énergie

Découvrez la maison à énergie positive d’Amory Lovins, le scientifique et écologiste américain inventeur du concept de Negawatts.

Le prochain numéro de Politis publie un portrait d’Amory Lovins, le scientifique et écologiste américain qui travaille, au Rocky Mountain Institute (qu’il a créé et qu’il dirige), avec une centaine de scientifiques sur la transition énergétique et écologique.

En guise de « bonus », voici les photos de sa maison à énergie positive qu’il a construite en 1983 dans le Colorado et qu’il améliore sans cesse pour « qu’elle ne devienne pas un musée mais une représentation permanente de l’efficacité énergétique ».

Maison efficace puisque dans une région où la température baisse jusqu’à 40° en dessous de zéro certains hivers, Amory entretient un jardin tropical avec des bananes sans utiliser la moindre énergie extérieure.

Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde Par Julien villalard Reporterre 2013/06/18 Par Julien villalard (18 juin 2013) Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde. Reporterre. fr

Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde

Le premier livre numérique de Rue89 a fait son apparition sur toutes les plateformes de vente en ligne : il s’agit d’un grand entretien avec Pierre Rabhi, l’un des penseurs de l’agriculture biologique et d’une alternative à l’idéologie de la croissance.

Sous le titre Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde, cet ebook vendu 4,99 euros est le fruit de plusieurs heures de conversations que Sophie Caillat, responsable de Rue89 Planète, et moi, avons eues avec Pierre Rabhi, dans sa ferme d’Ardèche. Le texte est accompagné des photos d’Audrey Cerdan, et, dans sa version iPad, de deux vidéos.

Pierre Rabhi, né en Algérie, installé sur la terre aride d’Ardèche au début des années 60 et défenseur avant l’heure d’une agriculture écologique respectueuse des cycles de la vie, revient sur son parcours exceptionnel, sur sa critique de la société de consommation, et sur son concept d’ « oasis » de vie alternative.

Pierre Haski

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« Ce n’est pas parcequ’on va tous manger bio que le monde va changer. On peut manger bio etrecréer nos tares fondamentales. L’aventure humaine ne doit pas serésumer à l’économie d’énergie ou à l’innovation. L’aventure humaine,c’est comment devenir une société qui soit belle, rayonnante, légère. »

Pierre Rabhi s’est installé en 1960 sur une terre rocailleuse et sèche d’Ardèche, en rupture avec l’aliénation du monde industriel. Au fil des années, cet autodidacte a développé des méthodes innovantes d’agroécologie, le bio bien avant la mode, et une pensée originale et décapante sur notre monde et le moyen de le transformer radicalement.

Rue89 est allé à sa rencontre, dans sa ferme de Monchamp où il vit toujours, dans une nature qui le nourrit d’abord spirituellement. Danscette conversation à bâtons rompus, Pierre Rabhi revient sur sonparcours hors du commun, de sa naissance algérienne dans une famille de forgeron musulman, à son aura qui dépasse de beaucoup le cercle de l’écologie. Ce paysan-philosophe récuse l’idée qu’il soit devenu un « gourou », même s’il est une source d’inspiration pour beaucoup, et a généré un courant qui s’inspire de ses idées.

Au coeur de sa démarche : le changement par l’exemplarité, la création d’ « oasis » de vie et de travail où s’ébauche la société de demain.Mais en même temps, comme Gandhi, il pense que l’homme doit « changer lui-même pour changer le monde », que manger bio ne suffit pas à garantir une société meilleure.

Pierre Rabhi garde une croyance profonde dans l’homme et dans sonrapport à la nature, qu’il veut réhabiliter pour que cesse l’oeuvre prédatrice dans laquelle s’est engagée notre modèle de société, conduisant à une impasse économique, sociale, environnementale. Une voix à écouter au moment où chacun s’interroge sur la crise, individuelle et collective, que traverse notre monde.

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Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde : conversations avec Pierre Rabhi, Pierre Haski, Sophie Caillat, Audrey Cerdan, format Kindle, 63 pages, 4,99 euros.

En Inde, la bataille des Dongria contre la mine de Vedanta se poursuit durement Survival International Reporterre 2013/06/18 Survival International (18 juin 2013) En Inde, la bataille des Dongria contre la mine de Vedanta se poursuit durement. Reporterre. fr

En Inde, la bataille des Dongria contre la mine de Vedanta se poursuit durement

En Inde, lors d’une manifestation de protestation, les Dongria Kondh ont fait le serment de défendre leur montagne sacrée de Niyamgiri contre le projet d’une mine à ciel ouvert du géant minier britannique Vedanta Resources. Ils ont appelé à la remise en liberté des chefs de villages qui doivent impérativement être consultés sur le projet minier.

Le leader Lodu Sikaka s’adressant à des milliers de Dongria Kondh déterminés à sauver leurs collines a déclaré : ‘Nous n’allons pas laisser Niyamgiri disparaître… Que le gouvernement et la compagnie nous oppriment autant qu’ils veulent. Nous ne quitterons pas Niyamgiri, notre Terre Mère’.

En avril dernier, dans un jugement décisif, la Cour Suprême indienne avait rejeté l’appel de Vedanta pour obtenir l’autorisation d’exploiter les collines de Niyamgiri et avait ordonné la consultation préalable de ceux qui allaient être affectés par la mine.

Mais tandis que plus d’une centaine de villages seront affectés par la mine, seuls douze Conseils de villages (gram sabha) de la région des collines ont été invités à des consultations – un comportement arbitraire condamné par le ministre des Affaires tribales. La décision finale sera de toutes façons rendue par le gouvernement central.

Survival a reçu des informations alarmantes concernant la pression qu’exercent la police et les paramilitaires sur les Dongria, intimidant les habitants des douze villages. Une délégation de Dongria s’est rendue à la capitale de l’Etat pour porter plainte contre ce harcèlement et pour exiger que 150 villages soient inclus dans les consultations.

Les collines de Niyamgiri sont essentielles au mode de vie et à l’identité des 8 000 Dongria Kondh qui seront probablement anéantis par la mine. Les persécutions à l’égard de leurs leaders et des chefs de villages se sont récemment multipliées et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés.

Lodu a continué devant la foule des manifestants : ‘Nous croyons en l’Etat, nous croyons en la démocratie. Qu’ils commencent par libérer tous nos leaders emprisonnés, alors nous prendrons part au gram sabha. Sinon, nous ne participerons pas !’

La lutte des Dongria a été comparée à celle des N’avi du film hollywoodien Avatar et a gagné le soutien de nombreuses célébrités dont Joanna Lumley et Michael Palin. Ce qui a eu pour résultat le retrait de plusieurs actionnaires de Vedanta, dont l’Eglise d’Angleterre et le gouvernement norvégien.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Persécuter les chefs de villages avant de mener les consultations sur un projet minier envahissant auquel ils s’opposent depuis des années, n’est ni juste, ni démocratique. C’est un nouvel exemple de la manière dont les termes ‘droit’ et ‘consentement’ peuvent être manipulés par les gouvernements et les compagnies qui convoitent les terres tribales, quel qu’en soit le coût humain’.

Complément d’information :

Lire la lettre du ministre indien des Affaires tribales condamnant le fait que très peu de villages sont impliqués dans les consultations

Victoire des anti-pesticides chez Leclerc en Bretagne Round’up Non merci Reporterre 2013/06/19 Round’up Non merci (19 juin 2013) Victoire des anti-pesticides chez Leclerc en Bretagne. Reporterre. Pesticides fr

Victoire des anti-pesticides chez Leclerc en Bretagne

Sans doute est-ce un effet de la Campagne Roundup Non Merci : la chaîne de supermarchés Leclerc va abandonner les pesticides chimiques dans ses magasins de Bretagne.

France3 Bretagne

D’ici l’automne, 42 magasins Leclerc de la coopérative bretonne Scarmor ne vendront plus aucun pesticide dans leurs rayons, une première dans la grande distribution à une telle échelle.

L’information a été annoncée par les initiateurs de l’opération baptisée « Zéro Phyto ». La démarche a débuté en mars et doit aboutir progressivement à l’abandon complet d’ici l’automne de la vente de produits phytosanitaires, a expliqué Jean-Marie de Bel Air, responsable de l’opération pour la centrale d’achat coopérative.

« On a décidé d’arrêter progressivement en 2013 tous les produits contenant des molécules chimiques », a indiqué M. de Bel Air, également à la tête du magasin Leclerc de Plougastel-Daoulas, près de Brest, où le rayon jardinerie ne comporte déjà plus aucun pesticide.

Quelques 90 produits, représentant un chiffre d’affaires annuel pour la coopérative de 1,5 million d’euros, vont progressivement disparaître des rayons, pour être remplacés par d’autres plus respectueux de l’environnement. C’est « une démarche risquée », a assuré M. de Bel Air. « On va perdre du chiffre d’affaires dans un premier temps, mais tout l’enjeu est d’en perdre le moins possible et de revenir à l’étal dans un ou deux ans ».

La coopérative entend « accompagner le consommateur dans le changement de ses habitudes » par le biais de la communication. « On va expliquer qu’il y a des méthodes alternatives » pour jardiner, a assuré David Mazé, responsable commercial pour la Scarmor, indiquant que les vendeurs concernés avaient commencé à être formés.

Grâce à des volumes plus importants et à un effort de l’enseigne, l’écart de prix entre les produits phytosanitaires et les produits naturels passerait progressivement de 20 à 30% à 10% et moins à terme, selon M. de Bel Air. L’usage des pesticides doit être réduit de 50% en France entre 2008 et 2018, selon l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement en 2007.

« Autant préparer les choses plutôt que les subir », a indiqué M. de Bel Air, reconnaissant qu’il y avait également dans la démarche « un enjeu d’image ». Les magasins E. Leclerc s’étaient déjà mobilisés pour l’environnement en 1996 en supprimant les sacs en plastique des caisses. L’initiative était partie de Bretagne, berceau de la famille Leclerc.

Chaque magasin de l’enseigne est dirigé par un indépendant, qui peut tester individuellement de nouvelles voies et partager ensuite une bonne pratique avec l’ensemble du groupement, souligne la Scarmor. Leurs magasins sont dans le Finistère, les Côtes d’Armor et la Morbihan.

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P.S. : Castorama continue à s’entêter à vendre le Roundup malgrè plusieurs actions de sensibilisation et une pétition de 33 000 personnes. Un courrier recommandé a été adressé au Directeur de l’environnement de cette enseigne afin de solliciter une entrevue, sans réponse à ce jour !

Castorama ose prétendre que nous refusons le dialogue et nous envoie des courriers de menace, agresse les journalistes lors des actions non-violentes !

Nous allons donc bientôt repasser à l’action contre Castorama en région parisienne et ailleurs.

Les sympathisants de Roundup Non Merci sont invités à coller des autocollants « Pesticides Non Merci » chez Castorama et autres vendeurs de pesticides.

Les plantations du groupe Bolloré critiquées par les ONG africaines Freddy Mulongo (Farm Land Grab) Reporterre 2013/06/19 Freddy Mulongo (Farm Land Grab) (19 juin 2013) Les plantations du groupe Bolloré critiquées par les ONG africaines. Reporterre. Monde fr

Les plantations du groupe Bolloré critiquées par les ONG africaines

Le mercredi 5 juin 2013, avant le début de l’assemblée générale de son groupe, Vincent Bolloré est venu chercher lui-même la lettre de revendication, et il s’est vu remettre en main propre un message d’alerte signé par plusieurs collectifs africains, rassemblant les riverains des plantations détenues par Bolloré dans quatre pays : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Liberia et le Sierra Leone.

Dans quatre pays d’Afrique, les riverains des plantations contrôlées par le groupe Bolloré ont organisé des actions simultanées ce mercredi 5 juin 2013, jour de l’AG de ses actionnaires. A Paris, des ressortissants des pays concernés ont porté les revendications aux dirigeants du groupe.

Le même jour, les villageois libériens occupent les terrains de la plantation SRC, des paysans et chefs traditionnels camerounais se rassemblent devant le siège de la Socapalm à Douala... Disons qu’en parallèle, des actions symboliques ont été menées autour des plantations dans les trois premiers pays.

A Paris, une réunion de travail s’était tenue dans l’après-midi avec les représentants des collectifs, un plan d’action avait été élaboré. Les militants, coordonnés par l’association ReAct, qui soutient les populations en butte aux activités des multinationales, sont porteurs de revendications et d’accusations anciennes, que le groupe Bolloré connaît bien. Leur lettre dénonce les conditions de vie et de travail, au sein ou à proximité des immenses plantations d’hévéas et de palmiers à huile que détient le groupe, en général minoritaire dans les sociétés les exploitant.

« L’impact du groupe que vous contrôlez sur nos vies est immense et pourtant, nous n’avons jamais eu de relations directes avec ses représentants », soulignent les collectifs, qui dénoncent « les pratiques dominantes » des entreprises contrôlées par Vincent Bolloré.

Le texte vise cinq plantations de palmiers à huile au Cameroun, une au Nigeria, une plantation d’hévéas et de palmiers en Côte d’Ivoire, et deux autres au Liberia. Au cœur de leurs doléances, l’« accaparement aveugle des terres ne laissant aux riverains aucun espace vital », même pas pour développer des cultures vivrières, la « faiblesse des compensations accordées aux populations riveraines », la « réduction forte des services et des contributions au développement social des villages », contrairement aux bonnes intentions affichées et parfois aux conventions signées, et enfin le « mauvais traitement des populations par des escouades de gendarmes commandités ou employés de sociétés de gardiennage privées ».

Voilà pour « quelques exemples d’une longue liste de problèmes, source de conflits récurrents ». L’association ReAct n’hésite pas à parler de « “Germinal” sous les tropiques ». Dans les quatre pays, les collectifs, qui revendiquent d’être reconnus comme des interlocuteurs valables localement, réclament que les plantations ne s’étendent plus sur « l’espace vital des villages riverains » et même des rétrocessions de terres, mais aussi le financement par les entreprises de services sociaux pour les habitants, et « l’appui au développement de plantations villageoises ».

« Cette première action internationale n’est que le début. Nous sommes déterminés à faire respecter nos droits et M. Bolloré devra finir par l’entendre. (…) Nous demandons maintenant que soit organisée une négociation transnationale, avec des représentants des riverains de tous les pays concernés », a indiqué dans un communiqué Emmanuel Elong, le porte-parole du collectif camerounais.

Les griefs des activistes visent principalement les plantations appartenant à la société luxembourgeoise Socfin, dont le groupe Bolloré est actionnaire à hauteur de 38,7 %, selon les chiffres officiels du groupe. Socfin est l’un des premiers planteurs indépendants du monde, avec environ 150 000 hectares de plantations, principalement de palmiers à huile et d’hévéas, en Afrique et en Asie. Les surfaces plantées de ses plantations seraient passées de 87 303 à 99 683 hectares en 2 ans, selon les militants.

Au Cameroun, Bolloré contrôle aussi directement 8 400 hectares de plantations, via la Safacam (contre 31 000 gérés par Socfin). Même s’il en parle sur son site, le groupe explique généralement qu’il n’est qu’un actionnaire minoritaire de Socfin.

C’est vrai, mais comme l’a raconté Mediapart dans son enquête sur la face cachée du groupe, Vincent Bolloré demeure très actif dans les choix stratégiques concernant l’entreprise. Il est présent au conseil d’administration de Socfin (qui s’appelait Socfinal jusqu’en 2011), aux côtés d’un autre représentant de son groupe.

Le président est Hubert Fabri, à la tête de la société belge du même nom. Il connaît bien Bolloré, avec qui il s’est partagé les restes (considérables) de l’ex-groupe colonial Rivaud, dont l’homme d’affaires a pris le contrôle en septembre 1996. Selon son dernier rapport annuel, Socfin se porte plus que bien : 637,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 659,3 millions l’année précédente, et 249 millions d’euros de résultat opérationnel. Soit une marge de 39 %, un chiffre colossal que seules quelques marques de luxe peuvent oser concurrencer.

Des journalistes attaqués en justice

Le symbole des plantations aux pratiques décriées est bien connu du groupe : il s’agit de la Socapalm, au Cameroun. Constituée par l’État camerounais à partir des années 1960, cette gigantesque exploitation de plus de 25 000 hectares de palmiers et d’hévéas a été privatisée en 2000, sous l’impulsion du FMI, appelé au chevet d’un pays exsangue « économiquement ».

Socfin en est aujourd’hui l’unique propriétaire. Lors de la privatisation, la convention de cession décrivait les devoirs de la société vis-à-vis des populations riveraines, avec notamment une responsabilité sociale, éducative et sanitaire. Ces textes n’ont pas été respectés, selon le collectif camerounais. « L’arrivée et le développement de la plantation ont entraîné le défrichage d’hectares de forêt jusqu’alors utilisée par les populations locales pour les activités de chasse et de collecte détaille-t-il. Des terres arables ont également été réquisitionnées pour la monoculture, privant les populations de terres utiles pour cultiver. »

La perte de ces terres « n’a jamais fait l’objet de compensation de manière satisfaisante, malgré les multiples promesses qui ont été faites pendant 40 ans » (le problème existait donc déjà lorsque la plantation était publique).

Par ailleurs, les produits chimiques utilisés dans la monoculture, et les rejets d’une usine polluent les cours d’eau avoisinants. Dans la plantation, les conditions de vie et de travail sont très mauvaises. On ne découvre pas aujourd’hui les conditions de travail très dures à la Socapalm, ni les revendications des populations locales. Elles ont déjà été décrites par des journalistes s’intéressant à l’empire camerounais de Bolloré, par exemple France Inter en mars 2009 et Le Monde diplomatique en juin de la même année.

À cette occasion, le site du journal avait diffusé le travail d’une photo-reporter, Isabelle Alexandra Ricq, qui avait passé de longs moments avec les travailleurs de la plantation. Bolloré avait porté plainte contre le travail de la photographe, avant de se désister, à l’été 2010.

Auparavant, il avait fait condamner le journaliste de France Inter, Benoît Collombat, en mai 2010. Pour « l’exemple », assurait à l’époque son communicant Michel Calzaroni. Rue89 avait suivi de près le procès, où avait notamment témoigné Martine Orange de Mediapart, sur l’organisation financière de Socfin.

Collombat avait été condamné pour un passage jugé diffamatoire concernant l’exploitation du chemin de fer camerounais, mais pas pour son enquête sur la Socapalm. Quelques mois après ce procès, quatre associations, dont la française Sherpa et deux camerounaises, avaient à leur tour livré le résultat d’une longue enquête autour de la plantation.

Elles démontraient que les bénéfices de l’exploitation de l’huile de palme sont rapatriés vers des holdings luxembourgeoises, afin de payer moins d’impôts sur les sociétés, et que les autochtones, notamment les populations pygmées « bagyéli », bénéficiaient très peu de la présence de cette formidable machine à cash.

Les associations avaient porté plainte auprès d’un pôle de l’OCDE. En retour, Bolloré avait assigné Sherpa en diffamation. Il y a quelques heures, les deux parties se sont accordées pour abandonner les poursuites, et Bolloré a « accepté de faire pression » sur Socapalm pour « entraîner ses opérateurs locaux dans un plan de progrès ».

L’Accord de libre-échange transatlantique : négocié dans le secret pour abaisser les protections environnementales Hélène Cabioc’h et Amélie Canonne Reporterre 2013/06/19 Hélène Cabioc’h et Amélie Canonne (19 juin 2013) L’Accord de libre-échange transatlantique : négocié dans le secret pour abaisser les protections environnementales. Reporterre. Tribune — Traités de libre-échange fr

L’Accord de libre-échange transatlantique : négocié dans le secret pour abaisser les protections environnementales

Le projet d’Accord de libre-échange transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis avance dans l’opacité : les documents discutés ne sont pas rendus publics ! Un des buts essentiels de cet accord est d’abaisser les règles environnementales qu’a posé l’Union européenne sous la pression des citoyens.

Le 14 juin, les ministres du commerce de l’Union Européenne ont donné mandat à la Commission pour entamer les négociations d’un Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement, le PTCI (ou ALET, Accord de libre-échange transatlantique). Main dans la main, les négociateurs affichent leur volonté de boucler un accord ambitieux et global [1] à l’horizon 2015, très vite donc.

La relance de telles négociations se fait dans la plus totale opacité, puisqu’aucun document n’a été officiellement rendu public. Pourtant, les multinationales (notamment énergétiques et des services), l’industrie financière et les grands cabinets juridiques sont sur le pied de guerre et ont mené une campagne de lobbying intense sur le périmètre des négociations.

Au menu bien sûr, l’accès au marché et la question des barrières tarifaires (déjà très faibles des deux côtés de l’Atlantique), une plus grande circulation des biens, des services et des capitaux, une libéralisation plus approfondie de l’investissement... Mais aussi, et c’est là un sujet de préoccupation majeure, un convergence très extensive des réglementation et des barrières « non tarifaires ».

Quelques contradictions et voix dissonantes ont vu le jour ces derniers mois, notamment autour des fameuses ’lignes rouges’ tracées par le gouvernement français (très minces au regard des enjeux), en particulier l’exception culturelle, les marchés publics de la défense, et dans une moindre mesure les normes en matière de sécurité alimentaire. Mais en guise de compromis, la France a finalement accepté le seul retrait « provisoire » des services audiovisuels du texte, et renoncé à mettre un veto.

La Commission européenne fait comme à son usage peu de cas des réserves et des oppositions. Le désir affiché est en effet de « contribuer à l’élaboration de règles mondiales », « au-delà de ce que les États-Unis et l’Union Européenne ont atteint dans les accords commerciaux mondiaux » et « au-delà des engagements actuels de l’OMC ». Soit contourner le blocage du cycle de Doha à l’OMC, en étendant progressivement au niveau multilatéral les règles de ce qui serait l’un des plus grands marchés communs au monde [2].

La multiplication des accords commerciaux bilatéraux et la politique de sécurisation des investissements, en particulier concernant les ressources naturelles [3], menée par l’Union Européenne ces dernières années ont témoigné de son manque de volonté d’entamer une transition ambitieuse vers des modes de production et de consommation soutenables.

Et ses quelques velléités environnementales sont la cible systématique des investisseurs, telles que la directive sur la qualité des carburants [4]. Le PTCI marque une nouvelle étape dans cette direction, qu’illustrent ces deux éléments :

- L’inclusion de mécanismes de règlement des différends investisseur-État.

Ce type d’arbitrage s’est multiplié ces dernières années, avec un record de 58 cas en 2012.

Parmi les cas emblématiques de litiges investisseur-État, la plainte de la compagnie suédoise Vattenfall contre l’Allemagne et sa décision d’abandonner progressivement l’énergie nucléaire : Vattenfall réclame 3,7 milliards d’euros en compensation de la perte de profits potentiels liés à deux de ses centrales nucléaires.

Ou encore l’attaque de Lone Pine Ressources Inc contre le moratoire sur la fracturation hydraulique adopté par la province du Québec : Lone Pine réclame au Canada 250 millions de dollars US, en vertu du chapitre 11 de l’ALENA sur les investissements [5].

Le géant états-unien de l’énergie Chevron a déjà entamé l’offensive pour que des droits extensifs soient accordés aux investisseurs dans le PTCI, via une lettre adressée au représentant du commerce américain [6]. Chevron argue de son droit à extraire des ressources (!) et de la nécessité d’avoir des recours contre toute protection environnementale pouvant faire obstacle à ses profits présents et futurs.

De tels mécanismes d’arbitrage pavent clairement le chemin pour une capture du pouvoir par les multinationales. Les cabinets juridiques vivent des litiges et partagent avec les multinationales les immenses gains obtenus. Or ils jouent également le rôle de conseiller des gouvernements quand il faut rédiger les clauses sur l’investissement d’un accord [7]...

Les multinationales de l’énergie pourraient ainsi facilement entamer des poursuites contre des gouvernements européens sur les restrictions, moratoires et interdictions d’exploitation des gaz et pétroles de schiste.

Pire, les États seraient tenus de garantir un « environnement stable » durant toute la durée de l’investissement d’une multinationale, sous peine de poursuites. Il est certain que de telles clauses rendraient les pouvoirs publics frileux quant à l’adoption de mesures ambitieuses de protection de l’environnement une fois un tel accord signé [8].

- L’harmonisation des règles

La suppression des barrières non-tarifaires, des réglementations et normes présentant un obstacle au commerce et à l’investissement constitue un pan très important des négociations. Cette « procédure de coopération sur les normes » présentes et à venir, puisqu’il s’agirait là d’un processus continu d’harmonisation, soulève de nombreuses inquiétudes.

Dans de nombreux domaines, les préférences collectives et choix de société ne témoignent pas des mêmes degrés d’exigence et de débat des deux côtés de l’Atlantique : politiques alimentaires avec l’exemple des OGM et des viandes hormonées [9], normes sanitaires et phytosanitaires, fracturation hydraulique, nanotechnologies... la liste est longue.

On imagine difficilement la standardisation se faire par le haut si elle se mène à l’abri des consommateurs, associations écologistes, mouvements paysans, syndicats et plus largement du débat citoyen.

Enfin, le choix de politiques ciblées en faveur de la transition écologique pourrait être condamné car faussant la concurrence. Concrètement, une subvention ou soutien aux énergies renouvelables, à la relocalisation d’une activité, des exigences de contenu local de production dans un marché public, etc., pourraient être pris pour cible.

Et ce alors que les énergies fossiles sont par ailleurs largement subventionnées des deux côtés de l’Atlantique et que les engagements pour supprimer ces subventions ne sont pas suivis d’effet.

Le Japon a par exemple contesté en 2010 des mesures prises par le Canada introduisant une ’teneur en éléments nationaux’ pour les producteurs d’énergies vertes [10].

Le PTCI pourrait limiter fortement la capacité des populations à choisir des politiques publiques dans différents domaines, social, environnemental... et privilégier la logique de la réduction des « coûts de transaction » et de l’accès maximal au marché.

Nous appelons donc à un large débat sur ces négociations en Europe et aux États-Unis et à une mobilisation de toutes les forces œuvrant pour la justice sociale et environnementale. Sans objectifs sociaux et écologiques clairs, ces négociations ne seront qu’une capitulation supplémentaire du politique face aux multinationales.

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Notes :

[1] http://trade.ec.europa.eu/doclib/press/index.cfm?id=869

[2] Les USA sont également engagés dans la négociation d’un partenariat « transpacifique » impliquant huit autres pays de la zone Asie-Pacifique : Australie, Brunei Darussalam, Chili, Malaisie, Nouvelle Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam. Le Japon, le Mexique et le Canada devraient prochainement se joindre aux discussions.

[3] Voir par exemple le rapport de l’Aitec, Mettre l’UE et sa politique commerciale sur les matières premières hors d’état de nuire

[4] Voir par exemple « Chantage au pétrole sale » et « UE-Canada : lobbying et libre-échange polluent la planète ! »

[5] « L’accord UE/États-Unis peut ouvrir les vannes à des poursuites par les grandes entreprises », CEO et TNI, juin 2013 et « Le droit de dire non : L’accord commercial entre le Canada et l’Union Européenne menace les interdictions de la fracturation hydraulique »

[6] Voir l’article de Sturat Trew, du Conseil des Canadiens

[7] Profiting from Injustice. How law firms, arbitrators and financiers are fuelling an investment arbitration boom, CEO et TNI, novembre 2012

[8] CEO et le TNI citent ainsi dans leur rapport un ancien officiel canadien racontant l’afflux de lettres en provenance des cabinets juridiques de Washington dès qu’une mesure environnementale était en discussion, la simple menace d’un litige suffisant souvent à freiner des ambitions au service de l’intérêt général...

[9) Voir « L’accord de libre-échange États-Unis/Europe menace l’environnement et l’alimentation »

[10] http://www.wto.org/french/tratop_f/dispu_f/cases_f/ds412_f.htm

L’INSERM confirme le danger des pesticides INSERM Reporterre 2013/06/19 INSERM (19 juin 2013) L’INSERM confirme le danger des pesticides. Reporterre. Pesticides fr

L’INSERM confirme le danger des pesticides

« D’après la littérature scientifique internationale publiées au cours des 30 dernières années, il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples) », écrit l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Une nouvelle expertise collective de l’Inserm vient faire le point sur les connaissances relatives aux effets des pesticides sur la santé. L’ensemble des données concernant les expositions professionnelles et les expositions précoces (fœtus et jeunes enfants) ont été analysées.

Depuis les années 1980, l’implication des expositions professionnelles aux pesticides dans la survenue de plusieurs pathologies (cancers, maladies neurologiques, troubles de la reproduction) a été évoquée par des enquêtes épidémiologiques. Ces enquêtes ont également attiré l’attention sur les effets éventuels d’une exposition, même à faible intensité, au cours de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance).

Dans ce contexte, la Direction générale de la santé a sollicité l’Inserm pour réaliser un bilan de la littérature scientifique disponible, afin de fournir des arguments sur les risques sanitaires associés à l’exposition professionnelle aux pesticides, en particulier en secteur agricole, et sur les effets d’une exposition précoce du fœtus et du jeune enfant.

Pour répondre à cette demande, l’Inserm s’est appuyé sur un groupe pluridisciplinaire d’experts constitué d’épidémiologistes spécialistes en santé-environnement ou en santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire.

D’après les données de la littérature scientifique internationale publiées au cours des 30 dernières années et analysées par ces experts, il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples).

Par ailleurs, les expositions aux pesticides intervenant au cours des périodes prénatales et périnatale ainsi que lors la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant.

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Complément d’information

Lire le dossier de presse publié le 13 juin 2013.

L’aquaponie, une nouvelle méthode pour développer l’agriculture urbaine Pierre Monségur (Midi:Onze) Reporterre 2013/06/19 Pierre Monségur (Midi:Onze) (19 juin 2013) L’aquaponie, une nouvelle méthode pour développer l’agriculture urbaine. Reporterre. fr

L’aquaponie, une nouvelle méthode pour développer l’agriculture urbaine

Depuis 2010, UrbanFarmers propose de cultiver légumes et poissons selon les principes de l’aquaponie. Midi :onze est allé voir comment fonctionnait ce système high-tech. Direction Bâle, où la start-up suisse a installé l’an dernier une serre sur les toits d’un entrepôt…

Bien qu’Herzog et De Meuron soient en passe d’en mener la reconfiguration, Dreispitz à Bâle offre encore l’image d’une zone industrielle. Ses rues en damier sont bordées d’entrepôts et pour un passant distrait, rien ne filtre de sa transformation lente mais sûre en quartier durable mêlant lofts, activités et commerces. Rien, sinon ça et là quelques signes, dont la présence en haut d’un toit d’une vaste serre flanquée de deux containeurs orange posés l’un sur l’autre et portant cette inscription : UrbanFarmers.

Une ferme urbaine en pleine ville ? L’idée a germé en 2010 dans la tête de Roman Gaus et Andreas Graber, deux jeunes entrepreneurs suisses. Issu d’une école de commerce, le premier a construit le modèle économique d’UrbanFarmers, fondé sur la vente de serres « clé en main » (« Nous ne vendons pas de tomates, assure leur site Internet, mais grâce à notre système, vous le pouvez »).

Le second a étudié l’agriculture à l’Université des sciences appliquées à Wädenswil, et assure le volet scientifique de l’affaire. A Bâle, ils viennent d’inaugurer la première ferme sur toit d’Europe – un projet-pilote en partie financé par la fondation Christophe Merian, propriétaire de l’immeuble, et dont la particularité réside dans son très haut degré de technicité.

Un système fondé sur l’aquaponie

De fait, la serre de Dreispitz tranche sur l’image qu’on se fait de l’agriculture – qui plus est durable. Ici, tout est produit hors-sol selon le principe de l’aquaponie. Cette méthode, qui permet de cultiver en symbiose végétaux et poissons, assure à la ferme une production annuelle de 5 tonnes de légumes (salades, aromatiques, tomates…) et d’une tonne de tilapias. Ces derniers sont répartis selon leur degré de maturité dans trois cuves au fond de la serre, et leurs déjections « nourrissent » les végétaux dont les racines baignent dans de vastes bacs.

Non seulement le système permet presque de se passer de terre et d’engrais (les nitrates produits par les poissons en tiennent lieu), mais il est peu gourmand en eau – de 80 à 90% moins qu’une culture « classique » – et ne produit quasi pas de déchets.

Il nécessite en revanche le développement d’un software performant, sur lequel repose l’originalité et le modèle économique d’UrbanFarmers. Dans la ferme-pilote de Bâle, tout est soigneusement contrôlé, de la température de l’air à la composition des nutriments : « Si l’eau ne contient pas assez d’oxygène, explique Zoë, en charge des visites et de la communication, Mark, l’un des jardiniers, reçoit une alerte sur son portable ! »

Avant de pénétrer dans la serre, fermiers et visiteurs sont aussi priés de se laver les mains pour éviter toute contamination. En effet, la serre est supposée stérile et la vitalité de son « écosystème » tient à une fine analyse des données collectées et à un ajustement permanent. « Le cœur de notre métier, précise Andreas Graber, repose sur l’équilibre entre poissons et végétaux. C’est une alchimie très fine, qui nécessite un constant feedback ! »

Demain des serres urbaines sur les toits ?

Grâce à son système high-tech, la ferme de Dreispitz fournit aujourd’hui en légumes et en poissons quatre restaurants bâlois. Mais Urban Farmers ne compte pas s’en tenir à ces résultats « symboliques ». Avec trois modèles de serres (dont une aux dimensions familiales) et une offre panachant formation, assistance technique et maintenance, la start-up se rêve en pionnière de l’agriculture urbaine, et dessine les contours de ce qui pourrait être une nouvelle manière de cultiver en ville, aussi performante que durable. Dans la lignée des locavores, elle propose ainsi de raccourcir la distance qui sépare lieux de production et de consommation.

Un vœu pieux ? Pas selon Andreas Graber : « Des expérimentations menées à Toronto ou Casablanca ont montré qu’avec ce système, on pouvait produire entre 20 et 30% de la nourriture consommée en ville. Pour fournir à un citadin 12% de son alimentation, seuls 3 m2 sont nécessaires ! »

De fait, l’aquaponie pourrait permettre de lever le plus gros obstacle au développement de l’agriculture urbaine : le manque d’espace. D’ailleurs, on vient déjà d’Asie pour visiter la ferme qu’Urban Farmers a installée à Bâle…

Un tiers des aliments consommés par les Brésiliens est contaminé par les agrotoxiques Brasilidade Reporterre 2013/06/20 Brasilidade (20 juin 2013) Un tiers des aliments consommés par les Brésiliens est contaminé par les agrotoxiques. Reporterre. fr

Un tiers des aliments consommés par les Brésiliens est contaminé par les agrotoxiques

Depuis 2010 le Brésil occupe la première place dans le classement de consommation d’agrotoxiques dans le monde. Un tiers des aliments consommés quotidiennement par les brésiliens est contaminé par des agrotoxiques, selon un dossier récemment publié par l’Association brésilienne de santé (Abrasco).

Le document de l’Abrasco met en avant que le marché brésilien d’agrotoxiques a augmenté 190% pendant les dix dernières années. En 2008, le Brésil a dépassé les États-Unis et est devenu le leader du marché, ce qui représente presque 20% de la consommation mondiale d’agrotoxiques et environ US$7,3 milliards.

Le plus gourmand en agrotoxique : le soja

D’après le dossier de l’association, la culture du soja a été celle qui a utilisé le plus d’agrotoxiques : 40% du volume total d’herbicides, d’insecticides, fungicides et d’acaricides. Ensuite, arrivent le maïs avec 15%, la canne à sucre et le coton avec 10% ; les citriques avec 7% ; le café, le blé et le riz avec 3% chacun. Selon la FAO, en 2008, environ 800.000 hectares de légumes ont été pulvérisés avec 22 fungicides différents.

Des risques pour la santé et recommandations à suivre

Selon Fernando Carneiro, chercheur pour l’Abrasco, la consommation prolongée d’aliments contaminés par des agrotoxiques pendant une période de vingt ans peut provoquer des maladies comme le cancer, la malformation congénitale, des disturbes endocriniens, neurologiques et mentaux.

Le dossier de l’association propose dix principes et recommandations afin d’éviter et réduire l’utilisation d’agrotoxiques dans les plantations et dans l’alimentation du brésilien et défend la nécessité d’entamer une « révolution alimentaire et écologique ».

Malheureusement, la tendance au Brésil est à la libéralisation de l’utilisation des agrotoxiques : il existe actuellement dans le Congrès national plus de 40 projets de loi dans ce sens.

Météo sinistre - et en plus, les moustiques s’invitent en France Marie-Laure Combes (europe1.fr) Reporterre 2013/06/20 Marie-Laure Combes (europe1.fr) (20 juin 2013) Météo sinistre - et en plus, les moustiques s’invitent en France. Reporterre. fr

Météo sinistre - et en plus, les moustiques s’invitent en France

Printemps pourri, tornades, pluies de mousson, rivières en crue - la météo de 2013 est un festival. Et... voici que les moustiques sont de plus en plus présents en France.

De fortes précipitations, de l’eau qui stagne et des températures qui remontent : il n’en fallait pas moins pour que les moustiques prennent leurs aises et commencent à pulluler. Pour surveiller leur évolution, et notamment celle du moustique tigre, le site Internet Vigilance Moustiques a été mis en place. Il publie des cartes de vigilance, à la manière de Météo France.

Et le premier département à passer en vigilance rouge, le niveau maximal sur une échelle de quatre, est l’Aube. « Il s’agit ici de département(s) où sont déclarés des foyers de piqûres qui ne se limitent pas à un quartier, mais s’étendent plutôt à une commune, voir à un ensemble de communes », explique le site Vigilance-moustiques. En outre-mer, la Guyane, la Guadeloupe et la Réunion sont également en vigilance rouge.

19 autres départements sont en vigilance orange et correspondent à « des foyers de piqûres liés à des événements ponctuels locaux ». Il s’agit notamment de zones touchées par des inondations ces dernières semaines.

2 000 sentinelles dans toute la France

La carte de vigilance est établie quotidiennement à partir de données fournies par plus de 2.000 « pharmacies sentinelles » mais aussi par des médecins ou des entomologistes volontaires et grâce aux informations du grand public. Les conditions météo sont également prises en compte par le site

Le moustique tigre particulièrement surveillé. Une autre carte, plus spécifique, est également mise en ligne pour suivre la présence du moustique tigre. Pour le moment, seules les Pyrénées-Atlantiques sont passés en vigilance orange, en métropole. Un niveau qui signifie que le moustique tigre a été identifié « de manière ponctuelle » mais « on ne peut pas encore dire s’il est implanté durablement ou s’il va pouvoir disparaître ».

Une liste de 17 départements où « les moustiques constituent une menace pour la population » a été publiée au Journal officiel.

L’autoroute A 65 Pau-Langon toujours aussi vide et inutile Sepanso Reporterre 2013/06/20 Sepanso (20 juin 2013) L’autoroute A 65 Pau-Langon toujours aussi vide et inutile. Reporterre. fr

L’autoroute A 65 Pau-Langon toujours aussi vide et inutile

Chaque année confirme ce que disaient les protecteurs de la nature : l’autoroute A 65, qui a balafré la campagne entre Pau et Langon, est inutile. Son trafic y est très inférieur à ce que promettaient ses constructeurs.

Pour la troisième année consécutive, les associations SEPANSO Aquitaine, ARLP, et LEA, ont effectué un comptage pendant 24 heures [1] du trafic de l’autoroute A65. Cette opération a été menée simultanément en Gironde dans les Landes et dans les Pyrénées Atlantiques.

Le verdict est sans appel : avec une moyenne de 5436 véhicules dont 494 poids lourds sur les 3 points de comptage on reste très loin des prévisions initiales qui tablaient sur un trafic global de 10397 véhicules/jour en 2013. Le record de basse fréquentation étant établi dans les Landes avec seulement 4903 véhicules dont 403 poids lourds au sud de Mont de Marsan.

À noter qu’en Gironde où des comptages avaient été opérés en 2012, la baisse du trafic des poids lourds est de -16,4% en une année alors que les prévisions tablaient sur une augmentation de +18,09% pour la même période.

Ce sondage sur 24h est suffisamment éloquent pour pouvoir penser que la rentabilité restera longtemps un mirage inaccessible.

Il ne suffit pas de construire une autoroute pour que le trafic soit au rendez-vous en dehors des quelques week-ends de ski.

L’A65 aura été le premier grand projet inutile imposé post Grenelle. Avant de prolonger cette autoroute vers Oloron ou de se lancer dans des nouveaux chantiers autrement plus onéreux et destructeurs que sont les LGV, il est urgent que les décideurs (État, élus...) qui l’ont imposée, en tirent les leçons.

A Strasbourg, une zone logistique veut manger des terres Collectif « Non à la zone logistique de Fegersheim-Lipsheim et à ses nuisances » Reporterre 2013/06/21 Collectif « Non à la zone logistique de Fegersheim-Lipsheim et à ses nuisances » (21 juin 2013) A Strasbourg, une zone logistique veut manger des terres. Reporterre. fr

A Strasbourg, une zone logistique veut manger des terres

Grande manifestation samedi 22 juin contre la destruction de 100 hectares de terre

Il y a deux semaines, nous vous annoncions la création du collectif réunissant les agriculteurs de Fegersheim-Lipsheim et des villages environnants, de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de Fegersheim, de l’Association « le lien » de Lipsheim et de nombreux citoyens non organisés.

Aujourd’hui le collectif prépare la grande manifestation du Samedi 22 juin à 14h30 qui partira de la gare de Fegersheim-Lipsheim et traversera la commune de Fegersheim. Cette manifestation permettra aux agriculteurs, aux populations des villages concernés, mais aussi à tous les citoyens qui sont contre la consommation effrénée de terres agricoles et pour l’utilisation des friches de montrer leur opposition déterminée à ce projet insensé de la CUS et du Port Autonome de Strasbourg qui veut prélever 100 ha des meilleures terres agricoles pour en faire une zone à vocation logistique et un port sec.

Le mot d’ordre de cette manifestation à l’adresse de nos décideurs politiques sera : « Utilisons d’abord les friches industrielles et remplissons les vides dans les zones existantes avant de sacrifier de nouvelles terres. Soyons cohérents et mettons nos discours de développement durable, d’agriculture périurbaine, de logistique tri-modale (route, fer, eau)… en pratique ».

La protestation s’amplifie et s’organise à Fegersheim-Ohnheim et Lipsheim. Les bâches, les pancartes et les tracts se multiplient qui invitent les citoyens à participer à ce rassemblement. Les réseaux sociaux se font l’écho de ces préparatifs (Facebook, twitter : collectif Fegersheim). La population soutient très majoritairement ce mouvement de protestation. Actuellement ce sont 600 familles (le double d’il y a 2 semaines) qui ont signé la pétition en cours. Les organisateurs comptent sur une large participation au rassemblement populaire.

La réussite de cette manifestation constituera un signal fort à l’adresse de nos élus. Le signal qu’aujourd’hui on ne peut plus faire n’importe quoi, que les citoyens veillent, et surtout qu’ils demandent de la cohérence. De la cohérence entre les paroles et les actions, de la cohérence entre les différentes collectivités territoriales, de la cohérence avec les contraintes économiques et environnementales.

Des centaines de chercheurs rappellent à François Hollande ses engagements sur la surpêche Bloom Association Reporterre 2013/06/21 Bloom Association (21 juin 2013) Des centaines de chercheurs rappellent à François Hollande ses engagements sur la surpêche. Reporterre. Tribune — Pêche fr

Des centaines de chercheurs rappellent à François Hollande ses engagements sur la surpêche

Après l’appel adressé par l’association BLOOM au Président de la République dans le journal Le Monde du 9/10 juin 2013 et signé par des personnalités politiques de premier ordre et de tous partis (Robert Badinter, Michel Rocard, Hubert Védrine, Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo, Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno, Marielle de Sarnez parmi d’autres), Bloom lance une pétition pour interpeller François Hollande sur le sort réservé aux océans profonds par les navires de pêche français.

BLOOM poste aussi sur son site une déclaration de soutien à la proposition européenne d’interdire le chalutage profond signée par plus de 266 chercheurs français et internationaux. Les scientifiques s’étaient déjà mobilisés en 2004 pour demander à l’ONU d’interdire le chalutage profond en haute mer.

L’appel des chercheurs avait donné lieu à une série de résolutions onusiennes encadrant très strictement la pêche profonde en dehors des zones de juridiction nationale. L’Europe avait joué un rôle moteur dans leur adoption. Les institutions de l’Union européenne doivent bientôt se prononcer sur la mise en conformité du droit communautaire avec les mesures adoptées au niveau international. La Commission européenne a également proposé l’interdiction des méthodes de pêche les plus destructrices des grandes profondeurs océaniques : le chalutage profond et les filets maillants de fond, déjà partiellement interdits en Europe et dans d’autres parties du monde.

La France, par le truchement du ministre délégué à la pêche (Frédéric Cuvillier) à qui le dossier a été confié, s’oppose fortement à l’interdiction du chalutage profond et à l’adoption d’autres mesures ambitieuses pour la protection des océans profonds.

« La France bloque le dossier au niveau européen et fait pression sur les autres Etats membres de l’Union pour qu’il ne soit même pas abordé au Conseil. On se comporte comme les lobbyistes d’Intermarché, qui est quasiment la seule flotte de pêche concernée par ce règlement » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

« Je pense que certains de nos fonctionnaires commencent à en avoir assez, comme une partie des Français, scandalisés par le comportement de nos élus à Bruxelles. Il est temps que François Hollande prenne un peu plus au sérieux les promesses qu’il a faites à ses concitoyens et qu’il respecte les engagements « d’exemplarité » environnementale qu’il a pris à Rio +20 au nom de la France devant la communauté internationale » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

Alors que se tient aujourd’hui [17 juin] au Parlement européen une audition des industriels de la pêche profonde, destinée à retarder le débat sur le règlement qui les concerne et à endiguer la majorité nettement favorable qui se dessine en faveur de l’arrêt de méthodes de pêche (58 voix sur 59 à la Commission Environnement du Parlement le 20 mars 2013) dont la destructivité et la sous-performance économique font honte à l’Europe, BLOOM saisit l’actualité pour rappeler aux élus et aux fonctionnaires de l’Etat que la communauté scientifique et la société civile se mobilisent pour qu’ils représentent leurs intérêts contre ceux des lobbies.

« Le chalutage profond est indéfendable et quiconque prend ouvertement parti pour son maintien fait aveu de ses liens avec les lobbies industriels et prend position contre les pêcheurs artisans, lésés dans ce dossier par le biais des subventions colossales captées par les armateurs industriels et dont les petits pêcheurs ne verront jamais la couleur » poursuit Claire Nouvian.

Le 18 juin, la Commission européenne a présenté au Parlement son étude d’impact du règlement pêche profonde et a déjà rappelé le 29 mai lors de l’explication de la méthodologie utilisée que ce règlement avait un impact mineur en raison de la très faible proportion (1%) des espèces profondes dans les captures européennes.

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Complément d’information

Pour en savoir plus sur la pêche profonde.

Retrouvez le classement de BLOOM des supermarchés.

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CHIFFRES-CLEF DE LA PECHE PROFONDE

· 98,5% des captures d’espèces profondes sont réalisées par neuf navires, soit 0,1% de la flotte française.

· Aucun de ces navires ne réalise l’intégralité de ses captures en eaux profondes. Celles-ci représentent entre 25 et 40 % des captures de chaque navire.

· La Scapêche (Intermarché) représente jusqu’à 85% du total des captures d’espèces profondes. Euronor 9%, Dhellemmes 4,5%.

· Les emplois directs de l’activité pêche profonde en France sont compris entre 44 et 112 marins (équivalent temps plein), soit 0,2 à 0,5% des marins français.

· De 2004 à 2011, la Scapêche (flotte Intermarché) a bénéficié de quatre types de subventions pour un montant total de 9,34 M € et d’une subvention au gasoil de 2,8 M €, remboursée en 2011.

· En dépit de près de 10 millions d’euros de subventions perçues entre 2002 et 2011 et 20 millions d’euros injectés par le groupe Intermarché, la Scapêche a accumulé plus de 19 millions d’euros de pertes courantes.

Débat sur l’énergie : le Medef voulait enterrer le document de synthèse France Nature Environnement Reporterre 2013/06/21 France Nature Environnement (21 juin 2013) Débat sur l’énergie : le Medef voulait enterrer le document de synthèse. Reporterre. fr

Débat sur l’énergie : le Medef voulait enterrer le document de synthèse

Sous la pression souterraine du MEDEF, le comité de pilotage du débat a décidé hier de retirer du débat un document intitulé « Priorités établies par les membres du Conseil national du débat au sein des recommandations de ses groupes de travail ».

Suite à cet incident inacceptable les ONG demandent à la Ministre en charge de l’écologie son analyse de cet épisode affligeant au regard du débat démocratique en cours. Plus particulièrement, elles demandent à ce que les priorités listées dans ce document soit dûment prises en considération dans la future synthèse des recommandations du débat. Les ONG tireront de la réponse de la Ministre les conclusions qui s’imposent pour la suite du débat.

Une route définitivement fermée à Notre Dame des Landes Ouest France Reporterre 2013/06/21 Ouest France (21 juin 2013) Une route définitivement fermée à Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Une route définitivement fermée à Notre Dame des Landes

Dès 7 h jeudi 20 juin, des engins de chantier se sont affairés sur la départementale 281, à Notre-Dame-des-Landes. Cet axe relie La Paquelais (commune de Vigneux-de-Bretagne) à Fay-de-Bretagne, en traversant la future zone aéroportuaire. Objectif ? Condamner définitivement cette route et la fermer à la circulation.

Elle faisait l’objet, depuis novembre dernier, d’une fermeture administrative, mais pas physique. Et depuis, elle était sous contrôle des zadistes, qui y ont installé des chicanes. Sauf que des automobilistes, riverains ou non, l’empruntaient encore. Avec des menaces et agressions constatées. « Le dispositif de signalement de fermeture en place ne restait pas. Les panneaux étaient dégradés, volés… », explique-t-on au conseil général.

Considérant que malgré le retrait des gendarmes, en mai, la pression n’était pas retombée sur la zone du futur aéroport, sur laquelle sont installés de nombreux opposants au projet, décision a été prise de fermer physiquement la D281, dès ce mercredi matin. Une route qui, de toute façon, est condamnée dans le projet actuel du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

« Il n’est pas acceptable que la sécurité ne soit plus assurée sur cette route. Ma responsabilité en tant que gestionnaire de la voirie est de mettre à l’abri les automobilistes de ces risques, explique Philippe Grosvalet, conseiller général de Loire-Atlantique. S’agissant d’une voie destinée à disparaître dans le cadre de la future plateforme, et en accord avec le préfet de Région, j’ai décidé la fermeture physique de la RD 281. »

Aux lieux-dits Le Bois-Rignoux (Vigneux-de-Bretagne) et Bel-Air (Notre-Dame-des-Landes), des blocs rocheux ont été déposés en travers de la voie. Ils sont protégés par des glissières en béton. Quatre unités de forces mobiles étaient présentes, le temps des travaux.

Les Reposeurs repartent à l’assaut de la publicité Les Reposeurs Reporterre 2013/06/21 Les Reposeurs (21 juin 2013) Les Reposeurs repartent à l’assaut de la publicité. Reporterre. fr

Les Reposeurs repartent à l’assaut de la publicité

Huit mois après leur première semaine d’action, les Reposeurs repartent en campagne contre les affiches de 4 mètres par 3 mètres omniprésentes dans les couloirs du métro.

Depuis samedi 15 juin 2013, et jusqu’au 23, la nouvelle campagne des Reposeurs bat son plein.

Dénonçant l’invasion publicitaire, le collectif des Reposeurs a commencé sa nouvelle campagne d’actions visant à faire recouvrir, par le plus grand nombre de Franciliens, les affiches publicitaires du métro à l’aide de papillons adhésifs non dégradants. Cette action, simple et amusante, n’en est pas moins un témoignage visible de leur opposition civique à l’omniprésence des affiches.

Les Reposeurs invitent donc tous les Franciliens qui prennent conscience de la gêne causée par la multiplication sans fin des supports publicitaires dans le métro à venir se rassembler place Edmond-Michelet (à côté du centre Beaubourg) de 18h30 à 19h30 les : • jeudi 20 juin 2013 ; • et samedi 22 juin 2013.

Nous y échangerons sur le mode d’action proposé par les Reposeurs, et inviterons tout un chacun à s’initier à l’action citoyenne et non-violente.

Ensemble, nous contraindrons le STIF (Syndicat des transports d’Île-de-France), dont Jean-Paul Huchon est le président, à faire déposer tous les dispositifs publicitaires actuels du métro. Les Reposeurs demandent un désencombrement des quais et couloirs, pour remettre la publicité à sa place : « 50 par 70 cm, c’est bien suffisant ».

EELV prend position contre l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure EELV Reporterre 2013/06/21 EELV (21 juin 2013) EELV prend position contre l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure. Reporterre. Déchets nucléaires fr

EELV prend position contre l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure

Déchets nucléaires : Non à CIGEO, oui au débat public

Un débat public a débuté autour du projet CIGEO porté par l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) de construire à Bure (Meuse) un site de stockage de déchets nucléaires à haute et moyenne activité et à vie longue en couche géologique profonde.

Prévu initialement jusqu’au 15 octobre par la Commission Nationale du débat Public, le débat a mal commencé : sa réunion inaugurale publique prévue à Bure le 23 mai n’a pas pu se tenir. Les réunions prévues les 30 mai à Saint-Dizier et 6 juin à Joinville ont été différées. Aujourd’hui, à Bar-le-Duc, doit finalement se tenir la première réunion. Si le débat est donc mal parti, pour autant il doit avoir lieu.

Non à CIGEO …

EELV rappelle son opposition à CIGEO et au stockage en couche géologique profonde des déchets nucléaires et déplore que leur entreposage en surface ou sub-surface n’ait pas fait l’objet d’études approfondies. L’enfouissement dans la croûte terrestre de déchets qui resteraient dangereux pendant des millénaires ne peut être la solution.

En outre, ce projet comporte des zones d’ombre et est contesté par de nombreux scientifiques, notamment sur l’inventaire des déchets qui seraient stockés (avis de l’ASN du 16 mai 2013), sur les risques d’incendie (déchets bituminés) et d’explosion d’hydrogène (panne prolongée de ventilation). Nul ne peut garantir la sûreté absolue qu’exigerait un tel projet dont la réalisation (construction et remplissage) devrait durer environ cent ans.

Ces questions, et bien d’autres, sont à mettre sur la table. La loi de 2006 sur la gestion des déchets nucléaires prévoyait un débat public avant que ne s’enclenche le cycle du débat parlementaire. Le temps de ce débat est venu.

… Oui au débat

Les écologistes militent depuis toujours pour que les citoyens soient associés à la préparation des décisions d’infrastructures ayant un impact environnemental. Mais, en matière nucléaire, la France ne s’est jamais distinguée par la transparence. Le débat public est non seulement nécessaire parce que prévu par la loi, mais il est utile parce qu’il conduit à confronter tous les avis et à sensibiliser l’opinion. Ce projet doit être refusé : c’est possible.

Le débat CIGEO doit être aménagé afin de tenir compte des demandes de l’ASN, de prendre en compte les travaux du débat sur la transition énergétique, d’entendre les expertises critiques, de tenir compte du report des premières réunions et de trouver des formes nouvelles de recueil de l’opinion des habitants du sud meusien et du nord haut marnais afin d’articuler débat local et débat global.

EELV appelle tous les acteurs concernés à participer au débat, sous toutes ses formes afin de réclamer une vraie alternative au projet CIGEO, trop souvent présenté comme inéluctable.

Entrer en Vélistance Vélistance Reporterre 2013/06/21 Vélistance (21 juin 2013) Entrer en Vélistance. Reporterre. fr

Entrer en Vélistance

« Manifeste engagé pour une urbanisation saine, durable et non-violente »

Militer

Pour devenir vélistant, c’est très simple, il suffit de se masquer le visage lors de trajets à vélo (écharpe, foulard, masque).

Etre Vélistant, cela permet d’exprimer simplement, de manière visuelle et sans agressivité l’idée que la situation actuelle n’est pas acceptable. Cette démarche peut être entreprise pour les raisons suggérées ci-dessous ou non.

Participez en envoyant votre photo de vélistant.

Situation

La voiture occupe aujourd’hui une place prépondérante dans nos sociétés actuelles. Rares sont ceux qui envisagent que cette solution évolue à l’avenir. Pourtant, la situation actuelle n’est pas supportable à tous les points de vue.

La voiture c’est bien

Personne ne peut nier que la voiture a des qualités que d’autres moyens de transport urbains n’équivalent pas. Et ce serait se voiler la face que de ne pas chercher à comprendre ce qui lui vaut un tel succès. Il me semble qu’un automobiliste prend son véhicule principalement pour trois raisons :

◾Rapidité : la voiture parcourt en peu de temps des distances que le cycliste ou le piétons ne sont pas capables d’égaler. ◾Flexibilité : avec une voiture, finies les 10 minutes d’attente du prochain bus ou le retour anticipé avec le dernier train, sans parler des 15 minutes pour arriver à la gare, à supposer que la personne soit valide. ◾Confort : certainement plus controversé, certains apprécient s’enfermer dans leur véhicule à écouter l’issue des bouchons à la radio, mais on leur donne tout de suite moins tort lorsqu’il pleut à torrent par 3°C au coeur de l’hiver.

Pourtant la voiture c’est mal

Mais c’est sans compter tous les méfaits qu’apportent l’omniprésence des voitures dans nos villes.

◾Individualisme : à l’exception de quelques initiatives comme le covoiturage, la voiture est le contre-exemple des économies collaboratives, étant par nature un isolant social. ◾Bruit : une ville serait tellement plus paisible sans les bruits de moteurs et de klaxons incessants. On pourrait alors discuter le long d’un boulevard, s’interpeller de l’autre côté de la rue ou tout simplement être moins à bout de nerf. ◾Danger : à quoi bon prendre le risque d’avoir des accidents de voiture ? ◾Espace public : difficile d’accepter que les 3/4 de la chaussée public soient réservés à l’usage de la voiture alors que les espaces urbains étouffent de plus en plus. ◾Santé publique : non seulement l’air de nos villes est largement pollué par les gaz d’échappement (et les cyclistes sont en première ligne d’inhalation), mais il est difficile de ne pas marcher l’heure quotidienne préconisée pour être en forme lorsque on utilise les transports en commun. C’est moins évident lorsqu’on est garé au pied de chez soi. ◾Dépendance énergétique : enfin, qu’on le veuille ou non, il va falloir apprendre à vivre sans pétrole dans un futur presque imminent. Cette transition d’usage ne se fera pas du jour au lendemain, ou alors elle sera inévitablement violente.

Repenser les usages de la voiture

Mais tous les points qui viennent d’être énumérés résultent du fait que les voitures sont trop nombreuses, trop irrespectueuses, pas du simple fait de leur existence. Aussi ce que propose ce manifeste, c’est de prendre le problème à l’envers :

Comment rendre la voiture moins rapide, moins flexible et moins confortable que les moyens de transports alternatifs pour en décourager l’usage dans toute situation où il est possible de faire autrement ?

C’est le sens moyen de parvenir à un réel changement d’usage et de mentalité. Préconisations...

Préconisations

L’essentiel des mesures proposées ici repose sur l’idée qu’il faut distinguer deux types de routes : les routes primaires, permettant de se rendre quelque part et les routes secondaires permettant de faire l’appoint dans sa destination. Cette distinction doit être formelle, c’est-à-dire signalisée sur la chaussée.

1.Immédiateté : Encourager la pratique du vélo et de la marche à pied pour faire évoluer les usages et les mentalités.

◾Les feux de circulation (invention par les automobilistes pour les automobilites : un cycliste adapte sa vitesse en fonction de son niveau d’information aux intersections) s’appliquent aux vélos et aux piétons comme des Cédez-le-passage. Sauf grand axe de circulation (route primaire), obligation de réduire la vitesse des voitures à 30km/h même si le feu est vert. Sur les grands axes, installation de passage sous-terrain ou de passerelle pour les piétons (pas de passage clouté).

◾Les sens interdits ne s’appliquent jamais aux vélos qui ont toujours la place de circuler dans les deux sens : c’est la voiture qui est trop grosse. Cf. Carfree ◾Créer de grands axes cyclables couverts (la pluie un principal frein à l’utilisation quotidienne du vélo) mais ouverts. ◾Sanctionner sévèrement l’utilisation du klaxon à mauvais escient. ◾Sanctionner sévèrement les stationnements sur voies cyclables. Cf. cette image

2.Anticipation : Faire que la voiture ne devienne qu’une solution de replis si aucune alternative n’est possible.

◾Limiter la vitesse à 30km/h sur toutes les rues secondaires, et appliquer cette mesure. Cf. Ville30 ◾Créer des parkings aux sorties des villes, immédiatement reliés aux stations de transport en commun pour accéder simplement en ville une fois le véhicule garé. ◾Interdire progressivement de se garer dans les rues secondaires. ◾Interdire aux voiture l’accès aux rues secondaires le week-end ◾Laisser l’industrie automobile être démunie face à la crise sans subventions étatiques : pour une fois que la main invisible du marchéagit positivement. Cf. Velomaxou

3.Utopie : Repenser la ville pour en isoler la voiture en la mettant sous-terre

◾Construire de grands axes automobiles sous-terrains permettant une desserte raisonnable de toute la ville, à l’image des stations de métro. ◾Transiter de manière parfaitement fluide avec les hubs des transports en commun, une fois garé dans un parking sous-terrain. ◾Ne laisser sur terre que des bus, les véhicules publics (police, ambulance etc.), et certains taxis pour lesquelles il faut une autorisation spéciale pour pouvoir les emprunter (ex : carte handicapé). Ces véhicules partagent la chaussée public avec tous les autres non-motorisés, limités à 30km/h comme partout "sur terre". Seule les situations d’urgence notifiées par une discrète sirène dérogent à cette règle.

ZAD PARTOUT Reporterre 2013/06/21 (21 juin 2013) ZAD PARTOUT. Reporterre. fr

ZAD PARTOUT

Bienvenue dans la ZAD

Un coin de bocage dont l’aménagement, différé depuis des décennies, est devenu un enjeu de pouvoir – symbole des choix aberrants qu’affectionnent les oligarchies qui nous gouvernent. Un projet d’aéroport, inutile et odieux, imposé sans se soucier des réactions des habitants, qu’on prévoyait dociles et résignés, et qui se sont avérés diablement combatifs.

Un rêve de grandeur technocratique conçu pour rabougrir un peu plus le lien social, mais qui a suscité l’un des plus beaux élans de résistance anticapitaliste de ces dernières années.

Un lieu où se rencontrent la solidarité avec des paysans spoliés, l’amour pour la terre nourricière et la volonté d’en découdre avec les puissances mortifères qui asphyxient la planète.

Une forteresse végétale, assiégée par de pléthoriques forces de répression, qui est devenue zone à défendre, mais aussi zone à vivre – au fil d’un combat asymétrique. Un espace de débat et d’autonomie, où fleurissent des potagers et des modes de vie communautaires, fondés sur l’entraide et semés du désir de vivre librement.

Une friche où ont surgi d’étranges édifices, pleins de poésie, qui témoignent d’autres possibilités d’habitat que celles que dictent la logique marchande et la standardisation autoritaire. Une lutte qui a su se préserver des récupérations politiques ou médiatiques, sans pour autant s’aliéner les soutiens ou les sympathies que lui valent son importance et sa portée.

- ZAD partout. Zone A Défendre à Notre-Dame-des-Landes • Textes et Images, Collectif, L’Insomniaque, 15 €.

La FNSEA fait mine de promouvoir l’élevage et laisse tomber les petits éleveurs Laurent Pinatel (Confédération paysanne) Reporterre 2013/06/22 Laurent Pinatel (Confédération paysanne) (22 juin 2013) La FNSEA fait mine de promouvoir l’élevage et laisse tomber les petits éleveurs. Reporterre. Tribune — fr

La FNSEA fait mine de promouvoir l’élevage et laisse tomber les petits éleveurs

La Confédération paysanne écrit à Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, soulignant son efficacité à promouvoir l’agriculture productiviste et sans paysans.

Cher Xavier,

Tu as donc décidé de venir passer un dimanche à Paris, dans les quartiers chics, pour parler d’élevage. Puisque nous sommes allés dans les quartiers populaires avec la Ferme à Paris, il fallait bien équilibrer la balance. Nous avons pourtant de la difficulté à saisir ton intention.

En effet, tu dis vouloir sauver l’élevage et nous sommes satisfaits que tu relayes, de fait, « Sauvons l’élevage », la campagne que nous menons depuis près d’un an. Néanmoins, nous aimerions aussi que les revendications que tu portes habituellement aillent dans ce sens.

Tu soutiens les choix politiques qui favorisent la disparition des paysans, et en premier lieu des éleveurs. Il faut d’ailleurs rendre hommage à ton efficacité dans la défense de ce système d’agriculture productiviste, qui pousse à l’agrandissement des exploitations, au détriment des plus petites, sources d’emploi et de vie des territoires.

Mais ce double langage doit être fatiguant à la longue : un discours dans les salons des ministères, et un autre devant les paysans. Tu nous dis, par exemple, qu’il faut immédiatement revaloriser les prix du lait et de la viande. Nous sommes d’accord avec toi ! Mais dans les faits, quand les représentants de ton syndicat se retrouvent dans les conseils d’administration des coopératives, ils refusent soudain de prendre en compte les coûts de production, sous prétexte de conquête des marchés mondiaux.

De la même manière, tu demandes une simplification des normes. Pourtant, ce sont les excès des uns, ceux qui suivent le modèle que tu défends, qui ont entrainé la multiplication de normes contraignantes pour tous. On le sait, le poids sur les éleveurs est énorme, et tu y as bien contribué en aggravant par exemple la conditionnalité de l’accès aux aides pour les petits ruminants via la Fédération Nationale Ovine.

Tu as aussi validé, dans le cadre de la directive nitrates, les normes vaches laitières qui pénalisent les systèmes herbagers, pourtant plus vertueux. Tu as fait de l’environnement un problème alors qu’il s’agit d’un défi à relever.

Aujourd’hui les études montrent bien que les fermes laitières les plus exemplaires, par exemple dans la gestion des nitrates grâce à la valorisation de l’herbe, ont des revenus supérieurs parce qu’elles sont plus économes en intrants. Les questions environnementales ne sont donc pas inconciliables avec le travail d’éleveur, au contraire. Il faut seulement que les moyens leurs soient donnés de vivre de leur travail, en cohérence avec leur milieu.

De plus, tu n’es pas sans savoir que l’avenir de l’élevage dépend aussi de la PAC qui va être mise en place. L’écart de revenus entre grandes cultures et élevage ne cesse de s’accroître. Un rééquilibrage des aides est donc indispensable. Mais ton syndicat s’y oppose et tu refuses même le plafonnement à 300 000 euros proposé par la Commission européenne, ainsi que la surprime aux premiers hectares.

Ils sont pourtant nécessaires, avec le couplage maximum des aides sur les troupeaux ruminants, pour mettre fin à une rente de situation intolérable des grandes exploitations. De la même manière, tu veux ponctionner le second pilier pour alimenter le premier alors qu’il faut faire l’inverse ! Le second pilier est indispensable pour soutenir l’élevage dans les zones difficiles.

Il faut se rendre à l’évidence : tu dis vouloir faire de l’élevage une cause nationale, mais tu défends un modèle qui élimine les éleveurs. C’est d’ailleurs bien ce qui est apparu quand tu as soutenu l’exclusion d’une majorité d’entre eux de l’aide à l’engraissement des jeunes bovins.

Ce modèle ne peut pas faire de l’agriculture « une chance pour la France » [1] comme tu le revendiques. La chance pour la France, confrontée à de graves problèmes d’emplois, serait de contribuer à l’installation de paysans nombreux, là où tu pousse vers toujours plus d’agrandissement et de concentration qui créent des exploitations très difficiles à reprendre.

Nous n’en pouvons plus de ton double discours. Tu auras beau nous parler d’une « agriculture vraie, qui nourrit et fait vivre », nous savons qu’il n’en est rien. Tu dis que « ce n’est pas un jeu », et bien on ne joue pas, justement.

Face à ton personnage fabriqué de défenseur de l’élevage, nous continuerons de défendre tous les éleveurs, en portant des revendications qui leur donnent un avenir à tous.

Sur ce, nous te souhaitons un bon dimanche. Fais attention, il semble que la météo soit capricieuse en ce moment.

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Note

[1] Citations tirées du communiqué de presse FNSEA/JA « L’agriculture pour de vrai ! », daté du 5 juin 2013.

Le pari de l’arbre et de la haie Reporterre 2013/06/24 (24 juin 2013) Le pari de l’arbre et de la haie. Reporterre. fr

Le pari de l’arbre et de la haie

L’arbre, symbole de la vie, et la haie, symbole paysan, appartiennent à l’inconscient collectif. Ils devraient naturellement être l’objet d’un respect partagé. Ce n’est pas le cas : de remembrements en aménagements, d’arrachages en limitations, ils ont été et restent les victimes du développement agricole, urbain, industriel.

Ils gênent le voisinage, les lignes aériennes, ils font de l’ombre… Là où ils sont acceptés, ils sont taillés, contenus dans des parcs.

Or, l’arbre et la haie sont porteurs de toutes les qualités – écologique, paysagère, économique, agricole et bien entendu culturelle.

Cet ouvrage fait le point sur ces qualités indiscutables, portées par la demande sociétale. Il analyse les aspects psychologiques du blocage, voire de la haine, dont sont sujets l’arbre et la haie, et donne les clés pour mieux les vaincre. Il est temps de leur donner un statut, de les protéger et de les multiplier.

A ce titre, un guide pour la plantation, permet à chacun de planter sa haie. La reconsidération essentielle pour l’humanité de l’arbre et de la haie est un pari pour l’environnement, l’agriculture et l’économie locale.

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- Le pari de l’arbre et de la haie, Bernard Farinelli, éditions de Terran, 240 pages, 19.00 €

Ecouter l’interview diffusée sur France Inter (début à 9’04)

De Notre Dame des Landes à Istanbul, un même combat Collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes Reporterre 2013/06/24 Collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes (24 juin 2013) De Notre Dame des Landes à Istanbul, un même combat. Reporterre. Tribune — fr

De Notre Dame des Landes à Istanbul, un même combat

C’est donc avec colère et détermination que les manifestants ont accueilli les forces de l’ordre venues les déloger avec matraques, lances à eau, gaz et pelleteuses, dans la nuit et les jours qui ont suivi. La révolte localisée sur et autour de la place Taksim a gagné les quartiers voisins. Les violents affrontements de la nuit du 31 mai ont mis le feu aux poudres, drainant de nombreux manifestants dans les rues à travers toute la Turquie, depuis le 1er juin.

Le lundi 27 mai, plusieurs centaines de personnes ont installé un campement de tentes pour s’opposer à la destruction d’un lieu de promenade historique, le parc de Gezi, au coeur d’Istanbul. Lieu de rassemblements – longtemps interdits –, la place Taksim est un des rares lieux de verdure qui subsistent face à l’urbanisation galopante initiée par le gouvernement turc au début des années 2000. Or, pour une population plus modeste, progressivement chassée du centre-ville par la gentrification d’Istanbul, ces rares lieux de rencontre subsistants sont vitaux.

La répression policière particulièrement violente rappelle de sombres souvenirs à la population : le 1er mai 1977, 34 personnes avaient trouvé la mort sur la place Taksim lorsque les chars dispersaient les 500 000 manifestants rassemblés là suite à l’appel des organisations de travailleurs. S’ajoute à ça une montée du conservatisme religieux, imposée par le gouvernement Erdogan à un pays laïc depuis 1923, et mal vécue par une partie de la population. L’obstination martiale et méprisante du premier ministre, face à une population qui accumule rancoeur et colère, a été l’étincelle qui embrase le pays depuis une semaine.

Si la révolte a trouvé sa source dans l’opposition à la destruction d’un espace de vie pour des visées économiques, elle a acquis aujourd’hui la dimension d’une insurrection sociale et politique et démontre que les espaces naturels, de vie, sont intimement liés à un tissu social, dont ils sont le poumon. Supprimer ces espaces, c’est mépriser le vivant et mépriser les populations qui y ont leurs racines. Dans un contexte économique difficile, fruit d’un capitalisme mondial irresponsable et indifférent à ses conséquences écologiques et humaines, ce mépris des gouvernants est ressenti comme une trahison par des populations à bout de leur tolérance.

Au Forum Social Mondial de Tunis, les participants de nombreux pays se sont accordés sur une charte à l’égard des grands travaux inutiles et imposés (GPII). Elle dénonce le soutien inconditionnel, financier et politique, aux multinationales promotrices de projets coûteux et nuisibles aux populations locales. Elle pointe également du doigt la militarisation et la criminalisation des oppositions. Que ce soit à Taksim en Turquie, à Atenco au Mexique, au Val de Susa en Italie ou à Notre-Dame-des-Landes en France, l’imposition de vastes chantiers de construction, au mépris des espaces naturels de vie, s’est accompagnée d’une répression aveugle et féroce de toutes contestations, pourtant massives.

Devant ce constat, nous ressentons chaque jour davantage l’urgence d’une convergence internationale de luttes de réappropriation des territoires dont nos gouvernements nous dépossèdent.

Face à des discours politiques dictés par la vénalité des intérêts économiques et imposés par la force des armes, qui blessent, mutilent et tuent, nous affirmons notre désir de pouvoir réaliser une autre vision de société et et vivre autrement les espaces que nous habitons.

Solidaires de nos amis turcs, nous affirmons notre soutien aux occupant-e-s de la Place Taksim et à toutes celles et ceux qui manifestent à travers ce pays et dans le monde !

http://nddl-idf.org/ -

Arrêter de jeter les bio-déchets et en faire du compost Je veux mon bac bio Reporterre 2013/06/24 Je veux mon bac bio (24 juin 2013) Arrêter de jeter les bio-déchets et en faire du compost. Reporterre. fr

Arrêter de jeter les bio-déchets et en faire du compost

Un tiers de nos poubelles sont des biodéchets

Epluchures, restes de repas, marc de café et sachets de thé, pain rassis, os, viandes, produits périmés et fleurs fanées sont des biodéchets, également appelés « fraction fermentescible des ordures ménagères » (FFOM).

Aujourd’hui, les biodéchets sont jetés en mélange avec les autres déchets ménagers et sont majoritairement incinérés ou enfouis en centres de stockage (décharges).

Ces traitements sont source de pollution pour les sols, l’eau et l’atmosphère et sont nocifs pour la santé humaine.

Triés à la source, séparément du reste des ordures ménagères, les biodéchets peuvent être valorisés en compost et biogaz, deux ressources dont nous avons grand besoin.

Non au gaspillage alimentaire

Si les produits périmés et restes de repas sont aussi des biodéchets, la priorité doit être leur réduction car ce sont des biodéchets évitables : plus de vingt kilogrammes d’aliments par an et par personne sont ainsi gaspillés. Ce sont autant d’aliments qui pour leur fabrication ont nécessité de l’eau, de l’énergie, des engrais et ont consommé de l’espace, tout ça pour finir dans nos poubelles sans passer par l’assiette. Réduisons le gaspillage alimentaire pour n’avoir à composter que ce qui n’est pas évitable.

Trier à la source pour valoriser nos biodéchets

Le tri à la source, c’est-à-dire dans nos habitations, permet une valorisation optimale de nos biodéchets et de répondre à des besoins essentiels :

- Agriculture Un compost produit à partir des biodéchets triés à la source est un amendement organique de qualité qui améliore la santé agronomique des sols en diminuant le recours aux produits fertilisant issus de la pétrochimie.

Le compost peut également être utilisé dans les jardins et plantes en pots par les particuliers ou les services des espaces verts des communes. De plus, les initiatives de compostage partagé permettent de créer du lien social entre les habitants d’un même quartier.

- Energie et Climat La valorisation des biodéchets répond à l’enjeu majeur de production d’énergie renouvelable. Le biogaz issu de la méthanisation des biodéchets peut ainsi produire de la chaleur, de l’électricité et du carburant.

Il permet également d’éviter les émissions de gaz à effet de serre générées par la mise en décharge et l’incinération et de stocker du carbone dans le sol.

Le saviez-vous ? Valoriser nos biodéchets sous forme de biogaz répond aux objectifs du Grenelle de l’environnement qui fixe un objectif de 23% de production d’énergie renouvelable d’ici 2020.

- Environnement et santé Le tri à la source des biodéchets permet d’éviter le recours à la mise en décharge et à l’incinération qui sont des méthodes polluantes pour l’air, les sols et les nappes phréatiques.

Le saviez-vous ?

Les lois soutiennent déjà le tri à la source des biodéchets. Les restaurants, hypermarchés, établissements scolaires, etc. qui produisent plus de 120 tonnes de biodéchets par an, ont l’obligation de les gérer séparément depuis 2012. En 2016, cette obligation réglementaire s’étendra aux producteurs de plus de 10t/an de biodéchets, ce qui correspond à la production d’environ 200 repas par jour sur une année.

Trier les biodéchets à la source pour éviter le recours au tri mécano-biologique (TMB)

Le tri mécano-biologique (TMB) est présenté comme la nouvelle solution « écologique » pour traiter les déchets ménagers. C’est en fait un risque important que prend une collectivité au regard des impacts économiques, environnementaux et sanitaires que génère ce type d’installation.

Ci-dessus une photo de ’compost’ issu de TMB, des contaminants sont visibles à l’œil nu.

Le TMB est une usine qui prétend faire du compost à partir de nos ordures ménagères en mélange. Celles-ci contiennent encore beaucoup de déchets toxiques : toutes sortes de plastiques, des couches, des piles, des restes de berlingots de javel, des protections hygiéniques, des ampoules, des aérosols, etc.

N.B : Seule une pile sur trois est aujourd’hui collectée pour être traitée correctement.

En savoir plus sur le TMB

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Signez la pétition

Les biodéchets représentent plus du tiers de nos ordures ménagères et sont encore jetés en mélange dans la poubelle avec les autres déchets.

Les trier permettrait de produire un compost de qualité et une énergie renouvelable, alors interpellons nos élus pour réserver un autre avenir à nos biodéchets. Signez la pétition et diffusez-la.

Au Japon, les énergies renouvelables ont le potentiel de remplacer le nucléaire Olivier Daniélo (Techniques de l’Ingénieur) Reporterre 2013/06/24 Olivier Daniélo (Techniques de l’Ingénieur) (24 juin 2013) Au Japon, les énergies renouvelables ont le potentiel de remplacer le nucléaire. Reporterre. fr

Au Japon, les énergies renouvelables ont le potentiel de remplacer le nucléaire

De nombreuses stations de pompage-turbinage sont dès à présent en place au Japon. Grâce à ces systèmes de stockage hydraulique à haute efficacité, les panneaux solaires sur toitures pourraient produire de l’électricité en base et éliminer complètement le nucléaire. C’est la conclusion d’une étude publiée récemment par des chercheurs de l’université du Texas dans la revue Environmental Research Letters [sous le titre "Potential for rooftop photovoltaics in Tokyo to replace nuclear capacity"].

En 2010, la part du nucléaire était de 27 % dans le mix électrique japonais. Pour la seule région de Kanto qui comprend l’agglomération très peuplée de Tokyo, 40 % de l’électricité délivrée par TEPCO (Tokyo Electric Power Company) provenait de la fission de l’uranium 235. Le tiers de la population japonaise réside dans cette région. Le reste du mix comprenait 63 % d’électricité d’origine fossile, principalement du gaz naturel liquéfié importé par bateau, et 10 % des renouvelables, principalement des barrages hydroélectriques.

La catastrophe de mars 2011 au complexe nucléaire de Fukushima Daiichi a conduit à la fuite de substances radioactives dans la biosphère et la chaîne alimentaire, et à la fermeture de l’intégralité du parc nucléaire du pays. La question de les rouvrir, ou non, reste entière. Dans l’urgence, le Japon a augmenté de manière significative sa consommation de combustibles fossiles.

Synergie entre l’eau et le soleil

Les énergies renouvelables sont aujourd’hui très populaires et très demandées par la population japonaise qui craint la réouverture des centrales nucléaires. Remplacer l’atome par le solaire est généralement rejeté d’un revers de la main par les sceptiques des énergies renouvelables, en arguant du caractère intermittent de cette ressource durable. Mais « le Japon possède la plus grande capacité de stockage par pompage-turbinage du monde, un total de 24,6 GW » soulignent les chercheurs. Rappel : un gigawatt (GW) égale mille mégawatts (1000 MW).

Dans leur étude, les chercheurs américains estiment que si, au lieu d’assister les centrales nucléaires, les STEP japonaises actuelles étaient couplées avec des panneaux solaires couvrant les toitures disponibles et adaptées sur des bâtiments de Tokyo, la combinaison obtenue permettrait de remplacer environ 26,5 % de l’électricité d’origine nucléaire consommée par la capitale japonaise en 2010.

Les scientifiques ont déterminé que 43,1 GW de solaire photovoltaïque sur toiture combiné aux 7,28 GW de capacités STEP de la région de Kanto permettrait de délivrer en base une puissance de 4,8 GW 91 % du temps, soit l’équivalent de l’électricité délivrée par cinq réacteurs nucléaires. Et aussi de gérer les périodes de pointe de la demande

Le solaire est une énergie intrinsèquement intéressante étant donné que les êtres humains sont diurnes : la production solaire a lieu précisément quand la demande électrique est élevée. Les chercheurs basent leurs affirmations sur une étude approfondie des espaces de toiture disponibles, sur 34 ans de données d’insolation dans la région, et sur l’hypothèse d’une efficacité énergétique des systèmes de collecte solaire de 13 %.

Le pays du soleil levant pourrait faire honneur à son nom

En installant une surface solaire 5,6 fois supérieure à la surface disponible en toiture, c’est la totalité de l’électricité nucléaire qui pourrait alors être remplacée par le solaire. « Nous avons estimé que 1700 km² de solaire PV, couplé à 18,1 GW de STEP seraient suffisants pour remplacer la totalité de la capacité nucléaire 2010 de TEPCO » indiquent les chercheurs.

L’agglomération tokyoïte serait alors intégralement libérée du nucléaire grâce au solaire. 1700 km², c’est 0.4 % de la surface de l’archipel nippon. Selon le ministère japonais des sciences, 30 000 kilomètres carrés ont été contaminées aux césiums 134 et 137 à la suite de la catastrophe de Fukushima Dai-Ichi. Et un secteur de 20 km autour de la centrale nucléaire a été évacué (1256 km²).

Un coût non rédhibitoire et qui évolue favorablement

L’équipe américaine estime que le coût de production de l’électricité en baseload [en base, ou en continu] délivrée par ce système synergique hydro-solaire serait de 0,206 dollars par kWh sur la base d’une période de 25 ans (1 dollar = 0,75 euro). « Ces coûts sont comparables avec ceux du prix de l’électricité résidentielle au Japon (0,241 dollars par kWh en 2010) » rappellent les chercheurs.

Si l’énergie solaire en excès est incluse, énergie qui peut être valorisée, le coût tombe alors à 0,162 dollars (soit 12 centimes d’euros). Et les scientifiques ajoutent que « de nombreuses études montrent que les coûts du solaire PV vont continuer à baisser parallèlement à l’augmentation des volumes de production ». Le prix de revient du kWh du nucléaire de nouvelle génération EPR s’élève à environ 10,5 centimes d’euros selon Per Lekander, analyste chez UBS, un prix confirmé par de nombreux experts.

Boom du solaire au Japon : 1500 MW au premier trimestre 2013

Le Japon est aujourd’hui la cinquième puissance solaire du monde en termes de puissance installée cumulée (5,9 GW en 2012), derrière l’Allemagne (32,4 GW), l’Italie (16,3 GW), la Chine (8,3 GW) et les Etats-Unis (7,7 GW). Le développement de grands systèmes photovoltaïques était déjà en cours au Japon avant la catastrophe nucléaire de 2011, ceci dans le cadre de la PV2030 Initiative. Mais Fukushima a conduit à accélérer drastiquement la cadence.

Grâce à un cadre règlementaire attractif mis en place par le gouvernement après la catastrophe, 1500 MW ont été installés durant le premier trimestre 2013. Et selon les experts de Bloomberg, ce sont au total entre 6,9 et 9,9 GW qui seront installés au pays du soleil levant en 2013. Si cette dynamique se maintient, ce sont alors plus de 50 GW qui pourraient être installés d’ici 2020. Le Japon rejoindrait alors le champion allemand, voire le dépasserait.

En France, le Président de la République François Hollande s’est engagé à baisser de 25 points la part du nucléaire dans le mix électrique. Le solaire PV représente aujourd’hui (2012) selon RTE [Réseau de transport d’électricité] 0,7 % du mix électrique de l’hexagone.

Un projet de LGV vers Clermont-Ferrand menace la Sologne Pays de Grande Sologne Reporterre 2013/06/25 Pays de Grande Sologne (25 juin 2013) Un projet de LGV vers Clermont-Ferrand menace la Sologne. Reporterre. fr

Un projet de LGV vers Clermont-Ferrand menace la Sologne

Contre le projet ouest de la ligne LGV POCL qui menace gravement la Sologne !

PÉTITION CONTRE LE PROJET OUEST DE LIGNE GRANDE VITESSE QUI MENACE GRAVEMENT LA SOLOGNE

Le Gouvernement et Réseau Ferré de France vont choisir dans les prochains jours le tracé définitif de la future Ligne à Grande Vitesse Paris/Orléans/Clermont-Ferrand/Lyon (LGV POCL).

Cette ligne passera soit au travers de la Sologne (tracé « ouest »), soit plus à l’Est (tracé « médian ») épargnant la Sologne.

EN SOLOGNE, LE TRACÉ IMPACTE TROP DE ZONES SENSIBLES !

En Sologne, le tracé coupe en deux le territoire sur 70 km du nord au sud, dans un fuseau d’études actuel de 10 km de large sur les communes d’Ardon, La Ferté St Aubin, Vouzon, Lamotte-Beuvron, Chaumont-sur-Tharonne, Nouan-le-Fuzelier, Salbris , Orçay, Theillay, Vouzeron, Neuvy-sur-Barangeon, Nançay notamment.

Ce tracé impactera beaucoup trop de zones sensibles : quartiers d’habitation, zones d’activités économiques, espaces touristiques majeurs (Parc Equestre Fédéral, Center Parcs, Domaine de Chalès, Courcimont, karting...), sites sensibles ou protégés (établissement de munitions, entreprises d’armement, patrimoine classé, Radiotélescope …), forêts domaniales et zones naturelles d’intérêt Natura 2000 notamment !

NOUS REFUSONS CE TRACE OUEST QUI PORTE ATTEINTE AU DEVELOPEMENT ECONOMIQUE DURABLE DE LA SOLOGNE.

UN TRACÉ OUEST QUI N’APPORTE RIEN À LA SOLOGNE !

La ligne SNCF Orléans-Vierzon permet aujourd’hui de desservir les 6 gares de Sologne, de Saint-Cyr en Val au nord à Theillay au sud avec des dessertes quotidiennes vers Paris.

La ligne POCL n’apportera rien pour les voyageurs en Sologne : aucun arrêt dans une des 6 gares. L’utilisation partielle de la ligne SNCF actuelle par le POLT et le POCL pourrait même peser sur le maintien des dessertes solognotes actuelles.

Contrairement à ce qui se dit, un éventuel « jumelage » avec l’A71 ne permet pas à la Sologne d’échapper aux lourdes conséquences de la ligne LGV, bien au contraire. Un jumelage ne pourrait être que très partiel sur les 70km de traversée de la Sologne (courbures), impliquerait plus de 500 ha de délaissés, un surcoût financier de 20%, des raccordements grillagés à la ligne actuelle au sud d’Orléans et au nord de Vierzon, des infrastructures routières est-ouest à reprofiler sur les deux axes…

NOUS REFUSONS UN TRACÉ QUI N’APPORTE RIEN À LA SOLOGNE ET LA FRAGILISE !

LE TRACÉ SOLOGNOT N’APPORTE AUCUN AVANTAGE SUPPLEMENTAIRE À ORLÉANS OU À VIERZON !

Les deux tracés permettent une desserte quasi équivalente à Orléans et Vierzon : ces deux « portes économiques » importantes de la Sologne sont donc assurées d’être connectées au réseau international des LGV.

Il n’en est pas de même pour l’agglomération blésoise (107 282 habitants, soit 31,8% de la population du Loir-et-Cher, 52 000 emplois, soit 41% du Loir-et-Cher, destination touristique/châteaux de la Loire) qui trouve les meilleures interconnexions (Nantes-Lyon-Marseille) avec le tracé médian.

NOUS REFUSONS LE TRACÉ SOLOGNOT QUI DÉFAVORISE BLOIS ET LE LOIR-ET-CHER !

LE TRACÉ SOLOGNOT MENACE GRAVEMENT LA RICHESSE PATRIMONIALE DE LA SOLOGNE.

La Sologne constitue un site Natura 2000 exemplaire de 348.000 hectares ; résultat d’une concertation locale résolument volontaire : 1er site de France pour la directive Habitats !

La Sologne présente également une biodiversité ordinaire riche et variée et notamment des populations de cervidés remarquables pour lesquelles il est indispensable d’assurer une libre circulation.

Le tracé ouest de la LGV créera la plus lourde atteinte au patrimoine naturel jamais commise en Sologne et irrémédiable : 700 hectares d’infrastructures, une coupure infranchissable sur 70 km du nord au sud de la Sologne (140 km de grillages), plus deux raccordements à la ligne actuelle -également grillagés- au nord de la Ferté Saint-Aubin et au sud de Salbris.

A l’heure où beaucoup d’élus se battent, avec difficulté, pour lutter contre l’engrillagement solognot, où l’Union européenne, l’Etat et les Régions (Trames Vertes et Bleues) mobilisent des crédits publics pour favoriser le maintien d’une biodiversité qui rend à l’espèce humaine de nombreux services indispensables à sa survie et son bien-être, un tracé solognot est inconcevable.

NOUS REFUSONS QUE LA LGV PORTE UNE ATTEINTE GRAVE ET IRRÉPARABLE À L’INTÉGRITÉ DU 1er SITE NATURA 2000 DE FRANCE, LA SOLOGNE , ALORS QU’IL EXISTE UNE ALTERNATIVE POSSIBLE AVEC LE TRACÉ « MEDIAN » !

POUR TOUTES CES RAISONS, NOUS, SIGNATAIRES DE CETTE PÉTITION, REFUSONS LE TRACÉ LGV EN SOLOGNE ET DEMANDONS AU GOUVERNEMENT ET À « RESEAU FERRÉ DE FRANCE » DE CHOISIR UNE SOLUTION ALTERNATIVE À CE TRACÉ !

Energie : le Japon croit aux hydrates de méthane leséchos.fr Reporterre 2013/06/25 leséchos.fr (25 juin 2013) Energie : le Japon croit aux hydrates de méthane. Reporterre. fr

Energie : le Japon croit aux hydrates de méthane

Le Japon lance un vaste programme de prospection de ses fonds marins afin d’évaluer les quantités présentes d’hydrates de méthane. Les ressources pourraient permettre de couvrir la consommation de gaz du pays pour un siècle.

Le gouvernement japonais a lancé lundi 10 juin en mer du Japon (ouest) une vaste prospection d’hydrates de méthane, une ressource énergétique dont regorgeraient ses fonds marins mais qui n’est toujours pas exploitée pour des raisons techniques et économiques.

C’est la première fois que le ministère de l’Industrie (Meti) entreprend une telle prospection pour quantifier le volume d’énergie de ce type en cet endroit précis, sous la mer du Japon, même si la présence de cette « glace qui brûle » y est attestée et que des instituts privés ont pris les devants pour la cartographier.

Cette campagne durera jusqu’au 20 juillet et associe un organisme public de recherche (l’Institut national des sciences et technologies avancées, AIST) et des spécialistes de l’Université privée de Meiji. Ces investigations se poursuivront ensuite pendant trois ans, dans le cadre d’un vaste plan visant à exploiter ces ressources au-delà de 2020, car il faudra encore des années pour fiabiliser les techniques et tenter de réduire considérablement le coût d’extraction.

Une ressource présente dans les lieux à forte sismicité

Le Japon est toutefois l’un des plus avancés dans ce domaine. En mars dernier, des chercheurs nippons avaient réussi pour la première fois au monde à extraire des fonds sous-marins du gaz d’hydrates de méthane. Cette tentative, qui avait été précédée d’expériences d’extraction continentale il y a quelques années au Canada, avait été conduite par la société nationale JOGMEC et l’AIST à environ 80 kilomètres au large de la péninsule d’Atsumi dans les eaux du Pacifique (centre-sud).

Les fonds sous-marins des eaux territoriales japonaises au large d’un pan étendu de sa côte sud, de Shizuoka à Wakayama, en recèlent de très grandes quantités qui avoisineraient dix ans de besoins en gaz pour l’archipel.

Mais selon des chercheurs du secteur privé, les gisements les meilleurs seraient de l’autre côté, en mer du Japon. « Si le Japon en est entouré, c’est que les hydrates de méthane sont surtout présents dans les lieux à forte sismicité », explique Chiharu Aoyama, chercheuse spécialiste des ressources énergétiques au Centre indépendant de recherche générale.

Le Japon, à la jonction de quatre plaques tectoniques, est sans doute le pays le plus secoué de la planète, avec plus de 20% des séismes les plus violents recensés sur terre chaque année. Selon certaines estimations, au total, l’archipel détiendrait pour un siècle ou plus de consommation de gaz sous forme d’hydrate de méthane, alors qu’il est jusqu’à présent tributaire de l’étranger, contraint d’importer 95% de son énergie.

Les échanges temporaires de maisons sont de plus en plus nombreux Angèle Davison (Economie Matin) Reporterre 2013/06/25 Angèle Davison (Economie Matin) (25 juin 2013) Les échanges temporaires de maisons sont de plus en plus nombreux. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

Les échanges temporaires de maisons sont de plus en plus nombreux

A l’approche des vacances d’été, nombreux sont ceux qui ne sont pas motivés à l’idée de prendre une location ou de partir en camping. Alors pourquoi ne pas échanger sa maison ?

Echanger sa maison pendant les vacances, c’est économique

Bien que l’échange des maisons soit apparu en 1950, c’est à partir de 1990 que le concept s’est fait connaître en France. Avec le développement d’Internet, la formule a connu un véritable boom. Depuis 2006, les échanges de maisons sont de plus en plus fréquents à l’échelle internationale, et la tendance ne fait que s’accroître.

Côté coûts, l’unique dépense est le déplacement. L’échange est gratuit mais la cotisation annuelle payante, et elle s’estime entre 60 et 80 euros selon les organismes, au niveau national cela représente entre 30 et 40 millions d’euros de chiffres d’affaires.

Certains sites tels que « echange-vacances.com » vous propose des tarifs allant de 55 à 175 euros de cotisation annuelle. Ces tarifs varient d’un site à l’autre : 115 à 175 euros pour « Homelink », 45 euros pour « echangemaison.com » et 65 euros pour « bovile.com ».

Une pratique qui séduit de plus en plus de vacanciers

Selon le site HomeExchange.com, la France est la seconde destination la plus demandée après les USA. Avec 7500 membres les français représentent également la seconde communauté après les américains.

D’après, Martin Rubio de la société Camago, spécialisé dans les échanges de maisons « Il y a approximativement 500 000 échanges de maisons avec et sans l’intermédiaire de sites spécialisés » et cela dans pas moins de 152 pays différents. « Actuellement, on compte entre 30 000 et 40 000 abonnés par an aux sites d’échange de maison » ajoute-t-il.

Plus de 20 000 franciliens sont séduits chaque année par l’échange de maisons pour partir en vacances à moindre coût, et en particulier les Parisiens. 65% des échangeurs sont des familles pour qui l’hôtel est souvent une alternative trop onéreuse.

Séminaire Ecologie politique 28 juin Reporterre 2013/06/25 (25 juin 2013) Séminaire Ecologie politique 28 juin. Reporterre. fr

Séminaire Ecologie politique 28 juin

Séminaire inaugural de la Fondation de l’Ecologie Politique

Vendredi 28 juin 2013, de 14h à 18h30

Cité Internationale Universitaire de Paris, 17 Bld. Jourdan, Paris 14e.

La Fondation de l’Ecologie Politique fête sa création par un séminaire ouvert au public.

« L’écologie est politique » !

Nous serions très heureux de vous y accueillir le 28 juin à partir de 14h autour des thèmes de la démocratie, de la transition, des nouveaux modèles économiques, des attentes sociales vis-à-vis de l’écologie...

Avec Geneviève Azam, Jean-Paul Besset, Frank Burbage, Dominique Bourg, Yves Cochet, Pascal Durand, Bastien François, Vincent Fristot, Alice Le Roy, Alain Lipietz, Dominique Méda, Marc-Olivier Padis, Denis Pingaud, Marie-Monique Robin.

P.S. : Les places étant limitées, merci de nous prévenir de votre participation par mail à l’adresse contact@fondationecolo.org .

Programme détaillé

La Fondation de l’Ecologie Politique. Alors que les autres familles politiques (à l’exception de l’extrême droite) disposent d’une fondation politique reconnue d’utilité publique depuis plusieurs années, les écologistes étaient privés d’une telle institution. Grace à l’impulsion et au soutien d’Europe Ecologie les Verts, la Fondation de l’Ecologie Politique a pu acquérir une reconnaissance officielle. Forte de son indépendance statutaire, elle a vocation à devenir l’un des lieux de développement et de diffusion de la pensée écologiste en France.

Une filiale de Vinci soupçonnée de corruption en Russie Le Moniteur // Sherpa Reporterre 2013/06/25 Le Moniteur // Sherpa (25 juin 2013) Une filiale de Vinci soupçonnée de corruption en Russie. Reporterre. Monde fr

Une filiale de Vinci soupçonnée de corruption en Russie

La société Vinci Concessions Russie, filiale du groupe Vinci, fait l’objet depuis le 24 juin d’une demande d’ouverture d’enquête pour corruption d’agent public étranger. En cause : les conditions dans lesquelles Vinci participe à la construction d’une autoroute très contestée dans la forêt de Khimki, au nord de Moscou.

Dépêche AFP reprise par Le Moniteur

Des associations françaises et russes ont annoncé avoir déposé plainte lundi 24 juin contre une filiale de Vinci et contre X sur des soupçons de corruption dans le cadre de la passation d’un marché public pour le projet controversé d’autoroute Moscou-Saint-Petersbourg.

La plainte, déposée à l’encontre de Vinci Concessions Russie au parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), émane des associations Sherpa, Russie Libertés, de l’ONG CEE Bankwatch et d’écologistes russes. Elle vise des faits présumés de « corruption d’agent public étranger », de « recel de trafic d’influence, de favoritisme et d’entente illicite », ont précisé lundi les plaignants qui réclament l’ouverture d’une information judiciaire.

Sollicité, le groupe Vinci a réfuté ces « allégations » sur ses activités en Russie. « Nous avons répondu à toutes les questions de Sherpa et Bankwatch en novembre 2012. Sans nouvelles de leur part, nous nous étonnons de cette démarche », a ajouté un porte-parole de l’entreprise, précisant qu’elle restait « à la disposition de la justice ».

North-West Concession Company (NWCC), composé du groupe français de BTP et de partenaires russes, avait signé en juillet 2009 le contrat pour la conception, le financement, la construction puis l’exploitation d’un tronçon d’autoroute de 43 km qui doit traverser la forêt de Khimki, située dans la banlieue nord de la capitale russe. Le coût de construction de cette section est estimé à environ 1 milliard d’euros, selon Vinci.

« Un certain nombre d’éléments nous permettent de penser que le marché a été conclu dans des conditions troublantes », a affirmé lundi la présidente de l’association Sherpa, Sophia Lakhdar. Les plaignants ont parlé d’une « grande opacité » dans la structure de la concession avec des « sociétés actionnaires » qui seraient reliées « à une myriade de sociétés localisées dans des places financières offshore ». Ils ont également évoqué des pourparlers qui auraient eu lieu entre l’ancien ministre russe des transports Igor Levitin et le groupe Vinci avant le lancement de l’appel d’offres.

L’ex-président russe Dmitri Medvedev avait ordonné à l’été 2010 le gel du projet après une très importante mobilisation d’une association de riverains et de mouvements d’opposition, qui dénonçaient la coupe d’une partie de la forêt de Khimki. Mais le gouvernement russe avait finalement autorisé la construction en décembre de la même année.

« Cette plainte dans un tribunal français suscite de grands espoirs pour beaucoup de militants russes car nous n’arrivons pas à avoir une justice qui fonctionne de manière indépendante en Russie », a affirmé lundi Evguenia Tchirikova, leader de l’opposition au projet en Russie.

Communiqué de l’assocation Sherpa

Des enquêtes menées par des ONG russes et européennes conduisent au dépôt d’une plainte contre Vinci Concessions Russie SA et contre X devant le parquet de Nanterre le 24 juin 2013

Sherpa, Russie-Libertés, CEE Bankwatch Network et MOBO Princip ainsi que des membres de la société civile russe, dont Evgenia TCHIRIKOVA, militante écologiste russe, informent que, ce jour, a été déposée entre les mains du Parquet de Nanterre (France), une plainte simple relative aux conditions dans lesquelles a été attribué, en 2009, à la société NORTH WEST CONCESSION COMPANY (NWCC), détenue à 100% par la société française VINCI CONCESSIONS RUSSIE, un marché public relatif à la construction de l’autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg.

De nombreuses enquêtes ont été effectuées ces dernières années par un certain nombre d’ONG européennes et internationales.

Ce travail d’investigation nous a convaincu de l’existence de présomptions sérieuses de la commission par la société VINCI CONCESSIONS RUSSIE, et de personnes morales et physiques restant à identifier, d’infractions pénales financières incluant notamment des faits de corruption d’agents publics étrangers ainsi que du recel de trafic d’influence.

Outre le climat corruptif qui a semblé caractériser dès le début l’attribution de ce marché, ont été dénoncées de graves atteintes à l’environnement, particulièrement à la forêt de Khimki, proche de Moscou.

Les ONG soussignées attendent du Parquet de Nanterre, une réponse judiciaire rapide en adéquation avec la gravité et l’importance des faits dénoncés mais également avec les engagements pris par la France en matière de la lutte contre la corruption.

Elles rappellent sur ce point les recommandations faites à la France en 2012 par le groupe de travail de l’OCDE.

Les ONG soussignées considèrent que la nature des faits, leur caractère international voire leur complexité, justifieraient l’ouverture d’une information judiciaire immédiatement de sorte qu’un ou plusieurs juges d’instruction puissent amorcer sans délai les investigations qui s’imposent.

Nucléaire au CNRS : Attention, académiciens de garde ! Thierry Ribault Reporterre 2013/06/25 Thierry Ribault (25 juin 2013) Nucléaire au CNRS : Attention, académiciens de garde !. Reporterre. Tribune — fr

Nucléaire au CNRS : Attention, académiciens de garde !

Au CNRS, on est « idéologue » quand on critique le nucléaire, mais rationnel quand on le promeut...

Le président du CNRS, Alain Fuchs, a confié en mars dernier une « mission sciences citoyennes » à Marc Lipinski, directeur de recherche au CNRS, conseiller régional EE-LV. Convaincu que « la recherche peut à la fois rester libre et répondre à la demande sociale », M. Lipinski proposera au CNRS « des dispositifs pour favoriser le dialogue et le rapprochement entre la recherche et les citoyens, essentiellement représentés et organisés dans des associations. »

L’annonce de cette mission ayant fait l’objet d’attaques virulentes, notamment de la part de plusieurs membres de l’Académie des sciences, il me revient, en tant que chercheur au CNRS, d’éclairer publiquement la mauvaise foi de ses détracteurs, dont l’objectif n’est autre que d’exercer sur cet organisme des pressions politiques, notamment dans le domaine du nucléaire.

Le retour de la « science prolétarienne » ?

Dans une tribune publiée par l’Union rationaliste, Edouard Brézin, de l’Académie des sciences, parle de « manœuvre politicienne » et affirme que « la création d’une mission Sciences “citoyennes“ auprès du Président du CNRS et le fait qu’elle soit confiée à un chercheur, Marc Lipinski, qui est simultanément un homme politique exerçant des responsabilités au nom d’un parti, EE-LV, est une faute et un danger. »

E. Brézin dénonce un « contournement de la démocratie en substituant aux institutions démocratiques régulièrement élues des associations dont la représentativité est discutable, animées d’a priori idéologiques ». Il redoute encore de « faire dépendre la science “acceptable“ de critères externes » alors que, faisant allusion à la période stalinienne, « nous savons bien aujourd’hui à quoi ont conduit les anathèmes contre la science bourgeoise ou la prosternation devant la science prolétarienne. »

Inquiet, le rationaliste conclut : « Nous sommes donc bien devant une démarche proprement politique issue de militants qui, comme les tristes exemples du passé, sous couvert de préoccupations citoyennes ou sociales que certes nous partageons tous, entendent mettre la science au pas de leurs conceptions. »

Un activisme académique forcené

Pourtant, en janvier 2012, E. Brézin, ancien collaborateur du CEA, puis d’EDF, après avoir présidé le Conseil d’administration du CNRS, signait dans Libération, aux côtés de deux autres académiciens, Sébastien Balibar, physicien au CNRS, et Yves Bréchet, nommé haut-commissaire à l’énergie atomique en septembre 2012, une contribution qui avait tout du modèle de la mise au pas militante tant redoutée.

Visiblement engagés, les scientifiques déclaraient au sujet de la catastrophe de Fukushima : « même dans le long terme, le nombre de cancers induits par l’exposition aux radiations devrait rester très limité. » Et les cartomanciens appointés de conclure : « L’abandon du nucléaire (…) conduirait à la certitude d’un échec que les générations à venir ne nous pardonneront pas. »

Un tel activisme académique forcené ne surprend guère lorsque l’on sait que, cinq jours avant la première explosion du réacteur n°1 de Fukushima Daiichi, S. Balibar avait déjà fait la preuve, sur les ondes, de l’ampleur de ses capacités d’anticipation :

« Dire que la fission est sale et dangereuse est une rumeur qui comme beaucoup de rumeur est fausse (…) Depuis l’époque de Tchernobyl la technologie des réacteurs à fission a très bien évolué, et en particulier ça n’explose pas et ça ne s’emballe pas non plus (…) Le nucléaire de fission est à la fois durable et propre. »

« Pourquoi vouloir tuer la poule aux œufs d’or ? »

De son côté, Yves Bréchet, troisième tête de ce Cerbère académique, nous avait déjà gratifié d’un discours âprement critique à l’encontre de « la CRIIRAD, la CRIIGEN, la CRIIREM (…) autant d’expertises “parallèles“ qui ont prospéré sur la perte de confiance dans les expertises officielles. » Par contre, il ne tarit pas d’éloges pour « GreenFacts » et « Sauvons le Climat », structures modèles associant, selon lui « compétence scientifique et indépendance ».

Y. Bréchet omet toutefois de préciser que « GreenFacts » est financée par Carrefour, Suez et le groupe belge de chimie Solvay, modèles d’indépendance, tandis que « Sauvons le Climat », financée par EdF et présidée par Claude Jeandron, directeur-adjoint du Développement durable et de l’environnement à EdF, se consacre au sauvetage du nucléaire.

Voilà donc pour la sécurisante « alternative » experte envisagée par les académiciens à gages, dont les positions sont amplement relayées par l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS), qui publie, au nom « du bien et de la grandeur de la France », d’édifiants questionnements relatifs au nucléaire, du type « Pourquoi vouloir tuer la poule aux œufs d’or ? », dont la candeur frôle la dévotion.

Les accès de national-nucléarisme que suscite l’appel aux citoyens de M. Lipinski sont d’autant plus surprenants que ce dernier parle la langue du pouvoir. Le « dialogue sciences-citoyens » qu’il prône n’a effectivement rien d’une révolution quant aux grandes orientations pro-nucléaires, pro-OGM ou pro-nanotechnologies de la France. Tout au plus s’agit-il d’un changement de régime permettant d’en rendre l’ « acceptabilité sociale » plus « participative ».

La recherche sous contrôle politique légalisé

Aussi en vient-on à se dire qu’à travers leurs dénonciations vociférantes d’un stalinisme irréel dont M. Lipinski serait l’agent, les brigades académiques entendent au final mieux dissimuler la stalinisation réelle du CNRS à laquelle elles contribuent. Quand le loup crie au loup, assurément, la bergerie a toutes les raisons de s’inquiéter.

En témoigne l’éloge récurant des académiciens de garde envers l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques, l’OPECST, cet « outil du Parlement pour s’informer des conséquences des choix scientifiques et technologiques et ainsi éclairer ses décisions », auquel M. Lipinski reproche, non sans euphémisme, d’être « insuffisamment ouvert à la société ».

L’OPECST affiche depuis longtemps des positions pro-nucléaires, par la voix notamment de son premier vice-président, Jean-Yves Le Déaut. Ce député PS, membre du comité de parrainage de … « Sauvons le climat », tient, entre autres, le bâton de pèlerin du projet de création à Bure du centre de stockage géologique profond pour les déchets à vie longue.

Si toutefois les collusions de l’OPECST avec la nucléocratie sont notoires, la volonté actuelle de lui attribuer un rôle directeur dans les grandes orientations de la recherche, dont celles du CNRS, l’est moins.

Pourtant, exauçant les vœux d’un rapport du même Le Déaut, l’ahurissant Projet de loi d’orientation pour l’enseignement supérieur et la recherche porté ces temps-ci par Geneviève Fioraso, entend instaurer un « Conseil stratégique de la recherche » chargé de définir « les grandes orientations de la stratégie nationale de recherche », qui sera « placé près du Premier ministre et piloté par le ministre de la Recherche », et s’appuiera … « sur l’expertise de l’OPECST ».

Le futur « pilote » auto-proclamé de ce « Conseil stratégique » est donc G. Fioraso, proche du CEA, ex-membre de l’OPECST, qui déclarait sans ambages en 2011 que le réacteur EPR « peut supporter la fusion de son cœur sans danger pour quiconque ». Où l’on comprend que le récent pugilat autour de l’usage de l’anglais à l’université masque opportunément le véritable enjeu de cette loi : placer la recherche scientifique sous contrôle politique légalisé.

Les scientifiques ne sont pas les seuls détenteurs de la vérité

C’est pourquoi nous doutons de la sincérité des inquiétudes des académiciens de garde qui voient, dans la mission Lipinski, « la science sommée de soutenir un effort politique », lorsque de fait - et récemment les silences et omissions volontaires d’un site du CNRS dédié au nucléaire l’ont confirmé - la sommation est déjà à l’œuvre.

De même, en attribuant 50 millions d’euros exclusivement à des projets de « Recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection » menés « en partenariat » avec l’industrie nucléaire ou les grands organismes impliqués dans le nucléaire tels que l’IRSN, le CEA et l’ANDRA, le gouvernement fait-il autre chose que de sommer la science de soutenir un effort politique ?

Mais les détracteurs de M. Lipinski n’en ont jamais assez, et continuent de relayer la pression qu’exerce la sphère politique, dont l’OPECST fait partie, sur un CNRS décidément trop citoyenniste à leur goût.

« L’objet de la science est le vrai, et le vrai ne se vote pas » clament les académiciens de garde. Ils oublient que les scientifiques ne sont pas les seuls détenteurs et estampilleurs de la vérité, qui est non seulement scientifique, mais aussi sociale, morale et humaine.

Et cette vérité sociale, morale et humaine ne peut être requise par quelque démonstration théorique, ni établie par les seuls moyens de la connaissance objective, mais doit être conquise par les luttes dans la vie sociale elle-même. Les grandes questions sont dans la rue, et le vrai, certes, ne se vote pas : il s’arrache des crocs acérés de la meute académique qui n’en fait qu’une bouchée.

Plans de sauvetage de la Grèce : 77% des fonds sont allés à la finance Attac Reporterre 2013/06/25 Attac (25 juin 2013) Plans de sauvetage de la Grèce : 77% des fonds sont allés à la finance. Reporterre. fr

Plans de sauvetage de la Grèce : 77% des fonds sont allés à la finance

Une étude d’Attac montre que les « plans de sauvetage » mis en oeuvre par les institutions de l’Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.

Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics. C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

Les résultats en détails :

• 58,2 milliards d’euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.

• 101,33 milliards d’euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement [1] » en mars 2012. 11,3 milliards d’euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.

• 43,7 milliards d’euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.

• 0,9 milliard d’euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.

(L’étude d’Attac Autriche)

« Le but des élites politiques n’est pas de secourir la population grecque mais de sauver le secteur financier » conclut Lisa Mittendrein d’Attac Autriche. « Ils ont utilisé des centaines de milliards d’argent public pour sauver les banques et autres acteurs financiers — en particulier leurs propriétaires — de la crise qu’ils ont provoquée. »

Les élites politiques ont trompé le public en affirmant prendre des « mesures de sauvetage »

Les résultats du rapport d’Attac Autriche réfutent les affirmations publiques des institutions et chefs d’Etat européens, selon lesquelles c’est la population grecque qui a bénéficié desdits « plans de sauvetage ». C’est plutôt elle qui paie pour sauver les banques et les créanciers en subissant une brutale course à l’austérité, ainsi que les catastrophiques conséquences sociales que l’on sait.

Des milliardaires et des fonds spéculatifs bénéficiaires des « sauvetages »

Parmi ceux qui ont bien été sauvés, on compte le clan multimilliardaire Latsis, l’une des plus riches familles grecques, qui détient en grande partie l’Eurobank Ergasias sauvée par l’État (1). Des spéculateurs en ont aussi profité : lors du rachat de la dette en décembre 2012, le fonds spéculatif Third Point a empoché 500 millions d’euros grâce aux fonds publics européens (2). « Quand Barroso, le président de la Commission européenne, a qualifié le prétendu plan de sauvetage de la Grèce d’acte de solidarité (3), la question est : solidarité avec qui ? », note Dominique Plihon, porte-parole d’Attac France et professeur d’économie financière à l’Université Paris 13.

34,6 milliards d’euros supplémentaires en paiements d’intérêts

43,6 milliards d’euros tout au plus (22,46%) desdites « enveloppes de sauvetage » ont été affectés au budget de l’État. Il faut cependant comparer ce montant à celui d’autres dépenses de l’État au cours de la même période, qui n’ont pas bénéficié à toute la population : plus de 34,6 milliards d’euros ont encore été versés aux créanciers en paiement d’intérêts sur des bons du Trésor en attente (du 2e trimestre 2010 au 4e trimestre 2012 (4)).

En outre, l’État grec a affecté une autre enveloppe de 10,2 milliards d’euros au budget de la défense (2010 et 2011 (5)). Selon certains initiés, Berlin et Paris auraient pressé la Grèce de ne pas réduire ses dépenses militaires parce que cela aurait porté préjudice aux fabricants d’armes allemands et français (6).

Ce n’est pas le premier renflouement des banques

« L’étude de nos amis d’Attac Autriche prouve que le prétendu sauvetage de la Grèce s’avère être un autre renflouement des banques et des riches particuliers » affirme Dominique Plihon. Les banques européennes ont déjà reçu 670 milliards d’Euros de soutien direct de la part de l’État (hors garanties) depuis 2008 (7). Pourtant le secteur financier reste instable en Grèce comme dans toute l’Europe. Ce que démontre une fois encore le récent versement de deux tranches supplémentaires destinées aux recapitalisations des banques pour 23,2 milliards d’Euros depuis décembre 2012.

Les élites politiques échouent à mettre en œuvre les régulations nécessaires…

Les coupes de l’État grec ont frappé si fort les banques locales que l’État est contraint à s’endetter à nouveau pour voler à leur secours avec un renflouement d’un milliard d’Euros.

« Au cours des cinq années qui se sont écoulées depuis le krach financier, les politiques européens n’ont pas réussi à réglementer les marchés financiers et à adopter un régime de faillite des banques. Aussi les contribuables sont-ils toujours contraints de venir en aide en cas de pertes, tandis que les propriétaires des banques s’en tirent en toute impunité. Les gouvernements doivent cesser de donner de telles opportunités de chantage au secteur de la finance » critique Dominique Plihon.

… et volent au secours du secteur bancaire grec corrompu

Ce qui est encore pire, c’est que les milliards du plan de sauvetage vont aux banques grecques, même si certaines d’entre elles ont recours à des méthodes douteuses pour remplir les conditions officielles d’éligibilité.

En 2012, un rapport de Reuters a révélé les pratiques scandaleuses des banques utilisant un système de Ponzi basé sur des sociétés offshore pour donner un coup de pouce à des prêts non garantis de l’une à l’autre. Elles ont procédé de la sorte pour sembler être encore en mesure d’attirer des capitaux privés et répondre ainsi aux critères de recapitalisation par l’État (8).

« Alors que les élites politiques grecques et européennes exigent le sang et les larmes du peuple grec, elles ferment les yeux sur les accords secrets entre les oligarques financiers, qui sont en fait les principaux bénéficiaires de l’argent du sauvetage accordé à la Grèce », confirme l’économiste Marica Frangakis, membre de l’Institut Nicos Poulantzas d’Athènes et membre fondatrice d’Attac Grèce.

La manipulation opaque des fonds publics

« Les résultats de l’étude d’Attac Autriche révèlent que, depuis 2008, le principal objectif de la politique de gestion de la crise de nos gouvernements est de sauver les fortunes des plus riches. Les élites politiques acceptent un énorme taux de chômage, la pauvreté et la misère pour sauver un secteur financier incurable. Le gouvernement autrichien a, lui aussi, participé à cette ligne de conduite inhumaine pendant des années », ajoute Dominique Plihon.

Il est d’ailleurs inquiétant de constater que les responsables de la Troïka et du FESF rendent à peine compte de leur gestion des fonds publics. « C’est un scandale que la Commission européenne publie des centaines de pages de rapport mais ne parvienne pas à préciser où l’argent est exactement allé », explique Dominique Plihon. « Nous appelons les responsables à imposer une réelle transparence et à indiquer à qui profitent véritablement les paiements. »

Le changement radical de politique se fait attendre

Un changement de cap radical se fait attendre dans la politique européenne de gestion de la crise. « Nos gouvernements volent au secours des banques européennes et des riches à coups de milliards et de milliards de fonds publics tout en racontant à leurs électeurs que l’argent est versé à la population grecque. Cela doit cesser », revendiquent Dominique Plihon et Marica Frangakis.

Les banques « too big to fail [2] » doivent être divisées et remises au service de l’intérêt public plutôt qu’à celui des profits privés. Les créanciers et les riches doivent payer leur part des coûts de la crise, tandis que le secteur financier doit être sévèrement réglementé.

« Après les ravages de trois années d’austérité imposée, la Grèce a besoin, plutôt que d’enrichir l’oligarchie financière, de véritables mesures de secours qui profitent réellement à l’ensemble de la population ainsi que des mesures de financement pour le rétablissement de l’économie grecque », conclut Dominique Plihon.

D’autres détails qui interpellent…

En outre, l’enquête menée par Attac a mis en lumière plusieurs points qui interpellent dans le prétendu « plan de sauvetage de la Grèce » :

• À plusieurs reprises, l’UE et le FMI sont revenus sur leurs déclarations et ont suspendu les versements promis pendant des semaines voire des mois pour faire pression sur la démocratie grecque : à l’automne 2011 pour empêcher la tenue d’un referendum sur la politique d’austérité ; en mai-juin 2012 pour augmenter les chances des partis amis de la Troïka lors des élections législatives.

En suspendant les fonds promis, la Troïka contraint le gouvernement grec à émettre des obligations à court terme pour éviter la faillite imminente. Ces « bons du Trésor », arrivant à échéance en quelques semaines ou quelques mois, revêtent un taux d’intérêt plus élevé, ce qui augmente de fait la dette publique grecque. Une preuve de plus que la réduction de la dette n’est pas la principale préoccupation de la Troïka mais plutôt un prétexte pour poursuivre la destruction de l’État providence et des droits des travailleurs.

• Une tranche d’1 milliard d’Euros versée en juin 2012 a essentiellement servi à financer la contribution obligatoire de la Grèce au remplaçant du FESF, le MES. Le FESF a ainsi financé son propre successeur — certes pas directement mais en accroissant la dette du gouvernement grec.

• Klaus Regling, directeur général du FESF et du MES, a fait de nombreux allers-retours entre la politique et le monde de la finance au cours de sa carrière. Avant de rejoindre le FESF, il a travaillé tour à tour pour le gouvernement allemand, pour le fonds spéculatif Moore Capital Strategy Group, pour la Commission européenne comme directeur général aux Affaires économiques et financières, ou encore pour le fonds spéculatif Winton Futures Fund Ltd. Regling constitue ainsi un exemple symbolique de l’étroite imbrication des marchés financiers et de la politique, qui explique en partie pourquoi la politique de gestion de la crise de l’UE vise principalement à sauver le secteur de la finance.

• Selon ses comptes annuels, la masse salariale du FESF s’élevait à 3,1 millions d’Euros en 2011 (9). Selon les médias, 12 personnes travaillaient cette année-là au FESF (10), soit une moyenne de 258.000 EUR dépensée par personne. Le directeur général Klaus Regling aurait gagné 324.000 EUR, plus un supplément de salaire par année (11). Ceux qui touchent de telles sommes contrôlent la réduction du salaire minimum brut mensuel grec à 580 EUR (510 EUR pour les jeunes) (12).

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Sources :

1.Tagesschau (2012) : Milliardenhilfen für den Milliardär, 4 juin 2012, http://www.tagesschau.de/wirtschaft/latsis100.html

2.Der Spiegel (2012) : Schuldenrückkauf : Hedgefonds verdient halbe Milliarde mit Griechenland, 19 décembre 2012 / http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/hedgefonds-verdient-halbe-m...

3.Commission européenne (2010) : Statement of President Barroso following his meeting with Mr Georgios Papandreou, Prime Minister of Greece, 6 décembre 2010 / http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-10-730_en.htm

4.Eurostat (2013) : Comptes non-financiers trimestriels des administrations publiques, 16 avril 2013 / http://epp.eurostat.ec.europa.eu

5. Eurostat (2013) : Dépenses des administrations publiques par fonction (CFAP), 16 avril 2013 / http://epp.eurostat.ec.europa.eu

6.Transnational Institute (2013) : Guns, Debt and Corruption. Military Spending and the EU crisis, 14 avril 2013 / http://www.tni.org/briefing/guns-debtcorruption, p. 11f.

7.Der Standard (2013) : Bankenrettungen kosteten EU-Staaten 670 Milliarden, 22 avril 2013 / http://derstandard.at/1363708829426/Bankenrettungen-kosteten-EU-670-Mill...

8.Reuters (2012) : Special Report : Clandestine Loans were used to fortify Greek bank, 16 juillet 2012 / http://www.reuters.com/article/2012/07/16/us-greecebanks-idUSBRE86F0CL20120716

9.FESF (2011) : Financial Statements, Management report and Auditor’s report, 31 décembre 2011 / http://www.efsf.europa.eu/about/corporategovernance/annual-accounts/inde..., p. 37.

10.CNBC (2011) : EFSF : CNBC explains, 20 octobre 2011, http://www.cnbc.com/id/44685464

11.Die Welt (2012) : Fürstliche Gehälter : ESM-Chef verdient mehr als Bundeskanzlerin, 7 juillet 2012 http://www.welt.de/wirtschaft/article108056431/ESM-Chefverdient-mehr-als-die-Bundeskanzlerin.html

12.OCDE (2013) : Salaires minimum à prix courant en monnaie nationale, 16 avril 2013 / http://stats.oecd.org/

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Traduit de l’anglais par Muriel Carpentier, Coorditrad.

Notes

[1] NdT : traduction du terme imagé haircut, correspondant dans cet usage à une décote directe de la créance.

[2] NdT : idiotisme, littéralement « trop grandes pour échouer ».

L’éolienne nouvelle génération : petite, à voiles et silencieuse ! Ville de Grande-Synthe Reporterre 2013/06/26 Ville de Grande-Synthe (26 juin 2013) L’éolienne nouvelle génération : petite, à voiles et silencieuse !. Reporterre. fr

L’éolienne nouvelle génération : petite, à voiles et silencieuse !

Un prototype unique d’éolienne

Après cinq années de recherche et développement, la première éolienne à voiles est sortie de terre. C’est à Grande-Synthe, sur la pelouse du Stadium du Littoral, que ce prototype unique dans le monde a élu domicile. L’éolienne nouvelle génération présente deux particularités innovantes : son axe vertical et ses voiles.

En investissant dans cette éolienne à la pointe de la recherche, la municipalité de Grande-Synthe réaffirme son engagement dans la voie du développement durable et de la transition énergétique.

Un système inédit de captation du vent

Projet en incubation à l’APUI de l’Ecole des Mines, l’éolienne nouvelle génération a été conçue par la société VoileO, avec le concours de l’Ecole des Mines de Douai, de l’Ensait de Roubaix et de l’Université Lille. Son originalité vient du fait qu’elle s’inspire des techniques de navigation à voiles.

L’éolienne est en effet équipée d’un système inédit permettant d’optimiser la captation du vent : son « cerveau électronique » modifie le creux et la position des voiles en fonction de la vitesse et de la direction du vent. En cas de vent faible, les voiles se gonflent pour mieux le capter et en cas de vent fort, elles s’enroulent pour réduire la surface de captation. Au total, ses douze voiles lui offrent une surface de prise au vent de 200 m².

Sa grande surface de captation et ses pâles à géométrie variable permettent de produire une plus grande quantité sur l’année pour un même coût et offrant ainsi une meilleure rentabilité de l’investissement.

Une éolienne petite, silencieuse et élégante !

L’éolienne nouvelle génération répond aux critiques souvent faites à l’encontre des éoliennes : à savoir leur forte visibilité dans le paysage et le bruit qu’elles génèrent. En effet, sa petite taille (20 mètres) et son design élaboré lui permettent de s’intégrer aisément dans le paysage. Elle est également extrêmement silencieuse, du fait de la présence de voiles, et non d’hélices.

Production d’électricité

La puissance de l’éolienne nouvelle génération est de 75 kilowatts crête. On estime donc que l’éolienne est en mesure d’assurer la consommation énergétique moyenne (hors chauffage) de 60 foyers.

L’électricité produite servira à alimenter le Stadium du Littoral. Le surplus sera revendu à une société coopérative d’énergie verte (Enercoop), qui elle-même alimentera en électricité des sites à proximité.

Le Stadium du Littoral, premier stade à énergie positive

Avec l’implantation de l’éolienne nouvelle génération, le Stadium du Littoral devient le premier stade à énergie positive de France, produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme. Répondant aux normes BBC (bâtiment basse consommation), le complexe sportif possède une isolation renforcée, deux chaudières à condensation, un système de ventilation double flux à haut rendement évitant la déperdition de chaleur et un éclairage basse consommation avec détecteurs de présence.

Il est également équipé de 700 m² de membranes photovoltaïques produisant de l’électricité, de 50 m² de panneaux solaires thermiques couvrant la moitié des besoins en eau chaude et d’un système de récupération d’eau de pluie pour alimenter les sanitaires et le nettoyage. Enfin, l’eau utilisée pour l’arrosage des terrains provient des eaux de pluie grâce à l’installation d’un forage spécifique.

Dans la voie de la transition énergétique

Aujourd’hui, la Ville de Grande-Synthe fait figure de référence en matière de préservation de l’environnement. Loin de son image de cité industrielle, elle s’est maintes fois distinguée dans ce domaine : ville pionnière pour la gestion différenciée, Fleur d’or, Capitale française de la biodiversité… Face à la raréfaction des ressources en énergie fossile, la municipalité a fait le choix d’un modèle de développement qui privilégie les énergies renouvelables.

Déclarée officiellement « ville en transition », Grande-Synthe se lance dans la voie de la transition énergétique. En témoignent les récents efforts pour diminuer la consommation d’énergie et privilégier les énergies renouvelables : construction de logements BBC (bâtiment basse consommation), transports en commun en site propre, 2 300m² de panneaux photovoltaïques installés sur les toitures des équipements.

L’acquisition de l’éolienne dernière génération vient confirmer ce choix de développement, résolument tourné vers l’avenir.

Toujours dans cette optique, prochainement, des navettes électriques circuleront partout en ville incitant ainsi les habitants qui le souhaitent à se passer de leur voiture. Enfin, un écoquartier de 500 logements verra le jour dans le quartier du Basroch.

Grande-Synthe poursuit son investissement dans les énergies renouvelables

Le 5 juin dernier, la Ville de Grande-Synthe signait un contrat Certificat Equilibre avec EDF collectivités. Ainsi, la commune a fait l’acquisition de 10 000 certificats, ce qui représente une consommation de 10 GWH en énergie renouvelable ; soit la consommation électrique du patrimoine communal : écoles, complexes sportifs, maisons de quartier, éclairage public, maison communale, locaux associatifs… ce qui représente 40% de la consommation énergétique de la commune (les 60% restants provenant du gaz).

Pour chaque Certificat acheté, EDF injecte sur le réseau 1 MWH d’électricité d’origine renouvelable. Les certificats Equilibre font l’objet d’une certification par le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité RTE.

Le bisphénol A serait aussi mauvais pour... les dents INSERM Reporterre 2013/06/26 INSERM (26 juin 2013) Le bisphénol A serait aussi mauvais pour... les dents. Reporterre. fr

Le bisphénol A serait aussi mauvais pour... les dents

Les dents seraient-elles les nouvelles victimes du Bisphénol A ? Oui, selon les conclusions des travaux de l’équipe de chercheurs dirigés par Ariane Berdal de l’Université Paris-Diderot et Sylvie Babajko, directrice de recherche Inserm au sein de l’Unité Inserm 872 « Centre des cordeliers ».

Les chercheurs ont montré que les dents de rats traités avec de faibles doses journalières de BPA pouvaient être altérées. L’analyse de ces altérations montre de nombreuses caractéristiques communes avec une pathologie de l’émail des dents récemment décrite et affectant environ 18% des enfants de 6 à 8 ans. Ces résultats sont publiés dans American Journal of Pathology.

Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique qui entre dans la composition de plastiques et de résines. Il est utilisé par exemple dans la fabrication de récipients alimentaires tels que les bouteilles et biberons. On le retrouve également dans les films de protection à l’intérieur des canettes et des boîtes de conserves ou encore sur les tickets de caisse où il est utilisé comme révélateur.

Des taux significatifs de BPA ont d’ailleurs été retrouvés dans le sang, les urines, le liquide amniotique et le placenta humains. De récentes études ont montré que ce composé industriel induit des effets néfastes sur la reproduction, le développement et le métabolisme d’animaux de laboratoire. Il est fortement suspecté d’avoir les mêmes conséquences sur l’homme.

Par mesure de précaution, la fabrication et la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A sont interdites depuis janvier 2011 en Europe. Cette interdiction s’étendra à tous les contenants alimentaires à partir de juillet 2015 en France.

Dans cette étude, la dent vient s’ajouter à la liste déjà longue des cibles du BPA. Les chercheurs de l’Inserm ont montré que les incisives de rats traités avec de faibles doses journalières (5 microgrammes/kg/jour) de BPA pouvaient être altérées. Cet effet est observé dans une fenêtre de développement qui ne dépasse pas 30 jours post-natals chez le rat traduisant une fenêtre de sensibilité à l’exposition.

L’analyse de ces dents montre de nombreuses caractéristiques communes avec une pathologie de l’émail appelée MIH (Molar Incisor Hypomineralization) qui affecte sélectivement les premières molaires et incisives permanentes. Cette pathologie de l’émail est retrouvée chez environ 18% des enfants de 6 à 8 ans. Les enfants atteints par cette pathologie présentent des dents hypersensibles à la douleur et susceptibles aux caries.

Il est intéressant de remarquer que la période de formation de ces dents (premières années de la vie) correspond à celle où l’individu est le plus susceptible au bisphenol A.

Des premières observations de chercheurs faisaient états de « taches blanches » sur les incisives des rats traités avec des perturbateurs endocriniens dont le bisphénol A (BPA). Les chercheurs ont décidé de définir les caractéristiques des incisives de rats traités avec du BPA à faible dose, et de les comparer à celles des dents humaines atteintes de MIH.

L’observation macroscopique des taches sur les deux séries de dents montre des similitudes, notamment un émail fragile et fracturé.

Au niveau microscopique, l’analyse de l’émail a montré une diminution significative du rapport Ca/P et Ca/C dans les dents atteintes. Ceci se traduit par une baisse de la quantité de minéral rendant les dents plus fragiles et susceptibles aux caries.

Enfin, l’analyse des protéines présentes dans la matrice des dents de rats a montré l’augmentation de la quantité d’énaméline une protéine clé de l’émail en formation, et l’accumulation d’albumine traduisant une hypominéralisation. L’analyse de l’expression des gènes clés de l’émail a permis de mettre en évidence deux gènes cibles du BPA : l’énaméline et la kallicréine 4.

Pour Sylvie Babajko, dernier auteur de cet article, « Dans la mesure où le BPA aurait le même mécanisme d’action chez le rat et chez l’homme, il pourrait être un agent causal du MIH. La dent pourrait donc être utilisée comme marqueur précoce d’exposition aux perturbateurs endocriniens agissant comme le BPA et aiderait ainsi à dépister des pathologies lourdes apparaissant plusieurs années après. »

Pour jouer au football, rien ne vaut une bonne dictature 20 minutes Reporterre 2013/06/26 20 minutes (26 juin 2013) Pour jouer au football, rien ne vaut une bonne dictature. Reporterre. fr

Pour jouer au football, rien ne vaut une bonne dictature

Le président de la Fédération internationale de football (FIFA) a jugé en avril que le système démocratique compliquait l’organisation des coupes du monde de football. Une déclaration qui prend un relief saisissant alors que le mouvement social au Brésil est parti notamment des dépenses démesurées engagées pour la Coupe du monde de 2014.

La démocratie peut représenter un obstacle à l’organisation de grands événements sportifs internationaux comme la Coupe du monde de football, a estimé mercredi 24 avril Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa.

Le Français a imputé en partie les difficultés d’organisation rencontrées pour le Mondial 2014 au Brésil aux différents échelons administratifs du pays hôte. Jérôme Valcke a ajouté que selon lui, la Russie du Président Vladimir Poutine offrait des conditions a priori plus favorables en vue de la Coupe du monde 2018.

« Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde », a-t-il dit lors d’une conférence au siège de la Fifa à Zurich. « Quand on a un homme fort à la tête d’un Etat qui peut décider, comme pourra peut-être le faire Poutine en 2018, c’est plus facile pour nous les organisateurs qu’avec un pays comme l’Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux. » Le dirigeant français a évoqué le cas du Brésil, où « le système politique est divisé en trois niveaux, fédéral, régional et municipal ».

Marche contre le Lyon-Turin de Modane à Villarodin, 29 juin 2013 Reporterre 2013/06/26 (26 juin 2013) Marche contre le Lyon-Turin de Modane à Villarodin, 29 juin 2013. Reporterre. fr

Marche contre le Lyon-Turin de Modane à Villarodin, 29 juin 2013

Marche contre le Lyon-Turin de Modane à Villarodin-Bourget (Savoie) 29 juin

Contre le train à grande vitesse, ses tunnels géants, ses chantiers dangereux et ses millions de tonnes de déblais. Contre ce grand projet mégalo, contre les intérêts des financiers, leurs conteneurs et leurs profits, marchons ensemble pour montrer notre opposition au Lyon-Turin :

Marche contre le Lyon-Turin de Modane à Villarodin-Bourget (Savoie)

29 juin

Au programme :

13h Rassemblement en gare de Modane pour la marche

14h Départ en musique

16h Goûter& apéro tirés di sac au pied du Bourget

18h Concert et soirée festive

De la Val Susa à la Maurienne. Les vallées qui résistent contre la nouvelle ligne Lyon-Turin

Depuis 1991, les lobbies de l’industrie tentent d’obtenir la construction d’une nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin. Alors que le chômage et la précarité enflent, il faudrait dépenser 30 milliards d’argent public pour gagner quelques minutes entre les grandes villes ? Et percer un tunnel de 57 km sous le Mont Cenis, au risque d’assécher les sources et d’exposer la population à l’amiante ? L’avenir des vallées n’est pas dans la multiplication des infrastructures, mais dans le maintien des activités les plus utiles, notamment l’agriculture et l’élevage. Si l’on veut diminuer encore le nombre de camions, et vivre d’une économie locale, il faut préserver la terre !

Les promoteurs du Lyon-Turin sont prêts à tout. Pour faire accepter la LGV, ils font du chantage à l’emploi, et promettent des contrats aux entreprises locales, mais ce genre de chantiers n’a besoin que de peu de main-d’oeuvre (au mieux quelques centaines à la fois, bien loin des 30 000 annoncés), et favorisent les géants du BTP. Maintenant, ils promettent aussi de mettre les camions sur les trains, mais pourquoi ne l’ont-ils pas déjà fait sur la ligne actuelle ?

Parce que leur but est de faire circuler toujours plus de marchandises, que ce soit sur des camions ou des trains. Ce projet n’est ni social, ni écologique, il est destiné à gonfler les profits des géants du béton, de l’acier, et des transports. Pour eux c’est une aubaine, pour nous c’est un désastre.

En Val Susa, devant les risques de pollution et de destruction, les habitants s’opposent à la même LGV (en italien TAV, pour treno alta velocità) par de grandes manifestations populaires et en occupant les terres, et ce malgré une violente répression. Grâce à leur mouvement, les « NO TAV » ont empêché le début des travaux, et révélé la corruption de cadres de Lyon- Turin Ferroviaire (le maître d’oeuvre franco-italien), dont certains ont été mis en examen. En France, trois descenderies ont été creusées et déjà, des habitants ont subi les premiers dommages (sources asséchées, maisons fissurées, bruits, déblais), et LTF projete de commencer les travaux du tunnel en 2014.

Face à la propagande des promoteurs, il est temps que tout le monde sache, il est temps de s’informer et de se réunir pour montrer notre opposition, faire pression sur les élus, soutenir les habitants les plus menacés, en Maurienne comme en Val Susa.

Le mouvement NO TAV est né en Val Susa, et s’étend aujourd’hui à d’autres zones menacées par des projets de LGV. Il est formé par des habitants organisés en comités locaux et indépendants. Il ne se revendique d’aucun parti politique, n’a pas de leader ni de représentant officiel. De la Val Susa à la Maurienne, nous sommes liés par des idées communes, pas par des foreuses !

Défendons la vie dans les vallées, défendons les activités dignes, défendons notre futur !

On peut se désintoxiquer de la télévision ! Jacques Brodeur (Edupax) Reporterre 2013/06/26 Jacques Brodeur (Edupax) (26 juin 2013) On peut se désintoxiquer de la télévision !. Reporterre. Tribune — fr

On peut se désintoxiquer de la télévision !

« Zéro télé, voilà un exploit titanesque pour un enfant moderne branché à la télé et à la tablette numérique depuis le berceau, d’où l’importance de bien préparer les enfants au sevrage. »

Dans un article précédent, on a vu que l’exposition à la télévision et autres aux écrans contribue à l’obésité de diverses façons.

La Coalition québécoise sur la problématique du poids (CQPP) est catégorique : trois cas d’obésité sur 10 chez les 12-17 ans pourraient être prévenus si l’on diminuait le temps-écrans à moins d’une heure/semaine. (1) Pendant que les écrans empêchent les enfants de brûler des calories, la publicité leur vante des habitudes et produits alimentaires malsains.

Les produits les plus annoncés sont des aliments : aux États-Unis, les chaînes privées diffusent 4 000 pubs alimentaires par année, soit l’équivalent de 30 heures. Les dessins animés du samedi matin en sont infestés. Les diffuseurs y insèrent une pub alimentaire aux 5 minutes et dix-neuf fois sur 20, les aliments annoncés ont une valeur nutritive nulle ou négligeable.

Pour garder nos enfants en santé, faut-il diminuer l’écoute de la télévision ou augmenter l’activité physique ? Pourquoi pas les deux ? (2) Dans plusieurs dizaines d’écoles primaires où l’on a voulu inciter les élèves à réduire le temps passé devant les écrans, on a pris soin, dès le départ, d’inviter les parents à l’école pour une conférence, suivie d’une assemblée générale décisionnelle.

On a commencé par leur présenter les avantages documentés de la réduction du temps-écrans et l’approche que le personnel enseignant allait utiliser pour préparer les élèves : pas question de motiver les enfants en décrétant ou en menaçant. Pas bâton ni carotte. Les pédagogues professionnels savent comment procéder pour transmettre aux enfants le VOULOIR essayer et le POUVOIR de réussir.

La réduction du temps-écrans est présentée aux élèves comme un un défi, un match, un nouveau sport difficile, extrême. D’où la nécessité pour tous les enfants, petits et grands, de s’entraîner et de s’entraider.

Une fois les bénéfices de la réduction du temps-écrans présentés et l’approche pédagogique expliquée aux parents, ces derniers sont invités à questionner, commenter, débattre du projet proposé avant de passer au vote. Leur accord est important si l’intervention auprès des enfants doit être concertée. Sans cette complicité entre enseignants et parents, les efforts éducatifs donnent le plus souvent des résultats mitigés, parfois même nuls.

Dans la plupart des assemblées de parents, les mamans et les papas présents se prononcent en faveur du projet unanimement. Une fois les résultats du vote connus, la direction de l’école peut, avec l’équipe enseignante, préparer l’échéancier de la période de préparation des élèves (environ 3 mois) et informer tous les parents, y compris ceux qui n’ont pas pu assister à l’assemblée, des dates où l’on gardera les écrans fermés.

Dans certaines écoles, les organismes de la communauté sont invités à assister à la conférence et comprennent spontanément la contribution escomptée : offrir aux familles des activités qui vont intéresser les enfants loin des écrans. Les organismes se font ainsi (mieux) connaître et les enfants font leurs choix, avec l’aide de leurs parents.

Deux types d’activités ont préséance dans les programmes : celui où les enfants participent avec leurs parents, celui des loisirs physiquement actifs. Cela n’exclut nullement la bibliothèque, la soirée de contes, la leçon de cuisine, le repas collectif, les jeux de société, l’observation des étoiles, la dégustation de fruits, légumes et fromages, le repas multiculturel, l’exposition de jouets, etc. La liste est sans fin.

Toute cette programmation où les voisins se rapprochent, tous les exercices éducatifs réalisés en classe et complétés à la maison, tous ces efforts convergent vers le succès du Défi, avec la participation des élus et des aînés. Résultat ? Plus de 95% des enfants acceptent de livrer le match qui leur est proposé et les deux tiers réussissent à garder les écrans éteints durant 10 jours complets.

Zéro télé, voilà un exploit titanesque pour un enfant moderne branché à la télé et à la tablette numérique depuis le berceau, d’où l’importance de bien préparer les enfants au sevrage. Quatre mots clés servent à gagner ce match bizarre, un nouveau sport extrême contre des professionnels du divertissement : liberté, vérité, solidarité, amitié.

Liberté parce que la décision de participer au match est libre de même que le choix des activités alternatives ; l’imposition d’une diète zéro télé rapporterait des bénéfices, certes, mais jamais autant que lorsqu’elle est voulue, désirée, organisée, préparée.

Vérité, car chacun des points doit être vraiment mérité ; les enseignants valorisent la vérité plus que la quantité. On peut mériter 58 points au total : un le matin, un le midi, un l’après-midi, un 4e au repas du soir, et un dernier en soirée, le plus difficile à mériter. Un jour d’école, on peut donc mériter 5 points. Un jour de congé, 7 points sont en jeu.

Solidarité, car on ne veut pas savoir qui gagne le plus de points, on les additionne. Chaque point compte. Édouard peine à mériter un seul point par jour, pas grave, on l’ajoute à ceux de toute la classe. Cette stratégie crée plus d’entrain que toute autre. On gagne ce match en s’entraidant et toute l’école joue ensemble.

Amitié, la vraie, bien différente de la version tordue proposée par les réseaux sociaux.

L’idée de zéro écran vient du programme SMART expérimenté à la fin de la décennie 1990 par le Centre de Recherche en prévention de l’Université Stanford, en Californie.(3) SMART est l’acronyme de Student Media Awareness to Reduce Television.

Après avoir été validé dans une école primaire de San José, le programme a été implanté dans plusieurs écoles du district Delta Schoolcraft, au Michigan.(4) Résultat ? SMART a permis d’améliorer les habitudes alimentaires : on cesse de manger devant la télévision et on consomme des aliments moins gras. Le programme californien de réduction du temps-écrans est maintenant affiché sur le Portail des pratiques exemplaires de l’Agence de Santé publique du Canada (ASPC) pour prévenir l’obésité.(5)

Mobilisation dans l’école et dans la communauté

Au printemps 2003, une première école québécoise expérimentait un programme de réduction du temps-écrans inédit mis au point par Edupax et endossé par l’Association des comités de parents de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. En 9 ans, plus de 100 écoles québécoises ont goûté au Défi 10 jours sans écrans. Les préparatifs étalés sur trois mois permettent aux enfants de développer leur VOULOIR et leur POUVOIR de réduire les écrans au silence pendant 10 jours.

Pour éviter que le projet ne soit considéré comme une activité parascolaire, il faut plus que des activités alternatives. Le programme québécois offert aux écoles comprend des exercices (éducatifs) de sensibilisation, d’expression, d’estime de soi, de jugement critique, d’empathie-compassion-entraide, ainsi que des outils d’évaluation.

En plus de s’adresser aux élèves, les exercices amorcés en classe sont complétés à la maison, rejoignant ainsi les parents, partenaires importants du programme. La préparation au Défi sans écrans touche quatre domaines du Programme de formation de l’école québécoise : santé et bien-être, environnement et communication, vivre ensemble et citoyenneté, médias et communication.

Le rôle des organismes de la communauté est capital : ils offrent aux familles des activités qui permettront aux jeunes de s’intéresser aux réalités qui les entourent et de décrocher des fictions utilisées pour les garder devant l’écran. Les résultats de cette mobilisation concertée quadripartite impressionnent les journalistes qui viennent questionner les enfants. Partout, les activités préférées des élèves pour se libérer des écrans sont l’activité physique, la lecture et les conversations familiales. (6, 7, 8)

En mai 2008, la réduction du temps-écrans traverse l’Atlantique et mobilise le personnel et les parents d’une première école, à Strasbourg. (9) Les médias des quatre coins de la France ont rapporté l’exploit des enfants de façon élogieuse. S’agit-il d’une forme de censure ? Des récompenses ont-elles été promises aux enfants ? A-t-on privé les enfants d’écrans d’autorité ? A-t-on exercé des pressions sur les enfants récalcitrants ?

Les journalistes ont vite constaté que la réduction du temps-écrans s’était déroulée sans subterfuge, sans astuces, sans contrainte. Aurait-on pu obtenir des résultats similaires en organisant une classe-nature ? Le Défi sans écrans a l’immense avantage de permettre aux familles de se réapproprier leurs parcs, leurs espaces publics, leur quartier, leur village. Les parents tissent des liens entre eux et se rapprochent de l’école.

En fait, le DÉFI « 10 jours sans écrans » est tout sauf une punition. C’est un exploit sportif auquel on se prépare au moyen d’exercices éducatifs de haute qualité. Un directeur d’école du Mans a revu les outils pédagogiques québécois pour les parfumer à la Française.(10) Le Défi sans écrans n’est pas un jeûne sacrificiel, mais un arrêt de consommer libre, une victoire d’équipe de 4 partenaires bien préparés : enfants, enseignants, parents, communauté.

La récompense ? La fierté d’avoir surmonté des adversaires puissants et séduisants qui gardent les petits humains assis beaucoup trop longtemps et beaucoup trop souvent. Et pour enchaîner les enfants aux écrans, que leur montre-t-on ? Des choses magnifiques, quelques-unes du moins, auxquelles on a ajouté 100 000 actes d’agression et 8 000 meurtres, que le cerveau du petit humain aura encaissé avant l’âge de 14 ans.

Et en bonus, l’enfant aura aussi subi le bombardement intensif de dizaines de milliers de messages publicitaires par année, proposant tous, avec une insistance raffinée, le bonheur factice de la surconsommation matérielle. Le prix à payer pour cette guerre de conquête du cerveaux de nos enfants ? L’obsession maladive de l’apparence chez nos filles et des troubles de comportement chez nos fils, intoxiqués par des super-héros mâles incapables de régler un différend autrement qu’en exterminant des « méchants » par centaines.

Non, décidément, les écrans bourrés de messages publicitaires ciblant les enfants n’ont vraiment rien à voir avec le bonheur et l’estime de soi. Ils préparent le terrain pour le paradis terrestre du marketing : l’esclavage consumériste.

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Références

(1) Communiqué de la CQPP : http://www.cqpp.qc.ca/fr/priorites/publicite-destinee-aux-enfants .

(2) La Nouvelle / Union. L’obésité, une pandémie réelle, comment la contrer. Janvier 2010. http://www.lanouvelle.net/Societe/Vie-communautaire/2010-01-21/article-1342357/Lobesite%2C-une-pandemie-reelle%2C-comment-la-contrer%3F/1

(3) Centre de Recherche en prévention, U. Stanford, Californie. http://notv.stanford.edu/

(4) Diaporama du programme SMART appliqué dans plusieurs écoles du Michigan. http://www.takethechallengenow.net/powerpoint/SMART_Plus_TC_1-%2027-2011.ppt

(5) Portail des pratiques exemplaires pour prévenir l’obésité, Agence de Santé Publique du Canada (ASPC). http://66.240.150.14/intervention/84/view-fra.html

(6) Bilans du Défi 10 jours sans écrans dans différentes écoles du Québec. http://www.edupax.org/index.php?option=com_content&view=article&id=47&Itemid=60

(7) Vidéo sur le Défi sans écrans relevé à l’hiver 2011 par les élèves de l’école Fréchette, Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, co-production Grouille-to-le-Fjord et Québec en Forme.

(8) Documentation relative au Défi 10 jours sans écrans. http://www.edupax.org/index.php?option=com_content&view=article&id=59&Itemid=64

(9) Institut ÉCO-conseil, Strasbourg, Bilans du Défi 10 jours pour voir autrement. http://www.ecoconseil.org/decouvrir-nos-actions/sensibilisation-et-formation/le-defi-10-jours-sans-ecrans

(10) Outils pédagogiques proposés aux écoles par Jérôme Gaillard, directeur de l’école St-Martin, Le Mans, France

En Corse, l’Etat ferme les yeux sur la spéculation immobilière U Levante Reporterre 2013/06/27 U Levante (27 juin 2013) En Corse, l’Etat ferme les yeux sur la spéculation immobilière. Reporterre. fr

En Corse, l’Etat ferme les yeux sur la spéculation immobilière

Lettre ouverte au conseiller de l’Élysée : une clarification de la position de l’État nous apparaît indispensable.

C’est dans un contexte de vive tension que le 12 juin dernier la direction collégiale de U Levante écrivait au Conseiller aux affaires territoriales du cabinet du Président de la République.

Monsieur le Conseiller,

Depuis le début de cette année, nous avons pris l’initiative de vous adresser plusieurs lettres, qui sont malheureusement restées sans réponse à ce jour :

• Le 2 mars 2013, U Levante vous demandait de ne pas accepter la réduction de la Znieff d’Arone (commune de Piana) décidée unilatéralement par la Dreal de Corse. Nous avons noté avec satisfaction que les cartographies avaient été modifiées depuis lors, et qu’elles avaient été rétablies dans leurs contours initiaux, mais nous n’avons reçu aucun écrit explicitant la position de l’Etat sur ce dossier.

• Le 10 février 2013, U Levante vous adressait un dossier concernant le secteur de la Testa Ventilegna (commune de Figari), qui démontrait que le déclassement d’une vingtaine d’hectares de Znieff par la Dreal était illégal. Nous constatons toutefois que les cartes actuellement disponibles sur les sites du Muséum national d’histoire naturelle ne sont pas revenues sur ce déclassement.

• Le 10 février 2013, U Levante vous adressait un dossier sur le secteur de Paraguanu (commune de Bunifaziu), qui démontrait que la Dreal avait favorisé le non-classement en zone Natura 2000 d’un couloir où existe la maison d’un « people » et sur lequel la commune envisage de créer une zone urbanisable.

• Le 29 avril 2013, U Levante alertait Monsieur le Président de la République sur l’attitude de la Dreal et du Préfet de Corse du Sud, qui sont à l’origine de ces graves dysfonctionnements.

Nous nous inquiétons de votre absence de réponse à ces différents courriers. Devons-nous comprendre que ces déclassements et suppressions de Znieff, qui favorisent des projets immobiliers sur les sites concernés, ont été réalisés avec l’aval des plus hautes autorités de l’État ?

Devons-nous craindre que les représentants de l’État en Corse poursuivent, sans changement, leur politique d’encouragement de la spéculation immobilière effrénée que subit notre île, en laissant adopter des documents d’urbanisme manifestement illégaux, en n’exerçant aucun contrôle de légalité sérieux sur les permis de construire délivrés sur le littoral, voire en favorisant, comme dans les cas rappelés ci-dessus, des opérations illégales de déclassement de sites naturels protégés ?

Dans le contexte de très vive tension que connaît actuellement la Corse, et alors que, de notoriété publique, la spéculation sur le littoral de l’île est essentiellement le fait de bandes criminelles, une clarification de la position de l’État nous apparaît indispensable.

La direction collégiale de U Levante reste donc dans l’attente, au-delà des positions de principes, de signes annonciateurs d’une volonté réelle de faire échec à ces dérives et d’imposer à tous le respect des règles en matière d’urbanisme et de protection de notre patrimoine naturel.

Les membres de la direction collégiale de U Levante entendus par la police nationale

Nous souhaitons par ailleurs porter à votre connaissance un événement qui nous préoccupe vivement, en ce qu’il souligne l’attitude très ambiguë des services d’État en Corse à l’égard des associations de protection de l’environnement.

Un des membres de la direction collégiale de U Levante a été entendu le lundi 10 juin 2013 par la police nationale, à la direction départementale de la sécurité publique de Corse-du-Sud (DDSP) à Ajaccio, dans le cadre d’une enquête diligentée contre l’association à la suite du dépôt d’une plainte pour diffamation.

Cette enquête se rapporte à un article récemment publié sur le site Internet de l’association U Levante et qui concerne la Znieff d’Arone (Piana) :

Selon les agents de police qui ont interrogé notre dirigeant, la diffamation résulterait de l’emploi du terme « cadeau » dans le corps de l’article. Il lui a par ailleurs été indiqué que les 14 membres de la direction d’U Levante seraient successivement entendus ! Les agents, qui ont refusé de révéler l’identité du ou des auteurs de la plainte, étaient en possession de nombreux éléments qui leur ont été manifestement remis par le cabinet du Préfet de Corse-du-Sud.

Nous avons ainsi des motifs raisonnables de penser que la plainte émane de M. le Préfet lui-même ou de la Dreal agissant sur autorisation de M. le Préfet, et qu’elle constitue une tentative d’intimidation visant à dissuader l’association U Levante de dénoncer publiquement les graves dysfonctionnements qui affectent cette administration.

Nos Conseils estiment en effet que l’expression en cause ne présente aucun caractère diffamatoire.

De surcroît, la débauche de moyens déployés dans le cadre de cette enquête contraste singulièrement avec la passivité dont font preuve les mêmes services de police et de gendarmerie lorsqu’il s’agit d’identifier les auteurs des menaces proférées à l’encontre des dirigeants d’U Levante ou d’autres associations du Collectif littoral en Corse, ou encore de lutter contre les mafias qui sévissent sur l’île.

Cette situation est tout à fait insupportable et ne contribue assurément pas à rétablir un lien de confiance entre l’Administration et les associations de protection de l’environnement.

Les représentants de l’État sur l’île se trompent de cible en faisant des procès en sorcellerie aux associations, et seraient mieux avisés de lutter avec plus de détermination contre les auteurs des préoccupantes dérives auxquelles nous assistons en Corse. Là encore, une clarification de la position de l’Etat et une redéfinition radicale de sa politique s’imposent.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Conseiller, l’expression de notre respectueuse considération.

Le gouvernement cède lentement mais sûrement sur le gaz de schiste Corinne Lepage Reporterre 2013/06/27 Corinne Lepage (27 juin 2013) Le gouvernement cède lentement mais sûrement sur le gaz de schiste. Reporterre. Tribune — fr

Le gouvernement cède lentement mais sûrement sur le gaz de schiste

« L’histoire telle qu’elle est en train de s’écrire aboutira à une solution inverse : permettre l’exploitation des gaz de schiste, avec une méthode dont les saccages commencent à être reconnus même aux Etats-Unis, sans revenus adéquats pour l’État, et sans aucune garantie ni en amont par les études d’impact, ni en aval par une réparation intégrale de tous les préjudices y compris le préjudice écologique. »

La loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste en France pourrait être remise en cause. En effet, le Conseil d’Etat devrait autoriser son renvoi devant le Conseil constitutionnel. La chambre des conflits du Conseil d’Etat avait été saisie Schuepbach Energy, dont deux permis pétroliers avaient été annulés.

La France a connu beaucoup de ministres de l’Ecologie, certains détestaient l’environnement et ses acteurs, d’autres étaient là faute de mieux, d’autres encore ont fait de leur mieux et ont effectivement marqué des points. Mais jusqu’à présent, nous n’avions pas connu de ministre qui accepte de prendre ou d’endosser des décisions aussi contraires aux discours tenus, au demeurant le plus souvent lénifiants.

Nous aurons probablement l’occasion de le constater dans les mois qui viennent, à propos des décisions qui suivront le débat sur la transition énergétique mais nous en avons déjà un très bel exemple avec l’affaire des gaz de schiste.

Permis d’exploration signé en catimini par Borloo

Tout commence le 1er mars 2010 quand Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Ecologie, signe en catimini le permis d’exploration des gaz de schistes, dont celui de Montélimar. A cette époque, de gros doutes envahissent quelques associations et il faudra attendre une tribune que je signe le 20 décembre 2010 sur Rue89 pour que la mobilisation commence et que la première manifestation s’organise au Larzac.

Retour sur les grandes étapes :

Le 20 janvier 2011, une ordonnance prétend modifier le Code minier. Au nom de Cap21, j’attaquerai cette ordonnance qui viole ouvertement le code de l’environnement.

Le 13 juillet 2011, une loi interdit la fracturation hydraulique et abroge certains permis. Nathalie Kosciusko-Morizet lancera une mission pour proposer une réformette opportuniste du code minier, qui restera dans les cartons.

En mars 2012, alors que la technique est interdite, le ministère lance une commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation de cette technique ayant pour mission « d’évaluer les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique et d’émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique ».

La ratification de l’ordonnance portant codification de la partie législative du code minier sera déposée le 4 mai 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle alors que le Ministère de l’environnement n’a plus d’occupant depuis le 22 février. Exploration signifie exploitation

Pendant toute cette période et depuis cette date, la pression des gaziers et pétroliers soutenus par le Medef ne faiblit pas. Les habitués du lobby nucléaire au sein du parlement que sont Jean-Claude Lenoir et Christian Bataille, signataires d’un rapport sur les techniques alternatives, ont pris le relais.

L’exploration, coûteuse, ouvre nécessairement la voie à l’exploitation et sans appel d’offres. De plus, le code minier actuel, que nous devons à Mme Kosciusko-Morizet, ne prévoit aucune protection ni aucune redevance pour l’Etat dans la phase dite d’exploration. Enfin, les contrats de long terme passés par la France avec l’Algérie ou la Russie garantissent un prix élevé, ce qui signifie que l’exploitation virtuellement moins chère du gaz de schiste ne profitera qu’aux sociétés gazières et non à l’industrie et encore moins aux consommateurs.

Malgré des déclarations apparemment fermes sur le refus d’entrer dans la problématique gaz de schiste, discrètement, c’est la politique contraire qui se met en place.

Tout d’abord, en retardant la sortie de la réforme du code minier qui devrait protéger financièrement l’Etat et appliquer le droit communautaire et le droit de l’environnement.

Dans le même temps, instruire les nombreuses demandes d’autorisations qui sont dans les tuyaux, comme si de rien n’était, après avoir pris les Français pour des imbéciles en leur faisant croire que rejeter sept demandes signifiait rejeter toutes les demandes.

Enfin, sur le plan juridique, en ne s’opposant pas vigoureusement à la question prioritaire de constitutionnalité dont les titulaires d’autorisation voulaient saisir le Conseil Constitutionnel.

Il est pour le moins paradoxal de voir les pourfendeurs habituels du principe de précaution s’en prévaloir pour tenter d’obtenir l’inconstitutionnalité de la loi Jacob. Quoiqu’il en soit, au lieu de défendre la loi Jacob, le ministère, qui a hésité à intervenir, le fait de la manière la plus molle possible, comme s’il souhaitait une saisine du Conseil constitutionnel, puis une censure par ce dernier.

Profits maxima et risques minima

Si la loi était jugée inconstitutionnelle, elle ne pourrait être appliquée. Les autorisations demandées ne pourraient être refusées et l’absence de publication du code de l’environnement éviterait toute difficulté aux entreprises gazières. Succès sur toute la ligne pour les multinationales. Echec sur toute la ligne pour les citoyens.

Au-delà du cynisme qu’illustre ce comportement, il est dramatique y compris si nos réserves sont importantes. En effet, la pression pour délivrer les permis d’exploration n’a aucunement pour objectif de connaître notre richesse mais bien de s’accaparer le sous sol pour s’en réserver une exploitation future, avec les profits maxima et les risques minima.

Si en définitive l’intérêt général conduit à rendre nécessaire la connaissance de nos réserves en gaz de schiste, la seule solution conforme à l’intérêt général consiste, comme la loi l’a prévu, à confier à un organisme public le soin de répondre à cette question, puis de déterminer dans l’hypothèse où des procédés non polluants existeraient un jour, s’il convient ou non d’exploiter. Dans le cas d’une réponse positive, l’exploitation ne pourrait se faire qu’en payant à son juste prix une ressource qui appartient à la Nation, en encadrant les autorisations de règles extrêmement strictes et en assurant l’indemnisation complète et réelle de tous les préjudices qui pourraient être causés quels qu’en soit la nature.

Mais, l’histoire telle qu’elle est en train de s’écrire aboutira à une solution inverse : permettre l’exploitation des gaz de schiste, avec une méthode dont les saccages commencent à être reconnus même aux Etats-Unis, sans revenus adéquats pour l’État, et sans aucune garantie ni en amont par les études d’impact, ni en aval par une réparation intégrale de tous les préjudices y compris le préjudice écologique.

Lancement d’une campagne contre l’élevage industriel Agir pour l’environnement Reporterre 2013/06/27 Agir pour l’environnement (27 juin 2013) Lancement d’une campagne contre l’élevage industriel. Reporterre. fr

Lancement d’une campagne contre l’élevage industriel

Alors que dimanche 23 juin 2013, une « journée de l’élevage français » a été organisée par le syndicat agricole majoritaire en vue de soutenir un modèle d’élevage industriel à bout de souffle ; alors que la France vient d’être condamnée par la Cour de Justice Européenne pour manquements dans le cadre de la directive nitrates ; alors que les algues vertes font leur grand retour en Bretagne, et face à une demande citoyenne, inquiets des dérives de l’industrie de la viande,...

Agir pour l’environnement et 23 partenaires* lancent une campagne de mobilisation citoyenne intitulée « Élevage industriel : Tous victimes ».

De la maltraitance... à la malbouffe !

Nous sommes toutes et tous victimes de l’élevage industriel à des degrés divers : les consommateurs, qui retrouvent dans leurs assiettes des aliments de mauvaise qualité dont la consommation excessive prédispose à l’obésité et à diverses pathologies ; les pays du Sud, qui voient une grande partie de leurs terres monopolisées ; les éleveurs, qui doivent supporter des conditions de travail très difficiles pour un revenu de plus en plus précaire ; les animaux maltraités !

L’eau, l’air et les sols sont pollués par une trop forte concentration d’animaux et la standardisation agricole extrême fait disparaître la diversité animale et végétale.

Sortir de l’élevage industriel, c’est possible

Des solutions existent mais vont à l’encontre d’intérêts économiques bien établis. Face à l’inertie des pouvoirs publics, de plus en plus de citoyens, personnalités et organisations se mobilisent.

Avec cette campagne, les citoyens sont invités, jusqu’au 31 décembre 2013, à interpeller entre autres les ministres de l’Agriculture et de l’Écologie afin de favoriser un élevage plus respectueux du bien-être des animaux, des humains et de l’environnement.

Nous demandons notamment au Ministre de l’agriculture de prendre les mesures nécessaires pour soutenir un modèle d’agriculture durable et extensif, en réorientant les plans d’avenir des filières avicole et porcine vers une déconcentration de la production et une meilleure valorisation des productions extensives, en interdisant les projets de méga-élevages, et en mettant en place des politiques publiques visant à favoriser une alimentation variée et moins carnée.

Nous demandons également au Ministre de l’Écologie de prendre des mesures afin de permettre la restauration de la qualité des eaux, en abrogeant et modifiants les assouplissements relatifs aux pollutions agricoles et aux extensions d’élevages.

Ces mesures permettront d’engager et de soutenir une transition vers une agriculture paysanne, extensive et biologique, permettant aux agriculteurs de retrouver une activité valorisante et viable et de préserver l’avenir de la terre et de ses habitants, hommes et animaux compris. Les objectifs affichés du gouvernement autour de l’agro- écologie doivent aujourd’hui aboutir à de vraies réformes et une réelle transition vers un modèle durable, on attend que cela bouge !

Partenaires :

*CIWF France, AVF, L 214, MIRAMAP, Jeudi-veggie, Nature et Progrès, Réseau Cohérence, MABD, Arc2020, Bio Cohérence, Bio consom’acteurs, Colibris, FNAB, Eaux et Rivières de Bretagne, Novissen, BDE, Sauvegarde du Trégor, Sous le Vent les pieds sur Terre, AE2D, SEVE, S-Eau-S, Aives, Bien Vivre au coeur des 3 rivières, L’Eau et la Terre

New-York veut lancer un « plan compost » de grande ampleur Mes courses pour la planète Reporterre 2013/06/27 Mes courses pour la planète (27 juin 2013) New-York veut lancer un « plan compost » de grande ampleur. Reporterre. fr

New-York veut lancer un « plan compost » de grande ampleur

Selon un article du New-York Times, le maire de New-York Michael Bloomberg se préparerait à déployer un nouveau « plan compost » ambitieux pour sa ville, avec l’objectif de détourner ainsi des décharges municipales quelques 100 000 tonnes de déchets alimentaires, ce qui représente environ 10% des déchets organiques de la grosse pomme et s’inscrit dans l’objectif plus global de valoriser 75% des déchets solides en 2030 (le taux est à 15% aujourd’hui).

Bloomberg, qui est dans la dernière année de son mandat, aurait qualifié le gaspillage alimentaire de « dernière frontière du recyclage » : il faut dire qu’à New-York, celui-ci représente (toutes sources confondues) un tiers des 20 000 tonnes de déchets générés chaque jour et dont le coût annuel de la mise en décharge pour la ville s’élève à 336 millions de dollars.

Le programme de compostage, qui pourrait faire économiser environ 100 millions de dollars par an, est d’ores et déjà en test dans certains quartiers : une centaine de restaurants de la ville se sont portés volontaires en avril pour un plan d’action volontaire sur le sujet et en 2014, l’expérience devrait emmener avec elle 150 000 foyers, 100 gratte-ciels et 600 écoles, selon les plans du Maire. La ville entière pourrait être concernée dès 2015 ou 2016.

L’idée des autorités municipales est de commencer sur la base du volontariat, pour passer assez vite ensuite à des amendes pour ceux qui ne trient pas leurs déchets organiques, comme c’est le cas à San Francisco ou Seattle par exemple (c’est déjà le cas à New-York pour d’autres types de déchets - comme le papier, le plastique ou le métal). Histoire de donner tort à ceux qui avançaient la trop forte densité de population de la ville comme difficulté majeure pour mettre en œuvre de tels programmes…

Le gouvernement grec s’apprête à liquider un trésor de la biodiversité méditerranéenne Roxanne Mitralias (Basta Mag) Reporterre 2013/06/27 Roxanne Mitralias (Basta Mag) (27 juin 2013) Le gouvernement grec s’apprête à liquider un trésor de la biodiversité méditerranéenne. Reporterre. fr

Le gouvernement grec s’apprête à liquider un trésor de la biodiversité méditerranéenne

Le gouvernement grec a engagé la privatisation de la recherche agricole et de la protection de la biodiversité. Explications de Roxanne Mitralias, militante grecque sur les questions agricoles et écologiques.

C’est par le biais d’un décret ministériel en date du 11 juin 2013 que le gouvernement grec, en suivant les recommandations de la Troïka, a décidé de mettre fin à la télévision publique grecque [1], mais aussi aux radios qui reliaient les territoires, les orchestres symphoniques, la production cinématographique et les archives, véritable trésor culturel de la Grèce contemporaine.

La décision temporaire du Conseil d’Etat le 17 juin de remettre en service des émetteurs [2] n’empêche pas l’application de ce décret brutal et antidémocratique dans d’autres domaines. Loin de concerner uniquement la télévision et la radiophonie publique, ce décret, toujours en vigueur, organise également la destruction de l’intervention publique dans l’agriculture et l’agronomie [3].

Ce décret ministériel prévoit de fusionner dans un seul organisme nommé DIMITRA à la fois la recherche agronomique (ETHIAGE - comme l’INRA en France), la formation agricole (initiale et continue), l’organisme certificateur AGROCERT, l’office du lait et de la viande. Selon l’ONG Hélession [4], la création de cet organisme agricole permettra de restructurer l’ensemble du secteur : concentration des services agricoles et agronomiques à Athènes et Thessalonique, licenciement massif des personnels et embauche de consultants extérieurs, mais également vente du patrimoine de ces organismes.

Cet organisme réussira-t-il à mener à bien ses fonctions ? On peut en douter ! La certification de l’agriculture biologique et des signes de qualité, ainsi que la gestion de la production laitière et de la viande ne pourra pas se faire dans ces conditions et seront cédées aux mains du privé. Ce qui signifie encore moins de transparence, et un pas de plus vers l’industrialisation de l’agriculture. De la même manière la recherche, la formation et le conseil agricole dépourvus de fonds propres suivront les recettes de l’industrie agro-alimentaire.

Mais la droite grecque, en contournant le Parlement et sa propre majorité, met aussi la banque de semences de Thessalonique dans les mains de l’industrie biotechnologique et des promoteurs immobiliers. Créée en 1981 et versée dans le réseau multilatéral de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), cette banque de ressources génétiques compte 10 500 variétés anciennes et locales, ainsi que 300 différents anciens cépages.

Elle réalise également des missions de recherche agronomique et de sélection variétale. C’est ce trésor de biodiversité méditerranéenne géré jusqu’à présent par l’agence de recherche agronomique grecque (ETHIAGE) que le gouvernement s’apprête à vendre en adoptant le décret du 11 Juin.

Rappelons que la banque de semences était déjà mise en danger par les cures d’austérité appliquées depuis trois ans. La réduction des effectifs, mais aussi la chute vertigineuse des budgets ne permettaient plus un fonctionnement normal. L’électricité était souvent coupée, les graines étaient donc laissées sans réfrigération !

Ce n’est pas seulement la population grecque qui est ainsi dépossédée des ressources phytogénétiques, fruit du travail des agriculteurs et des jardiniers méditerranéens depuis des millénaires, mais l’humanité dans son ensemble puisque la banque de semences ne fera plus partie du réseau de la FAO. Le gouvernement grec, en prenant ce décret ministériel, a une lourde responsabilité : il compromet la sécurité alimentaire et brade la biodiversité. Il est temps de l’arrêter.

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Notes

[1] Lire ce reportage : Fermeture de la télévision publique grecque : un nouveau pas vers un régime autoritaire

[2] Le Conseil d’Etat a suspendu temporairement le 17 juin l’application du décret sur les points concernant la radio-télévision publique grecque ERT. Il ordonne en particulier la suspension de l’arrêt d’émission de la télé et radiophonie grecque, la remise en service des émetteurs, la prise de mesures par le gouvernement pour que l’émission de la télé et de la radio publique reprenne ainsi que la remise en fonction des sites internet, jusqu’à la création d’un nouvel organisme de télé et radio publique.

[3] Et ce n’est pas tout ! L’organisme qui gère les bâtiments scolaires, la construction des hôpitaux, les petites et moyennes entreprises et l’artisanat, le tourisme, etc. est aussi concerné par ce décret…

[4] Cette ONG est active notamment dans la préservation d’anciens cépages.

Les bétonneurs de Notre Dame des Landes voudraient que Nantes héberge l’Agence nationale de la biodiversité Ouest France Reporterre 2013/06/27 Ouest France (27 juin 2013) Les bétonneurs de Notre Dame des Landes voudraient que Nantes héberge l’Agence nationale de la biodiversité. Reporterre. fr

Les bétonneurs de Notre Dame des Landes voudraient que Nantes héberge l’Agence nationale de la biodiversité

Cette année devrait voir l’aboutissement de la loi-cadre qui prévoit la création de l’Agence nationale de la biodiversité.

Gilles Retière, président de Nantes métropole, a annoncé ce mercredi 26 juin que Nantes était candidate pour accueillir son siège social.

En attendant, après Pau et Grande Synthe, Nantes capitale verte européenne accueille les 3e assises de la biodiversité du 1er au 3 juillet. Dans la foulée d’un week-end d’expériences sur le terrain, elles feront se retrouver, à la cité des congrès, des élus, des collectivités, des associations et entreprises. Des militants d’associations nature espèrent que ce ne sera pas « une causerie supplémentaire » mais bien « une autre petite pierre à l’édifice » qu’ils construisent depuis bien des années sur le terrain. Delphine Batho, ministre de l’Écologie, est attendue à l’ouverture.

Le techno-totalitarisme, c’est maintenant Pièces et main d’œuvre Reporterre 2013/06/28 Pièces et main d’œuvre (28 juin 2013) Le techno-totalitarisme, c’est maintenant. Reporterre. Tribune — fr

Le techno-totalitarisme, c’est maintenant

Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme

Nul ne peut plus nier ce que les opposants à la tyrannie technologique dénoncent depuis des années : les objets intelligents qui envahissent nos vies (ordinateurs, Internet, téléphones mobiles et smartphones, GPS) donnent au pouvoir les moyens de la surveillance généralisée.

En dévoilant des documents secrets, un ex-agent américain révèle que la NSA (Agence nationale de sécurité) espionne les internautes du monde entier, dans le cadre du programme clandestin « Prism » mis en place par George Bush et poursuivi par Barak Obama. Sont visés les utilisateurs d’Internet et des « réseaux sociaux » (Google, Facebook, Apple, Youtube, Yahoo, Skype, DropBox, Microsoft, AOL) soit, à l’ère numérique, à peu près tout le monde.

Les esprits forts diront qu’ils le savaient déjà. Les esprits forts savent toujours tout. Edward Snowden, lui, prouve ce qu’il dit. Et les médias du monde entier ne peuvent faire autrement que de publier ses déclarations, alors que les dénonciations des esprits critiques restaient confinées et refoulées à quelques milieux restreints.

Edward Snowden agit sans le soutien d’aucune organisation, d’aucun parti, d’aucun collectif. Heureusement – il n’aurait rien fait. Son geste relève de ce qu’Orwell nommait la « décence ordinaire ». « Je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d’Internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde au moyen de ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir secrètement. » (1)

À 29 ans, il sacrifie sa carrière et sa vie personnelle, choisit la désertion, risque la prison pour trahison (comme le soldat Manning, auteur des fuites vers Wikileaks) voire un « accident ». Il affronte seul les services secrets de la première puissance mondiale.

En France depuis le 10 juin 2013, aucune des organisations qui, avant ou depuis le meurtre de Clément Méric, clament l’urgence de la « lutte antifasciste », n’a pris la défense de Snowden. Aucune manifestation de soutien, aucun communiqué, aucun appel contre la surveillance totale, y compris celle de la DGSE française (services secrets extérieurs), comparée par un ex-agent à une « pêche au chalut ». (2) À ce jour, le seul appel pour l’asile politique de Snowden en France émane de Marine Le Pen. Un coup de pub dont le Front de Gauche n’a pas été capable.

Edward Snowden : « Ma grande peur concernant la conséquence de ces révélations pour l’Amérique, c’est que rien ne changera. [Les gens] ne voudront pas prendre les risques indispensables pour se battre pour changer les choses... Et dans les mois à venir, les années à venir, cela ne va faire qu’empirer. [La NSA] dira que... à cause de la crise, des dangers auxquels nous devons faire face dans le monde, d’une nouvelle menace imprévisible, elle a besoin de plus de pouvoirs, et à ce moment-là personne ne pourra rien faire pour s’y opposer. Et ce sera une tyrannie clé-en-main. »

Snowden a raison. En France, le rétro-fascisme à front bas et crâne ras, qu’on reconnaît au premier coup d’œil, obsède l’anti-fascisme rétro, patrimonial et pavlovien, tout ému de combattre la bête immonde qu’on lui a tant racontée et qu’il croit connaître. Il est vrai qu’ils partagent quelquefois les mêmes goûts en matière de look et de dress code. Les skinheads, c’est quand même plus simple que les RFID et la « planète intelligente » d’IBM.

Dénoncer « les origines françaises du fascisme » (Zeev Sternhell, Là-bas si j’y suis, France Inter) et « le retour des années 1930 » (Le Nouvel Observateur et cie), c’est plus facile que de s’attaquer au techno-totalitarisme. D’autant que celui-ci est pourvoyeur d’emplois et de croissance économique, donc « progressiste » et « de gauche ».

Qu’importe que 64 millions de moutons soient pucés, tracés et profilés, si la filière micro-électronique prospère, de STMicroelectronics à Gemplus et Thales. Pour Pierre Gattaz, nouveau président du Medef, et le lobby de l’industrie électronique : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. » (3)

Personne pour s’aviser que nous ne sommes pas dans les années 1930. Qu’après des décennies d’accélération technologique, à l’heure de la contention électronique, le « fascisme » aussi s’est modernisé. Il n’a plus le visage du Dictateur. Même plus celui de Big Brother. Mais celui des myriades d’actionneurs, capteurs, nano-processeurs, datacenters, super-calculateurs, Little Brothers, qui maillent, structurent, activent et pilotent la société de contrainte.

Les documents publiés par Snowden confirment ce que nous avons décrit de la police des populations à l’ère technologique. (4) La presse fait mine de découvrir l’espionnage par Internet. Quitte, comme le site du Monde, à le faire sous une bannière publicitaire pour IBM et « la planète intelligente ». C’est-à-dire, le projet de puçage électronique de chaque chose et chaque être sur Terre, via des puces communicantes.

Le projet, bien avancé, d’un Internet des objets, élargit le réseau à chaque objet et être vivant pucé, qui nous interconnecte (nous incarcère) en permanence avec notre environnement (notre cage). Un filet électronique dont il sera impossible de s’extraire. Si les révélations de Snowden vous émeuvent, « la planète intelligente » d’IBM vous glacera. (5)

Pendant que les attardés lèvent le poing, farouches et déterminés contre le spectre « des heures les plus sombres de notre Histoire », le pouvoir resserre le filet électronique. Avec l’approbation béate de la majorité « parce que la technologie, tout dépend de ce qu’on en fait. »

« Ainsi donc, notre génération du lien social et du réseau virtuel, notre génération qui a fait tomber des dictatures par la force de baïonnettes informatiques, notre génération devra, donc, comme les autres, payer le prix du sang et apprendre, comme les autres, que l’engagement est un risque, une créance prise sur la vie, une créance que les plus courageux et les plus innocents paient et remboursent de leur mort. » (6) Il y a dans ces lignes des condisciples de Clément Méric tout l’aveuglement de l’époque sur elle-même.

Passons sur cette « génération », qui confond « lien social » et laisse électronique – après tout, elle n’a rien connu d’autre et ses mentors la maintiennent dans sa niaiserie.

Facebook n’a pas plus balayé Ben Ali et Kadhafi, (7) que les abrutis de Troisième Voie et des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires ne menacent la démocratie. « Une mouvance qui compterait 1000 adhérents et 4000 sympathisants selon son chef. Mais 500 selon les autorités. » (8) « Les JNR, totalement dévouées à sa personne (NdA : de Serge Ayoub, leur chef), mais qui ont très peu à voir avec un quelconque militantisme politique ». (9) « Il est impossible de décrire Troisième Voie comme un groupe de combat ou séditieux » (Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême-droite). (10)

« Ce sont des jeunes extrêmement précarisés issus de familles très populaires avec des parents bénéficiant des aides sociales. Ils ont un faible niveau de diplôme (…) En fait, ils appartiennent au sous-prolétariat des zones rurales et péri-urbaines. Ils ont grandi dans des familles où, le plus souvent, un seul des parents travaille. Quand ils n’ont pas été élevés au sein de familles monoparentales avec leur mère dans une grande précarité » (Stéphane François, historien). (11)

Ils sont, en somme, le pendant rural des délinquants de banlieue. De ceux qui, en septembre 2012, massacrèrent Kevin et Sofiane à la Villeneuve d’Echirolles, parce qu’ils étaient d’un quartier différent. Même profil socio-économique. Ni plus avisés, ni moins violents, non moins déstructurés par la déferlante des écrans et la dissolution du tissu social. Des exclus des métropoles high-tech et de la compétition internationale, comme eux trahis par la gauche. Pas plus que pour les délinquants, leur condition n’excuse leurs gestes. Pas plus que les délinquants, ils n’incarnent le « renouveau fasciste ».

Mais ils sont plus spectaculaires et moins virtuels que le techno-totalitarisme et, partant, plus faciles à désigner. « La grande nouveauté est que, grâce à Internet, certains informaticiens ont les moyens d’imposer leur vision du monde au reste de la population. Au lieu d’écrire des essais philosophiques dans l’espoir d’influencer les générations futures, ils réalisent leur projet de société. Le fait d’être d’accord ou non avec eux est sans objet, car ils ont déjà rapproché le monde de leur idéal » (Christopher Soghoian, militant américain de la protection de la vie privée). (12)

La tyrannie technologique est plus pervasive et redoutable que 500 brutes alcoolisées. Elle exige de ses opposants plus que du pathos et des postures. Combattre le techno-totalitarisme, c’est-à-dire l’attaque la plus performante contre notre liberté et contre la possibilité de choisir ce qui nous arrive, impose l’effort de comprendre la nature de cette attaque, et ses spécificités. Nous ne sommes pas dans les années 1930 ; il nous faut penser notre époque pour affronter notre ennemi actuel, et non les avatars du passé.

Entiers et naïfs, nous pensons que le secret est de tout dire. Et donc, quel que soit le mépris dans lequel les tiennent les beaux esprits, nous ne pouvons qu’approuver et soutenir ceux qui par leurs actes individuels livrent au public les preuves de sa servitude et tentent d’éveiller sa conscience. On verra ce que le public et ceux qui parlent en son nom font de ces révélations.

Si peu d’illusions qu’on se fasse sur une société qui a accepté avec enthousiasme depuis des années une telle déchéance, il est sûr qu’on n’a aucune issue à attendre d’un « encadrement législatif » de type CNIL mondialisée, pas plus que d’une surenchère technologique pour crypter ses communications électroniques et fabriquer soi-même ses logiciels « libres », ni d’une énième bouillie citoyenniste pour assurer la veille de notre désastre.

Il n’est pas sûr qu’il y ait d’issue, ni que celle-ci dépende de nous. S’il y en a une, on ne peut la trouver à partir d’élucubrations nostalgiques et complaisantes, mais seulement à partir d’une conscience vraie de notre situation.

Comme disait le fondateur d’IBM : - Think.

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NOTES

- (1) Le Monde, 11/06/2013

- (2) Le Monde, 12/06/2013

- (3) Livre bleu du GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) sur le développement de la filière électronique, 2004. Voir aussi RFID : la police totale, le film, par Subterfuge et Pièces et main d’œuvre (http://www.piecesetmaindoeuvre.com/...)

- (4) cf Terreur et possession, enquête sur la police des populations à l’ère technologique, Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2008)

- (5) cf « IBM et la société de contrainte », in L’Industrie de la contrainte, Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2011)

- (6) Libération 10/06/2013

- (7) cf L’emprise numérique, C. Biagini (éditions l’Echappée, 2013)

- (8) Libération 14/06/2013

- (9) Le Monde, 11/06/2013

- (10) Libération, 14/06/2013

- (11) Id.

- (12) Le Monde, 17/11/2012

Réinventons l’Humanité Reporterre 2013/06/28 (28 juin 2013) Réinventons l’Humanité. Reporterre. fr

Réinventons l’Humanité

Dans un monde où l’intolérance devient un mode d’action, nous avons plus que jamais besoin de paroles nous rappelant nos valeurs éthiques.

« Qu’est-ce qu’être humain ? Faire partie, si nous l’acceptons, de l’unique forme du vivant capable d’inventer l’humanité. L’humanité reste une adhésion. Un choix collectif. Un défi sans cesse relevé depuis que l’homme est homme : celui d’innover. La question n’est pas pour nous de sauver la Terre, mais de développer, en la réinventant, l’humanité sur Terre. Ce ne sera possible qu’en respectant notre planète et en nous respectant nous-mêmes, humains d’aujourd’hui, d’hier et à venir. »

Avec l’aide d’Hélène Amblard, sa complice depuis plus de trente ans, Albert Jacquard nous offre un petit ouvrage nous concernant tous, comme un cri d’alarme sur l’avenir de l’homme.

Au début, sa parole se fait entendre par l’évocation de lieux qui lui sont chers. Entre pudeur et émotion, son discours passe alors du personnel au général, de l’histoire à l’Histoire, de la culture scientifique à la pensée humaniste…

Albert Jacquard a ainsi choisi de publier son nouvel ouvrage aux éditions Sang de la Terre. Un geste réfléchi, comme la reconnaissance d’un travail d’édition engagé. Objecteur de croissance, l’économiste Serge Latouche revisite et complète ici ses vagabondages et incursions dans une postface où se mêlent admiration et réflexion.

Un livre pour réinventer l’humanité, qui résulte d’un partage de questions destiné à faire vivre le débat entre tous, pour enfin mieux vivre ensemble !

Les Auteurs

Albert Jacquard, généticien, est l’auteur de nombreux ouvrages scientifiques, politiques et philosophiques. Il est connu pour ses engagements citoyens et notamment associatifs. Il est aujourd’hui une personnalité humaniste des plus influentes.

Hélène Amblard, journaliste et écrivain, a collaboré avec Albert Jacquard à de nombreux ouvrages. Militante de l’éducation populaire, elle anime notamment l’association Pour Tikjda.

Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, philosophe, objecteur de croissance, est l’auteur de multiples textes sur ce sujet et a publié Chroniques d’un objecteur de croissance en 2012 aux éditions Sang e la Terre.

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Réinventons l’humanité, Albert Jacquard, Hélène Amblard, Postface de Serge Latouche, Editions Sang de la Terre, 92 pages, 4,90 €

Friches industrielles : Un nouveau scandale immobilier Robin des Bois Reporterre 2013/06/28 Robin des Bois (28 juin 2013) Friches industrielles : Un nouveau scandale immobilier. Reporterre. fr

Friches industrielles : Un nouveau scandale immobilier

Des mesures de protection des sites contaminés ont été retirées du projet de loi Duflot sur l’immobilier.

Des dispositions innovantes sur la protection juridique et sanitaire des locataires ou propriétaires d’immeubles bâtis sur des friches industrielles et des sols initialement pollués ont été retirées du projet de loi relatif au logement, à l’urbanisme et à la ville à la suite d’arbitrages ministériels décevants.

Des zones dites de vigilance étaient planifiées. Elles auraient permis aux promoteurs et aux acquéreurs de bien connaître l’état des sols, de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires à la dépollution et à la prévention des risques sanitaires et au final d’en vérifier l’application.

Les dispositions législatives prévoyaient aussi la possibilité pour les aménageurs de prendre en charge, sous le contrôle de l’Etat et en cas de défaillance du dernier exploitant, l’obligation de réhabilitation du site à condition toutefois de fournir des garanties financières et de présenter un cahier des charges techniques validé par des bureaux d’étude certifiés.

Depuis deux ans, le groupe de travail sur les sites et sols pollués placé auprès du Conseil Supérieur pour la Prévention des Risques Technologiques (CSPRT) travaillait donc sous la tutelle du Ministère de l’écologie à l’élaboration du droit sur les sites pollués. Cet encadrement est d’autant plus indispensable que la reconversion des friches industrielles fait partie de la stratégie des gouvernements successifs pour réduire l’étalement urbain et mettre à disposition des logements notamment sociaux.

Plus de 4.000 sites à pollution avérée et 300.000 potentiellement pollués ont été recensés en France depuis 20 ans par des inventaires méthodiques, réglementaires et mis à jour. Pas moins d’une centaine de friches industrielles polluées sont aujourd’hui concernées par des projets de reconversion en usage résidentiel incluant des activités commerciales, des jardins, des crèches, des écoles et des maisons de retraite.

A Dunkerque, un Grand Projet Inutile de salle de sport. Signé Vinci Guillaume Jacquemart (Arena, Non Merci) Reporterre 2013/06/28 Guillaume Jacquemart (Arena, Non Merci) (28 juin 2013) A Dunkerque, un Grand Projet Inutile de salle de sport. Signé Vinci. Reporterre. fr

A Dunkerque, un Grand Projet Inutile de salle de sport. Signé Vinci

L’esprit de la ZAD s’empare de la Communauté Urbaine de Dunkerque (CUD). Pas pour un projet d’aéroport, non, mais pour un projet de salle de sport Arena [1] de 10.000 places. L’urgence, nous disent nos élus communautaires, est d’offrir rapidement aux deux clubs de basketball et de handball de la ville un « équipement unique, multifonctionnel et adapté […] qui doit permettre aux clubs de franchir une nouvelle étape vers le très haut niveau en se dotant de la première salle de type NBA de France ». Par ailleurs, l’enceinte sera modulaire et permettra d’accueillir des concerts et d’autres spectacles en indoor.

La salle sera construite par Vinci Construction avec l’aide de ses différentes filiales (Sogea Caroni, Dumez EPS, etc) qui a signé un contrat en partenariat public privé (PPP) avec la CUD, d’une durée de 27 ans et qui devrait coûter plus de 260 millions d’euros (prix qui inclut la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de l’ouvrage).

On ne peut pas vraiment dire que nos élus aient été inspirés sur le coup, tout d’abord en choisissant Vinci (accusé de corruption en Russie, ou encore de ne pas respecter le droit du travail) et ensuite, en privilégiant le PPP, contrat risqué pour les finances publiques et largement critiqué en France (Notre-Dames des Landes, Hôpital Sud Francilien) comme de l’autre-côté de la Manche (le gouvernement britannique freine désormais ce type d’initiative).

Pour que la pilule passe, les acteurs du projet font appel à l’idéologie de la communion sportive, au symbole de la « fête du sport » ou encore à l’image du territoire, qui grâce à cette salle deviendra encore plus attractif.

Mais la pilule reste coincée au fond de la gorge. Le divertissement à tout prix ne fait plus diversion. Le projet Arena a été dessiné par une oligarchie locale qui privilégie grandiose et panache, et oublie l’intérêt et les difficultés de la population locale.

L’urgence en temps de crise, ce n’est pas le sport pour un territoire dévasté par le chômage (12,6% sur l’ensemble de la CUD, 25 % dans certaines villes comme Grande-Synthe) et défiguré par l’industrie sidérurgique et les 14 sites Seveso classé seuil haut.

Il est inutile de nous bercer d’illusions en nous faisant croire qu’avec la zone commerciale qui sera afférente à l’Arena, ce seront plus de 1000 emplois qui seront créés. Ne le seront-ils pas au détriment des commerces du centre-ville de Dunkerque déjà durement affaiblis par la crise ?

A l’heure où l’enquête publique sur la salle Arena a lieu (du 17 juin au 17 juillet) nous nous efforçons en tant qu’ association d’œuvrer pour plus de démocratie et de transparence. Nous travaillons pour informer les citoyens du dunkerquois sur les vraies répercussions de ce projet, et pour proposer des alternatives concrètes qui permettraient à notre territoire d’être vraiment attractif sur le plan social et de l’emploi (transport public gratuit, rénovation thermique des bâtiments, etc).

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Note

[1] Face au prétendu retard de la France en équipements sportifs, une commission « Grand Salle Arena » (Ministère des Sports) a préconisé la construction de sept grandes salles (une de 20.000 places, une de 15.000 et cinq de 10.000 places) avec la création d’un label « Arena » ouvrant les droits à un soutien financier de l’État.

Cette commission comporte 26 membres et a demandé la collaboration d’une trentaine de personnes essentiellement des responsables sportifs, mais aussi quatre élus locaux dont Michel Delebarre, président de la Communauté Urbaine de Dunkerque.

Le prolétariat de l’industrie nucléaire en plus grand danger que jamais Corinne Morel Darleux (Parti de Gauche) Reporterre 2013/07/01 Corinne Morel Darleux (Parti de Gauche) (1er juillet 2013 à 12h02,) Le prolétariat de l’industrie nucléaire en plus grand danger que jamais. Reporterre. fr

Le prolétariat de l’industrie nucléaire en plus grand danger que jamais

Les travailleurs sous-traitants chargés de la maintenance du parc nucléaire sont depuis des années dans une situation désastreuse : soumis à des doses de radioactivité continue, mais divisés et donc peu capables de se faire entendre. Les grands travaux de maintenance nécessaires au parc nucléaire vont encore accroître le recours à des travailleurs intérimaires, peut-être en provenance de pays d’Europe de l’est, donc avec encore moins de capacité de défendre leur santé et leurs droits.

Comme le disait déjà notre communiqué en février dernier, au cœur des luttes et souffrances sociales il y a aussi les ouvriers de la sous-traitance. Et eux ont en plus de la « bombe » entre les mains...

Raison de plus pour les inclure systématiquement dans nos actions de luttes et nos mentions d’acteurs en résistance, comme nous le faisons pour les Contis, Fralib, Arcelor Mittal et autres salariés en légitime colère. Dans cet objectif, nous avons décidé de lancer avec les camarades du secteur écologie une consultation nationale des employés sous-traitants de l’industrie électro-nucléaire.

Depuis 2011, nous sommes avec mes camarades de la Commission Écologie Mathieu Agostini et Didier Thévenieau, en lien étroit avec le collectif des employés sous-traitants du nucléaire de Ma Zone Contrôlée va mal (MZC) situé sur les sites du Tricastin et Cruas. Il y a parmi eux des syndiqués de la CGT et de la CFDT et beaucoup de non-syndiqués.

Ce collectif, qui bénéficie d’un écho certain chez les sous-traitants, n’a quasiment aucune place (comme tous les sous-traitants) dans le débat national sur la transition énergétique (DNTE).

Pourtant, la situation qu’ils décrivent est assez inquiétante et ils évoquent de multiples incidents qui ont lieu dans les centrales, mais qui ne sont pas mis en avant à cause de la dilution des responsabilités entre différentes entreprises et la pression mise sur les sous-traitants qui préfèrent ne rien dire. Nous avons donc souhaité approfondir ces questions et élargir nos consultations sur le sujet.

D’autant que dans les années à venir, 61% de personnel statutaire d’EDF va partir à la retraite et en même temps va être lancé le "Grand Carénage" (sic) qui va, de 2015 à 2022, engager de très grands travaux sur tous les sites français. Il va falloir multiplier au moins par quatre le personnel sous-traitant.

Lorsqu’on voit ce qui se passe sur le chantier de l’EPR à Flamanville, on peut penser qu’une grande partie des sous-traitants viendra d’Europe de l’Est et s’inquiéter du dumping social - ou "Grand Carnage" social - que cela va créer, ainsi que des conditions d’accueil sur les sites qui passeront de 2.500 nomades à 10.000. On peut aussi être légitimement dubitatifs sur la formation que recevront les "novices", et l’on comprend mieux alors la raison du fonds de soutien décidé par le gouvernement aux PME de la sous-traitance nucléaire...

La situation professionnelle des employés de la sous-traitance est terrible (voir notre tribune de 2012 hélas toujours valable), leur unité est difficile à construire et le taux de syndicalisation y est de seulement 2%...

Bref ils sont aujourd’hui, dans le monde du travail, un symptôme exacerbé du libéralisme et du capitalisme. Ils sont les invisibles, peut-être encore plus fortement que tout autre de par leur situation et l’industrie qui les exploite, à travers lesquels notre projet d’écosocialisme prend toute sa réalité concrète et sa nécessité.

Nous avons donc lancé au sein du secteur écologie du Parti de Gauche une vaste réflexion sur le recours à la sous-traitance dans l’industrie électronucléaire française. Sujet écosocialiste en diable puisque, comme vous le verrez dans notre contribution, il combine les aspects sociaux (il y est question de précarité, de CHSCT [Comité d’hygiène et de sécurité au travail] et d’ANI [Accord national interprofessionnel] entre autres, ainsi que des mouvements de grève récents dans le secteur) et bien sûr environnementaux, mais aussi de démocratie, de maîtrise publique et de contrôle citoyen.

Une enquête a été menée sur différentes centrales auprès de salarié-e-s de la sous-traitance, de représentants syndicaux (Sud Énergie, MZC...) sous la houlette de Didier Thévenieau, responsable Energie au sein de la commission Écologie. C’est à mon sens un travail remarquable, qui réussit à être à la fois politique et technique tout en restant facile d’accès, sourcé et documenté.

Il fait un point précis de la situation et des perspectives qui s’annoncent, et en tire des propositions politiques concrètes à insérer dans notre projet écosocialiste. Car nous ne ferons pas avancer notre projet contre les ouvriers du nucléaire mais bien avec eux, c’est aussi tout l’objet de cette consultation.

Ce rapport constitue notre contribution au Débat National sur la Transition Énergétique. Nous l’avons déposé sous forme de "cahier d’acteur". Voici le communiqué de presse l’annonçant, et le rapport à télécharger.

Voir notre contribution sur le site du DNTE

Communiqué

Sous-traitance dans le nucléaire : le cri d’alarme du Parti de Gauche

Dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique (DNTE), le Parti de Gauche a déposé le 24 juin 2013 une contribution directe sous forme de cahier d’acteur, intitulée « Les employés sous-traitants du nucléaire, les sacrifiés de la transition énergétique ».

Ce rapport de 23 pages jette un pavé dans la mare en revenant sur l’impossible débat concernant la filière électro-nucléaire en France. Celui-ci a de facto été exclu du DNTE par l’objectif gouvernemental d’ores et déjà annoncé de poursuite de l’EPR de Flamanville, de part du nucléaire à 50% de la production d’électricité ou encore par les annonces de report de la fermeture de la centrale de Fessenheim en 2016.

Surtout, la contribution du Parti de Gauche revient en détails, chiffres et témoignages à l’appui, sur la condition des ouvriers de la sous-traitance dans l’industrie nucléaire et ses impacts pour l’ensemble de la population. C’est un véritable cri d’alarme, sérieux et documenté, que lance le Parti de Gauche par cette contribution.

Une nouvelle cause d’étalement urbain : les prisons IEB (Inter-Environnement Bruxelles) Reporterre 2013/07/01 IEB (Inter-Environnement Bruxelles) (1er juillet 2013 à 12h17,) Une nouvelle cause d’étalement urbain : les prisons. Reporterre. fr

Une nouvelle cause d’étalement urbain : les prisons

Instances ultimes de contrôle social, nos prisons ne cessent de faire parler d’elles ces derniers mois parce que pleines à craquer (nous venons d’atteindre le seuil historique de 12 000 détenus pour 9 400 places), obsolètes et vétustes, et présentant des conditions de détention indignes d’un État de droit.

Tandis que de nombreux sociologues et criminologues plaident pour une réforme drastique du système pénitentiaire par la recherche de solutions alternatives à la prison, les pouvoirs publics s’arque-boutent sur la mise en œuvre d’un Masterplan prévoyant la construction de 7 nouvelles prisons réalisées via des partenariats-publics-privés (PPP) et font fi de l’adage aujourd’hui avéré : « Plus on construit des prisons, plus on les remplit ».

C’est dans ce contexte que la petite entité de Haren, en bordure de la Région bruxelloise, à la limite de Diegem, a été désignée pour accueillir une méga-prison, présentée comme un village pénitentiaire moderne destiné à remplacer les vieilles prisons de Saint-Gilles et de Forest.

Se pose d’emblée la question du choix d’implanter la plus grande prison de Belgique dans un quartier si loin de la ville et de son palais de justice, un lieu si peu accessible en transport en commun et déconnecté de tout service. Beaucoup de professionnels du secteur pointent déjà les dérives d’un tel scénario, comme la concentration d’un trop grand nombre de prisonniers sur un même site, l’ultra modernisme des conditions de détention qui se traduit par des lieux aseptisés, vides de relations et de contacts humains.

Ces nouvelles structures, dont le modèle existe déjà ailleurs, n’apportent hélas pas de solution miracle à long terme et ne mettront pas fin au problème de surpopulation actuel.

Quant aux habitants de Haren, ils s’interrogent sur l’arrivée de ce grand pénitencier qui refermera ses portes sur 1190 prisonniers et prisonnières, sur un terrain enclavé et survolé jour et nuit par les avions. Ils déplorent également la disparition du dernier espace naturel et sauvage qui leur offre encore une liaison avec Diegem par l’historique chemin du Keelbeek.

Enfin, il semblerait que l’option de rénover les prisons existantes n’est guère au programme. L’avenir du site de 11 hectares ainsi libéré reste aujourd’hui d’ordre confidentiel alors que l’on peut imaginer que les enjeux notamment financiers sont de taille en libérant un foncier très rentable au cœur de la ville et en reléguant des détenus dans un « village pénitentiaire » où les terres s’achètent encore à bas prix.

Inter-Environnement, en collaboration avec l’Observatoire international des prisons et les comités de Haren et de Saint-Gilles, interroge dans ce dossier non pas toute la complexité du monde carcéral mais son rapport à l’extérieur et son droit de cité aussi longtemps que notre société ne sera pas à même de penser un monde sans prison.

Manifeste convivialiste Reporterre 2013/07/01 (1er juillet 2013 à 12h10,) Manifeste convivialiste. Reporterre. fr

Manifeste convivialiste

Recension par Jean-Marie Durand (Les Inrocks)

Un “Manifeste convivialiste”, signé par de nombreux intellectuels et militants, pose les bases communes d’une critique radicale de l’ordre néolibéral. Un texte incisif, rassembleur des énergies citoyennes éclatées.

Un autre monde est-il possible ? A cette question lancinante, de multiples courants de pensée et d’action critique tentent depuis les années 90 d’apporter sinon des solutions, du moins des horizons.

De l’alter-mondialisme à l’écologie sociale et solidaire, des Indignés à Occupy Wall Street, du mutualisme au commerce équitable, des systèmes d’échange local à l’économie de la contribution numérique, de la décroissance au post-développement, de la recherche d’indicateurs de richesse alternatifs à la sobriété volontaire, des théories du care aux nouvelles pensées des communs…Le paysage des mouvements théoriques et pratiques contestant le cadre néolibéral dominant souffre, en dépit de son foisonnement, d’un effet d’éclatement.

Pour de nombreux acteurs intellectuels proches de ces mouvements, il manque un fil commun à toutes ces initiatives disséminées. D’où l’envie de multiples chercheurs, philosophes, économistes, sociologues, de dessiner un corps doctrinal minimal qui rassemblerait toutes les parties dans un dessin partagé : le “convivialisme”, nom donné à tout ce qui dans les doctrines existantes “concourt à la recherche de principes permettant aux êtres humains à la fois de rivaliser et de coopérer, dans la pleine conscience de la finitude des ressources naturelles et dans le souci du partagé du soin du monde”.

Initié par le sociologue Alain Caillé, auteur en 2011 avec Marc Humbert, Serge Latouche et Patrick Viveret de l’essai Du convivialisme, dialogues sur la société conviviale à venir (La Découverte), un “Manifeste convivialiste” vient aujourd’hui poser les bases d’un corps doctrinal commun, construit sur quelques principes fondateurs : “des principes de commune humanité, de commune socialité, d’individuation, d’opposition maîtrisée…”

Signé par de très nombreux chercheurs du monde entier (Yann Moulier-Boutang, Barbara Cassin, Eve Chiappello, Jean-Pierre Dupuy, François Flahault, Christophe Fourel, Susan George, Roland Gori, Marc Humbert, Edgar Morin, Chantal Mouffe, Serge Latouche, Roger Sue, Jacques Lecomte, Patrick Viveret, Axel Honneth, Dominique Meda…), ce texte court, incisif et suffisamment élastique pour rassembler un grand nombre de citoyens, à la manière du Indignez-vous de Stéphane Hessel, ce Manifeste est le fruit d’une série de discussions menées depuis un an et demi au sein de groupes de pensée et d’action qui ont cherché à mettre en commun des convergences, par-delà leurs différents politiques.

Tous s’entendent sur le constat des menaces qui pèsent sur l’humanité : des menaces à la fois “entropiques”, économiques, techniques, écologiques (réchauffement climatique, raréfaction des ressources énergétiques, aggravation des écarts de richesse…) et “anthropiques” (d’ordre moral et politique). De proche en proche, ce sont tous les secteurs de l’existence, et jusqu’aux affects, qui “se retrouvent subordonnées à une logique comptable, technique et gestionnaire.”

Pour Alain Caillé, il existait ainsi “un besoin d’identifier un fonds doctrinal minimal commun”, d’un art de vivre qui “valorise la relation et la coopération, qui permette de s’opposer sans se massacrer, en prenant soin des autres et de la nature.” Spécialiste de l’œuvre de Marcel Mauss (Essai sur le don), Alain Caillé estime que le “convivialisme”, quarante ans après l’essai séminal d’Ivan Illich, La convivialité, éclaire et encadre la question clé de toute société : comment inciter les individus à coopérer pour se développer et donner chacun le meilleur d’eux-mêmes tout en leur permettant de “s’opposer sans se massacrer” ? Comment faire obstacle à l’accumulation de la puissance, désormais illimitée et potentiellement autodestructrice, sur les hommes et la nature ?

Ce Manifeste, expression et résultante de nouvelles formes de participation et d’expertise citoyennes informées par une conscience écologique désormais globale, se veut ainsi une proposition théorique visant à imaginer un nouvel humanisme, “étendu et radicalisé”, indexé sur un nouvel “universalisme à plusieurs voix” : un “pluriveralisme.”

Si ce Manifeste convivialiste se limite à poser des principes généraux, il reste à chacun d’en faire, autant qu’il est possible dans chaque espace social, un usage pragmatique, proprement politique. C’est en quoi, de la même manière que l’était, en creux, celui de Stéphane Hessel, ce texte a, sous des apparences un peu naïves, la force d’un geste aux implications potentielles immenses.

Si elle ne formera pas par elle-même la solution absolue à la crise du politique, la convivialité impose un cadre suffisamment large et éclairant pour que chaque citoyen puisse y faire entrer ses propres indignations et transforme ses pulsions négatives en élan commun.

Introduire une rupture dans l’échelle des valeurs dominantes, remplacer l’hubris (la démesure) et la compétition par le désir et la coopération, faire de la qualité relationnelle la mesure de tout : sous la naïveté apparente d’une nouvelle forme d’utopie sociale bouillonne le pragmatisme d’une analyse politique vitaliste aux effets subversifs.

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Manifeste convivialiste, déclaration d’interdépendance, Le bord de l’eau, 40 p., 5 €

Le centre universitaire de Millau crée un diplôme en restauration collective et alimentation durable Un plus bio Reporterre 2013/07/02 Un plus bio (2 juillet 2013) Le centre universitaire de Millau crée un diplôme en restauration collective et alimentation durable. Reporterre. fr

Le centre universitaire de Millau crée un diplôme en restauration collective et alimentation durable

Le centre universitaire Champollion de Millau, en Aveyron, vient de créer le premier diplôme d’établissement dédié à la « restauration collective et alimentation durable ». Le module répond à une demande grandissante car face à l’ensemble des évolutions règlementaires, contextuelles ou encore technologiques, il fallait créer un corpus d’apprentissages qui permettent de faire face aux besoins des professionnels de la restauration collective publique ou privée, quelle que soit la taille de celle-ci.

Le projet s’inscrit dans une perspective de valorisation des principes de l’alimentation durable, respectueuse de l’environnement, des producteurs et des consommateurs. La formation se déroulera à Millau, au centre du CNAM, elle se décline sous la forme de 180 heures dans l’année (de deux à trois jours par mois, d’octobre à juin), avec un stage pratique de huit semaines. Conditions d’admission : bac ou cinq ans d’expérience professionnelle.

De nombreux thèmes sont abordés, qui couvrent autant les grands principes nutritionnels que les cadres règlementaires, le plan maîtrise sanitaire et traçabilité, l’approche socio-économique du secteur professionnel.

Au programme également, la pratique des outils informatiques liés à la planification, la gestion des marchés publics/privés, les nouvelles techniques culinaires. Gestion et comptabilité bien sûr, ainsi que gestion des approvisionnements, techniques d’achat, conception et équipements de cuisines, gestion des déchets…

Enfin, les candidats devront conduire un projet d’alimentation durable au sein d’une structure d’accueil (projet tuteuré).

Drame chez les Verts : quitter le gouvernement ? Oh, non ! liberation.fr Reporterre 2013/07/02 liberation.fr (2 juillet 2013) Drame chez les Verts : quitter le gouvernement ? Oh, non !. Reporterre. fr

Drame chez les Verts : quitter le gouvernement ? Oh, non !

Le député-maire écologiste de Bègles, Noël Mamère, a proposé mardi 2 juillet sur RTL une « réunion de crise » d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) après l’« éviction » de la socialiste Delphine Batho du gouvernement.

« Il faut que notre parti avec les ministres organise au plus vite une réunion de crise pour savoir si nous devons rester dans ce gouvernement », a-t-il dit. Au même moment Pascal Canfin, l’un des deux ministres écologistes du gouvernement avec Cécile Duflot, annonçait sur Europe 1 qu’ils feraient mardi soir avec Pascal Durand, numéro un d’EELV, « l’analyse politique de la situation ».

Mais Barbara Pompili, co-présidente du groupe des députés Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a affirmé mardi soir à la presse que « les Verts ne quitt(aient) pas le gouvernement », après le limogeage de la ministre PS de l’Ecologie Delphine Batho. « La question de la sortie du gouvernement a été évacuée assez vite », a ajouté Mme Pompili, en quittant la réunion, toujours en cours, des dirigeants EELV au ministère du Logement dirigée par l’écologiste Cécile Duflot. « On attend notamment de rencontrer Jean-Marc Ayrault. J’espère qu’on va le rencontrer assez vite. On a besoin d’avoir des éléments qui nous rassurent sur ce que veut faire ce gouvernement par rapport à l’écologie », a dit Mme Pompili.

Pascal Durand, secrétaire national de EELV, a estimé que l’écologie servait « encore de variable d’ajustement » après la décision du Premier ministre de mettre fin aux fonctions de Delphine Batho. « A partir du moment où elle exprime un désaccord, je regrette que l’on mette fin à ses fonctions immédiatement, et qu’on ne laisse pas l’espace à un débat », a-t-il déclaré sur BFM Business. « Je vois que l’écologie sert encore de variable d’ajustement. On va arriver au troisième ministre de l’écologie en une année. C’est le seul ministère qui a tourné de cette manière, le seul ministère qui manifestement sert de variable d’ajustement ».

« Deux poids, deux mesures »

Le co-président des députés écologistes, François de Rugy, a estimé que « sanctionner les bons élèves quand certains cancres n’ont jamais de sanction », comme Arnaud Montebourg a-t-il suggéré, « c’est quand même assez fort de café ». « Cela donne l’impression qu’il y a deux poids deux mesures, quand on parle d’écologie et d’autre chose », a-t-il déclaré à l’AFP. Interrogé sur le successeur de Mme Batho, Philippe Martin, qui avait été mandaté il y a quelques mois pour faire le lien avec les écologistes, il a déclaré : « On le connaît bien, mais la question c’est : quelle sera sa marge de manoeuvre ». « Il faut qu’il ait une parole forte ».

Le député EELV Sergio Coronado a fustigé « la violence de la décision » et « un fonctionnement de caserne ». « Je ne crois qu’on ait besoin de cela en ce moment », a-t-il dit.

Pour la co-présidente du groupe écologiste Barbara Pompili ce qui importe « ce n’est pas le casting, mais l’orientation écologiste du gouvernement ». « On disait à Delphine Batho qu’il fallait qu’elle s’engage plus, qu’elle "l’ouvre plus", malheureusement elle l’a ouvert un peu trop tard. La vie politique est injuste mais nous, ce qui nous importe ce n’est pas le casting mais l’orientation écologiste de ce gouvernement », a-t-elle déclaré dans les couloirs de l’Assemblée.

La centrale nucléaire de Belleville piétine le Code du travail Sud Energie // Christian Bidault (Mag Centre) Reporterre 2013/07/02 Sud Energie // Christian Bidault (Mag Centre) (2 juillet 2013) La centrale nucléaire de Belleville piétine le Code du travail. Reporterre. fr

La centrale nucléaire de Belleville piétine le Code du travail

Courriel du syndicat Sud Energie, 30 juin 2013

Les 25 juin et 19 décembre 2012, l’autorité de sûreté nucléaire transmettait au Procureur de la République de Bourges deux procès-verbaux relatifs aux entreprises OCE Business Services et Exirys, prestataires du centre nucléaire de production d’électricité de Belleville-sur-Loire, et portant sur des infractions aux articles L8221-1, L8231-1 et L8241-1 du Code du travail et relatifs au travail dissimulé, au marchandage et au prêt illicite de main-d’œuvre.

En d’autres termes, il était reproché à EDF d’avoir eu recours pour les besoins permanents de son activité, au prêt illicite de personnel sur des postes d’assistantes administratives et de chargés de communication interne et externe, tous intégrés dans les services de la centrale de Belleville et placés sous la ligne managériale d’EDF.

Ces personnels, qui ne bénéficient pas du statut EDF, sont rémunérés à un niveau très inférieur à celui des agents statutaires, ce qui a pour effet de doubler le délit de prêt illicite de main-d’œuvre d’un délit de marchandage.

Il semble que ce phénomène ne se limite pas à la seule centrale de Belleville-sur-Loire puisque Le Canard Enchainé s’est fait récemment l’écho de ces pratiques sur d’autres sites EDF.

Le parquet de Bourges a déclenché une enquête préliminaire, l’ensemble des salariés et encadrants concernés du CNPE ont été auditionnés et les investigations se poursuivent à l’extérieur du département du Cher.

Depuis l’établissement des procès-verbaux de l’autorité de sûreté nucléaire, les salarié(e)s touché(e)s par le prêt illicite de main-d’œuvre ont été isolé(e)s de leurs collègues, et une partie d’entre eux (elles) est victime d’agissements relevant du harcèlement moral au travail.

Les salarié(e)s des prestataires Exirys et OCE Business Service ont saisi le Conseil de Prud’hommes de Bourges aux fins de voir requalifier le contrat de travail qui les liait aux prêteurs de main d’œuvre en contrat de travail EDF, conformément à la jurisprudence applicable en la circonstance et ont demandé l’indemnisation du préjudice subi au regard du délit de marchandage.

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12 mai 2013

La centrale nucléaire de Belleville (Cher) est entrée en fusion sociale Mag Centre,

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) est entrée en fusion. En fusion sociale s’entend. Un mouvement de grève des salariés syndiqués à Sud-énergie débutera lundi prochain. Pour sa part la CFDT chimie-énergie centre Val de Loire, demande aussi des comptes à la direction. La contamination sociale pourrait bien s’étendre aux autres CPN (Centres de production nucléaires) de la région, Dampierre-en-Burly (Loiret), Chinon (Indre-et-Loire) et Saint-Laurent (Loir-et-Cher).

Ce mouvement fait suite à une enquête ouverte par le procureur de la République de Bourges concernant Belleville, contre EDF, pour « travail dissimulé, délit de marchandage et prêt illicite de main d’oeuvre ». « Des termes infamant à la consonance négrière, qu’on croirait resurgit des périodes les plus sombres de notre histoire » commente le syndicat Sud-Energie. D’autant que l’on vient de fêter l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France !

Des plaintes auprès du procureur

Précédemment, l’ASN avait déjà épinglé une centrale de la région (Dampierre) à propos des surcharges de travail de ses agents.

Tout est parti de l’ASN (l’autorité de sûreté nucléaire) dont le siège régional est à Orléans. Les 25 juin et 19 décembre 2012, l’ASN transmettait par le biais de l’Inspection du travail au procureur de Bourges, deux procès-verbaux relatifs aux entreprises OCE Business services et Exirys, des prestataires du CPN.

EDF fait appel pour certaines activités tertiaires à des entreprises extérieures : celles-ci fournissent par exemple des assistantes administratives, des chargées de communication pour faire visiter les centrales. Ces personnels sont intégrés comme s’ils étaient des agents EDF. Certains à Belleville depuis 22 ans. Sauf que les salaires et les avantage n’ont rien à voir avec ceux des salariés EDF.

« Cette pratique qui fait économiser des frais de personnel à EDF est une infraction pénale, seuls les entreprises de travail intérimaires sont autorisés à « préter » du personnel. Pour les autres on est dans le délit de « prêt illicite de main d’oeuvre et de marchandage » explique un syndicaliste de Sud.

Selon nos sources, pour ce qui est de Belleville, c’est la gendarmerie de Sancerre (Cher) qui a mené l’enquête. Le conseil des prud’hommes de Bourges a aussi été saisi.

Un avertissement pour la sûreté

S’agissant de ces personnels, il n’y a pas menace directe sur la sécurité dans la centrale. Mais il s’agit en l’occurrence d’un avertissement à EDF à propos d’autres catégories de personnels agissant sur les organes de sûreté. Il semble bien que l’entreprise ait beaucoup recours au « prêt illicite de main d’oeuvre » afin d’échapper à des règles très contraignantes en matière de sécurité et de santé des salariés.

C’est tout le dossier des « parias du nucléaire », ces hommes de la sous-traitance qui font le sale boulot dans les centrales (lors des arrêts de tranches notamment) mais qui ne bénéficient pas des protections accordées aux agents EDF.

En ce qui concerne les personnels visés par la plainte de l’ASN, le syndicat Sud-Energie dénonce le traitement qui leur est infligé à Belleville-sur-Loire : « ces salariés ont été isolés de leurs collègues, privés d’une partie de leur travail…il s’agit bien en l’espèce de harcèlement moral ». Sud énergie appelle à la gréve à partir de ce dimanche 21h, d’une durée illimitée, et demande « l’intégration des personnels de ces entreprises sous-traitantes dans les effectifs statutaires du CPNE ».

Delphine Batho est limogée du ministère de l’Ecologie liberation.fr Reporterre 2013/07/02 liberation.fr (2 juillet 2013) Delphine Batho est limogée du ministère de l’Ecologie. Reporterre. Politique fr

Delphine Batho est limogée du ministère de l’Ecologie

La ministre de l’Ecologie sortante a été convoquée à Matignon ce mardi après ses critiques sur le budget de son ministère pour 2014. Le député socialiste du Gers Philippe Martin écope de son maroquin.

Delphine Batho a payé ses critiques au prix fort : François Hollande a mis fin à ses fonctions ce mardi, quelques heures après qu’elle ait qualifié le budget de son ministère de « mauvais ». Elle avait auparavant été convoquée à Matignon par le Premier ministre, avec qui elle s’est entretenue près de deux heures.

« Sur proposition du Premier ministre, le président de la République a mis fin aux fonctions de Delphine Batho et a nommé Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie », a annoncé l’Elysée dans un communiqué.

Philippe Martin, qui aura 60 ans en novembre, est député socialiste du Gers, membre de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée.

Rompant avec sa réserve habituelle, la ministre de l’Environnement Delphine Batho avait auparavant laissé éclater sa colère face aux coupes subies par son ministère, peu opportunes au moment où, a-t-elle lâché, « il y a une déception à l’égard du gouvernement ». Avec une baisse de 7% de ses crédits, le ministère de l’Ecologie est l’un des plus sévèrement touchés par les économies que le gouvernement compte réaliser l’an prochain.

« C’est un mauvais budget », a lâché Delphine Batho sur RTL, quelques heures avant le début du débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale. « Il y a un affichage qui n’est pas bon ». Et Delphine Batho d’estimer qu’il fallait se poser la question : l’écologie est-elle « bien une priorité ? » « Est-ce qu’on a la capacité de passer du discours aux actes ? »

Les insectes résistent de plus en plus aux OGM insecticides Eric Meunier (Inf’OGM) Reporterre 2013/07/02 Eric Meunier (Inf’OGM) (2 juillet 2013) Les insectes résistent de plus en plus aux OGM insecticides. Reporterre. fr

Les insectes résistent de plus en plus aux OGM insecticides

Une étude parue dans Nature Biotechnology montrent que des insectes acquièrent des résistances aux protéines insecticides des plantes génétiquement modifiées.

Cinq insectes - quatre lépidoptères et un coléoptère (la chrysomèle du maïs) - ont développé des résistances à des protéines insecticides Cry (Bt) exprimées par des plantes transgéniques. Il s’agit d’une évolution récente mais rapide de l’acquisition de résistance à l’insecticide Bt. En 2005, un seul insecte résistant avait été détecté dans les champs.

Un article [1], publié dans le journal Nature Biotechnology, propose une synthèse de 77 articles scientifiques consacrés à la résistance des insectes aux protéines insecticides.

Cinq cas de résistance publiés

Selon les auteurs, cinq insectes ont acquis, au champ, une résistance à l’une des protéines insecticides de la famille Cry. Les plantes génétiquement modifiées (PGM) concernées sont des maïs et des cotons, cultivées en Afrique du Sud, en Inde, ou aux Etats-Unis.

Un sixième cas de résistance est également répertorié, concernant à nouveau Helicoverpa zea sur du coton mais résistant à une protéine Cry différente, la protéine Cry2Ab. Les auteurs indiquent que 50% des individus ont déjà acquis une résistance à cette protéine mais qu’aucune étude scientifique n’a encore rapporté une perte d’efficacité des cotons Bt exprimant la protéine Cry2Ab cultivés aux États-Unis.

L’apparition de résistance, fruit de l’adaptation

L’apparition de telles résistances est, selon les auteurs, le fruit d’une exposition accrue des insectes cibles aux cultures de PGM censées les tuer. Les insectes sont porteurs de gène(s) impliqué(s) dans l’activité des toxines Bt. Au sein d’une population, certains individus peuvent être porteurs d’une forme (appelée allèle) de ces gènes qui confère une résistance à ces toxines.

Or, « avant que les populations d’insectes ne soient exposées aux protéines Bt, les allèles conférant une résistance sont rares » au sein d’une population. Mais, à force d’être exposés à une protéine insecticide Cry, la sélection naturelle conduira l’allèle conférant une résistance à être présent chez un nombre de plus en plus grand d’individus, les autres étant éliminés.

Le jour où 50% d’entre eux sont porteurs de ce(s) gène(s), la population d’’insectes sera considérée comme devenue résistante. Ce phénomène peut donc prendre quelques années avant d’émerger concrètement. Le phénomène inverse se produira de même : les auteurs soulignent que la fin de l’exposition des insectes aux cultures GM ne conduit pas à faire disparaître la résistance immédiatement.

Le cas du légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda) à Porto Rico le montre puisque, quatre ans après le retrait des cultures de maïs Bt, la résistance était toujours présente dans les populations d’insectes. Il s’agit du « cas publié le plus rapide d’apparition de résistance au champ », étant donné que la résistance est apparue trois années après la première mise en culture commerciale du maïs Cry1F à Porto Rico. Il s’agit plus précisément du maïs TC1507, commercialisé aux Etats-Unis par Dow Agrosciences [2]. Ce cas a conduit l’entreprise à retirer ce maïs Bt de la vente.

Pour les auteurs de l’article, l’apparition des résistances est donc corrélée à l’augmentation des surfaces de cultures Bt, à l’augmentation de la durée d’exposition des insectes aux protéines Bt et au nombre de populations exposées.

Mais « l’humain peut continuer de maîtriser... »

Si les auteurs présentent des cas de résistance avérés, ils estiment que la transgenèse permettra encore longtemps un contrôle efficace de ces insectes ravageurs, si certaines conditions sont respectées.

Ainsi, ils préconisent une gestion proactive de ces résistances avec une « évaluation systématique » de la production de protéines Bt à forte dose par les PGM et une fréquence de présence des allèles de résistance faible au sein des populations avant exposition. L’utilisation des PGM empilées produisant plusieurs toxines devraient également concourir, selon eux, à maîtriser l’apparition de ces résistances.

Enfin, la mise en œuvre rigoureuse des zones refuges reste, pour les auteurs, l’élément clef de maîtrise des résistances. Mais ils précisent que leur mise en place, aux États-Unis, n’est ni uniforme, ni toujours suffisante. Un constat d’autant plus inquiétant quand on se souvient que des entreprises comme Monsanto et Pioneer demandent justement que ces zones refuges imposées soient plus petites en cas de cultures de plantes produisant plusieurs protéines insecticides [3].

La transgenèse continuerait donc d’être le rempart aux multiplications de résistance chez les insectes. Jusqu’à ce que...

Jusqu’à ce qu’un cas supplémentaire de résistance à une protéine Cry soit détecté ou qu’un cas de résistance à une PGM produisant deux protéines insecticides apparaisse [4]. Des scenarii qui confirment, si besoin était, que la maîtrise absolue par l’humain de son environnement n’est pas possible.

La stratégie de la fuite en avant technologique proposée est une stratégie commerciale, mais qui ne permettra pas de modeler la nature à la convenance des industriels. Quand tous les insectes seront devenus résistants à l’ensemble des protéines insecticides, que se passera-t-il ? Étant donnée la vitesse de l’apparition de ces résistances, cette hypothèse pourrait devenir une réalité bien proche.

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Notes

[1] « Insect resistance to Bt crops : lessons from the first billion acres », B.E. Tabashnik et al., Nature Biotechnology, juin 2013, Vol31, n°6, pp510-521.

[2] « Discovery and characterization of field resistance to Bt maize : Spodoptera frugiperda (Lepidoptera : Noctuidae) in Puerto Rico. », N.P. Storer et al., J Econ Entomol, 2010, Aug ;103 (4):1031-8.

[3] Inf’OGM, « Etats-Unis – Demandes des entreprises pour des zones refuges plus petites », Eric Meunier, mars 2009

[4] Inf’OGM, « Des insectes peuvent devenir résistants à deux toxines ! », Eric Meunier, 21 août 2009

La lutte écologique paie, on peut remporter des victoires ! Bizi ! Reporterre 2013/07/02 Bizi ! (2 juillet 2013) La lutte écologique paie, on peut remporter des victoires !. Reporterre. Tribune — fr

La lutte écologique paie, on peut remporter des victoires !

« La stratégie gagnante : non-violence, détermination, alliances larges, pluralité du mouvement de lutte et respect de sa diversité, enracinement local et ouverture et solidarité avec les autres territoires, formation et expertise des militant-e-s pour démonter les mensonges d’en face et formuler des contre-propositions, alternance de manifestations de masse et de rassemblements plus militants, recours à la désobéissance civile si nécessaire. »

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a fait siennes les conclusions du rapport de la Commission mobilité 21 [le 27 juin]. Le projet de voie nouvelle LGV [Bordeaux-Hendaye] est renvoyé aux calendes grecques, après 2030. Autant dire qu’entre le dérèglement climatique et le pic des énergies fossiles (et le pic de pas mal de matières premières), il est renvoyé à un monde qui ne ressemblera en rien à l’actuel, et dans lequel on n’abordera même plus le sujet de la grande vitesse.

L’enseignement le plus clair est que la lutte paie, l’engagement paie. Les contraintes budgétaires ont eu raison de ce grand projet inutile et imposé, mais il a fallu durer, retarder, convaincre, se mobiliser pour en arriver là, tout comme les paysans du Larzac avaient su durer jusqu’à qu’un changement de contexte politique permettent l’annulation de l’extension du camp militaire qui devait les virer de leurs terrains.

Dans ce petit Pays Basque nord d’à peine 300 000 habitants, en une quinzaine d’années, l’engagement et la lutte ont réussi -entre autres- à empêcher un projet de 2X2 voies de balafrer le Pays Basque intérieur, un multiplexe de défigurer le Petit Bayonne, un Etat tout puissant d’interdire la chambre d’agriculture alternative du Pays Basque et maintenant la saignée d’une voie nouvelle LGV.

Chaque fois, la même stratégie s’est révélée gagnante : non-violence, détermination, alliances larges, pluralité du mouvement de lutte et respect de sa diversité, enracinement local et ouverture et solidarité avec les autres territoires, formation et expertise des militant-e-s pour démonter les mensonges du camp d’en face et formuler des contre-propositions, alternance de manifestations de masse et de rassemblements plus militants, recours à la désobéissance civile si nécessaire.

Ce à quoi demain ressemblera sera fait des engagements militants que chacun-e prendra dès aujourd’hui. Quand on lutte, on n’est pas sûr de gagner, mais quand on ne lutte pas, on a déjà perdu !

C’est le moment de réécouter le magnifique discours qui avait clôturé la manifestation anti-LGV du 11 décembre 2010, lu par cet infatigable militant à qui la victoire actuelle doit tellement, Victor Pachon.

La victoire actuelle doit recharger nos batteries, pas nous conduire à nous croiser les bras. Il y a encore beaucoup de combats à mener si on veut éviter le pire climatique, écologique et social aux générations actuelles et à celles qui nous suivent. Avec en premier lieu celle qui devra se mener à la fin de cette année 2013, pour empêcher l’enquête publique sensée congeler jusqu’en 2030 le tracé prévu pour cette voie nouvelle LGV qui ne se fera jamais.

Et également les solidarités plus nécessaires que jamais avec les opposants aux autres projets de voies nouvelles, comme la Bordeaux-Toulouse par exemple, et plus généralement tous ceux et celles qui combattent les grands projets inutiles et imposés. C’est pour ça que Bizi participera activement au grand rassemblement de Notre Dame des Landes les 3 et 4 août prochain.

8 au 14 juillet : ORDRE MORALE POGNON !!! Clowns Reporterre 2013/07/02 (2 juillet 2013) 8 au 14 juillet : ORDRE MORALE POGNON !!! Clowns. Reporterre. fr

8 au 14 juillet : ORDRE MORALE POGNON !!! Clowns

Les farces de l’Armée des clowns vont libérer la France de l’occupant le 14 Juillet. Convergeons vers Paris du 8 au 14 juillet pour une semaine d’entraînement et d’interventions !...

tin tin tiN, TIN TINNN !

Les farces de l’Armée des clowns vont libérer la France de l’occupant le 14 Juillet.

Bataillons du clownistan et de toute la galaxie,

convergeons vers Paris du 8 au 14 juillet pour une semaine d’entraînement et d’interventions !...

Nous sommes fiers de vous accueillir dans la capitale de la capitalisation immédiate et totale de tout :

lieu où règnent l’injustice, l’exploitation, la meilleure spéculation immobilière, les machines à conditionner, le cynisme et toute la misère du monde.

Venez partager vos stratégies, vos envies ou juste votre bonne humeur pour que triomphent l’Ordre, la Morale et leur Pognon.

Nous vous prions d’accepter au nom de nos Ambrassadeurs,

un gros bisou.

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Ce que l’on peut vous dire du programme :

• début lundi 8 juillet à 14H • découverte du clown activisme • organisation auto-gérée en collectif • entraînements & interventions •...

Pour plus d’info et pour vous inscrire : brigadeclowns (arobase) gmail.com

Pour donner un coup de main sans être forcément clown :

nous avons besoins de vidéo activiste, médiateur et complices... Faites nous part de vos envies et disponibilités à brigadeclowns (arobase) gmail.com

(on cherche aussi un grand lieu pour le dodo des clowns, si possible pour dormir toutes et tous ensemble... des idées ?)

Un coup de gueule contre Philippe Martin et le pouvoir machiste de Hollande-Ayrault Olivia Sanna Reporterre 2013/07/03 Olivia Sanna (3 juillet 2013) Un coup de gueule contre Philippe Martin et le pouvoir machiste de Hollande-Ayrault. Reporterre. Tribune — fr

Un coup de gueule contre Philippe Martin et le pouvoir machiste de Hollande-Ayrault

Le nouveau Ministre du très important ministère de l’Ecologie et du Développement Durable (traitant l’ensemble des Transports, des Energies, du Nucléaire notammment) s’appelle Philippe Martin.

C’est un député (du Gers), de ceux, sexagénaire, professionnel de la politique depuis 1978 (!), ultra cumulard (ancien préfet, député, président du Conseil général, conseiller municipal et adjoint au maire, ministre) qui pratiquent la politique à l’ancienne : bétonnage de terres agricoles, épuisement des ressources (politique de l’eau désastreuse dans cette région), réélections « paternalistes » continues, gentille complaisance avec les électeurs.

Il a fortement contribué à littéralement assécher le Gers au profit de la culture intensive du maïs en totale connivence avec la FNSEA. Certaines rivières sont véritablement à sec avec leurs seuls cailloux comme courant. Les services de l’Etat de cette région ont été muselés depuis des années pour ne pas dénoncer cette politique de l’eau dévastatrice.

L’une de ses dernières questions écrites à l’Assemblée Nationale (n° 29346) concernait la « protection claire et équitable » des distributeurs automobiles, le secteur automobile « souffrant particulièrement de la crise actuelle » (18 juin 2013).

Ce monsieur est le nouveau Ministre de l’Ecologie.

Sa conception du developpement est la plus ancienne et rétrograde qui soit : agriculture intensive destructrice des ressources, industries lourdes traditionnelles, urbanisme et construction débridés.

Sur la forme, Delphine Batho (qui n’a par ailleurs pas été une ministre forte, porteuse d’options de rupture) a été « convoquée » par Papa Ayrault comme une petite fille que l’on réprimande car elle avait -enfin !- fait son boulot, c’est-à-dire défendre son ministère. La séance à l’Assemblée Nationale à laquelle elle participait a été interrompue pour la « convoquer » dans l’heure. On ne « convoque » pas un adulte responsable, un ministre, on prend rendez-vous avec lui pour discuter.

Puis elle a été « limogée » (ce terme est effrayant en démocratie). Les services internet du premier ministre ont répété en boucle sur Twitter (la haute administration... twitte....) qu’elle était "convoquée’, comme une enfant.

Papa Ayrault et Papa Hollande sont fâchés !

Ce pouvoir socialiste est vieux, machiste, productiviste au sens le plus rétrograde du terme, dépassé, totalement à coté du sens de l’histoire. Je regrette infiniment d’avoir voté François Hollande et ne le referai à aucun prix.

Le Danemark mène une politique exemplaire pour promouvoir le vélo CarFree Reporterre 2013/07/03 CarFree (3 juillet 2013) Le Danemark mène une politique exemplaire pour promouvoir le vélo. Reporterre. fr

Le Danemark mène une politique exemplaire pour promouvoir le vélo

A l’heure où le ministre des Transports Frédéric Cuvillier lance le « groupe de travail national modes actifs » pour doter la France d’un « plan national vélo ambitieux » pour reprendre les termes de la lettre de commande du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, le congrès international Velo-City de Vienne offre l’occasion d’en apprendre sur d’autres plans vélo nationaux. Le cas du Danemark, présenté par Mia Stampe Lagergaard et Henrik Nejst de la direction des routes au ministère des transports danois le 11 juin 2013, force le respect.

133 millions, ça paye quoi ? – 133 millions d’euros permettent de financer 330 km de réseau express vélo sur des sentiers déjà existants : assurer les continuités, aménager des priorités vélo, sécuriser, garantir un haut niveau de services. Mais 133 millions d’euros permettent aussi d’aménager 700 mètres de ligne de métro.

Ce qui représente un grand investissement pour le vélo ne l’est pas forcément pour d’autres moyens de transport. Partant de ce constat, les autorités nationales danoises ont décidé de mettre une priorité sur le vélo. Un fonds danois pour le vélo a donc été créé afin de soutenir le développement de l’usage du vélo de façon globale.

« Cycling Fund » : le fonds pour le vélo au Danemark – Le fonds vélo danois a été mis en place en 2009 dans le cadre de la politique de transports verts adopté par le parlement du Danemark. Doté de 133 millions d’euros, ce fonds soutient des projets qui participent à rendre la pratique du vélo plus attractive, répendue et sûre. Ainsi, sur la période 2009-2014, le fonds a financé des projets visant l’amélioration des conditions de la pratique cyclable sur les routes danoises (1/3 des dépenses) et soutenu des projets portés par des collectivités territoriales, locales, les entreprises ou les associations (2/3 des dépenses).

Quels projets financer ? Sept thématiques ont été retenues afin de sélectionner les projets à financer dans le cadre de ce fonds : les villes cyclables ; les communautés cyclables ; le vélo vers l’école et les loisirs ; le vélo récréatif et le tourisme à vélo ; les projets de développement et d’expérimentation ; les campagnes ; le tourisme à vélo sur les petites îles.

Sur les 221 projets financés à ce jour, les thématiques « pratiques du vélo vers l’école et les loisirs » et « communautés cyclables » regroupent le plus grand nombre de projets. Les thématiques « villes cyclables » et « communautés cyclables » représentent, quant à elles, le plus gros volume de financements alloués par le fonds national.

Quels enseignements ? La mise en place du fonds pour le vélo a permis de soutenir des projets qui n’auraient jamais vu le jour autrement. Mia Stampe Lagergaard retient deux enseignements importants : « les choses prennent du temps, il faut donc respecter le temps du projet » et « la communication est un élément vital pour le développement de l’usage du vélo ».

Perspectives danoises… et françaises ? Le fonds pour le vélo a lancé une nouvelle dynamique nationale de soutien au vélo au Danemark. La période de programmation du fonds danois pour le vélo se terminera l’année prochaine mais une nouvelle stratégie nationale pour le vélo est d’ores et déjà en préparation.

Et la France dans tout ça ? Quels seraient les effets d’un plan quinquennal de 133 millions d’euros sur la politique vélo en France ? Les Départements et Régions Cyclables qui participent aux travaux du groupe national modes actifs qui ont lieu actuellement, réclament 12 millions d’euros par an sur 10 ans… pour une population 10 fois supérieure à celle du Danemark. Ce n’est pas cher payé, même en temps de crise… si ?

Le choix du premier ministre Ayrault : fort avec les faibles, faible avec les forts Stéphen Kerckhove Reporterre 2013/07/03 Stéphen Kerckhove (3 juillet 2013) Le choix du premier ministre Ayrault : fort avec les faibles, faible avec les forts. Reporterre. Tribune — fr

Le choix du premier ministre Ayrault : fort avec les faibles, faible avec les forts

Sacrifiée sur l’autel de l’austérité économique, Delphine Batho a été évincée de manière brutale ; aussi brutale que celle de Nicole Bricq intervenue le 22 juin 2012. Force est de constater que Jean-Marc Ayrault semble éprouver quelques difficultés avec ses ministres de l’Ecologie. A tel point que l’espérance de « vie » d’une ministre de l’Ecologie dans le gouvernement Ayrault n’excède pas, en moyenne, 210 jours ! En matière de développement durable, il est peu de dire que ce délai ne laisse que peu de temps à une action inscrite dans le long terme.

Mais le limogeage de Delphine Batho illustre, bien plus que de longues analyses, la duplicité d’une classe politique qui porte aux nues cette écologie hors-sol faite de bons mots et grands discours, censés compenser l’absence de décisions concrètes. Car il faut reconnaître qu’avant le coup de gueule de Delphine Batho dénonçant publiquement un budget en forte baisse, cette ministre avait surtout brillé par… son absence.

La fermeture de la centrale de Fessenheim reportée, un débat national sur la transition énergétique brouillon, la construction d’un aéroport à Notre Dame des Landes, un plan Nitrate donnant entière satisfaction au lobby porcin, un plan sur la qualité de l’Air ne répondant aucunement au drame sanitaire en cours, une fiscalité écologique toujours à venir… Delphine Batho s’est, durant sa brève carrière, surtout astreinte à ne rien dire et ne rien faire qui pu déplaire en haut lieu !

Discrète pour les uns, transparente politiquement pour d’autres, cette ministre a osé s’affranchir du rôle qu’on lui avait assigné, à savoir la porte-parole d’une écologie délavée. Par choix politique, Jean-Marc Ayrault a décidé de baisser de 7% le budget du ministère de l’Ecologie. La saison 2 de « L’écologie, ça commence à bien faire » venait de débuter. Le message, reçu cinq sur cinq par la ministre, a provoqué sa colère publique puis son débarquement.

Le problème posé par l’éviction de Delphine Batho réside dans ce faible poids politique. Depuis des mois, cette ministre était à la peine ; ceci n’étant en rien pour déplaire au Premier ministre qui semblait assez bien se satisfaire d’une écologie vert pale. Or, une ministre de l’écologie, si elle veut durer, doit accepter certains pré-requis implicites : ne pas faire de vagues, user et abuser de la langue de bois (de rose), animer docilement des débats et autres grenelles aussi inutiles qu’improductifs ou encore servir de caution lorsqu’une décision favorable à tel ou tel lobby est prise.

En congédiant sa ministre de l’écologie, Jean-Marc Ayrault n’a souhaité qu’une chose : être fort avec les faibles… et faible avec les forts. Le ministre du Redressement improductif peut ainsi ouvertement remettre en cause le principe du moratoire sur les gaz de schiste sans conséquence politique. Mais Jean-Marc Ayrault a viré sans ménagement une ministre dont le poids politique ne risquait pas de mettre à mal une autorité qu’il sait avoir quelque problème à imposer à d’autres ministres.

Ce départ et son remplacement par le président du Conseil général du Gers, Philippe Martin, ne peut faire illusion. L’orientation politique n’a que faire du casting. Tant que ce premier ministre continuera à croire que l’écologie est une cause à traiter une fois les choses sérieuses réglées, les ministres de l’Ecologie seront, plus ou moins violemment, remerciés à un rythme semestriel.

Le rapport de Philippe Martin sur l’eau satisfait l’agro-industrie, pas les écologistes FNE Reporterre 2013/07/03 FNE (3 juillet 2013) Le rapport de Philippe Martin sur l’eau satisfait l’agro-industrie, pas les écologistes. Reporterre. fr

Le rapport de Philippe Martin sur l’eau satisfait l’agro-industrie, pas les écologistes

En juin, Philippe Martin, qui était encore député de Gers, a rendu un rapport au Premier ministre sur la gestion de l’eau en agriculture. Ses conclusions sont critiquées par les écologistes : elles promeuvent de nouveaux bassins de rétention, le développement de l’irrigation, et oublient la question climatique.

En novembre dernier, le chef du gouvernement a confié à Philippe Martin, député du Gers, une mission parlementaire, pour analyser la situation de la gestion de l’eau en agriculture. Le Premier ministre vient [en juin 2013] d’en recevoir les conclusions : tout un programme… Il ne s’agit là, ni plus ni moins, que d’un affaiblissement des règles de la gestion quantitative en agriculture, qui se situe dans le prolongement du plan Sarkozy de 2011.

Dans sa lettre de mission, le premier Ministre constate que « …des retenues ont été créées, permettant de stocker l’eau pour les usages économiques… Pour autant les problèmes de déficit structurel n’ont toujours pas été résolus : presqu’un tiers du territoire national est considéré comme étant en déficit quantitatif… ».

Pas de remise en cause d’un modèle agricole dépassé

Le rapport confirme les grandes règles de la gestion quantitative mais ne remet pas en cause la course poursuite, entre la construction de retenues financées sur fonds publics par les agences de l’eau, et les revendications sans limites des irrigants qui ne sont qu’une petite minorité d’agriculteurs.

Pour François-Marie Pellerin, ingénieur-géologue et président de la Coordination pour la défense du Marais Poitevin : « ce rapport présente une multitude d’imprécisions et d’ambiguïtés. Nous déplorons l’absence de dimension économique et le manque de distinction entre irrigation de sécurité, c’est-à-dire pour assurer le bon développement de la plante, et irrigation de rendement, visant à maximiser les rendements par l’utilisation d’une grande quantité d’eau. L’analyse des alternatives agricoles est quasi inexistante. Les recommandations sont une fuite en avant de la réflexion menée par le passé, qui aurait dû aboutir à une proposition de gestion intégrée de la ressource, inscrite dans le contexte de l’évolution climatique, et non dans le prolongement des mauvaises habitudes. »

L’irrigation massive, ça coûte cher !

Le rapport remet au goût du jour la réduction des délais de recours, la limitation des études d’impact, et en appelle au soutien financier public pour le développement de l’irrigation ! FNE s’était pourtant attaché à apporter des éléments sur ce point lors de son audition, pour montrer que les projets actuels de retenues d’eau de substitution peuvent déjà dépasser les orientations budgétaires prévues par le principal financeur que sont les agences de l’eau.

Par ailleurs les préconisations ne sont pas en cohérence avec les objectifs du Plan National d’Adaptation Au Changement Climatique qui demande la diminution de 20% des prélèvements d’eau pour tous les usages d’ici 2020, ce qui figurait expressément dans la commande du Premier Ministre !

Les territoires ne sont pas entendus

En région, seules quelques associations ont été auditionnées mais sont déçues des conclusions présentées et s’inquiètent des conséquences que ce rapport aura quant aux politiques de gestion de l’eau en agriculture sur leur territoire. Cette posture n’est pas très constructive pour qui veut apaiser les conflits dans les territoires, que l’on parle du bassin Adour-Garonne, du Maine et Loire ou du Loiret.

Pour Bernard Rousseau, responsable des politiques de l’eau de FNE, membre du Comité National de l’eau : « Ce rapport présente de graves lacunes car, à aucun moment, la liaison entre gestion quantitative et pollution de l’eau par les phytosanitaires et les nitrates n’est évoquée. Et ceci, alors que la France est sous le coup d’une condamnation sévère par la Cour de Justice Européenne. Comment est-il possible d’ignorer les conséquences financières de cette condamnation ? Pourtant dans sa contribution écrite, FNE avait expressément attiré l’attention des rédacteurs du rapport sur ce problème évoquant une gestion schizophrénique, déconnectée des problèmes de qualité ! Ce rapport est partiel. Ce n’est pas un rapport sur l’eau, c’est un rapport au service d’une certaine agriculture. C’est pourquoi il est partial ! »

Evo Morales empêché par la France de rentrer chez lui liberation.fr Reporterre 2013/07/03 liberation.fr (3 juillet 2013) Evo Morales empêché par la France de rentrer chez lui. Reporterre. fr

Evo Morales empêché par la France de rentrer chez lui

Pour complaire aux Etats-Unis - qui espionnent les dirigeants et diplomates européens -, la France a refusé au président de la Bolivie, Evo Morales, de survoler son territoire. Motif : M. Snowden, l’homme qui a révélé l’espionnage des Etats-Unis, aurait pu se trouver à bord de l’avion du président bolivien.

Le président bolivien Evo Morales était toujours à Vienne mercredi où son avion a dû atterrir après s’être vu refuser l’espace aérien de plusieurs pays européens sur des suspicions qu’il transportait l’informaticien américain Edward Snowden, réfugié dans un aéroport de Moscou.

L’imbroglio diplomatique s’est produit quelques heures après que M. Morales a déclaré, en marge d’une visite mardi à Moscou, que son pays était prêt à accueillir le fugitif recherché pour espionnage par les Etats-Unis.

Le président bolivien devait regagner dans la soirée La Paz mais son appareil a été contraint d’atterrir à Vienne après que le Portugal lui a initialement refusé une escale technique et la France le survol de son territoire, selon le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca.

La Bolivie a affirmé que plusieurs pays européens avaient refusé dans un premier temps que l’appareil de M. Morales traverse leur espace aérien, soupçonnant qu’Edward Snowden se trouvait à bord de l’avion présidentiel, ce qui a été démenti par La Paz et les autorités autrichiennes à l’aéroport de Vienne.

La France, puis le Portugal, l’Italie ont donné par la suite leur feu vert pour que l’avion du président bolivien puisse finalement emprunter leur espace aérien, a déclaré depuis l’Autriche le ministre bolivien de la Défense, Ruben Saavedra.

L’Espagne a fait de même, en autorisant une sescale de de l’appareil.

Auparavant, M. Morales avait indiqué que Madrid posait comme condition au survol de son territoire une inspection de l’appareil.

Mercredi matin 3 juillet, l’avion de M. Morales était toujours à l’aéroport de Vienne d’où il devait repartir en direction de La Paz. « Actuellement, le gouvernement bolivien travaille à établir le plan de vol » pour le retour de M. Morales, a déclaré un porte-parole du ministère autrichien de l’Intérieur, Karl-Heinz Grundboeck.

A La Paz, le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca, a critiqué « les rumeurs infondées sur la présence de M. Snowden dans cet avion », déplorant un « énorme mensonge ».

« Nous voulons exprimer notre mécontentement, car la vie du Président a été mise en danger », a-t-il déclaré, ajoutant que « des explications seraient exigées » à Lisbonne et Paris et que « les lois du trafic aérien avaient été violées ».

Les péripéties du président Morales ont indigné les alliés de la Bolivie en Amérique Latine.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Elias Jaua, a condamné une agression « brutale, grossière et inappropriée » contre le chef de l’Etat bolivien.

De son côté, Ricardo Patiño, ministre des Affaires étrangères de l’Equateur, l’un des 21 pays où Snowden a demandé l’asile politique, a estimé que « cela semblait être une terrible offense au président Morales ».

Edward Snowden a essuyé mardi un refus de la part de nombreux pays auxquels il a demandé l’asile politique. En contact étroit avec de nombreuses capitales, les Etats-Unis ont dit avoir « bon espoir » que l’ex-consultant de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) rentre aux Etats-Unis.

L’ancien consultant de la NSA est à l’origine des révélations fracassantes sur un programme américain secret de surveillance des communications mondiales.

Invisible depuis son départ de Hong Kong il y a 11 jours, il a permis la publication le weekend dernier de nouvelles informations sur l’espionnage des communications de l’Union européenne, provoquant la colère des Européens. Ces révélations font aussi planer la menace d’un blocage des négociations pour un accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis.

Edward Snowden a reçu mardi le soutien de son père, Lon Snowden, qui a comparé son fils à un illustre patriote de la guerre d’indépendance américaine au 18e siècle, Paul Revere.

Gaz de schiste : les paysans polonais menacés d’expulsion Les agriculteurs de Zurawlow Reporterre 2013/07/03 Les agriculteurs de Zurawlow (3 juillet 2013) Gaz de schiste : les paysans polonais menacés d’expulsion. Reporterre. fr

Gaz de schiste : les paysans polonais menacés d’expulsion

Un ordre pour expulser les agriculteurs de Zurawlow a été signé le 1 juillet. Les agriculteurs se préparent à affronter les forces de l’ordre. Voici leur message.

Depuis le 3 Juin, les agriculteurs et les résidents du petit village rural de Zurawlow en Pologne sont en confrontation avec la société Chevron. Ils défendent leur terre, leur activité et leur façon de vivre. Ils craignent la pollution de leur nappe phréatique, ce qui s’était déjà passé il y a deux ans dans leur voisinage après des recherches sismiques de gaz de schiste.

Ils savent que quand Chevron trouvera du gaz sur leurs terres, rien ni personne ne pourra arrêter le développement industriel et impérial de l’extraction du gaz de schiste sur leurs terres, transformant de manière irréversible et en quelques années leur magnifique et paisible région, le grenier de la Pologne, en un désert industriel et pollué.

Sous la protection d’une compagnie de sécurité et dans une atmosphère très tendue, Chevron a pris possession d’un terrain, essayant d’installer une clôture et de commencer des tests sismiques. Les agriculteurs locaux savent que quand la recherche sismique sera terminée et que la présence de gaz sera confirmée, le forage et la fracturation suivront et en quelques années, des centaines ou des milliers de puits apparaîtront. Alors il n’y aura pas de place pour l’agriculture et le tourisme, et leur vie perdra tout leur sens.

Les agriculteurs polonais sont opposés aux forages non conventionnels de gaz de schiste car ils pourraient conduire à la contamination de leur eau, du sol et de l’air. Lors des essais sismiques précédents effectués sur place, des explosifs ont été utilisés et ont déjà provoqué la pollution de l’eau la rendant impropre à la consommation.

Toutes les licences accordées à Chevron par le ministère polonais de l’Environnement sont situées sur les trois plus grands réservoirs d’eau souterrains en Pologne, de sorte que le risque de pollution générale de l’eau dans la région est très fort – ce n’est juste qu’une question de temps. Cela ne concerne pas seulement la Pologne, mais aussi l’Ukraine, en raison de l’emplacement transfrontalier de l’un des réservoirs, mais l’Ukraine n’a probablement été ni consultée ni informée sur les risques.

Chevron refuse d’écouter les agriculteurs et les autorités locales refusent de résoudre le conflit en cours. La pression du gouvernement sur les collectivités locales et l’ensemble des institutions publiques fait que les gens sont gardés sous surveillance, leurs téléphones sont sur écoute, ils sont soumis à des contrôles fiscaux et sanitaires, et sont menacés de sanctions.

Chevron intimide et soudoie les individus et les familles, empêchant toute possibilité de contrôle démocratique, ne signant que des contrats secrets, même avec les autorités locales, l’utilisation de la route n’étant qu’un exemple.

Les pratiques de Chevron en Pologne sont très fortement soutenues par le gouvernement polonais et il n’y a presque aucun média grand public qui oserait dire la vérité sur les risques de la fracturation hydraulique. C’est pourquoi l’opinion publique est plutôt en faveur de l’exploitation des gaz de schiste.

L’opinion publique polonaise doit être informée et nous avons besoin de renforcer la pression publique sur le gouvernement, sur Chevron et d’autres compagnies de gaz, d’autorités locales et d’aider les collectivités locales à défendre leur mode de vie et prendre en main leur avenir.

Notre-Dame des Landes : le gouvernement prêt à prendre le temps Marc Le Duc (Ouest France) Reporterre 2013/07/03 Marc Le Duc (Ouest France) (3 juillet 2013) Notre-Dame des Landes : le gouvernement prêt à prendre le temps. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre-Dame des Landes : le gouvernement prêt à prendre le temps

Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, vient de transmettre aux parlementaires écologistes Ronan Dantec et François de Rugy une copie du courrier qu’il a envoyé au préfet de région Pays de la Loire, Christian de Lavernée. Ce courrier cadre la façon dont doivent se poursuivent les études complémentaires du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Le ministre rappelle l’engagement du gouvernement à « respecter et mettre en œuvre » les préconisations des trois commissions qu’il a mandatées.

Il en cite deux.

Un débat contradictoire

- Approfondir l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements, dans la perspective où le site actuel serait maintenu, avec des perspectives de 5, 7 et 9 millions de passagers. Le travail doit aussi porter sur les plans d’exposition au bruit correspondant.

« Cette évaluation devra être soumise au débat contradictoire », précise le ministre. Il demande de constituer un nouveau groupe de travail associant « étroitement » les acteurs locaux, « dans un souci de pluralisme pour en garantir le sérieux ». À chaque étape, ajoute Frédéric Cuvillier, « le caractère ouvert du débat devra être garanti par l’accès de tous aux données d’études certifiables ».

Pas de travaux sans levée des réserves

- Les mesures de compensation environnementale. Là encore, le ministre est très précis. Une part des préconisations des commissions concerne la faisabilité des mesures de compensation environnementale et nécessite la réalisation de vérifications supplémentaires. « Les travaux ne pourront s’engager tant que cette faisabilité n’aura pas été démontrée. Le gouvernement sera attentif à ce que ces réserves soient levées et sollicitera une expertise scientifique et technique sur les réponses apportées ».

Rappelons que les experts scientifiques avaient rendu un rapport extrêmement sévère vis-à-vis de la méthode proposée par le groupe Vinci, et son application à Notre-Dame-des-Landes. Le collège d’experts avait dressé une liste de douze réserves à lever avant que le projet, situé en quasi-totalité dans des zones humides, puisse être poursuivi.

Réactions

Le commentaire de Ronan Dantec, sénateur Europe Ecologie les Verts

« C’est avec intérêt que je prends connaissance des éclaircissements apportés par le Ministre des transports, après une interview du Préfet de Loire-Atlantique qui nous apparaissait contradictoire avec les principes énoncés lors de la mise en place de la commission du dialogue, principes réaffirmés par François Hollande dans une interview au quotidien Ouest-France. »

« Les divergences politiques des uns et des autres sur l’opportunité de ce projet sont connues, les commissions mises en place n’avaient pas vocation à y répondre. Mais la grande tension autour de ce projet s’est aussi nourrie d’absence d’échange et de confrontation autour de données partagées. À cet égard, en précisant l’application des conclusions des commissions, la réponse apportée par l’Etat à notre interpellation va clairement dans le bon sens. »

La réaction de François de Beaulieu, secrétaire général de Bretagne Vivante

« L’État serait donc prêt à respecter la légalité et à mettre en œuvre les conclusions des commissions qu’il a lui-même mises en place ? C’est une bonne nouvelle pour ceux qui luttent contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des landes. C’est aussi une bonne nouvelle pour ceux qui s’inquiétaient de la mise en application de l’instruction du 2 avril 2013 où le Premier ministre enjoignait aux préfets d’avoir une « interprétation facilitatrice » des textes « pour simplifier et accélérer la mise en œuvre des projets publics ou privés ».

Comme l’ont montré le rapport des experts scientifiques et les travaux du collectif des Naturalistes en lutte, la question des mesures compensatoires est centrale. Bretagne Vivante est convaincue qu’au regard de la législation actuelle, les richesses naturelles des zones humides de Notre-Dame-des-Landes sont incompensables. Il est possible que son avis soit partagé au plus haut niveau dans la mesure où le Ministère des Transports propose aussi d’approfondir « l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements, dans la perspective où le site actuel serait maintenu. »

La réaction d’Alain Mustière, président de l’assocation Des Ailes pour l’Ouest

Celui-ci estime que les déclarations du ministre « n’ont rien de nouveau » puisque ces préconisations avaient été annoncées et lancées le 17 avril, lors de la mise en place du comité de suivi. « Nous avons nous-même demandé la prise en compte des améliorations, pour celles réalisables (…) et l’Etat nous a confirmé y travailler. Nous attendons sereinement ces résultats, mais nous demandons aussi à l’Etat de tenir les engagements qu’il a pris sur ce transfert ».

Alimentons-nous Reporterre 2013/07/03 (3 juillet 2013) Alimentons-nous. Reporterre. fr

Alimentons-nous

Alimentons-Nous !

2e rencontres nationale du 3 au 7 Juillet 2013

Les Petits Débrouillards Poitou Charentes et le réseau JiNOV s’associent pour proposer une deuxième rencontre au service de la réappropriation professionnelle et citoyenne de notre alimentation. Une rencontre placée sous le signe de l’autogestion et de la convivialité.

Manger est un acte citoyen qui impacte directement notre territoire, notre économie, notre entourage … Loin de vouloir cloisonner notre engagement dans l’alimentation à des actes individuels de consommateurs, nous souhaitons nous rassembler pour (re)faire société.

Amap, ateliers cuisine, potagers collectifs, épiceries indépendantes... Toutes ces initiatives portent une voie nouvelle, prennent acte de notre responsabilité vis à vis de notre société

Les rencontres « Alimentons-nous » ont pour objectif d’offrir un espace de discussion autour des questions alimentaires et agricoles à de jeunes professionnels et citoyens afin de :

- se former et échanger sur l’alimentation pour penser maintenant un développement économique qui ouvre des perspectives professionnelles,

- esquisser ensemble les contours d’une politique alimentaire durable accessible à tous, partout,

- se fédérer et partager des réflexions au service des projets des participants.

La rencontre aura lieu du 3 au 7 juillet 2013 sur l’eco-camping de la Frênaie à la Gréve sur le Mignon (17)

Quelques précisions : - frais de déplacement et d’hébergement pris en charge pour les moins de 31 ans. - date limite d’inscription le 1 juillet 2013 - rencontre organisée dans le cadre du programme européen « Jeunesse en action »

Pour en savoir plus : Le site de la rencontre

Pas grand monde pour regretter Delphine Batho Sophie Caillat (Rue89) Reporterre 2013/07/03 Sophie Caillat (Rue89) (3 juillet 2013) Pas grand monde pour regretter Delphine Batho. Reporterre. Tribune — fr

Pas grand monde pour regretter Delphine Batho

Triste coup d’éclat : l’ex-ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, limogée le 2 juillet, n’est regrettée ni par le PS, ni par les écologistes, ni par ses proches. Mais, comme par hasard, c’est encore une femme qu’on vire sans ménagement.

« Elle s’est crue en bureau national du PS ou quoi ? » Ceux qui connaissent bien Delphine Batho et sa prudence politique, n’en reviennent pas. Si elle figurait en tête de liste des virables à l’occasion d’un prochain remaniement, la ministre de l’Environnement a précipité son départ.

En déclarant sur RTL que le budget était « mauvais », elle n’a pas respecté la discipline gouvernementale, et pour un ministre sans courant, sans troupes ni liens particuliers avec le président, cela revient à un suicide politique.

« On vire les femmes, c’est plus facile »

Pire : appelée par François Hollande pour retirer ses propos, Delphine Batho a refusé et a donc été convoquée à Matignon en vue de son limogeage. Pour l’exemple.

Les deux ministres écolos du gouvernement en ont profité pour faire semblant de jouer-brièvement- à, « on se demande si on va rester au gouvernement dans ces conditions », mais n’ont pas versé une larme. « On vire les femmes, c’est plus facile » a commenté le sénateur EELV Jean-Vincent Placé.

Delphine Batho va donner les clefs du ministère dés ce mercredi matin à son successeur, Philippe Martin, député du Gers.

Il y avait pourtant moyen d’expliquer que son budget, certes pas bon, n’était pas si mauvais. Et surtout, d’essayer encore, et en coulisses, de l’améliorer.

« Elle aurait pu faire de la pédagogie »

Amputer son ministère de 7% de ses crédits, voilà « un affichage qui n’est pas bon », a insisté Delphine Batho. Mais ce n’était pas plus qu’un « affichage », selon un connaisseur du dossier :

« Une part de financement provenant du budget de l’Etat a été remplacée par des impôts (la nouvelle écotaxe poids-lourds et l’augmentation de la redevance domaniale des concessionnaires d’autoroutes) et au final cela compensera aux trois-quarts, en tout cas elle aurait pu faire de la pédagogie. »

Enfin, Delphine Batho n’avait pas encore perdu les arbitrages sur la fiscalité écologique, et aurait pu sauver la mise. Au lieu de cela, elle a choisi le clash.

Mardi, peu de voix se sont élevées pour la soutenir. Elle aurait eu raison de se battre, même si les termes n’étaient pas choisis, a estimé le porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée, Thierry Mandon, dans Le Monde :

« Le groupe socialiste ne soutient pas tous les ministres quand il tiennent ce genre de propos pour critiquer leur budget, il soutient la ministre de l’Ecologie qui se bat pour avoir les moyens de réussir la transition énergétique ».

« Solitaire, difficile », elle a épuisé ses collaborateurs

« Delphine n’est pas dans la séduction. C’est une main de fer, elle n’aime pas les compromis, c’est contraire à ses principes » : la description provient du député socialiste de l’Essonne Malek Boutih, « l’un de ses plus proches amis ». Imaginez ce qu’en disent ceux qui ne sont pas « ses plus proches amis ». L’ancienne ministre de l’Environnement, qui a épuisé trois conseillers en communication et un directeur de cabinet en un an, n’a pas laissé de bons souvenirs à ceux qui l’ont côtoyée :

un ex-collaborateur : « Elle est solitaire, a un caractère difficile, quoique courageuse et bosseuse. »

un élu : « Le retour à l’Assemblée va être compliqué vu l’autoritarisme dont elle a fait preuve lors des auditions. Elle qui n’avait été élue qu’il y a cinq ans, en héritant de la circonscription de Ségolène Royal, était déjà ministre à 40 ans alors qu’elle ne connaissait rien à l’écologie. »

Face aux ONG, elle a souvent été « totalement à côté de la plaque » comme le racontait Mediapart dans un portrait au vitriol décrivant une « ministre en panne sèche ». Exemple lorsqu’elle ouvre la conférence internationale sur la gouvernance de la haute mer : elle parle acidification des océans alors que l’enjeu de la rencontre porte sur la souveraineté internationale et le droit, et cite « Homme libre, toujours tu chériras la mer » de Charles Baudelaire, provoquant la sidération générale. N’est pas Christine Taubira qui veut.

Ségolène Royal que désormais elle éviterait de croiser, après avoir été sa créature (Batho lui a succédé comme député des Deux-Sèvres) a jugé à son propos, « c’est dramatique de ne pas croire à la mutation écologique », s’agaçant que son ministère n’ait pas acheté de voiture électrique. Batho l’a accusée de jouer « perso ».

" L’écologie se portera mieux avec Philippe Martin »

Que laissera Delphine Batho de son passage au ministère de l’Ecologie ? Si elle a tenu tête aux pétroliers sur les gaz de schiste, elle n’a qu’entrouvert le débat sur la taxation du diesel, elle à moitié sauvé les énergies renouvelables, et pas vraiment fait avancer le dossier de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

« L’écologie se portera mieux avec Philippe Martin “, disent nombre de défenseurs de la cause. Delphine Batho avait atterri à ce poste par hasard, parce qu’il fallait trouver un remplaçant à Nicole Bricq, virée par les lobbies, et qu’elle avait dû quitter la Justice pour cause d’incompatibilité avec Christiane Taubira.

Pressenti de longue date, le député du Gers, au contraire, a un long parcours sur ces dossiers : connu pour son combat contre les OGM, ce fabiusien est membre du courant ‘gauche durable’ au PS, et a négocié l’accord électoral avec EELV. Ancien préfet, il avait coprésidé une mission d’évaluation des gaz de schiste qui avait débouché sur la loi Jacob interdisant la fracturation hydraulique.

Philippe Martin aura bien du mal à sauver le débat national sur la transition énergétique, qui se termine sans avoir pu rapprocher les points de vue, et dont tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il n’en sortira rien.

Batho accuse « les forces économiques » et l’entreprise Vallourec lefigaro.fr Reporterre 2013/07/04 lefigaro.fr (4 juillet 2013) Batho accuse « les forces économiques » et l’entreprise Vallourec. Reporterre. fr

Batho accuse « les forces économiques » et l’entreprise Vallourec

« Certaines puissances économiques n’acceptaient pas le niveau d’ambition que je fixais pour la transition énergétique (...) Ces forces ne se sont pas cachées de vouloir ma tête, mais si le gouvernement avait été solidaire, elles n’y seraient pas parvenues », a-t-elle assuré. L’ex-ministre s’en est prise spécifiquement à l’entreprise Vallourec, dirigée par Philippe Crouzet, époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet du président François Hollande. « Est-il normal que le patron de l’entreprise Vallourec directement intéressé par l’exploitation des gaz de schiste ait pu annoncer ma marginalisation des semaines à l’avance devant des responsables de son entreprise aux USA ? De quelles informations disposait-il pour le savoir ? Comment se fait-il que des conseillers de Matignon et de l’Élysée disent du mal de moi dans la presse ? »

« Je n’ai jamais été prise en défaut de loyauté envers mon camp. Je n’ai jamais commis la moindre bourde, le moindre couac », assure Delphine Batho. « Je me suis conformée à la charte de déontologie, qui prévoit la collégialité », ajoute-t-elle. Elle reproche en revanche au premier ministre de ne pas avoir respecté ce principe en réalisant des arbitrages sur le budget de son ministère « sans discussion directe ».

« Ce que je n’accepte pas, c’est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l’extrême droite », a assuré l’ancienne ministre, qui faisait partie de la gauche du PS dans les années 1990 avant de rejoindre le camp de Ségolène Royal. « Ce dont il est question, ce n’est pas d’un poste ministériel, c’est du droit de ma génération à avoir des espoirs et à agir. Le temps est venu de reprendre la main du changement, j’appelle la gauche à un sursaut en faveur de l’écologie de l’espoir et des générations futures », a-t-elle ajouté. « Ce que je n’accepte pas, c’est l’abandon le fatalisme le renoncement à l’espoir du 6 mai. »

Delphine Batho a également dénoncé une « réaction disproportionnée » de la part de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande, qui ont décidé de son limogeage. « J’imaginais provoquer une discussion », en dénonçant, mardi matin, sur RTL, un « mauvais budget ». Lors de son départ du gouvernement, « Jérôme Cahuzac a été remercié au nom de la République, ça n’est pas le cas dans le communiqué qui m’a limogée », a-t-elle noté.

« Je reviendrai à l’Assemblée et je continuerai mon combat dans la majorité », a-t-elle annoncé. Delphine Batho va donc retrouver son siège de députée PS des Deux-Sèvres dans l’Hémicycle. Souhaitant poursuivre le combat en faveur de l’écologie, elle a aussi annoncé son intention d’« aider » la fondation de Nicolas Hulot.

Wattwiller coupe l’éclairage nocturne - et s’en porte très bien Commune de Wattwiller Reporterre 2013/07/04 Commune de Wattwiller (4 juillet 2013) Wattwiller coupe l’éclairage nocturne - et s’en porte très bien. Reporterre. fr

Wattwiller coupe l’éclairage nocturne - et s’en porte très bien

Couper l’éclairage public une partie de la nuit : des bonnes économies d’énergie et la peur du noir surmontée

La démarche de la commune de Wattwiller (Haut-Rhin) : coupure de l’éclairage public de minuit à 6 h le matin, garantie de clarté en toute saison dès 6 h, modulation du dispositif en cas de besoin (fête de la musique, représentation théâtrales etc.).

Résultats : - 100 000 Kwh/an de consommation électrique économisée, - soit 8 500 €/an réinvestis chaque année dans des dispositifs nouveaux permettant d’économiser à nouveau l’énergie (cercle vertueux), - la population qui s’est progressivement appropriée la démarche : des réticences ou de l’incompréhension au départ, mais à l’expérience les personnes voient leurs perceptions évoluer. La "peur du noir" fait place à l’appréciation d’une meilleure tranquilité le soir.

Les motivations de départ

Article du bulletin municipal qui expose la démarche engagée par la municipalité (travail de réflexion, de documentation... et de débat pendant 1 an) :

1) économiser l’énergie (dans le cas présent, nucléaire c’est-à-dire fossile), et 2) réaliser en conséquence des économies financières. Réguler l’éclairage public : un défi à relever ! La question de l’éclairage public est un des nombreux dossiers pris à bras le corps par la municipalité.

Ainsi une expérimentation - il n’y a jamais eu de décision, définitive - a été menée consistant à couper l’éclairage public aux heures où il se révèle globalement inutile, c’est à dire au cœur de la nuit. De la fin du mois de juin jusqu’à la Toussaint, l’alimentation des lampadaires a été coupée à partir de 24 h, puis rétablie à 6 h du matin dès la rentrée scolaire pour des raisons évidentes d’accès aux écoles dans de bonnes conditions de sécurité.

Cette phase d’expérimentation a été close la semaine suivant le jeudi de la Toussaint, afin de faire un bilan précis de la situation et en tirer les enseignements nécessaires avant la décision finale du conseil municipal.

Avant de traiter le sujet en profondeur, il est bon de savoir que l’expérimentation a été perturbée par des événements survenus « hors protocole » : coupures inopinées – cela était déjà arrivé avant le lancement de l’expérimentation ! – sur l’ensemble du village ou par quartier pendant les horaires de fonctionnement normal, et débranchement d’un lampadaire sur deux dans la rue des Vosges.

Par ailleurs l’extinction des lampadaires a été retardée à 1 h du matin durant la période des représentations publiques, comme convenu avec le président de WAT (Wattwiller Association Théâtrale), mais limitée aux secteurs proches de complexe culturel et sportif Krafft.

Un contexte particulier

Il convient tout d’abord de situer l’expérimentation dans son contexte réglementaire. La commune n’a aucune obligation légale de mettre en place un dispositif d’éclairage public, mais le cas échéant, c’est elle qui détient cette compétence. Celle-ci a cependant été transférée en 1997 par les quatre communes à la Communauté des communes de Cernay et environs. Il en résulte que c’est cette dernière qui depuis cette date assure l’entretien des installations, et surtout qui décide des investissements.

Autrement dit ,aucune commune n’a la capacité juridique de définir le niveau et la nature des investissements réalisés et par conséquent de maîtriser la modernisation nécessaire des équipements, notamment ceux qui permettraient de réduire ou de réguler la puissance de l’éclairage… et il en sera de même pour la future communauté de communes de Thann-Cernay issue de la fusion.

Par contre, la commune paie l’électricité consommée par l’éclairage public, qui lui est refacturée par la CCCE depuis 2009, soit 20 000 euros par an. Il convient également de situer l’expérimentation dans son contexte plus global.

Il s’agit pour la municipalité de répondre à l’impératif enfin reconnu unanimement - au moins en paroles… - de réduire drastiquement le gaspillage de l’énergie. Rappelons que la première énergie renouvelable est celle qui n’est pas utilisée !

En termes d’éclairage public, la consommation électrique a augmenté dans notre pays de 30 % en dix ans, et elle s’y élève à 92 kWh/habitant/an contre 43 en Allemagne : une tendance qu’il faut inverser, et un retard par rapport à nos voisins qui montre que les marges de progrès sont considérables…

On peut à juste titre dénoncer les gaspillages le plus criants, notamment dans les grandes zones d’activités économiques éclairées comme en plein jour, mais cela ne doit pas nous empêcher d’agir, chacun à son niveau, y compris communal. C’est dans cet esprit que plus d’une centaine de communes de France ont mis en œuvre le principe de la coupure de l’éclairage public une partie de la nuit, en général 24H jusqu’à 6H le matin. La municipalité étudie les modalités pour s’inscrire dans ce mouvement qui va dans le sens de l’histoire.

Un gain écologique mais aussi financier

En extrapolant sur une année les résultats observés, on peut estimer l’économie énergétique réalisée par une coupure de l’éclairage public dès 24h à partir du printemps et entre 24H et 6h du matin à partir de la rentrée scolaire, à plus de 100 000 kWh/an soit au minimum 8500€/an : la préservation de la planète et celle du portefeuille vont de paire !

Par ailleurs, au retour d’expérience, la coupure de l’éclairage au cœur de la nuit entraine la réduction de la pollution lumineuse et a permis de réduire significativement les nuisances sonores en limitant les rassemblements nocturnes dans certains quartiers.

Les scientifiques nous rappellent par ailleurs que la coupure de l’éclairage réduit l’impact négatif sur les écosystèmes. Elle doit permettre enfin de réduire les coûts de maintenance pour la future communauté de commune Thann-Cernay, ce qui relève de la solidarité sur le territoire.

Il convient évidemment de ne pas opposer la coupure nocturne après 24h à la réduction de la consommation grâce à du matériel moderne, car les deux démarches se complètent en théorie et permettent d’optimiser les économies. Simplement la première est applicable dès aujourd’hui tandis que la seconde dépend des aléas des choix de la future intercommunalité.

Or celle-ci risque de donner la priorité, à juste titre, aux investissements de base dans certaines communes de l’ancienne Communauté de Communes du pays de Thann aujourd’hui insuffisamment équipées, plutôt qu’à l’équipement high-tech de réduction de la consommation dans communes déjà sur-éclairées la nuit.

Il faut par ailleurs se garder des fausses « bonnes idées », telles que la coupure d’un lampadaire sur deux. En effet, à l’expérience, soit il faut un éclairage public de qualité c’est-à-dire ne laissant pas de trou noir afin de répondre au besoin non-négociable de circuler en toute sécurité, plus particulièrement pour les piétons notamment enfants et les aînés, soit cet éclairage est inutile et on peut le couper totalement sur des plages horaires adaptées, évidemment non figées.

Des habitudes et perceptions qui peuvent évoluer

La coupure du courant peut légitimement susciter des craintes. La « peur du noir » est parfaitement compréhensible, même lorsque l’on ne sort pas de chez soi ou que l’on circule en voiture : le milieu est profondément modifié, l’ambiance change, les repères habituels disparaissent.

Pour autant, à l’expérience des communes engagées dans cette démarche, ces inquiétudes et perceptions s’estompent assez rapidement. Il en est de même pour ce qui concerne la sécurité des biens et des personnes. Mais les retours de la gendarmerie sont formels : les cambriolages s’effectuent le jour, lorsque les personnes ont quitté leur logement.

En effet, après avoir soigneusement repéré les habitudes diurnes des occupants, les malfrats préfèrent opérer le jour en toute sérénité, sans devoir gérer une présence humaine, ce qui n’est pas le cas la nuit.

La coupure du courant peut évidemment poser des problèmes de circulation pour les habitants dans la nuit noire. C’est la raison pour laquelle l’extinction des lampadaires ne doit être programmée qu’à partir de 24H, la municipalité étant partie du constat qu’après cette heure plus personne ne circule, sauf exception : il n’y a pas de cinéma ni restaurant ni bar ouverts à cette heure dans le village, les activités associatives sont en général terminées, et la quasi-totalité des habitants rentrés chez eux.

Les personnes qui se déplacent très occasionnellement tard dans la nuit à pied dans le village peuvent dans cette hypothèse se munir pour une fois d’une lampe de poche et celles qui rentrent tard après une sortie en ville utilisent leur voiture et n’ont pas besoin de l’éclairage public pour circuler à vitesse raisonnable.

Il en va de même pour le confort d’accès au logement pour ouvrir la porte d’entrée : un éclairage ponctuel par détecteur ou la lampe de poche sont une solution plus adaptée que l’illumination de tout le village à toute heure de la nuit.

Au final, la limitation nécessaire du gaspillage énergétique à tous les niveaux nous invite à modifier nos anciennes habitudes et perceptions : l’expérience montre que c’est possible. Cela ne vaut-il pas la peine ?

Obstacles rencontrés

Obstacle psychologique interne à l’équipe : allions-nous oser et (une nouvelle fois) être "les premiers" (en Alsace) à faire le pas ? Obstacle psychologique au niveau de la population : les faits les plus rationnels (les cambriolages s’effectuent le jour et non la nuit), globalement il n’y a plus personne dans les rues du village à partir de11h30 etc., ne pèsent pas face à la "peur du noir". Seule l’expérience concrète vécue par les personnes permet de faire évoluer les perceptions.

Ressources mobilisées

Les observations de la gendarmerie, les bilans d’expérience menées par d’autres communes en France, le débat totalement ouvert au sein de l’équipe municipale.

Maternité des Lilas : un système écologique de santé publique est possible Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/07/04 Barnabé Binctin (Reporterre) (4 juillet 2013) Maternité des Lilas : un système écologique de santé publique est possible. Reporterre. fr

Maternité des Lilas : un système écologique de santé publique est possible

Fin juin, le ministère de la Santé a vu s’installer sous ses fenêtres un campement de manifestants opposés à la fermeture de la maternité des Lilas. Après trois jours de mobilisation, le collectif a obtenu un moratoire de trois mois. L’affaire permet de réfléchir, avec Elise Aubry, sur la rationalisation du système de santé qui le rend inhumain et sur ce que pourrait être une politique de santé écologique.

Quelques tentes Quechua, des pancartes aux slogans évocateurs et une solidarité inter-générationnelle se relayant jour et nuit pour faire bloc devant le ministère de la Santé, avenue Duquesne. Du lundi 24 au mercredi 26 juin au soir, une quarantaine de manifestants motivés ont campé sous les fenêtres de la ministre Marisol Touraine, afin de l’interpeller au sujet de la situation de la Maternité des Lilas.

Cet établissement privé à but non lucratif, situé en Seine-Saint-Denis aux portes de Paris, est une institution reconnue dans le service public hospitalier. Créée en 1965, elle incarne depuis ses débuts une vision de l’obstétrique basée sur un refus de la médicalisation croissante de la maternité, lui préférant une approche physiologique et humaniste, à l’écoute des femmes et de leurs envies pour accompagner la naissance d’un enfant. A la fin des années 1960, l’établissement a occupé un rôle important dans la bataille pour le droit à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) : participation au MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), manifeste des « 343 salopes », etc. Aujourd’hui encore, la maternité des Lilas possède cette double-compétence : elle est à la fois un service de maternité, avec 1 700 naissances par an, et un office de planning familial, qui pratique près de 1 300 IVG par an.

Depuis quatre ans, la maternité se bat pour trouver les financements permettant sa reconstruction. Les bâtiments, vétustes, ne sont plus aux normes et ne permettent pas de garantir le développement de l’activité, avec une augmentation prévue de 800 naissances par an. Lors de la campagne présidentielle, François Hollande s’s’était engagé à permettre la reconstruction de l’établissement. Mais le dossier a connu un nouvel aléa, au début du mois de juin, comme l’explique le communiqué du collectif des usagers : « La reconstruction de la Maternité des Lilas, a été suspendue une première fois en 2011 par Claude Evin, directeur général de l’ARS-IDF [Agence régionale de santé d’Ile-de-France, ndlr]. Après une mobilisation exemplaire des Collectifs de défense, l’ARS s’était fermement engagée, dans un courrier en date du 26 janvier 2012 pour la reconstruction de la Maternité des Lilas aux Lilas. Par courrier du 3 juin 2013, Claude Evin met à nouveau brutalement fin à ce projet et propose une solution alternative : intégrer des locaux désaffectés de l’hôpital de Montreuil ».

L’affaire prend dès lors une valeur symbolique et révèle plusieurs problématiques. Celle, d’abord, d’une lente disparition des services de maternité : alors que la France comptait 1 370 maternités en 1975, elle n’en compte plus aujourd’hui que 535. Un chiffre d’autant plus impressionnant que la France compte toujours le meilleur taux de natalité d’Europe. Cette tendance s’explique, notamment, par la volonté de « rationaliser économiquement » les investissements de santé publique. C’est en suivant cette logique que l’ARS propose ainsi de cumuler les naissances réalisés aux Lilas avec celles de l’hôpital de Montreuil.

A travers cette mobilisation, il y a donc la volonté de protester contre une standardisation de la santé, qui met en danger certaines pratiques médicales. Le mercredi 26 juin, dans l’après-midi, un rendez-vous off est finalement obtenu avec le cabinet de la ministre et l’ARS. Un délai sous forme de moratoire de trois mois est proposé aux collectifs mobilisés, afin d’étudier la question de la migration de la maternité des Lilas dans les locaux de l’ancienne maternité de l’hôpital de Montreuil. Les manifestants ont donc jusqu’à mi-septembre pour prouver aux politiques que l’activité des Lilas ne peut être exercée de la même manière à Montreuil…

Elise Aubry

Elise Aubry, activiste au sein de Jeudi Noir et Sauvons les Riches, a cofondé en octobre 2012 le collectif Crèchequisepasse, qui milite pour un service public de la petite enfance. Enceinte pendant la dernière campagne présidentielle, pour laquelle elle s’engage aux côtés d’Eva Joly sur ces thématiques, elle accouche il y a un peu plus d’un an à la maternité des Bluets, autre lieu symbolique de ces luttes sociales. Depuis, elle s’est engagée dans le combat pour la défense de la maternité des Lilas, aux côtés du collectif des usagers. Elle revient pour Reporterre sur le projet médical de cette maternité et sur les enjeux de sa préservation.

Reporterre - Quel est le sens de votre combat ?

Elise Aubry - Pour moi, c’est le combat d’une société et d’une génération face à une maladie de plus en plus grave : la politique du chiffre et de la rentabilité. Aux Lilas, le personnel et ses usagers défendent non seulement un service de santé de qualité et de proximité, des emplois, mais aussi et surtout, une méthode, une manière. Les Lilas permettent aux femmes de disposer librement de leur corps, que ce soit sur les questions IVG ou/et de maternité. Dans le processus, on prend en compte l’humain d’abord : discussion, choix de l’accouchement, place du papa, allaitement, questions sociales et psy, méthode IVG... Les Lilas comme Les Bluets, à Paris, sont aussi des symboles de la lutte pour le droit des femmes. Et puis, à travers cette mobilisation, c’est aussi le concept de « naissance citoyenne » que ces femmes et ces hommes portent. La maternité des Lilas est un établissement de santé au service de la population. Ces structures deviennent de plus en plus rares. En quarante ans, la France a fermé plus de 60% de ses maternités...

En quoi est-ce un enjeu significatif ?

Aujourd’hui, on privilégie des grandes structures concentrées plutôt que des services de proximité, à dimension plus humaine, plus ancrée dans le réel. Avec cette mobilisation, il y a l’idée de « Solution locale pour un désordre global ». Il s’agit non seulement de sauver la maternité des Lilas, mais il faut également se mobiliser pour faire revoir la copie du plan Hôpital 2007, porté par Roselyne Bachelot dans le cadre de la réforme hospitalière. Cette loi Bachelot tue à petit feu une partie de ses établissements et de ses personnels soignants, en particulier avec la généralisation de la tarification à l’activité (T2A°). C’est une démarche productiviste classique : augmentation de la « production » de services de soin, réduction des coûts, des personnels et des durées de séjours, etc.

Tout cela aboutit à cette logique où la rentabilité prime avant l’humain, le chiffre avant la personne, le bénéfice avant la qualité des soins. En 2013, un hôpital est plus rentable à réaliser des césariennes, qu’en permettant l’accouchement naturel et sans douleur… donc on encourage ces modes opératoires sans vraiment demander l’avis des patientes. Il y a des objectifs chiffrés. Mais la santé ne peut pas être une marchandise, la liberté non plus d’ailleurs. Je pose la question : quel est l’objectif d’une maternité ? Faire naître pour améliorer les comptes de l’Etat, ou faire naître pour vivre ?

Que proposez-vous ?

Je ne suis pas professionnelle du secteur. Je connais bien l’hôpital comme usagère, par ma mère infirmière, et par ce que j’observe en tant que citoyenne engagée, dans les combats. Je crois qu’il y a différents leviers : Il faut un moratoire sur la réforme hospitalière et sa tarification. Et plus globalement, il faut revoir le système de financement des politiques publiques de santé, sinon rien ne changera. On peut se battre pour les Lilas, mais si le système ne change pas, dans quelques années, les conséquences seront les mêmes.

Il faut aller plus loin. Il y a un réel travail à réaliser face aux lobbies des grands groupes pharmaceutiques qui ont la main mise sur l’état de santé du monde. Il faut aussi orienter beaucoup plus l’investissement du budget santé vers la prévention. En réalité, la santé mérite aujourd’hui de vrais états généraux, avec toutes les parties prenantes, citoyen-nes compris.

On ne peut pas laisser la privatisation, l’argent et la rentabilité s’approprier la santé humaine. Ce combat est le symbole d’une société qui lutte jusque dans les services de santé contre une oligarchie productiviste et pour le bien commun.

Pourquoi s’agit-il d’une mobilisation importante pour l’écologie politique ?

Quand j’entends écologie politique, ce qui me fait écho, c’est l’idée de lien. Le lien entre les différents enjeux : politiques, économiques, sociétaux, sanitaires et le lien entre les différentes personnes : usager-es, professionnel-les de santé, citoyens et citoyennes, averti(e)s ou non... Le lien de l’humain à sa société, à son projet, à son environnement. L’écologie, c’est la liberté de choisir sa vie.

Tout est lié, et aujourd’hui, il faut faire converger les luttes. La semaine dernière, les usagers, le personnel et les riverains ont fait front ensemble. Ils poursuivent. L’intelligence collective peut permettre de construire un autre projet de société, c’est pourquoi il faut permettre au plus grand nombre d’avoir les cartes en main, pour comprendre et donc pour agir, se mobiliser, changer la donne. L’éducation populaire, voire l’écologie populaire en est une des clés.

Hollande a annoncé un milliard d’euros destiné à la santé, mais où iront-ils ? Une réflexion sur la T2A devait arriver avant l’été. A nous d’être vigilants, car en médecine, chirurgie, obstétrique, etc., les pansements ne suffisent plus.

Propos recueillis par Barnabé Binctin

Semences libres Reporterre 2013/07/04 (4 juillet 2013) Semences libres. Reporterre. fr

Semences libres

Le Mouvement Femmes Semencières a la joie de recevoir Gora N’Diaye du Sénégal pour un témoignage sur son parcours de vie au service de la Terre. Venez le rencontrer le jeudi 4 juillet à 18 heures à la Mairie du 7e

Pas d’agro-écologie sans Semences Libres...

Le Mouvement Femmes Semencières à la joie de recevoir Gora N’Diaye du Sénégal pour un témoignage sur son parcours de Vie au service de la Terre.

Venez le rencontrer le jeudi 4 juillet à 18 heures à la Mairie du 7e, 116 rue de Grenelle M° Solferino.

Entrée libre

En ce qui concerne les libertés, Obama = Bush John R. MacArthur Reporterre 2013/07/04 John R. MacArthur (4 juillet 2013) En ce qui concerne les libertés, Obama = Bush. Reporterre. Tribune — fr

En ce qui concerne les libertés, Obama = Bush

Amis de gauche, arrêtez de vous leurrer : en matière d’atteinte aux libertés publiques, Obama ne vaut pas mieux que Bush.

Apprenant que le gouvernement américain espionnait systématiquement les communications électroniques de presque tout le monde, je me suis demandé comment, dans mon milieu liberal, on pouvait être tellement étonné par cette « nouvelle ».

Évidemment, je partage le dégoût de mes camarades de gauche (et de certains de droite) sur la conduite bushienne de Barack Obama et de son cabinet. Cependant, il y a longtemps que le faux-semblant de la « vie privée », censément sacrée aux États-Unis, a été démoli par la réalité politique de l’après 11-Septembre.

La promulgation du Patriot Act de 2001 et le lancement secret par George W. Bush d’un vaste programme illégal d’écoutes de conversations téléphoniques et de lectures et de courriels sans mandat (révélé fin 2005) avaient déjà altéré l’image d’une Amérique censée être le dernier rempart contre le Big Brother orwellien. Bien sûr, tout cela est justifié par la sacro-sainte lutte contre le terrorisme dont l’esprit bipartisan reste la règle du jeu à Washington.

Il nous reste, malgré tout, le quatrième amendement de la Constitution, qui, en principe, devrait toujours nous abriter contre « les fouilles et les saisies déraisonnables » et garantir que les mandats de perquisition sont basés sur l’acte « probable » d’un crime. Mais ce beau document - son texte et son sens étant ignorés par la grande majorité de mes concitoyens - est quotidiennement piétiné par la justice américaine.

Il en est de même du cinquième amendement et de sa garantie de « procès en bonne et due forme », comme le montrent les détentions permanentes à Guantánamo et les assassinats sans mandat ni procédure juridique par drone de prétendus terroristes, certains de citoyenneté américaine.

Le « droit des citoyens d’être garantis dans leur personne, leur domicile, leurs papiers et leurs effets » contre les caprices des autorités policières devient de plus en plus vide.

Or, cette dégradation des droits civiques les plus fondamentaux ne se limite pas à la prétendue sécurité nationale. Actuellement, si vous êtes noir et jeune à New York en train de vous promener dans la rue, vous risquez fort d’être fouillé par un policier tout simplement parce que vous êtes… noir et jeune. Chacune des 532 911 interpellations suivies de fouilles sans mandat de 2012 a été faite, selon la police et notre cher maire Bloomberg, en quête légitime de criminels.

Mais parmi la population des quartiers modestes de Brooklyn et du Bronx, on sait bien qu’il s’agit d’intimidation raciste, car les Noirs pauvres sont moins puissants que les Blancs plus aisés et tout aussi bien armés.

Ce même Bloomberg a utilisé une pareille logique lors de la convention républicaine à New York en 2004 quand la police avait arrêté des centaines de manifestants avant même qu’ils puissent protester contre la présence de Bush et de son parti au Madison Square Garden. D’après le commissaire de police Raymond Kelly, ces arrestations préventives étaient nécessaires pour « protéger la société en général ».

Eh bien oui, on doit toujours protéger la société, surtout contre de dangereux dissidents comme Edward Snowden qui pourraient déranger le pouvoir. Mais faut-il continuer à ménager également les douces sensibilités des millions de gens bien qui ont cru si farouchement au mythe de la « rupture » entre Obama et Bush ?

Devant l’assaut implacable contre la Déclaration des droits par les deux présidents depuis septembre 2001 - assaut mené avec la complicité du Congrès et de la Cour suprême -, je suis impressionné par le courage de ceux qui risquent leur liberté pour défendre la Constitution.

Snowden et Bradley Manning, comme Daniel Ellsberg et Henry David Thoreau autrefois, sont d’authentiques héros américains. Jonathan Schell a dit vrai cette semaine dans The Nation : « Le pouvoir équilibré, contrôlé, est devenu le pouvoir fusionné - exactement ce que les Pères fondateurs craignaient au-delà de tout. »

Voilà que les trois branches du gouvernement - l’exécutif, le législatif et le judiciaire - s’arrangent pour subtiliser les droits du peuple souverain. Comment réagir ? Je suis d’accord avec Schell qu’il nous faut une contre-révolution, une véritable insurrection pour restaurer « les principes sur lesquels la République a été fondée ».

Mais d’abord et avant tout, il faut que les « libéraux » naïfs - et Schell en faisait partie - arrêtent de se leurrer au sujet des bonnes intentions de Barack Obama.

Philippe Martin est un défenseur de la chasse et de la tauromachie Marc Giraud Reporterre 2013/07/04 Marc Giraud (4 juillet 2013) Philippe Martin est un défenseur de la chasse et de la tauromachie. Reporterre. fr

Philippe Martin est un défenseur de la chasse et de la tauromachie

Près de Montpellier, des outardes canepetières sont abattues pour raison de sécurité vis-à-vis des avions, sans autre procédure, ni tentative de capture et déplacement (ce sont des oiseaux rares et protégés, élevés à grand frais en captivité pour repeupler nos régions).

Le plan loup (autre espèce protégée) commence son élimination de 24 animaux par une femelle ayant probablement cinq louveteaux, ce que l’administration tarde à avouer, malgré ses promesses de transparence.

Le préfet de Haute-Savoie entend flinguer TOUS les bouquetins du massif du Grand Bornand, soit 350 bêtes, sous prétexte de brucellose, qui pourrait se transmettre aux vaches fournisseuses de reblochon. Projet aussi stupide que disproportionné, car, s’il est exécuté, nos vaillants chasseurs n’auront jamais tous les bouquetins, ils vont les disperser et contaminer d’autres massifs.

Bref, depuis quelques années les antinature sentent qu’ils ont tous les droits, et ils ne se privent pas d’en profiter. Menaces des pêcheurs contre quelques phoques (un veau marin a même été tué à l’arme blanche par l’un d’eux), des éleveurs contre tout ce qui porte des canines, promettant d’abattre tous les ours, ayant déjà éliminé les lynx des Vosges dans l’indifférence de l’Etat. Passons sur les pièges tuants, la vènerie sous terre et autres pratiques aussi violentes qu’injustifiées.

Voici maintenant un ministre qui s’est clairement positionné en faveur de la chasse et de la tauromachie, mais pas sur la protection de la nature et des animaux. Il avait déjà demandé un prolongement de la période de chasse dans les Pyrénées, pour cause de « catastrophe naturelle aux activités cynégétiques », afin d’éviter des pullulations de sangliers et autres « nuisibles »… Mmmmm, encore du haut niveau scientifique. Les chasseurs ne s’y sont pas trompés, voici ce que l’on trouve sur la page Facebook de Plaisirs de la chasse :

« Un nouveau ministre plus proche de nous

Dans son département, dont il est président du conseil général, il ne néglige pas ses relations avec la Fédération des chasseurs. « Moins de chasseurs, c’est aussi le risque d’une perte d’influence du monde rural pour les décisions qui le concernent », déplorait-il l’an passé, lors de l’assemblée générale des chasseurs gersois.

Comparé à Delphine Batho qui n’avait aucune sensibilité particulière à la chasse, Philippe Martin serait « davantage à l’écoute », indique un de ses proches. »

Conclusion : de toute évidence, les protecteurs de la nature ont encore de « beaux jours » devant eux. Non pas pour faire des choses positives, œuvrer réellement pour une nature plus riche, mais juste pour contrer les destructions de notre faune, qui ont encore et toujours la bénédiction de l’Etat.

Médiapart condamné : non à la censure Attac France Reporterre 2013/07/05 Attac France (5 juillet 2013) Médiapart condamné : non à la censure. Reporterre. fr

Médiapart condamné : non à la censure

La justice a ordonné jeudi au Point et à Mediapart de retirer de leurs sites internet les enregistrements pirates réalisés chez Liliane Bettencourt par son majordome, estimant que leur diffusion entraînait une atteinte à la vie privée de la milliardaire.

Face au jugement sans précédent du tribunal de Versailles, Attac apporte tout son soutien à Médiapart et va publier sur son site web les retranscriptions des enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt.

Le Tribunal de Versailles a rendu en appel un jugement ubuesque obligeant Médiapart à retirer de son site, dans les huit jours sous astreinte de 10.000 euros par jour de retard et par infraction constatée, « de toute publication de tout ou partie de la retranscription des enregistrements illicites réalisés au domicile de Liliane Bettencourt. »

Un rapide calcul fait par Médiapart conclut que l’application de ce jugement signifierait une amende de 752 millions d’euros par mois, étant donné le nombre d’articles et de blogs d’abonnés reproduisant des extraits desdits enregistrements. Médiapart doit donc se taire ou disparaître.

Car s’il n’obtempérait pas à la censure, en six mois Médiapart pourrait battre le triste record de Jérôme Kerviel, condamné lui aussi par une justice complaisante envers les puissants à l’amende grotesque de 4,9 milliards d’euros.

Médiapart a pourtant pris soin, dans ses articles sur l’affaire Bettencourt, de ne retenir des transcriptions contestées que « les seuls passages présentant un enjeu public : le respect de la loi fiscale, l’indépendance de la justice, le rôle du pouvoir exécutif, la déontologie des fonctions publiques, l’actionnariat d’une entreprise française mondialement connue » . Le jugement du tribunal de Versailles ne se donne pas le mal de réfuter cette position constante du site d’information indépendant.

Face à un jugement aussi dangereux pour la liberté d’informer et la démocratie, Attac apporte son soutien total et sa chaleureuse solidarité à l’équipe de Médiapart, qui a rendu depuis sa création d’inestimables services à la transparence de la vie publique et à la démocratie dans notre pays.

Afin de montrer concrètement notre solidarité face à l’absurdité de ce jugement, nous allons publier dès demain sur notre site web les retranscriptions des enregistrements contestés. Nous invitons toutes les associations et tous les citoyens à faire de même, chacun en fonction de ses moyens.

Bové : Delphine Batho pointe « une menace grave pour la démocratie » José Bové Reporterre 2013/07/05 José Bové (5 juillet 2013) Bové : Delphine Batho pointe « une menace grave pour la démocratie ». Reporterre. Tribune — fr

Bové : Delphine Batho pointe « une menace grave pour la démocratie »

« Les accusations de Delphine Batho sont graves. J’appelle à la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les conflits d’intérêts entre l’appareil d’Etat et les entreprises de l’énergie. »

Lors de sa conférence de presse du 4 juillet 2013, Delphine Batho a estimé que le débat sur la transition énergétique irritait au plus haut point les dirigeants des grandes entreprises de ce secteur. Sa déclaration met en particulier en cause la société Vallourec, une des sociétés leader dans la commercialisation de tubes utilisés dans le cadre de la fracturation du gaz de schiste, interdite en France depuis 2011. Philippe Crouzet, président du directoire de cette société française a en effet des connections avec l’entourage proche du Président de la République.

La proximité des dirigeants des grandes entreprises et des décideurs politiques est une menace pour la démocratie. Au cours de mon mandat européen, j’ai été confronté à de nombreuses reprises à cette ingérence des multinationales dans les affaires publiques. Que ce soit dans le domaine de l’agro-industrie, du tabac, de la santé ou de l’énergie, les transnationales n’hésitent pas à dicter leur feuille de route aux dirigeants de premier plan.

Les négociations d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis débuteront le 8 juillet à Washington. Le Président Obama est très clair : « Cet accord donnera plus de pouvoir à nos multinationales ». L’Administration américaine a demandé aux entreprises de nommer leur priorité. L’entreprise Chevron va droit au but : elle demande explicitement d’avoir les moyens d’attaquer les États qui voteraient des lois qui l’empêcherait de développer son activité en Europe, à savoir l’exploitation des gaz de schiste qui excite tous les appétits. La démocratie doit se doter de moyens pour lutter contre ces lobbies.

L’approvisionnement énergétique est un secteur vital pour nos sociétés. Le réchauffement climatique est un fait avéré. L’urgence est de trouver des alternatives aux énergies fossiles et au nucléaire. L’Allemagne l’a compris. Elle a tourné la page et ses industries investissent massivement dans des technologies d’avenir, créatrice d’emplois. En France, l’Etat est infiltré depuis des décennies par des hommes dépassés par les évolutions d’un monde qu’ils ne comprennent plus.

Les accusations de Delphine Batho sont graves. Dès jeudi 4 juillet, j’ai appelé à la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les conflits d’intérêts entre l’appareil d’Etat et les entreprises de l’énergie. En effet, nous ne pouvons pas accepter qu’un débat sur la transition énergétique se fasse en plein jour avec les acteurs de la société civile, et que, dans le même temps, des décisions soient prises dans l’ombre des couloirs du pouvoir. La transparence est une nécessité absolue pour que le nouveau ministre de l’Ecologie puisse, une fois la lumière faite, finaliser, sans suspicion, le débat sur l’avenir énergétique de notre pays et proposer des orientations qui répondent aux défis environnementaux actuels et aux attentes de nos concitoyens.

Philippe Martin pourrait être le premier politicien français à prendre au sérieux la crise écologique Fabrice Nicolino Reporterre 2013/07/05 Fabrice Nicolino (5 juillet 2013) Philippe Martin pourrait être le premier politicien français à prendre au sérieux la crise écologique. Reporterre. Tribune — fr

Philippe Martin pourrait être le premier politicien français à prendre au sérieux la crise écologique

Juste un mot concernant Philippe Martin, notre nouveau ministre de l’Écologie, en remplacement de Delphine Batho, qui a cru pouvoir faire joujou avec ses vieux amis*.

Si je parle de lui ce soir, c’est que je le connais. Bien assez pour avoir une excellente opinion de l’être humain qu’il est. Eh oui ! tout arrive sur Planète sans visa. Je sais la valeur de l’homme, et je le salue donc ici, sans la moindre hésitation. Seulement, la question n’est pas exactement de savoir si j’apprécie la personne nommée Philippe Martin. Le seul sujet qui intéresse est de savoir ce qu’il fera.

Deux obstacles majeurs sont sur sa route. Un, l’administration centrale du ministère de l’Écologie est entre les mains des grands corps techniques de l’État, et singulièrement ceux des Ponts et Chaussées, qui ont eu la malignité de fusionner avec les Ingénieurs du génie rural et des eaux et forêts (Igref) pour former le corps des Ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (Ipef).

Même si certains individus gardent toute leur valeur, le corps, lui, est l’ennemi de l’écologie et de ses équilibres profonds. Et comme il est né en 1716 et qu’il est depuis enkysté dans l’appareil d’État, je crois pouvoir écrire qu’il est d’un autre poids que Philippe Martin.

L’autre obstacle s’appelle le parti socialiste, à commencer par le président en titre, François Hollande. La presque totalité de ces gens sont d’une inculture qui réussit encore à m’impressionner. Hollande lit L’Équipe tous les matins - vrai -, mais il ne sait rien de l’extrême gravité de la crise écologique. La nature n’existe pas. Les animaux non plus. La vie, à peine davantage. Son parti ne vaut pas mieux, qui est fait de baronnies et de vassaux, tous obsédés par le dérisoire pouvoir politique, ses avantages et ses chausse-trapes. Il n’y a rien à attendre de ce côté-ci. Mais rien.

Alors, que peut faire Philippe Martin ? C’est un grand garçon, et il n’a pas besoin de mes conseils. Mon avis en tout cas, qui s’adresse à tous, est qu’il peut entrer à sa façon dans l’histoire en se dissociant. Je ne parle pas de cogner contre chaque porte, ce qui ne sert à rien. Je me moque du montant du budget alloué à l’Écologie, qui n’a pas le moindre sens. Serait-il multiplié par trois que cela ne changerait rien aux tendances lourdes de ce pays, voué comme les autres à la destruction des écosystèmes. En revanche, sans s’enliser dans des combats sans intérêt, un homme conscient peut jouer un grand rôle d’éveilleur public.

Oui, je crois que Martin, qui n’a pas grand-chose à perdre - à mes yeux, en tout cas -, pourrait être un formidable messager. Il pourrait être le premier politicien français à prendre au sérieux la crise écologique. Il pourrait parler, faire circuler les paroles vraies, et assumer d’être différent de ses collègues du gouvernement.

Il est social-démocrate - qui l’ignore ? - et nul ne songe à lui demander de devenir un autre. Il est social-démocrate, mais cela ne lui interdit pas d’aider, depuis son poste, à la formulation publique de quelques grandes urgences de notre temps. Le climat. La biodiversité. L’eau. Ce ne sont que trois exemples, mais ils disent assez l’ampleur de la tâche.

Philippe Martin peut n’être qu’un énième ministre, qui sera oublié dès qu’il aura tourné le dos. Ou bien l’un des quelques lumignons au milieu de la grande nuit où nous sommes.

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* Par pitié, ici au moins ! Delphine Batho a démontré 100 fois qu’elle ne savait rien de l’écologie, et qu’elle s’en battait l’œil et le flanc gauche. Le fait qu’elle se fasse lourder ne signifie qu’une chose : elle n’a pas évalué le risque politicien qu’elle prenait. Et elle en paie le prix. Politicien. Qu’a-t-elle fait depuis un an ? Strictement rien. Probablement pensait-elle pouvoir jouer une carte personnelle dans ce gouvernement impuissant autant que baroque. On l’aura mal informée.

L’Europe va discuter de nouvelles subventions pour la surpêche NEF (New Economics Foundation) Reporterre 2013/07/05 NEF (New Economics Foundation) (5 juillet 2013) L’Europe va discuter de nouvelles subventions pour la surpêche. Reporterre. Europe fr

L’Europe va discuter de nouvelles subventions pour la surpêche

Le 10 juillet, le Parlement européen discutera d’un nouveau régime de subventions à la pêche. De quoi financer de nouveaux bateaux, qui vont accroître la surexploitation des océans - et représente de surcroît un vrai gâchis économique.

Payer pour la surpêche : les subventions pour la construction de nouveaux navires risquent d’exacerber la surexploitation de nos océans.

Une étude publiée par la New Economics Foundation (nef) montre de quelle manière les contribuables européens pourraient bientôt gaspiller des millions d’euros sur de nouveaux navires de pêche – mettant ainsi davantage de navires sur nos mers déjà surexploitées grâce à de l’argent qui pourrait être mieux utilisé dans d’autres domaines.

• Jusqu’à 1,6 milliards d’euros sortis de la poche des contribuables européens – soit 25 % de l’ensemble des subventions du Fonds européen pour les affaires européennes et la pêche – pourraient être détournés pour soutenir la construction de plus de 20 000 nouveaux navires sur une période de sept ans.

• Cette même somme suffirait à couvrir :

o les salaires de 17 874 pêcheurs européens, soit 16,9 % des frais liés aux équipages de l’ensemble de la flotte communautaire au cours de la même période ;

o le coût de 75 millions de repas scolaires par an en Europe, soit suffisamment pour prendre en charge les repas scolaires de 400 000 enfants pendant sept ans.

• L’argent nécessaire au financement de nouveaux navires pourrait à la place multiplier par deux les fonds destinés à la collecte de données et aux mesures de contrôle et d’application de la législation, ces deux domaines permettant de soutenir la reconstitution des stocks de poissons.

• En France, jusqu’à 12 891 429 euros seraient ainsi dégagés chaque année pour soutenir la construction demaximum1128 nouveaux navires sur sept ans.

• Cette même somme suffirait à couvrir :

o le coût de 4 148 660 repas scolaires chaque année, soit suffisamment pour nourrir 23 707 élèves sur sept ans.

Un vote crucial qui pourrait représenter un grand pas en arrière

Le 10 juillet, la commission Pêche du Parlement européen se prononcera sur un nouveau régime de subventions, le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). L’amendement 32b du FEAMP permet de financer la construction de nouveaux navires à hauteur de maximum 80 000 euros.

De telles subventions maintiennent le cercle vicieux de la surpêche en soutenant un secteur non rentable et en surcapacité. Ce cercle vicieux ne peut être brisé que si les subventions sont plutôt utilisées pour reconstituer les stocks halieutiques et créer un approvisionnement durable et plus volumineux en poissons à la fois pour les pêcheurs et pour les consommateurs.

Il est prouvé que les aides à la construction de navires contribuent à la surcapacité et celles-ci ont été éliminées en 2004 par la réforme de la PCP de 2002. Sachant que les deux tiers des stocks halieutiques de l’UE sont actuellement surexploités, ce qui entraîne des pertes annuelles de 3,2 milliards d’euros, le fait d’autoriser les aides aux nouveaux navires représenterait un grand pas en arrière et une très mauvaise utilisation de l’argent des contribuables. Cela menacerait la reconstitution des stocks halieutiques de l’UE et prolongerait l’instabilité du secteur de la pêche.

Les consommateurs paient leurs poissons trois fois

Conséquence de l’état actuel des stocks de poissons de l’UE – dont deux sur trois produisent moins de poissons, de revenus et d’emplois que s’ils étaient gérés de façon durable –, les consommateurs européens paient leurs poissons trois fois :

• 6,6 milliards d’euros de valeur des débarquements,

• 3,2 milliards d’euros de coût de la surpêche pour la société, car des stocks de poissons appauvris génèrent moins de captures, de revenus et d’emplois que ce qu’ils pourraient produire s’ils étaient gérés durablement,

• 0,9 milliards d’euros de subventions annuelles payées par les contribuables européens.

Une somme importante

Représentant 236 millions d’euros par an, l’amendement en faveur de la construction de nouveaux navires constitue un pas important dans la mauvaise direction. La comparaison des chiffres permet de comprendre à quel point ces sommes d’argent sont exorbitantes :

• cela équivaut à 16,9 % de l’ensemble des salaires des équipages de toutes les flottes de pêche de l’UE, soit les salaires de 17 874 pêcheurs européens sur un total de 105 674.

• Au Royaume-Uni, 11 440 000 euros destinés à la construction de nouveaux navires sont mis à disposition au titre de l’amendement – un montant équivalent au coût de 4 597 037 repas scolaires, soit suffisamment pour nourrir 24 195 enfants pendant l’année.

• Les subventions peuvent être utilisées pour briser le cercle vicieux de la surpêche, et il y a suffisamment de fonds pour doubler le montant destiné aux mesures de contrôle et d’application de la législation ainsi qu’à la collecte des données –programmes qui visent à permettre la transition vers une pêche durable.

Aniol Esteban, responsable d’économie environnementale à la nef, a déclaré : « Le choix qui se présente à nous est clair. Les subventions peuvent être utilisées pour construire de nouveaux navires et contribuer à la surcapacité, à la surpêche et à des captures moins importantes – c’est le cercle vicieux de la surpêche –, ou alors les subventions peuvent servir à financer une transition vers un secteur de la pêche rentable et durable. »

« Par le vote sur le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche le 10 juillet prochain, la commission Pêche du Parlement européen a une véritable occasion de s’assurer que les stocks halieutiques sont durables et en bon état, maintenant et pour les générations futures. »

Griffin Carpenter, modélisateur économique à la nef et auteur principal de la nouvelle étude de la nef, a indiqué :

« Ces chiffres sont incroyables. La subvention proposée menace de nous renvoyer dix ans en arrière, qui plus est à un coût exorbitant pour les contribuables de l’UE. Les fonds concernés pourraient être nettement mieux dépensés pour répondre à toute une série de problèmes dans d’autres domaines de la société ou pour soutenir les efforts de réduction de la surpêche. »

« Bien que l’on soit tenté d’apporter un financement à court terme à des flottes touchées par la surpêche, la subvention proposée ne fera qu’exacerber le problème. Il est nécessaire de réfléchir sur le long terme afin de briser le cercle vicieux de la surpêche et de mettre fin à la dépendance du secteur aux subventions. »

Paris veut installer des dizaines d’antennes téléphone pendant la pause estivale PRIARTèM Reporterre 2013/07/06 PRIARTèM (6 juillet 2013) Paris veut installer des dizaines d’antennes téléphone pendant la pause estivale. Reporterre. fr

Paris veut installer des dizaines d’antennes téléphone pendant la pause estivale

Comme saisie par l’urgence, la Ville de Paris convoque une réunion express pour étudier des dizaines de projets d’antennes téléphones. But : les installer pendant l’été, quand les riverains seront absents ou moins attentifs.

La Mairie de Paris a décidé de convoquer deux réunions de la commission de concertation sur la téléphonie mobile les 5 et 12 juillet. Alors que cette commission ne s’est réunie qu’une fois en deux ans, la Mairie de Paris, à la veille des grandes vacances, semble saisie d’une soudaine frénésie en matière d’implantation d’antennes relais de téléphonie mobile.

Pour preuve, durant ces deux réunions, pas moins de 100 sites (voir carte) seront soumises à ce que les associations estiment être une « concertation minute ». « Trois minutes… voilà le temps laissé par la Mairie de Paris pour présenter, étudier et éventuellement trouver des solutions alternatives pour une antenne relais ! Nous ne sommes plus dans le cadre d’une concertation mais dans un processus de solde avant l’été ! » estime Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement.

« Cette précipitation s’explique par la volonté des opérateurs de profiter de la période estivale pour installer leurs antennes relais pendant l’absence des riverains » poursuit-il.

Pour Janine Le Calvez, présidente de Priartém, « cette double convocation, dans la précipitation, à quelques jours des vacances apparaît comme une véritable provocation. Elle est d’autant plus choquante quelle fait suite à un long silence de près de six mois : absence de réaction à des installations sauvages hors du processus prévu par la charte ; absence de la Mairie à des réunions publiques sur des dossiers particulièrement litigieux ; absence de réponse à nos mails et demandes de rendez-vous… A tout cela nous pouvons ajouter, et c’est un comble, que dans la liste délirante des 100 sites fixée dans l’ordre du jour, ne figurent pas des sites dont nous avions demandé l’inscription ».

Pour Mathias Goldstein, correspondant Priartem pour Paris, « il va de soi que les associations ne sauraient se prêter à cette mascarade. Nous allons donc rappeler à la Mairie ce que veut dire le terme « concertation », nous allons rappeler que nous ne voulons pas, par exemple, d’installation à quelques mètres d’un groupe scolaire. »

Les associations ne participeront jamais, en tant que spectateur, à un processus dit de concertation dont le seul but serait de justifier l’installation d’antennes relais. De fait, elles conditionnent leur participation au fait que seuls 20 dossiers (au maximum) par commission soient soumis à la concertation.

Pour les associations, une commission de concertation n’a pas pour but premier d’installer à marche forcée des antennes relais mais au contraire de trouver des solutions opérationnelles limitant autant que faire se peut une exposition des riverains aux ondes des antennes relais.

Flash mob 7 juillet Par Julien villalard Reporterre 2013/07/06 Par Julien villalard (6 juillet 2013) Flash mob 7 juillet. Reporterre. fr

Flash mob 7 juillet

Tempête-mob ! La flash mob qui réveille la tempête qui est en toi Paris, dimanche 7 juillet, canal de l’Ourcq Contre la marchandisation de l’eau

Libre comme l’eau.

Fais vibrer le H2O qui est en toi !

Participez à la flash mob la plus splash de l’été :)

Elle servira à promouvoir la signature de la pétition en ligne ICI pour obliger la Commission européenne à considérer la ressource en eau comme un bien commun de l’humanité, et non pas comme une marchandise.

Allez, nous avons presque gagné... mettons le paquet !

Une ’tite vidéo qui explique POURQUOI on organise cette flash-mob...

Les promesses de l’intelligence collective Mathieu Viviani (Green et vert) Reporterre 2013/07/06 Mathieu Viviani (Green et vert) (6 juillet 2013) Les promesses de l’intelligence collective. Reporterre. Tribune — fr

Les promesses de l’intelligence collective

Pour sa troisième édition, le Forum ADEME des Innovations n’a pas failli à sa réputation. Événement incontournable des citoyens curieux, intéressés, voire engagés en faveur d’un avenir planétaire pérenne, il a été encore une fois le catalyseur de nouvelles idées et progrès en matière de développement durable. Avenir énergétique mondial, écologie, modes de comportement durables, consommation collaborative, étaient les exemples d’une liste non-exhaustive de sujets abordés lors de cette journée.

Un sujet qui interpelle

Parmi ces derniers, il y en a un qui fut l’objet de toutes les attentions. Ce sujet, ou plus précisément ce domaine de recherche, prend racine dans notre manière de ‘’vivre ensemble au quotidien’’. En effet, bien que l’on ne s’en aperçoive pas naturellement, notre vie est régie par des mécanismes sociaux invisibles qui font montre d’une intelligence aussi extraordinaire que surprenante.

C’est bien d’« intelligence collective » dont nous parlons. Et c’est au gré des explications d’un de ses spécialistes que le public a pu saisir les caractéristiques essentielles de cette science en devenir.

Passionné d’ingénierie sociale depuis de nombreuses années, Jean-François Noubel est le fondateur et actuel président du premier Institut de recherche en intelligence collective (IRIC). Ses premiers mots furent les suivants : « L’intelligence collective a à voir avec notre quotidien et possède une dimension sociale très forte ». On comprend d’emblée que loin des théories abstraites et inaccessibles, l’intelligence collective est bel et bien l’affaire de tous !

Mais par quels points essentiels peut-on l’appréhender ?

Le classement typologique est toujours un bon moyen de comprendre les rouages d’un concept. Pour ce qui est de celui qui nous intéresse, on en distingue quatre types qui se réfèrent à quatre modes de fonctionnement en collectivité de l’espèce humaine.

L’intelligence collective en essaim

Concernant ce type, l’individu a une très faible marche de manœuvre car le groupe prime. L’échangeur autoroutier en plein embouteillage est un bon exemple illustrant son existence. Malgré l’impression de désordre que l’on pourrait avoir, les conducteurs, s’organisent naturellement afin que chacun puisse aller au bout de son parcours sans accident.

L’intelligence collective originelle

Au contraire, dans le cas de l’intelligence collective originelle, l’individu possède une marche de manœuvre élevée. Pourquoi ? Car il sait exactement ce que « le tout », son groupe dans lequel il interagit, fait. Ce mécanisme est aussi appelé « holoptisme », et il a l’avantage de ne pas créer de dichotomie entre l’individu et le groupe.

Un bigband de jazz illustre bien ce type d’intelligence collective. Le pianiste soliste, avec ou sans partition, connait à priori le thème de jazz joué et les musiciens qui vont interagir au sein de sa structure. Il va donc s’efforcer de ne pas empiéter sur le terrain sonore de ses partenaires dans le but conscient de participer à l’équilibre de sa formation.

Si tout se passe bien, l’effet escompté, sera positif. Le groupe reste stable, ne souffre d’aucune disharmonie. Le désavantage de ce type d’intelligence, est qu’elle n’est rendue possible que dans le cas d’un petit groupe de personnes se côtoyant à une distance relativement faible.

L’intelligence collective pyramidale

Dominante dans nos sociétés actuelles, l’intelligence collective pyramidale a la capacité d’organiser les agissements d’un grand nombre d’individus. Son principe directeur : des dirigeants en haut de la hiérarchie sont seuls habilités à prévoir l’avancée des actions du groupe. Ils prévoient, transmettent leurs visions aux individus d’un niveau hiérarchique moins élevé, qui agissent en conséquence.

En soi, l’avantage de ce schéma d’interaction tient en sa capacité à conserver une certaine stabilité au sein d’un grand groupe d’individus. Une stabilité renforcée, si les dirigeants sont animés d’un véritable engagement civique pour la société qu’ils dirigent.

Néanmoins, l’histoire a montré que ce schéma pyramidal peut entrainer des dérives cruelles. En cause, certains dirigeants dont la vision s’est révélée néfaste pour le groupe dont ils étaient en charge. Autre problème, ce type d’intelligence centralise fortement les prises de décisions, ce qui ralentit la diversité des contributions sociétales. Des conflits apparaissent régulièrement entre aspirations des sphères exécutives, et aspirations de la société civile.

L’intelligence collective « holomidale » : l’avènement d’un modèle de société plus « harmonieux »

Considérée par les chercheurs de l’IRIC comme « une nouvelle forme d’organisation de notre espèce », elle témoigne d’une société où les individus communiquent constamment, partagent leurs connaissances, et ont la capacité de « synchroniser des actions et des projets complexes sans retomber dans les limitations de l’intelligence collective pyramidale et ses chaînes de commandement descendantes ». Aussi « les entités sociales de l’intelligence collective holomidale semblent posséder la capacité de conscience réflexive, d’auto-gouvernance, d’auto-actualisation, d’auto-évolution ».

Les exemples de ce nouveau mode de fonctionnement en collectivité ne manquent pas, et tendent à s’accroitre d’années en années : mobilisation de la société civile grâce aux réseaux sociaux, élaboration de software collaboratif grâce au système opensource, monnaies complémentaires locales, covoiturage, consommation collaborative, autosuffisance énergétique grâce aux énergies renouvelables, économie de partage, gouvernance collégiale, management durable… etc ! La liste est longue, prometteuse, et témoigne de l’avancée spectaculaire de l’état d’esprit portée par le concept de " développement durable ".

« Dans ces nouveaux écosystèmes sociaux, l’énergie collective et abondante, jadis atténuée par l’autorité pyramidale, s’en retrouve libérée. Elle peut ainsi être utilisée pleinement, et à des fins d’autant plus vertueuses. Lorsque tout le monde sait que sa voix et son action comptent, cela développe l’envie de faire mieux, et pour tous », conclut Jean-Francois Noubel.

Conscients de ce nouveau mouvement de la société civile, on comprend aisément que les mentalités changent, et s’orientent dans une direction où la coopération de pair à pair est reine. Ces signaux de l’avènement d’une société dite plus « harmonieuse », ne trompent pas. Le rêve millénaire de coexistence humaine pourrait-il devenir réalité ? Une question dont la réponse dépend encore une fois de l’humain. Affaire à suivre avec grande attention…

Réinventer le feu Reporterre 2013/07/06 (6 juillet 2013) Réinventer le feu. Reporterre. fr

Réinventer le feu

Dans Réinventer le feu, Amory Lovins expose concrètement les moyens de basculer dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables pour chacun des grands secteurs « énergivores » : le transport, le bâtiment, l’industrie et la production électrique. En s’appuyant sur trente années de recherche et de pratique, il démontre que les entreprises, motivées par l’existence d’une source de profit durable, peuvent conduire les Etats-Unis et le reste du monde à se passer complètement de pétrole et de charbon d’ici 2050, et de gaz naturel dans un second temps.

Dans son introduction, Amory Lovins écrit : « Pourquoi prendre des mesures aussi radicales ? (…) Pourquoi s’embêter à réinventer le feu ? La réponse peut tenir en peu de mots : pour créer de la richesse (à hauteur de plusieurs milliers de milliards de dollars, comme nous le verrons dans les chapitres suivants), gérer le risque, saisir les possibilités et les solutions qui s’offrent à nous et développer l’innovation et l’emploi.

Mais les raisons économiques et sociales plus larges qui justifient de prendre les devants et de remplacer des substances avant qu’elles ne disparaissent sont encore plus convaincantes. Car au-delà des sources de profits, il y a la possibilité de remédier aux faiblesses structurelles de notre économie et aux menaces sur notre santé et sur nos modes de vie. Les raisons justifiant notre abandon des combustibles fossiles sont nombreuses et édifiantes. »

- Réinventer le feu – Des solutions économiques novatrices pour une nouvelle ère énergétique, Amory B. Lovins - et le Rocky Mountain Institute, préface de l’association négaWatt, Edition Rue de l’échiquier, 676 pages, 29 €.

En Italie, l’environnement tombe dans les mains de la mafia Andrea Barolini (Reporterre) Reporterre 2013/07/08 Andrea Barolini (Reporterre) (8 juillet 2013) En Italie, l’environnement tombe dans les mains de la mafia. Reporterre. fr

En Italie, l’environnement tombe dans les mains de la mafia

Des énergies nouvelles au Lyon Turin en passant par les déchets et l’immobilier, la mafia est de plus en plus présente dans tous les domaines de l’environnement. C’est ce que montre le rapport Ecomafia, présenté ici pour la première fois en France.

34 120 délits, 28 132 personnes dénoncées aux autorités, 161 placées en garde à vue, 8 286 saisies judiciaires, et un chiffre d’affaires qui a frôlé les 17 milliards d’euros. C’est la photographie de la criminalité environnementale italienne : un business gigantesque, géré aujourd’hui par 302 clans mafieux.

Depuis des dizaines d’années, en effet, les infiltrations criminelles dans la gestion des déchets ou dans le développement des énergies renouvelables ont bondi d’un façon incroyable. Et les chiffres - parues sur l’édition 2013 de Ecomafia, le rapport le plus exhaustif sur le rôle de la criminalité organisée en Italie dans le secteur de l’environnement, rédigé par l’association écologiste Legambiente - sont éloquents.

Ce qui préoccupe le plus les autorités italiennes est la distribution géographique des crimes : la plupart (45,7%) sont toujours localisées dans les quatre régions à plus haute présence mafieuse (Sicile, Campanie, Pouilles et Calabre), mais aussi en Latium (la région de la capitale, Rome) et en Toscane (où se trouvent Florence, Sienne et Pisa). De surcroit, le nombre de délits est en forte hausse : + 15,4% en 2012, par rapport à 2011.

Cela est l’une des conséquences de la diffusion au Centre-Nord de la mafia de la Campanie (Sud), la région de Naples et de Caserta, les deux « capitales » de la « camorra », une mafia extrêmement active surtout dans la gestion des déchets.

C’est probablement pour la même raison que l’Ombrie (Centre) est passée en une seule année de la seizième à la onzième place dans le « classement » des régions les moins vertueuses. Mais inquiétants sont aussi les chiffres relatifs au Nord du pays, c’est-à-dire loin des « quartiers généraux » mafieux du Sud : en Vénétie (Nord-Est) les crimes environnementaux ont augmenté par rapport à 2011 de 18,9%, alors que la Ligurie a enregistré une hausse des délits du 9,1%.

L’économie illicite gagne face à la crise

« L’économie de l’Ecomafia - a declaré le président de Legambiente Vittorio Cogliati Dezza dans un communiqué de presse - est la seule économie italienne qui arrive à progresser dans un contexte de crise généralisée. Elle parvient à construire logements abusifs au même rythme que les années passées, alors que le marché immobilier national s’écroule.

C’est une économie qui nait d’une communauté d’intérêts entre entrepreneurs sans scrupules, élus en connivence, fonctionnaires déloyaux, professionnels dénués d’éthique et boss mafieux. Ils falsifient les documents et les bilans, et opèrent grâce au « dumping » environnemental, à l’évasion fiscale, au blanchiment d’argent, à la corruption, aux achats des votes et aux infiltrations dans les appels d’offres publiques ».

Ce n’est pas seulement le côté économique de l’affaire qui stimule la mafia, mais la perspective de l’impunité. En effet, la plupart des tribunaux italiens ne réussissent à sanctionner les délits que sur le plan administratif : il suffit donc de payer une amende pour régler ses comptes avec la justice.

C’est très apparent dans le secteur immobilier. Le nombre des constructions illégales est passé de 9% du total des constructions en 2006 à 16,9% (estimation) en 2013. Dans la même période, les constructions légales se sont effondrées de 305 000 à 122 000, tandis que celles abusives n’ont subi qu’un léger fléchissement.

Ce phénomène se produit surtout parce que le marché illicite est dopé par les prix qu’il peut garantir : le coût moyen pour édifier un logement est de 155 000 euros en Italie, alors que si on choisit la voie illégale, on ne paiera pas plus de 66 000 euros en moyenne. Certes, il y a des risques. Mais entre 2000 et 2011 les juges n’ont ordonné que 46 760 démolitions. Dont seulement 10,6% ont été exécutées...

Déchets, agroalimentaire, énergies renouvelables : rien n’est épargné

La criminalité contre l’environnement n’épargne aucun secteur. Legambiente rappelle qu’en 2012 les délits contre la sécurité alimentaire - dans la filière agricole - ont été de 4 173 (plus de 11 par jour), et les juges ont effectué des saisies pour une contre-valeur de plus de 672 millions d’euros.

Par ailleurs, le Bureau central anti-escroquerie (Ufficio Centrale Antifrode) indique que la quantité de matériel saisi aux douanes des ports italiens a doublé entre 2011 et 2012, passant de 7 000 à quelque 14 000 tonnes. Il s’agit surtout de matériaux destinés officiellement au recyclage - plastique, fer, papier ou acier - mais qui sont réalité envoyés en Corée du Sud, Chine, Hong Kong, Indonésie, Inde ou Turquie.

Un container de déchets destinés au marché illégal saisi par la police douanière italienne

Ces flux garantissent aux mafieux d’énormes quantités d’argent, et provoquent un double dommage pour l’économie : parce qu’ils arrivent à détourner les contributions publiques destinées au recyclage et parce qu’ils érodent le champ d’activités des entreprises spécialisées légales. Il suffit en fait de présenter des documents falsifiés pour s’accréditer comme « société de recyclage ».

Les énergies nouvelles envahies par la mafia

Le même problème se retrouve dans le secteur des énergies renouvelables, qui sont lourdement financées par les administrations publiques italienne et européenne. Un « trésor » qui n’a pas échappé à l’attention des groupes mafieux :

« Les organisations criminelles - a confirmé la DNA (Direction Nationale Antimafia) dans son dernier compte-rendu annuel - sont très intéressées par les centrales d’énergie propre, parce qu’elles bénéficient de subventions. Pour les détourner à leur profit, les mafieux soudoient les fonctionnaires et les officiels qui gèrent les procédures d’autorisation ».

Une corruption grandissante... jusqu’au Lyon Turin

La corruption est le cœur du problème. Selon la DNA, les arrestations pour corruption ont doublé lors du premier semestre 2012 par rapport aux six derniers mois de l’année précédente. En particulier, les enquêtes judiciaires relatives aux cas de « corruption environnementale », entre janvier 2010 et mai 2013, ont atteint le chiffre impressionnant de 135.

Les pots-de-vin payés aux administrateurs, aux élus et aux fonctionnaires publics garantissent les concessions pour construire logements, autoroutes, déchetteries, parcs solaires ou centrales éoliennes. Rien qu’en 2012, vingt-cinq maires ont été suspendus en raison d’infiltrations mafieuses, y compris le chef-lieu de la Calabre, Reggio Calabria, qui compte plus de 186.000 habitants.

« La faiblesse structurelle de l’administration publique a constitué un terrain fertile pour la criminalité organisée non seulement pour raisons économiques, mais aussi pour marquer tout simplement leur suprématie sur le territoire », a expliqué Valerio Valenti, préfet sicilien, dans son communiqué. M. Valenti a provoqué la désignation d’un commissaire du Gouvernement à la tête de l’administration locale calabrais.

Récemment, une nouvelle très préoccupante est arrivée aussi du Val de Suse, en Piémont, où est projeté le chantier de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Après des contrôles sur les fournisseurs, une société basée à Rovigo (en Vénétie, Nord-Est) a été exclue parce qu’elle n’avait pas subi les vérifications obligatoires anti-mafia. Il s’agit de la Pato Perforazioni, qui ne devrait donc plus être sur le chantier. Mais, selon les information parues sur le site TG Valle Susa, n’a pas encore quitté les travaux...

En République démocratique du Congo, des compagnies minières chassent les paysans Pierre Kilele Muzaliwa et Patient Debaba Lufira (Farm Land Grab) Reporterre 2013/07/08 Pierre Kilele Muzaliwa et Patient Debaba Lufira (Farm Land Grab) (8 juillet 2013) En République démocratique du Congo, des compagnies minières chassent les paysans. Reporterre. fr

En République démocratique du Congo, des compagnies minières chassent les paysans

A Misisi, au Sud-Kivu, une entreprise minière déloge, sans concertation, ni indemnisation juste, des cultivateurs de leurs champs pour y faire des travaux de prospection.

Selemani, cultivateur de manioc, a un champ de 50 m² sur la colline Katchanga, près du centre de Misisi (350 km au sud de Bukavu, en territoire de Fizi). Casa Mining, une entreprise d’exploitation minière de droit congolais avec des actionnaires britanniques, y a installé ses activités.

Pour l’indemniser, elle ne lui a versé, en 2011, que 100 $ au lieu des 1 000 $ qu’il espérait. Bilenda n’a quant à lui reçu, début 2013, que 100 $ pour sa bananeraie. « Mon champ est sous-évalué », se plaint-il. Il espérait en effet 700 $ et une maison construite en matériaux durables.

Casa Mining prospecte dans le territoire de Fizi depuis 2011. Elle y a des concessions obtenues de l’Etat par des contrats qui demeurent hors de portée du public et des journalistes. Ces concessions couvrent 328 km2 et vont du nord de Kalemie (province du Katanga), à Misisi. Pour rechercher de l’or dans le territoire de Fizi, Casa Mining a fait construire des tranchées et délogé une vingtaine de cultivateurs depuis janvier 2013, indique Kipendo K., chef traditionnel à Misisi. Difficile de savoir combien ont été délogés avant.

L’entreprise semble par ailleurs dans son droit, puisque la loi du 11 juillet 2002 portant Code minier pose la suprématie des droits miniers sur ceux fonciers, dont les droits agricoles. Ainsi, un agriculteur ne peut s’opposer à ce qu’un permissionnaire minier exploite l’espace qu’il cultive, explique Adolphe Kilomba, avocat au barreau de Bukavu. Sans ou même avec certificat d’enregistrement sur son champ, le titre minier (acte qui atteste des droits de son détenteur sur une concession minière) l’emporte.

Champs sous-évalués

Dans ces conditions, pour les cultivateurs délogés, la seule issue possible est « une juste indemnité correspondant soit au loyer, soit à la valeur du terrain lors de son occupation, augmentée de la moitié », dispose l’article 281 du Code minier. Les victimes peuvent recourir à l’administration, devant un arbitre choisi de commun accord avec l’entreprise minière ou se plaindre en Justice.

Comme c’est une affaire civile, il appartient au juge ou à l’arbitre de fixer le montant de l’indemnisation. « Si l’entreprise ne s’y conformait pas, elle pourrait se voir suspendre ou retirer l’autorisation d’exploitation minière », avance Utchudi Ona, enseignant d’université. Mais, aucun agriculteur ne s’est, pour le moment, plaint en Justice.

« Un champ de 50 m² de bananiers s’achète généralement à 1 200 $ et celui de manioc à 1 500 $ », fait savoir Kipendo K. Casa Mining, quant à elle, ne remet que 100 $ à tous les propriétaires des champs. « Nous nous arrangeons ainsi avec eux. Il est prévu dans la loi que l’entreprise puisse transiger avec le propriétaire du terrain », justifie un proche de l’entreprise.

Un géologue de Casa Mining n’y voit pas non plus d’inconvénients. « Ce ne sont que des travaux de recherches. Les agriculteurs pourront ensuite cultiver à nouveau à condition de ne pas gêner les opérations d’exploitation jusqu’à ce qu’elles prennent fin » [elles peuvent durer d’un à vingt ans ou plus - Ndlr], promet-il.

En attendant, dans certains champs, quand les travaux ne concernent qu’une portion de leur terrain, les agriculteurs s’y rendent pour récolter seulement et non plus cultiver, fait savoir une cultivatrice de bananiers. Les agents de l’entreprise les chassent parfois. « Très tôt au champ pour défricher, un agent de Casa Mining, des outils de perforation du sol dans mon champ, me demande de ne plus y revenir », confie tristement Akili, cultivateur de bananiers.

Pas de forum communautaire

Si les agriculteurs se soucient de la sous-évaluation de leurs terres, le ministère provincial des Mines conclut au non-respect de la procédure. « Nous ne savons pas appeler ce montant, nous ne sommes même pas au courant, de l’indemnisation ! », souligne Rodrigue Kiluka, conseiller au ministère provincial des Mines.

Par ailleurs, en principe, toute indemnisation est précédée de la mise en place d’un forum communautaire, selon Liete Tuta wa Tuta, chef de la division provinciale des mines. Ce cadre regroupe l’entreprise, l’Etat (représenté par la division des mines) et la communauté concernée aux fins de discuter des modalités d’indemnisation.

« Cela évite que l’entreprise ne donne plus ou moins qu’elle ne doit en réalité. C’est l’occasion pour l’Etat d’assurer le respect des droits de l’entreprise et ceux des populations concernées », ajoute Liete Tuta wa Tuta.

Depuis avril dernier, le ministère provincial des Mines fait pression pour l’avènement, dans les plus brefs délais, de ce cadre de concertation censé être établi par l’entreprise. Mais, à Misisi, les travaux de recherches ont précédé sa mise en place. Et, c’est Casa Mining qui fixe toujours unilatéralement les critères d’évaluation des champs en lieu et place d’une expertise supervisée par l’Etat et acceptée par les populations concernées...

Paysages de l’après-pétrole Reporterre 2013/07/08 (8 juillet 2013) Paysages de l’après-pétrole. Reporterre. fr

Paysages de l’après-pétrole

Le Cen­tre Ecodéveloppe­ment de Vil­larceaux présente le nou­veau numéro de la Col­lec­tion Passerelle, numéro qui invite à penser l’après pét­role au prisme du paysage.

La raré­fac­tion et le coût gran­dis­sant des éner­gies fos­siles ouvre une ère nou­velle, nous la dénom­mons l’« après pét­role » afin de mar­quer les rup­tures que cette tran­si­tion énergé­tique amèn­era dans notre façon d’aménager l’espace ter­restre, d’y organ­iser la pro­duc­tion, d’y habiter ou de nous y déplacer.

Aujourd’hui, l’ambition d’une meilleure effi­cac­ité sociale, économique et envi­ron­nemen­tale con­duit chaque ter­ri­toire à val­oriser ses pro­pres sin­gu­lar­ités et à se dégager des mod­èles tout faits, même verts, qui croient pou­voir imposer partout des solu­tions pré­for­mées. Imag­i­nant de nou­veaux paysages, ces ter­ri­toires cherchent désor­mais à don­ner corps, dans la durée, à la néces­saire com­pat­i­bil­ité de l’institution sociale, des besoins humains et du milieu vivant.

Décou­vrez la ques­tion de la tran­si­tion écologique abor­dée à par­tir d’une approche paysagère appliquée aux ter­ri­toires urbains, péri-urbains et ruraux. Si le paysage per­met de com­pren­dre com­ment fonc­tionne une société, il est aussi un outil pour penser ses évolutions. Retrouvez les témoignages et les analy­ses d’une trentaine de con­tribu­teurs : archi­tectes, agronomes, ingénieurs, paysag­istes, urban­istes, soci­o­logues et philosophes.

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Rapport Duron sur les infrastructures : peut mieux faire, vraiment Les Amis de la Terre Reporterre 2013/07/08 Les Amis de la Terre (8 juillet 2013) Rapport Duron sur les infrastructures : peut mieux faire, vraiment. Reporterre. Tribune — fr

Rapport Duron sur les infrastructures : peut mieux faire, vraiment

Fin juin, le rapport Duron a mis le frein sur nombre de projets d’infrastructures. Mais il ne marque pas encore un vraie tournant de philosophie en matière de projets d’infrastructure.

Tout d’abord, le document de synthèse (1) [de la commission Duron, publié le 27 juin] souligne et confirme les demandes formulées par de nombreuses structures auditionnées et leur donne suite en accordant la priorité à l’entretien et à l’amélioration des réseaux existants.

Il souligne aussi la nécessité de « mettre la route à sa juste place » en énonçant la priorité à accorder aux modes de déplacement et de transport alternatifs à la route. Mais ces déclarations ne se traduisent pas concrètement dans les scénarios proposés puisqu’ils incluent de nombreux projets autoroutiers et LGV.

Ceux-ci sont maintenant étalés dans le temps : cet étalement s’apparente-t-il à un report ou peut-il être considéré comme un abandon ? Différer la décision n’est pas la remettre en cause. Le critère de report invoqué est l’incertitude sur la saturation du réseau concerné, c’est évidemment la première question.

Ce n’est pas la seule : pour les Amis de la Terre, la réponse future n’est pas le « tout LGV ». Pour nous, la question incontournable est celle d’un choix alternatif nié entre multiplication des infrastructures dédiées et infrastructures multi-services.

De plus, il est inacceptable que la longue phase de débat sur ce schéma directeur n’ait pas été accompagnée d’un moratoire sur les infrastructures controversées. Cette situation conduit aujourd’hui la commission à déclarer ces projets engagés, contre toute attente ils s’imposeraient donc de fait. Il s’agit en particulier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, du tunnel Lyon-Turin, de la liaison CDG Express et du Grand Paris, sortis du périmètre de ce schéma national.

D’autre part, le fret ferroviaire de plus en plus marginalisé fait toujours l’objet des mêmes déclarations d’intention et d’une reconduction des mêmes options (massification des flux, autoroute fret et ouverture aux opérateurs de proximité) qui peinent à voir le jour et à assurer une redynamisation de ce service. Après le retrait décrié de l’engagement de l’opérateur public sur la desserte territoriale, et pour y pallier, la commission fait une suggestion tout autant contestable d’attribuer des aides aux opérateurs de proximité pour assurer ce service, là où il fait défaut.

En conclusion, les budgets consacrés à l’entretien et à l’amélioration des réseaux auraient mérité d’être actualisés pour valider le besoin financier. Les moyens consacrés aux transports de proximité bien que prioritaires, restent très limités. Les propositions de la commission s’appuient essentiellement sur les contraintes financières et budgétaires mais n’expriment pas vraiment la volonté et la nécessité d’une transition écologique et climatique.

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[1] Rapport de la commission Mobilité 21 pour un schéma national de mobilité durable

Pour encourager la surpêche, Hollande et Sarkozy sont sur la même ligne Bloom Association Reporterre 2013/07/08 Bloom Association (8 juillet 2013) Pour encourager la surpêche, Hollande et Sarkozy sont sur la même ligne. Reporterre. Tribune — Politique fr

Pour encourager la surpêche, Hollande et Sarkozy sont sur la même ligne

Pas plus que celui de M. Sarkozy, le gouvernement de M. Hollande n’a déterré le rapport explosif de la Cour des Comptes sur la pêche. Ce document soulignait l’absurdité des subventions à ce secteur. La France continue ainsi de soutenir une position rétrograde au niveau européen, alors que le Parlement doit discuter mercredi 10 du budget de la pêche.

Le 4 juillet 2013, Le Nouvel Observateur a révélé l’existence d’un rapport confidentiel de la Cour des Comptes sur les aides publiques accordées au secteur de la pêche en France. Ce rapport extrêmement sévère, montrant que les subventions publiques dépassent le chiffre d’affaires généré par le secteur de la pêche (environ un milliard d’euros par an), a été enterré en 2010, sous le gouvernement Sarkozy, au moment où Bruno Lemaire était Ministre de l’agriculture et de la pêche, et un an après le coup d’envoi de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP).

Or depuis que le PS a reconquis le pouvoir, quid de ce rapport explosif dont la publication aurait entièrement réorienté les négociations européennes et la position de la France ?

Il est resté enfoui dans les limbes de la rue Cambon… Et le ministre socialiste à la pêche, Frédéric Cuvillier, a poursuivi la ligne tracée par son prédécesseur UMP Bruno Lemaire sur les négociations pêche : renier le constat d’échec, combattre les ambitions de la Commission européenne de reconstituer les stocks de poissons et de faire de l’emploi une priorité (et non la production), contester la dépendance du secteur aux subventions, récuser sa sous-performance économique, nier les avantages accordés à la pêche industrielle, refuser toute responsabilité dans l’agonie de la pêche artisanale.

En somme : ne rien changer, maintenir le statu quo et laisser le secteur aller à vau-l’eau mais en donnant satisfaction aux lobbies… et à des objectifs électoraux personnels.

C’est ainsi qu’en mai dernier, la partie la plus importante des négociations en matière de pêche s’est soldée par la conclusion d’un accord inadapté à l’urgence de la situation, et cela principalement en raison du blocage de la France jusqu’à la dernière minute des négociations.

Heureusement, le rapport secret, désormais consultable sur le site du Nouvel Obs sort in extremis avant que ne soit voté mercredi 10 juillet 2013, à la Commission pêche du Parlement européen, le budget de la Politique commune de la pêche, soit un minimum de 6 milliards d’euros.

Quel en est l’enjeu principal ? Le rapporteur du volet financier de la PCP, le député breton Alain Cadec, propose de réintroduire des aides pour la construction de navires, bien que ces aides eurent été dénoncées par la Cour des Comptes, la Commission européenne et l’ensemble des chercheurs comme étant les raisons mêmes de la dégradation des ressources marines, de la performance économique du secteur et in fine de l’emploi.

« Financer des navires alors que l’Europe échoue à reconstituer ses stocks de poissons, c’est précisément le genre de mesures néfastes que la publication du rapport de la Cour des Comptes aurait évité : aucun élu n’aurait été en position de défendre une telle proposition avec une évaluation publique aussi désastreuse » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

« La France a privé l’Union européenne d’un document essentiel qui confirmait le constat d’échec dressé par la Commission européenne sur les politiques publiques en matière de pêche. S’il avait été rendu public ou au moins accessible aux décideurs, ce bilan aurait entièrement changé la façon dont se sont déroulées les négociations et n’aurait pas permis à la France de se comporter comme elle l’a fait, en élément bloquant et diplomate toxique », déplore Claire Nouvian. « C’est un acte grave d’avoir supprimé une telle pièce à conviction du débat démocratique. »

Dans son « Livre vert » lançant la réforme de la PCP [1] en 2009, la Commission européenne faisait une critique acerbe des politiques menées et indiquait « qu’une réforme globale et en profondeur » pouvait seule « susciter le changement radical nécessaire pour inverser le cours des choses », qu’elle caractérisait par « une surexploitation des stocks, une surcapacité des flottes de pêche, de fortes subventions, une faible résilience économique et une baisse des quantités de poissons capturées par les pêcheurs européens. »

Le Livre Vert poursuivait : « Il ne doit pas s’agir d’une nouvelle réforme fragmentaire par petites touches, mais d’une véritable mutation permettant de venir à bout des raisons profondes qui sont à l’origine du cercle vicieux dans lequel la pêche européenne est emprisonnée depuis ces dernières décennies. »

En faisant disparaître à un moment aussi critique cette contribution essentielle de la Cour des Comptes, la France s’est assurée que « le cercle vicieux », dénoncé par le rapport comme menant le secteur à sa perte, puisse se poursuivre sans encombre.

« A gauche comme à droite, les politiques en matière de pêche procèdent de la même opacité, du même court-termisme et des mêmes liens avec les lobbies industriels » affirme Claire Nouvian, qui cite pour preuve le refus de collaboration, mentionné dans le Rapport secret de la Cour, de Philippe Mauguin, directeur des pêches de Bruno Lemaire et actuellement… chef de cabinet de Stéphane Le Foll.

« Qu’il s’agisse des ministres ou des députés européens, le PS et l’UMP sont sur la même ligne en matière de pêche. Cela a été confirmé par le vote de la PCP par la délégation socialiste française au Parlement européen, la seule à avoir voté contre tous les autres Socialistes européens et à avoir rejeté les objectifs de reconstitution des stocks de poissons… »

Un dossier embarrassant qu’il incombera désormais au nouveau Ministre de l’Ecologie Philippe Martin de traiter.

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Note

[1] Livre vert de la Commission européenne publié le 22 avril 2009

Scierie du Morvan : Montebourg trahit sa promesse Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/07/09 Camille Martin (Reporterre) (9 juillet 2013) Scierie du Morvan : Montebourg trahit sa promesse. Reporterre. fr

Scierie du Morvan : Montebourg trahit sa promesse

Le ministre du Redressement productif avait promis de recevoir les citoyens opposés au projet de scierie industrielle Erscia, dans le Morvan. Promesse trahie : il leur envoie une lettre leur disant qu’il n’a pas le temps de les écouter.

Ce pourrait être rien du tout, un rendez-vous refusé, une promesse de ministre vite oubliée, le tout-venant politique. Mais voilà : dans la Nièvre se discute depuis des années un des projets majeurs d’industrialisation de la forêt française, et depuis des années, des citoyens s’y opposent, décortiquent le dossier, montrent qu’il est mal fagoté. Leur argumentation est confortée par des fédérations professionnelles qui disent, elles aussi, que le projet de scierie industrielle d’Erscia est démesuré et fragilisera les emplois locaux.

Le 20 mai dernier, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, gravit le Mont Beuvray avec son entourage et des journalistes. Des associatifs d’Adret Morvan le rejoignent, et la discussion s’engage. Elle est filmée et enregistrée, comme on peut le voir, le lire et l’entendre ici.

A plusieurs reprises, le ministre dit qu’il recevra ses interlocuteurs pour discuter du projet et de leurs propositions. On se sépare.

Mais quelques semaines plus tard, la lettre du ministre arrive : c’est non, il n’a pas le temps de recevoir les citoyens du Morvan.

Une petite trahison, une trahison de plus. Qui explique pourquoi, de plus en plus, les citoyens ne croient plus ces “responsables" qui ne les écoutent pas, mais qui entendent si bien les financiers et les patrons des multinationales.

Voici la lettre envoyée le 11 juin 2013 par le chef de cabinet de M. Montebourg

"Monsieur,

Christophe Antoine".

L’an 02 n°4 Reporterre 2013/07/09 (9 juillet 2013) L’an 02 n°4. Reporterre. fr

L’an 02 n°4

L’An 02 vous livre un quatrième numéro autour du désir de collectif, entre fabrique de l’individualisme, communautés, « vivre-ensemble », biens communs et culture de l’égoïsme. Sans oublier Valparaiso, les écologistes américains, les solutions au « solutionnisme », ainsi qu’une bande dessinée d’un format exceptionnel (pour nous) : « Nous étions souverains ».

Sommaire

Chroniques

Invité·e·s : Dominique Méda, Aurélien Boutaud, Philippe Godard « Boîte à outils », « Labo », « L’atterrissage », « Chronique du vrai travail » Reportages : « Des centres communautaires pour les femmes »

Dossier « Ensemble, c’est trop ? »

Charlotte Nordmann, « Construire une école qui ne soit pas un lieu de hiérarchisation » François-Xavier Devetter, « Liberté et évaluation individuelle au travail » Sylvie Tissot, « Réflexions critiques sur le « vivre ensemble » Entretien avec Archi Éthic, « Concevoir ensemble son lieu de vie » Entretien avec Jacques Prades, « Nous avons besoin d’une critique de gauche de l’État » Michel Granger, « Contre le vandalisme de quelques-uns. Thoreau et la gestion collective de la nature »

Lectures

Christopher Lasch et Cornelius Castoriadis, La Culture de l’égoïsme Jean-Luc Debry, Le Cauchemar pavillonnaire Delphine Le Lay et Alexis Horellou, Plogoff James C. Scott, Zomia ou l’art de ne pas être gouverné Cédric Biagini, L’Emprise numérique Alain Deneault et Wiliam Sacher, Paradis sous terre « Ce vieux livre jauni a d’l’idée » : la bibliothèque verte de Thierry Paquot Varia : Murray Bookchin, une écologie sociale

Interventions graphiques

Photographie : Pierre Morel Bande dessinée : Guillaume Trouillard, « Nous étions souverains » Autour de l’AIAA : Grégoire Lavigne, SabotajealMontaje, Corinne Veron-Durand

Dossier « Ensemble, c’est trop ? » Bande dessinée : Tanquerelle et Yann Benoît, La Communauté (extraits) Affiche : Colloghan Illustration : Guillaume Trouillard

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Semestriel – Été 2013 – 7 euros – 60 pages – En librairie et sur abonnement

Lignes THT : l’acharnement judiciaire se poursuit Assemblée Anti-THT Reporterre 2013/07/09 Assemblée Anti-THT (9 juillet 2013) Lignes THT : l’acharnement judiciaire se poursuit. Reporterre. fr

Lignes THT : l’acharnement judiciaire se poursuit

Les opposants à la ligne THT du Cotentin passent en procès le 11 juillet à Laval.

Du nouveau, notre report du procès du 21 mars se déroulera le jeudi 11 juillet à 14h au tribunal de grande instance de Laval, 13 place saint Tugal. Nous vous invitons dès 12h devant le tribunal pour un repas à prix libre

N’oublions pas que ce sont désormais au moins neuf procès qui ont eu lieu et auront lieu pendant le premier semestre 2013. Nous en profitons donc pour relancer un appel à don auprès du fonds de soutien aux inculpé-es des luttes anti-THT et anti-nucléaire (voir en bas de page). On peut déjà estimer à quelques dizaines de milliers d’euros les frais à venir…

Presque vingt-six ans jour pour jour après le désastre de Tchernobyl, une petite centaine de personnes est venue s’attaquer, le 25 avril 2012, à un tentacule du nucléaire dans la région, un pylône de la ligne à très haute tension Cotentin-Maine.

Neuf mois après, cinq personnes sont sommées de se présenter à la gendarmerie de leur domicile (Rennes, Plélan-le-Grand, Coutances, Paris, Le Mans). Mis-es en garde à vue pour vingt-quatre heures renouvelables, mais finalement relâché-es dans la journée, nous sommes poursuivi-es pour dégradations en réunion sur un bien d’utilité publique et refus de donner notre ADN.

Pour défendre une industrie qu’il ne voudrait voir souffrir d’aucune critique, l’État fait jouer son arsenal judiciaro-policier. Nous nous retrouvons sur le banc des accusé-e-s ainsi que d’autres, concerné-es tant par l’opposition à la THT que par les blocages de trains de déchets nucléaires (Valognes et Caen).

On aurait pourtant tendance à penser, deux ans après la catastrophe en cours de Fukushima, que c’est l’industrie nucléaire dans son ensemble qui est condamnable par son inconséquence – des dégâts incommensurables occasionnés par les mines d’uranium et par son enrichissement à ceux de la ligne THT, en passant par l’exploitation erratique des centrales, les tares du retraitement et la longue aventure du stockage des déchets…

L’action menée ce jour-là paraît bien dérisoire et anodine, mais hautement symbolique, à côté de tous les maux qu’a entraînés, qu’entraîne et qu’entraînera l’industrie nucléaire et ses lignes à très haute tension.

Procès passés et à venir :

18 et 19 mars à Caen : deux appels suite à l’action contre le train de déchets nucléaires à Valognes 11/2011

22 mars à Laval : procès d’un anti-THT.

21 mai : rendu du jugement pour un déboulonnage public le 18/03/2012, le militant doit payer 2000 euros de dommages et intérêts à RTE pour quelques boulons dévissés et 400 euros d’amende.

31 mai à Caen : un appel suite à l’action de Valognes et un procès suite au camp de Montabot.

5 juin : rendu du jugement pour les 7 inculpé-es du GANVA qui avaient bloqué un train de déchets radioactifs en novembre 2010, ils-elles doivent payer 29 000 euros de dommages et intérêts à la SNCF, 1750 euros pour payer l’avocat de la SNCF, ils-elles prennent 3 mois de prison avec sursis et 5 des 7 ont une mention sur le casier B2.

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Fonds de soutien :

Chèque à l’ordre de l’APSAJ – Association pour la solidarité et l’aide juridique : APSAJ, 6, cours des alliés, 35000 Rennes

RIB : 42559 00055 41020014732 07

IBAN : FR76 4255 9000 5541 02001473 207/BIC : CCOPFRPPXXX

A Paris, une ressourcerie sociale donne une nouvelle vie aux objets Tour de France des alternatives Reporterre 2013/07/09 Tour de France des alternatives (9 juillet 2013) A Paris, une ressourcerie sociale donne une nouvelle vie aux objets. Reporterre. fr

A Paris, une ressourcerie sociale donne une nouvelle vie aux objets

Collecter des objets destinés à la poubelle, les remettre en état et les revendre à bas prix dans un magasin solidaire, tel est le quotidien des anciens squatteurs de la Petite Rockette. Mais cette activité de ressourcerie n’est qu’un prétexte pour resserrer les liens sociaux dans leur quartier.

- Reportage, Paris

Octobre 2005. Ils entrent par la petite porte, par effraction. C’est alors la naissance du squat La Petite Rockette (rue Saint-Maur à Paris) et le début d’une aventure solidaire et collective qui durera plus de cinq ans. Pour les occupants, le squat, ou plutôt la réquisition citoyenne, n’est pas une fin mais un moyen. Un moyen d’offrir « logement et atelier aux artistes et de pallier aux problèmes d’espace auxquels est confronté un grand nombre de citoyens », comme l’indique leur site internet.

Hébergements d’urgence, mise à disposition des locaux aux artistes, organisation d’ateliers et de cours ouverts au public… Pendant ces années précaires mais festives, La Petite Rockette sera le théâtre d’expérimentations sociales et artistiques foisonnantes. Mais voilà. La municipalité qui jusque là avait, bon gré mal gré, laissé un peu de répit aux squatteurs frappe à la porte et propose un deal que l’on peut résumer ainsi : « Vous quittez les lieux qu’on veut transformer en centre social et nous vous mettons à disposition un autre local, un peu plus loin ».

Les tensions qui commençaient à apparaitre, aléas inévitables de la vie en collectivité, ainsi que la peur d’être expulsés de force en cas de refus, poussent les occupants à accepter la proposition.

Créer des biens communs

En 2011, La Petite Rockette se délocalise donc au 62 rue Oberkampf sous contrat de convention d’occupation précaire avec la Mairie. « Le but de la réquisition citoyenne est de prendre un bâtiment pour créer du bien commun, pas d’empêcher l’Etat de faire de l’action sociale. Et puis nous avions envie de capitaliser sur ce qui avait été fait », justifie Dimitri, qui me reçoit dans son bureau au sous-sol des nouveaux locaux.

Fini donc l’illégalité, mais l’esprit de départ est préservé. « Nous avons arrêté notre activité de squat mais nous avons conservé notre mode de gouvernance collectif, notre côté alternatif », précise Dimitri. Des cours de danse et des ateliers couture sont toujours proposés. Des salles de répétition sont toujours mises à disposition (pour 1,5 € de l’heure), mais l’hébergement d’urgence ne peut plus être assuré, faute de place.

Bien que déplacée, la petite Rockette garde son nom mais son activité change : ce sera désormais une ressourcerie, à savoir une « déchetterie de proximité améliorée », comme s’amuse à la définir Dimitri. L’équipe de La Petite Rockette s’occupe d’organiser des collectes dans le quartier ou dans ses locaux. Electroménager, matériel électronique, livres, vêtements jouets… la ressourcerie accepte tout et ce peu importe l’état.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Une fois les objets récoltés, ils sont revalorisés ou, quand ce n’est pas possible, envoyés dans des filières de retraitement appropriées. Au final, sur les 110 tonnes collectées, seulement 10 finissent au rebut. « La majorité de ce qu’on collecte ne part pas à la poubelle », assure Dimitri. Entre les mains de l’équipe, les objets reviennent à la vie. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », aurait dit Lavoisier.

Les anciens squatteurs reconvertis à l’écologie n’en oublient pas pour autant le caractère social de leur action. Les objets réparés et recyclés sont vendus dans une des deux boutiques solidaires de l’association à des prix dérisoires. « C’est un vrai bonheur de voir les gens repartir avec le sourire parce qu’ils ont dégoté un petit trésor pour quelques euros », s’enthousiasme Cédric, un des salariés de l’association. Du matériel est également prêté ou donné à des squatteurs ou des artistes des alentours.

Mais la volonté de proposer des objets à un tarif abordable ne suffit pas à garantir qu’ils soient accessibles pour tous. « On voit des personnes hésiter pendant 10 minutes devant une paire de chaussures à 2 euros », regrette Rozenn, une employée de l’association. Elle a bien essayé de leur offrir, mais pas question pour les clients d’accepter de les prendre gratuitement, question de dignité.

« Nous leur proposons alors en échange de participer aux collectes de vêtements ou de filer un coup de main. Ainsi, les personnes ne se sentent pas gênées », ajoute cette salariée qui ne fait payer que la moitié des participants à son cours de couture. « La notion d’échange est importante pour nous, renchérit Dimitri, et celui-ci ne passe pas systématiquement par la monétisation ».

Le cul entre deux chaises

Et l’absence de discrimination par le porte-monnaie ne nuit pas aux affaires. Sur les 200 000 euros de budget annuels, plus de la moitié provient des recettes de la boutique et environ 20 000 euros sont issus des prestations annexes (location de salle, animations, cours…). Le reste vient des huit emplois en contrats aidés. « Grâce à la boutique, on permet à des habitants du quartier d’accéder à des biens et à d’autres d’avoir un emploi », résume Dimitri.

Mais bien qu’ils soient fiers du travail accompli depuis l’ouverture du premier magasin en janvier 2012, la remise en question est permanente. Passer d’un squat à un bâtiment fourni par la municipalité, aussi précaire soit-il, n’est pas sans conséquences. L’institutionnalisation qui en a découlé n’a pas été évidente à gérer pour ces anciens squatteurs qui se retrouvent le cul entre deux chaises :

« Pour les plus radicaux, nous sommes des vendus, et pour les institutions, nous sommes des alternatifs, ironise Dimitri. Pourtant, nous pensons toujours que les squats sont nécessaires. Ce n’est pas parce qu’on a des locaux à notre disposition qu’on a changé d’état d’esprit. Nous avons simplement voulu évoluer vers quelque chose de différent, pour essayer de construire quelque chose. »

Alors ils avancent, ils expérimentent, sans avoir la prétention de changer le monde, simplement de « faire leur part ». Pour Anaïs par exemple, une des dernières recrues dont le boulot consiste à « conseiller des gens pour qu’ils s’habillent avec goût pour trois francs six sous », l’objectif est « de vivre en tant qu’humain dans un monde citadin féroce, d’être en osmose avec mes valeurs ».

Le besoin de mettre en cohérence travail et principes est une volonté exprimée par la plupart des employés. Et cela passe notamment par le mode de gouvernance de l’association. « Tout le monde a le même niveau de salaire et a son mot à dire », assure Dimitri. L’atmosphère riante des lieux montre que de ce côté là, le pari est réussi.

Et pour ce qui est de « resserrer les liens sociaux dans le quartier », comme leur site l’indique, ils ont choisi l’écologie comme vecteur, « mais ça aurait pu être autre chose », glisse Dimitri.

Donner une seconde vie aux objets

De par leur activité de ressourcerie et grâce aux animations qu’ils dispensent, notamment auprès des jeunes, ils espèrent, tranquillement, amener les gens à réfléchir. « Il est important qu’ils comprennent que s’ils peuvent acheter ici, c’est parce que d’autres ont donné, que les objets peuvent avoir une deuxième vie », indique Cédric.

Mais il y a encore du pain sur la planche. En effet, du fond de son atelier Dominique, un sculpteur qui vient ici bénévolement, repère des « mouvements de société », celle de la consommation. « Une semaine avant les soldes, les gens vident leur appartement et nous avons de gros arrivages. C’est de la boulimie ! D’une manière ou d’une autre, les gens veulent consommer histoire de se sentir comme tout le monde », constate-t-il, amer. Une tendance confirmée par Cédric : « on reçoit des appareils photos et des téléphones en parfait état qui sont simplement passés de mode, c’est l’obsolescence à plein régime ».

« L’action locale, c’est l’action maximale »

Lui qui ne « s’intéressait pas du tout à l’écologie » admet être revenu sur ses positions. « Quand on voit tous ces objets jetés, ça vaccine. On se rend compte que si on continue à consommer de la sorte, on ne peut que détruire la planète ». Et il semble ne pas être le seul à avoir intégré la contrainte écologique dans son raisonnement.

« Chez les jeunes, la pratique du recyclage est vraiment ancrée, quand ils viennent à nos animations, ils y sont déjà sensibles. Mais il faudrait au moins une ressourcerie par arrondissement. 10 ans après, on verrait les conséquences bénéfiques en termes de relocalistion de l’économie, de consommation raisonnée, de prise de conscience », prophétise Dominique.

En choisissant de s’investir dans l’action solidaire de proximité, La Petite Rockette œuvre à son échelle pour faire faire bouger les lignes. Et ce n’est pas Dominique, le scultpeur et bénévole de l’association qui s’en plaindra. Car pour lui, « l’action locale, c’est l’action maximale ».

Réserves de gaz de schiste : les chiffres avancés sont très exagérés Anne Feitz (Les Echos) Reporterre 2013/07/09 Anne Feitz (Les Echos) (9 juillet 2013) Réserves de gaz de schiste : les chiffres avancés sont très exagérés. Reporterre. fr

Réserves de gaz de schiste : les chiffres avancés sont très exagérés

Des chiffres de réserves mirifiques, notamment en France et en Pologne. Problème : leur élaboration est faite au doigt mouillé...

Partout dans le monde, les projections, espoirs ou polémiques suscités par les réserves de gaz de schiste, semblent prématurés. Car, pour l’heure, leur estimation précise demeure bien difficile.

« En France, aujourd’hui, on n’a pas d’idées, mais on a du gaz de schiste ! » Laurence Parisot a fait sensation en avril dernier avec sa formule choc, référence directe au slogan en vogue dans les années 1970, « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. »

La présidente sortante du Medef fondait son plaidoyer en faveur de l’exploitation des gaz de schiste, aujourd’hui interdite dans l’Hexagone, sur un rapport de l’US EIA (US Energy Information Administration), une administration américaine indépendante, qui fournit des statistiques sur l’énergie.

Un rapport paru en avril 2011, que l’organisme vient tout juste de remettre à jour : selon lui, la France est effectivement au deuxième rang européen, derrière la Pologne, pour son potentiel en gaz de schiste, avec des réserves techniquement récupérables de 3.870 milliards de mètres cubes de gaz. Elle serait même numéro un pour le pétrole, avec 4,7 milliards de barils. Et ce, même si ces évaluations ont été revues à la baisse (« Les Echos » du 11 juin 2013).

Seule source mondiale à s’aventurer sur la question, ce rapport suscite beaucoup d’excitation dans de nombreux pays. Selon ses dernières estimations, 32 % des réserves mondiales de gaz et 10 % de ­celles de pétroles sont des hydrocarbures de schiste, emprisonnés dans la roche dure appelée « roche mère », et que l’on sait désormais extraire grâce à la technologie – controversée – de la fracturation hydraulique.

Leur exploitation, qui a démarré aux Etats-Unis au milieu des années 2000, y a donné lieu à une véritable révolution, qui fait rêver les autres pays potentiellement concernés. La Chine, notamment, serait le pays le plus riche au monde en gaz de schiste (avec 31.500 milliards de mètres cubes de réserves) et le troisième pour le pétrole de schiste (32 milliards de barils).

Placée au deuxième rang mondial pour le gaz et au quatrième pour le pétrole, l’Argentine pourrait de même devenir un futur géant énergétique. L’Algérie, le Canada, le Mexique, l’Australie, l’Afrique du Sud et le Brésil figurent aussi dans le Top 10 pour le gaz, comme la Russie, championne du monde pour le pétrole et numéro 9 pour le gaz. Les Etats-Unis, enfin, se placeraient au quatrième rang pour le gaz et au deuxième pour le pétrole.

Les projections, espoirs, ou polémiques suscités par ces estimations semblent toutefois bien prématurés. Car, il faut bien le dire, le rapport de l’US EIA est fondé sur des calculs de coin de table. Les experts du cabinet ARI (Advanced Resources International), qui ont travaillé pour l’US EIA, ont sans nul doute passé des heures et des heures à éplucher de longs rapports de géologues, portant sur 137 bassins dans 41 pays. Mais, au final, la méthode utilisée relève bien du doigt mouillé.

Estimation acrobatique

Ces analystes ont d’abord estimé le volume d’hydrocarbures « en place », contenu dans la roche. « Un premier calcul effectué en fonction de la perméabilité et la porosité de la roche, de son épaisseur moyenne et de la surface du bassin sédimentaire », explique Roland Vially, géologue à l’IFP Energies Nouvelles.

Relativement précise lorsqu’elle concerne des bassins connus (ce qui est le cas en Amérique du Nord ou dans le bassin parisien), cette première estimation reste acrobatique en l’absence de forages anciens, ou pour les pays peu transparents comme la Russie ou la Chine. Surtout, les analystes lui appliquent ensuite un coefficient de récupération, estimé au jugé, à partir de ce qu’ils savent de la géologie. « Or ce coefficient peut tout à fait varier du simple au double, ou au final être nul », relève un autre géologue.

Sans nouvelles données, simplement en analysant mieux les informations disponibles, l’EIA a ainsi divisé par plus de dix son estimation du potentiel du sud-est de la France. « La surface jugée intéressante a été divisée par près de quatre, et le coefficient de récupération a de même été fortement réduit, l’EIA ayant finalement estimé que la roche dite de “terres noires” ne contenait pas d’hydrocarbures », indique Roland Vially.

Ayant certes le mérite d’être transparente et homogène mondialement, l’approche volumétrique de l’EIA délivre, de fait, des estimations souvent très supérieures à celles des organismes nationaux.

L’Institut géologique polonais a ainsi évalué les réserves du pays en gaz de schiste à 1.920 milliards de mètres cubes, très en deçà des chiffres de l’EIA, même après révision (4.200 milliards de mètres cubes). A chacun sa méthode. Les géologues utilisent des approches plus « microéconomiques », intégrant l’hétérogénéité des sous-sols, le nombre de puits nécessaires ou leur durée d’exploitation.

Difficile, toutefois, de s’approcher de la vérité sans nouveaux forages d’exploration. « C’est le seul moyen de tester la capacité de la roche à être fracturée et à produire des hydrocarbures », rappelle un géologue. Mais pas forcément de clore les débats.

Même aux Etats-Unis, où des centaines de milliers de puits ont déjà été forés, tous les experts ne sont pas d’accord sur le potentiel des bassins exploités. « Deux approches s’affrontent, indique Roland Vially. La plus optimiste intègre les progrès technologiques, qui ont permis de multiplier par plus de trois la productivité des puits en cinq ans. A l’inverse, certains considèrent que les compagnies ont commencé par exploiter les gisements les plus faciles d’accès, et que le taux de récupération va baisser… »

D’autres facteurs, moins techniques mais tout aussi cruciaux, auront aussi in fine une influence directe sur les potentiels nationaux : le coût d’extraction, l’acceptation par l’opinion, ou la densité de population. Les batailles de chiffres sont loin d’être terminées.

Les vendeurs de Castorama agressent les clowns qui se moquaient du Roundup Roundup non merci Reporterre 2013/07/10 Roundup non merci (10 juillet 2013) Les vendeurs de Castorama agressent les clowns qui se moquaient du Roundup. Reporterre. fr

Les vendeurs de Castorama agressent les clowns qui se moquaient du Roundup

Aujourd’hui 10 juillet 2013, la Brigade Activiste des clowns s’est invitée au Castorama de La Défense [près de Paris] pour « faire une chasse à la dernière abeille à coups de Roundup ».

Une vingtaine de clowns, accompagnés d’autres militants, ont envahi le magasin dans la bonne humeur.

Mais pour la deuxième fois en deux mois, des vendeurs se sont comportés comme des voyous.

Deux vendeurs ont frappé les militants, sans aucune raison rationnelle : deux coups de boule, un coup de poing accompagnés de plusieurs menaces de mort dont « il faut vous mettre dans une chambre à gaz » !

Armés de deux aérosols anti-cafard, les vendeurs irresponsables ont aspergé à bout portant les yeux de plusieurs militants.

Le directeur du magasin, présent sur place, n’a rien fait pour empêcher ça.

Les agresseurs ont également cassé une caméra et saisi une carte mémoire ; celle-ci a été récupérée ensuite. La police est arrivée sur les lieux.

Quatre plaintes sont en train d’être enregistrées contre Castorama et les vendeurs en question.

Déjà il y a deux mois, plusieurs plaintes avaient été déposées contre un vendeur du même magasin qui avait agressé trois militants et également cassé une de leurs caméras. L’instruction est en cours.

Complément d’info : Une vidéo de l’événement

Le gouvernement ne renonce pas aux autoroutes Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/07/10 Camille Martin (Reporterre) (10 juillet 2013) Le gouvernement ne renonce pas aux autoroutes. Reporterre. Autoroutes fr

Le gouvernement ne renonce pas aux autoroutes

Le Plan « Investir pour la France », présenté par le premier ministre le 9 juillet, serait « écologique ». Problème : il prépare le financement de nombreux projets autoroutiers.

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a présenté mardi 9 juillet le « Plan Investir pour la France ».

Présenté comme écologique, ce plan prévoit en fait une relance autoroutière. Il indique en effet : « Le Gouvernement propose de l’ordre de 30 Md€ d’investissements, tous financeurs confondus, dans les grands projets prioritaires : (scénario n°2 de la commission Mobilité 21) ».

Or qu’indique le scénario n°2 de la Commission Mobilité 21 ? Une longue liste de projets à des horizons plus ou moins lointains :

En « premières priorités » (p. 47) : Route centre Europe Atlantique, contournement est de Rouen, RN 154, A 54, contournement d’Arles, A 31 bis Toul-Luxembourg, A 45 Lyon Saint Etienne, RN 126 Toulouse Castres.

Puis, en « secondes priorités » (p. 48) : A 104 Méry-sur-Oise Orgeval, A 319 Langres Vesoul, A 355 grand contournement ouest de Strasbourg, grand contournement autoroutier de Lyon, Liaison est ouest Avignon, RN 154.

Et sans oublier, à des « horizons plus lointains » (p. 49) : A 26 Troyes Auxerre, A 51 Gap Grenoble, A 51 La Saulce La Batie Neuve, A 831 Fontenay le Comte Rochefort, désenclavement routier du Chablais.

Est-il besoin de rappeler que bon nombre de ces projets font l’objet de batailles écologistes de longue date ? Tels les projets d’Avignon, de Strasbourg, de Gap-Grenoble, de Lyon-Saint Etienne, de Castres-Toulouse.

Selon l’association Agir pour l’environnement, « en faisant le choix de soutenir le scénario n°2 du rapport Duron, présenté comme le plus ambitieux par le premier ministre, le gouvernement a décidé d’investir massivement dans une relance autoroutière, présentée comme compatible avec la transition énergétique. »

Dans les Deux-Sèvres, une coopérative fabrique quarante yourtes par an Alimentons-nous ! Reporterre 2013/07/10 Alimentons-nous ! (10 juillet 2013) Dans les Deux-Sèvres, une coopérative fabrique quarante yourtes par an. Reporterre. fr

Dans les Deux-Sèvres, une coopérative fabrique quarante yourtes par an

La Scop de La Frênaie, installée depuis sept ans sur le territoire du Marais mouillé, fabrique des yourtes solidaires et locales. L’atelier que nous avons visité, situé à Arçais (Deux-Sèvres], est un lieu où le bois, majoritairement local, et la laine de mouton s’exposent, bien ordonnés sous nos yeux.

Les yourtes, confectionnées à la demande et sur mesure par des artisans plus ou moins anciens de la Scop, sortent parfaitement adaptées au climat et à leur utilisation future, autant dans l’architecture que dans les matériaux employés. Dans un souci de transmission de pratiques, la confection peut être, et est bien souvent, participative.

La coopérative, qui a monté des partenariats avec les associations de protection des forêts du Marais, s’occupe elle-même du ramassage et du traitement du bois. Élagage et éclaircissement contre matière première, un échange de service créateur de liens forts… Les isolants, cordages et toiles sont également issus d’échanges équitables avec des producteurs ayant une réelle réflexion sur leur activité. Un rapprochement avec la filière lin est aujourd’hui en train de s’opérer.

Ainsi, une réflexion sur les matériaux utilisés démontre une dimension éthique dans l’approvisionnement de l’atelier. Il en est de même dans l’organisation de la structure : horizontalité dans les prises de décisions, organisation du temps de travail, transmission de savoirs, polyvalence et absence de spécialisation…

Une quarantaine de yourtes sortent chaque année de cet atelier à tipi(que) ! Une activité qui nécessite un nouveau lieu de production, plus grand, mieux adapté.

Une démarche remarquable qui interroge, à la fois ce que peut-être l’implication territoriale d’une entreprise, que notre rapport au travail.

Le préfet de Haute-Savoie veut tuer les bouquetins du massif du Bargy FRAPNA Reporterre 2013/07/10 FRAPNA (10 juillet 2013) Le préfet de Haute-Savoie veut tuer les bouquetins du massif du Bargy. Reporterre. fr

Le préfet de Haute-Savoie veut tuer les bouquetins du massif du Bargy

Sous prétexte de risque de propagation de la brucellose, le préfet de Haute-Savoie veut éradiquer une population de bouquetins.

La FRAPNA [Fédération Rhône Alpes de protection de la nature] et la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux] expriment leur profond désaccord par rapport à la demande d’abattage par tirs au fusil de la totalité de la population de bouquetins du massif du Bargy faite par le Préfet de Haute-Savoie au Ministère de l’environnement.

Cette requête est réalisée dans la précipitation sous la pression du ministère de l’Agriculture et des syndicats agricoles. En effet, le risque de propagation de la maladie aux troupeaux domestiques reste modeste moyennant des mesures de surveillance déjà en place et une séparation des troupeaux domestiques et de la faune sauvage.

Mais on agite le spectre de la perte du statut de « pays indemne de brucellose » par la France pour balayer d’un revers de main les autres possibilités d’éradication du foyer comme la vaccination des jeunes individus indemnes...

Pourtant, le risque de propagation de la maladie par les individus en fuite qui rejoindront d’autres hardes saines suite aux tirs est, quant à lui, bien probable : le remède risque fort de s’avérer pire que le mal !

Afin de « faire avaler la pilule » aux associations de protection de la Nature mises devant le fait accompli, on nous fait de vagues promesses de réintroduction en 2016 si la situation le permet ! On voit déjà poindre le scénario de la réintroduction du bouquetin dans les Bauges : différée aux calendes grecques en raison de l’opposition des chambres d’agriculture de Savoie et des fédérations des chasseurs.

Les premiers considèrent que le bouquetin représente désormais un risque sanitaire pour leurs troupeaux et les seconds qu’il n’a pas sa place dans la nature car il n ’est pas chassable !

Comment croire à cette réintroduction promise si, au préalable à tout abattage de bouquetins, la Chambre d’agriculture des Savoie, la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie, les Conseils municipaux des communes concernées, les Communautés de communes, le Conseil Général de Haute-Savoie et le Conseil Régional Rhône-Alpes ne délibèrent pas en faveur de la réintroduction du bouquetin dès 2016 dans le massif du Bargy. Quant au gypaète barbu, il aura bien du mal à trouver sa pitance dans un Bargy déserté par le bouquetin…

En Roumanie, des étrangers achètent la terre en masse Farm Land Grab Reporterre 2013/07/10 Farm Land Grab (10 juillet 2013) En Roumanie, des étrangers achètent la terre en masse. Reporterre. fr

En Roumanie, des étrangers achètent la terre en masse

En Roumanie comme dans toute l’Europe de l’Est, les terres agricoles attirent la convoitise des investisseurs étrangers. Selon l’association roumaine EcoRuralis, plus de 700 000 hectares, seraient déjà aux mains de compagnies du Qatar, d’Arabie Saoudite ou de Grande-Bretagne.

La ruée sur les terres agricoles ne connaît pas de répit dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. En Roumanie, cinquième pays de l’UE en matière de surfaces agricoles, au moins 700.000 hectares (6,5 % des terres arables) seraient aux mains d’investisseurs étrangers, selon les chiffres obtenus par l’AFP auprès de l’association roumaine EcoRuralis.

Le plus souvent, il ne s’agit pas « d’achat » de terres mais plutôt de location longue durée : « les contrats sont flous, les paysans en comprennent souvent mal les termes. On leur promet des achats de matériels, ils cèdent leurs terres pour dix ou vingt ans à 100 euros l’hectare. On a même vu des contrats à 600 kilos de grains/ha. Mais rien qu’en subvention de la PAC [politique agricole commune], l’investisseur va encaisser 130 euros/ha », explique Attila Szocs, ingénieur agronome responsable de l’association roumaine EcoRuralis.

« Dans le sud du pays, ce sont surtout des investisseurs venus de pays arabes, du Qatar, d’Arabie saoudite, et aussi un fonds d’investissement libanais qui s’approprient les terres », souligne Stéphanie Roth, coordinatrice de la campagne Good Food Good Farming d’Ecoruralis. Le blé et le maïs qui y sont produits partent directement à l’export, insiste-t-elle. Ainsi qu’un immense élevage d’environ 20.000 moutons, eux aussi expédiés vers des pays du Golfe.

Les investisseurs britanniques ne sont pas en reste, comme l’a montré le mariage au début du mois mars de Mintridge International, société d’investissement tournée vers la Pologne et la Roumanie, avec le fonds privé Velcourt (l’un des plus riches propriétaires agricoles au Royaume-Uni), qui dit attendre de cette union de solides bénéfices, estimant notamment que l’hectare pourrait voir son prix tripler.

Car, parfois, les investisseurs achètent vraiment la terre (environ 2 500 euros l’hectare en Roumanie, soit deux fois moins qu’en France). Ils la louent ensuite, en attendant de la revendre. En Pologne, le groupe d’investissement Kinnevik a ainsi annoncé la vente des 6 700 hectares qu’il exploitait depuis treize ans.

Le fonds estime pouvoir tirer profit d’une « amélioration substantielle de la valeur du bien » selon les termes de son directeur, David Cousins. Au cours des trois dernières années, le prix de la terre en Pologne a augmenté de 25 %, selon le consultant Brown & co.

L’Etat opère un hold-up sur les ressources de la protection de l’eau Serge Lepeltier Reporterre 2013/07/10 Serge Lepeltier (10 juillet 2013) L’Etat opère un hold-up sur les ressources de la protection de l’eau. Reporterre. Tribune — Eau, rivières, océans fr

L’Etat opère un hold-up sur les ressources de la protection de l’eau

Discrètement, l’Etat ponctionne les ressources des Agences de l’eau, en principe destinées à maintenir et à améliorer la qualité du précieux liquide.

L’Eau paie l’Eau. C’est la règle à laquelle l’Etat s’est toujours officiellement attaché. Elle est pourtant aujourd’hui clairement mise en question par l’arbitrage du budget 2014. Et en mettant en cause cette simple règle écologique, les populations les plus défavorisées en seront les premières victimes.

Le gouvernement a décidé de ponctionner les Agences de l’eau pour l’année 2014 à hauteur de 10% de leurs recettes provenant des redevances sur l’eau. C’est 210 millions d’Euros qui iront directement au budget général de l’Etat. Le motif évoqué est la situation financière saine des Agences avec un fonds de roulement qui leur évite pour la plupart de s’endetter. Mais cette situation est une simple situation d’équilibre qui permet d’agir.

Ainsi les conséquences seront multiples

La première est évidemment de mettre en cause le caractère sain de la gestion des Agences, dont on doit se féliciter, au vu des situations financières d’autres institutions. La deuxième est écologique. Les projets soutenus par les Agences seront diminués. Ainsi l’objectif de rétablissement de l’état écologique des eaux à l’horizon 2020, en respect de la directive européenne cadre sur l’eau ne pourra pas être tenu.

Il en sera de même pour la gestion quantitative de la ressource et l’adaptation au changement climatique. Cela amplifiera les conséquences dues à la baisse des aides des conseils généraux dans ce secteur passées de 164 Millions d’Euros en 2007 à 112 Millions en 2011.

La troisième est économique. L’effet levier des aides des Agences est significatif. Quand une Agence apporte une aide de 1 €, c’est 5 € de travaux qui sont enclenchés. Pour la seule Agence Loire-Bretagne dont je préside le Comité de Bassin, le financement annuel des projets à hauteur de 350 Millions à 400 Millions d’Euros génère 2 Milliards d’Euros de travaux chaque année. C’est 7 à 8000 emplois d’activité qui sont ainsi promus. Emplois qui, de plus, sont non délocalisables.

Enfin, la quatrième conséquence est d’ordre social. Les redevances sont versées en partie par les secteurs économiques industriels et agricoles. Mais elles le sont avant tout et à plus de 80% par les usagers domestiques. Cela veut dire que ce prélèvement qui ne servait qu’à permettre l’amélioration de la qualité de l’eau devient en partie un impôt. Il sera payé par l’ensemble de la population et en particulier par les plus défavorisés.

Ceci va totalement à l’encontre de l’engagement du Président de la République et du Premier Ministre de ne faire payer que les riches pour rétablir l’équilibre financier de l’Etat. Les plus défavorisés y participeront sans pouvoir y déroger, l’eau étant indispensable à la vie.

Comment répondre à cette nouvelle contrainte ?

Seules deux solutions existent : Soit réduire les actions en faveur de la qualité de l’eau, soit augmenter les redevances. Ceci en opposition totale avec les arbitrages pris par le gouvernement à l’automne 2012 pour le lancement des 10es Programmes 2013/2018 des Agences.

Variable d’ajustement, l’écologie le restera-t-elle toujours ? Les populations les plus défavorisées continueront-t-elles à en subir les conséquences dans leur vie quotidienne ?

Si l’eau ne paie plus seulement l’eau, c’est malheureusement ce qui perdurera.

Monnaies locales du 9 au 12 Juillet Reporterre 2013/07/10 (10 juillet 2013) Monnaies locales du 9 au 12 Juillet. Reporterre. fr

Monnaies locales du 9 au 12 Juillet

« Monnaies Locales et Solidaires » ou Relocalisation et Réappropriation de l’économie locale, sociale et solidaire, du 9 au 12 Juillet, au Village Emmaüs Lescar-Pau

Dans une réelle volonté d’ouverture et de proposition culturelle, le Village Emmaüs Lescar-Pau poursuit les Echanges Solidaires. Des séjours thématiques, gratuits et ouverts à tous, pour favoriser la rencontre et les discutions autour de l’engagement dans une réelle économie alternative, sociale et solidaire !

« Monnaies Locales et Solidaires »

du 9 au 12 Juillet, au Village Emmaüs Lescar-Pau

Sous la forme de débat/réflexion le matin, animés par des intervenants extérieurs, en présence des participants aux Echanges Solidaires et de membres du Village Emmaüs Lescar-Pau. Dans une lutte contre la consommation culturelle, donc au profit de la gratuité participative, ces Echanges Solidaires ajoutent aux matinées culturelles, des après-midis participatifs dans nos ateliers.

L’occasion concrète de nous rencontrer, nous soutenir et rallier le projet innovant du Village Emmaüs Lescar Pau. Découvrir ainsi les moteurs d’une réelle économie sociale et solidaire : la réalité du recyclage et du reconditionnement d’objets, mis au profit de l’accueil inconditionnel.

Repas offert et pris tous en commun le midi. Possibilité d’hébergement collectif au Village Emmaüs Lescar Pau. Restauration assurée matin, midi et soir.

Mardi 9 Juillet, dès 7h45, accueil des participants puis visite des ateliers. A 9h45 café, thé et chocolat chaud. Lancement des Echanges Solidaires avec l’intervention de Txetx, qui présentera l’initiative de l’association Euskal Moneta : « l’Eusko » comme monnaie locale, basque, écologique et solidaire ! Participation à l’activité l’après-midi !

Mercredi et Jeudi : Programme complet et définitif dans quelque jours, à suivre de près, sur notre site internet.

Vendredi : Discussion autour de la vulgarisation et de la réappropriation de l’économie !

Les serres d’Auteuil toujours menacées par le tennis bétonneur Lise Bloch-Morhange (Comité de soutien des Serres d’Auteuil) Reporterre 2013/07/11 Lise Bloch-Morhange (Comité de soutien des Serres d’Auteuil) (11 juillet 2013) Les serres d’Auteuil toujours menacées par le tennis bétonneur. Reporterre. fr

Les serres d’Auteuil toujours menacées par le tennis bétonneur

La Fédération française de tennis et la Ville de Paris persistent à vouloir bétonner un jardin botanique plus que centenaire pour faire place à un stade de tennis

Chers signataires de la pétition SAUVONS LES SERRES D’AUTEUIL, habitants de la France entière et de nombreux pays étrangers,

Depuis l’envoi de mon courriel du 11 mars dernier, non seulement le cap symbolique des 50 000 signataires a été franchi, mais celui des 51 000 va l’être d’un jour à l’autre. Autant dire que la mobilisation publique en faveur du jardin botanique des Serres d’Auteuil situé dans le Bois de Boulogne, classé à la fois Monument naturel et Monument Historique, ne faiblit pas.

La Fédération Française de Tennis (FFT) comme la Ville de Paris, ainsi que toutes les instances concernées, finiront-elles enfin par prendre la mesure de cette exceptionnelle mobilisation ?

Pour le moment, malheureusement, ce n’est toujours pas le cas.

Dans mon courriel du 11 mars, je vous avais informé du jugement du Tribunal Administratif de Paris du 28 février dernier : saisi par des associations de défense du patrimoine et de l’environnement, le tribunal annulait la délibération du Conseil de Paris du 11 juillet 2011 portant sur la modernisation du stade Roland-Garros, jugeant en particulier la convention (CODP ou Convention d’Occupation du Domaine Public) passée entre la Ville de Paris et la FFT (Fédération Française de Tennis) illégale pour divers motifs.

Mais dès le Conseil de Paris des 25-26 mars, la Ville faisait voter une nouvelle convention améliorant légèrement certains aspects de la précédente mise en cause par le tribunal.

Autrement dit, la FFT comme la Ville de Paris persistent à vouloir amputer et bétonner ce jardin botanique plus que centenaire en construisant un stade de tennis de 4 950 places à quelques mètres du Palmarium.

Tout cela pour deux semaines de tournoi par an, et alors que Paris est une des capitales européennes les plus pauvres en espaces verts !

Par ailleurs, ni la Ville ni la FFT n’ont pris la peine d’examiner réellement le projet alternatif épargnant le jardin botanique des serres d’Auteuil présenté le 4 mars dernier par des associations (proposant notamment de couvrir une partie de la bretelle de l’autoroute A13 et permettant le maintien du tournoi du Grand Chelem à Paris). La FFT a bien fait réaliser une contre-étude chiffrée, mais en déclarant que le projet alternatif « ne répond pas à leur cahier des charges », sans autre explication et sans concertation avec les associations.

Comment expliquer qu’aucune voix officielle ne s’élève en faveur de ce « monument culturel » unique en France et en Europe, témoignant du haut niveau atteint par l’art paysager à la fin du XIXe siècle ?

Alors que la FFT annonce le dépôt des permis de construire et de démolir pour le mois de juillet, les associations n’ont d’autre choix que de poursuivre le combat sur le plan juridique, et viennent notamment de déposer un recours contre la nouvelle CODP.

Tout en remerciant très vivement celles et ceux qui nous ont déjà fait parvenir un don, je propose aux nouveaux donateurs de s’adresser à l’une des associations nationales reconnues d’utilité publique participant aux recours, la SPPEF (Société pour la Protection du Paysage et de l’Esthétique de la France), en se rendant sur son site, où ils trouveront un appel à don dès la page d’accueil.

Pierre Gattaz, patron du Medef et de l’anti-écologisme rétrograde Laurence Rossignol Reporterre 2013/07/11 Laurence Rossignol (11 juillet 2013) Pierre Gattaz, patron du Medef et de l’anti-écologisme rétrograde. Reporterre. Tribune — fr

Pierre Gattaz, patron du Medef et de l’anti-écologisme rétrograde

Vivent les gaz de schiste, à bas la fiscalité écologique ! La première sortie du nouveau président du syndicat patronal, brille par sa vision rétrograde.

De la première émission de radio du nouveau patron du MEDEF, on retiendra surtout qu’il se déclare, tout à la fois, favorable à l’exploitation des gaz de schiste et défavorable à toute fiscalité écologique ainsi qu’à la fermeture de Fessenheim.

Tout au plus, concède-t-il que si les gaz de schistes devaient polluer « massivement » l’environnement, il faudrait y renoncer, mais il a « confiance dans la science, la technologie et le progrès ». Comme il ne nous dit pas à quel niveau la pollution peut être qualifiée de massive, on peut craindre que son seuil personnel de tolérance soit élevé...

Son propos simpliste et dogmatique, illuminé de la magie de l’exemple US, révèle par ailleurs une grande ignorance des incertitudes sur le potentiel économique de l’exploitation des gaz de schistes en France.

Étonnant, notons-le aussi, qu’après une semaine au cours de laquelle on a beaucoup parlé du pouvoir d’entrave des lobbies sur la transition écologique, il consacre sa première sortie à confirmer ce que d’autres mettent en doute. Provocation ou maladresse ?

Mais plus inquiétant encore est le choix de son positionnement et ce qu’il a voulu imprimer comme image. La brutalité de sa charge sur les gaz de schiste, le nucléaire et la fiscalité écologique le positionne comme le rempart patronal à la transition écologique. C’est pour lui, au mieux un non sujet, au pire un obstacle au redressement économique.

Pierre Gattaz a parlé comme un patron des années 1970. On se souvient du père, on attendait le fils, on a eu le grand-père.

Si il s’obstine dans cette posture, il y a de quoi être inquiet. Pas seulement de l’indifférence qu’il révèle à l’égard de la protection des écosystèmes mais pour la capacité d’une partie du monde économique français à prendre le tournant de la croissance verte, des nouvelles filières industrielles, et de la mutation de nos modes de production.

Le nouveau responsable du MEDEF n’a pas compris où résident les gains de productivité de demain et les nouveaux secteurs de création de richesse. Pour conduire le redressement productif , il est courant de dire que nous avons besoin des entreprises.

C’est vrai, mais nous avons besoin d’un discours entrepreneurial moderne et visionnaire capable de revendiquer des politiques publiques utiles à la mutation de notre économie.

Les transports, la planète et le citoyen Reporterre 2013/07/11 (11 juillet 2013) Les transports, la planète et le citoyen. Reporterre. fr

Les transports, la planète et le citoyen

- Recension par Jane Hervé

Se déplacer ? D’Istanbul à Pékin en passant par Mexico, c’est devenu un vrai cauchemar. Une « galère ». Comment le faire en satisfaisant simultanément ses besoins-désirs et en adoptant un comportement écologique ?

Cet ouvrage sur les transports terrestres écrit sous la houlette de Vicari (écologie urbaine) et de Sansot (éloge de la lenteur) se propose de « regarder les choses autrement » (Francis Beaucire). Il remet en question la notion de « mobilité » trop aisément confondue avec celle de « modernité » en ce XXIe siècle. « Chacun est impliqué », soutient justement en postface Daniel Cohn Bendit. Donc vous, donc nous, donc moi.

Aujourd’hui l’automobile individuelle est un « rêve devenu cauchemar » pour Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier Razemon. Les transports collectifs, très en retard, progressent en suscitant l’inconfort et le stress. Certains parmi nous sont assignés à résidence par la force des choses, tandis que d’autres subissent l’insécurité routière et les incivismes des uns et des autres.

Quoiqu’il en soit, la croissance des transports participe de toute façon à sacrifier l’environnement : l’air devient irrespirable, le bruit à la limite du supportable (pensons aux habitants des villes et villages en bordure d’autoroute ou de simple route départementale). De fait, les villes s’étalent de plus en plus dans le monde entier sans que l’on ne sache plus désormais si elles sont « la cause ou la conséquence de notre conception du déplacement ».

Oui mais, que faire ? Les auteurs marquent d’abord une certaine défiance vis-à-vis d’Autolib, de la voiture électrique alimentée au nucléaire. Ils proposent courageusement – en huit pages - de « devenir acteur de sa mobilité ». Comment ?

Tout d’abord par une meilleure connaissance du coût réel et de la proposition de transports. En calculant déjà le budget réel consacré à leur déplacement en voiture, en se désintoxiquant (et en désintoxiquant les autres !) de la voiture, en empruntant enfin les transports publics ou les vélos partagés…, en découvrant les transports alternatifs comme les tramways ou le bus ou la bicyclette, en expérimentant les covoiturages (« être deux dans une voiture »).

En adaptant ensuite sa conduite : conduire avec lenteur, éviter les accélérations intempestives, être visible et avoir sa place sur la route en tant que piéton ou cycliste (notons qu’en Suisse, ce respect du cycliste est naturel).

Les auteurs invitent aussi à parler des transports autour de soi pour les améliorer. Informer et récriminer auprès des responsables des transports peuvent être d’un grand secours. Informer aussi les uns et les autres des expériences de transports (Openstreemap). Le concept de « mobilité durable » découle au fil des expériences vécues parfois difficiles (la ligne 13 du métro parisien surchargée) ou parfois heureuses (le train Marseille-Miramas au contrôleur si courtois).

Des suggestions discrètes nous invitent tous au civisme : se déplacer moins, partager sa voiture avec ceux qui n’ont pas le permis, suivre des cours dans une « auto-école sociale » pour ceux qui ont échoué au permis ou sont désarçonnés par les connaissances exigées, etc.

Il serait bon qu’un ouvrage semblable traite les transports aériens en croissance, lesquels sont une source de pollution dont on masque très largement la réalité.

Jane Hervé

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Les transports, la planète et le citoyen, L.Bu, M.Fontanès, O. Razemon, Ed. Rue de l’échiquier, 12€

Le gouvernement français recule sur la taxe sur les transactions financières Attac France Reporterre 2013/07/11 Attac France (11 juillet 2013) Le gouvernement français recule sur la taxe sur les transactions financières. Reporterre. fr

Le gouvernement français recule sur la taxe sur les transactions financières

Hollande encore plus soumis aux banquiers que Barroso : la France a décidé de réduire au minimum le projet européen de taxe sur les transactions financières.

Pierre Moscovici, le ministre français de l’économie, a déclaré ce jeudi 11 juillet devant un parterre de banquiers que la proposition de taxe Tobin avancée par la Commission européenne était « excessive ». « Il faut être pragmatique et réaliste », a-t-il ajouté, promettant aux banquiers « d’améliorer la proposition de la Commission ». Il confirme ainsiune information révélée par Attac : cédant à la pression de Goldman Sachs et des banquiers français, la France a décidé de réduire à presque rien le projet européen de taxe sur les transactions financières.

Un groupe de onze pays a choisi la méthode de la « coopération renforcée » pour introduire la taxe en s’appuyant sur le projet de directive de la Commission. Le projet de la Commission n’était certes pas parfait, mais il constituait un pas en avant important, et bénéficiait du soutien de la société civile. La France avait activement soutenu cette initiative. François Hollande s’était énergiquement prononcé pour la TTF dans sa campagne électorale.

Mais les banquiers sont passés à la contre-offensive. Et pas les moindres : c’est Goldman Sachs elle-même qui a lancé le signal en publiant en mars dernier une « étude »2 grotesque intitulée : « TTF : contre-productive ». Cette « étude » est immédiatement reprise par les banquiers français : le 15 avril le Medef et la Fédération française des banques mettent en garde M. Moscovici contre une taxe « destructrice de richesse », qui « affaiblira gravement la compétitivité des entreprises ». M. Mignon, directeur général de Natixis, reprend les chiffres ridiculement surestimés par Goldman Sachs, selon lesquels la taxe coûtera 7 milliards d’euros par an à sa banque : « un montant supérieur à notre chiffre d’affaires, ça n’a pas de sens ! » (sic). M. Hocher, du Crédit Agricole, ne craint pas d’évoquer le chiffre de 17 milliards d’euros pour sa seule banque.

Depuis lors, la France a fait machine arrière et a rallié le camp des adversaires de la taxe. Lors de la réunion du groupe de travail des onze pays du 22 mai, Bercy a proposé de modifier le projet de la Commission sur des points essentiels qui le réduisent à néant :

- exonération quasi-totale des transactions sur produits dérivés (l’immense majorité du volume des transactions !) ainsi que des « repos » (prêts de très court terme entre banques) : cela réduirait de 95% le montant attendu des recettes. - taxation des opérations après compensation : cela permettrait en fait aux banques de continuer comme auparavant leurs activités de « trading à haute fréquence ». - taxation des seuls vendeurs, et pas des acheteurs : cela réduirait encore de moitié les recettes fiscales attendues

Bien que les chiffres de Goldman Sachs n’aient aucune valeur, la réaction des banques confirme la pertinence de la proposition portée par Attac depuis sa création il y a quinze ans : une partie probablement importante de leurs profits provient d’opérations spéculatives sans aucune justification économique réelle. Après sa « réforme bancaire » dictée par les banquiers, le gouvernement français, en persistant à vouloir saboter le projet de la Commission, franchira un pas de plus dans la soumission aux intérêt de la finance.

Le Vegetable Orchestra : les légumes comme instruments de musique Sébastien Iwansson (Midi : Onze) Reporterre 2013/07/11 Sébastien Iwansson (Midi : Onze) (11 juillet 2013) Le Vegetable Orchestra : les légumes comme instruments de musique. Reporterre. fr

Le Vegetable Orchestra : les légumes comme instruments de musique

A l’ère de la musique électronique, difficile d’être plus décroissant que le Vegetable Orchestra. Ce groupe de onze musiciens autrichiens joue uniquement sur des instruments fabriqués à partir de légumes frais. Avec des instruments aux noms évocateurs de concombrephone, vibrato-courgette et autre cèleri-guitare, cet orchestre extravagant s’est fixé pour but d’explorer le monde sonore qui nous entoure dans la vie quotidienne. À commencer par ce qu’on trouve dans le bac à légumes…

La musique est partout

Fondé en 1998 par des artistes venant d’horizons aussi divers que la musique électronique, pop ou expérimentale ou l’art contemporain, le Vegetable Orchestra affirme que l’« on peut faire de la musique avec presque n’importe quoi », et que « chaque chose possède une qualité acoustique très spécifique et peut permettre d’ouvrir un univers de sons très riches ».

Alors que leurs collègues se contentent de brancher les guitares et accorder leurs fûts, les musiciens du Vegetable orchestra font le marché tous les matins pour acheter choux, carottes, aubergines et autres poireaux, précieuses matières premières nécessaires à la fabrication de leurs instruments éphémères.

« Lorsqu’on est en tournée, selon les saisons et les pays dans lesquels on se trouve, il est parfois difficile de se procurer tout ce dont on a besoin, explique Sandra walkenhofer, manageuse de tournée. Hier par exemple nous avons eu beaucoup de mal à trouver des citrouilles (comprenez : tambours), et c’est encore un peu tôt pour les carottes (flutes entre autres) ». Hormis quelques instruments de percussion pouvant être utilisés tels quels, il faut compter 13 minutes pour sculpter le concombrephone et 30 minutes pour que le carrot recorder prenne vie.

Des supermarchés peu mélomanes

Même si cet orchestre organique n’est pas un chant de révolte végétalien ou un appel à consommer bio, le groupe explique l’importance d’avoir de bons produits : « lorsqu’un instrument se casse, c’est souvent à cause de la mauvaise qualité du légume, d’où l’importance d’aller au marché, les légumes sous plastique de supermarchés ne font pas de bons instruments ! »

Et pour taire ceux qui déplorent un gâchis de nourriture, le Vegetable Orchestra apporte cette précision : « la production de nos instruments nécessite bien moins de ressources et d’énergie que les instruments traditionnels ou les laptop (ordinateurs portables), et ils sont bio-dégradables ». Sans compter que les légumes restants après le concert sont transformés en soupe servie au public.

Et l’orchestre de conclure, avec un brin d’autodérision : “Si vous cherchez vraiment un orchestre de légumes près de chez vous, allez au marché le plus proche et écoutez très attentivement. Vous entendrez le son délicat que font tous les légumes. Il y a des millions d’orchestres de légumes dans le monde, mais aussi des orchestres de pains, de canettes et des symphonies de voitures, de téléphones, de chaussures… »

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En concert à Paris le 22 septembre au théâtre du Chatelet

La cour de justice européenne fragilise l’éolien en France 20 Minutes Reporterre 2013/07/12 20 Minutes (12 juillet 2013) La cour de justice européenne fragilise l’éolien en France. Reporterre. fr

La cour de justice européenne fragilise l’éolien en France

Le tarif d’achat de l’électricité produite par les éoliennes en France est irrégulier, selon l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne.

Luxembourg - Le gouvernement français a assuré jeudi 11 juillet qu’il garantirait « les mécanismes de soutien » en faveur de l’éolien après que les tarifs bonifiés d’achat ont été épinglés par l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union européenne à Luxembourg.

L’obligation en France d’acheter l’électricité produite par des éoliennes à un prix supérieur à celui du marché constitue une intervention de l’État, a estimé jeudi l’avocat général de la Cour de Justice de l’UE. Ces conclusions, qui orientent la décision de la Cour, ouvrent la voie à une possible annulation de ces tarifs bonifiés, contestés par un collectif anti-éolien.

Le ministre français de l’Ecologie et de l’Energie Philippe Martin a immédiatement rassuré les professionnels de la filière éolienne en assurant que le gouvernement continuerait « de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité juridique et la continuité des mécanismes de soutien au développement de l’éolien et plus largement des énergies renouvelables ».

Dans ses conclusions, l’avocat général de la Cour de justice de l’UE donne raison au collectif Vent de colère et à onze autres requérants qui ont saisi le Conseil d’État français pour demander l’annulation d’une réglementation de 2008 fixant les conditions de l’achat de l’électricité éolienne, dénoncée comme une aide d’État au sens du droit de l’Union européenne.

Le Conseil d’État a suspendu sa propre décision à l’avis que rendra la Cour de l’UE.

Vent de colère, collectif qui revendique quelque 900 associations, s’est dit « très satisfait » de ces conclusions qui « reprennent la totalité de notre développement devant la Cour européenne », a indiqué à l’AFP son président Alain Bruguier, qui n’attend pas la décision du Conseil d’Etat avant 2014.

Pour le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui regroupe les professionnels, « ce n’est pas une surprise ». Mais ces conclusions doivent inciter le gouvernement à adopter sans attendre un nouveau cadre tarifaire et à le « notifier » à Bruxelles comme aide d’État, a estimé son président Jean-Louis Bal.

Selon les professionnels, la fragilité juridique du cadre actuel est due non pas tant au montant des tarifs qu’au fait qu’ils n’ont pas été « notifiés » comme aide d’État à la Commission européenne.

Pour Nicolas Wolff, président de France Energie Eolienne (FEE), une autre association de professionnels, « la procédure formelle de notification de l’arrêté tarifaire éolien doit être engagée dès aujourd’hui » par le gouvernement français « pour éviter que la filière ne soit totalement bloquée ».

Dans un communiqué, le ministre de l’Ecologie et de l’Energie rappelle que « ces conclusions avaient été anticipées » : « Les autorités françaises ont engagé dès le 22 avril 2013 une procédure de pré-notification du dispositif de soutien à l’éolien terrestre. La procédure de notification sera engagée sans attendre », indique le ministère.

Les procédures en cours « n’ayant pas de caractère suspensif », les tarifs bonifiés, c’est-à-dire les tarifs auxquels les distributeurs ont l’obligation d’acheter aux producteurs l’électricité éolienne, continuent de s’appliquer, ajoute-t-il.

L’incertitude planant depuis plus d’un an sur ces tarifs entraîne une forte instabilité financière autour d’une filière qui compte, selon le SER, « près de 10.000 emplois en France ».

La taxe écologique va servir à... financer une autoroute Stephen Kerckhove (Reporterre) Reporterre 2013/07/12 Stephen Kerckhove (Reporterre) (12 juillet 2013) La taxe écologique va servir à... financer une autoroute. Reporterre. fr

La taxe écologique va servir à... financer une autoroute

Ministre et élu de la Saône et Loire, Arnaud Montebourg a annoncé le lancement de la mise à deux fois deux voies de la route dite RCEA (Route centre Europe Atlantique). Mais comment financer cette transformation autoroutière ? Par les recettes de la taxe écologique sur les poids lourds. La pollution va donc financer... la création de pollution supplémentaire.

- Correspondance, Charolles

La Saône-et-Loire a connu en ce 11 juillet, à Charolles, un beau moment d’unanimité, dont notre classe politique est si avare. Le déplacement de deux ministres, celui des Transports, Frédéric Cuvillier, et le local de l’étape, ancien président du Conseil général et actuel ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a été l’occasion d’annoncer sous des applaudissements nourris, l’accélération des travaux en vue de passer à deux fois deux voies la Route Centre Europe Atlantique dite RCEA (1).

Frédéric Cuvillier (à gauche, touchant la rambarde) et Arnaud Montebourg

En projet depuis des décennies, cette mise à 2x2 voies est demandée par la quasi-totalité des élus locaux, et ce afin de réduire l’insécurité routière de cette route dangereuse (2). Or, le passage à 2x2 voies requiert des budgets que l’Etat a eu du mal à réunir jusqu’à présent, ce qui a amené le précédent gouvernement à envisager la mise en concession de cette route nationale.

C’était sans compter sans la créativité du chantre des gaz de schiste écologiques, Arnaud Montebourg. Durant le débat public de 2010-2011 sur la mise à 2x2 voies de la RCEA, il avait proposé les recettes de la part départementalede l’éco-taxe poids-lourds. Bien qu’initialement réservée au financement d’infrastructures de fret ferroviaires, certains sénateurs ont amendé la loi Grenelle2 afin de financer des infrastructures routières dont le bilan carbone serait jugé positif…

S’engouffrant dans la brèche, le ministre a joué de ses relations pour inscrire la RCEA au rang de priorité. Sommé de faire un geste en faveur de l’écologie, le Premier Ministre a profité du plan d’investissement d’avenir pour annoncer que l’Etat mobiliserait les sommes nécessaires à la réalisation de nombreuses infrastructures… autoroutières, RCEA comprise.

Telle qu’utilisée aujourd’hui, l’éco-taxe, perçue sur les poids lourds, servirait donc à financer la construction d’autoroutes pour les camions. On taxe donc la pollution d’aujourd’hui pour financer la pollution de demain… Le département de Saône-et-Loire est ainsi appelé à injecter 2,5 millions d’euros chaque année au titre des recettes de l’éco-taxe poids lourds.

Une alternative moins coûteuse est possible

On pourrait reconnaître que, face à l’insécurité routière, les polémiques sont déplacées. A la nuance près que si la mise à 2x2 voies est une option, elle ne constitue pas la solution exclusive à l’insécurité routière sur ce tracé. Durant le débat public, quelques associations ont proposé de réfléchir aux causes de l’accidentologie afin d’y répondre le plus rapidement possible.

Une cause principale est le fait que cet axe est massivement utilisé par des camions conduits pour la plupart par des routiers étrangers qui ne sont pas soumis aux contraintes de la réglementation française. Réduire le nombre de camions en circulation en développant le fret ferroviaire permettrait ainsi d’agir sur les causes de l’insécurité.

La multiplication de portions à 110 km/h, entrecoupée de portions à 90 km/h, incite également les automobilistes à rouler vite. L’accoutumance à la vitesse explique pour partie les accidents constatés sur les zones à 90 km/h.

De fait, il serait donc possible d’agir vite et à moindre coût en multipliant les contrôles radars, tout en mettant en œuvre des doubles lignes blanches et une signalisation adaptée rappelant la dangerosité de cet axe routier.

Faisant suite à ces propositions portées par les associations durant le débat public, des aménagements ont été réalisés. Ils semblent avoir été efficaces : selon Daniel Bursaux, directeur général des infrastructures, des transports et de la mer, et Dominique Ritz, sous-directeur de l’aménagement du Réseau Routier National, auditionnés le 26 février dans le cadre du groupe de travail « sobriété énergétique » du débat national sur la transition énergétique, le nombre d’accidents aurait, en 2012, sensiblement baissé sur la RCEA. Or, puisque le passage à 2x2 voies ne serait effectif qu’en 2020 ou 2025, rien n’interdit de mettre en oeuvre les mesures permettant de sauver des vies, ici et maintenant. Et si les accidents se réduisaient, la transformation autoroutière n’aurait plus de vraie raison d’être...

Mais pour certains élus, il s’agit du projet de leur vie. A Charolles, le 11 juillet 2013, ils étaient réunis autour de deux ministres venus leur dire que l’unanimité est possible, en écartant les sujets qui fâchent : le pétrole, le climat, le bruit, les microparticules…

En attendant, comme osait le dire le député de Mâcon, « nous voulons les travaux et les pelleteuses en 2014 ». Pendant ce temps, un débat national sur la transition énergétique a lieu à Paris envisageant une autre mobilité. Loin… si loin de Charolles.

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Notes :

(1) La RCEA comprend a deux branches, nord et sud, partant respectivement de Châlon et la branche sud de Mâcon. La mise à 2x2 voies va jusqu’à Montmarault, dans l’Allier. La partie située dans l’Allier sera sous concession puisque ce département (dirigé par un communiste) a opté pour une réalisation "rapide", d’ici à 2020, sous concession APRR.

(2) Sur l’accidentologie, voir aussi ici.

Marcher, éloge des chemins et de la lenteur Reporterre 2013/07/12 (12 juillet 2013) Marcher, éloge des chemins et de la lenteur. Reporterre. fr

Marcher, éloge des chemins et de la lenteur

- Recension par Jane Hervé

Rimbaud était le poète aux semelles de vent, David Le Breton est l’écrivain aux Pataugas. Certes écrire sur la marche se distingue du fait de marcher. Chacun a son histoire propre, mais ils peuvent néanmoins se croiser subtilement.

Le titre du présent ouvrage « Marcher » s’accompagne d’un sous-titre laudateur des chemins et de la lenteur avec laquelle on les arpente. Impossible de séparer le marcher (acte concret s’il en est, même à l’infinitif) du lieu où il s’exerce (chemin) et de la façon dont il se vit (lentement) ? L’apparente triade (sujet-objet-vécu) sillonne diverses manières de cheminer transposées en mode de vie et mise en en mots.

Cette promenade de l’esprit réfléchit d’emblée sur le « statut » de la marche avant de se relancer sur les sentes. Il en émerge des besoins primaires (manger, dormir), des élans esthétiques (paysage, Méditerranée), spirituels (spiritualité), psychologiques (soucis, renaissance), mystiques (illumination version Bouvier ou Thoreau, Rilke, sexiste (rues réservées aux hommes) et même des constats zoologiques (présence d’animaux vivants ou morts (bêtes écrasées).

L’auteur reconstitue enfin une société de pensée avec ses « compagnons de route » : une liste annexe comprenant en vrac J. Lacarrière, J. Lanzmann, M. Le Bris, P. Gilloire*, etc.. Le Breton, jamais seul dans ses pages, folâtre avec une certaine gourmandise d’auteur-marcheur en marcheur-auteur. Une façon de s’explorer et s’engendrer lui-même. Il se laisse porter d’auteur en auteur par une errance de la pensée à la Montaigne.

Guidé par le plaisir de les lire (en marchant ?), il échappe ainsi à la rigidité analytique. Pour lui, le chemin est une « ligne de vie ». Le parcourir libère « des contraintes d’identité ». Il partage ici le silence et là la parole, en cette « échappée hors du temps ».

A la base, le corps en marche « est la condition humaine du monde, ce lieu où le mouvement incessant des choses s’arrête en significations précises ou en ambiances, se métamorphose en images, en sons, en saveurs, en odeurs, en texture, en couleurs, en paysages, etc. ». Il lui suggère de belles pensées à la Saint John Perse (« Nous habitons la nudité de notre corps »).

Et nous, pour cheminer dans le livre, choisissons une escale par provocation. Portons notre attention sur le paysage**. Celui-ci cumule la relativité du temps et l’humeur du marcheur, varie selon la nature du chemin, les heures du jour et les saisons. Fait de sons et de couleurs, il peut même se passer de déplacement (Thoreau voyageait sur place à Concord).

Il est porté parfois par le sentiment du sacré lorsqu’il exalte « l’aura » d’un lieu. Il sait envelopper et pénétrer le marcheur, de sorte qu’il cesse d’être « un objet devant soi » et se révèle être le produit d’une cénesthésie. L’auteur s’arrête sur un paysage dénudé de Patagonie où Darwin vit un éblouissement et « l’essor de l’imagination ». De fait, l’affectivité et l’émotion muent ce paysage en « test projectif de psychologie ». Un changement s’opère chez l’observateur : Hudson troque ainsi son identité contre celle d’un autre homme ou d’un animal.

En bref, il faut également lire entre les pages de ce livre qui est une invitation à la marche. Qui sait, nous pourrions à parvenir en ce lieu où « tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté » (Baudelaire).

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* Rappelons-nous Pierre Gilloire qui évoque les lacs dans ses belles Montagnes vagabondes : « Depuis le ruissellement des origines, sur les pentes sommitales jusqu’à la mer, dans ce long cheminement, ils sont la halte pensive, le calme avant la turbulence,(…) la pureté avant la souillure. ».

** Nous échappons cette fois au beau et au sublime kantiens.

Jane Hervé

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Marcher, éloge des chemins et de la lenteur, David Le Breton, Métailié, Suites inédit, 140 pages, 9 €

13 juillet, ZAD patate Montesson Reporterre 2013/07/12 (12 juillet 2013) 13 juillet, ZAD patate Montesson. Reporterre. fr

13 juillet, ZAD patate Montesson

Samedi 13 juillet 2013 Fête à la ZAD patate, jardin collectif contre l’urbanisation de la plaine de Montesson

Samedi 13 juillet 2013

La “ZAD patate” sʼest installée pour dire non à lʼurbanisation de la plaine de Montesson. Dʼinspiration “Zad partout”, ce jardin collectif est ouvert à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent jardiner ensemble (Le fruit de la récolte sera partagé par des personnes qui en ont besoin) tout en participant à la défense des espaces naturels et agricoles de la plaine.

Pour barrer la route à la route et aux commerces inutiles, lʼoccupation commence par un champ de pommes de terre, ensemble inventons la suite.

Rejoignez nous.

Le collectif “Plaines-terres”

Un site pour mettre en relation les acteurs de la relocalisation de l’économie LocalEco Reporterre 2013/07/12 LocalEco (12 juillet 2013) Un site pour mettre en relation les acteurs de la relocalisation de l’économie. Reporterre. fr

Un site pour mettre en relation les acteurs de la relocalisation de l’économie

Le site LocalEco, créé et animé par l’association Savoir-Faire et Découverte, met en lumière et en relation les professionnels qui choisissent de relocaliser l’économie des territoires et de vivre en harmonie avec leur environnement, par les métiers manuels et les savoir-faire écologiques.

Vous êtes salarié, demandeur d’emploi, dans une démarche de changement ou d’évolution de parcours professionnel ? Vous trouverez sur LocalEco des témoignages vidéo de professionnels qui ont réussi à mettre en cohérence leurs valeurs personnelles avec leur activité professionnelle, des territoires qui ont la volonté de les accueillir, des informations pour tester un métier.

Vous êtes un professionnel en activité, vous mettez en oeuvre des savoir-faire exemplaires, vous avez envie de contribuer au développement d’une nouvelle économie ? Vous pouvez témoigner sur ce site et entrer en contact avec d’autres qui, comme vous, ont choisi un métier passion.

Vous êtes acteur du développement local et vous souhaitez montrer à vos élus et aux habitants que cette nouvelle économie est possible ? LocalEco offre des ressources documentaires (vidéos, portraits d’entrepreneurs) pour faciliter sur votre territoire la mise en place d’une démarche similaire.

Comment libérer les enfants de la télévision Jacques Brodeur (Edupax) Reporterre 2013/07/12 Jacques Brodeur (Edupax) (12 juillet 2013) Comment libérer les enfants de la télévision. Reporterre. Tribune — fr

Comment libérer les enfants de la télévision

La méthode pédagogique du « Défi sans écrans » a fait ses preuves depuis 2007 : il est possible de se désintoxiquer de la télévision, et les effets sont très positifs sur la santé et les relations humaines.

On peut bien avoir découvert un remède, encore faut-il que le malade accepte de le prendre. C’est une chose de vouloir réduire le temps-écrans de nos enfants, c’en est est une autre que de les amener à vouloir (et pouvoir) le faire.

L’approche thérapeutique utilisée avec des milliers d’élèves dans plus de cent écoles québécoises et françaises, sous le nom de Défi sans écrans, reproduit celle développée à Saint-Basile-le-Grand en avril 2007. L’exploit avait fait la « une » du Journal de Montréal : "653 enfants en désintox !" (1)

Après trois mois de préparation, les enfants ont réduit leur consommation à 8,9 jours en moyenne. Deux enfants sur trois ont complètement neutralisé les écrans présents chez eux. Aucun dommage, que des avantages collatéraux.

Après évaluation, le Défi sans écrans a été jugé utile par 88% des parents, 79% des élèves et 95% des membres du personnel. A-t-il amélioré la santé et le bien-être des enfants ? 66% des parents et 71% du personnel pensent que oui.

Principaux acquis (2,3)

- 75% des parents et 87% des enfants disent avoir constaté l’augmentation du temps consacré aux activités physiques et sportives. - 52% des enfants disent avoir lu plus souvent. - La qualité des devoirs et des leçons s’est améliorée, au dire de 45% des enseignants. - 70% des parents et des enfants disent avoir passé plus de temps en famille. - Les parents ont eux aussi réduit le temps-écrans : 55% pour les papas, 71% pour les mamans. - 40% des parents ont noté une augmentation de l’aide fournie à la maison par leur enfant. - Près de six enseignants sur dix ont noté une amélioration de la concentration des élèves en classe.

Le Défi sans écrans diffère du programme SMART à plusieurs égards mais les deux ont fait la preuve qu’ils conduisent les jeunes à des changements tangibles.

- Réduction du temps consacré aux écrans ; les activités auxquelles les jeunes s’adonnent leur permettent de goûter autre chose, facilite leur reconnexion avec la réalité, la vie, le monde.

- Augmentation du temps consacré à l’activité physique et à la lecture : vélo et lecture font augmenter le métabolisme plus que la télé.

- Amélioration des résultats scolaires jusqu’à 10-15%.

- Implication accrue des parents dans l’école ; ils se sentent moins jugés, moins coupables du comportement de fiston, mieux acceptés par le personnel, davantage partenaires que clients.

- Valorisation de la relation école-communauté : l’école augmente son rayonnement dans le quartier et dans le village ; le public cesse de trouver que l’école coûte trop cher, l’école et les enfants redeviennent la fierté de la communauté.

- Amélioration du climat à l’école et à la maison : que se passe-t-il quand les disputes pour faire les devoirs, pour choisir une chaîne, pour gérer l’utilisation de la console diminuent ? Les conversations familiales prennent du sens, les repas servent à échanger et à partager, la vie familiale reprend vie.

La majorité des parents trouvent le Défi sans écrans tellement utile pour la santé des jeunes et pour l’humeur des enfants qu’ils souhaitent que l’école le reprenne chaque année.

Les nouvelles technologies de communication ont-elles été conçues pour nous servir ou nous asservir ? L’heure est venue d’apprendre aux enfants à contrôler le débit de la télévision et autres écrans.

Quand les propriétaires de chaîne, ceux qui préparent la programmation, choisissent les émissions, décident les contenus, nous dévoilent ce qui se passe derrière l’écran, à l’abri de nos regards, pourquoi devrait-on jouer les vierges offensées ? La vérité, aussi choquante soit-elle, nous rend service, à nous de choisir comment répliquer. Le trio producteurs-diffuseurs-publicitaires obéit à des lois qui se situent aux antipodes de la santé mentale et physique des enfants.

Conseils

La réduction du temps-écrans incite les parents à porter meilleure attention aux conseils prodigués par des scientifiques, des pédiatres, des psychologues et des enseignants (4) :

- prendre les repas en famille, sans télévision, vaut mieux que n’importe quelle émission « éducative » et n’importe quel bulletin de nouvelles ;

- garder les enfants à l’abri des écrans au moins jusqu’à l’âge de 4 et 5 ans, l’exposition précoce pouvant affecter le développement du déficit de l’attention ;

- l’enfant ne devrait pas être laissé seul devant l’écran, des scènes traumatisantes pouvant surgir à tout moment ;

- limiter le temps-écrans des 6-11 ans à moins de 5h/s en leur apprenant à contrôler et planifier leur consommation hebdomadaire, à respecter les limites fixées ;

- motiver les 12-16 ans à gérer le temps-écrans récréatif (tous écrans) en limitant le débit à 7h/semaine ;

- sortir tous les écrans de la chambre de l’enfant ou de l’adolescent, cela contribuera au sommeil et à la réussite scolaire ;

- interdire les écrans le matin avant de partir pour l’école facilite la concentration de l’enfant en classe ;

- après le repas du soir, éviter les écrans, raconter une histoire et la lecture contribuent au sommeil ;

- le téléphone portable doit être déposé dans un panier, dès l’entrée dans la maison ; les messages laissés par les appelants passent après le repas et les conversations familiales ; des enseignants obligent les élèves à le faire à leur entrée en classe, après avoir éteint l’appareil.

Limiter la publicité

La réduction du temps-écrans permet de rappeler aux élus les recommandations suivantes :

- la publicité ciblant les enfants est injuste, immorale et doit être rendue illégale ; on ne laisse pas un chien affronter un enfant, les belligérants sont de force inégale ;

- toute forme de publicité alimentaire doit être bannie à la télévision entre 6 et 22 heures ;

- la publicité doit être interdite à l’école et dans le bus scolaire ;

- la publicité pour des produits, régimes et moyens amaigrissants doit être bannie ;

- les modèles anorexiques utilisés dans l’industrie de la mode et de l’apparence doivent être évités ;

- le public doit être informé impartialement des études démontrant les impacts des écrans sur la santé des enfants ;

- le personnel scolaire doit être outillé pour éduquer les enfants et les ados sur les impacts de leur consommation médiatique ;

- les jeunes ont besoin d’aiguiser leur jugement critique face aux stratégies les prenant pour cibles, notamment les héros violents et les modèles sexistes utilisés pour les accrocher, les manipuler, les intégrer au consumérisme.

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Références

(1) Journal de Montréal, avril 2007. 653 enfants en désintox.

(2) Diaporama du bilan du Défi sans écrans à l’école Jacques-Rocheleau, juin 2007

(3) Résumé du bilan du Défi relevé en 2007 par les élèves de l’école Jacques-Rocheleau, à St-Basile-le-Grand, au Québec.

(4) Commission scolaire de Montréal, dépliant distribué aux parents d’élèves des écoles primaires de la CSDM en 2003.

La démocratie, ça marche ! Emmanuel Daniel (Reporterre) Reporterre 2013/07/13 Emmanuel Daniel (Reporterre) (13 juillet 2013) La démocratie, ça marche !. Reporterre. fr

La démocratie, ça marche !

Des élus qui écoutent les citoyens, des citoyens qui participent vraiment à la décision, des référendums qui tranchent quand aucune solution nette n’émerge ? Mais si, c’est possible. Ca s’appelle la démocratie. Et ça marche très bien, comme à Vandoncourt, commune de 800 habitants près de la frontière suisse qui expérimente depuis plus de quarante ans la démocratie participative.

- Reportage, Vandoncourt (Doubs)

Les 800 habitants de Vandoncourt, dans le Doubs, n’ont pas attendu que la démocratie participative soit à la mode pour s’impliquer dans la vie de leur village. Ils disposent de nombreux canaux pour faire entendre leur voix. Et si la municipalité est toujours en charge des affaires courantes, aucune décision importante n’est prise sans le consentement des citoyens.

Le débat en cours sur l’implantation d’un parc éolien est un bon exemple de la culture démocratique qui règne dans la commune. Le projet en est encore au stade des études d’impact et de faisabilité, mais déjà, des voix s’élèvent, tant au sein du conseil municipal que parmi les villageois.

Une opposition qui n’incommode pas le maire, Patrice Vernier : « Je me suis engagé auprès des habitants en leur disant que dès que nous aurons tous les éléments en main, nous organiserons une réunion publique contradictoire ». Si au terme de ce débat, les deux camps n’arrivent pas à s’entendre, le maire envisage de « lancer une consultation de type référendum pour sonder l’avis des habitants ».

Ce n’est pas la première fois que ce type de scrutin informel est organisé pour s’assurer que les décisions ne soient pas seulement prises « pour les habitants, mais aussi avec les habitants », comme le répète à l’envi l’équipe municipale. En 2002, Patrice Vernier, fraîchement élu, projetait de favoriser l’implantation d’une épicerie dans le village. Face aux divisions suscitées par le projet, il avait là aussi opté pour une consultation individuelle des habitants (étrangers compris) qui avait vu le « oui » triompher.

Aux sources de la démocratie participative

Pour comprendre l’origine de la dynamique participative qui anime le village, il faut remonter au début des années 1970. À cette époque, une bande de jeunes emmenée par Jean-Pierre Maillard-Salin, un jeune retraité de l’Education nationale, décide de présenter une liste aux élections. Leur slogan : « Démocratie, contrôle populaire et autogestion ».

Afin d’établir leur programme, ils mettent sur pied un questionnaire et recueillent les désidératas de la population. Lors des élections, la liste l’emporte et l’ensemble des candidats présentés entrent au Conseil municipal. Quarante ans plus tard, ils sont nombreux à Vandoncourt à parler avec nostalgie du regretté Jean-Pierre Maillard-Salin et de la « révolution culturelle » qu’il a impulsée.

On les comprend, tant les méthodes d’organisation prônées par la jeune équipe municipale tranchaient avec le paternalisme sans ambition du maire précédent, aux affaires depuis vingt-quatre ans. « Nous avons dit aux habitants : tu as une bonne idée, on t’épaule, mais tu t’en occupes. On voulait que les gens se prennent en charge et les associer aux décisions au nom de l’autogestion et d’une certaine idée de la démocratie », se rappelle Yves Montavon, conseiller municipal qui faisait partie de l’aventure.

Chacun a son mot à dire

Dans la foulée, des instances permettant la participation citoyenne sont créées. Comme dans n’importe quelle commune, le conseil municipal est ouvert aux habitants, sauf qu’ici, ils ont désormais le droit de prendre la parole. En outre, chaque conseiller municipal se voit attribuer une rue afin de faire remonter les attentes du terrain.

Sans compter que chaque année, avant le vote du budget, la municipalité organise une réunion publique. Les grandes orientations y sont exposées et, là encore, chacun a son mot à dire. « Une centaine de personnes y participent. C’est un moment important de la vie de la commune », estime Brigitte Cottier, conseillère municipale en charge de la culture.

Inauguration du marché paysan

Des commissions thématiques (environnement, scolaire, budget...) ouvertes à tous et chargées de rendre des avis à l’exécutif voient également le jour afin de donner corps à l’idéal autogestionnaire.

Près d’un demi siècle plus tard, ces institutions existent toujours. Véronique Fiers, arrivée au village il y a une quinzaine d’années participe à quatre d’entre elles. « Je me sens directement concernée. Ça touche à la vie du village, à ses habitants », argue-t-elle. Convaincue de l’utilité démocratique de ces commissions, elle assure que « tous les points de vue sont écoutés et acceptés. Ils rentrent dans la balance au même titre que le point de vue d’un élu ».

En effet, l’équipe municipale a bien compris que pour que les habitants se réapproprient durablement la politique, il ne suffit pas de les écouter, mais vraiment les intégrer au processus de construction de la décision publique : « Le conseil municipal n’est pas une chambre d’enregistrement. Si la majorité de gens en face de nous n’est pas d’accord, on les suit. Car si on les prend pour des cons, ils cesseront rapidement de participer », estime Yves Montavon.

Autogestion en actes

Mais c’est surtout la richesse de la vie associative qui fait dire aux habitants des bourgades alentour que Vandoncourt est « un village pas comme les autres ». Le quotidien est en effet rythmé par les initiatives organisées par les vingt-huit associations que compte la commune, du club de foot à la fanfare en passant par une association de préservation des vergers ou des variétés anciennes de pommes.

Ici, pas de « Y a qu’à, faut qu’on ». Le volonté de la municipalité de responsabiliser les habitants se traduit par une forte culture du bénévolat. « Quand la mairie ou les associations lancent des appels, il y a toujours du monde pour répondre présent. Notre devise c’est aide-toi et le ciel t’aidera », lance Patrice Vernier.

Ainsi, plus de deux cents bénévoles participent chaque année à l’organisation de la Fête des saveurs, tandis que des chantiers participatifs ont débouché sur la restauration du temple protestant du village, la réfection de la salle polyvalente ou la création d’un centre de vacances géré par les parents.

En plus de permettre à la municipalité de faire de substantielles économies, et d’améliorer le cadre de vie des habitants, ces actions collectives participent à la création du lien social dans la commune. « Pour s’entraider il faut se connaître. Et pour se connaître il faut faire des choses ensemble », résume le maire.

Une quinzaine d’habitants sont venus volontairement, ce samedi matin, pour restaurer la salle polyvalente du village.

Une participation en baisse

Mais si la vie associative est toujours foisonnante à Vandoncourt, la participation des citoyens aux commissions, elle, est en berne. Étienne, la trentaine, pense que la démocratie participative fait partie de « l’esprit du village », ce qui ne l’empêche pas de bouder les commissions. « Je n’en vois pas l’intérêt. L’équipe municipale fait bien son travail et quand on a quelque chose à dire, on peut le faire », argumente-t-il.

Certes, les réunions publiques attirent toujours autant de monde mais seulement une quarantaine de personnes participent activement aux commissions, contre plus de soixante (soit 10% des habitants) au moment de la « révolution culturelle ». « Les gens viennent moins », reconnaît Christian Roth, premier adjoint. « À l’époque il y avait tout à faire. Mais quand ça se limite à de la gestion, c’est moins intéressant ».

Jean-Marie Bart, conseiller général qui connaît bien l’expérience vandoncourtoise pense que la « démocratie participative à des limites. Ce sont toujours les mêmes qui participent », note-t-il. La baisse de l’implication citoyenne s’explique par la « tendance actuelle à privilégier l’individu plutôt que le collectif », estime Véronique Fiers. « Et puis certaines personnes pensent qu’elles ne seront pas utiles. Mais quand on ne fait pas partie de l’équipe municipale, on peut apporter un autre regard, justement parce qu’on ne fait pas partie de l’équipe », plaide-t-elle.

Alors, pour éviter que l’héritage de Jean-Pierre Maillard-Salin ne soit progressivement effacé par la routine, Patrice Vernier veut « relancer l’utopie » et faire en sorte que « l’intelligence collective continue à œuvrer au service du village ». Y parviendra-t-il ?

Compteur Linky : un progrès écologique ou un pas de plus vers le techno-totalitarisme ? Pièces et main d’œuvre Reporterre 2013/07/13 Pièces et main d’œuvre (13 juillet 2013) Compteur Linky : un progrès écologique ou un pas de plus vers le techno-totalitarisme ?. Reporterre. Tribune — fr

Compteur Linky : un progrès écologique ou un pas de plus vers le techno-totalitarisme ?

Le gouvernement a présenté la généralisation prochaine du compteur électrique Linky comme une mesure écologique permettant d’économiser l’énergie. Mais ne s’agit-il pas plutôt d’un moyen de surveiller les citoyens ?

Afin d’offrir aux écologistes de son gouvernement des prétextes pour y rester, et d’ouvrir un nouveau marché à l’innovation, Jean-Marc Ayrault annonce mardi 9 juillet 2013 le remplacement de tous les compteurs électriques par des compteurs intelligents Linky pour un montant de 5 milliards d’euros.

« Trois millions de compteurs Linky seront installés par ERDF d’ici 2016 et tous les logements en seront équipés d’ici 2020 ». Pour Pascal Durand, numéro 1 d’Europe-Ecologie Les Verts, « c’est une vraie rupture et le début d’une transition ». On ne saurait mieux dire.

Avec Linky, l’Enfer Vert (1) s’installe à domicile. Un progrès pour le techno-totalitarisme dans notre pays, dont le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, refuse l’asile à Edward Snowden, traqué par les Etats-Unis pour avoir étalé leur programme d’espionnage électronique mondial.

Logique : la France, comme son allié américain, ramasse de façon légale et illégale (quelle différence ? sauf pour les niais qui tiennent avant tout à être espionnés dans les formes) des milliards de données sur notre vie privée. Quelle importance, diront les radicalistes, « la vie privée, c’est politique ».

Les données sont la matière première de la police des populations par le pouvoir politique et économique : suivi des individus, profilage des consommateurs. Et voilà comment, en effet, la vie privée devient politique sous l’œil du pouvoir, et des voyeurs du voisinage réunis en assemblée générale.

Le comptage intelligent du troupeau

Équipé d’une puce électronique à radio-fréquences (RFID), Linky transmet à distance nos données personnelles de consommation électrique. Soit, dans un monde où tout fonctionne à l’électricité, le détail de votre vie domestique. Vous prenez votre douche le matin. Vous avez des invités à la maison. Vous regardez trop la télévision. Vous avez changé de rythme de vie. Etc.

Ce mouchard à domicile fait partie des « technologies-clés » recensées par les décideurs pour doper l’industrie. Dans le rapport Technologies-clés 2015 remis en son temps au gouvernement Fillon, Linky figure au chapitre 74 : « Comptage intelligent ».

Ainsi défini par les technocrates : « Le comptage intelligent consiste en la mise en réseau de fonctions clés liées au bâti (ventilation, chauffage, fluides, etc.), par la mise en place de capteurs, actionneurs et logiciels. (…) Il s’agit de compteurs communicants, capables de recevoir et d’envoyer des données sans intervention humaine, pour la mesure et la gestion des flux. De tels compteurs permettent de suivre en temps réel la consommation énergétique d’un bâtiment, foyer ou entreprise. » Avec cette précision : « En termes d’acceptabilité, le problème de l’atteinte à la vie privée est soulevé par plusieurs associations de consommateurs. La question de la rétention des données doit donc être traitée de manière attentive. »

Parmi les acteurs français de ce marché porteur figurent le Commissariat à l’énergie atomique, STMicroelectronics, ERDF, Schneider Electric ou Google Power Meter. Le CEA et Google dans nos maisons pour enregistrer notre activité sur le vif : un gage d’optimisation pour le flicage électronique.

Un projet poussé par la ministre Furioso

Présenté comme un projet de maîtrise des consommations énergétiques, le compteur Linky constitue l’une des mailles du filet électronique qui se referme peu à peu sur nous. Soutenu par les Verts – comme les cartes de transports pucées -, il est promu depuis des années par le techno-gratin grenoblois, toujours à la pointe de l’accélération technologique.

Dans son rapport « Economie, industrie et énergie » rédigé en 2011, alors qu’elle était députée, la ministre grenobloise de la Recherche Geneviève Fioraso recommandait de « rendre obligatoire et gratuite la transmission des données collectées par les compteurs électriques communicants ».

Depuis 2011, Grenoble teste Linky sur les cobayes volontaires de deux quartiers intelligents à forte population d’ingénieurs et de techniciens : la Caserne de Bonne et la Presqu’Ile scientifique. L’expérimentation, baptisée GreenLys, consiste à connecter la distribution de l’électricité à l’informatique ambiante pour savoir qui consomme quoi, qui produit combien et quelle capacité électrique on peut dégager des « nouveaux usages ».

En bref : afin de nous faire consommer toujours plus d’électricité pour alimenter les objets communicants qui colonisent nos vies, le pouvoir a besoin d’optimiser le réseau, en traquant nos usages. Société numérique, société nucléaire. C’est ça aussi, l’Enfer Vert.

La tyrannie de la rationalisation

Linky illustre la « planète intelligente », le programme de pilotage global et cybernétique de la société, vendu depuis des années par IBM au pouvoir pour gérer la réduction des « ressources » à l’époque de l’effondrement écologique et social. (2)

Non seulement il espionne chacun de nos gestes, non seulement il supprime l’intervention des humains qui jusqu’ici relevaient nos compteurs (on parle de 6000 emplois), qui se laissaient (parfois) fléchir et laissaient le courant aux mauvais payeurs, mais il nous asservit à la rationalisation. Finis l’imprévu, la surprise, la négociation entre humains. La machine pilote nos vies de la crèche aux maisons de retraites, décide à notre place, au nom de la fonctionnalité, de la rentabilité, de la gestion optimale des flux et des stocks – c’est nous, les flux et les stocks.

À quoi bon vivre, la machine le fait tellement mieux que nous. Elle le fait sans temps mort, sans entrave ni erreur. L’humain est l’erreur.

Pas plus que le sort d’Edward Snowden, le pillage des données personnelles via Internet et les moyens de communication électroniques ne suscite de révolte.

Il est juste que les Verts applaudissent à l’invasion des mouchards RFID dans chaque objet terrestre, à leur interconnexion via « l’Internet des objets » et à la rafle illimitée de données sur nos vies, nos relations, nos habitudes, nos idées : c’est leur projet.

Quant aux « antifascistes », encore faudrait-il qu’ils aient ouï parler de l’informatique ambiante et de la « planète intelligente ». Pour les radicalistes comme pour les citoyennistes - tous également progressistes - « la technologie est neutre, tout dépend de l’usage qu’on en fait. »

C’est-à-dire qu’une autre machine est possible, avec de bons drones pour chasser « les fascistes » ; des ordinateurs vertueux pour recenser « les dominants » suivant des statistiques identitaires ; des robots-chirurgiens pour échapper à « l’assignation » au corps natal ; des utérus artificiels, des procédés de reproduction technifiés et le clonage, pour en finir avec la malédiction de la maternité et de la naissance entre les fèces et l’urine.

Quant à la technocratie post-moderne et « multiculturelle », une autre machine lui permet d’imposer sa propre domination, son « droit à la différence », à « l’augmentation technologique » et eugéniste ; sa conception d’« une autre humanité » ou sa « conception ouverte de l’humanité » - c’est-à-dire ouverte au cyborg et à l’homme-machine. D’accomplir ses pulsions biophobes et anthropophobes. Si vous ne savez pas ce que signifie une humanité « à deux vitesses », voyez ce que produit déjà « une médecine à deux vitesses ».

C’est un bien petit dispositif qu’un compteur Linky, mais l’indice le plus ténu, pourvu qu’on le suive, vous mène au fin mot de l’histoire – et d’ailleurs ce n’est qu’un indice parmi des myriades, tous concordants.

Hier les moutons, aujourd’hui les hommes. Si vous êtes de ceux qui s’indignent du puçage électronique des ovins (après les chiens, les chats, les chevaux, etc.), peut-être vaut-il encore la peine de s’indigner du puçage électronique du troupeau humain via le compteur Linky, l’Internet des objets et la prolifération des puces RFID.

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NOTES

- (1) Lire L’Enfer Vert, un projet pavé de bonnes intentions, par Tomjo (éditions L’Echappée, 2013) et sur Pièces et Main-d’oeuvre

- (2) Cf. « IBM et la société de contrainte », in L’industrie de la contrainte, de Pièces et main d’œuvre (éditions l’Echappée, 2011) et ici

Chine : une manif antinucléaire fait céder le gouvernement Pierre Haski (Rue 89) Reporterre 2013/07/13 Pierre Haski (Rue 89) (13 juillet 2013) Chine : une manif antinucléaire fait céder le gouvernement. Reporterre. Chine fr

Chine : une manif antinucléaire fait céder le gouvernement

Le projet d’une usine d’enrichissement d’uranium de Jiangmen est annulé.

La réponse politique n’a pas tardé : 24 heures après une manifestation contre un projet à 7,6 milliards de dollars de construction d’une usine de traitement d’uranium dans une région très peuplée du Guangdong, dans le sud de la Chine, le gouvernement provincial a annulé le projet ce samedi 13 juillet.

Ce n’est pas la première fois qu’un projet de construction de site industriel comportant des risques pour l’environnement et la santé provoque de telles réactions et fait plier les autorités. Un phénomène politique baptisé de l’acronyme anglais « Nimby » (« not in my back yard », pas près de chez moi).

Cette fois, c’est l’ambition nucléaire du Guangdong, l’une des provinces les plus avancées dans cette filière énergétique, notamment en partenariat avec EDF avec les centrales de Daya Bay, non loin du site prévu pour cette usine, qui se trouve mise en échec par l’opinion publique chinoise. L’usine de Jiangmen devait être capable de produire la moitié du « carburant » nucléaire nécessaire pour les centrales chinoises.

« Respecter l’opinion publique »

Dans leur communiqué, les autorités provinciales affirment avoir pris leur décision d’annulation « afin de respecter l’opinion publique » – une attitude conciliante qui n’a pas toujours été de mise, mais va dans le sens de l’expérimentation sociale en cours dans le Guangdong, l’une des provinces les plus riches de Chine, qui assure à elle seule un tiers des exportations chinoises.

La manifestation de vendredi a réuni plusieurs centaines de personnes dans les rues de Jiangmen, la ville du Guangdong où devait être construite cette usine géante qui a suscité des remous au sein de la population lorsque le projet a été connu.

C’est via les réseaux sociaux que s’est organisée la mobilisation, et qu’ont été diffusées les photos du rassemblement et du face-à-face avec la police, sans toutefois provoquer d’incidents.

Tensions avec Hong Kong et Macao

Dans des situations comme celles-ci, en particulier lorsque les manifestants appartiennent à la nouvelle classe moyenne, les autorités évitent de recourir à la force directe, et tentent de désamorcer les crises politiquement. Un contraste avec les récents affrontements avec la minorité ouïghoure dans la province occidentale du Xinjiang, qui ont fait 27 morts.

L’installation de cette usine dans une zone très peuplée, avait également suscité des tensions avec Hong Kong et Macao, deux territoires autonomes chinois situés à moins de 100 km de là et bénéficiant d’une presse relativement libre. Les autorités de ces deux régions avaient fait connaître les craintes de leurs citoyens au gouvernement du Guangdong.

La multiplication des accidents industriels

Les craintes des habitants sont liées à la multiplication des accidents industriels en Chine, souvent dus à des défauts de construction ou des processus de fabrication, et liés à la corruption. Les centrales nucléaires chinoises, notamment celles qui sont gérées en partenariat avec EDF dans le Guangdong, n’ont toutefois jamais été mises en cause.

Les questions environnementales sont de plus en plus présentes dans les protestations en Chine, alors que la dégradation de la qualité de l’air et de l’eau est nettement perceptible, notamment à Pékin, la capitale. Une récente étude faisait état de la réduction de l’espérance de vie de 5,5 ans pour les personnes confrontées à l’air pollué du nord de la Chine.

Dans un contexte de ralentissement économique – 7,5% de croissance « seulement » cette année contre une croissance à deux chiffres depuis le début du siècle –, le gouvernement a donc jugé plus sage de temporiser. Surtout avec une nouvelle équipe au poouvoir à Pékin depuis seulement quelques mois.

Cette victoire de la « rue » sur une décision technocratique du pouvoir chinois risque de donner des idées à d’autres dans ce vaste pays où, grâce à Internet, tout se sait à la vitesse d’un « tweet ».

Dubaï : voyage dans la ville la plus anti-décroissante du monde Anna Samuel (Reporterre) Reporterre 2013/07/13 Anna Samuel (Reporterre) (13 juillet 2013) Dubaï : voyage dans la ville la plus anti-décroissante du monde. Reporterre. fr

Dubaï : voyage dans la ville la plus anti-décroissante du monde

Il n’a pas de pétrole, mais une ambition démesurée : l’émirat de Dubaï se veut toujours plus haut, plus fort, plus vendeur. Au prix d’une transformation radicale, et sans souci de l’environnement. Visite en treize photos.

- Reportage, Dubaï

Insolente Dubaï, sorte de Métropolis moderne bien décidée à devenir le centre commercial du monde. Havre de paix et de tolérance dans une région aux prises avec les guerres et le fondamentalisme, Dubaï est passée en une génération d’un tas de sable à un Miami oriental. Après avoir failli déposer le bilan en 2009, le Cheikh Al Makhtoum a fait appel à ses riches cousins et la croissance est repartie de plus belle : 5,4% en 2012 et 50 millions de passages dans son “hub” aéroportuaire.

Contrairement aux idées reçues, le pétrole ne pèse que pour 4% de son économie, et c’est sur l’immobilier que compte le Cheikh pour se développer. Car avec ses deux milliions d’habitants vivant sur 4 000 km2 (moins de la superficie d’un département français), l’émirat ambitionne d’accueillir l’exposition universelle de 2020. S’il l’obtient, il se relancera dans les folies que la crise a tout juste mis sur pause.

Dans Le stade Dubaï du capitalisme (2007), l’anthropologue urbain Mike Davis décrivait le Cheikhh comme un “magnétiseur hors pair” : “Maktoum a compris que si Dubaï voulait devenir le super-paradis consumériste du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, l’émirat devait constamment aspirer à l’excès visuel et urbain”. Il y aspire toujours, y parvient parfois. Visite guidée.

« Le mot impossible ne fait pas partie du dictionnaire des leaders », tel est le slogan que le Cheikhh Al Maktoum a fait inscrire en lettre d’or, à côté de son portrait, dans le hall de Burj al Khalifa, la “plus haute tour du monde”.

Les touristes venus du monde entier sont amenés à admirer les silhouettes des gratte-ciels concurrents, qui, de Shanghaï à Toronto, n’ont pas atteint ce sommet : 828 mètres.

57 ascenseurs, un milliard d’euros, le poids en aluminium de cinq A380. La tour aligne aussi le record du plus bas salaire d’ouvrier, certains ayant été payés moins de quatre dollars par jour.

Le Dubaï Mall, plus “grand centre commercial du monde”, au pied de Burj Khalifa est grand comme cinquante terrains de foot, qu’il faut climatiser 24 heures sur 24. Cette ville dans la ville n’accueille pas seulement le “festival du shopping”, une patinoire et un aquarium, elle a aussi créé un quartier moyen-oriental. Quand les nouveaux riches sont lassés de la mode occidentale, ils pastichent leur propre culture.

“Ski Dubaï” inaugurée en 2005 semble déjà avoir blasé les touristes. La “station” de ski miniature, greffée à l’intérieur d’un centre commercial, propose luge et bobsleigh sur neige artificielle, et une ridicule piste de ski. Plus drôle à regarder qu’à pratiquer.

Il faut 700 kilowatts-heure d’énergie pour abaisser la température du désert à la piste de ski. C’est beaucoup ? Peu importe, Dubaï se fait actuellement construire une centrale nucléaire pour moins dépendre du pétrole.

Construire, sur la mer, une île en forme de palmier : telle est l’idée invraisemblable lancée par des promoteurs immobiliers à l’aube des années 2000. Aujourd’hui, The Palm est l’un des quartiers hype de Dubaï, et son hôtel Atlantis, au sommet de l’arbre, l’un des plus chics complexes privés de l’émirat. Les poissons ont disparu ? Pas grave, les autorités en réintroduisent.

L’un des 21 aquariums décoratifs introduisant au parc d’attraction de l’hôtel Atlantis qui promet de vous faire “revivre le mythe de l’Atlantide”. Raies manta, requins et poissons lions, tout est derrière la vitre, même l’épave de bateau et le plongeur. La venue d’un bébé baleine dans cet aquarium avait suscité une vive opposition et, après une pétition, il avait été remis en liberté. Entre illusion et réalité, le touriste ne sait plus où se situe la frontière, et c’est exprès.

Il n’a pas suffi d’extraire des millions de tonnes de sable du golfe Persique pour construire les fondations de Palm Island, l’île devient un archipel, des bras comme des tentacules viennent entourer le palmier. Siham, française installée à Dubaï depuis dix ans, vivant dans 350 mètres carré sur la Palm, ne met plus un pied dans ces bras de mer saumâtre, elle préfère la piscine privée de sa résidence.

Du haut de la Burj Khalifa, on voit les vestiges des fondations de The World, le projet de 263 îles artificielles représentant une mappemonde visible depuis l’espace. Faute de crédits, le projet a été stoppé, mais ses promoteurs espèrent le reprendre si Dubaï était sélectionné pour l’organisation de l’Expo Universelle de 2020. En attendant, des coraux ont dû être réimplantés le long des bancs de sable, car le chantier avait fait disparaître la vie sous-marine.

Burj Khalifa n’est pas seulement une tour, agrémentée d’un centre commercial, c’est aussi un quartier résidentiel autour d’un lac artificiel de douze hectares.

Et comme il reste de la place à côté de ce « downtown », l’émirat lance une ville nouvelle : Mohammed Bin Rashid City, qui annonce le plus grand centre commercial du monde, et un parc d’attraction autour du cinéma.

Sur la crique de Dubaï, d’antiques bateaux, les dhows, figurent ce qu’était le commerce au temps des pêcheurs de perle, l’activité qui a fait la première fortune de l’émirat.

Plus de 85% de la population de Dubaï est étrangère. Parmi ces immigrés, une majorité vient du sous-continent indien et effectue les basses tâches comme la livraison de marchandises, sous une chaleur étouffante.

Jumeirah Beach Residence, le quartier dernier né, s’est implanté tout près de l’usine de désalinisation. En bord de route comme partout, l’émirat a planté des bougainvilliers pour masquer la laideur de la vue. Ici, lorsqu’il y a des ennuis de pollution, les habitants n’en entendent parler qu’à la dernière minute, comme lorsqu’une décharge avait reflué en pleine mer en 2009.

Le Burj el Arab, seul hôtel 7 étoiles du monde, construit lui aussi sur la mer, ne se pénètre que sur réservation. Les touristes les moins fortunés se contentent d’admirer sa cambrure de voilier depuis la plage.

Personne ne semble craindre le tsunami imaginé par Gabriel Malika dans Les meilleures intentions du monde, le seul roman écrit en français sur Dubaï (Intervalles, 2011). Une fiction où la nature se vengeait des excès humains et remettait chacun à sa place.

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Au marché aux poissons de Shindaga, on ne sent pas encore les effets d’une pêche qui commence à dépasser les ressources du golfe. Le gouvernement a commencé à limiter la pêche des poissons de trop petite taille.

A côté du Dubaï International Financial Center (que les expatriés appellent par dérision Dubai International Food Court, tant le nombre de restaurants y est élevé), la City de Londres fait pâle figure. Ici, les avantages fiscaux attirent les banques du monde entier. Quelque deux cents Français s’installent ici chaque mois, en quête de croissance infinie.

Infinie, vraiment ?

Journées d’été des Amis de la Confédération paysanne Reporterre 2013/07/15 (15 juillet 2013) Journées d’été des Amis de la Confédération paysanne. Reporterre. fr

Journées d’été des Amis de la Confédération paysanne

« Les luttes paysannes et citoyennes pour la préservation des terres agricoles ». Du 17 au 21 juillet sur le plateau du Larzac.

JOURNÉES D’ÉTÉ DES AMIS DE LA CONF’ 2013

« SAUVONS LES TERRES AGRICOLES ! »

Terres vivrières, surfaces nourricières, pourquoi faut-il protéger les terres agricoles partout en France comme à Notre-Dame-des-Landes ?

Depuis le Larzac, la préoccupation pour la sauvegarde des terres qui alimentent la population est revenue dans l’actualité avec la pression immobilière en ville et les projets inutiles et imposés... Les luttes foncières et la défense des paysans interrogent la souveraineté alimentaire et la relocalisation des productions sur les territoires.

Les journées d’été ont pour thème : "Les luttes paysannes et citoyennes pour la préservation des terres agricoles". Elles se dérouleront du 17 au 21 juillet à l’occasion de l’anniversaire des 10 ans de la création de l’association sur le plateau du Larzac, son lieu de naissance, emblématique d’une victoire et de la continuité des luttes.

Dix ans de soutien à la Confédération paysanne, pour associer la population à la promotion de l’agriculture paysanne et à la lutte contre l’agrobusiness et les bétonneurs. Parmi les ressources particulièrement visées aujourd’hui, les terres agricoles sont un enjeu majeur.

Des désaccords majeurs au sein du Débat national sur la transition énergétique Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/07/15 Camille Martin (Reporterre) (15 juillet 2013) Des désaccords majeurs au sein du Débat national sur la transition énergétique. Reporterre. Énergie fr

Des désaccords majeurs au sein du Débat national sur la transition énergétique

Reporterre publie en avant-première les “Recommandations pour la transition énergétique de la France" qui seront discutées jeudi 18 juillet. Le consensus n’y est guère présent : nucléaire, économies d’énergie, gaz de schiste, lignes à très haute tension sont autant de clivages majeurs.

Jeudi 18 juillet, le conseil national du débat sur la transition énergétique se réunira pour adopter ses « Recommandations ». Voici le texte provisoire sur lequel il va discuter :

Le document énonce une série de « recommandations », que les parlementaires auront la liberté de suivre ou pas, lors de l’élaboration de la loi sur la transition énergétique. Ces recommandations se déclinent en une série de mesures générales et parfois très concrètes.

Mais le texte n’a pu gommer les clivages très vifs qui ont marqué toutes les discussions, et qui paraissent pour l’instant peu conciliables.

Voici ces oppositions, telles que le document les présente :

Diminuer la part du nucléaire ?

« Respecter l’engagement présidentiel de ramener à 50% la part de la production nucléaire dans le mix électrique d’ici à 2025. Certains acteurs expriment leur opposition à cet objectif. D’autres acteurs souhaitent à l’inverse que cette baisse soit plus rapide et s’inscrive dans une décision de sortie du nucléaire. »

Réduire fortement ou mollement la consommation d’énergie ?

Les scénarios de prévision qui intègrent la nécessité de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, inscrite dans la loi depuis 2005, impliquent « une réduction de 50 % de la consommation énergétique finale à échéance 2050 (par rapport à la consommation constatée en 2012) ».

Mais tout le monde n’est pas d’accord :

« Il y a débat sur la nécessité et la capacité de réduire aussi fortement la demande. Certains acteurs, dont une majorité de territoires, considèrent que cet objectif est incontournable (un tel scénario a d’ores et déjà fait l’objet d’un consensus entre tous les acteurs en Pays de Loire). D’autres le considèrent excessif car contraire à la compétitivité à court terme. Ils proposent de le ramener à un rythme moins élevé, avec une réduction minimale de - 20% à 2050, en maintenant donc une consommation d’énergies fossiles plus élevée mais en recourant dès que possible, quand elles seront disponibles, aux nouvelles technologies nécessaires, notamment aux techniques de captage et séquestration de CO2. »

Encore davantage de lignes à très haute tension ?

Un bouquet énergétique diversifié et une consommation mal maîtrisée ? Alors, il faudrait plus de réseaux électriques. Mais tout le monde n’est pas d’accord :

« Deux points de vue existent quant aux modalités de développement des réseaux électriques : développer le réseau électrique et davantage d’interconnexions aux niveaux français et européens ; optimiser les réseaux existants, par le développement de réseaux intelligents avec ou sans stockage et rechercher des équilibres régionaux. »

Le gaz de schiste : oh non, il n’y a pas d’accord !

« Certains acteurs souhaitent que soient poursuivies les recherches en vue d’une exploitation possible de gaz et huiles non conventionnels sur le territoire français. D’autres soulignent que son exploitation ne contribuerait qu’à retarder l’action vers une économie sobre en énergie et en carbone et vers le développement des énergies renouvelables dont nous aurons besoin in fine. L’ensemble des acteurs s’accorde sur la nécessité de réaliser une étude de l’impact socio-économique (tourisme, emploi, prix de l’énergie) de l’exploitation des gaz de schiste. »

L’accident de Brétigny le confirme : il faut rénover le réseau ferroviaire plutôt que de construire de nouvelles LGV Collectif Lyon Turin Reporterre 2013/07/15 Collectif Lyon Turin (15 juillet 2013) L’accident de Brétigny le confirme : il faut rénover le réseau ferroviaire plutôt que de construire de nouvelles LGV. Reporterre. Tribune — fr

L’accident de Brétigny le confirme : il faut rénover le réseau ferroviaire plutôt que de construire de nouvelles LGV

Des experts suisses l’avaient démontré il y a plusieurs années : la priorité ferroviaire en France est la rénovation du réseau.

Après le tragique accident de Bretigny sur Orge [vendredi 12 juillet], les opposants à la nouvelle ligne Lyon-Turin expriment leur solidarité et leur profonde sympathie aux victimes et à leurs familles.

Sans préjuger des résultats des enquêtes et devant la catastrophe qui frappe les passagers de ce train, on ne peut que s’interroger sur les immenses retards pris à maintenir le réseau ferroviaire existant.

La presse reprend les déclarations du président de la SNCF en 2011 sur les lignes malades, mais la situation désastreuse du réseau existant est connue depuis bien plus longtemps, et comme le rappelait Philippe Duront, Président de l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France), le 2 juillet à l’Assemblée Nationale, le rapport de l’école Polytechnique de Lausanne l’indiquait déjà clairement en septembre 2005.

On y lisait : « L’évolution des budgets de maintenance (entretien et renouvellement) est inquiétante. Durant ces vingt dernières années, les budgets d’entretien ont perdu 20 % de leur valeur en monnaie constante alors qu’environ 2 800 km de voies à grande vitesse se sont ajoutées au patrimoine... » (page 8).

« En outre, depuis le début des années 2000, le budget d’entretien est maintenu constant à euros courants, ce qui signifie une diminution de valeur réelle d’approximativement 3 % par an » (page 8).

« Dans le domaine de la voie, les auditeurs proposent une politique de maintenance privilégiant une réduction de l’âge moyen des voies, au travers d’une politique de renouvellement soutenue. La réduction de l’âge moyen des voies permet d’augmenter leur fiabilité et de maîtriser l’évolution des coûts d’entretien à long terme, ... » (page 13).

Dans le même temps, la France a financé des études de reconnaissances et de construction pour le projet de tunnel Lyon-Turin, qui ont coûté, selon la Cour des Comptes, 901 millions d’euros alors qu’ils étaient annoncés à 371 millions. Il est demandé, aujourd’hui encore, une somme équivalente pour d’autres études, plutôt que d’investir sur les lignes existantes.

Malgré les recommandations de la Commission « Mobilité 21 », la veille de ce terrible accident, le président du Conseil régional de Rhône Alpes organisait une grande messe publicitaire pour le Lyon-Turin, regroupant ses partisans pour faire pression et réclamer l’engagement des deniers publics au détriment des véritables priorités. On saisit, à la lumière du terrible accident, le cynisme et le décalage de cette campagne publicitaire.

Pourtant, les lignes de la région Rhône Alpes, que les habitants utilisent chaque jour, font partie des « lignes malades », Chambéry et Annecy sont toujours desservies par des voies uniques, cela entraîne une utilisation sans cesse croissante des voitures (365 000 voitures de plus chaque année depuis dix ans à Chambéry et Annecy).

L’argent public doit être utilisé pour doubler dès maintenant les voies de ces lignes malades et dangereuses et non pour une nouvelle ligne Lyon-Turin et ses lobbyistes, alors que la ligne existante entre la France et l’Italie n’est utilisée qu’à 17 % de sa capacité après avoir été modernisée de Dijon à Modane pour près d’un milliard d’euros.

L’arrêt immédiat de ce projet coûteux et inutile, est une absolue nécessité pour affecter l’argent public à la rénovation, la sécurisation et l’amélioration du réseau ferré existant.

Greenpeace pénètre dans la centrale nucléaire du Tricastin, une des plus dangereuses de France leparisien.fr // Reporterre Reporterre 2013/07/15 leparisien.fr // Reporterre (15 juillet 2013) Greenpeace pénètre dans la centrale nucléaire du Tricastin, une des plus dangereuses de France. Reporterre. fr

Greenpeace pénètre dans la centrale nucléaire du Tricastin, une des plus dangereuses de France

La centrale nucléaire du Tricastin, qui a connu un incident grave en mars, est considérée comme une des plus dangereuses de France.

leparisien.fr

Des dizaines de militants ont pénétré dans la centrale de Tricastin (Drôme) vers 5 heures lundi matin 15 juillet. Ils étaient une quarantaine selon l’organisation, une vingtaine selon EDF.

En l’espace de vingt minutes, affirme Greenpeace, ils sont montés sur les infrastructures entourant les réacteurs pour y déployer deux banderoles au niveau des réacteurs 1 et 3. Sur la première, on peut lire : « Tricastin : accident nucléaire » et la deuxième interpelle le chef de l’Etat : « François Hollande : président de la catastrophe ? », selon Isabelle Philippe, chargée de communication de Greenpeace. Vers sept heures, les militants ont déployé une nouvelle banderole autour du réacteur 1.

Douze personnes ont été interpellées, a annoncé EDF peu après huit heures. Des activistes seraient sont toujours en place. Une cinquantaine de gendarmes ont été dépêchés sur les lieux, dont vingt-deux du groupe spécialisé dans la protection des installations nucléaires, le peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), chargé de lutter contre les intrusions et les actes de malveillance.

« Il n’y a pas eu de pénétration dans les enceintes de sécurité », affirme EDF. Le ministère de l’Intérieur assure de son côté qu’ils n’ont pas accédé aux « zones sensibles, notamment les salles de commande » du site. « C’est une action médiatique qui ne représente pas de danger pour la sécurité des installations », a insisté le porte-parole de la place Beauvau, Pierre-Henry Brandet. Selon l’Intérieur, les militants, « répartis en trois groupes », « ont été immédiatement détectés ».

Situé entre Valence et Avignon, le site industriel géré par EDF s’étend sur 600 hectares.

Sur son fil Twitter, l’organisation non gouvernementale poste depuis ce matin des photos de son opération.

Reporterre

Selon Greenpeace, la centrale du Tricastin est une des plus dangereuses de France.

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), ["les performances du site du Tricastin doivent être notablement améliorées en matière d’essai périodique, de requalification des matériels après intervention et, dans une moindre mesure, en matière de lignage ainsi que de mise en configuration des circuits. En outre, le site du Tricastin doit également veiller à assumer pleinement sa responsabilité d’exploitant concernant les dossiers qu’il présente à l’ASN".

La Commission européenne pourrait autoriser prochainement de nouveaux OGM Eric Meunier (Inf’OGM) Reporterre 2013/07/15 Eric Meunier (Inf’OGM) (15 juillet 2013) La Commission européenne pourrait autoriser prochainement de nouveaux OGM. Reporterre. fr

La Commission européenne pourrait autoriser prochainement de nouveaux OGM

Le 11 juillet 2013, à nouveau, les États membres réunis au sein du Comité d’appel sur les « aliments génétiquement modifiés et les risques environnementaux » n’ont pas atteint de majorité qualifiée pour accepter ou rejeter trois propositions d’autorisations des plantes génétiquement modifiées (PGM) présentées par la Commission européenne, a appris à l’instant Inf’OGM. La décision finale revient maintenant à cette dernière qui statuera « dans un futur proche », comme nous l’a indiqué Frédéric Vincent, porte-parole de la DG Sanco (ndlr, vraisemblablement avant l’automne).

Les trois autorisations présentées par la Commission européenne concernent onze PGM de Monsanto destinées à être importées, transformées et utilisées pour l’alimentation humaine et animal : le maïs MON89034*1507*NK603 (dossier NL/2009/65 déposé en 2009 avec Dow AgroScience) ; le maïs Mon89034*1507*MON88017*59122 et ses « sous-combinaisons » (dossier CZ/2008/62 déposé en 2008) ; et le pollen issu du maïs MON810 (dossier NL/2012/107 déposé en 2012).

La seconde proposition d’autorisation concerne neuf PGM traitées dans le cadre d’un seul et unique dossier de demande d’autorisation ! La PGM concernée est un maïs GM empilé, le maïs Mon89034*1507*MON88017*59122 plus connu sous le nom de SmartStax, et huit maïs GM « liés » car contenant une combinaison de trois ou deux des évènements transgéniques du maïs cité [1].

C’est la première fois qu’une autorisation couvrant plusieurs PGM est proposée par la Commission européenne. Une nouveauté qui confirme que la récente adoption d’un nouveau règlement sur l’évaluation sanitaire des OGM permet à la Commission européenne de débloquer les autorisations en attente.

Comme nous l’avons déjà vu [2], la légalité d’une telle autorisation peut être sujette à discussion. Le règlement 1829/2003 prévoit en effet qu’une autorisation peut être accordée pour un OGM et non pas des OGM. Mais la Commission fait une autre lecture de ce règlement.

Elle nous a indiqué que « rien dans le règlement 1829/2003 n’empêche ni la soumission d’un dossier contenant différents OGM, ni l’AESA d’adopter une opinion couvrant différents produits pourvu que chaque OGM ait fait l’objet d’une évaluation conforme au règlement ».

Et de préciser que c’est la Commission européenne elle-même qui a pris la responsabilité de demander à l’entreprise que sa demande d’autorisation soit complétée de manière à couvrir « toutes les sous-combinaisons des événements simples présentes dans [la plante GM empilée], à l’exception de celles déjà autorisées », ajoutant que l’objectif de cette démarche « est de garantir que des sous-combinaisons présentes dans la récolte [d’une culture] dans un pays tiers ne soient mises sur le marché dans l’UE sans autorisation ».

Cette innovation dans la série des autorisations proposées par la Commission européenne n’est pas le seul point remarquable. Car le maïs SmartStax (exprimant six protéines insecticides [3] et deux tolérances à des herbicides) est l’objet de controverses. L’association Testbiotech en Allemagne a déjà souligné des lacunes dans l’évaluation des risques de cette PGM, comme l’absence d’étude des effets synergiques entre les toxines insecticides et les résidus de pulvérisation d’herbicide [4].

Une étude menée par le professeur Tabashnik a par ailleurs montré que des insectes avaient acquis des résistances à certaines protéines Cry, dont les Cry3Bb1 (contre Diabrotica) et Cry1F (contre Spodoptera frugiperda) [5], présentes dans le maïs SmartStax !

Un fait scientifique nouveau qui mériterait probablement que la Commission européenne demande à l’AESA son avis avant d’aller plus loin sur cette autorisation. D’autant que dans la liste des maïs dérivés sujets au vote d’aujourd’hui se trouvent le maïs 1507*MON88017 qui exprime ces deux protéines !

L’existence « scientifique » de telles résistances est aussi corroborée par Syngenta qui en fait un argument de vente pour un insecticide contre la chrysomèle. Elle affirme que « les variétés transgéniques Bt ont apporté un moyen pratique et efficace aux agriculteurs pour gérer la chrysomèle du maïs, mais (...) les récents cas de dommages inattendus de la chrysomèle et la difficulté de contrôler ces populations » justifient d’utiliser un insecticide que vend l’entreprise, « peut-être plus que jamais » [6].

La dernière demande concerne le pollen issu de maïs MON810. Si la Commission européenne venait à autoriser ce pollen cet été, la question du miel contaminé par du pollen issu de maïs MON810 serait, légalement du moins, réglée, sous couvert de respecter les règles d’étiquetage.

Ce vote du 11 juillet fait suite à un précédent vote qui avait eu lieu le 10 juin lors de la réunion du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale [7], qui n’avait pas permis d’atteindre une majorité qualifiée. La France avait voté contre ces autorisations. Les trois propositions ont donc suivi la procédure en étant présentées au Comité d’appel de ce jour.

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Notes

[1] les maïs MON89034*1507*MON88017, MON89034*1507*59122, MON89034*MON88017*59122, 1507*MON88017*59122 - les maïs MON89034x1507, MON89034x59122, 1507xMON88017 et MON88017x59122

[2] Inf’OGM, « UE - Onze autorisations d’OGM demandées le 10 juin 2013 », Eric MEUNIER, 7 juin 2013

[3] Cry1A.105, Cry2Ab2, Cry1F, Cry3Bb1, Cry34Ab1 et Cry35Ab1

[4] http://www.testbiotech.org/en/node/838

[5] Inf’OGM, « Les insectes résistent de plus en plus aux OGM insecticides », Eric MEUNIER, 24 juin 2013

[6] Inf’OGM, « Chrysomèle : « et si les OGM ne marchent pas, il y a toujours nos insecticides » nous disent les vendeurs d’OGM », Christophe NOISETTE, 11 juillet 2013

[7] cf. note 2

Les clowns ont acheté 500 chars et 20 hélicoptères Brigade Activiste des Clowns Reporterre 2013/07/16 Brigade Activiste des Clowns (16 juillet 2013) Les clowns ont acheté 500 chars et 20 hélicoptères. Reporterre. fr

Les clowns ont acheté 500 chars et 20 hélicoptères

Pour célébrer un 14 juillet de gauche militaire plus tricolore que jamais, les Clowns ont scellé un accord d’achat en bonne et due forme avec la firme Sofema

AVIS A LA POUPULASSE !

Rencontre au sommet entre les envoyés du Clownistan, Monseigneur Du Rocdefer, ambassadeur du Clownistan et sa délégation, et SOFEMA.

En ce jour du 12 juillet de l’an de grâce 12 après Naïnileveune, notre rencontre a porté sur les dernières innovations technologiques et électroniques de la belle entreprise d’armes SOFEMA afin d’équiper le Clownistan de la meilleure des technologies françaises.

Après un audit approfondi sur leur méthode d’exploitation explosive, sur la qualité de leurs produits de maintien de la Paix et sur leurs partenariats avec d’autres clients, telles les bienfaitrices démocraties Russes et Syriennes, les deux parties ont conclu un accord juteux pour l’achat des équipements suivants :

– 500 AMC – 170 AMX – 30 VBL 90 – 20 hélicoptères alouettes – 50 mortiers – 1 super Cougar (en jupe) – 2 avions Mirage 2000

De plus, le Clownistan se réjouit qu’un partenariat de référence pour la gestion de l’obsolescence de ces machines et pour la maintenance de ses soldats ait été mis en place dans un souci de pérenniser la manne financière que représente ce marché pour nos dirigeants.

Cet accord s’est formalisé par une plainte et des auditions libres !

Le Clownistan se félicite de la qualité de la relation établie avec la SOFEMA, qu’elle espère durable et destructrice.

Vive le Capitalisme libre ! Vive la Guerre !

Antarctique : échec pour la création d’une nouvelle aire marine protégée Pew Reporterre 2013/07/16 Pew (16 juillet 2013) Antarctique : échec pour la création d’une nouvelle aire marine protégée. Reporterre. fr

Antarctique : échec pour la création d’une nouvelle aire marine protégée

Alors que la mer de Ross, qui jouxte le continent antarctique, est une des dernières régions du monde non altérée par l’humanité, la communauté internationale a échoué le 16 juillet à en faire une zone protégée.

Bremerhaven, Allemagne – La réunion spéciale de 24 pays et de l’Union européenne n’a pas permis de créer les réserves proposées dans les écosystèmes marins fragiles de l’Antarctique. La Russie, avec un soutien relatif de l’Ukraine, a remis en question la base juridique qui permettrait la création de grandes réserves marines dans l’Antarctique.

La Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) avait convoqué une réunion spéciale du 11 au 16 juillet pour revoir les mesures de protection marine suite à l’échec de leur adoption lorsqu’elles ont été proposées pour la première fois en octobre 2012. La CCAMLR n’a convoqué des réunions spéciales qu’à deux reprises en trente ans d’existence, et la présente réunion l’a été à la demande de la délégation russe.

« Les actions de la délégation russe menacent la coopération et la bonne volonté de la communauté internationale, qui sont pourtant les deux éléments incontournables de la conservation des océans au niveau mondial », a déclaré Andrea Kavanagh, directrice du projet de sanctuaires dans l’océan Austral de Pew Charitable Trusts. « Le fait d’avoir manqué une occasion unique de protéger certaines des zones océaniques jusqu’ici les mieux préservées de la planète représente une grande perte à la fois pour l’écosystème et pour la communauté internationale. Nous encourageons vivement les dirigeants mondiaux à demander à la Russie de collaborer avec les autres pays, et il est impératif que chaque pays renvoie ses représentants à la table des négociations dans trois mois afin de trouver un consensus pour protéger les eaux de l’Antarctique. »

Moins de 1% de la superficie des océans est protégée

Les mesures de protection proposées pour l’océan Austral comprenaient une réserve marine en mer de Ross représentant 1,6 millions de kilomètres carrés – où aucune pêche ne serait autorisée – au sein d’une aire marine protégée de 2,3 millions de kilomètres carrés, ainsi que sept aires marines protégées le long des côtes de l’Antarctique de l’Est, couvrant 1,6 millions de kilomètres carrés supplémentaires. Le plan pour la mer de Ross était proposé par les États-Unis et la Nouvelle-Zélande ; les mesures de protection en Antarctique de l’Est étaient défendues par l’Australie, la France et l’UE.

La CCAMLR a été créée en 1982 pour gérer les aspects de protection et d’utilisation durable de la vie marine dans l’océan Austral. Elle prend ses décisions par consensus.

Moins d’1 % des océans de la planète – soit une superficie d’environ 2,2 millions de kilomètres carrés – bénéficie d’une protection complète. En comparaison, près de 12 % de la surface terrestre de la planète fait l’objet de mesures de protection, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.

La protection de l’océan Austral dans l’Antarctique aurait des conséquences considérables. Des remontées d’eaux riches en nutriments provenant de ses profondeurs sont transportées le long d’immenses courants océaniques dans toute l’hémisphère Sud et jusque dans l’océan Atlantique Nord. Les scientifiques estiment que les trois-quarts de l’ensemble de la faune et de la flore marines sont alimentés par ce courant. La protection d’aires majeures de l’océan Austral produira des bénéfices très importants pour la faune et la flore marines et pour ceux dont l’alimentation dépend des océans.

La mer de Ross est l’écosystème marin le moins modifié de la planète

Une étude publiée en 2011 dans la revue Biological Conservation qualifiait la mer de Ross d’« écosystème marin le moins modifié de la planète », avec des espèces d’oiseaux et de mammifères marins dont les populations atteignent une taille exceptionnelle et interagissent étroitement.

L’océan Austral abrite des milliers d’espèces uniques, parmi lesquelles la plupart des espèces mondiales de manchots, de baleines, d’oiseaux marins, ainsi que le calmar colossal ou les remarquables légines australe et antarctique dont les stocks sont fortement exploités. La région est essentielle à la recherche scientifique, à la fois pour étudier la manière dont fonctionnent des écosystèmes marins intacts et pour déterminer l’accélération des impacts du changement climatique mondial.

« Il nous reste une occasion cette année de préserver l’intégrité de ces derniers espaces sauvages », a déclaré Andrea Kavanagh. « Les gouvernements doivent prendre cette décision importante en vue de coopérer à la protection et à la conservation de la vie marine dans les océans du monde. Il est essentiel qu’ils le fassent correctement. »

Revue des Livres Reporterre 2013/07/16 (16 juillet 2013) Revue des Livres. Reporterre. fr

Revue des Livres

Le n° 12 (juillet-août 2013) de La Revue des Livres vient de paraitre.

Parmi le riche sommaire, on relève de forts articles relevant de l’écologie politique :

Frédéric LORDON Impasse Michéa - à propos de Jean-Claude Michéa, L’Empire du moindre mal ; Le Complexe d’Orphée ; et Les Mystères de la gauche

Jean-Pierre GARNIER Les villes du capitalisme - à propos de Élisabeth Pélegrin-Genel, Une autre ville sinon rien ; Marc Berdet, Fantasmagories du capital ; et de Stephen Graham, Villes sous contrôle

Daniel TANURO L’écologie vue du ciel (des idées) - à propos de Hicham-Stéphane Afeissa, Portraits de philosophes en écologistes

Ferhat TAYLAN Taksim, une place vitale

Gilles SIMON La mobilisation anti-nucléaire à Plogoff

Ralph LITZINGER Face au désastre écologique en Chine, les différents visages de la mobilisation Propos recueillis par Jeffrey Wasserstrom et Charlotte Nordmann

Le scandale du prix élevé des cerises Jean-Marc Dupuis (Santé Nature Innovation) Reporterre 2013/07/16 Jean-Marc Dupuis (Santé Nature Innovation) (16 juillet 2013) Le scandale du prix élevé des cerises. Reporterre. fr

Le scandale du prix élevé des cerises

La production en est tout à fait normale, et pourtant les cerises atteignent des prix très élevés. Pourquoi ? Mystère. C’est bien dommage, parce que le fruit rouge est excellent pour la santé.

Je me régale de cerises depuis une semaine mais, à vrai dire, ma joie serait plus grande encore si leur prix n’était pas exorbitant.

Cette année, nous devons à nouveau débourser 4 à 5 euros le kilo. La bigarreau origine France vaut par exemple 4,95 euros le kilo en moyenne. Qui peut encore payer ça ? Peu de monde apparemment : d’après les statistiques officielles, une famille française achètera cette année 2,5 kilos de cerises, ce qui représente 600 g par personne. Pour l’année !

600 g de cerises, c’est ce que je mangeais étant petit en vingt minutes quand je passais par le cerisier de mon grand-père. C’était normal.

Avant l’arrivée de l’euro, jamais je n’aurais dépensé 2 euros pour un kilo de cerises (13 francs, alors que le kilo est aujourd’hui à plus de 30 francs).

Où passe l’argent ? Certains expliqueront que ce sont « les centrales d’achat », la « grande distribution », etc, qui font monter les prix. Pour ma part, j’ai l’impression de payer encore plus cher dans les épiceries indépendantes. Et les marchés ne sont pas si bon marché non plus.

Nos enfants auront-ils encore les moyens d’acheter des cerises ?

Cette année, la récolte a pourtant été correcte. Elle est en légère baisse par rapport à la moyenne des cinq dernières années (- 7 %), mais en hausse de 32 % par rapport à 2012 (1). Il y a donc une relative abondance de cerises sur les marchés.

De plus, les producteurs se plaignent de l’arrivée en masse de cerises turques, qui ont le même aspect et le même goût mais coûtent beaucoup moins cher (1 euro le kilo chez le grossiste), ce qui, selon eux, « tire les prix vers le bas » (2), mais devrait aussi rendre les cerises plus accessibles, bien que ce ne soit pas vraiment bio-responsable.

Malheureusement, année après année, les prix semblent monter inexorablement. Je commence à craindre que, dans quinze ans, nos enfants ne pourront plus en acheter du tout.

Quelles vertus des cerises pour la santé ?

Notre seule consolation est que la cerise est surtout bonne pour se faire (énormément) plaisir, mais qu’elle n’est pas indispensable pour la santé.

Elle a toutefois plusieurs avantages notables : elle est peu calorique (100 g de cerises contiennent 86 g d’eau), et sa forte teneur en eau en fait un aliment très bourratif. En termes scientifiques, elles ont une densité calorique de 0,5 sur 9 et un indice de satiété de 4,5 sur 5. (3)

C’est donc un bon fruit à consommer pour rester mince et éviter le diabète : la charge glycémique d’une portion de cerises (100 g) n’est que de 7 sur 100.

Elles est aussi riche en potassium, ce qui limite la rétention d’eau et aide au traitement des maladies auto-immunes neuro-dégénératives et des maladies des tissus conjonctifs.

Notons aussi la forte teneur des cerises en anthocyanes, des pigments de la famille des polyphénols qui ont une puissante action antioxydante. Les cerises seraient donc bonnes pour prévenir les maladies cardiaques. Elles font baisser le niveau d’inflammation des artères, ce qui a été démontré par une étude chinoise. (4)

Les griottes aident à dormir

Fait remarquable et peu connu : une variété de cerises, les griottes, souvent utilisées pour les jus, par exemple dans les bières belges à la cerise (kriek), contiennent de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Elles contribuent donc à vous donner un bon sommeil réparateur.

Des chercheurs anglais l’ont établi de manière formelle. Ils ont réparti des jeunes adultes en bonne santé en deux groupes et les ont invité à boire un certain breuvage chaque soir pendant 7 jours consécutifs. Dans un cas, il s’agissait de jus de cerise griotte, et dans l’autre d’un simple placebo. Résultat : le taux de mélatonine était plus élevé et la qualité du sommeil meilleure dans le groupe qui a bu le jus de cerise (5).

Il serait donc malgré tout très dommage que la cerise disparaisse complètement de la vie des générations futures. Une idée : que chaque lecteur de Santé Nature Innovation qui a un lopin de terre y plante un cerisier !

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Références

(1) http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/cerise-offre-en-hausse-et-marche-difficile-ministere-74820.html

(2) http://www.lefigaro.fr/conso/2013/07/06/05007-20130706ARTFIG00332-la-cerise-turque-joue-les-trouble-fete-sur-le-marche-francais.php

(3) Voir l’analyse de lanutrition.fr

(4) Y. Zhu, W. Ling, H. Guo, F. Song, Q. Ye, T. Zou, D. Li, Y. Zhang, G. Li, Y. Xiao, F. Liu, Z. Li, Z. Shi, Y. Yang, « Anti-inflammatory effect of purified dietary anthocyanin in adults with hypercholesterolemia : A randomized controlled trial », Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases, 17 August 2012.

(5) Howatson G, Bell PG, Tallent J, Middleton B, McHugh MP, Ellis J. « Effect of tart cherry juice (Prunus cerasus) on melatonin levels and enhanced sleep quality », Eur J Nutr., 2012 Dec, 51(8), 909-16.

Opérer la transition énergétique par l’investissement citoyen Energie partagée Reporterre 2013/07/16 Energie partagée (16 juillet 2013) Opérer la transition énergétique par l’investissement citoyen. Reporterre. fr

Opérer la transition énergétique par l’investissement citoyen

Energie Partagée est un mouvement qui accompagne, finance et fédère les projets citoyens de production d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie.

Energie Partagée est un mouvement citoyen, fondé par les organismes pionniers de la finance solidaire et des énergies renouvelables. Il est composé de porteurs de projets soutenus par des milliers de citoyens actionnaires qui souhaitent reprendre la main sur leur pouvoir d’investissement et sur leur choix de consommation énergétique.

Le mouvement Energie Partagée

Energie Partagée se compose d’une association loi 1901 (Energie Partagée Association) qui porte les orientations stratégiques et l’animation du réseau, et d’une société financière (Energie Partagée Investissement) habilitée à récolter et gérer les souscriptions citoyennes.

L’association Energie Partagée…

L’association regroupe des personnes morales, groupements citoyens, collectivités locales et partenaires engagés dans la dynamique des projets d’énergies renouvelables locaux et citoyens et a pour vocation de promouvoir le modèle d’appropriation citoyenne de l’énergie.

Elle organise des journées d’information et des ateliers techniques permettant l’essaimage des projets d’énergies renouvelables citoyens. Elle élabore également des outils méthodologiques qu’elle met à disposition de ses adhérents autour de trois thématiques : la structuration juridique d’un projet / l’analyse économique / la concertation territoriale.

Créée en Juin 2010 dans une démarche d’application de la Charte Énergie Partagée, l’association compte aujourd’hui une cinquantaine de structures membres.

…et l’outil financier Energie Partagée Investissement…

Energie Partagée Investissement est le premier outil financier innovant d’investissement citoyen dans la production d’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique. Cet outil permet à des porteurs de projets et des acteurs des territoires de réunir les fonds propres nécessaires au lancement opérationnel d’un projet, et d’en garder la maîtrise citoyenne.

L’appui financier d’Énergie Partagée aux porteurs de projets intervient seulement en phase opérationnelle, une fois réalisées les études techniques et budgétaires liées au développement du projet et une fois obtenues les autorisations administratives nécessaires.

En amont de cela, les porteurs de projets pourront de toute façon se mettre en rapport avec l’association pour un appui méthodologique.

Au plan juridique, Énergie Partagée Investissement est une Société en commandite par actions (SCA), statut déjà utilisé par des acteurs de la finance solidaire comme Terre de Liens ou Habitat et Humanisme.

Ce statut permet de séparer le pouvoir de l’argent et le pouvoir de gestion au sein de la société.

Les commanditaires (les investisseurs) confient au commandité la gestion du capital, ce qui permet d’éviter certaines dérives d’un mode de gestion capitalistique où le pouvoir d’orientation d’une société peut se retrouver confisqué par les quelques investisseurs détenteurs d’une majorité d’actions.

…pour l’investissement citoyen dans les projets locaux d’énergie renouvelables

Energie Partagée Investissement a obtenu, en septembre 2011, un premier visa de l’Autorité des Marchés financiers lui permettant de lancer son Offre au Public de Titres Financiers. Cela signifit que, Energie Partagée est autorisée à communiquer auprès du public dans le cadre de la collecte de souscriptions.

Le 26 octobre 2012, l’Autorité des Marchés Financiers a accordé un nouveau visa à Energie Partagée Investissement, visa n°12-520 du 26 octobre 2012-10-26, pour une augmentation de capital de 3 millions d’euros supplémentaires.

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Le débat sur la transition énergétique : pas beaucoup de bruit pour pas grand chose Stephen Kerckhove Reporterre 2013/07/17 Stephen Kerckhove (17 juillet 2013) Le débat sur la transition énergétique : pas beaucoup de bruit pour pas grand chose. Reporterre. Tribune — Énergie fr

Le débat sur la transition énergétique : pas beaucoup de bruit pour pas grand chose

Alors que le « Débat national sur la transition énergétique » va adopter ses conclusions le 18 juillet, il est possible d’en faire le bilan. Entre la pression des lobbies, le manque d’engagement du gouvernement et la structure compliquée de la discussion, on n’a pu aboutir qu’à un constat de désaccord sur l’essentiel. Au Parlement d’adopter les décisions politiques nécessaires.

Après six mois de débats parfois intenses et trop souvent laborieux, le débat national sur la transition énergétique devrait, le 18 juillet prochain, se conclure par l’adoption de mesures censées éclairer l’avis des parlementaires ; ces derniers seront ensuite chargés d’adopter une nouvelle loi sur l’énergie au cours du premier semestre 2014.

Le conditionnel est pourtant encore de mise tant le flou sur la méthode et les ambitions dudit débat fut persistant. Le débat s’est ouvert en novembre 2012 par le départ de Greenpeace et des Amis de la Terre, contestant la présence d’Anne Lauvergeon, ancienne PDG d’Areva au sein du comité de pilotage du débat.

Il s’est clos par le limogeage de la ministre de l’écologie, Delphine Batho. Même si ce débat ne se résume pas à ces deux événements, ceux-ci n’en constituent pas moins deux exemples révélateurs des tensions qui se sont exprimées tout au long de ce processus.

Alors même que la Commission Nationale du Débat Public est une structure dont la mission première est d’offrir un cadre adéquat à ce type de débat, le ministère a préféré inventer une méthode, qui, à l’usage, s’est révélée peu lisible et trop souvent inefficace.

Malgré les réserves émises par certains acteurs, le ministère de l’écologie a ainsi défini le cadre du débat avec les membres du Conseil National de la Transition Energétique, représentant les associations de protection de l’environnement, les syndicats, le patronat, les collectivités locales, les parlementaires et les personnalités qualifiées. En tout, cent douze personnes furent donc appelées à co-construire une méthode permettant l’expression des divergences et l’adoption de compromis à même de répondre aux crises énergétiques et climatiques.

Un débat organisé sous forme d’usine à gaz

Au lieu de débattre du fond de la question posée, 112 personnes furent ainsi mobilisées de longues semaines en vue de trouver un modus vivendi sur la forme du débat. Faute de confiance réciproque, les acteurs du débat définirent une vaste usine à gaz dont il est peu de dire qu’elle est éloignée de l’optimum démocratique.

Structuré autour d’un comité de pilotage, d’un secrétariat général, d’un conseil national, d’un groupe d’experts, de sept groupes de travail thématiques, d’un comité citoyens, d’un groupe de contacts rassemblant les entreprises, d’un comité citoyen... ce débat a multiplié les lieux de discussion sans pour autant réussir à les articuler afin de leur donner un sens. D’où ce sentiment d’avoir vécu un débat à la fois riche et brouillon, où l’amateurisme et l’improvisation se sont trop souvent invités à la table des discussions.

Le poids écrasant des lobbies patronal et nucléaire

A cette difficulté première est venue s’ajouter l’obstruction systématique de quelques acteurs syndicaux et patronaux récusant l’objectif d’une baisse de la part du nucléaire de 75 % à 50 % du mix électrique d’ici à 2025. Une union sacrée fut scellée implicitement sur l’autel du conservatisme énergétique. A l’heure du bilan, il y aura nécessité à évaluer le sur-représentation d’acteurs hostiles à la transition énergétique alors même que les citoyens consultés durant ce débat n’ont eu de cesse de dire et répéter que le changement de politique énergétique était une nécessité et qu’ils y étaient prêts.

C’est ainsi que le Medef fut principalement représenté par la filière nucléaire (excluant de fait de vastes pans de la transition énergétique comme les entreprises de l’efficacité énergétique) et que la plupart des syndicats (hormis la CFDT) mandatèrent des salariés d’EDF...

Pour couronner le tout, le gouvernement n’a jamais su, pu ou voulu donner à ce débat l’ambition et la cohérence d’ensemble qu’il aurait du avoir. Simultanément aux échanges ayant eu lieu durant ces six mois de débat, l’État a multiplié les annonces contradictoires, laissant supposer que le débat national sur la transition énergétique n’était pas au cœur du dispositif institutionnel mais un simple outil de communication ; un succédané de Grenelle de l’environnement, sans moyen ni soutien politique. Seule la ministre de l’écologie s’est sérieusement investie. Les ministres de l’agriculture, des transports, du logement, de la consommation, du redressement productif ou de l’économie n’ont pas ou peu pris part aux échanges

Des décisions prises avant la fin du débat

C’est ainsi qu’en parallèle du débat national, de grands chantiers ayant trait à la transition énergétique ont été ouverts par le gouvernement. Celui-ci a adopté un plan bâtiment, la commission Mobilité 21 a rédigé un rapport sur les infrastructures de transport, un comité présidé par Christian de Perthuis a préconisé de revoir la fiscalité écologique, un débat public a commencé sur l’enfouissement des déchets nucléaires, le ministre du budget a proposé de baisser de 7 % le budget du ministère de l’écologie et de réduire celui de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie censée mettre en musique les décisions du débat, des commissions ont évalué le bien fondé de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le ministre du transport a annoncé le report de la taxe poids lourds et le premier ministre a présenté un plan d’investissement d’avenir.

Pendant ce temps là, les acteurs du débat n’ont eu d’autre choix que de courir après les annonces et décisions prises.

Alors même que ce débat national sur la transition énergétique a pour mission de tracer des perspectives en vue de réduire notre empreinte carbone, nous libérer de la dépendance pétrolière et diversifier le mix énergétique en réduisant la part du nucléaire, l’État a donc multiplié des annonces la plupart du temps contradictoires. De fait, l’exigence de cohérence n’a pas été au rendez-vous.

Le risque d’un catalogue de bonnes intentions

Aussi étonnant que cela puisse paraître à quelques heures de la clôture de ce débat, personne ne sait encore très exactement comment seront adoptées les conclusions dudit débat. Il existe un risque non nul que le grand débat national sur la transition énergétique se solde par un catalogue de bonnes intentions rappelant simplement les grands engagements de la France en matière de dérèglement climatique et de soutien aux énergies renouvelables. En cas de blocage, il est à craindre qu’une écriture diplomatique sauve les apparences à défaut de sauver le climat.

Tout le paradoxe réside dans le fait que la France a moins besoin de débats que de décisions. Le diagnostic est connu depuis longtemps. Les solutions maintes fois énoncées sont orphelines d’une traduction législative et règlementaire. Six mois après son lancement, certains ont pu avoir le sentiment que ce débat était surtout conçu pour gagner du temps et remettre à plus tard ce qui aurait du être décidé voilà plusieurs années. En sollicitant 112 membres répartis en sept collèges, le gouvernement a enfanté d’une véritable armée mexicaine d’où rien d’ambitieux ne peut structurellement sortir, puisque la règle implicite est le consensus. A l’heure du crash climatique et du choc énergétique, des décisions courageuses doivent être prises et ne peuvent se satisfaire d’une logique où le plus petit dénominateur commun érode toute mesure un tant soit peu ambitieuse.

Au Parlement de décider

Ce débat national sur la transition énergétique fut une photographie d’un rapport de force opposant les tenants du statu quo et ceux de la transition énergétique. Gageons que les parlementaires qui auront la lourde tache de traduire les avancées de ce débat dans le corpus législatif ne s’arrêteront pas à ce consensus mais oseront prendre les décisions préparant notre pays à cette nécessaire transition énergétique. Entre les gaz de schiste et les gaz à effet de serre, entre le nucléaire et les énergies renouvelables, entre le gaspillage et la sobriété énergétique, le débat parlementaire devra choisir et aller beaucoup plus loin que les éventuelles décisions prises dans le cadre du débat national sur la transition énergétique.

Le Tour de France va saccager l’écosystème du col de Sarenne Matthieu Stelvio Reporterre 2013/07/17 Matthieu Stelvio (17 juillet 2013) Le Tour de France va saccager l’écosystème du col de Sarenne. Reporterre. fr

Le Tour de France va saccager l’écosystème du col de Sarenne

Le 18 juillet, le Tour de France va emprunter la route étroite du col de Sarenne, près de l’Alpe d’Huez (Isère). Le biotope est fragile, mais la foule des spectateurs va forcément l’abimer, avec l’autorisation tacite de la préfecture.

Le 18 juillet, le Tour de France doit passer au Col de Sarenne (1 999 m). Les derniers kilomètres d’ascension de ce col bordent une zone humide protégée par un arrêté préfectoral (1) ; ces derniers kilomètres seront accessibles à la foule ; et le maire de l’Alpe d’Huez a déclaré qu’« il y aura certainement beaucoup de monde vers le Col [de Sarenne] ».

L’arrêté préfectoral certifie « que le secteur du Marais du Col de Sarenne abrite diverses espèces animales protégées » et « qu’il y a lieu de réglementer les activités sur [le] périmètre de [la zone] afin d’assurer la préservation et la tranquillité de certains biotopes nécessaires à l’alimentation, la reproduction, au repos et à la survie de plusieurs espèces animales protégées ».

Dans le souci de respecter le repos et la tranquillité de plusieurs espèces animales protégées, l’article 7.3 de l’arrêté stipule que « toute manifestation sportive ou éducative est interdite, sauf autorisation spécifique du Préfet après avis d’une personnalité scientifique qualifiée dans le domaine des tourbières ».

Les opposants au passage du Tour de France au Col de Sarenne ont demandé, à plusieurs reprises, à la préfecture de l’Isère si « une personnalité scientifique qualifiée dans le domaine des tourbières » avait donné son « avis » sur le passage du Tour de France. Nous n’avons jamais obtenu de réponse ! Notre démocratie ne manque-t-elle pas de transparence ?

Les animaux de haute montagne sont soumis tout au long de l’année à de rudes conditions climatiques ; et un stress estival important diminue leurs réserves métaboliques nécessaires pour l’hiver. Le 18 juillet, la foule du Tour de France (qui jusqu’à preuve du contraire n’est pas silencieuse) perturbera « la tranquillité de certains biotopes » et le « repos de plusieurs espèces animales protégées ».

Nous estimons donc que le Tour de France outrepassera un arrêté préfectoral en empruntant la route pastorale de Sarenne (route dont la vitesse est limitée à 20 km/h). La gendarmerie nous a expliqué qu’elle ne serait pas en mesure de faire respecter l’arrêté préfectoral de protection de biotope, car le Tour de France est un lobby trop puissant.

Nous demandons à l’Etat de faire respecter la loi, nous avons écrit au Procureur de la République. Si la loi n’est pas respectée, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS)donnera une suite juridique à l’affaire ! (2)

Depuis octobre 2012, nous exprimons notre opposition au passage du Tour de France au Col de Sarenne. Nous sommes plus de 12 000 à avoir signé une pétition. Les organisateurs du Tour de France ont ignoré nos lettres ouvertes. Ce refus du dialogue est insupportable. Notre budget de communication est de zéro euro ; celui du Tour de France est bien supérieur. Nous faisons remarquer qu’en ce mois de juillet, notre pétition est oubliée par les médias (locaux et nationaux), alors que notre contestation est fondée.

Nous ne bloquerons pas la course, car contrairement aux organisateurs du Tour de France, nous respectons le dialogue ; car contrairement aux organisateurs du Tour de France, la démocratie est l’idéal que nous défendons.

Nous espérons encore que le Préfet n’autorise pas le passage du Tour de France au Col de Sarenne (un parcours alternatif existe), et nous vous invitons à signer notre pétition.

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Notes

(1) Arrêté préfectoral

(2) http://hpics.li/1ce59c7 et http://hpics.li/0d0633a

En Inde, la pénurie d’eau rend peu réaliste le projet d’exploiter le gaz de schiste Romain (legazdeschiste.fr) Reporterre 2013/07/17 Romain (legazdeschiste.fr) (17 juillet 2013) En Inde, la pénurie d’eau rend peu réaliste le projet d’exploiter le gaz de schiste. Reporterre. fr

En Inde, la pénurie d’eau rend peu réaliste le projet d’exploiter le gaz de schiste

Une étude de l’institut indien de recherche Teri douche les espoirs d’exploiter le gaz de schiste en Inde.

Un groupe d’experts indiens a levé le drapeau rouge à la suite d’une proposition gouvernementale consistant à avancer les explorations du gaz de schiste. Selon eux, l’importante pénurie d’eau qui sévit dans le pays ne permet pas d’user de la technique de fracturation hydraulique nécessaire à l’extraction du gaz.

Selon un think-tank indien, le projet du gouvernement de commencer les explorations de gaz de schiste dans un futur proche, est une idée fantasque à déconsidérer.

Le pays, desséché par une importante pénurie d’eau, ne pourrait s’adonner à la technique de fracturation qui requiert une très grande quantité d’eau.

La pénurie d’eau : un enjeu majeur en Inde

De plus, l’Inde aura besoin d’un certain temps pour identifier les bassins regorgeant de gaz de schiste et pour acquérir la technique et l’expérience nécessaire à l’extraction de ce gaz affirme l’’Institut d’Énergie et Ressources (Teri dans un bulletin politique : « La situation (de l’eau) ne fera qu’empirer en raison de la disponibilité décroissante d’eau fraîche année après année, de la chute des niveaux des nappes phréatiques et de l’augmentation des rivières polluées », affirme R. K. Bara, personne distinguée de l’Institut.

À moins d’un progrès technique qui permettrait de se passer d’eau, il est essentiel que l’Inde ne prenne pas davantage de risques face à l’assèchement de ses ressources, ajoute-t-il.

Un groupe de ministres envisage actuellement de revoir une politique gouvernementale parue l’an dernier pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Aucune décision finale n’a été prise.

Le ministre du Pétrole et du Gaz naturel a identifié six bassins potentiellement pourvus en gaz de schiste : Cambay, Assam-Arakan, Gondwana, Krishna-Godavari, Kaveri et Indo-Gangetic. Une étude géologique américaine a révélé que les ressources récupérables de trois des vingt-six bassins sédimentaires dans le pays étaient estimées à 172 millions de mètres cube.

Les épandages aériens de pesticides sont suspendus en Guadeloupe Brigitte Allain (EELV) Reporterre 2013/07/17 Brigitte Allain (EELV) (17 juillet 2013) Les épandages aériens de pesticides sont suspendus en Guadeloupe. Reporterre. Pesticides fr

Les épandages aériens de pesticides sont suspendus en Guadeloupe

Grâce à la ténacité de trois petites associations d’environnement de Guadeloupe (EnVie-Santé, ASFA, Amazona), d’élus et à l’application du principe de précaution par le tribunal administratif de Basse Terre, les épandages aériens de pesticides ont, pour la troisième fois, été suspendus en Guadeloupe suite à un recours en référé le 5 juillet 2013.

Brigitte Allain, au nom du Groupe écologiste à l’Assemblée Nationale était intervenue directement auprès du Ministre Stéphane le Foll lors d’une question orale au gouvernement.

Rappelant l’interdiction de principe des épandages aériens et leur dangerosité pour l’homme et les écosystèmes, elle a demandé au Gouvernement de réaffirmer la position radicale exprimée par le Premier ministre lors de la conférence environnementale. « Pouvez-vous nous réaffirmer les engagements du gouvernement afin que cessent les épandages aériens, tant sur le territoire hexagonal que dans les territoires ultramarins, qui sont des lieux de biodiversité préservée ? », a-t-elle demandé.« La ligne du gouvernement sur la question de l’épandage aérien n’a pas changé », a alors rétorqué le ministre de l’Agriculture, affirmant que l’objectif était de « s’en passer ».

Brigitte Allain se félicite de cette décision de suspension, qui confirme que les alternatives existent, en France ou ailleurs, et font chaque jour d’avantage leurs preuves.

Vivre plus lentement Reporterre 2013/07/17 (17 juillet 2013) Vivre plus lentement. Reporterre. fr

Vivre plus lentement

- Recension par Jane Hervé

Sénèque l’avait compris qui, dans sa Lettre à Lucilius, précisait déjà : « C’est n’être nulle part que d’être partout. » N’est-ce pas un mal dont souffre notre société aujourd’hui : vouloir être partout, tout faire, tout posséder, tout….

Jamais nous n’avons eu autant de temps (libre ou libéré), mais il ne cesse pourtant de nous manquer. C’est un des paradoxes de cette post-modernité où raison et modération s’estompent de nos vies. « La révolution de la lenteur est à faire », affirme Patrick Viveret dans la préface. Il faut « faire la pause », « être dans l’attention et non dans la tension ». Bref, « habiter le temps », autrement dit se le réapproprier, « retrouver le temps naturel hors du temps social ».

Nous vivons désormais dans un monde où tout est accessible en quelques clics d’ordinateur : voyage, savoir, bien à acquérir…Facilité qui accroît notre avidité (d’avoir et de savoir), complexifie nos vies en les facilitant en apparence. Pris dans un « tourbillon fou », nous oublions que la sobriété de désirs est une source de bonheur (cf Pierre Rabhi).

Un tel message – be cool - n’est pas évident à transmettre. Le présent ouvrage l’illustre d’abord par objet symbolique interposé : hamac, canapé, fauteuil, chaise longue, signalisation de vitesse réduite, entrée de couvent. Un choix existentiel se retrouve ensuite dans sa conception.

Chaque chapitre est réservé à l’expérience vécue de quelques particuliers - un journaliste, un écrivain nomade, un designer, un dirigeant de mouvement - à l’exception d’une ville Orvieto. Chacun – homme ou ville - propose sa vision du ralenti (marche dans le désert, jeu avec ses enfants, effacement de la voiture, rues piétonnières, relocalisation des commerces) faisant de l’évidence du plaisir lent une conquête à reculons qui impose l’aménagement de l’espace-temps présent. Retrouver une qualité de vie et le temps de vivre dans « une ville à l’échelle humaine » devient l’objectif légitime.

Du coup, le lecteur s’interroge : quels moyens peuvent mettre en place d’autres catégories sociales : un plombier, un cultivateur, un ouvrier ou un salarié d’une entreprise de télécommunication ? Tous sont pris dans la nasse d’un travail divisé pour cause de rentabilité.

Comment survivre ? Comment trouver un art de vie quand les pressions économico-sociales sont si puissantes ? Comment aussi intégrer planétairement ce monde au ralenti ?

Citta-Slow, réseau international a 120 villes adhérentes propose 52 critères de lenteur : depuis les zones piétonnes non exclusivement commerciales, les transports « doux » (vélo), la lutte contre le bruit, l’exclusion de la restauration rapide et des OGN jusqu’à la solidarité intergénérationnelle et les économies d’énergie… Une ville inscrite dans le rêve plus que dans le réel !

Jane Hervé

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- Vivre plus lentement, un nouvel art de vie, Pascale d’Erm, préface Patrick Viveret, photographies Elie Jorand, Les Nouvelles Utopies, éd. Ulmer, 2013, 25€

A Strasbourg, un atelier participatif pour faire aimer le vélo Tour de France des alternatives Reporterre 2013/07/17 Tour de France des alternatives (17 juillet 2013) A Strasbourg, un atelier participatif pour faire aimer le vélo. Reporterre. fr

A Strasbourg, un atelier participatif pour faire aimer le vélo

Votre bicyclette est cassée ? Plutôt que de la jeter et d’en acheter une nouvelle, optez pour le Do it Yourself (Faites-le vous-même) et apprenez à le remettre en état grâce aux ateliers d’auto-réparation de vélo organisés par l’association Bretz’selle à Strasbourg. En plus de participer à la transmission de savoir dans la bonne humeur, l’association participe concrètement à la promotion de l’usage du vélo en ville.

- Reportage, Strasbourg

« Monte ta selle de 5 centimètres et tu auras l’impression que ton vélo a un moteur ». Voilà le type de phrases qui fusent pendant les ateliers d’auto-réparation de cycles organisés par l’association Bretz’selle à Strasbourg. « Nous faisons de la mise à disposition d’outils, de pièces et de conseils pour apprendre aux cyclistes à réparer eux-mêmes leur vélo », explique Céline, coordinatrice de l’association.

L’atelier Bretz’selle n’est pas un magasin de cycles classique. Pour pouvoir pénétrer dans l’atelier , il faut être adhérent (15/25€ par an selon les bourses). Les membres ont ensuite le choix entre réparer leur propre monture ou descendre à la cave pour acheter une des bicyclettes endommagées récupérées par l’association afin de les remettre en état. Dans les deux cas, ils sont accompagnés par les trois salariés et des bénévoles de l’association qui leur indiquent la marche à suivre pour redonner un coup de jeune à leur petite reine.

Rien ne se perd

Tous les vélos récoltés (auprès de particuliers, de sociétés de parking ou de cités universitaires) sont diagnostiqués et leur prix de vente est fixé en fonction des réparations a effectuer. « Plus le vélo est abîmé, moins il coutera cher », explique Sacha, animateur-mécanicien salarié de l’association. Et l’auto-réparation fait du bien au portefeuille, les bolides sont généralement vendus moins de 40 €.

Quant aux pièces utilisées, elles sont collectées sur des modèles non-réparables lors d’apéros démontage. Autour d’une bière et d’un saucisson, les adhérents sont invités à désosser des carcasses de petites reines. C’est l’opportunité pour eux de pousser plus avant leur apprentissage en « allant voir à l’intérieur d’un pédalier », précise Sacha.

Parmi les 1160 adhérents de l’association, presque autant de femmes que d’hommes. « Pas une marche de la pyramide des âges ne manque même s’il y a une grosse masse autour des 20/30 ans, explique Céline. Nous avons un public de bobos écolos mais aussi des accrocs au vélo, des amateurs de bidouille et d’autres qui viennent pour économiser de l’argent. Certains qui viennent juste pour boire un café ».

Et si tous les adhérents interrogés louent la bonne humeur qui règne dans l’atelier, ce sont des raisons différentes qui les ont poussés à se lancer dans le Do it Yourself (Faîtes-le vous même). Lauren qui se rend au travail tous les jours en vélo est venue parce que « ça coûte trop cher de faire réparer son vélo. Donc quand j’ai un peu de temps, je préfère le faire moi même », indique-t-elle.

Effam qui va se lancer avec son groupe de musique dans un voyage en vélo a passé la porte pour rafistoler une bicyclette qu’il a trouvé sur internet. « Au delà de l’aspect financier, je viens surtout parce qu’il y a des gens qui savent s’y prendre », explique-t-il.

Faire aimer le vélo

En effet, en plus des animateurs-mécaniciens salariés de l’association, de nombreux bénévoles sont là pour guider les néophytes. C’est le cas de Guillaume, coursier de profession. « Mon travail m’a fait connaître la mécanique du vélo. J’étais intéressé par l’idée d’aider les gens à réparer et je continue à apprendre moi-même. En plus, l’ambiance est sympa, ça crée du lien. Et puis ça permet de développer le goût des gens pour le vélo », raconte le jeune homme.

Et c’est là tout l’objectif de l’association : « Si tu peux entretenir ton vélo pour pas cher, le rendre plus confortable, plus sûr, il y aura moins de report modal (passage du vélo à la voiture en cas de crevaison par exemple). On est assez fiers de militer pour la promotion du vélo sans s’en rendre compte », se réjouit Céline. Cette ancienne militante dans une association écolo préfère de loin cette approche concrète aux discours moralisateurs et culpabilisants sur les dégâts causés par l’automobile et aux monologues sur les vertus du coup de pédale.

Le vélo, arme d’éducation massive

En invitant les cyclistes à réparer eux-mêmes plutôt qu’à jeter, l’association encourage le recyclage et fait de l’éducation populaire sans avoir à s’affubler de ce genre d’étiquettes. Ils contribuent à redonner aux adhérents la foi en leur capacité de créer, d’être utiles, à eux-mêmes et aux autres. « On est tous capables de faire des choses. 30% des gens arrivent en se disant qu’ils ont 2 mains gauches. Mais au final, certains viennent pour une rustine et finissent par changer leur potence », remarque-t-elle.

Et pour que leur action ne se limite pas aux habitants du centre-ville, ils organisent grâce à l’atelier mobile qu’ils ont fabriqué des animations, notamment dans les quartiers populaires afin de « toucher le public partout », comme le résume Céline. Et pour cause, elle voit ces ateliers d’auto-réparation comme des « services de proximité. Il en faudrait 1 dans chaque quartier », plaide-t-elle.

L’association Bretz’selle a opté pour la forme associative et a choisi de générer des emplois. Ils bénéficient de subventions publiques ou privées (à hauteur de 40% de leurs revenus) mais d’autres types d’organisation sont possibles. « Le spectre des manières de faire est ahurissant : des anarchistes et squatteurs qui ne veulent pas entendre parler d’argent aux mairies où ce sont les employés qui animent les ateliers. Il y a vraiment de tout », raconte Céline.

Elle encourage donc d’autres ateliers à se monter et rejoindre les soixante-dix déjà existants en France. Ne serait-ce que pour montrer qu’ « il y a d’autres manières de faire les choses ». La vélorution est en marche !

Le Medef finit par accepter la conclusion du débat sur la transition énergétique europe1.fr Reporterre 2013/07/18 europe1.fr (18 juillet 2013) Le Medef finit par accepter la conclusion du débat sur la transition énergétique. Reporterre. fr

Le Medef finit par accepter la conclusion du débat sur la transition énergétique

Après un refus matinal, le patronat s’est finalement rallié à la synthèse du débat sur la transition énergétique.

Un coup oui, un coup non. Et finalement, ce sera oui. Après huit mois de négociations, le débat sur la transition énergétique a abouti à un accord. Le patronat français s’est finalement rallié jeudi 18 juillet à la synthèse des négociations, après avoir critiqué plus tôt dans la journée certaines propositions « utopiques » de ce texte qui doit alimenter une loi de programmation à la rentrée.

« A ce stade, sauf changement majeur, le Medef n’envisage pas d’endosser en tant que tel ce document ». Ainsi parlait le directeur général du Medef, Michel Guilbaud, jeudi matin. Un coup de pression ? Toujours est-il que quelques heures plus tard, le même Michel Guilbaud tenait un tout autre discours. « Il y a eu une vraie évolution dans la journée, initialement ce document nous ne pouvions pas l’endosser », a-t-il reconnu, avant de conclure : « Il constitue un document de synthèse que nous acceptons et qui va permettre au gouvernement de travailler dans la concertation ».

Si le patronat a finalement décidé de s’engager, c’est parce que des modifications à la marge ont été apportées au texte final. Le titre est notamment passé à la demande du Medef de « recommandations » à « synthèse ». Suffisant pour dire oui. Plusieurs ONG comme France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot (FNH) ont fait part de leur satisfaction sur les dizaines de propositions formulées par le texte final. « Après le petit coup de bluff, on est enfin revenus au fond, et donc nous sommes plutôt satisfaits, c’est la victoire des idées de la transition, du changement de modèle (énergétique) », a dit Matthieu Orphelin, porte-parole de la FNH.

Le document sur lequel se sont mis d’accord les différents acteurs du débat contient quinze chapitres, qui déclinent des dizaines de propositions, consensuelles ou non, pour engager la France vers une économie plus sobre en carbone et un mix énergétique plus diversifié. Certaines restent vagues sur plusieurs sujets épineux, notamment la façon dont la France parviendra à concrétiser la promesse de François Hollande de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, a en tout cas assuré qu’il défendrait « bec et ongles » ce texte lors de la préparation du projet de loi sur la transition énergétique, attendu à l’automne et qui devrait être débattu début 2014 à l’Assemblée nationale.

L’agro-écologie transformée en cheval de Troie de l’industrie Guy Kastler (Nature et Progrès) Reporterre 2013/07/18 Guy Kastler (Nature et Progrès) (18 juillet 2013) L’agro-écologie transformée en cheval de Troie de l’industrie. Reporterre. Tribune — fr

L’agro-écologie transformée en cheval de Troie de l’industrie

Les institutions et les organismes de recherche se mettent à l’agro-écologie. Mais en évacuant l’ambition sociale qu’y plaçaient ses fondateurs, et en la mettant au service de l’agro-industrie.

Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a surpris tout le monde lorsqu’il a annoncé, le 18 décembre 2012, que l’agroécologie devenait l’objectif de sa nouvelle politique agricole. Jusqu’à ce jour, l’agroécologie était plutôt classée du côté des alternatives marginales.

Héritière des principes de base de l’agriculture biologique définis par l’Ifoam [1] avec ses trois piliers “ technique, social et territorial ”, théorisée par le scientifique américain Miguel Altieri, mise en pratique sous cette dénomination dans de nombreux pays d’Amérique du Sud et à Cuba, enseignée en Espagne à l’université de Cordoue, elle est devenue récemment un axe important du projet politique de La Via Campesina, association mondiale de petits paysans.

C’est pour développer en France cette agroécologie là que la Ligne d’Horizon et Nature & Progrès ont organisé à Albi en 2008 un colloque international sur l’agroécologie qui a rassemblé plusieurs centaines de participants.

Curieusement, l’annonce du ministre n’a provoqué aucune protestation du côté des tenants de l’agriculture industrielle et de la FNSEA qui dominent largement les choix de la politique agricole française depuis plus de 50 ans.

L’INRA [2] en a fait le premier pilier de ses programmes de recherche. Son ancien PDG, Marion Guillou, défenseur notoire des OGM, est chargée de définir cette nouvelle manière de “ produire autrement ” qui sera inscrite dans la prochaine Loi d’avenir agricole. L’institut avait déjà lancé depuis plusieurs années un programme de recherche concrétisé en juillet 2012 par le lancement d’une université virtuelle d’agroécologie. L’initiative était donc préparée.

Mais l’agroécologie de l’INRA se différencie nettement des principes de base d’IFOAM et du projet politique de La Via Campesina : tout comme pour l’agriculture biologique réglementée par l’Europe, elle élude totalement le pilier social. Seuls restent un ensemble de techniques et l’environnement.

Ces techniques doivent améliorer les relations génotype/environnement, ce qui pérennise la domination de la biologie moléculaire « avec un peu d’OGM et de pesticides lorsque nécessaire ». Le social, ce sont les communautés humaines, les petits paysans et leurs savoirs dits “ traditionnels ” qui disparaissent, remplacés par le seul savoir scientifique chargé de « rationaliser les pratiques des agriculteurs » [3].

Quant à l’environnement qui englobe désormais les territoires, il s’agit de calculer la valeur d’un ensemble de nouveaux “ services écosystémiques ” susceptibles d’être mis en marché dans un marché global, par définition coupé de tout lien à tel territoire plutôt qu’un autre !

La bioéconomie : de la fin du pétrole à la course à l’appropriation de la biomasse

On comprend mieux ce projet quand on apprend que la bioéconomie est, après l’agroécologie, le deuxième pilier de la stratégie de l’INRA qui vient de signer le 1er mars 2013 un contrat avec l’Institut Français du Pétrole Énergie Nouvelle. Refroidie par la contestation des agrocarburants, la bioéconomie se fait plus discrète. Car il s’agit de remplacer le pétrole et les autres énergies fossiles (charbon, gaz...) par la biomasse comme nouvelle source de carbone et d’éléments chimiques simples destinés à alimenter les piliers industriels de l’économie capitaliste.

La biologie de synthèse produit désormais, à la demande, des microbes brevetés génétiquement modifiés pour transformer, souvent à l’aide de nanotechnologies, la biomasse en carburant, en produits chimiques, en plastiques, en médicaments, en aliments industriels...

La biomasse, ce sont avant tout les végétaux qui nous entourent et nous permettent de respirer, de nous nourrir, de disposer d’un climat viable... Les nouveaux OGM [4] ne sont plus destinés à améliorer les cultures alimentaires, mais à augmenter la production de biomasse indifférenciée issue des plantes agricoles les plus connues (maïs, blé, colza...), mais aussi de toutes les espèces végétales sauvages à croissance rapide (eucalyptus, peuplier, herbe à éléphant...).

L’économie extractive est en train d’épuiser les ressources de carbone fossile enfoui sous terre. La bioéconomie ne va-t-elle pas épuiser encore plus rapidement ce nouveau minerai que constitue le carbone vivant à la surface de la terre ?

Poser cette question est un blasphème, car on voit tout de suite les conséquences d’une possible réponse positive. C’est pour ne pas la poser qu’a été inventé le nouveau concept de “ durabilité ” : pourvu que notre folie suicidaire dure le plus longtemps possible ! Pour cela, on va dire qu’on n’exploite que le carbone “ renouvelable ” : mais est-ce bien possible ?

Inverser le cycle du carbone [5]

Les plantes sont sur la terre les seuls êtres vivants capables de prélever en permanence d’énormes quantités de carbone dans l’air pour le fixer dans la terre [6]. La pensée anthropocentrique qui caractérise les humains ne s’est jamais demandée si la terre a besoin ou non de ce carbone.

Elle a par contre constaté que la vie animale, puis humaine, n’a pu apparaître sur terre qu’à partir du moment où les plantes ont commencé à prélever le carbone de l’air : l’air est alors devenu respirable. Et après avoir donné au sol ce dont il a besoin pour leur permettre de pousser, les plantes ont fourni aux animaux et aux humains le surplus de carbone et de protéines, surplus dans lequel ils puisent, sous forme de nourriture, l’énergie indispensable à leur vie.

Le charbon, le pétrole et le gaz ne sont qu’une partie de ce surplus que n’a pas consommé la vie animale et qui a été enfoui sous terre il y a bien longtemps.

Or, depuis un siècle et demi, nous déstockons ces énergies fossiles pour alimenter l’industrie capitaliste qui les renvoie dans l’air sous forme de gaz à effet de serre. En agriculture, cela a permis d’augmenter les rendements. Mais il n’y a pas de magie : le rendement supplémentaire donné aux humains a été pris à la terre.

Pour pousser, les plantes ont besoin de carbone qu’elles prélèvent toutes seules dans l’air, mais aussi d’azote, de phosphore, de potasse et de très nombreux éléments minéraux que leur offrent des milliards de micro-organismes du sol qu’elle nourrit en carbone. Le pétrole a permis de fabriquer l’engrais chimique azoté qui s’est substitué à ces micro-organismes que les plantes ont alors cessé de nourrir, cessant par là-même de nourrir le sol en carbone : l’humus s’est minéralisé, relâchant à son tour d’immenses quantités de gaz à effet de serre dans l’air.

Il a alors fallu apporter aux plantes du phosphore et de la potasse que l’on a trouvés sous forme fossile dans des mines qui sont en train de s’épuiser. Quand aux autres minéraux, on ne les a pas apportés.

Privés de ces éléments indispensables à l’élaboration des substances qui leur permettent d’échanger avec les autres plantes, les microbes, les champignons, les insectes, les plantes sont devenus malades. L’industrie chimique alimentée par le pétrole a alors fourni les pesticides destinés à détruire tous ces organismes devenus pathogènes pour des plantes ayant perdu leur capacité d’échanger avec eux. On a ainsi supprimé les symptômes de la maladie, mais les plantes n’ont pas été guéries.

Ces plantes malades nourrissent les animaux et les humains qui deviennent à leur tour malades. L’industrie pharmaceutique qui repose sur la même chimie du pétrole fournit les médicaments destinés à supprimer les symptômes des maladies, mais les humains sont toujours et de plus en plus malades.

La fin de la biomasse ?

Aujourd’hui, la fin du pétrole fait soudain craindre la fin de ce cercle vertueux pour la finance, mais très vicieux pour l’humanité et pour la terre. Qu’à cela ne tienne, la bioéconomie va prélever le carbone dès que les végétaux le fabriquent, pour le relâcher encore plus vite dans l’air avant même qu’ils ne restituent au sol la part essentielle qui lui revient.

Des subventions vont rémunérer ce “service écosystémique” rendu par le “carbone renouvelable”. Et tant pis s’il faut plus d’énergie pour fabriquer l’engrais et tout le paquet technologique de l’agriculture industrielle que le surplus de carbone qu’ils permettent de prélever dans l’air sous forme de biomasse. Qu’à cela ne tienne, on ira chercher la biomasse sauvage pour alimenter les cultures de biomasse agricole.

Le stock de biomasse sauvage n’est malheureusement pas inépuisable et son renouvellement a tout autant besoin de carbone que celui de la biomasse cultivée : si on prend tout le carbone avant qu’il ne nourrisse le sol, il n’y aura plus de plantes et plus de biomasse...

L’arrivée discrète de la nouvelle génération d’agrocarburants

La première grande action du plan agroécologie avancée par le ministre consiste à proposer un “ complément de revenu ” aux agriculteurs en les subventionnant pour transformer leurs déchets animaux en gaz combustible. Cela permettra déjà de rendre plus “ durables ” les grandes concentrations d’élevages hors-sol en déplaçant un peu plus loin les pollutions qu’elles génèrent.

Car l’azote et le phosphore ne seront pas transformés en gaz bien que ce soit eux qui polluent. Et le carbone transformé en gaz ne retournera pas au sol qui en a grandement besoin : si on en prend un peu pour nos besoins, on n’inverse pas le cycle du carbone ; mais si on en prend beaucoup, voire si on prend tout, c’est la catastrophe !

Que va faire un agriculteur qui dispose d’une unité industrielle qui lui rapporte plus lorsqu’il l’alimente avec ses cultures que s’il vend ces mêmes cultures pour la nourriture sur le marché ?

Gérard Mestrallet (PDG GDF/Suez) apporte sa réponse : en multipliant les méthaniseurs, de déchets agricoles notamment, la production française de “bio-méthane” pourrait représenter 5% de la demande de gaz française, en 2020, et 20% en 2030. Le « complément de revenu » deviendra vite revenu, au détriment des terres destinées à l’alimentation humaine.

Vous avez dit renouvelable ? Vous avez dit durable ? Une prophétie attribuée aux amérindiens nous rappelle que « lorsque l’homme blanc aura tué le dernier animal, coupé le dernier arbre et empoisonné la dernière rivière, c’est seulement là qu’il réalisera que l’argent ne se mange pas ».

Il ne reste qu’à espérer que le plan agroécologie du ministre ne se réduise pas à cette fuite en avant vers la bio-économie. Peut-être faudrait-il que les citoyens l’aident fermement à développer une agroécologie paysanne et biologique, seule à même de nourrir les sols agricoles en carbone ?

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Notes

[1] Organisation mondiale de l’agriculture biologique crée en 1972 à l’initiative de Nature & Progrès avec la collaboration de la Soil Association d’Angleterre et d’Australie, l’Association biodynamique danoise et la Roadale Press des États-Unis

[2] Institut National de la Recherche Agronomique qui, depuis trente ans, embauche presque exclusivement des généticiens moléculaires et des modélisateurs

[3] Hervé Guyomard, directeur scientifique Agriculture à l’INRA, La Croix, 17 juillet 2012

[4] OGM dits climats : résistance aux stress, à la sécheresse, au sel, au manque d’azote...

[5] Le cycle naturel du carbone est absolument vital pour tous les êtres vivants. Il doit absolument passer de l’air à l’eau et à la terre pour rendre l’atmosphère respirable et le climat apte à la vie humaine, et aussi de l’eau à la terre pour rendre la mer apte à la vie et la terre fertile. Il constitue l’ossature de toutes les plantes qui en nourrissent les microbes, les champignons, les animaux et les humains. Il distribue ainsi l’énergie solaire fixée pat la photosynthèse à tous les organismes vivants. Toute perturbation importante du cycle du carbone, par exemple pour produire massivement de l’énergie mécanique ou électrique et des produits chimiques, menace l’ensemble du monde vivant sur terre.

[6] Les coquillages sont les premiers organismes à avoir fixé de grande masse de carbone de l’air en offrant leurs coquilles à la constitution des calcaires, suivis des algues qui en ont fixé dans l’eau avant que les plantes ne sortent de l’eau pour le fixer dans les sols.

Au Bangladesh, l’énergie solaire se répand dans les campagnes Nancy Wimmer Reporterre 2013/07/18 Nancy Wimmer (18 juillet 2013) Au Bangladesh, l’énergie solaire se répand dans les campagnes. Reporterre. fr

Au Bangladesh, l’énergie solaire se répand dans les campagnes

Tous les jours, l’entreprise Grameen Shakti installe plus de 500 équipements solaires domestiques dans les campagnes du Bangladesh.

Dans l’un des pays les plus pauvres de la planète, une entreprise de services active dans les énergies renouvelables installe près d’un millier d’équipements solaires domestiques par jour. Et ceci non pas dans la capitale ou dans les centres urbains animés, mais là où vivent 80 % de la population : dans le Bangladesh rural.

Cette entreprise s’appelle Grameen Shakti, ce qui, traduit littéralement, signifie « énergie rurale ». À la fin de cette année 2012, Grameen aura installé au total un million d’équipements solaires et prévoit d’en installer 5 millions d’ici 2015. Shakti réussit là où l’industrie traditionnelle a échoué, et au cours de « l’année de l’énergie durable pour tous » [1], c’est un succès que tout le monde devrait connaître.

Comme dans d’autres pays en développement, le monde rural est incroyablement difficile à desservir et les villageois sont très pauvres. Comment donc Grameen Shakti s’y prend-elle pour leur vendre du « solaire coûteux » ?

Répondre aux vrais besoins des gens

Shakti a résolu une partie du problème en adaptant précisément ses installations solaires aux besoins des gens, tel ce vendeur ambulant, M. Majid, qui avait besoin d’un équipement solaire de 25 W lui permettant d’éclairer sa charrette d’épicerie et d’alimenter son lecteur de cassettes.

Ensuite Shakti a combiné la solution sur mesure avec un financement, en fournissant à M. Majid un prêt qu’il pouvait rembourser aisément, étant donné qu’il a pu doubler son revenu mensuel, en pouvant d’une part travailler après le crépuscule et aussi attirer plus de clients en passant de la musique populaire.

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là : les clients ruraux sont difficiles à atteindre. Mais dans le delta bangladeshi des puissants fleuves Gange, Brahmapoutre et Meghna, c’est encore bien plus difficile. Dans cette région, les villages deviennent des îles à la saison des pluies, lorsque près de la moitié du pays est inondée.

D’autres régions, où le niveau des terres est plus bas que le niveau de la mer, se transforment en immenses lacs, obligeant les villageois à se déplacer en bateau sept mois de l’année durant. Desservir les clients villageois du delta signifie donc voyager par des pistes boueuses et cahotantes, traverser des rivières, à pied, à vélo, en bateau et en rickshaw. Atteindre quelques clients peut ainsi prendre plusieurs heures durant la saison des pluies.

Au plus près des populations rurales

Shakti relève ce défi en créant des chaînes rurales d’approvisionnement et de service après-vente. Ses ingénieurs et techniciens vivent, travaillent et sont formés sur le tas dans les villages. Ils deviennent des membres à part entière de la communauté, restent en contact étroit avec leurs clients et s’assurent que les installations solaires fonctionnent. S’il y a un problème, Shakti est sur place pour le résoudre, même en cas de désastre.

Durant le contrecoup du cyclone Sidr, les membres des équipes des succursales de Shakti allaient faire des réparations dans l’heure dans des régions que des équipes de secours auraient mis des jours, voire des semaines, à atteindre. Pour Shakti, toute l’activité est rurale. Ses responsables de filiales dirigent 1500 bureaux dans chaque district du Bangladesh. Ils garantissent un service complet : de l’installation, la maintenance, et la réparation jusqu’au service à la clientèle et à la formation.

Cette focalisation sur le service rural date de la fondation de Grameen Shakti, en 1996. Dès le début, Grameen envoya de jeunes et brillants ingénieurs dans l’arrière-pays pour mettre sur pied les premières filiales. Ils ont gagné la confiance des villageois, formé des techniciens locaux, géré le financement, l’installation et la maintenance des équipement solaires. Ceci a assuré les fondations du service de qualité et de la croissance constante de Shakti, mais il a fallu des années pour le développer.

Shakti a mis sur pied 45 centres technologiques pour produire et réparer les pièces solaires. De cette manière, la production est déplacée de la capitale vers les villages, ce qui résout les problèmes de coût, de logistique et de croissance rapide dans une entreprise fortement décentralisée. Les centres sont dirigés par des femmes ingénieurs qui, comme leurs collègues masculins, vivent, travaillent et forment au sein de la communauté rurale. Ce qui est important ici, c’est que ces centres technologiques fonctionnent comme couveuses pour une autre innovation : l’entrepreneur villageois en énergie.

Une belle opportunité pour Kohinur...

Kohinur, par exemple, a été formée dans un centre technologique pour devenir entrepreneur en énergie. Elle gagne son salaire en fabriquant et en réparant des accessoires solaires, elle est indépendante et reçoit un soutien régulier de la part du centre de technologie pour son travail. Pour de petites réparations, les gens des environs amènent désormais leurs équipements solaires à Kohinur plutôt que de contacter la filiale de Shakti. Les ingénieurs du centre technologique supervisent le travail de Kohinur et effectuent un contrôle de qualité.

Kohinur a quitté l’école au 8e degré et n’avait pas de formation professionnelle et aucune source de revenu. Actuellement, elle contribue à raison de 5000 taka (environ 50€) par mois au revenu de sa famille. C’est autant que ce que gagne son père en livrant du poisson au port de pêche de Khulna, et donc une augmentation substantielle du revenu mensuel pour une famille pauvre.

L’histoire de Kohinur pourrait être celle des 1,3 milliards d’êtres humains sans accès à l’électricité. Mais on entend encore et toujours que les énergies renouvelables telles que le solaire sont chères et que les pauvres ruraux sont soit trop pauvres soit trop difficiles à atteindre.

L’histoire de Grameen Shakti, décrite dans le livre « Green energy for a billion poor » [2] montre clairement que cette manière de voir est dépassée et hors de propos. Avec plus de 5 millions de villageois jouissant de l’électricité solaire et des techniciens de Shakti installant un millier d’équipements solaires par jour, il est temps pour nos institutions de développement de mettre leurs maigres moyens au service de telles initiatives.

Personne ne peut faire de miracles dans une société rurale traditionnelle, mais des compagnies entreprenantes telles que Shakti prouvent qu’on peut faire beaucoup, beaucoup mieux que ce qui se fait le plus souvent.

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Notes :

1 : www.un.org/fr/events/sustainableenergyforall

2 : « Énergie verte pour un milliard de pauvres », voir aussi : www.energyforall.info/green-energy-for-a-billion-poor-a-winning-model-for-social-business/

Le gaz de schiste ne fait pas baisser les prix aux Etats-Unis Energie et développement Reporterre 2013/07/18 Energie et développement (18 juillet 2013) Le gaz de schiste ne fait pas baisser les prix aux Etats-Unis. Reporterre. fr

Le gaz de schiste ne fait pas baisser les prix aux Etats-Unis

Un argument souvent avancé par les partisans de l’exploitation du gaz de schiste est qu’elle ferait baisser le prix de l’énergie. Mais l’étude attentive du cas états-unien montre que cette assertion est très discutable.

Faut-il ou non exploiter le gaz de schiste ? L’argument du prix de l’énergie est souvent avancé pour répondre positivement à cette question. L’exploitation du gaz de schiste permettrait de réduire la précarité énergétique et de rendre les entreprises françaises plus compétitives. Les États-Unis sont généralement cités comme une preuve de cette affirmation.

Quelques exemples parmi d’autres :

« Nombre d’entreprises industrielles ont commencé à se relocaliser en Amérique pour profiter d’une énergie à bas prix. » (Le Monde)

« Aux États-Unis, les prix [de l’énergie] sont en forte baisse, notamment grâce à l’exploitation intensive des gaz de schiste » (Boursier.com).

Qu’en est-il vraiment ? L’exploitation des gaz non-conventionnels a-t-elle permis de faire baisser le prix de l’énergie aux États-Unis ?

J’ai voulu me faire ma propre idée, je me suis donc plongé dans les statistiques de l’Energy Information Administration (dont sauf mention contraire sont extraits les chiffres qui suivent). Et la réponse est moins simple qu’on pourrait le penser.

Une baisse du prix du gaz, mais au seul profit des industriels

Commençons par le prix du gaz, dont la corrélation avec l’exploitation de nouvelles ressources semble a priori évidente. Il faut cependant remarquer que, si la production de gaz non-conventionnel a bien été multipliée par presque trois depuis les années 2000, elle a en partie compensé un baisse de la production de gaz conventionnel. De telle sorte que la production totale n’a pas augmenté de façon spectaculaire :

Les gaz non-conventionnels dans la production totale de gaz aux États-Unis

Il n’en reste pas moins que, même en laissant de côté la brusque chute de 2008 qui a également été observée en Europe et au Japon et qui doit plus à la crise financière qu’à de nouvelles ressources, la tendance est assez nette : depuis 2009, les prix en sortie de puits baissent.

Il est difficile de mettre un chiffre sur cette baisse compte-tenu de la volatilité élevée, mais pour fixer un ordre de grandeur, on peut retenir que, entre 2009 et 2012, le gaz a été en moyenne 30% moins cher qu’entre 2001 et 2007.

Intéressons-nous maintenant au prix du gaz à la consommation et non à la production. On s’aperçoit que la baisse des cours constatée depuis 2009 n’a pas profité de la même façon à tout le monde :

Cette baisse a été parfaitement répercutée sur la facture des industriels mais beaucoup moins bien sur celle des particuliers : les prix résidentiels ont même légèrement augmenté.

Des conséquences douteuses sur le prix de l’électricité

Aux États-Unis, le gaz est utilisé pour produire environ un quart de l’électricité, à peu près à égalité avec le nucléaire mais assez loin derrière le charbon (42%). La baisse du prix du gaz a-t-elle eu des conséquences sur les factures d’électricité ?

C’est difficile à dire car le pays compte des dizaines de producteurs d’électricité et des systèmes différents d’un Etat à l’autre. Les prix varient souvent du simple au double entre Etats voisins. Entre le Wyoming et Hawaï, l’écart est même de un à cinq... Rien de surprenant donc à ce que des informations contradictoires circulent.

Ce que l’on peut dire en tout cas, c’est que, mis à part un pic en 2008, le coût du combustible dans les centrales électriques américaines est stable depuis 2005 :

Par conséquent, une chose est certaine : si le prix de l’électricité a baissé aux États-Unis, ce n’est pas grâce à une baisse du prix du combustible... Ce qui est d’ailleurs normal puisque le gaz reste assez minoritaire dans le mix américain.

Aucun impact positif sur les autres énergies primaires

La baisse des cours du gaz a-t-elle entrainé une baisse des prix des autres sources d’énergie ? Cette fois, la réponse est sans équivoque : c’est non.

Bien qu’ils soient en concurrence directe pour la production d’électricité, la baisse du gaz n’a pas empêché le prix du charbon de connaitre une hausse continue depuis 2001. Il coûte aujourd’hui 70% plus cher qu’il y a dix ans.

De même, bien que les hydrocarbures issus du gaz puissent en partie se substituer à ceux du pétrole, les prix du carburant ont été multipliés par quatre en dix ans.

En résumé : petit manuel critique sur les mérites économiques des gaz non-conventionnels

« Aux États-Unis, le gaz de schiste a fait baisser le prix du gaz » → C’est vrai, à ceci près qu’il ne s’agit pas seulement de gaz de schiste, mais de gaz non conventionnels. Le gaz de schiste en fait partie mais il est très minoritaire.

« Aux États-Unis, le gaz de schiste a divisé par trois (ou quatre ou cinq ou plus) le prix du gaz » → C’est faux, ces chiffres prennent pour référence le pic de 2008, à un moment où les gaz non-conventionnels étaient déjà exploités à grande échelle. Sur une période plus longue, on constate bien une baisse, mais de l’ordre de 30%.

« Aux États-Unis, le gaz de schiste a fait baisser le prix de l’énergie » → C’est faux, la baisse du prix du gaz n’est même suffisante pour compenser la hausse de celle du charbon. Au mieux, l’exploitation des gaz non-conventionnels a permis de limiter la hausse globale du prix de l’énergie.

« Aux États-Unis, le gaz de schiste a aidé les entreprises » → C’est vrai, en tous cas pour la pétrochimie et les secteurs industriels très consommateurs en énergie (papeterie, métallurgie...) qui ont vu leurs factures de gaz baisser sensiblement.

« Aux États-Unis, le gaz de schiste a fait baisser la précarité énergétique et augmenter le pouvoir d’achat » → C’est faux, les prix résidentiels du gaz n’ont pas baissé et les prix des autres énergies ont continué à augmenter.

Cigales 21 juillet Reporterre 2013/07/18 (18 juillet 2013) Cigales 21 juillet. Reporterre. fr

Cigales 21 juillet

LES CIGALES fêtent leurs trente ans le 21 juillet

LES CIGALES, Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire fêtent leurs 30 ans.

A cette occasion, l’Association régionale des CIGALES d’Ile de France et l’Association des CIGALES de Paris organisent une série d’événements et ont le plaisir de vous inviter le dimanche 21 juillet à Paris Plages :

Epargner solidaire pour bien manger

Les CIGALES animent en partenariat avec les associations Tous à Table ! et Fairplaylist une journée sur le thème « Alimentation et solidarité »

à La Guinguette Solidaire, Paris-Plage, bassin de la Villette 75019

• Entrée libre •

Tout au long de la journée :

animations pédagogiques pour petits et grands, Café’Eco avec la présence de Xavier Golczyk, adjoint au maire du XIXe en charge du commerce, de l’artisanat, des professions indépendantes et de l’économie sociale et solidaire.

Concerts gratuits midi et soir de Jazz tzigane et de Forro. Les "cigaliers", les acteurs de l’ESS et du secteur alimentaire présenteront leurs activités et échangeront avec le public.

L’opération est menée avec le soutien de la mairie de Paris XIXe.

Le Medef refuse les conclusions du débat sur la transition énergétique lefigaro.fr Reporterre 2013/07/18 lefigaro.fr (18 juillet 2013) Le Medef refuse les conclusions du débat sur la transition énergétique. Reporterre. fr

Le Medef refuse les conclusions du débat sur la transition énergétique

Le Medef refusera d’endosser le texte final du débat national sur la transition énergétique « sauf changement majeur » lors de la dernière journée ce jeudi, a annoncé à l’AFP son directeur général, Michel Guilbaud.

« A ce stade, sauf changement majeur, le Medef n’envisage pas d’endosser en tant que tel ce document qui est un document de synthèse et qui comporte de nombreux points qui ne font pas l’objet d’un consensus », a-t-il déclaré. « Dans cette perspective, il considère que cela n’aurait pas de sens d’endosser ce document », a-t-il ajouté.

Jean-Louis Schilansky, président du Medef Paris et de l’Ufip, Union française des industries pétrolières, explique que le Medef refiuse d’endosser les recommandations du débat national sur la transition énergétique notamment car « l’objectif de réduire de 50% la consommation d’énergie d’ici 2050 n’est pas réaliste. Ni les montants du financement, sans parler du nucléaire ». Jean-Louis Schilansky se dit prêt à adopter un texte qui serait la « synthèse de débat » avec ses dissensus, mais certainement pas « des recommandations » qui ne font pas consensus.

La principale confédération patronale s’étonne aussi qu’un objectif « chiffré » en matière d’énergies renouvelables (30 à 40% de la production d’électricité en 2030) figure dans le texte « alors qu’il n’a pas été discuté par les groupes de travail », selon M. Guilbaud.

Le Medef s’oppose également au fait que le document final présente son contenu comme des « recommandations » alors qu’il est admis dans le texte que des dissensions existent sur plusieurs points, a-t-il expliqué.

L’agriculture urbaine se visite à Aubervilliers, en Seine Saint Denis Seine-Saint-Denis Tourisme Reporterre 2013/07/19 Seine-Saint-Denis Tourisme (19 juillet 2013) L’agriculture urbaine se visite à Aubervilliers, en Seine Saint Denis. Reporterre. Agriculture urbaine fr

L’agriculture urbaine se visite à Aubervilliers, en Seine Saint Denis

Idée de tourisme cet été : aller voir à Aubervilliers comment se développe l’agriculture urbaine.

Certains parleraient de vision futuriste ou idéaliste mais, à Aubervilliers, l’agriculture urbaine existe et se développe depuis déjà plus d’une décennie.

Venez découvrir en notre compagnie les dessous ombragés d’Aubervilliers ou les salades et les tomates se côtoient sous les regards bienfaisants des cerisiers rougissants. En cette fin de mois de juillet, quelle meilleure excuse que de venir se rafraichir et profiter de la nature en ville en Seine-Saint-Denis ?

Vous visiterez deux jardins qui pratiquent l’agriculture urbaine : le Jardin des Roses et les Petits Prés Verts.

Vous serez aussi invité-e à participer à un débat improvisé sur les problématiques et les solutions de gestions d’un jardin partagé où se pratique l’agriculture urbaine, autour de discussions informelles et interactives sur les bienfaits et les enjeux de l’agriculture urbaine (lien social, bien-être, valorisation des savoir-faire, développement durable, sensibilisation/pédagogie/accès à une alimentation saine et équilibrée..).

Les enfants et personnes à mobilité réduite sont les bienvenus pour cette balade de moins de deux kilomètres.

Toutes les informations sur le lieu de rendez-vous vous seront communiquées après votre inscription à la visite.

Cette balade est proposée par MUSE D.Territoires, cabinet de conseil en développement local ancré sur le territoire du 93 depuis plus de 3 ans, en partenariat avec l’association Accueil Banlieues, et est programmée dans le cadre du jeu De Visu, organisé par le Département de la Seine-Saint-Denis. Pour tout savoir sur le jeu.

Rencontres des Faucheurs volontaires le 20 juillet Reporterre 2013/07/19 (19 juillet 2013) Rencontres des Faucheurs volontaires le 20 juillet. Reporterre. fr

Rencontres des Faucheurs volontaires le 20 juillet

Le Collectif des faucheurs volontaires est né lors du rassemblement du Larzac en 2003. Après une décennie de résistance en France, qui a suscité le débat public sur les OGM et freiné leur développement, le collectif fêtera ses dix ans les 20 et 21 juillet à Bouzy-la-Forêt (Loiret).

Afin de fédérer les luttes, le Collectif invite tous les résistants d’Europe et d’ailleurs à se rencontrer et définir ensemble une opposition commune et internationale.

Parmi les thèmes : les OGM dans l’alimentation humaine et animale, conséquences sociales, économiques, environnementales des cultures OGM, les contaminations à l’échelle internationale, semences paysannes...

Programme

La plus grande centrale solaire flottante du monde ouvre au Japon Enerzine Reporterre 2013/07/19 Enerzine (19 juillet 2013) La plus grande centrale solaire flottante du monde ouvre au Japon. Reporterre. fr

La plus grande centrale solaire flottante du monde ouvre au Japon

Alors que le Japon reste durablement marqué par l’accident nucléaire de Fukushima, Ciel et Terre, une PME française, annonce avoir finalisé la conception et la réalisation de la plus grande centrale photovoltaïque flottante au monde de plus de 1 MW.

La centrale, installée sur un bassin d’irrigation de trois hectares, dans la banlieue de Tokyo, à Okégawa, a été construite en partenariat avec l’investisseur West Holdings.

Alors que l’espace reste rare pour construire des grandes centrales au sol, on y trouve par contre, selon la société française, « des milliers de lacs d’irrigation et autres retenues d’eau adaptés aux centrales flottantes ». Avec cette réalisation, Ciel et Terre apporte une technologie brevetée (Hydrelio, fiable, garantie 20 ans et capable de résister aux vents des typhons). Toujours selon Ciel et Terre, la solution proposée reste « très économique », et « compétitive par rapport aux centrales au sol, sur des terrains chers et soumis aux tremblements de terre. »

Les flotteurs en PEHD (polyéthylène à haute densité) composant les iles solaires (5.000 modules) ont été fabriqués en France, en Corrèze, et expédiés au Japon.

La filiale de Ciel et Terre au Japon indique développer actuellement de nombreux autres projets de centrales flottantes dans l’archipel, avec pour objectif de développer 1 000 MW dans les cinq ans à venir. Conséquence immédiate : la direction commerciale de Ciel et Terre International va s’installer dès ce mois-ci au Japon pour couvrir l’Asie et le monde.

En France, Ciel et Terre s’est efforcée - en vain - de faire reconnaître par les ministères concernés l’intérêt spécifique de cette technologie qui ne consomme pas d’espace agricole, dans le cadre des appels d’offres CRE [commission de régulation de l’énergie]. Mais comme le rappelle la PME, « nul n’est prophète en son pays ». La France compte en effet de très nombreux plans d’eau adaptés, notamment les lacs de carrière, où au moins 2 000 MW pourraient être installés.

L’agriculture autogérée régnera sur le Larzac jusqu’en 2083 Good Planet Reporterre 2013/07/19 Good Planet (19 juillet 2013) L’agriculture autogérée régnera sur le Larzac jusqu’en 2083. Reporterre. fr

L’agriculture autogérée régnera sur le Larzac jusqu’en 2083

José Bové et les militants qui ont fait du Larzac un sanctuaire de l’agriculture paysanne autogérée après avoir obtenu l’abandon de l’extension d’un camp militaire, ont fêté jeudi 18 juillet une nouvelle victoire qui met le plateau à l’abri des convoitises jusqu’en 2083.

Le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane le Foll, s’est rendu sur place à l’occasion de la prorogation du bail accordé à la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui assure la gestion de 6 300 hectares de terres appartenant à l’Etat sur le plateau.

Le ministre signera au nom de l’Etat cette prolongation avec trois gérants de la SCTL, dont le député européen Europe Ecologie Les Verts (EELV) José Bové.

Ces terres, prévues pour l’extension du camp militaire, en 1971, furent l’enjeu d’un combat qui dura dix ans, mené d’abord par une centaine d’agriculteurs, rejoints ensuite par des dizaines de milliers de jeunes militants voyant là un symbole de la lutte contre le militarisme et le capitalisme.

Avec l’abandon du projet militaire en 1981, après l’élection à la présidence de la République de François Mitterrand, les terres retrouvèrent leur vocation agricole. L’Etat accorda ainsi, en 1985, un bail emphytéotique de soixante ans à la SCTL.

Ce type de bail, qui accorde tous les droits et devoirs d’un propriétaire au détenteur sauf celui de vendre le sol, avec l’obligation d’améliorer le bien en question, a donné à la SCTL, formée par les pionniers du mouvement, les moyens d’atteindre ses objectifs : favoriser l’installation de jeunes, maintenir un élevage notamment ovin, respectueux de la qualité et de l’environnement.

« A la création en 1985, c’était un laboratoire foncier, une organisation où l’exploitant n’est pas obligé d’acheter la terre et peut donc investir dans l’outil de travail, avec la sécurité d’obtenir des baux de longue durée jusqu’à sa retraite », explique José Bové.

« Cela a permis d’augmenter de 20% le nombre des paysans sur ce territoire, mais nous avons aussi préservé la viabilité des exploitations car nous n’avons pas voulu les scinder pour satisfaire toutes les demandes », ajoute l’ancien paysan, qui est « passé du collège des exploitants à celui des habitants » parmi les gérants de la SCTL, après son élection au Parlement européen.

Jeudi, le bail emphytéotique a été porté de 60 à 99 ans, sa durée maximale. « Cela va permettre aux nouveaux venus d’obtenir des baux sur toute leur carrière », estime José Bové.

La signature a eu lieu à la ferme des Baumes du Larzac, exploitée depuis 2009 par un de ces jeunes, Romain Galtier, 25 ans.

« On pérennise ainsi la SCTL jusqu’à 2083 et on espère que nos successeurs pourront négocier pour que l’expérience soit renouvelée par de nouveaux contrats », souligne-t-il.

La Société civile gouvernée par des gérants dont les mandats sont renouvelés tous les trois ans se veut un « modèle d’autogestion », explique M. Bové. « Toutes les décisions importantes du conseil de gérance doivent être prises à l’unanimité et en cas de désaccord, elles sont tranchées par l’assemblée générale » qui compte environ 55 membres, souligne-t-il.

Le prix payé à l’Etat - le canon emphytéotique - est modique, « 4.500 euros par an », selon José Bové. Mais « les exploitants paient des fermages classiques à la SCTL, ce qui couvre simplement ses charges, les assurances, les impôts fonciers et un salarié à mi-temps », indique-t-il.

Après avoir vu les fidèles de la Confédération paysanne au Larzac, Stéphane le Foll a rencontré l’interprofession du Roquefort à Millau, puis les responsables de la FDSEA, qui lui ont rappelé que leur syndicat est majoritaire, en marge de la visite d’un élevage de veaux dans le Rouergue, à l’autre bout du département.

Non, l’Afrique ne sera pas sauvée par les classes moyennes Jean Nanga (CADTM) Reporterre 2013/07/19 Jean Nanga (CADTM) (19 juillet 2013) Non, l’Afrique ne sera pas sauvée par les classes moyennes. Reporterre. Tribune — fr

Non, l’Afrique ne sera pas sauvée par les classes moyennes

Les économistes officiels célèbrent l’avènement de classes moyennes qui assureraient l’essor du continent africain. Mais l’examen des statistiques montre que ce discours est largement idéologique.

Avec le développement du capitalisme africain, la croissance est censée avoir produit une « émergence » des « classes moyennes ». Une étude de la Banque mondiale a évoqué leur triplement de 1980 à 2010, alors que la population régionale n’a fait que doubler dans la même période |1|. Après le « dégraissage » des fonctions publiques, et les liquidations des entreprises d’État pendant les années 1980-1990, qui avaient gravement affecté aussi les classes moyennes, il y a de nos jours comme une sorte de retour dynamique.

Dans un contexte de développement de la culture de l’ostentation, du spectacle consumériste, de prolifération des gadgets censés symboliser la réussite sociale, elles ont beaucoup plus de visibilité dans bon nombre de sociétés africaines. Sans oublier les réseaux clientélaires des dirigeants politiques et administratifs ainsi que les agents des institutions internationales, y compris ceux de certaines ONG internationales.

Ce qui réjouit celles et ceux qui clament ce développement des classes moyennes, c’est la visibilité d’un nombre plus important de jeunes — les diplômé-e-s MBA et assimilé-e-s — dont les attitudes professionnelles ainsi que les modes de vie manifestent l’adhésion à ce que l’on nommerait des versions locales des yuppies produits par le reaganisme. Leur vie est une publicité en faveur du néolibéralisme.

Cependant, contrairement à ce que laisse entendre la fameuse étude de la BAfD, la situation réelle est en décalage avec les statistiques. Les critères de classification de la Banque sont en effet peu rigoureux, voire fantaisistes. À l’instar des quelques cents de $ qui distingueraient l’appartenance à la catégorie des pauvres — moins de 2 $/jour ou plutôt 1,25 $/jour — de celle des classes moyennes — à partir de 2 $/jour |2|.

Dans les faits, une partie importante de la part dite flottante des classes moyennes vit dans la pauvreté. Les 20,88 % de la « floating class » devraient être répartis entre les 60,85 % de pauvres (« 1st poverty line » et « 2d poverty line ») et les 13,44 % des vraies classes moyennes (« lower middle » et « upper middle »).

Par ailleurs, il n’est pas acquis que cette nouvelle vague de classes moyennes ou de petite-bourgeoisie échappera à moyen terme à la stagnation de la création d’emplois de « classes moyennes », et au déclin progressif qui les caractérise dans bon nombre de sociétés capitalistes développées depuis environ une vingtaine d’années.

À moins de prendre pour des oracles les projections optimistes faites par des institutions idéologiques du capital qui tablent plutôt sur une stabilité des rapports de force actuels dans les luttes de classes, au profit des capitalistes. Il y a au moins une chose positive dans cette campagne de propagande des classes moyennes, c’est la reconnaissance de l’existence des classes sociales, déclinées en « classe riche » et en « pauvres ». C’est aussi une façon de reconnaître que la croissance africaine n’est pas pour ces dernier-e-s.

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Notes

|1| Mthuli Ncube, Charles Leyeka Lufumpa, Steve Kayizzi-Mugerwa, « Market Brief -The Middle of the Pyramid : Dynamics of the Middle Class », African bank development group.

|2| Critère on ne peut plus discutable des institutions financières qui devrait être relevé au moins à 2,5 $, voire à 3 $ dans certains pays. Mais la logique scientifique néolibérale est telle qu’il est même arrivé que l’on descende à 0,90 $/jour pour démontrer les bienfaits des politiques d’ajustement structurel sur la pauvreté. Cf. Maxim Pinkovskiy (Massachussets Institute of Technology) Xavier Sala-i-Martin (Columbia University, « African Poverty is Falling... Much Faster than You Think ! », January 17th, 2010, et leurs critiques, tel Martin Ravallion, « Is African poverty falling ? », 2010-03-05.

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Complément d’information

Lire aussi la première et la seconde parties de ce sujet :

Afrique subsaharienne : le mythe de la réussite et Afrique subsaharienne : « Sous-impérialisme » et nouvelle bourgeoisie compradore

Les faucheurs volontaires d’OGM fêtent leurs dix ans Pascale Garcia (Reporterre) Reporterre 2013/07/20 Pascale Garcia (Reporterre) (20 juillet 2013) Les faucheurs volontaires d’OGM fêtent leurs dix ans. Reporterre. fr

Les faucheurs volontaires d’OGM fêtent leurs dix ans

A l’été 2003 naissaient les Faucheurs volontaires. En assumant collectivement le fauchage illégal de cultures transgéniques, ils allaient mettre un coup d’arrêt aux OGM en Europe. Les Rencontres internationales des mouvements contre les OGM se déroulent les 20 et 21 juillet à Bouzy-La Forêt dans le Loiret. L’occasion de raconter l’histoire, et de se regrouper pour une bataille qui n’est pas finie.

« José Bové, ami de lutte, sortait juste de prison pour l’affaire du MacDonald’ raconte Jean-Baptiste Libouban, le père des Faucheurs. La justice sanctionnait de plus en plus lourdement les actions de fauchage qui se multipliaient. Nous craignions à l’époque que ce type d’action n’en arrive à dissoudre la Confédération paysanne. Alors j’ai eu l’idée de créer un mouvement de résistance qui ne soit ni une association, ni un syndicat, sans représentant légal, et qui puisse représenter la société civile ».

Compagnon depuis plus de cinquante ans des communautés de l’Arche où il fut menuisier et instituteur, l’homme s’est indigné de nombreuses fois, contre la torture en Algérie, avec les paysans du Larzac au côté de Lanza del Vasto ou contre le nucléaire.

Jean-Baptiste Libouban

En août 2003, lors d’un grand rassemblement sur le Larzac pour fêter les 30 ans de lutte des habitants du plateau contre l’extension du camp militaire, il ouvre un « bureau de recrutement » et rédige la Charte des Faucheurs. « Cet appel était un acte illégal mais légitime…Je me suis dit, si c’est une bonne graine, elle prendra ! » Elle a levé. Le 25 juillet 2004, le premier fauchage des Faucheurs volontaires a lieu à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne) : c’est un succès.

Chacun responsable…

De fauchage de parcelles de cultures transgéniques en procès, les Faucheurs ont développé une stratégie déconcertante. « Notre principe de départ c’était de dire que puisque la société civile n’a pas eu droit de parole sur le développement des essais et sur les cultures OGM, nous allions utiliser les prétoires comme porte-voix », explique Jacques Dandelot, faucheur de la première heure.

Contre toute attente, suite à leurs actions, lors d’interrogatoires ou dans les procès à la barre, ils se présentent en « comparants volontaires », revendiquent la non violence et la désobéissance civique collective. Chacun responsable, tous solidaires - leur devise - ils agissent à visage découvert, toujours. Si défendre l’environnement fait partie de la Constitution, ils disent n’avoir pas eu d’autre recours que ce type d’actions face aux menaces sur l’environnement ou sur la liberté des paysans que représentent les cultures transgéniques.

Lors des procès, ils invoquent l’état de nécessité retrouvé par leurs avocats dans le droit français. « En 1956 une femme à Colmar avait volé du pain pour nourrir un enfant et avait été relaxée au motif qu’un acte moralement inacceptable dans la vie courante - par exemple voler - devient juste quand il est ordonné à la dignité et au bien de la personne, rappelle Jean-Baptiste Libouban. Extraordinaire renversement qui montre que la morale n’est pas un standard immuable à appliquer à la lettre. Qu’il peut basculer lorsqu’il devient contraire au bon sens et au bien commun ».

Face à la justice, le déroulé de l’affaire varie selon les procureurs qui donnent la couleur au procès selon qu’ils retiennent du groupe un personnage politique, un citoyen lambda, quelqu’un qui sait s’exprimer ou au contraire quelqu’un qui n’a ni travail ni formation. « Si un intellectuel est retenu, c’est plus difficile d’attribuer l’action à de l’impulsivité, à de l’acte gratuit car la personne saura plus aisément justifier son acte et entrer dans la polémique », observe Jean-Baptiste Libouban.

Les Faucheurs viennent de toutes classes sociales, on y compte quasiment autant d’hommes que de femmes, « des gens qui font de petits travaux, d’autres qui ont de grandes responsabilités, des médecins, des ingénieurs, des chirurgiens » et même s’il y a aujourd’hui moins de politiques, ils continuent d’apporter leur soutien affirment les Faucheurs. La belle aventure humaine a été illustrée dans l’album Faucheurs volontaires (éd. Les Dessin’acteurs) ou dans le documentaire de Hervé de Willencourt, Joli Monde.

…tous solidaires

Des refus de prélèvement d’ADN aux procès en appel, sur dix ans, les frais d’actions en justice, dépassent largement le million d’euros évalue Jacques Dandelot : « Colossal. Aujourd’hui nous faisons moins d’actions spectaculaires, mais dès que nous en avons besoin, les soutiens sous forme de chèques continuent d’arriver de particuliers ou de groupements ».

Depuis le moratoire de 2008, la culture et l’extension des OGM est contenue « mais la situation n’est pas réglée, estime Jean-Baptiste Libouban. La puissance des sociétés semencières est très grande. Ainsi, parmi les conseillers scientifiques de Obama figure l’ancien directeur de Monsanto ».

Aujourd’hui, les Faucheurs portent l’attention sur la redéfinition des dispositifs d’évaluation au niveau européen, sur les négociations de libre échange entre les Vingt-sept et les Etats-Unis et aussi sur les importations. « En France les OGM continuent d’entrer massivement par les ports bretons pour nourrir les élevages industriels, dépendants de ces importations », observe Jacques Dandelot.

Ils considèrent également l’étiquetage et l’information au consommateur insuffisants et regrettent que certaines nouvelles techniques de modification artificielle du génome ne soient pas concernées par la législation et ses contraintes (évaluation, essais en champs) « Notre combat aujourd’hui est d’essayer de mettre en lumière médiatiquement cette problématique des plantes mutées. Ce sont des OGM cachés, des plantes tolérantes aux herbicides » poursuit Jacques Dandelot, qui dénonce le tournesol et le colza mutés, déjà semés en Europe, qui devraient être prochainement commercialisés. Or ils sont très difficiles à détecter, à la différence du maïs MON810 par exemple.

Les Faucheurs volontaires se sont dupliqués dans différents pays - Belgique, Allemagne, ou Espagne, où les cultures transgéniques sont parmi les plus développées d’Europe - et agissent différemment selon le droit national. Fort de leur expérience solidaire, les faucheurs viennent apporter leur soutien lors de procès. Aujourd’hui, ils veulent créer une force internationale pour partager leurs expériences et avoir la visibilité d’un réseau sur toutes les actions. Avec les invités venus de différents continents, outre l’histoire, la fête, l’information au grand public, c’est aussi de cela qu’il sera question à Bouzy ce week-end.

Non, les OGM ne sont toujours pas une solution à la faim dans le monde La faim expliquée Reporterre 2013/07/20 La faim expliquée (20 juillet 2013) Non, les OGM ne sont toujours pas une solution à la faim dans le monde. Reporterre. Tribune — fr

Non, les OGM ne sont toujours pas une solution à la faim dans le monde

La World Food Prize Foundation (Fondation du Prix mondial de l’alimentation), fondée par l’homme d’affaires américain John Ruan vient d’octroyer son prix annuel à trois scientifiques spécialistes des OGM dont deux employés par les multinationales agroalimentaires Monsanto et Syngenta. Face au lobbying toujours puissant des biotechnologies agricoles, il faut rappeler... que les OGM ne peuvent pas résoudre la question de la faim, qui est d’abord un enjeu politique.

Les OGM se trouvent au centre de multiples polémiques, dont la plus récente est la conséquence de l’étude menée par le professeur Séralini sur l’effet de la consommation du maïs NK603 de la firme Monsanto sur la santé. Les partisans des OGM soulignent leur potentialité en terme de lutte contre les ravageurs, résistance aux herbicides, à la sécheresse, amélioration de l’assimilation des éléments (phosphore, azote) ou amélioration de la valeur nutritive du produit. Les opposants aux OGM insistent sur les risques environnementaux (par exemple l’utilisation accrue de pesticides) et de santé publique que ces organismes peuvent créer ainsi que sur la question de l’appropriation du vivant par des intérêts privés (par exemples les semenciers tels que la firme Monsanto).

Du point de vue de la faim dans le monde, il s’agit de voir si les OGM peuvent constituer une solution. Sachant que la faim est essentiellement une question de répartition des richesses, de difficultés d’accès à l’alimentation par une proportion importante de la population mondiale du fait de sa pauvreté, et qu’une partie importante de la population sous-alimentée vit de l’agriculture, on peut dire :

- Il est fort peu probable que les OGM puissent constituer une solution pour les populations vivant de l’agriculture qui souffrent de la faim. En effet, les OGM sont accessibles uniquement par achat de semences dans le commerce, ce qui nécessite des moyens financiers que les populations concernées n’ont pas. Et elles sont bien plus chères que les semences conventionnelles. Ainsi les semences de coton OGM coutaient 41€ le sac au Burkina Faso début 2012 contre 1,2€ pour les semences conventionnelles.

- De plus, la plupart des semences d’OGM ne sont utilisables que sur une saison (les semences éventuellement récupérées à partir d’une récolte d’OGM n’ont en général pas les caractéristiques qu’ont les semences initialement achetées - dans le cas contraire, le producteur devrait payer une redevance puisque les OGM font l’objet de brevets appropriés par les firmes privées). Le coût d’utilisation des OGM est donc rédhibitoire pour les paysans les plus pauvres.

- La généralisation éventuelle de l’utilisation des OGM par les producteurs capables de les acheter risque d’entrainer une baisse des prix des produits alimentaires. Les producteurs les plus pauvres auront donc plus de mal à vendre leurs produits à un bon prix et verront leur revenu diminuer, les enfonçant davantage dans la pauvreté, ou les poussant à accélérer leur mouvement de sortie de l’agriculture.

- Pour ceux des personnes souffrant de la faim et ne vivant pas de l’agriculture, la baisse des prix découlant de la généralisation éventuelle des OGM aurait un effet positif sur leur revenu réel (pouvoir d’achat), mais au risque d’effets négatifs sur leur santé.

Il ne parait donc pas que l’utilisation des OGM soit une solution à la faim, bien au contraire !

Journée internationale contre les projets miniers Reporterre 2013/07/21 (21 juillet 2013) Journée internationale contre les projets miniers. Reporterre. fr

Journée internationale contre les projets miniers

Journée internationale contre les projets miniers

A l’intiative du Front d’opposition (Frente Amplio de Oposición) à l’entreprise minière Minera San Xavier dont les opérations d’extraction d’or et d’argent à ciel ouvert détruisent le village de Cerro de San Pedro au Mexique (San Luis Potosi), le 22 juillet a été proclamé "journée internationale contre les projets miniers".

Actuellement, de nombreux mouvements anti-extractivistes latino-américains - qui sont aussi probablement les plus concernés vu le nombre de projets en cours ou prévus - se mobilisent activement pour préparer cette journée.

Appel à manifester pour défendre la vie et l’eau

Nous convoquons les peuples à manifester le lundi 22 juillet tout au long de cette journée de résistance internationale pour l’eau et la vie, pour un environnement sain, sans produits toxiques et radioactifs, pour la défense de la terre, des glaciers, des cours d’eau, des fleuves et des cordillères.

Nous disons Non à l’industrie minière polluante, qu’elle soit métallifère, à ciel ouvert ou souterraine, nucléaire, radioactive, sous-marine, ou souterraine. Nous exigeons des lois nationales et internationales qui défendent l’eau et la vie, et qui interdisent l’industrie minière polluante.

Les citoyens auto-convoqués se réuniront devant les Maisons du Gouvernement, Mairies, Palais Législatifs ou Assemblées Nationales afin de déclarer leur lieux de vie LIBRES DE L’INDUSTRIE MINIÈRE.

La journée se déroulera de façon pacifique, sans drapeaux partisans. Les seules pancartes et/ ou banderoles admises seront celles qui reflèteront de manière concrète les organisations de base engagées dans cette lutte. Non aux mines, oui à la vie. No PASARÁN. Tous dans la rue pour dire « basta » ! Pour l’eau et la vie !

Si vous souhaitez vous joindre à cette mobilisation internationale pour proposer une action locale ou pour vous joindre à une action déjà ayant déjà lieu merci de prévenir :

- en espagnol : asambleabuenosairesporelagua@gmail.com

- en français le Collectif ALDEAH qui se chargera de traduire vos initiatives

EN FRANCE :

Mobilisation dans le village de Tennie, dans la Sarthe devant la mairie, le dimanche 21 juillet à 15h00, pour dire non aux projets miniers polluants en France et dans le monde.

Le 22 juillet , lancement d’une cyberaction (campagne de couriels) sur le site internet du collectif ALDEAH.

Dans la Sarthe, un projet minier soulève une vive opposition ALDEAH et Agir pour l’environnement Reporterre 2013/07/22 ALDEAH et Agir pour l’environnement (22 juillet 2013) Dans la Sarthe, un projet minier soulève une vive opposition. Reporterre. fr

Dans la Sarthe, un projet minier soulève une vive opposition

Le gouvernement et M. Montebourg poussent à l’ouverture de nouvelles mines en France. Dans la Sarthe, où cette activité a laissé des terrains très pollués, ce projet suscite des oppositions. Il créerait très peu d’emplois, comme le montrent les expériences étrangères.

- Tennie (Sarthe), témoignage.

C’est une histoire improbable qui, durant quelques heures, a fait du petit village sarthois de Tennie l’épicentre français de la Journée internationale de lutte contre les projets miniers. Comment un bourg d’un millier d’habitants a-t-il pu ainsi se retrouver engagé dans une mobilisation mondiale, née à l’initiative de mouvements latino-américains dénonçant les désastres écologiques et sociaux causés par l’industrie minière ?

Entre le continent sud-américain et Tennie, le point commun s’étale devant nos yeux en cet après-midi dominicale caniculaire du dimanche 21 juillet, sous forme d’une immense banderole sur laquelle on peut lire « Non aux mines, ni à Rouez ni ailleurs ». Derrière celle-ci, se tiennent une trentaine de personnes munies d’autres pancartes aux slogans explicites : « La Charnie, nouvelle ZAD », « Plus d’emplois = Mensonges » et aussi « Arnaud, la France n’est pas un pays minier ».

Arnaud ? Oui, c’est bien lui, Arnaud Montebourg. Qui déclarait en octobre 2012 vouloir « donner une nouvelle ambition à la France, celle de redevenir un pays dans lequel on peut exploiter des mines, comme le font de nombreux pays européens, l’Irlande, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ». Joignant le geste à la parole, le ministre du redressement productif délivrait donc quelques mois après, le 17 juin 2013, le permis exclusif de recherche (PER) dit de « Tennie ». Soit, ni plus ni moins, le premier permis minier octroyé en France depuis près de 30 ans.

Dix-sept communes sont concernées par ce titre qui s’étend sur 205 km². Le titulaire, Variscan Mines, est une société fondée en 2010 à Orléans par d’anciens ingénieurs du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) et filiale à 100 % du groupe minier australien Platsearch. Sur le périmètre du permis de Tennie, Variscan espère trouver du cuivre, du zinc et des minerais connexes, comme le plomb, l’or et l’argent. L’importance de la teneur en cuivre déterminera la rentabilité du site, qui pourrait également renfermer du germanium, un métal utilisé dans l’industrie électronique. La phase d’exploration pourrait commencer dès cet été.

Pour les associations locales, Rouez Environnement ou encore le Collectif pour la sauvegarde de la Charnie, ce permis sonne comme une véritable provocation. Car au cœur du futur périmètre d’exploration, sur le territoire de la commune de Rouez, se trouve un no man’s land entouré d’un haut grillage interdisant l’accès au public, où l’on distingue depuis la route une maigre végétation desséchée et un immense monticule de terre. Entre 1989 et 1997, Elf puis Total ont exploité ici une mine à ciel ouvert. A peine deux tonnes d’or et sept tonnes d’argent en ont été extraites, mais le bilan environnemental, lui, est sans appel : vingt ans après, il subsiste sur le site entre 250.000 et 300.000 m3 de terres stériles et une forte pollution liée à l’utilisation du cyanure.

Ces milliers de m3, c’est ce monticule que l’on aperçoit au milieu des champs. A la fin de l’année 2012, Rouez Environnement fait analyser par un laboratoire indépendant l’eau qui s’écoule sur le talus longeant le site. Les résultats témoignent de l’existence d’un drainage minier acide alarmant. Confirmé en février 2013 par la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), ce constat oblige le préfet de la Sarthe à mettre Total en demeure de procéder à la remise du site aux normes environnementales en vigueur.

Problème, les milliers de m3 ne seront sans doute jamais déplacés ni traités, car trop dangereux... On comprend bien que quand, en 2012, les habitants de la commune apprennent qu’une demande de permis est en cours d’instruction, ils ont la sensation de revenir plusieurs années en arrière.

Depuis, les associations locales et les habitants vont se battre pour tenter de faire échouer l’opération. La mobilisation finira par payer sur au moins un point : le périmètre de l’ancienne mine de Rouez sera finalement retiré du permis de recherche, lequel se trouve aujourd’hui amputé de 8 km². Même si cela peut paraître peu, pour celles et ceux qui ont mené la bataille, c’est déjà une victoire importante.

En attendant, le programme de prospection doit s’étaler sur trois ans avec 5 000 points de prélèvements à un mètre de profondeur, suivis de 10 000 analyses, ainsi que des survols d’avions à basse altitude pour détection par ondes électromagnétiques. Si le projet se poursuit, sera engagée une deuxième phase de tests (deux ans), avant qu’une demande de permis d’exploitation soit déposée. En cas de succès, il faudra ensuite convaincre des investisseurs de consacrer entre 300 et 500 millions d’euros pour exploiter le gisement.

Mais, pour convaincre la population dès maintenant, c’est, comme souvent, l’argument des emplois que l’on met en avant. Patrick Lebret, l’un des géologues de Variscan Mine déclare que « si les gens ne veulent pas que l’on explore, c’est clair qu’ils ne veulent pas d’emplois derrière ou [veulent] prendre le risque d’avoir des emplois de jeunes ». Selon Variscan, si d’ici cinq ans la prospection s’avérait fructueuse, elle pourrait créer de 100 à 300 emplois directs de et 1500 autres induits (plombiers, électriciens...).

Ces chiffres sont impossibles à prouver et ils n’engagent pas beaucoup Variscan qui ne se charge pour l’instant que de la phase d’exploration. En général, l’activité minière, de plus en plus mécanisée, crée peu d’emplois locaux. Pour ne citer qu’un exemple, entre 1990 et 2004, au Chili, l’impressionnante croissance des volumes des minerais extraits (+45% pour l’or, + 107% pour l’argent, + 240% pour le cuivre) s’est vue accompagner d’une chute de 30% du nombre d’emplois dans le secteur.

Les compagnies minières font la plupart du temps appel à une main d’œuvre qualifiée et expérimentée dans le domaine, ce qui rend souvent les embauches locales dérisoires. En parallèle, l’activité minière risque de détruire les emplois préexistants dans les secteurs qui se voient directement affectés par les impacts environnementaux : tourisme, agriculture, et, pour la Sarthe, les élevages de poulets fermiers de Loué !

Quant au ministre du Redressement productif, tant qu’il y a de la production à la clé, le mélange des genres ne lui fait pas peur. « Le ministère du redressement productif est en quelque sorte celui du colbertisme participatif : il concilie la dictature éclairée, d’origine monarchique, de l’État qui trace la voie, et la participation des entreprises, qui font les propositions. Nous sommes des écologistes convaincus », déclarait Arnaud Montebourg devant la Commission du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée nationale le 19 février dernier.

Après une telle envolée, on comprend que les dirigeants de Variscan Mines se sentent pousser des ailes. Et ils ne comptent d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin, car l’entreprise orléanaise espère obtenir une ou deux autres autorisations d’ici la fin de 2013. Ses dossiers les plus avancés concernent le permis de Beaulieu (Loire Atlantique) autour de l’ancienne mine d’Abbaretz sur 278 km2 pour lequel la consultation publique est achevée, il ne manque donc plus que l’approbation de M. Montebourg ; le permis de Merléac (Côtes d’Armor) portant sur 411 km2 ; et le permis de Saint-Pierre (Maine et Loire).

Dans ce contexte, le permis de Tennie peut devenir une véritable tête de pont de la relance de l’extractivisme en France. Impossible ici de ne pas faire le parallèle avec un autre « dossier sensible », celui des gaz et pétrole de schiste. Même volonté d’exhumer les trésors qui seraient encore cachés dans nos sous-sols, mêmes promesses (de création d’emplois), mêmes horizons (de risques de pollution et de la chasse à la croissance coûte que coûte). Et, aussi, des résistances. Près de 300 collectifs locaux sont aujourd’hui toujours mobilisés en France contre l’exploration des hydrocarbures de schiste et « de couche ». Ces collectifs réunis en coordination les 20 et 21 juillet ont par ailleurs tenu à manifester leur solidarité à ceux qui luttent contre les projets miniers dans le monde : à l’occasion de la journée internationale, une trentaine d’autres mobilisations ont été organisées les 21 et 22 juillet en Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, en Equateur, au Mexique, au Panama, au Pérou, en Uruguay, au Venezuela, mais aussi en Espagne, au Canada … et à Tennie, en France.

Marseille Jules Supervielle Reporterre 2013/07/24 Jules Supervielle (24 juillet 2013) Marseille. Reporterre. fr

Marseille

Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche, ses coquillages et l’iode,

Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants,

Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d’eau marine,

Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel,

Et les cafés qui enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore,

Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcools,

Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.

Ici le soleil pense tout haut, c’est une grande lumière qui se mêle à la conversation,

Et réjouit la gorge des femmes comme celle des torrents de montagne,

Il prend les nouveaux venus à partie, les bouscule un peu dans la rue,

Et les pousse sans arrêt du côté des jolies filles.

Et la lune est un singe échappé au baluchon d’un marin

Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit.

Marseille, écoute-moi, je t’en prie, sois attentive,

Je voudrais te prendre dans un coin, te parler avec douceur,

Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu

O toi toujours en partance

Et qui ne peux t’en aller,

A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.

Notre Dame des Landes, 3 et 4 août 2013 ACIPA et la Coordination des opposants Reporterre 2013/07/27 ACIPA et la Coordination des opposants (27 juillet 2013) Notre Dame des Landes, 3 et 4 août 2013. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes, 3 et 4 août 2013

APPEL NOTRE DAME DES LANDES 2013

ENTERRONS DÉFINITIVEMENT LE PROJET DE NOTRE DAME DES LANDES !

Nous constatons qu’un coup d’arrêt à l’avancée d’AGO/Vinci et de l’Etat est bien réel sur le terrain depuis quelques semaines déjà.

Fortes des avancées acquises ces derniers mois (voir ci-dessous), l’ACIPA et la Coordination des opposants entendent augmenter la pression sur les décideurs en organisant le grand rassemblement estival devenu traditionnel mais qui, cette année, va prendre une ampleur inégalée. Elles invitent l’ensemble des comités de soutien à organiser largement l’information et la mobilisation pour le rassemblement NDL 2013 comme ils ont su le faire au lendemain de l’invasion policière du 16 octobre 2012 sur la ZAD. La formidable et inventive force collective qu’ils représentent construira avec nous la réussite.

Pour autant, le projet d’aéroport est loin d’être définitivement stoppé !

La victoire, c’est maintenant... qu’il faut l’arracher ! C’est possible, les porteurs du projet s’étant obstinément fourvoyés dans une impasse politique majeure, tant par leurs exactions sur la ZAD (expulsions, destructions de maisons, agressions policières...) que par leurs mensonges répétés et leur mépris affiché des conclusions des trois commissions, en particulier celles du Comité scientifique !

Le week-end des 3 et 4 août sera festif et militant.

Voici le Programme final

Militant : Dans la continuité de nos rassemblements des précédents étés, nous poursuivrons la réflexion sur des thèmes qui nous sont chers car liés à ce projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. De nombreux forums de discussion nous rassembleront :

autour des Grands Projets Inutiles Imposés partout en France et hors de France, autour des terres nourricières, autour de la Transition écologique et énergétique, autour de l’Urbanisation, de l’Aménagement du territoire, des Transports, autour de l’Eau et de la biodiversité, ..

Réflexions actives, pour inventer, construire des alternatives...

Festif : après les collectifs d’élu-e-s, de pilotes, de géographes, de juristes et de naturalistes, ce sont les artistes musiciens qui ont souhaité prendre leur part dans la lutte de Notre Dame des Landes. Près de 30 groupes de tous genres musicaux participeront ainsi à l’événement de l’été 2013. Les enfants ne seront pas oubliés : des lieux de jeux et de détente seront aménagés pour eux et des spectacles leur seront aussi proposés.

Une semaine après le 3e Forum européen contre les Grands Projets Inutiles et Imposés qui se tiendra à Stuttgart,

Le Rassemblement 2013 de Notre Dame des Landes sera LE rassemblement incontournable de l’été pour la défense des terres et des emplois agricoles menacés, pour une meilleure utilisation de l’argent public et pour l’arrêt des projets aussi inutiles que destructeurs, ici comme ailleurs !

Mais incontournable aussi pour inventer et mettre en œuvre de manière solidaire les alternatives indispensables : Pour la transition énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique et le retour à une solide représentation citoyenne, confisquée par les classes politiques dirigeantes.

L’HEURE DE LA VICTOIRE PEUT SONNER BIENTÔT !

ON NE LÂCHE RIEN ! NI ICI, NI AILLEURS !

L’ACIPA et la Coordination des opposants juin 2013

Où en est le projet ?

Le 16 octobre 2012 l’Etat tentait de vider la zone dédiée au projet d’aéroport de ses habitants dits « illégaux » mais tout à fait légitimes ! L’opération César, annoncée pour une durée de 36 heures, n’a jamais pu venir à bout d’une résistance immédiate, qui n’a fait que monter en puissance comme lors de la grande manifestation de ré-occupation qui a rassemblé 40 000 personnes le 17 novembre 2012 :

Dans toute la France de très nombreux comités voient le jour en soutien à la lutte

De nouveaux habitants sont venus nombreux s’installer sur la zone au plus fort de l’hiver

Mi-janvier 2013, c’est la Ferme de Bellevue qui est sauvée de la destruction par le Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport (COPAIN) et remise en exploitation.

Mi-avril ce sont des installations pérennes - de maraîchage principalement – qui sont réalisées lors de l’opération Sème ta ZAD

Le 11 mai, ce sont encore près de 40 000 personnes qui viennent encercler la zone pour la protéger en enterrant le projet (grande chaîne humaine).

Les opposants accumulent aussi les avancées du côté des procédures juridiques et administratives en cours :

Fin janvier 2013 : la Cour de Cassation a rejeté la demande faite par AGO/Vinci pour accélérer le jugement ”pourvoi en cassation” contre l’ordonnance des expropriations, ce qui a repoussé les expulsions des habitants et paysans présents sur la zone.

Le 17 mars 2013 c’est la Commission des Pétitions européenne qui a pris le dossier NDL en main et a gardé ouvertes les deux pétitions des opposants ACIPA/CéDpa et FNE/Bretagne Vivante. Une commission d’enquête pourrait se déplacer sur Nantes Atlantique et sur Notre Dame des Landes pour étudier la situation…

Fin mars 2013, c’est le rendu des 3 commissions :

Celle dite du ” dialogue” qui valide la justesse de nos arguments et propositions de solutions alternatives avancées depuis le débat public de 2003 : étude d’un nouveau PEB, étude économique sur l’optimisation de Nantes Atlantique, …

La commission agricole confirme nos chiffres sur le gaspillage de terres agricoles et rassure les paysans en expropriation : ils pourront continuer d’exploiter leurs terres et en vivre décemment encore cette année !

La commission d’expertise scientifique ne valide pas les propositions d’AGO/Vinci et de l’Etat faites dans le cadre des enquêtes publiques Loi sur l’Eau : tout le dossier en matières de compensations environnementales est à revoir !

Tout ceci a pour effet immédiat l’arrêt des fouilles préventives archéologiques, l’arrêt des expulsions, l’arrêt des démolitions des habitations et le retrait des forces de police de la zone. Des enquêtes environnementales complémentaires vont être réalisées.

Forts de tous nos soutiens, nous suivons avec calme et détermination l’avancée du dossier, en particulier auprès des instances européennes qui peuvent faire pression sur les décideurs français. Le succès de notre rassemblement accentuera cette pression.

L’ESPOIR EST DÉSORMAIS DANS NOTRE CAMP !

Un forage de pétrole de schiste programmé le 3 août en Seine-et-Marne Stop gaz de schiste Reporterre 2013/07/27 Stop gaz de schiste (27 juillet 2013) Un forage de pétrole de schiste programmé le 3 août en Seine-et-Marne. Reporterre. fr

Un forage de pétrole de schiste programmé le 3 août en Seine-et-Marne

Au coeur de l’été, la compagnie pétrolière Hess Oil France prévoit de forer à la recherche de pétrole de schiste en Ile-de-France. Un rassemblement d’opposants aura lieu le même jour.

Rassemblement au lieu-dit La Petite Brosse sur le territoire de la commune de Jouarre (77640).

ALERTE FORAGE PÉTROLE DE SCHISTE EN SEINE ET MARNE

Ce rassemblement aura lieu le samedi 3 août à partir de 14 heures, devant la plateforme d’exploration pétrolière érigée par l’entreprise Hess Oil.

Depuis le 14 juillet, le jour de la déclaration de François Hollande - « Tant que je suis président, il n’y aura pas d’exploration du gaz de schiste en France » - une foreuse est pourtant installée sur la plateforme de Jouarre.

Certes, à Jouarre, comme pour toutes les plateformes du bassin parisien, les pétroliers ne cherchent pas du « gaz de schiste », ils cherchent du « pétrole de schiste ». Et la déclaration du Président de la République ne concerne que le gaz.

Par ailleurs, le discours officiel de Hess Oil France, prétendant ne chercher que du « pétrole conventionnel », est en contradiction avec les documents administratifs les autorisant à forer.

Ces autorisations, données en 2010, concernent uniquement la recherche de pétrole « non-conventionnel », c’est-à-dire le « pétrole de schiste ».

Le démarrage du forage est imminent. Le 3 août, en venant devant la plateforme qui sera en activité ce jour là, vous pourrez dire votre opposition à cette première phase d’exploration du pétrole de schiste.

Notre Dame des Landes : retour sur six mois de résistance Marcel Thébault Reporterre 2013/07/30 Marcel Thébault (30 juillet 2013) Notre Dame des Landes : retour sur six mois de résistance. Reporterre. Tribune — fr

Notre Dame des Landes : retour sur six mois de résistance

« Notre réussite, c’est cette union de tous : occupants illégaux, mais légitimes, citoyens, associations et paysans »

Intervention au plateau des Glières le 19 Mai 2013 de Marcel Thébault, paysan, au nom des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes (44)

Nous sommes heureux d’être là dans un lieu chargé d’histoire, où des hommes se sont engagés et battus pour refuser l’inacceptable et pour construire un autre avenir.

Lors de la grève de la faim, nous nous sommes installés place de la résistance à Nantes, puis quand nous l’avons quittée, nous y avons laissé une couronne de fleurs où était écrit « résister se conjugue au présent ».

Marcel Thébault, lors de la grève de la faim d’avril 2012

Oui, nous nous opposons à un projet de déplacement d’aéroport qui conquerrait 1 650 hectares de terres dont les deux tiers sont de la surface agricole.

En trois mots, ce déplacement n’a rien à voir avec l’aéronautique : l’aéroport actuel fonctionne très bien et n’est pas près d’être saturé, et la DUP est une escroquerie.

Ce plateau de terres humides en tête de deux bassins versants est stratégique sur le plan environnemental. Ce projet serait un gouffre financier, les études ont été bidouillées et le financement public atteint 48%, investis à fonds perdus ; seule la multinationale Vinci est certaine de gagner de l’argent.

Nous ne nous battons pas pour défendre notre jardin et notre tranquillité, mais, nous voulons conserver des terres agricoles avec leur bocage et un potentiel d’emploi agricole par des circuits courts en périphérie de ville.

Nous nous battons pour un avenir meilleur qui ne soit pas une course au bétonnage et laisse une place à la nature.

Les agressions d’octobre-novembre 2012 ont marqué l’actualité.

Les gardes mobiles sont venus vider la zone, raser les maisons et les cabanes alors que le projet n’est pas démarré.

Les jeunes expulsés ont su résister de manière diversifiée, originale, utilisant la course, la ruse, mais aussi l’art et la musique contre la force brutale.

Les associations de lutte, comme elles l’avaient toujours dit, ont participé à la résistance, fournissant un local pour le repos et les repas et ont assuré l’accueil et l’acheminement des soutiens.

La manifestation de réoccupation du 17 novembre a réuni 38 000 citoyens venus pour apporter des matériaux et reconstruire dans les bois.

L’erreur fatale du Préfet fut l’attaque du vendredi suivant pour détruire ce que cette foule avait construit, car la foule est revenue le week end ; Nantes et Saint Nazaire ont été bloquées et le dimanche, cinquante tracteurs sont venus protéger les constructions dans les bois.

Notre réussite, c’est cette union de tous : occupants illégaux, mais légitimes, citoyens, associations et paysans. C’est ce qui a contraint Jean Marc Ayrault à mettre en place des commissions pour calmer le jeu avec quelque chose qui sans le dire fut un moratoire.

Fin janvier, le COPAIN, comité d’organisations paysannes a enlevé ses tracteurs de la châtaigneraie pour occuper le ferme de Bellevue. Ceci afin d’éviter la destruction programmée pour cette ferme qui était devenue libre.

Avec cette nouvelle action forte, les paysans se posent comme un acteur de cette lutte : soutien aux jeunes occupants, sauvegarde des fermes et de leur foncier, c’est à dire, préparation d’un avenir sans aéroport.

Des paysans sont partis en retraite, mais les autres sont restés et ont été expropriés en 2012 ; cinq fermes soit dixpersonnes sont toujours là et comptent bien y rester. Ils sont protégés par l’accord politique dit « de la grève de la faim ».

L’opération Séme ta ZAD a mis en place une vingtaine de projets pour cultiver les terres de Vinci et s’inscrire dans la durée. Cette résistance concrète crée du lien entre tous les opposants et reçoit leur soutien.

La chaîne humaine du 11 mai a montré notre capacité à rester mobilisés, à motiver de nouveaux militants et à innover dans l’action. Que les porteurs du projet ne s’y trompent pas, même le temps ne nous usera pas.

Notre richesse est la diversité de notre lutte : d’un côté les associations, syndicats et partis politiques regroupés en une coordination de quarante membres, de l’autre, les nouveaux habitants installés depuis 2009 en collectifs d’occupation.

Derrière cela deux stratégies se côtoient :

Celle des jeunes met en avant un fonctionnement horizontal, un engagement par l’action directe sur le terrain en surveillant toute action qui irait dans le sens du projet. Parallèlement à cela, ces jeunes expérimentent un mode de vie basé sur la mise en commun des savoirs et des besoins et qui refuse la société de consommation.

La stratégie des associations est citoyenne, elle se bat par de l’argumentation, de l’expertise et vise des mobilisations ouvertes à tous. Elle est très soucieuse de l’opinion publique. Elle se déploie sur 3 piliers qui sont la mobilisation citoyenne, parce que notre refus est massif et populaire, le politique, car la décision d’arrêt sera une décision politique, et enfin le juridique car du point de vue de la loi sur l’eau, ce projet est illégal. Cette diversité de nos modes d’action est une de nos garanties de succès. . Et aujourd’hui

Nous avons su résister de façon efficace cet automne-hiver parce que toutes les composantes de l’opposition se sont soutenues et aidées face aux forces du désordre. Les porteurs de projet n’ont pas pu vider la zone, ils se sont jetés dans une impasse politique et le soutien citoyen, votre soutien, a été formidable.

Une quinzaine de maisons ont été vidées puis détruites, de même que de nombreuses cabanes, mais aujourd’hui, il y a encore plus d’habitations dans les bois. Des réinstallations sont en cours dans les hameaux détruits.

Parallèlement, il reste toujours des paysans, ils ont été expropriés, mais cultivent toujours leur ferme en attendant la chute du projet. Le mouvement paysan est l’âme de la lutte.

Aujourd’hui, avec le rapport des commissions, les porteurs de projet se donnent deux mois pour répondre, mais ils oublient la condamnation catégorique du dossier loi sur l’eau par les scientifiques et le suivi soupçonneux du dossier par la commission européenne.

Nous avons marqué beaucoup de points, mais le projet n’est pas mort. Nous poursuivons la lutte. Vous nous avez déjà apporté votre soutien, nous vous en remercions, mais nous en aurons encore besoin !

Nous pouvons vous donner deux rendez-vous :  - si reprise des hostilités, nous vous appelons à agir chez vous : c’est de toute la France que les porteurs du projet doivent entendre notre indignation et notre résistance.

- nous vous attendons les 3 et 4 août pour des rencontres-débats et soirées festives.

A Notre Dame des Landes, « Tous Camille » Isabelle Rimbert Reporterre 2013/07/30 Isabelle Rimbert (30 juillet 2013) A Notre Dame des Landes, « Tous Camille ». Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

A Notre Dame des Landes, « Tous Camille »

Depuis l’hiver, la photographe Isabelle Rimbert arpente la ZAD de Notre Dame des Landes et tire le portrait de celles et de ceux qui y vivent et y luttent. Voici une sélection de quelques-un(e)s des résistants du bocage.

- Point de vue, Notre Dame des Landes

Fin octobre 2012. Les premières expulsions venaient d’avoir lieu à Notre Dame des Landes, et c’était la renaissance d’un combat qui dure en réalité depuis les années 1960.

Ma vie partagée entre Paris et le Morbihan m’a permis de passer beaucoup de temps sur la zone d’aménagement différé rebaptisée par les habitants Zone à Défendre (Zad).

J’y ai traîné mes bottes un bon moment, d’abord sans sortir mon appareil photo, juste en découvrant les lieux et les gens.

Face aux journalistes, les personnes interrogées disaient se nommer toutes « Camille », indépendamment de leur genre.

Je décidais de faire le portrait de cette lutte. Une lutte assumée, à visage découvert, loin de l’image anonyme et parfois caricaturale qu’en proposait une partie des médias. Mon idée était la suivante : tenter de répondre en photo à la question : « qui défend quoi et pourquoi ? »

Concrètement, je demande à la personne de m’emmener sur un lieu de la Zad qu’elle aime tout particulièrement. Là, je fais un premier portrait. Puis je photographie le lieu seul. Troisième étape, je demande à la personne de me donner, en quelques mots, la raison pour laquelle elle participe à ce combat. L’ensemble forme un assemblage de tous ces visages, de toutes ces raisons de s’indigner et de lutter, chacun apportant sa modeste pierre à l’édifice.

Il en résulte un patchwork de rencontres improbables, de moments partagés. Une micro société, hétérogène et bigarrée, imparfaite mais debout, qui a, en, 2013, l’audace folle de défendre un territoire et des idées, de refuser un système jugé mortifère, et de proposer, in vivo, l’embryon d’une autre société.

Isabelle Rimbert

Mattias, 33 ans

« Je suis du collectif de St-Brieuc. C’est suite à la répression policière de novembre que j’ai décidé de m’impliquer. Je suis extrêmement déçu par le pouvoir en place, et sa façon de privilégier sans cesse les profits au détriment de l’humain et de la planète. Le combat ici en est une illustration. Je viens dès que je peux, et, comme aujourd’hui, je ramasse dans les champs des capsules de grenades lacrymo (vestiges des violences policières ), et avec le collectif de St Brieuc, on les envoie au siège du PS ou dans les préfectures. »

Xavier 40ans, et Princesse

Habite Lille, venu aider à la réoccupation de la ferme de Bellevue à NDDL en février 2013. « J’ai passé une quinzaine de jours à participer à des chantiers, à rénover, à m’occuper des animaux. je suis venu une première fois suite à l’intervention policière du mois d’octobre. J’étais scandalisé, et j’ai eu envie d’apporter mon soutien à l’oppression contre ce projet inutile, et ce système de surconsommation. Je fais partie du collectif Lillois. Je reviendrai ici selon mes possibilités ».

Sacha, 25 ans

« Entre autres métiers, j’ai été courtière en assurances pendant près de deux ans. Je vivais sur Paris, gagnais très bien ma vie. Et puis j’en ai eu marre d’arnaquer les gens. Ici, l’essentiel c’est la terre. La question de Notre Dame des Landes, c’est la métaphore exacte de ce qui se passe aujourd’hui : un système oligarchique, qui, sous couvert de progrès, s’en prend à notre bien le plus élémentaire : la terre. Ce qui se pratique aujourd’hui, c’et la politique de la terre brûlée, de l’autruche. Il faut se réveiller, et vite ! Il y a des générations qui arrivent derrière. Je vis ici depuis six mois, j’ai fait beaucoup de rencontres, d’expériences. Ici, c’est la mise en pratique de la possibilité de créer un système de vie différent. La liberté, voilà ce qu’on trouve ici. »

Michel, 64 ans. Agriculteur retraité sur NDDL, membre fondateur de l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport).

« Lors du débat public en 2003, l’ADECA avait fait des propositions alternatives au projet, qui n’ont pas été entendues. Imposer un projet de cette ampleur uniquement sur la base de débats publics que l’on sait biaisés, c’est inacceptable. La question foncière est au cœur des choses, et pour nous agriculteurs, la terre est notre outil de travail. Ce projet est archaïque à tous les niveaux, mais d’abord au niveau démocratique ».

Adèle, 22 ans

« Je suis ici pour vivre en accord avec moi-même, et pour défendre des choses qui me tiennent à cœur. Le refus de l’aéroport n’est pas la seule raison : il y a l’idée de partage, la vie près de la nature, un rapport différent à la consommation, et la possibilité de sortir des cases dans lesquelles on a pu se sentir enfermés ».

Wilson, 25 ans

« Le monde qu’on nous apprend à l’école n’existe pas. Le refus de l’aéroport et du monde qui va avec, c’est aussi une réappropriation de la vie. C’est notre, c’est ma transcription de la devise ’liberté, égalité, fraternité’, ma façon d’être finalement en accord avec ce qu’on nous enseigne. Car aujourd’hui, la France ne porte pas les valeurs dont elle se réclame. »

Elise 31 ans, et Erwan 33 ans

Lors de l’intervention policière du 24 novembre 2012, Elise et Erwan se mettent nus devant les gendarmes mobiles en signe de protestation. Pour cela, ils sont convoqués devant le tribunal de Saint Nazaire pour "outrage" le 12 février 2013 et écopent de 15 jours de prison avec sursis. Ils font donc appel. Pour Elise, « l’action de se mettre nus devant les forces de l’ordre permet d’illustrer la nature inégale du rapport de force. Il ne s’agit, pour moi, en aucun cas d’un outrage, mais d’une forme pacifique de résistance ».

Lénix, 22 ans

« Article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen : ’Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ’ ».

Geneviève, 65 ans, militante ATTAC

« J’habite dans la région, et j’ai des attaches dans le monde paysan. La défense des terres, ça concerne beaucoup de pays mais ça commence par ici. Je milite depuis 2003, et depuis cinq ans c’est devenu mon activité principale et unique. Notamment, je mets en lien différents réseaux. Plus con que cet aéroport, il n’y a pas ! Il faut freiner la fuite en avant, du toujours plus grand, plus gros, plus vite, plus loin, plus cher. Et aussi mettre un frein aux enflements d’égo de certains hommes politiques ».

Mani, 20 ans

« Je suis païen, mais pour moi n’importe quel morceau de terre est sacré. Potentiellement, tout endroit est sacré pour quelqu’un ».

Nadège, 44 ans

« La forêt respire, le vent est sans frontière ».

Stéphane , 36 ans, avocat

« Ce projet d’aéroport menace gravement les intérêts humains et écologiques de la région. L’opposition à un tel projet est une nécessité qui doit pouvoir s’exprimer librement et être défendue lorsqu’elle est muselée, censurée. C’est dans ce contexte que je participe à mon niveau à cette lutte, en essayant de faire en sorte que les voix que l’on tente de faire taire puisse être entendues et considérées comme aussi dignes d’intérêts et porteuses de sens que celles de ceux qui voient en ce projet une évidence irréfutable ».

Maëlle, 24 ans

« Je suis étudiante en socio. Cette lutte est au croisement de plusieurs choses qui me révoltent, comme, notamment, la vitesse en tant que mode de vie. Ce lieu est propice à un autre rythme qui permet d’avoir l’esprit ouvert, aux aguets. Ici, j’ai rencontré beaucoup de gens, découvert des façons de vivre différentes, des idées, un combat. »

Francois, 25 ans

« J’ai découvert la Zad après les premières expulsions le 23 novembre. Ca m’a retourné. J’étais en recherche d’emploi comme cuisinier, j’ai arrêté. Je suis resté deux mois à la Chateigne [Un lieu collectif de la Zad, ndlr], rencontré des gens, beaucoup partagé, échangé. Ici j’exerce mon métier, mais en plus j’apprends beaucoup. Il y a une très grande ouverture d’esprit. Ici on apprend plus en une semaine qu’en un an dans mon ancienne vie. On a créé un lieu, on est une vingtaine à avoir envie de le faire vivre. Il y a des projets de potagers, de ruches, des ateliers divers. Le but : nous ouvrir les yeux sur notre manière de consommer, et plus généralement de vivre. »

Baptiste, 29 ans, clown activiste.

« Je n’ai ni mon nez rouge, ni mon maquillage, je suis donc en ’mission top discrète’ pour le Gang Vinci... Comme il semble que l’opération César patauge sur la ZAD et s’en mord les dents, je suis venu aider les féroces de l’ordre (playmobils et robocops) et le t-Ayrault-risme d’État en tant que brave Clown Radicool Subversif (CRS)... Ma mission ? Foutre en prison tous ces insoumis d’anarcho-paysans qui veulent des légumes et pas du bitume...et pouvoir un jour crier VENI VIDI VINCI ! »

Gaz de schiste : n’oubliez pas le paysage ! François Taulelle Reporterre 2013/08/04 François Taulelle (4 août 2013) Gaz de schiste : n’oubliez pas le paysage !. Reporterre. Tribune — fr

Gaz de schiste : n’oubliez pas le paysage !

« Quelle est la vision du paysage que les défenseurs du gaz de schiste ont dans leurs têtes ? Un territoire lunaire, vide d’hommes ? Un désert de ruralité ? A trop regarder les images du Dakota ou de la Patagonie argentine, finiraient-ils par croire que la France rurale est aussi ressemblante ? »

« Alors fous-moi la paix avec tes paysages ! Parle-moi du sous-sol ! »

Samuel Beckett, En attendant Godot, acte II

La question du gaz de schiste comporte une dimension centrale, celle du paysage. Pourtant celle-ci est ignorée chez les partisans de l’exploitation de ce gaz. Pour les industriels, tout se fait finalement comme si nous étions dans une conquête de type far west, une mise en valeur de territoires vierges de toute occupation humaine.

Les cartes déployées par les sociétés de forage, formées de grands carrés et striées de bandes rectilignes, celles des passages prévus des camions de repérage, s’intéressent au sous-sol, peu à la surface. Tout ce qui est visible dans le paysage est pour ces industriels une source de contraintes : comment utiliser les réseaux de transport puisque les routes sont étroites et sinueuses ? Comment contourner des propriétés privées ? Etc.

Or, en 2013, avoir une lecture du paysage et des usages de l’espace de ce type traduit une vision caricaturale de la réalité. La ruralité n’est pas celle de l’imaginaire des industriels demandant des permis d’exploitation : ce ne sont pas des champs à perte de vue, quelques bois parsemés de quelques petits villages.

En 2013, en France, la ruralité est bien plus complexe et multifonctionnelle. Il s’agit d’un territoire habité, construit par des générations d’usages et d’usagers qui ont majoritairement cherché à ménager les espaces et les ressources présentes. La richesse des analyses produites sur la renaissance rurale tranche grandement avec la vision simpliste d’un espace vierge et monotone qui n’attendrait que la mise en valeur du gaz de schiste pour sortir d’une torpeur supposée.

A l’heure du développement durable, de l’analyse fine du réchauffement climatique et de la révolution énergétique par la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement, considérer que l’exploitation d’un gaz souterrain exigeant de grandes quantités d’eau est l’avenir de l’énergie en France, dans des territoires de faible densité relève de la provocation.

Prenons le cas de l’Ardèche. Voilà un département dont l’attractivité est liée à la qualité de ses paysages, de ses produits locaux et à son patrimoine naturel. Comment justifier la mise en place de quelques torchères au cœur des villages et ses conséquences à savoir la pollution des nappes, l’utilisation d’eau en abondance (dans un département déjà fortement contraint par la sécheresse) ou encore le balai de camions sur des routes pittoresques ? Quelque chose ne tourne pas rond.

Quelle est la vision du paysage que les défenseurs du gaz de schiste ont dans leurs têtes ? Un territoire lunaire, vide d’hommes ? Un désert de ruralité ? A trop regarder les images du Dakota ou de la Patagonie argentine, finiraient-ils par croire que la France rurale est aussi ressemblante ?

Tant que la valeur des paysages ne sera pas au cœur des débats et la densité seulement mobilisée comme symbole du vide et du laisser-faire, les tenants de l’exploitation du gaz de schiste pourront développer leurs idées éloignées de tout contexte territorial sans tenir compte des individus. Au contraire, parlons en géographes de l’épaisseur des territoires et de la richesse des aménités de l’espace rural.

Le week-end à Notre Dame des Landes, des lumières dans le ciel et de l’espoir Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/08/05 Barnabé Binctin (Reporterre) (5 août 2013) Le week-end à Notre Dame des Landes, des lumières dans le ciel et de l’espoir. Reporterre. fr

Le week-end à Notre Dame des Landes, des lumières dans le ciel et de l’espoir

Le grand rassemblement festif contre le projet d’aéroport et les projets inutiles s’est déroulé les 3 et 4 août. Une superbe ambiance, ici racontée.

- Reportage, Notre Dame des Landes

Lettre à toi qui aurais dû venir à Notre Dame des Landes

Je sais que ce sont les vacances et que la date n’était pas pratique pour toi, mais franchement, tu aurais dû venir à Notre Dame des Landes, ce week-end des 3 et 4 août. On était presque 40 000 sur les deux jours ! Bien loin des prévisions pessimistes relayées par les principaux médias, la semaine dernière... Et j’ai d’ailleurs bien peur qu’ils ne te racontent aujourd’hui que le dixième de ce qu’on a pu y vivre réellement. Parce qu’une nouvelle fois, ce grand rassemblement fut une belle réussite.

Pour l’occasion, les organisateurs - la Coordination des opposants - avaient aménagé un grand champ de onze hectares, à cinq cents mètres au nord de la ZAD, pas très loin du carrefour des Ardillières. C’était très bien organisé, il y avait différents emplacements de parking et un grand camping géant, avec des points d’eau et des toilettes sèches. Et sur le site même de l’événement, ils avaient installé des chapiteaux et des barnums, de multiples stands, des bars au quatre coins, en plus bien sûr de la grande scène et de sa régie. Il y avait même des tables de ping-pong et des terrains de jeux pour les enfants ! Et pour gérer tout ça, pas loin de 500 bénévoles.

Comme d’habitude, tu me connais, je ne savais pas où donner de la tête. Le programme était dense, avec trente-huit conférences-débats-forums officiels... On a pu discuter de plein de sujets ; bien entendu, on a beaucoup parlé du dossier de Notre-Dame-des-Landes en tant que tel – avec les enjeux du partenariat public-privé, la question de son financement, les failles juridiques, etc.

On a aussi abordé les sujets de l’accaparement des terres avec la Confédération Paysanne, de la justice climatique avec Bizi ! ou de la tendance à la métropolisation avec le COSTIF (Coordination pour la solidarité des territoires d’Ile-de-France et contre le Grand Paris). Cela ne nous a pas empêché non plus d’évoquer de grands concepts de l’écologie politique autour de l’anti-productivisme et de la décroissance, avec Michel Lepesant (Mouvement des objecteurs de croissance) ou Vincent Liégey (Parti pour la Décroissance). Il y avait de quoi s’abreuver aussi avec Le Passager Clandestin, qui présentait son nouveau livre sur les Grands Projets Inutiles. Quelques jours après le troisième forum européen contre les GPI, tout cela a permis d’avoir une vision plus précise de la situation conceptuelle et pratique des résistances citoyennes en France et en Europe. Tout le monde était réuni pour donner un sens global et collectif à la démarche de lutte contre l’aéroport de NDDL. Ils étaient nombreux à s’exprimer : politiques, associatifs, syndicats, médias, éditeurs, etc., on comptait près de cinquante structures présentes.

Moi, ce que j’aime bien dans ce genre de contexte, c’est la panoplie d’ateliers et d’animations, à côté, qui donne à voir les choses autrement. Niveau imagination et créativité, on était bien servi : les Amis de la Terre avaient organisé un jeu de rôle sur le financement des Grands Projets européens au stand Climat, tandis que Désiré Prunier nous jouait « Notre Dame d’Hollande et les Vincicrates » dans une conférence gesticulée qui valait sûrement mieux que quelques grands discours...

J’ai aussi beaucoup ri quand j’ai vu les hommes-patates scander à qui veut l’entendre leur slogan « Oui aux patates, non au tarmac » !

Et je ne te parle pas du Dragon du réchauffement climatique personnalisé par Bizi ! et qui déambulait dimanche pour cracher ses flammes et alerter tout un chacun sur le risque des hausses de la température mondiale...

Samedi soir, l’ambiance ’était plutôt romantique : l’envol de centaines de lanternes célestes au coucher du soleil a teinté d’une jolie lueur d’espoir le ciel nantais.

Celui-ci, comme une allégorie évidente du combat, s’est vu le lendemain matin colorié par mille cerfs-volants fabriqués à la main par un ancien habitant de NDDL. L’action avait un message : « Le ciel – comme la terre – restera libre à Notre Dame des Landes ». Tout ça au doux son des cornemuses bretonnes, je peux te dire que le tableau n’appelait qu’à l’évasion...

De musique, il en fut aussi question tout le week-end, avec plus de vingt concerts différents. Les artistes jouaient bénévolement, et rends-toi donc compte : les organisateurs ont reçu plus de 150 sollicitations ! Plutôt que de jaser sur Tri Yann qui a publiquement soutenu le projet d’aéroport à NDDL la semaine dernière, on ferait mieux de parler de tous ceux qui étaient là, car le panel était éclectique et talentueux.

On a découvert des groupes locaux, avec les Génisses dans l’maïs. On a dansé quelques fest-noz avec Lo Cor de la Plana. On a vibré sur la world music façon Lo’Jo et Gnawa Diffusion. On s’est rappelé nos tendres années de jeunesse quand Tryo a repris la main verte. Et on a même fait des slams sur la musique punk des Ramoneurs de Menhir ! Tu vois, il y en avait pour tous les goûts, et tous les âges. A l’image de la manifestation, multiculturelle et intergénérationnelle. C’est Christian, un paysan du Larzac et membre de la Via Campesina, qui me l’a dit à l’issue d’un énième pogo : « Se retrouver entre cheveux blancs, tout le temps, c’est chiant » !

Et puis, après, il y a tous les interstices qu’offrent de tels rendez-vous. Le charme de ces grandes manifestations vient aussi des rencontres improbables qu’elles offrent. Comme celle de ce jeune cycliste, Jordi, 16 ans, parti tout seul depuis chez lui, à Rodez, dimanche dernier pour rejoindre Notre Dame des Landes. Plus de 500 km sur un vélo qu’il avait lui-même confectionné avec le collectif Vélorution. S’il était encore à prouver qu’on peut être jeune et engagé intelligemment...

Sinon, j’ai pensé à toi, j’ai croisé ce bon vieux Camille, toujours plus zadiste dans l’âme. Il venait retrouver de vieux camarades et écouter quelques concerts. Comme quoi, il n’y avait pas de problèmes particuliers à l’égard des zadistes ce week-end. Je te dis ça, parce que l’organisation simultanément sur la ZAD d’un Off – qui a été interdit par la préfecture de police – avait semblé raviver la tension. Les gens veulent souvent opposer les zadistes aux autres comités organisés tels que l’ACIPA. Mais c’est plus compliqué que ça. J’en discutais avec Emmanuelle, qui est membre active d’un comité de soutien local à NDDL, elle connaît bien la ZAD. Elle fait souvent le pont entre ces deux mondes. Opposer les uns aux autres est la meilleure stratégie pour diviser et casser la convergence des résistances au projet d’aéroport !

D’ailleurs, Camille m’a emmené faire un tour chez les zadistes. Cette mosaïque de profils et d’alternatives ne désemplit pas. Ils sont toujours près de trois cents à y vivre au quotidien, à expérimenter d’autres modes de vie en communauté. La résistance à la force militaire, notamment lors de l’opération César en novembre dernier, doit beaucoup à ceux qu’on qualifie de « marginaux », vagabonds modernes. Tant qu’il y aura ces cabanes en bois, il y aura de l’espoir, je te le dis.

Enfin, bref, tu l’auras compris, c’était un beau week-end à Notre-Dame-des-Landes. Ne te fie pas trop à ce qu’on en dira dans les médias : bien sûr, l’affluence par rapport aux objectifs initiaux était moindre. Ce n’était pas le Larzac 2003, certes, mais était-ce là l’enjeu du rassemblement ? Je préfère voir la sérénité qui émanait des participants, elle traduit bien cette confiance en l’avenir et l’issue positive du combat. Et puis cette douce euphorie qui s’emparait parfois de la foule réunie autour des artistes... n’est-ce pas cela la force joyeusement subversive du militantisme face au pouvoir austère et conservateur de quelques-uns ?

Il y avait comme une odeur de bonheur dans ce rassemblement militant. C’est ça, je crois, le convivialisme. Et entre nous, il y a quand même parfois des signes qui ne trompent pas : à voir toutes les étoiles filantes qui zèbraient ces belles nuits d’août, je me suis dit qu’en effet, il y avait d’autres manières de tracer le ciel...

Ce n’est toujours qu’une question de perspective : on peut aussi prendre le temps, revenir aux éléments essentiels, contempler et apprécier. Cela m’a rappelé le dicton : « Tout peut encore arriver, même le meilleur ». Il n’en tient qu’à toi et moi, à nous.

Manifeste convivialiste Les Convivialistes Reporterre 2013/08/05 Les Convivialistes (5 août 2013) Manifeste convivialiste. Reporterre. Tribune — fr

Manifeste convivialiste

ABREGE DU MANIFESTE CONVIVIALISTE DECLARATION D’INTERDEPENDANCE

Jamais l’humanité n’a disposé d’autant de ressources matérielles et de compétences techniques et scientifiques. Prise dans sa globalité, elle est riche et puissante comme personne dans les siècles passés n’aurait pu l’imaginer. Rien ne prouve qu’elle en soit plus heureuse. Mais nul ne désire revenir en arrière, car chacun sent bien que de plus en plus de potentialités nouvelles d’accomplissement personnel et collectif s’ouvrent chaque jour.

Pourtant, à l’inverse, personne non plus ne peut croire que cette accumulation de puissance puisse se poursuivre indéfiniment, telle quelle, dans une logique de progrès technique inchangée, sans se retourner contre elle-même et sans menacer la survie physique et morale de l’humanité.

Les premières menaces qui nous assaillent sont d’ordre matériel, technique, écologique et économique. Des menaces entropiques. Mais nous sommes beaucoup plus impuissants à ne serait-ce qu’imaginer des réponses au second type de menaces. Aux menaces d’ordre moral et politique. À ces menaces qu’on pourrait qualifier d’anthropiques.

Le problème premier

Le constat est donc là : l’humanité a su accomplir des progrès techniques et scientifiques foudroyants, mais elle reste toujours aussi impuissante à résoudre son problème essentiel : comment gérer la rivalité et la violence entre les êtres humains ? Comment les inciter à coopérer tout en leur permettant de s’opposer sans se massacrer ? Comment faire obstacle à l’accumulation de la puissance, désormais illimitée et potentiellement auto-destructrice, sur les hommes et sur la nature ?

Si elle ne sait pas répondre rapidement à cette question, l’humanité disparaîtra. Alors que toutes les conditions matérielles sont réunies pour qu’elle prospère, pour autant qu’on prenne définitivement conscience de leur finitude.

Nous disposons de multiples éléments de réponse : ceux qu’ont apportés au fil des siècles les religions, les morales, les doctrines politiques, la philosophie et les sciences humaines et sociales. Et les initiatives qui vont dans le sens d’une alternative à l’organisation actuelle du monde sont innombrables, portées par des dizaines de milliers d’organisations ou d’associations, et par des dizaines ou des centaines de millions de personnes.

Elles se présentent sous des noms, sous des formes ou à des échelles infiniment variées : la défense des droits de l’homme, du citoyen, du travailleur, du chômeur, de la femme ou des enfants ; l’économie sociale et solidaire avec toutes ses composantes : les coopératives de production ou de consommation, le mutualisme, le commerce équitable, les monnaies parallèles ou complémentaires, les systèmes d’échange local, les multiples associations d’entraide ; l’économie de la contribution numérique (cf. Linux, Wikipedia etc.) ; la décroissance et le post-développement ; les mouvements slow food, slow town, slow science ; la revendication du buen vivir, l’affirmation des droits de la nature et l’éloge de la Pachamama ; l’altermondialisme, l’écologie politique et la démocratie radicale, les indignados, Occupy Wall Street ; la recherche d’indicateurs de richesse alternatifs, les mouvements de la transformation personnelle, de la sobriété volontaire, de l’abondance frugale, du dialogue des civilisations, les théories du care, les nouvelles pensées des communs, etc.

Pour que ces initiatives si riches puissent contrecarrer avec suffisamment de puissance les dynamiques mortifères de notre temps et qu’elles ne soient pas cantonnées dans un rôle de simple contestation ou de palliation, il est décisif de regrouper leurs forces et leurs énergies, d’où l’importance de souligner et de nommer ce qu’elles ont en commun.

Du convivialisme

Ce qu’elles ont en commun, c’est la recherche d’un convivialisme, d’un art de vivre ensemble (con-vivere) qui permette aux humains de prendre soin les uns des autres et de la Nature, sans dénier la légitimité du conflit mais en en faisant un facteur de dynamisme et de créativité. Un moyen de conjurer la violence et les pulsions de mort. Pour le trouver nous avons besoin désormais, de toute urgence, d’un fond doctrinal minimal partageable qui permette de répondre simultanément, en les posant à l’échelle de la planète, au moins aux quatre (plus une) questions de base :

- La question morale : qu’est-il permis aux individus d’espérer et que doivent-ils s’interdire ? - La question politique : quelles sont les communautés politiques légitimes ? - La question écologique : que nous est-il permis de prendre à la nature et que devons-nous lui rendre ? - La question économique : quelle quantité de richesse matérielle nous est-il permis de produire, et comment, pour rester en accord avec les réponses données aux questions morale, politique et écologique ? - Libre à chacun d’ajouter à ces quatre questions, ou pas, celle du rapport à la surnature ou à l’invisible : la question religieuse ou spirituelle. Ou encore : la question du sens.

Considérations générales :

Le seul ordre social légitime universalisable est celui qui s’inspire d’un principe de commune humanité, de commune socialité, d’individuation, et d’opposition maîtrisée et créatrice.

Principe de commune humanité : par delà les différences de couleur de peau, de nationalité, de langue, de culture, de religion ou de richesse, de sexe ou d’orientation sexuelle, il n’y a qu’une seule humanité, qui doit être respectée en la personne de chacun de ses membres.

Principe de commune socialité : les êtres humains sont des êtres sociaux pour qui la plus grande richesse est la richesse de leurs rapports sociaux.

Principe d’individuation : dans le respect de ces deux premiers principes, la politique légitime est celle qui permet à chacun d’affirmer au mieux son individualité singulière en devenir, en développant sa puissance d’être et d’agir sans nuire à celle des autres.

Principe d’opposition maîtrisée et créatrice : parce que chacun a vocation à manifester son individualité singulière il est naturel que les humains puissent s’opposer. Mais il ne leur est légitime de le faire qu’aussi longtemps que cela ne met pas en danger le cadre de commune socialité qui rend cette rivalité féconde et non destructrice.

De ces principes généraux découlent des :

Considérations morales

Ce qu’il est permis à chaque individu d’espérer c’est de se voir reconnaître une égale dignité avec tous les autres êtres humains, d’accéder aux conditions matérielles suffisantes pour mener à bien sa conception de la vie bonne, dans le respect des conceptions des autres

Ce qui lui est interdit c’est de basculer dans la démesure (l’hubris des Grecs), i.e. de violer le principe de commune humanité et de mettre en danger la commune socialité.

Concrètement, le devoir de chacun est de lutter contre la corruption.

Considérations politiques

Dans la perspective convivialiste, un État ou un gouvernement, ou une institution politique nouvelle, ne peuvent être tenus pour légitimes que si :

- Ils respectent les quatre principes, de commune humanité, de commune socialité, d’individuation et d’opposition maîtrisée, et que s’ils facilitent la mise en œuvre des considérations morales, écologiques et économiques qui en découlent.

Plus spécifiquement, les États légitimes garantissent à tous leurs citoyens les plus pauvres un minimum de ressources, un revenu de base, quelle que soit sa forme, qui les tienne à l’abri de l’abjection de la misère, et interdisent progressivement aux plus riches, via l’instauration d’un revenu maximum, de basculer dans l’abjection de l’extrême richesse en dépassant un niveau qui rendrait inopérants les principes de commune humanité et de commune socialité.

Considérations écologiques

L’Homme ne peut plus se considérer comme possesseur et maître de la Nature. Posant que loin de s’y opposer il en fait partie, il doit retrouver avec elle, au moins métaphoriquement, une relation de don/contredon. Pour laisser aux générations futures un patrimoine naturel préservé, il doit donc rendre à la Nature autant ou plus qu’il ne lui prend ou en reçoit.

Considérations économiques

Il n’y a pas de corrélation avérée entre richesse monétaire ou matérielle, d’une part, et bonheur ou bien-être, de l’autre. L’état écologique de la planète rend nécessaire de rechercher toutes les formes possibles d’une prospérité sans croissance. Il est nécessaire pour cela, dans une visée d’économie plurielle, d’instaurer un équilibre entre Marché, économie publique et économie de type associatif (sociale et solidaire), selon que les biens ou les services à produire sont individuels, collectifs ou communs.

Que faire ?

Il ne faut pas se dissimuler qu’il faudra pour réussir affronter des puissances énormes et redoutables, tant financières que matérielles, techniques, scientifiques ou intellectuelles autant que militaires ou criminelles. Contre ces puissances colossales et souvent invisibles ou illocalisables, les trois armes principales seront :

- L’indignation ressentie face à la démesure et à la corruption, et la honte qu’il est nécessaire de faire ressentir à ceux qui directement ou indirectement, activement ou passivement, violent les principes de commune humanité et de commune socialité. - Le sentiment d’appartenir à une communauté humaine mondiale. - Bien au-delà des « choix rationnels » des uns et des autres, la mobilisation des affects et des passions.

Rupture et transition

Toute politique convivialiste concrète et appliquée devra nécessairement prendre en compte :

- l’impératif de la justice et de la commune socialité, qui implique la résorption des inégalités vertigineuses qui ont explosé partout dans le monde entre les plus riches et le reste de la population depuis les années 1970. - Le souci de donner vie aux territoires et aux localités, et donc de reterritorialiser et de relocaliser ce que la mondialisation a trop externalisé. - L’absolue nécessité de préserver l’environnement et les ressources naturelles. - L’obligation impérieuse de faire disparaître le chômage et d’offrir à chacun une fonction et un rôle reconnus dans des activités utiles à la société.

La traduction du convivialisme en réponses concrètes doit articuler, en situation, les réponses à l’urgence d’améliorer les conditions de vie des couches populaires, et celle de bâtir une alternative au mode d’existence actuel, si lourd de menaces multiples. Une alternative qui cessera de vouloir faire croire que la croissance économique à l’infini pourrait être encore la réponse à tous nos maux.

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Claude Alphandéry, Geneviève Ancel, Ana Maria Araujo (Uruguay), Claudine Attias-Donfut, Geneviève Azam, Akram Belkaïd (Algérie),Yann-Moulier-Boutang, Fabienne Brugère, Alain Caillé, Barbara Cassin, Philippe Chanial, Hervé Chaygneaud-Dupuy, Eve Chiappello, Denis Clerc, Ana M. Correa (Argentine), Thomas Coutrot, Jean-Pierre Dupuy, François Flahault, Francesco Fistetti (Italie),Anne-Marie Fixot, Jean-Baptiste de Foucauld, Christophe Fourel, François Fourquet, Philippe Frémeaux, Jean Gadrey,Vincent de Gaulejac, François Gauthier (Suisse),Sylvie Gendreau (Canada), Susan George (États-Unis), Christiane Girard (Brésil), François Gollain (Royaulme Uni), Roland Gori, Jean-Claude Guillebaud, Paulo Henrique MartinsBrésil), Dick Howard (États-Unis), Marc Humbert, Éva Illouz (Israël), Ahmet Insel (Turquie), Geneviève Jacques, Florence Jany-Catrice, Hervé Kempf, Elena Lasida, Serge Latouche, Jean-Louis Laville, Camille Laurens, Jacques Lecomte, Didier Livio, Gus Massiah, Dominique Méda, Margie Mendell (Canada), Pierre-Olivier Monteil, Jacqueline Morand, Edgar Morin, Chantal Mouffe (Royaume Uni), Osamu Nishitani (Japon), Alfredo Pena-Vega, Bernard Perret, Elena Pulcini (Italie), Ilana Silber (Israël), Roger Sue, Elvia Taracena (Mexique), Frédéric Vandenberghe (Brésil), Patrick Viveret, Zhe Ji (Chine).

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Note

Ce texte est l’abrégé du Manifeste convivialiste, publié le 14 juin 2013 aux éditions Le Bord de l’eau (40 p, 5 €). Les lecteurs qui se sentiront en accord avec les principes qu’il expose peuvent déclarer leur soutien à l’adresse internet suivante : http://lesconvivialistes.fr ou https://www.facebook.com/LesConvivialistes.

Eloge de la métamorphose Edgar Morin Reporterre 2013/08/10 Edgar Morin (10 août 2013) Eloge de la métamorphose. Reporterre. Tribune — fr

Eloge de la métamorphose

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l’arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.

L’amplification et l’accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d’un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.

Le probable est la désintégration. L’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l’Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l’architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l’esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l’histoire, c’est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d’anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l’humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l’évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale, nous devons penser qu’au contraire c’est l’histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l’humanité.

Tout est à recommencer

L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s’il semble possible d’en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l’aide des royautés, les désintégrer.

La science moderne s’est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s’introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l’un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd’hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer.

Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie.

Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n’en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s’agit de les reconnaître, de les recenser, de les collationner, de les répertorier, et de les conjuguer en une pluralité de chemins réformateurs. Ce sont ces voies multiples qui pourront, en se développant conjointement, se conjuguer pour former la voie nouvelle, laquelle nous mènerait vers l’encore invisible et inconcevable métamorphose. Pour élaborer les voies qui se rejoindront dans la Voie, il nous faut nous dégager d’alternatives bornées, auxquelles nous contraint le monde de connaissance et de pensée hégémoniques. Ainsi il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper.

L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que, s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de « Terre-patrie », il faut aussi promouvoir, de façon démondialisante, l’alimentation de proximité, les artisanats de proximité, les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales.

L’orientation croissance/décroissance signifie qu’il faut faire croître les services, les énergies vertes, les transports publics, l’économie plurielle dont l’économie sociale et solidaire, les aménagements d’humanisation des mégapoles, les agricultures et élevages fermiers et biologiques, mais décroître les intoxications consommationnistes, la nourriture industrialisée, la production d’objets jetables et non réparables, le trafic automobile, le trafic camion (au profit du ferroutage).

L’orientation développement/enveloppement signifie que l’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l’efficacité, de la rentabilité, du calculable, il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié.

Cinq principes d’espérance

Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut maintenant énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l’urgence. Il faut savoir aussi commencer par définir les voies qui conduiraient à la Voie. Ce à quoi nous essayons de contribuer. Quelles sont les raisons d’espérer ? Nous pouvons formuler cinq principes d’espérance.

1. Le surgissement de l’improbable. Ainsi la résistance victorieuse par deux fois de la petite Athènes à la formidable puissance perse, cinq siècles avant notre ère, fut hautement improbable et permit la naissance de la démocratie et celle de la philosophie. De même fut inattendue la congélation de l’offensive allemande devant Moscou en automne 1941, puis improbable la contre-offensive victorieuse de Joukov commencée le 5 décembre, et suivie le 8 décembre par l’attaque de Pearl Harbor qui fit entrer les Etats-Unis dans la guerre mondiale.

2. Les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l’humanité. De même qu’il existe dans tout organisme humain adulte des cellules souches dotées des aptitudes polyvalentes (totipotentes) propres aux cellules embryonnaires, mais inactivées, de même il existe en tout être humain, en toute société humaine des vertus régénératrices, génératrices, créatrices à l’état dormant ou inhibé.

3. Les vertus de la crise. En même temps que des forces régressives ou désintégratrices, les forces génératrices créatrices s’éveillent dans la crise planétaire de l’humanité.

4. Ce à quoi se combinent les vertus du péril : « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. » La chance suprême est inséparable du risque suprême.

5. L’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie (paradis, puis utopies, puis idéologies libertaire /socialiste/communiste, puis aspirations et révoltes juvéniles des années 1960). Cette aspiration renaît dans le grouillement des initiatives multiples et dispersées qui pourront nourrir les voies réformatrices, vouées à se rejoindre dans la voie nouvelle.

L’espérance était morte. Les vieilles générations sont désabusées des faux espoirs. Les jeunes générations se désolent qu’il n’y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l’humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité.

L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude. C’est l’espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L’origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine.

Nous y sommes ! Fred Vargas Reporterre 2013/08/17 Fred Vargas (17 août 2013) Nous y sommes !. Reporterre. Tribune — Culture et idées fr

Nous y sommes !

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marré. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.

D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue.Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).

S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie - une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut Nolwenn Weiler (Basta Mag) Reporterre 2013/08/26 Nolwenn Weiler (Basta Mag) (26 août 2013) Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut. Reporterre. Climat fr

Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut

Les États-Unis vont bientôt devoir gérer leurs premiers réfugiés climatiques, avec la disparition de villages entiers en Alaska. A l’échelle mondiale, près de 500 millions de personnes pourraient être obligées de migrer d’ici 2050. En cause, les catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique : des régions entières seront sans doute rayées de la carte. Face à l’urgence, les institutions internationales trainent à définir un statut pour ces réfugiés. Alors que les partis d’extrême droite instrumentalisent déjà la peur de ces nouveaux flux migratoires.

Il ne reste que quatre ans aux 350 habitants de Newtok, en Alaska, avant que leur village ne disparaisse. Il sera alors noyé par la montée des eaux et victime de la fonte du permafrost, ce sol des régions froides gelé en profondeur [1].

Selon le quotidien britannique The Guardian, qui raconte l’histoire de ces « premiers réfugiés climatiques américains », l’érosion dévore la côte à la vitesse terrifiante de 27 mètres par an. Alors que la concentration de CO2 dans l’air vient d’atteindre un record, 150 millions de personnes dans le monde vivent dans des zones susceptibles de disparaître sous les flots d’ici la fin du siècle.

« Avant même d’avoir les pieds dans l’eau, les habitants doivent quitter des endroits dans lesquels ils ne peuvent plus vivre, décrit Raoul Kaenzig, doctorant en géographie à l’université de Neuchâtel, en Suisse. La salinisation des nappes phréatiques proches des côtes les rend impropres à la consommation, et les terres impossibles à cultiver. Cette conséquence du réchauffement climatique entraine des exodes définitifs. Le phénomène est irréversible. »

Des régions rayées de la carte

La réalité des réfugiés climatiques est cependant bien plus vaste. A côté des habitants des îles du Pacifique ou de l’Alaska, il y a aussi les personnes qui ont dû fuir la Nouvelle Orléans après l’ouragan Katrina, ou encore ceux que menace la raréfaction en eau, due à la fonte des glaciers.

« Le manque d’eau dans les pays où les glaciers sont en train de fondre, c’est plus complexe que la montée des océans : on est sur des cycles longs et lents », ajoute Raoul Kaenzig. Les gens ne sont pas immédiatement poussés à la fuite : dans la chaine himalayenne, la fonte des glaciers provoque une augmentation importante du volume des lacs artificiels, dont les retenues pourraient à terme céder, tant la pression est forte. Des vallées entières seraient alors rayées de la carte. Les glaciers de l’Himalaya assurent l’approvisionnement en eau potable de centaines de millions de personnes en Asie du sud et de l’est.

En Amérique du Sud, la masse des glaciers de la Cordillère des Andes a été divisée par deux en trente ans ! « Cette fonte accélérée entraîne pour le moment une ressource en eau plus importante, détaille Raoul Kaenzig. Mais elle va se tarir un jour, sans pouvoir être renouvelée. Ce qui est extrêmement préoccupant. »

Dans cette région, la fonte des glaciers s’accompagne d’une augmentation des aléas climatiques. Périodes de sécheresse plus longues, pluies plus violentes entrainant d’importants glissements de terrains... « Il y a aussi beaucoup plus d’incertitudes : quand les pluies vont-elles arriver ? Y aura-t-il de la grêle, quand ? Avant ils avaient un calendrier. Mais c’est devenu vraiment difficile pour eux de prévoir quoi que ce soit. »

Augmentation des déplacements et migrations

Résultat ? Les paysans se déplacent vers la capitale de la Bolivie, la Paz, pour travailler et ramener quelques subsides à domicile. Le même phénomène se déroule sur le continent africain. « Au Mali, les paysans vivent le changement climatique au quotidien, par leur proximité avec la terre, souligne Alasane Dicko, de l’association des Maliens expulsés (AME). Ils constatent de fortes déstabilisations de la saison des pluies, qui arrivent de manière décalée, parfois de plusieurs mois. Elles sont aussi plus fortes que d’habitude, ce qui entraine d’importantes inondations. Souvent, les pères partent en ville chercher du travail. Parfois, toute la famille les suit. »

En général, ces personnes ne se perçoivent pas comme des réfugiés climatiques. « Dans la région sur laquelle je travaille, en Bolivie, les paysans ont toujours bougé, au fil des saisons, et au gré des aléas climatiques, souligne Raoul Kaenzig. Mais ces aléas ont beaucoup augmenté. De même que leurs déplacements. »

« Les mouvements de population déclenchés par des facteurs climatiques ont lieu avant tout pour de courtes durées, sur de courtes distances, à l’intérieur des États, et dans une moindre mesure, entre États limitrophes », décrit Christel Cournil, juriste et maître de conférence en droit public à l’Université de Paris 13. « Ces migrations intra-étatiques peuvent être périurbaines, régionales, circulaires, saisonnières. Ajoutons que les gens ne décident jamais de fuir pour une seule et même raison. »

Aux facteurs climat, s’ajoutent également des causes économiques, politiques ou familiales. Autant d’éléments qui rendent la définition même de « réfugié climatique » très complexe.

Migrants, déplacés ou réfugiés ?

Les environnementalistes ont été les premiers à parler de « réfugiés climatiques », à la fin des années 1980. Confrontés sur le terrain à des déplacements de populations d’un nouveau genre, les associations et institutions en charge des migrations se sont peu à peu emparées de la thématique.

« Nous avons besoin de travailler ensemble, dit Paulo Iles, directeur de l’ONG brésilienne "Espace sans frontières". Nous ne connaissons pas bien le réchauffement climatique, mais nous savons que le nombre de personnes migrantes va augmenter, et ce sont en général des personnes très vulnérables. Que nous devons absolument aider. Nous construisons peu à peu une convergence de luttes, avec nos collègues environnementalistes. »

Reste à choisir les mots. Et le cadre juridique. Va-t-on parler de migrants, de déplacés ou de réfugiés ? Climatiques ou environnementaux ? Pourquoi ne pas ajouter un article dédié dans la convention de Genève, qui encadre le statut des réfugiés ? « Cette convention ne garantit de protection qu’aux personnes ayant franchi une frontière », relève Christel Cournil. En 2005, « l’appel de Limoges », signé par des scientifiques et des universitaires, a accompagné un projet de Convention internationale sur les déplacés environnementaux (lire notre article).

L’enjeu de cette Convention est de garantir une protection interne et internationale des « déplacés environnementaux ». Un terme qui comprend non seulement les réfugiés liés aux changements climatiques mais aussi ceux qui sont contraints à l’exil du fait de catastrophes écologiques, qu’elles soient naturelles, technologiques ou industrielles.

Pour Michel Prieur, spécialiste français du droit de l’environnement et co-initiateur de cet appel, la seule solution est la création d’une organisation mondiale environnementale spéciale, doublée d’une haute autorité indépendante et d’un fonds financier. Sans cet “appareillage” institutionnel, l’appel resterait « purement théorique, sans portée et sans moyens pour l’appliquer ».

500 millions de migrants environnementaux d’ici 2050

Finalement, c’est en Afrique qu’a été signé le premier texte inter-étatique contraignant sur le sujet. La Convention de Kampala sur la protection et l’assistance des personnes déplacées en Afrique, entrée en vigueur en 2012, « est dotée d’un article sur les déplacements internes liés aux changements climatiques et catastrophes naturelles », note Christel Cournil.

Qu’est-ce que cela permet ? La garantie du respect de leurs droits : notamment l’accueil sans discrimination, l’assistance humanitaire, ou la délivrance de documents d’identité. Paulo Iles soutient cette nécessité d’un droit spécifique, soulignant que « les migrants politiques ou économiques peuvent retourner chez eux quand la situation change. Les migrants climatiques n’ont pas cette possibilité. »

Mais cette définition différentielle comporte des risques, dont celui d’établir une hiérarchie entre les réfugiés. Avec d’un côté, une protection importante des personnes victimes de persécutions politiques, ou de changements climatiques. Et de l’autre, les personnes qui fuient simplement la misère et se verraient refoulées de manière systématique. Sachant qu’il n’est pas toujours aisé de démêler les raisons climatiques des raisons économiques. Pour les paysans par exemple, elles sont intimement liées. La mise en avant de la problématique des réfugiés climatiques peut aussi induire un risque de crispation, dans un climat de fermeture des frontières et de rejet de l’autre.

« Les partis d’extrême droite ont déjà récupéré le thème pour alimenter la peur de l’étranger dans certains discours », avertit Christel Cournil. Reste que la gestion des flux migratoires et des futurs risques liés aux catastrophes écologiques feront certainement partie des grands défis de demain. Selon les Nations Unies, 500 millions de personnes pourraient migrer d’ici 2050 pour cause d’inondations, de dégradation des sols, de catastrophes naturelles ou encore de déforestation et d’accidents industriels.

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Notes

[1] Le permafrost existe dans les zones polaires mais également dans les hautes altitudes. Il couvre actuellement un cinquième de la surface terrestre dont 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % du Canada et de l’ex-Union soviétique. Les formations, persistance ou disparition du permafrost, de même que son épaisseur sont très étroitement liées aux changements climatiques. C’est pourquoi de nombreux chercheurs l’utilisent comme un indicateur de ce réchauffement climatique.

A Athènes, des jeunes redécouvrent les maisons d’argile Juliette Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/08/26 Juliette Kempf (Reporterre) (26 août 2013) A Athènes, des jeunes redécouvrent les maisons d’argile. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

A Athènes, des jeunes redécouvrent les maisons d’argile

La Grèce, c’est la crise, d’accord. Mais aussi une formidable vitalité pour trouver les alternatives. Tel le réseau de fabrication de maisons en argile, selon la technique du « cob ».

- Reportage, Athènes

A deux pas de la place Syntagma, propre et sage face au Parlement grec toujours debout, j’entre dans une jolie zone piétonne, dont la longue rue principale est bordée de boutiques, galeries marchandes, cafés-restaurants. Les promeneurs, athéniens ou étrangers, sont nombreux et les éclats de voix retentissent dans la chaleur encore supportable de la fin de matinée. Nous trouvons une terrasse à l’ombre d’une petite rue pavée, après avoir cherché un lieu pouvant nous servir un café grec traditionnel – ce qui, me dit Panayiotis, devient de plus en plus rare. « La plupart des jeunes Grecs se fichent un peu des usages traditionnels. »

Panayiotis Paraskevopoulos a changé de vie il y a six ans en rencontrant le groupe Cob GR. Celui-ci réunit un petit nombre de jeunes écologistes grecs dont la vocation est de transmettre et de diffuser la technique du « cob ». Le terme, qui ne trouve pas de traduction précise en français, désigne en anglais une construction à partir de terre et d’eau, qui n’utilise ni formes pré-définies, ni briques, ni structures de bois. Le cob est composé essentiellement d’argile, de sable et de paille. En le mélangeant avec un peu d’eau, on obtient un matériau entièrement naturel et très façonnable. Sur l’ensemble de la planète et depuis des milliers d’années, l’homme utilise cette technique pour s’abriter, notamment parce que l’argile se trouve en quantité dans nombre de régions du globe.

A la fin des années 70, elle a été redécouverte en Occident par des écologistes qui cherchaient comment bâtir leur habitat en harmonie avec leur environnement ; d’abord en Angleterre dans le comté de Devon, puis par le Cob Cottage Company dans l’état d’Oregon aux Etats-Unis (voir Networkearth). Ils ont adapté le procédé à nos contrées pluvieuses. « Les maisons de cob ont besoin de bottes et d’un chapeau ». On utilise donc des pierres pour construire les fondations, trente centimètres sous la surface du sol, trente centimètres au-dessus. Le toit est en bois, souvent couvert de terre pour y faire pousser des plantes.

Le groupe grec, lui, existe depuis 2006. Basé à Athènes, il organise dans toute la Grèce des stages au cours desquels les participants apprennent à manier le cob. Entre mars et octobre, via son site Internet, il en propose un ou deux par mois. Les formations étaient d’abord gratuites, Panayiotis et ses camarades étant plutôt partisans de la transmission libre du savoir. Cependant, beaucoup de personnes venaient qui n’étaient pas vraiment intéressées et il était difficile de maintenir une ambiance de travail. Une participation aux frais de 70 euros est désormais demandée, comprenant la nourriture. Les stages durent trois jours. Cela ne suffit pas pour construire une maison en cob mais l’objectif, plus que la construction finale elle-même, est la transmission et la diffusion de la technique, ainsi que l’invitation à travailler ensemble.

Une cuisine extérieure en cob

Ils ont lieu chez des particuliers ou sur le terrain de collectivités administratives, qui fournissent la matière première et l’espace pour le logement. Ne me trouvant pas en Grèce au bon moment pour pouvoir y participer, Panayiotis me raconte comment cela se déroule. On pétrit le cob en marchant – ou dansant ! – dessus en groupe. Cette étape, qui a souvent lieu en musique, est devenu comme un rituel d’ouverture. Puis on utilise beaucoup les mains. On les met à la pâte et, sous la forme de pains, on se fait passer le cob pour bâtir, couche après couche, des structures telles que des fours, des bancs, des établis d’extérieur. La flexibilité du matériau rend la manœuvre très créative.

Les stages accueillent chaque fois une cinquantaine de personnes. Ils offrent aussi des temps de formation théorique et les repas végétariens et soirées partagés. Si les étudiants en architecture ou en ingénierie sont nombreux, ils attirent aussi des Grecs de tous les âges et de tous les milieux. Ils représentent une expérience globale, dont la dimension humaine est fondamentale. La rencontre, l’amusement et l’humour sont les mots d’ordre des organisateurs qui cherchent à mettre tout le monde à l’aise et à faire tomber, le temps de ces week-ends sortant de l’ordinaire, les masques sociaux qu’ils considèrent comme des barrières artificielles.

Maison en cob en construction lors d’un stage

Panayiotis avait 32 ans quand il a intégré Cob GR en 2007. Sa vie consistait à faire le tour du monde à coups de « classe affaires » en tant que responsable commercial pour différentes entreprises. Il venait de faire construire une impressionnante maison de trois étages à l’aplomb d’une colline plongeant sur la mer, à Halkida, ville résidentielle au nord-est d’Athènes. « Il a sans doute fallu que j’aille jusque là pour me rendre compte que tout ça ne représentait rien, et commencer à me poser des questions. Qu’est-ce qui m’importait vraiment dans la vie ? » Il a abandonné son travail et s’est investi de plus en plus dans la transmission et la construction des maisons d’argile.

A travers leurs stages, Cob GR invite les gens à se demander comment vivre de façon plus autonome, prendre en main leur habitat, leur alimentation, faire le choix de travailler moins, gagner moins d’argent, et faire plus de choses par eux-mêmes. Et lorsqu’ils construisent des maisons (sur des ateliers d’une quinzaine de jours, une ou deux fois par an), leur surface n’excède pas 40 mètres carrés, parce qu’ils cherchent à répondre aux besoins réels et non créés – nous sommes en Grèce, où l’on peut vivre à moitié dehors une très bonne partie de l’année.

La diversité de ceux qui viennent vers eux leur montre que la population veut parler de tout cela, que petit à petit, elle est curieuse de savoir comment vivre autrement. Ce phénomène a commencé avant la « crise », ne l’a pas attendue, et n’attend pas sa solution. Selon Panyiotis, la surmédiatisation à ce propos est surtout destinée à effrayer la population et à lui faire croire qu’aucun autre système n’est possible. Pour lui et les personnes qui l’entourent, s’il y a crise et qu’un système s’effondre, là se trouve l’opportunité d’un changement. Comme à l’hiver succède le printemps, alors qu’une chose est en train de mourir, un autre peut-être est doucement en train de naître.

Quelques heures plus tard, je rencontre Nikolas à Exarchia, le « quartier politique » d’Athènes. S’y retrouvent des militants proches de la gauche parlementaire aussi bien que des anarchistes radicaux, des autonomistes, des écologistes.

Lui a entendu parler des maisons en cob en 2008, non pas par le groupe Cob GR, mais par le biais d’une amie québécoise. Il était déjà engagé dans la résistance créative, proche des idées du réseau Do it yourself (« Fais-le toi-même »), auquel d’ailleurs il préfère l’expression Do it together (« Faisons-le ensemble »). Avec une équipe d’architectes, ils se sont alors lancés dans la construction d’une maison d’argile dans un jardin squatté du centre de la ville, à Exarchia, qu’ils étaient également en train de créer à la place d’un ancien parking. Arracher des fleurs au bitume, dans la ville d’Europe qui compte le plus faible pourcentage d’espace vert par habitant, n’est pas tâche aisée. Le lieu existe aujourd’hui, non ignorant des difficultés liées à la notion d’ « espace libre » et de fonctionnement horizontal.

Nikolas et ses camarades sont très attachés à l’idée du partage libre de la connaissance. Ils ont donné quelques stages d’initiation à la technique cob, en ne demandant aucun frais de participation. Ils projettent d’en organiser de nouveaux, mais parce qu’ils veulent que ces formations soient entièrement gratuites, il est plus compliqué de les mettre en place. « On en fera d’autres… quand une bonne opportunité se présentera. On pense aussi à construire des maisons d’argile chez des particuliers et être payés pour notre travail, mais on refuse que la transmission du savoir soit liée à l’argent, ou à quelconque organisation commerciale. Et en attendant, il reste de nombreuses batailles à mener » me dit-il avant de se lancer dans l’histoire du retour aux semences naturelles, Kokopelli à l’appui.

Malgré la divergence de leurs points de vue sur la façon de procéder, l’un et l’autre de mes interlocuteurs n’attendent rien des partis ou des grandes organisations politiques, mais placent leurs espoirs directement dans leurs concitoyens. Ils pensent qu’un changement de société passera par l’éveil de chacun à la question environnementale, profondément liée à sa propre liberté.

A Saint-Denis, un troupeau de moutons en pleine ville Stéphanie Lemoine (Midi:onze) Reporterre 2013/08/26 Stéphanie Lemoine (Midi:onze) (26 août 2013) A Saint-Denis, un troupeau de moutons en pleine ville. Reporterre. Animaux fr

A Saint-Denis, un troupeau de moutons en pleine ville

Depuis un an, l’association Clinamen promène une petite vingtaine de moutons sur tout le territoire francilien à dessein de promouvoir l’agriculture urbaine. Reportage à Saint-Denis, qui accueille les ruminants à deux pas de la cité des Francs-Moisins.

- Reportage, Saint Denis (93)

La cité des Francs-Moisins à Saint-Denis n’est pas tout à fait le genre d’endroit où l’on imagine spontanément que puissent paître des moutons : zone « sensible » et dense, elle est caractéristique de l’urbanisation des Trente glorieuses et concentre quelques-uns des maux dont souffrent aujourd’hui les « quartiers ». C’est pourtant là, dans les jardins d’une chaufferie à proximité des grands ensembles, que l’association Clinamen loge entre deux transhumances un sympathique troupeau de ruminants à laine blanche. Ils sont dix-neuf Thônes-et-Marthod, vieille race rustique savoyarde écartée des circuits industriels, et s’appellent Patrick, Speculoos ou encore la Guerrière. Depuis un an, ils sillonnent l’île de France sous la conduite affectueuse d’Olivier, Simone ou Julie, allant tantôt paître sur le campus de Villetaneuse, tantôt ruminer à l’Académie Fratellini ou au parc de la Courneuve.

Les animaux sont « HD » – « haute domestication ». Pas farouches, ils viennent solliciter les caresses d’un coup de corne et vous laissent plonger la main dans l’épaisseur grasse de leur toison. Leurs bergers les ont aussi habitués à s’arrêter au passage piéton et à se garder de traverser la route sans s’être assurés de leur sécurité. Car les moutons vont à pattes d’un pâturage à l’autre, levant sur leur passage une volée de questions, dont la première est bête comme chou : mais que font-ils donc là ?

« Notre désir, c’est que nous devenions tous à 3% agriculteurs »

On penche à première vue pour un projet culturel. Au cours des dix dernières années, c’est surtout aux artistes qu’on doit le timide retour de l’animal en ville – les ruches d’Olivier Darné à quelques pas de la bergerie en sont un exemple parmi d’autres. D’ailleurs, la plupart des membres de Clinamen se sont rencontrés à la Ferme du bonheur, laboratoire nanterrien de création pluridisciplinaire où l’on élève moutons, poules et cochons. Olivier, grande bringue d’une vingtaine d’années, y était embauché en tant que jardinier. Il y a sympathisé avec Simone, Julie et les autres, jusqu’à former une petite bande pour moitié issue du monde associatif, pour l’autre de l’Ecole du paysage de Versailles.

Après avoir acquis trois moutons et créé une première asso, « Téma la vache », en 2010, ils se sont fixés en février 2012 sur le territoire dionysien. Les moutons s’étaient reproduits, ils étaient huit et n’avaient aucun endroit où brouter. « On a écrit au maire adjoint de Saint-Denis comme on lance une bouteille à la mer, raconte Simone, jeune ostéopathe impliquée dès l’origine dans l’association. Ça lui a beaucoup plu et il nous a mis en relation avec la société de chaleur de la ville, qui avait un terrain où nous accueillir. »

Composée de jardiniers, de paysagistes ou encore d’une chef de chantier, Clinamen se défend de toute ambition culturelle : « On ne fait pas de la culture, mais de l’agriculture, insiste Simone. En France, il y a 3% d’agriculteurs. Notre désir, c’est que nous devenions tous à 3% agriculteurs. » Pour ce faire, l’association veut d’abord créer un réseau de bergeries. Au bâtiment construit à Saint-Denis par le collectif architectural Jolly Rodgers sous la houlette de Julie, chef de chantier, s’est ajouté une deuxième bergerie (éphémère) au 6b, puis une troisième sur le campus de Villetaneuse, érigée par Albert Hassan (association PEPA) et Sébastien Dumas (association Malicia).

Un nouvel édifice est en cours de construction sur un terrain prêté par la ville de Saint-Denis et situé à proximité immédiate du canal et des Francs-Moisins. Cette parcelle de 400 m2 accueillera en outre une serre avec des comestibles et un poulailler. L’association projette enfin de développer une plateforme de récupération des déchets ménagers et planche sur un atlas paysan où seront cartographiés tous les espaces propices à l’agriculture urbaine de Plaine commune. Autant de projets dont la vocation est de « dynamiser les territoires urbains par la promotion de pratiques paysannes ».

Des moutons « médiums »

Note champêtre incongrue au milieu des immeubles, les ruminants sont aussi de fabuleux liants entre les citadins. Les histoires de moutons sont universelles : tel habitant a un cheptel en Algérie, tel autre fut berger en Albanie ou ailleurs. Alors chacun pousse son anecdote, y va de son petit conseil aux membres de l’association : « En ville, les gens partagent leur savoir plus volontiers qu’à la campagne, constate Simone. On a pu agréger les connaissances de plein de cultures différentes. »

Quand Clinamen a installé sa bergerie aux Francs-Moisins, les habitants ont été d’emblée aimantés par le charme des animaux : « Très vite, on s’est retrouvés avec cinquante gamins sur les bras dès qu’on faisait une sortie, s’amuse Simone. On a commencé à leur faire planter des aromatiques et toutes sortes de plantes. D’une manière générale, on attire les publics non encadrés. » Certains enfants viennent ainsi régulièrement prêter main forte aux membres de l’association, apprennent à s’occuper des bêtes et à veiller sur elles.

Cette remarquable faculté des moutons à apaiser les tensions et à délier les langues n’est toutefois pas sans revers, et Clinamen doit rappeler à chaque instant qu’elle n’est ni une ferme pédagogique, ni un groupe de travailleurs sociaux bénévoles. Chapeautée par un comité directeur où les décisions se prennent en commun, l’association se rêve plutôt en laboratoire du collectif : « On a tous des raisons très différentes d’être là, explique Simone, mais ce qui nous rassemble, c’est la volonté de faire ensemble, d’avoir un projet commun. »

Saint-Denis est une ferme !

C’est sans doute cette ambition partagée qui permet à Clinamen de fonctionner avec des moyens plus que limités – quelques milliers d’euros accordés par la mairie de Saint-Denis ou glanés à l’occasion d’événements divers : lancement de l’agenda 21 à Epinay-sur-Seine, fête des fleurs à Saint-Denis, etc. Elle explique aussi dans une certaine mesure la liberté de ses membres et l’audace nécessaire à leur activité. Elever du bétail en ville est en effet une gageure : « Nous avons développé une activité rurale à la ville, explique Julie, dans un total flou juridique. Dans notre cas la pratique précède la législation, d’où l’embarras des services vétérinaires et de certains élus. »

En travaillant à démontrer que l’agriculture urbaine n’est pas toujours un oxymore, l’association contribue en effet à remodeler en profondeur les représentations. A commencer par celles que tout citadin se fait de son alimentation carnée. Dans un contexte où l’élevage industriel tient secrètes les conditions d’élevage et d’abattage du bétail, Clinamen revendique un lien affectif très fort avec les animaux – d’où la responsabilité qui incombe à ses membres quand d’aventure ils viennent à abattre une de leurs bêtes.

De la même manière, les moutons amènent à reconsidérer du tout au tout le territoire francilien. Mus par un besoin d’espace et de verdure que les citadins ont souvent renoncé à satisfaire, ces herbivores invitent à voir la ville au-delà de sa minéralité, tantôt comme un gisement de ressources et d’opportunités, tantôt comme un parcours d’obstacles à négocier. C’est ce que Simone, Olivier et Julie appellent « le regard mouton ». Avec lui, les pelouses stériles des grands ensembles deviennent des zones de pâturages, et le moindre végétal s’appréhende en fonction d’un unique critère : sa comestibilité. « On nous demande souvent où est notre ferme, résume Simone, mais notre ferme, c’est Saint-Denis ! »

Le climat pourrait devenir une arme Ben Cramer Reporterre 2013/08/26 Ben Cramer (26 août 2013) Le climat pourrait devenir une arme. Reporterre. Tribune — fr

Le climat pourrait devenir une arme

Depuis les années 1960, les militaires des Etats-Unis et de Russie ont envisagé d’altérer la météorologie pour en faire une arme. Cette tentation est toujours bien présente, explique le politologue Ben Cramer.

Une Convention internationale régule l’utilisation de l’environnement à des fins militaires. D’où vient-elle ?

Durant la guerre du Vietnam, les forces armées américaines ont tenté, lors de l’opération ‘Popeye’, d’utiliser l’arme météorologique pour faire pleuvoir et inonder la piste Ho Chi Minh (route passant par le Laos et le Cambodge et qui servait au transport des combattants et du matériel). Plus de 2 300 missions-pluies ont été menées sur Ho Chi Minh par l’escadron 54 de reconnaissance météo.

Après la divulgation de ces pratiques qui ont scandalisé le Congrès à Washington, Américains et Soviétiques se sont accordés pour y mettre un terme, du moins, pour adopter un code de bonne conduite. Ils ont déposé à l’Assemblée Générale de l’ONU un projet de Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles, convention surnommée ENMOD, la contraction de « environmental modification ».

Ce texte concerne-t-il les écocides, comme l’usage de l’Agent Orange pour détruire la forêt au Vietnam ?

Non, l’Agent orange visait à détruire la forêt, et cela relève de l’écocide, c’est-à-dire de la destruction d’un écosystème par une substance chimique. L’exploitation et le pillage des ressources naturelles n’entre pas non plus dans le cadre de cette Convention.

Alors, dans quels cas la convention peut-elle s’appliquer ?

Il existe de nombreux exemples, avec par exemple le recours aux explosions souterraines pour « libérer » de tensions tectoniques par exemple. Cela fait un demi-siècle que des études ont été menées sur le sujet (1).

Les conséquences environnementales d’un conflit nucléaire peuvent également renvoyer à ENMOD même si cela n’est stipulé nulle part dans les textes de la Convention. Dès 1982, des savants tel que Paul Crutzen du Max Plank Institut à Mayence, suggèrent que la fumée des feux et des poussières de surface générés par une guerre nucléaire –même partielle –pourrait générer un changement climatique global. Le concept d’hiver nucléaire – le spectre des années 80 – découle de ce scénario.

Revenons à ENMOD. Le recours aux ogives nucléaires n’est pas dans le champ de vision de ses architectes. Pas plus d’ailleurs que les agissements de l’armée irakienne en février 1991 au Koweit. Mais ce fut là un évènement révélateur. La presse s’alarma et pour cause : les fumées produites par les incendies de plus de 350 puits de pétrole étaient visibles à 400km. A l’époque, on s’est rendu compte que 50.000 tonnes de suie étaient relâchées dans l’atmosphère chaque jour. De quoi craindre un mini-hiver-nucléaire. L’hypothèse a circulé, mais très vite, en dépit de l’obscurité, les experts ont révisé leurs évaluations à la baisse : la quantité de suie en suspension dans la basse atmosphère ne pourrait pas affecter de manière significative le climat global de la Terre. Dans cette affaire, ENMOD a été évoqué y compris par les juristes internationaux. Mais l’Irak n’était pas signataire de la convention…

De fait, quelles armes la convention ENMOD vise-t-elle ?

Interdire le recours à des armes non encore utilisées sur les champs de bataille, ou presque, peut paraître dérisoire. Il n’empêche : nul ne peut exclure qu’un belligérant veuille modifier intentionnellement les conditions climatiques sur un théâtre d’opérations. « La météo comme force multiplicatrice : Maîtriser la météo en 2025 » n’est pas un slogan mais le titre d’un rapport publié en 1996 par la US Air Force qui estime que c’est « peut être un champ de bataille d’une importance telle que nous ne pouvons encore le concevoir ». Le rapport disserte sur les meilleurs moyens de contrecarrer les plans de guerre d’un ennemi en déclenchant une tempête, ou une sécheresse, ou encore en supprimant l’approvisionnement en eau potable. D’ailleurs, en 1997, le secrétaire d’Etat à la défense William Cohen exprime sa crainte de voir des actes de « terrorisme écologique ». Parmi ceux qu’il imagine ou plutôt qu’il projette figurent l’altération des climats, les déclenchements à distance de tremblements de terre ou d’éruptions volcaniques.

Concrètement, peut-on diriger des ouragans sur une cible ? Le géophysicien qui dirige l’Organisation météorologique mondiale (OMM) à Genève, José Achache, répond par la négative. Il précise toutefois qu’il est « théoriquement possible de les intensifier en augmentant les différentiels thermiques par des transferts de chaleur colossaux à la surface de l’océan et de les diriger en agissant sur les vents dominants à moyenne altitude ». Et la foudre ? « Nous savons créer des précurseurs de la foudre en ionisant l’air dans un ciel d’orage à l’aide d’un laser mobile, explique Jérôme Kasparian, de l’Université de Genève. Mais il faudrait un laser très puissant pour parvenir à obtenir la foudre. L’attirer ou l’éloigner de sites sensibles est également faisable. »

A partir de là, d’autres questions viennent à l’esprit : Pourquoi ne pas recourir aux lasers pour découper “sur mesure” un trou dans la couche d’ozone au-dessus du territoire de l’adversaire ?

N’est ce pas en raison du caractère futuriste de certaines armes que des théories conspirationnistes se sont développées ?

Oui, il y a par exemple le projet HAARP, acronyme de High Frequency Active Auroral Research Program. Il est parfois présenté comme une couverture pour un programme ultra-secret visant entre autres à manipuler le climat en chauffant l’ionosphère avec des ondes radios, y compris dans l’ouvrage sensationnaliste Les Anges ne jouent pas de cette Haarp (de l’écologiste Nick Begich et de la journaliste Jeane Manning).

Quelques militants pensent qu’il s’agit d’une « arme géophysique » d’un type nouveau, capable de bouleverser l’équilibre climatique de la planète entière. Certains habitants de la région en Alaska – ils ne sont pas nombreux – accusent Haarp de tous les maux. D’aucuns ont vu des lueurs vertes au-dessus des antennes, d’autres ont vu des caribous marcher à reculons. Au-dela des fantasmes, il est en revanche évident que le Pentagone n’a pas investi 90 millions de dollars dans Haarp pour faire de la figuration ou admirer l’horizon. La recherche va-t-elle servir à interférer sur le climat et les champs magnétiques terrestres ? On suppose que le chauffage ponctuel et modulé de certaines régions de l’ionosphère pourrait servir à émettre des messages radio de fréquence extrêmement basse que peuvent recevoir les sous-marins en plongée.

Ces histoires de manipulation du climat et de la météo semblent parfois irréelles, proches de la science-fiction. Depuis quand les armées s’y intéressent-elles ?

Dès les années 1930, grâce au concours de l’Institut Météorologique de Leningrad, l’Armée Rouge a développé un programme pour tenter de maîtriser la pluviométrie. Dans les années 1960, le président américain Johnson commande une étude sur le contrôle et la concentration du CO2 pour altérer localement le climat. En 1958, le chef de la recherche météorologique au United States Weather Bureau fait allusion dans un article de Science à l’utilisation d’explosifs nucléaires dans le but de réchauffer le climat arctique via la création de nuages glacés réfléchissant les radiations infrarouges. A la même époque, des scientifiques soviétiques proposent quant à eux l’injection d’aérosols métalliques dans des orbites pas trop éloignées de la Terre afin de former des anneaux à l’image des anneaux de Saturne ; avec pour objectif ultime de chauffer et d’illuminer le Nord de la Russie, tout en faisant de l’ombre aux régions équatoriales. On n’est pas dans la science-fiction, on en est alors aux balbutiements de ce qui recouvre désormais la géo-ingéniérie.

Quant aux Chinois, dès l’an 2000, ils annoncent la mise en place d’un très officiel Bureau de modification du temps, mais il y a tout lieu de croire que le sujet ne lui avait pas échappé auparavant. Les premières recherches remontent à 1958. L’Agence météorologique chinoise emploie officiellement 37 000 personnes ; parmi elles, plus de 10 000 seraient auraient été chargées d’ensemencer les nuages en tirant des fusées ou des obus remplis d’iodure d’argent.

Cette question est–elle connue des écologistes ?

Les mouvements écologistes, qui devraient être familiarisés avec ces phénomènes, semblent avoir zappé ces prévisions et mises en garde. Pourtant, certains textes fondamentaux y font allusion, y compris la « bible » du développement durable, le rapport Bruntdland de 1987. Dans cet ouvrage intitulé Notre avenir à Tous, ENMOD n’est pas mentionné parmi les traités internationaux spécifiquement destinés à protéger le patrimoine commun de l’humanité contre la militarisation. Toutefois, au chapitre 11, dans le paragraphe consacré aux « autres armes de destruction massive », on peut lire : « La manipulation délibérée de l’environnement (sous forme d’inondations ou de séismes artificiellement provoqués, par exemple) aurait, si jamais on y avait recours, des conséquences s’étendant bien au-delà des frontières des parties à un conflit ».

Quelle importance peut-on aujourd’hui accorder à cette convention ?

En admettant qu’un Etat signataire décide de recourir à des projets de géo-ingénierie, la convention pourrait s’avérer inappropriée, à moins que la communauté internationale ou qu’un Etat partie soit en mesure de démontrer le caractère non pacifiste des recherches menées. Mais la tâche sera rude, d’autant plus que la recherche (comme dans la plupart des conventions) n’est pas prohibée.

Même s’il n’y a que 85 Etats signataires, même si la France snobe le traité, même si les Etats parties ne se sont rencontrées que deux fois jusqu’ici, il y a fort à parier qu’ENMOD va revenir sur le devant de la scène. Car la géo-ingénierie et les risques que ses promoteurs apprentis-sorciers sont prêts à prendre, risquent bien de rendre à ENMOD sa pertinence.

Propos recueillis par Julien Leprovost ................

Notes :

Voir la journée internationale de l’ONU pour prévenir l’utilisation de l’environnement dans les conflits armés.

(1) F. Press et C. Archambeau, Journal of Geophysical Research, 1962.

Résister, responsabiliser, anticiper Reporterre 2013/08/26 (26 août 2013) Résister, responsabiliser, anticiper. Reporterre. fr

Résister, responsabiliser, anticiper

- Recension par Jane Hervé

Comment humaniser l’inéluctable mondialisation ? Comment s’y retrouver dans le lacis des droits nationaux et internationaux, traitant de l’économie de marché ou des êtres humains, etc. ?

Mireille Delmas-Marty, juriste et enseignante au Collège de France, aboutit au terme de sa longue expérience internationale à un « mode d’emploi » limpide de combattante. Pour ce faire, cette vétérante en « humanisation réciproque » convoque l’imaginaire pour venir au secours de la situation actuelle complexe jusqu’à l’inextricable : Dédale, Giacometti, Kant, Clausewitz, Bachelard et même Edouard Glissant avec son refus de standardisation et son concept de mondialité). Elle s’interroge en deux temps : que penser et que faire ?

Que penser ? Nous sommes aujourd’hui cernés par de multiples contradictions : durcissement des contrôle des migrations alors que les frontières s’ouvrent aux marchandises et aux capitaux, aggravation des exclusions sociales alors que la prospérité globale s’accroît, crimes internationaux des plus graves, enfin multiplication des menaces sur l’environnement accompagnées également de risque d’asservissement par les nouvelles technologies.

Que faire ? Un droit international nouveau est à inventer ou à adapter afin qu’il protège vraiment les individus et réactive les solidarités. Pour mettre l’utopie au service d’un nouvel humanisme, la juriste propose une triple attitude qui combine les comportements singuliers et collectifs : résister à la déshumanisation, responsabiliser les titulaires du pouvoir et enfin anticiper les risques futurs. A ce dernier propos, elle n’évoque le droit mais plutôt le devoir vis-à-vis des générations futures (comme Jonas).

Responsabiliser dans sa version anglo-saxonne (responsability) implique l’élaboration collective d’une décision. Ainsi, concernant l’environnement, l’homme n’est plus le maître de la nature. Il faudrait inscrire la protection de cette nature dans la Constitution (cf. droit de la Pachamama en Bolivie), faire que le vivant soit reconnu à la fois comme humain et le non-humain (animal et végétal) avec les interdépendances qui en découlent.

La dilution des responsabilités ne facilite pas la tâche avec des Etats sans cour mondiale pour les atteintes à l’environnement, des entreprises multinationales sans juge mondial compétent, des experts et des citoyens. Des recherches s’esquissent que M. Delmas-Marty valorise avec lucidité : Edgar Morin élabore un statut pour un tribunal moral de l’environnement qui analyserait juridiquement les grands scandales environnementaux, les députés de l’Assemblée nationale réfléchissent, eux, sur le crime d’écocide.

En bref, cet ouvrage salutaire – presque optimiste - croit encore dans le pouvoir du droit à l’heure où tant de désespoirs émergent de nos multiples peurs. L’altruisme doit guider nos pas, s’appuyant sur un « droit en devenir pour une humanité en transit, confiante en son destin ». Avec cette juriste à la pensée si claire, un « bond en avant » bergsonien basé sur une volonté humaine semble encore possible.

Jane Hervé

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- Résister, Responsabiliser, Anticiper, Mireille Delmas-Marty, Editions du Seuil, 2013, 208 pages, 17,50€

Maire ou terroriste ? Jean-Claude Bossard Reporterre 2013/08/27 Jean-Claude Bossard (27 août 2013) Maire ou terroriste ?. Reporterre. fr

Maire ou terroriste ?

- Présentation par l’auteur, Jean-Claude Bossard

« Maire ou terroriste ? » Un titre qui peut paraître provocateur, mais qui est la vraie question que je me suis posée toute l’année 2012, au vu des moyens mis en place pour surveiller et contrôler ma commune (Le Chefresne, dans la Manche) et ma personne. Ce petit livre de 80 pages est le témoignage concret du fonctionnement de notre oligarchie au service de grands projets inutiles portés par le lobby nucléaire et ses complices politiques. Démocratie et lois bafouées, santé et propriété des habitants méprisées, pressions et corruption des élus locaux, violence policière et désinformation, etc. Tout est bon pour imposer cette ligne THT 2 x 400 000 volts sur nos tête afin d’évacuer l’électricité du mirage EPR (centrale nucléaire nouvelle génération) en construction dans le nord Cotentin.

En tant que Maire au service de l’intérêt général, avec mon conseil municipal, j’ai osé dénoncer cette parodie de démocratie, opposer la charte de l’environnement,etc. Résultat douze heures de garde à vue, attaque d’un bâtiment communal par les forces de l’ordre, commune occupée, résidence personnelle surveillée, etc. Dans un monde « d’autruchiens » (politique de l’autruche), j’étais devenu le grain de sable qui empêchait la machine bien huilée de l’oligarchie de fonctionner.

Un maire qui demande le respect de la loi en 2012, face à des projets dits « d’intérêt public », est considéré comme un terroriste !

Maire d’accord, mais pour servir la collectivité et la cause d’un monde meilleur, dans un environnement le plus sain possible ; pas pour servir la prédation organisée du bien public par la puissance argent.

Préfacé par José Bové et François Dufour, ce livre est l’histoire d’un élu normal dans une démocratie devenue anormale...

- Maire ou terroriste ?, Jean-Claude Bossard, éd. Edilivre, 11 €. Infos

Yasuni : en Equateur, la fin d’une forte et belle idée Patrick Bèle (Regards latinos) Reporterre 2013/08/27 Patrick Bèle (Regards latinos) (27 août 2013) Yasuni : en Equateur, la fin d’une forte et belle idée. Reporterre. Tribune — fr

Yasuni : en Equateur, la fin d’une forte et belle idée

C’est une des mauvaises nouvelles de l’été : le 15 août, le président de l’Equateur, Rafael Correa, a annoncé qu’il abandonnait le projet Yasuni. Celui-ci prévoyait de laisser indemne d’exploitation cette région riche en pétrole, en échange d’une compensation internationale. Celle-ci n’est pas venue, et la forêt amazonienne devrait être forée par les compagnies.

Le rêve écologiste ITT Yasuni n’aura vécu que six ans. Il s’agissait de proposer aux pays riches de participer à la préservation de l’extraordinaire réserve de biodiversité située à l’Est de l’Equateur en finançant ce que le président Correa appelait des « droits de non émission de gaz à effet de serre ».

Concrètement payer pour conserver plusieurs centaines de milliers de barils de pétrole dans le sous sol du parc Yasuni. Avantage : limiter l’émission de gaz à effet de serre et ne pas menacer les 2 274 espèces d’arbres, les 100 000 espèces d’insectes, les 150 types de batraciens qui ont trouvé refuge dans la zone depuis la dernière glaciation. La réserve de biodiversité la plus exceptionnelle de toute l’Amazonie.

Cette idée permet de poser les vraies questions sur les responsabilités de chacun dans le réchauffement climatique. Rafael Correa vient de la jeter dans les poubelles de l’histoire. Lors de la campagne électorale, Alberto Acosta, l’un des inspirateurs du projet Yasuni, ancien collaborateur de Rafael Correa et candidat contre lui à l’élection présidentielle en 2013 m’avait affirmé, alors que nous sillonnions la banlieue de Quito dans la benne d’un camion, « Correa va mettre fin à l’initiative Yasuni en accusant les pays riches d’être responsables de ce renoncement. Mais il n’y a jamais cru, cela lui a juste permis de se donner une image positive dans les milieux progressistes occidentaux. Rafael est un tenant du productivisme qui tue notre monde. Il a fait illusion mais bientôt le masque tombera ».

A l’époque je n’avais pas cru ce brillant politicien. J’avais confiance en la sincérité du président équatorien. Cette initiative Yasuni constituait un élément si nouveau dans la politique internationale, les proches du président équatorien paraissaient si convaincus qu’il s’agissait d’une priorité de Rafael Correa, que je n’ai jamais douté de sa volonté d’aller jusqu’au bout.

J’ai travaillé longuement sur les dégâts provoqués par Texaco en Equateur et j’en ai fait un livre qui conte l’histoire terrifiante de Maria Aguinda et de sa famille, victime des agissements mafieux et irresponsables de cette compagnie pétrolière étatsunienne. Rafael Correa a plusieurs fois visité la zone polluée par Texaco, et je pensais qu’il avait corrigé sa formation productiviste enseignée dans les universités d’économie étatsuniennes à la lumière de la catastrophe subie par son pays.

Ai-je été naïf de croire en sa volonté d’aller jusqu’au bout de cette expérience ? Dans le discours qu’il a prononcé pour annoncer la fin de l’expérience Yasuni, il avance plusieurs arguments pour expliquer son recul : la faible mobilisation de fonds (ils espéraient plus de 3 milliards de dollars, ils n’en ont récolté qu’un peu plus de 10 millions), l’hypocrisie des pays occidentaux (principales pollueurs, ils veulent faire porter les efforts par les pays pauvres), la crise économique (beaucoup de pays européens ont oublié leurs promesses de contributions après la crise financière de 2008), les besoins de la population équatorienne dont plus de 30% vit en dessous du seuil de pauvreté.

Manifestation de soutien au projet Yasuni, le 15 août à Quito.

Les justifications du président équatorien sont tout à fait recevables. Mais a-t-on le droit de mettre fin à une utopie qu’on a contribué à créer ? Car c’est bien ce dont nous manquons le plus cruellement : ces utopies qui permettent de faire avancer le monde sans écouter tous ces gens qui, sous prétexte d’expertises, vous expliquent que rien ne peut changer.

Continuons donc à faire n’importe quoi, à consommer des ressources non renouvelables, à polluer la terre entière, à nier la catastrophe qui nous attend. Rafael, tu laisses des millions de personnes orphelines d’un espoir de changement dans le paradigme du développement mondial. Rafael, pourquoi n’es-tu pas allé jusqu’au bout ?

LGV Lyon Turin : Ayrault déclare « l’utilité publique » Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/08/27 Camille Martin (Reporterre) (27 août 2013) LGV Lyon Turin : Ayrault déclare « l’utilité publique ». Reporterre. fr

LGV Lyon Turin : Ayrault déclare « l’utilité publique »

L’été ne change rien à la logique des grands projets inutiles : le premier ministre Jean-Marc Ayrault vient de signer la déclaration d’utilité publique du projet de LGV Lyon-Turin.

On ne le dit pas assez, mais Jean-Marc Ayrault a le sens de l’humour. Au moment même où EELV se réunissait à Marseille et applaudissait le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, venu promettre une « contribution énergie climat » aussi nébuleuse que la transition écologique promise par François Hollande, le premier ministre publiait dans le Journal Officiel du 25 août la déclaration d’utilité publique du projet de LGV Lyon-Turin.

Télécharger le texte du décret :

Le gouvernement décrète donc : "Art. 1er. − Sont déclarés d’utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation de l’itinéraire d’accès au tunnel franco-italien de la liaison ferroviaire Lyon–Turin entre Colombier-Saugnieu (Rhône) et Chambéry (Savoie) ainsi que des aménagements localisés à Montmélian et Francin, d’une part, et entre Avressieux (Savoie) et Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), d’autre part, conformément aux plans annexés au présent décret.

Art. 3. − Le maître d’ouvrage devra, s’il y a lieu, remédier aux dommages causés aux exploitations agricoles dans les conditions prévues par les articles L. 123-24 à L. 123-26, L. 352-1, R. 123-30 à R. 123-38 et R. 352-1 à R. 352-14 du code rural et de la pêche maritime."

Ce grand projet inutile a beau être critiqué par la Cour des Comptes, gangrené par les conflits d’intérêt, s’appuyer sur un dossier justificatif très faible, remuer amiante et uranium dans la montagne concernée, rien n’y fait : il se fera, foi de bétonneur !

Dans un communiqué de presse du 25 août reçu par Reporterre, la Coordination des opposants au Lyon-Turin écrit :"Au moment où les feuilles d’impôts arrivent chez les contribuables et que des efforts importants leur sont demandés, le Premier Ministre des projets inutiles et imposés se moque des recommandations de la Commission Mobilité 21 qui considère ce projet comme non prioritaire.

Il se moque des recommandations de la Cour des Comptes, de l’Inspection Générale des Finances, du Conseil Général des Ponts et Chaussées, de la Direction Générale du Trésor, des anciens Présidents de RFF et de la SNCF, des élus et des citoyens."

La disparition de Jean Bastaire, penseur d’un écologisme chrétien Jean-Claude Noyé Reporterre 2013/08/27 Jean-Claude Noyé (27 août 2013) La disparition de Jean Bastaire, penseur d’un écologisme chrétien. Reporterre. Écologie et spiritualité fr

La disparition de Jean Bastaire, penseur d’un écologisme chrétien

Jean Bastaire s’est éteint. Cet intellectuel tranquille et décroissant dans l’âme avait stimulé la réflexion pour une approche chrétienne de l’écologie.

Jean Bastaire est passé de l’autre côté du miroir samedi 24 août, à l’age de 86 ans, à son domicile, à Meylan, près de Grenoble. Avec lui, c’est une grande voix de l’écologie qui disparaît. De l’écologie chrétienne, faut-il préciser d’emblée.

Ce poète, doublé d’un mystique amoureux de la beauté du monde, tenait en effet beaucoup à situer sa réflexion et ses ouvrages dans le champ d’un christianisme renouvelé, porteur d’une espérance forte pour des lendemains moins glacés. Un christianisme de la terre et du ciel résolument hostile à la société de consommation et à l’hérésie productiviste/consumériste. En témoigne encore, avec une élégance et une force sans équivoque, Pour un Christ vert, livre paru en 2009 (éd. Salvator), quelques années après la première édition de Pour une écologie chrétienne (éd. du Cerf, 2004).

Deux ouvrages qui auront connu un fort succès d’estime. La plupart des autres, pourtant d’une haute teneur à la fois poétique et doctrinale, n’auront hélas rejoint qu’un cercle étroit mais fervent de lecteurs sensibles à la singularité de sa voix.

C’est que la discrétion de cet écrivain prolixe, éloigné des cercles parisiens, fit de l’ombre à son envergure réelle d’essayiste aux accents prophétiques. « La charité pour les hommes et les autres créatures nous commande une charité cosmique. Entre eux, les destins sont liés. Sous la direction de l’homme et par la grâce du Christ, la sauvegarde et le salut (sauvegarde temporel et salut éternel) doivent s’étendre à tous », écrivait-il dans une des nombreuses lettres dactylographiées qu’il envoyait à ses correspondants.

De fait, ce « mécontemporain », selon l’expression chère à Péguy dont il était l’un des spécialistes reconnus, était resté un homme d’un autre temps. De ce temps où l’on prenait …. le temps de lire dans le texte, in extenso, les auteurs anciens et d’envoyer un abondant courrier. Un éternel béret vissé sur le crâne, de solides souliers au pied, l’allure alerte et même galopante avant que ses jambes ne le lâchent, cet agrégé d’italien n’a, de fait, jamais adopté l’ordinateur et autres courriels, encore moins les téléphones portables.

C’était un décroissant qui n’en revendiquait pas le nom mais qui en avait la fibre. Et c’est ce qui le rendait si attachant. Citons le encore : « Christ vert, cette expression étrange est calquée sur le Christ socialiste du XIX ° siècle, Christ ouvrier et Christ des barricades qui malheureusement échoua, faute de rencontrer dans l’Eglise de son temps une compréhension suffisante qui aurait corrigé son idéalisme naïf et son matérialisme théiste. L’Eglise du XXI ° siècle va-t-elle rater à nouveau le rendez-vous ? »

Gaz de schiste : dans l’Ohio (USA), la fracturation responsable de 109 secousses sismiques Enerzine Reporterre 2013/08/27 Enerzine (27 août 2013) Gaz de schiste : dans l’Ohio (USA), la fracturation responsable de 109 secousses sismiques. Reporterre. fr

Gaz de schiste : dans l’Ohio (USA), la fracturation responsable de 109 secousses sismiques

Depuis le début des relevés sismiques en 1776, la ville de Youngstown dans l’Ohio (Etats-Unis) n’avait jamais connu un seul tremblement de terre... 235 ans plus tard, des secousses ont commencé à être enregistrées...

De nouvelles recherches publiées dans le ’Geophysical Research-Solid Earth’ révèlent en effet que la fracturation hydraulique (Fracking), principale méthode utilisée pour récupérer les gaz de schiste, serait à l’origine de ces secousses.

En décembre 2010, Northstar 1, un puits de forage de gaz de schiste par fracturation hydraulique a vu le jour. Dans l’année qui a suivi, les sismomètres - dans et autour de Youngstown - ont enregistré 109 tremblements de terre, le plus fort étant un séisme de magnitude 3,9 relevé le 31 décembre 2011. Douze autres événements étaient au-dessus d’une magnitude 1,8. Les principales secousses sont survenues à des profondeurs situées dans les couches du précambrien (3,5 à 4 kilomètres sous terre).

Les auteurs de l’étude ont analysé les tremblements de terre à Youngstown, estimant que leurs apparitions, leurs disparitions, voire même les arrêts temporaires, étaient tous liés à l’activité du Northstar 1. Le premier tremblement de terre enregistré dans la ville a eu lieu treize jours après que l’injection à haute pression des eaux usées eût commencé. Les secousses ont cessé peu après que le ministère des Richesses naturelles de l’Ohio ne ferme le puits en décembre 2011.

Les baisses de l’activité sismique étaient ’étrangement’ corrélées avec le Memorial Day (4 juillet), la fête du Travail et Thanksgiving, ainsi que d’autres périodes où l’injection des fluides dans le puits était temporairement arrêtée.

« Ces dernières années, les eaux usées récupérées lors de la phase d’extraction des gaz de schiste par fracturation hydraulique, ont été en constante augmentation aux États-Unis. Des tremblements de terre ont été déclenchés par l’injection de ces mêmes fluides dans un puits profond à Youngstown, dans l’Ohio durant la période de janvier 2011 à février 2012 », a déclaré le Dr Won-Young Kim.

« Nous avons constaté que l’apparition, puis la disparition des tremblements de terre étaient liées à l’activité du Northstar 1. Les tremblements de terre étaient localisés dans les failles souterraines près du puits d’injection. Ces secousses sont probablement dues aux eaux usées introduites à haute pression dans la roche, provoquant des glissements », a t-il ajouté. « En 2011, les tremblements de terre ont migré d’est en ouest sur toute la longueur de la faille, une indication qui montre que les tremblements de terre sont causés par l’expansion de la ligne de pression. »

Deux ans plus tard, l’exploitation du puits a été stoppée puis abandonnée. Le propriétaire de la Northstar 1 a été accusé d’avoir enfreint la Loi sur l’assainissement de l’eau dans une autre affaire.

Il existe plus de 30 000 puits d’injection de classe II utilisant la récupération des eaux usées aux États-Unis, mais très peu d’incidents de séismes induits sont confirmés à ce jour.

Le Qatar investit dans les terres agricoles Yassine Khiri (lexpress.fr) Reporterre 2013/08/28 Yassine Khiri (lexpress.fr) (28 août 2013) Le Qatar investit dans les terres agricoles. Reporterre. fr

Le Qatar investit dans les terres agricoles

Le Qatar achète des terres agricoles à l’étranger. Mais il transforme aussi cette démarche en arme diplomatique, à travers une Alliance mondiale des pays désertiques regroupant des pays dépourvus de terres arables.

Fortement dépendant des importations étrangères, le Qatar multiplie les initiatives pour assurer sa sécurité alimentaire. L’émirat compte bien faire de sa faiblesse sur le plan agricole, un atout d’influence sur la scène mondiale.

« Pétrole contre nourriture. » Malgré les multiples affaires de corruption liées au célèbre programme des Nations unies à destination de l’Irak, l’idée semblait séduisante. En 1996, l’Onu avait accordé au régime de Saddam Hussein, soumis à un embargo international depuis l’invasion du Koweït en 1990, la possibilité de vendre un peu d’or noir en vue de financer ses besoins de première nécessité. Jusqu’en 2003, Bagdad troque donc barils de pétrole contre sacs de céréales, dans une espèce de marché gagnant-gagnant.

Un paradoxe dans ce pays de l’ancienne Mésopotamie, autrefois réputé pour ses terres fertiles... Le programme onusien a en réalité mis en lumière l’extrême vulnérabilité dont souffrent aujourd’hui les pays du Moyen-Orient en matière alimentaire. Handicapés par le manque d’eau - les pays du Golfe ne disposent par exemple que de 1200 m3 par personne et par an quand la moyenne est de 7000m3 ailleurs dans le monde - ils sont pour la plupart incapables de produire leur nourriture en quantité suffisante.

Obligé d’importer une large part des denrées alimentaires qu’il consomme, le monde arabe est devenu le plus grand acheteur de céréales du monde. Alors que l’Afrique du nord et le Moyen-Orient représentent 5% de la population mondiale, ces deux régions réalisent 1/3 des achats de céréales de la planète. Et la facture ne cesse d’augmenter.

Avec la flambée des prix agricoles depuis 2008, un accord de type « pétrole contre nourriture » serait aujourd’hui intenable. Et ce en dépit des milliards de dollars de réserves accumulées par ces pays grâce aux revenus des hydrocarbures depuis plusieurs décennies.

L’offensive du Qatar, symbole d’un changement de stratégie

Le Qatar l’a bien compris. Comme la plupart de ses voisins du Golfe, le petit émirat est dépendant à 90% des importations étrangères pour ses besoins alimentaires. Lucide sur ses faiblesses structurelles, l’émirat a rapidement pris conscience de l’importance du facteur alimentaire et de la menace qu’il représente pour sa stabilité intérieure.

Le plan « Vision 2030 », qui expose les ambitions et les objectifs de Doha pour les deux prochaines décennies, met la sécurité alimentaire au centre de la stratégie de l’émirat. Le Cheikh Tamim - qui n’était encore que prince héritier - ne déclarait-il pas, en 2008 déjà, que la sécurité alimentaire était « le défi le plus pressant » auquel son pays était confronté ? Lancé cette même année, le Qatar National Food Security Programme mobilise depuis de nombreux experts internationaux. Son objectif est de devenir opérationnel en 2014.

Ce projet ambitieux vise à satisfaire 60 à 70 % des besoins alimentaires d’une population d’environ 1,7 millions d’habitants (dont 300 000 qataris) à partir de la production locale. En s’appuyant sur le développement de l’agriculture durable ou encore la multiplication d’usines de dessalement alimentées à l’énergie solaire pour faire face aux besoins d’eau.

« Land-grabbing » : cultiver à l’étranger pour bien manger chez soi

Mais transformer un semi-désert en terre fertile reste illusoire. L’échec de l’Arabie Saoudite avec ses fameux cercles verts est resté dans toutes les mémoires. Le royaume wahhabite avait décidé, dans les années 1970, de pomper à coups de milliards de dollars ses nappes phréatiques pour produire du blé en plein désert. Résultat : une catastrophe écologique et un désastre sur le plan alimentaire.

« En conséquence, l’Arabie Saoudite a décidé de ne plus avoir du tout de production locale de blé d’ici 2016, révèle Sébastien Abis, analyste au Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM). Du coup, le pays va être rapidement contraint d’acheter entre 5 et 6 millions de tonnes de blé dans les années à venir. »

Averti par le précédent saoudien, le Qatar s’est lancé dans le land grabbing ou l’achat de terres à l’étranger. Solution avantageuse, la conquête de terres au-delà des frontières traduit, pour Sébastien Abis, « la volonté du Qatar de construire sa sécurité alimentaire en produisant à l’étranger ce qu’il ne peut pas faire pousser localement faute de ressources en eau et en terre, se mettant ainsi à l’abri des aléas du marché. »

Principalement déclenchée par la crise des prix alimentaires de 2007-2008, la ruée sur les terres est un phénomène en pleine expansion. Selon l’International Land coalition,qui regroupe différentes ONG et agences gouvernementales, cette forte demande mondiale « loin d’être un phénomène de courte durée, se poursuivra sans doute sur le long terme, même si la hausse considérable observée entre 2005 et 2008 devrait se stabiliser. »

Lancée en 2008 par le fonds souverain du Qatar (QIA), la société Hassad Food - dotée d’un capital d’un milliard de dollars - est le bras armé de l’émirat dans sa campagne massive d’achats de terres. Propriétaire de treize grandes fermes en Australie (ovins et production de blé), de 100 000 hectares au Soudan ou encore de 40 000 hectares au Kenya, Hassad Food multiplie les investissements aux quatre coins du monde. « Je ne serai pas étonné qu’un jour le Qatar questionne la France pour savoir si une partie de ses champs de céréales ne pourraient pas être achetés ou loués par l’émirat ! », prophétise Sébastien Abis.

L’Alliance mondiale des pays désertiques, nouveau « soft power »

Lancée en grande pompe, le 9 mars 2012 à l’occasion du 1er Forum mondial pour la sécurité alimentaire à Rabat, l’Alliance mondiale des pays désertiques (AMPD) est l’instrument de la politique agricole extérieure de Doha. Ce partenariat a pour objectif la recherche de solutions permettant d’assurer la sécurité alimentaire de ses membres.

Avec la création de cette nouvelle organisation, le Qatar démontre une fois de plus son art du contre pied. La stratégie est claire : faire d’une faiblesse intérieure qu’il sait insurmontable, une force pour peser sur la scène alimentaire mondiale. « Le Qatar a compris que la manne financière dont il dispose pouvait fédérer les pays importateurs de biens agricoles vulnérables pour que collectivement tout ces pays renversent le rapport de force », décrypte Sébastien Abis.

En se posant comme la force motrice d’une coalition de pays démunis dans le secteur alimentaire, le Qatar fait d’une pierre deux coups. Non seulement il se saisit d’un problème qui le concerne au plus haut point mais il créé surtout l’opportunité d’augmenter son influence. « Le Qatar a compris que l’agriculture était stratégique », analyse Sébastien Abis. Après la célèbre chaîne Al-Jazeera, ou encore ses investissements dans le sport, l’AMPD fait figure de nouveau « soft power » qatari. En témoigne la présence de Miguel Moratinos, l’ex-chef de la diplomatie espagnole sous le gouvernement de José Luis Zapatero, à la tête de l’institution.

Une trentaine de pays ont déjà exprimé le souhait de rejoindre l’Alliance. Le siège de l’organisation, qui sera sans aucun doute basé à Doha, ambitionne de regrouper les pays du Golfe, le Maghreb (le Maroc a déjà annoncé son intention de rejoindre l’Alliance) et les pays du Sahel, touchés de plein fouet par la crise alimentaire, voire même par les pays du nord de la Méditerranée, de plus en plus confrontés aux problèmes de désertification des terres. Soit un vaste territoire aride ou semi-aride couvrant près de 40% de la planète et peuplé de 2 milliards d’hommes et de femmes qui deviendrait ainsi, potentiellement, une zone d’influence qatarie.

En marge du Sommet des Nations Unis sur le développement durable à Rio en juin 2012, le secrétaire général Ban Ki-Moon s’est engagé à soutenir pleinement l’émirat dans ses projets. En s’emparant de l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle, la bataille contre la faim, le Qatar acquiert un prestige symbolique et redore une image devenue négative ces derniers temps.

Energie : le retour du prodigieux volant d’inertie Olivier Guy (Overcast.fr) Reporterre 2013/08/28 Olivier Guy (Overcast.fr) (28 août 2013) Energie : le retour du prodigieux volant d’inertie. Reporterre. fr

Energie : le retour du prodigieux volant d’inertie

Les techniques d’antan ont du bon, pourvu qu’on les adapte aux techniques et matériaux d’aujourd’hui. Exemple : le volant d’inertie, qui fait son grand retour.

Les volants d’inertie sont-ils en train de connaitre le même genre d’évolution que naguère les éoliennes d’abreuvoirs, aujourd’hui transformées en aérogénérateurs de 100 mètres d’envergure ? Parfois, un antique procédé peut se métamorphoser en technologie innovante à haute valeur ajoutée.

Le volant d’inertie, également connu sous l’appellation savante de « système inertiel de stockage d’énergie » (SISE), est une technique qui consiste à emmagasiner de l’énergie dans la rotation d’un objet lourd (roue, cylindre,…) grâce à un moteur, pour la restituer ensuite à la demande en inversant le mécanisme. Rien de très nouveau en soi : c’est le principe utilisé dans le tour du potier, dans de nombreuses machines à vapeur du XIXe siècle (pour en régulariser la puissance) ou encore dans les petites voitures à friction de notre enfance.

Il y eut même, dans les année 50 en Suisse, un véhicule de transport en commun appelé Gyrobus (proaktiva.eu) qui intégrait un volant rotatif de 1,6 mètres de diamètre pesant une tonne et demie et tournant à 3 000 tours/minute. Cela suffisait à alimenter le moteur électrique entre deux stations, distantes au maximum de 5 à 6 kilomètres. A chaque station, des connecteurs étaient branchés au réseau pour redonner de la vitesse au volant en vue du trajet suivant. Accessoirement, l’énergie du freinage était aussi injectée dans le volant. Gros avantage du Gyrobus par rapport à un tramway ou un trolleybus : aucune alimentation électrique n’était requise en dehors des stations, d’où de substantielles économies en dépenses d’infrastructure (rail d’alimentation électrique, caténaires…).

Dans un SISE, la quantité d’énergie stockée est proportionnelle à la masse du rotor, au carré de sa vitesse de rotation et au carré de son rayon (Energies & Environnement). Le dimensionnement de ces différentes variables permet de calibrer l’installation. Pour remplir leur fonction, les anciens systèmes devaient être lourds et volumineux, entrainant parfois des accidents mortels (The Pittsburg Press, 1926).

En revanche, les matériaux d’aujourd’hui (fibres de carbone, fibres de verre, kevlar…) supportent de bien plus hautes vitesses de rotation que le métal, ce qui autorise une réduction de l’encombrement. Avec le système KERS (Kinetic Energy Recovery System), fonctionnant grâce à la rotation d’un cylindre de 6 kilos et de 20 cm de diamètre, Volvo arrive à fournir une puissance ponctuelle additionnelle de 80 chevaux à ses moteurs, en utilisant seulement l’énergie récupérée au freinage pour alimenter la rotation. La vitesse de rotation du cylindre peut ici atteindre 60 000 tours/minute (Auto Plus).

Assemblage d’un volant d’inertie chez Beacon Power

Déjà utilisé en formule 1, le KERS arrivera probablement bientôt dans les voitures de série. Autre exemple d’application dans les transports : le métro de Los Angeles vient de commander un système inertiel de récupération de l’énergie dissipée lors du freinage des rames (inhabitat.com).

Mais le plus prometteur réside dans la construction de véritables « centrales » inertielles, jouant le rôle de stockage tampon entre les productions intermittentes (éolien, solaire) et le réseau électrique. Ces installations sont devenues opérationnelles grâce aux progrès réalisés notamment sur les pertes d’énergie par frottement : les volants - en réalité de gros cylindres - sont maintenant scellés dans des containers sous vide et l’arbre d’entraînement est relié au moteur par des roulements magnétiques sans contact.

Une centrale de 200 unités de ce type (Beacon Power) capables de délivrer une puissance de 20 mégawatts pendant 15 minutes fonctionne depuis 2011 dans l’Etat de New York. L’objectif principal est d’absorber les variations de courte période inhérentes aux énergies renouvelables et de garantir ainsi la qualité du courant (cleantechnica.com), ce que la réactivité du système permet de faire mieux que des batteries ou des centrales thermiques de pointe.

Cependant, et malgré tous leurs avantages en terme de durabilité (100 000 cycles de « charge/décharge » au lieu de quelques milliers pour les batteries lithium-ion), de faible maintenance, de réactivité, les SISE sont encore handicapés par le coût des matériaux utilisés pour le cylindre rotatif. Le fabricant canadien Temporal Power pense avoir cassé cette barrière et vient d’annoncer une rupture technologique (Thestar.com). Ses nouveaux volants stockent, d’après lui, cinquante fois plus d’énergie par unité que ses concurrents et ne subissent que 5% de pertes toutes les dix heures de rotation.

Non, l’électricité française n’est pas la moins chère d’Europe Yves Lenoir Reporterre 2013/08/28 Yves Lenoir (28 août 2013) Non, l’électricité française n’est pas la moins chère d’Europe. Reporterre. Tribune — fr

Non, l’électricité française n’est pas la moins chère d’Europe

« La France gardera l’électricité la moins chère d’Europe », a récemment déclaré Henri Proglio, le PDG d’EDF. Le spécialiste des énergies Yves Lenoir réagit, chiffres à l’appui, et revient sur quelques idées reçues.

Le débat national sur la transition énergétique est pipé par la place mythique occupée par l’énergie atomique. Certes, l’argument de l’indépendance énergétique est devenu très friable, comme avatar de l’intervention des troupes françaises au Mali au début de cette année. Que n’a-t-on entendu à ce sujet ! Exemple révélateur, cette déclaration de Nicolas Dhuicq, député-maire de Brienne-le-Château (Aube), lors de la cérémonie des vœux de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) le 23 janvier : « L’uranium du Niger est indispensable à l’indépendance énergétique de la France. »

Reste le mantra incontournable, qui réduirait la question du choix à celui du moindre coût… A force de répéter l’argument, personne ne se donne la peine d’aller en vérifier le fondement. Ce postulat posé, la théorie dévide ses sophismes économiques : avantage majeur pour notre industrie et pour le budget des ménages ; préservation d’un fleuron industriel français, l’industrie atomique, gage de ce prix imbattable.

Mantra incontournable, certes, mais pas inoxydable. Alors attaquons-le à l’acide de la réalité.

Chaque année, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) publie un document intitulé Mémento sur l’énergie, Energy Handbook. Au chapitre « Données Economiques », on trouve quatre tableaux présentant, pour chaque pays de l’Union européenne, les prix du MWh, hors taxes et TTC, pour les usages industriels d’une part et domestiques de l’autre. Le dernier en date, disponible sur internet, donne les valeurs du second semestre 2011. Le Mémento de 2013 n’est pas encore disponible.

Les chiffrent parlent : concernant le prix hors taxes de l’électricité à usage domestique, EDF occupe la 6e place, et la 7e pour le TTC. On notera que la moyenne européenne donnée en référence n’est pas celle des prix mais celle obtenue en tenant compte de la production de chaque pays. Le placement d’EDF y trouve un petit avantage qualitatif puisque le prix HT –101,7 €/MWh– n’est pas à comparer avec 127,7 mais avec 131,0. L’opération est encore plus favorable au prix TTC d’EDF : 142 €/MWh face à 184 au lieu de 165.

Concernant les prix industriels, les idées fausses colportées par des noms prestigieux (comme Jean-Louis Beffa) sont aussi battues en brèche. On a pu entendre ainsi qu’EDF jouerait contre la compétitivité de l’industrie française en lui imposant des prix supérieurs à ceux que subissent ses principales concurrentes européennes, allemande notamment. C’est tout simplement faux. EDF, sous pression du gouvernement, fait le forcing pour accorder des prix bas. Par exemple, le prix TTC du MWh EDF à usage industriel vaut 81 € contre 124 € en Allemagne, 93 au Danemark, 167 en Italie.

Car ici en France, le prix de l’électricité ne résulte pas d’un calcul économique, mais d’exigences politiques. Le prix facturé est notablement trop bas, ce qui plombe les finances du monopole national. Ainsi, le prix HT à usage domestique valait 90,5 €/MWh en 2005 (moyenne européenne : 90,3 €/MWh), ce qui mettait EDF au 14e rang (mais c’était déjà l’électricité la moins chère de l’Union, bien entendu !).

En 2009, ce prix était resté quasi inchangé, 92,6 €/MWh, alors que la moyenne européenne avait bondi à 118,2 €/MWh, et, mécaniquement, EDF avait gagné 8 places dans le classement, position conservée à ce jour. Le PDG Pierre Gadonneix avait alors, le 17 juin 2009, demandé publiquement, donc imprudemment, une augmentation des tarifs. Il fut très logiquement remplacé par Henri Proglio fin septembre de la même année.

Débats sur la transition énergétique obligent, garder autant que possible au frigo toute analyse économique démontrant l’absolue nécessité d’une augmentation considérable du prix de vente du produit.

Revenons à la seconde partie de la déclaration d’H. Proglio à propos de la performance d’EDF : « Aujourd’hui, nos prix sont inférieurs de 35 % à la moyenne européenne. Avec l’Allemagne, l’écart est de un à deux. »

Le premier chiffre est surévalué, et de beaucoup : 15% pour l’électricité domestique et 28% pour l’électricité industrielle. En revanche, c’est presque vrai en valeur TTC par rapport à l’Allemagne : 142 €/MWh contre 253, pour les usages domestiques. C’est plus que vrai face au Danemark, pays dépourvu de toute ressource énergétique, sinon renouvelables, qui facture aux usagers 298 €/MWh ! Mais ce que nos hagiographes électriques omettent de remarquer ne manque pas d’une certaine importance, notamment :

1. les taxes pèsent 29,1% en France, 45% en Allemagne et… 56% au Danemark dans le prix TTC du courant à usage domestique. Il s’agit donc d’une taxation incitant, ici au gaspillage de l’électricité (ce qui rend la transition énergétique quasi impossible dans le domaine de l’électricité), là-bas à un usage raisonné. Les évolutions structurelles divergentes des consommations des ménages traduisent ces choix fiscaux opposés.

2. Bizarrement, cette électricité chère ne nuit pas au dynamisme économique et aux performances commerciales de ces pays malheureux de ne pas jouir d’une électricité aussi bon marché que celle distribuée chez nous.

Last but not least, le chiffre d’affaires d’Areva tourne autour de 10 milliards d’euros par an, soit moins que les exportations de fromages et de vins du pays. Soyons indulgent, ne mentionnons pas en plus la contribution au commerce extérieur du fleuron industriel tant choyé par nos élites. Tout ce petit monde y perdrait en crédibilité. Il faut préserver la force du mythe !

Un Iphone consommerait plus d’énergie qu’un réfrigérateur Big Browser Reporterre 2013/08/28 Big Browser (28 août 2013) Un Iphone consommerait plus d’énergie qu’un réfrigérateur. Reporterre. fr

Un Iphone consommerait plus d’énergie qu’un réfrigérateur

« Intelligent », le téléphone, mais gros consommateur d’énergie. Tout comme l’ensemble des « technologies de l’information », qui absorberaient 10 % de l’électricité mondiale, selon une étude de l’industrie charbonnière aux Etats-Unis.

En matière de consommation d’électricité, ce n’est généralement pas aux TIC (technologies de l’information et de la communication) que l’on pense quand il s’agit d’augmenter son efficacité énergétique et de réduire son empreinte carbone. Passant relativement inaperçu, ce secteur est pourtant dévorateur, comme le montre un rapport intitulé The cloud begins with cloud (« Internet commence avec le charbon »), écrit par Mark Mills, PDG du Digital Power Group, un cabinet de conseil en énergie et technologies.

Le rapport, financé par l’Association nationale des mines et la Coalition américaine pour une électricité au charbon propre, vise à montrer que cette industrie florissante exigera une production accrue d’énergie pour bénéficier de ses progrès – énergie issue du charbon, bien sûr, première source d’électricité actuellement aux Etats-Unis. Mais plusieurs médias, comme le Time, se sont surtout intéressés aux informations qu’il livre, au passage, sur la consommation des TIC.

Le document, qui ne lésine pas sur les comparaisons, explique ainsi qu’un iPhone consomme davantage d’électricité qu’un réfrigérateur – 361 kiloWatt-heure [kW-h] par an en moyenne, contre 322 kW-h – en tenant compte des besoins en énergie de sa batterie, du wifi, ou encore des téléchargements et échanges de données (les calculs ne prennent pas en compte, à l’inverse, l’énergie consommée pour produire les aliments stockés dans son réfrigérateur).

Plus globalement, les TIC pèsent, avec 1 500 teraWatt-heure d’électricité consommée par an, pour 10 % de la production mondiale. Soit la production de l’Allemagne et du Japon. Ou, dit encore autrement, l’électricité qui a permis d’éclairer toute la planète en 1985. « On utilise déjà 50 % d’énergie de plus pour faire circuler des octets que pour déplacer tous les avions du monde », rapporte aussi le Time.

Or, face à ce monstre énergivore, les marges de manœuvre sont encore réduites, estime le magazine américain. Car il est plus facile d’augmenter l’efficacité énergétique d’une ampoule ou d’un climatiseur sans en perdre les bénéfices, que celle des appareils informatiques, dont le propre est de tourner en continu. « Des ordinateurs des salles de trading aux centres de données massifs en passant par votre iPhone, il n’y a pas de pause », note le Time.

Sans compter une consommation qui va continuer à croître, du fait d’appareils toujours plus puissants, toujours plus variés, et qui utilisent de plus en plus des technologies sans fil (en wifi ou 3G), plus énergivores. Ainsi, télécharger en streaming un film en haute définition avec un réseau sans fil consomme davantage que de fabriquer et transporter un DVD du même film. Et le nombre d’utilisateurs de ces appareils connectés, qui se sont multipliés par vingt en cinq ans, dépasseront selon le Time le milliard de personnes en 2014.

L’incendie du parc Yosemite, en Californie, continue de s’étendre lalibre.be Reporterre 2013/08/29 lalibre.be (29 août 2013) L’incendie du parc Yosemite, en Californie, continue de s’étendre. Reporterre. fr

L’incendie du parc Yosemite, en Californie, continue de s’étendre

Le feu s’étend sur une surface égale à celle de la ville de Chicago. Il menace les séquoias géants d’un des plus célèbres parcs naturels des Etats-Unis.

L’incendie qui menace le très touristique parc de Yosemite en Californie continuait mercredi 28 août de s’étendre malgré les efforts de plus de 4 000 pompiers pour tenter de le contenir, selon les autorités. De la cendre s’accumule toujours à la surface du réservoir Hetch Hetchy, qui alimente en eau potable 2,6 millions d’habitants de la baie de San Francisco, et est situé à 320 kilomètres à l’est de la ville.

Mais la qualité de l’eau n’a pour l’heure pas été affectée, ont souligné les autorités.

L’incendie, baptisé « Rim Fire », a été classé mardi 27 août comme le 7e plus important qu’ait jamais connu la Californie. Il a déjà ravagé 76 000 hectares, une surface plus importante par exemple que la ville de Chicago, selon le département des forêts et de la protection contre les incendies en Californie. « La progression rapide du feu est toujours plus importante que les efforts des pompiers pour l’éteindre », selon les pompiers qui évoquent des conditions « extrêmes ».

L’incendie, qui s’est déclaré le 17 août, n’est maîtrisé qu’à hauteur de 23%, contre 20% mardi. Au total, 4 191 pompiers sont à pied d’oeuvre, employant notamment des bulldozers et des avions pour contrer les flammes.

Mercredi soir, deux routes seulement étaient ouvertes pour accéder à la vallée de Yosemite. L’incendie, dont les flammes restent distantes d’environ 25 km du centre du parc et de ses célèbres formations rocheuses du Half Dome et de El Capitan, menace aussi les séquoias géants du parc, qui sont parmi les plus grands et plus anciens organismes vivants sur Terre.

Aucun décès ni aucun blessé n’ont été rapportés, même si le feu a détruit au moins 111 bâtiments, dont 31 maisons. Plus de 5.500 bâtiments, dont 4.500 maisons d’habitation, sont toujours menacées.

En Suède, la taxe carbone favorise la prospérité de l’économie Amélie Mougey (Terra Eco) Reporterre 2013/08/29 Amélie Mougey (Terra Eco) (29 août 2013) En Suède, la taxe carbone favorise la prospérité de l’économie. Reporterre. fr

En Suède, la taxe carbone favorise la prospérité de l’économie

En Suède, la taxe sur les émissions de gaz carbonique existe depuis 1991. Et s’est enracinée comme un outil essentiel de la bonne santé du pays. « L’esprit du système fiscal suédois explique le chercheur Luis Mundaca, c’est de taxer ce qui est négatif, c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre, plutôt que ce qui est positif, comme les petites économies ou le travail. »

Fini les débats sur la taxe carbone, place désormais à la « contribution énergie climat ». Jeudi 22 août, le ministre de l’Ecologie Philippe Martin a annoncé un impôt environnemental rebaptisé. Ses contours sont encore flous et de nombreux débats seront menés sur son application concrète.

En Europe, neuf pays et régions ont déjà adopté ce type de fiscalité. La Suède, elle, a franchi le pas dès 1991 (dossier en pdf). Les prix des combustibles fossiles dans l’industrie, pour le chauffage résidentiel et les transports, se sont alors alourdis proportionnellement à leur implication dans la pollution atmosphérique.

Quinze ans plus tard, la ministre des Finances suédoise se félicitait du résultat. « Les émissions de CO2 ont diminué de 9% alors que la Suède a connu une croissance économique de 48% », rapportait en 2009 Actu-environnement. Les années suivantes, la taxe – à sa création, fixée à 27 euros la tonne – a encore grimpé, mais l’enthousiasme n’est pas retombé. Le chercheur suédois Luis Mundaca, chef du département énergie et climat de l’université de Lund, détaille les raisons du succès.

Terra eco - La taxe carbone a t-elle fait baisser les émissions de gaz à effet de serre ?

Luis Mundaca - C’est évident. Pour le seul CO2 provenant de la combustion de carburant, les émissions ont diminué de plus de 15% entre 1990 et 2010. Bien sûr, l’intégralité de cette baisse ne peut pas être attribuée à la taxe carbone, d’autres mesures prises par le gouvernement suédois pour lutter contre les émissions de gaz a effet de serre ont joué. Mais le procédé a pesé.

D’une part, il a eu un effet dissuasif. Par exemple, aujourd’hui, quasiment plus personne ne se chauffe au fioul, ce qui a un impact considérable dans un pays nordique. Dans ce secteur, les bioénergies ont remplacé le gasoil et le charbon. Et puis même si le transport en général a été peu affecté par cette taxe, les ventes de voitures roulant à l’éthanol – non taxé – ont explosé.

D’autre part, cette taxe a contribué à l’émergence d’un système incitatif pour améliorer l’efficacité énergétique. En 2011, la taxe carbone a rapporté à l’Etat 70 milliards de couronnes suédoises (8 milliards d’euros), c’est 10% des recettes de l’Etat. Cette somme alimente le budget général mais est aussi reversée sous forme de subventions. Par exemple, quand un particulier réalise des travaux d’isolation, 50% du coût de la main-d’œuvre est pris en charge par l’Etat. Un vaste plan de rénovation des fenêtres a également été lancé. Lui aussi est largement subventionné.

La mesure a-t-elle ralenti l’économie du pays ?

Au contraire. Certaines industries, comme celle des énergies renouvelables, ont été stimulées. Dans le secteur des bioénergies, l’activité a plus que triplé. Le solaire et l’éolien ont aussi été développés, mais on peut encore progresser. Quant à l’ensemble de l’industrie suédoise, elle a finalement été peu touchée par la taxe. Jusqu’en janvier 2011, les entreprises déjà concernées par le marché des quotas carbone européens étaient épargnées par la taxe suédoise. Les autres ne paient que 30% (contrairement aux ménages qui la paient à 100%. Ainsi, en 2010, pour une tonne de CO2 émis, un ménage payait 109 euros, une entreprise 32,7, NDLR).

Les ménages subissent donc la quasi totalité de cette taxe ?

C’est vrai. Mais il faut garder à l’esprit que cette taxe est soumise au principe de neutralité fiscale : la quasi-totalité de la somme récoltée est réinjectée dans l’économie. Et finalement sur le budget des ménages, son impact est très faible. Je m’explique.

En parallèle à l’augmentation continue de la taxe, le gouvernement suédois a baissé d’autres impôts : ceux sur le revenu ou le capital. L’esprit de ce système fiscal, c’est de taxer ce qui est négatif, c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre, plutôt que ce qui est positif, comme les petites économies ou le travail. Et puis, en Suède, les gens font plutôt confiance au gouvernement pour réinvestir et redistribuer cet argent à bon escient. Selon moi, cela explique le consensus autour de cette taxe.

Pensez-vous que la Suède puisse aller encore plus loin ?

Oui. L’écart entre la fiscalité carbone de l’industrie et celle des ménages doit diminuer. La tâche est compliquée car en Suède comme partout, le lobbying industriel est puissant. Mais ce rééquilibrage avance. Les entreprises des secteurs non concernés par le marché carbone européen vont, à l’horizon 2015, payer 60% de la taxe carbone suédoise, contre 30% actuellement. Mais il ne faut pas voir dans cet impôt la recette miracle de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. D’autres instruments politiques doivent l’accompagner.

En Suède, les industries paient déjà des impôts en fonction de leur consommation d’énergie. En se tournant vers les bioénergies, elles bénéficient de déductions fiscales. Il ne s’agit pas tout à fait d’une taxe carbone mais c’est aussi une solution. L’important, c’est d’aboutir à une fiscalité écologique équilibrée.

Technocratie et grand commerce s’attaquent aux plantes simples Thierry Thevenin Reporterre 2013/08/29 Thierry Thevenin (29 août 2013) Technocratie et grand commerce s’attaquent aux plantes simples. Reporterre. Tribune — fr

Technocratie et grand commerce s’attaquent aux plantes simples

Un projet de liste de « simples » autorisés est en cours d’élaboration. Rédigée dans l’opacité, il privilégie les intérêts des firmes et écarte nombre de plantes aux vertus reconnues de longue date.

Un projet d’arrêté prévoyant une liste d’environ 500 espèces autorisées en tant que compléments alimentaires est en cours de négociation entre la DGCCF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et les industriels du secteur, via leur syndicat SYNADIET (Syndicat national des compléments alimentaires). Cette liste, consultable via le site de l’ITEIPMAI (Institut technique interprofessionnel des plantes à parfum, médicinales et aromatiques) est actuellement au stade de proposition et est soumise à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) pour être en principe adoptée cette année et proposée au niveau européen.

La proposition de liste est réputée couvrir l’ensemble des plantes utilisées en France en Europe en tant que compléments alimentaires. Sur les 547 plantes de la liste, que restera-t-il après le passage dans le filtre de l’ANSM ? Quoiqu’il en soit, les producteurs et les consommateurs n’ont été ni consultés ni associés à la démarche. Il serait parait-il trop tard pour adresser des suggestions ou des remarques, alors qu’on peut formuler plusieurs critiques.

En premier lieu cette liste est très restrictive et ne rend pas l’extraordinaire diversité des végétaux qui peuvent entrer dans le champ des compléments alimentaires. Cette liste est en fait peu ou prou le catalogue des espèces commercialisées par les membres de SYNADIET.

Des produits très populaires qui bénéficient aujourd’hui du statut de complément alimentaire risquent d’être ainsi exclus du marché. Les fameux élixirs floraux Rescue ou Star of Bethleem, appréciés et utilisés par des centaines de milliers de Français et d’Européens, ont été oubliés par les « experts ». Cette forme particulière de préparation ne présente pourtant aucun risque de toxicité au regard de la concentration extrêmement faible de matière active issue des plantes utilisées.

L’ingrédient principal de ces deux élixirs, l’ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum L.) ne figure pas dans la liste des espèces autorisées, pas plus que des espèces banales, comme le hêtre (Fagus sylvatica L.) ou la consoude officinale (Symphytum officinale L.). Ainsi, ce sont près d’une référence sur une qui risquent de se retrouver « hors-la-loi » dans la gamme de certains laboratoires. Les deux dernières espèces citées font ou ont pourtant pu faire l’objet d’usages alimentaires en Europe, parfois depuis des siècles.

En fait les experts de l’Union européenne ont sélectionné d’après les suggestions de SYNADIET un panel de végétaux européens, asiatiques, africains et américains qui forment une gamme mondialisée et lissée, soit seulement 547 plantes sur les 10, 20 ou 30 000 qui sont potentiellement concernées. Voilà une forme de culture internationale au rabais qui est ainsi entérinée pour devenir la norme.

Autre critique, la sélection des espèces est comme toujours uniquement centrée sur une approche pharmacologique. Sur les 547 espèces de la liste proposée, 229 auront des restrictions d’usage ou d’étiquetage ou devront faire l’objet de dosage de substance à surveiller . Certes, il est important au niveau de la sécurité du consommateur de laisser sur le marché des produits sûrs, mais ce principe de précaution est réducteur et à quelques effets pervers.

Il entraînera notamment une certaine tentation de « dénaturer » les plantes sauvages en les modifiant et en sélectionnant des souches horticoles qui puissent entrer dans le standard pharmacologique attendu. Par exemple, pour le Ginkgo biloba, la teneur en acide ginkgolique doit être inférieure à 5 ppm (parties par million) ou bien la Valériane officinale ne doit pas contenir de valélopriates. Ces composants sont présents naturellement dans ces plantes et n’ont jamais posé de problèmes en usage traditionnel, au vu du long recul d’usage dont elles ont fait l’objet.

Ces restrictions auront des effets négatifs : seuls les laboratoires assez puissants auront les moyens de vérifier et de financer les analyses de lots qui, de plus, devront être suffisamment importants pour en amortir le coût. Cette législation va pousser les industriels à rechercher des productions agro-industrielles standardisée et à refuser les petites productions locales qui seront exclues à cause de leur hétérogénité .

Alors qu’on adopte pour le médicament le principe de la balance bénéfice/risque, avec parfois une acceptation très grande du niveau de risque, on prétend atteindre le risque zéro en matière d’alimentation et de complément alimentaire, ce qui est parfaitement illusoire et même, reconnaissons le, quelque peu hypocrite.

Enfin cette approche pharmacologique ne prend pas en compte un aspect également très important : elle ne tient pas compte de la disponibilité de la ressource. A l’heure des grands discours et des grands débats sur la biodiversité, on continue de valider et de banaliser l’usage d’espèces traditionnellement utilisées mais notoirement surexploitées (quoique parfois protégées) dans différentes régions du monde. Le lycopode en massue (Lycopodium clavatum L.) , l’harpagothyton (Harpagophytum procumbens (Burch.) DC.) , l’immortelle des sables (Helichrysum arenarium (L.) Moench ), le nard de l’Himalaya (Nardostachys jatamansi (D. Don) DC. ), le prunier d’Afrique (Prunus africana (Hook. f.) Kalkman) en sont quelques exemples.

Lycopode en massue

On pourrait à coup sûr trouver des alternatives dans la flore banale ou au minimum préciser dans cette liste l’obligation d’une origine cultivée pour ces espèces en danger. Ceci est préoccupant car, les procédures de mise sur le marché des compléments alimentaires étant relativement légères par rapport à celles exigées pour le médicament, le marché des compléments alimentaires est très dynamique et très « gourmand » au niveau de la ressource. Pourtant les formes commerciales proposées sont souvent bien plus onéreuses que la forme traditionnelle (tisane) à masse de plante égale pour une efficacité bien souvent sensiblement similaire. Par exemple, la même prêle des champs bio qui coûterait entre 80 et 180 euros/kg sous forme de tisane prête à consommer peut coûter 250, 300 ou même plus de 500 euros/kg sous forme de gélule, d’extrait ou de comprimé, etc.

Malgré cela, ces formes ont beaucoup de succès car il faut reconnaître que leur facilité de mise en oeuvre est très adaptée au mode de vie urbain dominant, aussi, tous les acteurs économiques du secteur, laboratoires pharmaceutiques et pharmaciens en premier lieu, font des profits très substantiels.

Cette future liste des plantes utilisables en compléments alimentaires dans l’UE pose la question du choix des experts, et des modes de fonctionnement des agences.

Il faut vraiment que les discours politiques qui prônent volontiers la transparence, l’ouverture ne restent pas que des mots. Les commissions d’experts doivent être élargies à d’autres disciplines, professions et usagers. De même, il faut vraiment accepter de sortir de ce paradigme du risque-zéro dont la réalité est théorique et qui totalement déresponsabilisant et contre-productif. La vraie sécurité passe par l’information et l’éducation du consommateur.

Les plantes, qu’on leur donne l’étiquette de complément alimentaire ou non, sont une richesse patrimoniale inestimable dont l’évaluation ou les orientations politiques doivent rester l’affaire de tous.

La ville américaine qui vit sans voiture depuis 1898 CarFree Reporterre 2013/08/29 CarFree (29 août 2013) La ville américaine qui vit sans voiture depuis 1898. Reporterre. fr

La ville américaine qui vit sans voiture depuis 1898

Aux États-Unis, le pays par excellence de la voiture, il existe encore une ville qui résiste à l’automobile et qui n’a toujours pas levé son interdiction depuis 1898. Il s’agit de la ville de Mackinac située sur l’île du même nom dans l’État du Michigan.

Lorsque les premières voitures automobiles sont arrivées sur la scène mondiale à la fin du 19e siècle, peu de personnes auraient alors imaginé qu’elles allaient conquérir le monde. En fait, certaines villes ont trouvé le bruit et les gaz d’échappement de ces nouvelles « voitures sans chevaux » si rebutants que les premières voitures ont même été interdites dans certains endroits.

Entre temps, bien sûr, les restrictions ont été levées et la voiture est vite devenue omniprésente à travers le pays – mais il y a encore un endroit aux États-Unis, qui n’a pas encore changé d’avis. Bienvenue sur l’île de Mackinac, où les voitures sont interdites depuis 1898.

Située juste au large du Michigan, dans le lac Huron, l’île de Mackinac et sa ville éponyme ont longtemps été un lieu de prédilection pour les escapades relaxantes. Ainsi, lorsque les voitures ont commencé à arriver, beaucoup plus bruyantes, crachant de la fumée, il est vite devenu évident pour les habitants de l’île que cette nouvelle invention n’était pas pour eux.

Un résident de l’époque appelait d’ailleurs ces voitures des « monstres mécaniques », ce qui n’apparaît pas comme une critique spécialement élogieuse.

Naturellement, en 1898, le conseil du village de Mackinac décide alors d’interdire les voitures avant que ces monstres n’assaillent leur île.

Une telle législation peut sembler étrange et un peu vieux jeu, mais sur Mackinac, elle n’a pas encore été abrogée. Alors, quelle est la vie dans un endroit où l’une des inventions les plus révolutionnaires de l’histoire a été proscrite ? Eh bien, c’est très agréable, en fait.

Bien que la petite île est la résidence permanente de seulement 500 personnes, en été ce nombre grossit jusqu’à 15.000 personnes. Mis à part deux véhicules ambulanciers, il n’y a toujours aucune voiture. Les déplacements sur Mackinac se font à pied, avec des chariots tirés par des chevaux et à bicyclette, ce qui contraste agréablement avec la société du tout-voiture située en-dehors de l’île de Mackinac.

« L’air est plus propre et les accidents sont moins nombreux », écrit Jeff Potter, qui a publié un article sur l’île de Mackinac : « Les habitants de l’île sont en meilleure santé grâce à l’exercice. Il y a un égalitarisme important puisque tout le monde se déplace de la même façon. Ils économisent aussi une énorme quantité d’argent. »

Et pourtant, se déplacer sur l’île est un jeu d’enfant. Mackinac abrite d’ailleurs la seule route d’État du pays sans voitures, la M-185 offrant un accès facile à ses 13 kilomètres de côte, débarrassés des parkings ou autres stations d’essence.

Les visiteurs de l’île décrivent leur expérience comme s’ils remontaient dans le temps, avant le vacarme constant de la circulation et les gaz d’échappement caractérisant la vie quotidienne en Amérique.

Mais plus qu’un simple vestige du passé, peut-être que l’île de Mackinac nous offre plutôt un aperçu d’une autre histoire, celle d’une vie sans voitures avant que les monstres mécaniques nous aient si bien apprivoisés.

Suspense... Reporterre 2013/08/31 (31 août 2013) Suspense.... Reporterre. fr

Suspense...

Des bruits incroyables circulent sur internet, il paraitrait que... oh, c’est trop horrible... Reporterre dit tout lundi 2 septembre

Le journaliste Hervé Kempf quitte Le Monde pour Reporterre : il s’explique ici

OGM : la démocratie est en danger Inf’OGM Reporterre 2013/08/31 Inf’OGM (31 août 2013) OGM : la démocratie est en danger. Reporterre. Tribune — fr

OGM : la démocratie est en danger

Une grenouille mise dans l’eau chaude saute et se sauve. Une grenouille mise dans l’eau froide et chauffée progressivement se laisse cuire. La démocratie en est à un degré de cuisson proche de l’irréversible.

Les organisations signataires du présent article sont concernées au cœur même de leurs activités par les biotechnologies et notamment les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). C’est donc ce domaine-là qui sera pris comme exemple, à partir du récent vote des États membres de l’Union européenne sur le maïs génétiquement modifié SmartStax® [2] et le pollen du MON810, mais nos remarques et conclusions peuvent être facilement étendues à l’ensemble des nouvelles technologies.

En effet, les innovations techniques sont tellement nombreuses et arrivent à un rythme tellement effréné, demandant des connaissances tellement pointues, que les citoyens, dont la vie et celle de leurs descendants sont profondément affectées par ces innovations, ne peuvent en prendre connaissance que via des experts, qui sont ceux-là mêmes qui produisent ces innovations (ou en tout cas qui sont dans le même moule).

En plus de la complexité technique du sujet (le SmartStax® est un maïs à empilage dans lequel on a introduit huit transgènes, dont le Cry1A105, qui est lui-même une synthèse réalisée à partir de plusieurs gènes bactériens, etc.), le cadre règlementaire - national et européen - qui les concerne et les procédures d’autorisation de mise sur le marché, sont d’une opacité redoutable, impliquant en outre de connaître le contexte des accords internationaux, dont l’OMC.

L’industrie de la semence a, elle, les moyens financiers et humains nécessaires et sait mettre à profit, à son profit, cette opacité. Ainsi, différentes combinaisons de transgènes présents dans le SmartStax® vont être autorisées par la Commission européenne, malgré l’opposition réitérée du gouvernement français, SANS JAMAIS AVOIR ÉTÉ ÉVALUÉES, ceci au nez et à la barbe des citoyens européens, qui ne sont pas prêts de comprendre ce tour de passe-passe et qui devront, très bientôt, consommer ce maïs dont ils ne savent rien et qui leur est imposé par l’industrie semencière via la Commission européenne.

En plus de cette complexité technique, il y a plus grave encore. En cette période de repos estival où la chaleur du sable l’emporte sur tout autre sujet, la barrière de protection mise par les gouvernements français successifs contre la culture du maïs MON810 (seul maïs GM autorisé à la culture en Europe) va probablement tomber. Cet exemple est particulièrement instructif.

L’industrie a décidé que les OGM seraient évalués (ce qui n’allait pas de soi lors de l’administration Reagan) et a au moins en partie écrit les procédures de cette évaluation dans le droit international [3]. Il résulte de cela que la question des OGM est réduite à la partie strictement technique, alors même qu’il s’agit d’une question de société. La contestation du bien-fondé d’une autorisation se trouve donc obligatoirement formulée en termes techniques, appuyés par des données scientifiques.

Ainsi, pour pouvoir prendre un moratoire interdisant la culture en France du MON810 autorisé par la Commission européenne, le gouvernement français DOIT limiter son argumentaire à des éléments techniques, montrant un risque grave pour la santé et l’environnement. Non seulement le citoyen est privé de fait de son droit à la démocratie, mais les gouvernements eux-mêmes sont privés de leur exercice politique par les firmes semencières !

Que l’apiculture, une profession déjà gravement atteinte par les excès de l’agriculture industrielle, se voit encore fragilisée par l’introduction du maïs MON810 en France, que l’agriculture biologique, enfin reconnue, se trouve devant une difficulté quasi insurmontable [4], que les semences paysannes de maïs, considérées comme devant être préservées, comme l’ont justement souligné deux recommandations du Haut Conseil des Biotechnologies (sur la co-existence et sur la propriété industrielle), ne puissent perdurer tout cela est parfaitement inopérant, car décrété hors sujet par les producteurs d’OGM.

Un gouvernement a-t-il le droit de s’engager dans une politique agricole ? A-t-il le droit de décider d’encourager la baisse de l’usage des pesticides et de souhaiter ralentir la destruction des sols en incitant aux rotations longues (le MON810, par la solution de facilité à court terme qu’il apporte, va à l’encontre de l’effort nécessaire pour l’adoption de pratiques durables) ? Un gouvernement a-t-il le droit de songer à l’indépendance de son pays en matière d’alimentation alors même qu’il constate la concentration du pouvoir alimentaire entre les mains de quelques multinationales ? Un gouvernement a-t-il le droit, finalement, de faire de la politique ?

En matière agricole, excusez du peu, la réponse est non : les règles sont fixées par l’industrie, elles sont incompréhensibles par le citoyen, elles emprisonnent les politiques, et la justice, bien malgré elle, devient une arme au service d’intérêts particuliers.

Ce schéma général est le même pour l’ensemble des technologies émergentes, qui ne sont pas seulement un problème technique, mais bien surtout un problème DÉMOCRATIQUE. Reste la réponse politique que chacun, quelle que soit sa place dans la société, peut donner en son âme et conscience.

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Notes

[1] Amis de la Terre, Confédération Paysanne, FNAB, FNE, GIET, Nature et Progrès, RSP, et UNAF

[2] Le 11 juillet 2013, les États membres n’ont pas atteint de majorité qualifiée pour ou contre une autorisation du maïs SmartStax et huit maïs « sous-combinés » de ce dernier. La Commission européenne est donc seule décisionnaire. Cf. Inf’OGM, « UE - OGM : Bientôt onze nouvelles autorisations pour Monsanto, dont une pour son maïs SmartStax ? », Eric MEUNIER, 11 juillet 2013

[3] L’histoire très instructive du fameux « test de résistance à la pepsine », décortiqué par Inf’OGM dans son ouvrage « Évaluation des OGM : l’expertise tourne le dos à la science » est caractéristique

[4] En Espagne, où le MON810 est autorisé et cultivé, le maïs biologique n’existe qu’à titre relictuel, loin des zones de grandes cultures

Festival de Bure Reporterre 2013/08/31 (31 août 2013) Festival de Bure. Reporterre. fr

Festival de Bure

Comme les hirondelles au printemps, le naturel au galop, et les gros billets dans la poche des indécis dans la région, il revient…

le (petit) festival contre la (grosse) poubelle nucléaire de Bure

du 30 août au 1er septembre à Bonnet (Meuse)

avec de l’info, des spectacles, du bon son, des discussions, et plein d’experts en blouses blanches !

Bref, de quoi nourrir le débat, mais pas dans les sales salles financées par l’Andra, ni avec la CNDP aux manettes (Commission de l’e-Nacceptable Dialogue avec les Pourris)…

… et évidemment de quoi s’organiser pour agir, sur tous les fronts et de toutes les façons : ateliers, assemblées et rencontres !

Attention ! N’oubliez pas vos tentes, le dortoir de la Maison de Bure n’accueillera que les artistes et intervenants (qui viennent -parfois- de loin pour jouer -toujours-bénévolement !)

Voir le programme complet

Gaz de schiste : le réalisateur de Gasland en France du 5 au 7 septembre Reporterre 2013/09/01 (1er septembre 2013 à 10h18,) Gaz de schiste : le réalisateur de Gasland en France du 5 au 7 septembre. Reporterre. fr

Gaz de schiste : le réalisateur de Gasland en France du 5 au 7 septembre

Josh Fox, le réalisateur de Gasland, viendra en Seine-et-Marne, en Ardèche et dans l’Hérault, du 5 au 7 septembre. Il vient présenter son nouveau documentaire, Gasland II.

Le film Gasland a été pour les collectifs français un outil majeur d’information, de sensibilisation et de mobilisation contre les gaz et pétrole de schiste. Son réalisateur, Josh Fox, figure emblématique de la lutte contre la fracturation hydraulique (anti fracking) en Amérique du Nord, sera en France du 5 au 7 septembre pour présenter son nouveau documentaire Gasland II en exclusivité.

Après une présentation en avant-première de son nouveau documentaire “Gasland II” au Parlement Européen le 04 septembre, Josh Fox se rendra à Jouarre (77) , à Villeneuve de Berg (07) et à Montpellier (34).

Dans chacune des étapes de ce rapide périple, il présentera son film, rencontrera les militants et sera disponible pour un point presse.

Sa visite en France se déroule de la manière suivante :

• le jeudi 5 septembre : Jouarre, en Seine et Marne, où la société Hess Oil est en train de forer un puits litigieux ! Projection/débat au théâtre de la Ferté-sous-Jouarre, à partir de 18h30.

• le vendredi 6 septembre : Villeneuve de Berg en Ardèche, qui est sur 3 permis dont celui du bassin d’Alès pour lequel un rassemblement aura lieu le 30 août à Nimes. Projection-débat à la salle polyvalente de Villeneuve de Berg à 20h00.

• le samedi 7 septembre : Montpellier dans l’Héraut, situé sur le permis de Nant et dans les environs du permis des Plaines du Languedoc. Projection/débat au cinéma Diagonal, rue de Verdun à 17h30.

Ces lieux hautement symboliques de la lutte ont participé à la prise de conscience qui a permis d’obtenir le vote de la loi du 13 juillet 2011, dite loi Jacob, interdisant la fracturation hydraulique.

L’avenir de cette loi est très incertain, le Conseil Constitutionnel devant se prononcer avant la mi-octobre sur la validité constitutionnelle de cette loi.

A Alençon, un atelier de recyclage de l’électroménager crée 39 emplois Ouest-France Reporterre 2013/09/02 Ouest-France (2 septembre 2013) A Alençon, un atelier de recyclage de l’électroménager crée 39 emplois. Reporterre. fr

A Alençon, un atelier de recyclage de l’électroménager crée 39 emplois

Créé il y a huit ans par d’anciens Moulinex, l’atelier d’insertion Revivre emploie une quarantaine de personnes. Le travail ne manque pas en cette période où l’on débarrasse un peu les maisons.

En cette fin août, les appareils électriques et électroménagers s’entassent dans les locaux de l’atelier d’insertion Revivre, 44, rue Ampère. Au grand bonheur de Claude Renault, président de cette association. « Pour nous, c’est une garantie de travail à venir. » Car Revivre, association créée en 2005 par d’anciens Moulinex, est une véritable entreprise qui emploie quatre salariés permanents et 35 personnes en contrat d’insertion auxquels il faut assurer du travail.

L’association récupère les appareils dans les déchetteries d’Alençon Nord, d’Arçonnay et de La Fresnaye ou directement auprès des particuliers et de l’administration. L’apport le plus important se fait en cette période de vacances où chacun fait du ménage. Réfrigérateurs, lave-linge, lave-vaisselle, ordinateurs, télés... sont arrivés en masse ces derniers temps à l’atelier.

« On répare ce que l’on peut, environ 10 % de ce qui nous arrive, pour le vendre directement à notre atelier au prix moyen de 100 € et garanti quatre mois. Tout le reste est démonté sur place au plus fin pour le valoriser au mieux auprès des entreprises de recyclage. »

Rigueur d’une entreprise

Voici deux ans, grâce à une machine conçue sur place, Revivre a mis en place une nouvelle activité, la dépollution des écrans de télévision. « Cela nous a permis de créer quatre à cinq postes supplémentaires. » L’acquisition récente d’un 19 tonnes permet aussi de former des personnes au métier de chauffeur routier.

L’association tient beaucoup à la notion d’entreprise. Chacun doit bien respecter les horaires de travail et le règlement intérieur. « On les aide en étant rigoureux. » Les contrats sont de six mois renouvelables pour une période maximale de deux ans. Ceux qui sont accueillis à Revivre n’ont pas tous la même histoire, la même capacité à travailler. Dans ce contexte économique difficile, l’insertion n’est pas toujours au bout.

« C’est très aléatoire, reconnaît Claude Renault, mais le fait de venir ici au moins six mois change les gens. Le travail les sociabilise. Quelque chose se passe. »

Certains démontrent de véritables talents dans la réparation et pour l’association, il est difficile de s’en séparer. « Parfois c’est agaçant. On met en place des choses et, patatras, la personne s’en va. Il faut tout reprendre à zéro. La situation n’est pas toujours confortable mais c’est notre raison d’être. »

Pour les bénévoles de l’association, la satisfaction vient de cette mission d’insertion doublée d’une contribution à la protection de l’environnement.

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Contact : Atelier Revivre, 44, rue Ampère à Alençon. Ouvert du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Renseignements au 02 33 28 48 76.

La méthode grecque Reporterre 2013/09/02 (2 septembre 2013) La méthode grecque. Reporterre. fr

La méthode grecque

Comment les Grecs vivent-ils la crise et inventent-ils les façons d’y survivre ? Ce livre de reportages apporte des réponses inspirantes.

- Recension par Ianic Marcil

Depuis le début de la grave crise que nous traversons, en 2008, de nombreux ouvrages en ont analysé les tenants et les aboutissants. Ont suivi, plus récemment, des réflexions sur la sortie de crise - à la fois sur l’urgence de transformer notre système économique (et social, et politique - voire moral) et sur les manières d’y arriver. Ce qui frappe l’esprit, dans plusieurs cas, c’est l’insistance de nombreux auteurs sur la nécessité de mettre de l’avant des réformes à petite échelle, dans les communautés et même dans nos comportements individuels, autant qu’au niveau macroscopique. Manifestement, l’époque n’est pas aux changements cosmétiques, à de simples ajustements des politiques publiques et des manières de faire actuelles, mais bien à des changements radicaux, sur tous les plans. La question est donc de savoir quelles réformes sont souhaitables au niveau des institutions et au niveau des communautés et des individus.

Car force est de constater que les institutions sont mises à mal depuis plusieurs années - dégradation que la crise n’a fait qu’amplifier. La journaliste française d’origine grecque Alexia Kefalas le démontre bien dans son livre-reportage Survivre à la crise : La méthode grecque. Le taux de chômage vertigineux (particulièrement chez les jeunes) et la hausse du nombre de suicides montrent à quel point la société grecque est mal en point, bien sûr, mais le sentiment partagé par une grande partie de la population qu’il n’y a aucune perspective positive pour l’avenir démontre que les institutions ne sont plus en mesure de générer la confiance en leur capacité à améliorer la situation. Face à cela les Grecs se bricolent des solutions pour s’en sortir.

Les coupures dans le système de santé - imposées par les règles d’austérité du FMI - sont à ce point drastiques que le président de l’Union des médecins d’un hôpital affirme : « C’est la guerre des lits ! Il n’y en a pas suffisamment. Des patients meurent parce que nous n’avons pas de quoi les soigner » (p.159). Pire : des patients, dévastés par la crise, n’ont plus les moyens de payer les frais médicaux.

Face à cela, une quarantaine de médecins font du bénévolat après leurs heures normales de travail et soignent gratuitement les malades les plus démunis - on les appelle les « Robins des bois de la santé ». Mais ils ne suffisent pas à la demande. Avant la crise, la Grèce était le pays européen qui comptait le moins de dépressions et de suicides. Depuis, c’est exactement l’inverse ; en un an seulement, le taux de suicide a cru de 45%. Le suicide d’un pharmacien, Dimitris Christoulas en avril 2012, a marqué les esprits partout en Europe. Avant de se donner la mort sur la place centrale d’Athènes, il aurait crié : « Je n’en peux plus, je ne veux pas laisser de dettes à mes enfants ! » Il a laissé une lettre, dans ses poches, dans laquelle il écrit : « Le gouvernement a réduit littéralement à néant mes possibilités de survie » (p.162).

Les mesures d’austérités imposées par le FMI, faisant de la Grèce le « premier laboratoire européen », selon les mots de A. Kefalas, ne sont donc pas que des décisions de bureaucrates du pouvoir politique néolibéral international et européen : elles sont, littéralement, meurtrières. Comment, dans ce contexte, les Grecs pourraient-ils avoir confiance envers leurs institutions politiques qui les ont livrées en pâture aux diktats du FMI et de l’Union européenne ?

Face à cela, une grande partie de la population se révolte, sabote les initiatives gouvernementales et contourne toutes les institutions. Et il ne s’agit pas là d’actes isolés de quelques excités radicaux - toute la classe moyenne paie et s’oppose aux institutions. Résultat : la détérioration du pouvoir de l’État s’amplifie davantage. Un des exemples les plus frappants : la Grèce n’a pas de cadastre, d’innombrables résidences sont construites illégalement. On estime que 70% des constructions sont illégales au pays. Les Grecs ont même inventé un mot pour désigner cette réalité : afthaireto, qui signifie illégal tout en étant légal (p. 81). Hors-là-loi, littéralement - en dehors de la loi, en marge des institutions.

Cette « marginalité institutionnelle » s’expérimente même là où on l’attend le moins. Au plus fort de la crise, en mars 2010, une jeune femme de Katerini, Anastasia Tsormpatzi, a décidé de créer des « soleils », une monnaie fictive remplaçant l’euro. Il s’agit en fait d’un système sophistiqué de troc. Depuis, une trentaine de villes ont créé leur monnaie locale. Bien plus qu’un réel système de survie, les « soleils » constituent un acte de protestation envers les institutions. Anastasia Tsormpatzi l’affirme sans ambages : « En Grèce, malheureusement, il n’y a plus de travail, plus d’argent et a fortiori plus d’euros. Nous n’accordons plus notre confiance à cette monnaie. Au moins, avec les soleils, on ne peut pas faire de spéculation, pas d’intérêt et pas de fuite dans les paradis fiscaux » (p.189). Pas de taxes payées à l’État, non plus. Ces gens ont décidé de vivre, littéralement encore une fois, hors-la-loi. Hors les institutions.

En revanche, ces mille initiatives reconstruisent, également, de nouvelles solidarités et de nouvelles institutions, en quelque sorte. Des institutions qu’on se bricole soi-même, des liens sociaux, sinon politiques, qu’on recrée, par nécessité et par protestation. S’agit-il là de la faillite morale et politique des institutions grecques, européennes, voire occidentales ? Bien malin serait celui qui pourrait l’affirmer.

L’ouvrage de A. Kefalas, cependant, montre clairement que la crise économique est d’abord la crise des institutions telles que nous les connaissons. Ce livre, reportage saisissant, se lit comme un avertissement : les conséquences terrifiantes de la crise en Grèce montrent que nul pays n’est à l’abri des effets dévastateurs des politiques d’austérité et, plus largement, de l’effondrement de la confiance envers les institutions et de la déliquescence des liens de solidarité qu’elles promettaient, il y a peu, de solidifier.

Ianik Marcil

- Survivre à la crise. La méthode grecque, Alexia Kefalas, éd. de La Martinière, 16,90 €, 208 p.

Adieu Le Monde, vive Reporterre Hervé Kempf Reporterre 2013/09/02 Hervé Kempf (2 septembre 2013) Adieu Le Monde, vive Reporterre. Reporterre. Édito — Libertés fr

Adieu Le Monde, vive Reporterre

Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ».

Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse : la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.

Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Ecologie.

Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.

On trouvera ci-après le récit des événements ouverts le 5 novembre 2012 et qui ont conduit à cette décision. Les lecteurs qui en auront le temps trouveront dans C’était un autre monde une présentation de mon travail antérieur dans ce journal qui éclairera le contexte de cette affaire.

Rappelons simplement quelques dates : - création du service Planète : octobre 2008 ; - création de la chronique Ecologie : février 2009 ; - prise de contrôle du Monde par MM. Bergé, Niel et Pigasse : juin 2010.

Notre Dame des Landes : il est interdit d’enquêter

J’ai suivi avec attention le dossier de Notre Dame des Landes depuis qu’en 2008, j’avais rencontré sur place des protagonistes du projet d’aéroport. J’y étais retourné en août 2009, enquêtant et présentant les arguments des uns et des autres, dans ce qui fut un des premiers articles de presse nationale abordant en détail le sujet.

Je gardais un oeil attentif sur ce dossier qui ne semblait pas vouloir s’apaiser. J’étais le journaliste qui publiait le plus d’articles sur ce sujet, comme en témoigne la base de données du Monde : sur les 155 articles ou brèves où apparaît l’expression « Notre-Dame-des-Landes » entre le 19 novembre 2005 et le 19 novembre 2012, 33 sont signés de moi, le deuxième auteur, Anne-Sophie Mercier, signant 14 articles, le correspondant local, Yan Gauchard, 10.

J’avertis, dans une chronique du 5 octobre 2011, que cette affaire serait délicate pour un gouvernement socialiste : « Il serait dommage qu’une éventuelle présidence socialiste s’ouvre par le spectacle de CRS évacuant des paysans et des écologistes pour faire couler le béton ». Mais ni M. Hollande, ni M. Ayrault, ne lisaient apparemment la chronique Ecologie.

En octobre 2012, des forces de police investissaient la zone de Notre Dame des Landes où est censé être construit un aéroport. Elles venaient déloger les quelques centaines de personnes qui s’y étaient progressivement installées durant les années précédentes.

Je consacrais trois chroniques aux événements, dont deux peuvent être qualifiées de « scoop » : le 14 octobre 2012, j’avertissais de l’imminence d’une intervention policière, qui se produisit le 16 octobre ; le 21 octobre, je montrais que l’affaire n’était pas locale, mais bien nationale ; le 3 novembre, je révélais que M. Hagelsteen, le préfet de Loire-Atlantique qui avait préparé l’appel d’offres que remporterait ultérieurement la compagnie Vinci, avait plus tard été embauché par cette entreprise.

Durant toute cette période, entre la mi-octobre et la mi-novembre, je m’étonnais de la réticence du journal à suivre cette affaire, alors même que le service Planète aurait dû plonger sur ces événements qui étaient alors le principal sujet de l’actualité environnementale. Sur place, dans la ZAD (Zone à défendre), les forces policières puissamment armées détruisaient maison après maison, noyant le bocage sous le gaz lacrymogène, mais rencontrant une résistance farouche des nouveaux habitants de la zone, des opposants de toujours et des paysans. Ces événements étaient quasiment tus par Le Monde. Le journal publiait cependant le 27 octobre, alors que le résistance se renforçait, un article étonnamment titré "Le ciel se dégage pour l’aéroport de Notre Dame des Landes". J’avais demandé dès le 16 à partir sur place en reportage, la chef de service me dit que ce n’était pas possible pour des raisons budgétaires.

Je traitais donc le sujet, tant bien que mal, par la chronique Ecologie. Je dus m’absenter une semaine, juste après avoir publié, le samedi 3 novembre, l’information sur l’évolution professionnelle du préfet Hagelsteen. Ce papier fit du bruit : il intervenait à un moment où l’action policière échouait décidément à réduire la résistance. Alors que ce qui devait être expédié en deux coups de cuiller à pot se transformait en guerilla, cette information, comme tant d’autres éléments du dossier, montrait que la cause si obstinément défendue par le premier ministre était fort discutable.

Dans les jours suivants, en mon absence, un collègue était enfin envoyé sur place. Je revins le 12 novembre. Une grande manifestation devait avoir lieu le 16 novembre, elle s’annonçait d’ampleur importante. Je demandais à y aller, ayant suivi le dossier depuis le début. La chef de service s’y opposa. Au terme de l’échange, nous convinmes d’en référer au directeur adjoint de la rédaction, Didier Pourquery. J’allais voir celui-ci une heure plus tard. Il me dit que, par ma chronique, mes livres, j’étais “trop marqué" et que je ne pouvais pas couvrir le sujet. J’objectais que mes livres n’avaient pas évoqué le sujet de Notre Dame des Landes, que les chroniques avaient "sorti" des informations exclusives et exactes sur ce dossier, que, par ailleurs, j’écrivais dans les autres pages du journal différemment que dans la chronique qui, par nature, adoptait un ton et un angle fortement marqués. Mais non, "moi, directeur de la rédaction, je décide que tu n’iras pas". Mais ne pourrais-je travailler avec un autre collègue ? Non. Faire au moins un papier "magazine" dans le supplément hebdomadaire du journal ? Non. Nous parlâmes assez longuement, mais la réponse était tranchée : je ne pouvais pas couvrir Notre Dame des Landes pour Le Monde, hors la chronique. Je n’obtins qu’une chose : pouvoir partir en reportage sur mon temps libre pour celle-ci et pouvoir le raconter sur Reporterre.

Il m’envoya en fin d’après-midi un courriel indiquant :

« Bonsoir, En effet Hervé tu as bien noté que je ne souhaite pas que tu suives ce dossier pour le journal (ni pour le M d’ailleurs). Et j’ai bien noté que tu irais sur le terrain en tant que Hervé Kempf chroniqueur ’engagé’. Tout est clair Merci Didier ».

Je répondis :

« J’irai sur le terrain en tant que journaliste. Je ferai mon travail, qui est de témoigner de mon époque, en relatant honnêtement un moment important de l’histoire du mouvement écologique. Dans le contexte actuel, le terme de chroniqueur ’engagé’ me paraît injurieux – à moins que l’on parle des ’éditorialistes engagés’ quand trois éditoriaux avalisent le Traité TSCG, ou de ’chroniqueur engagé’ à propos de notre camarade assurant la chronique Europe, aux vues très tranchées. J’en reste à ces exemples. »

Contre tous les usages, j’étais dessaisi sans raison valable d’un dossier que j’avais couvert et fait mûrir depuis le début. On me bloquait les reportages, mais aussi les enquêtes sur une affaire où les intérêts économiques paraissaient singulièrement tortueux. En m’interdisant de traiter ce sujet, en refusant de donner écho à ce que je pourrais voir ou trouver dans mes enquêtes, on assumait le fait que Le Monde ne creuserait pas le dossier de Notre Dame des Landes. C’était, de fait, une censure.

Que faire ? A court terme, préparer mon reportage (qui s’effectuerait à mes frais) et prendre rendez-vous avec Erik Izraelewicz, qui fut calé le lundi suivant. Je partis le jeudi pour Notre Dame des Landes. Dans l’espace confiné des 2 400 signes de la chronique, je restituais un constat essentiel de la lutte : les "zadistes" et les "historiques" ne s’étaient pas divisés, comme l’avait espéré le pouvoir, c’était au contraire leur alliance contre la répression qui avait fait échouer celle-ci (« Solidarité écologique »). Et sur Reporterre, je racontais ce que j’avais vu durant ces trois jours magnifiques. Dans un registre d’écriture propre au média, bien sûr, ce n’était pas le reportage que j’aurais écrit dans Le Monde.

La rencontre, lundi 19 novembre, avec Erik Izraelewicz, n’aboutit à rien. Nous discutâmes franchement, quoique calmement, car l’estime était, je crois, réciproque. Il me dit presque d’entrée de jeu qu’il soutenait sa direction. Il me reprocha l’accroche de mon reportage, en forme d’allégorie. Je lui répondis que c’était la réponse à la déloyauté du journal à mon égard. Il me dit que j’avais désobéi en allant à Notre Dame des Landes, à quoi je répondis que Didier Pourquery m’y avait autorisé. J’évoquais l’idée que le journal aurait pu subir des pressions à propos du traitement de ce dossier. Erik dit que c’était injurieux.

Plus tard, des indices concourrant me firent penser que l’hypothèse de pressions d’un propriétaire sur le journal à propos de Notre Dame des Landes était pensable. Ce sont des indices, pas des preuves. Je les publierai si cela parait nécessaire au public.

Mais mon propos n’est pas de savoir pourquoi la direction du Monde a bloqué mon travail de journaliste. S’il y a eu pression, elle devait y résister. S’il n’y en pas eu, elle devait me laisser travailler. Le journal aurait pu discuter des sujets, travailler les angles, m’associer un autre journaliste. Mais non : la direction ne discutait pas, elle interdisait. Le contrat de liberté qui fonde la légitimité de la presse était rompu.

Je ne lâchais pas le morceau. J’allais voir les uns et les autres, interrogeais le syndicat, faisais front face à l’agressivité de la hiérarchie. Nous avions convenu avec Erik Izraelewicz de nous revoir. J’appelais son secrétariat pour prendre rendez-vous. Sa secrétaire me dit, affolée, "Erik va mal, les pompiers sont dans son bureau". Le directeur du Monde décédait le soir même, 27 novembre.

Nous n’étions pas d’accord, mais je le respectais. C’était un homme droit, il écoutait.

La vie continua. L’affaire n’était pas close. Il me restait la chronique. Je continuais à travailler avec les moyens du bord. Le 2 décembre, m’appuyant sur le travail de contre-expertise des opposants au projet de Notre Dame des Landes, la chronique Ecologie montrait comment, dans l’enquête publique, l’Etat avait manipulé les chiffres pour présenter comme profitable le projet. J’étais coincé dans les 2 400 signes d’un article enfoui au fond du journal ? Rien n’interdisait de développer la démonstration sur internet. De nouveau, ce travail repris par d’autres sites, eut un réel écho.

Mais un journaliste ne peut pas enquêter durablement sur les sujets délicats si le média qui l’emploie ne le soutient pas. Il y faut du temps, quelques moyens, la discussion avec des collègues motivés, la force de la carte de visite. Je savais dans quelles directions il faut porter le regard, l’indiquais dans la chronique du 16 décembre ("Voici le programme") et notamment sur "le comportement des grandes firmes de génie civil et concessionnaires, à la puissance financière devenue énorme et qui, par des formules de type partenariat public privé, s’assurent la gestion d’opérations qui sont logiquement de la responsabilité publique. »

Je vis le directeur par intérim, Alain Frachon, le 5 décembre. Discussion intéressante, mais qui n’aboutit à rien : le fond du problème était nié. Dans une lettre qu’il m’écrivit le 17 décembre, il exprima le point de vue officiel de la direction : « Ce ne sont pas tes compétences qui sont en question, mais un problème d’image : nous tenons à ce que l’approche du journal reste aussi impavide que possible, tout particulièrement dans les pages Planète ».

A quoi je répondis : « Impavide, nous dit le dictionnaire, signifie ’qui n’éprouve ni ne manifeste aucune crainte, aucune peur’. De quoi le journal pourrait-il avoir peur ? En quoi mon travail de journaliste et de révélateur d’aspects dérangeants du dossier Notre Dame des Landes pourrait-il empêcher le journal de ne pas avoir peur ? »

Une réponse possible à cette question est que Le Monde avait peur de déplaire aux promoteurs du projet d’aéroport.

La fin

Je ne détaille pas les mois suivants, qui ont été pénibles. On voulait me transformer en coupable. Les événements prirent une telle tournure que le délégué du personnel me conseilla de consulter le médecin du travail, qui m’orienta vers une psychologue. J’allais bien, heureusement, même si le choc était rude. Je découvris alors que plusieurs de mes collègues étaient en dépression nerveuse, qu’une mission sur les risques psycho-sociaux était menée dans l’honorable journal, qu’une plainte pour harcèlement moral était engagée par une collègue.

En mars, une nouvelle directrice du Monde fut désignée par les actionnaires. Une de ses premières réformes fut de rétrograder le service Planète, pourtant bien peu remuant, en un pôle subordonné au service International. Le journal lançait une formule marquée par un cahier consacré à l’Economie et aux entreprises, signe de la ligne nouvelle, qui visait la clientèle des "responsables" et CSP +++.

Le Débat national sur la transition énergétique, peu traité par le journal, trouva soudain une vive expression, le 17 mai, sous la forme de quatre pages axées sur « la compétitivité des entreprises » et majoritairement rédigées par des journalistes économiques extérieurs à la rédaction. On expliquait que l’enjeu essentiel d’une nouvelle politique énergétique était la compétitivité des entreprises, que le gaz de schiste réveillait l’industrie américaine, que la politique énergétique allemande produisait maints effets pervers. Un colloque organisé par l’Association française des entreprises privées (les cent plus importantes) et le Cercle de l’Industrie (fondé naguère par Dominique Strauss-Kahn) avec Le Monde accompagnait cet exercice de communication, qui remerciait Alstom, Areva, GDF-Suez, Arkema, Lafarge, etc. Ces partenaires avaient-ils apporté 35.000 euros au journal pour prix de ces quatre pages, comme me l’indiqua un collègue bien placé pour le savoir ?

Le 18 juin, Le Monde organisait, avec l’Institut de l’entreprise, l’International summit of business think tanks (Sommet international des cabinets de réflexion sur les affaires), « avec le soutien de Deloitte et Vinci ». Pour préparer cet important événement, des entretiens avec des chefs d’entreprise furent publiés, le premier avec Xavier Huillard, président de Vinci.

L’environnement gênait. Plus que jamais, la chronique Ecologie divergeait des éditoriaux et des autres chroniques. Cela restait un espace de liberté, mais dans une atmosphère de plus en plus pesante.

En juin, une actualité, le décès de Pierre Mauroy, obligea à supprimer la page du journal du vendredi 7 qui comprenait la chronique Politique. La direction de la rédaction décida de déplacer cette page au lendemain samedi, et de supprimer de ce fait la chronique Ecologie qui devait paraitre ce jour. C’était un choix éditorial net, qui marquait quelle était la priorité. Pour la première fois depuis sa création, cette chronique était supprimée. On allait me conduire à une lente asphyxie. Nous échangeames des courriels, puis des lettres.

J’allais voir Louis Dreyfus, le président du directoire et directeur de la publication, et nous convinmes qu’une rupture conventionnelle de contrat était la solution idoine. J’étais libéré.

Le quotidien de l’écologie

Libéré... et chômeur. Dans toute cette lutte, je n’ai pas cherché à "voir ailleurs". Un média aura-t-il le désir de travailler avec un bon journaliste d’environnement, libre, produisant régulièrement des informations et des idées nouvelles, apprécié du public ? On verra. Le téléphone est ouvert.

Mais dans le secteur économique dévasté qu’est devenue la presse, et largement dominé par les intérêts capitalistes, le journalisme environnemental est relégué, de nouveau, à la position de cinquième roue du carosse, voire de gêneur. Ce qui compte, dans l’atmosphère délétère d’un système qui ne proclame la démocratie que pour mieux renforcer les logiques oligarchiques, c’est la croissance, l’économie, la production.

On ne peut plus feindre qu’il y aurait des journalistes "engagés" et d’autres qui seraient neutres. Derrière la bataille pour l’information se joue celle des priorités, et les choix de priorité renvoient à des visions différentes du monde. Le 11 juillet 2012, sur France Inter, Matthieu Pigasse, vice-président de la banque Lazard en Europe et co-propriétaire du journal Le Monde était interviewé - présenté, d’ailleurs, comme « engagé ». La vision de la crise par M. Pigasse était révélatrice. La question des inégalités et de la répartition des richesses n’était pas évoquée, comme si elle n’avait aucune part dans les difficultés. Et pour résoudre le problème de la dette, une seule solution : la croissance. « La mère de toutes les batailles est la croissance », selon M. Pigasse. Qu’il pourrait y avoir une tendance historique à la stagnation de la croissance économique dans les pays riches était hors sujet. Quant à l’idée d’écologie, elle était aussi absente de l’entretien que l’existence des Martiens.

Je ne reproche à personne cette vision des choses. Simplement, il en est une autre tout aussi légitime, et qui ne trouve pas sa place dans les médias : celle selon laquelle la crise écologique mondiale est le phénomène actuel essentiel, sur les plans historique, économique et géopolitique. Et que c’est autour de ce phénomène - qu’il faut mettre en relation avec l’inégalité record qui structure la majorité des sociétés nationales comme les rapports entre Nord et Sud, en relation aussi avec la lutte pour la démocratie qui anime tant de mouvements populaires à travers le monde -, c’est autour de cette question centrale que peut et doit s’orienter la hiérarchie de l’information.

Nous manquons de lieux où s’expose nettement cette problématique, où se présentent les informations et les reportages qui l’expriment, où l’on lise les débats et réflexions vigoureuses qu’appellent les nouvelles questions qui se posent, où les mouvements sociaux et les luttes "d’en bas" soient racontés, où les mille alternatives et solutions nouvelles que créent autant de citoyens qui savent que, oui, "un autre monde est possible" seront décrites, comme ailleurs, on relate les aventures des entreprises du CAC 40.

Eh bien, nous allons développer ce lieu nécessaire, ce "quotidien de l’écologie". C’est Reporterre.

Faiblesse de nos moyens face aux millions des oligarques qui contrôlent les médias. Nous ne sommes rien, ils sont tout. Mais nous avons ce que l’argent ne peut pas acheter : la conviction, l’enthousiasme, la liberté.

La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles IACAM Reporterre 2013/09/02 IACAM (2 septembre 2013) La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles. Reporterre. Énergie fr

La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles

La compagnie E.ON veut mettre en fonctionnement une grande centrale électrique à biomasse, à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône. Mais il faudra aller chercher loin le bois lui servant de combustible. La menace est forte d’industrialiser la forêt cévenole, dans le Gard et en Lozère, selon IACAM.

E.ON, entreprise allemande, 3e groupe mondial du secteur de la distribution d’énergie [1], a reçu l’autorisation de reconvertir la centrale thermique de Gardanne (Bouches-du-Rhône) en centrale à biomasse. Ce projet, largement soutenu par l’État au travers d’un contrat d’approvisionnement sur vingt ans, constitue le plus important en France dans le domaine de l’énergie biomasse à ce jour

Pour autant le gain énergétique, au regard de l’investissement pharaonique (230 millions d’euros pour E.ON [2]), n’est pas concluant [3] et le projet est contesté dans sa faisabilité [4]. Le fort soutien qu’apporte l’État à cette occasion s’explique par le souci de préserver des emplois sur le site de Gardanne, car E.ON avait affiché sa volonté de se séparer de toutes ses centrales thermiques en France [5] (cinq au total).

Plutôt que d’assumer socialement les conséquences de sa stratégie, et d’éventuellement re-déployer son personnel sur d’autres activités, l’entreprise envisageait des départs anticipés et licenciements - peu de reclassements. Rien de très étonnant : alors que son chiffre d’affaire a été multiplié par 420% [6] (120 milliards d’euros en 2012) en dix ans, le groupe s’est délesté de 20% de son personnel (soit 20 000 personnes) entre 2002 et 2006 [7] .

E.ON affiche aujourd’hui une volonté de promouvoir les énergies durables, ce qui n’a pas toujours été le cas : en 2008 le groupe était le second pollueur européen en terme d’émission de CO2.

L’entreprise s’est aussi rendue célèbre avec la deuxième plus grosse amende de l’histoire de l’U.E. en 2009 pour entente illicite (533 millions d’euros) : GDF et E.ON s’étaient entendus pour se partager la distribution du gaz russe en France et en Allemagne, en s’assurant que chacun ne viendrait pas piétiner les plate-bandes économiques de l’autre (en d’autres mots : pas de concurrence) [8].

La centrale à biomasse et ressources forestières

Pour faire fonctionner la centrale de Gardanne, qui doit être opérationnelle en 2014, E.ON a besoin de bois, de beaucoup de bois [9] : entre 800 000 et 1 million de tonnes annuelles. L’État a conditionné son aide à l’impératif de développer les filières bois régionales (dans un périmètre de 400km), et dans un premier temps, 50% de l’approvisionnement en bois doit provenir des régions voisines.

E.ON affiche que son projet consommera principalement des déchets verts, des résidus de plans DFCI, et des bois inutilisables à d’autres fins. En vérité, le bois de coupe représente plus de 80% du combustible biomasse et le groupe a un besoin primordial de ressources forestières, c’est-à-dire d’aller chercher du bois sur pied dans les forêts.

Au démarrage du projet donc, et selon les estimations d’E.ON, 50% de la ressource forestière nécessaire sera issue de l’importation de bois venant de l’étranger - où des forêts seront abattues pour être brûlées à Gardanne. Les 50% restants, soit 311 000 tonnes, vont être recherchées principalement dans les régions PACA, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. À l’horizon 2025, 100% de la ressource en bois devra être approvisionnée localement, soit 450 000 tonnes d’après E.ON. Et la châtaigneraie cévenole ?

C’est donc dans le but de présenter ce projet à certains acteurs clés, institutionnels et économiques, des Cévennes gardoises et lozériennes, qu’E.ON est venu le 25 mars dernier à St Hyppolite du Fort (Gard).

E.ON a défini à cette occasion le sud-Lozère, le nord d’Alès, le pays Vigannais et la région d’Anduze-Quissac, comme « Zone d’Approvisionnement Prioritaire (ZAP) » de la centrale de Gardanne.

Parmi les essences forestières convoitées, le châtaignier se situe en tête de liste. En effet, de par son fort rendement calorifique, sa combustion générant peu d’encrassement, et sa forte représentation dans les espaces forestiers (1/3 de la forêt en basses Cévennes, soit 25 000ha [10]), le châtaignier représente une ressource attractive pour une centrale à biomasse.

Ainsi, selon les zones citées précédemment, les prévisions de quantité de bois à prélever varient entre 1 000-7 000 tonnes/an (fourchette basse) et 7 000-11 000 tonnes/an (fourchette haute). Toutefois, rien ne garantit que ces chiffres soient réalistes et, selon les opportunités, les quantités pourraient être nettement supérieures.

Ce que propose E.ON

L’entreprise ne prévoit pas de venir exploiter le bois directement, elle a ainsi besoin de sous- traitants pour négocier avec les propriétaires de parcelles boisées, effectuer les coupes, transformer, conditionner, stocker, et transporter le bois. E.ON incite donc les exploitants privés des Cévennes gardoises et lozériennes à s’équiper en prévision d’une exploitation industrielle du bois, et notamment de la châtaigneraie.

À cet effet, E.ON propose un appui à la recherche de financements permettant « l’innovation » : « araignées » forestières, ponts mobiles pour franchir des rivières, « mini-grumiers » et autres engins d’abattage [11] ... l’attirail laisse rêveur quand on pense au patrimoine naturel préservé que représente actuellement les forêts cévenoles.

Ainsi les prestataires locaux seront amenés à faire des propositions à E.ON, et iront de leur côté démarcher les propriétaires forestiers. E.ON achètera le bois exploité non au tonnage ou au m3, mais au KW/h estimé.

Une opération « sous-marin » aux conséquences indéterminées

On peut en premier lieu s’étonner du silence dans lequel se déroule ce projet, dont les appels d’offres aux prestataires ont pourtant commencé en mai 2013.

E.ON a fait savoir lors de sa présentation qu’elle préviendrait les collectivités locales, mais les élus ne semblent absolument pas avertis du projet. Pas plus que les services de l’État : la DDT Lozère a appris le projet par voie indirecte.

Quelles seront les conséquences de la mise en route d’un tel projet pour la Région ? Personne ne peut le dire, surtout pas E.ON qui n’a mené aucune étude à ce sujet, comme le précise la Direction Régionale Environnement Aménagement Logement (DREAL) - PACA : « concernant l’approvisionnement en combustible biomasse (...), il requiert la prise en compte de l’évaluation des effets environnementaux indirects, inhérents à ces exploitations. Il en va notamment des effets attendus sur le paysage et la biodiversité, ce qui n’est pas évalué ni analysé dans ce dossier (ndlr : le dossier du projet fourni par E.ON). » [12]

Enfin, si l’entreprise clame haut et fort la « durabilité » de ses actions, elle ne fait pas mention d’une quelconque stratégie en la matière : aucune incitation à la gestion durable des coupes, aucun projet de plantation après-coupe.

Pas plus que des impacts environnementaux et paysagers, E.ON ne fait guère cas de l’aspect patrimonial de la châtaigneraie. C’est sans doute ce qui l’amène à mentionner, en toute lucidité, parmi les difficultés identifiées : « perception initiale négative de notre projet ». Perception toute relative cependant, étant donnée la totale opacité de l’action et le cercle restreint d’acteurs informés.

Cette tentative de main-mise sur une ressource essentielle du territoire, par voie intermédiaire, ne joue pas en faveur d’E.ON : pourquoi une telle discrétion ? Sans doute parce que le projet d’exploitation aura bien des conséquences néfastes pour nos territoires.

La gestion de la forêt : un enjeu public

À l’échelle des territoires décrits et au vu de l’impact pressenti du projet, la gestion de la forêt ne saurait se résumer à une somme de contractualisations privées entre exploitants et propriétaires forestiers. Ce mode de fonctionnement amènerait nécessairement à une exploitation anarchique, au cas par cas, avec des impacts néfastes pour les paysages et la biodiversité, dont nous sommes fortement dépendants en terme de ressource économique (agriculture, sylviculture, tourisme).

C’est d’ailleurs en bonne conscience de cet impératif que ce sont déployées les Chartes Forestières de Territoire dans les Pays Cévennes, la région du mont Aigoual, et aujourd’hui le Pays Gorges-Causses-Cévennes [13]. Ces démarches visent à mettre en place une gestion concertée et éclairée de la forêt : comment envisager une exploitation durable qui préserve une forêt riche en biodiversité ? Quelle limite pour l’exploitation forestière sur des territoires fortement dépendants de leur qualité environnementale ? Quelle valorisation optimum de la production de bois sur les territoires (bois-énergie, bois d’œuvre) ?

Toutes ces questions méritent un débat public, et des décisions politiques adéquates, car la forêt est un enjeu qui nous concerne tous. La gestion de la forêt ne saurait être déterminée par les seules opportunités économiques, à l’insu de la population, qui à terme en subira les conséquences [14].

Les impacts d’une exploitation industrielle

- Dégradation environnementale et paysagère

Rappelons dans un premier temps que la « zone d’approvisionnement prioritaire » définie par E.ON comporte au moins quatre zones classées Natura2000, s’étend en partie sur la zone du Parc National des Cévennes, et sur des territoires « Réserves de Biosphère » et « Patrimoine mondial de l’Humanité » classés par l’UNESCO.

On peut en être certain, au regard de la stratégie d’E.ON exposée plus haut : rien n’a été prévu pour une approche environnementale, concertée, ou même soi-disant durable, de l’exploitation de la forêt. Ainsi la contractualisation au cas par cas entre propriétaires et exploitants donnera lieu à des trouées forestières anarchiques, des coupes à blanc ici et là.

On sait bien aujourd’hui que si aucune replantation n’est prévue, le pin maritime est le premier colonisateur des espaces ouverts en Cévennes. La forêt de résineux prendra donc le dessus partout où le châtaignier aura été coupé, acidifiant les sols, générant de l’insécurité en terme de risque d’incendie. Il faut ajouter à cela le lessivage des sols mis à nu par les coupes rases.

L’exploitation de parcelles inférieures à cinq hectares étant moins réglementée que celle des surfaces de plus grande importance, l’ouverture de pistes de débardage ne donnera pas lieu à des autorisations préalables, et, de voisin en voisin, de contrat en contrat, les trouées pourraient ainsi atteindre des dizaines d’hectares [15] sans avoir été soumis à autorisation. Cette transformation aura nécessairement un impact sensible sur le milieu et les écosystèmes, et dégradera de manière notoire les paysages.

- Gaspillage de la ressource forestière

Ce projet crée bien sûr de l’effervescence chez les acteurs de la filière-bois énergie. Il s’agit pour E.ON de stimuler ces acteurs, qui eux-même iront effectuer une pression économique auprès des propriétaires (via l’offre) afin de déboiser des parcelles. Une fois la ressource forestière rentable épuisée, selon les critères d’E.ON, la demande cessera. Rien n’aura été prévu pour le renouvellement de la ressource.

Le bois constitue une ressource majeure pour nos territoires, et serait susceptible (comme l’indiquent plusieurs diagnostics) d’être mieux valorisé, afin de créer plus de richesses localement, mais aussi favoriser l’accès aux produits issus de la filière-bois, aujourd’hui largement importés pour leur majorité.

Il faut ici souligner clairement que le projet d’E.ON ne comporte qu’une valorisation de premier degré (utilisation en combustion), et de plus non durable : rien ne viendra remplacer ce qui aura été coupé.

- Pourtant nos territoires ont un besoin croissant de bois.

En premier lieu le bois-énergie (plaquettes/granulés) qui apparaît une alternative sérieuse en vue de la transition énergétique qu’impose le changement climatique. La transformation du bois pourrait ainsi s’élaborer et se consommer localement, apportant une plus-value largement supérieure à la vente sur pied pour l’économie locale, avec le développement de petites entreprises spécialisées.

En second lieu nos territoires ont besoin de bois d’œuvre pour leur population : de plus en plus la demande émerge concernant le bois en tant que matériau de construction, mais l’offre n’est pas disponible. Il ne s’agit pas ici uniquement de la ressource, mais aussi des savoir-faire liés à la construction venant s’articuler autour de la filière bois. On voit là aussi la plus-value que constituerait une telle politique en comparaison avec l’expédition vers les fourneaux de Gardanne.

Il y a ici un choix à faire entre une exploitation précipitée, non-durable, apportant peu de richesses sur les territoires, et une politique de développement à forte valeur ajoutée articulée autour de la filière bois.

- Impact sur les usages traditionnels de la forêt

La forêt est un haut-lieu d’activités traditionnelles en Cévennes : cueillette et chasse sont des aspects importants du lien entre les cévenols et la forêt. Cependant, autant pour le grand gibier que pour les champignons et la châtaigne, la coupe à blanc de parcelles forestières modifiera nécessairement les équilibres écologiques qui permettent jusqu’à présent au plus grand nombre de jouir d’un usage bénéfique de la forêt.

Rappelons qu’une forêt bien exploitée peut à la fois permettre des coupes de bois et maintenir les activités traditionnelles qui y sont liées.

- Perte d’attractivité touristique

La dénaturation du patrimoine paysager que peut engendrer une exploitation industrielle aura nécessairement des conséquences néfastes pour le tourisme. En effet, le caractère attractif des Cévennes en tant que destination touristique vient principalement d’une part de sa culture, mais surtout de ses paysages.

Des trouées anarchiques issues de coupes à blanc, l’augmentation du trafic de véhicules lourds destinés au transport de matériel ou de bois, viendront directement impacter sur la dynamique touristique, secteur majeur de l’économie locale et qui aurait besoin au contraire d’être valorisé et revitalisé.

- Dégradation des infrastructures

Enfin, en attendant preuve du contraire, E.ON ne se propose pas de dédommager les collectivités qui verront le coût de l’entretien de la voirie sévèrement augmenter du fait de la circulation d’engins lourds : transport de machines et transport de bois verront leur activité accrue avec l’impact que l’on sait sur des routes qui dans leur grande majorité sont inadaptées à ce type d’activité.

En conclusion

Le projet d’E.ON paraît fort lucratif pour l’entreprise : celle-ci est totalement sécurisée vis-à- vis de l’écoulement de sa production grâce au contrat d’approvisionnement effectué avec l’État et bénéficie de subventions diverses pour son développement.

Ce projet est revendiqué comme « durable », utilisant des résidus végétaux et bois inutilisables pour d’autres usages, alors qu’il se base sur une exploitation industrielle intensive de forêts qui pourraient être mieux valorisées pour le bénéfice des territoires.

Revendiqué comme « durable », mais E.ON n’a pas effectué d’étude sur l’impact que va engendrer sa forte demande de bois local. « Durable », mais aucun projet de renouvellement de la ressource n’est intégré. Ce projet est mis en œuvre en toute opacité, à l’insu des élus et populations concernées.

Alors que la forêt constitue un levier de développement majeur pour les Cévennes lozériennes et gardoises, verrons-nous partir en fumée les forêts cévenoles à Gardanne au maigre bénéfice de quelques-uns et au détriment de la majorité ?

La châtaigneraie constitue une « forêt culturelle » par essence, subira-t-elle encore une fois le désintérêt des cévenols comme ce fut le cas autrefois avec le développement de l’industrie du tanin (qui a « englouti » des parcelles entières de châtaigniers au XIXe siècle) ?

Il faut enfin rappeler que toutes les forêts du sud-Lozère et du Gard sont concernées par le projet, pas uniquement la châtaigneraie cévenole.

En attendant que certains acteurs institutionnels, parfois étrangement silencieux à ce sujet bien qu’informés, prennent position, la menace que représente le projet d’E.ON doit être portée sur la place publique par les citoyens.

Complément d’information : le document de la Réunion de lancement Zone d’Approvisionnement Prioritaire Cévennes- Centrale Biomasse de Provence Saint Hippolyte du Fort – 25 mars 2013

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Notes

[1] Lien

[2] Les Echos.fr

[3] Bio énergie promotion

[4] France3.fr

[5] La Tribune.fr, alors que le groupe a triplé son chiffre d’affaire au premier semestre 2012 suite à un accord avec Gazprom, le géant énergétique russe.

[6] Lien en comparaison avec les résultats affichés dans le lien ci- dessous

[7] Lien

[8] France24

[9] Sauf mention contraire, les chiffres fournis dans le présent paragraphe et le suivant sont extraits de la brochure « La conversion de Provence 4 à la biomasse - Un nouvel avenir pour la centrale et pour la région », téléchargeable sur le site d’E.ON ou sont issus de la présentation qu’E.ON a fait de son projet à St Hyppolite-du-Fort, le 25 mars 2013 : « Réunion de lancement Zone d’Approvisionnement Prioritaire Cévennes ».

[10] Source : « Forêts privées des Basses-Cévennes à châtaignier - orientations de gestion » ; CRPF-2001. En téléchargement direct

[11] Document du 25 mars 2013 : « Réunion de lancement Zone d’Approvisionnement Prioritaire Cévennes »

[12] Extraits de l’étude, p.10 - à télécharger sur le site de la DREAL - PACA (lien direct).

[13] Lien

[14] Pour plus d’information sur les Chartes Forestières de Territoire en Languedoc Roussillon : lien

[15] Comme ça a été le cas récemment dans la vallée du Galeizon pour de la forêt de connifères : un propriétaire cède le bois d’une parcelle, puis son voisin... jusqu’à obtenir de trouées de plus de 10ha.

C’était un autre Monde Hervé Kempf Reporterre 2013/09/02 Hervé Kempf (2 septembre 2013) C’était un autre Monde. Reporterre. Édito — Libertés fr

C’était un autre Monde

En 1998, j’aspirais à changer de trajectoire. Depuis quatre ans, je pratiquais le journalisme scientifique, à Courrier international puis à La Recherche. C’était instructif et passionnant mais, à la longue, desséchant. A ce moment, Jean-Paul Besset, qui était alors rédacteur en chef adjoint de la rédaction du Monde, convainquit Edwy Plenel, qui en était le directeur de la rédaction, de créer un poste de journaliste environnemental au service International. Il l’assura que j’étais la personne idoine pour cette tâche.

Ce journal était alors revenu au faîte de son prestige, depuis qu’en 1996, le trio Jean-Marie Colombani, Alain Minc et Edwy Plenel l’avait financièrement ré-équilibré et relancé avec dynamisme. On était avant Internet, et les quotidiens comptaient encore vraiment. Je le respectais : c’avait été le quotidien de mon père - j’étais souvent chargé, gamin, d’aller le chercher au kiosque -, c’était aussi le journal que j’avais lu quand j’étais à Sciences Po : il était alors le meilleur moyen de réussir cette école en allant peu aux cours, ce qui me convenait, n’appréciant guère la compagnie des jeunes gens cravatés qui ne pensaient qu’à leur future carrière. Les seules carrières qui m’intéressaient étaient celles qui gisent sous Paris et y vibraient d’une vie fort amusante.

Jeune journaliste, j’avais placé dans Le Monde, avec mon camarade François Camé, un reportage sur la faune qui les parcourait alors (« Les fanas des caves »). Mais dans les années 1980, c’est à Libération que le journalisme se réinventait et avec qui il était excitant de travailler.

En 1998, le jeton était revenu sur la case Le Monde, et c’est avec enthousiasme que je m’y engouffrais, presque interloqué qu’on m’y appelle pour faire précisément ce que je voulais faire depuis dix ans : donner à l’environnement une place véritable sur l’échiquier de l’information.

Le Monde m’apparut comme un étalon de premier choix, une voiture d’exception, un magnifique vélo de course : je découvrais un engin hyper-réactif à toute l’énergie que l’on y impulsait. Le jour même de mon arrivée, une idée émise comme ça se transforma en une page entière, que je titrais [« L’explosion démographique de la planète n’aura pas lieu ».

Au long des années, je pus ainsi, en toute liberté, accompagner le mouvement d’opposition aux cultures transgéniques, décrypter la saga scientifique et politique du changement climatique, observer le retournement du cycle de l’énergie à partir de 2000, projeter la lumière sur le mouvement naissant de la décroissance, tenter d’enfoncer des coins dans la monolithique oligarchie nucléaire - enfin suivre à travers près de mille cinq cent articles le renouveau et l’enracinement de l’écologie dans la conscience collective. Dans tout cela, bien des informations exclusives, auxquelles la puissante machine qu’était Le Monde donnait un fort écho.

Je découvrais la palette extraordinaire des modes d’expression de ce journal - relation factuelle, reportages, entretiens, analyses -, la facilité des outils de travail dès lors que l’information était là, et qui vous projetait du jour au lendemain dans les plaines hongroises ou au coeur des Galapagos.

Tout n’était certes pas un champ de roses, et il fallut maintes fois batailler pour imposer un sujet et plus généralement, la place de l’environnement. Les relations humaines étaient dures, les clans vivaces, et l’hypocrisie toujours à la hauteur de l’intelligence qui caractérisait la maison. Mais tout le monde restait d’accord sur l’essentiel, qui était le culte rendu à l’information.

Quoi qu’il arrive, je resterai reconnaissant à cette belle maison qu’a été Le Monde, et qui me permit, ainsi qu’à bien d’autres, d’exprimer librement notre talent et notre passion de l’information.

Actionnaire !

Mais en 2003, Le Monde subit une tornade qui le secoua violemment. Avec le recul, on peut estimer que l’événement a marqué le passage d’un univers informatif à l’autre, d’un temps où le papier imprimé était souverain à l’époque de la myriade internetienne.

Deux enquêteurs dont l’un, Pierre Péan, est un journaliste d’investigation remarquable quoique polémique, publièrent en février 2003 La face cachée du Monde, un ouvrage à charge contre ce que le trio Colombani-Minc-Plenel avait fait, une « trahison », selon les auteurs, de l’esprit du journal fondé par Hubert Beuve-Méry. En fait, le lourd volume de 640 pages mélange, comme l’écrivit dans un tract le syndicat dont j’étais membre, le SNJ (syndicat national des journalistes) « le vrai, le faux et le vraisemblable, commet de nombreuses erreurs factuelles, et est animée d’un esprit si constamment critique que ses jugements perdent leur valeur. Il s’agit bien plus d’un pamphlet que d’une enquête sérieuse et réfléchie. »

Le livre, largement répercuté par le tam-tam médiatique provoqua, comme le résuma ensuite Daniel Schneidermann, « un cauchemar sans précédent dans l’existence d’un journal » [1]. La direction réagit en se transformant en bunker, appelant la rédaction à se rassembler unanimement contre l’affront barbare qu’ils jugeaient commis à l’encontre du Temple sacré.

Pour ma part, sidéré par la violence des uns et des autres, je considérais que, certes, ce livre suintait la volonté de détruire, mais que, dans la mesure où Le Monde passait son temps à réclamer la transparence à tous les pouvoirs, il était légitime d’accepter la critique extérieure, quitte à en démentir les excès flagrants. De surcroît, en terme de « communication », l’attitude de déni total me paraissait la pire qui soit.

J’étais plus, au demeurant, observateur que participant. J’écrivis même une analyse replaçant l’épisode dans le contexte plus général de la crise de la démocratie. Par une espèce de miracle, cet article, intitulé « Crise de la presse, ère du soupçon, malaise social » parut le 14 mars 2003.

- Lire en téléchargement : Crise de la presse.

La conclusion en était : “A la place qui est la leur, les journalistes ont à réinterroger leur pratique : dans la situation historique présente, elle leur dicte de déplacer leur centre d’intérêt, de se mettre autant à l’écoute du peuple que des pouvoirs. L’information est là, dans les taudis de Caracas et dans les trains de banlieue parisienne, dans les grandes plaines américaines et dans les discothèques des petites villes de province. L’information ne gît pas seulement dans les réseaux cachés des oligarchies, mais au coeur palpitant de la société, le long du système nerveux de la vie, dans les humbles neurones de la conscience collective. C’est en portant plus d’attention à cette réalité que la presse échappera à l’ère du soupçon."

Nous étions quelques-uns, dans la frénésie générale, à partager cette attitude de retenue critique. On me proposa de me présenter aux élections de la Société des rédacteurs du Monde (SRM), qui devaient se dérouler en juin.

Je jouais le jeu et fis campagne, comme mes camarades Jean-Pierre Tuquoi et Sylvia Zappi. L’état d’esprit général oscillait. Certains "chefs" prenaient même langue prudemment avec nous, pour le cas où le vent tournerait. J’ai toujours connu ce journal anciennement "de gauche" imprégné d’un esprit étroitement hiérarchique, tous les sous-chefs aspirant à être chef de quelque chose, les chefs de quelque chose mangeant dans la main du directeur du moment, développant une capacité admirable à rester toujours chef quand les mésaventures du directeur le conduisaient à disparaître. Ils papillonnaient alors autour de son successeur pour rester, toujours, dans les papiers du pouvoir.

Jean-Pierre, Sylvia et moi-même fûmes élus aux trois postes à pourvoir (Sylvia, je crois, était réélue). Il faut ici rappeler un fait crucial : l’un des principaux journaux de France était, depuis 1951 et une crise durant laquelle la rédaction s’était liguée pour défendre, avec Hubert Beuve-Méry, sa liberté collective [2], ce journal, donc, était largement contrôlé par ses journalistes, qui en possédaient 28 % du capital.

Ainsi, je découvris la responsabilité particulière du travailleur-actionnaire, très différente de celle du syndicaliste. Le souci prioritaire en est la pérennité de l’entreprise et, dans le cas d’un média, la pérennité dans l’indépendance. Celle-ci s’obtient de la manière la plus simple qui soit : l’excédent des recettes sur les dépenses. Et c’est ébahi que je découvris le péril dans lequel se trouvait Le Monde. Car si Jean-Marie Colombani avait intelligemment rétabli en 1996 l’équilibre du journal, son succès l’avait conduit à une sorte de folie des grandeurs, qui lui faisait courir divers châteaux en Espagne plutôt que de s’astreindre à l’austère tâche de ne pas faire revenir le navire dont il tenait le gouvernail dans les navigations incertaines d’où il l’avait tiré. Il n’était pas seul responsable : car enfin, le conseil des autres actionnaires, constitué d’une brochette de patrons et autres financiers, avait laissé filer le déficit année après année. Une année, en 2000, passe encore, une deuxième, soit, mais enfin, trois fois, quatre fois, compte tenu de la fragilité de l’entreprise, c’était irresponsable et stupide. En 2003, donc, Le Monde allait mal. Le « Péan-Cohen » lui avait certes donné un rude coup, mais qui n’eût tant d’effet que parce que la pierre s’apprêtait à dévaler la pente.

Le Conseil de la SRM comptait douze membres. Nous étions trois. Quoique représentant la majorité de la rédaction qui venait de s’exprimer en nous désignant, nous étions cependant minoritaires au sein du Conseil, et les neuf autres membres, habitués aux analyses de leur directeur au remarquable talent oratoire, nous considéraient comme trois vilains canards, incompétents et nuisibles, malgré la sérénité conciliante que nous affichions [3]. Ce fut pénible. Il fallut plusieurs mois, pendant que nous plaidions pour la rigueur des comptes, montrant par exemple que la dette était sous-estimée parce qu’elle oubliait des « obligations remboursables en actions », avant que le Conseil évolue vers une attitude plus critique à l’égard de la gestion directoriale.

Mais si nos camarades changeaient leur état d’esprit, il n’en allait pas de même de MM. Colombani et Plenel, qui nous associaient à peu près au diable (ou à des diablotins, car notre pouvoir restait mince). Une fois ou deux, le premier ne put se retenir de nous inviter à quitter le journal. Et, au printemps 2004, du jour au lendemain, Edwy Plenel m’expédia du service International au service Régions, ce qui n’était pas précisément une promotion. L’oukase me fut, pour tout dire, douloureuse. Je déplorais aussi que, dans cette rétorsion, le directeur de la rédaction réduisit le nombre de journalistes chargés de l’environnement, puisque mon collègue qui officiait sur ce terrain en Régions partait vers d’autres horizons. J’étais donc censé suivre seul la question écologique, ce que je fis avec la même énergie qu’auparavant, parce qu’après tout, l’essentiel était là.

D’ailleurs, Edwy Plenel démissionnait en novembre 2004, une nouvelle équipe se mettait en place, et si je continuais à participer activement au conseil de la SRM, son évolution rendait moins nécessaire de s’y investir. Dans les temps libres, c’est-à-dire les vacances, je menais avec mon ami photographe Jérôme Equer une série de reportages sur la vie quotidienne dans la bande de Gaza. Je le fis sans le moindre coup de main du Monde, à nos frais, avec l’aide, quand ce fut nécessaire, du quotidien québecois Le Devoir. L’intensité des rencontres, l’observation de la souffrance et du courage, la découverte de l’injustice et des ressources infinies de la chaleur humaine, le danger, tout ceci ravivait, s’il en était besoin, le goût de raconter, d’enquêter et de témoigner.

D’ailleurs, Le Monde restait un endroit où le beau journalisme restait possible. Je tentais de convaincre la nouvelle direction de la rédaction de la possibilité de parler beaucoup plus régulièrement d’environnement que ne pouvait le faire un seul journaliste, c’était peine perdue. Au moins ne m’empêchait-on pas de faire mon travail.

A l’automne 2006, je quittais le conseil de la SRM. Je n’avais guère envie de renouveler cette expérience difficile et à laquelle je ne croyais plus. On me dit de me représenter. Je le fis, sans mener campagne, et adressant à la rédaction un texte qui déplorait « la progression d’une machine infernale qui conduit à l’absorption du Monde par des intérêts capitalistiques indifférents à ses valeurs, dans une ambiance où la rédaction est considérée au pire comme une ennemie, au mieux comme un outil. » Je ne fus pas élu, et tant mieux.

Chroniqueur ET reporter

L’actualité de l’écologie entamait alors un crescendo palpitant, marqué par le Grenelle de l’environnement, en 2007, et la montée de la préoccupation du changement climatique, que lançait le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Et puis, en 2007, paraissait Comment les riches détruisent la planète, ouvrage dans lequel j’articulais la question écologique et la crise sociale. L’ouvrage advenait à un moment où la conscience collective attendait ce raisonnement : il rencontra le succès, qui témoignait de la radicalisation de l’écologie politique, stimulée d’un côté par le mouvement de la décroissance, qui fissurait les illusions du développement durable, enrichie de l’autre par la découverte par une partie de la gauche que politique écologique et justice sociale pouvaient se combiner.

Je poursuivais donc un travail d’information porté par un contexte nouveau, dont je mesurais, tant dans les antichambres ministérielles que dans les villes et bourgs de province où j’allais rencontrer le public, la vivacité surprenante : l’écologie n’était plus une obsession d’illuminés, elle allait au coeur de la préoccupation collective. Ce mouvement se continua, malgré l’affaissement du système capitaliste provoqué fin 2008 par l’aveugle spéculation financière, jusqu’au sommet de Copenhague en décembre 2009.

Ainsi la nouvelle formule du journal dirigée par Eric Fottorino créait fin 2008 un service Planète, chargé de suivre les questions d’environnement. Eric accepta de surcroit la proposition que je lui faisais de créer une chronique Ecologie, qui débuta en février 2009. Il accéda aussi à ma demande que seul le directeur du journal ou de la rédaction pourrait intervenir sur le contenu de cette chronique : c’était la condition pour qu’elle soit parfaitement libre, donc plaisante, donc qu’elle touche les lecteurs.

Il y avait les livres : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme parut début 2009, et rencontra lui aussi la faveur du public. Il y avait les articles, où l’on pouvait faire oeuvre utile - et je redis l’agrément que je trouvais à les rédiger : je quitte Le Monde sans ressentiment ni rancoeur parce que les joies journalistiques que j’y ai éprouvées l’emportent de loin sur les avanies subies. Et il y avait la chronique, exercice nouveau et stimulant, où je tâchais, tout en travaillant divers modes d’écriture, d’introduire des idées écologistes en apportant des informations qu’on ne trouvait pas ailleurs. Par ailleurs, puisqu’elle était estampillée Ecologie, le principe en était d’adopter ce point de vue dans sa radicalité.

Cependant, l’époque changeait. Fin 2008, le système économique mondial passa au bord du gouffre, ouvrant une crise profonde qui secoua durement l’ensemble des économies et exacerba une année durant les rapports sociaux. Mais l’absence d’alternative politique au capitalisme lui permit de se maintenir : le corps d’une politique écologique et sociale était encore trop immature pour modifier l’équilibre des forces, tandis que les mouvements de protestation et d’indignés manquaient de la cohérence permettant de bousculer les pouvoirs. Au demeurant, ceux-ci recouraient sans défaillir à la police et à l’appareil médiatique. Enfin, trente ans d’individualisme néo-libéral avaient si bien imprégné la culture occidentale que les ressorts de la lutte collective s’étaient distendus.

Une conséquence de cette situation est que la dynamique écologique qui s’était engagée autour du changement climatique échouait à débloquer la nouvelle polarité Chine-Etats-Unis, l’Europe ayant perdu - depuis la trahison du vote populaire de 2005 - sa capacité d’impulsion. Ce fut l’échec du sommet de Copenhague sur le climat, en décembre 2009, amorçant un reflux de la préoccupation écologique.

L’autre conséquence est que le capitalisme s’est agrippé plus violemment encore dans le terreau social, malgré son incapacité devenue flagrante à ouvrir toute perspective d’avenir. Un des terrains privilégiés de contrôle est celui des médias, et Le Monde devenait une cible de choix - au demeurant peu farouche, puisqu’engoncé depuis une décennie dans la ligne néo-libérale que n’avaient pas fait dévier les voix divergentes qui pouvaient s’y exprimer.

Pour éviter le sort fatal auquel conduisait la « machine infernale » que j’avais évoquée en 2006, il aurait fallu une mobilisation de la rédaction, qui supposait des sacrifices financiers et une forte réduction des inégalités en son sein, ainsi qu’une profonde réorientation éditoriale. Aucune de ces conditions n’étant réunie, la situation financière dégradée conduisait à la vente au plus offrant. On lui demandait, pour respecter les formes, d’être le plus malin. Le trio Bergé-Niel-Pigasse était le plus malin. Il emporta le morceau en juin 2010. Et en septembre, la rédaction votait, la queue basse, la perte de contrôle de son journal.

Qui pouvait croire une seconde que la liberté du Monde ne serait pas altérée par le changement de propriétaire ? Les imbéciles. Car, comme l’écrivait Françoise Giroud, « Attendre des représentants du capital qu’ils vous fournissent gracieusement des armes – c’est-à-dire, en l’occurrence, des journaux – pour s’élever contre une forme de société qui leur convient, et une morale qui est la leur, cela porte un nom : l’imbécillité » [4]

Dans Comment les riches..., j’avais rappelé la règle simple que voici : "Le directeur nomme le rédacteur en chef, qui désigne ses chefs de service, qui dirigent les journalistes. Qui choisit le directeur ? Le propriétaire du média. S’il arrive que celui-ci ait la passion de l’information et de la liberté, il est plus souvent guidé par ses intérêts ". Il ne fallait pas douter de l’évolution, même si les nouveaux propriétaires se comporteraient de manière plus subtile que M. Dassault au Figaro.

Qui étaient-ils, d’ailleurs ? Un panaché qui représente bien le capitalisme moderne : un financier passé de la fonction publique à la banque, un industriel du luxe - un secteur d’activité se portant d’autant mieux que les inégalités s’accroissent -, un aventurier brillant passé du Minitel rose aux réseaux de télécom. Des personnes intelligentes, talentueuses, imaginatives, mais engoncées dans la pensée dominante formatée par les riches et pour les riches.

Ils nommèrent un directeur général qui entreprit de remettre la gestion du journal en ordre, débarquèrent Eric Fottorino, désignèrent habilement pour diriger le journal un homme estimable, Erik Izraelewicz, à la belle carrière, mais très "Medef compatible" et membre du club Le Siècle. La rédaction entérina ce choix.

Pour ma part, je poursuivais mon travail, qui devint difficile : la chef du service Planète appréciait peu ma liberté. Nos conceptions du journalisme comme de la question écologique divergeaient, ce qui conduisit à la dégradation continue de mes conditions de travail. Car elle était chef, et entendait bien le faire savoir, dans une atmosphère du journal où, peu à peu, s’introduisaient les méthodes de management qui font le bonheur des travailleurs de Renault ou de La Poste. Le mot "chefferie" devint d’usage courant, un mot dont il est utile de rappeler la définition : « système social fondé sur l’autorité et le statut supérieur du chef coutumier, notamment en Afrique et chez les Kanaks » [5]. Le service Planète, et sans doute d’autres services de ce journal, devenait très africain, très kanak.

La chronique Ecologie traçait en revanche son chemin. Eric Fottorino avait totalement respecté la règle dont nous avions convenu, comme le firent ensuite Alain Frachon et Erik Izraelewicz : malgré nos conceptions très différentes, ils respectèrent toujours ma liberté, se limitant très rarement à des remarques, au demeurant légitimes, et sur lesquelles nous trouvions sans mal accord. Ce fut plus difficile avec la hiérarchie intermédiaire, et avec l’édition : il fallut expliquer à divers "chefs coutumiers" que seul le Grand Manitou pouvait intervenir sur la chronique. Il y eut aussi quelques épisodes difficiles avec Sylvie Kauffmann, qui me conseilla un jour de "m’autocensurer un peu" - conseil que je je ne suivis pas. Sylvie respecta, au demeurant, ma liberté.

Mais il devenait manifeste que la chronique ne suivait pas la ligne du Monde. Si elle publiait régulièrement des informations originales - c’est elle qui parla pour la première fois en France du gaz de schiste, en mars 2010 -,

ses analyses heurtaient la logique générale du journal : sur la croissance, sur la guerre, sur le climat, sur l’énergie, sur le gaz de schiste, elle disait autre chose que ce que disaient les éditoriaux et les autres chroniqueurs rédacteurs en chef de tout plumage. C’était logique : si l’on ouvrait un espace à l’écologie, il fallait s’attendre à y voir exprimé un point de vue écologiste. Et malgré son volume réduit - oscillant selon les époques entre 2.400 signes et 3.200 -, et sa place enfouie dans les profondeurs du journal, la chronique donnait de l’urticaire à la « chefferie ». Heureusement, elle plaisait à nombre de journalistes de base et, surtout, à nombre de lecteurs.

Parallèlement, je continuais à écrire des articles dans les pages « d’information » du journal, en suivant le code d’écriture approprié, que je connaissais bien, pour en avoir rédigé des centaines.

[Lire la suite : Adieu Le Monde, vive Reporterre]

Le livre noir des projets inutiles Reporterre 2013/09/03 (3 septembre 2013) Le livre noir des projets inutiles. Reporterre. fr

Le livre noir des projets inutiles

On bétonne à tour de bras ! Autoroutes, aéroports, lignes LGV, stades de foot, incinérateurs, centrales nucléaires, lignes à très haute tension... Des paradoxes apparents de la crise, celui qui conduit les pouvoirs politiques et économiques à reprendre les recettes qui nous ont menés dans l’impasse n’est pas le moindre.

Ainsi de la prolifération des grands projets inutiles auxquels une pensée magique fondée sur le dogme de la croissance attribue la vertu de créer de l’emploi, du pouvoir d’achat et... de la croissance. Qu’importe que cette équation fasse abstraction de la finitude de notre planète et méprise les nécessités fondamentales du vivre ensemble et du rapport à la nature !

Heureusement, l’inutilité et la nocivité de ces grands projets trouvent sur leur route toute une population déterminée, en multipliant les zones à défendre (ZAD), à inventer d’autres manières d’occuper le terrain.

Cet ouvrage décrit les principaux projets inutiles de notre temps, butant sur des mobilisations ô combien nécessaires : de Notre-Dame des Landes à Bure en passant par Flamanville, Gonesse, Gap, Creys-Malville, Lyon, Rouen, Toulouse, la Picardie, le Morvan ou les Landes…

Camille est l’auteur de ce livre écrit à mille mains.

Afin de préserver l’anonymat des opposants tout en évitant les errements d’une médiatisation à outrance de quelques « porte-parole » autoproclamés, les militants ont décidé de toutes et tous se dénommer Camille. Camille est autonome sans être solitaire, s’engage dans un collectif humain sans renoncer à son individualité, défend les générations futures sans occulter l’apport des combats passés. Camille est anti-nucléaire, locavore, vélorutionnaire, en transition, faucheur, déboulonneur… Camille savoure le goût du contact humain, s’oppose par goût et milite par envie.

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- Le petit livre noir des grands projets inutiles, de Camille, éditions Le Passager clandestin, 7 €, 124 pages.

Il a peur des ondes, il est fou ! Frédéric Wolff Reporterre 2013/09/03 Frédéric Wolff (3 septembre 2013) Il a peur des ondes, il est fou !. Reporterre. Tribune — fr

Il a peur des ondes, il est fou !

Les électro-sensibles sont assimilés à des phobiques et les lanceurs d’alerte agitent des peurs irrationnelles. Le monde vivant, dont il est prouvé qu’il subit des dommages graves à la suite d’expositions aux ondes pulsées, serait, lui aussi, la proie de troubles psycho-somatiques. Un phobique interroge son psychiatre...

Cher monsieur mon psychiatre,

Vous m’avez classé parmi les phobiques [1] , catégorie « peurs irrationnelles des technologies sans fil » [2].

Je vous remercie de m’avoir inséré dans une case de votre catalogue officiel. Depuis, je me sens beaucoup moins seul, et vous savez combien peut être angoissant ce sentiment d’être exclu, de n’appartenir à aucun groupe certifié conforme par une autorité supérieure.

Je me sens d’autant moins seul que je me suis renseigné sur la question. Il semble bien que nous soyons de plus en plus nombreux à souffrir des ondes de téléphonie mobile [3] et à lancer l’alerte, « nombreux » étant un euphémisme.

Cette phobie, à laquelle j’ai l’honneur d’ajouter mon nom grâce à vous, concerne même les embryons de poulet qui, de l’avis des scientifiques indépendants, ne supportent pas la présence de téléphones portables, au point d’avoir la mauvaise idée de trépasser [4].

Les graines de cresson, irradiées par les ondes wifi, sont la proie d’une panique irresponsable les conduisant à ne pas germer, à mourir ou à muter [5]. Les élevages situés à proximité des antennes-relais sont également victimes d’une véritable psychose entraînant des pathologies tout à fait inquiétantes : infections mammaires, avortements, troubles du comportement, décès dans la zone de vêlage [6]…

Les rats de laboratoires ne semblent pas épargnés par cette terreur envers les ondes pulsées [7], pas plus que les abeilles [8], les fourmis [9] et j’en passe.

Les assurances, même les assurances, sont tétanisées, refusant de couvrir les risques de la téléphonie mobile, comparée à l’amiante [10] ! Quant aux experts renommés et aux médecins du monde entier, alertant depuis des années sur les dangers de ces ondes toxiques, ils succombent à leur tour à cette frayeur déraisonnable.

Je pourrais poursuivre la liste sur des dizaines de pages, mais je sais votre temps précieux et, vu le nombre exponentiel d’esprits malades, je présume que votre agenda doit être surchargé. Voilà au moins un métier d’avenir promis à un vrai développement durable. Entre les psychiatres des fourmis, les psychothérapeutes des graines de cresson, les lacaniens des abeilles, les freudiens des fourmis, les Docteurs Maboules pour rats de laboratoires et animaux d’élevage, les spécialistes en reconfiguration des scientifiques indépendants et des compagnies d’assurances… la croissance économique a de beaux jours devant elle !

Ce vertige des chiffres me conduit à vous poser tout de même quelques questions : serions-nous finalement, nous les êtres vivants vulnérables face aux ondes pulsées, une espèce pathologiquement normale ? Cette rubrique est-elle répertoriée dans vos tablettes ? Existe-t-il des cas d’anormalité saine, des psychopathes sévissant en toute impunité, des schizophrènes régnant en maîtres ?

A quelle catégorie se rattachent les apôtres des technologies et des produits chimiques dont les dangers sont avérés ou fortement présumés ? Dans quelle pathologie sont répertoriés celles et ceux qui autorisent ces pollutions et qui proclament leur attachement indéfectible à la santé publique ?

Pour en revenir à votre spécialité première, l’obsession monomaniaque des phobiques, une dernière question qui pourrait annuler toutes les autres si la réponse s’avérait positive : Avez-vous trouvé un traitement efficace pour les personnes ayant développé une phobie des scientifiques indépendants ?

Merci d’avance pour votre réponse.

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Notes

[1] Robin des Toits

[2] Fabrice Nicolino

[3] Robin des Toits

[4] Robin des Toits

[5] Robin des Toits

[6] Robin des Toits

[7] Robin des Toits

[8] Robin des Toits

[9] Robin des toits

[10] Robin des Toits

[11] Robin des Toits

Fukushima : sous la centrale se forme un marécage radioactif Marc Humbert (Reporterre) Reporterre 2013/09/03 Marc Humbert (Reporterre) (3 septembre 2013) Fukushima : sous la centrale se forme un marécage radioactif. Reporterre. Reportage — Catastrophes nucléaires fr

Fukushima : sous la centrale se forme un marécage radioactif

Malgré les efforts du gouvernement japonais et de la compagnie Tepco pour faire croire à un retour à la normale à Fukushima, la situation sur le site nucléaire reste extrêmement critique. Le sous-sol de la centrale est en train de s’affaisser dangereusement et un séisme risquerait de tout précipiter dans la mer. Voici une synthèse de la situation, trente mois après la catastrophe.

- Correspondance, Tokyo

Trente mois après la catastrophe déclenchée le 11 mars 2011, la situation n’était toujours pas sous le contrôle de la compagnie Tepco, que l’Etat laisse en première ligne tout en la finançant. Le déluge d’informations et de communiqués émis par Tepco et les autorités concernant la situation a eu pour objet de faire croire au retour progressif à la normale grâce aux moyens mis en oeuvre. En fait la situation est telle que la construction d’un sarcophage complet serait nécessaire.

Par ailleurs, l’objectif a été de rassurer les populations et d’organiser au plus vite le retour de celles qu’il avait fallu évacuer. La réalité est que les populations sont les victimes du négationnisme nucléaire.

Un gigantesque sarcophage est nécessaire

Depuis le début, de l’eau de refroidissement est injectée dans les réacteurs. Cette injection reste nécessaire et le circuit n’est pas fermé. Une installation retraite l’eau récupérée, mais sans diminuer suffisamment sa radioactivité pour qu’on puisse la déverser dans la mer ; il faut donc la stocker. 300 000 m3 d’eau radioactive se trouvent ainsi contenus dans près d’un millier de cuves, qui commencent à fuir. Cependant, toute l’eau injectée dans les réacteurs n’est pas récupérée. Une partie de cette eau contaminée a envahi les sous-sols et des tranchées.

En outre Tepco et les autorités publiques ont reconnu en août que 300 m3 d’eau polluée – soit le tiers de ce qui est injecté chaque jour - rejoint la mer. Tepco semble incapable de colmater les brèches, mais il n’est pas question d’arrêter ou de ralentir cette injection d’eau, l’état des réacteurs ne le permet pas. Bien au contraire, on a même appris en juillet qu’il était toujours nécessaire, comme on le fit au plus fort de la crise en 2011, d’y injecter de l’azote.

Au vu des informations récentes, il apparaît que le risque en cas de séisme ne concerne pas seulement, comme on le pensait jusqu’à présent, la piscine du réacteur n°4, mais la totalité du site de la centrale.

On peut soupçonner qu’ayant percé leurs cuves, les cœurs fondus des réacteurs ont enfoncé et fissuré les enceintes de confinement et les radiers de béton, ouvrant le chemin à l’eau de refroidissement qu’ils reçoivent. Elle se charge de radionucléides et les emmène dans les sous-sols, dans les tranchées et dans la nappe phréatique qui communique avec la mer. Ceci est cohérent avec toutes les données de relevés publiés par Tepco.

Le dessous de la centrale est en train de devenir un marécage radioactif. Un séisme violent pourrait provoquer un glissement de terrain qui emporterait le tout dans l’océan. Pour parer à cela, il faut envelopper le tout dans un gigantesque sarcophage. Pour le moment il n’en est rien dit officiellement.

Les populations victimes du négationnisme nucléaire

La nouvelle équipe au pouvoir espère redémarrer les centrales arrêtées. Pourtant, dès la mi-septembre, le Japon se retrouvera sans aucun réacteur nucléaire en activité. Le gouvernement, continue comme depuis mars 2011, à minimiser tant l’étendue des zones concernées par la contamination que le niveau de sa dangerosité. Elle persiste à prétendre que 20 msv/an [milliSievert / an] constitue un niveau de radioactivité inoffensif pour les populations, quon pourrait donc laisser vivre dans des zones présentant ce niveau. Elles se calent sur la position officielle des organismes internationaux clamant l’innocuité de l’exposition à des doses dites faibles tant qu’elles restent en dessous de 100 msv/an.

Une récente étude menée en Australie sur la population de l’ensemble des jeunes sur plusieurs années vient pourtant de démontrer qu’à partir de 4 msv/an d’exposition, on voit apparaître des effets sur la santé.

Les populations appelées par les autorités à revenir dans de telles zones se montrent récalcitrantes. Seules s’y décident des personnes âgées.

Ailleurs dans le département de Fukushima, la situation n’est pas pour autant « normale ». En 2010, dans la ville de Fukushima à 80 km de la centrale, on enregistrait un niveau de 0,4 msv/an. La norme internationale est de 1 msv/an. Le niveau mesuré dans le département était annoncé le 17 août comme étant de 3 msv/an – soit sept fois plus qu’en 2010. Au bureau de la mairie pour l’eau pure, l’indicateur, on mesure même un niveau atteignant presque les 4 msv/an.

Nombre de résidents restent dans cette ville et dans le département, faute de pouvoir faire autrement, mais sont inquiets. 300 000 personnes environ ont quitté depuis 2011 leur résidence - bien au-delà des communes ayant eu l’ordre d’évacuer - et nombre d’entre elles ont reçu un peu d’aide pour se loger de manière temporaire. Mais aucune aide à la relocalisation n’a été fournie, l’objectif des autorités étant qu’après un peu de temps, tout le monde revienne pour reconstruire un beau Fukushima.

Pourtant même dans des zones situées en-dehors du département, l’environnement est trop radioactif et les autorités l’ont reconnu de fait : elles ont financé un programme de décontamination dans plusieurs départements où vivent près de 15 millions de personnes et qui incluent des communes de départements limitrophes de Tokyo (Saitama et Chiba par exemple).

La santé des populations japonaises est en danger sur le long terme, dans des proportions bien plus élevées que ce que montre la réalité d’aujourd’hui pourtant dramatique : les 200 000 enfants de Fukushima sont suivis quant à leur thyroïde et déjà 44 d’entre eux ont développé un cancer.

Mais on ne veut pas songer à ce qui se passerait si les autorités publiques et Tepco ne prenaient pas les mesures nécessaires face à l’état de la centrale et qu’un séisme venait précipiter des pans entier de la centrale dans la mer.

En Orégon, on ne taxe pas le carburant automobile, mais la distance parcourue Les Transports du futur Reporterre 2013/09/03 Les Transports du futur (3 septembre 2013) En Orégon, on ne taxe pas le carburant automobile, mais la distance parcourue. Reporterre. fr

En Orégon, on ne taxe pas le carburant automobile, mais la distance parcourue

Et si l’on changeait le système de fiscalité sur l’essence ? Depuis juillet, l’Etat de l’Oregon, aux Etats-Unis, expérimente une taxation à la distance parcourue : plus l’on roule, plus l’on paye. Une bonne incitation pour moins utiliser la voiture.

L’Oregon expérimente peut être la fiscalité du futur. Après avoir « inventé » la taxe sur les produits pétroliers en 1919, l’Oregon vient de mettre en place, début juillet, un programme particulièrement innovant (voir cet article The Era of Pay per Mile Driving has begun).

Un article rédigé sur ce blog en 2009 (Le prix du carburant a-t-il une limite ?) indiquait déjà le potentiel d’une taxe basée sur les usages. Ce changement de « support » ouvre vers de nombreuses innovations politiques, permettant de soutenir de nouvelles organisations, de nouvelles pratiques de mobilité. Et si les innovations sur la fiscalité étaient un puissant levier pour changer les comportements, pour rendre plus cohérents des objectifs à atteindre et des mesures politiques, et également pour accompagner la naissance d’une nouvelle filière industrielle des systèmes de transports intelligents ?

« Ce week-end, le Congrès de l’Oregon a adopté une loi proposant de remplacer la taxation des carburants par une ’taxe à la distance parcourue’ ou ’vehicle-miles traveled (VMT) tax’. Les automobilistes paieront 1,5 cents par mile parcouru plutôt que les taxes à la pompe. La loi s’appliquera de façon limitée, pour l’instant à cinq mille automobilistes volontaires » [traduction par Reporterre].

Cette première étape vise à quantifier et qualifier les conséquences en matière de changement de comportement d’une fiscalité plus dépendante des usages et des choix. Elle a nécessité plusieurs années pour être mise en oeuvre.

(...)

Le transfert du support physique, le carburant, vers un support immatériel, les traces numériques, présente de nombreux avantages, déjà identifiés en 2009 :

"Et si nous étions capable de connaître les émissions de CO2 réelles des véhicules en circulation, ainsi que leurs conditions de conduite ? La Hollande étudie depuis de nombreuses années le Roadpricing, système permettant de faire payer la mobilité en se basant sur l’utilisation réelle des véhicules – intégrant la problématique de la congestion – en s’appuyant sur des solutions éprouvées. Les technologies sont pour la plupart disponibles, mais les dérives sont multiples, les critiques justifiées, la consultation et l’expérimentation nécessaires.

• de proposer des taxes beaucoup plus progressives, adaptées à l’usage réel des véhicules, ouvrant des possibilités inédites : •premiers kilomètres sans taxe possibles pour certaines catégories sociales, •augmentation des taxes avec les distances parcourues (sur le mode des tranches d’imposition), •forte augmentation des taxes avec un style de conduite agressif (la façon dont on parcourt une distance est aussi importante que la distance elle même)".

Alors, quel territoire commence une expérimentation ?

Le pétrole d’Equateur est-il de gauche ? Fabrice Nicolino Reporterre 2013/09/04 Fabrice Nicolino (4 septembre 2013) Le pétrole d’Equateur est-il de gauche ?. Reporterre. Tribune — fr

Le pétrole d’Equateur est-il de gauche ?

« Rafael Correa est président de l’Équateur, et un rusé renard. D’un côté, il prétendait en 2007 vouloir se passer du pétrole du parc de Yasuni. De l’autre, il vend l’Amazonie et les Indiens aux transnationales. »

La version pour les altergogos : Rafael Correa, président – de gauche – de l’Équateur, est un héros. D’ailleurs, Mélenchon l’adore et réciproquement. En 2007, Correa propose de ne pas exploiter le pétrole du parc national Yasuni, en échange d’un chèque de 3,6 milliards de dollars signé par les pays du Nord. Ceux qui parlent de la crise climatique sans jamais rien foutre. Nous.

Six ans plus tard, n’ayant obtenu que des clopinettes, le même Correa annonce le 15 août dernier que le pétrole du Yasuni sera exploité. Aux chiottes les 696 espèces d’oiseaux, les 2 274 d’arbres, les 382 de poissons, les 169 de mammifères. Et les Indiens de la forêt, car nous sommes, mais oui, en Amazonie.

C’est beau comme un chromo, mais comme un chromo, c’est de la daube. Correa a été élu président en 2006 grâce à une coalition mêlant la gauche classique, y compris chrétienne, les groupes écologistes et alter, et le puissant mouvement indigéniste. Les Indiens sont certes minoritaires – ils représentent quand même 25 % de la population -, mais leurs idées le sont bien moins.

Et quand Correa fait voter sa nouvelle Constitution, en juin 2008, il prend soin d’y inscrire en toutes lettres une vision politique remontant aux Quechuas de l’ère précolombienne : le sumak kawsay, qu’on traduit généralement par « bien-vivre ». Bien qu’aucune définition n’épuise sa signification, ce « bien-vivre » tourne le dos à l’idée de croissance économique et considère les relations avec la nature comme essentielles à l’équilibre de toute société.

Et donc Sarayaku, village kichwa de 1200 habitants. Kichwa, c’est-à-dire quechua. Quand on commence à parler de pétrole dans ce coin d’Amazonie – qui n’a rien à voir avec Yasuni -, dans les années 90, les habitants de Sarayaku envoient une émissaire se renseigner à Quito, la capitale. Elle y rencontre des biologistes, des économistes, des politiques, et rentre, ayant compris l’essentiel : on va éventrer son pays. Les Indiens envoient chier toutes les propositions des compagnies et en 2002, lourdent les employés venus pour les premiers travaux, escortés par 400 flics et militaires. La résistance n’a cessé depuis de s’amplifier, sur fond de menaces, d’emprisonnements, de tortures.

En 2003, les Indiens déposent une plainte devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui leur donne raison, contre toute attente, estimant en juin 2012 que l’État équatorien a violé leurs droits. La Cour exige qu’à l’avenir, les Indiens soient consultés sur tous les projets les concernant.

Certes, le verdict condamne les prédécesseurs de Correa, mais ce dernier tire une tronche épouvantable, car il gêne considérablement ses projets. En novembre 2012, sans bruit, il met aux enchères l’exploitation de 13 champs pétrolifères au beau milieu de l’Amazonie, déclarant : « Bienvenidos todos los inversionistas que buscan esa rentabilidad razonable, pero con altísima responsabilidad ambiental ». On dirait un dépliant de Total : « Bienvenue à tous les investisseurs qui cherchent une rentabilité raisonnable, mais avec un haut sentiment de responsabilité environnementale ».

À ce stade, plus de faux-semblant. Dans un entretien au magazine américain de gauche New Left Review (septembre-octobre 2012), Correa officialise sa rupture avec une partie de ses soutiens de 2006. Il déclare notamment : « Je ne crois pas que Marx, Engels, Lénine, Mao, Ho Chi Minh ou Castro ont dit non aux mines ou aux ressources naturelles. C’est une nouveauté absurde, mais qui semble être devenue une part fondamentale du discours de gauche ».

Dans le même entretien, Correa embrasse sur la bouche les transnationales, assurant : « Une exploitation propre des ressources naturelles peut aider à conserver la nature plutôt qu’à la détruire ». Sublime. Alberto Acosta, ancien président de l’Assemblée nationale, qui a rompu avec Correa, a un point de vue un poil différent. Pour cette grande gueule locale, l’exploitation du pétrole dans le parc national Yasuni serait une honte nationale. Et il réclame l’organisation d’un référendum. Sûr que Mélenchon va le soutenir.

« La pandémie du nouveau monde » le 6 à la Grange à palabres Reporterre 2013/09/04 (4 septembre 2013) « La pandémie du nouveau monde » le 6 à la Grange à palabres. Reporterre. fr

« La pandémie du nouveau monde » le 6 à la Grange à palabres

Discussion autour du film de Nazzaréna La pandémie du nouveau monde, le 6 septembre à 21h, à la Grange à palabres, Tailhac (43).

Les jours raccourcissent, la fraîcheur du soir s’annonce, petits matins brumeux, colchiques, rentrée, école, reprise : les mots circulent ... et la grange est, elle aussi, prise dans le mouvement irrépressible !

Nous vous attendons nombreux pour fêter la rentrée documentaire avec une réalisatrice qui viendra présenter La pandémie du nouveau monde, sorti en 2012, co-réalisé avec Christophe Del Debbio.

« Un scandale sanitaire, un déclic, une prise de conscience. Des hommes et des femmes qui prennent leur santé et leur vie en mains. Une certitude : chacun peut apporter sa pierre à ce nouveau monde. »

Et vous aussi !

Cela se passera vendredi 6 septembre à 21 h, à Tailhac, dans la grange à palabres, en Haute-Loire, près de Langeac.

La Grange à palabres, Le Bourg, 43300 Tailhac

Exploitation minière dans la Creuse : Dites oui et ne posez pas de questions ! ALDEAH Reporterre 2013/09/04 ALDEAH (4 septembre 2013) Exploitation minière dans la Creuse : Dites oui et ne posez pas de questions !. Reporterre. fr

Exploitation minière dans la Creuse : Dites oui et ne posez pas de questions !

Une enquête publique en plein été, pour être à peu près certain que personne ne réagira : elle s’achève le 4 septembre, et prépare une exploitation minière fortement problématique.

Depuis le 24 juillet 2013 et jusqu’au 4 septembre, sur le site Internet du Ministère du redressement productif, le « public » est invité à adresser ses observations concernant le projet d’octroi du permis exclusif de recherches de mines (PERM) dit de Villeranges [1]. Ce PERM porte sur la recherche « d’or, de cuivre, d’argent, de zinc, d’antimoine, d’étain, de tungstène et substances connexes », son périmètre s’étend sur une zone de 47,6km² dans le département de la Creuse et il sera octroyé à la société Cominor [2].

Une mascarade de démocratie

La procédure d’instruction de la demande de ce permis, qui fait suite à la récente approbation d’un autre permis de même type (PERM de Tennie, en Sarthe et Mayenne) [3], est un exemple patent d’autoritarisme. En soumettant le projet d’octroi à la « consultation publique » au cœur de l’été et sans en faire la moindre publicité, le ministère du Redressement productif démontre son profond mépris pour la démocratie.

Comme le signale la note de présentation du projet d’arrêté d’octroi [4], l’ensemble des administrations consultées à propos du PERM de Villeranges ont déjà explicitement donné leur feu vert. Le public n’est invité qu’à envoyer ses observations, en dernier, et seulement s’il apprend l’existence de cette possibilité par ses propres moyens. La « consultation » se résume donc à l’ouverture d’une adresse mail par le Ministère ! Son résultat n’est par ailleurs nullement contraignant : il ne s’agit pas d’obtenir l’approbation de la population, mais tout au plus de connaître son opinion.

Quel déni de démocratie, M. Montebourg ! Nous sommes très loin de la VIe République que vous promettiez en 2012 : " Le citoyen […] sera réintégré dans la boucle de la décision et trouvera la possibilité de s’exprimer et de participer à l’action publique ".

S’agit-il d’un oubli ou d’un retournement de marinière ? Les méthodes que vous mettez en œuvre aujourd’hui sont les mêmes que celles employées par J-L. Borloo lorsque, en 2009, il signait en catimini les permis d’exploration de gaz et pétrole de schiste.

Risques passés sous silence

En déclarant que « la mine est un axe potentiel du redressement, un élément de compétitivité et de souveraineté » [5], Arnaud Montebourg semble ignorer que le dossier de l’exploitation minière industrielle est excessivement lourd en termes d’impacts sociaux, économiques, culturels, politiques et environnementaux.

L’industrie minière moderne est tournée vers l’exploitation de gisements de faible concentration et implique l’utilisation de grands volumes de produits potentiellement toxiques (cyanure, acide sulfurique, etc.), ainsi que la génération massive de déchets. Quelle que soit la technique utilisée (par galeries ou à ciel ouvert), l’étape de séparation des métaux de la roche nécessite toujours de lourds traitements chimiques.

Aux pollutions qu’implique le stockage des déchets issus de ces traitements, il faut ajouter l’accumulation de stériles – roches contenant des métaux non exploitables de manière rentable - avec les problèmes de pollution par drainages miniers acides (acidification des eaux pluviales et donc des réseaux hydrographiques par ruissèlement sur les stériles) et la libération, au contact avec l’eau et l’air, des métaux lourds, d’arsenic [6] et/ou de substances radioactives contenus naturellement dans la roche (ce dernier risque est à considérer avec sérieux dans le cas du PERM de Villeranges, compte tenu de la présence avérée d’uranium dans le sous-sol de la Creuse [7]).

Ce type de pollution peut durer jusqu’à plusieurs siècles, voire plusieurs milliers d’années. Des publications scientifiques en attestent. A ces pollutions de l’eau, il faut ajouter celles de l’air et du sol, les nuisances sonores et visuelles, la perturbation des écosystèmes locaux, la perte de biodiversité et l’affectation de la santé des riverains.

Dans la zone du périmètre du futur permis de Villeranges, l’Agence Régionale de Santé (A.R.S.) a identifié des sources d’eau potable nécessitant des mesures de protection. La Direction Départementale des Territoires (D.D.T.) signale également la présence d’un important aquifère. De plus, la Direction Départementale des Territoires (D.D.T.) de la Creuse indique l’existence d’un double site Natura 2000 (Bassin de Gouzon et Étang des Landes).

Enfin, le Directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement du Limousin, pourtant favorable au projet minier, ne manque pas de souligner « que le périmètre sollicité est situé dans un secteur avec des enjeux majeurs pour la biodiversité, notamment l’Étang des Landes » [8].

Un passé qui ne rassure pas

Dans la région, l’expérience de l’industrie minière a déjà laissé un traumatisme important. À une vingtaine de kilomètres du site de Villeranges, se situe l’ancienne mine d’or du Châtelet (1905-1955). Selon l’Usine Nouvelle, « Plus de 500 000 tonnes de déchets issus du traitement du minerai et stockés à l’air libre sont pollués à l’arsenic et, ce, au cœur d’une zone Natura 2000. A chaque orage, les eaux de ruissellement chargées en arsenic se déversent dans la Tardes, la rivière en contrebas » [9]. Il faudra une longue bataille des riverains et près de 4,5 millions d’euros d’argent public pour que le site "dépollué" puisse enfin être inauguré en juillet 2013.

Des questions en suspens

Pour que le citoyen soit réellement « réintégré dans la boucle de la décision », faut-il déjà commencer par lui donner la possibilité de se prononcer en connaissance de cause. Pour cela, la mise à disposition de l’information concernant le projet, ses possibles conséquences et ses retombées, est un préalable immanquable. Or, au sujet du permis de Villeranges, beaucoup de questions restent sans réponse, notamment :

- Quel minerai est principalement recherché ? Que signifie "substances connexes" dans la note de présentation du projet ? Y a-t-il l’intention d’extraire de l’uranium des stériles, comme cela se fait par exemple en Afrique du Sud [10] ? - Combien et surtout quel type d’emplois seront générés par cette activité ? - Quels engins seront utilisés, qu’impliqueront-ils pour les petites routes ? - L’exploration (et la possible exploitation) se font-elles à ciel ouvert ou par galeries ? - Quels produits ou composés seront utilisés lors des opérations ? - Comment est évalué l’impact paysager, quelles sont les conséquences ? - Quelles sont les conséquences possibles pour les nappes phréatiques et l’eau, sachant qu’il y a un château d’eau et la Voueize à proximité ? - Plus généralement, quels seront les conséquences pour la santé, la biodiversité, les sols, le patrimoine culturel et archéologique éventuellement présent dans la région ?

La « consultation » de Villeranges, qui se termine le 4 septembre dans le silence général, est une véritable mascarade. L’octroi de ce permis ne fait aucun doute. Il confirme la détermination du Ministère du redressement productif d’engager la France sur la voie d’un extractivisme aveugle. Il y a de quoi se poser de sérieuses questions quant à la cohérence de la politique d’un gouvernement censé, à le croire sur parole, agir en faveur d’une transition écologique et énergétique !

La crise justifie-t-elle vraiment que « nos » décideurs politiques soient aussi peu regardants sur la nature de l’activité économique, tant que celle-ci est susceptible de croître ?

Tennie hier, Villerange aujourd’hui. Demain, à qui sera le tour ? D’autres demandes de permis sont en cours d’instruction : Merléac dans les Côtes d’Armor, Cressy en Saône et Loire, Saint-Pierre en Maine et Loire, La Voueize dans l’Allier, Chamborand dans la Creuse, Beaulieu en Loire-Atlantique, etc. La vigilance et la mobilisation s’imposent.

Notes :

[1] http://www.redressement-productif.gouv.fr/consultation-sur-le-permis-de-villeranges

[2] COMINOR est une filiale du groupe La Mancha Resources, basé au Canada, lui-même majoritairement détenu par Weather Investments II (Egypte). Jusqu’en été 2012, c’est AREVA qui était l’actionnaire majoritaire (à 63%) de la Mancha.

[3] Sur le permis de Tennie, voir notamment :

Reportage vidéo qui donne la parole aux associations locales

Dans la Sarthe, un projet minier soulève une vive opposition

Cyber-action contre le projet minier de Tennie

Réactions : Lettre aux élu-e-s sarthois et mayennais

[4] http://www.redressement-productif.gouv.fr/files/2013_08_08_note_de_presentation_per_villeranges.pdf

[5] Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/magazine/20130801.OBS1782/le-grand-retour-des-mineurs.html

[6] Sur le site de l’ADEME, on peut lire : Si une tonne de minerai d’or contient environ 20 grammes d’or, elle peut contenir aussi plus de 10 kilos d’arsenic ! L’enjeu de la dépollution est double : protéger l’homme, en interdisant le contact direct avec les produits toxiques, préserver l’environnement, en évitant le transfert de l’arsenic dans les milieux : sols, air, eau. http://www.ademe.fr/htdocs/publications/lettre/60/60technique.htm

[7] Présence d’anciennes mines d’uranium ; résultats des précédents carottages sur les communes concernées par le PER de Villeranges, montrant la présence d’or et d’uranium

[8] Note de présentation du projet d’arrêté

[9] Source : http://www.usinenouvelle.com/article/les-mines-du-chatelet-enfin-depolluees.N128128

[10] Source : http://www.lecourrier.ch/or_et_uranium_un_couple_ravageur

En Catalogne, occupation pour résister à une ligne à très haute tension No a la M.A.T. Reporterre 2013/09/04 No a la M.A.T. (4 septembre 2013) En Catalogne, occupation pour résister à une ligne à très haute tension. Reporterre. fr

En Catalogne, occupation pour résister à une ligne à très haute tension

Nous vous communiquons depuis les terres de Gérone, qu’un lieu a été occupé afin de donner une forme de continuité à la lutte en cours contre la destruction du territoire, qui cette fois a pris les traits de la ligne à Très Haute Tension (MAT : Muy Alta Tensión).

Nous nous sommes retrouvé-e-s la semaine dernière à Fellines, un village concerné par cette ligne et qui avait déjà été défiguré par le passé par la construction d’une autoroute affectant directement la population locale.

Cette fois-ci, c’est leur vie qui est mise en jeu du fait d’une ligne de 400 kV qui passera à moins de 200 mètres du village, et à une distance de 17 mètres en ce qui concerne certaines maisons, se foutant pas mal de leurs propres études démontrant la dangerosité des champs électro-magnétiques que cette énergie génère et passant au-dessus de leurs propres lois qui les interdisent.

Au cours de cette semaine, plusieurs compagnon-ne-s sont venu-e-s présenter différentes luttes pour la défense du territoire au sein de l’État espagnol comme en-dehors de ses frontières. Nous avons fait énormément de diffusion dans les villages alentours et marché plusieurs fois vers les travaux. Nous avons créé du débat et sommes passé-e-s à l’action, ce qui nous a renforcé-e-s, et partager cette expérience nous a permis de tisser des réseaux et de générer de nouvelles relations.

Nous avons décidé d’occuper et de libérer ce lieu afin que cette semaine ne s’achève pas là, pour créer un nouveau point de rencontre, un espace de lutte. Un nouvel espace pour que nous tout-e-s, qui voulons rendre notre opposition tangible, puissions nous retrouver. Un espace qui nous fasse grandir et au sein duquel nous puissions projeter nos stratégies de luttes collectives.

Nous avons choisi cette maison en particulier parce qu’elle se trouve sur le tracé de la ligne à Très Haute Tension, là où la lutte est et sera frontale. La propriété est un vol, un espace n’appartient qu’à celles et ceux qui le font vivre, et c’est pour cela que nous avons voulu l’occuper.

A BAS LA M.A.T. ET LE MONDE QUI EN A BESOIN.

A BAS LE SYSTÈME TECHNO-INDUSTRIEL.

L’empreinte eau, le nouvel indicateur pour mesurer le gaspillage d’eau douce Andrea Barolini (Reporterre) Reporterre 2013/09/04 Andrea Barolini (Reporterre) (4 septembre 2013) L’empreinte eau, le nouvel indicateur pour mesurer le gaspillage d’eau douce. Reporterre. fr

L’empreinte eau, le nouvel indicateur pour mesurer le gaspillage d’eau douce

Chacun des aliments que nous mangeons, chaque produit que nous utilisons, requièrent de grandes quantités d’eau pour leur production. Un gaspillage invisible se produit ainsi, alors que la disponibilité d’eau douce va devenir un problème de plus en plus crucial. Le concept d’« empreinte eau » permet de mesurer ces consommations.

Combien d’eau y a-t-il dans nos tee-shirts ?

Si on se pose la question de savoir combien d’eau est nécessaire pour obtenir les produits que nous utilisons, mangeons, consommons, on peut facilement comprendre qu’il en faut des quantités non négligeables pour produire un kilogramme de fruit ou de légumes. Il faut en fait arroser les plantes et les arbres, parfois dans des régions arides. Toutefois, la même réflexion est applicable aux produits qui, apparemment, ne sont pas particulièrement exigeants, mais qu’en réalité sont souvent bien plus « assoiffés ».

Savez-vous, par exemple, quelle quantité d’eau est nécessaire pour produire un steak-haché, un papier, un tee-shirt en coton ? Ou bien pour satisfaire les nécessités d’un individu, d’une usine, d’une communauté, voire d’une nation ?

La réponse est donnée par le concept d’« empreinte eau » (water footprint), c’est-à-dire un indicateur de l’usage direct et indirect de l’eau par le consommateur (ou par le producteur). Elle permet de quantifier une eau qu’on pourrait définir comme « invisible », mais qui existe et dont on devrait tenir compte pour éviter de gaspiller une ressource vulnérable, qui deviendra de plus en plus rare sur la planète.

Chacun de nous, en fait, utilise beaucoup d’eau pour se laver, pour boire, pour arroser les plantes, pour cuisiner. Mais celle-ci n’est que la partie évidente de la consommation, celle qu’on arrive facilement à calculer et qu’on peut aussi économiser.

Au contraire, quand on mange de la viande, il est probablement difficile d’imaginer que la production d’un kilogramme de bœuf a requis 16 000 litres d’eau, que 140 litres sont demandés pour une tasse de café ou que 20 000 litres sont nécessaires pour un tee-shirt en coton.

Aujourd’hui, en fait, la culture et le travail du coton requièrent globalement 256 milliards de mètres cubes d’eau par an. Tandis que pour la production mondiale de viande, l’humanité utilise 2 422 milliards de mètres cubes d’eau par an. 98% de cet usage est lié au fourrage des animaux (principalement pour la culture de l’orge, du foin ou des légumineuses), alors que seulement 1,1% est utilisé pour abreuver le bétail.

Une douche durant vingt-quatre heures pour un kilogramme de thé

Pour se représenter les volumes d’eau impliqués, imaginons laisser les robinets de la douche complètement ouverts une journée entière. Jour et nuit, 24 heures, sans pause. Si on considère un débit moyen de sept à huit litres par minute, à la fin on aura gaspillé 10.000 litres. Plus de ce qu’il faut pour obtenir un kilogramme de thé, en considérant la culture, la récolte et le travail du produit.

De même, pour un kilo de café on a besoin de 20 000 litre d’eau (c’est-à-dire plus de 2 200 caisses de bouteilles de 1,5 litres chacune). L’empreinte eau d’un steak haché a été calculée à 2 400 litres, tandis que pour une paire de chaussures on atteint les 8 mille litres. Tous ces chiffres sont tirés sur le site internet du Water Footprint Network, présentant un outil permettant de calculer l’empreinte eau de nombreuses marchandises).

Ces calculs ont été effectués pour la première fois en 2007 par Arjen Y. Hoekstra, professeur de Gestion Hydrique à l’université de Twente (Pays-Bas), et Ashok Kumar Chapagain, directeur scientifique du Water Footprint Network, association à but non lucratif néerlandaise qui a pour objectif de sensibiliser les citoyens et les administrateurs sur le problème de la consommation d’eau douce.

L’intérêt de l’empreinte, a affirmé Hoekstra, « est lié à l’impact humain sur les systèmes d’eau douce. Les problèmes comme le manque d’eau et la pollution peuvent être mieux compris et abordés si on considère la production et l’offre dans l’ensemble ».

C’est pourquoi le problème doit être analysé dans le contexte de la mondialisation économique : « Beaucoup de pays, a expliqué Hoekstra, ont externalisé sensiblement leur empreinte eau par l’importation des marchandises intensives en eau. Ceci met la pression sur les ressources dans les régions exportatrices, régions où il y a souvent un manque de mécanismes de gouvernance sage et de conservation d’eau ».

L’Europe importe de l’eau en catimini

Pour les grandes entreprises, donc, il s’agit d’épargner, grâce à l’importation, des marchandises qui nécessitent de grosses quantités d’eau douce, en profitant des faibles règles imposées dans certains pays sur leurs ressources hydriques. 84% de l’empreinte eau liée à la consommation de coton dans l’Union Européenne, par exemple, est délocalisée loin de chez elle, en particulier en Inde et en Uzbekistan.

C’est une stratégie de maximisation du profit qui néglige le fait que - selon le dernier rapport des Nations Unies Perspectives de la population mondiale : révision de 2012 -, la population actuelle de 7,2 milliards devrait augmenter de près d’un milliard de personnes au cours des douze prochaines années, pour atteindre 8,1 milliards en 2025, 9,6 milliards en 2050 et 10,9 milliards en 2100.

En outre, la progression sera plus rapide dans les 49 pays les moins développés, lesquels verront leur population doubler, en passant de 900 millions aujourd’hui à 1,8 milliard de personnes en 2050. Cela devrait nous obliger à être parcimonieux, parce qu’il y a le risque concret de voir des conflits se déclencher, surtout dans les pays moins riches en eau douce.

« L’empreinte eau actuelle, explique à Reporterre Renzo Rosso, professeur d’hydrologie au Polytechnique de Milan, peut être améliorée en introduisant deux nouveaux critères : le commerce de l’eau et le stress hydrique. On a besoin, en fait, de considérer la commercialisation de l’eau dans les calculs de l’empreinte eau. Si l’on mange de la viande de bœuf qui provient d’Argentine, on aura importé huit mille litres d’eau. C’est pourquoi il s’agite d’un problème strictement lié aussi au concept de ’circuit court’.

En second lieu, il faut comptabiliser le niveau de stress hydrique de la communauté où on calcule l’empreinte eau. On ne peut pas considérer la consommation hydrique dans les régions riches de la même façon que dans celles pauvres d’eau ».

Pour l’instant, en effet, l’empreinte eau a été calculée seulement au niveau quantitatif pour chaque pays. Les résultats des analyses d’Hoekstra indiquent que les Etats-Unis sont la nation présentant l’empreinte eau par tête la plus élevée, suivis par l’Italie et par la France. « Mais on ne doit pas se concentrer seulement sur les données. Il faut se demander aussi quel type d’eau est utilisée, souligne à Reporterre Francesca Greco, chercheuse au King’s College de Londres, auteur avec Marta Antonelli du livre L’acqua che mangiamo (« L’eau qu’on mange »), parce qu’il y a une eau renouvelable, celle des rivières ou des lacs, et une eau qui au contraire est limitée, comme celle des nappes phréatiques ».

La critique principale qui a été faite à l’actuelle empreinte eau est d’être un indicateur seulement quantitatif : « Si on pense que pour un verre de vin, il faut 140 litres d’eau, nous devons tenir compte que dans certaines régions les vignes n’ont pas besoin d’être arrosées artificiellement. Ou que le producteur italien de pâtes Barilla, par exemple, a déplacé la culture du blé d’une région aride des Etats-Unis vers l’Italie et est arrivé à réduire sensiblement la quantité d’eau utilisée », ajoute Antonelli.

Un autre groupe italien, le producteur de sauces Mutti, a décidé de ne pas limiter son engagement à la simple réduction de la consommation d’eau, mais il a calculé - en collaboration avec le WWF - son empreinte eau totale, voire la quantité présente dans chaque produit, celle utilisée pour la culture ou pour l’emballage.

Et donc, pourquoi ne pas imposer la quantification de la consommation hydrique à chaque industrie ? Il faudrait que les institutions s’engagent pour faire de l’empreinte eau un indicateur clé, capable d’orienter les décisions économiques. « J’ai constaté une compréhension du problème au niveau institutionnel international, mais il est crucial que les élus et les gouvernements soient convaincus du fait que l’eau est une ressource qui ne peut pas être traitée comme un business. Sa gestion doit rester publique, parce qu’il s’agit d’un bien commun. Mais aussi parce que chaque fois que le secteur a été privatisé, on a constaté une détérioration de la qualité du service », ajoute Rosso.

D’ailleurs, la superficie de la Terre est couverte à 70% d’eau, et mers, lacs et rivières en contiennent 1,4 milliards de kilomètres cubes. Mais l’eau douce représente seulement 2,5% (35 millions de kilomètres cubes) du total, dont 70% sous forme de neige ou de glace. Pour l’humanité, donc, il ne reste que 0,7% des ressources hydriques terrestres...

L’agriculture urbaine est en plein essor Incroyables comestibles Reporterre 2013/09/04 Incroyables comestibles (4 septembre 2013) L’agriculture urbaine est en plein essor. Reporterre. Agriculture urbaine fr

L’agriculture urbaine est en plein essor

« L’agriculture urbaine ne permettra jamais d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour de grandes villes. Cependant, elle pourrait devenir le mode de culture le plus économique et le plus rentable, notamment en termes d’énergie et de transport ».

L’effet démultiplicateur des apports de la participation citoyenne avec l’agriculture urbaine comme celle impulsée par les Incroyables Comestibles est reconnu par des études récentes. Ce n’est pas un hasard si la Ville de Paris soutient le mouvement participatif des citoyens jardiniers solidaires depuis plus d’un an par l’appel à participer lancé depuis la Maison des Acteurs du Paris durable et plus récemment par l’accueil des actions pédagogiques qui ont été menées sur les parvis de l’Hôtel de Ville en partenariat avec les représentants du collectif « Projet Vergers Urbains » composé du réseau informel d’acteurs issus des villes en transition, de la permaculture et du mouvement des Colibris impliqués à titre personnel ou associatif dans différentes structures visant à promouvoir les « cultures » urbaines.

L’agriculture urbaine s’est fortement développée ces dernières années par la mise en place de jardins partagés, d’associations de type AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), de systèmes de cultures sur les toits ou d’actions collectives citoyennes comme le mouvement des incroyables comestibles. Les circuits courts gagnent des adeptes.

Une étude de l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement menée en juin 2012, intitulée « Système d’alimentation durable », a comptabilisé les surfaces potentiellement cultivables dans la ville de Bruxelles pour le maraîchage, la fruiticulture ou l’aquaponie, techniques de cultures biologiques intensives à main d’œuvre intensive.

En comptant les terrains vagues, les jardins, les parcs et les toitures plates où la culture pourrait être envisagée, la superficie totale cultivable serait de 1300 hectares, générant plusieurs milliers d’emplois à temps plein. D’après les expérimentateurs de l’autosuffisance alimentaire, il est généralement admis qu’en régime à prévalence végétarienne, un hectare est nécessaire pour nourrir une famille. 1300 hectares sur la Ville de Bruxelles ne permettront donc pas d’assurer la sécurité alimentaire de la ville.

L’agriculture urbaine ne permettra jamais d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour de grandes villes au vu des surfaces potentiellement cultivables. Cependant, elle pourrait devenir, d’ici quelques années, le mode de culture le plus économique et le plus rentable, notamment en termes d’énergie et de transport dans un contexte d’énergies fossiles toujours plus chères. Ce sont dans les villes que se trouvent à la fois les bouches à nourrir et la main-d’œuvre disponible, ce qui fait de ce mode d’agriculture un gisement d’emplois non négligeable à l’échelle européenne.

Voir l’article sur le site Energy Cities en lien ICI.

- Estimations de l’effet multiplicateur dans d’autres villes ou régions - Exemples selon l’étude de juin 2012, « Système d’alimentation durable – Potentiel d’emplois en Région bruxelloise »

Extraits significatifs encadré page 73 : Une étude du département américain de l’agriculture (Usda – 2010) recense les analyses empiriques ayant montré que le développement de marchés de producteurs locaux peut avoir un impact significatif sur l’économie locale car l’argent dépensé par les consommateurs reste dans la communauté.

Ainsi, dans l’Iowa, un dollar dépensé sur un marché de producteurs locaux génère 58 cents en transactions indirectes et induites (effet multiplicateur de 1,58). L’effet multiplicateur en termes d’emplois est de 1,45. En Oklahoma, les effets multiplicateurs respectifs se situent entre 1,78 et 1,41.

Selon la Commission de développement économique de Vancouver (The Economy of Local Food in Vancouver, 2009), en Colombie-Britannique, l’effet multiplicateur des marchés de producteurs a été estimé à 2 au niveau de la Province. À Portland (Ontario), l’impact direct des 5 marchés de producteurs est de 7,7 millions de dollars annuels et l’impact total de 11,2 millions de dollars. L’effet multiplicateur est donc de 1,45. En termes d’emplois, l’effet multiplicateur est de 1,38.

Des chenilles africaines résistent au maïs OGM IRD (Institut de recherche pour le développement) Reporterre 2013/09/05 IRD (Institut de recherche pour le développement) (5 septembre 2013) Des chenilles africaines résistent au maïs OGM. Reporterre. fr

Des chenilles africaines résistent au maïs OGM

Un des arguments des défenseurs des OGM est la capacité d’une plante génétiquement modifiée à sécréter son propre pesticide. Mais en Afrique du Sud, une équipe de chercheurs vient de montrer qu’un papillon de nuit a développé un système de défense contre la toxine d’un maïs OGM. « Ce résultat ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne en général l’utilisation des OGM. »

Comme beaucoup d’autres plantes transgéniques, le maïs dit « Bt » synthétise son propre pesticide : une protéine toxique, produite dans ses feuilles et ses tiges, qui tue en quelques jours ses ravageurs. Imparable… sauf si les populations d’insectes s’adaptent à cette toxine !

Jusqu’à présent, les stratégies mises en place pour contrer l’apparition de résistances sont apparues efficaces. Mais des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires sud-africains viennent de montrer qu’un papillon de nuit, Busseola fusca, a développé en Afrique du Sud un nouveau mode de défense contre la toxine Bt.

Une résistance, génétiquement dominante contrairement au mécanisme classique, qui s’est propagée très rapidement. Cette découverte, publiée dans PLoS ONE, remet en question le principe-même sur lequel repose la stratégie anti-résistance qui accompagne généralement l’utilisation des OGM.

Le risque de résistance plane

Le maïs OGM a été créé par insertion dans son génome du gène codant d’une protéine toxique, issue d’une bactérie appelée Bacillus thuringiensis (Bt). Le « maïs Bt » produit alors lui-même dans ses feuilles et ses tiges cette toxine, qui détruit la paroi intestinale des larves d’insectes après ingestion. Pyrale, sésamie, chrysomèle… aucun prédateur du maïs ne lui résiste. Du moins au début. Car sous l’effet de la pression de sélection imposée en continu par la molécule toxique, les insectes peuvent développer des résistances.

Une stratégie considérée jusque-là infaillible

Face à cette menace, la solution prônée consiste à conserver des « zones refuges », c’est-à-dire une petite proportion des surfaces cultivées non OGM. Objectif : maintenir des populations d’insectes sensibles à la toxine. Chez la plupart des espèces de ravageurs étudiées jusque-là, l’évolution de la résistance semblait due à une modification des cellules de la paroi intestinale, empêchant la fixation de la toxine. Ce type d’adaptation se transmet de manière récessive : seuls deux parents résistants produiront une descendance à son tour résistante.

Or, la probabilité d’apparition de tels individus reste faible. Un insecte résistant qui survit dans un champ d’OGM a beaucoup plus de possibilités de s’accoupler avec un de ses nombreux congénères sensibles provenant de la « zone refuge ». Cette tactique a fait ses preuves en Amérique du Nord, mais l’équipe de recherche souligne une brèche dans le système.

Une efficacité remise en question

Six ans à peine après l’introduction du maïs Bt en Afrique du Sud, les scientifiques ont découvert des chenilles de Busseola fusca résistantes, qui ont proliféré très rapidement. Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs ont croisé des papillons sud-africains résistants avec des papillons kenyans sensibles – le maïs Bt n’est pas à ce jour commercialisé au Kenya.

Dès la première génération, les chenilles hybrides obtenues se sont montrées tout aussi résistantes au maïs Bt que leur parent sud-africain. Ce résultat ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne en général l’utilisation des OGM.

Un nouveau mode de résistance

Cela montre en effet, pour la première fois, qu’une résistance au maïs Bt se transmet de manière dominante et non récessive. Le papillon ne fait donc pas appel au mécanisme d’adaptation classique. Selon les chercheurs, la chenille de B. fusca pourrait être capable de désactiver la toxine avant qu’elle ne s’attaque aux parois intestinales. Un tel type de mutation se transmet en effet de manière dominante. La résistance aurait ainsi pu se propager de génération en génération chez le ravageur.

Les mécanismes physiologiques en jeu doivent désormais être confirmés, afin de réorienter la stratégie anti-résistance des OGM. Par ailleurs, les chercheurs explorent d’autres voies de lutte biologique prometteuses contre les ravageurs du maïs en Afrique, soit à partir d’un champignon pathogène ou grâce à des petites guêpes parasitoïdes. Celles-ci pondent leurs œufs dans les chenilles de B. fusca, puis leurs larves tuent les chenilles après s’être développées à leurs dépens.

Une semaine d’actions pour que vivent les semences paysannes Reporterre 2013/09/05 (5 septembre 2013) Une semaine d’actions pour que vivent les semences paysannes. Reporterre. fr

Une semaine d’actions pour que vivent les semences paysannes

La première Semaine des Semences Paysannes aura lieu du 8 au 15 septembre 2013.

Alors qu’on les croyait disparues, les semences paysannes bourgeonnent à nouveau depuis dix ans dans de très nombreux champs et jardins français. Malheureusement, de nouvelles évolutions réglementaires menacent cette renaissance (1).

Le Réseau Semences Paysannes, ses membres et ses partenaires se mobilisent lors de cette Semaine des Semences Paysannes pour faire découvrir leurs actions et rendre visible les initiatives locales paysannes, jardinières et citoyennes qui se développent partout en France pour faire vivre les semences paysannes (voir programme sur le site).

Ceci afin de sensibiliser le public et les médias sur la nécessité de se mobiliser pour cultiver la biodiversité et défendre les droits des paysans, des jardiniers et des artisans semenciers de sélectionner, reproduire, échanger et vendre leurs semences.

A cette occasion, le RSP s’associe au collectif « Semonslabiodiversité » (2) pour interpeller les élus et leur proposer 10 mesures indispensables pour que vivent les semences paysannes afin que nous puissions transmettre aux générations futures la possibilité de choisir et de produire leur nourriture.

Cette initiative s’inscrit également dans une panoplie d’actions organisées partout en France et tout au long de l’année par les membres du Réseau Semences Paysannes à l’occasion de ses dix ans (3).

Le Réseau Semences Paysannes (RSP) regroupe plus de soixante-dix organisations nationales et collectifs locaux diversifiés qui font vivre les semences paysannes dans les fermes et les jardins (syndicat paysans, artisans semenciers, groupements d’agriculteurs biologiques ou biodynamiques, associations de jardiniers, organisations environnementales, citoyennes et de solidarité internationale, parc naturel...).

Depuis dix ans, il accompagne le développement des initiatives locales de promotion et de valorisation de la biodiversité cultivée (mise en réseau, échanges de pratiques, rencontres...), promeut les démarches collectives de gestion et de protection des semences paysannes (Maisons des Semences Paysannes), participe à la reconnaissance scientifique des savoir-faire paysans associés (programmes de recherche participative), et agit pour la reconnaissance des droits des paysans et des artisans semenciers de sélectionner, reproduire, protéger, échanger et vendre leurs semences (analyse juridique, actions de plaidoyer).

Notes

(1) De nombreux rendez-vous sont à l’agenda législatif et réglementaire de la rentrée : décrets d’application de la loi COV de 2011 destinée à interdire les semences de ferme ou à les taxer au profit des entreprises semencières ; loi d’Avenir Agricole qui peut soit interdire, soit faciliter les échanges de semences entre agriculteurs et la commercialisation de semences de variétés paysannes ; discussion par le parlement européen de la proposition de nouveau règlement sur les semences ; rapport parlementaire français sur la brevetabilité des espèces végétales, préalable au vote sur le brevet unitaire européen ; initiative européenne de No patents on seeds contre les brevets sur les semences, les plantes et les parties de plantes ; renouvellement ou non du moratoire sur la culture de l’OGM MON 810...

(2) www.semonslabiodiversite.com

(3) Agenda en ligne ici

Pollution par les nitrates : le gouvernement publie un décret laxiste Agir pour l’Environnement Reporterre 2013/09/05 Agir pour l’Environnement (5 septembre 2013) Pollution par les nitrates : le gouvernement publie un décret laxiste. Reporterre. Agriculture fr

Pollution par les nitrates : le gouvernement publie un décret laxiste

Le décret sur les nitrates agricoles publié le 30 août repousse la date d’application des programmes de lutte et entérine les assouplissements adoptés par la majorité précédente.

Les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture viennent de publier un nouveau décret relatif aux programmes d’actions contre les nitrates d’origine agricole modifiant le décret du 10 octobre 2011.

Non content de reporter une nouvelle fois la date limite pour l’entrée en vigueur du programme d’actions régional contre les nitrates au 31 août 2014, le gouvernement n’a pas osé remettre en cause les assouplissements adoptés par la précédente majorité.

Selon l’association Agir pour l’Environnement, « l’objet implicite de ce nouveau décret est une nouvelle fois de gagner du temps afin de tenter d’éviter une condamnation de la France pour non respect de la directive ’Nitrate’. Ce nouveau ’reporc’ donne pleine satisfaction aux tenants d’un élevage industriel dont les effets sur le bien-être animal, sur l’environnement et sur la qualité de l’eau ne sont plus à démontrer. »

Avec l’adoption de ce nouveau décret, le changement politique promis pendant la campagne présidentielle semble définitivement se conjuguer au futur.

Il ne fait guère de doute que ce décret n’évitera pas une condamnation de la France à de lourdes sanctions financières européennes. Le kilo de porc est donc payé quatre fois : par le consommateur, par le malade, par les régions et départements obligés d’engager des sommes abyssales en dépollution des eaux et des côtes, et par l’Etat qui ne manquera pas d’être condamné pour son attentisme coupable !

Alors même que la conférence environnementale est censée aborder la politique de l’eau dans l’une des tables rondes, il est peu de dire que la publication de ce décret est un bien mauvais signal.

Pour Agir pour l’Environnement, l’élevage industriel ne survit qu’à grands coups de subventions cachées et de "restructurations" économiques désastreuses, conséquences de la course au gigantisme. Il est grand temps de mettre un terme à ce dumping écologique et social en favorisant un élevage plus respectueux du bien-être animal, des écosystèmes et des éleveurs eux-mêmes.

Le projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires est mal pensé et générateur de risques Benjamin Dessus (Global Chance) Reporterre 2013/09/05 Benjamin Dessus (Global Chance) (5 septembre 2013) Le projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires est mal pensé et générateur de risques. Reporterre. Tribune — Déchets nucléaires fr

Le projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires est mal pensé et générateur de risques

« La mise en perspective du projet GIGEO dans l’ensemble beaucoup plus vaste que constitue la gestion à court, moyen et long terme des matières nucléaires dangereuses, met en évidence l’inadéquation et les risques de ce projet. »

Alors que les réunions publiques proposées par la Commission nationale du débat public sur le projet Cigeo (Centre industriel de stockage géologique) se révèlent impossibles à tenir du fait d’une forte opposition à leur tenue, il peut être utile de s’interroger sur la pertinence de ce projet dans le cadre de l’ensemble des questions soulevées par l’aval du cycle nucléaire, plutôt que de tenter de cantonner le débat à un projet qui est loin d’être à la dimension des questions posées et qui, même dans sa propre logique, est très contestable.

Pour sortir de la situation actuelle par le haut, il faudrait se donner le temps de faire le tour des questions liées au devenir de l’ensemble des matières radioactives dangereuses selon les scénarios qui sortiront du débat national sur la transition énergétique et selon les évolutions des technologies nucléaires ?

Cela permettrait d’envisager plus sereinement les avantages et les inconvénients des différentes stratégies possibles avant de s’engager pour une centaine d’années dans ce projet contesté.

A quelle question le projet Cigeo est-il censé répondre ?

Le projet de stockage géologique est supposé résoudre la question d’un stockage multimillénaire des « déchets ultimes » du nucléaire, définis comme ceux qui ne sont pas physiquement recyclables dans l’état actuel des sciences et des techniques et qui présentent une forte ou très forte radioactivité HAVL et MAVL (1) pour des durées très longues, supérieures à des centaines d’années.

Les déchets HAVL sont constitués des produits de fission et des actinides mineurs contenus dans le combustible usé des centrales nucléaires préalablement séparés de l’uranium et du plutonium contenus dans ce même combustible. Ces déchets ultimes représentent moins de 5 % de l’ensemble des matières nucléaires dangereuses à long terme qu’engendre l’activité nucléaire civile. Ils sont conditionnés après vitrification dans des colis en inox et doivent être entreposés 50 à 60 ans pour refroidissement avant leur enfouissement.

Les 95 % de matières dangereuses non concernées par cette définition sont supposées bénéficier d’un recyclage (sous des formes diverses mais non encore déterminées) et sont donc exclues du projet. Quant aux déchets ultimes éventuels de ce recyclage éventuel, ils ne sont ni définis ni comptabilisés et par conséquent exclus du projet Cigeo.

Les déchets MAVL sont d’origines plus diverses (résidus divers des usines du combustible ou du retraitement, coques des combustibles, etc.) et sont conditionnés sous des formes diverses : vitrification, cimentation, bitumage. Moins radioactifs donc moins chauds, ils pourraient commencer à être stockés dès l’ouverture du site de stockage.

Deux questions viennent immédiatement à l’esprit.

La définition des « déchets ultimes » est-elle pérenne ou dépend-elle des progrès scientifiques ou techniques ?

On peut douter de cette pérennité quand on sait que des équipes importantes du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) se consacrent justement à la transmutation de certains de ces déchets ultimes, les actinides, en produits à plus courte durée de vie.

La notion de « recyclabilité » des produits nucléaires dangereux actuellement exclus de l’inventaire des déchets ultimes est-elle une réalité ou connaît-elle des limites techniques ou économiques ?

C’est manifestement le cas pour le plutonium, actuellement très partiellement recyclé sous forme de MOX et dont la majorité se retrouve dans le combustible MOX irradié, dont le multirecyclage n’est pas envisagé pour des raisons à la fois techniques et économiques. Le MOX irradié répond donc actuellement à la définition de « déchet ultime » et non pas de ressource potentielle de plutonium.

C’est également le cas pour la majorité du plutonium obtenu par retraitement du combustible uranium, puisque son usage massif futur est conditionné à l’émergence d’une génération de réacteurs dits de quatrième génération supposés capables, au cours de la seconde moitié du XXIe siècle d’assurer sans faille, dans des conditions économiques et sociales acceptables, un multirecyclage du plutonium jusqu’à l’épuiser totalement.

Le débat national de 2006 avait montré clairement l’aspect aléatoire de cette stratégie et la très grande inertie qu’elle introduisait dans l’évolution de l’inventaire des matières radioactives les plus dangereuses (plutonium et actinides mineurs), même dans les scénarios les plus optimistes.

Dans les hypothèses les plus favorables où les réacteurs de quatrième génération prenaient toute leur place à côté des réacteurs de génération 3 (les EPR), le bilan des matières nucléaires dangereuses en 2110 des scénarios établis par le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et le CEA n’était guère brillant : 150 tonnes d’actinides contre 133 tonnes en 2050 et 41 tonnes en 2004, 5800 tonnes de produits de fission contre 3430 tonnes en 2050 et 900 tonnes en 2004, 1640 tonnes de Mox irradié contre 3660 tonnes en 2050 et 500 tonnes en 2004 (2).

Il apparaît donc clairement que la classification en déchets ultimes et matières valorisables indispensable à la justification du projet Cigeo est largement infondée. C’est non seulement, comme l’a souligné un récent avis de l’ASN (3), la quantité de déchets, mais aussi la composition des déchets à stocker durant les cent ans à venir dans le projet Cigeo qui est largement indéterminée.

Le projet Cigeo, centré sur le stockage d’un type précis de déchets HAVL dits « ultimes » aujourd’hui et pendant les cent ans qui viennent, a toutes chances d’être totalement inadapté au stockage de matières nucléaires dangereuses qui vont se révéler comme des déchets au cours du XXIe siècle, dont la composition et les caractéristiques ne sont pas connues et qui pourraient représenter jusqu’ à vingt fois les déchets considérés comme « ultimes » aujourd’hui.

Un projet qui cherche sa justification dans des préoccupations de très long terme (plus de milleans ans) au prix de grandes incertitudes sur le court et moyen terme (cent ans)...

La logique du projet Cigeo est complètement tournée vers le très long terme, avec la volonté de répondre à une question unique : comment assurer la stabilité du stockage des « déchets ultimes » sur des durées géologiques.

La solution choisie repose sur le double concept de « barrière naturelle » qu’apporterait à très long terme les couches géologiques (à condition d’être judicieusement choisies) à la migration éventuelle des particules radioactives mais aussi d’irréversibilité.

En effet le but revendiqué de l’opération est de pouvoir « oublier » ces déchets en rendant impossible leur accès à l’homme pendant des dizaines de générations. Dans cette perspective, les questions de court et moyen terme (moins de cent ans) ont été considérées que comme accessoires dans le projet.

Cette logique d’oubli et de confiance dans la nature et la technique comme garantie de sûreté a fait l’objet de vives controverses au cours du débat national sur la gestion des déchets radioactifs de 2006.

Est apparue à cette occasion la notion d’entreposage surveillé et pérennisé qui repose sur une attitude très différente, en refusant l’oubli proposé comme solution à la société actuelle et future. L’entreposage envisagé impose en effet non seulement une surveillance mais la possibilité technique réelle d’extraire les fûts de déchets à tout moment et d’en disposer autrement.

La notion d’évolution (évolution scientifique et technique, évolution des esprits et des sociétés) est donc au cœur de ce concept concurrent qui a recueilli une large approbation au cours du débat public engagé par la Commission nationale du débat public sur la gestion des déchets radioactifs en 2005-2006.

Cette pression a conduit les pouvoirs publics et l’Andra à proposer une part de réversibilité dans son concept de stockage irréversible à long terme. Mais il s’agit en fait de l’ouverture d’une éventualité de réversibilité des décisions de stockage au cours de la période d’une centaine d’années jugée comme nécessaire au remplissage de l’installation et non pas d’une réelle possibilité de remise au jour de l’ensemble des fûts déjà stockés pendant cette période, ce qu’on appelle « la récupérabilité ».

Le projet Cigeo, avec sa profondeur et l’architecture de ses galeries, se prête en effet particulièrement mal au déstockage éventuel des colis stockés.

Cette réversibilité partielle constitue donc bien plus une concession de principe aux tenants de l’entreposage pérenne, qu’un réel changement de cap.

Mais cette nouvelle exigence, bien que sans conséquences sur l’option de long terme privilégiée, puisque c’est la seule issue envisagée, comporte une série de conséquences à court et moyen terme : contrairement à la logique de départ affichée, à savoir l’oubli le plus rapide possible des déchets stockés par une interdiction physique totale d’accès, le projet maintient le site entièrement ouvert pendant les cent prochaines années.

Il cumule alors les risques inhérents à la présence des fûts déjà stockés mais non encore isolés dans leur configuration définitive, et ceux inhérents au transport et à la gestion du remplissage des galeries, sans pour autant bénéficier de la souplesse ni des moyens de surveillance d’un entreposage conçu pour la réversibilité, au sens physique du terme.

Pendant une centaine d’années, plusieurs chantiers nucléaires vont coexister : celui de creusement de nouvelles galeries et d’aménagement d’alvéoles de stockage, celui de chargement dans les galeries existantes de colis de déchets, celui d’entreposage en surface de quelques jours à quelques semaines des colis reçus pour assurer la régulation des flux de colis à stocker.

Un projet dont la sûreté aussi bien à court terme qu’à long terme demeure douteuse

Plusieurs risques à l’intégrité du stockage ont été identifiés dont par exemple des risques d’explosion d’hydrogène dégagé par certains colis MAVL en cas de panne de ventilation de ces colis pendant plus d’une semaine, des risques d’incendie provoqués par la présence de grandes quantités de bitume, etc.

Chacun de ces risques a fait l’objet d’études sérieuses, mais comme dans le cas d’un accident majeur, la combinaison de certains ou de tous ces risques n’a pas été modélisée.

Indépendamment des questions de pérennité à très long terme du stockage, il existe donc une série de risques qui peuvent se matérialiser à court et moyen terme, dans la phase où le stockage reste ouvert et provoquer des pollutions radioactives majeures.

CIGEO est donc un projet qui ne répond que très partiellement à la question du devenir des matières nucléaires dangereuses, un projet rigide qui permet de saisir ni les opportunités d’évolution sociétale ou technologique ni les évolutions de politique nucléaire, un projet d’ores et déjà très onéreux (35 milliards d’euros) alors qu’il ne s’adresse qu’à une petite part des questions d’aval du cycle nucléaire, un projet dont la sûreté n’est pas assurée ni pendant sa longue phase de construction-remplissage, ni sur le très long terme.

La mise en perspective du projet GIGEO dans l’ensemble beaucoup plus vaste que constitue la gestion à court, moyen et long terme des matières nucléaires dangereuses, met en évidence l’inadéquation et les risques de ce projet.

Notes

(1) HAVL et MAVL : haute activité à vie longue et moyenne activité à vie longue.

(2) Petit memento des déchets nucléaires Les cahiers de Global Chance, sept 2005.

(3) Avis n°2013-AV-0719 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 16 mai 2013 sur les documents produits par l’ANDRA depuis 2009, relatifs au projet de stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde (ou projet CIGEO : Centre industriel de stockage réversible profond de déchets radioactifs en Meuse/Haute-Marne, sur le site de Bure).

Les écoliers rentrent dans une école... de paille Isabelle Duffaure-Gallais (lemoniteur.fr) Reporterre 2013/09/05 Isabelle Duffaure-Gallais (lemoniteur.fr) (5 septembre 2013) Les écoliers rentrent dans une école... de paille. Reporterre. fr

Les écoliers rentrent dans une école... de paille

Une école isolée en paille ouvre ses portes dans l’éco-quartier du Fort d’Issy. C’est le premier établissement public de plusieurs étages qui utilise cette technique.

La nouvelle école Louise Michel d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) accueille ses premiers élèves en cette rentrée scolaire : 9 classes élémentaires et 5 maternelles sur une surface de 5 241 m². Pour réaliser ce groupe scolaire implanté au pied du fort d’Issy, dans un nouvel écoquartier, les architectes Sonia Cortesse et Bernard Dufournet ont fait appel à des matériaux naturels : notamment le bois et la paille.

Essai au feu

Les deux bâtiments sont construits en structure poteaux-poutres et planchers en bois. L’isolation est réalisée en laine de bois et en ouate de cellulose pour les toitures, en bottes de paille enfermées dans des caissons préfabriqués pour les façades. Une innovation pour un bâtiment public R + 2 de cette importance.

Malgré des rapports d’essais allemands annonçant une résistance au feu de 1 h 30 pour une paroi en bottes de paille enduite sur les deux faces, le bureau de contrôle Socotec a exigé de faire réaliser un essai afin de justifier le comportement au feu du système, notamment pour ce qui concerne le passage des flammes ou gaz chauds d’un étage à l’autre (instruction technique IT n° 246).

Le CSTB a réalisé un incendie réel sur une travée de façade, permettant de conclure à la possibilité de réaliser un ERP en R+2 avec une façade en paille, et ouvrant la voie à l’utilisation plus étendue de ce matériau dans la construction.

Géothermie et aspiration pneumatique des déchets

L’opération inclut en infrastructures un parking et une chaufferie géothermique collective qui alimentera également les nouvelles opérations immobilières du Fort d’Issy, ainsi qu’une installation pour l’aspiration pneumatique des déchets.

Grâce à la conception bioclimatique et à l’enveloppe très performante, l’architecte annonce une consommation d’énergie réduite à 7 kWh/m².an pour le chauffage. Le plancher chauffant en rez-de-chaussée et les panneaux rayonnants des étages seront alimentés par une eau à 28°C en provenance de la nappe profonde. Un appoint sera apporté par une pompe à chaleur si nécessaire.

Josh Fox : « Le gaz de schiste pollue la démocratie » Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/06 Hervé Kempf (Reporterre) (6 septembre 2013) Josh Fox : « Le gaz de schiste pollue la démocratie ». Reporterre. fr

Josh Fox : « Le gaz de schiste pollue la démocratie »

Josh Fox est le réalisateur de Gasland, le film qui a réveillé les consciences sur la réalité du gaz de schiste. Dans un entretien avec Reporterre, il explique que ce qui se joue dans cette bataille écologique, c’est la vitalité de la démocratie face aux grandes compagnies multinationales.

Josh Fox est le réalisateur du film Gasland, sorti en 2010, et qui a montré l’ampleur des pollutions provoquées par l’exploitation du gaz de schiste. Il a réalisé un nouveau film, Gasland II. Il est en France pour quelques jours. Reporterre l’a rencontré le 5 septembre près de Jouarre, là où une exploration de pétrole de schiste a commencé, et rencontre une vive opposition.

La plate-forme de la compagnie Hess à « La Petite Brosse », commune de Jouarre (Seine-et-Marne)

En quoi votre nouveau film est-il différent du précédent ?

Josh Fox - Le premier film décrivait les multiples façons par lesquelles l’exploitation du gaz de schiste génère des pollutions, et les multiples façons dont les gens en sont affectés. Ce film est se concentre sur les nombreuses différentes façons – pas seulement par l’argent ou le lobbying - par lesquelles l’industrie du pétrole et du gaz s’est incrustée au sein même du système démocratique pour l’influencer. Ce que nous avons constaté à de multiples reprises en faisant ce film, c’est que les gens n’ont pas de recours quand ils sont confrontés à l’industrie du pétrole et du gaz.

Est-ce un exemple de ce qui arrive en général à la démocratie ou est-ce très spécifique au gaz de schiste ?

Beaucoup de choses sont très spécifiques à cette industrie aux Etats-Unis, mais malheureusement, c’est aussi exemplaire de la façon dont les grandes compagnies agissent en démocratie. Elles veulent circonvenir le peuple. Elles conduisent des négociations directes avec le gouvernement à l’écart du peuple. La seule façon par laquelle les gens peuvent agir est de protester, de s’imposer dans la prise de décisions, comme vous l’avez fait en France, ou comme en Australie ou en Grande-Bretagne.

Aux Etats-Unis – et je crains que ce soit pareil ailleurs -, notre gouvernement trahit le peuple. C’est très choquant de constater que l’administration Obama cache des documents produits par l’Etat, avant les élections, pour que les gens n’en aient pas connaissance. On montre tout ceci dans le film. Par exemple, on savait que l’EPA [1] enquêtait sur les cas de pollution au Texas, et soudain, ils ont abandonné cette enquête. Même chose dans le Wyoming. On a des documents montrant que l’EPA savait scientifiquement qu’il y avait des migrations de l’eau, et l’a caché. On a des preuves très fortes sur tout ceci.

Comment expliquez-vous la position d’Obama, qui est perçu comme de gauche en France ?

Au début de l’administration Obama, en 2009, l’EPA a commencé à enquêter très sérieusement sur les pollutions. Sa directrice, Lisa Jackson, travaillait vraiment dans l’intérêt du peuple. Mais quand la campagne électorale a commencé en 2012, on a constaté un changement du jour au lendemain : l’EPA a abandonné ses recherches, le chef des enquêtes a démissionné, Lisa Jackson a démissionné. Il y a eu des fortes pressions pendant la campagne électorale pour mettre la pédale douce sur ce sujet.

Obama et son administration sont-ils connectés aux grandes entreprises de l’industrie et du gaz ?

On sait qu’ils ont rencontré très, très souvent les représentants de l’industrie. En revanche, à de multiples reprises, des lettres ont été envoyées à l’administration pour lui demander de rencontrer les scientifiques qui montrent qu’il y a des problèmes, de rencontrer les gens qui souffraient de l’exploitation du gaz de schiste. La réponse a été : non.

Obama essaye peut-être de faire des petites choses. Mais il ne s’agit pas de faire des petits pas ; il s’agit de développer vigoureusement les énergies renouvelables et de stopper les fossiles. Mais ces gens ne peuvent pas le faire. Ils n’ont pas de leadership.

On parle de révolution énergétique, du boom de la richesse en Dakota en Nord, d’indépendance énergétique des Etats-Unis : est-ce exact ?

Il y a beaucoup de pétrole au Dakota du Nord .Mais ce n’est pas une bonne chose : nous devons diminuer la production de pétrole.

Pourquoi ?

Parce que selon tous les indicateurs – sur la démocratie, sur la pollution, sur le climat -, les carburants fossiles sont nuisibles. Il ne faut pas en produire plus, mais diminuer leur production. Vu de l’espace, on observe une grande tache brillante au-dessus de l’agglomération de Chicago ou de celle de Minneaopolis. Mais aussi une au-dessus du Dakota du Nord, où il n’y a pas de grande ville ; mais ils brûlent tellement de gaz qu’on le voit de l’espace. Nous avons besoin de moins de pétrole et de gaz, pas de plus.

Et en ce qui concerne l’indépendance énergétique des Etats-Unis ?

La seule véritable indépendance énergétique est celle des énergies renouvelables. Là, il ne s’agit pas d’indépendance, mais de la la liberté pour les grandes compagnies de faire du profit. BP, Shell, Statoil, qui exploitent gaz et pétrole aux Etats-Unis ne sont pas des compagnies américaines. Ces corporations n’ont pas de pays. Cette histoire d’indépendance est un non-sens.

On ne peut pas avoir une vraie démocratie sans être libérés des combustibles fossiles,sans être libérés de ces compagnies. Elles ont pollué la démocratie. Nous avons besoin de nous exprimer, de développer les énergies renouvelables, c’est notre avenir.

Comment expliquez-vous que les grands médias militent pour le gaz de schiste ?

Les compagnies font un très bon travail de communication. Rappelez-vous en 2003, avant la guerre d’Irak. Tous les médias ne cessaient de dire que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive. Leurs arguments avaient l’air très raisonnables. Cela s’est révélé faux et ça a conduit à un désastre. Quand vous examinez attentivement leurs arguments sur le gaz de schiste, ils ne tiennent pas. Mais des millions de dollars en publicité et en communication sont déversés par l’industrie.

Quelle est la situation du mouvement d’opposition aux Etats-Unis et ailleurs ?

Il devient de plus en plus fort. Dans l’Etat de New York et en Pennsylvanie, 60 % des gens sont favorables à un moratoire sur le gaz de schiste. Au Colorado, ville après ville votent pour un ban sur la fracturation hydrolique. En Californie, le mouvement se renforce ; en juin, des centaines de milliers de signatures contre la production de gaz de schiste avaient été enregistrées.

Cela arrive aussi autour du monde. On a été à Bruxelles, au Parlement européen, on a rencontré des activistes des Pays-Bas, de France, d’Espagne, d’Allemagne...

Ils sont en train de prendre conscience que leur vrai bataille, c’est la lutte pour la démocratie.

Notre Dame des Landes : les députés européens n’enquêteront pas sur place Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/06 Hervé Kempf (Reporterre) (6 septembre 2013) Notre Dame des Landes : les députés européens n’enquêteront pas sur place. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : les députés européens n’enquêteront pas sur place

Les partis dominant le Parlement européen ont refusé qu’une délégation de députés vienne enquêter sur place à Notre Dame des Landes. D’autres rendez-vous de la bataille réglementaire s’annoncent, alors qu’une maison vient d’être occupée sur la ZAD.

Après le calme estival - et la fête des 3 et 4 août à Notre Dame des Landes -, la bataille du projet d’aéroport a repris aujourd’hui à Bruxelles : les parlementaires européens viennent de décider qu’ils n’enverraient pas plusieurs des leurs en délégation sur le terrain. Cette enquête, désignée dans le jargon communautaire comme une "fact finding visit" (visite de recherche de faits), aurait compris cinq députés. Ceux-ci auraient passé trois jours en France, d’abord pour rencontrer à Notre Dame des Landes les “pétitionnaires" - personnes ayant déposé une pétition à ce sujet auprès du Parlement européen en mars 2013 -, puis à Paris pour rencontrer les ministres concernés.

La décision a été prise jeudi 5 septembre par la Conférence des présidents des commissions.

Les députés écologistes ont poussé pour que l’enquête soit lancée, mais ont rencontré l’opposition du groupe des partis de droite (PPE), et du groupe socialiste du Parlement européen. Le député PPE Philippe Boulland a justifié ainsi sa position : "Attendons d’avoir tous les éléments juridiques ainsi que les réponses de la Commission européenne entre nos mains avant de nous agiter sur une mission d’enquête dont le coût et la polémique qu’elle soulèverait, doivent être comparés à l’éventuelle plus-value à apporter".

Les Verts européens ont réagi par un communiqué : "Pure formalité administrative transformée en décision politique abusive, le veto des socialistes alliés aux conservateurs européens vient confirmer l’acharnement à vouloir bloquer toute investigation européenne sur le projet", estime ainsi la députée Sandrine Bélier.

Cependant, la décision n’est pas définitive, et l’envoi d’une délégation parlementaire pourrait être rediscuté durant l’automne.

Rencontre avec le ministre le 10 septembre

Par ailleurs, les associations Acipa et Cédépa d’opposants au projet d’aéroport devraient rencontrer le ministre des Transports et le directeur de cabinet du ministre de l’Ecologie mardi 10 septembre. Elles souhaitent que Philippe Martin, le ministre de l’Ecologie, participe lui-même à ce rendez-vous.

Il s’agit de savoir s’il est possible de renouer un dialogue organisé par la préfecture de Loire-Atlantique. Les associations y mettent plusieurs conditions :

- que la rédaction du cahier des charges des études demandées par le ministère des transports en juillet sur l’optimisation et l’exposition au bruit de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique soit transparente et discutée ;

- que pendant la poursuite de ces études, la situation en terme de travaux ou d’intervention étatique soit figée sur le terrain ;

- que les éléments détenus par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) ayant conduit à l’analyse coûts-bénéfice de l’enquête publique sur l’aéroport soient publiés, comme promis.

La bataille juridique continue au Parlement européen

Troisième temps d’un mois de septembre bien chargé : la réunion mardi 17 septembre, au Parlement européen, de la Commission des pétitions. Elle procèdera à l’audition publique relative à Notre Dame des Landes. Le gouvernement français, qui avait semblé jusque-là négliger la procédure engagée au niveau européen, devrait y être représenté. Surtout, la Commission européenne livrera la conclusion de son analyse du dossier. Elle dira si, selon elle, le projet d’aéroport viole le droit communautaire.

Le moulin de Rohanne occupé lundi 2 septembre

La lutte ne se poursuit pas seulement dans les arcanes des procédures, mais aussi concrètement : lundi 2 septembre, une maison abandonnée par des paysans expulsés a été investie par des habitants de la ZAD.

Industries minières. Extraire à tout prix ? Reporterre 2013/09/06 (6 septembre 2013) Industries minières. Extraire à tout prix ?. Reporterre. fr

Industries minières. Extraire à tout prix ?

Depuis une décennie, le monde connaît un boom minier. Présenté comme une opportunité unique pour nombre de pays du Sud, il constituerait une source de croissance qui permettrait tout à la fois de créer des emplois, d’assurer des recettes fiscales aux États et, par là même, de leur donner les moyens de leur souveraineté.

L’exploitation minière est ainsi devenue une composante clé des stratégies de développement de plusieurs États, institutions internationales (Banque mondiale) et organisations continentales (Union africaine), ainsi que des relations commerciales Sud-Sud, marquées par l’expansion de pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil.

Parallèlement et en fonction de ce boom minier, les conflits n’ont cessé de se développer et de s’intensifier, centrés sur la répartition des richesses produites, mais aussi sur les dégâts environnementaux, sociaux et politiques occasionnés. Selon une version optimiste, la prévention, la gestion et, de manière générale, une meilleure « gouvernance » pourraient sinon éliminer ces impacts négatifs, du moins les réduire grandement.

Mais les mines posent des problèmes radicaux en termes de territoires, de souveraineté et de limites écologiques, qu’il est impossible de compenser. Elles tendent à reconduire la logique coloniale des relations politique et économique, qui met à mal les droits, parfois contradictoires, et l’autonomie des différents acteurs – locaux ou nationaux, peuples autochtones, États... Les résistances que suscitent les industries minières tiennent alors tout autant à leurs effets qu’à leur mode de fonctionnement.

Contenu :

EDITORIAL Exploitation minière au Sud : enjeux et conflits

AMERIQUE LATINE • Consensus des matières premières, tournant éco-territorial et pensée critique en Amérique latine par Maristella Svampa • État compensateur et nouveaux extractivismes : ambivalence du progressisme en Amérique du Sud par Eduardo Gudynas • Conflits miniers et scénario de transition : le cas péruvien par José De Echave • Bolivie : renforcement, succès et impasses du modèle extractiviste par Marco Gandarillas

AFRIQUE • Vers une « bonne gouvernance » du secteur minier de la République démocratique du Congo ? par Ferdinand Muhigirwa Rusembuka • L’Afrique du Sud en proie à la « malédiction des ressources » par Patrick Bond • Les ressources minières et le développement de l’Afrique : défis et perspectives

ASIE • Autonomie régionale et conflits entre populations et industrie minière en Indonésie par Pius Ginting • Philippines : mobilisations civiles pour une politique extractive durable et équitable par Liza G.F. Lansang • Les ressources minières d’Afghanistan : une lumière sur la route de la soie ? par Javed Noorani

TRANSPARENCE ? • Leçons de transparence de l’« Initiative pour la transparence des industries extractives » par Kees Visser

- Industries minières. Extraire à tout prix ?, coordonné par Thomas Frédéric, éd. Syllepse, 216 p., 13 €.

En Colombie, la révolte paysanne secoue le pays GRAIN Reporterre 2013/09/06 GRAIN (6 septembre 2013) En Colombie, la révolte paysanne secoue le pays. Reporterre. Tribune — fr

En Colombie, la révolte paysanne secoue le pays

Depuis août, le mouvement lancé par les organisations paysannes en Colombie s’est élargi à d’autres couches de la société. Les paysans protestent contre la politique du gouvernement qui privilégie les intérêts de l’industrie agro-alimentaire et néglige, voire criminalise, l’agriculture paysanne locale.

Le 19 août, les organisations paysannes colombiennes ont lancé une grève nationale massive. Elles ont bloqué les routes, déversé du lait sur les voitures et pratiquement stoppé la production alimentaire à destination des villes. Le problème ? Les moyens d’existence de ces agriculteurs sont radicalement remis en cause par les politiques du gouvernement.

L’État ne fournit presque aucun soutien au secteur de la petite agriculture [1]. Au lieu de cela, l’Etat adhère à un modèle économique et social qui sert les intérêts d’une riche élite minoritaire. Les Accords de libre-échange (ALE) signés récemment avec les États-Unis et l’UE entraînent un dumping par rapport aux producteurs colombiens, qui ne peuvent pas rivaliser avec les importations subventionnées [2].

Le gouvernement colombien a activement favorisé l’accaparement des terres par des grandes entreprises, dont beaucoup sont étrangères (Monica Semillas du Brésil, Merhav d’Israël, Cargill des États-Unis), afin de promouvoir une agro-industrie orientée vers l’exportation au détriment d’une agriculture familiale orientée vers la souveraineté alimentaire.

Mais les manifestants ont fait valoir que le secteur agricole a besoin d’un réel soutien, notamment sous la forme d’un accès à la terre et d’une baisse des coûts de production. Sinon, les cultivateurs colombiens de pommes de terre et de café, les producteurs de produits laitiers et de viande, sans compter les petits pêcheurs, ne seront pas en mesure de suivre. Ils sont en train d’être expulsés et exterminés.

Le dos au mur, les agriculteurs ont engagé un mouvement de mobilisation dans une partie du pays en juin, qui s’est développé et transformé en une action nationale coordonnée durant le mois d’août. La grève des agriculteurs a été rapidement soutenue par d’autres secteurs : les travailleurs de l’industrie pétrolière, les mineurs, les camionneurs, les professionnels du secteur de la santé et d’autres. Le 29 août, une dizaine de jours après le début de la grève, plus de 20 000 étudiants ont rejoint le mouvement et bloqué la capitale, Bogotá.

La réponse du gouvernement a été chaotique et contradictoire. Les forces de police ont violemment réprimé et blessé un grand nombre de manifestants, sans parler des journalistes. Plus de 250 personnes ont été arrêtées, notamment un important dirigeant syndical, Hubert Jesús Ballesteros Gomez, principalement sur de fausses accusations. Un certain nombre de personnes ont perdu la vie dans les deux camps.

À un moment, le gouvernement a reconnu que les griefs des agriculteurs étaient fondés et a proposé quelques concessions. À un autre, il a affirmé que le mouvement était infiltré par les FARC. Le président Santos est même allé affirmer à la télévision que « la grève des paysans n’exist[ait] pas. » Le lendemain, il a été filmé depuis un hélicoptère, inspectant les affrontements et les gaz lacrymogènes qui envahissaient les rues de Bogotá.

La mobilisation a remporté un grand succès en ouvrant un espace de discussion, de conscientisation, de solidarité et de résistance en Colombie. Les étudiants, par exemple, étaient enthousiastes pour soutenir les agriculteurs et appuyer leurs revendications. Ils se sont rassemblés bruyamment contre les OGM et pour la souveraineté alimentaire.

Mais ils ont aussi voulu mettre en avant leurs propres exigences en matière d’éducation publique gratuite, ce qui a permis à la mobilisation d’aller dans le sens d’une vague de pression sociale plus large visant à changer les politiques actuelles de la Colombie, sans se cantonner aux préoccupations paysannes.

La Loi 970

La question des semences est devenue très médiatisée. En application de l’ALE signé avec Washington, ainsi que de celui signé avec Bruxelles, Bogotá a l’obligation d’assurer des droits de monopole légal sur les semences vendues par des sociétés américaines et européennes à titre d’incitation pour leur permettre d’investir en Colombie. Les agriculteurs qui sont pris à vendre des semences de ces variétés conservées à la ferme, ou simplement des semences indigènes qui n’ont pas été officiellement enregistrées, pourraient s’exposer à des amendes ou même à des peines d’emprisonnement. [3]

Comme cela s’est passé dans de nombreux autres pays à travers le monde, cette criminalisation des droits des agriculteurs et des peuples autochtones de conserver, échanger et vendre les semences met en péril la biodiversité du pays et son patrimoine.

Même s’il est vrai que le gouvernement colombien a évolué dans ce sens depuis de nombreuses années, et a accepté des politiques de ce type dans le cadre de son adhésion à la Communauté andine ou à l’Organisation mondiale du commerce, beaucoup font remarquer que ce n’est que depuis la signature des ALE avec les États-Unis et l’UE que le gouvernement cherche sérieusement à les mettre en œuvre.

L’année dernière, les autorités colombiennes ont pris d’assaut les entrepôts et des camions de riziculteurs dans Campoalegre, dans la province de Huila, et ont violemment détruit 70 tonnes de riz qui, selon elles, n’avaient pas été traitées conformément à la loi.

Cette intervention militarisée pour détruire des semences paysannes a choqué de nombreuses personnes, et a amené une jeune militante chilienne, Victoria Solano, à faire un film sur ce sujet. Le film s’appelle « 9.70 » parce que c’est le numéro de la loi adoptée en 2010 qui énonce le droit pour l’État de détruire les semences paysannes si elles ne sont pas conformes. [4]

Aujourd’hui, grâce à la force, la ténacité et la légitimité de la protestation des agriculteurs, des gens de tous les milieux de la société colombienne discutent de ce film, comme on peut le voir dans les médias, les réseaux sociaux et dans les rues, et demandent pourquoi le gouvernement mène ces politiques insensées.

Soutenez le mouvement

Les agriculteurs colombiens peuvent très bien nourrir le pays, de façon à fournir des emplois et assurer leur dignité et un environnement sain, cela ne fait aucun doute. Mais le gouvernement est trop fermement attaché à un modèle économique qui répond à des intérêts de copinage et ne prévoit aucune place pour les petites exploitations agricoles familiales. Nous devons tous soutenir la lutte agraire populaire en Colombie pour renverser ce modèle. Il n’est pas trop tard.

Une petite action concrète est possible : le film documentaire « 9.70 » - que vous pouvez regarder en ligne en espagnol à cette adresse - recherche des fonds pour produire une version sous-titrée en anglais afin que davantage de gens dans le monde puissent comprendre ce à quoi sont confrontés les agriculteurs colombiens et les aider à mettre en échec ces politiques. La plus petite contribution est utile. Allez sur ce lien pour participer. La date limite est le 10 septembre !

Autre action significative, la Coordination latino-américaine de La Via Campesina cherche à lancer des initiatives de solidarité internationale pour soutenir la grève. Allez ici pour en savoir plus. Encore une fois, il est essentiel d’agir rapidement !

Au-delà de la Colombie, la bataille sur des textes de lois similaires sur les semences fait rage en ce moment à un niveau politique très élevé, et à travers la campagne, au Chili ainsi qu’en Argentine. Une des inquiétudes tient au fait que certains des éléments les plus agressifs adoptés par le gouvernement colombien pourraient aussi se frayer un chemin vers d’autres pays d’Amérique latine. La nécessité d’abolir ces lois est donc vraiment urgente !

Notes

[1] Près d’un tiers de la population colombienne vit dans les campagnes et près de 60 % des habitants des zones rurales connaissent, dans une certaine mesure, la faim. Voir Paro Nacional Agrario y Popular, Pliego de Peticiones.

[2] Les effets n’en sont qu’à leurs débuts, mais ils sont bien réels. Les exportations agricoles américaines vers la Colombie ont grimpé de 62 % au cours de la première année de l’Accord, tandis que les exportations agricoles colombiennes vers les États-Unis ont baissé de 15 %. (Voir USTR, et Portafolio)

[3] Pour être enregistrées et certifiées, les semences doivent répondre à des critères d’homogénéité et de stabilité génétique adaptés aux procédés agro-industriels. Cela exclut, par définition, les semences paysannes - ou variétés criollo, comme on les appelle en Colombie - qui ont tendance à être diversifiées, adaptatives et dynamiques. Selon les règles actuelles en vigueur en Colombie, si un agriculteur veut planter des semences criollo, il/elle doit obtenir l’autorisation du gouvernement, ne peut le faire qu’une fois et que sur cinq hectares ou moins, et doit consommer la totalité de la récolte à la maison (il ne peut pas la vendre sur le marché).

[4] Voir la page Facebook du film et sur Twitter : rechercher #NoMas970. Au cours des trois ans d’existence de la loi 970 à ce jour (2010-2012), le gouvernement a rejeté ou détruit près de 4 000 tonnes de semences.

Pour aller plus loin :

• Grupo Semillas, « Colombia : Las leyes que privatizan y controlan el uso de las semillas, criminalizan las semillas criollas », Bogotá, 26 août 2013 • « La historia detrás del 970 », Semana, Bogotá, 24 août 2013 • Julia Duranti, « A struggle for survival in Colombia’s countryside », 30 août 2013

Visitez le site bilaterals.org pour une couverture plus complète (en anglais, français et espagnol) sur la grève générale agraire et la lutte contre la loi 970 dans ce cadre.

Pour plus d’informations sur les luttes autour des lois sur les semences en Colombie, veuillez contacter le Grupo Semillas (« Groupe Semences ») à l’adresse semillas@semillas.org.co, ou visitez son site Web.

Imaginez le campus étudiant de 2050 REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable) Reporterre 2013/09/06 REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable) (6 septembre 2013) Imaginez le campus étudiant de 2050. Reporterre. fr

Imaginez le campus étudiant de 2050

Les associations ou porteurs de projet étudiants sont constamment à la recherche de nouveaux outils de sensibilisation. Pour ce faire, le REFEDD lance son projet "Campus d’Avenir".

Aujourd’hui le REFEDD souhaite aller plus loin, en développant une exposition nationale intitulée « Campus d’Avenir ». L’objectif est de créer une quinzaine de planches illustrées ayant pour sujet les campus et le développement durable en 2050.

Nous souhaitons partir de l’existant : campus exemplaires, éco-quartiers, projets architecturaux, mettant en avant des solutions énergétiques, une mobilité durable, une alimentation responsable, la prise en compte d’enjeux sociaux, etc. Afin de créer un nouvel imaginaire à l’horizon 2050 de ce que pourraient être les campus durables. Il s’agit d’un projet d’anticipation, avec des illustrations originales et sortant de l’ordinaire.

Ce projet est porté par les étudiants, puisque les idées qui émergeront et qui seront utilisées pour la création de l’exposition viennent de vous ! Des brainstorms sont actuellement organisés dans toute la France !

Les objectifs du projet :

Montrer que le développement durable permet d’engager une transition vers des campus beaucoup plus agréables à vivre, avec une réelle plus-value pour les usagers et notamment les étudiants. Il s’agit donc aussi de les sensibiliser et de les impliquer, de leur faire comprendre qu’il est possible de s’approprier son établissement ;

Faire prendre conscience aux responsables d’établissements que le développement durable est devenu un facteur d’attractivité et de notoriété à l’international ;

Créer une passerelle entre l’administration, les associations étudiantes engagées et les étudiants via l’inauguration de l’exposition dans chaque établissement ;

Donner un kit percutant et « fun » d’animation et de sensibilisation à nos associations ;

Toi aussi monte un brainstorm campus d’avenir !

Et si c’était à nous, étudiants, d’imaginer ce que serait le campus de demain ? Le REFEDD propose aux étudiants de se réunir, d’échanger et de proposer ce que sera « le campus d’Avenir » à l’horizon 2050-75.

ET SI les étudiants faisaient partie des processus décisionnels ? ET SI on réinventait demain ? ET SI on se retrouvait au prochain brainstorming Campus d’Avenir ?

Au Guatemala, la dure bataille contre les compagnies minières PAQG (Projet Accompagnement Québec Guatemala) Reporterre 2013/09/07 PAQG (Projet Accompagnement Québec Guatemala) (7 septembre 2013) Au Guatemala, la dure bataille contre les compagnies minières. Reporterre. fr

Au Guatemala, la dure bataille contre les compagnies minières

Malgré l’opposition d’une majorité de la population, le développement minier est imposé par la violence au Guatemala. Une coalition d’organisations indiennes vient de déposer une plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Le 3 septembre, le Conseil des peuples de l’Ouest (CPO), qui regroupe des organisations mayas du Guatemala, a déposé une pétition à la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) alléguant que la loi sur les mines du pays a été approuvée sans le consentement préalable de ses membres, comme le requierent les législations nationales et internationales. La CIDH est le dernier recours du CPO, qui a épuisé tous les recours nationaux pour mettre fin aux violations qui résulte de la législation minière actuelle.

Le CPO a d’abord contesté la constitutionnalité de la loi sur les mines de 1997 par une poursuite déposée à la Cour constitutionnelle du Guatemala. En mars 2013, la Cour constitutionnelle a toutefois maintenu la loi sur les mines, entrant en contradiction avec les obligations légales du Guatemala de consulter les peuples autochtones avant l’approbation de politiques qui auront d’importantes conséquences sur leurs territoires.

« Nous croyons que cette décision de la Cour constitutionnelle est illégale et contradictoire, étant donné que la même Cour a statué en 2011 que la consultation était un droit constitutionnel des peuples autochtones au Guatemala. Les peuples autochtones n’ont pas été consultés sur la loi sur les mines, malgré son incidence sur notre mode de vie et l’engagement de l’État à respecter les droits collectifs des peuples autochtones, selon des instruments juridiques internationaux comme la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail, » a déclaré Lucia Xiloj, avocate et membre de l’équipe légale du CPO.

Avec plus de 360 permis d’exploitation minière accordés et plus de 600 en attente, le secteur minier du Guatemala vient sur la scène à cause des conflits et de la violence croissante à travers le pays. Le manque de respect à l’égard des communautés affectées est à la base de ces conflits.

Près d’un million de personnes ont voté contre des projets miniers sur leurs territoires lors de référendums tenus dans 78 communautés à travers le Guatemala depuis 2005. Un sondage publié en janvier 2013 a de plus démontré que près de 66% des Guatémaltèques sont opposés aux projets miniers. Ni le gouvernement ni les compagnies minières n’ont toutefois respecté les décisions des communautés ; au contraire, la répression de l’opposition aux mines s’est intensifiée.

« Le conflit, dont la base est la violation du droit de consultation, a entrainé des attaques ciblées et des morts, ainsi que la criminalisation et la persécution de leaders communautaires, » a déclaré Lolita Chavez, membre du CPO et signataire de la plainte déposée à la CIDH.

Selon l’Entente sur l’identité et les droits des peuples autochtones des Accords de paix du Guatemala, la Convention américaine relative aux droits de l’Homme, la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies, le Guatemala a l’obligation de respecter le droit des peuples autochtones au consentement libre, préalable et éclairé en regard de tout projet qui pourrait avoir un impact négatif sur eux, ainsi que de les consulter avant d’adopter des lois ou des initiatives administratives qui pourraient affecter leurs droits.

« Une réponse favorable de la Commission inter-américaine sur ce cas est d’importance vitale, puisque l’actuelle loi sur les mines a permis à des compagnies minières, canadiennes et états-uniennes en particulier, d’exploiter les territoires autochtones sans aucune considération pour les processus de décision des peuples autochtones quant à leurs terres et à leurs ressources » a déclaré Kris Genovese, avocate principale au Center for International Environmental Law, à Washington D.C. Le Conseil des peuples de l’Ouest est une coalition d’autorités et d’institutions autochtones de sept départements du Guatemala. La plainte déposée à la CIDH comporte 32 signataires, représentant 8 groupes autochtones qui forment le Conseil des peuples de l’Ouest. Chaque signataire a été élu lors d’assemblées communautaires ayant eu lieu dans les semaines précédant le dépôt.

Contexte

En mai dernier, l’armée a été envoyée dans des communautés autochtones et non-autochtones dans la région du projet minier d’argent Escobal de Tahoe Resources, au sud de la ville de Guatemala, à la suite de violences croissantes dans la région. Parmi celles-ci, une fusillade contre des protestataires manifestant pacifiquement à l’extérieur du site de la mine.

Le chef de la sécurité de la compagnie et son conseiller attendent présentement leur procès pour leur implication présumée dans le commandement de l’attaque et la dissimulation subséquente de preuve.

Tahoe Resources est une compagnie dérivée de Goldcorp, laquelle a vendu le projet Escobal à Tahoe en 2010 et possède maintenant 40% des actions de Tahoe et plusieurs postes sur son conseil d’administration. La mine Marlin de Goldcorp, dans les hautes-terres du nord-ouest du Guatemala, a été la source de tensions continuelles en regard au manque de respect pour les droits et les terres autochtones, ainsi que des impacts sur l’approvisionnement en eau et sur la santé publique.

Depuis près d’un an et demi, des membres de la communauté La Puya, au nord de la ville de Guatemala, bloquent pacifiquement l’entrée au projet minier Tambor, présentement possession de Kappes Cassidy & Associates, lesquels ont repris en août 2012 le projet de Radius Gold, basée à Vancouver, suite à la tentative d’homicide par arme à feu de Yolanda Oquelí.

Les membres de la communauté s’opposant au projet ont subi des menaces répétées par des travailleurs de la compagnie durant les dix derniers mois, malgré l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement en juin.

En août dernier, Rights Action rapportait que des plaignantes subissaient intimidation et harcèlement pour avoir déposé trois plaintes contre Hudbay Minerals, basée à Toronto, par rapport au viol collectif d’un groupe de femmes lors d’une éviction forcée en 2007 et à des fusillades dans la municipalité de El Estor en 2009. Les poursuites ont lieu dans une cour de l’Ontario et marque la première admission au Canada d’un cas d’abus présumés des droits de la personne commis par une filiale étrangère.

A Bayonne, ça chauffe ! Dans un mois, Alternatiba Elise Bancon (Reporterre) Reporterre 2013/09/07 Elise Bancon (Reporterre) (7 septembre 2013) A Bayonne, ça chauffe ! Dans un mois, Alternatiba. Reporterre. Climat fr

A Bayonne, ça chauffe ! Dans un mois, Alternatiba

Le 5 et 6 octobre se tiendra à Bayonne Alternatiba, un grand village des alternatives dont l’organisation a nécessité plus de 500 bénévoles. A un mois de l’événement, ça carbure dans les soutes pour préparer la rencontre.

- Bayonne, correspondance

Alternatiba, J moins un mois ! Il fait 30° sur Bayonne, les derniers touristes sont à la plage. J’arrive à la Fondation, siège de Bizi ! centre névralgique de toute la préparation d’Alternatiba. Quelques têtes se lèvent pour me saluer. Egun on, untsa ? (« Salut, ca va ? », en basque). Oui ça va. Tout le monde replonge dans son ordi. Ici, les teints sont plutôt pâlots et ça ne sent pas l’huile Cocobronze. On n’a pas le temps d’aller à la plage quand on est un chevalier du climat !

Une nouvelle bénévole est briefée dans un coin. Grâce à Alternatiba, on voit de nouvelles têtes chaque jour. Les militants et militantes de tous les temps et de toutes les luttes travaillent de concert avec les bonnes volontés fraichement arrivées prêtes à donner un coup de main...

Les jeunes membres d’une association de surf côtoient la militante altermondialiste enflammée et le paysan bio du Pays Basque intérieur. L’alchimie fonctionne, on est là pour la même chose : alerter sur l’état du climat, sur l’état de la planète, et mettre en valeur la multitude d’alternatives qui permettent d’espérer en l’avenir.

L’un a été entrainé ici par un ami, l’autre a rempli une fiche bénévole sur internet, une autre encore a intensifié son engagement pour l’occasion. Chacun fait appel à ses réseaux : il faut des maquettistes, des traducteurs, des cuisiniers, des artistes… Plus de 500 bénévoles…

Le téléphone sonne sans cesse, ça parle français, basque, espagnol, souvent un peu tout mélangé. Les propositions affluent, tel groupe de théâtre, telle association a entendu parler de l’événement et propose ses services. « Pour les conférences, c’est fini, on a trop de monde ! Si c’est un spectacle demande s’ils peuvent venir samedi ! »

Initialement prévu uniquement le dimanche 6 octobre, Alternatiba prend ses aises. Intervenants et participants vont venir de loin pour l’occasion, alors on va leur permettre de rentabiliser leur week-end… « Et tu rappelles qu’ils viennent à titre gracieux ! ». Voilà qui a de quoi réconforter sur la nature humaine : les centaines de conférenciers, artistes, membres de collectifs, d’associations, de collectivités locales seront présents parce qu’ils croient au projet, qu’ils souhaitent contribuer à construire un monde meilleur et à relever le défi climatique, pour reprendre les mots de Stéphane Hessel qui avait accepté de parrainer l’événement.

Soudain, couvrant le bruit de la polycopieuse, un grondement : « Non tu déconnes là, m..…. ! non, ça va vraiment pas ça, c’est quoi ce truc ? On n’a pas dit ça l’autre jour ! » Tout le monde rentre un peu la tête dans les épaules et attend que l’orage passe. Le travail est énorme, la tension aussi, et ça pèse… Voilà qui risque de ne pas aller en s’arrangeant… Heureusement, le week-end, on se change les idées… en s’inscrivant comme bénévole sur un autre événement ! Et pas pour faire du benchmarking, parce qu’on y croit ! On est militant ou on ne l’est pas…

Du monde arrive pour une réunion de commission, les vélos s’empilent à l’extérieur, on va encore se faire klaxonner par le camion poubelle qui ne peut plus passer dans cette rue étroite du Petit Bayonne ! Les travailleurs muets poussent leur ordi pour laisser la place aux nouveaux arrivants. Les idées fusent, les points de vue s’affrontent un peu, on vient d’horizons si différents…

Mais le programme s’étoffe, les appels à mobilisation viennent de partout. Alternatiba, c’est déjà un pari gagné, celui du don de soi et du partage, celui de la créativité et de l’espérance, celui d’un monde prêt à faire changer le système, pas le climat !

Un nouveau logo pour Reporterre Reporterre 2013/09/08 (8 septembre 2013) Un nouveau logo pour Reporterre. Reporterre. fr

Un nouveau logo pour Reporterre

Ça a changé, à la Une, vous l’avez sans doute remarqué. Voici la petite histoire de notre nouveau logo.

Un nouveau logo, depuis ce week-end :

Il a une petite histoire. Au printemps dernier, on s’est dit que le logo que l’on connaissait depuis 2006 avait besoin d’être rafraichi. C’est celui que vous avez connu jusqu’à samedi 8 septembre :

Comment faire ? On a passé une annonce à la Une du site. Angoisse. Les internautes graphistes allaient-ils répondre ? Eh bien oui, à notre grande surprise, on a reçu dix-huit propositions au fil des semaines.

Un grand, grand merci à toutes et à tous.

Les séances de choix par l’équipe ont été difficiles, croyez-le. Et puis, l’accord s’est fait sur la proposition de Lucas W., qui a conduit au logo actuel. Il y a eu pas mal de travail de finition, par échange de courriels. En juin, Lucas a passé son bac — et il l’a eu ! Bravo ! Il n’est pas seulement bon en graphisme, il a cartonné au bac : 20 et 19 dans plein de matières ! Lucas est aussi membre des Jeunes écologistes.

Une séance nostalgie ? Il y a très longtemps, en 1989, le « magazine de l’environnement », sur papier, arborait ceci :

La prochaine étape ? Revoir la maquette du « quotidien de l’écologie ». Eh oui, on le sait bien, qu’elle est... ceci... et cela... pas top, c’est sûr.

Sa rénovation sera une des tâches des prochains mois.

Une sénatrice écologiste rompt avec le discours assimilant les médecines alternatives à des « sectes » Jean-Luc Martin-Lagardette (Ouvertures.net) Reporterre 2013/09/09 Jean-Luc Martin-Lagardette (Ouvertures.net) (9 septembre 2013) Une sénatrice écologiste rompt avec le discours assimilant les médecines alternatives à des « sectes ». Reporterre. fr

Une sénatrice écologiste rompt avec le discours assimilant les médecines alternatives à des « sectes »

Lors du débat sur les conclusions de la commission d’enquête menée par le Sénat sur « l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé », Hélène Lipietz, au nom du groupe écologiste, a tenu un discours en rupture avec l’idéologie affichée, pointant un risque d’amalgame entre sectes et médecines alternatives.

Pour la première fois, une parlementaire, Hélène Lipietz, ne s’est pas contentée des lieux communs et des clichés sur les « sectes ». En présentant le 11 juin la position de son groupe parlementaire au moment des conclusions de la commission d’enquête menée par le Sénat sur « l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé », la sénatrice a voulu aborder le dossier en profondeur, en faisant appel plus à la raison qu’à la peur, habituel levier des politiques dans ce domaine :

« Après six mois de commissions, soixante-douze auditions, un voyage, une visite au salon du Bien-Etre un petit peu épuisante, je suis désolée de constater que je reste sur ma faim. Je ne sais toujours pas ce qu’est une secte, ce qu’est une dérive et ce qui relève de l’escroquerie ou de l’abus de faiblesse classique ».

Elle s’est déclarée insatisfaite de « l’orientation » de la mission confiée aux parlementaires : « Le problème n’est pas de savoir si certaines sectes utilisent le biais de la santé pour couper leurs patients du reste de la société ou de leurs familles, tout en leur soutirant de l’argent, mais bien de savoir comment faire pour que l’emprise, qu’exerce nécessairement celui qui sait sur celui qui ne sait pas, ne dérive pas vers des pratiques contraires à la liberté et à la dignité de l’humain ».

Elargissant le débat, Mme Lipietz a demandé : « Un médecin allopathe ne dérive-t-il pas lorsqu’il n’explique pas le pourquoi des examens prescrits ou des traitements ? Lorsqu’il impose son savoir à celui qui lui fait confiance ? Ne dérive-t-il pas quand il ne prend pas le temps d’écouter parce qu’il n’a pas été formé à cela ou parce qu’il n’a plus le temps matériel de le faire tant notre système de santé est en crise. Et cette réflexion est pour l’ensemble des personnels médicaux bien sûr ».

« Ces mainmises existent dans tous les domaines sociaux : notaires, avocats ou entraîneurs sportifs peuvent aussi dériver »

« 60% des malades d’un cancer consulteraient un praticien de soins parallèles. Sont-ils tous embrigadés dans une secte ? Ou sont-ils tous victimes d’escroquerie ? Compromettent-ils réellement ainsi leurs maigres chances de guérison pour certains cancers ? Il faudrait faire enfin une comparaison sur les derniers moments de vie, en qualité, en conscience, en absence de douleur, entre les patients allopathes et les patients alter-médicaux. (…) La question n’est donc pas le choix des méthodes de soin, mais bien l’emprise que peuvent avoir certains sur des personnes, notamment en période de fragilité liée à la maladie ou au mal-être. D’autant que ces mainmises existent dans tous les domaines sociaux : notaires, avocats ou entraîneurs sportifs peuvent eux aussi dériver ».

S’agissant plus spécialement des dérives en matière de santé, Hélène Lipietz a posé la question de fond : « Tout autant que de savoir si des charlatans abusent de la détresse des gens, il faudrait mieux aussi se demander pourquoi les malades ou leur famille se laissent ainsi abuser. Qu’est-ce qui, dans notre société, comme d’ailleurs dans celle d’hier, fait que certains n’ont pas, à un moment de leur vie, assez d’esprit critique et se laissent abuser ».

« Y a-t-il des thérapies non officielles qui pourtant font du bien ? »

Enfonçant le clou, elle a mis le doigt sur un thème de l’enquête parlementaire qui avait provoqué des échanges assez vifs : celui de la reconnaissance ou de la labellisation de certaines pratiques non conventionnelles : « Autre interrogation sans réponse : y a-t-il des thérapies non officielles qui pourtant font du bien ? Et si oui, comment les détecter et surtout comment les labelliser permettant ainsi aux citoyens, citoyennes de les utiliser tout en connaissant leurs limites comme on connaît les limites de certains médicaments allopathiques ?

« Bref, plus qu’une chasse aux sorcières, le groupe écologiste plaide pour une démarche pragmatique »

Qu’une élue de la République plaide pour une politique qui soit autre chose qu’une « chasse aux sorcières » constitue une première : c’est la reconnaissance que, jusqu’ici, les pouvoirs publics s’étaient contentés de poncifs calomnieux au service d’une politique discriminatoire. C’est aussi – et surtout – une avancée considérable pour une compréhension plus réaliste et, partant, une possible meilleure gestion du délicat dossier des « alternatives » thérapeutiques ou autres.

Voir aussi :

- Rapport Milon : Pourquoi le groupe écologiste du Sénat s’est abstenu

A Strasbourg, la France viole de nouveau le droit de manifester Louis-Benoit Greffe Reporterre 2013/09/09 Louis-Benoit Greffe (9 septembre 2013) A Strasbourg, la France viole de nouveau le droit de manifester. Reporterre. Tribune — fr

A Strasbourg, la France viole de nouveau le droit de manifester

Un événement apparemment anodin, à Strasbourg, vendredi dernier, révèle que le droit de manifester est de plus en plus menacé par le gouvernement de M. Hollande. Malgré plusieurs rappels au droit du Conseil de l’Europe, la France continue arbitrairement à empêcher les citoyens de manifester.

Une action symbolique de solidarité aux opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes était prévue ce vendredi 6 septembre à Strasbourg à l’occasion de la venue de Jean-Marc Ayrault. Cependant, les sept personnes du collectif local de solidarité aux opposants au projet d’aéroport – connues et fichées par les renseignements généraux (DCRI) et la police – ont été empêchées de manifester, et ce, dans la capitale de la justice européenne.

L’un des participants donne son récit sur les réseaux sociaux : « Alors que nous marchions sans aucun signes distinctifs visibles, sans avoir sortis de tracts, ni de banderoles sur un parking à 500 m du lieu où le Premier Ministre est attendu ce matin pour inaugurer la foire européenne, nous fumes arrêtés par une forte délégation policière (une bonne vingtaine d’hommes) et bien gradée (!) qui nous intima de nous arrêter, de donner nos pièces d’identité, procéda à des fouilles dans nos affaires et palpations et nous laissa le "choix" suivant : rentrer ou sa faire embarquer. tout en précisant qu’on allait être suivi toute la journée ».

Plusieurs fourgons de police avaient en effet été mobilisés pour sept (!) personnes.

A Strasbourg, vendredi 6 septembre

La majeure partie du groupe a donc décidé de rebrousser chemin, mais fut tout de même encerclée près de France 3 Alsace, emmenée au poste et retenue pendant une heure. Aucune charge judiciaire n’a été retenue contre les participants puisque le but de leur retenue au poste n’était que de les empêcher de faire leur action de protestation ; il n’y a d’ailleurs aucune infraction légalement constituée dans le fait de marcher en petit groupe sans signes distinctifs sur la voie publique. La police a donc effectué une arrestation arbitraire.

Rappelons que le 27 juin 2013, le Conseil de l’Europe a épinglé la France pour de nombreuses arrestations arbitraires lors des manifestations monstres contre le projet de loi Taubira et réaffirmé que la participation à une manifestation – même non autorisée par les autorités ou spontanée était un droit fondamental que toute personne peut exercer. A l’époque, aucun grand média français ne s’était fait écho de cette condamnation européenne. Aujourd’hui l’on constate que les mauvaises habitudes policières s’enracinent. On ne comprend guère dans ces conditions l’acharnement du gouvernement français à « punir » la Syrie et à y donner des leçons de Droits de l’Homme si ses propres forces de police les foulent aux pieds sur son territoire.

La Préfecture de Strasbourg en porte-à-faux avec le droit européen

Il aurait été étonnant que la Préfecture s’accuse d’avoir commis quelque chose d’illégal, mais cependant, nous les avons joint. Pour eux, « Il y a de grands moyens mis en place pour la venue du Premier Ministre, rien de plus normal. Les policiers ont estimé que ces personnes étaient en situation de manifestation sur la voie publique, et constituaient un rassemblement non autorisé, puisqu’elles n’ont pas fait de déclaration, ce qui est contraire à la loi. » Pourtant, s’il y avait bien un groupe de sept personnes sur la voie publique, elles n’avaient alors pas de signes distinctifs (panneaux, signes, autocs…) et ne formulaient pas de revendications, donc deux des trois conditions cumulatives pour définir une manifestation n’étaient pas remplies. Ainsi, les policiers se sont basés sur le simple fait de l’attroupement. Donc n’importe quel groupe de personnes peut ainsi être dispersé.

La préfecture poursuit : « Le code pénal prévoit le contrôle d’identité des personnes, ce qui a été fait ». En effet, mais pas leurs fouilles. « Ces personnes se sont dispersées, mais se sont rassemblées ailleurs » près des locaux de FR3 Alsace. « Le code pénal prévoit dans ce cas une vérification approfondie d’identité, donc ils ont été menés au poste puis relâchés. Les forces de police étaient tout à fait dans leur bon droit ». Oui mais… la Cour Européenne des droits de l’Homme, sise à… Strasbourg, justement, rappelle souvent dans sa jurisprudence que le droit de participer à des manifestations même interdites est un droit politique fondamental, et que le pouvoir ne doit pouvoir entraver le droit de réunion. Visiblement, encore une fois, le pouvoir français foule ouvertement aux pieds le droit européen, pour pouvoir épargner à ses ministres la colère du peuple. Même quand il ne s’agit que de sept personnes.

Le jour où Reporterre a largué les amarres Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/09 Hervé Kempf (Reporterre) (9 septembre 2013) Le jour où Reporterre a largué les amarres. Reporterre. Édito — Libertés fr

Le jour où Reporterre a largué les amarres

Le récit relatant les raisons qui m’ont poussé à quitter le quotidien du soir où je travaillais depuis 1998 a rencontré un intérêt inattendu : Adieu Le Monde, vive Reporterre a été lu plus de 82.000 fois [au 22 avril 2014] sur le site du « quotidien de l’écologie », et de nombreuses fois, sans doute, sur les sites qui l’ont reproduit (la reprise des articles de Reporterre est libre, les sites repreneurs étant invités à respecter les règles de Creative Commons).

Il a suscité une foultitude de tweets et des centaines de courriels. Les uns et les autres exprimaient dans leur immense majorité un soutien à la démarche entreprise. Je remercie chaleureusement toutes et tous, et tâcherai de répondre directement à chaque courriel.

Le journal Le Monde a réagi à mon récit par un communiqué et par un article du médiateur du journal, Pascal Galinier, intitulé « Verts de rage ».

Pour ceux qui n’auraient pas le temps de le lire, en voici un bref résumé : « … départ très médiatisé… écolo-chroniqueur vedette… petite musique dissonante, militante… rupture soigneusement mise en scène… réquisitoire… site internet écologiste militant… vraie-fausse ‘clause de conscience’… quant à la conscience… examinons les faits… ex-confrère… a été sur place en payant son voyage… complotite… insinuation délirante et infamante… vieux confrère… ses critiques… sûrement pas complètement étranger… fanatisme idéologique… bon débarras… ».

Je n’ai pas de commentaire à ajouter à cette analyse.

Je remercie Pascal Galinier de l’hommage indirect qu’il rend à mon article : il a sans doute jugé que celui-ci était parfaitement clair et informé, puisqu’il n’a pas pensé utile de me passer un coup de téléphone pour vérifier tel ou tel point, demander une précision, poser les questions que pouvait soulever telle ou telle phrase.

J’assure par ailleurs Pascal Galinier qu’il reste, malgré la différence de points de vue qui semble s’être esquissée entre nous, mon “confrère", et non mon "ex-confrère". La qualité de journaliste ne découle pas de l’appartenance à tel ou tel média, mais de la détention de la carte de journaliste. Et c’est pourquoi j’ai l’honneur, suivant l’usage qui fait tout le charme de la comédie humaine, de le saluer confraternellement, ainsi que tous les confères et consoeurs, quel que soit leur employeur, qui se sont intéressés à cet événement.

Par ailleurs, on trouvera diverses réflexions sur Internet.

Par exemple, des tweets de Véronique Maurus, journaliste au Monde pendant 37 ans, et qui en a été la "médiatrice" entre 2007 et 2011, juste avant notre confrère Pascal Galinier :

On trouvera d’autres points de vue sous la plume de Patrick Piro, de Politis, de Gilles Luneau, de Global Magazine, de Guillaume Malaurie, du Nouvel Observateur, de Jean-Luc Porquet, du Canard enchainé, de Jade Lindgaard, de Mediapart, ainsi que deux entretiens avec Marine Jobert, du Journal de l’Environnement, et Isabelle Hanne, de Libération.

Il m’a aussi été donné de participer à une discussion très stimulante avec Eric Dupin, Jean-Marc Manach et Daniel Schneidermann, diffusée par Arrêt sur Images autour des questions : « Qu’est ce qu’un journaliste neutre ? Qu’est-ce qu’un journaliste "impavide" ? Qu’est-ce qu’un journaliste engagé ? L’objectivité existe-t-elle ? »

Les Zad informatives

Je n’attendais pas que mon texte reçoive un tel écho. Il visait d’abord à informer les lecteurs qui suivaient la "Chronique Ecologie", les visiteurs de Reporterre, ainsi que les lecteurs de mes ouvrages. Les informer de mon départ et de la nouvelle aventure que nous entreprenions : un média sur l’écologie.

Et c’est cela qui importe aujourd’hui. Les amarres sont larguées. Le canot, construit avec des amis dans les heures de loisir, s’est préparé à la haute mer. Malgré des moyens insignifiants, il n’en est pas moins soigneusement caréné, accastillé, équipé. Il a fait des sorties modestes dans la rade, gagnant de jour en jour l’estime d’amateurs devenus souvent fidèles. Et voici qu’il franchit la jetée qui protégeait la rade de la houle et des tempêtes de l’océan. Sur le quai, une foule inattendue a crié des vivats, a fait sonner la sirène, certains ont même chanté des "oh hé, hé hisse hé ho", encourageant l’équipage et ceux qui s’y sont embarqués.

Mais c’est un bateau magique que celui-là, comme tous les canots qui tentent la traversée de l’océan parce qu’à terre, il y a trop de liens et de sujétions ligotant les marins libres. C’est un bateau qui peut grandir, qui peut embarquer en pleine mer de nouveaux passagers, qui peut gagner les îles où d’autres pirates ont créé des ZAD informatives - zones autonomes de diffusion informatives -, et naviguer de conserve dans les mers bleues de la liberté...

Connaissez-vous Hakim Bey ?

Un auteur mystérieux - il est même possible qu’il n’existe pas - qui a publié naguère un texte passionnant, Zone autonome temporaire dont voici le début :

« Au XVIIIe siècle, les pirates et les corsaires créèrent un ’réseau d’information’ à l’échelle du globe : bien que primitif et conçu essentiellement pour le commerce, ce réseau fonctionna toutefois admirablement. Il était constellé d’îles et de caches lointaines où les bateaux pouvaient s’approvisionner en eau et nourriture et échanger leur butin contre des produits de luxe ou de première nécessité. Certaines de ces îles abritaient des ’communautés intentionnelles’, des micro-sociétés vivant délibérément hors-la-loi et bien déterminées à le rester, ne fût-ce que pour une vie brève, mais joyeuse. »

Hakim Bey comprend le net comme l’espace privilégié où peuvent apparaître et disparaître les zones d’autonomie temporaire qui sont selon lui le nouveau mode de mise en oeuvre des rébellions actuelles. A vrai dire, le projet de Reporterre se sépare de cette vision, parce qu’il espère bien ne pas être temporaire, afin de contribuer durablement à dissoudre les sujétions paralysantes qui dominent sur le continent. Mais l’image du réseau pirate convient assez bien à ce que l’on pourrait imaginer de l’avenir : que des sites autonomes par rapport au système médiatique oligarchique parviennent, en coopérant, à reproposer aux citoyens une vision cohérente d’un autre monde possible, celui du post-capitalisme.

Mais je m’arrête ici. Nous sommes dans notre petit canot, et pour l’instant, il nous faut seulement assurer notre survie sur l’océan immense. Voici les outils qui vont permettre notre navigation.

Règles de navigation pour survivre dans l’océan médiatique

Le premier outil, c’est une boussole toute simple : Reporterre est un instrument d’information. S’il produit et diffuse de l’information nouvelle et utile, il restera à flot et poursuivra sa route. Sinon, il coulera.

Le cap est fixé : rendre compte de la crise écologique et de ses causes, par les informations et par les réflexions. Le drapeau est déployé visiblement : nous pensons que la crise écologique est le facteur dominant l’époque, autour duquel doivent se réorganiser les activités humaines, qu’elles soient culturelles, politiques, ou économiques.

Mais la seule façon pour en convaincre et être utile, c’est de produire des informations exactes et des idées pertinentes.

Ces informations, nous les organisons en cinq volets :

- Infos proprement dites. Elles sont de deux catégories : produites par nous ou à notre demande (et alors Reporterre est indiqué après le nom de l’auteur), ou envoyée par des associations ou des organismes et que nous reprenons parce qu’elles apportent une nouvelle originale - même si on y trouve un point de vue marqué : la mention Reporterre ne figure alors pas dans la ligne indiquant, sous le titre, quel est l’auteur. Titres et chapô sont de nous, et il arrive que l’on corrige l’orthographe du texte.

- Tribunes. Elles développent une analyse ou une réflexion originale et stimulante. Elles expriment l’opinion de leur signataire, et cet espace accueille des points de vue qui peuvent être contradictoires : c’est un lieu de débat, une plate-forme de réflexion sur les thèmes écologiques.

- Alternatives. Il s’agit d’informations, mais qui expriment une initiative, une solution ou une innovation sociale ou technique. Parce qu’on ne peut pas seulement, même si c’est indispensable, relater la dégradation de l’environnement et enquêter sur ses agents, mais qu’il faut aussi montrer la créativité et l’énergie que déploie la société pour vivre sans saccager la planète.

- A découvrir. Livres, films ou spectacles intéressants pour la réflexion écologique, et événements activistes ou de discussion collective. Ils entrent en mémoire dans La bibliothèque de Reporterre et dans Les événements de Reporterre.

- Une minute, une question. Des interviews courtes, réalisées à la volée, à écouter.

Cette rubrique vient de susciter deux réactions : « S’il vous plait, pouvez-vous arrêter de mettre systématiquement la photo de l’auteur de l’article : on se fait un avis sur l’allure qu’elle (il) a / avant de lire, alors que tout dépend de la photo / et qu’il vaudrait mieux que tout dépende des arguments de l’article ! », écrit B.B. Bon, on va discuter de cette idée en rédaction.

Deuxième réaction : l’interview de Luc Guyau, ancien président de la FNSEA, suscite le courroux de M.P. : « Une agriculture ’qui nourrirait le monde’ ne sera pas avec lui biologique. Tout au plus pourra-t-elle selon lui s’en inspirer. Ben voyons ! Depuis plus de quarante ans que l’on nous bassine, malgré de nombreuses études, avec ce mensonge pour faire la belle vie à l’agroindustrie, aux Pharmalobbies (qui se rèjouissent de nos maladies) et aux complexes militaro-industriels ! Bien dommage que voulant faire de l’info vous vous fassiez mine de rien ( et inconsciemment j’espère) le relais de telles mafias criminelles ».

Ceci nous permet de redire que vont s’exprimer sur Reporterre beaucoup de gens qui ne partagent pas notre analyse de la situation, mais qu’il est quand même intéressant d’entendre, ne serait-ce que parce que leurs idées évoluent. Et quand les choses ne sont pas claires, comme en 2010 à propos du gaz de schiste, eh bien on recueille les différents points de vue, tel que celui-ci en faveur de l’exploitation de ce combustible. Sur plein de sujets, on accueillera les points de vue divergents, et sur d’autres, où la pensée dominante dispose largement de lieux pour s’exprimer, on ne se sentira pas obligé de lui faire une place.

Pas de règle absolue, on écoutera ce que vous nous direz sur planete (arobase) reporterre.net, on en discutera en rédaction, la qualité de l’information finale étant le critère principal.

Ainsi, nous entamons aujourd’hui même, en public, sous vos yeux, la négociation avec M. Ayrault pour qu’il vienne faire son coming out sur Reporterre : "Oh oui, désolé, c’était trop bête, cette idée d’aéroport, je vire écolo pour la France de 2025". Bienvenue sur Reporterre, Monsieur Ayrault...

La métaphore du boulanger

Au fait, pas de forum, sur Reporterre. On ne sait pas s’il y en aura un jour, mais ce qui est certain, c’est que c’est aujourd’hui impossible. Pourquoi ? Parce que cela requiert du temps à gérer, lire, modérer, etc. Et le temps disponible, qui est notre ressource la plus rare, on veut le consacrer à la recherche d’informations et à leur présentation. Nous sommes une bande de personnes de bonne volonté. Moi, d’abord, nouveau chômeur, et Thierry, Joseph, Pascale, Véronique, Olivier, Barnabé, qui ont des boulots ailleurs, et ne peuvent consacrer que peu de temps au site.

Donc, tout le temps disponible, on le consacre à l’information. On lit vos courriels, ils sont très utiles, on essaie d’y répondre, mais si vous voulez vous exprimer sur Reporterre, le mieux est d’écrire des textes réfléchis et soupesés que l’on sera ravis de publier en Tribunes...

Et l’on voudrait étendre ce temps disponible, embaucher un jeune journaliste à mi-temps pour quatre mois (tout prochainement, c’est quasi bouclé), publier les camarades journalistes qui nous proposent avec enthousiasme des bons sujets (en rémunérant - modestement - ces « piges »), embaucher telle autre journaliste expérimentée, embaucher le rédacteur en chef - votre serviteur -, etc. Sans compter qu’il faut payer le téléphone, les billets de train pour les reportages, les cartouches d’imprimantes, la location d’un local... On fait tout dans la sobriété heureuse, mais sobriété ne veut pas dire vivre de l’air du temps.

Autrement dit, pour produire de l’information, il faut du travail, et le travail, il faut le payer. Il est normal de payer son pain parce que le boulanger a travaillé pour le faire et a acheté de la farine ; de même, il est normal de payer l’information parce que les journalistes ont travaillé pour la produire. Nous faisons le pari qu’une large part de nos recettes viendra du soutien des gens qui enverront autant d’euros qu’ils l’estimeront juste, car ils comprendront que c’est utile. A nous de produire l’information, à vous de lui permettre d’être libre.

Misère, cet article est beaucoup trop long. Bon, l’actualité du quotidien de l’écologie parlera mieux que de longs discours. Du nouveau à venir... ça va être bien, promis...

En Turquie, le pot de peinture comme arme de protestation massive Pascal Riché (Rue89) Reporterre 2013/09/09 Pascal Riché (Rue89) (9 septembre 2013) En Turquie, le pot de peinture comme arme de protestation massive. Reporterre. fr

En Turquie, le pot de peinture comme arme de protestation massive

Depuis la fin du mois d’août, Istanbul et quelques dizaines d’autres villes turques se couvrent d’arcs-en-ciel. La nuit, munis de pots de peinture de toutes les couleurs, des Stambouliotes peignent des escaliers et certains passages. Un mouvement artistique qui tend à se transformer en mouvement politique : la poursuite, plus calme, des protestations de la place Taksim, réprimées en juin.

Vidéo postée sur YouTube par des artistes-activistes :

Ce n’est pas un militant qui a lancé le mouvement, mais un simple commerçant de 64 ans, Huseyin Cetinel, ancien ingénieur des eaux et forêts. Il a commencé à peindre en bleu et vert les premières marches d’un grand escalier voisin, dans le quartier de Cihangir, qu’il trouvait « triste ». Il s’agissait de « faire sourire les passants », a-t-il expliqué. Puis il a continué, avec l’aide d’un ami, jusqu’au sommet. 200 marches : cela leur a pris plusieurs jours et 40 kilos de peinture.

Les passants ont souri. Les réseaux sociaux ont vanté l’œuvre. Les médias ont commencé à en parler.

Gris répressif

Dans la matinée du 30 août, des agents municipaux sont arrivés, ont tout repeint en gris. Du mauvais travail : la couleur, comme une mauvaise herbe, continuait d’apparaître à la base de chaque marche.

Le gris du pouvoir peinant à étouffer les couleurs de la liberté : le symbole était parfait pour réveiller les militants de la place Taksim. Le commerçant-artiste a ironisé :

« Mais d’où vient tout ce gris ? Avons-nous vécu un nouveau Pompéi et avons-nous été couverts de cendre ? »

La peinture grise est déjà, depuis la révolte de la jeunesse turque, le symbole de la répression : elle a recouvert tous les graffitis, affiches et autocollants posés sur les murs des villes. Un nouveau slogan a commencé à recouvrir les murs repeints :

« Nous continuerons jusqu’à épuisement de la peinture grise ! »

Sur Facebook, un appel a été lancé pour repeindre l’escalier : « A vos pinceaux ».

Le maire repasse à la couleur

Ahmet Misbah Demircan, le maire de Beyoglu (la partie centrale d’Istanbul), comprend vite la boulette. Il ordonne immédiatement de repeindre l’escalier en couleur et « tweete » :

« Nous avons terminé le travail préliminaire sur les couleurs des marches. Nous ferons un petit référendum. »

Puis, dans un second tweet :

« Je voterai oui. J’espère que les habitants le feront aussi. Une ère de marches colorées commence à Beyoglu. »

Le maire a précisé que l’auteur de ce « si magnifique projet » n’avait pas demandé d’autorisation : à la suite d’une plainte d’un voisin, les employés municipaux avaient donc décidé de repeindre en gris l’escalier. Au matin du 31 août, l’escalier a retrouvé ses couleurs.

Mais le maire est intervenu trop tard : la « Rainbow war » est déclarée. Question escaliers, il y a de quoi faire à Istanbul, « la ville aux sept collines ». Et on peut aussi peindre des murs, le sol ou des boules...

Mercredi encore, la police tentait de stopper des militants qui repeignaient un escalier dans le quartier d’Arnavutköy, sur la côte asiatique.

Pourtant, selon la correspondante de Libération Selami Oztürk, le maire de Kadiköy a lancé un appel aux citoyens :

« Les résidents de Kadiköy peuvent peindre les rues comme ils veulent. Liberté aux couleurs ! »

En prenant, munis de leurs pinceaux, l’urbanisme « autoritaire » comme cible de leurs protestations, les artistes-activistes restent en tout cas fidèles à l’ADN du mouvement de révolte réprimé en juin par le premier ministre Erdogan : il était né d’une réaction au projet de bétonnage du parc Gezi, aux abords de Taksim.

En Italie, le mouvement contre le Lyon-Turin ne faiblit pas Comité No-Tav Paris Reporterre 2013/09/09 Comité No-Tav Paris (9 septembre 2013) En Italie, le mouvement contre le Lyon-Turin ne faiblit pas. Reporterre. fr

En Italie, le mouvement contre le Lyon-Turin ne faiblit pas

Durant l’été, le mouvement d’opposition italien au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin a maintenu sa vigueur, malgré une forte répression policière.

Un nouvel été de lutte et de résistance No Tav vient de s’achever. Un été qui a vu s’exacerber encore et encore les provocations de la justice d’Etat et le niveau de criminalisation du mouvement par les médias vendus au lobby sitav [Oui au TAV]. Les journalistes, de la Stampa à la Repubblica en passant par Panorama, travaillent main dans la main avec les juges afin de désinformer et de construire la peur du No Tav : monstres vêtus de noir, incendiaires, kidnappeurs de chauffeurs de camion ou pire, terroristes. Mais que s’est-il vraiment passé cet été en Val de Suse ?

[TAV signifie treno a alta velocità, train à grande vitesse. Le mouvement No Tav dans le Val de Suse est le pendant italien de l’opposition au Lyon Turin]

A la fin du printemps, avec le camping des lycéens, commence le cycle des marches au chantier et des blocages des entreprises du tav. Et l’on voit déjà voler les premiers « fogli di via » (interdiction de territoire) et dénonciations. En juillet, le très fréquenté camping de lutte de Venaus est lancé alors que sur le chantier clôtures et barbelés sont renforcés.

Marche nocturne

La marche nocturne du 19 juillet, le pic des affrontements de cet été, s’est terminée avec sept personnes arrêtées, 63 blessés graves, et les violences sexistes subies par Marta et donc par toutes les femmes No Tav, sous les yeux des deux procureurs qui persécutent la vallée. Et nous sommes déjà au mois d’août lorsque tombent les accusations de terrorisme et leurs subséquentes perquisitions aux aurores. A peine le temps d’organiser une contre-manifestation, qu’arrive la “taupe”.

La foreuse est introduite par petits bouts, camouflée en transports pas si exceptionnels que ça. Tandis que le camping de lutte déménage à Chiomonte, les No Tav s’organisent pour déranger au maximum les transports de la “taupe” avec des blocages-surprise.

Afin de surveiller l’autoroute vers le chantier du tav, un nouveau presidio se crée au Vernetto, c’est-à-dire au rond-point de Chianocco qui a déjà été le lieu de rassemblements et d’affrontements dans le passé. Ce presidio devient très rapidement un nouveau point de convergence pour la lutte. Celle-ci est toujours aussi forte et peuplée ce qui dément les cris de victoire des sitav pour qui le mouvement serait divisé, affaibli et sans plus d’espoir de victoire après le passage du premier bout de la foreuse.

Puis rapidement une nouvelle intervention de masse de la police le 6 août alors que nous nous approchions d’un camion sans doute effectivement à destination du chantier : 3 arrestations et 17 garde-à-vue.

En parallèle les No Tav organisent et font vivre également un camp dans les bois de la Clarea, près du chantier, dans l’objectif de surveiller l’avancement des travaux de très près. L’opération de surveillance du chantier dérange au plus haut point et la magistrature décide d’arrêter Giobbe, un camarade (assigné à résidence après quelques semaines de prison) en utilisant les accusations les plus incongrues (séquestration de personne) pour des faits remontant à l’année dernière. Comme si les initiatives du mouvement pouvaient dépendre d’un seul individu et prendre fin par une arrestation !

L’été se clôture par les dernières “battitures” et petit-déjeuners/blocages devant l’entrée du Chantier route de l’Avanà et par la semaine d’ “Université des luttes” organisée par les étudiants à Venaus. Et par les dernières perquisitions et obligations de résidences à domicile tombées la semaine dernière pour 7 camarades en lien avec les blocages des camions en direction du chantier, de même que l’arrestation de Davide et Paolo deux étudiants toujours en prison actuellement et d’une voiture composée de trois français et deux russes, dénoncés mais libres.

Malgré le climat pesant, les campings de lutte ont été, cette année à nouveau, un point de référence et de rencontres pour tou.t.e.s celle/ux qui viennent de plus ou moins loin apporter leur solidarité, en prenant des risques judiciaires conséquents.

Ces deux derniers mois, nous avons rencontré de très nombreuses personnes provenant de tous pays. Toutes et tous prêt.te.s à donner de leur temps pour lutter, découvrir et comprendre le mouvement, discuter de ce qui est imposé à la Vallée de Suse, venus voir de leurs propres yeux la dévastation en cours en Val Clarea.

L’autogestion est certes toujours une activité des plus absorbantes, toutefois les campings nous ont laissé le temps de créer des liens et de nous confronter sur nos idées et pratiques, ce qui est l’expérience la plus enrichissante qui soit.

Nous savons créer ce qu’ils veulent détruire : notre capacité à nous rencontrer, à nous connaitre, à discuter et analyser ensemble des thématiques qui nous sont à cœur, à nous unir et lutter ensemble. C’est là notre arme la plus puissante et la plus crainte. C’est pour cette raison que nous voulons répéter notre inébranlable et totale solidarité aux camarades étrangers qui ont subi les mesures répressives inventées dans ce laboratoire judiciaire nommé Val de Suse.

Nous sommes bien conscients que le parquet de Turin utilise tous les moyens à sa disposition pour effrayer ceux qui viennent témoigner de leur solidarité Val de Suse sans pour autant vivre en Italie. Globaliser la lutte est une ambition qui fait trembler nos ennemis. Mais nous résistons et nous savons que nous ne serons jamais seuls.

Nous exprimons notre gratitude à tou-te-s celle/ux qui ont “sacrifié” leurs vacances et leur temps pour s’unir à la lutte No Tav, car nos raisons sont universelles.

L’expulsion imposée au pacifiste espagnol Enrique, tout comme les dénonciations à l’encontre d’Adrian, Sami et François et des deux camarades russes, n’arrêteront jamais ni la solidarité, ni la circulation des personnes et des idées.

Les No tav n’ont pas de frontière, vous n’arrêterez jamais un mouvement sans confins.

A sarà düra

Transport public : rendez-le gratuit ! Karl (CarFree) Reporterre 2013/09/10 Karl (CarFree) (10 septembre 2013) Transport public : rendez-le gratuit !. Reporterre. Tribune — fr

Transport public : rendez-le gratuit !

Le 18 septembre prochain, c’est la Journée du transport public. Aux quatre coins de France, les villes vont proposer des tarifs divers pour encourager le déplacement en transport en commun. Mais dans le maquis de ces offres, tout le monde s’y perd. Le meilleur moyen de promouvoir les transports en commun ne serait-il pas de les rendre gratuits ?

Le 18 septembre prochain, comme chaque année à l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité, c’est la Journée du transport public partout en France. Durant cette journée, de multiples initiatives ont pour but de promouvoir les transports en commun (transports collectifs urbains, départementaux et trains TER). Mais ne manque-t-il pas à cette journée la seule véritable mesure susceptible de dynamiser les transports en commun, à savoir la gratuité totale des réseaux de transports collectifs ?

Si on regarde quels sont les objectifs de cette Journée du transport public, on constate qu’il s’agit de « toucher le public, en particulier les non-utilisateurs et les utilisateurs occasionnels, pour qu’ils testent les transports publics près de chez eux, à l’occasion de la Journée, et qu’ils les adoptent sur la durée ».

Le problème, c’est que les mesures proposées par les autorités organisatrices des transports urbains ainsi que par les Conseils Généraux (pour les réseaux départementaux de bus) et Régionaux (pour les trains TER) sont à la fois très différentes et le plus souvent assez éloignées de la gratuité.

Quand on regarde dans le détail, on trouve à peu près de tout : il y a déjà beaucoup de réseaux qui ne font rien (ceux qui n’apparaissent pas dans la liste), il y a ceux qui font la journée à un euro ou même seulement l’aller-retour à un euro ou même des offres hyper compliquées du style l’aller-retour à 1,50 euros au lieu de « on sait pas ».

Il y a aussi ceux qui font des promotions de toutes sortes dont l’intérêt pour convaincre le grand public reste à prouver. Ainsi, on peut voir le réseau de la Roche-Sur-Yon (Vendée) proposer « la carte Impulsyon + 10 unités de voyages au prix promotionnel de 12 € au lieu de 15€ ».

Vous me direz, il n’y a pas de petites économies, mais on peut déplorer à la fois le maquis des promotions diverses selon les territoires et l’absence d’une mesure forte et symbolique appliquée partout. Certains réseaux vont même très loin dans l’innovation tarifaire. Ainsi, on peut décerner une mention spéciale pour Limoges qui propose « 2 places du club de rugby l’USAL offertes pour l’achat de tout titre annuel de la gamme tarifaire de la STCL ».

A Limoges

A vrai dire, qui sait vraiment quelle sera la mesure appliquée dans sa ville ou dans sa région ?

Et quand la situation est obscure, le plus probable est que les gens s’abstiennent.

A l’inverse, si l’objectif est de faire une énorme pub aux transports en commun dans le cadre d’une grande journée nationale, le mieux serait sans doute de mettre en place une journée « Portes ouvertes » partout (transports collectifs urbains, départementaux et trains).

Gratuité totale

Certains réseaux, peu nombreux, vont malgré tout proposer le 18 septembre prochain la gratuité totale de leur réseau ce jour-là :

- Réseaux urbains : Colmar, Dax, Mont de Marsan, Marmande, Riom, Argentan, Beaune (mention spéciale : la gratuité s’appliquera toute la semaine !), Le Creusot-Monceau (mention spéciale : la gratuité s’appliquera toute la semaine !), Pleine-Fougères, Saint-Malo, Guingamp (mention très spéciale : la gratuité s’appliquera du 2 au 21 septembre !), Lannion, Vierzon, Vesoul, Pontarlier, Lons-le-Saunier, Bolbec, Fécamp, Vernon, Béziers, Lunel, Amélie-les-Bains, Bassin de Pompey, Tarbes, Rodez, Monaco (oui ! le pays de la Formule 1 !), Cambrai, Saint-Omer, Meru, Noyon, Cognac, Angoulème, Draguignan, Grasse, Sophia Antipolis, Arles, Carpentras, Saint-Jean-de-Maurienne, Annecy, Annemasse, Annonay, Belleville (Rhône), Grenoble, Vienne, Voiron.

- Réseaux départementaux : Landes, Pyrénées-Atlantiques, Haute-Loire, Orne (mention spéciale : la gratuité s’appliquera toute la semaine !), Saône-et-Loire, Cher, Haute-Saône, Doubs, Jura, Seine-et-Marne, Hérault, Gard, Sarthe, Hautes-Alpes, Haute-Savoie.

Pour les trains TER (qui relèvent des Conseils Régionaux), les offres se font plus rares et tout aussi compliquées, mais on ne parle plus du tout de gratuité : en général, le pass journalier est proposé en tarif réduit, ou à un euro dans le meilleur des cas. A voir au cas par cas selon les régions.

Et la SNCF, elle propose le TGV à un euro ? Non, faut pas déconner quand même ! En fait, elle ne propose rien, peut-être parce qu’elle n’a plus grand chose à voir avec du transport public ?

Pourquoi alors ne pas envisager une grande journée nationale de la gratuité des transports publics ? Ne parlons pas du coût éventuel d’une telle mesure car si de nombreux réseaux le font, pourquoi la totalité des réseaux ne le feraient-ils pas ? Cela aurait un impact autrement plus important pour faire connaître et apprécier le transport public.

Au fait... il y a la Journée mondiale sans voiture !

Vous me direz, chaque collectivité s’administre librement et c’est bien là le problème. Ils font ce qu’ils veulent et le résultat, c’est que personne ne fait pareil que l’autre. Pourtant, ils sont tous censés faire partie du GART (Groupement des Autorités Responsables des Transports), une instance qui pourrait leur permettre de mettre en place une mesure commune pour la Journée « nationale » du transport public… Étrangement, 15 jours seulement avant la Journée nationale du transport public, on ne trouve pas grand chose sur le sujet sur leur site internet… mis à part une pauvre brève signalant l’évènement.

Et dans le même ordre d’idées, tous ces réseaux ont décidé de faire leur journée du transport public le 18 septembre. Il faudrait juste leur rappeler qu’il y a un événement qui s’appelle la Journée mondiale sans voitures et qui a lieu tous les 22 septembre depuis de nombreuses années, mais le lien entre développement des transports en commun et diminution du nombre de voitures doit sans doute leur échapper…

Un militant anti-THT de nouveau jugé à Angers Assemblée anti-THT Reporterre 2013/09/10 Assemblée anti-THT (10 septembre 2013) Un militant anti-THT de nouveau jugé à Angers. Reporterre. fr

Un militant anti-THT de nouveau jugé à Angers

Le 19 septembre, un opposant sera jugé pour s’être garé trop près d’une gendarme. Cette accusation s’accompagne d’un harcèlement judiciaire et policier continu destiné à décourager les opposants à la ligne THT Cotentin-Maine. Il semblerait que l’intérêt vital que représente la construction de cette ligne pour les autorités, vaille bien quelque entorse aux libertés individuelles.

Un militant de la lutte antiTHT est poursuivi pour violences envers une personne dépositaire de l’autorité publique, sous prétexte de s’être garé trop près d’une gendarme qui se prétend victime au point d’avoir obtenu 300 euros de dommages et intérêts ainsi que le remboursement de ses frais d’avocat en première instance à Laval (53).

Ces poursuites ne sont que la concrétisation d’un harcèlement des autorités (préfecture, gendarmes, RTE, etc.) envers les populations sous le tracé de la ligne THT Cotentin-Maine, au point de se demander qui est vraiment la victime dans cette affaire.

Comme de nombreux/euses opposant-e-s à la ligne THT Cotentin-Maine, le prévenu du jour n’a pas manqué de faire l’objet de contrôles routiers incessants et de fouilles régulières de son véhicule tout au long de l’année 2012.

Ce harcèlement atteint son apogée le 28 avril 2012 quand, après avoir participé à une randonnée sous les pylônes à Saint Cyr le Gravelais, deux motards et un véhicule de gendarmerie l’escortent jusqu’à son domicile sans pour autant lui octroyer le statut de VIP.

Un hameau devenu zone interdite : Le Mesnil à St Pierre des Landes (53)

Notre ami a en outre le malheur d’être toujours présent quand la solidarité avec les riverain-e-s s’avère nécessaire. Ce qui fut le cas chez des riverains du Mesnil à Saint Pierre des Landes qui s’opposaient à l’implantation d’un pylône et à la destruction d’arbres et du biotope d’un plan d’eau.

Ainsi le 1er juin 2012, à la simple annonce du début d’un chantier de la ligne sur le Mesnil, l’accès au hameau lui est refusé par la gendarmerie (sans décision de justice d’aucune sorte ni raison valable).

Le lendemain, si comme une cinquantaine de personnes solidaires, il a pu rejoindre une parcelle privée pour assister à une conférence de presse. Il fut, lui comme les autres, y compris les propriétaires des lieux, expulsé violemment du terrain.

Le 4 juillet 2012, alors que venait de débuter le chantier prévu un mois plus tôt, c’est encore l’ensemble du hameau qui est déclaré zone interdite par la maréchaussée, obligeant le militant aujourd’hui en procès à laisser son véhicule (après menace de contravention pour stationnement gênant) sur le bas côté. Un comble, alors qu’un véhicule de gendarmerie entravait sans aucun motif légal le passage d’accès au village.

C’est en ce début du mois de juillet 2012 (les 4 et 5 juillet) que, suite aux exactions gendarmesques menées sous l’égide de RTE et de la préfecture de la Mayenne au Mesnil, une plainte collective est déposée par les habitant-e-s affecté-e-s par le chantier et la ligne, avec certain-e-s de leurs soutiens. Ceci pour dénoncer les entraves à la liberté individuelle et la complicité de dégradation volontaire de la propriété d’autrui.

Il semblerait que le 6 juillet 2012, la gendarme citée ci-dessus se soit subitement rendue compte qu’elle fut victime de violence de par la peur occasionnée par la manœuvre du véhicule se garant à sa proximité, déposant alors plainte pour ces faits. Vu la présence des gendarmes sur les lieux, l’accusé n’aurait-il pas été arrêté en flagrant délit dès le 4 juillet s’il avait vraiment représenté une menace de violence ?

Cette peur et la plainte qui a suivi ont donné lieu a une mobilisation digne de l’ennemi public numéro 1, le 10 juillet 2012. À 8h du matin, au domicile du militant, une opération de type antiterrorisme fut entreprise afin de l’interpeller et ce, avec une violence sans commune mesure avec celle qu’il aurait soi-disant occasionnée en se garant six jours plus tôt. Au bout de neuf heures de garde à vue, et après le refus du prélèvement de son ADN, il se voyait notifier une convocation au tribunal qui nous amène ce 19 septembre à Angers.

Pendant ce temps là, les plaintes déposées par les riverain-e-s et militant-e-s du Mesnil ont été classées sans suite, nécessitant le dépôt d’une caution de 1000 € chacun-e pour que soit mandaté un juge d’instruction. Le motif ? « Les faits dont vous vous êtes plaint ne sont pas punis par la loi ». L’article 432-4 du code pénal (entrave à la liberté individuelle par une personne dépositaire de l’autorité publique) ne serait-il plus en vigueur ?

C’est donc par le porte-monnaie qu’on veut nous reconvertir. Ces diverses manipulations, intimidations, inculpations, accusations mensongères, et le fonctionnement de notre justice qui nous coûte cher ne font que renforcer notre détermination.

Une soirée Infotour sur la lutte anti-THT aura lieu en amont et en solidarité le 17 septembre à l’Étincelle, 26 rue Maillé à Angers.

En Roumanie, les citoyens remportent une victoire contre le projet de mine d’or à Rosia Montana Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/09/10 Marie Astier (Reporterre) (10 septembre 2013) En Roumanie, les citoyens remportent une victoire contre le projet de mine d’or à Rosia Montana. Reporterre. fr

En Roumanie, les citoyens remportent une victoire contre le projet de mine d’or à Rosia Montana

Depuis seize ans, les habitants de Rosia Montana luttent contre un projet de mine d’or qui ravagerait leur village. De plus en plus nombreux sont les Roumains qui partagent leur combat, et le gouvernement a dû reculer lundi 9 septembre. Reporterre était avec les manifestants qui, à Paris aussi, ont marqué leur refus d’un nouveau désastre écologique.

En Roumanie, les manifestations contre le projet de mine d’or à Rosia Montana durent depuis bientôt deux semaines. Lundi 9 septembre, elles ont convaincu le gouvernement de retirer son projet de « loi exceptionnelle ». Cette loi aurait permis à la compagnie minière Gabriel Resources d’exproprier les derniers habitants de Rosia Montana, un village agricole et touristique, niché dans les montagnes de Transylvanie au nord-ouest du pays, assis sur ce qui est peut-être le plus gros filon d’or en Europe.

Le village de Rosia Montana

Presque chaque jour depuis début septembre, des milliers de personnes ont défilé dans la capitale Bucarest et les grandes villes du pays. Les manifestations ont essaimé jusqu’en France avec un rassemblement vendredi 6 septembre à Paris, dont Reporterre était témoin.

Partout, des banderoles proclamant « Non au cyanure ». Car si la compagnie canadienne Gabriel Ressources réussit à lancer son projet de mine d’or à Rosia Montana, 12.000 tonnes de cyanure seraient utilisées chaque année pour extraire l’or. Soit douze fois plus que la quantité de cyanure actuellement utilisée par an dans toute l’Europe.

En Roumanie, la mobilisation de dimanche a été massive. Au point que le Premier Ministre Victor Ponta a annoncé lundi 9 septembre qu’il renonçait à son projet de loi exceptionnelle.

La manifestation de dimanche à Bucarest

C’est ce texte, proposé par le gouvernement fin août, qui a ravivé l’opposition au projet de mine d’or. S’il était passé, il aurait signifié le feu vert à l’expropriation des derniers habitants de Rosia Montana et à l’exploitation du filon. Mais la bataille n’est pas pour autant gagnée, car c’est désormais au ministère de l’environnement de se prononcer. Son avis pourrait bloquer, ou au contraire approuver le projet minier.

Un patrimoine roumain, voire mondial

Cela fait seize ans ans que Gabriel Resources lorgne sur ce filon d’or, et presque aussi longtemps que les opposants résistent au projet. Il s’agirait du plus gros gisement d’or en Europe et le troisième au monde, selon la compagnie. 300 tonnes d’or et 1.600 tonnes d’argent qui pourraient rapporter plusieurs milliards. Un pactole qui augmente au même rythme que le cours de l’or (plus de 33.000 euros le kilo aujourd’hui, contre 10.000 euros en 2005).

Plusieurs milliards, mais avec quelles conséquences ? La mine serait aussi la plus grande exploitation à ciel ouvert du continent : elle détruirait quatre montagnes et une partie du village de Rosia Montana. Dans le lot, plusieurs bâtiments historiques seraient rasés, notamment des églises et surtout des vestiges de l’époque romaine. Dans le pays, l’Ordre des architectes de Roumanie ou encore l’association Architecture, Restauration, Archéologie (ARA : Arhitectura. Restaurare. Arheologie) demandent le classement du village au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais le ministère de la culture refuse d’inscrire le site sur la liste des sites candidats.

C’est pour cela qu’à Paris, la manifestation de soutien des opposants au projet s’est déroulée devant l’UNESCO vendredi. Quelques dizaines de personnes ont répondu à l’appel des associations roumaines OVR Solidarités, Pro Patrimonio France, Rencontre du patrimoine Europe-Roumanie.

Nicolas Teculescu y était. Il adhère à La Maison Roumaine. La cinquantaine, il se rappelle encore avoir visité Rosia Montana lors d’un voyage de classe : « Tous les élèves de Roumanie allaient visiter ce village, a-t-il expliqué à Reporterre. Il est peuplé depuis la préhistoire. Le gisement d’or a été exploité par les Daces puis par les Romains. On peut encore visiter les galeries aujourd’hui. Rosia Montana fait partie du patrimoine roumain ». « C’est le plus ancien lieu de peuplement en Roumanie », ajoute Sorana Ciura, une jeune fille arrivée en France récemment.

Un lac de cyanure

Mais surtout, Nicolas et Sorana s’inquiètent du cyanure. Dans les mines, il est utilisé pour dissoudre l’or et le séparer du reste du minerai. « Ils vont créer un lac de retenue, explique Nicolas. Il sera rempli d’eau chargée de cyanure ». Le projet lui rappelle un mauvais souvenir, la catastrophe de Baia Mare : « C’est la deuxième catastrophe technologique la plus importante après Tchernobyl », affirme-t-il. En 2000, la digue d’un bassin de déchets miniers située à Baia Mare avait cédé. L’eau concentrée en cyanure avait empoisonné les rivières alentours, la faune et la flore ont été détruites sur 600 km.

Sorana est mobilisée depuis longtemps contre le projet, car une partie de sa famille vit à Rosia Montana. « Là bas, la compagnie fait pression sur les habitants pour qu’ils partent. Elle a pris le contrôle de l’administration grâce à la corruption. Elle a obtenu un décret qui déclare la zone ’mono-industrielle’, cela veut dire que toutes les activités économiques, à part la mine, sont interdites. Cela permet d’étouffer la région et de dire aux habitants qu’il n’y a pas d’autre alternative à la mine. »

Avant de travailler en France, Sorana a étudié au Canada et déjà milité contre le projet. Elle connaît les méthodes des compagnies minières canadiennes : « Gabriel Ressources est une compagnie qui a été créée spécialement pour le projet Rosia Montana. Son but est d’obtenir la concession, d’augmenter sa valeur en bourse, pour ensuite pouvoir la revendre à une plus grosse compagnie minière. C’est pour cela que par exemple elle a intérêt à dire qu’il y a beaucoup d’or dans le gisement. »

En face, Gabriel Ressources affirme que les concentrations en cyanure ne dépasseront pas les normes autorisées par l’Union Européenne. La compagnie brandit aussi la promesse de 2.300 emplois pendant la phase de construction, puis 900 emplois pendant la phase d’exploitation.

A l’annonce du rejet de la loi, l’action en bourse de Gabriel Ressources a perdu plus de 50% de sa valeur=ASC]. Mais la compagnie a immédiatement répondu par un communiqué : « Si le projet de loi est rejeté, la compagnie évaluera toutes les voies de recours possibles, [...] y compris des poursuites pour violations multiples des traités internationaux d’investissement. »

Compléments d’information :

- En Roumanie, le Parlement a rejeté, mardi 10 décembre, le projet d’exploitation minière de Rosia Montana (en anglais).

- L’association Alburnus Maior, créée par les habitants de Rosia Montana ; - L’appel à manifester à Paris avec une explication plus détaillée du contenu de la loi : Café des Roumains ; - Les manifestations vues de Bucarest, par Le petit journal

L’écotaxe sur les poids lourds encore repoussée Coralie Schaub, Laure Bretton et Théo Allegrezza (Libération) Reporterre 2013/09/10 Coralie Schaub, Laure Bretton et Théo Allegrezza (Libération) (10 septembre 2013) L’écotaxe sur les poids lourds encore repoussée. Reporterre. fr

L’écotaxe sur les poids lourds encore repoussée

Le gouvernement voudrait faire perdre toute crédibilité à son écotaxe poids lourds qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Il a encore reporté la mise en place d’un dispositif acté en 2007. « Un report technique » assure le Ministre des Transports. La faute aux lobbys routiers, dénoncent les ONG.

C’est - au mieux - un contretemps fâcheux pour une majorité très officiellement embarquée dans la grande aventure de la fiscalité écologique. Après un parcours parlementaire de… cinq ans et à quelques jours de la deuxième conférence environnementale, l’écotaxe poids lourds vient une nouvelle fois d’être reportée : le gouvernement a annoncé qu’elle n’entrerait en vigueur qu’au 1er janvier 2014 et non au 1er octobre.

Ce dispositif fiscal, qui ne concerne pas les autoroutes déjà soumises à péage, doit s’appliquer à tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes transportant des marchandises, en fonction des kilomètres parcourus (elle est estimée à 12 centimes du kilomètre en moyenne). L’idée étant d’inciter les clients à préférer le fret ferroviaire ou fluvial, moins polluant, à la route.

Et, au passage, de redistribuer les recettes à l’AFITF, l’agence qui finance les infrastructures de transport français, notamment les chemins de fer (à hauteur de 800 millions d’euros par an) et aux collectivités locales (160 millions d’euros).

Voisins

Acté lors du Grenelle de l’environnement en 2007 au début du quinquennat Sarkozy, ce dispositif qui existe déjà depuis longtemps chez certains de nos voisins, comme l’Allemagne, figurait dès 2008 dans le budget de la droite. Mais depuis, son application n’a cessé de traîner en longueur. D’abord prévue pour 2011, la taxe a fini par être votée par la gauche (et sans les voix de l’UMP) en avril dernier pour une application en juillet. Avant d’être annoncée pour octobre.

Autant de retards imputés par les ONG aux lobbys routiers. « Cette écotaxe, c’est tout sauf une surprise. Les transporteurs ne peuvent pas dire qu’ils n’ont pas eu le temps de s’y préparer », attaque Gérard Allard, de France Nature Environnement (FNE). Et ils ne reculent devant rien.

Parmi les fédérations les plus virulentes, l’Organisation des transporteurs routiers européens, qui représente les TPE et PME du secteur, a ouvertement appelé cet été les transporteurs à boycotter la mesure, en ne s’enregistrant pas auprès d’Ecomouv, la société chargée par l’Etat de la gestion et de la collecte de cette taxe.

« Cadeaux »

« Le secteur a eu des cadeaux fiscaux et maintenant que le donnant-donnant arrive, il le refuse. C’est un peu facile », tacle Matthieu Orphelin, de la fondation Nicolas Hulot. Des cadeaux ? Entre autres : baisse de la taxe à l’essieu, exonération de l’augmentation de la taxe sur les consommations de produits énergétiques (TICPE), poids maximal de circulation porté de 40 à 44 tonnes, diverses autres exonérations ou minorations…

Des dispositifs que la Cour des comptes avait pointés en 2012. En comptant le manque à gagner du retard dans la mise en œuvre de l’écotaxe, qui fait perdre chaque mois 100 millions d’euros de recettes aux finances publiques, « on arrive à un coût de l’ordre d’un milliard d’euros » pour ces « cadeaux », estime FNE.

Raison officielle du nouveau report : des « dysfonctionnements persistants » du dispositif technique de surveillance par satellite géré par Ecomouv. Fin août, la société reconnaissait que 20 000 camions avaient été enregistrés sur les 600 000 à 800 000 concernés. Mais, promis juré, « le principe de contribution environnementale n’est pas remis en cause », a assuré Frédéric Cuvillier. Qui, en tant que ministre des Transports, concède qu’il veut quand même « s’assurer de la soutenabilité de l’emploi dans un contexte économique difficile pour le transport routier français », un secteur capable de paralyser le pays.

Et qui, en tant que socialiste, a insisté sur le fait qu’il « hérite » du dossier. Comprendre : tout est de la faute de la droite et de son « manque d’anticipation ». Comprendre aussi qu’il n’y croit pas trop. D’où le parapluie vert ouvert par Matignon hier : « Ce n’est pas un recul politique, c’est un report technique. » Mais, alors que la bataille sur la fiscalité carbone s’annonce musclée, cette décision équivaut pour les ONG à un « très mauvais signal ».

En Normandie, le lycée agricole de Coutances passe au bio FR3 Reporterre 2013/09/10 FR3 (10 septembre 2013) En Normandie, le lycée agricole de Coutances passe au bio. Reporterre. fr

En Normandie, le lycée agricole de Coutances passe au bio

Nouveauté de cette rentrée scolaire au lycée agricole et horticole de Coutances dans la Manche : la filière production animale amorce une conversion biologique pour le troupeau laitier.

C’est une première dans la région. La conversion « bio » du troupeau laitier est en attente de certification. Les nouveaux élèves seront plongés dans cette conversion dès le démarrage des cours.

Le lycée de Coutances jouit d’une excellente réputation. 80 % des élèves qui en sortent trouvent du travail. L’établissement existe depuis 40 ans. Il a depuis plusieurs années investi dans le développement durable. 800 jeunes sont en formation dans ce lycée.

La mystique de la croissance Dominique Méda Reporterre 2013/09/10 Dominique Méda (10 septembre 2013) La mystique de la croissance. Reporterre. fr

La mystique de la croissance

- Recension par Christian Chavagneux (Alternatives économiques)

L’obsession de la croissance et de la consommation illimitées représente le mal le plus dangereux du capitalisme contemporain : faute de les maîtriser, c’est l’avenir même de notre planète qui est en jeu. La transition écologique n’est alors plus un futur parmi d’autres, c’est une nécessité politique. Mais elle n’advient pas. Pourquoi et qu’est-ce qu’il faudrait faire pour avancer ? La philosophe et sociologue Dominique Méda nous livre son analyse et ses réponses, en réussissant l’alliage parfait entre la limpidité du pédagogue et le ton enlevé et convainquant de la militante.

Une approche alternative

Economistes et sociologues sont d’emblée montrés du doigt pour avoir, à de rares exceptions près, « systématiquement minorés, voire rendus invisibles », les dégâts du progrès sur la nature et sur les hommes. Le débat s’est enfin ouvert ces dernières années, prenant surtout la forme d’une remise en cause de l’indicateur phare de mesure du progrès, le produit intérieur brut (PIB).

Mais la floraison des indicateurs alternatifs, issus de l’OCDE, de la Banque mondiale ou de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, reste prisonnière de deux hypothèses délétères : le capital humain ou l’innovation technique pourront toujours se substituer au capital naturel, lequel n’a pas besoin d’être protégé en soi ; il suffit de donner un prix, une valeur monétaire, à la nature et de conserver les mêmes raisonnements économiques habituels pour résoudre tous les problèmes. Dominique Méda conteste ces hypothèses - ce qui nous vaut notamment une belle critique des travaux de Robert Solow sur le sujet - et dessine les pistes d’une approche alternative.

Redonner du sens

Il faut par exemple dresser un inventaire du patrimoine naturel de l’humanité que l’on souhaite protéger et décider collectivement d’un indicateur complémentaire au PIB mesurant les dégâts écologiques et sociaux. Les pays industrialisés doivent s’habituer à un monde de croissance faible et être capables de créer de l’emploi par la réduction négociée du temps de travail, par les gisements d’emplois de la transition énergétique et agricole, et par le développement des services de bonne vie. Il faut privilégier les circuits courts et revenir sur la mondialisation.

Les confédérations syndicales internationales portent déjà ce combat. Mais seule la puissance publique pourra mener cette transition, de manière centralisée mais négociée. Un programme pour sauver la planète mais aussi redonner sens au travail. Et à nos vies.

- La mystique de la croissance. Comment s’en libérer, par Dominique Méda, Flammarion, 2013, 265 p., 17 €.

Delphine Batho dit sa vérité sur l’Elysée, Fessenheim et Notre Dame des Landes Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/11 Hervé Kempf (Reporterre) (11 septembre 2013) Delphine Batho dit sa vérité sur l’Elysée, Fessenheim et Notre Dame des Landes. Reporterre. Entretien — Politique fr

Delphine Batho dit sa vérité sur l’Elysée, Fessenheim et Notre Dame des Landes

Si l’Elysée a transmis des informations au patron de Vallourec, « il y a eu conflit d’intérêt ». Oui, sur le gaz de schiste, « il y a une campagne de communication bien orchestrée ». Alerte à la privatisation d’EDF. L’Etat ne peut pas fermer seul Fessenheim, « il y a une énorme lacune législative ». Notre Dame des Landes : si on suit la commission scientifique, il ne peut pas y avoir d’aéroport. Delphine Batho, à mots mesurés mais précis, dit sa vérité face à la caméra de Reporterre.

Delphine Batho, limogée de son poste de ministre de l’Ecologie en juillet, revient en politique en tant que députée. Reporterre l’a rencontrée à l’Assemblée nationale.

L’essentiel de ses propos :

- Si la directrice de cabinet du président de la République a communiqué des informations à son époux, le patron de l’entreprise Vallourec, « il y a évidemment eu conflit d’intérêt ».

- Mme Batho n’a pas subi de pression sur le gaz de schiste. Mais il y a eu du « lobbying » et une « campagne de communication bien orchestrée ».

- La députée est inquiète du projet d’ouvrir encore davantage le capital d’EDF aux actionnaires privés.

- L’Etat ne peut pas décider lui-même de fermer les centrales nucléaires. Il y a là « une énorme lacune législative ».

- Sur l’énergie, la position du Medef « est extrêmement conservatrice ».

- Sur Notre Dame des Landes, « on est obligé » de suivre les conclusions de la commission scientifique, et donc, on ne peut pas faire l’aéroport, « cela semble la conclusion ».

Ci-dessous, la vidéo et la transcription de l’essentiel de l’entretien.

Reporterre - Lors de votre limogeage, vous avez souligné que Philippe Crouzet, le patron de l’entreprise Vallourec, est très favorable au gaz de schiste aux Etats-Unis, avait pesé pour votre départ. L’épouse de M. Crouzet est Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République. Y a-t-il conflit d’intérêt au plus haut sommet de l’Etat ? (1’00)

Delphine Batho - Je n’ai pas la réponse. Ce qui m’a paru troublant, c’est que le patron de cette entreprise s’est prévalu publiquement d’informations selon lesquelles j’allais être marginalisée au sein du gouvernement, et ce quinze jours avant que je sois limogée du gouvernement. Ca me paraît une question à la quelle il faudra avoir une réponse. Moi, je n’ai pas les éléments de la réponse.

(2’17’’) Si Mme Sylvie Hubac avait pu parler à son époux de votre cas, s’il avait pu avoir des informations par ce biais, y aurait-il conflit d’intérêt sur Mme Hubac à l’Elysée ?

Oui, évidemment qu’il y aurait eu conflit d’intérêt. (2’38’’)

Est-ce que dans le Débat national sur la transition énergétique, les industriels français favorables l’exploitation du gaz de schiste ont-ils fait pression sur vous ?

Je ne dirais pas ça comme ça. Il y a eu beaucoup de lobbying autour de l’idée qu’on allait chercher de nouvelles techniques. J’ai eu des explications franches, mais pas sous forme de pression, en tout cas pas vis-à-vis de moi, sans doute parce que ma position était claire, ferme et connue.

Lobbying ça veut dire quoi, concrètement ?

Qu’on voit un certain nombre de décideurs et de relais médiatiques publier le même genre d’argumentaires – par exemple pour dire qu’il y aurait des techniques propres d’exploitation. On sent un argumentaire qui est repris par un certain nombre de décideurs.

Une campagne de communication avec un discours bien calibré ?

Oui, et qui est bien orchestrée.

Un autre aspect joue sur la politique énergétique française est la question du nucléaire. Nombreux sont ceux qui se sont étonnés qu’en 2012, Henri Proglio, dirigeant d’EDF, proche de Nicolas Sarkozy, est resté en place alors que le nouveau gouvernement avait des orientations très différentes. Avez-vous trouvé cela normal et comment cela s’est-il passé ?

Ce n’est pas un sujet sur lequel je souhaite encore m’exprimer. Il y a eu une décision qui a été prise par le Président de la République et le premier ministre. Ce que l’Etat peut attendre d’une entreprise comme EDF, c’est qu’elle porte les orientations de la transition énergétique.

Aujourd’hui, un sujet qui me préoccupe est l’idée qu’on pourrait ouvrir davantage au secteur privé le capital d’EDF. C’est une décision qui relève du gouvernement et avec laquelle je ne suis pas d’accord.

Pourquoi M. Proglio a-t-il été maintenu à la tête de cette entreprise ?

Je ne souhaite pas m’étendre sur cette question. Aujourd’hui, le combat le plus important est que l’autorité de l’Etat sur EDF ne soit pas affaiblie.

Comment expliquez-vous que M. Proglio, qui dirige une entreprise controlée par l’Etat à 84,5 %, puisse s’opposer publiquement au choix du gouvernement de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim ?

Il ne s’y est pas opposé publiquement depuis la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle. Mais c’est vrai qu’on ne peut réussir la fermeture pour la première fois en France une centrale qu’avec le plein et entier engagement de l’opérateur EDF. D’ailleurs, une des grandes questions du Débat sur la transition est que l’Etat reprenne la main sur les décisions de politique énergétique qui sont aujourd’hui celles des opérateurs. Il n’y a pas aujourd’hui, par exemple, d’autorité de l’Etat pour décider du nombre de centrales nucléaires. L’Etat en tant que tel n’a pas la main, c’est un enjeu extrêmement important qu’il puisse la reprendre.

Il y a une énorme lacune législative.

Le patron de cette entreprise ne s’appuie-t-il pas sur ces actionnaires pour trainer les pieds par rapport à son actionnaire principal ?

A partir du moment où vous avez des actionnaires même minoritaires, cela leur donne un certain nombre de facultés juridiques. Mais ce n’est pas l’élément principal. Fermer une centrale nucléaire, c’est aussi un changement de culture pour l’entreprise EDF ».

Y a-t-il une alliance entre la CGT et le Medef sur cette question du nucléaire ?

Ce changement de culture concerne aussi les salariés d’EDF. (11’50’’)

La position du Medef dans le DNTE n’est pas forcément à l’image de l’ensemble des entreprises et des acteurs économiques, qui pour une partie d’entre eux, ont envie de s’engager dans la transition énergétique, où ils seront gagnants. Il a un conservatisme très fort d’un certain nombre d’acteurs économiques qui ne veulent pas que ça change.

Les entreprises nucléaires en France, EDF, Areva, RTE, représentaient plus de 50 % des délégués du Medef. N’ont-elles pas pesé lourdement dans le débat ?

Ils ont pesé, mais je pense que dans un pays où 75 % de l’énergie [sic] est d’origine nucléaire, on ne peut pas faire un débat sans eux. Pour arriver à changer les choses, il faut que tous les acteurs soient autour de la table. Mais c’est vrai que les positions portées par le Medef étaient extrêmement conservatrices. Ne pas regarder en face le problème de la fin de vie des centrales n’est tout simplement pas responsable ni vis-à-vis des générations futures, ni du point de vue des intérêts de l’industrie nucléaire.

A propos de Notre Dame des Landes, vous aviez dit en 2012 que c’était une infrastructure « dont nous avions besoin ». Le pensiez-vous vraiment ou était-ce par solidarité gouvernementale ?

J’ai assumé la position gouvernementale sur ce dossier. Elle était clairement connue dans le programme [de M. Hollande]. Ce à quoi j’ai veillé, c’est au respect scrupuleux de la loi sur l’eau. J’ai engagé le travail de la commission scientifique, qui a établi que la méthode de compensation environnementale n’était pas valable et pas recevable.

Aujourd’hui, est-ce qu’il faut réaliser ou pas cet aéroport ?

Sur aucun dossier sur lequel j’ai été en responsabilité, je me permettrai de dire différemment comme député aujourd’hui que ce que j’ai dit ou fait en tant que ministre.

Je pense que les conclusions de la commission scientifique sont assez claires. La législation sur la zone humides fait que la méthode envisagée pour la compensation environnementale n’est pas possible. Si on suit la conclusion de la commission scientifique, en l’état, le projet d’aéroport ne peut pas être conforme à la loi sur l’eau.

S’il faut suivre l’avis de la commission scientifique…

…On est obligé…

… et donc, on ne peut, dans les conditions actuelles, pas faire cet aéroport...

… cela semble la conclusion.

(20’ 43’’) Etes-vous toujours obsédée, comme la majorité des responsables par l’idée qu’il faut toujours plus de croissance, ou pensez-vous qu’on peut objecter à la croissance ?

Je suis pour dépasser ce débat entre croissance et décroissance. Notamment la question de l’économie circulaire, inventer un nouveau modèle économe en ressource naturelles, mais intensif en emplois, c’est ça la question essentielle.

Propos recueillis par Eduardo Febbro (prise de vue et montage) et Hervé Kempf.

La Corse victime d’une bétonisation frénétique Jeanne Sezanne Reporterre 2013/09/11 Jeanne Sezanne (11 septembre 2013) La Corse victime d’une bétonisation frénétique. Reporterre. Tribune — fr

La Corse victime d’une bétonisation frénétique

Le littoral et les plaines de l’île à la nature jusque là encore préservée, sont aujourd’hui bétonés un peu plus chaque jour. Souvent de façon illégale, pour l’intérêt de quelques-uns et au mépris de la population locale. Il y a urgence à agir.

La Corse, malheureusement unique en Europe du fait de la destruction des autres côtes de la Méditerranée, était préservée des constructions et aménagements de type marina et bords de mer jusqu’à encore récemment. Les arbres, les plages sauvages, le maquis, le silence, les odeurs, une nuit vraiment noire, si rare aujourd’hui, la nature dense dominaient.

Cet environnement aurait pu permettre un développement économique solide et ancré dans le long terme, assis sur ce capital unique en Europe.

Depuis peu de temps, une dizaine d’années au plus, le littoral mais également la bande de l’intérieur des terres et dans une moindre mesure la plaine orientale sont soumis à une urbanisation frénétique de maisons secondaires individuelles et résidences de tourisme.

Longer la côte Corse depuis la mer en bateau ou par la route qui la suit est aujourd’hui un spectacle désolant de collines arasées, déboisées, de champs de chênes coupés, de routes créées, de maquis réduit à peau de chagrin entre un maillage étalé et quadrillant le maquis de maisons individuelles.

Ou de constructions éparses mitant les flancs de collines en opposition à la règle de base de l’urbanisme qui évite le saupoudrage, le « mitage » en matière d’urbanisation. Les panneaux "lots viabilisés à vendre", "terrains constructibles", "appartements les pieds dans l’eau" fleurissent le long des routes côtières. Des constructions à arcades en béton rose ou orangé, jurant totalement avec le style des bâtiments traditionnels de cette région s’égrènent le long de la route.

Des plages mythiques comme celle de Palombaggia (entre Porto-Vecchio et Bonifacio) sont aujourd’hui surplombées de collines parsemées de lotissements et de résidences. La bande de terre et le littoral des communes de Saint Cyprien, de Pinareddu, de Sainte Lucie de Porto Vecchio, de Solenzara, Canedda sont défigurés.

La colline surplombant la zone commerciale de Porto-Vecchio est défigurée. Au-dessus de Pinareddu, de grosses maisons isolées dans le maquis (déboisement, construction de routes privatives) sont apparues. La commune de Solenzara est parsemée de grosses résidences de béton rose, comme toutes celles qui apparaissent au gré des hivers. Ces maisons et appartements sont utilisés quelques semaines par an.

Porto Vecchio

Les zones sauvages de la côte orientale comme Villata, aujourd’hui lieux de campings font dans l’ombre l’objet d’intenses ballets de spéculateurs qui attendent la fin des concessions pour déployer de vastes projets de construction.

En 2013, alors que les leçons de l’aménagement des côtes espagnoles, des Baléares et de la Côte d’Azur ont été tirées, alors que tous savent les dégâts environnementaux et esthétiques et donc économiques de tels aménagements, la Corse, si longtemps singulière et préservée est tombée dans le bétonnage. Un bétonnage de maisons individuelles souvent luxueuses et de résidences de tourisme mais qui défigure totalement ce territoire unique. En 2013 on ne peut pas dire que l’on ne savait pas.

Les dégâts environnementaux (destruction des paysages, diminution de la biodiversité, destruction d’espèces végétales, traitement approximatif des eaux usées, surtout en haute saison, artificialisation des sols, etc.) sont irréversibles.

Enfin, et plus grave encore, cette urbanisation massive est le fait de promoteurs souvent liés à une économie Mafieuse (lire Razzia sur la Corse de la journaliste Hélène Constanty - Fayard, 2012) assise sur le racket des entreprises de l’Ile et les passations illégales de marchés publics du BTP, qui obtiennent de Maires sous pression de menaces parfois physiques ou de corruption le classement en zone constructible de terrains en plein maquis au mépris parfois du code de l’urbanisme, notamment la loi littorale.

Le rôle du gouvernement et du Préfet de l’Etat

Le Préfet, représentant de l’Etat en région et garant du respect des lois de la France, assisté des directions départementales des territoires (DDT) et la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, Aménagement et Logement), représentation du Ministère de l’Ecologie et du Logement, ne font pas respecter la loi. Pire, ils ferment les yeux sur les mises en chantier illégales contrevenant au Code de l’Urbanisme.

Les chiffres en valeur absolue et relative (pourcentage) de mises en chantier, de permis de construire alloués, l’évolution des surfaces artificialisées, de l’urbanisation sur le littoral sont difficiles à trouver alors qu’ils font souvent l’objet d’études publiées dans les autres régions.

La DREAL de Corse a elle-même entrepris le déclassement d’une partie de la Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (Znieff) d’Arone ce qui facilite le classement en zone constructible.

Aucune lutte sérieuse contre l’économie mafieuse régissant aujourd’hui le monde économique de la Corse n’est menée. Les liens entre le blanchiment de l’argent de la mafia et le business immobilier sont connus des services de l’Etat. Rien n’est fait.

L’Etat abandonne totalement la Corse, sa population, son littoral, son territoire à l’absence de droit et de respect des règles.

Comment est-ce possible dans une démocratie européenne en 2013 ?

Opposer le développement nécessaire de l’emploi et de la richesse des corses et la conservation de son territoire est un argument hypocrite qui ne sert que les intérêts financiers de quelques-uns aux poches pleines : promoteurs immobiliers, aménageurs, intermédiaires de tous ordres, agences immobilières, quelques architectes et artisans du bâtiment et quelques élus locaux au mieux faibles et au pire corrompus. Pas ceux des corses qui y vivent toute l’année et voient leur pays leur échapper. La beauté de leur île est une rente à préserver absolument, avant tout pour les corses.

Il faut de toute urgence que l’Etat fasse son travail c’est-à-dire faire respecter les règles d’urbanisme, mette un coup d’arrêt à cette destruction massive et maintienne les conditions d’un développement assis sur ce territoire unique et donc précieux.

Pour aller plus loin :

- Razzia sur la Corse de la journaliste Hélène Constanty (Fayard, 2012) - Les Dossiers du Canard Enchainé, « Corsa Nostra », n° 128, paru le 29 juin 2013

Se rapprocher de l’Association U LEVANTE qui lutte, bien seule, contre ce fléau.

Le Parlement européen laisse le champ libre aux agrocarburants Oxfam France Reporterre 2013/09/12 Oxfam France (12 septembre 2013) Le Parlement européen laisse le champ libre aux agrocarburants. Reporterre. Europe fr

Le Parlement européen laisse le champ libre aux agrocarburants

Mercredi 11 septembre, le Parlement européen a adopté un texte jugé favorable aux agrocarburants.

Le Parlement européen a voté aujourd’hui [mercredi 11 septembre] la modification de la directive Energies Renouvelables, qui oriente la production et la consommation d’agrocarburants en Europe.

Pour Oxfam France, en optant pour un plafond d’incorporation de 6% d’agrocarburants dans les carburants traditionnels, et en définissant un nouvel objectif contraignant de 7,5% d’incorporation d’éthanol dans l’essence, le Parlement européen a cédé aux lobbies industriels, et renoncé à l’ambition de réguler cette production aux effets pourtant dévastateurs sur l’environnement et la sécurité alimentaire mondiale.

L’issue de cette réforme repose désormais entièrement sur les épaules du Conseil européen, ce qui laisse aux lobbies industriels encore plus de temps pour renforcer leur stratégie agressive de désinformation sur les impacts des politiques de soutien aux agrocarburants.

Le Parlement européen a échoué mercredi à assumer ses responsabilités en prenant les mesures qui s’imposent pour limiter drastiquement les incitations à la production et à la consommation d’agrocarburants en Europe. Les nouveaux objectifs proposés impliquent que l’Europe devra multiplier par 2,5 ses importations d’agrocarburants produits à partir de matières premières alimentaires d’ici à 2020. Les émissions de gaz à effet de serre liées au Changement d’Affectation des Sols Indirect (CASI) ne seront prises en compte que partiellement, et pas avant 2020.

Subvention aux agrocarburants : 6 milliards d’euros

Pour Clara Jamart, d’Oxfam France : « Le vote d’aujourd’hui est un aveu d’échec des politiques face aux lobbies industriels, qui bénéficient d’une manne financière indécente destinée à soutenir la production d’agrocarburants qui détruisent l’environnement, engendrent une déforestation catastrophique, et privent de leur droit à l’alimentation des centaines de millions de personnes dans le monde. »

« Chaque année, les subventions accordées à la production d’agrocarburants en Europe dépassent les 6 milliards d’euros. Si elle ne tombait pas directement dans la poche des plus importants industriels du secteur, une telle somme pourrait permettre de soutenir des projets qui permettent réellement de lutter contre le changement climatique et de renforcer la sécurité alimentaire mondiale. »

Fin 2012, le gouvernement français avait pourtant reconnu l’impact de la politique européenne de soutien aux agrocarburants sur la volatilité des prix alimentaires et la faim dans le monde. Parallèlement, la Commission européenne reconnaissait l’impact du Changement d’Affectation des Sols Indirect (CASI) de la production massive d’agrocarburants sur les émissions de gaz à effet de serre, et proposait entre autre de plafonner à 5% la part des agrocarburants dans la consommation énergétique du secteur européen des transports.

« Nos dirigeants français et européens doivent absolument corriger le tir, et aboutir à un compromis ambitieux pour enfin réformer en profondeur les politiques de soutien aux agrocarburants. Le rôle du Conseil européen sera essentiel, puisqu’il devra se positionner sur cette question avant la fin de l’année », conclut Clara Jamart.

Complément d’information :

Le 11 septembre, à Strasbourg, des ONG ont remis une pétition de plus de 240 000 signatures demandant aux députés européens de s’engager en faveur de la sécurité alimentaire.

Aller plus loin :

Lire l’article « L’Europe et les agrocarburants : un combat sur la durée ». Découvrir le travail d’Oxfam France sur les agrocarburants.

La Confédération paysanne a pris d’assaut un grand projet agricole inutile Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/12 Hervé Kempf (Reporterre) (12 septembre 2013) La Confédération paysanne a pris d’assaut un grand projet agricole inutile. Reporterre. Reportage — Agriculture fr

La Confédération paysanne a pris d’assaut un grand projet agricole inutile

Dans la Somme, le projet de « Ferme des mille vaches » veut créer une usine animale à grands coups de subventions publiques. Polluant et destructeur des petites installations paysannes, le chantier a été investi dans la nuit de mercredi à jeudi par des membres de la Confédération paysanne. Jeudi matin, le siège social de l’entreprise Ramery a été occupé par des manifestants.

On pensait les actions spectaculaires contre les plus grands pollueurs une spécialité de Greenpeace. Eh bien cette nuit, c’est la Confédération paysanne qui a réalisé un coup d’éclat pour tourner le projecteur vers ce qui est sans doute le projet agro-industriel le plus choquant du moment : le chantier de construction de la « Ferme des mille vaches », à cheval sur deux communes, Buigny-Saint- Maclou et Drucat-le-Plessiel, dans la Somme, près d’Abbeville.

L’action nocturne

Une vingtaine de membres du syndicat paysan l’ont investi, pour y peindre 250 mètres de long le slogan « Non aux mille vaches », et pour y démonter des pièces des bulldozers autres engins de travaux publics : dégonflage de pneus et démontage de vérins.

Peinture nocturne au sol

Des pneus d’engins de chantier ont été dégonflés, des capots relevés, des trappes à carburant ouvertes, a indiqué la gendarmerie de la Somme citée par l’Agence France Presse.

Tracteur aux pneus dégonflés

Joint au téléphone, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, explique à Reporterre : « Ce projet est incompatible avec la politique que prétend mener le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll : agro-écologie, agriculture à taille humaine, multifonctionnalité. Comme il n’a pas stoppé ce projet, comme l’Etat ne prend pas ses responsabilités, nous avons pris les nôtres. Nous avons agi à visage découvert, afin que l’on arrête ce projet et que l’on en discute ».

Le site vu du ciel, après peinture du slogan (lettres rouges)

« Il semble bien qu’on se moque de nous... »

Dans un communiqué publié dans la matinée, la Confédération paysanne précise : « Ce projet ne peut se faire qu’avec l’appui des autorités. La signature du préfet sur le permis d’exploiter, c’est la signature de l’Etat. L’Etat qui accepte donc que des milliers d’hectares de terres agricoles ne servent qu’à enrichir qu’un seul homme alors tant de futurs paysans cherchent à s’installer. L’Etat qui regarde faire sans réagir celui qui veut brader son lait, et qui regardera crever ceux qui en vivent. L’Etat et ses grands discours sur l’agroécologie, sur le développement rural, qui fait l’autruche quand il faut prendre ses responsabilités. En cette période de négociations sur la Politique agricole commune, et bientôt sur la Loi d’avenir agricole, il semble bien qu’on se moque de nous... »

Laurent Pinatel

Une manifestation s’est ensuite déroulé jeudi matin à Erquinghem, siège du groupe Ramery. Environ 300 personnes sont entrées dans le hall du siège social, situé près de Lille, rapporte l’AFP. Les militants étaient accompagnés de deux veaux et ont brandi une grande bâche proclamant « Non aux 1000 vaches ». Une dizaine de gendarmes étaient présents mais ils sont restés à l’écart.

Lire notre reportage à Eckhinghem

Rappelons l’histoire. On apprend à l’été 2011 qu’une grande entreprise du Nord Pas-de-Calais, le groupe Ramery, veut installer la plus grande ferme-usine de France : un élevage laitier géant, associé à un méthaniseur de puissance industrielle. Le projet soulève rapidement une opposition croissante autour de l’association Novissen (acronyme de « NOs VIllages Se Soucient de leur Environnement », prononcez « nos vies saines »).

Quel est le projet ? Rassembler dans un bâtiment de plus de deux cent mètres de long mille vaches (qui ne verraient jamais la lumière du jour et ne connaitraient jamais le goût de l’herbe des prés). Elles produiraient du lait à un prix cassé, et leur déjections iraient servir de carburant dans un énorme méthaniseur le transformant en gaz. L’excès de lisier serait répandu sur près de trois mille hectares de terres alentour.

La ténacité de Novissen a permis de gagner un point : ramener l’autorisation admistrative de mille vaches à cinq cents. De plus, le maire et le conseil municipal de Drucat, sur lequel serait installé le méthaniseur, sont opposés au projet. Mais la machine avance continument, et le chantier se prépare. Le maire de Buigy, Éric Mouton, est architecte et constructeur de l’étable, qui s’étendrait sur 234 m de long. Le permis de construire a été accordé le 7 mars dernier.

Le site en juillet 2013

Opacité

Connaitre les détails de ce dossier étrange est difficile. En effet, la transparence s’arrête aux portes de ce projet qui se présente comme agricole et écologique pour transformer les subventions et aides publiques en profits sonnants et trébuchants. Voici ainsi ce qu’écrivait en avril la préfecture au Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) :

« La réglementation propre aux activités d’élevage relevant des installations classées n’impose pas la mise à disposition du public des informations à caractère économique relevant des mesures spécifiques de renforcement de la transparence des entreprises. (...) Aussi, les éléments qui ne sont pas utiles à la bonne compréhension du public ou encore susceptibles de porter préjudice à l’exploitant (divulgation d’informations pouvant être utilisées par la concurrence) peuvent être disjoints du dossier de demande d’autorisation d’exploiter » (lettre du secrétaire général de la préfecture de la Somme au président du MNLE, 10 avril 2013).

Cependant, les investigations de Novissen, de la Confédération paysanne et de leurs avocats ont permis de démonter le système mis en place pour faire de la Ferme des mille vaches une bonne opération financière.

Elle sera exploitée par la Société civile d’exploitation agricole Côte de la Justice SCEA. Le gérant en est Michel Ramery. Celui-ci dirige le Groupe Ramery.

Siège du Groupe Ramery

Un groupe prospère : Michel Ramery est la 349e fortune de France, selon le classement du magazine Challenges.

Michel Ramery

Les activités du groupe Ramery ont plusieurs volets : travaux publics, bâtiment, et environnement. L’entreprise, qui pèse plus de 500 millions d’euros de chiffres d’affaires, s’est développé régulièirement depuis plusieurs décennies. Un de ses talents est sa capacité à remporter les marchés publics de la région.

Elle a par ailleurs été évoquée dans l’affaire du financement occulte autour de la maire de Hénin-Beaumon et du financement du parti socialiste, comme l’ont rapporté les journalistes Benoit Colombat et David Serveray : « ...Aidée par la justice du grand-duché, la juge a même trouvé sur un des comptes de Guy Mollet un chèque de 210 000 euros. Il est daté du 31 août 2007 et signé par l’entreprise de bâtiment Ramery. Avec ses 2 700 salariés, Ramery est un poids lourd du BTP dans la région. Le groupe s’articule en trois pôles, travaux publics, bâtiment et environnement, tous susceptibles de travailler avec les collectivités locales ou la mairie d’Hénin- Beaumont. Une piste que les enquêteurs n’ont pas creusée, afin de “boucler leur dossier dans les meilleurs délais”, précise le parquet de Béthune » (Article de Benoit Colombat et David Servenay).

Vaches enfermées, paysans disparus

Le montage économique derrière le projet de la Ferme des mille vaches est talentueux. Son promoteur a besoin de terres pour cultiver les céréales nourrissant les vaches et épandre le lisier en excès. Il s’associe, contre finances, avec des exploitants des alentours : sont constituées des SCEA dans lesquelles on peut transférer les "droits à produire" du lait détenus par ces exploitants. Les "droits à produire" ont mis en place par la politique agricole commune, qui a posé des quotas laitiers aux exploitants (ce système de quotas devrait disparaitre en 2015). La Ferme des mille vaches disposera ainsi du droit de produire beaucoup de lait. Pour l’instant, des agriculteurs exploitant plus de mille hectares sont ainsi associés à Michel Ramery, qui vise rassembler trois mille hectares.

Ce système, explique la Confédération paysanne, fait pression sur les terres alentour : les perspectives financières offertes par Ramery gèle le marché foncier et empêche les installations de jeunes agriculteurs.

Les autres motifs de s’opposer à la Ferme de mille vaches sont nombreux :

- le lait produit est annoncé à 270 € la tonne, alors que le prix actuel est de l’ordre de 350 € et que les exploitants laitiers sont dans une situation très difficile. Ce nouveau prix accroîtrait encore la pression économique et ferait disparaitre de nombreuses exploitations qui ne pourront pas résister à cette concurrence ;

- l’effet négatif sur l’emploi sera négatif : une dizaine seulement seront créés pour gérer les animaux et la traite du lait, alors que les exploitations agricoles que le projet fera disparaitre comptent plus de quarante emplois ;

- le digestat liquide répandu sur les champs alentour pourrait être entrainé vers la mer par le ruissellement, et atteindre notamment la Baie de Somme, un espace naturel encore indemne et qui abrite la belle réserve de Marquenterre ;

- le bien-être des vaches sera un voeu pieux. Pour éviter les épidémies dans un troupeau aussi concentré, il faudra user largement d’antibiotiques et d’autres médicaments. Et à trois traites par jour, les animaux ne feront pas de vieux ans, étant transformés dès leur quatrième année en steack hachés.

Tout le projet est d’autant plus discutable que son rentabilité dépend largement d’aides publiques :

- prix subventionné du rachat du biogaz produit par le méthaniseur ; - aides à l’investissement de construction du méthaniseur ; - primes agricoles dans le cadre de la PAC ; - attribution de marchés publics de collecte des déchets verts.

De son côté, le groupe Ramery a publié un communiqué, envoyé par courriel, et dont voici le texte :

« Michel Ramery, issu du milieu agricole se sent concerné par l’optimisation de la compétitivité de la filière laitière.

Le but est de produire de l’énergie issue notamment, de la valorisation des lisiers mais également d’aboutir à la production de digestats normés qui remplaceront les engrais chimiques. »

Au Burkina Faso, la loi d’interdiction des sacs plastiques passe mal Jessica Rat (Le Faso.net) Reporterre 2013/09/12 Jessica Rat (Le Faso.net) (12 septembre 2013) Au Burkina Faso, la loi d’interdiction des sacs plastiques passe mal. Reporterre. fr

Au Burkina Faso, la loi d’interdiction des sacs plastiques passe mal

Après la Mauritanie, le Mali et (bientôt) la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso veut bannir les sacs plastiques. Le ministère de l’Environnement a proposé deux avant-projets de loi : l’un interdisant la production, l’importation et la commercialisation d’emballages en plastique non-biodégradables, et l’autre imposant une taxe sur les produits utilisant le plastique comme moyen de conditionnement. Est-ce la meilleure solution pour lutter contre ce fléau ?

Officiellement proposé le 14 août dernier, le projet de loi portant sur une interdiction des sacs en plastique au Burkina Faso avait été annoncé depuis le mois de juillet. Et, en réalité, Salif Ouédraogo (photo), l’actuel ministre de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), n’a fait que poursuivre la politique souhaitée par son prédécesseur Jean Coulidiaty sur ce sujet.

Salif Ouedraogo

Après avoir effectué une opération « Zéro sachet plastique » à Ouagadougou en janvier 2012, ce dernier avait en effet avancé, cinq mois plus tard, deux solutions : l’interdiction de ces sacs ou la taxation du plastique. Soit les deux solutions aujourd’hui proposées par M. Ouédraogo… Et alors qu’il aura fallu plus d’un an, donc, au MEDD (Ministère de l’environnement et du développement durable) pour produire ces projets de loi, il y a toujours de quoi se demander s’il s’agit vraiment de la meilleure solution.

« Le Burkina Faso emboîte le pas à maints autres pays africains dans la lutte contre les sacs en plastique », dira-t-on. Or étaient-ils réellement le bon exemple à suivre ? Nul doute que les lois portant sur la taxation des matières plastiques rapportent (beaucoup) aux gouvernements qui les ont mises en place – M. Coulidiaty avait lui-même déclaré en juin 2012 : « Si nous mettons une taxe de 30 francs CFA sur le kilo de sachet plastique, cela nous rapportera près de 180 milliards de francs CFA, et si nous mettons une taxe de 100 francs CFA sur le kilo, cela nous rapportera 600 milliards de francs CFA »… Mais ces lois, et même celles portant sur une interdiction des sacs en plastique, ont-elles effectivement permis d’enrayer le fléau des sachets noirs ? Si cela ne semble pas être le cas, c’est que bien souvent malheureusement les mesures d’interdiction ne sont pas réellement appliquées.

Les sachets « biodégradables », loin d’être la solution miracle

Pire, si elles le sont, l’interdiction ne fait généralement que laisser place aux sacs dits « biodégradables » – c’est en tout cas ce que le projet de loi burkinabè suggère en voulant interdire « les sacs et emballages plastique non-biodégradables »… Or ceux-là, pour la grande majorité, ne changent (presque) pas la donne. Car « biodégradable » ne signifie pas nécessairement « organique ». Donc, contrairement à ce que le fameux préfixe « bio » – utilisé à tout-va de nos jours – suggère, un sac plastique « biodégradable » n’est généralement pas produit à partir de plantes ou autres matières organiques, mais bien de polyéthylène (généralement d’origine pétrolière), comme tout autre sac plastique.

Ce n’est qu’un additif qui le différencie du reste : souvent chimique, lui aussi, il permet une dégradation par oxydation. Et bien qu’elle soit plus rapide, certes, que le processus normal de dégradation d’un sachet plastique « non-biodégradable » – qui prend pour sa part plusieurs centaines d’années – on a tendance à oublier que cela ne se fera pas non plus en l’espace de quelques jours seulement...

Ce sont effectivement encore quelques années qu’il faut réellement au sac plastique « biodégradable » pour se désintégrer totalement, lui laissant ainsi tout le temps de nuire (presque) autant à l’environnement qu’un autre. Car combien de sachets, en l’espace ne serait-ce que d’un an, peuvent bloquer les systèmes d’évacuation des eaux, et ainsi augmenter les risques d’inondations ? Combien peuvent être sources d’eau stagnantes, soit le paradis des moustiques, et ainsi participer à la prolifération de ces vecteurs du paludisme ? Et combien seront encore ingérés par les bovins, continuant ainsi d’engendrer la mort de pas moins de 30% du bétail burkinabè ?

Tout laisse à penser, en effet, qu’une loi interdisant seulement les sacs (et autres emballages) en plastique « non-biodégradables » ne permettrait pas de mettre fin au fléau. Au contraire d’ailleurs, sachant que l’utilisation même du terme « biodégradable » tend souvent à renforcer l’idée que l’on peut jeter ces déchets n’importe où…

D’autres alternatives à l’interdiction ?

Alors, faut-il implémenter une interdiction stricte de tout emballage plastique ? Ce serait l’idéal, nul doute, mais le moins probable en terme de faisabilité – il n’y a qu’à penser à tous ces sachets que l’on utilise au quotidien, pas seulement les sacs de commerce mais aussi les sachets d’eau, ceux qui contiennent le sucre, le sel et autres condiments, ceux qui recouvrent les paquets de thé ou même de lotus, ceux que l’on défait lorsqu’on déballe un nouvel appareil ménager ou électronique, etc.

Néanmoins, avant de changer les normes d’emballage (internationales), il est déjà une pratique simple pour limiter les méfaits du fléau plastique sur notre environnement : promouvoir l’utilisation de sacs organiques, surtout réutilisables, de paniers ou de cabas, pour au moins restreindre l’usage des sachets en plastique dans le commerce.

En outre, pour les sacs et autres emballages plastique que l’on se voit « forcés » d’utiliser, la meilleure solution (entre-temps) n’est-elle pas simplement de ne plus abandonner ces déchets dans le paysage ? Il serait là facile de s’en prendre uniquement à la responsabilité d’un tout à chacun. Or, plutôt que de contourner le problème avec des mesures, voulues grandes mais qui n’auront probablement que très peu d’impact, ne vaut-il pas mieux s’attaquer à sa source – à savoir la gestion des déchets ?

Lire aussi la première partie de cette enquête : Le sac plastique, que faire contre ce fléau environnemental ? Partie 1

Greenpeace dénonce l’alliance nucléaire entre la CGT et le patronat Greenpeace Reporterre 2013/09/12 Greenpeace (12 septembre 2013) Greenpeace dénonce l’alliance nucléaire entre la CGT et le patronat. Reporterre. Tribune — fr

Greenpeace dénonce l’alliance nucléaire entre la CGT et le patronat

Greenpeace poursuit son enquête sur l’osmose entre les différents pouvoirs en France à propos du nucléaire. Dans ce dernier volet publié en priorité sur Reporterre, Greenpeace cible les syndicats, et notamment la CGT, pour son alliance avec le Medef sur cette question. Les revenus tirés du Comité d’entreprise d’EDF expliquent-ils cet accord contre nature ?

Pourquoi cette protection parfois jusqu’au-boutiste du secteur nucléaire ? Elle signifie que l’enjeu pour les syndicats est double. Il s‘agit de maintenir l’emploi d’une filière existante et la défense d’une vision du service public, certes. Mais aussi (surtout ?) d’une filière essentielle dans le fonctionnement des centrales syndicales et dans le maintien de leur influence sur les questions sociales.

Leurs arguments

La majorité des arguments portés par les organisations syndicales en faveur du nucléaire ou à l’encontre des alternatives énergétiques (renouvelables et économies d’énergie) sont identiques à ceux des représentants des grandes entreprises du secteur électrique.

Un constat qui n’est pas étonnant au regard de la "solidarité", pour ne pas dire l’alliance qui a été constituée entre centrales syndicales et patronales au sein du débat sur la transition énergétique (DNTE). Laurence Parisot déclarait ainsi : « sur ce point la solidarité est totale entre la CGT et la Medef ».

Les organisations syndicales se sont ainsi soutenues mutuellement durant le DNTE : Nucléaire, gaz de schiste, sobriété énergétique : sur tous ces aspects décisifs du débat, une alliance de fait a existé depuis le début des discussions entre le Medef et trois syndicats très actifs dans les échanges : la CGT, FO et la CFE-CGC.

On retrouve, bien placés au palmarès des arguments avancés par les syndicats :  L’efficacité économique du nucléaire et la hausse du prix de l’électricité en cas de baisse de la part du nucléaire (voir les éléments de réponses à ces arguments portés par les industriels du nucléaire dans le chapitre 1 de notre enquête sur le site de Greenpeace et sur le site mafacturedufutur.com).

Ainsi, Virginie Gensel, secrétaire générale de la Fédération CGT Mines-Energie depuis mars 2010, déclarait en novembre 2011 au Figaro au sujet des 3 à 4 millions de foyers en précarité énergétique, que "si les prix augmentent, qu’en sera-t-il pour eux ?". Oubliant au passage, que nucléaire ou pas, les prix augmentent en France.

L’absence d’alternative technique crédible au nucléaire et le risque de black-out (des arguments qui ont eux aussi été décryptés in extenso dans le premier chapitre de notre enquête et le Projet E).

Citons par exemple Marie Claire Cailletaud, ingénieur EDF et porte-parole de la CGT-Mines-Energie, qui déclarait "il est impossible aujourd’hui de se passer du nucléaire uniquement avec du renouvelable et des économies d’énergie" dans un chat avec les internautes du monde.fr, le mardi 22 mars 2011.

Signalons un argument récent : le procès en illégitimité de la décision de Fermeture de Fessenheim et de l’absence de démocratie sur le sujet. Un argument pour le moins étrange, quand on considère que cette annonce de fermeture faisait partie du programme du candidat Hollande (engagement 41) sur lequel il a donc été élu.

Considérant également que le débat qui a suivi a vu une participation active des syndicats FO et CGT… notamment pour bloquer toute discussion sur l’objectif de F.Hollande de réduire à 50% la part du nucléaire d’ici 2025. Sur ce point, citons le communiqué de presse publié par Force Ouvrière à l’issu du débat le 18 juillet 2013, au titre poétique DÉBAT NATIONAL SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE (DNTE) : BEAUCOUP D’ÉNERGIE POUR BRASSER DU VENT : "ce débat national a été organisé par le gouvernement selon des conclusions pré-écrites, notamment de réduction dogmatique de la production de l’énergie nucléaire".

On peut également citer Virginie Gensel et la CGT qui ont contesté en justice la décision de fermeture de Fessenheim, la qualifiant de « décision politique illégitime ».

Enfin, vient l’argument ultime, attendu de la part des syndicats, mais étonnamment pas le plus présent dans les argumentaires, celui des emplois. "Les emplois créés dans des filières d’énergies renouvelables et ceux existant dans la filière nucléaire doivent s’additionner et non s’opposer" écrivait l’union des syndicats CGT du groupe Areva dans un communiqué en réaction à l’accord électoral PS-EELV en 2011.

Un argument illusoire pour deux raisons. D’abord, parce qu’il se fonde sur une hausse de la consommation d’électricité en France dans les années à venir, hausse qui serait compensée par une production additionnelle d’origine renouvelable. Rien ne laisse pourtant supposer que cette hausse sera réelle. Le bilan prévisionnel RTE ne le laisse pas supposer. La consommation électrique française stagne depuis déjà plusieurs années, et les besoins de rénovation thermique des logements nécessaire à la réduction des GES devrait permettre de réduire réellement cette consommation tout en garantissant une reprise économique de l’industrie (Consulter, pour des chiffres détaillés, le Scénario de Transition énergétique de Greenpeace, ainsi que le projet E qui cible la consommation électrique.)

Ensuite, cet argument sur les emplois est mis à l’épreuve de la réalité. Si la filière nucléaire présente 250 000 emplois (emplois directs et induits cumulés, voir l’étude PWC de 2011), les emplois durables des énergies renouvelables (EnR) en France en représentent déjà près de 100 000, et le cas de l’Allemagne et de ses 350 000 emplois dans les EnR est un potentiel prometteur.

L’étude menée dans le scénario Greenpeace et celle menée sur la base du scénario négaWatt l’illustrent clairement. Le potentiel d’emploi dans la transition est bien supérieur à celui d’une trajectoire BAU. Et soyons francs : la fermeture inéluctable des réacteurs nucléaires français (liée à l’usure et donc aux exigences de sûreté) nécessitera qu’une filière d’emploi durable ait été mise en place. A temps. L’ASN a été catégorique en 2013, par la voix de son président Pierre Franck Chevet, la France n’est pas à l’abri d’une fermeture simultanée de réacteurs en cas de défaut générique de sûreté.

Ailleurs, les organisations syndicales l’ont compris… En Allemagne : IG-Metall s’est positionné contre le nucléaire. Après avoir longtemps soutenu cette énergie, le puissant syndicat allemand IG Metall a fustigé une "technologie vieillissante et arriérée" par la voix d’un de ses dirigeants, Hartmut Meine, qui a pris la parole dans le cadre d’une manifestation contre les transports de déchets radioactifs en Novembre 2008. C’est bel et bien au nom de l’emploi que IG-Metall s’est positionné contre l’atome, ayant constaté que, pour un même investissement, on créait 10 à 15 fois plus d’emplois dans les alternatives que dans le nucléaire.

Leurs intérêts

Les syndicats du nucléaire, et tout particulièrement CGT et FO, sont d’ardents défenseurs de l’atome.

La protection jusqu’au-boutiste du secteur - au travers d’arguments souvent très contestables, et en dépit d’une équation sociale moins profitable à l’ensemble de la société (notamment sur les emplois), indique que l’enjeu pour les syndicats est double.

Il s‘agit de maintenir l’emploi d’une filière existante et de la défense d’une vision du service publique, certes. Mais aussi d’une filière essentielle dans leur fonctionnement et dans le maintien de leur influence sur le gouvernement et les entreprises sur les questions sociales.

Que deviendrait la fédération Mines-Énergie de la CGT, et plus généralement celle des autres syndicats, si la France entrait dans un programme de sortie du nucléaire ?

Si EDF a aujourd’hui la main sur près de 90% de la production d’électricité (nucléaire et hydroélectricité), il semble clair en l’état actuel des choses, qu’un programme de sortie du nucléaire et de réduction des GES aurait pour conséquence un partage plus fort de la production d’électricité entre le producteur historique et de nouveaux acteurs entrants.

Une transition énergétique qui ne verrait pas EDF s’impliquer dans le déploiement des renouvelables entraînerait une perte de part de marché pour EDF et des revenus des ventes moins élevés. Ce processus s’accompagnerait aussi d’une nouvelle répartition des emplois entre les différents acteurs industriels.

Cette transformation viendrait bouleverser le modèle sur lequel sont structurés les principales centrales syndicales : de grandes fédérations adossées à de grandes entreprises (publiques ou anciennement publiques). En termes de nombre d’adhérents et de ressources, les principales centrales devraient alors évoluer pour maintenir leur influence.

Un challenge réel duquel les principaux syndicats semblent s’être détournés. Si maintenir la main mise d’une entreprise publique comme EDF sur la production d’énergie apparait cohérent avec la doctrine de la CGT, la défense jusqu’au-boutiste d’une stratégie industrielle de l’entreprise reposant sur la filière nucléaire ne l’est pas.

- La Fédération Nationale des Mines et de l’Énergie (CGT)

Le cas de la Fédération Nationale des Mines et de l’Énergie (CGT) est éloquent. Cette fédération rassemblait, en 2003, 52% des syndiqués de la filière énergie (près de 60 000 adhérents) et elle est la quatrième plus grosse fédération de la centrale syndicale CGT.

Elle gère depuis l’après-guerre la Caisse Centrale d’Activités Sociales du personnel des industries électriques et gazières (CCAS EDF-GDF) : 10 des 18 membres du Conseil d’administration sont effectivement membre de la FNME.

La CCAS gère près de 800 millions d’euros de budget. Ce budget représente plus de cinq fois celui de la CGT elle-même en 2012.

Sans être la propriété de la CGT, la CCAS est un outil stratégique important pour son gestionnaire principal et historique dans son action syndicale : plusieurs centaines de milliers de familles en bénéficient et quelques 4 800 personnes y travaillent.

Comment est alimentée la caisse du CCAS ? Par les ventes d’électricité et de gaz. En effet la CCAS a une particularité notable dans le paysage des entreprises françaises : 2/3 de son budget provient du prélèvement de 1 % du chiffre d’affaires (d’EDF et GDF) et non pas 1 % de la masse salariale, comme c’est le cas habituellement pour les comités d’entreprise.

Ainsi, 1% du produit des ventes d’énergie revient à la CCAS, dont le pouvoir économique et donc l’influence sociale augmente avec la consommation et le prix de l’énergie. De plus, la CCAS est gérée exclusivement par les représentants du personnel, en activité ou non.

De 2000 à 2009, selon la Cour des comptes, les recettes de la CCAS ont augmenté d’un quart soit près de cent millions d’euros.

Il est très avantageux pour la Caisse centrale des activités sociales du personnel des industries électriques et gazières de dépendre des ventes d’électricité. Dès lors, toute politique d’efficacité énergétique et tout projet de transition énergétique qui réduirait les parts de marché d’EDF, aurait sur les ressources de la CCAS un impact important.

Leur influence

« Il y a rien que la volonté humaine désespère d’atteindre par l’action libre de la puissance collective des individus » disait Tocqueville.

Mais quel rôle, quel pouvoir, quelle puissance ont les organisations syndicales du nucléaire ?

La défense de l’emploi et des intérêts des salariés est le rôle des syndicats. Ils portent aussi la défense d’un modèle d’emploi, d’une vision du travail et du service public. Cette action repose sur les actions de gestion des intérêts des travailleurs au niveau national (Sécurité Sociale notamment), sur leur participation aux négociations sociales avec les gouvernements (retraites, plan emplois, prestations sociales...), mais aussi, dans chaque branche, secteur ou entreprise, dans la participation active dans les négociations de branche ou d’entreprises ou de représentation au sein des CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ou parmi les délégués du personnel, ou encore au conseil des prudhommes ou enfin dans la gestion des CCAS et CE.

Cette action est conditionnée à la représentativité du syndicat dans les entreprises et les branches.

En outre, leur action médiatique dans les mouvements sociaux présente un réel outil d’influence auprès des gouvernements.

L’influence des syndicats est loin d’être négligeable.

Les syndicats gardent grâce à leur statut légal leur position d’interlocuteurs des employeurs et de partenaires de négociation avec les pouvoirs publics. Leur crédibilité médiatique est importante. Et même si seulement 8% des salariés français sont syndiqués, deux salariés sur trois se déclarent proches d’une organisation syndicale.

Les organisations syndicales ont incontestablement fait évoluer leurs méthodes : des méthodes de mobilisation de masse, les syndicats évoluent aujourd’hui à travers le réseau.

Leur chef de file : La fédération CGT-Mines-énergie

La fédération syndicale FNME est l’une des plus importantes de la CGT, la quatrième aujourd’hui avec 8 à 9% des effectifs de la CGT et plus de la moitié des syndiqués du secteur Énergie (loin devant CFDT et FO). Elle gère notamment depuis de nombreuses années le gigantesque comité d’entreprise (CE) d’EDF-GDF qui représente un budget de près de 500 millions d’euros et qui est, on l’a vu, une structure puissante. Le CE gère 214 centres de vacances (évalué à 4,5 milliards d’euros) et concerne près de 625 000 personnes. Les centaines de milliers de prestations offertes par le CE EDF-GDF sont un formidable outil de valorisation de l’action syndicale de la FNME, et plus largement de la CGT. Pour mener à bien cette action, la CGT gère 4 800 personnes salariées du CE.

Elle est l’exemple type de la fédération syndicale qui, d’une part, participe activement au lobby pro-nucléaire auprès du gouvernement, agitant les peurs de pertes d’emploi ou de déstabilisation du système énergétique, et d’autre part , est conditionnée (sur le nombre d’adhérents et l’origine de ses financements) à l’existence des grands groupes du nucléaire.

Complément d’information

Les arguments des syndicats du nucléaire en vidéo

Le plus grand bateau solaire du monde a fait escale à Paris leparisien.fr Reporterre 2013/09/12 leparisien.fr (12 septembre 2013) Le plus grand bateau solaire du monde a fait escale à Paris. Reporterre. fr

Le plus grand bateau solaire du monde a fait escale à Paris

Après avoir vogué cinq mois sur l’Atlantique à la barre de « Planet Solar », le plus grand bateau solaire du monde, Gérard d’Aboville a entamé sa remontée de l’estuaire de la Seine vers Paris, où ce navire futuriste, couvert de plus de 29 000 cellules photovoltaïques, est arrivé mardi 10 septembre. Pour un vieux loup de mer comme d’Aboville, qui fut le premier à traverser l’Atlantique en solitaire à la rame en 1980, on se dit que voguer sur un fleuve est un jeu d’enfant.

Sauf que « Planet Solar » n’est pas un bateau comme les autres. Avec ses 100 t, ses 512 m2 de panneaux solaires, ses 23 m de large et 35 m de long, ce catamaran géant, qui a déjà traversé trois océans, se sent un peu à l’étroit entre deux bandes de terre.

« Nous avons dû négocier au centimètre près le passage de l’écluse la plus étroite de la Seine, à peine plus large que nos panneaux solaires », confie le capitaine. Après avoir achevé en mai 2012 le premier tour du monde sans une goutte de carburant, le catamaran, uniquement propulsé par l’énergie solaire, vient de parcourir 8 000 km entre Miami (Etats-Unis) et Ostende (Belgique) pour étudier les échanges d’énergie entre l’océan et l’atmosphère le long du Gulf Stream, ce courant considéré comme le régulateur essentiel du climat européen et nord-américain.

Etude des microgouttes émises par l’océan dans l’air, prélèvements d’eau, de phytoplancton, analyse des tourbillons… les scientifiques ont effectué des mesures en continu depuis le bateau qui a l’avantage de n’émettre aucune substance susceptible de biaiser les données. « Tout ce que l’on a mesuré était exempt de toute pollution qui aurait pu provenir, sur un autre navire océanographique, de la cheminée du bateau ou du moteur », souligne le climatologue Martin Beniston, chef du volet scientifique.

« Sur Planet Solar, la principale difficulté est de gérer l’autonomie des batteries, car une fois chargé en énergie solaire, le bateau ne peut naviguer que soixante-douze heures sans soleil et nous avons parfois dû modifier notre route pour éviter les zones nuageuses », confie le capitaine d’Aboville.

Jeudi, une exposition organisée de 14 heures à 17 heures dans les serres du parc André-Citroën (XVe) dévoilera les coulisses de ce bateau hors norme et de l’expédition. L’équipage et les chercheurs seront présents sur place pour répondre aux questions du grand public.

Programme sur Planet solar.

Albert Jacquard est passé de vie à trépas Reporterre 2013/09/12 (12 septembre 2013) Albert Jacquard est passé de vie à trépas. Reporterre. fr

Albert Jacquard est passé de vie à trépas

Attac France

Attac s’associe à la peine de ceux et celle qui ont perdu Albert Jacquard, un proche, un ami, un compagnon de lutte, un camarade.

Soutien des plus démuni.e.s, des mal logés et des sans papiers, il a aussi interrogé le monde comme scientifique. Dans le débat d’idées, dans les manifestations ou les rassemblements les plus modestes où avec dignité et persévérance, il était aussi présent, son humanisme vigoureux va manquer.

Attac s’associera à l’hommage rendu par l’association Droit au logement vendredi 13 septembre à 17h Place Edouard Herriot - devant l’Assemblée nationale Paris 7e Métro Assemblée nationale.

Hommage de Armes nucléaires STOP et de l’Observatoire des armements

Merci Albert Jacquard !

Albert Jacquard vient de nous quitter. Armes nucléaires STOP » et l’Observatoire des armement saluent son courage pour les nombreux combats qu’il a menés tout au long de sa vie et tout particulièrement son engagement contre la folie nucléaire pour lequel il avait, en 2012, conjugué sa voix à celle de Stéphane Hessel pour lancer un appel pour Exigez un désarmement nucléaire total !, dans un ouvrage paru aux éditions Stock.

Nous exprimons toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches.

Article du figaro.fr :

Albert Jacquard, le célèbre scientifique, militant de gauche et défenseur du droit au logement est décédé mercredi soir à son domicile parisien du VIe arrondissement à l’âge de 87 ans. C’est son fils qui a annoncé la nouvelle à l’AFP, en précisant que son père avait été emporté par une forme de leucémie. Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a rendu hommage à « un grand humaniste ».

Depuis sa naissance le 23 décembre 1925, Albert Jacquard a eu un parcours bien atypique. Quand il sort de l’École polytechnique en 1948, il est ingénieur des Manufactures de l’État et intègre l’Institut de statistiques et devient ingénieur d’organisation et méthode à la Seita (ancienne société nationale de fabrique de cigarettes). Puis il passe par le ministère de la Santé et l’Institut national d’études démographiques.

Mais cette carrière de haut fonctionnaire qui s’ouvre devant lui ne convient pas à cet esprit libre, curieux et presque utopiste. Il s’engage alors sur la voie scientifique : certificat de génétique, passage aux États-Unis à l’université Stanford, puis doctorats de biologie humaine et de génétique, professeur… Il devient très vite un spécialiste mondialement reconnu de la génétique des populations. Il rappelle que, selon sa discipline, « les races n’existent pas ».

En parallèle, il s’engage sur le terrain des idées. Membre du comité national d’éthique, il se prononce contre l’exploitation à des fins commerciales du génome humain et le brevetage généralisé du vivant. Il milite pour ses idées humanistes, notamment aux côtés de l’association Droit au logement et de l’Abbé Pierre. Il apporte son soutien aux étrangers en situation irrégulière en grève de la faim et se prononce en faveur d’un abandon du nucléaire civil et militaire. Il milite également avec force pour la reconnaissance de l’espéranto. L’an dernier, il avait affirmé vouloir voter Mélenchon.

Les constructeurs automobiles reconnaissent que l’auto électrique n’est ni « propre » ni « écologique » Observatoire du nucléaire Reporterre 2013/09/13 Observatoire du nucléaire (13 septembre 2013) Les constructeurs automobiles reconnaissent que l’auto électrique n’est ni « propre » ni « écologique ». Reporterre. fr

Les constructeurs automobiles reconnaissent que l’auto électrique n’est ni « propre » ni « écologique »

Non, la voiture électrique n’est pas « propre » ni « écologique ». Renault, Citroën, Bollore, Nissan et Opel ont reconnu qu’ils ne pouvaient employer ces adjectifs et rectifient leurs publicités mensongères.

L’Observatoire du nucléaire a remporté, vendredi 6 septembre 2013, une victoire fracassante sur la désinformation opérée par les industriels de la voiture électrique… et nucléaire.

En effet, convoqués par le Jury de déontologie publicitaire sur saisine de l’Observatoire du nucléaire, les industriels Renault, Citroën, Bollore, Opel et Nissan ont reconnu leurs torts avant même l’audience et ont immédiatement rectifié leurs publicités :

Renault : « La mention du caractère écologique du véhicule électrique ZOE sans aucune relativisation est, en effet, contraire aux engagements que nous avons pris (…) en signant la charte pour une communication responsable. Nous avons en conséquence apporté les modifications nécessaires, dès réception de votre courrier… » (la lettre de Renault).

Citroën : « Cette page (…) intègre effectivement des termes contraires à la SNDD (stratégie nationale du développement durable) (…) J’ai donc fait procéder immédiatement à la correction de cette page dès réception de votre courrier. » (La lettre de Citroën).

Opel - General motors : « La communication sur l’Opel Ampera à laquelle vous vous référez (…) est en effet inexacte et maladroite aussi, à réception de votre courrier, nous l’avons immédiatement corrigée » : (La lettre de General Motors).

Bollore fait pour sa part preuve d’une réelle mauvaise foi en tentant de justifier ses allégations concernant le caractère prétendu « propre » de sa Bluecar, mais finit quand même par revenir à la raison : « Néanmoins, afin de ne pas créer de confusion dans l’esprit du consommateur, nous consentons à retirer le mot »propre« de notre publicité » : LIEN

Nissan, muette dans un premier temps, a finalement répondu aux interpellation sur Twitter et rectifié sa publicité consacrée au modèle électrique Leaf qui affirmait de façon sidérante que ce véhicule « n’a AUCUN impact sur l’environnement » (cf la preuve en cache). Aujourd’hui, la page en question prétend « seulement » que la Leaf « n’a aucune émission polluante (à l’utilisation) », ce qui est moins grave mais reste contestable (cf plus bas).

L’Observatoire du nucléaire rappelle donc qu’un véhicule, électrique ou non, n’est JAMAIS « propre » ou « écologique », et ce pour quatre raisons principales :

- la construction de tout véhicule nécessite des matières premières et de l’énergie dont l’extraction et la production ont inévitablement des impacts sur l’environnement.

- Tout véhicule motorisé utilise des pièces et éléments extrêmement polluants, en particulier les pneus et les batteries.

- Tout véhicule représente une certaine quantité de déchets lorsqu’il arrive en fin de vie.

- Enfin, l’énergie utilisée pour faire fonctionner un moteur est toujours cause de pollution.

Ce dernier point est bien connu lorsqu’il s’agit d’un véhicule thermique utilisant un carburant issu du pétrole ou du gaz, mais c’est aussi le cas pour un véhicule fonctionnant à l’électricité, par exemple lorsque cette dernière est produite par des centrales nucléaires car celles-ci occasionnent d’importants rejets radioactifs et chimiques dans leur environnement et produisent des déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millénaires.

L’industrie de l’atome est d’ailleurs responsable de nombreuses autres pollutions tout au long de sa chaine, de la mine d’uranium au stockage des déchets radioactifs. Il est de fait dérisoire de prétendre, comme c’est trop souvent le cas, que c’est en France que les véhicules électriques sont « les plus propres » du fait que l’électricité y est à 75% d’origine nucléaire.

D’autre part, c’est avec mauvaise foi que des constructeurs communiquent sur le fait que les voitures électriques n’occasionnent aucun rejet « en fonctionnement », ou « à l’utilisation » : ces rejets ont en effet eu lieu au préalable lors de la production de l’électricité : la voiture électrique ne fait finalement que déplacer la pollution dans le temps et dans l’espace, mais elle ne la réduit absolument pas.

La collusion entre les industriels de l’automobile et ceux de l’atome se concrétise par ailleurs autour du projet de compteur « intelligent » Linky, véritable cheval de Troie qui doit être installé massivement en France chez les citoyens pour leur faire consommer plus d’électricité, pour installer un parc de voiture électriques rechargées par les centrales nucléaires, mais aussi pour recueillir sur la population d’innombrables informations qui seront utilisées à des fins commerciales puis policières. L’Observatoire du nucléaire reviendra sous peu sur ce dossier crucial.

Rappelons enfin que, sous peine de disparaître, l’Observatoire du nucléaire est obligé de remporter une nouvelle victoire contre un géant de l’industrie et du mensonge, la multinationale Areva, lors du procès qui aura lieu le 20 décembre 2013 au Tribunal de grande instance de Paris.

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Un camion radioactif bloqué pour attirer l’attention sur les transports d’uranium Collectif STOP Uranium Narbonne Reporterre 2013/09/13 Collectif STOP Uranium Narbonne (13 septembre 2013) Un camion radioactif bloqué pour attirer l’attention sur les transports d’uranium. Reporterre. Déchets nucléaires fr

Un camion radioactif bloqué pour attirer l’attention sur les transports d’uranium

Une cinquantaine de militants du collectif STOP-Uranium ont arrêté, jeudi 12 septembre, un camion qui quittait le site de la Comurhex Malvézy (Aude), usine de conversion d’uranium, pour rejoindre l’usine Comurhex de Pierrelatte (Drôme). Ils dénoncent la dangerosité de ces transports et l’opacité qui les entoure.

Ce jeudi 12 septembre, dans la matinée, une cinquantaine de militants du collectif STOP-Uranium ont arrêté, de manière non-violente, un camion qui quittait le site de la Comurhex Malvézy (Aude) pour rejoindre l’usine Comurhex de Pierrelatte (Drôme). Leurs bras dans des tubes en métal, ils ont bloqué le camion de transport de matière dangereuse au large de Narbonne. Le collectif dénonce à la fois la pollution générée par l’usine de Malvézy et ses conséquences sur les habitants des environs, la dangerosité et l’opacité des transports radioactifs.

Voir la video

Mise à jour jeudi, 11h25 : le camion est resté bloqué près d’une heure. Les gendarmes sont intervenus pour déloger les militants. Ayant prouvé la vulnérabilité du convoi, ceux-ci ne souhaitaient évidemment pas faire durer trop longtemps leur intervention, étant donnée l’importance de la radioactivité dégagée. Ils ont pu mesurer celle-ci à l’aide d’un DG5 qui mesure notamment les rayons gamma. D’autres actions sont envisagées.

Mise à jour : la radioactivité mesurée sur place était de 2800 nanosieverts/heure à un mètre du camion (soit 45 fois le niveau « normal ») et 7200 nanosieverts/heure au contact (120 fois le bruit de fond).

L’usine de la Comurhex-Malvézy, porte d’entrée de l’uranium de nos centrales

L’usine de la Comurhex (Malvézy) est la plus importante usine de conversion d’uranium au monde. Elle convertit la totalité de l’uranium utilisé en France et 25 % de l’uranium mondial. On y transforme le minerai qui provient du Niger, du Canada ou du Kazakhstan en tétrafluorure d’uranium (UF4) par divers processus physico-chimiques utilisant acide nitrique, ammoniaque, acide fluorhydrique, un cocktail extrêmement toxique…

Ces opérations terminées, la soupe qui en résulte va décanter dans des bassins à ciel ouvert qui laissent s’évaporer l’eau par l’action du soleil et du vent. Ce procédé produit une forte pollution tant par les airs que par le sol et l’eau. On ne compte plus les divers incidents et accidents qui s’y sont produits déversant la radioactivité dans l’environnement (rupture de digue, inondation…). Plusieurs salariés ont été contaminés, plusieurs cas de leucémie recensés…

Des transports quotidiens à hauts risques

L’UF4 produit à l’usine de Malvézy prend ensuite l’autoroute à raison de 60 tonnes par jour ! 60 tonnes de matériaux radioactifs qui empruntent chaque jour l’A9 passant par Montpellier avant de rejoindre l’A7 et l’usine de Pierrelatte sur le site du Tricastin. Aucune sécurité particulière pour ces transports qui passent près d’agglomérations et stationnent sur les aires d’autoroute, côtoyant des milliers d’usager de la route chaque jour. Contrairement aux mensonges de l’industrie de l’atome, les chargements d’UF4 sont irradiants et les rayonnements gamma émis sont importants. L’accident n’est jamais exclu. Et pourtant aucune information n’est mise à disposition du public tant sur la dangerosité de ces convois, que sur les dispositions qui seraient prises en cas d’accident.

De multiples questions se posent (voir en annexe)

Le collectif STOP-Uranium dénonce les risques liés à cette industrie et demande l’arrêt du nucléaire civil et militaire. Suite au courrier adressé aux Préfets de région et à ceux des départements, il renouvelle ce jour sa demande de rendez-vous auprès de ces instances afin que toutes les questions actuellement sans réponse puissent être posées et qu’une réelle information puisse être enfin apportée aux populations directement concernées.

Annexe — Questions sans réponse…

Les préfectures ont-elles un plan particulier en cas d’accident ? Les mairies sont-elles informées du danger des convois qui traversent leurs villes ? Les conducteurs de camion sont-ils formés sur les risques encourus ? Quelle est la fréquence des transports entre Malvézy et Pierrelatte ? Quelle est la quantité de matière transportée (par jour et par camion) ? Combien de camions circulent par jour ? par semaine ? Quelle est l’activité radioactive des colis et la nature des rayonnements émis ? Quelles sont les mesures de protections à destination des conducteurs ? Ces transports sont-ils sous-traités ? Tout l’UF4 produit à Malvési va-t-il à Pierrelatte, ou y a-t-il de l’UF4 qui est directement transporté vers l’étranger ? Si oui quels pays sont concernés ? Quelle est la fréquence de ces transports vers l’étranger ? La quantité des matières transportées ?

Samedi 14 septembre, à Corbigny (Nièvre), Grand Tut ! Tut ! Théâtre de l’Eprouvette Reporterre 2013/09/13 Théâtre de l’Eprouvette (13 septembre 2013) Samedi 14 septembre, à Corbigny (Nièvre), Grand Tut ! Tut !. Reporterre. fr

Samedi 14 septembre, à Corbigny (Nièvre), Grand Tut ! Tut !

Samedi 14 septembre 2013, à Corbigny (Nièvre) Grand Tut ! Tut !

14 septembre 2013

Corbigny Cour de l’abbaye du jouïr

Grand Tut ! Tut !

►pour le maintien du commerce ambulant et des services de proximité, ►pour montrer combien nos campagnes sont vivaces, actives, humaines, généreuses et intelligentes ► pour le plaisir de se retrouver, d’échanger, de dire du bien de son voisin et de sa voisine ►pour clore les 3 ans de tournées d’Alimentation Générale Culturelle initié par le TéAtr’éPROUVèTe.

18h00 : marché vespéral avec ceux et celles qui font des tournées (fruits et légumes, pain, charcuterie, boucherie, fromages, épicerie…) et rassemblement de véhicules utilitaires et de travail. 19h00 : concert avec la Fanfarrosoir / 18 musicien/nes 20h00 : libres pique-nique, casse-croûte et autres libres mangeries 20h30 : Tut !Tut ! en chœur conduit par Pauline Touma 21h00 : Concert de klaxon conduit par Pascal Dores/Métalovoice 21h45 : projection du film « le fils de l’épicier » en partenariat avec Sceni qua non précédé du film des tournées d’Alimentation Générale. 23h15 : petit bal final avec Fabio et ses limonaires

Gratuit (même pour les riches) Renseignements : TéATr’éPROUVèTe 03 86 20 05 17

Le sorcier de la prairie, ou comment les animaux préviennent la désertification Olivier Guy (Overcast.fr) Reporterre 2013/09/13 Olivier Guy (Overcast.fr) (13 septembre 2013) Le sorcier de la prairie, ou comment les animaux préviennent la désertification. Reporterre. Tribune — fr

Le sorcier de la prairie, ou comment les animaux préviennent la désertification

Les deux idées fortes d’Allan Savory : la désertification est un phénomène encore plus préoccupant que le changement climatique ; et on peut la prévenir... en faisant paître plus de bêtes sur les terres.

Difficile de ne pas être conquis par la tranquille mais inébranlable conviction d’un homme comme Allan Savory et par l’aura que lui confèrent à la fois la sagesse de l’âge et de l’expérience. En mars dernier, lors d’une conférence « Ted Talk », il fut salué par une « standing ovation » sans avoir pourtant ni élevé la voix ni forcé sur les effets de manche comme le font tant d’autres intervenants.

Savory commence pourtant son exposé par une analyse démoralisante de la situation : la triple conjonction de l’augmentation de la population, du changement climatique et de la désertification mène le monde à la catastrophe. Il affirme qu’en focalisant notre attention sur l’élimination des combustibles fossiles, nous nous trompons de priorité : cela ne suffira pas à infléchir la courbe du réchauffement global.

La préoccupation première d’Allan Savory, c’est la désertification.

Ce phénomène traduit la dégradation durable des sols et écosystèmes des zones sèches, une appellation globale qui recouvre plusieurs types d’environnement selon le niveau de rareté des ressources en eau (aride, semi-aride et sub-humide). Les zones sèches représentent, d’après l’évaluation effectuée par les Nations Unis en 2005 dans le rapport « Ecosystèmes et bien-être humain », 41% des surfaces de la planète et abritent 40% de la population mondiale. Leur transformation en désert progresse inexorablement, rendant la vie de plus en plus difficile aux personnes qui les habitent et qui comptent déjà parmi les plus pauvres.

La relation entre désertification et changement climatique n’est pas encore totalement comprise mais fonctionne probablement comme une boucle de rétroaction : le changement climatique accentue les sécheresses et les précipitations violentes qui lessivent le sol et l’appauvrissent ; parallèlement, un environnement désertifié est incapable de retenir l’eau, n’absorbe plus le carbone atmosphérique et a même tendance à en relâcher du sous-sol, accentuant ainsi l’effet de serre. Chacun sait aussi par simple expérience qu’un sol bien végétalisé régule le froid et la chaleur ambiantes ; une progression des déserts favorise donc les températures extrêmes.

Pour toutes ces raisons, et compte tenu de l’immensité des surfaces touchées, Savory considère que la lutte contre la désertification représente non seulement une exigence humanitaire, mais également l’arme principale, et même unique, dont nous disposons aujourd’hui pour inverser le réchauffement de la planète.

Mais il va plus loin : à bien y réfléchir, la plupart des richesses dont bénéficient les sociétés humaines résultent de la photosynthèse, qui ne peut fonctionner sans un sol fertile et en bonne santé. Or quelle importance accorde-t-on aujourd’hui au maintien de la fertilité des sols dans l’analyse et la prospective économiques ? Pratiquement aucune. On sait pourtant que cette négligence a contribué dans le passé à la disparition de certaines civilisations (cf « Effondrement », ouvrage majeur de Jared Diamond).

La leçon des éléphants

L’explication la plus communément admise du processus de désertification, y compris par de nombreux experts, en attribue la cause à une surpopulation animale qu’elle soit sauvage ou domestique. A la fin des années 50, Savory, alors jeune biologiste, conseillait le gouvernement Rhodésien - le futur Zimbabwe - sur cette question de la désertification. Il recommanda alors, appuyé par d’autres scientifiques, d’éliminer 40 000 éléphants pour permettre à la terre de se reposer et de se régénérer. Ce qui fut fait. Dix ans après ce massacre, le désert avait encore progressé accroissant l’appauvrissement des habitants. Plus tard, s’installant aux Etats-Unis, il constata que la végétation de certains parcs nationaux de l’ouest américain dépérissait alors que les grands troupeaux y avaient disparu depuis longtemps. Aucun expert n’était capable d’apporter la moindre explication.

Désertification à l’oeuvre dans un parc national au Nouveau-Mexique (Etats-Unis). Photos extraites de la présentation TED d’Allan Savory

Dérouté par ces observations, Savory finit par concevoir, à l’encontre des pratiques officielles et du sens commun, l’idée iconoclaste selon laquelle la diminution du bétail, et non sa présence, provoquerait la désertification. Après des années d’expérimentation, il constate que l’hypothèse se vérifie.

En effet, par le piétinement des sabots, la salive et les déjections, les grands troupeaux d’animaux contribuent au cycle biologique naturel de la végétation. Mais Savroy découvre également que l’élément primordial est la migration permanente des animaux. C’est la sédentarité des bêtes et non leur nombre qui épuise le sol et la végétation.

Ainsi, en augmentant - parfois considérablement - la quantité de bétail sur un territoire (par exemple en fusionnant plusieurs troupeaux), puis en gérant rigoureusement les temps de pâturage au même endroit, en fonction des conditions locales, Allan Savory obtient dans certaines zones arides des résultats si époustouflants que l’on doute parfois de leur réalité. Cerise sur le gâteau : non seulement cette méthode ne coûte rien, mais elle enrichit les paysans qui la pratiquent.

Réhabilitation d’une parcelle gérée selon les principes d’Allan Savory. Exemple 1 (Afrique). La flèche bleue pointe le même repère sur les 2 photos. Photos extraites de la présentation TED d’Allan Savory

Cette réintroduction massive des ruminants sur les terres appauvries s’inscrit dans une démarche plus générale appelée « management holistique » qui aborde les systèmes naturels comme des totalités (savoryinstitute.com). Sa pratique consiste à fixer des objectifs globaux en termes sociaux, écologiques et économiques puis à planifier la gestion du bétail d’une manière précisément adaptée à chaque environnement (pour une bonne compréhension des concepts parfois un peu abstraits du management holistique, je vous conseille la lecture de cette longue et passionnante interview d’Allan Savory sur chelseagreen.com).

Cela va à l’encontre de notre logique réductionniste dominante où l’on cherche le plus souvent à décomposer un problème complexe en sous-parties plus simples à résoudre, et qui présente un inconvénient majeur : dans un système d’interactions complexes, chaque solution partielle risque de polluer le système avec ses propres effets négatifs inattendus (« unintended consequences »).

Penser... "holistique"

Pour définir ses principes holistiques fondamentaux, Allan Savory s’est inspiré des mécanismes de prise de décision et de planification développés par l’armée britannique pour gérer des situations de guerre par définition complexes, imprévisibles et non modélisables. Des caractéristiques qui s’appliquent d’après lui aux activités de management, par opposition à celles liées au développement technologique.

Cette démarche lui vaut d’ailleurs le scepticisme parfois virulent d’une partie du monde scientifique pour qui la formalisation théorique et la reproductibilité sont les ingrédients incontournables de la validité (inexactchange.org). De même, les personnes sensibilisées à la lutte contre le changement climatique savent que le bétail est responsable de 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (rapport « Livestock’s long shadow », FAO, 2006). Difficile dans ces conditions d’accepter facilement une augmentation significative du nombre de têtes (notons toutefois que Savory plaide avant tout pour une concentration et une planification fine de la migration des troupeaux).

En attendant, quinze millions d’hectares, sur les cinq continents, sont aujourd’hui gérés avec succès selon les principes du management holistique.

Un projet de carrière inquiète les habitants du Rhône Non au projet de Carrière de la Vallée d’Azergues Reporterre 2013/09/13 Non au projet de Carrière de la Vallée d’Azergues (13 septembre 2013) Un projet de carrière inquiète les habitants du Rhône. Reporterre. fr

Un projet de carrière inquiète les habitants du Rhône

Dans la Vallée d’Azergues, aux portes du Beaujolais Vert, un projet de carrière de granulats pourrait dégrader durablement cette région et nuire à son avenir économique.

Notre association s’oppose à tout projet de carrière sur la Vallée d’Azergues, aux portes du Beaujolais Vert.

De quoi s’agit-il ? Le Conseil Général du Rhône a signé avec le groupe VICAT, un compromis pour la vente de 83 Ha de forêts départementales et du Château de Longeval. Le but est de réaliser une carrière de 30 hectares pour y produire des granulats.

Où ? Il s’agit du massif de Longeval et d’une partie de la forêt de Pully, à la jonction entre trois communes, Chamelet, Saint-Just d’Avray et Cahmbost-Allières (département du Rhône).

Est-ce sûr ? Ce projet ne se réalisera que si la société VICAT trouve dans le sous-sol le matériau qu’elle recherche. Si c’est le cas, une étude d’impact et une enquête publique suivront. L’étude de faisabilité est en cours, verdict prévu à l’automne. Espérons que le sous-sol ne conviendra pas, sinon il faudra se défendre pour protéger notre région et son devenir.

Pourquoi s’opposer ? Parce que ce projet de carrière expose les populations à de nombreux préjudices graves dont notamment :

. atteinte à l’environnement, destruction du paysage et de cours d’eau, . atteinte au patrimoine du Pays Beaujolais (forêts et château), . mise en péril des activités économiques proches et notamment de plusieurs exploitations agricoles riveraines fondées sur l’élevage (inappétence des pâtures), le maraichage bio, la vente directe à la ferme, le loisir-nature, l’accueil en gite et le tourisme équestre, . atteinte à la valeur du patrimoine des habitants des communes voisines, . atteinte au cadre de vie de ces habitants par les multiples nuisances : bruit, poussières, mouvements du sol, trafic routier, etc., . atteinte à la salubrité et à la santé publique (poussières de silice notamment), . augmentation du risque d’inondation par destruction du couvert végétal, . atteinte à la sécurité publique par la génération d’un trafic routier accidentogène, . aggravation des problèmes de transport pour les entreprises et pour la population de la vallée d’Azergues.

Par ailleurs cette décision du Conseil Général du Rhône est en incohérence totale avec sa propre politique départementale en matière de Gestion Forestière et de Tourisme Vert.

S’il se réalisait, un tel projet mettrait durablement en péril l’avenir économique de notre secteur pourtant soutenu par l’Europe, l’Etat et la Région : filière bois, économie des services, projet de préservation et de développement économique GEOPARK, élevage et circuits-courts agricoles, tourisme, etc.

Nous craignons l’appauvrissement général de notre région par les nuisances et la désaffection que causera cette carrière. Nous désapprouvons cette décision qui jette à la poubelle tous les efforts de développement réalisés jusque-là (avec l’argent des contribuables !) et projette de dégrader sérieusement notre avenir.

SOUTENEZ-NOUS en signant notre pétition et adhérez à notre association en téléchargeant le bulletin d’adhésion à cette adresse.

Ils ne se connaissaient pas. Ils vivent ensemble dans des logements écologiques et autoconstruits Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) Reporterre 2013/09/13 Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) (13 septembre 2013) Ils ne se connaissaient pas. Ils vivent ensemble dans des logements écologiques et autoconstruits. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

Ils ne se connaissaient pas. Ils vivent ensemble dans des logements écologiques et autoconstruits

Ils ne se connaissaient pas mais partageaient un même projet : habiter un logement groupé autoconstruit et écologique. Alors ils se sont rassemblés et ont créé l’écolieu du Jointout, un espace à la frontière entre regroupement agricole et lieu de vie collectif. Ca marche, mais ce n’est pas toujours facile.

Vivre et travailler autrement. Voilà ce qui a poussé 4 familles qui pour la plupart ne se connaissaient pas à se réunir pour réfléchir à la mise en place d’un d’écolieu. « L’idée était de créer un habitat groupé en autoconstruction, écologique, avec certaines infrastructures partagées comme une bibliothèque, la buanderie, une salle commune ou une voiture », explique Thomas, un maraîcher allemand engagé dans l’aventure.

Dès le départ, le groupe qui s’est constitué autour du projet a émis le souhait de s’installer en compagnie d’agriculteurs. « On ne voulait pas que ce soit un écolieu dortoir, d’où l’importance d’avoir des gens qui travaillent sur place. Et puis les agriculteurs sont les professions les plus indispensables à l’humanité », estime André, un autre protagoniste du projet.

Une aubaine pour Adèle, bergère états-unienne, qui voulait « réduire [s]on impact sur les terres agricoles mangées chaque année par l’urbanisation » et travailler à proximité de son lieu de vie. Irène quant à elle avait à cœur de « ne pas rester dans la révolte et d’agir concrètement contre l’individualisme, la destruction de la planète et des hommes ». Son époux, Dominique, reconverti dans la boulangerie bio était également « fatigué de voir des gens qui sont uniquement dans la protestation mais qui ne font rien. Maintenant, je suis content de dire : mais si, on peut faire des choses ». Quant à André et Françoise, un jeune couple de retraités, c’est la peur de l’isolement et de la dépendance qui les a motivés a tenter l’aventure du collectif : « On a pris conscience de ça en voyant nos parents décliner. Eux avaient leurs enfants à proximité, nous ce n’est pas le cas. On se demandait comment on allait vieillir ».

Besoin de cohérence

Et même si les motivations de chacun diffèrent, ils partagent tous l’envie de « mettre leur vie en cohérence avec leur principes ». Alors, pour donner corps à ce projet d’habitat groupé, ils ont créé en 2007 l’association Du grain à moudre. Pendant 3 ans, ils se sont réunis chaque mois pour débattre de la forme que prendrait leur futur logement commun et pour travailler sur les statuts et la recherche du lieu.

En 2010, ils jettent leur dévolu sur une ancienne exploitation agricole à Torpes, petit village au cœur de la Bresse. Dans la foulée, ils créent une société civile immobilière pour acheter ensemble trois hectares de terrain qui serviront à accueillir leur futur habitat. L’association Terre de lien, qui aide des agriculteurs à s’installer ou à se maintenir, a acheter les 40 hectares de terres restant qu’elle loue au maraîcher et aux éleveurs de l’écolieu.

Mutualisation du matériel

Afin de pouvoir commencer les travaux, les quatre familles s’installent sur les lieux dans des maisons en location. La priorité est mise sur les bâtiments professionnels qui sont vite édifiés, notamment celui qui accueillera la boutique commune du maraîcher, des fromagers et du boulanger. Pour les agriculteurs, tout se passe comme prévu. Ils ont pu commencer leur activité et organisent des ventes à la ferme et distribuent leur production dans des Amap ou lors des marchés.

Ce regroupement, au delà de l’aspect social comporte de nombreux avantages pour les jeunes paysans : « On partage du matériel, on se relaie pour faire les marchés, et on mutualise les bâtiments professionnels. Nous ne dépendons pas de l’extérieur, le foin, les céréales et la paille pour les bêtes est fait ici. Le fait de travailler ensemble nous permet aussi de se relayer pour les week-ends car traditionnellement, dans les fermes familiales, tu ne peux jamais partir, ici c’est possible », se réjouit Thomas.

Mais si les installations agricoles sont presque toutes en état de marche, les travaux du bâtiment d’habitation, eux, n’ont commencé que cet été. Néanmoins, bien qu’ils n’habitent pas encore ensemble, la cohabitation a déjà commencé. Tous les midis de la semaine, ils mangent ensemble un repas préparé par l’une des familles. Ils se réunissent également une fois par semaine pour régler les affaires courantes et une fois par mois, parfois pendant un week-end entier, pour réfléchir à l’avenir.

Apprentissage de la cohabitation

Et la vie en collectif n’est pas toujours aisée. « Dès que tu veux faire quelque chose à plusieurs c’est problématique, parfois vraiment chiant. En couple c’est déjà compliqué. Là, c’est comme un deuxième couple sauf qu’on est pas mariés avec eux ! », ironise Thomas. Yann, le berger du groupe, prend également l’exemple des relations amoureuses pour décrire son ressenti : « Ce projet, c’est comme dans un couple, au début tout se passe bien, mais un moment, le côté humain ressort et les projections de chacun se confrontent », analyse-t-il. Chaque membre veut défendre sa vision du projet et convaincre le reste du groupe.

Alors, pour éviter les clashs, il faut « accepter les défauts des autres et le fait qu’on ne soit pas parfaits », estime Irène. Faute de quoi, « on pourrait passer notre temps à se chercher des poux dans la tête. Tout le monde à l’impression de faire plus que les autres », raconte Dominique.

Mais même si les débats sont parfois houleux, les futurs habitants ne regrettent pas leur engagement : « On apprend plein de choses. Chacun arrive avec ses compétences, sa sensibilité différente. Ça contribue à la bonne santé d’un groupe. On voit se dégager une forme d’intelligence qui dépasse les individus, chacun met son égo de côté. C’est une forme d’abandon de chaque membre du groupe face au collectif », résume Yann, dans un accès de lyrisme.

Pas de recette miracle

Et pour que les débats se passent dans les meilleurs conditions possibles, ils ont mis en place des méthodes de communication afin que chacun puisse s’exprimer. A chaque réunion, une personne est en charge de la distribution des tours de paroles et une autre s’occupe de la rédaction du compte-rendu. Ils utilisent également des cartons de couleur pour exprimer leur désaccord ou demander des précisions sans avoir à se couper la parole. Les décisions sont prises au consensus et non au vote pour éviter la frustration de ceux qui verraient leur avis rejeté par ce que l’on appelle couramment « la dictature de la majorité ».

Néanmoins, pour que ce genre de projet fonctionne, « il n’y a pas de recette miracle. C’est presque un coup de bol si ça marche, s’amuse Dominique. Ça dépend de la bonne volonté des gens »… Et de leur capacité à se mettre d’accord sur un projet commun. Pas toujours facile lorsqu’on vit dans une société où les rapports humains sont basés principalement sur la compétition et non la coopération. Néanmoins, Dominique relativise la difficulté de cette aventure : « Quand on était dans l’abstrait, on avait l’impression de créer quelque chose d’extraordinaire. Maintenant qu’on a commencé, on trouve ça banal. Le plus extraordinaire c’est de rencontrer des gens et de vivre cette expérience avec eux ».

« 1000 vaches » : paroles de paysans contre l’usine à vaches en Picardie Didier Harpagès (Reporterre) Reporterre 2013/09/13 Didier Harpagès (Reporterre) (13 septembre 2013) « 1000 vaches » : paroles de paysans contre l’usine à vaches en Picardie. Reporterre. Reportage — Agriculture fr

« 1000 vaches » : paroles de paysans contre l’usine à vaches en Picardie

Jeudi 12 septembre, la Confédération paysanne et Novissen ont investi le siège social de l’entreprise Ramery, à Erquinghem, dans le Nord. Ils s’opposent au projet de « ferme des mille vaches », en Picardie. Reporterre y était.

- Erquinghem (Nord), reportage

Lorsque nous sommes entrés à l’intérieur du siège social de la société Ramery à Erquinghem-Lys, ce jeudi matin 12 septembre vers 10 h, il y régnait une ambiance bon enfant. Les militants de la Confédération paysanne, installés aux différents étages, discutaient paisiblement. Avec une certaine satisfaction, ils évoquaient, aux côtés de quelques salariés de l’entreprise ayant momentanément quitté leurs bureaux, l’action spectaculaire réalisée au petit matin. Quelques slogans furent scandés : « Ne passeront pas les 1 000 vaches ! » ou encore : « Les 1 000 vaches en pâture ! »

Laurent Pinatel, porte parole de la Conf, faisait remarquer : « Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll ne cesse, d’un côté, de vanter les mérites de l’agroécologie et, par ailleurs, ne fait rien pour arrêter ce projet. Pour le moins, il manque de cohérence. Aujourd’hui, par cette action, nous faisons le boulot du Ministre. Il faut donner un coup de frein à l’industrialisation de l’agriculture ! Nous avons besoin de fermes nombreuses, d’un sol fort et d’une vitalité des territoires. La manifestation d’aujourd’hui n’est qu’un préambule et d’autres actions sont envisagées. »

Big is not beautiful !

Raphaël Missiaen élève une cinquantaine de vaches à Lederzeele, en Flandre. Il est arrivé à Erquinghem vers 10 h 30 après la traite du matin. Selon lui, ce projet tourne le dos à l’agriculture familiale : « Ce n’est pas ringard de parler d’agriculture familiale. On nous fait croire que le progressisme c’est mieux, que ce qui est grand est nécessairement rentable. C’est faux ! Big is not beautiful ! La méthanisation est probablement une belle idée lorsque l’on souhaite recycler les déchets existants. Mais elle a été récupérée et dévoyée. Ramery va capter les subventions publiques, initialement destinées aux petits paysans, pour mener à bien son projet de méthanisation, pour lequel le lisier ne suffira pas. Il devra sans doute cultiver du maïs pour son usine.

En vérité, la méthanisation, c’est de la com, du « Green Washing ». Cette ferme de mille vaches, pour Michel Ramery, c’est sa « danseuse », je veux dire sa marotte. Il est d’origine paysanne ; chaque week end, sur son tracteur, il joue les gentlemen ffarmers mais il n’a rien d’un écolo.

Des vaches qui mangent de l’herbe », poursuit Raphaël Missiaen, « ça c’est écologique et c’est même économique car il ne faut pas leur donner d’aliments venus du Brésil. Et puis s’occuper des vaches exige une certaine qualification. On ne s’improvise pas vacher du jour au lendemain, surtout face à 1 000 vaches ! »

Et l’emploi ?

Lorsque l’on aborde le problème de l’emploi, les manifestants s’indignent de manière encore plus virulente. D’après les statistiques du ministère de l’Agriculture, l’élevage requiert en moyenne 2,4 personnes sur chaque exploitation, c’est davantage que pour la culture.

Jean Claude Besnard, venu du Maine et Loire, est éleveur en agriculture biologique. Selon lui, « le projet Ramery tue l’emploi et l’image paysanne de l’agriculture. Il va pomper les primes qui, ne l’oublions pas, sont des fonds publics. Tous les contribuables sont donc concernés par ce projet. Une vingtaine d’emplois seront créés tout au plus, pour la plupart peu qualifiés, taylorisés et peu rémunérés.

Avec un prix de la tonne de lait sortant de l’usine Ramery fixé à 270 €, on détruit le monde paysan. A 350 € on peut vivre dignement. Si ce projet est réalisé, une concurrence impitoyable se développera chez les éleveurs. »

Une pollution généralisée et des routes encombrées

Aux côtés de la confédération paysanne, l’association Novissen mène le combat avec détermination. Michel Kfourny, son président et Georges Lefebvre, membre de son conseil d’administration expliquent les raisons de l’opposition des riverains et des habitants : « La ferme géante de Ramery est située à Buigny-Saint-Maclou et le méthaniseur de 1,489 MW à Drucat-Le-Plessiel, distant de quelques kilomètres. Ce projet des 1 000 vaches est énorme : chaque jour, 160 000 litres d’eau seront utilisés, 100 tonnes de nourriture distribuées, 73 tonnes de bouses stockées. Celles-ci, introduites dans le méthaniseur, produiront chaque année 40 000 tonnes de digestats épandues sur plus de 2 700 hectares !

Ramery nous annonce tranquillement des risques acceptables de cancer dans une région, la Picardie, qui enregistre le deuxième taux de mortalité par cancer, le plus important des régions de France hexagonale après le Nord-Pas-de-Calais. Michel Ramery a déjà acheté 40 fermes et fait disparaître ainsi 80 emplois agricoles. Les terres, l’air, l’eau seront pollués, et les routes encombrées, puisque des camions feront la navette entre Buigny-Saint-Maclou et Drucat-Le-Plessiel. Certains autres déchets végétaux fermentescibles en provenance des différentes administrations dans lesquelles des repas sont servis (hôpitaux par exemple) seront nécessaires pour assurer le fonctionnement du méthaniseur. Ainsi des camions supplémentaires viendront encombrer la D 928. »

Vers midi, un pique-nique convivial est organisé devant l’entrée du siège social. Laurent Pinatel prend la parole pour appeler à une prochaine mobilisation et Michel Kfourny rappelle que le 28 septembre prochain à 14 h une grande manifestation est organisée sur le site de la ferme-usine.

La Chronique Ecologie est de retour Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/14 Hervé Kempf (Reporterre) (14 septembre 2013) La Chronique Ecologie est de retour. Reporterre. Tribune — fr

La Chronique Ecologie est de retour

Ca alors ! Hervé Kempf a accepté de confier à Reporterre sa chronique Ecologie. De retour, tous les samedi.

Un chapitre du désastre ordinaire

Un saut à Agen, en train, pour débattre lors de la Quinzaine de l’écologie. On me raconte une lutte locale, méconnue, révélatrice du désastre ordinaire. La ville d’Agen, environ 40 000 habitants, se situe entre Toulouse et Bordeaux. Elle dispose d’une grande zone d’activité industrielle, qui marche bien, prospère, et qui a de la place pour s’étendre si besoin était. Mais le maire, comme tant de maires des villes moyennes, agglomérations, métropoles, capitales, rêve plus grand, plus beau, plus fort. Et plus grand, plus beau, plus fort, chez tant de maires des villes moyennes, agglomérations, métropoles, capitales, signifie couler du béton.

Dessin de Pierre Fournier

Donc, plutôt qu’utiliser ce qui existe, il veut créer une autre zone, à dix kilomètres de la ville, à Sainte-Colombe-en-Brulhois - ah, pardon, une "technopole" : deux cent hectares de bonne terre agricole dans ce riche Lot-et-Garonne, deux cent hectares de blé et de maraichage à « consommer » pour faire une nouvelle zone « d’activité » - l’agriculture, ce n’est pas actif, c’est bien connu -, pour poser comme une verrue les habituels batisses d’aluminium et de béton, en « HQE » (haute qualité environnementale), bien sûr, avec trame verte et bleue, et quelques panneaux solaires, parce qu’on est développement durable, n’est-ce pas ?

Plan du gâchis programmé près d’Agen

Ce désastre absurde est né dans le cerveau reptilien de l’édile agenais (Jean Dionis de Séjour) parce qu’il devait y avoir là une gare TGV. En plein champ, bien sûr, la terre, ça ne compte pas, pour les technocrates. Une gare TGV, donc, comme étape de la ligne à grande vitessse (LGV) Bordeaux-Toulouse.

Oui, mais. Cette ligne devait être construite en complémentarité avec la LGV Bordeaux-Hendaye. Or celle-ci a suscité une telle résistance dans les Landes et en Pays basque qu’elle est quasiment abandonnée. Cependant, nombre de notables continuent à vouloir la LGV Bordeaux-Toulouse : un autre désastre ordinaire. Près de six milliards d’euros – et des terres agricoles dévorées – pour gagner une demie-heure de trajet, alors qu’en rénovant la ligne actuelle, pour deux milliards d’euros, on gagnerait un quart d’heure. Les écologistes et d’autres se bagarrent contre la LGV Bordeaux-Toulouse : pas assez fort, encore. Et pas suffisamment pour empêcher qu’à Agen, le maire veuille bétonner deux cent hectares pour son rêve de gaspillage.

Sur place, beaucoup d’agriculteurs âgés lâchent prise, et vendent, soumis à la pression. D’autres se battent et résistent. Ils sont encore isolés. Ils ont besoin d’aide. On en reparlera.

Métamorphose

Libération de ce samedi 14 septembre découvre et relate que « la société civile invente de nouveaux modèles sans compter sur les politiques. Une mutation invisible et réjouissante. » Très bien. C’est ce qu’on voit et qu’on dit dans des livres et des sites, mais un porte-voix comme Libération donne évidemment plus d’écho à ce constat.

Cependant, le journal appelle à la rescousse de son analyse des experts comme Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, un des principaux prêtres de la religion néo-libérale. Et conclut sur Jeremy Rifkin, dont la démarche est intéressante, mais évacue totalement la question du politique, comme l’a montré Jean Gadrey. Autrement dit, à peine a-t-on jeté le projecteur sur le dynamisme de la société civile – que nous relatons jour après jour dans la rubrique Alternatives –, qu’on la récupère idéologiquement.

Le journal interviewe Patrick Viveret. Qui dit des paroles fortes : « La crise est une arnaque. C’est le récit qu’a inventé une oligarchie mondiale pour préserver ses intérêts ». Et de citer Karl Polanyi (économiste des années trente qui a écrit La Grande transformation) et Edgar Morin, et son idée de la métamorphose.

Mais que conclut Viveret ? Qu’il est allé voir Jean-Marc Ayrault, lequel lui a dit combien il ressentait ce mouvement citoyen. Et Viveret de juger « que l’essentiel des groupes parlementaires de gauche, une bonne partie des gens autour du premier ministre, une partie non négligeable des personnes qui gravitent autour du président de la république souhaitent aller dans cette direction », qui est « d’accompagner cette énergie citoyenne au lieu de la bloquer ». On rêve : M. Ayrault, M. Hollande, le PS, voudraient, mais ils ne pourraient point ? Allons ! Ils peuvent faire des choses très simples, aujourd’hui même : par exemple, dire franchement et nettement qu’ils abandonnent le projet de Notre Dame des Landes. Ca serait le premier pas. Et on pourrait imaginer de les croire. Mais non : ils continuent le désastre ordinaire, parce qu’ils font partie de cette oligarchie que Viveret évoque.

Il ne faut pas être naïf. Oui, la société civile bouge, invente, crée, innove hors de la logique de compétition et d’accumulation du capital. Mais si elle le fait à l’écart de la société des dominants, c’est parce que les dominants sont contre le mouvement, l’invention, la création et l’innovation, dès lors que ceux-ci se déroulent hors des schémas capitalistes. Et donc, on ne pourra vraiment faire passer cette inventivité à une autre échelle, faire qu’elle ne soit plus à la marge, mais qu’elle devienne le centre de gravité du nouveau monde, seulement si l’on comprend l’irréductible distance qui existe aujourd’hui entre la vie des gens et la pensée des dominants et si l’on assume le conflit nécessaire.

Le mensonge permanent

Au fait, nous avons un ministre de l’écologie, Philippe Martin, et un gouvernement qui proclame qu’il va faire la transition écologique. C’est donc pourquoi, cette semaine, on a appris que la loi sur la transition énergétique serait proposé en 2014 – elle devait l’être cet automne -, que la taxe sur le diesel est repoussée aux calendes grecques, que l’écotaxe poids lourds attendra, et que de nouveaux permis d’exploration de pétrole de schiste ont été accordés.

Au moins, sous Sarkozy, les choses étaient claires : « L’environnement, ça commence à bien faire ». Sous Hollande, c’est le mensonge permanent : devant, on parle d’écologie, derrière, on se soumet, comme avant, à la logique croissanciste et destructrice.

Reporterre

Un petit mot sur le quotidien de l’écologie. On est partis à cent à l’heure, beaucoup plus fort qu’on l’imaginait. Merci à toutes et à tous, merci de vos courriels, merci de visiter plus de dix mille fois par jour le site, merci d’envoyer des informations (planete arobase reporterre.net), merci d’envoyer un soutien financier. Celui-ci permet déjà à l’association La Pile de prolonger le contrat du journaliste qui rejoint l’équipe à partir d’octobre, et d’augmenter notre budget « piges » (rémunération des journalistes à l’article).

On fait le pari de rester gratuit, pour que l’information sur l’environnement soit accessible au plus grand nombre, mais cela ne sera possible que si l’on est soutenu volontairement par les internautes. A nous de produire de la bonne information, une information utile, exacte, pertinente, qui fasse réfléchir et qui donne de l’énergie. A vous de décider de la pérennité de Reporterre.

On est aux taquets, et encore bringuebalants, les journées sont trop courtes, les forces trop dispersées, on a plus de projets que de moyens de les mettre en œuvre. Pour l’instant.... Mais tout va bien, grâce à vous.

On se retrouve tous les jours. Et tenez, voici les deux événements auxquels on est heureux de vous convier : - Venez à Alternatiba, à Bayonne, le dimanche 6 octobre, la ville des alternatives. Reporterre y sera, on est partenaires (comme nos amis de Basta ! et de Mediapart), et on est fiers d’être avec Bizi et avec tous les autres qui viennent à Alternatiba : ils ont la pêche, elle doit essaimer partout.

- Et jeudi 10 octobre, ce sera la première Rencontre de Reporterre, avec Charles Piaget, la figure de Lip, et Pierre Rabhi, le sage de l’agro-écologie et de la sobriété heureuse. Ces deux fortes personnes nous font l’honneur d’accepter de dialoguer, pour montrer que, non, l’écologie et l’économie ne sont pas ennemies, que le champ et l’usine ont tout à partager, que l’émancipation des travailleurs se fera par un nouveau lien entre les hommes et la biosphère.

Et si vous ne pouvez pas venir, on vous racontera.

A bientôt, tous les jours...

Albert le décroissant Serge Latouche Reporterre 2013/09/14 Serge Latouche (14 septembre 2013) Albert le décroissant. Reporterre. Tribune — fr

Albert le décroissant

L’hommage de Serge Latouche à Albert Jacquard : il était « un citoyen du monde qui sait encore habiter la terre en poète ». Et un objecteur de croissance, à l’arithmétique impitoyable.

Albert Jacquart nous a quitté ce mercredi 11 septembre 2013 à l’âge de 87 ans des suites d’une leucémie. Lors de notre dernière rencontre, le vendredi 10 mai, un déjeuner avec Hélène Amblard, sa complice de trente ans, organisé par Jean-Paul Barriolade, notre éditeur commun (Sang de la terre), pour parler de son prochain livre à paraître (Réinventons l’humanité), il était déjà très affaibli et ne pouvait guère plus communiquer que par le truchement d’Hélène.

Je ne connaissais pas encore Albert Jacquard quand j’ai commencé, en 2002, à propager le message de la décroissance. Tout en ayant croisé quelques références à sa pensée, je connaissais très mal ses écrits. Je ne l’ai rencontré la première fois qu’au cours de la dernière étape d’une longue marche de la décroissance, en juillet 2005, partie de Lyon pour arriver à Magny-cours afin de dénoncer le scandale, l’absurdité et le gaspillage des courses automobiles en circuit de formule 1. Nous étions frères sans nous connaître.

Albert jacquard était généticien, donc un scientifique des sciences dures ; toutefois, et pas seulement pour l’importance qu’il attachait à l’éthique de la recherche, il était aussi quelque peu philosophe, au sens étymologique du terme, c’est-à-dire amoureux de la sagesse, qualité malheureusement trop rare de nos jours chez les scientifiques et dont il fait montre abondamment dans son dernier ouvrage.

Toutefois, ce que l’on découvre surtout à la lecture de ces entretiens avec Hélène Amblard, c’est qu’il peut mettre entre parenthèse sa science pour parler avec émotion des choses familières de l’existence. Ce ne sont pas tant les objections du savant à la croissance que l’on y retrouve que les confidences de l’homme dans son expérience quotidienne des choses de la vie, celles d’un citoyen du monde qui sait encore habiter la terre en poète.

Cependant, ce qui à scellé notre complicité est « l’équation du nénuphar », cet apologue qui résume bien le message de la décroissance. Avec « l’équation du nénuphar », titre d’un livre éponyme, Albert Jacquard, en effet, tente de faire comprendre, avec sa belle simplicité et son incontestable talent pédagogique, aux élèves de CM2 (formule qu’il préfère au fameux MC2…) cette chose que nos responsables politiques n’arrivent pas à réaliser, à savoir qu’une croissance infinie est incompatible avec une planète finie. « Il faut garder à l’esprit qu’une augmentation de 2 pour 100 par an, qui semble bien modeste et raisonnable, correspond à une véritable explosion lorsque l’on raisonne à long terme : le doublement étant obtenu en moins de trente-cinq ans, il y a multiplication par huit au bout d’un siècle, soixante-quatre après deux siècles, et après 20 siècles… ». Albert Jacquard se révèle ainsi un « objecteur de croissance » de la première heure et un authentique précurseur de la décroissance. Il met à nu le cœur de la déraison du système, à savoir la volonté de plier l’économie à la raison géométrique.

Son humanisme/universalisme, peut-être un peu naïf, mais lié à sa grande générosité, l’a amené à participé à tous les combats contre l’injustice et la déraison du système, depuis le droit au logement jusqu’à la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des landes, en passant par l’anti-nucléaire, l’anti-pub, la malbouffe, l’addiction à la bagnole, etc. Son adhésion au mouvement de la décroissance et sa participation à diverses manifestations se sont faites tout naturellement. « Toute croissance, explique-t-il, rencontre rapidement son asymptote ». Faute d’avoir respecté les limites fixées par la nature, « il faudra donc tendre vers des processus en circuit fermé, ce qui rend nécessaire une période de décroissance ».

La transposition qu’il fit naguère de la critique de la logique de la croissance au chômage est toujours d’actualité. « Un domaine où les nombres, écrit-il, risquent fort d’être plus un camouflage qu’un révélateur de la réalité est l’actualité économique. (…) Tous les jours, les journaux ou les radios nous annoncent que la croissance du produit national brut n’est que de 2,3 p. 100 par an, que le nombre de chômeurs a augmenté depuis un an de 3 p. 100, qu’il faudrait une croissance de 4 p. 100 pour commencer à résorber ce chômage … ». Selon ses calculs, une croissance du PIB français de 4% par an entraînerait un recul du taux de chômage de 2%. A ce rythme-là, dans cinquante ans, le PIB serait multiplié par 7 (+ 600%) mais le nombre de chômeurs ne baisserait que de 64 %. Etant donné que le chômage, toutes catégories confondues, concernait 5 millions de personnes en 2010, nous serions encore très loin du plein emploi en 2060, puisque subsisteraient un peu moins de 2 millions de chômeurs.

Il ajoute avec pertinence : « La connaissance de cette évidence aurait évité à un ancien premier ministre, pourtant réputé fort intelligent, de souhaiter une croissance de la consommation supérieure à 4 p. 100 durant trente ans pour commencer à réduire le chômage. En tirant les conclusions du rythme souhaité, il aurait constaté que cette évolution aurait nécessairement abouti à une multiplication par quatre de la consommation, ce qui n’est guère compatible avec la limitation des ressources de la planète et de sa capacité à absorber nos déchets ».

Une réflexion que les hiérarques du parti socialiste au pouvoir, qui ne manqueront pas cependant de rendre hommage au grand savant disparu, feraient bien de méditer.

La station d’écologie forestière de Fontainebleau ouvre ses portes Reporterre 2013/09/15 (15 septembre 2013) La station d’écologie forestière de Fontainebleau ouvre ses portes. Reporterre. fr

La station d’écologie forestière de Fontainebleau ouvre ses portes

La station d’écologie forestière de Fontainebleau ouvre ses portes Dimanche 15 septembre jusqu’à 18h (gratuit) Route de la tour Denecourt - 77300 Fontainebleau

La station d’écologie forestière, membre fondateur de la Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, est un service commun de l’Université Paris Diderot, situé à l’orée de la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne.

La création de la station d’écologie forestière remonte à la fin du siècle dernier. C’est le botaniste Gaston Bonnier qui a eu la volonté et l’obstination de vouloir créer un laboratoire à proximité de Paris pour offrir aux chercheurs et aux étudiants des moyens et des facilités de travail au contact du milieu naturel.

- Les collections : Exposition des différentes collections (plantes, insectes...) détenues par l’association des naturalistes de la vallée du Loing et du massif de Fontainebleau. Présentation de l’intérêt passé, présent et futur de ces collections

- Le parc de la station d’écologie forestière : Présentée par l’association des naturalistes de la vallée du Loing et du massif de Fontainebleau (ANVL), découverte du patrimoine arboré de la station d’écologie forestière.

- Le bâtiment du XIXéme siècle : Découverte de l’architecture typique des stations de terrain de la fin du XIXe siècle.

Renseignements sur le site de l’université Paris Diderot

Monsieur Hollande : ouvrez les yeux sur le scandale des décharges françaises ! Regardez Super Trash. Reporterre 2013/09/15 (15 septembre 2013) Monsieur Hollande : ouvrez les yeux sur le scandale des décharges françaises ! Regardez Super Trash.. Reporterre. fr

Monsieur Hollande : ouvrez les yeux sur le scandale des décharges françaises ! Regardez Super Trash.

Un film sur les décharges françaises, que son réalisateur aimerait que les dirigeants politiques regardent - et d’autres spectateurs, bien sûr.

Un exploitant de décharges condamné pour 623 infractions dans le Var, des produits toxiques retrouvés dans l’air dans les Bouches-du-Rhône, l’eau de consommation puisée au coeur de trois décharges en Seine-et-Marne sans aucune analyse de toxicité... Ceci n’est que le début d’une longue liste des scandales sanitaires qui entourent les décharges françaises. Un scandale dénoncé sous forme d’appel à l’aide dans le film Super Trash, que nos décideurs devraient regarder, pour prendre enfin conscience de l’urgence de la situation.

Le réalisateur de Super Trash, Martin Esposito, a réussi à vivre en immersion dans une décharge pendant dix-huit mois. Le résultat est très dérangeant, parfois insoutenable. Son témoignage fait un état des lieux inquiétant du traitement des déchets en France et de l’omerta mafieuse autour de nos décharges.

Nos associations locales et nationales luttent depuis des années pour que le problème des pollutions liées aux décharges soit enfin pris à bras le corps. L’environnement, notre santé et celles de nos enfants sont en danger ! Sans compter la mise en péril des activités socio-économiques dans certaines régions.

Nous appelons Messieurs François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Philippe Martin, garants de la protection de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité des Français, à visionner de toute urgence ce film et à nous recevoir pour que nous puissions les alerter sur les dangers auxquels la population est exposée quotidiennement. Il y a urgence à prendre conscience de la gravité de la situation et à agir en conséquence.

24 millions de tonnes de déchets par an

Le territoire français compte près de 250 décharges, dans lesquelles sont enfouies chaque année 24 millions de tonnes de déchets. Conflits d’intérêts, non-respect des lois, responsables politiques corrompus, fuites toxiques, enfouissements de produits dangereux… La réalité dépasse la fiction...

Cette gestion inepte nous mène droit dans le mur ! Réagissons !

La décharge que Martin Esposito a filmée n’est pas un cas isolé. De nombreux collectifs citoyens témoignent des mêmes problèmes, ailleurs en France, dans l’indifférence la plus totale. La gestion de nos déchets est confiée à des sociétés qui ne contrôlent pas suffisamment et ne respectent pas les réglementations mises en place. Ces faits sont inacceptables et nous mettent quotidiennement en danger.

> A Septème-les-Vallons (Bouches-du-Rhône), ce sont des retraités qui luttent et subissent le passage quotidien de cent cinquante camions (15 000 habitants). Ils ont fait des prélévements d’eau et de d’air : pas moins de dix-huit polluants retrouvés dans l’air qu’ils respirent et trente-cinq polluants interdits dans les eaux de ruisselement qui sortent de la décharge !

> A Claye Souilly (Seine-et-Marne), 500 000 personnes sont alimentées en eau “potable” pompée dans une nappe phréatique se trouvant au coeur de 3 décharges ! Une association se bat pour que des analyses de toxicité de l’eau soient faites depuis des années, en vain...

> A Nonant-le-Pin (Orne)3875, alors que l’autorisation d’exploiter a été donnée suite à un avis négatif de la commission d’enquête publique et dans des conditions juridiques entachées d’illégalités, la population et de nombreuses personnalités du monde des Arts et des Lettres se mobilisent pour sauver un patrimoine multi-centenaire et réputé au-delà de nos frontières, celui des terres d’élevage de chevaux de trot et de galop autour du Haras du Pin.

Si nous nous mobilisons aujourd’hui autour de ce film et si nous appelons le plus grand nombre à en faire autant en signant cette pétition pour demander à nos élus de prendre enfin leurs responsabilités en faisant respecter les lois, c’est parce que c’est une chance unique de faire enfin changer les choses.

En effet, les 25 et 26 novembre prochain, François Hollande devrait participer aux Assises du Développement Durable à Marseille. Demandons-lui de préparer cette rencontre en regardant le film et en acceptant d’écouter ce que nous avons à dire !

En montrant que les déchets sont aujourd’hui un véritable problème de santé publique, Martin Esposito a lancé une alerte pour que nous changions rapidement et durablement nos pratiques. Nos responsables politiques, en acceptant de visionner ce film, feraient un premier pas dans la direction d’une prise en charge de ce qui est déjà l’une des plus grandes catastrophes sanitaires et environnementales de notre pays.

Forçons-les à ouvrir les yeux et à regarder la vérité en face !

Signez notre pétition adressée à Messieurs Hollande, Ayrault et Martin afin que le scandale des décharges françaises soit enfin pris en compte, et que notre santé et celle de nos enfants deviennent enfin prioritaires.

Un typhon majeur va passer pile au-dessus de Fukushima lefigaro.fr // twitter Reporterre 2013/09/16 lefigaro.fr // twitter (16 septembre 2013) Un typhon majeur va passer pile au-dessus de Fukushima. Reporterre. Catastrophes nucléaires fr

Un typhon majeur va passer pile au-dessus de Fukushima

« Man-yi » traverse aujourd’hui le sud du pays, s’abattant sur plusieurs régions placées en « alerte spéciale ». La centrale de Fukushima sera bientôt balayée par des violentes intempérie.

Épargné par les typhons cette année, le Japon subit depuis quelques heures des pluies torentielles d’une ampleur « sans précédent » dans certaines régions.

Le typhon « Man-yi », le 18e de la saison en Asie, a abordé l’île principale de Honshu, au centre-sud du pays, à 7h40 locales (00h40 en France), avant de traverser la région de Tokyo puis de se diriger vers l’océan Pacifique, en traversant la province de Fukushima, plus à l’est.

500.000 personnes appelées à évacuer

Des « alertes spéciales » de niveau maximum ont été émises par l’Agence de météorologie dans plusieurs régions, dont l’ex-capitale impériale Kyoto à l’ouest, à cause de « précipitations jamais expérimentées ».

En milieu de matinée, trois personnes étaient portées disparues dans l’ouest et 29 blessés déplorés, selon la chaîne de télévision NHK. De dizaines de maisons ont été inondées ou endommagées par des glissements de terrains. Des appels à évacuer ont été lancés pour plus d’un demi million de personnes au total, dans plusieurs régions dans le sud-ouest, dont les provinces de Kyoto et Osaka.

Quelques 500 vols au moins sont annulés aujourd’hui, notamment au départ de Tokyo, et les liaisons par trains, dont une partie des lignes à grande vitesse, seront réduites. Ce lundi étant un jour férié, de graves conséquences aux heures habituelles de pointe devraient toutefois être évitées.

La centrale de Fukushima à nouveau menacée

À mesure que « Man-Yi » remonte vers le nord, en s’éloignant un peu du littoral, il se tourne vers la région de Fukushima, qui sera prochainement touchée par la houle. Une situation préoccupante, alors que des vapeurs continuent de s’échapper du réacteur 3 de la centrale nucléaire, gravement endommagée lors du tsunami du 11 mars 2011.

La compagnie exploitante, Tokyo Electric Power (Tepco), a indiqué dimanche 15 septembre avoir renforcé les fixations des équipements cruciaux, comme les conduites d’eau pour le refroidissement des réacteurs ou les pompes. Les grues ont aussi été arrimées et les patrouilles de surveillance renforcées.

Les spécialistes craignent que l’intensification des pluies n’augmente les quantités déjà très importantes d’eau radioactive qui se sont infiltrées dans les sous-sols du complexe atomique en péril. Pour limiter ces rejets, les travailleurs ont déjà commencé à pomper de l’eau de pluie qui s’est accumulée autour de réservoirs de liquide chargé de césium, de tritium et de strontium. L’eau y est déjà contaminée, selon des mesures récentes, parfois à des degrés très élevés.

Oui, on peut aller vers une société consommant peu d’énergie - mais ce ne sera pas facile ! Anna Ettlin (Empa.ch) Reporterre 2013/09/16 Anna Ettlin (Empa.ch) (16 septembre 2013) Oui, on peut aller vers une société consommant peu d’énergie - mais ce ne sera pas facile !. Reporterre. fr

Oui, on peut aller vers une société consommant peu d’énergie - mais ce ne sera pas facile !

En Suisse, l’objectif d’une société dans laquelle chaque habitant ne consomme que 2000 watts a été lancé il y a déjà 15 ans. Mais une étude montre que l’on en est encore très loin, et que cet objectif ne sera réalisable qu’à la condition d’un véritable changement de mode de vie et de consommation.

La vision d’une société dans laquelle chaque habitant ne consomme que 2 000 watts a été lancée il y a déjà 15 ans. Depuis lors, la sensibilité environnementale n’a fait que croître dans le monde occidental. La technique est devenue plus efficiente et plus rien ne semble faire obstacle à un mode de vie durable. Toutefois, ainsi que le montre une étude de l’EPF de Zurich, en Suisse, Monsieur et Madame Tout-le-monde en sont encore bien éloignés.

Note de Reporterre - Il s’agit en fait de la consommation de l’énergie fournie par une puissance de production de 2000 W, soit 17,2 millions de watt-heures, ou 17,2 mégawatt-heure. Il ne s’agit pas seulement d’électricité, mais de l’ensemble des consommations énergétiques. Les Européens consomment actuellement de deux à trois fois cette quantité d’énergie.

En 1998, des chercheurs de l’EPF de Zurich ont développé un modèle de politique énergétique qui permettrait d’assurer l’approvisionnement en énergie d’une population mondiale sans cesse croissante tout en ménageant l’environnement. Grâce à des technologies et processus efficients, les pays industrialisés devraient réduire leur consommation d’énergie à 2 000 watts par habitant – soit la moyenne mondiale. Les ressources ainsi libérées permettraient d’aider à lutter contre la pauvreté et la famine dans le monde, et cela sans réduction du niveau de vie des pays occidentaux.

La ville de Bâle fonctionne comme région pilote et en 2008, les Zurichois se sont aussi engagés par leur vote en faveur de la société à 2 000 watts. Parallèlement à la réduction de la consommation d’électricité, les émissions de gaz à effet de serre doivent elles aussi être diminuées, à l’équivalent d’une tonne de CO2 par personne et par année.

La consommation d’énergie des Suisses dépasse encore de loin les objectifs de la durabilité ainsi que le montrent les statistiques de l’énergie établies par l’Office fédéral de l’environnement (OFEN). Ces statistiques reposent toutefois sur une approche « top-down » : elles divisent simplement la consommation totale par le nombre d’habitants.

Dominic Notter et Hans-Jörg Althaus de l’Empa et Reto Meyer de l’EPFZ ont eux réalisé une étude sur l’empreinte écologique de la Suisse qui part d’une approche « bottom-up », et qui prend ainsi en considération l’individu. Ces chercheurs espéraient trouver des ménages qui remplissaient déjà les critères de la société à 2 000 watts et de la société à 1 tonne de CO2 et qui pourraient ainsi servir à élaborer des stratégies adéquates. Les résultats de cette étude ont été récemment publiés dans la revue scientifique Environmental Science & Technology.

En associant des enquêtes et des analyses de cycle de vie, ces chercheurs ont réussi à obtenir une vue détaillée des différents styles de vie de la population suisse. 3339 ménages ont répondu à des questionnaires sur l’habitat, la mobilité, l’alimentation et les biens de consommation. A l’aide de la banque de données « ecoinvent » gérée par l’Empa, les chercheurs ont déterminé la consommation individuelle d’énergie ainsi que les émissions de gaz à effet de serre résultantes et l’influence globale sur l’environnement exercée par les différents ménages.

Ce graphique montre qu’aucun des ménages interrogés ne remplit totalement les conditions de la société à 2 000 watts : même les Suisses et Suissesses les plus économes d’énergie émettent trop de CO2. Triangle rouge : valeur moyenne des 10% les plus durables parmi les personnes interrogées.

Plus on est riches, plus l’on consomme d’énergie

Les résultats sont décevants : aucun des 3 339 ménages ne remplissait toutes les conditions de la société à 2 000 watts et 1 tonne de CO2. La théorie économique selon laquelle la charge exercée sur l’environnement augmente tout d’abord avec l’accroissement du revenu pour ensuite toutefois diminuer ne s’est pas trouvée confirmée. La consommation d’énergie, les émissions et la charge sur l’environnement augmentent bien linéairement avec l’accroissement du revenu mais il ne se produit pas ensuite de diminution (pour les revenus encore plus élevés).

La consommation d’énergie des ménages interrogés allait de la valeur exemplaire de 1 400 watts à 20 000 watts par personne – soit dix fois plus que la valeur souhaitable – avec une moyenne de 4 200 watts. Au total, seuls 2 % des ménages interrogés se situaient au-dessous du seuil [de la consommation d’une capacité de production de] 2 000 watts – et même ceux-ci émettaient bien plus d’une tonne de CO2.

Ce qui ressort d’important, c’est que l’on retrouve des ménages aussi économes dans toutes les catégories de revenus. Et si des ménages avec un revenu supérieur à la moyenne ne consomment que 2 kW d’énergie, cela prouve que la société à 2 000 watts est réalisable : une faible consommation d’énergie est compatible avec un niveau de vie élevé.

Seul environ un quart de l’énergie consommée l’est sous forme d’électricité – et pour parvenir à une réduction massive de la consommation globale, des appareils électriques plus économes ne sont donc pas suffisants. La majeure partie de l’énergie est utilisée pour le chauffage et la mobilité. Les ménages les plus économes obtiennent aussi des résultats particulièrement bons précisément dans ces deux catégories. C’est ainsi que la surface chauffée par personne était basse et les besoins de chauffage relativement réduits. Pour la mobilité aussi, ces ménages faisaient preuve d’une grande retenue et limitaient leurs déplacements en voiture et en avion.

C’est dans l’habitat et la mobilité que les chercheurs voient aussi le plus grand potentiel. Et c’est paradoxalement dans les bâtiments basse énergie que la surface chauffée par personne est trop élevée. La mobilité, avant tout les déplacements en voiture et en avion, est responsable de presque la moitié des émissions de gaz à effet de serre et exerce une charge importante sur l’environnement, cela parce que dans ce domaine l’énergie provient en majeure partie de supports énergétiques fossiles.

Les déplacements en voiture et en avion produisent la moitié des émissions de gaz à effet de serre

Des limitations inévitables

Les chercheurs estiment que la transformation de notre société en une société à 2000 watts est possible – mais exige de très gros efforts. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est selon eux par contre encore bien plus difficile. La Suisse devrait tirer 80 % de son énergie totale de sources à faible teneur en carbone. Avec l’arrêt des centrales nucléaires, cela signifie des énergies renouvelables – et cela non seulement pour ce qui jusqu’ici fonctionnait à l’électricité mais aussi pour le chauffage et la mobilité. Ceci exige des progrès techniques importants et un changement des habitudes de vie.

Cet objectif ambitieux de durabilité ne peut être atteint que si les individus et l’Etat s’efforcent de mettre en place en commun une stratégie de durabilité. Ce qui exige par exemple une planification urbaine intelligente qui réduise les déplacements et des mesures politiques favorisant les comportements respectueux de l’environnement. La modération est ce qui caractérise un style de vie durable : nous pourrons certes conserver notre qualité de vie, mais il nous faudra renoncer aux extravagances. Avec une surface d’habitation chauffée réduite, en limitant la mobilité et en évitant toute consommation excessive de biens et de services, chacun peut fournir sa contribution à la durabilité.

Arrêtons de tergiverser : la retraite à 18 ans ! Jean-Pierre Anselme Reporterre 2013/09/16 Jean-Pierre Anselme (16 septembre 2013) Arrêtons de tergiverser : la retraite à 18 ans !. Reporterre. Tribune — fr

Arrêtons de tergiverser : la retraite à 18 ans !

On s’enferme dans le discours des dominants sur la retraite parce qu’on n’ose plus penser autrement. Mais en repartant de l’idée du revenu à vie, on peut sortir de la prison idéologique.

La journée d’action syndicale du 10 septembre a été un échec. On nous dit que le gouvernement a habilement manœuvré pour désamorcer toute mobilisation, que les syndicats sont divisés, que c’est la « crise »... Certes, mais au vu de résultats aussi peu probants, on peut légitimement se demander si, en se battant comme on le fait depuis vingt ans pour « sauver les retraites », on ne se condamne pas à les perdre. N’est-il pas temps de voir autrement ?

« La joie de vivre », Henri Matisse

Au début des années quatre-vingt, André Gorz écrivait qu’« il est des époques où, parce que l’ordre se disloque, ne laissant subsister que ses contraintes vides de sens, le réalisme ne consiste plus à vouloir gérer ce qui existe mais à imaginer, anticiper, amorcer les transformations fondamentales dont la possibilité est inscrite dans les mutations en cours » [1].

« De toutes façons, l’évolution technologique abolit d’énormes quantité de travail et place la société devant le choix : société de chômage, très inégalitaire et toujours productiviste, ou société de temps libre où les activités auto-déterminées et non marchandes puissent l’emporter, dans la vie de chacun, sur le travail rémunéré à but économique. »

André Gorz plaidait pour un « revenu à vie ». À ne pas confondre selon lui avec sa « version conservatrice », un revenu minimum, aux appelations multiples (revenu de base, minimum de base, social garanti, de citoyenneté...) qui a pour « but essentiel non pas d’abolir l’indigence et le chômage mais de les rendre socialement tolérable au moindre coût pour la société ».

Le philosophe et journaliste défendait « sa conception de gauche » d’« une logique radicalement différente » où « la garantie d’un revenu indépendant de l’occupation d’un emploi constitue le droit qu’a chaque citoyen de recevoir, réparti sur sa vie entière, le produit de la quantité incompressible de travail socialement nécessaire qu’il a à fournir au cours de sa vie ». André Gorz évaluait cette quantité à 20 000 heures de travail par vie représentant l’équivalent de dix années de travail sur la base d’un plein temps.

Trente ans après le libertaire André Gorz, ironie de l’histoire, c’est maintenant un militant du parti communiste depuis 46 ans, Bernard Friot, 67 ans, sociologue et économiste, qui, de livres en livres, conférences, débats publics, télévisions, radios... se fait le plus ardent défenseur du revenu universel par lui nommé « salaire à vie ». Il était l’invité de Daniel Mermet, dans son émission Là-bas si j’y suis, sur France inter, le 10 septembre, pour parler des retraites. Extraits :

• Daniel Mermet : Le retraité est perçu aujourd’hui comme un poids mort qui aura une petite activité, comme ça, de bricolage, de... mais enfin, il est voué au mieux à faire son jardin, à faire des petits voyages et préparer la visite des petits enfants de temps en temps quoi, mais il est pris en charge, c’est une charge.

• Bernard Friot : Non, là alors c’est vraiment un point dont il faut se débarrasser dans nos représentations car ce n’est pas la réalité et c’est une représentation extrêmement mortifère. D’une part, quand même, un retraité qui cultive son jardin ou qui crée des liens familiaux avec les petits enfants est quand même largement aussi utile qu’un professeur de mathématiques financières ou un type qui produit des semences non reproductives ou qui produit des tas de marchandises qui sont nocives.

• DM : Il [le retraité] détruit rien, au moins il ne détruit rien celui-là .

• BF : Oui, mais non seulement il ne détruit rien, mais faire des tomates qui sont des tomates c’est produire, et c’est quelque chose de très important. L’autre enjeu effectivement important, c’est la question du travail. Cest quoi travailler ? Est-ce que les retraités travaillent ?

Non comptabilisées dans le PIB, les tâches domestiques représenteraient un tiers de celui-ci

• DM : Et bien la réponse est non.

• BF : Et bien la réponse est oui, la réponse traditionnelle est non, oui bien sûr, mais si nous répondons non, c’est parce que nous considérons que seulement si on est dans l’emploi on travaille. D’ailleurs on confond souvent emploi et travail. Chercher du travail », en réalité ça veut dire chercher un emploi, ou ne pas travailler ça veut dire ne pas avoir d’emploi. Dans nos sociétés capitalistes c’est l’emploi qui décide du travail. Et pour le pire.

Aujourd’hui, l’emploi empêche de travailler. Je voudrais que cette phrase ne soit pas prise pour une provocation. Ceux qui ont un emploi, toutes les enquêtes le montrent, qu’est-ce qu’ils disent : “J’aime mon boulot, mais ce que je fais n’est plus du boulot ! ” Il y a une forme de souffrance, dans l’emploi on ne peut pas vraiment exprimer sa qualification. On ne peut pas du tout décider au travail, ça c’est clair, ce sont les employeurs qui décident à notre place, et les actionnaires.

Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de chômeurs chez les retraités ? Là encore c’est une question qui vaut le coup d’être posée, parce que les retraités, ils sont payés à vie. Si on a un salaire à vie, c’est que la qualification n’est plus celle du poste, si on a un salaire à vie, c’est que la qualification est celle de la personne même.

« L’énigme », Hervé Télémaque

La raison du bonheur au travail de la moitié des retraités (pas tous, la moitié des 14,5 millions de retraités sont dans la survie, mais 7 millions ça fait quand même l’équivalent du tiers des actifs occupés, c’est 10% de la population) ? Voici ce qu’ils disent : « On a jamais autant travaillé, on a jamais autant été heureux de travailler ! » Pourquoi ? Parce que « ça tombe tous les mois » ! Ils n’ont pas besoin de passer par la case « marché du travail », la case « employeur », la case « emploi », la case dictature du temps, ils sont libérés de tout ça, enfin, il peuvent travailler.

La solidarité salariale, c’est les retraités qui disent [aux jeunes d’aujourd’hui] : « Ce à quoi j’ai droit, le salaire à vie, qui est la cause d’un bonheur au travail, vous y avez droit aussi, nous avons tous droit à un salaire à vie, nous avons tous droit à avoir une qualification, de 18 ans à notre mort. »

« Plus value », Klauss Geissler

Bernard Friot, dans une interview dans L’Humanité du 14 août nous invite à réaliser que « la qualification de la personne dans la fonction publique [les fonctionnaires sont payés pour leur grade, indépendamment de l’emploi qu’ils occupent] et la cotisation qui socialise déjà 45 % du salaire » anticipent l’idée du salaire à vie. Et de nous remettre en mémoire « que 40 % du PIB sont déjà produits dans le cadre des services publics et de la Sécurité sociale par les fonctionnaires, les retraités, les soignants, les parents et les chômeurs. » [2] Soit « autant de personnes qui ne relèvent ni du marché du travail ni de la valorisation de la propriété lucrative par la production de marchandises. » Et de conclure que « cela ouvre un possible pour sortir du capitalisme ».

Au cœur du système coopératif prôné par Bernard Friot, il y a la cotisation, « grande invention révolutionnaire de la classe ouvrière, elle ne ponctionne pas le profit ni la rémunération de la force de travail, ces deux institutions du capital. Elle les remplace pour financer une croissance non capitaliste. La cotisation, c’est la légitimation de ce que nie le capital : nous sommes les seuls producteurs de la valeur. Cela doit être reconnu par un droit à un salaire attaché à la personne et non pas à l’emploi. »

Bernard Friot décrit un monde émancipé des patrons, des actionnaires, « des parasites » souligne-t-il, où, « par généralisation de la cotisation sociale, le salaire ne sera pas versé par l’entreprise : elle cotisera à une caisse qui, par mutualisation des valeurs ajoutées, pourra garantir les salaires. De même, une cotisation économique financera l’investissement et mettra fin à la propriété lucrative en laissant la place à une propriété d’usage des lieux de production par tous les salariés ».

En 1973, les travailleurs de chez LIP expérimentent les idées autogestionnaires

Quand André Gorz défendait le revenu à vie, il se nourrissait d’un mouvement social offensif et d’un syndicalisme dynamisé par le mouvement de mai et juin 1968 ; une époque, rappelons-le, où la CFDT prônait l’autogestion et où les travailleurs de LIP en étaient les hardis explorateurs. [3]. Quand Bernard Friot défend le salaire à vie, il est à des années lumières d’un syndicalisme déboussolé, avec un mouvement social sans horizon et des partis politiques sans programmes.

De là sans doute l’impression que l’on a d’entendre un conte de fée social, une utopie dont on ne voit pas comment on pourrait lui donner vie. C’est ce qui transparaissait d’une conférence-débat sur les retraites avec Bernard Friot, le 5 septembre, à la Bourse du travail de Paris, dans le cadre d’une réunion de formation syndicale organisée par le SNU-FSU pour les personnels de Pôle emploi. Si les quelques centaines de salariées réunies (90% de femmes) semblaient adhérer au monde idéal du sociologue, nombre de questions posées restaient centrées sur la retraite à Pôle emploi, rappel prosaïque qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

Pour Patrick Rozenblatt, sociologue du travail, les thèses de Bernard Friot « peuvent donner à croire qu’il suffit de maîtriser les questions économiques, d’avoir un bon modèle économique, pour changer le monde. Alors même que l’idée du revenu universel que je partage est indissociable de la construction collective d’un imaginaire collectif alternatif, une révolution culturelle où tous les aspects de la vie doivent être réinventés. Est-ce que cela ne devrait pas commencer par la reconnaissance, de la part du syndicalisme en particulier, du travail qui échappe au salariat, celui des retraités, des femmes et des hommes à la maison... mais aussi celui de “l’usager-producteur” de plus en plus contraints d’être la main d’œuvre gratuite des automates » ?

À Madrid contre l’austérité

Edgar Morin, dans un entretien avec Edwy Plenel dans Mediapart , affirme que « ce qui manque dramatiquement, c’est une pensée complexe capable de traiter les problèmes fondamentaux pour armer les citoyens. » Croissance, compétitivité, dette... « on vit dans des idées obsolètes et inadéquates dont on attend néanmoins les recettes générales. »

Si dans un continent, l’Amérique du Sud, des pays et leurs habitants tracent leur route vers le « ßuen vivir », ailleurs on cherche une issue. Des révolutions arabes aux Indignados espagnols ou Occupy aux États-Unis, et les dizaines de mouvements populaires qui essaiment la planètes ces dernières années, Edgar Morin estime que s’ils finissent par retomber, dispersés, divisés, c’est faute d’« une pensée qui dise où aller ». Et de plaider encore et toujours pour le débat, appelant de ses vœux « la reliance », c’est à dire « rassembler les initiatives créatrices, faire du lien, créer du lien, mettre en relation ».

Dans son article du Monde diplomatique de septembre intitulé « Afin que l’audace change de camp, stratégie pour une reconquête », Serge Halimi, estime que « les néolibéraux ont si bien enraciné l’idée qu’il n’y avait “pas d’alternative” qu’ils en ont persuadé leurs adversaires, au point que ceux-ci en oublient parfois leurs propres propositions... » Rappelant quelques-unes de celles-ci, dont celles de Bernard Friot, il nous invite à « conserver à l’esprit que plus elles semblent ambitieuses auourd’hui, plus il importe de les acclimater sans tarder ».

Ayrault veut assouplir les règles environnementales de l’élevage industriel porcin Eric Conan (marianne.net) Reporterre 2013/09/16 Eric Conan (marianne.net) (16 septembre 2013) Ayrault veut assouplir les règles environnementales de l’élevage industriel porcin. Reporterre. fr

Ayrault veut assouplir les règles environnementales de l’élevage industriel porcin

Après le renoncement à la taxe poids lourds et à la taxe sur le maléfique diesel - dont l’importance dans le parc automobile est une spécificité française - Jean-Marc Ayrault vient de procéder à une reculade plus discrète, mais pas moins symbolique sur une autre spécificité maléfique, cette fois-ci bretonne : les porcheries industrielles qui n’en finissent pas de nitrater la Bretagne. Les Verts ont moins réagi que sur le diesel, ce qui n’est guère étonnant vu leur tendance à privilégier l’écologie des villes sur l’écologie des champs.

Jeudi 12 septembre donc, lors de son bref et houleux passage, sous les huées, au Salon international de l’élevage, à Rennes, le Premier ministre s’est livré à un numéro d’impuissance politique. Ne sachant quelle perspective proposer aux éleveurs de porcs industriels dont il a reconnu « la situation difficile », il s’est contenté de céder sur l’une de leurs revendications pour poursuivre leur fuite en avant. Etranglés par la concurrence en matière de coût de main d’œuvre par l’Espagne, l’Allemagne et l’Europe centrale, les éleveurs réclamaient un allègement des contraintes d’environnement destinées à lutter contre l’épandage des déjections cochonnes qui polluent la majeure partie des nappes phréatiques bretonnes, sans parler de la prolifération des algues vertes sur les côtes.

Faciliter l’ouverture d’usines à cochons

A défaut d’une autre ambition pour le modèle agricole breton, qu’il estime « pas mort », Jean-Marc Ayrault a donc cédé en annonçant que le fameux « choc de simplification » annoncé par son gouvernement allait s’appliquer à la réglementation environnementale qui contrarie l’élevage industriel : il va faciliter les procédures d’agrandissement ou d’ouverture des usines à cochons !

« Un régime d’enregistrement sera ainsi créé, qui prendra la place du régime actuel d’autorisation », a-t-il expliqué, renvoyant discrètement les détails techniques à un texte commun aux ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie. Ce dernier va probablement devoir avaler une autre couleuvre après celle de la taxe diesel, puisqu’on évoque la suppression de l’enquête publique préalable à l’ouverture d’une porcherie de moins de 2 000 bêtes.

Faute de vraies perspectives, cet encouragement donné à un système condamné est absurde, comme l’analyse René Louail, conseiller régional Vert et lui-même agriculteur : « Cela continuera malheureusement ainsi tant qu’on continuera à faire le choix du soutien à une production de masse, à faible valeur ajoutée. Il faut au contraire passer de la notion de "minerai" à une production agroalimentaire de qualité et à forte valeur ajoutée, génératrice de quantité de nouveaux emplois par la conquête, notamment, de nouveaux marchés en Bretagne même et une relocalisation de la production. On assiste à des choix aberrants ! Est-il normal, par exemple, qu’en 2012, on ait exporté vers l’Allemagne 750 000 porcs pour qu’ils y soient tués ? Ce simple chiffre représente à lui seul treize semaines de travail à temps plein ».

Tout cela parce que l’Allemagne sous-paye ses porchers moins de 10 euros de l’heure contre 20 en Bretagne. Et de plus en plus souvent pour une production de meilleure qualité, l’agriculture allemande reconvertissant les immenses exploitations agricoles communistes de l’ex-RDA en fermes d’agriculture bio sur des grandes surfaces réduisant les coûts de production.

L’élevage breton ne s’en sortira donc pas par des mesures prolongeant encore un système condamnable et condamné. La priorité n’est pas de relâcher les contraintes environnementales mais d’agir sur les contraintes de coût en mettant fin au dumping salarial : c’est à Bruxelles qui faut agir pour réduire les distorsions sociales et fiscales entre les entreprises européennes en imposant un smic européen pour tous.

Mais à propos de ces distorsions de coûts de main d’œuvre, le Premier ministre s’est contenté de déclarer : « Sur ce sujet dont je connais la forte sensibilité pour vous, la France continuera de porter vigoureusement au niveau européen l’harmonisation des règles en la matière ». Des engagements « vigoureux », mais beaucoup moins précis que le recul en matière d’environnement…

Obsolescence programmée : nouvel échec des écologistes face au conservatisme du gouvernement Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/09/16 Camille Martin (Reporterre) (16 septembre 2013) Obsolescence programmée : nouvel échec des écologistes face au conservatisme du gouvernement. Reporterre. fr

Obsolescence programmée : nouvel échec des écologistes face au conservatisme du gouvernement

Lors d’une discussion au Sénat la semaine dernière, le gouvernement a repoussé une proposition de lutte contre l’obsolescence programmée. Par celle-ci, les constructeurs d’objets font en sorte que leur durée de fonctionnement soit courte, afin d’obliger les consommateurs à les renouveler rapidement. Les écologistes demandent que cette pratique soit empêchée par la loi. Mais le gouvernement refuse.

Le Sénat a discuté discrètement, jeudi 12 septembre, de la proposition de loi sur l’obsolescence programmée. Celle-ci désigne la pratique des producteurs d’objets de calculer la durée de fonctionnement de ceux-ci de façon à ce qu’ils durent un temps limité. Mais les sénateurs, suivant le gouvernement, ont rejeté les principales mesures qui auraient permis d’empêcher ce gaspillage organisé. C’est un nouveau revers pour les écologistes.

Pourtant, comme l’a relevé Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, « 68 % des Français ont une opinion négative de la société de consommation. C’est sans doute dire qu’ils veulent passer d’une société de marché à une société de valeurs, qu’ils aspirent à consommer autrement, à faire de la consommation un geste citoyen et, pourquoi pas, politique ». Mais ce constat n’a pas empêche le gouvernement, représenté par Benoit Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire et à la Consommation, de rejeter les principales dispositions proposées par les parlementaires d’EEVL (Europe Ecologie Les Verts).

Selon Joël Labbé, sénateur (EELV) du Morbihan, interrogé par Reporterre, « nous n’avons pas obtenu que l’obsolescence programmée soit reconnue comme un délit, pas obtenu non plus que la garantie légale de conformité des produits soit portée à cinq ans. Pas davantage obtenu qu’il soit obligatoire de fournir des pièces détachées pendant dix ans, ce qui permettrait de réparer les objets ». Les fabricants auront uniquement une obligation d’information, c’est-à-dire, comme l’observent ironiquement Les Amis de la Terre, « qu’ils pourront éventuellement se contenter d’informer le consommateur... qu’il n’y a pas de pièces détachées disponibles. »

Pièces détachées

Valeur de vente et valeur d’usage

Seul point positif, selon Joël Labbé, « on a obtenu le projet d’un affichage de double prix, de valeur de vente et de valeur d’usage ». C’est un premier pas pour que l’on achète non pas un produit (par exemple une automobile), mais le service qu’il peut rendre (100 000 km de roulage sans pépin). Cependant, cette disposition demandera un décret d’application pour être appliquée. Pour autant qu’elle passe l’épreuve de la deuxième lecture à l’Assemblée nationale. La date de celle-ci n’est pas encore connue.

Joël Labbé

L’échec est vilipendée par les Amis de la Terre, qui suivent attentivement ce dossier. Pour Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables au sein de cette association , « à quelques jours de la conférence environnementale et de la table ronde sur l’économie circulaire pendant laquelle l’éco-conception et la durée de vie des produits devraient être au coeur des débats, cette loi est de mauvais augure. En quarante ans, notre consommation de ressources a augmenté de plus de 30 % et la production des déchets des ménages a doublé. »

Selon les Amis de la Terre, l’obsolescence programmée de nos biens est le symbole de la société du gaspillage.. Ils recommandent de définir des objectifs chiffrés de réduction de notre consommation de ressources et de notre production de déchets, et en prenant des mesures réglementaires pour allonger la durée de vie des biens via l’éco-conception et le soutien au secteur du réemploi et de la réparation.

Concrètement, ils proposent l’adoption de trois mesures] : - la création d’un délit pour lutter contre l’obsolescence programmée, - l’extension de la garantie de tous les biens de consommation à 10 ans, - le soutien au secteur de la réparation, notamment en obligeant les fabricants à mettre à disposition leurs pièces détachées pendant 10 ans.

Manifestation pour l’arrêt de Fessenheim Reporterre 2013/09/16 (16 septembre 2013) Manifestation pour l’arrêt de Fessenheim. Reporterre. fr

Manifestation pour l’arrêt de Fessenheim

Manifestation à Colmar le lundi 16 septembre à 13h30 pour l’arrêt immédiat de la centrale nucléaire de Fessenheim.

L’arrêt de Fessenheim, c’est maintenant ! Et pas en 2016 !

Alors que les travaux d’une cinquantaine de scientifiques, dans le cadre du programme Share (Seismic Hazard Harmonization in Europe) qui doit permettre de mieux connaître l’aléa sismique à l’échelle de l’Europe, prédisent qu’ « il peut se produire des secousses beaucoup plus fortes que les séismes historiques de référence ».

Alors que les séismes de référence pour la région de Fukushima n’étaient pas supérieurs à 7,3, le 11 mars 2011, c’est un séisme de magnitude 9, qui a engendré la terrible catastrophe nucléaire de Fukushima, qui semble aujourd’hui de plus en plus incontrôlable.

Le lobby nucléaire français continue d’investir massivement dans nos 58 réacteurs en espérant les rendre plus sûrs.

Le coûteux renforcement des radiers des réacteurs de Fessenheim, ne rendra pas la centrale plus sûre, mais retardera la progression du corium de quelques heures en cas de fusion des coeurs suite au percement de la cuve des réacteurs. Le socle de la centrale surplombant de quelques mètres seulement la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Continuer à investir dans cette centrale, pour satisfaire l’orgueil et la “doctrine” de l’industrie nucléaire française, c’est jeter l’argent des Français par les fenêtres et, malgré les beaux discours, mettre au quotidien la vie, la santé et l’avenir des populations en danger. Alors qu’il serait plus judicieux et moral de s’engager résolument dans la maîtrise des consommations énergétiques.

La très vieille chaudière atomique de Fessenheim sous perfusion technique et financière, inondable et vulnérable aux séismes puissants et rapprochés, est une source de danger inacceptable pour tous les habitants de la région métropolitaine trinationale du Rhin supérieur, et même d’une grande partie de l’Europe à la densité de population la plus élevée.

En France, commencer par arrêter immédiatement les deux réacteurs de Fessenheim est la seule voie responsable à l’égard des générations futures.

Le CSFR, Stop Fessenheim, Stop Transports – Halte au Nucléaire, Alsace Nature ainsi que les associations amies, badoises et suisses appellent les citoyens badois, suisses et alsaciens

le lundi 16 septembre 2013 à 13h30

à une manifestation à l’entrée de la CLIS (Commission Locale d’Information et de Surveillance) rue de Messimy (à l’angle de l’avenue de la République)

à Colmar

pour réclamer l’arrêt immédiat de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Rassemblement citoyen international, non violent et revendicatif

Les bouquetins du Bargy échappent, pour l’instant, à l’abattage systématique FRAPNA / LPO Reporterre 2013/09/17 FRAPNA / LPO (17 septembre 2013) Les bouquetins du Bargy échappent, pour l’instant, à l’abattage systématique. Reporterre. fr

Les bouquetins du Bargy échappent, pour l’instant, à l’abattage systématique

En raison de cas de brucellose dans les troupeaux de Haute-Savoie, l’abattage des bouquetins du massif du Bargy a été envisagé. Mais l’avis de différents comités d’experts a permis de repousser cette idée.

Suite à la découverte en avril 2012 de cas de brucellose dans un élevage bovin laitier de la commune du Grand-Bornand, puis de deux cas de brucellose humaine dont un enfant ayant consommé du fromage au lait cru obtenu avec le lait de ce troupeau, le Préfet de Haute-Savoie a demandé, le 24 juin 2013, l’avis du CNPN (Conseil national de protection de la nature) sur une mesure d’éradication totale de la population de bouquetins du massif du Bargy (Haute-Savoie).

Cette consultation est obligatoire dans la mesure où, en France, le bouquetin des Alpes est non chassable (depuis 1962) et intégralement protégé depuis la loi du 10 juillet 1976 et par l’article 2 de l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire.

La commission Faune du CNPN s’est réunie une première fois le 8 juillet et a souhaité obtenir davantage d’informations concernant la population concernée, la dynamique de propagation de la brucellose, et sur les différentes options permettant d’enrayer la maladie. A ce titre, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été saisie le 9 juillet par le Ministère de l’Agriculture et le Ministère chargé de l’Écologie pour la réalisation d’une expertise.

L’ANSES a rendu le 4 septembre un avis relatif « aux mesures à prendre sur les bouquetins pour lutter contre la brucellose sur le massif du Bargy ». Dans ses conclusions, l’ANSES invite à la prudence et à la réflexion.

Lors de sa séance du mercredi 11 septembre, la commission faune du CNPN a pris en compte les analyses de l’ANSES, et en a conclu qu’il n’y a aucune nécessité d’intervenir en urgence de façon massive par un abattage complet de la population de bouquetins du massif du Bargy. Elle a rejeté la demande d’abattage complet de la population de bouquetins du Bargy formulée par le Préfet de Haute-Savoie. Toutefois elle reconnait la nécessité de faire disparaitre à terme ce foyer de brucellose, et elle recommande la mise en œuvre de mesures d’abattage sélectif.

Cette orientation satisfait la FRAPNA et la LPO, qui restent néanmoins très vigilantes. Nous souhaitons être associés aux différentes étapes de traitement du dossier.

Et notamment dans les jours qui viennent. Espérons que l’Etat et le Préfet de Haute-Savoie, son représentant local, suivront l’avis empreint de mesure et de sagesse de la commission faune du CNPN.

Le coup de gueule de Naomi Klein contre l’alliance des écolos et des capitalistes Hélène Crié-Wiesner et Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/17 Hélène Crié-Wiesner et Hervé Kempf (Reporterre) (17 septembre 2013) Le coup de gueule de Naomi Klein contre l’alliance des écolos et des capitalistes. Reporterre. fr

Le coup de gueule de Naomi Klein contre l’alliance des écolos et des capitalistes

Les grandes organisations d’environnement ont une responsabilité aussi grande que les climato-sceptiques dans le présent reflux de la politique écologique : c’est la forte thèse défendue par la journaliste altermondialiste Naomi Klein. Selon elle, le choix de collaborer avec les grandes compagnies et l’idéologie néo-libérale a conduit à l’échec. Ses propos provoquent un vif débat aux Etats-Unis.

La célèbre journaliste canadienne, militante altermondialiste connue pour ses livres No Logo et La Stratégie du choc, vient de déclencher une furieuse polémique au sein du mouvement écologiste nord-américain.

Il y a deux ans, Klein avait écrit dans le journal The Nation que le militantisme climatique et le capitalisme étaient incompatibles. Elle observait que les climato-sceptiques l’étaient pour des raisons idéologiques : ils comprennent très bien que si le changement climatique se produit, la seule façon d’échapper à ses conséquences est de remettre en cause le système économique actuel, le capitalisme. Selon elle, la seule réponse adaptée à la menace climatique résidait « dans la pulvérisation de l’idéologie du marché libre, laquelle a dominé l’économie depuis plus de trois décennies ».

Elle poursuit dans cette voie en accusant cette fois les principaux groupes environnementalistes de n’avoir pas compris cette vérité élémentaire, ce qui les a conduit à nouer des alliances coupables avec les grandes corporations.

Les « Big Greens », mauvais leaders

Voici une traduction partielle des propos de Naomi Klein, tirés d’un long entretien publié par le Earth Island Journal :

« Le mouvement écologiste fait preuve d’un déni profond quand il s’agit des « Big Greens », « les principales organisations environnementales. Selon moi, celles-ci ont fait plus de dégâts que les négationnistes climatiques de droite. Si on a perdu tellement de temps, c’est bien à cause d’elles, qui nous ont tous entrainés dans une direction débouchant sur des résultats déplorables.

La droite avait combattu les échanges de permis d’émission en prétendant qu’ils allaient nous mener à la faillite, qu’on distribuait des aumônes aux grandes compagnies, et qu’en plus ça n’allait pas marcher. La droite avait raison ! Non pas pour la faillite de l’économie, mais pour le fait qu’il s’agissait de cadeaux énormes consentis aux grandes sociétés. Elle avait raison aussi de prévoir que ces mécanismes ne nous rapprochaient pas de ce que souhaitaient les scientifiques, à savoir baisser les émissions. Alors, pourquoi les groupes verts se sont-ils obstinés dans cette voie ? »

Naomi Klein observe que "le niveau de réduction des émissions dont nous avons besoin dans les pays développés est incompatible avec la croissance économique".

Elle rappelle que, dans les années 1970, le mouvement environnemental était très puissant, et avait réussi à imposer un fort appareil législatif pour réduire la pollution. Mais avec l’élection de Ronald Reagan comme président des Etats-Unis, une politique opposée à l’environnement s’est mis en place. Et plutôt que d’y résister, les mouvements environnementaux ont choisi de chercher à collaborer avec les grandes entreprises. Elle cite Fred Krupp, le président d’Environmental Defense Fund, une importante ONG états-unienne, pour avoir clairement énoncé cette politique. Il se trouve, ce qu’elle ne dit pas, que Fred Krupp est un participant régulier du groupe Bildelberg, qui réunit chaque année des grands patrons et des responsables politiques pour définir la politique néo-libérale à appliquer dans le monde.

Ainsi, explique Naomi Klein, « pour les environnementalistes, il s’agissait d’établir des alliances avec les entreprises. Ils n’étaient pas sur la ligne : « Attaquons ces salauds ! », mais sur la ligne : « Oeuvrons ensemble, les salauds et nous ! » Cela revient à désigner les corporations comme acteurs volontaires de la solution. »

« Nous avons globalisé un modèle économique insoutenable d’hyperconsommation. Il se répand dans le monde avec succès, et il nous tue. (…) Les groupes environnementalistes n’ont pas été les spectateurs de ce phénomène, ils en ont été les partenaires. Ils voulaient en faire partie. »

Les grandes ONG d’environnement ont ainsi accepté, voire soutenu, le traité de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, dit Alena, malgré son l’abaissement des protections de l’environnement qu’il impliquait.

« Je ne dis pas que tous les groupes ont été complices : ni Greenpeace, ni les Amis de la terre, ni, globalement, le Sierra Club. Et ni 350.org, qui n’existait pas encore. Mais cela remonte aux racines du mouvement. (…)

La stratégie du soi-disant win-win (gagnant-gagnant) a lamentablement échoué. C’était l’idée générale des échanges de permis d’émission. Les groupes verts ne sont pas aussi malins qu’ils ne le croient. Ils ont joué à trop grande échelle. Nombre de leurs partenaires avaient un pied dans le Climate Action Partnership, et un autre à la Chambre de commerce. »

Naomi Klein observe qu’en Europe, les choses bougent dans un autre sens. Plus de cent organisations ont ainsi pris position pour en finir avec le marché du carbone. « C’est le genre de choses que nous devons faire maintenant. Nous n’avons plus le temps de perdre du temps. »

Les premières réponses outrées – et argumentées – commencent à tomber. Le site ClimateProgress écrit notamment :

« Elle n’a pas seulement tort, elle a profondément tort. Son approche révisionniste est fausse, et contredite par ses propres prescriptions politiques. »

Il souligne notamment qu’en Europe, les émissions de gaz carbonique ont diminué, ce qu’il attribue au marché des émissions, dit ETS (European trading system) :

Evolution des émissions de CO2 et du produit intérieur brut dans l’Union européenne.

A quoi Naomi Klein a répondu à son tour sur son propre site, conseillant d’attendre la parution de son prochain livre, promis pour 2014.

La critique des grandes ONG environnementales a déjà été menée en France. Dans Qui a tué l’écologie ? (éd. Les liens qui libèrent, 2011), le journaliste Fabrice Nicolino a mené une vive charge contre le WWF, FNE et Greenpeace pour leur politique de collaboration avec les grandes entreprises et le gouvernement. De même, dans Comment la mondialisation a tué l’écologie (éd. Les Mille et une nuits, 2012), Aurélien Bernier a montré que l’idéologie néo-libérale a fortement influencé le mouvement écologiste à partir des années 1980.

Visite de la plateforme d’expérimentations paysannes sur le maïs et le tournesol Reporterre 2013/09/17 (17 septembre 2013) Visite de la plateforme d’expérimentations paysannes sur le maïs et le tournesol. Reporterre. fr

Visite de la plateforme d’expérimentations paysannes sur le maïs et le tournesol

Venez découvrir ce mardi 17 septembre les variétés de maïs et tournesol sélectionnées par les agriculteurs, ainsi que les savoir-faire en autoproduction de semence. Au Change, en Dordogne.

Les liens entre biodiversité cultivée et biodiversité sauvage

Les producteurs du réseau Bio d’Aquitaine œuvrent depuis plus de 10 ans au développement de la biodiversité cultivée. Chaque année la plateforme d’expérimentation ouvre ses portes à tous, agriculteurs (pas uniquement bio), techniciens, animateurs, chercheurs, grand public, pour faire découvrir les variétés de maïs et tournesol sélectionnées par les agriculteurs, ainsi que les savoir-faire en autoproduction de semence. Cette année les liens entre cette biodiversité cultivée et la biodiversité sauvage seront à l’honneur lors de la conférence-débat de l’après-midi.

Dans le cadre du programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » un grand nombre de variétés de maïs et tournesol « population »* est expérimenté dans les champs, chez plus de 300 agriculteurs et sur la plateforme régionale d’expérimentation, au Change en Dordogne.

Pour cette 12e visite, les visiteurs pourront découvrir ces variétés populations de maïs et tournesol, les techniques de sélection et de création variétale développées par le réseau Bio d’Aquitaine, ainsi que les travaux d’expérimentation menés en partenariat avec l’INRA et des partenaires internationaux (Empraba et Microbacias au Brésil, ESAC au Portugal…).

Les intérêts de ces travaux, pour l’agriculture biologique et à faibles intrants, tels que la sauvegarde de la biodiversité cultivée, la protection de l’environnement, l’autonomie des agriculteurs et la souveraineté alimentaire, sont aujourd’hui de plus en plus reconnus.

Ceci amène à pousser plus loin la réflexion et à travailler sur le sujet « Les liens entre la biodiversité cultivée et la biodiversité sauvage. »

La grande diversité qui existe au sein de ces variétés paysannes laisse à penser que les liens avec la biodiversité sauvage (insectes, oiseaux, micro-organismes…) peuvent être différents de ceux avec les variétés modernes, hybrides ou issues des biotechnologies.

L’après-midi sera l’occasion de présenter des études qui commencent à être menées sur cette thématique :

Isabelle Goldringer, chercheuse à l’INRA du Moulon, accompagnée de Rose-Line Preud’Homme du Muséum National d’Histoire Naturelle, dévoilera les premiers résultats d’une étude menée sur les variétés de blés et les impacts sur les insectes sauvages.

Une étude lancée sur les variétés de tournesols et les pollinisateurs (abeilles, papillons…) sera également à l’ordre du jour et le Conservatoire des Espaces Naturels Aquitaine (CEN), acteur local de connaissance, gestion et préservation de la biodiversité sauvage présentera ses actions.

L’ensemble des ces tables-rondes donnera l’occasion de lancer le débat et de faire ressortir les idées qui permettraient de poursuivre ou mettre en place de nouvelles études à ce sujet.

(*NB : une variété paysanne, également nommée variété de population, est une variété non hybride F1, libre de droits de propriété et qui peut être ressemée et sélectionnée par l’agriculteur lui-même, directement sur sa ferme.)

INFOS ESSENTIELLES :

17 septembre > Le Change (Dordogne) Visite expérimentation maïs et tournesol variétés paysannes

9h15 > Visite de la plateforme régionale d’expérimentation sur les variétés paysannes de maïs et tournesol de Bio d’Aquitaine (vitrine de variétés, essais en partenariat avec l’INRA et autres partenaires internationaux).

12h30 > Repas sur place.

14h > Conférence-débat : « Les liens entre biodiversité cultivée et biodiversité sauvage »

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse de la visite : Ferme de Ribeyrolles, chez Bertrand LASSAIGNE, Ribeyrolles, 24640 LE CHANGE (Suivre fléchage AgroBio Périgord)

Contact : Elodie GRAS, Bio d’Aquitaine / AgroBio Périgord Tél. 05.53.35.88.18 / Mail : biodiversite@agrobioperigord.fr

Projection du film « Le droit de semer » à Paris Reporterre 2013/09/17 (17 septembre 2013) Projection du film « Le droit de semer » à Paris. Reporterre. fr

Projection du film « Le droit de semer » à Paris

Il n’est pas évident de savoir quand il est autorisé de resemer une semence. Cette conférence sur le droit et la semence autour du film d’animation « Le droit de semer », le 17 septembre à Paris, aidera à y voir plus clair.

Conférence sur le droit et la semence et lancement du film d’animation « The Right to Save Seed »

Les agriculteurs ne savent plus quand ils ont le droit de resemer une semence.

Avec une petite équipe, nous avons réalisé un film d’animation avec humour et créativité pour expliquer les différents cas de figure. Les 3 minutes d’animation sont plus accessibles que le doctorat de 400 pages sur la réglementation de semences (en libre accès) de Shabnam Anvar (!).

Lors de la conférence, Shabnam, Mathieu Eisinger, Jeanne Marguerite et Feeoze Ozdrawings vous expliqueront ce qu’il en est du droit de semer, aussi simplement que possible (un défi en soi !).

Le mardi 17 septembre à 19h, à la Maison des acteurs du Paris Durable, 21 rue des Blancs Manteaux. 75004 Paris

Voir la page de l’événement

Il y a quinze ans, le PS enterrait déjà le diesel Alain Lipietz Reporterre 2013/09/17 Alain Lipietz (17 septembre 2013) Il y a quinze ans, le PS enterrait déjà le diesel. Reporterre. Tribune — fr

Il y a quinze ans, le PS enterrait déjà le diesel

La question de la taxe diesel n’est pas nouvelle : elle s’est déjà posée il y a quinze ans. Et à l’époque, déjà, Lionel Jospin, premier ministre PS, l’avait à peu près enterrée. Mais puisque les écologistes d’EELV laissent faire, pourquoi se gêner ?

Il y a 15 ans, je devais présenter au Conseil d’analyse économique de Lionel Jospin un rapport sur la fiscalité écologique. L’exemple développé portait sur la fiscalité du diesel. Les premières publications sur son caractère cancérigène étaient déjà connues ; la Commission européenne, alarmée, demandait aux pays-membres d’annuler les avantages fiscaux de ce carburant.

Après plusieurs mois de consultations (y compris avec la Fédération Nationale des Transports Routiers, pour distinguer la fiscalité diesel des professionnels de celle des véhicules de tourisme), je présentais mon rapport. Il recommandait un alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence en deux ans et répartissait par tiers son bénéfice entre la résorption du déficit budgétaire, le financement de nouveaux transports en commun, et les compensations pour les ménages populaires prisonniers du diesel (Économie politique des écotaxes, Conseil d’analyse économique n° 8, 1998).

Surprise : au dernier moment, un membre du Conseil, collaborateur socialiste du cabinet de Dominique Voynet, présenta un contre-rapport : « Il n’y a pas le feu, rien n’est sûr, restons-en là. » J’appelai le Conseil à méditer l’exemple du sang contaminé, et que nous ne serions pas de ces mauvais conseillers qui avaient fait distribuer aux hémophiles des plaquettes de sang porteuses du sida.

Comme à son habitude, Lionel Jospin coupa la poire en deux : réduction de moitié de la différence de taxes diesel/essence. Aujourd’hui, le gouvernement Ayrault prend la suite des gouvernements de droite qui se sont succédés depuis 2002 : on laisse la fiscalité diesel en l’état.

Bilan de ces tergiversations : 15 000 morts par an, 41 000 comme "facteur aggravant" (du tabac par exemple : chiffres peut-être exagérés, mais en tout cas de l’ordre de grandeur des accidents de la route), écroulement de PSA, alors fleuron de l’automobile française, aujourd’hui accusé de fabriquer des voitures cancérigènes.

La pusillanimité du Parti socialiste ne date pas d’aujourd’hui

La pusillanimité du Parti socialiste ne date donc pas d’aujourd’hui, ses conséquences sont désastreuses. Les deux argument sont toujours les mêmes : les industries en place, si polluantes soient-elles, c’est des emplois ! Emplois mortels ? Tant pis. Et puis on ne va pas faire payer les ouvriers, obligés d’aller travailler avec leurs vieilles voitures au diesel.

Il faut sortir de ce piège. Les solutions existent pour les ménages les plus pauvres : chèques compensateurs, hausse des minima sociaux, etc. Mais voilà, les lobbies en place sont toujours plus puissants que les lobbies de l’avenir. On peut s’égosiller, démontrer au PS, études à l’appui, qu’il y a plus d’emplois à créer dans les transports en commun (y compris les autobus à gaz fabriqués par les mêmes firmes automobiles…), l’immobilisme bénéficiera toujours de la « prime au sortant ».

Mais il y a aussi un problème structurel de la sociale-démocratie. Pendant tout le 20e siècle, elle a su forger un compromis entre capital et travail, mais au détriment de l’environnement, du tiers monde et des générations futures. C’est ce compromis-là qu’elle ne parvient pas à dépasser, alors que sa faillite est au coeur de la crise actuelle. C’est la solution à cette impasse qu’étaient censés promouvoir les écologistes avec leur New Deal vert.

Car il ne suffit pas d’incriminer les socialistes (et à plus forte raison leurs alliés occasionnels, PCF, PRG et MRC, encore plus défensifs sur la question). Si Jospin « cédait » à moitié à la minuscule mais turbulente représentation verte dans sa majorité, Hollande peut se permettre d’ignorer les avis de ses deux ministres et des groupes parlementaires EÉLV, car, depuis un an, ceux-ci ont laissé passer tout et n’importe quoi : la règle d’or de l’équilibre budgétaire, le CICE (pacte de compétitivité pour les entreprises), etc.

Aujourd’hui, EELV se réveille, parce qu’un congrès est en vue

Même la fermeture des 6 réacteurs nucléaires et de la filière MOX, pourtant validée par Hollande en novembre 2011, n’est plus à l’ordre du jour. Et, quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites…

Aujourd’hui on nous rabat les oreilles avec la vertu préventive de l’exemple : « Il faut punir la Syrie, car sinon… » Mais les dirigeants d’Europe Écologie, avides d’obtenir, de garder ou de se préparer un poste en donnant des gages de « sagesse » au PS, ont oublié cet argument pendant trop longtemps. Aujourd’hui ils se réveillent, parce qu’un congrès est en vue. Faudra-t-il organiser un congrès d’Europe Ecologie tous les ans pour que le gouvernement Ayrault se souvienne de la santé de sa population ?

Le coup de gueule de Pascal Durand, samedi 15 septembre, aurait certes gagné à être… émis plus tôt. Problème de la goutte d’eau qui fait déborder le vase ? de la grenouille dans une casserole posée sur le feu ? Espérons qu’au moins il soit entendu en haut lieu.

L’exportation de bœuf vers le marché européen menace les Indiens du Paraguay Survival International Reporterre 2013/09/17 Survival International (17 septembre 2013) L’exportation de bœuf vers le marché européen menace les Indiens du Paraguay. Reporterre. fr

L’exportation de bœuf vers le marché européen menace les Indiens du Paraguay

Au Paraguay, une société brésilienne rase la forêt d’Indiens isolés et les en chassent, pour faire place à de l’élevage de bétail destiné au marché européen. Alors même que cette société adhère au Pacte Mondial des Nations-Unies destiné à inciter les entreprises à respecter les Droits de l’Homme. Les Nations-Unies ne bougent pas.

La forêt des Indiens isolés du Paraguay est en train d’être détruite pour faire place à l’élevage de bétail destiné au marché européen.

De nouvelles images satellite révèlent que la compagnie brésilienne Yaguarete Pora a rasé la forêt du territoire ancestral des Indiens ayoreo, au nord du Paraguay.

Les quelques Ayoreo qui vivent encore dans l’isolement sont constamment forcés de fuir devant les éleveurs de bétail qui ont accaparé une grande partie de leur territoire.

Yaguarete adhère au Pacte Mondial des Nations-Unies (voir le rapport de Yaguarete concernant son adhésion au Pacte Mondial (en espagnol)), une initiative destinée à inciter les entreprises à « aligner leurs opérations et leurs stratégies sur dix principes universellement acceptés touchant les droits de l’homme ».

Mais les activités de la compagnie mettent la vie des Ayoreo isolés en danger. Ceux-ci n’ont pas d’immunité face aux maladies extérieures et tout contact avec les employés de la compagnie pourrait leur être fatal.

Dans un récent rapport soumis aux Nations-Unies, Yaguarete révèle avoir déjà débuté l’élevage de bétail sur le territoire des Indiens isolés et qu’une partie de la production de viande est destinée à l’Europe. Cependant, son rapport ne fait aucune mention de la présence des Indiens isolés.

Enfants Ayoreo

Survival a écrit à la Commission européenne pour lui demander d’enquêter sur ses importations de viande bovine.

Dans le but d’apparaître socialement et environnementalement responsable, la compagnie a déclaré une partie de son domaine « réserve naturelle privée ». Mais cette terre est la propriété ancestrale des Ayoreo qui en revendiquent les titres fonciers depuis plus de 20 ans.

De nombreux Ayoreo qui ont déjà été chassés de leur forêt sont morts ces dernières années et beaucoup d’autres sont atteints de maladies chroniques.

Les forêts du Paraguay sont rapidement rasées pour y faire paître des bovins et produire de la viande destinée aux marchés européen, africain, russe et américain.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Yaguarete ignore de manière flagrante les principes auxquels elle a adhéré et les Nations-Unies semblent impuissantes à intervenir et ce n’est pas la première fois que la compagnie est prise sur le fait. Quand le Paraguay mettra-t-il fin aux agissements d’une compagnie étrangère qui menace l’existence-même des Indiens isolés, ses citoyens les plus vulnérables ? »

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Photo du chapô : Parojnai est l’un des nombreux Ayoreo morts de maladie suite au contact avec le monde extérieur.

Messieurs les élus, gaspillez des terres : construisez un golf ! Jeanne Sezanne (Reporterre) Reporterre 2013/09/18 Jeanne Sezanne (Reporterre) (18 septembre 2013) Messieurs les élus, gaspillez des terres : construisez un golf !. Reporterre. fr

Messieurs les élus, gaspillez des terres : construisez un golf !

Un colloque à Nantes - « capitale verte de l’Europe » - va expliquer comment faire encore plus de golfs. Reporterre a reçu l’invitation, et s’agace un tantinet...

Lettre à la Fédération française de golf

Madame,

Je suis scandalisée de voir que vous utilisez une liste de diffusion d’adresses mail que vous avez surement achetée, pour pousser la présence à un colloque qui incite à construire des golfs. Ces projets contribuent à la perte des espaces agricoles et naturels de France (champs, bois, paturages, prairies, zones humides). Les élus locaux n’ont pas besoin de plus d’incitation pour construire et bétonner, même avec un golf !

Je vous propose d’organiser plutôt un colloque sur les emplois et revenus générés par les espaces agricoles et naturels et leur exploitation durable !

C’est le quatrième courriel que je reçois pour ce colloque à Nantes dont je réprouve totalement l’objet. Je vous demande de ne plus m’en envoyer.

Et vous propose de réfléchir à mon idée de colloque à destinations des élus : « valorisez mieux vos espaces naturels et agricoles pour les préserver et enrichir votre commune »

Les associations de santé environnementale exclues de la Conférence sur l’environnement François Veillerette (Générations Futures) Reporterre 2013/09/18 François Veillerette (Générations Futures) (18 septembre 2013) Les associations de santé environnementale exclues de la Conférence sur l’environnement. Reporterre. fr

Les associations de santé environnementale exclues de la Conférence sur l’environnement

Alors que la Conférence Environnementale aura lieu les 20 et 21 septembre, le Rassemblement pour la Planète vient d’apprendre qu’il en est exclu. Ce collectif est le seul groupement d’associations spécialisées sur les questions de santé. Son exclusion souligne combien la question du lien entre santé et pollution est méprisé par les autorités.

Quatre anciens ministres de l’environnement (Yves Cochet, Corinne Lepage, Chantal Jouanno et Corinne Lepage - voir photo) se sont retrouvés, le 17 septembre, pour dénoncer l’exclusion du Rassemblement pour la planète de la Conférence environnementale. L’un de ses porte-parole expose les faits.

Le Rassemblement pour la Planète (RPP) est un réseau d’associations spécialisées né de la coopération de cinq ONG, Écologie Sans Frontières (ESF), Générations Futures, Réseau Environnement Santé (RES), Respire et Robin des Toits.

Ces associations ou réseaux travaillent sur des thèmes comme la pollution de l’air, les pesticides et les produits chimiques, les problématiques de santé environnementale générales, les ondes électromagnétiques… Le RPP s’est constitué en 2012 pour mettre la santé environnementale à l’ordre du jour de la Conférence environnementale et sociale, organisée par le ministère de l’Ecologie. Le RPP considère en effet que la santé environnementale doit être mise au cœur des politiques publiques pour répondre à la fois à la crise écologique et à la crise sociale.

En 2012 le RPP a ainsi pu prendre part à la première Conférence Environnementale en y siégeant sous l’étiquette ESF, association qui était membre du Comité national du développement durable et du Grenelle de l’Environnement (CNDDGE), instance chargée du débat national sur l’environnement créée sous le précédent gouvernement comprenant les cinq parties prenantes du Grenelle de l’Environnement (associations environnementales, syndicats, employeurs, élus locaux et État).

Le RPP a pu à cette occasion imposer une table ronde sur le thème ‘Environnement-santé’ dont le bilan a été mince faute d’une vision ambitieuse du ministère de la Santé sur cette question.

En juillet dernier, des membres du RPP siégeaient encore autour de la table au Ministère de l’Ecologie pour préparer la deuxième Conférence environnementale prévue les 20 et 21 septembre 2013. Pendant l’été nous participions au Groupe de suivi de la stratégie sur les perturbateurs endocriniens en cours de préparation. Début septembre, nous nous mettions en ordre de marche pour préparer les différentes tables rondes de cette deuxième Conférence environnementale.

Mais, ne voyant venir aucune convocation pour cette conférence, nous apprenions, en appelant le ministère le 10 septembre 2013, que le RPP ne faisait pas partie du Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE, instance succédant au CNDDGE), dont un décret publié le 16 août 2013 donnait les contours et deux arrêtés du 11 septembre 2013 la composition exacte. Dans ces conditions aucune participation à la conférence Environnementale n’était plus possible pour nous !

Cette éviction ‘en douce’ du CNTE et de la conférence environnementale des associations du RPP nous a révolté. Pour des raisons de forme d’abord. Comment peut-on écarter sans même les prévenir des associations reconnues dont ESF, association à l’origine du Grenelle de l’Environnement ?

Sur le fond, ensuite : comment écarter du CNTE et de la Conférence environnementale les principales associations oeuvrant dans le domaine de la santé environnementale alors que les Français placent clairement les liens entre santé et environnement en tête de leurs préoccupations environnementales) … et que Philippe Martin lui-même a mis ce sujet en avant dans son intervention durant les dernières journées d’été d’EELV ?

Aujourd’hui les ONG du RPP demandent au Ministre de l’Ecologie de revenir sur cette décision en incluant le RPP officiellement dans le CNTE et en mettant clairement au centre de ses préoccupations la santé environnementale : il faut en programmer une table ronde spécifique avec ses collègues de la Santé et de l’Agriculture et… avec les ONG travaillant sur ce thème !

Vinci : le bétonneur de Notre Dame des Landes sévit à travers le monde Nicolas La Casinière Reporterre 2013/09/18 Nicolas La Casinière (18 septembre 2013) Vinci : le bétonneur de Notre Dame des Landes sévit à travers le monde. Reporterre. Tribune — fr

Vinci : le bétonneur de Notre Dame des Landes sévit à travers le monde

Peu connu jusqu’à ce que la rébellion de Notre Dame des Landes le mette en lumière, le groupe Vinci est une multinationale comptant plus de deux mille filiales. Un livre retrace l’histoire et l’activité du n° 3 mondial du BTP.

Vinci ne s’attendait pas à une telle notoriété spontanée dans le bocage. A Notre Dame des Landes, le refus d’un aéroport - pour l’heure enlisé - s’est étendu aux grands chantiers inutiles, tout en portant sous les regards et les bombes à peinture le nom de Vinci. "Et son monde", disent les zadistes et les tritons des zones humides.

Mais Vinci, c’est qui ? S’il n’y a rien de Léonard dans ce géant transnational champion du CAC 40, la machine à profits brasse beaucoup d’oligarchie, un peu de qatari, et de la stratégie. Pinocchio lavant le béton plus vert que vrai. Une utilisation discrète mais efficace de la précarité, des sans papiers aux déchus par la crise...

Face à la responsabilité sociale de l’entreprise claironnée par les patrons de Vinci, mon petit livre dévoile le greenwashing, l’exploitation des salariés au ras du bitume, la mise en danger des ouvriers des route, le rôle des fondations pour l’image, la défiscalisation mais aussi le recrutement d’une main d’œuvre pas si facile à séduire, en puisant dans les associations d’insertion que Vinci subventionne...

La critique ultra libérale de l’Etat n’empêche pas s’en faire un client, grâce aux juteux partenariats public-privé, profitant du retrait de la puissance publique et d’un système qui instaure en système le pillage des usagers et des citoyens. C’est tout ça, Vinci.

Peu connu, né en 2000 seulement, ce numéro 3 du BTP mondial incarne une forme de capitalisme moderne. Mastodonte ? Oui et non. Le groupe joue la carte du géant international et se présente souvent comme un "réseau", et assemble une constellation de quelque 2 250 filiales, de toutes petites entreprises sans la moindre présence syndicale, et de plus grosses structures comme Eurovia, qui étale le bitume des routes, ou Sogea qui coule du béton jusqu’au sarcophage de Tchernobyl.

Vinci et son monde ? Des stationnements à péage, des autoroutes, des ponts payants, des aéroports au Cambodge, au Portugal, en France. Bientôt des TGV. D’autres chantiers sont plus célèbres, comme l’autoroute qui éventre la forêt de Khimki jouxtant Moscou. En juillet dernier, trois ONG, Sherpa, Russie-Libertés et Bankwatch network, ont déposé plainte en France pour « corruption d’agents publics étrangers » contre le géant du BTP, soupçonnant un appel d’offres truqué sur fond avec la complicité des politiques et des oligarques russes. Eaux troubles.

Jusqu’ici, pour connaître l’histoire des sociétés du groupe, on n’avait qu’une gros pavé publié en 2003 par l’entreprise elle-même, La trace des bâtisseurs, genre beau livre hagiographique à refiler à ses clients. Le passé trouble des entreprises qui composeront le groupe Vinci en 2000 y était quasiment passé à la trappe. Pas de trace des accusations de prédateur de guerre pendant la Première Guerre mondiale, discrète évocation des contrats de collaboration avec les Nazis pendant l’Occupation, vite évoqués comme des "épreuves surmontées". Les vérités sont moins avouables.

- Nicolas La Casinière raconte les secrets de Vinci dans : Les prédateurs du béton. Enquête sur la multinationale Vinci, éd. Libertalia, 160 p., 8€.

Un million de citoyens pour changer l’Europe L’Age de faire Reporterre 2013/09/18 L’Age de faire (18 septembre 2013) Un million de citoyens pour changer l’Europe. Reporterre. fr

Un million de citoyens pour changer l’Europe

L’Initiative citoyenne européenne est un dispositif permettant aux citoyens de peser directement sur la Commission de Bruxelles pour changer ou créer la loi. Il faut être... un million. Mais cela n’est pas impossible à atteindre : l’initiative pour l’eau a passé le seuil.

Un sujet vous tient à cœur et vous voulez le mettre à l’agenda de la politique européenne par le biais d’une Initiative citoyenne européenne (ICE) ? Rédigez un texte suffisamment clair qui « invite » la Commission européenne (le gouvernement européen) à agir, dans un domaine de sa compétence (par exemple l’environnement).

Constituez un « comité de citoyens », chargé de déposer le texte devant la Commission. Ce comité doit être composé de sept personnes (dont vous) de nationalités européennes différentes.

Déposez votre texte et faites valider la composition du comité des citoyens par la Commission.

Vous avez alors un an pour recueillir un million de signatures de soutien, dans au moins sept pays différents, sur papier ou par internet. Si l’objectif est atteint, la Commission devra répondre publiquement et officiellement à l’invitation. Elle devra adopter « une réponse officielle dans laquelle elle présentera éventuellement l’action qu’elle propose en réponse à l’initiative, ainsi que les raisons motivant l’adoption ou non d’une action », indique le site internet dédié à l’ICE. En clair, si elle ne présente pas de proposition de loi (directive ou règlement), elle doit expliquer publiquement pourquoi.

Actuellement, 17 ICE sont en cours de collecte. Seule l’initiative « L’eau et l’assainissement sont un droit humain ! » a recueilli le million de signatures (et les planchers par pays) nécessaire pour obliger la Commission à se positionner. Parmi les autres ICE en cours, citons celle visant à interdire l’incinération des déchets, celle visant à interdire la vivisection (elle a recueilli 556 000 signatures et a jusqu’au 1er novembre pour atteindre le million) ; celle voulant encourager la mise en place d’un revenu de base inconditionnel ; celle visant à limiter la vitesse en ville à 30 km/h, ou encore celle voulant faire reconnaître les crimes environnementaux.

Le site internet de la Commission européenne dédié à l’ICE, très clair, répertorie l’ensemble des projets, et les propose en lien. Il y a un site internet par ICE, qui propose à son tour un lien pour signer la « pétition » de manière sécurisée. La procédure de souscription est très rapide, il suffit de se munir d’une pièce d’identité. Vous n’avez pas internet ? Rapprochez-vous de votre voisin… car ce sont les organisateurs des ICE qui pourront éventuellement vous envoyer un formulaire papier. Et les contacts des organisateurs se trouvent sur internet, à partir du site de la Commission.

Système U visé par une campagne contre les oeufs de poules en batterie L214 Reporterre 2013/09/18 L214 (18 septembre 2013) Système U visé par une campagne contre les oeufs de poules en batterie. Reporterre. fr

Système U visé par une campagne contre les oeufs de poules en batterie

Le distributeur Système U prétend ne plus distribuer les « substances qui font polémique ». Mais il continue à vendre des oeufs pondus par des poules en batterie industrielle, alors que d’autres distributeurs ne le font plus. Une campagne est lancé ce mercredi contre la chaine de magasins.

L’association L214 lance une nouvelle campagne pour demander aux supermarchés du groupe Système U de retirer les œufs de batterie de leurs rayons. Après avoir mené une campagne victorieuse face à l’enseigne Monoprix, L214 a décidé de prendre au mot Serge Papin, PDG de Système U, qui a annoncé sa volonté « de supprimer toutes les substances qui font polémique » [1] pour les produits portant la marque U.

Après plusieurs échanges infructueux avec l’enseigne, L214 a décidé d’aller à la rencontre des clients de Système U, devant les magasins, pour les informer des conditions déplorables dans lesquelles vivent les poules pondeuses élevées en cages.

Lancement de la campagne :

• Mercredi 18 septembre de 16h à 18h, devant le U Express, 67 Rue de Montorgueil, Paris 2e.

Secouez Super U !

Un site Internet original Secouez-Super-U.com, support d’une pétition lancée ce mercredi, est destiné à recueillir la voix des consommateurs qui soutiennent la demande de L214.

Dans les semaines à venir, des actions seront programmées devant plusieurs magasins de l’enseigne dans différentes villes en France.

Qu’est-ce que l’élevage en batterie ?

L’élevage en batterie des poules pondeuses est une des pires formes d’élevage du point de vue de l’éthique animale. Les poules y sont enfermées sans accès à l’extérieur, sans pouvoir gratter le sol, faire des nids ou étendre les ailes aisément. La densité d’élevage à l’intérieur des cages est d’une poule par feuille A4. Elles peuvent être jusqu’à 200 000 entassées dans des bâtiments aveugles. Un accès au plein air permet indéniablement aux poules d’exprimer une plus grande gamme de comportements.

- En savoir plus sur l’élevage des poules pondeuses.

Décodez les oeufs

Plusieurs modes d’élevage cohabitent aujourd’hui en France. L’élevage en cages est celui qui est encore le plus largement pratiqué. Il représente les trois-quarts de la production. Les oeufs issus de ce type d’élevage sont marqués par le code 3 (le marquage des oeufs est obligatoire depuis janvier 2004).

L’élevage alternatif se partage en trois : l’élevage au sol (code 2), l’élevage plein air (code 1) et l’élevage bio (code 0). Seuls les élevages plein air et bio permettent aux poules l’accès à l’extérieur.

- En savoir plus sur le code marqué sur les oeufs.

En Europe même des enseignes discount ont renoncé aux œufs en batterie

En Europe, une multitude d’enseignes, y compris des chaînes discount, ont retiré les œufs de batterie de leurs linéaires, il est grand temps que Système U s’inspire de leur exemple. Des enseignes internationales, comme Unilever, McDonalds, Subway bannissent les œufs de poules élevées en batterie. En Allemagne, 95% des oeufs vendus dans les GMS proviennent d’élevages alternatifs ! En France, la campagne 2009 de L214 a convaincu le groupe Novotel à faire de même et la campagne 2012 a amené Monoprix à renoncer aux oeufs de batterie pour sa propre marque.

→ Les enseignes européennes qui s’engagent.

Petit manuel de la transition Attac France Reporterre 2013/09/18 Attac France (18 septembre 2013) Petit manuel de la transition. Reporterre. fr

Petit manuel de la transition

L’Europe est au bord du gouffre et la planète ne va guère mieux. Licenciements, montée du chômage et de la pauvreté, austérité, spéculation, pollutions, dérèglement du climat, démocratie en berne… le néolibéralisme va de crise en catastrophe.

Il est grand temps de bifurquer ! De rompre résolument avec ce capitalisme débridé, intrinsèquement inégalitaire et productiviste. D’engager la transition écologique et sociale. De remettre la démocratie au poste de commande.

Dans ce Petit manuel de la transition, publié aux éditions Les liens qui libèrent, Attac met en débat une multitude de solutions concrètes pour changer de modèle et propose :

- une cible : l’hégémonie de la finance ; - un objectif qui est aussi un instrument : la prise de pouvoir des citoyens sur leur vie ; - une méthode : la construction de convergences entre les mouvements sociaux, du local au global.

Les propositions présentées dans ce nouvel opus s’inscrivent dans un choix de société qui pose les bases d’une véritable émancipation humaine. Du local au global, à court terme ou à plus long terme, elles s’articulent autour de six grands thèmes : mettre au pas la finance ; refuser la menace de la dette, l’austérité et la compétitivité ; engager la transition écologique ; relocaliser ! ; aller vers la justice sociale et l’égalité réelle ; en finir avec l’oligarchie, étendre et approfondir la démocratie.

- Petit manuel de la transition, Editions Les liens qui libèrent, sortie en librairie : septembre 2013, 96 pages, 6 €.

En Lozère, l’impact paysager de l’éolien industriel est caché aux habitants Collectif Terre de Peyre Reporterre 2013/09/19 Collectif Terre de Peyre (19 septembre 2013) En Lozère, l’impact paysager de l’éolien industriel est caché aux habitants. Reporterre. fr

En Lozère, l’impact paysager de l’éolien industriel est caché aux habitants

A La Villedieu, en Lozère, une enquête publique sur un projet éolien industriel est en cours. Mais celle-ci est parcellaire et « oublie » de montrer l’impact qu’aura cette installation de grande envergure sur le paysage. Les citoyens s’en chargent.

Une enquête publique sur le projet éolien du village de La Villedieu (Lozère), est actuellement en cours, le dossier du projet est consultable en mairie de La Villedieu, et dans toutes les communes limitrophes. Vous pouvez même rencontrer le commissaire enquêteur, les jours indiqués dans l’arrêté d’ouverture (aller voir dans la ligne La Villedieu).

Nous pensons que vous pouvez aller dire au commissaire que l’on prend les habitants pour des demeurés ; nous avons consulté les documents du projet, il n’y a aucun photomontage montrant les impacts sur le village de la Villedieu.

Nous avons donc pris sur le dossier à l’enquête des clichés numériques permettant de vous mettre à disposition le document suivant, qui est un extrait de l’étude d’impact ; l’étude d’impact veut faire croire qu’il n’y a pas d’impact sur La Villedieu, donc on montre un bâtiment agricole, avec un angle de vue qui veut nous montrer que l’on ne verra pas les éoliennes depuis le village.

L’association des Robins de la Margeride, devant ce manque flagrant de clarté, pour ne pas dire un dossier volontairement manipulé, a réalisé un photomontage, à partir de données numériques altimétriques (un travail techniquement professionnel). Voir la photo ci-dessus.

Il faut savoir qu’un photomontage atténue la réalité du projet ; la réalité du projet sur le terrain sera tout autre, mais une fois construit ce sera trop tard.

Sur ce photomontage vous avez le groupe des 9 éoliennes de 126 mètres de haut de La Villedieu, et il a été mis sur la droite, l’amorce du projet éolien sur Estables. Sur les crêtes il y aura bientôt plus d’éoliennes que d’habitants à La Villedieu ; et vu les impacts socio-économiques, il n’y aura à terme que des éoliennes, et plus d’habitants sur la haute Margeride, déja en voie de désertification.

Pour vérifier techniquement les impacts, il suffit de se procurer la carte au 1/25000 IGN (Saint Amans n°2637E série bleue) ; c’est la carte des randonneurs disponible dans toutes les librairies de la Lozère. Vous prenez une feuille blanche, une règle à échelle, et vous faites une coupe (la croix de Pitot- la villedieu- le projet), c’est du niveau d’un élève de 6e, et vous verrez que le village sera complètement dominé par les éoliennes industrielles, et que le projet se verra de partout aux alentours du village, les éoliennes étant perçues sur toute leur hauteur.

Bien entendu l’étude d’impact ne comporte aucune coupe sur le secteur du village, pour occulter les impacts visuels et paysagers inacceptables de ce projet éolien industriel.

Mais bien entendu, il y a plus de 200 pages de dossier à lire, avec des redites, du discours pro-éolien, et dans le cas des impacts paysagers sur La Villedieu, de la mauvaise foi, pour faire croire que c’est un bon projet qui va sauver la planète.

Notre Lozère a bien besoin d’un sursaut démocratique et éclairé. Elle a besoin que vous vous déplaciez, ou que vous écriviez au commissaire enquêteur, pour faire part d’un avis défavorable motivé sur ce très mauvais projet.

L’enquête publique se termine le 2 octobre 2013.

Et si l’on habitait dans une serre ? Olivier Darmon Reporterre 2013/09/19 Olivier Darmon (19 septembre 2013) Et si l’on habitait dans une serre ?. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

Et si l’on habitait dans une serre ?

Transformer des serres horticoles en habitat humain ne semble plus incongru pour bon nombre d’architectes qui se penchent sur la question. Car c’est un logement écologique, élaboré pour créer des microclimats, et abordable dans sa réalisation, permettant ainsi de construire des logements sociaux plus grands au même prix.

Associer une serre et habitat, l’idée n’est pas aussi saugrenue qu’on pourrait l’imaginer, à condition de la mettre en œuvre convenablement. Apparu au cours des années 1960 comme solution technique des premières expériences de maisons solaires, l’usage de la serre dans l’habitat a suscité depuis l’intérêt d’architectes soucieux d’expérimenter des alternatives à la maison standard, la boîte sous toiture à deux pentes dont la conception se résume davantage à l’application du minima des normes de surface et d’ensoleillement en vigueur qu’à la prise en compte des besoins de leurs occupants.

Ces réalisations traduisent deux types d’approches :

- Le détournement d’un bâtiment de production horticole dans des opérations de construction neuve ou d’extension.

- La création d’une structure ayant les mêmes caractéristiques que celle d’une serre, mais dont la volumétrie s’adapte spécifiquement au projet.

Quelle que soit la configuration retenue, la serre fonctionne comme un élément complémentaire à associer à l’habitation - volume isolé et chauffé offrant tout le confort attendu d’une maison - construite dans la serre ou accolée à celle-ci.

L’association de ces deux espaces différents accroît efficacement la surface du logement de manière économique et génère plusieurs qualités.

Un confort hors standard en relation avec le climat. Le procédé prolonge l’habitation d’un volume généreux et d’une surface additionnelle importante : un espace lumineux protégé utilisable en fonction du climat, soit, en France, 9 à 10 mois par an. Il s’agit durant cette période de « grandes maisons », disposant en moyenne de 60 m2 à 150 m2 de surface additionnelle en regard de la maison individuelle standard.

Une nouvelle manière d’habiter. La pièce de vie principale (et autres pièces selon la configuration des projets) a ainsi la capacité de se déployer au delà de l’espace chauffé, ce qui lui fait jouer un rôle de jardin d’hiver pour lire, déjeuner, dîner, ou farniente. Cet espace sous serre est susceptible de satisfaire de nombreux autres usages : travailler, jardiner, bricoler, jouer, dormir « dedans-dehors » et tout ce que le mode de vie de ses habitants décidera. Il apporte ainsi à l’habitation une flexibilité inédite en autorisant selon le climat et les besoins un « nomadisme » dans la maison, ce que ne permet pas un logement figé dans son nombre fini de pièces attribuées.

14 maisons mitoyennes à Mulhouse : chacune bénéficie d’un jardin d’hiver sous serre à l’étage. Architectes : Lacaton &Vassal.

En créant un espace tampon entre l’extérieur et l’espace chauffé, le procédé assure un comportement bioclimatique. La serre, dépourvue d’inertie, monte très rapidement en température dès lors que le temps est ensoleillé. Cette chaleur s’utilise en hiver comme source d’apport thermique passif par l’ouverture des baies avec lesquelles l’habitation communique.

En saison chaude, la maison profite des dispositifs de ventilation naturelle et de protection mis au point par les fabricants de serres professionnelles : voiles d’ombrage, rideaux thermiques, ouvertures en toiture et en parois verticales : des équipements simples, peu onéreux, ne nécessitant pas de maintenance particulière et à cet égard plus durables que les systèmes de ventilation mécanique sophistiqués employés dans les maisons basse consommation.

Des logements sociaux plus grands

D’abord expérimenté dans le secteur de l’habitat individuel, le recours à la serre tend désormais à se développer dans les opérations de logements collectifs avec une efficacité tout aussi remarquable. En témoigne les 14 maisons en bande réalisées à Mulhouse par l’agence d’architecture Lacaton & Vassal, des logements sociaux qui pulvérisent les normes de surfaces du secteur en proposant - à montants de loyers similaires - des T3 de 128 m2 (au lieu des 70 m2 courants) et des T4 de 175 m2 (au lieu de 80 m2).

En octobre, paraît un livre, écrit par Olivier Darmon, qui traite de cette nouvelle forme d’habitation :

- Archi pas chère – Serre et habitat, Olivier Darmon, 144 pages, 15,90 €, Editions Ouest-France

50 % : le chiffre clé qui effraie François Hollande Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/19 Hervé Kempf (Reporterre) (19 septembre 2013) 50 % : le chiffre clé qui effraie François Hollande. Reporterre. fr

50 % : le chiffre clé qui effraie François Hollande

Le président de la République ouvrira vendredi matin la Conférence environnementale. Annoncera-t-il que la France se fixe comme objectif de réduire de 50 % sa consommation d’énergie à l’horizon 2050 ? C’est le seul véritable enjeu de la conférence. François Hollande y a réfléchi mercredi avec des experts de l’énergie, révèle Reporterre.

La deuxième Conférence environnementale organisée par le gouvernement se déroulera vendredi et samedi. Le président de la République aura fort à faire pour convaincre ses auditeurs, lors de son discours d’ouverture vendredi matin qu’il maintient un cap ferme sur « la transition écologique ».

Son gouvernement enchaine en effet les reculades : loi sur la transition écologique repoussée à 2014, permis d’exploration de gaz et de pétrole de schiste accordés, taxe diesel repoussée, incapacité à engager la fermeture de Fessenheim, abandon de mesures fortes sur l’obsolescence programmée, limogeage brutal de Delphine Batho sous la pression des lobbies, volonté maintenue de réaliser l’aéroport de Notre Dame des Landes, assouplissement prévu des règles environnementales sur l’élevage porcin, rejet des associations d’environnement-santé de la conférence, on en oublie.

Par quel moyen le président de la République pourrait-il faire oublier ce bilan ? Par un mot fort, un engagement symbolique lancé solennellement et projetant vers l’avenir.

Lequel ? Celui sur lequel s’est focalisé le Débat national sur la transition écologique, cet exercice compliqué qui s’est déroulé tout au long du premier semestre 2013 et qui a mis à jour les contradictions fondamentales de la politique majeure. Parmi celles-ci, énoncées dans le document de conclusion du Débat, un point central, celui qui fait le partage entre les conservateurs et les écologistes : la diminution programmée de 50 % de la consommation d’énergie à l’horizon 2050.

Il est utile de relire comment s’énonçait ce clivage. Le débat a produit plusieurs scénarios de prévision. Les scénarios qui intègrent la nécessité de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre impliquent « une réduction de 50 % de la consommation énergétique finale à échéance 2050 (par rapport à la consommation constatée en 2012) ».

Mais tout le monde n’est pas d’accord, rapporte le document de conclusion du Débat :

« Il y a débat sur la nécessité et la capacité de réduire aussi fortement la demande. Certains acteurs, dont une majorité de territoires, considèrent que cet objectif est incontournable (un tel scénario a d’ores et déjà fait l’objet d’un consensus entre tous les acteurs en Pays de Loire). D’autres le considèrent excessif car contraire à la compétitivité à court terme. Ils proposent de le ramener à un rythme moins élevé, avec une réduction minimale de - 20% à 2050, en maintenant donc une consommation d’énergies fossiles plus élevée mais en recourant dès que possible, quand elles seront disponibles, aux nouvelles technologies nécessaires, notamment aux techniques de captage et séquestration de CO2. »

En résumé : soit on s’engage dans une politique forte d’économies d’énergie et d’énergies nouvelles, soit on continue une politique de production, développant le gaz de schiste et le nucléaire.

Une réunion à l’Elysée pour préparer la Conférence environnementale

Ce clivage est très clair dans l’esprit du président. Il en a discuté attentivement, mercredi 18 septembre, en rencontrant à l’Elysée les membres du comité de pilotage du Débat. Etaient ainsi présents Laurence Tubiana, Michel Rollier, Bruno Rebelle, Thierry Wahl, Jean Jouzel et Alain Grandjean. De l’autre côté de la table, François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Philippe Martin, et quelques conseillers.

Une réunion à l’Elysée

Les visiteurs ont rappelé les principaux axes du débat, relevant qu’il y avait eu 271 points d’accord et 11 divergences, soulignant aussi, par la voix Michel Rollier, ancien dirigeant de Michelin, que de nombreuses entreprises sont favorables à la transition énergétique, dans laquelle elles voient un atout économique.

L’enjeu de la réduction de 50 % de la consommation énergétique est revenu plusieurs fois dans la discussion, le climatologue Jean Jouzel rappelant notamment que ce chiffre est cohérent avec l’objectif, inscrit dans la loi de 2005 sur l’énergie :

En effet, la loi du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique souligne que « la lutte contre le changement climatique est une priorité de la politique énergétique qui vise à diminuer de 3 % par an en moyenne les émissions de gaz à effet de serre de la France ». « En outre, cette lutte devant être conduite par l’ensemble des États, la France soutient la définition d’un objectif de division par deux des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050, ce qui nécessite, compte tenu des différences de consommation entre pays, une division par quatre ou cinq de ces émissions pour les pays développés ».

Alors, vendredi 20 septembre, François Hollande marquera-t-il les esprits en annonçant le nouvel objectif de la France : réduire de 50 % la consommation d’énergie en 2050 ? Ou cédera-t-il à ceux qui, comme Jean-Marc Ayrault, lui conseillent "la prudence" ?

C’est le seul véritable enjeu de la Conférence environnementale.

Gaz de schiste : le gouvernement est incohérent Maxime Combes Reporterre 2013/09/19 Maxime Combes (19 septembre 2013) Gaz de schiste : le gouvernement est incohérent. Reporterre. Tribune — fr

Gaz de schiste : le gouvernement est incohérent

François Hollande avait promis qu’il n’y aurait pas « pas d’exploration de gaz de schiste en France ». Pourtant le gouvernement délivre de nouveaux permis, en prolonge des anciens, encourage Total et bloque la transition. Face à cette incohérence, imposons nos solutions alternatives.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le gouvernement français vient de délivrer deux nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux en Alsace [1] et Lorraine [2]. La délivrance de ces nouveaux permis marque clairement la reprise de l’instruction des demandes d’octroi, de prolongation ou de mutation de permis d’hydrocarbures, comme l’avait promis Arnaud Montebourg le 9 juillet dernier à la fin de son audition par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale.

Le ministre évoquait plusieurs dizaines de permis. Alors que la réforme du code minier n’a toujours pas été présentée au Parlement et que le Conseil Constitutionnel pourrait prochainement retoquer la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, ces annonces sonnent comme de nouveaux gages délivrés aux industriels.

Les incohérences gouvernementales se multiplient. Ainsi le permis Bleue Lorraine Sud, expiré depuis presque deux ans [3] et clairement identifié [4] comme un permis de recherche d’hydrocarbures non conventionnels nécessitant l’utilisation de la fracturation hydraulique, est toujours mentionné sur le site du ministère et pourrait bien être prolongé officiellement dans les semaines à venir. D’autres permis se trouvent dans la même situation (Soufflenheim, etc.).

Des incohérences qui ont amené les collectifs contre les gaz et pétrole de schiste à exiger du gouvernement et de son ministre de l’Ecologie de « trouver au plus tôt des réponses juridiques stables et pérennes visant à rejeter définitivement ces demandes pendantes depuis plusieurs années » et de « ne signer aucun arrêté » concernant les permis existants ou en demande. Lettre que l’annonce des deux nouveaux permis vient fouler aux pieds. Une cyberaction est en cours.

Par ailleurs, plutôt que d’agir pour stopper les explorations de nouvelles énergies fossiles et de laisser la majorité des réserves d’énergies fossiles dans le sol comme le nécessite une véritable transition énergétique, le gouvernement encourage le développement de l’exploitation de nouvelles énergies fossiles comme les gaz de couche.

Selon la coordination nationale des collectifs citoyens, « contrairement aux gaz de mine, dont l’extraction consiste à récupérer le méthane circulant dans les galeries des anciennes mines de charbon, le gaz de couche requiert, pour son exploitation, les mêmes techniques extrêmes que les gaz et pétrole de schiste » afin que ce soit rentable.

Cible de plusieurs permis délivrés par l’Etat, notamment les permis Sud-Midi, Valenciennois et Nord-Cambrai dans le Nord-Pas-de-Calais, le gaz de couche est subventionné par le Conseil Régional de Lorraine et par la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité) qui est prélevée sur les factures des usagers et censée être consacrée aux énergies renouvelables ! Une pétition d’alerte citoyenne est en ligne.

Les entreprises de prospection pétrolière et gazière utilisent ces incohérences et flottements gouvernementaux pour renforcer leurs positions et noyer le poisson. Ainsi, dans le bassin d’Alès, Mouvoil souhaite réaliser des travaux d’exploration géosismique dans la région alors qu’elle prospecte des hydrocarbures de roche-mère, notamment des huiles lourdes. L’entreprise se défend de vouloir utiliser la fracturation hydraulique alors que l’usage d’une grande quantité d’eau sous pression est absolument nécessaire pour exploiter de tels hydrocarbures comme le démontre cet excellent rapport scientifique.

A Jouarre en Seine-et-Marne, c’est Hess Oil, détentrice d’un permis d’exploration qui vient d’entreprendre des forages malgré l’opposition des riverains et les multiples mobilisations citoyennes. Au Nord-Est du Béarn, sur sa concession de Vic-Bilh, Vermilion vient d’achever une campagne sismique d’exploration du sous-sol, y compris au delà des 3000 mètres de profondeur où l’on trouve les roches-mères et les hydrocarbures de schiste. Pour ce leader de l’exploitation pétrolière dans l’hexagone, qui reconnaît avoir « effectivement recouru dix-sept fois » à la fracturation hydraulique en France, « dont quinze pour optimiser les rendements des gisements conventionnels », il n’y a là rien que de très normal.

Même s’il ne semble pas que la fracturation hydraulique ait été utilisée sur le territoire hexagonal depuis la loi du 13 juillet 2011, l’engagement de François Hollande prononcé lors de son allocution du 14 juillet 2013 selon lequel « il n’y aurait pas d’exploration de gaz de schiste en France » est bafoué. Les entreprises prospectent et se positionnent sur des permis en cours de validité ou des demandes de permis. Et nos champions de l’énergie, tels que GDF-Suez et Total utilisent largement les instruments de la diplomatie française pour se positionner à l’étranger.

Alors que GDF Suez prévoit d’exporter du gaz de schiste provenant des Etats-Unis sans que cela n’émeuve personne, Total a pu se positionner en Argentine, aux Etats-Unis ou en Chine, sans être inquiété. Comme si le gaz de schiste exploité dans ces pays par une multinationale siégeant en France pouvait être moins problématique qu’une exploitation en France. Au point que les investisseurs français, parmi lesquels Total et la peu connue mais très puissante [5] multinationale Vallourec, seraient les troisièmes investisseurs dans le gaz de schiste américain.

A ces incohérences gouvernementales-là s’ajoute une longue liste de décisions allant à l’encontre de toute transition énergétique. Ainsi, des fonds publics français financent toujours les énergies fossiles, leur développement, Total ne paie toujours pas suffisamment d’impôts en France, la taxe poids lourds a été une nouvelle fois repoussée, le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes n’est toujours pas abandonné, le gouvernement s’oriente vers une fiscalité écologique au rabais injuste et inefficace, les objectifs de réduction d’émission de gaz à effets de serre en France et en Europe sont largement insuffisants, le gouvernement promeut un accord UE - Etats-Unis foncièrement contraire à une véritable transition écologique, etc.

Il est donc grand temps d’imposer d’autres politiques publiques et de mettre en œuvre les solutions et expériences alternatives expérimentées dans de nombreux territoires afin de changer de paradigme.

C’est la raison pour laquelle plus de 50 organisations de la société civile, dont Attac France, appellent à rejoindre Alternatiba, village des alternatives qui va réunir plus de 10 000 personnes les 5 et 6 octobre prochains à Bayonne (Pays Basque).

Cette excellente initiative, lancée par Bizi !, « mettra en lumière les alternatives et solutions des peuples, ancrées sur les territoires et visant à transformer le système pour faire face au changement climatique et à la crise énergétique ». Le gouvernement et l’ensemble des partis politiques devraient s’en inspirer pour abandonner les incertitudes, incohérences et contradictions actuelles. Pour « changer le système, pas le climat » !

Journée internationale de mobilisation contre la fracturation hydraulique et l’extractivisme : 19 Octobre, dans plusieurs villes en France

Notes

1- Les entreprises Bluebach Ressources et Geopetrol ont obtenu un permis de 4 ans couvrant une zone de 328 km2 dans le secteur de Seebach.

2- L’entreprise Terre a obtenu un permis de 3 ans et couvre une surface de 20 km2 dans la zone de Forcelles (Meurthe-et-Moselle).

3- Il a été octroyé pour 5 ans le 7 décembre 2006. La demande de prolongation a été reçue le 5 août 2011. Elle devrait être rejetée puisqu’au-delà d’un délai de 15 mois, le silence de l’administration vaut rejet implicite.

4- Par le rapport parlementaire publié le 4 mai 2011.

5- Pour expliquer son éviction du gouvernement, l’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho cible clairement le lobbying des dirigeants de Vallourec.

Important : ce texte doit énormément aux suivi, décryptage et diffusion d’informations provenant des collectifs contre les gaz et pétrole de schiste, sans lesquels il n’aurait été possible de l’écrire. Un immense merci à elles et eux ! Mais bien-entendu, ce texte, ses imperfections et ses éventuelles erreurs n’engagent que son auteur.

La biodiversité ? Reporterre 2013/09/19 (19 septembre 2013) La biodiversité ?. Reporterre. fr

La biodiversité ?

Besoin de comprendre ? Envie d’agir ? Oubliez les discours fatalistes et faites-vous votre opinion sur la biodiversité, une question incontournable pour l’humanité au XXIe siècle : • Depuis quand l’Homme modifie-t-il la nature ? Peut-il aussi créer de la biodiversité ? Et la ville, est-elle vraiment toujours l’ennemi de la nature ? • Quels sont les pays qui empruntent le plus à la nature ? Et quand on parle de « crise du vivant », est-ce une crise pour la nature ou bien pour l’Homme ? • Médicaments, alimentation, climat : quels services nous rend la biodiversité ? Peut-on évaluer leur prix ? • Agriculture et biodiversité peuvent-ils faire bon ménage ? Comment choisir les espèces à protéger ? De quelle façon les protéger ?

Découvrez les réponses à ces questions et à bien d’autres encore grâce à des doubles pages résolument graphiques et faciles à lire. Décryptez sans parti-pris les débats et la diversité des opinions grâce à des interviews d’experts et de personnalités de premier plan.

Lise Barnéoud, journaliste scientifique chevronnée. Elle a mené son investigation directement auprès des spécialistes du sujet. Préface de Bernard Chevassus-au-Louis, directeur de recherche à l’Inra, ancien directeur du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).

- Biodiversité ? Comprendre vite et mieux, Lise Barneoud, éd. Belin, 80 p., nombreuses photos et infographies, 19 €.

Le Ravi a besoin d’aide Le Ravi Reporterre 2013/09/19 Le Ravi (19 septembre 2013) Le Ravi a besoin d’aide. Reporterre. fr

Le Ravi a besoin d’aide

A Marseille, le journal Le Ravi se bat pour poursuivre son travail d’information. Avec le soutien de Reporterre et de nombreux autres médias indépendants.

Haut les mains pour le Ravi !

Le Ravi fête son dixième anniversaire et ça risque d’être le dernier.

Lecteur, admirateur, ami, ennemi,

Le mensuel régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui ne baisse jamais les bras, comme le santon qui a inspiré son nom, a de sérieuses crampes. En clair, pour qu’il y ait à nouveau un Ravi dans la crèche à Noël, il nous faut réunir 30 000 euros dans les 3 prochains mois. Mais si on récolte 11 millions comme l’UMP, on rempile pour au moins 50 ans !

Les causes de nos difficultés sont banalement multiples : une banque plus pointilleuse sur les découverts, un système de diffusion de la presse qui implose, des institutions pas toujours empressées de défendre le pluralisme, des aides à l’emploi non renouvelées, un élu qui nous attaque en diffamation…

Et puis nous peinons toujours à convaincre suffisamment de lecteurs, habitués à la gratuité et souvent eux-mêmes soumis aux restrictions budgétaires, que la presse et son indépendance ont un coût.

La disparition ou l’avenir du Ravi est une fois de plus entre vos mains : c’est une excellente nouvelle ! Ce journal est le vôtre. C’est avec vous que nous pouvons continuer d’améliorer son contenu et sa diffusion. Les journaux font, c’est un classique, appel à leurs lecteurs : la ritournelle est inévitable, puisque la presse n’est jamais rentable.

À quoi servira la collecte ?

L’enjeu dépasse l’emploi des 7 salariés mal payés du Ravi et les maigres piges des dessinateurs et rédacteurs. L’enjeu est de préserver un mensuel différent, dédié à l’enquête, le reportage et la satire, dans un paysage médiatique soumis aux pressions politiques et économiques.

L’enjeu est aussi de défendre une presse qui face à l’urgence fait le pari de prendre le temps nécessaire à l’investigation, à l’analyse, à la réflexion. Sans esprit partisan mais en assumant des partis pris : celui, notamment, d’informer et de faire débattre dans une région gangrenée par le clientélisme et la xénophobie.

L’enjeu est de poursuivre l’action de la Tchatche, l’association éditrice du Ravi, qui multiplie les actions d’éducation populaire auprès des jeunes et de publics souvent éloignés de l’écrit.

L’enjeu, enfin, est de vous donner les moyens de vous faire plaisir. C’est la crise. L’heure est grave. Mais la déprime n’est toujours pas à la « Une » du Ravi. Et afin de fêter dignement nos dix ans, nous organisons à Marseille, le 28 septembre, une première rencontre nationale de la presse « pas pareille ».

Si vous insistez, nous sommes même prêts à rempiler pour les dix prochaines années !

Un journal ne se consomme pas, il se lit ; on ne l’achète pas, on finance son indépendance !

Alors, qui lève les bras pour le Ravi ?

Participez à notre « couscous bang bang » pour faire un don (défiscalisé à 66 %) ou souscrire à un abonnement, ou adhérer à l’association, ou bénéficier d’une "contrepartie".

En Allemagne, ce sont les citoyens qui mènent la transition énergétique Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/09/20 Marie Astier (Reporterre) (20 septembre 2013) En Allemagne, ce sont les citoyens qui mènent la transition énergétique. Reporterre. fr

En Allemagne, ce sont les citoyens qui mènent la transition énergétique

Alors qu’en France, on tergiverse sur la transition énergétique et que la Conférence environnementale va encore papoter aujourd’hui, en Allemagne, les citoyens ont pris à bras-le-corps le changement énergétique. La transition s’opère doucement mais sûrement partout dans le pays. Reportage.

- Reportage, Fribourg en Brisgau, Shönau, Trêves.

En Allemagne, l’Energiewende est une politique engagée. Le pays s’est fixé trois objectifs : sortir du nucléaire d’ici 2022, se fournir à 80% en énergies renouvelables d’ici 2050 et réduire de 95% ses émissions de gaz à effet de serre, aussi d’ici 2050. C’est l’un des gros dossiers que le nouveau gouvernement - des élections générales ont lieu dimanche 22 septembre - va trouver sur son bureau. Mais en Allemagne, l’Energiewende est avant tout une affaire de citoyens. Démonstration en trois exemples, trois histoires.

Fribourg-en-Brisgau : aux origines de l’Energiewende

Au sud-ouest de l’Allemagne, dans le land du Bade Wurtemberg, Fribourg-en-Brisgau est le berceau de l’opposition au nucléaire en Allemagne. « A la fin des années 70, le gouvernement a voulu construire une centrale nucléaire. Les citoyens se sont opposés au projet mais ils ont aussi voulu proposer des alternatives. Ils ont consulté des experts et publié une étude sous le titre “Energiewende“ » raconte Craig Morris. Journaliste, il vit à Fribourg et explique l’energiewende en anglais sur son site internet.

Aujourd’hui dans la ville et sa région, 12 000 emplois dépendent déjà des énergies renouvelables, qui sont largement répandues. Les élus du territoire viennent de commander une étude pour savoir s’il est possible d’aller jusqu’à 100 % en énergie locale et renouvelable pour fournir particuliers, entreprises et administrations en chauffage et électricité. Les élus ont accueilli les résultats avec enthousiasme, assure Thomas Bauer, de l’Energieagentur de Freibourg (agence de l’énergie), qui a réalisé l’étude : « En théorie, si on réduit la consommation d’énergie de la région de moitié, on peut produire plus d’énergies renouvelables que ce dont on a besoin. »

L’éco-quartier Vauban, à Freiburg

Cela coûterait trois milliards d’euros de construire toutes les installations (panneaux solaires, éoliennes, etc.) nécessaires. « Ce n’est pas tant que ça, si on considère que c’est un investissement et qu’on le compare aux 880 millions d’euros que dépense la région chaque année pour importer des énergies fossiles », tempère Thomas Bauer. Mais le plus cher sera d’isoler les bâtiments, car c’est le chauffage qui demande le plus d’énergie : 12 milliards d’euros. « C’est de l’investissement privé, des particuliers et des entreprises. Pour les convaincre, les politiques peuvent montrer l’exemple : la ville doit faire le maximum dans ses administrations, mais aussi mettre en place des programmes pour accompagner les gens. »

Schönau, le village qui ne voulait plus d’énergie nucléaire

Depuis Fribourg-en-Brisgau, il faut parcourir quarante kilomètres en lacets au milieu des sapins de la forêt noire pour atteindre Schönau. Dans ce village de 2 500 habitants, l’énergie n’est pas encore locale, mais déjà 100% renouvelable. Elle est distribuée par l’EWS Schönau, un fournisseur d’électricité créé par les habitants en 1996.

Eva Stegen y est consultante en énergie : « Tout a commencé avec l’accident de Tchernobyl. Des citoyens ont réalisé que la pollution qui venait du nuage radioactif avait quelque chose à voir avec la production d’énergie. » Ils décident que leur électricité ne doit venir ni du nucléaire, ni des énergies fossiles. Impossible, leur répond le fournisseur d’électricité de l’époque. Les citoyens décident donc de créer leur propre fournisseur.

« Il a fallu deux référendums pour convaincre les élus et les habitants, les résultats étaient serrés », relate Eva Stegen. Les citoyens doivent aussi devenir propriétaires du réseau de distribution. « Le fournisseur de l’époque l’a évalué à 8,7 millions de deutschemarks, contre 3,8 millions selon l’expert des habitants », poursuit-elle. Une bataille juridique, mais aussi de communication, s’engage. Les dons affluent de toute l’Allemagne pour aider les citoyens à acheter le réseau. Le tribunal leur donne raison. L’EWS Schönau est créée.

L’entrée du village de Shönau : même le toit de l’église est recouvert de panneaux solaires

Aujourd’hui, la coopérative compte 140 000 abonnés dans toute l’Allemagne. Son modèle essaime dans d’autres villages, comme à Titisee-Neustadt. Pour l’instant, elle achète l’électricité en Norvège, à des centrales hydrauliques municipales : « Nous ne voulons pas donner d’argent aux grands groupes électriques qui ont des centrales nucléaires et fossiles », insiste Eva Stegen. Mais la coopérative tente aussi de développer une énergie locale : elle finance des installations photovoltaïques, éoliennes et des centrales biomasse.

A Trèves, l’université transforme les déchets en calories

Depuis quinze ans, le campus de l’université de Trèves est autonome en énergie et n’émet aucun gaz à effet de serre. Les déchets organiques fournissent du biogaz, la géothermie et des panneaux solaires viennent compléter la panoplie. « Ce que nous faisons est économiquement raisonnable, affirme Peter Heck, professeur à l’université. Au lieu de jeter nos déchets et de payer pour cela nous les transformons en ressource. Nous avons créé vingt-deux emplois et fournissons de l’énergie propre et pas chère. »

Un modèle que le professeur applique aux villages. Avec son institut, l’Ifas (Institute for Applied Material Flow Management), il fait office de consultant pour les élus locaux. Pour convaincre les maires, Peter Heck leur montre deux schémas : dans le premier, le village achète son énergie à l’extérieur et perd chaque année un peu plus d’argent. Dans l’autre, on comprend que le village produit sa propre énergie grâce aux déchets organiques des habitants et des agriculteurs. La richesse reste dans le village et alimente l’économie locale. « Les villages cessent de s’appauvrir et peuvent même approvisionner les villes en énergie », s’enthousiasme le professeur.

Sur le campus de Trèves, les logements étudiants produisent plus d’énergie qu’ils n’en ont besoin.

De plus en plus de villages se lancent dans cette voie (Weilerbach, Mauenheim, Jühnde) et se regroupent sous le nom « Bioenergy villages ».

Sur le campus de Trèves, les logements étudiants produisent plus d’énergie qu’ils n’en ont besoin

Selon Peter Heck, ce mouvement ne peut plus être stoppé : « Dans les campagnes allemandes les politiques ont compris que c’est une formidable opportunité. Quelque soit leur parti, quelque soit le résultat des élections, ils veulent que la transition énergétique continue. »

Les monnaies locales ont le vent en poupe.... Pascale Garcia (Global Magazine) Reporterre 2013/09/20 Pascale Garcia (Global Magazine) (20 septembre 2013) Les monnaies locales ont le vent en poupe..... Reporterre. fr

Les monnaies locales ont le vent en poupe....

Les monnaies locales se multiplient. Inventées, émises et gérées par les habitants d’un territoire, elles permettent de contourner la crise, de se libérer du système financier classique, d’assujettir la monnaie à une éthique sociale et écologique, ou de retrouver un lien humain dans l’échange marchand. Souvent un peu tout ça à la fois. Et ça marche.

Muse de Angers, Heol de Brest, Touselle du Comminges, Lucioles et Bogue d’Ardèche, Cigalondes de Lalonde des maures, Déodat de Saint-Dié. Et aussi Sardine de Concarneau, Abeille de Villeneuve-sur-Lot, Eusko de Bayonne… drôles de noms au regard de l’objet sérieux qu’ils désignent : un moyen de paiement, des monnaies. Elles font partie de ce que l’on appelle des monnaies locales complémentaires ou sociales. Ces dernières années, elles prospèrent dans l’Hexagone, elles attirent, rassemblent et se multiplient au point de former des réseaux. Physiques ou virtuelles (électroniques), elles permettent d’acheter des biens et des services auprès de membres d’un même réseau, des particuliers et des commerçants, des entreprises, des agriculteurs, etc. tous agréés. Un peu à la manière des cartes de fidélité, elles fonctionnent avec des adhérents, en circuit délimité.

Légales, elles peuvent entrer dans la comptabilité des structures qui les acceptent, et même être reconverties dans la monnaie officielle, l’euro en l’occurrence, mais ne servent que dans rayon géographique déterminé, généralement restreint. C’est qu’elles revendiquent une appartenance forte à un territoire que leurs promoteurs entendent précisément défendre ou dynamiser. D’où leur drôle de nom.

Principe ancien

Des dispositifs d’échange et de monnaies parallèles et locales existent un peu partout dans le monde, on en compte aujourd’hui plus de 4 000. Le principe n’est pas nouveau : au Moyen-Age, un évêque, un seigneur, une ville, pouvaient battre monnaie localement. Le début du XXe siècle les a vu ressurgir notamment lors de la crise des années trente. Philippe Derudder, chantre de ces systèmes leur a consacré un petit ouvrage remarqué intitulé Les Monnaies locales complémentaires : pourquoi, comment ? (éd. Yves Michel). Parmi les nombreux exemples qu’il détaille, retenons le Wörgl, du nom de la ville où il est né en 1933 en Autriche.

La création de cette monnaie qu’on peut qualifier de secours, revient au maire de l’époque en réaction à la fermeture des usines, au chômage des ouvriers et aux comptes désastreux de sa commune privée de rentrées financières. Malin, il a l’idée de lancer des travaux de réfection des installations communales, telles les canalisations, les plantations d’arbres… et, en accord avec les citoyens, commerçants et ouvriers ainsi qu’avec la caisse municipale d’épargne, il crée une monnaie franche et une banque locale afin de payer ces travaux. L’heureux effet, c’est la relance rapide de la vie économique. Mais la banque centrale mettra encore plus rapidement fin à l’aventure, craignant probablement que l’expérience ne s’étende à d’autres communes.

Le Wir suisse dont le nom signifie en allemand à la fois « nous » et « cercle économique société coopérative », créé à la même époque que le Wörgl pour surmonter la crise des années 30, mérite aussi d’être évoqué : sorte de système monétaire privé, il fonctionne toujours, avec une banque coopérative utilisée par près de 60 000 entreprises.

Billets de la monnaie Wir.

Monnaie sociétale

Plus ou moins ambitieux, les initiateurs des monnaies parallèles d’aujourd’hui revendiquent une utilité sociale forte et une éthique. Ils les veulent porteuses d’une économie fondée sur des valeurs écologiques et sur le renforcement de coopérations territoriales. Dans ces circuits, on retrouve des acteurs de l’agriculture biologique, du commerce équitable, de la défense de l’environnement ou encore de l’économie sociale et solidaire. L’Héol de Brest par exemple se définit comme un « outil au service du développement local d’activités répondant à des critères environnementaux, sociaux, culturels, de gouvernance ». Ses principes fondateurs annoncent vouloir favoriser « le développement d’une économie à la fois plus locale et plus humaine ». D’ailleurs certaines de ces monnaies voient le jour pour porter des projets spécifiques et collectifs (dans les énergies renouvelables par exemple).

L’emploi local, le commerce de proximité, les circuits courts sont au cœur de ces réseaux monétaires singuliers. Irriguer les territoires, en réaction à l’argent qui ne circule plus comme il devrait, bloquant l’organisme que représente la société, formant des stases, des thromboses, éloignant les gens les uns des autres au lieu de les relier, raison initiale de l’argent comme le rappelle la NEF, organisme financier alternatif.

Monnaie de relance

Le principe est vieux comme le commerce. La richesse se crée avec l’échange marchand de biens, donc quand la monnaie circule. C’est pour développer l’économie locale que Gérard Poujade, conseiller régional et président de l’agence régionale Midi-Pyrénées pour l’environnement (Arpe) porte le projet Mipys, une monnaie dématérialisée dédiée aux investissements énergétiques. Particuliers, associations et entreprises pourront les uns emprunter à taux zéro, les autres être payés pour des travaux d’isolation, de rénovation énergétique. Les mipys seront uniquement virtuels – sous forme de carte de crédit, de compte sur le web accessible via un smartphone : « Numérique, à parité avec l’euro, régionale, elle permettra de financer des prêts à taux zéro pour des travaux écologiques d’isolation ». Une centaine d’entreprises sont déjà partantes pour adhérer au dispositif qui doit voir le jour en 2014.

Monnaie fondante

Epargner trop peut provoquer à terme une crise économique par défaut de circulation d’argent. C’est vrai à toutes les échelles, nationale comme locale. Une des meilleures méthodes que l’on connaisse pour stimuler la circulation de la monnaie est de diminuer sa valeur dans le temps. Pour cela il y a deux recettes : l’inflation, ou la monnaie fondante. Cette dernière est une invention de l’économiste allemand Silvio Gesell (1862-1930). Le principe est de faire perdre de sa valeur nominale à la monnaie qui ne sert pas l’économie. Pour réduire la thésaurisation et favoriser la circulation de la monnaie, Gesell prône une perte de la valeur des sommes thésaurisées de 0,1 % par semaine, soit 5,2 % par an.

Par exemple, en datant un billet et en l’assortissant d’une durée de vie limitée à l’issue de laquelle il est échangé contre une coupure un peu plus faible. Ou en créant des billets-coupons dont on détache chaque jour un morceau, ce qui lui ôte chaque jour une partie de sa valeur. S’inspirant de S. Gesell, un certain nombre des monnaies locales d’aujourd’hui sont « fondantes », tel le mipys. Elles perdent de la valeur - deux ou trois % tous les six mois - si elles ne sont pas utilisées ou si elles sont converties en euros. Mais cette commission est souvent placée sur un compte qui constitue alors un fond de garantie du système et permet ultérieurement de financer des projets solidaires.

Paradoxe

La fonte est un indicateur d’appropriation et de réussite. C’est paradoxalement aussi un des freins du système. « Toute la difficulté est d’établir une bonne circulation de la monnaie qui permette aux usagers aux entreprises, aux commerces comme aux particuliers de la réutiliser dans le réseau », explique Jérôme Blanc, spécialiste des monnaies complémentaires à l’université de Lyon 2. Si cette circulation ne se porduit pas, les uns se retrouvent à stocker la monnaie et finissent par devoir la convertir à la banque avec la perte de valeur y afférant. Parfois une petite part de prestataires reçoivent la majorité de la monnaie mise en circulation et là se pose le problème de « la disparité des prestataires. Dans un commerce d’alimentation on fait ses courses au quotidien, par nécessité. En revanche on va moins souvent au théâtre ou chez le coiffeur, ou dans une librairie. De fait, les uns se retrouvent avec beaucoup plus de monnaies que les autres et ont du mal à les remettre en circulation. La disparité des prestataires posent un problème au niveau de la fluidité de la circulation ».

A Toulouse, les sol violette s’échangent bien.

Pour réduire les stocks de ses Sol violette, Toulouse a imaginé créer des points de change et de payer une part de salaire au sein du circuit d’adhérents en sol. Ce n’est pas toujours simple. Là où un système d’échange local (SEL) peut fonctionner avec une centaine d’adhérents, voire moins, une monnaie parallèle comme le sol violette, par exemple, a besoin d’un grand nombre d’utilisateurs (quelques milliers) pour atteindre pleinement l’objectif de fluidité.

L’enjeu pour les développeurs de ces monnaies semble donc de devoir étendre le réseau des utilisateurs et des prestataires afin que les « récepteurs » de la monnaie complémentaire, par exemple un commerce, puisse acheter à leur tour des services, des prestations, des biens en échange de la monnaie parallèle. En ont-ils au final toujours le désir ?

Commercialement, l’affaire n’est pas totalement dénuée d’intérêt. Les prestataires du sol violette toulousain, par exemple, constatent avoir gagné de nouveaux clients grâce au système. De leur côté, les utilisateurs mettent en avant le « plaisir de dépenser en donnant du sens à l’achat » et aussi avoir une meilleure connaissance du système financier.

Quête ou levier

C’est surtout ce dernier aspect que les adhérents, prestataires ou utilisateurs mettent en avant. La mise en place de ces monnaies s’accompagne nécessairement d’une réflexion sur le sens de l’argent et au final sur la richesse et son partage. Avec pour moteur une volonté morale de remettre l’argent à sa place, de l’assigner à l’échange honnête, à des fonctions « propres » en réaction contre ceux qui le détournent ou le blanchissent.

Les plus philosophes de leurs émules espèrent que ces monnaies locales ouvrent une réflexion sur le sens de nos envies et sur ce qui les conditionnent. Le porte-monnaie le plus souvent. En prendre conscience et s’interroger c’est « toucher à la révolution intérieure à laquelle peuvent contribuer les monnaies complémentaires et qui consiste à devenir capable de décider individuellement et collectivement de notre destin, non plus à partir de l’argent auquel on peut accéder, mais à partir d’un questionnement : quel est le besoin ou le désir ? Que cherche-t-on à exprimer à travers sa réalisation ? A quoi contribue-t-on ? Quel est l’impact sur la nature et les ressources ? Existe-t-il des alternatives ? », dit Philippe Derruder dans son ouvrage.

Interpréter le développement actuel des monnaies complémentaires seulement comme une réponse à la crise financière ou aux scandales banquiers serait restrictif. Plus qu’un effet de mode ou un épiphénomène économique qui porte à sourire, les plus motivés y voit déjà les germes d’une transformation de la société. Rien de moins.

50 % : finalement, le chiffre n’a pas effrayé François Hollande romandie.com Reporterre 2013/09/20 romandie.com (20 septembre 2013) 50 % : finalement, le chiffre n’a pas effrayé François Hollande. Reporterre. fr

50 % : finalement, le chiffre n’a pas effrayé François Hollande

Moins 50 % de la consommation d’énergie en 2050, moins 30 % de combustibles fossiles en 2030 : François Hollande a avancé ces chiffres dans son discours de vendredi sur l’environnement.

Voici les principaux points du discours de François Hollande à l’ouverture de la 2e conférence environnementale vendredi 20 septembre :

- CONSOMMATION D’ENERGIE : pour aller vers la transition énergétique et respecter les engagements de la France sur le climat, la perspective d’une réduction de 50% de notre consommation d’énergie finale à l’horizon 2050 a été avancée. N’en faisons pas un dogme, si nous sommes à un peu moins ce ne sera pas une calamité, a souligné le chef de l’Etat, reconnaissant que le pari est audacieux. A l’horizon 2050, c’est une division de 3 à 6 fois de notre facture énergétique nationale, a-t-il avancé.

- FACTEUR 4 : C’est un enjeu environnemental pour nous permettre d’atteindre ce que l’on appelle le « facteur 4 », c’est-à-dire la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 (toujours par rapport à la situation en 1990).

- CONSOMMATION D’HYDROCARBURES : parallèlement, l’objectif de diminuer de 30% la part des hydrocarbures dans la consommation nationale d’ici à 2030 a été affiché. Cet objectif passe par l’usage de technologies moins consommatrices en hydrocarbures, a souligné François Hollande, et notamment la voiture électrique. Dans ce domaine, je demande au gouvernement d’accélérer le déploiement de bornes de recharge de manière à ce que notre pays soit correctement équipé d’ici 2025.

- LOI SUR L’ENERGIE : la loi sur la transition énergétique devrait être conclue d’ici la fin de l’année 2014. Ce sera l’un des textes les plus importants du quinquennat, selon lui. La loi devait à l’origine être présentée en conseil des ministres à l’automne 2013. Le texte inclura le plafonnement de la capacité de production du nucléaire à son niveau actuel. La centrale de Fessenheim sera bien fermée d’ici fin 2016, a-t-il redit.

- RENOVATION THERMIQUE : Le taux de TVA sur les travaux d’isolation thermique passera à 5% en 2014, au lieu des 10% prévus, afin de favoriser les travaux et donc la réduction de la consommation d’énergie de l’habitat. Cette mesure réduira la facture énergétique des ménages, première chose, et soutiendra l’activité du bâtiment, a plaidé le président. Le ministre de l’Ecologie Philippe Martin a précisé par la suite à l’AFP que la TVA réduite porterait sur l’ensemble des travaux de rénovation thermique, et pas seulement sur l’isolation.

- TAXE CARBONE : le président François Hollande a souhaité une fiscalité basée sur les émissions de carbone qui soit juste, efficace et juridiquement incontestable. Il s’agit de financer la transition énergétique et donc de répartir ce qui aura été produit, au bénéfice des ménages et des entreprises, a-t-il promis. M. Hollande a défendu le fait que ce ne soit pas une fiscalité supplémentaire. C’est une nouvelle fiscalité qui pour les ménages se traduit par certain nombre de gains identifiés comme la baisse de la TVA sur la rénovation thermique et le crédit d’impots développement durable.

- HYDROLIENNES : le gouvernement lancera la semaine prochaine l’appel d’offres pour l’installation de parcs d’hydroliennes (turbines électriques sous-marines) pilotes au large des côtes françaises. Attendu par les professionnels de la filière, ce projet doit donner un coup d’accélérateur à ces énergies encore embryonnaires en France.

La croissance, c’est dépassé Dominique Méda Reporterre 2013/09/20 Dominique Méda (20 septembre 2013) La croissance, c’est dépassé. Reporterre. Tribune — fr

La croissance, c’est dépassé

Alors que les experts économiques s’extasient à l’idée d’un frémissement de la croissance, la sociologue Dominique Méda propose une démarche totalement inverse : oublier notre obsession de la croissance et de la performance maximale pour ouvrir une autre voie de développement.

La Mystique de la croissance, qui vient de paraître chez Flammarion, n’est pas un énième plaidoyer pour la décroissance. Pour Dominique Méda (Photo AFP), professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, la reconversion écologique n’est pas une punition. Elle n’a de sens que si elle s’articule autour de la justice sociale, avec des bienfaits pour tous comme l’exigence de biens et d’emplois de qualité mais aussi la jouissance de plus de temps libre.

Libération - Jamais la préoccupation écologique n’a été aussi grande, on n’a jamais autant parlé de modes alternatifs de production, pourtant la croissance reste la référence absolue de notre modèle économique. Pourquoi ?

Dominique Méda - Parce que la plupart de nos dispositifs économiques et sociaux dépendent aujourd’hui de la croissance et que nous sommes des « sociétés fondées sur la croissance ». Depuis Adam Smith et ses Recherches sur la nature et la cause des richesses des nations, nous considérons que la production est au centre de la fabrique du lien social. Nous pensons que sans croissance nos sociétés vont s’effondrer.

Depuis la fin des Trente Glorieuses, nous implorons le retour de la croissance, nous scrutons l’horizon, nous consultons fiévreusement les augures. Malgré tous les discours sur un autre développement possible, nous continuons à croire dans la mystique de la croissance. Pourtant, si la croissance est nécessaire pour sortir de la grave crise économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons, elle accentue la crise écologique avec son cortège de pollutions, d’écosystèmes dégradés, d’émissions de gaz à effets de serre susceptibles d’entraîner un dérèglement climatique majeur. Nous découvrons - ou plutôt nous redécouvrons, car les années 70 avaient une conscience aiguë de cette situation -, que la croissance ne génère pas que des bienfaits mais aussi des maux.

Ce que nous oublions chaque jour quand nous prenons notre voiture ou nous achetons le dernier smartphone ?

C’est ce que j’appelle l’invisibilité des coûts de la croissance : le produit intérieur brut (PIB) occulte, par construction, les coûts de l’augmentation de la production sur le patrimoine naturel et les conditions de vie. Ce que les années 70 appelaient les « dégâts du progrès ». Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT, écrivait en 1972 que la croissance et l’idéologie de la consommation obsession « non seulement ne répondent plus aux besoins humains fondamentaux mais ne peuvent plus être poursuivies sans conduire le monde à la catastrophe ». Le lien était déjà établi à l’époque entre la recherche effrénée de gains de productivité et l’exploitation intensive des ressources naturelles, d’une part, et la dégradation des conditions de vie, du sens du travail et de l’environnement, d’autre part.

Mais remettre en cause la consommation obsession ne relève-t-il pas de la punition dans une société où la qualité de vie vient aussi de la richesse et de la disponibilité des biens…

En effet, le discours de la reconversion écologique apparaît souvent comme la double peine : il faudrait se serrer la ceinture une première fois du fait de la crise et des mesures d’austérité puis une seconde fois pour prévenir la crise écologique. La question de la consommation est donc centrale. Impossible de demander aux pays les moins développés ou à ceux de nos concitoyens, nombreux, qui n’ont pas accès à des moyens convenables d’existence de réduire leur consommation au nom d’un changement climatique susceptible d’intervenir en 2050.

Il faut reconnaître de surcroît le caractère addictif et profondément gratifiant de l’acte de consommation. Il apparaît plus que jamais porteur de libertés pour des individus qui sont de plus en plus contraints, notamment au travail : par le choix infini qu’il semble leur offrir et par l’usage de cet instrument majeur d’émancipation qu’est l’argent.

Il semble donc urgent d’associer l’écologie au plaisir et non à la pénitence, comme vient de le dénoncer Pascal Bruckner dans Libération (1)…

Le ralentissement de la croissance et la fin des énergies fossiles bon marché n’impliquent en aucune manière une régression. Ils peuvent au contraire constituer une nouvelle voie, n’exigeant en rien le sacrifice de la prospérité et du progrès. Il faut parvenir à mettre en évidence le caractère profondément désirable de ce nouveau modèle de développement, dont l’objectif serait non plus de maximiser les quantités produites mais de satisfaire les besoins humains en prenant soin des « facteurs » de production, c’est-à-dire des travailleurs et du patrimoine naturel.

Raisonner « au-delà de la croissance », en se référant non plus au PIB (dont la commission Stiglitz a montré qu’il ne constituait pas une boussole fiable) mais à de nouveaux indicateurs de richesse prenant en considération la qualité du travail, la répartition des revenus et des protections, l’accès à l’emploi et au temps libre, en plus des évolutions du patrimoine naturel me semble de nature à emporter l’adhésion des citoyens, et pas seulement en France ! Le Parlement allemand a publié, en mai, un rapport de 800 pages consacré exclusivement à ces questions et proposé l’adoption de nouveaux indicateurs.

Dans le milieu de l’entreprise, on évoque souvent les notions de bonheur et de bien-être ? Une possible voie ?

Gardons-nous de tomber dans les pièges du bonheur. Les nouveaux indicateurs de bien-être qui font une large place aux perceptions subjectives et aux variations de la satisfaction personnelle présentent trop souvent la double limite de négliger les déterminants sociaux et les inégalités, d’une part, et les dimensions environnementales, d’autre part. Ces approches continuent de mettre au cœur de leur raisonnement et de leur vision du monde l’anthropocentrisme dans sa version la plus individualiste et la plus utilitariste.

C’est pourquoi, il est indispensable de proposer une reconversion qui ne fasse pas l’impasse sur la justice sociale. La santé sociale, aux côtés des préoccupations écologiques, devrait ainsi constituer l’une des deux principales dimensions d’un nouvel indicateur de progrès : la manière dont les chances d’éducation, l’emploi, les revenus sont en permanence redistribués et ré-égalisés est une composante majeure de la santé de la société, de sa capacité à résister à l’éclatement et à l’anomie.

Le point fondamental me semble être notre capacité à construire une cause commune et une alliance entre le mouvement écologiste, les travailleurs, les syndicats, les entreprises de bonne volonté et les gouvernements pour promouvoir un nouveau mode de développement dans lequel la croissance des quantités de biens et services produits ne constituerait plus l’alpha et l’oméga de la performance et la figure centrale du progrès.

On vous dira que cette cause commune est généreuse humainement mais totalement irréalisable.

Paul Ricœur écrit qu’une société sans utopie serait une société sans dessein. Nous devons de toute façon savoir ce que nous ferions si la croissance ne revenait pas. Subsisteraient deux solutions pour faire en sorte que le plus grand nombre ait accès à l’emploi : réduire la durée du travail ou la productivité du travail telle qu’elle est mesurée, au bénéfice de gains de qualité et de durabilité. Ces deux solutions restent, dans l’état actuel du débat public, presque inaudibles. On se souvient de la violence du débat au moment de la discussion de la RTT…

Mais là vous parlez aussi de ralentir les gains de productivité… une hérésie pour les entreprises, pire que les 35 heures, non ?

De plus en plus, l’augmentation obsessionnelle des gains de productivité dans tous les secteurs apparaît en partie responsable non seulement de la perte de sens du travail mais aussi de la dégradation de la qualité des services. Bertrand de Jouvenel avait attiré l’attention dès les années 60 sur le fait qu’avec les progrès de l’efficacité productive et de la productivité, « s’il gagne des satisfactions comme consommateur, l’homme en perd comme producteur ».

Ralentir considérablement les gains de productivité dans certains secteurs peut être une piste. C’est la voie proposée en France par Jean Gadrey, qui, non sans faire écho à l’économiste américain Robert Gordon (pour lequel les freins sont désormais trop nombreux pour que la croissance revienne), indique que le concept de gains de productivité ne correspond plus à nos économies de service. Notre PIB est incapable d’enregistrer les gains de qualité.

Par exemple, il ne fait pas la différence entre 1 kilo de fraises, goûteuses, cultivées sans pesticides, exigeant une importante main-d’œuvre travaillant à proximité et 1 kilo de fraises ramassées dans des conditions sociales médiocres, bourrées de pesticides et ayant parcouru des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur. C’est évidemment dans cette double prise en considération de la qualité, du travail et des produits, que réside l’intérêt suscité par sa démonstration.

Depuis longtemps, vous militez pour une notable réduction du temps de travail. Pourquoi considérez-vous que le travail est aussi une composante majeure d’une reconversion écologique ?

Il nous faut reconsidérer les liens entre la pression de plus en plus forte actuellement exercée sur le monde du travail, précisément au nom des gains de productivité et de rentabilité, et le fort malaise au travail qui s’est développé en Europe et notamment en France, comme nous l’avons mis en évidence avec Patricia Vendramin dans Réinventer le travail (PUF, 2013).

Dès lors, une alliance entre des consommateurs soucieux de la qualité de ce qu’ils achètent et des travailleurs désireux de retrouver du sens à leur travail peut sans doute permettre de constituer la cause commune dont je parlais précédemment.

Une réduction du temps de travail permettant d’accommoder le choc d’un changement de rythme de croissance sur l’économie (mais aussi de réintégrer dans celle-ci les millions de chômeurs qui en sont exclus et de contribuer à améliorer l’égalité professionnelle) peut ainsi être une voie pour répondre aux travaux mettant en évidence que les objectifs fixés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (réduction de 85 % des gaz à effet de serre d’ici à 2050) sont inaccessibles sans une forte réduction du PIB mondial.

Si l’on se souvient qu’en additionnant les temps partiels (majoritairement féminins) et les temps complets, la France a une durée du travail annuelle supérieure à celle de l’Allemagne. Une réduction de la norme de travail à temps complet, favorable à l’égalité hommes-femmes, est ainsi parfaitement envisageable.

Et l’autre bénéfice d’une réduction du travail serait de valoriser des activités jugées jusqu’à maintenant futiles voire inutiles...

Nul doute qu’un tel modèle permettrait une reconsidération d’activités radicalement méprisées qui, parce qu’elles ne sont pas recensées par le PIB, comptent pour zéro. Toutes ces activités « improductives », consistant à contempler, se promener, être avec les autres, discuter, aimer, s’occuper de ses enfants et de son couple, se reposer, rêver, discuter des conditions de vie communes, faire de la politique contribuent éminemment au bien-être et au lien social et présentent de plus l’immense avantage d’être… infiniment légères (du point de vue de l’empreinte écologique). Ces activités que Françoise Héritier considère comme « le sel de la vie ».

- Propos recueillis par Cécile Daumas.

Note

(1) « Libération » du 6 septembre.

La pauvreté atteint un niveau record en Europe Jean Gadrey Reporterre 2013/09/20 Jean Gadrey (20 septembre 2013) La pauvreté atteint un niveau record en Europe. Reporterre. fr

La pauvreté atteint un niveau record en Europe

120 millions de pauvres en Europe. Et leur nombre devrait continuer à augmenter.

Ce titre reprend celui de mon billet de septembre 2012, en changeant juste les années (2010 devenant 2011, etc). Denis Clerc a écrit l’essentiel il y a quelques jours : « Des pauvres plus pauvres, des riches plus riches ».

Je me contente pour ma part d’actualiser mon graphique de l’an dernier. On y voit la tendance abominable à une nette hausse du nombre de pauvres entre 2004 et 2011. Ce sera pire en 2012, pire encore en 2013 et probablement en 2014, compte tenu du contexte d’austérité renforcée, de chômage qui reste orienté à la hausse, de repli de l’État social, et de disparition programmée de nombreuses associations.

Sauf si un vrai virage était pris, sous « notre » pression. Le virage de la solidarité contre la folie de la compétitivité made in MEDEF. C’est mal parti. Voici la dernière mauvaise nouvelle, après bien d’autres : « Le gouvernement réduit fortement l’aide judiciaire aux plus pauvres » (Le Monde du 15/16 septembre).

Précision technique : il y a une petite rupture de série à la baisse en 2002 (indiquée sur le graphique avec le chiffre de 2002 en ancienne série et celui de 2002* en nouvelle série), une autre plus importante et à la hausse en 2005 (hausse de plus de 600 000 selon la nouvelle méthode, bien meilleure), mais cela ne change rien à la tendance à une nette progression depuis 2002 (et surtout depuis 2004), après une nette baisse entre 1990 et 2002. Même si l’on gommait la rupture de série de 2005, on aurait entre 1,2 et 1,3 million de pauvres de plus en 2011 qu’en 2004.

J’écrivais l’an dernier, en commentant les données de 2010 : « On va dépasser nettement le niveau de 1970 en 2011 et 2012, c’est écrit d’avance compte tenu de la progression du chômage et de l’exclusion, dont on a des indicateurs bien plus récents, compte tenu aussi de la stagnation ou régression des bas salaires, du décrochage du pouvoir d’achat du RSA et des minima sociaux, etc. »

Et je poursuivais ainsi : « Et après 2012 ? C’est mal parti, avec l’austérité publique pratiquement programmée par le nouveau pouvoir, obsédé par les 3 % de déficit, par la réduction des dépenses publiques, et apparemment sensible aux pressions des puissants lobbies des riches. Il faudrait une NETTE augmentation du RSA et des autres minima sociaux ainsi que des bas salaires et des basses retraites pour contrer la tendance illustrée sur le graphique. Il faudrait pour cela prendre l’argent où il est, par une vraie révolution fiscale, comme le proposent des gens raisonnables, relayés entre autres par le « collectif Roosevelt 2012 ».

Bon, mais, de toute façon, comme ils n’auront les chiffres de 2013 et 2014 que deux ans plus tard, ça leur laisse du temps pour temporiser. D’ici là, on aura droit à d’innombrables génuflexions devant l’autel de Sainte Croissance et la seule croissance qu’on observera sera celle des « déçus du socialisme ».

Fin d’autocitation. Il y a des cas où j’aimerais me tromper dans mes prévisions…

Oxfam sur « Le piège de l’austérité »

Oxfam vient de publier un rapport, « Le piège de l’austérité », « L’Europe s’enlise dans les inégalités », dont je reproduis de courts extraits.

« En 2011, au sein de l’UE, 120 millions de personnes vivaient dans la pauvreté. D’après les calculs d’Oxfam, ce nombre pourrait augmenter de 15 millions au moins et jusqu’à 25 millions si les mesures d’austérité se poursuivent. Les femmes seront les plus touchées. Pendant ce temps, les plus riches ont vu leur part de revenus totaux augmenter, alors que celle des plus pauvres diminuait. Si la tendance actuelle continue, certains pays européens afficheront bientôt des niveaux d’inégalité comptant parmi les plus élevés au monde.

L’expérience européenne est étonnamment similaire aux politiques d’ajustement structurel imposées à l’Amérique latine, à l’Asie du Sud-Est et à l’Afrique subsaharienne dans les années 1980 et 1990. Les pays de ces régions ont bénéficié de plans de sauvetage financier du FMI et de la Banque mondiale après avoir accepté d’adopter une série de politiques, notamment la réduction des dépenses publiques, la nationalisation de la dette privée, des réductions salariales et un modèle de gestion de la dette en vertu duquel les remboursements des créditeurs des banques commerciales l’ont emporté sur les mesures destinées à permettre le relèvement socioéconomique. Ces politiques se sont soldé par un échec ; un médicament qui cherche à guérir la maladie en tuant le patient. »

Les écologistes sont-ils irresponsables ? Pascal Durand Reporterre 2013/09/20 Pascal Durand (20 septembre 2013) Les écologistes sont-ils irresponsables ?. Reporterre. Politique fr

Les écologistes sont-ils irresponsables ?

Ecouter ici

Première mise en ligne le 26 septembre 2012.

Pascal Durand a été secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts en 2012 et 2013.

Un tournant majeur : la France veut réduire de moitié sa consommation d’énergie Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/21 Hervé Kempf (Reporterre) (21 septembre 2013) Un tournant majeur : la France veut réduire de moitié sa consommation d’énergie. Reporterre. Tribune — fr

Un tournant majeur : la France veut réduire de moitié sa consommation d’énergie

Retour de la Chronique Ecologie, comme tous les samedis. Elle se réjouit d’un pas majeur franchi, eh oui, durant la Conférence environnementale.

Il faut, tout simplement, lire ce qui a été dit. Le vendredi 20 septembre 2013, voilà ce qu’a dit le président de la République française, François Hollande :

« Si nous voulons atteindre le fameux ’facteur 4’, c’est l’objectif fixé, nous devons inscrire comme perspective de réduire de 50 % notre consommation d’énergie finale à l’horizon 2050.

50 %, on me dira le pari est audacieux, et puis en 2050 qui ira vérifier ? La question c’est : est-ce qu’il est hors de portée, est-ce que c’est possible de diminuer de 50 % - sur 35 ans - notre consommation d’énergie ? En tout cas, cela doit être un objectif mobilisateur. »

Reporterre avait indiqué avant-hier que cet objectif était le coeur du débat politique actuel sur l’environnement, bien plus que la question des taxes. On pouvait douter que M. Hollande serait aussi net sur ce point. Mais il franchi le pas.

Le moment est d’importance : il confirme et renforce ce qu’avait énoncé la loi de 2005. Elle fixait comme objectif le "facteur 4", c’est-à-dire la diminution par quatre des émissions de gaz à effet de serre. La plus haute autorité de l’Etat français relance donc cette orientation capitale.

Il l’a justifié par l’argument de bon sens économique que répètent de longue date les écologistes : « Si nous réduisons notre consommation d’énergie, nous pouvons faire une économie de 20 à 50 milliards sur notre facture énergétique, 20 à 50 milliards d’ici 2030, 15 ans, c’est deux fois le choc de compétitivité. »

Mais peut-on faire confiance à François Hollande pour engager les actes qui transformeraient ces paroles en réalité ?

Sa conviction profonde, on le sait, est incertaine. L’homme est avant tout politique, c’est-à-dire qu’il avance en pesant en permanence les rapports de force. L’annonce a pour premier but de calmer les écologistes, dont il a besoin de l’alliance, mais qui ruent de plus en plus dans les brancards en raison d’une politique du gouvernement tout sauf environnementale. Et de ce point de vue, l’annonce des "50 %" a réussi : il fixe à la France le but même que recommandent les écologistes. Ils ne peuvent qu’acquiescer.

Il sait aussi que l’on peut douter de ses promesses. Hollande a plusieurs fois promis des chiffres frappants, tels qu’une tranche d’imposition à 75 % pour les revenus dépassant un million d’euros par an, ou la réduction de 50 % de la part du nucléaire.

Les 75 % n’ont pas résisté à la bronca des super-riches. Quant aux 50 % du nucléaire, leur réalisation est de plus en plus douteuse, si l’on observe l’incapacité dans laquelle se trouve le gouvernement à fermer la centrale de Fessenheim, autre engagement de campagne de M. Holllande.

Il a marqué l’objection : ”Vous connaissez l’engagement que j’ai pris : réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Cela commence donc aujourd’hui. Je rappelle que la centrale de Fessenheim sera fermée d’ici fin 2016." Et a indiqué que c’est la loi qui trancherait le problème : "La future loi de programmation sur la transition énergétique posera le principe d’un plafonnement à son niveau actuel de notre capacité de production nucléaire. Elle définira les modalités juridiques qui gouverneront l’évolution du parc."

Mais surtout, pour concrétiser cet objectif de 50 %, il sait pouvoir compter sur de nouvelles forces. Car la politique, ce n’est pas seulement les partis, mais aussi les corps sociaux, au premier rang desquels les grandes entreprises, qui jouent un si grand rôle dans le système oligarchique. Et nombre de grandes entreprises comprennent que leur intérêt est dans cette nouvelle direction, dont le premier pas sera un programme majeur de rénovation thermique : 500 000 logements rénovés par an en 2017, cela signifie de l’activité économique.

Qui intéresse des milliers de PME disséminées dans le pays, mais aussi de grands acteurs, comme Saint-Gobain, Schneider Electric ou Bouygues.

Il est très significatif ainsi que, jeudi 19, Martin Bouygues, ami proche de Nicolas Sarkozy, ait pris parti fortement pour la transition énergétique, dans un article paru dans Les Echos.

Les écologistes d’un côté, des grandes entreprises de l’autre : il est possible que l’objectif de réduire de moitié la consommation énergétique en 2050 ne soit pas un voeu pieux.

Les séismes seront de plus en plus fréquents en Europe Sandro Calderon et Kevin Dero (RTBF.be) Reporterre 2013/09/21 Sandro Calderon et Kevin Dero (RTBF.be) (21 septembre 2013) Les séismes seront de plus en plus fréquents en Europe. Reporterre. fr

Les séismes seront de plus en plus fréquents en Europe

L’Europe pourrait être frappé à l’avenir par des séismes sans précédent, démontre une étude scientifique pan-européenne. Il faut en tenir compte pour la gestion d’installations sensibles comme les centrales nucléaires.

Share. Seismic Hazard Harmonization in Europe. C’est le nom d’un nouveau programme européen, qui associe treize pays (dont la Turquie et l’Algérie). Les données concernant les séismes y sont collectées et mises en commun. Une première en Europe. Jusqu’ici, chaque pays tenait ses statistiques, conservait ses archives.

Conclusion ? Oui, la Terre tremble régulièrement en Europe, et c’est particulièrement vrai dans le Sud de l’Europe. La Turquie, la Grèce, les Balkans, la Roumanie ou encore l’Italie sont très exposés. Dans ces pays, les séismes peuvent être puissants. Ils sont dus à la rencontre des plaques tectoniques africaine et eurasienne.

Mais notre bon vieux plat pays est également concerné. « La région la plus active, c’est la région frontière entre les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique, ainsi que sa prolongation en Ardenne jusque dans la région de Liège. Il y a une deuxième région, c’est la zone du Hainaut, grosso modo entre Quiévrain, à la frontière française et la région de Charleroi », souligne Thierry Camelbeeck, sismologue à l’Observatoire Royal de Belgique.

Les scientifiques européens appellent également les pouvoirs publics à la vigilance, à l’avenir, l’Europe pourrait être touchée par des séismes beaucoup plus importants que par le passé, un risque qu’il faut prendre en compte pour l’élaboration des normes parasismiques.

Le sismologue prévient : « Sans vouloir être dramatique, il ne faut pas perdre cet aspect de vue surtout lorsqu’on considère des ouvrages d’art ou des industries qui sont plus à risques ». Un nouveau projet de recherche va d’ailleurs étudier les tests de résistance les plus efficaces pour les installations critiques.

Au Québec, l’opposition contre un projet d’oléoduc pour les sables bitumineux se renforce Alexandre Shields (Le Devoir) Reporterre 2013/09/21 Alexandre Shields (Le Devoir) (21 septembre 2013) Au Québec, l’opposition contre un projet d’oléoduc pour les sables bitumineux se renforce. Reporterre. fr

Au Québec, l’opposition contre un projet d’oléoduc pour les sables bitumineux se renforce

Alors que le gouvernement de Pauline Marois [premier ministre du Québec] manifeste une ouverture certaine aux projets de transport de pétrole albertain par oléoduc au Québec, une pétition exigeant le rejet des deux projets en développement vient d’être lancée sur le site de l’Assemblée nationale.

La pétition, parrainée par le député du parti Québec Solidaire, Amir Khadir, a été mise en ligne mercredi 18 septembre. Jeudi, en fin d’après-midi, 1200 personnes l’avaient signée.

Les signataires demandent au gouvernement du Québec de « s’opposer à tout nouveau projet d’oléoduc (construction, inversion, conversion) qui ferait transiter au Québec du pétrole des sables bitumineux ». Ils réclament du même souffle l’élaboration d’« un véritable projet de société ayant comme buts de réduire drastiquement notre dépendance aux hydrocarbures et promouvoir notre transition vers les énergies vertes ».

Dans le libellé de la pétition, les instigateurs affirment en outre que le pétrole extrait des sables bitumineux en Alberta « est un des modes de production émettant le plus de gaz à effet de serre au monde » et que la croissance de la production canadienne « retarde une transition vers les énergies vertes ». Or, une telle avenue serait selon eux susceptible de générer des bénéfices plus importants que l’arrivée de centaines de milliers de barils de pétrole brut chaque jour au Québec par pipelines.

Ils rappellent aussi que la Colombie-Britannique s’oppose pour le moment au projet d’oléoduc Northern Gateway, piloté par l’entreprise Enbridge, en raison des risques environnementaux. C’est cette entreprise qui souhaite inverser le flux de pétrole dans la ligne 9B — construite en 1975 — et en augmenter la capacité, de façon à acheminer quotidiennement 300 000 barils à Montréal. Enbridge espère pouvoir réaliser son projet d’ici la fin de 2014

Le gouvernement américain hésite pour sa part à approuver le projet Keystone XL, qui doit permettre de relier l’Alberta aux raffineries du Texas. Ce projet est développé par TransCanada, qui entend aussi construire un nouveau pipeline de plus de 1400 kilomètres pour relier le Sud ontarien à la raffinerie de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. La vaste majorité de l’infrastructure à construire se trouve en sol québécois. La multinationale souhaite lui donner une capacité quotidienne de 1,1 million de barils.

Ouverture de Québec

Le gouvernement Marois ne partage absolument pas la vision des projets d’oléoducs exprimée par les signataires de la pétition. En entrevue récemment au magazine L’Actualité, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a insisté de nouveau sur les bénéfices économiques attendus. « Dans le cas du projet d’Enbridge, c’est clair qu’il y a un avantage économique pour les deux raffineurs du Québec, Suncor et Ultramar, qui ont beaucoup d’employés. On veut conserver le raffinage du pétrole au Québec, c’est un avantage. C’est aussi important pour l’industrie pétrochimique de Montréal, qui s’approvisionne auprès des raffineurs. »

Selon la ministre, il est possible d’aller de l’avant avec le projet d’Enbridge, mais aussi l’exploitation pétrolière au Québec, tout en respectant les objectifs de réduction de notre dépendance aux hydrocarbures fixés par le Parti québécois. D’ici 2020, Québec espère diminuer de 30 % notre consommation de pétrole et de gaz.

Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a pour sa part confirmé que le projet d’Enbridge ne sera pas assujetti au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. « Par contre, dans le cas de TransCanada, il pourrait l’être, puisqu’il y a une portion importante de nouvelles infrastructures », a-t-il précisé à L’Actualité.

Le président et chef de la direction d’Enbridge, Al Monaco, a salué la semaine dernière le préjugé favorable affiché par le gouvernement Marois face à l’arrivée par pipeline de pétrole albertain au Québec.

Un ancien haut dirigeant de la NASA, membre du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, James Hansen, estime pour sa part que l’exploitation des sables bitumineux pose un risque réel pour la planète. « Si le Canada va de l’avant, et si nous laissons faire, ce sera la fin pour le climat actuel », a-t-il affirmé l’an dernier en pressant le président Obama à rejeter le projet Keystone XL. Selon les données de l’Office national de l’énergie, la production pétrolière canadienne doit atteindre six millions de barils par jour d’ici 20 ans. Pas moins de 85 % de ce pétrole sera tiré des sables bitumineux.

Vélorution fête ses 10 ans ! Reporterre 2013/09/21 (21 septembre 2013) Vélorution fête ses 10 ans !. Reporterre. fr

Vélorution fête ses 10 ans !

Il y a dix ans, le 22 septembre 2003, se réunissait une petite bande de non-motorisé·e·s à la Place de l’Étoile. C’était la Journée Internationale sans Voitures. Nous étions 50, les voitures étaient 5 000...

Depuis, des cyclistes se réunissent chaque mois pour mettre la rue au rythme des pédales – les masses critiques ont rassemblé jusqu’à 1500 personnes (vélorution universelle juillet 2010).

Vélorution met maintenant son grain de selle aux comités vélo municipaux, et fait bouger les lignes des politiques cyclables par des actions médiatiques (Paris Zone 30 !).

Vélorution a fait ouvrir une Maison du Vélo avec Mieux se Déplacer à Bicyclette, et y met les mains dans le cambouis à l’atelier participatif. Elle continue de faire vivre la rue par des ateliers mobiles, zones de gratuité, parking day. Elle soutient les lieux squattés en y animant un atelier de campagne (8 ans de tribulations dans 8 squatts tous plus beaux les uns que les autres).

Vélorution Paris/IDF c’est aussi 10 ans d’actions conjointes avec les Amis de la Terre, Sortir du nucléaire, les Anti-pubs, Guerilla Gardening, les Sans-Papiers, la Commune Libre d’Alligre...

Ça se fête !

SAMEDI 21 SEPTEMBRE, 14h : Bike Wars !

En collaboration avec le collectif Stendhal, pour la Journée Internationale de la Paix, on vous invite à un événement pacifiquement terrifiant et ludiquement sanguinolent. Alors que les guerres pour le pétrole et autres ressources font rage, que les peuples qui se révoltent contre la finance sont opprimés dans le sang, et que la course aux armements nucléaires se poursuit, on va faire la guerre pour rire, la fête en vrai : joutes de tall-bikes, combat de destroyers sans moteurs, zone de gratuité, disco-soup, concerts. Info lieu à venir.

L’atelier vélo/soudure du squat 5, rue Stendhal, 20e, est ouvert dès le 11 septembre pour vous aider à construire votre monture (contact : stendhal.noir at gmail.com).

DIMANCHE 22 SEPTEMBRE, 18h30 : On tourne autour de la Place Charles de Gaulle - Étoile, c’est la Masse Critique de l’Étoile rayonnante.

C’est la Journée Mondiale Sans Auto, abandonnée par l’État et la Ville qui se couchent chaque jour devant le lobby auto-moto, et n’ont comme alternative aux moteurs à explosion qu’une impossible mobilité électrifiée à l’atome.

Une fois le trafic motorisé annihilé, nous irons nous restaurer avec un pique-nique aux Tuileries (apportez à manger, il y aura de la boisson locale).

A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste Linda Maziz (Reporterre) Reporterre 2013/09/22 Linda Maziz (Reporterre) (22 septembre 2013) A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste. Reporterre. fr

A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste

Ils en ont assez d’être les « dindons de la farce » : la farce jouée par le gouvernement qui interdit officiellement la fracturation hydraulique, mais laisse des compagnies chercher du pétrole de schiste. Ce dimanche à l’aube, une trentaine d’activistes ont investi la plate-forme de forage de la compagnie Hess Oil, à Jouarre, en Seine-et-Marne. Reporterre raconte.

- Reporterre, Jouarre, "La Petite Brosse"

« On peut y aller, la voie est libre ». Il est 6h30 ce matin quand Marie-Dominique, partie en repérage, rejoint le reste du groupe, resté légèrement en retrait, pour plus de discrétion. C’est le signal que tout le monde attendait. A partir de cet instant, tout va très vite. Chacun a en mémoire le briefing de la veille et sait ce qui lui reste à faire. Juste le temps d’un dernier conseil avant de reprendre la voiture. « N’hésitez pas à prendre des initiaves. Une action se joue aussi au culot ».

A peine trois minutes plus tard, un premier militant s’éjecte d’un des six véhicules et passe de l’autre côté du grillage. Par chance, la porte n’est pas cadenassée. Il s’empresse de déverrouiller cette issue de secours pour libérer l’accès au reste du groupe. « Faites attention, soyez discret, il y a des ouvriers sur le site », prévient quelqu’un en tête. Mais l’effet de surprise aidant, les quelques employés n’ont rien tenté pour les empêcher d’accéder aux installations.

Avant qu’ils puissent réaliser ce qu’il se passe, la trentaine d’activistes est parvenue à se faufiler jusqu’à la plate-forme, à monter les escaliers et à investir la foreuse. Certains commencent à s’enchaîner aux structures métalliques. Pendant qu’ils verrouillent leurs cadenas et optimisent le blocage, quatre grimpeurs ont comme prévu pris d’assaut l’échelle qui va leur permettre d’accéder à la tour de forage, et d’atteindre le point culminant du derrick, à 26 mètres de haut. C’est de là qu’ils comptent déployer leur banderole « Stop forage ». Il est 6h40, le jour peut se lever. La plateforme pétrolière de Jouarre, en Seine-et-Marne, est belle et bien occupée.

Les dindons de la farce en ont assez

Le message, qui s’étend sur douze mètres de long, recouvre tout un côté de la tour. Mais ici, à Jouarre, le mal est fait. Le trou dans la croûte terrestre a déjà été percé. La foreuse est descendue à plus de 3 000 mètres de profondeur et les travaux démarrés le 6 août sont maintenant terminés. Le démontage de l’installation a d’ailleurs débuté cette semaine. Pour les militants, il a fallu agir vite pour être en mesure de réunir les troupes avant que la foreuse ne soit démontée et envoyée faire ses trous ailleurs, « probablement vers Nogent-sur-Seine, sur une plateforme située juste à côté d’une centrale nucléaire, avance l’un d’eux. Mais peu importe la prochaine destination, où qu’elle aille, elle ne sera jamais la bienvenue ».

Car faire des trous partout, c’est évidemment contraire aux engagements du gouvernement. Par cette action, ils entendent exiger la fin des forages exploratoires visant le gaz de schiste, de houille et l’huile lourde, l’abrogation de tous les permis de recherche portant sur ces hydrocarbures, le rejet de toutes les demandes de permis en cours d’instruction et l’abandon des projets similaires. Et pour traduire cette opposition d’envergure nationale, ces militants sont arrivés de toute la France pour tenter d’immobiliser la foreuse. De l’Ile-de-France bien sûr, mais aussi de la Saône-et-Loire, du Gard, de la Lozère, des Bouches-du-Rhône ou encore de l’Hérault. La plupart appartiennent à des organisations écologistes, mais aujourd’hui, tous ont décidé d’agir sans étiquette et de revendiquer l’action au nom du collectif des « Dindons de la farce ».

Un nom qui se veut évocateur de la mascarade qu’ils voient se dérouler sous leurs yeux. Car même si la loi Jacob du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique pour extraire les gaz de schiste, en raison de ses dangers pour l’environnement, tous les permis de recherche ciblant les hydrocarbures non-conventionnels n’ont pas été annulés. C’est le cas du permis de Château-Thierry, sur lequel s’est basé la compagnie américaine Hess Oil pour forer à Jouarre. Officiellement, rien d’incompatible avec la nouvelle législation, se défend la société américaine qui prétend qu’il ne s’agit là que d’un programme de recherche destiné à analyser les réserves de pétrole conventionnel et que d’une simple mise à jour cartographique du sous-sol du bassin parisien.

« Il nous prenne vraiment pour des billes, s’énerve Isabelle Levy, porte-parole du Collectif du pays fertois, qui est arrivé sur place à sept heures, dès qu’elle a appris la nouvelle. La compagnie cherche du pétrole de schiste. Tout le reste, ce n’est que du blabla, c’est de l’emballage. Le problème, c’est que leur stratégie de communication fonctionne. Sauf qu’il est de notoriété publique que lorsque le permis a été octroyé en 2009, c’était écrit noir sur blanc que c’était des huiles de roche qu’ils allaient chercher. Mais comme aujourd’hui, c’est devenu un gros mot, on nous raconte que c’est pour faire de la cartographie et pour aller chercher du conventionnel ».

Isabelle Levy

Pour ce collectif, la cartographie, le conventionnel, ces mots sont un prétexte. Les réserves sont largement connues après cinquante années d’exploitation pétrolière en région parisienne, et ce forage ne laisse planer aucun doute quant aux intentions de la compagnie pétrolière. Même si la loi lui interdit pour l’heure de passer à l’acte, Hess Oil prépare le terrain en attendant la brèche juridique ou administrative qui lui permettra de lancer les hostilités. « C’est la technique du pied dans la porte. Une fois qu’ils sont dans le trou, on peut toujours essayé de les en sortir », alerte Estelle Tardy, une des porte-parole du collectif Les dindons de la farce.

Estelle Tardy

« Il était temps de passer à l’action, parce que les pétroliers, eux, ils avancent, souligne Xavier Renou, des Désobéissants. C’est maintenant qu’il faut les arrêter. » Dépôt de permis, forage, recueil de données. Le lobby pétrolier semble prêt à tout pour faire passer la fracturation hydraulique en France. Guettant la faille, il joue sur tous les fronts, politique, économique et évidemment juridique. « Il est évident que les sociétés misent sur une évolution de la loi, voire son invalidation », craint Estelle Tardy, venue de Lozère.

C’est en tout cas ce que laisse craindre la question prioritaire de constitutionnalité déposée par la compagnie texane Schuepbach qui espère ainsi lever l’interdiction.

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer d’ici le 24 septembre. « La menace est réelle", assure David Escalier, jardinier biologiste de profession, qui fait partie de ceux qui ont déployé la banderole. Il est venu spécialement de Marseille pour participer à cette action. « Je suis là pour protester contre ce forage coûteux, dangereux pour l’environnement, contraire à la transition énergétique et à tout ce que Hollande nous a promis. Ce que je fais aujourd’hui, je le fais pour la France ».

Actualisation 12 h 30

Tous les activistes ont été fouillés, palpés, et leur identité a été relevée. Les gendarmes leur ont remis une convocation pour une audition libre. Tout le groupe a été libéré. Les quatre "alpinistes" perchés sur la foreuse ont été redescendus vers les gendarmes vers onze heures.

Le déroulé de l’action d’occupation de la plate-forme de Jouarre ALDEAH Reporterre 2013/09/22 ALDEAH (22 septembre 2013) Le déroulé de l’action d’occupation de la plate-forme de Jouarre. Reporterre. fr

Le déroulé de l’action d’occupation de la plate-forme de Jouarre

Peu après sept heures ce dimanche, des opposants au pétrole de schiste ont escaladé la tour de forage de la compagnie Hesse, à Jouarre, en Seine-et-Marne.

Suivi de l’action par ALDEAH (Alternative au développement extractiviste et anthropocentré).

8 h 39

Une deuxième voiture est prête à partir en direction de la Ferté sous Jouarre.

8 h 31

Une voiture de gendarmes est partie avec des copains...

8 h 30

Les gendarmes mobiles sont arrivés. Ils entourent le site.

8 h 28

On a pris la foreuse ! Il y a encore du monde sur la nacelle... on espère qu’ils restent encore !

8 h 22

Fouille à corps. Les travailleurs de la COFOR quittent le site. Ils n’étaient que sept ou huit.

8 h 05

Toujours avec les gendarmes. L’armblock tient mais ils vont l’emmener pour découper le tube.

[Armblock : un activiste semble s’être enchaîné à la foreuse, le bras étant engagé dans un tube accroché à la foreuse - Reporterre]

8 h 02

Arrivée des responsables de Hess Oil.

7 h 59

La banderole est déployée. La gendarmerie arrive.

7 h 16

Quatre personnes ont escaladé la tour de forage de pétrole de schiste et sont en train de déployer une banderole.

6 h 45

Ce matin à 6 h45, 30 personnes ont pénétré sur la plateforme pétrolière de Hess Oil proche de Jouarre en Seine et Marne pour dénoncer le forage d’exploration sur le pétrole de schiste.

Communiqué de revendication

Depuis 06 h 53 ce matin, dimanche septembre, 30 personnes du collectif des Dindons de la farce occupent la plateforme pétrolière de la Petite Brosse à Jouarre (Seine-et-Marne). Nous avons escaladé la tour de forage, nous y sommes enchaînés, avons déployé des banderoles et entendons y rester. Par cette action résolue, nous souhaitons attirer l’attention du public et des médias sur la farce qui se déroule sous nos yeux et dont nous refusons d’être les dindons.

La plateforme occupée est celle de la compagnie états-unienne HESS Oil, l’entreprise qui cette dernière année a réalisé plusieurs forages préparatoires sur des permis de recherche d’hydrocarbures officiellement déclarés comme portant sur l’huile de schiste. Il est de notoriété publique que l’huile de schiste est impossible à extraire sans recourir à une fracturation et qu’aujourd’hui seule la technique de fracturation hydraulique présente les conditions de rentabilité jugées satisfaisantes par les pétroliers.

La plate-forme de Hess Oil

Pourquoi HESS Oil avance dans ses travaux alors qu’une loi (Loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 ) lui interdit de passer à l’acte ? Pourquoi cherche-t-elle des hydrocarbures qu’elle ne pourrait pas exploiter ? Difficile d’imaginer qu’un industriel entreprenne ces opérations coûteuses (12 millions d’euros par forage, soit plusieurs dizaines de millions d’euros par permis) sans attendre un possible retour sur investissement. Alors, pourquoi ? Spéculation ? Ou bien les dirigeants d’HESS Oil sont-ils si sûrs que l’interdiction sera levée comme le laisse craindre la Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par la compagne texane Schuepbach qui cherche à invalider la loi du 13 juillet (la décision du Conseil Constitutionnel sera rendue début octobre) ? Espèrent-ils, aussi, qu’à force de lobbying, un miracle ne rende les dangers de la fracturation hydraulique « socialement acceptables » jusqu’à ce que les dégâts, irréversibles, ne commencent à apparaître ?

Les sites forés sont prêts pour la suite des opérations. Après en avoir terminé avec Jouarre, la foreuse HH300 de la COFOR (filiale de Vinci), utilisée par HESS Oil et conçue pour forer dans les schistes, partira sur une autre plateforme, probablement celle de Fonteney-de-Bossery (10 Aube), site qui offre une vue plongeante sur la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, à moins de 110 km de Paris, en bord de Seine.

La tour de forage intégrant la foreuse de la société Cofor, filiale de Vinci

Alors cette foreuse, pour l’instant, nous la gardons. Pour mettre en lumière la farce en cours. Pour rappeler au Président Hollande - qui déclarait qu’il n’y aurait pas d’exploration d’hydrocarbures non conventionnels en France – de tenir sa parole. Pour que la Conférence environnementale en cours ne soit pas un nouveau catalogue d’intentions. Pour exiger la fin des forages exploratoires visant le gaz et le pétrole de schiste, de houille et l’huile lourde, l’abrogation de tous les permis de recherche portant sur ces hydrocarbures, le rejet de toutes les demandes de permis en cours d’instruction, l’abandon de tous les projets similaires et un ferme engagement pour une vraie transition énergétique et écologique.

Parce que la poursuite de ces travaux est une preuve flagrante des promesses non tenues ; parce que les lobbies pétro-gaziers sont résolus à avancer dans l’exploration et l’exploitation des sources d’énergie « extrêmes » en France, dans le total mépris du refus de la population ; pour défendre notre eau et notre air, notre santé, la beauté de nos paysages, les alternatives écologiques et une vision du monde régi par d’autres rêves que le profit : NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE NI DE HOUILLE, NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN, NI ICI, NI AILLEURS

Pourquoi réfléchir à la valeur d’usage des objets ? Yann Le Pollotec Reporterre 2013/09/23 Yann Le Pollotec (23 septembre 2013) Pourquoi réfléchir à la valeur d’usage des objets ?. Reporterre. fr

Pourquoi réfléchir à la valeur d’usage des objets ?

Pourquoi est-il important de réfléchir à la valeur d’usage des objets ?

Yann Le Pollotec - Parce qu’on est à un stade où la finalité de la production industrielle doit être complètement revue. Et pas revue dans le sens où c’est les critères financiers, les critères des valeurs d’échange des produits qui sont dominants, mais bien la valeur d’usage.

Et on retrouve ça dans toute une forme d’économie qui se développe, qui est l’économie coproduite, où on est dans des modèles coopératifs, c’est ce qu’on retrouve dans les fablabs, c’est ce qu’on retrouve dans ce qu’on appelle les maker-spaces, etc.

Il y a un véritable changement de paradigme autour d’un retour sur la valeur d’usage, et derrière il y a l’idée de bien commun universel, et de produire une conception de production orientée « bien commun », et pas « on organise la rareté pour faire augmenter les prix » (centrée sur la valeur d’échange et non pas la valeur d’usage).

Une bombe atomique américaine a failli frapper New York en 1961 Elise Delève (France Info) Reporterre 2013/09/23 Elise Delève (France Info) (23 septembre 2013) Une bombe atomique américaine a failli frapper New York en 1961. Reporterre. fr

Une bombe atomique américaine a failli frapper New York en 1961

Un document secret déclassifié a révélé qu’en 1961, l’explosion d’une bombe nucléaire a été évitée de justesse aux Etats-Unis. Un bombardier s’est disloqué en vol et a laissé échapper deux bombes sur la côte Est. La catastrophe a été évitée grâce à un interrupteur.

Deux bombes atomiques ont été lâchées accidentellement au dessus de la Caroline du Nord en 1961, sur la côte Est américaine. Une information révélée par Le Guardian qui s’est procuré un document secret déclassifié.

Les bombes étaient 260 fois plus puissantes que celle d’Hiroshima. Elles auraient pu toucher New York, Washington, Philadelphie et Baltimore. L’une est finalement tombée « dans un champ de Caroline du Nord, son parachute de sécurité coincé dans un arbre », écrit le Guardian, « et la deuxième est tombé dans une prairie près d’une route ».

Le rapport obtenu par le journaliste Eric Schlosser montre que les bombes se trouvaient dans un bombardier B-52 qui s’est disloqué en vol. L’une des deux s’est comportée exactement comme si elle avait été larguée intentionnellement, malgré les mécanismes de sécurité. Son parachute s’est ouvert et le processus de mise feu s’est enclenché. La catastrophe a été évitée d’extrême justesse grâce à un modeste interrupteur à faible voltage.

Le gouvernement américain nie

En 1969, l’ingénieur d’un laboratoire chargé de la sécurité mécanique de l’arsenal nucléaire a affirmé que trois des quatre dispositifs censés empêcher une mise à feu accidentelle n’ont pas fonctionné correctement ce jour là. « La bombe MK 39 Mod 2 ne possédait pas les mécanismes de sécurité appropriés pour un usage aéroporté à bord d’un B-52 », explique-t-il.

A l’époque, les autorités américaines ont nié que des vies aient été menacées. Eric Schlosser affirme quant à lui qu’au moins « 700 accidents impliquant 1 250 armes nucléaires ont été enregistrés » entre 1950 et 1958. « Le gouvernement américain a constamment essayé de cacher cette information pour éviter les questions relatives à notre politique sur les armes nucléaires », dit-il.

Pour en finir avec le chômage, il faut instaurer le revenu universel Simon Cottin-Marx Reporterre 2013/09/23 Simon Cottin-Marx (23 septembre 2013) Pour en finir avec le chômage, il faut instaurer le revenu universel. Reporterre. Tribune — fr

Pour en finir avec le chômage, il faut instaurer le revenu universel

La semaine internationale du revenu de base s’est achevé dimanche 22 septembre. « Après le suffrage universel acquis en 1789, après la mise en place de la Sécurité sociale, il faut donner sa pleine mesure à la consolidation démocratique de la citoyenneté en mettant en place un revenu universel. »

Depuis les années 1970 le plein emploi est un horizon toujours recherché, mais jamais atteint. Ni les emplois jeunes, aidés ou d’avenir, ni les exonérations offertes aux entreprises, ni les baisses de cotisations sociales n’ont permis d’offrir un emploi à chacun. Le marché de l’emploi est saturé, concentré sur quelques “heureux” locataires de leurs emplois et pousse des millions d’”inutiles au monde” à Pôle Emploi.

Dans le même temps, l’accès à la solidarité nationale reste semé d’embûches. Ainsi, une personne sans emploi, n’ayant pas assez cotisé à l’assurance chômage, n’aura droit à rien si son conjoint travaille. Aujourd’hui, les allocations relevant du régime de solidarité nationale, comme le RSA [revenu de solidarité active], ne sont pas individualisées, mais données en fonction des ressources du foyer. Le chômeur ou l’inactif du couple n’a pas droit à l’autonomie financière que procure tout de même le RSA. Encore plus discriminant, un jeune de moins de 26 ans n’a pas droit au RSA... On donne la majorité politique à 18 ans, pas la majorité économique : charge à sa famille de subvenir à ses besoins s’il n’arrive pas à trouver un emploi ou un revenu suffisant pour vivre.

L’Etat fait la guerre aux pauvres

S’ajoute qu’avec la crise et l’austérité promue comme choix politique, les ressources baissent. Tout est fait pour diminuer l’accès et le montant des allocations chômage, à tel point que c’est moins d’un chômeur sur deux qui est indemnisé et à chaque nouvelle réforme il l’est moins longtemps. L’État fait la guerre aux pauvres, alors même qu’ils sont toujours plus nombreux : plus de huit millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans notre pays.

C’est la faute à la crise qui fragilise les revenus... mais seulement ceux des plus pauvres.

Face à ce constat, l’écologie politique propose de sortir chaque individu de la pauvreté en instaurant la distribution à chacun d’un revenu inconditionnel permettant de vivre décemment. C’est un outil constitutif de la citoyenneté. Après le suffrage universel acquis en 1789, après la mise en place de la sécurité sociale, il s’agit de donner sa pleine mesure à la consolidation démocratique de la citoyenneté en mettant en place un “revenu universel".

Chaque individu, chaque citoyen, qu’il soit jeune ou vieux, homme ou femme, travailleur ou non, riche ou pauvre, percevrait un revenu du niveau du seuil de pauvreté. Ce revenu doit être suffisant pour permettre à chacun de se loger, de se nourrir et de se déplacer sans pour autant vendre sa force de travail sur le marché de l’emploi réglé par la logique capitaliste néo-libérale.

La logique marchande ne donne pas sa juste valeur au travail - pourquoi un trader serait-il mieux payé qu’une infirmière ? - et impose une nouvelle règle, celle de la précarité. Or, en distribuant à chacun un revenu garanti, on protège les individus face aux discontinuités de l’emploi, on donne la possibilité d’entreprendre sans pour autant prendre le risque de se retrouver sans rien.

Les effets bénéfiques du revenu universel

Des expérimentations de revenu universel ont été menées dans différents pays : les gens n’ont pas cessé de travailler, mais ont réduit leur temps de travail pour gagner en qualité de vie. Le revenu de base a cet avantage : il encourage les travailleurs à libérer du temps de travail qui profitera à ceux qui ont envie de travailler. Plutôt que de réduire par la loi le temps de travail, on incite : il s’agit d’une méthode douce et choisie de réduction et de partage du temps de travail.

Avec le revenu universel, on travaillerait moins, mais aussi mieux : pourquoi accepter un travail peu valorisant s’il est mal rémunéré ? Pourquoi accepter un emploi mécanique ou répétitif si on a de quoi vivre décemment ? Le rapport de force employeur-salarié serait rééquilibré en faveur de ces derniers. Les emplois pénibles devront alors être revalorisés et les emplois peu intéressants rendus plus attractifs.

La question du financement

D’où viendrait l’argent pour financer cette utopie ? Nous pouvons dégager deux ressources principales, la première vient de la taxation du capital. Depuis les années 70, le partage des plus-values entre capital et travail s’est dégradé largement en faveur du premier, ainsi une partie des ressources nécessaires pourraient être récupérées au dépend des actionnaires et du patronat. Et la mise en place d’un revenu maximum - en plus de réduire les inégalités et d’empêcher les distorsion de démocratie - est également une piste pour financer le revenu universel.

Mais, à l’instar du régime des intermittents du spectacle ou de la sécurité sociale, c’est surtout la socialisation des revenus qui permettra de financer un revenu pour tous. Pour un revenu universel de 900 euros, il sera nécessaire de socialiser en moyenne 40 % du salaire. Si les individus sans ressources seront les grands gagnants de la mise en place d’un revenu universel, c’est toutes les personnes ayant un salaire en-dessous de 2 240 euros qui gagneront à cette mise en place, c’est-à-dire plus de 70 % de la population française. Quant à ceux qui y perdront en revenu, ils y gagneront en sécurité. Eux aussi obtiendront un droit de s’arrêter de travailler sans risque, de travailler moins, ou de se former pour mieux s’adapter aux évolutions.

Le Conseil National de la Résistance nous a légué un héritage important, avec la sécurité sociale et des idéaux comme le droit au logement ou le droit au revenu - tous deux encore inappliqués. En portant l’idée de revenu universel, il s’agit de proposer un nouveau contrat social, moderne, respectueux des individus et de la planète ; une troisième voie, une utopie réaliste, tirant les leçons des échecs du capitalisme et du communisme. Il s’agit, selon la formule consacrée par Philippe Van Parijs, d’écrire sur les bannières de notre société « de chacun (volontairement) selon ses capacités, à chacun (inconditionnellement) selon ses besoins », et de faire vivre cette idée.

Autopartage, covoiturage, palmarès des autos polluantes : une autre auto est possible ! ADEME Reporterre 2013/09/23 ADEME (23 septembre 2013) Autopartage, covoiturage, palmarès des autos polluantes : une autre auto est possible !. Reporterre. fr

Autopartage, covoiturage, palmarès des autos polluantes : une autre auto est possible !

Bien sûr, il vaut mieux marcher, faire du vélo ou prendre le bus. Il n’en reste pas moins que les automobiles ne sont pas toujours remplaçables. L’Ademe fait le point sur les nouvelles façons de l’utiliser.

L’ADEME revient aujourd’hui sur deux nouveaux services de mobilité – l’autopartage et le covoiturage – et présente les toutes dernières évolutions du Car Labelling, son comparateur en ligne de véhicules neufs destiné à aider les particuliers à faire un choixraisonné dans l’achat de leur voiture.

L’autopartage, une solution pratique à fort potentiel

En milieu urbain, posséder une voiture devient de moins en moins rentable. L’autopartage est le système qui permet d’utiliser ponctuellement une voiture sans subir les inconvénients liés à sa possession. Il est encore marginal mais a connu dans les dernières années une croissance exponentielle et dispose d’un potentiel de développement très important. Si le service Autolib’ à Paris lui a permis de gagner en visibilité, la plupart des grandes agglomérations françaises disposent également d’un service d’autopartage, géré par un opérateur privé ou directement par la collectivité locale.

Une étude réalisée par 6T-Bureau de recherche montre que l’autopartage permet :

• de faire des économies, puisque son coût de revient est moins élevé qu’une voiture individuelle. L’autopartage permet à ses usagers de ne pas supporter tous les coûts liés à la possession d’une voiture, notamment les coûts fixes (amortissement et assurance) et ceux liés au stationnement ;

• de moins utiliser sa voiture ; après le passage à l’autopartage, les « autopartageurs » parcourent 41 % de kilomètres en moins en voiture ;

• de se séparer de sa voiture ; chaque voiture d’autopartage remplace 9 voitures personnelles et libère 8 places de stationnement ;

• d’utiliser tous les modes de transport ; suite à leur passage à l’autopartage, les « autopartageurs » utilisent davantage la marche à pied (pour 30 % d’entre eux), le vélo (29 %), les transports collectifs (25 %) le train (24 %), et le covoiturage (12 %) ;

• d’adhérer aux politiques d’écomobilité telles que les péages urbains, les mesures de limitation du stationnement…

Le covoiturage, un service innovant en plein essor

Le covoiturage est l’utilisation commune d’un véhicule par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers dans le but d’effectuer tout ou une partie d’un trajet commun. A ce jour, il existe plus de 200 services de covoiturage organisé (estimation basse). Parmi les principaux, on distingue schématiquement :

• Les services nationaux grand public, qui drainent plus spécifiquement les trajets occasionnels. Ce type de services progresse très rapidement. Le n°1 du covoiturage en France comprend 3 millions de membres et permet le transport de 600 000 personnes par mois en moyenne.

• Les services spécialisés dans le domicile-travail (entreprises, zones d’activité, administrations, inter-entreprises…).

• Les services locaux tout public et généralistes.

Le premier organisateur du covoiturage est l’entreprise (43 %, généralement dans le cadre de Plan de Déplacements Entreprise), suivi des collectivités (22 %), des établissements de santé (10 %), des zones d’activités (9 %). On observe entre 50 et 600 inscrits selon les entreprises, soit entre 0,3 et 13 % des effectifs. Tous les types de trajets sont concernés : domicile-travail (distance moyenne de 40 km), longue distance (distance moyenne de 330 km), ou trajet occasionnel. Dans 54 % des cas, le covoiturage se pratique à deux.

De nouvelles formes de covoiturage (plus flexibles, plus ergonomiques, plus faciles d’utilisation…) se développent. C’est le cas du covoiturage dynamique, qui utilise les technologies de l’internet mobile et de la géolocalisation, et qui a fait l’objet de plusieurs expérimentations, notamment en Isère. Si le service n’est pas encore disponible dans sa version définitive, plusieurs opérateurs y travaillent et pourraient proposer une offre plus aboutie dans les prochains mois.

S’il est important de privilégier ces nouveaux modes de déplacements, il est également nécessaire de favoriser l’usage de véhicules "propres", économes et les plus respectueux de la qualité de l’air. L’ADEME propose donc aux consommateurs un comparateur en ligne, accessible à tous, qui permet de comparer la quasi-totalité des véhicules particuliers vendus en France sur la base du bonus écologique, des consommations d’énergie, des rejets de CO2 et des émissions de polluants réglementés (NOx, particules, etc.).

Le Car Labelling de l’ADEME gagne en précision et fiabilité

Le comparateur vient d’être actualisé. Cet outil en ligne évolue avec le marché du véhicule neuf pour donner aux consommateurs des informations toujours plus fiables.

Lancé en 2012, ce comparateur en ligne donne accès aux fiches de la quasi-totalité des véhicules particuliers vendus en France et permet de les comparer sur la base du bonus écologique, des consommations d’énergie, des rejets de CO2 et des émissions de polluants réglementés. Le site est désormais actualisé quatre fois par an, afin d’intégrer rapidement les véhicules récemment entrés sur le marché. Cela inclut les nouvelles motorisations, les nouvelles carrosseries et bien sûr les nouveaux modèles.

Les palmarès des véhicules les plus performants en matière d’émissions de CO2 évoluent eux aussi avec la création d’une troisième catégorie : les véhicules hybrides non rechargeables qui ont désormais leur propre palmarès et ne sont plus compris dans les palmarès respectifs des véhicules essence et diesel. Les 10 premières valeurs du palmarès « véhicules hybrides non rechargeables » se situent entre 79 et 96 grammes de CO2 par kilomètre (contre 87 et 105 grammes de CO2 par km en 2012). Depuis la dernière actualisation du comparateur en ligne de l’ADEME (en avril 2013), deux nouveaux véhicules ont fait leur entrée dans ce palmarès : la Peugeot 3008 Hybrid 4 2.0 HDI et la Volkswagen Jetta Hybrid 1.4 TSI.

Enfin, toujours dans le but d’aiguiller le consommateur dans ses choix, l’ADEME édite chaque année le guide Consommations de carburant et émissions de CO2 -Véhicules particuliers neufs vendus en France, qui doit être tenu à la disposition de tous dans chaque point de vente de véhicules neufs en France. Dans ce guide exhaustif, le potentiel acheteur trouve notamment des informations concernant l’étiquetage énergie/CO2 des véhicules, le dispositif bonus/malus, les taxations relatives aux émissions de CO2 en Europe, des conseils pour bien choisir son véhicule à l’achat, bien l’utiliser et l’entretenir, des informations sur l’enjeu de l’air et du bruit…

Pour aller encore plus loin, l’ADEME propose également l’édition 2013 de sa brochure statistique Evolutions du marché, caractéristiques environnementales et techniques. Ce document présente les principaux chiffres clés des véhicules achetés en 2012, les Palmarès et Classements ADEME des véhicules neufs à la vente en 2013 ainsi que les évolutions techniques du parc depuis un an.

Deux loups abattus en deux jours par des chasseurs FERUS Reporterre 2013/09/24 FERUS (24 septembre 2013) Deux loups abattus en deux jours par des chasseurs. Reporterre. fr

Deux loups abattus en deux jours par des chasseurs

Deux loups viennent d’être abattus ce week-end, ce qui porte à dix le nombre de loups tués depuis le début de l’année en France. L’espèce est pourtant légalement protégée.

Suite à l’autorisation ministérielle autorisant le tir de loups par les chasseurs au cours de battues non encadrées par l’Etat, deux loups ont été abattus : une louve le 21 septembre à Saint-Etienne-de-Tinée et un loup le 22 septembre à Beuil (Alpes-Maritimes).

Un dispositif illégal et inefficace

Les tirs de ce week-end portent à dix le nombre connu de loups tués depuis le début de l’année en France, tous dans les Alpes-Maritimes : un loup retrouvé empoisonné, deux loups abattus dont une louve allaitante laissant cinq louveteaux morts de faim, et désormais ces deux loups tirés comme une espèce « gibier ».

Le loup est une espèce protégée, déjà malmenée par un « Plan loup » globalement défavorable. En autorisant des tirs de loup à l’occasion de battues de chasse, le gouvernement se met en dehors du cadre des rares dérogations éventuelles prévues par les textes internationaux, et en dehors des règles qu’il a lui-même édictées dans le « Plan loup » et dans les arrêtés interministériels du printemps dernier.

Des destructions incontrôlables

Des chasseurs parlent d’un troisième loup qui aurait été tiré lors de la battue de Saint-Etienne-de-Tinée, mais dont le cadavre n’aurait pas été retrouvé. Il est évident que plusieurs loups peuvent être tués ou blessés au cours de ces battues, sans qu’on le sache et sans qu’on puisse avoir aucun contrôle. Nous exigeons l’annulation immédiate de ces battues d’un autre âge, qui sont la porte ouverte aux dérives les plus graves et placent la France en contradiction avec ses engagements européens de protection du loup.

Les battues aux loups, une décision démagogique

La France préfère-t-elle offrir lâchement des loups au bon plaisir des chasseurs, plutôt que de résoudre les vrais problèmes de fond de la filière ovine ? Cette filière est dans une situation économique difficile. Les éleveurs vivent essentiellement de subventions publiques. Si la société française fait le choix de maintenir l’élevage ovin en le soutenant par de l’argent public, on est en droit d’attendre que cette activité soit mise en œuvre de façon compatible avec les enjeux du 21e siècle, et avec les attentes de la société en matière de protection de la biodiversité.

Voilà vingt raisons d’acheter une nouvelle automobile CarFree Reporterre 2013/09/24 CarFree (24 septembre 2013) Voilà vingt raisons d’acheter une nouvelle automobile. Reporterre. Tribune — fr

Voilà vingt raisons d’acheter une nouvelle automobile

Malgré ce que dit le puissant lobby cycliste qui cherche à détruire nos voitures, l’automobile a de nombreux avantages. Si vous êtes sur le point d’abandonner la voiture et de déposer les armes face au bulldozer de la pensée unique écologique, alors vous devez vous ressaisir et vous rappeler les nombreux avantages de l’automobile. Voici les 20 avantages de la voiture que les intégristes écologistes ne vous diront pas.

1. La prise de poids. Si vous essayez de grossir, l’usage régulier de la voiture est conseillé. L’automobiliste avachi dans le siège de sa voiture n’élimine pas les calories provenant des graisses de son corps, ce qui lui permet de grossir sans aucun effort.

2. Le développement de la pollution. Les voitures émettent de nombreux produits polluants et toxiques qui masquent les mauvaises odeurs que l’on peut rencontrer à la campagne (fumier, purin) ou en ville (piétons et cyclistes qui suent abusivement).

3. La participation au réchauffement climatique. L’automobile participe activement au réchauffement climatique en émettant tous les ans des quantités massives de CO2 dans l’atmosphère, ce qui permettra peut-être aux générations futures de Normandie ou du Nord-Pas-de-Calais de bénéficier un jour d’un climat méditerranéen.

4. La présence permanente du bruit. Les voitures participent grandement à l’animation des villes et villages, en particulier le long des grands axes de circulation, en produisant un bruit permanent qui rassure les riverains souvent inquiets du fait de l’aspect sinistre du silence.

5. L’augmentation du stress et de l’agressivité. L’usage régulier de la voiture individuelle est reconnu pour maintenir à un haut niveau le stress et l’agressivité des automobilistes, ce qui représente une chance de survie dans le monde impitoyable d’aujourd’hui.

6. Le prestige social. Le fait d’arriver toujours en retard à vos rendez-vous du fait des encombrements ou autres embouteillages augmentera votre prestige social car il est de notoriété publique que les personnes importantes se doivent d’être toujours en retard à une réunion.

7. Le développement des sujets de conversation. La pratique assidue de l’automobile permet aux automobilistes d’avoir toujours un sujet de conversation avec leurs collègues ou leur famille, concernant les embouteillages, la hausse des taxes et du prix de l’essence ou « tous ceux qui ne savent pas conduire ».

8. La limitation des animaux nuisibles. L’automobile éradique chaque année des centaines de millions d’animaux nuisibles, comme les moustiques ou autres insectes, les hérissons et les grenouilles, les chats et les chiens, les sangliers et les biches. Par ailleurs, l’automobile participe à la régulation des populations piétonnes et cyclistes en limitant leur prolifération croissante ces dernières années.

9. La possibilité de dépenser son argent. L’automobile est très coûteuse en frais d’achat, d’entretien, réparations, assurances, taxes et prix du carburant, ce qui permet de dépenser son argent sans compter, ce qui est très utile dans la période actuelle de prospérité économique où très souvent on ne sait plus quoi faire de son argent.

10. Les accidents de la route et les maladies de toutes sortes. Face à la crise économique mondiale causée par le complot trotsko-cycliste, les nombreux problèmes sanitaires causés par l’automobile (accidents et maladies) permettent de maintenir la croissance économique en donnant du travail à toute l’industrie de la santé (hôpitaux, médecins, pharmaciens, etc.) et de la sécurité (pompiers, policiers, etc.).

11. La résolution des problèmes sexuels. L’achat d’une grosse voiture permet de résoudre un certain nombre de problèmes sexuels comme par exemple une taille trop petite de pénis, en faisant croire aux collègues et aux voisins qu’on « en a vraiment une grosse ».

12. La fin du pétrole. Les automobilistes participent activement à épuiser les dernières ressources pétrolières de la planète afin d’accélérer le passage à la société écologique du tout-électrique et du tout-nucléaire. Le besoin gigantesque de pétrole pour l’automobile permet également de mener avec panache des guerres régulières et meurtrières au Moyen-Orient pour maintenir un approvisionnement stable et sécurisé en pétrole. Au passage, les automobilistes participent ainsi au développement économique des pays pauvres du Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Qatar, Bahreïn, Koweït, etc.).

13. La lutte contre les allergies. La voiture évite la propagation des jardins et des parcs en ville grâce à l’accaparement de l’espace pour les parkings et le stationnement, un plus non négligeable alors que les allergies aux divers pollens progressent.

14. Le développement des contacts humains. La voiture participe au développement de contacts humains verbaux de qualité entre usagers de la route : « pousse-toi de là, putain de cycliste de merde. Tu fais chier tout le monde ».

15. Une arme qui ne dit pas son nom. Vous pouvez tuer quelqu’un armé d’une voiture et votre peine sera bien moindre que si vous le faisiez avec un fusil de chasse, et si en plus vous dites que vous étiez ébloui par le soleil pendant l’acte alors ce ne sera plus qu’un « malheureux accident » sans aller chercher plus loin.

16. La magie de l’allume-cigare. En achetant une voiture, c’est un peu du "2 en 1" car on a un allume-cigare ! Et donc, on a toujours du feu sur soi ! L’acquisition dudit allume-cigare ne coûte que 20.000 euros en moyenne ! Et ça, c’est un cadeau de bienvenue rien que pour vous ! Offre valable chez tous nos concessionnaires participants du 15 septembre au 15 octobre. Conditions disponibles en magasin.

17. Le coup de la panne. Les vélos, les trains et les bus sont moins pratiques pour faire le coup de la panne. Pour séduire et conquérir la plus belle des belles, emmenez-la faire un tour à Deauville et faites lui le coup de la panne vers Heudebouville. Imparable. Bonus : si vous êtes en décapotable, il faudra aussi lui démêler les cheveux, occasion inespérée d’un rapprochement physique. Alors, qu’attendez vous ?!!

18. La fin du plastique. Un avantage non négligeable de l’automobile est de contribuer à la raréfaction du plastique. Chacun sait que les objets en plastique sont moches et inutiles. En brûlant le pétrole à grands coups de carburateur, la voiture contribue indirectement à l’éradication de cette substance ridicule. Lorsqu’il sera devenu impossible de fabriquer du plastique à base de pétrole, les nombreux gadgets qui nous encombrent prendront soudainement de la valeur en vertu de « l’effet vintage ». On pourra alors refourguer à prix d’or sa collection de portes-clé ou de playmobils à des snobs en costume nylon.

19. La possibilité de faire n’importe quoi. Comme chacun le sait, la voiture permet de faire à peu près n’importe quoi sur la route sans craindre la répression policière. Avec votre voiture, vous pouvez vous garer sur les trottoirs ou les pistes cyclables, griller les feux ou ne pas respecter les passages piétons sans quasiment aucun risque d’amende !

20. Battre tout le monde parce qu’on a 4 roues. Les vélos n’en ont que 2, les tricycles que 3, les vélos enfant en ont parfois 2 de plus (stabilisatrices) mais n’ont pas la possibilité d’avoir le permis (hors concours), les piétons n’en ont même pas eu (même si les mâles ont 2 boules). Les camions en ont plus mais sont trop lourds et pas pratiques pour aller faire les courses, emmener les enfants à l’école et aller au travail sans sueur. Hors concours aussi.

Le froid en Arctique a été plus rigoureux en 2013 qu’en 2012 Emmanuel Hussenet (Les cavaliers de l’orage) Reporterre 2013/09/24 Emmanuel Hussenet (Les cavaliers de l’orage) (24 septembre 2013) Le froid en Arctique a été plus rigoureux en 2013 qu’en 2012. Reporterre. fr

Le froid en Arctique a été plus rigoureux en 2013 qu’en 2012

La banquise arctique s’est étendu en 2013 sur plus de superficie que l’année précédente, empêchant nombre de bateaux de pénétrer dans l’océan polaire.

- Contrairement à ce qui était attendu, l’été 2013 autour de l’océan glacial Arctique n’a pas suivi la tendance de 2012 et s’est révélé plus froid que ces dernières années.

Les températures relevées au nord du détroit de Smith, région polaire inhabitée et située entre la mer de Baffin et l’océan glacial Arctique, ont été de -1° C fin août, contre 1° C habituellement. La différence peut paraître minime, mais elle est décisive : la fonte estivale des banquises pluriannuelles a été interrompue deux semaines en avance. Ainsi, avec l’arrivée précoce de la neige et le retour du gel au nord du Groenland, la banquise a atteint son minimum dès le premier septembre. Sur l’ensemble de l’Arctique, selon le National Snow and Ice Data Center, la banquise pluriannuelle couvrait mi-septembre 5,1 millions de km2, contre 3,4 millions de km2 en 2012, qui est le minimum historique.

Extension des glaces pluriannuelles

Le froid imprévu a entravé de nombreuses expéditions qui cherchaient à approcher les glaces polaires.

À bord du voilier Vagabond, l’explorateur et écrivain Emmanuel Hussenet n’est pas parvenu à dépasser le 79° degré nord et n’a pas atteint l’océan Arctique comme il l’espérait. Les glaces dérivantes, très abondantes, ont empêché l’explorateur de gagner l’extrême nord, mais lui ont permis de constater que la route commerciale du Pôle, que le Canada et le Danemark frontaliers cherchent à contrôler, est encore loin de s’ouvrir. Le brise-glace canadien Amundsen est le seul navire à avoir emprunté ce passage cette année.

Le brise-glace Amundsen

- Ce constat ne remet pas en cause le réchauffement global de la planète.

Même si l’été sous les très hautes latitudes s’est montré bref et frais, la tendance reste au réchauffement : l’hiver 2012/2013 a été particulièrement doux, et les banquises annuelles étaient moins présentes que les hivers passés. Dans le village de Qaanaaq (Thulé), village le plus au nord du Groenland et du monde, les habitants affirment que la banquise s’est formée au mois de décembre, au lieu d’octobre habituellement, et, fait exceptionnel, qu’il a plu au mois d’avril, mois de l’année parmi les plus froids.

Ces constats vont dans le sens d’une déstabilisation générale du climat, laquelle rend de plus en plus difficile tant les prévisions des scientifiques que l’adaptation des populations locales. Dans le haut Arctique comme ailleurs, les repères saisonniers vacillent. Le retour précoce du gel sous les très hautes latitudes ne signifie pas pour autant que l’hiver sera froid. Rien n’indique non plus que l’été 2014 ne sera pas marqué par une nouvelle fonte record des banquises polaires. Dans ce contexte climatique placé sous le signe du dérèglement, tout pronostic reste hasardeux.

- L’été frais constaté sous les très hautes latitudes est une bonne nouvelle pour l’humanité.

La présence de glaces permanentes sur l’océan glacial Arctique est essentielle pour le maintien des climats dans notre hémisphère et le dynamisme des courants océaniques. Cette bonne nouvelle ne doit pas nous faire oublier que la tendance des vingt dernières années va vers une réduction très nette des banquises pluriannuelles, en étendue mais aussi en épaisseur. L’heure n’est plus à la bataille de chiffres et à la polémique, car les paramètres qui interfèrent sur le climat restent très complexes et difficilement mesurables, mais à la recherche d’une action unifiée. Le dérèglement climatique est un symptôme parmi d’autres des mauvais traitements que subissent les écosystèmes dont nous dépendons. Le défi contemporain tient à une réconciliation de l’homme avec la nature et avec lui-même.

- Le passage du pôle Nord ne s’ouvrira pas demain à la navigation !

Les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest se sont révélés moins navigables en 2013 qu’en 2012. Cela n’a pas empêché la traversée du Nord-Est par un cargo chinois cet été, traversée remarquée par les médias, mais la possibilité d’une ouverture prochaine de la troisième route de l’Arctique, le « passage de Nord-Nord » ou « passage du Pôle », reste à l’heure actuelle utopique. Cette route qui part du détroit de Smith et relierait la mer de Baffin à la mer de Behring, attise depuis de longues années les convoitises des transporteurs et des compagnies pétrolières, et stimule des projections que la nature a encore, jusqu’à présent, mises en échec. L’été 2013 contraint les industriels à reconsidérer temporairement leurs ambitions.

Les vélos ont pris l’Etoile, mais la Vélorution attendra Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/09/24 Barnabé Binctin (Reporterre) (24 septembre 2013) Les vélos ont pris l’Etoile, mais la Vélorution attendra. Reporterre. fr

Les vélos ont pris l’Etoile, mais la Vélorution attendra

Les vélorutionnaires ont investi la place de l’Etoile, à Paris, dimanche soir. Enfin, ont tenté d’investir, car ils n’étaient pas bien nombreux. Reporterre pédalait avec eux.

- Reportage, Paris

Pas de ceinture de sécurité, encore moins d’airbag, mais le cœur bien accroché. Lorsqu’à 18h30 précises, dimanche 22 septembre, les premiers militants de la vélorution s’insèrent à bicyclette sur le grand carrefour automobile de la place de l’Etoile, il ne faut pas avoir froid aux yeux ni la tête trop dans le guidon. Pour un deux-roues non motorisé, le rapport de force est pour le moins déséquilibré parmi la danse frénétique des voitures.

Pourtant, en quelques minutes seulement, la trentaine de cyclistes parvient à s’imposer dans le trafic. Formant un groupe compact qui élargit peu à peu son espace sur la route pavée, le peloton ralentit rapidement la circulation. La ronde des cyclistes peut alors commencer : pendant vingt minutes, les vélos vont faire le tour de l’Arc de Triomphe, comme dans un manège grandeur nature. La trentaine devient vite une cinquantaine, puis une centaine, et vers 18h50, ce sont près de 150 cyclistes qui se positionnent en haut des Champs-Elysées, pour descendre vers la place de la Concorde. Alignés sur tout le long de la voie, bloquant les véhicules derrière eux, ils ont descendu tranquillement la grande avenue, sous le regard intrigué des touristes japonais et au son rythmé de : « Une seule solution, c’est la vélorution », scandé par les participants.

La Vélorution ? C’est la promotion du vélo comme moyen de transport et plus seulement comme un sport ou un loisir. Être vélorutionnaire, c’est dénoncer les privilèges des transports motorisés, critiquer l’aménagement urbain excessivement favorable aux voitures et lutter contre les pollutions et les particules fines dues à leur omniprésence. L’association éponyme, Vélorution, porte depuis plusieurs années ce combat de « libération de l’emprise de la bagnole ».

Elle a monté, en partenariat avec l’association Mieux se Déplacer à Bicyclette, la Maison interassociative du Vélo à paris, en septembre 2011. Elle y organise des ateliers coopératifs de mécanique permettent à chacun d’apprendre à réparer son vélo. Et elle organise chaque premier samedi du mois un grand rassemblement de cyclistes qui font ainsi entendre leur revendication lors d’une grande virée à deux-roues dans la capitale. C’est le concept de « masse critique ».

Sur la place de la Concorde

Faire contrepoids aux voitures

L’idée, importée de San Francisco où se sont tenues les premières critical mass au début des années 1990, consiste à créer un phénomène de masse pour faire contrepoids aux voitures et mieux revendiquer le droit des vélos à circuler en ville. « Lorsque vous êtes seuls à vélo, au milieu des voitures, le danger est réel. Or, dès lors que vous créez un petit groupe, vous vous sécurisez, car vous êtes plus visibles et vous imposez votre propre rythme aux voitures. C’est l’exemple parfait d’une union qui fait la force », explique Camille Carnoz, membre actif de Vélorution. La masse critique réduit donc l’exposition aux violences routières tout en renversant le rapport de force : celui qui imprime la candence, c’est le vélo, non plus la voiture.

Ce n’est pas toujours du goût des automobilistes, mais ce dimanche, l’ambiance était bonne. Certains excités du volant lancent certes quelques noms d’oiseaux à travers la vitre, mais la majorité des voitures prend patience et semble accepter cet autre rapport au temps de transport. La maréchaussée elle-même donne l’exemple en se montrant particulièrement tolérante. Pourtant la manifestation n’était pas déclarée auprès de la Préfecture. La Vélorution, un acte de désobéissance civile ?

Pas du tout, selon Camille Carnoz : « Il n’y a pas de désobéissance, car nous respectons le Code de la route. Au contraire, nous cherchons à démontrer toute notre légitimité à circuler sur cet espace public. Notre action est légale : nous avons le même droit que les voitures à constituer le trafic routier en ville ».

Pour faire passer ce message, les organisateurs avaient misé sur le symbole. Celui du lieu, d’abord : la place de l’Etoile, « c’est probablement le paroxysme de la folie automobile, l’endroit où les débutants ont le plus peur de s’insérer, un des lieux les plus hostiles au vélo. Et les Champs-Elysées, qu’on dit être la plus belle avenue du monde, n’est rien d’autre qu’une autoroute à six ou huit voies... ».

Celui de la date, ensuite : le 22 septembre est historiquement la journée mondiale sans voiture. Sauf en France, où l’initiative « En ville sans ma voiture » lancée en 1998 par Voynet a officiellement été remplacée par une semaine de la mobilité. En célébrant toujours, à leur manière, le 22 septembre, le collectif Vélorution appelle ainsi à faire vivre ce combat pour une autre mobilité.

Peu nombreux, mais toujours plus

L’action avait d’autant plus de valeur pour les acteurs que l’association fêtait ce week-end ses dix ans d’existence. L’occasion de faire un bilan sur l’évolution des consciences. Le rassemblement de dimanche participe à la note positive, tout du moins au constat d’amélioration ; l’année dernière, les forces de l’ordre avaient mis fin rapidement à la manifestation non-déclarée. Pis, en 2009, la soixantaine de participants s’était faite arrêtée puis embarquée, récupérant plus tard à la fourrière leur moyen de transport... La vélorution progresse... lentement.

Adresse désolée aux grandes ONG environnementales Franck Laval Reporterre 2013/09/24 Franck Laval (24 septembre 2013) Adresse désolée aux grandes ONG environnementales. Reporterre. Tribune — fr

Adresse désolée aux grandes ONG environnementales

Franck Laval, d’Ecologie sans frontières, est un des initiateurs du Grenelle de l’environnement. Il stigmatise les grandes ONG qui ont accepté que les associations d’environnement et santé aient été exclues de la Conférence environnementale. « Trop occupées à la cogestion avec l’Etat, vous avez définitivement délégué la parole écologique à un parti vert rabougri »

Félicitations : en deux jours de Conférence Environnementale, tout ce que vous et nous (les ONG de l’environnement) avons bâti ensemble en sept ans, depuis le Pacte et le début du Grenelle, a été légué à une bande de dirigeants verts obsédés, non par la conservation de la nature, mais par la conservation de leurs ministères.

FNE , Humanisme et biodiversité, Ligue pour la protection des oiseaux, Surfrider, Fondation Nicolas Hulot, WWF, Amis de la Terre et Résau action climat : vous avez voulu la représentativité associative pour vous tout seul et voilà le résultat : les « grandes » associations de l’environnement ne pèsent plus rien, n’influencent plus personne, n’apportent plus d’idées innovantes et décapantes, n’intéressent même plus la presse. Trop occupées à la cogestion avec l’Etat, vous avez définitivement délégué la parole écologique à un parti rabougri qui compte entre 140 et 150 fois moins d’adhérents que nos ONG réunies ! Chapeau !

L’écologie n’est plus dans l’opinion qu’une longue suite de taxes, de contraintes, d’ennuis et de négociations politiciennes…

Comment avez-vous pu, depuis des mois et pour finir à cette conférence environnementale, laisser le parti politique des Verts s’exprimer à la place de tout le monde associatif et ainsi faire croire à l’opinion qu’ils sont les représentants de l’écologie en France ?

Combien d’années va-t-il falloir pour rattraper ce gâchis ?

Les ONG représentent le nombre ou/et la créativité ou/et les idées, le combat de terrain, la spécialisation, la crédibilité, le désintéressement, le courage et parfois le sens de l’intérêt général : en un mot, LE CONTRE-POUVOIR. Quand Alain bloque de son corps un convoi de chasseurs motorisés, j’y crois encore, mais pour le reste …

Où est passé le rêve, où est « l’utopie ou la mort » de René Dumont ? Où sont les nouvelles idées pour faire face à la crise écologique et entrainer avec nous TOUTE LA POPULATION ? L’écologie en France peut-elle incarner autre chose que des taxes, des plans de carrières ministériels, des compromissions honteuses avec les firmes les plus polluantes, des courses effrénées à toujours plus de subventions publiques et même pire : des distributions de légions d’honneur ?

Vous nous avez virés (le Rassemblement pour la Planète) de la représentativité nationale, dans votre obsession hégémonique, vous avez dégagé autour de vous aussi bien l’essentielle thématique de la santé-environnement et ses plus précieux spécialistes, que les plus ardents défenseurs des océans qui se meurent.

Et tout ça pour laisser les dirigeants verts (et le ministère de l’Ecologie) parler à votre (à notre) place !

Encore Bravo …

Festival des Utopies Concrètes : du 20 au 29 septembre Reporterre 2013/09/25 (25 septembre 2013) Festival des Utopies Concrètes : du 20 au 29 septembre. Reporterre. fr

Festival des Utopies Concrètes : du 20 au 29 septembre

Conférence « Transition et Politique », mercredi 25 septembre à 19h30. Au Café Le Lieu Dit, Paris, XXe.

Profitant de la sortie jeudi 26 septembre du nouveau numéro de la revue Mouvements, intitulé « Transition, une utopie concrète », le Festival des Utopies Concrètes vous invite à une conférence qui interrogera les rapports qu’entretient le mouvement de la transition avec le monde politique.

Les initiatives de la transition se sont construites, ces dernières années, loin des partis politiques. En développant des modes d’action localisée et concrète, elles ont remis en mouvement une frange de la population active mais déçue ou en dehors de la politique traditionnelle, réinventant une forme de militantisme « dépolitisée ». Ce succès doit en partie à la stratégie d’indépendance vis-à-vis du jeu institutionnel.

Alors que son impact est de plus en plus reconnu au sein de la société civile, le mouvement de la transition doit désormais repenser son rapport au politique. Son envergure naissante le heurte à des limites inhérentes au développement des projets de société, plus particulièrement celle de la nécessité, ou non, de construire des compromis ou des passerelles avec des partis politiques.

La question est d’autant plus intéressante que le mouvement de la transition affiche une proximité avec certaines théories de l’écologie politique, telles que la décroissance ou le municipalisme libertaire, qui ont fait des choix différents. C’est ainsi que le débat s’animera à partir d’une problématique qui guidera les échanges : inclusivité ou parti pris, la transition peut-elle faire des alliances ?

Invités :

Vincent Liegey, auteur du livre « Un projet de décroissance » (Ed Utopia) et porte-parole du PPLD ; Vincent Gerber, auteur de « Murray Bookchin et l’écologie sociale, une biographie intellectuelle » (Ed EcoSociété) ; Pierre Thomé, auteur de « Créateurs d’utopies ; Démocratie, autogestion, économie sociale et solidaire » (Ed Yves Michel) ; Virginie Le Torrec, St-Denis en transition.

Le débat sera animé par Alice Le Roy, membre de l’Institut Momentum, journaliste et enseignante.

Conférence « Transition et Politique » Mercredi 25 septembre, 19h30. Au Café Le Lieu Dit – 6 rue Sorbier, Paris 20 (Métro Ménilmontant)

Le Festival des Utopies concrètes :

Continuer à mobiliser, sensibiliser et passer à l’action, telle est l’ambition de la seconde édition du Festival Utopies Concrètes (20 au 29 septembre) qui débutera vendredi 20 septembre à Paris à 18h30, dans le 18e arrdt, au cœur du jardin partagé de la Goutte Verte, 4 rue Cavé.

Cette ouverture, festive et politique, en lien avec Parking Day, permettra de découvrir le programme du FUC, de dévoiler le Manifeste des Espaces Collectifs et Partagés et accueillera l’arrivée de la Vélorution, pour son dixième anniversaire.

Le lendemain, samedi 21 septembre, la ZUC (Zone d’Utopies Concrètes) organisée sur l’esplanade du jardin d’Eole (rue d’Aubervilliers dans le 18e arrdt, M° Stalingrad) regroupera de nombreuses associations, collectifs, coopératives, maisons d’édition pour présenter une large palette d’alternatives, d’expérimentations et de résistances en Ile-de-France.

Les jours suivants proposeront à Paris et en Ile-de-France, de multiples rendez-vous, des projections, des soirées conviviales et solidaires autour de la crise en Europe et des alternatives possibles, de la politique, des monnaies complémentaires, des résistances aux grands projets inutiles, de la transition énergétique…

Le nouveau rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sera au cœur des débats du Festival des Utopies Concrètes qui se conclura les 28 et 29 septembre par les automnales de la permaculture.

Le Festival souhaite être un moment de réflexion, de rencontres et d’actions, autour d’échanges, de partages et de retours d’expériences à partir d’initiatives locales sur des thématiques aussi vastes que l’agriculture urbaine ou péri-urbaine, l’alimentation, le recyclage, l’énergie, les transports, les monnaies complémentaires, l’habitat collectif ou partagé, les systèmes d’échanges locaux…

Le Festival des Utopies Concrètes entend susciter l’émergence de nouvelles alternatives sur les territoires, à Paris et en Ile-de-France, mais aussi d’imaginer des formes d’utopies concrètes permettant une transformation de la société à travers des pratiques et des réflexions collectives. Avec pour objectif, d’encourager la construction de modes de vie résilients, pour résister aux secousses économiques, sociales et environnementales.

Samedi 21 septembre, la ZUC (Zone d’Utopies Concrètes) s’installera dans un endroit encore tenu secret et regroupera de nombreuses associations, collectifs, coopératives, maisons d’édition pour présenter une large palette d’alternatives, d’expérimentations et de résistances en Ile-de-France.

PROGRAMME EN WORKING PROGRESS :

Vendredi 20 septembre à partir de 18h30 – Jardin partagé de la Goutte Verte – 4 Rue Cavé dans le 18e arrdt et sur des places de parking autour du jardin en lien avec Parking Day : Ouverture festival du FUC sur la thématique de la reconquête des espaces publics avec au programme : musique, repas, projections, discussions sur le thème des espaces collectifs et lancement d’un Manifeste des Jardins et des espaces publics.

Samedi 21 septembre de 10h à 18h - Place des Fêtes dans le 19e arrdt : La ZUC (Zone d’Utopies Concrètes). Au programme : village associatif, stands, ateliers, interventions, installations, musique, débats etc. Présentation de la grande maison-cabane « Habiter autrement », 100% récup à énergie non polluante. Les passants pourront entrer, y découvrir les objets, les produits, les appareils, troquer, donner, réparer, apprendre à fabriquer des cosmétiques un lombricomposteur un four solaire etc, aider à cuisiner, laver leur linge, etc.

Samedi 21 septembre à partir de 19h – Espace Reuilly, 21 rue Hénard dans le 12e arrdt : soirée festive avec projection du film « Au nom de la terre » suivi d’un débat-échanges avec un intervenant de Colibris. A partir de 21h15, concert avec Guillaume Rat et de Béa Tristan.

Dimanche 22 septembre à partir de 10h - 5 rue Florian dans le 20e ardt : Rencontre des Initiatives en Transitions, d’Idf ou ailleurs. Au programme : ateliers, groupes de travail, installations, discussions, etc. Lieu : vers la Gare d’Avron.

Lundi 23 septembre à 19h30 (Lieu à venir). Soirée sur les alternatives face à la crise en Europe (Espagne, Portugal, Grèce). Projection / débat en lien avec le CADTM à travers les témoignages de Roxanne et Panos, deux grecs engagés dans le mouvement actuel. Un impératif : monter les luttes mais aussi les alternatives pour faire face aux crises.

Mardi 24 septembre à 19h30 - Maison des Acteurs du Paris Durable, 21, rue des Blancs Manteaux, dans le 4e arrdt . Soirée Re-Economie ou comment Ré-inventer l’économie et la place de l’ESS (économie sociale et solidaire) dans un monde en Transition.

Mercredi 25 septembre 19h30 – Café Le Lieu Dit – 6, rue Sorbier dans le 20e arrdt : soirée Transition et Politique dans le cadre de la sortie du numéro d’automne 2013 de la revue Mouvements. Invités : Vincent Liegey, auteur du livre « Un projet de décroissance » (Ed Utopia) et porte-parole du PPLD ; Vincent Gerber, auteur de « Murray Bookchin et l’écologie sociale, une biographie intellectuelle » (Ed EcoSociété), Pierre Thomé, auteur de « Créateurs d’utopies ; Démocratie, autogestion, économie sociale et solidaire » (Ed Yves Michel) et Virginie Le Torrec, St-Denis en transition.

Ce débat abordera les rapports entre le mouvement de la transition et la politique, en nous interrogeant sur les liens qui pourraient exister entre la politique et la transition ; en se questionnant sur la nécessité ou non de construire des passerelles plus affirmées entre les partis traditionnels et la transition ; en mettant en lumière la proximité des idées et des pratiques entre la transition et certaines théories politiques comme la décroissance ou le municipalisme libertaire. Avec en toile de fond, une problématique centrale : « Inclusivité ou parti pris, la transition à la croisée des chemins ? »

Jeudi 26 septembre 19h30 – Maison des Acteurs du Paris Durable, 21, rue des Blancs Manteaux, dans le 4e arrdt : Quelle énergie pour nos villes ? avec Virage Energie IDF et Enercoop.

Vendredi 27 septembre 19h30 - Espace « Comme Vous Emoi », 5 rue de la Révolution à Montreuil : Soirée "Faites du Fric 3" - Lancement de la monnaie locale de Montreuil.

Samedi et dimanche 28-29 septembre – la Plaine-des-Bordes à Chennevières sur Marne : Les automnales de la permaculture Co-organisé par Relocalisons.

Au programme : des ateliers (faire un mandala, améliorer un poulailler (enduit, bac à eau, etc), plantation d’arbres, fabriquer des meubles avec le bois de la foret, etc), shiatsu, apiculture, plantes sauvages comestibles, etc. - des conférences : sur la permaculture, sur la transition, et d’autres ! - une soirée joyeuse : musique (accordéon, percu et chant, puis un big band !), un repas tout beau, - possibilité de camper au camping juste à coté le samedi soir et de commencer le dimanche avec nous (et avec un petit déjeuner !).

Tous les détails du programme et de comment s’y rendre ici

Les vins bio contiennent beaucoup moins de résidus de pesticides que les autres Générations futures Reporterre 2013/09/25 Générations futures (25 septembre 2013) Les vins bio contiennent beaucoup moins de résidus de pesticides que les autres. Reporterre. Pesticides fr

Les vins bio contiennent beaucoup moins de résidus de pesticides que les autres

Générations Futures a disséqué l’enquête de Que Choisir parue le 24 septembre, selon laquelle ’aucun vin n’échappe aujourd’hui à la pollution par les produits phytosanitaires’. Il apparait que cette affirmation demande à être nuancée !

En effet, quand on étudie les chiffres fournis par Que Choisir, il apparait que les vins bio contiennent infiniment moins de résidus que les vins issus de la production agrochimique. Calculette en main, Générations Futures a ainsi trouvé que dans cette enquête :

- la teneur maximale en pesticides des vins bio analysés est 33 fois plus faible que la teneur maximale des vins non bios ; - la teneur moyenne en pesticides des vins bios et 11,8 fois plus faible que celle des vins non bios ; - les vins bios contiennent dans 60 % des cas des résidus si faibles que, malgré la sophistication des méthodes utilisées par Que Choisir, il n’a pas été possible de les quantifier ! Dans les vins non bio cette proportion n’est que de 7,31%, soit 8 fois moins.

« Notre analyse montre bien que les vins bio contiennent beaucoup moins de résidus de pesticides que les vins issus de la production agrochimiques », déclare François Veillerette, porte parole de Générations futures. « Ces rares et faibles résidus sont apportés par la viticulture chimique voisine ce qui n’est pas acceptable. Il faut que les viticulteurs non bio réduisent leur utilisation de pesticides et maintiennent les produits utilisés dans leur parcelle, comme la loi les y oblige depuis 2006 ! », ajoute-t-il.

Les plantes manipulées pour résister aux herbicides se multiplient discrètement Appel de Poitiers Reporterre 2013/09/25 Appel de Poitiers (25 septembre 2013) Les plantes manipulées pour résister aux herbicides se multiplient discrètement. Reporterre. fr

Les plantes manipulées pour résister aux herbicides se multiplient discrètement

Les plantes VRTH (Variétés Rendues Tolérantes aux Herbicides), aussi nocives que les OGM mais moins encadrées juridiquement, sont au coeur des préoccupations des dix-huit organisations à l’origine de l’Appel de Poitiers. Elles seront reçues le jeudi 26 septembre par les ministères de l’agriculture et de l’écologie.

S’appuyant sur le rapport de l’expertise collective INRA-CNRS de 2011 diligentée par les ministères de l’agriculture et de l’écologie, les organisations signataires de « l’Appel de Poitiers » de juin 2012 ne cessent d’interpeller ces mêmes institutions et l’ANSES [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation], sur les conséquences sanitaires, environnementales, socio-économiques, écologiques et agricoles de l’utilisation des semences de variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) issues de la mutagénèse provoquée ou de la sélection de mutations spontanées.

Ces plantes dont le génome a été modifié ou sélectionné pour les rendre tolérantes aux herbicides ont les mêmes conséquences néfastes que les OGM issus de la transgénèse mais sont exclues de l’encadrement législatif et donc des obligations d’expertises, d’évaluation et d’étiquetage. Aucune mesure n’a été faite de l’impact de ce type de culture sur le milieu, les populations d’insectes pollinisateurs, la chaîne alimentaire humaine et animale.

Ces variétés sont couvertes par des brevets ou des droits de propriété industrielle ce qui de fait, généralise la main mise sur le « bien commun » originel de l’agriculture que sont les semences et tend à réduire le volume de la biodiversité cultivée. Ces semences créées pour être aspergées de désherbant sont en contradiction totale avec le discours politique actuel qui promeut une agriculture différente en développant l’agro-écologie.

Après les tournesols VRTH mutés, cultivés depuis 2009, et en très fort développement, la campagne 2013 voit l’arrivée des semis de colzas VRTH mutés qui par leurs caractéristiques biologiques vont poser des problèmes de pollutions génétiques et chimiques irréversibles d’une toute autre échelle.

Après la lettre ouverte au ministre de l’agriculture du mois de juillet, le courrier adressé au ministre de l’environnement du mois d’août, et l’inspection citoyenne dans une coopérative agricole en Lorraine le 2 septembre dernier, le collectif pour « L’Appel de Poitiers » a fini par obtenir un rendez vous conjoint avec les ministères concernés le 26 septembre à 14h au ministère de l’environnement, 246 Bd St Germain à Paris.

Le point de vue des citoyens sur les problématiques des VRTH va, enfin, être entendu de façon collégiale par les différents acteurs du dossier.

Il faut en finir avec les armes nucléaires Pierre Jasmin Reporterre 2013/09/25 Pierre Jasmin (25 septembre 2013) Il faut en finir avec les armes nucléaires. Reporterre. Tribune — fr

Il faut en finir avec les armes nucléaires

L’ONU se réunit jeudi 26 septembre pour discuter de la fin des armes nucléaires. Longtemps impuissant, le mouvement pour l’élimination de ces armes de destruction massive a repris de la vigueur depuis quelques années.

Jeudi 26 septembre, à New York, le secrétaire-général de l’ONU Ban Ki-moon ouvrira, cinq ans après l’annonce de son plan en cinq points pour l’élimination des armes nucléaires - sa motivation principale à entreprendre un second mandat à la direction de l’ONU –, la première réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur le désarmement nucléaire, appuyée par une grande majorité de pays et l’immense majorité des citoyens du monde.

17 000 armes nucléaires présentent un danger permanent de mort ou de chantage, suite à une fausse alerte, un court-circuit, une erreur humaine ou un vol de matériel fissile par des terroristes. Telle que prônée par les Républicains américains, une « guerre nucléaire limitée » aurait eu pour effet d’anéantir notre civilisation, en raison des nuages de particules qui stagneraient dans la haute atmosphère empêchant toute récolte.

Un rapport alarmant de la Croix rouge internationale démontre que tous les établissements médicaux et médecins du monde ne suffiraient pas à la tâche. La Cour internationale de justice a émis en 1996 un avis consultatif selon lequel toute utilisation d’armes nucléaires serait illégale en raison des effets disproportionnés qu’elle aurait sur l’environnement et les populations civiles, parce que les dommages ne pourraient être limités ni dans le temps ni dans l’espace.

Le seul fait de menacer de s’en servir, comme le font, par exemple, l’OTAN ou les pays détenteurs de ces armes – Corée du Nord, Inde, Israël, Pakistan, plus les cinq membres permanents du Conseil de « sécurité » de l’ONU, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie, – constitue un crime, en vertu du droit international humanitaire.

Soixante ans après que le président Eisenhower eut affirmé que le complexe militaro-industriel représentait la plus grande menace à la sécurité mondiale, des compagnies telles Lockheed Martin et Northrop Grumman fabriquent des drones armés, des avions furtifs et offensifs F-35 et des armes nucléaires.

Ce site Web révèle les liens de nos institutions bancaires « respectables » avec les fabricants d’armes de destruction massive. Nos lecteurs francophones les découvriront en Belgique (Ackermans & van Haaren, Dexia et groupe KBC), en France (BNP Paribas, Crédit agricole, Financière de l’échiquier, le Groupe BPCE et la Société Générale France) et au Canada (Banques de Montréal, de la Nouvelle-Écosse, Royale, Toronto-Dominion, Power Corporation et Financière Sun-Life). Devant la puissance des oligarchies bancaires, il serait trop facile de verser dans le cynisme et l’inaction.

Au contraire, Alyn Ware, coordonnateur mondial du réseau Parlementaires pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement (PNND), rapporte qu’« un processus prometteur de désarmement nucléaire a débuté à Genève du 14 au 24 mai 2013. L’Open Ended Working Group on Taking Forward Multilateral Nuclear Disarmament Negotiations, fondé par l’Assemblée générale de l’ONU, a insufflé de l’air frais dans un environnement politique qui stagne depuis 17 ans ».

"Il en coûte des milliards pour maintenir ces armes démodées"

L’Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe à Istanbul le 3 juillet 2013, a entériné ces nouveaux développements à l’unanimité grâce à une motion présentée par Uta Zapf, coprésidente de PNND et chef adjointe de la Délégation du Parlement allemand. Le 25 juin 2013, Ed Markey, aussi coprésident des PNND, a été élu au Sénat américain :

« Nos systèmes d’ogives nucléaires ont été pensés dans l’optique de remporter la Guerre froide et ne reflètent pas les menaces actuelles. Il en coûte des milliards pour maintenir ces armes démodées. En période de réduction des services gouvernementaux essentiels et des dépenses consacrées à la sécurité sociale, à l’assurance-maladie, à l’éducation et à la recherche, nous ne pouvons continuer de gaspiller des ressources en nous appuyant sur l’idée obsolète qu’un arsenal nucléaire considérable nous protège. »

Conformément à l’article VII du Traité de non-prolifération, sept zones libres d’armements nucléaires couvrent presque toute la superficie de l’hémisphère sud et des parties de l’hémisphère nord. À Ottawa en octobre 2012, Pugwash Canada a exhorté les pays circumpolaires d’établir une telle zone dans l’Arctique.

Le 17 juin dernier, le président russe Vladimir Poutine et le président américain Barack Obama se sont réunis, malgré leurs divergences d’opinions sur la Syrie, avec la volonté commune de retrancher davantage d’armes nucléaires de leur arsenal respectif. Si Obama à Berlin a réitéré sa rhétorique antinucléaire tenue à Prague en 2009, l’avaient toutefois précédé les discours par John F. Kennedy [1] en 1962 et Ronald Reagan [2] en 1984.

Faut-il donc être optimiste ou pessimiste devant ce 26 septembre ? Pessimiste, vous contribuez à son échec. Optimiste, la Conférence d’Oslo sur l’impact humanitaire des armes nucléaires a obtenu un grand succès en mars 2013 en dépit du boycottage pratiqué par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité : la conférence a attiré 127 gouvernements, grâce aux efforts conjugués du gouvernement norvégien et des organisateurs de l’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN).

Une rencontre de suivi se tiendra au Mexique au début de 2014 en vue d’éliminer les armes nucléaires de la surface de la Terre d’ici 2030. Davantage d’informations positives sont accessibles dans mon article publié il y a quatre jours par Affaires universitaires et surtout dans le guide produit par Rob van Riet et Alyn Ware, Promouvoir la non-prolifération et le désarmement nucléaires, dévoilé à Québec l’automne dernier lors de la 127e réunion de l’Union interparlementaire, réseau mondial formé de 800 parlementaires.

L’arme nucléaire, « utilisée » pour la dernière fois en 1945, fait désormais face à une vive opposition, en particulier en Allemagne et au Japon qui appuient « la mission de l’UNESCO de bâtir la paix et la sécurité, en resserrant les liens entre l’éducation, la science et la culture, pour garantir le respect universel de la justice, de la loi, des droits de la personne et des libertés fondamentales ».

"Ce n’est pas par d’autres déclarations hypocritement vertueuses de présidents américains, mais par un engagement solide de la société civile que le complexe bancaire-universitaire-industriel-militaire pourra être vaincu. Pourquoi ne pas changer dès aujourd’hui d’institution bancaire ? "

Notes

1- « Le monde n’a pas été conçu comme une prison où l’homme attend son exécution. Et l’humanité n’a pas survécu aux tests et épreuves de milliers d’années pour tout abandonner maintenant, jusqu’à sa propre existence. Cette nation a la volonté et la foi pour entreprendre un effort ultime pour briser la résistance au désarmement et à la non-prolifération – et nous persévérerons en vue de la victoire, c’est-à-dire jusqu’à ce que la règle de la loi remplace le toujours périlleux usage de la force. » John F. Kennedy, 1962

2- « Peuples de l’Union soviétique, il n’y a qu’une seule gouvernance saine, pour votre pays et le mien, afin de préserver notre civilisation en ces temps modernes : une guerre nucléaire ne ferait aucun vainqueur et ne doit jamais être livrée. La seule valeur pour nos deux nations détentrices d’armes nucléaires est de s’assurer qu’elles ne soient jamais utilisées. Mais alors ne serait-il pas préférable de s’en débarrasser entièrement ? » Ronald Reagan, 1984

Le ministre de l’écologie Martin : « Notre Dame des Landes devra se faire » Marine Jobert (Journal de l’environnement) Reporterre 2013/09/25 Marine Jobert (Journal de l’environnement) (25 septembre 2013) Le ministre de l’écologie Martin : « Notre Dame des Landes devra se faire ». Reporterre. fr

Le ministre de l’écologie Martin : « Notre Dame des Landes devra se faire »

« C’est un équipement qui devra se faire » Lors d’une émission sur RTL, le ministre de l’écologie n’a pas tergiversé sur la construction du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

L’avantage des émissions radios filmées, c’est qu’en plus du son, on bénéficie de l’image. Et celle de Philippe Martin, invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI [le 22 septembre], au moment où les journalistes lui demandent s’il partage les vues de Jean-Marc Ayrault sur l’aéroport de Notre-Dame des Landes, vaut le détour. « Ma position est la même que celle du Premier ministre, ça ne va pas vous surprendre », ébauche-t-il après avoir ravalé un grand sourire, mettant en avant les « négociations qui ont lieu, sur les transports et sur le plan agricole ».

A 29’55" sur la vidéo

A l’écouter, l’ambiance aurait presque changé autour du dossier explosif de l’implantation de ce second aéroport en banlieue nantaise. « Ce dossier est moins dans cette phase exubérante que nous avons connue, il est rentré dans une phase de discussions et de négociation. » Vous pensez que ça va se faire ?, lui demande un journaliste. Philippe Martin a une moue, semble hésiter, avant de lâcher : « Je pense qu’à l’issue des consultations qui ont lieu actuellement, c’est un équipement qui devra se faire ». La suite sonne bizarrement, presque inaudible, quand le ministre de l’écologie assure que ses services instruiront de façon indépendante les questions relatives à la biodiversité.

Beaucoup d’obstacles préalables

C’est faire peu de cas de l’issue, qui pourrait être défavorable, des différentes mises en garde lancées par la commission de dialogue, la mission agricole et le comité d’experts scientifiques. Fin juin, le ministre des transports en prenait d’ailleurs acte. A commencer par l’approfondissementdes coûts de réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique – si ce site est maintenu- sur la base de 5, 7 et 9 millions de passagers, qui devra être soumis à un débat contradictoire. « Un nouveau groupe de travail doit être constitué, associant étroitement les acteurs locaux à ces études. A chaque étape, le caractère ouvert du débat devra être garanti par l’accès de tous aux données d’études certifiables », écrivait Frédéric Cuvillier. Un groupe qui n’a toujours pas vu le jour.

Le ministre évoquait également les mesures de compensation environnementales, à revoir selon les experts mandatés. « Les travaux ne pourront s’engager tant que la faisabilité de ces mesures n’aura pas été démontrée », a-t-il assuré. Récemment, le gouvernement a réussi à esquiver, grâce aux socialistes européens, l’envoi d’une mission d’eurodéputés en octobre sur le terrain, dans le cadre d’une enquête sur de potentielles infractions du projet au droit communautaire. Et la Commission européenne a jugé, la semaine passée, qu’il n’était pas indiqué d’ouvrir une « procédure d’infraction », mais qu’elle allait « continuer à surveiller de très près l’évolution du dossier. C’est au vu de l’ensemble qu’elle prendra sa décision ».

Durand sur le départ ?

Ces récents exemples démontrent à quel point NDDL semble l’otage de rapports de force oscillants et fragiles. Les adhérents d’Europe Ecologie-les Verts comptent leurs plumes après la Bérézina de la Conférence environnementale, où seuls quelques caciques ont exprimé de la satisfaction devant les annonces gouvernementales. Pascal Durand y a perdu son leadership de secrétaire national, après avoir lancé un ultimatum à Jean-Marc Ayrault qui aurait déplu à des élus écologistes. A tel point que le nom de sa successeure, poussée par Cécile Duflot, s’affiche déjà dans tous les journaux. Il s’agirait d’Emmanuelle Cosse, 39 ans, ex-présidente de l’association Act-Up, fraîchement « convertie », puisqu’elle a rejoint EELV en 2009. Elle est actuellement vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France, chargée du logement, et accessoirement compagne de Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale.

Ayrault invité d’EELV

Alors qu’ils sont très préoccupés par leur congrès de novembre à Caen et par la motion qui rassemblera le plus de voix, aucun élu écologiste n’a pris la parole aujourd’hui pour répliquer à Philippe Martin. Bien au contraire, il sera accueilli, avec le Premier ministre, aux journées parlementaires d’EELV, les 25 et 26 septembre à Angers. Au menu de la seconde journée : « La façon dont les écologistes doivent aborder ‘l’An 2’ de leur participation gouvernementale, sur fond d’un agenda européen incontournable. Un pot de clôture sera servi en présence du Premier ministre. » Cela ne s’invente pas.

Hervé Le Treut : « Le changement climatique risque d’être irréversible » Hélène Harder et Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/25 Hélène Harder et Hervé Kempf (Reporterre) (25 septembre 2013) Hervé Le Treut : « Le changement climatique risque d’être irréversible ». Reporterre. Entretien — Climat fr

Hervé Le Treut : « Le changement climatique risque d’être irréversible »

Deux jours avant la publication du rapport scientifique du GIEC sur le climat, Hervé Le Treut, un des meilleurs climatologues français, fait le point sur ce que l’on sait du changement climatique et sur les incertitudes.

Vendredi 27 septembre sera publié le rapport scientifique sur le changement climatique. Elaboré par la communauté des climatologues coordonné par le GIEC (Groupement intergouvernemental d’expert sur l’évolution du climat), ce document fait l’état des connaissances en matière de climat. La précédente édition datait de 2007.

Pour faire le point sur ce que l’on sait du changement climatique et sur ce que l’on ignore, nous avons interrogé Hervé Le Treut, un des principaux climatologues français, qui a beaucoup participé aux travaux du GIEC. Il dirige l’Insitut Pierre-Simon Laplace des sciences de l’environnement

Voici la vidéo de l’entretien, qui dure 18 minutes, enregistré dans son bureau de l’université Jussieu, à Paris. En-dessous, la retranscription résumée de ses propos.

Points saillants :

- La recherche confirme la tendance longue du changement climatique. - Le réchauffement global renforce les sécheresses et l’augmentation des précipitations. - La pause du réchauffement global dans les dix dernières années ne contredit pas le changement climatique, qui se superpose aux fluctuations naturelles. - La banquise arctique a continué à reculer et le niveau de la mer de s’élever. - Si le rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre se maintient, on dépassera certainement un réchauffement de 2° C.

Reporterre - Qu’est-ce que les climatologues ont appris en six ans, depuis le rapport du GIEC de 2007 ?

Hervé Le Treut - La recherche a plus de recul, des données beaucoup plus nombreuses, sur l’océan par exemple. La tonalité des recherches récentes, c’est une confirmation : il y a des fluctuations d’une année sur l’autre, mais la tendance longue est à la confirmation de ce qui avait été anticipé.

Y a-t-il des caractères plus marqués qu’il y a six ans ou pas vraiment ?

Plus le diagnostic s’installe dans la durée, plus la certitude croit. On est face à des processus dont on veut savoir s’il s’agit d’une variabilité naturelle ou s’il est du aux activités humaines. Il y a un travail de fond considérable.

C’est un puzzle : vous mettez plein de petites pièces, et au bout d’un moment, une image se dégage. Nos recherches, c’est un peu comme ça : il n’y a pas de grandes découvertes, mais l’image s’affine à chaque fois. Il y a aussi eu l’extension de la recherche à des domaines nouveaux : elle était centrée sur les dimensions physiques du changement climatique, elle s’ouvre aux questions chimiques, biochimiques, de la végétation, et là aussi, on voit des traces importantes du changement climatique.

Le GIEC dit maintenant qu’il y a une confiance à 95 % pour dire que le changement climatique est lié à l’activité humaine, alors que le précédent rapport était à 90 %.

Dans la mesure où on atteint des niveaux de confiance extrêmement élevés, ça va être difficile de les augmenter encore. On regarde ce qui se passe et on voit si c’est explicable par des variations naturelles, qui ont des échelles de temps de quelques années. Plus on avance dans des fluctuations qui ressemblent à ce qui était anticipé par les modèles, plus la confiance se renforce. La grande force des analyses des dernières années, c’est de mettre en parallèle les attentes des exercices de modélisation et les observations.

Sécheresses, feux de forêts, inondations, cyclones... Y en a-t-il plus qu’avant, sont-ils plus fort qu’auparavant, et peuvent-ils être liés au réchauffement global de la température du globe ?

C’est probablement le problème le plus difficile pour les climatologues. Parce qu’un événement rare, une tempête centenale, si elle revient tous les cinquante ans, c’est extrêmement difficile [à modéliser]. Il y a des événements qui vont dans le sens de ce qu’on attend si la planète se réchauffe, par exemple, les vagues de chaleur. Il y a un lien facile à faire entre les événements de sécheresses répétées ou de chaleur répétées et le changement climatique.

Mais s’il y a des tempêtes en hiver sur les côtes atlantiques, le lien avec le réchauffement est possible mais très indirect. On a très peu d’arguments aujourd’hui pour dire que ces tempêtes peuvent se rattacher au changement climatique. C’est un pan de recherche qui reste très ouvert.

Est-ce que, si ce changement se continue, il y aurait plus de vagues de chaleur ?

Il y a assez peu de doute sur le fait que le réchauffement entrainera plus de vagues de chaleur, ou que les précipitations deviendront plus intenses – s’il fait plus chaud, il y a plus d’eau dans l’atmosphère.

Depuis une dizaine d’années, il y a une stabilité de la température moyenne du globe. Et pourtant, il y a eu une augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre. N’est-ce pas contradictoire ?

Oui, le CO2 [gaz carbonique ou dioxyde de carbone] provoque le changement climatique, mais pas dans l’année qui vient ou l’année d’après. C’est un processus lent, il y a une accumulation de CO2 dans l’atmosphère, avec des échelles de temps qui sont presque centenales. Le CO2 reste longtemps dans l’atmosphère, et c’est pour ça qu’il joue un rôle aussi inquiétant pour le futur.

Mais il faut un certain temps pour que cette présence de gaz à effet de serre se traduise par un chauffage effectif de l’océan. L’océan est la mémoire thermique du système, il met plusieurs dizaines d’années à se réchauffer, donc il y a un délai entre le moment où le CO2 augmente et le moment où le réchauffement a lieu .Et superposé à ça, vous avez aussi une variabilité naturelle. Elle fait que le réchauffement n’est pas linéaire et continu.

Pour autant, les dix dernières années ont compté parmi les plus chaudes parmi toutes celles que l’on connaît, il n’y a pas eu de recul, et on a aussi dans des régions très sensibles, comme l’Arctique, un recul continu de la banquise, et aussi la continuité de la remontée du niveau de la mer, de la fonte du Groenland. Donc, on n’est pas dans une logique qui contredit, mais plutôt qui montre qu’il y a superposition de la variabilité naturelle et d’une empreinte forte des activités humaines.

L’océan joue-t-il un rôle pour expliquer cette stabilité de la température ?

Il n’est pas forcément un modérateur des changements climatiques. Il est peut-être un modérateur des fluctuations rapides. C’est une mémoire au sens où il accumule la chaleur et il peut la rendre plus tard. Après il connaît aussi des fluctuations, comme El Nino, qui sont bien connues, ou des oscillations décennales dans l’Atlantique nord, dans le Pacifique. Donc on a un ensemble de fluctuations compliquées, le climat est quelque chose qui bouge dans tous les sens.

Il faut imaginer le changement climatique comme quelque chose qui se superpose à tous ces mouvements. Et qui progressivement entraine le système climatique loin de son point de départ.

Finalement, en quoi cela sera-t-il ou serait-il nuisible aux activités humaines ?

Se prémunir de tout ce que la variabilité naturelle peut provoquer est déjà quelque chose d’utile. Après, il peut y avoir des changements nouvaux, qui sont irréversibles. C’est peut-être moins vrai sous nos latitudes. Sous nos latitudes, il y a toujours une certaine variabilité du temps. Mais dans d’autres régions où le réchauffement est beaucoup plus rapide, cela entraîne des changements importants.

Ce qui fait qu’on doit se préoccuper maintenant du changement climatique, c’est pour deux choses. La première, c’est qu’on engage le futur pour très longtemps, nos émissions changeront les choses pour très longtemps, c’est pour ça qu’il faut les réduire très vite. On ne peut pas attendre de voir les conséquences pour les réduire.

Et puis il y a le fait que ces émissions de gaz à effet de serre ont beaucoup augmenté les dernières années, et qu’il y a une part du changement à venir qui est probablement inévitable, et cette part là, il vaut mieux s’y préparer. Par exemple, dans la région Aquitaine, il y a des régions submersibles, des régions lagunaires, il y a un problème de gestion de l’eau, d’agriculture, tout un ensemble de choses qui dépendent du climat – il vaut mieux anticiper que de se laisser surprendre par ce problème là. Et s’occuper dès maintenant, par exemple, de savoir comment gérer une ville dans une situation très chaude. Ce n’est pas de l’alarmisme qu’on a besoin, mais de la conviction qu’on est face à des changements qui appellent des réactions rapides.

Depuis plusieurs années, les climatologues disent qu’il ne faudrait pas dépasser un réchauffement de 2° C par rapport à la période pré-industrielle. Etes-vous d’accord avec cette idée ? Et est-il encore possible d’ici 2050 d’éviter ce réchauffement supérieur à 2° C ?

On ne sait pas tout, la nature décidera aussi pour nous. Mais pour ce qu’on peut anticiper, d’abord, 2° C, c’est un choix qui a été fait par Bruxelles, au départ, mais qui correspond effectivement à beaucoup d’études d’impact. Au-delà de 2° C, on rentre dans un monde qui est beaucoup moins connu. Quand le réchauffement se produit, il distord les systèmes, il en modifie lentement la nature. Quand on modifie les systèmes susceptibles de changer les choses de manière beaucoup plus forte, les océans profonds, les glaciers, les grands mouvements de végétation, on rentre dans un monde qui est plus difficile à anticiper de manière précise. Le danger devient de là.

Est-ce qu’on dépassera 2° C ? Au rythme auquel on émet des gaz à effet de serre, certainement. Est-ce que ce sera en 2050, ou après, on n’a pas toutes les clés pour le dire. Mais peu importe. Que ce soit un peu plus tôt ou un peu plus tard, cela risque d’être irréversible. C’est moins un problème de date que d’engagement du futur : il devient rapidement irréversible si on ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre.

- Propos recueillis par Hélène Harder (prise de vue et montage) et Hervé Kempf.

Que reste-t-il de la pensée de Jacques Ellul ? Noël Mamère Reporterre 2013/09/26 Noël Mamère (26 septembre 2013) Que reste-t-il de la pensée de Jacques Ellul ?. Reporterre. Culture et idées fr

Que reste-t-il de la pensée de Jacques Ellul ?

Que reste-t-il de la pensée de Jacques Ellul ?

Noël Mamère - Du positif et du négatif… Du positif : aujourd’hui, Jacques Ellul est connu. Quand on prononce son nom, rares sont ceux qui, dans les milieux que nous fréquentons, s’interrogent. Il avait été traduit par Aldous Huxley, ce qui fait qu’il a été très connu aux Etats Unis et pendant des décennies, alors qu’il était complètement ignoré ici. Mais tout ce qu’il a écrit sur le « penser global agir local », et toute sa réflexion sur la technique, a aujourd’hui une portée décisive. Donc Ellul n’est plus ignoré, c’est un pas important, et nous nous sommes battus pour faire connaitre sa pensée.

En même temps que reste-t-il d’Ellul ? Et bien vous vous apercevez que toute la critique qu’il a portée de manière très prémonitoire dès les années 50, on l’a un peu oubliée ! Et donc ce qu’il faudrait, c’est que nous revenions à ses analyses, que nous en comprenions la portée universelle… Aujourd’hui, on a tendance à l’oublier, un certain nombre de philosophes et de sociologues s’empressent d’oublier ce que leur a apporté Ellul.

Mais nous avons quand même un certain nombre de gens qui sont un peu dans sa ligne. Je pense en particulier à des gens comme Alain Gras, comme Jean-Pierre Dupuy, sur le catastrophisme éclairé, ils ont été influencés à la fois par Nietzsche mais aussi par Ellul. La pensée d’Ellul reste extrêmement moderne, extrêmement d’actualité.

Et si vous deviez la résumer en une ou deux phrases, pour des jeunes ou d’autres moins jeunes, peu importe, qui ne la connaissent pas, vous diriez quoi ?

C’est très facile, je le dis depuis longtemps mais je n’hésite pas à le répéter : Ellul, est l’homme qui nous a expliqué que le progrès humain n’est pas forcément lié au progrès technique, et que le progrès technique, lorsqu’il n’est pas contrôlé démocratiquement, peut se retourner contre le progrès humain et contribuer à nous aliéner. Cela reste d’actualité.

Mercedes conserve le droit d’augmenter fortement l’effet de serre Marie-Paule Nougaret (Reporterre) Reporterre 2013/09/26 Marie-Paule Nougaret (Reporterre) (26 septembre 2013) Mercedes conserve le droit d’augmenter fortement l’effet de serre. Reporterre. fr

Mercedes conserve le droit d’augmenter fortement l’effet de serre

Dans la moiteur de l’été, la firme Mercedes a obtenu un jugement l’autorisant à utiliser un gaz climatiseur à fort effet de serre. La chancelière Merkel soutient d’ailleurs les constructeurs automobiles contre les réglementations environnementales de l’Europe. Reporterre a eu envie de savoir pourquoi les conducteurs de grosses berlines avaient le droit de nous chauffer le climat.

"Mon Dieu, achète-moi une Mercedes" priait jadis Janis Joplin, dans un gospel ironique et tendre, bien dans l’esprit de 1969. De nos jours, c’est une Mercedes climatisée que le Seigneur devrait fournir : classe A, classe B, SL ou CLA … tous modèles qui ont été interdits à la circulation en France du 12 juin au 27 août 2013, date à laquelle le Conseil d’Etat a annulé l’interdiction.

Les voitures s’accumulaient chez les concessionnaires et sur une plate-forme de stockage en Alsace ; les unes déjà vendues, d’autres en attente de clients ; d’autres encore, en Allemagne, bloquées en plein montage. Il y en avait 5 000 selon Daimler, la maison mère (du temps de Janice, c’était Benz). 1 300 emplois étaient menacés en France, selon la firme. La raison ? Le gaz du compresseur de la climatisation : Mercedes utilise le R 134A, sur les véhicules récents, au lieu du R1234yF imposé par les normes européennes.

Quand on emploie un gaz artificiel, il faut en effet s’attendre à ce que, tôt ou tard, il s’échappe et commette des dégâts. L’exemple historique désastreux est celui des CFC (chloro-fluoro-carbone). Les CFC, très résistants, parviennent dans la haute atmosphère, entre 15 km et 45 km du sol. Là, les rayons ultraviolets les détruisent et en libèrent le chlore qui fait leur solidité. Mais ce chlore attaque la couche d’ozone, le bouclier qui protège la terre des rayons ultraviolets. On le sait depuis 1975. Et depuis le Protocole de Montréal, en 1992, a lancé l’interdiction progressive des CFC, afin de protéger la couche d’ozone, et leur substitution par d’autres gaz.

Seulement cent cinquante fois plus nocif que le CO2

Mais les gaz de substitution ont un défaut majeur : ce sont des gaz à effet de serre, qui accroissent le changement climatique, à un degré beaucoup plus important que le gaz carbonique, le CO2. Les normes imposent donc des gaz dont le coefficient de serre est le plus faible possible.

L’Union Européenne exige ainsi un gaz comme le R1234yF dont l’effet de serre ne dépasse pas 150 fois celui du CO2 (et même 4 seulement, selon un installateur), alors que le R 134 utilisé par Mercedes a un effet de serre 1 200 fois plus important que le CO2. Voici donc le sacrifice qu’on impose à l’industrie : il ne s’agit pas de supprimer la clim’, d’ouvrir les fenêtres des autos, de poser des ventilateurs solaires au plafond. Il s’agit d’employer un gaz peut être 150 fois plus nocif que le CO2, mais pas davantage. Cependant Mercedes n’y a pas consenti, avec, d’ailleurs, le soutien de Toyota.

La firme allemande avance deux arguments. Le premier concerne la sécurité : quand le moteur a chauffé, le R1234yF s’enflammerait dans les collisions. Mais l’argument est récusé par les constructeurs américains, selon qui seule la fime Daimler obtiendrait ces résultats. L’assocation de motoristes, Society of Automotive Ingineers a de son côté entrepris de tester l’hypothèse et la trouve très improbable. Selon le fabricant du gaz, Honeywell, il suffirait d’ailleurs de modifications mineures dans le circuit pour écarter tout danger.

L’Europe a demandé à l’Allemagne de s’expliquer sur l’homologation des voitures par leKBA (Kraftfarht-Bubdesamt), et envisage de lancer une procédure d’infraction. Berlin aurait demandé au KBA de recommencer les tests, selon Honeywell, et trouvé, là aussi, qu’il n’y aurait pas de risque ou très peu. Sa réponse à Bruxelles demeure toutefois confidentielle. On attend pour le 28 octobre la décision de la Commission européenne.

Deuxième argument, une directive européenne permet d’homologuer des véhicules dérivés des modèles précédents et leur appliquer les normes dépassées. Tout le monde le fait, ont plaidé les avocats de Daimler devant le conseil d’Etat. Le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles ne le nie pas : "Soit le modèle est homologué comme un dérivé du modèle lancé avant l’entrée en vigueur de la norme (2008 sur la base 208 chez Peugeot, Captur sur la base Clio chez Renault), et l’ancien gaz peut être légalement utilisé ; soit c’est un nouveau modèle, comme la 308 Peugeot et le nouveau gaz est obligatoire" a-t-il écrit à Reporterre. Le Conseil d’Etat a entendu et autorisé la vente à nouveau ; mais doit encore juger sur le fond.

Celui-ci ne devrait pas venir avant plusieurs mois. On guettera cependant la réponse de la Commission européene le 28 octobre sur l’homologation des automobiles allemandes. Un sujet sur lequel la chancelière nouvellement élue, Angela Merkel, est particulièrement sensible : lors du Salon automobile de Francfort, le 13 septembre, elle a averti la Commission européenne qu’il fallait mettre la pédale douce sur les réglementations environnementales concernant l’industrie automobile : « L’Europe doit apprendre que nous ne sommes pas un continent isolé, a-t-elle dit. Nous devons réussir dans la compétition globale. Nous ne devons pas imposer à notre industrie des charges plus grandes que sur les autres continents ».

Dans le Périgord, une école primaire du vivre-ensemble et de l’autonomie Colibris Reporterre 2013/09/26 Colibris (26 septembre 2013) Dans le Périgord, une école primaire du vivre-ensemble et de l’autonomie. Reporterre. fr

Dans le Périgord, une école primaire du vivre-ensemble et de l’autonomie

« L’enfant, par nature, a envie d’apprendre et de réussir. Il a soif de découverte, c’est une sorte de valeur universelle. Son travail, c’est de devenir adulte et il le fait par imitation et par absorption de son environnement. C’est pourquoi nos méthodes s’appuient beaucoup sur l’autonomie, la responsabilisation, l’auto-correction. »

Que de chemin parcouru en un an ! Après avoir présenté Géraldine en octobre 2012 dans une première « histoire de colibri », où elle nous confiait ses espoirs, nous avons de nouveau rencontré la directrice de la toute nouvelle école « La Marelle », qui ouvre ses portes dans le Périgord (Saint-Pantaly d’Ans) ! En préambule à la campagne Éducation qui s’amorce dans la (R)évolution des colibris, Géraldine nous raconte en détails la belle histoire de ce projet devenu réalité.

Géraldine, racontez-nous la genèse de cette école. D’où vous est venue cette envie de monter un tel projet ?

Plusieurs facteurs ont joué un rôle déterminant. D’abord, de par mon métier de sophrologue, j’ai réalisé que beaucoup des souffrances à l’âge adulte trouvaient leurs causes dans l’enfance, parfois dans l’échec scolaire. Le manque de confiance, la mauvaise estime de soi sont souvent nourris pendant les jeunes premières années. L’enfance est donc un moment essentiel dans le développement de chaque être humain, au cours duquel tellement de choses peuvent aussi bien être construites que détruites.

Ensuite, je crois que je mûris ce projet depuis que mes propres enfants sont à l’école. Je me souviens m’être fait cette réflexion qu’il était quand même étrange d’avoir un seul modèle pour tellement d’enfants différents… Et puis, un jour, on a diagnostiqué une dyslexie pour l’un de mes garçons. Cela a posé de manière encore plus fondamentale la question de l’accompagnement pédagogique. Car à l’école classique, cela devenait très difficile. Mon fils a eu la chance d’avoir des enseignants très à l’écoute avec qui nous avons pu essayé d’autres méthodes et j’ai constaté qu’en faisant autrement, ça pouvait marcher. Il a retrouvé de la joie de vivre, a repris confiance et s’est remis dans une dynamique d’éveil.

À ce moment-là, mon envie de créer une école était plus grande que jamais ; il a suffi ensuite d’une courte discussion avec Pierre Rabhi pour que je prenne la décision.

Comment s’est passée la mise en place ?

En 2011, j’ai soumis l’idée à des professeurs des écoles qui se sont montrés très emballés par le projet, me confortant dans mon choix. Je crois qu’avoir l’aval de ces enseignants m’a aidée à me lancer. (...) Et puis j’ai assisté au Forum d’octobre 2011 aux Amanins, « un changement humain pour un changement de société » ; ce fut une date importante. À la fin du documentaire sur l’école d’Isabelle Peloux (« Quels Enfants laisserons-nous à la Planète ? »), il y a cette scène très touchante où les enfants chantent « Êtes-vous prêt à vous engager ? ». Je l’ai vécu comme un appel. (...) Et en janvier 2012, nous avons créé, avec mon mari et quelques proches, l’association « Marelle & Cie », ce qui a marqué le véritable début de l’aventure.

(...)

À qui s’adresse votre école ? Comment va-t-elle fonctionner concrètement pour cette première année ?

La classe accueillera quinze élèves, avec une enseignante « référente », un enseignant de collège qui viendra une journée par semaine, et des assistants pour seconder l’enseignante. La présence d’un professeur de collège dans l’école permet d’accompagner les plus âgés à la préparation de la sixième et du changement de système. Les enfants inscrits ont de 3 à 11 ans, avec une bonne répartition par tranches d’âge. Nous avons eu aussi des demandes pour des enfants différents, un peu à la marge du système classique. (...) C’est très agréable de constater que les profils sont très variés, les enfants viennent d’horizons très divers.

(...)

Combien coûte une inscription dans votre école, qui est, par définition, une école privée, hors-contrat ?

Elle coûte 2 400 euros par an, soit 200 euros par mois pour chaque élève. Nous n’avons par ailleurs pas de cantine, donc les élèves doivent amener leur lunch-box. (...) Il est vrai que la question du modèle économique reste compliquée pour ce genre de système éducatif. Nous réfléchissons aux moyens de faire baisser ce coût. Nous avons l’intention de développer un Fonds solidaire qui pourrait être alimenté par du mécénat d’entreprises. Et nous saisissons toutes les occasions de faire rentrer un peu d’argent (vide-greniers, ateliers divers, conférences, vente de confitures, etc.)

Quels sont les principes fondateurs qui vont guider votre pédagogie ?

Le projet pédagogique est basé sur trois axes. Le premier, c’est de respecter les différences et notamment les rythmes d’apprentissage individuels. Nous voulons permettre à chaque enfant de découvrir son propre potentiel en valorisant les « intelligences multiples ».

Le deuxième, c’est de travailler le « vivre-ensemble ». Nous allons développer la coopération, à partir des pédagogies coopératives, de la communication non-violente ou des outils de gestion de conflit par exemple. Il est aussi prévu un module de formation pour les familles, pour que cela crée un cadre cohérent autour de l’enfant. (...)

Enfin, le troisième pilier de notre modèle pédagogique, c’est ce qu’on appelle « l’École hors-les-murs ». Il s’agit de réinsérer l’enfant dans son environnement au sens large, c’est-à-dire la vie du village, le voisinage, la nature, la vie quotidienne, etc. (...) Il est important de préciser ici que les enfants auront acquis à la fin de leur parcours les mêmes connaissances que celles proposées par les programmes classiques. Ils auront tout fait, ils l’auront juste fait différemment et dans l’ordre qui leur aura convenu.

Quelles ont été vos sources d’inspiration dans la constitution de ce modèle éducatif ?

Nous nous basons sur cette idée commune à toutes les pédagogies dites « nouvelles » selon laquelle l’enfant traverse des périodes sensibles, des moments où le cerveau est ouvert à certains apprentissages, qui sont essentiels dans son propre développement. Si à ce moment-là, on parvient à nourrir son besoin, alors il absorbe et le travail pédagogique remplit sa mission.

Je dirais qu’il y a un maître-mot dans notre démarche, c’est l’autonomie. On retrouve ce principe d’autonomie dans plusieurs courants pédagogiques : Maria Montessori, en particulier, a pensé sa méthode avec l’idée d’autonomie de l’enfant. L’adulte a un rôle d’observation, qui lui permet de présenter à l’enfant le bon matériel au bon moment et c’est l’enfant qui mène son propre apprentissage.

Nous pensons que l’enfant, par nature, a envie d’apprendre et de réussir. Il a soif de découverte, c’est une sorte de valeur universelle. Son travail, c’est de devenir adulte et il le fait par imitation et par absorption de son environnement. C’est pourquoi nos méthodes s’appuient beaucoup sur l’autonomie, la responsabilisation, l’auto-correction.

Comment qualifieriez-vous votre école pour quelqu’un qui ne connaît pas votre projet en tant que tel ?

La Marelle est une « école plurielle », dans la mesure où l’on y mêle différents courants pédagogiques. La pédagogie est un univers passionnant, avec de nombreux concepts qui existent, chacun présentant sa part d’intérêt au regard des valeurs citées tout à l’heure (les différences individuelles, la coopération et le lien à l’environnement au sens large).

Nous avons décidé de ne pas choisir une méthode à l’exclusion des autres (Montessori, Freinet, Steiner, etc). La méthode Montessori est très présente dans la classe, mais nous emprunterons au fil du temps à tous les courants les outils qui nous permettront de développer les trois axes du projet.

D’après nous, le principe cardinal réside dans le positionnement de l’adulte vis-à-vis de l’enfant et dans le regard porté à chaque élève. Apprendre ensemble et vivre ensemble, cela n’est possible que si l’on est en paix et en confiance avec soi-même et avec le monde dans lequel on vit.

- Propos recueillis, par Barnabé Binctin

Le bruit n’est pas une raison de faire un aéroport à Notre Dame des Landes, montre une étude scientifique Cedepa Reporterre 2013/09/26 Cedepa (26 septembre 2013) Le bruit n’est pas une raison de faire un aéroport à Notre Dame des Landes, montre une étude scientifique. Reporterre. fr

Le bruit n’est pas une raison de faire un aéroport à Notre Dame des Landes, montre une étude scientifique

Les opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes ont publié jeudi 26 septembre une étude réalisée par un cabinet d’ingénierie sur les plans d’exposition au bruit. Cette étude conclut que le bruit des avions de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique n’est pas une raison valable de créer un nouvel aéroport.

Le CéDpa (Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport) a décidé de mettre sur la place publique les résultats de l’étude de calcul de Plans d’exposition au bruit sur Nantes-Atlantique (PEB) qu’il a fait réaliser par un cabinet spécialisé européen indépendant, Adecs/ Airinfra.

Etude Adecs/Airinfra, "Plans d’exposition au bruit prévisionnels pour Nantes Atlantique horizons 2022 et 2032"

Le résultat est sans équivoque : l’argument du bruit qui deviendrait insupportable et empêcherait l’urbanisation sur Nantes est un mensonge.

Les PEB (plans d’exposition au bruit) calculés à dix et à vingt ans (2022 et de 2032) couvrent une superficie moindre que le PEB en vigueur aujourd’hui. L’Ile de Nantes et la Zac des Iles à Rezé restent en dehors de la zone C du PEB, celle qui empêche de construire des nouveaux logements. En effet, il faudrait entre 160 000 et 230 000 mouvements d’avions (14 à 19 millions de passagers… contre 3,6 aujourd’hui) pour que cette zone C atteigne l’Ile de Nantes.

Ce résultat remet en cause le seuil de 56 000 mouvements présenté dans l’enquête d’utilité publique de 2006 comme celui à ne pas dépasser par rapport à la construction sur l’Ile de Nantes. Il remet en cause aussi l’argument « urbanistique » repris à l’envi ces derniers mois par les tenants du transfert. Pour accueillir davantage d’habitants, l’agglomération n’a pas besoin de déménager son aéroport !

Pour 2032, l’étude utilise la prévision d’AGO-Vinci : 6 millions de passagers, soit 65 000 mouvements commerciaux (et 75 000 au total). On aura davantage de mouvements d’avions qu’aujourd’hui (48 000) mais des avions moins bruyants. Pour ne pas être accusé d’optimisme, le cabinet d’étude a aussi fait les calculs en gardant les mêmes types d’avions qu’en 2012 : les PEB restent inférieurs à celui en vigueur actuellement.

Indirectement, cette étude démontre à quel point le PEB en vigueur depuis 2003 sur Nantes Atlantique est totalement surestimé : il a été basé sur 110 000 mouvements et a pris en compte des avions déjà anciens pour l’époque, donc bruyants. Les chiffres 2013 montrent d’ailleurs cette tendance : sur les 8 premiers mois de l’année, on constate une augmentation de 9,13% des passagers mais une baisse de 1,44% des mouvements.

Les conclusions de cette étude sont tout à fait en phase avec les conclusions relatives au maintien de l’aéroport de Toulouse : des avions plus gros, mais moins bruyants et mieux remplis ; moins de mouvements que prévu. A Toulouse, le Préfet conclut à l’inutilité d’un déplacement ; à Nantes, on conclut à l’inverse. Comprenne qui pourra …

La commission du dialogue avait souhaité une étude complémentaire sur le PEB Le ministre des Transports a réaffirmé son attachement à une totale transparence. Nous attendons désormais sereinement la confrontation de l étude Adecs/Airinfra avec celle de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile qui a curieusement présenté à Bruxelles un P.E.B couvrant une grande partie de l’agglomération…

Les récupérateurs s’organisent partout dans le monde Alliance mondiale des récupérateurs Reporterre 2013/09/26 Alliance mondiale des récupérateurs (26 septembre 2013) Les récupérateurs s’organisent partout dans le monde. Reporterre. fr

Les récupérateurs s’organisent partout dans le monde

Les « récupérateurs » et autres chiffonniers sont des millions à travers le monde. Ils vivent du tri et du recyclage des déchets de toutes les grandes métropoles des pays du Sud. Depuis plusieurs années, ils se sont organisés et font entendre leur voix, de l’Inde aux Philippines et au Brésil.

Les récupérateurs ont marché 12 kilomètres, sous la pluie, pour protester contre l’exploitation par des entrepreneurs privés (Inde – août 2013)

Safai Sena proteste contre l’exploitation et l’extorsion des récupérateurs par des entrepreneurs privés. (Photo : Safai Sena)

Le 16 août 2013, plus de 250 recycleurs membres de Safai Sena ont organisé une manifestation en face du bureau de Ghaziabad Nigam Nagar, après avoir fait, pour beaucoup d’entre eux, plus de 12 kilomètres à pied, malgré de fortes pluies dans la journée.

Objet de la manifestation : élever une voix collective contre la collecte illégale de l’argent par des entrepreneurs privés et l’exploitation des recycleurs de déchets dans les secteurs de Kavi Nagar et de Mohan Nagar. Plus de 700 membres de Safaï Sena travaillent dans la ville depuis plus de 10 ans maintenant. La plupart d’entre eux récupèrent les déchets, porte à porte, à plus de 18 000 ménages à Mohan Nagar et à 20 000 ménages environ, en milieu urbain et à Kavi Nagar.

Malheureusement, ils se sont trouvés contraints de payer des pots de vin et plus de 500 récupérateurs ont dû verser 400 roupies par mois rien que pour pouvoir collecter les déchets à domicile. Ceux qui s’y refusent sont battus. Plusieurs femmes ont été victimes de cet acte d’extorsion et de racket sous le couvert de la gestion des déchets. Lire le communiqué de presse détaillant les revendications de Safaï Sena.

La campagne d’élimination correcte des serviettes hygiéniques se poursuit ! (Inde – juillet 2013)

Sacs pleins de serviettes hygiéniques souillées adressés aux fabricants du produit (Photo : SWACH).

Les serviettes hygiéniques souillées sont à l’origine de nombreux problèmes de santé qui guettent les récupérateurs. Et pour y remédier, SWaCH, une coopérative indépendante de récupérateurs, a usé des moyens de pression en renvoyant aux fabricants des lots de serviettes hygiéniques souillées. La campagne a porté son fruit : les responsables de sociétés comme Johnson & Johnson, Procter & Gamble, Hindustan Unilever et Kimberly Clarke Lever se sont réunis, en avril, avec les autorités municipales et ont assuré qu’une solution serait en place en moins de trois mois.

Pour la première fois en Inde, une administration municipale a exigé aux fabricants de serviettes hygiéniques de fournir un sac jetable avec chaque serviette. Mais trois mois se sont écoulés depuis la réunion et aucune mesure n’a été prise par les fabricants. “Nous allons poursuivre la campagne et explorer d’autres moyens d’action concrète”, a déclaré Malati Gadgil, de SWACH. Vous pouvez appuyer les récupérateurs de l’Inde en signant cette lettre de SWaCH ; une autre pétition (de CHINTAN) prône l’élimination sanitaire.

Philippines : les récupérateurs s’organisent ! (Philippines – juillet 2013)

The EcoWaste Coalition banner. (Photo : EcoWaste Coalition)

“Le gouvernement doit appuyer les projets et faire respecter les lois favorables aux pauvres et qui feront non seulement améliorer la santé et la sécurité des récupérateurs au travail, mais assureront aussi leur emploi…”, a déclaré Thomas Kellenberger de la Fondation pour enfants des îles des Philippines, l’un des parrains de l’atelier régional des récupérateurs.

Organisé fin juillet à Davao, aux Philippines, et réunissant plus de 40 représentants de groupes de récupérateurs, d’ONG et d’organismes publics de la ville de même que des villes Cagayan de Oro, General Santos City et Butuan, cet atelier de deux jours avait pour but de promouvoir les droits sociaux et juridiques des récupérateurs, de contribuer à les faire reconnaître en tant que travailleurs et d’aider à les intégrer dans les systèmes de gestion des déchets.

Les 24 et 25 juillet, à l’Université de Cebu à Banilad, plus de 50 personnes membres de groupes communautaires ainsi que des représentants des ONG des villes de Cebu, de Mandaue et de Bacolod ont participé à des ateliers de sensibilisation et de consultation. De plus, l’organisation prévoit une campagne de prélèvement sanguin pour déterminer les concentrations de plomb dans le sang des récupérateurs qui travaillent et vivent à proximité d’une exploitation minière de plomb dans le site d’enfouissement sanitaire à Davao.

Réunion au Chili des récupérateurs venus de 10 pays (Chili – août 2013)

Photo des participants à la réunion de Red Lacre organisée en août à Santiago, au Chili (Photo : Red Lacre).

Le message suivant a été adressé par Red Lacre aux délégués des 17 pays membres du réseau : Le 31 août, le Réseau des récupérateurs d’Amérique latine a conclu une semaine de rencontres et d’activités tenues à Santiago, au Chili (du 25 au 31 août). La dernière activité, une visite aux recycleurs informels de la décharge appelée Vertedero Los Molles, à Valparaíso, nos frères et sœurs, des moments d’émotion, nous a permis de réaffirmer notre engagement en faveur de la dignité et des rêves de nous unir.

C’était une semaine longue et intense. Les 18 délégués présents à la réunion ont passé chaque moment ensemble, du petit déjeuner au dîner, en passant par les marches au centre-ville de Santiago. Nous avons fait partager nos inquiétudes, des idées et des propositions, des rires et l’épuisement. À une époque où Red Lacre semblait perturbée, peu claire dans ses orientations, nous avons pris l’engagement de continuer à avancer ensemble, avec une nouvelle énergie, dans un esprit de collaboration et le respect de ce que nous avons construit ensemble : Red Lacre. Lire le communiqué de presse de Red Lacre (en espagnol).

Minas Gerais : pétition à l’appui d’un projet de loi contre l’incinération dans l’État (Brésil – juillet 2013)

Cette pétition — un effort conjoint du Mouvement national des récupérateurs du Brésil (MNCR) et d’autres mouvements et groupes sociaux — vient appuyer un projet de loi qui mettrait fin à l’incinération des déchets solides dans l’état de Minas Gerais au Brésil.

Si ce projet de loi est approuvé, il pourra favoriser la collecte des matières recyclables basée sur la solidarité, un système développé et lancé par les récupérateurs. Signez la pétition. Au bas du présent communiqué de presse du MNCR, vous pouvez accéder à la version PDF, puis l’imprimer et recueillir des signatures manuscrites.

Mais c’est quoi, enfin, l’économie circulaire ? Emmanuel Delannoy Reporterre 2013/09/26 Emmanuel Delannoy (26 septembre 2013) Mais c’est quoi, enfin, l’économie circulaire ?. Reporterre. Tribune — fr

Mais c’est quoi, enfin, l’économie circulaire ?

C’est le nouveau truc à la mode, chez les écolos et les développeurs durablement : « l’économie circulaire ». Mais c’est quoi, au juste ? Explication par un de ses meilleurs zélateurs.

L’économie circulaire, c’est quoi ? Disons, pour faire simple, que c’est une économie inspirée par le vivant, qui vise à découpler la création de valeur de la consommation de ressources naturelles.

Le modèle, c’est donc la biosphère : si nous avons encore besoin de faire nos preuves en la matière, le système vivant planétaire a lui largement démontré sa durabilité. 3,8 milliards d’années, si ça, ce n’est pas durable, alors qu’est-ce que c’est ? La biosphère, c’est un système de production planétaire, organisé en boucles locales de coopérations, interconnectées et interdépendantes. C’est un système sobre en énergie et en matières premières, privilégiant les ressources disponibles localement, ne produisant aucun déchet qui ne puisse être utilisé comme une ressource, recyclant à l’infini ses constituants, le tout reposant sur une source d’énergie abondante et inépuisable. Voilà qui pourrait nous inspirer quelques solutions à nos soucis du moment.

Or, si on parle d’économie circulaire aujourd’hui, c’est encore largement en référence aux sujets « jumeaux » de l’épuisement des ressources fossiles et des déchets. Mais ils ne sont que deux aspects de la question globale de la soutenabilité de notre modèle de développement.

Les atteintes à la biodiversité telles que les pollutions, l’érosion des sols, la fragmentation des écosystèmes, les introductions d’espèces ou la surexploitation dégradent la capacité de la biosphère à soutenir nos activités. Ce qui est au moins aussi grave que l’épuisement des ressources fossiles. Les ressources issues des écosystèmes ne sont renouvelables que dans la limite de leurs capacités de régénération. Tout prélèvement excessif, toute action irréversible sur les espaces naturels, revient à une forme « d’exploitation minière » du vivant, incompatible avec l’idée d’une économie circulaire.

Resynchroniser les flux économiques et les flux du vivant

L’économie circulaire est une opportunité de réconcilier économie et écologie, en resynchronisant les flux économiques avec ceux du vivant pour réinscrire durablement l’économie et l’épanouissement humain au sein des limites de la biosphère. A ce titre, elle peut être vue comme un tremplin vers un nouveau modèle de développement soutenable.

Par contre, si nous cherchons à prolonger, par le recyclage et l’efficacité énergétique, le scénario « business as usual », nous irons droit vers de graves désillusions. Au-delà de 1% de croissance annuelle de la demande de matériaux [1], le recyclage ne reporte pas significativement l’échéance de l’épuisement des ressources. La prise en compte des limites de la biosphère et des lois de la thermodynamique implique une remise en cause fondamentale de notre manière de créer de la valeur au service du bien-être humain. Si un découplage entre création de richesses et consommation de ressources est une première étape indispensable, il nous faut voir plus loin.

- L’économie circulaire, c’est, avant même les aspects techniques relatifs aux flux, aux boucles de matières ou à l’efficacité énergétique, une question de savoirs, de pratiques, de comportements humains. Sa mise en œuvre implique une vision large des projets de territoires, des nouvelles dynamiques de coopérations et d’interdépendances et des emplois à transformer et à créer. L’économie circulaire, c’est une opportunité de repenser la prospérité en ouvrant les perspectives. Cette nouvelle « économie des liaisons », reposant sur la confiance et le partage des enjeux, favorisera l’émergence de synergies nouvelles sur les territoires.

L’économie circulaire c’est un ensemble de constituants qui, combinés, prennent sens et se renforcent mutuellement :

• L’écoconception, en permettant un usage plus rationnel et une meilleure traçabilité des matières, facilite leur valorisation et leur réemploi in fine. Elle facilite aussi le réemploi des éléments semi finis en réduisant leur nombre et en facilitant leur séparation. L’écoconception doit être aussi appliquée à la distribution, à la réduction des distances parcourues, à une réflexion globale sur l’emballage, ainsi qu’aux scénarios d’usage du couple produit-service. En rendant lisible les coûts complets, elle favorise une meilleure satisfaction des besoins des consommateurs et renforce la compétitivité des entreprises.

• L’écologie industrielle et territoriale repose sur une vision globale, systémique, subsidiaire et prospective des flux sur un territoire : matières premières, énergie, eau, déplacements des personnes, savoirs et compétences. Il s’agit d’identifier les synergies potentielles, de développer les interfaces, de valoriser les ressources disponibles localement, de mettre en œuvre des circuits courts de valorisation énergie et matière, de mutualiser les services, équipements et infrastructures qui peuvent l’être.

• L’économie de fonctionnalité est un modèle de création de valeur qui repose sur la vente de l’usage et des fonctions d’un bien, plutôt que sur la vente du bien lui même. La mobilité plutôt que la voiture, l’éclairage plutôt que les ampoules. En incitant à prolonger la durée de vie des produits, elle rend possible une forte réduction des consommations de matières premières. Elle induit aussi la relocalisation d’emplois de service ou de maintenance, sécurise les approvisionnements des entreprises et limite les effets d’à coup des cycles économiques sur l’activité.

• L’économie collaborative, à travers des initiatives comme le partage et la mutualisation de biens, les achats groupés, le covoiturage, le coworking… expérimente de nouveaux modèles économiques permettant la satisfaction des besoins tout en optimisant le taux d’utilisation des équipements.

• L’alimentation ne doit pas être oubliée : lutte contre le gaspillage alimentaire, promotion de la vente en vrac, limitation des manipulations de produits frais, circuits courts limitant les pertes liées aux transports doivent être inclus dans la réflexion, de même que l’agriculture urbaine ou péri-urbaine, reposant sur des modes de productions économiquement viables sur des petites surfaces.

On le voit à travers ce panorama, l’économie circulaire est bien plus qu’une stratégie visant à recycler ou à réduire les déchets. Ses constituants sont déjà, pour certains, notre quotidien. En créant les conditions favorables à sa généralisation, en acceptant toutes ses implications, l’économie circulaire peut-être une opportunité pour l’économie, pour l’emploi, et pour l’écologie.

Mais il ne suffira pas d’apporter quelques corrections marginales à notre modèle de production actuel : incitations, fiscalité, normes techniques, évolution des compétences, accompagnement des acteurs, doivent être anticipés dès maintenant. Ce n’est qu’avec une vision forte, un portage politique sans ambigüité et véritable ambition que l’économie circulaire livrera ses fruits, et sera un levier efficace pour une transition écologique durable de notre économie.

La température va fortement monter durant le siècle si rien ne change, avertit le GIEC Denis Delbecq (Reporterre) Reporterre 2013/09/27 Denis Delbecq (Reporterre) (27 septembre 2013) La température va fortement monter durant le siècle si rien ne change, avertit le GIEC. Reporterre. fr

La température va fortement monter durant le siècle si rien ne change, avertit le GIEC

Ce vendredi, le groupe scientifique de l’ONU sur le climat, le GIEC, a présenté à Stockholm son cinquième rapport. Reporterre en présente les principales conclusions. Le point majeur : si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel, le réchauffement atteindra entre 2,6 °C et 4,8 °C à la fin du siècle.

Les faits saillants du rapport

• La température moyenne à la surface du globe a grimpé de 0,89°C de 1901 à 2012. Dans plusieurs régions du globe, la hausse dépasse 1,75°C.

• Si le rythme de réchauffement entre 1998 et 2012 est plus faible qu’entre 1951 et 2012, la première décennie du 21e siècle est la plus chaude jamais enregistrée.

• Jusqu’à 700m de profondeur, les océans se sont réchauffés entre 1971 et 2010. Les mesures de salinité montrent que l’évaporation et les précipitations au niveau des océans ont été modifiées, tout comme celles au dessus des continents.

• La hausse du niveau moyen des océans était de 1,7 mm/an entre 1901 et 2010, de 2mm par an entre 1971 et 2010, et de 3,2 mm par an entre 1993 et 2010.

- Les projections pour l’avenir :

• La hausse de température à la surface de la terre entre les périodes 1986-2005 et 2081-2100 serait comprise entre 2.6°C et 4.8°C, pour le scénario le plus émissif en terme de gaz à effet de serre, et de 0.3°C à 1,7°C pour le scénario le plus vertueux [1].

• La hausse du niveau moyen des océans irait d’une fourchettte de 45 à 82 cm pour le scénario le plus émissif, à une fourchette de 26 à 55cm pour le scénario le plus vertueux.

Le premier volume du nouveau rapport du Groupe d’experts sur l’évolution du climat de l’ONU (GIEC) a été présenté vendredi 27 septembre à Stockholm à dix heures, ainsi qu’un “résumé à l’intention des décideurs” que Reporterre a pu étudier dans une version quasi-aboutie à quelques jours de la conférence climatique de Stockholm (23-36 septembre) pendant laquelle les deux documents ont été validés par les scientifiques du GIEC. Les deux documents ne seront disponibles sur le site internet du GIEC que le 30 septembre, mais voici la version PDF du texte, en anglais :

Et voici sa traduction en français :

Ce rapport n’apporte pas de réponse propre à créer un consensus général sur l’état de notre climat. Les scientifiques affichent certes une confiance accrue dans leurs observations et leurs projections, mais s’avouent incapables en même temps d’avancer des explications en béton pour expliquer la quasi-stagnation de température globale de la planète depuis quinze ans. Ce qui était prévisible, car ce document est avant tout un précis d’honnêteté intellectuelle ! La preuve, s’il en fallait une, que les climatologues du GIEC n’ont d’autre objectif que la science, et non de quelconques intérêts mercantiles que l’on constate surtout chez beaucoup de leurs détracteurs, notamment dans les pays anglo-saxons.

Depuis l’essor de l’industrie au cours du XIXe siècle, et son envol depuis le milieu du XXe, le climat connait donc un réchauffement, qui est associé à de nombreux phénomènes importants que la hausse des températures. C’est donc avec une mention « extrêmement probable » que le GIEC affirme cette année que plus de la moitié du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle est provoqué par les activités humaines.

Ce sont surtout les émissions de gaz à effet de serre (principalement le gaz carbonique, puis le gaz naturel - ou méthane -, et le protoxyde d’azote rejeté par les cultures), ainsi que les polluants (poussières soufrées, suies, etc.) qui agissent sur le climat. Des rejets qui ont réchauffé la surface des continents et les océans, modifié le cycle global de l’eau, réduit l’enneigement, les glaciers, la banquise Arctique et les calottes polaires du Groenland et de l’Antarctique, conduit à une hausse du niveau des océans et modifié certains phénomènes extrêmes. Les scientifiques affirment avoir « une confiance élevée » dans ces observations.

Un réchauffement moyen de 0,89 °C depuis 1901

Selon le GIEC, la température à la surface du globe a grimpé en moyenne de 0,89°C entre 1901 et 2012. Globalement, le nombre de journées et de nuits froides à diminué, tandis que le nombre de jours et de nuits chauds a augmenté. Dans le même temps, les océans se sont élevés de 19 centimètres, avec un rythme annuel qui s’est accéléré depuis 1993.

D’ici la fin du XXIe siècle, selon les projections des modèles climatiques présentées par le GIEC, le réchauffement climatique ne devrait pas s’arrêter, bien au contraire. Dans le cadre d’une collaboration internationale baptisée CMIP-5, indépendante de l’ONU, les scientifiques ont simulé le climat terrestre à l’aide de plusieurs dizaines de modèles. Puis publié leurs résultats, avant que les auteurs du GIEC ne s’en emparent pour tenter de dégager un consensus scientifique [2]. Au lieu de travailler sur des scénarios socio-économiques d’évolution des rejets de gaz et polluants liés à nos activités, les modèles se sont appuyés sur quatre scénarios physiques. Une manière de s’affranchir des aléas des projections économiques pour livrer des simulations dont les seules incertitudes sont celles liées à notre connaissance de la physico-chimie du climat.

Dans le cadre du scénario le plus vertueux (et le plus improbable, puisqu’il suppose qu’on aurait des émissions de gaz carbonique négatives à partir de 2070, autrement dit qu’on nettoierait l’atmosphère), la température terrestre grimperait probablement de 0,3 à 1,7 degrés en 2100, par rapport à la moyenne mesurée entre 1986 et 2005.

Selon le scénario le plus « réchauffant » (qui correspond grosso modo à l’inaction actuelle), la hausse serait probablement comprise entre 2,6 et 4,8°C. Cette évolution se traduirait par une montée des océans de 26 à 55 cm dans le cas le plus optimiste, et de 45 à 82 cm, dans le cas le plus pessimiste, valeurs ici aussi calculées par rapport à la moyenne 1986-2005.

Bien évidemment, la parution de cette nouvelle analyse scientifique de l’état de la science climatique, ne manquera pas de réveiller les ardeurs des partisans du laisser-faire environnemental. Ils critiquent l’absence de réponse du GIEC à un phénomène encore mal expliqué : la relative stabilité, à un niveau élevé, de la température depuis le record enregistré en 1998 [3].

Une pause dans le réchauffement depuis dix ans, mais tous les autres signaux restent au rouge

Les hypothèses propres à l’expliquer sont sur la table, mais le recul scientifique manque encore pour trancher. Il peut bien sûr s’agir d’un arrêt du réchauffement climatique, mais tous les autres signaux climatiques restent au rouge : la chaleur stockée par les océans semble bien s’être accrue depuis dix ans, notamment dans les couches profondes ; la superficie de la banquise arctique estivale continue de reculer, en dépit de variations d’une année à l’autre ; le niveau des mers ne se lasse pas de grimper, etc.

La tentation de la géo-ingénierie

Pour finir, Reporterre vous propose une devinette. Quel pays, connu pour avoir longtemps contesté la réalité et les causes du réchauffement climatique, a proposé d’ajouter cette mention dans le résumé évoqué dans ces colonnes ? « La probabilité d’une crise climatique dans la seconde partie du XXIe siècle est élevée. Parmi d’autres possibilités, une solution de ce problème peut être l’utilisation de techniques d’ingénierie du climat pour stabiliser le climat actuel. Ces méthodes sont déjà étudiées par les scientifiques de certains pays (Russie incluse). Ces méthodes visent à prévenir ou gérer les conséquences négatives de la crise climatique. Les experts du GIEC estiment que les recherches en géo-ingénierie du climat devraient être poursuivies. » Si même Poutine a quitté le camp des climato-sceptiques…

Rouler sans pétrole, c’est possible Emmanuel Daniel Reporterre 2013/09/27 Emmanuel Daniel (27 septembre 2013) Rouler sans pétrole, c’est possible. Reporterre. fr

Rouler sans pétrole, c’est possible

Désireux de développer une alternative à la voiture, Aodrenn a construit un véhicule solaire doté d’une autonomie de 200 km. Et selon lui, « tout le monde peut le faire ».

Quand Aodrenn, « saltimbanque » reconverti dans la quête d’autonomie, vous propose d’aller vous chercher à la gare, ne vous attendez pas à le voir arriver en voiture. C’est aux commandes d’un engin futuriste équipé de panneaux solaires que ce Breton au faux air de Lorenzo Lamas débarque, sous les yeux ahuris des automobilistes.

Installé depuis 10 ans dans le parc national du Lubéron, cet ancien directeur de cirque a décidé de quitter « l’esclavage » que constitue l’emploi et de profiter du RSA pour développer des modes de transport et d’habitat écologiquement soutenables. Sur son terrain se côtoient donc des cabanes utilisant des arbres vivants comme structure, des voitures équipées de moteur Pantone (une technique permettant de limiter sa consommation d’essence) et des prototrikes, des véhicules solaires « à assistance mécanique ».

Travailler pour payer l’essence pour aller travailler

Avec son drôle de vélo, il dispose d’une autonomie de 200 kilomètres et peut tracter 150 kilos sans pédaler. L’ensemble lui a coûté 5 000 € et quelques connaissances en électronique pour transformer un tricycle électrique fonctionnant sur batteries en véhicule solaire. Un investissement qu’il a quasiment rentabilisé en 1 an : « Ça coûte peanuts en entretien et j’ai économisé 4 000 € de gasoil », annonce-t-il.

Certes, il utilise encore sa voiture occasionnellement quand il est « contraint par le temps dans le cadre de l’économie de marché », mais il réalise la plupart de ses déplacements avec son véhicule écolo. « Avant, j’étais dans le stress de gagner de l’argent pour entretenir ma voiture pour pouvoir continuer à gagner de l’argent. Je devais travailler pour continuer à me déplacer pour aller travailler, c’est un cercle vicieux à la con. Aujourd’hui, je respire », assure-t-il.

Sa démarche de « pirate à la limite de la légalité » est avant tout politique. Il entend « sortir du système et proposer une alternative au transport individuel long courrier et au transport local de marchandise ». Grâce aux remorques qu’il a fabriquées, il montre également qu’on peut construire des « maisons passives dans les matériaux utilisés mais aussi dans le transport des matériaux nécessaires à l’édification ».

Tout le monde peut le faire

Mais, au delà du développement de son autonomie personnelle, il accompagne d’autres personnes sur les chemins de la transition grâce aux formations à prix libre qu’il dispense dans son « Université populaire de la transition ». « Le but est de montrer que tout le monde peut le faire. Quand les gens repartent, ils ont toutes les combines nécessaires ».

En outre, il se sert de sa machine comme d’un « outil pédagogique pour illustrer le retard culturel qui incite à la rétention de la technique. Depuis 10 ans, je travaille sur l’énergie libre. Il existe des moteurs qui produisent de l’énergie gratuite, illimitée et propre. Mais tant qu’il y aura du pétrole, ces solutions alternatives ne seront pas commercialisées », craint-il.

Et ce passionné de citer d’innombrables courses de voitures solaires dont la World Solar Challenge qui traverse l’Australie du nord au sud à une vitesse moyenne de 100 km/h. « C’est consternant que ces prototypes ne soient utilisés que pour des courses », regrette-t-il. Il est en effet persuadé que ces engins peuvent constituer une alternative crédible à la voiture à essence. « Si moi j’ai été capable de faire ça en vivant en dessous du seuil de pauvreté, les constructeurs automobiles feront mieux », argue-t-il.

Une énergie de plus en plus accessible

Avec son installation actuelle, il peut faire des aller-retours localement sur plusieurs jours sans avoir besoin du soleil grâce à l’énergie emmagasinée dans les batteries. Mais lors des longs trajets sans ensoleillement, il doit s’arrêter pour recharger les batteries sur le secteur (idéalement chez des gens qui s’alimentent grâce à des panneaux solaires !).

Schéma du prototype d’engin biplace qu’Aodrenn est en train de construire

En se basant sur l’évolution du prix du solaire sur les dix dernières années, il prédit que « d’ici 10 ans, le nucléaire coutera plus cher que le solaire. Et dans 5 ans, les panneaux coûteront moins cher que des tuiles. C’est de plus en plus accessible », remarque cet inventeur atypique. En attendant que constructeurs et usagers s’intéressent à cette énergie propre, lui continue ses expérimentations. « Je travaille sur un biplace avec une surface de toit assez large. Actuellement, l’autonomie maximum est de 330 kilomètres pour les tandems, je compte bien faire péter le record ! ».

Une cellule solaire atteint 44,7% d’efficacité Enerzine Reporterre 2013/09/27 Enerzine (27 septembre 2013) Une cellule solaire atteint 44,7% d’efficacité. Reporterre. fr

Une cellule solaire atteint 44,7% d’efficacité

Un nouveau record du monde dans la conversion du rayonnement solaire en électricité a été atteint. C’est une étape importante dans la poursuite de la réduction des coûts de l’électricité solaire.

L’Institut Fraunhofer pour les Systèmes Energétiques Solaires (ISE), Soitec, le CEA-Leti et le Centre Helmholtz de Berlin ont conjointement annoncé avoir atteint un nouveau record du monde dans la conversion du rayonnement solaire en électricité, avec une nouvelle structure de cellule solaire à quatre jonctions.

Dépassant la compétition après seulement trois ans de recherche, et s’inscrivant directement dans le peloton de tête de la course à l’efficacité, une nouvelle efficacité record de 44,7 % a été mesurée avec un facteur de concentration de 297.

Cela signifie que 44,7 % de l’énergie du spectre solaire, allant de l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge, est convertie en énergie électrique. Il s’agit d’une étape importante dans la poursuite de la réduction des coûts de l’électricité solaire et d’un nouveau pas vers l’obtention d’un taux de 50% d’efficacité.

En mai 2013, l’équipe germano-française du Fraunhofer ISE, de Soitec, du CEA-Leti et du Centre Helmholtz de Berlin avait déjà annoncé une cellule solaire avec un rendement de 43,6 %. Capitalisant sur ce résultat, de nouveaux travaux intensifs de recherche et des étapes d’optimisation ont permis d’atteindre l’efficacité actuelle de 44,7%.

De telles cellules solaires sont utilisées dans les systèmes basés sur la technologie photovoltaïque à concentration (CPV), qui permet d’obtenir dans les régions à fort ensoleillement un rendement deux fois plus élevé que celui des centrales photovoltaïques classiques. Ces cellules solaires, dites cellules III-V à multi-jonctions, sont nées d’une technologie pour des applications spatiales dont l’utilisation terrestre s’est imposée pour obtenir les meilleurs rendements de conversion de l’énergie solaire en électricité. Ces cellules solaires multi-jonctions sont composées de plusieurs jonctions empilées les unes sur les autres à base de différents matériaux semi-conducteurs III-V. Les différentes sous-cellules absorbent différentes gammes d’énergie du spectre solaire.

« Nous sommes incroyablement fiers de notre équipe qui travaille depuis maintenant trois ans sur cette cellule solaire à quatre jonctions », commente Frank Dimroth, chef de département et chef de projet en charge de ce travail de développement au Fraunhofer ISE .

"Cette cellule solaire à quatre jonctions est le fruit de notre expertise acquise dans ce domaine depuis de nombreuses années. Outre l’amélioration des matériaux et l’optimisation de la structure, une nouvelle procédure de collage de plaques joue un rôle capital. Grâce à cette technologie, nous sommes en mesure d’empiler deux matériaux semi-conducteurs, qui ne pourraient autrement pas croître l’un sur l’autre avec une qualité cristalline élevée. De cette façon, nous pouvons produire la combinaison optimale de semi-conducteurs pour créer des cellules solaires de haute efficacité. »

« Ce record du monde, en augmentant notre niveau d’efficacité de plus de 1 point en moins de 4 mois démontre le fantastique potentiel de la cellule solaire à quatre jonctions que nous avons conçue en nous appuyant sur les techniques de collage et d’expertise de Soitec », explique André- Jacques Auberton -Hervé , Président de Soitec . « Cela confirme l’accélération de la feuille de route vers des rendements plus élevés, qui représente un facteur clé de la compétitivité de nos systèmes CPV. Nous sommes très fiers de ce résultat, qui témoigne d’une collaboration très réussie. »

« Cette nouvelle valeur record renforce la crédibilité des approches de collage de semi-conducteurs directs qui sont développées dans le cadre de notre collaboration avec Soitec et le Fraunhofer. Nous sommes également très fiers de ce nouveau résultat, qui confirme le fort potentiel des semi-conducteurs III-V dans les technologies solaires », a déclaré le Directeur du Leti, Laurent Malier.

Les modules solaires CPV sont produits par Soitec (leur production ayant débutée en 2005 avec Concentrix Solar, une entreprise essaimée du Fraunhofer ISE, et rachetée par la suite par Soitec). Cette technologie particulièrement efficace est employée dans les centrales solaires situées dans des régions à fort ensoleillement, bénéficiant d’un pourcentage élevé de rayonnement direct. Actuellement, Soitec possède des installations CPV dans 18 pays différents, dont l’Italie, la France, l’Afrique du Sud et également la Californie.

Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique Alternatiba Reporterre 2013/09/27 Alternatiba (27 septembre 2013) Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique. Reporterre. Tribune — fr

Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique

Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, rend son 5e rapport ce 27 septembre 2013, pour faire le point sur l’état du changement climatique en cours.

Le dimanche 6 octobre, une journée de mobilisation citoyenne ambitieuse et originale est organisée à Bayonne : Alternatiba, un véritable Village des alternatives individuelles, collectives, territoriales et systémiques, au changement climatique et à la crise énergétique. Des milliers de personnes y sont attendues. Son objectif est de :

- diffuser le message de l’urgence climatique, sensibiliser le grand public et les élus à la nécessité de baisser rapidement et radicalement nos émissions de gaz à effet de serre, interpeller sur les conséquences dramatiques de l’absence d’accord international ambitieux, efficace, contraignant et juste sur le climat ;

- combattre l’effet possible de sidération, le sentiment d’impuissance et donc la démobilisation que peuvent provoquer la gravité et l’importance du défi climatique, en montrant que les solutions existent et qu’elles sont à notre portée, créatrices d’emploi, porteuses d’un monde plus humain, convivial et solidaire ;

- appeler à mettre en route sans plus attendre la transition sociale, énergétique et écologique nécessaire pour éviter le dérèglement profond et irréversible des mécanismes du climat.

Loin des fausses solutions - injustes, dangereuses et inefficaces - prônées par certains (géo-ingénierie, OGM, agro-carburants, marchés carbone, mécanismes de compensation, nucléaire), des milliers d’alternatives aux causes du changement climatique sont en effet mises en pratique tous les jours par des millions d’individus, d’organisations, de collectivités locales dans les domaines les plus divers.

Agriculture paysanne, consommation responsable, circuits-courts, relocalisation de l’économie, partage du travail et des richesses, reconversion sociale et écologique de la production, finance éthique, défense des biens communs comme l’eau, la terre ou les forêts, pêche durable, souveraineté alimentaire, solidarité et partage, réparation et recyclage, réduction des déchets, transports doux et mobilité soutenable, éco-rénovation, lutte contre l’étalement urbain et l’artificialisation des sols, aménagement du territoire soutenable, démarches de préservation du foncier agricole, défense de la biodiversité, sobriété et efficience énergétique, énergies renouvelables, plans virage énergie climat, villes en transition, sensibilisation à l’environnement, etc. : les alternatives existent, elles ne demandent qu’à être renforcées, développées, multipliées !

Nous pouvons ainsi continuer à changer concrètement les choses chacun-e à notre niveau, et également renforcer la dynamique, la prise de conscience, le rapport de force permettant d’avancer vers les bonnes prises de décisions tant au niveau local qu’au niveau global.

C’est pourquoi nous serons présents, et nous appelons tout le monde à nous rejoindre à Alternatiba le dimanche 6 octobre.

Les 80 premiers signataires :

350.org-France, 4D, ACIPA, Aderoc, L’Âge de Faire, Agir pour l’Environnement, Aitec-Ipam, Amis de la Terre-France, Amigos de la Tierra-Espana, ASPRO-PNPP, ATTAC-France, Biocoop, CliMates, Cedetim-Ipam, Collectif Roosevelt, Confédération Paysanne, Convergence citoyenne pour la transition énergétique, CRID, L’Écologiste, EcoRev’, End Ecocide in Europe, Village Emmaüs Lescar, Enercoop, Énergie Partagée, EYES, Les Faucheurs volontaires, Festival des Utopies Concrètes, Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand-France Libertés, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Fondation Sciences Citoyennes, Fédération des Usagers de la Bicyclette, France Nature Environnement, Greenpeace, L’Heureux Cyclage, Mouvement pour une Alternative Non-violente, Miramap, Les Petits Débrouillards, Reporterre, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Semences Paysannes, Résistance à l’Agression Publicitaire, Silence !, Slow Food France, Réseau Sortir du Nucléaire, Source, SUD-PTT, Surfrider Foundation Europe, taca, Terre de liens, Union Syndicale Solidaires, Les Z’indigné(e)s

Arrapitz, Avenir Geroa, Berri-Otxoak, Bizi !, CADE, CCFD-Pays Basque, Desazkundea, Ehne, Eguzki Talde antinuklear eta Ekologista, Ekologistak Martxan, Emazteek Diote, ESK Sindikatua, Euskal Herriko Bilgune Feminista, Euskal Herriko Laborantza Ganbara, ELA Euskal Sindikatua, Fundación Traperos de Emaús de Navarra, Goiener, Koop57, LAB Sindikatua, Mouguerre cadre de vie, Mugitu, Paf !, REAS Euskadi, REAS Navarra, Solidaires Pays Basque, Terre Buissonnière, Terre & Humanisme Pays Basque, Txirrind’Ola

« Le dérèglement climatique s’aggrave et s’accélère, mettant à mal dès aujourd’hui les populations les plus pauvres de la planète et à moyen terme les conditions de vie civilisées sur Terre.

Venez les découvrir à Alternatiba, le Village des Alternatives qui se tiendra à Bayonne le dimanche 6 octobre 2013, quelques jours après la publication du 5e rapport du GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique ! »

Stéphane Hessel, parrain d’Alternatiba, le 19 décembre 2012

Climat : voici comment travaillent les scientifiques du GIEC Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/09/27 Marie Astier (Reporterre) (27 septembre 2013) Climat : voici comment travaillent les scientifiques du GIEC. Reporterre. Climat fr

Climat : voici comment travaillent les scientifiques du GIEC

Ce vendredi 27 septembre, le résumé du cinquième rapport scientifique sur l’état du climat sera publié à Stockholm. Un événement très attendu : le précédent date de 2007. Le Résumé est élaboré par une organisation scientifique internationale, le GIEC. Mais comment est écrit ce texte qui sera la base des prochaines négociations climatiques ? Reporterre vous explique cette mécanique de précision.

Ce « résumé pour décideurs » est un petit texte de 22 pages, résultat de trois ans de travail pour le premier volume de ce cinquième rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat). Un texte lu par une bonne partie des hommes politiques de la planète, ou tout du moins par leurs conseillers - le rapport lui-même, comprenant plusieurs centaines de pages, étant rarement lu directement par les "décideurs". Le Résumé - en anglais "Summary for policymakers" sert de base aux discussions internationales sur le climat. "C’est le livre de chevet des négociateurs", affirme le climatologue Jean Jouzel. Il est vice-président du groupe de travail coordonnant le volume I et a participé à l’élaboration de tous les rapports du GIEC depuis le deuxième, en 1995. « Il faut bien comprendre d’où vient ce résumé », insiste-t-il.

Un résumé adopté "ligne par ligne"

Le Résumé est la dernière étape de la rédaction d’un rapport du GIEC. Le moment où les représentants des gouvernements sont admis à donner leur avis et à voter le texte, qui a donc un caractère politique, et pas seulement scientifique.

Chaque rapport compte trois volumes plus une synthèse. A la fin de la rédaction de chaque volume, l’assemblée plénière du GIEC est convoquée. Une grande réunion de famille, comme celle qui s’est déroulée cette semaine à Stockholm : les délégations des pays membres ont eu quatre jours discuter, amender et adopter le Résumé, sur la base du texte en anglais. "Il est adopté ligne par ligne", raconte Jean-Charles Hourcade. Economiste, il en est à sa troisième participation à un rapport du GIEC. Chaque phrase est discutée jusqu’à ce qu’elle fasse consensus.

"Cela donne un résumé poli pour ne heurter personne", admet le chercheur. Il se rappelle des discussions sur le résumé du deuxième rapport, en 1995 : "Le délégué américain interrompt la séance : on avait écrit que les politiques de lutte contre le climat pouvaient aussi apporter des bénéfices, équivalents à "plusieurs" points de PIB. L’idée gênait les Américains. On a discuté deux heures. Finalement on a remplacé le terme ’several’ (plusieurs) par ’few’ (quelques) : on a choisi l’expression qui évoque le plus petit chiffre en anglais."

Les deux co-présidents du premier groupe de travail, Thomas Stocker et Dahe Qin, lors de la séance d’ouverture de la plénière, à Stockholm, lundi 23 septembre -

Autre anecdote, aussi lors du deuxième rapport. Responsable du groupe de recherche climatique à Météo France, Serge Planton raconte : "Le président lit la phrase qui annonce que les activités humaines pourraient avoir un effet sur le changement climatique. C’était nouveau à l’époque. Mais le président oublie de prononcer le mot ’now’ (maintenant), qui accentue le propos. Il tente de se corriger, les pays s’y opposent. Le terme a été retiré. Cela a effectivement atténué la portée du message."

Des discussions "sur la forme", mais cruciales

Mais l’exercice n’est pas simplement politique : les scientifiques restent dans la salle pendant les discussions et veillent à ce que les résultats scientifiques présentés ne soient pas déformés. Pour Jean Jouzel, "ce processus ne produit pas un rapport qui échappe aux scientifiques. Ce sont des changements de forme, pas de fond."

Mais la forme a son importance. Entre les 1 400 pages du rapport et les 22 pages de résumé, beaucoup d’informations se perdent. Stéphane Hallegatte, économiste à la Banque mondiale, a fait partie de la délégation française lors de l’adoption du quatrième rapport, en 2007. Il est cette année un des auteurs du deuxième volume. "Il y avait beaucoup de choses dans le rapport sur les risques de cyclones dans les Caraïbes, donc sur la Guadeloupe et de Martinique, se rappelle-t-il. Mais on avait le sentiment que ce n’était pas assez repris dans le résumé. On a insisté pour que sur ce point là, il reprenne plus de choses du rapport. C’est important, parce que c’est surtout le résumé qui est lu. Si une information est dans le rapport, mais pas dans le résumé, son impact est beaucoup plus faible."

Pourtant ce filtre est nécessaire : "Si un résultat est fort, le consensus va faire qu’il sera retenu dans le résumé final. S’il est faible, ça a peu de chances de se retrouver dans le résumé. Ainsi, les politiques sont au courant de la science la plus récente dans un format extrêmement solide", selon Stéphane Hallegatte. "Les gouvernements se plaignent même que les rapports du GIEC ne soient publiés que tous les six ans. Ils ont besoin de ces informations pour prendre des décisions."

Une organisation « unique »

Mais tous les six ans, c’est déjà bien, car le GIEC est une grosse machine. « C’est une organisation unique, elle n’a pas d’équivalent sur d’autres sujets », affirme Jean Jouzel. Elle a été créée en 1988, conjointement par l’Organisation météorologique mondiale et par le Programme des Nations unies pour l’environnement. Tous les pays membres de ces deux organisations peuvent donc faire partie du GIEC, qui regroupe à ce jour 194 pays. Son travail est coordonné par un secrétariat permanent : une dizaine de personnes basées à Genève. Son budget est d’environ six millions d’euros par an, qui finance les déplacements des chercheurs des pays en voie de développement, le secrétariat et l’édition des documents. Les frais techniques associés aux trois volumes du rapport sont pris en charge par trois pays volontaires. Pour cette cinquième édition, il s’agit de la Suisse, des Etats-Unis et de l’Allemagne.

A chaque nouveau rapport, les scientifiques du monde entier sont appelés à proposer leur collaboration. En tout, 831 ont été sélectionnés pour ce cinquième rapport.

Ils sont organisés en trois groupes, responsable chacun d’un des trois volumes. Le premier présente l’état des connaissances sur l’évolution du climat – c’est celui qui est publié vendredi 27 septembre, et qui est rédigé essentiellement par les climatologues, qui sont majoritairement des physiciens. Le deuxième, dans une suite logique, s’intitule Conséquences, vulnérabilité et adaptation au changement climatique. Le troisième fait le tour des « mesures d’atténuation », et mobilise surtout des économistes. Ces deux volumes seront publiés en mars et en octobre prochains). Un quatrième volume fait la synthèse. Il est prévu pour octobre 2014.

Les scientifiques divisent chaque volume en chapitres. Pour chaque sujet, ils font l’état des publications de la communauté sur le sujet. Ils les comparent et les compilent. Les scientifiques sont bénévoles et leur travail est titanesque : pour ce premier volume, ils ont passé en revue 9 200 publications. Celles-ci sont surtout des articles de recherche publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture : cela signifie que ces articles, pour être publiés, doivent être relus par d’autres scientifiques, qui en valident la méthode et le raisonnement.

La discussion pour la rédaction des volumes du GIEC est permanente, sous forme d’échanges de courriels. Une fois par an, tous les auteurs d’un volume se retrouvent pour discuter de visu des problèmes rencontrés.

Réunion à Hobart, en Australie, des auteurs du rapport du Groupe I, en janvier 2013 -

« Parfois les résultats sont contradictoires sur un même sujet. Si on n’arrive pas à les concilier, on l’écrit dans le rapport », explique Pascale Delecluze. Elle est directrice adjointe de la recherche à Météo France et a coordonné les discussions du chapitre 11 du premier volume. « C’est un job à plein temps. Sur les derniers mois, on a passé des nuits blanches à lire les dernières publications. Il y en a eu énormément dans les derniers mois avant la remise du rapport : tout le monde voulait y être cité », raconte-t-elle.

Toutes ces publications sont prises en compte et ont été synthétisées dans le rapport : 1 400 pages pour ce premier volume. Vient ensuite un condensé de 78 pages, le « résumé technique ». C’est seulement à la toute fin qu’est adopté le fameux « résumé pour décideurs ». 22 pages, quelques feuilles, pour enfin faire le lien entre scientifiques et politiques.

Calendrier du cinquième rapport du GIEC

- Septembre 2013 : parution du Volume I - Les éléments scientifiques. - Mars 2014 : Volume II - Conséquences, vulnérabilité et adaptation au changement climatique. - Avril 2014 : Volume III - Les mesures d’atténuation. - Octobre 2014 : Rapport de synthèse.

Assez de fatalisme climatique ! Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/09/28 Hervé Kempf (Reporterre) (28 septembre 2013) Assez de fatalisme climatique !. Reporterre. Tribune — fr

Assez de fatalisme climatique !

Le fatalisme imprègne la société : « On sait bien que le changement climatique, c’est grave, mais on ne peut rien faire ». Oui. Sauf qu’une autre attitude est possible : au moins changer dans la vie quotidienne et professionnelle ce que l’on peut. Cela suffira-t-il pour bouger la société ? Une chose est sûre : si on n’essaye pas, ça ne marchera pas !

La relative indifférence qui a accueilli la publication du rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur le changement climatique, vendredi 27 septembre, est surprenante mais, à la réflexion, compréhensible. Car le rapport ne nous apprend rien de fondamentalement nouveau par rapport ce que nous avait appris sa précédente édition, en 2007. Et d’autant moins que les publications scientifiques diffusées depuis six ans ont été suivies par l’opinion publique, ou du moins par une part d’entre elle, avec beaucoup plus d’attention que cela n’était le cas auparavant. Il s’est ainsi formé une culture commune du changement climatique qui explique que l’effet de surprise de 2007 s’est évaporé aujourd’hui.

On pourrait ainsi résumer la réaction du public à ce que rapporte le GIEC à : « Ben oui, on le savait, et alors ? »

Mais une vision plus positive des choses est possible. Car si la poursuite de la recherche climatologique est essentielle, la connaissance des fondamentaux de la situation est pour l’essentiel acquise : nos sociétés en savent assez sur le climat pour être en fait passées à la question de se demander ce qu’il faut faire. On n’est plus dans le « Qu’est-ce qui se passe ? », mais dans « Comment éviter le pire ? ».

Or, ni le GIEC ni aucun instance politique n’ont pour l’heure de réponse à cette question essentielle. Les négociations internationales sur la réduction des gaz à effet de serre sont enlisées, tandis que peu de gouvernements agissent réellement pour réduire les émissions, tenaillés par l’angoisse de ce qu’on appelle la crise économique.

Il en découle dans la société trois attitudes.

La première, et la plus largement répandue, est le fatalisme. Dans cet état psychologique, on connait le problème, mais son ampleur apparait telle qu’il n’est pas à la mesure de chacun. Il appelle une réponse collective et organisée. Or, celle-ci ne se produit pas, en raison notamment de l’incurie des politiques publiques, et les citoyens se sentent impuissants. Ils baissent donc les bras et continuent leur vie quotidienne sans beaucoup la changer, tout en sachant qu’elle contribue à l’aggravation de la situation.

Une deuxième attitude, qui touche beaucoup moins de monde, et qui découle en partie de l’impuissance collective, consiste à refuser carrément le problème, sous la forme du climato-scepticisme. La « dissonnance cognitive », la contradiction entre ce que l’on sait et ce que l’on peut effectivement faire, conduit ainsi à des stratégies d’évitement, au refus de la connaissance, voire à des conduites de provocation anti-écologique. Tel, par exemple, ce commentaire relevé sur le site d’un grand média : « Demain je fais trois fois le tour de la ville avec mon diesel à fond juste pour acheter une côte de boeuf que je dégusterai saignante avec des frites et pas du soja ou des scarabées. »

Une troisième attitude, qui concerne elle aussi un petit nombre de gens, est au contraire de chercher à agir, en tant que citoyens, à la base, puisque les « responsables » se révèlent incapables d’orienter dans le bon sens les politiques publiques.

La masse critique du changement

Cela se traduit par la myriade d’actions alternatives par lesquels on cherche à vivre sa vie quotidienne et professionnelle en accord avec la logique écologique de minimisation de l’impact environnemental. C’est ce que décrit, jour après jour, les histoires que nous relatons dans la rubrique Alternatives de Reporterre. Cette attitude « pro-active » va se trouver mise en avant et coordonnée lors d’Alternatiba, à Bayonne, la semaine prochaine (dimanche 6 octobre) : on espère rendre visible la richesse de cette diversité de façons d’être, réunie dans un lieu, afin d’esquisser l’idée qu’une « masse critique » peut se former pour bousculer le système en place et l’obliger à évoluer. Puisque le haut est impotent, le bas va agir pour dynamiser le haut ou prendre sa place.

L’enjeu, au fond, n’est pas tant d’agir sur le haut que de contrebattre d’abord le fatalisme de la majorité. Oui, il est possible de faire autrement.

Cette attitude peut-elle l’emporter, changer la dynamique, mettre en mouvement une société qui sait que la crise écologique est majeure, mais se sent incapable de l’enrayer ? Il est impossible de le dire. Mais ce qui est certain, c’est que si l’on n’essaye pas, il ne se passera rien, sinon le pire. C’est pourquoi Reporterre, qui est lui-même une action alternative, sera joyeusement à Alternatiba le 6 octobre, et continuera à relayer, jour après jour, toutes les alternatives dont il aura connaissance.

Au Cambodge, le sucre est exporté vers l’Europe au détriment des populations Peuples solidaires Reporterre 2013/09/28 Peuples solidaires (28 septembre 2013) Au Cambodge, le sucre est exporté vers l’Europe au détriment des populations. Reporterre. fr

Au Cambodge, le sucre est exporté vers l’Europe au détriment des populations

Au Cambodge, des villages entiers sont rasés et des milliers de personnes expropriées par les compagnies sucrières. Une attitude prédatrice encouragée par la politique commerciale de l’Union européenne, qui absorbe 97 % des exportations cambodgiennes de sucre.

« Ils ont tout brûlé…y compris le riz. Ils ne nous ont même pas laissé le récolter d’abord. » (Mme Yem Ry)

Douze mille personnes spoliées, deux villages détruits, onze mille hectares de champs et vergers saisis : au Cambodge, les compagnies sucrières dépossèdent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de leurs terres. Cette attitude prédatrice est encouragée par la politique commerciale de l’Union européenne, qui absorbe 97 % des exportations cambodgiennes de sucre.

Demandons à Karel de Gucht, Commissaire européen au commerce, de faire cesser ce scandale !

Les faits

L’initiative européenne Tout Sauf les Armes part d’une bonne intention : accorder aux pays les plus pauvres un accès au marché européen libre de toutes taxes douanières ou de quotas. Mais dans certains cas, elle a des effets dramatiques pour les populations locales.

Ainsi, au Cambodge, les avantages consentis par l’UE aiguisent l’appétit d’entreprises sucrières qui expulsent des milliers de paysannes et paysans de leurs terres et vont jusqu’à détruire des villages pour produire davantage.

Pour l’agro-business : les terres

Dans les provinces cambodgiennes de Koh Kong, Kampong Speu et Oddar Meanchey, 75 000 hectares de terres ont été accordés aux industriels ces dernières années pour la production de sucre. Douze mille personnes ont perdu leurs moyens de subsistance. Deux villages ont été entièrement détruits et plus de 11 500 hectares de champs de riz et de vergers (appartenant à plus de 2 000 familles) ont été saisis pour être transformés en plantations de sucre.

Pour la population : la répression

« Ils ont tout brûlé…y compris le riz. Ils ne nous ont même pas laissé le récolter d’abord » raconte Yem Ry, témoin des exactions qui se sont produites dans la province d’Oddar Meanchey. Arrestations arbitraires, menaces, violences… Forces de l’ordre et hommes de main des entreprises n’hésitent pas à user de violence face aux communautés locales qui tentent de défendre leurs terres. « Ils nous menacent avec leurs armes, nous empêchant d’aller là où les tracteurs démolissent nos terres. J’ai essayé d’y aller, ils ont tiré » témoigne Pet Nim, de la province de Koh Kong.

Ayant tout perdu, certaines familles se retrouvent – ironie du sort – obligées de travailler dans les plantations de sucre pour survivre.

L’Union européenne doit réagir

Si le gouvernement du Cambodge accorde autant de terres aux investisseurs privés et si les industriels du sucre se ruent vers les terres cambodgiennes, c’est en grande partie en raison des avantages commerciaux liés à l’initiative Tout Sauf les Armes, pourtant censée soutenir les pays les plus pauvres. L’Union européenne a pourtant les moyens de lutter contre ce désastre en suspendant les avantages consentis aux produits agricoles du Cambodge tant que dureront ces violations.

Mais malgré les appels de nombreuses organisations de la société civile en ce sens, malgré la résolution d’urgence du Parlement européen, malgré les preuves des violations, malgré les témoignages accablants… la Commission européenne ne réagit pas. La Commission européenne n’agira pas sans une pression citoyenne massive : écrivez à Karel de Gucht, Commissaire européen au commerce, pour lui demander de faire cesser ce scandale.

Festival pour la ferme des Bouillons (Rouen) Reporterre 2013/09/28 (28 septembre 2013) Festival pour la ferme des Bouillons (Rouen). Reporterre. fr

Festival pour la ferme des Bouillons (Rouen)

Du 27 au 29 septembre, La Tambouille, un grand festival en soutien à la Ferme des Bouillons, occupée depuis 9 mois près de Rouen pour empêcher sa démolition par le groupe Auchan.

En soutien à la Ferme des Bouillons, un grand festival est organisé les 27, 28 et 29 Septembre : La Tambouille.

Trois jours de musique, d’arts de rue, de conférences sur l’agriculture et le bétonnage des terres agricoles, etc.

Pour rappel, la Ferme des Bouillons est occupée depuis 9 mois maintenant afin d’éviter sa démolition par le groupe Auchan. L’association de protection de la ferme des Bouillons, forte de plus de 500 adhérents, s’attache à défendre une agriculture périurbaine, à la fois écologique et sociale.

De nombreuses actions ont déjà été menées en ce sens, vous pouvez les retrouver sur le site.

Le principe du festival de la tambouille est simple : chacun des participants est invité à apporter un légume local et de saison pour cuisiner une grande tambouille le samedi soir.

Le programme est le suivant :

Vendredi 27 dès 20h : concerts (Color Island, Faso Ouattara, Latché Swing, Funky Club de Rouen, Bouddha Stick, D’Trac…)

Samedi 28 à partir de 15h : annonce du comité de soutien de la Ferme des Bouillons suivi d’un débat sur les alternatives concrètes aux projets inutiles. Tout l’après-midi : arts de rue, théâtre, ateliers participatifs, massages, cirque, initiation à la langue des signes... Village associatif et militant, Village enfant.

A partir de 20h : concerts (Skiffle Rendez Vous, Anoula Fela, Prince Ringard, Flex Pusca, DJ Rabelais)

Dimanche 29 à 15h : conférence- débat sur l’agriculture avec M. Dufumier, agronome (…....)

17h : Clôture du festival avec la Chorale Alternative

Adresse du festival : Chemin des Bouillons, 76130 Mont-Saint-Aignan

Entrée à prix libre Repas à prix libres, buvette, camping Accès handicapés Plus d’infos

Voilà comment les trop riches utilisent leur argent - et détruisent la planète Christophe Cornevin (Le Figaro) Reporterre 2013/09/28 Christophe Cornevin (Le Figaro) (28 septembre 2013) Voilà comment les trop riches utilisent leur argent - et détruisent la planète. Reporterre. fr

Voilà comment les trop riches utilisent leur argent - et détruisent la planète

Les hyper-riches ne savent plus quoi inventer pour tromper leur vie oisive et oiseuse. Ajoutant l’indécence à la futilité, de riches particuliers anglais participent tous les ans à une course illégale et ultra select à travers l’Europe. Au mépris de la sécurité d’autrui et de leur empreinte carbone, of course.

Les 165 concurrents clandestins, partis de Londres dimanche 22 septembre au volant de bolides, rallient Rome via la France. Stoppée dans les Alpes, une Ferrari roulait à 178 km/h sur une départementale.

Les fous du volant sont de retour. Quintessence de l’extravagance british, de riches particuliers viennent de se lancer, à tombeau ouvert, dans la dernière édition du Cannonball, course clandestine de bolides à travers les routes d’Europe. Selon nos informations, pas moins de 165 participants sont partis dimanche de Londres sur les chapeaux de roue avant de se scinder en deux groupes vrombissants.

Le premier, inscrit au Modball Rallye, est déjà passé par le Luxembourg et la Hollande avant de rejoindre Prague dans un temps record. Le second, organisé sous l’exotique label de Riviera Adventure, a été acheminé en Ferry depuis le port de Douvres où ils ont été repérés par la police dès samedi dernier.

Suivant une feuille de route toujours dévoilée au dernier moment pour tenter de prendre par surprise les autorités, les candidats ont déjà franchi la ville étape de Calais avant de filer vers la Savoie et Monte-Carlo où ils ont fait escale dimanche. La compétition est ensuite repartie vers Milan avant de franchir le drapeau à damier de la ligne d’arrivée, à Rome.

Les gendarmes français sur le qui-vive

À partir du 29 juin, c’est-à-dire en plein départ des juillettistes sur les routes de France, la folle équipée mécanique devrait rentrer au bercail, toujours à un train d’enfer, en passant cette fois par le Doubs, la Marne, l’Oise et les abords du château de Chantilly avant de converger vers Calais pour une traversée outre-Manche.

Depuis plusieurs semaines, les gendarmes français, à l’instar de leurs homologues européens, sont sur le qui-vive pour intercepter ces pilotes qui transforment les autoroutes du Vieux Continent en circuits de Formule 1 à chaque début d’été. Informés par les services de renseignements anglais, les militaires avaient notamment mis en place un solide comité de réception le long des itinéraires.

Dans la plus grande discrétion, plusieurs centaines d’hommes affectés aux Escadrons départementaux de sécurité routière ont été mobilisés. Postés sur les ponts, au niveau des échangeurs ou encore embusqués aux sorties de service des autoroutes, ces traqueurs de bolides équipés de jumelles sont appuyés par des hélicoptères, des pelotons autoroutiers roulant en BMW 1 300 cm3 mais aussi en Renault Mégane RS capables de mener des chasses à des allures frisant les 250 km/heure.

« Mais la vitesse n’est pas essentielle pour intercepter les concurrents du Cannonball, précise le colonel Gérard Escolano, chef du bureau de la sécurité routière de la gendarmerie. Nous préférons intervenir quand la course est ralentie par des obstacles “naturels”, comme les péages par exemple. Se lancer dans des courses-poursuites avec sirènes et gyrophares risquerait de provoquer des réactions imprévisibles et de semer la panique dans le flot des automobilistes… »

Depuis le lancement de « Riviera Adventure », les gendarmes ont interpellé dès dimanche un premier concurrent en flagrant délit de vitesse. Surpris sur une route départementale à 178 km/h au lieu des 90 autorisés, un ressortissant britannique s’est fait immobiliser sa Ferrari pour « mise en danger de la vie d’autrui » à Le Poët-Laval (Hautes-Alpes) en attendant d’être convoqué à la brigade locale. Et les gendarmes seront de nouveau sous tension à la fin du mois, quand repasseront les « hooligans » de l’asphalte.

Issus d’un rang social élevé, ces aristocrates, cadres supérieurs ou encore turbulents rejetons de la gentry londonienne, les candidats au Cannonball s’acquittent chacun d’une inscription de 6000 euros pour figurer sur la ligne de départ. L’organisateur, dont l’entregent tourne comme un moteur six cylindres, s’emploie ensuite à mettre en place une logistique hollywoodienne. Déboulant en Ferrari, Porsche, Lotus, Bentley ou encore Maserati aux couleurs de l’Union Jack, les coureurs débarquent déguisés en Zorro, en Spiderman ou encore avec des chapeaux mexicains dans les villes étapes où les attendent des réservations dans des palaces.

Après une soirée festive au champagne, les héros - un peu - fatigués reprennent la route au petit matin. « Chaque voiture est reconnaissable grâce à des macarons souvent collés sur le capot et la malle arrière, précise le colonel Escolano. L’objectif est de respecter un timing, avec une heure limite d’arrivée sous peine d’être pénalisé. »

Les poches garnies d’euros pour s’acquitter du procès-verbal

Mais la vraie motivation n’est pas vraiment de grimper sur la première marche du podium. « Les cannonballeurs cherchent surtout à s’offrir des bouffées d’adrénaline en jouant au chat et à la souris avec nos effectifs sur le terrain, décrypte-t-on à la Direction générale de la gendarmerie nationale. En général, si certains sont détectés à 220 km/h, la majeure partie des concurrents veillent à ce que leurs excès de vitesse ne dépassent pas le seuil des 1500 euros d’amende. »

Prévoyants, ils ont les poches garnies d’euros pour s’acquitter du procès-verbal rubis sur l’ongle, en vrais gentlemans, avant de reprendre la course sur le champ. Et lorsque la Jaguar de l’un d’eux est saisie comme l’année dernière dans le Nord, un avion privé est affrété pour lui permettre le retour au pays.

Identifié depuis 1999 dans l’Hexagone, le phénomène Cannonball avait été récemment marqué par un légendaire Londres-Istanbul, via Cannes, Monaco et Venise. Un joli ruban de 4700 kilomètres de bitume dévoré en moins d’une semaine. De manière très bling-bling, mais sans accident à déplorer.

Manifestation contre la ferme des 1000 vaches Reporterre 2013/09/28 (28 septembre 2013) Manifestation contre la ferme des 1000 vaches. Reporterre. fr

Manifestation contre la ferme des 1000 vaches

C’est l’heure de vérité pour la ferme-usine des 1000 vaches, celle aussi d’un choix de société. C’est le moment de se mobiliser pour empêcher l’agro-industrie de gagner une nouvelle fois. L’heure est grave et requiert que toutes les consciences indignées se lèvent et expriment leur refus d’un tel projet.

Ce ne sont pas les hommes qu’il faut adapter au système, mais bien le système qu’il faut adapter aux hommes.

Samedi 28 septembre à 14h ! Importante manifestation unitaire !

Près de l’emplacement de la future ferme-usine, en arrivant par la D928, près du karting (l’emplacement sera fléché).

« Halte aux travaux ! »

« Exigeons l’abandon total du projet Ramery ! »

Soyez-en absolument certains : un refus massif et opiniâtre des citoyens peut faire changer le cours des choses !

Vous refusez ce projet ? Alors, VENEZ ! Faites VENIR ! C’est maintenant ou jamais !!!

Comment combler le déficit de la Sécurité sociale ? André Cicolella Reporterre 2013/09/28 André Cicolella (28 septembre 2013) Comment combler le déficit de la Sécurité sociale ?. Reporterre. Santé fr

Comment combler le déficit de la Sécurité sociale ?

ECOUTER en cliquant ICI

André Cicolella est porte-parole du Réseau environnement santé

Spectacle Les Mauvaises herbes, à l’automne dans le Sud Reporterre 2013/09/30 (30 septembre 2013) Spectacle Les Mauvaises herbes, à l’automne dans le Sud. Reporterre. fr

Spectacle Les Mauvaises herbes, à l’automne dans le Sud

Un spectacle sur l’écologie par la Compagnie en tracteur.

« Les mauvaises herbes ? Quoi de plus tenace et de plus résistant qu’une mauvaise herbe ! »

Théâtre de rue et des campagnes par la Compagnie en tracteur.

Regards croisés entre le bienveillant chercheur de chez Monsanto, les membres de MDU (Milice De l’Unicité), les semeurs de simplicité et le public qui est invité à rejoindre cette expérience de démocratie participative pour écologistes avertis ou en herbe.

NOTES D’INTENTION

Le spectacle aborde deux thématiques de société :

* L’ÉCOLOGIE

Face aux problèmes de santé et d’environnement liés à l’agriculture conventionnelle, se tisse la nécessité d’une agriculture raisonnée, locale et biologique et d’une consommation responsable.

* LE BIEN VIVRE

Ou comment s’émanciper des (faux) besoins crées par la société de (sur) consommation... comme le dit si sagement le philosophe Edgar Morin :

« C’est ce que j’appelle le poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualificatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. »

Jeu et mise en scène : Caroline Cano et Jeanne Simtob

Le spectacle se jouera dans plusieurs endroits cet automne dans le Sud.

Voir les dates

Le problème n’est pas le capitalisme, mais l’empire de la technique Joël Decarsin Reporterre 2013/09/30 Joël Decarsin (30 septembre 2013) Le problème n’est pas le capitalisme, mais l’empire de la technique. Reporterre. Tribune — fr

Le problème n’est pas le capitalisme, mais l’empire de la technique

« On a certes raison de condamner la soif de profit mais on a tort de ne pas y voir une déclinaison de ’la recherche de l’efficacité maximale en toutes choses’. On a raison de dénoncer la domination, mais on a tort de ne pas y voir la résultante d’une aliénation généralisée. On a raison de pointer la turpitude et le cynisme du magnat et du trader, mais on s’illusionne quand on croit que l’État peut réguler le marché. »

Il y a soixante ans, dans son livre La Technique où l’enjeu du siècle, Ellul écrivait ces lignes : « Il est vain de déblatérer contre le capitalisme, ce n’est pas lui qui crée ce monde mais la machine ». Quelques années plus tard, il précisait : « le capitalisme est une réalité déjà historiquement dépassée. Il peut bien durer un siècle encore, cela n’a pas d’intérêt historique : ce qui caractérise aujourd’hui notre société, ce n’est plus ni le capital ni le capitalisme mais le phénomène de la croissance technicienne ».

Aujourd’hui, avec le phénomène de l’algotrading (lui-même résultant des « progrès » de l’intelligence artificielle), les ordinateurs prennent l’initiative d’effectuer des milliers d’opérations boursières en quelques microsecondes. Ils le font à la place des humains, car ces derniers estiment qu’ils sont moins efficaces qu’eux.

Ainsi se vérifient deux prédicats d’Ellul : 1) la technique est devenue un phénomène autonome : son développement échappe à l’homme (quand bien même celui-ci s’évertue à proclamer qu’il le contrôle) car il est vécu comme une nécessité impérieuse ; 2°) il en est ainsi parce que la technique correspond au fait que « la préoccupation majeure de l’époque est la recherche de l’efficacité maximale en toutes choses ».

Alors que, de façon patente, les faits valident aujourd’hui cette analyse vieille de plus d’un demi-siècle, la majorité des intellectuels et des militants ne veut pas la prendre en considératon. Ils affirment que la politique est gouvernée par l’économie et l’économie par la finance, mais ils ne font que le déplorer. Aux médias, ils répètent combien ils sont « atterrés » et « indignés » et ils en appellent aux « alternatives » comme autrefois, on attendait Godot. Leur impuissance à contrer le système vient du fait qu’ils ne poussent pas le constat jusqu’au bout : la finance est gouvernée par la technique.

Cette réticence à pousser le raisonnement à son terme les obligerait en effet à admette que les maux de la planète ne peuvent s’évaluer sur le mode manichéen : une poignée d’odieux oligarques traçant à eux seuls le destin de toute la planète contre une majorité innocente.

Certes, la domination est un phénomène bien réel. Mais elle ne vient pas seulement du fait que le libéralisme n’est que la liberté du renard libre dans un poulailler libre, propagandé de manière à ce qu’il accepte sa domination. Ceci est vrai mais absolument pas nouveau, Marx l’a autrefois analysé dans le détail.

Ce qui l’est, c’est la nature même de la propagande : c’est parce que « l’homme moderne » (le dominant comme le dominé) est intimement convaincu qu’il peut être heureux grâce aux bagnoles, aux écrans plats et aux smartphones qu’aujourd’hui Apple, Samsung, IBM, Google et Facebook façonnent le marché et le maintiennent en vie malgré les crises et scandales qui font sa vitrine. Sans ces sociétés, le capitalisme ne serait rien ou presque rien.

On a certes raison de condamner la soif de profit mais on a tort de ne pas y voir une déclinaison de « la recherche de l’efficacité maximale en toutes choses ». On a raison de dénoncer la domination, mais on a tort de ne pas y voir la résultante d’une aliénation généralisée. On a raison de pointer la turpitude et le cynisme du magnat et du trader mais on s’illusionne quand on croit que l’État peut réguler le marché.

Un totalitarisme feutré et indolore

La technique s’est emparée de toutes les consciences depuis qu’elle est devenue, au siècle dernier, un phénomène autonome : elle s’auto-accroît parce qu’on se prend toujours à s’imaginer qu’elle est neutre, ni bonne ni mauvaise, que seul dépend l’usage que l’on en fait. Cet aveuglement, cette naïveté extrême, cette anesthésie de l’esprit critique, cette paresse intellectuelle - peu importe comme on l’appelle... - élève la technique au rang de totalitarisme. Un totalitarisme feutré, indolore, qui prend même les formes d’un certain hédonisme, mais qui est bien tel et qui a pour nom « conformisme ».

On n’arrête pas le progrès pour la raison que l’on est devenu incapable de le penser, à force de le sacraliser. La quête frénétique du confort moderne se paie au prix fort du refoulement du bon sens. Mais chassez le naturel et il revient au galop : à Fukushima comme à Tchernobyl.

Il existe pourtant quelques petits villages d’irréductibles résistant à l’envahisseur technicien. Les membres de l’association Technologos, qui ont tenu tout récemment leurs premières assises, mènent une oeuvre de démystification. Il est possible de les rejoindre dès lors que l’on n’est pas sujet aux lieux communs et que l’on a définitivement fait le deuil de ses illusions. Il faut fuir Babylone et reconstruire une cité nouvelle.

Les centres commerciaux Leclerc s’insinuent dans les écoles pour y faire de la publicité Stop pub à l’école Reporterre 2013/09/30 Stop pub à l’école (30 septembre 2013) Les centres commerciaux Leclerc s’insinuent dans les écoles pour y faire de la publicité. Reporterre. fr

Les centres commerciaux Leclerc s’insinuent dans les écoles pour y faire de la publicité

À l’occasion de la Journée nationale « Stop pub à l’école », le vendredi 27 septembre 2013, le prix de l’intrusion publicitaire la plus dégoûtante au sein des écoles françaises a été décerné aux supermarchés « E. Leclerc » au titre de leur opération « Nettoyons la nature ».

Pour cette première journée de sensibilisation et d’action, l’association « Mais qu’est-ce que tu fabriques ? » encourage à identifier, comprendre et dénoncer, les intrusions publicitaires qui se multiplient dans les écoles.

Le prix de « l’intrusion publicitaire la plus dégoûtante » sera décerné chaque année pour pointer du doigt les acteurs économiques qui visent l’école et les enfants. Ce coup de projecteur doit permettre de mieux dénoncer ces pratiques, souvent pernicieuses, souvent cachées par des discours « de prévention » ou des opérations « pseudo-pédagogiques ».

L’opération « Nettoyons la nature », organisée depuis plusieurs années par les supermarchés « E. Leclerc », est un exemple d’action commerciale dirigée tout particulièrement vers l’école. Sous couvert d’opération « verte » (contestée par certaines associations écologistes) le dispositif vise à la diffusion d’une image de marque flatteuse auprès des enfants : des produits alimentaires à marque de distributeur sont distribués aux participants en guise de « goûter », des T-shirts publicitaires sont offerts aux enfants, et les enseignants sont encouragés à faire venir la presse locale pour prendre les élèves en photo devant des banderoles au logo bien visible...

L’appel de la Journée nationale « Stop pub à l’école »

Un peu plus chaque jour, sous des formes diverses, la publicité commerciale s’insinue dans les écoles... Pourtant, les enfants sont un public fragile et influençable qu’il faut protéger. Pourtant, l’école cherche à former de futurs citoyens et non de futurs consommateurs.

Acceptons-nous que l’école devienne une nouvelle cible pour les publicitaires, alors que la société de consommation a déjà beaucoup d’autres moyens de s’étendre ? Voulons-nous que, par conséquent, l’enseignement soit progressivement teinté d’intérêts commerciaux ? De l’autre côté de l’Atlantique, des enfants apprennent déjà à lire en regardant des publicités sur écran...

Réagissons à cette intrusion ! L’alerte est lancée par cette 1re journée nationale, le 27 septembre 2013.

Enseignants, parents, associations... faisons entendre le message « Stop pub à l’école » !

Gaz de schiste : la liste des grandes entreprises françaises qui sont déjà dans le business Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/09/30 Sylvain Lapoix (Reporterre) (30 septembre 2013) Gaz de schiste : la liste des grandes entreprises françaises qui sont déjà dans le business. Reporterre. fr

Gaz de schiste : la liste des grandes entreprises françaises qui sont déjà dans le business

Si le lobby en faveur de l’exploitation du gaz de schiste est si fort en France, c’est que plusieurs grandes entreprises sont engagées dans cette activité aux Etats-Unis : de Vallourec à Vinci en passant par Veolia, Lafarge et Suez, elles sont nombreuses à en tirer déjà profit.

Une leçon du vieil Ouest est revenue à la mode avec le boom des gaz de schiste aux Etats-Unis : « Durant la ruée vers l’or, les seuls à être sûr de faire fortune étaient les vendeurs de pioche. » Passé de l’artisanat du tamisage des rivières à l’ère industrielle, les chercheurs d’or gris ont désormais besoin de la fracturation hydraulique et du forage horizontal pour faire cracher les schistes profonds. Mais si les méthodes ont changé, il y a toujours des quincaillers pour profiter de la manne, dont plusieurs d’entreprises françaises du Cac 40 spécialisées dans des segments clefs de ces techniques : tubage, béton, chimie, services pétroliers et eau. Au delà d’une vision « industrielle » par laquelle ils encouragent une exploitation tous azimuts des ressources énergétiques, les majors françaises défendent avec les gaz de schiste des relais de croissance pour leurs propres activités. Des retombées bien plus certaines qu’une baisse des prix de l’énergie pour les ménages.

Vallourec et Lafarge déjà leader aux Etats-Unis

D’un point de vue industriel, la fracturation hydraulique et les forages horizontaux sont des techniques intensives en matériel comme en compétence. La phase de forage mobilise trois ingrédients principaux : un « rig » (la plateforme de forage), du tubage (canalisations insérées dans le puits sur toute sa longueur), et du béton (sous forme de « manteau » coulé le long du tubage pour assurer son étanchéité et la résistance à la pression).

Sous la marque VAM USA, la société Vallourec s’est imposée comme un des leaders des tubages traités et des joints filetés qui garnissent chaque puits de gaz de schiste sur un minimum de cinq kilomètres [1]. Fin 2012, l’entreprise a inauguré une usine spécialisée à Youngstown (Ohio) d’un coût de 1,05 milliards de dollars. Une adaptation judicieuse pour l’entreprise dont le directeur des affaires industrielles espère doubler le business « dans les deux ans qui viennent ». Philippe Crouzet, le patron de l’entreprise Vallourec, est l’époux Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République. Il avait pesé publiquement, en juin dernier, pour le limogeage de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, jugée trop opposée aux gaz de schiste.

Pour le coffrage, la société Lafarge qui est sur les rangs : sponsors du congrès « Global WellCem » regroupant les experts du bétonnage de puits, le cimentier français dispose d’une unité de production de ciment technique à Allentown, en Pennsylvanie, livrant les forages du gisement de gaz de schiste de Marcellus.

On ne saurait bien sûr oublier Total, directement engagée dans l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, notamment à ses parts dans la société Chesapeake.

Quant aux sociétés de services pétroliers, les maîtres d’ouvrages sont le plus souvent des multinationales (Schlumberger, Baker Hughes et Halliburton) sous-traitant l’exécution à des maîtres d’ouvrages locaux. Pour le forage pétrolier de Jouarre, c’est une foreuse de la société Cofor (filiale de Vinci) qui est utilisée par Schlumberger, chargée du chantier par la société Hess, producteur titulaire du permis. La société de certification Bureau Veritas bénéficie aussi de l’appel d’air en matière d’expertise.

Relais de croissance pour Suez et Veolia

La fracturation hydraulique, par laquelle les gaz ou huiles présents en microbulles dans la couche de schiste sont « libérés », mobilise quant à elle des grandes quantités de matériau : dix à vingt millions de litres d’eau, cinq cents tonnes de proppant (granulé chargé de « bloquer » les fissures, le plus souvent du sable) et cinquante tonnes de produits chimiques.

Camion de transport de solution liquide pour la fracturation.

Sur ce dernier volet, la société SNF capte un tiers du marché américain des polymères solubles, utilisés pour rendre l’eau plus visqueuse et à même d’amener le proppant dans les fissures. Ce segment (en hausse de 20% par an) constitue désormais 100 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la société.

Du côté des grandes entreprises, les sociétés Arkema (issue de la branche chimie de Total) et Saint-Gobain proposent toute une gamme de produits, notamment des alternatives au sable (dont le prix explose) sous forme de billes de céramique. A l’occasion de sa journée des investisseurs du 18 septembre 2012, Arkema présentait comme facteurs clefs de croissance de son activité le secteur pétrolier et gazier via le « enhanced recovery of oil ». Un terme décrivant dans le domaine les nouvelles techniques d’extraction intensive, à commencer par le fracking.

Suez et Veolia, enfin, placent de grands espoirs dans les déchets de ce procédé : pour chaque puits 60 à 80% de l’eau utilisée pour fracturer la couche de schiste remonte à la surface, soit des millions de litres d’eau usée. Si la réglementation américaine autorise l’enfouissement dans des « puits poubelles », les normes environnementales européennes, plus strictes, ouvrent un boulevard pour le retraitement massif de ces déchets chargés de polymères, acides et autres dérivés de pétrole.

Veolia mène ainsi une expérience conjointe avec la société Chevron en Californie visant à une gestion plus efficace de l’eau dans la fracturation hydraulique et a remporté en avril dernier un contrat pour le traitement des eaux usées issues de l’exploitation des gaz de houille du bassin de Surat, en Australie, d’un montant de 650 millions d’euros. L’occasion pour son PDG Antoine Frérot de s’enthousiasmer dans le rapport annuel du groupe : « L’extraction des gaz de schiste constitue pour nous un autre secteur d’avenir. Veolia se range parmi les très rares entreprises au monde maîtrisant la chaîne des techniques nécessaires pour exploiter proprement ces gaz, sans pollution hydrique et en recyclant la totalité des volumes d’eau utilisés ».

Mardi à la télévision : La croissance à tout prix ? Reporterre 2013/09/30 (30 septembre 2013) Mardi à la télévision : La croissance à tout prix ?. Reporterre. fr

Mardi à la télévision : La croissance à tout prix ?

Mardi 1er octobre sur Arte : La croissance à tout prix ?

- Présentation par Vincent Grimault, d’Alternatives économiques.

Permettre à chacun de comprendre les rouages de l’économie : voilà le défi qu’Alternatives Economiques, Arte France et les Films d’Ici 2 se sont lancés. Avec pour résultat une collection de documentaires intitulée « Déchiffrage », et un premier numéro consacré à la croissance (diffusé le 1er octobre à 22h35 sur Arte).

La croissance est sur toutes les lèvres. A gauche comme à droite, des syndicats aux patrons, personne ou presque ne s’oppose à l’idée que la croissance est le remède dont les économies ont besoin pour sortir de la crise.

Mais au fond, qu’est-ce que la croissance ? Quelles sont ses vertus ? Ses méfaits ? Pourquoi et comment cette notion a-t-elle réussi à devenir hégémonique dans le débat public ? Autant de questions auxquelles « Déchiffrage » tente de répondre avec une ambition : conjuguer pédagogie et expertise pour permettre au plus grand nombre de saisir les enjeux autour de la croissance.

Après quelques éléments de cadrage, le documentaire propose une rapide leçon d’histoire économique afin de montrer que la croissance est une notion récente dans la pensée économique comme dans l’expérience des sociétés. Il suggère même qu’il pourrait s’agir d’une parenthèse historique sur le point de se refermer, avant d’explorer les liens complexes entre croissance économique et développement des marchés financiers.

Deux reportages au Portugal et en Allemagne questionnent ensuite l’impact des politiques économiques européennes sur l’activité économique et la cohésion sociale au sein de la zone euro depuis le début de la crise.

Un reportage en Inde permet quant à lui de mesurer les effets de l’éducation sur la croissance. A Bangalore, symbole de la modernité technologique du pays, les conditions d’éducation très inégales entre les différentes classes sociales menacent la poursuite de la croissance économique, en même temps que la stabilité sociale.

Enfin, la dernière partie de l’émission questionne les notions de décroissance ou d’a-croissance. Elle montre que le système économique productiviste est écologiquement intenable et qu’il va falloir mettre sur pied un nouveau modèle de développement qui tienne compte des contraintes environnementales et des aspirations sociales.

Dense, rythmée, agrémentée de nombreuses infographies animées, l’émission s’appuie sur l’expertise de nombreux chercheurs de premier plan : Daniel Cohen, Dominique Méda, Jean Gadrey, Eloi Laurent, Dennis Meadows, Joseph Stiglitz, Gösta Esping Andersen, Jean Pisani Ferry, Xavier Timbeau, etc.

En accompagnement du film, Arte, Alternatives Economiques et Les Films d’Ici 2 proposent un concept innovant dit « second écran ». Il s’agit d’un site web synchronisé avec le documentaire et qui lui ajoute des compléments d’information : data visualisations, infographies, porfolios ou encore définitions sont proposés à l’utilisateur depuis son ordinateur, sa tablette ou son smartphone (www.arte.tv/dechiffrage).

- Déchiffrage, la croissance à tout prix ? De Jacques Goldstein et Anne Kunvari, le 1er octobre sur Arte à 22h35 (disponible gratuitement en replay pendant sept jours sur Arte+7 )

Se rendre à l’école à pied ou à vélo améliore la concentration Alain Wagener Reporterre 2013/09/30 Alain Wagener (30 septembre 2013) Se rendre à l’école à pied ou à vélo améliore la concentration. Reporterre. fr

Se rendre à l’école à pied ou à vélo améliore la concentration

Les enfants qui marchent ou utilisent leur vélo pour se rendre à l’école montrent une plus grande capacité de concentration. C’est ce qui ressort d’une étude à grande échelle dans les écoles danoises. Si vous avez l’habitude de déposer vos enfants en voiture à l’école, vous ne leur rendez donc pas service !

Le projet danois “Mass Experiment 2012” a examiné le lien entre qualité de l’alimentation, exercices et capacités de concentration. Près de 25 000 élèves âgés de 5 à 19 ans ont participé à l’étude, en répondant à des questions sur leurs habitudes en termes d’exercices physiques et en passant un simple test de concentration. Il consistait à réaliser un puzzle en forme de visage. Les résultats des enfants « transportés » en voiture, bus ou train se sont avérés moins bons que ceux des enfants qui effectuent eux-mêmes (à pied ou à vélo) le trajet domicile-école. L’effet bénéfique de cet exercice de début de journée perdure toute la matinée.

“C’est très intéressant de constater que l’exercice physique effectué pour se rendre par ses propres moyens à l’école agit positivement sur la capacité de concentration durant environ quatre heures », précise Niels Egelund, professeur à l’Université de Aarhus et responsable de la recherche. “La plupart des gens ont conscience que l’on se sent mieux après un effort physique. Ce qui surprend ici, c’est que l’effet dure si longtemps ».

Autre illustration des résultats : un élève de troisième cycle qui vient à vélo à l’école présente des capacités de concentration égales à celles d’un élève qui serait six mois plus loin dans ses études.

D’autres études ont aussi démontré que les enfants que l’on conduit en voiture à l’école ont une moins bonne appréhension de la géographie de leur lieu de vie et une connaissance moins fine de leur environnement.

Le professeur Egelund pense qu’il y a une connexion profonde entre la manière dont nous bougeons notre corps et celle dont notre esprit travaille. On apprend aussi par nos mouvements et cela nous aide ensuite pour travailler au niveau cognitif.

(...)

Tant qu’à faire, veiller aussi au menu

C’était l’autre aspect de l’étude gérée pour l’édition 2012 par des chercheurs des universités de Copenhague et d’Aarhus. Au-delà de l’impact de l’exercice physique sur les capacités de concentration, elle entendait encore déterminer de quelle manière un petit déjeuner, des en-cas et le repas de midi pouvaient influencer ces dernières.

Sur ce plan, pas vraiment de surprise : des repas sains et réguliers pendant la journée scolaire ont un effet positif sur les capacités de concentration, un constat important alors que les adolescents ont tendance à négliger les fondamentaux d’une bonne alimentation. A noter que cet effet d’un bon rythme de nutrition est moins marqué que celui de la marche ou de la pratique du vélo.

Chaque année, la « Mass Experiment” avec les écoliers danois se penche sur un thème particulier. En 2007, l’attention s’est portée sur l’eau en milieu scolaire, démontrant qu’un nombre important de bactéries se développaient dans les bouteilles d’eau. L’année suivante, place à l’étude des préférences en matière de goût. Elle a démontré que les garçons au Danemark préfèrent le sucré et que ce sens est plus développé chez les filles. En 2009, la “Mass Experiment » soulignait que plus de 50 % des classes danoises présentaient un taux de C02 supérieur aux normes recommandées. L’analyse acoustique a occupé les chercheurs et les écoliers l’année suivante. Bilan : sur ce point, les classes danoises étaient adaptées pour l’enseignement ex-cathedra, elles le sont beaucoup moins aujourd’hui qu’est privilégié le travail en groupe. En 2011, l’expérience s’est centrée sur la couleur de la peau des élèves et sur les effets des écrans solaires.

Les résultats de ces Mass Experiments annuels ne sont peut-être pas scientifiquement 100 % « garantis », compte tenu que les données récoltées le sont parfois auprès d’enfant très jeunes. Cependant, le très grand nombre de participants (plus de 20 000 enfants) permet de souligner des tendances fortes et avérées.

Donc demain, on se lève plus tôt et on fait le chemin à pied ou à vélo avec les mômes pour leur montrer un itinéraire sécurisé qu’ils emprunteront ensuite les autres jours. …et s’il faut les accompagner chaque jour parce qu’ils sont encore petits…et bien ça permettra à maman ou à papa d’être lui aussi plus performant au travail. L’effet bénéfique du pédalage ou de la marche dure quatre heures, on le rappelle !

Qu’est-ce qu’un lombricomposteur ? Hélène Beaumont Reporterre 2013/09/30 Hélène Beaumont (30 septembre 2013) Qu’est-ce qu’un lombricomposteur ?. Reporterre. fr

Qu’est-ce qu’un lombricomposteur ?

Qu’est-ce qu’un lombricomposteur et comment ça marche ?

Hélène Beaumont - Le lombricomposteur est un appareil qu’on peut garder à l’intérieur de la maison, dans lequel les vers de terre vivent et transforment nos déchets organiques en une ressource qui fait un compost solide et un compost liquide, qu’on peut utiliser pour nos plantes d’intérieur, nos boites à fleurs, notre potager.

L’Eco-Worms, qu’on distribue, c’est un appareil qui roule, donc on peut facilement le déplacer à l’intérieur. Vous faites de vos déchets, une excellente ressource.

Et ça peut se mettre dans un appartement, y’a pas besoin d’avoir une maison avec un grand jardin ?

Non, ce modèle là, l’Eco-Worms, est vraiment fait pour l’intérieur, pour les gens qui sont en appartement. On peut aussi mettre sur le dessus une partie jardinière, où on peut mettre nos fines herbes, pour les avoir à portée de la main.

Un cargo franchit pour la première fois le passage du Nord-Ouest, en Arctique Radio Canada Reporterre 2013/09/30 Radio Canada (30 septembre 2013) Un cargo franchit pour la première fois le passage du Nord-Ouest, en Arctique. Reporterre. fr

Un cargo franchit pour la première fois le passage du Nord-Ouest, en Arctique

C’est la première fois qu’un cargo non équipé en brise-glaces franchit le passage du Nord-Ouest. Le Nordic Orion se dirige en ce moment vers la Finlande à travers les détroits du Canada arctique.

Un cargo géant franchit pour la première fois la semaine passée le passage du Nord-Ouest, dans l’océan Arctique canadien, une route maritime ouverte par le réchauffement climatique qui pourrait réduire le temps et les coûts de transport.

Le Nordic Orion, long de 225 m et jaugeant 75 000 tonnes, a appareillé au début du mois de septembre du port canadien de Vancouver, sur l’océan Pacifique, et est attendu le 7 octobre dans le port finlandais de Pori avec sa cargaison de charbon à coke de la société minière canadienne Teck Resources.

La route suivie par le Nordic Orion

Cette route maritime expérimentale devrait lui permettre de raccourcir d’environ une semaine son trajet, et d’économiser près de 80 000 $ de mazout, selon son armateur danois, Nordic Bulk Carriers.

« Le passage du Nord-Ouest permet de gagner plus de 1 000 milles nautiques par rapport à l’itinéraire traditionnel, via le canal de Panama, d’économiser du temps et du mazout, de réduire les émissions de dioxyde de carbone et, plus important encore, d’augmenter de 25 % la cargaison », dit-il.

Le Nordic Orion a chargé 15 000 tonnes de charbon de plus que s’il avait dû emprunter le canal de Panama.

Ce nouvel itinéraire, qui relie les océans Pacifique et Atlantique en passant entre les îles du Grand Nord canadien, comporte cependant des risques, dont celui de rencontrer des icebergs.

Le passage du Nord-Ouest, découvert par le Norvégien Roald Amundsen entre 1903 et 1906, n’avait été emprunté jusqu’alors que par des brise-glace et des cargos de petit tonnage.

« La navigation par le passage du Nord-Ouest est une stratégie à haut risque, mais à gros gain potentiel », souligne Knut Espen Solberg, spécialiste de la mer Arctique de la société norvégienne de services maritimes DNV.

Construit en 2011 dans un chantier naval japonais, le Nordic Orion est doté d’une coque renforcée pour résister aux icebergs et aux blocs de glace.

En novembre dernier, un méthanier de la société gazière russe Gazprom avait franchi pour la première fois le passage arctique du Nord-Est pour relier la Norvège au Japon.

Selon les analystes, il faudra attendre encore dix ans avant de voir le commerce maritime se développer dans ces eaux, mais certains experts pensent qu’un quart du trafic entre l’Europe et l’Asie passera par la mer Arctique d’ici à 2030.

L’écologie politique sans Europe Ecologie Les Verts, une utopie concrète ? Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/10/01 Barnabé Binctin (Reporterre) (1er octobre 2013 à 09h14,) L’écologie politique sans Europe Ecologie Les Verts, une utopie concrète ?. Reporterre. fr

L’écologie politique sans Europe Ecologie Les Verts, une utopie concrète ?

Méchants partis contre purs citoyens ? Pas si simple : un fort débat lors du deuxième Festival des Utopies Concrètes a relancé le débat toujours vif sur le rapport au politique des mouvements de terrain.

Jardins partagés et reconquête des espaces publics, récupération et troc, transition énergétique, monnaie locale, permaculture, etc... Pour sa deuxième édition, le Festival des utopies concrètes aura de nouveau porté la lumière sur cette ribambelle d’alternatives qui donnent à penser autrement la vie quotidienne. C’est l’ambition du Festival, « encourager la construction de modes de vie résilients [grâce aux] partages et retours d’expériences à partir d’initiatives locales sur des thématiques aussi vastes que l’agriculture urbaine, l’alimentation, le recyclage, les transports, les systèmes d’échanges locaux… ».

Il se présente comme un lieu d’expression et d’échanges pour les « transitionneurs », ces porteurs d’alternatives au système, inspirés du mouvement de Rob Hopkins né en Grande-Bretagne au milieu des années 2000. Historiquement, cet activisme s’est construit hors du champ de la politique traditionnelle, loin des élections et des partis politiques. Cette posture, délibérément orientée sur l’action locale et concrète, a construit le succès de ce mouvement dont témoignent la mobilisation militante et l’essor de ces idées parmi la société civile. Toutefois, certains considèrent aujourd’hui que l’ampleur de ce succès oblige la Transition à reconsidérer son rapport global au politique. Dans leur essai paru en France en mai 2013 intitulé Un écologisme apolitique ? Débat autour de la Transition, Paul Chatterton et Alice Cutler appellent ce mouvement à « mieux identifier ses ’ennemis’ politiques et ainsi renouer avec une approche de confrontation qui caractérise d’ordinaire les mouvements sociaux ».

Cette interpellation était l’enjeu de la conférence du Festival, « Transition et Politique », qui s’est tenue mercredi 25 septembre à Paris. Les quatre invités s’interrogeaient sur la pertinence d’une expérience politique pour le(s) mouvement(s) de la transition. Au départ, une problématique : la transition peut-elle trouver des alliances ? Une question qui a permis de réfléchir, en fait, à la légitimité de l’action politique.

Les « transitionneurs » existent-ils ?

A l’heure où le terme de « transition » est de plus en plus utilisé dans l’espace public – et d’aucuns diraient récupéré, voir le Débat national sur la transition énergétique – il manque une définition claire des caractéristiques d’un mouvement de transition. Dans les milieux écolo-associatifs, le terme s’est pourtant répandu depuis 2006 et le lancement du mouvement des « villes en transition » porté par Rob Hopkins dans sa ville de Totnes. L’idée est simple, à l’origine : sensibiliser des communautés locales au double défi que représentent le pic pétrolier et le réchauffement climatique et les mettre en action afin qu’elles développent par elle-même leur capacité à survivre aux crises qui peuvent les frapper.

Le concept a fait tache d’huile, et s’est propagé en Europe. De plus en plus d’initiatives, dans des domaines variés, utilisent ce qualificatif de transition pour se définir. Mais le mouvement ne se structure pas officiellement autour d’une association, il n’a pas d’existence juridique. « Il n’y a pas de statuts, explique Antoine Lagneau. La transition, c’est un réseau informel, qui donne un label aux initiatives qui souhaitent s’en revendiquer ». Pour lui, membre actif de l’organisation du Festival des utopies concrètes et initiateur de "Quartier en transition » dans le 18e arrondissement à Paris, l’essentiel ne se situe pas dans l’étiquette : « Je ne me présente pas comme "transitionneur" car je trouve cela réducteur. La transition n’est pas un mouvement auquel on appartient, c’est une démarche. Une démarche qui redéfinit l’engagement et permet de donner un sens à l’action locale, à un moment où le discours écologiste a moins prise sur la société ».

La transition joue sur une dynamique d’ouverture – on parle d’ « inclusivité » : tout le monde peut faire la transition, sans discrimination. Mais ce flou tolérant crée la confusion. En mai 2013, un festival de la Transition se tenait à Cluny, célébrant la naissance d’un « collectif pour une transition citoyenne ». Bien que proche du mouvement originel des Villes en Transition, il ne se réclame pas du même héritage et vise d’autres objectifs. Il élargit ainsi la base du mouvement, récupérant le terme à des fins plus globales. Les Colibris sont-ils alors un mouvement de la transition ? Quid de la Nef, d’Attac ?

La tendance est à la vulgarisation du mouvement de transition, quitte à ce qu’il en devienne un fourre-tout, au sein duquel se retrouve de petits projets citoyens comme des structures associatives plus conséquentes. C’est une première limite à l’enjeu politique du mouvement de la transition : à ne pas savoir exactement qui sont les siens, elle ne peut exister vraiment aux yeux des autres.

Peut-on faire de la politique sans perdre son âme ?

La question de la participation des mouvements sociaux au jeu politique n’est pas nouvelle. Pierre Thomé, historien du PSU (Parti Socialiste Unifié), rappelle l’effervescence militante qui accompagnait, dans les années 1970, le projet du socialisme autogestionnaire. Celui-ci accompagnait les grandes luttes de l’époque, entre les Lip à Besançon et les paysans du Larzac. En 1974, Michel Rocard fit le choix d’une stratégie d’entrisme au Parti Socialiste, pour y faire avancer la théorie de l’autogestion. La suite est connue : l’exercice du pouvoir auprès de Mitterrand apportera quelques gains politiques, mais désillusionnera la base militante, transformant le PSU et l’autogestion en astres morts, le PS s’abandonnant quant à lui au néo-libéralisme.

Un autre détour par l’histoire mène vers l’écologiste anarchiste Murray Bookchin. Il est présenté par Vincent Gerber, qui a publié sa biographie, comme un pionnier sur les questions de la décentralisation, des énergies renouvelables, de la réappropriation des outils de décision. Il porte le projet du « municipalisme libertaire », basé sur une fédération de communes avec des décisions populaires. Très proche des mouvements anarchistes pendant une grande partie de sa vie, Murray Bookchin prendra ses distances avec eux en raison d’un désaccord sur la participation aux élections locales. Selon lui, l’élection restait la plateforme nécessaire pour porter ses idées à plus grande échelle.

Ainsi c’est une ritournelle bien connue que découvre le mouvement de la transition, entre utopie et acceptation du jeu institutionnel : jusqu’où, en-dehors du cadre politique, peut-on porter efficacement son message ? La lutte électorale est-elle le passage obligé pour gagner la lutte sur le terrain ? Doit-on faire le pari d’un appareil politique au risque du dévoiement de l’objet originel ? C’est toute la question du compromis qui se pose pour les transitionneurs.

La vérité dans le local ?

Murray Bookchin considérait justement la municipalité comme la bonne échelle d’action politique pour changer les choses. Comme il est le niveau le plus bas dans l’organisation de la société, il impose le moins de compromission. Cette recherche de la conciliation entre l’efficacité politique et le maintien des valeurs correspond au parti adopté par nombre de décroissants, aujourd’hui, en France. Vincent Liégey, porte-parole du Parti Pour la Décroissance, explique mener un « jeu d’équilibriste, en tentant de changer la société sans pour autant chercher à prendre le pouvoir. Pour cela, il faut participer aux élections, mais pas de manière électoraliste... ». Virginie Le Torrec, élue Europe Ecologie – Les Verts (EELV) à Saint-Denis (93), assure quant à elle : « L’exercice de mandats locaux permet de ne pas s’enfermer dans un entre-soi qui ne dit pas son nom. Faire de la politique dans sa ville, c’est aussi comprendre comment se structure le corps social français aujourd’hui en 2013 ».

Hasard ou coïncidence, cette conférence concluait une journée marquée politiquement par le départ de Noël Mamère d’EELV, parti qu’il dit être devenu un « syndicat d’élus », déconnecté du réel. Le débat aura eu le mérite de montrer l’impossibilité d’en rester à un clivage manichéen : méchants partis politiques contre gentille société civile.

L’écologie sociale, en partie incarnée par le mouvement de la transition, cherche sa place dans un ajustement des deux. Il faut être dedans et dehors en même temps, selon Vincent Liégey : « On a besoin des élus EELV, même si on aime bien les critiquer. Et on a besoin aussi des militants libertaires qui sont quotidiennement sur le terrain, sur la ZAD à Notre Dame des Landes comme ailleurs. ». Dans la salle, parmi la petite centaine de militants curieux, l’une recommandera de « poser des graines un peu partout ». Il reste à savoir comment les faire ensuite fleurir.

Selon la Confédération paysanne, les loups conduisent le pastoralisme vers la disparition Confédération paysanne Reporterre 2013/10/01 Confédération paysanne (1er octobre 2013 à 18h20,) Selon la Confédération paysanne, les loups conduisent le pastoralisme vers la disparition. Reporterre. fr

Selon la Confédération paysanne, les loups conduisent le pastoralisme vers la disparition

Les attaques de loups nombreuses et récurrentes découragent éleveurs et bergers, et mettent à mal une profession sans ressource face à cette situation, si ce n’est d’enfermer les troupeaux en bergerie.

Septembre, le temps de la descente d’estives pour les troupeaux. Le temps de faire les comptes des manquantes aussi. Au 3 septembre 2013, 756 attaques de loup ont été comptabilisées pour un total de 2541 moutons et chèvres tués, auxquels s’ajoutent ceux qui n’ont pas été retrouvés. Derrière les chiffres, c’est autant de fois où bergers et éleveurs découvrent des bêtes déchiquetées, qu’ils doivent parfois achever.

Il y a eu moins d’attaques cet été qu’en 2012. Mais ce n’est pas parce qu’il y a moins de loups, c’est parce que les éleveurs et les bergers ont reculé. L’impuissance, la colère, le découragement, ont eu raison de bon nombre d’entre eux. Certains ont arrêté l’activité ou abandonnent les secteurs invivables. La bergerie devient le seul moyen de faire face à la prédation. Et la tendance devrait s’accentuer en 2014 si l’Etat ne prend pas enfin ses responsabilités en admettant que la cohabitation est impossible.

Le Plan loup est un nouvel échec. Et chaque échec laisse le temps à la population de loups d’augmenter et de s’installer sur une plus grande part du territoire. La Confédération paysanne avait prévenu que les 24 prélèvements autorisés garantiraient la progression de la population de loups, et il n’y en a eu que quatre ! Les deux derniers, tués ce week-end par des chasseurs ne sont qu’un affichage inutile. De vrais prélèvements, menés par l’Etat, doivent avoir lieu en ciblant les régions de pastoralisme avec un véritable objectif de régulation.

Il faut agir maintenant pour laisser une chance aux élevages ovins et caprins de continuer d’exister. En laissant la situation empirer, il semble qu’on nous pousse doucement à laisser les bêtes enfermées, à préférer l’élevage hors-sol, à changer de métier… Est-ce cela que nous voulons, industrialiser l’agriculture sous prétexte de sauvegarde d’espèce protégée ? Au rythme actuel, il devrait y avoir 700 loups en 2018, contre 300 aujourd’hui. Côté éleveurs, la tendance est inversée. Quelle est la population en danger de disparition ?

Comment cuisine-t-on quand on est végétalien ? David Coté Reporterre 2013/10/01 David Coté (1er octobre 2013 à 10h23,) Comment cuisine-t-on quand on est végétalien ?. Reporterre. fr

Comment cuisine-t-on quand on est végétalien ?

David Coté, comment cuisine-t-on quand on est végétalien ?

En fait, quand on est végétalien à la base on cuisine par coeur, on cuisine par conviction, on cuisine par point de vue de santé. C’est une cuisine qui ne vient pas de nos habitudes ancestrales, qui ne vient pas de nos tabous…

Souvent les gens cuisinent par habitude, nos parents nous faisaient à manger d’une certaine façon et nous on fait de la même façon…

Mais comment on cuisine concrètement ?

La façon dont on cuisine nous, c’est qu’on va faire fermenter les choses, on va faire germer les choses, on va faire déshydrater les choses… Il n’y a pas de cuisson non plus dans notre cuisine. C’est vraiment une autre façon de faire à manger, on va augmenter le potentiel nutritif des aliments en les faisant fermenter ou germer. C’est-à-dire qu’on va prendre une graine, et au lieu de la manger crue ou cuite, on va la faire germer dans de l’eau, et ça va simplifier les protéines, ça va augmenter les acides aminés, ça va augmenter les vitamines, ça va simplifier la digestion… Tout ça dans le point de vue de manger pour dépenser le moins d’énergie possible et recevoir le plus possible en fait. C’est un peu gérer son corps comme une entreprise durable.

La permaculture se présente aux urbains Christine Laurent (Reporterre) Reporterre 2013/10/01 Christine Laurent (Reporterre) (1er octobre 2013 à 07h00,) La permaculture se présente aux urbains. Reporterre. fr

La permaculture se présente aux urbains

Mais c’est quoi, la permaculture ? On pouvait s’en faire une idée dimanche 29 septembre, à la ferme des Bordes, dans le Val-de-Marne. Un des hauts lieux du renouveau de l’agriculture urbaine.

- Reportage, Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne)

David Muguet, artiste parisien, montre à une fillette comment réaliser des couleurs avec des pétales de fleurs. La gamine pile des fleurs mauves tandis qu’une autre verse un peu de vinaigre dans du jus de chou rouge. Ces mélanges aquarellés sont pleins de poésie et les enfants sont ravis. Un peu plus loin, un groupe s’initie au shiatsu. Un chemin qui part sur la droite traverse des espaces jardinés jusqu’à un poulailler. Sa construction n’est pas tout à fait terminée. Ceux qui le souhaitent peuvent participer à la réalisation de l’isolation. Celle-ci est constituée des palettes calées contre le mur en bois farcie d’un mélange de paille, de terre argileuse et de chaux. Aurélien, de l’association Cyclofficine, a apporté une potence et des caisses à outils et pièces détachées de récupération. Il guide les néophytes dans la réparation de leur petite reine. Ruches, outils à disposition pour jardiner ou construire sans clous ni vis, ici on peut toucher, expérimenter, partager et discuter, dans le cadre des Automnales de la permaculture, dimanche 29 septembre, un des événements du Festival des utopies concrètes.

Nous sommes à la Ferme des Bordes, sur la commune de Chennevières-sur-Marne, à moins de 20 kilomètres du périphérique parisien. L’exploitation agricole s’y est arrêtée au milieu des années 1990, laissant quarante hectares en friche avec des mares et des arbres. « Le Conseil Général du Val-de-Marne, propriétaire des lieux, a lancé le projet en 2009-2010 », dit Martine Tiravy de l’association Relocalisons. Viviane Jouan, de l’association l’Abeille des Bordes, y a déjà installé ses ruches.

Un petit groupe venait y jardiner. Pierre Cousin, éleveur, a demandé l’autorisation d’installer son asinerie sur quatorze hectares. L’association Relocalisons d’Ile de France les a rejoints avec un projet de jardin collectif expérimental s’inspirant de la permaculture. « Ensemble, acteurs associatifs et professionnels, nous avons rédigé une charte et nous partageons cette terre pour apprendre à d’autre », explique Emmanuel Boutet. Le Collectif d’animation de la plaine des Bordes était né. Son nom : les Robins des Bordes.

Dans le microcosme de la transition, les rencontres se multiplient et c’est tout naturellement que le réseau de la permaculture Brin de paille a proposé de co-organiser ses automnales à la Ferme des Bordes. « Notre idée est d’être itinérant et de partager l’abondance », explique Claire Uzan, jeune trentenaire fondatrice du réseau Brin de paille en Ile de France. Pour ceux qui souhaitent savoir en savoir plus sur la permaculture, elle propose une rencontre informelle.

Une trentaine de personnes s’installent en cercle. Ainsi, chacun peut voir les autres, se présenter et en deux mots faire part de ses attentes : « J’ai entendu parler de la permaculture, mais je n’en sais pas plus », dit l’un. Claire se lance : « La permaculture prend la nature comme modèle. Elle repose sur une éthique et du bon sens : prendre soin de la terre, prendre soin des êtres humains, créer l’abondance et partager équitablement. On voit bien quand on observe la nature que la coopération entre les êtres vivants conduit à l’abondance. Pour créer ces écosystèmes nourriciers, la permaculture propose une méthode de conception qui favorise les interactions et permet de réaliser des systèmes intégrés ».

Quelle est la différence avec l’agriculture biologique ? L’agriculture biologique est une méthode de culture alors que la permaculture est une méthode de conception plus globale. Pas de rotation des cultures, mais un mélange des espèces, pas de travail de la terre, une préférence pour les plantes vivaces (qui restent en place d’une année sur l’autre) pour économiser du temps et de l’énergie.

Enfin, la permaculture va au-delà de la production de nourriture et s’intéresse aux organisations humaines, à toutes les échelles. Regarder autour de soi, préserver le meilleur, améliorer l’existant, introduire de nouveaux éléments. Charlotte, auxiliaire de vie, qui a suivi une amie à la Ferme des Bordes s’exclame en guise de conclusion : « Alors, si on habite en appartement, ça marche aussi. C’est bien de savoir que ça me concerne. Finalement c’est une manière de vivre ».

Incertitudes sur le climat Reporterre 2013/10/01 (1er octobre 2013 à 10h29,) Incertitudes sur le climat. Reporterre. fr

Incertitudes sur le climat

« Comment se forger une intime conviction sur le changement climatique ? »

Comme la météorologie, la climatologie n’est pas une science exacte : les prévisions en matière d’évolution climatique comportent nécessairement une part d’incertitude. Or c’est précisément cette marge d’erreur qu’exploitent les contestataires du réchauffement de la planète, pour mettre en doute les estimations de ses conséquences à venir.

Est-il légitime de prédire l’avenir à partir de notre passé climatique ou du climat qui règne sur d’autres planètes, compte tenu de l’imprécision des mesures et de la complexité intrinsèque de la machine Terre ? Comment modéliser sans risque le fonctionnement de celle-ci ? Pourquoi l’eau et les précipitations jouent-elles un rôle considérable dans l’art des prévisions locales et globales, et quel traitement leur réserver ?

Rédigé par deux physiciens hors pair, cet ouvrage répond avec simplicité à ces questions délicates, afin que chacun se forge un point de vue clair sur le réchauffement climatique à l’œuvre et la nécessite d’agir.

Incertitudes sur le climat , Katia Laval et Guy Laval, Ed. Belin, 272 pages, 19 €.

Katia Laval est professeur émérite à l’université Paris VI, spécialiste des interactions entre le sol, la végétation et l’atmosphère. Ses travaux les plus récents portent sur le bilan hydrologique de la Terre, sa variabilité et son évolution. Elle a contribué à divers ouvrages, notamment au Panorama de la physique (2007) aux Éditions Belin et Facing Climate Change Together (2008) chez Cambridge University Press.

Guy Laval est directeur de recherche émérite au CNRS, membre de l’Académie des sciences. Longtemps directeur du centre de physique théorique de l’École polytechnique, c’est un spécialiste des plasmas et des questions énergétiques qui en découlent. Il a notamment publié L’énergie bleue - Histoire de la fusion nucléaire (2006) aux éditions Odile Jacob.

Reporterre sur Radio Aligre mercredi à 8 h Reporterre 2013/10/01 (1er octobre 2013 à 04h00,) Reporterre sur Radio Aligre mercredi à 8 h. Reporterre. fr

Reporterre sur Radio Aligre mercredi à 8 h

Retrouvez Reporterre sur Radio Aligre, mercredi 2 octobre à 8 h

Reporterre fait ses premiers pas à la radio avec nos amis de Radio Aligre : mercredi 2 octobre à 8 h du matin, Michel Ezran accueille Hervé Kempf et Barnabé Binctin pour parler de l’actualité écologique, de Reporterre, du rapport du GIEC sur le climat, de Delphine Batho et de l’oligarchie, du gaz de schiste, de la rencontre entre Charles Piaget et Pierre Rabhi.

A écouter mercredi à 8 h sur le poste (en région parisienne) sur 93.1, ou sur l’ordinateur partout dans le monde (et sur Mars aussi, parait-il), sur le site de Radio Aligre.

Téléchargeable ici : Voix contre Oreille et Reporterre

Emission Voix contre oreille de Michel Ezran.

L’industrie minière canadienne sévit maintenant en Europe Alain Deneault Reporterre 2013/10/01 Alain Deneault (1er octobre 2013 à 10h50,) L’industrie minière canadienne sévit maintenant en Europe. Reporterre. Tribune — fr

L’industrie minière canadienne sévit maintenant en Europe

Après les pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, la Roumanie, à Rosia Montana, et la Grèce, à Skouriès, découvrent les méthodes canadiennes d’acquisition, d’exploration et d’exploitation de gisements miniers.

Un lobbying plus prégnant que le résultat de n’importe quelle élection, une influence directe sur le libellé de textes de loi, un travail de division de la population pour mieux régner, un désastre écologique en perspective, des sociétés d’exploration qui jouent à la bourse la richesse des autres, des problèmes de santé publique qui s’annoncent, des préoccupations vives au chapitre des employés, un saccage du patrimoine culturel…

Après les pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, la Roumanie et plus largement l’Europe découvrent ces années-ci les méthodes canadiennes d’acquisition, d’exploration et d’exploitation de gisements miniers.

À Roşia Montană, la canadienne Gabriel Resources menace de déverser 13 000 tonnes de cyanure par an pour exploiter la plus importante mine d’or à ciel ouvert projetée en Europe. Cela représente pour l’ensemble du chantier une production de 215 millions de mètres cubes de déchets cyanurés, censés être stockés à vie dans un vaste dépôt faisant huit kilomètres de diamètre et 400 mètres de profondeur.

Cela a lieu de surcroît dans une vallée où se trouve un village vieux de deux mille ans. Pour y parvenir, Gabriel Resources a neutralisé le processus politique en réclamant en justice 100 000 € en dommages et intérêts auprès de l’ancien ministre de l’Environnement, Attila Korodi, et du secrétaire d’État, Silviu Stoica, lorsqu’ils ont cherché à mettre fin au projet. La loi spéciale que sera appelé à voter prochainement le parlement roumain prévoit une cession de souveraineté au profit de l’entreprise.

Elle aurait ainsi les pleins pouvoirs pour exproprier elle-même les populations aux abords du site, aménager le territoire à sa guise, établir les dédommagements des expropriations, voire élargir le périmètre de l’exploitation, devenant ainsi un État dans l’État.

Son projet est pourtant terrifiant. Il consiste à dynamiter les quatre sommets de montagnes dans lesquelles se trouvent des galeries minières patrimoniales datant de l’Empire romain. Les séances de dynamitage risquent de dégager dans l’air des particules toxiques respirables nuisant gravement à la santé des gens.

Tout cela pour l’or, minerai sans grande utilité sociale ou technique, qui existe déjà en abondance. Il sert essentiellement aux banques et à l’industrie de la joaillerie. Son exploitation est vorace en eau, en plus de menacer les écosystèmes.

À cela s’ajoute d’autres motifs de préoccupation : à l’or de Roşia Montană s’ajouterait l’uranium, selon des informations qui doivent encore être confirmées. Beaucoup spéculent sur le rôle que la corruption a pu jouer dans cette histoire. Les 700 emplois créés par le projet ne le justifient en rien.

Lorsque l’ONG Albernus Maior a obtenu de la Cour d’appel de la région d’Alba Iulia que soient déclarés illégaux les plans d’urbanisme de Gabriel Resources en 2008, la société minière a obtenu du ministre de l’Environnement et des Forêts, Laszlo Borbely, qu’il reprenne tout simplement le processus d’autorisation du projet d’exploitation. La volonté du lobby minier canadien semble plus forte que celle du peuple roumain et des élus qui sont censés en être les fidèles interprètes.

Le projet suscite depuis des semaines une vague de révoltes populaires jamais vues depuis la chute du régime communiste dans toutes les villes du pays et à l’étranger, unissant dans une même cause des courants politiques d’ordinaire opposés.

Manifestation dimanche 29 septembre en Roumanie contre le projet.

Un Canadien errant…

« The world needs more Canada » disent souvent les anglophones canadiens. En Roumanie, on en a assez. En Grèce également. Ce pays mis financièrement à genoux par les ingénieurs de la finance internationale goûte à son tour aux délicatesses de l’industrie canadienne, où les projets de l’Eldorado Gold dans le riche écosystème de Skouriès font craindre le pire aux populations avoisinantes.

Dans le monde, trois sociétés minières sur quatre sont canadiennes. Plusieurs ne proviennent pas directement d’ici. Au Canada, on enregistre des sociétés minières depuis l’Australie, Israël, la France, la Suède ou les États-Unis, par exemple, car le cadre administratif canadien les immunise partout où elles sévissent.

L’État fédéral a aménagé sa réglementation et ses politiques fiscales de façon à favoriser le financement des activités spéculatives d’exploration comme à Roşia Montană. Il est exceptionnel qu’un tribunal permette des poursuites judiciaires à l’encontre d’une entreprise pour ses agissements à l’extérieur de nos frontières.

Le Canada couvre légalement les sociétés minières en cas de corruption et d’abus à l’étranger, comme le constate même l’OCDE. Et la diplomatie canadienne soutient activement les sociétés minières. Pourtant, à l’échelle nationale autant qu’internationale, l’industrie minière canadienne affiche un piètre dossier environnemental, social, politique, sécuritaire et fiscal. On le constate lorsque l’on prend la peine de consulter la documentation pléthorique qui existe sur la question.

De par le monde, des commissions parlementaires, des cours de justice, des panels d’experts de l’ONU, des observateurs indépendants, des spécialistes de l’économie du Sud ou encore des reporters chevronnés ont témoigné des abus, sinon des crimes, que commettent ou soutiennent régulièrement des sociétés minières canadiennes qui oeuvrent à l’étranger.

Les égoûts sont une source d’énergie Françoise Voisel (Veille construction.be) Reporterre 2013/10/01 Françoise Voisel (Veille construction.be) (1er octobre 2013 à 10h55,) Les égoûts sont une source d’énergie. Reporterre. fr

Les égoûts sont une source d’énergie

Les eaux usées, une richesse insoupçonnée ? Elles sont le plus souvent considérées comme une charge : il faut les évacuer, les traiter, entretenir les réseaux... Depuis quelque temps, le regard qu’on leur porte évolue. Car elles peuvent être une mine d’énergie. Quelques exemples, ici et ailleurs.

France – La chaleur des eaux grises

La quantité d’eaux usées produites par des collectivités (immeubles à appartements, hôpitaux, hôtels) est importante. Une partie de cette eau est chaude. L’idée consiste à récupérer ces calories pour préchauffer de l’eau chaude sanitaire. Une réhabilitation de logements sociaux en région parisienne a exploité cette technologie innovante. La moitié des besoins en énergie pour le chauffage de l’eau chaude sanitaire sont couverts, tout bénéfice pour les allocataires sociaux. Plus d’infos.

Angleterre – La graisse, une biomasse

Les égoûts de Londres se remplissent en permanence de graisse. Les bouchons ne sont évités que par des entretiens réguliers : un budget important, une montagne de déchets. Pourquoi ne pas les valoriser ? L’idée innovante, c’est alimenter une centrale cogénération avec cette graisse. Dès 2015, la production devrait couvrir les besoins en électricité de 40 000 logements. Plus d’infos.

Espagne – La culture d’algues

Le traitement des eaux usées se fait par des algues récupérées comme biomasse pour la production de carburant. Un projet à l’échelle industrielle qui devrait atteindre sa vitesse de croisière en 2015. Plus d’infos.

La culture d’algues, c’est aussi la technique utilisée dans les bioréacteurs en façade avec en corolaire l’épuration, la production de biomasse mais aussi la régulation thermique...

France et Belgique – Les effluents industriels

Les industries ont aussi des rejets d’eau lourdement chargés qui nécessitent un traitement. Les projets se développent, de plus en plus nombreux, pour valoriser ces effluents. C’est le cas d’une usine alsacienne dont les jus de choucroute sont méthanisés dans la station d’épuration voisine. Plus d’infos.

En aparté, car ce ne sont pas des eaux grises : à noter une autre biométhanisation mais à base de déchets agricoles - des melons -, un des projets de la société belge GreenWatt, spécialisée dans le traitement de biomasse et la biométhanisation. Plus d’infos.

Agrocarburants : le gouvernement français joue le jeu des industriels contre l’écologie Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/01 Hervé Kempf (Reporterre) (1er octobre 2013 à 10h00,) Agrocarburants : le gouvernement français joue le jeu des industriels contre l’écologie. Reporterre. fr

Agrocarburants : le gouvernement français joue le jeu des industriels contre l’écologie

Un document obtenu par Oxfam et publié par Reporterre montre que le gouvernement français a choisi la position la moins écologique dans le débat européen sur les agrocarburants. Encourageant ainsi la déforestation dans les pays du Sud.

Avec deux ans de retard, les institutions européennes se sont lancées dans la réforme de leur politique de promotion des agrocarburants. Celle-ci a été posée dans deux directives de 2009, portant sur les énergies renouvelables et sur la qualité des carburants.

Cette réforme est rendue nécessaire par le fait que les agrocarburants présentent des désavantages de mieux en mieux reconnus : le bilan en émissions de gaz à effet de serre en est très discutable, et l’affaire parait surtout profitable à des groupes industriels.

Prévue dès 2010, la réforme a beaucoup tardé. La Commission européenne a publié fin 2012 sa proposition de réforme. Elle a été examinée par le Parlement européen qui, dans un vote le 11 septembre, a choisi une option favorable aux intérêts industriels, selon Oxfam, une ONG qui suit attentivement ce dossier.

La balle revient maintenant au Conseil européen, qui rassemble les gouvernements représentés par leur ministre. Le prochain devrait avoir lieu le 15 octobre.

La France est, avec l’Allemagne, l’un des deux premiers producteurs européens d’agrocarburants : le gouvernement soutient la compagnie Sofiproteol, dont le président n’est autre que Xavier Beulin, censé représenter les intérêts des agriculteurs en tant que secrétaire général de la FNSEA.

Le gouvernement aborde ainsi le prochain conseil européen avec une position très laxiste à l’égard des agrocarburants. Dans un document que s’est procuré Oxfam, et que publie Reporterre, les autorités françaises plaident pour conserver un volume élevé des agrocarburants (jusqu’à 7 % du volume total des carburants) et pour que la règle adoptée à l’égard des agrocarburants importés reste du plus grand flou.

Note du gouvernement français envoyé à la Commission européenne.

Il faut entrer dans le détail de cette affaire très technique pour en comprendre les principaux enjeux :

- les agrocarburants représentent environ 4,8 % du carburant consommé dans l’Union européenne. La Commission européenne proposait de ramener le plafond autorisé, qui est aujourd’hui de 7 %, à 5 % - c’est-à-dire sans possibilité d’extension par rapport à la situation actuelle. Dans son vote du 11 septembre, le Parlement européen, malgré l’avis de sa commission Environnement qui voulait aller plus bas, est revenu à un taux de 6 %. C’est maintenant le Conseil européen, autrement dit le conseil des Etats, qui va trancher. La France défend un plafond à 7% d’incorporation d’agrocarburants dans les carburants traditionnels pour l’ensemble de l’Union Européenne. Cela représenterait une forte augmentation de la consommation d’agrocarburants au niveau européen, puisque le taux moyen d’incorporation pour l’ensemble des Etats membres est aujourd’hui inférieur à 5%.

- il est possible d’importer des agrocarburants du reste du monde. On estime que ces importations représentent la moitié des agrocarburants consommés en Union européenne. Problème : comme ils sont souvent produits sur des surfaces déforestées, ou en substitution de superficie agricole (ce qui pousse les paysans à aller déforester d’autres parcelles), ces carburants poussent à la déforestation - ce qui est évidemment nuisible - et ont un bilan négatif en émissions de gaz à effet de serre.

Déforestation en Indonésie.

Des études nombreuses calculent ce bilan pour évaluer l’intérêt environnemental des agrocarburants. Elles ont été synthétisées dans un rapport de l’IFPRI (Institut international de recherche sur la politique alimentaire), qui conduit à des valeurs précises d’émissions. Mais la position française est de ne pas intégrer dans la directive ces valeurs précises d’émissions, en arguant que « les incertitudes qui pèsent sur ces valeurs resteront importantes et ne permettront pas d’intégrer les facteurs dans une base législative ». Autrement dit, continuons à importer sans se préoccuper de la façon dont sont produits les agrocarburants...

L’attitude du gouvernement français est d’autant plus surprenante qu’en septembre 2012, Jean-Marc Ayrault avait dit que « le gouvernement a décidé de demander à nos partenaires européens et au niveau international, une pause dans le développement des biocarburants de première génération », démarche officialisée dans un plan d’action du ministère de l’Agriculture.

Mais, comme le souligne Oxfam, « les documents officiels démontrent qu’au contraire, la position défendue par la France au Conseil est l’une des plus conservatrices, et pourrait bloquer toute volonté européenne de réguler enfin les marchés d’agrocarburants ».

Oxfam France, et d’autres organisations, le Comité Français pour la Solidarité Internationale, le Réseau Action Climat France et Peuples Solidaires Action Aid France, demandent à la France « de revoir sa position au plus vite, et de jouer le jeu de la transparence avec la société civile et les contribuables français qui financent massivement la production d’agrocarburants. »

J’ai mal à la terre Gilles Vigneault Reporterre 2013/10/02 Gilles Vigneault (2 octobre 2013) J’ai mal à la terre. Reporterre. Tribune — fr

J’ai mal à la terre

J’ai mal à la terre Mal aux océans Mal à mes artères Aux poissons dedans Mon ventre n’est plus qu’un cratère géant béant J’ai mal à la terre

Le fond du pétrolier est sale Il faudra nettoyer la cale Et puis le capitaine est saoul On s’en fout Il ira vider sa poubelle Au secret de la mer si belle Et les dauphins qui sont dessous Les sous, les sous L’albatros en a plein les ailes

J’ai mal à la terre Mal aux océans Mal à mes artères Aux poissons dedans Mon ventre n’est plus qu’un cratère géant béant J’ai mal à la terre

Mon règne animal m’interroge On me détraque mes horloges Je fais mes été de travers dans l’hiver Et pour grossir quelques fortunes On vend le sable de la dune On vend le sel, on vend le fer Et l’eau et l’air Avec les rayons de la lune

J’ai mal à la terre Mal aux océans Mal, mal à mes artères Aux poissons dedans Mon ventre n’est plus qu’un cratère géant béant J’ai mal à la terre

Rasez ma verte chevelure Pour un topo sur la nature Pour le téléjournal du soir c’est a voir Et quand les peuples se bombardent Des millions d’enfants les regardent Fascinés par le dépotoir Miroir, miroir Toujours la mort à l’avant-garde

J’ai mal à la terre Mal aux océans Mal à mes artères Aux poissons dedan Mon ventre n’est plus qu’un cratère géant béant J’ai mal à la terre

Séjour chez le Géo Trouvetou du revenu de base Emmanuel Daniel Reporterre 2013/10/02 Emmanuel Daniel (2 octobre 2013) Séjour chez le Géo Trouvetou du revenu de base. Reporterre. fr

Séjour chez le Géo Trouvetou du revenu de base

Afin d’éviter des « bouleversements environnementaux et sociaux cataclysmiques », Aodrenn expérimente et diffuse des « modes de transport et d’habitat » soutenables à l’échelle de 7 milliards de personnes. Dans le même temps, il milite pour l’instauration d’un revenu de base, estimant que sans intervention politique majeure, les alternatives ne permettront pas seules de faire émerger un nouveau paradigme.

Plutôt que de « perdre sa vie à la gagner », Aodrenn a décidé de tendre vers l’autonomie afin de ne pas dépendre d’un emploi salarié pour pourvoir à ses besoins. Ce Breton au look de surfer s’est donc acheté il y a dix ans un terrain dans le Luberon sur lequel il a installé caravanes, yourtes, cabanes en bois et bus reconvertis en appartement, le tout sans autorisation.

Son atelier-cabane dont la structure est constituée d’arbres vivants

« Je suis venu ici par nécessité. Je voulais vivre de mon art et aujourd’hui, pas facile d’être saltimbanque », explique cet artiste multicarte. Pour continuer ses activités, sans « avoir à travailler au Macdo », il a troqué son costume de troubadour contre celui de technicien.

Grâce aux multiples panneaux solaires qu’il a installés sur son terrain, Aodrenn n’a pas besoin d’être raccordé au réseau. Fini donc les factures d’électricité. Il s’est également libéré des factures d’eau grâce à un forage lui permettant de puiser directement dans le sol. Les divers logements qu’il a érigés, sont principalement constitués de matériaux de récupération. Quant à la nourriture, il cultive un potager et une forêt comestible et vit des rebuts de « la société de surconsommation ». En l’espèce, il va récupérer les invendus des magasins bios des alentours.

Cet ancien directeur de cirque est, à force d’expérimentations, devenu maitre dans le maniement du panneau solaire. Il a ainsi pu améliorer un véhicule électrique alimenté par l’énergie solaire « à assistance musculaire » jusqu’à atteindre une autonomie de 200 kilomètres, sans pédaler ou presque. Sans efforts, il peut tracter des charges allant jusque 150 kilos. Grâce aux différents attelages qu’il a fabriqués, il peut transporter des matériaux mais aussi des personnes.

Adaptation soutenable

Si Aodrenn essaye de limiter sa dépendance au système, c’est en prévision des « bouleversements environnementaux et sociaux cataclysmiques » qu’il pense inéluctables si nous ne changeons pas notre mode de vie. Pour tenter d’inverser la vapeur, il promeut un modèle d’« adaptation soutenable », un concept qui mêle la simplicité volontaire, l’amélioration et la réappropriation des moyens de production afin de prendre en compte la contrainte écologique.

Four solaire

« Il va falloir s’adapter », lance-t-il. Et il compte sur la technologie pour nous y aider. Bien conscient que la technique n’est pas neutre et que ces avancées ne se traduisent pas mécaniquement en progrès sociaux, il travaille sur des modèles d’habitat et de transport « forcement accessibles à tous et pas réservés à une poignée de bobos. Il faut que ces technologies soient utilisables par 7 milliards d’être humain. Elles devront donc être biodégradables ou du moins recyclables ».

Il est loin d’être le seul à tenir ce genre de discours. Mais contrairement à beaucoup de partisans de la décroissance, il a décidé de mettre ses idées en application et de travailler lui-même au développement de technologies résilientes. Sur son terrain trônent donc des machines qui trouveraient toute leur place dans l’atelier de Géo Trouvetou.

Ainsi, il tente de cultiver des algues pour combler les apports nécessaires en protéines, il a élaboré un système d’épuration naturelle de l’eau, une cabane soutenue par des arbres vivants ou encore un moteur Pantone pour limiter la consommation d’essence d’un véhicule.

Le bateau coule

Cette passion pour la bidouille, il tente de la partager avec les locataires de son terrain (4 personnes y ont installé mobil-homes et yourtes) et avec les visiteurs. « Tout le monde peut le faire », assure-t-il. Pour le prouver, il a créé une « Université populaire de la transition » pour permettre à d’autres que lui de se lancer sur les chemins de l’autonomie grâce aux formations à prix libre qu’il dispense.

Néanmoins, il ne croit pas que la multiplication des alternatives suffira à transformer en profondeur la société. « Le bateau coule, chacun écope de son côté mais si personne ne bouche le trou, le problème ne sera pas réglé », argue-t-il. Pour lui, l’échange marchand et son corollaire, la lutte du tous contre tous, ont tellement colonisé notre imaginaire que seule une intervention politique radicale permettra de déconditionner nos esprits rendus apathiques par plusieurs décennies de société du spectacle et de consumérisme :

« On se bat avec des armes pas équitables. On fait face à un bulldozer médiatique qui lobotomise les gens à grand renfort de publicité. Pour avoir du poids, il ne suffit pas d’avoir des modèles alternatifs, mais il faut un modèle politique qui permette au plus grand nombre de pouvoir faire des choix. Aujourd’hui, les gens n’ont pas le choix, ou plutôt ils pensent qu’ils n’ont pas le choix car nous sommes tous conditionnés par la peur du manque ».

L’émancipation par le revenu de base

Pour nous faire comprendre que « nous vivons dans une société d’abondance » et voir la logique du don remplacer la logique de l’échange, il milite pour le revenu de base, à savoir l’idée d’un revenu suffisant pour vivre, distribué à tous les citoyens tout au long de leur vie sans conditions.

Selon lui, cette mesure permettra d’« abolir l’esclavage moderne », libérant les personnes d’un travail aliénant et vide de sens et leur dégageant du temps pour cultiver leur jardin, lire, monter des projets personnels ou professionnels ou faire de la politique. Sans cette reconquête de notre temps libre, il estime que les conditions matérielles permettant à chaque citoyen d’engager sa révolution intérieure ne seront pas réunies.

L’objection la plus récurrente à cette mesure consiste à dire que cette manne d’argent versée sans obligation de travailler pousserait à l’inactivité et à la fainéantise. Pour répondre à ce présupposé, Aodrenn s’appuie sur son cas. Titulaire du RSA (qu’il a renommé Revenu archaïque de survie), il argue qu’« un revenu dissocié d’une activité contrainte, n’est pas un frein à la motivation d’entreprendre, d’inventer, de créer un monde meilleur… ».

L’idée peut paraître utopique à l’heure où les gouvernements sont plus soucieux de réduire les dépenses publiques que d’assurer une existence décente à leurs citoyens. Pourtant Aodrenn est persuadé de sa mise en place prochaine. Il cite les expérimentations en cours en Alaska, Inde ou Namibie et signale qu’une initiative citoyenne européenne sur le sujet est en cours.

Il place également son espoir en Suisse, pays où l’instauration du revenu de base sera votée par référendum en 2015. Et pour accélérer la mise en œuvre de cette mesure émancipatrice, il parcourt les forums et débats avec son véhicule électrique pour tenter de convaincre ceux qui veulent bien l’écouter que leur salut se trouve dans cette idée théorisée par le révolutionnaire anglais Thomas Paine qui déclarait que « sans revenu, point de citoyen ».

Pour protéger la santé, des ONG lancent une campagne contre les perturbateurs endocriniens Agir pour l’Environnement Reporterre 2013/10/02 Agir pour l’Environnement (2 octobre 2013) Pour protéger la santé, des ONG lancent une campagne contre les perturbateurs endocriniens. Reporterre. fr

Pour protéger la santé, des ONG lancent une campagne contre les perturbateurs endocriniens

Alors que les preuves scientifiques s’accumulent pour désigner la participation des perturbateurs endocriniens à « l’épidémie mondiale de maladies chroniques », et qu’à Bruxelles se négocie leur définition réglementaire, une campagne de mobilisation citoyenne intitulée « Perturbateurs endocriniens : Environnement perturbé, santé menacée ! » est lancée.

Alors que s’est achevée il y a quelques jours la consultation publique sur la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) et qu’à Bruxelles se négocie la future définition réglementaire des perturbateurs endocriniens, Agir pour l’environnement et ses 12 partenaires [1] lancent une campagne de mobilisation citoyenne intitulée « Perturbateurs endocriniens : Environnement perturbé, santé menacée ! ».

Mis en évidence en 1991, les perturbateurs endocriniens (PE) recouvrent plusieurs centaines de substances chimiques d’usage courant [2] susceptibles d’interférer à des doses infimes avec la régulation hormonale des êtres vivants. L’exposition humaine aux PE est précoce (dans l’utérus) et quotidienne du fait de leur grande hétérogénéité : on retrouve, en effet, des PE parmi les ingrédients des produits de consommation et comme contaminants de l’eau, de l’air ou de nos aliments.

La perturbation endocrinienne remet en cause toute approche classique en toxicologie et en évaluation des risques chimiques : la dose compte moins que le moment de l’exposition et elle peut être potentialisée par effet cocktail, les effets sont latents et éventuellement transgénérationnels.

Les preuves scientifiques s’accumulent pour désigner la participation des PE à « l’épidémie mondiale de maladies chroniques » : cancers hormono-dépendants, troubles métaboliques (diabète-obésité), troubles neurocomportementaux et neurodéveloppementaux, atteintes à la reproduction et la fertilité.

Par la pollution environnementale, la toxicité à faible dose des PE s’exerce aussi sur la faune sauvage, en particulier aquatique, avec des effets graves sur la capacité de reproduction de nombreuses espèces, à l’instar de la féminisation des poissons d’eau douce.

Il est donc grand temps de mettre cette problématique au coeur du débat public afin de pousser les décideurs français et européens à prendre des mesures fortes pour ramener à zéro notre exposition aux PE.

Avec cette campagne, les citoyens ont jusqu’au 30 juin 2014 pour renvoyer les cartes pétitions afin d’interpeller le Commissaire européen à la santé et aux consommateurs, Toni Borg, le Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, ainsi que les groupes de distribution de leur choix [3].

Nous demandons ainsi au Commissaire européen à la santé et aux consommateurs de :

- Mettre en place une définition des perturbateurs endocriniens qui ne laisse de côté aucun PE suspecté.

- Engager dès maintenant la réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens avérés et suspectés au sein de l’Union Européenne, en les interdisant en priorité dans les usages susceptibles d’affecter les populations vulnérables (dispositifs médicaux, cosmétiques, jouets, contact et denrées alimentaires) et dans les usages dispersifs (pesticides, biocides, ...).

- Sensibiliser et former davantage le public et les professionnels sur les risques des perturbateurs endocriniens.

- Interdire à terme tous les PE.

- Assurer l’intégration horizontale des PE dans l’ensemble des politiques publiques et notamment les grands plans de santé publique et de protection des consommateurs, en parallèle et en appui des plans d’action pour l’environnement.

- Développer la recherche dans le domaine de la santé environnementale, notamment sur les spécificités de la perturbation endocrinienne et sur l’effet cocktail.

Au ministre du Redressement productif de :

- Mettre en place des instruments économiques pour pénaliser l’usage continu des PE, favoriser la substitution (par des techniques et/ou des substances non nocives) et financer des plateformes d’échange de compétences et d’informations au service des entreprises.

- Faire des défis de la santé environnementale un moteur de l’innovation et du savoir-faire industriel et économique français.

- Promouvoir des filières d’excellence « Zéro PE » à l’exportation, par exemple dans le domaine alimentaire et des cosmétiques.

- Mettre en place une information et un étiquetage clair, compréhensible et accessible sur les produits afin de renforcer les capacités des consommateurs à faire des choix éclairés.

Aux groupes de distribution alimentaires de :

- Retirer les PE suspectés et avérés des produits référencés, à commencer par les bisphenols, les phtalates, les parabènes et les perfluorés, les pesticides PE, et proposer une offre sans PE aux consommateurs.

- Promouvoir une information et un étiquetage clair, compréhensible et accessible des consommateurs afin de renforcer leurs capacités à faire des choix éclairés.

Ces mesures permettront dans un premier temps de réduire notre exposition aux perturbateurs endocriniens puis de ramener cette exposition à zéro afin de protéger aussi bien notre environnement que notre santé.

Notes

1- Générations Futures, Réseau Environnement Santé, WECF, Appel de la jeunesse, Biocoop, Confédération paysanne, Cniid, Bioconsom’acteurs, Attac, Ecologie sans frontière, Adéquations, IDAE.

2- Lien

3- Parmi les 6 groupes leaders en France :(Carrefour/Leclerc/Intermarché/Casino/Auchan/SystèmeU)

La première AMAP de France menacée d’expulsion Nathalie Giraud (JNE) Reporterre 2013/10/02 Nathalie Giraud (JNE) (2 octobre 2013) La première AMAP de France menacée d’expulsion. Reporterre. fr

La première AMAP de France menacée d’expulsion

Daniel et Denise Vuillon, fondateurs de la première Amap dans le Var en 2001, sont menacés d’expropriation. Le tramway, à l’origine de la menace d’expulsion, pourrait passer sur le parking de la grande surface voisine, mais les autorités en ont décidé autrement, quitte à saccager cette ferme historique.

Daniel et Denise Vuillon tiennent la ferme Les Olivades sur les communes de Toulon, Ollioures et la Seyne/Mer, dans le Var : après avoir été une propriété agricole dans la famille Vuillon depuis 1804, c’est devenu la première Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) en 2001, pour préserver les savoir-faire des paysans, ainsi que les terres nourricières proches des villes.

Aujourd’hui, le partenariat Amap(s) a dépassé les frontières françaises, notamment à Saint-Pétersbourg, à Timisoara en Roumanie, à Bamako, à Rabat, au Sénégal, en Nouvelle Calédonie et en projet au Liban.

La première menace d’expropriation date de 1988 : la situation géographique de la ferme étant exposée à la pression foncière du fait de sa proximité avec les villes, donc de l’implantation des zones commerciales, des hypermarchés et autres merveilles du monde financier. C’est un projet de tramway qui menace maintenant ces terres agricoles.

Pourtant, en 2004, les commissaires enquêteurs venus inspecter les lieux avaient proposé une alternative pouvant contenter tout le monde : le passage du tramway sur le parking de la grande surface voisine. Mais non, le tribunal administratif de Nice avait choisi de rejeter le recours. Cette injustice et les multiples rejets perdurent jusqu’à aujourd’hui.

"Quand on se rend aux Olivades, après avoir passé l’autoroute, les parkings, les files de voitures, la zone commerciale et divers dépotoirs, bref, les stigmates de la société de consommation, le visiteur cherche les Olivades et se dit : je me suis trompé de chemin.

Et pourtant, une fois franchies la haie protectrice de roseaux de Provence, la couleur apaisante et la diversité des verts des cultures et les formes harmonieuses des grands arbres dominants, qui n’a pas eu le plaisir de découvrir le site ? Le contraste avec l’extérieur saute aux yeux et chaque visiteur nous exprime spontanément cette sensation de havre et cette vision qui leur fait du bien. Nous partageons aussi ces valeurs-là, qui nous aident à préserver ce lieu." (extrait du livre L’histoire de la première Amap, par Denise Vuillon, édition L’Harmattan).

Qu’est-ce qu’une serre aquaponique ? Line Boucher Reporterre 2013/10/02 Line Boucher (2 octobre 2013) Qu’est-ce qu’une serre aquaponique ?. Reporterre. Agriculture fr

Qu’est-ce qu’une serre aquaponique ?

La serre aquaponique mobile -

Intérieur de la serre, avec casiers au-dessus de l’eau -

Fête de la création Reporterre 2013/10/03 (3 octobre 2013) Fête de la création. Reporterre. fr

Fête de la création

Fête de la création à Paris les 4 et 5 octobre : le christianisme et l’écologie.

Vendredi 4 et samedi 5 octobre, à l’église Notre Dame de la Croix de Ménilmontant, 4 rue d’Eupatoria, Paris 20e

Vendredi 4 octobre :

19h : messe de Saint François d’Assise Soupe bio

20h30 : conférence « Que dit le Christianisme de la crise écologique ? » par Dominique Lang, assomptionniste.

Samedi 5 octobre

10h30 -11h30 : balade de découverte de la nature du quartier avec Bruno Ballet, ingénieur agronome, écologue, animateur de « Paris côté jardin ».

12h -13h : réduire son empreinte énergétique : l’exemple du bilan carbone avec Marc Prochasson, chargé de mission énergie, mairie du 20e

13h -14h30 : pique-nique

14h30 -15h30 : formation au compost paroissial avec Odile Thomès, maître composteur et cofondatrice d’un jardin partagé.

Cachez cet « agro » que je ne saurais voir Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/10/03 Camille Martin (Reporterre) (3 octobre 2013) Cachez cet « agro » que je ne saurais voir. Reporterre. fr

Cachez cet « agro » que je ne saurais voir

La décision de changer le terme de « biocarburant » en « agrocarburant » a été invalidée dans le circuit parlementaire. Finalement, il faut officiellement redire « biocarburant ». Bon. On aura beau se le répéter mille fois, « biocarburant, biocarburant, biocarburant »..., on aura toujours du mal à y croire.

En mai dernier, l’Assemblée nationale avait adopté à l’unanimité un amendement porté par le député Philippe Plisson, rapporteur au nom de la commission du Développement durable de la loi d’adaptation au droit de l’Union européenne dans le domaine du développement durable : cet amendement sur , concernant la dénomination des carburants d’origine agricole remplaçait dans les textes officiels le terme "biocarburants" par celui d’"agrocarburants".

Les défenseurs de ce changement sémantique soutenaient que l’appellation "biocarburants" peut prêter à confusion puisqu’elle fait fi, non seulement des intrants et des produits phytosanitaires utilisés pour la culture des plantes destinées à la production de carburants, mais aussi de la captation par cette culture de terres arables au détriment de la production de denrées agricoles.

Si, si, c’est "bio"...

Et bien il faut croire que ce ne sont pas là des critères suffisants pour disqualifier l’utilisation du terme "bio" à propos de ces carburants. Ils sont "bio" et le resteront ! Enfin, dans la législation française.

En effet, le changement de "bio" en "agro" voté à l’Assemblée, a été supprimé par la commission du développement durable du Sénat le 17 mai, la rapporteure Odette Herviaux n’y étant pas favorable.

Et lors du vote par le Sénat, le 3 juin dernier, sur cet amendement (article 27 A), Ronan Dantec a échoué à rétablir le terme « agrocarburant » dans la législation française.

« Ce n’est pas en changeant le mot que l’on réglera les problèmes mais en agissant, comme nous le faisons, ainsi qu’en témoignera notre réunion européenne du 18 juin sur le plafonnement du biodiesel dans le carburant conventionnel », avait alors plaidé Delphine Batho.

La commission mixte paritaire, qui opère la conciliation entre l’Assemblée nationale et le Sénat quand leurs avis divergent, a ensuite maintenu la suppression de l’amendement 27 A, ce qu’a confirmé l’Assemblée nationale le 2 juillet.

Le gouvernement français très favorable aux "agro"... euh, pardon... "biocarburants"

Certes, il ne s’agit là que de mots, mais ces mots cachent des réalités lourdes de conséquences. Et à voir l’attitude du gouvernement français à l’égard de ce type de carburants, on comprend qu’il tienne à leur appliquer un vernis écologique en les appelant "bio".

La France, deuxième producteur d’agrocarburants en Europe, plaide dans le débat européen pour conserver un volume élevé des agrocarburants (jusqu’à 7 % du volume total des carburants) et pour que la règle adoptée à l’égard des agrocarburants importés reste du plus grand flou.

La sauvegarde des intérêts agro-industriels et du secrétaire général de la FNSEA, Xavier Beulin, également président de Sofiprotéol, premier producteur d’agrocarburants, méritent qu’on ne laisse pas les mots introduire la critique.

Pour les semences libres et contre les multinationales ! Vandana Shiva Reporterre 2013/10/03 Vandana Shiva (3 octobre 2013) Pour les semences libres et contre les multinationales !. Reporterre. Tribune — fr

Pour les semences libres et contre les multinationales !

Les multinationales criminalisent la biodiversité, les échanges de semences et les droits fondamentaux des paysans, en imposant des monopoles sur les semences via les brevets et en promouvant les monocultures. Comme le disait Gandhi, « tant que la croyance subsistera qu’il faut obéir aux lois même quand elles sont injustes, l’esclavage perdurera ».

Chers amis épris de liberté et de la vie dans sa diversité,

Il est temps de nous organiser et de rassembler nos énergies pour libérer nos semences et notre nourriture des griffes toxiques, avides et mortifères des grandes multinationales comme Monsanto, ainsi que des lois que ces multinationales sont en train d’édicter, bafouant nos démocraties pour nous flouer de nos semences, de notre nourriture, de notre santé, de nos cultures et de nos vies.

Nous devons nous libérer du sentiment d’impuissance que ces multinationales voudraient instiller en nous pour nous faire croire qu’elles sont toute-puissantes et qu’il n’y a rien à faire. Nous pouvons agir. Il suffit que nous rassemblions nos énergies. Nous devons devenir le changement que nous désirons voir survenir.

Je vous invite à donner libre cours à vos énergies créatives pendant la quinzaine d’action pour la liberté des semences et de la nourriture, du 2 au 16 octobre 2013.

Le 2 octobre est le jour anniversaire de la naissance de Gandhi. Gandhi nous a enseigné le principe du « Swaraj » – la liberté auto-organisée et celui du « Satyagraha » - la force de la liberté dans la non-violence. Faisons du 2 octobre un « Seed Satyagraha », la Journée Mondiale de la Résistance aux lois sur les semences.

Lors de cette journée, dénonçons toutes les lois édictées par les multinationales pour saper nos libertés en criminalisant la biodiversité, la conservation et les échanges de semences, les pratiques de création des paysans et leurs droits fondamentaux, en établissant des monopoles illégaux sur les semences via le système des brevets et en privilégiant l’uniformité et les monocultures.

Quand nous aurons identifié les lois qui emprisonnent les semences, engageons-nous dans la désobéissance face à ces lois brutales et immorales qui menacent la vie sur terre sous toutes ses formes, y compris la notre et celle de nos enfants. Il y a 100 ans, Gandhi nous a enseigné que « Tant que la croyance subsistera qu’il faut obéir aux lois, même quand elles sont injustes, l’esclavage perdurera ».

Nous avons un rêve, nous rêvons que chaque graine, chaque abeille, chaque ver de terre, chaque personne, chaque enfant puisse rester hors d’atteinte de toute manipulation et de tout contrôle, de la faim et des maladies, et qu’ils puissent évoluer, conjointement, dans la liberté, le bien-être et la pleine santé. Ne tombons pas dans le piège de la superstition selon laquelle il faut obéir aux lois de Monsanto. Au nom de Gaïa, du renouveau de la vie et de la justice, il est de notre devoir, pour des raisons écologiques et éthiques, de désobéir aux lois de Monsanto.

Et en même temps que nous résistons et refusons de co-opérer avec des lois destructrices imposant la tyrannie sur les semences, célébrons la liberté de semences et de l’alimentation en adoptant la Loi des Semences et en créant des Jardins de l’espoir (des conservatoires de graines), et des Zones de Semences Libres (sans OGM ni brevets).

Marche contre Monsanto le 12 octobre

Le 12 octobre, nous organiserons la marche contre Monsanto partout dans le monde, comme nous l’avons fait le 25 mai dernier.

Le 16 octobre, c’est la Journée Mondiale de l’Alimentation. Monsanto et d’autres géants des biotechnologies ont eu l’arrogance de se décerner à eux-mêmes le Prix mondial de l’Alimentation - dont ils sont les sponsors…

En réponse à cela, décernons de vrais Prix de l’alimentation dans notre entourage, à de vrais Défenseurs de la nourriture qui, eux, nous fournissent une vraie nourriture. Selon la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture], 72 % de la nourriture consommée provient de petites fermes et de jardins. Transformons ces 72 % en 100 % en conservant les graines et en créant partout des Jardins de l’Espoir.

L’agriculture industrielle telle que la pratiquent les multinationales a conduit à une perte de 75 % de la biodiversité de la planète, provoquant famines et maladies. Un milliard de personnes souffrent de la faim, et deux milliards souffrent de maladies liées à l’alimentation. Ce système alimentaire ne nous apporte ni la santé, ni la vie. C’est un système de production de marchandises guidé par la quête du profit et l’appât du gain, qui sème la mort et la destruction. C’est notre devoir d’arrêter cette destruction. Les poisons et la tyrannie des multinationales n’ont rien à faire dans le système alimentaire. Nous sommes ce que nous mangeons.

Nos semences et notre nourriture sont des éléments essentiels de notre vie. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à laisser détruire la planète et notre santé. Nous ne pouvons pas nous permettre de tolérer plus longtemps l’accaparement des semences et la mainmise sur notre alimentation. Nous devons reconquérir nos semences, notre alimentation et notre liberté.

Force et amour à chacun d’entre vous, que chacun puisse donner ce qu’il a de meilleur et libérer son énergie créatrice et collective afin que nous parvenions, ensemble, à façonner un système alimentaire qui préserve la vie sur terre, nos petits paysans, notre santé et notre futur.

Temps forts / Suggestions d’actions

2 Octobre : Seed Satyagraha – Journée Mondiale de Désobéissance, dans l’esprit de Gandhi, face aux lois sur les semences.

12 Octobre : Marche contre Monsanto

16 Octobre : Journée Mondiale de l’Alimentation et des Real Food Heroes (Véritables défenseurs de l’alimentation). Rendons hommage à nos Real Food Heroes partout sur la planète.

2-16 Octobre : Quinzaine d’action pour la liberté des semences. Créons des banques de semences, des Zones de Semences Libres, des jardins de l’Espoir, organisons des trocs de graines et des lancers de bombes de graines.

Pour plus d’information et savoir comment participer.

La bombe climatique cachée dans le rapport du GIEC Benjamin Dessus Reporterre 2013/10/03 Benjamin Dessus (3 octobre 2013) La bombe climatique cachée dans le rapport du GIEC. Reporterre. fr

La bombe climatique cachée dans le rapport du GIEC

Quelques lignes aux très lourdes conséquences dans le rapport du GIEC sur le climat : le méthane voit doubler son rôle comme gaz à effet de serre ! Une nouvelle donne qu’il faudrait absolument prendre en compte dans la lutte contre le changement climatique, notamment dans les discours sur le gaz de schiste.

Le « résumé pour décideurs » du groupe 1 du Giec vient de paraître. Ce résumé nous apprend que le forçage radiatif (1) supplémentaire de l’ensemble des gaz à effet de serre émis par l’homme (gaz carbonique - CO2- , méthane - CH4 -, protoxyde d’azote - N2O - et halo-carbones) (3) entre 1750 et 2011 atteindrait 3 watts par m2. Sans surprise, le gaz carbonique CO2, résultat de la combustion des combustibles fossiles et de la déforestation, reste avec 1,68 W par m2 le premier responsable du réchauffement (56%).

Mais on y apprend aussi que le forçage supplémentaire du méthane sur la même période est de 0,97 W par m2 soit 32% du forçage total. C’est deux fois plus que ne le laisserait penser la simple prise en compte de sa concentration dans l’atmosphère et deux fois plus que ce qu’estimait le Giec dans son rapport précédent (3) où il ne comptait que pour 0,48 par m2 !

En page 16 du ’Résumé pour les décideurs’ - IPCC 2013 -

Cette information semble être passée pratiquement inaperçue : elle est pourtant majeure puisqu’elle indique que la responsabilité du méthane dans le réchauffement n’est pas actuellement de l’ordre de 15% comme l’annonçait le rapport du Giec en 2007 mais plutôt du double. D’autant que la concentration du méthane dans l’atmosphère, qui avait peu évolué depuis le début des années 90 jusqu’en 2005, semble accélérer depuis cette époque.

Figure SPM.5 du ’Sumary for policymakers" - IPCC 2013 -

Dans les années 2000, il était généralement admis que les émissions mondiales de méthane, de l’ordre de 360 millions de tonnes (4), provenaient pour environ 38% de l’agriculture irriguée et de l’élevage des bovins, pour 33% des émissions du système énergétique fossile, 23% de la fermentation des déchets agricoles et ménagers et enfin 6% des feux de forêt. Et parmi ces fuites du système énergétique, on attribuait une trentaine de millions de tonnes aux fuites de méthane (CH4) du système gazier, sur la base de taux de fuites de 1 à 2% selon les pays.

La production du gaz de schiste génère d’importantes fuites de méthane

Cette situation risque d’empirer rapidement avec le développement inconsidéré des gaz de schistes, d’abord aux Etats-Unis et peut-être bientôt ailleurs.

Les dernières mesures de fuites de méthane effectuées sur des champs gaziers aux Etas-Unis à partir de campagnes aériennes (5) donnent en effet des résultats très préoccupants : 6% à 12% de la production des champs de gaz de schiste fuirait vers l’atmosphère. Si des fuites de cette importance se confirmaient sur d’autres champs gaziers, les conséquences sur les émissions totales de méthane mondiales deviendraient très importantes.

La production de gaz de schiste aux Etas-Unis atteignait en effet déjà environ 150 millions de tonnes de CH4 en 2011. Même pour des fuites qui se situeraient dans le bas de la fourchette (6%), les émissions mondiales du système gazier se verraient augmentées de 30% par cette seule production et les émissions mondiales de méthane tous secteurs confondus de près de 3%. On n’ose imaginer les conséquences du développement international intense de production de gaz de schiste que prône un organisme comme l’Agence internationale de l’énergie qui envisage une production mondiale de gaz de schiste de l’ordre de cinq fois la production actuelle dans moins de 20 ans, avec la perspective d’augmenter les émissions mondiales de méthane de 15% à 20%.

Depuis plus de cinq ans, quelques climatologues et quelques experts de l’énergie ont essayé de faire prendre conscience à la communauté scientifique comme aux décideurs politiques ou aux médias de l’importance de cette question du méthane, malheureusement sans beaucoup de succès. C’est d’autant plus dommage que de nombreuses actions de prévention des émissions de méthane sont à portée de la main, économiquement rentables et procurent dans de nombreux cas une source d’énergie locale qui manque parfois cruellement (par exemple par récupération du méthane des déchets agricoles et domestiques).

Comme nous le laisse entendre discrètement le GIEC aujourd’hui, la question du méthane apparaît comme encore plus cruciale pour l’avenir du climat. Il devient en tout cas urgent, d’une part de réagir vivement aux discours des promoteurs de l’exploitation à tout va des gaz de schiste qui affirment sans vergogne participer ainsi à la transition énergétique, et d’autre part de définir des objectifs et un calendrier spécifiques de réduction des émissions de méthane pays par pays, secteur par secteur.

Notes :

(1) Le forçage radiatif mesure le flux d’énergie par m2 apporté à l’atmosphère par chacun des gaz responsable de l’effet de serre.

(2) Les Halo-carbones comprennent dans le document du GIEC : O3 (ozone), CFCs (chlorofluorocarbones), HFCs

(3) Cette nouvelle estimation prend en effet en compte l’influence des émissions de CH4 sur l’ozone et la vapeur d’eau stratosphériques.

(4) « Réduire le méthane : l’autre défi du changement climatique », Benjamin Dessus et Bernard Laponche, document de travail 68 AFD

(5) « Methane emissions estimate from airborne measurements over a western United States natural gas field », Anna Karion et al, Geophysical Research Letters, Vol. 40, 1–5, doi:10.1002/grl.50811, 2013.

Alternatiba Reporterre 2013/10/04 (4 octobre 2013) Alternatiba. Reporterre. fr

Alternatiba

« Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique ! »

Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, rend son cinquième rapport ce 27 septembre 2013, pour faire le point sur l’état du changement climatique en cours.

Le dimanche 6 octobre, une journée de mobilisation citoyenne ambitieuse et originale est organisée à Bayonne : Alternatiba, un véritable Village des alternatives, individuelles, collectives, territoriales et systémiques au changement climatique et à la crise énergétique. Des milliers de personnes y sont attendues.

Son objectif est de :

- diffuser le message de l’urgence climatique, sensibiliser le grand public et les élus à la nécessité de baisser rapidement et radicalement nos émissions de gaz à effet de serre, interpeller sur les conséquences dramatiques de l’absence d’accord international ambitieux, efficace, contraignant et juste sur le climat ;

- combattre l’effet possible de sidération, le sentiment d’impuissance et donc la démobilisation que peuvent provoquer la gravité et l’importance du défi climatique, en montrant que les solutions existent et qu’elles sont à notre portée, créatrices d’emploi, porteuses d’un monde plus humain, convivial et solidaire ;

- appeler à mettre en route sans plus attendre la transition sociale, énergétique et écologique nécessaire pour éviter le dérèglement profond et irréversible des mécanismes du climat.

Loin des fausses solutions - injustes, dangereuses et inefficaces - prônées par certains (géo-ingénierie, OGM, agro-carburants, marchés carbone, mécanismes de compensation, nucléaire etc.), des milliers d’alternatives aux causes du changement climatique sont en effet mises en pratique tous les jours par des millions d’individus, d’organisations, de collectivités locales dans les domaines les plus divers.

Agriculture paysanne, consommation responsable, circuits courts, relocalisation de l’économie, partage du travail et des richesses, reconversion sociale et écologique de la production, finance éthique, défense des biens communs comme l’eau, la terre ou les forêts, pêche durable, souveraineté alimentaire, solidarité et partage, réparation et recyclage, réduction des déchets, transports doux et mobilité soutenable, éco-rénovation, lutte contre l’étalement urbain et l’artificialisation des sols, aménagement du territoire soutenable, démarches de préservation du foncier agricole, défense de la biodiversité, sobriété et efficience énergétique, énergies renouvelables, plans Virage énergie climat, villes en transition, sensibilisation à l’environnement, etc. : les alternatives existent, elles ne demandent qu’à être renforcées, développées, multipliées !

Nous pouvons ainsi continuer à changer concrètement les choses chacun-e à notre niveau, et également renforcer la dynamique, la prise de conscience, le rapport de force permettant d’avancer vers les bonnes prises de décisions tant au niveau local qu’au niveau global.

Grandes semailles samedi à Notre Dame des Landes zad.nadir.org Reporterre 2013/10/04 zad.nadir.org (4 octobre 2013) Grandes semailles samedi à Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Grandes semailles samedi à Notre Dame des Landes

Samedi 5 octobre, les trois assemblées agricoles de la ZAD : ADECA, COPAIN 44 et Sème ta Zad, vous invitent à participer au chantier collectif de mise en culture de 24 hectares sur la zone. Ces parcelles, non cultivées en 2013, sont censées accueillir une des deux pistes de l’aéroport.

En cultivant ces terres ensemble, nous, paysan-ne-s impacté-e-s par le projet d’aéroport, paysan-ne-s solidaires installé-e-s à Bellevue et projets Sème ta Zad, tous occupants de la ZAD à notre manière, réduisons encore l’emprise d’AGO-Vinci sur la zone. Le coup de force des politiques à Bruxelles conforte notre détermination commune à empêcher tous travaux de commencer. Cela s’inscrit dans la continuité de la lutte sur ce territoire : refuser les expropriations, continuer à cultiver les terres, mener des batailles juridiques, construire des villages de cabanes, vivre sur une route, occuper la ferme de Bellevue, installer différents projets agricoles, penser la production de nourriture à l’échelle de la zone et au-delà ou encore mettre en place un « marché du carrefour de la Saulce libérée ». La récupération de ces parcelles, faisant coexister différents types d’agricultures, sera l’occasion d’expérimentations, de partage et de confrontation de différentes visions du monde, nous projetant une fois de plus bien au-delà de cette histoire d’aéroport.

Venez fêter cette nouvelle prise de terres aux mains d’AGO, au travers de chantiers collectifs, d’un repas et de discussions !

9h30 - RDV aux Ardillères 12h - Prise de parole et repas

Tout au long de la journée : Chantiers de mise en culture de différentes céréales, chantiers collectifs de plantation de haies et de drainage

Venez donc pelles, pioches et plants d’arbres* en main !

* Chêne, châtaigner, fruitier (poirier,...), charme, érable, noisetier, merisier, cormier, néflier, épine noire, glands, saule.

Les poissons d’eau douce disparaissent moins à cause du climat que par la pollution et la transformation des rivières Museum national d’Histoire naturelle Reporterre 2013/10/04 Museum national d’Histoire naturelle (4 octobre 2013) Les poissons d’eau douce disparaissent moins à cause du climat que par la pollution et la transformation des rivières. Reporterre. fr

Les poissons d’eau douce disparaissent moins à cause du climat que par la pollution et la transformation des rivières

A moyen terme, le changement climatique n’est pas la principale menace pour la biodiversité des poissons. Une étude scientifique montre que l’extinction des poissons d’eau douce est avant tout la conséquence des actions directes de l’homme (pollution, dégradation de l’habitat, fragmentation liée aux barrages), et qu’il faut agir dès maintenant si l’on veut préserver l’intégrité des cours d’eau.

Des chercheurs de l’Université Toulouse III [1] et de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) viennent de montrer que les extinctions actuelles des poissons d’eau douce dues aux pressions anthropiques seraient bien supérieures à celles générées par le changement climatique. Ces résultats, qui contrastent avec les précédentes estimations, sont publiés dans le Journal of Applied Ecology [2].

Les modèles utilisés jusqu’à présent prévoient que la réduction de l’habitat de certaines espèces provoquée par le changement climatique serait l’une des causes majeures de leur extinction. Mais ces modèles négligent le facteur temps et ne précisent pas la date de réalisation des prédictions, élément pourtant essentiel pour déterminer les causes d’extinction d’une espèce. Plusieurs décennies, voire plusieurs millénaires, peuvent en effet s’écouler avant l’extinction d’une espèce, celle-ci pouvant être due à d’autres facteurs que le changement climatique.

En intégrant cette dimension temporelle dans leur étude, une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Thierry Oberdorff [3], vient de montrer que les effets du changement climatique n’augmenteront les taux d’extinction naturelle chez les poissons d’eau douce que très marginalement, excepté dans les régions semi-arides et méditerranéennes, de l’ordre de 7 % en moyenne.

Taux d’extinction 150 fois plus rapide que naturellement

Les taux d’extinction provoqués par les activités humaines au cours des deux derniers siècles sont quant à eux beaucoup plus préoccupants : en moyenne 150 fois plus importants que les taux d’extinction naturelle et 130 fois plus importants que les taux d’extinction prédits en fonction du changement climatique.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un modèle empirique associant taux d’extinction et réduction des surfaces en eau des bassins. L’analyse à l’échelle mondiale de 90 000 cours d’eau révèle qu’à l’horizon 2090, seulement 7 % d’entre eux auront diminué de surface du fait du changement climatique.

Dans les régions semi-arides et méditerranéennes (sud-ouest des Etats-Unis, Mexique, sud de l’Amérique Latine, nord-est du Brésil, extrêmes nord et sud de l’Afrique, Europe du Sud, Asie centrale et orientale, Australie), qui totalisent le plus grand nombre d’extinctions, ce même phénomène n’entraînera qu’une faible répercussion sur les taux d’extinction naturelle.

Ainsi, dans les 1010 rivières pour lesquelles la richesse en espèces est connue, les scientifiques prévoient l’extinction, en tout et pour tout, d’une à cinq espèces dans seulement une vingtaine de cours d’eau d’ici à 2090.

Ces résultats montrent qu’à moyen terme, le changement climatique ne représenterait pas la principale menace sur la biodiversité des poissons. Les extinctions actuelles provoquées par la pollution, la dégradation de l’habitat, les introductions d’espèces ou encore la fragmentation liée aux barrages sont très largement supérieures à celles qui seraient dues au changement climatique.

Les auteurs mettent en évidence la nécessité d’agir dès à présent pour préserver l’intégrité des cours d’eau. Ils incitent à concentrer les efforts de conservation sur les impacts actuels et directs des activités humaines, pour préserver plus efficacement les espèces de poissons d’eau douce.

Bombes atomiques : on est si souvent passé à côté de l’explosion... Jozèf K Reporterre 2013/10/04 Jozèf K (4 octobre 2013) Bombes atomiques : on est si souvent passé à côté de l’explosion.... Reporterre. Tribune — Armée fr

Bombes atomiques : on est si souvent passé à côté de l’explosion...

Depuis soixante ans, des bombes atomiques ont été perdues, sont tombées par accident ou se sont détruites lors de choc. Le pire a été évité. Mais des milliers d’ogives sont toujours dans les arsenaux des Grandes puissances.

“D’avoir déclenché la puissance de l’atome a tout changé en nous sauf notre façon de penser, et c’est ainsi que nous dérivons vers la catastrophe absolue”, écrivait Einstein en 1946. Le demi-siècle suivant lui donna mille fois raison. Bref bilan ci-dessous. Et une question : qu’est-ce qui a changé ?

Comme souvent, Einstein disait l’essentiel. Les rapports de l’homme avec l’atome sont marqués par la perséverance dans l’absurde et la course à la mort.

Il y a l’absurde tragique, la “cohérence” d’une guerre froide qui a fabriqué au total quelques 70.000 armes nucléaires plus destructrices que celle d’Hiroshima – l’équivalent de plusieurs dizaines de tonnes de TNT par habitant de cette planète.

Il y a aussi l’absurde façon Père Ubu, si révélateur, où la bêtise réitérée sonde la capacité du hasard à éviter le cataclysme. Reporterre, après le Guardian, en a mentionné un exemple cité par Eric Schlosser dans un livre paraissant ces jours-ci : deux bombes H (environ 100 fois Hiroshima) larguées dans un jardin de Caroline du Nord en 1961 par un bombardier disloqué en vol, et l’une d’elle a failli exploser - 20 millions d’irradiés potentiels, la catastrophe humaine absolue.

Un accident semblable s’était déjà produit (en Caroline du Sud) en 1958. Ces bombes-là furent récupérées, mais sait-on qu’une quinzaine de bombes H et plusieurs réacteurs nucléaires pourrissent lentement dans les champs ou les eaux du monde ? Wikipedia en fournit un recensement partiel surtout pour les Etats-Unis, d’autres pays – notamment la Russie et la France - étant plus discrets. A quoi avons-nous échappé, et quelles leçons tirer ?

De 1948 à 1968, c’est la guerre froide du “Docteur Folamour”, dont l’exactitude vertigineuse s’est vérifiée au fil des révélations des secrets du Pentagone. Des escadrilles d’avions (B52 notamment) en vol permanent, attendant l’ordre de porter à l’Est plusieurs charges nucléaires capables chacune de détruire une mégapole.

En 1950, cinq accidents : des bombardiers s’écrasent, les explosifs haute puissance [1] se déclenchent ; les charges - ce qu’il en reste - sont récupérées. En 1956, un bombardier disparaît avec deux charges nucléaires dans la Méditerranée ; un autre dérape à l’atterrissage sur “une base étrangère”, défonce et incendie un local contenant plusieurs bombes H heureusement non-armées.

En 1957, dans un B52 près d’atterrir une bombe H arrache la paroi de la soute et chute de 400m ; la charge explosive chimique provoque la destruction de la bombe et la dispersion de ses éléments dans un rayon de 2 km. Deux mois plus tard, suite à une panne, un bombardier se déleste de deux bombes H au large des côtes du New Jersey. Elles y sont toujours. Deux mois encore, et un bombardier prend feu à l’envol avec deux charges nucléaires à bord : explosions chimiques, destruction des engins.

Même type d’accident à trois reprises en 1958 (dont largage et perte d’une bombe H en mer au large de la Georgie), à deux reprises en 1961 et en 1964. En 1965, un avion portant une bombe H tombe d’un porte-avion et se perd dans le Pacifique. En 1959, une collision entre un bombardier et son ravitailleur au-dessus du Kentucky avait entraîné leur chute avec deux bombes H ; une collision semblable à lieu au-dessus de Palomares (Espagne) en 1966 et trois bombes H tombent près d’Almeria, une quatrième en mer.

En 1968 à Thulé (Groenland) on frôle le pire, un B-52 s’écrasant à l’atterrissage avec quatre bombes H de très forte puissance. Trois sont détruites, leur plutonium largement répandu, la quatrième disparaît sous la glace. A chaque fois, une ou deux seulement des cinq sécurités destinées à bloquer le déclenchement du feu nucléaire ont fonctionné.

A l’âge des fusées, la folie passera à la vitesse supérieure. On définit la stratégie MAD (destruction mutuelle assurée), celle des mégamorts garantis. La chute d’une clé à molette dans un silo a fusée de l’Arkansas manque tout juste de faire exploser une bombe H de 9 megatonnes (64 fois Hiroshima).

Entre les années 60 et 80, la perte de contrôle de leur réacteur entraîne le sabordage de plusieurs sous-marins nucléaires soviétiques en mer de Barents, où s’entassent déjà les cadavres (cœurs de réacteurs inclus) de leurs frères obsolètes. L’accumulation des déchets issus de la fabrication des bombes, notamment américaines et soviétiques, pollue des milliers de km2 et des fleuves.

La crise de Cuba, un paroxysme ? Non, c’est avant-hier, le 7 novembre 1983 que le monde a failli partir en cendres radioactives, à la suite d’une escalade de menaces et de rapports d’espionnage mal compris entre américains et soviétiques. Les “experts” de ce monde-là, devenus octogénaires, vantent aujourd’hui le désarmement nucléaire total. Ils savent de quoi ils parlent. Et le danger croît.

Politis n°1271 Reporterre 2013/10/04 (4 octobre 2013) Politis n°1271. Reporterre. fr

Politis n°1271

Dossier : La fin de la résignation climatique ?

Le climat, souvenez-vous, c’était le tube de l’hiver 2009 : le sommet de Copenhague avait fait recette comme jamais, partout on se mobilisait dans les chaumières (militantes), les grands médias matraquaient, et l’on voyait même des scientifiques et des commis de la République s’habiller en citoyens pour dire leur inquiétude pour les générations futures. Et puis… plus rien. Le fiasco de Copenhague, sanctionnant l’incapacité d’un aréopage composé des chefs d’État des pays les plus puissants, a douché du jour au lendemain les plus vives ardeurs. Depuis quatre ans, il semble que la planète soit entrée en résignation climatique.

Mais voilà que la porte s’entrouvre à nouveau. D’abord parce que nous sommes dans une année « à Giec » : le groupement d’experts vient de rendre les premières conclusions de son nouveau rapport. Et les nouvelles, depuis celui de 2007, empirent : l’étau se resserre, l’humanité est bien partie pour expérimenter l’inconnu climatique avant la fin du siècle.

Depuis Copenhague, le sens du bien commun a-t-il gagné sur les égoïsmes nationaux ? Pour le savoir, rendez-vous à la conférence climatique 2015 des Nations unies. Son immense tâche : conclure un accord de réduction des émissions de CO2 liant tous les pays.

Et cela se passera en France. Les associations l’ont compris : François Hollande jouera gros à cette occasion et sur la route de la présidentielle de 2017, et elles comptent lui mettre la pression au cours des deux ans à venir. Le coup d’envoi sera donné samedi à Bayonne, avec Alternatiba, le plus important rassemblement d’alternatives climatiques depuis Copenhague.

A retrouver aussi dans ce numéro :

Le retour des mobilisations

Tribune : « Les solutions existent et elles sont à notre portée »

L’agroforesterie s’enracine dans l’agriculture Louise Browaeys (Reporterre) Reporterre 2013/10/05 Louise Browaeys (Reporterre) (5 octobre 2013) L’agroforesterie s’enracine dans l’agriculture. Reporterre. Agriculture fr

L’agroforesterie s’enracine dans l’agriculture

Peu à peu, les arbres reviennent dans les champs. Ils avaient été chassés par le remembrement. Mais les agriculteurs redécouvrent son utilité pour les cultures.

Le savoir-faire qui consiste à allier les arbres aux cultures est aujourd’hui redécouvert sous le nom d’« agroforesterie », néologisme apparu dans les années 1970. Cette technique est pourtant connue depuis la plus haute Antiquité puisque les Étrusques et les Grecs la mentionnent. Cette exploitation conjointe était particulièrement importante en France au Moyen-âge. Certaines associations traditionnelles sont encore visibles en Normandie (pré-verger) et dans la Drôme (noyeraies extensives et cultures intercalaires).

Oubliée après la seconde guerre mondiale et le remembrement agricole, cette science agronomique reprend aujourd’hui une multitude de formes (haies, bosquets, arbres têtards, alignements au sein de la parcelle, etc.) et s’adapte à toutes les productions agricoles : céréaliculture, élevage, maraichage, arboriculture, viniculture, etc.

Dans le champ, l’arbre augmente les capacités agricoles

L’agroforesterie, c’est penser le retour de l’arbre dans le champ. Car l’arbre n’est pas un concurrent mais bien un allié pour l’agriculture. Ces arbres champêtres participent à la production agricole, à la protection des cultures et des troupeaux, à la qualité de l’eau, à la fertilité du sol, au déploiement de la biodiversité. Il s’agit bien de s’inspirer de la forêt, de ses recyclages permanents, de la vitalité de son sol. Productif et écologique, l’arbre utilise efficacement l’énergie lumineuse et fixe le carbone. Il embellit le paysage et offre un moyen de lutte contre le changement climatique. En comparaison avec la monoculture qui a envahi le paysage, l’agroforesterie permet une augmentation du rendement : avec une densité de 50 arbres par hectare de céréale cultivé, l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) évalue jusqu’à 50% le gain de production [1].

Grâce à son enracinement profond, l’arbre agroforestier n’entre pas en concurence avec les cultures -

La présence de l’arbre dans le champ permet ainsi à l’agriculteur de sortir de la précarité énergétique, de gagner en autonomie, de diversifier produits et revenus. L’arbre offre directement des fruits, du bois d’œuvre ou du bois énergie, parfois un complément de fourrage. Jack de Lozzo, agroforestier bio sur 84 ha à Noilhan, dans le Gers, explique : « L’agroforesterie est la première étape dans un engagement respectueux de l’environnement. Elle est une solution pour rhabiller des terres nues, enrayer les problèmes d’érosion, ajouter à la beauté du paysage. Les premières années, l’agroforesterie apporte une aide précieuse en offrant l’habitat aux auxiliaires de cultures et aux pollinisateurs. Mais une part importante est à venir : avec le temps l’agroforesterie offre la remise en état des sols grâce aux feuilles, aux racines et au BRF ».

En 2007, l’Association française d’agroforesterie (AFAF a été créé afin de favoriser le développement de l’agroforesterie en France. Son président depuis 2011, Alain Canet, est fils d’agriculteurs et directeur d’Arbres et Paysage 32, association basée à Auch, dans le Gers. Dans ce département, plus de 300 hectares sont aujourd’hui cultivés en agroforesterie.

Sous l’impulsion de l’AFAF, plusieurs milliers d’hectares agroforestiers sont ainsi plantés chaque année en France, dans les champs ou à leurs abords. L’association rassemble en particulier les associations pionnières qui promeuvent le retour de l’arbre champêtre depuis sa disparition, au moment du remembrement. Dans les années 1950, l’industrialisation massive de l’agriculture a en effet nécessité l’arrachage des arbres et des haies. Ils ont été considérés comme secondaires, et méprisés, puisque les engrais chimiques permettent d’alimenter directement les cultures et d’augmenter les rendements à cout terme. Leur disparition a aussi facilité le passage des nouvelles machines, de plus en plus larges.

Linéaires d’arbres champêtres sur tapis de sorgho, sarrasin et luzerne -

Mais sans l’arbre, l’équilibre écologique est plus fragile, la terre s’érode et s’appauvrit. Des années de recherche et d’expérimentation l’ont montré. L’arbre retient l’eau, abrite du vent et nourrit la terre à long terme, puisque feuilles et racines font le précieux humus. « L’arbre crée le sol et donne vie », explique Alain Canet. Les études ne cessent de montrer la forte complémentarité des cultures annuelles et des arbres et la bonne valorisation des ressources (azote, lumière, eau, etc) qui résulte de leur association. L’actualité rappelle souvent l’importance des arbres, avec la multiplication des incidents climatiques (inondations, pollutions, sécheresses, érosions...) auxquels l’arbre apporterait une réponse efficace et accessible.

Comme en agriculture biologique, une vraie conversion

Pierre Pujos, lauréat cette année des Trophées de l’agriculture durable, est agriculteur biologique depuis 1998 sur 85 hectares à Saint-Puy, dans le Gers : l’agroforesterie trouve toute sa place dans sa démarche. Il mise sur l’activité biologique du sol et l’autonomie de la ferme, tant en terme de fertilisants que d’énergie. Sa réflexion agronomique est profonde : rotation des cultures - céréales, légumineuses, légumes - couverture permanente et travail superficiel du sol, engrais verts, semis direct, recours à des variétés anciennes et rustiques.

« J’ai toujours porté cette idée d’être plus autonome et de savoir valoriser ce qui est a portée de main, raconte Pierre Pujos. J’expérimente depuis quelques années des techniques de semis couverts, des préparations de sol minimales et je plante des haies et de l’agroforesterie. J’intègre l’arbre dans une démarche globale qui tend à optimiser ma capacité de production. Il reste beaucoup à apprendre mais les quelques retours d’expérience dont je bénéficie et les nombreuses pistes que j’envisage sont prometteuses d’avenir. » En opposition avec les monocultures fortement répandues et dépendantes des intrants, l’agroforesterie précisent certains principes de l’agriculture biologique, bien qu’elle concerne aussi des agriculteurs non bio, qui plante des arbres dans leurs champs sans abandonner la chimie.

Mais ces arbres encore timidement sortis des forêts ne représentent que 1 à 2 % des surfaces arborées. Si ce savoir-faire n’est pas davantage pratiqué, c’est qu’il existait jusqu’ici des freins techniques, aujourd’hui en partie levés. Les outils agricoles ont été repensés, facilitent le travail, que ce soit en ce qui concerne les semis directs sous couvert végétal ou la valorisation du BRF. Certains freins politiques aussi ont été levés : l’agroforesterie devrait s’insérer dans le nouveau cadre de verdissement de la Politique Agricole Commune, qui conditionnera une part des aides. De fait, les freins sont surtout psychologiques, car ces pratiques exigent des changements radicaux dans la vision du métier d’agriculteur. « Cette méthode culturale devient naturelle s’il y a une prise de conscience et un réel changement d’état d’esprit », conclut Jack de Lozzo.

Compléments d’info :

- L’Agroforesterie en 10 questions et 2 dessins - L’agroforesterie en France : intérêts et enjeux, édité par le ministère de l’Agriculture - L’arbre est l’avenir de l’homme sur France Culture - “La preuve par l’œuf" sur Libération.

Les prédateurs du béton Reporterre 2013/10/05 (5 octobre 2013) Les prédateurs du béton. Reporterre. fr

Les prédateurs du béton

Enquête sur la multinationale Vinci

Créé en 2000, Vinci est vite devenu un champion du CAC 40 et l’un des leaders mondiaux du BTP. Autoroutes, parkings, aéroports (dont celui de Notre-Dame-des-Landes), voies ferrées, industrie nucléaire et réseaux d’eaux constituent les marchés de Vinci pour la phase construction et pour l’exploitation. Pour les partenariats public-privé et les grands chantiers, Vinci a constitué avec quelques autres majors une oligarchie très restreinte, surpuissante, imposant son ordre au monde économique et aux collectivités.

Vinci incarne le capitalisme moderne avec un discours de façade écolo, une rhétorique bien rodée sur l’humain au cœur de l’entreprise, des œuvres de bienfaisance bien orchestrées. Ce qui n’empêche pas des pratiques de prédateur en profitant des opportunités ouvertes par la crise financière et économique, l’exploitation de la précarité des salariés, les proximités avec le pouvoir et quelques ennuis devant les tribunaux.

SOMMAIRE :

Oligarchie vaincra ! Rapport à l’argent d’Antoine Zacharias le fondateur, premier patron du CAC 40 traîné en justice et condamné pour avantages de départ. Portrait de son dauphin et successeur, Xavier Huillard, qui a précipité la chute du patriarche. Du passé faisons table gigogne. Histoire de groupe avant la constitution de Vinci : Girolou, SGE, rachat et absorption, dessous de table du temps de la Générale des eaux. Vinci soit-il. Le groupe de BTP depuis sa création en 2000. Stratégie de réseau et de filiales, tactiques de prédateur (rachat des aéroports portugais). Traitement social de ses salariés. À qui profite le green ? Greenwashing et socialwashing : les stratégies de communication pour paraître pétri d’écologie et de responsabilité sociale face aux conditions de travail, à la précarité sur les chantiers, aux procès pour mise en danger des salariés. Charité bien ordonnée. Bonnes œuvres, chaires universitaires, fondations et think tanks, (Hulot, Institut de l’entreprise, Fabrique de la cité, Fondation Vinci pour la cité, Fondation Vinci autoroutes, Pour une conduite responsable, Aurore...) En tout état de cause. Marchés publics en état de siège. Partenariat public-privé (PPP) et rapports avec l’État, pantouflages, passage des services de l’État au service de Vinci.

- Les Prédateurs du béton, Enquête sur la multinationale Vinci, Nicolas de la Casinière, Editions Libertalia, 160 pages, 8,00 €

L’auteur

Nicolas de la Casinière (né en 1954) est journaliste et illustrateur. Il anime le périodique satirique La Lettre à Lulu, et vient de signer, pour les éditions Les Beaux-Jours, Le Guide du promeneur de Nantes (mai 2013). Il a également publié, en 2012, un Guide secret de Nantes et de ses environs (éditions Ouest-France).

Elle vit sans argent, et s’en porte très bien Isabelle Tissot (Durable) Reporterre 2013/10/05 Isabelle Tissot (Durable) (5 octobre 2013) Elle vit sans argent, et s’en porte très bien. Reporterre. fr

Elle vit sans argent, et s’en porte très bien

Heidemarie Schwermer, 69 ans, a tout de l’archétype de la grand-mère allemande. A un détail près. Il y a quinze ans, en mai 1996, elle a fait le choix de vivre sans argent. Impossible voire impensable, direz-vous ! Et pourtant, cette expérience, qui ne devait au départ durer qu’un an, s’est prolongée. A tel point que son initiatrice n’envisage plus de vivre autrement.

Les prémisses de cette idée un peu folle remontent aux années 1990. Après un divorce douloureux, Heidemarie, ancienne institutrice, s’installe avec ses deux enfants à Dortmund dans le nord-ouest de l’Allemagne, où elle ouvre un cabinet de psychologue. Les chocs pétroliers ont frappé de plein fouet la région très industrielle de la Ruhr, précipitant de nombreuses personnes dans la pauvreté. Un constat qui choque Heidemarie, convaincue qu’il ne s’agit pas fondamentalement d’un manque de ressources, mais de leur mauvaise répartition. Quelle absurdité, se dit-elle, que certains ne sachent plus quoi faire de leur argent quand d’autres meurent de faim !

Alors que d’aucuns se seraient contentés d’un apitoiement de circonstances, cette femme énergique refuse de se résigner à cette situation de fait, persuadée que les petits gestes de chacun comptent. Elle monte un projet appelé « Gib und Nimm », en français « Donne et prend », opérationnel en 1994 à Dortmund : tout simplement un système de troc, où les gens échangent biens, services et compétences, sans aucun recours à de l’argent.

Le succès est au rendez-vous, mais pas comme elle l’espérait : ce ne sont pas les sans-abris qui se pressent aux portes des points de rencontre « Gib und Nimm », mais les chômeurs, les retraités ou encore les étudiants… Conséquence inattendue de l’aventure « Gib und Nimm », Heidemarie se rend bientôt compte qu’elle n’a pas besoin de beaucoup pour vivre, et certainement pas de tout ce qu’elle possède. Germe alors une idée folle, ne pas dépenser un seul sou pendant un an.

Arrive le joli mois de mai 1996, sa décision est prise. Elle donne ses biens à des amis et des connaissances, ferme son compte bancaire, résilie ses assurances, et vend sa maison. Mais hors de question de vivre dans la rue ! Elle tire parti de son réseau de troqueurs passionnés qui lui confient la garde de leur maison en leur absence contre de menus services. Elle récupère les invendus des supermarchés bios de Dortmund et s’habille avec des vêtements qu’elle a troqué au marché aux puces. Elle se refuse même à aller chez le médecin. Quant à sa retraite mensuelle de 700 euros, elle la donne à des proches qui en ont besoin. De même pour les droits d’auteur de « Vivre sans argent », le livre traduit dans cinq langues qu’elle a tiré de son expérience : la coquette somme a été reversée en coupures de cinq marks à des passants chanceux. Ses effets personnels se résument au contenu d’une petite valise. Plus 200 euros en cas d’urgence.

D’abord tenaillée par l’angoisse du réfrigérateur désespérément vide, elle finit par apprécier de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Au point d’adopter définitivement ce nouveau mode de vie, auquel elle ne renoncerait pour rien au monde. Heidemarie Schwermer partage son temps entre les services qu’elle rend pour assurer son quotidien, l’écriture de son troisième ouvrage, et de nombreuses conférences. « Living without the money », le documentaire tiré de son expérience n’a pas encore été diffusé en France, mais connaît déjà un franc succès dans le monde entier.

On lui demande souvent si elle n’a pas subi de traumatisme dans son enfance qui permettrait d’expliquer ce dessein irraisonné. Aucun, répond cette native de Dantzig, à l’époque enclave allemande en terre polonaise, si ce n’est la fuite vers l’ouest devant l’avancée des soldats soviétiques à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Arrivée en Allemagne, la famille démunie fait l’objet de moqueries, une prise de conscience brutale pour la petite fille qu’elle était à l’époque, du pouvoir de l’argent sur le jugement des hommes.

A ceux qui la traitent de folle, elle répond que « l’argent nous détourne de l’essentiel » et que l’abandonner lui a apporté « une qualité de vie, une richesse intérieure et la liberté ». Une démarche qu’elle souhaite pousser encore plus loin, en prônant désormais le partage totalement désintéressé, plutôt que le troc.

Provocatrice ou prophète en avance sur son temps, le débat reste ouvert. Bien entourée et peut-être chanceuse au fond, Heidemarie Schwermer a prouvé qu’il était possible de vivre sans argent pendant quinze ans dans un pays où le troc, la récup et le système D font partie intégrante de la culture. Pas sûr qu’elle fasse des émules, et par ailleurs ce n’est pas tant son but que « de faire réfléchir les gens sur leur façon de vivre et leur relation aux autres. » Un pari réussi !

Merci Monsieur le Préfet Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/06 Hervé Kempf (Reporterre) (6 octobre 2013) Merci Monsieur le Préfet. Reporterre. Tribune — fr

Merci Monsieur le Préfet

Des véloterroristes armés de pompes à vélo et de tendeurs sont ramenés à la raison. Que règne l’ordre automobile !

Il nous faut remercier la Préfecture de police de Paris de nous prémunir d’un terrible danger. Car n’apprend-on pas que, de temps à autre, des vélocipédistes se réunissent et entreprennent de rouler ENSEMBLE ! Occupant ainsi l’espace public, ils menacent l’ordre, la sécurité, la tranquillité, bref le parfait ordonnancement qui fait de la capitale de la France un phare rayonnant sur l’univers entier.

L’autre jour, encore, quelques dizaines de ces hooligans à roulettes ont eu le front de rouler autour de l’Arc de Triomphe. Ils ont ralenti de nombreuses automobiles emplies de vaillants travailleurs. On dit que, saisis d’effroi, certains conducteurs auraient manqué d’emboutir un autobus, on raconte qu’un coup de volant malencontreux a failli jeter une Mercedes sur la flamme du Soldat inconnu, on murmure qu’un pilote émérite négociant en Beaujolais aurait confondu un cycliste avec un éléphant rose et sorti la carabine qu’il avait utilisé dans un safari en Afrique.

Non contents de semer la terreur sur un des lieux les plus sacrés de la mémoire nationale, les écoloterroristes armés de pompes à vélo et de tendeurs – certains avaient même des casques, signe irréfutable de leur caractère belliqueux - ont descendu les Champs Elysées, atteignant la Concorde qu’ils ont souillé des traces de leurs pneumatiques déjantés.

Ah, merci Monsieur le préfet de Police ! Merci d’avoir convoqué les membres de l’association Velorution – le qualificatif dont s’affuble ce groupuscule désigne assez sa nature anarchiste, ils ne respectent même pas les mots ! -, d’avoir convoqué ces dangereux agitateurs pour leur signifier que dorénavant, il faudrait déclarer au préalable toute randonnée.

Comme si la parole d’un autorité publique ne suffisait pas à guider chacun dans le droit chemin, ces impudents perturbateurs ont demandé comment on définissait une randonnée.

Dans sa mansuétude, l’admirable fonctionnaire de la préfecture a répondu qu’une unité constituée de cycliste commence à partir de deux ; que toute unité constituée de cyclistes est une randonnée ; et que toute randonnée doit faire l’objet d’une déclaration préalable.

Eh oui, cela tombe sous le sens. Au-delà de deux cyclistes roulant ensemble, il faut le déclarer à la préfecture, qui accordera ou non le droit de se livrer à cette activité si gênante.

On ne sait si ces petits effrontés ont osé demander si une unité constituée d’automobiles commençait à partir de deux automobiles ; si toute unité constituée d’automobiles était une randonnée ; et si toute randonnée d’automobiles devait faire l’objet d’une déclaration préalable. Nul doute que le fonctionnaire lui aurait répondu que… ahem, enfin, humm… enfin, bref, il faut que l’ordre règne, que les automobiles roulent, et que l’on cesse d’insinuer qu’il pourrait en être autrement !

Eléments de langage :

Une collaboratrice de Reporterre a interrogé à ce propos la Préfecture de police.

Celle-ci lui a fourni des « éléments de langage » que voici :

"L’association VELORUTION a organisé un défilé sur voie publique qui l’a conduit notamment à emprunter la place de l’Etoile, la place de la Concorde et l’avenue des Champs Elysées, et ce en constituant un groupe compacte d’environ 200 cyclistes se répartissant sur l’ensemble de la chaussée ce qui a fortement ralenti la circulation. Ce défilé, à caractère revendicatif, n’a pas été déclaré, de sorte que son parcours n’a pu être étudié avec les services de la préfecture de police, comme c’est normalement l’usage et ce dans l’intérêt même des participants et de leur sécurité. Nonobstant le non respect de ces formalités, et dans l’urgence, les forces de l’ordre ont néanmoins encadré le défilé pour assurer la protection des cyclistes concernés. En revanche, l’organisateur de ce défilé a été verbalisé pour non déclaration d’une manifestation et entrave à la circulation. La préfecture de police rappelle qu’elle ne s’oppose pas et qu’elle encadre sans souci chaque semaine des déplacements déclarés de groupes importants de cyclistes ou de rollers.

A la connaissance de la préfecture de police, le droit n’a pas été modifié dans ce domaine".

« Que mille Alternatiba fleurissent », affirment les participants de la ville des alternatives Alternatiba Reporterre 2013/10/06 Alternatiba (6 octobre 2013) « Que mille Alternatiba fleurissent », affirment les participants de la ville des alternatives. Reporterre. Alternatiba fr

« Que mille Alternatiba fleurissent », affirment les participants de la ville des alternatives

Alternatiba s’est déroulée à Bayonne dimanche 6 dans une ambiance formidable. Plus de dix mille personnes ont parcouru les rues de Bayonne transformées en village des alternatives. Dans une déclaration lu devant l’assemblée finale d’Alternatiba, les participants appellent à multiplier les Alternatiba pour peser sur la conférence sur le climat de 2015 à Paris.

Appel à multiplier les villages des alternatives

Stéphane Hessel affirmait qu’un des défis centraux de notre temps était « les changements climatiques et les dégradations dues à l’action de l’homme au cours des trois derniers siècles. Le dérèglement climatique s’aggrave et s’accélère, mettant à mal les populations les plus pauvres de la planète et à moyen terme les conditions de vie civilisée sur Terre ».

Tous les signaux d’alerte sont au rouge. Les dérèglements climatiques se multiplient, touchant particulièrement les populations les plus pauvres du Sud, mais aussi celles du Nord : sécheresses, désertification, modifications des saisons, inondations, ouragans, typhons, feux de forêts, fonte des glaciers et de la banquise... Resterons-nous sans rien faire ? Allons-nous continuer de regarder la planète brûler ?

L’enjeu est clair : réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas franchir les seuils dangereux, voire irréversibles de réchauffement et de déstabilisation du climat.

Le dérèglement massif, brutal, en un temps aussi court du système climatique, est un défi sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

Mais Alternatiba, cette journée magnifique, doit nous faire garder l’espoir : les solutions existent, elles sont déjà mises en oeuvre par des milliers d’associations, de collectivités locales, d’individus. Mieux : ces alternatives construisent une société plus agréable à vivre, plus conviviale, plus solidaire, plus juste et plus humaine.

L’agriculture paysanne, la relocalisation de l’économie, l’aménagement maîtrisé du territoire et le développement des alternatives au tout-routier, la sobriété énergétique, l’éco-habitat, la mise au pas de la finance, la reconversion sociale et écologique de la production, la consommation responsable, le partage du travail et des richesses, l’entraide, la réduction et le recyclage des déchets, la préservation des biens communs comme l’eau, la terre ou les forêts en montrent les chemins... La lutte contre le changement climatique n’est pas une contrainte mais un élan formidable pour construire un avenir plus humain.

Hélas, les gouvernements, les puissants de ce monde ne suivent pas ces chemins. Les négociations internationales sur le climat pataugent et font fausse route. Les multinationales et les lobbies économiques font tout pour que ces alternatives ne soient pas appliquées car elles mettent en cause leurs sources de profit et de pouvoir.

Pire, ils imposent leurs fausses solutions, inefficaces et dangereuses : nucléaire, agrocarburants, OGM, mécanismes de compensation, financiarisation de la nature, géo-ingénierie, etc. Celles-ci permettent de maintenir un modèle où le Nord et les populations les plus riches de la planète pillent la nature, s’accaparent les richesses et dévastent l’environnement, notamment au Sud

L’implication citoyenne, la mobilisation des populations et la réappropriation de notre avenir sont indispensables pour faire contre-poids à ce travail de sape. L’engagement de chacun et chacune d’entre nous, auquel appelait si fort Stéphane Hessel, est aujourd’hui une priorité pour relever le défi climatique.

La stabilisation du climat sera le fruit de notre union, de notre intelligence collective, de notre solidarité et de notre soif de justice sociale, de notre capacité à enclencher les changements ici et maintenant, à mettre en route la transition, sans plus attendre.

Fin 2015 aura lieu la COP21, la 21e conférence de l’ONU sur le changement climatique. Six ans après la très médiatisée conférence de Copenhague, la COP21 devrait l’être tout autant, les chefs d’Etat s’étant publiquement engagés à y adopter un nouvel accord international de lutte contre le changement climatique pour l’après 2020. L’horizon 2020 est signalé par la communauté scientifique internationale comme une période où nos émissions de gaz à effet de serre doivent avoir commencé à baisser de manière significative si nous voulons éviter le pire.

Pour que ces promesses ne restent pas lettre morte comme ce fut le cas à Copenhague, c’est aux citoyennes, aux citoyens, aux populations, de se mobiliser et d’agir pour que soient mises en place de vraies solutions. Ce d’autant plus que cette COP21 se tiendra à ... Paris, sur l’aéroport du Bourget !

La mobilisation populaire en France et en Europe sur les questions d’urgence climatique et de justice sociale redevient donc un enjeu d’une actualité particulière.

Le succès et le caractère fédérateur d’Alternatiba, ce Village des alternatives rendu possible par l’engagement de chacun d’entre nous ici à Bayonne, nous montre un des visages que pourrait prendre cette mobilisation citoyenne européenne.

Nous appelons toutes les villes et tous les territoires d’Europe à préparer à leur tour et dès maintenant leurs propres Villages des alternatives au changement climatique et à la crise sociale et écologique.

Il s’agira autant d’interpeller les dirigeants sur les conséquences dramatiques de l’absence d’accord international ambitieux, efficace, contraignant et juste sur le climat, que d’appeler les populations à mettre en route sans plus attendre la transition sociale, énergétique et écologique nécessaire pour éviter le dérèglement profond et irréversible des mécanismes du climat.

L’objectif sera également d’unir tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, par les alternatives ou les combats dont ils sont porteurs, contribuent, parfois sans le savoir, à préserver le climat. Ce qu’a fait Alternatiba à Bayonne, nous pouvons le reproduire partout, dans des formats les plus divers.

Pour voir fleurir dix, cent, mille Alternatiba, ensemble, diffusons cet Appel autour de nous. Réunissons le maximum d’acteurs du changement pour préparer dès à présent les Villages des alternatives qui devront éclore partout en France et en Europe, jusqu’à la COP21 de Paris.

Unis et déterminés, nous pouvons gagner cette bataille au Nord comme au Sud. Pour nous et pour les générations à venir. Pour que l’on puisse dire, aujourd’hui aussi bien que demain : « nous nous sommes engagés quand il en était encore temps ! »

A Toulouse, une « coopérative intégrale » prépare l’après-capitalisme Emmanuel Daniel (Reporterre) Reporterre 2013/10/07 Emmanuel Daniel (Reporterre) (7 octobre 2013) A Toulouse, une « coopérative intégrale » prépare l’après-capitalisme. Reporterre. Économie fr

A Toulouse, une « coopérative intégrale » prépare l’après-capitalisme

Le capitalisme ne constitue pas un horizon indépassable. C’est ce que tentent de prouver les coopératives intégrales en posant les bases d’un nouveau système économique basé sur l’autogestion, la coopération, les relations de proximité et la décroissance. Ce concept né en Catalogne essaime à travers l’Europe et notamment à Toulouse.

- Reportage, Toulouse.

« Nous pouvons vivre sans capitalisme ». Les membres de la Coopérative intégrale catalane (CIC) en sont persuadés. Et ils ne se contentent pas de le clamer. Depuis 2010, ils sont près de dix mille à bâtir « une nouvelle économie basée sur la coopération et les relations de proximité » [1]. Cette coopérative d’un nouveau genre est dite intégrale car « elle regroupe les éléments basiques d’une économie et comprend tous les secteurs d’acitivités nécessaires pour assurer le quotidien ». Coopératives de logement et d’alimentation, centres de santé autogéré, banques, écoles, production d’énergie... La mise en réseau d’alternatives socialement utiles et écologiquement soutenables permet à la CIC de poser les bases d’un nouveau système économique échappant aux règles du marché et au diktat de la rentabilité.

Pour que les membres puissent accéder aux biens et services nécessaires à leur subsistance, des moyens d’échange nouveaux ont été mis en place. L’euro n’a plus le monopole en Catalogne. Les usagers du centre de santé peuvent par exemple payer leur consultation en Ecocoop, la monnaie sociale interne à la CIC, en temps de travail ou... avec un pied de tomates. Créé sous l’impulsion de l’activiste Enric Duran, surnommé le Robin des banques pour avoir escroqué 500 000 € à des institutions financiaires, ce projet constitue « une proposition constructive de désobéissance et d’autogestion généralisée pour reconstruire la société depuis le base ».

Fédérer les alternatives

De l’autre côté des Pyrénées, à Toulouse, cette expérimentation à mi-chemin entre anarchisme et socialisme utopique, a séduit une population animée par une envie radicale de changement. Fin 2012, suite au passage d’Enric Duran et d’autres membres de la CIC, ils étaient près d’une centaine à se regrouper pour créer la Coopérative intégrale toulousaine (CIT). Squatteurs, étudiants, infirmières, graphistes, agriculteurs, bricoleurs, banquiers... Ce collectif hétéroclite espère pouvoir « fédérer et unir les alternatives existantes et en faire naître de nouvelles, comme l’explique Karim, un des piliers de l’initiative. Nous avons déjà tout à Toulouse : un garage associatif, des Amap, des écoconstructeurs, un fournisseur d’accès à internet alternatif, des gens qui travaillent sur l’énergie libre... Sauf que rien n’est connecté », constate-t-il. Et pour Mathieu, électronicien présent depuis la première réunion, le meilleur moyen de fédérer ces initiatives est de développer des monnaies sociales et l’échange non marchand afin de « sortir progressivement de l’euro et du capitalisme ».

Pour y parvenir, les membres de la coopérative intégrale toulousaine se retrouvent chaque mois lors d’une Agora où différents groupes de travail viennent faire état de l’avancée de leurs recherches.

Ce samedi, ils sont une vingtaine à s’être donné rendez-vous dans une chapelle reconvertie en squat. Les uns planchent sur des « projets productifs » tels que la mise en place d’un centre de santé autogéré ou d’un « groupement de consommation » qui vise à supprimer les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Les autres réfléchissent à la meilleure façon d’adapter « le concept de la Coopérative intégrale catalane au contexte juridique et culturel français », selon les mots de Carlos, qui consacre son doctorat en sociologie à l’étude du projet.

Autogestion, consensus et subsidiarité

Les discussions vont bon train, mais aucun vote ne viendra ponctuer la journée. En effet, cette assemblée ouverte à tous n’a pas vocation à prendre des décisions. « On concoit la prise de décision comme nécessairement concommitante de l’action. Le groupe de travail le plus petit va prendre les décisions qui sont liées à son activité selon le principe de subsidiarité », précise Carlos. Ainsi, chaque groupe d’action (santé, logement, consommation, juridique...) est autogéré et prend ses décisisons au consensus. Et pour que cette addition de forces autonomes trouve sa cohérence, les groupes mandatent un ou plusieurs de leurs membres pour rendre compte de leurs travaux lors de réunions de coordination entre groupes ou pendant l’Agora.

Cette assemblée, conçue comme un temps de délibération et d’échange a pour vocation de permettre aux différents membres de la Coopérative intégrale toulousaine d’avoir une vue d’ensemble sur les actions en cours. Elle offre également la possibilité à des groupes de travail de recruter de nouveaux membres. Ainsi, pendant la journée, l’équipe qui œuvre à la mise en place du centre de santé autogéré s’est étoffée. Trois praticiennes de santé, en activité ou en formation, ont rejoint le projet tandis que d’autres sont venus grossir les rangs des groupes logement et consommation.

Repenser nos moyens d’échange

Après presque un an de travail, les membres de la Coopérative intégrale toulousaine ont élaboré les statuts de l’association, lancé un système d’échange local (SEL) afin de partager biens, services et compétences sans utiliser d’argent et commencé à démarcher les producteurs locaux. Ceux-ci sont prêts d’une centaine à se tenir prêts. « J’attends que les outils soient en place pour m’impliquer », explique Théo, informaticien. En effet, tant que les moyens d’échange permettant aux producteurs de subvenir à leurs besoins sans passer par le système marchand ne seront pas fonctionnels, le projet ne pourra guère compter que sur le bénévolat pour avancer. « Ils sont tous en train de nous demander quand est-ce qu’ils pourront échanger entre eux », se réjouit Karim.

Mais il leur faudra patienter au moins six mois. Le temps pour le « groupe inter-échange » de trouver une formule qui permette au plus grand nombre d’y trouver son compte. « Nous voulons mettre en place un système qui puisse répondre tout de suite aux besoins des membres, ceux qui ont du temps mais pas d’argent mais aussi ceux qui ont de l’argent mais pas de temps », détaille Karim. Plusieurs modèles sont à l’étude comme les monnaies complémentaires, les SEL, les banques de travail ou les cryptomonnaies décentralisées comme les Bitcoins.

Une autre économie est possible

Mais peu importe les moyens d’échanges qu’ils choisiront, si les membres de la CIT veulent rassembler autant de producteurs et consommateurs que leurs voisins catalans, il leur faudra présenter des réalisations concrètes. Ils comptent donc d’abord expérimenter le système à petite échelle pour tester sa viabilité. « Si ça marche, on ne restera pas à 50 ou 100. Au vu de la situation économique et sociale actuelle, les gens sont déjà demandeurs d’une autre manière de fonctionner », argue Karim.

L’ampleur prise l’expérience catalane leur fait penser qu’une qu’une autre économie, viable et soutenable, est possible. Et ils ne sont pas les seuls à le croire. D’autres territoires se sont également lancés dans l’aventure en Espagne mais également à Nantes, Marseille, en Ariège et en Belgique.

Et même si le chemin emprunté est long et sinueux, les Toulousains sont persuadés de ne pas faire fausse route. « Les membres de la coopérative intégrale sont en train de générer le changement. On n’attend pas que ce soit les politiques qui le fassent à notre place, expose Carlos. On agit maintenant, depuis la base, pour créer des alternatives au système ».

Note :

Les citations des deux premiers paragraphes sont issues d’une plaquette réalisée à l’occasion de la venue d’Enric Duran en France.

A Bayonne, le succès d’Alternatiba, une mobilisation joyeuse pour la bataille climatique L’équipe de Reporterre Reporterre 2013/10/07 L’équipe de Reporterre (7 octobre 2013) A Bayonne, le succès d’Alternatiba, une mobilisation joyeuse pour la bataille climatique. Reporterre. Climat fr

A Bayonne, le succès d’Alternatiba, une mobilisation joyeuse pour la bataille climatique

Alternatiba s’est déroulée dimanche 6 octobre à Bayonne. Dans une ville investie par des dizaines de présentations d’alternatives au système économique dominant, plus de quinze mille personnes ont échangé, réfléchi et discuté. Paradoxe : à la gravité du diagnostic sur le changement climatique s’opposait un sentiment joyeux d’alliance dans une lutte vitale.

- Reportage, Bayonne

On connaissait la ville drapée de blanc et de rouge, dansant autour de quelques vachettes, lors des traditionnelles fêtes nocturnes à l’entrée du mois d’août. Ce week-end des 5 et 6 octobre, le vert avait remplacé les couleurs locales, et les batucadas déambulant dans le centre-ville faisaient oublier la tauromachie. Bayonne a vibré pendant deux jours au rythme d’Alternatiba, village festif et grandeur nature, mettant en lumière la panoplie des alternatives pour prévenir le changement climatique.

Afin de réussir cet événement préparé de longue date – le projet est né quelques mois après l’échec du sommet de Copenhague en décembre 2009 –, l’appel à la mobilisation générale a fonctionné à plein. Chez Yannick et Adrien, qui participent au projet depuis plusieurs mois, la colocation a pris des airs d’auberge espagnole, les matelas sur le sol se multipliant à l’approche du jour J. Ce vendredi soir, on vient de Paris, de Bretagne, des quatre coins du Sud-Ouest ou de l’autre côté de la frontière. Suivant les aléas du train ou du covoiturage, on arrive à toutes les heures du jour et de la nuit, la porte est ouverte. Et autour d’un bon verre de patxaran, liqueur locale, on échange en basque, en français ou en espagnol. 3h00 du matin, il est temps d’aller se coucher : la dernière réunion des bénévoles a réuni près de 200 motivés vendredi ; le WE peut enfin démarrer, sur de bonnes bases.

Samedi. Les centrales nucléaires sont devenues des musées

La pluie matinale n’a pas découragé les premiers curieux. La journée du samedi a été pensée comme un « off » de préparation à l’événement officiel du lendemain, mais la première conférence fait déjà salle comble. « Etes-vous inscrits ? » A l’entrée, les organisateurs sont obligés de refouler les visiteurs en surnombre. A l’intérieur, les intervenants posent les bases du débat général – « le défi climatique » – reprenant notamment les conclusions du nouveau rapport du GIEC. Une deuxième conférence l’après-midi, « le changement climatique, première question planétaire à solidarité obligatoire », nous rappelle que le dérèglement des températures pose la question de la justice climatique internationale.

Au terme de ces débats, deux grandes idées se démarquent : le réchauffement climatique appelle à une mobilisation générale. Ensuite, ce défi invite à revoir notre posture à l’égard du problème. Face à la dépression climatique, le bonheur est une force de vie nécessaire pour mener le combat, estime Patrick Viveret : « Décider d’être heureux est un acte de légitime résistance ».

Pour incarner cette représentation joyeuse, les quais de la Nive se sont transformés en scène alternative de performance artistique en tout genre, musiques de rue, spectacle d’équilibriste, etc. On peut voir Désiré Prunier offrir un cours d’Histoire un peu particulier, sous forme de conférence gesticulée. On est en 2063, les centrales nucléaires sont devenues des musées, les voitures n’existent plus que collectives, et l’homme à la perruque raconte à son petit-fils imaginaire les temps actuels, où il est question du pouvoir d’« Ayraultnomane et des Vincicrates », de leurs camarades « Paphollandréou » et « Hortovalls », des écueils d’une époque pétrolomaniaque et d’une société figurée par une grenouille-bœuf qui croâ-croâ à la croâ-croâssance jusqu’à exploser… Autant de traits d’humour qui proposent un enseignement plus sérieux : sortir du « Médiocre-Age » implique de reconsidérer la satisfaction des besoins essentiels comme point de départ à l’organisation de la production…

La conférence de Désirée Prunier sur l’Ayraultnomane -

L’événement se sera appuyé sur une équipe de cinq cents bénévoles. Au QG, à la Fondation Manu Robles-Arangiz, ça s’active et les téléphones sonnent sans relâche. La quincaillerie où s’est installé Bizi !, juste à côté, est sur le qui-vive pour répondre aux urgences logistiques. La restauration collective à destination des bénévoles et organisateurs, située dans un lycée non loin de là, permet quelques pauses bienvenues.

Marie-Pierre est une de ces nombreuses « bénévoles-militantes ». Cette couturière professionnelle, basée à Biarritz, a réalisé en une semaine deux cents foulards verts, signe de reconnaissance des bénévoles pendant l’événement. Plus tôt dans l’année, elle avait confectionné le fameux dragon du changement climatique, emblème de Bizi ! au FSM de Tunis, puis lors du rassemblement à Notre-Dame-des-Landes pendant l’été. Aujourd’hui, Marie-Pierre doit assurer la circulation avant de s’atteler à la cantine. Une de ses amies basques s’est également laissée convaincre de s’engager pour le week-end. Elle ne le regrette pas, appréciant « cette dimension ‘basquisante’ de l’événement qui cohabite avec des problématiques altermondialistes, plus ouvertes sur le monde ».

Samedi, 18 heures. Le potentiel révolutionnaire du bonheur

Près de la place Paul Bert, dans la cour d’arrière d’un café, le Trinquet Saint André se tient un débat « sur la route des alternatives concrètes », autour de Emmanuel Danie et de Mathieu Lamour. Deux jeunes journalistes qui, chacun de leur côté, parcourent le pays pour y rencontrer des lieux alternatifs et les raconter sur son site … et sur quelques médias dont Reporterre. « J’ai été surpris d’en voir des dizaines, des centaines, des milliers, et pas seulement à Paris et en Ardèche, mais dans toute la France », dit Emmanuel Daniel d’un ton tranquille.

Mathieu Lamour et Emmanuel Daniel -

Il évoque trois sujets, une épicerie autogérée à Paris, une expérience d’une autre politique à Grenoble et une démarche de sortie du capitalisme à Toulouse – « elle est vraiment intéressante parce que globale », dit-il avant de passer la parole à Mathieu Lamour. Celui-ci a visité moins de lieux, mais en y restant souvent plus longtemps. Il évoque notamment la Ferme des Bouillons, près de Rouen. « On est dans la contestation de la société actuelle, dit-il, mais aussi dans la création d’un autre type de société ».

Cinquante personnes attentives, qui posent des questions et y vont de leurs commentaires. La discussion part d’abord sur les médias – « pourquoi ne parlent-ils pas plus de ces alternatives ? », demande une dame. Une autre à l’accent espagnol observe que « les alternatives c’est très bien, mais il ne faut pas oublier la politique, les conflits politiques ». Emmanuel répond : « Je ne crois plus à la politique à cause des lobbies, des intérêts de classe des dirigeants. C’est par en bas qu’il faut changer, leur montrer ce qu’on veut et qu’on peut se passer d’eux ». La discussion part sur la nécessité d’être ludique, de s’amuser - « je crois au potentiel révolutionnaire du bonheur », dit Emmanuel.

Dimanche, 10 heures. Nous sommes ici pour faire reculer le bitume

La brume plane encore sur Bayonne. Mais elle va bientôt se lever et le ciel resplendir toute la journée : le soleil est avec les alternatives !

Alternatiba s’éveille. Les rues du "petit Bayonne" (un des deux grands quartiers du centre ville) sont encore calmes. On finit de monter les stands. Dans la faculté commencent les grandes conférences de la journée.

La première porte sur le thème même d’Alternatiba, « Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique ». L’amphithéâtre 400 est plein, une foule attentive, un bébé, quelques enfants. Le climatologue Christophe Cassou, chercheur au centre de recherche Cerfacs de Toulouse, rapporte en quelques minutes les principales conclusions du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), publié le 27 septembre.

Il explique que le niveau actuel de concentration du gaz carbonique dans l’atmosphère, 400 ppm (parties par million) est le plus élevé jamais observé depuis 800 000 ans, et un niveau jamais observé depuis qu’homo sapiens sapiens a vécu (environ 100 000 ans). Il explique aussi que l’on raisonne aujourd’hui sur un réchauffement planétaire de plusieurs degrés sur une période de cent ans, alors que dans le passé, de telles variations (passage d’une période glaciaire à une période interglaciaire) se sont déroulées sur plus de dix mille ans. « La vitesse du changement actuel est extrême », souligne-t-il.

Geneviève Azam prend la parole. « Alternatiba est un véritable événement politique, on invente ici les voies pour que le peuple de la Terre relève le défi climatique. Il ne s’agit pas d’un défi pour les générations futures, mais d’une solidarité avec les générations présentes, qui le vivent déjà, comme au Bangladesh, ou comme les enfants déjà nés. Ce n’est pas une solidarité abstraite pour demain, mais active pour aujourd’hui. » L’auditoire est très attentif, une petite fille passe devant la tribune, paisiblement, son doudou à la main.

« Il nous faut imposer la reconnaissance des limites et la solidarité avec la Terre, poursuit Geneviève, nous rentrons dans cette zone frontière où le vécu concret s’articule avec la nature. Nous ne voulons pas nous limiter pour survivre, mais pour vivre en démocratie. Nous ne sommes pas réunis ici pour faire verdir le bitume, mais pour faire reculer le bitume ». Elle conclut en citant un beau discours d’Aimé Césaire en 1966, déplorant un « monde où l’homme devient chose lui-même ». Applaudissements nourris !

Patrick Viveret se lance, reprenant l’expression de Geneviève pour expliquer que « l’humanité devient peuple de la Terre, il se constitue comme sujet de sa propre histoire. Il a commencé avec Hiroshima et Auschwitz comme un sujet négatif, l’enjeu est qu’il devienne un sujet positif : vraiment sapiens sapiens, et non sapiens demens, comme le dit Edgar Morin ».

Deux questions se posent à nous, selon Viveret : « D’abord le blocage de l’oligarchie mondiale, qui est vent debout contre toutes les logiques de transformation. Et c’est pourquoi la résistance est nécessaire. Mais aussi la démesure et le mal de vivre. Les dépenses énormes de la publicité, des armements et des drogues, montrent que le système opère une gestion massive du mal-être et de la maltraitance. » Alors, selon Patrick, « il nous faut organiser la résistance du peuple de la Terre à l’oligarchie, mais aussi offrir la sobriété, l’acceptation des limites, avec la transition vers une société du buen vivir, du bien-vivre, prendre en compte le volet de l’art de vivre, de la joie de vivre ».

Patrick Viveret -

Les mots d’espérance positive, de fête, de plaisir, de joie, emplissent la salle. Il y a trois portes dans l’existence humaine, selon un mythe indien : les portes de la beauté, de l’amour, de la douleur. « Eh bien, conclut Patrick, il nous faut mener la résistance, mais aussi réapprendre la porte de la beauté, et comprendre que la porte de l’amour est l’avenir de l’humanité, par une capacité relationnelle supérieure ». L’applaudissement est enthousiaste et prolongé.

Questions et commentaires fusent : « Comment ouvrir la porte de la douleur à l’oligarchie ? » « Il n’y a rien à attendre de l’institution. Les réponses remontent des citoyens : il faut que chacun soit le changement qu’il veut voir ». « Pourquoi sommes-nous tous ici d’accord pour changer et pourquoi ne changeons-nous pas dans nos modes de vie ? » « Comment s’unir dans la transition et quelle place laisser à l’oligarchie dans la transition ? » « Ce que vous avez dit me fait rêver, mais on est dans un monde très centralisé, très hiérarchisé. Comment faire participer des millions de personnes qui regardent la télévision ? » Geneviève Azam répond qu’« Alternatiba n’est pas un final, mais un départ vers une multiplication des initiatives, afin de recréer les maillons du local capables de faire basculer le global ».

Samedi 10 heures 30. Travailler ensemble est l’essence même de notre existence

Pendant ce temps, la ville s’est animée. Quai Roquebert, on trouve du fromage de chèvre, du miel, de la courge, du pain cuit au feu de bois, de la semence locale. Tout est bon, bio et local.

Une voix diffusée par haut parleur parvient du centre de la place près de la halle. Sur l’estrade, un homme avec un micro. Voix connue. Il appelle à la mobilisation citoyenne, à la mise en cohérence du modèle agricole avec la problématique climatique. Le soleil se lève sur José Bové : « La concentration agricole va se poursuivre », s’alarme-t-il. Pour preuve, il évoque le récent allègement de la loi sur le nombre de bêtes dans les élevages industriels. Il décrit ces abattoirs de la région de Hanovre qui vous abattent plus 35 000 bêtes à l’heure. Face à la pollution locale, au soja du Sud et à ses misères il répond circuits courts et relocalisation de l’agriculture.

Depuis l’estrade, José Bové parle d’une nouvelle agriculture -

Justement, voici un peu plus loin le stand Arrapitz. Une douzaine de structures de développement rural du pays basque qui se sont regroupées à la fin des années 1990 pour « résister à l’agriculture industrielle ». « Nous sommes une alternative parce que nous cherchons à être plus autonomes, explique l’animatrice Nathalie Suzanne. La transformation permet de créer de la valeur ajoutée à la ferme à la différence de la vente à la coopérative par exemple. Travailler ensemble est l’essence même de notre existence ». Et surtout, sur le modèle de Terre de Liens, Arrapitz s’est engagée avec d’autres associations dans la création de Lurzaindia. « Cela nous permet ici de lutter contre la très forte spéculation foncière ». Lorsqu’une exploitation risque d’être vendue et de quitter l’agriculture, le groupement peut intervenir et aider un agriculteur à reprendre la ferme. « Avancer 20 % de 400 000 euros pour acquérir une terre n’est pas toujours à la portée d’une jeune agriculteur » précise l’animatrice.

Nathalie Suzanne -

Dimanche 11heures. Je crois que c’est le truc où tu échanges ce que tu sais faire

Sur le stand de l’assocation Madela, on cause cuiseur. L’association est venue de Hastingues (Landes) pour vendre des marmites norvégiennes bricolées par les bénévoles de l’association. Marie-Jeanne Urtizverea explique à une dame intéressée combien l’invention, qui daterait de la guerre 14-18, est géniale. Le principe : un carton récupéré et décoré et à l’intérieur du polystyrene ou du plastique récupéré pour former une paroi isolante, et un couvercle. « Vous mettez de l’eau dans une casserole avec quelques légumes, vous portez à ébullition, cinq minutes et hop, le tout dans le cuiseur thermique. Le contenu mijotera tranquillement pendant que vous ferez autre chose ». Economie d’énergie, gain de temps, saveurs et vitamines conservés assure-t-elle. Tout le monde peut en fabriquer. « Nous, nous les vendons pour recueillir des fonds qui permettent de mener des actions de développement au Niger. Notre but est d’encourager les artisans des villages à fabriquer des fours à bois économiques. Cela crée de l’activité puisqu’ils les revendent à leur tour ».

Sur le quai -

Un peu plus loin, un drôle d’arbre a poussé dans la nuit : celui planté par le Sel, système d’échange 64 , qui invite les passants à y poser leur rêve sur de long rubans blancs qu’ils suspendent aux branches. Un couple s’interroge : « Je crois que c’est le truc où, au lieu de payer quelque chose avec de l’argent, tu échanges ce que tu sais faire ». C’est à peu près ça.

Un arbre où poussent les rêves -

Juste avant le Musée basque en accès libre durant la manifestation, le badeau s’arrête devant un grand panneau. Chacun est invité à écrire ce que lui inspire la phrase suivante : « Je regarde le monde en face ». Plusieurs ont été visiblement été inspirés. Parmi les réponses : « Et je voudrais plus de compassion et d’altruisme » ; « …et il me répond pour tout » ; « …et j’espère ».

…et moi, je ris, comme beaucoup de ceux qui découvrent les conférences gesticulées. Celle de Désirée Prunier est un pur bonheur. La paternité de la conférence gesticulée revient à Franck Lepage, annonce-t-il. Ce Rennais qui se demandait comment retenir l’attention du public sur des sujets graves et sérieux a inventé le genre, ou réinventé. L’exercice, lorsqu’il est sur la place publique se termine souvent par un débat de rue où chacun y va de sa question ou de sa réponse. Dans la foulée, Franck Lepage a commencé à proposer des formations de conférences gesticulées, qui elles-mêmes ont essaimé et ont croisé la route de Désiré. Et à Bayonne, sur le changement climatique, « l’apprenti gesticulant » retient près de soixante-dix personnes pendant une heure. Hilarant.

Une autre conférence gesticulée -

Sur l’arbre… « et il me répond ‘ne culpabilise pas, mais agis’ ».

Bizarre… deux files de chaussures mystérieusement disposées sur un quai. Elles sont apportées par qui veut, et partiront en Roumanie pour ceux et celles qui en auront besoin, grâce à l’assocation Aima de Bardos (Pyrénées-Atlantiques).

Au bout du chemin tracé par les chaussures, une table recouverte de livres : tout le monde peut se servir à son gré, « un livre gratis par personne », indique une affichette. « C’est l’espace solidarité partage, explique Jean Montaulieu, les livres sont à donner, les prend qui veut - Et quand tout est parti ? - Les meilleurs ont été pris, on en a encore qu’on ira chercher bientôt. ».

Jean Montaulieu -

Dimanche, 13 heures 30. On résistera, on sera tous là

Sous le grand chapiteau de la place Paul Bert, la conférence sur Notre Dame des Landes, sur le thème "Résister, c’est créer", commence, alors que les gens se pressent pour manger un morceau aux stands de restauration. Françoise Verchère, du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa), François, un zadiste qui vit aux 100 Noms. Françoise retrace rapidement l’histoire de la lutte, et souligne que ce qui a fait la force du mouvement, c’est la capacité de tous à s’unir malgré "des sensibilités différentes", et l’importance de la résistance sur le terrain, "qui est le pilier le plus solide“ de la résistance, à côté de la lutte sur le terrain juridique et de la bataille politique.

François raconte comment il est venu en novembre dernier sur la Zad et a quitté son travail (il est cuisinier) et la colocation où il vivait. Avec d’autres, il a constitué le Collectif des 100 noms, et ils cultivent plusieurs hectares, construisent une maison de 100 m2 en bois et en paille "pour passer l’hiver". "On n’avait jamais fait ça, on apprend tout", avec l’aide des paysans, des autres zadistes, et d’autres encore qui donnent un coup de main ou du savoir-faire. François détaille aussi les activités de la Zad, radio, ateliers de sérigraphie, forges, boulangeries, espace concert, bibliobus, fromagerie, etc. "Tout est à prix libre. Pour tout le monde selon ses moyens".

Quelqu’un demande où en est la situation en ce moment. Et Françoise Verchère explique que la bataille n’est pas gagnée, que le gouvernement n’a pas abandonné la partie, loin de là. "Ils vont probablement prendre un arrêté préfectoral de déplacement des espèces, et essayer de venir faire des mares et déplacer des salamandres et des tritons. Nous pensions avoir du temps et on voit les autorités et les acteurs locaux décidés à aller le plus vite possible". Il faut donc se préparer à se mobiliser face aux gendarmes venant détruire la nature à Notre Dame des Landes.

François confirme que la pression policière reste constante, et dit que les journaux Ouest France et Presse Océan "publient des articles faux pour discréditer les habitants de la Zad".

Quoi qu’il arrive, dit Françoise Verchère, "on résistera, on sera tous là".

Dimanche, 16 heures. Je regarde le monde en face… et j’avance

La journée passe. Impossible de tout voir de tout entendre. Alternatiba, c’est des dizaines de conférences, des dizaines d’animations de rues sur des problématiques écologiques ou sociétales, des concerts : autant d’initatives venues se présenter et se rencontrer surtout. De belles rencontres.

Un peu de people, pas trop. Et des gens. Certains de la région et beaucoup venus de plus loin. Cet habitant de Auch dans le Gers, militant de Attac, pour qui faire deux cents ou trois cents kilomètres pour venir à Alternatiba était « naturel ». Ou Marianne, étudiante de Sciences Po Bordeaux qui a entendu parler de Alternatiba dans la Ressourcerie qu’elle fréquente. Oui elle aurait pu faire autre chose ce même jour à Bordeaux. Elle a préféré prendre une journée sur son job de cadreuse pour venir partager les expériences, sentir le pouls du changement.

Je regarde le monde en face… et j’avance.

Tiens, en voilà d’autres qui avancent : ces quatre gus qui rigolent sur leur quadricycle.

Ou ces musiciens extraordinaires, qui débarquent vêtus de peaux de mouton et coiffés d’un chapeau pointu, s’annonçant de loin par le claquement de cuivre. Ils avancent d’un pas pesant et sautillant qui produit le son des coques de métaux qu’ils se sont accrochées sur le dos. Ce sont les « joaldun », des Basques qui chassent les mauvais esprits, selon une tradition immémoriale.

L’équipe de Reporterre, qui a couru dans tous les coins, se retrouve sur le pont qui relie les Halles au Euskal Muesoa (Musée Basque), où est installé l’espace « Biens communs et culture ». Olivier a tenu la table où nous avons disposés nos tracts et un kakemono tout neuf. On voisine avec nos amis de Basta, Politis, L’An 02 et du projet Esse.

C’est l’occasion de discuter - ici ou dans des cafés, ainsi qu’avec d’autres journalistes présents à Alternatiba - de ce que pourrait être appliquée aux médias la démarche coopérative que l’on accompagne dans les autres activités de la société. Car chacun de nos sites et journaux est trop petit pour peser vraiment face aux mastodontes médiatiques de l’oligarchie.

Les alternatives de la société ne prendront sens que si elles se mettent en réseau et en conscience commune pour faire une « masse critique » permettant de peser et de bousculer la société ; de même, les médias alternatifs devraient, à notre avis, tenter de trouver des complémentarités, mutualiser ce qui peut l’être, partager et échanger afin de constituer, ensemble, une masse critique pour bousculer l’information contrôlée des gros médias vacillants. Y parviendrons-nous ? En tout cas, commençons à en parler, et à le faire.

Dès ce mois-ci, Reporterre commence un partenariat avec Silence.

Et puis, on discute avec les… gens. L’endroit est passager et propice à l’échange, alors que le soleil et l’ambiance légère qui parcourt toute la ville grâce à Alternatiba dispose à la conversation. Ceux qui connaissent Reporterre sont engagés. Jeune ou moins jeune, urbain ou pas, le lecteur de Reporterre est souvent engagé dans des revendications diverses, du végétalisme à la lutte contre les ondes électro-magnétiques. Le plus souvent, bien sûr, les gens ne nous connaissent pas,, mais ils sont intéressés à la démarche… même quand les conditions ne lui sont pas favorables, à l’image d’Elsa, étudiante à l’école de berger d’Oloron Sainte Marie et souvent éloignée des connexions internet !

Et nous d’expliquer que tous les jours, le « quotidien de l’écologie » renouvelle ses informations, que nous voulons produire une information exacte, utile et libre, que le pari est que ces informations seront utiles au mouvement écologiste et plus largement à tous ceux qui pensent que « d’autres mondes sont possible ». Le pari aussi que toutes et tous comprendront qu’une information libre dépend du soutien de toutes et de tous, parce que l’information, c’est du travail, et que tout travail doit être rémunéré.

Mais l’heure tourne, il faut replier et ranger les tables avant la cérémonie de clôture, les uns vont prendre le train du retour, les autres vont commencer à écrire l’article, un autre va écouter la cérémonie finale.

Car la journée se conclut par une cérémonie d’hommage à Stéphane Hessel, parrain posthume d’Alternatiba. Le moment est solennel lorsque Jean-François Bernardini, chanteur de I Muvrini, déclame un texte écrit en mémoire de celui qui appelait à l’indignation : « Stéphane Hessel expliquait que l’esclavage moderne, c’est laisser croire qu’on ne peut rien faire… ». Et l’émotion est palpable lorsqu’intervient Christiane Hessel, pendant qu’une dizaine d’enfants porte derrière elle une grande banderole où est inscrit « Fini de jouer avec la planète ».

L’hommage est précis et précieux, il ouvre sur des perspectives internationales qui donnent une autre résonance aux problématiques locales présentées tout au long de la journée. La cérémonie a ainsi commencé par l’évocation désolée des trois cents morts morts de la tragédie de Lampedusa, cette petite île de Sicile qui a découvert le naufrage d’une embarcation de migrants en provenance d’Afrique, jeudi dernier. Un moyen de dire aux pouvoirs publics combien la question du réchauffement climatique est corrélée à des enjeux sociaux majeurs pour les années à venir. Puis un texte sera lu sur la Palestine, grand terrain d’engagement de Stéphane Hessel. Aux côtés d’autres grandes luttes, celle contre le changement climatique s’inscrit dans une démarche de mobilisation internationale.

Une déclaration est adoptée, l’Appel à multiplier les villages des alternatives.

"L’enjeu est clair : réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas franchir les seuils dangereux, voire irréversibles de réchauffement et de déstabilisation du climat.

Mais Alternatiba, cette journée magnifique, doit nous faire garder l’espoir : les solutions existent, elles sont déjà mises en oeuvre par des milliers d’associations, de collectivités locales, d’individus. Mieux : ces alternatives construisent une société plus agréable à vivre, plus conviviale, plus solidaire, plus juste et plus humaine."

Mme Hessel lisant l’Appel d’Alternatiba -

(…) "La stabilisation du climat sera le fruit de notre union, de notre intelligence collective, de notre solidarité et de notre soif de justice sociale, de notre capacité à enclencher les changements ici et maintenant, à mettre en route la transition, sans plus attendre.

Nous appelons toutes les villes et tous les territoires d’Europe à préparer à leur tour et dès maintenant leurs propres Villages des alternatives au changement climatique et à la crise sociale et écologique.“

Energie : la France est aveugle Marc Théry Reporterre 2013/10/07 Marc Théry (7 octobre 2013) Energie : la France est aveugle. Reporterre. Tribune — fr

Energie : la France est aveugle

La classe dirigeante française s’obstine à rester enfermée dans le système nucléaire. Pendant ce temps, l’Allemagne avance, avec difficulté mais sûrement, sur la voie d’un nouveau système énergétique.

EnR-bashing : enfin une chance de médaille pour la France ! Ceux qui sont heureux de pointer les problèmes pour justifier leur inaction, et ceux qui, juste, trouvent des solutions.

On connaît la vogue actuelle du « bashing », dans les médias, le monde politique, chez les « humoristes », mode qui, peu à peu, par le phénomène de construction de l’opinion publique, gagne l’ensemble de la société. Prenez un sujet ou une personne, et trouvez tout ce qui permettra de la déglinguer.

A l’occasion des élections allemandes, ce sont les énergies renouvelables qui sont dans le collimateur. Quand on regarde les chiffres, il semblerait que l’Allemagne se porte plutôt mieux que la France : chômage au plus bas, solde des échanges aussi positif que le nôtre est négatif, pour ne regarder que ces deux chiffres. Eh bien, ce ne seraient qu’apparences : en fait, tout y va mal, les couches les plus défavorisées notamment sont dans une situation catastrophique, indigne d’une démocratie moderne, et la politique énergétique du pays le mène à une ruine certaine, si l’on en croit nos oracles nationaux.

Non seulement ils ont une électricité beaucoup plus chère (deux fois) que la nôtre, mais elle va continuer à augmenter (pas la nôtre, bien sûr ?), et leur recours forcené aux énergies renouvelables est en train de mettre en péril leurs grands producteurs d’électricité, ainsi que tout le système énergétique européen, non content de multiplier les émissions de GES par le recours au charbon.

C’est ce qui ressort de nombreux articles, des interventions de « spécialistes » et des responsables politiques, pour une fois unanimes, comme de la communication de nos grands groupes de l’énergie.

La réalité est bien différente, comme tout un chacun peut le constater en allant là-bas et en lisant les publications en allemand ou en anglais : l’électricité est deux fois plus chère pour les particuliers, mais ils consomment en moyenne deux fois moins que les ménages français, ce qui fait que cela ne leur coûte finalement pas plus cher.

Les entreprises, quant à elles, bénéficient de tarifs extrêmement bas, qui leur assurent une bonne compétitivité. Suite à l’accident de Fukushima, les Allemands unanimes, ont pris une décision à la fois courageuse et prudente : l’arrêt immédiat de 30 % de leur potentiel de production nucléaire qui ne leur semblait pas présenter les garanties suffisantes de sécurité immédiate. Cela représentait environ 10% de leur production.

Ils ont pu le faire parce que, depuis des dizaines d’années, ils travaillent à des solutions alternatives aux énergies fissiles et fossiles, autour de l’ensemble des énergies renouvelables. Mais sur le coup, il faut passer le cap que la prudence imposait, d’où un retour très partiel et transitoire au charbon. 28% de l’électricité allemande sont déjà d’origines renouvelables.

En France, on a préféré, comme d’habitude, jouer l’air de « tout va très bien madame la Marquise », comme Ray Ventura en 1935 : Toutes nos centrales ont droit à une rallonge de dix ans, et le gouvernement n’a même pas les moyens légaux d’en arrêter une seule pour remplir une promesse électorale. Ce qui finalement semble arranger tout le monde : encore du temps « gagné » avant de ne plus avoir l’excuse de l’absence de loi.

Mais le plus inquiétant dans l’EnR-bashing que nous vivons, c’est ce qui se dit sur les prix de l’électricité renouvelable : tout serait hors de prix, sans commune mesure avec notre « cher » nucléaire « bon marché ».

En fait, l’éolien terrestre vend depuis 2007, sans augmentation, son kWh entre 0,028 (vous avez bien lu) et 0,082 €/kWh, quand le coût de revient du kWh de l’EPR de Flamanville s’établira, d’après les chiffres officiels, au voisinage de 0,11 €/kWh. Mais « on » préfère en haut lieu entraver le développement de l’éolien terrestre et favoriser l’éolien offshore qui présente l’immense avantage (cherchez pour qui) de coûter autour de 0,20 €/kWh.

Pour le photovoltaïque, c’est la même chose : le tarif de rachat pour les installations jusqu’à 100 kWc a considérablement baissé : aujourd’hui 0,14 €/kWh, très près donc du seul prix de revient de Flamanville, et, comme l’a noté la Cour des Comptes, en dessous des prix résultant des appels d’offres lancés pour les projets de plus de de 100 kWc, dont profitent les grands groupes, comme pour l’éolien offshore.

Et, si nous n’étions pas entrés dans un syndrome du « achetons français » mal placé, les prix du photovoltaïque pourraient continuer à baisser, puisque les producteurs américains annoncent eux aussi, comme les Chinois, une baisse de 30% du Wc, à 0,30$ pour 2017 (vous avez bien lu : 0,24 €/Wc), alors qu’il est encore aujourd’hui en France plus près de 1 € que de 0,50. Mais ce sera pour les autres, tous ces pays qui annoncent dès aujourd’hui que la parité réseau est atteinte pour le PV, et qu’il est plus intéressant de le consommer que de le mettre sur le réseau. Nous en avons déjà parlé précédemment.

Et là, nous nous rappelons alors de la fameuse découverte des polytechniciens : une puce dont on a coupé cinq pattes devient sourde, parce qu’elle ne saute plus quand on lui dit « saute ». Quand tout est fait pour que les énergies renouvelables soient (très) chères, il n’est pas étonnant qu’elles le soient. C’est le débat de fond.

Au-delà, il y a bien sûr des difficultés techniques pour passer d’un modèle d’approvisionnement électrique entièrement fondé sur des productions massives concentrées, articulées sur un réseau en arbre, de la THT à la BT (basse tension), à un modèle d’approvisionnement accueillant aussi des productions diffuses, plus faibles mais réparties sur de vastes aires géographiques, à toute proximité des points de consommation (donc ne nécessitant pas de transiter par le réseau HT).

L’éolien et le PV sont variables, selon les caprices de la météo et l’heure dans la journée : Il y a des moyens de s’en accommoder et de profiter à plein de ces productions, sans multiplier les CCCG (centrales à cycle combiné au gaz), comme on voudrait nous le faire croire. Ces moyens sont notamment au nombre de trois :

• la diversité du bouquet énergétique (éolien, PV, biogaz en cogénération etc.), qui permet de faire jouer les complémentarités ; • le stockage de l’énergie, qui se développe dans de nombreux pays, et maintenant même pour les particuliers équipés de toitures PV (en Allemagne et en Californie, par exemple) ; • les réseaux intelligents (Smart Grids et Micro Grids), qui permettent d’adapter dynamiquement la puissance consommée à la puissance disponible (production et stockage). La France a dans ce domaine aussi un retard considérable, et il est amusant de lire dans la presse spécialisée (française) qu’EDF annonce le lancement du premier laboratoire européen d’expérimentation des Smart Grids.

Bien sûr, tous nos voisins ont déjà des réseaux entiers, sur le terrain, qui utilisent ces technologies, du Portugal au Danemark, alors que nous n’arrivons même pas à articuler les balbutiements dans ce domaine, et que le fameux compteur Linky, annoncé en fanfare, n’est certainement pas l’outil de cette mutation, comme le montrent les expérimentations en cours.

Il est vrai que tout ceci demanderait un sérieux effort d’adaptation de la part des industriels du secteur, comme sont obligés de le faire les industriels allemands, aiguillonnés par les initiatives locales, citoyennes, municipales, très actives outre-Rhin, quand elles sont quasi inexistantes chez nous.

Ils ont transitoirement quelques problèmes de rentabilité, mais ils vont s’adapter sans casse, et pour le moment, les énergies renouvelables ont créé en Allemagne 400 000 emplois, soit trois à quatre fois plus que les emplois français dans la filière nucléaire…

Une ville lente en Corée du sud Tifenn Deslandes Reporterre 2013/10/07 Tifenn Deslandes (7 octobre 2013) Une ville lente en Corée du sud. Reporterre. fr

Une ville lente en Corée du sud

Damyang, en Corée du sud, essaye d’être une ville lente, dans le mouvement des Citta Slow lancé en Italie.

Comme un escargot que l’on effleure du doigt et qui se réfugie dans sa coquille, les Citta Slow coréennes sont allègrement indiquées sur la carte touristique nationale mais ne sont pas aisément accessibles. Il faut aussi comprendre les agents des offices de tourisme : deux Européens qui souhaitent s’écarter des chemins tracés pour aller visiter… un trou perdu, ça a de quoi déconcerter.

Revenons à nos gastéropodes, car l’escargot est aussi le logo des Citta Slow, ode à la lenteur pour contrer l’explosion urbaine parfois insensée.

Le mouvement des villes lentes est né en 1999 en Italie, quand le maire de Greve (en Toscane), Paolo Saturnini, proposa une alternative au développement actuel de sa commune. Il s’inspira du concept de Slow Food, en opposition au Fast Food, qui promeut la nourriture locale et saisonnière. Depuis, il y a 177 Citta Slow à travers 27 pays, dont 12 en Corée du Sud.

Les conditions pour se voir attribuer le label sont nombreuses et concernent les trois piliers du développement durable : économie, social et environnement. Après une première visite du comité de CittaSlow International, un contrat est alors passé entre la commune et l’association sous la forme d’un projet de développement à court terme. Après cinq ans, le comité de Citta Slow revient visiter la commune, constate l’évolution, rencontre les responsables et décide ou non de la continuité du programme.

Damyang, un exemple de Citta Slow en Corée du Sud

La Citta Slow que nous avons visité se trouve à une heure de route de Gwangju dans le sud-ouest de la Corée du Sud.

C’est par un bus local que nous nous sommes rendu à la Citta Slow de Damyang, dans le village de Changpyeong-Myeon. L’agent de l’office du tourisme a tenu à attendre à l’arrêt avec nous afin de donner des instructions au chauffeur. Grand bien lui en a pris car nos trois mots coréens de vocabulaire et notre ignorance dans l’alphabet de Sejong [1] ne nous auraient jamais permis de descendre au bon endroit.

Lâchés au milieu d’un village faussement moderne, le chauffeur nous désigne une ruelle à suivre. Les locaux ouvrent de grands yeux en nous voyant descendre du bus, mais feignent très vite de ne pas s’intéresser à nous, de peur que l’on vienne leur parler. Une pancarte à l’effigie de l’escargot nous rassure sur notre localisation et nous nous engageons dans la ruelle.

Nous débouchons sur un terrain à l’abandon avec, trônant en son milieu, une petite maison flanquée d’un énorme escargot jaune. En s’approchant, le jardin ressemble plutôt à un espace en jachère. La maison abrite une brève exposition sur les activités et événements organisés dans le village grâce à Citta Slow. Malgré quelques mots en anglais, les explications sont majoritairement en coréen et je découvre le sentiment de frustration des archéologues si près du but.

La découverte du village se poursuit par une promenade à travers les rues inanimées. Exception faite des 4×4, les rues sont typiques et font honneur à l’architecture coréenne. Elles sont bordées de murs à hauteur d’homme et cachent des maisons traditionnelles entourées de jardins colorés. A la sortie du village, des champs de riz nous accueillent avant que le relief empêche notre regard de voir au-delà. Et c’est là, un peu à l’écart, que se trouve le centre d’accueil de la Citta Slow. Cette fois-ci pas d’escargot pour nous saluer, ce sont les cris d’enfants en sortie scolaire qui ont attisé notre curiosité.

Les employés du centre ont été étonnés de voir débarquer deux Européens (même si nous avons appris par la suite qu’un Allemand vivait à Damyang). Heureusement l’une d’entre elles parlait un peu anglais. Le centre propose, en coopération avec les habitants de la Citta Slow, des activités culturelles coréennes : cuisine, initiation aux plantes médicinales locales, fabrication de bougies traditionnelles… La plupart sont en coréen et disponibles uniquement sur réservation. Nous avons eu toutefois le privilège d’une visite un peu particulière pour nous faire découvrir le fonctionnement de Damyang avec à la clé la confection d’un album photo polaroid sur le modèle des livres coréens.

La visite a été complète : explications architecturales et historiques, visite de maisons traditionnelles dont certaines ont été reconverties en chambres d’hôtes, dégustation de plats locaux et discussions avec les habitants grâce à notre guide-interprète improvisée.

Le mouvement Citta Slow en Corée du Sud

La Corée du Sud est souvent décrite comme le moteur de la nouvelle économie verte asiatique. Le pays a, du moins dans ses écrits, largement parié sur l’équilibre entre son développement économique fulgurant et la préservation de ses ressources, notamment de son héritage patrimonial et environnementale.

Les Citta Slow s’imposent comme gardiennes des coutumes et traditions nationales et locales, non pas dans un objectif de conservation mais avec une idée de partage et de faire-vivre. Le concept en Corée du Sud est une nouvelle pierre au mur d’un développement alternatif à la folie urbaine que l’on remarque dans les plus grandes villes asiatiques.

Tous mes remerciements aux employés du centre d’accueil de Damyang, et au professeur Yang, vice-président du réseau Slow City en Corée du Sud, pour leur temps et leurs réponses à mes nombreuses questions.

Près de Paris, la ZAD Patates se bat contre l’urbanisation de la dernière plaine Linda Maziz (Reporterre) Reporterre 2013/10/08 Linda Maziz (Reporterre) (8 octobre 2013) Près de Paris, la ZAD Patates se bat contre l’urbanisation de la dernière plaine. Reporterre. fr

Près de Paris, la ZAD Patates se bat contre l’urbanisation de la dernière plaine

Une « Zad patates » s’est installée dans les Yvelines pour lutter contre l’urbanisation de la Plaine de Montesson. Les habitants occupent un lopin de terre que les bétonneurs menacent d’une voie départementale, d’une extension de zone commerciale, d’une bretelle d’autoroute et de lotissements… Dans cette plaine sans cesse grignotée par la ville poussent un tiers des salades consommées en région parisienne.

- Reportage, Montesson (Yvelines)

C’est ce qu’on peut appeler une friche résiduelle. Un espace laissé pour compte, coincé entre une voie de circulation et le parking d’une grosse enseigne vestimentaire. De l’autre côté de la route, un autre parking, une autre enseigne, l’hypermarché Carrefour de Montesson, monstre de dix-huit milles mètres carrés. Et pour parfaire le cadre, une station-service, laissée à l’abandon.

« Là, on a voulu expérimenter le trio amérindien, c’est une technique ancestrale qui repose sur la culture de trois plantes complémentaires », explique une jardinière paysagiste, qui tient à se faire appeler « Camille ». Plus qu’un pseudonyme, c’est une signature. Camille, c’est d’abord le prénom générique d’une lutte, initiée, à vol d’oiseau, à 340 kilomètres de là. Et l’utiliser, c’est une façon de décliner son identité zadiste et de signifier son affiliation à Notre-Dame-des-Landes.

Une leçon de botanique s’improvise, où l’on apprend que les tiges de maïs servent de tuteurs aux haricots, qui enrichissent le sol en azote, tandis que le feuillage de la courge permet de conserver une certaine humidité à la surface de la terre. Mais la leçon principale de ce potager, sorti de terre en avril dernier, c’est d’abord qu’un espace naturel inutilisé, quel qu’il soit, n’est jamais perdu.

« Il faut arrêter de penser que les friches ne servent à rien ou qu’elles sont juste bonnes à bâtir », prêche Jean-Pierre Bastide, militant écolo encarté chez EELV. « On a besoin de ces surfaces pour freiner l’érosion de la biodiversité, limiter le réchauffement climatique et produire de la biomasse alimentaire », renchérit Robert Levesque, ingénieur agronome, auteur de « Terre nourricière, si elle venait à nous manquer » (L’Harmattan, 2011).

Zad Patates contre Carrefour extensible

Il y a six mois, c’était un bout de terrain insignifiant. Aujourd’hui, c’est devenu le QG de l’association Plaines-Terres qui y fait pousser des légumes et germer un esprit de révolte. Baptisé « ZAD patates », ce jardin collectif est devenu en quelques mois le symbole d’une résistance à l’urbanisation, qui après avoir vampirisé la région Ile-de-France, continue de déployer son entreprise mortifère sur les terrains qui ont jusqu’à présent échappé au béton.

C’est une vitrine aussi, parce qu’ici, on n’est pas tout à fait sur la ligne de front. La zone à défendre, c’est la Plaine de Montesson, qui s’étend juste à l’arrière du Carrefour. « On aurait pu aller se perdre au milieu des champs, mais on a préféré s’installer à proximité, pour rester bien en vue, en zone passante », explique Gaby, 26 ans, ingénieur paysagiste, habitué des actions de « guerilla gardening ».

La Plaine de Montesson, c’est une superficie d’environ 370 hectares de terres agricoles, dont 270 cultivées. Un tiers des salades consommées en région parisienne sont produites ici, à moins de dix kilomètres du pôle économique de la Défense, dans cette banlieue chic du nord-est du département des Yvelines. Mais peut-être plus pour longtemps. Car même si l’Ile-de-France présente un fort déficit en terres maraîchères et en espaces verts, d’aucuns voient d’abord cet espace comme une opportunité foncière.

« A chaque fois, c’est pareil. Tout le monde prétend vouloir sauver la Plaine, mais tout le monde s’accorde quand il s’agit de convoiter ce terrain pour y bâtir quelque chose, souligne Robert Levesque. Et comme ça, on a eu le Carrefour, l’autoute A 14, le lotissements des Terres blanches... A chaque nouvel empiètement, on cherche à nous faire croire que c’est pour la bonne cause, mais que c’est la dernière fois. Sauf qu’ici, les dernières fois se suivent, se succèdent et se ressemblent ».

C’est un petit groupe de quatre personnes « moitié EELV, moitié rien du tout » qui a donné l’impulsion au printemps dernier. « C’est évident que ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes nous a incités à passer à l’action », confie Camille. Ils viennent des communes alentours, de Paris et d’ailleurs et ils ont décidé qu’après tout, l’avenir de cette plaine les concernait, comme ils se sentaient concernés par le dossier aéroport. Ils ont planté leurs patates en guise de ligne de défense sans savoir très bien au départ d’où viendrait la menace.

A peu près six mois se sont écoulés. En cette fin septembre, c’est jour de fête sur la ZAD. Une centaine de personnes sont venues pique-niquer, filer un coup de main pour l’entretien du potager, s’informer des enjeux de la lutte ou simplement manifester par leur présence un soutien à cette occupation. La presse locale aussi est passée. Un reportage a été diffusé, des articles ont été publiés.

Des projets "nécessaires" et "fantastiques" selon le maire UMP de Montesson

« Cette association, je ne la comprends pas. C’est bien gentil leur happening, ils ameutent toute la presse, mais ils représentent qui ? Ils représentent quoi ? Ils ne sont même pas de la ville », tempête Jean-François Bel, le maire UMP de Montesson. La plaine, c’est son affaire et certainement pas leurs oignons. « Ils sortent de leur chapeau, ils ont découvert la lune. Moi je ferai venir les gens de Nantes si on me touche à l’essentiel de la plaine. Là, je risque de faire une bataille gauchiste, pourquoi pas. Mais pas sur un mauvais sujet ».

Le vrai sujet, selon lui, c’est le combat qu’il dit mener contre l’Etat, qui attaque son plan local d’urbanisme pour soi-disant lui coller massivement du logement social et remettre sa ville dans les quotas. Avec environ 15 % de logements sociaux, Montesson est encore loin des 25 % exigés par la loi Duflot. Son combat, pour sauver la Plaine, c’est celui-là. « C’est pour ça que tout le monde devrait soutenir le maire de Montesson ».

Mais, à ce stade de la conversation, Jean-François Bel soutient que cette bande d’arrivistes n’a rien compris à la situation et n’a pas à venir fourrer son nez dans des projets pour lesquels il se vante d’avoir obtenu l’accord de sa population.

D’un côté, il y a la création d’une nouvelle voirie départementale, déviation de la RD 121, qui va draîner une circulation automobile supplémentaire, couper la Plaine en deux et faire disparaître a minima une quinzaine d’hectares de cultures. Un ouvrage à 100 millions d’euros, intégralement financé par le conseil général des Yvelines.

L’autre amputation, d’environ huit hectares, concerne la ZAC de la Borde, un projet d’extension de l’actuelle zone commerciale autour du Carrefour, qui prévoit le rapatriement de plusieurs enseignes alentour et l’implantation de nouvelles, la création de places de parking et la réalisation de logements. « Deux projets inutiles, nuisibles et qui relèvent de l’urbanisme du siècle dernier », estiment les militants de la ZAD Patates, déterminés à les faire capoter.

Deux projets « nécessaires » et « fantastiques », estime de son côté Jean-François Bel, qui n’y voit que des avantages pour sa ville et aucun inconvénient environnemental. Et de toute façon, à l’entendre , l’affaire est pliée. La nouvelle voirie est déclarée d’utilité publique depuis belle lurette et les travaux sont en passe d’être lancés dans la Plaine. « Et concernant la ZAC de la Borde, le commissaire enquêteur m’a donné un avis favorable, j’attends maintenant la décision du Préfet. Ça ne sert à rien de s’exciter maintenant, c’est au mois de mai qu’il fallait s’exprimer ».

La fin de l’activité agricole ?

« On a participé à la dernière enquête publique, mais nos interventions n’ont pas été retenues, rétorque Bruno Bordier, secrétaire de l’association Plaines-Terres. Le commissaire enquêteur n’a pas rendu un avis factuel, il a rendu un avis politique ».

Ces militants sont peut-être arrivés sur le tard, mais ils sont persuadés d’avoir encore des raisons d’y croire. « Tant que les parcelles ne seront pas bétonnées, la partie n’est pas perdue. On sait aujourd’hui qu’il est plus important pour l’humanité de préserver des surfaces naturelles et agricoles que de les détruire au profit de surfaces commerciales inutiles, qui mettent en péril le commerce de proximité pour des logements qu’on devrait être capable de reconstruire par densification du tissu urbain existant ».

Leur priorité c’est que ce projet de ZAC ne soit pas déclaré d’utilité publique. C’est en ce sens qu’ils ont envoyé fin août un courrier au Préfet pour souligner les incohérences, les manquements et les dysfonctionnements qu’ils ont relevés. « On demande aussi un moratoire sur le projet de déviation. Cette route est une aberration, un appel à l’utilisation de la voiture, à l’heure où on est censé diminuer la consommation de pétrole et diviser par quatre le trafic routier », résume un militant.

La lettre envoyée au préfet à télécharger :

« Avec ses neuf giratoires et sa section à quatre voies, cet ouvrage rompt la continuité des terres agricoles », s’insurge Bruno Bordier, qui pointe l’effet dévastateur de ces constructions, qui ne peuvent conduire qu’à l’abandon des cultures, et donc, à l’apparition de franges supplémentaires urbanisables. « Demain, nos politiques vont nous expliquer que ces friches ne servent à rien et qu’il serait tout aussi judicieux de les bétonner ».

« Ce projet affaiblit dangereusement la viabilité de la Plaine ». Cette fois, ce ne sont pas les zadistes qui le disent, mais Christian Dubreuil, directeur général de l’Agence des Espaces Verts (AEV) de la région Ile-de-France, pas franchement favorable à l’arrivée de cette nouvelle voie de circulation. Et pour cause. Le projet se trouve être en contradiction totale avec l’action menée par l’AEV.

Parmi les terrains qui doivent être goudronnés, certains ont fait l’objet en 2000 d’un périmètre régional d’intervention foncière (PRIF), censé protéger durablement l’activité agricole contre l’avancée du bitume. « On a dépensé beaucoup d’argent, d’énergie et de temps à acquérir ces hectares de terres agricoles, en vue de freiner la spéculation foncière et de garantir l’activité maraîchère du cœur de Plaine », explique-t-il. Des efforts aujourd’hui piétinés par le Conseil général, qui face au refus de l’AEV de céder ses terrains à l’amiable, a lancé à son encontre une procédure d’expropriation.

« Après un coup comme ça, il ne faut pas que nos politiques s’étonnent si aujourd’hui on a perdu toute confiance dans leurs belles promesses », lâche un opposant. Au chapitre des faux-semblants, il faut ajouter l’éventualité d’un raccordement avec l’autoroute A14, qui jusqu’à présent traverse cette boucle de la Seine, sans s’y arrêter. « C’est évident que cette route appelle une bretelle, elle doit passer à ras, pointe Jean-Pierre Bastide. Tous les élus jurent leurs grands dieux que ce n’est pas du tout l’objectif, alors que ça fait 20 ans qu’on en entend parler et qu’avec cette départementale, le projet n’a jamais été aussi près de se réaliser ».

A l’évidence, la présence d’un échangeur signerait la fin de l’activité agricole. « Il ne faut pas se leurrer. Investir ici dans une bretelle d’autoroute, ça ne sera pas pour fluidifier la circulation, mais pour construire massivement du logement ».

« Du sang dans nos portables » projection débat à Lyon Reporterre 2013/10/08 (8 octobre 2013) « Du sang dans nos portables » projection débat à Lyon. Reporterre. fr

« Du sang dans nos portables » projection débat à Lyon

Du sang dans nos portables. L’exploitation du coltan en RD Congo Soirée projection et débat Jeudi 10 octobre à 20h MJC Saint-Just, 6 rue des Fossés de Trion, Lyon 5e.

80 % des ressources mondiales de certains minerais indispensables à nos téléphones et nos ordinateurs portables, nos consoles de jeux, nos appareils photo numériques, nos tablettes… se trouvent en République démocratique du Congo (RDC).

Les richesses immenses que représentent ces ressources font l’objet de guerres depuis plus de 15 ans, pour le contrôle de leur exploitation et leur commerce (coltan, cassitérite…).

Pour que nos enfants puissent jouer à la PlayStation, des enfants du Congo travaillent dans des mines sans aucune sécurité et dans un air irrespirable. De nombreux groupes armés pillent les mineurs, leurs familles, leurs villages. Ils torturent, violent et tuent…

Le coltan capté par les pillards est vendu sur les comptoirs locaux avant de partir pour l’étranger et intégrer l’industrie de l’électronique. L’argent de la vente est réinvesti dans leur propre armement au lieu de profiter à la population, manquant terriblement de besoins les plus élémentaires comme la scolarisation, la santé, l’alimentation…

Intervention et débat avec Déo TANDA MUZINGA et Boniface MUSAVULI, réfugiés politiques.

Jeudi 10 octobre 2013 à 20h

Accueil, table de presse à partir de 19 h 30

MJC Saint Just 6 rue des Fossés-de-Trion, Lyon 5e (ligne C20 ou C21, arrêt Trion)

24 hectares semés à Notre Dame des Landes pour faire reculer le béton Geneviève Coiffard-Grosdoy Reporterre 2013/10/08 Geneviève Coiffard-Grosdoy (8 octobre 2013) 24 hectares semés à Notre Dame des Landes pour faire reculer le béton. Reporterre. fr

24 hectares semés à Notre Dame des Landes pour faire reculer le béton

La journée de remise en culture de 24 hectares, à Notre Dame des Landes, samedi 5 octobre, s’est déroulée sous le soleil : les semis collectifs amorcent la replantation des haies et le « contre-remembrement ».

- Témoignage, Notre-Dame-des-Landes.

Magnifique journée d’automne pour ce rendez-vous très important, samedi 5 octobre, et un réel succès de la mobilisation, malgré une préparation relativement hâtive.

Aux Ardillières, une douzaine de tracteurs sont là, avec des habitants de la zone, des voisins, des militants de longue date contre le projet, munis d’outils et porteurs d’arbres, contents de se retrouver une fois de plus... L’ambiance est excellente dans la manifestation qui va nous mener des Ardillières vers les parcelles à semer, vers les nouvelles haies à planter. Mais si nous ne sommes pas très nombreux au départ, la troupe va enfler tout au long de la journée, créant de longues files de voiture le long de la départementale.

Des prises de parole ont lieu. Marcel Thébault. pour l’Adeca (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport), présente les enjeux de cette journée : dès le départ de la lutte, dans les années 1970, l’occupation et la mise en valeur des terres menacées a été analysée comme stratégique, d’où les bagarres pour permettre l’installation de paysans. Le fait que les 25 ha concernés par l’action d’aujourd’hui soient restés non cultivés cette année était une écharde pour nous. « Ce problème, nous sommes en train de le résoudre collectivement. Cette action de semis collectifs permet à la fois de partager les risques à assumer (si la récolte est impossible) et nous protège contre le fait que les terres qui se libèrent servent des projets d’agrandissement. »

Marcel Thébault.

Depuis qu’il n’y a plus de flics sur la zone, nous travaillons davantage sur le « vivre ensemble ». Différents modes de culture (classique, sans intrants...) et différentes cultures dans différents projets permettront l’alimentation des bêtes et des humains (légumes...). L’interdiction de semer et de cultiver des terres ridiculise ceux qui la portent, même si nous vivons dans la crainte d’une possible aggravation de la situation.

Les politiques n’ont pas lâché le morceau, et Ayrault cherche le moment opportun pour avancer sur le terrain : il aura bien du mal ! Certains ont pu croire que l’Europe serait le lieu d’enterrement du projet, en fait c’est le lieu où tous les politiques et les lobbys unis sont venus le défendre. On leur a seulement dit « posez des actes et on verra après ». Les pétitions sont toujours ouvertes, la loi sur l’eau doit être appliquée. Les pro-aéroport s’attendaient à prendre une claque, c’est juste qu’ils ne l’ont pas prise et nous, nous on n’a rien perdu !

V. pour COPAIN 44 (Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport) fait un point juridique. Il revient sur la répression depuis l’opération César, en octobre-novembre 2012 : plus de 200 arrestations, plus de 50 comparutions : on cherche à transformer les opposants en délinquants, mais R. par exemple, finalement n’écope qu’une amende pour … stationnement gênant de son tracteur. Un autre paysan est convoqué pour occupation illégale de terrain : avec ses ruches ! Encore une mobilisation en perspective pour le défendre.

Plantation des haies

Pour les deux intervenants de la Zad, la recherche de l’autonomie, d’une production de nourriture échappant aux circuits marchants, est essentielle. Elle ne peut se faire sans la transmission des savoirs faite par les paysans, qu’ils remercient. Les cultures sont diverses, le ’contre-remembrement’ est en marche « puisque nous allons planter plus d’un km de haies (il y en a eu 220 000 de détruites dans le bocage breton !). Nous voulons une réflexion collective sur l’avenir et le partage des terres. César est venu, César est reparti, qu’il essaie donc d’y revenir ! Ce que nous allons semer nous le récolterons ! Et nous nous opposerons à toutes les étapes de la réalisation du projet ! »

Sur le semoir

Après les interventions, mélange des graines, remplissage des semoirs... tandis que les labours et les plantations d’arbres sont déjà en cours... A l’avant de l’un des tracteurs, J. souffle à plein poumons dans sa cornemuse, pour encourager les laboureurs.

Couscous et galettes permettront une pause bien venue. Le travail reprend, le nombre des participants grandit, les arbres affluent (assez pour toutes les haies créées...) ; pendant l’arrosage des plantations, quelques yeux se mouillent : non, ce n’est pas la pluie, samedi il faisait beau à Notre Dame des Landes !

Les Entretiens de Sologne Reporterre 2013/10/09 (9 octobre 2013) Les Entretiens de Sologne. Reporterre. fr

Les Entretiens de Sologne

Les Entretiens de Sologne, du 11 au 13 octobre dans le Loir-et-Cher

Les Entretiens de Sologne 2013 (11, 12 et 13 octobre 2013) auront lieu dans le charmant village-jardin de Pierrefitte-sur-Sauldre et auront pour thème :

PLUS BELLE LA CRISE ! SAVOIR – FAIRE … FAIRE CONFIANCE … à nous de jouer !

Inscription en ligne

Nous changeons de paradigme... il nous faut donc changer de perspective...

Les Entretiens de Sologne, se veulent être cette année, un creuset d’idées, d’initiatives et de témoignages pour faire face aux bouleversements qui s’annoncent.

Nous voulons faire d’une « crise » qui nous paralyse… une opportunité qui nous dynamise !

Pour concrétiser cet engagement citoyen, nous vous proposons, en marge des tables rondes qui aborderont les causes profondes de la crise sous un jour inhabituel, de PARTICIPER ACTIVEMENT AUX RÉSEAUX D’ÉCHANGES RÉCIPROQUES DE SAVOIRS, car nous sommes tous dépositaires de SAVOIRS, parfois à notre insu, que nous gagnerions à partager, pour le bien de tous.

Nous avons choisi de faire la démonstration que la Renaissance peut avoir plusieurs visages… Celle de notre époque n’est pas moins enthousiasmante que celle de Léonard de Vinci.

Venez participer à ce PROJET CITOYEN ET DÉBATTRE AVEC LES PERSONNALITÉS ENGAGÉES QUI ONT CHOISI DE NOUS REJOINDRE.

Greenpeace demande de protester auprès de l’ambassade russe contre l’emprisonnement de militants écologistes Greenpeace Reporterre 2013/10/09 Greenpeace (9 octobre 2013) Greenpeace demande de protester auprès de l’ambassade russe contre l’emprisonnement de militants écologistes. Reporterre. fr

Greenpeace demande de protester auprès de l’ambassade russe contre l’emprisonnement de militants écologistes

Depuis septembre, l’Etat russe maintient en détention des militants de Greenpeace. Ceux-ci avait mené une action pour protester contre l’exploitation pétrolière en Arctique. On peut aider à leur libération en écrivant à l’ambassade de Russie.

Le 18 septembre au matin, deux activistes de Greenpeace International ont été arrêtés alors qu’ils protestaient contre les projets de forages en Arctique sur une plateforme de Gazprom, la Prirazlomnaya, en mer de Pechora. Ils ont été détenus sur un bateau des autorités russes pendant une nuit, sans que les charges retenues contre eux ne soient clairement énoncées, et sans représentant légal.

Le jour suivant, 19 septembre, la garde russe a, de manière totalement illégale, abordé le navire de Greenpeace, l’Arctic Sunrise, alors qu’il se trouvait en dehors des eaux territoriales russes et a arrêté 30 membres d’équipage, sous la menace d’armes à feu. Tous les membres d’équipage ont été détenus sur le bateau, sous la surveillance de gardes armés, pendant que l’Arctic Sunrise se faisait remorquer jusqu’à Mourmansk.

Une fois parvenus à destination, l’équipage a été conduit dans des centres de détention, où ils ont été retenus et interrogés par les autorités russes. Après comparution en audience préliminaire devant un tribunal de Mourmansk, l’ensemble de nos militants, ainsi qu’un photographe et un cadreur indépendants, a été condamné à deux mois de détention préventive le temps d’une enquête pour acte de piraterie.

A ce jour, la justice russe les a tous formellement inculpés pour piraterie en groupe organisé. Ils encourent jusqu’à quinze ans de prison pour avoir voulu s’interposer contre un crime environnemental. Défendre le climat n’est pas un crime, c’est une nécessité ! Nous demandons la libération immédiate de nos activistes et membres d’équipage, et un arrêt des forages en Arctique.

Envoyez un message à l’ambassade de Russie pour libérer nos activistes !

Notre Dame des Landes : le gouvernement repart à l’assaut Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/10/09 Camille Martin (Reporterre) (9 octobre 2013) Notre Dame des Landes : le gouvernement repart à l’assaut. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : le gouvernement repart à l’assaut

Le préfet de Loire Atlantique lance la procédure de consultation sur la destruction et le déplacement des espèces à Notre Dame des Landes. Les craintes d’une nouvelle invasion policière durant l’automne se concrétisent.

"Ils ne lâchent rien" : sourd et aveugle, le gouvernement de M. Ayrault n’abandonne rien de son projet de bétonner plus de 1 600 hectares de bocage au nord de Nantes. La préfecture de Loire Atlantique vient d’annoncer le lancement d’une "demande de dérogation au titre des articles L411-2 et R411-6 à 14 du Code de l’environnement" pour "déplacer des espèces protégées". Le titre "dérogation au Code de l’environnement" dit tout : il s’agit de s’affranchir des règles de protection de la nature. Et la page de présentation du document en dit plus encore : le logo de la compagnie Vinci y voisine avec celui de la préfecture. Grandes entreprises et République française main dans la main pour détruire l’environnement...

Le dossier a été mis en ligne lundi 7 octobre et sera en consultation pendant trois semaines. Un délai très court, observent les Naturalistes en lutte, pour analyser sereinement un dossier de plus de deux mille pages.

La démarche juridique est aussi étrange, comme l’explique François de Beaulieu, de Bretagne Vivante : "Les autorités se placent dans le cadre de la loi sur les espèces protégées, alors que rien n’est réglé en ce qui concerne les observations faites par le collège des experts au regard de la loi sur l’eau" (voir ici Rapport sur la compensation et avis du Conseil national de protection de la nature). "Ils pourraient ainsi vouloir sortir les tritons de la mare en janvier 2014 alors que les arrêtés concernant les travaux au regard de la loi sur l’eau n’auraient pas pu être pris", poursuit M. de Beaulieu. "Ils font comme si ces arrêtés allaient l’être". Le dossier lui-même introduit de nouveaux éléments, comme la présence du campagnol amphibie, à propos duquel il faudrait demander l’avis du Conseil national de protection de la nature, ce qui introduit une nouvelle faiblesse juridique.

Mais l’on risque de se trouver alors dans une situation de défaite sur le terrain et de victoire juridique. Selon le scénario que redoutent les opposants, le gouvernement enverrait les gendarmes sur la ZAD en novembre, après la "consultation" sur les espèces protégées, afin de préparer “la destruction et le déplacement" de celles-ci. On rentrerait alors dans un cycle de violence et d’expulsion. Une éventuelle victoire interviendrait ensuite sur le plan juridique, mais le terrain aurait été perdu.

Un autre signe indique que la volonté de bétonner reste toujours aussi forte : le 5 août dernier, le préfet de Loire-Atlantique a signé un arrêté déclarant le « programme viaire » d’utilité publique du projet d’aménagement des voiries départementales et communales RD326, RD15, VC1 et VC12) : Il s’agit de la desserte routière du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Des recours ont été déposé lundi 7 octobre (voir aussi ce lien) devant le tribunal administratif de Nantes par Europe Ecologie Les Verts Pays de la Loire avec le CéDpa, l’ACIPA et des associations de protection de la nature.

Mais derrière les textes et les arrêtés, le gouvernement de M. Ayrault fait de plus en plus entendre ses bruits de bottes et ses cliquetis de lance-lacrymogène.

Dans le Lot, une usine empoisonne le voisinage dans l’impunité Robins des Bois Reporterre 2013/10/09 Robins des Bois (9 octobre 2013) Dans le Lot, une usine empoisonne le voisinage dans l’impunité. Reporterre. fr

Dans le Lot, une usine empoisonne le voisinage dans l’impunité

Dans le Massif Central, une usine transforme les traverses de chemin de fer en charbon de bois. Ces traverses sont imprégnées de créosote, une substance cancérigène, et devraient être traitées dans une filière spécialisée. Mais cela n’émeut pas les autorités, qui ne ferment pas cette usine, au détriment de la santé des ouvriers et des riverains.

Ils travaillent sans masques, sans gants, torse nu, la clope au bec, au contact cutané et par inhalation de poisons. Ce n’est ni à Alang (Inde) ni au Bangladesh, c’est à Laval-de-Cère (Lot) aux confins du Massif Central, aux bords de la Cère, affluent du Lot. Depuis dix ans, Sidénergie transforme les traverses de chemin de fer créosotées en charbon de bois pour barbecue grâce à une dérogation du Conseil Supérieur de l’Hygiène Publique en France.

Depuis dix ans, Robin des Bois réclame d’urgence la fermeture de ce scandale industriel et sanitaire. Elle était finalement prévue pour juillet 2013 au grand soulagement des habitants de la vallée qui se plaignent de fumées sales et d’odeurs nauséabondes.

Mais ça continue encore grâce à l’inertie des autorités régionales et du député local, grâce au chantage à l’emploi, grâce à un trafic avec des paysagistes.

La fermeture immédiate de ce bagne s’impose. Mais fermer n’est pas suffisant. Il faut le sécuriser, séparer les montagnes de traverses pour éviter les incendies, les évacuer, analyser les sols et les eaux de la Cère et dépolluer cet ancien site électrométallurgique de Péchiney.

La gestion du million de traverses en bois retirées des voies chaque année expose l’environnement et la santé publique à la prolifération de la créosote. Cette substance est considérée comme cancérogène. Dans la vie courante, elle expose les particuliers à des vapeurs et des inhalations qui déclenchent des migraines, des insomnies, des irritations oculaires. Chaque traverse est un déchet dangereux selon la réglementation européenne et française.

Les ouvriers de Sidénergie ne sont pas les seuls à être exposés aux risques de la créosote. Les traverses de chemin de fer continuent à déferler dans les jardins, les lotissements, autour des piscines, dans les terrasses et les maisons. Elles restent vendues dans l’illégalité sans que l’acquéreur soit par contrat informé des risques sanitaires et de son obligation, en fin d’usage, de les éliminer dans une filière réglementaire.

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Complément d’information

Dossier : Déchets dangereux : le cas des traverses de chemins de fer traitées à la créosote et des autres bois traités à l’arsenic.

Par solidarité, on arrondit à l’euro supérieur Christophe Carmarans (RFI) Reporterre 2013/10/09 Christophe Carmarans (RFI) (9 octobre 2013) Par solidarité, on arrondit à l’euro supérieur. Reporterre. fr

Par solidarité, on arrondit à l’euro supérieur

L’arrondi solidaire consiste à arrondir à l’euro supérieur vos courses en magasin, la différence étant reversée à des associations caritatives. Après des débuts timides, cette opération, qui en appelle à la générosité du public, entre dans une nouvelle phase, en partenariat avec la grande distribution.

Faire simple et efficace, tel est l’objectif de l’arrondi solidaire, démarche caritative inspirée d’ « el arondeo », une pratique née au Mexique il y a une quinzaine d’années qui s’est ensuite propagée en Amérique du Sud puis dans certains pays d’Europe. Le principe est très simple : il consiste à arrondir à l’euro supérieur le montant d’un achat lors d’un passage en caisse. La différence est ensuite reversée à une cause d’intérêt général.

Exemple type : vous avez acheté pour 45,83 euros de courses dans votre supérette habituelle, qui a eu l’excellente idée de s’associer à l’opération. L’employé(e) de caisse vous demande alors si vous souhaitez participer à l’arrondi. Si vous acquiescez, elle appuie alors sur un bouton de sa caisse spécialement configurée (grâce à un logiciel) et vous êtes alors facturé 46,00 euros tout rond. Les 0,17 euros de différence vont directement à une association de proximité, sans que vous ayez à faire un geste de plus.

C’est la société d’économie solidaire microDON qui est à l’origine de ce projet. Pierre-Emmanuel Grange et Olivier Cueille, ses deux fondateurs, tentent de la mettre en place depuis quatre ans déjà en France, mais ce n’est que cette année que leur initiative prend réellement forme avec le concours des enseignes Franprix, une chaîne de supérettes qui appartient au groupe de grande distribution Casino. Le Franprix de la rue Réaumur, en plein centre de Paris, sert depuis juillet de magasin pilote mais, début 2014, ce sont plus de 300 Franprix (sur les 900 que compte la chaîne) qui doivent être associés à l’arrondi.

« Je ne peux pas encore communiquer de chiffres mais les résultats sont très encourageants », confiait mercredi 18 septembre Pierre-Emmanuel Grange lors du lancement officiel de la campagne, au Franprix de la rue Réaumur, en présence de Benoît Hamon, le ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire. Même s’ils naviguent un peu à vue pour le moment, les fondateurs de microDON tablent sur une moyenne oscillant entre 60 et 120 euros par jour dans les Franprix parisiens où des animations sont prévues pour faire connaître le procédé.

« Quand je propose l’arrondi et qu’il y a une animation autour comme aujourd’hui, près de la moitié des gens acceptent », s’étonne Wahiba, l’une des caissières en poste ce jour-là rue Réaumur. Elle précise au passage que cette petite mécanique ne lui impose aucune charge de travail supplémentaire. « Moi, je donne à chaque fois », assure pour sa part Serge, un habitué du magasin qui vient y faire ses courses deux fois par semaine. « C’est comme laisser un pourboire au café. Et c’est pour une bonne cause, alors… », conclut-il dans un sourire. Selon un responsable de l’enseigne, environ 7% des clients ont donné depuis le début de l’opération.

L’exemple du Téléthon

Désormais bien informés, les clients du Franprix hésitent d’autant moins à donner qu’ils savent exactement où vont leurs centimes : à la Croix-Rouge et au Secours Populaire, les deux seuls organismes que microDON a pour le moment associés à l’arrondi solidaire. « Il y a un reporting quotidien : on sait jour par jour, magasin par magasin, combien d’arrondis ont été effectués par les clients », clarifie Olivier Cueille. « Et le reversement aux associations se fait périodiquement par virement à un fonds de dotation ». En l’occurrence, ce sont des associations de quartier, le IIe arrondissement de Paris, qui vont recevoir les dons.

En discussion avec d’autres groupes de la grande distribution comme Carrefour, Leclerc ou Cora, Olivier Cueille pense que l’émulation va jouer et inciter les concurrents de Franprix à se joindre au mouvement, question d’image de marque. « On rêve de conquérir quatre ou cinq enseignes de grande distribution alimentaire. Si on arrivait à faire participer 1% des Français, c’est plusieurs dizaines de millions d’euros qui seraient collectés chaque année », assure-t-il. « L’arrondi, espère-t-il, peut se hisser rapidement au troisième ou quatrième rang des événements de collecte majeurs en France, juste derrière le Téléthon qui, rappelons-le, collecte 80 millions d’euros par an ».

Le ministère de l’Ecologie brûle mais le gouvernement regarde ailleurs ! Bertrand Pancher Reporterre 2013/10/09 Bertrand Pancher (9 octobre 2013) Le ministère de l’Ecologie brûle mais le gouvernement regarde ailleurs !. Reporterre. Tribune — fr

Le ministère de l’Ecologie brûle mais le gouvernement regarde ailleurs !

Alors que France Nature Environnement - la plus importante fédération d’associations de protection de la nature et de l’environnement - vient d’écrire une lettre ouverte au Président de la République pour dénoncer l’affaiblissement du Ministère de l’écologie et les terribles régressions en cours du droit de l’environnement, Bertrand Pancher tient à dénoncer :

Un ministère de l’Ecologie en train de sombrer

Rétrogradé dans le rang protocolaire, le ministère de l’Ecologie subit une vente à la découpe très grave : urbanisme pris en charge par Cécile Duflot, préjudice écologique capté par Christiane Taubira, industrie verte (mal)traitée chez Arnaud Montebourg et énergie directement gérée depuis Matignon.

Quant au choc de simplification en matière environnementale, c’est Pierre Moscovici qui défend un mauvais projet de loi devant le Parlement pour engager des expérimentations sur plusieurs années. Last but not least, cela s’est confirmé : le ministre de l’écologie est écarté des négociations sur le climat qui échoient au ministre des affaires étrangères… Pour couronner le tout : que dire du budget de l’Ecologie sacrifié pour la seconde année consécutive…

Un droit de l’environnement en complète régression

L’organisation d’Etats généraux de la modernisation du droit de l’environnement ne peut camoufler les graves reculs qu’inflige le Gouvernent au droit de la protection de l’environnement : limitation du droit d’accès au Juge en matière d’urbanisme, remise en cause d’un consensus politique sur la réforme des élevages industriels, absence de réforme de la fiscalité déchets, remise en cause du financement des énergies renouvelables… la liste est longue.

Un Parlement méprisé

Parallèlement, le Gouvernement méprise le Parlement : le projet de loi sur la biodiversité annoncé n’est toujours pas rédigé, la réforme du code minier se ferait par ordonnances et donc sans débat parlementaire, la loi sur la transition énergétique est reportée d’au moins une année etc.

Aussi, Bertrand Pancher, député et responsable du « Pôle écologie » de l’UDI, entend exprimer sa très vive inquiétude et demande au Gouvernement de redonner au Ministère de l’Ecologie toute la place qui lui revient et de répondre aux cris d’alerte des acteurs du développement durable, qu’ils soient élus, entrepreneurs, ou responsables associatifs !

Pierre Rabhi et Charles Piaget, le champ et l’usine, première Rencontre de Reporterre Reporterre Reporterre 2013/10/09 Reporterre (9 octobre 2013) Pierre Rabhi et Charles Piaget, le champ et l’usine, première Rencontre de Reporterre. Reporterre. fr

Pierre Rabhi et Charles Piaget, le champ et l’usine, première Rencontre de Reporterre

Jeudi 10 octobre à Paris, la première Rencontre de Reporterre : Charles Piaget, de Lip, et Pierre Rabhi discutent de l’alliance entre l’écologie et le monde du travail.

Depuis toujours, on prétend que l’écologie serait une affaire de « bobos » déconnectés de la réalité quotidienne, alors que les « travailleurs » auraient d’autres soucis que de se préoccuper des « petits oiseaux ». Eh bien non ! De plus en plus, il devient clair que le même système qui broie les gens et crée le chômage détruit l’environnement et aggrave la crise écologique.

Le changement qui doit advenir se fera par l’alliance de l’écologie et de la question sociale. Et pour l’amorcer, Reporterre invite deux figures emblématiques et sages à en discuter : Pierre Rabhi,ancien ouvrier qui a choisi de devenir paysan, et Charles Piaget, le porte-parole des travailleurs de Lip, quand ceux-ci mettaient l’autogestion en actes.

Des invités qui mettent en oeuvre au quotidien un travail ancré dans l’écologie, viendront témoigner. D’abord Florent, qui est devenu paysan en Ile-de-France. Et Thomas, qui travaille dans une boulangerie anarchiste.

Et l’on entendra quelques notes de guitare...

Jeudi 10 octobre, à La Bellevilloise, 21 rue Boyer (Paris XXe), à 20h30, ouverture des portes à 20 h, libre participation aux frais.

La marche contre Monsanto aura lieu samedi 12 L’équipe d’organisation Strasbourgeoise contre Monsanto Reporterre 2013/10/10 L’équipe d’organisation Strasbourgeoise contre Monsanto (10 octobre 2013) La marche contre Monsanto aura lieu samedi 12. Reporterre. fr

La marche contre Monsanto aura lieu samedi 12

La firme multinationale Monsanto tente d’imposer les OGM au reste du monde. Alors que l’Europe risque d’accepter un traité de libre-échange avec les Etats-Unis, qui ouvrirait la porte aux OGM, une marche internationale contre Monsanto est organisée.

Le 12 octobre 2013, à l’initiative du mouvement Occupy des Etats-Unis, dans une démarche citoyenne autonome et pacifiste, est organisée la deuxième manifestation internationale simultanée contre Monsanto

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui veulent la reconnaissance du droit à un environnement sain pour tous et réclament une nourriture dépourvue de poison chimique ! Le rassemblement est prévu à Strasbourg Place Kléber à 14h. Une marche et un marché alternatif (mini-marché paysan, zone de documentations, échange de graines, exposition photos) animeront l’après-midi.

Cet été, le Conseil d’État a annulé l’interdiction de cultiver en France le maïs transgénique MON810 et les négociations entre les Etats-Unis et l’Union européenne sur l’accord de libre-échange se sont ouvertes lundi 8 juillet et devraient aboutir en 2015. Parmi les sujets évoqués : l’agriculture. Les Etats-Unis sont pressés de nous vendre leur viande aux hormones, poulet au chlore et OGM.

Au même moment les Etats-Unis ont bouclé un accord similaire avec leurs voisins du Pacifique, le PTP (l’Accord de Partenariat Transpacifique). Ces négociations ont été menées par Islam Siddiqui, principal négociateur dans le domaine de l’agriculture pour les États-Unis, qui n’est d’autre que l’ancien vice-président de CropLife America, le principal organe de lobbying des entreprises de biotechnologie dont Monsanto est l’un des leaders.

Monsanto est une entreprise spécialisée dans les biotechnologies végétales, dont le siège est situé à Saint-Louis (États-Unis). Elle a été fondée en 1901 par John Francis Queeny. Originellement productrice de produits chimiques, son nom est associé aux dioxines, à l’aspartame, aux PCB et à l’agent orange massivement utilisé par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam. En 1974, Monsanto commercialise la molécule connue sous le nom de glyphosate, l’ingrédient actif de l’herbicide Roundup. Producteur de l’hormone de croissance bovine rBGH (recombinant Bovine Growth Hormone) interdite en Europe, au Canada et au Japon, Monsanto est également un des principaux producteurs de semences génétiquement modifiées (soja, maïs, coton, colza).

Ces semences brevetés sont modifiées pour résister à la pulvérisation de l’herbicide Roundup ou secrètent 24h/24 un ou plusieurs insecticides. Ces plantes accumulent en grande quantité dans leurs tissus, l’herbicide et les insecticides sécrétés, qui seront in fine ingérés par les consommateurs.

Accusée de lobbying intensif auprès des organismes certificateurs* et de publicité mensongère**, aux Etats-Unis, Monsanto n’hésite pas à faire des procès aux agriculteurs dont les champs ont été contaminés par les semences OGM (via le vent, les pollinisateurs, ou les transports). Partout les paysans se font écraser au profit de l’agro-industrie, la biodiversité potagère est éliminée, les ventes de pesticides explosent, le prix des céréales flambe.

Notons que tous les produits préalablement cités ont faits l’objet de scandales sanitaires ou de controverses scientifiques. A chaque fois, afin de commercialiser ses produits, Monsanto affirmait qu’ils étaient sans danger pour l’environnement et la santé humaine.

Nous citoyens, ne faisons plus confiance à Monsanto et aux organismes soudoyés par cette entreprise.

Nous, citoyens, avec le soutien de : la Confédération Paysanne Alsace, Kokopelli, les Amis de la Confédération Paysanne Alsace, le groupe local de Greenpeace à Strasbourg, les Indignés de Strasbourg, appelons tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement.

Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu’aux responsables européens de :

- Rendre obligatoire, par devoir d’information, un étiquetage des produits issus d’OGM au niveau européen.

- Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d’une alimentation OGM sur la santé publique.

- Réévaluer les molécules de synthèse commercialisée par l’agrochimie (Syngenta, Pioneer, BASF, Bayer, Dow Chemical, Monsanto…) Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par ces firmes dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.

- Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l’exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, insecticides, fertilisants...) et l’augmentation des cancers et des problèmes d’infertilité.

- Autoriser la culture et le commerce des semences anciennes non inscrite au catalogue officiel.

- Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l’agriculture de demain, pour préparer et mettre en œuvre LA Transition Ecologique.

Les événements Marche anti Monsanto en France :

→ Strasbourg : https://www.fb.com/events/376235485831488/ → Paris : https://www.fb.com/events/399117380197537/ → Brest : https://www.fb.com/events/390806834374236/ → Marseille : https://www.fb.com/events/1410030789208915/ → La Réunion : https://www.fb.com/events/163342313862303/

et partout dans le monde : - Marche contre Monsanto

Le phytoplancton va mal et tout le monde s’en fout. Tout le monde a tort Revue Silence Reporterre 2013/10/10 Revue Silence (10 octobre 2013) Le phytoplancton va mal et tout le monde s’en fout. Tout le monde a tort. Reporterre. fr

Le phytoplancton va mal et tout le monde s’en fout. Tout le monde a tort

« L’essentiel est invisible pour les yeux », disait Antoine de Saint Exupéry. Le plancton d’aujourd’hui est l’avenir des protéines de demain, il constitue notre capital Oxygène. Vital pour les populations actuelles et futures, ce « petit peuple de la mer » devrait être déclaré patrimoine de l’humanité.

Le phytoplancton ? C’est tout petit et ca vit dans la mer. Oui, mais bien plus, comme l’explique Pierre Mollo, du Centre océanopolis de Brest, co-auteur du livre « Le manuel du plancton » (2013, éd. Charles Léopold Mayer).

Pierre Mollo -

Silence - Dans votre livre, vous présentez l’étude du plancton comme un moyen de détecter les pollutions ou le changement climatique, pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

Pierre Mollo - Le phytoplancton est à la base des réseaux trophiques aquatiques car il réalise la photosynthèse : il transforme le dioxyde de carbone en oxygène. Plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons grâce aux échanges gazeux entre les océans et l’atmosphère, nous le devons au phytoplancton. Il est aussi indispensable pour nourrir les organismes tels que le zooplancton, les larves de poissons, de crustacés, etc.

Les pesticides utilisés en traitement des sols ou autre vont se retrouver dans les milieux aquatiques par ruissellement et lessivage des sols. Le phytoplancton, lorqu’il est en contact avec les pesticides, va en subir des dommages irréversibles. Sa diversité va se réduire, ce qui entraine un déséquilibre dans la pyramide de la chaine alimentaire. L’observation régulière du plancton dans son milieu donne des indications sur l’état de la qualité des eaux. Si le phytoplancton est touché et qu’il ne peut suffire à nourrir le zooplancton, tous les maillons suivants seront touchés.

Pour continuer à se nourrir, à vivre et à se reproduire, le copépode (zooplancton) est contraint de s’adapter au changement climatique, qui se manifeste par l’augmentation de la température des océans. Il doit parfois quitter des milieux familiers devenus hostiles et se déplacer sur des distances considérables (une vingtaines de km par an).

Les migrations forcées dues au réchauffement des eaux océaniques (1 à 2 degrés) imposent à leurs prédateurs, comme la morue, des déplacements identiques. Les exemples de bouleversements locaux sont légion sur la planète et démontrent que les pressions d’origine humaine sur terre se répercutent avec des effets en chaine dans les océans. C’est l’effet plancton.

Le plancton marin est menacé par les excès de rejets de CO2 qui acidifient les océans. Des observations dans les eaux froides laissent penser que le point de bascule est proche. Quelles seraient les conséquences sur la planète d’un effondrement des populations de plancton ?

Invisible et mal connu, parent pauvre de la biodiversité, le phytoplancton permet à lui seul de fixer une grande partie du carbone de l’atmosphère terrestre. Plus de 70% de la surface de la planète est recouverte d’eau. Les océans jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat et dans la gestion du CO2. L’effondrement du plancton dans les océans dû à l’acidification par excès des rejets de dioxide de carbone serait une catastrophe pour l’équilibre biologique des fragiles écosystèmes planctonique. La diversité des micro-algues (diatomées, coccolithes, chrysophycées...) sont une garantie de la bonne santé des océans et des animaux qui l’habitent et représentent une ressource inestimable pour l’alimentation humaine.

En temps que spécialiste du plancton, quels messages faut-il faire passer pour éviter d’en arriver à des écosystèmes trop fragilisés ?

« L’essentiel est invisible pour les yeux », disait Antoine de Saint Exupéry. Le plancton d’aujourd’hui est l’avenir des protéines de demain, il constitue notre capital Oxygène.Vital pour les populations actuelles et futures, ce « petit peuple de la mer » devrait faire l’objet d’une attention à la mesure de son importance. Le plancton devrait être déclaré patrimoine de l’humanité et l’on pourrait imaginer une gouvernance mondiale chargée de maintenir une relation optimale entre l’homme et la nature. Faire du plancton un facteur de lien social.

Article provenant du mensuel Silence avec qui Reporterre commence un partenariat ce mois-ci. Voir le numéro en cours de Silence.

« Il faut un impôt mondial sur le capital » Thomas Piketty Reporterre 2013/10/11 Thomas Piketty (11 octobre 2013) « Il faut un impôt mondial sur le capital ». Reporterre. Tribune — fr

« Il faut un impôt mondial sur le capital »

Depuis quinze ans, Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, travaille sur les inégalités. Il vient de publier « Le capital au XXIe siècle », dans lequel il plaide un impôt mondial progressif sur le capital.

Libération - Depuis les années 70-80, l’héritage pèse de plus en plus dans les revenus et les inégalités sociales sont reparties à la hausse. Pourquoi ?

Thomas Piketty - Plusieurs phénomènes se conjuguent. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le stock de patrimoine privé était tombé à un niveau très bas. Il a fallu des décennies pour qu’il se reconstitue. Ce processus a été renforcé par l’abaissement de la croissance depuis les années 70-80. Dans des sociétés de croissance lente, les patrimoines issus du passé prennent naturellement une importance démesurée. Le capitalisme de reconstruction n’était qu’une parenthèse : dans le long terme, il ne peut exister de capitalisme autre que patrimonial.

On pourrait croire pourtant que dans une économie numérisée, le capital humain, l’intelligence seraient valorisés…

Le développement économique repose effectivement sur des qualifications de plus en plus pointues. Mais il nécessite également des équipements, des bureaux, de l’immobilier d’habitation, en quantité et en qualité toujours plus élevés. Au finale, la valeur du capital professionnel, financier et immobilier, c’est-à-dire non humain, s’établit autour de six années de production et de revenu national en ce début de XXIe siècle dans les pays riches, pratiquement autant qu’aux XVIIe et XIXe siècles.

Une faible croissance accentue ce phénomène, mais ne sera-t-il pas corrigé au prochain cycle de croissance forte ?

Nous ne reviendrons jamais à la croissance de 5% par an des Trente Glorieuses, qui correspondait à une phase de rattrapage. Dans les pays qui se situent à la frontière technologique mondiale, la croissance ne dépasse jamais les 1-2% par an, tout au plus. Dès lors, le taux de rendement du capital - au moins 4-5% par an en moyenne, et jusqu’à 7-8% pour les fortunes les plus importantes, comme le montre l’évolution des classements de type Forbes ou Challenges - se retrouve durablement et fortement au-dessus du taux de croissance.

Cette inégalité fondamentale, que je note r>g (r = taux de rendement du capital et g = taux de croissance) dans mon livre, et qui était la règle jusqu’en 1914, risque fort de redevenir la norme au XXIe siècle. Elle conduit mécaniquement à une concentration extrême des patrimoines et à une divergence sans fin.

Ce sont les guerres, selon vous, qui ont réduit les inégalités au XXe siècle. Comment imaginer un autre système, plus pacifique et plus durable ?

Effectivement, les guerres ont joué un rôle central dans la réduction des inégalités au XXe siècle. Elles ont détruit les patrimoines issus du passé, et elles ont imposé une fiscalité progressive et un Etat social que les élites refusaient avant les conflits. Pour mettre fin au décrochage stérile des plus hautes rémunérations - qui se sont envolées depuis les années 90 -, il suffirait de ressusciter l’impôt confiscatoire sur les revenus indécents que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont appliqué des années 30 aux années 80.

Mais pour contenir la dynamique explosive des inégalités patrimoniales mondiales, il faut inventer de nouveaux outils. Seul un impôt progressif sur le capital, avec des taux atteignant 5-10% sur les fortunes de plusieurs milliards d’euros, permettrait de rétablir pacifiquement l’équilibre. Faute de quoi on assistera à diverses formes de replis nationalistes et protectionnistes.

Dans ce contexte de forte valorisation du capital, cela vaut-il toujours le coup de travailler, de faire des études ? Comment reformuler notre modèle méritocratique ?

Il faudrait d’abord cesser de chanter les louanges de nos modèles méritocratiques nationaux, sans examiner les faits. Aux Etats-Unis, on feint d’ignorer que le revenu moyen des parents des étudiants de Harvard correspond aux 2% des revenus américains les plus élevés. En France, on s’imagine que l’absence de droits d’inscription suffit à assurer l’égalité des chances, et on continue d’investir deux ou trois fois plus de financements publics pour la formation des étudiants les plus favorisés que pour les autres, ce qui ne fait que renforcer les inégalités initiales.

Keynes voyait l’inflation comme un moyen « d’euthanasier les rentiers » - en diminuant la valeur relative de leur capital face à la hausse des prix. Pourquoi ne pas cesser comme on le fait aujourd’hui de lutter contre l’inflation ?

L’inflation, c’est l’impôt sur le capital du pauvre. Les plus riches y échappent, en investissant leur capital en actions ou en immobilier. Il reste qu’en l’absence d’impôt sur le capital accepter un peu plus d’inflation est la seule façon réaliste de réduire la dette publique européenne actuelle. Autrement, nous allons consacrer pendant des années plus de ressources en intérêts de la dette qu’à investir dans l’enseignement supérieur, ce qui est absurde.

Pour réguler ce « capitalisme financier devenu fou », vous militez pour « de nouveaux outils », mais aussi la rénovation des « systèmes de prélèvements et de dépenses » au cœur de l’Etat social. Un chantier sans fin ?

La difficulté aujourd’hui est qu’il faut à la fois inventer de nouveaux outils - à commencer l’impôt progressif sur le capital -, moderniser et rénover profondément les institutions fiscales et sociales existantes. La France est un cas d’école : nos impôts ont atteint un degré de complexité qui en menace gravement l’intelligibilité et l’acceptabilité sociale ; notre système de retraites est émietté en une multitude de régimes peu légitimes, etc. La tâche peut paraître sans fin, mais nous n’avons pas d’autre choix que de mener ces différents chantiers de front. Notre modèle social européen est fragile et ne survivra que si l’on fait preuve d’audace.

Thomas Piketty -

Mais n’est-il pas illusoire de plaider pour un impôt progressif sur le capital à l’heure des multinationales et des paradis fiscaux, et alors que les Etats ne parviennent déjà pas à les taxer avec les outils existants ?

C’est une question de volonté politique. Quand ils le souhaitent, les pays riches savent faire respecter leurs décisions, par exemple quand ils envoient un demi-million d’hommes de troupe pour « libérer » le Koweït puis l’Irak. Concernant les paradis fiscaux, le problème est qu’il existe un gouffre souvent abyssal entre les proclamations victorieuses des gouvernements et la réalité de ce qu’ils font.

Un autre impôt transversal et régional est sur le point d’aboutir : la taxe sur les transactions internationales. Peut-il être cumulable avec l’impôt progressif sur le capital ?

Les taxes sur les transactions financières peuvent jouer un rôle utile, comme celles sur la pollution (taxe carbone). Mais elles ne permettent pas de répartir la charge fiscale suivant le niveau de fortune. C’est le même problème de ciblage qu’avec l’inflation.

- Propos recueillis par Christian Losson, Cécile Daumas et Florent Latrive

Nouvel incident grave à la centrale du Tricastin, EDF ne dit rien Coordination Anti-nucléaire Sud-Est Reporterre 2013/10/11 Coordination Anti-nucléaire Sud-Est (11 octobre 2013) Nouvel incident grave à la centrale du Tricastin, EDF ne dit rien. Reporterre. fr

Nouvel incident grave à la centrale du Tricastin, EDF ne dit rien

Trois salariés de la centrale nucléaire du Tricastin ont été touchés lundi 7 octobre par des liquides radioactifs lors de l’explosion d’un système de pompe hydraulique. EDF ne livre aucune information, dénonce le groupe antinucléaire local.

Aucune information de la direction d’Electricité de France (EDF) n’a filtré jusqu’à présent mais on peut supposer que c’est lors d’opérations de pompage de tritium que l’accident s’est produit. En effet depuis le mois de juillet une fuite de tritium est en cours dans cette centrale sans que EDF puisse en préciser l’origine. Le CAN84 a demandé le 25 septembre dernier à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de prononcer sans attendre la mise à l’arrêt de la centrale et des quatre réacteurs.

Une suppression d’air dans une canalisation, qui avait été pourtant vidangée, a propulsé un reste de ballast liquide contaminé radioactif. Ce liquide contaminé radioactif - dont la direction ne précise pas la teneur (certainement du tritium radioactif qui fuit depuis le mois de juillet) - a été projeté et s’est répandu sur les vêtements des salariés. L’un d’eux été hospitalisé et tous ont été pris en charge par un service spécialisé en radioprotection pour y suivre une décontamination. On ne connait pas à cette heure-ci la gravité sanitaire et environnementale de ce nouvel accident à la centrale du Tricastin, l’une des principales poubelles nucléaires qui accumulent depuis des années incident sur incident, contamination sur contamination, et dont les réacteurs vétustes présentent aussi des fissures.

Après la constatation de la fuite, EDF avait une semaine pour en indiquer l’origine et y remédier. Aucune information n’est venue informer la population malgré l’exigence de l’ASN. Depuis cette date EDF rejette en urgence dans le canal du Rhône les masses d’eau contaminées emplissant les enceintes géotechniques (radier) sous les réacteurs 2 et 3. Si l’eau rejetée était elle-même contaminée il se pourrait que d’autres radio-contaminants encore plus dangereux soient déversés dans le canal.

Les directions tant d’EDF et d’Areva, véritable état dans l’état, n’appliquent toujours pas depuis plus d’un an les dispositions post-Fukushima, ce qui a conduit l’ASN à prendre à l’encontre des exploitant plusieurs mises en demeures demeurées à ce jour lettre morte.

Une nouvelle fois le Collectif citoyen antinucléaire de Vaucluse (CAN84) demande à l’ASN la mise à l’arrêt de la centrale nucléaire EDF du Tricastin et de tout le site où, la semaine dernière encore, un autre accident nucléaire s’est produit chez Areva-Eurodif. Accident qui a entraîné la suspension officielle par l’ASN des opérations de récupération de l’UF6 (uranium enrichi) initiées dans le cadre du pré-démantèlement de l’usine d’enrichissement d’uranium.

Des citoyens se mobilisent pour nettoyer une décharge en montagne Respect Planète Reporterre 2013/10/11 Respect Planète (11 octobre 2013) Des citoyens se mobilisent pour nettoyer une décharge en montagne. Reporterre. fr

Des citoyens se mobilisent pour nettoyer une décharge en montagne

Une décharge sauvage bien dissimulée en montagne de Haute-Savoie a été repérée par des guides. Des citoyens se retrouvent pour une grande opération de restauration du torrent de l’Epine devenu décharge sauvage, le samedi 12 octobre.

Olivier Dufour (Guide de haute montagne d’AltaVia) et Philippe Goitschel (Respect-Planet), ont repéré une décharge sauvage en pleine montagne.

Des déchets, essentiellement automobiles (pièces de tôlerie, essieux, moteurs, roues, pneus d’automobiles et de camions, futs de cent à cent cinquante litres, bidons de produits diluants et autres …), ont été précipités du haut d’une falaise pour aboutir près d’un cours d’eau cent cinquante mètres en contrebas.

Leur quantité, éparpillée sur une surface d’un demi-hectare, est estimée à cent m3. La décharge, datant visiblement de dix à quarante ans, borde le sentier de grande randonnée GR96 (Tour des pays du Mont-Blanc).

Le site, magnifique mais difficile d’accès, demande quarante-cinq minutes de marche. Notre responsabilité envers les générations futures impose maintenant de réfléchir à la faisabilité d’une collecte suivie d’une évacuation en centre de tri.

Rappelons-nous qu’encore aujourd’hui, pour certains cerveaux reptiliens, un déchet jeté dans un sous-bois ne dérange personne.

Rendez-vous le 12 octobre 2013 :

Toutes les bonnes volontés sont bienvenues pour nettoyer ce site naturel le long du GR 96.

Le rendez-vous est fixé à 8h le 12 octobre, services techniques (pompiers) de Magland (Haute-Savoie). Casse-croûte offert par la mairie de Magland, prévoir une tenue adaptée au travail en montagne, et de bonnes chaussures de marche.

Gaz de schiste : la loi comportait une faille géothermique Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/10/11 Sylvain Lapoix (Reporterre) (11 octobre 2013) Gaz de schiste : la loi comportait une faille géothermique. Reporterre. fr

Gaz de schiste : la loi comportait une faille géothermique

Le Conseil constitutionnel a maintenu vendredi 11 la loi interdisant la fracturation hydraulique. Mais dès sa rédaction, une faille juridique béante avait été repérée par les députés dans cette loi. Sans qu’elle soit comblée...

Le Conseil constitutionnel a validé ce vendredi la loi interdisant la fracturation hydraulique, technique utilisée pour exploiter les gaz et pétrole de schiste. Les dispositions de la loi du 13 juillet 2011 visant à interdire la recherche et l’exploitation de ces hydrocarbures à partir de la fracturation hydraulique et à abroger les permis de recherche nécessitant le recours à cette technique "sont conformes à la Constitution", a estimé le Conseil constitutionnel. Celui-ci avait été saisi par la compagnie Schuepbach LLC, suivant la procédure de "question prioritaire de constitutionnalité" (QPC) .

Celle-ci est titulaire de deux permis d’exploration minière abrogés dans le Sud de la France (permis de Villeneuve-de-Berg et permis de Nant), l’entreprise texane, selon laquelle cette technique est la seule permettant d’exploiter les gaz de schiste, se juge lésée par la loi suivant deux arguments : l’absence présumée d’étude prouvant les dangers du fracking et l’exception prévue par le texte permettant d’utiliser la même technique pour la géothermie.

La décision du Conseil constitutionnel a surpris nombre d’observateurs, parce que l’argument juridique de l’exception pour la géothermie semblait permettre d’invoquer la violation du principe constitutionnel d’égalité (les pétroliers étant traités différemment des sociétés de géothermie). Cette fragilité juridique du texte de loi était bien connue des députés puisqu’elle avait été plusieurs fois soulevée en séance... sans que les parlementaires ne prennent soin d’y répondre.

« Juridiquement douteuse »

Le 4 mai 2011, en pleine étude du rapport des députés Michel Havard et Jean-Paul Chanteguet portant sur la proposition de loi visant à abroger les permis de recherche pour les gaz et huiles de schiste, le député UMP François-Michel Gonnot avait ainsi mis en garde les parlementaires présents sur la remise en cause de la loi :

Voici ce qui s’est alors dit dans l’hémicycle : "En l’occurrence, nous accomplissons un acte un peu complexe juridiquement. D’abord, nous légiférons dans un domaine réglementaire. De plus, un permis délivré par la puissance administrative ouvre des droits, lesquels ne peuvent être supprimés sans indemnisation. La proposition de loi ne prévoyant pas un tel système, elle souffre d’une évidente faiblesse. Dès lors, le recours juridictionnel sera inévitable, mais le problème sera moins lié à l’intervention de certains de nos collègues auprès du Conseil constitutionnel afin de vérifier la constitutionnalité de la loi qu’au recours à la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par un certain nombre de titulaires de permis.

Si la rédaction des rapporteurs peut être critiquée, elle présente très peu de risques juridiques. Cela dit, interdire la fracturation hydraulique au nom des principes de précaution et de prévention ne tient pas sur le plan du droit : il est en effet impossible de l’interdire pour les hydrocarbures et de l’autoriser pour la géothermie. Je vous mets donc en garde car un recours au Conseil constitutionnel est possible sur ce seul point.""

François-Michel Gonnot, avocat de profession, interrogé par Reporterre confirme ses mises en garde d’alors et ne s’étonne guère d’une éventuelle censure de la loi : « Le débat n’a en aucun cas été juridique : il y avait un consensus entre l’UMP et le PS pour enterrer la question des gaz de schiste à la veille de la présidentielle. »

François-Michel Gonnot avait écrit un rapport d’information à l’occasion de ces débats. Un rapport rédigé avec son collègue député PS d’alors : Philippe Martin, devenu depuis ministre de l’Ecologie du gouvernement Ayrault. A cette occasion, trois avocats spécialistes du droit minier (Me Desforges, Me Benoît et Me Billet, lequel est président de la société française pour la droit de l’environnement) avaient été consultés. Suivant leur expertise et la sienne, le député Gonnot avait ainsi formulé sa conclusion :

« Personnellement, je suis de ceux qui estiment qu’une telle interdiction, dans la mesure où elle n’est pas de portée générale mais seulement limitée à certains usages de la fracturation hydraulique, est juridiquement ’douteuse’. Le Conseil constitutionnel sera peut-être, un jour, amener à en décider, à l’occasion d’une question prioritaire de constitutionnalité.

Je suis donc persuadé que cette interdiction ne sera que temporaire. »

Sauver la face... et le budget ?

En plus d’écarter le risque électoral, la loi du 12 juillet 2011 avait l’avantage de permettre de justifier le retrait des trois permis polémiques du Sud (qui n’étaient que la tour forage cachant la forêt des recherches) sans s’exposer à un autre risque juridique : celui de devoir indemniser les titulaires de permis.

En effet : parmi les dispositions prises auprès de l’administration, chaque entreprise doit soumettre à la demande d’un permis d’exploration un engagement d’investissement pour les travaux. Dans le cas des trois permis du Sud abrogés après le vote de la loi, il s’agissait d’un cumul d’environ 80 millions d’euros, dont plus de 41 millions pour les seuls zones d’exploration de Schuepbach LLC.

Conscient de cette crainte, c’est sur cet argument économique que la société américaine a poursuivi l’Etat : parallèlement à la QPC, la compagnie a en effet lancé une procédure visant l’indemnisation par l’administration non seulement des frais qu’elle aurait engagé mais aussi des bénéfices estimés à cinquante ans. Soit la somme d’un milliard d’euros, le tout basé sur des réserves inconnus et un potentiel économique non prouvé.

Liens référents :

- le débat du 4 mai : http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-dvp/10-11/c1011045.asp#P3_84 - Gonnot : http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/fiches_id/1514.asp - Le rapport d’information de Gonnot et Martin : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3517.asp - Schuepbach demande un milliard d’euros : http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/gaz-de-schiste-schuepbach-reclamerait-1-milliard-d-euros-a-l-etat_404602.html

Les permis : - Nant : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022036024 - Villeneuve-de-Berg : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022050089

Gaz de schiste : les clés de la décision du Conseil constitutionnel et les nouvelles manoeuvres des promoteurs Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/10/11 Sylvain Lapoix (Reporterre) (11 octobre 2013) Gaz de schiste : les clés de la décision du Conseil constitutionnel et les nouvelles manoeuvres des promoteurs. Reporterre. fr

Gaz de schiste : les clés de la décision du Conseil constitutionnel et les nouvelles manoeuvres des promoteurs

Le Conseil constitutionnel a jugé compatible avec la Constitution la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique. Voici les clés pour comprendre cette décision. Et aussi ce que préparent les lobbies du gaz de schiste pour revenir à l’assaut.

Ce vendredi 11 octobre à 10 heures, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur la loi interdisant la fracturation hydraulique : selon les Sages, les articles 1 et 3 visés par la question prioritaire de constitutionnalité sont bel et bien conformes à laconstitution.

La société Schuepbach, qui avait saisi l’institution, avait avancé quatre « moyens » lors de l’audience : la liberté d’entreprise, deux articles de la Charte de l’environnement et une rupture d’égalité.

C’est ce dernier qui faisait croire à la plupart des observateurs que le Conseil ne validerait pas la loi. L’entreprise texane, titulaire de deux permis d’exploration des gaz de schiste depuis annulés, faisait valoir qu’il relevait de la discrimination que la technique industrielle de fracturation hydraulique soit interdite pour les activités de forage pétroliers et gaziers alors qu’elle était autorisé dans l’article 1 pour la géothermie.

Avocat en droit de l’environnement présent à l’audition, maître Alexandre Faro n’était pas convaincu par l’argument : « Ce moyen est absurde : Schuepbach compare ici l’extraction pétrolière et gazière à l’extraction d’eau chaude ! Outre ce fait, le Conseil constitutionnel a pointé que la rupture d’égalité n’avait aucune valeur dans la mesure où les sociétés d’exploration et production d’hydrocarbures et celles qui font de la géothermie ne sont pas sur un même marché, ce qui n’implique donc aucun favoritisme de la part du législateur. »

Plus intéressant, l’article 5 de la Charte de l’environnement invoqué portait sur le principe de précaution : dans ce cas, l’entreprise invoquait la notion « à l’envers », arguant notamment que l’interdiction temporaire doit se faire à un « coût économiquement acceptable » (le retard pris par Schuepbach étant jugé trop coûteux) et faisait valoir qu’aucune étude ne prouvait la nocivité de la technique. S’il avait été validé, ce point aurait ouvert la voie à bien d’autres contestations réglementaires, mais, là encore, le Conseil constitutionnel a été dans le sens de la loi votée.

Plus important, et comme le souligne Arnaud Gossement, les Sages ont soulevé le « principe de prévention », affirmant ainsi qu’il ne s’agissait pas de se prémunir contre des risques possibles mais contre des risques avérés.

L’expérimentation : prochain objectif des lobbies

La loi du 13 juillet 2011 reste donc d’actualité. Y compris dans son article 2, qui prévoit la création d’une « Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux ». Et c’est sur cette voie que s’engage déjà le syndicat des entreprises pétrolières, l’Ufip, comme le déclarait son président, Jean-Louis Schilansky, sur le site du NouvelObservateur : « Nous prenons acte de cette décision, mais à partir du moment où la loi est validée, elle doit s’appliquer non seulement dans l’interdiction de la fracturation, mais elle devrait s’appliquer également avec la création d’une commission chargée de définir les conditions d’une expérimentation sous contrôle des pouvoirs publics. »

Les collectifs anti-gaz de schiste ont d’ores et déjà lancé une pétition pour contrer cette riposte des industriels, appelant François Hollande à abroger le décret de 2012 portant sur la création de cette Commission.

Corollaire aux expérimentations, la remise du rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique, mené par le député Christian Bataille et le sénateur Jean-Claude Lenoir sera l’occasion de nouveaux débats : bien que le rapport d’étape rendu en juin fut très contesté (y compris par Jean-Claude Chanteguet, auteur du rapport d’information sur la loi), le fait qu’il soit publié au sein de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques lui donnera un point certain dans les débats à venir.

Autre horizon des débats : les institutions européennes. Alors que le Parlement vient de soumettre un texte exigeant des études d’impact environnemental pour l’exploration et la production par fracturation hydraulique, les institutions pourraient constituer un levier puissant pour réglementer sur les plans sanitaires et industriels à l’échelle du continent. Car, si la France maintient par cet avis l’interdiction de la fracturation hydraulique, la Grande-Bretagne, l’Espagne et surtout la Pologne se pressent pour devenir les prochains champions européens des gaz de schiste.

Ils ont changé de vie, cultivent les légumes et nourrissent leurs voisins Juliette Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/12 Juliette Kempf (Reporterre) (12 octobre 2013) Ils ont changé de vie, cultivent les légumes et nourrissent leurs voisins. Reporterre. fr

Ils ont changé de vie, cultivent les légumes et nourrissent leurs voisins

Etre paysan plutôt qu’agronome agro-industriel, c’est le choix qu’ont fait Florent et Sylvie : changer de vie et pratiquer une agriculture écologique et proche des autres. Ils témoigneront à la Rencontre de Reporterre, demain jeudi, avec Pierre Rabhi et Charles Piaget.

- Reportage, Pussay (Essonne)

Dans la Beauce, cette grande région naturelle du bassin parisien qui s’étend sur l’Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher, ainsi qu’une partie du Loiret, de l’Essonne et des Yvelines, l’épi de blé court à perte de vue. Les champs, en rangées monotones, défilent les uns après les autres sur une terre sans arbre. Au cœur de ce traditionnel « grenier de la France », il paraîtrait absurde de se mettre à semer des légumes. Pourtant, c’est bien ce que Sylvie Guillot et Florent Sebban ont décidé de faire ; et depuis 2011 au village de Pussay dans l’Essonne, ils le font !

Avant de penser à devenir maraîcher, Florent n’avait comme vision de l’agriculture que ces immenses productions céréalières destinées à l’exportation, ne laissant à la terre locale et aux habitants que le reste de leurs pesticides. Et pour cause : après des études de commerce et de relations internationales, il travaillait pour des associations de solidarité internationale telles que Coordination Sud ou Eurostep dont la vocation, entre autres, est de limiter les dégâts que les politiques européennes causent dans les pays du Sud. Tout en vivant dans le Thalys entre Paris et Bruxelles, il prêchait le développement d’une agriculture endogène en Afrique, contre une Europe qui investit dans un modèle d’exportation par obsession de l’augmentation du PIB.

Sylvie, elle, cultive une passion pour le végétal depuis toujours. Quand elle étudiait à l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers pour être ingénieur agricole, au début des années 2000, les cours sur la biodiversité étaient perçus par la majorité des étudiants comme plutôt ridicules. Elle a ensuite travaillé chez Arvalis où elle expérimentait sur des pommes de terre pour les préserver du mildiou, un champignon qui les attaque, « sur beaucoup de pommes de terre, en conventionnel ». Selon elle, la logique de la boîte restait dans le « produire plus et mieux, surtout plus. »

Il y a cinq ans, autour de 27 ans, Sylvie et Florent s’écrient « On change de vie ! ». Ils ressentent la nécessité de vivre en cohérence concrète avec leurs idées, de se recentrer. Pour cela, il faut trouver un endroit, une activité, se relocaliser et, ce qui leur importe avant tout, créer du lien social.

Ils gardent chacun leur emploi, Florent se lance dans une formation à distance de production horticole dont les révisions ont souvent lieu dans les allées du magasin Jardiland, et pendant plus de deux ans ils cherchent des terres pour s’installer en maraîchage. Ils essuient un certain nombre de déceptions, d’autant plus qu’ils ne sont pas fils de paysans mais d’intellectuels.

À la Chambre d’agriculture qui les retire d’un projet à cause de l’arrivée de concurrents plus argentés, ils demandent : « Vous n’avez donc pas un rôle social ? - Mais Monsieur, leur répond-on, c’est la loi de l’offre et de la demande ! »

Tout au long de leur périple, ils sont heureusement soutenus par le pôle Abiosol – réunion de l’association Terre de liens, du réseau des AMAP d’Ile-de-France (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et du Groupement des agriculteurs bio d’Ile-de-France – qui accompagne les projets et aide à l’installation dans la région.

Enfin, en avril 2011, ils répondent à une annonce de la mairie de Pussay qui cherche des maraîchers pour s’installer sur des terres communales. Le projet d’aménagement du territoire du maire EELV se distingue radicalement de celui de son prédécesseur UMP, qui voulait faire construire des lotissements ou un supermarché sur ces six hectares inoccupés, prêtés aux céréaliers du coin depuis des années, « en attendant ». Cette fois-ci les choses s’organisent très vite, et Sylvie et Florent peuvent semer leurs premières graines au printemps 2012. « On n’a sauté aucune étape administrative, tout s’est fait dans les règles… Donc avec une réelle volonté politique, c’est possible ! » L’opposition est pourtant revenue au combat en alertant la population au nom de la croissance économique de la commune, mais le projet des nouveaux Pussayens a été soutenu par la majorité des familles.

La Ferme Sapousse naît au milieu des champs de blé.

L’installation de Sylvie et Florent a provoqué la création d’une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) sur la commune-même de Pussay, qui compte 1800 habitants, puis une à Méréville, un village de 3000 habitants situé à moins de dix kilomètres. À Pussay désormais, ils fournissent plus d’une famille sur dix. De cette façon, le jeune couple développe véritablement son projet d’« agriculture citoyenne ». L’AMAP est un système dans lequel des paysans et des citoyens, ensemble, décident de se nourrir autrement et d’expérimenter un modèle agricole soutenable et solidaire.

Sylvie et Florent tenaient absolument à travailler sous cette forme-là, qui les met en lien direct avec la population locale. Ils se considèrent, avec les amapiens, former un groupe de co-producteurs – la production nécessitant aussi bien le financement, l’investissement matériel, le travail manuel, l’aide ponctuelle… Et tous les samedis matins pendant la belle saison, ceux qui le souhaitent peuvent venir sur la ferme aux « ateliers récolte », sortir de terre leurs propres légumes. De plus en plus, les adhérents s’investissent et se sentent partie prenante de l’aventure. Ils s’amusent et les liens grandissent. La relation entre villages et terre se tisse à nouveau.

Florent est également administrateur du réseau AMAP Ile-de-France. Il est essentiel pour lui d’appartenir à une organisation collective, qui donne du sens à l’action de chacun. Le modèle qu’ils défendent est pérenne, ses résultats sont immédiats et tangibles. Il peut se reproduire autant que nécessaire, puisqu’il agit au niveau local. C’est un système avec lequel il est possible de transformer la société. Le politique est là, entre les mains.

« Et la vie, ici ? - On se sent mieux dans son corps », assurent-ils d’un sourire qui respire la fraîcheur du vent.

Florent et Sylvie témoigneront lors de la première Rencontre de Reporterre, avec Charles Piaget et Pierre Rabhi, jeudi 10 octobre à Paris.

Soutien et concert au squat du Transfo, à Bagnolet Reporterre 2013/10/12 (12 octobre 2013) Soutien et concert au squat du Transfo, à Bagnolet. Reporterre. fr

Soutien et concert au squat du Transfo, à Bagnolet

Samedi 12 octobre Journée de soutien à l’Atelier du Transfo 57, avenue de la République, Bagnolet (93)

Au Transfo, tout à prix libre, avec au programme :

14h – Atelier bricolage : Qui récolte le vent sème la tempête !

19h30 – Court-métrage sur la Transfu [de Notre-Dame-des-Landes]

20h30 – 00h30 – Concerts > Los Bang Bang Deglingos (Surf) > Tarace Boulba (Fanfare Funk) > Jam Session

L’atelier du Transfo est un lieu ouvert à tou-te-s pour partager, créer, réparer et TRANSFOrmer. Participer à l’atelier, c’est apprendre à construire collectivement dans un esprit d’échange et de convivialité. Une cabane en palettes, une éolienne, des jouets, des vélos, des carrioles, une machine à laver à pédales, etc. !

Tout ce qui nous permet de répondre de manière autonome aux besoins qui font vivre des ZAD partout. Venez avec vos idées !

Le rêve de la mairie de Paris : des antennes relais partout, contre l’avis des habitants et des élus Robin des Toits Reporterre 2013/10/12 Robin des Toits (12 octobre 2013) Le rêve de la mairie de Paris : des antennes relais partout, contre l’avis des habitants et des élus. Reporterre. fr

Le rêve de la mairie de Paris : des antennes relais partout, contre l’avis des habitants et des élus

La Commission de Concertation sur la téléphonie mobile à Paris n’en a que le nom. Lorsque les associations et les élus d’arrondissement refusent l’installation d’antennes relais, la Mairie de Paris les évince de la « concertation » et donne les autorisations. Les associations estiment ainsi que sur le dernier semestre, au moins 2000 antennes relais ont été installées pour couvrir les parisiens en 4G. Les associations ont décidé de quitter cette commission.

Rien ne va plus en matière de concertation sur la téléphonie mobile à Paris. Malgré une opposition clairement exprimée par les associations à la volonté de la Mairie de Paris de valider l’installation de dizaine d’antennes relais de téléphonie mobile contre l’avis des élus d’arrondissement, l’Hôtel de Ville a opté pour un passage en force pleinement assumé !

C’est ainsi que la Commission de « concertation » sur la téléphonie mobile a convoqué pour la première fois les seuls 14e arrondissement - vendredi 11octobre -et 18e arrondissement - jeudi 17 octobre prochains. Accusés ainsi implicitement par l’Hôtel de Ville de ne pas octroyer suffisamment d’accords pour installer à marche forcée des antennes relais, les élus des 14e et 18e arrondissements vont ainsi devoir défendre respectivement 44 et 56 dossiers.

En convoquant la seule élue du 14e arrondissement, Célia Blauel, vendredi 11 octobre, la Mairie de Paris cherche à mettre la pression sur les arrondissements qui osent encore émettre des refus d’implantation des antennes relais et jouer le jeu de la concertation. Paradoxalement, ce sont donc les « bons élèves » qui se retrouvent stigmatisés par l’Hôtel de Ville !

Il faut dire que la Mairie de Paris a décidé d’aller vite dans son soutien au déploiement des opérateurs. Depuis le 7 juillet dernier, 225 dossiers ont été soumis à la Commission de « concertation » sur la téléphonie mobile. Or, ces 225 dossiers d’implantation ne sont que la partie émergée de l’iceberg car seuls les refus émis par les mairies d’arrondissement font l’objet d’un traitement par l’Hôtel de Ville (qui in fine donne un accord en lieu et place des élus d’arrondissement !).

Les associations estiment ainsi que sur le dernier semestre, au moins 2000 antennes relais ont été installées pour couvrir les parisiens en 4G.

Les associations ont décidé de claquer la porte de cette commission dont l’objectif clairement affiché est d’installer à marche forcée des antennes relais. En rehaussant le seuil limite d’exposition des riverains à 7 V/m, et en considérant qu’il n’y a plus rien d’autre à discuter (ni protection des plus jeunes, crèches, écoles, ni problème des grandes proximités…) la Mairie de Paris a réduit le rôle de la CCTM à une vague chambre d’enregistrement. Constatant leur inutilité dans ce type d’instance, les associations ont décidé de quitter cette commission et appellent les riverains à se mobiliser pour défendre leur cadre de vie et leur santé.

VOIR LA CARTE PARISIENNE DES 225 DOSSIERS D’IMPLANTATION

Rencontre sur l’autonomie énergétique à Salvetat-sur-Agout (Hérault) Reporterre 2013/10/13 (13 octobre 2013) Rencontre sur l’autonomie énergétique à Salvetat-sur-Agout (Hérault). Reporterre. fr

Rencontre sur l’autonomie énergétique à Salvetat-sur-Agout (Hérault)

Des Rencontres pour échanger sur les alternatives au modèle énergétique actuel et présenter des solutions concrètes et pour approfondir la réflexion sur la question globale de la production énergétique.

Les samedi 12 et dimanche 13 octobre 2013 se déroulent à la Salvetat-sur-Agoût (Hérqult) les 1° Rencontres sur l’autonomie énergétique organisées par l’association l’Engoulevent.

Le but de ces rencontres est :

- d’échanger sur les alternatives au modèle énergétique actuel et présenter des solutions concrètes ; - d’approfondir la réflexion sur la question globale de la production énergétique, ses enjeux, ses acteurs.

Au programme : tables rondes, conférences débats, témoignages, projections de films et diaporamas sur les problématiques locales ou régionales.

Pendant toute la durée des rencontres : présence d’usagers ou de constructeurs de petit éolien, démonstration et vente de matériaux écologiques, stands de libraires (Ombres Blanches, Toulouse et La Cigale, Saint Pons), expositions photos, restauration et buvettes, crêpes, sandwichs, animations enfants, marché de producteurs locaux, musiques du monde.

L’association l’Engoulevent, organisatrice de ces Rencontres, a pour vocation première la protection des paysages et du cadre de vie dans le Somail et l’Espinouse.

Infos, programme détaillé

Désobéir en démocratie Reporterre 2013/10/13 (13 octobre 2013) Désobéir en démocratie. Reporterre. fr

Désobéir en démocratie

La désobéissance à la loi est-elle compatible avec la démocratie ?

Cette question provocante interroge les fondements de notre société. En effet, de nombreux mouvements, qui se présentent comme « désobéissants », remettent en cause le principe du respect absolu des décisions prises par les instances démocratiquement élues, au nom d’une logique supérieure, de l’intérêt général ou d’une clause de conscience.

L’ouvrage de Manuel Cervera-Marzal s’attache à montrer que cette attitude, loin d’être un simple refus d’obéissance, a des assises philosophiques et théoriques très profondes, établies par plusieurs penseurs du XIXe au XXe siècle.

En s’appuyant notamment sur les écrits de Thoreau, Gandhi et Martin Luther King, il retrace l’apparition et l’affirmation d’une pensée qui précise peu à peu les conditions de légitimité et d’efficacité de la désobéissance civile.

Il en ressort une certitude : la désobéissance civile, loin d’être une entorse à la démocratie, en est une composante essentielle.

Désobéir en démocratie – La pensée désobéissante, de Thoreau à Martin Luther King, Manuel Cervera-Marzal, Editions Aux forges de Vulcain, 170 pages, 20.00 €.

Manuel Cervera-Marzal est chercheur en science politique. Il est l’auteur de « Miguel Abensour, critique de la domination, pensée de l’émancipation » (Paris, Sens et Tonka, mai 2013).

Salon Ille et bio Reporterre 2013/10/13 (13 octobre 2013) Salon Ille et bio. Reporterre. fr

Salon Ille et bio

Un Breizh storming géant à Guichen ! Premier forum régional des transitions écologiques, humaines et sociales. A Guichen (Ille-et-Vilaine), du 11 au 13 octobre.

Autour de nous, le monde change de plus en plus vite. Les conséquences de nos modes de vie entraînent la disparition des ressources planétaires d’énergies fossiles, de métaux rares et de la biodiversité.

“La Transition” (au sens générique du terme qui en décline plusieurs) est une invitation à ne pas se décourager face à ces changements rapides et à agir dès aujourd’hui ensemble et concrètement pour le monde de demain.

Rassemblés autour d’une déclaration commune dévoilée lors du Festival de la Transition à Cluny, les membres du Collectif pour une Transition Citoyenne lancent un appel à amplifier ce mouvement citoyen. Chacun-e peut faire sa part !

Nouvelles formes de mobilisation : un forum ouvert

Cette année, le Salon Ille et Bio à Guichen ouvre un large espace d’intelligence collective, pour que chacun-e d’entre vous puisse participer, échanger et se mettre en route concrètement.

Citoyen-ne, élu-e, porteur/porteuse de projet, entrepreneur/entrepreneuse, les acteurs/actrices locaux des Transitions invitent chacun-e d’entre vous à participer à un Forum ouvert, les 11/12/13 OCTOBRE 2013, AU SALON ILLE ET BIO DE GUICHEN.

Pas d’ordre du jour préétabli, c’est vous qui le faites. Venez avec vos expériences, vos motivations et l’envie de répondre à cette question : DES SOLUTIONS CONCRÈTES EXISTENT DÉJÀ POUR RENDRE POSSIBLE LES TRANSITIONS EN DOUCEUR. MAIS COMMENT COOPÉRER POUR LES RENDRE PLUS VISIBLES ET ACCESSIBLES ?

Créer et agir ensemble

A l’issue des ateliers de discussions, des plans d’actions seront construits. Livre blanc, projet de territoire, plan d’action à moyen long terme, scénario de film… nous faisons appel à toutes les créativités !

Autour du Forum Ouvert seront organisés des conférences-débats, des ateliers, des films, des expressions artistiques et aussi des surprises...

Les rues et places du salon feront scène ouverte pour une ambiance festive, avec des chorales, des musiciens, des artistes de rue.... Un forum ouvert sur l’éducation se tiendra également sur le salon le dimanche.

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ASSOCIATIONS ORGANISATRICES :

Cohérence, Culture Bio, la Manufacture de l’Ecologie Réaliste, les Colibris Pays de Rennes et national, le Collectif national pour la transition citoyenne, les Amap d’Armorique, le Printemps de l’éducation, le Collège Montessori, l’Ecole des capucines, Bretagne Durable et Solidaire, Mouvement de la paix 35, ccfd-Terre solidaire, Radio Laser, le Syndicat National des Radios Libres, la Coordination des radios locales et associatives de Bretagne, Bretagne Vivante, l’Institut de Silfiac, Pekea, Galleco 35, CNL, le Cridev, Attac Rennes, l’Association Âge de Faire, le Plan ESSE, les Indignés Saint-Brieuc, REcit Bretagne, PARASOL, Sortir du Nucléaire-Pays de Rennes, Bretagne Cens, Acipa, Eoliennes en Pays de Vilaine, Energie partagée, Cyber@cteurs, La Nature en Ville...

Et d’autres à venir dans les champs de la création d’emplois, l’agriculture citoyenne et territoriale, les résistances OGM et gaz de schiste, l’économie sociale et solidaire, la solidarité internationale, l’économie collaborative, les énergies renouvelables, l’environnement, le commerce équitable, la relocalisation, la sobriété heureuse, le forum social mondial...

Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie Reporterre 2013/10/13 (13 octobre 2013) Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie. Reporterre. fr

Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie

Le 11e Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie, dont Reporterre est partenaire, continue dimanche à la Bellevilloise (Paris 20e) !

Cette 11e édition du Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie a pour thème principal : « A quoi rêvent les villes ? »

Comme chaque année, l’évenement est libre d’accès ; il permet à un large public de déambuler dans les salles de la Bellevilloise, au gré de ses envies, entre conférences, forums, animations artistitques, projections et de profiter de la bibliothèque épéhémère.

Le monde de l’écriture sera largement représenté sur les forums de la presse et de l’édition, ainsi que par des paroles et des signatures d’auteurs. Mais l’occasion sera aussi offerte de rencontrer différents acteurs engagés dans les problématiques urbaines et écologiques. Les projets R-Urban, Paris Label, Quartiers en transition seront notamment présentés.

Le Festival sera rythmé par quatre grandes conférences qui réuniront des grands noms de l’écologie. Pierre Rabhi, Coline Serreau, Hervé Kempf, Patrick Viveret, Cyril Dion et aussi les membres du Comité Métallos, Jeudi Noir, Vélorution, R.A.P., feront de ce festival un lieu de débat et d’échange.

Des représentants de quatre formations politiques, dont Christophe Najdovski, candidat écologiste aux municipales à Paris, viendront confronter leur vision de ces territoires mondialisés que sont les villes, sous le regard avisé d’un grand témoin : l’Académicienne Mireille Delmas-Marty.

Par ailleurs, l’espace Associations accueillera des militants qui partageront leur vision de la ville écologique de demain. Les Incroyables Comestibles, Les Amis de la Terre, Guerilla Gardening parmi d’autres, nous présenteront leurs projets et leurs actions. Des balades urbaines et des ateliers « bombes à graines » ou « potogreen » seront également proposés au public.

Enfin, le Festival consacre, cette année, une place importante à la création et à l’Art dans la culture urbaine et écologiste. De la danse (Mathilde Rance), du théâtre (Mecanoscope et Typhaine Duch), du chant (la chorale du Delta dirigée par Coline Serreau), des documentaires (« La ville » de Dominique Martin-Ferrari) éclaireront ces thématiques.

Tout au long du week-end, le Festival consacre également une rétrospective aux oeuvres du peintre Sergio Birga.

Nous vous attendons samedi à partir de 12h pour l’inauguration de cette 11e édition autour d’un brunch préparé avec les Tabliers Volants !

Retrouvez toutes les informations sur la 11e édition du Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie sur notre site internet dédié.

- Reporterre est partenaire de l’événement et animera une table ronde au cours du festival.

« Liberté pour les militants de Greenpeace », demandent ensemble Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon Reporterre 2013/10/13 Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon (13 octobre 2013) « Liberté pour les militants de Greenpeace », demandent ensemble Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon. Reporterre. Tribune — fr

« Liberté pour les militants de Greenpeace », demandent ensemble Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon

“Dénoncer les crimes contre l’environnement dans un pays qui a produit Tchernobyl et la mer d’Aral, c’est sauvegarder le patrimoine de l’humanité." Dans un texte écrit en commun, Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon appellent à la libération des écologistes emprisonnés en Russie.

Depuis le 19 septembre, trente militants de Greenpeace International sont détenus dans les prisons russes. Leur crime : avoir tenté d’investir une plateforme de forage pétrolier de la société Gazprom, en Arctique, pour alerter l’opinion mondiale sur les dangers de marées noires géantes et la menace sur l’une des dernières réserves de biodiversité de la planète.

De manière totalement illégale et disproportionnée, la garde russe a abordé le navire de Greenpeace, l’Artic Sunrise, alors qu’il se trouvait en dehors des eaux territoriales russes et a arrêté l’équipage sous la menace d’armes à feu. Après comparution devant un tribunal de Mourmansk, les trente militants ont été condamnés à deux mois de détention préventive, le temps d’une enquête. Ils sont inculpés de piraterie en groupe organisé, délit passible de quinze ans de prison en Russie. Accusation absurde et politique qui a pour but de dissuader tous les militants écologistes de revenir dans les parages. Pourtant, le combat de Greenpeace est juste :

- Ces trente militants courageux se battent pour la justice écologique. L’entreprise Gazprom, dirigée par un petit groupe d’oligarques dont fait partie l’ancien chancelier social-démocrate allemand Schroeder, organise le pillage et la destruction programmée de l’Arctique aux côtés d’autres multinationales avides d’exploiter cette immense zone regorgeant de ressources en hydrocarbures non encore exploitées.

Avec 30 % des gisements de gaz dans le monde et 13 % des gisements de pétrole, l’océan Arctique revêt une importance stratégique particulière pour son principal pays riverain, la Russie. Prirazlomnaya est une vieille plateforme, récupérée de la mer du Nord et construite il y a presque 30 ans. Mais il n’existe aucun plan de prévention des marées noires pour cette plateforme, dangereuse en termes de sécurité pour l’environnement.

Dénoncer les crimes contre l’environnement dans un pays qui a produit la catastrophe de Tchernobyl et l’écocide de la mer d’Aral c’est sauvegarder le patrimoine de l’humanité. L’Arctique devrait devenir un bien commun de l’humanité en raison de son rôle majeur dans les équilibres de la biosphère. Malheureusement, la zone arctique est menacée aussi bien par les velléités pétrolières de Gazprom que par celles du Canada et des États-Unis qui se refusent toujours à ratifier la Convention internationale sur le droit de la mer (Convention de Montego Bay de l’ONU).

- Ces trente militants courageux se battent pour la liberté de tout le peuple russe. Cette répression de militants écologistes, écrasés par l’oligarchie et son bras armé le pouvoir, est un déni du respect des libertés fondamentales. En février 2014, la Russie accueillera les Jeux Olympiques d’Hiver, à Sotchi. Personne ne comprendrait qu’ils puissent se tenir dans un pays où trente militants de Greenpeace appartenant à dix-huit pays différents (la Russie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France…) seraient encore détenus dans des conditions indignes d’un État de droit.

- Ces trente militants se battent pour tous les lanceurs d’alerte au service de la défense de la planète. Ils ne sont pas des criminels, comme veulent le faire croire les médias. Les criminels sont ceux qui détruisent jour après jour l’environnement. Les militants écologistes sont pourchassés sur tous les continents. Qu’ils dénoncent les OGM, les gaz de schiste, les accaparements de terre, la dette écologique, qu’ils luttent contre les grands projets inutiles ou le nucléaire, ils sont la cible de tous les oligarques de la terre, qui veulent continuer à polluer et à détruire la planète en paix. La répression est une constante utilisée par les pouvoirs pour tenter de faire capituler les militants, ceux qui osent se dresser contre les exactions, ceux qui revendiquent l’application du droit et des conventions internationales, ceux qui refusent de se couler dans le moule du système néolibéral.

Cela suffit ! Nous devons défendre l’action légitime des défenseurs écologistes de la démocratie, de l’environnement, des droits humains et fondamentaux, comme nous l’avions déjà fait en défendant l’inclusion des défenseurs de l’environnement dans la proposition de loi d’amnistie sociale déposée par le Front de Gauche.

Nous appelons aujourd’hui nos collègues parlementaires français et européens, le gouvernement français et l’Union Européenne à intervenir auprès du gouvernement Russe et à tout faire pour obtenir la libération immédiate des militants de Greenpeace et la fin des forages en Arctique.

Allonger à cinquante ans la vie des centrales nucléaires, c’est accepter le risque d’un accident grave en France Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/14 Hervé Kempf (Reporterre) (14 octobre 2013) Allonger à cinquante ans la vie des centrales nucléaires, c’est accepter le risque d’un accident grave en France. Reporterre. Tribune — fr

Allonger à cinquante ans la vie des centrales nucléaires, c’est accepter le risque d’un accident grave en France

Le président de la République s’apprêterait à autoriser l’allongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires jusqu’à cinquante ans. Cette décision, prise pour des raisons comptables à courte vue, accroitrait le risque d’un accident nucléaire grave en France. Elle appelle un vaste débat, et la prise de position publique des responsables politiques.

Selon Le Journal du dimanche du 13 octobre, le gouvernement s’apprête à prolonger la durée de fonctionnement des centrales nucléaires de dix ans, leur permettant d’aller jusqu’à cinquante ans. Alors que les centrales n’avaient été conçues que pour une durée de trente ans et que l’ASN (Autorité de sureté nucléaire) manifeste le plus grand scepticisme sur cette question de l’allongement , le passage à cinquante ans représenterait un véritable coup de force.

Selon l’hebdomadaire, cette décision pourrait être actée par le Président de la République lors d’un Conseil de politique nucléaire le 15 novembre. Un lieu de décision étrange, puisqu’il s’agit d’un conseil auquel participent : le ministre de la défense, le chef d’état-major des armées et secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Un mélange des genres entre militaire atomique et nucléaire civil bizarrre, alors que l’enjeu central de cette décision devraît être la sécurité des centrales.

Car le problème fondamental de cette décision est que, plus les centrales vieillissent, plus elles deviennent dangereuses. Comme le soulignait l’Institut de recherche et de sûreté nucléaire (IRSN) en 2007 dans son Rapport R&D relative aux accidents graves dans les réacteurs à eau pressurisée - bilan et perspectives, « dans le cas des centrales existantes, les accidents graves n’ont pas été considérés lors de leur conception. Les modifications envisageables de l’installation sont donc restreintes et les recherches menées dans ce cadre ont essentiellement pour objectif de trouver des moyens de limiter les conséquences d’un éventuel accident grave » Autrement dit, alors que le risque d’accident grave est devenue une préoccupation centrales des instances de sûreté nucléaire, l’allongement de durée de fonctionnement des centrales parait encore accroître ce risque.

Mais c’est une préoccupation économique à courte vue qui parait guider un gouvernement soumis à l’influence du lobby nucléariste et d’EDF. La clé de l’éventuelle décision se trouve dans un rapport publié en juin dernier par la Commission de régulation de l’énergie. Celle-ci y expliquait que "l’allongement de la durée d’amortissement étalerait donc la valeur nette comptable résiduelle sur un plus grand nombre d’exercices, diminuant mécaniquement les dotations annuelles aux amortissements." Cela signifie que l’allongement à cinquante ans permettrait à EDF d’étaler comptablement dans la durée les investissements déjà nécessaires pour un allongement de quarante ans, ce qui soulagerait ses comptes qui sont en mauvaise situation.

Et cela freinerait aussi l’évolution du prix de l’électricité, qui est tendanciellement à la hausse, notamment en raison du coût de plus en plus élevé de la maintenance d’un parc nucléaire vieillissant, du coût prévisibles des déchets nucléaires, et de l’explosion de la facture de l’EPR. Selon la Commission de régulation de l’énergie, l’allongement à cinquante ans permettrait une hausse moins forte :

Le gouvernement parait donc prêt à accroître le risque d’accident nucléaire pour pouvoir amoindrir la hausse de la facture d’électricité des ménages.

Europe Ecologie Les Verts (EELV) a réagi à cette perspective : « Prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires serait une provocation politique, un mensonge économique et une aberration énergétique », écrit ce parti dans un communiqué. Le jugement parait faible. On pourrait le formuler autrement : prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires serait accepter le risque d’un accident nucléaire grave.

Les responsables politiques doivent se déterminer publiquement sur cette question, et pas seulement quelques élus EELV.

Débat « Manipuler le climat, manipuler la vie – Raison et déraison des nouvelles technologies » Reporterre 2013/10/14 (14 octobre 2013) Débat « Manipuler le climat, manipuler la vie – Raison et déraison des nouvelles technologies ». Reporterre. fr

Débat « Manipuler le climat, manipuler la vie – Raison et déraison des nouvelles technologies »

Conférence-débat « Manipuler le climat, manipuler la vie – Raison et déraison des nouvelles technologies », à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris lundi 14 octobre à 19h00.

Des nouvelles disciplines scientifiques et techniques comme la biologie de synthèse et la géo-ingénierie, largement financées par des multinationales privées mais aussi, et de plus en plus, par les États, ont beaucoup en commun. Mêmes promesses de technologies miracles arrivant à point nommé pour réparer les dégâts du progrès.

Même fuite en avant technologique alors que les risques associés sont mal compris par les scientifiques eux-mêmes et que les mécanismes de réglementation et de surveillance existants sont totalement inadaptés. Même idéologie du rapport à la nature qui est pourtant à la racine de la crise écologique actuelle. Même concentration sans précédent des intérêts économiques.

En quoi consiste précisément ces disciplines techno-scientifiques émergentes ? Quels sont les modèles de développement qu’elles véhiculent ? Les modèles économiques qui les sous-tendent ? De façon plus générale, quels sont leurs impacts sur l’environnement et sur nos vies ?

La conférence-débat « Manipuler le climat, manipuler la vie – Raison et déraison des nouvelles technologies » a lieu à l’auditorium de la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris le 14 octobre 2013 à 19h00.

L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Les intervenants

Clive Hamilton est un essayiste politique et philosophe australien, spécialiste des questions environnementales. Il a publié plus d’une douzaine d’ouvrages dont Requiem pour une espèce (Presses de Sciences Po, 2013) et Les apprentis sorciers du climat (Le Seuil, 2013). Il est membre de la Royal Society of the Arts et siège à la Climate Change Authority auprès du gouvernement australien.

Pat Mooney est le cofondateur et directeur de l’ONG canadienne ETC Group, qui s’intéresse aux enjeux socio-économiques et écologiques mondiaux des nouvelles technologies. Nanotechnologies, biologie de synthèse, géo-ingénierie font partie des questions sur lesquelles ETC se penche, produit des rapports de grande qualité, et s’engage notamment au niveau international (Nations Unies ; réseaux d’organisations de la société civile).

Geneviève Azam est maître de conférences en économie et chercheuse à l’Université Toulouse II. Elle est par ailleurs militante écologiste et altermondialiste au sein de l’organisation Attac-France. Elle participe régulièrement à la chronique « à contre-courant » de l’hebdomadaire Politis. Elle a récemment co-publié le livre La nature n’a pas de prix – les méprises de l’économie verte (Attac, éditions les liens qui libèrent, 2012).

Catherine Bourgain est généticienne et chargée de recherche au Centre de recherche, médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3) à l’INSERM où elle travaille sur le repositionnement des questions scientifiques, médicales, éthiques et économiques induit par les technologies de la génomique haut débit. Elle est également présidente de l’association pour une Fondation Sciences Citoyennes, et a cosigné un livre aux éditions du Seuil en 2013 : ADN superstar ou superflic ?

L’animation de la conférence-débat sera assurée par Basta ! (agence d’informations indépendantes sur l’environnement et les alternatives sociales).

Pat Mooney et Clive Hamilton interviendront en anglais. Une traduction est prévue.

Les interventions seront suivies par une discussion avec la salle.

1 700 Hollandais deviennent propriétaires de leur électricité en 13 heures Energie partagée Reporterre 2013/10/14 Energie partagée (14 octobre 2013) 1 700 Hollandais deviennent propriétaires de leur électricité en 13 heures. Reporterre. fr

1 700 Hollandais deviennent propriétaires de leur électricité en 13 heures

Au Pays-Bas, une plate-forme de levée de fonds citoyens a permis de récolter 1,3 million € en seulement 13 heures auprès de 1 700 citoyens hollandais qui ont ainsi conjointement acheté leur propre éolienne.

La plate-forme Windcentrale a permis la vente des 6 648 parts coopératives de 200 € chacun, d’une éolienne Vestas de 2 MW. Avec cette récolte de fonds, elle a annoncé avoir atteint un record mondial de vitesse.

Chaque part correspond à 500 kWh de production d’électricité par an, sachant que la consommation moyenne d’énergie par ménage au Pays-Bas est de 3 500 kWh. Durant les 12 prochaines années, les 6 648 propriétaires seront directement connectés à cette éolienne et pourront consommer une partie de sa production.

En plus du prix des actions, les co-producteurs paieront également un forfait annuel de maintenance de la turbine (23 euros). Si les prix de l’éléctricité n’augmentent pas structurellement sur les 12 prochaines années, les bénéficiaires de cette production éolienne continueront de profiter de coûts d’éléctricité moins élevés que les autres consommateurs. Et si les prix de l’énergie s’envolent (ce qui est probable), les co-investisseurs feront de très importantes économies.

Windcentrale, basée à Amsterdam, a été fondée en 2010 dans le but d’accélérer la transition énergétique aux Pays-Bas. Au total, la levée de fonds via la plate-forme a déjà permis à près de 7 000 ménages d’acheter des parts d’éoliennes.

"On se doutait que les choses allaient bouger rapidement, mais personne n’avait anticipé cette ruée vers les parts éoliennes qui a eu lieu hier soir. Un nombre croissant de citoyens souhaitent générer leur propre électricité », indique Hans Reitsma, fondateur de Windcentrale.

« Installer des panneaux solaires sur son toit n’est pas toujours possible si bien que les parts d’éoliennes (...) donnent à toutes et à tous la chance de prendre les choses en main et de générer sa propre électricité renouvelable. En conséquence, l’intérêt pour nos parts coopératives d’éoliennes s’est révélé très important, et continue d’augmenter".

Pêche : Une étude économique montre qu’il n’est pas avantageux d’investir dans le renouvellement de la flotte NEF (New Economics Foundation) Reporterre 2013/10/14 NEF (New Economics Foundation) (14 octobre 2013) Pêche : Une étude économique montre qu’il n’est pas avantageux d’investir dans le renouvellement de la flotte. Reporterre. Économie fr

Pêche : Une étude économique montre qu’il n’est pas avantageux d’investir dans le renouvellement de la flotte

Les députés européens doivent voter le 23 octobre sur un nouveau régime d’aides à la pêche. Une étude économique montre qu’il serait plus avantageux d’investir dans un bon système de contrôle que dans le renouvellement de la flotte.

Le 23 octobre, le Parlement européen se prononcera sur un nouveau régime à la pêche au travers du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Il est crucial que ce régime de subventions soutienne les avancées allant dans le sens d’une pêche durable grâce à la Politique Commune de la Pêche récemment adoptée.

Les députés ont le choix entre voter en faveur de subventions qui soutiendront la fin de la surpêche dans l’UE ou pour alimenter la surcapacité continue et les pratiques de pêche destructrices.

Les ONG appellent les députés à voter en faveur d’un soutien accru pour la collecte des données, de contrôle et d’exécution. Sans ce soutien, ces avancées pourraient rester lettre morte.

Une étude rédigée par Griffin Carpenter et Aniol Esteban, publiée ce jour par la NEW ECONOMICS FOUNDATION (NEF) révèle que pour chaque euro investi dans la collecte des données et les mesures de contrôle et d’exécution, le retour potentiel pourrait atteindre 10 euros. En triplant le montant du financement actuel de la collecte des données et des mesures de contrôle et d’exécution pour atteindre 302 millions d’euros, il serait possible de reconstituer les stocks de poissons en générant une valeur additionnelle à hauteur de 3,2 milliards d’euros.

Les enjeux :

Actuellement, les subventions à la pêche de l’UE soutiennent le secteur de la pêche avec 836 millions d’€ destinés à des mesures directement liées à la pêche. De ce total, 236 millions d’euros pourraient être destinés à la construction de nouveaux navires – mesure qui risque de nuire à une pêche durable en contribuant à la surcapacité. L’expérience montre que les plus grands bénéficiaires de l’aide de la construction de navires de l’UE sont généralement les plus grands navires de pêche actifs sur les océans du monde.

Le rapporteur français Alain Cadec (PPE), présentait en juillet un amendement sur le renouvellement de flotte pour les bateaux de « la petite pêche ». Toutefois, au vu de la très courte majorité (13/12) obtenue par cet amendement en commission pêche, la position française devrait être noyée sous le vote global du Parlement. M. Alain Cadec s’appuie sur la définition française de la petite pêche qui désigne un bateau de 25 mètres sur lequel est embarqué le détenteur d’au moins 51% du capital.

« Cette définition permettrait par exemple à un propriétaire d’un chalutier de 24 mètres d’obtenir des subventions pour mettre à la casse son chalutier et en contrepartie de le remplacer par deux, voire trois, unités de petite pêche côtière d’une dizaine de mètres pour opérer sur une bande côtière déjà saturée », déclare Stephan Beaucher, conseiller politique pour la plateforme Ocean 2012.

Les dépenses actuellement affectées à la collecte des données (51 millions d’euros) et aux mesures de contrôle et d’exécution (49 millions d’euros) s’élèvent à 100 millions par an. Tripler ce chiffre pour atteindre 302 millions représenterait un petit investissement compte tenu des gains supplémentaires en termes d’emplois et de nourriture. Pour chaque euro investi dans la collecte des données, le contrôle et l’exécution, le retour potentiel est de 10 euros. Sur ce point, il semble qu’il y ait en France un consensus entre socialistes et PPE français.

Le nouveau régime de subventions du FEAMP constitue une opportunité d’accroître considérablement le financement de la collecte des données et des mesures de contrôle et d’exécution. Le résultat du prochain vote sur le FEAMP au Parlement européen soutiendra soit la poursuite de la surpêche, soit des quotas appropriés, des captures durables et une gestion responsable de nos stocks de poissons.

L’homme et la Terre sont de plus en plus malades - mais ils peuvent guérir ! André Cicolella Reporterre 2013/10/14 André Cicolella (14 octobre 2013) L’homme et la Terre sont de plus en plus malades - mais ils peuvent guérir !. Reporterre. Santé fr

L’homme et la Terre sont de plus en plus malades - mais ils peuvent guérir !

Les maladies chroniques liées à l’environnement sont en constante progression, malgré l’augmentation de l’espérance de vie. Cela s’explique par le mauvais rapport entre l’homme et la planète, expique le toxicologue André Cicolella. En transformant cette relation, homme et planète peuvent retrouver la santé.

Chimiste et toxicologue, André Cicollela publie Toxique Planète, le scandale invisible des maladies chroniques, dans la nouvelle collection du Seuil, Anthropocène (19 euros, 320 pages). Il préside aussi le RES (Réseau environnement santé), association qui a permis l’interdiction du bisphénol (BPA) dans les biberons ou du perchloréthylène dans les pressings.

Reporterre - Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par environnement quand vous reliez la santé à l’environnement ?

André Cicollela - Au delà de la toxicité au sens de contamination chimique, par environnement j’entends le mode de vie en général. La façon dont se sont construites l’alimentation ou les villes par exemple, ou encore comment les inégalités y ont progressé. Tout un ensemble qui fait que la planète et sa population sont en moins bonne santé qu’elles ne devraient l’être. J’ai passé toute ma carrière à m’intéresser à ce lien santé environnement, ce qui me permet d’affirmer aujourd’hui qu’on assiste à la croissance d’une pandémie et que celle-ci est liée à l’environnement au sens large.

Au centre de cette pandémie, les maladies chroniques. Comment les définir ?

Elles se distinguent des maladies aigües ou infectieuses. Par exemple, si vous avez une grippe, deux solutions, soit vous guérissez, soit vous en mourrez. Mais vous ne resterez pas en état de grippe permanente. Avec un cancer ou un diabète vous pouvez ne pas mourir et vivre, voire des années, avec cette maladie. C’est pareil pour l’asthme, la bronchite chronique, ces maladies que l’on soigne mais que l’on ne guérit pas. Or elles sont en augmentation. Pas seulement dans les pays développés, mais dans le monde entier, et l’on peut comprendre aujourd’hui la raison de cette croissance dans le mode de développement occidental qui s’est répandu sur la planète.

Pouvez-vous nous en donnez quelques exemples ?

Je pense au modèle d’une alimentation ultra transformée qui s’est largement développée et qui a perdu la qualité d’une nourriture basée sur les produits bruts. Ou au développement des sodas comme boisson, qu’ils soient d’ailleurs sucrés avec ou sans édulcorants artificiels. On a suffisamment de données aujourd’hui pour faire un lien entre cette consommation et le diabète, de même qu’entre cette consommation et la prématurité des naissances et ses conséquences sanitaires. On s’aperçoit aussi que le taux de cancer est proportionnel au PIB (produit intérieur brut).

Vous voulez dire que plus le pays est riche plus le taux de cancer est élevé ?

Oui. Je fais le lien avec la consommation de viande rouge, couplée à la diminution de la consommation de fibres – plus la nourriture est transformée, plus elle est pauvre en fibres. Mis ensemble, ces éléments sont à rapprocher de la progression des taux de cancers du colon-rectum. Ils sont plus élevés dans les pays ayant adopté ce type d’alimentation que dans les pays qui en sont éloignés.

Vous parlez de maladies invisibles. Parce qu’on n’en a pas conscience ? Ou parce qu’on ne veut pas les reconnaître ?

Cette pandémie est parfaitement visible si on veut se donner les moyens de la voir. En France les statistiques de l’assurance maladie permettent de constater qu’au cours des vingt dernières années les maladies cardiovasculaires ont progressé quatre fois plus vite que le changement démographique. Le cancer quatre fois plus et le diabète, six fois plus vite. Donc on ne peut pas expliquer cette croissance des maladies chroniques comme on essaie souvent de le faire, par le vieillissement.

André Cicollela (© John Foley).

Vous voulez dire qu’aujourd’hui, sur la planète, on meurt plus de maladies chroniques que de maladies infectieuses ?

Tout à fait ! Le rapport au niveau mondial est de 63% pour les maladies chroniques, 37% pour les maladies infectieuses. Les prévisions pour 2015 sont de 70 et 30 %.

Comment expliquez-vous ces chiffres ?

L’effort international sur les maladies infectieuses porte ses fruits. Les taux de contaminations par la tuberculose ou encore par le sida diminuent au niveau mondial même si on est encore loin de l’éradication qui serait évidemment souhaitable. En parallèle on observe une diminution de la mortalité infantile par les maladies infectieuses comme les diarrhées ou les pneumonies. Ces causes majeures de la mortalité infantile ont baissé de moitié ces 20 dernières années. En parallèle, on note une croissance des maladies chroniques type cardiovasculaire, respiratoire, ou diabète, et l’écart entre les deux groupes s ‘accentue.

Pourtant l’espérance de vie n’a-t-elle pas augmenté ?

Oui elle a progressé. Mais c’est l’espérance de vie à la naissance. Il faut bien comprendre que l’on calcule l’espérance de vie à partir des gens qui meurent. C’est donc l’espérance de vie de générations nées avant guerre dans un environnement totalement différent. Un chiffre résume bien ce changement, c’est la production de l’industrie chimique dans les années trente qui était d’un million de tonnes contre cinq cents millions aujourd’hui. Entre 1970 et 2010 le chiffre d’affaire de la chimie a été multiplié par 24.

Il y a un bouleversement complet de la contamination des populations par ces substances chimiques dont beaucoup n’ont même jamais été évaluées. Sur les 143 000 substances chimiques qui circulent sur le marché on estime à environ 3000 seulement le nombre de celles qui ont été à peu près évaluées. Tout cela s’est fait sans aucun contrôle, et nous revient en boomerang. Quand on s’intéresse par exemple aux perturbateurs endocriniens, un groupe de substances qui agit en perturbant le fonctionnement hormonal, on a des éléments de réponses sur la croissance de ces maladies chroniques.

Vous pensez au bisphénol et aux perturbateurs endocriniens dont on discute actuellement une réglementation au niveau européen ?

C’est la molécule la plus emblématique de ce groupe que l’on retrouve notamment dans les revêtements intérieurs des boîtes de conserve, dans les cosmétiques et produits d’hygiène, mais elle n’est pas la seule. Elle a un impact en terme de cancer du sein et de cancer de la prostate, sur les cancers hormonaux-dépendants, en terme de diabète et d’obésité, de maladies cardiovasculaires, de troubles du comportement, comme l’hyperactivité de l’enfant, de trouble de la fertilité, tels l’infertilité, la baisse de la qualité du sperme, ou l’abaissement de l’âge de la puberté. Je ne parle que de cette molécule ! D’autres ont aussi ce type d’impact.

…et on peut agir ?

Oui vraiment. Il faut insister sur ce point. On a commencé à agir d’ailleurs. Quand les députés français votent à l’unanimité une loi interdisant le BPA dans les biberons, cela peut sembler anecdotique, mais là vous avez une source de contamination de la quasi totalité des nourrissons de la planète à travers un seul procédé. Oter cette source de contamination génèrera forcément un gain de santé à court et à long terme. On peut agir.

- Propos recueillis par Pascale Mugler.

Aller plus loin

• Le 18 octobre 2013, à Lyon, à l’Ecole normale supérieure, le RES organise les Rencontres Chimie – Santé environnementale, « un espace de dialogue pour penser ensemble les nouvelles missions sociétales de la chimie du XXIe siècle . Comment la chimie européenne, dans sa double dimension scientifique et industrielle, peut-elle apporter des solutions innovantes pour faire face aux défis écologiques et sanitaires de la santé environnementale tout en renforçant son leadership sur la scène internationale ? »

• Campagne sur les perturbateurs endocriniens

L’écologie ? Oui, mais par le collectif ! La rencontre de Reporterre Marie Astier et Hélène Harder (Reporterre) Reporterre 2013/10/15 Marie Astier et Hélène Harder (Reporterre) (15 octobre 2013) L’écologie ? Oui, mais par le collectif ! La rencontre de Reporterre. Reporterre. fr

L’écologie ? Oui, mais par le collectif ! La rencontre de Reporterre

Lancement Reporterre 1 Reporterre Jeudi 10 octobre a eu lieu à Paris la première Rencontre de Reporterre. Elle réunissait Charles Piaget et Pierre Rabhi, mais aussi Thomas le boulanger et Florent le paysan, pour une discussion sur le rapprochement entre l’écologie et « le social ». Mais l’on est parti sur une piste inattendue, où s’est imposée l’idée de la nécessité de reformer des collectifs, de travailler et de lutter ensemble, pour faire ce nouveau monde où la nature et les humains trouveront leur vraie place. Voici notre récit, et les vidéo de la soirée.

L’un arrive de Besançon, ancienne cité industrielle. L’autre vient des montagnes cévenoles. L’un a passé sa vie à animer la lutte ouvrière, l’autre à militer pour l’agro-écologie. L’un est une figure du syndicalisme, l’autre de l’écologie. Tous deux sont pourtant de la même génération : ils ont 85 et 75 ans. Ce jeudi 10 octobre, la première rencontre de Reporterre a donné l’occasion à Charles Piaget et à Pierre Rabhi de se rencontrer de nouveau.

« Lier l’écologique et le social : j’ai trouvé l’idée de cette rencontre extraordinaire », s’enthousiasme Catherine, un petite dame de 71 ans. Elle a amené un cahier pour prendre des notes. « Ce sont deux luttes fondamentales. Mais on les a toujours séparées. Je fais partie de l’association Attac : on s’intéresse aux deux sujets. Mais on a des réunions pour l’un, et des réunions pour l’autre. »

Pour Françoise et Régis, la cinquantaine, « a priori, ce sont deux mondes qui n’avancent pas vraiment main dans la main. Les syndicats ont des soucis immédiats, il s’agit de garder son boulot. » Mais Charles Piaget et Pierre Rabhi « ont tous les deux évolué en dehors des appareils, et ils ont réfléchi sur l’autogestion. »

En tout, près de 350 personnes sont venues assister au débat et la salle est pleine. Sur l’estrade, aux côtés des deux hommes représentant la sagesse et l’expérience, deux plus jeunes ont accepté de donner le point de vue de leur génération. Thomas Arnestoy, la quarantaine, est boulanger à Montreuil. Le commerce est autogéré par les 8 employés. Florent Sebban, lui, a la trentaine. Avec sa femme Sylvie, ils se sont installés en maraîchage et herbes aromatiques bios à Pussay, un village du Sud de l’Essonne.

Intervention filmée de Charles Piaget

Hervé Kempf, co-fondateur de Reporterre, ouvre cette première rencontre : « C’est un débat pour se donner de l’énergie intellectuelle. Car c’est elle qui nous donne ensuite l’énergie de changer le monde. » Puis il donne la parole Charles Piaget. Apprêté dans sa veste couleur bleu de travail, le vieil homme a aussi soigneusement préparé un texte de quelques pages. D’une voix de conteur, il entame son histoire : « On a lutté contre le capitalisme, pour mettre en place une société solidaire ».

Il parle des mille ouvriers du fabricant de montres Lip. En 1973, l’entreprise annonce un plan de licenciement. Mais les salariés ne se laissent pas faire. Ils s’emparent du stock de montres. Tout en s’opposant à la fermeture de l’usine, « les Lip » continuent de vendre ces montres et même d’en fabriquer. Quand la police vient occuper l’usine, ils installent des ateliers clandestins. Une stratégie qui leur permet de tenir la grève durant de longs mois. L’entreprise trouve finalement repreneur, tous les salariés sont réembauchés. « On nous demandait toujours : mais comment faites-vous pour vous entendre si bien ? Quel est votre ’truc’ ? Mais il n’y a pas de ’truc’, sourit Charles Piaget. On avait surtout quinze ans d’expérience commune qui nous ont permis de créer un collectif. »

Le thème de la soirée est lancé : le collectif. Comment le créer, l’entretenir, ne jamais le perdre de vue dans la lutte ? Collectifs de salariés, d’ouvriers, de militants écolos, de citoyens : tous peuvent s’inspirer les uns des autres.

Charles Piaget donne quelques pistes. « Par exemple, en 1968, c’est la grève générale. Les salariés sont réunis en assemblée générale. Mais les représentants de la direction sont dans la salle, personne n’ose parler. Alors on a interrompu l’assemblée. On a dit aux gens de sortir et de discuter. Tout le monde s’est rassemblé en petits groupes et ça a marché : les salariés ont débattu et ensuite on a voté. » Autre élément clé : « L’ouverture de notre conflit sur l’extérieur. Avant, quand il y avait une grève, on barricadait l’usine et personne ne rentrait. On a été les premiers à ouvrir les portes. »

Intervention filmée de Pierre Rabhi -

Pierre Rabhi, lui, n’a pas supporté le monde de l’entreprise. Quand il arrive à Paris en 1959, il devient « ouvrier spécialisé » dans une usine de Puteaux : « Tout fonctionnait en pyramide, selon une hiérarchie. J’ai compris que cette organisation n’instaure pas la justice et l’équité mais la disparité. Pour moi c’était véritablement de l’esclavage. Les gens troquent leur vie contre un salaire. » Pierre Rahbi décide alors de quitter un monde qui ne permet pas le collectif, la solidarité, l’humanisme : « La seule issue, c’était le retour à la terre. »

Mais à l’époque, déjà, l’agriculture demande d’investir dans du matériel très lourd, très cher. « Il fallait détruire pour produire, déplore Pierre Rahbi. C’est par là que je suis rentré dans l’écologie, quand j’ai compris que l’humain détruit son milieu naturel. »

Témoignages de Florent Sebban et Thomas Arnestoy -

« Nous aussi, avec Sylvie, on a vécu l’expérience du retour à la terre », poursuit Florent Sebban, le maraîcher bio. « On a tous les deux senti au bout de quelques années que notre vie rythmée par les transports était intéressante mais pleine d’incohérences. » Mais pas facile de trouver des terres en Ile-de-France, et d’autant moins quand on n’est pas fils de paysans. L’opportunité s’est présentée quand la mairie de Pussay (Essonne) leur a proposé de s’installer en maraîchage bio sur quelques hectares.

Le système de l’AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) s’impose dès le départ. Florent explique ce choix : « Avec ce système, on gomme ce lien artificiel entre producteur et consommateur, plein d’intermédiaires. Pour nous les membres de notre AMAP sont des co-producteurs. On est un groupe de cent familles, dont on fait partie, qui a décidé d’installer des agriculteurs en production bio pour se nourrir localement. Donc, quand on a un problème, c’est celui de tout le groupe. »

Autre projet, autre forme de collectif : celui de la boulangerie anarchiste « La conquête du pain », à Montreuil. Thomas Arnestoy, un des fondateurs, détaille les principes qui permettent à ce commerce sans patron de fonctionner. « Dabord, on voulait faire de la qualité. Donc du bio : on voulait montrer qu’il peut être accessible à tous. (...) Ensuite, on essaye de prendre les décisions de manière collective, pour que tout le monde soit impliqué. (…) Et puis on veut être un acteur social local, insiste Thomas. On organise des repas de quartier, on livre du pain aux restos du coeur ou aux grévistes, on pratique des tarifs sociaux... »

Le débat dans la salle -

La parole passe au public. Baptiste demande s’il serait possible de créer collectif susceptible de proposer une alernative aux partis politiques traditionnels. « Mais pourquoi s’inspirer des partis politiques alors que l’on sait que ça ne marche pas ? », répond Thomas. Florent reprend : « Dans mon village il y a 25% de vote Front national. Mais avec de petites initiatives locales, on glane des gens qui sont touchés par la proximité des projets. »

« Conseillez-vous un exode citoyen ? », demande quelqu’un à Pierre Rabhi. La réponse est oui, il faut réinvestir les campagnes : « On arrive à saturation dans les villes. On risque de rencontrer des problèmes d’approvisionnement, affirme-t-il. Les villes vont devenir des lieux de violence : regardez, on en a déjà un avant-goût en Grèce et en Espagne. C’est la preuve que la civilisation occidentale est en échec ! »

Mais alors, doit-on changer les choses de l’intérieur, comme Charles Piaget, ou créer un collectif alternatif, comme l’ont fait les trois autres intervenants ? « Cela dépend, répond Charles Piaget. Aujourd’hui, la citoyenneté se réduit. Pour la faire progresser, il faut créer des collectifs mobilisés sur des problèmes concrets. » Pierre Rabhi propose un modèle : « On peut s’inspirer des oasis, comme le Hameau des Buis, c’est un prototype de ce dont nous aurons besoin demain. » Thomas a le mot de la fin : « Pour nous émanciper, l’important c’est le lien entre tous les gens qui luttent. »

A la sortie, ça discute. Le carnet de Catherine est désormais plein de notes. Elle retient que « le local, y’a plus que ça. » Jean-Marie, menuisier, est inspiré par l’autogestion : « Ca fait longtemps que je pense à la SCOP (Société coopérative à responsabilité limitée). Pour l’instant je suis patron mais ce n’est pas très intéressant comme position. » Clémentine, Romain et Flora, la vingtaine, repartent motivés : « On est une génération qui se dit ’c’est beau les idées, mais on fait quoi ? Ce débat donne l’énergie d’y croire. »

Au Japon, la mobilisation contre le nucléaire reste vive Marc Humbert (Reporterre) Reporterre 2013/10/15 Marc Humbert (Reporterre) (15 octobre 2013) Au Japon, la mobilisation contre le nucléaire reste vive. Reporterre. Reportage — Monde fr

Au Japon, la mobilisation contre le nucléaire reste vive

De nouvelles manifestations contre le nucléaire ont eu lieu ce week-end au Japon. Un campement permanent est installé devant le ministère de l’Economie. Et la situation à Fukushima même reste très inquiétante.

Je reviens d’un court séjour au Japon où la situation de Fukushima et du nucléaire continue d’être le sujet principal de discussion. La résistance de la société civile est persévérante et passive comme le montre le campement permanent face au ministère de l’Economie.

Campement à Tokyo devant le ministère de l’Economie -

Elle est aussi active : une nouvelle grande manifestation a eu lieu dimanche 13 octobre. Une dizaine de milliers de participants, selon les chiffres publiés, ont parcouru les rues de Tokyo et convergé vers le siège de Tepco, l’entreprise qui gère la centrale de Fukushima. On peut accèder à des images sur une video postée par un participant. On voit le style bon enfant populaire de ces « rallyes » organisant la résistance.

Les cœurs de trois réacteurs de la centrale accidentée il y a deux ans et demi ont fondu, ils ont traversé l’enceinte de confinement et ont enfoncé le béton. Leur état nécessite des mesures permanentes de refroidissement et même d’injection d’azote pour éviter l’explosion, la situation exacte de ces « corium » et leur évolution ne sont absolument pas maîtrisées et si on continue à ne rien faire de plus, cela ne peut évoluer vers un démantèlement. Bien au contraire, le risque d’évolution dramatique demeure, bien plus élevé que pour toute centrale « en bon état » avec ou sans nouveau tremblement de terre.

En outre, les conséquences de la seule situation actuelle sur l’environnement empirent : non seulement des émanations de radioactivité se poursuivent dans l’atmosphère, mais l’eau utilisée pour le refroidissement s’échappe directement vers la mer ou/et rejoint la nappe phréatique qui atteignait déjà avant l’accident le niveau des sous-sols des réacteurs. La nappe phréatique est polluée par la radioactivité et déverse la pollution dans la mer ; l’eau la plus radioactive est en principe pompée, décontaminée et stockée, mais au fil des années les quantités sont devenues phénoménales et de premières cuves de stockage ont commencé à fuir, avec de l’eau polluée rejoignant la mer ; les 900 autres devraient suivre.

Des niveaux de radioactivité élevés

La population qui a été évacuée des zones interdites où le gouvernement espère rétablir un niveau inférieur à 20ms/an (niveau toléré pour un temps limité pour les travailleurs du nucléaire) sera invitée une fois ce niveau obtenu à rejoindre son ancien habitat, et l’aide de 700 euros par mois versée par le gouvernement sera stoppée un an après la levée de l’ordre d’évacuation.

Le niveau de radioactivité dans des zones d’environ 80 km autour de la centrale, comme à Kôriyama ou Fukushima, dépasse de plusieurs fois le niveau « normal international » de 1msv/an, sans parler des « hot spots » où elle connait des pics très dangereux. Vivre en permanence dans cette zone est une contrainte et un cauchemar pour une partie de la population, pour les 250 000 enfants de Fukushima qui doivent faire surveiller leur thyroïde (une quarantaine ont déjà été atteints d’un cancer) quand d’autres s’efforcent d’oublier cette radioactivité invisible dont certains subiront cependant les conséquences sur leur santé physiologique.

Dans le reste du pays, l’inquiétude n’est pas toujours exprimée, pas même dans les comportements, mais elle est là et dans un pays sous la menace permanente de tremblements de terre très violents, la majorité du peuple souhaite l’abandon du nucléaire et dans l’ensemble de l’échiquier politique, de nombreuses voix se font entendre pour supprimer totalement l’énergie nucléaire.

Manifestation à Tokyo (sans date) -

Actuellement aucun réacteur nucléaire n’est en fonctionnement au Japon. La société civile se mobilise, des citoyens campent en permanence en face du ministère de l’économie pour réclamer l’abolition, une grande pétition nationale s’efforce de rassembler dix millions de signatures (près de neuf millions pour le moment) et une nouvelle grande manifestation se déroule ce 14 octobre à Tokyo (de 7h à 10h du matin, heure de Guichen). Pourtant le gouvernement n’a pas encore pris de décision d’arrêt.

Ceux qui veulent les soutenir : Cochez j’aime ici ou Tweetez un message à vos amis : "soutenez les manifestations anti-nucléaires japonaises chaque vendredi." Regardez ce site ou devenez un supporter « I back your demonstration against nukes » à envoyer avec vos coordonnées à : info@coalitionagainstnukes.jp.

Complément d’information

Plus sur la situation à Fukushima et au Japon depuis le 11 mars à lire ici

Festival de films Alimenterre Reporterre 2013/10/15 (15 octobre 2013) Festival de films Alimenterre. Reporterre. fr

Festival de films Alimenterre

POUR SA 5E ÉDITION, LE FESTIVAL ALIMENTERRE MET LES BOUCHÉES DOUBLES !

A Bruxelles, cinéma Le Vendôme.

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation et pour ses cinq ans, le Festival de Films AlimenTerre est de retour. Une salle plus grande, davantage d’invités, de nouvelles activités... bref, un événement à ne pas manquer !

SOIRÉE D’OUVERTURE « ON NE JOUE PAS AVEC LA NOURRITURE »

Le Festival AlimenTerre démarre cette année avec une soirée spéciale consacrée à notre thématique de campagne. Au travers de l’excellente enquête des réalisateurs Kees Brouwer et Maren Merckx avec le film The Food Speculator, nous chercherons à comprendre comment certains spéculent scandaleusement sur notre alimentation pour faire du profit.

Nous poursuivrons ensuite avec une rencontre durant laquelle nous nous poserons la question du rôle des banques dans cette spéculation.

Soirée gratuite organisée en partenariat avec le CNCD-11.11.11 et le Réseau Financement Alternatif.

DES RENDEZ-VOUS INCONTOURNABLES

Le festival proposera cette année l’avant première bruxelloise du film Pierre Rabhi, au nom de la terre. Le film sera suivi d’un débat autour de la question « Comment favoriser l’agroécologie au delà des pratiques locales ? ».

Bien d’autres films seront présentés comme l’excellent Land Rush qui vous plongera dans la réalité de paysans maliens confrontés à l’arrivée d’investisseurs étrangers ou encore le film Terres à taire, une étonnante enquête au sein de la filière soja.

Comme chaque année, des témoins du Sud (du Paraguay, de l’Argentine, du Mali et de la RDC) seront présents pour échanger avec vous. Enfin, ne ratez pas non plus les différents événements qui seront organisés en marge des projections (Forum des Alternatives, atelier cuisine, dégustations, expo photo,...). Bref, il y en aura pour tous les goûts !

SÉANCE : 4 €, PASS : 12 €, ARTICLE 27 : 1,25 €.

En Inde, un cyclone et un miracle François Gemenne Reporterre 2013/10/15 François Gemenne (15 octobre 2013) En Inde, un cyclone et un miracle. Reporterre. Tribune — fr

En Inde, un cyclone et un miracle

Un puissant cyclone s’est abattu sur l’est de l’Inde le week-end dernier. Mais grâce à une bonne prévention, le bilan humain a été très limité, alors qu’il y a quelques années, un cyclone comparable avait provoqué la mort de 8 000 personnes. Voici les leçons à tirer de cet événement.

Quoique l’on ne dispose pas encore de chiffres définitifs concernant les dégâts du cyclone Phailin, qui a touché l’Inde samedi 12 octobre, le bilan de victimes apparaît très inférieur à celui que l’on pouvait redouter – on parle aujourd’hui de 14 morts seulement : un chiffre, aussi dramatique soit-il, qui apparaît presque comme miraculeux, eu égard à la violence du cyclone.

A titre de comparaison, la tempête Xynthia, bien moins puissante, avait causé la mort de 59 victimes, dont 47 en France, dans des zones bien moins peuplées que celle touchée par le cyclone Phailin. De cette comparaison, on peut tirer trois grands enseignements.

1. Le nombre de victimes est largement déterminé par l’efficacité de la procédure d’évacuation. Plus d’un million de personnes ont été évacuées avant l’arrivée du cyclone, principalement dans les Etats d’Orissa et d’Andhra Pradesh : les autorités indiennes, et notamment les gouvernements locaux, ont remarquablement anticipé la catastrophe.

La leçon de 1999 semble avoir retenue : faute d’une évacuation adéquate, un tempête comparable avait causé la mort de 8 000 personnes. En 2005, lors de l’ouragan Katrina, le mouvement d’évacuation sur les côtes du Golfe du Mexique avait été d’une ampleur comparable : un million deux cent mille personnes avaient été évacuées, souvent par leurs propres moyens. Mais 60 000 étaient restées prisonnières des eaux dans La Nouvelle-Orléans, et plus de 2000 avaient péri.

Le contraste entre les bilans des cyclones Sidr et Nargis est encore plus saisissant : en novembre 2007, le cyclone Sidr, de catégorie 5 (la plus élevée), frappe le Bangladesh. Les autorités du pays ont bien préparé l’évacuation, et le bilan des victimes s’élève à 10 000. Six mois plus tard, en mai 2008, le cyclone Nargis, pourtant moins puissant (catégorie 4), frappe le pays voisin, la Birmanie. Les autorités n’ont absolument pas anticipé la catastrophe ni évacué la population. Le bilan sera au moins quatorze fois plus lourd, avec 140 000 victimes. Il faut le dire et le redire : ce qui détermine le bilan humain d’une catastrophe tient davantage à l’efficacité de l’évacuation qu’aux caractéristiques physiques de la catastrophe.

2. L’armée sera appelée à jouer un rôle de plus en plus grand dans ce type de situations. Si l’évacuation en Inde a été un tel succès, c’est aussi, sans doute, parce qu’elle a été conduite par l’armée. Sous l’influence du changement climatique, qui va multiplier et aggraver ce type de catastrophes, les procédures d’évacuation seront aussi plus fréquentes et importantes. Au Nord comme au Sud, c’est souvent l’armée qui est la mieux outillée pour procéder rapidement à ces opérations.

Pour autant, beaucoup d’armées restent mal préparées à la manière dont le changement climatique va transformer leurs missions – un rapport parlementaire le soulignait l’an dernier pour l’armée française. Ces missions devront évidemment être préparées et encadrées, mais il est indéniable que l’armée aura un rôle de plus en plus grand à jouer dans la prévention des catastrophes naturelles, et plus largement dans l’adaptation des populations au changement climatique.

3. Les catastrophes naturelles n’ont rien de naturel. Le bilan d’une catastrophe naturelle dépend bien davantage de l’action des autorités que de la violence de la catastrophe. Lorsqu’elles sont livrées à elles-mêmes, par exemple, les populations les plus vulnérables sont souvent incapables d’évacuer, faute de moyens et de ressources. Pourtant, lors des catastrophes, les gouvernements ont volontiers tendance à se retrancher derrière la fatalité pour justifier de bilans humains plus lourds que prévu. Il n’y a pas de fatalité : les catastrophes naturelles sont avant tout des catastrophes sociales et politiques, dont les premières victimes sont souvent les populations les plus vulnérables.

Si le pire a été évité ce week-end sur la côte orientale de l’Inde, tout reste pourtant encore à faire : plus de 600 000 personnes ont sauvé leur vie, mais perdu leur logement. Le processus de reconstruction va commencer : là encore, le rôle des autorités – et sans doute de l’armée – sera déterminant. En 2005, après Katrina, un tiers de la population n’a jamais pu rentrer à La Nouvelle-Orléans…

Un site gratuit pour échanger sans argent et sans troc La Méduse Reporterre 2013/10/15 La Méduse (15 octobre 2013) Un site gratuit pour échanger sans argent et sans troc. Reporterre. fr

Un site gratuit pour échanger sans argent et sans troc

La Méduse est un espace numérique de rencontre entre des personnes qui souhaitent pratiquer des échanges non marchands. C’est-à-dire, réaliser ensemble, gratuitement et sans contre-partie obligatoire des activités, et se partager, se prêter ou se donner gratuitement toutes sortes d’objets et de ressources.

C’est un outil convivial, ouvert à tous, permettant de donner, prêter, recevoir, emprunter, réaliser sans argent et sans contre-partie diverses activités.

L’idée, c’est d’offrir une alternative non-marchande à tout ce qu’on a l’habitude de payer.

C’est aussi un projet ouvert, à but non lucratif et non directif, construit et géré par des volontaires et qui avance avec les contributions de chacun.

Un vieux vélo traîne dans votre garage ? Une machine à coudre que vous n’utilisez plus ? Pourquoi ne pas les donner plutôt que de les jeter ou de les revendre pour trois fois rien... Ou bien, pourquoi ne pas les prêter grâce à l’interface fournie par ce site ? Car si d’autres le font, vous aurez aussi la possibilité d’en bénéficier à votre tour. Et c’est pareil pour tout, voilà l’idée centrale de ce portail.

L’Allemagne bloque la lutte contre la pollution automobile Renaud Honoré (Les Echos) Reporterre 2013/10/15 Renaud Honoré (Les Echos) (15 octobre 2013) L’Allemagne bloque la lutte contre la pollution automobile. Reporterre. fr

L’Allemagne bloque la lutte contre la pollution automobile

Le gouvernement de Mme Merkel a bloqué lundi, lors du conseil européen des ministres de l’environnement à Luxembourg, le progrès dans la réduction de la pollution automobile. BMW et Mercedes imposent leur loi. La France résiste mollement, Grande-Bretagne et Pologne pas du tout. Mais la bataille n’est pas finie.

Pas touche à la puissante industrie automobile allemande ! Les Européens viennent d’en faire l’expérience. Sous l’injonction de Berlin, ils vont devoir revoir les nouvelles règles environnementales s’appliquant au secteur. Devant l’intransigeance de l’Allemagne, les ministres de l’Environnement des Vingt-huit ont préféré lundi 14 octobre repousser une nouvelle fois toute décision quant aux objectifs d’émission de CO2 pour les voitures à l’horizon 2020 , lors d’une réunion à Luxembourg.

Il paraît donc désormais inévitable que les Etats revoient à la baisse d’une manière ou d’une autre les ambitions initiales (pas plus de 95 g de CO2 au kilomètre en 2020 contre 130 g prévu en 2015), afin d’amadouer l’Allemagne qui défend ses grosses cylindrées. « Nous devons trouver une formule magique où la flexibilité accordée aux constructeurs serait assez forte pour contenter Berlin et suffisamment faible pour plaire à ceux défendant les objectifs initiaux », soupire un diplomate européen.

Autre difficulté, ne pas froisser le Parlement européen, opposé à la position allemande, et qui doit donner son feu vert. Un défi d’ampleur, alors que le temps presse : un accord doit être trouvé dans les prochaines semaines, faute de quoi les eurodéputés n’auront pas le temps de le valider avant la fin de leur mandat, au printemps 2014.

Une situation quasi inédite

Cette situation est, de mémoire de diplomates, quasi inédite dans l’Union européenne (UE). L’objectif de 95 g par kilomètre en 2020 avait été obtenu en juin, à l’issue de négociations entre le Parlement et le Conseil, qui représente les Etats. Au niveau européen, un tel accord marque normalement la fin de la procédure législative. Mais pas ici : depuis le mois de juin, Angela Merkel – qui a pris le dossier en main – mène une campagne mêlant forte pression et intimidation pour torpiller ce compromis.

Il faut dire que BMW et Daimler auraient bien du mal à remplir ces nouveaux objectifs. Des menaces de fermetures d’usines de constructeurs allemands auraient été agitées pour effrayer l’Espagne, selon des proches du dossier, sans succès. Mais en quelques semaines, le processus s’est enlisé et le vote a été plusieurs fois repoussé. « C’est inacceptable, l’Allemagne crée un précédent qui remet en cause la méthode communautaire », dénonce un diplomate.

Flairant la bonne affaire, le Royaume-Uni et la Pologne ont fini par rallier l’Allemagne. « Ils ont négocié cher leur ralliement, en échange de faveurs à venir », assure une source européenne. Et la France ? Ses partenaires trouvent la position de Paris très ambiguë. Officiellement, le gouvernement français continue de soutenir le compromis de juin. Mais dans le même temps, il travaille activement pour trouver une solution acceptable pour les Allemands. Vendredi dernier, le plus proche conseiller de François Hollande sur les affaires européennes a organisé, selon nos informations, une réunion avec son homologue à la Chancellerie et des représentants de Londres, Varsovie, Rome et Madrid. La tentative a échoué, mais elle montre que Paris soigne ses relations avec Berlin.

Même avec l’aide de la France, trouver un accord ne sera pas facile. La proposition allemande de repousser à 2024 les objectifs de CO2 paraît hors sujet, et un accent mis sur les « super-crédits » n’est pas plus populaire. A Bruxelles, certains espèrent que la formation d’une grande coalition à Berlin avec les Verts ou le SPD permettra un assouplissement de la position allemande pour sortir de l’impasse.

L’efficacité énergétique dans le monde ne progresse plus beaucoup Ademe Reporterre 2013/10/16 Ademe (16 octobre 2013) L’efficacité énergétique dans le monde ne progresse plus beaucoup. Reporterre. fr

L’efficacité énergétique dans le monde ne progresse plus beaucoup

Une étude sur l’efficacité énergétique dans le monde montre que les progrès patinent.

Un relatif consensus international émerge. Il voit l’efficacité énergétique comme une stratégie bénéfique pour chaque partie prenante : réduction de la dépendance aux importations d’énergie, réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie, préservation de la compétitivité des entreprises et du pouvoir d’achat des ménages…

Toutefois, ces bonnes nouvelles apparaissent en trompe-l’oeil, avec un ralentissement généralisé de l’efficacité énergétique sur les années récentes. Les disparités régionales demeurent et des solutions nouvelles doivent être trouvées pour tenir compte de la réalité de chaque pays et ainsi passer à la vitesse supérieure.

L’efficacité énergétique est devenue une réalité mondiale mais de fortes disparités persistent

L’édition 2013 du rapport sur l’efficacité énergétique dans le monde, réalisé par l’Ademe (Agence de l’environnement et la maitrise de l’énergie) pour le Conseil Mondial de l’Energie, avec le concours d’Enerdata, pointe les progrès sensibles observés partout dans le monde avec des différences régionales encore notables, fortement influencées par les économies dites émergentes.

Etude à télécharger -

Depuis 1990, au niveau mondial, l’intensité énergétique primaire (i.e. le ratio entre la consommation d’énergie primaire et le PIB d’un pays) a diminué au rythme de 1,3 % par an en moyenne et la diminution de l’intensité énergétique finale (i.e. le ratio entre la consommation finale d’énergie et le PIB) se révèle encore plus importante, de 1,6 % par an. [Mais cette baisse s’est fortement ralentie dans les années récentes, comme le montre le graphe ci-dessous :]

Cette différence s’explique par l’augmentation rapide de la consommation d’électricité dont la production génère des pertes énergétiques dues aux faibles rendements de production et donc une baisse de l’efficacité du système de transformation de l’énergie.

Au-delà de l’impact de la crise économique, l’efficacité énergétique progresse dans la plupart des pays du monde sous l’effet des politiques mises en place. Les écarts de performance sont notamment liés à des contextes économiques disparates comme, par exemple, la forte présence de l’industrie lourde en Chine, ou les prix de l’énergie au Moyen-Orient et au sein de la Communauté des Etats Indépendants. Le ralentissement important de l’efficacité énergétique en Inde et surtout en Chine depuis 2008 est préoccupant et pèse fortement sur les performances mondiales.

D’un point de vue sectoriel, l’intensité énergétique des transports a diminué dans toutes les régions du monde, de 10 % en moyenne entre 1990 et 2011. La baisse est encore plus forte en Chine et en Inde, où la consommation d’énergie des transports par habitant est beaucoup plus faible que dans l’OCDE. Les progrès dans la consommation d’énergie des voitures, le développement des transports collectifs et le renchérissement du coût des carburants expliquent ces différences.

Dans le secteur résidentiel, si la consommation d’énergie par ménage a diminué de 0,8 % par an en moyenne au niveau mondial depuis 1990, les disparités nationales persistent. Les écarts sont particulièrement forts en termes de consommation électrique : 750 kWh par ménage par an en Inde, contre 1 300 en Chine, 3 500 en Europe, 5 000 au Japon et encore 10 000 en Amérique du Nord !

Ils débarrassent la montagne des installations obsolètes Mountain Wilderness Reporterre 2013/10/16 Mountain Wilderness (16 octobre 2013) Ils débarrassent la montagne des installations obsolètes. Reporterre. fr

Ils débarrassent la montagne des installations obsolètes

Deux chantiers organisés par Mountain Wilderness et le Parc national des Écrins, avec des dizaines de bénévoles, ont permis de retirer plus de trois tonnes de déchets sur des communes en Isère.

Les élus de la toute petite commune de Villard-Reymond (Isère) souhaitaient débarrasser un site pollué par une ancienne clôture agricole abandonnée depuis plus de trente ans. En l’état, cette clôture causait une entrave à la faune sauvage et dénaturait le paysage.

Sur un autre site, les usagers d’une cabane de chasseurs avaient entassé des déchets depuis plus de 20 ans. Le Parc national des Écrins, sollicité par les élus, en a informé Mountain Wilderness. Les deux chantiers simultanés ont permis de venir à bout de ces deux points noirs le 10 août dernier. Sur le chantier de la crête, la participation des élus a été très importante et, malgré un froid tenace, les bénévoles ont rassemblé et conditionné tous les éléments de la clôture. En fin d’après-midi, l’hélicoptère a évacué toutes les charges -1 tonne au total- des deux chantiers pour leur tri et recyclage.

C’est avec un avant-goût d’hiver, les 14 et 15 septembre, qu’une trentaine de bénévoles de Mountain Wilderness a ensuite participé à un chantier au Goléon organisé conjointement par l’Association Foncière Pastorale, Natura 2000 Plateau d’Emparis-Goléon-Vallée du Ferrand et le Parc national des Écrins. Deux jours, ont été nécessaires pour rassembler et évacuer plus de deux tonnes de déchets.

Les participants se sont attelés à ramasser et conditionner le contenu d’une décharge sauvage autour de la cabane Carraud, et à démonter près de deux kilomètres d’une ancienne clôture à moutons sur la crête du Crups des Aiguilles. Cette barrière, inutilisée depuis plus de trente ans, constituait une entrave et un danger pour la faune sauvage et dénaturait l’exceptionnel paysage faisant face à la Meije, sous la cime du Pic du Goléon.

Tous les déchets ont été rassemblés sur les deux sites et évacués en trois rotations d’hélicoptère.

Ces opérations se sont inscrites dans le cadre des 40ans du Parc national des Écrins !

EN SAVOIR PLUS SUR LES INSTALLATIONS OBSOLÈTES

- Dimanche 30 juin 2013 : Mountain Wilderness a démonté une remontée mécanique à Thorame-Haute (04) - Les 6 et 7 juillet : Un chantier d’installations obsolètes militaires s’est tenu dans le Parc national du Mercantour - Brochure Installations obsolètes.

Les installations obsolètes en quelques chiffres :

- 13 ans de collaboration entre Mountain Wilderness et le Parc des Écrins ; - 3e opération conjointe Mountain Wilderness et le Parc des Écrins ; - 8 tonnes enlevées au total sur le territoire des Écrins ; - 150 bénévoles et l’équivalent de 265 jours de travail/homme pour accomplir cette tâche colossale !

M. Hollande a choisi : on soutiendra l’agriculture productiviste Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/10/16 Marie Astier (Reporterre) (16 octobre 2013) M. Hollande a choisi : on soutiendra l’agriculture productiviste. Reporterre. Enquête — Agriculture fr

M. Hollande a choisi : on soutiendra l’agriculture productiviste

Début octobre, le président de la République a indiqué les orientations de sa politique agricole. Après avoir discuté plus de deux heures avec Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, il a choisi de faire silence sur l’agro-écologie et de privilégier les céréaliers et l’élevage intensif. Sur le terrain, les paysans que Reporterre a rencontrés sont désolés et en colère.

François Hollande avait soigneusement choisi le lieu pour son grand discours sur l’agriculture : le salon de l’élevage de Cournon, rendez-vous annuel de la profession. Mercredi 2 octobre, le Président de la République a annoncé comment seraient réparties les aides européennes de la Politique agricole commune (PAC). 64 milliards d’euros sur 7 ans, de 2014 à 2020. Soit 9,1 milliards d’euros par an, à distribuer entre tous les paysans de France.

La répartition du gâteau est délicate et très politique. Elle permet au gouvernement d’orienter le développement de l’agriculture française. Souhaite-t-on plus d’élevage ? De céréales ? De bio ? Jusqu’ici les parts ont été plutôt inégales : 80% des subventions vont à 20% des exploitations. En majorité les grandes fermes céréalières du bassin parisien, qui cultivent souvent plus de 100 hectares.

Début octobre, François Hollande a donc donné l’impression de choisir une nouvelle direction (http://agriculture.gouv.fr/sommet-elevage-2013) : « Priorité à l’élevage », a-t-il martelé.

« Mais en fait, cela ne change pas grand chose », déplore Samuel Féret, est coordinateur du réseau PAC 2013, un groupement de 25 organisations. Parmi elles, la Confédération Paysanne, la Fédération des parcs naturels régionaux de France, ou encore Les Amis de la Terre et le WWF. Pour tous, la déception est grande : les grandes exploitations céréalières et les élevages intensifs restent les principaux bénéficiaires de la nouvelle PAC.

Pas un mot sur l’agro-écologie

François Hollande annonce bien un milliard d’euros supplémentaires pour l’élevage. Mais l’effort n’est pas plus important que celui déjà fourni par le précédent gouvernement. Il avait, en 2009, « déjà réorienté plus de 1 milliards d’euros vers des objectifs similaires », souligne le communiqué de presse de PAC2013, qui dénonce « une continuité dans cette PAC à la française ».

La Politique agricole commune selon le gouvernement -

Surtout, la position de la France, ambitieuse lors des négociations européennes, ne se retrouve pas au niveau national. Par exemple, la nouvelle PAC met en place une « prime » aux 52 premiers hectares. Une façon d’encourager les plus petites exploitations, souvent des élevages. « C’est une idée de Stéphane Le Foll, il l’a défendue lui-même à Bruxelles. Mais on ne va pas l’utiliser à fond », regrette Samuel Féret. En effet, la France ne va mobiliser que les deux tiers des crédits que l’Europe l’autorise à mettre dans cette prime.

Autre exemple avec les mesures dites « agro-environnementales » (comme la réduction des pesticides ou l’entretien de prairies favorables à la biodiversité). « La France a été un des rares Etats membres de l’Union à défendre un verdissement de la PAC dès le départ, explique Samuel Féret. Angela Merkel n’en voulait pas et François Hollande a tenu bon ! Pourtant à Cournon, il n’a rien dit à ce propos. »

Les associations sont d’autant plus surprises qu’en février 2013, le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a lancé son « projet agro-écologique pour la France ». A l’époque il annonçait bien qu’il s’appuierait sur la PAC.

Dernier exemple : la « convergence » des « aides au revenu ». Pour l’instant, certaines exploitations céréalières peuvent recevoir plus de 400 euros à l’hectare, quand un éleveur de brebis des Alpes est aidé à hauteur d’environ 100 euros à l’hectare. Le groupe PAC 2013 demandait 100 % de convergence : tous les agriculteurs français auraient alors reçu la même aide à l’hectare, une petite révolution pour le monde agricole. En face, la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) voulait limiter à 60 % : trop de « convergence » pourrait faire perdre beaucoup de subventions à ceux qui en reçoivent le plus. C’est-à-dire les grands céréaliers du bassin parisien et les élevages intensifs de l’ouest, qu’elle représente. Finalement, François Hollande a tranché à 70 %, avec un plafond qui permet à chaque exploitation de ne pas perdre plus de 30 % de ses aides actuelles. « Il a donc choisi une position plus proche de celle de la FNSEA », remarque Samuel Féret.

Plus de deux heures à l’écoute du patron de la FNSEA

Pourtant, lors des négociations, le scénario préféré de Stéphane Le Foll était de 100 % de convergence. L’Elysée se serait donc éloigné des orientations négociées par son ministre de l’Agriculture. « Je pense qu’il a été écarté lors des décisions finales », indique à Reporterre un membre de la commission agricole du PS (Parti socialiste), qui souhaite rester anonyme. Au passage, il note aussi que le scénario choisi s’éloigne fortement de la position du PS, qui recommande une convergence à 100 %.

Mais au moment des derniers arbitrages, il semble que le Président de la République a plutôt tendu l’oreille à la FNSEA, qui reste le principal syndicat agricole. Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a été reçu par François Hollande la veille du discours de Cournon, le mardi 1er octobre. Comme l’indique l’agenda du Président de la République, l’entretien a duré plus de deux heures.

Le long entretien du Président de la République avec Xavier Beulin -

Peut-être François Hollande a-t-il voulu éviter que les tracteurs descendent dans les rues, à quelques mois des municipales. En tout cas, « l’Elysée voulait arriver à un accord avec la FNSEA, continue la même source. Mais ils voulaient discuter uniquement avec la direction, c’est-à-dire Xavier Beulin, qui représente avant tout les céréaliers. Il a fait taire les représentants des éleveurs au sein du conseil de la Fédération. Puis il est arrivé à l’Elysée le mardi en affirmant : ’Nous sommes unanimes’... Et le Président de la République a cédé sur tout, à des niveaux que personne n’imaginait. »

Au cabinet du ministre Stéphane Le Foll, on conteste cette thèse avec virulence : « C’est une légende urbaine. Si vous vous imaginez que la réforme s’est faite la veille dans le bureau de François Hollande, c’est non ! Les arbitrages du Président de la République sont finalement assez proches des positions de Stéphane Le Foll. »

Les céréaliers, « dans la continuité »

Reste que cette nouvelle PAC préserve, pour l’essentiel, les subventions attribuées aux céréaliers. « Comme à chaque réforme, dans le milieu céréalier on s’attend à ce que tout soit bouleversé, raconte Quentin Delachapelle, céréalier dans la Marne. En fait, on est dans la continuité. Les aides diminuent lentement, sans savoir où l’on va à long terme... Les céréaliers que je côtoie ont tous conscience d’être très dépendants de la PAC. Donc il y a une inquiétude. Mais l’augmentation du cours des céréales relativise la baisse des aides PAC. »

Quentin de la Chapelle -

Surtout, Quentin regrette que le Président de la République n’ait pas dit un seul mot à propos des aides "agro-environnementales". Sur ses 160 hectares, il a déjà réduit les pesticides de moitié. Il préserve une prairie de cinq hectares, des haies et d’autres "zones refuges pour la biodiversité". Ses cultures sont désormais plus résistantes aux aléas climatiques, son rendement n’a pas baissé et il dépense moins en intrants chimiques.

"Pour que ces mesures se généralisent, il faut que la PAC aille dans ce sens, insiste Quentin. Une baisse des aides serait tout à fait justifiée... A condition qu’en contrepartie, il y ai des mesures d’accompagnement. Pour que les exploitations comme les nôtres puissent se diriger vers une transition agro-écologique. Pour l’instant c’est loin d’être le cas."

« Tout le monde sur un pied d’égalité »

Du côté des éleveurs, on trouve aussi des mécontents. Patrick Guérin est éleveur bio de vaches laitières en Bretagne. Avec 30 hectares et 25 vaches, il fait figure de nain à côté des élevages intensifs du coin. « Ils nourrissent leurs vaches avec du maïs et du soja importés, alors que les miennes mangent de l’herbe », précise-t-il. Pourtant, ils reçoivent en moyenne 100 euros de plus que lui à l’hectare. « Il y a une forme de distorsion qui n’est pas acceptable ».

Patrick Guérin -

Il a écouté attentivement le discours de François Hollande le 2 octobre : « Il avait une possibilité de remettre tout le monde sur un même pied d’égalité. Manifestement ce ne sera pas le cas. » La nouvelle PAC ne lui donnera pas plus d’aides au revenu. « Je vais juste récupérer mes billes », a-t-il calculé.

Les éleveurs de brebis au SMIC

Olivier Bel, lui, est "quasiment sûr" qu’il va toucher moins. Membre de la Confédération paysanne, il élève 210 brebis en bio dans les Alpes de Haute-Provence. Un petit troupeau pour la région. Son revenu est dans la moyenne de celui des éleveurs ovins de la région, à peu près le SMIC. A ce tarif là, les éleveurs de brebis ont l’honneur d’avoir les plus bas revenus de l’agriculture française. Il est 4,5 fois inférieur à celui des céréaliers (16.500 euros en moyenne pour l’année 2012 contre 76.500 euros pour les grandes cultures, selon le ministère de l’agriculture).

Olivier Bel -

La majorité des aides qu’il reçoit sont liées à "l’ICHN", Indemnité compensatoire de handicaps naturels. Il la reçoit car son exploitation se situe en montagne. Jusqu’ici, cette indemnité était réservée aux exploitations de moins de cinquante hectares. François Hollande a relevé le plafond à soixante-quinze hectares. "Donc il y aura plus d’exploitations à se partager la même enveloppe. Ma prime risque de diminuer !" Seule solution pour préserver ses aides selon lui : "L’agrandissement. Je dois augmenter mon troupeau de cent brebis."

Car Olivier l’admet, "la moitié de mes revenus dépendent des aides de la PAC. Mais le prix de l’agneau au kilo est le même qu’il y a trente ans. A l’époque, je pouvais m’acheter plus de choses !" Et encore, l’éleveur estime bien s’en sortir par rapport à ses collègues.

Ses bêtes pâturent dix mois de l’année, ce qui donne de la viande de qualité supérieure : "Je vends en direct, comme ça je valorise mieux le produit". Il arrive ainsi à vendre son agneau 14 euros le kilo hors taxes, contre un cours à 5,50 euros le kilo... Et des coûts de production à 7,50 euros le kilo en moyenne. "La majorité des éleveurs vendent à perte, c’est pour cela que l’on ne peut pas se passer des aides de la PAC ! Certains doivent même demander le RSA. J’espère ne pas avoir à le faire", ajoute-t-il un brin amer. Avant de conclure : "La convergence des aides, de toute façon je ne la verrai pas. En 2020 je serai à la retraite. Et d’ici là, pas mal d’éleveurs ovins auront disparu."

Mais à la Confédération paysanne, certains espèrent encore. La France a jusqu’en avril 2014 pour rendre sa copie à l’Union Européenne. « Le gouvernement peut encore modifier ses orientations », rappelle Judith Carmona, en charge de la PAC au syndicat. Puis les agriculteurs devront attendre 2015, pour voir tomber leurs subventions calculées selon la PAC nouvelle formule.

Notre Dame des Landes : Plus déterminé-e-s que jamais ! Assemblée générale du mouvement Reporterre 2013/10/16 Assemblée générale du mouvement (16 octobre 2013) Notre Dame des Landes : Plus déterminé-e-s que jamais !. Reporterre. Tribune — fr

Notre Dame des Landes : Plus déterminé-e-s que jamais !

Bon anniversaire ! Le 16 octobre 2012, le gouvernement de M. Ayrault lançait des troupes de gendarmes puissamment armés à l’assaut de la Zone autonome à défendre de Notre-Dame-des-Landes. Prévue pour durer « quelques jours », l’invasion allait s’enliser dans la boue et échouer face à la résistance de tous les opposants à l’aéroport. Un an après, la lutte continue. Un texte commun des opposants témoigne de leur union déterminée.

Reporterre - Lors de la dernière assemblée générale du mouvement le 24 septembre à La Vache Rit, réunissant ZAD, Acipa et Coordination, des zadistes ont souhaité une expression commune des différentes composantes de la lutte, sous forme d’une ’déclaration de l’AG’. Elle n’engage que les présents, et n’est pas proposée à la signature des organisations. C’est la première fois qu’un tel texte a été travaillé, puis adopté (le 8 octobre). Cette déclaration commune parait significative de l’alliance qui existe entre les composantes de la lutte.

Aujourd’hui 8 octobre 2013 , nous, présent-e-s à l’Assemblée Générale bimensuelle du mouvement, à laquelle participent toutes les composantes de l’opposition, face aux porteurs du projet, réaffirmons collectivement, avec tou-te-s nos camarades, la légitimité intacte de notre lutte.

Certain-e-s d’entre nous habitent ici, nous y construisons nos vies, cultivons les terres menacées. Notre résistance collective s’organise plus largement que jamais contre le saccage programmé. Nous l’avons montré le 5 octobre, en ensemençant 24 hectares de terres, et en plantant des haies. Ceci malgré les menaces préfectorales, et la poursuite de la répression.

Nous refusons l’expulsion tant des habitant-e-s que des espèces menacées et le début de tous travaux.

Nous savons qu’en cas d’attaque, nous ne serons pas seul-e-s, que tous les comités de soutien, que des milliers de personnes reviendront à Notre Dame des Landes, qu’elles sont prêtes à occuper des centres de décision politique, des agences et chantiers de multinationales, partout.

Mais déjà, nous les appelons à des actions décentralisées le 16 octobre, dans la semaine du 17 au 23 novembre (dates anniversaires des opérations César et de sa riposte), ainsi que le 8 décembre, journée mondiale contre les grands travaux inutiles imposés, occasion de réaffirmer que notre lutte n’est pas seulement locale mais globale et solidaire.

Notre Dame des Landes : Plus déterminé-e-s que jamais !

Centrales nucléaires pour cinquante ans : le gouvernement ne décidera rien à court terme Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/16 Hervé Kempf (Reporterre) (16 octobre 2013) Centrales nucléaires pour cinquante ans : le gouvernement ne décidera rien à court terme. Reporterre. fr

Centrales nucléaires pour cinquante ans : le gouvernement ne décidera rien à court terme

Le gouvernement ne décidera pas à court terme l’allongement de la durée de fonctionnement des centrales : c’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Ecologie en réponse à une question du député écologiste Denis Baupin.

Lors de la séance de l’Assemblée nationale consacrée le 15 octobre aux questions au gouvernement, Denis Baupin a interrogé le ministre de l’Ecologie : qu’en est-il de la "rumeur" selon laquelle le Conseil de politique nucléaire présidé par François Hollande discuterait en novembre de l’allongement à cinquante ans de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ? "Pouvez-vous donc nous confirmer que cette rumeur de prolongation est sans fondement, et que c’est bien la représentation nationale qui décidera de la politique énergétique de la France ?", a demandé le député de Paris. Voici la réponse du ministre, qui n’est pas de la plus grande clarté. Mais il en ressort qu’il est urgent d’attendre. Que l’Autorité de sûreté nucléaire est l’instance de décision. Et que le nucléaire est censé financer les énergies renouvelables.

Extrait du compte-rendu de séance de l’Assemblée nationale le 15 octobre (visible en vidéo) :

"M. Philippe Martin, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie - Monsieur le député, votre question me permet de préciser les choses et de les inscrire dans le contexte de la transition énergétique.

Le Président de la République et le Premier ministre ont fixé une méthode et des objectifs : la méthode, c’est que l’État soit, plus qu’aujourd’hui, le garant de la stratégie énergétique de la France, et donc de la diversification de notre mix énergétique.

Les objectifs sont clairs : ramener la part du nucléaire de 75 % à 50 % à l’horizon de 2025 ; réduire notre consommation finale d’énergie de 50 % à l’horizon de 2050 ; réduire de 30 % notre consommation d’énergie fossile ; parvenir à 23 % d’énergie d’origine renouvelable en 2020.

Monsieur le député, les décisions à venir – et dont j’ai seul la charge – seront donc compatibles avec cette méthode et avec ces objectifs. S’agissant du nucléaire, elles seront prises sous réserve des avis de l’autorité de sûreté nucléaire, qui ne s’est pas encore prononcée sur l’aspect « sûreté » d’une éventuelle prolongation, pas plus que le Gouvernement d’ailleurs.

La transition énergétique repose aussi sur le développement des énergies renouvelables, et je vous confirme qu’une partie des ressources dégagées par le nucléaire financera ce développement.

Cette stratégie, qui sera partie prenante de la loi de transition énergétique – c’est donc dans la loi que vous le verrez –, permettra de concilier des impératifs de sécurité, de protection de l’environnement et de lutte contre le changement climatique.

Monsieur le député, dans ce contexte, et avec cette ambition, vous comprendrez que, quel que soit le respect que j’ai pour eux, ce ne sont pas les commissaires aux comptes d’EDF qui déterminent et détermineront la politique énergétique de la France."

Une « usine à bébés » va voir le jour en Inde Sud-Ouest.fr Reporterre 2013/10/16 Sud-Ouest.fr (16 octobre 2013) Une « usine à bébés » va voir le jour en Inde. Reporterre. fr

Une « usine à bébés » va voir le jour en Inde

28 000 dollars le bébé : le marché de la gestation pour autrui s’installe en Inde.

Autorisée depuis 2002 en Inde, la gestation pour autrui est devenue une gigantesque industrie et attire de plus en plus de convoitises.

La gestation pour autrui et le recours aux mères porteuses sont encore beaucoup discutés en France, mais certains pays du monde sont déjà passés à la vitesse supérieure. En Inde, une immense clinique est en train de sortir de terre à Anand, dans la province du Gurajat, sous l’impulsion de Nayna Patel, une femme médecin, spécialiste de la fécondation in vitro, formée à Singapour, en Angleterre et en Corée du Sud. L’établissement abritera des centaines de mères porteuses qui aideront des couples occidentaux infertiles à concevoir un enfant.

Selon BBC news, le marché indien de la gestation pour autrui est estimé à plus d’un milliard de dollars par an, dans un pays où un tiers de la population vit avec moins de 0,6 dollar par jour. Pour porter un enfant, une femme pourra espérer toucher jusqu’à 8 000 dollars.

Interrogée par la BBC, Ashok, le mari de l’une de ces mères porteuses, se réjouit de pouvoir acheter une maison avec l’argent gagné : « Mes parents seront heureux que leur fils et sa femme aient réussi à construire une maison. Notre statut social va s’améliorer, ce sera une bonne chose ».

Le médecin reçoit énormément de demandes, et a établi des critères de sélection stricts. « Les femmes doivent avoir moins de 45 ans, être en bonne santé et avoir déjà eu au moins un enfant, pour éviter qu’elles ne s’attachent au bébé » explique-t-elle dans un reportage de la National Geographic Channel.

Nayna Patel demande tout de même 28 000 dollars aux parents souhaitant concevoir un enfant, une marge plus que confortable mais toujours inférieure aux tarifs pratiqués aux Etats-Unis.

Contre les critiques qui l’accusent d’exploiter la pauvreté et le corps de ces femmes, le médecin se défend : « Ces femmes réalisent un travail physique et elles sont rémunérées pour cela. Elles savent qu’on n’obtient rien sans peine. Font-elles quelque chose de mal ? Ont-elles tué quelqu’un ? (...) Commettent-elles un acte immoral ? Non. Que font-elles ? Elles font une bonne action en offrant un bébé à quelqu’un. »

Depuis le début du projet, Nayna Patel aurait déjà accompagné la naissance de plus de 500 bébés. Les couples viennent de partout : Angleterre, Allemagne, Canada, et beaucoup des Etats-Unis, occultant les dérives du système par le bonheur d’être enfin parents.

« Vous ne savez pas ce que c’est de ne pas pouvoir avoir d’enfant. Vous ne savez pas ce que c’est de ne pas pouvoir... s’occuper d’une famille. Ensemble (avec la mère porteuse), nous nous sommes offert l’opportunité de commencer une vie que nous n’arrivions pas à construire seule », expliquait il y a quelques années l’une de ces mères américaines dans le célèbre programme d’Oprah Winfrey.

Mais voir de riches étrangers payer des Indiennes pauvres pour avoir un enfant soulève des questions éthiques chez beaucoup d’Indiens. Interrogée par l’Express, l’association pour le droit des femmes All India Democratic Women’s s’inquiète de « la pratique même de la gestation pour autrui dans un pays où les femmes n’ont pas de ressources financières ».

Après l’interdiction du recours aux mères porteuses pour les célibataires et couples gays en début d’année, le gouvernement indien pourrait de nouveau opérer des régulations dans les mois à venir.

Lutopik Reporterre 2013/10/16 (16 octobre 2013) Lutopik. Reporterre. fr

Lutopik

Le premier numéro de Lutopik a vu le jour ! Le dossier du numéro : les grands projets d’infrastructure.

Bonjour cher lecteur ! La petite équipe de Lutopik est heureuse de vous présenter son premier numéro. Ce magazine trimestriel diffusera des nouvelles qui, chacune à leur manière, sont autant d’alternatives à un système à la dérive, aussi bien sur le plan social, économique, politique, qu’environnemental.

Pour la première fois de notre histoire, nous mettons en péril le fragile équilibre de notre planète. Des crises sociétales, souvent violentes, éclatent un peu partout, le partage des ressources ne profite toujours qu’à une minorité et la pauvreté augmente. Tous ces dégâts sont en grande partie liés aux modèles productiviste et capitaliste qui, sous différentes formes, sévissent sur la quasi-totalité du globe.

Heureusement, partout aussi, des gens s’engagent sur d’autres voies et développent des manières de vivre différentes. Ce sont ces initiatives que nous voulons développer dans nos colonnes. Des histoires de luttes et d’utopies, sans oublier de dénoncer quelques aberrations de notre époque.

(...)

Pour ce premier numéro, nous avons décidé de consacrer notre dossier aux luttes contre quelques grands projets d’infrastructures. A l’image de l’emblématique combat qui se joue à Notre-Dame-des-Landes, d’autres zones vouées au bétonnage sont occupées physiquement. De ces lieux en danger émergent des propositions et des actions visant à se réapproprier nos territoires dans un esprit d’autogestion. A chaque fois, nous avons partagé quelques jours ou quelques semaines avec les riverains, les occupants et tous ceux qui font vivre ces luttes. Nous en avons rapporté plusieurs articles qui n’ont pas vocation à présenter un état des lieux exhaustif mais plutôt une photographie de chaque combat ou situation à un moment donné. Forcément subjectif, mais tel que nous l’avons vécu.

Ce magazine est réalisé en grande partie sur les routes, au fil des déplacements et des rencontres. Il mêle reportages, enquêtes, dessins et photos. Vous y trouverez aussi une bande-dessinée, une nouvelle et une petite dose d’humour. Lutopik n’existerait pas sans quelques compagnons qui ont bien voulu y apporter leurs contributions. Il ne pourra pas non plus vivre sans vous, et nous espérons que vous prendrez une part active au journal en laissant vos commentaires et suggestions.

Pétrole de schiste : la menace de forages d’exploration subsiste Collectif du pays fertois Reporterre 2013/10/17 Collectif du pays fertois (17 octobre 2013) Pétrole de schiste : la menace de forages d’exploration subsiste. Reporterre. Tribune — fr

Pétrole de schiste : la menace de forages d’exploration subsiste

La décision du Conseil constitutionnel sur le gaz de schiste, le 11 octobre, n’a pas fermé la porte aux compagnies. Elles disposent toujours de permis d’explorer le gaz de schiste, que le gouvernement n’a pas annulé.

Au delà de la question prioritaire de constitutionnalité qui était une tentative judiciaire d’imposer au gouvernement de revenir sur un choix fait par les parlementaires français, les pétroliers ont attaqué en justice à de très nombreuses reprises le gouvernement à propos des permis d’exploration visant le pétrole et le gaz de schiste.

En janvier 2013, Hess a attaqué le gouvernement au motif qu’on ne voulait pas lui signer le prolongement du permis de Mairy. Comme le tribunal de Chalons-en-Champagne n’a pas voulu répondre, Hess Oil a demandé au Conseil d’Etat de se prononcer. Ce qui fut fait en juillet 2013. Le Conseil d’Etat a donné raison à Hess Oil, avec, cerise sur le gâteau, la reconnaissance de son droit sur un permis pour lequel le gouvernement n’avait pas signé d’accord de mutation.

En avril 2013, Hess a attaqué le gouvernement au motif qu’on ne voulait pas lui signer les arrêtés de mutation (les transferts de propriété) pour sept permis du bassin parisien (Aufferville, Courtenay, Nogent-sur-Seine, Nemours, Rigny-le-Ferron, Leudon et Chateau-Thierry). Le tribunal administratif avait donné raison à Hess et avait demandé au ministère de l’ordre dans ses dossiers. Ne voyant rien venir, Hess Oil est revenu en septembre 2013 vers le tribunal administratif de Cergy en demandant une astreinte journalière de 10.000 euros par jour pour non respect de la chose jugée. Le tribunal a modéré les ardeurs de Hess, mais il a néanmoins condamné le ministère à payer 2.000 euros par jour à partir du 17 octobre si les arrêtés de mutation pour les 7 permis cités n’étaient pas signés.

A la lecture de toutes ces procédures, on apprend que le gouvernement n’a présenté AUCUNE défense

Pourquoi l’Etat n’a-t-il jamais présenté de défense dans tous les procès qui l’opposent à Hess Oil ?

Nous pensons que ce silence passif est éloquent.

Le gouvernement aurait il décidé de déléguer à la justice ses choix politiques en la matière ?

Il faut savoir que le gouvernement peut refuser de signer ces arrêtés de mutation. En effet quatre de ces permis au minimum ont pour seul objectif d’exploration le Lias, c’est à dire la couche géologique contenant les huiles de « roche-mère », nom savant de ce que nous nommons le « pétrole de schiste ».

Pour revenir à la commission de suivi et d’évaluation instaurée par la loi Jacob de 2011, on peut craindre que le gouvernement applique la même tactique : se laisser imposer une politique via la justice.

S’il ne nomme pas les membres de la commission de suivi prévue par cette loi, les pétroliers iront en justice pour demander la mise en place de cette commission.

Le gouvernement se verra donc "imposer" par la justice la nomination des membres de cette commission.

Le gouvernement pourra dire qu’il ne souhaitait vraiment pas les expérimentations mais que la justice lui a imposé cette situation.

C’est une manière de ne pas prendre ses responsabilités.

Vendredi 11 octobre, le ministre de l’environnement, aurait très bien pu, dans la foulée de son commentaire, dire que les permis qui avaient comme seul objectif l’exploration du pétrole de schiste étaient annulés (comme le prévoit la loi). Mais non. Ces permis ont été maintenus, aucun commentaire n’a été fait par le ministre.

Ce même vendredi matin, Philippe Martin aurait pu profiter de l’occasion pour envoyer un message clair aux pétroliers en les informant de son refus de signer les arrêtés de mutation demandés par voie de justice. Mais non, ces différents procès n’ont pas été évoqués dans les média… Le ministre va-t-il rejeter la demande des pétroliers ? De toute évidence il va signer… en déplorant d’avoir été obligé de le faire sous la contrainte de la justice.

Vendredi 11 octobre nous avons assisté avec effarement aux déclarations de Philippe Martin, relayées par Jose Bové et d’autres “verts”. Nous les avons entendus exprimer leur satisfaction de voir maintenue une loi qu’ils avaient combattue personnellement, en 2011. En effet, Philippe Martin, député PS en 2011, avait refusé de voter cette loi, au motif qu’elle était mal écrite, qu’elle ne protégeait pas les populations, qu’elle permettait les expérimentations, qu’elle ne définissait pas la fracturation hydraulique. Le tampon de constitutionnalité donné par le Conseil Constitutionnel change-t-il quoi que ce soit aux critiques exprimées sur les termes de cette loi ?

Une victoire amère donc...

Toutes ces pièces du puzzle se referment pour créer un tableau peu réjouissant : une expérimentation en vraie grandeur autorisée par la loi, une commission parlementaire qui rédige un rapport favorable aux expérimentations, des industriels qui poussent à la roue, des pétroliers qui utilisent la justice pour faire passer en force leur politique. On peut donc en déduire, sans crier au loup, que la plateforme de Jouarre, pourra, sans difficulté, dans les semaines à venir être l’un des lieux choisis pour une expérimentation effectuée dans le cadre de la loi… Restons vigilants !

Et si l’on s’échangeait les journaux plutôt que de les jeter ? Troc de presse Reporterre 2013/10/17 Troc de presse (17 octobre 2013) Et si l’on s’échangeait les journaux plutôt que de les jeter ?. Reporterre. fr

Et si l’on s’échangeait les journaux plutôt que de les jeter ?

Chaque année en France, il se distribue plus de quatre milliards d’exemplaires de presse imprimée. Environ 35 millions de Français lisent chaque jour au moins un journal ou un magazine… et une fois lus, les jettent ! Pourquoi ne pas échanger ces journaux avec ses voisins ?

Bon Plan économique : J’économise, c’est gratuit.

Ce site participatif gratuit vous met en relation avec vos voisins (résidant à la même adresse postale que vous) et vous permet :

- d’échanger avec eux vos lectures presse - de découvrir et profiter des journaux que vous n’avez pas l’habitude d’acheter.

Le Bon Plan : en vous inscrivant sur Troc de Presse, - Vous lisez plus sans dépenser plus, et vous boostez vos lectures - Avec vos voisins, vous transformez vos boîte aux lettres en kiosque collaboratif de partage de journaux et de magazines.

Bon Plan écologique : Je gaspille moins

Troc de presse est le premier site internet entièrement gratuit qui propose le recyclage intelligent de vos journaux et de vos magazines, en leur donnant une seconde vie, par le biais du troc, de l’échange, et/ou du don avec vos voisins…

Alors pourquoi ne pas échanger ces journaux avec vos voisins, comme vous le faites parfois avec vos proches ?

Pourquoi jeter vos journaux ou les entasser chez vous, une fois les avoir lus, alors que vous pourriez les échanger via vos boites aux lettres avec vos voisins ?

Bon Plan social : Je crée du lien

La consommation collaborative, c’est très simple : vos voisins et vous-même échangez vos lectures via votre boite aux lettres. Une bonne manière d’aller à la rencontre des autres voisins Membres de Troc de Presse...

Résultat ? vous créez du lien social, vous recyclez davantage et de fait, vous consommez moins.

Comment ça marche ?

- Le fonctionnement est très simple : vos voisins et vous-même échangez vos lectures via votre boite aux lettres.

Comment faire connaitre Troc de Presse à mes voisins ?

Rien de plus simple. Il vous suffit : - d’imprimer notre Kit Ambassadeur et de l’afficher dans le hall de votre résidence - de partager le site avec vos amis.

Une ouvrière agricole du Limousin a porté plainte contre X pour inhalation de pesticides Christian Bélingard (France 3 Limousin) Reporterre 2013/10/17 Christian Bélingard (France 3 Limousin) (17 octobre 2013) Une ouvrière agricole du Limousin a porté plainte contre X pour inhalation de pesticides. Reporterre. Pesticides fr

Une ouvrière agricole du Limousin a porté plainte contre X pour inhalation de pesticides

Cette plainte parait avoir été déposée à la mi-septembre, via internet, auprès du procureur de la République de Guéret (Creuse).

La plaignante travaillait depuis plusieurs années dans un verger situé sur la commune de Nouzerolles dans la Creuse. A plusieurs reprises, elle dit avoir ressenti les mêmes effets, après avoir réalisé des épandages sur les vergers de l’exploitation : nausées, vomissement, maux de tête. Cette fois-ci, elle estime que le mal s’est amplifié :

« Après un traitement que j’ai fait le 16 septembre, j’ai été prise de vertiges, j’ai vomi beaucoup toute la nuit. »

Une multitude de faits sont énoncés par l’employée : pas de moyen de protection, pas de précaution pour les épandages (en particulier en fonction de la force du vent), pas de local sécurisé et aux normes pour entreposer les produits phytosanitaires, pas de cahier d’épandage mis à jour. En outre la récolte aurait débuté sans respect des délais obligatoires entre le traitement et le ramassage des fruits.

Sollicité par notre équipe, le propriétaire, un agriculteur (éleveur et pomiculteur) ne souhaite pas s’exprimer. Pour l’instant, sa coopérative (Limdor à Saint-Yrieix-la-Perche, en Haute-Vienne) non plus, pas plus que l’association « Pommes du Limousin », qui chapeaute régionalement la profession. Nous les avons également sollicités.

Pour aller plus loin, voir le témoignage complet de Sorina ici.

Les dix ans de Stop pub, 17 octobre à Paris Reporterre 2013/10/17 (17 octobre 2013) Les dix ans de Stop pub, 17 octobre à Paris. Reporterre. fr

Les dix ans de Stop pub, 17 octobre à Paris

Les 10 ans de STOPUB ! Jeudi 17 octobre à 19h Au BLOC : 58 rue de Mouzaïa Paris 19°

Programme

19h30- Auberge espagnole 20h30- Table ronde 22h- Concerts (Manu La Main Rouge, Les Sons Libres)

Projections Bar Expo Et plus encore Entrée libre

Jeudi 17 octobre à 19h Au BLOC : 58 rue de Mouzaïa Paris 19° Métro Place des Fêtes (L.11) ou Pré Saint Gervais (L. 7bis)

De 2003… à 2013 Les 10 ans de STOPUB : et après ?

Le 17 octobre 2003 débutait une série d’actions magistrales qui sont restées dans les mémoires.

300 personnes se sont retrouvées à sept points de RDV, puis se sont divisées en petits groupes pour se réapproprier l’espace par un geste collectif et joyeux de protestation face à la privatisation du monde. Dans le métro parisien, des milliers d’affiches seront barbouillées de joyeux slogans antipublicitaires.

Par la suite, le mouvement s’est amplifié avec des actions suivies par de plus en plus de monde. Lors de la troisième action, près de mille personnes viendront… et seront accueillies par la police, envoyée faire régner l’ordre publicitaire.

Plusieurs centaines de personnes sont interpellées pour quatre heures de contrôle d’identité, et d’autres sont verbalisées pour dégradation d’affiches publicitaires, ce qui donnera lieu au « Procès des 62 ».

Par la suite naîtront divers mouvements qui évoluent encore aujourd’hui.

Dix ans après, on fait la fête tout simplement. Viens donc au rendez-vous, et viens-y gaiement !!!

Collector : L’appel original de 2003

Portes ouvertes au maraîchage bio à Avignon Reporterre 2013/10/18 (18 octobre 2013) Portes ouvertes au maraîchage bio à Avignon. Reporterre. fr

Portes ouvertes au maraîchage bio à Avignon

Le GRAB (Groupe de Recherche en Agriculture Biologique) vous invite à ses portes ouvertes de présentation des essais en maraîchage biologique, ce vendredi 18 octobre, à Avignon.

Le GRAB vous invite à ses portes ouvertes de présentation des essais en maraîchage biologique, le :

vendredi 18 octobre 2013

à partir de 16 heures sur la station d’expérimentation du GRAB à Avignon

Programme :

Cette visite vous permettra de découvrir les essais en place sur notre station, en maraîchage sous abris et de plein champ :

• Évaluation de l’intérêt des engrais verts d’automne sous abris et en plein champ : comparaison de différentes espèces de graminées et légumineuses, seules ou en mélange.

• Comparaison de variétés de petite courge en plein champ : comparaison de 42 variétés de petit calibre (Butternut, potimarron, petite musquée, patidou …) : récolte effectuée en septembre et stockage actuel.

• Étude de l’intérêt de la culture de patate douce sous abris : plantation 16/05, récolte mi-octobre : 7 variétés (chair blanche, crème ou orange).

Algérie : encore un pas vers le gaz de schiste M’hamed Rebah Reporterre 2013/10/18 M’hamed Rebah (18 octobre 2013) Algérie : encore un pas vers le gaz de schiste. Reporterre. fr

Algérie : encore un pas vers le gaz de schiste

« Incontournable » : Youcef Yousfi, ministre de l’Energie et des Mines, l’a confirmé à propos de l’exploitation du gaz de schiste en Algérie. Les associations de protection de l’environnement ont du mal à se faire entendre face à la propagande pro-gaz de schiste.

Youcef Yousfi est allé plus loin dans son allocution d’ouverture des journées d’étude sur les gaz non conventionnels organisées par l’Institut Algérien du Pétrole (17 et 18 septembre 2013 à Alger), lue par un de ses conseillers : « Nous sommes assez avancés pour proposer des projets concrets d’hydrocarbures non conventionnels (tight gas, shale gas et oil gas) ». « Nous avons déjà identifié des blocs pour l’exploration des shale gas (gaz de schiste) et nous avons demandé conformément à la loi sur les hydrocarbures, les accords nécessaires pour le lancement de ce type de projets », a-t-il précisé.

Il ressort de ses propos que les données recueillies par les évaluations du potentiel en gaz de schiste dans notre pays, commandées par le groupe Sonatrach auprès de cabinets de consulting internationaux – et qui ont porté quasiment sur tout le domaine minier algérien – sont « encourageantes ». Elles rejoignent, selon les cadres de Sonatrach, les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les réserves avoisinent les 700 TCF (trillion cubic feet), dont 500 TCF sont des réserves récupérables que Sonatrach est en mesure d’extraire.

Mais pour les profanes, y compris les journalistes qui les ont rapportés, ces chiffres et ces unités ne veulent absolument rien dire. C’est pourquoi, le cadre de Sonatrach qui les a livrés s’est cru obligé de préciser que « l’Algérie est au coude à coude en termes de réserves avec les Etats-Unis où le développement du gaz de schiste a connu un essor considérable. »

Il n’y a rien de surprenant dans le contenu pro-gaz de schiste de la journée d’études, qualifiée de rencontre technique, consacrée aux gaz non conventionnels. En dehors de la petite phrase du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a laissé entendre que l’exploitation du gaz de schiste n’était pas pour demain, toutes les autres déclarations officielles, émanant du ministre de l’Energie ou de celui qui a été remplacé à l’Environnement ou même le ministre des Ressources en eau, ont constitué un plaidoyer direct ou implicite en faveur de l’exploitation du gaz de schiste.

Les pouvoirs publics ont procédé spécialement à l’amendement de la loi sur les hydrocarbures pour y intégrer pour la première fois l’exploration et la production du gaz de schiste. Par vagues, les cadres et techniciens de Sonatrach sont envoyés aux Etats-Unis pour y recevoir la formation en vue du lancement de l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

Dans la salle où s’est tenue la journée d’études, parmi les intervenants, selon les informations données dans le programme de la journée d’études, il n’y a que des pro-gaz de schiste, les uns par intérêt, les autres par mépris ou méconnaissances des exigences écologiques. Aucune voix contraire n’était prévue.

Les associations de protection de l’environnement, opposées à l’introduction de l’utilisation de la fracturation hydraulique dans notre pays, n’étaient pas conviées, ni les experts qui ne partagent pas l’euphorie aveugle des pro-gaz de schiste. Pas de voix discordante, y compris dans la moindre nuance, n’a été prévue dans le programme de ces journées d’études. Les écologistes devront aménager un espace public alternatif pour exposer leurs positions sur l’aventure du gaz de schiste.

Les sénateurs maintiennent l’inutile bombe atomique Ican France Reporterre 2013/10/18 Ican France (18 octobre 2013) Les sénateurs maintiennent l’inutile bombe atomique. Reporterre. Tribune — Armée fr

Les sénateurs maintiennent l’inutile bombe atomique

La loi de programmation militaire vient d’être entérinée par les membres de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, écartant les engagements de le France en matière de désarmement nucléaire. Des milliards sont dépensés pour la bombe atomique, alors que l’on en aurait tant besoin pour d’autres usages.

Sur les 190 milliards d’euros budgétisés par la LPM (Loi de programmation militaire 2014-2019), 23 seront consacrés à la mise en œuvre et au renouvellement des forces nucléaires sous-marines et aériennes, permettant entre autre de :

- « poursuivre les travaux de rénovation à mi-vie du missile ASMP-A et les études technologiques de son successeur ». Opérationnel depuis 2009, n’est-il pas surprenant d’engager déjà de tels travaux et de prévoir son remplacement pour 2030 ?

- « continuer des travaux de conception du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération ». Alors que le quatrième SNLE-NG, Le Terrible, a été réceptionné en 2010 et que le coût global de ce programme fut 58 % plus cher que prévu, n’est-il pas surprenant de valider ce programme de renouvellement sans aucun débat national ? Les Britanniques débattent sur ce sujet depuis dix ans, nos parlementaires seraient-ils moins aptes à le faire ?

Car la réalité est bien là, les sénateurs ont manqué à leur fonction en écartant toute réflexion sur les coûts et l’utilité de cette force nucléaire, au moment où la communauté internationale pousse pour la mise en œuvre d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires invoquant les conséquences humanitaires catastrophiques de celles-ci.

Plus grave encore, ces sénateurs ont validé les orientations du Livre Blanc en matière de dissuasion nucléaire. Or, il n’y a pas eu de discussion sur ce sujet, le président Hollande ayant interdit tout débat sur l’arme nucléaire lors de la rédaction de ce document, comme il l’indique dans la lettre de mission adressée à la Commission de rédaction du Livre Blanc.

« Le tabou de la bombe reste donc une réalité » pour ICAN France, qui interpelle désormais l’ensemble des sénateurs et les enjoint à prendre pleinement leur responsabilité en ouvrant le débat sur la force nucléaire lors du débat en séance plénière le 21 octobre prochain et en refusant d’adopter cette Loi de programmation militaire.

En Italie, le projet Lyon Turin transforme la vallée de Suse en zone militaire Andrea Barolini (Reporterre) Reporterre 2013/10/18 Andrea Barolini (Reporterre) (18 octobre 2013) En Italie, le projet Lyon Turin transforme la vallée de Suse en zone militaire. Reporterre. fr

En Italie, le projet Lyon Turin transforme la vallée de Suse en zone militaire

Le gouvernement italien maintient la pression pour faire avancer le projet de LGV Lyon-Turin. Dans la vallée de Suse, là où doit être creusé le tunnel, l’armée se comporte en force d’occupation face à la résistance des habitants. Une grande manifestation a lieu à Rome samedi 19 octobre.

- Reportage, Vallée de Suse (Italie)

En parcourant la vallée de Suse, entre Turin et le tunnel du Frejus, où se situe le chantier de la LGV Lyon-Turin, on ne voit pas de grues, de camions ou de bétonnières. Le chantier est en fait bien caché. Son entrée se présente comme un grille d’acier, derrière une courbe de l’autoroute A32 qui conduit en France. Elle se niche dans le bois de Salbertrand, à 25 kilomètres au nord du village de Suse. Mais on peut ni s’y garer, ni s’y arrêter, ni descendre. Le lieu est défendu jour et nuit par une nuée de policiers et nombre de soldats.

Naguère vallée calme et touristique, la vallée de Suse ressemble maintenant à une zone de guerre. « Depuis plusieurs mois, 400 militaires anti-émeute surveillent les travaux dans un territoire où la ville la plus importante ne compte pas plus de 7 000 habitants », explique à Reporterre Doriana Tassotti, activiste du mouvement No TAV, qui regroupe les opposants italiens au projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin. « Il y a des barrages de police partout. On peut être contrôlé jusqu’à quatre fois par jour. Il s’agit d’une vrai militarisation de la vallée. Mais, surtout, c’est la preuve que l’Etat ne veut pas dialoguer. Il a choisi les armes et les matraques ».

« Les policiers font aussi des perquisitions dans nos habitations. Mon restaurant a été fouillé », raconte Nicoletta Dosio, enseignante retraitée qui lutte depuis vingt ans contre la LGV.

« Dans le Val de Suse, la plupart de la population est opposée au projet de la LGV. Mais même ceux qui ne sont pas engagés dans le mouvement No TAV n’aiment pas la présence des militaires, c’est clair », poursuit Tassotti. Les rues des villages du Val de Suse, en effet, ne sont pas seulement envahies par les policiers et les carabinieri. L’Etat italien est allé jusqu’à décider d’utiliser [les chars Lince, des véhicules qui ont été utilisés par l’armée au Liban et en Afghanistan.

Les habitants craignent de revivre ce qui s’est passé en 2011, lorsque des manifestations ont été le théâtre d’une forte répression policière. « J’ai vu les militaires tirer des lacrymogènes à hauteur des manifestants, même s’il y avait des enfants. On a recueilli des dizaines de douilles sur lesquelles il y avait marqué le sigle CS. Il s’agit d’un gaz interdit dans les guerres internationales, mais qui est bien utilisé par la police. J’ai encore quelques douilles chez moi », ajoute l’activiste.

Le « CS », des initiales de Corson et Stoughton, chimistes qui ont synthétisé la molécule, aussi appelé gaz lacrymogène ou aérosol de gaz poivré, est souvent employé comme agent antiémeute. Depuis 1997, il a été interdit dans les conflits internationaux par la Convention sur les armes chimiques de Paris.

Pour l’Etat, la présence massive de la police - qui selon le mouvement No TAV coûte aux caisses publiques jusqu’à 90 000 euros par jour - est justifiée par la nécessité de défendre les infrastructures du chantier. Et notamment la « taupe » : un gigantesque excavateur mécanique, d’un diamètre de six mètres et demi, qui a été amené au début du mois d’août en Val de Suse (coût : dix millions d’euros, « tandis que dans la vallée l’hôpital est sur le point d’être fermé à cause du manque de financements », dénonce Dosio).

Pour l’instant, toutefois, cette immense fraise, selon les « No TAV », n’a pas encore été utilisée. Début octobre la « queue » a été livrée par un interminable convoi d’un kilomètre de longueur sur l’autoroute.

En outre, les travaux seront fortement retardés, à cause du risque de crise politique en Italie. Dans les dernières semaines le gouvernement aurait dû participer à une réunion décisive pour donner le feu vert aux financements, mais la démission du ministre des Transports Maurizio Lupi (présentée, puis retirée ensuite) a fait annuler cette réunion.

L’écrivain De Luca a pris position

Pourquoi alors cette nécessité d’une militarisation de la vallée ? Est-ce qu’il y a vraiment des risques du point de vue de l’Etat ?

Il faut dire que la « température » en Val de Suse est montée ces dernières semaines, notamment à cause de l’intervention de la justice italienne. Selon l’hebdomadaire l’Espresso, les juges craignent la possibilité que des personnes qui ne font pas partie du mouvement veuillent s’infiltrer pour utiliser la lutte contre la ligne ferroviaire « comme un objectif politique pour appliquer les méthodes apprises dans d’autres contextes ».

Avec ces motivations, le procurateur de Turin, Gian Carlo Caselli a fait arrêter des dizaines de suspects. « Je connais très bien les arrêtés », réplique Tassotti. « Il ne s’agit pas du tout de terroristes ou d’insurrectionnalistes. Ce sont des amis de mes fils. C’est pour ça que j’ai adressé une lettre à Monsieur Caselli, qui est un juge très connu et très respecté en Italie, pour lui demander des explications. Et pour lui souligner qu’il serait mieux de se concentrer sur le risque d’infiltrations de la mafia dans le business de la LGV. Mais il m’a répondu avec une lettre très sarcastique... ».

Le 19 octobre une manifestation nationale des « mouvements italiens » est prévue à Rome. Il s’agit d’une mobilisation qui a été considérée de la part des media italiens comme un défilé No TAV.

En réalité les 20 000 manifestants attendus dans la capitale italienne font partie de plusieurs organisations, qui luttent pour des buts très différents. Le mouvement No TAV précise qu’il n’a pas organisé la manifestation : « Oui, plusieurs d’entre nous seront à Rome. On verra nos drapeaux. Mais il ne s’agit pas d’un défilé de notre mouvement. Je crains que le but soit d’attendre des désordres pour nous discréditer », explique encore Doriana Tassotti.

De plus, il y a quelques semaines le célèbre écrivain italien Erri De Luca, dans une interview à l’Huffington Post a déclaré être « convaincu que le Lyon Turin est un projet inutile. Je continue de penser qu’il est juste de le saboter ». Il a ajouté au quotidien La Repubblica, « les paroles ne suffisent pas, un intellectuel doit être cohérent et mettre ses idées en pratique ». Après ces déclarations, une enquête préliminaire a été ouverte contre De Luca pour incitation au sabotage.

Un autre personnage très connu de la culture italienne, le philosophe Gianni Vattimo, soutient (partiellement) l’écrivain. Dans une interview au quotidien Il Fatto Quotidiano, il a déclaré que « défendre l’environnement et l’air qu’on respire est un droit qui justifie la lutte ».

Reporterre a expliqué les risques environnementaux liés au projet de la LGV : sous la montagne dans laquelle est censée passer la ligne ferroviaire, des chercheurs indépendants ont trouvé des matériaux très dangereux pour la santé publique, tels que l’amiante et l’uranium.

« Mais les problèmes sont liés aussi à la géologie », explique Dosio. « Le chantier est juste à la base d’un vieux éboulement de la montagne qui est soumis régulièrement à un monitorage par la société qui gère l’autoroute. Et ces analyses ont confirmé que, tôt ou tard, des écroulements se produiront ».

De plus, la montagne est très riche en eau : « Certains villages resteront sans approvisionnement. Et savez-vous ce qu’ils ont répondu ? Qu’ils délivreront l’eau avec des citernes ! », ajoute Tassotti.

La présence de l’eau, en effet, est bien connue même par la société chargée des travaux, qui a dû perforer un tunnel supplémentaire (240 mètres de longueur et 70 centimètres de largeur) pour la canaliser. Les No TAV ont déposé à ce propos une plainte auprès du parquet de Turin. La lutte continue aussi dans les tribunaux.

Journée internationale de mobilisation contre le gaz de schiste Reporterre 2013/10/18 (18 octobre 2013) Journée internationale de mobilisation contre le gaz de schiste. Reporterre. fr

Journée internationale de mobilisation contre le gaz de schiste

Le 19 octobre, Global Frackdown 2, une mobilisation internationale contre le gaz de schiste

Alors que la situation climatique mondiale est de plus en plus alarmante, le récent rapport du GIEC annonce que 30% du réchauffement est dû aux émissions de méthane - auxquelles contribuent l’exploitation des hydrocarbures de schiste - soit le double que ce que le GIEC nous indiquait en 2007.

L’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels doivent cesser immédiatement et les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités face à l’impunité des multinationales.

Les collectifs contre les gaz et pétrole de schiste et contre les gaz de couche se mobilisent dans tout le pays avec les associations partenaires afin de montrer leur détermination à ne pas céder aux appétits insatiables des pétroliers.

Rejoignez la mobilisation la plus proche de chez vous

Montélimar (26)

Contre les nouvelles menaces d’exploitation des gaz de schiste

manifestation départ 14h Rond Point St James

à l’arrivée, Espace St Martin, à partir de 16h30, prises de parole : luttes internationales (Balcombe, Pologne, Catalogne, Argentine - Neuquen), urgence climatique, état de la situation en France

Stands et restauration

St Claude (39)

Mobilisation générale contre les forages

« Oui à l’eau pure, non au gaz de schiste, oui aux alternatives »

10h débat public avec Thomas Porcher

14h30 manifestation rendez-vous place du 9 avril 1944

à partir de 18h soirée conviviale

Toulouse

Rassemblement de 14h à 17h place Arnaud Bernard à Toulouse

Contre les nouvelles menaces d’exploitation du gaz, du pétrole de schiste et du gaz de houille

Pour une véritable transition énergétique

Animations, informations, mobilisation

Montereau-Fault-Yonne (77)

> fin d’après-midi festive à l’Auditorium du Conservatoire Gaston Litaize composée de stands d’information soutenus en musique par des groupes de musique locaux (jeunes musiciens engagés) de 17h à 18 h 30 > soirée-débat après présentation vidéo de 19 h à 22 h à l’Auditorium.

3 thèmes en filigrane

a) Fracturation hydraulique : la technique, ses impacts et la notion de bassin versant b) Ni ici, ni ailleurs : actus internationale, nationale et régionale c) La loi nous protège-t-elle ?

Béziers

Rassemblement de protestation – Place de la Madeleine à partir de 10h30 Table avec vidéos et panneaux sur l’exploitation des gaz de schistes aux Etats Unis. Les luttes en Pologne, en Argentine, en Grande Bretagne et ...en France ! Distribution de tracts, discussions. Banderoles anti GDS.

Lille

Rendez-vous à 14 h place de la république à Lille organisation du mariage Bataille - président de EGL

15 h départ du cortège vers la place du général de Gaulle

Paris

à partir de 12h, une péniche sur la Seine : navigation avec les banderoles pour un tour complet de Paris (boucle Solferino – Solferino en passant par Bercy)

Essonne

N’inschistez pas, on ,’en veut pas

* Etampes Expo 14H à 19H00 - Conférence à 19H00

* Plessis Paté : Opération escargot Départ 14H00 Mairie direction siège de VERMILLION ESSONNE à Vert Le Grand

Dans le monde entier, la Global Frackdown se prépare

dans tous les pays impactés par les forages en cours ou en projets

En France, 9 mobilisations sont prévues

Aux Etats-Unis, 98 mobilisations dans 25 Etats

Dans les autres pays, 63 mobilisations dans 22 pays

Manif anniversaire NDDL Reporterre 2013/10/19 (19 octobre 2013) Manif anniversaire NDDL. Reporterre. fr

Manif anniversaire NDDL

Manifestation anniversaire des expulsions sur la ZAD de Notre Dame des Landes. Ce samedi à 14 h, place de Bretagne, Nantes

Les signataires de ce communiqué appellent à une grande manifestation le 19 Octobre 2013 à 14H, place Bretagne à Nantes. Celle-ci s’inscrit dans le premier anniversaire contre les expulsions de l’automne dernier, de l’opération ratée de démolition de la ZAD baptisée « César », à celles de mal-logés occupant l’Espace LU puis divers lieux depuis.

Expulsions sur la ZAD...

Le 16 octobre 2012 au petit matin, l’Etat donnait le coup d’envoi de l’opération César destinée à évacuer et détruire les lieux occupés sur la ZAD de Notre Dame des Landes en opposition au projet d’aéroport.

A 10h30 sur le terrain avec ses troupes, le préfet de Loire-Atlantique déclarait que l’opération s’était déroulée avec succès et que l’occupation militaire de la ZAD durerait "quelques jours", afin de terminer la destruction des maisons. Face à la résistance qui s’est organisée et amplifiée, prenant de multiples formes sur place et partout, face à la solidarité extérieure à la ZAD qui a fourni soutiens logistique, politique et moral, ces "quelques jours" sont devenus des mois et... la ZAD est toujours occupée !

Un appel à journées d’anniversaire décentralisées

Cet été, au cours d’une assemblée générale des Comités locaux, l’idée a germé de célébrer l’anniversaire du déclenchement de cette calamiteuse opération. Un appel à une journée d’actions délocalisées le 16 octobre a été lancé. En réponse, des évènements auront lieu un peu partout durant la semaine du 14 au 20 octobre.

Et des expulsions de mal-logés sur Nantes

A l’automne dernier également, pendant que l’État tentait de vider la ZAD, Ayrault, l’État PS et la mairie de Nantes expulsaient les précaires et sans-abris qui occupaient le Lieu Unique pour interpeller les autorités sur la situation de centaines de personnes à la rue et dénoncer leur gestion hypocrite du mal logement.

Aujourd’hui, à la suite de ce mouvement, plus d’une centaine de personnes sans logement qui occupent un ancien bâtiment vide de la PJJ sont menacées d’expulsion sans qu’aucune solution leur soit proposée.

Double raison de manifester pour l’anniversaire

Plusieurs collectifs ont eu envie de marquer ce double anniversaire en proposant une manif à Nantes contre toutes les expulsions. Il nous paraît important de rappeler aux bétonneurs et expulseurs de tout poil notre détermination face aux risques de répétition de l’histoire, sur la ZAD comme à Nantes.

C’est pourquoi nous vous invitons à vous joindre à la manifestation PLACE BRETAGNE le SAMEDI 19 octobre à 14h.

Signataires

Comité Nantais Contre l’Aéroport (CNCA), COPAIN 44, Collectif de l’Université de Nantes contre l’Aéroport (CUNCA), Collectif Un Toit pour Toutes et Tous, Comité Anti Répression, des individues...

Manifestations au Canada contre le gaz de schiste La Presse Reporterre 2013/10/19 La Presse (19 octobre 2013) Manifestations au Canada contre le gaz de schiste. Reporterre. fr

Manifestations au Canada contre le gaz de schiste

Au Nouveau Brunswick, à l’est du Canada, Autochtones et Acadiens s’opposent à l’exploration du gaz de schiste. La gendarmerie est intervenue pour démanteler une barricade et il y a eu des heurts. En solidarité, une manifestation a eu lieu à Montréal.

Environ deux cents personnes ont marché dans les rues de Montréal tard jeudi 17 octobre en signe de solidarité avec les manifestants du Nouveau-Brunswick, qui veulent empêcher une entreprise gazière d’effectuer des tests sismiques dans leur région.

De façon pacifique, ils ont parcouru la rue Sainte-Catherine, en plein coeur du centre-ville, jusqu’au parc de la Paix, théâtre de plusieurs rassemblements autochtones, près de l’angle du boulevard René-Lévesque et du boulevard Saint-Laurent.

« Nous sommes ici aujourd’hui en solidarité avec nos frères et soeurs qui se font battre par les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) », a expliqué l’un des organisateurs de la manifestation, Mateo Pekuakami.

« Encore une fois, le pouvoir militaire est au service des multinationales et non au service des peuples, souverains sur leur territoire. Ces terres leur appartiennent et les compagnies doivent [partir] », a poursuivi le jeune homme.

Vers 7h30, jeudi matin, la police néo-brunswickoise a commencé à faire respecter une injonction prononcée plus tôt ce mois-ci pour mettre fin au blocus visant à empêcher l’entreprise gazière SWN Resources d’effectuer des tests sismiques dans la région. Le blocus se tenait près de Rexton, à proximité de l’entrepôt où se trouve l’équipement d’exploration de l’entreprise.

Arrestations

La GRC a arrêté des dizaines de personnes qui manifestaient contre l’exploitation des gaz de schiste. Pendant l’opération, des cocktails Molotov ont été lancés sur les forces de l’ordre, cinq autopatrouilles ont été incendiées et un civil a tiré au moins un coup de feu.

« La GRC s’est appliquée à travailler avec toutes les parties impliquées, dans l’espoir de trouver une issue pacifique. Ces efforts n’ont pas réussi », a déclaré l’agente Jullie Rogers-Marsh, porte-parole de la GRC au Nouveau-Brunswick.

Au moins 40 manifestants ont été arrêtés pour des gestes liés à des armes à feu, de l’intimidation et des violations de l’entreprise. Les écoles des environs ont été fermées par mesure de précaution.

Les policiers ont commencé à faire respecter l’injonction après que des menaces eurent été proférées à l’endroit d’un garde de sécurité sur les lieux, la nuit précédente, a rapporté Mme Rogers-Marsh. Elle a refusé de commenter des informations selon lesquelles les policiers auraient utilisé des balles de caoutchouc.

La GRC avait bloqué la route 134 le 29 septembre, lorsqu’une manifestation a débordé sur la voie publique. Les manifestants ont ensuite coupé des arbres de chaque côté de la route, bloquant l’accès aux terrains de l’entreprise gazière.

Manifestation en Ontario

Des manifestants autochtones bloquaient la route 6 dans le sud de l’Ontario, entre les communautés de Hagersville et de Caledonia, rapporte la Police provinciale de l’Ontario. Le policier Mark Foster a précisé que de 30 à 40 personnes participaient à la manifestation. Selon l’agence de presse locale Turtle Island News, des membres de la communauté des Six Nations souhaitent ainsi démontrer leur solidarité avec les manifestants de la Première Nation elsipogtog, arrêtés plus tôt dans la journée lors d’une manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste dans l’est du Nouveau-Brunswick.

Gaz de schiste : en Pologne, le pays européen qui a commencé l’exploitation, luttes et débats Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/10/19 Sylvain Lapoix (Reporterre) (19 octobre 2013) Gaz de schiste : en Pologne, le pays européen qui a commencé l’exploitation, luttes et débats. Reporterre. fr

Gaz de schiste : en Pologne, le pays européen qui a commencé l’exploitation, luttes et débats

Partout dans le monde, des manifestations ont lieu samedi 19 octobre contre le gaz de schiste. Reporterre va en Pologne, premier pays européen où a commencé l’exploitation du gaz de schiste, comprendre où en est le débat et raconter la lutte.

- Reportage, Varsovie (Pologne)

Le maintien de la loi interdisant la fracturation hydraulique par le Conseil constitutionnel en France n’est qu’une petite bataille dans la guerre politique entre partisans et opposants aux gaz de schiste. Et si les commentateurs sont tentés de clore leurs tribunes, les industriels et les militants tournent les oreilles vers l’Est : depuis cet été, la Pologne est le premier pays du continent à exploiter ses ressources en gaz de schiste.

A l’occasion du franchissement de ce cap et de la deuxième journée internationale contre les gaz de schiste, le Global FrackDown, Reporterre s’en va pendant une semaine sur les terres du débat.

Dans la région côtière de Cachoubie, pour rencontrer les agriculteurs voisins des tours de forage britanniques et américaines qui visent les premières réserves du pays.

A la frontière ukrainienne, près de Lublin, où le mouvement Occupy Chevron centralise les mouvements de résistance et organise les ripostes militantes, médiatiques et légales au géant américain.

A Varsovie, enfin, pour faire le point sur un droit minier taillé sur mesure pour les rêves d’émancipation énergétique de la Pologne nouvelle et sur les forces d’opposition politique à ce projet de société.

De Gdansk à Zurawlow, nous ferons le point sur l’état des rapports de force autour de cette question, afin d’entrevoir les méthodes des opposants, celle des compagnies et le contexte politique local. Autant d’éléments qui dessinent, par le truchement des institutions européennes, la suite d’un débat loin d’être clos. Ici comme ailleurs.

Appel à contributions :

De ce samedi 19 au jeudi 24 octobre, Sylvain Lapoix sera l’envoyé spécial de Reporterre. Si vous êtes en Pologne ou que vous disposez d’informations utiles à notre série, vous pourrez lui transmettre via son compte Twitter @sylvainlapoix ou avec le hashtag #ReporterrePL

En Colombie, guerre contre les semences au nom du libre-échange Pierre Johnson Reporterre 2013/10/19 Pierre Johnson (19 octobre 2013) En Colombie, guerre contre les semences au nom du libre-échange. Reporterre. Tribune — fr

En Colombie, guerre contre les semences au nom du libre-échange

En Colombie, on détruit des milliers de tonnes d’aliments et de semences paysannes en conséquence du traité de libre échange avec les Etats-Unis.

Le 24 août 2011, la tranquillité de la petite ville de Campoalegre, au Sud de la Colombie, est brusquement interrompue par l’irruption de forces de la police militaire accompagnant cinq fonctionnaires de l’Institut Colombie d’Agriculture et d’Elevage (ICA). Ceux-ci confisquent et détruisent les sacs de riz produits par une vingtaine de paysans locaux. Des sacs contenant soixante-dix tonnes de riz destiné à l’alimentation humaine sont ainsi déchirés à la pelleteuse, puis jetés à la décharge publique.

En 2011, 1167 tonnes de semences, puis en 2012, 2793 tonnes, principalement de riz, mais aussi de pomme de terre, de maïs, de blé, de plantes fourragères et de haricot rouge sont ainsi retirés de la circulation dans cinq départements, près de la moitié étant détruite, l’autre confisquée.

La motivation de ces actions d’un organisme d’Etat dont la mission est de « contribuer au développement et aux exportations du secteur agricole colombien en s’assurant de la santé et de l’innocuité de la production primaire » (sic) ? Montrer que la Colombie respecte les clauses relatives aux droits de propriété intellectuelle appliqués aux semences, prévues par le Traité de libre échange avec les Etats-Unis, ratifié par la Colombie dès 2008 et par le Congrès de Washington en 2011. Appliqués aux semences, ces droits sont consignés dans la convention UPOV de 1991, approuvé en Colombie par la loi 1518 de 2012.

Une loi colombienne de 2006 prévoyait déjà des peines de quatre à huit ans de prison et des amendes allant de 26 à 1 500 salaires mensuels à l’encontre de ceux qui ne respecteraient pas les droits de propriété intellectuelle sur les semences. En 2010, la résolution 9.70 de l’ICA a renforcé ces obligations, en régulant la production, l’usage et la commercialisation de semences en Colombie.

Désormais la vente de semences, dont d’aliments, issus de la sélection paysanne est déclarée illégale, au motif que leurs qualités sanitaires ne seraient pas garanties. La qualité et la valeur ajoutée des semences certifiées justifient-elles ces dispositions sévères ?

Pour les paysans colombiens, le prix des semences certifiées est de deux à trois fois le prix des semences paysannes sur les marchés locaux. Suivant leur expérience, les premières ne présentent pas d’avantage significatif sur les secondes, même lorsque l’agriculteur achète l’ensemble du « paquet technologique » (fertilisants, pesticides) et suit les conseils prévus par les industries semencières.

Bien souvent, semences certifiées et semences paysannes se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Leur principale différence ? Les premières ont été enregistrées par de grandes entreprises semencières, après avoir été sélectionnées sur la base de leurs propriétés. Mais le stock initial de ces entreprises provient nécessairement de la sélection de semences effectuée par des générations de paysans. Le régime de propriété intellectuelle sur les semences semble donc marcher sur la tête.

Trois entreprises semencières dominent le marché mondial

Le documentaire « 9.70 » de Victoria Solano, dont sont tirées plusieurs informations présentées ici, révèle qu’aucune information préalable n’avait été fournie à la population avant l’intervention musclée de l’ICA, ni par consultation locale, ni par l’organisation de forums, ni même en informant les moyens de communication.

Cette situation témoigne de l’éloignement de certains hauts fonctionnaires des réalités que vivent les 60 % de la population colombienne impliqués dans l’agriculture, soit 3,5 millions de familles. Il semble plus important pour l’État colombien d’assurer le respect de résolutions en porte-à-faux avec les réalités sociales que d’assurer les bases du développement rural.

La situation de la Colombie est loin d’être unique. Elle est le reflet du marchandage des intérêts économiques pratiqué au niveau mondial dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux ou multilatéraux (OMC). Les aspects du droit de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) sont toujours partie intégrante de ces accords de libre échange. Ils supposent le respect du droit des brevets et du système mis au point pour tenir compte de certaines spécificités du monde agricole, le certificat d’obtention végétale (COV).

À la différence du brevet, celui-ci concède à l’agriculteur certains droits, mais pas celui d’échanger librement les semences, puisque les droits de propriété intellectuelle appartiennent aux industries semencières.

Grâce à cette protection, trois entreprises semencières multinationales contrôlent déjà au niveau mondial 47 % du marché des semences certifiées (Monsanto, Dupont de Nemours et Syngenta), sept autres en contrôlent 30 %. En Colombie, les entreprises multinationales ne contrôlent directement « que » 15 % de la production de semences, mais parmi les entreprises colombiennes contrôlant le reste de la production, bon nombre sont franchisées des multinationales.

Un bilan catastrophique au Mexique

L’accord de libre-échange entre la Colombie et les Etats-Unis d’Amérique connaît un précédent dont on peut examiner les conséquences sur deux décennies : celui de l’accord de libre-échange nord-américain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, entré en vigueur le 1er janvier 1994. Malgré les promesses faites de part et d’autre du Rio Grande, les conséquences sur l’emploi et le développement rural ont été, selon toutes les études réalisées, catastrophiques dans l’ensemble des pays, l’accord ne bénéficiant qu’à des grandes entreprises.

En matière agricole, le Mexique avait obtenu un délai pour libéraliser le commerce des produits de base, dont le maïs, mais son gouvernement s’était empressé d’anticiper cette libéralisation, tout comme le gouvernement colombien a anticipé la mise en œuvre du TLC.

Les conséquences sur les prix aux producteurs et sur la réduction des variétés proposées aux consommateurs ont été dramatiques. Des plants de maïs transgéniques ont rapidement été détectés dans l’Etat d’Oaxaca, cœur de l’agrobiodiversité de cette céréale à la base de l’alimentation de toute l’Amérique centrale depuis plusieurs millénaires. Plus que jamais, le monde agricole mexicain est en crise, sans que les autres secteurs économiques aient significativement gagné à cette ouverture commerciale incontrôlée.

Les droits de propriété intellectuelle sur les semences sont le principal outil de la concentration économique du secteur, aboutissant à la réduction de la diversité des espèces cultivées. Sur 80 000 plantes comestibles répertoriées, seulement trente fournissent aujourd’hui 90 % des calories, appauvrissant d’autant notre alimentation.

Comme l’explique Vandana Shiva, militante et scientifique indienne, dans le rapport Seedfreedom et lors de la quinzaine des semences libres 2012, les principes mêmes du COV reposent sur des critères industriels peu compatibles avec les qualités du vivant : distinction, homogénéité et stabilité s’opposent notamment aux qualités de variabilité, adaptabilité et résilience propres au monde vivant.

Au moment où des négociations visant à mettre un terme au conflit armé qui ravage certaines régions de Colombie depuis un demi-siècle connaissent des avancées significatives, des dizaines de milliers de paysans colombiens manifestent à Bogota pour ce qui leur semble une déclaration de guerre contre l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. La préservation de celles-ci est un enjeu de premier plan, non seulement pour l’avenir de la Colombie, mais pour celle de l’Humanité.

EPR en Angleterre : il faudra l’accord de Bruxelles… et de l’Allemagne Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/19 Hervé Kempf (Reporterre) (19 octobre 2013) EPR en Angleterre : il faudra l’accord de Bruxelles… et de l’Allemagne. Reporterre. Tribune — fr

EPR en Angleterre : il faudra l’accord de Bruxelles… et de l’Allemagne

La communication d’EDF a remporté un nouveau succès : deux réacteurs EPR vont être construits en Angleterre. Sauf que… rien n’est moins sûr. La réalisation de ces réacteurs dans les conditions économiques prévues enfreint les règles européennes. Il faudra donc attendre le verdict de la Commission de Bruxelles.

La capacité des médias dominants français à se comporter comme les porte-paroles des compagnies EDF et Areva est toujours aussi surprenant. La nouvelle a ainsi été diffusée le 18 octobre que EDF (Electricité de France) et le gouvernement du Royaume-Uni ont trouvé un accord sur le financement de deux réacteurs EPR en Angleterre, accord devant être signé lundi 21 octobre. Cela parait exact.

Et d’annoncer dans la foulée - en modulant diverses harmonies du « cocorico » - que donc, EDF va construire avec Areva (et un partenaire chinois, CGN, China General Nuclear) deux réacteurs EPR en Angleterre. Ceci est très douteux.

En effet, l’accord qui doit être formellement annoncé lundi prévoit que le gouvernement britannique garantira au consortium exploitant les éventuels réacteurs un prix garanti de l’électricité. Ce prix est établi au tarif de 109 euros le mégawattheure.

Notons, comme l’ont relevé les députés écologistes Michèle Rivasi et Denis Baupin, que ce tarif est bien plus élevé que le prix du marché et que celui de l’électricité nucléaire. Officiellement, le prix du mégawattheure en France est de 49,50 €, selon le rapport de la Cour des Comptes de janvier 2012.

Rapport de la Cour des Comptes sur les coûts de la filière électronucléaire (p. 280).

En acceptant un prix de plus de cent euros et en s’en réjouissant, EDF, Areva et le gouvernement français reconnaissent donc que le prix de l’électricité nucléaire des prochains réacteurs (s’il y en a) sera bien plus élevé que ce qui est facturé aujourd’hui. Et aussi que les énergies renouvelables ont déjà un prix inférieur à ce prix à venir.

L’Europe qui dit oui, l’Europe qui dit non

Mais le fait que le gouvernement anglais signe avec EDF un accord ne signifie aucunement que deux réacteurs EPR vont être construits en Angleterre. Car les conditions de financement en sont telles qu’elles ne répondent pas aux critières du marché européen. Or, l’Union européenne doit en principe assurer des conditions d’égale concurrence entre énergies. Et cet accord ne les respecte pas.

Les gouvernements français et anglais ont bien tenté de convaincre la Commission européenne d’accepter cette clause de prix garanti, sur le modèle de ce qui est appliqué aux énergies renouvelables. Mais comme l’a rapporté le Financial Times, cette proposition a été rejetée lors d’une réunion des commissaires européens le 8 octobre dernier : l’opposition de l’Allemagne, qui est en train de sortir du nucléaire, et de l’Autriche, a été farouche. Et même si la France a cédé récemment à l’Allemagne sur la question de la pollution automobile, il y a peu de chance que cette lâcheté conduise Berlin à céder sur une question qui est au coeur de sa politique énergétique. Ainsi, le nucléaire doit respecter les régles de la concurrence. Et un prix garanti par un gouvernement pendant trente-cinq ans a peu de chances de respecter les règles de la concurrence...

En tout cas, avant de couler la moindre goutte de béton, il faudra soumettre l’accord sur ces fameux EPR à la Commission européenne qui examinera si cette aide d’Etat est acceptable. Comptez douze mois d’attente pour la décision, précisent à The Independent des sources anglaises.

Et sur place, à Hinkley, où sont censés être construits ces EPR si coûteux, le chantier a encore pris du retard : il ne démarrerait pas avant la mi-2015, rapporte Building, un journal britannique spécialisé dans la construction. Le personnel dédié à la préparation du chantier est même passé durant l’été de 140 travailleurs à 35, selon le journal.

Alors, les EPR en Grande-Bretagne ? Wait and see….

Au fait, c’est censé être un détail : le gouvernement anglais veut redévelopper le nucléaire en Angleterre, mais n’a aucun endroit où mettre les déchets nucléaires. Et les déchets des EPR de Hinkley, on les mettrait où ? En Chine ?

L’autoroute A65 au bord de la faillite : on avait prévenu, ça arrive ! Julien Milanesi Reporterre 2013/10/21 Julien Milanesi (21 octobre 2013) L’autoroute A65 au bord de la faillite : on avait prévenu, ça arrive !. Reporterre. Tribune — fr

L’autoroute A65 au bord de la faillite : on avait prévenu, ça arrive !

Les écologistes l’avaient dit et redit : l’autoroute A 65, qui a ravagé des zones humides entre Pau et Langon, en Aquitaine, ne serait pas rentable. La prédiction se réalise, et la société exploitante perd massivement de l’argent. Et comme il était annoncé, ce sont les contribuables qui vont finir par payer la note de ce gâchis écologique.

Les associations l’avaient dit et redit, et ce plusieurs années avant que ne soit coupé le premier arbre, la construction de l’autoroute A65 entre Langon et Pau est fondée sur des prévisions de trafic irréalistes qui ne peuvent qu’aboutir à la faillite d’Aliénor, la société concessionnaire, et à la récupération de la dette (environ 900 millions d’euros) par la collectivité.

Depuis l’inauguration de l’équipement, en décembre 2010, les faits parlent et le fiasco se dessine : Aliénor, qui vient de publier ses comptes, enregistre un résultat net négatif de 35,1 millions d’euros en 2012 (après -34,6 millions d’euros en 2011) soit 91,6% de son chiffre d’affaire (si si, vous avez bien lu).

Selon l’analyse financière produite par Patrick Dufau de La Mothe [1], à ce rythme, la société sera en situation de faillite dans le courant 2014, ce qui nécessitera une recapitalisation par les actionnaires (Eiffage et la SANEF) ou bien, s’ils ne veulent pas, l’activation de la clause de déchéance prévue contractuellement et faisant retomber la dette sur l’Etat, la Région Aquitaine et les départements de Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques.

Durant les années où elles combattaient ce projet absurde, les associations n’ont eu de cesse d’avertir quant à ce risque financier, ne suscitant que l’indifférence des médias locaux et le mépris des élus. Les premiers n’ont pas fait leur travail, les seconds ont menti.

Nous savons de source interne à la rédaction que durant les années de débats et controverses sur l’autoroute, aucun journaliste de Sud-Ouest (qui détient localement le monopole de la presse écrite) n’a eu pour mission de travailler en profondeur le dossier financier de ce projet. [2] S’il y en avait eu un, il aurait pu (dû) réclamer avec les associations la transparence sur ce projet, et notamment la publication de l’analyse financière prévisionnelle permettant de juger de la rentabilité de l’infrastructure.

Car, il faut le vivre pour le croire, alors que toutes les analyses de l’Etat faites en amont concluaient à la non rentabilité du projet, le seul document disant le contraire, celui rédigé par le concessionnaire, n’a jamais été rendu public (ce qui est pourtant une obligation légale), ni à nous, associations, ni aux élus locaux engageant par leur vote du contrat de concession la solidarité de leur collectivité avec le projet. Nos recours auprès de la Commission d’Accès au Documents Administratifs n’y ont rien fait, pas plus que ceux auprès du Conseil d’Etat, qui dans un attendu qui ne laisse de surprendre jugeait en 2008 que :

« il ressort de l’examen des pièces du dossier que le Conseil Régional d’Aquitaine a délibéré sur le projet de convention relative au financement des concours publics pour la réalisation de l’Autoroute A65 au vu d’un rapport qui comportait l’ensemble des éléments d’appréciation utiles, en particulier sur la clause de déchéance du concessionnaire ; qu’ainsi les requérants ne sont fondés à soutenir ni que le conseil régional d’Aquitaine se serait prononcé sur le fondement d’informations insuffisantes et incomplètes, en violation des dispositions précitées, ni qu’il aurait de ce fait méconnu ses compétences ».

Le rapport de Patrick Dufau de La Mothe confirme aujourd’hui que cet arrêt de la plus haute juridiction administrative du pays était, au mieux, du travail bâclé. Nous y apprenons en effet que le conseil régional d’Aquitaine « a demandé une première fois en 2011 à Nathalie Kosciusko Morizet, puis une deuxième fois en 2012 à Frédéric Cuvillier, en leur qualité de ministre des transports, les documents contractuels, les comptes prévisionnels initiaux, comme ceux issus de l’avenant N°1 qui prolonge la concession de 5 ans. Elle n’a rien reçu… ! »

Les élus régionaux aquitains ont donc bien voté en 2006 sans être informés sur les risques qu’ils faisaient prendre à leur collectivité. Les présidents et vice-présidents de cet exécutif, ainsi que ceux des conseils généraux concernés, ont pourtant toujours certifié avoir connaissance de ces éléments. A l’irresponsabilité sous-jacente à cette décision, que nous pressentions, s’ajoute donc maintenant la preuve du mensonge.

Sur le sujet, vous pouvez soutenir le film « L’intérêt général et moi », en cours de production.

Notes

[1] L’expert comptable qui avait produit l’analyse financière des associations en 2008, aujourd’hui conseiller régional Europe Ecologie de la région Aquitaine,

[2] Les seuls à avoir fait ce travail d’investigation sont des journalistes du Monde (Hervé Kempf, "Pau-Langon, Chère liaison", 12 avril 2008), de France 2 et de Canal +, soit aucune rédaction locale.

Téléphones : pour réduire l’exposition électromagnétique, il faut multiplier le nombre d’antennes Michèle Rivasi et Isabelle Attard Reporterre 2013/10/21 Michèle Rivasi et Isabelle Attard (21 octobre 2013) Téléphones : pour réduire l’exposition électromagnétique, il faut multiplier le nombre d’antennes. Reporterre. fr

Téléphones : pour réduire l’exposition électromagnétique, il faut multiplier le nombre d’antennes

Un rapport officiel préconise, afin de diminuer l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes relais de téléphonie mobile, de... les multiplier. En effet, un plus grand nombre d’antennes entraine un besoin de puissance d’émission d’ondes moindre.

Le comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile (Copic) a remis le 26 août au ministre de l’Ecologie et à la ministre déléguée à l’Economie numérique deux rapports sur les ondes électromagnétiques.

Le premier rapport porte sur la « diminution de l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes relais de téléphonie mobile ».

Chargé d’étudier la faisabilité d’une réduction de l’exposition du public aux ondes sous le seuil de 0,6 V/m (volt par mètre), recommandée par le Conseil de l’Europe et que nous considérons comme un seuil de protection sanitaire, le Copic souligne que la seule solution est de « multiplier par un facteur au minimum égal à trois » le nombre de sites.

En effet, la mutualisation des antennes relais, et donc la réduction de leur nombre, impliquerait une augmentation de la quantité d’ondes nécessaire à une bonne communication avec les téléphones portables. Au contraire, augmenter le nombre d’antennes entraine mécaniquement un besoin de puissance d’émission d’ondes moindre, et donc moins nocive.

C’est une mauvaise nouvelle pour les opérateurs de téléphonie mobile, pour qui multiplier par trois, quatre ou cinq les antennes-relais entrainera des travaux et des coûts plus importants. Mais n’ont-ils pas les moyens de le faire, au vu des factures que nous payons ?

C’est donc une solution à privilégier pour la population : alors que le déploiement de la 4G devrait s’accompagner d’une augmentation de l’exposition du public aux ondes de l’ordre de 50%, il nous apparaît plus que nécessaire de préserver la population en diminuant son exposition aux antennes relais, nocives pour la santé.

Doit-on attendre de compter le nombre de malades, alors qu’il est possible, techniquement, de réduire l’exposition des populations aux ondes ? Les effets sanitaires ont été démontrés. Le principe de précaution, qui est un principe constitutionnel, doit être appliqué.

Le second rapport est le fruit « des expériences de nouvelles formes de concertation et d’information locale dans le cadre de l’implantation des antennes relais de téléphonie mobile ». Le comité issu du Grenelle des ondes y fait des recommandations en matière de concertation locale autour des projets d’antennes-relais, comme « l’information obligatoire des occupants d’un bâtiment préalablement à l’installation d’une antenne » ou « la possibilité pour les maires de demander aux opérateurs des simulations du champ généré par une future antenne ».

Si les communes ne peuvent plus rejeter une demande d’autorisation d’implantation d’antennes-relais (comme l’a décidé le Conseil d’État), les rapporteurs critiquent « les pratiques de concertation établies par certaines communes permettant d’établir des politiques implicites visant à limiter le niveau des champs électromagnétiques ». Il est également demandé aux élus d’organiser des concertations « autres que la réunion publique », à cause « de l’absence de représentants de l’Etat et de l’agressivité de certains participants », ce que nous regrettons.

Les réunions publiques permettent en effet aux citoyens de s’exprimer contre l’implantation des antennes relais proches de leurs maisons, des hôpitaux, des crèches, écoles ou maisons de retraite. Les maires doivent pouvoir continuer à limiter l’exposition aux ondes électromagnétique sur leur commune s’ils estiment que la salubrité publique est menacée.

Doit-on encore poursuivre indéfiniment les réflexions dans une nouvelle instance, comme le suggèrent les ministres Philippe MARTIN et Fleur PELLERIN dans leur communiqué pour accoucher d’un énième rapport ou décide-t-on enfin de prendre acte des conclusions déjà établies et d’agir en conséquence de manière responsable ?

A Nantes, championne du « greenwashing », le banquet écolo a été vampirisé par une multinationale Nicolas de La Casinière (Reporterre) Reporterre 2013/10/21 Nicolas de La Casinière (Reporterre) (21 octobre 2013) A Nantes, championne du « greenwashing », le banquet écolo a été vampirisé par une multinationale. Reporterre. fr

A Nantes, championne du « greenwashing », le banquet écolo a été vampirisé par une multinationale

Un grand banquet gratuit à base de légumes de récupération, pour lutter contre le gaspillage et montrer qu’on est écolos : Nantes, qui se proclame « ville verte », avait mis les petits plats dans les grands. Sauf que la multinationale Sodexo a assuré la logistique de l’opération, qui a coûté plus de 30 000 euros...

- Nantes, correspondance

Le 25 septembre à Nantes, quelque 7500 convives ont pu dîner gratis d’un curry de légumes de récupération, pour célébrer le dixième Sommet mondial de la ville durable, Ecocity, tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. Le but était surtout pédagogique, démontrant en actes que le gâchis de nourriture peut trouver des parades collectives, à grande échelle. Il s’agissait aussi de faire bouger les mentalités, d’interpeller les élus, les entreprises, la grande distribution voire à terme de faire bouger la législation.

« Avec 1,3 tonne servie, on a servi 6 000 repas. Un événement spectaculaire, et une performance qui a nourri 2 % de la population de Nantes, ce qui en fait le record d’un monde. Faire œuvrer ensemble le monde associatif et celui de l’entreprise, deux mondes qui se côtoient peu, c’est comme faire une vinaigrette, huile et vinaigre. Sans moyens industriels, financiers, législatifs, les associations tambourinent, mais pas plus. Il faut dépasser les postures stériles de défiance et d’opposition de principe, qui séparent entre gens foncièrement mauvais et d’autres foncièrement idéalistes », dit Julien Dossier, coordinateur du grand repas nantais, consultant en « green business », prof à HEC (école des Hautes études commerciales) et à l’école des Mines.

Bonne humeur et bonne conscience -

Huile et vinaigre peut-être mais l’émulsion a-t-elle vraiment pris ? Associer une multinationale a une soirée événementielle prônant l’éco-responsabilité collective, est-ce possible ?

La présence massive de la multinationale de la restauration collective, Sodexo, a fait tousser quelques associations qui ont préféré jeter l’éponge en cours de route, avant le jour J de ce « Banquet des 5000 ». Les membres de Nantes en transition, et d’ADDA (Aujourd’hui restaurons demain) ont considéré que le budget était démesuré et que la présence de Sodexo contredisait l’esprit de ce repas de légumes invendables, tordus, hors des normes ou en rebut des circuits marchands. « On a été manipulé, broyé par une grosse opération de com. On a préféré ne pas participer à ça », note, amer, un membre d’une de ces associations.

"Notre visibilité est contrainte"

Soupirs chez Sodexo : « C’est vrai, on a senti une froideur de la part de certaines associations. C’est dommage mais ça ne nous a pas empêché de faire cette belle manifestation, confie Mathilde Loing, directrice de la campagne Stop hunger Europe [Stopper la faim en Europe] au sein du groupe. Pour nous, l’esprit de ces collaborations hybrides, ce n’est pas d’un côté les associations, les gentils, et de l’autre les entreprises qui seraient les méchants... ». Sodexo regrette aussi de ne pas avoir pu faire apparaître publiquement son appui : « Ce qui nous intéresse, ce n’est pas tant l’utilisation de légumes glanés, qui ne ressemble évidemment pas à nos pratiques, que la mobilisation responsable contre le gaspillage, faite d’une manière non culpabilisante. Sur ces événements, notre visibilité est assez contrainte. On met plus en avant les ONG. C’est dommage mais c’est comme ça. Sans doute la crainte du greenwashing, mais ce n’est pas du tout notre esprit. Reste qu’on peut communiquer en interne à nos clients, nos salariés... ».

Sur quoi se base cet ostracisme subi par l’entreprise ? Ce n’est pas une question à laquelle on répond, chez Sodexo, d’autant que le groupe s’est associé dès le premier de ces « banquets des 5000 » à Trafalgar Square en 2009, où Sodexo retient que « la visibilité » de sa marque était alors « admise ».

Logo exclu par contrat

Associée à Tristam Stuart, initiateur des banquets des 5000 dans le monde, Maude Frachon, de l’association Disco Soupe, tempère : « A Trafalgar Square, Sodexo a pris l’organisation au dépourvu en arrivant avec casquettes et T Shirt siglés. Pour Tristam Stuart comme pour nous, il est hors de question de recevoir des fonds privés. Je me suis battue, avec Tristam Stuart, pour que le banquet des 5000 ne soit pas financé par Sodexo, qui a finalement fait son don à Ecocity. Un contrat a même été signé entre Ecocity et Sodexo pour que l’argent qu’on doit recevoir d’Ecocity provienne explicitement de la part de fonds publics, pas de l’apport de Sodexo. Sinon, on aurait annulé. Sodexo voulait son logo sur la tenue des bénévoles, mais c’est l’équipe d’Ecocity qui n’a pas compris notre exigence de "no logo " ».

Sodexo a donc donné à Ecocity, qui a financé le Banquet des 5000. Les apparences sont donc sauves. Mais la réalité est là : la multinationale, en compagnie des fonds de la municipalité, a financé cette opération "écologique"...

"Mécénat de compétences"

Combien Sodexo a-t-elle donné pour le Banquet des 5000 à Nantes ? « Ce n’est pas un sujet intéressant », rétorque Mathilde Loing. En revanche aucun problème pour indiquer que la compagnie a mobilisé un « mécénat de compétences », soit une vingtaine de cadres, et a donné et prêté une vingtaine de louches, autant de cuillères de service, deux pelles à mélanger, 6 000 assiettes et 6 000 couverts jetables garantis biodégradables, des lots de tabliers, charlottes et gants pour 150 marmitons bénévoles. « L’apport de matériel Sodexo n’a pas été à la hauteur de la liste qu’on leur a fournie. On a du compléter en faisant appel à un loueur », reprécise Maude Frachon. Pendant deux jours, le site d’Ecocity a associé le logo Sodexo aux associations investies dans l’organisation de ce grand repas gratuit. La colère des associations a fait supprimer le logo qui fâchait.

L’initiative du repas gratuit est portée par l’Anglais Tristam Stuart, figure mondiale de la lutte contre le gâchis alimentaire, créateur des « banquets des 5000 » et consultant indépendant. Il travaille pour les gouvernements, les collectivités, est mandaté par la Commission européenne pour organiser des banquets aux quatre coins de l’Europe. Pour sa prestation à Nantes, la présence de son équipe a d’abord été annoncée aux associations locales à hauteur de 10 000 euros. « C’est en fait 6 000 euros. Mais nous n’avons encore rien reçu, répond Tristam Stuart à Reporterre. Et pas un seul euro ne va dans ma poche. Je suis bénévole sur ces organisations. Je ne reçois personnellement rien et n’ai jamais rien perçu pour les banquets des 5000. Je facture les institutions et les entreprises pour faire des interventions et divers travaux, ce qui me permet de travailler le reste du temps gratuitement ».

Image générique de Tristam Stuart qui sert pour chaque banquet

Du côté de Nantes Métropole, la personne chargée d’Ecocity n’a pas souhaité répondre aux questions de Reporterre.

Un document préparatoire au dîner gratuit estime que « le budget sera valorisé à 60 k€, qui se répartissent environ à 40 k€ en monétaire et 20 k€ en nature. Sodexo sera partenaire d’Ecocity qui utilisera une partie du financement pour le banquet (...) Un accord de "discrétion" existe entre Sodexo et Tristam Stuart, c’est pourquoi leur visibilité sur l’évènement sera très mesurée. L’échange se faisant aussi sur Ecocity. Il faut préciser à ce stade que Sodexo se lance dans une stratégie de diversification avec notamment l’offre de service à la ville, d’où son intérêt pour Ecocity. »

Selon Julien Dossier, cheville ouvrière de l’opération, le budget opérationnel a réellement été de 30 000 euros. « Et c’est un budget de sobriété. Il y a quelques coûts incontournables, l’installation d’une cuisine, la sécurité, le nettoyage, les affiches et les tracts, des associatifs qui se sont libérés, se sont dédiés à temps plein à l’organisation, du gaz à consommer pour la cuisson, et le chef qui vient de Londres avec un camion et du carburant. Autant de dépenses qui ne se troquent pas ».

« Ça fait un mois que je dois m’expliquer. Ça m’épuise. Personnellement, je ne reproduirai pas ce genre d’opération avec un grand groupe industriel », dit Maude Frachon.

Hypocrisie, pour le collectif des glaneurs

Le banquet public gratuit en ouverture du colloque Ecocity n’a pas fait que des ravis. Un collectif des glaneurs et glaneuses est intervenu le soir même en brandissant des banderoles dénonçant « Nantes capitale de l’hypocrisie », et clamant que « La récup’ n’est ni un dîner de gala, ni une source de profits ». Une pancarte soulignait : « La récup’ ? de l’art pour les bobos un délit au quotidien ». Au micro, une femme a dénoncé cette mise en scène spectaculaire pour bobos : « Que Nantes ville durable organise un repas-spectacle à base de récup’ nous met en colère, à l’heure où des personnes se retrouvent devant les tribunaux pour récupération dans les poubelles des supermarchés ». Deux procès devraient se dérouler les 23 et 26 octobre à propos de tels "délits". Un des membres de ce collectif informel a déclaré que « Nantes se bâtit comme une ville moderne, ultra libérale, utilise des associations honnêtes, comme Discosoupe qui font un super travail avec les gens défavorisés juste pour se donner une image ».

Dès 21 h 38, un communiqué rageur du maire de Nantes et du président de Nantes métropole prévenait la presse déplorant un « comportement tout simplement regrettable » et la « perturbation » de ce « grand moment de partage », décrit comme une « fête populaire et citoyenne ».

Sodexo, au-delà du soutenable ?

Malgré des déclarations ronflantes sur sa responsabilité sociale et environnementale, son plan Better tomorrow et des prix développement durable, le groupe Sodexo est régulièrement traversé par des scandales notamment pour ses pratiques antisyndicales aux Etats-Unis, et au Brésil, ce qui a valu au groupe français d’être la cible de campagne de protestation dans les universités américaines et de se voir épinglé par un rapport de Human right watch en 2010 pour discrimination syndicale.

La même année 2010, Sodexo a été tenu d’ indemniser l’Etat de New York à hauteur de vingt millions de dollars, après des irrégularités dans les services facturés à 21 écoles et universités et les rabais exigés aux fournisseurs. En 2011, au Forum social de Dakar, des syndicalistes ont dénoncé les conditions de travail de salariés marocains et guinéens, mêlant « surveillance, harcèlement et pressions ». En septembre 2012, en Allemagne, Sodexo a aussi dû s’excuser et indemniser les victimes pour avoir importé des fraises congelées toxiques de Chine et provoqué une intoxication alimentaire affectant 11 200 élèves de cantines frappés de gastro-entérite. Mais sinon, tout va bien pour le groupe qui emploie 420 000 salariés dans quatre-vingt pays de la planète.

Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous Reporterre 2013/10/21 (21 octobre 2013) Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous. Reporterre. fr

Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous

Un livre capital traduit a l’initiative d’Etopia !

Pourquoi les Japonais vivent-ils plus longtemps que les Américains ? Pourquoi y a-t-il plus de grossesses chez les adolescentes aux États- Unis qu’en France ? Pourquoi les Suédois ont-ils la taille plus fine que les Grecs ?

La réponse est chaque fois : l’inégalité.

État de santé, espérance de vie, obésité, santé mentale, taux d’incarcération ou d’homicide, toxicomanie, grossesses précoces, succès ou échecs scolaires, bilan carbone et recyclage des déchets, tous les chiffres vont dans le même sens : l’inégalité des revenus nuit de manière flagrante au bien-être de tous.

Conclusion des auteurs : « Ce n’est pas la richesse qui fait le bonheur des sociétés, mais l’égalité des conditions. »

Richard Wilkinson et Kate Pickett sont professeurs d’épidémiologie à l’université de York. En 2009, ils créent le site Equality Trust, militant pour une plus grande égalité de revenus entre les individus.

Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, Kate Pickett, Richard Wilkinson, co-édité par Etopia, Les Petits Matins et l’Institut Veblen, 20 €.

Le ministère de l’Intérieur se prépare aux réfugiés climatiques Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/10/21 Camille Martin (Reporterre) (21 octobre 2013) Le ministère de l’Intérieur se prépare aux réfugiés climatiques. Reporterre. Climat fr

Le ministère de l’Intérieur se prépare aux réfugiés climatiques

Le sort de Leonarda Dibrani, jeune adolescente sans papiers expulsée de France, crée une crise politique dans ce pays. Mais les problèmes de migrants ne font que commencer, notamment en raison de la crise climatique : en août dernier, le ministère de l’Intérieur reconnaissait pour la première fois officiellement le problème à venir des migrants climatiques.

C’était l’été, et tout le monde avait plus la tête à se dorer au soleil plutôt qu’à lire des rapports officiels. Il n’empêche : le 19 août, le gouvernement s’était réuni pour réfléchir à la France de 2025.

Dans cet exercice très utile, on pouvait relever nombre d’idées intéressantes, notamment dans la copie qu’avait remis, comme les autres ministres, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Dans ce document, que Reporterre publie ci-dessous en téléchargement

on pouvait notamment lire ce qui nous semble la première reconnaissance officielle du problème des migrants climatiques :

« Il est possible dès 2025, écrivait le ministère de l’Intérieur, que les conditions climatiques dans certaines parties du monde incitent une partie des populations à des exils ». Et de conseiller « bâtir des dispositifs de reconnaissance du statut (…) de réfugié climatique ».

Gaz de schiste : dans le Jura, une manifestation massive pour dire « Non » Daniel Bordur (Reporterre) Reporterre 2013/10/21 Daniel Bordur (Reporterre) (21 octobre 2013) Gaz de schiste : dans le Jura, une manifestation massive pour dire « Non ». Reporterre. fr

Gaz de schiste : dans le Jura, une manifestation massive pour dire « Non »

A Saint-Claude, dans le Jura, on n’avait pas vu autant de monde dans les rues depuis 1928 ! Comme dans de nombreux endroits du monde en ce samedi 19 octobre de mobilisation mondiale contre le gaz de schiste, les citoyens ont protesté contre les projets de forage dans le Jura et dans le Bugey.

- Saint-Claude (Jura), correspondance

« On n’est pas masoschiste », « N’inschistez pas, dégazez ! », « L’eau est vitale, la polluer est fatal », « Bonjour forage, adieu fromages », « No gazaran »... Des slogans souriant ont fleuri samedi 19 octobre dans les rues de Saint-Claude, sous-préfecture du Jura à la tradition coopérative vivace, enchâssée dans la moyenne montagne. Entre 1 500 et 2 500 personnes ont défilé dans la ville qui compte 11 000 habitants, afin de clamer leur opposition aux gaz de schiste. L’événement avait lieu à l’appel de collectifs de Savoie, d’Ain, du Haut-Jura, du Haut-Doubs, du Val de Travers (Suisse), à l’occasion de la Journée internationale de mobilisation contre le gaz de schiste.

Dès le matin plus de 200 personnes s’étaient massées dans une salle prêtée par la ville pour écouter l’économiste Thomas Porcher, auteur d’une thèse sur la stratégie des compagnies pétrolières et professeur à l’Ecole supérieure de gestion. Il se réjouit d’avoir éclairé les pouvoirs publics avec ses études résumées dans Le Mirage des gaz de schiste et entend fournir des arguments susceptibles d’être entendus au-delà des seuls défenseurs de l’environnement. C’est déjà le cas dans les montagnes du Jura où une large part de l’économie repose sur l’agriculture extensive, les fromages AOC-AOP (Appelllation d’origine contrôlée), le tourisme vert. La Confédération paysanne ou les accompagnateurs en montagne sont parmi les réseaux mobilisés...

Duplex avec la Pologne et l’Argentine

Deux liaisons duplex avec Zurawlow (Pologne) et un village d’Indiens Mapuche en Patagonie (Argentine) ont conclu dans l’émotion la conférence. Là-bas, les paysans résistent aux engins, à la police, à la pression économique de Chevron, percent l’indifférence médiatique, s’activent sur le plan juridique. « Pour les Mapuche, la terre est la mère. Si la terre est malade, tout est malade », explique Virginia Cattin, qui traduit les propos en espagnol des paysans Mapuche.

Architecte à la retraite, cette habitante du Val-de-Travers, en Suisse, raconte la mobilisation dans cette haute vallée célèbre pour son absinthe : « C’est la moindre des choses de venir manifester à Saint-Claude, les Français nous ont réveillés ! Une concession avait été votée en 2010 par le Grand Conseil neuchâtelois [parlement cantonal] au profit de Celtique Energie. En juin, lors d’une réunion avec les Verts, nous avons appris que quelque chose s’était passé. Nous avons lancé une pétition qui a obtenu 10 518 signatures en deux mois pour demander un moratoire contre tout forage... Maintenant, Celtique revient par derrière dire qu’ils vont rechercher du gaz conventionnel pour lequel il faut ’’stimuler’’ la roche. Mais ça se fait avec de la fracturation ! Si les problèmes continuent, nous irons vers une initiative cantonale, il faut 4 500 signatures... ». Autrement dit, la prochaine étape avant un référendum d’initiative populaire dont les Suisses sont friands.

Maire « à cause de ça »

Côté français où plusieurs concessions sont en cours, les choses sont moins bordées juridiquement. Les motions anti gaz de schiste adoptées par une cinquantaine de collectivités, dont la ville de Saint-Claude et le Parc naturel régional du Haut-Jura, n’ont pas de valeur contraignante. Les produits du sous-sol appartiennent en effet à l’Etat à qui revient le dernier mot. On connaîtra sa position à l’échéance des concessions d’exploration : renouvellement ou pas ? Aux Moussières, village emblématique du fromage bleu de Gex, 1 200 m d’altitude, la concession accordée à Celtique Energie, qui assure ne chercher que du pétrole s’est terminée en mars dernier.

Mais « l’Etat a quinze mois pour se prononcer », explique Julien Vandelle, du collectif Non aux forages d’hydrocarbures. Si aucun forage n’a eu lieu sur le Haut Jura, il n’en a pas été de même dans le Bugey, plus au sud. « Ils avaient foré à 200 m de notre source qui n’a pas été polluée, mais celle à 2 kilomètres l’a été », dit Hervé Leroy qui a été élu maire de Lantenay (Ain) en décembre 2011 après la démission de son prédécesseur qui s’apprêtait à louer un terrain communal à Celtique : « Il y avait eu 900 manifestants pour 360 habitants », souligne Hervé Leroy qui co-préside désormais l’association des élus contre le forage à laquelle ont adhéré une quinzaine de collectivités.

Claude Leroy -

Une échéance le 27 octobre...

On devrait être rapidement fixé sur les intentions de l’Etat. La concession accordée à European Gas Limited à Lons-le-Saunier où du gaz de houille a été exploité dans les années 1950, arrive à échéance le 27 octobre. L’absence de nouvelles de l’Etat vaudra refus tacite de renouvellement. Quant à la concession de Pontarlier dont le périmètre inclut notamment la station de ski de Métabief, accordée là encore à Celtique Energie jusqu’en septembre 2015, elle n’a débouché sur aucun acte.

Plusieurs élus, ceints de tricolore ou non, ont pris la tête du cortège, juste derrière un tracteur tirant une charrette de bidons de lait.

Francis Lahaut, maire de Saint-Claude (PCF) dit qu’il faut remonter à 1928 et aux obsèques du député-maire Henri Ponard pour voir autant de monde dans une manifestation à Saint-Claude.

Il considère que « la décision du Conseil constitutionnel ne met pas fin au débat. Face à nous il y a des lobbies très puissants, Solvay (basée à Taux, près de Dole) vient de racheter une entreprise américaine spécialisée dans le fracking : les pétroliers y croient. Ils ne renonceront pas sans une opposition forte et populaire... » Jacques Laçon, adjoint écologiste au maire UMP de Lons-le-Saunier, est présent car c’est « un combat majeur ». Il y a aussi le conseiller général de Morez François Godin (Parti radical), la députée du Doubs Barbara Romagnan (PS), les conseillers régionaux (EELV) Brigitte Monnet et Eric Durand...

Mais c’est bien la société civile qui est dans la rue avec calicots, musique et banderoles. Au printemps dernier, le collectif du Haut-Jura défilait même avec un char à l’occasion de la fameuse fête pluri-centenaire des Soufflaculs dans les rues de Saint-Claude !

La pollution de l’air coûte au moins 800 millions d’euros par an en frais de santé Commissariat général au développement durable Reporterre 2013/10/21 Commissariat général au développement durable (21 octobre 2013) La pollution de l’air coûte au moins 800 millions d’euros par an en frais de santé. Reporterre. fr

La pollution de l’air coûte au moins 800 millions d’euros par an en frais de santé

La pollution de l’air est à l’origine de maladies de l’appareil respiratoire qui entraînent des dépenses prises en charge par le système de soin : consultations, soins, médicaments, hospitalisations, indemnités journalières... C’est ce coût pour le système de soin que l’étude a évalué pour un total situé entre 0,8 et 1,7 milliard d’euros par an. Pour être complet, ce niveau déjà élevé de coût serait à majorer d’autres dépenses qui n’ont pu être chiffrées (transport sanitaire, consultations et examens en médecine de ville,...).

L’étude a déterminé, d’une part, les coûts liés à chaque cas des maladies concernées, ce qui nécessite, outre une approche économique, une approche médicale de la maladie, et d’autre part, ce qui est attribuable à la pollution parmi l’ensemble des cas d’une maladie.

La maladie la plus coûteuse est l’asthme, dont la part attribuable à l’environnement reste incertaine. Viennent ensuite les bronchites aiguës qui concernent aussi un grand nombre de cas, puis les bronchites chroniques, les broncho-pneumopathies chroniques obstructives et les cancers des voies respiratoires. Les épisodes sévères de pollution ou l’exposition chronique de personnes sensibles sont aussi la cause de nombreuses hospitalisations.

Bienvenue dans l’Anthropocène ! Rencontres 21 et 22 octobre Reporterre 2013/10/21 (21 octobre 2013) Bienvenue dans l’Anthropocène ! Rencontres 21 et 22 octobre. Reporterre. fr

Bienvenue dans l’Anthropocène ! Rencontres 21 et 22 octobre

Bienvenue dans l’Anthropocène ! Rencontres-débats à la Maison des Métallos (Paris) les 21 et 22 octobre avec André Cicollela, Clive Hamilton, Hervé Kempf

À l’occasion du lancement de la collection « Anthropocène » sur les enjeux écologiques globaux et l’avenir de la planète, les éditions du Seuil et la Maison des métallos s’associent pour présenter deux soirées de rencontres-débats, la première autour du concept même de l’anthropocène, la deuxième sur les dérèglements climatiques à l’œuvre.

De quoi l’Anthropocène est-il le nom ?

La Terre est entrée dans une nouvelle époque géologique, baptisée Anthropocène, née il y a deux siècles avec la révolution industrielle. En quoi ce concept, qui postule que l’humanité est devenue une force géologique majeure, ébranle-t-il nos représentations du monde et interpelle les penseurs des sciences humaines et sociales ? Quels sont les enjeux politiques et comment favoriser la nécessaire transition écologique ?

Débat avec Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, historiens, auteurs de L’Événement Anthropocène ; André Cicolella, toxicologue, auteur de Toxique Planète ; Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement, auteur de Petrole Apocalypse.

Modéré par Weronika Zarachowicz, journaliste à Télérama.

lundi 21 octobre > 19h durée 1h30 entrée libre, réservation conseillée

Urgence climatique : y a-t-il un plan B ?

Cette deuxième soirée autour de l’Anthropocène présentera les conclusions du rapport scientifique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et abordera les enjeux et controverses autour de l’intervention technique sur le climat global : La géo-ingénierie peut-elle sauver la planète ?

Débat avec Valérie Masson-Delmotte, climatologue, membre du GIEC ; Clive Hamilton, auteur de Les Apprentis sorciers du climat ; Hervé Kempf, journaliste, auteur de fin de l’Occident, naissance du monde.

Modéré par Jade Lindgaard, journaliste à Mediapart

mardi 22 octobre > 19h durée 1h30 entrée libre, réservation conseillée

Maison des métallos 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e

Pour sauver les espèces à Notre-Dame-des-Landes, les citoyens doivent faire entendre leur voix Les naturalistes en lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes Reporterre 2013/10/22 Les naturalistes en lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (22 octobre 2013) Pour sauver les espèces à Notre-Dame-des-Landes, les citoyens doivent faire entendre leur voix. Reporterre. Animaux fr

Pour sauver les espèces à Notre-Dame-des-Landes, les citoyens doivent faire entendre leur voix

« Dans le cadre du futur aéroport du grand Ouest et de sa desserte routière », selon la préfecture, les citoyens sont invités à consulter les dossiers de demande de dérogation pour les espèces protégées. Mais ces dossiers comptent plus de 2 000 pages et ne sont disponibles que trois semaines. Les naturalistes dénoncent ces méthodes de « consultation » et appellent chacun à prendre connaissance des documents et à faire entendre sa voix.

La préfecture de Loire-Atlantique et la DREAL ont mis en ligne le dossier concernant les demandes de dérogations pour la destruction et le déplacement d’espèces protégées dans le cadre des travaux prévus pour la réalisation de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes.

Les documents sont ici : lien

Il y a entre 2000 et 2500 pages ! Trois semaines pour les lire, les analyser et déposer ses commentaires.

D’ores et déjà, les naturalistes en lutte se sont mis au travail mais ils invitent tous les opposants au projet à faire savoir dans le cadre de cette consultation que la démocratie est déjà malmenée par les conditions de consultation.

Pour décourager un peu plus le public « consulté », la présentation ne permet pas de donner l’adresse en ligne de telle ou telle pièce.

Ainsi, le dossier consacré au campagnol amphibie n’a pas d’adresse ni même de n°. On découvre qu’il a été bouclé sur la base d’une semaine de relevés de terrain réalisés très clandestinement du 9 au 14 septembre 2013 (et mis en ligne, donc, le 7 octobre) !

L’étude n’en conclut pas moins que « compte tenu de la faiblesse des données de présence sur la partie nord du département de la Loire-Atlantique, le noyau de population identifié présente donc un très fort intérêt localement et plus largement pour le département. » Des formules identiques peuvent se retrouver pour bien d’autres espèces protégées (la barbastelle, le triton marbré, le lézard vivipare pour ne citer qu’elles).

Pour chacune, des mesures compensatoires sont proposées mais dans ce saucissonnage général, l’ensemble n’est jamais pris en compte comme tel. Une vision globale conduirait immédiatement à la sauvegarde de la zone.

Les Naturalistes en lutte invitent tous les naturalistes concernés à se joindre à eux pour contribuer à la réponse collective qui sera faite et qui servira, bien sûr, dans les procédures juridiques actuelles ou à venir.

En Bretagne, des déchets radioactifs en plein air ont été dispersés dans l’indifférence Franck Baudouin (Pontivy Journal) Reporterre 2013/10/22 Franck Baudouin (Pontivy Journal) (22 octobre 2013) En Bretagne, des déchets radioactifs en plein air ont été dispersés dans l’indifférence. Reporterre. fr

En Bretagne, des déchets radioactifs en plein air ont été dispersés dans l’indifférence

Entre 1956 et 1984, vingt-deux mines d’uranium ont été exploitées entre Guern et Le Faouët, dans le Morbihan. Les déchets ont été déposés sans grande attention de la Cogema ou des autorités, et les remblais radioactifs ont été dispersés. Mais la radioactivité est toujours là...

Photo : Ici, dans un chemin de randonnée près de Ty-Gallen, le scintillomètre de Patrick Boulé affiche 1 075 chocs par seconde... au lieu de 150.

Patrick Boulé, président de l’association Rozglas, sort du coffre de sa voiture un scintillomètre. Un compteur à scintillation, cousin du fameux compteur Geiger-Müller. Nous sommes dans la cour d’une ancienne ferme aujourd’hui inhabitée à quelques centaines de mètres de l’ancienne mine d’uranium de Ty-Gallen, entre Persquen et Bubry.

« C’est là », dit Patrick Boulé en montrant un tas de sable. Il y a encore un an, ce tas de sable devait avoisiner les 15 m3. Aujourd’hui, il en reste à peine un quart. « Presque tout a été volé. » Patrick Boulé met en marche le scintillomètre au-dessus de ce qui reste du tas de sable. L’appareil crépite et marque 1 337 chocs par seconde. « La normale, c’est 150 chocs par seconde. Mieux vaut ne pas s’attarder ici… » Quand bien même, ici tout est contaminé. Et le scintillomètre va aller de surprise en surprise.

A quelques dizaines de mètres du tas de sable, dans un bois, le compteur indique 2 200 chocs par seconde. Et ce n’est pas fini : près de l’ancien potager, au pied d’une source qui alimente le Blavet, c’est le record absolu : 8 000 chocs par seconde. Le compteur s’affole. Patrick Boulé, lui, ne s’éternise pas et s’éloigne illico.

Galeries comblées en 1993

Cette contamination aux particules radioactives trouve son origine de l’autre côté de la butte, à Ty-Gallen. Là, entre 1976 et 1981, une mine d’uranium a été exploitée par la société Simura (Société industrielle des minerais d’uranium). Des galeries ont été creusée sur trois niveaux, compris entre 15 et 50 mètres sous la surface du sol. 18 700 tonnes de minerais ont été extraits de la mine de Ty-Gallen, qui ont fourni 48,7 tonnes d’uranium métal.

Pour vider l’eau des galeries souterraines, des pompes ont été installées. Mais l’eau ainsi récupérée n’a jamais été stockée et encore moins traitée : elle a été tout simplement rejetée dans la nature, de l’autre côté de butte. Direction, la ferme au tas de sable…

La concession de Ty-Gallen a appartenu à la Simura jusqu’en 1991, puis elle est passée en 2001 dans le giron de la Cogema (Compagnie générale des matières nucléaires), devenue depuis Areva. En 1993, la Cogema a comblé les galeries souterraines. Aujourd’hui, à part un panneau de type tourisme industriel (seules quatre anciens sites sont équipés de ces panneaux), absolument rien ne prévient les promeneurs et les cueilleurs de champignons du danger qu’ils courent. Quant aux riverains…

Une aire de boules radioactive

Le tas de sable provient directement de la mine de Ty-Gallen. Pendant des années, les propriétaires de la ferme ont joué aux boules dessus. « On a découvert que ce sable était radioactif. Le propriétaire en a parlé à une personne d’Areva et ce dernier lui a dit d’en faire un tas et qu’Areva l’enlèverait lorsqu’ils décontamineront le sol. » Areva n’est pas repassé et le sable s’est envolé. « On a même volé la pancarte que j’avais installée pour prévenir du danger !, raconte Patrick Boulé. Plus sérieusement, cela signifie qu’il y a du sable radioactif dans la nature et que des gens s’en servent sans savoir que c’est dangereux pour leur santé. »

Dans les chemins, les cours…

Cette histoire de sable radioactif est l’arbre qui cache la forêt. Si les mines ont été fermées et rebouchées plusieurs années après, si les terrains sont aujourd’hui régulièrement débroussaillés afin de permettre aux techniciens d’Areva d’effectuer des mesures de radioactivité, le danger ne se cantonne pas aux 22 anciens sites miniers.

Pendant des années, les remblais issus de ces mines ont été dispersés ici et là. « On s’est servi de toute cette caillasse sous des routes, pour renforcer des chemins, on en a aussi mis dans des cours de ferme du secteur, comme à Lignol, à Guern ou encore à Bubry… On en retrouve dans des chemins de randonnée… Les exploitants des mines en distribuaient à qui voulait… »

D’où la campagne, en septembre 2010, du recensement de ces remblais effectué par hélicoptère. Areva aurait comptabilisé 87 zones, réparties sur douze communes, contaminées par ces anciens remblais. « Areva doit décontaminer. Mais, elle minimise les facteurs de contamination pour ne pas intervenir sur ces zones », accuse le président de Rozglas. Il y a pourtant urgence… Le scintillomètre de Patrick Boulé n’arrête pas de crépiter.

22 mines exploitées entre 1956 et 1984

Cette carte montre les sites des anciennes mines d’uranium -

L’exploitation des mines d’uranium dans le pays du Roi Morvan remonte à 1952. Le gouvernement Pinay adopte alors un plan quinquennal de développement de l’énergie atomique, avec la participation de l’industrie privée. Résultat : certaines parties du territoire français sont retirées du monopole de Commissariat à l’énergie atomique (CEA). La Bretagne en fait partie. Des prospecteurs privés se lancent dans la recherche et l’exploitation de l’uranium.

Les premiers travaux de prospection débutent en Bretagne en 1954 : Joseph Monpas, originaire de Lignol, découvre le premier gisement de la région, à Kersegalec. Entre 1954 et 1962, les principaux gisements découverts en Bretagne aboutissent à l’exploitation de 22 sites miniers (vingt dans le Morbihan et deux dans le Finistère). De 1956 à 1984, les gisements bretons ont produit 1 108 tonnes d’uranium métal, à partir de 275 974 tonnes de minerai d’une teneur moyenne de 4,01 kg d’uranium par tonne.

Le Ravi Reporterre 2013/10/22 (22 octobre 2013) Le Ravi. Reporterre. fr

Le Ravi

Découvrez et soutenez Le Ravi, enquête & satire en Paca. Le n° 111 est servi !

Depuis dix ans, le Ravi bataille en Provence Alpes Côte d’Azur (Paca) pour faire vivre une presse « poil à gratter » dans une région gangrenée par le clientélisme et la xénophobie.

Le mensuel bouscule les règles du marketing médiatique en mélangeant joyeusement les genres : humour à fond et sujets de fond (souvent consacrés aux enjeux écologiques), dessin de presse et investigation... L’avenir du titre dépend actuellement d’une levée de fond (abonnements, dons…) via un « Couscous Bang Bang », une formule originale de financement participatif.

En bataille pour survivre et se développer, le mensuel « qui ne baisse jamais les bras », vient de sortir son 111e numéro chez les marchands de journaux en Paca et partout ailleurs par abonnement.

Au sommaire : une grande enquête intitulée « un maire, à quoi ça sert ? ». Grignoté par les intercommunalités et les métropoles, le pouvoir des maires s’effrite en effet. Pourtant, ils sont déjà tous en campagne pour se faire réélire. Car ils restent incontournables et que leur mandat a toujours une grande portée symbolique…

Au menu notamment (tous les détails ici) : une enquête à Avignon (Vaucluse) où la question de la gratuité des transports est au cœur de la campagne pour les municipales, ainsi qu’une autre à Carqueiranne (Var) où l’on parle d’infractions à l’urbanisme et de décharges illégales…

Sortez des autoroutes de l’info, celles où l’on communique plus qu’on n’informe, découvrez et faites découvrir le Ravi !

Les marchés gratuits, ou Gratiferias : on donne et on prend, sans argent Green et vert Reporterre 2013/10/22 Green et vert (22 octobre 2013) Les marchés gratuits, ou Gratiferias : on donne et on prend, sans argent. Reporterre. fr

Les marchés gratuits, ou Gratiferias : on donne et on prend, sans argent

Né dans la capitale argentine, le concept de marché gratuit a conquis de nombreuses villes. L’idée est simple : donner le superflu sans rien attendre en retour, pour que plaisir d’offrir ne rime pas avec consommation effrénée.

Imaginez un instant une brocante où derrière chaque étal vous seriez accueilli par un : « Servez-vous, tout est gratuit ». À première vue, l’idée peut faire sourire… Pourtant, ces marchés existent bel et bien à Buenos Aires, où ils ont lieu de façon régulière depuis 2010.

Baptisés gratiferias, ces événements ont vu le jour grâce à Ariel Bosio, un jeune Argentin lassé de devoir transporter ses possessions de déménagement en déménagement. Il explique : « J’ai découvert que je pouvais vivre avec moins d’affaires que ce que je possédais et que c’était surtout une question d’habitude ».

Après avoir offert son « surplus » aux amis de son école d’arts martiaux, Ariel crée le concept de gratiferias, qui se répand d’abord à travers les centres culturels de la ville avant de conquérir les places publiques.

N’importe qui peut organiser un gratiferia, à la seule condition que le lieu soit public, ouvert à tous et qu’aucun droit d’entrée ne soit exigé. Avec un message simple : « Amenez ce que vous voulez, ou rien du tout. Repartez avec ce qui vous plaît ».

Ni troc, ni réciprocité

Les gratiferias sont avant toute une invitation à se débarrasser de possessions matérielles devenues inutiles ou superflues, afin qu’elles circulent et profitent à d’autres.

Aux objets qui se trouvent habituellement sur un marché d’occasion, tels que vêtements, livres, meubles ou appareils électroniques, sont venus s’ajouter des biens immatériels. Les gratiferias sont aussi l’occasion de concerts, d’ateliers de toutes sortes, de projections cinématographiques ou encore de séances de massage. Bien sûr, toutes ces activités sont proposées gratuitement.

Claudia Cordobes organise des marchés gratuits à San Fernanda, dans la province de Buenos Aires et s’amuse des réactions du public : « Ceux qui viennent pour la première fois à un gratiferia le font par curiosité, un peu surpris, pour vérifier que tout est vraiment gratuit, comme on le leur a raconté ».

Sur sa page Facebook, le projet regroupe plus de 3 800 personnes, et connaît un succès croissant. Le concept dépasse déjà les frontières de l’Argentine et s’exporte vers les pays voisins, au Chili, en Uruguay, au Brésil, en Colombie ou au Mexique. Ariel Bosio s’enthousiasme : « Chaque jour, nous sommes un peu plus nombreux à adopter cette nouvelle forme de partage ».

Pour éviter de réduire les émissions de CO2, Bill Gates et les milliardaires rêvent de géo-ingénierie Clive Hamilton Reporterre 2013/10/22 Clive Hamilton (22 octobre 2013) Pour éviter de réduire les émissions de CO2, Bill Gates et les milliardaires rêvent de géo-ingénierie. Reporterre. Tribune — fr

Pour éviter de réduire les émissions de CO2, Bill Gates et les milliardaires rêvent de géo-ingénierie

Bill Gates, Richard Branson, BP, Exxon : tous pour la manipulation de l’atmosphère, la « géo-ingénierie ».

Envoyer du soufre dans la haute atmosphère pour réduire le rayonnement solaire qui atteint la Terre ? Transformer la chimie les océans du monde pour qu’ils absorbent plus de carbone ? Ces techniques de "géo-ingénierie" sont activement soutenues par les puissants de la planète : ils espèrent qu’elles leur permettront d’éviter la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Un réseau de partisans de l’investissement dans un programme majeur de recherche s’est ainsi constitué et gagne en influence. Au cœur de ce réseau se trouve un duo de scientifiques nord-américains très impliqués dans la recherche en géo-ingénierie, composé de David Keith, physicien de l’université Harvard, et Ken Caldeira, spécialiste des sciences de l’atmosphère à l’université Stanford.

Cela fait quelques années que David Keith et Ken Caldeira partagent leur expertise sur le changement climatique avec Bill Gates, qu’ils ont convaincu d’engager plusieurs millions de dollars pour financer la recherche en géo-ingénierie (Richard Branson, le patron de Virgin, fait également partie des promoteurs de la géo-ingénierie comme réponse au changement climatique).

Bill Gates est actuellement le plus important financeur de la recherche en géo-ingénierie dans le monde. Il a notamment investi dans la société Silver Lining qui travaille sur les techniques d’éclaircissement des nuages marins. Il possède également des parts dans la société Carbon Engineering Ltd, une start-up créée par David Keith pour développer une technique de capture du dioxyde de carbone dans l’air ambiant à l’échelle industrielle.

On retrouve encore Bill Gates investisseur dans la société Intellectual Ventures, fondée par d’ex-employés de Microsoft et dirigée par Nathan Myhrvold, ancien directeur de la technologie du géant de l’informatique. Intellectual Ventures a développé une technologie, appelée « StratoShield » (bouclier stratosphérique) , de tuyau suspendu à des ballons dirigeables dans le ciel qui permettrait de disperser des aérosols soufrés. Le dispositif est vendu comme un « moyen pratique et peu coûteux d’inverser le réchauffement catastrophique de l’Arctique, ou de la planète entière ».

Les compagnies pétrolières soutiennent la géo-ingénierie

Les dernières années ont été marquées par une effervescence sur le front des brevets portant sur des méthodes d’ingénierie du climat. Certains de ces brevets ont une portée si large que s’ils étaient exécutoires, ils placeraient par exemple la possibilité d’ensemencer les océans entre les mains d’une seule et même personne. Nous allons vers une situation où les efforts de la communauté internationale pour protéger l’humanité de la catastrophe climatique pourraient dépendre du bon vouloir d’une société à vendre sa propriété intellectuelle.

Anticipant les évolutions politiques futures, les compagnies pétrolières commencent à discrètement soutenir la recherche en géo-ingénierie. La Royal Dutch Shell finance ainsi une étude sur l’ajout de chaux dans les mers. Le directeur scientifique du géant du pétrole BP est à l’origine d’une réunion d’experts qui a abouti en 2009 à un rapport influent sur l’ingénierie du climat comme réponse aux urgences climatiques

Alors qu’elle s’est employée pendant de nombreuses années à discréditer les sciences du climat, la société ExxonMobil investit également le domaine de l’ingénierie climatique. Le porte-parole d’ExxonMobil sur la géo-ingénierie est Haroon Kheshgi, qui dirige son programme intitulé Global Climate Change. En 1995, il fut le premier à proposer d’ajouter de la chaux dans les océans pour réduire l’acidification due à l’augmentation rapide des concentrations de carbone dans l’atmosphère. Via Haroon Kheshgi, Exxon a commencé à influencer divers rapports « indépendants » sur la géo-ingénierie, comme celui de la NASA en 2007.

Le développement des visées commerciales autour de la géo-ingénierie s’accompagne très clairement de l’émergence d’une base qui a intérêt à ce que la recherche avance, et au final, que les techniques soient déployées. Un tel lobby est par nature enclin à soutenir que les mesures d’adaptation au changement climatique sont « irréalistes » et « politiquement impossibles à mettre en œuvre », et que la raison dicte de faire des recherches en ingénierie du climat. Ainsi, de nombreuses voix s’élèvent déjà pour demander un financement public de la recherche et les gouvernements commencent à manifester leur intérêt. Le gouvernement chinois a ainsi récemment inscrit la géo-ingénierie parmi ses priorités de recherche en géosciences, ce qui constitue un basculement géopolitique important sur la question du changement climatique.

Si nous en arrivons au stade du déploiement, on peut prédire sans risque que toute initiative visant à interrompre le programme (par exemple à cause de dommages environnementaux inattendus ou de conflit international) sera combattue par la nouvelle industrie avec des arguments sur la dépréciation des actifs et la destruction d’emplois.

Affaiblissement des politiques de réduction des émissions

Aujourd’hui, il peut sembler absurde que des considérations de ce type puissent entrer en ligne de compte alors que c’est le sort de la planète qui est en jeu, mais l’histoire des politiques environnementales nous apprend que ce genre de décisions n’est jamais fondé uniquement sur des considérations scientifiques.

Tout ceci pointe vers ce qui est peut-être le risque majeur des recherches en géo-ingénierie, à savoir qu’elles vont saper les incitations à réduire les émissions. Dans un contexte politique et économique où la réduction des émissions n’apparaît pas comme une priorité, la géo-ingénierie se présente comme le nouveau grand espoir.

Aux Etats-Unis, des think tanks de droite comme l’American Enterprise Institute, qui ont alimenté le climatoscepticisme pendant des années, défendent maintenant la géo-ingénierie comme une alternative à la réduction des émissions.

Comment un gouvernement ne serait-il pas séduit par la solution technique qui écrase toutes les autres solutions techniques ? Imaginez simplement : plus besoin de s’attaquer aux puissantes compagnies pétrolières, plus besoin de taxer le pétrole et l’électricité, plus besoin de demander aux consommateurs de changer de mode de vie. Face au réchauffement climatique qui serait la preuve de la faillite de l’homme, la géo-ingénierie constitue la promesse du triomphe de son ingéniosité.

Alors que le changement climatique menace de déstabiliser le système, la géo-ingénierie promet de le protéger. Toutefois, la question que cela soulève est immense. Quel genre d’êtres sommes-nous devenus si nous pensons que nous pouvons nous servir de la technique pour manipuler le système climatique de la planète entière pour l’adapter à nos besoins pour les millénaires à venir ?

Clive Hamilton publie en octobre Les apprentis sorciers du climat, une enquête approfondie sur la géo-ingénierie. Il participe le 22 octobre à un débat avec la climatologue Valérie Masson Delmotte et l’essayiste Hervé Kempf.

Depuis 1986, la part du revenu global prise par les plus riches a nettement augmenté Observatoire des inégalités Reporterre 2013/10/22 Observatoire des inégalités (22 octobre 2013) Depuis 1986, la part du revenu global prise par les plus riches a nettement augmenté. Reporterre. fr

Depuis 1986, la part du revenu global prise par les plus riches a nettement augmenté

La part des revenus captée par les 1 % les plus riches avait nettement baissé pendant les Trente Glorieuses (1945-75). Depuis, le phénomène s’inverse.

Les années 1930 et 1940 ont été marquées par une nette diminution de la part du revenu global que recevait les 1 % les plus riches de la population. La crise des années 1930, puis la guerre, étaient passées par là : elles avaient nettement réduit les niveaux des revenus du patrimoine. Par la suite, le développement de la protection sociale a amélioré la condition des catégories défavorisées. Ainsi la part des revenus perçue par le centième de la population le plus riche est passée de 15,4 % en 1935 à 8,9 % en 1950 en France, de 15,6 % à 11,4 % aux États-Unis, de 18,7 à 7,7 % au Japon.

La part des revenus concentrée dans les mains des 1 % des plus riches s’est plutôt stabilisée ensuite, dans les années 1950 et 1960, entre 7,6 % (Suède) et 11,6 % (Allemagne). Mais dès les années 1970, elle se remet à progresser dans les pays anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni), où elle retrouve les niveaux d’avant-guerre. La remontée est moins forte et plus récente (années 1980 et 1990) dans les autres pays riches, mais elle est de plus en plus nette.

L’effondrement du cours des actions et la baisse des dividendes versés à partir de 2008, a fait fléchir légèrement la part du 1 % le plus riche.

Pour aller plus loin :

• Base de données : The World Top Incomes Database - Facundo Alvaredo, Tony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez.

• Les données de l’OCDE sur 13 pays dans le rapport de Jean-Pierre Cotis sur le partage de la valeur ajoutée, le partage des profits et les écarts de rémunération en France.

Le porte-parole du DAL roué de coups par les CRS, les médias sont muets Attac France Reporterre 2013/10/22 Attac France (22 octobre 2013) Le porte-parole du DAL roué de coups par les CRS, les médias sont muets. Reporterre. fr

Le porte-parole du DAL roué de coups par les CRS, les médias sont muets

Samedi 19 octobre, la manifestation du DAL (droit au logement) en solidarité avec les sans logis et les mal logés, a été confinée à la Place de la République, à Paris, puis dispersée violemment alors que le rassemblement, déclaré, était parfaitement légal. Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL, a eu deux côtes cassées.

Ce qui s’est passé samedi après-midi place de la République à Paris est à la fois banal et indigne. Banal parce que la répression contre les mouvements sociaux est devenue une routine quotidienne dans notre pays, sous Manuel Valls comme sous Brice Hortefeux, et en particulier contre les sans logis ou les sans emploi.

Indigne parce que les forces de l’ordre ont dispersé violemment et illégalement un rassemblement déclaré de façon parfaitement légale par le DAL place de la République. Plusieurs mères de famille ont été frappées. Jean-Baptiste Eyraud, le porte parole du DAL, a été roué de coups de pieds alors qu’il s’était assis par terre en attendant de pouvoir sortir de l’encerclement policier auquel les manifestants étaient soumis. Il a eu deux côtes cassées. Pas de dépêche des agences de presse, pas un mot dans la plupart des quotidiens, silence à la radio.

Les CRS et leur hiérarchie présente sur place ce samedi 17 octobre ne pouvaient ignorer qui est Jean-Baptiste Eyraud. Depuis vingt ans il lutte avec le DAL contre l’indifférence et le silence qui entoure le drame des sans logis et des mal logés. Par son activité inlassable et son énergie communicative, il a permis aux sans logis de disposer d’un outil et une voix écoutée et respectée. Il contribue sans trêve à mettre à nu les contradictions entre les discours et les actes des politiciens, prolixes en promesses mais avares en réalisations.

En frappant Jean-Baptiste Eyraud, les forces de l’ordre n’ont pas agi au hasard : cibler une de ces figures les plus connues vise à répandre la peur dans tout le mouvement social. Ce gouvernement est aussi dur avec les démunis qu’il est prévenant envers les grands patrons et banquiers.

Jean-Baptiste Eyraud -

La Préfecture de Paris et Manuel Valls doivent cesser leurs agissements brutaux et illégaux. Le gouvernement doit appliquer la loi Dalo, le droit à l’hébergement, les réquisitions de logement. En s’engageant dans une politique répressive indigne, le gouvernement saccage les principes de solidarité et de justice, seuls à même de faire barrage à la droite extrême.

L’huile de palme reste un agent puissant de la déforestation Emmanuelle Grundmann Reporterre 2013/10/23 Emmanuelle Grundmann (23 octobre 2013) L’huile de palme reste un agent puissant de la déforestation. Reporterre. Tribune — Forêts tropicales fr

L’huile de palme reste un agent puissant de la déforestation

Même si l’huile de palme présente des bénéfices nutritifs importants et que des ONG comme Greenpeace travaillent avec des entreprises à une exploitation responsable, la production de cette huile engendre une déforestation massive.

Encore confidentielle il y a une dizaine d’années, bien que déjà omniprésente, souvent à notre insu, dans nombre de produits de grande consommation (plats cuisinés, margarine, céréales, laits en poudre maternels, pâtisseries industrielles, glaces, cosmétiques, savons…), l’huile de palme est aujourd’hui au centre de diverses polémiques.

Le palmier à huile, dont on extrait huile de palme et huile de palmiste, est originaire d’Afrique de l’Ouest et se cultive désormais à grande échelle, de l’Amérique latine jusqu’en Asie du Sud-Est en passant par le continent africain. Certains voient dans cette plante un formidable outil de développement des pays de la ceinture tropicale, d’autres un fléau tant environnemental que social. Certains ne tarissent pas d’éloges sur les bienfaits de ces huiles, d’autres les décrient et les accusent de provoquer diverses maladies, cardio-vasculaires notamment.

La proposition en 2012 de « l’amendement Nutella » par le sénateur Yves Daubigny, visant à augmenter la taxe sur l’huile de palme dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, a provoqué une vaste offensive des producteurs et utilisateurs d’huile de palme et nous avons vu fleurir sur la toile et plus généralement dans les médias de vastes campagnes de communication en faveur de ce produit.

Voyages de presse côtoyaient divers concours pour gagner un séjour en compagnie des orangs-outans dans la magnifique forêt de Bornéo ou encore créations de pots de pâte à tartiner personnalisables. Une riposte à la hauteur de la puissance d’un lobby pro-palme qui n’hésite pas à pratiquer la désinformation, mais aussi parfois l’intimidation comme en attestent les diverses assignations en justice pour diffamation dont ont été victimes des journalistes et médias français suite à la diffusion de reportages ou d’articles mettant en cause le groupe Bolloré dans les pratiques de la SOCAPALM (une exploitation de palmiers à huile) au Cameroun (pour en savoir plus, lisez les articles du Monde Diplomatique et de Rue89).

Pas si simple…

Derrière cet écran de fumée médiatico-lobbyiste se cache une réalité complexe. Oui, l’huile de palme est intéressante, avec une productivité six fois supérieure au soja ; elle résiste à haute température, rancit peu et est beaucoup plus solide que d’autres huiles végétales du fait de sa forte teneur en acides gras saturés, qualités qui sont très recherchées par l’industrie agro-alimentaire. De plus, sa récolte est essentiellement manuelle et, dans les pays de la ceinture tropicales, la main d’œuvre étant très bon marché, la rentabilité finale est assurée.

Cependant, sa culture se conjugue la plupart du temps avec une déforestation intense, pratiquée via des brûlis d’envergure phénoménale en Indonésie. Les conséquences sur le climat et la biodiversité, immenses, sont pointées du doigt depuis des années tant par des ONG que par d’innombrables chercheurs.

Par ailleurs, certaines plantations, avec l’accord des gouvernements, souvent corrompus, n’hésitent pas priver les populations autochtones de leurs droits fonciers pour céder de nouvelles concessions et les conditions de travail au sein même des plantations, qui usent et abusent de la sous-traitance, sont maintes fois déplorables et décriées. Et trop souvent, cette culture qui rime pour certains avec développement, traîne en réalité dans son sillage une accentuation de la paupérisation.

Quant au volet santé, si l’huile de palme n’est pas plus mauvaise que d’autres huiles riches en acides gras saturés, nous en consommons bien trop. Cette surconsommation dans les pays du Nord va de pair avec une augmentation du risque de surpoids et d’obésité, tous deux provoquant diabète et maladies cardiovasculaires.

Néanmoins, ces conséquences dramatiques de l’expansion sans limite des cultures d’huile de palme depuis la Malaisie et l’Indonésie vers l’Amérique latine et l’Afrique centrale ne doivent pas occulter ses potentiels avantages.

Aujourd’hui, des entreprises travaillent avec des associations telles que le TFT ou Greenpeace pour mettre en place des systèmes de cultures durables tant sur le plan environnemental que social, selon des critères stricts dépassant largement ceux, beaucoup trop laxistes de la RSPO (Table ronde pour l’huile de palme durable).

Néanmoins, tandis que ces initiatives encourageantes se dessinent, ailleurs le désastre continue, comme à Bornéo où les feux de forêt ont repris pour faire place nette au palmier ou au Cameroun, où Herakles Farm persiste à empiéter sur des zones protégées pour y installer ses plantations.

Face à ces situations dans les pays producteurs, trop souvent tétanisés par une corruption à tous les échelons, c’est aux gouvernements des pays importateurs et aux consommateurs qu’il appartient aujourd’hui de faire pression sur les industriels afin que ces pratiques n’aient plus cours. L’argument du développement, aussi louable soit-il, ne peut en aucun cas justifier de telles actions et avoir pour socle de telles injustices et destructions. L’huile de palme doit de toute urgence changer de mode de production afin de prendre le chemin d’une durabilité effective et, nous en sommes malheureusement encore bien loin.

Emmanuelle Grundmann vient de publier Un fléau si rentable, vérités et mensonges sur l’huile de palme, aux éditions Calmann Lévy.

Les énergies renouvelables en France aux mains d’EDF, d’Areva, d’Alstom et de leurs amis Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/10/23 Hervé Kempf (Reporterre) (23 octobre 2013) Les énergies renouvelables en France aux mains d’EDF, d’Areva, d’Alstom et de leurs amis. Reporterre. fr

Les énergies renouvelables en France aux mains d’EDF, d’Areva, d’Alstom et de leurs amis

Pour représenter les énergies renouvelables en France : EDF, Areva, General Electric, Total, Siemens, Sofiprotéol, Alstom, Enel… Vous aimez le vent ? Vous avez le capitalisme.

Ah, que c’est mignon, les éoliennes, ah, que c’est bien le soleil, et vive la micro-hydraulique, que flambe l’énergie bois, que bouille la géothermie, que voguent les vagues… On est bien d’accord. Sauf que...

Sauf que les multinationales ont pris le contrôle de ce qui devrait être le moyen de muter d’un système énergétique gouverné par le profit et le capital vers une énergie citoyenne pensée par et pour les citoyens. Pour preuve, le conseil d’administration du Syndicat des énergies renouvelables, qui vient d’être renouvelé, et qui le transforme en un syndicat patronal.

Nous nous contentons ici de reproduire le communiqué de presse :

"Paris, le 23 octobre 2013

4 Yvon ANDRE EDF Energies Nouvelles 4 André-Jacques AUBERTON HERVE SOITEC 4 Elisabeth AYRAULT CNR 4 Antoine CAHUZAC EDF Energies Nouvelles 4 Arnaud CHAPERON TOTAL 4 Frédéric COIRIER POUJOULAT 4 Sébastien COUZY METHANEO Michel CREMIEUX ENEL France 4 Louis-François DURRET AREVA 4 Andreas GOERGEN Siemens Christophe GRUY MAIA 4 Kristell GUIZOUARN SOFIPROTEOL 4 Pierre de MONTLIVAULT DALKIA 4 Jérôme PECRESSE ALSTOM 4 Pierre VIALLEFOND GENERAL ELECTRIC"

Télécharger le communiqué de presse du 23 octobre du SER :

Lyon Turin : relance de la bataille juridique Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/10/23 Barnabé Binctin (Reporterre) (23 octobre 2013) Lyon Turin : relance de la bataille juridique. Reporterre. fr

Lyon Turin : relance de la bataille juridique

La coordination des opposants au projet de LGV Lyon-Turin a déposé hier un recours gracieux auprès du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, contestant la déclaration d’utilité publique signée en août.

La lutte contre le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin a connu un nouvel épisode important en ce début de semaine. Alors que les parlementaires sont appelés à se prononcer sur la ratification d’un accord entre la France et l’Italie sur ce projet le 31 octobre, la coordination des opposants s’est adressée directement au Premier Ministre, mardi 22 octobre, en déposant un recours gracieux visant à contester la déclaration d’utilité publique du projet.

Le 23 août dernier, Jean-Marc Ayrault signe en effet un décret au Journal officiel déclarant « d’utilité publique et urgents » les travaux voués à mettre en place cette LGV. La décision était surprenante, un an après un rapport de la Cour des Comptes qui soulignait de nombreuses limites concernant l’évaluation des coûts, les prévisions de trafic, la non-optimisation de la ligne existante ou les méthodes de financement. Pour Daniel Ibanez, mandaté porte-parole de la coordination des opposants, cette décision du Premier ministre traduit « une méconnaissance totale des éléments essentiels du dossier ».

Dans un document de 170 pages qu’il a déposé hier à Matignon en même temps que le recours, le représentant des opposants dénonce de « très graves irrégularités dans l’enquête publique ». Il pointe du doigt des situations de perte d’impartialité et de gestion douteuse de la part de l’Etat : « L’arrêté d’ouverture de l’enquête publique est entaché d’une situation de conflit d’intérêt : deux des commissaires enquêteurs nommés dans le dossier du Lyon-Turin ont précédemment participé à la commission d’enquête du CFAL-Nord (Contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise), impliqué à hauteur d’un milliard d’euros dans le financement du projet Lyon-Turin... ». Rappelant la loi de 2005 imposant l’impartialité aux enquêteurs publics, Daniel Ibanez promet d’autres exemples d’entorse au droit français dans ce dossier pour les semaines à venir.

Daniel Ibanez -

Derrière cette argumentation juridique, les opposants cherchent à faire prévaloir l’intérêt général. Ils justifient une légitimité à intervenir grâce à la large représentation de la société civile, avec des associations telles que les Amis de la Terre et plus de 500 citoyens résidant sur une des soixante-et-onze communes concernées (condition pour revendiquer un intérêt à agir) parmi les co-requêrants. On y trouve également la plupart des grands syndicats agricoles, de la FNSEA à la Confédération Paysanne, rassemblés pour l’occasion dans la lutte à ce projet d’infrastructure.

Le premier ministre a désormais deux mois pour retirer ou maintenir la déclaration d’utilité publique. Les opposants se veulent sereins : « Nous ne cherchons pas à gagner du temps. Notre dossier est prêt. Si le premier ministre confirme sa décision, ou s’il laisse passer le délai, nous saisirons le Conseil d’Etat le lendemain ». Plus qu’une question de temps, c’est de « bon sens » dont il est question, selon Daniel Ibanez : « Nous pensons qu’Ayrault n’a pas été renseigné sur ce dossier, car il n’aurait pas pu prendre une telle décision. Normalement, le recours sert à demander grâce. Mais au fond, c’est nous qui lui faisons grâce de nos informations et qui lui épargnons une décision irresponsable... ».

« Tous moutons, tous pucés ! » Reporterre 2013/10/23 (23 octobre 2013) « Tous moutons, tous pucés ! ». Reporterre. fr

« Tous moutons, tous pucés ! »

Manifestation à Lyon le 24 octobre contre le flicage électronique par puces RIFD des moutous et des humains

La Confédération paysanne Rhône-Alpes nous invite à une manifestation de moutons le jeudi 24 octobre 2013 à Lyon, notamment pour protester contre l’obligation de puçage électronique (RFID) des ovins et des caprins.

Jeudi 24 octobre 2013 à 16h Place Bellecour à Lyon

A la suite de protestations et de démarches, les éleveurs ont obtenu du ministre Le Foll un moratoire de 18 mois pour les petits ruminants. Les gros ruminants (bovins, mâcheurs de chewing gum) et les non ruminants (ayant troqué le chewing gum pour le vapotage) peuvent peut-être s’adresser au ministère de l’Agriculture ou à la Confédération paysanne pour demander un statut de petit ruminant honoraire.

Le flicage électronique par puces RFID concerne bien davantage les moutons à deux pattes que les ovins et caprins. C’est à Lyon notamment qu’on teste le compteur électrique « intelligent » Linky, pucé pour transmettre à distance les données sur notre activité domestique, via notre consommation électrique relevée minute par minute.

Au-delà, l’invasion des puces RFID dans tous les secteurs de la vie et dans tous les espaces publics et privés est déjà bien avancée, sans avoir rencontré d’autre opposition que des réflexions inquiètes dans de petits cercles et quelques protestations catégorielles (comme celles de la Confédération paysanne).

Pour ceux qui veulent s’en faire une idée plus précise, voir : - « RFID, la police totale », et « L’industrie de la contrainte », par Pièces et main d’oeuvre (éditions L’Echappée) - « RFID, la police totale », le film

C’est pour parler de la police totale, de l’organisation rationnelle de l’ordre public par les systèmes électroniques, de ce qu’IBM nomme la « planète intelligente », du filet numérique qui se resserre sur nous, que nous irons à la transhumance urbaine de Lyon et que nous appelons tous les rétifs à s’y retrouver. Pourquoi pas avec des masques de moutons, qui pour une fois révèleraient le vrai visage de ce que nous sommes déjà. Bon gré mal gré.

Voir aussi :

- « Des moutons et des hommes »

- Occupation du Pôle Traçabilité à Valence (21/11/09)

- « Les cyber-moutons et les chèvres cyborgs arrivent »

- Appel à la transhumance et manifestation contre le puçage électronique des moutons et des hommes

- « Des moutons ou des puces ? De l’élevage ovin à l’ère technologique : un peu d’économie réelle »

- « Humanité 2.0 : Linky, l’Enfer Vert et le techno-totalitarisme »

- Les sites Contre le puçage et Hors-sol

Un jardin collectif en danger sur le campus de Grenoble Des gens du jardin Reporterre 2013/10/23 Des gens du jardin (23 octobre 2013) Un jardin collectif en danger sur le campus de Grenoble. Reporterre. fr

Un jardin collectif en danger sur le campus de Grenoble

Nés des mouvements étudiants contre le CPE sur le campus universitaire de Grenoble, Les Jardins d’utopie est un espace collectif, ouvert à tous, de partage de savoir, de discussions..., qui perdure malgré l’acharnement de l’administration du campus à s’en débarrasser. Cet espace de liberté fait tache dans le projet de pôle international universitaire dont rêve l’administration. Elle veut raser les jardins pour un projet « d’esplanade conviviale à dominante verte » et les poursuit en justice.

Sept ans, c’est le temps que Brad Pitt a passé au Tibet, mais c’est aussi l’âge des Jardins d’Utopie. Depuis l’occupation de la galerie des Amphi occasionnée par le mouvement contre le « CPE » en 2006, ce potager grandit, se dédouble en deux parcelles squattées devant la bibliothèque de Lettres et derrière les bâtiments administratifs de la fac de Grenoble.

A l’origine, une idée folle : celle de l’autonomie alimentaire, d’une agriculture vivrière sans pesticides ni engrais chimiques. Épine dans le pied de l’ancien directeur de l’UPMF (Université Pierre Mendès-France), A.Spalanzani, les jardins sont maintes fois menacés de destruction et sauvés par la lutte collective.

En 2008 un campement déterminé protège les cultures. Motif du projet (finalement avorté) de tout ratiboiser : les germes de l’opération Campus. Grenoble, devenue une fac à vocation internationale, ne peut alors plus tolérer le moindre épi de travers pour cause de visites ministérielles probables.

Au fil des ans, les têtes changent, des liens de solidarités se tissent. On y voit fréquemment des étudiant-e-s comme de non-étudiant-e-s semer et récolter des graines d’autogestion. Les débats y sont techniques (que faire avec les limaces...), et souvent politiques (entre la praxis situationniste et une vision plus matérialiste). On y passe du bon temps et l’on s’y retrouve volontier pour grignoter, voire cuisiner les fruits d’un travail sans salaire, sans ordres et sans bureaucratie. On y trouve parfois des vocations et souvent des camarades.

Pendant ce temps là le projet « officiel » de l’Université s’affine, s’affirme... Faire de grenoble LE campus de l’innovation, multiplier les partenariats privés, dépenser plus de sous que t’en trouveras jamais sur les comptes de Cahuzac pour faire GIANT, un second campus scientifique proche de minatec et du synchrotron. Le tout dans une ambiance de contrôle (caméras, puces RFID, vigiles... ) et d’expérimentation nazillo-commerciale (cartes monéo fondues dans la carte étudiant...).

L’opération Campus finit par regrouper les facs sous le nom de PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) qui s’attaque désormais à tout ce qui pourrait ressembler à une voie alternative. Il n’est pas étonnant que dès novembre 2011 les Jardins d’Utopies fassent les frais de cette politique.

De retour des vacances de la Toussaint, nous trouvons l’une des parcelles rasée, damée au bulldozer, et fraîchement semée de gazon neuf. Lorsque nous exigeons des explications auprès de l’administration, la réponse officielle sera : « un jardin on peut encore tolérer en été, avec les fleurs et tout, mais là en hiver ça faisait vraiment dégueulasse ! ».

Être un grand pôle de l’innovation, c’est vouloir effacer jusqu’à l’existence des saisons. C’est sans compter sur la culture de résistance qui anime les jardinier-e-s et sympathisant-e-s de cet îlot agricole parmi un enfer de béton vert. On replantera de plus belle, fruitiers, céréales, tubercules, et les futures récoltes donneront lieu à un festival : « récolte ton campus ! ».

En 2013, alors que Geneviève Fioraso décide de tous nous coller sur un écran, le PRES voudrait imposer en lieu et place du potager une « esplanade de la convivialité verte ». Pourtant ni la vie ni les projets ne s’arrêtent pour les Jardins d’Utopie. Nous sommes de plus en plus nombreux à participer, à partager, ou à sympathiser.

Le lieu acceuil occasionnellement l’AMAR, un groupe de récup et de redistribution de nourriture. Une cabane à outils a été construite, des limaces se saoûlent à la bière, une serre en bambou abrite courgettes et tomates. Sur un campus où l’agitation sociale va et vient au gré des époques, il arrive aussi que les Jardins assurent une continuité militante et endossent un rôle de mémoire des luttes. C’est aussi cela qu’ils veulent briser. Aujourd’hui, ni la mauvaise foi des aménageurs, ni les insultes quotidiennes des vigiles n’ont entamé notre motivation. On bouge pas. Ici, la convivialité ne vient pas d’en haut.

Pourtant, mercredi 9 octobre il s’est passé quelque chose de grave pour les Jardins d’Utopie. Des officiers de police sont venus, accompagnés de Jean-françois Vaillant, directeur de l’aménagement et du développement durable du Campus, nous remettre un Procès Verbal et un courrier du Préfet nous assignant (bientôt ?) au tribunal administratif.

C’est la première fois que ce qui avait toujours été un différent interne à la vie du Campus fait l’objet d’une procédure en justice. Pour continuer d’exister nous aurons besoin que toutes les sympathies se transforment en soutiens, en interpellant vigoureusement les responsables de l’aménagement du Campus, en joignant vos témoignages au dossier de défense que nous constituons (pour ça la carte d’identité semble nécessaire) et/ou en nous rejoignant sur place pour choisir collectivement quelles formes donner à la résistance potagère, et surtout aussi pour jardiner !

On se laissera pas carroter. Ces jardins sont nés de la lutte, on ne se rendra pas sans lutter.

Une pétition est déjà en ligne sur change.org pour la signer, c’est par là.

Et si vous construisiez votre éolienne (en bois) ? Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) Reporterre 2013/10/23 Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) (23 octobre 2013) Et si vous construisiez votre éolienne (en bois) ?. Reporterre. fr

Et si vous construisiez votre éolienne (en bois) ?

Rien n’échappe à la mode du do it yourself (faîtes-le vous-même), pas même l’énergie. Une association propose à M. et Mme tout le monde d’apprendre à construire eux-mêmes leur propre éolienne. Ainsi, tout un chacun peut être acteur de la transition énergétique.

La dépendance française à l’énergie nucléaire n’est pas une fatalité. C’est ce que démontre l’association Tripalium en organisant des stages d’autoconstruction d’éolienne en bois. Plusieurs fois par an, pendant une semaine, une quinzaine de curieux apprennent à construire un engin de 12 mètres de haut capable de couvrir environ la moitié des besoins en énergie d’un foyer, hors chauffage. Taille et équilibrage des pâles en bois, mise en place du rotor et du système électronique, soudure des pièces… les stagiaires font tout de A à Z.

L’éolienne que les candidats à l’émancipation énergétique apprennent à construire est un modèle conçu par l’écossais Hugh Piggott, vivant sur une île isolée non raccordée au réseau électrique. « Le mécanisme est simplifié au maximum pour que ce soit robuste, facile à fabriquer et reproductible avec un minimum d’outillage. Le fait que ça soit simple permet à un maximum de personnes de s’y mettre et de se réapproprier leur outil de production », explique Gillou, un des membres de l’association installé à Valence.

« Je peux être autonome »

Olivier, qui a participé à un des stages il y a deux mois a décidé d’acquérir, moyennant 8 000 €, l’éolienne fabriquée pendant la formation. En une journée l’engin était monté et raccordé au réseau. « Je cherchais un apport énergétique différent de ce qu’on nous propose. Au départ, je voulais acheter une éolienne sans trop m’y connaître. Quand je suis tombé sur Tripalium, j’ai été séduit par l’idée de produire soi-même. Je voulais savoir comment c’était fait , notamment en cas de souci ».

Des formations sont organisées un peu partout en France par les différents membres de l’association. Et si la majorité des stagiaires sont des bricoleurs curieux, la diversité des profils étonne : « J’ai vu débarquer deux garagistes à la retraite dans un coupé Mercedes et deux autres sont arrivés à pied avec leurs dreads et leur sac à dos, s’amuse Lilian, un autre membre du réseau Tripalium. Et même s’il viennent pour des choses différentes, l’idée est qu’ils repartent en se disant : je peux être autonome ».

La poésie de l’éolienne

Si à l’issue du stage, une personne a besoin de retravailler un point particulier, elle peut assister gratuitement à une autre formation. « Le but est qu’à terme, ils n’aient plus besoin de nous », indique Gillou qui explique que l’autoconstruction permet à la fois la transmission du savoir et la quête d’autonomie : « En fabriquant toi-même, tu décides de rentrer dans un rôle de producteur. Tu n’es pas juste un consommateur, un client qui râle. Tu es producteur de la machine mais aussi de ton énergie ».

Il met aussi en avant le caractère politique du Do it Yourself (faites-le vous-même) : l’autoconstruction permet un « niveau minimum d’intervention des institutions » et contribue ainsi à la « décentralisation de la production d’énergie ». Certes, les éoliennes qu’ils fabriquent ne permettent pas une autonomie totale, surtout dans les régions peu venteuses. Pour y remédier, Gillou prône la complémentarité et « la synergie des énergies ».

Hydrolienne, panneaux solaires, biomasse… les sources d’énergie alternatives sont nombreuses. Mais si Gillou et ses compères ont choisi de se spécialiser dans l’éolienne, c’est parce qu’avec ses pâles majestueuses, « c’est le moyen le plus poétique de produire son énergie ». Sans compter que le bois qui constitue les pales est à la fois local et renouvelable.

Un jardin où les enfants des villes cultivent carottes et tomates Carole Tribout (Colibris) Reporterre 2013/10/24 Carole Tribout (Colibris) (24 octobre 2013) Un jardin où les enfants des villes cultivent carottes et tomates. Reporterre. fr

Un jardin où les enfants des villes cultivent carottes et tomates

A Orléans, le « jardin des écoliers » accueille depuis vingt-deux ans les enfants, qui apprennent à cultiver les radis en s’amusant.

Derrière un portail en bois, à Olivet, près d’Orléans (Loiret), des bambins et des retraités binent, sarclent et arrosent, les uns avec les autres. Les premiers posent de multiples questions. Par exemple : pourquoi les tomates passent du vert au rouge ? Les seconds, amusés mais ne sachant pas toujours répondre, sont fiers de transmettre leur savoir-faire, tout en restant alertes !

C’est le cas de Madeleine, 80 ans, la propriétaire de ce lieu de 2 000 m² qu’elle met gracieusement à disposition de la SHOL (Société d’horticulture d’Orléans et du Loiret) depuis 22 ans.

Pendant ces années, elle a côtoyé pas loin de 400 enfants de CM1-CM2. Certains se sont découvert des vocations de paysagistes ou de maraîchers. Tous, en tout cas, auront passé de bons moments, à la fois ludiques, actifs et instructifs, chacun sur l’un des 25 carrés de 12 m².

Des produits non traités

Anna, neuf ans, fait ainsi pousser des haricots, choux, tomates, échalotes, du thym, de la ciboulette, de l’ail... « J’aime tout ! Et j’ai déjà pu manger des fraises, mais il n’y en avait pas beaucoup, des salades, des oignons, et des radis », lance-t-elle, fiérote, petit râteau à la main. Sa sœur Ambre, la plus jeune des douze gamins inscrits par leurs parents cette année, plante avec grand plaisir des petits poireaux.

Elle fait contrôler la profondeur des trous par Philippe Proust, le président de la section SHOL d’Olivet. « Les enfants s’amusent beaucoup. Ils adorent surtout voir pousser les radis : c’est ce qu’il y a de plus rapide », confie ce dernier, pris d’assaut par trois petites filles impatientes, qui d’arroser ses carottes, qui d’arracher telle plante trop sèche... Il s’agit aussi de cultiver l’art de la pédagogie !

Même les parents profitent des conseils avisés de la vingtaine de bénévoles. Des conseils... et des produits du potager, cultivés sans traitement chimique, avec le compost élaboré sur place. Le tout pour un prix dérisoire (adhésion : 32,50€ l’année), grâce à la subvention de la municipalité et au marché aux fleurs et aux plantes organisé en mai par la SHOL.

Besoin d’un p’tit coup d’pouce...

Un seul regret dans ce petit jardin magnifiquement dessiné et fleuri : qu’il ne fasse plus autant le plein qu’à ses débuts. La faute sans doute aux multiples animations destinées à la jeunesse. Et aussi aux dates décalées de l’activité, de mars à octobre. Dommage, car beauté, joie, utilité, nature et solidarité intergénérationnelle prospèrent dans ce petit coin de paradis.

Carnets de voyage d’un botaniste Reporterre 2013/10/24 (24 octobre 2013) Carnets de voyage d’un botaniste. Reporterre. fr

Carnets de voyage d’un botaniste

Il y a vingt ans, Jean-Marie Pelt publiait avec un franc succès son Tour du monde d’un écologiste. Il remet ici ses pas dans les siens, non plus cette fois pour dénoncer les déprédations subies par la planète, mais pour nous faire partager l’émerveillement du savant face à l’infinie diversité de sa parure végétale, liée à la disparité des sols et des climats rencontrés.

Son périple le conduit de l’Afghanistan à l’ensemble du Proche et Moyen-Orient où il cherche en vain la trace des roses d’Ispahan, de l’Afrique subsaharienne où, curieux du vaudou, il fait connaissance avec les pouvoirs des plantes hallucinogènes, à ces précieuses réserves que constituent les îles et archipels, des Seychelles aux Maldives, de Maurice aux Canaries, avant de rentrer, tel Ulysse, dans son pays des trois frontières, à deux pas de Schengen, où un « gisement d’orchidées » unique par la richesse de ses espèces donne l’occasion au botaniste d’épiloguer sur les moeurs comparées de ces étranges végétaux et de ce non moins singulier animal qu’est l’homme.

À quatre-vingts ans passés, plus « vert » que jamais, Jean-Marie Pelt, « l’homme qui aimait les plantes », livre là toute la mémoire de ses savoirs et de ses émerveillements face à une nature dont il s’est fait l’inlassable défenseur.

Carnets de voyage d’un botaniste, Jean-Marie Pelt, Franck Steffan, Editions Fayard, 252 pages, 18 euros.

Déchets nucléaires stockés à Bure ? Une faille majeure dans le projet Benjamin Dessus Reporterre 2013/10/24 Benjamin Dessus (24 octobre 2013) Déchets nucléaires stockés à Bure ? Une faille majeure dans le projet. Reporterre. Tribune — Déchets nucléaires fr

Déchets nucléaires stockés à Bure ? Une faille majeure dans le projet

Cigéo , le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, est censé assurer la réversibilité du stockage. C’est-à-dire la possibilité de retirer les déchets dans l’avenir. L’Andra présente cet aspect comme acquis, mais à l’examen, cette réversibilité parait très douteuse.

Le pâle ersatz de débat public que constitue une série de débats filmés et enregistrés sur les sites de la Commission particulière du débat public (CPDP) à propos du projet Cigeo (Centre industriel de stockage géologique), ne peut en aucun cas se substituer à un vrai débat public. Il fait cependant apparaître, souvent en creux, un certain nombre d’imprécisions voire d’omissions majeures dans le dossier que présente l’Andra, maître d’ouvrage du projet.

C’est en particulier la notion de « réversibilité » du stockage. Par réversibilité [1], il faut entendre la capacité à revenir sur des décisions prises lors de la mise en œuvre progressive d’un système de stockage, afin éventuellement d’adapter tout ou partie de ce système. La récupérabilité, qui est un aspect de la réversibilité, désigne la capacité de récupérer des colis de déchets déposés en profondeur.

C’est en effet l’un des points critiques du projet. On sait que cette notion de réversibilité à été introduite dans la loi de 2006 sous la pression de l’opinion publique qui s’était fortement exprimée au cours du débat « déchets et matières nucléaires » de 2005 pour un entreposage pérenne en lieu et place d’un stockage définitif. Le Parlement a donc demandé à l’Andra en 2006 que le stockage soit réversible pendant au moins 100 ans. Les conditions de cette réversibilité devraient être fixées par une nouvelle loi qui serait votée avant l’autorisation de création de Cigéo.

Les propositions de l’Andra apparaissent au paragraphe 7.2 du dossier qu’elle présente. Du point de vue technique, elles consistent principalement à prévoir des engins de manutention capables de sortir aussi bien que d’introduire des colis dans les galeries et à prévoir une géométrie adéquate des galeries et des alvéoles.

Par contre l’Andra indique que, « s’il était décidé de retirer un grand nombre de colis du stockage, des installations spécifiques seraient alors à construire en surface pour les gérer (pour leur entreposage, leur réexpédition, leur traitement...) ».

L’Andra indique d’autre part que Cigéo est conçu pour pouvoir faire évoluer l’architecture de l’installation souterraine au cours de l’exploitation et accueillir de nouveaux types de déchets. Elle indique enfin que « la fermeture du stockage sera réalisée de manière progressive, depuis la fermeture des alvéoles jusqu’au scellement des puits et des descenderies » sans pour autant que soit précisé le calendrier de fermeture de ces alvéoles.

Aucune indication ne permet de savoir si des scellements interviendront ou non avant que le site ne soit entièrement rempli, vers 2130. Pourtant le dossier indique que « la récupération des colis de déchets sera de plus en plus complexe avec le franchissement de ces étapes ». Pour en savoir plus il faudra attendre : « Un planning de référence des étapes de fermeture qui sera fixé dans le cadre de l’autorisation de création de Cigéo ».

Dernier point : l’Andra propose des rendez vous réguliers avec l’ensemble des acteurs tous les 10 ans après la mise en service, et ce afin de préparer les décisions concernant les perspectives de développement et de fermeture du stockage et réexaminer les conditions de réversibilité. Il est vraisemblable que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demandera également une visite décennale de cette INB (Installation nucléaire de base), comme elle le fait pour toutes les autres INB. Elle pourra imposer de nouvelles conditions techniques pour la poursuite de l’exploitation.

En conclusion l’Andra affirme « qu’un stockage réversible, c’est la possibilité de revenir sur les décisions prises, de modifier le planning de fermeture du stockage jusqu’à sa fermeture définitive et de retirer ces colis si besoin. »

A la lecture de ce dossier il apparaît clairement que dans l’esprit de l’Andra la récupération des colis partielle ou totale n’est pas une hypothèse réellement envisagée : aucune description ni aucun dimensionnement des installations provisoires susceptibles de recueillir les différents colis, aucune précision ni sur le lieu ni sur les réparations éventuellement apportées pour assurer l’intégrité de ces colis, aucune information sur la vitesse maximale d’exhaure (épuisement des eaux d’infiltration) de ces colis, et par conséquent aucune information sur les coûts d’une telle opération.

Pourtant la logique qui sous-tend la réversibilité affichée devrait bien être la possibilité pratique d’action en cas d’accident ou d’incident générique qui affecterait tout ou partie des colis. On doit pouvoir par exemple envisager de pouvoir évacuer tous les colis d’un type donné, par exemples ceux enrobés de bitume, ou tous les déchets vitrifiés, ou tous les déchets d’une galerie déterminée, si des mesures in situ ou des incidents laissent à penser qu’une anomalie grave et imprévue risque de survenir (entrée d’eau, fissuration de la roche d’accueil, etc.).

De plus, dans ce genre de cas, et évidemment encore bien plus en cas d’accident (incendie, perte de ventilation, etc.), la notion de vitesse de sortie des colis devient un paramètre majeur, alors que l’enfouissement peut faire l’objet d’une planification temporelle sur plusieurs dizaines d’années. On imagine mal en effet l’idée d’une réversibilité au même rythme que celui adopté pour l’enfouissement (cent ans) pour répondre à une situation d’urgence.

Des questions inquiétantes qui restent sans réponse

D’où une série de questions actuellement sans réponse précise et qui concernent la capacité réelle de récupération des colis d’ici la fermeture définitive potentielle du site vers 2130.

- 1- Exhaure des colis à inspecter et à remettre éventuellement en état

A quel rythme journalier peut-on sortir des colis en cas d’urgence ? Ce rythme dépend-il de la date à laquelle on a besoin de l’effectuer, entre 2030 et 2130 ? Ce rythme dépend-il de l’état d’endommagement éventuel des colis (en particulier leur état radiologique) ? Quels types d’engins robotisés sont susceptibles de détruire les scellements des alvéoles et d’effectuer le retrait des colis ?

- 2 - Entreposage sur les sites et atelier de réparation éventuel des colis

Quel type d’installation et quel dimensionnement du site d’entreposage des colis sortis des galeries ? Quelle capacité, quelle surface, quels aménagements de sûreté ? Quelles solutions de remise en état des colis selon le type de colis sont-elles envisagées ? Ces remises en état éventuelles sont-elles envisagées sur place ? Dans quel type d’installations, équipéees de quels types de machines ? Sinon, où ces colis seront-ils transportés et comment ? Quelles précautions de sûreté sont-elles envisagées ?

- 3 - Réintroduction éventuelle des colis dans les galeries

La réintroduction des colis dans les galeries souterraines inspectés et/ou remis en état est-elle possible ? Si oui à quel rythme ? Est-elle compatible avec l’exhaure simultanée de colis du même site de stockage ?

- 4 - Aspects économiques

Quels coûts pour l’ensemble de ces opérations à partir de quelques scénarios incidentels ou accidentels ? Quel peut être le coût de la réversibilité si elle porte sur une fraction importante (10%, 20%, 50%) des colis stockés ?

- 5 - Gouvernance et risques pour les riverains

Qui va prendre les décisions de récupération de colis et sur quelles bases ? Quelles garanties sont apportées aux populations riveraines, à la société, d’avoir un pouvoir d’influencer les décisions ? Quelles mesures de protection des populations riveraines en cas d’exhaure de colis plus ou moins endommagés ?

Voici une série de questions qui se posent à l’évidence si la notion de réversibilité au sens de la « récupérabilité » doit garder un sens pratique. Jusqu’ici l’Andra, au cours des débats s’est contentée de répondre par un tour de passe-passe. Il consiste à expliquer qu’elle n’a ni décrit ni chiffré les coûts de ces opérations puisqu’il appartiendra à une génération future d’exercer le choix de la réversibilité et d’assumer les conséquences techniques, environnementales et financières qui en découlent.

Sur le plan éthique, on est là devant une contradiction évidente puisque toute la défense et illustration du projet Cigéo repose sur la volonté de ne pas laisser la responsabilité aux générations futures du fardeau de ces déchets.

Mais au-delà de cet aspect éthique, il ne semble pas raisonnable, même si l’on ne prend pas aujourd’hui parti sur la répartition générationnelle des coûts de l’exercice réel de la réversibilité, de ne pas au moins en dresser l’évaluation financière avant toute décision.

D’autant que cette réversibilité risque de ne pas se révéler un choix mais une exigence absolue, si un accident se produit d’ici 2130 ou si des défauts génériques sur certaines catégories de colis imposent des mesures de récupération de ces colis.

A défaut de réponses argumentées à ce type de questions, la réversibilité restera un « élément de langage » supplémentaire pour une opinion citoyenne incertaine et inquiète devant la perspective d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure.

Note

1- L’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) a publié en 2012 un guide intitulé Réversibilité des décisions et récupérabilité des déchets radioactifs. Les définitions suivantes sont proposées par l’AEN pour les termes « réversibilité » et « récupérabilité » :

« La réversibilité désigne la capacité à revenir sur des décisions prises lors de la mise en oeuvre progressive d’un système de stockage, indépendamment de l’exercice effectif de cette capacité. Le retour en arrière est l’action concrète d’inverser ou modifier une décision, soit en changeant de direction, soit éventuellement en restaurant une situation antérieure. La réversibilité implique de prendre des dispositions afin de permettre le retour en arrière, le cas échéant ».

« La récupérabilité désigne la capacité à récupérer des déchets seuls ou sous forme de colis après leur mise en place dans un stockage, indépendamment de l’exercice effectif de cette capacité. La récupération est l’action concrète de reprise des déchets. La récupérabilité implique de prendre des dispositions afin de permettre la récupération des déchets, le cas échéant ».

En France, la firme Arkema a émis quatre fois plus d’un tueur d’ozone que ce qui est autorisé pour toute l’Europe Sepanso 64 et Reporterre Reporterre 2013/10/24 Sepanso 64 et Reporterre (24 octobre 2013) En France, la firme Arkema a émis quatre fois plus d’un tueur d’ozone que ce qui est autorisé pour toute l’Europe. Reporterre. fr

En France, la firme Arkema a émis quatre fois plus d’un tueur d’ozone que ce qui est autorisé pour toute l’Europe

A Lacq, la compagnie Arkema émet des quantités massives de tetrachlorure de carbone, un des pires poisons de la couche d’ozone. L’Etat laisse faire, alors que se tient à Bangkok la conférence des Nations unies sur l’ozone.

La zone industrielle de Lacq est une zone qui se situe dans les Pyrénées Atlantiques entre Pau et Bayonne, à vingt kilomètres d’Orthez. Son activité a commencé dans les années 1960 avec l’exploitation d’un gisement de gaz.

Cela a créé des emplois, redynamisé, comme l’on dit ici, un territoire, mais a créé tout un lot de pollutions dont, même aujourd’hui, on ne parle pas. Rien ne se dit, rien ne se sait ou si peu.

Actuellement, un des plus gros problèmes environnementaux qui se posent sur le complexe de Lacq est celui du CCl4 ou tétrachlorure de carbone.

CCl4 : trois lettres et un chiffre pour désigner un composé chimique chloré. C’est une substance qui est règlementée de par ses effets sur la couche d’ozone et de par ses risques sanitaires, (le CCl4 étant classé CMR 2 potentiellement cancérogène, mutagène et reprotoxique).

Situé dans la zone industrielle de Lacq, Arkema de Mont fabrique des matières plastiques. Elle comprend plusieurs unités, dont l’unité Lactame, qui fabrique du Lauryl lactame, et utilise le CCl4 comme solvant. L’administration écrit qu’« il n’existe pas d’autres installations utilisant ce type de procédé dans le monde ».

Depuis 2010, la Commission européenne alloue annuellement à Arkema Mont un quota de consommation et un quota d’émission de CCl4 dont nous ne connaissons pas la teneur, puisqu’ils sont définis dans une note confidentielle.

Mais nous savons que le protocole de Montréal alloue à l’ensemble de l’Union Européenne un niveau maximal d’émissions de CCl4 égal à 17 tonnes.

Nous savons également que l’arrêté préfectoral du 5 novembre 2010 autorise Arkema Mont à émettre 0,876 tonne par an dans l’hypothèse d’un fonctionnement continu sur l’année.

En 2011 des dysfonctionnements techniques ont conduit à des rejets très importants et de façon intermittente de CCl4 dans l’atmosphère. Les chiffres ne nous ont été révélés en juillet 2013, soit deux ans après les faits.

Un document préfectoral (CODERST) nous révèle que ce sont 118 tonnes qui ont été rejetés sur le seul site d’Arkema à Mont ! Nous sommes loin des 17 tonnes allouées à l’Union Européenne pour l’ensemble de son territoire.

L’"arrêté préfectoral fixant des prescriptions additionnelles à la société Arkema" indique ainsi :

98 tonnes, chiffre auquel il faut ajouter, indique le « Rapport au conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques » du 3 juillet 2013, vingt tonnes d’émissions diffuses, soit un total de 118 tonnes :

Après plusieurs échanges entre l’administration et l’exploitant, le programme d’actions proposé permet seulement d’envisager de limiter les émissions annuelles à treize tonnes par an, soit 76 % du quota autorisé pour toute l’Union européenne. L’entreprise ne pourrait pas faire mieux.

Le 12 août 2013, un nouvel arrêté préfectoral a fixé au 31 décembre prochain la mise en œuvre de mesures visant à réduire les émissions de CCl4 par Arkema Mont et prévoit l’abrogation des valeurs limites de rejets pour les COV R40 (dont fait partie le CCl4) auxquelles était soumis l’exploitant.

Le comble étant qu’entre l’arrêté de 2010 et celui d’août 2013, on passe de 0,8 tonne à une annulation pure et simple de toute valeur de rejet de CCl4 dans l’atmosphère ! Il s’agit en fait de déréglementation.

A moins d’une révision des quotas par l’Europe, à moins d’une acceptation par les autres pays membres d’autoriser la France à émettre dans l’atmosphère treize tonnes par an de CCl4 pour la seule entreprise d’ARKEMA Mont sur dix-sept tonnes autorisées pour l’ensemble de l’Europe, on Il voit mal comment se sortir de cette problématique et du risque de contentieux européen.

A l’heure où l’on sait que la reconversion écologique, y compris pour l’industrie chimique est une nécessité, on nous dit que la remise en question de ce procédé industriel vieux de cinquante ans et ayant de tels impacts environnementaux est inenvisageable.

Tout cela nous laisse dubitatifs.

Et intervient alors que se tient à Bangkok, jusqu’au 25 octobre, la conférence des Nations unies sur le protocole de Montréal sur les substances affectant la couche d’ozone. Un protocole que la France, du fait du comportement d’Arkema, a gravement enfreint en 2011.

Compléments d’information :

- Arrêté préfectoral fixant des prescriptions additionnelles à la société Arkema :

- Rapport au conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques :

La zone industrielle de Lacq, où se trouve l’usine d’Arkema -

Avignon hésite à passer au transport gratuit Clément Chassot (Le Ravi) Reporterre 2013/10/25 Clément Chassot (Le Ravi) (25 octobre 2013) Avignon hésite à passer au transport gratuit. Reporterre. fr

Avignon hésite à passer au transport gratuit

A Avignon, face au projet de tramway de la droite déjà sur les rails, la candidate socialiste aux municipales mise, comme le Front de gauche, sur la gratuité des transports. Un projet qui nécessite l’accord de l’agglomération…

« Les transports gratuits ? Ah oui, ce serait une très bonne chose mais comment ils vont payer les employés, les bus, tout ça… ? », s’interroge Elodie, jeune apprentie fleuriste de vingt ans qui paie régulièrement 1,30 euros pour se rendre au travail. Démagogue, la mesure phare de la candidate socialiste à la mairie d’Avignon, Cécile Helle ? Ce dispositif a en tout cas été testé avec succès par l’agglomération du Pays d’Aubagne depuis 2009 et c’est sur ce modèle que s’appuient les promoteurs de la gratuité dans la cité des Papes.

Pour eux, la gratuité n’a que du bon : hausse du pouvoir d’achat, meilleure mobilité pour aller travailler ou recréer du lien social, moins de pollution et de congestion automobile… Mais surtout, elle boosterait l’utilisation des transports en commun : à peine 5 % des 180 000 habitants du Grand Avignon les utilisent. A Aubagne, la gratuité aurait permis d’augmenter la fréquentation de 150 % en trois ans.

« Cela ne peut être mis en place partout, concède l’un des deux porte-paroles avignonnais d’Europe Ecologie – les Verts et proche de la candidate socialiste, Jean-Pierre Cervantès. Mais c’est possible dans une ville comme Avignon où la billetterie ne représente que 16 % du budget global, ce qui correspond à environ 4,5 millions d’euros. On prévoit même une économie d’1,5 millions d’euros en supprimant les coûts liés à la billetterie. »

Le tram ou la gratuité ?

De fait, les transports seront au centre de la campagne municipale. Le projet de tramway à 250 millions d’euros lancé par le maire sortant Marie-Josée Roig en guise d’héritage en témoigne. Cécile Helle rêverait de pouvoir le court-circuiter, préférant la mise en place de bus à haut niveau de service, moins coûteux mais plus efficaces selon elle.

La région Paca, dont elle est vice-présidente chargée de la culture, a même tout récemment annoncé qu’elle n’engagerait finalement pas les quinze millions d’euros initialement prévus dans le financement du projet. Mais la droite, qui y voit un coup bas électoral, va tout faire pour que les travaux deviennent irréversibles, en sachant qu’ils doivent commencer avant la fin de l’année pour pouvoir percevoir les subsides de l’Etat.

Jean Guerrero, délégué syndicaliste CGT à la TCRA (Transports publics du Grand Avignon) est plus circonspect sur la mise en place de cette gratuité. « Pour que cela marche, il est nécessaire d’avoir en amont un réseau performant avec des fréquences de lignes et des amplitudes horaires acceptables, estime-t-il. Même si des efforts ont été faits, les bus ont toujours du retard et ne desservent pas toujours les grosses zones de densité. »

Pour Cécile Helle, pas de problème : « Le versement transport (taxe payée par les entreprises de plus de neuf salariés pour financer les transports publics, Ndlr) rapporte environ 25 millions d’euros par an. Si on enlève le coût de la gratuité, cela nous laisse une marge de manœuvre importante pour rénover et entretenir le réseau. » Et si le tram se fait, la ville, où l’endettement plus fort que la moyenne représente plus de deux mille euros par habitants, pourra-t-elle courir tous les lièvres ?

Campagne intercommunale

Autre écueil, les transports relèvent d’une compétence intercommunale. Avec le nouveau mode de représentation des intercommunalités mis en place l’année prochaine, même si la gauche l’emportait à Avignon, la communauté d’agglomération, étant donné la sociologie du territoire, pourrait être tenue par la droite. Même si cette dernière n’a pas rejeté en bloc la gratuité, elle reste circonspecte.

A l’image de Bernard Chaussegros, investi par l’UMP (mais qui doit composer avec une candidature dissidente) : « C’est un sujet difficile. Le citoyen que je suis est soucieux d’offrir du bien-être aux Avignonnais. Mais le financement est compliqué, je ne suis pas au fait de tous les éléments mais il faudra étudier cela de près. »

Jean-Marc Roubaud, maire de Villeneuve lez Avignon (Gard), l’un des poids lourds de la Coga (Communauté d’agglomération du Grand Avignon), est plus sévère : « On veut raser gratis ! En période de crise, je ne crois pas qu’il soit raisonnable d’instituer une gratuité. » Le sujet promet donc des débats houleux au sein de l’intercommunalité où l’avis des élus sans étiquette de petites communes sera primordial.

« Je ne fais pas de politique fiction, balaie Cécile Helle. Avec mes collègues socialistes, nous menons une campagne à l’échelle intercommunale, cela c’est nouveau. Et j’ai confiance dans le fait de remporter la Coga. Cette mesure, comme la remunicipalisation des cantines, est forte, elle démontre qu’on peut mener une vraie politique de gauche au niveau local, solidaire et redistributive. »

Quoi qu’il en soit, la gratuité des transports comme étendard est une belle stratégie politique pour le PS (1). Elle permet de faire du pied aux écologistes, pas toujours en phase sur l’aménagement du territoire, et de court-circuiter le Front de gauche d’André Castelli, qui se lance en autonomie dans la bataille municipale. « Il ne faut pas se méprendre, la gratuité des transports comme la remunicipalisation des cantines, nous la portons depuis bien longtemps », tient-t-il à préciser. « Pas de course à l’échalote », tempère Cécile Helle. La bataille des deux gauches ne fait que commencer.

Note

(1) Edouard Baldo, le candidat triomphalement désigné par la primaire socialiste d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a fait de « la gratuité sur le réseau de bus communal » la 1re mesure pour favoriser une « ville apaisée, accueillante et agréable à vivre ».

Yves Paccalet quitte Europe-Écologie-les Verts Yves Paccalet Reporterre 2013/10/25 Yves Paccalet (25 octobre 2013) Yves Paccalet quitte Europe-Écologie-les Verts. Reporterre. Tribune — fr

Yves Paccalet quitte Europe-Écologie-les Verts

« Lettre ouverte à mes amis écologistes (ou non), dans laquelle j’explique pourquoi, écologiste de plume et de terrain depuis quarante ans, et plus convaincu que jamais de l’urgence du combat pour la Terre et les hommes, je quitte Europe-Écologie-les-Verts (EELV) ».

Un ami me le disait dans un soupir : « EELV démontre qu’il est un véritable parti écologiste : il est train de se biodégrader. »

Je quitte aujourd’hui ce parti avec lequel j’ai eu plaisir à travailler, avec lequel j’ai fait avancer certains dossiers, mais dont j’ai cessé de comprendre la stratégie et la tactique.

Europe-Écologie-les-Verts se transforme en un groupuscule dévolu aux intérêts d’un clan.

Un petit groupe de dirigeants, méchamment surnommé « la Firme » par Noël Mamère et quelques autres, a mis la main sur l’ancien parti Vert. Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé et leur cénacle utilisent EELV comme un outil pour leur carrière.

J’avais adhéré à Europe-Écologie en 2010, dans la dynamique du remue-ménage et du remue-méninges lancée par Daniel Cohn-Bendit. J’espérais une ruche bourdonnante. L’essaim s’est rétracté. Le parti s’est changé en une structure bardée de règlements intérieurs et ponctuée de « motions » langue de bois. Hostile, même, aux « coopérateurs », ces marginaux que Dany avait inventés…

Europe-Écologie-les-Verts voudrait « faire de la politique autrement », mais se borne à donner des coups de menton à propos de symboles.

Europe-Écologie-les-Verts noue des alliances politiques, notamment avec le PS. Cela lui vaut des élus (j’en suis), des ministres ou des vice-présidents régionaux. Dans l’autre plateau de la balance, le parti écologiste émet des revendications sur lesquelles il se dit intransigeant, et qu’il illustre par des symboles. Le symbole est utile – sauf quand il occupe tout l’espace. Fessenheim, le diesel ou Notre-Dame des Landes remplacent désormais les débats sur le nucléaire, l’automobile ou l’artificialisation des terres. EELV menace le gouvernement d’un clash tous les quinze jours à propos de l’un de ces « marqueurs ». Avant de rentrer dans le rang…

Cette pseudo-intransigeance pousse les militants à des conduites peu scientifiques. EELV ne regarde plus les OGM en cherchant à trier les mauvais des bons (notamment dans le domaine médical) : ce seul sigle déchaîne son hystérie. Idem pour les nanotechnologies, dont beaucoup seraient profitables à l’humanité, pourvu que nous respections le principe de précaution et l’avis de commissions scientifiques indépendantes. Je n’aime pas que les écologistes troquent la raison contre le slogan teinté d’obscurantisme. L’écologie est d’abord une science.

EELV hésite entre l’action au gouvernement et la protestation au dehors, alors que la solidarité à gauche s’impose face au Front national.

Il va falloir choisir… La menace Le Pen a changé la donne. Le Front national à 25 % d’intentions de vote, ce n’est plus un jeu de rôles.

Les responsables d’EELV avaient négocié un accord de gouvernement avec le Parti socialiste. Mais les dirigeants verts se trouvent aujourd’hui soumis à la pression de leur base, qui désire majoritairement déglinguer François Hollande. Je vois triompher, dans les rangs écologistes, les mots d’ordre gauchistes et anti-européens (oui, à Europe-Écologie !), dans la veine des délires de Jean-Luc Mélenchon. Je n’imagine pas un instant m’allier avec ce démagogue qui fait de l’Élysée « le principal pourvoyeur de voix du Front national », et qui joue la politique du pire en refusant de voter UMP quand il existe une menace FN au second tour…

Après les présidentielles de 2012, j’étais contre l’entrée d’EELV au gouvernement. J’étais minoritaire. Aujourd’hui, je prétends que, pour combattre le FN, la solidarité à gauche est vitale, que les Verts doivent rester au gouvernement. Une fois de plus, je suis en minorité sur un sujet décisif.

J’ajoute que, si ma philosophie écologiste est intransigeante, ma philosophie économique est social-démocrate. Depuis Mai 68 et mes expériences maoïstes ou trotskistes, j’ai cessé de croire au dirigisme, aux nationalisations et à la Révolution prolétarienne.

Je déplore qu’Europe-Écologie-les-Verts se réclame de l’écologie, mais n’en parle quasiment jamais.

Dernier épisode en date : l’autre jour, le GIEC rend son rapport sur le réchauffement climatique. Un désastre pour la biosphère et l’espèce humaine. Les dirigeants d’EELV regardent ailleurs.

Le sénateur Jean-Vincent Placé divague devant les caméras sur la question du diesel en laissant entendre que le supercarburant est propre ! Puis il assène qu’il ne votera pas le budget de la Nation parce que celui du ministère de l’Écologie est mauvais.

Dans le même temps, la ministre Cécile Duflot attaque Manuel Valls sur la question des Roms. Non qu’elle ait tort sur le fond : mais, une fois de plus, les Verts marchent à côté des chemins sur lesquels on leur reconnaît une compétence et sur lesquels on voudrait qu’ils bataillent.

J’ai pris la plume ou la parole à maintes reprises sur ce chapitre. Durant la campagne d’Eva Joly à la présidentielle, je n’ai cessé d’alerter les écolos pour leur dire que notre championne parlait justice et paradis fiscaux, ce qui est utile, mais presque jamais de ce qui constitue le cœur de notre message. Quelques phrases incantatoires sur les symboles (OGM, Fessenheim, diesel, Notre-Dame des Landes…) ; et l’essentiel, à la trappe !

Oubliés, les polluants de l’air, de l’eau et de la terre ; les gaz à effet de serre ; le mitage de la couche d’ozone ; la crise de l’eau ; les famines et les maladies émergentes ; la destruction des forêts ; le pillage des océans ; et tant d’autres catastrophes en cours ! Disparus, la biodiversité, le loup, l’ours ou la baleine ! Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu Cécile Duflot ou Jean-Vincent Placé prononcer les mots de « parc naturel » ou d’« espèce en danger ».

Lorsque la question de la Vanoise s’est posée (elle se pose encore), j’ai lancé ma pétition. Je n’ai pas reçu le moindre e-mail, ni le moindre coup de fil de soutien de la part du « national ». Les écolos dans mon genre, forts de leur expérience autour du monde et de leurs quarante années de combats, n’intéressent pas les chefs et cheftaines d’EELV.

Conclusion

Je reprends ma liberté, que je n’avais pas perdue, mais parfois bridée. Je travaillerai, chaque fois que je le pourrai, avec les nombreux amis que je compte et que j’entends bien garder dans les rangs d’EELV.

Je continue la bagarre quotidienne – y compris politique – face au péril environnemental et au danger fasciste. J’ai prétendu, pendant des décennies, que l’écologie devait aller polluer tous les partis. J’en reviens à ce slogan, plutôt que d’incarner ce que je suis devenu : un Vert mal dans sa peau, malheureux de constater que ses priorités ne sont pas partagées par ceux qui parlent et décident en son nom.

Climat : l’Europe pas trop mal sur les gaz à effet de serre mais à la peine sur les économies d’énergie La Gazette.fr Reporterre 2013/10/25 La Gazette.fr (25 octobre 2013) Climat : l’Europe pas trop mal sur les gaz à effet de serre mais à la peine sur les économies d’énergie. Reporterre. fr

Climat : l’Europe pas trop mal sur les gaz à effet de serre mais à la peine sur les économies d’énergie

L’Union européenne est en bonne voie d’atteindre ses objectifs en 2020 en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES) et d’énergies renouvelables, mais est à la peine sur l’efficacité énergétique.

Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, l’UE s’est imposée pour 2020 de réduire ses émissions de GES de 20%, de passer à 20% la part des renouvelables dans sa consommation d’énergie et de réaliser 20% d’économies d’énergie. Un cap surnommé « 3×20 » issu du paquet climat-énergie adopté en janvier 2008 par la Commission européenne.

« Dans son ensemble, l’UE fait de relativement bons progrès en vue de réaliser ses objectifs », écrit l’AEE dans un rapport, qui précise néanmoins qu’« aucun Etat membre n’est en passe de les atteindre dans les trois domaines ».

Les GES en nette diminution, mais pas partout

Avec 18% de réduction de ses émissions de GES en 2012 par rapport à 1990, l’UE « est très proche de son objectif » de 2020 et devrait même le dépasser avec une diminution de 21% attendue en 2020. Mais tous les pays européens ne sont pas aussi bons élèves et six Etats membres (Autriche, Belgique, Finlande, Irlande, Luxembourg et Espagne) ne sont pas dans les clous.

Sur la question des énergies renouvelables, là encore, globalement l’UE est « en voie » de réaliser son objectif, estime l’AEE. Ces énergies alternatives aux ressources fossiles ont représenté 13% de la consommation d’énergie finale dans l’UE en 2011.

Un objectif d’étape pour 2011-2012 avait été fixé à 10,7% que six Etats membres n’ont pas atteint (France, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Royaume-Uni).

Efficacité énergétique : la France bonne élève

Sur le volet de l’efficacité énergétique l’horizon est moins rose. Seuls la France, l’Allemagne, la Bulgarie et le Danemark réalisent de « bons progrès ».

L’AEE revient aussi sur le protocole de Kyoto qui imposait à l’UE des réductions de rejets de GES de 8% entre 2008-2012, par rapport à 1990. L’objectif est largement atteint dans la mesure où les 15 pays qui étaient concernés par ce traité, signé en 1997, ont diminué leurs GES de 12,2%.

La question de nouveaux objectifs de réduction de GES pour 2030, voire 2040, fait débat au sein de l’UE, qui émet 11% des GES dans le monde. La France, qui accueille en 2015 la grande conférence internationale sur le climat censée aboutir à un accord global sur leur réduction, plaide pour un objectif de baisse de 40% en 2030.

La Pologne compte sur le gaz de schiste pour payer ses retraites Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/10/25 Sylvain Lapoix (Reporterre) (25 octobre 2013) La Pologne compte sur le gaz de schiste pour payer ses retraites. Reporterre. fr

La Pologne compte sur le gaz de schiste pour payer ses retraites

La bataille du gaz de schiste est engagée en Pologne, seul pays européen à avoir commencé - à très petite échelle - la production de gaz de schiste. Paysans et écologistes s’y opposent, mais les politiciens espèrent que les recettes de l’hydrocarbure paiera les retraites d’un pays en hémorragie démographique. Reporterre est sur place : premier volet de notre reportage.

- Reportage, Kartuzy (Pologne)

« Je ne veux pas de la fracturation hydraulique ici : il y a toute l’eau qu’il faut mais la moindre pollution des sous-sols ruinerait ces terres. » Le fermier polonais (voir photo) qui vient de poser sa sentence et son marteau dans le champs où paissent ses vaches n’est pas un militant anti-gaz de schiste. "J’ai refusé d’autoriser les forages parce que j’avais vu le film Gasland".

« S’il y a une autre technique, j’en veux bien de leur gaz », ajoute-t-il pragmatique. Il a juste regardé Gasland sur l’ordinateur de ses enfants. Lui-même n’a pas Internet, comme une bonne partie des agriculteurs de la région de Poméranie où six compagnies prospectent actuellement pour cette ressource. Pourtant, à des dizaines de kilomètres à la ronde, il est l’une des personnes les mieux renseignées qui puisse se trouver. Y compris et surtout comparé aux grands villes.

La Poméranie, au nord-ouest de la Pologne -

Du boom au pétard mouillé

Au delà des clameurs avec lesquelles les partisans de cette énergie célèbrent les 70 % de l’opinion favorables aux gaz de schiste dans le pays, l’ignorance se mêle au désintérêt. Ce n’est pas faute d’avoir vu tous les ministres du gouvernement du néolibéral Donald Tusk s’agiter dans les médias pour cette industrie à laquelle il a donné les coudées franches. Le schéma de taxation des entreprises prospectant les gaz de schiste n’est en effet prévu que pour 2015 et les patrons de ConocoPhilips, Chevron ou la compagnie nationale PGNiG se félicitent d’un environnement d’investissement particulièrement propice.

A l’inverse de leurs enthousiastes édiles, les riverains des forages, eux, sont passés à autre chose. A Łebień, dans le nord de la Poméranie où la joint venture Lane Energy a amené le premier puits du pays à une production symbolique, il est presque incongru de soulever le sujet. « Vous savez, ça date cette histoire, rigole une épicière du village. Il y a eu des réunions il y a plusieurs années où ils nous ont promis des emplois, des nouvelles routes, de l’argent.... Rien de tout ça n’est arrivé, mais ils ne nous emmerdent pas ! »

Plate-forme de Łebień -

Fracture numérique

L’argument revient dans le bouche de ses voisins : « ils sont à quatre kilomètres du village, nous ne craignions rien de toute manière ». Quelques jobs ont été créés dans le canton : la société de sécurité Ares, basée dans la ville voisine de Lebork, emploie deux ou trois habitants pour surveiller le site. Pas de quoi bouleverser l’économie locale.

Pour Ewa Sufin-Jacquemard, cadre du parti Vert polonais, l’ignorance est à la base de cette apathie. « Dans la majorité des campagnes, il n’y a pas d’accès à un Internet rapide, ce qui empêche de diversifier les sources d’information : les habitants des zones rurales se rabattent donc sur la télévision ou la presse écrite qui sont unanimement favorables aux gaz de schiste. »

Ewa Sufin-Jacquemard -

Un défaut d’information encore plus critique à l’époque de la délivrance des permis : la grosse centaine de concessions pour l’exploration des gaz de schiste a été distribuée entre 2001 et 2007, à une époque où « gaz łupkowy » (gaz de schiste en polonais) était un terme encore inconnu de la majorité de la classe politique.

A Zurawlow, le mouvement rural d’opposition Occupy Chevron repose ainsi en grande partie sur l’information web : de quatre coins du pays, des jeunes se relaient pour traduire aux habitants non anglophones des articles postés par les documentaristes Josh Fox et Lech Kowalski sur Facebook, « seul lieu d’information indépendant du pays », assure une militante de Gdansk.

Du gaz pour sauver les retraites et repousser les Russes

La question des risques environnementaux balayée, c’est la promesse économique qui joue à plein dans l’opinion. « Le gaz de schiste, c’est pour nos retraites ! », répondent comme une évidence un trentenaire de Varsovie et un quinquagénaire de Gdansk. Portée par des travaux d’infrastructures colossaux, l’économie du pays souffre d’une hémorragie démographique sans précédent : désireux de trouver du boulot en Allemagne ou plus loin, beaucoup de jeunes quittent leur pays, emportant avec eux les cotisations nécessaires à assurer les vieux jours de leurs aînés. Quant à ceux qui restent, l’augmentation du coût de la vie dissuade la plupart d’avoir les enfants qui financeront à terme le système.

La réponse, le gouvernement l’a trouvée à 3 000 mètres sous terre : une part des royalties du gaz à produire abondera le système d’assurance vieillesse polonais. Là encore, les détails manquent et seront discutés par le gouvernement dans le cadre de la réforme du code minier (voir le deuxième volet de notre reportage à paraître sur Reporterre).

Dernier argument clef : ce gaz « national » permettrait de s’affranchir de la tutelle de Moscou. Un point qui fait mouche alors que le gouvernement jongle perpétuellement pour ne pas vexer le grand-frère sur le plan diplomatique, économique et politique. Fin 2012, le géant russe Gazprom a ainsi réduit la facture de ses exportations de gaz vers la Pologne, suivant l’orientation intimée par Vladimir Poutine de tenir compte de la « révolution des gaz de schiste » dans sa politique de prix. Si l’impact de cette ressource sur les relations russo-polonaises est réel, l’argument géopolitique achève surtout de neutraliser le débat public.

Un militant du mouvement anti-gaz de schiste Złupieni (voir le troisième volet de notre reportage à paraître sur Reporterre) résume le piège ainsi monté : « Si vous êtes un journaliste qui pose des questions sur les risques des gaz de schiste ou bien un militant qui tente d’informer sur le fracking, les élus et certains riverains vous accusent d’être financés par Gazprom. »

Suite du reportage : La Pologne a bafoué la loi européenne pour promouvoir le gaz de schiste.

Une boulangerie pour insérer les jeunes en galère Marina Bellot (Secours catholique) Reporterre 2013/10/26 Marina Bellot (Secours catholique) (26 octobre 2013) Une boulangerie pour insérer les jeunes en galère. Reporterre. fr

Une boulangerie pour insérer les jeunes en galère

« Drôle de pain » a ouvert ses portes en février dernier à Montpellier. Une boulangerie pas comme les autres : au pétrin travaillent des jeunes en contrat d’insertion. Avec la solidarité comme levain et le souci de la qualité, le pain y est excellent.

« Souriez, vous êtes chez Drôle de pain [1]. » Même le client le plus revêche trouverait une raison de suivre l’injonction placardée au mur. Ici, la baguette est artisanale, le croissant est au beurre AOP, le mobilier est chiné chez Emmaüs et les produits d’entretien sont bios. Last but not least : Drôle de pain est l’une des seules boulangeries de France à avoir l’agrément “entreprise d’insertion”, dont la vocation est d’intégrer par le travail des personnes en grande difficulté.

À la tête de cette boulangerie, Antoine Soive mène sa barque avec l’aplomb d’un entrepreneur chevronné. Il faut dire qu’à 28 ans, ce Sarthois a déjà un passé bien rempli. Titulaire d’un CAP boulangerie-pâtisserie, le jeune homme a passé ses premières années de vingtenaire à allier ses compétences professionnelles, son envie de transmettre et sa passion du voyage.

Au Vietnam, il forme à la pâtisserie de jeunes apprentis « aux passés mouvementés ». Puis en Inde et deux ans plus tard au Niger, il porte à bout de bras des projets de boulangeries solidaires. À 26 ans, le jeune bourlingueur commence à fatiguer et a « des envies de vin rouge ».

Farinez-vous

Il revient s’installer en France, où il ne souffle pas longtemps : une rencontre le convainc de s’associer à un nouveau projet, Farinez-vous, qui ouvrira en 2009 à Paris et deviendra la toute première boulangerie d’insertion de France. « Dans toutes ces expériences, le cœur du projet est social, commente Antoine. Il s’agit de former, de réinsérer, bref de transmettre. »

C’est sur le modèle de Farinez-vous qu’il décide de lancer sa propre boulangerie. Direction Montpellier, pour « sa qualité de vie et son dynamisme », avec un objectif : rassembler les 350 000 euros nécessaires pour monter sa petite entreprise.

Commence alors un long parcours du combattant : il faut débusquer les partenaires potentiels, frapper aux portes, et quand elles s’ouvrent enfin raconter, expliquer, justifier. Antoine sait défendre son projet. Le Secours Catholique et la fondation Caritas, notamment, répondent présents et mettent à eux deux 60 000 euros. « Ce sont des partenaires solides, vraiment à l’écoute », dit-il.

De tous ceux qui ont accepté de le soutenir (de Vinci au Crédit coopératif en passant par le Conseil régional du Languedoc-Roussillon), il s’est fait un devoir de tirer le meilleur : « Je les sollicite beaucoup, je suis leurs conseils. Eux sont valorisés, moi j’apprends énormément, et le gagnant c’est le projet. »

« On fait nos mélanges de farines et nos levains liquides »

Une fois les fonds réunis, Antoine s’attèle à constituer l’équipe. Les CV affluent, les entretiens se succèdent pour trouver les futurs « piliers de l’entreprise », les encadrants qui transmettront le savoir-faire aux personnes en insertion. Antoine en recrute trois, aussi doués dans leur métier que rodés à la pédagogie, puis embauche trois jeunes sous contrat d’insertion [2]. « Mon objectif, c’est qu’ils aient à l’issue de la formation un vrai métier entre les mains », dit-il.

Et pour que solidarité n’aille pas sans rentabilité, Antoine mise sur la qualité : « Les gens reviennent parce qu’ils savent que l’on propose de bons produits, du fait maison. Aujourd’hui 70% des boulangeries vendent des viennoiseries industrielles. Nous, on fait nos mélanges de farines, on ajoute nos graines, on fait nos levains liquides… C’est important pour les clients, pour l’éthique, et pour les personnes en insertion. »

Derrière les fourneaux, Hamidou, 26 ans, a la satisfaction de « sortir de bons produits », sous le regard formateur de Julien, sa moitié de binôme : « Hamidou et moi on passe plus de temps ensemble que je n’en passe avec ma femme ! Le côté humain est très important, il faut être à l’écoute, patient, attentif. C’est un travail sur le savoir-faire et sur le savoir-être. »

Dans la file qui ne cesse de s’allonger à l’heure du déjeuner, les clients, venus pour la plupart des nombreux bureaux voisins, ont le choix entre plusieurs formules de 7 à 9 euros, avec sandwich copieusement garni ou salade sur mesure.

« On fait 110 couverts par jour en moyenne », précise Antoine. Un client attablé devant la (déjà) fameuse tarte amandine/framboises de la maison a testé l’endroit après avoir lu un article dans la Gazette de Montpellier : « Je sais que ce n’est pas une boulangerie comme les autres. Mais s’ils faisaient du social et que ce n’était pas bon, je ne viendrai pas. Là, c’est parfait. »

Sept mois après avoir ouvert le rideau, Antoine sait qu’il ne fait pas fausse route : « Les chiffres sont quasiment conformes au prévisionnel et, surtout, l’équipe est unie, solide, motivée. Les fondations sont posées. »

Notes

[1] 1401 avenue du mondial 98, 34000 Montpellier.

[2] Contrat à durée déterminée d’insertion, de quatre mois à deux ans, donnant droit à une aide de 9 681 € par an et par poste en équivalent temps plein.

Rencontres pour un monde vivable à Saintes Reporterre 2013/10/26 (26 octobre 2013) Rencontres pour un monde vivable à Saintes. Reporterre. fr

Rencontres pour un monde vivable à Saintes

A Saintes (Charente-Maritime).

Vendredi 25 octobre

A partir de 16h : Accueil des participants Salle Saintonge Café, expo, librairie

18h : Ouverture des Rencontres Cérémonie publique : allumage de la Flamme du désarmement nucléaire et présentation du programme Avec les associations, personnalités, intervenants et participants présents

19h : Buffet

20h : Projection du film « Agent Orange, une bombe à retardement » (52 mn) de Thuy Tien HO et Laurent Lindebrings, présenté par André Bouny

21h : Table ronde et débat "Conflits armés, économiques, sociaux, alimentaires, environnementaux… Peut-on vivre en paix dans un monde en guerre ? "

Samedi 26 octobre

De 9h à 17h 30 : Travaux en ateliers Chaque atelier est introduit par plusieurs intervenants spécialistes du sujet Programme détaillé sur place

Quatre axes : - "Paix et désarmement" - "Justice institutionnelle, justice sociale, économie et solidarité" - "Alimentation, eau, santé" - "Environnement, climat, énergie, alternatives au nucléaire" Un fil directeur : La démocratie comme objectif et comme moyen.

17h 30 : Rencontre avec les auteurs

18h : Concert gratuit – Auditorium Saintonge : Melya Quartet & Chœur Athenus

Dimanche 27 octobre

9h (heure d’hiver) : Accueil et compte-rendu des ateliers de la veille. 10h : Ateliers parallèles : nos moyens d’action en tant que citoyens

11h 30 : Plénière : Synthèse des travaux, résolution finale Actualité de la Charte pour un Monde Vivable* *disponible sur mondevivable.over-blog.com

13h : Repas festif

Intervenants

Leila Aïchi, Sénatrice de Paris, Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat

Jean-Pierre Boucher, président de la section de Saintes de la Ligue des Droits de l’Homme, Juge des Enfants au TGI de Niort, ancien Juge de l’application des peines au TGI de La Rochelle, ancien président du Syndicat de la Magistrature

André Bouny, fondateur de D.E.F.I. Vietnam, président du Comité international de soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange, auteur de Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam, inspirateur du film Agent orange : une bombe à retardement de Thuy Tien HO et Laurent Lindebrings

David Cayla, économiste, membre des Economistes atterrés, chercheur au GRANEM et maître de conférences à l’université d’Angers

André Grimaldi, professeur de Diabétologie à la Pitié Salpêtrière, auteur de L’Hôpital malade de la rentabilité, La Santé écartelée entre santé publique et business, coauteur du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire

Bernard Laponche, ingénieur nucléaire, ancien membre du CEA, expert en énergies, cofondateur de Global Chance, les Amis d’Enercoop, Energie partagée, auteur de Maîtrise de l’énergie pour un monde vivable, En finir avec le nucléaire - Pourquoi et comment

Jean-Marie Matagne, docteur en philosophie, fondateur du Lycée Expérimental Polyvalent et Maritime en Oléron, président d’ACDN, auteur de L’insoutenance. Pouvoir, puissance, nucléaire : l’impossible débat, En finir avec la terreur nucléaire, Désarmer pour vivre

Jean-Claude Pierre, fondateur de Eaux et rivières de Bretagne et du réseau Cohérence, auteur de Pourvu que ça dure ! Le développement durable en question et de L’appel de Gaïa

Marie-Monique Robin (en avant-première mardi 22 octobre), journaliste, auteure, réalisatrice d’une quarantaine de films d’investigation, lauréate d’une trentaine de prix

Nasser Zammit, docteur en relations internationales et diplomatie, docteur en sciences politiques, auteur de "L’Afrique et la question environnementale"

Saintes, 25-26-27 octobre 2013 Rencontres pour un Monde Vivable (RMV) Salle Saintonge, 11 Rue Fernand Chapsal

Tous les événements sont ouverts au public et ont lieu dans le complexe Saintonge

Entrée libre dans la limite des places disponibles. Inscription recommandée. Participation libre aux frais d’organisation Repas sur place samedi midi, samedi soir et dimanche midi, sur réservation

Vers une civilisation de convivialité Marc Humbert Reporterre 2013/10/26 Marc Humbert (26 octobre 2013) Vers une civilisation de convivialité. Reporterre. fr

Vers une civilisation de convivialité

La désastreuse méga-machine de l’efficacité technique et économique laisse de côté des milliards d’affamés, de rejetés ou de précaires, une nature dégradée. L’humanité a un besoin extrême de progresser vivement selon l’autre direction de son évolution, celle qui l’a fait naître et qui organise le bien vivre ensemble.

Partout des groupes, des individus résistent à la méga-machine. Ils expérimentent des organisations différentes, ils animent des oasis du bien vivre. Pour que l’avenir de l’humanité bascule vers cette civilisation de la convivialité, il faut que ces forces de vie en partagent explicitement la vision et affirment ce qui, au-delà de leur diversité, fait leur unité : une volonté de travailler ensemble, pour la vie, en prenant soin l’un de l’autre et de la nature.

Il faut clamer notre interdépendance généralisée, l’accepter et la mettre en oeuvre entre tous les humains et avec la nature.

Vers une civilisation de convivialité, Marc Humbert, éd. Goater, 64 p., 10 €.

Greenpeace sur la tour Eiffel pour faire libérer les « Trente de l’Arctique » leparisien.fr Reporterre 2013/10/26 leparisien.fr (26 octobre 2013) Greenpeace sur la tour Eiffel pour faire libérer les « Trente de l’Arctique ». Reporterre. fr

Greenpeace sur la tour Eiffel pour faire libérer les « Trente de l’Arctique »

Un militant dans une tente suspendue au deuxième étage de la Tour Eiffel : une action de Greenpeace samedi 26 au matin, pour attirer l’attention sur les trente écologistes emprisonnés par la Russie. Il a été délogé par les pompiers.

Les pompiers ont délogé peu après 11 heures, samedi 26 octobre, un militant de Greenpeace qui s’était installé dans une tente suspendue depuis le deuxième étage de la Tour Eiffel. Son geste visait à attirer l’attention sur la détention en Russie de 30 membres de l’organisation, dont il réclame la libération.

Le militant écologiste a déployé une banderole sur laquelle on peut lire « Free the Artic 30 » (Libérez les 30 de l’Arctique) et « Militants en prison, climat en danger ». Un autre militant avait sécurisé le point d’attache de la nacelle depuis le deuxième étage. Tous deux s’étaient introduits dans le monument grâce à une échelle avant l’heure d’ouverture.

« Nous sommes là pour envoyer un message au gouvernement français, afin qu’il mette tout en oeuvre pour la libération des 28 militants et des deux journalistes », a expliqué Cyrille Cormier, chargé de la campagne Energie à Greenpeace. « Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit se rendre en Russie la semaine prochaine. Nous lui demandons de mettre ce dossier à l’agenda », a-t-il ajouté. La Tour Eiffel était interdite d’accès aux touristes samedi en milieu de matinée.

Un navire de Greenpeace, Arctic Sunrise, a été arraisonné le 19 septembre par un commando russe après que des militants ont tenté d’escalader une plateforme pétrolière du géant Gazprom afin d’en dénoncer les risques écologiques. Les 30 membres d’équipage - parmi lesquels un cuisinier, un médecin et deux journalistes freelance, dont 26 étrangers - ont été incarcérés à Mourmansk et inculpés de « hooliganisme », un crime passible de 7 ans de prison en Russie .

Près de Dunkerque, un festival de théâtre alternatif et écologiste en danger La Compagnie des Mers du Nord Reporterre 2013/10/26 La Compagnie des Mers du Nord (26 octobre 2013) Près de Dunkerque, un festival de théâtre alternatif et écologiste en danger. Reporterre. Tribune — fr

Près de Dunkerque, un festival de théâtre alternatif et écologiste en danger

Chaque année, Le Manifeste, festival de théâtre populaire et alternatif, est un événement de La Grande Synthe, ville prolétaire et pauvre de la banlieue de Dunkerque. Mais le Conseil régional veut couper les subventions, mettant un point final à une expérience unique.

« Le Manifeste, Rassemblement international pour un théâtre motivé » ou les Noces de l’art et de la politique.

Fondamentaux (extraits)

Croire en la capacité de l’art à transformer les hommes, c’est l’utopie du Manifeste qui fait penser les têtes et danser les corps.

Le Manifeste invente la culture de la vie. Face à un monde à la gouvernance opaque, il est le moyen d’ouvrir les yeux et les esprits, par l’échange entre les habitants et les artistes en dehors des valeurs marchandes et des orientations médiatiques à sens unique.

Le Manifeste, c’est dix jours de rencontres artistiques sur la Côte d’Opale où des artistes et jongleurs d’art et d’humanité venus de différents coins du globe oeuvrent avec la population à rejouer le monde, à Grande-Synthe, ville de l’agglomération dunkerquoise.

Dans cette agglomération encerclée de quatorze sites Seveso (bientôt quinze) et de la plus grosse centrale nucléaire d’Europe (Gravelines), où, grâce à l’air qu’on y respire l’espérance de vie de la population est de sept ans inférieure à la moyenne nationale (source CLCV), la Ville de Grande-Synthe travaille pourtant depuis quarante ans à son écologie et a été élue en 2010 capitale française de la biodiversité.

La ville place aussi l’éducation artistique et intellectuelle de ses habitants dans ses priorités et c’est à ce titre que La Compagnie des Mers du Nord, travaille en résidence dans la ville.

En 2004 la Compagnie y invente Le Manifeste. Plébiscité par la population, il a fêté en 2013 son dixième anniversaire.

Ses caractéristiques sont uniques dans le paysage culturel national : s’inscrivant dans une démarche d’éducation populaire, il est en même temps un espace de recherche pour les artistes et un lieu de rencontre et découverte à l’attention du public. Attirant les participants de toute l’Europe et les artistes du spectacle vivant du monde entier, il a montré son impératif d’exister s’épanouissant pendant 10 ans sur la Côte d’Opale,

Le Manifeste est un évènement culturel pas comme les autres

Pas comme les autres parce que sa vocation d’éducation populaire et artistique a permis de développer une forme unique d’appropriation artistique, culturelle et citoyenne, basée sur l’échange, la confiance et la générosité, en rassemblant des participants d’origines très différentes et des artistes internationaux de toutes les disciplines (théâtre, opéra, marionnettes, danse, écriture…) dans une action commune où ils ne sont pas consommateurs mais artisans.

Pas comme les autres parce que l’écologie y tient une place importante au quotidien. Entre autres exemples, les repas que prennent les 130 participants midi et soir, sont fabriqués à partir de produits locaux, bio et de saison provenant d’Amap et jardineries locales et le repas du soir est végétarien. L’éducation alimentaire se fait sans didactisme ni dogmatisme.

Au début les participants s’étonnent de ce régime puis y prennent goût, puis les sujets et arguments concernant la lutte contre l’obésité, le nombre de calories suffisant, les bienfaits (pour l’humain et sa planète) d’une cuisine locale et végétale, les coûts moindres -donc impact moindre sur le porte-monnaie-, circulent de façon informelle autour des tables et font encore leur chemin bien après le Manifeste interrogeant l’importance du mode d’alimentation et ses conséquences sur la santé mais aussi sur l’économie mondiale. Et les jours de spectacles la buvette sert l’eau du robinet gratuite, du sirop bio, du café équitable, et les bières locales.

Pas comme les autres parce que, si les spectateurs sont invités à découvrir les travaux collectifs des habitants et les spectacles professionnels internationaux, ils sont conviés ensuite à poursuivre la réflexion avec des débats conduits par des historiens, économistes, écrivains, journalistes, afin de faire le lien entre spectacle et politique, le lien entre les sujets développés dans les spectacles et la situation de l’homme aujourd’hui sur la planète. « Toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre ils crachent sur eux même. » (le Chef Seattle)

Pas comme les autres enfin parce que tout ceci ne se passe pas en Avignon, mais dans un coin de la France où la richesse industrielle est inversement proportionnée à la richesse de la population, à Grande-Synthe, où Arcelor Mittal et autres sites Seveso sont toujours considérés comme l’avenir de l’emploi, c’est dire la puissance du mirage qui prétend nourrir nos enfants avec les outils les plus polluants et dévastateurs de la planète… Bref, Une banlieue sensible, ici rendue sensible à l’art, la création, la réflexion.

Un festival en danger

A ce moment-là vous pensez : Longue vie au Manifeste ! C’est justement de lui que notre époque a besoin !

Pourtant au terme de dix années de fréquentation assidue et passionnée des participants et spectateurs, la Région Nord-Pas de Calais a décidé de ne plus soutenir financièrement ce Rassemblement, mettant en péril sa pérennité. Le paradoxe de l’époque n’est plus à démontrer : « Plus la marchandisation générale s’accélère dans nos sociétés, plus les outils culturels qui permettent de lutter contre ces phénomènes deviennent indispensables et plus on assiste à l’amenuisement de leurs possibilités d’existence ». (La citation est de Nicolas Roméas pour la revue Cassandre Horschamps).

Voilà.

On ne sait pas si la 11e édition du Manifeste verra le jour, mais en attendant de connaître l’issue des efforts engagés par les organisatrices et le comité de soutien unissant participants et spectateurs et artistes internationaux, on ne peut que s’inquiéter de voir disparaitre ce rassemblement aux caractéristiques uniques, devenu l’exception culturelle dans le répertoire des festivals d’été.

Plaisir et connaissance, disait Jaurès, penseur le plus cité par nos dirigeants, mais il est vrai que Jaurès est bien mort, alors feux d’artifices et bals cubains seront bien suffisants pour divertir le petit peuple.

A Vesoul, la municipalité maitrise l’étalement urbain Laetitia Van Eeckhout (lemonde.fr) Reporterre 2013/10/26 Laetitia Van Eeckhout (lemonde.fr) (26 octobre 2013) A Vesoul, la municipalité maitrise l’étalement urbain. Reporterre. fr

A Vesoul, la municipalité maitrise l’étalement urbain

La raison et l’intelligence collective l’emportent parfois... A Vesoul, le transfert des plans d’urbanisme des mairies aux intercommunalités rationalise des projets tous surdimensionnés. Les zones à urbaniser ont ainsi été réduites de 60% et de nombreuses terres rendues à l’agriculture.

Les terres agricoles et naturelles perdent tous les sept ans une surface équivalente à celle d’un département moyen. En cause : l’étalement urbain. C’est en partie pour lutter contre ce rétrécissement que le transfert des plans locaux d’urbanisme (PLU) des mairies aux intercommunalités figure dans le projet de loi de Cécile Duflot sur le logement.

En commission au Sénat, celui-ci a été fortement amendé mardi 22 octobre. Car, si l’idée est novatrice, elle soulève l’émoi de nombreux maires, notamment ruraux. Relayant la crainte des maires de se voir « déposséder » du développement de leur territoire, les sénateurs veulent repousser à trois ans l’application des dispositions et introduire une minorité de blocage.

Pourtant, les communes d’une centaine d’intercommunalités se sont déjà lancées dans la « coélaboration » de l’urbanisme. Au sein de l’agglomération de Vesoul (Haute-Saône), l’urbanisme est une compétence partagée depuis 1979. A l’époque, il s’agissait pour les communes partenaires de regrouper leurs forces pour attirer les entreprises. Stratégie payante qui avait conduit, notamment, à l’installation de Peugeot. Aujourd’hui le constructeur automobile, avec son Centre mondial de pièces détachées, y est toujours l’un des plus gros employeurs de l’agglomération.

Malgré cette antériorité, lorsqu’il a fallu, en 2011, remettre à l’ouvrage le PLU, les 19 maires de l’agglomération ont commencé par présenter des plans d’occupation des sols de leur commune respective, tous plus surdimensionnés les uns que les autres. « En faisant l’addition de toutes les zones à urbaniser que chaque maire avait prévues sur son territoire, nous arrivions à une agglomération en capacité d’accueillir 50 000 habitants ! », se souvient Alain Boudot, maire de Navenne, commune attenante à la ville centre de Vesoul. L’agglomération compte 32 000 âmes, et ne peut raisonnablement espérer, dans les dix ans à venir, une croissance de sa population de plus de 5 000 personnes.

Efforts de rationalisation

Le travail de mise en commun a conduit à redonner de la cohérence au document d’urbanisme. Les zones à urbaniser ont été réduites de 60%. Un effort de rationalisation auquel toutes les communes, sans exception, ont participé. Le PLU de l’intercommunalité (PLUI) a ainsi permis de rendre à la nature ou l’agriculture 273 hectares (ha). Ce qui lui a valu un avis favorable des agriculteurs.

Sur cette seconde carte, on voit comment les zones à urbaniser (jaunes) ont été réduites au profit des zones naturelles (vertes) qui ont repris du terrain malgré la densification du tissu urbain (rouges).

« Il y a aujourd’hui au sein de l’agglomération une volonté de travailler avec les agriculteurs et non contre eux, de considérer l’agriculture comme une activité économique à part entière et non comme un simple réservoir de foncier dans lequel on peut taper », se félicite Thierry Chalmin, président de la chambre d’agriculture de Haute-Saône.

La démarche a été évidemment plus difficile à accepter par les communes rurales de la seconde couronne de l’agglomération. « Supprimer un terrain urbanisable de dix ha dans une commune de deux cents habitants est plus significatif que de supprimer un terrain de cent ha dans une commune de 17 000 habitants, reconnaît Alain Chrétien, maire de Vesoul (UMP) et président de l’agglomération. La réussite d’une mairie ne peut plus cependant se mesurer aux mètres carrés constructibles. Un maire peut avoir la volonté politique de s’étendre mais, après, encore faut-il qu’il ait les moyens de viabiliser les terrains placés en zones constructibles », souligne-t-il.

Montigny-les-Vesoul, village de 680 habitants, a dû ramener de dix à 4,5 ha les terrains qu’il projetait d’urbaniser. « C’est vrai que pour l’instant cela nous sert à rien de prévoir autant, surtout que nous avons des zones creuses au centre même du village, des bâtiments à réhabiliter et des terrains qui peuvent être aménagés, reconnaît aujourd’hui son maire Philippe Combrousse. Nous ne voulons pas de toutes les façons dépasser les mille habitants, car, au-delà, cela suppose des services. Et il nous est toujours possible de demander une révision du PLUI au besoin. »

« Le transfert de l’urbanisme à l’agglomération est une nouvelle compétence que les maires perdent, c’est vrai. Mais, appuie Alain Petitjean, maire de Mont-le-Vernois (154 habitants), il faut être pragmatique : compte tenu de nos maigres moyens, l’avenir de nos communes rurales est dans la mutualisation. » Et, in fine, au sein de la communauté de Vesoul, la signature des permis de construire reste de la compétence du maire.

En Haute-Savoie, les autorités veulent exterminer les bouquetins sauvages Matthieu Stelvio (Le Bruit du Vent) Reporterre 2013/10/26 Matthieu Stelvio (Le Bruit du Vent) (26 octobre 2013) En Haute-Savoie, les autorités veulent exterminer les bouquetins sauvages. Reporterre. Animaux fr

En Haute-Savoie, les autorités veulent exterminer les bouquetins sauvages

Soupçonnés d’être responsables de la contamination du lait de vache par la brucellose, les bouquetins du Bargy, en Haute-Savoie, sont abattus par mesure de précaution. Mais les avis dont découle cette décision ne prouvent pas le lien entre les animaux et la contamination. Des milliers de citoyens demandent l’arrêt de l’abattage.

Jeudi 24 octobre, 27 bouquetins ont encore été abattus en montagne, en Haute-Savoie.

Monsieur Le Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie,

Après avoir été éradiqué du territoire français au XIXe siècle, le bouquetin des Alpes a pu être réintroduit dans quelques massifs. Aujourd’hui, sa population est estimée, en France, à seulement une dizaine de milliers d’individus. Encore fragile, ce paisible animal est devenu emblématique des montagnes.

L’arrêté ministériel du 23 avril 2007 stipule que l’abattage du bouquetin des Alpes est interdit sur tout le territoire métropolitain et en tout temps. Malgré cette protection, l’arrêté préfectoral n°2013274-0001, signé le 1er octobre 2013 par le Préfet de Haute-Savoie, ordonne l’abattage des bouquetins de cinq ans et plus, dans le massif du Bargy. Valable un an, cet ordre d’abattage est consécutif à la découverte, en avril 2012, d’une souche de Brucella, bactérie responsable de la brucellose, dans le lait d’une vache. Depuis cet événement, des investigations ont été conduites, et ont permis de détecter la présence de brucellose chez une minorité de bouquetins du Bargy.

Le 4 septembre 2013, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a publié un avis relatif aux « mesures à prendre sur les bouquetins pour lutter contre la brucellose dans le massif du Bargy ». Dans ce rapport, les experts « s’interrog[eaient] sur la réalité de l’urgence (et notamment d’une mise en œuvre [d’un plan d’abattage] avant la fin de l’année 2013) ». Ils « insist[aient] sur l’importance d’un temps scientifique avant la mise en œuvre de mesures de gestion », et regrettaient « que cette saisine leur ait été confiée assortie d’un délai très court conjugué à un contexte d’incertitudes épidémiologiques ».

La population des bouquetins du Bargy est si peu connue que les statistiques du rapport indiquent, à la page 37, qu’il est possible que les jeunes mâles soient nettement plus touchés par la maladie que les plus âgés. C’est donc dans « un paysage de connaissances très incomplet » que la décision a été prise de tuer tous les individus de cinq ans et plus.

Un évènement de type accidentel et exceptionnel

Les experts affirment que « le risque de transmission de la brucellose des bouquetins aux cheptels domestiques reste minime ». La contamination d’un cheptel domestique par des bouquetins « qui s’est produite en une unique circonstance sur 12 ans de cohabitation animaux domestiques - faune sauvage (…) correspondrait plutôt à un évènement de type accidentel et exceptionnel. »

Ainsi, en automne 2012, l’absence d’infection chez les 211 troupeaux éventuellement exposés a été démontrée. Les experts estiment que le risque de transmission de la brucellose du bouquetin aux cheptels domestiques est minime pour les bovins, extrêmement faible pour les ovins et compris entre extrêmement faible et faible pour les caprins. Ils évoquent plusieurs solutions alternatives à l’abattage massif, choix risqué à plus d’un titre, dont la vaccination, l’application de mesures de biosécurité (tenir les troupeaux à l’écart des zones de pâture des bouquetins est peu contraignant : « les contacts rapprochés entre bouquetins et ruminants domestiques sont en effet rares ») ou encore l’abattage ciblé sur les animaux séropositifs ou cliniquement suspects.

L’ANSES conclut que son « analyse ne permet pas de confirmer la nécessité de mettre en œuvre dans l’urgence les actions d’abattage envisagées », et déclare avoir besoin de données complémentaires pour se prononcer sur l’efficacité des différentes mesures. Malgré cet avis, reflet d’une expertise scientifique indépendante et pluraliste, au moins 197 bouquetins ont été tués au cours du mois d’octobre 2013.

L’article L. 411-2-4° du code de l’environnement stipule que les dérogations aux interdictions encadrant le statut de protection du Bouquetin des Alpes ne peuvent être délivrées que s’« il n’existe pas d’autre solution satisfaisante ». Considérant la remise en cause, par les experts, de la pertinence de la situation d’urgence, il existe des solutions plus éthiques à un abattage aussi précoce, notamment celle de prendre le temps d’étudier de façon plus complète la population de bouquetins du Bargy pour permettre à l’ANSES de formuler une conclusion dont l’axe principal n’est pas l’incertitude.

Compte tenu du statut de protection du bouquetin, il semble précipité d’avoir recours à un abattage drastique sans laisser le temps à l’ANSES de prévoir les conséquences des différents scénarii, d’obtenir un suivi sanitaire et populationnel approprié, et d’étudier de façon satisfaisante la solution de la vaccination.

C’est dans ce contexte que 5693 citoyens demandent « l’arrêt de l’abattage systématique des bouquetins du Bargy de plus de cinq ans », et l’abrogation de l’arrêté préfectoral n°2013274-0001 qui en découle.

C’est dans ce contexte que 5693 citoyens expriment leur « désaccord avec toute décision ultérieure d’abattage de bouquetins dont le statut sérologique est soit inconnu soit négatif à la brucellose ».

C’est dans ce contexte que 5693 citoyens expriment leur « attachement à la conservation du statut de protection des bouquetins, espèce interdite de chasse ».

Avec mes respectueux hommages, je vous prie d’agréer, Monsieur Le Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, l’expression de ma très haute considération.

Signer la pétition

A Lyon, trucage du budget public et destruction des terres pour un grand stade inutile Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/10/28 Barnabé Binctin (Reporterre) (28 octobre 2013) A Lyon, trucage du budget public et destruction des terres pour un grand stade inutile. Reporterre. fr

A Lyon, trucage du budget public et destruction des terres pour un grand stade inutile

Le tribunal de Lyon doit décider aujourd’hui si les zadistes de Décines doivent être expulsés. Ils s’opposent au projet de Grand Stade qui dévorerait 160 hectares de terre agricole. L’examen du dossier porté par le maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, révèle une gabegie de fonds publics.

Il aura donc fallu attendre le mélodrame de la protestation des clubs de football professionnels à la taxe à 75% sur les salaires des joueurs et leur menace de grève pour réentendre parler du projet « OL Land » à l’échelle nationale. Vendredi 25 octobre, Jean-Michel Aulas, actuel président de l’Olympique Lyonnais et initiateur principal du projet, déclarait que « cette taxe est de nature à menacer un projet comme le grand stade de Lyon pour l’Euro 2016, car, quand l’imprévisible arrive – comme cette taxation –, vous mettez les banquiers en rogne ».

Sur le terrain, dans la banlieue est de Lyon, d’autres forces s’attachent elles-aussi à menacer ce projet dont les travaux ont officiellement commencé au 1er août. Associations de riverains, élus locaux ou citoyens s’opposent à ce qu’ils considèrent un grand projet inutile. Sur le modèle de Notre Dame des Landes, une « Zone à défendre » (ZAD) s’est ainsi constituée à la marge du chantier afin d’incarner la lutte au quotidien. La mairie de Décines a saisi la justice et demandé l’expulsion de ces occupants illégaux. Le verdict est attendu ce lundi 28.

Occupation du terrain en avril 2013

Le stade actuel est bien assez grand

Le projet naît en 2007. A l’époque, l’Olympique Lyonnais est encore un club important dans le monde du football : il enchaîne les titres de champion de France et participe chaque année à la meilleure compétition européenne. Au paroxysme de sa réussite, son président rêve d’un nouveau complexe à la hauteur de ses ambitions. Il monte le projet « OL Land » : un nouveau stade de 60 000 places qui accueillerait aussi les bureaux du siège du groupe OL, et s’adjoindrait 8000 m2 d’immeubles de bureaux, 7 000 places de stationnement, deux hôtels de luxe, un musée du sport, un centre de loisirs avec bowling, une boutique OL Stade, etc. Cinquante hectares de terrains appartenant à la collectivité de Décines-Charpieu sont désignés, auxquels s’ajoutent 110 hectares de chantier d’aménagement des voies d’accès au stade.

Le projet OL Land -

Très vite, des voix ont questionné la pertinence d’un tel projet. C’est le cas de l’association Carton Rouge, qui rassemble des citoyens du Grand Lyon opposés au projet. Son président, Franck Buronfosse, explique à Reporterre : « Le taux de remplissage du stade actuel de Gerland atteint 80%, ce qui ne justifie pas d’augmenter sensiblement la capacité d’accueil à 60 000 spectateurs. Surtout, il aurait pu être agrandi jusqu’à 55 000 places, sans besoin d’investir dans un nouveau stade ».

Dès le début pourtant, Gérard Collomb, maire PS de Lyon et président du Grand Lyon, a voulu faire aboutir le projet. Il est aussi sénateur, et en a joué pour faire adopter un amendement spécifique dans la loi de développement et de modernisation des services touristiques. Promulguée le 22 juillet 2009, elle déclare à l’article 28 que les stades de football appartenant au privé sont « d’intérêt général ».

Quant à Jérôme Sturla, maire de Décines, il explique à Reporterre : « Cela va dynamiser l’économie locale grâce à l’implantation de nouvelles entreprises et au développement des commerces de proximité. L’activité va offrir des rentrées fiscales et de nouvelles ressources importantes à l’heure où l’Etat se désengage du financement des collectivités locales ».

« On truque les dossiers publics »

Ainsi déclaré d’intérêt général, le projet a pu bénéficier de la reconnaissance en DUP (Déclaration d’Utilité Publique) des travaux de voirie concernant l’accès au stade. Alors que le financement devait à l’origine être assuré uniquement par des investissements privés à hauteur de 450 millions d’Euros, 200 millions d’euro de fonds publics seront finalement engagés pour assurer la rénovation des infrastructures routières et l’amélioration des transports en commun alentour.

Les opposants doutent de la rentabilité du projet : « La viabilité économique des stades privés est loin d’être prouvée assurée, selon Franck Buronfosse. Regardez le stade du Mans ou le stade de Grenoble : ce sont des désastres financiers ».

Les investisseurs sont ainsi restés prudents. Dans son plan de financement, OL Groupe, la société commerciale qui porte le projet, avait misé à hauteur de 150 millions d’euros sur le naming, une technique à la mode destinée à faire payer grassement la possibilité pour un entreprise de donner son nom au stade. Mais elle n’y est pas parvenue, l’enceinte devant finalement s’appeler le « stade des Lumières ».

Les opposants dénoncent également un maquillage des budgets officiels : « De nombreux investissements publics en lien avec le projet du grand stade ont été écartés des comptes publics », dit Franck Buronfosse.

Etienne Tête est l’avocat lyonnais qui suit le dossier depuis le début ; il a déposé près de trente recours sur des éléments du projet. Il confirme ces accusations : « On truque les dossiers publics. Le Grand Lyon réduit délibérément le périmètre de dépenses en retirant des projets du protocole d’accord signé en 2008. C’est par exemple le cas des travaux d’aménagement du tramway T3, engagés dans le cadre du projet du grand stade. Le dossier ne fait plus mention du grand stade et l’administration justifie ces travaux par un besoin indépendant du projet de stade à Décines, en arguant de la saturation de la ligne. Mais les études montrent qu’il y a au contraire beaucoup moins d’usagers sur cette ligne que sur les autres... ».

L’investissement public atteindrait ainsi plus du double de ce qui est annoncé officiellement, soit plus de 400 millions d’euros.

Reporterre publie un document, réalisé par un expert comptable à partir de différentes délibérations municipales, qui propose de prendre en compte l’ensemble des coûts nécessaires à la réalisation du grand stade. Présenté dans différentes instances juridiques, il n’a jamais été contesté.

- Dépenses publiques qui seraient engendrées par le projet O.L. LAND, à télécharger ici :

Etienne Tête a déposé une plainte auprès de la commission européenne sur la légalité des aides accordées à OL Groupe. « On n’a pas le droit d’utiliser l’argent public pour favoriser des opérations privées, car cela enfreint les règles de la concurrence du marché unique. Il faut des dérogations européennes, qui n’ont jamais été données », explique-t-il.

A quoi le maire de Décines répond en défendant l’investissement public : « L’usage des aménagements d’accès au stade sera quotidien, la voirie rénovée sera utilisée chaque jour par les citoyens. Ce genre d’équipement n’est pas anodin. Est-ce que l’argent du contribuable va bénéficier à l’OL ? Oui, mais tout le monde y a intérêt. Ce sont des projets qui tirent une collectivité vers le haut ».

160 hectares de terres agricoles dévorées… à l’encontre de la politique officielle

Ce projet de grand stade contredit par ailleurs le besoin de recréer des ceintures vivrières autour des villes. En février 2012 pourtant, la communauté urbaine de Lyon avait signé la charte d’objectifs pour l’agriculture périurbaine qui vise à « accentuer les efforts de pérennisation du foncier agricole à l’intérieur des territoires des collectivités ».

- Charte d’objectifs pour l’agriculture péri-urbaine, à télécharger ici :

Dawan fait partie du collectif des Fils de Butte, qui a monté la ZAD et occupe quelques parcelles de terrain autour des chantiers de travaux pour l’accès au stade, depuis le 10 avril 2012. Il s’agit pour lui de préserver la terre et lutter contre l’artificialisation généralisée des sols : « Les travaux prévoient de couler 1000 m3 de béton par jour. L’impact de ce projet est énorme sur l’environnement. Aujourd’hui, 26 m2 de terres arables disparaissent chaque seconde en France. C’est l’équivalent d’un département français tous les sept ans... Notre action vise à préserver des « bulles de nature » ; nous vivons sans électricité, ni eau courante, nous nous chauffons au bois, alors que nous ne sommes qu’à quinze minutes du centre-ville de Lyon en transports en commun ».

Etienne Tête (2e en partant de la gauche) et des Fils de Butte -

La superficie mobilisée par ce projet aurait par ailleurs pu être moins importante. « L’Arena Stadium, à Munich, fait partie des nouveaux stades que l’on prend souvent en référence. Il fait huit hectares. Je vous laisse faire la comparaison avec les cinquante hectares d’OL Land », souligne Etienne Tête.

C’est que le projet du stade recouvre d’autres enjeux économiques que le football : « Le stade n’est qu’un cheval de Troie utilisé pour une opération immobilière fructueuse, grâce à une revente avec plus-value rapide », estime Franck Buronfosse. Sophie Chapelle a raconté sur Basta le montage de ce coup économique : « Une affaire révélée par le magazine Lyon Capitale en mars 2012 [...] : dès 2006, et avant l’annonce officielle du projet d’OL Land, le Grand Lyon achète des terrains à des agriculteurs sur le Montout, à un prix dérisoire compris entre 7 et 14 euros le m2. En avril 2011, le Grand Lyon cède 30 hectares à l’OL, au prix de 40 euros le mètre carré. Quelques mois seulement après la vente, fin 2011, le conseil communautaire du Grand Lyon fait approuver la révision du plan local d’urbanisme, qui fait grimper le prix du mètre carré à 300 euros !

La Foncière du Montout, propriétaire des terrains [...], vaudrait maintenant 200 millions d’euros pour des terrains acquis 22 millions d’euros. L’opération immobilière a permis à l’OL de gagner au minimum 180 millions d’euros... »

Pis, le prix d’expropriation des terrains privés, situés sur les voies d’accès destinés au stade, fixé à 1 Euro/m2... Une entorse massive au prix du marché rendue possible par la Déclaration d’Utilité Publique, justement. Et qui permet à la collectivité d’entrevoir également une belle opération immobilière dans les années à venir. C’est en tout cas ce que prédit l’association Carton Rouge : « La communauté urbaine est en train de se constituer une réserve foncière. Pour construire une route qui ne prendra pas plus de 20 mètres de large, elle s’approprie 80 mètres. Au final, sur 100 hectares d’expropriés dans le cadre des travaux d’accès, elle se rend disponible environ 60 hectares. A quoi vont-ils servir ? A construire puis à revendre ensuite... Dans le plan d’urbanisme du Grand Lyon, il est prévu 150 000 logements supplémentaires dans les années à venir. C’est une logique implacable d’urbanisation et de construction à moindre coût ».

Même pas prêt pour la compétition de 2016…

Pour plusieurs paysans, la pilule est dure à avaler. C’est le cas de Philippe Layat, céréalier, qui voit huit hectares de ses terrains expropriés, et qui est devenu une des figures de résistance au projet. Mais les moyens d’opposition sont limités. L’association Carton Rouge avait réussi à mobiliser, en janvier 2012, 4 000 électeurs décinois réclamant un référundum sur le projet du grand stade. Dans une commune où 16 000 personnes sont inscrites sur les listes électorales, cela offre une certaine représentativité. Mais le conseil municipal n’a pas répondu à cette revendication. Pour Franck Buronfosse, lui-même en liste pour les prochaines élections municipales, les enjeux au niveau politique sont conséquents : « Gérard Collomb exerce une forte pression sur ce dossier. Sa réélection au printemps prochain tient beaucoup à l’avancée des travaux, car il s’est fortement engagé sur ce projet ».

Le discours officiel se veut d’ailleurs confiant sur la réalisation des travaux. Le projet est inscrit dans le cadre du programme de l’Euro 2016. Le site du Montout, entièrement terrassé, est prêt à accueillir la première pierre du stade, dont la pose est prévue au 12 novembre prochain. Le travail doit être assuré par la compagnie Vinci. Depuis quelques semaines, les grues arrivent une à une sur le chantier, remplaçant les engins de terrassement.

L’ouverture est prévue pour début 2015, et, pour Jérôme Sturla, cela ne fait aucun doute, « le projet ira à son terme. La mobilisation est faible en face, cela n’a rien à voir avec Notre Dame des Landes par exemple ». Franck Buronfosse a d’autres certitudes sur l’échéance : « Regardez combien il faut de temps pour construire un stade moderne, à Lille ou ailleurs, à l’étranger. Avec les nouvelles normes anti-sismiques à respecter, cela prend au moins deux ans et demi. A moins que cela ne soit un chalet en bois qu’ils construisent, le stade ne sera jamais prêt pour 2016 ». D’autres font valoir les nombreux recours en justice, qui n’ont pas encore été purgés. Aucun n’a d’ailleurs été encore jugé jusqu’en cassation. Cela devrait être le cas prochainement de celui contre le permis de construire, attendu devant le Conseil d’Etat. Et en attendant peut-être une prochaine procédure d’expulsion, la mobilisation – certes amoindrie – continue sur le terrain, autour du chantier.

Une banque villageoise, solidaire et qui prête à taux zéro : c’est possible ! Emmanuel Daniel (Basta) Reporterre 2013/10/28 Emmanuel Daniel (Basta) (28 octobre 2013) Une banque villageoise, solidaire et qui prête à taux zéro : c’est possible !. Reporterre. Économie fr

Une banque villageoise, solidaire et qui prête à taux zéro : c’est possible !

Les habitants de la vallée d’Aspe, dans les Pyrénées, se mobilisent pour relocaliser l’économie et créer des emplois. Leur association Aspe solidaire collecte l’épargne des habitants afin de financer des activités dans la vallée. Et d’enrayer la désertification.

Cela s’est produit sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, mais ce n’est pas un miracle. Une centaine d’habitants de la vallée d’Aspe ont décidé de re-dynamiser l’économie de leur territoire en voie de désertification. Ils ont monté l’association Aspe Solidaire. Objectif : collecter l’épargne des habitants et proposer des prêts à taux zéro à des porteurs de projets désireux de s’installer dans la vallée, où vivent 2 700 personnes. Cette initiative « permet aux gens qui veulent faire quelque chose pour le territoire, sans avoir envie d’être élus, de s’impliquer », explique Anne, l’actuelle présidente de l’association. Car la vallée est quelque peu sinistrée.

Avec un revenu net par foyer inférieur de 6 000 € à la moyenne nationale et une population vieillissante, la vallée d’Aspe peine à retenir les enfants du pays. La population des treize villages béarnais qui constituent la communauté de communes a chuté de 65 % depuis le début du siècle dernier ! Si l’exode rural s’est depuis ralenti, la tendance est toujours à la baisse.

Quand Anne, historienne, a organisé une réunion d’information sur la mise en place d’un dispositif d’épargne citoyenne et solidaire, les riverains ont accouru. « C’était un soir de janvier 2011, il faisait froid, il neigeait, mais il y a avait quand même une centaine de personnes. Cela montre que l’idée correspondait à une attente », souligne cette conseillère municipale d’Accous, l’un des villages de la vallée, qui précise que l’association ne bénéficie d’aucune subvention.

Relocaliser l’économie

Pendant la soirée, elle leur parle de l’exemple du Comité local d’épargne pour les jeunes (Clej) qui soutient des projets de jeunes basques grâce à l’épargne solidaire. L’assemblée est emballée et un rendez-vous est fixé la semaine suivante pour créer l’association. Les membres se donnent un an pour recueillir les prêts des volontaires. Emma, caissière dans une grande surface des environs, et trésorière de l’association, n’a pas été difficile à convaincre : « Niveau emploi, il n’y pas grand chose par ici. Alors j’ai été emballée par l’idée d’aider à créer de l’activité dans la vallée. »

Plus d’une centaine d’habitants, soit 4% des habitants de la vallée, prêtent chacun 180 € à l’association (15 € par mois). « Les gens avaient envie de faire quelque chose pour dynamiser l’économie locale. Pour ma part, je voulais agir à ma façon, avec mes compétences limitées, pour faire avancer les choses, permettre à des gens de développer une activité, de vivre et d’habiter dans la vallée », témoigne Francis, retraité de l’Éducation nationale.

Bien que la démarche soit avant tout économique, certains membres de l’association mettent en avant des considérations écologiques : « Il s’agit de relocaliser l’économie en raccourcissant les circuits de production et de consommation », argumente l’ancien enseignant. « Cela n’a pas de sens de faire une heure de voiture, de dépenser du gasoil et de polluer pour des activités dont la présence se justifie dans la vallée », ajoute Monica, une ancienne bergère.

20 000 € sont récoltés en 2011, qui vont bénéficier à cinq projets : une entreprise de céramique, une autre de ferronnerie-mécanique, deux structures d’aide au développement commercial et un centre de soins esthétiques voient le jour. Un peintre au RSA a également fait appel à l’association en urgence pour pouvoir acheter des cadres afin de proposer ses œuvres à la vente lors d’une exposition. Ici, on ne stigmatise pas, on aide.

Soutien financier et moral

Parmi ces porteurs de projets, certains n’auraient pas pu démarrer leur activité sans l’association. « Les banques ne prêtent qu’aux riches, pas à ceux qui n’ont pas un radis, c’est bien connu, sourit Francis. L’argent prêté sert d’apport personnel à ceux qui n’en ont pas. » Un argument non négligeable pour convaincre les institutions financières de la viabilité d’un projet. « Avoir l’aval des gens de la vallée donne de la crédibilité auprès des banques », confirme Aurélie qui, grâce au soutien de l’association, a réussi à convaincre son conseiller de lui prêter de l’argent. Un peu plus d’un an après le lancement, la fréquentation de son salon esthétique est supérieure à ses prévisions.

Pour autant, l’association ne répond pas favorablement à toutes les sollicitations. « Même si ce ne sont pas de grosses sommes, nous sommes attentifs aux projets soutenus par respect pour les gens qui ont placé leur espoir dans l’association », justifie Francis.

Ainsi, chaque demande de prêt est étudiée par l’hétérodoxe conseil d’administration (voir la photo) et un comité technique composé de chefs d’entreprises ou de banquiers, pour la plupart à la retraite. Ceux-ci évaluent la solidité du projet et accompagnent les entrepreneurs dans leurs démarches, de l’étude de marché à la définition de leurs besoins de trésorerie. Plus qu’une somme d’argent, Aspe solidaire apporte un soutien technique et moral à ceux qui la sollicitent.

Quand l’économie développe le lien social

Les membres de l’association insistent sur l’aspect solidaire de leur démarche. Les membres ne peuvent espérer un quelconque retour sur investissement lorsqu’ils prêtent de l’argent. Car, quand les sommes engagées sont remboursées trois à quatre ans plus tard, l’inflation est passée par là. « Nous ne sommes pas dans une logique capitaliste », résume Anne. En outre, les prêteurs n’ont aucune garantie de revoir leurs deniers. « Si quelqu’un ne rembourse pas son prêt, on ne se retourne pas contre lui. On se contente de répartir la perte sur tout le monde, c’est le côté militant des prêteurs. Des liens forts de responsabilité et de confiance se crée entre tous les membres », estime Francis.

Et le prêt sonnant et trébuchant n’est pas l’unique levier. « Tout le monde aide à son niveau, soit en prêtant, soit en allant acheter chez une des personnes aidées par l’association. Cela crée un réseau de solidarités ». Un point de vue partagé par Myriam, membre du Conseil d’administration : « Par l’économie, on développe le lien social », juge-t-elle.

Le succès de la première levée de fonds en 2011 a été tel que les membres d’Aspe solidaire ont décidé d’organiser une deuxième collecte d’épargne en 2013 pour répondre aux sollicitations de nouveaux porteurs de projets. Alors même que les premiers prêts n’ont pas été remboursés, 73 personnes se sont déjà engagées et les inscriptions courent jusqu’à la fin de l’année. Le caractère concret de l’action et sa capacité à mobiliser au delà des clivages partisans fait reconnaître à Monica, élue d’un village de la vallée, qu’elle se sent « parfois plus utile ici qu’au conseil municipal ». Une expérience à multiplier ?

Requiem pour un jardin partagé à Paris Sara Renaud et Robert Sebbag (Quartiers en transition) Reporterre 2013/10/28 Sara Renaud et Robert Sebbag (Quartiers en transition) (28 octobre 2013) Requiem pour un jardin partagé à Paris. Reporterre. fr

Requiem pour un jardin partagé à Paris

Le 29 novembre, les artistes du Jardin d’Alice, au 40 rue de La Chapelle, rendront les clefs de ce qui fut un lieu de création et de partage pendant presque 5 ans. Paris-Habitat, propriétaire des lieux, doit y démarrer un chantier de construction de logements sociaux sur cette petite parcelle, occupée par le collectif en fond de cour, ainsi que par trois derniers locataires de longue date.

Le 40 rue de la Chapelle et son fameux jardin sont la survivance d’une époque où La Chapelle et Montmartre n’étaient pas encore rattachés à Paris (1860). Les maisons de faubourg entouraient la ville et les maraîchers et les jardins étaient nombreux là où le tissu urbain s’est maintenant densifié et bétonné. De nombreux vergers existaient dans le nord-est de la capitale jusqu’aux années 1960.

Mme Alice Blanc était la propriétaire des 38, 40 et 42 rue de La Chapelle et y a vécu avec son mari jusqu’à sa mort en 2005. Les artistes ont appris par la famille que le couple était amoureux des arts et que la maison fut le QG du général Leclerc lors de la Libération. La haute et belle cave située sous la maison date même du Haut Moyen Age du temps des vignobles dans la région !

Le Jardin existe donc depuis plusieurs siècles mais l’histoire du Jardin d’Alice qu’on connait aujourd’hui commence en mars 2009 : quand cinq artistes précaires (pour certains issus du collectif du 59Rivoli) décident d’ investir illégalement le site, propriété de Paris-Habitat, abandonné et sans projet immédiat. Le collectif y installe des ateliers artistiques mutualisés, nettoie et réhabilite le jardin abandonné en un espace partagé, accueillant, en déplaçant ou en plantant des massifs dans des surfaces où les ailanthes, les orties et les ronces envahissaient tout. Puis sont nées ici des sculptures, des bancs, un plancher, une cabane écolo et… les fameuses toilettes sèches au fond du jardin, qui ont même servi plus tard de modèle pour en promouvoir l’usage dans les jardins Charte Main Verte !

Quatre ans d’échanges, de création… et de repos !

L’arrivée du collectif a fait de ce jardin privé un lieu ouvert d’échanges, de repos ou de création. Sara, initiatrice et pilier de ce lieu alternatif, souligne le nombre d’espaces pas ou mal utilisés, interstices oubliés, trop petits pour les énormes projets urbains en marche dans le Nord-Est de Paris, mais bien assez grands pour aider les précaires et dynamiser la vie locale. Le collectif d’artistes-squatteurs, ou de « squartistes », est convaincu que les immeubles vides mais viables peuvent et doivent être occupés de façon alternative et collective, au lieu de se dégrader dans l’oubli, en pleine crise du logement.

En 2010, après un an de négociation, et avec le soutien de la Ville et des élus locaux notamment Pascal Julien et Danielle Fournier, la signature d’une Convention d’Occupation Précaire a permis la légalisation du collectif sur le site, et prouvé qu’ une relation de confiance entre occupants et propriétaire est possible.

L’initiative du collectif puis sa légalisation ont permis à des centaines d’artistes de travailler, répéter, créer librement, accueillis en résidence quasi-gratuite et de présenter leurs œuvres au public dans le grand jardin de 800 m2. Il a été un lieu quotidien de jardinage sensible, travail, fête, rencontres, pour les riverains. Pour lire sur un banc, planter, respirer ou écouter les merles.

Des rapprochements se sont créés avec les autres jardins partagés, au sein du grand réseau francilien Graine de Jardins. Ainsi Sara a réalisé le portail du Jardin mobile en un projet participatif que les habitants de la Goutte d’Or ont complété de peintures. Plusieurs projets locaux (moins de 10 000 euros) se sont développés avec la participation logistique et artistique du « JA », comme Dimanche au Kiosque, Quartiers d’Art, ou encore la Rue à l’EnVert,et la fête de quartier la Chapelle.

Le petit collectif (dix permanents) a participé activement à la vie locale hors ou dans ses murs, avec la Fête des Vendanges, Musique et Jardin, les Portes d’Or, les Portes ouvertes de la Chapelle, et bien sûr les évènements artistiques organisés dans le jardin en moyenne trois fois par mois, accumulant plus de 4000 sympathisants. En quatre ans et demi, entre les voisins, artistes, jardiniers, voyageurs du monde entier, plus de 10 000 personnes sont passées par là.

Paris-Habitat ou les promesses non tenues

Aujourd’hui, une page se tourne, Paris-Habitat doit récupérer le bâtiment. L’engagement moral pris par ses occupants avec Paris-Habitat de quitter les lieux en temps voulu, sera respecté. Les artistes ont déjà commencé à démonter la plupart des installations, pour pouvoir faire place nette. Des négociations avec la Ville ont été entamées depuis un an pour un possible relogement, qui prolongerait le projet collectif dans un autre lieu appartenant à la Ville. A ce jour, une proposition leur a été faite, dans le 12e arrondissement, mais non encore confirmée, à seulement deux semaines de leur déménagement. Le temps presse !

Le projet architectural et paysager pour le futur est lancé, visible en partie sur ici.

La grande maison en fond de cour, invisible de la rue mais si jolie, sera détruite pour laisser place à un nouveau bâtiment de trois étages. Le jardin de 800m2, restera un espace vert mais sera très différent. Dans le projet de paysagisme futur, les plantes existantes seront quasiment toutes supprimées, à l’exception de quelques plantes et arbres historiques… Plus inquiétant, aucune décision n’a été validée au sein de Paris Habitat ou de la Ville pour maintenir ce jardin accessible au public.

Pour cela, les artistes du JA assument leur nomadisme, sont heureux d’avoir pu profiter du lieu plusieurs années, d’avoir su convaincre les institutions sur le bien-fondé de leur démarche collective, de voir le site connaître un renouveau, et s’apprêtent à partir pour de nouvelles aventures. MAIS l’absence totale de projet public pour le jardin leur laisse un goût d’amère déception. C’était la trace qu’ils auraient voulu laisser au quartier : un jardin ouvert.

Le Manifeste des espaces collectifs et partagés

Dès 2012, une volonté existait à la direction de Paris-Habitat, soutenue par un voeu de Monsieur Pascal Julien émis en Conseil du 18e (du 7 mai 2012), pour accorder une attention particulière au site et penser l’ouverture du jardin au public, expérience jugée positive. Une ouverture encadrée par une association locale, à échelle humaine, qui permettrait à ce jardin de profiter encore au quartier, au lieu de retomber dans l’oubli et la privatisation. Ce vœu est resté lettre morte. Au moment où de nombreux jardins partagés disparaissent dans le 18e, le Jardin d’Alice figurera malheureusement sur la liste, si Paris-Habitat ne réactive pas cette volonté, et surtout si les habitants du quartier ne protègent pas ce jardin qui est aussi le leur !

Face aux disparitions prochaines ou annoncées du Jardin d’Alice, du Bois Dormoy, de Baudélire, la Goutte Verte, Ecobox, Arrière Cours 93, Théâtre de Verre et Shakirail voisins, une pétition circule jusqu’en novembre, voire plus. Le quartier La Chapelle, comme le 18e arrondissement tout entier, détient le triste record du nombre le plus bas de mètres carrés de verdure par habitant…

Les artistes du JA invitent donc tous les JArdiniers locaux à se mobiliser pour pérenniser l’ouverture de cet endroit merveilleux en interpelant la Ville et Paris Habitat sur cette question, et en signant la pétition ici

...et allez au Jardin d’Alice tant qu’il existe encore !

Biodiversité, nous avons un plan B ! Reporterre 2013/10/28 (28 octobre 2013) Biodiversité, nous avons un plan B !. Reporterre. fr

Biodiversité, nous avons un plan B !

Sandrine Bélier - députée européenne (EELV), rapporteure principale du projet de règlement européen sur l’accès aux ressources génétiques et sur la ratification du Protocole de Nagoya par l’UE - travaille depuis vingt ans sur les problématiques liées à la préservation de la biodiversité. Gilles Luneau, journaliste, est rédacteur en chef de GLOBAL magazine.

A travers un échange dynamique et passionné, ces militants de la cause nous interpellent quant à l’importance de faire de la préservation de la biodiversité un engagement quotidien. Mêlant éclairages politiques, historiques et exemples d’actions positives en France et en Europe, Sandrine Bélier et Gilles Luneau expliquent en quoi et comment l’enjeu de la biodiversité est mondial et pourquoi il est urgent d’agir.

La biodiversité une chance, nous avons un plan B !, Sandrine Bélier et Gilles Luneau, Actes Sud, 208 pages, 20 euros

L’écotaxe est bonne pour l’économie locale Ronan Dantec et François-Michel Lambert Reporterre 2013/10/28 Ronan Dantec et François-Michel Lambert (28 octobre 2013) L’écotaxe est bonne pour l’économie locale. Reporterre. Tribune — fr

L’écotaxe est bonne pour l’économie locale

Alors que des manifestations s’en sont pris en Bretagne aux portiques permettant le calcul de l’éco-taxe sur les poids lourds, les parlementaires EELV rappellent la philosophie et les avantages attendus de cette fiscalité verte.

Les manifestations actuelles en France, et tout particulièrement en Bretagne, peuvent faire craindre de nouveaux retards dans la mise en place de l’écotaxe poids lourds. Nous voulons dire aujourd’hui avec force qu’un nouveau report ne règlerait rien, et retarderait encore la nécessaire modernisation de l’offre de transport et d’organisation logistique dans ce pays.

L’écotaxe c’est d’abord une fiscalité écologique qui instaure un cercle vertueux : Elle résulte du Grenelle de l’environnement. Cette taxe existe dans cinq pays européens. Mise en place dès 2005 en Allemagne, elle a permis d’y mobiliser 4,3 milliards d’euros en 2012, et la part du fret ferroviaire y a fortement augmenté.

En faisant payer l’usage des routes par leurs utilisateurs réels, l’écotaxe s’inscrit dans une logique de changement des comportements et une optimisation des transports : moins de marchandises circulant en tous sens sur nos routes et des circuits plus courts. En s’appliquant aussi aux camions circulant à vide, elle incite également les transporteurs à rationaliser les tournées.

Il s’agit aussi de relativiser son impact sur les prix : le coût du transport représente 10% du prix des marchandises, la taxe est de 4,1% et elle ne porte que sur le transport routier empruntant les seules routes surchargées (1% du réseau routier français). L’impact de la taxe sera très limité, la moitié d’un centime pour une salade d’un euro. Même pas le coût du sachet plastique ! Bien loin du gaspillage de la chaîne de distribution (7% du prix du produit soit sept centimes pour une salade à un euro).

Ceux qui s’insurgent contre cette taxe aujourd’hui manipulent la réalité. L’écotaxe ne va pas détruire l’économie locale. Au contraire, applicable à tous les transports, et payable au kilomètre, elle va pénaliser les transports longs et ainsi faire baisser l’avantage concurrentiel de marchandises provenant de pays aux normes sociales et environnementales faibles, ou encore faire payer aux transporteurs routiers étrangers qui ne font que traverser la France du Sud au Nord, et qui n’apportent rien à notre économie si ce n’est pollution et destruction de nos routes. Les flux financiers créés par l’écotaxe sont ainsi créateurs d’emplois que ce soit par l’investissement en infrastructures (près d’un milliard d’euros par an) et par la protection des emplois locaux contre certaines importations. Nous devons donc faire preuve de plus de pédagogie et de conviction dans notre manière de défendre l’écotaxe.

Concernant la Bretagne, l’écotaxe s’inscrit clairement dans le soutien à des logiques de transformation sur place des productions. Faut-il rappeler que 700 000 porcs bretons sont envoyés à l’abattage en Allemagne chaque année ! L’application de l’écotaxe irait dans le sens de leur abattage sur place. Ainsi seule la viande sera exportée, pas le cochon vivant ! Faire de l’écotaxe un symbole des difficultés actuelles du secteur est donc un contre-sens total.

En tant que vice-présidents des commissions du développement durable au Sénat et à l’Assemblée nationale, Ronan Dantec et François-Michel Lambert estiment que le gouvernement doit rester ferme sur l’application au 1er janvier de l’écotaxe, et, tout en soutenant son aménagement dans le cas de régions excentrées, dénoncent son instrumentalisation par certains lobbies, de toute évidence plus soucieux de leurs profits immédiats en instrumentalisant ceux qui souffrent de la fin d’un modèle productiviste, que des enjeux environnementaux et de développement local.

La permaculture Reporterre 2013/10/29 (29 octobre 2013) La permaculture. Reporterre. fr

La permaculture

La permaculture. Une brève introduction, de Graham Burnett

Cultiver un jardin de ville ou une terre agricole sans perturber les écosystèmes ni trop se fatiguer. Habiter une maison qui consomme moins et qui produise même un peu. Mettre sur pied des réseaux d’échanges dont les bénéfices resteront dans la communauté. La permaculture permet à chacun de concevoir et de réaliser ces projets – et bien d’autres – simplement en imitant les modèles déjà présents dans la nature.

Dans ce micromanuel abondamment illustré, Graham Burnett montre en effet que la permaculture consiste d’abord à travailler avec la nature et non contre elle, en minimisant l’effort requis. Le niveau d’intervention optimal, selon l’auteur :« ne rien faire Car la nature est économe, pour ne pas dire paresseuse. Son principe est de multiplier les interactions fertiles, d’employer des éléments qui remplissent plusieurs fonctions, de tendre vers l’autosuffisance et de ne rien jeter.

Apparue en Australie dans les années 1970, la permaculture (de agriculture permanente) a évolué au-delà de la seule recherche de stratégies de production alimentaire viables pour devenir une véritable méthode de design écologique aux multiples applications.

Graham Burnett enseigne la permaculture dans l’Essex (Angleterre). Militant depuis plus de vingt ans pour la justice sociale et environnementale, il est actif dans l’agriculture communautaire et au sein du mouvement de Transition. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le végétalisme.

La permaculture. Une brève introduction, Graham Burnett, Editions Ecosociété, Collection Résilience, 144 pages, 8 euros

TABLE des matières :

Présentation

L’état de la planète

Qu’est-ce que la permaculture

Éthique et principes

Un minimum d’effort pour un maximum de résultats

Transformer les problèmes en solutions

Chaque fonction devrait être remplie par plusieurs éléments

Chaque élément devrait être rempli par plusieurs fonctions

Des rendements limités seulement par l’imagination

Tout fait partie d’un cycle : les sorties deviennent des entrées

Positionnement : zones, secteurs et pentes

Le processus de conception

Déployer la permaculture : sur le terrain dans votre vie À la maison Dans le jardin

Au-delà du jardin : stratégies à grande échelle pour un avenir viable

Notre communauté : il n’y a qu’une façon de faire la permaculture

Médiagraphie

Remerciements

Mais qui a peur du grand méchant loup ? Marc Giraud Reporterre 2013/10/29 Marc Giraud (29 octobre 2013) Mais qui a peur du grand méchant loup ?. Reporterre. Tribune — Animaux fr

Mais qui a peur du grand méchant loup ?

La filière ovine va mal, avec ou sans loup. Se focaliser sur celui-ci permet d’éviter de se poser les bonnes questions.

Les tirs qui ont suivi le Plan loup, puis le « symposium loup » qui se tenait du 9 au 12 octobre 2013, ont mis le feu aux poudres médiatiques. Beaucoup crient au loup et cassent au passage de l’écolo. Un sondage Ifop nous apprend que 80 % des Français sont contre l’éradication du loup, mais qui s’en soucie ? Et qui se soucie aujourd’hui de protéger la nature en France ?

Évidemment, je ne parle pas de vous chers collègues JNE Journalistes écrivains pour la nature et l’écologie, ni des journalistes qui font bien leur boulot, heureusement on en trouve encore d’excellents, curieux et courageux. Loin de moi également l’idée de taper sur la profession d’éleveur, ni de sous-estimer les difficultés économiques de l’élevage ovin.

Mais il conviendrait de bien soupeser tous les aspects du problème loup avant de l’aborder, car le prédateur cristallise et réveille toutes les haines, y compris à l’encontre des protecteurs de la nature, et ça n’est ni très rationnel ni très sain. Voici donc quelques arguments que l’on aimerait entendre un peu plus souvent pour rééquilibrer les débats, voire les élever un peu…

La filière ovine va mal, avec ou sans loup

Nous savons tous que la filière ovine va mal, avec ou sans loup. L’affaire du Rainbow Warrior et les importations de viande de mouton néo-zélandais qui ont suivi y sont certainement pour beaucoup. Depuis 1990, l’élevage s’est effondré de 50 % en Poitou-Charentes, où il n’y a pas de loup, contre 26 % en Rhône-Alpes, où le prédateur est installé depuis 1992 !

La filière ovine va si mal qu’elle est déjà aidée, ce qui n’est satisfaisant pour personne. Les éleveurs touchent des primes à la bête qui s’appuient sur des subventions françaises et européennes, donc avec l’aide des contribuables, qui seraient en droit de demander des comptes sur ce que l’on fait de leur argent. Nombre de protecteurs s’apprêtent d’ailleurs à demander l’arrêt de ces subventions, histoire de clarifier le contexte.

Avant la création du Parc du Mercantour, il y avait dans les Alpes très peu de brebis et essentiellement des vaches. Le pastoralisme n’est donc pas une forte tradition dans la région des loups, il ne rapporte rien localement, en tout cas tellement moins qu’un tourisme nature qui serait fondé sur une biodiversité préservée, et des écoutes de hurlements par exemple.

Or, le mouton n’est en aucun cas bon pour la biodiversité montagnarde. Le biologiste Gilbert Cochet le compare à un chalut dévastant tout, et rappelle que le surpâturage a appauvri la flore et la faune, en faisant disparaître notamment des orchidées et des papillons. La biodiversité est désormais plus riche – ou moins pauvre – dans les stations de ski que dans les zones de pâturage ! Dans son excellent livre Feral, le journaliste écologue britannique Georges Monbiot lance de son côté une critique forte contre le mouton dans son pays, qu’il considère comme une “vermine laineuse” !

L’exemple des pays voisins irrite les anti-loups, qui veulent faire croire que les montagnes sont différentes ailleurs (moins verticales sans doute). Rappelons qu’il y a 2 500 loups en Espagne et 24 millions de moutons… Que les loups sont aux portes des villes, comme en Italie à Rome ou à Florence, sans que cela pose plus de problèmes que cela.

400 000 brebis à l’équarissage chaque année

Oui, mais le pauvre berger qui voit ses brebis tuées ? C’est évidemment une catastrophe, qui le nierait ? Mais c’est une catastrophe parmi beaucoup d’autres ; bien plus importantes : chaque année en France, 400 000 à 500 000 brebis de réforme sont envoyées à l’équarrissage. Le loup aura du mal à rivaliser… Mais la brebis égorgée est forte émotionnellement, et ça, ça plaît à la télé. Si les images des loups abattus circulaient aussi facilement, sans doute le réflexe des téléspectateurs s’en trouverait-il fortement modifié…

On peut aussi se demander à qui appartient la montagne, car nombre de manifestants anti-loup se comportent comme s’ils en étaient les seuls dépositaires. Quid des Français qui n’ont pas la chance, comme eux, de vivre dans des paysages sauvages aussi beaux, et qui exercent des professions tout aussi dures qu’eux ? Quid des générations futures ?

Ouvrons les yeux : la haine du loup a dépassé le simple problème de la protection des troupeaux. Pourquoi ces arrêtés pour des tirs aux loups alors que les troupeaux redescendent, ou dans des départements où l’on n’a encore aperçu qu’un seul individu ? Notons d’ailleurs que plusieurs arrêtés de tirs ont déjà été annulés suite à des recours de l’Aspas et d’autres associations, ce qui en dit long sur le respect des lois montré par les préfets dans cette affaire. Ah oui : le loup est une espèce protégée, on a tendance à l’oublier…

Enfin, quelle nature voulons-nous ? Vouloir éliminer le loup, c’est ouvrir la porte aux fourches et aux fusils pour tout ce qui gêne. C’est-à-dire, en gros, tout ce qui ne rapporte pas de pognon à court terme. Avec les loups viennent les ours, les lynx (déjà braconnés jusqu’au dernier dans les Vosges), les vautours, les bouquetins, les renards, les blaireaux, les fouines, les belettes… La liste ne s’arrêtera pas. Voulons-nous juste stériliser la nature pour satisfaire quelques acharnés qui, de toute façon, ne seront jamais satisfaits ?

Pour ouvrir le débat à d’autres points de vue, les médias ont leur responsabilité. À moins que la destruction de la nature ne leur semble pas quelque chose de si important que ça...

Notre Dame des Landes : le contrat de l’enquête publique qui viole le code des marchés publics Nicolas de La Casinière (Reporterre) Reporterre 2013/10/29 Nicolas de La Casinière (Reporterre) (29 octobre 2013) Notre Dame des Landes : le contrat de l’enquête publique qui viole le code des marchés publics. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : le contrat de l’enquête publique qui viole le code des marchés publics

Un des éléments clés du dossier d’enquête publique du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes était l’inventaire faunistique et floristique de la zone. Mais celui-ci a été conduit en violant la loi : le contrat a commencé d’être exécuté avant même qu’il ait été attribué, bafouant le code des marchés publics, comme le révèle Reporterre, documents à l’appui.

La déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes doit-elle être annulée, parce que fondée sur un marché public douteux ? La question se pose aujourd’hui, avec les preuves apportées par Reporterre.

Pour bien comprendre la question, il faut remonter à l’année 2005, soit trois ans avant la DUP, la déclaration d’utilité publique signée par le gouvernement Fillon en février 2008. En cette année 2005, l’heure est à l’établissement du dossier qui sera soumis à enquête publique. Doit y figurer un inventaire des espèces naturelles remarquables présentes sur le terrain : tritons et grenouilles, libellules et insectes, oiseaux, chauves souris, tous au rapport, tout comme les espèces floristiques. Un appel d’offres est lancé pour choisir le bureau d’étude qui mènera ces inventaires indispensasbles.

L’administration l’a dénommé « Etude d’impact environnemental pour dossier DUP projet aéroport NDDL - Lot n° 1 : mission de coordination et de synthèse et volet faune flore milieux naturels ».

Le document est téléchargeable ici :

Et comme il l’indique, l’attribution du marché ne sera officielle que le 23 juin 2005 : "VI.2) Numéro de référence attribué au dossier par le pouvoir adjudicateur : DDE44/2005/006/NDDL. VI.3) Date de l’attribution du marché : 23.6.2005. VI.4) Nombre d’offres reçues : 4. VI.5) Ce marché a fait l’objet d’un avis publié au JOCE : Oui. Numéro d’avis au sommaire du JO : 2005/S 49-047408. Du : 10.3.2005."

Mais le candidat retenu in fine, la société « d’ingénierie écologique » Biotope, n’a pas attendu l’avis officiel. Sans même attendre que l’administration ait achevé la consultation des offres des trois autres bureaux d’étude en compétition, les équipes de Biotope sont les bottes dans la boue près de deux mois avant que le marché ne lui soit attribué.

Règle stricte des marchés publics

La loi est pourtant claire : « Un marché public d’au moins 15.000 € hors taxe doit être obligatoirement notifié au candidat désigné avant le début d’exécution du contrat ». Or, le marché d’étude d’impact environnemental en question est de 195 127 euros précisément. Le code des marchés publics prévoit l’égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures. Et donc, le début de « l’exécution du marché » (sa phase opérationnelle) ne peut pas intervenir avant la notification au titulaire du marché, ici attribué le 23 juin 2005 (la publication au Journal officiel n’intervenant que le 16 juillet suivant).

Dites que « le coin vous semble sympa »

Pourtant, dès le 13 mai, un courriel interne à Biotope, et que Reporterre révèle ici, organise le travail d’inventaire, tout en prévenant les salairés de son caractère irrégulier, qui appelle des précautions : « Nous ne sommes pas officiellement retenus pour le marché, ce qui demande pour les premières prospections un peu de discrétion, du type : vous faites des prospections à titre perso parce que le coin vous semble sympa. Dès que nous recevons la lettre de mission, je vous la transmets ».

Voici ce courriel :

La direction départementale de l’équipement s’associe à cette procédure irrégulière, puisque dès le 6 juin 2005, soit dix-sept jours avant l’attribution du marché, elle donne une lettre de mission à Biotope, que Reporterre publie ici :

Ce feu vert de l’autorité responsable serait tout à fait « normal » selon Biotope, interrogé par Reporterre. Pour l’entreprise, les périodes d’observation auraient été mal prévues. Biotope plaide une méconnaissance des cycles biologiques de la part des services de l’État qui ont lancé l’appel d’offres. L’ordre de mission anticipé interviendrait donc comme un moyen de rattraper illégalement une boulette.

Le 28 juin, un nouveau courriel de Biotope à ses experts naturalistes annonce : « première info : nous avons enfin la notification du marché » tout en rappelant qu’« il est primordial de s’assurer de la sécurité juridique du projet ».

Deux mois d’avance sur la procédure légale

Bertrand Delprat, un ancien salarié de Biotope à l’époque, se souvient très bien de ce qui s’était passé. Il est aujourd’hui à la tête d’une petite société, Caldris, qui fait le même genre de travail. Bertrand Delprat vient de gagner un procès aux prud’hommes, de droit social cette fois, contre Biotope (lire encadré ci-dessous). Pour la période de 2005, il a comptabilisé vingt-et-un jours d’études sur le site, dédiés à l’examen de la flore, des oiseaux, des amphibiens, des insectes, et des chiroptères (chauve-souris). Sans compter le temps de rédaction des observations, et les réunions de suivi. Le premier déplacement sur le terrain date du 7 mai, vouée aux amphibiens. Soit 54 jours avant l’attribution de ce marché !

Des études depuis plus de dix ans

Quelque 240 salariés, quinze agences en France, des bureaux à Madagascar, en Serbie, au Maroc, Biotope est une grosse entreprise, qui a son siège à Mèze, dans l’Héraut, près de l’étang de Thau. Un bureau local a été ouvert depuis dix ans à Rezé, commune jouxtant Nantes.

Biotope signe des études environnementales pour le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes depuis 2002, réitère en 2006, en 2011. Des paysans occupant le terrain à la ferme de Bellevue sur l’emplacement prévu pour la zone aéroportuaire, affirment avoir vu il y a quelques jours, en octobre 2013, des salariés de Biotope protégés par des gendarmes mobiles. Toujours dans le périmètre de la Zad.

Interrogée pour clarifier les missions actuelles et passées de Biotope, la préfecture de Loire-Atlantique ne souhaite ni commenter, ni même s’exprimer sur le sujet.

Biotope, ni non ni nom

Contactée par Reporterre, l’entreprise Biotope ne nie pas avoir anticipé la signature du contrat en 2005. Tout en concédant avoir été prévenu courant mai qu’elle serait le lauréat de l’appel d’offres, ce qui rendait le bureau d’étude certain d’être attributaire, sauf recours improbable d’un concurrent. Il n’y a d’ailleurs pas eu de contestation judiciaire : les entreprises ne portent en effet jamais plainte dans ce genre de cas, si elles veulent continuer à travailler dans le secteur. Mais aujourd’hui, ni le juriste de Biotope, Pierre Kochoyan, ni son directeur général, Frédéric Melki, ne veulent que leurs propos soient cités.

Devant des tribunaux, la question pourrait se poser d’une illégalité du contrat et donc de son annulation. La DUP se trouverait alors orpheline de son indispensable diagnostic de la faune et la flore existante avant la consultation du public. On pourrait alors entendre parler de la la loi n° 93-122 du 29 janvier 1993 relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques.

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Biotope déjà condamné

Le 10 septembre 2013, Biotope a été condamné par le tribunal des prud’hommes de Nantes à verser 76 212 euros à Bertrand Delprat, qui a travaillé pendant sept ans pour Biotope, mais par un biais original : si son temps était dédié à Biotope, il était officiellement rémunéré par une association satellite, VIAS (pour Voyages Inter Associations), présidée par l’épouse du patron de Biotope, et structure habilitée à toucher des aides publiques au titre du financement des emplois jeunes. Les entreprises ne pouvaient pas bénéficier de ces contrats aidés.

Mais Bertrand Delprat bénéficiait d’une adresse électronique fournie par Biotope, travaillait dans leurs locaux, gérait les relations clients, participait aux mission d’étude d’impact, et figure dans bien des documents officiels comme appartenant au bureau d’études. Ces informations ont été révélée par Médiapart en juin dernier. Faussement salarié de l’association, Bertrand Delprat avait été mis à la porte en septembre 2007 sans la moindre procédure, sans lettre de licenciement. Un mois plus tard, l’association était dissoute. Le jugement reconnaît qu’en ne déclarant pas son salarié, Biotope a commis l’infraction de travail dissimulé. Cette infraction pourrait être un autre motif d’annulation du marché public attribué, donc d’irrégularité de la DUP.

Biotope a fait appel de cette décision de première instance, qui devrait donc être rejugé par la cour d’appel de Rennes. –--------------------------

La Zad met en cause les naturalistes collaborateurs des bétonneurs

Dans la quiétude des zones humides et du bocage, les ornithologues de Biotope ont parfois dû demander la protection des gendarmes mobiles en tenue anti émeute. Le 28 avril 2011, l’antenne nantaise de Biotope a été envahie par une cinquantaine de militants, qui dénonçaient son rôle dans la prescription des mesures compensatoires, sur les volets faune et flore.

Sur le terrain, les visites à Notre-Dame-des-Landes, des naturalistes de Biotope avaient été mal accueillies. Les militants les interpellent : « Peut être les mesures compensatoires ou d’atténuation que vous serez en mesure de proposer suffisent à satisfaire votre bonne conscience, suffisent à vous faire oublier que vous travailler sous contrat avec la multinationale du béton, Vinci... Nous sommes ici pour vous rappeler cette aberrante contradiction. Le bétonnage de deux mille hectares de terres sacrifiées sur l’autel du progrès et du profit des actionnaires de Vinci ne sera jamais écologique. Il n’y a pas d’aéroport écologique. On croirait un tel oxymore sorti tout droit de la novlangue de 1984. (...) Biotope et ses salarié-e-s participent aujourd’hui grandement à donner, volontairement ou non, la légitimité écologique à un projet et à ses promoteurs. »

En juin 2011, une banderole a même été installée sur une des routes de la ZAD clamant « Biotope, Vinci, fossoyeurs par nature ».

- La société Biotope a souhaité exercer un droit de réponse à cet article, que l’on peut lire ici.

José Bové : « La reculade de M. Ayrault sur l’écotaxe est minable » José Bové Reporterre 2013/10/29 José Bové (29 octobre 2013) José Bové : « La reculade de M. Ayrault sur l’écotaxe est minable ». Reporterre. Tribune — fr

José Bové : « La reculade de M. Ayrault sur l’écotaxe est minable »

Dans une tribune adressée à Reporterre, le député européen José Bové qualifie de « minable » la reculade du gouvernement Ayrault sur l’écotaxe. Ce matin 29 octobre, M. Ayrault a annoncé la suspension de cet outil de fiscalité écologique visant le trafic routier. José Bové souligne que la crise agricole de la Bretagne découle d’un système productiviste à bout de souffle, sans rapport avec l’écotaxe.

La taxation des transports a entrainé de vives réactions dans le Finistère et les Côtes d’Armor. Je ne suis pas surpris que les habitants de cette région soient à bout de nerfs, vu la catastrophe économique qui frappe cette région. Car les élus locaux de droite et de gauche, poussés par la FNSEA, y ont mis en place une filière agricole industrielle qui n’est plus attachée à un terroir. Du jour au lendemain, comme dans les aciéries, les abattoirs peuvent fermer. C’est ce qui arrive, et c’est la catastrophe.

Plus de 750 000 porcs produits en Bretagne roulent plus de 2000 kilomètres dans des conditions déplorables pour être abattus dans des usines, installées dans le nord de l’Allemagne, et dont la construction a bénéficié de subventions européennes (comme, d’ailleurs, les abattoirs français qui ont su naguère empocher leur part quand il fallait).

La Bretagne, est en passe de devenir une espèce colonie productrice d’un minerai de viande, qui est transformé et valorisé ailleurs, un peu sur le modèle dramatique de la Côte d’ivoire qui fournit du cacao au monde, mais pas de chocolat !

L’agriculture en Bretagne a le dos au mur. Le modèle productiviste est à bout de souffle. Dans un marché mondialisé, les produits standard trouveront toujours un pays où la main d’oeuvre est moins chère, où les environnementalistes sont moins pénibles.

Ce modèle hors sol a été subventionné par tous les citoyens. Il a pollué les eaux, les campagnes et souillé les côtes d’algues vertes. Je ne vois pas pourquoi le lobby porcin, avec comme porte-parole le député UMP Le Fur ou l’ancien Président de région, Jean-Yves Le Drian, actuellement ministre de la Défense, bousillerait l’activité économique d’autres secteurs plein de vitalité comme le tourisme.

L’écotaxe est une solution et non pas une menace

La taxe sur le transport routier, ou ecotaxe, est selon moi une solution et non pas un danger. Car en renchérissant le coût des transports, elle oblige d’une certaine manière l’ensemble d’une filière à se repenser et à se reconstruire localement. Cette hausse des coûts est d’ailleurs minime lorsqu’elle est ramenée au kilo produit : environ un centime d’euro supplémentaire pour traverser la France. Elle nous permettrait de subventionner des infrastructures moins polluantes, comme le fret ferroviaire, ou de relancer la navigation fluviale, qui ne représente presque plus rien en France.

L’écotaxe est appliquée dans plusieurs pays européens, et en particulier en Allemagne. Cette décision n’a pas mis le feu aux campagnes. Pourquoi ? Simplement parce ce sont les véhicules lourds de plus de douze tonnes qui sont visés, ceux qui justement traversent l’Europe d’Est en Ouest et du Nord au Sud. En décidant de taxer des 3,5 tonnes, la décision du gouvernement n’était plus lisible car elle touchait aussi bien la desserte locale que les transports internationaux ce qui n’a rien à voir.

Construite différemment, son principe est parfaitement compréhensible par les gens. La reculade du gouvernement Ayrault est minable. Les mesures prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas faites pour faire plaisir aux écologistes, mais parce que la planète sur laquelle nous vivons tous commence vraiment à s’échauffer.

José Bové est député Vert au Parlement européen.

En Auvergne, des citoyens s’organisent pour devenir autonomes en énergie Combrailles durables Reporterre 2013/10/29 Combrailles durables (29 octobre 2013) En Auvergne, des citoyens s’organisent pour devenir autonomes en énergie. Reporterre. fr

En Auvergne, des citoyens s’organisent pour devenir autonomes en énergie

Beaucoup en parlent, ils l’ont fait : une coopérative de citoyens en Auvergne mène concrètement la transition énergétique sur son territoire. Et ça marche ! Par exemple sur un stade de rugby.

Comment ? En mettant en service et en exploitant des petites centrales solaires photovoltaïques en toiture de bâtiments publics.

Qui ? Des citoyens lambda (176 au 10 octobre 2013) groupés en une coopérative d’intérêt collectif (SCIC) sans but lucratif animée pas un groupe d’une quinzaine de bénévoles.

Combien ? Au 1 octobre 2013, ce sont sept petites centrales qui sont déjà en production sur des lycées, écoles, mairies,... et quatre qui sont en projet pour 2014.

Quelle puissance, quelle production ? - Début octobre 2013 : 103 kva sur 7 petites centrales produisent 109 000 kwh/an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de quarante foyers. - Objectif fin 2014 : tripler la production avec quelques jolis projets « sur le grill » et toujours en coopérative citoyenne sans but lucratif.

Nous ne serons pas loin alors d’assurer un production de nature à compenser intégralement les consommations domestiques de l’ensemble de nos coopérateurs qui deviendront dès lors électriquement neutres.

Mais où ? En Auvergne bien sûr (pays du soleil !), dans la chaîne des volcans autour d’une commune d’irréductibles : Loubeyrat.

Mais avec quels moyens ? Au départ une cagnotte associative, rapidement abondée de quelques subventions, enrichie de souscriptions de parts coopératives locales ou plus lointaines (certains coopérateurs résident en Corse, dans le Périgord, en Béarn, on ne les voit jamais aux AG mais ils sont coopérateurs et ça veut dire beaucoup).

Depuis le début, toute la production est livrée à EDF (en attendant de pouvoir vendre à Enercoop). Les sommes collectées sont intégralement réinvesties sur les projets futurs.

Peut-on aider ? Oui, exceptionnellement et pour permettre de toucher un public plus large que les vaillants coopérateurs, la plate-forme de « micro funding » Ulule est mobilisée, chacun peut depuis chez lui apporter des fonds (à partir de 1€) et recevoir en échange quelques contre parties et surtout avoir la fierté de pouvoir dire : « C’est un peu grâce à mo i ! » Attention c’est jusqu’au 15 novembre et pas plus tard !

Un exemple : les gradins de rugby du stade Manzat transformés en centrale solaire

Après un premier trimestre de production, la centrale solaire photovoltaïque que nous avons mise en service à la mi juillet sur les gradins de rugby de Manzat affiche des résultats conformes aux attentes. Avec une production autour des 7 900 kWh produits fin octobre, nous aurons produit en un peu plus de trois mois l’équivalent de la consommation annuelle de trois foyers.

Cette installation a été l’occasion de remettre entièrement à neuf la toiture en bac acier des gradins. La saison de rugby reprend, nous espérons n’avoir pas trop dérangé les activités de nos rugbymans au cours du chantier qui s’est organisé sur plusieurs semaines.

Le consommateur bio est en meilleure santé que le non-bio Pascale Garcia (Reporterre) Reporterre 2013/10/29 Pascale Garcia (Reporterre) (29 octobre 2013) Le consommateur bio est en meilleure santé que le non-bio. Reporterre. fr

Le consommateur bio est en meilleure santé que le non-bio

Une enquête scientifique approfondie s’est intéressée aux comportements alimentaires de la population française. Il en ressort que les consommateurs de produits bio se portent mieux que les autres. Pour autant, ils ne sont pas plus riches que les autres.

Présentée comme la plus grande étude jamais lancée au monde sur Internet et sur des volontaires (500 000 à terme), Nutrinet-Santé vise à mieux comprendre les relations entre la nutrition, la santé, les comportements alimentaires. Elle est menée par l’Inserm, l’Inra (U1125) le Cnam et l’université Paris XIII. L’un de ses volets piloté par Denis Lairon de l’Inserm et portant sur 54 311 participants concerne le profil des consommateurs de produits bio en France. Ses résultats viennent d’être publiés.

Il en ressort que les produits bio sont perçus comme meilleurs pour la santé (69,9 %) et pour l’environnement (83,7 %), mais trop chers pour 51% des personnes interrogées.

L’étude révèle des « comportements types » de consommation. Chez les non-consommateurs (19 193 du panel), il y a ceux qui le sont par manque d’intérêt pour les produits bio, ceux qui les évitent et ceux qui les estiment trop chers. Les consommateurs bio réguliers (7 606 contre 27 512 occasionnels) présentent des caractéristiques sociologiques différentes : d’un niveau plus élevé d’éducation, ils sont physiquement plus actifs.

En revanche, leur niveau de revenu est comparable à celui des non-consommateurs bio (excepté pour le groupe des non-consommateurs qui invoquent un coût trop cher pour ne pas consommer les produits bio). De même, leurs choix alimentaires tendent davantage vers des produits végétaux et peu raffinés : plus de fruits, de légumes, de légumes secs, de fruits à coque (noix, amandes, noisettes), d’huiles végétales, de céréales complètes, avec moins de boissons sucrées et ou alcoolisées, de charcuteries, de lait et de fastfoods.

Côté calories, les apports moyens journaliers sont identiques. En revanche, leurs apports sont plus élevés pour les vitamines et minéraux (+10 à 20%), les acides gras oméga-3 (+20%) et les fibres (+27 %). Ils ont une moindre probabilité d’être en surpoids ou obèse.

Les effets à long terme sur l’état nutritionnel et le risque ou la protection de maladies chroniques seront suivis plus en détail durant cinq ans.

Ces résultats ne surprendront pas les acteurs de la filière, ni les consommateurs bio réguliers. L’étude n’en demeure pas moins une première. A ce jour, il en existe très peu sur le style de vie, les consommations alimentaires, les apports nutritionnels et l’état de santé des consommateurs de produits bio en France comme au plan international, malgré l’intérêt et le nombre croissant des consommateurs de produits bio.

En témoigne le salon bio Natexpo de Paris-Nord Villepinte qui vient de fermer ses portes mardi 22 octobre après trois jours de rencontres entre 600 exposants venus de France et d’ailleurs et 10 000 visiteurs professionnels (www.natexpo.com) : avec plus de 46 milliards d’euros de chiffres d’affaires le marché mondial des produits biologiques, écologiques et compléments alimentaires a presque quadruplé en 10 ans. En Europe, il s’élève à 21 milliards d’euros, dont environ 19 milliards dans la seule Union européenne, selon l’Agence française pour la promotion et le développement de l’agriculture biologique.

Amazonie : le secret surprenant de sa biodiversité Louise Browaeys (Reporterre) Reporterre 2013/10/30 Louise Browaeys (Reporterre) (30 octobre 2013) Amazonie : le secret surprenant de sa biodiversité. Reporterre. Forêts tropicales fr

Amazonie : le secret surprenant de sa biodiversité

Malgré sa diversité immense, la forêt amazonienne est dominée par deux cent vingt sept espèces seulement. C’est la conclusion d’une étude scientifique qui renouvelle le regard sur la biodiversité des forêts tropicales.

Une étude internationale, publiée récemment dans la revue Science, a dressé le premier inventaire des arbres du bassin amazonien. Ils appartiendraient à environ 16 000 espèces différentes : 227 de ces espèces sont hyper dominantes (et représentent plus de la moitié des arbres) tandis que 11.000 espèces sont considérées comme rares (elles ne représentent en tout que 0,12 % des arbres). Environ 4 700 espèces ne sont ni rares ni dominantes.

Avec le Sud-est asiatique, l’Amazonie est un des point les plus chauds du monde en terme de biodiversité, tant pour les espèces animales que végétales. Mais l’inventaire en est loin d’être achevé. « Les espèces rares sont difficiles à documenter. Il s’agit d’un monde encore largement inexploré », dit Daniel Sabatier, botaniste de l’IRD ayant participé à l’étude.

Inventorier les communautés d’arbres de la forêt amazonienne s’avère complexe, compte-tenu de l’immensité du domaine à étudier et de la diversité record des communautés d’arbres (jusqu’à 210 espèces à l’hectare en Guyane, et plus de 300 au Pérou). Les chercheurs ont réuni des données recueillies sur 1 170 parcelles d’un hectare (qui concernent ainsi plus d’un demi-million d’arbres), listées par le réseau scientifique Amazon Tree Diversity Network. Les 16 000 espèces d’arbres ont été nommées.

Un modèle largement répandu sur la planète

« Nous démontrons dans cette étude une réalité qui n’était jusqu’ici que théorique à cette échelle : peu d’espèces sont très répandues alors que de très nombreuses sont rares », indique Daniel Sabatier. Comment expliquer cette situation ? Les chercheurs font l’hypothèse que ces 227 espèces, caractérisées par une répartition géographique large, pourraient être résistantes aux pathogènes (champignons, bactéries, virus). L’étude suggère ainsi l’importance des interactions entre les arbres et les micro-organismes : "On commence en effet à découvrir que le monde quasi inexploré et foisonnant des micro-organismes a un rôle considérable dans cet écosystème", indique Daniel Sabatier.

Cette distribution inégale des abondances entre espèces est un modèle déjà bien documenté à l’échelle locale dans diverses régions du globe. Mais la forêt amazonienne semble en être un exemple extraordinaire. Les espèces hyper dominantes y sont très nombreuses, en comparaison avec d’autres biomes.

« Par exemple, les forêts de conifères de l’hémisphère nord présentent très peu d’espèces dominantes. Les forêts de pins à longues aiguilles de Floride en sont un exemple extrême avec deux espèces hyper-dominantes : un pin et une herbe, ce qui n’empêche pas qu’elle présentent une très grande diversité végétale et animale », explique Jean-Louis Martin, président de la Société Française d’écologie.

Forêt dominée par une seule espèce, le Pinus palustris. -

Chaque espèce, rare ou abondante, participe pleinement à la biodiversité

La domination de certaines espèces n’est pas une question de hiérarchie entre forts et faibles mais de différence de stratégie évolutive. « En Amazonie, la rareté est une stratégie d’évitement pour des milliers d’espèces ! La barrière de la distance leur permet de résister au pathogènes », analyse Daniel Sabatier. Une espèce rare n’est pas nécessairement une espèce faible : elle peut être simplement très adaptée à des conditions de survie précises.

De fait, chacune joue son rôle dans l’écosystème et participe à la biodiversité à sa façon. Les espèces rares comme les espèces dominantes sont indispensables, car toutes sont interdépendantes. « La biodiversité est comme un tissu. Il existe une trame faite de deux ou trois types de fils indispensables pour tenir l’étoffe, la structurer. Mais celle-ci existe également grâce à la richesse des autres fils, de couleurs et de formes différentes, variées », poursuit Jean-Louis Martin.

Canopée avec palmeraie à Euterpe oleracea et Mauritia flexuosa (Monts Tumuc-Humac, Guyane française, frontière sud Brésil) -

Certaines espèces sont généralistes ; elles charpentent l’habitat et le définissent en tant que forêt. D’autres, moins répandues, apportent une richesse à l’écosystème, conditionnent les multiples chaînes alimentaires. La disparition de ces espèces rares fragilise les espèces dominantes, et vice versa, notamment parce qu’’elles nourrissent les nombreuses chaînes alimentaires. Par exemple, dans une forêt composée à 90% d’arbres dont les fruits ne sont pas comestibles par les singes, la survie de ceux-ci dépend de la présence de quelques espèces rares qui leur offrent des fruits charnus et nutritifs.

La biodiversité est un équilibre dynamique

« La biodiversité n’est pas un état mais un processus », dit Jean-Louis Martin. Ces inventaires sont faits à un instant t, dans des conditions particulières, et sont relatifs. Le milieu change. Celui qui tire aujourd’hui son épingle du jeu demain sera plus rare, et vice versa.

« Par exemple, si le réchauffement climatique se poursuit, les ours polaires vont se raréfier. De la même façon, Homo Sapiens est aujourd’hui hyper dominant sur la planète mais rien n’indique que dans deux mille ans, nous le serons toujours ! Et si nous disparaissons dans un avenir proche, nous aurons duré dix à vingt fois moins longtemps que les australopithèques », s’amuse le chercheur.

Protéger la biodiversité, au lieu de la détruire

L’Amazonie est aujourd’hui fortement touchée par la déforestation et les autres perturbations anthropiques : on estime que près de 18 % de la forêt ont disparu depuis 1970. Du fait de leur répartition très limitée, les espèces rares sont particulièrement menacées et risquent de disparaître avant même d’avoir été observées. « La conservation en est particulièrement complexe puisqu’il est déjà très difficile de connaître leur présence », indique Daniel Sabatier.

Intensifier l’inventaire des 11 0000 espèces rares est donc un enjeu majeur. « Les espèces aujourd’hui rares sont les « briques » pour construire la biodiversité de demain. A chaque fois que nous supprimons une espèce, l’avenir change dans des proportions inestimables », conclut Jean-Louis Martin. C’est là toute la tragédie de la diminution actuelle de la biodiversité.

Tout va très bien, Madame la Banquise Frédéric Wolff Reporterre 2013/10/30 Frédéric Wolff (30 octobre 2013) Tout va très bien, Madame la Banquise. Reporterre. Tribune — fr

Tout va très bien, Madame la Banquise

Puisque parfois les mots nous manquent pour en parler et pour convaincre par la raison, essayons en chanson...

Tout va très bien,

Madame la banquise…

Allo allo Docteur je vous appelle

De jour en jour je dépéris

J’ai le front de mer qui ruisselle

J’ai peur d’être en hémorragie

Rassurez-vous Madame la banquise

Tout va très bien tout va très bien

C’est juste une petite crise

Le climat qui est mal en point

Le temps que cela cicatrise

Et il n’y paraitra plus rien

Mais à part ça Madame la banquise

Tout va très bien tout va très bien

Allo allo Docteur qu’est-ce que vous dites

Plus ça va et plus je maigris

Je sens bien que la vie me quitte

Dans l’océan je tombe en pluie

Cela n’est rien Madame la banquise

Cela n’est rien cela n’est rien

Il ne faut pas qu’on dramatise

C’est un problème féminin

La fin d’un cycle qui s’enlise

Un peu de fièvre trois fois rien

Mais à part ça Madame la banquise

Tout va très bien tout va très bien

Allo allo ne tardez plus Docteur

Ça coule à pic au fond de moi

De partout je sens que je meurs

Je bois la tasse je me noie

N’ayez pas peur Madame la banquise

N’ayez pas peur n’ayez pas peur

C’est just’ la terr’ qui agonise

Le Thermostat du radiateur

A changer d’ici qu’on ne cuise

Trois jours avant la saint-glinglin

Mais à part ça Madame la banquise

Tout va très bien tout va très bien

A l’eau Docteur à l’eau je suis en eau

Ma taille est celle d’un glaçon

Je flotte en mille et un lambeaux

Où donc est passé l’horizon

Rassurez-vous Madame la banquise

Je vous embrass’ je vous embrasse

Je vais préparer mes valises

Pour un voyage dans l’espace

Pas le temps de fair’ l’inventaire

Je n’ai pas trop le pied marin

Je vous laisse la serpillère

Une éponge et un essuie-main

J’ai vidé le congélateur

Pour que vous puissiez patienter

Bien au frais loin des radiateurs

Trois ou quatre millions d’années

Vous voyez bien Madame la banquise

Tout va très bien tout va très bien

Relance de la mobilisation pour les écologistes de Greenpeace emprisonnés en Russie Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/10/30 Barnabé Binctin (Reporterre) (30 octobre 2013) Relance de la mobilisation pour les écologistes de Greenpeace emprisonnés en Russie. Reporterre. fr

Relance de la mobilisation pour les écologistes de Greenpeace emprisonnés en Russie

Un mois et demi après leur arrestation, les « 30 de l’Arctique » sont toujours détenus en Russie. La mobilisation pour obtenir leur libération s’accentue, et Reporterre s’y associe. Le verdict est attendu pour le 24 novembre. Retour sur les faits.

18 septembre 2013, mer de Pechora. Deux militants de Greenpeace tentent d’escalader la plateforme pétrolière de Prirazlomnaya, appartenant au géant russe Gazprom. Il s’agit de se hisser le plus haut possible pour déplier une banderole et immortaliser le moment par une photographie qui fera le tour du monde.

L’association écologiste veut dénoncer les forages pétroliers et alerter sur les risques écologistes de l’extraction du pétrole en Arctique. Greenpeace est habituée de ces méthodes non-violentes de communication, qui font « partie de son ADN » selon Isabelle Philippe, porte-parole du mouvement. Le procédé est le même que lors de l’intrusion dans la centrale nucléaire du Tricastin en France en juillet, ou lors du Grand Prix de Belgique, le 25 août dernier, déjà pour dénoncer l’exploration de pétrole en Arctique par la compagnie Shell.

Mais cette fois, la réaction des autorités est violente. Les gardes-côtes russes dégainent les canons à eau du haut de la rambarde. Sur la vidéo disponible sur le site de Greenpeace, on voit des armes à feu être pointées et on peut entendre plusieurs tirs de sommation. Les deux militants rejoignent le Zodiac et rebroussent chemin vers l’Arctic Sunrise.

Le lendemain, le 19 septembre, un commando héliporté des forces de sécurité russe –le FSB – arraisonne le navire, alors en dehors des eaux territoriales de l’Etat russe. Le bateau est remorqué jusqu’à Mourmansk, et les membres de l’équipage sont retenus à bord, détenus dans le réfectoire pendant quatre jours, le temps de rejoindre les côtes.

Greenpeace avait-il envisagé un tel scénario ? « C’est la méthode qui est inattendue. On n’imaginait pas être abordé dans un tel contexte, par voie d’hélicoptère, en dehors des eaux territoriales » explique Anne Valette, chargée de la campagne Save the Arctic lancée en juin 2011 par l’association. La situation est d’autant plus surprenante qu’une action similaire avait eu lieu l’année dernière, n’entraînant alors aucune conséquence particulière.

Accusés de piraterie, puis d’hooliganisme

Le 26 septembre, les membres de l’équipage sont auditionnés un à un par un tribunal russe. Soit vingt-huit militants de Greenpeace et deux journalistes indépendants, un photographe et un cameraman. Accusés de piraterie, ils sont placés en détention provisoire pour deux mois et encourent jusqu’à quinze ans de prison.

Piraterie ? Un mobile d’accusation « rocambolesque » selon Anne Valette. Lavsemaine dernière, les autorités russes ont ramené le chef d’accusation au hooliganisme, passible de sept ans de prison en Russie. Les militants de Greenpeace font ainsi face aux mêmes accusations que les Pussy Riots.

Pour le Parlement européen, ces accusations restent « disproportionnées ». Dans le même temps, les Pays-Bas – où se trouve le siège social de Greenpeace International – lance une requête en procédure d’arbitrage auprès du Tribunal international du droit de la mer visant à faire appliquer la Convention des Nations Unies en la matière.

Les prisonniers semblent actuellement détenus dans différents centres de rétention autour de Mourmansk. Peu d’informations filtrent. Pour Anne Valette, « la situation est tellement imprévisible qu’il est impossible de faire des pronostics sur la suite ».

La mobilisation se poursuit

Tout au long des dernières semaines, le mouvement de soutien s’est organisé en France et en Europe, se rendant visible grâce à différentes actions. Le 27 septembre, une manifestation de protestation se tenait devant l’Ambassade de Russie en France. Le 1er octobre en Suisse, lors d’un match de football de Ligue des champions opposant Bâle à Schalke, quatre militants de Greenpeace déployaient une grande banderole hostile à Gazprom – sponsor officiel du club allemand et de la compétition en question – sur laquelle était inscrit « Don’t foul the Arctic » (N’abîmez pas l’Arctique).

Le 5 octobre, une journée d’appel à mobilisation internationale a vu des manifestations se tenir dans quarante-sept pays, de la Belgique à la Chine, en passant par la Suède et la Nouvelle-Zélande.

Samedi 26 octobre, c’est le symbole de la Tour Eiffel à Paris qu’a occupé le mouvement. Pendant près d’une heure, un militant suspendu dans une tente depuis le deuxième étage du monument a fait le tour des chaînes d’information françaises avec sa banderole « Free the Arctic 30 ».

Ce jeudi 31, une nouvelle journée de mobilisation est prévue sur la place de la République, à Paris, à 15 heures. Il s’agira d’enfermer des représentants d’associations de droits de l’Homme ou de protection de l’environnement dans des « cages » semblables aux cellules dans lesquelles les militants emprisonnés comparaissent au tribunal.

Cette action coïncide avec le voyage du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault en Russie pour deux jours. Il doit rencontrer jeudi Dimitri Medvedev, chef du gouvernement, puis vendredi Vladimir Poutine, président de Russie.

« Nous demandons explicitement au gouvernement de mettre le sujet de la libération des « 30 de l’Arctique » à l’agenda de ce voyage », dit Anne Valette. Le mot d’ordre reste le même : « nos militants ne sont pas des criminels, dit Axel Renaudin, directeur de la communication chez Greenpeace France, ils manifestaient pacifiquement. Il faut de la solidarité dans cette mobilisation car l’enjeu est global : le climat est encore plus en danger si on met ses défenseurs en prison... »

« Sacrée croissance ! », la nouvelle enquête de Marie-Monique Robin, à soutenir Attac France Reporterre 2013/10/30 Attac France (30 octobre 2013) « Sacrée croissance ! », la nouvelle enquête de Marie-Monique Robin, à soutenir. Reporterre. fr

« Sacrée croissance ! », la nouvelle enquête de Marie-Monique Robin, à soutenir

Marie-Monique Robin prépare un nouveau film et a besoin de votre soutien ! Cette nouvelle investigation (sur Arte en octobre 2014) interrogera le dogme de la croissance illimitée et présentera des alternatives à celui-ci.

Marie-Monique Robin prépare un nouveau film et livre, baptisés provisoirement Sacrée croissance ! Cette nouvelle investigation (sur Arte en octobre 2014) interrogera le dogme de la croissance illimitée et présentera des alternatives dans le domaine de la production alimentaire (agriculture urbaine), de l’argent et de la richesse (monnaies sociales et nouveaux indicateurs de richesse) et de l’énergie (villes en transition).

Comme pour son précédent film, Les moissons du futur, Marie-Monique a lancé une souscription pour soutenir la production : préachat du DVD, en tirage limité avec des bonus et accès à des pages réservées sur son site internet pour suivre la progression de la production.

Vous pouvez souscrire à l’adresse suivante : www.m2rfilms.com

Cette opération de financement participatif (« crowdfunding » en anglais) représentera 15 % du budget du film, en assurant sa trésorerie et en permettant d’éviter le recours aux banques.

Le film

Alors que la crise (économique, financière, écologique) s’installe en Europe et dans le reste du monde, le « retour à la croissance » est systématiquement invoqué par les responsables politiques de droite comme de gauche, comme le sésame indispensable qui permettra de sortir du tunnel.

Dans le public, cette incantation suscite toujours les mêmes questions :

• Qu’est-ce que la croissance ? • Comment ce concept économique s’est-il progressivement imposé au point de devenir un dogme intangible ? • Comment peut-on continuer de promouvoir une croissance illimitée, alors que nous savons aujourd’hui que les ressources naturelles de la planète sont limitées ? • Y-a-t-il des alternatives théoriques et pratiques à la croissance ? • Que peut-on faire localement pour inverser la tendance ?

C’est à ces questions que Sacrée croissance ! tentera de répondre en retraçant l’histoire de ce « dogme », mais aussi en montrant des alternatives sur le terrain qui dessinent un autre mode de pensée et d’agir ensemble.

Soutenez la production du documentaire en préachetant le DVD. Les souscripteurs bénéficieront d’une édition spéciale qui sera envoyée à leur adresse au moment de la sortie télé et pourront suivre la réalisation mois après mois.

Nos pas peuvent créer de l’électricité grâce aux « planchers intelligents » Bulletins électroniques Reporterre 2013/10/30 Bulletins électroniques (30 octobre 2013) Nos pas peuvent créer de l’électricité grâce aux « planchers intelligents ». Reporterre. fr

Nos pas peuvent créer de l’électricité grâce aux « planchers intelligents »

Un sol qui créerait de l’électricité par la seule force des gens qui le foulent : de la science-fiction ? Non. Cela existe bel et bien ! Une société anglaise développe le concept et a déjà commencé des essais, notamment dans une école primaire.

Alors que le concept de smart-cities se développe de plus en plus dans les pays développés, notamment au Royaume-Uni avec l’ouverture d’un nouveau Future Cities Catapult Centre [1], l’école primaire Simon Langton Grammar, dans le Kent, est devenue début septembre la nouvelle plateforme de test pour un plancher intelligent, constitué de « Pavegen tiles », qui convertissent et stockent l’énergie des pas des élèves.

La compagnie Pavegen, fondée en 2009 par Laurence Kemball-Cook, tout juste titulaire d’un diplôme d’ingénieur en dessin industriel de l’Université de Loughborough, a développé ce « carrelage » intelligent, qui permet de récupérer de l’électricité grâce à l’énergie cinétique de la marche à pieds, produisant environ 4 W par pas.

Ces carreaux, dont la surface extérieure est constituée à 100% de caoutchouc recyclé (notamment issu de pneus de camions), et dont la base contient 80% de matériaux recyclés également, contiennent des coussinets de pression permettant de convertir l’énergie des pas en électricité. Les 24 carreaux installés dans l’école Simon Langton devraient permettre de produire suffisamment d’électricité pour alimenter des LED le long des couloirs de l’école, ainsi que plusieurs points de recharge pour les téléphones portables.

L’installation des Pavegen tiles dans l’école est la phase d’essais la plus récente de l’entreprise de Kemball-Cook, après avoir fait des tests à plusieurs endroits, tels que la station de West Ham, dans l’Est londonien [2], lors des Jeux Olympiques. Les 12 carreaux installés à l’entrée de la station ont permis de générer l’électricité nécessaire à alimenter tout l’éclairage nocturne de la station durant les Jeux.

D’autres projets de démonstration lors des précédentes années incluent une piste de danse lors du Festival de l’île de Wight, qui a permis de charger près d’un millier de téléphones portables, un concert à Singapour lors duquel les carreaux ont généré l’électricité permettant de faire fonctionner un écran géant projetant les tweets des participants, mais également le marathon de Paris avec 176 carreaux installés près de la ligne d’arrivée sur les Champs Elysées.

En plus de générer de l’électricité, ce plancher « intelligent » enregistre toutes les données reçues au cours de la journée (électricité produite, localisation des carreaux les plus « utilisés », nombre de pas, etc.), et les transmet par wifi à un ordinateur central. Ces informations sont ensuite accessibles par internet, et il est alors possible d’observer en temps réel les performances de chacun des carreaux installés.

D’après Laurence Kemball-Cook, ces informations pourraient être extrêmement utiles, par exemple pour les commerces, en permettant aux magasins d’observer les zones les plus fréquentées par les consommateurs, et de voir quels rayons sont les plus chargés selon les différentes heures de la journée. Ces données pourraient également avoir des applications pour des systèmes de sécurité, ou de contrôle de températures dans les différentes pièces d’un bâtiment par exemple.

Ce « plancher intelligent » pourrait ainsi se révéler un outil puissant dans le développement des villes intelligentes, en permettant d’adapter au mieux les consommations énergétiques, tout en générant de l’électricité.

Cependant, dans un contexte où l’accès aux données sur les individus est de plus en plus controversé, la question de l’utilisation de ces informations pourrait froisser les plus sceptiques. On peut toutefois imaginer le potentiel d’une telle technologie : dans les salles de concert, dans les métros ou gares, sur les pistes de sport, l’énergie potentiellement récupérable pourrait permettre de diminuer grandement la consommation d’électricité pour les appareils n’étant pas connectés au réseau électrique (chargeurs de téléphone, éclairages privés et publics, etc.).

Une invention à suivre, notamment dans l’optique de réduction des coûts que s’est fixée la compagnie Pavegen, en annonçant comme objectif de rendre ces planchers accessibles à tous.

Notes

[1] Voir l’article « Lancement du Catapult Centre sur les smart cities », Science & Technologie au Royaume-Uni n°69

[2] La station de West Ham est située à une vingtaine de minutes à pied du Stade Olympique, et était empruntée chaque jour, lors des Jeux Olympiques, par plusieurs dizaines de milliers de passagers

L’Allemagne bloque la lutte contre le changement climatique pour protéger son industrie automobile Marie-Paule Nougaret (Reporterre) Reporterre 2013/10/31 Marie-Paule Nougaret (Reporterre) (31 octobre 2013) L’Allemagne bloque la lutte contre le changement climatique pour protéger son industrie automobile. Reporterre. fr

L’Allemagne bloque la lutte contre le changement climatique pour protéger son industrie automobile

La chancelière allemande, Angela Merkel, freine l’application de directives européennes limitant le taux de CO2 autorisé pour les voitures ou l’emploi d’un gaz à fort effet de serre. Son parti a reçu un don de 690 000 € de la famille Quandt, actionnaire majoritaire de BMW. L’Allemagne privilégie son industrie à l’écologie - et le gouvernement français se couche, alors que Peugeot et Renault sont bien placées pour respecter les nouvelles normes.

« Des affaires comme ça, il y en a des milliers. Ça arrive tous les jours que des Etats n’appliquent pas le droit communautaire », soupire au téléphone Carlo Corrazza, porte parole du Commissaire Andreo Tajani, chargé de l’entreprise et de l’industrie dans l’Union Européenne. La presse s’y intéresse rarement, mais Reporterre si.

L’offensive a commencé dès le 23 mars. Ce jour là le Daily mail annonçait que les Mercedes dernier cri risquaient l’interdiction sur les routes anglaises, parce qu’elles ne respectaient pas la directive 2006/40/EC dite MAC, pour Mobile Air Conditioning. En cause, le gaz utilisé dans les climatiseurs, qui exerce un effet de serre mille deux cents fois plus important que le CO2 (gaz carbonique). Or la directive n’admet pour les voitures récentes que des gaz ayant un effet de serre beaucoup plus faible, inférieur à 150 fois celui du CO2.

En conséquence, la France arrêtait en juin dernier l’immatriculation des deniers modèles Mercedes. Mais fin août, le Conseil d’Etat l’autorisait à nouveau, en attendant de statuer sur le fond comme Reporterre l’a raconté.

Mercedes arguait que le nouveau gaz - dont le nom barbare est R1234yF - employé sur la 305 Peugeot, par exemple, avec un effet de serre quatre fois seulement celui du CO2, s’enflammerait au contact du moteur en cas d’accident. Le fabricant du gaz, Honeywell, soutenu par les constructeurs américains, répliquait que c’était une question de conception de circuit. Des expériences de collision ont eu lieu des deux côtés pour établir la réalité des faits, et Mme Merkel aurait demandé à l’organisme d’Etat qui homologue les voitures en Allemagne, de les reprendre. Les résultats n’ont pas été publiés. Mais une chose reste certaine : le gaz aux vieilles normes (R 134) est très nuisible au climat.

Berlin a écrit à la Direction générale de l’entreprise et de l’industrie, qui a rédigé la directive, pour s’expliquer. La lettre date du 14 août. Bruxelles disposait de dix semaines, mais assure aujourd’hui à Reporterre qu’il s’agissait « seulement d’un délai indicatif ». Début novembre, donc, les juristes de la Commission auront évalué la réponse allemande. Si celle ci contient « assez d’éléments pour éclairer la situation, il n’y aura pas de suivi ». Dans le cas contraire, la Commission doit « poursuivre le dialogue avec l’Allemagne, avec l’objectif de corriger la situation ». Ensuite seulement, le Collège des Commissaires de l’Union pourrait engager une procédure d’infraction. On attendait la première décision plus tôt, pour le 28 octobre, mais deux événements ont perturbé le cours des opérations.

Le 14 octobre, le Conseil des ministres de l’environnement s’est réuni pour voter l’accord avec la Commission et le Parlement Européen, obtenu en juin, par l’Irlande, alors présidente de l’Union, sur la limitation à 95 g de Co2 par km des gaz d’échappement en 2020. L’Allemagne a demandé son report à 2024. Sa position et le soutien de la Pologne et du Royaume Uni ont créé la minorité de blocage, qui l’a emporté. Au reste, la France n’a défendu l’accord que très mollement.

On peut s’en étonner, alors que les Renault, Peugeot et Citroën pouvaient appliquer ces normes avec aisance, davantage que les lourds engins allemands, et que Paris avait là une occasion de soutenir avec un bon argument son industrie automobile. Mais Paris a mis la pédale douce. Interrogés par Reporterre à ce propos, ni le ministèrere de l’Ecologie ni celui du Redressement productif n’ont répondu.

D’autres pays, parmi les vingt-huit, ont posé devant le Conseil, en termes poignants, la véritable question en jeu : l’impact sur le climat, dont l’Allemagne aussi devrait souffrir, moins toutefois que la Grèce et le Portugal, soumis aux feux de forêt, ou les Pays Bas, dont les deux tiers sont conquis sur la mer. En réalité, l’affaire était jouée d’avance, Mme Merkel ayant fait campagne sur la défense de l’automobile allemande pour sa réélection.

La surprise est venue de l’annonce, le lendemain, d’un don de 690 000 € à son parti, consenti par la famille Quandt, principal actionnaire de BMW, autre fabricant que cet accord dérangeait quelque peu. « Aucun rapport ! » s’est récrié la chancelière, mais peu d’observateurs la croient. On l’appelle désormais « autochancelière » outre Rhin.

« Aucun rapport » insiste aussi Corrazza, le porte parole de la DG Entreprise et l’industrie. L’affaire Mercedes risque tout de même de déboucher sur une procédure à la Cour de justice de l’Europe. Si la Cour constate l’infraction, si l’Allemagne ne s’amende pas et persiste à ignorer la directive, un autre jugement pourrait fixer une amende, ce qui prendra encore des mois. Tout se passera tranquillement, tel est le message aux industriels. Le porte parole se montre confiant : « c’est comme l’Eglise catholique, explique-t- il dans un sourire : il y a toujours moyen de s’améliorer ». Mais pas besoin de se presser…

Le commissaire européen… roule en Mercedes

On dira que c’est la faute au hasard. Mais le Commissaire européen à l’Entreprise et à l’Industrie, Antonio Tajani, roule en Mercedes Classe A - le modèle même qui utilise le gaz à fort effet de serre.

C’est ce que révèle sa déclaration d’intérêts, que l’on peut télécharger ici :

En Argentine, l’obsession pour le soja appauvrit les sols Hugh Bronstein (Planet Ark) Reporterre 2013/10/31 Hugh Bronstein (Planet Ark) (31 octobre 2013) En Argentine, l’obsession pour le soja appauvrit les sols. Reporterre. fr

En Argentine, l’obsession pour le soja appauvrit les sols

En Argentine, une politique en faveur de l’exportation du soja pousse les agriculteurs à délaisser le maïs et le blé. Problème : le manque de rotation des cultures entraîne un appauvrissement des sols.

Ressource clé de l’Argentine, ses sols agricoles sont en voie d’épuisement par manque de rotation des cultures au fur et à mesure que le soja empiète sur des zones agricoles autrefois utilisées pour le maïs, le blé et le pâturage du bétail.

Cette perte de fertilité menace les rendements des cultures alors que les importateurs comptent sur le troisième producteur mondial de maïs et de soja pour qu’il augmente sa production.

Le manque de rotation des cultures découle du choix du gouvernement de limiter les exportations de maïs et blé par des quotas qui peuvent être augmentés ou diminués tout au long de l’année. Cela pousse les producteurs vers le soja, imposé à 35 pour cent, mais non soumis aux quotas d’exportation.

Du coup, les sols s’appauvrissent : en effet, les tiges laissées par le maïs fournissent du paillis qui permet à la pluie d’entrer dans le sol. Quand l’eau ne peut pas pénétrer, le ruissellement emporte les nutriments du sol et les rend plus vulnérables aux périodes de sécheresse.

"Parce que le maïs et le blé sont pénalisés par le gouvernement, les agriculteurs sont contraints de réduire leurs risques. Ils se concentrent sur les profits à court terme et plantent du soja", dit Manuel Alvarado Ledesma, un consultant agricole à Buenos Aires.

"Si aucun incitatif n’est prévu pour la rotation des cultures, l’Argentine va épuiser ses sols, et les zones les plus faibles se transformeront en désert dans quelques années", dit-il .

La culture du soja de l’Argentine occupe 20,65 millions d’hectares pour la saison 2013/14, contre 14,5 millions dix ans plus tôt, selon le ministère de l’agriculture. Les semis de maïs ont baissé à 5,7 millions d’hectares cette saison, contre 6,1 millions dans le cycle 2012/13, mais bien au-dessus des 2,99 millions d’hectares ensemencés il y a dix ans. Six millions d’hectares de maïs ne suffisent pas à équilibrer 20 millions d’hectares de soja.

Le sol devient « brûlé »

Le soja tire plus de la terre que les agriculteurs ne peuvent y remettre sous forme d’engrais.

"Le processus de dégradation des terres est un fait", indique une source gouvernementale ayant une connaissance directe du problème, mais qui a demandé à ne pas être identifiée.

"Cela se passe lentement dans les régions du pays avec les meilleurs sols et plus rapidement dans les régions où la qualité du sol est inférieure. Mais c’est en cours," a dit la source. "Sur le long terme, le pays est en train de perdre son potentiel de rendement. C’est le plus grand danger."

Les semences de maïs et les engrais sont environ deux fois plus chers en Argentine que ceux utilisés pour la culture du soja, un autre facteur qui pousse les producteurs à planter du soja sur du soja.

"Le sol se consume par le manque de matières organiques laissées par les cultures de maïs" ajoute la source gouvernementale.

L’espace dédié au blé argentin, qui est également soumis à des limites d’exportation, a quant à lui diminué et n’est plus que de 3,4 millions d’hectares, au lieu de 6 millions il y a dix ans .

Le ministère américain de l’Agriculture prévoit pour l’Argentine une production de soja 2013/14 de 53,5 millions de tonnes, de maïs à 26 millions de tonnes et de blé à 12 millions de tonnes.

Exclue des marchés de capitaux internationaux depuis son défaut souverain 2002, l’Argentine dépend de ses revenus agricoles pour financer des programmes sociaux pour les pauvres, en particulier dans la banlieue de Buenos Aires fortement peuplée.

Organisations écologistes et des droits de l’homme en cage ensemble pour les « Trente de l’Arctique » Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/01 Barnabé Binctin (Reporterre) (1er novembre 2013 à 09h46,) Organisations écologistes et des droits de l’homme en cage ensemble pour les « Trente de l’Arctique ». Reporterre. fr

Organisations écologistes et des droits de l’homme en cage ensemble pour les « Trente de l’Arctique »

A l’occasion du voyage de Jean-Marc Ayrault en Russie, écologistes et défenseurs des droits de l’homme se sont enfermés dans une cage. L’enjeu ? Alerter l’opinion publique sur la détention des « Trente de l’Arctique ».

- Reportage, Paris

Une grande cage de 30 m2, installée au milieu de la place de la République, au pied du célèbre monument à la République, la statue de Marianne en bronze. A l’intérieur, des hommes et des femmes, mains agrippées aux barreaux, silencieux. La plupart sont des responsables associatifs, et pendant près d’une heure, ils vont rester regroupés dans l’enclos, portant les portraits des militants de Greenpeace emprisonnés en Russie depuis le 19 septembre.

"La cage représente la cellule des prisonniers, leur enfermement, la privation de liberté », explique Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Symbole de fraternité, aussi : une trentaine d’organisations étaient représentées, de WWF à ATTAC, en passant par le Réseau Action Climat, le CCFD, Générations Futures, Human Rights Watch ou la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. Tous ne sont pas écologistes : « Aujourd’hui, nous montrons que nous ne sommes pas tout seul dans cette affaire. Environnement, développement, droits de l’homme, les associations sont unies autour de cette cause », poursuit Julliard.

Pour le président de France Nature Environnement, Bruno Genty, « le sujet est grave, les plaintes encourues sont très conséquentes. Cette mobilisation est une question de solidarité ». Cyril Dion, porte-parole des Colibris, abonde dans le même sens : « C’est émouvant de voir toutes ces organisations différentes, réunies ensemble. Ce n’est pas si fréquent ». Pour lui, il s’agit aussi de défendre le « droit de la nature » : « C’est ahurissant qu’on puisse mettre des gens en taule pour cela. Nous sommes déjà trop peu à descendre dans la rue pour lutter contre le changement climatique, alors si ceux qui le font sur le terrain finissent en prison... ».

C’est ce qui fait des ’’30 de l’Arctique’’ des « prisonniers climatiques » selon Jean-François Julliard : « On connaît les prisonniers politiques. Nos militants, eux, ont été arrêtés pour avoir défendu le climat et la planète ».

Dimanche 27 octobre, une lettre d’un des militants avait été publiée par les hebdomadaires suisses SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche : « La situation est difficile à supporter. Les journées sont longues, les conditions de promenade quotidienne dégradantes et dévalorisantes. Je déambule seul dans un espace fermé de quatre mètres sur cinq. Le sol et les murs sont en béton, aucune fenêtre, pas de lumière naturelle. Une grille épaisse verrouille le plafond, des gardes patrouillent au-dessus. La pièce est sale et humide », écrit ainsi Marco Weber, 28 ans, membre de la section suisse d’escalade de Greenpeace.

Quelques jours auparavant, c’est un militant canadien qui avait fait part de la froideur de sa cellule et de la solitude ressentie : « Je me sens un peu seul. Mon compagnon de cellule ne parle pas anglais. Tous les jours, j’espère une visite de mon conseiller. Chaque semaine, j’anticipe la visite de mon avocat », raconte Alexandre Paul.

Amnesty International, présente également jeudi place de la République, suit avec attention le dossier. Selon Dominique Curis, coordinatrice de la campagne pour la liberté d’expression en Russie, il y a en effet « toutes les raisons de s’inquiéter lorsqu’on connaît le contexte russe. Les conditions de traitement semblent disparates, certains ont accès à leur avocat et à des visites consulaires, d’autre pas ». Le scénario d’arrestation des « 30 de l’Arctique » est « révélateur d’un système judiciaire qui s’acharne contre les expressions critiques ». Une loi, entrée en vigueur il y a un an, oblige ainsi les ONG à se déclarer « agents étrangers » dès lors que leur financement n’est pas russe à 100%.

La répression s’accentue en Russie, selon la responsable d’Amnesty International, et le chef d’accusation adopté dans cette affaire – hooliganisme – en est le reflet : « La définition du hooliganisme est tellement vague en Russie qu’elle autorise tous les abus ».

Jean-Marc Ayrault, le premier ministre français est en visite officielle en Russie jeudi 31 octobre et vendredi 1 novembre. L’action place de la République lui était adrressée : « Nous demandons à Jean-Marc Ayrault de mettre le sujet à l’agenda de sa visite, et de ne pas simplement l’aborder comme un fait annexe, au détour d’une discussion », dit Jean-François Julliard. Selon Dominique Curis, « Les militants russes attendent ce genre de soutien visible et appuyé de la part d’un pays démocratique ».

Les échéances se rapprochent : le 24 novembre, le tribunal de Mourmansk doit délibérer sur l’issue de la condition préventive des trente prisonniers. Trois options sont possibles : la prolongation de la détention préventive, la remise en liberté ou l’ouverture officielle d’un procès auprès d’un tribunal russe.

Emissions record de CO2 en 2012, mais la croissance se ralentit Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/11/01 Camille Martin (Reporterre) (1er novembre 2013 à 10h31,) Emissions record de CO2 en 2012, mais la croissance se ralentit. Reporterre. fr

Emissions record de CO2 en 2012, mais la croissance se ralentit

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint un nouveau record en 2012, selon l’Agence de l’environnement des Pays-Bas : la société humaine en a envoyé 34,5 milliards de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Cependant, le rythme de croissance de ces émissions s’est ralenti, à 1,1 %, ce qui est inférieur de moitié au rythme moyen de la décennie précédente (2,9 % par an), alors que la croissance de l’économie mondiale a été en 2012 de 3,5 %.

Les énergies renouvelables - soleil, vent et biomasse - ont une place encore marginale (2,4 % de la production d’énergie), mais qui augmente rapidement : elle a doublé en six ans.

Trois pays ou régions sont responsables de 55 % du total des émissions de CO2 : la Chine (29 %), les Etats-Unis (16 %) et l’Union européenne (11 %). Les émissions par habitant de la Chine sont proches du niveau des Européens, et la moitié de celle d’un habitant des Etats-Unis.

Les émissions globales de la Chine ont crû de 3 % (un rythme en ralentissement), celles des Etats-Unis ont baissé de 4 % (en raison du transfert de la production électrique du charbon au gaz), celles de l’Europe de 1,6 %, grâce à une baisse de la consommation d’énergie.

En Sierra Leone, des paysans en lutte contre le groupe Bolloré vont passer en justice Stop intimidation Reporterre 2013/11/02 Stop intimidation (2 novembre 2013) En Sierra Leone, des paysans en lutte contre le groupe Bolloré vont passer en justice. Reporterre. fr

En Sierra Leone, des paysans en lutte contre le groupe Bolloré vont passer en justice

Six membres sierra-léonais de l’association Maloa avaient contesté la manière dont le groupe Bolloré a acheté des terres pour les plantations d’huile de palme dans leur région. Ils sont accusés d’avoir détruit des plants de palmiers, ce qu’ils contestent formellement. Ils seront jugés le 15 novembre. Une pétition demande au groupe Bolloré d’abandonner les poursuites.

Depuis 2011, la société agricole Socfin a acquis en contrat de sous-location auprès du gouvernement une superficie totale de 6 500 ha de terres pour cultiver des palmiers à huile dans le canton de Malen. [Le groupe Bolloré est actionnaire à 38,7 % de la Socfin. Toutefois, les recherches ont démontré que la façon dont le terrain a été acquis par le gouvernement, et par conséquent par la société agricole de la Socfin, manquait de transparence. Le consentement libre, préalable et éclairé des propriétaires fonciers et des utilisateurs des terres, surtout celui des femmes qui sont défavorisées, n’était pas recherché.

La société a le soutien du gouvernement ainsi que le soutien de l’autorité locale qui procède à une quasi-expropriation des terres appartenant à des lignées. Les communautés ont affirmé que leurs chefs locaux ont dans de nombreux cas menacé de prendre leurs terres sans compensation. Il est connu que ces autorités disent aux paysans : « Soit vous prenez l’argent soit vous perdez l’argent et la terre. » Les communautés sont ainsi forcées de choisir le moindre mal, c’est à dire d’accepter l’argent.

Les propriétaires fonciers sont trompés par l’équipe d’enquête de la société chargée de mesurer la superficie des terres où poussent leurs arbres (palmier à huile). Les communautés affirment que les équipes d’enquête de l’entreprise mesureraient seulement leurs plantations de palmiers à huile, toutes les autres terres appartenant à des exploitations familiales sont ignorées donc incluses dans leur propriété. La société a démenti à plusieurs reprises cette affirmation. Les fonctionnaires déclarent que les informations et sondage pour chaque exploitation familiale sont disponibles et donc accessibles. Jusqu’à présent, ces informations sont inaccessibles au public.

Plus de quarante villages ont été privés de leur unique source d’existence et de subsistance. La population de ces villages, soit plus de 10 000 personnes, ne peuvent plus : ni exploiter leurs fermes, ni avoir accès à la source d’énergie de base (feu de bois) pour la cuisine et le chauffage, ni avoir des recettes provenant de leurs palmiers pour lesquels la société a payé un coût de 250 $ par soixante arbres ou acres.

De nombreuses communautés peuvent difficilement désormais effectuer des rites traditionnels ou culturels, ni accéder aux herbes médicinales. La sécurité alimentaire dans le canton devient préoccupante et précaire selon les habitants. Ils doivent maintenant acheter tout ce dont ils ont besoin alors que ces produits étaient cultivés sur leurs terres.

Il y a désormais beaucoup de discordes sociales et de vices au sein des communautés. La prostitution gagne peu à peu du terrain, des familles sont brisées parce que les chefs de famille ne sont plus capables de subvenir à leurs besoins. Les parents retirent leurs enfants de l’école car ils ne peuvent plus se permettre les frais de scolarités, le plus souvent, les filles sont les premières à être déscolarisées.

L’état de pauvreté des indigènes affectés par l’accaparement des terres s’aggrave. Les communautés affirment qu’elles ont du mal à avoir deux repas par jour et que même quand elles y arrivent, la nourriture est insuffisante par rapport à ce qu’elles avaient avant l’arrivée de Socfin. Elles n’ont plus d’aliments nourrissants.

La demande européenne pour les produits industriels et le bio-carburant mène à une lutte douteuse pour les terres sierra-léonaises. Cela conduit les communautés pauvres encore plus loin dans la misère, la servitude et une nouvelle forme d’esclavage, parce que, quand des sociétés prennent toutes les terres, les communautés vulnérables deviennent laboureurs sur les plantations puisqu’elles ne peuvent rien faire d’autre.

Les pays européens peuvent aider en mettant un terme à cette situation. L’Union européenne peut imposer à Socfin et à ses actionnaires d’arrêter le projet dans le canton de Malen ou de conclure de nouveaux arrangements qui ne nuiront pas aux communautés. L’Union européenne devrait imposer à Socfin et ses actionnaires d’arrêter les poursuites contre les propriétaires de terres qui sont déjà victimes de l’accaparement des terres.

Signez et partagez cette pétition.

La Pologne a bafoué la loi européenne pour promouvoir le gaz de schiste Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/11/02 Sylvain Lapoix (Reporterre) (2 novembre 2013) La Pologne a bafoué la loi européenne pour promouvoir le gaz de schiste. Reporterre. fr

La Pologne a bafoué la loi européenne pour promouvoir le gaz de schiste

Deuxième volet de notre reportage en Pologne sur les gaz de schiste. Ou comment le gouvernement tente de séduire les industriels en promettant une exploitation des gaz la plus rapide possible, tout en ne se fâchant pas avec Bruxelles.

- Reportage, Varsovie (Pologne)

« Un simple éclaircissement ! » Dans la bouche des cadres de la région de Poméranie, la réforme du code minier polonais n’est qu’une formalité administrative dans la ruée vers les gaz de schiste. En fait, Varsovie est depuis cet été sous le coup d’une condamnation de l’Union européenne : par un arrêté en date du 27 juin, la Cour de Justice a jugé le mode d’attribution des permis d’exploration pour cette énergie non conforme à la législation communautaire. Soucieux de ne pas s’exposer à des amendes, le gouvernement polonais tente depuis de rattraper le coup, sans se fâcher avec les sociétés étrangères venues exploiter.

Distribution de concessions sans appel d’offre

Durant les années récentes, cent dix permis d’exploration ont été accordés à travers le pays, couvrant un tiers du territoire suivant la diagonale nord-ouest / sud-est des ressources présumées en gaz de schiste. Or, chacune de ces autorisations de prospection fut livrée avec la concession pour l’exploitation en cadeau et ce, sans aucun appel d’offre !

Un généreux mode d’attribution qui contrevient au principe de mise en concurrence édicté par le droit communautaire en matière énergétique. La Cour de justice oblige donc la Pologne à découpler les deux phases (exploration et production) et à mettre en concurrence les prétendants aux permis d’exploitation. Une injonction qui n’arrange pas les autorités polonaises.

Au demeurant, le gaz de schiste n’est pas encore une source d’énergie du pays : une cinquantaine de puits ont été forés, dont une quinzaine avec fracturation hydraulique. Aucun ne produit au sens commercial, sinon à Lebien, dont le puits fournit un peu plus de 8 000 mètres cubes par jour.

Puit à Stzeszewo -

« Notre pays n’a pas beaucoup de moyens et documenter nos ressources coûte très cher, explique Małgorzata Maria Klawiter, chargée de mission gaz de schiste auprès du Maréchal (préfet) de Poméranie. Chaque forage de recherche coûte 30 à 35 millions de dollars et les compagnies n’en retirent aucun bénéfice, nous voulons donc que la loi soit équilibrée. » Comprendre : désireux d’exploiter ses ressources le plus rapidement possible, la Pologne ne veut pas faire fuir les compagnies présentes.

Législateurs et techniciens du ministère cherchent donc des manières d’avantager de manière indirecte les titulaires de permis. « Les compagnies qui font de la prospection produisent une documentation géologique précieuse sur les réservoirs, l’environnement du forage... nous pourrions faire peser ce type d’information dans la balance dans l’attribution des permis d’exploitation sur la zone », confie un fonctionnaire.

Administrativement, cette réforme tranche avec la légèreté initiale des contrôles : les premières permis ont été distribués sans consultation des autorités locales, sans exigence d’étude d’impact environnemental préalable ni d’information des populations (y compris des propriétaires des terrains)... Le Texas au bord de la Baltique.

Ne pas fâcher l’Union européenne

« Le gouvernement n’a pas renoncé à écrire la loi au seul bénéfice des industriels, met en garde Ewa Sufin-Jacquemard, membre du parti des Verts polonais. Il impose ses décisions par décret : le 25 juin, il a enlevé aux élus locaux le droit de demander des études d’impact ! » Auparavant, ces derniers pouvaient exiger une étude d’impact environnemental aux investisseurs en cas de doute sur un forage à plus de mille mètres. En abaissant cette limite à 5 000 mètres, le conseil des ministres a rendu toute demande de ce type impossible pour les forages visant les gaz de schiste (ils sont situés en Pologne entre 2 800 et 4 000 mètres).

Cela prive les « wójt » (chefs d’agglomération) d’arguments pour demander l’arrêt des travaux. Une décision poussée par le vice-ministre de l’Environnement, en charge de la protection des ressources... mais aussi de leur exploitation.

Également « premier géologue du pays », Piotr Woźniak a une attitude ambiguë à l’égard des questions environnementales. « Très déçu » par l’arrêté rendu par la Cour de justice de l’Union européenne, le vice-ministre avait cependant déclaré vouloir « modifier la loi » pour y intégrer les appels d’offre sans pour autant toucher « aucun permis ». Un zig-zag entre deux impératifs pour le gouvernement polonais : ne pas menacer la croissance économique du pays et ne pas fâcher l’Union européenne.

Piotr Wozniak -

Spécialiste de l’appel à subvention, la Pologne est le huitième pays de l’Union le plus apte à capter les investissements publics issus des fonds structurels ou des cofinancements communautaires. Mais si les gouvernements des frères Kaczyński et celui de Donald Tusk sont fort avisés pour quadriller le pays d’infrastructures nouvelles (comme durant l’Euro 2012 de football), leur compréhension des questions environnementales s’avère limitée. Un problème devenu financier puisque la stratégie 2020 (qui prévoit notamment la réduction de 20% des émission de gaz à effet de serre) est désormais intégrée aux critères d’attribution de fonds européens.

Conscients de ces nouvelles exigences, le gouvernement a ces derniers temps multiplié les gestes de bonne foi, souvent sans réaliser les conséquences. En attendant de trouver une solution pour la très polluante production électrique du pays, le gouvernement a ainsi interdit durant l’été le chauffage des particuliers au charbon. Une décision pertinente écologiquement, mais qui a placé deux millions de Polonais hors la loi du jour au lendemain, sans que le gouvernement les ait informés d’une solution alternative pour l’hiver ! Mais que ce soit pour les gaz de schiste ou la stratégie 2020, la stratégie d’esquive ne durera pas longtemps.

Mine de charbon à ciel ouvert de Bielszowice -

Le jugement de la Cour de Luxembourg sur le droit minier sonne comme un rappel à l’ordre. « Je pense que l’Union européenne est peut-être la seule force à même d’obliger le gouvernement à réguler efficacement les gaz de schiste, voire la seule capable de les en détourner », espère Ewa Sufin-Jacquemard. La réforme du code minier, qui devrait être présentée avant la fin de l’année, sera un premier test. Et, bien que peu nombreux, les opposants aux gaz de schiste le guettent attentivement, de peur qu’il n’échappe à l’attention des médias...

440 produits européens contiennent des nano-matériaux Veille Nanos Reporterre 2013/11/04 Veille Nanos (4 novembre 2013) 440 produits européens contiennent des nano-matériaux. Reporterre. fr

440 produits européens contiennent des nano-matériaux

On recense 1 628 produits sur le marché mondial comprenant des nano-matériaux, dont 440 en Europe et 32 en France. L’information du consommateur est lacunaire, alors que les risques sont suspectés.

L’inventaire des « nanoproduits » du Project on Emerging Nanotechnologies (PEN) du Woodrow Wilson Institute vient d’être mis à jour en collaboration avec le Virginia Tech Center for Sustainable Nanotechnology. Cet inventaire des produits de consommation contenant des nanomatériaux comptabilise désormais 1 628 produits sur le marché mondial, dont 440 au niveau européen.

Les produits répertoriés sont des produits commercialisés, identifiés comme contenant des nanomatériaux par le producteur ou par une autre source de données jugée relativement fiable (et explicitée sur chaque fiche produit).

Pour rappel, l’étiquetage des nanomatériaux n’est obligatoire qu’en Europe, et pour quelques catégories de produits seulement : les cosmétiques depuis juillet 2013, les biocides depuis septembre 2013 ; l’alimentation ne sera concernée qu’en décembre 2014.

Du fait des problèmes de définition des « nanomatériaux », ces obligations d’étiquetage ne concernent pas l’ensemble des matériaux aux propriétés (et donc à la potentielle toxicité) spécifiques de l’échelle nanométrique. Sa mise en oeuvre est problématique car confrontée à des problèmes de métrologie. Enfin, rien n’est prévu pour l’instant pour les autres catégories de produits.

Le chiffre de 440 produits sur le marché européen est moindre que ceux avancés par d’autres initiatives européennes visant à référencer les produits commercialisés contenant des nanomatériaux (2). Le travail accompli depuis 2005 (le PEN est le premier organisme à avoir entrepris d’inventorier des nanoproduits) permet toutefois de mettre en évidence des tendances également valables pour le territoire européen, à commencer par la hausse du nombre de produits commercialisés contenant des nanomatériaux :

Comme précédemment, une nette majorité concerne les domaines des produits de beauté / parapharmacie, de l’habillement et des cosmétiques (tous classés dans la catégorie « santé et fitness ») :

Et le nanoargent est le nanomatériau le plus répandu dans les produits recensés (il peut pourtant avoir des effets néfastes sur le milieu aquatique (2), perturber le fonctionnement des stations d’épuration et on le soupçonne d’accroître le risque de développement de bactéries multirésistantes aux antibiotiques (3) :

Combien de produits en France ?

L’inventaire du PEN ne recense que trente-deux produits commercialisés en France (4). L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) en avait recensé près de 240 entre novembre 2008 et mai 2009 (5), mais n’avait pas rendu publics les produits en question.

On attend pour les jours à venir la publication du rapport des autorités françaises présentant les résultats agrégés des données collectées dans le cadre de la déclaration obligatoire des nanomatériaux en France ; mais les détails du registre R-Nano ne permettent pas d’identifier précisément les produits commercialisés contenant les nanomatériaux déclarés, et resteront pour l’heure également confidentiels (à la demande des industriels).

De nombreux acteurs plaident donc en faveur d’une transparence accrue, inspirée de ce qui existe en matière de produits pharmaceutiques et phytosanitaires.

Vers un inventaire européen « officiel » des produits contenant des nanos ?

Les inventaires réalisés par le PEN, les associations de consommateurs, de défense de l’environnement ou les agences sanitaires nationales souffrent tous des mêmes difficultés dans la collecte et la vérification des données, fautes de moyens humains, techniques et financiers suffisants.

Les députés du Parlement européen ont donc encore tout récemment demandé à la Commission européenne la mise en place d’un registre qui ne se limiterait pas aux nanomatériaux en tant que tels (comme notre registre R-Nano en France) mais compilerait plus largement l’ensemble des produits de consommation comportant des nanomatériaux (6). La Commission vient de répondre par l’annonce d’une consultation entre avril et juin 2014 sur le sujet (7).

Des nanos dans tous les objets du quotidien : quels risques ? Et quels bénéfices ?

Faut-il s’inquiéter de la présence des nanomatériaux dans tous les objets du quotidien ? La question soulevée depuis plusieurs années maintenant a reçu jusqu’à présent des réponses floues, tant l’évaluation des risques demeure difficile. Les risques doivent être évalués « au cas par cas », entend-on souvent ; mais en 2009, des chercheurs ont estimé à cinquante années de travail et plusieurs centaines de millions de dollars le montant des études nécessaires pour étudier les risques des nanomatériaux déjà mis sur le marché (8).

Deux rapports de l’ANSES, réalisés par le groupe de travail pérenne « Nanomatériaux et santé » constitué en 2012, sont fortement attendus : - la synthèse de l’état des connaissances relatives à l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux associés aux nanomatériaux manufacturés pour l’ensemble de leurs usages, qui sera désormais mis à jour chaque année ; - un rapport spécifique sur le nanoargent en 2013.

Leur publication a été annoncée pour l’automne.

En attendant, la grille des risques présentée à Bruxelles en 2009 par Andrew Maynard (aujourd’hui directeur du Risk Science Center de l’Université du Michigan) permet au consommateur de hiérarchiser les applications nano plus ou moins risquées, en fonction de leur danger intrinsèque et du degré d’exposition (9) :

Autrement dit, pour le consommateur, il y a plus de risques potentiels pour les produits contenant des nanoparticules et étalés sur la peau, ingérés ou inhalés, que pour des produits qui incorporent des nanomatériaux à l’intérieur d’un objet "en dur" et donc moins susceptibles d’entrer en contact avec le corps humain.

Ces considérations à prendre en compte par le consommateur doivent également s’accompagner d’un questionnement plus large sur les risques : - pour les travailleurs qui fabriquent ces produits et sont les premiers exposés, en amont de la commercialisation des produits ; Avicenn travaille actuellement à la réalisation d’un dossier synthétique sur le sujet, dont la bibliographie est déjà accessible ici. - pour l’environnement dans lequel ces matériaux peuvent être disséminés (via l’utilisation des produits, le lavage, l’usure de ces produits et leur "fin de vie") et avoir des effets néfastes.

A la question des risques s’ajoute celle des bénéfices de ces produits... qui demandent à être évalués eux-aussi au cas par cas : pour chaque type de produits, à quels besoins les nanomatériaux sont-ils censés répondre ? Quelles fonctions remplissent-ils ? Sont-elles utiles ou futiles ? A qui bénéficient-elles ?

Au final, quel est l’intérêt du point de vue de la société dans son ensemble, si l’on intègre des potentiels coûts de dépollution par exemple ?

Ces quelques questions méritent un examen approfondi. Avicenn travaille à la formalisation d’une grille de questionnements clefs et simples pour situer la nature des bénéfices et des risques de produits contenant des nanomatériaux. Vos contributions sont là encore les bienvenues !

Notes :

1 - Voir par exemple les recensements effectués par des associations de consommateurs (BEUC et ANEC) ou l’Institut national de santé publique et d’environnement danois (RIVM), sur notre fiche Repérage des recensements des produits de consommation contenant des nanomatériaux.

2 - Voir notamment Silver Nanotechnologies and The Environment : Old Problems or New Challenges ?, S.N. Luoma, 2008.

3 - Voir notre fiche Des risques pour l’environnement mal cernés

4 - Voir la liste ici.

5 - L’ANSES avait réalisé un "recensement non-exhaustif des produits contenant des nanomatériaux manufacturés présents sur le marché français" dans le cadre de la saisine "Les nanomatériaux – évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et pour l’environnement", Afsset, mars 2010.

6 - Voir notre article Des députés européens demandent à la Commission de mieux encadrer les nanomatériaux.

7 - “EU Commission under fire for slow progess on nano", Chemical Watch, 29 oct. 2013.

8 - Voir notre fiche Comment financer les études de risques associés aux nanomatériaux ?.

9 - Regulating Nanotechnology in Food and Consumer Products : Developing A Consumer-focused Transatlantic Approach, TACD, 2009.

« Cultures en transition », 5 novembre à Tours Par Julien villalard Reporterre 2013/11/04 Par Julien villalard (4 novembre 2013) « Cultures en transition », 5 novembre à Tours. Reporterre. fr

« Cultures en transition », 5 novembre à Tours

Projection du film « Cultures en transition » suivi d’un débat animé par Jacques Caplat. Le 5 novembre à Tours.

Comme l’année passée, dans le cadre du festival alimenTERRE la FCPE37 avec de nombreux partenaires dont la Sepant, Impact37 et la ville de Tours organisent une projection/débat sur le thème de l’alimentation.

Le mardi 5 novembre à 20h à l’hôtel de Ville de Tours

Après le film « Cultures en transition », de Nils Aguilar, le débat sera animé par Jacques Caplat auteur de « L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité ».

En espérant vous voir nombreux à cette soirée.

Le programme du Festival AlimenTerre.

Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend Baptiste L. Reporterre 2013/11/04 Baptiste L. (4 novembre 2013) Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. Reporterre. Tribune — Culture et idées fr

Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend

Le monde est fou. Mais « nous sommes très, très nombreux et nombreuses à avoir conscience du non sens de nos vies, de la nécessité de ’tout foutre en l’air’, de tout ’remettre à plat’, de revenir à des choses locales, simples, compréhensibles par toutes et tous »

De la part de votre envoyé spécial pour vos Renseignements Généreux

« Ici et Maintenant »

Ici, sur ce site de Reporterre, et Maintenant, chaque seconde qui passe.

Nous sommes toutes et tous confrontéEs à la « Crise »... fameuse crise multi formes, multi thématiques.

J’ai 29 ans, j’ai l’impression que depuis que je suis né, la « Crise » est là... Multiples formes de crises.

Dès mes seize ans, quinze ans et demi même, suite à un grave accident où j’ai failli perdre la vie, je décide de « consacrer ma vie à faire en sorte que cesse l’inacceptable, que tout le monde puisse avoir tout de suite à manger, de l’eau potable, accès aux soins, à la lecture et l’écriture, au bien être et à une vie digne... »

Tout ça, du haut de mes quinze ans et demi, conscient d’avoir un rôle à jouer, je me voyais sauver le monde.

Première surprise, ô combien révélatrice : à la question : « Que comptes-tu faire de ta vie ? », ma réponse claire et nette : « Faire en sorte que tout le monde vive en paix sur Terre », me valait des « Laisse tomber... », « Es-tu fou ? », « Impossible ! », « Jamais ça n’est arrivé, jamais ça n’arrivera... »

Quel monde est-il assez fou pour accueillir un enfant de la sorte ? Comment peut-on répondre à un enfant qui veut sauver le monde qu’il est fou ? La puissance des énergies contraires me laissait seul... très seul face au monde que je voyais de mieux en mieux, et qui ne me donnait pas envie, me faisait peur... et me rendait triste.

Triste de toutes ces destructions, triste pour toutes ces formes de vies dévastées, disparues à jamais, peur de grandir et de devoir affronter un monde désolé, rongé par les membres de ma propre espèce. Et toutes ces armes, toutes ces guerres partout... Pourquoi ? Comment ?

Comment nous, humains, capable du meilleur, d’une intelligence hors norme, conscient du miracle que constitue la vie sur cette planète, toutes petites créatures que nous sommes face à l’immensité de l’Univers... Comment est-il possible de tout détruire et de nous entretuer ?

Commence pour moi de longues années de recherche, d’enquêtes, de lectures multiples pour répondre à ces questions.

De découvertes en révélations, de rencontres en voyages, le constat s’est fait, clair, limpide : nous sommes très, très nombreux et nombreuses à avoir conscience du non sens de nos vies, de la nécessité de « tout foutre en l’air », de tout « remettre à plat », de revenir à des choses locales, simples, compréhensibles par toutes et tous et de vraiment prendre en main nos vies, nos politiques, nos décisions sur tout, et donc ne plus laisser les grandes et petites décisions qui nous concernent se prendre sans nous, ne plus laisser la politique n’être qu’un métier.

Que la politique ne soit plus un métier, mais la responsabilité effective de chacun

Alors de partout, les petites fourmis s’activent, les colibris s’organisent, de multiples gestes quotidiens et individuels se font à ses voisins, son quartier, sa ville… puis se forment les réseaux nationaux, internationaux, les alliances, les échanges pour s’inspirer des multiples formes de luttes existantes, pour créer chez soi, changer le monde à sa porte d’abord, et voir ensuite.

L’école où tout le monde est prof

Partout, des myriades de projets se forment et se déforment, on apprend, on se plante, on recommence, on visite les « autres lieux alternatifs » pour voir ce qui marche et ce qui marche moins bien, on aide sans demander d’argent, on s’engage, on retourne un peu à l’école, mais la buissonnière, celle où « tout le monde est prof », où on peut pas se faire virer ou coller par un proviseur...

Bref, Partout avec un grand P, un autre monde émerge, d’autres liens nous unissent, les forces de paix grandissent, fleurissent, pollinisent et... se multiplient !

Face aux murs, face aux désastres, des êtres humains toujours plus nombreux décrochent, désertent le « système », comprenant non seulement que « le monde d’aujourd’hui n’est pas durable », mais que chacunE de nous est entièrement responsable de celui-ci, de précipiter sa chute ou non, et surtout de construire ici et maintenant le monde de demain...

Personne ne sait quand ce monde qui marche à l’envers finira par s’écrouler. Par contre rien de nous empêche, si ce n’est nous-mêmes, de commencer à construire autrement maintenant !

Telle pourrait être une des nombreuses devises d’un nombre croissant de mouvements... ainsi que celle-ci, vue et revue notamment sur les banderoles de Notre Dame des Landes : « Nous ne défendons pas la Nature, Nous SOMMES la Nature qui se défend ! »

Un célèbre abbé disait : « Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas tout faire en un jour, que nous devons ne rien faire du tout ! »

Amen

Les promoteurs de la LGV basque veulent mettre les entarteurs en prison Pascale Mugler (Reporterre) Reporterre 2013/11/04 Pascale Mugler (Reporterre) (4 novembre 2013) Les promoteurs de la LGV basque veulent mettre les entarteurs en prison. Reporterre. fr

Les promoteurs de la LGV basque veulent mettre les entarteurs en prison

Des opposants à la LGV au pays Basque Sud, du groupe Mugitu, ont lancé une tarte à la figure d’une partisane de la ligne. La justice espagnole les menace de plus de cinq ans de prison.

- Reportage, Bayonne

Mugitu ne veut pas de Ligne à grande vitesse (LGV) en Pays Basque Sud. Les membres de ce groupe militent depuis des années contre ce massif projet ferroviaire. Pour protester et se faire remarquer des autorités, ils ont tout fait : manifester, teinter des rivières en vert fluo avec les colorants utilisés en spéléologie, tamponner des billets en indiquant la part que chaque Espagnol devrait payer pour l’infrastructure. Mais les autorités n’ont jamais réagi.

« Il n’y a jamais eu de débat démocratique à ce sujet », s’insurge Mikel Alvarez, un porte-parole du groupe venu à Bayonne, lors d’Alternatiba, en octobre (2e en partant de la gauche sur la photo). Cette lutte s’inscrit dans la suite de mouvements comme celui contre le projet autoroutier San Sebastien-Pampelune ou contre l’ouverture du tunnel du Somport au trafic massif des camions de marchandises.

Mikel Alvarez fait remonter l’opposition aux LGV aux années 1990, avec des temps forts en 2006 lorsque les travaux ont commencé près de Vitoria, et en 2008 alors qu’ils entraient dans une nouvelle phase. Mugitu, « faire bouger » en langue basque, est né en 2009 pour relancer l’action, notamment à travers la désobéissance civile.

Aussi, lorsque le 27 octobre 2011, la présidente de la région de Navarre, Yolanda Barcina, ex-maire de Pampelune et partisane de la LGV est venue à Toulouse, les militants ont décidé de donner dans le « spectaculaire ludique ». Elle devait participer aux conférences de la communauté de travail sur le thème de l’interconnexion des lignes à grande vitesse à travers les Pyrénées.

La dame était sur l’estrade, avec d’autres intervenants, lorsque trois personnes se sont approchées et l’ont entarté (scène visible en vidéo). « Son visage a été quelques instants recouvert de meringue sucrée » précise Mikel Alvarez. Les activistes et affiches de revendications ont été rapidement expulsés de la salle de conférence et ont fait des déclarations à la presse à l’extérieur. Sur le moment, en France, pas de contrôle d’identité, ni d’arrestation. C’est à leur retour à Pampelune en Espagne que les entartreurs seront inquiétés.

L’entartage, un crime horrible

Aujourd’hui, quatre des militants de Mugitu sont inculpés en Espagne pour délit d’attentat à l’autorité par l’Audiencia nationale (un tribunal d’exception). La cour d’assise a fixé le procès le 18 novembre et réclame des condamnations qui vont de quatre à six années de prison et jusqu’à neuf ans pour l’un d’eux, conseiller municipal d’un petit village.

Excessif et injuste proteste Mikel, qui compte parmi les inculpés : « C’est du jamais vu dans la plupart des pays occidentaux, où des actions similaires d’entartage à celle-ci ont à peine eu de conséquences légales ». Pour Mugitu, des actions populaires comme l’entartage de dirigeants qui imposent le TGV (train à grande vitesse) en cachant ses effets nocifs et son véritable impact économique et social sont un mode de contestation légitime et compréhensible.

Un investissement démesuré alors que l’on taille dans les budgets sociaux

Mais que reprochent-ils à cette LGV qui enserre, ou dessert, selon les points de vue, le pays basque espagnol dans un Y (Irun-San Sebastian-Bilabao-Vitoria ) ? Le gigantisme. Dans le contexte de crise économique où se débat l’Espagne, de telles infrastructures impliquent un gaspillage des ressources publiques (plusieurs milliards d’euros pour le « Y » basque). Pendant ce temps, les gouvernements imposent des coupes budgétaires dans le budget social.

Quand on avance qu’un tel chantier est créateur d’emplois, Jon, militant venu soutenir Mugitu sur son stand à Alternatiba répond : « Oui mais pour qui ? Pour des travailleurs de l’Est ou d’Afrique, peu regardants sur les conditions de travail ? »

L’argument du désenclavement des villages avec une ligne reliant les grandes villes basques n’a pas plus de poids à ses yeux : « Il faudra toujours prendre sa voiture pour rejoindre une gare, et gagner quoi ? Un quart d’heure ? ».

Et que dire enfin des conséquences environnementales ? « Plus de 100 kilomètres de tunnels qui vont déchirer les montagnes, des ouvrages très lourds dont certains inachevés, sans compter les décombres, les ouvertures de pistes pour permettre le passage du matériel et accéder aux chantiers… » , observe Mikel.

La contestation porte en fait sur le modèle de société qu’exprime le projet de LGV. Celui-ci sous-tend un développement économique destructeur de l’environnement, comme d’autres grandes infrastructures (port de Bilbao, barrage d’Itoiz en Navarre).

L’idée d’un « métro régional » dont les branches relieraient les métropoles basques à grande vitesse est-elle réellement la meilleure façon de faire vivre les territoires situés entre les lieux où se font les connexions ? Le TGV, explique Mikel, accroît la centralisation du territoire, en créant de grandes agglomérations au détriment des petites villes et villages. Il encourage l’hyper-mobilité et l’élitisme.

Mikel reconnaît qu’il manque des liaisons ferroviaires autour de Bilbao, mais juge que la LGV n’est pas la meilleure solution : il préfèrerait l’amélioration de l’existant ou la création d’alternatives avec des impacts environnementaux moins lourds.

Le procès Mugitu, qui aura lieu à Madrid, devrait mobiliser : diffusion d’un manifeste et d’un appel à soutien (voir aussi ici), pétition, actions de soutien le 12 novembre et manifestation à Pampelune le 16 novembre.

Mikel et ses compagnons espèrent qu’au moins l’affaire favorisera « une prise de conscience quant à l’inutilité et l’agressivité du TGV et de ce type d’infrastrutures megalomanes et destructrices ».

En Bretagne, on transporte les marchandises en voilier TransOceanic Wind Transport Reporterre 2013/11/04 TransOceanic Wind Transport (4 novembre 2013) En Bretagne, on transporte les marchandises en voilier. Reporterre. fr

En Bretagne, on transporte les marchandises en voilier

« En pleine polémique bretonne sur l’écotaxe, nous posons une question aux Bretons : ’Quelles bulles boirez-vous à Noël ?’ Nous répondons : Pour un Noël de la transition énergétique et des lendemains sans mal de tête, pensez à nos pétillants naturels qui viennent en voilier jusqu’à votre magasin. »

TOWT (TransOceanic Wind Transport) - Transport à la voile organise la deuxième édition d’un transport de marchandises à la voile autour des côtes de Bretagne, du 16 novembre au 4 décembre 2013.

Le Biche, thonier à voile de 22 mètres, effectuera un tour de Bretagne, de Nantes à Roscoff, avec plusieurs dizaines de tonnes de marchandises qui sont commercialisées au fil des escales, à Lorient et à Brest notamment. Ce transport à la voile est organisé par TOWT avec le soutien du Conseil Régional de Bretagne, dans le cadre du dispositif de modernisation de l’offre des voiliers de Bretagne, et à l’initiative d’Ingalañ Bro Brest, association bretonne de commerce équitable.

Partant de Lorient, le navire chargé de conserves de légumes ralliera Nantes, où des vins du Muscadet seront embarqués, pour rejoindre Lesconil, puis la métropole brestoise et Roscoff. Des oignons rosés et des échalotes seront chargés dans le port léonard, à destination des réseaux de magasins et de partenaires des régions brestoises, lorientaises et nantaises. Dans un esprit de cohérence, tous les produits sont issus de l’agriculture biologique et font l’objet d’un commerce équitable.

Cette ligne régulière autour de la Bretagne permettra l’économie d’une douzaine de tonnes de CO2, en fonction des conditions commerciales et météorologiques dans lesquelles se déroulera la navigation. Une partie importante des vins biologiques du pays nantais distribuée en Bretagne est ainsi désormais labélisée « transporté à la voile – dans le respect de l’environnement ».

Cette « véritable expérience bretonne » de transport de fret sur un superbe voilier traditionnel de travail est ouverte à tous.

Réservations : Embarquez sur le Biche !

Plus d’informations

TOWT, la propulsion vélique pour le futur

L’objectif de TOWT – Transport à la voile est de multiplier les transports de marchandises à la voile en anticipant la transition énergétique, de prouver leur viabilité et de développer un label de transport maritime propre, afin de permettre la construction de cargos modernes à propulsion vélique.

Guillaume LE GRAND, Fondateur de TOWT - Transport à la voile :

« En pleine polémique bretonne sur l’écotaxe, nous posons une question aux Bretons : « Quelles bulles boirez-vous à Noël ? ».

Nous répondons donc simplement : « Pour un Noël de la transition énergétique et des lendemains sans mal de tête, pensez à nos pétillants naturels et qui viennent de Loire-Atlantique en voilier jusqu’à votre magasin. »

Philippe RODET, Nautisme en Bretagne :

« Le conseil régional de Bretagne travaille depuis plusieurs années à la pérennité des voiliers du patrimoine breton. Leur inventer un avenir passe par une remise en conformité des voiliers mais avant tout par la construction d’un nouveau modèle économique, c’est dans ce cadre que le projet innovant imaginé et mis en œuvre par la jeune société TOWT est soutenu par la région. Le transport de marchandise à la voile porte un message et des valeurs qui nous unissent et dans lequel nous nous retrouvons bien ! »

Marc MAUSSION, Les Amis du Biche :

« Dès le début de la guerre 1914-1918, plus de cent thoniers dundee groisillons ont approvisionné l’Ouest de la France en charbon en provenance d’Angleterre. En dehors des périodes d’armement à la pêche au thon, le cabotage a continué pendant de nombreuses années avec des marchandises variées tels que vins ou pommes de terre. Ces thoniers avaient une capacité de charge importante tout en gardant des qualités nautiques remarquables.

Il nous semble important dans notre programme d’exploitation de Biche (construit en 1934 et restauré en 2012) que le navire puisse pratiquer les deux métiers : pêcher le thon et transporter des marchandises. Ce transport de marchandises permet donc d’allier une longue navigation bretonne à un transport propre en basse saison tout en retrouvant la double activité qu’avaient historiquement ces bateaux. »

David DERRIEN, Ingalañ Bro Brest :

« La Bretagne est aujourd’hui le théâtre d’enjeux d’avenir autour de la transition énergétique notamment sur la partie transport. Baignée par trois côtés par la mer, la Bretagne a un fort potentiel pour développer le cabotage avec l’acheminement de marchandises équitables, locales et respectueuses de l’environnement, véritable aboutissement dans l’utilisation d’infrastructures terrestres privilégiant les conditions de transport conciliant impact environnemental et innovation technologique. »

"Il s’agit de faire voyager ce vin selon une vieille tradition qui veut qu’il n’atteigne vraiment la perfection qu’après avoir fait une traversée sur un voilier", Henry de Monfreid (Le pilleur d’épaves, 1955).

Le gouvernement encourage l’élevage intensif porcin France Nature Environnement Reporterre 2013/11/05 France Nature Environnement (5 novembre 2013) Le gouvernement encourage l’élevage intensif porcin. Reporterre. fr

Le gouvernement encourage l’élevage intensif porcin

Le gouvernement projette d’assouplir les normes environnementales qui s’appliquent aux élevages porcins. Désormais les élevages de 450 à 2 000 porcs ne feront plus l’objet d’une autorisation préfectorale, mais seront soumis à un simple enregistrement. Une décision qui va dans le sens d’une politique agricole intensive, et qui ne prend pas en compte les dégâts potentiels sur l’environnement.

Aujourd’hui, les élevages qui comprennent entre 50 et 450 porcs sont déclarés en préfecture, et au-delà, ils doivent faire l’objet d’une autorisation préfectorale. Le nouveau régime modifie les seuils et donc les exigences environnementales :

Les installations qui comptent 450 à 2 000 porcs seront soumises à des prescriptions générales (régime d’enregistrement), et seules les installations de plus de 2 000 porcs auront des prescriptions de fonctionnement faites sur mesure. Cette modification sera lourde de conséquence pour l’environnement et est totalement incohérente avec l’engagement de l’Etat de rétablir une bonne qualité des eaux.

France Nature Environnement s’est toujours opposé au régime d’enregistrement, et aujourd’hui, nous devons nous mobiliser pour faire entendre notre voix.

Pour cela, merci de participer à la consultation publique sur le décret modifiant la nomenclature ICPE, en postant, sur ce lien le texte ci-dessous :

Contre la création du régime enregistrement pour les élevages porcins de plus de 450 têtes

Parce que nous sommes attachés à notre territoire, nous nous opposons à la création du régime enregistrement pour les élevages de plus de 450 porcs. Avec ce régime, plusieurs procédures dont l’objectif est la préservation de l’environnement et l’avis des citoyen.nes ne seront plus demandées pour la création d’un nouvel élevage.

Avec l’enregistrement, plus d’étude d’impact ! Ainsi il n’y aura aucune étude pour mesurer l’effet sur le territoire de cette installation, donc aucune mesure spécifique prise pour réduire les impacts négatifs, même dans des zones où le trop plein d’azote provoque l’explosion des algues vertes.

Avec l’enregistrement, plus d’enquête publique ! Ainsi, ni les associations, ni les citoyen-nes ne pourront savoir ce qui va se créer, connaître le dossier, l’ampleur du projet, sa localisation, la façon de gérer les lisiers... pas de commissaire enquêteur qui permet un regard neutre. Même les CODERST ne seront plus consultés !

Avec l’enregistrement, ce ne seront plus des prescriptions propres qui s’appliqueront mais des mesures types adoptées au niveau national. Impossible de prendre en compte la diversité des territoires et leur fragilité plus ou moins importante par rapport à ce type d’installation dans un arrêté national.

Pour ces raisons, nous demandons l’abandon de ce projet de modification du décret et le maintien du régime autorisation pour les élevages de plus de 450 porcs.

Le village (alternatif) des « gueules cassées » Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) Reporterre 2013/11/05 Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) (5 novembre 2013) Le village (alternatif) des « gueules cassées ». Reporterre. fr

Le village (alternatif) des « gueules cassées »

Une ferme, une épicerie, des wagons de train aménagés en dortoirs, des maisons à l’architecture délirante... Bienvenue dans le village alternatif d’Emmaüs Lescar-Pau qui accueille depuis trente ans des exclus du système et recrée une société préservée du « consumérisme et du productivisme ».

A l’ouverture des grilles, une centaine de personnes se dirigent au pas de course vers l’entrée d’un grand hangar, tels des accrocs au shopping un jour de soldes. Ils veulent être les premiers à faire leur choix parmi les meubles, vêtements et jouets proposés à la vente dans cet immense bâtiment. Pourtant, il ne s’agit pas d’un centre commercial mais d’une communauté Emmaüs situé près de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Tous les articles en vente sont issus du recyclage, collectés, triés et remis en état par la centaine de « compagnons Emmaüs » qui travaillent et vivent sur les lieux.

Pour la plupart, ces compagnons sont des « gueules cassées venues ici par nécessité », comme l’explique Germain, qui a fondé la communauté il y a 31 ans après sa rencontre avec l’Abbé Pierre. Le « petit projet » imaginé à l’époque par ce soixantenaire fort en gueule est devenu la plus grosse des 116 communautés Emmaüs de France.

Germain annonce une fréquentation de mille visiteurs pour un chiffre d’affaires de 10 000 € par jour, ainsi que dix-huit salariés en CDI qui assurent la gestion du quotidien. Les compagnons, eux, n’ont pas de contrat de travail bien que leur emploi du temps diffère peu de celui d’un employé classique. En revanche, ils sont nourris, logés, blanchis et touchent un pécule de 40 € par mois et 400 € à partir d’un an de présence.

Ce statut particulier a été reconnu par décret en 2009. Une décision saluée par Martin Hirsch, alors Haut-commissaire aux solidarités et ancien président d’Emmaüs mais critiquée par des anonymes, dont Georges qui se présente comme un ancien compagnon et compare la situation dans les communautés Emmaüs à du travail dissimulé. Germain estime au contraire que le mode de vie communautaire est nécessaire à la reconstruction des personnes. « Aujourd’hui, on enferme les gens dans l’individualisme alors que le collectif est source de créativité », pense-t-il. Loin de voir la communauté comme un campement pour pauvres, il la décrit comme une oasis « préservée du consumérisme et du productivisme ».

Un village qui cultive des tomates et son autonomie

Il fustige l’« assistanat » qu’entraine selon lui le RSA et « la gestion institutionnelle de la misère » pratiquée par les services sociaux. Il refuse le don qui selon lui aliène et veut lui opposer une logique de partage où chacun travaille à l’édification de la communauté. Il préfère d’ailleurs employer le terme de « village alternatif ».

En effet, avec une épicerie, une crêperie, un foyer, des lotissements faits de mobile-homes, de cabanes et de maisonnettes et même une ferme, ce lieu de vie a tous les attributs d’un petite bourgade tranquille… si l’on fait abstraction des barrières entourant le terrain. Le village est même doté d’un « conseil municipal » dont le maire n’est autre que Germain. « Tout ceux qui veulent participer à la décision viennent au conseil municipal », lance-t-il. Et même si Emmaüs Lescar Pau se veut autogéré, c’est Germain qui tranche dans « 95% des cas » sur l’accueil et surtout l’exclusion d’un compagnon.

Emmaüs Lescar-Pau ne ressemble pas aux autres communautés fondées par l’Abbé Pierre, notamment parce qu’elle est indépendante et ne reçoit pas d’argent d’Emmaüs France. Une démarche qui a le don d’agacer les dirigeants nationaux de la structure. Mais qu’importe les critiques, ce « village alternatif » cultive son autonomie. Alimentaire d’abord avec la ferme. Économique ensuite avec les multiples activités proposées sur le site qui permettent son autofinancement. Et au niveau du logement également.

En effet, si les compagnons logent dans des bâtiments collectifs à leur arrivée, ils peuvent accéder à un logement individuel en fonction des places disponibles, à savoir un mobile-home ou une maisonnette qu’ils contribuent à construire. « Quand tu participes à la construction et à la conception de ton logement, tu deviens acteur et tu te réappropries ton habitat, tu n’es pas juste un consommateur », fait valoir Germain.

Désobéissance civile

Il n’hésite pas à dire que pour les maisons construites par les compagnons (espaces recevant du public mis à part), aucun permis de construire n’a été demandé. Pour lui, si les autorités acceptent ce genre de passe-droit, c’est que Emmaüs Lescar-Pau « est un partenaire économique et social incontournable des collectivités », aussi bien au niveau de l’accueil de sans-abris que de l’apprentissage d’un métier. Déchetterie, recyclerie, espace de vente, construction de logements, ateliers divers, événements culturels… Ce petit ilot autogéré en bordure d’autoroute ne reçoit aucune subvention publique ou privée afin de ne pas « blanchir de l’argent sale », selon les mots de son fondateur.

Ce dernier affirme d’ailleurs que c’est cette autonomie qui permet à ce village de faire acte de « désobéissance civile » et de s’engager sur le terrain politique. Ainsi, la communauté milite pour l’instauration d’un Revenu maximum autorisé, le développement de l’agriculture de proximité et biologique ainsi que pour l’éco-construction, deux activités pratiquées sur le village. Sur son journal, le village alternatif annonce clairement la couleur : « Faire de l’urgence, oui ! Mais, pas uniquement », Emmaüs Lescar-Pau entend s’attaquer « à la source du mal : le capitalisme, système au service de la finance plutôt que de l’homme ».

Plus qu’un lieu d’accueil pour SDF, le « village alternatif » d’Emmaüs Lescar-Pau est une aventure collective, un projet politique, une expérimentation d’autres moyens de partager, de travailler et de vivre ensemble. De quoi pousser Germain à se réjouir de « tout ce qui a été accompli avec des exclus de la société ».

A Fos, l’incendie de l’incinérateur a relâché des dioxines - mais motus ! Marie-Paule Nougaret (Reporterre) Reporterre 2013/11/05 Marie-Paule Nougaret (Reporterre) (5 novembre 2013) A Fos, l’incendie de l’incinérateur a relâché des dioxines - mais motus !. Reporterre. fr

A Fos, l’incendie de l’incinérateur a relâché des dioxines - mais motus !

Un important incendie a ravagé l’incinérateur de Fos durant le week-end. Aucun problème de santé, affirme la préfecture, qui ne répond cependant pas aux questions. L’incendie a très vraisemblablement relâché un panache de dioxines. Il pourrait en tout cas relancer la questions de la gestion des déchets à Marseille.

- Correspondance, Montpellier

On l’appelle « l’incinérateur », à cause des polémiques qui ont précédé sa construction, mais il s’agit en fait d’un énorme complexe avec gare de triage, situé à Fos, dans les Bouches-du-Rhône, pile devant la mer. Là, depuis 2011, arrivent tous les jours des dizaines de wagons contenant mille tonnes d’ordures non triées, la poubelle résiduelle comme on dit, d’un million d’habitants de dix-huit communes, dont Marseille : un kg pour chacun d’entre eux. Comme tous ses pareils, le four récent porte un nom élaboré par un service de marketing, Everé. Everé se distingue, nous apprend Internet : en plus de brûler les déchets et de les trier pour recycler les métaux et plastiques, on y fermentait les reliefs de cuisine, pour produire du biogaz et du compost.

Dans la nuit de vendredi 1er novembre à samedi, Everé a flambé, et selon la Dreal (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), autrement dit la Préfecture, le feu couvait encore, dans deux fosses, dimanche soir. Impossible d’en savoir plus de ce côté. Aucun journaliste n’a pu visiter le site ni le photographier : la direction passe son temps en Préfecture et l’ouvrière qui répond au standard, lundi soir, constate seulement que les pompiers sont encore là.

Il s’agit de pompiers marins, en principe bien équipés face aux feux chimiques. Le préfet a demandé à l’agence locale Air PACA, de surveiller les polluants atmosphériques à proximité du site : dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, ozone et particules PM 10 (voir encadré ci-dessous). L’agence n’a constaté aucune augmentation ; et le préfet de s’en féliciter pour les riverains. Pas un mot sur les dioxines, ni les métaux toxiques. Mais la volonté de surveiller les sédiments marins et les moules qui filtrent l’eau pour se nourrir, en retenant les corpuscules, laisse penser que le souci existe, bien qu’on n’en dise rien. Jusqu’à présent le vent a soufflé vers la mer (mistral) et un peu vers la Crau.

Reporterre a voulu en savoir plus. Nous avons été dans l’impossibilité de poser des questions sur les pollutions causées par l’incendie : sur six attaché-e-s de presse contacté-e-s (Dreal, préfecture de région, préfecture des Bouches-du-Rhône), deux seulement ont répondu, et pour botter en touche.

Selon Joël Raffin, directeur des services techniques de la Communauté urbaine de Marseille, qui possède l’installation, « la partie méthanisation, qui est détruite, ne fonctionnera plus. Cependant les fours restent opérationnels, quoiqu’arrêtés par précaution, au moins quinze jours ». Quant aux fosses en combustion lente, il s’agirait de celles des déchets en bout du processus, prêts pour l’incinération. Celle-ci devrait reprendre donc, avec ce qu’il en restera. Par la suite, l’incinérateur, orphelin d’une partie des systèmes de tri, risque fort d’avaler le tout venant des détritus, comme les modèles d’antan.

« Enormément de dioxines »

En attendant cet incendie émet-il des dioxines ? Maurice Sarazin, répond : « Enormément. A cause du sel de cuisine des déchets, mis à fermenter, qui ont flambé ». Cet ingénieur préside l’Appel , en lutte de longue date contre l’incinérateur de Lunel Viel, dans l’Hérault. Le sel, chlorure de sodium, rappelle-t-il, contient du chlore, la matière de base des dioxines qui se forment à partir de 400 °C. Les incinérateurs les détruisent à 1000 ° C. A Fos, l’incendie est un feu incontrôlé, sans four à haute température, ni filtre pour les fumées. Jusqu’ici, le vent a soufflé vers la mer (mistral), mais aussi vers la Crau.

Comme tout composé chloré, les dioxines s’accumulent dans les graisses, en se concentrant, le long de la chaine alimentaire. L’une d’entre elles est le produit le plus cancérigène connu, agissant au pico gramme (milliardième de gramme), surtout pour certains profils génétiques, et le risque est avéré, autour des incinérateurs anciens.

On ne sait pas ce qui a déclenché le feu à Fos. Ce pourrait être un arrêt de ventilation et l’accumulation de méthane, ou le frottement trop poussé sur des tapis roulants en caoutchouc, hautement inflammables, du fait d’une panne mécanique, estime M Sarazin. Quoi qu’il en soit, les ordures en vrac n’arrivent jamais intactes, aucun système automatique ne saurait les trier parfaitement. Elles subissent une première transformation acide dans la poubelle des particuliers. Les fragments d’aliments en contact avec des métaux y forment alors des sels indestructibles : d’où les problèmes de normes que rencontrent les compost de méthanisation, à la sortie. Nombre d’agriculteurs les refusent. Et les mêmes métaux contaminent les fumées de l’incendie.

Cet accident industriel pourrait permettre de reposer la question de la gestion des déchets. Reporterre renvoyait dès samedi vers l’analyse d’Objectif Transition : l’association pense que ce sera l’occasion de réfléchir sur la réduction des déchets et leur tri efficace, avant les élections municipales du printemps. Quant à François-Michel Lambert, seul député EELV (Europe écologie les Verts) de la région, il lance un flamboyant « Incinérons l’incinérateur ! ».

L’air marseillais

L’air de Marseille passe pour l’un des plus pollués d’Europe, du fait de sa situation et de ses activités.

Les polluants qu’on y mesure, sont : - le dioxyde de soufre, SO2, qui vient du pétrole, se fait rare sur les routes, car l’Union Européenne limite le soufre à 0,05 % du gasoil. Mais les navires qui fréquentent le port peuvent brûler du lourd, soufré à 5%, soit cent fois plus. Enfin certaines raffineries de Berre, qui l’extraient des carburants, en émettent aussi. Se conjuguant avec la vapeur d’eau présente dans l’air, le SO2 donne des pluies d’acide sulfurique (vitriol), nocif entre autres pour les poumons. - le dioxyde d’azote, NO2, vient de l’azote de l’air dans les combustions mal réglées, qu’il s’agisse de scooters, de chauffe-eaux, de camions ou de cargos. Avec l’eau il donne des pluies d’acide nitrique. Et à la grande lumière, souvent présente à Marseille, il permet la formation d’ozone. - L’ozone, O3, se forme à partir de l’oxygène, par cuisson à la lumière du NO2 et des vapeurs d’essence, solvants etc. Ce gaz inodore, très oxydant, est cause de maladie cardio-vasculaire et de cancers) - Les PM 10 sont les particules d’un diamètre inférieur à moins de 10 microns (un micron mesure un millionnième de mètre).

« No gazaran » ce mardi à Nantes Par Julien villalard Reporterre 2013/11/05 Par Julien villalard (5 novembre 2013) « No gazaran » ce mardi à Nantes. Reporterre. fr

« No gazaran » ce mardi à Nantes

Mardi 5 novembre à 20h45 à Nantes Projection de No gazaran, documentaire sur la bataille du gaz de schiste. Séance suivie d’un débat en présence de Carole Menduni (co-réalisatrice) et de Hervé Kempf.

L’alerte est lancée dans le sud est de la France début 2011 : le gaz de schiste arrive dans nos villages, nos paysages, nos vies ! Le gaz de quoi ?

Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film témoigne des soubresauts d’une société prise au piège d’un modèle économique en crise en suivant pendant deux ans l’organisation d’un mouvement de résistance historique qui va faire reculer les industriels et l’état.

Mardi 5 novembre à 20h45 à Nantes

Projection du documentaire « No gazaran » en partenariat avec le Parti de Gauche, membre du Front de gauche.

Séance suivie d’un débat en présence de Carole Menduni (co-réalisatrice) et de Hervé Kempf (journaliste spécialiste de l’environnement).

Cinéma Le Concorde 79, bd de l’Egalite 44100 Nantes

Le marché ne sauvera pas les forêts tropicales Romain Pirard Reporterre 2013/11/05 Romain Pirard (5 novembre 2013) Le marché ne sauvera pas les forêts tropicales. Reporterre. Tribune — Forêts tropicales fr

Le marché ne sauvera pas les forêts tropicales

La disparition des forêts tropicales se poursuit inexorablement, malgré les nombreuses initiatives promouvant des instruments de marché. Ceux-ci ont échoué. Enrayer la déforestation implique en fait de réduire la consommation et de changer le mode de développement.

Près de treize millions d’hectares de forêts tropicales sont détruits chaque année, entre bassin amazonien, Afrique centrale et Asie du Sud-Est. Le chiffre est certes en partie balancé par des efforts de reboisement dans certains pays d’Asie (Chine, Vietnam) ou dans le monde développé, mais cela ne compense pas la perte de biodiviersité tropicale.

Ce phénomène n’est pas nouveau. En réponse, on va vu depuis vingt cinq ans se propager des discours volontaristes sur les mérites des marchés, comparativement à des approches plus coercitives associées au pouvoir régulateur des gouvernements. Cette tendance s’est trouvée renforcée par l’émergence plus récente d’une rhétorique sur les « services environnementaux » : il s’agit des bénéfices dont jouissent les populations lorsque l’environnement est bien géré.

Par exemple, la conservation d’un espace boisé en amont d’un bassin versant permet non seulement de lutter contre l’érosion des sols, mais aussi de garantir un débit plus régulier des cours d’eau dont les populations et industries en aval peuvent bénéficier.

Ainsi, de nombreuses tentatives visent aujourd’hui à promouvoir des instruments adossés au marché pour atteindre des objectifs environnementaux , par exemple des programmes de certification type FSC (Forest stewardship council) ou les très médiatisés « Paiements pour Services Environnementaux » (PSE). Ceux-ci recouvrent des instruments hétérogènes mais qui partagent certaines caractéristiques : transactions bilatérales où un bénéficiaire d’un service rémunère ceux dont les décisions d’usage des sols permettront de garantir la fourniture du service, la rémunération étant conditionnée à la fourniture du service (ou aux moyens mis en œuvre pour atteindre cet objectif).

Dans le même temps, les négociations au sein de la Convention Climat ont abouti à la création d’un mécanisme appelé REDD+, qui vise à financer la réduction de la déforestation tropicale. Ce financement peut passer par les marchés carbone, par les contributions des pays industrialisés (la Norvège notamment) ou par tout autre moyen, que celui-ci relève des passagers d’un vol aérien souhaitant compenser leurs émissions, des organisations philanthropiques ou encore des agences onusiennes.

Quels sont les résultats obtenus par ces approches ? Les attentes sont très loin d’être satisfaites aujourd’hui, et les discours l’ont emporté sur les réalisations. Je ne rentrerai pas ici dans des considérations morales sur ces approches ; celles-ci font déjà l’objet de nombreux débats où les peurs souvent irrationnelles d’une « marchandisation de l’environnement » se confrontent à des présupposés idéologiques sur les avantages théoriques des marchés.

Par contre, il est important de souligner le peu d’impact de ces mécanismes adossés aux marchés. Un gouffre sépare leur conceptualisation de leur mise en pratique, et il est clair que ces instruments dits « innovants » se fracassent contre la réalité du terrain. Entre l’instrument pensé par l’économiste ou le décideur et celui qui est déployé dans les espaces forestiers, il existe peu de points communs.

Autrement dit, la montagne a accouché d’une souris. Les inerties sont bien trop puissantes sur le terrain, ainsi que les agendas politiques divers et variés. La Norvège promet un milliard de dollars à l’Indonésie pour REDD+ ? Quelques années après, seulement 3 % sont versés en raison de l’absence d’actions concrètes.

Les marchés volontaires constitueraient une solution transitoire avant que les marchés carbone sortent renforcés d’un accord global de réduction des émissions ? Là encore, ces transactions ne concernent que 0,3 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre dans le monde !

L’Equateur veut mettre en place un appel à contributions internationales pour compenser les coûts d’opportunité de la non-exploitation des ressources pétrolières afin de préserver les forêts tropicales du Parc Yasuni ? Le projet est finalement abandonné en septembre 2013.

Ce n’est pas le lieu ici de décrire la complexité des causes de la déforestation tropicale, entre infrastructures routières, besoin de satisfaire la demande alimentaire, gouvernance défaillante… Mais le fait est que les rustines que représentent les approches addosées au marché ne sont pas une solution au problème.

La solution ne pourra passer que par une redéfinition de nos trajectoires de développement afin que la consommation par habitant diminue drastiquement (voire la démographie). Cette prise de conscience se heurte à des inerties là aussi puissantes, puisque la croissance économique reste dans nos esprits associée à plus de production de biens manufacturés.

Elle continuera aussi de nous poser des problèmes intellectuels puisque l’on ne peut blâmer, à titre d’illustration, l’expansion des plantations de palmier à huile sans faire également l’effort d’admettre qu’avec une croissance de la demande alimentaire, les mêmes terres seraient de toute façon défrichées et cultivées pour y répondre, quel que soit le type de culture.

Romain Pirard est « senior scientist » au CIFOR (Center for International Forestry Research) en Indonésie ; et l’auteur de « Peut-on sauver les forêts tropicales ? ».

Les vrais dangers du gaz de schiste Par Julien villalard Reporterre 2013/11/06 Par Julien villalard (6 novembre 2013) Les vrais dangers du gaz de schiste. Reporterre. fr

Les vrais dangers du gaz de schiste

Un livre qui répertorie les études parues sur les dangers du gaz de schiste.

LE BUT :

Certains en rêvent, d’autres s’y opposent, car c’est dans tous les pays que les anti-gaz-de-schiste se sont mobilisés, et encore ce 19 octobre 2013. Ce livre tente de savoir pourquoi afin que, dans l’avenir, "personne ne puisse évoquer l’ignorance de cause."

LA THEMATIQUE :

Ce livre répertorie toutes les études parues sur les dangers du gaz de schiste, en une compilation exhaustive et une analyse objective qui fait le tri (pas l’amalgame) en posant les vraies questions, afin que tout à chacun se fasse son opinion - de façon objective - loin de la nécessité économique.

En effet, quelques que soient les dernières déclarations des parties en présence, le gaz de schiste va être encore longtemps – à travers le monde - de tous les débats, de toutes les interrogations. En France, si la décision du Conseil Constitutionnel du 11 octobre 2013 confirme la seule interdiction de la fracturation hydraulique, la situation des 61 permis octroyés ainsi que celle des 113 demandes n’est pas tranchée car rien ne distingue, à ce jour, un permis exclusif de recherches conventionnel d’un non-conventionnel. Et ce, d’autant plus qu’il n’y a pas de volet spécifique aux gaz de schiste dans la réforme du Code Minier en cours.

Aussi, il est à redouter qu’il s’invite tôt ou tard dans le mix-énergétique qu’il s’agisse d’explorer ou d’exploiter.

Ce livre est donc un document précieux écrit par Danièle Favari, juriste de l’environnement et droit européen de l’environnement, conceptrice de la proposition de loi du Groupe écologiste à l’Assemblée Nationale.

Sur un sujet aussi complexe que l’exploitation du gaz de schiste en France, l’auteur, experte, présente un ouvrage pédagogique et accessible. Dans une première partie, elle part de l’origine de cet « hydrocarbure à l’état gazeux » et explique, point par point, la composition, l’extraction, le contrôle de la fracturation hydraulique, car si, certes, celle-ci représente un saccage de notre environnement, le risque est aussi ailleurs, et il est bien réel. Les auteurs vous disent pourquoi.

Une seconde partie permet d’élargir l’analyse aux questions économiques, écologiques, juridiques et politiques que soulève ce débat. Alors que la priorité est de garantir, dès maintenant, une protection élevée de la santé humaine et de l’environnement pour tous, Danièle Favari aborde de manière simple la nécessité d’une transition énergétique, loin des énergies fossile et nucléaire de même qu’elle analyse le "boom" économique qu’il a généré aux Etats-Unis dans ses derniers développements. Un ouvrage pédagogique pour vous faire une opinion, de façon objective sur le problème du gaz de schiste.

Le gaz de schiste, c’est, selon Jéremy Rifkin, « une énergie du XXe siècle » et il est temps de tourner le dos aux énergies fossiles, "loin des illusions d’une "énergie abondante et bon marché" car non-renouvelables, alors même que nous devons changer de paradigme pour aller vers une énergie décarbonée."

Néanmoins, l’ouvrage n’hésite pas à donner la parole aux pro-gaz-de-schiste, en abordant toutes les étapes même les plus récentes de ce débat, jusqu’au rapport d’étape de l’OPESCT « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels » (suite à la Saisine n° 2012-06 par le Sénat). Il aborde également la position de l’UE et le processus en cours qui devrait déboucher sur une révision du cadre réglementaire européen et de la prévention des risques, sans pour autant envisager l’interdiction de la « fracturation hydraulique ».

Danièle Favari, juriste de l’environnement et droit européen de l’environnement, Auditionnée comme Expert du Parlement Européen de Bruxelles lors de l’Atelier sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans l’Union Européenne et ses impacts sur l’environnement et la politique énergétique, elle est l’auteure de "Gaz de schiste, sous nos pieds l’enfer » avec Edouard Ballot et « Pourquoi on va vous faire aimer le schiste-fucking ? » dans la revue Nexus, de nombreux articles sur Slate.fr ; le HuffingtonPost, etc... et tient un site dédié.

Les vrais dangers du gaz de schiste, Danièle Favari, Editions Sang de la Terre, 328 pages, 17.10 €.

Dès à présent « disponible en ligne en version numérique » sur Amazon.fr et à partir du 31 octobre 2013 dans les bacs.

Les grandes entreprises se fichent de l’environnement Elisabeth Schneiter Reporterre 2013/11/06 Elisabeth Schneiter (6 novembre 2013) Les grandes entreprises se fichent de l’environnement. Reporterre. Tribune — fr

Les grandes entreprises se fichent de l’environnement

Candides ou cyniques, certains, tel Brice Lalonde, croient que les grandes entreprises ont le réel souci de préserver l’environnement. Mais l’examen de la réalité montre que seul le profit dirige les actions des entreprises.

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Brice Lalonde, Conseiller spécial du Pacte mondial de l’ONU (Organisation des Nationes unies), était mercredi 23 octobre 2013 l’invité du Comité 21 sur le thème : 2015 et après.

Il s’est émerveillé du rôle des entreprises dans le développement de la planète, « En deux siècles elles ont changé le monde ! » Puis il a fait remarquer que 2015 marque une échéance importante, celle des OMD (Objectifs du millénaire), fixés par l’ONU en 2000 pour lutter contre la pauvreté.

Pour lui, l’avancée majeure de Rio+20, dont il était l’un des coordinateurs exécutifs, a été d’instaurer des Objectifs pour le développement durable (ODD), « pas seulement pour les pauvres comme les OMD, mais pour l’humanité toute entière ! C’est complètement nouveau ! » s’est-il exclamé, « …une décision extraordinaire et imprévue, … qui pourrait modifier toute la dynamique de la coopération internationale au cours de la prochaine décennie ! »

"Certaines entreprises sont devenues plus puissantes que les Etats"

« Tout est négocié politiquement, a-t-il expliqué, mais comme certaines entreprises sont devenues plus puissantes que certains Etats… l’ONU leur demande de l’aider et d’aider aussi les États. »

Le Pacte mondial de l’ONU a donc pour mission de rallier les entreprises sur dix engagements (solidarité, égalité hommes femmes, développement durable, etc.), et elles sont déjà 8 000 à participer. Il a dit que si elles ne respectent pas les engagements, « elles sont tout simplement ’delisted’, euphémisme américain pour dire, viré ».

Pourtant, le fait que ce soient les entreprises elles-mêmes qui évaluent, par un rapport annuel, leur propre performance et leur respect ou pas des objectifs, sans vérification de l’ONU, n’est pas très rassurant.

Brice Lalonde -

Évidemment, a-t-il fait remarquer, « il existe une tension entre la croissance économique et les limites planétaires, on pourrait même parler de bataille… » mais Brice Lalonde croit que les entreprises, « qui ont par nature l’espoir de durer plus longtemps que des politiciens au pouvoir, sont parfois plus mobilisées que les gouvernements ». Comme exemple de leur indépendance et de leur vision à long terme, il cite le fait que certaines en Europe aient décidé de supprimer le rapport trimestriel aux actionnaires !

Les entreprises attaquent

J’étais venue parce que la question de savoir comment l’humanité va gérer les problèmes de la planète après 2015 me semble brûlante : les océans sont quasiment vides de poissons, remplis d’ordures, et bientôt radioactifs grâce à Fukushima. L’eau propre manque à un bon milliard d’êtres humains. L’air est de plus en plus irrespirable dans de nombreuses villes. Les sols sont détruits par l’agriculture chimique. Le climat est sens dessus dessous, et la géo-ingénierie évoquée comme une solution possible dans le dernier rapport du GIEC semble une technique mégalomaniaque dont personne ne connaît encore les conséquences.

Le Comité 21 est un réseau d’acteurs engagés dans la mise en œuvre du développement durable. Pourtant les questions, ce matin-là, sauf une sur le nucléaire, sont restées très technocratiques, abstraites, comme si les intervenants étaient surtout soucieux de montrer qu’ils maîtrisaient eux aussi les détails de procédure dans les négociations internationales en cours.

Personne dans l’assemblée n’a abordé la question du pouvoir grandissant des lobbies (et donc des entreprises) et de leur capacité à influencer les acteurs politiques, la Commission européenne et les États-Unis.

Ni le fait que non contentes de contrôler un nombre croissant d’acteurs politiques, de chercheurs, d’institutions internationales…, les entreprises attaquent désormais en justice les pays qui osent vouloir changer de cap pour protéger leur territoire, la santé de leur peuple ou leur forêt.

L’entreprise suédoise Vattenfall a ainsi attaqué l’Allemagne, après la décision du gouvernement fédéral allemand en 2012 de supprimer progressivement l’énergie nucléaire. Elle demande 3,7 milliards d’Euros en compensation des bénéfices perdus suite à l’arrêt de deux de ses centrales.

Philip Morris a attaqué l’Uruguay et l’Australie sur leurs lois anti-tabac. Chevron, qui a déversé plus de 18 milliards de gallons d’eaux usées toxiques en Amazonie équatorienne, attaque l’Équateur au tribunal à New York et lance une campagne de relations publiques mondiale pour renverser le jugement qui la condamne à payer une amende de 19 milliards de $.

L’intention des entreprises semble être d’ériger le profit en un droit, opposable à la souveraineté même des États.

Arriveront-ils à temps ?

Quelles avancées positives, sur le plan international, depuis le rapport du Club de Rome en 1972, dont les prévisions se vérifient chaque jour ? Depuis la première conférence de Rio en 1992 ?

Les OMD, les ODD, les Neuf frontières et les Dix priorités pour l’humanité… ! En quarante ans les écologistes n’ont-ils réussi qu’à organiser des conférences et à fixer des objectifs ?

La lenteur des négociations internationales visant à protéger l’environnement semble inversement proportionnelle à l’avancée rapide des entreprises exploitant la nature, les hommes, les femmes et les enfants, et imposant peu à peu leurs volontés aux États et aux peuples.

Les accords de libre-échange, négociés dans un quasi secret, sont l’un des outils de prise de contrôle de l’économique sur le vivant. Les entreprises pilotent ces discussions, ouvertement et indirectement, pour faire avancer leur « droit au profit ».

Par exemple, le TTIP, Pacte transatlantique sur le commerce et l’investissement. Il ne s’agit pas seulement de baisse des tarifs douaniers, mais de la suppression des normes « non nécessaires » ou « non raisonnables », existantes ou à venir, pour protéger l’investissement contre l’expropriation indirecte provoquée par des réglementations qui nuisent à l’expansion des firmes et de leurs bénéfices.

Ce traité donnerait aux entreprises des droits qui primeront sur les droits humains et chaque pas en avant dans cette voie semble une étape vers une gouvernance globale sous l’influence des plus riches, sans considération pour les personnes ou la nature.

D’autres accords semblables sont en cours de négociation, notamment entre l’Europe et le Canada.

Eyes wide shut

En vérité, bon nombre de multinationales se mobilisent pour empêcher, du mieux qu’elles le peuvent, la mutation du système actuel gouverné par le profit et le capital, vers une nouvelle organisation sociale citoyenne pensée par et pour les humains et leur environnement.

Il m’a paru étrange que personne ce matin-là, que personne ne semble s’en apercevoir.

Ecologie et politique. Chine Par Julien villalard Reporterre 2013/11/06 Par Julien villalard (6 novembre 2013) Ecologie et politique. Chine. Reporterre. fr

Ecologie et politique. Chine

Écologie & politique n° 47 Les écologies politiques aujourd’hui : Chine

Après trente ans d’une croissance économique avoisinant les 10% par an, la Chine butte désormais sur la limite environnementale. Tous les milieux sont touchés : 70% des lacs, rivières et fleuves de Chine sont trop contaminés pour un usage agricole et domestique, comme pour abreuver les animaux, et 760 000 personnes meurent prématurément chaque année de la pollution de l’air et de l’eau.

Quant à la pollution des sols, il s’agit d’une information classée secret d’État ! On dénombre pratiquement 500 « villages du cancer » dans lesquels le taux de personnes atteintes est plusieurs dizaines de fois supérieur à la moyenne nationale. Naturellement, ce sont les citoyens les plus modestes qui payent le prix fort à cette détérioration de l’environnement. D’où les protestations que l’on compte désormais par dizaines de milliers chaque année.

L’objet de ce numéro est d’analyser comment la « question écologique » fait son chemin au sein de la société civile et des sphères de pouvoir de l’empire du Milieu, et cela quelques mois après le changement d’équipe dirigeante à Pékin.

Sommaire

Dossier dirigé par Jean-Paul Maréchal

L’écologie politique en Chine, Jean-Paul Maréchal (Université de Rennes)

L’éveil vert de la société chinoise ?, Marie-Hélène Schwoob (CERI)

La Chine et les technologies vertes : vers un dilemme de sécurité ?, Emmanuel Meneut (Institut catholique de Paris)

L’irruption de la nature à Canton. Entre ONG, État et normes globales, Monique Selim (IRD-Université Paris 1)

Pékin face au défi de l’élaboration d’un nouveau régime climatique mondial, Jean-Paul Maréchal

La Chine face au changement climatique : quelle(s) politique(s) ?, Giulia C. Romano (CERI)

La justice environnementale comme équité. La politisation des conflits environnementaux en République populaire de Chine, Richard Balme (Centre d’études européennes de Sciences Po)

L’écologie, Confucius et la démocratie : critique de la rhétorique chinoise de « civilisation écologique », Gwennaël Gaffric (Doctorant Université Jean Moulin Lyon 3), Jean-Yves Heurtebise (CEPERC et Université de Stanford)

Écologie & politique, n° 47, 2013. "Les écologies politiques aujourd’hui (5) Chine", Presses de Sciences Po, 196 pages, 23,00 €

Je suis Breton et j’en ai assez des Bonnets rouges ! Yves-Marie Le Lay Reporterre 2013/11/06 Yves-Marie Le Lay (6 novembre 2013) Je suis Breton et j’en ai assez des Bonnets rouges !. Reporterre. Tribune — fr

Je suis Breton et j’en ai assez des Bonnets rouges !

Derrière les Bonnets rouges, il y a « ceux qui ont apporté à la Bretagne la pollution de l’eau, les troubles musculo-squelettiques et maintenant la fermeture d’usines agroalimentaires, malgré des aides publiques massives. »

Je suis bBreton et fier de l’être. Samedi 2 novembre, j’étais à Carhaix, pas à Quimper. Pourtant, parait-il, l’avenir de la Bretagne, se jouait dans la capitale de la Cornouaille. Ce grand bal pour l’emploi était organisé par les pollueurs de nos rivières et de notre littoral, et par les exploiteurs de la force de travail bretonne. Avec un tel passif, qu’est-ce qui les autorisait à défendre notre région qu’ils ont tant abimée ? On pouvait encore penser hier que c’était le prix à payer pour une économie florissante. Forts alors de ce seul actif, ces acteurs de premier plan donnaient l’illusion d’une certaine compétence, les autorisant à un grand rassemblement pour l’emploi. Mais devant l’effondrement de l’économie bretonne dont ils sont les seuls responsables, quelle légitimité ont-ils encore à parler d’économie et d’emplois ?

Il leur aura suffi de casser quelques portiques d’éco-taxe pour redorer leur blason et trouver le coupable idéal. Comme les garnements dans la cour de récréation, pris la main dans le sac, ils disent alors : c’est pas nous, c’est les autres. Et les autres, ce sont toujours ceux qui sont loin : Paris, la République, l’Europe, la mondialisation, tout ce qui mettrait des freins à l’économie. Se dessine alors le cadre idéal : les autres sont les méchants responsables de tous nos malheurs. Faisons bloc entre nous Bretons contre eux. Et il faudrait croire à cette fable battue et rebattue qui a conduit à tant de tragédies ?

Je suis Breton et fier de l’être, et me voilà invité par ceux qui ont apporté à la Bretagne la pollution de l’eau, les troubles musculo-squelettiques et maintenant la fermeture d’usines agroalimentaires, malgré des aides publiques massives. Me voilà invité à Quimper par tous ceux qui ont perdu la Bretagne depuis quarante ans et qui n’ont comme avenir à lui proposer que de continuer à la gérer comme avant pour la perdre demain encore et toujours ! Me voilà invité à Quimper par des décideurs publics et privés incompétents et cyniques qui cachent mal sous leur bonnet rouge les oreilles de leur bonnet d’âne !

Quant aux salariés de l’agroalimentaire, on est triste pour eux, tant leur désarroi les égare. Les voilà mariés, bras dessous bras dessous, avec ceux qui ont cassé leur corps pour trois francs six sous et qui leur promettent pour avenir de continuer à le faire pour encore moins cher ! Inutile de se voiler la face. Samedi à Quimper, ce n’était pas un bal de mariage, seulement et tristement le bal des cocus...

C’est parce que je suis Breton et fier de l’être que je n’en peux plus de cette Bretagne qui souffre et surtout de tous ceux qui la font souffrir ! Je n’en plus de tous ces bateleurs d’une bretonitude rabâchée et racoleuse qui s’en servent pour mieux asservir les corps et les esprits ! Etre Breton, c’est autre chose que d’être supporter d’un club de foot et d’applaudir les vedettes payées à prix d’or ! Etre Breton, c’est respecter la dignité des femmes et des hommes. Etre Breton, c’est respecter l’environnement dans lequel ils vivent et qui les fait vivre ! Etre Breton, c’est avoir l’humanité comme maison, et la Bretagne comme berceau. C’est parce que je suis Breton et fier de l’être que je veux que tous les enfants de cette terre aient un avenir différent de celui qu’ont connu beaucoup de leur parent. Et pour cela, qu’on ne me demande pas de faire confiance à ceux qui portent depuis quarante ans ce modèle économique et humain qui a tant failli en Bretagne. Il faut en changer et ce changement se fera sans eux.

C’est pour cela que j’étais à Carhaix. Samedi, c’est là que je me suis senti Breton, avec toutes les organisations syndicales et politiques qui pensent un autre avenir pour notre région. Dans la capitale du Poher, loin de tous les démagogues nationalistes qui agitent le gwen a du et le bonnet rouge pour mieux masquer qu’ils sont les auteurs de la crise sociale, environnementale, économique et politique, loin des fossoyeurs de la Bretagne, il faisait bon être Breton.

Cutures transgéniques : en Europe, il ne reste plus que l’Espagne Christophe Noisette (Inf’OGM) Reporterre 2013/11/06 Christophe Noisette (Inf’OGM) (6 novembre 2013) Cutures transgéniques : en Europe, il ne reste plus que l’Espagne. Reporterre. fr

Cutures transgéniques : en Europe, il ne reste plus que l’Espagne

Cette année, une seule plante génétiquement modifiée par transgenèse a été cultivée, le maïs insecticide Mon810, semée sur 148 628 hectares (+15% par rapport à l’année dernière). Mais l’Espagne quasi-seule la cultive, dans une Europe qui a de fait abandonné les cultures transgéniques.

Dire que les cultures génétiquement modifiés augmentent dans l’Union européenne (UE) est une semi vérité. En effet, l’augmentation de la sole de maïs transgénique en Espagne (+1 8%) compense largement les diminutions des surfaces dans trois autres pays (Portugal, Slovaquie, et République tchèque) (-13,4% à eux trois).

Au final, les PGM (plantes génétiquement modifiées sont cultivées dans seulement cinq pays européens (Espagne, Portugal, Roumanie, République tchèque et Slovaquie) sur 27, et ils ne représentent que 0,8% de la surface agricole de l’UE (1).

Pour être plus précis, en 2012 (nous n’avons pas encore les chiffres de 2013), l’UE a cultivé 15,2 millions d’hectares de maïs. Ainsi, avec près de 150 000 hectares, le maïs GM représente un peu moins d’un pour cent du maïs européen total.

Cependant, si les cultures restent globalement inexistantes sur ce territoire, les PGM, et notamment le soja destiné à l’alimentation du bétail, continuent d’arriver massivement dans les ports. Et surtout, la surface cultivée avec d’autres plantes génétiquement modifiées, issues de la mutagénèse, comme des tournesols ou des colzas résistants à des herbicides, est en train d’exploser dans l’UE.

Mais pour ces dernières, aucune obligation d’information n’existe. Ainsi, cet article n’abordera que les plantes transgéniques.

La géographie des PGM en Europe n’a pas évolué depuis dix ans. L’Espagne a toujours été le pays qui a majoritairement accueilli les cultures transgéniques. Et globalement l’UE n’a pas connu une augmentation rapide et constante des surfaces dédiées aux cultures transgéniques.

Au contraire. (...) Les surfaces ont fluctué, au gré des années, avec un maximum atteint en 2006 avec près de 200 000 hectares. Comptabiliser les surfaces de l’UE est un exercice toujours problématique, car le nombre d’États membres a lui-même augmenté. Nous avons donc pris le parti de considérer les 27 États (c’est-à-dire sans prendre en compte l’accession de la Croatie survenue en 2013).

Ainsi, la Roumanie a vu ses surfaces chuter en entrant dans l’Union, du fait de la non-autorisation des cultures de soja Roundup Ready dans l’UE (en 2006, la Roumanie cultivait en effet plus de 1 37 000 hectares de soja GM).

Adieu la patate transgénique

Et le nombre de pays cultivant des OGM a diminué au fil du temps. Ainsi, dix pays ont été tentés, parfois très temporairement, par les cultures commerciales transgéniques. Mais l’Allemagne, la Bulgarie, la France, la Pologne ont adopté des moratoires et la Suède a abandonné les quelques hectares de cultures de pomme de terre Amflora...

Le ministère de l’Agriculture d’Espagne a publié sur son site internet la superficie « définitive » de maïs Bt pour la campagne 2013 : 136 962 hectares, soit une augmentation de 18 % par rapport à la campagne précédente. Cette augmentation est principalement due à une augmentation des surfaces cultivées avec des PGM en Andalousie (+36 %), mais c’est l’Aragon qui reste en tête, avec 54 451 hectares.

Actuellement, le maïs Bt, en Espagne, représente 32 % de l’ensemble de la sole de maïs. (…)

En Espagne le maïs Bt sert principalement à l’alimentation du bétail, comme partout, mais en auto-consommation et aucune ségrégation ou mesures de coexistence ne sont exigées de la part des autorités, très attentives aux sirènes étasuniennes comme l’a révélé Wikileaks (2).

Un autre pays a vu sa surface cultivée avec des OGM (organismes génétiquement modifiés) augmenter en 2013 : la Roumanie, avec 835 ha de maïs Bt, répartis dans seulement trois parcelles (dont deux appartiennent à une famille d’agro-managers proche des milieux industriels). Les surfaces n’ont cependant pas « explosé », elles ont juste retrouvé leur niveau de 2010, après deux années de diminution importante.

Champ siglé "Non aux OGM" en Roumanie

Les OGM diminuent dans les autres pays de l’UE

Au Portugal, d’après les chiffres présentés sur le site du ministère de l’Agriculture pour l’année 2013, c’est la première fois depuis 2005 que les surfaces en maïs Bt diminuent (-1 2%), passant de 9 278 hectares en 2012 à 8 171 hectares en 2013. Une baisse de 12 %, alors que dans le même temps la sole du maïs (grain et fourrage) augmentait légèrement (+4,1%). Ainsi, en 2013, le maïs GM représentait moins de 5,7% du maïs portugais (contre 6,6% en 2012).

En République tchèque, aussi, les surfaces cultivées avec du maïs Bt ont diminué, passant de 3 050 hectares à 2 560 ha (-1 6%). Dans ce pays, cette diminution suit une baisse de la sole globale en maïs. Mais la proportion OGM / non OGM n’a cessé de diminuer depuis 2008, passant de 8 % à 2%, ce qui montrerait un manque d’intérêt réel pour le maïs MON810.

Quant à la Slovaquie, ses surfaces en maïs GM ont diminué de 47% en 2013, ne représentant plus que 100 hectares (soit un pourcentage anecdotique du maïs slovaque, qui représentait 212 300 hectares en 2013).

Enfin, en Pologne, la situation reste chaotique, en l’absence de registre officiel et suite à de nombreuses contrebandes de semences via ses voisins du sud. En 2007, en dépit d’un moratoire sur la commercialisation des semences GM, quelques centaines d’hectares avaient été semés avec du MON810, et les années suivantes également... jusqu’à 3 000 hectares. Mais ce chiffre n’a jamais été clairement documenté par les services de l’État.

Si l’Espagne pouvait compter précédemment sur le « soutien » du Portugal, elle fait désormais clairement cavalier seul.

Notes

1- Nous avons utilisé le chiffre de la FAO pour la superficie agricole de l’UE en 2011 : 186 555 550 ha.

2- Noisette, C., « Etats-Unis et OGM : une diplomatie offensive révélée par Wikileaks », Inf’OGM, mars 2011.

Activistes du climat, soyez cohérents, ne prenez pas l’avion Michel Bernard (Silence) Reporterre 2013/11/07 Michel Bernard (Silence) (7 novembre 2013) Activistes du climat, soyez cohérents, ne prenez pas l’avion. Reporterre. Tribune — fr

Activistes du climat, soyez cohérents, ne prenez pas l’avion

La conférence des Nations unies sur le climat commence le 11 novembre à Varsovie. Pour être cohérents, les activistes du climat devraient y aller en train ou par tout autre moyen autre que l’avion, qui est fortement émetteur de gaz à effet de serre.

Le Réseau action climat regroupe l’essentiel des associations qui luttent contre le changement climatique (Greenpeace, WWF, Oxfam, Amis de la Terre…). C’est une précieuse source d’informations sur le sujet dont nous nous servons régulièrement. En juin 2013, le RAC a lancé une pertinente campagne « L’avion c’est du vol » demandant que l’avion soit taxé pour la pollution qu’il émet.

Toutefois, un « incident » récent nous interroge : certains d’entre nous avaient reçu un courriel les invitant à venir participer à « un sommet climatique » à Istanbul du 24 au 30 juin 2013. Ceci intervient après différents autres « sommets » comme le Forum social mondial (à Belem en 2009, Dakar en 2011, Tunis en 2013…) ou des mobilisations lors des sommets officiels annuels de l’ONU sur le climat (COP, chaque année en décembre : à Copenhague en 2009, Cancun en 2010, Durban en 2011, Doha en 2012, Varsovie en 2013).

Evidemment, chacune des organisations du RAC mobilise dans ses rangs, envoie des représentants pour faire du lobbying, être visible, participer à des ateliers et améliorer son carnet d’adresses.

Et comment se font tous ces voyages ? Au nom de l’efficacité, évidemment les salariés des associations prennent l’avion. Or l’avion est le plus sûr moyen de détruire la planète (le plus fort taux d’émission de gaz à effet de serre par passager transporté). Qu’en est-il de notre cohérence ? « La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la graine », nous dit Gandhi.

Il serait peut-être temps d’apprendre à modérer nos déplacements militants, à prendre le temps d’utiliser des modes de déplacements alternatifs (on peut aller sans problème à Tunis en bateau en seulement 24 h), à apprendre à déléguer notre représentation à des personnes vivant sur place (et donc à décentraliser).

Lors du premier forum social mondial de Porto Alegre (Brésil), en 2001, Silence avait co-financé l’envoi d’un journaliste sur place. Celui-ci avait pris l’avion comme plusieurs centaines d’autres Français ! Nous n’avons pas renouvelé l’opération : nous avons fait le constat que nous pouvions interroger les personnes rencontrées sans nous déplacer : en leur écrivant, en leur téléphonant et maintenant en échangeant par internet.

Il serait intéressant que les animateurs du RAC mettent en place un outil de contrôle de leurs propres émissions de gaz à effet de serre et montrent l’exemple en les diminuant ensuite de manière régulière. Disons dans un premier temps d’un facteur quatre.

Le changement climatique affectera l’Aquitaine, le vin de Bordeaux, et les centrales nucléaires Olivier Mary (Reporterre) Reporterre 2013/11/07 Olivier Mary (Reporterre) (7 novembre 2013) Le changement climatique affectera l’Aquitaine, le vin de Bordeaux, et les centrales nucléaires. Reporterre. Climat fr

Le changement climatique affectera l’Aquitaine, le vin de Bordeaux, et les centrales nucléaires

Le réchauffement climatique n’est pas seulement une menace lointaine et future, mais il modifiera profondément l’environnement des régions françaises. C’est ce que montre une étude scientifique approfondie menée en Aquitaine.

Le réchauffement climatique n’est pas une chimère lointaine. Il n’est pas seulement coupable de la désertification en Afrique ou de la fonte de la banquise arctique, mais a des impacts bien réels sous nos latitudes. A un peu plus d’un an de la Conférence sur le climat de Paris, c’est que nous apprend le rapport, Les impacts du changement climatique en Aquitaine, d’une ampleur inédite.

« C’est une première mondiale, fruit de la collaboration entre la région Aquitaine, des chercheurs locaux bénévoles, le tout publié sous la direction du climatologue Hervé le Treut », explique Peggy Kançal, conseillère régionale pour EELV.

Sa particularité ? Il délaisse l’échelle globale pour faire un état des lieux des conséquences du réchauffement climatique d’une région précise, l’Aquitaine, avec une démarche qui se veut exhaustive. Agriculture, air, eau, littoraux ou montagne font partie des nombreux thèmes abordés.

Et ce qui ressort de ce vaste travail, c’est que si les effets du changement climatique ne seront pas toujours spectaculaires, ils devraient considérablement modifier le secteur agricole : les paysages du sud-ouest, des Landes aux vignobles bordelais, pourraient en être bouleversés.

La région subit un réchauffement depuis 1850 plus important que la moyenne européenne : + 1,2°C contre + 1 C. Les effets commencent déjà à s’en faire sentir. Vendanger dans l’humidité de la fin du mois de septembre est de plus en plus rare : « En vingt ans, l’augmentation des températures, associée à des pratiques culturales particulières, a vu la date de maturité du raisin avancer de quinze à vingt jours. Elle pourrait encore gagner trente à quarante jours supplémentaires d’ici 2100 » explique Philippe Pieri, du laboratoire Ecophysiologie et Génomique Fonctionnelle de la Vigne de Bordeaux.

Pendant les vingt dernières années, la douceur des températures a permis d’atteindre plus régulièrement une maturité optimale avec une amélioration significative de la qualité des vins produits. Le réchauffement climatique serait-il une bénédiction pour les viticulteurs bordelais ?

Sûrement pas à moyen ou long terme. Car si, comme le prévoient les modèles, les températures dépassent fréquemment les 35°C d’ici la fin du siècle, les feuilles pourraient être abîmées et entrainer un blocage de la synthèse des sucres, un phénomène amplifié par des épisodes de sécheresse plus fréquents. Le prestigieux nectar bordelais deviendrait alors beaucoup trop alcoolisé et pas assez acide.

« Lorsque les températures dépasseront un certain seuil, la teneur en polyphénol, élément indispensable à la couleur et l’équilibre des vins rouges, va baisser » ajoute Philippe Pieri. Un phénomène constaté après l’été caniculaire de 2003 sur certains millésimes comme le Bourgogne.

Vers des changements de méthodes ?

Pour éviter à leur produit de devenir une vulgaire piquette, producteurs et agronomes réfléchissent déjà à la viticulture du futur. Et l’équation n’est pas simple : une réduction de la surface foliaire serait une option, car moins de feuilles c’est moins de sucre. Mais aussi moins d’ombre pour protéger les grains de raisins… Les pratiques qui favorisent l’ombrage des fruits par les feuilles comme on le fait en Espagne seraient alors une solution provisoire. Quant à la taille hivernale, elle devrait être retardée pour reculer le démarrage de la végétation.

Mais d’ici la fin du siècle, ces méthodes douces ne suffiront pas. Les zones viticoles pourraient alors être déplacées vers des zones plus fraiches, en particulier vers des coteaux orientés au nord. Le climat aquitain présente en effet une grande variabilité climatique au sein de l’espace de production des vins de Bordeaux, délimité géographiquement par une appellation d’origine protégée.

L’étude des variabilités climatiques au sein des terroirs viticoles fait d’ailleurs l’objet de plusieurs programmes de recherche comme TERADCLIM, dans le Bordelais, avec le soutien des professionnels. Mais si ce « déménagement » est possible d’un point de vue purement théorique, il parait difficile à mettre en place.

Autre problème, « la plupart des terroirs bordelais sont orientés vers le sud » rappelle Philippe Pieri. Faute de délocaliser les raisins, des changements de cépages seraient envisageables. L’augmentation de la proportion des cépages tardifs que sont le Cabernet Sauvignon ou le Cabernet Franc, voire l’introduction de Grenache, plutôt utilisé en Espagne ou dans le sud-est de la France, sont des solutions examinées pour les rouges. « Un projet d’étude de comportement de cépages extérieurs aux AOC bordelaises a été mis en place en 2009 à Villenave d’Ornon », explique Jean-Pascal Goutouly, ingénieur de recherche à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV).

Ce programme a la particularité d’être financé par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) qui représente les trois familles de la filière des vins de Bordeaux : la viticulture, le négoce et le courtage. Une organisation longtemps opposée à toute introduction de raisin étranger, mais qui a fini par s’y résoudre.

« Nous étudions cinquante-deux cépages dont trente-et-un rouges et vingt-et-un blancs, en conditions réelles du vignoble, au rythme du réchauffement climatique que subira la région bordelaise à plus ou moins long terme. Ce sera alors un outil précieux permettant de choisir sur des bases solides, le ou les cépages qui pourraient éventuellement avoir à prendre le relais d’ici la fin du siècle » conclut Jean-Pascal Goutouly.

Pour se perpétuer, la viticulture bordelaise du 21e siècle devra accepter le changement. Le Touriga nacional portugais, le Saperavi géorgien ou le Xinomavro grec, actuellement en phase de test, seront peut-être les cépages majeurs des Domaines bordelais du futur.

Un risque de submersion accru

Avec ses quelques 450 km de côtes, la région Aquitaine devrait voir ses littoraux touchés par la montée des eaux consécutive au réchauffement planétaire. Ce sera surtout le cas des zones basses estuariennes et lagunaires qui pourraient être plus souvent concernées par les phénomènes de submersions, notamment après des épisodes de tempêtes qui, selon les prévisions du Giec (Groupement intergouvernement d’experts sur l’évolution du climat), devraient être de plus en plus fréquents.

Si l’hypothèse du scénario pessimiste du Giec, qui prévoit une élévation de un mètre des océans se réalise, la surcote pourrait dépasser les six mètres lors de tempêtes majeures. Déjà, lors de l’épisode du 27 décembre 1999, la surcote de deux mètres a inondé les marais situé à l’est de la Gironde. Des digues avaient cédé, provoquant l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais. Les trois réacteurs avaient dû être stoppés en urgence.

La forêt des Landes fragilisée

Le plus grand massif forestier artificiel d’Europe occidentale, qui couvre environ un million d’hectares, pourrait être affaibli par le réchauffement climatique. Des conditions de températures plus élevées pourraient favoriser la migration et la prolifération d’espèces parasites venues de zones au climat plus chaud tout en réduisant les dégâts des chenilles défoliatrices à cause d’une désynchronisation de l’éclosion des œufs et d’épisodes de sécheresse plus nombreux.

L’accroissement de l’aridité fait surtout craindre la multiplication des feux dans une zone composée à 80% de pins maritimes qui sont très vulnérables aux incendies. Mais le facteur le plus inquiétant pour cette forêt est la multiplication probablement des tempêtes. Les arbres, plantés dans un sol composé en grande partie de sable sont facilement déracinés.

Après la tempête Klaus de 2009, 60 % de la forêt avait été endommagée, à peine dix ans après Xinthia. Et la destruction du massif ne serait pas qu’une catastrophe écologique : la filière bois représente en Aquitaine un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros avec 40 000 sylviculteurs auxquels s’ajoutent 34 000 emplois directs.

Un écologisme apolitique ? Débat autour de la Transition Reporterre 2013/11/07 (7 novembre 2013) Un écologisme apolitique ? Débat autour de la Transition. Reporterre. fr

Un écologisme apolitique ? Débat autour de la Transition

Un écologisme apolitique ? Débat autour de la Transition.

Depuis son lancement en Angleterre au milieu des années 2000, le mouvement des Villes en Transition fait tache d’huile (en France, notamment). Son ambition est de développer la résilience et la viabilité des communautés locales en prévision des énormes défis que poseront inévitablement le pic pétrolier et les changements climatiques. Sa force tient entre autres à son approche inclusive et participative.

Dans ce court pamphlet, deux militants anglais sympathisants du mouvement, Paul Chatterton et Alice Cutler, proposent une critique constructive de la Transition. Ils soutiennent que la Transition aurait avantage à identifier clairement ses « ennemis » politiques et ainsi renouer avec une approche de confrontation qui caractérise d’ordinaire les mouvements sociaux.

Pour les auteur.e.s, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut lutter pour qu’adviennent les changements souhaités.

Un écologisme apolitique ? a suscité de nombreux débats parmi les militant.e.s de la Transition. La présente édition reproduit d’ailleurs la réponse que Rob Hopkins, auteur du Manuel de Transition, a faite aux auteur.e.s.

Un écologisme apolitique ? Débat autour de la Transition, Paul Chatterton et Alice Cutler, Editions Ecosociété, 80 pages, 7 euros

Paul Chatterton et Alice Cutler sont membres du collectif Trapese, un groupe d’éducation populaire basé en Angleterre.

La paille, une source d’énergie importante Bulletins électroniques Reporterre 2013/11/07 Bulletins électroniques (7 novembre 2013) La paille, une source d’énergie importante. Reporterre. fr

La paille, une source d’énergie importante

Une étude montre que la paille pourrait jouer un rôle important dans le bouquet énergétique allemand. Chaque année, de 8 à 13 millions de tonnes pourraient être utilisées pour la production durable d’électricité ou de carburant.

La paille issue de l’agriculture pourrait à l’avenir jouer un rôle important dans le bouquet énergétique allemand. C’est, jusqu’à présent, le moins utilisé de tous les déchets végétaux, selon une étude commune de l’Institut national pour l’agriculture de Thuringe (TLL, Iéna, Thuringe), du Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ, Leipzig, Saxe) et du Centre Helmholtz pour la recherche environnementale (UFZ, Leipzig, Saxe).

D’après cette étude [1], sur les 30 millions de tonnes de paille produites chaque année en Allemagne, de 8 à 13 millions de tonnes pourraient être utilisées pour la production durable d’électricité ou de carburant. Ce potentiel pourrait par exemple permettre d’alimenter en électricité 1,7 à 2,8 millions de foyers, tout en alimentant en chaleur entre 2,8 et 4,5 millions de foyers. Ces résultats mettent en évidence la contribution potentielle de la paille en tant que source d’énergie renouvelable.

Pour leur étude de potentiel, les chercheurs ont analysé l’évolution des déchets produits par l’agriculture allemande. La paille de céréales y constitue la principale matière première (58% du total), mais n’est jusqu’à présent guère utilisée à des fins énergétiques.

De 1950 à 2000, la production de blé d’hiver, de seigle et d’orge d’hiver a clairement augmenté en Allemagne et est depuis restée relativement constante. En moyenne, durant cette période, environ 30 mégatonnes de paille furent produites par an. Etant donné que toute la paille ne peut être sauvée, et qu’en outre elle est également utilisée comme litière dans l’élevage, environ la moitié de ces 30 mégatonnes est techniquement disponible.

En outre, la paille de céréales joue également un rôle important pour l’humus du sol. Autrement dit, une partie de la paille doit rester sur le champ, de sorte que le sol ne soit pas privé à long terme de ses éléments nutritifs. Trois différentes méthodes de calcul ont été utilisées par les scientifiques pour calculer le bilan humique du sol.

Selon la méthode, huit, dix ou treize mégatonnes de paille par an peuvent être utilisées de manière durable à des fins énergétiques - c’est-à-dire sans inconvénient pour le sol et ses autres utilisations. « C’est à notre connaissance la première fois qu’une étude pour un pays de l’UE montre le potentiel de la paille pour une véritable utilisation énergétique durable, en prenant en compte l’examen du bilan humique », explique Daniela Thrän, scientifique au DBFZ et à l’UFZ.

La paille pourrait donc jouer un rôle dans le futur mix énergétique. Sa contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dépend de la façon dont elle est utilisée. Cette réduction peut être de 73 à 92% par rapport aux combustibles fossiles pour une utilisation dans la production de chaleur, la cogénération ou la production de biocarburants de deuxième génération. Les différents bilans de gaz à effet de serre projettent une lumière différenciée sur l’objectif de l’UE de couvrir 10% de la consommation d’énergie dans le secteur des transports à partir de biocarburants.

L’étude montre une fois encore que l’utilisation de la bioénergie nécessite toujours la prise en compte de divers facteurs. Dans les conditions qui sont celles de l’Allemagne, l’utilisation de la paille dans la cogénération serait la plus écologique. « La paille devrait ainsi être prioritairement utilisée dans les grandes installations de chauffage et les centrales thermiques ; néanmoins, le développement de la technologie doit être renforcé pour une utilisation respectueuse de l’environnement », a déclaré Armin Vettel du TLL, qui exploite une usine de chauffage à partir de paille depuis 17 ans.

Note

[1] Publiée dans Science direct le 30 juillet 2013, Christian Weiser et al., Integrated assessment of sustainable cereal straw potential and different straw-based energy applications in Germany.

Complément d’information :

« Potenzial von Stroh im Energiemix bisher unterschätzt », communiqué de presse du Centre Helmholtz pour la recherche environnementale (UFZ) - 21/10/2013

Notre Dame des Landes : marché public irrégulier, le gouvernement sommé d’enquêter Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/07 Hervé Kempf (Reporterre) (7 novembre 2013) Notre Dame des Landes : marché public irrégulier, le gouvernement sommé d’enquêter. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : marché public irrégulier, le gouvernement sommé d’enquêter

Suite aux révélations de Reporterre sur les infractions au code des marchés publics dans l’enquête naturaliste menée par le bureau d’études Biotope, les associations interpellent les ministres de l’Ecologie, des Transports et des Affaires sociales. Il apparait par ailleurs que l’inventaire des espèces a oublié des espèces protégées, ce qui interdit légalement des travaux sur la zone.

L’étude bidon

L’enquête publique ayant conduit à la déclaration d’utilité publique de Notre Dame des Landes est-elle valable ? C’est la question que pose au gouvernement l’Acipa (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes) et le Cédpa (Collectif d’élus Doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) après les révélations de Reporterre : la semaine dernière, notre enquête montrait que le bureau d’études Biotope, dont le travail sur l’inventaire naturaliste de la zone du projet d’aéroport a servi de base à cette enquête, avait commencé à travailler, avec l’aval des services de l’Etat, avant que le marché public ait été officiellement attribué. Il y avalt là une infraction majeure aux règles du marché public. De plus, Biotope a employé des experts de façon irrégulière, et a été lourdement condamné pour ce fait par le tribunal des prudhommes en septembre dernier.

Acipa et Cédpa ont envoyé le 4 novembre une lettre au ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, au ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, et à la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, pour leur demander de réagir à ces graves irrégularités.

Lettre à télécharger :

La publication de Reporterre "vient en effet de révéler de bien curieux procédés dans la réalisation du dossier préliminaire à la Déclaration d’utilité publique prononcée en 2008." Les documents officiels publiés par le quotidien de l’écologie "sont accablants : il apparait que Biotope, le bureau d’études retenu pour réaliser l’état des lieux initial environnemental, a reçu un ordre de mission signé de la Direction départementale de l’équipement le 6 juin 2005, bien avant donc l’attribution officielle du marché en date du 23 juin. Il est même patent que son travail a commencé avant l’ordre de mission dès le mois de mai. Il s’agit là d’un non-respect du code des marchés publics imputable à la DDE."

Ces lourdes irrégularités s’ajoutent au fait que l’état des lieux initial environnement “a été notamment jugé largement insuffisant sur tous les éléments" par la commission scientifique qui l’a étudié en 2012, rappellent les associations.

Elles demandent aux ministres de diligenter des enquêtes, voire d’engager des poursuites, sur les faits irréguliers maintenant publics. Elles se réservent la possibilité d’engager des poursuites auprès de la justice pénale.

Elles affirment enfin que ces informations ne rendent pas possible que le préfet de Loire-Atlantique "engage les travaux de déplacement des espèces comme cela se murmure de plus en plus sur le terrain, alors que de nouvelles failles dans la procédure sont désormais connues".

Ne pas détruire le fluteau nageant

L’inventaire naturaliste des espèces vivant sur la zone du projet d’aéroport se révèle par ailleurs incomplet, observent de leur côté le collectif des Naturalistes en lutte, qui regroupe de nombreuses associations naturalistes (Eaux et rivières de Bretagne, France nature environnement, Ligue pour la protection des oiseaux, Bretagne vivante, etc.). Dans un communiqué publié le 5 novembre, le collectif observe que "des espèces végétales protégées supplémentaires ont été identifiées sur le site". N’ayant pas été observées par l’étude menée par Biotope, elles n’ont pas fait l’objet d’une demande de dérogation. Or, il est illégal de détruire des espèces protégées. Les travaux ne peuvent donc pas commencer sur le site, puisqu’ils pourraient les détruire.

- Fluteau nageant -

Il s’agit, précisent les Naturalistes à Reporterre, des espèces Sibthorpia europaea, ou sibthorpie, ainsi que des stations jusque là non identifiées de Luronium Natans, ou fluteau nageant.

- Sibthorpie -

L’Etat reconnait la possibilité de réaménagement de l’aéroport actuel

Par ailleurs, la préfecture de Loire-Atlantique a rendu publique mercredi 5 rendue publique une étude sur le coût du réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique. Selon cette étude, réalisée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), ce réaménagement coûterait plus cher que la construction d’un aéroport à Notre Dame des Landes.

Selon la DGAC, pour adapter l’actuel aéroport de Nantes Atlantique, situé au sud-ouest de la ville, à une progression attendue du trafic à cinq puis neuf millions de passagers, les travaux envisagés coûteraient 685 millions d’euros. Il faudrait y ajouter 140 millions de travaux préparatoires et de pertes d’exploitation, soit un total de 825 millions d’euros.

A comparer au coût de 556 millions d’euros de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tel qu’estimé en 2010, au moment de l’attribution de sa concession au groupe Vinci.

Le problème est que l’extrapolation du trafic à neuf millions de passagers est fort discutable, et les avantages économiques attendues de la construction d’un nouvel aéroport ont été très largement surévaluées, comme l’avait montré les contre-expertises du cabinet CE Delft.

Pour la DGAC, les bâtiments actuels de Nantes Atlantique ne suffiraient pas à accueillir l’afflux de passagers et une deuxième aérogare devrait être construite. Les bâtiments et équipements nécessaires au fonctionnement de l’aérodrome devraient tous, à l’exception de la tour de contrôle, être déplacés.

Cependant, en produisant cette étude aux conclusions fort discutables, l’Etat reconnait un point qui avait toujours été nié jusque-là : "Cette étude démontre bien que le réaménagement de Nantes Atlantique est possible ! » observe Pascale Chiron, présidente du groupe EELV à Nantes et Nantes Métropole. « Cela fait plus d’une dizaine d’années que nous réclamons ce débat ». Il convient donc d’examiner cette hypothèse avant toute décision de chantier sur la Zad.

- La société Biotope a souhaité exercer un droit de réponse à cet article, que l’on peut lire ici.

En Inde, le refus des OGM se généralise Eric Meunier (Inf’OGM) Reporterre 2013/11/08 Eric Meunier (Inf’OGM) (8 novembre 2013) En Inde, le refus des OGM se généralise. Reporterre. fr

En Inde, le refus des OGM se généralise

Les autorités du second pays producteur mondial de coton sont de plus en plus réticentes à l’égard des OGM. Le gouvernement est divisé, certains Etats de la fédération s’opposent aux cultures transgéniques, d’autres ont interdit la vente de semences de coton Bt ou les essais en champ.

Début août 2013, Jayanthi Natarajan, la ministre de l’Environnement et des forêts, a demandé au Premier ministre indien, Manmohan Singh, de pouvoir défendre la vision de son ministère auprès de la Cour suprême, dans le cadre d’une procédure sur les OGM (organismes génétiquement modifiés) initiée en 2005 (1).

En effet, le ministère de l’Environnement n’entend pas laisser le champ libre au seul ministère de l’Agriculture. Avec 22% de la production mondiale de coton, ce débat sur le coton Bt en Inde comporte donc de nombreux enjeux commerciaux.

Interdiction des essais en champs ?

La gestion du dossier des plantes génétiquement modifiées (PGM) au niveau national incombe aux ministères de l’Environnement et de l’Agriculture. Le Premier ministre indien demande à ces deux ministères de défendre une position commune. Une requête difficile à honorer selon la ministre de l’Environnement, puisque « le mandat du ministère de l’Agriculture est de promouvoir les cultures GM [alors que] celui de mon ministère est de réguler leur utilisation » (1).

Alors que le devenir du dossier OGM en Inde est toujours dépendant des conclusions d’une procédure en cours auprès de la Cour suprême et de l’adoption finale d’une loi sur la biosécurité, le ministère de l’Environnement a suspendu toutes les autorisations d’essais en champ données par le Comité d’approbation du génie génétique (GEAC) qui est sous sa tutelle.

Cette décision a été contrée par le ministre de l’Agriculture auprès du premier ministre, qui a alors demandé à chaque ministère de lui faire part de ses arguments. A ce jour, l’arbitrage du premier ministre est toujours attendu, mais il est possible qu’il ne soit pas en faveur du ministère de l’Environnement, le gouvernement s’étant déjà opposé au rapport du comité d’experts de la Cour suprême qui, en juillet 2013, a recommandé un moratoire illimité sur les essais en champs. A noter qu’un des experts, fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, avait refusé de signer ce rapport final.

Si la bataille interne au gouvernement s’annonce rude pour la ministre de l’Environnement, cette dernière semble néanmoins pouvoir compter sur le mouvement citoyen indien. Ainsi, plusieurs syndicats paysans demandent à Monsanto de se retirer d’Inde (2).

Par ailleurs, la Commission au plan signale, dans son plan 2012-2017, qu’il existe une controverse sur l’origine (transgénique ou non ?) de l’augmentation des rendements de la culture du coton. Cette commission recommande donc « la mise en place de protocoles scientifiques impeccables et opérationnels et un mécanisme légal pour autoriser les OGM » (3). Une demande similaire à celle du ministère de l’Environnement...

Des mesures d’interdiction peu appliquées

Le Maharashtra fait partie des trois principaux états producteurs de coton en Inde, avec le Gujarat et l’Andhra Pradesh, ce qui rend donc d’autant plus important sa position sur le dossier du coton Bt. Il avait en 2012 décidé d’interdire à Mahyco de vendre des semences de coton Bt. Ses arguments ? Des mauvais rendements, un coût des semences supérieur, une offre limitée de semences de coton Bt...

Si le ministre de l’Agriculture de cet Etat a fait un pas en arrière en juin 2013, expliquant que cette décision ne portait que sur les semences de la campagne 2013 (4), la limite de cette décision, a-t-on avoué à Inf’OGM, est surtout qu’aucun contrôle n’a été effectué par cet état.

Malgré cela, le Maharashtra reste constant sur sa ligne politique, le ministre précisant que Mahyco « devra redemander une licence » pour pouvoir vendre ses semences de coton Bt, tout en précisant que « sur le long terme, nous voulons éradiquer [cette culture] ».

Donc, en 2014, si le Maharashtra n’accorde pas de nouvelle licence à Mahyco, aucun coton Bt ne devrait être mis en culture.

D’autres Etats sont toujours sur la ligne politique exprimée en 2012 : un refus des essais en champs, ou une interdiction de diffuser des semences GM. Ainsi, le Rajasthan avait décidé en 2012 d’annuler une autorisation d’essai en champs de moutarde GM accordée à l’Université de Delhi.

Quant aux Etats du Kerala et du Bihar, ils maintiennent leur décision prise en 2012 d’interdire toute circulation de semences GM comme nous l’a confirmé Greenpeace Inde. Contactés par Inf’OGM, les gouvernements de ces états ne nous ont pas répondu quant à de possibles contrôles de la présence de semences de coton Bt ou non.

Mais il est à craindre que la situation soit similaire à celle du Maharashtra, à savoir aucun contrôle. Enfin, outre leur position politique, trois Etats (Madhya Pradesh, Chhattisgarh et West Bengal) ont écrit au gouvernement fédéral pour lui signifier leur opposition à la proposition de loi de biosécurité (BRAI) toujours en cours de discussion au Parlement. Et selon Greenpeace Inde, le Karnataka est aujourd’hui « peu sûr de sa position sur le sujet des OGM », position plutôt opposée jusqu’à maintenant.

Si la politique indienne menée par le gouvernement fédéral apparaît plutôt favorable aux PGM, près la moitié des 28 Etats indiens (5), plus proches des réalités de terrain et du mécontentement de la société civile, affichaient, eux, une opposition qui est devenue pour certains concrète en 2012. Mais le manque de ressources conduit à ce qu’aucun contrôle n’ait été effectué.

Quant au gouvernement fédéral, il devra trancher dans la bagarre interne entre le ministère de l’Environnement et de l’Agriculture. En tout cas, l’Union européenne n’est plus la seule à douter de la pertinence à adopter des PGM.

Notes

1- http://www.thehindu.com/news/national/jayanthi-natarajan-opposes-pawars-views-on-gm-crops-wants-field-trials-put-on-hold/article4982776.ece

2- http://www.thehindu.com/news/national/you-have-quit-europe--now-quit-india-farmers-tell-monsanto/article5004855.ece

3- http://planningcommission.gov.in/plans/planrel/12thplan/welcome.html

4- http://www.dnaindia.com/mumbai/1852117/report-agricultureminister-for-saying-bye-bye-to-bt-cotton

5- http://www.infogm.org/spip.php?article5164

La crise de la Bretagne résulte du productivisme Michèle Rivasi Reporterre 2013/11/08 Michèle Rivasi (8 novembre 2013) La crise de la Bretagne résulte du productivisme. Reporterre. Tribune — fr

La crise de la Bretagne résulte du productivisme

Alors que la Bretagne vit une véritable crise, la classe politique reste dans le déni, refusant la remise en cause d’une économie dépassée. Et la violence des « bonnets rouges » est restée impunie, alors que le gouvernement n’hésite jamais à réprimer durement les résistances écologistes ou ouvrières.

Je suis effarée de voir un tel mouvement ne pas être condamné fermement par la classe politique, alors même que la taxe a été suspendue. Les bonnets rouges ont le droit et le devoir de faire connaître leur mécontentement, mais il y a des limites à tout. Le deux poids deux mesures affiché est inquiétant : n’importe quel mouvement social aussi violent aurait vu les arrestations pleuvoir et les condamnations politiques tomber. Pourtant rien de tel. Quel exemple montrent donc ces gens-là ? Que le ras-le-bol fiscal donne tous les droits ? Que le vandalisme est légitime ? C’est inconcevable, et pourtant c’est le message que la classe politique laisse transparaître, alors même que les bonnets rouges ont posé un dernier ultimatum.

La taxe poids lourds est un mal nécessaire

La taxe poids lourds, et non l’écotaxe (rétablissons une vérité sémantique indispensable), est un mal nécessaire après des années d’irresponsabilité politique dans les transports. À terme, le renchérissement des énergies fossiles va forcément desservir le transport routier, alors autant anticiper en finançant les infrastructures de report modal grâce à cette taxe : nous devons réorienter les flux de marchandises vers le fluvial et le ferroviaire en dissuadant le monopole actuel du tout-camion.

La péréquation permettra d’ailleurs à la Bretagne de bénéficier grandement de la redistribution de la taxe pour le financement de ses infrastructures. Enfin, les Bretons doivent comprendre qu’ils ne sont pas seuls en France, et les Alsaciens ont aussi leur mot à dire : les infrastructures routières de l’Est sont engorgées par les poids-lourds qui esquivent les taxes poids lourds allemande et suisse, accélérant l’usure des infrastructures et mettant en danger leurs usagers.

L’impact des poids lourds sur les infrastructures est supporté par le contribuable français, et donc aussi par les Bretons. Le gouvernement est prêt à un aménagement de la taxe, alors halte aux égoïsmes et profitons-en pour annuler le contrat liant l’État à Ecomouv’ : les politiques publiques ne doivent pas servir à engraisser le secteur privé. Réapproprions-nous la collecte de l’impôt, pour le rendre moins coûteux !

Un système productiviste dépassé

La cause de la crise agricole bretonne ne trouve pas sa source dans son éloignement géographique mais dans son modèle agricole productiviste dépassé. Notre système économique est malade et les bonnets rouges eux-mêmes y participent par la non remise en cause du système agricole qui les maltraite.

Comment refuser une taxe d’un côté et accepter de recevoir des subventions à l’exportation qui asphyxient elles-mêmes les économies locales des pays en développement ? C’est d’un égoïsme aberrant. Notre pays doit-il forcément connaître un développement économique au détriment des autres ?

Je ne crois pas. D’ailleurs les paysans bretons convertis au bio ne connaissent pas la crise, eux : pourquoi n’en parle-t-on pas ? Au lieu de polluer leurs terres et de détruire leur santé, les paysans devraient sérieusement songer à changer de voie pour ne pas mener leur activité dans l’impasse.

Encore une fois, la dépendance aux intrants chimiques – eux-mêmes dérivés du pétrole – est un non-sens économique à court terme comme à long terme. Le productivisme a montré ses limites : investissons dans un modèle d’avenir respectueux de tous et cessons le gaspillage alimentaire.

Résistons à Cigéo Par Julien villalard Reporterre 2013/11/08 Par Julien villalard (8 novembre 2013) Résistons à Cigéo. Reporterre. fr

Résistons à Cigéo

Appel à l’assemblée générale antinucléaire de Bure (Meuse)

Depuis 22 ans, les habitants de Bure et de ses alentours, entre la Haute-Marne, la Meuse et les Vosges ont eu l’horreur de voir arriver dossiers, scientifiques, experts, politiques nucléocrates venir ici enterrer le caca de l’industrie nucléaire qui n’a pu se retenir de le mouler coulant avant même d’avoir trouvé toilettes.

Les premières cibles pour l’enfouissement déterminées par des critères géologiques, Segréen en Maine-et-Loire, Fougères en Ille-et-Vilaine, la Vienne, la Charente, le Gard, n’en ont pas voulu (confère grosses mobilisations locales, les cars de CRS brûlés…).

L’Etat, l’ANDRA (financée par des subventions publiques et par les producteurs de déchets radioactifs : EDF, Areva, CEA, hôpitaux, centres de recherche) et ses experts en démocratie technique, changent alors de stratégie et travaillent éperdument à préparer sociologiquement le terrain. Y aller doucement, tirer des conclusions des échecs passés.

Le député PS Christian Bataille s’y emploie et élabore un cadre juridique (loi Bataille de 1991) permettant de peaufiner l’acceptabilité du projet, en proposant non pas un centre d’enfouissement – dans un premier temps –, mais un laboratoire comme base d’expérimentation géologique mais surtout sociologique.

De nouveaux élus candidats à l’enfouissement mordent à l’hameçon, acceptent la proposition et avec elle les millions d’euros, les millions de nucléides, de flics, de générations condamnées. Le contexte a accessoirement changé : prenez un territoire vide ou presque de forces d’opposition, sinistré par le chômage et l’exode rural, voilà de quoi transformer la condamnation d’une région et de ses habitants en opportunité de développement.

Vingt-deux ans de politiques de l’acceptabilité, traduites par : la construction en 2000 du dit Laboratoire à Bure ; la loi du 26 Juin 2006 statuant l’enfouissement des déchets en milieu profond comme l’un des seuls horizons possible et souhaitable pour la gestion des déjections nucléaires ; un copieux arrosage financier aux citoyens, associations, municipalités, élus, chambres d’agriculture etc., puis par la construction de plateformes de la filière nucléaire aux alentours (centres d’archivage d’AREVA et d’EDF, centre logistique pour pièce de réacteurs…). Tout cela en somme, dans l’idée de faire en sorte que le quotidien de chacun se construise avec le projet comme épée de Damoclès dans un coin de sa tête – dès lors le projet existe déjà.

Plus récemment, c’est par la mise en place d’un débat public – étape concrète du projet où le dit « public » est invité à venir co-construire et prendre note des modalités de son irradiation, et non de débattre du projet lui-même -, que la Commission des Débats Public et l’ANDRA souhaitaient légitimer démocratiquement « l’insertion du projet dans le territoire ».

Face à cette imposture, nombre d’individus ont décidé de ne plus laisser faire le processus d’acceptation d’un projet déjà décidé ou presque [1] , que l’heure était à l’organisaction collective pour porter frontalement avec les moyens jugés bon le refus de CIGEO et de la filière nucléaire qui l’engendre. Quand aux débats, une fois sabotés et annulés, c’est maintenant sur internet que les experts rassurent les bons et dociles croyants.

L’assemblée tenue à l’occasion le 30 août à Bonnet lors du petit festival contre la grosse poubelle nucléaire a permis de comprendre qu’il fallait nécessairement une suite à cet élan de mobilisation active. Car si aucun déchet n’est à ce jour à Bure et que les chantiers sont prévus pour 2017, ce n’est pas l’urgence des cliquetis mécaniques des pelleteuses, ni le calendrier fixé par l’ANDRA ou par la CNDP qui doivent prédire l’heure et la date de nos actions collectives face à un projet bel et bien lancé. Une continuité de cette assemblée paraissait alors nécessaire à cette fin.

Ce à quoi nous appelons donc est une assemblée de lutte ouverte a tous-tes ceux-lles qui ressentent en eux-elles la nécessite croissante de forger une force d’organisation collective et déterminée contre CIGEO, permettant de tisser des liens entre les opposants et permettre la multiplicité des pratiques. Cette assemblée refuse toute tentative de récupération politique ou associative, elle se veut un temps de rencontres entre divers groupes d’opposants.es venus.es de plus ou moins loin, un temps d’élaboration collective basé sur l’horizontalité des prises de décisions.

Cette assemblée souhaite dépasser le cadre restreint du territoire de Bure, ce même cadre justement choisi par l’ANDRA pour son aptitude à l’acceptabilité. CIGEO est partout et tout le temps à la fois. Se battre aujourd’hui contre CIGEO nous apparaît comme une nécessité stratégique vitale. Parce qu’il est le chaînon manquant du programme nucléaire français et le gage de sa poursuite et de son renouvellement.

Parce qu’empêcher l’implantation de ce centre, c’est certainement forcer l’arrêt de l’industrie nucléaire française qui sans ce centre n’aura d’autre choix que d’arrêter la production des déchets. Parce que CIGEO est aussi une opération de marketing vers l’étranger qui vise à donner au complexe nucléaire français l’image d’une maîtrise totale depuis l’extraction de l’uranium jusqu’au démantèlement des centrales, au retraitement et à la gestion des déchets radioactifs.

Parce que se battre contre CIGEO c’est frapper un coup contre la politique énergétique française en générale qui veut faire de la France l’interrupteur de l’Europe et du Maghreb. Parce que CIGEO est l’aboutissement d’une série de nuisances imposées par l’industrie nucléaire (trains de déchets, lignes à Très Haute Tension, greenwashing avec les énergies renouvelables, réseaux électriques intelligents, compteurs intelligents Linky…). Parce que les flux de nucléides dégoulineront inéluctablement hors de Bure, cette assemblée bien que soulevée par le CIGEO de Bure, concerne le grand Est et bien plus.

L’actualité nous montre avec bonheur que personne n’a attendu la constitution de cette assemblée pour agir sur le terrain. Des actions de solidarité contre CIGEO et son monde sur des agences EDF / ErDF partout en France, font déjà de la lutte à Bure un mouvement vivant qu’il nous faut bien entendu alimenter.

Rendez-vous samedi 9 novembre à 10h30 :

Assemblée générale de Bure

à la salle des fêtes de Bonnet (55)

& dimanche 10 / lundi 11 : Ateliers « à la carte » et balades.

Hébergement possible à la Maison de Bure / Prévoir couchages

Note

[1] La loi du 28 juin 2006 sur l’enfouissement des déchet prévoit que le projet CIGEO soit soumis au Parlement en 2015, et on voit mal en effet l’Etat et son éboueur l’ANDRA devoir reporter encore l’aboutissement de sa sale besogne et continuer à produire sa mort en bidon sans afficher de pseudo solution.

Les mesures gouvernementales sur le logement vont accélérer l’artificialisation des terres Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/11/08 Marie Astier (Reporterre) (8 novembre 2013) Les mesures gouvernementales sur le logement vont accélérer l’artificialisation des terres. Reporterre. fr

Les mesures gouvernementales sur le logement vont accélérer l’artificialisation des terres

Plusieurs mesures de la loi de finances du gouvernement vont pousser à l’artificialisation des terres. Ce qui rentre en contradiction avec l’objectif officiel de stopper l’étalement urbain. Seul moyen d’éviter ce gâchis : la discussion parlementaire, qui se déroule ce mois-ci.

Le gouvernement souhaite relancer la construction de logements neufs. Mais il risque en même temps d’encourager l’étalement urbain et d’accélérer le grignotage des terres agricoles. Pourtant l’artificialisation des terres en France avance déjà au rythme de l’équivalent d’un département grignoté tous les 7 ans, près de 80.000 hectares par an.

Deux mesures pourraient poser problème. Au départ, elles sont pensées pour s’attaquer aux « dents creuses », c’est à dire les terrains inutilisés au milieu des zones urbaines. Grâce à diverses incitations fiscales, le gouvernement espère pousser leurs propriétaires à vendre ces parcelles, afin de les rendre disponibles pour la construction de logements neufs. Cela aiderait la ministre du logement à atteindre l’objectif que lui a fixé le Président de la République : la construction de 500.000 logements neufs par an.

Mais le gouvernement a oublié un détail : beaucoup de ces terrains non bâtis, mais constructibles, ne sont pas pour autant inutilisés. Ce sont des terres agricoles.

Les agriculteurs contraints de vendre leurs terres

Les syndicats d’agriculteurs (FNSEA et Coordination rurale) ont donc été les premiers à s’alarmer. Ils dénoncent l’article 82 de la loi de finances 2013, votée l’année dernière, qui concerne la Taxe foncière sur le non bâti (TFNB). Cet article augmente considérablement la taxe foncière payée par les propriétaires de terrains constructibles.

La Coordination Rurale du Nord cite l’exemple de la commune de Toufflers, non loin de Lille. Pour l’instant la taxe foncière pour un hectare de terres agricoles y est de 24 euros. Au 1er janvier 2014, elle pourrait passer à 13.510 euros par hectare, puis 26.990 euros à partir de 2016.

Conséquence, selon la Coordination Rurale : « Les agriculteurs ne pourront pas absorber le surcoût (...) et seront donc obligés de stopper toute mise en valeur agricole de ces terres (...), favorisant ainsi le mitage urbain. » En clair, ne pouvant pas payer la taxe foncière, les paysans devront vendre leurs terrains qui seront ensuite construits, artificialisés, imperméabilisés. Or, comme le rappelle le Commissariat général au développement durable, une terre imperméabilisée est souvent définitivement perdue pour l’agriculture.

Lotissements en construction à Plaisir, en banlieue parisienne (prise de vue aérienne Google Map)

Cependant, l’impact de cette mesure resterait limitée dans la mesure où elle ne concerne "que" les zones dites "tendues" : c’est à dire les 28 agglomérations de plus de 50.000 habitants où il existe un fort déséquilibre entre l’offre et la demande de logements, soit 1.151 communes définies par décret.

Les syndicats agricoles viennent en tout cas d’obtenir un assouplissement. La commission des finances de l’Assemblée nationale a voté mercredi 6 novembre le report d’un an, au 1er janvier 2015, de l’article 82 de la loi de finances 2013 (votée donc l’année dernière).

Les terres "les plus fertiles" menacées

Mais une deuxième mesure va elle concerner toute la France. Il s’agit de l’article 18 du projet de loi de finance pour 2014, discuté en ce moment au Parlement. Il suscite déjà le débat sur le cadeau fiscal qu’il fait aux propriétaires de terrains bâtis, mais sa partie sur les terrains non-bâtis est passée inaperçue.

Pour l’instant, quand un propriétaire vend un terrain constructible, il paye notamment la taxe sur la plus-value immobilière. Mais plus le propriétaire attend pour vendre son terrain, plus l’abattement fiscal sur cette taxe est important, il en est même exonéré au bout de 30 ans. "Cela poussait les propriétaires à garder leurs terrains longtemps, et donc à les louer sur le long terme aux agriculteurs", explique le spécialiste de la fiscalité écologique Guillaume Sainteny.

Sauf que le gouvernement envisage tout simplement de supprimer ce régime fiscal. Qu’ils aient détenu leur terrain un an ou trente, à partir de l’année prochaine, tous les propriétaires paieront autant à l’Etat. « On supprime une incitation à garder, mais ce n’est pas une incitation à vendre », précise le cabinet de Cécile Duflot.

Une analyse que d’aucuns contredisent : "Les propriétaires auront tout intérêt à vendre rapidement leur terrain, surtout ceux qui louent à des agriculteurs, car le rendement des loyers ruraux est quasi nul", observe Guillaume Sainteny, maitre de conférence à l’Ecole polytechnique et auteur d’un rapport de référence sur les dommages à la biodiversité.

Le député EELV (Europe Ecologie Les Verts) du Doubs, Eric Alauzet, s’inquiète également : "C’est surtout une menace pour les terres agricoles périurbaines. Ce sont souvent les plus fertiles, car les villes se sont installées proche des bonnes terres. Elles permettent de nourrir les urbains en circuit court, avec des produits locaux."

Autre risque, selon le député, "on va encourager l’étalement urbain et un habitat peu dense." Une catastrophe en termes d’environnement, mais aussi de qualité de vie pour ceux qui vont s’installer dans ces zones, rappelle France Nature Environnement. "Plus la ville s’étale, plus les réseaux d’eau, de transports en commun ou d’électricité coûtent cher. Ces habitants sont aussi plus loin des services culturels et sociaux et ils sont contraints de prendre la voiture", déplore Sarah Vaillant, en charge du dossier urbanisme à l’association.

L’action publique inefficace

Autant de conséquences contraires aux promesses du gouvernement. Dans la feuille de route de la conférence environnementale de 2012, il s’engage à "freiner au niveau national l’artificialisation nette des espaces agricoles et naturels". Au salon de l’agriculture, en février 2013, la ministre du logement Cécile Duflot s’était fixé comme objectif « zéro artificialisation des terres agricoles ».

« C’est un des objectifs du [projet de loi ALUR », réaffirme le cabinet de la ministre. « Nous avons prévu des mesures pour que des terrains éloignés des centres urbains soient classés comme agricoles ou naturels, et ainsi protégés. »

Cela ne convainct pas la Cour des Comptes. Dans un référé rendu public le 16 octobre, celle-ci analyse l’action publique de lutte contre l’artificialisation des sols et en conclut que "d’importantes marges de progrès existent." Elle détaille pourquoi : objectifs trop imprécis, outils insuffisants de mesure de l’artificialisation, inefficacité des quelques dispositifs qui ont tenté de freiner le phénomène.

Le constat est partagé par l’INSEE, qui note que l’artificialisation des sols s’accélère depuis 2006.

Le gouvernement est donc désormais prévenu des conséquences de ses mesures. La Coordination Rurale en appelle aux députés. Le syndicat demande que l’augmentation de la taxe foncière soit supprimée, "pour les terres ayant un usage agricole avéré". Eric Alauzet espère trouver des "gardes fous" contre ces deux articles à risque. Les parlementaires ont encore un peu plus d’un mois pour amender le projet de loi de finance 2014. Il doit être promulgué avant la fin de l’année, et les deux assemblées ferment leurs portes pour les vacances de Noël le 23 décembre.

Complément d’information : la carte de France de l’artificialisation des sols, dressée par la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale).

Près de Toulouse, les citoyens combattent un projet de centre commercial Grégoire Souchay (Reporterre) Reporterre 2013/11/09 Grégoire Souchay (Reporterre) (9 novembre 2013) Près de Toulouse, les citoyens combattent un projet de centre commercial. Reporterre. fr

Près de Toulouse, les citoyens combattent un projet de centre commercial

À Plaisance-du-Touch, près de Toulouse, se prépare la construction d’un gigantesque centre commercial. Encore du béton ? Non, Val Tolosa se présente comme « un pôle loisir tourné vers la consommation » certifié "haute qualité environnementale". Mais derrière la communication officielle se cache un projet destructeur, inutile, anti-écologique et qui cristallise une opposition très diverse mais déterminée. Une manifestation se déroule aujourd’hui.

Envoyé spécial, Plaisance-du-Touch (Haute Garonne)

C’est en décembre 2005 que naît le projet des Portes de Gascogne, centre commercial géant visant à desservir l’ouest toulousain. Implanté sur un espace de 115 000 m², dont 60 000 m² de surface de vente, il est porté par le maire PS de la commune de Plaisance-du-Touch, Louis Escoula, pour qui « il est inadmissible que les habitants doivent faire plus de 25 minutes en voiture pour aller faire leurs courses ».

Le projet de Zone d’Aménagement Concerté se pose sur le plateau de la Ménude, espace de quarante hectares situé entre les communes de Plaisance-du-Touch, Tournefeuille et Colomiers. D’abord porté par un groupe américain, c’est le numéro 1 des promoteurs immobiliers, Unibail-Rodamco, qui le récupère.

L’objectif : un gigantesque centre commercial, avec près de 150 boutiques et plus de 4 000 places de parking, avec à la clef 2 000 emplois pérennes annoncés (1 600 équivalents temps plein) pour 250 millions d’euros. Mais l’opposition est vive et rapidement, un collectif de riverains et de citoyens se constitue.

Sur le marché de Tournefeuille, Michel Leterrier, vice président du collectif Non à Val Tolosa / Portes de Gascogne se remémore les premières actions : « Nous avons obtenu une première victoire dès 2007 devant le Conseil d’Etat » sur l’éloignement des autres centres commerciaux. Et effectivement, sur la zone même du chantier de Val Tolosa, un panneau nous dirige vers la grande surface la plus proche. Jutta Dumas, présidente du collectif, confime : « La région toulousaine est une des plus pourvues en centres commerciaux avec 993 m² de surface commerciale pour mille habitants, quand la moyenne nationale est de 839 m² ».

Après la première victoire, le collectif est rejoint par l’association des commerçants de Tournefeuille : « Il y a déjà une offre conséquente de supermarchés dans la région, explique Thomas Penel, son président, alors que certains distributeurs reviennent à des commerces de taille humaine ». Si l’opposition n’est pas majoritaire selon les sondages commandés par le promoteur, un vaste mouvement de citoyens condamne le projet.

Mais un deuxième recours au Conseil d’Etat est cette fois favorable au promoteur. Celui-ci dépense alors son énergie dans sa communication et … change tout bonnement le nom du projet. Terminées les Portes de Gascogne, voici Val Tolosa.

Et subitement, il est question d’environnement, d’un centre commercial certifié HQE (haute qualité environnementale) et BREEAM (construction durable), de consommation haut de gamme, avec accueil VIP, et en soirée des « dining experiences ». Le site officiel du projet affiche l’ambition de « réconcilier loisirs, nature et commerces ». « Avec leur novlangue, on croirait qu’ils sont plus écologistes que nous ! » rage Michel Leterrier.

Protéger les grenouilles avec des bulldozers

Mais pour « planter les 2 000 arbres » (sur les parkings), « récupérer les eaux pluviales » (une obligation légale), il faut d’abord faire table rase des 115 000 m² du plateau de la Ménude. « Ils veulent protéger les grenouilles avec des bulldozers ! » déplore Marie, une riveraine. Nous ne saurons pas ce qu’en pensent le promoteur et le maire de Plaisance-du-Touch : ils n’ont pas donné suite aux demandes d’entretien de Reporterre.

En balade sur le plateau, avec Fabien, habitant de La Salvetat , nous découvrons le chantier déjà installé. « Avant même d’attendre fin novembre la décision du tribunal sur le permis de construire, ils ont tout détruit il y trois semaines » remarque-t-il. Repoussée successivement depuis 2007, l’ouverture est aujourd’hui prévue pour 2016. D’ici là, restent encore quelques recours, qui n’ont pas été tranchés en justice.

Ainsi, l’arasage de la zone a été fait sans dérogation pour la destruction de certaines espèces protégées, comme la renoncule à feuilles d’Ophioglosse ou le trèfle écailleux. De plus, le sort de la route départementale qui traverse la zone et qui doit être déviée est toujours entre les mains du Conseil Général, qui n’a toujours pas pris de décision. Et sans route, pas de commerce actif.

Renoncule à feuilles d’ophioglosse -

Début octobre, c’est le maire de Toulouse, Pierre Cohen, annonçait qu’il « s’opposerait tant qu’il le peut » à ce projet. Alors, pour tenter une dernière fois de stopper la machine, le collectif organise une grande marche ce samedi 9 novembre, au départ du plateau de la Ménude jusqu’à la préfecture de Toulouse afin d’interpeller la population et montrer que rien n’est inéluctable.

Fabien confie : « Le fond de l’affaire est que c’est un moyen facile de renflouer les caisses de la commune de Plaisance. » Et Jutta de conclure : « Des grandes surfaces, des emplois précaires, est-ce vraiment l’avenir que nous voulons ? »

Si le collectif ne souhaite pas promouvoir telle ou telle solution, tous s’opposent à celle d’un centre commercial. « On n’est pas contre tous les centres commerciaux, mais celui-là ne sert vraiment à rien », dit une habitante de Plaisance. Et puis les idées circulent quand même, comme celle proposant de reproduire l’initiative équatorienne (aujourd’hui avortée) Yasuni ITT.

Jutta explique : « On aurait pu, avec un peu de volonté politique, faire de ce plateau un territoire protégé et financer cet espace écologique en échange d’une contribution des communes avoisinantes pour avoir préservé cet espace non bétonné dans une zone périurbaine ».

Voir en ligne le documentaire sur l’origine de la mobilisation La bataille de la Ménude (part1)

Le système français de gestion de l’eau se dégrade rapidement Jean-Claude Oliva Reporterre 2013/11/09 Jean-Claude Oliva (9 novembre 2013) Le système français de gestion de l’eau se dégrade rapidement. Reporterre. Tribune — fr

Le système français de gestion de l’eau se dégrade rapidement

Le rapport d’évaluation de la politique de l’eau en France, publié par le député Michel Lesage, dresse un bilan accablant de la situation. Mais les mesures proposées restent cosmétiques face à la crise structurelle du modèle français de l’eau.

En juin 2013, le député Michel Lesage (PS, Côtes d’Armor), a publié un rapport sur la politique de l’eau en France.

Dès la préface, il pose les limites de son exercice. Exemple significatif, « les activités agricoles, note le rapporteur, sont à l’origine de pollutions dans certaines régions et mobilisent les réserves d’eau l’été pour irriguer les cultures ». Mais ce constat posé, il renvoie dos à dos deux positionnements antagoniques : « ceux qui souhaitent conditionner les aides agricoles aux changements de pratiques » et « ceux qui considèrent que les agriculteurs en situation de crise subissent déjà des règles, normes et zonages environnementaux excessifs ».

Lire le rapport

Cette absence de choix ne débouche sur rien de tangible : « affirmer une volonté et une mobilisation collective » en prenant... la Bretagne comme le bon exemple à suivre ! Pourtant la qualité de l’eau est particulièrement dégradée dans cette région où de nombreux captages d’eau potable ont dû être fermés ces dernières années. C’est la manifestation criante de l’échec du modèle français de l’eau, dénoncée par ailleurs par M. Lesage.

Celui-ci envisage cependant « une plus grande conditionnalité des aides et une fiscalité incitative » avec des propositions qui concernent les engrais azotés mais ne s’attaquent... ni aux pesticides, ni aux porcheries industrielles (dont le gouvernement a allégé le régime d’autorisation). A la décharge de M. Lesage, on notera qu’il est député des Côtes d’Armor, un département comptant neuf fois plus de cochons que d’habitants humains : ceci explique-t-il cela ?

Le modèle français de l’eau a atteint ses limites

La crise du modèle français de l’eau tient en trois constats mis en évidence par M. Lesage et un quatrième qu’il occulte et sur lequel nous reviendrons.

Premier constat : « la qualité de l’eau ne cesse de se dégrader et les pollutions de se multiplier » dénonce le rapport. Et côté quantité, ce n’est pas mieux : « les conflits d’usages s’intensifient ».

La deuxième partie du rapport, consacrée à la mise en œuvre de la directive cadre sur l’eau, constitue un brûlot. Selon l’engagement contenu dans la loi Grenelle 2, deux tiers des masses d’eau devraient atteindre un bon état écologique en 2015, mais ce ne sera le cas que pour 41,5% des eaux de surface. En outre, les résultats présentés par la France sont sujets à caution : la Commission européenne y relève des lacunes importantes, souligne le rapport. A rapprocher de la quasi absence de contrôle concernant les nitrates, pointée par un autre rapport en février 2013 : dans les zones sensibles, seulement 1% des exploitations par département font l’objet d’un contrôle !

Deuxième constat, le financement est en crise. « Les déséquilibres structurels dans le financement de la politique de l’eau ne sont pas tenables à terme ». Les recettes reposent quasi exclusivement sur la facture des usagers et sont en régression du fait de la baisse de consommation d’eau potable. Alors que les besoins de financement sont considérables : la production d’eau potable à partir d’eaux de plus en plus polluées, le traitement plus lourd des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel, la prise en charge des eaux pluviales, la préservation de la ressource, la protection contre les inondations accroissent les dépenses.

Le rapporteur raisonne dans le cadre du système actuel, il n’envisage pas d’alternatives qui pourraient renverser la donne en matière de production d’eau potable, d’eaux pluviales ou d’assainissement...

Les charges des services publics de l’eau et de l’assainissement reposent en majorité sur les consommateurs (69 %), pour l’essentiel les usagers domestiques, puis sur les contribuables (13 %) via les subventions accordées et enfin sur les générations futures (18 %) via l’emprunt. La facture des ménages ne pourra pas indéfiniment tout financer, surtout s’il s’agit de payer la dégradation de la qualité des eaux et le retraitement des eaux usées.

Le recouvrement intégral des coûts, qui comprend les dividendes versés aux actionnaires des multinationales de l’eau, n’est pas remis en cause par le rapporteur, qui souhaite toutefois qu’il ne soit pas supporté exclusivement par l’usager.

Quelques constats bien sentis concernent les agences de l’eau et le principe du pollueur payeur qui n’est pas appliqué aux activités agro-industrielles. Les rééquilibrages opérés par les comités de bassin pour la période 2013-2018 demeurent dérisoires. Ceux qui prélèvent le plus, qui plus est au moment où la ressource eau est la plus rare, payent la redevance la plus faible ! (En Adour Garonne, c’est huit fois moins que l’usage domestique.)

Mais là encore, ces pages impitoyables ne débouchent sur rien. « Il faut repenser notre modèle économique... ces questions doivent être débattues » ; « un grand débat national doit être lancé »... Des orientations très générales pour « encourager les mesures préventives, développer une fiscalité écologique, rechercher des dispositifs innovants » sont relèvent d’un catalogue de bonnes intentions plus que d’un programme de mesures. La réflexion sur le financement se termine par une attaque en règle contre toute tarification progressive, derrière un pauvre argumentaire "technique" qui cache mal son parti pris idéologique.

Démocratie ou État fort ?

Troisième constat, "la démocratie de l’eau reste à construire". Non seulement les usagers citoyens et leurs associations sont marginalisés dans la gestion de l’eau, un constat que les associations font depuis longtemps, mais le rapport met en évidence que les élus ne s’y retrouvent pas non plus. Le rapport pointe le hiatus existant entre l’organisation par bassins hydrographiques et l’organisation politique territoriale.

Concernant plus particulièrement les usagers citoyens, la création d’un quatrième collège au sein des agences de l’eau est proposée, une mesure qui va dans le bon sens mais qui ne change pas grand chose au système. Des mesures de toute autre nature et ampleur sont nécessaires.

Actuellement, à tous les niveaux, de la commune aux agences de l’eau, les représentants des usagers sont désignés... par l’autorité (maire, président d’agglo ou préfet selon les cas). Du coup, la tendance générale est à placer ses amis ou en tout cas, les moins gênants. Il y aurait là matière à une belle réforme...

Autre exemple, les grandes décisions qui impactent l’eau (privatisation ou retour en régie, construction d’un barrage ou d’une centrale nucléaire...) ne devraient-elles pas faire l’objet d’une consultation systématique de tous les habitants concernés ? De nombreux exemples existent en Europe : du référendum contre les lois de privatisations de l’eau en Italie, aux multiples référendums locaux et votations citoyennes à Berlin et dans d’autres villes allemandes, à Madrid, etc. A chaque fois, les citoyens répondent massivement présents pour défendre le bien commun.

De façon étonnante, malgré une ode à la démocratie, le rapport plaide pour... un État fort ! Pourtant on a vu avec le scandale de l’ONEMA en début d’année, l’incapacité de l’État à assurer la collecte et l’organisation des données sur l’eau. Si on considère que ces données font doublement partie du bien commun, car elles relèvent à la fois des connaissances et de l’eau, il faut envisager que d’autres acteurs (citoyens, associations, collectivités) soient associés à leur gestion, plutôt que renforcer encore le rôle de l’État, responsable de leur perte.

Concrètement le renforcement de l’État se résume pour M. Lesage à la création d’une « autorité nationale de l’eau » !

Un genre d’autorité qui sert à réguler la marché quand l’État renonce à réglementer. Plus que d’un État fort, il s’agit de la consécration du marché. En outre, cette proposition semble désuète, à l’heure où la pléthore d’autorités administratives indépendantes en France, conduit au regroupement voire à la suppression de certaines d’entre elles.

Un constat occulté

Enfin le dernier constat, occulté par notre rapporteur, la privatisation à la française qui consiste à confier l’exploitation des services publics de l’eau et de l’assainissement à des entreprises, et qui a fait la fortune des deux multinationales Veolia et Suez, est mise à mal.

Au départ porté par des associations d’usagers ulcérés par les hausses de tarifs exorbitantes, la contestation s’est étendue à de nombreux citoyens et élus et à des sujets nouveaux : transparence, gestion saine des collectivités, démocratie... Paris, siège des deux multinationales, est revenu à une gestion publique en régie, le 1er janvier 2010, pour le plus grand bien de ses habitants. Et de nombreuses villes ont fait de même, en France et dans le monde.

Il s’agit bien de politique de l’eau, car la privatisation s’est faite au niveau local, sur décision des maires, et se défait aujourd’hui de la même façon, sous la pression des citoyens. Mais visiblement, cela reste encore tabou pour une évaluation officielle de la politique de l’eau.

La crise du modèle français de l’eau est patente, ce ne sont plus seulement les activistes de l’eau bien commun qui le disent, mais un rapport officiel au premier ministre ; il faut dorénavant partir des constats critiques et partagés qui sont faits, pour favoriser des alternatives de fond.

L’écologie en 600 dates Reporterre 2013/11/11 (11 novembre 2013) L’écologie en 600 dates. Reporterre. fr

L’écologie en 600 dates

Un album réalisé par la revue S !lence

Comment se construit une culture écologiste ? Comment concilier, à travers elle, liberté, justice sociale et préservation du vivant ? Comment pouvons-nous nous épanouir dans les limites de la planète ?

L’influence de l’écologie dans nos vies, c’est pour chacun de nous une histoire différente. Première coopérative, marche du sel de Gandhi, objection de conscience, Greenpeace, fermes bio, Théâtre de l’opprimé, réflexions d’Ivan Illich ou d’Hervé Kempf, écoféminisme, abandon de l’extension du camp militaire du Larzac, manifestations géantes contre les missiles nucléaires, Brigades de paix internationales, lycées autogérés, catastrophe industrielle de Bhopal, Confédération paysanne, rapport Brundtland, assassinat de Chico Mendès, systèmes d’échange local, mort de Superphénix, Quartier Vauban en Allemagne, protocole de Kyoto, premier forum social mondial à Porto Alegre, déboulonneurs, commune de Segonzac...

À l’occasion de ses 30 ans, la revue S !lence propose ici, avec l’aide d’une soixantaine de contributeurs et contributrices, un inventaire en 600 dates, forcément subjectif, de lectures, films, chansons, campagnes militantes et alternatives concrètes, qui ont joué un rôle dans la construction de notre réflexion et d’un nouvel imaginaire collectif.

Illustré de plus de 150 photos, un album vivant et dynamique qui nous permet à la fois d’enrichir nos connaissances et de diffuser la culture écologiste !

Editions Le passager clandestin (12 €,Format : 21 x 29,7 cm, 88 p.)

COP Climat à Varsovie : des jeunes relancent en train le mouvement citoyen pour le climat Grégoire Comhaire (Reporterre) Reporterre 2013/11/11 Grégoire Comhaire (Reporterre) (11 novembre 2013) COP Climat à Varsovie : des jeunes relancent en train le mouvement citoyen pour le climat. Reporterre. Climat fr

COP Climat à Varsovie : des jeunes relancent en train le mouvement citoyen pour le climat

Rien à attendre de la conférence sur le climat à Varsovie qui démarre le 11 novembre ? Si ! Koen et Nathalie ont fait le pari fou d’affréter un train pour plusieurs centaines de jeunes vers Varsovie. Ils vont envoyer un signal fort aux politiques et aux négociateurs de la Conférence. Le pari est en passe d’être gagné, il tord le cou au pessisme ambiant, et pourrait ouvrir la voie à une mobilisation de grande ampleur en vue de la conférence de Paris dans deux ans.

- Correspondance, Bruxelles

Agés de 29 et 25 ans, Koen et Nathalie sont deux étudiants belges membres de l’organisation Climat et justice sociale. En 2009, lors de la conférence de Copenhague sur le climat, un train spécial avait déjà quitté Bruxelles pour la capitale danoise avec à son bord un bon millier de militants de tous horizons. Objectif : rallier la capitale danoise, et prendre part à l’immense mouvement citoyen qui plaçait tous ses espoirs dans cette conférence.

Tous ont déchanté depuis lors. “Beaucoup de gens ont voulu nous décourager d’organiser ce train” explique Nathalie. “Les plus âgés étaient persuadés que le climat n’était plus un thème mobilisateur. Et le fait que la conférence soit organisée en Pologne ne nous a pas facilité les choses. Quand nous avons lancé l’idée d’organiser un nouveau train cette année, personne en Belgique ne nous a soutenu.”

Mais les deux militants s’accrochent à leur idée. Ils contactent la SNCB, la société des chemins de fers belge, et mobilisent une dizaine d’organisations des deux côtés de la frontière linguistique. Les inscriptions affluent. En moins de deux mois quelques 650 personnes complètent le formulaire d’inscription en ligne. A lui tout seul, le COMAC – les jeunes communistes belges – a ramené près de 90 personnes, soit un wagon entier ! “Certes, nous serons bien moins que dans le train pour Copenhague” explique Koen. “Mais nous serons cette fois en grande majorité des jeunes. Et ça c’est très fort sur le plan du symbole !”.

Alors que personne n’attend vraiment grand chose de la conférence de Varsovie, qui aura lieu du 11 au 22 novembre, les jeunes générations seraient-elles les dernières à croire qu’un autre monde est possible ?

Anton, 26 ans, ne pense pas qu’il s’agisse d’idéalisme ou de naïveté. Etudiant en bio-ingénierie, il a déjà participé au premier train pour Copenhague il y a quatre ans. Pour lui, l’environnement et le réchauffement climatique sont des préoccupations essentielles pour l’avenir. Et si l’enthousiasme de Copenhague est un peu retombé, il n’y a aucune raison de sombrer dans le fatalisme.

“Quand on est parti à Copenhague, on pensait vraiment que la conférence allaient aboutir sur des décisions fortes pour la Terre et le Climat. Cette fois, on part sans aucune illusion. En fait, cette conférence de Varsovie n’est pas très importante pour nous. Le but du voyage c’est surtout de se rencontrer, de confronter les idées. Notre but à plus long terme est de parvenir à créer et fédérer un véritable mouvement citoyen autour de la thématique du climat.”

La discussion : comment concilier le social et l’écologie ?

Le programme est toujours en cours d’élaboration. Mais durant les 24h de voyage qui séparent Bruxelles de Varsovie, plusieurs rencontres et débats seront organisés dans le train. Thème principal : comment concilier le social et l’écologie ? La clé, selon Koen, pour parvenir à mobiliser les gens en cette période de crise économique.

“La Pologne est un pays très intéressant à ce sujet. Son économie repose sur le charbon. Du coup les syndicats sont contre l’écologie. L’enjeu est de convaincre les gens qu’il y a moyen de lutter contre le réchauffement climatique en développant des secteurs qui sont très job-demanding.”

“Dans le train, il y aura des militants de plusieurs organisations dont les priorités sont parfois un peu différentes” poursuit Anton. “Ce voyage vers Varsovie est une opportunité formidable pour nous rencontrer et confronter nos idées”. Sur place, les passager participeront à une grande manifestation aux côtés d’autres organisations environnementales. Ils passeront la nuit dans différentes écoles de Varsovie et repartiront le lendemain – dimanche 17 – vers la Belgique.

Nul doute que la participation à un tel voyage risque de tisser des liens. Encore faut-il que ces liens perdurent, et c’est là tout l’enjeu pour l’avenir. “Si nous parvenons à créer ce grand mouvement de jeunes autour du climart, nous enverrons un signal fort au monde politique” estime Nathalie. “Il y a des élections en Belgique en mai 2014. Les politiques verront que l’écologie et le climat sont des thématiques prioritaires pour les jeunes générations.”

Mais l’objectif final est proche à la fois temporellement et géographiquement. C’est la conférence de Paris (COP21) qui aura lieu en décembre 2015. “On sait que cette conférence sera décisive” poursuit Koen. “C’est là qu’il faudra arriver nombreux, unis et organisés. Mais nous sommes confiants. Si on parvient à amener 650 personnes à Varsovie, on sera sans doute bien plus nombreux à Paris qui n’est qu’à 300 kilomètres d’ici !”

En attendant Paris, le départ pour Varsovie est prévu pour le 15 novembre prochain à la Gare du Midi à Bruxelles. Le coût du voyage s’élève à 100 euros par personne et il reste encore des places.

EDITO - Artificialisation des terres : il ne faut pas lâcher ! Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/11 Hervé Kempf (Reporterre) (11 novembre 2013) EDITO - Artificialisation des terres : il ne faut pas lâcher !. Reporterre. Édito — fr

EDITO - Artificialisation des terres : il ne faut pas lâcher !

Le gouvernement s’apprête à prendre une mesure qui poussera à la consommation des terres agricoles péri-urbaines. Il est encore temps de l’en empêcher. Un nouveau recul n’est pas acceptable.

Vendredi 8 novembre, nous avons publié l’enquête de Marie Astier sur l’effet qu’aurait la politique du gouvernement sur l’artificialisation des terres. Le titre original choisi par Reporterre - « La loi de Cécile Duflot va accélérer l’artificialisation des terres » - était cependant inexact. Ce n’est en effet pas la loi présentée par la ministre, loi dite ALUR, qui porte elle-même une menace d’artificialisation des terres, mais des dispositions de la loi de finances visant à faciliter la mise en oeuvre de la loi ALUR. Nous avons donc rapidement changé le titre pour corriger cette erreur.

En revanche, l’enquête était exacte de point en point, et montre bien l’impact sur l’artificialisation des terres des mesures fiscales contenues dans la loi de finances (article 82 et 18, voir notre enquête).

Rappelons ce dont il s’agit : l’article 82 de la loi de finances 2013 augmente considérablement la taxe foncière payée par les propriétaires de terrains constructibles. Les syndicats d’agriculteurs ont souligné vivement que cette mesure allait pousser à la transformation de terres agricoles péri-urbaines en zones construites. Selon ce qu’a indiqué Mme Duflot par tweet le 8 novembre au matin, cet article « est déjà de fait annulé ». Non. Son application est repoussée d’un an, au 1e janvier 2015.

L’autre article dangereux du projet de loi de finances 2014 est le n° 18. Comme l’explique Marie Astier, pour l’instant, quand un propriétaire vend un terrain constructible, il paye la taxe sur la plus-value immobilière. Mais plus le propriétaire attend pour vendre son terrain, plus l’abattement fiscal sur cette taxe est important, il en est même exonéré au bout de trente ans. « Cela poussait les propriétaires à garder leurs terrains longtemps, et donc à les louer sur le long terme aux agriculteurs », explique le spécialiste de la fiscalité écologique Guillaume Sainteny.

Sauf que le gouvernement envisage tout simplement de supprimer ce régime fiscal. Qu’ils aient détenu leur terrain un an ou trente, à partir de l’année prochaine, tous les propriétaires paieront autant à l’Etat. Cela poussera donc à vendre les terrains plutôt qu’à les conserver en occupation agricole.

La menace est reconnue par le député EELV (Europe Ecologie Les Verts) du Doubs, Eric Alauzet, cité dans notre article : l’article 18 « est surtout une menace pour les terres agricoles périurbaines. Ce sont souvent les plus fertiles, car les villes se sont installées proche des bonnes terres. Elles permettent de nourrir les urbains en circuit court, avec des produits locaux. »

Eric Alauzet -

Le problème a aussi été reconnu par Pascal Durand, secrétaire national d’EELV. En visite à Nice, le 8 novembre, il a constaté à propos du projet d’urbanisation de la plaine du Var, contre lequel lutte le Collectif OIN Plaine du Var, que « l’augmentation de la taxe sur le non-bâti pose un problème à cet endroit » (dans Nice Matin du 9 novembre, voir ci-dessous) :

Il semble que, dans les arbitrages interministériels, la ministre n’ait pas emporté le morceau face à Bercy. Le résultat est là : un stimulant à l’artificialisation serait créé, si l’on ne redresse pas la barre dans la discussion parlementaire.

Reporterre est à peu près indifférent aux jeux de pouvoir et aux ambitions de tel ou telle. Seul le résultat d’une stratégie politique compte. Et le résultat visé, ici, c’est l’arrêt du processus destructeur de l’artificialisation des terres.

Celle-ci constitue, avec la question de l’énergie, un des deux problèmes majeurs de l’environnement en France. Si nous échouons sur ces questions, l’entrée de la France sur la voie de l’écologie échouera, et la crise s’aggravera. C’est pourquoi il faut être intransigeant sur ces questions.

En mai 2012, alors que Mme Duflot endossait l’habit de ministre de l’Egalité des territoires et du logement, j’avais écrit que ce ministère était bien « un ministère écologique », et que le principal défi de Mme Duflot à ce poste serait « de construire plusieurs centaines de milliers de logements par an tout en limitant la consommation d’espace ».

On est maintenant au pied du mur. Alors que ce gouvernement présente en matière d’environnement un bilan calamiteux, reculer encore sur l’artificialisation serait le pas de trop.

Pour sa part, Reporterre continuera avec ténacité à se battre contre le gaspillage des terres et à promouvoir les alternatives créatrices. Il écoutera attentivement les uns et les autres pour être précis et expliquer ce dossier compliqué. Il blâmera les responsables politiques qui échouent ou abandonnent ce combat crucial, et louera ceux qui le mènent sans défaillir.

Loin de tout calcul. Simplement parce que ce défi est crucial pour l’avenir de notre pays.

Faire des économies en rencontrant ses voisins : vive la consommation collaborative ! Réseau Action Climat France Reporterre 2013/11/11 Réseau Action Climat France (11 novembre 2013) Faire des économies en rencontrant ses voisins : vive la consommation collaborative !. Reporterre. fr

Faire des économies en rencontrant ses voisins : vive la consommation collaborative !

Réaliser des économies financières ou gagner un complément de salaire en utilisant les ressources plus efficacement et en rencontrant ses voisins ? C’est possible avec la consommation collaborative ! Alternative à la crise, cette démarche se veut plus respectueuse des ressources, de nos économies et source d’enrichissement humain.

La consommation collaborative désigne un modèle dans lequel l’usage prédomine sur la propriété, via le partage, le don, l’échange, la vente (occasion) ou encore la location.Les motifs de consommation collaborative peuvent être variés : engagement environnemental, souhait de soutenir l’économie locale, économies financières ou encore volontéde (re)créer du lien social.

Entre autres types de consommation collaborative, on peut citer l’autopartage, le covoiturage, le prêt d’argent entre particuliers, l’hébergement entre particuliers (gratuit, payant ou via échange d’appartements) ou encore le mouvement des Incroyables Comestibles (Incredible Edible), dont le principe est de planter, dans un espace public ou sur son rebord de fenêtre, des fruits et légumes qui peuvent être cueillis par tous.

Quel bénéfice en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’énergie ?

Le fait de privilégier l’usage d’un bien ou service à sa propriété permet de réduire le nombre de biens produits, sans affecter l’usage qui peut être fait de ce bien. Ceci permet de réduire d’autant les émissions liées à la fabrication de ce bien (y compris celles liées à l’extraction et au transport des matières premières nécessaires à sa fabrication), à son transport du/des lieux de fabrication jusqu’au lieu de vente puis de consommation, ainsi que celles liées à son recyclage ou son élimination.

Deux types de consommation collaborative sont décrits ci-dessous.

• Le stockage collaboratif

Il existe plusieurs plateformes Internet de location et de partage d’espaces de stockage entre particuliers. Il existe des systèmes d’assurance qui permettent de couvrir les biens stockés et les espaces de stockage. L’avantage financier est pour les deux parties – les personnes à qui la location de l’espace apporte un profit et les loueurs pour qui cette solution revient moins cher qu’un espace de stockage classique, et est en général plus proche. Le site www.costockage.fr avance des coûts de 30 à 50% moins élevés que les espaces de stockage classiques.

Cette solution permet en outre une utilisation plus efficace des ressources en réduisant les besoins de construction d’espaces de stockage, et donc l’étalement urbain et ses corollaires (artificialisation des sols, déplacements engendrés, consommation de ressources, etc.).

• Faire sa lessive chez son voisin

Le site Internet « La machine du voisin » permet de mettre gratuitement en relation des personnes qui possèdent une machine à laver et des personnes qui n’en possèdent pas, afin que les seconds puissent faire leur lessive chez les premiers, moyennant finance.

Il s’agit donc d’une forme de laverie peer-to-peer. Le prix est libre – fixé par le propriétaire de la machine à laver. L’objectif initial de ce projet était de pallier le manque de laveries (en l’occurrence à Lille).

Les co-bénéfices avancés par les créateurs du site sont d’une part économiques, principalement pour le loueur et potentiellement pour le « Sans Machine Fixe » si le prix est moins élevé qu’en laverie, mais également sociaux, en permettant à des voisins de se rencontrer autour d’une machine à laver.

Rôle des collectivités

Le rôle de la collectivité peut être économique (subvention pour le lancement d’un projet par exemple), mais il sera principalement un soutien en matière de communication et de diffusion de l’information : valorisation via les canaux classiques de communication publique de la collectivité (site Internet, journal de la collectivité, etc.), diffusion de l’information en interne (agents et élus)… Ce partenariat peut d’ailleurs être valorisé via l’affichage du logo de la collectivité sur le site Internet du projet en question, ce qui contribuera à la crédibilité de ce dernier.

Dans le cadre d’une politique de prévention des déchets ou de consommation éco-responsable, la collectivité peut également réaliser un guide-annuaire des professionnels et des services permettant une consommation plus responsable.

Conditions de succès

• Confiance entre les participants – d’où les systèmes d’évaluation mutuelle mis en place dans la plupart des sites internet de consommation collaborative.

• Diffusion de l’information – c’est là que les collectivités peuvent appuyer ces projets.

L’écologie se réfugie dans les « laboratoires d’idées » Emmanuelle Réju (La Croix) Reporterre 2013/11/11 Emmanuelle Réju (La Croix) (11 novembre 2013) L’écologie se réfugie dans les « laboratoires d’idées ». Reporterre. fr

L’écologie se réfugie dans les « laboratoires d’idées »

Ils s’appellent La Fabrique écolo, Ecolo-Ethik, Le think tank Nicolas Hulot ou encore EcoloEuropa. Ces laboratoires d’idées, qui se veulent « apolitiques », sont en plein essor ces derniers temps dans le domaine de l’environnement. Une nouvelle façon de faire avancer les idées écologistes, symptomatique du discrédit des partis politiques quant à ces questions.

Que faire aujourd’hui quand on s’intéresse aux questions écologiques ? La réponse ne semble pas être du côté des partis politiques, ni même des associations militantes. Les bonnes volontés écologistes – experts, scientifiques, élus – ont trouvé un autre refuge pour faire avancer leurs idées : les think tanks, ou encore laboratoires d’idées, qui ces derniers temps poussent comme des champignons après la pluie.

Un débat politique « au niveau zéro »

La Fabrique écologique vient ainsi de publier, le mardi 5 novembre, sa première note sur la décentralisation énergétique. « Notre objectif est de fournir des propositions concrètes, rigoureuses et fouillées », assure son fondateur Géraud Guibert, qui fut l’un des membres de la cellule environnementale du candidat Hollande pendant la campagne électorale.

Se targuant de fédérer quelque 300 experts, la Fabrique se rêve comme l’équivalent écologiste « de la Fondation Saint-Simon des années 1980 ». « Le débat politique sur l’écologie est au niveau zéro, poursuit Géraud Guibert. Or beaucoup de gens ont envie de faire des choses dans ce domaine ».

Les partis politiques discrédités

Il ne leur vient plus à l’idée de se tourner vers les partis politiques. « Le discrédit des partis est tel que les intellectuels ne veulent plus venir y réfléchir, assure Chantal Jouanno, ancienne ministre de l’écologie, qui a fondé avec sa « grande amie » Laurence Vichnievsky, le laboratoire d’idées Ecolo-Ethik. Or nous avons absolument besoin de « penser » notre évolution écologique ».

« Il n’y a plus de débats de fond dans les partis politiques », constate pour sa part Géraud Guibert. « Les partis vont mal dans leur ensemble, confirme l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, qui a fondé le think tank EcoloEuropa avec Daniel Cohn-Bendit. Leur fonctionnement vertical est inadapté au fonctionnement en réseau dont nous avons besoin pour mener une réflexion aussi large que possible ». Lui aussi constate la difficulté de mobiliser des intellectuels, des représentants syndicaux ou des chefs d’entreprise dans le cadre d’un parti. Une barrière qui est levée avec les laboratoires d’idées, qui s’affichent toujours « apolitiques » ou « transpartisans ».

Le déclic du Grenelle

Thierry Libaert, expert en communication politique, et membre fondateur de la fondation Nicolas Hulot, voit dans la Grenelle de l’environnement un déclic positif qui a encouragé la création de ces laboratoires d’idées. « Les militants écologistes ont réalisé à ce moment-là que la confrontation militante n’était pas le seul moyen de faire avancer leurs idées, analyse-t-il. Leur expertise a été reconnue par les pouvoirs publics ».

C’est bien cette expertise qui se veut la force des think tanks. « Sur les grandes questions environnementales, vous avez de bons slogans, mais les dossiers ne sont pas bien bordés, ajoute Géraud Guibert. C’est ainsi qu’une bonne idée comme la tarification progressive du gaz et de l’électricité a fini par s’embourber ».

Un espace à prendre

Reste une question : pourquoi créer tant de lieux de débats différents, et ne pas rejoindre par exemple le think tank de la fondation Nicolas Hulot, qui depuis de longues années déjà alimente les différents gouvernements en notes, analyses et concepts ?

« Ce think tank est très personnalisé autour de Nicolas Hulot, explique Géraud Guibert. Certains de nos membres souhaitaient une expression plus neutre ». « Entre les ONG, les fondations personnelles ou les think tanks trop marqués politiquement, il y avait un espace », juge pour sa part Chantal Jouanno.

Le typhon qui a ravagé les Philippines, une puissance monstrueuse Olivier Mary (Reporterre) Reporterre 2013/11/11 Olivier Mary (Reporterre) (11 novembre 2013) Le typhon qui a ravagé les Philippines, une puissance monstrueuse. Reporterre. fr

Le typhon qui a ravagé les Philippines, une puissance monstrueuse

Plus de dix mille morts selon les autorités : le bilan du typhon Haiyan, qui a ravagé les Philippines, est terrible. Ce typhon présente des caractéristiques extraordinaires, véritablement hors-norme. Effet du changement climatique ? Pas si simple.

Des vents de 313 km/h avec des pointes à 378 km/h, une montée des eaux qui engloutit des villes pourtant situées jusqu’à un kilomètre à l’intérieur des terres : le typhon Haiyan, qui a dévasté les Philippines de vendredi 8 novembre à samedi, est un phénomène météorologique hors-norme.

Il est à ce jour le plus intense des cyclones de l’année et un des plus importants jamais observé. Il a détruit 70 à 80% des régions qu’il a traversées dans la province de Leyte, au centre du pays, selon un responsable de la police locale, causant la mort d’au moins 10 000 personnes.

C’est la ville de Tacloban, qui compte 220.000 habitants, qui aurait subi les plus gros dégâts. Les Philippines avaient déjà subi des rafales de 305 km/h lors du passage du typhon Angela en 1995, mais la catastrophe atteint aujourd’hui une ampleur jamais vue dans l’archipel. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (BCAH) évalue à plus de 330.000 les personnes déplacées et 4,3 millions celles touchées d’une manière ou d’une autre par le typhon sur un total de 36 provinces. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime de son côté que 2,5 millions de personnes ont un besoin urgent d’aide alimentaire. Il est en train d’organiser le transfert de quarante tonnes de vivres. D’heure en heure, les bilans ne cessent de s’alourdir, et pour cause.

Heiyan est un typhon de catégorie 5 qui est la plus élevée sur l’échelle de Saffir-Simpson. Il dépasse largement les 250 km/h et les 5,5 mètres d’onde de tempête requis pour être rangé à ce niveau. Au plus fort de son intensité, la pression en son centre était comprise, selon l’agence météorologique japonaise et le centre américain interarmes de prévision des cyclones tropicaux, entre 870 et 895 hectoPascal alors que la pression atmosphérique moyenne au niveau de la mer est d’environ 1013 hPa. Un record précédemment détenu par Tip, dans l’océan pacifique, avec 870 hPa mesurés le 12 octobre 1979 et des vents maximaux alors estimés à 305 km/h. Des chiffres comparables avaient été atteints par Camille près de la côte du Golfe du Mississippi en 1969.

Mais qu’il touche l’Atlantique ou le Pacifique, le cyclone ne concerne que les mers chaudes. Pour qu’il se développe, la température de l’océan doit dépasser les 26 degrés sur une profondeur de 60 mètres. Il puise son énergie dans la chaleur dégagée par la mer qui refroidit immédiatement après son passage. Il permet ainsi d’évacuer l’énergie accumulée dans les eaux tropicales.

On peut alors penser que le réchauffement climatique risque d’accroitre ce type d’épisodes météorologiques extrêmes en entrainant l’augmentation de la température des océans. Mais le Giec, dans le résumé à l’intention des décideurs du cinquième rapport d’évaluation paru en septembre, reste très prudent. Les experts estiment que l’accroissement de l’activité des cyclones tropicaux intenses au début du XXIe siècle n’est pas évident : ils parlent de « degré de confiance faible ».

- "Summary for policy makers", 2013, p. 33 -

Pour 2100, l’accentuation serait « plus probable qu’improbable dans le Pacifique Nord-Ouest et l’Atlantique Nord ». Les statistiques récentes ne sont pas beaucoup plus probantes. Selon le météorologue américain Ryan Maue, le nombre total de ces phénomènes a baissé depuis 1978, tandis que les plus violents d’entre eux augmentaient légèrement. On ne peut donc pas affirmer avec certitude que des cyclones de la puissance de Heiyan vont se multiplier.

- Le nombre total d’ouragans diminue sur trente ans, mais leur intensité augmente légèrement, selon Ryan Maue -

Après avoir causé des dégâts considérables, Heiyan s’affaiblit progressivement en traversant la mer de Chine méridionale. Quand il atteindra les côtes du Vietnam, le typhon n’aura plus assez d’énergie pour s’alimenter et il s’affaiblira rapidement. Il devrait être alors rétrogradé en catégorie 1. Mais par précaution, les autorités locales ont commencé samedi l’évacuation de 600 000 habitants de quatre provinces côtières.

Il reste, aux Philippines, à soulager la douleur d’un pays ravagé.

- Trajectoire du typhon Haiyan -

Le loup, ennemi ou nature ? Paroles de bergers Daniel Bordur (Reporterre) Reporterre 2013/11/12 Daniel Bordur (Reporterre) (12 novembre 2013) Le loup, ennemi ou nature ? Paroles de bergers. Reporterre. Agriculture fr

Le loup, ennemi ou nature ? Paroles de bergers

Les rencontres nationales des associations de bergers viennent de se tenir. Les bergers ont rappelé que le grand prédateur ne doit pas faire oublier les conditions sociales des gardiens de troupeaux et les pratiques d’élevage intensives.

- Rochejean (Doubs), reportage

Quelle place pour le loup, dans l’environnement et dans le pastoralisme ? Quelles solutions aux problèmes qu’il pose ? Réunis à la ferme d’alpage de la Petite Echelle, à Rochejean, sur le massif du Mont d’Or (Doubs), une trentaine de bergers pyrénéens, alpins et jurassiens ont débattu dimanche 3 novembre de ces questions à l’occasion des rencontres nationales des associations de bergers.

Un premier constat s’impose. Si tous rejettent l’idée de l’éradication de canis lupus, les bergers sont hyper sensibles sur le sujet et demandent des réponses « efficaces » à leurs soucis : « 5 500 brebis sont mortes sur 250 communes de l’arc alpin où l’on recense 1 300 patous (chiens de protection) », dit Antoine Le Gal, berger dans le haut Verdon et représentant au GNL, le groupe national loup. En première ligne en cas d’attaque de leur troupeau, les bergers sont très souvent désarmés, isolés, voire critiqués par les éleveurs à qui ils reprochent d’être souvent dans « le déni de réalité » ou de tenir des propos « idéologiques » en voulant supprimer tous les loups.

« Frappée par la violence des bêtes et de mon employeur »

« Le sujet m’émeut, j’ai tendance à trembler », dit Eric en restituant les débats de son petit groupe de discussion qui a mis en avant « la souffrance des bergers » qu’un autre groupe a aussi abordée : « Des bergers n’ont plus confiance en eux », dit Solène qui travaille en Ariège où le grand prédateur est l’ours. Elle pointe les difficultés qui surviennent parfois avec leurs patrons, les éleveurs, agriculteurs affiliés majoritairement à la FNO, branche ovine de la FNSEA dont le discours sur le loup est assez radical.

Distinguer éleveurs et bergers

Souvent réunis en syndicats ou groupements pastoraux, les éleveurs sont les propriétaires des troupeaux qui, plus particulièrement dans le sud, broutent en plaine l’hiver et sont confiés en été aux bergers qui les gardent sur les alpages de montagne. Ils y montent lors de la transhumance.

Les éleveurs défendent rarement la même position que les bergers par rapport aux prédateurs. Une bergère alpine se dit « frappée par la violence des bêtes et de mon employeur qui reporte la faute sur moi » en cas d’attaque.

Quand, en outre, les choses paraissent « imposées de l’extérieur », la coupe déborde. L’extérieur, c’est l’administration et son culte du secret : « L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONFCS) ne donne d’information sur la présence d’un loup que lorsque tout le monde le sait », dit Mathieu, berger en Maurienne. L’extérieur, c’est aussi le monde urbain, les « écolos de salon », les « touristes qui parlent d’espaces sauvages, et à qui il est difficile de faire comprendre que ces espaces sont domestiqués », dit Christiane qui vit à Lyon en hiver et vient de quitter un alpage en Oisans après dix-sept ans, avec une certaine amertume.

« Certaines pratiques favorisent la prédation »

Certains discours sont perçus comme une remise en cause de la légitimité des bergers à être sur un alpage. « Je suis d’accord sur la place du loup et de la biodiversité, mais je m’interroge sur la place de l’homme », dit une bergère de la Brévine, la Petite Sibérie suisse du Jura neuchâtelois. « Les troupeaux domestiques ont leur place, ils sont aussi créateurs de biodiversité », dit un berger alpin. Les savoirs et compétences acquis avant le retour du loup semblent remis en question.

« Quand c’est trop pentu, on ne peut pas regrouper mille brebis sans que des pierres ne tombent ou qu’il n’y ait des pattes cassées... Dans la réalité pâturée, il faut bien laisser aller cinquante brebis à tel endroit, d’autant que l’Europe paie pour l’entretien de ces zones difficiles », dit Solène.

Faut-il, comme l’association Ferus, suggérer l’abandon de certaines zones d’alpage difficiles ? Tout le monde ici sourit car un alpage a forcément des zones difficiles. Les positions sont cependant contrastées parmi les bergers où l’on distingue ceux qui ne veulent pas abandonner le terrain et ceux qui estiment que « tant qu’il y aura séparation [d’avec le loup], il n’y aura pas de solution ».

Autrement dit, ceux-ci pensent que les éco-systèmes du loup et des moutons peuvent coexister, avec des aménagements. « Bien sûr que certaines pratiques favorisent la prédation », dit Antoine. Faut-il en changer ? Modifier les conduites de troupeau ? Peut-être, mais cela renvoie à la formation, à la connaissance fine des mœurs du prédateur, à la communication entre tous les acteurs : bergers, éleveurs, décideurs...

Cela renvoie-t-il à la notion de « seuil de tolérance » dont parle Maurice Tissot, militant de la Confédération paysanne du Doubs ? Il pense au cauchemar de Thierry Maire, dont l’élevage avait subi une cinquantaine de pertes à la suite de plusieurs attaques en 2011 : « Il n’en dormait plus... Si j’avais une attaque tous les trois ans, je l’accepterai peut-être, mais là... Il faut faire évoluer la directive habitat pour tuer un individu... »

- A droite, Maurice Tissot -

« Faire émerger des solutions locales immédiates »

Gérard Vionnet, berger jurassien à la formation de vétérinaire, militant environnementaliste, se dit « choqué : un prédateur tue tout le temps. Il faut tenir compte des spécificités de chaque milieu, des pratiques très différentes selon le lieu » et l’historique de la présence de prédateurs. Fort d’une expérience de gardiennage de deux mille brebis l’été dernier en zone loup dans le Vercors (prochain sujet), il a quelques suggestions pour les secteurs où le loup n’est pas encore installé à demeure : « il faut faire émerger des solutions locales immédiates, essayer les barrières de fladry (voir également ici) qui marchent cinq à huit mois, les doubles filets, les doubles parcs... Il faut aussi connaître ce loup-là... ».

Des bergers d’autres massifs, où le loup est arrivé depuis plusieurs années, hochent la tête. Mathieu a bien entendu ceux qui veulent l’élimination d’un loup ou d’une meute à problème : « Diminuer la population de loups, il y a des endroits où il faut le faire... Mais que fera-t-on ensuite quand elle remontera ? » La situation est sans issue.

C’est d’ailleurs ainsi que se termine un communiqué de l’association des bergers de Provence et des Alpes du sud qui, s’appuyant sur la récente condamnation d’un berger ayant agressé deux agents du parc du Mercantour venant constater une attaque, dénonce le fait que tout se passe « comme si les bergers étaient la variable d’ajustement de la protection du loup » tout en rappelant ne pas demander l’éradication du prédateur, mais « d’en être protégés ».

Vers la création en avril d’une fédération nationale des bergers

Approuvé par tous les bergers présents à la Petite Echelle, ce texte devrait être signé par d’autres associations. Il préfigure ce qui pourrait être au nombre des actions d’une future fédération nationale des bergers dont le congrès constitutif se tiendra en avril prochain dans les Cévennes. Construite en réaction au loup, une véritable union des bergers pourrait alors se réaliser sur des bases jetées en juin dernier avec la création d’un syndicat des gardiens de troupeaux de l’Isère affilié à la CGT. Il a notamment demandé aux prudhommes de Grenoble de requalifier les CDD des bergers en CDI : « on part des problèmes du loup, on arrive au statut des bergers, faisons passer nos solutions », dit son responsable, Michel Didier, présent sur le Mont d’Or.

- Michel Didier -

Le loup serait-il l’arbre qui cache la forêt des autres problèmes du pastoralisme ? Christiane n’est pas loin de le penser : « Le loup est là pour qu’on fasse n’importe quoi ailleurs, un moyen pour que l’agriculture intensive fasse ce qu’elle veut ». Antoine Le Gal est proche de cette analyse : « Les syndicats d’éleveurs sont pour l’éradication du loup, pas nous. Mais certains profitent du loup pour éviter de parler des contrats de travail... »

Ou de retourner une part des aides aux bergers, donc l’accès à la formation, aux chiens de protection et à leur éducation, aux outils scientifiques de connaissance du loup... D’ailleurs, on a beaucoup parlé de l’observatoire du loup dont l’utilité est incontestable dans une perspective de cohabitation avec le prédateur.

Complément d’information :

« En quête d’identité. Les bergers salariés dans les Alpes du sud", article scientifique de Marc Mallen, ethnopastoraliste.

« Sur la piste du loup », article de Baptiste Morizot, chercheur en philosophie, paru dans Philosophie Magazine de septembre 2013.

La Collecterie redonne vie aux objets et crée des emplois Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/12 Barnabé Binctin (Reporterre) (12 novembre 2013) La Collecterie redonne vie aux objets et crée des emplois. Reporterre. fr

La Collecterie redonne vie aux objets et crée des emplois

A Montreuil (Seine-Saint-Denis), une ressourcerie a ouvert ses portes au début de l’été. Cet écosystème socio-professionnel lutte contre le gaspillage en recyclant les déchets.

- Reportage, Montreuil (93)

« Ici, on prend soin des objets brisés, délaissés, déclassés. Et on fait ça avec des gens brisés, délaissés, déclassés. C’est par la médiation des objets qu’on redonne un élan humain à notre territoire ». Léon Wisznia a le sens de la formule. Président de la Collecterie, inaugurée fin octobre par Dominique Voynet, maire de Montreuil, il a aussi l’énergie du militant et les cheveux grisonnant de son expérience dans l’engagement associatif. Ancien soixante-huitard, ce professeur d’économie rêvait depuis plusieurs années de ce projet pour la ville où il vit depuis plus de quinze ans.

Il aura fallu presque deux ans pour y parvenir, le temps de trouver le lieu adéquat et les soutiens financiers d’institutions comme la commune, le Conseil général ou le Syctom, syndicat de traitement des déchets ménagers en Île-de-France.

A l’origine, une rencontre entre deux artisans, Séverine et Giuseppe. Celui-ci, surnommé le ’’danseur-ébéniste’’, raconte : « Nous en avions marre de travailler de manière isolée, chacun de notre côté. J’étais menuisier, elle était tapissière, on se croisait souvent sur les brocantes, et nous nous sommes dit qu’en mutualisant ces compétences et notre débrouillardise, on pouvait monter une structure autour de la récupération ». Des enseignants, des éducateurs et quelques motivés se joignent au projet et, en mars 2012, l’idée prend tournure : le collectif de la Collecterie est né.

Le local de 50 m2 fait l’affaire pour dépanner au début, mais les encombrants s’entassent et l’équipe s’attèle à trouver un espace plus grand pour stocker ces premiers objets collectés. Finalement, le choix se porte sur un entrepôt de 410 m2 auquel on accède par la rue Saint-Antoine, petite rue prospère et tranquille du Haut-Montreuil. Le 6 juin dernier, la Collecterie ouvre ses portes au public. Sur son tract de présentation, il est inscrit « La collecterie collecte, trie et transforme ». Ca y est, l’est parisien a sa ressourcerie.

Paris intra-muros en possède déjà huit. Les ressourceries, structures nouvelles de l’économie sociale, se sont rapidement développées ces dernières années. On en comptait moins de dix en France au début des années 2000, elles seraient aujourd’hui plus de cinquante, selon le Livre Blanc des Ressourceries sorti en 2010.

Mais qu’est-ce qu’une ressourcerie, exactement ? Un endroit qui « collecte les objets dont vous souhaitez vous débarrasser pour les réparer et les revendre sans but lucratif », explique le réseau des ressourceries. Derrière cet outil, il y a l’idée de réduction, de réemploi et de recyclage des déchets. Les ressourceries appliquent le principe de l’économie circulaire, en réinsérant les biens dans un cycle de production et de consommation courantes.

A la collecterie, lorsqu’on pénètre dans le hangar, c’est une caverne d’Ali Baba qui se dévoile. Mais ici, rien n’est volé, tout est récupéré : « On soustrait juste à l’enfouissement ces objets destinés à finir à la déchetterie » explique Léon. On trouve de tout : des meubles, du textile, des appareils électro-ménagers, des livres, des outils informatiques, etc.

Tout le flux entrant n’a pas encore pu être trié. Mais il est pesé. A la fin de l’année, environ vingt-cinq tonnes de déchets qui auront ainsi été récoltés, en à peine sept mois d’activité. Celle-ci n’est pas vraiment rentable, à l’heure actuelle, la ventes des objets ne rapportant pas plus de 3 à 4 000 euros par mois. Mais la rentabilité n’est pas l’objectif premier.

Comment le prix des objets est-il fixé ? « C’est l’éternelle question » souffle Giuseppe. Un haut tabouret de bar confectionné en bois trône à l’entrée. Un écriteau à côté détaille les matériaux utilisés pour sa confection ainsi que le volume horaire de travail que cela a nécessité – vingt heures environ. A la fin du paragraphe, une question : « Combien coûte selon vous cet objet ? ». Chacun est invité à inscrire sur un bout de papier son estimation. Ce sera donc peut-être la moyenne des avis qui fixera le prix de vente.

Apprendre à réparer les chaises

De chaises, la collecterie n’en manque pas. Tout un pan de murs en révèle des dizaines suspendues, de couleur, de taille et de forme différentes. « La chaise est un peu notre mascotte, explique le président. C’est à la fois ce qui s’use le plus vite et ce face à quoi on est le plus démuni en terme de réparation. Peu de gens savent remettrent un pied de chaise ».

Un des projets pour l’avenir consiste à monter des ateliers collectifs pour apprendre aux gens à réparer des chaises. C’est là une autre valeur fondamentale des ressourceries : la pédagogie au changement. Pour le réseau des ressourceries, la sensibilisation constitue une fonction à forte valeur ajoutée : « La Ressourcerie sensibilise son public aux gestes éco-citoyens de réduction des déchets (choix de consommation, entretien des objets, produits de seconde vie, tri, etc.) ».

Car derrière les objets, il y a des hommes. A l’image de la Petite Rockette à Paris, la Collecterie s’attache à créer du lien social sur son territoire. Le collectif attend un agrément pour janvier 2014 afin de pouvoir proposer des contrats d’insertion. « Six en menuiserie, six en tapisserie » se réjouit Léon.

Florence, accompagnatrice en chantier d’insertion, justifie la démarche : « Pour des gens éloignés de l’emploi, marginalisés et souvent précaires, la ressourcerie est un très beau support de réinsertion. Outre les métiers manuels que cela offre, il y a plein de domaines d’apprentissage : du tri, de la vente, de la mise en rayon, de l’aménagement de l’espace, du design, etc. Ce qui est intéressant, c’est la polyvalence, les gens ne sont pas cantonnés à une seule filière ».

A voir Roland, bénévole à temps presque complet, tatcher le quidam pour lui vendre la dernière merveille retapée, on se dit que le projet est porteur. Il espère une place prochainement en contrat d’insertion, et en attendant, il se rend presque quotidiennement à la collecterie. « Il n’est pourtant censé être là que deux jours par semaine » sourit Florence. Luc, le service civique engagé au début de l’aventure, confirme cette bonne ambiance. Pour lui qui a passé un bac pro d’ébéniste, la Collecterie est l’expérimentation de la mixité sociale : « C’est un mélange avec plein de gens au quotidien, c’est génial. Et mine de rien, ça permet de développer l’imagination ce genre d’endroits ! ».

- Inauguration par Dominique Voynet -

Lieu d’échanges matériels tout autant qu’immatériels, la Collecterie prouve qu’un projet écolo-responsable peut aussi être un incubateur social. Avant le traditionnel « coupé de ruban » - fait d’un assemblage de cravate pour l’occasion - le président parle dans son discours d’inauguration de cette « activité millénaire qui consiste à faire du neuf avec du vieux. Malgré tous nos mérites, comparables à ceux de beaucoup d’autres, nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre... ».

Le but : redonner un sens aux objets en fin de vie, et une nouvelle vie à des hommes en quête de sens.

Marché ou lutte contre la finance : l’enjeu caché de la Conférence Climat à Varsovie Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/12 Hervé Kempf (Reporterre) (12 novembre 2013) Marché ou lutte contre la finance : l’enjeu caché de la Conférence Climat à Varsovie. Reporterre. Climat fr

Marché ou lutte contre la finance : l’enjeu caché de la Conférence Climat à Varsovie

La conférence des Nations unies sur le climat s’est ouverte lundi à Varsovie. Encore des discussions pour rien ? Pas si simple. Derrière la complexité des discussions se jouent des parties majeures. Dont celle qui vise à mettre au pas la finance mondiale afin de lutter vraiment contre le changement climatique.

Le délégué des Philippines à la Conférence sur le climat des Nations unies qui se tient à Varsovie, Naderev Sano, a déclaré lundi 11 novembre « qu’il jeûnerait jusqu’à ce qu’un accord significatif soit en vue » durant la conférence qui doit s’achever le 22. Il réagissait au cyclone Haiyan qui a dévasté son pays et laisse des centaines de milliers de personnes affamés.

La conférence s’ouvre alors que les nouvelles sur le changement climatique sont de plus en plus inquiétantes. Le rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a, en septembre, levé les doutes qui auraient pu exister sur la gravité de l’évolution en cours. Tout récemment, l’Organisation météorologique mondiale a rappelé que la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint en 2012 un record, qu’il s’agisse du dioxyde de carbone (CO2), du méthane (CH4) ou du protoxyde d’azote (N20).

Pourtant, le monde continue à émettre des volumes de gaz qui nous conduisent à un réchauffement bien supérieur à 2°C par rapport au niveau de l’ère pré-industrielle : ce seuil de 2°C est considéré comme celui à ne pas franchir si l’on veut que les effets du réchauffement global, déjà graves, restent supportables. Or, selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Emissions gap report 2013), les émissions mondiales sont en 2010 de l’ordre de 50 milliards de tonnes équivalent CO2, soit bien au-dessus du niveau qui serait nécessaire pour ne pas dépasser 2°C (44 milliards de tonnes). Et si l’évolution continue au rythme actuel, on serait en 2020 à 59 milliards de tonnes. Pour rester à 2°C, rappelle le PNUE, il faudrait réduire en 2050 les émissions à 20 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

Le dédain ostensible du Canada, de l’Australie et de la Pologne

Pourtant, les négociations sur le climat sont enlisées depuis le sommet de Copenhague en 2009. Et plusieurs pays manifestent ostensiblement leur dédain à l’égard du problème : le Canada a quitté le Protocole de Kyoto, l’Australie n’a pas envoyé son ministre de l’Environnement, Greg Hunt, à la conférence de Varsovie, et le pays-hôte de celle-ci la Pologne, n’a rien trouvé de mieux à faire qu’organiser au même moment un Sommet international sur le charbon...

Faut-il alors désespérer de toute négociation internationale en considérant qu’il ne s’agit que d’un cirque vain ? Pas tout à fait. Ces réunions restent la scène où la communauté internationale se retrouve pour se confronter au problème planétaire, et élabore les outils qu’il faudra bien un jour mettre en oeuvre si l’on ne veut pas sombrer dans le chaos.

Toute la discussion s’organise autour de l’objectif d’un accord international à la conférence de Paris en 2015 - accord international qui entrerait en oeuvre en 2020. Cet accord sera-t-il consistant et contraignant, à l’image du protocole de Kyoto signé en 1997 ? Le traité de 2015 viserait lui aussi une baisse globale et coordonnée des émissions. Mais un influent courant de pensée, constatant l’échec du protocole de Kyoto, pense qu’il faut plutôt chercher des accords spécifiques à tel ou tel problème, voire des accords n’impliquant que quelques participants, pour éviter la lourdeur des procédures de l’ONU : Etats-Unis et Chine sont ainsi engagés dans un dialogue soutenu.

Plutôt les Jeux olympiques que le climat

Cependant, un accord international est souhaité par une large partie des pays du sud, notamment en Afrique : ces pays les plus pauvres savent qu’ils seront les premiers et les plus fortement touchés par les effets du changement climatique - c’est en fait déjà le cas -, alors qu’ils en sont les moins responsables. Ils pèsent donc pour le maintien de la négociation onusienne, avec comme objectif central celui du financement de l’aide à l’adaptation, autrement dit d’un transfert financier des pays riches responsables vers les pays pauvres victimes.

A Cancun, en 2010, on s’était mis d’accord sur un transfert de 100 milliards de dollars (environ 75 milliards d’euros) par an à partir de 2020. Pour commencer, on affecterait dix milliards par an sur 2010-2012 à cet objectif. En pratique, observe Luc Lamprière, d’Oxfam, « seuls 30 % de cette somme a été réunie, soit le coût des Jeux olympiques de Londres ».

Mais la question du montant éventuel n’est pas la seule. Encore faut-il savoir d’où proviendraient les fonds. Dans la logique néo-libérale dominante, prêts et marchés seraient le principal instrument. Une logique privilégiée par les grandes entreprises internationales, d’ailleurs très présentes dans l’organisation de la conférence de Varsovie. Mais aussi par les principaux pays, à commencer par l’Union européenne, qui a pris vendredi 8 novembre des mesures pour sauver son marché du carbone en quasi-faillite. Cette approche est dénoncée par un collectif de plusieurs dizaines d’organisations à travers le monde : selon elles, ces mécanismes de marché « ont échoué à apporter une solution à la crise climatique, mais en plus bénéficient aux industries qui sont responsables de l’aggravation des dérèglements climatiques ».

Taxer la finance

Une autre option serait de recourir aux taxes sur les transactions financières : on lierait ainsi la lutte contre le changement climatique et la lutte contre la spéculation financière, qui participe largement à la dégradation écologique générale. Un précédent existe, avec la taxe aérienne finançant le fonds de lutte contre le Sida. Mais on changerait évidemment d’échelle dans le cas du climat.

Marché ou taxe sur la finance : c’est un enjeu majeur de la grande discussion climatique en cours.

Nul doute que le rôle des citoyens y sera déterminant. Pour l’instant, les opinions publiques semblent apathiques. Sauf que… des étincelles de vie sont prêtes à allumer le feu. Comme dans le train climatique qui part vendredi de Bruxelles vers Varsovie : Reporterre y embarque.

Typhon Haiyan : dans Ormoc, ville dévastée Anne Lamotte (France Info) Reporterre 2013/11/12 Anne Lamotte (France Info) (12 novembre 2013) Typhon Haiyan : dans Ormoc, ville dévastée. Reporterre. fr

Typhon Haiyan : dans Ormoc, ville dévastée

Quatre jours après le passage du typhon Haiyan, qui aurait fait plus de 10.000 victimes aux Philippines selon un bilan encore provisoire, la ville d’Ormoc, dans la province de Leyte, offre un paysage de désolation. Anne Lamotte, envoyée spéciale de France Info sur place, décrit une ville dévastée, où les gens ont peur.

Des maisons sans toit, des pylônes, des arbres de travers, d’énormes bouts de tôle froissés, déchirés, pris dans des fils électriques... A une centaine de kilomètres de Tacloban, l’une des villes les plus touchées par le typhon Hayian, Ormoc, près de 200.000 habitants avant la catastrophe, est une ville dévastée.

Manque d’eau et de nourriture

Quatre jours après que les vents ont tout balayé sur leur passage, il n’y a toujours pas d’électricité. Mais ici, les gens manquent surtout de nourriture. Croisée sur le bord de la route, Yelinda, dont le toit de la maison a été emporté, raconte : « C’est vraiment très dur, surtout quand on a des enfants en bas âges. On nous a donné de quoi manger seulement hier, deux kilos de riz et quatre conserves. On a peur ».

Les habitants ont tout perdu. L’essence aussi devient rare, les files d’attente devant les stations service en témoignent. « Et quand c’est votre tour, on vous donne deux litres d’essence seulement », témoigne une autre mère de famille. Dans cette ville, où la quasi-totalité des commerces sont détruits, les pillages sont fréquents. « C’est l’instinct de survie », poursuit-elle.

Pour trouver de la nourriture et de l’eau potable, nombreux sont ceux qui prennent le ferry pour aller s’approvisionner sur l’île d’en face, à Cebu. Mais ce système D ne pourra pas suffire, assure une habitante.

L’accès aux soins réduit au minimum

L’accès aux soins est aussi problématique. Sur les cinq hôpitaux de la ville, l’un est complètement détruit et les autres, débordés, ne prennent plus que les urgences. Les blessés légers, eux, n’ont nulle part où aller. « Ils demandent des compresses pour leurs plaies ou des vaccins pour le tétanos par exemple », explique Ruben. Il est l’un des responsables de la Croix Rouge sur place. « On voudrait bien les aider, mais on n’en a pas les moyens », poursuit-t-il.

La Croix-Rouge compte une vingtaine de morts à Ormoc mais ne recence pas les blessés. Yelinda a peur : « Qu’est-ce qu’on va devenir dans les prochains jours ? On ne sait pas ce qui va se passer ». Comme beaucoup d’autres habitants, elle espère qu’on viendra les secourir.

L’Etat ne doit pas faire cadeau de dix-huit milliards d’euros aux compagnies d’autoroutes Reporterre 2013/11/13 (13 novembre 2013) L’Etat ne doit pas faire cadeau de dix-huit milliards d’euros aux compagnies d’autoroutes. Reporterre. Tribune — Économie fr

L’Etat ne doit pas faire cadeau de dix-huit milliards d’euros aux compagnies d’autoroutes

L’Etat s’apprête à faire de nouveau un incroyable cadeau aux compagnies d’autoroutes : prolonger leur concession de trois ans, soit un profit net de près de dix-huit milliards d’euros. Des députés EELV, Parti de gauche, PS et UMP s’insurgent et lancent un « Appel contre la privatisation des autoroutes ».

Appel adressé à François Hollande

Après la vente à vil prix par l’Etat du réseau autoroutier français, qui a débuté en 2002 et s’est achevée en 2006, après la prorogation d’un an des concessions en 2011 sous un prétexte environnemental, le gouvernement Ayrault entend finaliser son plan de relance autoroutier en prolongeant une nouvelle fois, de trois ans, la durée d’exploitation de nos autoroutes par leurs actuels concessionnaires. Il reporte ainsi à 2033 en moyenne la fin des concessions dont disposent les groupes Vinci, Eiffage et Albertis.

En contrepartie, ceux-là devraient prendre à leur charge une vingtaine de projets d’aménagement de sections autoroutières autour de grandes villes, de liaisons entre des autoroutes existantes, ou encore la mise aux normes de sections existantes. L’ensemble devrait représenter un montant de 3,7 milliards d’euros.

Nous, élus soucieux des deniers publics mais aussi de la préservation du patrimoine national, ne pouvons accepter une nouvelle démission de la puissance publique alors que les groupes concessionnaires n’ont pas respecté leurs obligations. Un rapport, pour l’heure « officieux », commandé à deux hauts fonctionnaires, a alerté les pouvoirs publics sur cette situation ; pourtant, les bases de l’actuelle négociation restent inchangées, ne prenant pas en compte ces manquements des concessionnaires. De son côté, la Cour des comptes a dénoncé à de nombreuses reprises l’incapacité de l’Etat à imposer aux concessionnaires le respect de leurs obligations, constatant notamment des tarifs manipulés et une qualité des chaussées dégradée.

Pourtant, les recettes générées par l’exploitation des concessions autoroutières donnent lieu chaque année à de très substantiels profits : plus de deux milliards d’euros de bénéfices net pour un chiffre d’affaires de huit milliards d’euros en 2012.

C’est cet incroyable cadeau que s’apprête à renouveler l’Etat, au profit de ces grands groupes du secteur peu respectueux de leurs engagements. La quasi-totalité de leurs investissements passés sera intégralement remboursée dans les dix prochaines années. A l’horizon 2030, au rythme de l’évolution actuelle des tarifs et de la progression du trafic, chaque année d’exploitation devrait donc leur rapporter dix milliards d’euros, et presque autant de bénéfices.

Ce sont donc entre cinq et sept milliards d’euros net d’impôt chaque année pour une période de trois années supplémentaires que l’Etat s’apprête à offrir, soit dix-huit milliards d’euros d’ici à vingt ans. Soit l’équivalent d’un enrichissement immédiat de 6 à 9 milliards d’euros pour les groupes propriétaires des concessions, et un appauvrissement du même ordre de l’Etat.

Quel est donc cet Etat stratège qui organise son propre dépouillement : faire financer par d’autres 3,5 milliards d’euros d’investissements quand cela lui en coûte entre le double et le triple ? Nous, élus soucieux des deniers publics mais aussi de la préservation de l’indépendance nationale, sommes alarmés par l’ampleur de la dette dont souffre aujourd’hui la nation. Le poids de l’endettement de l’Etat lui interdit désormais d’affecter à l’investissement les économies budgétaires qu’il peut dégager.

Beaucoup de pays dans le monde découvrent aujourd’hui que la privatisation partielle du service public de la route a souvent octroyé des rentes extravagantes aux grands groupes. Au prétexte que l’Etat doit se désendetter, il se prive de recettes précieuses !

La France peut et doit récupérer le contrôle et le bénéfice de ses infrastructures de transport.

Cela sera bénéfique aux finances publiques et au pouvoir d’achat des automobilistes ; la seule conséquence négative se lira dans les résultats boursiers des grands groupes actuels.

Merci de signer et diffuser la pétition !

Premiers signataires :

Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard (députés européens, coprésidents du Front de gauche), Nicolas Dupont-Aignan (député-maire de Yerres, président de Debout la République), François de Rugy (député de Loire-Atlantique, vice-président d’Europe Ecologie-Les Verts) Emmanuel Maurel (vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, PS), Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice de Paris, PS), Jacques Myard (député-maire de Maisons-Laffitte, UMP).

A Paris, la police évacue à la matraque des jeunes sans logement Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/13 Barnabé Binctin (Reporterre) (13 novembre 2013) A Paris, la police évacue à la matraque des jeunes sans logement. Reporterre. fr

A Paris, la police évacue à la matraque des jeunes sans logement

Lundi, une trentaine de policiers ont expulsé sans ménagement les occupants d’un squat destiné à donner un toit à quelques mal-logés et à créer un lieu d’activité. Reporterre y était.

- Reportage, Paris

Cela aurait pu être un squat comme les autres, avec ses matelas de fortune disposés à même le sol dans les chambres occupées au premier étage. Mais les vitres teintés d’anciens bureaux et les deux cellules de garde à vue au rez-de-chaussée révèlent dès l’entrée l’originalité des lieux : un ancien commissariat de police du XVIIIe arrondissement de Paris, rue Raymond Queneau, dans lequel se sont introduits quelques jeunes, le matin du vendredi 8 novembre. A l’intérieur, ambiance froide et clinique. Le lino jaunâtre, décrépi à plusieurs endroits, trahit l’absence de vie.

Ce poste de police est laissé vaquant depuis plusieurs années. Combien ? Les riverains, surpris d’y voir soudain des lumières, ne savent plus trop : selon Catherine, qui vit dans le quartier depuis vingt ans, « le commissariat a fermé au public en 2006 ». Selon d’autres, une brigade spéciale aurait utilisé les locaux jusqu’à la fin des années 2000, mais une chose est sûre : les locaux sont inoccupés depuis au moins deux ans. C’est une des raisons qui pousse Catherine à soutenir cette tentative de relogement : « On ne peut pas laisser de tels emplacements vides en plein Paris ».

Le Haut Commissariat au bonheur

Les squatteurs avaient deux objectifs. Celui, d’abord, de donner un toit à des jeunes en galère de logement. Les neuf habitants sont tous des « mal-logés ». Léa, par exemple, subit ce vagabondisme urbain qui consiste à dormir de canapés en canapés, chez des amis, semaine après semaine. Son statut de stagiaire et sa rémunération de 436 € par mois ne lui permettent pas de payer un loyer parisien. Jean-Charles, son nouveau voisin de chambrée, réclame « le droit au bonheur simple de poser nos affaires, et de se reposer, chez nous ». Le bonheur, une revendication constitutive pour ceux qui agissent au nom du « COOLectif du Bonheur » et qui ont renommé leur nouveau logement « le Haut Commissariat au Bonheur ».

Mais seul le premier étage était réquisitionné pour en faire un lieu d’hébergement. En bas, plusieurs salles devaient être aménagées pour y accueillir des associations. Parmi elles, le collectif féministe des Effronté-e-s. Il était aussi question qu’une plasticienne y dispense des cours d’art plastique pour les enfants du quartier. C’était le deuxième objectif du squat : redynamiser les liens sociaux dans un quartier difficile, qui voit disparaître d’autres espaces d’échange comme le Jardin d’Alice.

L’AMAP du quartier, intitulée HSBC (Hyper Social Bio Club), avait prévu de s’y installer pour distribuer ses paniers bio chaque semaine. D’agriculture urbaine, il était aussi question avec la création d’un potager urbain, dans l’arrière-cour, grâce à de la culture hors-sol, dans des bacs. Enfin, on visait la création d’un café associatif, qui sensibilisera la population aux enjeux de l’alimentation grâce à la vente de produits locaux issus de l’agriculture biologique ou du commerce équitable. Autour d’une épicerie solidaire, des ateliers prévoyaient également le partage de savoir-faire tels que la cuisine ou le jardinage.

Lundi 11 novembre, à 18h, quelques sympathisants et deux élus – Danielle Simonnet, conseillère de Paris pour le Parti de Gauche, et Pascal Julien, adjoint au maire du XVIIIe arrondissement pour EELV – s’étaient donc réunis pour célébrer la naissance de ce nouvel espace collectif. Mais la préfecture de police a coupé court aux festivités. Vers 21h30, une trentaine de policiers ont défoncé à coups de bélier les portes blindées de l’ancien commissariat. Pacifique, l’opposition n’a pas fait long feu face aux boucliers en plexiglas et aux matraques des envahisseurs. Après contrôle des identités, chacun a été invité à enjamber les tessons de verre pour quitter les lieux. En quelques minutes d’une intervention fulgurante, cet espace fugacement alternatif est retourné à son passé policier et silencieux.

Dehors, les forces de l’ordre maintiennent à distance les premiers expulsés en pointant des flashball. Tout le monde ne sortira pas libre : six des occupants officiels, qui s’étaient signalés à la police, passeront une partie de la nuit au poste.

Sarra, qui habite face au commissariat, est descendue dans la rue à la vue des événements. Elle fait face au cordon des policiers. Elle explique : « Le quartier est compliqué, il y a de la violence au quotidien, des problèmes de drogues, de sécurité, etc. Cela fait des années que nous demandons des renforts policiers et la réouverture d’une police de proximité ». Puis elle se tourne vers les hommes en bleu, et les interpelle, derrière leur casque : « Est-ce vraiment ce projet d’animation qui nécessitait un tel déploiement de forces de police... ? »

Complément d’info : Reportage vidéo « Expulsion au commissariat du bonheur »

Les « baguettes suspendues », don du pain pour les voisins sans le sou Elsa Provenzano (20 Minutes) Reporterre 2013/11/13 Elsa Provenzano (20 Minutes) (13 novembre 2013) Les « baguettes suspendues », don du pain pour les voisins sans le sou. Reporterre. fr

Les « baguettes suspendues », don du pain pour les voisins sans le sou

Des baguettes gratuites sont mises à disposition des plus démunis dans une boulangerie bordelaise…

« Suspendues, ça veut dire à disposition pour des gens qui sont dans le besoin », explique Noël Capron, 57 ans. Il a lancé depuis samedi ce concept de « baguettes suspendues » dans sa boulangerie « A la recherche du pain perdu », au 5 rue de la Cour des Aides, dans le quartier Saint-Pierre à Bordeaux. C’est un de ses amis qui lui a donné l’idée.

Il tient le bar Chez Fred, place du Palais, et propose des cafés suspendus depuis cinq mois environ. « Le pain c’est un produit de base et c’est encore moins cher qu’un café, alors je me suis dit que j’allais faire pareil. En plus, pour moi c’est une bouffée d’air frais car mon métier est très répétitif. Et je me dis que ça sert à quelque chose », raconte le boulanger.

« Une super idée »

Quelques vingt-deux baguettes ont été achetées depuis samedi et neuf étaient « suspendues » jeudi, en fin de matinée. Le compte des baguettes suspendues et de celles récupérées est inscrit sur une grande ardoise, affichée à la vue de tous. « Je connaissais les cafés suspendus mais pas les baguettes. C’est une super idée qui peut aider ceux qui n’ont pas d’argent », commente François, 27 ans, qui décide de contribuer à l’opération. La boulangère dépose alors ses 95 centimes dans un bocal, sur le comptoir. L’idée ce n’est pas que les clients donnent systématiquement mais une fois de temps en temps. « C’est un petit geste qui peut aider les gens. On en voit de plus en plus qui achètent une demi-baguette ou un demi-pain ou un sandwich pour deux », souligne le boulanger.

« Ce n’est pas un dû mais c’est là »

« Les premiers jours, les gens n’osaient pas demander mais maintenant ça commence à se savoir. Ils ne quémandent pas puisque c’est quelque chose qui a été réglé, ce n’est pas gratuit. Ce n’est ni un droit ni un dû mais c’est là », souligne Noël Capron. Pour l’instant, ce sont surtout des sans-domicile-fixe qui viennent, mais le boulanger aimerait aussi que le dispositif profite aux nombreux étudiants du quartier et aux gens isolés qui ont des enfants à charge. « Il ne faut pas qu’il y ait d’abus. Une fois c’est bien pour dépanner mais il ne faut pas que ce soit toujours les mêmes », estime pour sa part Pascal, 43 ans, qui vient acheter un sandwich dans la boulangerie.

« Le but c’est que ce soit repris par d’autres, comme les cafés suspendus qui se répandent un peu », espère Noël Capron. Le problème c’est que Bordeaux ne fait pas exception. Comme dans beaucoup de villes, les artisans boulangers s’y font rares. « Dans le quartier, il y en avait sept dans les années 60. Maintenant je suis tout seul », constate t-il.

Francis Hallé, l’homme qui parle avec les arbres Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/11/13 Marie Astier (Reporterre) (13 novembre 2013) Francis Hallé, l’homme qui parle avec les arbres. Reporterre. Forêts tropicales fr

Francis Hallé, l’homme qui parle avec les arbres

Le film Il était une forêt sort mercredi 13 novembre sur les écrans. A l’origine de ce film racontant les forêts tropicales, un grand botaniste, Francis Hallé. Reporterre a rencontré cet amoureux de la sylve originelle, alarmé par sa disparition rapide.

Quand on rencontre Francis Hallé pour la première fois, on se dit que passer sa vie en forêt conserve en bonne santé : il est en pleine forme. Et à 75 ans, pour les besoins du film Il était une forêt (sortie le mercredi 13 novembre, réalisation : Luc Jacquet, sur une idée originale de Francis Hallé), ce botaniste a montré qu’il est encore capable de grimper aux arbres et de passer six mois en forêt tropicale.

Calepin de dessin à la main, il étudie les arbres depuis plus de cinquante ans. Ils semblent lui avoir transmis une de leurs qualités : la patience. Il a su attendre plus de vingt ans que son projet de film germe et s’épanouisse. Il est d’abord allé voir des cinéastes connus : "Mais Jacques Perrin venait de se lancer dans Océans, il ne pouvait pas s’occuper des forêts." Il s’est donc tourné vers des jeunes moins expérimentés : "Ils ne trouvaient pas d’argent."

Puis un jour, il a rencontré Luc Jacquet. Le cinéaste était plutôt habitué à filmer des animaux, comme les manchots de son documentaire oscarisé La marche de l’empereur. Mais la parole de Francis Hallé a su le convaincre.

Ce passionné des arbres en parle comme un conteur, un mot après l’autre, le ton grave mais pas dramatique : "L’idée de ce film vient d’un constat assez tristouille : les forêts primaires disparaissent. Quand j’étais jeune chercheur, il y en avait partout : en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud. Ça aurait fait rigoler si j’avais dit que dans la durée d’une vie tout cela allait disparaître..." Paradoxe, il arrive enfin à réaliser son film sur les forêts primaires tropicales au moment où elles ont quasiment disparu. "Il n’en reste que quelques-unes en montagne, déplore le botaniste. Les coupeurs de bois n’en ont que faire, car elles sont difficilement accessibles, et les arbres y sont petits et tortueux."

Le terme "forêts primaires" désigne tout simplement celles qui n’ont jamais été touchées par l’homme. Dès qu’il évoque le sujet, le regard s’évade, part en ballade au milieu des arbres : "C’est un endroit calme et agréable. Vous êtes entouré d’arbres aux troncs épais, il fait sombre, il y a peu de végétation au sol. On peut marcher aisément et même courir. Il y a tellement d’espèces différentes et peu de représentants pour chaque espèce que vous êtes entouré de choses rares. C’est magnifique et passionnant."

Botaniste et biologiste, Francis Hallé est un des spécialistes mondiaux des forêts primaires tropicales. Il est considéré comme le découvreur de ce qu’il appelle « l’architecture des arbres ». C’est aussi lui qui a conçu, avec des amis, le radeau des cimes : une structure gonflable qu’il est allé poser au sommet des forêts, sur la cime des arbres qui forment la canopée. « Le sommet de la diversité biologique sur cette planète », s’enthousiasme le chercheur.

- Le radeau des cimes -

Mais quand on aborde le sujet de la déforestation, le regard bleu de Francis Hallé s’assombrit : "On est en train de détruire un bien commun à toute l’humanité." Il y pense avec "colère et tristesse", comme il l’explique dans le film. D’ailleurs, les images de Il était une forêt n’ont pas pu être tournées dans une forêt primaire. Il a fallu se contenter de forêts secondaires, au Gabon et au Pérou.

Pour Francis Hallé, c’est donc un film patrimonial, une tentative de montrer au grand public la beauté de ces forêts, avant qu’elles ne disparaissent. Car elles ont été "calomniées", dénonce-t-il. "On les a présentées comme un enfer vert : laides, malsaines, dangereuses. Cette image profite à ceux qui veulent les détruire."

Ce défenseur des forêts primaires a pris conscience de la menace dans les années 1980. "J’habitais en Côte d’Ivoire, se rappelle-t-il. Ils ont commencé à couper des arbres qu’on n’aurait pas exploité vingt ans avant, parce qu’ils n’étaient pas très précieux." Il dit avoir vu des forêts disparaître en quatre ans, alors que le film montre qu’il faut sept cents ans pour que pousse une forêt primaire. "On croit que c’est indestructible mais en fait, c’est très fragile. La forêt tropicale est un énorme réseau de liaisons entre des êtres vivants. Si vous tirez un bout de cet écheveau, tout s’écroule."

Ses ennemis, il les appelle les « coupeurs de bois ». Il les a souvent rencontrés au hasard de ses explorations. « J’ai vu les plus grands chantiers d’abattage du monde à Bornéo, se souvient-il. Des norias de camions qui sortent de la forêt pratiquement jour et nuit, avec d’énormes grumes [troncs d’arbres coupés-NDLR]. »

Un business du bois précieux qui profite à beaucoup d’entreprises allemandes, britanniques et aussi françaises : "L’exploitation des forêts reste une démarche coloniale". Francis Hallé n’hésite pas à citer Leroy Gabon, Rougier, Thanry, Bolloré. "Y’a du beau linge, là dedans !"

"Mais c’est plus que ça : une partie de nos impôts sert à la déforestation. Quand vous êtes une jeune entreprise d’abattage de bois tropicaux, vous pouvez aller voir l’Agence française de développement. Elle va vous donner les premiers financements et vous assurer des contacts sur place. Et ensuite vous abattez des arbres que vous n’avez même pas pris la peine de planter, c’est trop facile !"

Alors comment protéger les forêts primaires tropicales ? Les politiques, il a abandonné depuis longtemps : « Mitterand, Pasqua, Chirac... Ils ont tous profité des réseaux de la Françafrique. Ils ramenaient l’argent quand il fallait. De l’argent qui venait de l’abattage des arbres du Gabon par exemple. »

Alors, il a voulu s’adresser au grand public, grâce au cinéma. A un moment, il a même tenté de financer le film grâce à un mouvement citoyen : « J’aurais rêvé que ce soit l’argent du peuple, pas celui d’un producteur. » Il a créé une association et récolté une certaine somme. « Elle m’a tout de même permis d’aller voir Luc Jacquet. »

Avec Il était une forêt, il veut que les gens soient « bouleversés par la beauté de ces forêts. » Il se permet même un espoir un brin utopique : « je vois bien que nos politiques sont sensibles à l’opinion publique. Sous la pression, ils pourraient prendre de bonnes décisions. » Mais il l’admet, « il faudrait que le film secoue vraiment la population, comme Le Monde du silence de Cousteau il y a cinquante ans. »

D’ailleurs, qu’il s’agisse des océans ou des forêts, le problème est le même : « Pour sauver notre planète, il faut changer notre conception du temps. Aujourd’hui on a les moyens technologiques d’aller trop vite. S’il n’y a pas d’autocontrôle, il ne restera bientôt plus rien. » Il faudrait que les hommes apprennent à « raisonner avec le temps des arbres. »

Francis Hallé ne cesse de répéter qu’il est de nature optimiste, mais il l’admet : « Je suis horrifié par l’ampleur de la dégradation de la planète dans la durée de ma vie. Que restera-t-il dans quatre générations ? » Ses enfants ont grandi au milieu des forêts primaires tropicales. « Mais mes petits enfants, eux, risquent de ne jamais les voir... »

Philippine : un pays durablement meurtri Sophie Boisseau du Rocher (Grip) Reporterre 2013/11/14 Sophie Boisseau du Rocher (Grip) (14 novembre 2013) Philippine : un pays durablement meurtri. Reporterre. fr

Philippine : un pays durablement meurtri

Le pays archipel commence à se réveiller du typhon qui l’a ravagé, alors que l’aide peine à parvenir aux habitants et que des pillages ont lieu dans les zones ravagées. Les Philippines seront durablement affaiblies par la catastrophe, qui révèle ses faiblesses.

Les Philippines auront connu ces dernières semaines deux catastrophes naturelles de grande ampleur : d’une part le tremblement de terre du 15 octobre sur l’île Bohol et d’autre part, le passage du typhon Haiyan dans la province de Leyte le 7 novembre. Au-delà des retombées dramatiques pour des milliers de vies humaines, quelles pourraient être les conséquences de ces catastrophes pour le pays ?

Conséquences financières d’abord, avec un impact désastreux des dommages liés à la tempête estimé à environ quatorze milliards de dollars dont deux seulement seront couverts par les assurances. L’économie locale, fortement dépendante du secteur agricole (canne à sucre et riz), mettra des mois à s’en remettre avec des répercussions directes sur les exportations et le chômage local (un million d’agriculteurs ont été touchés). Les infrastructures, fortement endommagées par la puissance du vent et des vagues, manqueront également pour aider à la reprise. Aucun doute que les prévisions de croissance – 6,5 % pour 2013 – seront affectées.

Conséquences socio-politiques ensuite. Le spectacle des pillages, des entrepôts attaqués et des forces de sécurité débordées ne vont pas redorer le blason d’un secteur public déficient. On retiendra surtout de ces images de dévastation l’incurie d’une administration centrale à imposer des codes de construction fiables et le détournement des sommes allouées à des travaux de renforcement des bâtiments par des politiciens corrompus : même les centres d’évacuation n’ont pas résisté !

L’autorité même du président Aquino, qui admet « ne pas avoir bien préparé les populations » est atteinte. Plusieurs jours après le passage du typhon, les Forces armées (15 000 soldats ont été dépêchés) n’ont toujours pas accès à certaines zones ; sur le coup, la dépendance de l’armée envers les conseillers et forces américains est cruciale et illustre ses déficiences structurelles. L’arrivée du porte-avions George Washington, et ses vingt hélicoptères, devrait considérablement aider les secours sur place.

Répercussions internationales enfin, car la réaction à un tel drame révèle aussi la capacité de réaction et d’influence des partenaires extérieurs. Alliés de longue date de Manille, les États-Unis ont été les premiers à réagir massivement et serviront de pilier central à partir duquel l’aide internationale va s’organiser. En revanche, la Chine, qui entretient un différend territorial en mer de Chine du Sud avec les Philippines, s’interroge encore sur le montant et la forme de son aide. 100 000 dollars ont bien été avancés afin de venir en première aide aux victimes, mais Pékin n’a pas affiché la grandeur d’une puissance « responsable ».

Certes, les Philippines sont le premier archipel après le grand océan Pacifique et prennent de plein fouet le déchaînement des éléments. Mais aujourd’hui, c’est un sentiment d’immense tristesse et de découragement qui domine autant envers les hommes qu’envers le ciel.

L’Age de faire Reporterre 2013/11/14 (14 novembre 2013) L’Age de faire. Reporterre. fr

L’Age de faire

Le nouveau numéro de L’Age de Faire s’intéresse à l’école

L’école publique : un enseignement vivant, basé sur la coopération et non sur la compétition, adapté au rythme de l’enfant… Si si, ça existe dans l’Education nationale ! Pourquoi ce dossier sur les pratiques alternatives dans l’Education nationale ?

D’abord, pour montrer qu’elles existent. On reproche en effet souvent à l’école publique d’être une institution rigide, soumise aux règles de la compétition, par opposition à un enseignement associatif plus attentif à l’épanouissement de l’enfant. S’il y a un peu de vrai dans cette caricature, il faut reconnaître que l’école publique n’est pas uniforme.

GRANDS PROJETS INUTILES

Quel point commun entre un incinérateur, une autoroute, une LGV… Les opposants aux Grands projets inutiles l’expliquent dans un livre.

INDUSTRIE MINIÈRE

Des compagnies étrangères s’intéressent au sous-sol français et déposent des demandes de permis d’exploration, encouragées par le gouvernement.

ROULER À L’HUILE DE FRITURE

Sur l’île d’Oléron, une association collecte, et filtre de l’huile de friture pour les automobilistes. Même la communauté de communes s’y est mise…

Et aussi...

• Le Qatar tacle le Giec / Un suicide d’agriculteur tous les 2 jours • Mittal fait une nouvelle victime / Le portable et le goupillon • Marinaleda, version éthiopienne / Des maraîchers urbains en RDC • Scolarisation des Roms : « Les enfants sont écoutés par les parents » • Lire, écouter, voir / Troublant printemps à Tchernobyl • De l’éducation à la fabrique de l’élève performant • Adour-Garonne : la revanche du couvert végétal / • Po(i)litiques à gratter • Fiche pratique : le pouf thermos pour une cuisson économe • Fiche pratique : de la friteuse au réservoir • Agriculteur sans subventions • Rencontres de la « presse pas pareille » / L’âge de faire va changer de prix • Courrier / Agenda / Annonces / Le coin des diffuseurs

Le pape François est opposé au gaz de schiste EJOLT // Reporterre Reporterre 2013/11/14 EJOLT // Reporterre (14 novembre 2013) Le pape François est opposé au gaz de schiste. Reporterre. Écologie et spiritualité fr

Le pape François est opposé au gaz de schiste

Lors d’une rencontre lundi avec un groupe d’Argentins, le pape François a exprimé sa préoccupation pour la pollution et a accepté de poser en tenant un tee-shirt opposé au gaz de schiste.

Selon le site EJOLT (Environmental Justice Organisations, Liabilities and Trade), le pape François a reçu un groupe d’Argentins le 11 novembre, dont un membre d’EJOLT et le cinéaste Pino Solanas, au Vatican. Ils ont discuté de pollution des eaux, et le paie a indiqué qu’il préparait une encyclique sur la nature, les humains, et la pollution.

Le pape a montré son opposition à la fracturation hydraulique pour le gaz de schiste en posant pour un photo avec un tee-shirt indiquant "No al fracking" (Non à la fracturation hydraulique)

Texte original de l’article d’EJOLT

Pope Francisco welcomed a group of Argentineans, including an EJOLT member, Antonio Gustavo Gomez, an Attorney General from Argentina, yesterday on November 11th, 2013, in the Vatican. The meeting lasted an hour, with the participation of the film director Pino Solanas, well known for his film “Dirty Gold”, about mega-mining. They spoke about water contamination and the Pope mentioned that he is preparing an encyclical about nature, humans and environmental pollution.

As an image is worth a thousand words, the Pope demonstrated his opposition to shale gas fracking and the contamination of water due to mega mine projects, posing for two photographs. One with a t-shirt that states that “Water is worth more than gold : El Agua Vale mas que el Oro”, and the other stating “No to Fracking”. The concern from His Holiness was clear when the following cases were mentioned to him by Fiscal Gomez, including Barrick Gold, Chevron in Argentina and Ecuador and Yasuni, among others.

A Notre-Dame-des-Landes, lutins et armée des arbres inaugureront l’éco-autoroute verte le 23 novembre Les lutines et lutins en lutte, et l’armée des arbres Reporterre 2013/11/14 Les lutines et lutins en lutte, et l’armée des arbres (14 novembre 2013) A Notre-Dame-des-Landes, lutins et armée des arbres inaugureront l’éco-autoroute verte le 23 novembre. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

A Notre-Dame-des-Landes, lutins et armée des arbres inaugureront l’éco-autoroute verte le 23 novembre

Les Lutines et les Lutins en Lutte et l’Armée des Arbres appellent tous les êtres vivants à venir planter une haie géante à Notre Dame des Landes, sur le tracé du barreau routier, desserte abandonnée de l’ancien projet d’aéroport.

Avant que la pollution et le chaos climatique n’engloutissent notre civilisation, stoppons la technofolie, arrêtons l’auto-destruction des moteurs à explosion !

Ici comme partout, le temps est venu de la reforestation.

La première Eco Autoroute Verte (à limitation de vitesse naturelle : 1 arbre tous les 5 mètres) sera inaugurée les 23 et 24 novembre 2013. Cette haie géante sera plantée en l’honneur de la ville de Nantes Capitale verte européenne et de l’entreprise Vinci, opportunément reconverties dans la protection de l’environnement.

Au lieu d’infliger des prunes et des amandes aux gens, le Premier Ministre des Lobbies de la Ripoublique, ainsi que Monsieur le Préfet de Vinci, et les troupes de la Jardinerie Nationale sont convié-e-s à se rendre utiles, en venant planter un verger pour l’épanouissement de la ZAD sur Terre.

Pour l’occasion venez avec vos enfants, vos parents, vos arbres préférés (ornés d’un tissus coloré), avec votre pelle, votre déguisement d’espèce protégée (ou ce que vous voudrez : légume, salamandre, gendy le gendarme, menhir etc…), apportez aussi votre tente et votre pique-nique. Nous grillerons des châtaignes et ferons ripaille pendant deux jours et deux nuits !

Et pour les charognards au pouvoir qui dévorent les trésors de la terre, s’ils envoient leurs sombres escadrons, on leur fera bouffer leur béton.

Ici sur la Lande de la ZAD et dans le reste du monde on va cultiver l’horizon !

Toutes les infos pratiques pour le week end du 23, 24 Novembre seront bientôt en ligne sur le site de la ZAD.

A quoi EELV sert-il ? Jean-Claude Guillebaud Reporterre 2013/11/14 Jean-Claude Guillebaud (14 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — Culture et idées fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts) prépare son congrès, qui aura lieu à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre lance une série de tribunes où écologistes, politiques et intellectuels nous aideront à répondre à la question : A quoi EELV sert-il ? C’est Jean-Claude Guillebaud qui ouvre le bal.

L’écologie en perdition

L’écologie qu’incarne EELV est au bord du désastre. La quête anxieuse d’une reprise de la croissance dans tous les pays développés n’encourage pas les opinions à prêter l’oreille aux mises en gardes de cette nature. Je ne parle pas seulement des préoccupations liées à l’environnement au sens strict (biodiversité, dérèglement climatique, saccage des océans, etc.) mais tout autant de l’aspect « social » de la question. Les pauvres trinquent les premiers.

À bien réfléchir, le paradoxe est extravagant. Sur le plan des idées, la prise de conscience écologique n’a jamais été aussi nécessaire (et novatrice). Elle est la seule réflexion capable de désigner un « horizon d’espérance », pour reprendre une formule d’Emmanuel Levinas. En matière politique et économique, en revanche, l’écologie n’est plus prioritaire, loin s’en faut. Le vieux productivisme revient en force, dans un climat de panique économique et de croissance à tout prix.

Cet oubli — délibéré — des urgences liées à l’environnement est à la fois logique et désastreux à terme. Certains théoriciens jusqu’alors « modérés » s’en inquiètent à voix haute. Je pense à un philosophe français comme Dominique Bourg, qui enseigne à l’université de Lausanne. Il fut longtemps le conseiller politique de Nicolas Hulot, après avoir inspiré certaines analyses de Daniel Cohn-Bendit.

Or, dans un numéro de février 2013 du mensuel lyonnais La Décroissance il sonnait déjà le tocsin et n’hésitait pas à parler d’effondrement. « Tous nos modes de vie, écrivait-il, toute la société repose sur des flux de matières et d’énergie sans cesse croissants. Or ces ressources sont en voie d‘épuisement et notre consommation d’énergie perturbe le système biosphère. Sans décroissance de ces flux de matières et d’énergie, on ne s’en sortira pas. »

Face à tout cela, les palinodies françaises entre EELV et les socialistes au pouvoir paraissent bien frivoles. Pour ne pas dire déshonorantes. Elles nous invitent à remettre sur la table une question de principe qu’on avait glissée sous le tapis. Celle-ci : était-il raisonnable de créer un « parti écologiste » au sens traditionnel du terme, à l’instar de ce que firent, dès 1980, Die Grünen en Allemagne ?

Pour ma part, j’ai toujours pensé que c’était un mauvais chemin. Oh, certes, avoir des ministres au gouvernement et un groupe au Sénat n’est pas un gain politique négligeable. La possibilité de faire passer quelques mesures législatives est un autre gain. Mais que pèse-t-il, à terme, s’il contraint les écologistes à se taire, à tout accepter en s’accrochant à leurs postes de ministres ou à leurs sièges d’élus ?

Je rappelle que le juriste et théologien protestant Jacques Ellul, maître à penser de José Bové, de Noël Mamère et de bien d’autres, n’était pas favorable du tout à cette stratégie. S’ils choisissaient d’entrer en politique — même en voulant « faire de la politique autrement » —, les écologistes, annonçait-il, contracteraient fatalement le virus politicien. Pour ne rien dire des petites vanités ministérielles et médiatiques.

Patrick Chastenet, président de l’association internationale Jacques Ellul, avait souvent abordé cette question avec le théologien bordelais. Il évoquait ces conversations dans le numéro de janvier 2006 de la revue Ecorev. « Dès le début des années 1980, écrivait Chastenet, Ellul ouvrit largement les colonnes de la revue protestante Foi et Vie aux thèses écologistes et publia régulièrement dans Combat Nature de 1983 à 1991. Il désapprouva la création du parti Les Verts au nom d’une conception anarcho-syndicaliste selon laquelle la cause écologiste n’avait rien à gagner à entrer dans le jeu politicien. Jusqu’au bout, fidèle à sa devise, il préféra les initiatives locales, les mouvements sociaux et le combat associatif à l’illusion politique. »

La vision d’avenir que porte en elle l’écologie politique implique un changement de paradigme civilisationnel si dérangeant que sa défense ne peut passer par le truchement des majorités, des secrétariats d’État ou des marchandages électoraux. C’est l’opinion qu’il faut culturellement convaincre. À travers des ONG comme Greenpeace, Amnesty International ou Utopia (en France), les sociétés civiles sont mieux placées qu’un parti politique pour accélérer cette « révolution des consciences ».

Il me semble qu’en cet automne 2013, la preuve est faite qu’Ellul avait raison.

Déchets nucléaires : à Bure, dans la Meuse, des défis techniques insolubles rapidement Nathanaël Rouny (Reporterre) Reporterre 2013/11/14 Nathanaël Rouny (Reporterre) (14 novembre 2013) Déchets nucléaires : à Bure, dans la Meuse, des défis techniques insolubles rapidement. Reporterre. Reportage — Déchets nucléaires fr

Déchets nucléaires : à Bure, dans la Meuse, des défis techniques insolubles rapidement

Dans la discrétion, l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) prépare le « Centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs » (Cigéo). But : enfouir pour des milliers d’années, à Bure, dans la Meuse, des milliers de tonnes de déchets nucléaires. Mais le projet présente de nombreuses failles techniques, sans solution pour l’instant.

- Reportage, Bure (Meuse)

Les déchets nucléaires français à 490 mètres de profondeur pour des dizaines de milliers d’années à la limite entre Meuse et Haute-Marne ? C’est ce que projette l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), à Bure, sous le nom de Centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs, alias Cigéo.

Depuis la loi « Bataille » du 30 décembre 1991, cet établissement public est chargé d’expérimenter l’enfouissement en profondeur d’au moins 108 000 m3 de déchets de haute et de moyenne activité à vie longue (HMA-VL) – soit environ 370 000 colis –, lesquels représentent moins de 4% du volume total des déchets nucléaires français, mais plus de 99% de la radioactivité. Le principe de Cigéo est de confiner dans la roche, durant plusieurs centaines de milliers d’années – le temps que la radioactivité décroisse –, les radio-éléments contenus dans les colis de déchets, eux-mêmes stockés dans des d’alvéoles (d’un à neuf mètres de diamètre et de plusieurs dizaines de mètres de long). C’est le concept du « multi-barrières ». Le but ? Retarder au maximum la migration de ces radio-éléments avant leur retour inéluctable à la surface.

Des dégâts désastreux et irréversibles

Avant la mise en service du centre de stockage souterrain – prévue par les nucléaristes en 2025 –, l’Andra doit réaliser une série d’expérimentations techniques in situ (mouvements du terrain et pressions de la roche-hôte lors du creusement, effets de la température sur le soutènement des alvéoles de stockage, etc.) dans le cadre du dépôt, qui doit se faire en 2015, de sa demande d’autorisation de création (DAC).

C’est ainsi que, depuis janvier 2007, le sous-sol de la commune de Bure abrite un « laboratoire » atypique : un réseau de 1,5 kilomètre constitué de galeries instrumentées et creusé dans une couche d’argilite (mélange d’argile et de quartz) datant de l’époque du Callovo-Oxfordien (il y a 160 millions d’années environ). Ce réseau est censé préfigurer ce que seront, si la DAC aboutit, les 320 kilomètres de galeries et d’alvéoles de Cigéo qui devront être creusés, à quelques encablures de là, sur une emprise souterraine de 15 km², entre les villages de Bure, Ribeaucourt, Bonnet et Mandres-en-Barrois.

Si l’Andra vante régulièrement sa « maîtrise » du stockage des déchets radioactifs, le site d’enfouissement de Meuse/Haute-Marne constitue en réalité une première mondiale. « Cela n’a encore jamais été fait dans le monde, en tout cas dans l’argile. Aucun référentiel n’existe aujourd’hui », confiait Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l’Andra, en janvier 2011. Or, comme tout projet prototype, Cigéo est lui aussi grevé d’incertitudes, voire de risques qui, mal maîtrisés, pourraient engendrer – radioactivité oblige – des dégâts environnementaux et humains désastreux et irréversibles.

« Il y a matière à s’inquiéter... »

En avril 2011, l’Institut américain pour la recherche sur l’énergie et l’environnement (IEER) a publié un rapport dont la principale conclusion indiquait que « des travaux considérables restent à faire sur le site », et qu’il y a urgence... à attendre. Un avis partagé par Bertrand Thuillier, docteur ès sciences et habitant de la région, qui a lu les dossiers techniques de l’Andra et pour qui « il y a matière à s’inquiéter... » Il a passé des dizaines d’heures à expertise le dossier technique déposé par l’Andra en 2005 (Argile 2005) et 2009, ce qui l’a conduit à une analyse critique qui fait référence.

« L’Andra parle toujours du confinement de la radioactivité à 100 000 ans, explique-t-il. Mais les principaux problèmes se posent à court et moyen termes. Or, certains résultats des expérimentations menées actuellement ne seront pas connus avant l’arrivée du premier colis de déchets ! De plus, l’Andra entend passer directement du laboratoire au centre industriel, sans passer par une phase intermédiaire. Or, les changements d’échelle réservent toujours leur lot de surprises. Le laboratoire n’est pas le projet Cigéo final. »

Selon l’ingénieur indépendant, plus que l’aléa sismique, le risque n°1 de l’enfouissement profond est l’incendie, voire l’explosion, provenant de 74 100 colis MA-VL enrobés en partie de bitume pur auto-inflammable (soit 9 700 tonnes au total) et résultant d’un scénario multifactoriel.

« 11 250 de ces colis bitumineux, qui renferment des boues séchées issues du traitement chimique d’effluents liquides radioactifs, dégageront de l’hydrogène par radiolyse – près d’un million de litres par an, explique Bertrand Thuillier. Or, si la concentration de ce gaz inflammable dans l’air dépasse 4%, du fait d’une panne de ventilation supérieure à six jours, par exemple, une explosion peut survenir en présence d’une source d’ignition, comme un moteur chaud, une batterie défaillante ou un éclairage cassé... [des engins et des robots de manutention automatisés stockeront les colis dans les alvéoles, NDLR] »

Risque n°1 : l’incendie, voire l’explosion

En outre, selon l’Andra, la structure-porteuse des installations de fond est conçue pour résister aux flammes durant deux heures. « Mais comment évacuer le personnel, faire venir les secours, arrêter la ventilation et maîtriser le feu – l’eau et la radioactivité ne faisant pas bon ménage... – en moins de deux heures dans plus de 300 kilomètres de galeries à 500 mètres de profondeur ? s’interroge le scientifique. La question de la température des colis est centrale : au-delà de 80°C, le béton présente un risque de fissuration et l’argile est perturbée. Or, il n’est pas rare, en cas d’incendie en milieu souterrain, que les températures dépassent les 1 000°C, comme lors de la catastrophe qui s’est produite dans le tunnel du Mont-Blanc en 1999 et qui a causé la mort de trente-neuf personnes.

« Le contexte souterrain peut être un facteur aggravant en cas d’incendie », reconnaît l’Andra.

S’il est jugé moins imminent que l’incendie ou l’explosion d’hydrogène, le risque de réactions en chaîne non-contrôlées (criticité), dans le cas où certains types de déchets seraient stockés à Bure, est lui aussi sérieux, selon Bertrand Thuillier.

« Chaque colis de combustible usé CU2, provenant des réacteurs à eau pressurisée (REP) d’EDF, contient de l’ordre de 20 kg de matière fissile résiduelle, dont plus de 80% de plutonium, et en particulier 12 kg de plutonium 239, décrit-il. Or, 510 g de ce dernier sont suffisants pour déclencher une réaction en chaîne... »

Le plutonium présentant un risque de criticité en présence d’eau, l’entreposage des colis en surface – le temps que leur chaleur se diffuse –, leur transfert et leur stockage en profondeur doivent impérativement être effectués à sec. « Des puits et une double-descenderie de cinq kilomètres de long traverseront des couches aquifères. Il ne serait donc pas étonnant que de l’eau s’infiltre jusque dans le centre de stockage, à raison de quelques dizaines de mètres cubes par jour. Même si elle est pompée, une quantité non-négligeable d’eau resterait alors prisonnière de l’argile, imperméable par définition », indique l’ingénieur.

De nombreuses questions restent toujours en suspens

Le percement des galeries et des alvéoles de stockage, à la fraise et au tunnelier, est également sujet à caution. Outre le phénomène d’ovalisation des forages, une Zone endommagée par l’excavation (EDZ), caractérisée par des fissures et des micro-fissures, se forme progressivement dans l’argile de Bure, au droit des tunnels. En juin 2007, la Commission nationale d’évaluation (CNE) écrivait même que « des phénomènes inattendus (formations de fractures en chevron lors de l’avancement des galeries) ou plus amples que prévus (déformations différées) y ont été observés. »

L’homogénéité de la roche-hôte cristallise les tensions. En 1995, une polémique enflait déjà entre André Mourot, géophysicien en retraite, et l’Andra, le premier reprochant à la seconde d’avoir sciemment dissimulé, dans ses plans officiels, la double-faille d’Echenay, présente dans l’horizon du Callovo-Oxfordien. Toutefois, pour Bertrand Thuillier, « il y a plus à craindre des failles créées par l’intrusion humaine – comme la descenderie – que des failles géologiques. »

Plus de vingt ans après le début des travaux de recherche sur le stockage géologique profond, de nombreuses questions restent toujours en suspens. Ainsi, avec un débit de ventilation de 500 à 600 m3 par seconde, débouchant à l’air libre via des cheminées d’au moins dix mètres de diamètre, quel sera l’impact radiologique de Cigéo sur la biosphère et la population locales ?

« Comme pour l’hydrogène, les gaz radioactifs qui peuvent être relâchés par les colis de déchets MA-VL (tritium, krypton 85, carbone 14, chlore 36) sont totalement évacués par l’air de ventilation », relève le scientifique.

Par ailleurs, la technique de scellement des alvéoles est-elle maîtrisée ? Quels impacts peut avoir, sur le sous-sol lorrain et champenois, l’excavation de plus de sept millions de mètres cubes de terre sur plusieurs dizaines d’années ? Comment faire cohabiter, en toute sécurité, les opérations de creusement des tunnels et de stockage des déchets nucléaires les plus dangereux ? L’ensemble des combustibles usés du parc électro-nucléaire français seront-ils un jour stockés à Bure ?

Si tel est le cas, l’emprise souterraine du centre serait amené à passer, selon l’Andra, de quinze à vingt-cinq kilomètres carrés... Quant au coût…

Le train du climat part ce soir pour Varsovie, où la Chine invite les pays riches à respecter leurs engagements financiers Grégoire Comhaire et Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/11/15 Grégoire Comhaire et Camille Martin (Reporterre) (15 novembre 2013) Le train du climat part ce soir pour Varsovie, où la Chine invite les pays riches à respecter leurs engagements financiers. Reporterre. fr

Le train du climat part ce soir pour Varsovie, où la Chine invite les pays riches à respecter leurs engagements financiers

C’est ce soir que le train pour la justice climatique quitte Bruxelles pour Varsovie. Il portera la voix des jeunes dans la capitale où se déroule la conférence des Nations unies sur le climat. Reporterre sera dans le train. Sur place, le délégué chinois a rappelé aux pays riches leurs promesses financières - non tenues pour l’instant.

C’est aujourd’hui peu après 18h que le “Train pour climat” quittera la gare de Bruxelles-midi pour Varsovie. A son bord, 600 jeunes Belges - et d’autres nationalités - de tous horizons, bien décidés à montrer leur présence aux négociateurs de la COP 19, qui négocient depuis lundi les modalités d’un futur traité international destiné à réduire les émissions mondiales de CO2.

Le programme des voyageurs durant le week-end à Varsovie est chargé. A peine débarqués du train, samedi matin, les jeunes sont invités à prendre la parole lors d’une conférence organisée par les Verts européens. Suivra une grande manifestation, samedi après-midi, pour réclamer un accord pour le climat et pour la justice sociale. Des rencontres sont également prévues avec des représentants syndicaux polonais dimanche, avant le retour vers Bruxelles, lundi à l’aube.

Comme ils nous l’avaient déclaré il y a quelques jours, les organisateurs espèrent que ce voyage vers Varsovie sera la première étape pour la création d’un grand mouvement citoyen pour le climat. Des rencontres et des débats seront organisés à bord du train sur ces thématiques. Reporterre sera à bord pour vous en livrer le compte-rendu.

Négociations à un train… de sénateur

Dans l’enceinte de la conférence, à Varsovie, la journée commence par une mauvaise nouvelle : le Japon vient d’annoncer qu’il affaiblissait son objectif d’émissions de gaz à effet de serre. Son but sera une réduction de 3,8 % en 2020 par rapport à 2005. Cela correspond en fait à une augmentation par rapport à 1990, alors que le pays du Soleil levant s’était engagé dans le Protocole de Kyoto à réduire de 25 % ses émissions en 2020 par rapport à 1990.

Interrogé à ce propos, le chef des négociateurs chinois, Su Wei a indiqué qu’il "n’avait pas de mot pour décrire sa déception". Le représentant de la Chine a par ailleurs expliqué que les négociations ne pourraient avancer que si les pays riches concrétisaient leur promesse de verser des fonds pour les pays pauvres : ils devraient payer tout de suite les 30 milliards promis en 2010. La Chine laisse entendre que ces versements sont la condition pour qu’elle s’engage dans des réductions d’émissions de gaz à effet de serre après 2020 des engagements de réduction.

Pour que vive Fralib, boycottons Unilever Attac France Reporterre 2013/11/15 Attac France (15 novembre 2013) Pour que vive Fralib, boycottons Unilever. Reporterre. Tribune — fr

Pour que vive Fralib, boycottons Unilever

Près de Marseille, les travailleurs de Fralib se battent depuis des années contre la multinationale Unilever. Ils veulent relancer, en coopérative, une production locale et écologique. Mais Unilever s’y oppose. Le boycott de cette firme est lancé.

Nous, personnalités représentatives de diverses sensibilités, organisations et réseaux du mouvement social, politique et intellectuel, avons décidé, en accord avec les salariés de Fralib, de lancer un appel à la mobilisation citoyenne le samedi 7 décembre prochain.

Nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent d’organiser localement ce jour-là des actions symboliques dans les supermarchés visant à populariser le boycott d’Unilever. Une page Facebook est mise en place pour faciliter la coordination des actions au plan local. Merci à toutes et tous, et que vive l’Eléphant !

Une bonne idée d’action ?

Pour que vive Fralib : boycott d’Unilever !

Une entreprise industrielle ancrée dans son territoire, la Provence. Relançant par ses commandes une production locale et écologique de plantes – tilleul, verveine, menthe...- jusqu’alors en déshérence. Liée à ses fournisseurs et à ses clients par des relations commerciales équitables et durables, avec des prix justes. Fondée sur la démocratie interne et la participation de toutes et tous aux décisions.

Tel est le projet des travailleurs de Fralib à Géménos, près de Marseille, qui veulent relancer leur entreprise sous forme de coopérative. Depuis trois ans, elles et ils luttent pour obtenir de leur ancien employeur, la multinationale Unilever, le soutien minimum dont ils ont besoin pour se lancer : la cession du nom de marque Éléphant, qu’Unilever a décidé de faire disparaitre au profit de Lipton, marque milliardaire du Groupe, et un certain volume de commandes pendant la période de démarrage.

Mais Unilever ne veut rien savoir. Bien que la justice ait refusé à trois reprises un plan social injustifiable et annulé tous les licenciements, Unilever a cessé de payer les salaires depuis le 1er avril 2013 et refuse d’accorder une aide au démarrage de leur projet. Unilever (chiffre d’affaires 2012 : 51 milliards d’euros ; profits nets : 5 milliards) veut détruire leur savoir-faire et leur collectif. Devant cette intransigeance, les Fralib avec leurs syndicats CGT et CFE-CGC ont appelé les consommateurs à boycotter toutes les marques du groupe Unilever, à commencer par Lipton.

Alors que le chômage, la précarité et les dégâts écologiques ne font qu’empirer, le succès du projet des Fralib serait un signal d’espoir et ouvrirait la voie à d’autres possibles. Les Fralib appellent à une première journée d’action pour le boycott massif des produits Unilever le samedi 7 décembre. Répondant à leur appel, nous nous associons à cette action pour inciter Unilever à accéder aux demandes des Fralib. Leur lutte est la nôtre, celle de toutes celles et ceux qui cherchent à engager dès aujourd’hui la transition vers un autre monde, vivable.

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Paul Ariès (politologue, mensuel « Les Zindignés »), Clémentine Autain (Fase-FdG), Geneviève Azam (Attac), Olivier Besancenot (NPA), Martine Billard (PG- FdG), Jean-Marc de Boni (La Nef), Benoît Borrits (Association Autogestion), Fabienne Brugel (Compagnie NAJE), Alain Caillé (sociologue), André Chassaigne (PCF-FdG), Sergio Coronado (EELV), Léo Coutelec (Miramap), Thomas Coutrot (économiste), Txetx Etcheverry (Bizi !), François Longérinas (journaliste), Dominique Méda (sociologue), Laurent Pinatel (Confédération paysanne), Xavier Renou (Les Désobéissants), Patrick Viveret (philosophe) et les salariés de FRALIB en lutte depuis plus de 3 ans.

Toutes les marques du Groupe UNILEVER sont identifiables avec ce logo :

L’opposition monte en Europe contre le barrage brésilien de Belo Monte Lorène Lavocat (Reporterre) Reporterre 2013/11/15 Lorène Lavocat (Reporterre) (15 novembre 2013) L’opposition monte en Europe contre le barrage brésilien de Belo Monte. Reporterre. Monde fr

L’opposition monte en Europe contre le barrage brésilien de Belo Monte

Un chantier comparable à celui du Canal de Panama, pour fournir de l’électricité à 20 millions de foyers brésiliens : c’est le projet de l’immense barrage de Belo Monte, en chantier au Brésil. Mais il suscite une vive opposition des indigènes et des écologistes brésiliens. De plus en plus relayée en Europe, alors que des entreprises comme Alstom et GDF Suez sont impliquées. Débat jeudi à Bruxelles, et action vendredi à Paris.

- Bruxelles, reportage

À la tribune, chacun semble avoir attendu longtemps ce moment. Autour des députées écologistes, Catherine Grèze, Eva Joly et Ulrike Lunacek, à l’initiative de la journée, des scientifiques, des juristes, des militants... Et surprise de dernière minute, des représentants du gouvernement brésilien et de Norte Energia, le consortium qui gère le barrage. Les débats sont houleux, la tension est palpable. Le Parlement européen s’envole, pour quelques heures, de l’autre côté de l’océan Atlantique, dans la moiteur de l’Amazonie.

Nous sommes au milieu du poumon vert de la planète, dans l’Etat du Para. Le fleuve Xingu se fraie un chemin à travers la jungle pour rejoindre l’Amazone. Sur les berges, des populations autochtones vivent de la pêche. Certaines sont entrées en contact avec la « civilisation » il y a moins de vingt ans. Elles perpétuent un mode de vie et une culture millénaires. Un monde qui pourrait bientôt disparaître. Car depuis près de deux ans, chaque jour, quelques 15 000 ouvriers s’affairent à la construction de ce qui sera, dès 2015, le troisième plus grand barrage au monde.

De quoi produire 11% de l’électricité du pays. Mais pour ce faire, il faut créer un lac en inondant des centaines d’hectares de forêt, détourner le fleuve Xingu sur 20 km, et déplacer près de 20 000 personnes. Censé désenclaver une région pauvre et marginalisée, le méga-projet de Belo Monte menace de détruire des équilibres sociaux et environnementaux fragiles.

- Le chantier de Belo Monte -

Les discussions ont lieu à Bruxelles, jeudi 14 novembre, lors d’un colloque organisé par le groupe des Verts au Parlement européen. Le même jour, le gouvernement brésilien annonce que la déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de 28 % en 2012 : les données satellitaires indiquent que 2 256 km2 de forêt ont disparu en un an.

La construction d’un barrage hydroélectrique entraîne inévitablement une modification profonde de l’écosystème. Terres inondées en amont, et débit du fleuve modifié. Les ingénieurs de Belo Monte ont voulu limiter l’impact environnemental en détournant le cours d’eau. Ils ont ainsi créé un système complexe composé de deux canaux. Résultat, peu de terres, en comparaison avec le gigantisme du projet, seront inondées. Cela représente quand même quelques 660 km2...

Mais cette astuce technique a un revers : en amont, le Xingu verra son débit fortement diminué. Le barrage aura donc deux effets paradoxaux : en amont, une inondation, et en aval, un assèchement. La faune et la flore locales, notamment les poissons, survivront-ils à cette modification radicale de leur lieu de vie ? La biologiste Janice Cunha en doute : « la réduction du courant pourrait causer la mort de plusieurs millions de poissons, sur plus de 100km ». Le gouvernement brésilien dément ce constat alarmant. « D’après l’étude d’impact, il n’y aura pas d’assèchement, au contraire ». Sauf que, pour les opposants, cette étude d’impact était biaisée. « Elle a été réalisée par une filiale de GDF-Suez, LEME, qui a elle-même des intérêts dans des barrages hydroélectriques », explique Olivier Petitjean, de l’Observatoire des multinationales.

Autre épine dans le pied du gouvernement brésilien, l’énergique hydraulique, considérée comme propre car renouvelable, provoque des émissions de CO2 et surtout de méthane. Car une fois les forêts inondées, les arbres pourrissent rapidement, dégageant une importante quantifié de gaz à effet de serre. Ces eaux stagnantes posent également d’importants problèmes sanitaires : paludisme, lié à l’augmentation des moustiques, eau impropre pour la consommation.

Assaut contre les populations autochtones

Près de 20 000 personnes déplacées, d’après l’association Survival, moins de 10 000 selon le gouvernement. Derrière cette bataille de chiffres, se trouve la question des droits des populations autochtones. Kayapos, Jurunas, Araras. Antonia Melo, coordinatrice du Movimento Xingu vivo para sempre, vit depuis 1953 dans le Para.

- Antonia Melo -

Elle raconte les expulsions, et les « fausses indemnisations des autorités, qui proposent des logements insalubres et précaires ». Référence aux lotissements construits dans le cadre d’un important programme de compensations. Des écoles, des stations de purification des eaux, des routes ont ainsi été bâties dans la région de Belo Monte.

Pour Felicio Pontes, procureur de l’état du Para, le problème principal est ailleurs. « Le projet du barrage est illégal, car il s’est fait sans consultation préalable des populations locales, comme l’exige la Constitution ». Pour la juriste Valérie Cabanes, « toutes les institutions du droit international condamnent ce projet ». Et de fait, plus de vingt procès sont en cours.

Le gouvernement rétorque que les habitants ont tous été consultés via des études ethnologiques, approuvées par la FUNAI, la fondation nationale de l’indien. Une agence qui, sur le terrain, manque cruellement de moyens.

Le marasme social se fait déjà à Altamira, la localité la plus proche du chantier. La ville a connu un triplement de sa population, aujourd’hui estimée à 150 000 habitants. Dans le sillage des travailleurs, drogue et prostitution sont arrivées. Les autorités ont renforcé les contrôles, mais le mal est fait.

Le dessous des cartes

Le plus grave, pour Catherine Grèze, députée européenne écologiste à l’initiative de la journée de débat, « c’est qu’il ne s’agit même pas d’un projet énergétique. Le véritable enjeu est minier ». Elle parle à ce propos d’un « cheval de Troie ». « On nous le vend comme un projet d’énergie renouvelable, alors que c’est la porte ouverte à l’extraction minière et à la destruction de l’Amazonie ». Elle en veut pour preuve les études géologiques certifiant la présence d’or sous le cours asséché du Xingu, et les importantes réserves d’aluminium dans la zone.

Joao dos Reis Pimentel, directeur de questions sociales à Norte Energia, s’en défend. « 70% de l’électricité qui sera produite est à destination des foyers. Ce projet est avant tout au service des Brésiliens. Oui, il y a eu des problèmes, mais nous les résolvons petit à petit. Nous voulons que Belo Monte soit un modèle de développement durable. »

L’histoire dépasse largement les méandres du fleuve Xingu. Parce que des entreprises multinationales, comme Alstom ou GDF Suez, sont concernées. Parce que le projet est symptomatique d’un modèle de développement directement importé de nos contrées européennes. Parce que, comme l’avance Felicio Pontes, « il y a quelques 150 projets du même type en Amazonie ». L’Amazonie est devenue la proie d’un système économique mondial en quête de ressources naturelles.

Mais, selon les écologistes, des alternatives sont possibles pour le Brésil, à base d’économie d’énergie et d’énergies renouvables.

Action à Paris vendredi 15

A Paris, vendredi 15 novembre, un rassemblement de protestation a lieu à 12 heures à La Défense, devant le siège de la compagnie Alstom.

Les quinze ans d’Attac au Cabaret sauvage Reporterre 2013/11/15 (15 novembre 2013) Les quinze ans d’Attac au Cabaret sauvage. Reporterre. fr

Les quinze ans d’Attac au Cabaret sauvage

ATTAC fête ses quinze ans le 15 novembre, au Cabaret sauvage, à Paris.

Rêvons un peu : la finance a été domestiquée, les banquiers ont arrêté de spéculer avec nos dépôts et sont revenus à leurs vrais métiers, gérer nos comptes et financer les productions utiles. Ils se sont même mis à privilégier l’emploi et les projets écologiques !

À Attac, on aurait bien aimé... ranger nos drapeaux et faire la fête dans un monde enfin engagé dans la transition écologique et sociale. Mais c’est ainsi, il va falloir encore lutter. Depuis quinze ans qu’on se démène contre la dictature de la finance, on a bien avancé dans la bataille des idées, mais la finance est plus puissante et prédatrice que jamais. Alors on continue ! Mais on fait la fête aussi, parce que sans ça la vie n’aurait pas de sens…

15 ans : une soirée exceptionnelle avec Fantazio, HK & Les Deserteurs, Emel Mathlouthi, Christophe Alévêque

À l’occasion de ses 15 ans, Attac, l’association altermondialiste, vous donne rendez-vous au Cabaret sauvage pour une soirée exceptionnelle. L’humoriste Christophe Alévêque ouvrira cette rencontre de son point de vue décalé sur l’actualité.

Ensuite, la fête battra son plein avec un concert qui réunira HK & Les Deserteurs, ou la rencontre des musiques populaires de France et d’Algérie, Emel Mathlouthi, chanteuse tunisienne au style envoûtant, parfois lyrique, parfois plus rock, et Fantazio, entre jazz et chansons, punk rock et musique expérimentale.

De nombreuses personnalités participeront à cette soirée : les quatre porte-parole d’Attac, Verveine Angeli, Geneviève Azam, Thomas Coutrot et Dominique Plihon, ainsi que Susan George (présidente d’honneur d’Attac), Annick Coupé (porte-parole de l’Union syndicale Solidaires), Bernadette Groison (secrétaire générale FSU), Edwy Plenel (Mediapart), Denis Sieffert (Politis), Pierre Tartakowsky (président de la LDH) Txetx Etcheverry (Bizi !), etc.

À l’occasion des 15 ans d’Attac, adhérez !

À l’occasion de ses 15 ans, Attac propose une adhésion à 15 € plus une place à 15 € (au lieu de 20 €) pour une soirée exceptionnelle au Cabaret Sauvage.

Pour sauver sa ferme, Dominique cherche des citoyens pour racheter ses terres Ouest France Reporterre 2013/11/15 Ouest France (15 novembre 2013) Pour sauver sa ferme, Dominique cherche des citoyens pour racheter ses terres. Reporterre. fr

Pour sauver sa ferme, Dominique cherche des citoyens pour racheter ses terres

Dominique Boutouiller, maraîcher biologique à Plougonver (Côtes-d’Armor), voit l’équilibre de sa ferme menacé par le poids des crédits. Il propose une propriété collective de l’exploitation.

L’initiative

« J’ai toujours voulu être paysan, j’aime mon métier et je voudrais continuer. » Sa gamme de légumes de saison, produits sous serre ou en plein champ sur la ferme de Kergalaon à Plougonver, est appréciée par sa clientèle sur les marchés (il commercialise 80 % de sa production en vente directe). Mais la pression financière et la charge de travail ont amené Dominique Boutouiller à reconsidérer sa situation : « Soit je m’endette à nouveau auprès des banques, soit je crée une société civile immobilière (SCI) agricole, qui achèterait mes terres et dont je deviendrais locataire. »

« Épargne locale »

Soucieux d’éviter la spirale de l’endettement, le maraîcher a choisi de solliciter l’aide des citoyens désireux de soutenir le modèle agricole qu’il pratique et, par là même, de s’impliquer dans l’avenir de leur campagne. Particuliers, associations, entreprises peuvent acheter des parts dans la SCI agricole de Kergalaon et devenir collectivement propriétaires des 25 hectares de légumes et de blé noir. « Je pourrais ainsi financer les emplois manquants pour rendre la charge de travail supportable, éventuellement aider un jeune à démarrer... »

Dominique est accompagné dans ce projet par Delphine Leroux, de l’association Terre de liens qui a soutenu, depuis 2006, sept SCI ou GFA (groupement foncier agricole) costarmoricains. « Est-ce au fermier de supporter l’achat des terres, en plus de l’investissement nécessaire en matériel, cheptel, semences... ?, demande-t-il. C’est une question qu’il faudrait se poser à l’installation. Une structure collective et citoyenne est une bonne alternative. Elle permet aussi une transmission plus facile de l’exploitation [...] Mais ce n’est pas une solution en soi. Il faudrait une véritable politique d’accès au foncier. »

Pour Michel Le Boulc’h, du Groupement des agriculteurs biologiques (Gab), et Isabelle Allain, de la Confédération paysanne : « Il faut sortir le foncier d’un contexte soumis au marché et permettre aux jeunes de voir sereinement leur installation. Nous avons d’ailleurs créé un collectif paysan pour travailler en ce sens. »

Contacts : 02 96 47 95 35 ; lafermedekergalaon (arobase) orange.fr ; Terre de liens : 02 99 77 36 71.

A quoi EELV sert-il ? Denis Baupin Reporterre 2013/11/16 Denis Baupin (16 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts) prépare son congrès, qui aura lieu à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre publie une série de tribunes où écologistes, politiques et intellectuels nous aideront à répondre à la question : « A quoi EELV sert-il ? » Après Jean-Claude Guillebaud, Denis Baupin répond.

La transition écologique ne peut attendre

Participer de façon minoritaire à un gouvernement qui fait si peu d’écologie, quelle idee ! C’est ce que semblent penser nombre de commentateurs, mais aussi de membres et cadres d’Eelv... mais ni nos électeurs (à 90% favorables à ce qu’Eelv reste au gouvernement malgré les désaccords) ni les responsables des associations avec lesquelles nous oeuvrons depuis des années.

Le paradoxe n’est qu’apparent, tant la contradiction est forte, y compris au sein de chacun d’entre nous, entre la conscience aigue que nous avons qu’il est urgent de faire face à la crise structurelle de notre mode de developpement (dont les impacts environnementaux, sociaux, economiques sont chaque jour plus dramatiques) et les limites de notre influence sur la politique menée.

Pour autant, je reste convaincu, comme nos électeurs, que moins que jamais nous n’avons le droit de renoncer, de nous replier sur notre Aventin.

Ceux qui nous ont élus en juin 2012 attendent de nous que nous nous battions tout au long du mandat, pas simplement que nous nous contentions de postures. Il suffit de voir qui se réjouirait de voir les écologistes quitter le gouvernement – les lobbies du nucléaire, du béton, des OGM, et tous les conservateurs de droite et de gauche qui ne veulent surtout rien changer au productivisme – pour savoir que, même si c’est inconfortable, il ne nous faut surtout pas renoncer à peser partout où nous le pouvons.

Et cela d’autant plus que non seulement il n’existe pas d’option de succès des écologistes dans un échec de la majorité en place, car celui-ci ne pourrait se traduire que par un retour à des politiques de droite, voire pire. Mais plus encore parce que nous sommes convaincus que la transition écologique ne peut attendre, elle ne peut attendre que des circonstances meilleures tombent du ciel.

Mais il y a une condition : ne jamais renoncer à notre liberté de parole. C’est valable pour les ministres, a fortiori pour les parlementaires, et plus encore pour EELV. Cette liberté de parole est d’autant plus nécessaire qu’il est impératif de proposer un nouveau cap pour la politique gouvernementale, d’autant plus nécessaire que la crise environnementale s’aggrave, mais aussi que les réponses écologiques constituent une issue à la crise. Elles sont créatrices d’emplois, de pouvoir d’achat (par la baisse des dépenses contraintes)… mais force est de constater qu’il nous reste à convaincre aussi bien nos partenaires politiques que nos concitoyens.

Pour changer les rapports de force, la priorité d’action d’EELV dans les mois et années à venir doit être de tisser des alliances, avec des partenaires politiques (y compris en s’appuyant sur les contradictions internes au plus important d’entre eux), associatifs, sociaux, étape indispensable à des mobilisations face aux conservatismes de tous ordres, tout en faisant des rendez-vous électoraux de 2014 des moments forts de proposition et de sortie des 2 % mortifères de la Présidentielle.

Car nous ne sommes pas des observateurs, nous sommes des acteurs. Nous ne pouvons nous contenter d’être les notaires d’un accord – en faisant semblant de croire qu’il suffisait de signer pour que les transformations s’opèrent seules –, nous devons en être les opérateurs, ceux qui en faisons notre feuille de route et agissons pour mettre en mouvement la société. Et c’est à l’aune des résultats de cette action, de son influence sur le cours de la politique menée, que doit s’évaluer régulièrement la pertinence de notre stratégie.

Les enjeux principaux en sont connus : la transition énergétique, avec pour la première fois de l’histoire une décroissance du nucléaire, mais aussi une décroissance de la consommation énergétique (- 50% à l’horizon 2050 annoncés par le Président), tout en créant des centaines de milliers d’emplois et en renouant avec l’indépendance énergétique ; redonner du pouvoir d’achat en réduisant par l’encadrement des loyers les dépenses contraintes, une mobilité moins coûteuse, les économies d’énergie ; réorienter l’économie d’un business model productiviste vers un business model circulaire ; repenser notre lien avec le reste du monde en utilisant les leviers de la diplomatie et de l’aide française au service de la paix et du développement durable (notamment la conférence climat de 2015) ; et peut-être le plus important de tous, retisser le lien social en redonnant du crédit à la parole publique, parce qu’apportant non seulement des réponses concrètes mais aussi un cap, une vision, une lecture du monde.

Sur tous ces sujets, où des pas ont été faits, mais où le sens n’est jamais vraiment donné, on peut regarder le verre à moitié plein ou à moitié vide. Mais ça a finalement peu d’importance, car la seule question qui vaille est comment faire mieux, peser plus, être plus efficace. Ca ne peut être dans une moindre implication, mais dans une implication plus déterminée encore pour démontrer que l’écologie n’est pas une sanction, que l’écologie est la solution.

Vous aussi, lectrices et lecteurs de Reporterre, vous pouvez répondre à la question « A quoi EELV sert-il ? ». Ecrire à planete (arobase) reporterre.net.

Manifestation à Lyon contre OL Land Reporterre 2013/11/16 (16 novembre 2013) Manifestation à Lyon contre OL Land. Reporterre. fr

Manifestation à Lyon contre OL Land

En bref : l’OL LAND est une entreprise de foot business qui tente de s’accaparer diverses activités humaines au profit de spéculateurs plus soucieux de leurs bénéfices que de beau jeu.

Au nom de la com­pé­ti­ti­vité de l’agglo­mé­ra­tion, le pou­voir poli­ti­que local, et en par­ti­cu­lier le maire de Lyon, Gérard Collomb, sou­tient ce projet inu­tile au niveau des infra­struc­tu­res. Les consé­quen­ces : confis­ca­tion de la parole des habi­tants concer­nés, expro­pria­tions-spo­lia­tion de ter­rains agri­co­les, des­truc­tion d’espa­ces natu­rels, nui­san­ces envi­ron­ne­men­ta­les, racket sur les contri­bua­bles, opé­ra­tions poli­ciè­res contre la ZAD de Décines.

Ça suffit !

Ce que nous vou­lons : libre expres­sion des popu­la­tions, mise en valeur des espa­ces natu­rels et agri­co­les, créa­tion d’acti­vi­tés socia­les res­pec­tueu­ses de l’humain et de son envi­ron­ne­ment. La lutte contre l’OL Land s’ins­crit dans la longue série des contes­ta­tions contre les pro­jets inu­ti­les, impo­sés et des­truc­teurs de vie (TAV, NDDL, etc). L’aban­don de ce projet demande la par­ti­ci­pa­tion de tous ceux qui lut­tent contre les dif­fé­ren­tes nui­san­ces qui leur sont infli­gées.

MANIFESTONS ENSEMBLE POUR ENTERRER LE PROJET OL LAND

Samedi 16 novembre : à Lyon, place Bellecour, 15h30.

Dimanche 17 novem­bre : Manifestation occu­pa­tion de la butte de Décines.

En Alsace, une maison qui s’autoalimente en chaleur Enerzine Reporterre 2013/11/16 Enerzine (16 novembre 2013) En Alsace, une maison qui s’autoalimente en chaleur. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

En Alsace, une maison qui s’autoalimente en chaleur

A la pointe de la performance thermique et énergétique, la 1re maison europassive qui répond à une triple labellisation européenne - Passivhaus (Allemagne), Minergie-P® (Suisse) et BBC-Effinergie (France) - a été inaugurée jeudi dernier au Nord de Strasbourg.

Démarré il y a un an et demi, ce projet unique en France est relevé par l’agence K.M.O., Maître d’Œuvre spécialisé dans les bâtiments passifs.

Intégrés dès sa conception, tous les éléments constitutifs de la maison EUROPASSIVE sont interdépendants et œuvrent pour l’excellence énergétique : structure, matériaux, aménagements intérieurs.

Le concept repose sur trois principes de base : l’apport de la chaleur, sa circulation et sa rétention.

Apport de chaleur

L’apport de chaleur solaire est le principal axe de la maison Europassive, et le bioclimatisme en est donc l’un des principes de base. Une façade vitrée importante, orientée plein Sud, permet à la chaleur du soleil de pénétrer dans l’habitation. Cette paroi vitrée apporte les besoins en lumière et laisse passer la chaleur. Les espaces de vie sont disposés au Sud, dans un large espace ouvert, propice à la libre circulation de la chaleur. Les deux chambres principales de la maison ont été disposées à l’étage, en retrait de la façade Sud, leur permettant de bénéficier de l’apport de chaleur solaire sans surchauffe.

- Un vitrage spécifique

Toujours dans l’optique de laisser rentrer la chaleur naturelle du soleil, un type de verre spécifique a été utilisé. L’objectif est d’avoir un coefficient de transmission thermique Ug de 0,6 W/m2K, et un facteur solaire de 60 %, pour garantir la chauffe de la maison sans toutefois la surcharger de chaleur.

- Un ballon d’eau chaude solaire

Les besoins en eau chaude sont également assurés par la chaleur du soleil grâce à un ballon solaire. Basé sur un système de capteurs solaires, un fluide chauffé par le soleil cède son énergie thermique à l’eau du ballon. Afin de réduire toute perte d’énergie, le ballon solaire et ses tuyaux ont été spécialement isolés (tuyau de cuivre 16 mm avec isolant de 20 mm).

Renouvellement d’air

- VmC double flux

Eté comme hiver, le système de VMC double flux assure la bonne répartition de l’air dans toute la maison. Grâce à son plan de distribution étudié, la VMC a pour vocation d’harmoniser la température dans toutes les pièces, en prenant la température là où elle est la plus importante pour la redistribuer là où elle est la plus fraîche. Ceci permet de réduire l’asymétrie thermique (ressentie à partir de 2,5 °C de différence) entre les pièces de la maison.

La VMC assure également la fonction de renouvellement de l’air intérieur vicié, en l’extrayant et en le rejetant à l’extérieur. Pour ne pas créer d’écart de température (de déperdition de chaleur en hiver ou de fraîcheur en été), la VMC, à l’aide d’un puits canadien, assure un rôle d’échangeur thermique en réchauffant l’air extérieur en hiver ou en le refroidissant en été : 93 % de la chaleur effective est ainsi récupérée.

- Puits canadien

Un système de puits canadien contribue à assurer les meilleures performances de la maison Europassive®. Il permet d’ajuster la température de l’air extérieur aux besoins de l’intérieur : autrement dit, préchauffer en hiver, ou rafraîchir en été, l’air apporté de l’extérieur par la VMC double flux. À 2,5 m de profondeur, la température est relativement constante : autour des 11 °C.

De l’eau glycolée, circulant à cette profondeur dans le jardin, sert à préchauffer ou rafraîchir l’air insufflé à l’intérieur de la maison selon la température extérieure.

Un écart de 7 % demeure cependant entre l’air extrait et l’air importé. Ces derniers sont compensés par des sources internes, telles que la chaleur humaine ou les appareils électroménagers en marche.

Rétention de chaleur et étanchétité

La maison Europassive est très compacte. Cela garantit une diffusion homogène de la chaleur et sa concentration dans les espaces de vie.

La disposition des pièces a été optimisée afin de garantir une meilleure circulation de l’air et de réduire les pertes d’énergie thermique, par exemple entre le ballon d’eau chaude et les pièces d’eau. Les matériaux retenus contribuent aussi à la performance thermique de la maison, grâce à leur déphasage tardif et leur grande résistance. Chaque élément structurel de l’édifice a été étudié et sélectionné afin qu’il y ait le moins de ponts thermique et une isolation continue de l’enveloppe.

Isolée, du sol au plafond

- Des pilotis

La maison Europassive repose sur 16 platines métalliques posées elles-mêmes sur 16 pilotis de béton de 40 x 40 cm pour l’isoler du terrain sur laquelle elle est construite. Ce système de pilotis garantit une structure stable à la maison, tout en réduisant au maximum les ponts thermiques

Comparé à une dalle en béton offrant un pont thermique de 116 m², ce système de pilotis permet de réduire la surface du pont thermique à 0,64 m², soit 180 fois moins de surface de contact. Le vide ainsi créé, entre le terrain et le sol, permet de créer un vide technique. Le tout est complété par une dalle en bois, matériau beaucoup moins conducteur que le béton.

- Ossature bois

Choisi pour sa robustesse et sa faible conductivité, le bois constitue l’ossature de l’édifice. Une poutre en I de 300 mm, disposée tous les 60 cm, assure la stabilité de la construction. La structure de la maison a été préfabriquée pour un assemblage rapide et plus aisé sur le chantier.

- Isolation performante

Sur le même principe que les maisons alsaciennes, les espaces entre les poutres en I sont comblés par de l’isolant : deux matériaux bio-sourcés :

la ouate de cellulose, réalisée à partir de papiers et journaux recyclés, sélectionnée pour son déphasage : l’isolant mettra ainsi entre 12 et 14 h à accumuler la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur avant d’être rejetée du côté du mur offrant la plus grande différence de température ;

des panneaux en fibre de bois recouverts d’un enduit à la chaux pour assurer son imperméabilité. Cette combinaison d’ossature bois, d’ouate de cellulose et de panneaux en fibre de bois rend pourtant l’épaisseur de mur moins importante qu’un mur en béton ou en brique associé à de l’isolant pour obtenir des performances égales : 52 cm seulement pour des performances incomparables.

- Des ouvertures étanches

Toute ouverture dans un mur entraîne une déperdition de chaleur. Afin de réduire ces déperditions, les fenêtres de la maison Europassive sont très isolantes, avec un coefficient thermique de Uw 0,78 W/m2K. Du bois, choisi pour ses qualités isolantes, constitue les dormants (cadre fixe). Les propriétés d’isolation du verre étant plus performantes que celles du bois, les fenêtres sont conçues spécialement pour minimiser la surface de bois en faveur de celle du vitrage.

En outre, l’installation d’un triple vitrage crée une rupture de pont thermique supplémentaire, augmentant l’isolation de l’ensemble.

Un compris bande posé entre l’ossature et la fenêtre, garantit une étanchéité à l’air maximale.

Entre les parties fixes et mobiles des fenêtres, des joints de compression haute performance ont été utilisés afin de minimiser les infiltrations d’air.

Si l’on cumule les fuites d’air d’une maison de 110 m2 respectant la RT 2012, on obtient un trou de 16 cm de diamètre. Pour la Maison Europassive, ces fuites d’air représentent la taille d’une pièce d’1 €. Afin de perturber le moins possible les performances de la maison Europassive®, les fenêtres ouvrantes sont en nombre restreint : l’air froid d’hiver ou chaud d’été ne peut ainsi pas s’immiscer à l’intérieur, et le renouvellement de l’air est assuré par la VMC double flux.

Cependant, la possibilité de créer des courants d’air a été gardée afin de pouvoir équilibrer la température de l’air intérieur avec l’extérieur si besoin.

Des aménagements pour aller plus loin

Afin d’être totalement en accord avec la démarche, ont été utilisés le plus de matériaux écologiques possible, comme des peintures intérieures ne rejetant aucun C.O.V.(Composés Organiques Volatiles), ayant très peu d’empreinte écologique et aux colorants naturels.

- Interrupteurs sans fil

L’utilisation d’interrupteurs sans fil a été mise en place, pour réduire toujours plus la facture énergétique. Les prises de courant principales ne sont ainsi pas alimentées en électricité en permanence. A chaque utilisation, l’utilisateur libère le courant du tableau électrique pour alimenter la prise souhaitée. La coupure de l’alimentation ne se fait donc plus à la prise, ou à l’intérieur de l’appareil, mais au niveau du tableau électrique de la maison. Outre la réduction de la consommation résiduelle électrique, cela permet également une économie de câblage.

Il faut savoir que même en veille, un appareil électrique consomme de l’énergie. Par an, à l’échelle française, cela représente la production électrique d’une centrale nucléaire.

- 100 % locale

La maison EUROPASSIVE® est 100 % locale : toutes les entreprises intervenues sur le chantier ont été sélectionnées dans un rayon de 50 km. L’objectif était de réduire l’empreinte carbone du projet au minimum. En tout, ce ne sont pas moins de 8 entreprises spécialisées et respectueuses du cahier des charges établi pour l’occasion qui sont intervenues sur le chantier.

- Un sur-investissement relatif

La construction d’une telle réalisation requiert à peine 25 % de plus d’investissement par rapport à une construction dite « traditionnelle ». Cependant, cette majoration induit un retour sur investissement de 16 ans en moyenne, en tenant compte du prix de l’énergie, de ses augmentations annuelles (entre 4 et 5 %), et des consommations personnelles

Consommation énergétique annuelle :

• Maison EUROPASSIVE® : - de 400 € • Passivhaus : - de 400 € • Minergie-P : - de 600 € • BBC-Effinergie : environ 1.800 €

Faites des possibles Reporterre 2013/11/16 (16 novembre 2013) Faites des possibles. Reporterre. fr

Faites des possibles

Le collectif de soutien à Notre Dame des Landes organise le 16 novembre prochain la Faites des possibles !, rassemblement des alternatives en action, village alternatif façon Alternatiba.

A 14h00, place Saint Projet

Au programme, plusieurs associations et collectifs bordelais-e-s, une Vélorution, une zone de gratuité, des musiciens, des débats… L’idée est d’investir l’espace public de manière non déclarée et plus spontanée, pour démontrer notre capacité collective à construire quelque chose de nouveau, à contre-courant de la logique marchande, productiviste, répressive...

Collectif bordelais de soutien à NDDL

En Pologne, les opposants au gaz de schiste s’organisent Sylvain Lapoix (Reporterre) Reporterre 2013/11/16 Sylvain Lapoix (Reporterre) (16 novembre 2013) En Pologne, les opposants au gaz de schiste s’organisent. Reporterre. fr

En Pologne, les opposants au gaz de schiste s’organisent

Troisième volet de notre reportage en Pologne sur les gaz de schiste. Où notre reporter a rencontré les militants porteurs de la contestation au gaz de schiste en Pologne. Le mouvement a du mal à se faire entendre, noyé dans la propagande pro gaz de schiste, et composé par des groupes d’horizons très différents.

- Reportage, Pologne

« Notre seule victoire ici, c’est d’avoir forcé la compagnie de gaz à acheter son eau plutôt que de pomper dans nos propres puits. En dehors de ça, nous prêchons dans le désert. » Dans les forêts de Cachoubie, en Poméranie, Hieronim, opposant aux forages, se sent bien seul face aux compagnies qui viennent explorer les schistes polonais en quête de gaz. Pauvres en moyens, dispersés à travers le pays, ignorés par des médias prêchant en faveur de cette énergie, le mouvement anti-gaz de schiste tente désespérément de faire émerger un débat démocratique.

- Îlot de résistance au coeur de la Cachoubie, le village d’Ogonki affiche sur un mur de ferme son opposition aux gaz de schiste.

Traduction à la chaîne pour paysans révoltés

Pour trouver une poche de résistance active, il faut traverser tout le pays. De la capitale de la Poméranie à Zurawlow, où un village de paysans fait front contre la compagnie Chevron, comptez près de 400 kilomètres, soit une dizaine d’heures de train suivi d’une longue balade en voiture. Le reste des permis se situe dans le sud-ouest du pays. Cent dix concessions au total, qui couvrent un tiers de la superficie de la Pologne, et que les militants tentent d’informer de leurs faibles voix.

Aneta Wadoswka n’a jamais milité nulle part. Cette étudiante de 24 ans n’a entendu parler de la fracturation hydraulique que par une amie, tandis que des sociétés frackent à quelques kilomètres de sa fac, à Gdansk. « Elle m’a passé un article de l’édition polonaise du Monde Diplomatique : je n’avais rien lu ni entendu quoique ce soit sur les risques environnementaux dans les médias polonais !", avoue-t-elle. "Depuis, je suis le réalisateur Lech Kowalski sur Facebook, c’est le seul endroit où l’info circule efficacement. »

Aneta n’est pas entrée dans le mouvement anti-gaz de schiste par une manifestation. En juin dernier, à l’invitation des réseaux citoyens, elle part pour le site de Occupy Chevron à Zurawlow, à la frontière ukrainienne. Anglophone, elle est chargée de traduire à la chaîne des articles sur les gaz de schiste piochés sur des sites militants américains... et de faire la vaisselle pour le campement !

« Quand le mouvement a débuté, les journalistes étrangers ont afflué là-bas, il fallait aider les gens du coin à s’informer", résume Aneta. "Presque personne n’y parle anglais, alors j’ai fait l’interprète pour les interviews. » Malgré la présence de groupes anti-gaz de schiste dans le nord, l’ouest et sur la frontière est, Zurawlow reste la seule partie visible du mouvement pour les médias et donc le principal levier des militants se faire entendre hors de Pologne.

Des mouvements venus des OGM ou des squats

Après Zurawlow, Aneta a embarqué pour Łódź, dans le sud-ouest du pays, afin d’y suivre une formation militante. Le premier objectif fut d’unifier l’action autour d’un document formulant des revendications communes sur le dossier des gaz de schiste. Venus des quatre coins du pays, les participants ont baptisé leur réseau Złupieni, jeu de mot entre le verbe « voler-arracher » et « łupkowy » signifiant schiste en polonais. Derrière cette bannière demandant entre autres un moratoire sur les gaz de schiste et des investissements dans les énergies renouvelables, se serrent toute une ribambelles de groupes militants souvent étrangers aux questions énergétiques.

Basé à Łódź, le collectif OKO (initial de « les citoyens vigilants ») initiateur de ces réunions verse au mouvement anti-gaz de schiste des troupes initialement réunies autour de la question des OGM et du nucléaire. Venus de Varsovie, les jeunes militants de Syrena sont pour leur part plus coutumiers des questions de logement, politique de la ville et migrants dans la capitale polonaise. Leurs principales actions consistaient jusqu’ici à organiser des squats pour y loger des clandestins en difficulté.

- Dans un squat de Syrena : ce collectif politique de Varsovie aidant à abriter les migrants en difficulté fait partie de la multitude de mouvements unis contre les gaz de schiste.

« Les ONG qui nous financent ne veulent pas être associées au mouvement »

« La question des gaz de schiste attire des militants de tous les horizons, assure Ewa Sufin des Verts polonais. Mais le problème est surtout de les former : les billets de train, le logement, le téléphone... tout ça coûte de l’argent et les associations ne reçoivent aucune subvention ici ! » Selon cette responsable du parti écologiste, un fonds suisse sur le modèle de la fondation Soros subventionne des actions démocratiques dans les pays d’Europe centrale. L’organisme en question exige des militants une certaine rigueur formelle : chaque action doit ainsi être soumise à validation sous forme d’un « projet ». Un prérequis qui a le mérite de cadrer d’emblée toute initiative et d’éviter de se disperser.

En dehors de la logistique liée aux formations et aux actions à travers le pays, les frais d’avocats s’ajoutent à la facture. Pour contrer le mouvement d’opposition sur son site de Zurawlow, la compagnie Chevron a ainsi engagé une action en justice pour gène aux travaux. Pour les défendre, des avocats ont été engagés par Złupieni. « Ce sont des ONG polonaises qui prennent en charge les frais de justice des militants de Zurawlow, explique un membre du collectif Syrena préférant demeurer anonyme. Mais elles ont peur d’avoir des ennuis si elles sont citées : elles ne veulent pas être associées au mouvement ! »

Deux problèmes expliquent la discrétion de ces donateurs. D’une part, de nombreuses associations et mouvements écologistes polonais ne s’opposent pas aux gaz de schiste : au regard des 55% d’électricité produits par des centrales au charbon, toutes les alternatives sont les bienvenues pour faire baisser les émissions de CO2 du pays. D’autre part, les opposants trop frontaux craignent les représailles du gouvernement.

Camaïeu idéologique

A l’occasion de l’initiative européenne « Ensemble autour des gaz de schiste », les gouvernements régionaux ont voulu réunir partisans et opposants pour des débats publics. « Une arnaque, tranche une militante du Nord. Złupieni n’est convoqué que comme alibi pour pouvoir montrer à l’UE que le gouvernement a consulté la population ». Financés par les institutions européennes, le programme exige en effet un rapport des autorités locales sur la consultation. D’autres opposants, plus pragmatiquement, considèrent que c’est la seule tribune publique qui leur sera offerte.

La mosaïque d’organisations est aussi un camaïeu idéologique. Au sein de Złupieni se croisent socialistes, membres du parti vert, militants d’extrême gauche et anarchistes. Lesquels tiennent des positions parfois inconciliables, ne serait-ce qu’en terme de communication : les Verts peinent à trouver des portes-paroles au mouvement tandis que les anarchistes refusent catégoriquement d’avancer à visage découvert.

Faute d’une présence claire sur le terrain, d’autres mouvances s’approprient le sujet : « quand nous avons organisé une projection du film de Lech Kowalski à Varsovie pour le Global Frackdown, des militants d’extrême droite se sont avancés pour nous dire qu’ils voulaient se joindre à nos revendications, se souvient un militant de Syrena souhaitant demeurer anonyme. Pour eux, les gaz de schiste étaient un complot des Russes et des Allemands... ils faisaient de cette lutte un enjeu nationaliste ! »

Inf’OGM Reporterre 2013/11/17 (17 novembre 2013) Inf’OGM. Reporterre. fr

Inf’OGM

Le dernier numéro d’Inf’OGM est sorti !

N°125, novembre / décembre 2013

Au sommaire :

Cultures d’OGM dans l’UE : l’Espagne fait cavalier seul

La législation européenne oblige les États membres à recenser et à publier les surfaces cultivées avec des variétés transgéniques. Depuis désormais plusieurs années, les ministères en charge de ce suivi publient donc sur leurs sites Internet ces données, à l’exception de la Pologne. Cette année, une seule plante génétiquement modifiée (PGM) par transgenèse a été cultivée, le maïs insecticide MON810, semée sur 148 628 hectares (+15% par rapport à l’année dernière). Mais cette augmentation masque une réalité plus (...)

Des semences partagées, mais des droits paysans théoriques

Depuis 2004, le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (Tirpaa) tente d’organiser un accès facilité à certaines ressources phytogénétiques (1) et d’assurer un juste partage des bénéfices via un Fonds mutualisé. Il reconnaît le droit des agriculteurs de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre des semences de ferme ou du matériel de multiplication. Quelles ressources ? Quels types d’échanges ? Entre qui ? Avec quelles obligations et compensations ? (...)

Le Tirpaa, 10 ans après : l’industrie semencière ne joue pas le jeu...

L’organe directeur du Tirpaa vient d’achever sa cinquième réunion à Muscat (Sultanat d’Oman), du 24 au 28 septembre 2013. L’occasion pour les parties prenantes du Traité de faire le point sur ses avancées et de tenter d’en lever certains obstacles, notamment la non participation des entreprises semencières au système multilatéral d’échanges de ressources (cf. article Inf’OGM, « Des semences partagées, mais des droits paysans théoriques », Frédéric PRAT, 29 octobre 2013) et le manque de reconnaissance du (...)

Science : où sont les obscurantistes ?

L’association française pour l’information scientifique (AFIS) prétend défendre la science contre ceux qui « la détournent vers des œuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques » [1]. Mais l’AFIS, qui honore, comme nous-mêmes, les découvertes permettant de comprendre le monde, défend aussi toutes les applications ou innovations technologiques, du nucléaire aux OGM en passant par les nanotechnologies.

Inde : une opposition de plus en plus politique aux OGM

Depuis des années, le refus des OGM a dépassé le cercle de la société civile indienne pour atteindre des autorités locales ou nationales qui en ont fait leur politique officielle. Une évolution importante dans le second pays producteur de coton après la Chine. En 2012, le mouvement s’est accéléré : si certains états se sont contentés d’exprimer une simple opposition aux cultures génétiquement modifiées, d’autres ont annoncé des mesures pour interdire la vente de semences de coton Bt, ou la conduite d’essais (...)

OGM insecticides : les résistances se développent

Les plantes génétiquement modifiées (PGM) pour produire des protéines insecticides représentent 25% des PGM cultivées dans le monde. Si les plus connues produisent une seule toxine, à l’instar du maïs MON810 ou du coton Bollgard de Monsanto, les PGM empilées qui produiront deux, ou plus, protéines insecticides, arrivent. Et pour cause ! Les producteurs de PGM sont aujourd’hui rattrapés par l’acquisition par les insectes cibles d’une résistance à ces protéines censées les tuer : un risque depuis déjà (...)

Mobilisation - 12 octobre : une nouvelle journée internationale contre Monsanto et les OGM

Nous avions évoqué la première journée internationale pour exprimer le rejet du monde selon Monsanto, des OGM et de la privatisation du vivant, relayée principalement par les réseaux sociaux. Ce fut un succès. Quelques jours après, a été décidé d’une nouvelle date pour continuer la mobilisation. Nouveau succès : près de 60 pays et environ 500 villes ont répondu à l’appel. Le plus souvent, ce sont des marches qui ont été organisées, comme à Paris, Nîmes, Saint-Pierre et Saint-Denis de La Réunion, Nouméa, (...)

Bestiaire - Encore des lapins fluos !

Des chercheurs d’Hawaï et de Turquie ont annoncé, à grand renfort de couverture médiatique, qu’étaient nés des lapins génétiquement modifiés avec un gène de méduse pour être fluorescents dans le noir. Quelle invention ! Louis-Marie Houdebine, ancien chercheur à l’Inra, et co-fondateur de Bioprotein technologies (start-up spécialisée dans la production de protéines et vaccins dans le lait de lapines transgéniques), avait mis au point dès 1998 un lapin fluorescent. Alors en quoi est-ce une nouveauté ? Le (...)

La suite est à lire sur le site d’Inf’OGM.

Artificialisation des sols : les députés ont adopté des mesures à l’effet incertain Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/11/18 Marie Astier (Reporterre) (18 novembre 2013) Artificialisation des sols : les députés ont adopté des mesures à l’effet incertain. Reporterre. fr

Artificialisation des sols : les députés ont adopté des mesures à l’effet incertain

Deux mesures fiscales favorisant l’artificialisation des sols en France ont été discutées par l’Assemblée nationale jeudi dernier. L’une voit son application repoussée d’un an. L’autre est adoptée, mais son effet est discuté. Pour les écologistes, le dossier est devenu « emblématique ».

L’artificialisation des sols s’accélère en France. 79.000 hectares de terres agricoles et naturelles sont consommés par la ville chaque année. C’est l’équivalent d’un département tous les sept ans.

Face à ce constat, le président de la République lors de la Conférence environnementale de 2012, et la ministre du logement Cécile Duflot à travers la loi ALUR (loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové, ont promis de « donner un coup d’arrêt à l’artificialisation des sols ». Mais comme Reporterre l’a expliqué dans une précédente enquête, deux mesures dans le projet de loi de finances pour 2014 pourraient au contraire accélérer ce processus. Elles viennent d’être examinées en deuxième lecture à l’Assemblée nationale.

Premier dispositif qui pourrait poser problème : l’augmentation de la taxe foncière sur les terrains constructibles. Le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy a fait le calcul pour un terrain de 1.000 m2 : le propriétaire devrait payer 5.000 euros de taxe foncière en 2014 puis 10.000 euros par an à partir de 2015, contre seulement 300 euros aujourd’hui. "C’est une fiscalité confiscatoire", dénonce-t-il. Surtout, cette taxe toucherait non seulement des parcelles au cœur des villes, comme prévu, mais aussi de nombreux agriculteurs : ils seraient contraints de vendre des terrains certes classés comme constructibles, mais en réalité d’usage agricole.

"Préserver l’agriculture"

Ce n’est pourtant pas le but du gouvernement. La ministre du logement Cécile Duflot a réexpliqué son objectif devant le Sénat le jeudi 7 novembre : "Elle vise à éviter la spéculation foncière et la rétention de terrains constructibles, qui sont vacants et gardés par leur propriétaire en attente de l’augmentation du prix du foncier." En clair, il s’agit de d’inciter les propriétaires à vendre, afin de libérer des terrains pour la construction de logements. Cette mesure doit donc aider le gouvernement et en particulier la ministre du logement à atteindre l’objectif fixé par le Président de la République : la construction de 500.000 logements neufs par an.

La mesure s’applique dans les agglomérations de plus de 50.000 habitants définies par décret, des zones dites "tendues" où la demande de logements est supérieure à l’offre. Mais c’est aussi justement dans ces zones que la préservation des terres agricoles périurbaines reste crucial : ce sont elles qui permettent aux urbains de manger local. Toujours devant le Sénat, la ministre du logement l’a donc ré-affirmé : "l’objectif du gouvernement est de préserver l’agriculture, y compris de proximité, y compris l’agriculture périurbaine."

Effet pervers

Cet effet pervers de l’augmentation de la taxe foncière a donc été abondamment signalé au gouvernement. Par exemple par le sénateur UMP de Haute-Savoie Jean-Claude Carle, auquel Cécile Duflot répondait dans son intervention devant le Sénat. Mais aussi par le député Lionel Tardy dans une question à Stéphane Le Foll. Ou encore par le député PS du Pas-de-Calais Jean-Jacques Cottel, dans une question écrite au ministère de l’Economie et des finances. La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) s’est également emparée du sujet depuis plusieurs mois. La Coordination Rurale elle a lancé un appel aux parlementaires.

L’exécutif a fini par reconnaître le problème. La mesure était déjà présente dans l’article 82 de la loi de finances pour 2013, elle a été réintroduite par un amendement dans l’article 59 du projet de loi de finance pour 2014. Il a été adopté jeudi à l’Assemblée nationale et reporte cette mesure d’un an. Pour le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy, cela correspond à un abandon : "Dire que la mesure est juste repoussée permet de ne pas vexer Mme. Duflot."

A l’inverse, le député Europe Écologie Les Verts (EELV) du Doubs Éric Alauzet croit plutôt que ce délai va permettre d’améliorer la mesure . "Cela nous laisse le temps de distinguer les terrains agricoles des parcelles libres, les "dents creuses" qui peuvent être urbanisées." Le cabinet de Cécile Duflot confirme : "Les délais étaient trop serrés pour les maires. Ils vont pouvoir prendre le temps de cibler les terrains concernés."

"Les propriétaires auront tout intérêt à vendre"

La deuxième mesure dont nous vous parlions également il y a dix jours sur Reporterre a elle aussi été votée jeudi 14 novembre. Il s’agit de l’article 18 du projet de loi de finance pour 2014, portant sur les plus-values immobilières. Aujourd’hui, pour vendre un terrain non-bâti mais constructible, le propriétaire a intérêt à attendre : plus il est propriétaire depuis longtemps, plus l’abattement fiscal sur sa plus-value est important. Au bout de 30 ans, il est même exonéré. C’est une incitation à garder un terrain longtemps.

Cet article instaure un nouveau régime fiscal : désormais, que l’on possède le terrain depuis un ou trente ans, au moment de la vente il sera taxé de la même manière. "La fiscalité devient neutre : il n’y a plus d’incitation ni à la rétention, ni à la vente", précise le cabinet de Cécile Duflot.

Mais ce n’est pas l’analyse de tout le monde. "Les propriétaires auront tout intérêt à vendre rapidement leur terrain, surtout ceux qui louent à des agriculteurs car le rendement des loyers ruraux est quasi nul", nous expliquait Guillaume Sainteny, maître de conférences à l’Ecole polytechnique et auteur d’un rapport sur les dommages à la biodiversité. Si en plus, leur terrain est concerné par l’augmentation de la taxe foncière, ils auront intérêt à s’en débarrasser le plus rapidement possible, pour éviter de payer la taxe chaque année.

Blocage

Le député UMP Gilles Carrez, président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, signale à Reporterre une autre incohérence dans cet article 18 : désormais, les terrains bâtis et non bâtis sont soumis à des régimes fiscaux différents. D’un côté, une parcelle bâtie sera exonérée plus rapidement (au bout de vingt-deux ans de détention contre trente auparavant). De l’autre, un terrain non bâti est soumis à la logique inverse : le vendeur qui fait une plus-value ne peut plus espérer d’exonération. "Ce sont deux méthodes opposées pour aboutir au même résultat : la vente du terrain !", s’étonne Gilles Carrez.

Pour lui, cela "va aboutir à un blocage : les gens ne vendront pas." Mais Guillaume Sainteny ne fait pas la même analyse : "Si vous possédez une petite maison sur une grande parcelle en centre ville et qu’on souhaite vous en acheter une partie pour construire un immeuble, vous préférerez attendre avant de vendre, pour avoir droit à l’abattement fiscal. A l’inverse, si vous avez un terrain libre en périphérie, vous savez que vous n’aurez pas droit à l’abattement, donc vous allez vendre tout de suite. Résultat : la ville va s’étaler en périphérie au lieu de se densifier en son centre."

Le député Eric Alauzet, lui, a averti ses collègues lors des discussions à l’Assemblée nationale sur l’article 18 (lire le compte-rendu du débat ici), mais ne va pas au-delà : "L’article 18 a été voté et n’a pas été remis en cause. Je ne sais pas s’il faudra aussi s’y attaquer. Nous allons d’abord mesurer son impact."

Le débat n’est donc pas terminé, d’ailleurs le gouvernement a proposé aux parlementaires de créer un groupe de travail pour discuter de cet article, avec la promesse que tous les partis seraient représentés.

Un sujet emblématique pour les écologistes

En revanche à la FNSEA, on ne s’inquiète pas outre mesure des conséquences de l’article 18. "C’était surtout l’augmentation de la taxe foncière qui posait problème, et nous sommes satifaits de son report", répond Henri Biès-Péré, administrateur en charge du dossier pour le syndicat agricole.

L’organisation rappelle également que ces articles de la loi de finance ne sont pas le seul risque en matière d’artificialisation des terres agricoles : "Il y a également un enjeu du côté des plans locaux d’urbanisme. Dans les départements ruraux la moitié des communes n’en ont pas et il y a des dérives."

Un sentiment partagé par Eric Alauzet. Il estime qu’"il ne faut pas croire que si on supprime ces mesures fiscales il n’y aura plus de problème." Il compte bien continuer de suivre ce sujet du logement avec attention : "Il faut qu’on montre que les écologistes sont capables de faire de l’économique - en relançant la construction -, du social - en construisant des logements sociaux -, et tout cela sans consommer plus de terres agricoles et naturelles. C’est un sujet emblématique pour nous."

Pétrole de schiste : le ministre Martin hésite à accorder les permis d’exploration Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/18 Hervé Kempf (Reporterre) (18 novembre 2013) Pétrole de schiste : le ministre Martin hésite à accorder les permis d’exploration. Reporterre. fr

Pétrole de schiste : le ministre Martin hésite à accorder les permis d’exploration

Philippe Martin, le ministre de l’Ecologie, laisse entendre qu’il est obligé par la justice d’accorder des demandes d’explorer le pétrole de schiste en Seine-et-Marne. Les documents que publie Reporterre montrent qu’il n’en est rien.

Ce lundi 18 novembre, des membres du cabinet du ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, doivent rencontrer des représentants des collectifs opposés au pétrole de schiste en Seine-et-Marne et dans l’Aisne, accompagnés de Jacques Krabal, député-maire (PRG) de Château-Thierry.

Il s’agit de discuter de l’intention annoncée par le ministre, dans un communiqué du 8 novembre, de signer des arrêtés de « mutation des permis exclusifs de recherches d’hydrocarbures ».

De quoi s’agit-il ? En 2011, la société Toréador, qui avait obtenu ces permis de recherche en Seine-et-Marne et dans l’Aisne, les a vendus à la société Hess Oil. En application du Code minier, cette « mutation » doit être validée par le gouvernement. Elle avait été refusée par la ministre de l’Ecologie Delphine Batho. Mais la société Hess a attaqué ce refus devant le tribunal administratif.

Celui-ci a condamné une première fois le 25 avril 2013 l’Etat à ré-examiner les permis. De manière étonnante, l’administration n’a rien fait à ce propos et n’a pas envoyé à la justice les éléments justifiant son refus. Si bien que l’Etat a été condamné de nouveau en septembre par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Mais à quoi a-t-il été condamné, exactement ? A « donner droit à la demande de mutation » comme le prétend le ministre, qui explique ensuite que « le code minier actuel ne permet pas de refuser ces mutations » ?

Que nenni ! Le tribunal de Cergy-Pontoise n’a pas ordonné le 26 septembre à l’Etat de répondre à la demande de mutation, mais de prononcer des « injonctions de réexamen », ce qui n’est pas du tout la même chose.

Télécharger ici le jugement intégral : .

Si M. Martin est donc animé par une « farouche opposition » à la fracturation hydraulique, comme il l’affirme, il doit donc refuser d’autoriser la mutation des permis et procéder d’urgence à un re-examen de ces dossiers, comme lui enjoint le tribunal.

D’autant plus qu’il apparait que, alors que la société Hess prétend qu’il s’agit de rechercher du « pétrole conventionnel », de nombreux documents attestent que les pétroliers impliqués sont intéressés depuis le début par le pétrole de schiste présent dans la région, pétrole de schiste qu’il est impossible d’exploiter aujourd’hui autrement que par fracturation hydraulique.

En voici une preuve parmi de nombreuses autres disponibles et recueillies par les collectifs locaux. Dans le dossier de demande de permis déposé en avril 2010 par la société Toréador pour la zone de Chateau-Thierry, il est clairement indiqué qu’il s’agit de « shale oil wells », c’est-à-dire de puits de pétrole de schiste :

- Ecrit en petit sous la phrase soulignée au-dessus du schéma -

Télécharger le document pour plus de lisibilité :

Récapitulons : - par une étrange passivité, l’Etat ne s’est pas défendu à la suite d’un premier jugement le condamnant en avril 2013 ; - cependant, le jugement de septembre dernier ne lui ordonne pas de délivrer les permis discutés, mais de procéder à leur ré-examen ; - enfin, il est clair que ces permis ne visent pas une exploitation de pétrole « conventionnel », mais de pétrole de schiste ; il est alors nécessaire de recourir à la fracturation hydraulique, auquel le gouvernement s’est toujours déclaré opposé.

Conclusion ; le ministre Philippe Martin doit refuser la demande de mutation de permis. Nous pourrons alors changer le titre de notre article en : « Philippe Martin, franc et intelligent ».

Lire l’épisode suivant : Pétrole de schiste : le ministère va « expertiser les arguments sans délai », 19 novembre 2013.

Et si l’on essayait la monnaie complémentaire… nationale Philippe Derruder Reporterre 2013/11/18 Philippe Derruder (18 novembre 2013) Et si l’on essayait la monnaie complémentaire… nationale. Reporterre. Tribune — fr

Et si l’on essayait la monnaie complémentaire… nationale

Les monnaies complémentaires se multiplient en France et ailleurs. Mais elles ont toujours une portée locale. On peut en fait concevoir une monnaie complémentaire à une échelle beaucoup plus large. Ce serait un moyen pour contrebattre le pouvoir démesuré de la finance.

Le système économique actuel, totalement soumis à la dictature de la finance, est confronté à des limites que sa seule logique empêche de dépasser. L’une de ces limites tient à la logique de redistribution qui cantonne la prise en compte du bien commun (préservation de notre écosystème, santé, enseignement, etc... ) à ce que les revenus marchands veulent bien lui abandonner par la fiscalité.

Cela réduit la palette des solutions envisageables pour répondre aux défis vitaux de notre siècle à une réponse unique : relancer la croissance, autrement dit faire plus de ce qui cause les problèmes pour avoir les moyens de combattre les problèmes...

Mais, bonne nouvelle ! Figurez-vous que la nature de la monnaie moderne permet de sortir de cette contradiction suicidaire. Savez-vous que la monnaie n’est aujourd’hui qu’une unité de compte virtuelle créée par la seule volonté humaine ? Tel est le cas depuis le 15 aout 1971, date à laquelle le dollar, dernière monnaie reliée à l’or, a abandonné sa convertibilité. Dans ces conditions, comment peut-on encore dire qu’« on ne peut pas faire parce qu’on n’a pas d’argent ? ». Il est temps de comprendre une chose.

Si une collectivité a :

1 – un besoin d’intérêt général ; 2 – la volonté de le satisfaire ; 3 – les moyens techniques et énergétiques ; 4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire ; 5 – la maîtrise des conséquences écologiques ;

alors rien, absolument rien ne s’oppose à la mise en œuvre du projet puisque la nature virtuelle de la monnaie moderne le permet. C’est uniquement parce qu’on a hérité l’habitude de conditionner la réalisation d’un projet à son financement sur la foi d’une monnaie prétendue rare qu’on se retrouve aujourd’hui prisonniers d’une situation critique.

La clef réside donc dans la possibilité de faire de l’argent un moyen au service de la vie et non une fin en soi.

Un nouvel espace économique à finalité de bien commun

Pour ce faire il suffit de créer un nouvel espace économique à finalité de bien commun, complémentaire au système marchand actuel, qui regrouperait les activités dont le contenu n’a pas par nature à être considéré comme une marchandise tels que la santé, l’éducation, la recherche fondamentale, la transition écologique... Ce nouvel espace serait régi par un statut juridique spécifique ne répondant pas à la logique de profit ou d’équilibre financiers mais à celle de ce que nous pourrions appeler le bénéfice sociétal (l’atteinte des objectifs sociétaux visés).

C’est le débat public qui permettrait de déterminer ce qui relève légitimement de chaque champ, marchand ou sociétal, quant au financement, il ne serait assuré ni par l’impôt, ni par l’emprunt, mais par l’utilisation d’une monnaie sociétale complémentaire à la monnaie nationale en vigueur, émise par un organisme public sous mandat et contrôle citoyen, à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés.

L’introduction de cette monnaie complémentaire, ayant cours légal, confèrerait la pleine autonomie à ce nouvel espace. On passerait de la logique de redistribution à celle de création.

Cette seule description, noue en convenons, ne saurait répondre au flot de questions qu’elle entraine naturellement. Sachez que l’idée est beaucoup plus amplement développée dans le livre Une monnaie nationale complémentaire, par Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq aux éditions Yves Michel. (Version papier ; version numérisée ; vous en découvrirez aussi plus d’aspects sur ce site.)

Dans ce petit article, nous ne pouvons que nous limiter au seul principe. Dites-vous bien de toute façon que nous touchons là à un sujet de société qui doit être porté par les nations elles-mêmes. C’est à elles de trouver les réponses. Or, si le principe, dans son esprit, démontre assez d’avantages, alors les réponses, n’en doutons pas, seront trouvées, d’autant plus que les obstacle ne résident que dans nos têtes, tout à l’extérieur est prêt.

Il est évident qu’un projet de ce genre prendra du temps à s’incarner ; car ne peut pousser que ce qui est planté. Pour l’heure, il s’agit d’en faire un sujet de société en le faisant connaître. Alors, voulez-vous y contribuer ? Si le concept a du sens pour vous, merci de le diffuser à vos réseaux pour que la conscience collective s’en empare.

“C’est impossible, dit la Fierté ! C’est risqué, dit l’Expérience ! Ça ne sert à rien, dit la Raison ! Essayons et Faisons-le, dit le Cœur !” (R.Godwin)

Conférence sur les squats féministes Reporterre 2013/11/18 (18 novembre 2013) Conférence sur les squats féministes. Reporterre. fr

Conférence sur les squats féministes

Questionner l′ordre social en habitant autrement : les squats féministes Mardi 19 novembre, de 18h30 à 21h, à Bruxelles

Loin d′être homogène, l′habitat est à la fois le reflet de l′assignation des femmes à un rôle sexué et, dans le même temps, un instrument politique du changement social, de la transgression des normes sociales fixées sur le genre. De quelles manières des actions collectives féministes qui se réclament de l′émancipation peuvent-elles, par le biais de pratiques habitantes, affirmer un autre possible, construire d′autres modes d′être et d′agir en vue d′une vie plus libre ?

À partir de l′examen d′expériences de « squats » associées à une critique féministe de l′ordre social en Allemagne et en France, Edith Gaillard nous exposera comment des pratiques habitantes peuvent rendre compte de la façon dont des actrices sociales répondent aux problèmes féministes en fabriquant un « autre » modèle.

Lieu : 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles Entrée libre, accueil avec sandwiches sur inscription (3€) dès 18h Informations et inscriptions : 02 229 38 25 (Aïcha Belghiti), info@universitedesfemmes.be

Dans le cadre des activités d′éducation permanente par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Aux Philippines, une urgence oubliée : les toilettes Aurélie Blondel (Reporterre) Reporterre 2013/11/19 Aurélie Blondel (Reporterre) (19 novembre 2013) Aux Philippines, une urgence oubliée : les toilettes. Reporterre. fr

Aux Philippines, une urgence oubliée : les toilettes

Dans les régions dévastées par le typhon Haiyan, fournir aux rescapés des moyens décents et sécurisés de faire leurs besoins figure parmi les priorités. Afin, surtout, d’éviter la propagation des maladies.

Des comprimés pour désinfecter l’eau. Des biscuits protéinés. Du riz. Des médicaments. De l’eau potable. Mais aussi des dalles pour construire des toilettes et des sacs biodégradables dans lesquels déféquer. Dans leurs convois d’aide qui arrivent peu à peu dans les régions des Philippines ravagées par le typhon Haiyan du 8 novembre, les ONG n’ont pas oublié le matériel pour répondre à l’un des besoins les plus élémentaires des rescapés. Car lors des catastrophes humanitaires, la question des toilettes est une des priorités pour les humanitaires, soucieux d’éviter les épidémies – donc la sur-catastrophe.

Le risque sanitaire, c’est surtout la propagation des maladies diarrhéiques. De la « simple » gastro à la dysenterie et au choléra, qui se propagent via les matières fécales. Pour les populations fragiles, comme les enfants, et sans accès aux soins, les diarrhées sont souvent mortelles.

Or, « les personnes qui vivent aujourd’hui sur les ruines de leur maison ou dans les centres de regroupement font très largement leurs besoins dehors, un peu partout, décrit Lucile Grosjean, actuellement aux Philippines pour l’ONG Action contre la faim (ACF). Souvent dans les centres de regroupement il y avait quelques latrines mais pas assez. Les cas de diarrhées sont clairement en hausse d’après les centres de santé. En jouant par terre, les enfants se retrouvent avec des matières fécales sur les mains, donc potentiellement à la bouche. Où je me trouve, dans la province de Capiz, sur l’île de Panay, ACF commence à construire des latrines. »

Des sacs « pipi-caca » adoptés en Haïti

« Nous avons envoyé lundi vers l’île de Cebu 700 dalles de toilettes, qui devraient servir à 14 000 personnes, et 30 000 sacs biodégradables », explique de son côté Ian Bray, de l’ONG Oxfam. Les dalles ? Des plaques en plastique qui, placées sur un trou creusé dans le sol, permettent de construire rapidement des toilettes à la turque. « Elles sont conçues spécifiquement pour les situations d’urgence, détaille Julien Eyrard, référent eau et assainissement à ACF. « Elles sont empilables, donc facilement transportables, et rigides, pour éviter les accidents. » (Vous les verrez dans cette courte vidéo d’Oxfam au Pakistan.) « Dans un premier temps, on place souvent une bâche au-dessus, pour l’intimité, mais l’objectif est de poser ensuite des portes avec loquet. »

Solution plus flexible et plus rapide encore : les sacs Peepoo – « pipi-caca ». (Démonstration dans cette vidéo d’Oxfam en Haïti.) Fabriqués et vendus aux ONG par une société suédoise, ils sont biodégradables et voués à être collectés et compostés. L’objet, composé d’un sac intérieur et d’un sac extérieur, est très simple d’utilisation. Il est en outre tapissé d’urée pour désinfecter les matières fécales et éviter les odeurs.

Les humanitaires ont commencé à s’en servir en Haïti après le séisme de 2010 parce qu’il était souvent difficile de creuser là-bas ; il est aujourd’hui devenu un des outils de base dans la gestion des catastrophes naturelles, pour certaines ONG. La Croix-Rouge suisse le place même dans le « kit d’hygiène » distribué aux Philippines, aux cotés des savons et autres brosses à dents. « Ces sacs sont utiles partout où on ne peut pas creuser – dans les zones trop denses, sur les terrains bétonnés ou couverts de débris, les sols trop durs, les sols trop sablonneux pouvant s’effondrer, les zones où les nappes phréatiques sont affleurantes et où il y a risque de pollution », dit Julien Eyrard.

Question de sécurité, aussi

« Selon les endroits, il y a d’autres techniques, poursuit-il. Exemple : la location de cabines de chantier, mais c’est cher et il faut les vidanger chaque jour. Pour moi, la solution la plus prometteuse quand la place manque est l’utilisation d’activateurs : des bactéries versées dans les fosses accélèrent la digestion naturelle des selles, réduisant le souci de stockage. Plusieurs sociétés en fabriquent, nous effectuons des tests pour trouver la bonne marque. » A situations locales multiples, solutions diverses.

« La question des latrines est souvent vue comme l’étape d’après, conclut Julien Eyrard. Même si le sujet est délicat, un peu tabou, c’est dès les premiers jours qu’il faut s’y atteler. » D’autant que le problème n’est pas que sanitaire, il est aussi question de dignité et de sécurité. Les humanitaires s’inquiètent des risques pour les femmes et enfants qui s’isolent la nuit pour faire leurs besoins à ciel ouvert. « Les agressions ne sont pas rares dans ce genre de situations, indique Ian Bray. Aucune information ne nous est remontée pour l’instant pour les Philippines mais ça ne signifie pas que ça n’arrive pas, il faut rester vigilant. »

Le manque de toilettes et ses impacts sanitaires ou sécuritaires ne sont d’ailleurs pas l’apanage des situations d’urgence : un tiers de l’humanité n’a toujours pas accès à des latrines décentes. Alors, pour mobiliser les donateurs et les gouvernements des pays en voie de développement, l’ONU a déclaré ce mardi 19 novembre... « Journée mondiale des toilettes » (lire ci-dessous). Sans rire.

Pas que drôle, la Journée mondiale des toilettes...

Coincée dans le calendrier entre la Journée sur les antibiotiques et celle du souvenir trans, la Journée mondiale des toilettes a tout pour faire sourire. Elle vise toutefois à attirer l’attention sur un problème aux impacts graves : 2,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des WC décents. Et pas qu’en Afrique, tous les continents sont concernés.

Tabou oblige, la question mobilise peu. Sans compter qu’il n’est pas très prestigieux, pour un gouvernement, de s’emparer du problème, déplorent les ONG. « Le régler ne serait toutefois pas forcément cher, il y a des solutions basiques », souligne Kristel Malègue, coordinatrice de la Coalition Eau.

Les enjeux sont importants : avant tout éviter la propagation des maladies diarrhéiques via les excréments, mais aussi éviter les coûts liés à ces maladies (absences, soins) pour les familles et les économies des pays en voie de développement. Et puis, rappelle l’ONU, faire ses besoins à ciel ouvert « a aussi un impact sur les populations vulnérables, comme les personnes handicapées et les femmes, plus exposées à la violence sexuelle ». Et saviez-vous que l’absence de WC à l’école est « l’une des principales raisons pour lesquelles les filles ne continuent pas leurs études quand elles atteignent la puberté » et qu’elles ont leurs règles ?

La Place aux autres Reporterre 2013/11/19 (19 novembre 2013) La Place aux autres. Reporterre. fr

La Place aux autres

La place aux autres est à l’image de sa couverture, avec ce petit pois rouge perdu au milieu des petits pois verts : improbable. Qui plus est, édité dans une collection de littérature blanche, ce qui n’aide pas l’amateur de littérature de genre à trouver cette dystopie atypique sur les étals des librairies.

« Aujourd’hui, je sais pourquoi on ne peut jamais commencer par le commencement : il y en a plusieurs. »

Tristan vit dans une ville, française mais jamais nommée. Il est impliqué dans la politique de sa ville puisqu’il fait partie des Terriens-Démocrates. Mais il claque la porte du parti. C’est alors qu’une personne le contacte par téléphone pour lui confier des documents capables de mettre le feu aux poudres : GlobalWatch, une société de télésurveillance qui a envahit la ville de caméras a signé un contrat avec celle-ci pour « assurer la sécurité des citoyens ».

« La vague médiatique alors sur les murs tristes de l’hôtel de ville, où on a préparé une défense en deux temps. Un, la ville s’en tient aux termes du contrat et n’est pas responsable des études internes à une entreprise privée. Deux, toute atteinte aux droidlom sera immédiatement dénoncée. Trois, toute évolution du partenariat avec GlobalWatch fera l’objet d’une concertation aussi large que possible. »

L’histoire se passe dans un futur proche où les réseaux sociaux, la reconnaissance vocale, les caméras, le dérèglement climatique et ses immigrés, sont choses courantes. Futur, ais-je dit ?

« En remuant les lèvres, je prononce silencieusement une boîte de petits pois, pour ne pas alerter la reconnaissance vocale. Sans un regard pour l’écran, je repère le rayon des conserves, longe la partie consacrée aux légumes et recherche la boîte. Elle m’attendait, modeste et factuelle, un peu en retrait, légèrement moins éclairée que les autres. Parfaite. Une boîte de 400 grammes, pour célibataire. Je la saisis, vérifie que nulle promotion ne l’entache et la dépose dans le chariot, exactement au milieu. Celui-ci enregistre l’opération d’un bloup encourageant, puis me propose tout ce qu’il est humainement possible de manger avec des petits pois. Il ne me reste plus qu’à rejoindre les caisses. »

Ce bouquin est à la fois drôle et grave, traitant d’un sujet totalement actuel sur un ton que j’ai bien du mal à qualifier. Il y a de l’ironie dedans mais ce n’est pas pour autant désabusé. On y trouve même une bonne dose d’optimisme et de légèreté. C’est confus dans un sens, mais Philippe Mouche nous emmène exactement là où il faut : sur la Place aux Autres. L’auteur ne fait pas dans le spectaculaire mais il nous étonne au plus haut point dans la description de personnages hauts en couleur et par ses idées saugrenues.

« Je m’attendais à ce que la publication de Doc Trois entraîne ce que les activistes appellent des initiatives citoyennes et la police des troubles à l’ordre public. »

Les dialogues sont à la fois absurdes et justes. Truculents, ils gagneraient à être lus à haute voix. Souvent, je me dis, quand je lis un livre, qu’il donnerait bien au cinéma. Pour la première fois, je me vois dans l’obligation de souligner que ce livre rendrait magnifiquement bien ... au théâtre. Cela dit, il semble qu’une adaptation cinématographique soit au programme... Affaire à suivre de ce côté-là, les seules infos disponibles viennent d’une conférence donnée aux Imaginales en juin dernier.

"L’idée que toute production est vouée à augmenter est implantée dans leur code génétique. Et aussi dans des religions qu’ils n’ont jamais reniées. Croissez et multipliez. - D’ailleurs, si je puis me permettre, croissance commence par croix. - Et se termine par sens. Un sens unique, toujours le même, vers en haut, à droite de la courbe. Toujours plus, toujours après. Le vrai consensus, c’est pas liberté, égalité, fraternité, c’est encore encore encore."

Et si vous voulez savoir ce que les petits pois viennent faire là-dedans, il vous faudra lire le livre.

Pour aller plus loin :

- Prix Une Autre Terre 2012. - Conférence « Comment adapter un roman au cinéma » aux Imaginales parle de l’adaptation cinématographique de La place aux autres. - Une interview de l’auteur.

La place aux autres, Gaïa Editions, 272 pages, 19 €

Kemenez, l’île bretonne qui cultive le bio Eliane Patriarca (Libération) Reporterre 2013/11/19 Eliane Patriarca (Libération) (19 novembre 2013) Kemenez, l’île bretonne qui cultive le bio. Reporterre. fr

Kemenez, l’île bretonne qui cultive le bio

Ils se sont installés sur l’île bretonne en déshérence. Soizic et David Cuisnier gèrent depuis 2008 une ferme et un gîte qui préservent biodiversité et paysage. Un modèle de développement durable.

Si vous pensez trouver ici deux Robinson ensauvagés et une île coupée du monde, passez votre chemin, reprenez le bateau et allez observer les phoques gris qui se prélassent au blanc soleil de novembre sur les îlots voisins.

Soizic et David Cuisnier sont bien les seuls habitants, avec leurs enfants - Chloé, 4 ans, et Jules, bientôt 2 ans -, de Kemenez (1), une minuscule île ancrée au cœur de l’archipel de Molène, en mer d’Iroise. Mais ce ne sont ni des reclus ni des exilés volontaires.

« On vit comme tout le monde, martèle Soizic, 31 ans, ciré jaune, bonnet et bottes bleues, un peu agacée par les clichés véhiculés autour de leur mode de vie. La seule différence, c’est qu’on prend le bateau pour aller faire les courses ou récupérer le courrier à la Poste ! »

Soit vingt minutes à bord de Chrommig, leur petite coque en aluminium, pour naviguer jusqu’à Molène, à 4 kilomètres environ, et un peu plus pour le port du Conquet, à 9 km. A condition que la mer le permette : les courants sont vigoureux, la houle souvent forte et les récifs aux abords de Kemenez imposent une manœuvre délicate. « Si on avait voulu vivre en ermites, on ne serait pas venus là », appuie David, 37 ans, engoncé dans une combinaison kaki de marin-pêcheur.

Le couple a quitté Brest en 2008 pour venir habiter sur Kemenez et y développer une ferme insulaire, à l’avant-garde des technologies vertes et du développement durable. Depuis, sur cette île laboratoire, David et Soizic apportent chaque jour la preuve que l’on peut vivre bien, avec des ressources naturelles limitées mais sans les dégrader, et trouver un équilibre entre économie et protection de l’environnement. Kemenez, île pionnière ?

C’est le Conservatoire du littoral qui est à l’origine de l’expérience. Depuis les années 2000, il porte une attention particulière aux îles et îlots, réservoirs d’une biodiversité remarquable et spécifique. Ces poussières de terre éparpillées dans l’océan, aux ressources limitées, offrent une métaphore de notre planète, îlot de vie au sein de l’univers, dont on mesure aujourd’hui l’épuisement écologique.

« Ce sont des sites privilégiés pour expérimenter concrètement, à petite échelle, le développement durable. Le lien entre disponibilité des ressources et capacités de développement y est évident », explique Denis Bredin, directeur Bretagne du Conservatoire du littoral.

Prés soumis aux embruns

En 2003, l’établissement public rachète cette île, habitée depuis la préhistoire, pour son patrimoine naturel, sa biodiversité et pour son bâti, le seul témoignage sur les îles bretonnes d’exploitation agricole et de goémon qui servait alors à fabriquer de la soude. Le bétail élevé sur les prés soumis aux embruns était très recherché sur le continent pour sa saveur.

Mais les derniers agriculteurs ont cessé leur activité dans les années 90, et l’île est couverte de ronces et de fougères. Les oiseaux ont disparu, victimes des furets introduits par l’homme pour la chasse aux lapins, et les maisons s’effondrent. « Nous avons décidé de concilier protection de la nature et usages traditionnels, explique Denis Bredin, en réinstallant des habitants sur la ferme, pour relancer l’agriculture vivrière, mais aussi développer le tourisme, faire découvrir le patrimoine naturel de l’île et montrer un mode de vie durable, bénéfique au paysage. »

Le Conservatoire a restauré les bâtiments et les maisons d’habitation, reconstruit la cale d’accès, mené des campagnes de fauchage et installé des moutons pour maintenir l’herbe rase. Puis lancé un appel d’offres pour trouver les gardiens de l’île.

Le gris du ciel se fond dans l’ardoise des vagues, la pluie s’essouffle… On abrite nos sacs dans la cabine du tracteur vert parqué sur la grève de galets. On emprunte le sentier qui chemine vers l’est, entre un petit étang d’eau salée et une prairie dont les vents ont chassé tout arbre. De tous côtés, à perte de vue, la mer… Au loin à gauche, pointe un mégalithe en forme d’oreilles de lapin géant. Un lacis de murs de pierres sèches, enluminées de lichen jaune, témoigne des anciennes parcelles agricoles.

Un corps de maisons s’élève à l’endroit le plus étroit de cette île de 26 hectares, qui ne mesure qu’un kilomètre de long sur 300 mètres de large. Douze bâtiments plus ou moins grands, aux murs épais et aux volets peints en bleu, jaune ou rouge. Avec un comité d’accueil loquace : des moutons dans le champ voisin, et autour de la maison, des oies, des poules et un dodu cochon noir…

Les oiseaux de retour aussi

Dans la maison d’hôtes, attablés devant le poêle réconfortant, David et Soizic Cuisnier se souviennent n’avoir pas hésité une seconde en 2005. Alors jeunes mariés installés à Brest, ils voient dans la proposition du Conservatoire « une opportunité de travail, un choix de vie original, et la possibilité de tout partager à deux, sur une île ».

Grandi à Paris mais passionné par la mer, petit fils de paysans, David a choisi de vivre en Bretagne où il s’occupe d’un magasin de plongée. Soizic, dunkerquoise d’origine, anime à Brest des classes de mer. Cinq ans plus tard, « c’est carton plein au regard des objectifs », se réjouit Denis Bredin : les activités agricole et touristique permettent de dégager deux salaires, deux enfants sont venus agrandir la famille et la population de l’île ; les grands gravelots, les huîtriers pies et les sternes sont revenus nicher sur Kemenez pour le plus grand plaisir des ornithologues, et quelque 400 personnes y séjournent chaque saison, transportées par un patron pêcheur de Molène qui a gagné là un revenu complémentaire.

Le soleil s’est faufilé entre les nuages et déverse soudain un puits de lumière qui repeint Kemenez en teintes vives. Soizic en profite pour faire la visite guidée des installations. L’eau douce, capitale sur une île, est fournie par le vieux puits. Mais sa seule production, issue d’une petite source située à 7 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, serait insuffisante. Elle est complétée par les collecteurs d’eaux pluviales. L’eau est stockée dans trois citernes de béton, reliées à un système de filtration installé dans un hangar : trois filtres en papier, un autre au charbon actif et enfin une lampe à UV pour obtenir une eau buvable dont la quantité s’est toujours avérée suffisante, même avec des étés secs.

Comme tous les insulaires, Soizic et David ont appris à ne pas la gaspiller. Alors que la consommation d’eau potable est en moyenne de 150 litres par jour et par habitant en France, sur l’île elle ne dépasse pas 40 litres. Quant aux toilettes, elles sont toutes sèches évidemment mais avec vue sur la mer ! Sciures et déjections sont recyclées en compost. « Mettre de l’eau potable dans nos toilettes, ça nous paraît aberrant aujourd’hui », constate David.

Des Monalisa très appréciées

Soizic longe les anciennes écuries, qui servent à stocker les récoltes de patates, et montre trois petits étangs. C’est le système de phytoépuration à base de graviers, de plantes et d’ultraviolets qui permet de traiter les eaux sales, et d’obtenir une qualité d’eau de baignade qui peut ensuite s’écouler dans la terre sans danger.

Quant à l’énergie, elle est fournie par un système hybride, à base d’énergies renouvelables, conçu et financé en partenariat entre le Conservatoire, EDF, et la région Bretagne. Une petite éolienne, d’une puissance de 2,5 kW, secondée par des panneaux solaires photovoltaïques (6 kW). Des capteurs solaires assurent la fourniture d’eau chaude. La production est stockée dans des batteries au plomb, afin de disposer d’énergie même la nuit ou les jours sans vent et sans soleil. Lorsque les batteries sont pleines, le surplus d’énergie est délesté vers les radiateurs des chambres d’hôtes ou pour alimenter la jeep électrique.

Un véhicule qui a avantageusement remplacé le tracteur diesel pour transporter les visiteurs ou faire le tour de l’île en quête des nombreux déchets apportés sur la grève par les tempêtes. « L’installation s’est révélée plus productive que prévu, atteste Soizic. Lave et sèche-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs et congélateurs pour les chambres d’hôtes et pour la maison… On ne se restreint pas. »

Côté ferme, Soizic et David cultivent depuis 2008, sans aucun intrant chimique, un hectare de pommes de terre Monalisa, certifiées bio, très appréciées sur la table d’hôte, et en vente directe ou en ligne (2) : 10 à 15 tonnes par an rejoignent le continent. L’élevage de moutons d’Ouessant permet désormais de vendre une cinquantaine d’agneaux par an en boucherie. Depuis 2010, David et Soizic se sont lancés dans la récolte d’algues alimentaires lors des grandes marées : 4 à 5 tonnes par an livrées à une entreprise de Roscoff.

Quant aux chambres d’hôtes - trois vastes pièces qui peuvent accueillir dix personnes au total et dont toutes les fenêtres ouvrent sur la mer - elles affichent complet dès l’ouverture des réservations et assurent 50% du chiffre d’affaires de la ferme. Les visiteurs s’avèrent ravis du dépaysement, des recettes concoctées par Soizic et David avec les produits locaux bios : tome aux algues, saucisse de Molène qui leur font aussi découvrir les technologies « vertes » mises en œuvre.

C’est la fin de journée, les deux tracteurs remontent de la cale vers les habitations. Soizic est au volant du premier, Chloé en copilote, David derrière, Jules juché sur ses genoux. Ils transportent de grands sacs pleins de bois sec, acheté sur le continent en prévision de l’hiver. Novembre marque le début de la saison calme : David va récolter le goémon pour l’épandre sur les champs, Soizic ferme les chambres d’hôtes. Chloé va à l’école une semaine par mois et testera à la rentrée prochaine l’enseignement à distance pour sa dernière année de maternelle.

Pour l’heure, le seul problème de la ferme c’est la prolifération des lapins dont on voit les culs blancs détaler partout, et qui endommagent cultures et végétation. Le Conservatoire envisage une battue de régulation. Et la mise en terrines pour la table d’hôtes.

Notes

(1) Ou Quéménès.

(2) Leur site

Football : tir de barrage à Lyon contre le projet de Grand Stade Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/19 Barnabé Binctin (Reporterre) (19 novembre 2013) Football : tir de barrage à Lyon contre le projet de Grand Stade. Reporterre. fr

Football : tir de barrage à Lyon contre le projet de Grand Stade

Deux bons matches le week-end dernier : une manifestation samedi après-midi place Bellecour, puis une tentative de réoccupation de la Butte de Décines, dimanche. L’opposition à ce grand projet inutile se poursuit, et se prépare au match de la semaine prochaine. L’équipe des zadistes et citoyens est en bonne forme.

La semaine dernière, les partisans du grand stade à Lyon s’étaient réunis à l’occasion de la pose de la première pierre sur le chantier de construction. Parmi eux, les deux principaux artisans de ce projet, Gérard Collomb, maire de Lyon, et Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique lyonnais. Celui-ci déclarait être « fier d’avoir tenu bon » face aux « 71 procédures » initiées par les opposants en près de sept ans. Le président de l’Olympique Lyonnais s’expliquait dans Libération : « Certains n’ont eu de cesse de mettre en avant des intérêts particuliers ou une idéologie dogmatique pour tenter de retarder ce projet »).

Près d’une centaine de personnes qui ont manifesté samedi après-midi 16 novembre, place Bellecour, au cœur de Lyon. A la cérémonie de pose de la première pierre officielle, les opposants ont répondu en posant symboliquement une pierre tombale : « Le début des travaux ne doit pas cacher la vérité. Ce projet de grand stade est un échec annoncé », explique Franck Buronfosse de l’association Carton Rouge, une des principales organisations d’opposition au projet.

Une nouvelle irrégularité décelée

Les irrégularités pointées dans le dossier sont multiples : dissimulation d’investissement public, expropriation à prix particulièrement faible, etc. Les opposants en relèvent une autre depuis une semaine et le début des travaux : selon Franck Buronfosse, « les terres sur lesquelles doit se monter le projet appartiennent toujours au Grand Lyon, car la vente n’est pas passée pour l’heure dans les comptes publics. C’est à dire que l’Olympique Lyonnais construit son stade privé sur des terrains encore publics ».

Le lendemain, dimanche, la mobilisation s’est déplacée sur Décines autour de la ZAD (zone à défendre) installée près des travaux d’aménagement d’accès au stade. Après que le tribunal de Lyon a décidé le 28 octobre dernier l’expulsion des occupants de la ZAD au 30 décembre prochain, ceux-ci avaient organisé une journée de « réoccupation » de la Butte sur laquelle ils sont installés depuis plus d’un an et demi.

Pour Gekos, qui s’oppose avec les zadistes à ce projet de grand stade, la manifestation a permis « d’amener de nouvelles têtes dans la lutte. C’est intéressant, car à un moment fatidique, cela apporte une nouvelle dynamique ». Un soutien utile alors que se profile dans une semaine, mardi 26 novembre prochain, une nouvelle audience concernant deux des zadistes qui ont manifesté mi-octobre sur les chantiers.

A l’occasion de cette audience, Etienne Tête, avocat des opposants, posera deux questions prioritaires de constitutionnalité, sur le droit des armes blanches ainsi que sur la notion d’opposition aux travaux publics. Nouvel épisode juridique – que Reporterre suivra directement – parmi nombre de recours encore en instance de jugement auprès d’instances juridiques françaises et européennes...

Gérard Collomb et Jean-Michel Aulas gardent pour l’heure le sourire : droit et mobilisation restent encore impuissants à empêcher la construction du grand « stade des Lumières », qui s’amorce.

A quoi EELV sert-il ? Alain Lipietz Reporterre 2013/11/19 Alain Lipietz (19 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti Europe Ecologie Les Verts tiendra son congrès à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre ouvre sa tribune aux écologistes, politiques et intellectuels pour répondre à la question : A quoi EELV sert-il ? Après Jean-Claude Guillebaud, et Denis Baupin, Alain Lipietz présente son analyse.

La réponse spontanée de la plupart des sympathisants de l’écologie – disons, ceux qui avaient voté Europe Écologie en 2009 – sera sans doute : « À rien ». Les élus et ministres de 2012 n’ont pas pu empêcher Hollande et Sarkozy de trahir la plupart des engagements de leur programme commun. La ministre du Logement laissera sans doute son nom à une nouvelle niche de défiscalisation. Sa seconde loi (ALUR) empêche l’accélération de la hausse des loyers au moment même où, avec la crise, ils fléchissent, mais sans ambitionner de les faire réellement baisser. Quand au volet « Égalité des territoires », il s’est évaporé dans le mirage du Grand Paris.

A l’heure où la France, l’Europe et le monde sont sommés de choisir un modèle de sortie de la crise du libéral-productivisme, le seul acquis de cette « présidence pour rien » restera peut-être le mariage pour tous. Sujet important. Mais contrairement au Pacs, rien n’indique que la ministre Christine Taubira n’aurait pas pu le faire aboutir sans EELV.

La politique de Hollande, Ayrault et Valls consterne ceux qui attendaient, peut être pas le New Deal ou le Front populaire, mais enfin un petit quelque chose. Mais le silence voire la complaisance des ministres et dirigeants EELV inspirent à ces sympathisants une colère au bord du mépris. Car c’est bien d’eux, de nous EELV, que l’on attendait de se montrer les gardiens vigilants des engagements pris devant les électeurs – comme les Verts l’avaient fait en 1997-2000, imposant à un PS plus que réticent : les 35 heures, le PACS, la parité et la fermeture de Superphénix.

Il est inutile d’invoquer le poids des lobbys ou la faiblesse du score à la présidentielle. Dominique Voynet avait fait moitié moins qu’Eva Joly, et les Verts avaient cinq ou six fois moins de « grands élus ». Tout n’était pas rose dans la majorité plurielle mais au moins les Verts servaient à quelque chose.

Alors, faut-il considérer qu’un parti de l’écologie ne sert désormais plus à rien ? Je veux bien dire : un parti politique, entrant dans les institutions, quitte à passer des alliances, pour y mener des politiques écologistes ?

La première réponse est que, si le bilan de EELV au pouvoir est peu de chose, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et de Martine Billard n’a sur la période rigoureusement rien à son actif. Et pour les écologistes, « peu de chose », c’est infiniment plus que zéro. « C’est une belle chose, disait La Rochefoucault, que de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser ». Il ne suffit pas de « faire de la politique » : quand faut y aller, faut y aller.

Mais peut-être est-ce la politique représentative qui n’embraye plus sur rien ? Peut-être l’écologie doit-elle se rallier à la « polique anti-politique », à contrôler le pouvoir de l’extérieur sans y participer ?

La seconde réponse, c’est que la multitude des associations et fondations de l’écologie extra-politique qui clament leur déception, de la Fondation de Nicolas Hulot au mouvement des Colibris en passant par FNE ou Sortir du Nucléaire, n’a rien obtenu non plus. Seul le mouvement contre Notre Dame des Landes a obtenu le blocage du chantier, mais en étroite relation avec l’action des élus EELV et Parti de Gauche, et ce succès reste précaire et purement négatif.

On peut enfin estimer que la Nation n’est plus un cadre d’action politique, que seule l’Europe (et encore) peut contrôler le libéralisme mondialisé, et que seul le local permet de mettre en œuvre le modèle post-productiviste. Mais pour cela, il faut avoir des élus aux niveaux correspondants. Et c’est justement à ces niveaux (l’Europe, le local) que les élus EELV marquent le plus de points .

En somme : oui, l’écologie a plus que jamais besoin d’un parti, qui ne fasse pas que du « terrain » ou de l’éducation populaire, mais qui entre dans les institutions... pour se battre. Malheureusement, EELV n’a ni l’orientation ni la direction que les circonstances exigent.

On comprend, dans ces conditions, que la vraie question du congrès d’EELV n’est pas de quitter ou de rester au gouvernement, mais : « Quelle attitude adopter pour mettre en crise la ligne Hollande-Ayrault, et provoquer un changement de cap ? » Et cela peut passer par une rupture provisoire. Nous savons que le courant de l’actuelle direction, où affluent ceux qui (souvent avec d’excellentes raisons) croient devoir s’y réfugier pour conserver ou maintenir des places, ne fera rien qui pourrait compromettre l’avenir de son vaste clan.

La responsabilité des militants qui refusent ce chantage « Moi ou le placard », qui savent que le temps est compté pour sauver la planète et enrayer l’implosion de la société française, est dès lors écrasante.

Pétrole de schiste : le ministère va « expertiser les arguments sans délai » Ministère de l’Ecologie // Collectifs opposés au pétrole de schiste Reporterre 2013/11/19 Ministère de l’Ecologie // Collectifs opposés au pétrole de schiste (19 novembre 2013) Pétrole de schiste : le ministère va « expertiser les arguments sans délai ». Reporterre. fr

Pétrole de schiste : le ministère va « expertiser les arguments sans délai »

Les collaborateurs du ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, ont reçu le 18 novembre les collectifs d’Aisne et de Seine-et-Marne opposés à l’exploration du pétrole de schiste. Le ministre assure que leurs « arguments seront expertisés sans délai ».

Communiqué du ministère de l’Ecologie

Elus et collectifs de Seine-et-Marne et de l’Aisne reçus au ministère au sujet des demandes de mutations déposées par Hess Oil

Conformément à l’engagement pris par Philippe Martin, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, le 8 novembre dernier lors d’une précédente réunion, une délégation restreinte représentant les collectifs anti gaz et huiles de schiste des départements de la Seine-et-Marne et de l’Aisne a été longuement reçue ce matin au ministère par le directeur de cabinet du ministre.

Cette réunion était consacrée à un examen approfondi des sept demandes de mutation de permis de recherches exclusifs d’hydrocarbures situés dans le bassin parisien au profit de la société « Hess Oil ».

Lors de cette réunion, les collectifs ont pu développer l’ensemble de leurs analyses et leurs arguments.

Les services du ministère se sont, en retour, engagés à expertiser ces arguments sans délai.

Dans l’attente des résultats de cette ultime expertise, il a été rappelé qu’aucune décision relative à ces demandes de mutation n’avait été prise pour le moment.

Communiqué des collectifs reçus par le ministre le 18 novembre 2013

Monsieur Martin, vous vous opposez au pétrole et au gaz de schiste, faites-le savoir !

Quatre collectifs anti-gaz et pétrole de schiste du Bassin parisien, accompagnés de Jacques Krabal, Député- maire de Château-Thierry (Aisne) et d’Arnaud Gossement (avocat), ont été reçus ce jour, par le directeur de cabinet du ministère de l’Ecologie, Francis Rol-Tanguy et Mme Paquita Morellet-Steiner, directrice adjointe du cabinet.

Cette réunion restreinte faisait suite à celle du 8 novembre dernier, où les collectifs et élus présents avaient été conviés pour entendre que l’Etat était contraint, par décision de justice, à signer la mutation de sept permis de recherche exclusifs d’hydrocarbures au profit de Hess Oil. Nous avions alors fait remarquer que la décision de justice ne contraignait pas l’Etat à signer, mais qu’il avait comme seule obligation celle de s’expliquer sur son refus de signer les arrêtés de mutation. Nous avions aussi fait remarquer que l’obtention d’une autorisation de mutation est identique à celle d’un octroi de permis. Signer une mutation, c’est donner à nouveau un permis.

Aujourd’hui, nous avons interpellé le ministère sur un certain nombre d’anomalies et incohérences. Par exemple, l’un des sept permis concernés a expiré le 1 octobre 2013 après les deux renouvellements prévus par le code minier (permis de Courtenay). Nous avions apporté des dossiers à l’appui de nos argumentations.

Nous avons, par ailleurs, souligné le manque de clarté quant aux réels titulaires des permis. Les multiples cessions, ventes, fusions et autres opérations financières rendent particulièrement opaques la situation réelle des permis. Par exemple, le permis de Château-Thierry, est accordé à Toréador en 2009, entreprise qui cède 50 % de ses actifs à Hess en 2010 (motif de la demande de mutation actuellement à l’ordre du jour). En 2011 Toréador disparaît au profit de Zaza qui cède à son tour ses actifs en 2012 à Hess et en 2013 nous voyons certains arrêtés préfectoraux adressés à Vermilion Moraine. Quel est le titulaire actuel du permis de Château-Thierry ? Rien n’est clair.

A l’aide de documents à caractère officiel (par exemple : présentations financières à la commission des opérations de bourse de New York), publiés pour les uns, avant la loi Jacob, pour les autres, après le vote de cette loi, nous avons pu apporter la preuve que l’intérêt des pétroliers de tous bords pour le Bassin Parisien était bien le pétrole non conventionnel, avec pour épicentre le permis de Château-Thierry.

Pétrole non-conventionnel qui ne peut être exploité qu’en faisant appel à la fracturation hydraulique.

Nous avons réitéré nos propos indiquant que l’Etat n’était pas condamné à signer les mutations mais à les ré-instruire, ce qui permettrait la levée de l’astreinte journalière de 14.000€.

Signer ces arrêtés de mutation, c’est créer un précèdent et une brèche dans laquelle les pétroliers vont s’engouffrer .

Il est urgent que le gouvernement soit clair et transparent dans sa démarche, qu’il ait le courage de prendre une vraie décision politique, qui soit un signe fort pour les Collectifs anti gaz et pétrole de schiste, en refusant la signature des mutations des permis au profit de Hess.

Ce serait faire preuve d’une cohérence totale avec les déclarations présidentielles et la position affichée depuis longtemps par Philippe Martin concernant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère, avant son départ pour la Conférence sur le réchauffement climatique à Varsovie, le 20 novembre prochain.

La décision ministérielle sera communiquée dans les prochains jours.

Traité de libre-échange : Wikileaks révèle l’accord secret visant à protéger les intérêts des multinationales Elisabeth Schneiter (Reporterre) Reporterre 2013/11/19 Elisabeth Schneiter (Reporterre) (19 novembre 2013) Traité de libre-échange : Wikileaks révèle l’accord secret visant à protéger les intérêts des multinationales. Reporterre. Libertés fr

Traité de libre-échange : Wikileaks révèle l’accord secret visant à protéger les intérêts des multinationales

« Propriété intellectuelle » : sous ce vocable se cache la volonté des multinationales de privatiser les biens communs, qu’ils soient environnementaux, de santé, ou d’internet. Wikileaks révèle - et Reporterre relaie le premier en France - le chapitre secret de l’accord négocié entre les nations du Pacifique. Il préfigure le Traité de libre-échange transatlantique préparé en secret par la Commission européenne et les Etats-Unis.

WikiLeaks a publié le 13 novembre dernier le projet de texte d’un chapitre de l’accord de Partenariat Trans-Pacific (TPP), un traité de libre-échange multilatéral actuellement négocié en secret par douze nations du Pacifique.

L’accord complet couvre de nombreux domaines. Le chapitre publié par Wikileaks concerne les Droits de propriété intellectuelle, un domaine du droit qui a des effets dans des domaines aussi variés que les produits pharmaceutiques ou les libertés civiles.

Ce chapitre est le plus controversé du TPP en raison de ses multiples effets sur les médicaments, les éditeurs, les services Internet, les libertés civiles et les brevets biologiques. Le texte publié comprend les positions de négociation et de désaccords entre les douze États membres potentiels.

Télécharger ici :

États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Mexique, Malaisie, Chili, Singapour, Pérou, Vietnam et Brunei sont les États qui négocient, mais à huis clos. Même les membres du Congrès américain n’ont été autorisés à voir que certaines parties des documents en cours de discussion.

C’est très important, et cela concerne aussi les Européens et les Français, parce que ce traité est semblable au Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA, aussi connu comme TTIP, Transatlantic Trade et Investment Partnership), en français Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), dont les négociations ont été ouvertes par le Président Obama en janvier 2013. À eux deux, ces traités couvriraient plus de 60 % du PIB (produit intérieur brut) mondial, pourtant les deux pactes excluent la Chine.

Wikileaks explique que trois personnes seulement dans chaque nation du TPP ont accès au texte intégral de l’accord, mais que 600 « conseillers commerciaux » - les lobbyistes qui veillent aux intérêts des grandes sociétés américaines comme Chevron, Halliburton, Monsanto ou Walmart – ont, elles, un accès privilégié aux sections cruciales du texte du traité.

Le chapitre sur la propriété intellectuelle contient des propositions visant à accroître la durée des brevets, y compris les brevets médicaux, au-delà de vingt ans tout en abaissant les normes mondiales de brevetabilité. Il pousse également à des mesures énergiques pour empêcher les hackers d’outrepasser le droit d’auteur, mais prévoit que ces mêmes droits ne tiennent plus face à des activités « légalement autorisées effectuées par des fonctionnaires, agents ou sous-traitants en vue de l’application de la loi, du renseignement, de la sécurité essentielle, ou à des fins gouvernementales similaires."

- Manifestation en mai à Tokyo contre le Traité transpacifique -

Mesures de contrôle sur les biens communs

Sur 95 pages, le chapitre des Droits de la propriété intellectuelle énonce des dispositions pour instituer un régime juridique modifiant et remplaçant les lois existantes dans les pays signataires. Il comprend des accords en matière de brevets (qui peut produire des biens ou des médicaments), du droit d’auteur (qui peut transmettre des informations), de la protection des marques (qui peut reconnaître l’authenticité d’une information ou d’une chose) et en matière de conception industrielle.

La plus longue section du chapitre détaille de nouvelles mesures de contrôle, avec de profonds retentissement sur les droits individuels, les libertés civiles, les éditeurs, les fournisseurs de services Internet et la vie privée sur Internet, ainsi que sur les biens communs matériels et immatériels et sur le patrimoine environnemental. Certaines mesures particulières proposées comprennent des tribunaux supranationaux qui primeraient sur les tribunaux nationaux, sans aucune garantie en matière de droits de l’homme.

Le document précise aussi que ces tribunaux peuvent tenir des audiences où seraient présentées des preuves qui resteraient secrètes.

De nombreux chefs d’États qui participent aux négociations du TPP, et de hauts responsables de gouvernement, dont le président Obama, ont déclaré leur intention de signer et de ratifier le PPT avant la fin de 2013.

« S’il est institué », dit Julian Assange, « le nouveau régime de propriété intellectuelle empiétera sur les droits individuels et sur la libre expression, en foulant aux pieds le patrimoine intellectuel et créatif commun. Si vous lisez, écrivez, publiez, pensez, écoutez, dansez, chantez ou inventez, si vous cultivez ou consommez de la nourriture, si vous êtes malade maintenant ou peut-être malade un jour, le TPP vous a dans sa ligne de mire."

Climat : la génération future, c’est nous ! Laura Chatel et Lucas Nédélec Reporterre 2013/11/20 Laura Chatel et Lucas Nédélec (20 novembre 2013) Climat : la génération future, c’est nous !. Reporterre. Tribune — fr

Climat : la génération future, c’est nous !

Conférence du climat à Varsovie. Tout le monde s’en fiche ? Non, pas les jeunes ! Car « 2050, c’est demain et la génération future, c’est nous ! Nous sommes et serons les adultes qui subiront directement l’aggravation des dérèglements climatiques. Alors, nul besoin d’attendre, nul besoin de désespérer. Juste besoin d’agir et de se mettre en marche. »

Varsovie 2013. Encore une conférence internationale sur le climat... Une de plus ou une de moins, ces sommets vont-ils changer la face du monde ? Depuis longtemps, les écologistes, et a fortiori la jeunesse, ont mis beaucoup d’espoir dans ces rares moments où l’ensemble des forces politiques, médiatiques et citoyennes semblaient s’accorder sur la nécessité de placer le combat contre le dérèglement climatique et la destruction de notre planète au-dessus de tous les autres. Un espoir continuellement déçu par la faible ampleur des avancées, ridicules comparées aux enjeux.

La responsabilité humaine dans le réchauffement de la planète ne fait plus aucune doute, ses conséquences terribles non plus, de même que le constat que, une fois de plus, ce sont les populations les plus défavorisées qui sont et seront les premières victimes de ces phénomènes.

Nous voulons ici exprimer le souhait d’une génération. Une génération qui subira l’accroissement des effets du changement climatique, une génération qui refuse la passivité et l’inaction, une génération qui ne peut se contenter des petites avancées et des grandes paroles, une génération qui en appelle à ce grand bouleversement positif que serait la révolution écologique.

Un sursaut collectif

Alors, faut-il croire en la conférence de Varsovie ? Certes, la prise de conscience est là, prenant forme depuis plusieurs années, gagnant de plus en plus de couches de notre société. Mais bien plus qu’un frémissement, c’est d’un sursaut dont nous avons besoin !

À Varsovie ou ailleurs, une énième grande messe jalonnée de vœux pieux ne servira à rien. La situation dans laquelle nous nous trouvons doit appeler à un consensus rapide autour d’un nouvel accord de réduction ambitieux et contraignant des émissions de gaz à effet de serre.

Même si nous ne nous berçons pas d’illusions, il n’est pas irréaliste de souhaiter la réussite de cette conférence. Dans les années 1980, la grave menace qui pesait sur la couche d’ozone avait permis à l’ensemble des États de s’engager dans une démarche commune d’interdiction des gaz fluorés. Pourquoi aujourd’hui, alors même que la course à la destruction de l’environnement remet en cause notre avenir commun, la communauté internationale ne serait-elle pas capable de se mettre enfin d’accord ?

2050 c’est demain, et la génération future c’est nous

La jeunesse a besoin de ce sursaut. Pour espérer. Pour vivre ensuite, parce que le nouveau modèle de société qui émerge va définir les conditions dans lesquelles nous allons grandir.

Il est trop souvent dit que les négociations sur le climat ne sont qu’une préoccupation de long terme, détachée du quotidien. Cela n’est pas vrai : 2050, c’est demain et la génération future, c’est nous ! Nous sommes et serons les adultes qui subiront directement l’aggravation des dérèglements climatiques. Alors, nul besoin d’attendre, nul besoin de désespérer. Juste besoin d’agir et de se mettre en marche.

De vrais engagements pour changer de monde

Pour cela, nous avons quelques idées à partager et à discuter. L’idée d’aller vers une autre économie, la vraie, celle qui sert l’humain, l’économie relocalisée, l’économie réelle, celle-là même que réclament intensément les peuples.

L’idée de préférer la sobriété à la cupidité, et ce dans tous les domaines de la société.

L’idée de donner la parole et le même poids à tout le monde, aux citoyens, aux associations, aux chercheurs, aux artistes, aux minorités, plutôt qu’aux seules entreprises privées lors des sommets climatiques.

L’idée de punir les crimes écologiques et d’empêcher la marchandisation de la nature pour mieux repenser notre place dans notre environnement.

Très concrètement, pour que ce sommet de Varsovie serve à quelque chose et que l’espoir revienne, de vrais engagements doivent être pris par les acteurs politiques. Parmi ces engagements, voici ceux qui nous semblent les plus cruciaux :

- l’adoption d’une base de travail pour la signature d’un accord contraignant visant la réduction de 90% de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 ;

- l’engagement d’une feuille de route de transition écologique à très court-terme pour ne pas attendre sans agir l’application d’un nouvel accord en 2020 ;

- la mise en place d’un « Green New Deal » européen créateur d’emplois et permettant de réduire de 50% notre consommation d’énergie d’ici 2050 tout en produisant 100% de notre électricité à partir de sources renouvelables et relocalisées ;

- la dotation d’un Fonds Vert d’adaptation et d’atténuation des conséquences du réchauffement climatique par les pays développés à destination des pays les plus pauvres, et la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement permettant une gouvernance équitable et démocratique de ceux-ci ;

- la création d’un véritable statut international protecteur pour les réfugiés climatiques, de plus en plus nombreux.

Ces objectifs que nous proposons ne sont pas irréalisables. Aujourd’hui, l’illusion serait plutôt de croire que nous pourrons continuer à nous développer ainsi, en ignorant les limites de la biosphère et le fossé social entre les populations.

Dans notre époque troublée telle que nous la connaissons, nous avons l’occasion de redonner du sens à nos activités et à l’action internationale. Nous avons l’occasion unique de faire de la lutte contre le réchauffement climatique le symbole d’une nouvelle humanité davantage intéressée par le bonheur des peuples que par les cours de la bourse.

Ce changement de modèle n’est pas que la préoccupation d’une poignée de militants et de négociateurs, il est l’enjeu de toute une génération, cette fameuse "génération future" qui n’attend que d’agir en son présent pour croire en son avenir.

Les paysans se sont imposé à un colloque sur les OGM à l’Institut de France Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/20 Barnabé Binctin (Reporterre) (20 novembre 2013) Les paysans se sont imposé à un colloque sur les OGM à l’Institut de France. Reporterre. fr

Les paysans se sont imposé à un colloque sur les OGM à l’Institut de France

Peut-on parler d’organismes génétiquement modifiés sans entendre les paysans ? C’est la question posée par la Confédération paysanne, qui s’est imposée mardi 19 novembre dans un colloque discrètement organisé par l’Institut de France.

- Académie française, Paris, reportage

Mardi matin 19 novembre, un colloque sur les plantes génétiquement modifiées se tenait à l’Institut de France, sous l’égide de l’Académie des Sciences, de l’Académie d’Agriculture de France et de l’Académie des technologies. Sous les lustres en or et les portraits d’illustres savants tels Lavoisier, Turgot ou Voltaire, il était question de mutagénèse, de marqueur moléculaire, de fragments chromosomiques et de variabilité génétique. Il s’agissait notamment de promouvoir l’amélioration des plantes par le « génie génétique, qui permet de favoriser des variétés adaptés au changement climatique et de répondre ainsi aux besoins de l’agriculture durable », selon André Gallais, professeur honoraire d’AgroParisTech.

Dehors, l’ambiance est beaucoup moins calme. Une vingtaine de membres de la Confédération Paysanne sont bloqués par un cordon policier leur interdisant l’entrée. Les forces de sécurité sont deux fois plus nombreuses que les représentants syndicaux.

Derrière une banderole affichant le message « Les plantes mutées sont des OGM », la revendication de la Confédération Paysanne est simple : participer aux échanges sur la question pour faire entendre un point de vue opposé aux OGM. L’entrée leur est d’abord refusée : « Le colloque est un débat scientifique alors que les manifestants portent un message citoyen, ils font du social, cela n’a pas sa place ici », justifie l’attachée de presse de l’Institut de France. La directrice des services administratifs de l’Institut poursuit : « Ici, c’est le parlement des savants, on ne peut pas laisser la parole aux membres de la Confédération, car il faut avoir un certain niveau d’expertise. Leur propos ne porte pas sur le même niveau, il y a des choses qu’on ne peut pas laisser dire ici sur les OGM ».

Deux membres de la délégation sont finalement autorisés à rejoindre la grande salle des séances. Dans une brève allocution, Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat, regrette de devoir « faire le coup de poing pour pouvoir s’exprimer ». Sur les deux minutes qui lui sont allouées, il concentre son discours sur l’absence de transparence des pouvoirs publics alors qu’il existe un refus populaire des OGM : « Les citoyens rejettent massivement ces biotechnologies et les pollutions qu’elles induisent ».

Guy Kastler est le responsable sur les semences à la Confédération Paysanne. Il explique que les plantes mutées sont des OGM au sens de la définition qu’en donne la Commission européenne dans la directive 2001/18. Alors que la transgénèse reste interdite par la réglementation, la mutagénèse permet selon lui de contourner la loi pour produire des « OGM clandestins ». Il dénonce l’opacité des informations quant à l’utilisation de cette technique : « Il n’y a aucune traçabilité, donc il est difficile d’avoir des chiffres exacts. Mais tout le riz cultivé en France et tout le colza autorisé sont par exemple issus de mutagénèse. On estime que plus du tiers de notre alimentation vient des plantes mutées. Or si on ne peut pas établir des preuves de toxicité pour l’instant, il est scientifiquement prouvé que la mutagénèse a plus d’effets indirects que la transgénèse ».

Quelques minutes après cet incident, un ancien ingénieur agronome devenu expert en biologie cellulaire, et membre de l’Académie d’agriculture, Jean-Claude Mounolou décrypte pour Reporterre les conceptions qui s’entrechoquent sur la question de la modification génétique du vivant.

Il y a d’abord, selon lui, les chercheurs en biologie moléculaire qui travaillent sur les méthodes de sélection, à l’échelle microscopique des génomes. Leur objectif est de développer les connaissances dans ce domaine. Ils représentaient l’importante majorité des participants du colloque.

Ensuite, ce qu’il appelle les écologistes, qui réfléchissent aux milieux naturels, aux réserves de biodiversité. L’enjeu des plantes génétiquement modifiées pose pour eux la question de la diversité du vivant, le risque d’une généralisation des OGM étant d’aboutir à l’uniformité des paysages et des milieux agricoles.

Et puis, il y a les agriculteurs-paysans, qui s’inquiètent d’un certain modèle social issu du développement de ces cultures. Il s’agit de savoir comment tirer un revenu suffisant pour vivre quand les semences brevetées réduisent toujours plus l’autonomie de leur profession. « Ils ressentent les OGM et PGM comme une façon d’être toujours plus exploités, à juste titre », reconnaît le scientifique.

Pour Jean-Claude Mounolou, ces trois approches sont légitimes et doivent exister. Elles peuvent ne pas être contradictoires en soi, bien qu’elles s’opposent sur l’angle d’approche du problème. Se pose alors la question de l’arbitrage et de l’utilisation des avancées de la science, qui, par définition, ne doit pas être contrainte dans ses recherches ? « C’est le citoyen qui doit trancher, à travers le pouvoir politique, et avec l’aide des médias. Au fond, la question n’est pas tant de régulation que d’éducation ».

Comment parler d’écologie… et convaincre Reporterre // Pénélope Reporterre 2013/11/20 Reporterre // Pénélope (20 novembre 2013) Comment parler d’écologie… et convaincre. Reporterre. fr

Comment parler d’écologie… et convaincre

Les alternatives, d’accord : les choux, la démocratie, la maison dans les arbres, le pain anarchiste, la bicyclette à roues douces, on est à fond pour, on aime, on milite… mais l’alternative, c’est aussi de penser, de parler, de communiquer autrement. C’est ce qu’on essaye de faire, les journalistes de Reporterre et de plein d’autres médias alternatifs. Parce que la bataille, elle est aussi sur le front de l’information.

On a plein de bonnes surprises, et on apprend jour après jour. Et hier, on est tombé sur çà. Cà ? Une bien belle et bonne et drôle bande dessinée, qui explique très bien pourquoi… mais on vous laisse la découvrir en suivant ce lien : http://www.penelope-jolicoeur.com/2013/11/prends-cinq-minutes-et-signe-copain-.html

Merci, Pénélope.

Un clown dans le train climatique Inclownito Reporterre 2013/11/20 Inclownito (20 novembre 2013) Un clown dans le train climatique. Reporterre. fr

Un clown dans le train climatique

700 jeunes dans le train climatique pour Varsovie. Et neuf clowns… Dont l’un témoigne ici de ce voyage extraordinaire.

- Témoignage, Bruxelles-Varsovie-Bruxelles

Autant le dire tout de suite, je suis allé à Varsovie en tant que clown, et pas n’importe quel clown... Clown soldat, clown miliTerre, clown de la fière artnez des clowns internazionale... Avec de multiples objectifs : transformer le train d’activistes en train de clowns, libérer Varsovie du Greenwashing, répandre la prophétie des clowns du 14 juillet 2014, conduire une des deux voitures des neuf clowns à partir de France pour prendre le train à Bruxelles, montrer à quel point l’artnez des clowns est la plus drôle et la plus puissante de toutes les artnez et recruter dans les rangs d’oignons des poloniais comme des militants, etc.

Et pas n’importe comment : dans un train au départ de Bruxelles à 18h18 le vendredi, arrivée à Varsovie à midi le samedi, manifestations et nuit dans des écoles, Retour 24 heures plus tard pour arriver à Bruxelles à 6h16 lundi : soit pas moins de 36 heures de train et tout juste 24 heures en sol polonais...

Je vous laisse un peu imaginer 700 activistes de différents pays ensemble pendant 60 heures pour traverser un bout d’Europe et aller dire à nos gouvernements à quel point ils nous déçoivent, à quel point nous savons qu’ils sont incapables de solutions et surtout responsables devant l’humanité de tant de crimes... Aux cris de « Changeons le système, pas le climat ! » nous répond toujours et invariablement la présence toujours massive de militaires de tous types, policiers, gendarmes, casques, boucliers, armures, matraques, gaz et électricité, armes prêtes à servir, hélicoptères, canons à eau, caméras et autres merveilles technocratiques... tout ceci bien entendu pour nous protéger... de qui ? Va savoir...

Quelle image emblématique de ce monde et de cette Europe à coté de la plaque : 700 « jeunes » Européens comme dit la presse débarquent pour chanter l’amour, le changement, un autre monde à créer et quel comité d’accueil redoivent-ils et elles ? Un banquet ? Une cérémonie ? Une ou un élu ? Peut être... pas vu grand chose moi... par contre des centaines, des milliers de tenues de combats, çà oui ! Quel danger sommes-nous donc ?

C’est là que pour moi l’impulsion du clown est irrésistible... le « théâtre d’opération » comme disent les « vrais » militaires est d’un ridicule insoutenable, d’une absurdité telle... que tout devient possible quand il s’agit de jouer à être encore plus ridicule que ridicule.

Mimer la police, la caricaturer, tourner en dérision aussi bien les postures que les outils, les costumes que les codes, les armes comme les déplacements, et bien entendu rigoler aussi des et/ou avec des militants bien sages ou pas sages du tout... Et l’infinie créativité du clown qui permet de jouer de tout et de tout le monde, qui peut aussi bien et vite sauter du militaire au journaliste, du militant énervé au enfants qui jouent, d’une publicité à une voiture en vitrine, d’un MacDo à un costard cravateux.

Une brigade de clowns est par nature incontrôlable puisque mis à part nos « fils rouges » que peuvent être par exemple « contrôler les sourires », « dépister la grippe acheteuse », « repeindre tout en vert » ou encore de « demander une augmentation de la température terrestre pour avoir chaud en Pologne ». Mis à part nos fils rouges donc, nous sommes des clowns : plongéEs dans nos merveilleux mondes imaginaires et émotionnels, enfantins, capables de rire, de jouer et de pleurer de tout, incapables de réfléchir, capables de trahir, d’aider les forces de l’ordre en jouant aux farces de l’ordre puis de s’amuser à se retourner contre eux une fois la confiance gagnée puis changer de camp encore, insaisissables clowns...

Des faits me direz vous ? Des chiffres même peut être ?

En nombres inestimables pour commencer : les sourires déclenchés (ou sourires extérieurs selon nos termes) et éclats de rires parfois très proches de la mort de rire... (nos clowns scientifrics bossent sur des solutions d’urgence pour calmer les violentes crises de rire, rassurez-vous)

En centaines minimum (et par clown svp donc fois neuf) : le nombre de câlins offerts à la population civile mais surtout militaire. (Pour la prochaine fois, on veillera à équilibrer avec les câlins aux civils parfois jaloux des militaires, à noter en effet qu’un civil non identifié a tenté de décrocher une des clowns toute fraichement mariée d’un jeune policier polonais déjà marié mais content)

9 clowns partis en mission : 0 mort, 0 blessé ni dans notre camp ni dans notre camp, balle au centre. Plusieurs mariages inter artnez Clownistano-polonais avec cérémonies musicales. 7 minutes 13 bananes de scènes, chansons, danses, lettre au père Noel et cris aux loups lors des prises de paroles en fin de manifestation. Aucune personne gazée, ni matraquée, ou du moins pas à la connaissance de nos Renseignements Généreux. Nos Farces ont encore une fois prouvé leurs supériorité tactiques et techniques sur les armées Européennes...

De nombreux soldats poloniais nous disaient d’ailleurs sous couvert d’anonymat, je cite : « Amis français, il n’y a pas que le plombier polonais à recruter chez nous, il y aussi du policier gentil, poli, câlin, joueur, grand, costaud, la peau bien blanche et tout, bien obéissant, qui boit beaucoup et qui fume pas du tout, et qui serait heureux de travailler pas cher pour la police de France... »

Ils nous ont également donné des dossiers pour postuler dans l’artnez des clowns et pour que nous revenions animer des stages de transformation au clown en Pologne, les accords sont à l’étude et pas top secret.

En ce qui concerne les gouverne menteurs, présidents longues, sinistres de l’écologie, multinazionales, champions des crimes contre l’humanité et contre la planète, lobbyistes du développement durable du Greenwashing, nous étions surtout du voyage pour réaffirmer notre totale confiance dans tout ce beau monde pour continuer à fond à fond à fond droit dans le mur... aucun problème de ce côté là !

Un très grand Merci donc aux féroces soldats pas féroces Poloniais mais pas que, et aux donneurs d’ordre de tout pays pour vos inépuisables ressources renouvelables en énergies ridicules et absurdes dont le peuple du Clownistan est si friand...

Salutations sincères et Ambrassades chaleureuses d’un des vos envoyés spéciaux du Clownistan, pour ReporTerre.

Amour, humour, patience, persévérance, liberté... Rdv au plus tard le 14 juillet 2014 pour que la prophétie des clowns s’accomplisse... nos voyantes, astronautes et météorologues nous prévoient un feu d’artifices de clowns magiques, des peuples intergalactiques dans leurs plus beaux habits, et même que nous ferons nettement mieux et plus radicool que le 14 juillet 1789...

Non seulement il parait que nous allons être des millions de clowns, mais en prime que les militaires vont très très vite se rendre à l’évidence, et rejoindre nos Farces pour quelques semaines infinies de fiesta à Paris, dans tous les châteaux et musées, de l’Élisée à la maison blanche, des peuples du sud au nord, de toutes les galaxies proches et lointaines du Clownistan...

L’événement anthropocène Reporterre 2013/11/20 (20 novembre 2013) L’événement anthropocène. Reporterre. fr

L’événement anthropocène

Les scientifiques nous l’annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque : l’Anthropocène. Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine.

Depuis la révolution thermo-industrielle, notre planète a basculé vers un état inédit. Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers voire des millions d’années dans les archives géologiques de la planète et soumettront les sociétés humaines à des difficultés considérables. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Faisant dialoguer science et histoire, les auteurs dressent l’inventaire écologique d’un modèle de développement devenu insoutenable, ébranlent bien des idées reçues sur notre prétendue « prise de conscience environnementale » et ouvrent des pistes pour vivre et agir politiquement dans l’Anthropocène.

Christophe Bonneuil est historien au CNRS et dirige la collection « Anthropocène » au Seuil. Il a notamment codirigé Une autre histoire des « Trente Glorieuses » et coécrit Sciences, techniques et société, La Découverte, 2013.

Jean-Baptiste Fressoz est historien au CNRS et enseigne au King’s College de Londres. Il est l’auteur de L’Apocalypse joyeuse, Seuil, 2012.

L’Evénement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, Le Seuil, 320 pages, 18.00 € TTC

A Varsovie, des jeunes gonflés à bloc venus de Bruxelles pour le climat Grégoire Comhaire (Reporterre) Reporterre 2013/11/20 Grégoire Comhaire (Reporterre) (20 novembre 2013) A Varsovie, des jeunes gonflés à bloc venus de Bruxelles pour le climat. Reporterre. Climat fr

A Varsovie, des jeunes gonflés à bloc venus de Bruxelles pour le climat

Le train pour le climat a convoyé ses 700 passagers vers Varsovie. 35 heures de train pour moins de 24 heures sur place. Et un succès sur toute la ligne malgré les tracasseries policières. Sans oublier une rencontre cruciale avec les syndicats de Pologne, pour unir écologie et travail.

- Reportage, Bruxelles-Varsovie-Bruxelles

A moins d’être sourd et aveugle, il était difficile, vendredi 15 novembre, d’ignorer qu’un train spécial quittait la gare du Midi de Bruxelles avec 700 jeunes à son bord vers Varsovie. Dès 17h dans le grand hall de la gare, des centaines étaient déjà présents avec sacs, banderoles et calicots, entonnant en coeur les nombreux slogans qu’ils comptaient crier le lendemain dans la capitale polonaise, pour le grand plaisir des autres voyageurs…

“What do we want ?” “Climate justice !!” “When do we want this ?” “Now” s’écrie la foule dans la gare. [- Ce que nous voulons ? - La justice climatique ? - Quand le voulons-nous ? - Maintenant !]

La presse est là en nombre. La télévision belge bien-sûr, mais aussi des médias allemands, britanniques et français. Il faut dire que ce “convoi exceptionnel”, rempli de jeunes gonflés à bloc est à la fois étonnant et interpellant, à l’heure où plus personne ne semble s’intéresser au climat. Affrêté par deux jeunes Gantois [habitants de Gand] il y a quelques mois, le train a largement dépassé les 600 participants prévus. Les inscriptions de dernière minute se sont multipliées. Et au moment d’embarquer, c’est la cohue dans les neuf wagons du train.

Le départ est donné vers 18h45 avec à peine vingt petites minutes de retard. Plus de dix organisations sont présentes ainsi que de nombreux particuliers qui se sont joints à l’aventure après avoir vu les affiches, les appels diffusés sur facebook ou l’article de Reporterre. Au programme de la soirée : une série de débats sur le thème du climat et de la justice sociale qui doivent se tenir dans le wagon numéro 9. Mais pas besoin d’être un spécialiste pour se rendre compte qu’il va être très difficile d’organiser cela dans un espace aussi exigu.

Une heure à peine après le départ, on annonce d’ailleurs que les débats sont annulés. Qu’importe, les passagers circulent suffisamment de wagon en wagon pour se rencontrer et échanger les idées. Il faut dire que si tout le monde est là pour les mêmes raisons, les opinions divergent parfois quand aux moyens d’actions à mettre en oeuvre pour amorcer la fameuse “transition énergétique”.

Il y a là des syndicalistes, des ONG, des organisations de jeunesse politique, des organisations environnementales, des associations étudiantes... Il y a beaucoup de jeunes, des très jeunes même, comme cette jeune Liégeoise qui a obtenu de sécher les cours lundi à condition de faire un compte-rendu du voyage devant sa classe. Il y aussi des plus âgés, des retraités, des vétérans du “Train pour Copenhague” en 2009. Il y a même deux bébés et deux députés !

Dans le wagon numéro 2, le Chef et son équipe de bénévoles préparent le repas pour les 700 passagers. Non loin de là la pompe à bière est déjà en service. Pour 2 euros + 1 euro de caution pour le gobelet, la “Saison Dupont” aidera les passagers à mieux fermer l’oeil dans ce train que rien ne semble pouvoir arrêter.

Rien ? C’est sans compter le zèle de la police polonaise et la paranoia de leurs dirigeants alors que Varsovie accueille simultanément la Conférence sur le climat et le sommet du Charbon. Après une nuit calme à traverser l’Allemagne jusqu’à l’Oder sans pépin ni incident, les 700 voyageurs sont brutalement réveillés par les forces de l’ordre qui annoncent un contrôle de tous les voyageurs. Le train est immobilisé peu après la frontière, et ce sont pas moins de 400 policiers qui montent à bord, parfois avec des chiens, pour contrôler les papiers et fouiller les wagons de fond en comble.

L’opération durera plus de deux heures. Il se murmure que les autorités polonaises veulent retarder l’arrivée du train à Varsovie où une manifestation doit débuter à 14h30. Mais malgré trois voyageurs sans carte d’identité, le train repart avec tout le monde à son bord. Il sera escorté pendant cinq heures par un hélicoptère de la police. Et dans chaque gare traversée tout au long du trajet, les passagers verront par la fenêtre une escouade de CRS suréquipés. Le ton est donné.

Arrivée donc à 13h15 à la gare de Varsovie où un impressionnant comité d’accueil attend les manifestants. Plus de deux mille policiers ont été mobilisés pour encadrer la manifestation. Pour éviter les débordements éventuels, mais aussi, selon une rumeur, parce que des éléments d’extrême-droite ont annoncé leur intention de s’en prendre à ces “fauteurs de trouble”, venus de si loin pour bousculer le système. Il faut dire qu’en Pologne, le pays du charbon, la transition énergétique est un concept qui fait peur. Et vingt ans après la chute du rideau de fer, la présence, parmi les manifestants, d’une centaine de militants communistes venus battre le pavé avec slogans et drapeaux ne plait pas à tout le monde.

Escortée par deux colonnes de robocops, la manifestation démarre à l’heure prévue. Il fait un froid glacial mais ni le temps, ni la courte nuit dans le train, ne semblent entamer l’enthousiasme des manifestants.

Dans le cortège, on retrouve les pancartes déjà vues à Copenhague. “There is no planet B”, “il est minuit +10”. Mais aussi des slogans nouveaux, inventés par les jeunes du train comme “Our climate, not your business”. Les cris dépendent un peu des différentes sensibilités. Comme toujours, le Comac (Jeunes du Parti du travail de Belgique) a sorti les drapeaux rouges et les Che Guevara, fustigeant le capitalisme et recyclant les vieux chants anti-Bush des manifs contre la guerre en Irak. Derrière eux, OXFAM entonne en boucle la chanson “Bella Ciao” dont les paroles ont été réécrite par les ONG membre de la Coalition climat.

A l’arrivée, près du stade national, de l’autre côté de la Vistule, chacun part vers son lieu d’hébergement. Des écoles sont ouvertes pour aller déplier son matelas et son sac de couchage. C’est l’heure de partir à la découverte de toutes les richesses nocturnes que Varsovie a à offrir. La soirée est libre et elle ne fait que commencer !

Elle a manifestement été longue vu le peu de gens qui assistent à la rencontre avec les syndicats dimanche matin. Dommage car les échanges sont riches et intéressants.

Autour de la table, on trouve un représentant du parti écologiste polonais. Un membre de la confédération européenne des syndicats. Un représentant de la Coalition Climat de Belgique ainsi qu’un représentant d’OXFAM et un syndicaliste polonais. Le thème du débat : l’écologie et la justice sociale. Un thème essentiel dans ce pays où Verts et syndicats sont à couteaux tirés.

Cette rencontre est une première à plus d’un titre. Il y a quelques semaines encore, les syndicats polonais avaient prévu d’organiser une contre-manifestation pour protester contre la venue du train. Et c’est une des première fois que les Verts et les syndicats se retrouvent autour d’une même table. Car l’écologie fait peur en raison du contexte social difficile en Pologne.

“Les changements se sont toujours produit dans la douleur”, explique le représentant syndical polonais. Depuis la chute du communisme, le pays vit dans un système économique libéral avec une sécurité sociale beaucoup plus faible qu’en Belgique. “Il est donc logique que les gens aient peur d’un nouveau changement.”

Même si on note une ouverture du monde syndical vers les problématiques climatiques, cette ouverture reste théorique. Car pour les syndicats, le gouvernement polonais risque d’instrumentaliser la cause climatique pour les détruire. “Dans la pratique, nous n’aurons pas vraiment d’alliés le jour où nous perdrons nos emplois.”

La route est encore longue avant d’amener l’émergence d’un vrai mouvement climatique en Pologne. Reste que la présence du train aura permis aux Verts polonais de s’ouvrir aux préoccupations des syndicats.

A midi, tout le monde converge à nouveau vers la gare. C’est parti à nouveau pour 18 heures de train jusqu’à Bruxelles. Mais deux presque nuits blanches et une manifestation plus tard, le moral est toujours au zénith dans les neuf wagons du train.

Présidente de Comac, l’une des organisations présentes dans le train, Aurélie Decoene est fière d’avoir pu mobiliser plus de cent jeunes sur un thème difficile comme le “Climat” et pour un montant largement supérieur à celui des activités généralement proposée par son organisation. “Cela nous prouve que les thématiques du climat sont vraiment au coeur des préocupations des jeunes. Ils ont envie de se mobiliser là-dessus et de promouvoir le changement. Ceux qui prétendent que l’enthousiasme de Copenhague est retombé se trompent. Les plus jeunes n’étaient pas à Copenhague. Pour eux, la force de mobilisation est intacte”.

Et d’ajouter que la seule présence des Belges à Varsovie à réussi à ramener l’attention des médias sur les enjeux de la COP. “A nous tous seuls, nous avons réussi à sauver le contre-sommet”.

Six heures, lundi matin, les voyageurs fatigués sont de retour à la gare du Midi. Ils sont accueillis avec des croissants et du café chaud offert par la SNCB. C’est déjà l’heure des aurevoir, mais nul doute que le pari lancé par les organisateurs du train a été réussi. Le mouvement social pour le climat n’est pas mort. Il ne fait que commencer.

Hugo, 31 ans

« On s’est senti un peu seul dans les rues de Varsovie, mais en même temps c’était vraiment chouette d’être là. »

Hugo Rogiers est militant et permanent d’OXFAM-magasin du monde. Il faisait déjà partie de l’aventure du train pour Copenhague en 2009. « On était parti la fleur au fusil en croyant que quelque chose de très grand allait se passer. Cette fois c’était très différent. On a pas l’impression d’avoir changé grand chose, mais on sait que notre présence était très importante. Le changement ne vient pas que du politique, il vient aussi de la société civile. »

L’immense présence policière l’a tout de même interpellé. « Je pense que les autorités n’ont pas compris notre message. En Belgique, la société civile s’exprime et influence le débat. Ici manifestement, elle est d’abord vue comme quelque chose de subversif. »

Le train, quand à lui, restera un souvenir impérissable. « C’est important pour un militant de vivre des expériences humaines comme celle-là. On a passé deux fois plus de temps dans le train qu’à Varsovie. Mais c’était tellement fort que ça va indiscutablement contribuer à renforcer le militantisme chez tout le monde. »

Laure-Line, 20 ans

« C’est la première fois que je participe à une telle aventure. Mais quand j’ai vu l’appel, je n’ai pas hésité une seule seconde et je me suis inscrite. » Etudiante en sciences politiques, Laure-Line est sensible à tous les combats de notre époque. Mais le climat et l’environnement sont vraiment, dit-elle, l’enjeu majeur de sa génération. « Je pense que tous les jeunes se sentent concernés. Ce qu’il faut c’est amener des solutions et changer le système économique. C’est le capitalisme qui a créé la crise climatique ! »

Les 35 heures de train, la manifestation et la rencontre avec les syndicats ont été une expérience formidable. Elle n’a pas eu peur de la police. « A dire vrai, j’étais plutôt contente qu’ils soient là. Avant de partir j’avais quand même peur que des fascistes ne viennent pour en découdre avec nous". Quant aux différentes rencontre tout au long du voyage : « C’était vraiment très enrichissant, surtout la rencontre avec les syndicalistes polonais. J’espère que maintenant, on va rester mobilisés. L’objectif c’est d’arriver encore plus nombreux dans deux ans à Paris. »

A quoi EELV sert-il ? Paul Ariès Reporterre 2013/11/21 Paul Ariès (21 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti Europe Ecologie Les Verts tiendra son congrès à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre ouvre sa tribune aux écologistes, politiques et intellectuels pour répondre à la question : A quoi EELV sert-il ? Après Jean-Claude Guillebaud, Denis Baupin et Alain Lipietz, Paul Ariès livre son point de vue.

Jean-Claude Guillebaud a raison : EELV ne servirait plus à rien sinon de caution à la haine de l’écologie. Une haine dont le mouvement anti-ecotaxe n’est qu’un symptôme annonciateur. EELV n’a pas su donner envie de changer de société, elle n’a jamais su susciter le désir de vivre autrement. On comprend mieux que nos détracteurs aient pu gagner en parlant d’écologie punitive (sic)...

Je ne pense pas cependant que cet échec s’explique par la volonté de camper dans le « jeu » politique. Que je sache, la situation de l’écologie n’est pas meilleure dans les pays dépourvus de partis Verts ! Que je sache, la pensée écolo n’est pas moins compromise dans les ONG environnementalistes ! Aurélien Bernier et Fabrice Nicolino ont dénoncé avec raison les dérives des technocrates verts. J’entends bien ce qui motive chez Guillebaud la dénonciation de l’illusion politique à la façon de Jacques Ellul… mais je pense justement que EELV crève d’être déjà sur ce point trop ellulienne.

EELV a contribué, beaucoup plus que les Verts, à désidéologiser le débat écologique et à en faire non pas l’affaire de tous mais de quelques-uns, des spécialistes des questions écologiques et de la nature. Ellul appelait à remettre en cause la croyance que la politique est au niveau de chacun (L’illusion politique, p. 25). Reconnaissons à EELV d’avoir oublié qu’il fallait apprendre à faire de la politique autrement.

Je ne fais pas partie des déçus d’EELV puisque j’écrivais dans Cohn-Bendit, l’imposture (Max Milo) que la métamorphose des Verts en EELV était une bien mauvaise nouvelle pour l’écologie. Si je crois comme Guillebaud que les mouvements sociaux sont les principaux moteurs de l’histoire, cela ne me conduit pas à souhaiter une quelconque dépolitisation, mais à changer la forme-parti…

Je voudrais rendre grâce aux Verts

Avant de porter le fer au point le plus sensible, je voudrai rendre grâce aux Verts pour deux choses. Ils n’ont jamais opposé l’écologie et le social et ils furent longtemps (presque) les seuls à le clamer. EELV a aujourd’hui déserté cette position, faute de camper suffisamment sur les terrains de la réduction du temps de travail, du revenu minimum même sans emploi, de la défense et de l’extension de la sphère de la gratuité, de l’économie sociale et solidaire, de l’idée coopérative, etc.

La perspective de créer des centaines de milliers d’emploi pour permettre la transition écologique ne peut tenir lieu de projet en matière d’émancipation à la fois sociale, écologique et politique…. Chiche : à quand un ministre EELV aux côtés des Fralib et signataire de l’appel au boycott d’Unilever !

J’aimerais rendre grâce aux Verts d’avoir aussi toujours été en parole du côté de ceux qui appellent à un surcroît de démocratie contre ceux que fascinent l’idée d’une « tyrannie éclairée »… EELV est cependant incapable d’aller jusqu’au bout de cette démocratisation du politique, faute d’avoir choisi d’être une organisation de masse, faute que ses dirigeants aient renoncé à devenir des professionnels de la politique faisant carrière dans la représentation des autres…

Chiche, Denis Baupin, que les députés d’EELV en France et en Europe ne sollicitent jamais plus d’un mandat !

EELV crève de ne pas vouloir choisir entre une écologie libérale et une écologie antilibérale

EELV ne crève pas de faire trop de politique ou d’écologie mais d’en faire dans le cadre du système. EELV crève de ne pas savoir choisir entre l’écologie des pauvres et l’écologie des riches, elle crève d’avoir trop longtemps laissé croire qu’il fallait être déjà assez riche pour s’occuper d’écologie, EELV crève de ne pas vouloir choisir entre une écologie libérale et une écologie antilibérale, entre sa foi dans la croissance économique salvatrice et une objection de croissance amoureuse du bien vivre, EELV crève de ne pas croire dans des ruptures possibles d’avec le capitalisme et le productivisme.

La question n’est pas de savoir s’il faut être dedans ou dehors, mais dans quelle direction nous allons. Ce qui est vrai pour le gouvernement l’est aussi au niveau municipal, départemental, régional ! Pour EELV, le parti Solférinien est-il toujours de gauche et socialiste ou est-il une deuxième droite ? EELV pourrit comme les poissons par la tête, c’est-à-dire par absence de concepts novateurs…

Depuis quand EELV n’a-t-elle pas lancé une grande idée capable de donner du grain à moudre à l’écologie ? La dernière (à ma connaissance) était celle proposée par Cochet de créer un bouclier énergétique. EELV s’est laissée piéger par le Grenelle des dupes… et n’en a toujours pas tiré les leçons.

En bons technocrates verts, ses dirigeants comme Michèle Rivasi, défendent le principe d’un paiement au poids de la collecte des ordures ménagères alors que les militants « écolos » de Haute-Loire luttent contre ce projet, car ils savent qu’il est écologiquement stupide, puisqu‘il renforce les dépôts et incinérations sauvages, et qu’il est socialement injuste puisque la poubelle des milieux populaires se remplit plus vite que celle des bobos (grande distribution plutôt que commerce de proximité).

N’ayant plus le fétichisme des organisations (faites pour décevoir) et des leaders (faits pour trahir), je ne jetterai surtout pas la pierre à ceux qui à l’intérieur d’EELV tentent de faire bouger les lignes. J’avoue que la motion soutenue par Utopia au prochain congrès d’EELV me semble poser les bonnes questions… A chacunE selon sa propre histoire de juger s’il/elle les pose au bon moment et au bon endroit…

Notre Dame des Landes : manifestation le 22 devant siège de Vinci Reporterre 2013/11/21 (21 novembre 2013) Notre Dame des Landes : manifestation le 22 devant siège de Vinci. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : manifestation le 22 devant siège de Vinci

Le gouvernement et la multinationale Vinci sont très silencieux sur le projet de construction d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ces temps-ci, pourtant ils s’apprêtent à lancer « discrètement » les travaux de construction d’un barreau routier pour desservir le futur complexe aéroportuaire. De ce côté-ci de la barricade, nous sommes toujours aussi déterminé.e.s et nous continuons et nous continuerons à réclamer l’abandon du projet !

Une manifestation-happening déguisée aura donc lieu le 22 novembre 2013 devant le siège social de Vinci à Rueil-Malmaison.

Elle se situe pendant la semaine d’action en soutien à Notre-Dame-des-Landes (17-24 novembre). Cette action a lieu pour montrer notre mobilisation présente et rappeler certains événements qui ont eu lieu l’année dernière sur la Zone à Défendre — expulsions violentes et destructions de lieux de vie, puis réoccupation et reconstructions, constitution de plus de cent comités de soutien en Europe...

Alors que sur place, à NDDL, les 23 et 24 novembre, des opposant.e.s vont planter des arbres sur le tracé du barreau routier, pour notre part, en île-de-France, nous allons interpeler l’éxécuteur du projet Vinci, là où se trouve son siège social, et « construire » SON aéroport devant chez lui, à notre façon, c’est-à-dire avec humour.

Engagez-vous dans l’aviation !

Imaginez votre propre rôle : hôtesse de l’air ou stewart, aiguilleur du septième ciel, capitaine au long cours, touriste, femme d’affaire ou femme de ménage de l’aéroport...

à chacun de faire preuve d’imagination !

Rendez-vous à 11h30, cours Ferdinand de Lesseps, sortie rue des deux gares RER A - Arrêt Rueil-Malmaison

Notre demande aux futures participantEs et acteurs de cette manifestation :

Merci de laisser toute banderole et drapeau témoignant d’une participation à un syndicat ou parti à la maison, et de ne vous adresser aux medias présents qu’en votre nom propre...

Note : toutes ceLLEux qui le souhaitent peuvent apporter leur documentation pour la mettre à disposition sur la table de presse et chaque individu ou organisation pourra prendre la parole après le happening pendant quelques minutes.

Veolia, Areva et Auchan couronnées pires multinationales françaises en 2013 Les Amis de la Terre Reporterre 2013/11/21 Les Amis de la Terre (21 novembre 2013) Veolia, Areva et Auchan couronnées pires multinationales françaises en 2013. Reporterre. Économie fr

Veolia, Areva et Auchan couronnées pires multinationales françaises en 2013

Contrats léonins en Inde, célébration de l’uranium dans une région contaminée, exploitation des travailleurs bangalais : voilà qui vaut le Prix Pinocchio des pires multinationales à Veolia, Areva et Auchan.

Après le lancement du vote public le 15 octobre dernier, Les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires, ActionAid France et le Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), ont mis fin au suspense lors de la cérémonie de remise des Prix Pinocchio le 19 novembre à La Java (Paris). Cette année, un nombre impressionnant d’internautes se sont mobilisés pour désigner leurs lauréats parmi les entreprises nominées : plus de 41 000 votes au total, soit plus du double des années précédentes. Veolia, Areva et Auchan sont les grands vainqueurs de l’édition 2013 (1).

Veolia trouble l’eau en Inde

Veolia a reçu le Prix Pinocchio dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi » (2) avec 39 % des votes, pour son implication dans des projets de privatisation de l’eau en Inde, en particulier à Nagpur. Alors que la multinationale se présente en héros apportant l’eau aux pauvres, sur le terrain, les échos sont bien différents : augmentation des tarifs, opacité des contrats de partenariat public-privé, retard des travaux, conflits avec les villageois et les élus locaux. Si Veolia semble réussir à retirer des profits de ces projets, l’eau, quand elle arrive jusqu’aux populations, est toujours livrée en camion-citerne...

Areva cultive la radioactivité

Dans la catégorie « Plus vert que vert » (3), Areva remporte haut la main le Prix Pinocchio avec 59 % des votes. Il faut dire que la multinationale du nucléaire avait osé l’inimaginable : ouvrir « Urêka », un musée à la gloire des mines d’uranium, et ce, sur le site d’anciennes mines du Limousin qui ont laissé un lourd passif environnemental et sanitaire. « Entrez dans l’aventure de l’uranium », propose ainsi Areva, sans aucun complexe par rapport aux graves impacts sociaux et environnementaux que continuent d’avoir ses mines d’extraction d’uranium dans le monde entier, notamment au Niger et peut-être bientôt sur le territoire des Inuits.

Auchan exploite le Bangladesh

Enfin, avec 50 % des votes, le Prix Pinocchio de la catégorie « Mains sales, poches pleines » (4) a été décerné à Auchan. Le numéro Deux de la grande distribution en France refuse de reconnaître sa responsabilité et de participer à l’indemnisation des victimes de l’effondrement des usines textiles du Rana Plaza au Bangladesh, alors que des étiquettes de ses vêtements ont été retrouvées dans les décombres de cet accident qui a fait 1133 morts et encore plus de blessés, essentiellement des femmes. Auchan a admis qu’une partie de sa production y avait été sous-traitée de manière informelle et s’en dit victime. Or les entreprises donneuses d’ordre, comme Auchan, imposent à leurs fournisseurs des conditions intenables qui favorisent le phénomène de sous-traitance informelle.

Dénonçant de nombreuses violations des droits des peuples et de l’environnement, les Prix Pinocchio ont su gagner en importance depuis leur création en 2008, et contribuer ainsi à faire pression sur les entreprises pour qu’elles changent leurs pratiques.

Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, commente : « Cette année, les Prix Pinocchio interviennent au moment même où une proposition de loi sur le devoir de vigilance des multinationales est déposée à l’Assemblée Nationale (5). C’est un premier aboutissement du combat mené de longue date par la société civile, notamment Les Amis de la Terre, Peuples Solidaires et le CRID. Nous espérons vivement que les parlementaires et le gouvernement sauront maintenant résister aux pressions des lobbies et que cette loi sera votée et mise en œuvre rapidement, ouvrant enfin la voie à la reconnaissance de la responsabilité légale des maisons-mères des multinationales sur leurs filiales et sous-traitants ».

Pour Fanny Gallois, responsable des campagnes à Peuples Solidaires-ActionAid France, « Ces prix sont un moyen de faire entendre la voix de celles et ceux qui partout dans le monde souffrent des impacts négatifs des activités des multinationales et luttent pour le respect de leurs droits. Il est temps d’agir et de mettre fin à l’impunité dont bénéficient les multinationales qui refusent d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis des populations ».

Cette année, les Prix Pinocchio étaient organisés en partenariat média avec Basta !, l’Observatoire des Multinationales et la Radio Monde Réel, qui ont publié des articles d’éclairage et des interviews sur chacun des nominés (6).

Notes :

(1) Au total, neuf entreprises étaient nominées. La description de chacun des cas dénoncés en 2013 est disponible ici.

(2) « Une pour tous, tout pour moi ! » : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles. Les deux autres nominés étaient Total et la Société Générale.

(3) « Plus vert que vert » : prix décerné à l’entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles. Les deux autres nominés étaient BNP Paribas et Air France.

(4) « Mains sales, poches pleines » : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d’approvisionnement. Les deux autres nominés étaient Alstom et Apple.

(5) Cette proposition de loi est portée par les députés Danielle Auroi, Philippe Noguès et Dominique Potier : Texte de la proposition de loi ; [Communiqué de presse des députés Noguès et Potier : http://pnogues.fr/wp-content/uploads/2013/11/Communiqu%C3%A9-de-presse-Nogu%C3%A8s-Potier-07112013-D%C3%A9p%C3%B4t-dune-proposition-de-loi.pdf].

(6) Ces articles et interviews sont disponibles ici.

Ferme des Mille vaches : Novissen et Confédération paysanne, libérés après sept heures de garde à vue Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/21 Hervé Kempf (Reporterre) (21 novembre 2013) Ferme des Mille vaches : Novissen et Confédération paysanne, libérés après sept heures de garde à vue. Reporterre. Libertés fr

Ferme des Mille vaches : Novissen et Confédération paysanne, libérés après sept heures de garde à vue

Le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel, et le président de l’association Novissen, Michel Kfoury, ont passé la journée de jeudi en garde à vue dans les gendarmeries d’Abbeville et de Gamaches, dans la Somme, ainsi que quatre autres membres du syndicat agricole. Il leur était reproché l’action menée en septembre sur le chantier de la ferme industrielle dite des « Mille vaches ».

Dernière nouvelle, 16h59 : Libération des membres vers 16h15 de la Confédération paysanne placées en garde à vue à la gendarmerie d’Abbeville depuis le matin. Leurs avocats ont indiqué : “Nos clients ont fait valoir leur droit au silence en ne répondant à aucune des questions posées”. Ils ont constaté qu’il est “difficile de répondre à des questions alors que nous n’avons pas accès au dossier comme le stipule la réforme de la garde à vue”. Le président de Novissen Michel Kfoury a quant à lui été relâché après 17 h de la gendarmerie de Gamaches. “Nous ne comprenons pas car nous (Novissen) n’étions pas sur les lieux lors de cette action de la Confédération paysanne le 12 septembre”, regrettaient Marc Dupont et Francis Chastagner.

Source : Confédération paysanne, Novissen, Ternois Environnement.

. 15h20 : "La Confédération paysanne appelle tous les opposants à l’industrialisation de l’élevage à manifester leur soutien aux gardés à vue. Nous mobilisons donc depuis quelques minutes nos adhérents dans la mesure du possible devant la gendarmerie d’Abbeville". - Source : courriel de Novissen.

Le président de l’assocation Novissen, Michel Kfoury, et Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, sont en garde à vue à la gendarmerie d’Abbeville (Somme), ainsi que Manuel Aze, paysan, et trois salariés du syndicat.

En septembre dernier, des membres de la Confédération paysanne avaient investi, durant la nuit, le chantier de cette ferme industrielle à Buigny-Saint- Maclou et Drucat-le-Plessiel, dans la Somme, près d’Abbeville.

Michel Ramery, promoteur du projet, avait porté plainte pour "vol et dégradation".

Marie-Noelle Orain, secrétaire générale de la Confédération paysanne, est sur place. Elle répond au téléphone à Reporterre :

"Ils ont été convoqués ce matin à 9 h 00, et à 9 h 15, les gendarmes nous ont dit qu’ils restaient placés en garde à vue.

"Si ’lon regarde les fréquentes dégradations commises durant les manifestations de la FNSEA, on ne peut qu’être surpris : il y a deux poids, deux mesures."

Jeudi matin, la FNSEA a organisé des blocus routiers en Ile-de-France. Un pompier de 28 ans est mort lors d’un accident survenu sur l’un des barrages d’agriculteurs dans le Val d’Oise et un second accident entre un tracteur et un car de CRS a fait six blessés légers.

Fukushima : Le gouvernement japonais veut que les habitants reviennent vivre dans les zones contaminées Olivier Mary (Reporterre) Reporterre 2013/11/21 Olivier Mary (Reporterre) (21 novembre 2013) Fukushima : Le gouvernement japonais veut que les habitants reviennent vivre dans les zones contaminées. Reporterre. Enquête — Catastrophes nucléaires fr

Fukushima : Le gouvernement japonais veut que les habitants reviennent vivre dans les zones contaminées

A Fukushima, le démantèlement du réacteur 4 a débuté cette semaine. Le gouvernement assure que le retour dans les terres sinistrées est possible, alors que la radioactivité y reste élevée. Au détriment des populations, qui passent au second plan derrière l’objectif des Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo.

Deux ans et demi après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Tokyo Electric Power Company (Tepco), l’opérateur de la centrale accidentée, a commencé lundi 18 novembre le retrait du combustible de la piscine 4, première étape vers un démantèlement de l’installation qui promet d’être long et fastidieux. La compagnie doit extraire 1 533 assemblages de combustible immergés au fond de la piscine de désactivation du réacteur numéro 4, après avoir repoussé l’opération à plusieurs reprises.

- La centrale de Fukushima -

Cette très délicate et dangereuse intervention, est la plus importante depuis décembre 2011, lorsque la situation des réacteurs à été décrétée stable. Les produits de fission provenant des 400 tonnes à extraire représenteraient 14 000 fois ceux de la bombe d’Hiroshima, selon Hiroaki Koide, professeur assistant à l’Institut de recherche nucléaire de l’université de Kyoto.

. Quant aux trois autres réacteurs, ils sont si radioactifs qu’aucune opération de nettoyage n’y a encore débuté.

Les techniciens se contentent d’y déverser, chaque jour depuis le désastre, 350 m3 d’eau pour y maintenir une température inférieure à 50°C. Une eau contaminée qui s’infiltre dans les sous-sols à travers les fissures de l’installation : une partie est traitée et réutilisée pour les opérations de refroidissement, la majorité est pompée et stockée. Il faut d’ailleurs construire un nouveau réservoir toutes les soixante heures. Le reste finit dans l’océan Pacifique…

Un état des lieux sanitaire inquiétant

La situation est très loin d’être sous contrôle. Pourtant en mai 2013, les autorités japonaises ont décidé de rouvrir les zones interdites, malgré un rapport accablant rédigé par Anand Grover, rapporteur spécial du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies. Il dénonçait notamment que dans plusieurs zones, le seuil auquel l’habitat est jugé intolérable ait été fixé par les autorités à vingt millisieverts, un taux quatre fois supérieur à celui fixé à Tchernobyl. Avec des pointes dépassant cinquante millisieverts, soit vingt fois plus élevé que les préconisations internationales.

Le gouvernement nippon, dans un contre-rapport rendu public le 27 mai, a désapprouvé les conclusions du rapport Grover, jugé scientifiquement insignifiant. Les autorités préfèrent se référer aux conclusions bien plus optimistes des experts de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), de l’UNSCEAR (Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives), ou de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).

L’UNSCEAR « prévoit » qu’il n’y aura aucune augmentation du risque de cancer du fait du désastre de Fukushima. Mais cette organisation compte parmi ses délégués des membres clairement pro-nucléaires. Certains d’entre eux appartiennent à l’American Nuclear Society (ANS), dont la section française (SFANS), compte 250 experts, issus du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), mais aussi d’EDF ou du groupe Areva, qui a vendu son combustible Mox à Tepco pour la centrale de Fukushima un mois avant l’accident.

Pourtant, 26 jeunes de moins de 18 ans ont développé un cancer de la thyroïde et 32 autres en seraient très probablement atteints dans le secteur. Le taux normal est de 1 pour un million. Comment envisager alors un retour des habitants dans ces zones très contaminées ? En utilisant la désespérance des populations locales, toujours logées dans des habitations provisoires.

C’est cette situation que dénonce Cécile Asanuma-Brice, chercheur au CNRS qui travaille sur le sujet dans le cadre du Laboratoire International Associé de Protection Humaine et réside habituellement au Japon : « Les autorités utilisent l’augmentation de l’alcoolisme et du nombre de suicides dans les logements temporaires pour justifier l’importance du retour au pays natal. » , a-t-elle dit à Reporterre lors de son passage à Paris les jours derniers.

- Cécile Asanuma-Brice -

Pire, l’administration empêche les sinistrés de quitter le département de Fukushima. « S’ils souhaitent déménager dans une autre partie du pays, ils perdent leur maigre allocation de 780 euros, alors ils préfèrent rester. D’autant plus que partir peut être considéré comme une trahison. Pourtant, trois quart de ces habitats provisoires sont situés en zone contaminée », ajoute la chercheuse.

Un gouvernement versatile

Mais la position de l’exécutif pourrait s’infléchir. La semaine dernière, Toshimitsu Motegi, le ministre de l’Industrie, l’a laissé entendre devant une commission au Sénat : « Nous avons l’intention d’étudier toutes les options et les programmes d’aides nécessaires pour les zones où le retour s’annonce difficile », a expliqué le responsable.

- A Tomioka, dans le département de Fukushima -

Quelques jours plus tôt, le secrétaire général du Parti libéral-démocrate au pouvoir, Shigeru Ishiba, affirmait que « Le temps va venir où quelqu’un va enfin devoir dire ’Vous ne pourrez plus jamais vivre ici mais nous allons vous dédommager pour ça’ ». Est-ce un effet d’annonce ou une réelle inflexion rhétorique ?

Si des habitants ne peuvent plus rentrer chez eux, c’est qu’il y a un véritable problème sanitaire dans le secteur, ce que le pouvoir japonais a toujours minimisé. Il y a tout juste deux mois, le premier ministre Shinzo Abe souhaitait rassurer après l’attribution des Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo : « il n’y a aucun problème de santé que nous n’ayons détecté et il n’y en aura pas. […] Aujourd’hui sous le ciel bleu de Fukushima, des enfants jouent au ballon et regardent vers l’avenir, pas vers le passé. »

Un déni cynique envers des victimes qui survivent dans l’indifférence générale à 250 km de la capitale. Ce changement de position de l’exécutif est peut être l’occasion de balayer définitivement les critiques et de se tourner vers un évènement qui doit redorer l’image du pays. Une olympiade dont le budget, estimé pour l’instant à 7 milliards d’euros, ne devrait pas profiter aux oubliés de Fukushima.

Le supermarché collaboratif arrive en France Anne-Sophie Novel Reporterre 2013/11/22 Anne-Sophie Novel (22 novembre 2013) Le supermarché collaboratif arrive en France. Reporterre. fr

Le supermarché collaboratif arrive en France

A Paris, un supermarché collaboratif veut rendre les bonnes choses accessibles à tous. Ce n’est pas un loup, mais une Louve qui est aux portes de Paris. Venue d’outre-Atlantique, elle couve une jolie portée d’idées coopératives pour développer un modèle de distribution alternatif pour bons produits locaux et pas chers. Rencontre avec ses instigateurs.

La passion des bonnes choses

Brian Horihan vient du Minnesota, et Tom Boothe de l’Indiana. Ces deux Américains se sont rencontrés à Paris par amour... de la bonne bouffe. Tom a été marqué durant ses études de beaux-arts (il est cinéaste de formation) par un prof de musique qui a su lui transmettre son amour du vin. « Il me racontait à quel point le fait de “bien manger” avait participé à la cohésion sociale en Italie, après la guerre, dans les années 1950. » Quelques cours d’œnologie plus tard, il devient acheteur en vin, une profession qu’il a exercée pendant douze ans. Ce qui l’anime ? Les valeurs transmises dans le monde du vin et de la cuisine, car « il faut que le bon soit partagé par tout le monde ».

Tom, Brian et Maëlanne

Brian a lui aussi fait du cinéma, tout en s’intéressant au jardinage, à l’agriculture, aux potagers urbains, aux coopératives... « Ni Tom ni moi ne venons de familles riches, on vient des lower middle class, on ressentait le besoin de trouver un lieu où l’on peut acheter les produits bons et pas chers », souligne-t-il pour expliquer comment a germé en eux l’idée de créer à Paris un supermarché coopératif.

Pour eux, les AMAP, La ruche qui dit oui ou les Biocoop sont de très belles initiatives, mais elles ne sont pas toujours accessibles à tous : « Ce n’est pas gai et cela donne beaucoup de signaux aux anciens hippies. C’est plus pour le bien-être et l’environnement… Alors qu’aux Etats-Unis ce monde du bio est plus mélangé avec le monde gourmet ou gourmand », explique Tom, pour qui la préservation des ressources planétaires va de pair avec la conservation des héritages culinaires et de la tradition de la bonne cuisine... surtout en France !

Trouver un bon équilibre de valeurs

Forts de ce qu’ils ont pu observer dans la coopérative alimentaire de Park Slope (qui compte pas moins de 16 000 adhérents et gère un supermarché de 1 000 mères carrés, ouvert de 8 heures à 22 heures 365 jours par an), un quartier de Brooklyn, à New York, ils ont décidé d’importer le concept en France, en renouvelant de fait l’esprit des coopératives de consommation qui régnait dans la capitale à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, quand il en existait une douzaine.

L’idée, simple, consiste à créer un espace de vente de bons produits pas chers. Comment ? En réduisant la part de la main-d’œuvre dans les marges (soit 75 % de l’ensemble). Pour ce faire, l’initiative repose sur une architecture coopérative où chaque membre doit travailler près de trois heures toutes les quatre semaines. Et chaque membre participe au choix des produits qui seront vendus dans le supermarché.

A Paris, La Louve ouvrira ses portes dans le 18e arrondissement. Pour cela, ils mijotent à feu doux l’ensemble des ingrédients nécessaires à la mise en place du magasin. C’est ainsi qu’ils ont créé au printemps 2011 un groupement d’achats et l’association Les Amis de la Louve, ayant pour objet la création du supermarché collaboratif La Louve. Depuis 2012, le projet grandit et les meutes s’organisent, soutenues par des institutions locales, comme la mairie du 18e arrondissement et la Ville de Paris, par exemple.

Ces jours-ci, l’équipe finalise une campagne de financement participatif sur la plate-forme KissKissBankBank afin d’acheter des équipements, de salarier temporairement un coordinateur de chantier, de trouver un premier lieu d’accueil des membres et sympathisants, de financer l’achat d’une camionnette et d’autres équipements, de développer un site Web sophistiqué, d’augmenter la fréquence des distributions, de diversifier plus rapidement la gamme de produits, etc.

En décembre 2013, le groupement d’achats devrait quitter Bagnolet, où il est installé depuis sa création, pour investir un beau local de 60 mètres carrés dans le 18e arrondissement.

Nouveaux modèles, nouvelles dynamiques

Pour Tom, « ce ne sont pas des consommateurs qui viennent dans un supermarché collaboratif. Il n’y a pas de différence chez nous entre dirigeants et clients. Chaque membre participe à la gouvernance et on n’a jamais l’impression de “travailler” au sens le plus entendu du terme ». Il paraît même qu’il est difficile de faire ses courses ailleurs une fois qu’on y a pris goût, précisant que les coopérateurs économisent une centaine d’euros par mois, tout en faisant de nouvelles rencontres.

Maëlanne, qui accompagnait Tom et Brian quand je les ai rencontrés, a rejoint le projet en mai 2013 : « Ce fut un véritable coup de cœur, confie-t-elle, alors qu’elle aimerait bien à terme faire partie de l’équipe en tant que salariée. Le projet porte des valeurs très positives, le mode de gouvernance est très impliquant, Brian et Tom arrivent à transmettre ce qui les anime à l’ensemble de la communauté, si bien que nous avons tous envie de le co-construire au mieux. »

Face à cet enthousiasme, Tom reste vigilant : il sait que la route est longue encore avant l’ouverture du supermarché, prévue en 2015. L’un de ses grands défis est de gérer l’intérêt et l’enthousiasme générés par le projet. « Nous arrivons à un moment où il devient difficile de trouver des choses à faire pour le tas de gens qui souhaitent participer à la création de ce supermarché, raconte-t-il. Cette envie de prendre l’initiative et d’essayer de construire sa propre alternative est exactement l’esprit qu’on recherche... Mais nous espérons que les gens comprennent que leur intégration dans le projet peut prendre un moment pour qu’on puisse les accueillir dans les meilleures conditions. »

A la fois nourricière, indépendante et protectrice, La Louve, qui aurait pu être baptisée « Le Moulin », prévoit de proposer plusieurs gammes de produits et de prix. « Ce sera défini au maximum par une coopérative de consommateurs. On va faire des sondages, des questionnaires, pour savoir quelles sont les habitudes culinaires et alimentaires de nos membres. On trouvera à chaque fois le meilleur de ce qui existe pour répondre à cette demande et aux valeurs de tout le monde », explique l’équipe, qui est conseillée par un meilleur ouvrier de France pour le choix des fromages.

« Que ce soit bio ou non, c’est surtout très bon ! Le génie, c’est l’équilibre avec quarante ans d’expérience, l’équilibre entre valeurs éthiques et esthétiques", explique Tom, dont la vigilance se retrouve dans le choix des produits, qu’il n’hésite pas à organiser avec des tests à l’aveugle.

En attendant, l’idée est tellement séduisante qu’il est possible de la soutenir les yeux fermés ;)

Le gaz de schiste n’apportera pas l’indépendance énergétique aux Etats-Unis Thomas Porcher Reporterre 2013/11/22 Thomas Porcher (22 novembre 2013) Le gaz de schiste n’apportera pas l’indépendance énergétique aux Etats-Unis. Reporterre. Tribune — fr

Le gaz de schiste n’apportera pas l’indépendance énergétique aux Etats-Unis

Rebondissant sur un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie, les médias dominants ont proclamé que les Etats-Unis connaitraient bientôt l’indépendance énergétique. Une perspective fort incertaine, comme on le constate si on analyse précisément la méthode suivie par ce rapport.

Les pro-exploitations ne cessent de le clamer : la production de gaz et huiles de schiste apporterait à la France l’indépendance énergétique. Ce serait bientôt le cas pour les Etats-Unis, si l’on en croit un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui annonce que les Etats-Unis devrait devenir le premier producteur mondial de pétrole en 2015 et accéder au Graal de l’indépendance énergétique à l’horizon 2035. [1]

Mais, comme dans toutes les prévisions de long terme, les résultats de l’AIE sont critiquables. D’abord, il est important que chacun comprenne comment sont réalisées ces prévisions.

Tout d’abord, les économistes de l’AIE disposent de tout une série de données pour construire leur modèle : production et demande de pétrole, croissance économique par pays, … Ces données sont considérées comme des paramètres qui évoluent de façon conventionnelle, c’est-à-dire avec comme hypothèse principale que l’état actuel continuera indéfiniment. Par conséquent, le monde selon l’AIE en 2035 n’est que l’évolution conventionnelle du monde d’aujourd’hui toutes choses étant égales par ailleurs ou quasiment.

Cela signifie que dans l’état actuel des choses, les Etats-Unis seront le premier producteur de pétrole en 2015 s’ils continuent de forer au même rythme - soit tout de même autour de 45 000 puits par an avec une augmentation de la production de pétrole de quatre millions de barils par jour dans les deux années à venir - et qu’en tenant ce rythme délirant pendant vingt ans, ils pourront obtenir l’indépendance énergétique.

Comme l’explique l’économiste Jacques Généreux, une telle prévision est du genre : « A tel endroit, à telle heure, si rien d’autre ne bouge dans l’univers que la variable X, cela devrait entraîner telle variation des variables Y ou Z ». [2] En suivant ce modèle, les Etats-Unis se retrouveraient donc en 2035 avec un million de puits supplémentaires dans un monde passif car défini comme une donnée constante.

D’ailleurs, dans ses prévisions de long terme, l’AIE a déjà fait de nombreuses erreurs. Par exemple en 2000, elle prévoyait un prix du baril de pétrole d’en moyenne 21 $ en 2010 et 28 $ en 2020 [3]. Or, le prix moyen du baril en 2012 a été de 111 $, soit cinq fois plus élevé que ses prévisions !

L’explication de cette erreur est simple : l’AIE voyait le monde de 2010 et de 2020 comme l’évolution conventionnelle du monde de 2000. Les modèles de l’AIE n’avaient donc pas intégré la forte croissance des pays émergents, qui a expliqué en partie le décrochage du prix du pétrole à partir de 2004. Ils ne pouvaient pas non plus prévoir d’autres événements qui ont impacté les prix du pétrole comme la crise économique ou les révoltes arabes.

Mais, lorsque l’on prend du recul sur les modèles économiques pour observer le monde réel, on se rend compte qu’un tel développement de la production américaine de gaz et de pétrole amènerait de nombreuses questions annexes : les populations concernées vont-elles laisser les producteurs forer indéfiniment ? Quels seraient les différents impacts en termes de pollution, de climat, d’aménagement du territoire ? Les pays de l’OPEP et les autres producteurs de gaz vont-ils rester les bras croisés face à la montée en puissance de la production américaine ? Les ressources en eau vont-elles être suffisantes pour l’ensemble des puits ?

Les modèles de l’AIE répondent implicitement « oui » à ces questions, même si, il faut le noter, ils reconnaissent dans le WEO de 2013 qu’un plateau (c’est-à-dire une limite) sera atteint à cause du volume limité des ressources. Les êtres humains, les pays, le monde ne sont pas des paramètres dans une série d’équations, ils adaptent ou changent leurs comportements en fonction des événements, et les prévisions de l’AIE n’envisagent en réalité qu’une situation parmi tant d’autres.

En réalité, l’AIE a beaucoup plus de chances d’avoir tort que raison, mais ça, elle ne le dit pas.

Notes

1- AIE (2013), World Energy Outlook (WEO 2013)

2- J. Généreux (2005), Les vraies lois de l’économie, éd. Points, p. 44

3- AIE (2000), World Energy Outlook (WEO 2000)

Au Mali, pendant la guerre, l’accaparement des terres continue Assane Koné et Dansira Dembele (Farm Land Grab) Reporterre 2013/11/22 Assane Koné et Dansira Dembele (Farm Land Grab) (22 novembre 2013) Au Mali, pendant la guerre, l’accaparement des terres continue. Reporterre. fr

Au Mali, pendant la guerre, l’accaparement des terres continue

Les élections législatives se tiennent au Mali dimanche, alors que des contingents des armées malienne, française et de l’ONU sont toujours positionnées dans le nord du pays. Mais souterrainement, l’accaparement des terres se poursuit. Les organisations paysannes le dénoncent.

Lors de la campagne présidentielle, Ibrahim Boubacar Keita n’a pas caché sa volonté de trouver une solution aux problèmes fonciers. En zone rurale comme dans les zones urbaines, une chasse effroyable est ouverte au foncier. Certains Maliens, des individus ou organisés en société, ne jurent que par l’accaparement des terres. Et, aujourd’hui, vu l’ampleur du fléau, si des dispositions urgentes ne sont pas prises, il faut craindre un beau matin que le pays ne bascule sous le courroux des victimes. IBK a dit qu’il va mettre de l’ordre dans le domaine. Les attentes sont énormes. Et, en attendant les solutions présidentielles, des organisations de la société civile malienne ont décidé de prendre le taureau par les cornes.

Au Mali et un peu partout en Afrique, la terre constitue la principale ressource dont dépendent les petits producteurs ruraux pour produire la nourriture nécessaire à leur propre subsistance, mais également pour nourrir une population urbaine en progression constante. Malheureusement, depuis quelques années cette ressource subit une pression constante.

En 2010, une note de la Banque Mondiale rappelait que 45 millions d’hectares de terres ont fait l’objet de transactions au cours de l’année 2009. Sans oublier d’attirer l’attention sur le fait que cela met dangereusement en péril la sécurité et la souveraineté alimentaire des pays ciblés dont le Mali.

Face au silence des autorités sur ce phénomène aux conséquences incalculables pour notre devenir commun, des organisations de la société civile ont décidé de sortir de leur torpeur et de prendre le taureau par les cornes.

Le 19 novembre 2013, au Musée national du Mali, la Convergence malienne contre l’accaparement des terres (CMAT), composée de cinq organisations de la société civile que sont l’AOPP, la CAD-Mali, la CNOP, la LJDH et l’UACDDDD/No vox, a lancé sa campagne intitulée : « Stop aux accaparements des terres au Mali ».

L’ampleur du phénomène est tel que l’on pourrait aujourd’hui assimiler cet intitulé à un crie de détresse. « L’accaparement des terres par certaines firmes étrangères, des notabilités politiques, coutumières et des promoteurs immobiliers et touristiques, met sérieusement en péril l’avenir des petits producteurs et celui de l’agriculture familiale », a indiqué Issa Kamissoko, représentant du Secrétaire national de CAD-Mali.

Selon lui, le phénomène est tel que les paysans maliens deviennent, de plus en plus, des ouvriers agricoles sur leurs terres. Pire, il a estimé que le pastoralisme perd également ses repères, faute de terres de pâturage. Face à toutes ces menaces et tant d’autres qui ont été révélées par l’étude réalisée par la CMAT dans la région de Ségou et qui établit une situation de référence des victimes de violations de droits liés à l’accès à la terre, « les organisations de la société civile ont compris qu’il fallait réagir avant que la situation ne gagne des proportions incontrôlables, pour sécuriser l’accès au foncier des exploitations familiales, dénoncer et combattre les spoliations et replacer ces exploitations agricoles familiales au cœur de la lutte pour la sécurité et la souveraineté alimentaire », a indiqué Issa Kamissoko.

En attendant la réaction promise par le Président Ibrahim Boubacar Keita, la CMAT inaugure aujourd’hui à Niono au cœur de l’Office du Niger, son Vestibule d’écoute des paysans fonctionnel depuis quelques mois.

Remettre les populations rurales et paysannes dans leurs droits est le but que s’est assigné la CMAT à travers sa campagne « Stop aux accaparements des terres au Mali ». Selon Issa Kamissoko, la campagne a pour ambition de contribuer à l’amélioration du niveau de respect des droits des exploitations paysannes de l’office du Niger.

Dans une étude qu’a menée la Coalition, il est ressorti que les ressources terrestres de cette zone subissent une pression de plus en plus forte. Des investisseurs privés nationaux et étrangers ont montré un intérêt particulier pour ces terres, détenues par des populations paysannes pendant de longues années. Cette ruée des investisseurs vers les terres cultivables a abouti à de vives tensions, sinon à de violents conflits.

L’étude a aussi fait ressortir que la demande extravagante des terres met dangereusement en danger la sécurité alimentaire du Mali. Les populations vivant de ces terres sont également en danger vu le risque pour les exploitations familiales.

Complément d’information :

Ecouter l’émission du 7 novembre 2013 de Radio Canut sur l’accaparement des terres et la résistance au Mali :

Entretien avec Massa, autour des problématiques et des luttes sur les accaparements de centaines de milliers d’hectares de terres au Mali : mécanismes de la spéculation foncière, appui et encouragement des politiques maliens concernant les expropriations des paysan-nes, droit héritier du colonialisme/droit coutumier, luttes et organisations de base pour dénoncer les accaparements de terres, exploitations, migrations et exode rural.

La fin pitoyable d’une conférence sur le climat vampirisée par les multinationales Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/22 Hervé Kempf (Reporterre) (22 novembre 2013) La fin pitoyable d’une conférence sur le climat vampirisée par les multinationales. Reporterre. Climat fr

La fin pitoyable d’une conférence sur le climat vampirisée par les multinationales

Les ONG écologistes ont décidé de quitter la conférence des Nations unies sur le climat qui s’achève aujourd’hui à Varsovie. Elles n’ont plus rien à faire dans une enceinte envahie par les multinationales et où les pays les plus responsables du changement climatique refusent d’avancer d’un pouce.

Une BMW surpuissante est-elle le meilleur moyen de lutter contre le changement climatique ? C’est ce que laisse croire la firme - et l’ONU qui a accepté cette provocante turlupinade - en exhibant un de ses derniers modèles à l’entrée du lieu de la conférence sur le climat à Varsovie. Elle n’était d’ailleurs pas seule, puisque les firmes multinationales ont lourdement marqué leur présence durant la conférence : « Dès l’entrée, les logos sont partout : les distributeurs d’eau sont siglés Alstom, les fauteuils Emirates, le mobilier Ikea…Ce fut un vrai choc à notre arrivée ! », décrit sur Novethic Célia Gautier, du Réseau Action Climat. Et derrière l’affichage, les lobbies industriels, recensés par Corporate Europe Observatory, occupaient couloirs et sièges d’observateurs.

Le pays hôte, la Pologne, en a rajouté dans la provocation, accordant le statut de partenaire à douze entreprises, relève Basta !, tout en organisant un sommet sur le charbon au moment même de la conférence sur le climat et à cinq cent mètres de celle-ci.

Excédées et désolées, les ONG environnementales présentes ont décidé de ne plus participer à cette mascarade, quittant en masse la conférence jeudi 21 novembre.

Car, pendant que les multinationales paradaient, les gouvernements avaient multiplié les signes d’abandon : le Canada, qui avait quitté le protocole de Kyoto fin 2012, a salué la décision de l’Australie de n’envoyer qu’un fonctionnaire et non son ministre de l’Environnement à la conférence de Varsovie, tandis que le Japon annonçait qu’il augmenterait ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 !

Quant aux discussions elles-mêmes, elles n’ont pas avancé d’un pouce, notamment sur le volet financier : comme l’explique Oxfam France, « la réunion des ministres des Finances n’a amené quasiment rien de concret sur la question des financements et les négociations sur un mécanisme international de réparation des ’pertes et dommages’ sont restées au point mort ». En fait, les pays riches refusent de tenir leurs engagements financiers envers les pays pauvres de les aider à s’adapter à un changement climatique dont ils sont les premières victimes.

Ils renâclent aussi à s’engager dans un accord contraignant de réduction des émissions : comme le rapporte l’AFP, les grands pays émergents veulent que les pays industrialisés, responsables historiquement du réchauffement, fassent beaucoup plus d’efforts qu’eux. Une position rejetée par les États-Unis, qui refusent que la Chine bénéficie d’un traitement de faveur. « Un accord basé sur cette ligne de partage entre pays développés et en développement ne fonctionnera pas », a déclaré le négociateur en chef des Etats-Unis, Todd Stern. A quoi le Chinois Zhenhua Xie répondait qu’il y a d’un côté des pays en cours « d’industrialisation » et d’autres « qui sont post-industriels », et que « cette division subsistera après 2020 ». Zhenhua Xie souhaite que l’accord de 2015 comprenne des « objectifs de réduction drastique d’émissions de gaz à effet de serre » pour les pays riches, et que les pays du Sud ne s’engagent qu’à « renforcer leurs efforts » en ce sens.

Face à cette divergence radicale de points de vue, on voit se dessiner une logique qui ferait d’un traité en 2015 une coquille vide, laissant à chaque pays le soin de prendre des initiatives en propre.

La France, qui accueillera au Bourget, près de Paris la conférence de 2015, pourra-t-elle peser pour que le rendez-vous débouche sur un traité réellement contraignant ? Il faudra déjà, pour cela, qu’elle ait elle-même une vraie légitimité environnementale, aujourd’hui défaillante si l’on considère son triste bilan en la matière. Un élément pourrait faire pencher la balance du bon côté : une mobilisation citoyenne internationale, comme l’écrit Maxime Combes, d’Attac. Les jeunes qui ont joyeusement rempli le train climatique de Bruxelles à Varsovie ont montré que ce n’était pas là des vains mots. Mais cela suppose une stratégie internationale des écologistes qui n’a pas encore émergé.

Le Ravi n°112 Par Julien villalard Reporterre 2013/11/22 Par Julien villalard (22 novembre 2013) Le Ravi n°112. Reporterre. fr

Le Ravi n°112

Depuis dix ans, le Ravi bataille en Provence Alpes Côte d’Azur (Paca) pour faire vivre une presse « poil à gratter » dans une région gangrenée par le clientélisme et la xénophobie.

Le mensuel bouscule les règles du marketing médiatique en mélangeant joyeusement les genres : humour à fond et sujets de fond (souvent consacrés aux enjeux écologiques), dessin de presse et investigation...

L’avenir du titre dépend actuellement d’une levée de fond (abonnements, dons…) via un « Couscous Bang Bang », une formule originale de financement participatif.

Au sommaire du Ravi n°112, novembre 2013

La grosse enquête

De quoi Brignoles est-il le nom ?

Après la victoire du FN à Brignoles (83), et l’échec du Front Républicain, Paca va-t-elle redevenir le laboratoire de l’extrême droite municipale ? Retour sur un scrutin local à l’impact national. 4 pages d’enquête, de reportage, d’analyse et de dessins.

Les enquêtes

Les « cantoches » au menu des municipales

La délégation en Paca à de grandes entreprises des cantines municipales n’est pas gage de qualité. Des exemples comme celui d’Arles (13) montrent que la remunicipalisation du service est possible...

Mets de l’huile petit homme

La transformation des huiles de friture en carburant ou comme source de chauffage oppose partisan des circuits courts et locaux aux gros du business du recyclage.

Histoire de (Jean) - Noël

Opération de déminage ! Jean-Noël Guérini a distribué à la presse le rapport de la Chambre régionale des comptes critiquant sa gestion du CG13…

Marseille Provence capitale de la puéri-culture ?

La gestion de la petite enfance à Marseille et sa région est-elle aussi catastrophique que le dit la Chambre régionale des comptes ? Plongée en apnée au pays des couches. Ça sent pas bon !

Tchatche

Grande Tchatche

Le retour de l’émission politique radio du Ravi. Avec Karim Zéribi, député européen EELV et candidat écolo investi pour les municipales à Marseille.

Opinions

« Le Roms, éternels boucs émissaires », une tribune libre d’Alin Fourest, auteur de « Nous sommes tous des Roms / Tsiganes ».

Catch à Tchatche

Pour ou contre les sorties scolaires.

La vie de l’asso « La Tchatche »

Des nouvelles de l’assemblée générale annuelle de l’association éditrice du Ravi et de la rencontre nationale de la presse pas pareille.

Reportages

Contrôle technique de la démocratie

Notre grand reporter a testé le conseil municipal de Marseille (13).

Le reportage dessiné

« Orange couleur locale » : reportage dessiné lors de la manif initiée par Jacques Bompard, le maire d’extrême droite d’Orange (84), pour s’opposer au départ d’un régiment de légionnaire…

Mais aussi :

Les chroniques

« Le chiffre qui parle », « j’ai testé pour vous », « le CV du mois », « cuisiner c’est déjà résister », « la chronique de droite »…

Le Ravi de plâtre a été décerné, ce mois de septembre, à Marie-José Roig, maire UMP d’Avignon (84) qui annonce quitter la politique en étant accusée d’avoir offert un emploi fictif à son fils….

Le Ravi fête son 10e anniversaire et ça risque d’être le dernier ! Pour s’abonner, pour faire un don, le « Couscous Bang Bang » c’est par ici !

Des semaines en prison pour sauver l’Arctique Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/22 Barnabé Binctin (Reporterre) (22 novembre 2013) Des semaines en prison pour sauver l’Arctique. Reporterre. fr

Des semaines en prison pour sauver l’Arctique

En escaladant une plateforme pétrolière de Gazprom, les militants de Greenpeace emprisonnés depuis deux mois et en cours de libération voulaient dénoncer les dangers écologiques que représentent les activités offshore dans les eaux de l’Arctique.

La justice russe délibère ces jours-ci de l’issue de la détention provisoire des « Trente de l’Arctique ». Leur sort reste incertain : certains sont libérés sous caution depuis mercredi 19 novembre, tandis que le militant austalien Colin Russell a vu sa détention provisoire prolongée de trois mois. Si les faits sont maintenant bien connus, les motifs de leur revendication le sont moins. Que dénonçaient ces militants de nationalités différentes, au cours de cette expédition sur le navire de l’Arctic Sunrise ?

En tentant le 18 septembre dernier d’escalader Prirazlomnaya, une plateforme offshore installée par Gazprom dans l’Arctique, Greenpeace souhaitait alerter sur les nombreux risques que représentent les forages pétroliers en Arctique. Selon l’association, cette plateforme serait « la première à procéder à des exploitations au-delà du cercle polaire, dans un but commercial », avec l’objectif de fournir du pétrole début 2014.

- Arrestation des militants de Greenpeace le 18 septembre -

Un mois auparavant, c’est à une autre compagnie pétrolière – Rosneft – que l’Arctic Sunrise faisait face, dans une autre région de l’océan Arctique, au niveau de la mer de Barents. Là, le 13 août 2013, un navire russe, l’Akademic Lazarev, y réalisait des tests sismiques en tirant sous l’eau des coups de canon sonores à 250 décibels. En prévision de forage, la technique vise à analyser la constitution des sols marins et sa structure géologique en profondeur. S’interposant, l’Arctic Sunrise cherchait à prévenir de l’impact environnemental de ces activités sur la biodiversité et sur les écosystèmes environnants.

Ces actions ciblées de Greenpeace s’inscrivent dans le cadre de sa campagne intitulée « Save The Arctic », lancée en juin 2011. Ayant recueilli quatre millions de signatures sur les cinq visés, la mobilisation appelle à la création d’une "zone naturelle préservée" autour du pôle Nord, afin d’empêcher les destructions qui s’y déploient. Selon l’association, deux principales menaces pèsent sur l’Arctique : l’exploitation pétrolière et la surpêche industrielle.

Cette campagne se rapporte au changement climatique – c’est d’ailleurs la division « Energie - Climat » de l’organisation écologiste, et non « Océan », qui la chapeaute. Coïncidence ou pas, cette affaire s’est déclenchée au moment de la sortie du dernier rapport du GIEC. Pour Axel Renaudin, directeur de la communication de Greenpeace, il s’agit de sortir d’un modèle qui a fait les preuves de son échec : « On ne peut pas continuer à extraire des ressources fossiles et non-conventionnelles, elles-mêmes responsables du réchauffement climatique, au moment où on sait que la situation empire ».

L’Arctique est en première ligne du dérèglement climatique : l’augmentation des températures y est deux fois plus rapide qu’ailleurs. Le réchauffement accélère la fonte des glaces, ce qui permet aux industriels d’augmenter leur recherche de pétrole, carburant en partie responsable du réchauffement climatique !

C’est pour enrayer ce processus qui n’aurait de fin que l’épuisement des ressources sur une Terre trop chaude que Greenpeace a focalisé son attention sur l’océan blanc.

D’autres enjeux s’y révèlent, ceux de la préservation d’un écosystème déréglé par le changement climatique et menacé par les risques de marée noire, ceux aussi d’une législation internationale incapable de réguler ces activités polluantes. Reporterre va les explorer la semaine prochaine.

La Garance voyageuse Reporterre 2013/11/22 (22 novembre 2013) La Garance voyageuse. Reporterre. fr

La Garance voyageuse

Le n° 103 de La Garance voyageuse est sorti

Avec ce numéro, La Garance voyageuse vous emmène en Amérique, en Afrique de l’Ouest ou sur les sentiers des Cévennes. Elle enquête aussi sur l’arbre qui a vu naître Bouddha, et sur la composition du baume de saint-Antoine.

Elle poursuit la course folle des tumbleweeds, médite sur le sabot de Vénus et s’interroge sur les bienfaits et les méfaits d’une lutte biologique.

Et comme d’habitude, vous offre encore d’autres lectures, instructives ou poétiques.

Le sommaire de ce numéro :

Les articles

Tumbleweeds : ça roule encore pour eux Retour sur les tumbleweeds, déjà présentés dans notre numéro spécial « Plantes insolites » par Pierre SELLENET

Voyage en compagnie d’un livret Ou comment j’ai découvert les arbres de l’Afrique de l’Ouest. par Hélène GILLOT-LAMURE

La pyrale des cactus Agent de lutte biologique et danger pour les espèces patrimoniales. par Marc PHILIPPE

Le baume de saint-Antoine Quatorze espèces d’herbes médicinales pour soigner le mal des ardents. par Hubert SCHNECKENBURGER

Quand la religion réécrit l’histoire Des mythes xyliques élaborés par le bouddhisme. par Élisabeth BIBA VILAYLECK

Rencontre avec le sabot de Vénus Cypripedium calceolus, le nom laisse perplexe ! par Patrick CANAL

Grandeur, décadence et retour d’un géant américain Le châtaignier américain était un pilier des forêts des États-Unis, jusqu’à ce que… par Marc PHILIPPE

Les rubriques

Échos des sciences Actualités scientifiques du monde végétal

Lectures

Sur la route Edelweiss, mon bouquet d’étoiles au matin par Philippe PROU

Conte Une histoire de clous et de loques par Anne-Hélène GRISARD

Coin jeunesse

Le coin du botaniste de terrain Rencontres (botaniques) du troisième type par Philippe JESTIN

Détermination Les Saxifragacées par Françoise DUMAS

En bref Associations, actions, brèves... Les articles Les rubriques

A quoi EELV sert-il ? Daniel Cohn-Bendit Reporterre 2013/11/23 Daniel Cohn-Bendit (23 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti Europe Ecologie Les Verts tiendra son congrès à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre ouvre sa tribune aux écologistes, politiques et intellectuels pour répondre à la question : A quoi EELV sert-il ? Après Jean-Claude Guillebaud, Denis Baupin, Alain Lipietz et Paul Ariès, c’est à Daniel Cohn-Bendit d’exposer son analyse.

A quoi EELV sert-il ?

A pratiquement rien du point de vue de son impact sur la politique gouvernementale française et, en l’état, à strictement rien du point de vue de la culture politique.

En ce qui concerne la participation gouvernementale, c’est platement la loi du nombre qui s’impose. Quel que soit le degré de responsabilité d’EELV de n’avoir pas su convaincre plus d’électeurs, le fait est qu’avec deux ministres subsidiaires, on peut difficilement s’attendre à une inflexion de la politique gouvernementale en fonction des paradigmes de l’écologie politique.

Ceci est d’autant plus vrai que la culture assimilatrice des socialistes français se traduit par une compréhension restreinte du pluralisme politique et une étanchéité congénitale à la dimension écologiste. Sans parler de l’absence criante d’ambitions pour la construction européenne qui résonne mal avec le projet politique européen qui a conduit à la création d’Europe Ecologie. Un coup dur pour le jeune ministre Pascal Canfin dont le travail avait été remarquable au Parlement européen.

Ce confinement dans l’impuissance et cette accessoirisation de l’écologie politique de la part de la gauche française sont peut-être moins flagrants aux niveaux local et certainement européen où la délégation EELV siège dans le quatrième groupe du Parlement. Toute proportion gardée, évidemment, puisque les écologistes européens représentent à peine 9 % des sièges (58 membres dont 30 sont des femmes, faisant des Verts européens le groupe à l’avant-garde de la parité), sur 766 dont 271 sont conservateurs, 190 socialistes et 85 libéraux auxquels s’ajoutent les nihilistes en tout genre.

Cette particularité européenne permet aux écologistes d’exprimer leur individualité politique, également facilitée par la flexibilité des alliances. Ils peuvent ainsi avoir une influence sectorielle sur la législation sans pour autant parvenir - en raison, une fois de plus, de leur faible nombre au regard des formations politiques traditionnelles -, à faire infléchir radicalement les politiques européennes en vue de leur projet de démocratie européenne post-nationale. Les exemples récents de la réforme de la politique agricole commune et du budget européen l’ont parfaitement montré.

Un véritable fiasco

Venons-en à présent à la culture politique proprement dite. De ce point de vue, on peut parler d’un véritable fiasco. Les évolutions du parti EELV n’ont effectivement pas permis de valoriser le potentiel émancipateur de l’écologie politique aussi bien pour les sociétés que pour les individus. Au contraire, EELV a fini par reconduire les éternelles manies politiciennes dans la pure tradition des autres partis.

Ce que beaucoup ont pu considérer comme l’événement politique majeur des élections européennes de 2009, fut rapidement transformé en simple coup politique par les dirigeants verts. Au lieu de s’inscrire dans la dynamique qui venait d’être amorcée, - c’est-à-dire, de faire de l’ouverture une force et d’oeuvrer à la transformation des comportements politiques - les tenants de la particratie verte ont principalement voulu endiguer les éléments subversifs du projet "Europe Ecologie" pour conserver la main mise sur la secte verte. Autrement dit pour, avant tout, "régner comme avant".

Les déchirements autour de « l’appellation d’origine » étaient d’ailleurs révélateurs du refus des commandants verts d’appliquer à eux-mêmes leur devise "faire de la politique autrement". "Europe Ecologie" s’intitulera désormais "Europe Ecologie Les Verts" et s’exprimera dans la tension permanente de ses pôles. Cette lutte identitaire d’un appareil vert, cherchant exclusivement à préserver le monopole sur les postes à pourvoir, a progressivement démantelé le projet. La méfiance congénitale de l’establishment écologiste ne lui permettant pas de voir dans "Europe Ecologie" autre chose qu’une machination visant à les destituer.

Si l’on peut parler d’une "descente aux enfers" du projet "Europe Ecologie", je ne crois pas pour autant qu’il soit illégitime de s’en revendiquer. Au contraire ! Car si les manigances ont affaibli la crédibilité du projet politique écologiste, il n’en demeure pas moins vrai qu’il continue d’animer un certain nombre d’entre nous à l’intérieur et à l’extérieur, dissidents du parti, pour en défendre la « radicalité démocratique ».

En 2014, des dizaines d’archipels d’utopie concrète Quartiers en Transition Reporterre 2013/11/23 Quartiers en Transition (23 novembre 2013) En 2014, des dizaines d’archipels d’utopie concrète. Reporterre. Alternatiba fr

En 2014, des dizaines d’archipels d’utopie concrète

Après le formidable élan né à Bayonne début octobre autour d’Alternatiba et alors que s’est conclu sans résultat la conférence sur le climat de Varsovie, un appel est lancé en Ile-de-France pour créer des dizaines d’Alternatiba franciliens. Le but : préparer fin 2015 une grande mobilisation au moment où se tiendra en France un nouveau sommet climatique.

Appel pour des villages des alternatives en Ile-de-France

Venues de France et d’ailleurs en Europe plus de 12 000 personnes se sont réunies à Bayonne le 6 octobre 2013 à l’appel de l’initiative Alternatiba. Ce rassemblement a été l’occasion de mettre en lumière et de faire converger des initiatives citoyennes alternatives en matière d’enjeux climatiques, de justice sociale, d’économie solidaire, de relocalisations…

En réponse à l’appel d’Alternatiba 2013, des Francilien-n-es engagés dans des alternatives concrètes et motivés par la volonté de s’appuyer sur la réussite de ce projet souhaitent constituer un collectif francilien. La région est riche de mille et une initiatives citoyennes qui proposent des alternatives alliant local et global.

Nous appelons tout-e-s citoyen-n-e-s, toutes organisations ou collectifs qui se reconnaissent dans cette dynamique à participer à la réalisation de dizaines de villages des alternatives d’ici 2015, année de la 21e conférence onusienne sur le climat (COP21) organisée en Ile de France au Bourget.

Sur la route qui mène au Bourget, faisons fleurir dès 2014 des dizaines d’archipels d’utopie concrète.

Avec le logo d’Alternatiba IDF rassemblons nos initiatives et communiquons via un site commun : www.alternatiba.eu/idf. Vous pouvez nous joindre à l’adresse suivante : alternatiba-idf@lists.riseup.net

Nous proposons au débat une grande initiative collective, un grand village des alternatives en Île-de-France lors d’un week-end de juin ou de septembre 2015 dans un lieu et sous une forme à définir tous ensemble. Cette dynamique participera à la mobilisation internationale qui se développera au delà de l’Ile-de-France jusqu’à la conférence en novembre 2015.

Avec nos alternatives, montrons que d’autres mondes sont possibles !

Faisons vivre le souffle d’Alternatiba, engageons sans attendre dans nos rues, nos quartiers et nos villes la transition écologique, économique et sociale.

L’Etat organise un simulacre de débat public autour d’un site géant de déchets dangereux Collectif Destocamine Reporterre 2013/11/23 Collectif Destocamine (23 novembre 2013) L’Etat organise un simulacre de débat public autour d’un site géant de déchets dangereux. Reporterre. Déchets fr

L’Etat organise un simulacre de débat public autour d’un site géant de déchets dangereux

En Alsace, le site de stockage de déchets industriels ultimes, Stocamine, a stoppé son activité depuis plus de dix ans suite à un incendie. Alors que les associations militent pour le déstockage de tous les déchets ainsi que le prévoit la loi, le gouvernement a choisi un autre scénario, et organise un « débat public » visant à le valider.

Il existe à Wittelsheim, dans le Haut-Rhin, un lieu de stockage de déchets industriels ultimes unique en France (44 000 tonnes de déchets de classe 0 et 1 contenant du cadmium, du mercure, de l’antimoine, de l’amiante et autres produits chimiques toxiques).

Ce stockage a été réalisé à partir de 1999 par l’entreprise Stocamine dans des mines de potasse, sous la plus grande nappe phréatique d’Europe qui alimente tout le bassin rhénan.

Le 10 septembre 2002, un incendie de plusieurs mois (impossible selon les experts) stoppe l’activité de Stocamine. Son directeur est condamné pour « violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, ayant entraîné un risque de mort ou de blessure ».

L’hypothèse de pressions exercées par un des actionnaires de Stocamine, l’entreprise Séché Environnement, sur le directeur lampiste, n’est pas irréaliste quand on sait que le même Séché a été à l’origine du stockage de colis de déchets non conformes, descendus quelques semaines plus tôt malgré plusieurs alertes formulées par le personnel.

Les actionnaires privés se sont bien vite retiré de l’entreprise Stocamine et l’État français est à présent seul chargé de la fermeture du site.

Pendant dix ans, de 2002 à 2012, nous avons eu droit à des expertises, débats publics, création de COPIL (Comité de Pilotage), etc. Dix ans de palabres et soixante millions d’euros dépensés en entretien du site.

Le collectif Destocamine, composé d’associations et de syndicats, demande le déstockage de tous les déchets ainsi que le prévoit l’arrêté préfectoral d’autorisation du 3 février 1997.

De nombreux conseils Municipaux, le Conseil général du Haut-Rhin, le CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional), le Conseil régional d’Alsace, tous votent des motions en faveur du déstockage total ainsi que tous les élus locaux.

Fin 2012, Madame Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie annonce le déblocage de cent millions d’euros pour le déstockage des déchets mercuriels.

Alors que le seul expert du COPIL a avoir de l’expérience de déstockage pour avoir assaini plusieurs sites pollués en Suisse, Marcos Buser, affirme qu’il faut tout déstocker pour un coût nettement moindre que celui d’un déstockage partiel (60 millions d’euros), cela fait désordre dans le scénario proposé par l’exploitant Stocamine, et cette proposition n’a jamais été prise en compte.

L’entreprise plaide depuis toujours pour le confinement de tous les déchets.

Et voilà le comble qui arrive en octobre 2013 :

Après cette décision d’État, voici un nouveau débat public qui est proposé pour décembre 2013 !

Et pourquoi un débat après décision ? Tout simplement pour fermer définitivement le site après la sortie d’une partie des déchets mercuriels, cette procédure exigeant légalement un débat public.

Pourquoi est-ce l’entreprise Stocamine qui est chargée de l’organisation du débat public ? Parce que c’est la loi qui impose au maitre d’œuvre de l’organiser, et en l’occurrence il est de fait juge et partie !

Pourquoi le débat reste-t-il confiné au niveau local alors que la problématique de la gestion des déchets toxiques dépasse la cadre du seul bassin potassique alsacien, et qu’il devrait être national ?

Pourquoi le nouveau médiateur, Alain Dorison, est-il un chargé de mission au conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, conseil placé sous l’autorité de Monsieur Moscovici (économie) et de Monsieur Montebourg (redressement productif) ? Où est le ministère de l’Ecologie ? Après le débat public, ce médiateur conseillera le ministre. Lequel ?

Ce débat, biaisé dès le départ, sert uniquement à respecter la procédure de fermeture de la mine.

Démonstration est faite que l’esprit de la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité et du Grenelle de l’environnement n’est pas respectée dans ce débat public tant il apparait que les décisions ont déjà été prises par l’Etat.

Les débats publics sont une fausse démocratie et que quoiqu’il en sorte, les décisions sont prises a priori au plus haut niveau.

Rassemblement 25 novembre à Caen pour les inculpé-e-s de Valognes Par Julien villalard Reporterre 2013/11/24 Par Julien villalard (24 novembre 2013) Rassemblement 25 novembre à Caen pour les inculpé-e-s de Valognes. Reporterre. fr

Rassemblement 25 novembre à Caen pour les inculpé-e-s de Valognes

Rassemblement en soutien aux inculpé-e-s de Valognes en procès à Caen, pour avoir manifesté contre le nucléaire. Lundi 25 novembre, 13h. Devant la cour d’appel de Caen.

Le 23 novembre 2011, à l’occasion du passage d’un train transportant des déchets nucléaires hautement radioactifs destinés à être stockés en Allemagne, environ 500 personnes se réunissent près de Valognes, dans la Manche, dans le but d’exiger l’arrêt immédiat du nucléaire, appelant à une mobilisation populaire massive, à l’image de celle à l’œuvre outre-Rhin.

Rassemblements, actions directes de déballastage, marches, clowns, communiqués aux médias, autant de formes d’action différentes menées en parallèle qui ont prouvé que chacun peut trouver sa place dans cette lutte, pour un harcèlement permanent d’Areva, EDF SA et leurs petits copains du gouvernement.

Malgré le fait que le départ du convoi était avancé de 24h nous avons réussi tous ensemble à retarder le train de quelques heures et son voyage jusqu’en Allemagne n’a jamais pris autant de temps !

De dépit, les CRS ont embarqué une vingtaine de personnes et deux d’entre elles sont REconvoquées le 25 novembre à Caen pour vol de canette de soda, et présence sur les voies ferrées.

- L’une avait été condamnée le 31 janvier 2012, à 300 € d’amende pour avoir récupéré au sol quelques canettes de soda. Cette condamnation fut assortie d’une autre d’un mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir refusé le prélèvement de son ADN.

- Une autre militante prévenue pour intrusion sur la voie ferrée ce même 23 novembre 2011 a été relaxée de cette infraction le 7 février 2012 par le tribunal de Cherbourg. Ce fut la première de 7 relaxes (sur 9 personnes poursuivies) qui font suite à ce temps d’action, une première qui a valu un appel du parquet de Cherbourg la renvoyant de nouveau devant les tribunaux.

Même si une seule des manoeuvres du parquet a pour l’instant abouti à une condamnation (500 € pour un photographe qui n’était même pas sur place), les procédures qui se sont enchainées impliquent des frais de justice qui s’amoncèlent.

La solidarité financière est aussi de mise pour pouvoir faire face à la répression : Merci d’envoyer vos dons à l’Association pour la solidarité et l’aide juridique (chèque à l’ordre de APSAJ, mention VSC au dos), 6 cours des alliés, 35000 RENNES.

Sables bitumineux : pétrole ou environnement ? A vous de décider… en jouant Louis Benoit (Reporterre) Reporterre 2013/11/25 Louis Benoit (Reporterre) (25 novembre 2013) Sables bitumineux : pétrole ou environnement ? A vous de décider… en jouant. Reporterre. fr

Sables bitumineux : pétrole ou environnement ? A vous de décider… en jouant

L’exploitation des sables bitumineux, au Canada, dans la province d’Alberta, est un des désastres écologiques de la planète, mais peu connu du grand public. C’est sous la forme du jeu que le réalisateur David Dufresnes pense sensibiliser ses concitoyens, au moyen d’un ambitieux web-documentaire ludique réalisé avec la chaîne Arte.

« Qu’est-ce qu’on fait du pétrole ? Et qu’est-ce qu’on fait de la terre qui est entre nos mains ? » Voilà des questions essentielles… Plutôt que d’y répondre à notre place, le journaliste David Dufresne a choisi de les poser directement au public et de le laisser répondre au travers d’une démarche narrative totalement novatrice : le jeu documentaire. Après « Prison valley ", un web-documentaire sur l’industrie pénitentiaire américaine acclamé par la critique, il s’attaque cette fois aux sables bitumineux du Canada avec « FortMcMoney ». Dans ce jeu-web-documentaire les internautes sont invités à prendre le contrôle du double numérique de Fort McMurray, ville-champignon du nord de l’Alberta au cœur de l’exploitation de ces hydrocarbures non-conventionnels.

C’est là-bas que depuis un peu de dix ans se joue une révolution énergétique aux conséquences planétaires : extrait à grand renfort d’énergie (un baril nécessaire pour en produire deux) et d’eau (quatre barils d’eau pour un de pétrole) ce bitume ultra-visqueux a propulsé le Canada au rang de pétro-Etat en lui offrant les troisièmes réserves mondiales de brut (derrière l’Arabie Saoudite et le Venezuela) tout en pulvérisant ses engagements de réduction de gaz à effet de serre.

Qualifié de « pétrole le plus sale au monde » par les écologistes, vingt et un prix Nobel ont jugé son « impact désastreux sur les changements climatiques », mais pour le gouvernement canadien et sa population à la recherche d’emploi et d’argent, c’est une opportunité économique sans équivalent.

A la manière d’un livre dont vous êtes le héros, l’internaute se promène dans Fort McMurray, collecte des indices et choisit de rencontrer et d’écouter différents personnages. Il y a les travailleurs attirés par des salaires atteignant les 10 000 $ CAD par mois (7 500 euros) que l’on découvre endurant des températures de -45 °C dans des campings, car le logement est partout hors de prix. Il y a la mairesse qui se dit paradoxalement de sensibilité écolo alors que sa commune est entièrement aux mains de l’industrie pétrolière. Il y a ces SDF réfugiés dans l’alcool et la drogue, le patron de boîte de strip-tease, le chef d’une tribu autochtone, les policiers, les militants écolos et les représentants de l’industrie pétrolière. Au total une cinquantaine de personnages qui racontent tous une histoire différente, leur histoire, et vous guident vers d’autres lieux et rencontres.

Mais il ne s’agit pas que d’une balade interactive dans vingt-deux lieux de la ville, grâce aux témoignages recueillis le joueur façonne sa compréhension des problématiques de Fort McMurray puis est amené à influer sur le devenir de la commune. A la manière de Sim City, on peut faire des choix en termes de développement économique, social, politique, organiser des évènements collectifs (manifs, forums) et par-dessus tout, convaincre les autres participants de la pertinence de ses choix via des sondages et des référendums.

Vous pouvez favoriser l’économie mais devrez en payer le prix environnemental. Et si vous choisissez de préserver ce qu’il reste de nature, cela ne sera pas sans conséquences économiques et sociales… Dans cet endroit où la neige est maculée de rejets pétroliers, il est inutile de chercher le blanc ou le noir : tout est gris. « C’est un jeu mais pas du divertissement », a résumé l’auteur David Dufresne avec un mélange d’excitation et d’anxiété lors de la conférence de presse de présentation du jeu, à Paris : « Nous voulons intéresser des gens par la forme pour les faire venir sur le fond ». Le public visé ? « Ceux qui suivent les questions énergétiques, les relations internationales, les « gamers » (joueurs, ndlr) et tous ceux qui se passionnent pour les nouvelles formes narratives ». Mais il reconnaît que « c’est un pari : on est dans la Recherche et Développement de documentaire ».

Les producteurs de l’Office National des Films du Canada, de Toxa et d’Arte ne veulent pas s’appesantir sur le budget (« dans la fourchette haute des documentaires » selon leur termes) mais le montant de 620 000 euros circule sur le web. Le cap de la réussite : 10 000 joueurs sur les trois langues proposées (anglais, français et allemand) qui devraient être conduits sur le site via des partenariats avec des médias (Le Monde, Radio-Canada, The Globe and Mail et Süddeutsche Zeitung). Ces médias vont aussi alimenter les débats grâce à leurs archives et leurs articles sur les sables bitumineux qui seront intégrés au jeu.

Celui-ci se déroule en trois séquences distinctes, la première partie débutant ce lundi, la deuxième le 20 janvier 2014 et la troisième le 24 février. A l’issue des trois phases de jeu, un documentaire linéaire prenant en compte les choix et les débats des internautes pourrait voir le jour et être diffusé sur Arte.

Stephen Harper, premier ministre du Canada (conservateur et très pro-pétrole) avait comparé le développement de l’industrie des sables bitumineux à la construction des pyramides d’Egypte et à celle de la Grande Muraille de Chine, une démesure à laquelle n’échappe pas l’entreprise de David Dufresne avec ses deux ans d’enquêtes, ses deux mois de tournage, ses cinq mois de montage et 1940 heures de développement. Le joueur aura face à lui 515 choix de dialogues et plusieurs centaines de parcours possibles, à l’issue desquels il pourra faire triompher sa vision du monde.

En donnant ainsi au public la possibilité de faire des choix éclairés, David Dufresne va aussi paradoxalement mettre en lumière à quel point cette dimension participative et démocratique au cœur du Fort McMoney virtuel fait totalement défaut dans la réalité. Ici s’applique « la première loi de la pétro-politique » définie Thomas Friedman : le prix du pétrole et les libertés individuelles suivent des courbes opposées. Plus il y a d’or noir, moins il y a de démocratie. Fort McMurray est la ville où l’on vote le moins au Canada ; le lobby pétrolier et ses relais politiques de Calgary à Ottawa ont un plan simple pour la région : y exploiter l’or noir jusqu’à la dernière goutte.

Ce 25 novembre, une soirée pour redonner de l’espace aux utopies concrètes Reporterre 2013/11/25 (25 novembre 2013) Ce 25 novembre, une soirée pour redonner de l’espace aux utopies concrètes. Reporterre. fr

Ce 25 novembre, une soirée pour redonner de l’espace aux utopies concrètes

Espace public, espaces partagés, espaces alternatifs. Lundi 25 novembre, une soirée pour redonner de l’espace aux utopies concrètes ! Au Théâtre de Verre, Paris 18e.

Le béton et l’automobile ont pris le pouvoir dans l’espace public parisien, aujourd’hui marchandisé et standardisé au détriment de l’imagination, de la libre expression, des rencontres…. Les lieux de création et de culture alternatifs qui occupent le bâti délaissé sont rattrapés par l’implacable logique d’opérations dites de « rénovation urbaine ». Quant à la nature en ville, la voici le plus souvent à peine tolérée, voire menacée de disparition à l’image des jardins partagés.

Lundi 25 novembre à partir de 19h30, au Théâtre de Verre dans le 18e, des collectifs et des citoyens engagés dans des alternatives et des initiatives concrètes proposent une soirée autour de la place des espaces publics, des espaces alternatifs et des espaces partagés parisiens.

En ouverture de cette soirée, le film « ZAC, Zones d’Autonomie conventionnée », réalisé par Federica Gatta (architecte), Ugo Vouaux-Massel (vidéaste) et Maria Anita Palumbo (anthropologue), sera projeté.

Ce documentaire de 48 minutes porte un regard à la fois critique et engagé sur les occupations éphémères du quartier de La Chapelle dans le 18e arrdt et sur les futurs aménagements du Nord-est parisien. Jardin d’Alice, Shakirail, Ecobox, jardin partagé du Bois Dormoy, Arrière-Cour 93 et Théâtre de Verre sont les lieux visités par le Collectif Variable à l’origine de ce moyen-métrage commandité par le Collectif des Portes Ouvertes de la Chapelle et tourné au printemps 2013.

Témoignages, débats, propositions en lien avec le « Manifeste des espaces publics et partagés » succéderont à cette projection, en présence notamment du Collectif Variable, de nombreux membres engagés dans des lieux et des collectifs alternatifs ainsi que Fabienne Giboudeau, maire-adjointe de Paris chargée des espaces verts et Cyrielle Den Hartig, géographe et auteure d’un livre sur les jardins partagés .

La soirée se conclura par un second film sur l’aventure du Théâtre de Verre, lieu d’accueil et d’échanges culturel et artistique

Le Théâtre de Verre, 17 rue de la Chapelle, M° Max Dormoy Ouverture des portes à 19h00, début de la projection à 19h30. (Une cotisation de 3 € sera demandée à l’entrée pour soutenir le Théâtre de Verre, ses activités et celles et ceux qui l’anime. Cette cotisation couvre aussi l’assurance, obligatoire dans le cadre des activités du Théâtre.)

Appel à une révolution fiscale Paul Ariès, Corinne Morel Darleux, Michael Löwy et al. Reporterre 2013/11/25 Paul Ariès, Corinne Morel Darleux, Michael Löwy et al. (25 novembre 2013) Appel à une révolution fiscale. Reporterre. Tribune — fr

Appel à une révolution fiscale

Ils sont politologue, philosophe, militants politiques ou chercheur en sciences politiques, et se définissent comme écosocialistes. Critiquant un gouvernement qui a « renoncé à toute politique d’ampleur en matière d’écologie », ils appellent à une « révolution fiscale pour l’écosocialisme. »

Parce que la crise écologique est le résultat d’un système de production destructeur et que la justice sociale est en péril dans notre pays, nous appelons à mettre en place une véritable révolution fiscale propre à engager la France dans une nouvelle ère qui, pour nous, doit être celle de l’écosocialisme.

Aujourd’hui, l’accumulation de richesses sans fin d’une poignée de privilégiés et leur mode de vie dévastateur pour la biosphère mettent plus que jamais en lumière l’insoutenabilité sociale et écologique du système de production capitaliste. Car ce sont bien les plus riches qui détruisent la planète : d’après un rapport de l’Insee en 2010, les 20 % des ménages les plus aisés émettent 2,7 fois plus d’émissions que les 20 % des ménages les plus démunis !

Aussi la crise écologique ne se rédoudra-t-elle pas en faisant la guerre aux pauvres, comme le fait l’actuel gouvernement qui a renoncé à toute politique d’ampleur en matière d’écologie et dont les propositions fiscales en la matière est aberrante :

- en l’absence d’alternative, la taxe carbone ou "contribution climat-énergie" aura pour seule conséquence le renchérissement des dépenses contraintes pour les foyers les plus modestes ;

- l’écotaxe revient à taxer des 44 tonnes que le gouvernement a lui-même mis sur la route par un arrêté il y a moins d’un an, et ne concerne pas les transports longs par autoroutes, en l’absence de plan de report modal elle n’enrichira qu’Ecomouv sans règler la question de l’emploi ni de l’agriculture productiviste !-

- le financement du crédit d’impôt compétitivité-emploi sans aucune exigence écologique et sociale est un non-sens qui sera pris en charge par les citoyens via la hausse de la TVA et créera un nouveau transfert de richesses des foyers les plus modestes vers les grandes entreprises au nom de la « compétitivité » ;

- la poursuive et l’approfondissement du marché carbone européen ne sert qu’une spéculation bénéficiant en grande partie aux plus grands pollueurs européens (au premier rang desquels le sidérurgiste Arcelor Mittal…).

A cette politique de marchandisation des biens communs et de faiblesse face aux grands pollueurs et prédateurs de notre planète nous opposons la nécessité d’une révolution tant écologique que sociale, basée sur un nouveau système fiscal.

Nous demandons donc au gouvernement Ayrault :

- la mise en place d’un salaire maximum conditionné par un rapport de 1 à 20 dans chaque entreprise entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut ;

- la création de quatorze tranches pour un impôt sur le revenu réellement progressif ;

- la mise en place de mesures de protection solidaires, écologiques et sociales qui permettront de relocaliser les productions au Nord comme au Sud ;

- la fin des mécanismes de régulation par le marché qui, au lieu de résoudre la crise écologique et de répartir de manière efficiente les ressources primaires amplifient l’accumulation de ces ressources et encouragent les comportements les plus destructeurs pour l’environnement

- la suppression des niches fiscales anti-écologiques ;

- la création de nouveaux impôts sur le capital et les transactions financières, qui permettront de financer des mesures de transition énergétique, de mise en place du frêt ferroviaire et fluvial, de développement d’un agriculture paysanne…

- la mise en place d’une véritable tarification progressive de l’eau et de l’énergie, la gratuité des premiers m3 et kilowatts-heure, afin de garantir un accès universel à ces ressources pour tous, tout en décourageant les surconsommations et le gaspillage

Nous soutenons que c’est ainsi, en redonnant à notre pays un cap clair, ambitieux et novateur, que nous sortirons de ces épreuves par le haut et que nous nous donnerons les moyens d’envisager l’avenir avec enthousiasme et sérénité. Voilà pourquoi nous marcherons sur Bercy à l’appel du Front de gauche le 1e décembre, pour la révolution fiscale et pour l’écosocialisme.

Signataires : . Paul Ariès, rédacteur en chef du mensuel les Z’indigné(e)s ; . Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale à l’écosocialisme du Parti de gauche ; . Arno Munster, philosophe ; . Matthieu Le Quang, chercheur en sciences politiques ; . Laurence Lyonnais, Gauche Anticapitaliste, militante en secteur rural ; . Gilles Monsillon, AlterEkolo/FASE ; . Mathieu Agostini, responsable de la commission écologie du Parti de gauche ; . Anita Rozenholc, revue Ecorev ; . Laurent Garrouste, Gauche Anticapitaliste ; . Michael Löwy, essayiste.

George Poitras, leader indien : « Les sables bitumineux ont un impact écologique gargantuesque » Reporterre Reporterre 2013/11/25 Reporterre (25 novembre 2013) George Poitras, leader indien : « Les sables bitumineux ont un impact écologique gargantuesque ». Reporterre. fr

George Poitras, leader indien : « Les sables bitumineux ont un impact écologique gargantuesque »

De passage à Paris, George Poitras, porte-parole des Cree de l’Alberta, tente d’alerter les Européens sur le drame des sables bitumineux : la production de pétrole qu’ils permettent a un impact environnemental énorme, et le gouvernement du Canada veut encore l’augmenter.

George Poitras est un indien Mikisew Cree, dont la communauté vit depuis toujours en Alberta, province du Canada où sont exploités les sables bitumineux. Précisément, les Mikisew Cree habitent le long de l’Athabasca, la rivère qui coule vers le nord, et où est établi, en amont de leurs villages, Fort McMurray, l’épicentre de l’exploitation des sables bitumineux. On tire de ceux-ci du pétrole à un coût environnemental énorme, notamment en pollution d’eau. Leur exploitation a considérablement augmenté depuis le début des années 2000, avec la hausse du prix du baril de pétrole, qui l’a rendue rentable.

Il y a quelques semaines, George Poitras était de passage à Paris, et Reporterre l’a rencontré.

Reporterre - Comment la situation a-t-elle évolué sur le terrain depuis quelques années ?

George Poitras : Les gouvernements du Canada et de la province d’Alberta ont affaibli toutes les sortes de protection réglementaires qui pouvaient exister, menant une politique plus accommodantes pour les compagnies. Il y a moins de possibilité d’être consulté, d’intervenir, de façon formelle ou durant des auditions publiques. En décembre dernier, le gouvernement de Steve Harper [le premier ministre du Canada] a adopté une nouvelle législation, la « Bill C 45 » [loi n° C 45], qui facilite et accélère la procédure d’autorisation d’exploiter pour les compagnies. Cela signifie moins de possibilités pour nous d’intervenir, et que les droits qui nous avaient été reconnus constitutionnellement ne sont pas pris en compte avec cette nouvelle législation. Toute loi ou réglementation devrait être respectueuse de ces droits reconnus par la Constitution. Et ne devrait pas affecter nos possibilités de chasser et de pêcher. C’est pourquoi le peuple Cree des premières nations a engagé une procédure juridique contre cette loi C 45 du gouvernement Harper. Les conséquences n’en sont pas seulement sur nos droits, mais sur l’environnement, l’eau, la terre, les oiseaux, la santé des animaux. Quelqu’un a dit que ce que fait le Canada est digne d’un pétro-Etat : selon moi, c’est exactement ça, un Etat où le citoyen n’a plus de droit.

Y a-t-il eu des progrès en matière de respect de l’environnement ?

Non. La production augmente, et les impacts sur l’environnement aussi. Le gouvernement ne les a pas contrôlé efficacement ni mis en place de mesures pour les atténuer. Les compagnies ont financé des programmes de surveillance, qui ont toujours conclu qu’il n’y avait pas d’impact sur la qualité de l’eau, la santé des poissons ou l’environnement en général. Mais un scientifique très respecté au Canada, David Schindler, a publié en 2010 une étude dans la prestigieuse revue de l’Acadamie des sciences des Etats-Unis, qui a montré que la contaminiation de la neige, de la végétation, de l’eau et des poissons avait fortement augmenté du fait de la production de pétrole, alors que le gouvernement disait que c’était un phénomène naturel.

- Fort Chipewyan, où vit la communauté Mikisew Cree de l’Alberta -

Pourquoi la lutte autour des sables bitumineux s’est-elle concentrée autour du projet d’oléoduc Keystone XL, qui acheminerait le pétrole de l’Alberta vers le Texas ?

Parce que cet oléoduc permettrait une expansion importante de la production de pétrole. En quarante ans d’exploitation, seulement 5 % du potentiel des sables bitumineux de l’Alberta a été extrait. Et cela a déjà crée cette empreinte écologique gargantuesque. Aujourd’hui, la production est de 2,5 millions de barils par jour. Si Keystone est approuvé, cela permettra 3,6 millions barils par jour en plus. Cela aurait des effets environnementaux énormes. Et pour nous, petite communauté de trois mille personnes qui vivons en aval de la région de production, c’est un bouleversement de notre monde. Et c’est pour ça que la discussion en Europe autour de la directive sur la qualité des carburants est si importante.

Avez-vous un soutien au Canada ?

Oui, mais pas suffisant pour changer la politique du gouvernement Harper.

- Propos recueillis par Hervé Kempf

Le changement climatique menace la santé des océans Olivier Mary (Reporterre) Reporterre 2013/11/25 Olivier Mary (Reporterre) (25 novembre 2013) Le changement climatique menace la santé des océans. Reporterre. fr

Le changement climatique menace la santé des océans

L’acidification des océans est un des aspects majeurs mais les plus oubliés du changement climatique : elle fragilise peu à peu les écosystèmes, blanchit les coraux et menace de nombreuses espèces. C’est ce que révèle un rapport scientifique publié les jours derniers.

L’acidification des océans est un phénomène en augmentation et un des marqueurs les plus visibles du réchauffement climatique. C’est la conclusion qui a été présentée le 18 novembre dans un rapport publié durant la Conférence sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Varsovie du 11 au 22 novembre. Il est issu du troisième symposium sur l’acidification des océans qui s’est déroulé à Monterey (Californie). Ce résumé à l’intention des décideurs a été préparé par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, le Comité scientifique pour la recherche océanique (SCOR) et le Programme international de géosphère-biosphère (IGBP). Il résume les conclusions de 540 experts de 37 pays et dresse un bilan de la recherche sur le sujet. Résultat, l’eau de mer devient plus acide (son pH diminue) à une vitesse croissante et dans des proportions alarmantes.

Or, les océans jouent un rôle majeur dans la régulation du climat en absorbant un quart du CO2 rejeté dans l’atmosphère. Mais plus ils en absorbent, plus leur PH diminue : « Depuis le début de l’ère industrielle, leur acidité a augmenté de 26 % », expliquent les experts. « Le niveau actuel du processus est 10 fois plus rapide qu’à n’importe quelle époque durant les dernières 55 millions d’année », rajoutent-ils. Les mers ingurgitent chaque jour 24 millions de tonnes de CO2. Et les projections sont encore plus inquiétantes : si rien n’est fait pour diminuer les rejets de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, ce taux devrait augmenter de « 170% d’ici 2100 par rapport aux niveaux précédant la révolution industrielle ». L’acidification des océans est donc directement liée à ces rejets de gaz à effet de serre et pourrait aggraver en retour le réchauffement climatique : en s’acidifiant, l’océan perd sa capacité à absorber le CO2. Et « même si les émissions anthropiques de CO2 s’arrêtaient aujourd’hui, le PH des océans ne retournerait pas à son niveau préindustriel avant des siècles », souligne le rapport.

Des écosystèmes marins fragilisés

Mais ce processus n’a pas qu’un impact négatif sur le climat mondial. Il pourrait aussi durement frapper les écosystèmes marins, en particulier la croissance des coraux. Ces organismes, déjà touchés par le phénomène du « blanchiment » - il peut se produire en quinze jours quand les algues qui vivent en symbiose avec les polypes coralliens sont expulsées - dû au réchauffement de l’eau, risquent d’être fragilisés.

- Blanchiment des coraux -

« Les coraux profonds qui vivent à plusieurs centaines de mètres de la surface doivent déjà supporter une eau normalement très acide et on ne sait pas quelles pourraient être les conséquences d’une ‘‘suracidification’’ », explique Jean-Pierre Gattuso, chercheur au Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer (CNRS, université Paris VI) qui a participé à la rédaction du document de synthèse du symposium.

L’acidification entraîne aussi la diminution de la concentration des ions carbonates, qui permettent à de nombreux organismes marins de fabriquer leurs coquilles. Les prédictions des chercheurs, basées sur le scénario du Giec « RCP 8.5 », estiment que les eaux de surface de l’océan Austral vont devenir trop corrosives pour l’aragonite, un calcaire qui constitue la coquille des ptéropodes.

- Escargot de mer nageur -

Ces petits escargots, qui sont la base de l’alimentation d’espèces comme les baleines ou les saumons, pourraient donc totalement disparaitre d’ici la fin du siècle. « Comme la nature a horreur du vide, cette espèce sera probablement remplacée par une autre mais on ne sait pas laquelle, ni si celle-ci aura une valeur nutritive équivalente pour les poissons », indique l’océanographe. L’industrie de la pêche pourrait être touchée. Des espèces comme les huîtres ou les moules sont déjà sensibles à ce processus : « Certains bassins conchylicoles ont dû s’adapter ou se délocaliser », selon les experts qui craignent des conséquences économiques de grandes ampleurs. Le secteur de la pêche des coquillages pourrait connaître des pertes estimées à 130 milliards de dollars par an d’ici 2100 si aucun effort n’est fourni sur les émissions de gaz à effet de serre.

Conséquences à long terme incertaines

Le rapport reste néanmoins très prudent sur les conséquences à terme pour l’écosystème marin car elles sont difficiles à mesurer. D’autant que les expériences réalisées en laboratoire ne peuvent pas réellement rendre compte de la complexité du milieu marin. Des tests sur le terrain sont indispensables : le projet EPOCA, European Project on Ocean Acidification, dirigé par monsieur Gattuso, a été la première initiative internationale qui a étudié ce processus en pleine mer, aux Spitzberg. Un programme est actuellement en cours en Méditerranée. Mais il reste encore beaucoup de progrès à accomplir. Les chercheurs demandent donc la mise en place rapide de nouvelles initiatives pour faire progresser la recherche sur le sujet, à l’image du Réseau sur l’acidification des océans cofondé par la COI ou du Projet international de coordination sur le carbone et l’océan mis en place par la COI et le SCOR. « Les scientifiques appellent également de leurs vœux la mise en place de mécanismes internationaux capables de traiter spécifiquement de la question de l’acidification des océans afin que cette question ne reste pas en marge des négociations sur le changement climatique », rappelle l’UNESCO.

Agriculture bio et spiritualité dans une ferme charentaise Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) Reporterre 2013/11/26 Emmanuel Daniel (Tour de France des alternatives) (26 novembre 2013) Agriculture bio et spiritualité dans une ferme charentaise. Reporterre. fr

Agriculture bio et spiritualité dans une ferme charentaise

A La Grole Bagnade, en Charente, une famille de néo-ruraux pratique depuis 3 ans la biodynamie, une forme d’agriculture biologique où les paysans évoluent en harmonie avec la flore, la faune... et « les énergies terrestres ».

« Viens là Yaourt ». A l’énoncé de son nom, le veau se redresse et se fraie maladroitement un chemin parmi ses compères. Il passe la barrière de l’enclos qui vient de s’ouvrir pour se précipiter sur les mamelles de sa mère. Une fois rassasié, un jeune paysan à la tignasse blonde prend le relai et finit de traire la vache à la main.

Une scène somme toute classique dans une ferme… avant que le développement de l’agriculture intensive ne la rende obsolète. Mais les paysans de la Grole Bagnade, dans l’est de la Charente, ont décidé d’ignorer les sirènes du progrès et la course au productivisme. Ils n’utilisent pas de trayeuse et entretiennent un rapport privilégié avec leurs animaux. « On connait chaque animal par son prénom. Je connais peu de fermes où les vaches viennent quand on les appelle », s’enorgueillit Théophane, un des fermiers de cette exploitation familiale.

Une proximité rendue possible par la taille limitée et la diversification de leur cheptel. Une trentaine de vaches, autant de chèvres, un taureau, une vingtaine de porcs, un essaim d’abeilles, des oies, des lapins, des canards ainsi qu’une activité maraîchère et fromagère.

« Les visiteurs sont étonnés de voir tous les animaux présents sur l’exploitation. Ça leur rappelle les fermes d’antan », raconte Nicolas, le père de Théophane qui a acheté le terrain il y a 3 ans pour s’y installer avec ses 4 enfants et leurs conjoint(e)s. Ici pas de poulets en batterie ni d’usine à vaches. Chacun des 8 paysans de l’exploitation s’occupe d’une partie des animaux.

La ferme, un organisme vivant

Cette diversité n’est pas due au hasard. C’est une des bases de la biodynamie, une technique d’agriculture théorisée par l’allemand Rudolf Steiner (principalement connu pour sa méthode pédagogique alternative) au début du siècle dernier qui a grandement inspiré cette famille de néo-ruraux. Selon Steiner, dont on retrouve les livres un peu partout sur l’exploitation, chaque ferme est considérée comme un organisme vivant et doit être capable de nourrir ses bêtes et d’alimenter ses sols sans dépendre d’apports extérieurs. Exit donc les engrais chimiques et produits phytosanitaires.

« Une ferme qui importe est considérée comme un organisme malade », note Nicolas. C’est encore le cas de la Grole Bagnade. « Nous avons pour l’instant 28 hectares et trop de cochons par rapport à ce que fournit la ferme en céréales et en paille. Il faudrait 20 ou 30 hectares de plus pour arriver à l’autosuffisance », note Quentin, l’aîné de la fratrie.

La biodynamie promeut également le travail du sol en surface plutôt qu’en profondeur et la rotation des cultures. Le bien être des animaux est également un pilier de cette forme d’agriculture. A la Grole Bagnade, les vaches ne sont pas écornées contrairement à ce qui se fait dans la plupart des exploitations. Les paysans font de la polyculture-élevage et privilégient les races locales, parfois au détriment du rendement. Ainsi, plutôt que d’acheter des vaches productives « spécialisées » dans la production de viande ou de lait, ils ont opté pour des maraichines, une race mixte et locale en voie de disparition.

Agriculture et spiritualité

Souvent considéré comme le pendant spirituel de l’agriculture biologique classique, la biodynamie invite le paysan a évoluer en harmonie avec ce qui l’entoure, la flore, la faune mais aussi le cosmos. Ainsi, les paysans tiennent compte des cycles lunaires. En outre, les sols de la ferme sont fertilisés avec des préparations visant à entretenir l’« énergie vitale de la terre », explique Théophane, le cadet. Pendant l’hiver, ils insèrent de la bouse dans des cornes de vaches qu’ils enterrent pendant quelques mois afin que le mélange fermente. Au printemps, la corne est déterrée et son contenu ajouté au fumier afin de donner des « forces structurantes pour le sol », ajoute le jeune fermier.

Les paysans charentais utilisent également des techniques similaires à base de silice broyée et des préparations végétales fourrées dans des organes d’animaux récupérés à l’abattoir. A cela s’ajoutent les méditations auxquelles certains membres de la famille s’adonnent afin d’encourager la bonne santé des bêtes. Autant dire que dans une zone rurale, « où même l’agriculture bio est regardée de manière suspecte, les voisins nous prennent pour des extra-terrestres », sourit Nicolas. « Dès que tu parles de l’influence du cosmos, on te prend pour un fou, un illuminé », regrette Clarisse, chevrière sur la ferme.

Une énigme scientifique

En effet, bien que la biodynamie compte des défenseurs de poids comme Philippe Desbrosses, le « pape du bio » ou Pierre Rabhi, le désormais célèbre paysan philosophe, son caractère ésotérique reste décrié. On lui reproche notamment son approche « mystique » et « non scientifique ».

Claude Bourguignon, ingénieur agronome spécialiste de la mircrobiologie des sols reconnaît que « scientifiquement on ne sait pas comment », pourtant « la biodynamie augmente fortement l’activité biologique des profondeurs ». Un atout qui intéresse de plus en plus de viticulteurs car les racines des vignes vont justement s’alimenter en profondeur. Même si, comme il l’ajoute, ces viticulteurs ne le précisent pas sur leurs bouteilles car la biodynamie souffre d’une image « baba cool, soixante-huitard attardé » qui serait préjudiciable à leurs ventes.

Et même si certaines pratiques liées à la biodynamie surprennent. Nicolas assure qu’en 3 ans, le regard de ses voisins a évolué, notamment grâce à l’aspect terre-à-terre de leur quotidien. « L’agriculture biodynamique a deux aspects : le spirituel et le concret. On peut discuter antroposophie le dimanche soir [la philosophie de vie fondée par Rudolf Steiner], mais le lundi matin, on est à la ferme en train de s’occuper des animaux », indique-t-il. Car spiritualité ou pas, les vaches ne se traient pas encore par elles-mêmes !

L’agriculture en famille

Le caractère ésotérique de la biodynamie n’est pas la seule chose qui étonne dans cette exploitation. Les membres de la Grole Bagnade appartiennent tous à la même famille. Après s’être sensibilisés à la nourriture bio, ces anciens urbains ont décidé de tout plaquer pour s’installer à la campagne et devenir eux-mêmes producteurs. « On ne voulait plus seulement bouffer, on voulait se nourrir », se rappelle Quentin.

La Grole Bagnade est à la fois une ferme et une communauté de vie familiale. « C’est un projet humain et pas seulement agricole. Chacun fait des sacrifices pour que le groupe ne cède pas à la première dispute. C’est un pari à l’heure où la famille n’a plus trop de sens », ajoute-t-il. « En ville, tu ne connais pas ton voisin, tu mets tes parents en maison de retraite, tu ne penses qu’à toi, toi et toi. Ici nous pensons ‘nous’. Tout le monde prend soin des autres », abonde Clarisse.

Ainsi, Nicolas, jeune retraité, prévoit de vieillir sur la ferme auprès de ses enfants. Un point qui n’a pas l’air de déranger Quentin qui loue l’aspect intergénérationnel du projet : « c’est hyper important d’être élevé et de vivre avec les vieux parce qu’ils ont des choses à nous apprendre mais aussi parce que ça les maintient jeunes ».

Les décisions se prennent autour de la table lors de réunions informelles, souvent à l’issue des repas, quand les membres de cette grande famille se réunissent au salon pour fumer une cigarette. La cohabitation n’est pas toujours évidente et les différends ne sont pas rares. Mais pas de quoi rebuter Nicolas : « Toutes ces interrogations et ces confrontations sont passionnantes. C’est une expérience qui nous fait évoluer ».

A quoi EELV sert-il ? Geneviève Azam Reporterre 2013/11/26 Geneviève Azam (26 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti Europe Ecologie Les Verts tiendra son congrès à Caen le 30 novembre. Occasion pour Reporterre de demander : A quoi EELV sert-il ? Après Jean-Claude Guillebaud, Denis Baupin, Alain Lipietz, Paul Ariès et Daniel Cohn-Bendit, Geneviève Azam livre son analyse.

Les écologistes de la première heure pourraient légitimement être satisfaits : même si les désastres écologiques s’accumulent dangereusement, la critique du productivisme et de la croissance, celle du progrès devenu norme historique, les débats sur la transition énergétique, le nucléaire et maintenant les gaz et huiles de schistes, ces sujets fondateurs pour le mouvement écologiste ont quitté un certain confinement et font irruption dans le débat public.

Même si les temps sont difficiles, même si l’effondrement social et économique peut laisser redouter une nouvelle relégation des questions écologiques, les faits sont têtus et la nature ne permet pas des négociations, des compromis ou de savantes synthèses politiciennes. Le changement climatique, la réduction de la biodiversité s’expriment d’ores et déjà dans des situations concrètes et visibles. La fuite en avant dans l’accaparement et l’extraction des ressources naturelles, l’accélération désespérée - et cynique - du productivisme, la course à la « modernisation » ne sont plus ressentis comme une promesse, un mal nécessaire capable d’engendrer ensuite le meilleur, mais bien comme une malédiction, qui appelle l’action et la résistance au fatalisme.

Et pourtant, la désespérance, le malaise, parfois la colère, atteignent ceux qui ont lu dans l’émergence d’Europe-écologie une tentative de transcender les blocages et lourdeurs partidaires, de déplacer l’énergie dépensée dans l’arithmétique interne des pouvoirs et la préparation interminable des congrès et des motions qui ne disent rien, dans une culture politique capable d’articuler les expériences autonomes des mouvements sociaux de base, les savoirs accumulés, la conscience écologiste partagée et leur traduction politique.

Tentative de construire un mouvement politique capable de joindre pragmatisme et dépassement des modèles industriels productivistes, de penser les étapes de la transition, d’associer la radicalité des propositions et l’élargissement de la conscience de leur nécessité, bref de relier l’éthique de la responsabilité et l’éthique de la conviction.

Une telle lecture conduit à un constat d’échec brutal, indépendamment des qualités des uns ou des autres et des réussites locales à leur actif. À cela sans doute plusieurs raisons. Un lourd mouvement de balancier ramène ce mouvement en gestation à un parti finalement formaté sur les institutions de la cinquième république, avec un poids essentiel des élus et un éloignement des mouvements de base, voire parfois même avec une méfiance à leur encontre au nom des responsabilités nouvelles.

Un parti, qui en l’absence de système proportionnel et de pouvoir parlementaire, est conduit à marchander son programme pour participer au pouvoir, et à s’effacer ensuite devant ses élus ou ses représentants. La satellisation de l’écologie qui en résulte est d’autant plus forte que la social-démocratie, avec qui l’alliance est nouée, possède majoritairement une culture non seulement étrangère à l’écologie mais souvent condescendante ou hostile, tant elle est arrimée à un horizon borné par l’économisme, par la croyance dans les vertus de la concurrence et du libre-échange.

Une telle alliance, loin d’élargir les bases de l’écologie, conforte une vision technicienne, seule vision éventuellement admissible quand la croissance économique - qui ne vient pas - et la compétitivité sont devenus l’alpha et l’omega pour atteindre plus tard la justice sociale.

Ajoutons à celà les effets de la catastrophe économique et sociale en cours qui se traduit par l’injonction à adopter une attitude écologique « responsable », pragmatique, faite de petits pas successifs, à se satisfaire de « cadeaux » plus concédés et marchandés que réellement assumés. La vitesse de la décomposition de la société et des écosystèmes, accélérée par les effets de la globalisation économique et financière, a pour effet de faire apparaître ces petits pas comme des renoncements.

Dans ces conditions, l’écologie n’est plus un levier politique, une force subversive ouverte aux bruits du monde, elle est réduite à une gestion de l’environnement, à une politique d’accompagnement et d’adaptation du capitalisme aux contraintes écologiques. Pourquoi pas s’il s’agit de sauver quelques meubles, pourrait-on dire, mais ne parlons plus alors d’écologie politique. L’idéologie néolibérale a ajouté au productivisme la négation de la dimension politique des sociétés, l’absorption par le privé du domaine public, elle a accéléré la crise des partis et celle de la représentation politique. Europe-Écologie n’échappe pas à ce processus.

Pourtant, la période présente est aussi celle d’engagements politiques et d’expérimentations dans des zones nouvelles, à la frontière de l’écologique et du social, des zones à défendre, des zones à occuper, elle consacre la venue de nouveaux acteurs, et la mise en œuvre d’expérimentations et de luttes qui ne peuvent se traduire dans une approche gestionnaire de l’environnement.

Elles engagent un retournement écologique des sociétés, de nouvelles représentations, qui même de manière confuse et parfois contradictoire, trouvent un écho dans la société dès lors qu’elles sont ancrées sur des expériences vécues, sur la conscience qu’il est certes difficile d’agir dans cette tourmente mais encore plus difficile d’assumer les conséquences de l’inaction. Là se trouve l’espoir.

Bâtir la civilisation du temps libéré Reporterre 2013/11/26 (26 novembre 2013) Bâtir la civilisation du temps libéré. Reporterre. fr

Bâtir la civilisation du temps libéré

« Une perspective nouvelle s’ouvre ainsi à nous : la construction d’une civilisation du temps libéré. Mais, au lieu d’y voir une tâche exaltante, nos sociétés tournent le dos à cette perspective et présentent la libération du temps comme une calamité.

Au lieu de se demander comment faire pour qu’à l’avenir tout le monde puisse travailler beaucoup moins, beaucoup mieux, tout en recevant sa part des richesses socialement produites, les dirigeants, dans leur immense majorité, se demandent comment faire pour que le système consomme davantage de travail – comment faire pour que les immenses quantités de travail économisées dans la production puissent être gaspillées dans des petits boulots dont la principale fonction est d’occuper les gens. »

André Gorz

3 textes remarquables est très actuels qui furent publiés dans Le Monde diplomatique :

- "Bâtir la civilisation du temps libéré"

- "Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets"

- "Leur écologie et la nôtre"

André Gorz pose la question d’une nouvelle civilisation : celle non plus de l’asservissement à la valeur du travail (la société de plein emploi des Trente Glorieuses n’est aujourd’hui plus possible) mais celle à l’inverse qui, parce qu’elle ouvre sur un temps libéré, modifiera radicalement nos manières de vivre. Il pose également la question du retrait de la nature et de l’environnement de la sphère marchande et de l’urgence de ne plus considérer l’économie comme la seule boussole de l’action politique.

Bâtir la civilisation du temps libéré, André Gorz, Editions Les Liens qui libèrent, 5.80€

La mafia envahit le marché de l’environnement. Sonia Alfano sonne l’alarme Andrea Barolini (Reporterre) Reporterre 2013/11/26 Andrea Barolini (Reporterre) (26 novembre 2013) La mafia envahit le marché de l’environnement. Sonia Alfano sonne l’alarme. Reporterre. fr

La mafia envahit le marché de l’environnement. Sonia Alfano sonne l’alarme

Le crime organisé investit les marchés de l’environnement, alors que des dizaines de milliers de personnes ont défilé le 16 novembre à Naples contre la pollution des terres par la mafia. Dans un entretien avec Reporterre, la députée européenne spécialiste de ce problème, Sonia Alfano, affirme qu’il y a connivences entre le crime organisé et les plus hautes autorités. Elle déplore la passivité des institutions européennes devant l’« écomafia ».

Sonia Alfano est députée européenne, présidente de la Commission spéciale sur la Criminalité organisée, corruption et blanchiment de capitaux. Fille d’un journaliste italien assassiné par la mafia en 1993, elle a consacré son activité politique à la lutte contre le crime. Elle est aussi présidente de l’Association nationale des proches des victimes de la mafia.. Elle répond aux questions de Reporterre, alors que samedi 16 novembre, des milliers d’Italiens ont manifesté contre la mafia.

- Sonia Alfano -

Reporterre - Il y a un an et demi, vous étiez élue présidente de la Commission spéciale sur la criminalité organisée du Parlement européen. Quel bilan tirez-vous de cette mission ?

Quand j’ai commencé mon mandat de parlementaire européenne, beaucoup de collègues pensaient que le problème de la mafia n’était qu’une question essentiellement italienne. Bien sûr il y avait des exceptions, comme la suédoise Cecilia Malmström qui, dès 2010, avait souligné que la criminalité organisée est présente dans tous les Pays de l’Union. Maintenant, grâce au travail de la Commission, on a évolué.

Quels principaux résultats avez-vous obtenus ?

On a structuré une collaboration avec les systèmes judiciaires et d’investigation des pays européens. On a pu démontrer que les organisations criminelles des différents territoires sont bien liées entre elles. Elles s’épaulent sur le trafic de stupéfiants, par des pactes tacites. Par exemple, quand la distribution des drogues par les criminels locaux n’est pas suffisante dans certains lieux d’Europe, la « ndrangheta » [la mafia italienne de la Calabre] intervient.

Mais aujourd’hui, il faut tenir compte des mafias présentes dans les Balkans, ou de celles originaires du Nigeria ou de Chine. Elles sont très organisées et très puissantes. On a présenté un rapport au Parlement européen dans lequel on a expliqué tous ces problèmes.

Si la mafia a été sous-estimée, qu’en est-il de l’écomafia ?

L’environnement est un des « actifs » les plus importants de l’industrie de la mafia. Il y a des nouvelles activités auxquelles la criminalité s’intéresse, comme l’éolien ou le photovoltaïque. La mafia peut opérer plus vite que les entrepreneurs honnêtes ou que les institutions, simplement parce qu’elle s’affranchit des règles. Mais il ne s’agit pas que d’un problème de criminalité.

C’est-à-dire ?

Cela a de grandes conséquences sur la santé publique. Une bonne partie du sud de l’Italie est empoisonnée par des déchets toxiques qui ont été vendus aux organisations criminelles italiennes par des entreprises de certains pays d’Europe du Nord, comme l’Allemagne ou les Pays Bas, pour éviter de payer les tarifs imposés par la loi. Les déclarations du collaborateur de justice Carmine Schiavone ont donné des détails très importants à ce sujet. Il s’agit de faits qui remontent à plusieurs dizaines d’années, mais qui sont seulement maintenant de notoriété publique.

[Carmine Schiavone est un repenti de mafia. Une fois affilié au clan des Casalesi (la mafia de la ville de Caserta, en Campanie), en octobre 1997, il a parlé à la Commission parlementaire d’enquête italienne sur les déchets, en expliquant qu’à cause du trafic illicite sur le territoire d’Italie du Sud, des substances extrêmement toxiques ont été enterrées ou versées dans les rivières. Et que, par conséquent, « dans les vingt prochaines années toute la population risque de mourir du cancer ». Ses déclarations ont été déclassifiés récemment par le gouvernement italien.]

- Carmine Schiavone -

Donc l’Etat italien était conscient des risques environnementaux et pour la santé publique.

Les activités mafieuses de déchets ne sont pas menées pendant la nuit. Il suffit d’aller en plein jour dans certaines zones de la Campanie pour voir des colonnes de fumée qui s’élèvent, ou des camions qui déchargent des déchets. Tout est fait sous les yeux de tout le monde. De plus, toutes les familles comptent désormais un malade. La mafia et ses effets sont très visibles. Il existe un système de corruption et de connivence très vaste, sur lequel la criminalité organisée peut compter.

Même au niveau des instituions ?

La mafia ne peut pas opérer si tranquillement sans des implications dans les collectivités locales comme dans les institutions nationales. Mais il ne s’agit pas d’un phénomène uniquement italien : j’ai constaté des comportements que je n’ai pas peur de qualifier de complicité dans d’autres pays.

Par exemple ?

Si, en Italie, la mafia est parvenue à couler des navires truffés de déchets radioactifs dans la mer, tout le monde sait, à commencer par les douaniers, qu’il y a des trafics illicites dans les ports de Rotterdam ou d’Anvers. Tout ceci n’est pas seulement la conséquence de l’activité criminelle : il y a des accord entre les systèmes criminels et des institutions corrompues.

On peut dire qu’ils ne comprennent pas la gravité de leur comportements ?

Il y a deux problèmes : l’incapacité d’exercice et la superficialité de la part de la politique européenne comme des Etats membres. Il y a des pays où les mafias sont bien présentes dans l’économie, mais où les gouvernements font comme si de rien n’était. Selon moi, il s’agit de comportements délictueux.

J’imagine que vous avez essayé de leur expliquer ce qui se passe quand les institutions ne luttent pas contre les mafias...

Bien sûr. Mais quelqu’un m’a répondu qu’il n’était intéressé qu’à la production économique et aux recettes fiscales. C’est-à-dire que si une entreprise agit de façon illégale, mais qu’elle paie des impôts, ça va. Dans cette période de crise, la seule chose importante pour certains responsables est la liquidité.

Quelle est donc la solution ?

C’est difficile à dire. Il y a des résistances très fortes. Récemment j’ai proposé au Parlement européen d’introduire le trafic illicite de déchets dans la listes des « Euro-crimes ». J’ai demandé un débat, mais personne n’a répondu. Et l’amendement n’a pas été approuvé.

Pensez-vous que même au sein du Parlement européen, il y ait des connivences avec la mafia ?

Je crois qu’on porte une attention insuffisante à ce problème par ignorance. J’insiste : il faudra trouver forcement une solution. Il faudrait mettre à zéro la politique de certains pays. Si on le fait pas, il sera très difficile d’obtenir un changement.

- Propos recueillis par Andrea Barolini

La pression pétrolière s’accroit sur l’Arctique, fragilisé par le changement climatique Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/27 Barnabé Binctin (Reporterre) (27 novembre 2013) La pression pétrolière s’accroit sur l’Arctique, fragilisé par le changement climatique. Reporterre. Énergie fr

La pression pétrolière s’accroit sur l’Arctique, fragilisé par le changement climatique

L’océan arctique est doublement victime du changement climatique : sa banquise fond et son écosystème se transforme. Devenant ainsi plus accessible, il est menacé par les compagnies pétrolières qui voudraient exploiter ses ressources. Mais elles sont encore peu présentes : il reste possible de les empêcher de venir.

En grec ancien, « árktos » veut dire ours. Si le nom Arctique est d’abord une référence aux constellations de la Grande Ours et de la Petite Ours qui irradient près du pôle Nord céleste, l’imaginaire collectif l’associera plutôt à l’ours polaire, animal emblématique de la banquise. L’ours blanc est aujourd’hui menacé, comme est vulnérable son habitat de la région Arctique.

Quelles menaces pèsent sur l’Arctique ? La région souffre en premier lieu du réchauffement climatique. Considéré par les scientifiques comme un indicateur précis des variations climatiques à l’échelle de la planète, l’Arctique a vu ses températures moyennes augmenter deux fois plus vite que le reste du monde selon le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique, un groupe de travail du Conseil de l’Arctique. Leur rapport Arctic Impact Climate Assessment, paru en 2004, révèle que l’évolution climatique actuelle dans cette région est la plus sévère de la planète, et estime que ces changements de températures devraient s’accélérer.

Ces changements climatiques se traduisent par la fonte des glaces et la disparition progressive du pergélisol, ce sol gelé pendant au moins deux ans qui constitue une partie de l’horizon arctique. Or ces deux conséquences amplifient le réchauffement climatique. C’est le concept d’ « amplification polaire du changement climatique », explique Anne-Marie Tréguier, chercheuse au Laboratoire de physique des océans d’Ifremer : « La fonte des glaces diminue l’albédo, qui est la manière dont un corps reflète la lumière. La glace blanche renvoie normalement le rayonnement solaire vers l’atmosphère. Si la banquise disparaît, elle découvre l’océan, qui est sombre et qui absorbe le rayonnement solaire. L’océan se réchauffe et contribue d’autant plus à la fonte de la banquise, et ainsi de suite. On entre dans un cercle vicieux de réchauffement généralisé ».

La fonte du pergélisol, de son côté, devrait augmenter l’émission de gaz à effet de serre, car il est composé de carbone et de méthane. Une étude parue en 2011 estimait à 1700 milliards de tonnes de carbone le volume contenu dans le pergélisol, soit deux fois plus que le volume actuel dans l’atmosphère.

- Paysage de pergélisol -

Ces bouleversements ont un impact global, car l’Arctique joue un rôle clé dans l’équilibre physique et biologique de la Terre. La commission océanographique internationale considérait ainsi en 2010 que « les processus physiques et biologiques subissent des transformations, tandis que les mécanismes de rétroaction climatiques liés à la dynamique atmosphérique et océanographique en pleine évolution de l’Arctique font sentir leurs effets à l’échelle de toute la planète ».

Parmi eux, une possible modification des courants : « Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais cela est fort probable. La fonte des glaces provoque un apport d’eau douce qui réduit le niveau de salinité et donc de densité, affectant in fine le processus de formation des eaux profondes » explique Pascal Morin, directeur du programme scientifique à l’Institut Polaire Français.

La fonte de la banquise a une autre conséquence : « La région a longtemps été une zone vierge de tout impact anthropique conséquent. Dès lors que la banquise se réduit et que les surfaces océaniques restent libres de glace plus longtemps, elles deviennent de plus en plus accessibles, et plus longtemps, pour les explorations d’hydrocarbures. Et dès qu’on introduit des activités humaines et industrielles, cela perturbe le milieu » poursuit Pascal Morin.

Julien Rochette, chercheur sur les océans et les zones côtières à l’IDDRI, corrobore cette idée. Selon lui, le forage offshore – activité d’extraction pétrolière et gazière en mer – présente des risques environnementaux pour l’écosystème marin à toutes les étapes : « Lors de la phase d’exploration qui vise à évaluer les potentialités de gisement, on envoie de l’air comprimé qui perturbe les espèces marines. De plus, aujourd’hui, les forages réalisés sont de plus en plus profonds, jusqu’à 2 ou 3 km - on parle d’’ultra-profond’. C’est problématique en termes de protection des fonds marins. Et lors de la phase de production, il y a toutes les pollutions chroniques avec déversement de substances dangereuses dans l’écosystème... ».

Le scénario catastrophe réside bien sûr dans l’explosion de la plateforme, provoquant ainsi une marée noire. Celle-ci s’avérerait désastreuse en raison et des très basses températures qui y règnent : « Le temps de réversibilité est plus important avec le froid et les impacts seraient donc plus durables que dans d’autres climats » précise Pascal Morin.

Selon Greenpeace, qui cite un responsable canadien, les solutions manquent en cas de marée noire en Arctique : « Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune solution ou méthode qui nous permettrait de récupérer du pétrole en cas de marée noire en Arctique ».

Pourtant, « le risque de marée noire en Arctique existe. Les conditions de forage restent très délicates, et la technologie offshore, particulièrement complexe, est contrôlée par le secteur privé, ce qui est synonyme de manque de transparence à ce niveau. On n’a aucune garantie qu’en cas de problème, les compagnies sauraient faire face » estime Julien Rochette.

- A suivre : Les richesses de l’Arctique suscitent la rivalité des nations riveraines.

Le gaz de schiste s’attaque aux Bushmen du désert du Kalahari Survival International France Reporterre 2013/11/27 Survival International France (27 novembre 2013) Le gaz de schiste s’attaque aux Bushmen du désert du Kalahari. Reporterre. fr

Le gaz de schiste s’attaque aux Bushmen du désert du Kalahari

Des révélations sur l’utilisation potentielle de la fracturation hydraulique dans la réserve du Kalahari soulèvent l’inquiétude quant à la survie des derniers chasseurs bushmen.

Selon une enquête réalisée pour le film documentaire The High Cost of Cheap Gas (le coût élevé du gaz bon marché) et le quotidien britannique The Guardian, une grande partie de la Réserve du Kalahari central au Botswana (CKGR), qui abrite les derniers chasseurs bushmen d’Afrique, a été ouverte à des compagnies énergétiques internationales qui vont utiliser la technique controversée de ‘fracturation hydraulique’.

Une carte révélée par une fuite montre que des concessions d’exploration ont été accordées sur la moitié de la Réserve – un territoire plus grand que la Suisse – ce qui fait craindre l’accaparement des terres, la baisse et la contamination des eaux et des dommages irréparables au fragile écosystème indispensable à la survie des Bushmen et de la faune.

Le documentaire révèle que le Botswana a accordé des licences lucratives à des compagnies telles que Australian Tlou Energy et African Coal and Gas Corporation, une firme sud-africaine, sans que les Bushmen n’en soient informés ni consultés. Alors que le gouvernement botswanais dément toute opération de fracturation au Botswana, Tlou a déjà commencé le forage de puits d’exploration de réserves de gaz de houille dans le territoire de chasse des Bushmen.

Ces révélations éclairent sur l’hypocrisie du président du Botswana Ian Khama, qui est membre du conseil d’administration de Conservation International. Le gouvernement de Khama fait activement la promotion du tourisme dans la réserve tout en expulsant les Bushmen de leurs terres au nom de la conservation.

Cette carte révèle que des compagnies énergétiques ont obtenu des concessions d’exploitation par fracturation hydraulique sur la moitié de la Réserve.

Jumanda Gakelebone, un Bushmen résidant dans la Réserve a déclaré : ‘Le gouvernement ne ménage pas ses efforts pour nous détruire. Il a menti par le passé à propos de l’exploitation des diamants en prétendant qu’il n’y en aurait pas dans la Réserve, mais aujourd’hui il y a une mine en activité dans la réserve. La fracturation hydraulique va détruire notre environnement et si notre environnement est détruit nos moyens de subsistance le seront aussi’.

Les Bushmen du Kalahari sont victimes de la persécution du gouvernement botswanais depuis des décennies. Bien qu’ils soient sortis victorieux de deux procès intentés contre leur gouvernement et qu’ils aient obtenu le droit de vivre, de chasser et d’accéder à l’eau de la Réserve, ils sont obligés de demander des permis restrictifs pour entrer dans la Réserve et sont régulièrement arrêtés pour avoir chassé.

Survival International a écrit aux compagnies qui ont obtenu des concessions dans la Réserve et a appelé à un boycott du tourisme au Botswana tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à vivre librement sur leurs terres.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré : ‘Ces révélations sont bien la preuve que les expulsions forcées des Bushmen de la Réserve n’ont rien à voir avec la ‘conservation’ mais qu’elles ont plutôt été destinées à ouvrir la voie à l’industrie extractive pour piller le territoire bushman. Pourquoi le président Khama continue-t-il de recevoir des prix pour ses efforts de ‘conservation’ ?

Il est absolument scandaleux que Conservation International puisse accepter en son sein un homme qui a ouvert la deuxième plus grande réserve faunique du monde à la fracturation hydraulique, tout en persécutant les Bushmen, dont c’est le territoire ancestral, au nom de la conservation’.

Déboulonner les pylônes, nouvelle phase de la lutte anti-nucléaire Des anonymes Reporterre 2013/11/27 Des anonymes (27 novembre 2013) Déboulonner les pylônes, nouvelle phase de la lutte anti-nucléaire. Reporterre. Tribune — Luttes fr

Déboulonner les pylônes, nouvelle phase de la lutte anti-nucléaire

Les déboulonnages de pylônes de lignes à haute tension se multiplient. A l’heure où les nucléaristes veulent prolonger la durée de fonctionnement de centrales nucléaires de plus en plus dangereuses, une action de contestation plus directe est prônée sur le terrain.

"Ubiquité : Le fait d’être présent partout à la fois ou en plusieurs lieux en même temps. En informatique, le terme ubiquitaire désigne un environnement dans lequel les ordinateurs et réseaux sont « enfouis », « intégrés » et « omniprésents » dans le monde réel. L’utilisateur a accès à un ensemble de services au travers d’interfaces distribuées se voulant intelligentes, dont il est entouré. Ces interfaces s’appuient sur des technologies intégrées dans les objets familiers.

En sociologie, l’ubiquité du pouvoir se définit ainsi : Le pouvoir est partout, ce n’est pas qu’il englobe tout, c’est qu’il vient de partout. Le pouvoir ce n’est pas une institution, ce n’est pas une structure et ce n’est pas une certaine puissance dont certains seraient dotés, c’est le nom qu’on prête à une situation stratégique complexe, dans une situation donnée." (Michel Foucault) ­ En mathématiques, l’ubiquité est une propriété caractéristique des formes fractales.

Nous avons eu écho d’actions de sabotage (déboulonnage des pylônes en solidarité avec les victimes du nucléaire, qu’il soit civil ou militaire) dans le sud-est de la France ainsi que sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. En Mayenne, 3 pieds d’un pylône THT ont été entièrement déboulonnés (sans chute). Une locomotive d’AREVA a déraillé à Bessines au nord de Limoges. A Nantes, des tags anti-THT tout frais ont été posés sur les murs de la nécropôle. En Normandie, un isolateur de la ligne THT Cotentin-Maine a chuté, la réunion des nucléocrates de « nucleopolis » a été perturbée. C’est donc avec plaisir que nous accueillons ces nouvelles ! Partout, nous avons lutté, nous luttons et nous lutterons. Trop souvent des blessé-e-s, des procès, des amendes, des prisonnier-e-s… À tou-te-s les camarades qui ont pris acte, nous disons MERCI et RESPECT !

Voici l’un des communiqués :

« Parce que leur nucléaire n’est pas plus sûr qu’il n’est transparent, nous déboulonnons et nous déboulonnerons les pylônes THT. Par solidarité avec les victimes civiles et militaires de la dictature nucléaire. Assez de catastrophes qui nous affectent tous : Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Three Miles Island, Fukushima… Halte aux rejets radioactifs quotidiens passés sous silence, halte aux crimes. Rapport des renseignements généraux adressé à EDF en 1983 : ‘La situation risque d’être grave, car si l’on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et des pelotons de CRS, ce n’est pas le cas des pylônes.’ »

Les actions contre les pylônes se généralisent sur l’ensemble du territoire : Nord-Ouest, Nord-Est, ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Sud-Ouest, Sud-Est… C’est une victoire ! Nous sommes solidaires de ce genre d’actes et nous ne pouvons que les encourager. Et ce, jusqu’à ce que cette pratique se popularise complètement. Nous avons recueilli les propos de Catherine Grével Dinger, directrice régionale RTE sud-est sur France Bleu le 7 août 2013, par rapport aux déboulonnages du sud-est :

« Ça peut fragiliser les pylônes donc il y a un risque de chute. Il peut y avoir aussi des risques de chute de câbles ou du moins de conducteurs qui s’approchent fortement du sol. Il peut y avoir des risques d’incendie ou de sécurité des personnes. Pour vous donner un ordre d’idée, dans le seul Vaucluse, il y a plus de 300 pylônes THT et chaque pylône a entre 600 et 900 boulons. Donc nous avons mobilisé nos équipes pour procéder à ce contrôle visuel et nous sommes en liaison avec les préfectures pour voir l’évolution de la situation. »

Une chute ! Une chute ! Une chute !…

Laisser entendre qu’il serait possible en enlevant quelques boulons, de faire tomber un pylône qui en comporte de 600 à 900, et taxer ces pratiques de terrorisme, c’est un pas que les autorités font volontiers pour créer l’écart entre les dangereux activistes et les raisonnables citoyen-ne-s.

Il semble que la lutte anti-nucléaire et anti-centrale soit à un tournant.

Si nous agissons à certains moments de manière anonyme, c’est pour ne pas avoir à subir les lourdes peines encourues par nos actes (amendes, prison…), c’est pour ne pas avoir à participer aux pièces de théâtre (gratuites) que la justice de classe met en scène, c’est pour ne pas avoir à payer cher une défense. Enfin, si nous agissons de manière anonyme, c’est aussi pour signifier que tout le monde peut faire ce genre d’action. Il n’y a pas besoin de faire partie de l’élite activiste d’une organisation institutionnelle pour se permettre ce genre de chose. Les actes parlent d’eux-mêmes, leur associer une figure médiatique, c’est se détourner du fond du problème !

Les “organisations déclarées” agissent, par leur structure même, dans un cadre qui se doit de respecter les règles de l’ordre établi. Pour tenter de répondre à ces limites, et étendre le(s) champ(s) d’action, faire le choix de l’anonymat et de l’ubiquité, c’est aller vers le prolongement du discours aux actes.

Nous aimerions que les associations et réseaux qui luttent contre le nucléaire cessent de nous stigmatiser ou de nous criminaliser dans leurs communiqués officiels, faisant ainsi le jeu des dominants qui distinguent stratégiquement une soi-disant « branche radicale » d’une résistance qui a toujours été faite de diversités. Nous aimerions qu’ils-elles affichent publiquement leur solidarité comme ils-elles le manifestent officieusement à titre individuel.

Nous construisons d’ores et déjà des bases en dehors de toute existence institutionnelle. Nous piratons le réseau et mieux encore, nous nous coupons de lui. Nous construisons notre autonomie énergétique.

La peur change de camp ; un simple appel à blocage d’un convoi de MOX en direction de Fukushima mobilise 1000 gendarmes et militaires dans le Cotentin… Briquebec Stop MOX, un poisson d’avril à faire se dresser les poils des nucléocrates répugnant-e-s.

Tous les débats publics (physiques) sur CIGEO (projet présenté comme LA solution aux déchets nucléaires : l’enfouissement à 400 mètres de profondeur sur 1600 hectares dans la Meuse près de Bure) ont été bloqués. Merci à celles et ceux qui se sont organisé-e-s et déplacé-e-s pour rendre ces blocages effectifs. C’est une victoire et nous nous en félicitons !

Nous pensons que l’heure n’est plus seulement aux actions de sensibilisation, nous pensons qu’il n’y a pas besoin d’être un expert pour analyser, comprendre et ressentir que le nucléaire civil et militaire sont des abominations aux caractères irresponsables et anti-démocratiques. Ne laissons donc pas ces questions entre les seules mains des experts.

« Un expert, c’est quelqu’un qui en sait beaucoup sur très peu. » Anonyme

Nous sommes à l’heure :

où la Terre est déjà contaminée par les radiations des déchets, des catastrophes nucléaires, des essais nucléaires militaires ;

de la construction du marché européen de l’énergie : production, transport, distribution, fourniture, déchets nucléaires… Un marché de l’énergie juteux pour les entreprises et les gouvernants qui le pilotent et en profitent ;

où les débats publics de CIGEO ne se passent plus que sur internet sur le site de la CNDP ;

où la forme des camp-actions et des chaînes humaines semble montrer ses limites.

Nous sommes à l’aube du renouvellement et du maintien du parc nucléaire français, quand Tricastin fuit…

Nous sommes à l’heure de « l’intégration au réseau énergétique des centrales à énergie verte » : entre autres grands parcs éoliens ou photovoltaïques industriels, dont la production imprévisible imposerait d’ajouter « une couche d’intelligence » au réseau. Dans un réseau énergétique où la production électrique doit être exactement équivalente à la consommation, sous peine de black-out, l’inconstance des éléments naturels représente un sérieux danger pour les fondements du système, mais également une opportunité de regain de contrôle sur les usages et usagers.

Nous sommes à l’heure où les technocrates parlent eux aussi de décentralisation et de centrales virtuelles pilotées pour intégrer les petits producteurs d’électricité, afin de mieux les contrôler et les brimer en les rendant dépendant d’un réseau dit intelligent. C’est le projet SMART GRID ou encore “internet de l’énergie”… 8 projets pilotes en france (Projet VENTEEA, Projet Postes intelligents, Projet So Grid à Toulouse, Projet POST, Projet TBH Alliance, Projet Smart Electric Lyon, Projet MIETeC et le Projet Smart Grid Vendée) avant la généralisation à l’ensemble du territoire européen.

Nous sommes à l’heure du remplacement des anciens compteurs bleus par les compteurs Linky : compteurs contenant une puce capable de transmettre et de recevoir des informations sans contact (SMART), compteurs indispensables à la construction du « réseau intelligent ».

A ce sujet, nous pouvions lire dans un communiqué sur zad.nadir.org :

Mardi 9 juillet 2013, Jean-Marc Ayrault a annoncé le remplacement de tous les compteurs électriques par des compteurs « intelligents » Linky, équipés d’une puce RFID. 3 millions de compteurs installés par ERDF d’ici à 2016 et tous les logements en seront équipés d’ici 2020…

Cet « internet de l’énergie » est conçu pour collecter, transmettre et interpréter automatiquement les informations relatives à notre consommation électrique.

Ce ne sera pas à la production de répondre à notre consommation mais notre consommation qui s’adaptera à la quantité de kilowatts/heure produits et circulant dans le réseau. À distance, des machines décideront quand se mettront en marche les radiateurs et/ou autres appareils électroménagers, et par là même le montant de la facture.

Ces compteurs marqueront l’entrée officielle des puces de contrôle à l’intérieur des habitats. Une grande porte s’ouvre au contrôle des foyers ! Pour votre sécurité !

Nous sommes de celles et ceux qui agissent

Nos objectifs :

Arrêter la production de déchets nucléaires, donc mettre un maximum de bâtons dans les roues de la machine technico-nucléaire. Faire en sorte que la maintenance de leurs infrastructures devienne ingérable afin de montrer que nous sommes vivant-e-s, imprévisibles et à fleur de peau. Enjeu important dans une société automatique où le vivant est perçu comme un « facteur de perturbation », qui risque de faire “bugger” un système incapable d’interpréter cette donnée.

En finir avec la logique de centralisation de la production d’énergie, même « renouvelable » ! Celle-ci nous maintient dans une situation de dépendance à des firmes et des institutions dont nous ne cautionnons ni l’existence, ni les pouvoirs.

Créer des luttes ancrées dans des territoires grâce à des occupations (comme au Chefresne, sur la ZAD de Notre-Dame des-Landes, dans le Val de Suze en Italie, dans la ceinture verte d’Avignon, dans le bois du Tronçay dans le Morvan, etc) car nous pensons qu’elles favorisent la vie quotidienne des luttes, les rencontres, les échanges de savoirs et donc l’organisation d’actions. Elles permettent aussi d’instaurer les rapports de force nécessaires. Elles proposent directement d’autres modes de vie : notamment le refus de l’exploitation salariale et la critique des rapports de domination entre individu-e-s…

Nos moyens d’actions :

- Réaliser des actions contre EDF, RTE, AREVA, CIGEO, et tous les acteurs du nucléaire et de l’internet de l’énergie… - Bloquer leurs chantiers, y compris ceux de leurs nombreux sous-traitants : Cegelec, Spie, Cofely GDF-Suez… - Saboter les machines et les infrastructures. - Continuer les sabotages de pylônes, pour laisser des cadeaux surprises à RTE. - Empêcher les réunions de nucléo-technocrates, comme Nucléopolis au Pieux (50) ou Radon et société à Paris (75). - Bloquer les transports de matières premières et de déchets nucléaires, notamment entre la Hague et les centrales, et à destination de l’Allemagne et des Pays-Bas. - Refuser l’installation des compteurs Linky en s’organisant par quartier, par immeuble. - Empêcher la réalisation du Projet VENTEEA, du Projet Postes intelligents, du Projet So Grid à Toulouse, du Projet POST, du Projet TBH Alliance, du Projet Smart Electric Lyon, du Projet MIETeC et du Projet Smart Grid Vendée. - Acquérir des savoirs-faire, viser l’autonomie énergétique : produire nous-mêmes l’électricité dont nous avons besoin, se couper du réseau, apprendre à couper le jus comme des technicien-ne-s (ou pas)… - Inventer, Imaginer, Proposer, Partager !!!

Nous soutenons et nous soutiendrons toutes les actions qui iront dans ce sens.

A Paris XXe, on expérimente la livraison à pied Olivier Bailly (le75020.fr) Reporterre 2013/11/27 Olivier Bailly (le75020.fr) (27 novembre 2013) A Paris XXe, on expérimente la livraison à pied. Reporterre. fr

A Paris XXe, on expérimente la livraison à pied

Avec la Tournée, les habitants d’un quartier parisien peuvent se faire livrer leurs courses par des livreurs piétons. En phase expérimentale depuis près de deux ans, il pourrait s’élargir au reste de la capitale.

Jusqu’au début de l’été 2013, ils étaient cinq livreurs poussant leur charriot de chaque côté de la rue de Belleville. Avez-vous un colis pour moi ?, leur demandait-on comme au facteur naguère. Aujourd’hui la Tournée n’emploie plus qu’un seul livreur, Arnaud. Et demain ? Né il y a près de deux ans, le service encore en phase expérimentale, est dans l’expectative. S’il séduit riverains et commerçants, il retient aussi beaucoup l’attention de la mairie de Paris. On saura en fin d’année si ce service d’utilité publique se généralisera à l’ensemble de la capitale.

Le principe de la Tournée est simple et se déroule en trois temps : d’abord le client téléphone à un commerçant adhérent pour lui passer commande. Ensuite, dans le secteur qui lui est attribué, le livreur visite chaque boutique et retire les commandes. Le client, lui, n’habite pas forcément dans la zone couverte par le livreur. Ce dernier, une fois qu’il a récupéré ses colis, les répartit avec ses autres collègues à un point donné. Chacun part enfin livrer dans sa propre zone.

Du lundi au samedi inclus, six heures par jour, le matin de 9h30 à midi et le soir de 18h à 21h, le livreur suit un parcours organisé méthodiquement. L’application mobile qui lui permet de retirer les commandes et de les tracer a été mis au point par Atos. Cette importante firme spécialisée en informatique est aussi l’une des sociétés contributrices de l’Alud (Association pour une logistique urbaine durable) – qui pilote ce projet. La Tournée, dont le budget atteindrait les 700 000 euros (selon le site Paroles d’élus), a été imaginée par des entrepreneurs expérimentés, insiste Carole Cuillier, sa directrice.

Un peu plus de 700 clients ont eu recours au moins une fois à la Tournée depuis son lancement : personnes âgées, malades qui ne peuvent sortir de chez eux, employés qui doivent déjeuner sur leur lieu de travail, mères ou pères célibataires qui rentrent tard, on trouve tous les profils.

« Je connais bien les commerçants de mon quartier et je voulais un service qui me permette d’avoir des fruits et des légumes frais pour mes enfants dans la semaine alors que je n’ai pas le temps d’aller faire des courses, même rapides, lorsque je rentre du bureau », témoigne une mère de famille sur le site de la Tournée.

En cas d’absence, il arrive que le livreur dépose la veste qui sort de chez le teinturier ou les articles de bureau chez le voisin prévenu. Cela crée de la convivialité et donne à ce coin de Belleville l’identité d’un village branché sur les nouvelles technologies.

Pendant la période expérimentale – jusqu’en juin 2013 – cinq jeunes du quartier (quatre temps-pleins et un mi-temps) ont été recrutés en CDI via l’antenne locale de Pôle emploi. Pour Carole Cuillier c’est une première marche. L’idée c’est qu’ils puissent acquérir des compétences afin d’aller vers d’autres entreprises. Mounir, un des livreurs, remplace un livreur qui a été embauché par la Poste.

Utile, éco-responsable et créatrice de lien social, cette astucieuse mutualisation des livraisons est née en Inde il y a plus d’un siècle. Aujourd’hui, à Bombay, près de 300 000 clients reçoivent leurs courses chez eux apportées par environ 5000 livreurs que l’on nomme les dabbawallahs. En deux heures, ils peuvent passer un colis d’une extrémité à l’autre de cette mégapole.

Le pâtisser Laurent Demoncy, également président de Belleville village, l’association des commerçants du Hameau de Belleville, est l’un des dix-sept adhérents pionniers de la Tournée (ils sont maintenant plus de soixante). Il se souvient de la réaction des autres commerçants quand il a commencé à expérimenter ce système : Certains me prenaient pour un farfelu ! À deux euros la livraison, ils ne comprenaient pas comment ça pouvait marcher.

Pourtant ça marche : les clients sont contents et les commerçants s’aperçoivent qu’un client qui commande par téléphone n’est pas forcément perdu. Il n’est pas possible de livrer à ce tarif, sauf en mutualisant. Ça permet de faire de toutes petites livraisons et ça ne concurrence personne puisque ça n’existait pas.

Suite de l’article sur le site le75020.fr

EELV s’enlise en France, Ecolo prospère en Belgique. Les secrets de la réussite écolo belge Grégoire Comhaire (Reporterre) Reporterre 2013/11/27 Grégoire Comhaire (Reporterre) (27 novembre 2013) EELV s’enlise en France, Ecolo prospère en Belgique. Les secrets de la réussite écolo belge. Reporterre. fr

EELV s’enlise en France, Ecolo prospère en Belgique. Les secrets de la réussite écolo belge

En 1999, les écologistes faisaient leur entrée au gouvernement fédéral belge. Depuis lors, et malgré plusieurs défaites électorales cuisantes, le parti Ecolo s’est imposé comme l’un des principales forces politiques du pays. Pourquoi ce succès ? Y a-t-il une recette belge pour l’écologie politique ? EELV gagnerait-il à s’inspirer de ses camarades d’outre-Quiévrain ?

- Correspondance, Bruxelles

C’était le 13 juin 1999. Après une campagne électorale marquée par le scandale des “poulets à la dioxine” et l’évasion du prédateur sexuel Marc Dutroux, les partis socialistes et sociaux-chrétiens belges subissaient une lourde sanction des électeurs au profit des verts des partis Ecolo (francophone) et Agalev (flamand). Longtemps taxés d’extrémistes, et considérés comme marginaux et peu sérieux par le reste de la classe politique, les écologistes dépassaient subitement la barre des 20 % des suffrages.

Deux militants de la première heure, Isabelle Durant et Olivier Deleuze, ont alors été propulsés au gouvernement fédéral, devenant respectivement ministre des Transports et secrétaire d’Etat à la Mobilité, dans une coalition que la presse qualifiait alors de “gouvernement arc-en-ciel” (parce qu’il alliait libéraux, socialistes et écologistes).

C’était le début d’une nouvelle ère. Fini l’image du groupuscule extrémiste, obscurantiste et marginal. Au diable les commentateurs qui avaient ricané en 1981 lors de l’arrivée à vélo des deux premiers élus Verts au parlement. L’heure était maintenant à l’exercice du pouvoir. Le parti Ecolo allait pouvoir – ou devoir – montrer qu’il était capable de concrétiser ses idées et d’amorcer le changement au coeur des centres de décision et non plus à la marge, depuis les bancs de l’opposition.

Mais malgré le vote d’une “Loi de sortie du nucléaire” qui prévoyait le démantèlement total des centrales belges d’ici 2025, le passage d’Ecolo au gouvernement arc-en-ciel (1999-2003) n’aura pas été de tout repos. La défaite fut cuisante aux élections suivantes. Les Verts perdirent d’un coup les trois quarts des députés gagnés quatre ans plus tôt. Et si le parti a retrouvé l’exercice du pouvoir dans les majorités régionale de Wallonie et de Bruxelles en 2009, les traces de cette période restent vivace chez tous les militants qui l’ont vécu.

Aujourd’hui, Ecolo est parvenu à trouver une certaine stabilité dans le paysage politique belge. Bien que toujours dans l’opposition au niveau fédéral, quatre ministres Verts gèrent les portefeuilles de l’Energie, du Logement, de la Mobilité, de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire en Wallonie et à Bruxelles. Les élections municipales de 2012 ont porté à six le nombre de bourgmestres (maires) Verts dans le pays et un seuil de 12 % des voix est désormais considéré comme acquis pour toutes les élections.

Le parti Vert le plus puissant d’Europe, après les Grünen

A l’échelle européenne, Ecolo est sans doute le parti vert le plus institutionnalisé et le plus puissant, juste derrière les Allemands. Comment expliquer cette situation, vu de France, dans un pays où les Verts peinent à s’affirmer comme une force politique indépendante face au PS et à l’UMP ? “Il y a plusieurs raisons à cela”, explique Pascal Delwit, professeur de Sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles. Des raisons qui relèvent notamment de différence de culture et de système politique entre les deux pays.

La France et la Belgique ont beau être voisines, partager la même langue, et de nombreuses références culturelles communes, les deux pays sont aux antipodes l’un de l’autre lorsqu’il s’agit de politique. En Belgique, pays fédéral au mode scrutin proportionnel, les coalitions gouvernementales réunissent pas moins de six partis politiques, souvent de bord différents (il n’est pas rare de voir la gauche et la droite gouverner ensemble). Ecolo est donc libre de former des coalitions avec les partenaires de son choix, y compris à droite.

“En France, les Verts sont coincés dans un mode de scrutin majoritaire qui les oblige, de facto, à se positionner à gauche comme partenaire privilégié du PS” poursuit Pascal Delwit. “Or le Parti socialiste français est un adversaire direct des Verts pour capter l’électorat de gauche. A contrario, le Parti socialiste belge est un parti très ouvrier, dans lequel ne se reconnait pas une partie de l’électorat urbain”. Un électorat qui se reporte dès lors sur Ecolo.

Conseiller politique des Verts au parlement européen, le Français Edouard Gaudot abonde dans ce sens. “On a bien vu aux dernières législatives en France que le PS n’avait pas tenu ses engagements dans une série de circonscriptions promises aux Verts” dit-il. “Le système politique français, avec son scrutin majoritaire et son pouvoir présidentiel, est un système monarchiste d’un autre temps. Le parlement ne sert à rien, tout est décidé à l’Elysée. Avant de rêver à un parti vert de la même taille qu’Ecolo en Belgique, il faudrait d’abord réformer le système français en profondeur.”

Mais Edouard Gaudot va plus loin. Car selon lui, le système politique n’explique pas tout. “Il y a une différence de culture fondamentale entre les Français et les Belges. Il suffit d’aller faire un tour à une assemblée générale chez les Belges pour le comprendre. Quand quelqu’un parle à la tribune, on l’écoute, même si on est pas d’accord. Et s’il monopolise la parole trop longtemps, on le couvre d’applaudissement pour lui faire comprendre qu’il est temps de passer à quelqu’un d’autre. Chez nous tout le monde s’engueule. On hue les orateurs. C’est absolument pitoyable.”

Parti de ligne ou de courant

Les Verts français seraient-ils plus immatures que leurs camarades belges ? Olivier Deleuze ne le pense pas. Co-président d’Ecolo et bourgmestre de la commune bruxelloise de Watermael-Boistfort, l’homme à la légendaire moustache est l’une des figures les plus connues de l’écologie politique en Belgique puisqu’il a été le premier député vert du pays et qu’il est à l’origine de la fameuse “Loi de sortie du nucléaire” qui porte aussi son nom (loi Deleuze).

- Olivier Deleuze -

“Quand je vois mes potes français au gouvernement, je me dis qu’ils font les mêmes erreurs que nous quand on y est allé pour la première fois”, dit-il. “Entre 1999 et 2003, on s’est fait plein d’ennemis, parce qu’on s’est acharné sur des détails sans importance comme les subventions publiques au circuit de Formule 1 de Francorchamps ou le rôle de la monarchie en Belgique. Nos ministres n’étaient pas soutenus par la base du parti. Une grande partie des militants nous regardaient avec méfiance parce qu’on faisait partie du gouvernement. Aujourd’hui tout ça c’est du passé.”

Ecolo a appris de ses erreurs. “Tant pis si le gouvernement wallon continue de donner des sous à un circuit de Formule 1. Pendant ce temps là, nos ministres font du bon boulot. Et je préfère qu’on nous déteste pour toutes les éoliennes qu’on a réussi à implanter ces cinq dernières années. Ca prouve qu’on est encore un parti qui parvient à secouer le cocotier !”

Directeur d’Etopia, le “think thank” d’Ecolo, Christophe Derenne estime lui aussi que les contraintes inhérentes au système français n’expliquent pas tout. Pour lui les Verts avaient tout pour réussir. Ils n’ont aucun retard par rapport aux écolos belges et leurs difficultés à émerger sont dues à une multitudes d’erreurs personnelles, à commencer par l’organisation interne du parti.

“On l’oublie souvent, mais les Verts français ont été au pouvoir avant Ecolo” rappelle Christophe Derenne. “En 1998, je suis d’ailleurs allé à Paris avec Jean-Marc Nollet (actuel ministre du Logement, de la Recherche et de l’Energie en région wallonne NDLR) pour une visite de travail. Nous avons été reçu chez Dominique Voynet pour voir comment s’organisait un cabinet politique. C’était vraiment très intéressant pour nous à l’époque. Les Verts français ont l’expérience politique. Ils ont les personnes qu’il faut pour développer le parti. Ils ont tous les intellectuels, alors que nous, nous n’en avons pas. Pourtant, ils sont incapables de se servir de tous ces atouts. C’est un véritable gâchis !”

- Rencontres d’Etopia en août 2013 -

Soucieux de professionaliser sa structure et d’éviter de répéter les échecs de 2003, Ecolo créée Etopia en 2004. Les Verts allemands ont eux-aussi créé depuis longtemps une structure de réflexion analogue. En France, les Verts n’ont jamais réussi à concrétiser pareil projet.

“Quelques années après sa création, Ecolo a fait le choix de s’organiser en “parti de ligne” et d’éliminer les différents courants qui s’opposaient en son sein” explique encore Christophe Derenne. “Tout le monde peut s’exprimer dans les instances internes, la ligne politique peut évoluer, mais il n’y a qu’une seule ligne. En France, les Verts n’ont pas fait ce choix. EELV est une fédération, une sorte de multitudes de petits partis, et lorsqu’on compose des listes, on fait attention à respecter les différents courants internes. C’est intenable !”

Loin de vouloir donner des leçons à leurs voisins, les Ecolo belges se félicitent d’avoir réussi à placer leur parti dans le club dit des “partis traditionnels” en Belgique, en parvenant à convaincre plus de 10% des électeurs que le vote Vert est un vote “utile” et non pas un vote de “luxe” ou de “protestation”. A quelques jours de leur congrès à Caen, le 30 novembre, les Verts y trouveront peut-être une source d’inspiration.

« Le système a plein de morts sur la croissance… la conscience, pardon » Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/28 Barnabé Binctin (Reporterre) (28 novembre 2013) « Le système a plein de morts sur la croissance… la conscience, pardon ». Reporterre. fr

« Le système a plein de morts sur la croissance… la conscience, pardon »

A Lyon, de nombreux opposants refusent le projet d’un grand stade football inutile et coûteux. Quelques zadistes, dont Eric Pétetin, étaient jugés mardi. L’occasion d’aller au fond du problème. Reporterre a suivi l’audience.

- Reportage, Lyon

« Monsieur Pétetin, vous êtes connu des tribunaux pour votre engagement politique et votre lutte dans les Pyrénées, notamment, dans les années 90. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre venue dans la région lyonnaise ? - Je suis venu pour défendre la planète Terre et mener le combat face à ce projet de Grand Stade qui est une aberration de notre société capitaliste. - Vous êtes plutôt écolo ? - Oui, franchement écolo. - Est-ce que ce combat peut motiver toute forme d’action ? - Je pense, oui. Défendre la nature est le plus important, c’est un bien public, la seule vraie richesse de l’humanité. - Mais jusqu’où la transgression écolo peut se permettre d’enfreindre l’action collective et l’intérêt général ? »

Cet échange entre le président du tribunal de première instance de Lyon et Eric Pétetin, principal prévenu, a ouvert l’audience de plusieurs zadistes lyonnais ce mardi 26 novembre. Le débat juridique s’est orienté sur l’opposition entre légitimité et légalité, entre le droit de manifester et le droit public.

Etienne Tête, avocat de la défense des zadistes, souligne la nécessité de l’égalité de traitement entre tous les citoyens. « Quand le maire de Lyon traite les écologistes de ‘‘Khmer vert’’, je constate qu’il n’y a pas de problème… Ces affaires ont à voir avec la liberté du débat politique. Pour qu’une démocratie fonctionne, on a besoin de ce débat public et de ces personnes qui défendent une cause militante. Cela vaut plus que quelques dégradations ».

Qu’est-il reproché exactement aux quatre zadistes nommés au prétoire ? Diverses actions symboliques d’opposition au projet de Grand Stade à Lyon. Le 6 mai 2013, deux d’entre eux sont arrêtés sur les chantiers et arrêtés pour opposition à travaux publics. La défense plaide : « Pourquoi l’opposition aux travaux d’utilité publique aurait-elle un régime dérogatoire aux méthodes habituelles et pacifiques que constitue le droit de manifester et la liberté d’expression ? Comment cet acte non-violent peut-il devenir un acte répréhensible, quand dans le même temps, en France, certains brûlent des portiques écotaxes sans être poursuivis… ? »

Dans cette affaire du 6 mai 2013, les deux zadistes sont également accusés de port d’armes de sixième catégorie, des armes blanches : un couteau et un Opinel. L’avocat interroge : « Qu’appelle-t-on arme ? Un Opinel, tous les scouts de France, tous les chasseurs, tous les campeurs en possèdent. Sont-ils arrêtés pour cela ? Mes clients sont sans domicile fixe : comment pourraient-ils se nourrir sans couteau ? ».

Le 13 juin 2013, à 6h05 du matin, Eric Pétetin a par ailleurs été surpris à la station de métro Charpennes en train de tracer un graffiti. Lequel ? « J’écrivais le mot ‘‘ténèbre’’ » précise le prévenu. « Un bon mot », reconnaît en souriant le président de séance, en référence au nom du projet contesté, le Stade des Lumières. Les deux hommes s’accordent sur une chose : le métro est un moyen d’expression visible, un « vecteur de propagande ». Problème : « Le graffiti est réprimé par la loi » rappelle le juge.

Le 24 juillet 2013, un agent de police porte plainte contre un individu qui l’insulte de « facho » et de « nazi ». Nouvel échange entre M. Pétetin et le juge :

"- Pourquoi ces mots aux connotations historiques fortes, Monsieur Pétetin ? - Nous faisions une manifestation pacifiste et le policier nous menaçait avec ses bombes lacrymogènes. Ce sont les méthodes violentes du capitalisme que nous dénoncions. - Mais en est-on là aujourd’hui : le système économique mondial est-il comparable à l’Holocauste ? - Il est même pire, car beaucoup plus global et étendu dans ses conséquences. Regardez la faim dans le monde, aujourd’hui. Le système a plein de morts sur la croissance (sic)… la conscience, pardon. - Monsieur Pétetin, vous voulez dire qu’il y a préméditation de certains intérêts économiques, que ces opérations économiques sont comparables à la planification scientifique d’extermination de la seconde guerre mondiale ? - Je ne sais pas, je ne suis pas dans la tête de ceux qui gouvernent la planète. - Mais enfin, vous savez bien que personne ne gouverne vraiment la planète… »

Le 15 octobre 2013, quatre personnes montent sur des engins de chantier pour empêcher l’évolution des travaux. De nouveau, le motif d’interpellation est l’obstruction à travaux publics. L’avocat de la défense entre dans le fond du dossier : il s’agit de contester la légalité de la déclaration d’utilité publique. Il dénonce les aides publiques « irrégulières » à une entreprise privée - 40 millions d’euros du conseil général, 20 millions de la Caisse des Dépôts et Consignations –, un prix d’expropriation des terrains publics fixés étrangement dès 2007, des taux de remplissage du stade insuffisants, seulement 3 000 places supplémentaires au final, qui n’ont pas raison d’être, selon lui, au regard des résultats sportifs du club de l’Olympique lyonnais.

Les arguments sont nombreux pour dénoncer la viabilité économique du projet. « Jusqu’où considère-t-on un tel projet privé d’utilité publique ? Le seul intérêt du stade, c’est la grosse plus-value immobilière qu’il va offrir à quelques acteurs qui ont monté ensemble le projet… », conclut Etienne Tête.

Le verdict sera prononcé le 5 février 2014. Les peines encourues par les prévenus sont des amendes de quelques centaines d’euros et des travaux d’intérêt général.

La salle d’audience, pleine, se vide peu à peu après plus de cinq heures d’argumentation. Parmi la quarantaine de personnes venus pour soutenir les zadistes, Thierry Manceau, membre de l’association « La Ruche de l’écologie » ; il travaille dans les Monts du Lyonnais : « Les zadistes sont des résistants de l’écologie, comme l’étaient à l’époque ceux du Larzac, dit-il. Les problématiques sont semblables entre ces deux combats, il s’agit de défendre des terres agricoles face à la spéculation foncière. La vraie question est celle de l’intérêt général. Pour moi, c’est de disposer de terres vivables pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Ce soir, le droit nous dit qu’au contraire, c’est l’expropriation de terres agricoles pour des projets de bétonnage ».

A quoi EELV sert-il ? Chantal Jouanno Reporterre 2013/11/28 Chantal Jouanno (28 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti Europe Ecologie Les Verts tiendra son congrès à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre ouvre sa tribune aux écologistes, politiques et intellectuels pour répondre à la question : A quoi EELV sert-il ? Aujourd’hui, Chantal Jouanno.

Je peux avouer aujourd’hui que j’avais accueilli plutôt favorablement et positivement la création d’Europe Ecologie. Ce nouveau parti portait l’idée d’un dépassement des idées traditionnelles, d’une ouverture de la réflexion politique à des experts issus d’autres sphères, d’une place dans le monde politique pour la société civile. C’était un mouvement citoyen. Il portait aussi l’idéal européen, un idéal d’innovation et de croissance.

Par contre, je n’ai jamais cru à l’opportunité de son rapprochement avec les Verts. Europe Ecologie et les Verts ne se confondent pas. Ce dernier parti s’est historiquement structuré dans un discours de gauche alternatif, opposé à la croissance, hostile aux grands groupes, rétif à l’innovation technologique. Il s’inscrit pleinement dans les débats de la société industrielle et ne sort pas de l’opposition entre néo keynésiens et monétaristes.

Des fondements qui expliquent que le débat pour les Verts se soit trop souvent résumé à anti-nucléaire ou anti-OGM. Ce n’est pas l’écologie qui a déterminé l’engagement des Verts, c’est l’opposition à la mondialisation, à l’économie toute puissante, à la consommation. D’où un discours trop souvent moralisateur, restrictif, contraignant ou punitif.

Je leur reconnais une grande capacité de travail, d’engagement, de détermination et une véritable constance. Et après tout, les cordes de rappel contre les abus de certains sont toujours utiles. Ils nous réveillent, nous interpellent. Ils ont opportunément défendu certaines causes.

Je leur reconnais surtout une grande habileté politique. Il suffit de constater avec quel brio les congrès présentés comme un grand moment de démocratie participative aboutissent à la consécration des personnalités dominantes. C’est une tradition dans la plupart des partis, mais ils ont le mérite de ne pas « faire semblant ».

Plus encore, les Verts ont su préempter les sujets, et systématiquement discréditer les discours des autres partis. Ils ont ancré dans l’espace politique français l’idée que l’écologie ne pouvait être défendue que par la Gauche. Et aujourd’hui, ils savent faire oublier leurs incohérences et renoncements.

Comment continuer à soutenir un gouvernement qui a « viré » une ministre de l’écologie qui s’était logiquement opposée à des forages en Guyane, puis une deuxième ministre qui s’était émue du sabotage de son budget ? Comment appartenir à un gouvernement qui enterre l’éco-taxe, sacrifie le budget du ministère de l’Ecologie, et s’apprête à autoriser une nouvelle entreprise à explorer les gaz de schiste en Ile de France ?

C’est possible lorsque le fond des convictions n’est pas l’écologie mais un engagement dit d’extrême gauche. Je ne critique pas cet engagement mais l’absence de clarté du discours.

L’écologie politique n’est pas l’écologie. Un discours sincère serait de reconnaître que les Verts ont pour priorité l’appropriation publique des services économiques, la socialisation du logement, de l’alimentation, de l’eau, de l’énergie, la suppression de toute politique d’immigration contrôlée ou encore l’opposition au commerce international.

Ils n’ont pas collectivement pour priorité une croissance économe en énergie et en matière, une économie circulaire positive, une énergie décarbonée territorialisée où chaque citoyen pourrait en tirer des revenus, une consommation soutenable et saine qui privilégie la qualité même si cela coûte plus cher.

Il en va de même pour l’innovation écologique portée par les créateurs et entrepreneurs, la refonte du produit intérieur brut pour que la croissance ne se crée plus sur la destruction du capital humain et environnemental, la refonte des institutions pour garantir à nos enfants la soutenabilité des projets publics, ou encore la réforme de la fiscalité et des institutions financières pour que l’écologie soit plus profitable que la pollution. Croissance, innovation, créativité, liberté d’entreprendre ne sont pas contradictoires mais nécessaires à l’écologie.

Naturellement, toutes les voix au sein d’Europe Ecologie les Verts ne sont pas uniformes. Evidemment, chaque conviction est utile car elle permet aussi de faire bouger les lignes. Et reconnaissons qu’ils ont été précurseurs sur certains sujets.

Mais, il faudrait avoir un discours sincère, à défaut, c’est toute l’écologie qui est discréditée, oubliée, voire critiquée. A défaut, il est impossible de développer un discours qui dépasse le clivage fondé sur la société industrielle dans lequel s’inscrivent encore les Verts. Ils furent utiles dans l’économie industrielle. Le sont-ils encore au l’aube de la nouvelle révolution écologique et numérique ?

Dans le Tarn, les citoyens font barrage pour sauver une zone humide Grégoire Souchay (Reporterre) Reporterre 2013/11/28 Grégoire Souchay (Reporterre) (28 novembre 2013) Dans le Tarn, les citoyens font barrage pour sauver une zone humide. Reporterre. Sivens fr

Dans le Tarn, les citoyens font barrage pour sauver une zone humide

À Lisle-sur-Tarn, au bord du Tescou, des citoyens se mobilisent pour sauver une zone humide boisée. Elle est menacée par un projet de barrage visant l‘irrigation intensive de quelques exploitants agricoles. A un coût pharamineux.

- Reportage, Lisle-sur-Tarn (Tarn)

Quittant la départementale reliant Gaillac et Montauban, la route sillonne en plein campagne en direction de la maison forestière de Sivens, appréciée des habitants de ce petit coin du Tarn pour son calme et la beauté des lieux. L’automne a paré ses habits ocres tandis que les chasseurs venus guetter le gibier portent le gilet orange fluo : « Le barrage de Sivens ? Oh, vous savez, on ira chasser ailleurs », disent-ils.

Plus loin sur la route se trouve la Métairie neuve, une vieille ferme délaissée depuis des années et désormais occupée par des opposants au projet de barrage sur la rivière en contrebas. À l’entrée, c’est Erwan, punk écolo breton, « mais pas que ça, hein ! », qui nous accueille. « Je fais un peu tout ici : ranger, faire des rondes, accueillir les gens de passage ».

Lui et quelques autres occupent les lieux depuis le mercredi 13 novembre, jour où des naturalistes sont venus réaliser des captures d’espèces protégées, donnant le coup d’envoi pour le chantier du barrage. « On était quatre-vingt sur place et on a réussi à les empêcher d’agir » raconte Erwan. Autour de la table, les quelques présents racontent les vieilles histoires : « Dès 1969, ils voulaient déjà aménager une base de loisirs, ici, sans succès. Historiquement, c’est un coin rebelle, nous sommes à deux pas de Carmaux et de chez Jaurès ! » Une vingtaine de personnes sont réunies en ce dimanche pour la réunion du collectif « Tant qu’il y aura des bouilles » qui gère les actions sur le terrain et l’occupation.

Des bouilles et des militants

Un peu plus loin, Françoise Blandel, habitante de Lisle-sur-Tarn, nous explique : « Les bouilles, selon le patois local, sont des terres qui, dit-on, ne valent rien ». Cette militante est une des chevilles ouvrières du deuxième collectif, plus ancien, « Pour la sauvegarde de la zone humide du Testet » qui s’occupe plutôt des actions juridiques.

Deux collectifs mènent ainsi la lutte, « chacun joue son rôle » nous assure Françoise en nous conduisant un kilomètre plus loin, au bord du Tescou, et au cœur de la zone humide. Sur la passerelle, une pancarte de la commune rappelle qu’il s’agit de la dernière zone humide d’importance, classée ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique), sur ce bassin versant « et qui disparaitra si le barrage se fait », ajoute Françoise. De l’autre côté de la rive, elle nous fait découvrir la singularité de la zone : « Ce sont ces bois humides. Au printemps ici, c’est couvert d’aurore, une petite fleur violette ». Pour l’heure, ne se dévoilent que frênes, aulnes et saules, les pieds dans l’eau.

Trois détonations nous ramènent prestement à découvert, les chasseurs ne sont pas loin. Une voiture s’arrête à notre hauteur. Bernard, un habitant de Lavaur est simplement venu « voir ce qu’il se passe ». La discussion se prolongeant avec lui, un groupe de promeneuses nous rejoint. Parmi elles, se trouve Josiane : « J’habitais justement dans le coin, au hameau de Barrat, juste au-dessus de la zone humide ! » Pour elle, « c’est un bel endroit qu’il ne faut pas détruire. Les causes avancées n’en valent pas la peine ».

Ouvrage « d’intérêt général » ou inutile ?

Pourquoi faire un barrage sur cette zone humide du Testet ? Stéphane Mathieu, directeur de l’eau et de l’environnement au Conseil Général du Tarn explique à Reporterre : « C’est une réflexion ancienne. Il y a un déficit chronique en eau dans la vallée du Tescou. Or, nous avons des débits minimaux imposés du fait des rejets chimiques dans le cours d’eau, notamment Sodiaal, une laiterie du Tarn-et-Garonne. »

Sauf qu’entre la première étude de 2001 et aujourd’hui, « la laiterie a été mise aux normes et a considérablement réduit ses rejets », rappelle Ben Lefetey, autre porte-parole du Collectif de sauvegarde du Testet.

Autre argument, l’irrigation : « Le bassin versant est déficitaire, explique M. Mathieu, et le système est ainsi fait que pour un mètre cube en aval, il nous en faut 1,5 dans le barrage ». D’où une capacité prévue d’1,5 millions de m3 pour ce barrage dont l’emprise est de trente-six hectares. Surprise : cette évaluation a été réalisée non pas au regard d’obligations légales de débit mais par la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG), qui est chargée des travaux.

« Nous n’avons jamais nié que ce projet ait un impact environnemental, assure Stéphane Mathieu, nous cherchons à faire au mieux pour compenser les espaces détruits et minimiser l’impact. Pour autant, au regard des besoins futurs en eau, ce projet a valeur d’intérêt général ».

« Faux ! » répond Françoise Blandel : « Le rapport d’enquête indique que seuls vingt-cinq irrigants sont vraiment concernés. On voudrait nous faire croire qu’il en va de "l’intérêt général" de construire un barrage à 7,8 millions d’euros pour 25 irrigants, avec un financement public ! »

À ces interrogations, Hélène Romet, responsable communication à la CACG, répond : « Le plan de gestion des étiages a été validé en 2003, les enquêtes publiques ont eu lieu et ont approuvé ce projet comme étant d’intérêt général. Il ne s’agit pas d’un débat, il s’agit de répondre à un besoin ». Le diable se cache pourtant dans les détails.

Un proche du ministre Philippe Martin impliqué

« La commission d’enquête a effectivement donné un avis favorable mais sous réserve de l’aval du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) », détaille Ben Lefetey. Or, ledit CNPN a donné par deux fois un avis défavorable au projet (du fait de manquement sur la protection des espèces). Peine perdue : « Le CNPN dépend directement du ministère de l’environnement, et donc de Philippe Martin, qui a choisi de donner le feu vert à la préfète malgré l’avis défavorable."

Coïncidence troublante : avant d’être ministre de l’environnement, Philippe Martin était président du conseil général du Gers. Et Francis Daguzan, vice-président de cette assemblée, n’est autre que le président de la CACG.

Au final, c’est la justice qui tranchera puisqu’un recours suspensif a été déposé par le collectif. Tandis que la CACG « espère que la situation va se débloquer rapidement », le Conseil Général assure quant à lui qu’il « n’est pas question de passer en force ». Le 4 décembre, c’est le tribunal administratif qui décidera si ce projet de barrage tient toujours la route malgré les fissures techniques et politiques pointées par les opposants.

À notre départ de la Métairie neuve, un membre de l’assemblée nous lance : « Vous savez, on est ici pour se faire plaisir, se réapproprier les lieux et l’espace. Le Testet, c’est un coin de plus de la ZAD partout. Et on fera ce qu’il faut pour le protéger. »

Subvention sous condition

Ce projet estimé aujourd’hui à 7,8 millions d’euros est financé pour 50 % par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, 30 % par l’Union Européenne via le FEADER, 10 % par le conseil général du Tarn et 10 % par le Conseil général du Tarn-et-Garonne. Or, ce Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) expire fin 2013. Et pour que la subvention soit validée, les promoteurs doivent garantir les délais de réalisation.

Or, pour cela, il faut que les captures des espèces préalables au déboisement soient réalisées au plus vite. Et même si une extension de délai est en cours de discussion, une décision défavorable du tribunal pourrait remettre en cause l’ensemble de l’enquête publique. Et la subvention de deux millions d’euros avec. En attendant, un appel à un moratoire sur le projet a été lancé.

Philippe Martin refuse de signer la mutation des sept permis de pétrole de schiste en Ile-de-France Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/28 Hervé Kempf (Reporterre) (28 novembre 2013) Philippe Martin refuse de signer la mutation des sept permis de pétrole de schiste en Ile-de-France. Reporterre. fr

Philippe Martin refuse de signer la mutation des sept permis de pétrole de schiste en Ile-de-France

Le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, a indiqué tôt ce matin jeudi 28 novembre à Reporterre qu’il avait décidé « de refuser de signer la mutation à Hess Oil des sept permis d’Ile-de-France ». Cette décision est détaillée dans un entretien avec le journal Le Parisien paraissant ce jour.

Début novembre, le ministre laissait entendre qu’il était obligé par la justice d’accorder des demandes d’explorer le pétrole de schiste en Seine-et-Marne. Les documents qu’avait alors publié Reporterre montraient qu’il n’en était rien. Des membres de son cabinet recevaient ensuite des opposants à cette exploration, dont le député Jacques Krabal ; ils leur avaient indiqué que ces arguments seraient « examinés sans délai ». Parole tenue, donc.

Ils ne portent pas de bonnets et ils se mobilisent POUR l’écotaxe Bizi ! / CGT Cheminots / CADE Reporterre 2013/11/28 Bizi ! / CGT Cheminots / CADE (28 novembre 2013) Ils ne portent pas de bonnets et ils se mobilisent POUR l’écotaxe. Reporterre. fr

Ils ne portent pas de bonnets et ils se mobilisent POUR l’écotaxe

Mais si, c’est bien de taxer les transports routiers polluants ! Des écologistes et des cheminots vont le dire haut et fort, à Bayonne, le 2 décembre.

Une nouvelle fois, les mobilisations des lobbys patronaux ont obtenu la suspension de l’écotaxe (ou plutôt « pollutaxe »).

Nous organisons aujourd’hui une réunion large et ouverte pour voir ensemble comment faire contre-poids au lobbying des patrons routiers et des divers responsables de l’agriculture productiviste et de la délocalisation actuelle de l’économie. Nous entendons clarifier un certain nombre d’aspects de ce dossier :

- Les coûts externes des transports (pollution, accident, usure des infrastructures) restent majoritairement à la charge de la collectivité. En ce qui concerne le transport de marchandises, les poids lourds coûtent quatre fois plus que le fer. Pour mille tonnes par kilomètre, ces coûts externes se montent à 71,20€ pour le routier, 17,90€ pour le ferroviaire, et 22,50€ pour le maritime. Il est urgent de réinternaliser une partie de ces couts externes et la pollutaxe y contribue.

- Il s’agit d’une mesure de bon sens, car elle permet de préparer un avenir proche qui verra le prix du pétrole, plus rare et moins facilement accessible, monter en flèche. La pollutaxe doit financer les alternatives au transport routier (train, fluvial) qui permettent un transport plus sûr et moins polluant.

- La pollutaxe contribuera au maintien et au développement de l’emploi local. L’emploi dans les modes de transport alternatif n’est pas délocalisable, contrairement au transport routier où le dumping social est de règle en union Européene. De plus, si le transport coûte plus cher, les entreprises auront plus tendance à produire au plus près du consommateur et à éviter les transports inutiles voir absurdes (crevettes pêchées au Danemark, décortiquées au Maroc puis revenant au Danemark pour y être préparées, porcs bretons envoyés dans des abattoirs allemands). Enfin, le renchérissement du transport routier contribue à promouvoir l’agriculture paysanne de proximité face à l’agriculture industrielle et délocalisée.

- La pollutaxe est loin d’être parfaite, et certains de ces défauts doivent être impérativement corrigés (exonération du transport sur autoroutes payantes exemptant de fait les transports longue distance, collecte de la pollutaxe par un consortium privé empochant au passage 20 % des recettes etc.). De plus, nous contestons l’abattement de 30% dont bénéficieraient les trajets en Aquitaine (qui prétend être un axe épargné par le transport routier alors que notre territoire se trouve sur un des axes de communications eurropéens les plus denses en transport routier).

Nous devons aujourd’hui reprendre l’initiative dans ce dossier et faire entendre notre voix ! Nous proposons à tous ceux et celles qui partagent le même souhait de participer à une réunion ouverte. Il y sera défini diverses actions et mobilisations pour demander l’application rapide de cette pollutaxe. Cette réunion aura lieu :

Lundi 2 Décembre à 18h00 à la bourse du travail salle 1, à Bayonne

OGM : une nouvelle offensive est lancée contre l’étude de l’équipe Séralini Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/11/29 Marie Astier (Reporterre) (29 novembre 2013) OGM : une nouvelle offensive est lancée contre l’étude de l’équipe Séralini. Reporterre. fr

OGM : une nouvelle offensive est lancée contre l’étude de l’équipe Séralini

Il y a un an, Gilles-Eric Séralini et son équipe avaient publié une étude sur le RoundUp dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology. Elle avait suscité une vive controverse. La revue, qui a intégré depuis quelques mois un ancien salarié de Monsanto, demande aujourd’hui aux chercheurs de retirer leur étude. Enjeu caché : l’autorisation de nouveaux OGM en Europe.

Les auteurs de l’étude sont formels : on n’avait jamais vu cela en matière de publication scientifique. Par une lettre datée du 19 novembre, Gilles-Eric Séralini et son équipe ont appris de la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology leur demande de retirer leur étude publiée l’an dernier par cette même revue sur les effets du maïs transgénique NK 603 de Monsanto. Une étude pourtant relue et approuvée par des scientifiques avant publication, comme il est d’usage dans les revues scientifiques à comité de lecture.

Il y a un an, cette étude a été présentée comme la première du genre sur les OGM (organismes génétiquement modifiés). Menée dans le plus grand secret pendant deux ans par le laboratoire du CRIIGEN (Comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique), elle tend à démontrer la toxicité de ce maïs sur les rats de laboratoire. Lors de sa publication en septembre 2012, elle avait suscité une vive controverse.

Hier jeudi 28 novembre, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, Gilles-Eric Séralini a donné sa réponse : « Nous refusons le retrait de l’article. »

La lettre de la revue Food and Chemical est signée du directeur éditorial de la revue A.Wallace Hayes. Reporterre la reproduit ici :

M. Hayes indique aux auteurs que le panel qui a examiné les données sur lesquelles se fonde l’étude "a beaucoup de préoccupations sur la qualité des données, et a finalement recommandé que l’article soit retiré. (…). Si vous n’acceptez pas de retirer l’article, il sera retiré [par nous]."

Certes, indique M. Hayes, "le rédacteur en chef, sans ambiguïté, n’a pas trouvé de preuve de fraude ou de présentation trompeuse des données. Cependant, il y a une préoccupation légitime en ce ce qui concerne et le nombre d’animaux de chaque groupe d’étude, et la race sélectionnée."

Il observe finalement : "Le rédacteur en chef loue l’auteur [M. Séralini] pour son ouverture et sa participation à ce dialogue. Le retrait de l’article n’est motivé que par le caractère non conclusif de l’étude.".

« La lettre du journal nous donne deux possibilités, explique Joël Spiroux, médecin et président du Criigen. Soit on retire le papier nous-mêmes. Soit Food and Chemical Toxicology le retire et publie les raisons de ce retrait. »

C’est cette deuxième solution qui a été choisie par la revue, qui a annoncé le 28 novembre l’avoir "retirée" (retracted). Pour l’expliquer, Joël Spiroux cite la lettre elle-même. La revue reconnaît n’avoir trouvé « aucune preuve de fraude ou de falsification des données ». « Nous n’avons donc pas manqué au code éthique, or c’est la seule raison qui peut justifier le retrait d’un article ! », s’étonne le docteur, qui cite le COPE (Commitee on publication ethics, un code éthique pour les revues scientifiques auquel adhère Food and Chemical Toxicology.

- Gilles-Eric Séralini et Joël Spiroux -

Pour justifier le retrait de l’article, la revue explique dans sa lettre avoir réexaminé les données avec un panel de chercheurs. Puis elle cite deux raisons : - d’abord, le nombre de rats est insuffisant, - ensuite, la race de rats choisie, la Sprague-Dawley, est connue pour développer fréquemment des tumeurs : celles observées par l’équipe du Pr. Séralini n’auraient donc pas été provoquées par le maïs OGM.

En se basant sur ces arguments, la revue explique donc que les résultats de l’étude qu’elle a publiée « ne permettent pas de conclure ».

Ces arguments sont réfutés par le CRIIGEN. « Nous avons déjà répondu à ces critiques dans un deuxième article, lui aussi relu et publié par Food and Chemical Toxicology », rappelle Joël Spiroux à Reporterre.

Le Criigen a publié un communiqué de presse à ce propos :

Le groupe y rappelle qu’une étude commanditée par Monsanto, utilisant la même race et le même nombre de rats, mais ne portant que sur trois mois, a également été publiée par la revue. « Pourquoi cette étude là n’est pas retirée ?, interroge le docteur Spiroux. Nous demandons à Food and Chemical Toxicology de la retirer également ! »

Pour Gilles-Eric Séralini et son équipe, la vraie raison de ce retrait est à chercher ailleurs : « En avril, M. Richard Goodman, qui a travaillé sept ans chez Monsanto, est arrivé dans l’équipe éditoriale de la revue. Il a pris la place de M. Domingo qui avait fait tout le suivi de notre article. Or peu après l’arrivée de M. Goodman, Food and Chemical Toxicology nous a encore une fois demandé les données brutes de notre étude », raconte Joël Spiroux. Avant d’ajouter : « Avant parution, il est normal que les relecteurs demandent à approfondir les données. Mais après publication, cela ne s’est jamais vu. »

- Richard Goodman -

L’arrivée de Richard Goodman au comité scientifique de la revue aurait donc pu provoquer la remise en cause de l’étude du professeur Séralini. « Mais nous n’en avons pas la preuve », reconnaît Joël Spiroux. Les défenseurs de l’étude rappellent simplement que Richard Goodman a effectivement travaillé pour Monsanto de 1997 à 2004 et que sa nomination au comité éditorial de Food and Chemical Toxicology a suscité des débats, comme en atteste cet article du site internet américain Independant Science News, qui relève que Richard Goodman n’a jamais eu de relation avec la revue avant février 2013.

Dans la conférence de presse de jeudi, la députée européenne Corinne Lepage n’a donc pas hésité à dénoncer « une prise de pouvoir des lobbies ».

Une arme dans la bataille européenne

Surtout, elle rappelle que cette affaire intervient alors qu’en ce moment même, l’Union européenne étudie une demande pour cultiver le maïs OGM TC1507. Pour l’instant, seul le maïs MON810 est autorisé à la culture dans l’Union.

L’étude de Gilles-Eric Séralini aurait pu être citée par l’Europe pour refuser de nouvelles autorisations de culture. Mais son retrait de Food and Chemical Toxicology la gommerait du champ scientifique. Elle ne pourrait désormais plus être utilisée lors de l’évaluation des risques faite à chaque demande d’autorisation. « En ce moment, c’est la guerre des OGM en Europe et Monsanto place ses pions », estime Joël Spiroux. Pour l’instant, le statut du retrait est incertain, puisque l’étude est toujours publiée sur le site en ligne de la revue.

Les auteurs de l’étude s’inquiètent aussi pour l’avenir de la recherche sur les OGM. L’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) et l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) ont certes rejeté les conclusions de l’étude du Pr. Séralini. Mais ces deux agences ont recommandé que de nouvelles études, elles aussi de long terme, soit lancées.

Selon Corinne Lepage, l’offensive contre l’article de l’équipe Séralini montre bien que « les lobbies veulent fermer la porte à des études de long terme » sur les OGM.

Complément d’info : Les éléments du dossier :

- Etude scientifique originale de M. Séralini et son équipe. On peut la télécharger ici :

- Reporterre en a publié la traduction de plusieurs extraits en français.

- EXCLUSIF : Séralini répond à ses détracteurs (entretien en vidéo).

L’hôpital du Mans crée un restaurant solidaire et réduit le gaspillage Tandem Conseil Reporterre 2013/11/29 Tandem Conseil (29 novembre 2013) L’hôpital du Mans crée un restaurant solidaire et réduit le gaspillage. Reporterre. fr

L’hôpital du Mans crée un restaurant solidaire et réduit le gaspillage

Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, le Centre hospitalier du Mans a ouvert un restaurant qui sert à des gens dans le besoin le surplus de nourriture consommable et habituellement destiné à la benne.

Il en aura fallu de la ténacité à Didier Girard pour mener à bien son projet ! Pendant des années, le responsable du service restauration du centre hospitalier du Mans s’est battu pour rendre possible sa belle idée de restaurant social.

Tout part d’un constat dans cet hôpital qui sert plus de 1,3 millions de repas par an : le gaspillage. Insupportable de voir toute cette nourriture, tous ces plats, ces fruits, ces laitages non entamés et en parfait état de consommation, partir à la benne, dans une ville où 18% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

Jeter toute cette nourriture avait aussi bien évidemment un coût : 4 200 Kg de déchets par an, qui depuis janvier 2013 sont considérés comme des bio-déchets et ne peuvent plus être incinérés, mais soit compostés, soit dirigés vers une usine de méthanisation. Donc l’idée, simple a priori mais complexe à mettre en œuvre, est de donner ces surplus à ceux qui en ont besoin et de nourrir des personnes en situation de précarité.

Après moult réunions, une organisation est trouvée : l’hôpital met ses surplus alimentaires à disposition tous les jours, l’Ordre de Malte assure la logistique, et une association ouvre le restaurant social. La formule a été testée pendant plusieurs mois dans un premier restaurant, puis est passée à une vitesse supérieure en s’installant à proximité immédiate d’un foyer d’hébergement.

Résultat : ces surplus permettent à vingt-cinq personnes de faire un bon repas, gratuitement, cinq soirs par semaine. Au bout d’un an, 7 000 repas seront servis.

Cette belle réalisation me ravit. Comment justifier aujourd’hui de jeter tant de nourriture parfaitement consommable (on parle là des surplus alimentaires, pas des restes de plateaux qui eux ne peuvent pas être donnés et sont jetés) ? Et pourtant le restaurant social hospitalier a été compliqué à monter : réglementation, habitudes, craintes, les freins ont été nombreux. C’est beaucoup d’énergie pour (seulement) 25 repas par jour diront certains, mais c’est déjà beaucoup. Et le modèle est parfaitement reproductible, l’auteur du projet partageant bien volontiers son expérience.

Alors je me pose une question. Pourquoi ce qui est possible dans un hôpital ne l’est pas dans une école ? Pourquoi ne fait-on rien – ou presque – pour réduire le gaspillage dans les cantines scolaires, trouver une 2e vie à certains produits, donner à ceux qui n’ont rien des produits non consommés, en parfait état mais qui sont jetés ?

Dans l’école de ma fille à Lyon, ce sujet est évoqué à chaque conseil d’école et on nous oppose toujours « la réglementation ». C’est choquant, c’est grotesque. Et si on parlait d’éducation, de sensibilisation, de lutte contre le gaspillage dès le plus jeune âge ? Comment justifier auprès d’un enfant qu’à la cantine de l’école le yaourt non ouvert, la pomme entière, le morceau de camembert emballé qu’il a pris sur son plateau mais qu’il n’a pas mangé DOIT finir à la poubelle ? C’est la semaine de lutte contre le gaspillage non ?

La politique des petits gestes a échoué, il faut s’engager Karel Mayrand (Fondation David Suzuki) Reporterre 2013/11/29 Karel Mayrand (Fondation David Suzuki) (29 novembre 2013) La politique des petits gestes a échoué, il faut s’engager. Reporterre. Tribune — fr

La politique des petits gestes a échoué, il faut s’engager

« Nous avons promis le changement dans le confort. Cette promesse n’est plus tenable ». David Suzuki est le Hulot canadien. Dans ce texte majeur, le directeur de sa fondation prend position pour que les défenseurs de l’environnement s’engagent plus radicalement.

Dans une entrevue publiée en une du magazine MacLean’s le 15 novembre dernier, David Suzuki affirme que l’environnementalisme a échoué. Ce constat déchirant d’un homme de 77 ans qui a consacré sa vie à la cause environnementale survient alors que le mouvement environnemental, qui célèbrera bientôt son cinquantenaire, est en profonde réflexion sur la stratégie à adopter devant l’imminence d’un effondrement de la biosphère. En d’autres mots : que faire pour ne pas assister impuissants à la destruction des systèmes qui assurent la vie sur Terre ?

L’auteure et militante Naomi Klein a lancé un pavé dans la mare il y a quelques semaines dans un texte intitulé : « Comment la science nous dit de nous révolter ». Dans ce texte, Klein explique que de nombreux scientifiques, confrontés aux résultats, aux signaux d’alarme de la science et à l’inertie de nos institutions devant des enjeux d’une telle envergure, ressentent l’obligation morale de prendre part à des actions militantes. C’est ainsi que James Hansen, ancien chercheur de la NASA et l’un des fondateurs de la climatologie moderne, s’est fait arrêter six fois pour des gestes de désobéissance civile.

Naomi Klein reprend l’argument d’un chercheur, Brad Werner, qui affirme que le seul espoir qu’il nous reste est de ralentir notre système économique en créant de la « friction » par des actions militantes.

Cet argument n’est pas sans rappeler les conclusions du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui indique que les orientations prises en ce moment constituent le principal facteur qui déterminera les scénarios optimistes ou pessimistes du réchauffement climatique. Les scientifiques du GIEC nous renvoient à notre responsabilité. Les décisions prises aujourd’hui verrouillent notre engagement dans un système qui assure notre destruction. Le choix d’agir ou non est dans nos mains.

Nous ne pouvons plus attendre, il faut prendre l’initiative

Le 11 novembre dernier, à l’ouverture de la Conférence des Nations-Unies sur le climat, le délégué philippin Naderev Sano a annoncé dans son discours en plénière qu’il entamait un jeûne volontaire en solidarité avec le peuple des Philippines durement frappé par le typhon le plus puissant à jamais avoir touché terre. Sano a déclaré : « Ce que mon pays traverse est une folie. La crise climatique est une folie. Nous devons arrêter cette folie », soulevant une ovation debout de la part des diplomates réunis à Varsovie.

Mais devant l’imminence de l’effondrement irréversible de la biosphère, les appels à l’indignation ne suffisent plus. C’est pourquoi un nombre croissant de citoyens et de militants prennent courageusement la responsabilité de poser des gestes de désobéissance civile pacifique. Comme ces 30 militants de Greenpeace emprisonnés en Russie parce qu’ils ont voulu alerter l’opinion publique internationale sur l’exploration pétrolière dans l’Arctique. Comme Tim DeChristopher, un écologiste américain opposé au développement pétrolier et gazier en Utah qui a été condamné en janvier 2011 à deux ans de prison pour avoir placé de fausses offres lors d’une mise aux enchères de droits d’exploration pétroliers et gaziers.

La répression s’accentue contre les militants écologistes qui se font emprisonner à travers le monde pour fraude, piraterie et hooliganisme alors que personne n’a encore été mis en prison pour la catastrophe du golfe du Mexique, pour les nombreux déversements d’oléoducs ou les 47 morts de Lac-Mégantic [en août 2013, un grave accident de transport de pétrole s’est produit dans cette ville québecoise. Et que dire du Canada qui a mis sur enquête 900 groupes environnementaux au cours des deux dernières années, mais qui a jugé trop coûteux d’inspecter les trains de la mort qui]roulent encore dans nos villes !

Le mouvement environnemental a fait preuve d’une résilience remarquable devant les attaques et la répression au cours de la dernière décennie. Mais il est temps de relever la tête, et de nous faire respecter. Le mouvement écologiste est issu du mouvement pacifiste et antinucléaire dont il a hérité sa mission fondatrice : sauver l’humanité de sa propre folie destructrice. Si les James Hansen de ce monde marchent dans les pas d’Einstein et Oppenheimer, si des écologistes sont victimes de répression à travers le monde, c’est que la lutte prend un autre tournant.

- Le climatologue James Hansen interpellé par la police en août 2011 alors qu’il protestait contre le projet d’oléoduc Keystone XL -

Des diplomates, des scientifiques et un nombre croissant de citoyens sont prêts à s’engager dans un effort de mobilisation dans lequel chaque personne est à la fois un grain de sable dans l’engrenage, mais aussi la graine d’un changement porteur d’espoir. Il faut semer le changement, et ceci ne peut être fait qu’en mobilisant une large coalition citoyenne qui opposera un véritable rapport de force aux intérêts d’une minorité qui s’est accaparé le pouvoir de blocage sur toute décision favorisant une économie sociale et écologique.

Nous sommes tombés dans le piège de conforter les citoyens dans l’idée que les changements nécessaires pourraient se faire par de petits gestes individuels et par des solutions technologiques plutôt que par des décisions collectives. Nous avons promis le changement dans le confort. Cette promesse n’est plus possible. Mais des millions de personnes dans le monde attendent le signal pour recommencer à bâtir le monde auquel ils aspirent, et non celui dicté par un système économique sur lequel plus personne n’a de contrôle.

Le mouvement environnemental ne peut plus être une coalition d’activistes spécialisés. Il doit se transformer en mouvement citoyen organisé de défense des droits civiques des prochaines générations. Il ne peut plus s’épuiser dans mille batailles, mais choisir celles qui sont porteuses de véritable changement. Nous devons parler de décroissance, parler de justice. Nous devons enseigner à nos enfants que la vie est sacrée. Nous devons convaincre les citoyens que le pouvoir de décider est dans leurs mains. Il faut leur faire confiance et leur dire les choses telles qu’elles sont. Le temps du confort est révolu. Nous n’avons plus cinquante ans devant nous. Nous en avons dix, quinze, peut-être moins.

Nous avons la responsabilité morale de faire valoir notre droit à un environnement sain, et celui des prochaines générations.

L’environnementalisme n’est pas mort. Mais il doit reculer pour mieux sauter.

« L’histoire désorientée », Entropia Reporterre 2013/11/29 (29 novembre 2013) « L’histoire désorientée », Entropia. Reporterre. fr

« L’histoire désorientée », Entropia

Table ronde autour du n°15 de la revue Entropia. Vendredi 29 novembre à Paris, de 14h à 17h, à l’EHESS

Débat autour du numéro 15 d’Entropia, revue théorique et politique de la décroissance :

L’HISTOIRE DÉSORIENTÉE

14h : Introduction par Philippe GRUCA

De 14h15 à 15h30 : En quoi la crise écologique et anthropologique nous oblige-t-elle à penser autrement l’histoire ?

- Jean-Claude BESSON-GIRARD, peintre et directeur d’ENTROPIA de 2006 à 2012, auteur de Decrescendo cantabile (2005). - Jean-Luc EVARD, germaniste et traducteur, auteur de La Religion perverse. Essai sur le charisme (2008). - Augustin BERQUE, géographe orientaliste, auteur de Milieu et identité humaine. Notes pour un dépassement de la modernité (2010).

De 15h30 à 16h45 : Pourquoi et comment se défaire de la mythologie du "progrès" ?

- Alain GRAS, socio-anthropologue, auteur de l’ouvrage Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique (2007). - Guillaume CARNINO, historien des sciences et des technologies, éditeur (L’Échappée) et co-auteur de Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques (2013). - Aurélien BERLAN, philosophe, auteur de La fabrique des derniers hommes. Retour sur le présent avec Tönnies, Simmel et Weber (2012).

16h45 : Conclusion

Le vendredi 29 novembre à Paris, de 14h à 17h, à l’EHESS, dans l’amphithéâtre du 105 Bd Raspail (Métro Saint-Placide ou Notre-Dame-des-Champs).

Le n°15 d’Entropia

À l’ère de toutes les saturations, aussi bien psychiques qu’écologiques, le sentiment d’urgence qui nous anime ne peut en aucun cas suffire pour imaginer et incarner des alternatives politiques ; il nous faut également une connaissance fine des alternatives terrassées dans le passé par la démesure. Or, les récits sur lesquels repose notre imagination politique ont eux- mêmes été́ à ce point profilés par les vainqueurs – avant de se retrouver compilés dans cette discipline nommée « histoire » – qu’il nous est désormais difficile d’échapper à leurs évidences.

Plus que jamais, il nous semble nécessaire de mobiliser des réflexions visant à débusquer ces évidences progressistes, étatistes et industrialistes qui portent sur les rationalités, les périmètres et les conséquences d’une démesure institutionnalisée.

Sommaire

Sept thèses sur l’histoire désorientée. Philippe Gruca

1. Déboussoler Pour sortir du temps fléché. Jean-Claude Besson-Girard Le genre humain à jamais empêché. Jean-Luc Evard Le Nord est partout. Tim Ingold 2. Détourner Retour sur la « raison dans l’histoire ». Aurélien Berlan La victoire par la science. Guillaume Carnino Une histoire encore trop progressiste des sciences. Bertrand Louart 3. Déshériter La tragédie des tisserands : archéologie d’un monde disparu. François Jarrige Comment industrialiser la France (1770-1810) ? Thomas Le Roux Des germes d’une économie à hauteur d’homme. Christian Roy De la promesse de Tupac Amaru II à l’Amérique bolivarienne. Yannick-Hélène de la Fuente et Claude Llena 4. Désorienter Écrire l’histoire des non-humains, le cas des animaux. Éric Baratay Renaturer la culture, reculturer la nature par l’histoire. Augustin Berque Pour une histoire désorientée de l’énergie. Jean-Baptiste Fressoz

Inédit Comment l’histoire fait l’histoire. Bernard Charbonneau

Hors champ Là-haut sur la montagne... Résistances versus développement insoutenable. Philippe Bourdeau

Chronique des démesures ordinaires Transition ou illusion énergétique ? Yves Cochet

Les richesses de l’Arctique suscitent la rivalité des nations riveraines Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/11/29 Barnabé Binctin (Reporterre) (29 novembre 2013) Les richesses de l’Arctique suscitent la rivalité des nations riveraines. Reporterre. fr

Les richesses de l’Arctique suscitent la rivalité des nations riveraines

La chaleur fait fondre la banquise arctique, ce qui rend envisageable l’exploitation de ses ressources pétrolières. Nouvel objet de convoitise pour les pays riverains, l’océan blanc voit s’affronter les rivalités des nations riveraines. C’est le troisième volet de notre enquête.

« La combinaison d’un recul rapide de la banquise et de progrès technologiques ouvre de nouvelles perspectives économiques dans la région, notamment pour la navigation, l’industrie minière, la production d’énergie et la pêche. Bien que bénéfiques pour l’économie mondiale, ces activités demandent aussi une approche prudente et durable : le non-respect de normes environnementales élevées pourrait avoir des répercussions supplémentaires sur cette région fragile ».

En introduction de sa « Politique pour la région Arctique » publiée en juillet 2012, la Commission européenne pose clairement le contexte de l’Arctique : en dépit des risques environnementaux et de la vulnérabilité de son écosystème, cette région du monde est devenue un objet de convoitises géopolitiques en raison de ses ressources naturelles. Ce qui est d’autant pus préoccupant que manquent les outils juridiques de contrôle et de régulation.

Recelant 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel non-découverts dans le monde selon une étude en 2008 de l’agence de recherche géologique des Etats-Unis, USGS, les eaux arctiques représentent un potentiel économique majeur et nouveau, du fait du changement climatique, car la fonte de la banquise rend ces ressources de plus en plus accessibles. Le « offshore ». Anne Valette, chargée de la campagne Save the Arctic chez Greenpeace France, alerte : « Dès 2014, nous pourrions avoir du pétrole d’Arctique dans nos voitures ».

Cet enjeu économique se traduit par une nouvelle rivalité géopolitique, avec une course à l’extension des frontières maritimes entre la demi-douzaine de pays riverains de l’Arctique. Depuis 1982 et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (dite de Montego Bay), les Etats peuvent élargir jusqu’à 350 miles marins leurs plateaux continentaux, zone dans laquelle ils contrôlent l’exploitation des ressources du sous-sol. Charge à eux de fournir les études scientifiques et géologiques prouvant que leurs plateaux continentaux s’étendent au-delà des 200 miles marins habituels.

Parmi les Etats frontaliers de l’Arctique, la Norvège a déposé une demande en attente de réponse auprès de la Commission on the Limits of the Continental Shelf de l’ONU. Le Danemark et le Canada s’apprêtent à en déposer une dans les prochains mois, tandis que la Russie, dont la première a été refusée pour un problème d’évaluation des données, doit déposer une nouvelle demande.

Si toutes ces demandes venaient à être approuvées, il ne resterait que 9 % d’eaux libres dans tout le cercle polaire, correspondant aux zones blanches de la carte ci-dessous – les zones rouges représentant les eaux libres actuelles soumises aux demandes des Etats.

- Des eaux de plus en plus convoitées -

Greenpeace demande la « sanctuarisation » de ces eaux aujourd’hui libres : « Nous demandons que ces eaux soient préservées de toute activité économique – forage, pêche industrielle, etc. – au même titre que l’Antarctique où seules les activités scientifiques sont autorisées » explique Anne Valette.

Chercheur sur les océans et les zones côtières à l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), Julien Rochette ne croit pas à un moratoire : « L’étalement des plateaux continentaux est un fait, les Etats cherchent à profiter des compétences dont ils bénéficient. Il n’est pas réaliste d’imaginer le contraire. Le véritable enjeu, c’est d’encadrer ces activités : comment soumettre l’exploration et l’exploitation offshore à des règles pour protéger l’environnement marin ? ».

Il dénonce ainsi un règlement maritime à deux vitesses. Alors que la plupart des activités maritimes - telles que la pêche ou le commerce - sont régies par des règlements internationaux, l’exploitation offshore échappe à des règles communes, et est encadré seulement par des législations nationales.

La protection des océans se fait donc à la discrétion des pays : « les normes sont différentes selon les Etats et peuvent parfois s’avérer particulièrement inadaptées aux risques que font peser les activités offshore. » Des protections à l’échelle régionale peuvent venir compenser cette carence au niveau international, « comme en Méditerrannée où les pays frontaliers s’accordent sur un ensemble de règles globales. Mais dans le cas de l’Arctique, les règles environnementales sont faibles » précise Julien Rochette.

Pourquoi ? « Les Etats sont réticents à adopter des règles communes car les revenus économiques peuvent être très importants. Ils considèrent qu’ils peuvent gérer ces activités comme ils le souhaitent sur leur propre espace maritime ». Imposer la contrainte par des normes environnementales et universelles serait donc l’objectif prioritaire pour réguler les risques de l’activité offshore.

D’autant plus prioritaire que les mécanismes de responsabilité ne sont pas clairement établis en cas d’accident sur les plateformes pétrolières et gazières. Si le risque de marée noire existe, les répercussions peuvent être transfrontalières. Qui indemnise alors, en cas de drame écologique ? Dans le triste cas du Deepwater Horizon, les coûts ont été entièrement pris en charge par la compagnie pétrolière responsable, le géant britannique BP. Ils s’élèvent aujourd’hui à plus de 31 milliards de dollars, pour une marée noire dont le colmatage avait exigé 87 jours d’efforts.

La position des grands groupes pétroliers à l’égard du forage en Arctique est toutefois révélatrice. Contacté par Reporterre, Gazprom France n’a pas souhaité s’exprimer. La compagnie semble toutefois déterminée à passer à l’étape d’exploitation après des années d’exploration. Ce n’est pas le cas de Total. Ce groupe nous précise qu’il a « décidé de privilégier en Arctique les projets gaziers en dehors de la zone de banquise. Pour ce qui est du pétrole, Total exclut à ce jour toute exploration dans des zones de banquise ». Il y a un an, le PDG de la compagnie, Christophe de Margerie, avait déclaré que le risque de marée noire y était trop important.

Aujourd’hui, Total est impliqué dans six projets dans la zone Arctique, tous en dehors de la zone de banquise. Pour Julien Rochette, « à court-terme, les grandes compagnies ne se risqueront pas à l’exploitation car c’est trop risqué et trop coûteux. Plus que le pétrole, ce sont les réserves de gaz qui sont recherchées. Or la demande mondiale en gaz peut être satisfaite grâce aux gaz de schiste... ».

La menace pétrolière est donc encore limitée. Mais mieux vaut prévenir que guérir. C’est le sens de la campagne menée par Greenpeace.

Complément d’information :

- Frédéric Lasserre, « Frontières maritimes dans l’Arctique : le droit de la mer est-il un cadre applicable ? »

- La Chine en Arctique ?

Les restaurants « certifiés bio » servent leurs premiers repas Pascale Mugler (Reporterre) Reporterre 2013/11/30 Pascale Mugler (Reporterre) (30 novembre 2013) Les restaurants « certifiés bio » servent leurs premiers repas. Reporterre. fr

Les restaurants « certifiés bio » servent leurs premiers repas

L’agriculture bio, c’est bien. Et les restaurants où l’on sert des mets bio, c’est très bien. La première certification vient de sortir, et plusieurs restaurants en France sont ainsi « labellisés bio ».

Le premier cahier des charges dédié à la restauration collective bio pour les établissements d’enseignement, les administrations, entreprises à caractère sanitaire et social, structures d’accueil type crèches, centres de vacances, etc., vient de sortir ex. C’est Ecocert, l’organisme de contrôle historique de la bio qui a mis au point « En cuisine » dont les critères concernent quatre domaines : le bio, le local, le sain, le durable. Ainsi le restaurant labellisé « En Cuisine » doit proposer toute l’année un choix varié de produits bio pour réduire « l’impact des pesticides dans l’assiette », précise Ecocert. Il doit privilégier les filières courtes ce qui réduit l’empreinte carbone, créer du lien avec les producteurs locaux, être très attentif à l’équilibre nutritionnel, valoriser le « fait maison », limiter les additifs, pouvoir prouver la traçabilité des produits, informer clairement les convives.

Pour la durabilité, les gestionnaires doivent faire preuve de mesures concrètes montrant qu’ils limitent le gaspillage et l’impact environnemental (emballages, vaisselle, détergents…). Ecocert voit dans son référentiel un outil de progression et a défini trois niveaux de labellisation. Par exemple, le niveau 1 impose de 10 à 20 % de bio au moins et un produit bio et local mensuel et pas d’OGM. Le plus exigeant impose entre autres plus de 50 % de produits bio et au moins dix ingrédients bio et locaux par mois, pas de graisses hydrogénées, des repas cuisinés sur place, des éco-détergents.

D’un coût annuel de 150 à 450 €, selon que l’établissement soit en gestion concédée ou directe, la démarche suppose des contrôles annoncés ou inopinés. Parmi les premiers établissements labellisés, les cinq restaurants municipaux scolaires de Pamiers en Ariège (niveau 3), le restaurant d’entreprise de la Banque de France à Toulouse (niveau 1) ou le restaurant du lycée Gilles Germain à Rochefort en Charente-Maritime (niveau 3).

La restauration collective est considérée comme un des leviers de développement de la bio dans les deux derniers plans bio gouvernementaux. L’arrivée de ce référentiel prouve que la sauce bio prend dans les cantines. Il permet de mesurer les progression des établissements qui de leur côté pourront valoriser et crédibiliser leur démarches. Pour le consommateur, une labellisation reposant sur des critères sérieux et des contrôles indépendants est une garantie contre le greenwashing ambiant.

Les niveaux de certification :

A quoi EELV sert-il ? Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux Reporterre 2013/11/30 Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux (30 novembre 2013) A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ?

Le parti Europe Ecologie Les Verts tient son congrès à Caen le 30 novembre. Dans cette perspective, Reporterre ouvre sa tribune aux écologistes, politiques et intellectuels pour répondre à la question : A quoi EELV sert-il ? Aujourd’hui, Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux.

C’est bien connu, les écologistes sont de grands impatients – c’est bien là leur moindre défaut. Confessons que crier dans le désert depuis plus de quarante ans, pressé par l’urgence des crises environnementales et sociales, par l’imminence des catastrophes, la montée des eaux et la faim dans le monde, devrait rendre plutôt exigeant et peu regardant sur les petites péripéties qui secouent un parti mineur d’une puissance occidentale moyenne.

Assurément, le décalage est saisissant : qu’y a-t-il de commun entre un congrès EELV, ses petites postures de circonstance, batailles d’appareil et bons mots médiatiques, et les réponses politiques fortes, immédiates et nécessaires pour infléchir la course tragique de notre vieille planète un peu fatiguée, soumise à la surexploitation des ressources naturelles et humaines ?

A priori pas grand-chose. La société française s’enfonce dans une crise identitaire et morale inquiétante, et les discussions du Congrès écologiste rappellent le bon mot de Salman Rushdie : « Les Verts, c’est satanique ! ».

Pourtant, au-delà des apparences et des cercles de l’enfer du congrès de Caen, au-delà des logiques épicières de petites motions, il y a bien une ligne de fracture profonde qui traverse le parti écologiste français.

Deux visions politiques et culturelles se font face, que l’on retrouve ironiquement dans l’amalgame bricolé qui donne son nom au parti : Europe-Ecologie-Les-Verts. On a voulu réduire « Europe Ecologie » au feu de paille d’un coup électoral génial, chant du cygne d’un politique flamboyant. Mais le projet qui a su réunir 2,8 millions d’électeurs en 2009 et 2,3 millions l’année suivante est bien plus qu’une simple marque. C’est un esprit, une culture politique à part entière qui pense et agit global, qui allie son ancrage régional et local aux enjeux transnationaux.

Une culture du grand large, du cosmopolitisme et des horizons globaux, face aux certitudes des piétons rassurés par la terre ferme et leurs institutions nationales. Une politique de civilisation au sens d’Edgar Morin ne se laisse pas enfermer dans les logiques politiques nationales.

C’est ce souffle qui animait tous les écologistes en 2009 et 2010, tous, qu’ils soient militants des Verts, associatifs, personnalités de la société civile ou simples citoyens concernés. Puis la vie politique française a repris ses droits et son emprise sur nos priorités et nos stratégies ; les enjeux d’égos et les petits plans quinquennaux individuels avaient déjà quelque peu gâté la sauce aux régionales, mais la course présidentielle de 2012 a tout emporté. Les écologistes ont de nouveau subi de plein fouet les vents puissants de la logique majoritaire qui maintient vivant cet incroyable anachronisme institutionnel que constitue la Ve république.

Grâce aux talents de ses négociateurs et surtout à l’élan de deux élections réussies, le nouveau parti devenu EELV s’est vu octroyer, par un PS prêt à tout pour ne pas rater une troisième fois son retour aux affaires, quelques places au Sénat et surtout des circonscriptions gagnables pour les législatives de juin 2012.

Malgré le score croupion d’une candidature ratée à la présidentielle, les écologistes français disposent pour la première fois d’un groupe parlementaire dans chaque assemblée. On devrait s’en féliciter. Mais la coupe est amère : quelle que soit la qualité de ses élus et de leur travail, EELV est passé d’un parti apprécié et respecté à un parti détesté dans l’opinion. Aussi injuste que soit cet état de fait, la réalité en est bel et bien là : les parangons de « la politique autrement » sont devenus le symbole de l’opportunisme et du cynisme politique le plus éculé. C’est ça la PRGisation de l’écologie.

Le pari de ce petit parti minoritaire, mouvementiste et protestataire né en 1984 d’une certaine idée de la politique et de l’intérêt général avait toujours été d’accéder aux institutions pour en modifier l’esprit sinon la lettre. Mais en chaussant les pantoufles républicaines de la Ve et les lunettes de la logique majoritaire, les écologistes semblent s’être endormis.

Parce qu’ils ne peuvent être élus que sous perfusion du PS, l’expérience du parlementarisme fait encore défaut aux écolos nationaux. Mais pas aux eurodéputés écologistes français élus à la proportionnelle ; lesquels ont par exemple rejeté la semaine dernière le budget européen austéritaire concocté par le Conseil et la Commission pour la période 2014-2020, tandis que les socialistes européens votaient pour, avec la droite.

Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, le groupe écologiste votait pour un budget d’austérité contraire aux promesses de campagne, sous la pression de la solidarité gouvernementale. Va comprendre Charles. Même si les échelons institutionnels divergent (et « dix verges c’est énorme ! » estimait Pierre Desproges), la cohérence entre élus d’EELV devient difficile à défendre dans ces conditions, quelle que soit la bonne foi de nos députés.

Derrière ce contraste se trouve l’enjeu de ce congrès, par excellence, au niveau de la bataille culturelle et institutionnelle. L’alternative est simple : devenir un PRG vert, dissous dans la logique de la Ve, avec des élus, mais plus vraiment de militants, et sans lien réel avec la société et les écologistes du quotidien, des ONG et du monde associatif ; ou être une structure d’accueil, une plateforme en mouvement, un parti relais de l’ensemble du monde écologiste, plein de militants, adhérents et sympathisants, éventuellement au détriment de la pleine participation institutionnelle ?

Alors à quoi sert EELV ?

A renouer avec la responsabilité de la prise du pouvoir sans rien abandonner quant à la radicalité de ses combats. On peut être dans les institutions tout en les critiquant, a fortiori quand il s’agit de la Ve république française. Les municipales, les cantonales, les régionales et les européennes doivent être nos priorités, tandis que l’élection présidentielle et son bonapartisme ridicule doivent être dénoncés comme une imposture démocratique. Si la présidentielle est la « mère de toutes les élections », comme le radotent nos éditocrates de salon, la proportionnelle est « la mère de toutes les batailles ».

Voilà à quoi peut servir EELV, à rappeler à l’occasion de son congrès qu’il y a une différence de projet entre se servir des institutions pour faire de la politique et se servir de la politique pour entrer dans les institutions.

- Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux -

Les députés favorisent la création des golfs dévoreurs de terres agricoles Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/11/30 Camille Martin (Reporterre) (30 novembre 2013) Les députés favorisent la création des golfs dévoreurs de terres agricoles. Reporterre. fr

Les députés favorisent la création des golfs dévoreurs de terres agricoles

Artificialisation des terres, on ne progresse pas : si l’article 18 de la Loi de finances a pu être retoqué, des députés « de gauche » ont fait passer une mesure encourageant la création des golfs.

Un amendement à la loi de finances avait un effet incitatif à l’artificialisation des sols, comme l’expliquait récemment Reporterre : cet article 18 a été supprimé au Sénat le 25 novembre contre l’avis du gouvernement.

Moins bonne nouvelle pour l’environnement, les nombreux amendements déposés par EELV (Europe Ecologie Les Verts), notamment sur le gazole, les cartes grises, le régime Censi- Bouvard (qui facilite la spéculation immobilière), et celui déposé par le sénateur Marini sur les déchets sont tous rejettes.

Quant à l’Assemblée, elle a de son côté adopté début novembre un amendement facilitant la création de golfs : il spécifie qu’il sera possible d’« exonérer les terrains de golf de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de 2014 pour la part qui leur revient », perte de recettes qui sera compensée par l’Etat, notamment « par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts ». Faut-il rappeler (oui, hélas, il le faut) que les golfs s’installent sur des terres agricoles, et engendrent des consommations d’eau et d’herbicides très importantes ? Voir ici la propagande chez les élus en faveur des golfs et l’enquête de nos amis de Basta ! sur ces golfs qui dévorent les terres.

L’amendement était proposé par MM. Emmanuelli (PS, Landes), Juanico (PS, Loire), et Launay (PS, Lot). « Adopté ! »

Notons aussi que le comité de pilotage de la grande réforme fiscale annoncée par le premier ministre réunit les ministres du Budget, de l’Economie et des finances, du Travail, des Affaires sociales - mais pas celui de l’Ecologie...

Portraits d’écologistes Isabelle Rimbert et Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/11/30 Isabelle Rimbert et Hervé Kempf (Reporterre) (30 novembre 2013) Portraits d’écologistes. Reporterre. Politique fr

Portraits d’écologistes

Mais à quoi ils ressemblent, c’est qui, ces écolos ? Enfin, « écolos »… membres d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Avant leur congrès de Caen, Reporterre est allé en voir quelques-un(e)s. Galerie de portraits.

David Mbanza « Mes parents étaient sympathisants PS. Je suis professeur des écoles à Bois-Colombes, et j’ai 38 ans. Quand Sarkozy a été élu, en 2007, je me suis dit qu’il était temps de s’impliquer. J’ai adhéré aux Verts. Je suis conseiller régional. Aujourd’hui, la question essentielle est celle de notre participation au gouvernement. On doit maintenir nos idées, par exemple par rapport au budget de l’Etat. Les députés devraient voter contre. Mais s’ils le faisaient, nos ministres seraient mis dehors, donc ils vont voter pour. Si on est ce que l’on est, nous, les écologistes, le PS nous vire. Le problème est qu’on n’est plus indépendant, on ne peut plus dire ce qu’on veut faire. »

Emmanuelle Cosse « Je suis d’une famille engagée, et à un moment, il y a besoin d’être dans un engagement collectif pour peser, s’exprimer, trouver des soutiens et des réponses. Il faut trouver des réponses pour ne pas subir la vie. Pourquoi je suis devenue écologiste ? A travers la pensée sur le travail d’André Gorz, j’ai découvert des réponses que ma génération n’avait pas. Et puis il y a des choses plus personnelles : le refus du tout-bagnole, d’être emprisonnée dans un mode de vie, comme d’aller au supermarché. Passer de l’auto au vélo, par exemple, c’est essentiel. »

David Beillard « J’adhère à EELV depuis 2009, lors des élections européennes. J’avais avant un parcours associatif, dans la lutte contre le sida. J’ai 35 ans et je suis gay. Le rapprochement avec EELV est venu parce que c’est un espace intéressant pour la société civile, c’est la première fois qu’on y tente une combinaison entre l’espace politique et les gens. Je suis journaliste à Alternatives économiques, ça n’est pas contradictoire avec mon engagement à EELV. Si j’avais à écrire sur la politique, je rendrais ma carte. Et puis c’est un journal engagé. Journalisme et politique ne sont pas antinomiques : il ne faut pas confondre subjectivité et engagement. Il faut être rigoureux, étayé dans sa pratique. »

Florence Carrique « Par mon travail, j’ai beaucoup voyagé en Egypte, en Jordanie, au Liban, des pays aux prises avec un environnement très fragile. J’ai 47 ans. Je suis encartée depuis 2007. C’est venu par le boulot, je suis comédienne, j’ai fait connaissance d’élus du XVIIIe arrondissement sur un projet de livre, ils avaient une sensibilité libertaire qui m’a beaucoup plu. J’ai de l’aversion à l’égard de la hiérarchie pyramidale. Les dissensus internes, c’est sain et souhaitable. Tout le monde au garde-à-vous devant un chef, comme chez Mélenchon, ça ne va pas. Ce que disait Noël Mamère sur les immigrés et la double peine m’avait frappé : c’est la première fois que j’entendais un parti parler pour des gens qui n’allaient pour voter pour lui. J’ai réalisé que les Verts ne parlaient pas seulement d’environnement, mais avaient une vision plus large. J’apprécie l’approche transversale de l’écologie politique. »

Jean-Vincent Placé « Je suis écologiste parce que je me suis rendu compte sur le tard, grâce à l’ancien maire de La Rochelle, Michel Crépeau, que la gauche n’avait pas intégré la question fondamentale de la finitude de la planète. Tous les parlementaires devraient passer huit jours dans un pays du tiers-monde, ils se rendraient compte de certaines réalités. Moi, j’ai vécu à Madagascar et à Mayotte. J’aime bien manger, je suis issu d’une famille traditionnelle de la campagne normande. Pour ma maman, un repas sans viande n’était pas un vrai repas. A terme, il faut tendre vers le régime végétarien. L’avenir sera peut-être de manger des insectes, il faut s’y préparer. Dans cinquante ou soixante ans, il faudra nourrir neuf milliards de personnes. Là, je vais beaucoup bosser sur la question alimentaire, dans la perspective de la conférence de Milan en 2015. En ce moment, je suis super heureux, parce que ma fille Mathilde est née le 12 novembre. »

Karima Delli « Je suis écologiste parce que la crise est d’abord écologique et vient percuter la crise sociale. En France comme en Europe, les injustices environnementales frappent toujours les mêmes, les pauvres. Je veux ancrer l’écologie dans les classes populaires. L’écologie ne peut être que joyeuse, avec toutes les alternatives qui émergent. Il faut partir des gens, c’est d’eux que viendront les solutions. On réinvente le temps de travail, la répartition des richesses. Si je ne suis plus députée européenne, je reprendrai ma thèse sur ‘les logiques de pouvoir dans les partis politiques’ (rire). Et si je reste, je continuerai à m’investir pour un revenu minimum européen, sur la question de la sécurité au travail – il y a par exemple un vrai problème sur les chantiers de désamiantage – et sur l’efficacité énergétique et les renouvelables ».

Pascal Canfin « Pourquoi je suis écologiste ? Parce qu’on est dans un monde aux ressources limitées. Il faut un nouveau logiciel, et l’écologie est le seul adapté à cette situation radicalement nouvelle depuis une trentaine d’années. C’est une nouvelle conception du monde dans une époque qui est équivalente à celle de la Renaissance : on sortait alors du monde fini, il s’est ouvert, mais maintenant, on retrouve la finitude du monde ».

Celia Blauel « J’ai 32 ans, je viens d’Alsace, d’une famille catholique de droite. L’écologie, c’est un déclic, je trouvais qu’ils posaient les bonnes questions et apportaient les bonnes réponses. Quand je suis sortie de Sciences Po, je voulais mettre mes mains dans le cambouis, je suis entrée au parti en 2005. Je suis une militante de terrain, je me suis par exemple investie dans les jardins partagés. J’ai aussi été assistante parlementaire de Denis Baupin. Je suis élue municipale du XIVe arrondissement de Paris depuis 2008 et je pense que les écologistes vont battre Nathalie Kosciusko-Morizet aux élections. »

Jean-François Baillon « Je venais du PSU (parti socialiste unifié). J’ai monté la première liste écolo en 1986 en Seine-Saint-Denis, avec Alain Lipietz et Jean-Luc Bennhamias. Je suis écologiste parce que je crois à un autre mode de développement de la société, je suis antinucléaire. Il faut une alternative économique, sortir du productivisme. J’ai 64 ans, j’ai été professeur et chef d’établissement. Je suis évidemment déçu par le gouvernement, il y a bien des avancées, ce que fait Cécile sur le logement, Canfin sur le développement, mais le verre est aux trois quarts vide, un quart plein. Mais il ne faut pas ajouter aux difficultés ambiantes, ce sera une décision grave et politique quand on sortira du gouvernement. »

Julien Bayou

Canada : le marchand de sable Reporterre 2013/11/30 (30 novembre 2013) Canada : le marchand de sable. Reporterre. fr

Canada : le marchand de sable

« Canada : le marchand de sable », documentaire sur le désastre des sables bitumineux. Ce soir, à la télévision : samedi 30 novembre à 18 h 35 sur Arte.

Avec deux millions de barils extraits chaque jour, le Canada est la troisième réserve de sables pétrolifères au monde après l’Arabie Saoudite et le Venezuela… La manne est immense, mais les conséquences environnementales sont désastreuses : le Canada a claqué la porte du protocole de Kyoto en 2011, car l’extraction des sables bitumineux faisait exploser son quota de gaz à effet de serre.

Dans le nord du Canada, la région de l’Alberta produit 169 milliards de barils chaque année. Les forêts boréales ont été détruites pour laisser la place au plus grand projet industriel du monde : l’exploitation des sables bitumineux. Des cheminées géantes ont remplacé les arbres, des engins démesurés raclent cette terre brune qui regorge de bitume, un dérivé du pétrole, ultra polluant. C’est la dernière grande ruée vers l’or noir à l’échelle de la planète.

Dans cet eldorado des compagnies pétrolières, le coût écologique de l’extraction est exorbitant. Il faudra attendre entre cinquante et cent ans avant de pouvoir traiter près d’1 milliard de mètres cube d’eau contaminée. Pendant ce temps, onze millions de litres de résidus toxiques s’échappent chaque jour des bassins de décontamination.

Les populations indiennes qui résident dans la zone d’exploitation sont en danger avec un taux de cancer de 20 à 30% supérieur à la moyenne et leurs terres sont saccagées par l’industrie pétrolière.

Mais la pression de l’opinion et l’image écornée du pays n’y font rien. Entre cette bombe à retardement écologique et les 2000 milliards de dollars que devraient lui rapporter les sables bitumineux en 20 ans, le Canada semble avoir fait son choix...

Sur place, l’équipe d’ ARTE Reportage a interviewé de nombreux chercheurs, journalistes, habitants, mais aussi le Ministre de l’Energie de l’Alberta, Ken Hughs, et Gregory Stringham, de l’association des producteurs de pétrole canadiens.

- Canada : le marchand de sable, de Sébastien Mesquida, Gildas Corgnet et Yann Le Gléau, Arte, 26 minutes.

Non au temps plein subi ! Reporterre 2013/12/01 (1er décembre 2013 à 04h30,) Non au temps plein subi !. Reporterre. fr

Non au temps plein subi !

Il faut adapter le travail à l’homme et non plus voir l’homme s’adapter à tout prix à son travail. Beau principe ? Plus qu’un principe, il s’agit d’un article du Code du travail. Fort peu connu et si mal appliqué.

La définition du temps d’emploi, exemple parmi d’autres, reste une prérogative majeure des employeurs. Les salariés sont contraints de s’adapter aux rythmes que ces derniers leur imposent. Ainsi, le temps partiel choisi n’est-il véritablement de droit que dans quelques cas restreints : pour « changer des couches », c’est le congé parental d’éducation, ou pour « s’en remettre une couche », en créant une entreprise.

La seconde option n’a pas vraiment la faveur des auteurs de ce livre…

Eux-mêmes déserteurs du temps plein, ils affichent un goût très modéré pour la fable du « travailler plus » et préfèrent à la création d’entreprise celle de coopératives d’inactivité. À rebours des discours dominants mais en phase avec les aspirations d’un grand nombre de salariés, ces chantres de la valeur temps libre contestent joyeusement le primat accordé au marchand et à l’économie.

Leur plaidoyer pour la reconnaissance d’un véritable droit à l’inactivité (entendu comme temps libéré à consacrer à… ce que bon vous semble) constitue une des déclinaisons concrètes d’une ambition plus grande, qui vise à repenser la place du travail dans notre société et à remettre au cœur du débat l’émancipation des individus et la justice sociale.

Non au temps plein subi ! Plaidoyer pour un droit au temps libéré, Samuel Michalon, Baptiste Mylondo, Lilian Robin, Editions du Croquant, 2013, 15€20, 155 pages.

Gaz de schiste : en Roumanie, la police envahit violemment un camp pacifique Maria Olteanu Reporterre 2013/12/02 Maria Olteanu (2 décembre 2013) Gaz de schiste : en Roumanie, la police envahit violemment un camp pacifique. Reporterre. fr

Gaz de schiste : en Roumanie, la police envahit violemment un camp pacifique

Ce matin durant la nuit, la police roumaine a envahi un camp d’opposants pacifiques à l’exploitation du gaz de schiste. Cela s’est produit à Pungesti, dans le nord-ouest du pays, où la compagnie Chevron veut réaliser un forage. Reporterre publie le premier témoignage.

Courriel envoyé à Reporterre par Françoise Lienhard, du Collectif Garrigue-Vaunage (Gard) : Je vous fais suivre ce message de Maria Olteanu, militante roumaine contre les gaz de schiste, qui appelle à l’aide et demande un soutien international et une mobilisation des médias. Merci pour tout ce que vous pourrez faire dans ce sens.

- Correspondance, Pungesti (Roumanie)

Alors que les opposants au forage Chevron à Pungesti occupaient pacifiquement un camp pour manifester leur opposition, à 3h40 les choses se mettaient en place, cette nuit, pour une attaque en règle des forces de la police anti-émeute.

« (...) they started at 3.40 from somewhere next to Vaslui, the chef-lieu of Vaslui County, some 40 km away from Pungesti, loading the machinery, They will meet with the riot police on the way. I barely fell asleep that I got the news, people are heading towards there ! »

Un message reçu à 4h42 annonçait que l’attaque avait débuté dans une atmosphere incroyable, avec l’utilisation de gaz lacrymogène, y compris contre les personnes âgées et les enfants. A cette heure-ci, la communication passait. Pas de presse internationale, juste des correspondants locaux.

"(...) they entered right now, got a direct call, an unbelievable atmosphere, teargase against old people, kids ! it’s a tragedy. luckily they left communication ok so far so we could communicate, no international press there, just a local one !"

Maria suggère que nous organisions, avec l’aide des députés européens que nous connaissons, un événement à l’occasion de la journée universelle des Droits de l’Homme, le 10 décembre qui vient.

******* A 6h59, je reçois un message de D. I. annonçant :

(traduction rapide)

« Arrivée de 45 véhicules, plus de 500 policiers anti émeute, des ambulances, des officiers de police et des gardes privés. Alors que pas plus de cent personnes occupaient le camp de manière pacifique, la police a barricadé la zone malgré les protestations des propriétaires des terrains privés. Les routes sont coupées et la communication bloquée. La loi martiale est appliquée dans le village. Des membres de la presse ont tenté de s’approcher de la zone, mais ils ont été repoussés et renvoyés au centre du village dans un »point presse" où ils ne reçoivent aucune information.

Un homme , le même homme qui avait des problèmes de santé la dernière fois , a été emmené dans une ambulance, après qu’il a été sorti d’une voiture, battu et laissé dans la rue ( M. Spiridon , ancien maire et leader d’opinion dans la communauté ).

D’autres militants , les plus éminents, ont été immédiatement isolés du reste, pris dans des fourgons de police et placés en détention sans aucune justification ! Les autorités locales sont totalement silencieuses, le porte-parole de la police anti-émeutes locales refuse de sortir avec une déclaration publique. La police anti-émeutes utilise une force militaire, ils sont équipés avec des armes, du gaz et applique une logique de guerre.

Il est difficile de croire qu’une telle chose puisse arriver au jour d’aujourd’hui. Les gens sont déterminés à résister et sont en fait plus que jamais déterminé à mettre fin à toute exploitation dans la région. La machinerie lourde se prépare à entrer dans le cas ùa,tenant ceint de barrières .

Voici le journal local où vous pouvez trouver les mises à jour , en auto-traduisant la page

Le camp de la résistance tient bon et se poursuivra, nous avons maintenant la preuve d’un mépris total des droits de l’homme et de l’Etat de droit en Roumanie. Cela pourrait tout aussi bien être le début de la fin pour le gouvernement .

L’intervention a complètement perturbé la vie de la communauté . Les enfants sont debout dans les rues avec leurs cartables , les gens sont tous nerveux et effrayés, personne ne les a informés de quoi que ce soit et ils ont tous sont alarmés mais pacifique .

Merci pour votre soutien ! "

Texte original du message en bleu ci-dessous

************************** A 8h 01 , je reçois un nouveau message de Maria Olteanu :

Elle annonce un vrai cauchemar, un état de guerre, « les gens ont été battus sans distinction (des vieillards et des enfants), les ambulances ont emmenés les blessés des gens arrêtés, des voitures et des charettes à chevaux renversées par les forces de la police anti-émeute. la zone est militarisée ! »

« Toute cette mobilisation a commencé à trois heures du matin, où plus de 100 policiers ont été mobilisés dans différentes parties du pays. Ce ne sont donc pas des policiers locaux comme le 16 octobre dernier. A presque 9 heures du matin, la situation est toujours en cours. »

« Il n’y avait aucun média sur place pour témoigner de ce qui s’est passé, pas d’images, donc. Comme il faisait nuit, impossible de filmer. La police n’a pourtant pas le droit d’intervenir avant 7h. »

« Actuellement France TV est sur place, ainsi que d’autres TV, mais la plupart sont à la solde des forces présentes et tentent de convaincre le public que l’intervention des forces de police était justifiée par le fait que les manifestants étaient violents et bloquaient la route (la police elle-même avait bloqué ls côtés de la route dès le tout début), et ils minimisent les chiffres. Une intervention du chef de la ppolice a annoncé que Pungesti était déclarée zone spéciale d’intervention, ce qui explquait que tout cela s’était passé et justifiait l’absence des médias par le fait qu’ils voulaient prévenir la survenance d’accident ! »

« Mieux que cela , la police essaie de convaincre que ce projet est bon et qu’il créera des emplois !! »

« Une aide urgente est nécessaire !! Nous avons bsoins d’activistes et de la présence de la presse ! ce n’est plus un jeu, ici nous sommes en guerre ! Des images parviendront bientôt (ce que nous avons pu filmer de nuit). C’était très dur de couvrir l’événement car nous n’avions pas de PC, juste des téléphones portables mais on s’est tout de même débrouillé pour réaliser un couverture télé visible sur un canal en ligne. »Actuellement, à 8h48, heure roumaine, très peu de gens demeurent au camp, car la plupart d’entre eux ont été emmenés par la police dans leurs camions. La Roumanie est officielement une dicatature. S’il vous plait passez lemot dans le monnde entier. Venez sur place ou envoyez la presse internationale. C’est maintenant la seule chose qui leur fait peur."

Complément d’info : Video en roumain sur les événements de cette nuit : http://www.youtube.com/watch?v=iP6UG2yqhKc&feature=youtu.be.

La Brique n° 37 Reporterre 2013/12/02 (2 décembre 2013) La Brique n° 37. Reporterre. fr

La Brique n° 37

Le numéro 37 de novembre-décembre 2013 est paru

Au programme :

« Logement : Fabriquer l’embourgeoisement ». La Brique, n°37, nouvelle formule, est dans les kiosques !

Premier volet d’une série de trois numéros thématiques...

Au sommaire :

• L’habitat et la ville de Lille : la fabrique de l’embourgeoisement • Lille Métropole Habitat : bailleur anti-social • Métropole lilloise : la ségrégation en action • Wazemmes : gentrification et lutte des places • Bois Habité : carte blanche aux "starchitectes" • Big Brother : vers une ville sans humains • Histoire du bocal : la "zone" des Dondaines • Roms : les roues de fortune • Alma gare : actualité brûlante d’une lutte passée • Résistances : squat, habitat partagé...

Et d’autres petites surprises comme un faux procès, une carte de Lille en couleur à afficher chez soi et de très chouettes illustrations.

A quoi EELV sert-il ? La réponse des lecteurs Des lecteurs de Reporterre Reporterre 2013/12/02 Des lecteurs de Reporterre (2 décembre 2013) A quoi EELV sert-il ? La réponse des lecteurs. Reporterre. Tribune — fr

A quoi EELV sert-il ? La réponse des lecteurs

Le congrès d’EELV s’est achevé dans le malaise ce week-end à Caen. Comme l’a montré notre série, la décevante participation gouvernementale conduit à un doute existentiel. Après Denis Baupin, Daniel Cohn-Bendit, Chantal Jouanno et beaucoup d’autres, le dernier mot revient aux lecteurs de Reporterre.

C’est à l’échelon communal que se joue l’avenir de l’écologie politique

Antoine Lagneau

En 2014, Europe Ecologie Les Verts aura trente ans. Pour l’écologie politique, prise au sens partidaire du terme, cela aurait pu –aurait dû ?- être un anniversaire historique. Deux ministres, des groupes parlementaires dans les deux Chambres, des députés européens, des centaines d’élus locaux... Jamais les Verts, puis EELV, n’avaient été aussi présents dans les institutions depuis la création de ce parti en 1984.

Voilà qui pourrait laisser penser que la fameuse majorité culturelle, Graal si cher à plusieurs générations de dirigeants écologistes, serait aujourd’hui en passe d’être atteinte. Mais en l’espèce, peut être faudrait-il plutôt parler… d’exception culturelle. Car ce nombre record d’élus EELV semble en effet inversement proportionnel au poids de l’écologie dans les politiques nationales.

Et pourtant, souvenons-nous du mardi 15 novembre 2011. Ce jour là, Cécile Duflot et Martine Aubry viennent de signer dans l’euphorie la plus totale, un accord de mandature qualifiée d’« ambitieux » par la direction nationale d’EELV. Las, deux ans après, entre renoncements et reports, les mesures ambitieuses semblent bien loin…

Il est vrai que les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient. Cette phrase sinistre et cynique semble pourtant n’avoir été écrite que pour l’écologie politique. Celle-ci, depuis plusieurs décennies, n’a cessé de se heurter avec plus ou moins de fracas à la réalité du pouvoir et des… promesses non tenues. Tous les ministres de l’environnement qui se sont succédé depuis presque un demi-siècle peuvent en témoigner. Corinne Lepage, titulaire de ce portefeuille entre 1995 et 1997, a ainsi écrit un livre au titre qui en dit long : On ne peut rien faire madame la ministre.

Entre lobbies, méfiance et conservatisme, l’écologie politique parait donc condamnée à n’être qu’une variable d’ajustement dans les politiques publiques nationales. Pour EELV, ce constat est d‘autant plus cruel que l’écologie constitue sa nature intrinsèque. Ce parti cristallise donc davantage encore que les autres, la déception voire la colère des militants de l’environnement face à la faillite du gouvernement sur cette question.

Une amertume qui touche aussi depuis plusieurs mois les propres adhérents d’EELV, à tel point que la sortie du gouvernement n’a jamais été aussi présente dans les discussions internes. Cette question reste cependant tabou pour la majorité des cadres à commencer par les deux ministres, Pascal Canfin et Cécile Duflot, ainsi que la majorité des parlementaires pour qui « il vaut mieux être dedans que dehors ». Cette absence totale de remise en cause de la participation gouvernementale, que chacun interprétera à sa façon, occulte un débat bien plus profond sur ce qu’est devenu EELV et d’une manière plus générale, sur l’écologie politique confrontée à l’exercice du pouvoir.

Trente ans après le congrès fondateur, les années écoulées semblent avoir effacé ce qui avait permis joué un grand rôle dans la création de la première grande formation écologiste en France.

La naissance des Verts en janvier 1984 était l’aboutissement d’un long processus dont les fondations s’ancraient alors dans les luttes ou les alternatives locales réunissant des centaines de militants et de groupes divers et variés. Une véritable « marque de fabrique » qui avait alors permis aux Verts de s’approprier la fameuse phrase de René Dubos (agronome, biologiste et écologue français) prononcé au premier sommet sur l’environnement en 1972 : « Penser local, agir global ». Un héritage aujourd’hui quasiment dilapidé qui fait d’EELV un parti comme les autres, un comble pour un mouvement qui revendiquait il y a peu « faire de la politique autrement ».

Jamais la relation n’a été aussi exécrable avec les associations, les collectifs et toutes celles et tous ceux engagés dans des résistances ou des expérimentations citoyennes. Ce petit peuple de l’écologie qui avait déjà dû encaisser « L’environnement ça commence à bien faire » sarkozyste, regarde aujourd’hui avec effarement un parti écologiste avaler, sans réagir, couleuvre sur couleuvre. De Notre-Dame-des-Landes à l’enlisement du chantier sur la transition énergétique, du report de l’écotaxe aux inquiétants atermoiements sur le nucléaire, les signaux sont au rouge et le divorce n’est pas loin.

Enfermé dans son obsession ministérielle, prisonnier de sa solidarité gouvernementale, EELV n’est plus très loin de devenir la caution verte du PS. Avec comme dommage collatéral, la lente disparition de ce qui a fait sa spécificité, ses relais locaux, lassés d’avoir le sentiment de ne plus être écoutés et relayés dans leurs combats.

EELV ressemble de plus en plus à une grenouille qui aurait voulu se faire aussi grosse que le bœuf. En imaginant pouvoir jouer d’égal à égal avec les partis traditionnels, en se croyant assez fort pour imposer ses idées, en privilégiant les postes ministériels et parlementaires au détriment d’un vrai travail construit patiemment sur le terrain, le parti écologiste vacille sur ses bases.

A la lumière de ce qui pourrait rapidement se transformer en naufrage, notamment aux élections municipales et européennes de 2014, une question se pose : et si l’écologie politique était incompatible avec l’exercice du pouvoir au niveau national et par-delà, européen ?

Tout semble plaider, au regard de la crise que traverse EELV, pour imaginer une autre voie : renoncer aux élections nationales et supranationales et se concentrer sur les nivaux municipaux et régionaux. Force est de constater aujourd’hui que les plus belles réalisations des Verts puis d’EELV ont été acquises localement, dans des villes ou des régions. A Échirolles ou à Paris, en Ile-de-France ou dans le Nord-Pas-de-Calais, les élus écologistes ont par leur travail de terrain et leur proximité avec les citoyens, réussis à développer des projets de territoire pour améliorer ou changer la vie.

Les liens tissés patiemment dans les communes, avec les associations naturalistes, les défenseurs de l’environnement, les opposants à des grands projets inutiles, les porteurs d’alternatives ont fait bien plus, en terme de légitimité, que n’importe quelle agitation au plus haut sommet de l’Etat.

En écologie plus qu’ailleurs, la question de l’échelle est déterminante. Au début des années 70, Ernst Friedrich Schumacher avait eu cette formule célèbre : « Small is beautiful » ("le petit, c’est beau"). C’est là, à l’échelon communal, que se joue en grande partie l’avenir de l’écologie politique. La crise démocratique que traverse la France trouve en partie son explication dans la perte de confiance des citoyens vis-à-vis de leurs élus. Des élus accusés, avec parfois une pointe de populisme, d’avoir joué avec le mandat qui leur était confié pour assouvir leurs ambitions personnelles.

En retrouvant ses origines, en appelant à la construction d’une démocratie de proximité et participative, en privilégiant la prise décision horizontale plutôt que verticale, en faisant le choix du local pour co-construire et mettre en œuvre son programme, EELV pourrait de nouveau ambitionner de faire rêver. Aux présidentielles de 2007, Dominique Voynet avait choisi comme slogan, « la révolution écologique ». Il est encore temps de la mettre en œuvre.

Vacciner l’écologie politique, réponse à Jean Claude Guillebaud

Jean Beudou

Dans une tribune récente, Jean Claude Guillebaud, après avoir critiqué EELV, conclut à la hâte que l’écologie politique ne pourra jamais servir ses fins au travers des partis politiques. Généraliser ainsi les prédictions de Jacques Ellul au travers de l’échec d’un seul parti « écologique » français constitue un raccourci particulièrement gênant.

Si il y a un constat de M. Guillebaud avec lequel on ne pourrait pas être en désaccord, c’est bien celui que EELV a contracté « le virus politicien ». Les différentes contributions à la question « A quoi EELV sert-il ? » évoquent avec plus ou moins de justesse ces différents virus politiciens. On peut grossièrement en dénombrer trois, tous liés. Le premier, qu’on ne peut nier depuis les récentes déclarations de Noël Mamère, est la constitution au fil du temps d’un parti ultra hiérarchisé, coupé de sa base et de ses militants, autant que des différentes initiatives locales et associatives. L’aveuglement pour les élections et le pouvoir, se soldant par des stratégies électorales hasardeuses ou des participations à des gouvernements dont les renoncements en matière d’écologie ne se comptent plus constitue le second virus. Enfin, comment ne pas évoquer la corruption progressive des idéaux de l’écologie politique par les Verts puis EELV ?

L’échec d’EELV étant vérifié, arrêtons les partis politiques, tournons-nous vers les ONG, bien plus vertueuses, et vers des initiatives « locales et concrètes ». Cette idylle, souvent entendue dans les milieux écolos, mérite réflexion.

D’emblée, citer en exemple des ONG comme Greenpeace apparaît pour le moins dérangeant. Les reproches qu’on a assigné à EELV sont malheureusement totalement transposables à Greenpeace : en effet, comment nier que Greenpeace est devenue une association hyper centralisée, que ces comités locaux ont peu de pouvoir face aux « chefs » ? On pourrait multiplier les interrogations, mais force est de constater que Greenpeace est « devenu une petite entreprise capitaliste comme les autres » (1), comme EELV en somme.

On peut de plus s’interroger sur certains modes d’action de Greenpeace. Evidemment, les actions spectaculaires ont leur utilité ; mais n’assiste-t-on pas à une mue vers un culte du spectacle, le spectacle pour le spectacle, au détriment des fins de l’organisation ? Plus largement, on peut parler, dans certains cas, dans les milieux associatifs ou les initiatives locales, du culte de l’agir, agir pour agir, et non agir pour ses fins.

Enfin, si certaines associations semblent compromettre leurs fins, on peut se demander si elles en ont de véritables. Greenpeace se bat pour l’écologie, mais quelle écologie ? L’écologie se réduit-elle à la préservation des forêts, des océans, à l’interdiction des OGM et du nucléaire, à lutter contre le changement climatique ? Hélas, trop peu d’associations ont une vision d’un projet global de société, ce qui ne prouve pas leur inefficience, mais plutôt leur incapacité à être, seules, le moteur de la « révolution des consciences », ou plutôt du changement global désigné par Ellul et Charbonneau. Ellul lui-même écrivait : « Il faut l’attaquer [la société] globalement pour atteindre le détail qui nous choque, nous heurte, nous révolte. » (2).

Je soutiens la thèse que la symbiose entre un parti politique, conforme aux aspirations de l’écologie politique, et les acteurs de la « révolte locale et associative », entraînerait une sorte d’immunité anti-virale pour les deux parties.

Aller dans ce sens, c’est d’abord dépasser une contradiction profonde traversant le mouvement de l’écologie politique. Bernard Charbonneau préconisait le dépassement du « partage entre les partisans d’un ’tout est politique’ empruntée aux partis de gauche, et les adversaires des partis et de l’Etat » (3), et nuançait, voire contredisait Ellul : « Il faut rappeler qu’on ne change pas le régime si l’on ne change pas la vie, et pas la vie si l’on ne change pas le régime » (4). Surtout, Charbonneau concluait « Comme les possibilités d’action dans les grands partis, solidement organisés et tenus en main, sont aussi minces, et que l’on ne peut compter sur les syndicats […], l’institution d’un parti politique reconnu explicitement pour tel au service de l’écologie semble inévitable. » (5).

Mais comment rendre conforme un parti aux orientations écologiques, en évitant la contamination ? Charbonneau préconise la formation d’une autorité, dont la fonction ne serait « pas le pouvoir, mais la réflexion, l’information et la communication, le jugement » (6). Elle serait une sorte de contre-institution indépendante veillant aussi bien aux formes du parti qu’ aux orientations de celui-ci, à ses éventuelles dérives et à l’intégrité de ses membres.

Un espace majeur serait ainsi occupé par les associations et initiatives non associatives, majeures pour la révolution des consciences, notamment parce qu’elles permettent aux hommes de « s’associer et se prendre en charge eux-mêmes pour des affaires qui les concernent directement. Et à partir de leur cas particulier, à se poser les vrais problèmes de la société moderne. » (7).

Le triptyque « initiatives à différents niveaux – fédération – parti politique », voilà une manière de vacciner l’écologie politique, proposée par Bernard Charbonneau il y a déjà 30 ans.

Admettons l’échec d’EELV, analysons ses causes, et réapproprions nous un parti politique. Mais arrêtons, Jean Claude Guillebaud, avec ce constat d’échec selon lequel l’écologie politique ne serait pas compatible avec un parti politique : la marginalisation de l’écologie est en jeu !

Notes : 1. Sophie Caillat, Comment Hulot, Greenpeace et WWF ont « tué l’écologie » ? (Fabrice Nicolino), Rue89, 21 mars 2011 2. Jacques Ellul, De la révolution aux révoltes, La Table Ronde, 2010 (éd. originale en 1972), p.458 3. Bernard Charbonneau, Le Feu vert, Parangon, 2009 (éd. originale en 1980), p.105 4. Bernard Charbonneau, op. cit., p.192 5. Bernard Charbonneau, op.cit., p.198 6. Bernard Charbonneau, op. cit., p.188 87. Bernard Charbonneau, op. cit., p.149

Un parti qui a vieilli trop vite...

Gaspard d’Allens

« Peser plus, faire mieux, regarder le verre à moitié plein », l’actuelle direction d’EELV ne manque pas d’artefact et d’emphase pour défendre son modeste bilan au sein d’une majorité si réticente à la transition écologique. Face à la désertion des adhérents, EELV affirme bon an mal an son utilité quotidienne quitte à s’éloigner du militantisme de terrain et de combat.

Devant le manque de confiance et la critique de l’opinion, il se gargarise de son efficacité tout en oubliant sur l’autel des compromis et des alliances politiciennes la question essentielle de la différenciation politique. Difficile parti pris pour ce tout jeune mouvement, qui depuis son succès de 2009, donne l’impression d’avoir vieilli trop vite…

S’il faut évidemment sortir des postures et plonger les mains dans le cambouis doit-on pour autant accepter encore longtemps ces nombreuses reculades aussi pitoyables que désastreuses pour l’opinion publique ?

S’il faut évidemment quitter le confort du commentaire pour rentrer sur le terrain et mettre en branle l’échiquier politique, doit-on forcément accepter toutes les règles du jeu et se ranger derrière l’inertie de la machine technocratique et institutionnelle ?

Le parti évacue bien trop rapidement ces questions, faisant preuve d’un manichéisme aveugle et utilisant un argumentaire binaire réduisant le champ des possibles : il faudrait maintenant faire le choix entre l’actif ou le passif, la présence ou l’absence, l’intérieur ou l’extérieur, l’action ou l’atonie, la responsabilité ou la désinvolture etc.

Mais c’est oublier que sous couvert d’être là où on peut être le plus utile, sous couvert d’être là où ça bouge, au sein des institutions, dans le mouvement et en état de marche, on ferme trop souvent les yeux sur notre horizon commun et la finalité concrète de nos actions. On oublie l’essentiel, d’où on vient et où l’on va. La lumière est éteinte et on tâtonne. Nos pas ne sont plus intelligibles pour personne et l’on titube en rampant dans le noir…

Les écologistes ont beau être partout, s’être doté de groupes solides au Parlement et de deux ministres, avoir les clés des plateaux télévisés et mettre en avant des figures médiatiques, leur parole n’est plus entendue, elle n’est plus écoutée. L’hégémonie culturelle est ailleurs. Leur discours n’a plus de prise. Il glisse sur les rebords de la conscience populaire.

A force de poser des ultimatums, des lignes rouges, toujours modulables et toujours redéfinissables, les orientations peinent à être visibles et les directions souffrent de l’absence de caps tangibles. Alors oui, peut être que le parti avance et que les idées écologistes arrivent à se concrétiser dans certains amendements et quelques politiques publiques, mais le mouvement manque radicalement de cohérence et de structure. Le projet global est avorté. Le principe espérance et la foi en un autre modèle de société abandonnés. L’heure est à la gestion quotidienne et aux petits pas dans un contexte largement défavorable à l’écologie.

Dans cette situation, le mouvement revendiqué par certains, l’utilité acclamée par d’autres prennent les allures du mythe de Sisyphe. Les écologistes, pour être en prise avec le réel, gravissent leur montagne sans relâche et sans remise en cause, se fatiguent et s’usent sans pour autant arriver à des résultats concrets et porteurs. Le regard obstrué par des œillères, ils courent sans relâche pour tenter d’attraper des choses qui ne font pas forcément l’objet du mandat qu’il leur a été confié.

Pendant ce temps, et malgré l’effort de chacun, l’écologie peine à gagner les âmes. La conscience écologique est refoulée au bas fond de l’histoire. Plus que jamais, elle est considérée comme une punition et une sanction quoi qu’en disent les élites dirigeantes. Son potentiel émancipateur, autonomiste et libérateur s’est perdu en chemin au profit d’une doxa aussi insipide que vide sur « l’écologie des solutions ». Entre-soi sclérosant et mutisme accablant, risée de la presse et défiance des citoyens, autant d’éléments qui doivent nous inviter à réfléchir et à repenser les socles qui constituent le parti écologiste.

Alors qu’il a franchi, un à un, chaque étape pour se placer à l’épreuve du pouvoir, alors qu’il a conquis, non sans mal, des places dans chaque institution et gravi les marches pour accéder aux couloirs feutrés des ministères et aux dorures de la République, le parti a, en même temps, découvert l’effroi de la gestion et banalisé son discours. Il est devenu un parti comme un autre, voire pire que les autres, s’éloignant de la Société Civile et des collectifs citoyens pour devenir la succursale d’alliés de circonstance avec qui, idéologiquement, il partage bien trop peu de choses.

Du compromis à la compromission, il n’y a qu’un pas, de l’utilité à l’inertie il n’y a que des nuances, tout est question de point de vue et de choix politiques. L’utilité n’a d’ailleurs de sens qu’a travers la différenciation, l’originalité et l’exemplarité. Dimensions que l’on peut trop souvent oublier dans les affres de la gestion politicienne…

EELV est donc à un tournant et si le congrès peut ouvrir la voie vers une nouvelle séquence ou au contraire pérenniser la situation actuelle, rassurons nous, de toute façon, les atermoiements du mouvement n’ont véritablement que peu de conséquences sur le développement de la pensée écolo. Comme disait l’autre, la vraie vie est ailleurs…

Celui qui oublie ses racines n’atteint jamais sa destination Un militant antinucléaire, membre du Collectif Fukussenheim

Ce proverbe n’aurait-il pas utilement composé le nom d’une des motions présentes au prochain congrès d’EELV, si ce parti voulait garder l’espoir qu’à son propos on puisse dans l’avenir se poser encore la question : « A quoi EELV sert-il ? » (ou bien « A quoi, à qui sert »la Firme« d’EELV ? ») ? EELV explosé, réduit en charpie ou disparu, une telle question n’aura effectivement plus d’objet.

Depuis son origine le nucléaire a été au cœur du débat de l’écologie politique. Il en demeure l’un des piliers principaux, sinon le pilier central ou la clé de voute. La victoire de Whyl en bordure du Rhin en 1975, la lutte emblématique de Creys-Malville de 1976 à 1997, ou celle de Plogoff (1978-81), comme bien d’autres combats antinucléaires ont forgé l’esprit de toute une génération d’écologistes et de citoyens favorables à l’écologie qu’ils soient ou non militants.

La catastrophe de Tchernobyl, survenant quatre ans après la création du parti « Les Verts - Parti écologiste » en 1982, aurait dû, comme en Allemagne, faire acquérir à tous les écologistes politiques (et la renforcer chez ceux qui l’avait déjà) cette conviction que le nucléaire est une erreur fondamentale, et qu’il devait impérativement faire l’objet d’une place centrale non négociable au sein de leurs luttes politiques.

Ce ne fut pas le cas. Pour des raisons sur lesquelles il conviendrait de se repencher. Tout comme il s’agirait de comprendre pourquoi l’institutionnalisation de la lutte antinucléaire peut, en France tout au moins, enfoncer ses partisans dans des démissions successives quand leur est donnée la responsabilité de faire vivre cette exigence.

Une profonde résignation ?

La survenue de la catastrophe de Fukushima est venue amplifier cette terrible évolution. Et elle exerce un puissant effet grossissant dans l’observation que l’on peut faire de ce qui traverse EELV et qui n’est peut-être qu’une profonde et tragique résignation.

Face à l’urgence croissante d’une indispensable mobilisation mondiale devant des réacteurs en fusion et une piscine de stockage en équilibre précaire, face à l’incroyable décision du Programme Alimentaire Mondial, face à la scandaleuse décision de la Commission Européenne, quelle a été la priorité politique donnée par les dirigeants d’EELV ?

Et bien elle est allée à des sujets, non pas forcément accessoires, comme par exemple le mariage pour tous qui n’a rien d’accessoire, mais si éminemment écologiques ! Et d’une urgence tellement capitale !... Avant la timide montée en puissance du Parti de Gauche sur l’écologie, quel a été par exemple le nombre d’articles ou de communiqués concernant le nucléaire ou Fukushima sur le site officiel d’EELV, et sur les blogs de ses élus ? Terriblement dérisoire. Et le constat est le même pour les OGM, dont on ne parlera pas ici.

Là où l’on aurait pu s’attendre à une explosion de colère d’EELV et des militants écologistes, une véritable démission, un silence impressionnant sont venus occuper l’espace politique. Quelle a été la seule traduction politique par EELV du drame en cours ? La passation à l’automne 2011 d’un accord avec le PS devant inclure l’arrêt de l’EPR de Flamanville (lequel n’a finalement pas été retenu) et la fermeture immédiate de la centrale de Fessenheim, en préalable à celle de 22 autres réacteurs à l’horizon 2025, laquelle fut ignorée une fois le PS installé au pouvoir.

Et il aura fallu une occupation de l’esplanade de la Défense par des indignés et une caravane à vélo des indignés du nucléaire pour empêcher que ce contrat soit destiné aux oubliettes au prétexte intouchable d’une solidarité ministérielle, quel qu’en puisse être son coût.

La désillusion des militants

Malgré ce silence assourdissant post-Fukushima d’EELV, les citoyens défavorables au nucléaire ont continué - parce qu’ils voient dans ce parti l’inscription institutionnelle, autrement dit reconnue, admise et donc incontournable, de l’opposition au nucléaire - à y placer leur espoir d’une traduction politique de ce désastre industriel, de cette « apocalypse » écologique pour reprendre le terme employé par Günther Oettinger, commissaire européen à l’énergie.

A quelle terrible désillusion ont-ils été soumis ! Tandis que les militants dans leur ensemble persistaient à accorder leur confiance à un Réseau Sortir du nucléaire paralysé par le putsch de 2010. Heureusement Greenpeace conservait une part de lucidité permettant de sauver l’honneur.

A part se contenter de voir dans les aimables chaines humaines sans lendemain du Réseau Sortir du nucléaire une hypothétique manifestation de force, le parti EELV n’a-t-il donc jamais perçu en elles l’expression dramatiquement inappropriée (au regard de ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes par exemple) d’une mobilisation massive de citoyens scandalisés, qui attendent une réponse adaptée à l’ampleur du scandale de Fukushima ? Et du nucléaire dans sa globalité ?

Résultat : la chaine humaine de 2013, bien que se déroulant à Paris, fut d’une moindre ampleur numérique que celle du Rhône de l’année précédente. Faudrait-il pour autant en déduire que la situation à Fukushima, au Japon, et dans les reste du monde s’améliore ? Et que va-t-il se passer en France, dans ce pays désormais le plus nucléarisé au monde en densité, aux environs du 11 mars 2014 ? Apparemment d’autres petites chaines dispersées un peu partout en région...

Fukushima : silence radio(actif)

Alors non EELV ne sert pas « à rien ». C’est malheureusement bien pire que cela. Du moins à propos du nucléaire. Investi historiquement de la responsabilité de mener la lutte antinucléaire, mais paradoxalement totalement et tragiquement désinvesti jusqu’à son Conseil Fédéral de mai 2013 de cette responsabilité, ce parti a, de fait, très objectivement, empêché la réalisation d’une mobilisation adéquate, et a contribué, directement ainsi que par ce biais, à installer l’omerta médiatique sur le déroulement de la catastrophe de Fukushima.

Si, comme à l’époque de Tchernobyl, nous n’avions pas internet à notre disposition, qu’aurions-nous su, et que saurions-nous aujourd’hui de ce qui se passe à Fukushima ? En cela EELV porte déjà une très grande responsabilité.

Outre qu’un accident grave peut tout à fait survenir en France durant sa présence au gouvernement, compte tenu de ce qui va se passer à Fukushima dans les prochains jours, il ne reste donc plus beaucoup de temps à EELV pour « changer de cap », avec ou non des ministres au gouvernement.

(Et de mon point de vue de préférence avec - puisque depuis l’affaire Léonarda les ministres EELV se savent désormais indéboulonnables - afin non pas de demeurer la mouche du coche qu’EELV est devenu depuis peu, mais de devenir le frelon ou l’aigle qu’il aurait dû être depuis Fukushima. Et même depuis Tchernobyl...)

A défaut, aux élections européennes il faudra s’attendre à ce que des initiatives citoyennes viennent troubler un jeu électoral - qui devrait être tout sauf un jeu et encore moins narcissique - afin de rappeler à qui de droit que les convictions dans une situation d’urgence, et qui plus est mondiale, ne devrait pouvoir tolérer plus longtemps la moindre compromission ou autre corruption.

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » disait Winston Churchill. Il en est de même pour qui veut effacer de sa conscience un évènement « apocalyptique ».

PS : A-t-on seulement songé au possible effet délétère de la catastrophe ignorée, et en même temps si peu ignorée, chronique et mal traitée de Fukushima sur le psychisme des populations ? Sur celui des entrepreneurs, et des acteurs économiques d’une manière générale ?

Riche de schiste bitumineux, l’Estonie se rêve en pays pétrolier Alexis Toulon et Sébastien Milon (Reporterre) Reporterre 2013/12/02 Alexis Toulon et Sébastien Milon (Reporterre) (2 décembre 2013) Riche de schiste bitumineux, l’Estonie se rêve en pays pétrolier. Reporterre. fr

Riche de schiste bitumineux, l’Estonie se rêve en pays pétrolier

En Estonie, ce minerai gorgé d’hydrocarbures est largement exploité. Il assure une relative indépendance énergétique au pays balte. Problème : cela crée de fortes pollutions.

- Reportage, Tallin

En Estonie, pays balte membre de l’Union européenne, le choix du schiste s’est fait il y a longtemps. Et personne ne voit l’avenir sans cette ressource énergétique. Tallinn est un exemple d’intégration réussie d’une ancienne capitale d’une République de l’ex URSS à l’Europe : les hauts buildings de verre abritant les entreprises internationales côtoient la vieille ville médiévale parfaitement rénovée.

- Vue d’ensemble de la ville médiévale de Tallinn -

L’économie se porte bien, à base de nouvelles technologies, mais aussi d’une certaine indépendance énergétique rendue possible par l’exploitation, dans l’est du pays, des schistes bitumineux. Cette roche est riche en huile et en gaz qui peuvent, après extraction et raffinage, devenir un produit pétrolier.

Il ne faut pas confondre schistes bitumineux et gaz de schiste comme ceux que l’on trouve aux Etats-Unis, ni confondre les schistes bitumineux avec les sables bitumineux de l’Alberta. Et il n’est pas question ici de fracturation hydraulique : les schistes bitumineux estoniens sont des roches sédimentaires contenant des substances organiques, comme le charbon. On les extrait et on les traite en surface.

L’Estonie produit 90% de son électricité avec les schistes, qu’elle extrait de son sol. En contrepartie, 80% de la pollution du pays vient de cette industrie. Eau, terre, air, l’exploitation des schistes bitumineux consomme énormément de ressources et produit nombre de déchets.

Les schistes, le “carburant le plus polluant”

Les experts de l’ONG suédoise Stockholm Environnement Institute (SEI) estiment que 87% des émissions de CO2 d’Estonie prennent leurs origines dans l’exploitation des schistes. (Etude de référence sur les schistes bitumineux : Eesti võimalused liikumaks konkurentsivõimelise madala süsinikuga majanduse suunas aastaks 2050, Les possibilités de l’Estonie pour passer à une faible teneur en carbone-économie compétitive d’ici à 2050)

“Sans oublier une forte pollution de l’eau pendant l’extraction, tandis que la crémation des roches de schiste rejette beaucoup de dioxyde de souffre (NOx)”, explique Mari Jüssi, chercheur au SEI. A cela s’ajoutent des rejets de cendres et des déchets minéraux qui sont laissés en plein air, fragilisant l’agriculture et des sols qui s’affaissent.

L’exploitation se fait sur deux types de sites : dans des mines et dans des carrières. L’exploitation en carrière a l’avantage de rendre la totalité des roches utilisable, mais expose l’environnement à une pollution directe. Les mines diminuent les risques, mais sont moins rentables. “30% des ressources sont perdues, sous forme de colonnes de maintien, pour assurer la stabilité de la mine”, explique Jaanus Arukaevu, conseiller du PDG d’Eesti Energia, l’équivalent d’EDF en Estonie, connu à l’international sous le nom de Enefit.

- Façade du siège d’Eesti Energia -

“Si vous comparez les différents combustibles et les différentes technologies utilisées dans l’Union européenne, les schistes bitumineux sont les plus polluants”, explique Valdur Lahtvee, un autre expert du SEI, qui pointe aussi l’inefficacité du processus qui n’utilise que 36-38% de combustible organique contenu dans la roche.

“90% de la pollution de l’eau vient des schistes”

Confortablement installé dans un bureau du ministère de l’Environnement, Ado Lõhmus, sous-secrétaire au ministère de l’Environnement responsable de l’analyse, ne peut que constater les effets : “90% de la pollution de l’eau vient des schistes, nous devons même en importer tant cette industrie en consomme”.

Mais l’idée même d’abandonner, voire de diminuer l’usage de cette ressource, est hors de question. “Nous devons recycler les déchets et rendre l’utilisation des schistes plus efficace... Mais il faut augmenter l’extraction pour pouvoir faire du pétrole sans mettre en danger notre indépendance électrique”, insiste le sous-secrétaire.

Actuellement, l’Etat permet aux exploitants de miner vingt millions de tonnes de schistes par an, contre vingt-quatre dans le plan précédent. Selon les chiffres d’Eesti Energia, dix-sept millions de tonnes sont extraites chaque années.

Face aux impacts environnementaux se dresse la réalité économique et sociale. Selon le ministère de l’Economie, l’industrie du schiste emploie directement près de 7 000 personnes, soit 1,1% de la main d’oeuvre du pays et compte pour 3% de l’économie du pays. “Notre problématique est de mesurer le coût environnemental comparé aux rentrées : emploi, vente d’huile, électricité... et nous en sommes encore à faire ces mesures”, confie Ado Lõhmus.

Réaménager les terrains exploités

Du côté de la direction d’Enefit, Jaanus Arukaevu, comme Olavi Tammemäe, responsable environnemental, affirment que les populations locales sont heureuses et bénéficient de la manne offerte par les schistes. L’Etat oblige les exploitants à réhabiliter les sites exploités. “Nous avons construit une piste de ski sur un terril, des lacs et des forêts sur d’autres exploitations, nous avons même transformé un ancien site en champ d’éoliennes”, assure Olavi Tammemäe.

Dans la réalité, la richesse générée ne semble pas profiter aux populations. Dans la région de Narva, à l’est du pays, zone riche en schiste, les “tuhamagi”, des montagnes de cendres ressemblant aux terrils des bassins miniers, montent haut dans le ciel, accompagnés des fumées des hauts fourneaux, témoins d’une activité incessante.

La ville de Kohtla-Järve est une preuve vivante de l’héritage soviétique du pays. Les vieux bâtiments décrépis de la cité minière témoignent de la pauvreté de la ville. Les visages usés et fermés de la population russophone frappent le visiteur.

- Façade décrépie d’un immeuble ouvrier de Kohtla Järve -

Au bout d’une route, à la sortie de la ville, se dresse le site industriel de VKG, une entreprise concurrente d’Enefit.

- Cheminée en activité du site d’exploitation de VKG -

Une façade soignée cache une autre réalité. Car plus loin, les anciennes zones exploitées exhibent bâtiments en ruine, rouille et différents morceaux de soufre laissé à l’air libre, soumis aux intempéries. Et aucun traitement ou réhabilitation du site ne semble entamé.

- Délabrement et débris de souffre d’un ancien site d’extraction -

“Les rochers dont on a extrait l’huile sont polluants, notamment par infiltration avec l’eau de pluie. Pour éviter cela, on a créé à certains endroits des réserves de stockage avec un sol en ciment, financées par l’Union européenne”, explique le représentant du ministère de l’Environnement.

A cela s’ajoute les fumées rejetées par les cheminées. Deux technologies sont utilisées : les usines ouvertes, comme à Narva, héritées de l’Union soviétique auxquelles les Estoniens ont ajouté, parfois, des filtres. Et la technologie fermée dite CFB (Circulating Fluidized Bed – circulation à lit fluidisé). Un système qui augmente le rendement des schistes et diminue les rejets de dioxyde de souffre et d’azote. Il permet au pays de répondre aux exigences de la directive européenne LCP (Large Combustion Plant – grande usine thermique).

Du côté d’Enefit, on s’enthousiasme de l’utilisation de cette technologie. “Les émissions de dioxyde de soufre ont été diminuées de 66% entre 2002 et 2012, des nouveaux équipements sont installés pour réduire les émissions de dioxyde d’azote, plus efficaces, elles consomment moins de schiste”, assure Jaanus Arukaevu.

Produire du pétrole à tout prix

Les schistes bitumineux ne sont pas seulement bon à être brûlés. Ils peuvent également être transformés en huile et devenir des hydrocarbures non-conventionnels. Selon Enefit, l’Estonie possèderait des réserves de 16,3 milliards de barils. Produire de l’huile de schiste émet 3,5 fois moins de CO2 que d’en faire de l’électricité, selon Eesti Energia. D’ici 2016, la société veut produire un diesel de qualité et transformer le pays en producteur de pétrole non-conventionnel.

Mais l’affaire n’est pas si limpide : “L’huile de schiste a un fort bilan carbone : c’est polluant et très énergivore”, prévient Mari Jüssi. “Pour produire un litre de pétrole conventionnel il faut employer 10% de la quantité d’énergie que fournira ce litre, tandis que pour un litre de pétrole de schiste, il en faut 20%”, ajoute-t-elle.

Cette solution préserve pourtant une partie des emplois, ce qui amène son collègue Valdur Lahtvee à relativiser : “Cela rend l’utilisation de l’huile contenue dans la roche plus efficace. Et l’huile à plus de valeur ajoutée que la roche en elle-même, ce qui est bon pour l’économie”.

Le processus d’extraction n’est pas moins polluant. Enefit explique qu’avec ses usines à huile, une tonne de schiste bitumineux génère 120 litres d’huile, soit un peu moins d’un baril (159 litres). Reste à raffiner l’huile pour la rendre exploitable dans l’industrie pétrochimique et à retraiter les déchets produits dans le processus, comme les cendres ou les cailloux vidés de leur matière organique. Enefit assure que chaque élément peut être revalorisé et utilisé dans la construction de routes ou d’immeubles...

Mais “pour faire tourner ses centrales, l’Estonie pourrait en fait devoir importer des schistes bitumineux de Russie”, s’inquiète Mari Jüssi. Une entaille importante dans l’indépendance tant louée par le pays.

- Transport de produits par train sur le site de VKG -

Mais l’économie paraît en ce moment l’emporter sur l’environnement. Le prix du baril de pétrole sur le marché international, à la hausse, sera déterminant pour le futur de cette industrie, et pèsera bien plus lourd que son impact écologique.

Complément d’information :

L’Estonie en chiffres :

Superficie : 43 698 km2 Nombre d’habitants : 1,3 million. Monnaie : Euro PIB : 16 Mds € PIB/hab : 11 920 € Taux de croissance du PIB : 4 % en 2012. Taux de chômage : 12,5 %. Schistes extraits : entre 17 et 20 millions de tonnes / an.

Des cours universitaires en ligne et gratuits Orchestre poétique d’avant-guerre Reporterre 2013/12/02 Orchestre poétique d’avant-guerre (2 décembre 2013) Des cours universitaires en ligne et gratuits. Reporterre. fr

Des cours universitaires en ligne et gratuits

L’Université catholique de Louvain, l’École normale supérieure, l’École normale supérieure de Lyon, l’École polytechnique, l’École polytechnique fédérale de Lausanne et l’Université de Montréal lancent le portail « Océan », ont annoncé les universités dans un communiqué commun lundi 18 novembre. Ce portail va structurer l’offre francophone de « formations en ligne ouvertes à tous » (FLOTs), des cours francophones en ligne gratuits.

L’Université catholique de Louvain, déjà présente sur une plate-forme internationale destinée à héberger des cours en ligne (edX), compte actuellement deux cours sur ce portail francophone. « Le rôle des universités c’est la construction et la diffusion du savoir. Ici on a une possibilité de diffusion moderne », explique Vincent Blondel, coordinateur du projet Océan pour l’UCL. « Nous n’avons pas d’intérêt financier, les cours sont gratuits. Il s’agit simplement du rôle sociétal de l’UCL. »

« Océan souhaite favoriser le développement d’une offre de FLOTs, qui contribuera à l’enseignement dans les régions francophones », indique le communiqué. « Il s’agit là d’un enjeu de taille pour les 220 millions de francophones dans le monde et les 100 millions de personnes apprenant le français. » « Ces cours permettent à tout un chacun de suivre un cours qui l’intéresse, peu importe sa localisation », indique Vincent Blondel. « Près d’un tiers des gens qui suivent un cours en ligne le font par simple intérêt. Puis il y a aussi les étudiants qui ne sont pas encore inscrits et qui veulent s’informer sur les cours et leurs degrés d’exigence. » Le portail Océan devrait à terme proposer des cours de toutes les facultés de différentes universités francophones belges et internationales.

EDITO - Le lent suicide d’Europe Ecologie Les Verts Hervé Kempf Reporterre 2013/12/02 Hervé Kempf (2 décembre 2013) EDITO - Le lent suicide d’Europe Ecologie Les Verts. Reporterre. Édito — fr

EDITO - Le lent suicide d’Europe Ecologie Les Verts

Prisonnier d’une alliance politique désastreuse, EELV vient de tenir son congrès à Caen, reconduisant mollement la ligne incarnée par Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. L’écologie politique est gravement malade. Il est urgent de penser son renouveau.

En août 2012, le parti EELV m’avait invité à animer la session plénière de ses journées d’été, dont le thème était : « Des écologistes au gouvernement, pour quoi faire ? ».

Comme je ne conçois pas le rôle d’animateur comme étant celui d’un distributeur d’eau tiède, j’avais introduit la discussion en posant les questions que bon nombre des membres de ce mouvement se posaient, à savoir : jusqu’à quel point est-il utile d’avoir des ministres dans un gouvernement qui prend des mesures anti-écologiques ? Car en à peine deux mois, le gouvernement de M. Ayrault avait déjà relancé un surgénérateur (Astrid), viré une ministre de l’Ecologie qui s’opposait à l’exploitation de pétrole au large de la Guyane, réprimé violemment deux manifestations à Notre Dame des Landes et à Montabot (contre la ligne à haute tension Cotentin Maine).

On peut voir la vidéo de cette séance ici :.

Cette introduction agaça les ministres à la tribune, Cécile Duflot et Pascal Canfin, et le député François de Rugy.

Quand vint son tour de parole, Pascal Canfin, selon la méthode qui consiste à s’en prendre au messager plutôt que répondre au message, m’interpella : « Que fait un journaliste écologique dans un journal qui ne l’est pas ? Quand on voit la Une du Monde sur la croissance… La couleuvre que Hervé Kempf a avalé ce jour-là, c’est un boa ».

Mon rôle d’animateur n’était pas d’entrer dans un débat direct avec les orateurs, donc je ne répondis pas. Un an plus tard, considérant qu’effectivement, on ne peut pas avaler les boas, j’ai quitté le journal de MM. Bergé, Niel et Pigasse. Pascal Canfin est toujours ministre, et ne manifeste aucun désir de quitter ce poste. Depuis l’été 2012, le gouvernement Ayrault a cependant multiplié les mesures anti-environnement. Il semble que la conception des boas diffère selon que l’on est journaliste attaché à la liberté et militant politique.

- Couleuvres et boa -

La question de la participation au gouvernement torture plus que jamais le parti né en 1984 pour porter sur la scène politique l’interrogation écologiste et la volonté de changement qui en découle. Porter sur la scène politique signifie que l’on entend peser sur les leviers de pouvoir, et accéder à ces leviers de pouvoir. On ne peut donc reprocher à un parti de chercher à gouverner. Mais cela n’a de sens que s’il pèse vraiment. En l’occurrence, ni M. Canfin, ni Mme Duflot, ne peuvent démontrer qu’ils pèsent sur la politique gouvernementale en matière d’environnement. Leur présence les contraint même à une solidarité avec toutes les décisions du gouvernement, ce qui les conduit et conduit ce parti à valider des mesures dont on peut juger qu’elles sont inacceptables.

Echec sur l’énergie, échec sur l’agriculture

Accepter de ne pas prendre la responsabilité du ministère de l’Ecologie était dès le départ une erreur. On voyait ainsi échapper la possibilité de peser sur un des deux grands problèmes au coeur du défi écologique pour la France : l’énergie.

Au moins, le portefeuille de ministre de l’Egalité des territoires et du Logement aurait-il pu permettre de peser sur l’autre grand problème environnemental français : celui de l’artificialisation des terres, qui porte avec lui la question agricole et celle de la spéculation foncière. Le bilan de Mme Duflot est ici particulièrement décevant : elle a clairement fait le choix de favoriser la construction de logements, plaçant la lutte contre l’artificialisation des terres en objectif secondaire.

Ne pas peser au gouvernement, mais y être présent, oblige les parlementaires à soutenir les actions nuisibles de ce gouvernement. En fait, EELV est prise dans la stratégie du PS que François Mitterrand avait déjà expérimenté, avec succès, dans les années 1980 : accueillir des ministres communistes au gouvernement pour étouffer ce parti. De même, François Holllande a-t-il attiré des ministres écologistes au gouvernement pour étouffer les écologistes.

Car le PS (parti « socialiste ») est caractérisé par deux traits fondamentaux : - il ne raisonne qu’en termes de rapports de force et a à peu près abandonné tout idéal politique, ne fonctionnant plus qu’en machine à capter le pouvoir ; - il n’a absolument pas intégré la question écologique, et considère les écologistes soit comme des gêneurs, soit comme des vassaux.

Aujourd’hui, les partisans du maintien au gouvernement d’EELV avancent deux arguments : - il faut rester jusqu’à la loi sur la transition énergétique qui sera préparée à l’automne prochain ; - si l’on part, on affaiblit encore le PS, ce qui favorisera l’extrême-droite.

En ce qui concerne la transition énergétique, ce qui s’est passé depuis plus d’un an autour du nucléaire comme la façon dont s’est déroulé le débat sur la transition énergétique devrait suffire à dessiller les yeux des plus naïfs. Mais il semble que l’amour du pouvoir rende aveugle.

Quant à la menace de l’extrême-droite, si elle est réelle, elle découle essentiellement de la trahison du PS à l’égard des classes populaires, trahison à laquelle s’associe de fait EELV. Rien ne sert de reculer pour mieux sauter : la continuation de cette politique médiocre ne peut qu’accentuer le désaveu croissant des électeurs envers les gouvernants.

Reculer conduit au précipice

A force de céder du terrain sur les choix essentiels, et d’accepter les reculs successifs sur l’environnement, EELV est en train de dilapider son capital, qui est l’idée que ce parti représente l’écologie.

Car tant à droite qu’à gauche, l’environnement commence à s’intégrer aux politiques : à droite, l’UDI de Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno développe une expertise réelle sur nombre de questions environnementales. Et même si c’est une vérité difficile à admettre, le bilan environnemental du quinquennat Sarkozy n’est au final pas plus mauvais que celui des deux années de M. Hollande. A gauche, le Parti de gauche avance dans la définition de l’« écosocialisme » et est présent dans nombre de luttes écogiques de terrain (souvent, d’ailleurs, en bonne intelligence avec les militants locaux d’EELV). Et dans les luttes concrètes, de plus en plus souvent on s’organise indépendamment d’EELV et parfois en opposition avec ce parti.

Le renouveau

Dans cet affaissement du parti écologiste, il reste deux points forts, d’où pourrait partir le renouveau. D’abord, l’ancrage à l’échelle locale. Car si le bilan ministériel est désastreux, le travail dans les municipalités et les régions est souvent très positif. Sans doute est-ce là l’échelle privilégiée de l’action politique écologiste, comme l’indique Antoine Lagneau. Ensuite, le travail au niveau européen : le Parlement de Strasbourg est une instance où il est bien plus possible d’influencer les politiques. Il est par exemple évident que Pascal Canfin était bien plus utile au Parlement - où il animait efficacement la bataille pour contrôler les puissances financières - qu’au gouvernement où il administre une aide au développement en peau de chagrin.

Enfin, il parait indispensable de… réfléchir. La pensée écologiste a besoin de se renouveler, de se remettre en question, d’intégrer en permanence les idées nouvelles qui jaillissent du corps social et de l’évolution historique rapide du capitalisme finissant. On sent chez nombre de responsables politiques écologistes une paresse intellectuelle qui explique largement leur médiocre bilan : on ne peut pas élaborer une bonne stratégie si l’on n’a pas une claire vision des choses.

De ce point de vue, un troisième point d’appui du renouveau écologique doit venir de l’effort de pensée. D’une part à travers un organe de réflexion à longue durée, comme Etopia, en Belgique, qui explique en partie le succès des écologistes belges. Et d’autre part d’un média, indépendant et qui affirme clairement la priorité historique que représente la crise écologique planétaire. Un média qui alimente en permanence la discussion écologique et nourrisse d’informations originales sa vision du monde. C’est ici le rôle de Reporterre, qui s’intéresse, bien au-delà d’EELV, à toute la communauté écologiste, des anarchistes aux partisans du développement durable, sur le terrain des luttes comme sur celui des cercles de réflexion.

Les livres pour enfants s’intéressent peu à l’environnement Lorène Lavocat (Reporterre) Reporterre 2013/12/03 Lorène Lavocat (Reporterre) (3 décembre 2013) Les livres pour enfants s’intéressent peu à l’environnement. Reporterre. fr

Les livres pour enfants s’intéressent peu à l’environnement

L’écologie n’intéresse guère les éditeurs de livres pour enfants. Le Salon du livre de jeunesse, qui s’est achevé le 2 décembre, ne présentait que peu de livres parlant de la nature. « Si on n’apporte aux enfants que du numérique et des histoires toutes faites, on aura des zombies dans quinze ans ! », prévient un éditeur.

- Reportage, Montreuil (Seine-Saint-Denis)

Quoi de mieux qu’un livre pour transmettre aux plus jeunes des valeurs comme l’écologie ? « La littérature jeunesse s’adresse aux générations futures. Elle a donc un pouvoir incroyable pour façonner le monde de demain, notamment en ce qui concerne l’environnement », explique Albert de Pétigny, de la maison d’édition Pourpenser. Pourtant, dans les allées bourdonnantes du Salon du livre jeunesse de Montreuil, sur les stands débordants de couleur des éditeurs et des libraires, peu d’ouvrages abordent la thématique environnementale.

Actes Sud met à l’honneur un bel ouvrage sérigraphié, La vie nocturne des arbres. « Il s’agit d’un projet particulier, un coup de cœur, mais cet album est une exception », reconnaît une libraire. « L’environnement n’est pas absent des politiques éditoriales des grandes maisons, précise Frédéric Lisak, directeur de Plume de carotte. Mais ce sont toujours des projets ponctuels ». Suivant les propositions des auteurs et l’humeur du moment. Et la mode n’est pas à l’écologie. « L’intérêt pour les thématiques environnementales s’est émoussé depuis deux ou trois ans », observe Albert de Pétigny. Pour porter les valeurs de l’écologie, plusieurs aventuriers se sont pourtant lancés dans l’aventure de l’édition indépendante.

Sensibiliser par la fiction

Le Sablier Éditions est installé depuis seize ans en Haute-Provence. Sur la table, une série de petits albums, Coucou caché, pour les tout-petits, permet de découvrir le monde qui nous entoure. Dans le dernier paru, une photo de banquise, avec cette devinette : « Qui regarde fondre la banquise ? ». Réponse sur la page suivante... un ours blanc. « La nature est l’un de nos deux piliers. Ça transpire de tous nos livres », constate Manon Gozier.

Afin de faire passer ces valeurs, la maison joue sur l’empathie. « Nous invitons l’enfant à devenir ami avec les plantes ou avec les animaux ». Préférer la poésie à la didactique, l’imaginaire au documentaire. « Nous ne faisons pas du prosélytisme, dit de son côté Frédéric Lisak. Il s’agit de donner le goût de la nature, autour des notions de plaisir et d’émerveillement. Car dire que tout va mal n’est pas une pédagogie efficace ». Sur son étal, de somptueux herbiers attirent le regard des passants.

Plume de carotte est également une des premières maisons à avoir publié des ouvrages de Land art. « C’est un outil d’éveil de la curiosité par l’émerveillement formidable, souligne Frédéric Lisak. Et cela nous permet de toucher le grand public ». Car c’est toujours la question délicate. Comment sortir du cercle confiné des écolos convaincus et des amoureux de la nature ? Albert de Pétigny cherche pour sa part à rendre les livres accessibles. « Pas plus de 12 € ». Et ce, en préférant des impressions simples, sans fioriture.

L’écologie, dès la fabrication

Un choix de fabrication qui procède aussi d’une volonté écologique. « Les livres avec une couverture dure, avec des aspérités et des effets de matière, ont une empreinte environnementale beaucoup plus élevée. Non seulement au niveau du procédé de fabrication, mais aussi parce qu’ils sont imprimés à des milliers de kilomètres, en Chine souvent ». La fabrication du papier est en effet une industrie très polluante.

Avec quinze autres maisons, dont Le Sablier et Plume de carotte, Pourpenser fait partie du Collectif des éditeurs écolo compatibles. Ensemble, ils ont signé une charte de fabrication, les obligeant par exemple à utiliser des papiers labellisés ou à travailler avec des imprimeurs situés à moins de 800 km. « Il est essentiel de mettre nos pratiques en cohérence avec nos valeurs », explique Manon Gozier. Le collectif, informel, existe depuis près de quatre ans. Mais il peine à se faire connaître. « Dans un marché très concurrentiel, où les grandes maisons établies depuis des décennies ont des schémas de fabrication très peu souples, il est difficile de faire changer les mentalités », regrette Albert de Pétigny.

Les éditeurs jeunesse, en sélectionnant, en filtrant les livres qui parviennent jusqu’aux enfants, participent pleinement à l’éducation et à la formation de la génération de demain. « Si on ne leur apporte que du numérique et des histoires toutes faites, sans remise en question, on aura des zombies dans quinze ans ! » prévient Albert de Pétigny.

On économise 8% d’énergie en changeant quelques gestes. Chiche ? CEDER Reporterre 2013/12/03 CEDER (3 décembre 2013) On économise 8% d’énergie en changeant quelques gestes. Chiche ?. Reporterre. fr

On économise 8% d’énergie en changeant quelques gestes. Chiche ?

Dans la Drôme, tout le monde est invité à relever le défi d’économiser l’énergie.

Pour la troisième année consécutive le CEDER ((Centre pour l’environnement et le développement des énergies renouvelables), soutenu par l’ADEME et la Région Rhône-Alpes, en partenariat avec le conseil général de la Drôme ainsi que la communauté d’agglomération Montélimar Sésame, vous propose de participer au grand défi Familles à énergie positive à partir du mois de décembre 2013 et jusqu’au mois d’avril 2014.

Nous le savons tous, face au changement climatique, il est de notre ressort de faire des économies d’énergies pour enrayer le réchauffement de la planète. Nous pouvons le faire chacun à notre niveau sans investissement préalable en changeant simplement nos comportements au quotidien. De nombreuses collectivités de notre territoire sont de plus en plus sensibles à l’environnement, elles le prouvent en soutenant le défi Familles à énergie positive que le CEDER propose sur la saison de chauffe 2013/2014. Rejoignez vous aussi le défi !

Objectif : 8 % d’économies d’énergie !

Les participants au défi Familles à énergie positive (FAEP) ont pour but d’économiser un maximum d’énergie pour tenter d’atteindre une baisse de 8 % de leurs consommations. Cet événement qui prendra place de décembre 2013 à avril 2014 est avant tout ludique et convivial. Tout au long du défi, des moments d’échange seront proposés notamment au travers de différentes rencontres qui seront l’occasion de partager des astuces au sein des équipes mais aussi de participer aux animations proposées (jeux, quiz, expositions…).

Nouveauté, cette année le défi s’ouvre à la mobilité pour faire des économies en se déplaçant ! Renseignez-vous auprès du CEDER.

Dernière ligne droite pour le recrutement des familles…

Les familles seront regroupées en équipes (une personne peut représenter une famille) qui représentera sa commune, son entreprise, son association, sa famille… Un capitaine désigné sera formé par le CEDER. Il accompagnera et motivera son équipe pour faire un maximum d’économies d’énergie au travers d’éco-gestes en électricité, chauffage et eau. Cette démarche se fait uniquement sur le comportement et non sur des investissements.

Vous aussi devenez une famille à énergie positive, rejoignez le défi seul ou en constituant une équipe. Les inscriptions sont ouvertes !

Rendez-vous directement sur le site Familles à énergie positive, ou contactez-nous au 04 75 26 22 53, ou encore faep@ceder-provence.org.

Colloque en Bretagne sur le foncier Par Julien villalard Reporterre 2013/12/03 Par Julien villalard (3 décembre 2013) Colloque en Bretagne sur le foncier. Reporterre. fr

Colloque en Bretagne sur le foncier

Mardi 3 décembre, colloque régional sur le thème : « Le foncier agricole en Bretagne : une ressource sous tension. Quels enjeux ? Quelle régulation ? » Lycée agricole de La Touche, à Ploërmel (56).

L’Association régionale pour l’agriculture paysanne (ARAP) organise le mardi 3 décembre, au lycée agricole de La Touche, à Ploërmel (56), un colloque régional sur le thème :

« Le foncier agricole en Bretagne : une ressource sous tension Quels enjeux ? Quelle régulation ? »

Ressource convoitée, le foncier est au cœur des préoccupations de l’agriculture bretonne. La concurrence pour son accès s’accroît, tant avec des usages non agricoles qu’au sein même du monde agricole.

En partenariat avec l’INRA de Rennes, l’Association régionale pour l’agriculture paysanne (ARAP) a initié le projet de recherche LienOSol afin d’étudier les besoins en foncier des exploitations agricoles bretonnes et de décrire, par une modélisation du marché foncier agricole, les évolutions structurelles possibles de l’agriculture régionale selon différents scénarios.

A partir des premiers résultats de cette étude et des questions qu’elle soulève, nous avons souhaité compléter ce travail en associant, dans une journée commune de réflexion, agriculteurs, chercheurs, élus et acteurs locaux du milieu agricole et rural.

La matinée sera l’occasion d’un état des lieux, de l’Europe jusqu’à la Bretagne, des prix des terres et de leurs déterminants.

L’après-midi, nous nous intéresserons aux enjeux du foncier agricole pour le territoire breton et, sur fond de Loi d’Avenir Agricole, nous réfléchirons aux outils de gestion du foncier : faut-il les faire évoluer ? En inventer d’autres ?

Voir programme et bulletin d’inscription (PDF)

L’arnaque de la « compensation pour perte de biodiversité » Stop biodiversity offsetting Reporterre 2013/12/03 Stop biodiversity offsetting (3 décembre 2013) L’arnaque de la « compensation pour perte de biodiversité ». Reporterre. Tribune — fr

L’arnaque de la « compensation pour perte de biodiversité »

La « compensation pour perte de biodiversité » est un mécanisme censé « compenser » l’impact d’un grand projet d’infrastructure sur l’environnement. Loin de recréer de la biodiversité, ces mécanismes donnent un blanc-seing à la destruction environnementale, comme s’il était possible de recréer aileurs ce que l’on a détruit ici.

Partout dans le monde, les écosystèmes (et donc les communautés qui en dépendent) sont mis à mal par de grands projets d’infrastructure, les sites d’extraction et les marchés financiers [1]. Afin de faciliter ces activités, des entités tant publiques que privées mettent sur pied des mécanismes pour ‘compenser’ leur impact sur l’environnement.

Ces mécanismes pourraient aggraver la situation, et plus inquiétant encore, ils font de la nature une marchandise. C’est pourquoi les organisations signataires mettent en garde contre cette fausse solution et refusent les mécanismes de compensation pour perte de biodiversité.

La compensation pour perte de biodiversité, c’est la promesse de remplacer ce qui est détruit dans la nature à un endroit par de la nature ailleurs. De même que dans le cas des mécanismes de développement propre (Clean Development Mechanisms, CDM) et de réduction des emissions suite à la déforestation et la degradation des forêts (Reduce Emissions from Deforestation and Forest Degradation, REDD), la compensation pour perte de biodiversité se base sur l’avis d’‘experts’ pour faire croire qu’un morceau de la planète est équivalent à un autre.

À qui profite le crime ?

Introduire ces compensations permet, voire encourage, la destruction de l’environnement en faisant croire qu’un habitat peut être recréé ailleurs. Tout bénéfice pour les entreprises responsables de dégradation, puisqu’elles peuvent se présenter comme si elles investissaient dans la protection de l’environnement, donnant ainsi un vernis écologique à leurs produits et services.

Cela crée également des ouvertures pour de nouveaux intermédiaires : des consultants en conservation du biotope pour évaluer ce qui est perdu, des banquiers pour le transformer en crédits, des traders pour spéculer dessus sur de nouveaux marchés spécialisés et des investisseurs qui veulent tirer profit de ce ‘capital vert’. “Le capital naturel” est un concept artificiel reposant sur des hypothèses économiques boiteuses et non sur des valeurs écologiques, un concept qui permet la marchandisation de la nature.

Et ceci se produit avec l’appui de gouvernements qui font en sorte que des droits de propriété sur des éléments naturels comme le carbone ou la biodiversité puissent être transférés à des sociétés et des banques.

Les compensations ne vont pas empêcher la perte de biodiversité

La nature est unique et complexe. Il est impossible de mesurer la biodiversité, il est donc trompeur de suggérer qu’il est possible de trouver des zones équivalentes. Il faut à certains écosystèmes des centaines sinon des milliers d’années pour devenir ce qu’ils sont – or ces compensations font semblant qu’il est possible de trouver des remplacements [2].

Ces compensations vont faire du tort aux communautés

La compensation en matière de biodiversité a comme conséquence que la protection de l’environnement n’est plus qu’un sous-produit d’un projet commercial, marginalisant les communautés et menaçant leur droit à la vie. La nature joue un rôle important pour les communautés locales, que ce soit du point de vue social, spirituel ou de leur subsistance. Ces valeurs ne peuvent pas plus être mesurées, estimées ou compensées que ces communautés ne peuvent aller vivre ailleurs [3].

La compensation en matière de biodiversité sépare les gens du milieu où ils ont grandi, où s’enracine leur culture, où leur activité économique se déroule depuis des générations.

La compensation en matière de biodiversité pourrait accélérer la perte de biodiversité

Une série de cas démontrent que ces compensations accélèrent l’exploitation des ressources naturelles et sont préjudiciables aux droits des communautés à protéger et gérer leurs biens communs. Parmi ces exemples, citons :

• Le nouveau code forestier au Brésil qui permet aux propriétaires de détruire des forêts s’ils achètent des ‘certificats de réserves environnementales’ émis par l’état et échangé à la bourse des produits verts récemment créée par le gouvernement brésilien.

• La législation de l’Union européenne sur les compensations en matière de biodiversité (dite ‘initiative de perte nette nulle’) qui pourrait vider les directives existantes de leur substance.

• Des institutions financières publiques comme la Banque mondiale (BM), la Société financière international (SFI, la branche de la BM pour le privé) et la Banque d’investissement européenne (BIE) ont intégré les compensations en matière de biodiversité dans leurs normes, ce qui leur permet de financer des projets qui détruisent l’environnement.

Il est impossible de compenser de grands projets d’infrastructure et d’extraction. Une fois qu’un écosystème est détruit, il est impossible de le récréer ailleurs. Là où la compensation de biodiversité est permise, elle entraîne souvent l’affaiblissement des lois qui doivent empêcher la destruction de l’environnement. Si les compensations se couplent de quota échangeables (comme pour le carbone), la voie est libre pour la spéculation financière qui menace la nature et les droits des communautés qui en dépendent.

Sept ans de compensation carbone n’ont pas réduit les émissions de carbone [4], alors ne laissons pas les compensations de biodiversité ouvrir la voie à des destructions qui auraient sinon été déclarées illégales ou contraires aux critères de protection de l’environnement.

Pour ces raisons, nous rejetons toute tentative de faire figurer des mécanismes de compensation en matière de biodiversité dans des lois, critères ou politiques publiques, qui auraient pour effet de créer de nouveaux marchés où la nature est devenue marchandise.

- Exploitation minière en Indonésie -

Annexe : quelques exemples de politiques et de projets de compensation

1. Le gouvernement britannique envisage d’introduire ces mécanismes de compensation (consultation en novembre 2013). Des cas de compensation montrent que la promesse de compenser la perte est préjudiciable à l’application de lois qui empêcheraient la destruction de l’environnement, affaiblissant ainsi le processus démocratique et l’attention portée aux communautés affectées [5].

2. Notre-Dame-des-Landes, en France : depuis une quarantaine d’années, il est question de construire un aéroport sur plus de mille hectares de terres où les agriculteurs ont préservé biodiversité et paysage traditionnel. Les lois françaises sur l’eau et la biodiversité exigeaient des compensations. Le bureau d’étude Biotope a mis au point une méthodologie basée sur des ‘fonctions’ et non des ‘hectares’, ce qui aboutit à compenser seulement pour 600 hectares. La résistance locale a réussi jusqu’à présent à bloquer le projet. La Commission européenne va s’en mêler.

3. Stratégie de l’UE sur la biodiversité à l’horizon 2020 – l’UE envisage de légiférer sur les compensations en matière de biodiversité, y compris une “banque d’habitats” qui permettrait de compenser les pertes d’espèces et d’habitats partout dans l’Union. L’objectif est d’éviter une perte nette de biodiversité, ce qui n’est pas la même chose que pas de perte.

4. La Banque mondiale finance un projet d’extraction de nickel et de cobalt en Indonésie. Il est dirigé par la société française Eramet, qui fait partie de BBOP (Business and Biodiversity Offsets Program). Le projet a déjà reçu l’aval de MIGA (la branche de la Banque mondiale qui s’occupe de couvrir les risques économiques et politiques des investisseurs) et doit être financé par la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique, la banque japonaise pour la coopération internationale (JPIC), Coface et l’Agence française du développement (AFD) en ce qui concerne le volet compensations. Les conséquences pour les habitants et les sols sont très graves et la société civile se mobile pour combattre le projet, tant au niveau international qu’en Indonésie.

Notes

[1] Les méga-projets dans l’industrie minière, l’énergie, l’exploitation forestière, les transports et les monocultures entraînent l’expropriation de terres et des changements dans l’utilisation des sols, y compris la conversion de forêts à de l’agriculture à échelle industrielle. Dans le même temps, au nom de la sécurité énergétique, c’est sur grande échelle que se développent l’extraction de carburants fossiles conventionnels et non-conventionnels comme les sables bitumeux et le gaz de schiste.

[2] http://www.ceeweb.org/wp-content/uploads/2011/12/Critical-review-of-biodiversity-offsets_for-IEEP_Final.pdf

[3] Ceci illustre le fardeau disproportionné que doivent supporter des communautés qui ne sont en rien responsables de la destruction de l’environnement et dont la survie dépend d’un environnement en bonne santé.

[4] http://scrap-the-euets.makenoise.org/english/

[5] http://saveourwoods.co.uk/articles/nppf/biodiversity-offsetting-permits-previously-rejected-housing-development/

[6] Voir la note des Amis de la Terre

En Roumanie, la protestation populaire continue contre le gaz de schiste Maria Olteanu Reporterre 2013/12/04 Maria Olteanu (4 décembre 2013) En Roumanie, la protestation populaire continue contre le gaz de schiste. Reporterre. fr

En Roumanie, la protestation populaire continue contre le gaz de schiste

Un jour après la violente intervention de la police roumaine contre un camp d’opposants au gaz de schiste, une manifestation à Bucarest a été réprimée. Témoignage.

- Correspondance, Pungesti et Bucarest

Des nouvelles de Pungesti, 3 décembre à 11 heures

Je viens de parler avec Zîna Domintean, qui a été brutalement arrêtée hier matin, lors du raid de la police militaire au camp de résistance anti-fracking. Depuis, elle a été relâchée, mais deux fichiers à son nom ont été ouverts par la police. Elle est donc de retour, et voici ce qu’elle rapporte :

« Nous sommes sous le coup d’une loi martiale qui tait son nom. La police militaire bloque encore toutes les routes d’accès à la ville. Vingt personnes ont été tabassées jusqu’à maintenant. Il y a des patrouilles en permanence, partout, qui intimident et menacent la population. Elles forcent les petites boutiques à fermer, et intimident quiconque essaie de nous aider. Les enfants ne peuvent pas aller à l’école, les malades ne peuvent pas aller chez le médecin. L’accès de la presse est strictement interdit ! Certains habitants déclarent avoir été battus alors qu’ils allaient ramasser du bois dans leur propre forêt. C’est comme vivre sous l’occupation en temps de guerre ! S’il vous plaît aidez-nous, et partager ces informations ! »

Toutes les personnes arrêtées ont été relâchées depuis hier, mais toutes ont écopé d’amendes au montants fantaisistes, allant de 200 ron - environ 50 euros - à 1500 ron - 370 euros, ce qui est à peu près le montant d’un salaire mensuel. Je le répète, ils ont été arrêtés sur une propriété privée où le camp est installé, terrain qui n’a rien à voir avec le terrain loué par loué par la compagnie Chevron (location, établie sur la base d’un document de propriété abusif, de la terre du maire Pungesti, qui fait maintenant face à des poursuites de la part la seule institution défendant encore en Roumanie, dans une certaine mesure, la notion de justice).

Nouvelles de Bucarest

Par solidarité avec Pungesti, de nombreuses personnes sont descendues dans les rues, la nuit dernière, à Bucarest. Mais cette solidarité est surtout l’expression d’un ras le bol contre le gouvernement. Par une marche spontanée, les manifestants demandaient la démission de ses membres (les événements de Pungesti sont juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase déjà rempli à ras-bord d’une liste sans fin d’abus et de décisions prises à l’encontre de l’intérêt de la population roumaine, de défis constants à l’opinion publique et au dialogue social).

Comme d’habitude ces derniers mois, pour dissuader les manifestants de descendre dans les rues, la police anti-émeute a demandé aux manifestants de présenter leurs papiers, et leur a infligé des amendes. A ce jour, de très nombreuses amendes ont ainsi été infligées de manière abusive, alors que les gens protestent pacifiquement et que la loi autorise des manifestations devant des institutions publiques, tant que les gens ne bloquent pas les voies de circulation.

Voici un film des événements la nuit dernière : http://www.youtube.com/watch?v=iFxAnBctwJQ&feature=youtu.be.

Les gens demandent au gouvernement de démissionner, en chantant : « Honte à vous, Roumanie, état policier, Solidarité, Unis, nous sauvons toute la Roumanie, Ponta (le Premier Ministre), les traîtres de la Roumanie, Ponta, vous ne tiendrez pas, pas même avec des milliers de securists (ceux qui travaillent pour la sûreté de l’État - la Securitate, connue comme le corps de répression les plus sévère de l’ex-bloc communiste), Police partout, justice nulle part ! Pungesti, n’oubliez pas, nous sommes tous avec vous ! »

Les médias, et en particulier les chaînes d’information ont biaisé le rapport sur les événements, adoptant comme vérité le discours de la police anti-émeute. Les manifestations spontanées de nuit dernière ont été à peine couverte par les médias.

En outre, ce matin, aucun média n’a été autorisé à entrer dans la zone où se trouvait le camp. Seulement, plus tard, les forces de l’ordre ont autorisé quelques représentants des médias « de justice » (favorables au gouvernement) à entrer dans le camp, mais séparément, pas tous ensemble. L’Agence France-Presse a un envoyé sur place, pas un journaliste, mais un photographe, qui s’est faufilé à l’intérieur du camp. La présence des médias internationaux, est vraiment nécessaire. Elle permettra d’éviter un peu les abus les plus grossiers. La police anti-émeute est allée jusqu’à menacer les enfants dans les écoles en leur disant qu’ils seront sanctionnés par de mauvaises notes si elles ne disent pas à leurs parents d’être en faveur du projet et d’arrêter de protester.

S’il vous plaît partagez ces informations ! Partagez-les également avec les organismes des droits de l’homme que vous connaissez !

Le peuple roumain besoin de votre soutien, pas uniquement à propos de la fracturation hydraulique, juste en ce moment, il s’agit des droits démocratiques de base, de la liberté d’expression et des droits de l’homme.

Merci à tous pour votre aide et votre solidarité.

Complément d’infos : Pendant ce temps, la compagnie états-unienne Chevron a annoncé reprendre les travaux d’exploration sur place.

L’allongement de la durée de fonctionnement des centrales discutée à l’Elysée ce mercredi ? Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/12/04 Camille Martin (Reporterre) (4 décembre 2013) L’allongement de la durée de fonctionnement des centrales discutée à l’Elysée ce mercredi ?. Reporterre. fr

L’allongement de la durée de fonctionnement des centrales discutée à l’Elysée ce mercredi ?

Le conseil de politique nucléaire se tient ce mercredi à l’Elysée. La durée de fonctionnement des centrales nucléaires au menu ? Le lobby nucléaire pèse lourdement.

Il y a deux mois, l’actualité avait bruissé de la perspective d’un allongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires à cinquante voire à soixante ans.

La question devait être évoquée, voire tranchée, lors d’un conseil de politique nucléaire initialement prévu le 15 novembre.

L’argument en faveur de cet allongement était qu’il permettrait un ralentissement de la hausse prévue des tarifs d’électricité. Pour le lobby nucléariste, il s’agit surtout d’enraciner le nucléaire dans le pays, en rendant encore improbable toute décision de sortie.

Le conseil de politique nucléaire a en fait été repoussé, et doit avoir lieu ce matin 4 décembre :

La question sera-t-elle abordée ? On ne sait. Selon lepoint.fr, "il portera ’exclusivement sur les exportations’ de la filière nucléaire française, indique-t-on de source proche du dossier, et ’pas du tout sur la question de la fermeture des centrales nucléaires’".

Mercredi matin, pourtant, le lobby nucléariste a remis la pression, par la voix d’Anne Lauvergeon, invitée de France Inter : elle a laissé entendre que le gouvernement avait renoncé à l’objectif de réduire de 75 % à 50% la part du nucléaire dans la production électrique française d’ici à 2025. « Je crois que la date a été plus ou moins renvoyée à plus tard », a indiqué Anne Lauvergeon au lendemain du lancement, aux côtés de François Hollande, du Concours mondial d’innovation. « On n’est plus sur une date, on est sur un but », a-t-elle même appuyé.

Elle a été démentie dans la journée : « Cela n’engage qu’elle. Les engagements du président de la République lors de la conférence environnementale seront évidemment respectés », a assuré aux Echos, l’entourage du chef de l’Etat.

J’ai vécu un an sans huile de palme (et je vais bien, merci) Adrien Gontier (Reporterre) Reporterre 2013/12/04 Adrien Gontier (Reporterre) (4 décembre 2013) J’ai vécu un an sans huile de palme (et je vais bien, merci). Reporterre. Forêts tropicales fr

J’ai vécu un an sans huile de palme (et je vais bien, merci)

Vivre sans huile de palme, c’est possible ! Adrien Gontier nous le prouve, qui a fait l’expérience de n’utiliser aucun produit contenant de l’huile de palme pendant un an. Décryptage et mode d’emploi pour apprendre à s’en passer complétement et comprendre les enjeux qui se cachent derrière ce produit.

L’huile de palme vous en avez entendu parler, c’est certain. Il y a plus de deux ans, mes amis ne savaient pas ce que c’était et en consommaient sans le savoir. Que l’on puisse par notre consommation cautionner sans le savoir des faits qui nous posent des problèmes éthiques, c’est fâcheux. C’est ce qui m’a poussé à passer un an sans huile de palme.

Un sacerdoce coûteux ? Non une riche année jubilatoire ! Si vous pensez que vous ne consommez pas d’huile de palme, vous vous trompez très certainement, si vous pensez que s’en passer est compliqué, vous vous trompez aussi.

Un produit qui peut se cacher partout

Commençons par le début. L’huile de palme est une graisse semi-solide très appréciée des industriels pour de nombreuses raisons techniques et financières. Remplaçant les graisses solides, elle est présente dans les biscuits salés et sucrés, les apéritifs, les pâtes à tartes, les margarines. Résistante à la cuisson elle se retrouve dans des produits frits mais donne aussi du fondant dans les chocolats fourrés par exemple.

Oui, l’huile de palme vous ne l’utilisez que rarement vous-même, mais elle se retrouve largement dans des produits transformés. Elle se cache même parfois dans des produits surprenants comme dans des faux fromages sur des pizzas, dans des raisins secs, ou même comme agent troublant pour une boisson gazeuse à 0%. Eh oui. Mais alors, plus de chips, plus de bretzels ni de pizzas ? Non, c’est le premier point important. L’huile de palme se trouve dans beaucoup de produits, mais beaucoup d’autres n’en contiennent pas.

Souvent cachée dans les produits alimentaires sous la mention ‘huile végétale’, il suffit de demander gentiment aux industriels s’il s’agit d’huile de palme ou non. Courriel ou téléphone, ça se passe en général très bien.

Deuxième point important, ne partons pas avec un a priori : une même marque peut proposer des produits avec huile de palme et d’autres sans. Quel que soit le prix ou la gamme (bio ou non), il n’y a que la liste d’ingrédients et les précisions éventuelles qui comptent.

En parlant des prix, j’ai fait le test : mes repas me reviennent à moins de 3 €. Les préparer me prend en moyenne moins de dix minutes, et j’ai testé avec succès les courses pour une semaine avec des produits hard-discount sans huile de palme. Mais c’est encore mieux d’aller plus loin : j’allie le pas trop cher au local en passant par une AMAP, je cuisine maison, mais en grande quantité pour ne pas passer tous les jours des heures à cuisiner.

Gare à l’émulsifiant E 471

L’huile de palme sous forme d’huile représente environ la moitié de notre consommation de ce produit en Europe. Ca devient très fun de dénicher sous quelles formes se cache l’autre moitié. Du fruit du palmier on retire l’huile de palme (issue de la chair) et l’huile palmiste (issue du noyau). De la transformation de ces deux huiles, exactement comme le pétrole, on peut créer d’autres produits. Mon exemple favori : l’E471 ou mono- et di-glycérides d’acides gras, utilisé pour donner plus de moelleux et des croûtes sans cloques aux pains, ou encore pour obtenir des glaces légères.

Cet E471 est un émulsifiant (un additif alimentaire) fabriqué grâce à la transformation d’huiles par réactions chimiques, ce n’est donc plus une huile ! Sous son petit nom, comme sous la mention huile végétale, ne transparait aucun indice de la présence d’huile de palme. Certains industriels utilisent de l’E471 fait uniquement à partir de colza, d’autres à partir de palme, d’autres encore à partir de mélanges. Une glace sans huile de palme peut donc contenir de l’E471 « palmé », et ainsi être classée sans huile de palme avec dérivé : troisième chose importante.

Mais les huiles de palme et palmiste peuvent également être utilisées, après transformation, dans des produits non alimentaires tels les déodorants (distearamonium hectorite, etc.), les savons (sodium palmitate, laurylsulfate sodium, etc.), les lessives et produits pour machine à laver (agents tensioactifs, etc.), les crèmes (cetyl alcoolh, etc.).

En fait il existe près de 150 noms de dérivés issus de l’huile de palme. Pas besoin de les apprendre par-cœur, des mots clefs existent pour la plupart d’entre eux. Ceux contentant les mots ‘palm’, ‘stear’, ‘lauryl’ par exemple. Comme les mentions ‘huile végétale’ ou ‘E471’, ces noms sont des indices de présence possible d’huile de palme car ces composés peuvent avoir des origines différentes. Il faut donc demander aux industriels l’origine exacte du produit, quand ils le savent !

Je vous épargnerai la présence d’huile de palme ou dérivés sous forme de résidus de pressage pour l’alimentation animale ou dans les carburants de nos diesels (deux cuillerées à soupe par plein environ).

Un bilan carbone pire que le diesel

Le palmier à huile est actuellement produit à 90% en Malaisie et en Indonésie où il est un acteur majeur de la déforestation. Le palmier est responsable de la moitié des déforestations pour les cultures en Indonésie et de près de 80 % de la déforestation totale en Malaise. Je me servirai de cet exemple pour pointer un quatrième point important : l’impact social et écologique.

En théorie, la quantité de CO2 émise par la combustion d’huile de palme en tant que biocarburant est compensée par la quantité de CO2 captée par le palmier à huile lors de sa croissance. Au final le bilan est neutre, c’est écologique.

En réalité, environ la moitié des nouvelles palmeraies implantées ces vingt dernières années l’ont été sur des forêts, dont des forêts tourbeuses. Ces forêts qui ont accumulé du carbone dans leur sol en rejettent des quantités monstrueuses une fois coupées. Au final, l’huile de palme a un bilan carbone pire que le diesel issu du pétrole, même si toutes les palmeraies ne sont pas à l’origine de déforestation.

Pour paraphraser Otis, il n’existe de pas de bonne ou de mauvaise situation mais chaque cas peut être différent. Pour juger de l’impact d’un produit il faut tout prendre en compte, et de manière honnête : le rendement en huile (en n’oubliant pas que le tournesol ou le colza sont des sources plus importantes de protéines pour l’alimentation des animaux que la palme), le social (en ne confondant pas les petits planteurs indépendants et ceux rattachés aux plantations géantes), les besoins en huile des habitants futurs de la planète (en n’oubliant pas qu’il y a assez de terres déjà dégradées pour accueillir de nouvelles palmeraies, plutôt que de grignoter les forêts de Bornéo), etc.

Fort heureusement toutes les palmeraies ne sont pas implantées sur d’anciennes forêts et il existe de belles histoires avec l’huile de palme. Difficile alors, pour le consommateur qui ne voit pas d’inconvénient à consommer un produit contenant de l’huile de palme dont la production n’a pas engendré de conflits sociaux ou écologiques, de s’en sortir lorsqu’aucune traçabilité correcte n’existe. Je ne prône pas le remplacement frénétique de l’huile de palme par d’autres huiles, mais d’arriver à obtenir un produit final ayant un impact global le plus positif possible.

C’était mon dernier point important. Ainsi, j’ai pris cette traque à l’huile de palme comme un excellent fil rouge pour aller au-delà de cette seule problématique. Par exemple, dans les produits issus de déforestation que l’Europe importe, l’huile de palme occupe la deuxième position (environ 12%), derrière le soja qui représente environ 60% de notre déforestation importée.

Ces questionnements valent aussi bien pour l’aspect marketing des produits que pour l’impact d’autres denrées et produits. C’est un processus long mais intéressant, complexe mais pas compliqué. C’est quand même mieux de savoir comment les choses sont faites ! Chacun a des objectifs, des exigences et des contraintes différentes. Le but n’est pas de faire les choses parfaitement, de manière intransigeante, mais d’au moins chercher à savoir et de faire ensuite ses choix en conscience.

Complément d’info :

Vrai Faux sur l’huile de palme

L’huile de palme se cache sous ces noms

Le petit guide vert et bleu

Un petit tour en supermarché, lien, lien.

La révolution végétarienne Reporterre 2013/12/04 (4 décembre 2013) La révolution végétarienne. Reporterre. fr

La révolution végétarienne

Une grande révolution culturelle s’annonce : demain, nous ne mangerons plus de produits d’origine animale. Tout d’abord, la consommation de viande, d’œufs et de produits laitiers n’est pas nécessaire pour être en bonne santé. Ensuite, et peut-être surtout, cette consommation se fonde toujours sur des actes de cruauté envers les animaux. Or, comme de nos jours plus personne n’accepte que l’on soit cruel sans nécessité, la consommation des produits d’origine animale finira bien par être abolie, comme l’a été jadis l’esclavage.

Pour l’instant, on en est encore au temps du déni : déni de la souffrance des animaux et déni de notre cruauté. Mais, comme le montre ce livre percutant, la société moderne ne pourra pas occulter pendant longtemps encore les souffrances effroyables qu’elle inflige à ces animaux qui finissent dans nos assiettes et dont elle reconnaît de plus en plus la sensibilité, l’émotivité et l’intelligence. Voilà pourquoi demain nous serons tous végétariens !

La révolution Végétarienne, Thomas Lepeltier, Editions Sciences Humaines, 176 pages, 12 €.

Thomas Lepeltier est historien et philosophe des sciences. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Darwin hérétique (Seuil, 2007) et Univers parallèles (Seuil, 2010). Il vient également de diriger aux Éditions Sciences Humaines, Histoire et Philosophie des sciences, 2013. La Révolution végétarienne est son premier ouvrage sur l’éthique animale.

Gaz de schiste : l’Académie des sciences se berce d’illusions Thomas Porcher et Jacques Thibiéroz Reporterre 2013/12/05 Thomas Porcher et Jacques Thibiéroz (5 décembre 2013) Gaz de schiste : l’Académie des sciences se berce d’illusions. Reporterre. Tribune — fr

Gaz de schiste : l’Académie des sciences se berce d’illusions

L’Académie des sciences vient de publier un avis sur le gaz de schiste. Qui prend pour argent comptant les promesses américaines et ignore la réalité économique.

Dans un avis publié le 15 novembre, l’Académie des sciences préconise un « effort de recherche national » sur le gaz de schiste et assure que « les conséquences positives pour l’économie qui pourraient résulter, pour la France, d’un développement des gaz et huiles de roche-mère sont trop importantes dans la situation de crise actuelle pour qu’on puisse rejeter a priori, sans examen attentif, cette ressource potentielle ».

Le document aborde la plupart des points les plus inquiétants : la pollution des nappes phréatiques, le manque d’étanchéité des forages, la consommation d’eau, la dispersion dans l’eau et dans l’air du fluide de fracturation à l’aller comme au retour, les nuisances accompagnant les chantiers, la sismicité induite… Pour chaque sujet, des solutions sont avancées qui pourraient répondre à certaines craintes. Toutefois, plusieurs arguments montrent les limites de l’exercice, notamment un certain nombre d’affirmations cristallisant tous les biais cognitifs propres aux pro-gaz de schiste.

Dès l’introduction, les auteurs rappellent que la question du gaz de schiste mérite d’être examinée pour « réduire la facture énergétique » et « stimuler la compétitivité de l’économie ». L’analyse est remplacée par une application trop rapide de l’expérience américaine. Alors qu’ils reconnaissent plus loin dans le texte ne pas bien connaître la « ressource » et par conséquent le coût d’extraction, les auteurs partent du principe que l’exploitation du gaz de schiste ferait baisser les prix du gaz.

Or, il est possible que le coût d’extraction soit en France supérieur au prix du marché, comme semblent l’indiquer les estimations du BNEF (Bloomberg new energy finance) dans le cas du Royaume-Uni (coût d’extraction compris entre 7 et 12 $ par million de BTU avec un prix du marché à 10 $). Dans ce cas, il n’y a pas d’avantage économique à extraire ce gaz.

Il faut également prendre en compte les spécificités du marché du gaz européen. C’est un marché plus rigide qu’aux Etats-Unis notamment à cause des contrats de long terme (de dix à trente ans) avec les pays fournisseurs. Ces contrats indexent le prix du gaz sur le prix du pétrole. Certes, ils intègrent aujourd’hui une plus grande part du marché spot, de l’ordre de 46%, mais quel serait l’impact sur le prix du gaz si d’un côté le prix du marché spot baisse et de l’autre, le prix du pétrole augmente – comme c’est le cas depuis 2004 ? Personne dans la littérature scientifique n’a encore répondu à cette question.

D’ailleurs, dans les conditions de fonctionnement du marché du gaz européen, un « surcroit d’indépendance sans indépendance totale » n’aurait pas d’impact sur les prix en France, puisque même en supposant que le gaz de schiste soit moins cher que le gaz importé, dans un contexte de demande captive, le prix final du gaz sur le marché s’aligne toujours sur le prix le plus élevé.

Par conséquent, si le prix du gaz ne baisse pas - à cause du coût d’extraction ou des rigidités du marché - il n’y pas d’emplois induits, ni de compétitivité améliorée ou de renaissance de la chimie, et le gaz de schiste perd tout son sens d’un point de vue économique. Or, les auteurs prennent comme postulat les effets bénéfiques du gaz de schiste sur l’économie pour ensuite construire leur argumentation sur la nécessité de développer la recherche.

La principale erreur de l’analyse est d’ailleurs de ne pas considérer l’articulation entre exploitation propre, coût d’extraction et prix. Or, dans des conditions géologiques similaires, plus l’exploitation est faite dans des conditions respectant l’environnement, plus le coût d’extraction augmente et moins le prix du gaz a de chance de baisser.

Autre certitude avancée par l’avis de l’Académie : l’hypothèse de ressources considérables en France en reprenant le chiffre de 5 100 milliards de m3 de gaz - plus de cent années de consommation - annoncé par l’Agence d’Information sur l’Energie américaine (EIA). Il est étonnant qu’une assemblée qui se veut scientifique se borne à répercuter une valeur aussi approximative, et va même jusqu’à parler de « réserves ». Si les mots ont un sens, ce terme s’applique aux quantités accessibles (volumes, teneurs, taux de récupération) mises en évidence par des travaux miniers.

Mais en France, faute d’exploration, les réserves sont, à ce jour, nulles ; avancer ce chiffre laisse supposer d’entrée de jeu qu’elles sont considérables. De plus, l’appel aux géologues « pour travailler à une évaluation des réserves » est illusoire, car dans les faits, seuls les opérateurs pétroliers ont la capacité financière et technique de déterminer de telles réserves.

Enfin, l’Académie évoque l’intérêt du gaz naturel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, en le substituant au charbon dans les centrales électriques thermiques. Intérêt tout relatif concernant le gaz de schiste qui, lorsque l’on cumule l’énergie dépensée à le produire et les fuites de méthane, atteint l’impact du charbon (Howarth et al., 2011).

D’ailleurs, l’importance du méthane vient d’être réévaluée par le 5e rapport du GIEC : la part du méthane dans le forçage radiatif de la terre a doublé depuis 2007 et représente le tiers du total de l’action des gaz émis par l’homme. Et cela risque de s’aggraver avec l’essor mondial du gaz de schiste.

Certains diront que nous ne pourrons vérifier ces « certitudes » qu’en effectuant de la recherche et de l’exploration comme le préconise l’Académie des sciences avec la mise en place d’un vaste programme de recherche, indépendant et pluridisciplinaire, sur le gaz de schiste. Se pose alors la question du coût de ces recherches et de leur financeur. Dans le cadre légal actuel, un financement par une compagnie privée parait difficilement envisageable. Sauf si l’exploration a un autre but : influencer l’opinion publique et accélérer les processus de décisions politiques au moyen d’estimations « énormes » de réserves. Reste un financement public.

Mais dans un contexte où l’Etat annonce un objectif d’économie de 14 milliards d’euros, une question reste en suspens : n’existe-t-il pas en France d’autres secteurs, plus porteurs économiquement que le gaz de schiste ou plus utiles socialement, ayant plus de légitimité à obtenir ces financements ?

L’accaparement des terres sévit au Mali, alors que se prépare le Sommet France-Afrique Massa Koné (Campagnes solidaires) Reporterre 2013/12/05 Massa Koné (Campagnes solidaires) (5 décembre 2013) L’accaparement des terres sévit au Mali, alors que se prépare le Sommet France-Afrique. Reporterre. fr

L’accaparement des terres sévit au Mali, alors que se prépare le Sommet France-Afrique

Alors que se tient les 6 et 7 décembre le « Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique », l’accaparement des terres sévit de plus en plus largement sur le continent noir. Et notamment au Mali, où la France est intervenue militairement cette année. Massa Koné, un responsable de l’Union, organisation luttant au Mali pour la défense des droits des nombreux paysans expulsés de leurs terres, témoigne.

Comment la terre est-elle gérée au Mali ?

Massa Koné - Au Mali, 80% de la population est paysanne et, même si le gouvernement refuse de la prendre en compte, l’agriculture paysanne représente 45% du PIB et nourrit à 65% le pays.

Aujourd’hui, la terre est à 85 % administrée par le droit coutumier, via les chefs de terre et de village. Plus une famille est grande, plus elle a de terres. La surface correspond aux besoins et à la capacité de la famille à l’exploiter. La terre n’est pas un moyen de spéculation : il est impossible de la vendre ou de la louer.

Dans un fonctionnement traditionnel, tout le monde y a normalement accès. Son usage est collectif, partagé entre l’agriculteur qui la cultive pendant les cinq à six mois de la saison des pluies, l’éleveur qui vient ensuite avec son troupeau manger les tiges et fumer le sol, et les femmes du village qui récoltent pendant la saison sèche les fruits des arbres, noix de karité ou autres.

- Massa Koné -

Comment est-il alors possible que les paysans se fassent expulser de leurs terres ?

Il faut revenir à l’histoire du pays. Le droit coutumier perdure dans le temps mais n’a pas été matérialisé. Il a été respecté par l’administration coloniale, alors même qu’elle avait apporté et imposé son droit moderne et sa conception de la propriété privée. A l’indépendance, le régime communiste a banni la propriété privée et mis en place une législation domaniale, qui, tout en reconnaissant le droit coutumier, a rendu l’État seul « propriétaire » du foncier. A l’époque, nos parents ont applaudi, parce qu’ils pensaient encore que l’État, c’était le peuple.

Mais en 1968, le régime a été renversé. Quand, dans les années 80, il y a eu de grandes sécheresses, le Mali s’est engouffré dans la politique néolibérale imposée par la Banque mondiale et le FMI à travers son programme d’ajustement structurel. Nous sommes alors devenus ultra-dépendants, les entreprises d’État ont été bradées et ça a été le début de la montée d’une « petite bourgeoisie » (1).

Après les grèves et la révolution de 1991, la 3e République a mis en place la décentralisation, avec la création des communes et le développement des territoires. Des nouvelles lois sont apparues, favorisant l’entreprenariat. Les maires ont créé des agences immobilières avec l’instauration de titres fonciers. En s’octroyant ou vendant des titres, ils volaient la terre aux paysans, transformée en hypothèques auprès des banques afin que les nouveaux « petits bourgeois » puissent emprunter.

En 2002, un décret donnant la possibilité aux maires d’expulser des paysans a même été voté pour ratifier le phénomène. Et ceci, malgré une loi toujours en vigueur qui reconnaît le droit coutumier. C’est dans ce contexte de contradictions terribles et d’urbanisation galopante que les « déguerpissements » (expulsions) ont commencé, en particulier en périphérie des villes.

Aujourd’hui, on parle de plus de 800 000 hectares accaparés au Mali par des investisseurs. Comment a évolué le phénomène et quelles ont été les conséquences pour les paysans ?

Une zone immense de terres fertiles et irrigables existe dans le delta du Niger. Datant de la colonisation, le barrage de Markala permet d’irriguer deux millions d’hectares. A l’indépendance, ces terres ont été nationalisées et l’Office du Niger a été créé, véritable « grenier à riz » du pays. Or, dans les années 2000, sous l’incitation de la Banque Mondiale, le Mali a sauté sur cette l’occasion pour mettre les terres de l’Office du Niger sur le marché international.

En signant des baux emphytéotiques auprès du gouvernement malien, des gouvernements ou multinationales déguisés en opérateurs économiques investissent les terres maliennes pour mettre en place des cultures d’exportations : agrocarburant, blé, pomme de terre...

Du jour au lendemain, les terres sont bornées et on vient dire aux paysans qu’ils n’ont plus accès à leurs champs. Des engins débarquent et commencent à aménager la zone, détruisant les maisons et villages qui gênent... Et à part quelques rares cas, il n’y a ni relogement, ni dédommagement, ni rétribution de terres.

- Dans la région de Ségou -

Comment les paysans se sont-ils organisés pour faire face ?

Les paysans n’ont pas renoncé. Pour eux, la terre, c’est leur identité, leur vie et la survie de leurs enfants. Mais faire face aux investisseurs, c’est aussi faire face aux forces de l’ordre. On a vécu des moments extrêmes. Des hommes ont été battus à mort, des femmes ont avorté sous les coups des gendarmes, et des centaines de paysans ont été emprisonnés.

Ces événements n’étant pas médiatisés, nous avions l’impression d’être isolés dans notre détresse. Nos premières actions ont été de saboter les machines, ça nous donnait l’impression d’agir concrètement et nous aidait à décharger notre colère. Mais très vite, on a compris qu’il fallait s’organiser et monter manifester au cœur de la capitale, parce que les décisions sont prises à Bamako.

Les paysans des campagnes se sont constitués en groupements et ont convergé vers les associations de victimes d’expulsion des zones urbaines et péri-urbaines. Nous avons alors créé l’Union pour amplifier la lutte.

Nous avons organisé des forums pour connaître les problèmes de chacun, construit des revendications communes et organisé des grandes marches à Bamako pour montrer la force de notre résistance. Le gouvernement a vite compris qu’il fallait négocier avec nous. Sous la pression, il a mis en place une commission interministérielle spécifique au foncier, et l’Union a soumis un mémorandum dressant l’inventaire de tous les litiges rencontrés.

Plus tard, avec des associations de la société civile et des organisations paysannes, nous avons lancé la Convergence malienne contre les accaparements de terre, afin de peser plus fort encore. Fin 2011, avec les menaces qui s’accentuaient au Nord, ne pouvant pas se permettre de laisser éclater une révolution issue des paysans, le gouvernement a commencé à régler certains de nos problèmes, ce qui a fait fuir des multinationales chinoises et sud africaines. Certaines ont même porté plainte contre l’État.

Gonflés d’espoir par ces victoires, nous sommes les derniers à avoir manifesté à Bamako avant le coup d’état de mars 2013. Ces événements sont venus bouleverser notre combat, mais quel que soit le gouvernement en place, la stratégie est la même et on continue de leur mettre la pression en créant un vrai rapport de force.

Comment faites-vous face aux emprisonnements, aux procès, à la justice ?

Actuellement, au sein de l’Union, nous avons plus de 150 dossiers en justice ! On a bien été obligés d’être confrontés aux tribunaux, comment faire autrement ? La lutte politique s’accompagne forcément de la lutte juridique. Bien sûr, ça n’a pas été facile, surtout dans un milieu traditionnel et majoritairement analphabète, où la tradition orale pèse fort.

On s’est formés au droit sur le terrain de la lutte, il a fallu apprendre à ne plus avoir peur des « papiers », à les conserver et à les utiliser comme preuves. Apprendre aussi à démystifier l’appareil judiciaire. Nous sommes obligés aussi de se défendre par nous-mêmes parce que nous n’avons pas les moyens de payer les services des avocats et juristes. Un avocat proche de notre cause nous aide bénévolement, mais aujourd’hui, il est submergé par nos demandes.

- Massa Koné dans la librairie de Montredon, sur le Larzac, à l’occasion des journées d’été des Amis de la Conf’, fin juillet 2013 -

Quels sont les objectifs et les projets de l’Union ?

Les objectifs sont de récupérer les terres accaparées, de se faire dédommager des préjudices subis, et de faire en sorte que nos terres soient immatriculées tout en continuant à être régies par le droit coutumier. Parce qu’on sait maintenant qu’il ne faut pas se laisser leurrer par le piège que constitue la propriété privée.

Grâce aux amis paysans de la Conf’, j’ai entrepris des études de droit pour devenir juriste, parce que nous devons être capables de nous défendre sur tous les fronts. La découverte du Comité d’action juridique en Ardèche a aussi été décisive (2).

Au sein de l’Union, nous souhaitons mettre en place un CAJ parce que son fonctionnement et l’esprit dans lequel il a été pensé correspondent à nos besoins et attentes. Nous ne pouvons pas laisser nos droits aux seules mains des universitaires qui ne connaissent pas nos réalités, ni cautionner le fait que les plus démunis deviennent victimes à cause de leur ignorance. Nous devons les former, les accompagner à revendiquer leurs droits et à en acquérir de nouveaux. Et pour cela, nous devons réveiller les consciences.

- Propos recueillis par Fanny Métrat, paysanne en Ardèche

L’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis au Mali

Plus communément appelée « l’Union », l’organisation représente à ce jour le plus grand mouvement de lutte du pays, elle est membre du réseau international No Vox, les Sans Voix.

Depuis notre rencontre en novembre 2011 à Nyéléni lors du forum organisé par la Via campesina pour dire non aux accaparements de terres, nous sommes restés en lien. Nous avons organisé sa venue cet été en France afin de faire connaître son combat, de lui faire découvrir le nôtre et de réfléchir ensemble à la construction de projets communs.

Massa a participé aux journées d’été des Amis de la Conf’ sur le Larzac, au festival Africajarc dans le Lot et à diverses rencontres en Ardèche avec les paysans de la Confédération paysanne et les représentants du Comité d’action juridique.

Notes

(1) Dixit Thomas Sankara, président du Burkina Faso, assassiné en 1987.

(2) Un Comité d’action juridique est une association de bénévoles et de permanents qui apporte un appui juridique et humain aux ruraux dans une démarche participative et militante.

Vert paradoxe Par Julien villalard Reporterre 2013/12/05 Par Julien villalard (5 décembre 2013) Vert paradoxe. Reporterre. fr

Vert paradoxe

Ampoules fluocompactes, voitures hybrides, trains rapides, frigos Energy Star : la réduction de notre empreinte écologique passe, dit-on, par l’utilisation de technologies moins énergivores. Est-ce bien sûr ? Selon David Owen, cette consommation que l’on souhaiterait « responsable » aggrave en réalité la crise environnementale planétaire.

Tel est le paradoxe des effets rebond : chaque gain d’efficacité apporté par la science et l’industrie se traduit, en bout de ligne, par une consommation énergétique globale surmultipliée. Ainsi le transport aérien, moins énergivore qu’autrefois, est devenu accessible à tout un chacun et a décuplé. Idem pour la climatisation, ce luxe devenu omniprésent. Et l’éclairage de plus en plus économique transforme peu à peu l’obscurité en une denrée rare.

Au fil d’un voyage captivant aux avant-postes du « développement durable », là où s’activent ingénieurs, inventeurs, urbanistes et économistes, l’auteur montre avec humour comment la recherche effrénée d’efficacité trompe nos meilleures intentions, et pourquoi le fait de modifier nos habitudes de consommation ne rendra pas la croissance capitaliste plus viable… à moins peut-être de modifier la plus mauvaise de ces habitudes, qui est la soif de consommation elle-même.

- Vert paradoxe. Le piège des solutions énergétiques, David Owen, Préface de Serge Latouche, Editions Ecosociété, 216 pages, 15 € .

Sous nos pieds, le sol, richesse oubliée Marie Astier (Reporterre) Reporterre 2013/12/05 Marie Astier (Reporterre) (5 décembre 2013) Sous nos pieds, le sol, richesse oubliée. Reporterre. fr

Sous nos pieds, le sol, richesse oubliée

Il nous nourrit, nous supporte, fournit toutes sortes de biens. Il semble immuable et abondant. Et pourtant, le sol de la planète est une ressource limitée qui disparaît peu à peu. En cette Journée mondiale des sols, entretien avec un spécialiste, Dominique Arrouays.

On le foule des pieds, on y plante toutes sortes de végétaux pour nous nourrir, nous habiller ou nous chauffer, on y construit nos maisons, nos routes et nos écoles… Le sol est un support indispensable de nos vies. La plupart du temps nous ne le voyons même pas. Il nous semble immuable et abondant… Et pourtant, le sol est une ressource limitée qui disparaît peu à peu et qu’il faut protéger…

C’est le message de la journée mondiale des sols, qui a lieu jeudi 5 décembre à l’initiative de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Pour l’occasion, Reporterre a interviewé Dominique Arrouays, président de l’Association française pour l’étude des sols. Il est également ingénieur de recherche à l’INRA, et il a fait partie du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat). Il ouvre le colloque organisé à Paris, à l’occasion de cette journée mondiale des sols.

- Dominque Arrouays -

Reporterre - Qu’est-ce que le sol ?

Dominque Arrouays - C’est la peau de la planète. C’est une interface entre ce qui a en dessous, la lithosphère, c’est à dire les roches et les eaux souterraines et tout ce qu’il y a au dessus : la biomasse et l’atmosphère. Entre les deux, l’échange de flux est permanent.

Si l’on observe le sol avec un microscope, que peut-on y voir ?

C’est un mélange de matière minérale et organique, mais aussi de vie. Si vous prenez une poignée de sol, vous y trouvez plus d’êtres vivants que d’humains sur la planète. Un centimètre cube de sol contient un milliard de bactéries. Elles dégradent la matière organique. S’il n’y avait pas de bactéries ni de champignons, il n’y aurait aucun recyclage : tout s’accumulerait en surface. Le sol est une usine biologique et les bactéries et les champignons en sont les ouvriers.

Comment le sol se forme-t-il ?

Le sol se fabrique sous l’effet de l’altération des roches par le climat, la végétation, les pluies, l’activité biologique... C’est un processus très lent. Pour obtenir un centimètre de sol, il faut au moins un siècle, voire 1.000 ans. Les sols dont on dispose aujourd’hui sont un héritage qui a mis des dizaines et même des centaines de millier d’années à se former. Le problème, c’est qu’actuellement on le dégrade beaucoup plus vite qu’il ne se forme. Donc à un moment il n’y en aura plus, et ce sera la désertification.

Et pourtant les sols sont indispensables. Quels services nous rendent-ils ?

Ils en rendent énormément !

Le plus évident, c’est la production d’aliments et de biomasse. Sans sol, rien ne pousse. Il permet de nous nourrir, nous chauffer, produire des fibres pour nos vêtements, du bois, etc. Au niveau mondial c’est une question de sécurité alimentaire.

Le deuxième type de service c’est tout ce qui concerne le cycle de l’eau. Ce sont les sols qui filtrent nos eaux, les épurent, les stockent en cas de fortes pluies et les régulent en cas d’événements extrêmes comme une inondation. C’est la plus grande station d’épuration du monde et elle est naturelle.

Ensuite, les sols jouent un rôle dans tous les grands cycles terrestres : celui de l’eau, du carbone, de l’azote. A ce titre là, ils participent à la régulation des gaz à effet de serre et donc du climat. Ils sont capables de stocker par exemple du carbone. Il y a trois à quatre fois plus de carbone dans les sols du monde qu’il n’y en a dans toute l’atmosphère.

Le sol est aussi un patrimoine génétique immense, l’une des plus grandes sources de biodiversité terrestre et elle est encore largement inconnue. Comme je le disais il y a des milliards de bactéries dans le sol. Actuellement on ne connaît que 1 à 10% de ces organismes. Environ deux antibiotiques sur trois ont été découverts grâce aux bactéries et champignons des sols.

Le sol est également source de matériaux : les briques, l’argile, le sable... Presque tous les matériaux de construction sont issus des sols.

Enfin, les sols modèlent notre paysage en fonction de leur couleur, de leur répartition dans l’espace... Donc ils font partie de notre environnement physique et culturel.

On remarque qu’il y a des conflits d’usages entre tous ces services : on ne peut pas à la fois cultiver et avoir des carrières de matériaux. Pour bien utiliser nos sols, il faut les connaître.

Et aujourd’hui les sols sont menacés ?

Oui, ils disparaissent et ils se dégradent. Les sols sont une ressource qui se fait rare. Ils ne représentent que 20 % des surfaces émergées du monde (qui a une superficie de 510 millions de km2), et là dedans, 60 % sont déjà dégradés.

Une des premières menaces, c’est l’artificialisation des sols. A partir du moment où l’on couvre un sol par du béton ou du bitume, cela l’imperméabilise et il n’assure plus ses fonctions. En France, on « bétonne » 27 mètres carrés par seconde. C’est à dire que le temps de prononcer cette phrase, 200 mètres carrés ont déjà été bétonnés. C’est énorme. C’est la première menace en France, mais aussi dans certains pays qui s’urbanisent comme la Chine et l’Inde.

La deuxième menace, c’est l’érosion, sous l’effet de la pluie et du vent. On estime au niveau mondial qu’il s’érode environ 24 milliards de tonnes de sol par an, qui coulent vers les océans. Cela correspond à 3,4 tonnes par an et par personne sur la planète. Cela va très vite en Chine, mais nous aussi sommes concernés : environ 20% du territoire français perd plus de sol que ce que la nature est capable d’en former.

- Un effet extrême de l’érosion… en Alaska -

La troisième grande menace est la contamination. La pollution peut être d’origine industrielle comme le plomb, le cadmium, le cuivre, ou encore les métaux lourds. D’origine agricole aussi avec certains pesticides qui ne se dégradent pas. Encore une fois la Chine et l’Inde sont les plus touchées mais la France n’est pas à l’abri. On a montré qu’il y a des contaminations importantes dans les zones industrielles du Nord Pas-de-Calais, ou autour de la grande région de Paris.

Un autre problème est que les sols contiennent de moins en moins de matière organique, à cause de la déforestation ou des cultures intensives. La matière organique est de la matière décomposée de provenance végétale (feuilles et bois morts par exemple) et animale (êtres vivants du sol, mais aussi micro-organismes morts et cadavres).

Le sol n’assure plus sa fonction de stockage du carbone. Le CO2 repart dans l’atmosphère et accélère le changement climatique. En particulier on se pose beaucoup de questions sur le devenir des tourbes du nord de l’Europe et du Canada : avec le changement climatique on craint qu’elles disparaissent peu à peu et se mettent à émettre du CO2 dans l’atmosphère.

Entre autres menaces, il y a également le tassement des sols quand on utilise des machines lourdes en agriculture et en foresterie. L’acidification aussi nous fait craindre un dépérissement des forêts. On se pose en outre des questions sur l’effet de la monoculture et de l’agriculture intensive sur la biodiversité des sols.

Enfin, la salinisation concerne le sud de l’Espagne, l’Italie, la Roumanie, donc les pays méditerranéens, mais aussi du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Elle est due à l’irrigation des zones arides avec des eaux saumâtres. A terme cela peut stériliser les sols.

- Irrigation au Sénégal -

Les sols sont donc une ressource qui se fait rare. Elle est aussi répartie de façon inéquitable. Certains cherchent même à s’accaparer des terres... Est-ce un enjeu important ?

L’accaparement des terres recouvre plusieurs enjeux. Il faut d’abord savoir qu’un certain nombre de pays utilisent beaucoup de terres qui ne sont pas les leurs. Par exemple, quand on nourrit notre bétail avec du soja importé du Brésil. En France, on utilise 30 millions d’hectares à l’extérieur de notre territoire. Si on prend l’Union européenne, on est à 330 millions d’hectares hors de nos frontières. C’est plus de cinq fois la surface de la France.

Donc la balance est très déséquilibrée, les riches vivent à crédit sur les sols des autres.

Beaucoup de pays et de multinationales voient bien que les sols sont un enjeu mondial, que l’on va en manquer. Certains pays et compagnies vont acheter ou louer dans des pays où elles coûtent moins cher et où l’on peut faire des productions intéressantes. Cela concerne beaucoup l’Afrique et l’Amérique du Sud. Les principaux pays qui achètent sont soit en très fort développement comme la Chine, soit ont de petites surfaces et sont riches comme la Corée du Sud et le Japon. Ils acquièrent des terres hors de chez eux parce qu’ils se rendent compte qu’ils vont avoir des problèmes d’approvisionnement.

Avez-vous l’impression que les décideurs politiques et l’opinion publique sont conscients de l’importance des sols ?

Il y a deux difficultés avec les sols. La première, c’est qu’on ne les voit pas : ils sont couverts par la végétation ou nos maisons.

L’autre problème c’est que contrairement à l’air et l’eau qui sont considérés comme des biens publics, le sol est la plupart du temps considéré comme un bien privé. On ne se rend pas compte que c’est un patrimoine mondial de l’humanité, qu’il faut protéger au même titre que les océans par exemple.

Ceci dit, je pense que la prise de conscience commence à se faire au niveau politique et international. Pas assez dans la tête du grand public. Mais au niveau international, le meilleur exemple est cette initiative de la FAO, qui a créé un partenariat mondial sur les sols pour les protéger.

L’idée de la journée mondiale des sols est de lancer un appel pour protéger les sols : quelles mesures proposez-vous ?

Déjà, il faut que l’on communique et que l’on éduque. Beaucoup de sols sont dégradés simplement parce que l’on ne sait pas les gérer. Il faut donc apprendre, en premier lieu aux agriculteurs et aux forestiers, à protéger leurs sols.

Ensuite, il faut une prise de conscience politique : il faut qu’on arrive à une convention internationale sur les sols comme on peut avoir pour la biodiversité ou le climat. C’est un travail de longue haleine mais il faut aller vers cette régulation au niveau mondial.

Puis on peut décliner cette régulation au niveau européen ou français. Il faut que l’on prenne en compte les sols dans les projets d’aménagement et les documents d’urbanisme. Ce n’est pas le cas pour l’instant.

On peut aussi avoir des outils d’incitation, pour favoriser les pratiques favorables à la qualité des sols. Par exemple, on pourrait conditionner les aides aux agriculteurs au fait qu’ils gardent le sol couvert pour éviter l’érosion.

- Propos recueillis par Marie Astier

A voir : « Et si l’on parlait du sol ? ». Une vidéo très bien faite réalisée par la FAO.

A Lyon, un tunnel sans voiture Le Parisien Reporterre 2013/12/05 Le Parisien (5 décembre 2013) A Lyon, un tunnel sans voiture. Reporterre. fr

A Lyon, un tunnel sans voiture

Un tunnel entièrement dédié aux modes de transports « doux » (bus, vélos, piétons), doublant le tunnel réservé aux voitures, est inauguré jeudi 5 décembre sous la colline de la Croix-Rousse à Lyon.

Inauguré en 1952, le tunnel routier est un des axes essentiels de circulation dans la ville, long de 1,8 kilomètre et emprunté quotidiennement par 47.000 véhicules.

Alors que devaient être entrepris d’importants travaux de mise au norme pour respecter la réglementation imposée à la suite de l’incendie du tunnel du Mont Blanc en 1999, Lyon a saisi l’occasion pour innover.

La construction d’un deuxième tunnel de sécurité était obligatoire pour respecter la législation, mais le choix de la ville, « première mondiale » selon elle, a été de réserver la circulation des voitures et des camions au premier et celle des piétons et cyclistes au second.

Ce tunnel, large de dix mètres, comporte une piste cyclable dans chaque sens, une voie de bus en site propre et un trottoir pour les piétons. La ventilation, la surveillance et l’éclairage ont été particulièrement étudiés pour le confort, tant des automobilistes que des piétons et cyclistes. Onze issues de secours sont prévues pour permettre l’évacuation des usagers en cas d’accident grave.

Un soin particulier a été apporté à l’éclairage, avec l’objectif d’éviter l’image « traditionnellement anxiogène » des tunnels grâce à « la mise en place d’un dispositif inédit d’animations lumineuses diffusées sur les parois ».

Les deux têtes de tunnel, l’une donnant sur la Saône et l’autre sur le Rhône, ont été réalisées en pierres naturelles pour s’intégrer au mieux au paysage urbain. Les voies d’accès ont été également repensées et végétalisées, en lien avec les berges des cours d’eau qu’elles côtoient.

Dans un premier temps, les bus circulant sous ce tunnel rouleront au diesel. Mais il est prévu qu’ils soient rapidement remplacés par des bus électriques, plus respectueux de l’air ambiant pour les piétons et les cyclistes.

Les élus EELV de Lyon, qui se réjouissent de l’ouverture de ce tunnel, regrettent cependant sa fermeture de 23h00 à 06h00 du matin, empêchant ainsi « les cyclistes d’en profiter en fin de soirée ».

Le coût du chantier global, réalisé sous l’égide du groupe Vinci, est évalué à 282,8 millions d’euros.

Le pacte pour la Bretagne : un retour vers le passé polluant Agir pour l’environnement Reporterre 2013/12/06 Agir pour l’environnement (6 décembre 2013) Le pacte pour la Bretagne : un retour vers le passé polluant. Reporterre. Tribune — fr

Le pacte pour la Bretagne : un retour vers le passé polluant

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer un « pacte pour la Bretagne ». En matière agricole, il s’agit d’une étonnante régression, encourageant des productions d’exportation à prix subventionnés et des élevages toujours plus polluants.

Le Premier ministre a annoncé jeudi 5 décembre les grandes lignes du « pacte d’avenir pour la Bretagne », censé répondre à l’agitation multiforme qui a animé la Bretagne ces dernières semaines. Si certaines mesures économiques d’urgence peuvent se défendre, force est de constater que le volet agricole du « pacte » ressemble furieusement à un triste retour en arrière.

Le dispositif prévoit ainsi de soutenir les exportations agro-alimentaires, autrement dit d’encourager les dérives qui sont à la source même de la crise industrielle et environnementale bretonne ! La recherche obsessionnelle de l’exportation suppose en effet de nier les fondamentaux de l’agronomie, puisqu’elle conduit à concentrer sur le territoire breton un cheptel animal disproportionné par rapport aux capacités de la Bretagne à nourrir ces animaux… et à absorber leurs déjections. L’agro-alimentaire breton n’est alors plus qu’un maillon dans une chaîne fordienne déshumanisée, où l’alimentation du bétail est importé d’Amérique latine tandis que l’abattage et une partie de la transformation sont délocalisés dans d’autres pays européens. C’est ce modèle-là, qui ne s’autojustifie qu’à coup de concentration industrielle et de « rationalisation », qui est précisément la cause première des licenciements massifs actuels !

En outre, ce modèle massivement exportateur méprise les réalités humaines et agricoles des pays tiers, puisqu’il vise cyniquement à concurrencer les agriculture vivrières des pays du Sud… et à y entretenir la pauvreté. Il faut beaucoup de culot aux patrons de l’agro-alimentaire breton pour critiquer la concurrence déloyale de certaines agricultures industrielles… alors qu’ils pratiquent exactement la même concurrence déloyale et cynique à l’égard des pays les plus pauvres.

L’environnement et le bien-être animal semblent hélas les grands perdants de la « crise » savamment orchestrée ces dernières semaines. En effet, non seulement le renforcement du modèle exportateur massif conduit inéluctablement à augmenter le déséquilibre entre les déjections animales et le territoire réel, mais en outre une autre mesure phare du « pacte » vise à la « simplification administrative ».

Ceux qui vivent en Bretagne ou qui suivent les dossiers agricoles ne sont pas dupes ! Cette « simplification » est systématiquement le prétexte à l’abaissement des garde-fous environnementaux et à l’augmentation du libéralisme agro-alimentaire intégral. Au prétexte de « simplifier », il s’agit avant tout de faciliter les agrandissements d’élevages hors-sol déjà surdimensionnés et ultra-pollueurs, d’éviter la prise en compte des nuisances envers les riverains, et de négliger les atteintes à l’environnement.

En allégeant les garde-fous réglementaires qui sont absolument nécessaires face au cynisme économique néolibéral et en confortant un « modèle » exportateur destructeur de l’environnement et des emplois, les mesures agricoles du « pacte pour la Bretagne » semblent avoir singulièrement omis la notion d’avenir. Ce sont là des recettes du passé, qui risquent d’amplifier la crise bien plus que de la résoudre. Le gouvernement et le Conseil Régional de Bretagne semblent écouter bien davantage la voix des populistes et de quelques magnats agricoles que celle de la raison.

Contre la censure scientifique, Reporterre place en ligne l’étude originale de Gilles-Eric Séralini et de son équipe Reporterre Reporterre 2013/12/06 Reporterre (6 décembre 2013) Contre la censure scientifique, Reporterre place en ligne l’étude originale de Gilles-Eric Séralini et de son équipe. Reporterre. fr

Contre la censure scientifique, Reporterre place en ligne l’étude originale de Gilles-Eric Séralini et de son équipe

Un cas unique de censure scientifique : la revue Food and chemical toxicology a fini par retirer l’étude de l’équipe de M. Séralini sur les OGM et le Roundup. Au seul motif que ses résultats ne seraient « pas concluants ». Comme des milliers d’études publiées dans les revues scientifiques. Reporterre met en ligne cette étude, pour qu’elle reste facilement accessible.

La revue Food and Chemical Toxicology, dont un récent membre du comité scientifique est un ancien employé de Monsanto, a fini par retirer l’article de Gilles-Eric Séralini et de son équipe, publié en septembre 2012.

C’est un cas extraordinaire de censure scientifique. Il n’est pas reproché à cette étude d’erreur ou de fraude, mais que ses résultats ne sont « pas concluants », ce qui est le cas de milliers d’études publiées dans les revues scientifiques.

Reporterre place ici la version originale de cette étude, de façon à ce qu’elle reste disponible en téléchargement :

L’épisode précédent de cette incroyable histoire : OGM : une nouvelle offensive est lancée contre l’étude de l’équipe Séralini.

Voir aussi la vidéo : EXCLUSIF : Séralini répond à ses détracteurs.

Gaz de schiste : en Roumanie, le village de Pungesti sous étroite surveillance policière Ionuţ Balaban (Adevarul) Reporterre 2013/12/06 Ionuţ Balaban (Adevarul) (6 décembre 2013) Gaz de schiste : en Roumanie, le village de Pungesti sous étroite surveillance policière. Reporterre. fr

Gaz de schiste : en Roumanie, le village de Pungesti sous étroite surveillance policière

A Pungesti, en Roumanie, la multinationale Chevron démarre ses activités, tandis que la population est harcelée par la police.

A Pungeşti, les villageois sont poussés à bout, depuis l’assaut donné lundi 2 décembre par un millier de policiers anti-émeute contre le camp de résistance au forage d’exploration de gaz de schiste mené par Chevron. Ils lancent un appel aux autorités pour dénouer cette situation et menacent de mettre le feu à leurs maisons si on continue de les empêcher de circuler sans être en permanence filmés et contrôlés par les force de l’ordre à chaque fois qu’ils sortent de leur maison.

Comme le journal « La Vérité » le rapportait hier, la situation est loin d’être revenue au calme à Pungeşti. Même si les camions ont déjà amené sur place le matériel permettant à la compagnie Chevron de mettre en route le premier forage roumain d’exploration visant du gaz de schiste, des troupes de policiers sont toujours sur place, bien qu’il y ait aussi sur place une compagnie de sécurité embauchée par la compagnie américaine.

« Les gens ne peuvent sortir de leurs maisons sans être filmés, qu’on leur demande un acte d’identification, et qu’ ils soient interrogés. Ils ne peuvent plus mener leurs animaux aux champs ou aller toucher leurs allocations, car ils sont surveillés sans cesse. On fait appel aux autorités de l’état pour qu’elles interviennent et aplanissent la situation. Les villageois menacent d’incendier leurs maisons si on n’intervient pas afin de calmer les esprits. Jusqu’où peuvent donc aller de tels comportements abusifs ? » demande Zîna Domintean, une activiste du camp occupé par les résistants. Les habitants de Pungeşti se plaignent de ne même pas pouvoir pas aller chercher de l’eau à la fontaine librement.

En termes concrets, quiconque traverse la zone doit s’arrêter à la demande des gendarmes et montrer sa carte d’identité – qu’il soit simple pékin, journaliste, ou transporteur routier privé.

Les employés de Chevron sont arrivés le 2 décembre sur le périmètre de 8 000 m2 loué par le maire de Pungeşti qu’ils ont aussitôt ceint d’une clôture de sécurité. Les camions de la compagnie sont arrivés durant la nuit, accompagnés de fourgons remplis de centaines de gendarmes de plusieurs unités provenant de différentes régions.

Les villageois, mobilisés depuis déjà le 16 octobre dans le camp improvisé près du périmètre en question, ont vainement essayé de barrer le chemin aux camions amenant le matériel d’extraction : les gendarmes les ont évacués afin de libérer la voie.

Les employés de Chevron sont revenus à Pungeşti quinze jours après la promesse de Tom Holst, le patron de Chevron en Roumanie, de ne commencer l’exploitation qu’après avoir convaincu les villageois des avantages du projet.

« Il y a deux ou trois semaines, des jeunes sont venus dans les hameaux appartenant à la commune. Ils prétendaient être des journalistes, et demandaient aux gens de signer des papiers, afin de recevoir gratuitement les journaux locaux. En signant, ils ont en fait donné leur accord pour l’exploration des réserves de gaz de schiste », affirme Monica Focşa, conseillère municipale locale.

Du point de vue légal, les représentants de Chevron ont reçu tous les avis et les autorisations nécessaires, et ont le droit de commencer l’exploitation à Pungeşti.

Le 3 octobre, Chevron a reçu l’autorisation de travaux pour l’installation, dans le département de Vaslui, de la première foreuse destinée à l’exploration visant du gaz de schiste en Roumanie, après avoir reçu des autorités roumaines tous les avis nécessaires pour la prospection du sous-sol dans le périmètre de Siliştea.

Le commandant de l’Inspectorat Régional de la Gendarmerie (Inspectoratul Judeţean de Jandarmi – IJJ) du département de Vaslui, a affirmé que la seule personne habilitée à faire des déclarations sur le sujet est Modoranu, porte-parole de l’IJJ, mais ce dernier n’a pas pu être joint.

Toutefois, la Gendarmerie Roumaine a émis lundi un communique de presse qui se contentait d’expliquer la présence des gendarmes à Pungeşti, mais pas d’éclaircir la question des contrôles abusifs de toute personne qui transitent dans le secteur.

Les grandes multinationales espionnent les mouvements écologistes Nafeez Ahmed (The Guardian) / Elisabeth Schneiter (Reporterre) Reporterre 2013/12/06 Nafeez Ahmed (The Guardian) / Elisabeth Schneiter (Reporterre) (6 décembre 2013) Les grandes multinationales espionnent les mouvements écologistes. Reporterre. fr

Les grandes multinationales espionnent les mouvements écologistes

Un récent rapport montre que nombre de très grandes entreprises recourent régulièrement à des agences d’espionnage pour surveiller les associations environnementales et altermondialistes.

Un nouveau rapport du Center for Corporate Policy (CCP) à Washington apporte des preuves qui montrent comment certaines des plus grandes sociétés du monde ont établi un partenariat avec des entreprises privées de renseignement et avec les agences de renseignement du gouvernement américain, dans le but d’espionner des activistes et des associations à but non lucratif, principalement celles qui défendent l’environnement.

Ce rapport s’appuie sur un large éventail de données publiques, comme des procès ou des enquêtes journalistiques. Il dresse le tableau inquiétant d’un programme d’espionnage industriel mondial hors de contrôle, montrant que jusqu’à un quart des activistes sont peut-être des espions privés infiltrés.

Le rapport montre que le fait qu’une action de protection de l’environnement « ... diminue ou même simplement menace les actifs ou l’image d’une entreprise », suffit pour justifier un espionnage corporate.

Greenpeace est l’un des groupes le plus souvent ciblé, et par différentes entreprises. Dans les années 1990, Dow Chemical, le plus grand producteur de chlore dans le monde, a fait espionner Greenpeace par la firme de sécurité privée Beckett Brown International (BBI), en raison de la campagne de l’association contre l’utilisation de chlore pour la fabrication du papier et du plastique.

Entre autres actes d’espionnage on remarque “le vol de documents dans les poubelles, l’infiltration d’agents au sein des groupes, l’espionnage des bureaux, écoutes téléphoniques de militants, et des réunions confidentielles. »

D’autres bureaux de Greenpeace en France et en Europe ont été piratés et espionnés par des sociétés privées de renseignement français à la demande d’Électricité de France, le plus grand opérateur mondial de centrales nucléaires, détenue à 85% par le gouvernement français.

Les compagnies pétrolières Shell et BP ont embauché Hackluyt, une société privée d’investigation ayant des “liens étroits” avec le MI6 (le service d’espionnage britannique), pour infiltrer Greenpeace en implantant un agent qui « se présentait comme un sympathisant de gauche et cinéaste. » Sa mission était de « trahir les plans des activités de Greenpeace contre les géants du pétrole », y compris la collecte de « renseignements sur les mouvements du navire de Greenpeace dans l’Atlantique nord. »

D’après le rapport de CCP : « Un large éventail d’organismes sans but lucratif ont été ciblés par l’espionnage, dans les domaines de l’environnement, pacifisme, défense des consommateurs, sécurité alimentaire, pesticides, maison de retraites, contrôle des armes à feu, justice sociale et droits des animaux.

Beaucoup des plus grandes entreprises du monde et leurs associations comme la Chambre de commerce américaine, Wal-Mart, Monsanto, Bank of America, Dow Chemical, Kraft, Coca-Cola, Chevron, Burger King, McDonald, Shell, BP , BAE, Sasol, Brown & Williamson et E.ON - ont des liens avec l’espionnage ou ont eu des projets d’espionnage d’organisations à but non lucratif, de militants ou de whistleblowers. »

Explorant d’autres exemples de cette activité, le rapport note que lors du procès contre Texaco puis Chevron, en Équateur, l’entreprise privée Kroll a essayé d’embaucher la journaliste Marie Cuddehe comme « espionne corporate » pour Chevron, afin de saboter des études sur les effets de la marée noire sur la santé et l’environnement.

Se référant aux travaux du journaliste d’investigation américain Jeremy Scahill, le rapport souligne que l’entreprise de défense Blackwater, rebaptisée XE Services puis, maintenant, Academi, avait cherché à devenir « la branche espionnage » de Monsanto, la société de biotechnologie et d’OGM. Blackwater a été payée pour « fournir des agents d’infiltration dans les groupes d’activistes qui s’organisent contre la société de biotechnologie multinationale. »

Dans un autre cas, le Camp du Royaume-Uni pour l’action climatique (UK’s Camp for Climate Action), qui milite pour le démantèlement des centrales au charbon, a été infiltré par la firme de sécurité privée Vericola commanditée par trois sociétés d’énergie, E.ON, Scottish Power, et Scottish Resources Group.

S’appuyant sur des courriels de la firme privée de renseignement basée au Texas, Stratfor, publiés par Wikileaks, le rapport montre comment Stratfor aurait « espionné des groupes de défense des droits humains, des droits des animaux et de l’environnement, au nom de sociétés comme Coca- Cola.” Dans un cas, les courriels suggèrent que Stratfor a espionné PETA, People for the Ethical Treatment of Animals, l’équivalent de la SPA en France, à la demande de Coca-Cola, et a eu accès à une enquête du FBI sur PETA.

Le rapport dévoile des preuves convaincantes qui montrent qu’une grande partie de l’espionnage du fait des entreprises est facilité par des organismes gouvernementaux, le FBI en particulier. S’appuyant sur un document du Bureau de l’inspecteur général du Département américain de la Justice daté de Septembre 2010, qui a examiné les enquêtes du FBI entre 2001 et 2006, le rapport conclut que « l’ouverture d’enquêtes sur des membres de groupes ou associations était factuellement peu fondée... Dans certains cas, nous avons également constaté que le FBI a prolongé la durée des enquêtes impliquant des groupes de défense des droits ou de leurs membres, sans fondement suffisant... Dans certains cas, le FBI a classé certaines de ses enquêtes relatives à la désobéissance civile non-violente sous la classification d’ « actes de terrorisme ».

Par exemple, à propos d’une enquête du FBI sur Greenpeace, le ministère de la Justice a révélé que « le FBI n’a donné que peu ou pas de fondements aux soupçons qu’il y ait eu violation d’une loi pénale fédérale... Nous avons également constaté que le FBI a gardé cette enquête ouverte pendant plus de 3 ans, bien au-delà des réunions d’actionnaires de sociétés que les suspects auraient envisagé de perturber... Nous avons conclu que l’enquête a été maintenue ouverte « au-delà du point où sa justification sous-jacente n’existe plus », ce qui était incompatible avec le manuel du FBI de lignes directrices opérationnelles et d’enquête (MIOG). »

La participation du FBI dans l’espionnage industriel a été institutionnalisée par « InfraGard » , « un partenariat peu connu entre le secteur privé, le FBI et le Département de la Sécurité intérieure. » Le partenariat implique la participation de « plus de 23.000 représentants de l’industrie privée », dont 350 des entreprises membres des Fortune 500.

Mais ce n’est pas seulement le FBI. Selon ce nouveau rapport, « des membres de la CIA en service actif sont autorisés à vendre leur expertise au plus offrant, une politique qui permet à des sociétés financières et à des fonds spéculatifs, d’utiliser le meilleur des talents d’espionnage de la nation. On sait peu de l’activité privée de la CIA, ni quelles sont les entreprises qui ont embauché des agents de la CIA pour des actions en cours. »

Le rapport conclut que, en raison d’un très grave manque de contrôle, le gouvernement tend à simplement fermer les yeux sur la sous-traitance de l’espionnage :

« En fait, les entreprises sont désormais en mesure de reproduire en miniature les services d’une CIA privatisée, en embauchant des agents en service actif ou retraités. Les actes hors la loi commis par ces espions semblent jouir d’une totale impunité, et sont une menace pour la démocratie et la justice. Les entreprises peuvent désormais embaucher une force d’exécution de droit privé - à peine entravée par des normes juridiques et éthiques, et l’utiliser pour renverser ou détruire des groupes civiques. Ce qui diminue fortement la capacité du secteur civique de compenser la formidable puissance des élites industrielles et des riches. »

Gary Ruskin, auteur du rapport, a déclaré : « L’espionnage économique contre les organisations à but non lucratif est un abus flagrant de pouvoir des entreprises et une subversion de la démocratie. »

Il se demande : « Qui maîtrisera les forces de l’illégalité des industries mercantiles qui attaquent les associations à but non lucratifs qui défendent la justice ? »

C’est une bonne question.

Ironiquement, la plupart des entreprises fer de lance de la guerre contre la démocratie sont aussi en guerre avec la planète terre - la semaine dernière le Guardian a révélé que 90 des plus grandes sociétés génèrent près des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre et sont donc en grande partie responsables du changement climatique.

Manifestation le 7 décembre contre les grands projets imposés Reporterre 2013/12/06 (6 décembre 2013) Manifestation le 7 décembre contre les grands projets imposés. Reporterre. fr

Manifestation le 7 décembre contre les grands projets imposés

Manifestation contre les projets inutiles imposés samedi 7 décembre à Brest à 11h00 – Place de la Liberté

Aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ligne ferroviaire Lyon-Turin, réacteur thermonucléaire ITER à Cadarache, centrale à gaz à Landivisiau, et tant d’autres projets ici et ailleurs...

Refusons les projets inutiles imposés ! Mettons un terme au temps des pharaons !

Tandis que les situations économique, sociale et environnementale se dégradent chaque jour, tous les projets inutiles et imposés via des simulacres de démocratie sont des réponses inadaptées aux besoins des populations et aux enjeux du présent. Ils sont révélateurs d’une vision politique obsolète fondée sur l’idée que les ressources naturelles sont inépuisables.

Que ce soit le projet de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, de la centrale à gaz à Landivisiau, de la ZAC à Daoulas, de la rocade de Lanrinou à Landerneau, de la route qui détruira la vallée du Restic à Brest, de la carrière d’extraction de sable à Plouguin, de ports de plaisance au Guilvinec ou au Diben (Plougasnou)... tous ces projets ont en commun : la destruction des liens humains, des terres agricoles, des zones humides et de la biodiversité... Ils freinent la création d’un modèle de développement humainement responsable. Ils persistent à promouvoir des infrastructures pour servir les intérêts privés d’une minorité de personnes.

Des projets destructeurs d’emplois et de terres agricoles

C’est environ 86 000 hectares de terres agricoles qui disparaissent chaque année en France au profit de l’urbanisation, soit l’équivalent d’un département français de taille moyenne tous les 7 ans ! Des emplois dépendent de cette terre nourricière : « Nous avons perdu 160 000 emplois paysans en 10 ans – l’équivalent de deux plans sociaux PSA/Citroën par an dans la plus grande indifférence » constate la Confédération paysanne ! L’accaparement des terres sous différentes formes est à l’œuvre ici et ailleurs dans le monde et la souveraineté alimentaire des peuples est partout menacée.

Des projets nuisibles et polluants

Les projets inutiles et imposés contribuent à la production de gaz à effet de serre et au désastre climatique en cours. L’environnement est irrévocablement saccagé, le niveau des mers et des océans ne cesse de s’élever, les conditions de vie et la santé des populations sont sacrifiées au bénéfice de l’intérêt financier. Conséquences de taille sur les gaz à effet de serre : 5 millions de tonnes de CO2 pour le seul projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Une centrale à gaz de 450 Mégawatt à Landivisiau dégagerait dans l’atmosphère 1 million de tonne de CO2 par an !

Des gaspillages d’argent public

Ces projets financés ou co-financés, pour la plupart, avec de l’argent public ont un coût exorbitant. Sur la centaine de Grands Projets Inutiles Imposés (GPII) recensés en France et en n’en prenant que quelques-uns parmi eux, on arrive déjà à des sommes considérables ! Un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, sans les travaux connexes, coûterait en fonds publics pour le moins 250 millions d’euros. Une centrale à gaz à Landivisiau 40 millions d’euros par an durant au moins 20 ans reconductible, soit 40 ans, donc entre 800 millions d’euros et 1,6 milliard d’euros. Le projet de réacteur thermonucléaire ITER coûterait 15 milliards d’euros ! La ligne ferroviaire Lyon-Turin coûterait 26 milliards d’euros selon la Cour des comptes.

Au total, rien que pour ces projets, il s’agit de plus de 45 milliards d’euros ! Il faudrait accepter ces gaspillages d’argent public tandis qu’à longueur de temps l’État nous dit que ses caisses sont vides et qu’il augmente la pression fiscale sur les moins lotis ?

Alors : gouverner c’est choisir ! Choisir de rester dans l’impasse, de jeter par les fenêtres l’argent public, de détruire les emplois et les terres, au nom et au profit d’une minorité ; ou bien construire pour tous un avenir durable et non délocalisable. Pour cela il faut lutter contre le gaspillage en bloquant ces projets inutiles imposés.

Rejoignez les résistances !

Comités de soutien à Notre-Dame-des-Landes de Brest, Morlaix, Landerneau et Pays Bigouden - Collectif GASPARE - Landivisiau doit dire Non à la centrale - Collectif « Pour la sauvegarde de la vallée du Restic » (Brest) - Collectif Stop Lanrinou (Landerneau) - Association ADEL et le collectif « Zone Agricole à Conserver » (Daoulas) - Association « Bien vivre à Plouguin et ses environs » - Opposant.e.s à l’extension de la ZAC de l’Hermitage à Brest

Ils font disparaître les vieux téléskis Mountain Wilderness Reporterre 2013/12/06 Mountain Wilderness (6 décembre 2013) Ils font disparaître les vieux téléskis. Reporterre. fr

Ils font disparaître les vieux téléskis

Le démontage des installations obsolètes se poursuit en montagne.

Situés en site protégé puisqu’à la fois dans la Réserve naturelle du Combeynot, en zone Natura 2000 ainsi qu’en zone cœur du Parc national des Écrins, deux téléskis obsolètes depuis bientôt 10 ans ont été démontés cet automne au Col du Lautaret (Hautes-Alpes).

Et voilà... c’est encore plus de 35 tonnes de ferrailles et béton qui ont été retirées de ce site exceptionnel. Afin de préserver les pelouses alpines et les zones humides, l’évacuation a été faite, selon les types de matériel, par portage manuel, engins motorisés légers ou héliportage. Les différents éléments ont été stockés provisoirement sur le parking avant d’être acheminés vers des centres spécialisés dans le retraitement des déchets.

Avec les chantiers de l’année 2013, Mountain Wilderness a franchi un cap concernant la problématique des installations obsolètes. Jusqu’à présent toutes les opérations étaient organisées et portées par des bénévoles (reconnaissance de terrain, évaluation des déchets et considérations techniques…) et coordonnées par une chargée de mission de l’association. Même si les repérages sont encore le fait de bénévoles, pour certaines opérations, des élus ont sollicité directement l’association, ou l’organisme public gestionnaire du site, ce qui a été le cas pour ce démantèlement du col du Lautaret.

Mountain Wilderness a œuvré dans les coulisses avec tout son savoir-faire dans le domaine des installations obsolètes et a permis d’établir devis et demandes de subventions.

C’est grâce à la collaboration du Syndicat mixte des stations villages de la Haute Romanche, maître d’ouvrage, et du Parc national des Écrins, et à des financements européens et nationaux que ce chantier a pu aboutir.

Les ouvriers de Fralib luttent depuis mille jours pour lancer une coopérative écologique Clément Chassot (Reporterre) Reporterre 2013/12/06 Clément Chassot (Reporterre) (6 décembre 2013) Les ouvriers de Fralib luttent depuis mille jours pour lancer une coopérative écologique. Reporterre. Économie fr

Les ouvriers de Fralib luttent depuis mille jours pour lancer une coopérative écologique

Dans les Bouches-du-Rhône, soixante-dix ouvriers de l’usine Fralib sont toujours en lutte, trois ans après l’annonce de la fermeture du site par Unilever. Leur projet : relancer la production selon des critères écologiques et en relocalisant les fournitures.

Gemenos (Bouches-du-Rhône), reportage

Fralib, c’est l’histoire d’une résistance obstinée face à une multinationale anglo-néerlandaise, Unilever, présente dans plus de 190 pays à travers des marques telles que Knorr, Amora, Dove... Ou encore les thés Lipton et les tisanes Elephant, que produisaient les Fralib jusqu’à ce que leur usine, nichée au pied de la colline de la Sainte-Baume à Geménos (Bouches-du-Rhône), ne s’arrête définitivement de tourner, en septembre 2012.

Après plus de mille jours de lutte, les Fralibs sont encore là. Et comptent bien faire revivre leur usine grâce au projet alternatif de reprise qu’ils portent depuis plus de deux ans : créer une SCOP et renouer avec des produits de qualité. « L’Éléphant vivra à Gémenos » est devenu le mantra des soixante-dix-sept salariés qui occupent encore aujourd’hui le site, sur les 182 concernés à l’annonce de la l’arrêt de l’activité par Unilever en septembre 2010.

« On mise sur les circuits courts pour travailler avec des plantes provençales de qualité, refaire marcher une économie locale. Faire quelque chose de sensé quoi ! Si on reprend la production, ce n’est pas pour faire ce que faisait Unilever », explique Gérard Cazorla, le secrétaire CGT du comité d’entreprise.

Pour prouver que cela était possible et que le savoir-faire n’avait pas disparu, les Fralibs ont produit cinq mille boîtes de tisane au tilleul produit dans le pays de Buis les Baronnies, en Drôme provençale, à l’occasion de la fête de l’Humanité. « On est persuadés que notre lutte est légitime et que notre projet tient la route, on ne peut pas accepter qu’Unilever nous pique cette usine. »

Le hic : pour que leur projet voit le jour, les Fralibs ont besoin de la multinationale, notamment pour racheter leur production pendant trois à cinq ans. Mais ils réclament surtout la cession de la marque Elephant, ce qu’Unilever refuse catégoriquement.

Pourtant, les Fralibs estiment qu’elle leur revient de droit : l’Elephant est une marque provençale, née à la fin du XIXe siècle, rachetée en 1972 par Unilever au groupe Ricard. Jusqu’en 1998, il existait deux usines Fralib en France : une en Provence donc et une autre au Havre. Mais un premier plan social lancé par Unilever a eu raison du site normand.

Douze ans après, c’est Geménos s’est retrouvée dans le viseur, pas assez rentable pour l’industriel. « Cela n’a jamais été prouvé, comme l’a dit l’Inspection du travail », fulmine le syndicaliste à la tête ronde, aux petites lunettes et à la bonhomie naturelle.

Jointe par téléphone, la direction du groupe explique sereinement qu’un « industriel raisonne en termes de compétitivité. On perdait des parts de marché depuis 2003 et Gémenos nous revenait trop cher par rapport à nos trois autres usines. » Aujourd’hui, Unilever préfère produire en Angleterre, en Belgique et en Pologne.

Depuis 2010, trois plans sociaux ont été proposés, tous invalidés par la justice, estimant entre autres que les conditions de reclassement n’étaient pas sérieuses. Comme quand la direction propose des postes en Pologne à 400 euros et des brouettes. Entre-temps, soutenus par les collectivités locales, l’usine est rachetée par la communauté urbaine Marseille Provence métropole. Tout comme les machines, pour un euro symbolique.

« Ce n’est pas facile tous les jours, on voit souvent plus les collègues que nos familles, mais avec l’effet de groupe, tous les soutiens qu’on reçoit, on tient le coup », lance Rim Hadri, une jeune femme aux longs cheveux bruns. Les salariés continuent à se réunir une fois par semaine en assemblée générale et à parcourir la France pour expliquer leur combat « aux camarades » ou à organiser des initiatives comme celle du 7 décembre prochain, un appel à boycott des produits Unilever.

S’approvisionner auprès des producteurs locaux

Et bien sûr, ils continuent à préparer leur projet de SCOP, auquel ils croient dur comme fer. « Depuis environ 15 ans, tout était produit chimiquement, explique Laurence Nicolas, une des laborantines. Unilever importait des plantes des quatre coins du monde pour en faire de la poudre qu’on insérait dans des micro-billes. Cela n’a pas de saveur, on ne veut plus de tout ça. Je ne change pas de métier, simplement de produits. Et si en s’approvisionnant chez des producteurs locaux, on peut relancer l’agriculture du coin, tant mieux ! ». Camomille, tilleul, menthe verte, « on expérimente, on regarde ce qui est possible de faire. Mais pas de doute, c’est bien meilleur ! », assure-t-elle.

Mais si la région Paca a commandé en 2011 un rapport au cabinet Progexa qui valide ce projet alternatif, il n’est pas encore tout près d’aboutir. Unilever refuse de s’asseoir à la table des négociations et estime en avoir déjà fait beaucoup, en abandonnant par exemple les machines. Sans parler de la cession de la marque - qui serait un aveu de faiblesse pour ce symbole du capitalisme - et des millions d’euros d’investissements nécessaires, notamment pour un atelier de coupe des plantes fraîches.

« C’est vrai que ce rapport est très optimiste dans la mesure où il associe Unilever au projet des Fralibs, consent Michèle Tregan, conseillère régionale socialiste déléguée à l’emploi qui suit le dossier. Il faudrait établir un plan B, sans Unilever. Mais nous continuons de dire que ce projet va dans le bon sens et qu’Unilever aurait tout intérêt en termes d’image de négocier les conditions de ce projet alternatif. Ce serait une porte de sortie honorable ».

Pas question d’un plan B pour les Fralibs. « Jusqu’à présent la justice nous a donné raison, Unilever doit assumer ses obligations. L’entreprise avait provisionné 60 millions d’euros jusqu’à fin 2012 pour financer ce plan social. Qu’ils dépensent cet argent pour nous permettre de reprendre la production ! », fulmine Gérard Cazorla avant de mettre en lumière les résultats financiers d’Unilever en 2012 : 51 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 2,7 milliards de dividendes sur 5 milliards de bénéfices.

« Ce combat nous a fait prendre conscience du monde dans lequel on vit, juge Henri Solaire, un autre ouvrier à la barbe touffue. On nous impose un cadre, un modèle basé sur le salariat. Mais cela ne tient qu’à nous de le dépasser et de trouver un nouveau modèle social ». Une utopie ? Résolument tournée vers l’avenir et le bon sens économique.

Note : Si vous souhaitez exprimer votre solidarité envers les salariés de Fralib, il est possible d’acheter pour dix euros une boîte de leur tisane artisanale ainsi qu’une copie du documentaire réalisé en 2011 « Pot de thé contre pot de fer » en envoyant un mail à cgt.elephantvivra@orange.fr

Un boycott des produits Unilever est par ailleurs organisé le 7 décembre : info ici.

Le réseau français et européen contre les grands projets inutiles imposés prend de l’ampleur Geneviève Coiffard-Grosdoy Reporterre 2013/12/07 Geneviève Coiffard-Grosdoy (7 décembre 2013) Le réseau français et européen contre les grands projets inutiles imposés prend de l’ampleur. Reporterre. Tribune — fr

Le réseau français et européen contre les grands projets inutiles imposés prend de l’ampleur

Ce week-end voit se dérouler de nombreuses actions contre les Grands projets inutiles imposés. Les luttes locales ont commencé à se mettre en réseau, partageant expériences et informations. Car la même logique destructive et corrompue est à l’oeuvre dans tous ces projets lancés en Europe par les gouvernements et les multinationales.

De nombreux citoyens et peuples, en France, en Europe et dans le monde, s’interrogent de plus en plus sur la pertinence de projets pharaoniques : infrastructures liées à la production ou au transport de personnes, de marchandises, d’énergie (barrages, centrales nucléaires), de matières premières (mines) ou de ’biens’ manufacturés ; complexes touristiques, sportifs ou commerciaux...

Négligeant les conséquences pour les populations concernées, les dégâts environnementaux et climatiques induits, sur la finitude de la planète, politiques et multinationales prétendent vendre aux citoyens ces équipements au nom de l’« attractivité du territoire » ou du « développement ». Face à cette pression toujours plus forte, la mise en réseau de nombreuses luttes locales commence à se développer.

Un mouvement en développement

Des oppositions locales à plusieurs de ces projets ont déjà une longue histoire, mais ce qui est nouveau, c’est la mise en évidence de leurs caractéristiques communes et la mise en réseau des luttes et des alternatives. C’est ainsi que différents collectifs ont initié une réflexion collective, d’abord autour du ferroviaire, qui a abouti à la Charte d’Hendaye en janvier 2010.

La question de nouvelles LGV y est posée : outre leur coût monstrueux, elles déchirent et détruisent les territoires pour des gains de quelques dizaines de minutes, au détriment de l’entretien et de la desserte de lignes régionales qui répondent, elles, au besoin des populations locales

Le premier Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles (GPI) a eu lieu à Venaus, en Italie, en août 2011, à l’initiative de No-Tav (opposition à la LGV Lyon-Turin), s’ouvrant aux thématiques Transport, au-delà du ferroviaire. Une délégation de Notre Dame des Landes a répondu à l’invitation des amis italiens, qui nous ont ’passé le flambeau’.

Le deuxième Forum, à Notre Dame des Landes en juillet 2012, a dépassé le thème des transports, intégrant la question de l’énergie ou des équipements touristico-commerciaux tels le projet d’EuroVegas en Espagne. Le terme « Imposés » s’ajoute alors à la description, et les « Grands Projets Inutiles Imposés » deviennent des GPII, appellation de plus en plus souvent reprise.

- A Notre Dame des Landes -

Depuis, d’autres rencontres ont eu lieu, à Florence en novembre 2012, au Forum Social Mondial à Tunis en mars 2013, à l’Action Gran Navi à Venise (contre l’entrée de grands navires dans la lagune, qu’ils ravagent), 3° Forum contre les GPII à Stuttgard fin juillet 2013->4282].

L’adoption de différents textes jalonnent l’avancée de notre réflexion commune

- La charte de Hendaye (23 janvier 2010)

Consacrée au ferroviaire, réunissant des représentants d’associations (Italie, France, Espagne), rédigée après analyse des différents dégâts, elle pointe les caractères communs des projets : désastre écologique, abandon de voies existantes, mensonges, déni de démocratie. Elle affirme la volonté de créer une opposition européenne et interpelle Commission Européenne, Parlement européen et gouvernements pour l’arrêt des travaux et l’ouverture d’un véritable débat public au niveau européen sur le modèle de transport, d’aménagement du territoire et de société.

- Le texte final du Deuxième Forum contre les GPII à Notre Dame des Landes (10 août 2012)

« Rassemblés pour identifier, recenser, combattre les grands projets que nous reconnaissons inutiles, ruineux en fonds publics et socialement injustes, écologiquement destructeurs ou dangereux, et qui excluent les populations de la prise de décision... », les participants affirment leur volonté d’« expliquer et populariser largement ce concept, et se doter de moyens concrets de communication, de mutualisation d’expériences, de développement d’expertise commune. »

- La charte de Tunis

Elle renouvelle les constats, en approfondissant l’analyse de la situation, « le système économique libéral qui domine le monde est en crise profonde... les mêmes mécanismes qui endettent les Pays les plus pauvres depuis la fin de la colonisation directe sont maintenant utilisés aussi dans les Pays occidentaux ». Elle propose des pistes pour la « recherche de solutions :

• l’entretien et l’optimisation des infrastructures existantes ; • la transformation profonde du modèle économique et social aujourd’hui en profonde crise, en faisant notamment de la proximité et de la relocalisation de l’économie, de la protection des terres agricoles, de la sobriété énergétique et de la transition vers les énergies renouvelables décentralisées, nos priorités ; • la restitution de la capacité de décision aux populations... • de nouvelles relations entre les peuples au sud comme au nord, des relations de solidarité qui rompent définitivement avec la logique de domination et d’impérialisme. »

- A Tunis -

- Enfin la déclaration finale de Stuttgart, en juillet 2013.

Après le rappel des textes antérieurs, elle réaffirme « la volonté de renforcer les liens entre les différents mouvements d’opposition, au niveau national et international, en incluant ceux d’autres continents. Ils déclarent qu’ils seront présents dans les débats pour les prochaines élections européennes. Ils appellent dès aujourd’hui les mouvements d’opposition, l’ensemble de la classe politique et de la société civile à faire respecter toute les dispositions de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ; de même, ils appellent à exiger la signature des Décrets d’application de la Convention d’Aarhus. Dès maintenant ils ont décidé de se retrouver pour un 4e Forum contre les Projets Inutiles et Imposés qui aura lieu à Roşia Montană, Roumanie, du 1er au 4 mai 2014 ».

- Près de Stuttgart -

Un réseau pour la convergence des luttes

En dépit de grandes similitudes entre les projets et les résistances, les mobilisations sont forcément marquées par les actualités locales, les acteurs sont variés… En ce sens, des structures ’verticales’ (syndicats, partis, grandes ong...) sont peu pertinentes, et c’est bien la nécessité d’une mise en réseau qui s’impose.

Réunir les opposants à l’EPR finlandais et à celui de Flamanville, les opposants à la LGV pays Basque du nord (côté français) et du sud fait sens. La mise en réseau nous permet d’échanger et de nous entraider sur les différentes formes de lutte : « Cherchez les conflits d’intérêt... et vous verrez, vous en trouverez... » ont sussuré les amis de l’opposition Lyon Turin à d’autres luttes qui n’avaient pas forcément exploré cette piste..., et on pourrait multiplier les exemples.

Pour autant ceci ne nous exempte pas de la recherche de solidarités locales (syndicats ouvriers et paysans, associations), en particulier sur les problèmes de l’emploi.

Enclencher la lutte suffisamment en amont d’un projet est identifiée par tous comme condition nécessaire pour mener des luttes gagnables, dont tous seront bénéficiaires.

8 décembre : 3è journée européenne contre les GPII (Grands Projets Inutiles Imposés)

Une mise en visibilité du réseau est la tenue (désormais européenne, mais aussi au-delà) de journées d’actions à la même date.

Pour l’opposition au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, des dizaines de points de visibilité et d’intervention sont prévus pour la journée du 8 décembre, en particulier en Bretagne. Ce n’est plus un secret de polichinelle, ils concerneront des zones ’autour’ d’axes routiers. Les personnes intéressées sont invitées à consulter leur comité le plus proche (liste par carte et contact). D’autres groupes organiseront des soirées (CADE, No Tav...).

Actualiser la carte des GPII

Enfin cette journée est l’occasion de lancer un appel pour mise à jour de la carte des GPII.

Cette carte, démarrée par Nicolas H. (membre d’Attac et de l’Aitec) est un début de (gros) travail, qu’il faut actualiser et entretenir.

Nous vous invitons à consulter cette carte (par exemple à partir de ce lien) et d’envoyer vos GPII et à l’enrichir.

Renforçons notre réseau au niveau mondial !

Cela nécessite la mise en mouvement de millions de citoyens... et de vous !

Compléments d’info :

- Actions à Paris et en Ile-de-France : Costif - Manifestation ce samedi à Orléans : SPLF45. - Manifestation ce samedi à Brest : Courriel à Reporterre.

En Bretagne, on s’organise directement entre producteurs et consommateurs Olivier Clisson (Campagnes solidaires) Reporterre 2013/12/07 Olivier Clisson (Campagnes solidaires) (7 décembre 2013) En Bretagne, on s’organise directement entre producteurs et consommateurs. Reporterre. fr

En Bretagne, on s’organise directement entre producteurs et consommateurs

En Bretagne, les installations sur des petites surfaces avec vente en circuits courts ont le vent en poupe.

Au Nord-Ouest de Rennes, le Clic des champs a vu le jour en juin 2013 à la suite d’une réflexion entre producteurs et consomm’acteurs réunis en association. Ils organisaient déjà des paniers réguliers avec dépôts en centres culturels publics.

L’engagement contraignant pour les habitants qui faisaient les paniers, allaient chercher les produits, commandaient pour plusieurs semaines et n’avaient pas le choix des légumes (très limitant en zone rurale où des jardins sont cultivés), a fait émerger la volonté de faire évoluer le système. Objectif : donner plus de souplesse, tout en gardant la convivialité et la coopération dans la prise de décision. Une nouvelle association fut donc créée avec un nombre égal de producteurs et de consommateurs au sein du conseil d’administration.

Les habitants qui désirent commander à la semaine s’acquittent d’un droit d’entrée unique, puis font leurs courses sur le site Internet avant le lundi soir. Les producteurs – seize à ce jour - préparent chacun leurs denrées et se retrouvent le jeudi après midi afin de confectionner la commande totale de chaque famille. Celles-ci n’ont plus qu’à venir les chercher dans l’un des dépôts – quatre à ce jour - où un producteur à tour de rôle est responsable de la distribution et de la réception des règlements.

Sur le site, on peut même organiser des covoiturages pour aller chercher les commandes. Cette formule, à chaque fois adaptée aux conditions locales, est inspirée d’autres : Le Goût d’Ici, dans le Pays de Maure, au sud de Rennes, ou La Binée Paysanne, dans les Côtes-d’Armor. Telle une ruche saine qui essaime de proche en proche...

L’humain est au niveau de l’anchois dans la chaîne alimentaire Ifremer Reporterre 2013/12/07 Ifremer (7 décembre 2013) L’humain est au niveau de l’anchois dans la chaîne alimentaire. Reporterre. fr

L’humain est au niveau de l’anchois dans la chaîne alimentaire

Contrairement à l’idée communément acquise, l’homme n’est pas un prédateur supérieur. Une étude scientifique montre que ce mammifère est situé au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire.

Le niveau trophique détermine la position d’une espèce dans la chaîne alimentaire. Bien que ce niveau trophique soit un indice connu pour la majeure partie des espèces terrestres et marines, cet indice n’avait jamais été calculé pour l’Homme.

La revue PNAS publie cette semaine les résultats [1] d’une équipe de chercheurs Ifremer/IRD/Agrocampus-Ouest, qui a estimé, pour la première fois, le « niveau trophique humain » (Human trophic level, HTL).

En utilisant les données de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) sur la consommation humaine pour la période 1961-2009, les scientifiques ont défini un niveau trophique de 2.2 pour l’homme... résultat surprenant puisque c’est un niveau proche d’un anchois ou d’un cochon, et bien loin de celui que peut atteindre un prédateur supérieur (5.5 pour l’orque) !

Un indice de base en écologie, jamais calculé pour l’homme

Le niveau trophique d’une espèce est fonction de son régime alimentaire. Ainsi, les végétaux, qui sont les premiers producteurs de matières organiques, appartiennent au premier niveau trophique. Les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau et les carnivores, prédateurs se nourrissant d’herbivores, sont eux rattachés aux troisième, quatrième, cinquième, etc. niveaux trophiques.

Le niveau trophique représente donc le nombre d’intermédiaires entre les producteurs primaires (qui ont une valeur fixée de 1) et leur prédateur. A titre de comparaison, une vache se nourrissant d’herbe a un niveau trophique de 2 alors que des prédateurs supérieurs comme l’ours polaire et l’orque ont des niveaux trophiques pouvant atteindre 5.5.

L’intérêt de cet indice est très important puisqu’il permet de mieux comprendre les relations entre espèces (relations prédateur-proie par exemple) et flux d’énergie dans les écosystèmes.

Donne moi ton HTL, je te dirai où tu vis...

En utilisant les données de la FAO sur la consommation humaine pour la période 1961-2009, les scientifiques ont défini un niveau trophique de 2.2 pour l’homme. Ils ont également analysé les différences de niveau trophique humain par zones géographiques. Bien que les régimes alimentaires soient très variés à travers le monde, l’étude met en évidence l’existence de seulement 5 groupes de pays avec des niveaux trophiques proches et des tendances similaires. La composition des groupes reflète d’ailleurs les transitions socio-économiques, environnementales et nutritionnelles intervenues ces dernières années.

On notera par exemple que le Burundi est le pays avec le HTL le plus bas. Avec un score de 2.04, le régime alimentaire de ce pays doit être composé à presque 97 % de plantes.

L’Islande obtient le score le plus élevé avec un HTL de 2.54, ce qui correspond à un régime alimentaire majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l’occurrence très riche en poisson.

Pourquoi estimer le niveau trophique humain ?

La mise au point de ce nouvel indice positionne plus précisément l’Homme dans la chaîne alimentaire. Contrairement à l’idée communément acquise, l’Homme n’est pas un prédateur supérieur.

Les chercheurs ont cependant constaté que le niveau trophique humain a augmenté de 3 % au cours des 50 dernières années. Cette augmentation montre que l’alimentation de l’homme a un impact plus important sur son écosystème (quantités et diversité des aliments consommés). Cette évolution pose la question de la durabilité de l’exploitation des ressources naturelles visà-vis de l’alimentation humaine.

En poursuivant cette étude, il serait possible de convertir la consommation humaine en production primaire requise pour soutenir ses besoins alimentaires. En effet, pour chaque passage à un niveau trophique supérieur, 90% de l’énergie est perdue.

L’augmentation de notre niveau trophique a ainsi des répercussions immédiates sur notre extraction de ressources naturelles dans un monde à capacité limitée. Cette quantification de l’impact de l’augmentation du niveau trophique humain de chaque pays sur l’extraction de ressources naturelles permettrait de mieux comprendre l’impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d’êtres humains en 2050.

Figure A : Evolution du niveau trophique humain médian [2] entre 1961 et 2009 (en noir : valeur médiane mondiale, en rose : valeur médiane mondiale sans prendre en compte la Chine et l’Inde, en violet : valeur médiane pour la Chine et l’Inde uniquement).

Figure B : Estimation du niveau trophique humain pour chaque pays du globe sur la période 2005-2009.

Notes

1 - Bonhommeau S., Dubroca L., Le Pape O., Barde J., Kaplan D., Chassot E., Nieblas A.L.« Eating up the world’s food web and the human trophic level », PNAS 2013

2 - La médiane d’un ensemble de valeurs (échantillon, population, etc.) est une valeur m qui permet de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales : mettant d’un côté une moitié des valeurs, qui sont toutes inférieures ou égales à m et de l’autre côté l’autre moitié des valeurs, qui sont toutes supérieures ou égales à m.

Des pingouins à l’assaut d’Intermarché contre la pêche en eau profonde Nouvelle école écologiste Reporterre 2013/12/08 Nouvelle école écologiste (8 décembre 2013) Des pingouins à l’assaut d’Intermarché contre la pêche en eau profonde. Reporterre. Pêche fr

Des pingouins à l’assaut d’Intermarché contre la pêche en eau profonde

Une video montre que l’on peut agir facilement, avec de l’humour, contre le chalutage en eau profonde. Mardi, un vote important doit avoir lieu au Parlement européen sur cette question.

La pétition contre le chalutage en eau profonde de l’association Bloom a déjà recueilli plus de 700.000 signatures. La Nouvelle Ecole Ecologiste a souhaité appuyer cette incroyable mobilisation à sa manière, en défiant les Mousquetaires sur leur terrain.

Ce chalutage et ces grands filets dérivants sont responsables de la. destruction massive de la faune sous-marine, le tout pour rejeter 97% des poissons à la mer (morts) et pour toucher des subventions européennes. Le groupe Intermarché possède six des onze chalutiers grands fonds.

Mardi 10 décembre, le Parlement Européen a l’occasion de changer les règles pour mettre fin à cette pêche aberrante et favoriser une pêche à la fois plus respectueuse de l’environnement et plus créatrice d’emplois (jusqu’à dix fois plus de marins pour la pêche à la palangre par exemple).

La France bloque cette avancée, et Intermarché exerce un lobby féroce.

La Nouvelle Ecole Ecologiste invite tous les consommateurs à refuser le chalutage en eau profonde et à interpeller à leur manière (déguisés ou pas !) la direction du magasin intermarché en bas de chez eux).

Liste des magasins ici

Vidéo de l’action : https://www.youtube.com/watch?v=xy8GtSWJgPU

Génération Végétale Hugo Lebout (Natura Sciences) Reporterre 2013/12/08 Hugo Lebout (Natura Sciences) (8 décembre 2013) Génération Végétale. Reporterre. fr

Génération Végétale

Replanter la nature en ville. Comment créer sa ferme à la fenêtre de son appartement ou fabriquer ses bombes à graines pour fleurir les villes ? Comment faire la fête autour de légumes voués au rebut ? Quelles sont les plantes sauvages à manger près de chez vous ? Plus de 50 récits pour devenir un véritable citoyen du végétal en zone urbaine.

Qu’il s’agisse de fleurir les villes sauvagement, de planter des comestibles dans les espaces publics, de se divertir autour d’une soupe de légumes vouée au rebut, de manger local ou de penser les villes de demain, les initiatives de retour au végétal en milieu urbain pullulent. Génération végétale présente les initiatives de dix mouvements de cette nouvelle génération !

Guerrilla gardening, Incroyables Comestibles, Disco Soupe, Jardiniers urbains, architecture végétale, glanage, locavore, végan, zéro impact, villes en transition : ces mouvements sont nés à l’étranger et ont germé en France récemment grâce aux réseaux sociaux. Ils répondent à des problématiques économique, écologique, sociale, sanitaire et philosophique.

D’horizons sociaux et professionnels différents, les membres de ces mouvements partagent une envie commune : agir. Pour Disco soupe, l’idée sera de cuisiner ensemble et en musique pour en finir avec le gaspillage alimentaire. De son côté, le mouvement des incroyables comestibles cultive, partage et donne des légumes et des fruits cultivés par les habitants. Les jardiniers urbains quant à eux s’occupent de jardins partagés, des espaces collectifs gérés par des associations de quartiers.

On trouve également la guérilla jardinière qui cultive des terres vacantes, laissées à l’abandon. Elle lutte contre la rareté et l’abandon des espaces verts en milieu urbain. Un jardinage un peu différent se retrouve dans l’architecture végétale qui consiste à planter partout où cela est possible : murs végétaux, fermes urbaines, etc.

Des mouvements se développent aussi pour transformer notre alimentation : les locavores mangent local et de saison, les végétariens bannissent les protéines animales, les « zéro impact » refusent le superflu, réduisent, réutilisent, recyclent et compostent, pendant que les glaneurs préfèrent récupérer et consommer les invendus des supermarchés.

Enfin, ces mouvements s’inscrivent dans celui des villes en transition qui visent à réduire notre dépendance aux énergies fossiles. La plupart des projets s’articulent autour des énergies renouvelables, des transports propres, du développement de la solidarité entre les habitants, des réseaux de recyclage, voire le développement d’une monnaie locale.

Vous trouverez forcément dans ce livre un mouvement qui vous intéresse, plus de 50 fiches pratiques vous permettant de devenir un véritable citoyen du végétal en zone urbaine !

Génération végétale, Collectif de journalistes, Editions Les Arènes, 230 pages, 14,7€.

Le plombier à bicyclette n’était pas polonais Olivier Razemon Reporterre 2013/12/09 Olivier Razemon (9 décembre 2013) Le plombier à bicyclette n’était pas polonais. Reporterre. fr

Le plombier à bicyclette n’était pas polonais

Un plombier qui travaille à vélo. Ben oui… Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on s’en étonne.

« Vous prendrez un café ? » « Elles sont un peu ternes, les décorations de Noël, cette année, vous ne trouvez pas ? » Quand le plombier débarque, qu’il vienne réparer en urgence une chasse d’eau ou effectuer le contrôle annuel de la chaudière, on se trouve souvent en panne de conversation. On parle alors robinetterie, usure des joints, fraîcheur de la saison, et puis la circulation, tous ces ennuis pour se garer. Dans son for intérieur, le particulier se demande surtout combien va lui coûter la visite du professionnel. Et le plombier espère terminer rapidement, parce que, c’est pas tout ça, mais il y a d’autres clients à livrer.

Sacoches et caisse. Victor Garby, plombier à Dijon, est, moins que d’autres, confronté à ces silences gênés et à ces bouts de conversation forcée. « On me parle de mon vélo ! », sourit-il. Cela fait trois ans que le plombier sillonne la capitale bourguignonne sur son triporteur. Les outils, chalumeau, analyseur de combustion, perceuse, etc., répartis dans des sacoches et dans une caisse située à l’avant de son véhicule, il rend visite à environ 5 clients par jour.

« Bien sûr, on me demande souvent comment je fais pour transporter tout ce qui est nécessaire à la réparation des divers modèles de chaudière », témoigne-t-il. La question ne se pose pas en ces termes, selon lui. « Il est impossible de disposer, sur un vélo, des principales pièces de rechange d’un parc de chaudière. Mais on ne peut pas non plus les stocker toutes dans une camionnette ! » M. Garby transporte de quoi effectuer une visite de routine, ce qui suffit dans la majorité des cas. Et il prend rendez-vous lorsqu’il doit effectuer des travaux plus importants.

« Filtre à particules ». Personne ne semble se plaindre de ses services. « Le bouche-à-oreille fonctionne bien », sourit le jeune homme. Véligaz, c’est le nom de son entreprise, est désormais installée à Mâcon, où officie un autre technicien. Mais pourquoi avoir choisi de se déplacer à vélo ? « Parce que c’est écolo », répond immédiatement M. Garby. La bicyclette comme talisman écologiste, n’est-ce pas un peu tarte à la crème comme explication ? « Non. J’ai vécu à Paris et sur mon vélo j’avais l’impression d’être un filtre à particules ». A Dijon, heureusement, on respire mieux. Et puis, « le vélo, c’est plus rapide que la voiture ; je ne perds pas de temps dans les bouchons et je n’ai jamais de PV », témoigne-t-il.

Image. Bien sûr, il faut adapter sa tenue aux changements de saison. Tee-shirt floqué aux couleurs de Véligaz en été, parka en hiver, et puis des gants si les rigueurs hivernales menacent. Le plombier est aussi un peu militant : « J’ai envie de changer l’image du vélo, toujours associé à la balade à la campagne, alors qu’il rend plein de services en ville », assure M. Garby.

Une belle comm’. Le plombier dijonnais affirme faire des émules. « Je connais un électricien qui songe à utiliser un vélo pour ses dépannages », dit-il. A Toulouse ou à Nantes, le plombier cycliste existe déjà et pose fièrement sur sa monture. Les artisans qui se déplacent en pédalant y trouvent plusieurs avantages : pas besoin d’acquérir ni d’entretenir une fourgonnette, dépenses de carburant inexistantes, frais d’assurance réduits, possibilité d’accéder sans autorisation préalable à la zone piétonne. Et puis, il y a la comm’. « Ca permet de se démarquer », assure M. Garby. C’est d’ailleurs aussi l’un des arguments avancés, le plus simplement du monde, par un autre plombier cycliste, cette fois à Nantes, dans une vidéo.

SERIE - Plongée dans la centrale la plus dangereuse de France Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/09 Barnabé Binctin (Reporterre) (9 décembre 2013) SERIE - Plongée dans la centrale la plus dangereuse de France. Reporterre. fr

SERIE - Plongée dans la centrale la plus dangereuse de France

C’est le plus grand site nucléaire de France, qui réunit une centrale électrique et près de dix usines et entrepôts atomiques. Les incidents s’y multiplient depuis quelques années. L’endroit est-il le plus dangereux du pays ? Reporterre y est allé voir.

- Reportage, Pierrelatte (Drôme)

Des fuites de tritium incontrôlées, des arrêts d’urgence de réacteurs à répétition, l’explosion d’une pompe hydraulique touchant trois ouvriers contaminés par des effluents liquides radioactifs, l’intrusion de vingt-neuf militants de Greenpeace au sein de la centrale, le non-respect des mesures élémentaires de sécurité et de confinage, un directeur de centrale remplacé au pied levé...

Ces derniers mois, la centrale nucléaire de Tricastin a connu une actualité chargée d’ inquiétants incidents. Alors qu’est débattue l’idée de prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs à cinquante voire soixante ans, Reporterre s’est donc posé la question : Tricastin est-elle la centrale la plus dangereuse de France ?

Nous sommes partis enquêter sur place. A Pierrelatte précisément, ville de 13 000 habitants, chef-lieu d’un canton de la Drôme, à dix km du site nucléaire de Tricastin. Où l’on a posé le sac à l’hôtel du Tricastin.

L’hôte étant accueillant, on a discuté. A-t-il peur, lui, riverain, de la centrale de Tricastin ? « On n’y pense pas, en réalité. Cela fait tellement longtemps que c’est installé dans la région, on est habitué. Et puis, le risque écologique, on ne le voit pas, donc on vit bien avec ». Au point de donner à son hôtel le nom d’une centrale nucléaire ? « Non, l’hôtel a été fondé en 1963, il est antérieur à la centrale qui a vu le jour dans les années 1970. Tricastin, c’est le nom de cette région de la vallée du Rhône ».

Étymologiquement, le nom provient d’une tribu, les tricastini en latin, qui y vivaient lors de l’Antiquité. Saint-Paul-Trois-Chateaux, capitale de l’époque, en a également tiré son nom. Siège d’un évêché jusqu’à la Révolution, la commune tire aujourd’hui la majeure partie de sa taxe professionnelle des activités nucléaires. Et le nom de Tricastin incarne désormais une autre religion, celle du nucléaire.

Étendu sur une surface de plus de 600 hectares à cheval sur deux départements – Drôme et Vaucluse – et deux régions administratives, Tricastin constitue le plus grand site nucléaire de France, devant la Hague et son usine de retraitement du combustible. Tricastin n’est pas seulement une centrale de production d’électricité, mais un complexe industriel nucléaro-chimique qui réunit plusieurs exploitants et différents procédés de fabrication.

La première activité y est la fabrication du combustible nucléaire. Arrivant de Malvési dans l’Aude, l’uranium y est transformé par l’usine Comurhex pour être ensuite enrichi. Cet enrichissement a longtemps été réalisé par le procédé de diffusion gazeuse, au sein de l’usine Georges-Besse I (le site Eurodif) puis, depuis 2011, par centrifugation, plus économe en énergie, dans l’usine Georges-Besse II. D’autres usines s’adjoignent à ces activités : fabrication de composants d’assemblage, retraitement de l’uranium appauvri, confinement de substances chimiques et radioactives, et traitement des effluents liquides issus de ces activités.

Au total, six entreprises filiales de la compagnie Areva participent au cycle du combustible. Celui-ci est ensuite envoyé à Romans-sur-Isère où il est assemblé et rendu prêt à l’emploi dans les centrales nucléaires. L’uranium enrichi et produit au Tricastin alimente ainsi le parc des réacteurs nucléaires français et plus d’une trentaine d’autres en Europe et dans le monde. Tricastin est donc au cœur de la filière nucléaire française.

Occupant la majorité du site, Areva cohabite avec deux autres plateformes, plus petites. La première appartient au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et rappelle que la vocation originelle du site était militaire : de 1964 à 1996, l’usine de Pierrelatte y a enrichi l’uranium nécessaire aux bombes atomiques. L’usine est démantelée, mais reste occupée par le CEA, qui y mène des recherches en nucléaire civil.

Adossée à la rive droite du canal de Donzère-Mondragon, la centrale nucléaire EDF complète l’implantation du site de Tricastin, sur cinquante-cinq hectares . C’est une des plus petites centrales de France en termes d’emprise au sol ; elle fut construite essentiellement pour alimenter en énergie l’usine Georges-Besse I. « La centrale EDF est la pile qui fait fonctionner le générateur du nucléaire que représente le site de Tricastin », explique Olivier Veyret, adjoint au chef de division Sûreté à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) à Lyon.

La centrale se compose de quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) d’une puissance de 900 MW (mégawatts) chacun. Selon les derniers chiffres communiqués par EDF, la centrale de Tricastin a produit 24 TWh (terawatts-heure) en 2012, soit 6 % de la production électrique française. Alors que les deux-tiers de cette production étaient initialement consacrés à fournir en énergie le site Eurodif, le démantèlement annoncé de celui-ci a permis d’affecter une plus grande partie de cette électricité au réseau. Ainsi, EDF estime que sa production approvisionne « la consommation d’environ 3,5 millions d’habitants et […] répond aux besoins énergétiques de 45% de la Région Rhône-Alpes ».

La centrale de Tricastin est la troisième plus âgée du parc nucléaire français. Construite à partir de 1974, puis mise en service en 1980 (réacteurs 1 et 2) et 1981 (réacteurs 3 et 4), elle a dépassé sa durée de fonctionnement initialement fixée à trente ans. Le réacteur n°1 de Tricastin a d’ailleurs été le premier du parc français à obtenir l’autorisation de l’ASN d’une prolongation d’exploitation de dix ans, en décembre 2010.

Pourtant, plusieurs voix s’opposent à cette prolongation. Le collectif Stop Tricastin estime que le vieillissement des installations est un enjeu de sûreté et de sécurité. « Tricastin est une centrale périmée. Elle a été conçue pour durer trente ans et elle est arrivée à son terme. Les nombreuses détériorations nous prouvent qu’on ne devrait pas aller au-delà du temps de fonctionnement envisagé initialement », témoigne Alain Volle, militant du réseau Sortir du nucléaire dans la Drôme et cofondateur du collectif Stop Tricastin.

La centrale du Tricastin est-elle réellement dangereuse ?

- A lire les volets suivants de notre enquête dans Le dossier Tricastin.

Complément d’infos :

• Le dernier dossier de presse en date d’EDF sur la centrale nucléaire de Tricastin. • L’analyse de Greenpeace sur les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité – dont fait partie Tricastin. . La région du Tricastin, approche géographique (écrit… en 1931).

Au Congo, la France finance le plus grand barrage du monde - à l’impact écologique gigantesque Rudo Sanyanga (L’Ecologiste) Reporterre 2013/12/09 Rudo Sanyanga (L’Ecologiste) (9 décembre 2013) Au Congo, la France finance le plus grand barrage du monde - à l’impact écologique gigantesque. Reporterre. fr

Au Congo, la France finance le plus grand barrage du monde - à l’impact écologique gigantesque

En 2013, le Congo et l’Afrique du Sud ont signé à Paris un accord pour construire au Congo le plus grand complexe hydraulique du monde. Avec l’aide de l’Agence française de développement, de la Banque européenne d’investissement et de la Banque mondiale. EDF et GDF Suez sont en charge de l’ingénierie. Une catastrophe écologique et sociale, avertissent des écologistes.

Le fait qu’un des pays les plus pauvres d’Afrique, le Congo, projette la construction du barrage hydraulique le plus coûteux au monde, le projet Grand Inga sur les chutes du fleuve Inga à l’ouest du Congo, a quelque chose de tristement ironique.

Alors que les promoteurs du barrage à la Banque mondiale disent que le projet va « transformer » le paysage énergétique africain, notre association et nos correspondants locaux craignent que ce barrage n’alimente la corruption et les conflits, en laissant la majorité des Congolais sans électricité.

Le 18 mai 2013, le président de la Banque mondiale, Jim Kim, a visité le Congo et a annoncé que la Banque augmenterait son financement dans les années à venir pour la construction de grands barrages. Promesse qui s’est concrétisée avec la signature d’un traité de coopération entre le Congo et l’Afrique du Sud à Paris en mai 2013. L’entreprise Lahmeyer venait d’achever une étude de faisabilité qui a convaincu le gouvernement congolais, la Banque mondiale et la Banque de développement africaine (AFD) que les impacts seraient minimes.

L’Agence française de développement (AFD) a financé cette étude pour quinze millions de dollars. La Banque mondiale et l’AFD ont fourni une aide technique pour le développement du projet.

Un projet pour les industriels et les grandes villes

Ce traité fait de l’Afrique du Sud le principal acheteur de l’énergie générée par la future centrale Inga III, première phase du projet Grand Inga. Soit 2 500 MW (mégawatts) sur les 4 800 MW prévus. Le reste sera vendu à des compagnies minières congolaises. La signature qui a eu lieu à Paris a fait l’objet d’un battage médiatique intense dans la presse congolaise.

À Kinshasa, sur dix millions d’habitants, moins de 30 % ont accès à l’électricité (contre 1% dans les zones rurales), et 10 % seulement en disposent 24 heures sur 24. La majorité utilise le bois comme source d’énergie. Le charbon de bois est transporté en ville. Les tarifs de l’électricité n’encouragent pas une utilisation économique, les gens paient pour être abonnés, et non pour ce qu’ils consomment (moins de 10 % des abonnés ont un compteur). Les plus fortunés ont recours à des générateurs diesels pour pallier les pénuries de courant.

Des communautés entières devront être déplacées pour faire place au projet. J’ai rendu visite à l’une d’elles dans une aire à cent km du site. Bien qu’ils habitent sur le site même du projet, les gens avaient très peu d’informations sur le barrage et ses impacts. Cette situation se répète partout ailleurs en Afrique où les gouvernements et les développeurs s’enrichissent sans fournir la moindre information aux personnes affectées.

Déplacements de population

Les villageois que j’ai rencontrés savaient certes qu’ils allaient être déplacés mais ne savaient pas comment cela allait se passer. La Banque mondiale avait mené une enquête en 2007 pour établir qui serait affecté et à l’époque informa les personnes concernées qu’elles recevraient neuf cents dollars de compensation par foyer.

Le gouvernement et la Banque mondiale m’ont assuré qu’un plan de relocalisation serait mis au point pour assurer une compensation juste. Mais le diable est dans les détails. La communauté croit qu’elle ne peut s’opposer aux vœux du gouvernement et aimerait une compensation sans que leur mode de vie ne soit compromis. Ils m’ont dit qu’ils espéraient que le projet leur fournirait des emplois.

La Banque mondiale doit déjà répondre à la question de savoir comment ces projets gigantesques, coûteux et centralisés pourront satisfaire les besoins de la majorité pauvre. A-t-elle comparé les perspectives de création d’emploi avec ceux fournis par les énergies renouvelables ? Que fait-elle pour lutter contre la corruption ?

« Le grand hydraulique est une solution pour l’Afrique… je pense vraiment que nous devons nous y engager », dit Rachel Kyte, la vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable. Comme un conseil d’ami.

Et pourtant, l’Agence internationale de l’énergie a montré que l’électrification raccordée à un réseau de transport alimenté par les grands barrages n’est pas rentable pour l’Afrique rurale. 60 % de ces zones sont mieux desservies par des réseaux modestes ou par des systèmes hors-réseau.

La Banque mondiale a soutenu les barrages du Congo pendant des décennies. Ces quarante dernières années, la Banque et autre donateurs ont versé des milliards de dollars dans les barrages et réseaux électriques associés sur le fleuve Congo. Les projets ont été minés par une corruption rampante, produisent moins d’énergie que prévu et n’ont pas du tout profité aux pauvres. 85% de l’électricité au Congo est consommée par le secteur minier. Ce système a engendré des tensions et une guerre civile.

La Banque mondiale prétend que la nouvelle génération de très grands barrages comme Grand Inga pourrait « catalyser des bienfait réalisés à grande échelle pour améliorer l’accès aux infrastructures » en Afrique. Mais ces projets sont destinés aux mines et aux grandes villes. Plus de la moitié du projet Inga sera exportée en Afrique du Sud et le reste à des compagnies minières du Katanga. Toutes ces aides ne profiteront pas à la majorité des Congolais.

Explosion des coûts

Si les barrages passés sont un signe de ce qui va se passer avec les projets à venir, c’est mal engagé ! Les barrages Inga I de 351 MW et Inga II de 1424 MW construits en 1972 et 1982 n’ont jamais pu fonctionner correctement en raison du manque de maintenance, des années de guerre et du manque de compétences nécessaires, de la corruption et de la mauvaise gestion. La réhabilitation de Inga I et II est en cours et doit être achevée en 2016, pour un coût de 883 millions de dollars, soit plus de quatre fois les estimations de la Banque en 2003.

La réhabilitation des barrages inclura le remplacement et la rénovation des turbines ainsi que la construction d’une deuxième ligne électrique à Kinshasa pour permettre à 35 000 consommateurs d’avoir du courant. Le réseau Inga Kolwezi qui opère à 25% de sa capacité sera également réhabilité.

La Banque mondiale a lancé le projet de réhabilitation en 2003 avec comme justification que la réhabilitation des deux centrales et du réseau de transport d’électricité permettrait au Congo de gagner 40 millions de dollars par an grâce aux exportations d’électricité. Dix années plus tard, ce rêve a été déçu par des progrès inexistants et des surcoûts considérables.

Au moins 12 milliards seront nécessaires pour la construction d’Inga III et 80 milliards pour l’ensemble du projet Grand Inga. Alors que le Congo n’a pas été capable de gérer et d’achever la réhabilitation des Inga I et II, il se lance dans la construction d ‘un projet plus grand et plus complexe. Inga III pourra-t-il être achevé en trois ans si la simple réhabilitation non encore achevée a mis dix ans ?

Corruption généralisée

De plus, Inga III doit fournir de l’électricité pour les mines et l’exportation, pas pour les Congolais. Ce projet est un projet de développement qui doit avoir des retombées indirectes, avec l’hypothèse que cela attirera les investissements dans le pays, créera de l’emploi et profitera aux gens localement. La réalité, c’est que les Congolais resteront sans électricité. En revanche, ceux qui ont du pouvoir et l’influence bénéficieront de marchés susceptibles d’être infectés par la corruption.

Transparency international a classé le Congo à la 160e place sur 176 parmi les pays les plus corrompus. En 2008, deux directeurs de Inga I et II ont été interrogés suite à l’évaporation de 6,5 millions de dollars destinés à la réhabilitation du barrage. L’argent n’a jamais été retrouvé et sa disparition est restée sans explications.

Un prêt d’urgence accordé par la Banque mondiale en 2002 qui comprenait 116 millions de dollars pour la réhabilitation a subi la corruption. Il serait dramatique mais prévisible que la corruption liée aux méga-barrages soit, elle aussi, gigantesque.

Des élus sourds et aveugles à la question des déchets Gianni Carrozza Reporterre 2013/12/09 Gianni Carrozza (9 décembre 2013) Des élus sourds et aveugles à la question des déchets. Reporterre. Tribune — fr

Des élus sourds et aveugles à la question des déchets

Lettre ouverte à M. Gérard Cosme, président de la communauté d’agglomération Est Ensemble. Qui refuse obstinément de réfléchir à une solution alternative au traitement des déchets. Il préfère une usine de méthanisation bien polluante.

Monsieur,

J’habite Noisy-le-Sec et, dès que j’ai appris l’existence du projet délirant et terriblement coûteux d’usine de tri mécano-biologique (TMB) censée voir le jour sur le territoire de Romainville, non loin de chez moi, j’ai rejoint l’ARIVEM, une association de riverains qui avait commencé à alerter la population et se battait pour que d’autres modes non polluants de traitement des ordures soient adoptés.

Pour combattre l’absence totale d’informations fournies par les autorités, notamment lors de la fantomatique enquête publique, cette association est partie à la recherche des retours d’expériences des usines du même type existant en France et à l’étranger. Elle a constaté que toutes étaient source de nuisances pour les populations avoisinantes (odeurs pestilentielles, nuisances sanitaires, nuages de mouches…), et souvent dangereuses, car à l’origine d’explosions et d’incendies – les derniers en date, ceux des usines de La Varenne-Jarcy et de Fos-sur-Mer, n’en sont qu’une preuve de plus.

Toutes ces informations ont été portées à la connaissance de la population des communes touchées par ce projet fou et dangereux, placées sur le site web de l’association, et des dossiers ont été régulièrement envoyés aux responsables et aux élus d’Est Ensemble (en charge de la collecte des ordures) et du Syctom (en charge du traitement).

Le 18 avril dernier, le tribunal administratif de Montreuil, reconnaissant le bien-fondé sur le fond des arguments de l’Arivem, a cassé l’autorisation d’exploiter de l’usine. Malgré cela, le Syctom et l’industriel Urbaser (le futur constructeur et exploitant de l’usine de Romainville, qui gère également celle de Fos-sur-Mer et est impliqué dans l’affaire Guerini à Marseille) ont fait appel, sans doute dans l’espoir de remettre leur projet sur le tapis début 2015, une fois les élections municipales passées.

Dans sa recherche d’alternatives à ce projet fou, l’Arivem a participé à une rencontre européenne du réseau Zéro déchets – au Parlement européen, à Bruxelles –, à des voyages d’information et d’études au Pays basque espagnol et en Italie, notamment à Milan, afin de voir comment des agglomérations du même type que la nôtre arrivaient à mettre en place des systèmes de tri à la source, de collecte séparative des biodéchets et de traitement bien moins absurdes et onéreux que celui envisagé dans notre département. A chacune de ces occasions, les élus d’Est Ensemble ont été invités à participer. Or, pas une fois ils n’ont daigné faire le déplacement.

Quand l’Arivem a proposé aux maires des communes avoisinantes de mettre en place des projets pilotes à partir de l’évaluation de la masse de biodéchets produite par les « grands producteurs de déchets » tels que définis par la législation en vigueur, un dossier complet a été envoyé entre autres aux élus d’Est Ensemble, sans plus de succès que les fois précédentes.

Vous-même nous avez dit – à la sortie d’un conseil d’agglomération – que rien dans ce domaine ne se ferait avant les élections municipales. Ce qui – compte tenu des délais nécessaires aux études préparatoires, à la rédaction des cahiers des charges, aux appels d’offres et autres actes administratifs préalables – revient à dire que vous ne ferez strictement rien avant la suppression prévisible des communautés d’agglomération, donc d’Est Ensemble, dans le cadre du Grand Paris. Ainsi vous laisserez aux communes concernées le lourd héritage de votre inaction.

Une réunion publique décidée d’avance

Quand le mois dernier j’ai appris que vous lanciez un « comité de pilotage » d’un projet de « prévention » des déchets, je me suis dit que ma méfiance à votre égard n’était peut-être pas justifiée et je me suis empressé de le rejoindre afin d’y apporter ma modeste contribution.

Surprise ! Les services d’Est Ensemble se sont mis à l’écoute des associations de l’agglomération, mais le cabinet Inndigo (à qui vous avez confié l’exécution de ce projet), lui, a bien balisé la réunion : il ne s’agissait pas de réfléchir à ce qu’Est Ensemble pourrait faire pour organiser la prévention, le tri à la source et une collecte sélective des biodéchets, mais seulement d’inciter les administrés à réduire leur production de déchets : mettre des autocollants « Stop pub » sur les boîtes à lettres de ceux qui le souhaitent, créer un cabas réutilisable, promouvoir le compostage domestique et le choix de l’eau du robinet, sensibiliser les enfants…

Toutes préconisations utiles, certes, mais qui sont plus adaptées aux capacités des associations écologistes présentes sur le territoire, dont les moyens sont sans commune mesure avec ceux dont dispose Est Ensemble pour atteindre l’objectif de réduction des déchets de 7 % en cinq ans : cinq millions d’euros, soit un million par an !

En fin de réunion, j’ai réussi à prendre la parole pour dire que j’espérais une attitude plus appropriée aux responsabilités de l’agglomération. Hélas ! mon intervention était tellement malvenue qu’elle a carrément disparu du compte-rendu de cette réunion. Je n’ose naturellement pas soupçonner vos services de pratiquer la censure, mais je note tout de même le peu d’attention portée aux arguments qui n’allaient pas dans le sens de ce que vous aviez décidé d’avance.

Pas découragé pour autant, j’ai participé le 25 novembre à la première réunion à thème, portant cette fois sur la prévention des déchets en entreprise. Là, mes doutes quant à la volonté d’Est Ensemble de réduire les déchets sur son territoire se sont précisés. Il était question d’inviter les entreprises à gaspiller moins de papier en regroupant par services leurs imprimantes, et au moins les idées soumises par les participants aux groupes de discussion présentaient-elles un certain intérêt.

J’ai quand même essayé de dire que le rôle d’Est Ensemble allait bien au-delà d’une simple collecte de propositions en provenance des associations, qu’il fallait se montrer plus concrets et surtout aborder la question dans une perspective globale, sans chercher à morceler les différentes opérations ; mais j’ai senti que mes arguments commençaient à être écoutés avec un certain agacement.

C’est vrai que ce morcellement vous permet d’éviter d’aborder les questions touchant au tri à la source et à la collecte séparative, qui sont des mesures indispensables si l’on veut prévenir le gaspillage de ressources.

Je suis sorti de cette deuxième réunion perplexe mais pas encore déçu.

A l’atelier du 28 novembre, consacré à la réduction des déchets organiques, la question du tri à la source et de la collecte séparée des biodéchets ne pouvait être évitée, puisqu’elle est la pierre de touche de toute action sérieuse dans ce domaine.

L’exposé de la représentante du cabinet Inddigo, truffé de redites des séances précédentes, était un bel exemple de l’idéologie Powerpoint qui a cours actuellement dans les entreprises et des limites qui sont imposées à la discussion. Avant de passer aux propositions autorisées à l’assistance, la consultante a demandé si nous avions des observations à faire sur la présentation.

J’ai donc tenté d’exprimer mon point de vue sur la nécessité d’une prise de responsabilités plus adaptée de la part d’Est Ensemble et sur la modestie des objectifs envisagés : en effet, tout le monde sait désormais que, là où la collecte sélective des biodéchets est mise en place sérieusement, le volume des déchets en mélange diminue de 30 % d’un coup (donc au moins quatre fois plus que les 7 % visés sur cinq ans).

Que n’avais-je pas dit là ! J’ai été traité comme un collégien indiscipliné à qui on coupe la parole pour répondre à côté des questions qu’il a eu l’outrecuidance de poser. Ma patience commençait à être mise à rude épreuve, quand une autre participante à la réunion s’est levée, outrée par le traitement qui m’était réservé, et a quitté la salle en protestant contre ce comportement honteux.

C’est alors que je me suis dit que cela n’avait aucun sens de rester pour avaliser une simple opération de communication qui n’aurait d’autre effet concret que de gaspiller cinq millions d’euros d’argent public. L’opération avait de toute évidence pour but de faire croire aux électeurs qu’Est Ensemble s’était activé avant les élections et que les associations écologistes avaient avalisé sa démarche.

Cela, cher Monsieur Cosme, vous le ferez sans mon consentement et pas en mon nom.

Pensez-vous vraiment que vos administrés – après la mobilisation exceptionnelle que notre agglomération a connue contre l’usine de tri mécano-biologique de Romainville – vont se contenter de quelques incitations virtuelles sans que rien ne soit fait sur le terrain ?

Pensez-vous vraiment que le scandale, sur cette même commune, d’une « pompe à ordures » ruineuse et interdisant tout tri à la source n’éclaboussera pas les responsables, y compris ceux de votre administration ?

Pensez-vous vraiment que vous pourrez éviter de vous prononcer devant vos électeurs sur la nécessité de renoncer au projet nuisible et imposé d’usine de TMB et d’agir concrètement pour la mise en place d’alternatives crédibles impliquant le tri à la source et la collecte séparative des biodéchets ?

Je ne pense pas que vous modifierez vos choix, ni ceux de l’agglomération que vous présidez. Mais, je vous prie de me croire, je serais ravi que ma méfiance soit publiquement démentie par la mise en place d’un service communautaire de tri et de collecte séparés, préalable indispensable à un retour à la terre des biodéchets, par procédé de compostage ou de méthanisation.

Veuillez, agréer, Monsieur Cosme, mes salutations les meilleures.

Gaz de schiste : en Roumanie, appel à la solidarité internationale des habitants de Pungesti soumis à la répression Françoise Lienhard Reporterre 2013/12/09 Françoise Lienhard (9 décembre 2013) Gaz de schiste : en Roumanie, appel à la solidarité internationale des habitants de Pungesti soumis à la répression. Reporterre. fr

Gaz de schiste : en Roumanie, appel à la solidarité internationale des habitants de Pungesti soumis à la répression

Le point sur les événements de la journée de solidarité organisée à Pungesti, en Roumanie, le 7 décembre, où les habitants luttent contre l’implantation d’un forage d’exploration de gaz de schiste.

- Correspondance, Roumanie

Ce matin 8 décembre au réveil, les nouvelles de Roumanie sont mauvaises. Malgré le communiqué de presse de Chevron, datant d’hier à 14 heures, annonçant la suspension de ses travaux sur le site, la police anti-émeute roumaine a terrorisé la population de Pungesti durant la nuit, comme en témoignent des personnes présentes sur place.

« La terreur s’est installée à Pungesti et dans toute la Roumanie avec les opérations de Fracking de Chevron. C’est une véritable guerre que Chevron a déclaré au peuple roumain, soutenu par le gouvernement de notre pays qui recourt à la police anti-émeute, branche lourde et brutale de la police militarisée.

Dans un pays où les droits de propriété sont manifestement violés, la liberté d’expression bafouée, le droit à la libre circulation entravé, nous avons désespérément besoin de la solidarité internationale !

Hier, le 7 décembre, nous avons connu un jour de guerre, peu médiatisé ni débattu dans les médias roumains, ce qui n’est pas une surprise.

Dans un premier temps, les gens qui s’étaient réunis à Pungesti pour envoyer un message fort à Chevron et au gouvernement roumain, qui a tout fait pour imposer le projet de fracturation hydraulique de Chevron, ont fait tomber en l’arrachant la clôture entourant le terrain - où Chevron a commencé à ériger sa première plate-forme sur le territoire roumain de manière abusive et malgré la forte opposition locale. Vingt personnes ont été arrêtées, d’autres blessées dans les échauffourées qui ont suivi ces arrestations, en particulier lors de tentatives de libération des personnes arrêtées sans ménagement.

Voir : https://www.youtube.com/watch?v=-Qnznd_5hiw#t=178

Le camp a été entièrement évacué et détruit par la police anti-émeute pour cause d’insalubrité ! Ils ont accusé les gens de possession d’armes blanches (ce qui est totalement faux) et de matériaux inflammables. Or dans le camp, il n’y avait que du gaz pour la génératrice d’énergie.

La police a attendu que la nuit tombe pour envoyer ses troupes dans les maisons du village à la recherche d’hôtes (pas de réels activistes, souvent de simples citoyens venus par solidarité en soutien aux habitants de ce Pungsti), ils ont tabassé ces gens dans leur propre cour, sont entrés dans leurs maisons et ont fait payer des amendes à ceux qui accueillaient des personnes étrangères au village, pendant que tout le monde se cachait apeuré dans les maisons, lumières éteintes et chuchotant dans l’obscurité.

Auparavant, en fin de journée, les policiers anti-émeute ont prétexté sans preuves que les manifestants avaient jeté des pierres sur un de leurs camions pour intervenir brutalement : ils sont arrivé au magasin local où les personnes expulsées du camp s’étaient réunies, et ont emmené et battu violemment certains des dirigeants du mouvement politique et environnemental qui voit le jour en ce moment en Roumanie, arrivés depuis peu. L’appareil photo de l’un d’eux a été cassé. Onze personnes ont été arrêtées. Des dossiers pénaux seront ouverts pour beaucoup d’entre eux, et ils sont condamnés à 29 jours d’incarcération, comme s’il s’agissait de vrais criminels, contrairement à ce qui s’est passé jusqu’à maintenant. Les dirigeants du camp ont clairement été ciblés.

Dans le même temps, à Bucarest, des centaines de personnes envahissaient les rues en solidarité avec Pungesti. Elles ont tout de suite été condamnées par la police anti-émeute à payer une amende, et les forces de l’ordre ont essayé de dégager les manifestants de là en utilisant la violence. Toute protestation est donc muselée, quel que soit le type de protestation, toute résistance de la population roumaine brutalement réprimée.

Nous soulignons qu’il ne s’agit pas d’une situation locale, que le pays tout entier soutient Pungesti ! Ce que la dictature roumaine veut faire à Pungesti, c’est obtenir une vitrine de la répression, permettant, par l’exemple, d’ouvrir la voie à d’autres projets dans tout le pays.

Le camp de Pungesti doit résister et il résistera. Aidez-nous et soutenez cette résistance. Faites savoir au monde que les Roumains s’opposent à la fracturation hydraulique et qu’ils souhaitent que leur exemple inspire chacun à faire de même.

Aujourd’hui 8 décembre, de vastes protestations sont prévues en Roumanie. Une répression massive par la police anti-émeute est prévue pour empêcher nos protestations. Ce sera ainsi cette fois encore, mais la situation s’aggrave et le désespoir de ne plus parvenir à nous bâillonner s’installe.

La guerre se poursuit et nous avons besoin d’aide sur place pour affronter cette situation désespérée.

De fait, la situation à Pungesti n’est pas prête de toucher au dénouement : après le communiqué de presse de Chevron, annonçant samedi 7 décembre sa décision de suspendre ses activités à Pungesti, on apprend le 8 décembre, selon une information parue sur le site roumain Realitatea.net que Chevron reprenait ses travaux en utilisant des technologies conventionnelles.

"Notre priorité est de mener des activités de manière sécurisée et respectueuse de l’environnement. Nous respectons le droit des individus à exprimer leurs points de vue, mais nous pensons qu’ils doit être exercé dans les limites de la loi », a déclaré la compagnie. Les clôtures que les manifestants avait fait tomber sur le sol samedi ont été réinstallées. Des témoins annoncent que les opposants ont décidé d’organiser une autre manifestation dans un village voisin de Pungesti, Armăşoaia. Les gendarmes bloquent toujours l’accès à la terre actuellement louée par Chevron.

Les opposants à ce projet qui cristallise le ras-le-bol des citoyens roumains, considèrent cette dernière déclaration de l’entreprise américaine comme une réelle déclaration de guerre.

Complément d’info : Dépêche (en anglais) de l’agence Reuters, datant du samedi 7.

Pour soutenir les habitants de Pungesti, pétition en ligne ici.

Construire une éolienne à Notre Dame des Landes Reporterre 2013/12/09 (9 décembre 2013) Construire une éolienne à Notre Dame des Landes. Reporterre. fr

Construire une éolienne à Notre Dame des Landes

Venez apprendre à construire une éolienne, du 9 au 13 décembre à Notre-Dame-des-Landes !

Nous construisons une éolienne début décembre pour l’installer aux 100 noms, à Notre-Dame-des-Landes. Elle fera 2.40m d’envergure et 18m de haut. On fait ça avec l’association Tripalium qui organise un stage à la Wardine et des gens comme nous qui veulent apprendre à construire une éolienne.

Le stage est à prix libre : l’argent servira à financer la construction de cette éolienne + l’installation d’une autre éolienne déjà construite par d’autres copainEs, c’est à dire environ 5000 €.

Cela se déroulera du 9 au 13 décembre. Renseignements et inscriptions : gilou@tripalium.org

UnE des 100 noms

SERIE - Plus de mille incidents et le record français de fissures. Tout va bien à Tricastin Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/10 Barnabé Binctin (Reporterre) (10 décembre 2013) SERIE - Plus de mille incidents et le record français de fissures. Tout va bien à Tricastin. Reporterre. fr

SERIE - Plus de mille incidents et le record français de fissures. Tout va bien à Tricastin

- Reportage, Lyon (Rhône), Pierrelatte (Drôme)

Le 24 octobre, le réacteur n°2 de la centrale EDF du Tricastin s’arrête suite à l’arrêt des pompes de prélèvement d’eau du canal de refroidissement. En cause : les intempéries conséquentes à la tempête Christian qui ont chargé en limon l’eau du canal de Donzère-Mondragon. Devenue boueuse, l’eau n’est alors plus apte à remplir son rôle de refroidissement. Selon l’association Next-Up, cet incident « confirme et crédibilise l’analyse sur la possibilité de perte totale et brutale d’eau de refroidissement des 4 réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin ».

Le 23 novembre, c’est l’unité de production n°3 qui s’interrompt subitement. Sur son site internet, EDF explique qu’ « une carte électronique défectueuse à l’origine de cet arrêt doit être changée », précisant que « cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement ».

Aucun de ces deux incidents ne sont pourtant classés par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) sur l’échelle de gravité de l’INES. La dernière "anomalie", classée au niveau 1 de l’échelle de l’INES, remonte selon l’exploitant au 15 octobre et à la découverte de l’absence de renforts de joints de soudure sur les tuyauteries des réacteurs 2 et 4.

1000 incidents à la centrale de Tricastin

Reporterre est allé rencontrer le responsable de l’ASN qui assure le contrôle de la centrale nucléaire de Tricastin. Pour Olivier Veyret, adjoint au chef de division Sûreté de l’ASN à Lyon, « Tricastin comptabilise à peu près 50 incidents par an recensés sur l’échelle de l’INES, dont une dizaine supérieure au niveau 0. Elle se situe tout à fait dans la moyenne des centrales du parc nucléaire français ». Dans son Rapport 2012 sur la sûreté nucléaire et la radioprotection des installations nucléaires du Tricastin, EDF recense pour l’année 2012 quarante-trois événements significatifs de niveau 0 et onze de niveau 1. Reconnaissant « une augmentation des événements classés côté sûreté », l’exploitant précise à la phrase suivante que « ces écarts n’ont eu aucune conséquence réelle sur la sûreté ».

Voir ici, pages 22 à 24 du rapport EDF Tricastin à télécharger :

De son côté, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) explique que le nombre d’événements déclarés ne fait pas la dangerosité. « En matière industrielle, il y a toujours des événements, c’est normal. Il faut justement s’en servir pour améliorer notre connaissance sur la sûreté des installations. Ce qui compte, c’est la vigilance de l’exploitant », nous explique Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN

En mars 2013, plusieurs associations dont le collectif anti-nucléaire du Vaucluse dénonçaient pourtant le millième incident sur la centrale de Tricastin, un chiffre calculé « sur la base des informations publiques disponibles sur internet depuis le début de l’existence de cette centrale », indique Alain Volle, du collectif Stop Tricastin. Pour cet étrange anniversaire, c’est le réacteur n°1 de la centrale qui alllumait les bougies : le jeudi 28 février, vers 20h, une explosion précédée d’un flash bleu alerte les autorités. Selon l’exploitant, « un parafoudre de la ligne électrique de 225 000 volts, située après le poste de transformation principal de l’unité de production n°1 s’est rompu, provoquant l’interruption de l’évacuation d’énergie vers le réseau électrique ».

Mais les incidents à répétition ne représentent qu’un volet des enjeux de sûreté que pose le site du Tricastin.

Championne de France des fissures

En 1999, lors de la seconde visite décennale (VD2) du réacteur n°1, des fissures sont mesurées dans la cuve de confinement du réacteur, au niveau de la zone de cœur, qui est par définition la plus soumise au bombardement neutronique. On en compte précisément vingt, alors que l’ensemble du parc nucléaire français en dénombre trente-trois au total, réparties sur neuf réacteurs. Tricastin concentre donc près de deux tiers des fissures existantes en France, dont la plus large (11 mm) jamais mesurée.

L’ASN qualifie de « défauts sous revêtement » ces fissures. « Ces défauts sont présents depuis la fabrication et ils n’ont jamais impacté la tenue de la cuve. Ils ont été découverts plus tard grâce à l’amélioration des nos technologies, mais ils ne remettent pas en cause la durée de vie du réacteur. Ces défauts font l’objet d’un contrôle régulier de la part de l’exploitant, et la troisième et dernière visite décennale n’a pas révélé d’évolutions significatives », explique Olivier Veyret.

En réalité, on avait connaissance de ces défauts dès l’installation de la cuve, avant même la mise en service du réacteur. Microscopiques, ces fissures avaient été détectées dès 1979, comme nous le rappelle ce reportage paru dans le journal de 20h d’Antenne 2 le 25 octobre 1979 :

http://www.ina.fr/video/CAB7901862401

Ces défauts se trouvent à l’interface de la cuve en acier et de son « beurrage », un revêtement en acier inoxydable de 25 millimètres qui protège l’intérieur de la cuve de la corrosion, tel que l’indique ce schéma :

Guillaume Vermorel est un ingénieur qui suit pour EELV Rhône-Alpes les problèmes liés à la centrale. Il nuance l’état de connaissance : « La technique ne nous permet pas aujourd’hui d’ausculter l’épaisseur totale de la cuve, qui fait plus de 20 cm. On peut seulement contrôler les 3 premiers centimètres de profondeur, par ultra-sons. On connaît donc la hauteur et la largeur des fissures mais on ne peut pas évaluer leur profondeur ».

Les défauts pourraient ainsi évoluer sans que l’on s’en aperçoive. D’autant que les arrêts d’urgence (appelés "scram", dans le jargon technique) ont tendance à accroître les effets de dilatation thermique : « Le chaud-froid provoqué par les eaux de refroidissement lors d’un scram fragilise l’acier de la cuve. On peut supposer que ces fissures se propagent dans l’acier, sans savoir si elles risquent de déboucher à l’extérieur », explique M. Vermorel. La cuve assure un rôle essentiel dans le confinement de la matière radioactive, la maitrise de la réaction en chaine et le refroidissement du cœur. Elle ne peut pas être remplacée.

Les fissures révèlent un problème plus général de vieillissement des installations. Cette cuve du réacteur n°1, une des plus anciennes en activité en France, subit depuis trente-trois ans des températures élevées (300°C) et une pression très importante (155 bars), dans un contexte d’irradiation permanente qui fatigue les matériaux. Cette fragilité propre aux infrastructures inquiète d’autant plus que la centrale de Tricastin est particulièrement exposée aux risques externes.

L’accumulation de risques externes

Tricastin a été classé en zone 3 lors du dernier zonage sismique réalisé en France en 2010. Un privilège qui n’est partagé que par quatre autres centrales en France : Fessenheim, Cruas, Bugey et, donc, Tricastin.

Selon François Thouvenot, qui a étudié les risques sismiques dans le Tricastin pour l’Institut des sciences de la Terre, la région présente une sismicité particulière, dite en « essaim ». Les séismes, certes de faible magnitude, durent plus longtemps qu’un séisme instantané, même si c’est avec la même intensité et des foyers de faible profondeur. Or la profondeur est une donnée importante pour dimensionner les installations, mais ces informations n’étaient pas connues au moment de la construction de la centrale de Tricastin.

La centrale de Cruas, construite dix ans plus tard que Tricastin à trente km au nord de celle-ci, s’est basée sur une autre technologie avec des plots antisismiques permettant d’amortir le choc de l’onde sismique.

C’est pourquoi l’ASN a demandé à EDF des études complémentaires sur « la tenue au séisme de certains équipements » lors de sa dernière visite décennale à Tricastin.

Au risque sismique s’ajoute celui de l’inondation. Celui-ci pourrait provenir du canal de Donzère-Mondragon qui sert au refroidissement de la centrale et surplombe le site de sept mètres de hauteur. Une défaillance des digues en raison d’un séisme, d’une crue exceptionnelle du Rhône ou simplement d’un mauvais entretien aurait ainsi des conséquences immédiates.

- Le long du canal, une digue endommagée -

Par ailleurs, l’ASN considère aujourd’hui que l’exploitant n’est pas en mesure d’assurer la protection de la centrale en cas de crue millénale majorée de 15 %. EDF doit donc présenter un plan de renforcement avant le 31 décembre pour des travaux d’ici le 31 décembre 2014.

L’idée du siècle : un gazoduc sous le canal

Malgré l’accumulation de ces risques préoccupants, l’entreprise GRT Gaz projette de construire un nouveau gazoduc dans la région de 220 km de long et 1,20 m de diamètre. Le tracé du gazoduc ERIDAN passe sous le canal de refroidissement de la centrale. Pour l’association Pierredomachal qui milite contre ce projet, le risque est double pour la centrale nucléaire de Tricastin : « En cas d’explosion du gazoduc sous le canal, il y aura non seulement inondation du site nucléaire, mais perte de refroidissement pour la centrale. Les autorités minimisent le risque d’explosion, mais s’il advenait, la catastrophe serait inévitable », selon son vice-président, Gérard Dabenne.

"Tout est normal"

Quoi qu’il en soit, les autorités du nucléaire continuent de considérer Tricastin comme une centrale normale d’un point de vue de la sûreté. Dans son appréciation pour 2012, l’ASN écrit ainsi que « les performances en matière de sûreté nucléaire du site du Tricastin rejoignent globalement l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur EDF ».

Malgré les fuites de tritium ?

- A suivre demain…

Le Sénat s’apprête à autoriser l’Etat à espionner les internautes ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) Reporterre 2013/12/10 ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) (10 décembre 2013) Le Sénat s’apprête à autoriser l’Etat à espionner les internautes. Reporterre. Tribune — fr

Le Sénat s’apprête à autoriser l’Etat à espionner les internautes

Le Sénat discute aujourd’hui d’une loi autorisant les services de l’Etat à espionner les communications par internet sans contrôle judiciaire. Nouvelle atteinte aux libertés. Le même texte prévoit par ailleurs un renforcement des moyens pour développer les armes nucléaires.

Mardi 10 décembre, le Sénat doit examiner en deuxième lecture le projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) 2014-2019 adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale le 3 décembre 2013 .

Une loi liberticide

Alors que les interceptions dites « de sécurité » étaient jusqu’ici limitées à la lutte contre le terrorisme, ce projet de loi en élargit les motifs et son article 13 ouvre aux services de renseignement des ministères de la Défense, de l’Intérieur, de l’Economie et du Budget un « accès administratif aux données de connexion » recueillies par les opérateurs de communications électroniques, les hébergeurs et les fournisseurs d’accès à Internet.

Le texte autorise les agents « habilités » des administrations citées à accéder en temps réel aux données de connexion des terminaux mobiles (smartphones, portables, etc.) et oblige les transporteurs aériens à communiquer « les données d’enregistrement relatives aux passagers des vols à destination et en provenance du territoire national » et aux passagers enregistrés dans leurs systèmes de réservation.

Par ces mesures, chacun (sauf les professionnels du crime, qui sauront y parer...) pourra être à tout instant « localisé » partout, en France ou ailleurs... avant même d’y être ! C’est bon pour les libertés, parait-il.

Ainsi, tandis que l’Union Européenne condamne les méthodes de la NSA américaine, la France met en place le même type de surveillance étatique, en théorie « ciblée » et contrôlée par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) (mais seulement après coup...), en pratique inaccessible au contrôle citoyen. Big Brother est en marche au pays qui se dit « le pays des droits de l’homme ».

Une loi criminelle

Par ailleurs, la LPM « sanctuarise » le budget de la défense, qui progressera de 3,6 % de 2014 à 2019 et totalisera « 190 milliards d’euros courants, voire davantage », selon le ministre de la Défense. Les crédits d’équipement, fixés à 16 milliards d’euros en 2013, atteindront en moyenne 17,2 milliards par an sur la période. Ils se tailleront, aux dépens des personnels, la part du lion - spécialement ceux destinés à produire de nouvelles armes nucléaires.

Un crédit supplémentaire de 1,5 milliard d’euros sera ouvert en 2014 au titre de « l’Excellence technologique des industries de défense », essentiellement au profit du CEA. « Nous poursuivrons le programme de simulation et la modernisation de nos forces, dans le respect du principe de stricte suffisance », a déclaré le ministre de la défense le 26 novembre.

Cette « stricte suffisance » consiste à pouvoir faire, avec 300 bombes atomiques, près d’un milliard de morts. Chacune de ces bombes, de 7 à 22 fois plus puissante que celle d’Hiroshima, peut faire plusieurs millions de morts, sans distinguer bien entendu entre civils et militaires. Ce sont des armes de crime contre l’humanité.

L’Assemblée générale de l’ONU les a formellement condamnées : « Tout Etat qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation. » (Résolution 1653 XVI du 24 novembre 1961).

La LPM est donc liberticide, mais aussi criminelle, et contraire à ce titre au droit international et à la Constitution française. Les parlementaires qui la voteront se rendront complices de la préparation de crimes contre l’humanité et de la forfaiture dont le chef de l’Etat et le chef du gouvernement se rendent d’ores et déjà coupables en inspirant un tel projet de loi. Chacun d’eux doit en avoir conscience et savoir que la justice finit presque toujours par rattraper les criminels.

Claire Nouvian : « Il faut en finir avec la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire » Hélène Harder et Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/12/10 Hélène Harder et Hervé Kempf (Reporterre) (10 décembre 2013) Claire Nouvian : « Il faut en finir avec la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire ». Reporterre. Entretien — Pêche fr

Claire Nouvian : « Il faut en finir avec la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire »

Le Parlement européen a rejeté aujourd’hui un réglement visant à interdire le chalutage profond. Une méthode de pêche qui ravage pourtant les fonds océaniques. Claire Nouvian dirige Bloom, une des principales associations écologistes à lutter contre ce gaspillage. Elle répond en vidéo aux questions de Reporterre.

Ce mardi 10 décembre, le Parlement européen devait prendre une décision importante sur une proposition de réglement interdisant une méthode destructrice de pêche, le chalutage en eau profonde. La mauvaise nouvelle est tombée en fin de matinée : rejet à 342 voix contre 326.

Depuis plusieurs années, une bataille est engagée par quelques groupes écologistes pour mettre un terme à cette forme de pêche. En pointe, l’association Bloom, dont Claire Nouvian est la directrice. Nous sommes allé l’interroger. Avec trois grandes questions : quel est l’effet sur les écosystèmes du chalutage profond, où en est la bataille réglementaire, et que peut faire le consommateur.

Les effets sur l’écosystème du chalutage profond

Claire Nouvian explique ici cette méthode de pêche : des chaluts énormes, qui raclent le fond océanique. « C’est comme un énorme bulldozer tiré par un gros bateau. Une bouche béante avale tout sur son passage ». Le tri se fait à bord du navire : pour trois espèces conservées, jusqu’à cent sont rejetées à la mer. Tout ceci a des conséquences graves sur les espèces du fond, qui sont fragiles : certaines ont perdu jusqu’à 80 % de leurs effectifs. « C’est la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire, qui détruit ce qui, avec la forêt tropicale, le plus grand écosystème de la Terre, le plus grand réservoir d’espèces sur Terre ».

La bataille réglementaire

Le chalutage profond est déjà interdit dans l’océan austral, ainsi qu’aux Açores, aux Canaries et en Méditerranée. En Europe, seules l’Espagne et la France défendent cette forme de pêche. Cela ne concerne en France qu’une dizaine de navires, qui sont dont l’exploitation est d’ailleurs déficitaire. « Des officiels nous disent, ’On en a marre de travailler pour Intermarché’ ». Car cette chaine de distribution est le principal agent - et profiteur - de la pêche par chalutage profond.

Au demeurant, la pêche en eau profonde ne serait pas interdite par le réglement discuté le 10 décembre : la pêche à la palangre (longue ligne avec hameçons) resterait possible. Elle est beaucoup moins destructrice… et crée plus d’emplois que le chalutage profond.

Ce que peut faire le consommateur

Ne pas acheter les poissons issus du chalutage profond : grenadier de roche, lingue bleue, sabre noir. Ils se trouvent surtout chez Intermarché et chez Leclerc, à éviter, donc, et en restauration collective.

Et puis « réduisons la consommation de protéines animales : on n’a jamais autant mangé de protéines animales de toute l’histoire de l’homme. »

« On peut gaiement se détourner de ces poissons, en se disant qu’on contribue à quelque chose de valeureux ».

- Propos recueillis par Hélene Harder (réalisation et montage vidéo) et Hervé Kempf.

Compléments d’info :

- Le texte discuté au Parlement européen le 10 décembre 2013, à télécharger :

- Une explication du problème par la bande dessinée de Pénélope Bagieu

SERIE - A quoi EELV sert-il ? Reporterre Reporterre 2013/12/10 Reporterre (10 décembre 2013) SERIE - A quoi EELV sert-il ?. Reporterre. fr

SERIE - A quoi EELV sert-il ?

A quoi le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts) sert-il ?

Voici les réponses de :

. Jean-Claude Guillebaud, 14 novembre 2013.

. Denis Baupin, 16 novembre 2013.

. Alain Lipietz, 19 novembre 2013.

. Paul Ariès, 21 novembre 2013.

. Daniel Cohn-Bendit, 23 novembre 2013.

. Geneviève Azam, 26 novembre 2013.

. Chantal Jouanno, 28 novembre 2013.

. Edouard Gaudot et Sébastien Joyeux, 30 novembre 2013.

. Des lecteurs de Reporterre, 2 décembre 2013.

L’Ecologiste Reporterre 2013/12/10 (10 décembre 2013) L’Ecologiste. Reporterre. fr

L’Ecologiste

L’Ecologiste n°41 est sorti

Dossier : Rivières. Congo, Amazone, Europe : le retour de la Banque mondiale et des projets de barrages. La résistance, les alternatives. Nombreux sujets hors dossier et les rubriques habituelles. Port offert.

Ouverture

Une décision judiciaire historique par Thierry Jaccaud, p. 3

La décision peut-être la plus importante de toute l’histoire de la protection de la nature et de l’environnement.

Tribunes

Le scandale des perturbateurs endocriniens par André Cicolella, p. 6-7

Président du Réseau Environnement Santé et spécialiste des perturbateurs endocriniens, il vient de publier Toxique Planète, livre magistral sur la pollution de notre environnement.

Réponse aux partisans des OGM par Satish Kumar, p. 8

En Europe, le ministre de l’environnement du Royaume-Uni est un des plus virulents défenseurs des OGM. Réponse, par l’une des grandes personnalités écologistes de la planète.

Appel à la mobilisation contre la PAC par José Bové, p. 9

Le député européen explique en quoi consiste la déclinaison française de la nouvelle PAC. Et appelle à se mobiliser pour de nouvelles mesures françaises.

Abatage rituel : où en est-on ? par Frédéric Freund, p. 10

Le directeur de l’œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir fait le point sur les pratiques et la législation.

Dans la presse

Revues savantes ou militantes, à grande ou à petite diffusion : dans chaque numéro, cette rubrique vous présente une sélection de dossiers ou d’articles de revues, p. 11-12.

Campagnes et analyses

Qui sont vraiment les Zapatistes ? par Jean Robert, p. 13-17.

L’auteur est un ami d’Ivan Illich, installé au Mexique depuis 1972. Il nous livre ici beaucoup plus qu’un témoignage.

Patrimoine médical en danger par Jean-Michel Morel, p. 18-19

Incroyable. Le docteur Morel, président du syndicat national de la phyto-aromathérapie, demande la levée de l’interdiction décidée en catimini d’un pan entier du patrimoine médical.

Portrait

Hommage à François Terrasson par Thierry Jaccaud, p. 41

Rencontre avec Jean-Claude Genot, auteur d’une belle biographie sur François Terrasson qui vient de paraître, son éditeur et la veuve du naturaliste.

Campagnes et analyses

L’écologie des peuples nomades par Charles Stépanoff, p. 42-43

Une interview à l’occasion de la sortie d’un ouvrage exceptionnel sur le sujet.

Ré-enchasser la nature dans la culture par D. Rasmussen, p. 44-46

La seule société non indigène de l’histoire, c’est la nôtre. Quelles sont les valeurs indigènes ? Comment se les réapproprier ? Pourquoi ? Réponse par un anthropologue qui habite Iqaluit, la capitale du Nunavut.

Présentation de livres

42 livres qui viennent de paraître vous sont présentés. Essais, livres de référence, beaux livres, livres pratiques, livres jeunesse, livres remarquables... Indispensable pour vous-même et... pour choisir des cadeaux pour vos proches ! p. 52-60.

Suite dans les idées, p. 63

La suite de sujets abordés dans de précédents numéros de L’Ecologiste.

Agenda, p. 64-65

Une sélection de colloques, expositions, conférences, salons...

Billet

La vie est ici et maintenant, par Alain Hervé, p. 66

Des jouets de Noël, oui, mais recyclés ! Reporters d’espoirs Reporterre 2013/12/10 Reporters d’espoirs (10 décembre 2013) Des jouets de Noël, oui, mais recyclés !. Reporterre. fr

Des jouets de Noël, oui, mais recyclés !

Des dizaines de Barbie, des Lego à la pelle, des ribambelles de doudous, tous voués à l’abandon, ressuscitent chaque jour ici. Et la visite de cet atelier, installé à Paris (14e), pourrait réveiller la part d’enfance des plus endurcis.

Mais le travail de Rejoué est très sérieux. Cette association permet à des personnes en insertion de renouer avec le monde du travail tout en créant une filière de recyclage.

Claire Tournefier était bénévole à la Croix-Rouge quand elle a eu l’idée de cette initiative : « On nous donnait des tas de jouets, mais on ne savait pas quoi en faire. »

En mars 2012, avec Antoinette Guhl, alors consultante en développement durable, elles ouvrent cet atelier pour redonner vie à ces jouets.

Les objets trop abîmés ou non conformes aux normes européennes (obligatoires pour vendre des jouets) sont écartés et envoyés dans des filières de recyclage, ou parfois détournés par des artistes. Pour les autres (environ 70 %), le grand nettoyage commence. « Avec des produits écolo », souligne la fondatrice. Le garage en plastique fait un séjour à 60 °C dans le lave-vaisselle pour tuer les microbes.

Le déguisement de Spider-Man passe au lave-linge. On tente de compléter les jeux de société. Pas si simple ! « Il faut comprendre la règle du jeu pour vérifier les pièces manquantes, sans y passer trop de temps », explique Aissatou, salariée de 22 ans.

Le tout est vendu entre 50 et 80 % moins cher que le neuf à des ludothèques, des crèches, dans des épiceries sociales… Et dans la boutique de Rejoué, qui ouvre fin février à côté de l’atelier.

Douze personnes, âgées de 21 à 59 ans, sont embauchées pour un an. Un chef d’atelier les encadre et une conseillère en insertion professionnelle résout avec elles les problèmes de logement, de dettes, de santé… Une trentaine de bénévoles complètent cet atelier du Père Noël version récup. Rejoué organise des collectes dans des écoles ou des entreprises. « Nous avons récupéré 7 tonnes de jouets en un an et nous visons 20 tonnes pour 2013 », précise Claire Tournefier.

On peut fermer des prisons. C’est ce que fait la Suède Richard Orange (The Guardian) Reporterre 2013/12/10 Richard Orange (The Guardian) (10 décembre 2013) On peut fermer des prisons. C’est ce que fait la Suède. Reporterre. Libertés fr

On peut fermer des prisons. C’est ce que fait la Suède

Une politique de réhabilitation et de réduction des peines a pour résultat la fermeture de quatre prisons en Suède.

Le nombre d’admissions dans les prisons a connu une telle chute en Suède ces deux dernières années qu’il a été décidé de fermer quatre prisons et un centre de détention provisoire.

« Nous avons vu une baisse extraordinaire du nombre de détenus », a déclaré Nils Öberg, chef des services pénitentiaires et de probation en Suède, « ce qui nous permet de fermer une partie de notre infrastructure. »

Le nombre des prisonniers en Suède baisse d’environ 1 % par an depuis 2004, et a diminué de 6 % entre 2011 et 2012. Tendance qui devrait continuer cette année et l’année prochaine, d’après Nils Öberg.

L’administration pénitentiaire a donc fermé cette année les prisons des villes de Åby, Haja, Båtshagen, et Kristianstad. Deux seront probablement vendues et deux seront prêtées pour une utilisation temporaire à d’autres autorités gouvernementales.

Pour Nils Öberg, même si personne ne sait exactement pourquoi le nombre de détenus a chuté si abruptement, l’approche libérale de la Suède, avec son fort accent sur la réhabilitation des prisonniers, a joué un rôle.« Nous espérons que les efforts que nous faisons dans la réhabilitation et la prévention des rechutes de la criminalité a eu un impact, mais nous ne pensons pas que cela pourrait expliquer toute la baisse de 6 %. »

Il pense que la Suède doit travailler encore plus à la réhabilitation des prisonniers, et faire encore mieux pour les aider une fois qu’ils retournent vivre dans la société civile.

Une explication partielle de la chute brutale des admissions pourrait être que les tribunaux suédois ont donné des peines plus légères pour des délits de drogue, à la suite d’une décision de la Cour suprême suédoise en 2011. Selon Nils Öberg, il y avait en mars dernier environ 200 personnes de moins purgeant des peines pour infractions relatives aux drogues que l’année précédente.

Si le nombre de détenus devait de nouveau augmenter, les services pénitentiaires de la Suède gardent la possibilité de rouvrir deux des prisons fermées.

« Nous ne sommes pas sur le point de conclure qu’il s’agit d’une tendance à long terme et qu’il s’agit d’un changement de paradigme », a déclaré Öberg. « Ce dont nous sommes certains, c’est que la pression sur le système de justice pénale a nettement diminué ces dernières années. »

Hanns von Hofer, professeur de criminologie à l’Université de Stockholm a, lui, déclaré que la baisse du nombre de détenus pouvait être en grande partie attribuée à un récent changement de politique favorisant des peines probatoires au lieu de courtes peines de prison pour des vols mineurs, des infractions relatives aux drogues et même des crimes violents.

Il a souligné que sur la baisse de la population carcérale entre 2004 et 2012, 36 % concerne des vols, 25 % des infractions relatives aux drogues et 12 % des crimes violents.

Selon les données officielles, la population carcérale suédoise a chuté de près d’un sixième depuis 2004 où il y avait 5722 prisonniers. En 2012, il n’y a plus que 4852 personnes en prison en Suède, sur une population de 9,5 millions.

Le record du monde de la prison : les Etats-Unis

Selon les données recueillies par le Centre international d’études pénitentiaires, les cinq pays qui ont la population carcérale la plus élevée sont les États-Unis, la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde.

Les États-Unis ont une population carcérale de 2.239.751, soit 716 personnes pour 100 000 habitants.

La Chine se classe deuxième avec 1,64 millions de personnes derrière les barreaux, ou 121 personnes pour 100 000, tandis que les détenus de la Russie sont 681 600, soit 475 personnes pour 100 000 habitants.

Les prisons brésiliennes détiennent 548 003 prisonniers, 274 personnes pourr 100 000, et la population carcérale de l’Inde s’élève à 385 135, avec un taux de seulement 30 détenus pour 100.000 citoyens.

Parmi les pays avec des populations réduites, on trouve Malte, la Guinée équatoriale, le Luxembourg, la Guyane française et Djibouti. La Suède est classé 112e pour sa population carcérale.

L’écologie de la conscience Reporterre 2013/12/11 (11 décembre 2013) L’écologie de la conscience. Reporterre. fr

L’écologie de la conscience

Les professeurs d’espérance n’ont qu’un seul argument : lorsque le danger ou la douleur atteignent un certain degré, la conscience se réveille et l’être humain s’adapte, c’est-à-dire qu’il opte pour des comportements favorables à sa survie. La conscience : un guide sûr !

Un argument en apparence très fragile. Il suffit habituellement d’un sourire pour qu’il s’écroule dans le scepticisme ou l’indifférence du jour. Pour avancer sur un tel chemin, il faut croire en la conscience, en la pensée et en la vie, trois formes de lumière qui ont perdu toute recevabilité dans notre monde soi-disant postmoderne.

Pourtant, l’auteur soutient ici que le mouvement de la société civile en faveur de l’écologie n’est pas une mode, mais la manifestation d’une conscience en marche, elle-même constitutive de la vie. Solidement enraciné dans la physique contemporaine et l’histoire de la pensée, cet essai propose un fondement métaphysique à l’espérance, un changement de mentalité nécessaire à notre avenir, et une pratique courageuse de la participation à la vie.

On trouvera ici un étonnant traité sur la conscience dans son sens le plus large et le plus engageant.

Écrivain et philosophe, Jean Bédard prête depuis longtemps sa voix et ses gestes aux plus démunis, auprès desquels il a œuvré comme travailleur social. Nourri de la pensée humaniste, il a consacré à ses maîtres plusieurs ouvrages : Maître Eckhart (Stock, 1998), Nicolas de Cues (Hexagone, 2001), Comenius, l’art sacré de l’éducation (Jean-Claude Lattès, 2003).

- L’écologie de la conscience, Jean Bédard, éd. Liber, 500 p., 29 €.

L’écologie de la conscience, Jean Bédard, Editions Liber, 500 pages, 29 €

Aspartame : si, il est nocif ! Réseau environnement santé Reporterre 2013/12/11 Réseau environnement santé (11 décembre 2013) Aspartame : si, il est nocif !. Reporterre. Tribune — fr

Aspartame : si, il est nocif !

L’agence européenne de sécurité sanitaire vient de rendre un avis indiquant que l’aspartame ne pose pas de problème pour la santé. Un avis très contestable, alors que l’agence a écarté nombre d’études qui soulignaient l’effet de cet édulcorant du sucre.

L’EFSA (agence européenne pour la sécurité de l’alimentation) a rendu son rapport sur la réévaluation de l’aspartame. Cette réévaluation fait suite à la demande formulée par le RES (Réseau environnement santé) en 2011 et prise en compte par la Commission Européenne en 2012.

Un pré-rapport avait été publié par l’EFSA (Autorité européennes sur la sécurité des aliments) le 8 janvier 2013 dont le RES avait fait la critique [1]. Le RES a participé à l’audition organisée par l’EFSA le 9 avril 2013 à Bruxelles.

L’avis de l’EFSA ne répond pas aux critiques graves qui lui ont été faites publiquement par le RES.

L’EFSA publie la conclusion de l’avis du RES (N° 188), mais ne répond pas aux critiques formulées, qui sont pourtant des critiques particulièrement graves.

Le rapport conclu ainsi que « que la dose journalière acceptable (DJA) actuelle de 40 mg/kg de poids corporel/jour constituait une protection adéquate pour la population générale ». Or cette DJA repose sur des rapports issus de l’industrie datant de 1973 et 1974 qui n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique, ce qui signifie qu’ils n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation indépendante par les pairs, ce qui est pourtant la première étape d’une évaluation des risques.

Ces études ont été faites par les laboratoires Hazleton, dont la qualité des travaux a été jugée inacceptable par une mission conduite par la Food and Drug Administration en 1977 (rapport Bressler).

A aucun moment cette critique particulièrement grave n’est même discutée.

Le RES avait mis en évidence que certaines parties du rapport de l’EFSA étaient un simple copier-coller d’un rapport publié en 2007 par un consultant, le groupe Burdock, travaillant pour le fabricant d’aspartame Ajinomoto (“Effect of Aspartame on behaviour and cognition”, soixante lignes sont identiques sur quatre-vingt seize lignes (de 3396 à 3492). L’avis se contente de dire que c’était une erreur isolée.

Le rapport continue d’écarter des études animales publiées dans les meilleures revues de santé environnementale montrant la cancérogénicité sur le rat et la souris (lymphomes et leucémies), alors qu’une étude épidémiologique portant sur 122 000 personnes consommateurs de boissons avec édulcorant a confirmé la survenue de lymphomes et de leucémies [2]. Cette étude est écartée sans explication.

Une étude argentine montrant que le risque de cancer des voies urinaires augmente avec la durée de consommation de boissons light (risque doublé après ajustement sur l’âge, le genre, l’IMC, le statut social et le tabagisme) n’avait même pas été analysée. L’EFSA le reconnaît, mais continue de l’écarter sans raison [3].

Les études épidémiologiques portant sur la prématurité liée à la consommation de boissons avec édulcorant par la femme enceinte sont écartées également sans raison [4]. Une étude française, menée auprès de 66 118 femmes parue après la publication du rapport EFSA, montre un lien entre boissons light et diabète de type 2, ce qui conforte les résultats de l’expérimentation animale [5]. Elle est écartée au motif que le problème n’est pas spécifique à l’aspartame. Raisonnement exact (un autre édulcorant est en cause, l’acesulfame K), mais surprenant, car l’aspartame est bien en cause, même s’il agit de concert avec un autre édulcorant.

Des études plus récentes montrant des troubles cognitifs chez l’animal n’étaient même pas citées [6]. Sans expliquer la raison de leur non prise en compte, l’EFSA les invalide en raison du mode d’exposition (injection sous-cutanée). L’étude de 2012 permettrait de calculer une DJA à 20 µg/kg, soit une dose deux mille fois plus faible que l’actuelle DJA. Une étude de 2004 utilisant comme voie d’exposition l’eau de boisson à des doses plus élevées est pareillement écartée, alors qu’elle pourrait servir de base pour définir une DJA à 250 µg/kg/j [7]. Une étude récente montrant des effets à 500 mg/kg/j, ce qui permettrait de définir une DJA à 500 µg/kg/j est invalidée sans raison [8].

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) ne peut pas continuer de couvrir les manquements de l’EFSA.

En conclusion, l’EFSA continue de produire des avis au mépris des règles de base de la déontologie de l’expertise et de couvrir ainsi une fraude manifeste. Elle continue d’écarter les études qui mettent en cause le choix de la DJA de 40 mg/kg le plus souvent sans raison. C’est un processus de même type qui est en cours avec le bisphénol A, pour lequel l’EFSA continue d’ignorer 95 % de la littérature scientifique.

L’agence française ANSES a su prendre ses distances avec l’EFSA sur le bisphénol A. Sur la question de l’aspartame, elle a été alertée par le RES depuis plusieurs années. Jusqu’à quand va-t-elle, elle-aussi, couvrir cette fraude ?

La loi de protection de l’alerte et de l’expertise prévoit la création d’une commission consultative sur la déontologie de l’expertise, mais à ce jour cette commission n’est toujours pas mise en place. On en voit pourtant aujourd’hui l’utilité.

Le RES demande :

• la mise en place de la commission prévue par la loi alerte expertise. • la nomination d’une commission d’enquête parlementaire en France et en Europe sur ces manquements graves tant de l’EFSA que de l’ANSES concernant l’aspartame.

Annexe :

Dans son témoignage sous serment devant le congrès américain, Jacqueline Verrett, toxicologue de la FDA ayant participé à la rédaction de ce rapport déclarait à propos de ces études :

« Aucun protocole n’était écrit avant que l’étude ne soit mise en route ; les animaux n’étaient pas étiquetés de façon permanente pour éviter des mélanges […] il y avait un mesurage sporadique de la consommation alimentaire et/ou un report inadéquat de la consommation et du poids des animaux ; des tumeurs étaient enlevées et les animaux étaient remis dans l’étude ; des animaux étaient enregistrés comme morts, mais des enregistrements ultérieurs les classaient comme vivants […] Au moins une de ces aberrations aurait suffi à annuler cette étude destinée à évaluer un additif alimentaire […] .Il est impensable que n’importe quel toxicologue, après une évaluation objective des données résultant d’une telle étude puisse conclure autre chose que l’étude était ininterprétable et sans valeur et qu’elle devrait être refaite » (Source : Devra Davis, The secret history of the war on cancer, Basic Books Ed New York 2007).

Notes :

[1] Réseau environnement santé

[2] Schernhammer ES, Bertrand KA, Birmann BM, Sampson L, Willett WC, Feskanich DAm J, "Consumption of artificial sweetener- and sugar-containing soda and risk of lymphoma and leukemia in men and women", Clin Nutr., 2012 Dec. Epub 2012 Oct 24.

Soffritti M, Belpoggi F, Degli Esposti D, Lambertini L, Tibaldi E and Rigano A, 2006. "First experimental demonstration of the multipotential carcinogenic effects of aspartame administered in the feed to Sprague-Dawley rats", Environmental Health Perspectives, 114, 379-385.

Soffritti M, Belpoggi F, Tibaldi E, Degli Esposti D and Lauriola M, 2007, "Life-span exposure to low doses of aspartame beginning during pre-natal life increases cancer effects in rats", Environmental Health Perspectives, 115, 1293-1297.

Soffritti M, Belpoggi F, Manservigi M, Tibaldi E, Lauriola M, Falcioni L and Bua L, 2010, “Aspartame administered in feed, beginning pre-natally through life span, induces cancers of the liver and lung in male Swiss mice", American Journal of Industrial Medicine, 53, 1197-1206.

[3] Andreatta MM, Muñoz SE, Lantieri MJ, Eynard AR, Navarro A., "Artificial sweetener consumption and urinary tract tumors in Cordoba, Argentina", Prev Med, 2008 Jul ;47(1):136-9.

[4]. Halldorsson TI, Strøm M, Petersen SB, Olsen SF, "Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery : a prospective cohort study in 59,334 Danish pregnant women", Am J Clin Nutr, 2010 Sep ;92(3):626-33.

Englund-Ögge L, Brantsæter AL, Haugen M, Sengpiel V, Khatibi A, Myhre R, Myking S, Meltzer HM, Kacerovsky M, Nilsen RM, Jacobsson B., "Association between intake of artificially sweetened and sugar-sweetened beverages and preterm delivery : a large prospective cohort study", Am J Clin Nutr, 2012 Sep ;96(3):552-9.

[5] Fagherazzi G, Vilier A, Saes Sartorelli D, Lajous M, Balkau B, Clavel-Chapelon F., "Consumption of artificially and sugar-sweetened beverages and incident type 2 diabetes in the Etude Epidemiologique aupres des femmes de la Mutuelle Generale de l’Education Nationale, European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition cohort", Am J Clin Nutr. 2013 Jan 30.

Collison KS, Makhoul NJ, Zaidi MZ, Saleh SM, Andres B, Inglis A, Al-Rabiah R and Al-Mohanna FA, 2012., "Gender dimorphism in aspartame-induced impairment of spatial cognition and insulin sensitivity", Public Library of Science One, 7, e31570.

Collison KS, Makhoul NJ, Zaidi MZ, Al-Rabiah R, Inglis A, Andres BL, Ubungen R, Shoukri M and Al-Mohanna FA, 2012a., "Interactive effects of neonatal exposure to monosodium glutamate and aspartame on glucose homeostasis", Nutrition and Metabolism, 14, 9, 58.

[6] Abdel-Salam OM, Salem NA, Hussein JS., "Effect of aspartame on oxidative stress and monoamine neurotransmitter levels in lipopolysaccharide-treated mice", Neurotox Res. 2012 Apr ;21(3):245-55.

Abdel-Salam OM, Salem NA, El-Shamarka ME, Hussein JS, Ahmed NA, El-Nagar ME., "Studies on the effects of aspartame on memory and oxidative stress in brain of mice", Eur Rev Med Pharmacol Sci. 2012 Dec ;16(15):2092-101.

[7] Christian B, McConnaughey K, Bethea E, Brantley S, Coffey A, Hammond L, Harrell S, Metcalf K, Muehlenbein D, Spruill W, Brinson L, McConnaughey M., "Chronic aspartame affects T-maze performance, brain cholinergic receptors and Na+,K+-ATPase in rats", Pharmacol Biochem Behav. 2004 May ;78(1):121-7.

[8] Abhilash M, Sauganth Paul MV, Varghese MV, Nair RH. "Long-term consumption of aspartame and brain antioxidant defense status", Drug Chem Toxicol. 2013 Apr ;36(2):135-40.

De la ferme à la fourchette, trop bon, la cantine bio ! Patrick Piro (Politis) Reporterre 2013/12/11 Patrick Piro (Politis) (11 décembre 2013) De la ferme à la fourchette, trop bon, la cantine bio !. Reporterre. fr

De la ferme à la fourchette, trop bon, la cantine bio !

Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) a révolutionné sa restauration scolaire. Les repas sont 100 % bio et la moitié des légumes sont issus d’un potager municipal. Une singularité française.

« Ohhhh ! » Vingt petites bouches s’extasient en choeur : Stéphane Jourde, le jardinier, vient de relever le panneau qui ferme la « maison des légumes ». « Et là, un fruit ! », s’exclame un néophyte. « C’est une aubergine, Gustave ! » Marie-Germaine Chambon, vibrante adepte du potager municipal de Mouans-Sartoux, ne rate pas une occasion d’y emmener sa classe de cours préparatoire. « Qui sait depuis combien de temps les légumes sont présents dans la serre ? » « Mille ans ! », lance un facétieux.

Ce matin tiède de septembre, les enfants malvoyants d’une classe pour l’inclusion scolaire (Clis) participent également à la visite, dans les hauts de la ville de dix mille habitants, voisine de Cannes. Gwendal Tredan, l’éducateur, guide la main d’Auguste. L’enfant s’attarde au contact soyeux d’un concombre haut perché.

« Oh ! Un bébé coccinelle ! » En extase, la moitié du groupe déserte les explications sur les betteraves. La parcelle aux melons rencontre un gros succès chez les gars : fin de saison, il ne reste que de petits fruits non consommables, ersatz acceptables de boules de pétanque. Plus loin, brins de ciboulette et de persil excitent les papilles. Le clou de la visite : la récolte des « petits marrons ». En un quart d’heure, la troupe gazouillante a rassemblé près de cinq cents courges butternut. « On a fait du bon boulot ! » Deux bonnes heures de gagnées pour Stéphane Jourde et son ouvrier, embauché via une filière de réinsertion.

La jeune classe aura bientôt la fierté de déguster sa récolte en gratin. Le potager, ancien domaine maraîcher de Hautecombe, est aujourd’hui dédié à l’approvisionnement des cantines des trois groupes scolaires de la ville.

À la fin des années1990, la municipalité dirigée par André Aschieri, ex-député Vert, décide de convertir la restauration scolaire à l’alimentation saine. Coup de barre en cuisine, valse des fournisseurs. « Nous avons commencé par remplacer le ketchup et la mayonnaise industrielle par des sauces maison », raconte Gille Pérole, maire adjoint chargé du dossier. Moins de sel et de sucre, les conserves font place à du frais, les portions de légumes et de fruits augmentent.

Puis vient la conquête du bio. Si de nombreuses villes françaises visent d’en introduire 20 % dans les cantines – objectif du Grenelle de l’environnement –, la cohérence, pour Mouans-Sartoux, c’est 100 %. La ville y parvient depuis 2012. Pionnière, la ville est aujourd’hui la plus avancée de France dans le domaine. « Cependant, les agriculteurs bio locaux ne sont pas très nombreux, regrette Gilles Pérole. Nous devions faire venir une partie des aliments de régions éloignées, ce qui n’est pas très satisfaisant. »

Autonomie alimentaire

En 2010, la ville préempte le domaine d’Hautecombe, alors en friche. C’est une régie municipale agricole créée pour l’occasion qui en prend la charge, singularité nationale que Mouans-Sartoux partage avec Toulouse. « Préserver des cultures de proximité, c’est oeuvrer pour la sécurité alimentaire de demain », argumente l’élu.

Le Plan local d’urbanisme, voté l’an dernier, a multiplié par trois la surface réservée aux activités agricoles : elle est passée de 42 à 119 hectares. La ville prévoit d’y faciliter l’installation des agriculteurs qui s’engageront à produire bio. « Avec 130 hectares, soit 10 % de son territoire, la commune pourrait devenir autonome en fruits et légumes. »

Au potager, c’est jour de visite hebdomadaire pour Tayeb Nemri, responsable de l’économat, afin de faire le point sur les récoltes et d’affiner les menus, l’œil sur le tableau des préconisations du Plan national nutrition santé (PNNS). Les derniers sacs de haricots à écosser, suspendus dans une remise, seront livrés dans la semaine. Tomates, épinards, fenouil, échalotes, panais, radis noirs… Stéphane Jourde jongle avec le calendrier de cultures d’une trentaine d’espèces, de manière à limiter la production estivale, quand les écoles sont fermées. Cet automne, il plantera des arbres fruitiers.

- Les enfants de Mouans-Sartoux visitent le potager produisant les légumes qu’ils mangeront à la cantine. -

En 2013, Hautecombe aura produit une quinzaine de tonnes de légumes, de quoi couvrir 55 % du besoin des écoles (1 200 repas servis chaque jour). Il reste encore 1,5 hectare disponible dans le potager. À terme, celui-ci pourrait couvrir de 80 % à 90 % des besoins scolaires, « seuil d’équilibre économique de la régie », indique Gilles Pérole.

Guerre au gaspillage

« Vous voulez voir nos poubelles ? » Nulle malice dans le mot d’accueil de Sandrine Nemri. Cuisinière au groupe scolaire Orée du bois, elle tire une part de sa fierté professionnelle du maigre contenu de trois seaux jaunes alignés devant le guichet où les enfants desservent leur plateau en fin de repas.

Sandra Lemal, sa collègue, ouvre les registres de pesée. « Il y a deux ans, nous jetions six kg d’aliments par jour. Aujourd’hui, à peine 1,5 kg. » Dans la réserve, une seule baguette de pain « en trop » pour trois cents repas servis.

Dans leur quête d’autonomie alimentaire, les écoles de Mouans-Sartoux sont parties en campagne contre le gaspillage. En France, la poubelle est parfois le premier convive de la restauration collective, destinataire de plus de la moitié des volumes pour certaines denrées. « Les méthodes de travail ont changé mais, en fin de compte, on fait un peu comme à la maison », explique Antoinette Chiavaccini, cuisinière au groupe scolaire François-Jacob, alias « la reine de la tourte », au titre de son talent pour accommoder les fonds de réfrigérateurs.

Au lieu de préparer l’intégralité du repas du jour à l’avance, on cuisine le service minimum, quitte à relancer les feux pour s’ajuster à la demande si le plat fait un tabac. « Nous proposons des petites portions aux enfants, qui peuvent demander du rab, explique Tayeb Nemri. Les fruits sont présentés en quartiers : combien d’enfants mangent une pomme entière ? Sur les trois écoles, les restes alimentaires ont été divisés par dix. Nos poubelles épatent, on vient les visiter des villes voisines ! »

Les gamins réclament des blettes

Gilles Pérole projette même d’installer en cuisine des dessiccateurs à déchets et épluchures, pour amender les sols de Hautecombe. « Cette cohérence globale nous procure une énorme satisfaction professionnelle », souligne Josette, en cuisine à François-Jacob.

D’autant que la mutation des cantines s’est effectuée à coût quasi constant, un défi affiché depuis l’origine par la municipalité. « Nous avons basculé l’an dernier seulement sur la viande bio, la denrée dont l’impact est le plus important : de 30 à 100 % de surcoût. Néanmoins, l’approvisionnement “tout bio” ne nous coûte aujourd’hui que 2,02 euros par repas, contre 1,90 euro en 2008, quand nous n’étions qu’à 20 %, explique l’élu. Toutes les économies réalisées dans la gestion globale de la restauration ont été investies dans l’amélioration de la qualité. » Quant aux tarifs pour les foyers, calculés en fonction du quotient familial, ils restent sans limite inférieure, « bien que les revenus des Mouansois aient globalement baissé ».

L’an dernier, la ville a installé un observatoire de la restauration scolaire, destiné à documenter et à évaluer son expérience. Un récent sondage a révélé 97 % d’indice de satisfaction pour les élèves fréquentant la cantine, ainsi que chez leurs parents. « Ce n’est pas vraiment une surprise, commente Gilles Pérole, beaucoup plus intéressé par l’évolution des pratiques alimentaires de ces familles. Les deux tiers affirment “se poser des questions”, la moitié achète du bio “souvent ou toujours”, 70 % sont attentifs au lieu de production des aliments, et 90 % privilégient les produits de saison. »

Parente d’élève élue au groupe François-Jacob, Véronique Bahhar n’a que des éloges à livrer sur la qualité de l’alimentation, corroborés par l’appréciation de ses deux enfants, qui « ont découvert des saveurs nouvelles ». Certains parents ont eu la surprise de s’entendre réclamer des blettes ou des navets pour le dîner.

« Un bémol : le manque de diversité parfois. En hiver, les enfants peuvent finir par se lasser des pommes. Mais nous avons bien conscience, pour la restauration scolaire entre autres choses, de la grande chance que nous avons de vivre à Mouans-Sartoux. »

SERIE - A Tricastin, EDF ne contrôle plus le tritium radioactif Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/11 Barnabé Binctin (Reporterre) (11 décembre 2013) SERIE - A Tricastin, EDF ne contrôle plus le tritium radioactif. Reporterre. fr

SERIE - A Tricastin, EDF ne contrôle plus le tritium radioactif

La centrale nucléaire du Tricastin accumule les incidents et voit sa cuve fissurée. C’est tout ? Non. Depuis des mois, EDF se révèle incapable de stopper une fuite inexplicable de tritium radioactif.

- Reportage, Pierrelatte (Drôme)

Depuis plusieurs mois, des rejets de tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, contaminent les eaux souterraines situées sous la centrale, sans que l’exploitant soit capable d’en identifier l’origine. L’Autorité de Sûreté nucléaire a pourtant sommé EDF de mettre fin à cette pollution… sans succès jusqu’alors.

Le 8 juillet 2013, EDF détecte une présence anormale de tritium dans les eaux souterraines de la centrale, par l’intermédiaire d’un piézomètre situé entre les réacteurs 2 et 3. La concentration dans l’eau en est normalement située autour de 10 Becquerel/litre (Bq/l). Ici, l’échantillon prélevé affiche des volumes supérieurs à 100 Bq/l.

Alertée, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) mène une inspection le 28 août qui révèle des niveaux de l’ordre de 600 à 700 Bq/l sous le radier du bâtiment du réacteur 3. Deux semaines plus tard, elle intime l’ordre à EDF de prendre « toutes les décisions nécessaires pour identifier dans les meilleurs délais les équipements à l’origine de la présence anormale de tritium ». La décision n°2013-DC-0371 commande également à EDF de transmettre « quotidiennement à l’ASN le bilan actualisé des mesures réalisées dans le cadre de la surveillance renforcée ».

Mais EDF n’est toujours pas parvenue à identifier l’origine des fuites. Du côté de l’IRNS (Institut de recherche sur la sûreté nucléaire), on analyse ainsi ce retard : « Il n’est pas toujours évident de trouver le lieu de contamination vers l’environnement, au niveau du sol. La première étude de cheminement prend du temps. Aujourd’hui on suppose qu’il s’agit d’une inétanchéité des joints entre bâtiments, mais il faut désormais trouver le ou les joints en question. Se posera ensuite le problème de les changer… », selon Thierry Charles, le directeur général adjoint de l’Institut.

Dans le document qu’EDF présentera vendredi 13 décembre à la CLIGEET (Commission Locale d’Informations sur les Grands Equipements Energétiques du Tricastin) et dont Reporterre a eu connaissance, il est mentionné que l’hypothèse retenue est celle d’une « infiltration probable du tritium au niveau d’un joint inter-bâtiments selon une cinétique très lente [menant à la] diffusion de ce tritium dans les eaux de l’enceinte géotechnique qui se situent à environ 2m de ce joint ».

La contamination des eaux continue, peut-être même « empire »

En attendant, les taux de tritium mesurés dans les eaux souterraines restent anormalement élevés. Plusieurs associations s’inquiètent de la situation : « Les derniers chiffres dont on a connaissance oscillent autour de 500 Bq/l. Mais nous devons faire confiance à EDF sur ces chiffres, car il est le seul à avoir accès aux piézomètres. Nous avons demandé plusieurs fois à faire nous-mêmes des analyses sur le site, mais on nous a toujours refusé l’accès », dit Roland Desbordes, le président de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), un laboratoire d’analyse spécialisé dans le dépistage des pollutions radioactives.

Contacté par Reporterre, EDF n’a pas souhaité s’exprimer sur les dernières valeurs mesurées sur Tricastin - ni d’ailleurs sur quoi que ce soit. Reporterre s’est pourtant procuré deux documents du CNPE (Centre nucléaire de production d’électricité) EDF de Tricastin qui ont été transmis à l’ASN. Ceux-ci révèlent des mesures plutôt situées autour de 600 Bq/l sous le radier du réacteur n°3 :

Pour l’association Next-Up, la situation pourrait en réalité s’avérer plus grave : « On pense que depuis le temps, ça a empiré. Cela fait cinq mois qu’EDF est incapable d’apporter des réponses satisfaisantes et nous n’avons aucun moyen de vérifier leurs informations… Peut-être y a-t-il d’autres éléments radioactifs qui contaminent les eaux souterraines », interroge Serge Sargentini, le coordinateur de l’organisation.

Les autorités du nucléaire se veulent rassurantes : « Les valeurs mesurées sont faibles, il n’y a pas d’impact sanitaire ni environnemental », dit Thierry Charles.

Dans son Livre Blanc sur le tritium paru en 2010, l’ASN rappelle que ce radionucléide peut être d’origine naturelle – par l’action des rayonnements cosmiques sur l’atmosphère – avec un « inventaire permanent de 3,5 kg à l’échelle planétaire, avec une production naturelle mondiale d’environ 200 g par an ». Il est cependant rappelé qu’il est largement produit par les activités humaines depuis la seconde moitié du XXe siècle : « De grandes quantités de tritium ont été relâchées dans l’atmosphère durant la période des essais aériens d’armes nucléaires, entre 1946 et 1980 ».

Rencontré à Lyon, Olivier Veyret, adjoint au chef de division sûreté de l’ASN Lyon, évoque une norme de 10 000 Bq/l fixée par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) comme seuil de potabilité de l’eau : « Vous voyez que nous sommes loin de ces échelles-là. Si ces fuites reflètent bien une anomalie, elles ne présentent aucun risque pour l’environnement ».

Roland Desbordes conteste cette référence : « Cela n’a rien d’une norme. C’est une simple recommandation qui n’est plus considérée par les scientifiques sérieux depuis bien longtemps. Sinon, expliquez-moi pourquoi le Canada recommande un seuil de 20 Bq/l…Au contraire, on se rend compte actuellement que l’on a largement sous-estimé sa toxicité, notamment concernant le tritium organiquement lié, c’est-à-dire celui qui passe dans les tissus et se fixe au métabolisme lorsque nous l’ingérons ».

La France et l’Union européenne ont fixé une référence de qualité de 100 Bq/l qui fonctionne comme un seuil de dépistage : si elle ne constitue pas en soi une limite sanitaire, elle est la mesure à partir de laquelle on enclenche des investigations supplémentaires pour caractériser la radioactivité de l’eau. 100 Bq/l représente donc un premier seuil d’alerte.

Maîtriser la pollution... en la diluant

Indépendamment de son impact sur la santé publique, l’enjeu des fuites de tritium réside aussi dans la contamination à plus large échelle, à travers les nappes phréatiques. Construite sous la centrale, une enceinte géotechnique permet d’emprisonner l’eau souterraine et d’éviter toute propagation vers la nappe phréatique. Matérialisée par une paroi verticale en béton de soixante centimètres d’épaisseur pour douze mètres de profondeur, cette enceinte n’est cependant pas fermée, et les opposants dénoncent son manque d’étanchéité.

EDF est aujourd’hui obligé de pomper les eaux de l’enceinte afin de les maintenir à un niveau inférieur à celui des eaux de la nappe phréatique externe, comme l’indique le schéma ci-dessous :

Dans le document pour la réunion de vendredi 13, et que donc Reporterre s’est procuré,

EDF annonce pomper « 150 m3/jour pour un volume d’eau dans l’enceinte d’environ 400 000 m3 ». D’autres chiffres font état, au 28 octobre, d’un volume de 850 m3. L’eau, une fois pompée, est stockée et analysée avant… d’être rejetée dans le canal du Rhône de Donzère Mondragon. L’exploitant affirme respecter les autorisations de rejets et effectuer ceci dans des proportions raisonnables.

Pour la CRIIRAD, il s’agit là d’un fonctionnement contraire au principe de respect de l’environnement : « On gère une pollution en récupérant la contamination, en la stockant et en la traitant… pas en la reversant dans un milieu naturel à côté qui serait considéré comme un exutoire. On ne fait pas disparaître la pollution en la dispersant et en la diluant ! », affirme le président du laboratoire indépendant.

Confronté au statu quo, ’association Next-Up a entrepris à l’automne plusieurs actions à l’encontre de l’ASN, qui « a pris une décision à l’égard d’EDF qu’elle est incapable de faire appliquer », selon Serge Sargentini. Après une sommation interpellative, l’association a ainsi déposé une requête de référé auprès du tribunal de grande instance de Valence. Elle a été déboutée en novembre. Si la démarche n’a pas abouti, elle a aidé à éviter l’enlisement et l’oubli.

L’incapacité d’EDF à contrôler les rejets de tritium et l’impact polluant de celui-ci poussent la Coordination antinucléaire du sud-est à demander la mise à l’arrêt des réacteurs de la centrale.

- La suite : Tricastin : en cas d’accident nucléaire, priez ! Parce que les autorités seront dépassées.

Le marché émergent de l’huile de friture pour moteur : gros poissons et petits requins Clément Chassot (Le Ravi) Reporterre 2013/12/11 Clément Chassot (Le Ravi) (11 décembre 2013) Le marché émergent de l’huile de friture pour moteur : gros poissons et petits requins. Reporterre. fr

Le marché émergent de l’huile de friture pour moteur : gros poissons et petits requins

La transformation des huiles de friture en carburant ou comme source de chauffage est en plein développement. Mais ce marché émergent oppose partisans des circuits courts et locaux aux gros du business du recyclage.

Rouler ou se chauffer à l’huile de friture, un doux rêve ? On estime pourtant le gisement de ces huiles alimentaires usagées (HAU) à 120 000 tonnes par an. Si bien que la filière de valorisation de ces déchets très polluants, encore balbutiante selon la DREAL Paca (la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), commence à devenir un réel business.

Mais tous les acteurs de la filière n’ont pas le même profil, ni les mêmes objectifs de valorisation. Il y a d’abord les « gros » comme Veolia propreté. Une filiale de la multinationale a ouvert en 2009 à Limay (78) une usine dédiée à la transformation des huiles récoltées en biogazole. Grâce à un procédé d’estérification et l’utilisation de produits chimiques, les 20 000 tonnes d’huile récoltées par an un peu partout en France et en Europe ainsi transformées en biocarburant sont mélangées à du gazole classique (à hauteur de 0,35 %).

Et puis il y a aussi les plus « petits », souvent organisés en association. A l’instar d’Huilebrequin, installée à Mornas (84). Stéphane Bazille, ingénieur informatique par le passé et revenu de Dubaï en 2009 où il était « plutôt costard et V12 », a monté la structure en 2011.

Dans son hangar, un enchevêtrement de cuves et autres pompes, lui permet de filtrer environ 25 000 litres d’huile par an, collectées entre les différents départements limitrophes du Vaucluse, sans produits chimiques. Sa production est entièrement destinée aux voitures des 300 adhérents de l’association, vendue 0,65 € le litre…

Flou juridique

Il n’est pas peu fier de sa Citroën à l’odeur de friture, qui après quelques petites modifications, roule entièrement à l’huile : « la règlementation est floue sur le sujet, il existe une sorte de vide juridique entre les lois européennes, qui encouragent plutôt cette pratique, et la loi française qui l’interdit pour des raisons évidentes de fiscalité… »

L’huile ne produit, selon lui, que du CO2 de manière neutre, puisqu’il provient d’une matière végétale qui va le réabsorber, tout en ne rejetant pas de particules fines. Ce que conteste Bruno Delavenne, le directeur de l’usine de Limay : « je ne connais pas un motoriste qui recommande cette utilisation. »

Stéphane Bazille enrage à l’encontre des « grands » de la filière qui achètent l’huile là où son association la récolte sans contrepartie : « Nous ne pouvons plus accueillir d’autres adhérents car nous avons des difficultés à collecter assez d’huile ». Les circuits courts, le développement de l’économie circulaire, plus vertueuse que du simple recyclage, c’est également l’idée que se fait Alain Vigier de son activité.

A la tête de l’association Oléo déclic à Marseille, lui aussi collecte une fois par semaine les huiles usagées dans une trentaine de restaurants du centre-ville. Avant de travailler avec l’association, la plupart des commerçants se débarrassaient comme ils pouvaient de leurs déchets gras.

Privilégier le local

Dans son hangar artisanal qui transpire l’huile, il filtre près de 7000 litres par an. Mais Alain Vigier ne soutient pas une utilisation automobile, plutôt opposé au « tout-bagnole », même s’il lui arrive d’en vendre à des agriculteurs, pour qui l’utilisation est plus tolérée.

Il tente patiemment de développer différents usages, le chauffage en chaudières, par exemple, qui nécessite des brûleurs adaptés, ou bien l’alimentation de groupes électrogènes lors de festivals. La réglementation sur la combustion est un peu moins contraignante. « Le frein principal au développement de cette activité c’est le flou de la règlementation », souligne Sophie Camard, conseillère régionale Europe écologie – Les verts.

François-Michel Lambert, député écologiste des Bouches-du-Rhône, préside l’institut de l’économie circulaire. « Transporter des huiles sur des kilomètres est absurde, affirme-t-il. Il faut à tout prix rester dans une logique de territoire et donner aux acteurs locaux les solutions pour que leur activité devienne pérenne. Mais il y a de la place pour tout le monde. La combustion en chaudière semble être la solution la plus optimale pour les HAU. Veolia pourrait très bien exercer ce rôle, comme d’autres, mais ils ne savent pas le faire. »

Des incitations financières pourraient être déterminantes... « Cette activité nécessite une certaine centralisation pour pouvoir être efficace, rétorque Bruno Delavenne, le directeur de l’usine parisienne. Certes, nos camions font parfois des kilomètres mais nous respectons les exigences de l’Union européenne : le cycle de vie de notre activité, de la collecte jusqu’au réservoir, permet de réduire de 83 % l’émission de gaz à effet de serre par rapport à du gazole classique. » Et par rapport au vélo ? Business is business.

Nous, faucheurs volontaires d’OGM, voulons être poursuivis Collectif des Faucheurs volontaires d’OGM Reporterre 2013/12/12 Collectif des Faucheurs volontaires d’OGM (12 décembre 2013) Nous, faucheurs volontaires d’OGM, voulons être poursuivis. Reporterre. Tribune — fr

Nous, faucheurs volontaires d’OGM, voulons être poursuivis

Les faucheurs volontaires multiplient les actions contre les OGM importés. Mais les autorités semblent avoir choisi la passivité et ne les interpellent pas.

Lettre ouverte à

Mme la Ministre de la Justice et Garde des Sceaux Mr le Ministre de l’Intérieur Mr le Ministre de l’Agriculture Mr le Ministre délégué de l’agroalimentaire Mr le Préfet de la région Bretagne Mr le Sous-préfet de Lorient Mr le Président de la Région Bretagne Mr le Président de l’association Nutrinoé (*)

Nous, Faucheurs et Faucheuses volontaires d’OGM, souhaitons vous interpeler publiquement au sujet de la question des OGM en France et de leur traitement par les pouvoirs publics que vous représentez.

Le 23 novembre 2012, nous avons neutralisé et rendu impropre à la consommation environ 3 500 tonnes de soja transgénique stockées au port de Lorient, soit l’équivalent de 1 200 hectares de cultures.

Cette opération de désobéissance civile faisait suite à de nombreuses actions menées les années précédentes : occupations de coopératives agro-alimentaires stockant du soja OGM (CECAB, Glon Sanders, Lorca) en 2011 et 2013, des ports de transit d’OGM de Lorient en 2005 et 2009, de Saint-Nazaire en 2007, de Brest en 2008 et de Sète en 2010, fauchages répétés de maïs et de tournesol.

A travers ces actions non violentes, nous souhaitons dénoncer l’importation massive de soja OGM, souvent issu d’Amérique du Sud, et ses conséquences néfastes sur l’environnement, la santé, la société et l’économie, ici comme dans les pays exportateurs.

Ce type d’importation cautionne notamment ici un modèle agricole productiviste hors-sol, rend des éleveurs dépendants de cet apport en protéines et engendre le développement de la monoculture dans les pays exportateurs au détriment de l’agriculture vivrière des petits paysans, chassés de leurs terres. C’est pourquoi nous revendiquons une relocalisation des cultures de plantes protéagineuses en France.

Par ailleurs, nous demandons un étiquetage des denrées issues d’animaux nourris aux OGM.

D’autre part, nous tenons à signaler que, dans le cadre de la désobéissance civile, nous revendiquons et assumons pleinement nos actes. Ainsi, nos actions sont systématiquement constatées par un huissier de la partie civile et nos identités transmises aux forces de l’ordre sur les lieux de nos opérations.

Comment se fait-il enfin que dans un Etat de droit, la justice française ne soit pas intervenue suite aux actions pénalement répréhensibles citées précédemment, dont la première étant dite de destruction de bien en réunion ?

Devant l’inertie des pouvoirs publics français à s’opposer aux OGM et devant l’entrain de la filière agro-alimentaire française à s’enrichir au détriment des populations et de l’environnement, nous invitons celles et ceux qui se reconnaissent dans nos revendications à nous rejoindre pour de prochaines actions contre les OGM.

Nous vous prions d’agréer Madame, Messieurs, nos sincères salutations.

(*) : anciennement AFAB, Association Française d’Aliments du Bétail

SERIE - Tricastin : en cas d’accident nucléaire, priez ! Parce que les autorités seront dépassées Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/12 Barnabé Binctin (Reporterre) (12 décembre 2013) SERIE - Tricastin : en cas d’accident nucléaire, priez ! Parce que les autorités seront dépassées. Reporterre. fr

SERIE - Tricastin : en cas d’accident nucléaire, priez ! Parce que les autorités seront dépassées

Le site de Tricastin accumule incidents, fissures, et relargage incontrôlé de tritium. Et si l’accident arrivait ? Eh bien… ce serait vraisemblablement le chaos, comme l’a montré une récente simulation en grandeur nature.

- Reportage, Pierrelatte (Drôme)

Il est environ cinq heures du matin, ce lundi 15 juillet 2013, lorsque vingt-neuf militants de Greenpeace pénètrent à pas de loup dans la centrale de Tricastin. Répartis en trois équipes, ils entrent par trois endroits différents en franchissant les trois niveaux de sécurité à l’aide d’une échelle. L’un d’eux raconte : « Au niveau du deuxième sas, il y avait des gens qui nous regardaient en prenant un café. Quand nous sommes arrivés dans l’enceinte, nous avons croisé deux personnes, on leur a dit que nous faisions un reportage pour la télé… mais ils ne parlaient pas français. Nous n’avons vu les premiers gyrophares que deux heures et demie plus tard… ».

La gendarmerie se justifiera en expliquant qu’elle a tout suite reconnu les activistes. Habituée à Greenpeace, il n’y aurait donc pas eu urgence... Sur place toutefois, les forces de l’ordre du PSPG (Pelotons Spécialisés de Protections de la Gendarmerie) mettent plusieurs heures à déloger les trouble-fêtes qui sont suspendus sur la structure du pont de chargement menant aux réacteurs. Il faut même faire appel à un hélicoptère venant tout droit de Briançon avec une unité du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) pour attraper le dernier, moniteur en spéléologie et spécialiste des techniques d’escalade. Leur procès est attendu pour le 14 janvier à Valence.

L’action visait d’abord à rappeler que Tricastin fait partie des 5 centrales les plus dangereuses de France selon l’association écologiste. Leur intrusion visait à poser la question : quel est le véritable niveau de sécurité sur les centrales et dans les environs ? Et que se passerait-il aussi en cas d’accident ?

Le 7 novembre a eu lieu un exercice national de crise nucléaire, avec simulation d’un accident sur l’une des usines Areva du site du Tricastin. L’objectif ? Vérifier le bon fonctionnement du dispositif de sécurité, particulièrement dans la zone du PPI – le Plan Particulier d’Intervention destiné à mettre à l’abri ou évacuer les populations en cas d’accident nucléaire ou chimique dans un périmètre de dix km autour de la centrale. Elargie pour l’occasion, la zone d’exercice concerne près de cinquante écoles, et de nombreux établissements recevant du public. Toute la population locale est concernée par le test.

Mais la simulation a surtout révélé que l’on n’était pas préparé au pire : capsules d’iode périmées, manque de combinaisons et de masques NBC (nucléaire bactériologique chimique), absence de barrage sur les voies de circulation aux alentours de la centrale, coups de fils d’alerte mal orientés... A l’école des Blaches, à Pierrelatte, les fenêtres sont restées ouvertes bien après le déclenchement de l’alerte : la sirène de la ville n’a pas fonctionné.

- Des enfants de l’école des Blaches de Pierrelatte sont - tardivement - confinés pendant l’exercice nucléaire -

André Vermorel est maire de la commune avoisinante de Bidon (Ardèche) et participait à l’exercice en tant qu’observateur pour la CLIGEET (Commission Locale d’Informations sur les Grands Equipements Energétiques du Tricastin). Il était positionné au niveau du grand centre commercial depuis lequel on distingue tout le complexe de Tricastin, de l’autre côté du canal. Il raconte : « Aucune mesure de confinement n’a pu être prise au niveau du supermarché. Les gens continuaient de fumer leur clope sans se soucier des alarmes, et le directeur du centre commercial me demandait comment on pourrait bien faire rentrer tout le monde… De toute façon, à l’intérieur, il n’y avait pas de filtre pour assainir l’air contaminé en cas d’accident ».

L’évacuation des populations riveraines est officiellement à la charge de la préfecture, les mairies prenant le relais sur le terrain. André Vermorel s’inquiète de ce qui est réellement envisageable : « Le PPI réunit 14 000 personnes. Il faudrait pouvoir mobiliser 280 bus en moins d’une journée. Sans compter qu’il faudra trouver les chauffeurs de bus motivés pour venir dans la zone… ».

Les associations redoutent une situation de chaos. « Les pouvoirs publics comptent sur l’auto-évacuation de la majeure partie de la population de la région touchée avec les risques d’improvisation et de panique associés », estime Alain Volle, du collectif Stop Tricastin. Si Tricastin ne se situe pas dans une zone à forte densité de population (moins de 400 000 habitants dans un rayon de 30 km), elle est toutefois située à proximité d’un axe autoroutier dense – l’A7 – qui voit passer 70 000 véhicules par jour, avec tous les risques de saturation que cela comporte en as d’accident. Surtout, en raison des vents violents de la vallée du Rhône, la contamination pourrait vite atteindre des bassins de population beaucoup plus conséquent, au niveau d’Avignon puis de Marseille.

La possibilité d’accident n’est plus évoquée seulement par les enquêtes journalistiques, les riverains ou les associations anti-nucléaires. Elle est entrée dans les scénarios officiels. En 2012, par exemple, Jacques Repussard, directeur de l’IRSN (Institut de la radioprotection et de la sûreté nucléaire) l’expliquait très clairement : « Nous devons accepter que l’impossible puisse se produire ». En mai dernier, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, indiquait qu’une « anomalie grave » sur les réacteurs français « ne peut absolument pas être exclue, elle est même plausible ». Depuis quelques années, la survenue d’un accident grave en France est même entrée dans la doctrine officielle, avec la création d’un « Comité Directeur pour la gestion de la phase Post Accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique » (Codirpa).

Mais tout se passe comme si, à Tricastin, l’impossible ne pouvait pas être plausible.

- Enquête à suivre… A Tricastin, la concentration nucléaire ne résoud pas les problèmes d’emploi

Aux portes de Paris : le plus grand laboratoire communautaire de biotechnologies d’Europe Benjamin (La Ruche qui dit oui) Reporterre 2013/12/12 Benjamin (La Ruche qui dit oui) (12 décembre 2013) Aux portes de Paris : le plus grand laboratoire communautaire de biotechnologies d’Europe. Reporterre. fr

Aux portes de Paris : le plus grand laboratoire communautaire de biotechnologies d’Europe

De la récup’ d’équipements scientifiques usagés… qui nourrit une recherche scientifique coopérative.

Nuit noire, on erre à tâtons, sous les grosses pattes du périphérique qui zigzague entre les hangars de Vitry-sur-Seine. On cherche notre chemin… Je suis au téléphone avec Thomas. Il me dit : « Une fois à la station service, tu prends le portail blanc à droite. Tu longes la voie ferrée, à côté du bâtiment abandonné. Et tu prends le troisième escalier sur la droite. On est à la cave. » Non, cet article ne porte pas sur la fabrication des méta-amphétamines ni sur le trafic d’armes. Car dans la cave du troisième escalier sur la droite, on trouve un laboratoire communautaire de recherche en biotechnologies qui pourrait bien changer votre vie demain.

- L’entrée du laboratoire (si si... sérieusement…) -

Quand on me parle de laboratoire de recherche, j’imagine une mer de faïence éclatante où des scientifiques en blouses blanches ont des discussions aussi aseptisées que le fond de leurs tubes à essais. Un peu comme les images d’Epinal que l’on peut trouver sur Internet.

Il faut savoir que le laboratoire dont nous parlons ici n’a rien, mais alors RIEN à voir avec cette description. Dans la cave nous sommes accueillis par des jeunes en majorité, certains encore étudiants, d’autres déjà entrepreneurs. C’est la soirée portes-ouvertes du jeudi : on boit des bières sur des canapés défoncés, entre les amoncellements de vieilleries électroniques qui rouillent jusqu’au plafond. On pourrait aussi bien se croire chez les Lone Gunmen de X-Files que dans un vide-grenier de la Silicon-Valley. Jugez par vous même en voyant l’album photo de notre visite.

Allez, on rentre… C’est Emmanuel qui me parle en premier. Il est informaticien de formation.

Il me dit : « Ici, c’est La Paillasse, une association de loi 1901 autour de laquelle gravite une communauté. Avoir une structure déclarée nous permet d’être mieux reconnus et d’obtenir des dons de matériel. »

Des dons de matériel ? Donc tout le fatras qu’on voit n’est pas volé ?

« On sait que dans l’alimentaire, il y a beaucoup de gâchis, mais on sait moins que dans la recherche c’est la même chose. Une machine peut coûter plusieurs milliers d’euros. Certaines sont en état de fonctionnement et l’Etat paye pour les détruire. Nous, on les récupère et on leur donne une seconde vie. »

Et toi, au sein de La Paillasse, tu fais quoi ?

« Je suis arrivé récemment. Je travaille pour la campagne des bio-chineurs. On a déjà cartographié plusieurs milliers d’unités de recherche en France qui pourraient nous donner du matériel. »

- Thomas (fondateur de La Paillasse), et Tito (co-fondateur de Bio-Curious, un hackerspace dédié aux biotechnologies à côté de San-Francisco) -

Puis vient Thomas, étudiant de 28 ans passant sa thèse en bio-synthétique. Le fondateur de La Paillasse, c’est lui. Ébouriffant.

« La Paillasse est née de frustrations personnelles, en 2009. Je commençais ma thèse de doctorat. Ce n’était pas l’environnement idéal pour s’épanouir hors des gonds traditionnels. Il faut se justifier tout le temps, et si tu veux de la créativité, c’est très limité. Il y a des murs institutionnels entre les disciplines et les milieux. Je voulais créer un laboratoire gratuit où on laisserait les gens s’exprimer. »

A partir de là, tout s’enchaîne plus vite qu’une oxydoréduction. Thomas fait la connaissance du TMP Lab, le plus vieux groupement de hackers à Paris (très axé informatique et électronique). Pour lui, c’est la révélation : « Je veux faire ce que vous faites, mais pour la biologie. »

De cette rencontre nait un précipité lumineux et caustique : La Paillasse. En place depuis mars 2012, l’association comptait alors une dizaine de membres. Aujourd’hui, il y en a une cinquantaine, venus d’horizons très divers : scientifiques, sociologues, designers, etc. Thomas me confie même que des artistes ont rejoint le groupe.

L’un d’eux souhaiterait associer l’impression-3D avec le principe de corrosion sur matières organiques afin d’obtenir des sculptures. Thomas m’explique : « N’importe qui peut être membre. Si tu as un projet, tu as les clefs du laboratoire en libre service. Ici nous avons des valeurs fortes, comme l’open-source et le contre-pouvoir citoyen. »

- Paillasse, nom commun féminin, /pa.jas/ : Plan de travail dans un laboratoire de biologie, de chimie, etc., dans un atelier ou une cuisine -

Après avoir compris tout ça, on se pose forcément une question… ça marche, le biohacking ?

Ni-une ni-deux, Thomas bondit et me présente fièrement une boite de Pétri apparemment bondée de moisi. C’est super Thomas… mais c’est quoi ?

« Ce sont des bactéries qui produisent des pigments qui permettent de créer de l’encre ; tu peux donc utiliser ton stylo indéfiniment sans jamais acheter de cartouches. On va commercialiser cette technologie et on ne déposera pas de brevets dessus, selon l’esprit de l’open-source cher à La Paillasse. On a aussi développé un transilluminateur qui coûte cent fois moins cher qu’un appareil commercial. Et puis on a mis au point une technique d’analyse ADN qui ne coûte que 3€. On appelle ça le DNA quick and dirty bar coding. C’est tellement simple qu’on organise des ateliers ouverts au public pour leur expliquer comment le faire. »

Loïc, un géant à la moustache proustienne, fouille une boite de circuits imprimés juste à côté de nous : « Je travaille sur un projet de groupe. On essaye de créer un bioréacteur pour moins de 500€ alors que dans le commerce, ils coûtent au minimum 15 000€. »

- Loïc, bio-informaticien de formation, bio-hacker de vocation -

Et si finalement, La Paillasse était bien plus qu’un laboratoire de biotechnologies ? Par exemple un laboratoire pour une société plus ouverte où la science est comprise comme étant une force émancipatrice, une discipline contestataire, et où la liberté de chacun étend celle des autres à l’infini ?

« J’suis grave heureux », me dit Thomas. « La mairie a très vite compris la puissance du projet. D’ici quelques mois, nous serons installés au cœur de Paris, et nous serons le plus grand laboratoire de biohackers au monde. »

L’industrie chimique bascule vers la bio-économie Dorothée Benoit Browaeys (Reporterre) Reporterre 2013/12/13 Dorothée Benoit Browaeys (Reporterre) (13 décembre 2013) L’industrie chimique bascule vers la bio-économie. Reporterre. fr

L’industrie chimique bascule vers la bio-économie

Fonder une chimie axée sur les matières végétales et le recyclage plutôt que les minéraux fossiles : c’est en partie l’ambition de la bio-économie. Qui pourrait aussi bien stimuler le capitalisme vert qu’ouvrir la voie à une économie écologique.

« Les hommes réunis en société doivent être assujettis à des lois naturelles, à un ordre essentiel. L’économie repose sur les produits physiques résultats de la fertilité des sols ». Nous sommes en 1758 quand François Quesnay écrit ces lignes dans son Tableau économique, avant de fonder l’école physiocratique. Une manière de penser la production et les échanges en intégrant les logiques du vivant…

La bioéconomie qui émerge aujourd’hui serait-elle en train de mettre en œuvre ce modèle ? En prenant le vivant comme inspiration, la bioéconomie envisage en effet une industrie sans déchets, basée sur des flux circulaires et des usages optimisés des matières.

Dans ce sillage, on voit les géants de la chimie (Dupont, Evonik, BASF, Mitsubichi Chemicals, DSM, Arkema, Solvay…) explorer toutes sortes de voies pour faire du plastique à partir des déchets agricoles, utiliser la betterave pour fabriquer des pneus, extraire des produits cosmétiques ou des dérivés cellulosiques précieux à partir des arbres, exploiter le biogaz issu de la fermentation des déchets ménagers, produire du biocarburant avec des algues…

Ainsi les forêts, les champs, la mer pourraient devenir les creusets d’une nouvelle chimie, dite « biosourcée » susceptible de prendre relais de celle du pétrole. Démarches de substitutions aux produits pétrosourcés ou bien inventions de nouvelles molécules d’intérêt reconfigurent à très grande vitesse nos modes de production à partir de la biomasse. Tous les secteurs industriels sont concernés : textile, automobile, bâtiment, énergie, cosmetique, pharmacie… Avec un chiffre d’affaire actuel de deux mille milliards d’euros, cette bioéconomie mobilise déjà vingt-deux millions de personnes, soit 9 % des emplois en Europe. Antonio Di Giulio, de la Commission européenne, évoquait lors du Plant based summit de novembre dernier le chiffre de 1800 bioraffineries en fonctionnement à l’horizon 2022…

Capitalisme vert ou mutation économique intégrant les logiques du vivant ?

D’ores et déjà, la bioéconomie fait l’objet d’investissements majeurs et de feuilles de route stratégiques de la part de l’OCDE (Bioeconomy to 2030), des Etats Unis (The National Bioeconomy Blueprint) ou de l’Europe qui a élaboré un plan d’action intitulé Innovation au service d’une croissance durable : une bioéconomie pour l’Europe.

« L’Europe doit effectuer le passage à une économie de l’après-pétrole. Utiliser davantage les ressources renouvelables n’est plus une simple option, c’est une nécessité. Nous devons favoriser le passage d’une société reposant sur les combustibles fossiles à une « biosociété », la recherche et l’innovation servant de moteur. Cela sera bon pour notre environnement, notre sécurité alimentaire et notre sécurité énergétique, ainsi que pour la compétitivité future de l’Europe », déclarait en février 2012 Maire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission européenne responsable de la recherche, de l’innovation et de la science.

Un Observatoire de la bioéconomie se met en place au niveau européen afin de structurer les filières et suivre les investissements. « Il est essentiel de constituer une base de données qui donne à voir le paysage des acteurs mobilisés, leurs actions, leurs investissements, les régulations et leurs effets ».

Pour Antonio Di-Guilio, il s’agit aussi d’élargir les questionnements sur la valeur intégrée des démarches. « Nous devons trouver les moyens pour dé-carboner notre économie, mais il faut être attentifs aux terres employées et à la préservation des destinations alimentaires ».

Selon Christophe Rupp Dahlem, président de l’Institut de chimie du végétal et directeur des programmes d’innovation chimie du végétal de Roquette Frères, « les terres à destination industrielle représentent seulement 0,5% des surfaces cultivées (produisant 30 millions de tonnes), et devraient passer à 1% d’ici 2020. »

Mais les perspectives de cette industrie « biosourcée » posent question. Car miser sur le vivant pour diversifier les débouchés de la biomasse peut être soit une mutation profonde des systèmes de production, soit une exploitation sans limites de ressources renouvelables mais finies. Les arbitrages entre usages alimentaires, industriels ou énergétiques risquent aussi d’être âpres. Comment éviter que cette bioéconomie n’encourage l’accaparement des terres dans des pays déjà frappés par la famine ? En bref, on peut se demander si les acteurs comptent véritablement repenser ensemble et en profondeur une nouvelle économie post-carbone…

De gros investissements pour former des écosystèmes industriels

Au plan européen, un signal fort a été donné en juillet avec le lancement d’un partenariat public privé de grande envergure associant plus de soixante industriels et une vingtaine de partenaires académiques. Cette « biobased initiative » ou BBI soutient la mise au point de démonstrateurs et d’unités industrielles. L’investissement public est d’un milliard d’euros dans cette dynamique soutenue à hauteur de 2,8 milliards d’euros par le consortium privé.

Aujourd’hui, par exemple, le projet européen Eurobioref explore la valorisation du ricin avec un partenaire malgache. 30 partenaires issus de 15 pays coopèrent dans ce projet piloté par le CNRS avec un budget de 23 millions d’euros. De son côté le projet Biocore s’intéresse à la production de biocarburants de seconde génération (à partir de biomasse non alimentaire).

Sur le volet des « biofuels » les avis sont très marqués. « Pas question de faire des carburants avec les agroressources, argumente le physicien allemand Michael Carus qui a fondé en 1994 le Nova Institut pour accompagner les solutions industrielles utilisant des matières premières renouvelables. On peut greffer une production de bioéthanol mais seulement au bout du cycle de valorisation. Sinon, on n’optimise rien." Avec une vingtaine de consultants, son organisation indépendante est devenue un organe de veille stratégique très influent pour structurer ces filières vertes.

En France, les logiques de territoires oeuvrent à plein. Sur le site de Pomacle-Bazancourt (Marne) cohabitent des activités interdépendantes : sucreries, amidonneries, production de CO2 liquide, et le projet Futurol de biocarburant de seconde génération issu de déchets agricoles.

- A Pomacle-Bazancourt -

Dans la région de Toulouse, ce sont les biotechnologies blanches qui se développent avec le projet TWB (Toulouse White biotech) adossé à un « investissement d’avenir » de vingt millions d’euros.

En Picardie l’Institut Pivert (Picardie Innovations Végétales, Enseignements et Recherches Technologiques ) est doté d’un budget de 246 millions d’euros pour développer les bases de la bioraffinerie du futur.

Mentionnons aussi le projet Biobutterfly, porté par Michelin, l’Ademe et Axens, (société du groupe IFP Energies nouvelles), vise à créer une nouvelle filière de production de caoutchoucs synthétiques à partir de biomasse. Dotée d’un investissement de 52,1 millions d’euros (dont 14,7 millions d’euros de fonds publics), l’initiative prévoit de développer et commercialiser du butadiène biosourcé, remplaçant le réactif chimique d’origine fossile utilisé dans la fabrication des caoutchoucs synthétiques.

S’affranchir de la pétrochimie

Les promoteurs de cette bioéconomie souhaitent que les pouvoirs publics appuient cette économie circulaire. Pour Christophe Rupp-Dahlem, la chimie qu’il s’agit d’inventer ne doit pas copier celle qui vient du pétrole, qui ne contient que du carbone.

« Dans la biomasse il y a des atomes d’oxygène et il nous faut les garder pour avoir de bons rendements. De plus il faut pouvoir convaincre de l’intérêt de nos filières. Ainsi par exemple, en remplaçant l’acide adipique pétrosourcé par l’acide succinique biosourcé on divise par dix, l’empreinte carbone ». Cela concerne, par exemple, les semelles en polyuréthane notamment. Il s’agit donc de faire valoir auprès des consommateurs un bilan environnemental favorable…

Bien sûr le soutien par les réglementations peut être déterminant. Ainsi, le décret qui doit sortir début 2014, concernant les sacs plastiques de caisse – qui proviennent tous de Chine aujourd’hui - devrait instaurer une taxe de 10€ par kg pour des matériaux non biosourcés. « Cette mesure peut restaurer cette filière en Europe avec 4000 emplois à la clé », ajoute Christophe Rupp Dahlem.

Boulimie énergétique d’internet et des ordinateurs : stop ! Francis Vergier (Silence) Reporterre 2013/12/13 Francis Vergier (Silence) (13 décembre 2013) Boulimie énergétique d’internet et des ordinateurs : stop !. Reporterre. Tribune — Pollutions fr

Boulimie énergétique d’internet et des ordinateurs : stop !

Imaginez que vous ayez une voiture qui consomme cinq litres au cent. Cinq ans après, rachetant le même modèle, vous apprenez qu’elle consomme le double. Trouveriez-vous cela normal ? C’est pourtant ce qui se produit lorsque nous changeons d’ordinateur.

La Revue durable, dans son numéro d’été 2013, consacre un important dossier à la consommation des nouvelles technologies (1). De 2003 à 2013, le nombre de sites internet est passé de 18 millions à 187 millions. Chaque site augmente la consommation. Les plus gros ont des consommations phénoménales : Google Europe consomme autant en électricité que la population de Marseille. Internet et informatique consomment aussi d’énormes quantités de matériaux, dont certains fort rares.

Le recyclage n’est pas une solution

25 % des ordinateurs aux Etats-Unis et 90 % en Suisse partent dans une filière de recyclage. Les filières mécaniques, sur place, n’ont pas un bon taux de recyclage. Les filières manuelles, principalement en Inde et en Chine, permettent d’aller jusqu’à 75 % de recyclage, mais avec d’importantes conséquences sur la santé : à Guiyu (Chine), capitale mondiale du recyclage, 88 % des enfants présentent une intoxication au plomb.

Le recyclage est d’autant moins une solution que 85 % de l’énergie est consommée par un ordinateur pour sa fabrication avant même de fonctionner, 83 % pour les téléphones portables (2).

Les obésiciels

Les logiciels évoluent à toute vitesse… sans tenir compte de la consommation d’énergie, que ce soit des logiciels propriétaires ou des logiciels libres. Ecrire une simple phrase avec le logiciel Office 2013 consomme 128 fois plus d’énergie qu’avec le même logiciel version 2000 (3). Si, en moyenne, les gens changent d’ordinateur tous les deux ans, c’est d’abord parce qu’ils ralentissent trop du fait de l’actualisation des logiciels de plus en plus volumineux.

Des solutions ?

Le ministère allemand de l’Environnement a lancé un appel pour la mise en place de mesures visant à stabiliser la consommation d’énergie dans le secteur. C’est très complexe. Une mesure serait d’obliger les fabricants à assurer le suivi de leurs logiciels plus longtemps (au moins dix ans), de fournir de nouvelles versions qui ne consomment pas plus que les précédentes, de pouvoir mettre des affiches énergies sur les ordinateurs (4), d’augmenter la durée de garantie sur le matériel.

Cela reste peu efficace. Le vrai changement, serait que les utilisateurs diminuent leurs usages de l’ordinateur, en particulier de ce qui consomme le plus : l’image mobile (télévision, films…).

Notes

(1) C’est le secteur, qui avec l’avion, connaît la hausse de la consommation d’énergie la plus forte : +6 % par an.

(2) Analyse du cycle de vie réalisé par l’Ademe.

(3) Calculs réalisés par le site Greenit.fr

(4) Le label Energy Star existe pour l’informatique depuis 2009, mais il ne prend en compte que la propre consommation de l’ordinateur alors que par internet, nous consommons de plus en plus à l’extérieur.

Pour la biodiversité, adoptons les bonnes vieilles méthodes agricoles, propose l’ONU Elisabeth Schneiter (Reporterre) Reporterre 2013/12/13 Elisabeth Schneiter (Reporterre) (13 décembre 2013) Pour la biodiversité, adoptons les bonnes vieilles méthodes agricoles, propose l’ONU. Reporterre. fr

Pour la biodiversité, adoptons les bonnes vieilles méthodes agricoles, propose l’ONU

Pour préserver la biodiversité, il faut redécouvrir des modes d’agriculture ancestraux plus respectueux de l’environnement. C’est ce qu’affirme l’IPBES, organisme de l’ONU chargé de prévenir l’extinction des espèces.

L’Organisation des Nations Unies a récemment formé sur le modèle du GIEC (Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la « Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco-systémiques » (IPBES), un groupe de cent quinze pays qui doit tenter de faire baisser le rythme de l’extinction des espèces dont la croissance est exponentielle (cent à mille fois plus rapide que le taux naturel d’extinction).

Durant des réunions en Turquie qui se terminent le 14 décembre, le groupe a découvert une stratégie dont il espère beaucoup, pour protéger la biodiversité : le retour aux systèmes traditionnels de l’agriculture et de la gestion des terres.

Zakri Abdul Hamid, président et fondateur de l’IPBES, a déclaré à l’agence Reuters, que « le savoir vernaculaire joue un rôle clé dans le ralentissement de la perte de biodiversité. »

L’ancienne pratique chinoise de l’élevage de poissons dans les rizières est un exemple de ce que le groupe espère ressusciter : ajouter des poissons à un paddy permet de gérer les insectes nuisibles sans l’utilisation de pesticides, fournit un engrais naturel pour les cultures, nourrit les oiseaux et autres animaux sauvages, et produit un approvisionnement durable en protéine pour les familles de riziculteurs.

D’après un rapport de l’IPBES (The Contribution of Indigenous and Local Knowledge Systems to IPBES : Building Synergies with Science), "la présence des poissons réduit de 68 % le besoin de pesticides et de 24% les engrais chimiques par rapport à la monoculture". En plus, les pesticides tuent souvent beaucoup plus d’espèces que celles ciblées…

D’autres exemples cités par le groupe comprennent des restrictions de pêche imposées par les communautés insulaires du Pacifique et les rotations de cultures traditionnelles pratiquées partout, de la Tanzanie à la Thaïlande.

Dans certains pays comme l’Australie, l’Indonésie, le Japon et le Venezuela, le brûlis contrôlé de petites parcelles de campagne peut créer une mosaïque pare-feu qui empêcherait la propagation des incendies dévastateurs pendant la saison sèche, et permettrait à la faune de se sauver plus facilement.

En Australie, ce genre de protection qui ralentit le déboisement, cause d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine génère des crédits carbone pour les Aborigènes.

Parmi les efforts visant à ralentir l’extinction, on trouve aussi la création de zones protégées et une application réelle des lois sur la protection de la faune.

D’autres exemples de savoirs traditionnels comprennent des fosses creusées à flanc de coteaux en Tanzanie pour recueillir les précipitations de la saison des pluies et limiter l’érosion, ou des observations météorologiques faites par les Inuits dans l’Arctique afin de compléter les données satellitaires sur la fonte des glaces.

Anne Larigauderie, prochaine Secrétaire exécutive de l’IPBES, remarque que les peuples autochtones se sentent souvent ignorés par les planificateurs du gouvernement. "Il y a un grand besoin de reconnaissance et d’acceptation de leurs connaissances. »

Quelle découverte !

Campagnes Solidaires Par Julien villalard Reporterre 2013/12/13 Par Julien villalard (13 décembre 2013) Campagnes Solidaires. Reporterre. fr

Campagnes Solidaires

Le n°290 de Campagnes Solidaires est sorti !

Sommaire

Dossier Une Conf’ de combats pour une Bretagne paysanne

Actualité - Vie syndicale : Pac, ferme des 1000 vaches, Notre-Dame-des-Landes, plantes mutées... - Aude : Attentat contre un militant de la Confédération paysanne - Politiques agricoles : La loi d’avenir entame son parcours législatif - Foncier : Andalousie, la terre pour pouvoir vivre - Foncier : Des paysans africains résistent à Bolloré - Gad - Ecotaxe : une actualité bretonne sinueuse - Ostréiculture : Panique sur les parcs !

Point de vue : Notes de vacances en pays breton (Christian Boisgontier)

Agriculture paysanne en Bretagne : Des études pour convaincre

Initiatives en Bretagne : La vente directe s’organise

Internationales : Des paysans bretons au Congo

Terrain - À la découverte des paysans de la mer - Morbihan : La précarité des pêcheurs à pied professionnels

Annonces

Action : Des moutons au coeur de Lyon

Contre le projet de Ferme des mille vaches, une vidéo détonnante de La vache en colère Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/12/13 Camille Martin (Reporterre) (13 décembre 2013) Contre le projet de Ferme des mille vaches, une vidéo détonnante de La vache en colère. Reporterre. Agriculture fr

Contre le projet de Ferme des mille vaches, une vidéo détonnante de La vache en colère

Une video contre le projet de Ferme des mille vaches, en Picardie, vient d’être postée sur Internet. S’inspirant du tube de Robin Thicke, Blurred lines, elle met en scène des vaches entrant en révolte contre cette usine agro-industrielle :

. Contact : La Vache en colère.

. Dans un communiqué, la campagne Envie de paysans, qui diffuse cette vidéo, indique : « Nous sommes surexcités » .

Elle annonce : « Toutes les vaches en colère doivent sortir des étables ! Du 6 au 10 janvier, nous vous proposons d’organiser des rassemblements en France devant un maximum de préfectures, sur le même modèle que les actions du 15 novembre dernier à Paris et Abbeville. »

Les lecteurs font-ils les livres ? Dany Laferrière Reporterre 2013/12/13 Dany Laferrière (13 décembre 2013) Les lecteurs font-ils les livres ?. Reporterre. Culture et idées fr

Les lecteurs font-ils les livres ?

Ecouter ici : http://www.reporterre.net/IMG/mp3/L... Première mise en ligne sur Reporterre le 19 mai 2009.

Dany Laferrière vit au Québec. Il a notamment écrit Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (Le Serpent à Plumes) et Je suis un écrivain japonais (Grasset). Il a été élu le 12 décembre 2013 membre de l’Académie française.

Semences paysannes en fête Reporterre 2013/12/13 (13 décembre 2013) Semences paysannes en fête. Reporterre. fr

Semences paysannes en fête

Les semences paysannes en fête en Lot-et-Garonne (les 13 et 14 décembre)

A l’occasion du dixième anniversaire du Réseau Semences Paysannes, venez (re)découvrir et fêter les semences paysannes les 13 et 14 décembre en Lot-et-Garonne !

Vendredi 13 décembre Cinéma Le Confluent, Aiguillon (47190)

21h : Ciné-débat autour du documentaire [« Les origines de la pomme, ou le Jardin d’Eden retrouvé », en présence de la réalisatrice Catherine Peix. (entrée libre)

Une enquête scientifique internationale à la recherche des origines de la pomme... Comment un antique pommier sauvage kazakh pourrait nous sauver des pesticides. Mais d’où vient la pomme du jardin d’Éden ? Réalisé par Catherine Peix, « Aux origines de la pomme » nous emmène dans les montagnes du Tian Shan, au Kazakhstan où les premiers pommiers seraient nés, il y a 165 millions d’années.

On trouve dans ces forêts épaisses d’arbres qui peuvent atteindre plus de trente mètres de haut et vivre plus de trois cents ans, des pommiers sauvages : les Malus sieversii. Leurs pommes sont non seulement comestibles et savoureuses, aux couleurs et aux goûts variés, mais elles ont su développer des résistances exceptionnelles aux maladies et, en particulier, au fléau numéro un du pommier : la tavelure. Quel est donc le secret de la résistance de Malus sieversii ? (durée 52 mn)

Samedi 14 décembre Salle des fête de Saint-Médard, Clermont-Dessous (47130)

à partir de 18h : bourse de semences et forum des associations, amenez vos semences à échanger ! (entrée libre)

19h : repas bio avec des produits issus de semences paysannes : la biodiversité ça se cuisine aussi ! (12€, réservation obligatoire avant le 11 décembre*)

21h : soirée musicale et festive (entrée libre) Concert : Mussa Molo (musique africaine), suivi d’un bal folk (amenez vos instruments !) Buvette bio

SERIE - A Tricastin, la concentration nucléaire ne résout pas les problèmes d’emploi Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/13 Barnabé Binctin (Reporterre) (13 décembre 2013) SERIE - A Tricastin, la concentration nucléaire ne résout pas les problèmes d’emploi. Reporterre. fr

SERIE - A Tricastin, la concentration nucléaire ne résout pas les problèmes d’emploi

Les communes du Tricastin sont riches des recettes fiscales du centre nucléaire, mais le chômage des jeunes y reste important. Et dans la centrale, l’emploi est surtout occupé par des travailleurs précaires et mal formés. Du malaise humain à la sécurité défaillante, il n’y a qu’un pas.

- Reportage, Saint-Paul-Trois-Chateaux (Drôme)

« L’avantage économique, c’est surtout nous qui le ressentons en tant que commerçant. Mais de là à dire que cela a résolu le chômage… Ici, les gens enchaînent pas mal de contrats d’intérim, la situation reste assez précaire. C’est vrai que le nucléaire représente un pôle d’activité dans la région, et beaucoup bossent de près ou de loin grâce à ce secteur industriel, mais cela n’augmente pas pour autant la qualité de la vie… ». Entre le plat et le dessert, le chef vient tailler la bavette. Normand d’origine, l’homme est arrivé du Vercors voisin il y a quelques années, « pour changer d’air ». Du pays, il en a vu dans sa carrière mais sa dernière terre d’accueil lui plaît : pour lui, les restaurateurs et les hôteliers s‘en sortent bien, dans la région. En ce jeudi soir venteux de novembre, il n’y a pourtant guère d’autres clients pour déguster les bonnes ravioles du Dauphiné, un plat typique du coin.

Pour les collectivités locales, qui perçoivent les impôts d’EDF et AREVA, en tout cas, le nucléaire est une bonne affaire. Il ne pourrait en être autrement : un reportage récent de Rue89 Lyon révélait que la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux touchait près de quatorze millions d’euros de la centrale nucléaire. Un rapport de l’INSEE publié en février 2013 observe que « la richesse fiscale potentielle est importante dans la zone d’étude, plus élevée que dans la zone de référence. Une fiscalité professionnelle d’un bon niveau permet d’alléger la pression exercée sur les ménages. Ce sont surtout les communes où sont installés les établissements nucléaires qui bénéficient de cette situation. La richesse fiscale a également un impact positif sur la structure des budgets des municipalités et de leurs EPCI ». Richesse fiscale, donc. Mais le centre nucléaire est-il une aussi bonne affaire pour l’emploi local ?

A Saint-Paul-Trois-Châteaux, ce sont près de 35% des emplois qui sont directement ou indirectement liés au nucléaire selon l’étude de l’INSEE citée plus haut. Celle-ci, qui vise à « réaliser un diagnostic socio-économique de l’impact territorial des entreprises présentes sur les sites [de Tricastin et de Marcoule] », révèle que les activités nucléaires contribuent à une offre d’emploi stable à un certain niveau de spécialisation et de qualification, sans pour autant satisfaire pleinement la demande nouvelle et locale : « Les arrivées de cadre de l’extérieur semblent suppléer l’offre de travail local » indiquent ainsi les chercheurs. Qui constatent que le chômage des jeunes reste ici particulièrement élevé.

Chômage des jeunes, sous-traitance et déqualification

Ces jeunes enchaînent souvent des contrats d’intérimaire, très courts. C’est la conséquence d’une caractéristique majeure du marché de l’emploi du nucléaire : le recours massif à la sous-traitance. Celle-ci est largement pratiquée à Tricastin, où l’on estime que sur les 5 000 employés du site, à peine 2 000 sont statutaires, les autres étant des salariés d’entreprise de sous-traitance. Problème ? « On observe une multiplication des niveaux de sous-traitance ; alors qu’EDF interdit d’en dépasser trois, nous avons parfois identifiés sept niveaux de délégation sur la centrale » explique Gilles Reynaud, qui a fondé une association – Ma zone contrôlée – pour travailler auprès des syndicats sur cette question.

Il y a deux ans, Annie Thébaud-Mony et d’autres alertaient sur ce recours massif à la sous-traitance : « L’externalisation du travail et le recours à la sous-traitance sont massifs à EDF. Dans les centrales nucléaires par exemple, les arrêts de tranche, période essentielle de maintenance, sont marqués par l’arrivée d’une multitude d’entreprises sous-traitantes, elles-mêmes constituées de salariés précarisés et tournants. Le rôle des agents se réduit souvent à la surveillance et au contrôle des prestataires en charge des opérations. La compétence technique échappe douloureusement à ces professionnels, tandis que l’expérience des travailleurs sous-traitants se disperse au fil des déplacements entre les centrales ».

La qualification des employés est une des inquiétudes principales de Gilles Reynaud, qui travaille depuis plus de vingt ans ans dans une entreprise de sous-traitance sur les sites de Marcoule et Tricastin : « Je croise régulièrement des jeunes qui, quelques semaines auparavant, travaillaient encore en pâtisserie ou en menuiserie. Aujourd’hui, on fait des formations accélérées pour les prestataires. En dix jours, on les considère opérationnels. Or les agents EDF, eux, ont six mois de compagnonnage avec un tuteur… ». Ces métiers de « servitude nucléaire », selon la dénomination qui leur est donnée, touchent pourtant à des compétences spécifiques, en matière de maintenance, d’assainissement, de conditionnement des déchets voire de mécanique.

Les conséquences sont d’ailleurs manifestes en termes de sécurité : « 80 % des écarts sur les non-qualités sont de facteurs humains » nous rappelle Charles Rumeau, président de l’association Ma zone contrôlée. En mars, Bernard Laponche et Guillaume Blavette dénonçaient sur Reporterre cette recherche de productivité permanente qui se cache derrière les erreurs humaines recensés sur les centrales. La volonté de contracter toujours plus la force humaine et les compétences déployées dans le but de faire des économies est aujourd’hui au cœur de la logique d’emploi dans le nucléaire.

Et si le nucléaire attire aujourd’hui une certaine catégorie de population formée et hautemet qualifiée, pour les autres – qu’on appelle parfois « les mercenaires du nucléaire » – la filière n’offre pas la qualité de vie escomptée : « Les sous-traitants, qui n’ont pas d’existence légale, sont toujours les principaux responsables lors d’incidents ou d’accidents, ils sont d’office désignés volontaires lors des catastrophes. Pourtant, ils ne gagnent que 1 700 euros en fin de carrière… », explique Claude Dubout. Auteur du livre Je suis décontaminateur dans le nucléaire, il a conseillé le film Grand Central, sorti fin août, qui raconte l’histoire amoureuse d’un homme travaillant dans la sous-traitance sur les centrales de Tricastin et de Cruas. Après vingt ans en tant que décontaminateur dans le nucléaire, il témoigne : « L’état psychologique actuel de cette population est dramatique et inquiétant pour la sécurité de nos installations ».

Sous-traitance, malaise psychologique, formation insuffisante : n’y aurait-il pas là une part de la recette qui explique les mille incidents connus par la centrale de Tricastin ?

Sur ces questions comme sur d’autres, EDF a refusé de répondre à nos demandes répétées d’entretien.

- A suivre : Le silence obstiné d’EDF.

L’économie sociale et solidaire contribue au bien-être collectif Philippe Frémeaux Reporterre 2013/12/14 Philippe Frémeaux (14 décembre 2013) L’économie sociale et solidaire contribue au bien-être collectif. Reporterre. fr

L’économie sociale et solidaire contribue au bien-être collectif

L’activité économique est généralement appréciée par son apport au produit intérieur brut (PIB). Mais il faut prendre en compte d’autres critères : c’est ce que vient de montrer un rapport sur l’Economie sociale et solidaire (ESS).

Le rapport de mission sur l’évaluation de l’apport de l’économie sociale et solidaire à la création de richesse que je viens de rendre à Benoît Hamon, le ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, rompt avec la logique habituelle du domaine, qui revendique son poids dans l’emploi ou dans le Pib, réclamant au fond de voir son apport mesuré à l’aune de l’économie dominante.

Bien au contraire, le rapport rédigé avec l’aide de Florence Jany-Catrice, professeure à l’Université de Lille 1, veut promouvoir une économie sociale et solidaire (ESS) qui apporterait sa pierre à la construction d’une économie plus soutenable et plus démocratique.

Dans cet esprit, le rapport revient, dans sa première partie, sur les critiques adressées aujourd’hui au PIB (produit intérieur brut) et développe les raisons pour lesquelles les organisations de l’ESS, parce qu’elles affirment être d’abord au service de leurs adhérents, sociétaires ou associés, et être soucieuses des relations sociales en leur sein, ne peuvent que militer en faveur du développement d’autres indicateurs permettant de mieux évaluer la relation entre activité économique et bien-être social.

Dans cet esprit, le rapport recommande de développer, au niveau macroéconomique, de nouveaux outils et indicateurs de richesse permettant de mieux apprécier l’évolution du bien-être individuel et collectif et d’associer à leur définition les différentes composantes de la société et les citoyens afin de les mettre en débat le plus largement possible.

L’enjeu n’est pas ici d’évaluer spécifiquement « l’apport de l’ESS », mais d’apprécier dans quelle mesure le système économique et social satisfait ou non les objectifs d’utilité sociale que l’ESS doit poursuivre.

Evaluer les apports de l’économie sociale et solidaire

La seconde partie du rapport prend acte de la définition de l’ESS apportée par le projet de loi-cadre qui sera débattu au Parlement cet automne. Sur ces bases, il liste une série de travaux statistiques qui permettraient de mieux connaître le champ de l’ESS et d’identifier ses spécificités.

A cette fin, il serait certes souhaitable de poursuivre et améliorer les travaux de quantification permettant de mesurer la contribution de l’ESS à l’emploi et au PIB, mais il faudrait aussi mieux évaluer l’apport du bénévolat, analyser la qualité des pratiques de l’ESS dans le domaine du travail et de l’emploi, la spécificité des résultats économiques des organisations de l’ESS, la qualité de leur gouvernance, l’objet social des organisations de l’ESS, les sources de financement.

Il serait enfin nécessaire de considérer la production de données sur l’ESS comme une mission de service public pour les services statistiques de l’État. Il serait également nécessaire d’encourager les recherches en sciences sociales sur ce sujet.

Gare à la perte d’autonomie

La troisième partie s’interroge sur les méthodes qui permettent d’évaluer l’utilité sociale des organisations de l’ESS, et notamment celles qui bénéficient de fonds publics. Elle met en discussion les différentes méthodes proposées aujourd’hui. Elle insiste notamment sur la nécessité de ne pas sous-estimer la difficulté et les risques liés à tout processus d’évaluation, notamment concernant l’utilité sociale des organisations de l’Economie sociale et solidaire.

L’action publique gagne en qualité quand sa définition associe la société dans ses différentes composantes, quand elle fait l’objet d’une évaluation pluraliste, et quand elle réunit une large diversité d’acteurs pour produire les biens communs dont bénéficient les habitants des territoires.

S’il est légitime d’évaluer les organisations de l’ESS qui concourent à la production des biens publics dans un contexte marqué par la volonté conjointe de l’ESS et des pouvoirs publics d’en assurer le changement d’échelle, l’utilisation de certaines techniques d’évaluation risque de réduire l’autonomie créative des organisations de l’ESS et de les conduire à se centrer sur la seule satisfaction d’indicateurs et de mesures qui, dans le meilleur des cas, seront réducteurs, et, dans le pire des cas, trompeurs.

Il faut donc plutôt favoriser des méthodes d’évaluation de l’utilité sociale qui associent les différents acteurs, y compris les citoyens et les salariés assurant l’exécution des missions.

Enfin ! Un éco-label pour les WC Pascale Mugler (Reporterre) Reporterre 2013/12/14 Pascale Mugler (Reporterre) (14 décembre 2013) Enfin ! Un éco-label pour les WC. Reporterre. fr

Enfin ! Un éco-label pour les WC

L’Union européenne vient de définir un label écologique pour les toilettes : moindre consommation d’eau et matériaux recyclables sont promus - mais l’on n’a pas été jusqu’à promouvoir les toilettes sèches.

Voici qui devrait soulager complètement les plus inquiets d’entre nous quant à l’impact écologique de certains de nos besoins : la Commission européenne vient de définir les conditions d’obtention d’un écolabel pour les WC à chasse d’eau et les urinoirs. Ainsi le Journal officiel de l’Union européenne du 9 novembre définit-il les différents systèmes concernés et détaille huit critères d’attribution. Ils portent sur le volume d’eau utilisé : pas plus de six litres pour une chasse complète - entendez la grande - avec possibilité d’économiser au moins trois litres, et un litre pour celle de l’urinoir. En comparaison, une chasse, une vieille, peut avaler dix à douze litres.

Vierge ou recyclé, s’il y a présence de bois dans les composants du WC labellisé, il doit provenir d’une forêt gérée dans une optique de durabilité. Toutes les pièces de l’installation, qui bénéficie d’une garantie de réparation ou de remplacement d’au moins cinq ans, sont facilement remplaçables. La commande de chasse à la demande est obligatoire sur les urinoirs collectifs. Enfin, si le tout est géré électroniquement, le concepteur doit avoir prévu un système qui permet de couper les déclenchements intempestifs.

Ces performances seront repérables grâce au logo de l’écolabel avec un texte qui indique « rendement hydrique élevé, diminution du volume des eaux usées, économie d’eau et d’argent, incidence en fin de vie du produit réduite ». Pour l’arborer il faut pouvoir faire preuve du respect de ces critères avec la validation d’un laboratoire agréé.

Pour le néophyte, la curiosité de ce texte législatif d’une quinzaine de pages réside dans la formule de calcul arithmétique qui permet d’évaluer la qualité écologique ou non de ladite chasse selon la quantité d’eau qu’elle utilise : Va= (Vf +(3 X Vr) )/4). Oui, bien sûr...

Va, pour volume par chasse, Vf, pour volume par chasse complète et Vr pour volume réduit.

Quoi, encore de l’eau ! Est-ce écologique ?

Reste qu’en la matière, il y a débat : avec ou sans eau, les WC ? Certains estiment en effet qu’il est préférable de réintroduire les déjections assainies dans la terre plutôt que dans les rivières qu’elles chargent d’azote et de phosphore et qu’elles polluent. Les adeptes de la cabane au fond du jardin se seront reconnus. Mais dans son texte, l’Europe ne s’est pas penchée sur ce type d’installations.

En moyenne, une personne consomme vingt à trente litres d’eau potable par jour dans l’utilisation des toilettes. Sur une année pour une famille, des toilettes sèches permettent d’économiser près de 45 000 litres estime l’ingénieur, consultante en environnement, Sandrine Cabrit-Leclerc. Dans son petit livre pratique J’économise l’eau à la maison (éd. Terre Vivante), elle consacre un chapitre au sujet : fonctionnement, coût, systèmes, etc. Les principaux systèmes étant le scandinave (urines et fèces séparées), ou la TLB, toilette à litière biomaîtrisée (l’eau est remplacée par de la sciure de bois), le plus connu en France.

Pour approfondir la question, on peut se reporter au guide technique très complet accessible en ligne de Toilettes du monde.

Cette structure est également l’auteur d’un rapport intitulé Les toilettes sèches familiales : état de l’art, état des lieux dans plusieurs pays et propositions pour un accompagnement en France. Elle travaille depuis dix ans au développement et à l’accompagnement de l’assainissement écologique. Basée à Nyons (Drôme), elle a développé un réseau d’expertise en France et à l’international et propose des animations ou des formations notamment sur les toilettes sèches (avec compostage, etc. ). Dans son programme 2014, notons une nouveauté d’actualité : un module sur la précarité sanitaire.

Pas de quoi rire

Le sujet n’est pas aussi léger qu’il y paraît. Un tiers de la population mondiale, soit 2,5 milliards de terriens, n’a pas accès à des toilettes, selon l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance). Les conséquences sur la santé et le développement sont dévastatrices. Au point que le 19 novembre dernier, l’Onu a célébré la Journée mondiale des toilettes.. Au siège de l’organisation à New York, lors d’une conférence de presse, des spécialistes de l’assainissement ont rappelé que le manque de latrines et les maladies qu’il engendre tuent chaque année 800 000 enfants de moins de cinq ans, soit deux mille par jour.

En juillet de cette même année, l’Onu avait lancé un appel pour accroître l’accès des pauvres à l’assainissement et pour lutter contre la défécation en plein air. Cette pratique utilisée par un milliard de personnes est extrêmement nuisible à la santé publique (développement de bilharziose, diarrhées, typhoïdes, hépatites ou cholera).

Sans assainissement selon l’Unicef, les filles rechignent à aller à l’école dès qu’elles ont leurs règles et aujourd’hui, quelque 500 millions de femmes et de filles perdent plusieurs heures par jour à chercher un endroit discret où faire leurs besoins. Le manque d’assainissement freine l’éducation et la productivité des femmes et des filles, et combiné à une absence d’accès à l’eau potable, il fait perdre aux pays en développement quelque 260 milliards de dollars par an, estime l’Onu.

Lors de la célébration, la représentante de Singapour, Karen Tan, a expliqué l’expérience de son pays où, en 1965, 45% de la population seulement avaient accès à l’assainissement : « Il nous a fallu de la discipline, de la créativité et des investissements pour atteindre l’objectif de l’assainissement pour tous en trois décennies. » Le temps est désormais révolu où il n’était pas possible de placer le mot « toilette » dans un discours officiel, s’est-elle félicitée, en notant que la fin du tabou et des sourires gênés est une étape déterminante de la sensibilisation aux enjeux liés à l’assainissement.

EDITO - Tricastin, le silence obstiné d’EDF Hervé Kempf (Reporterre) Reporterre 2013/12/14 Hervé Kempf (Reporterre) (14 décembre 2013) EDITO - Tricastin, le silence obstiné d’EDF. Reporterre. Édito — Nucléaire fr

EDITO - Tricastin, le silence obstiné d’EDF

Un rendez-vous ? Non. Au téléphone ? Non. Participer à la visite collective ? Non. Devant le refus obstiné d’EDF de s’expliquer sur Tricastin, nous adressons une Lettre ouverte au Haut comité sur la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire.

Lettre ouverte à M. Henri Revol, président du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire, et aux membres du Haut Comité

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs,

Votre Haut comité a été créé par la loi du 13 juin 2006. Un des objets de cette loi est de « garantir le droit du public à une information fiable et accessible en matière de sécurité nucléaire ». L’article 24 en indique que le Haut Comité « peut se saisir de toute question relative à l’accessibilité de l’information en matière de sécurité nucléaire et proposer toute mesure de nature à garantir ou à améliorer la transparence en matière nucléaire. »

C’est pourquoi je me permets de vous saisir afin de décrire les obstacles qui ont été posés à ce droit essentiel à l’information des citoyens, qui est une condition de la sécurité nucléaire.

Reporterre est un site d’information sur Internet existant depuis cinq ans. Spécialisé sur les questions d’environnement, il a publié plus de cinq mille articles, et il reçoit plus de 250 000 visites chaque mois. Il publie quotidiennement des enquêtes, entretiens ou tribunes. Des personnes aussi estimables que - pour s’en tenir à la sphère des responsables politiques - les anciens ministres de l’environnement Chantal Jouanno, Serge Lepeltier ou Delphine Batho s’y sont exprimés, ainsi que l’alors député du Gers, Philippe Martin.

Nous avons récemment mené une enquête approfondie sur le site nucléaire de Tricastin, peut-être le plus important de France par la variété de ses installations, et qui a connu depuis plusieurs années de nombreux incidents de différentes natures.

Si nous sommes le « quotidien de l’écologie » et affirmons que la question écologique, dans toutes ses dimensions, est la question politique centrale de notre époque, nous avons le souci de faire un journalisme d’information, se nourrissant à toutes les sources, et donnant la parole à toutes les parties en présence. Dans cette enquête sur le Tricastin, préparée en novembre et qui a été publiée cette semaine, nous avons dès le début sollicité de nombreux interlocuteurs. Si des organismes comme l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) ou l’IRSN (Institut de recherche sur la sécurité nucléaire) ont obligeamment répondu à nos questions, tout comme diverses associations et experts, nous avons été surpris de l’attitude de l’entreprise EDF (Electricité de France).

Courant novembre, notre reporter, Barnabé Binctin, a appelé le service de presse de cette entreprise, pour solliciter une rencontre avec un responsable de la centrale de Tricastin lors de son reportage de plusieurs jours sur place fin novembre. Il lui fut répondu que ces responsables « n’avaient pas de disponibilité dans leur agenda » aux dates proposées.

Pourrait-on alors convenir d’un entretien téléphonique en-dehors de ces dates ? Cela ne paraissait pas possible.

Voici la teneur d’une discussion qui eut alors lieu avec le chargé de communication :

"M. Binctin, Reporterre - Bonjour, suite à ma demande, pourrais-je avoir un échange téléphonique avec un des responsables de la centrale EDF de Tricastin ? - M. Baratier, EDF- Cela va être compliqué cette semaine, mais vous pouvez me poser vos questions, je pourrai y répondre. - Bien, j’en prends note. Quelles sont les dernières évaluations du volume de tritium qui s’échappe sous le radier de la centrale ? - Euh... je ne sais pas, je vais vous chercher ça, je dois pouvoir vous retrouver les chiffres de cet été. - Mais EDF doit fournir une note quotidienne à l’ASN sur ces fuites de tritium, avez-vous les derniers chiffres ? - Non, à ce niveau-là, ce sont les responsables de Tricastin qui peuvent répondre. - Eh bien justement, c’est pour cela que je souhaite m’entretenir au moins par téléphone avec eux. - Oui, mais cela n’est pas possible".

Alors que nous nous heurtions à ce mur, nous apprîmes que sur place, le service de communication de la centrale organisait la « 7e édition de la journée ’Sûreté et prévention des risques’ » le 28 novembre, à l’intention de journalistes et de personnalités locales.

M. Binctin renvoya le coupon d’inscription. Mais là encore, cette visite de groupe ne pouvait pas accueillir le reporter.

J’intervins alors, en tant que rédacteur en chef, et appelais l’attaché de presse d’EDF. Je laissai plusieurs messages téléphoniques, mais ses occupations semblaient l’empêcher de me rappeler. J’appelais alors la chef du service de presse d’EDF, Mme Colombez. Elle n’était pas disponible, mais le message lui fut transmis.

Il advint alors que son subordonné, l’attaché de presse, me rappela enfin. Pour me dire qu’aucun rendez-vous téléphonique avec un responsable connaissant le dossier n’était possible. Sinon, finit-il par m’écrire par courriel , dans la semaine du 16 décembre - alors que je lui avais très clairement indiqué que notre enquête paraitrait la semaine précédente.

Je laisse à votre sagacité, M. le Président, Mesdames et Messieurs, le soin d’interpréter l’attitude du service de communication de cette entreprise. Je me permettrai cependant de rappeler qu’elle est nationalisée (pour 84 % de son capital), et qu’à ce titre, elle appartient à tous les citoyens de ce pays, à l’égard desquels elle est redevable. Il est certes possible que cette vision des choses soit imprégnée d’une candeur qui correspond peu à l’esprit de l’époque.

Ce qui est en revanche certain, c’est que le refus de parler, d’expliquer, de communiquer sincèrement est le signe d’un profond malaise. On est tenté de penser que cette attitude est le reflet de la gestion incertaine de la sécurité nucléaire de ce site. Compte tenu de la gravité de ce qui est en jeu, je ne peux que souligner l’absolue nécessité d’informer nos concitoyens sur ce qui se passe sur ce site - comme sur d’autres sites nucléaires -, et de s’ouvrir aux journalistes, dont la tâche est de présenter cette information de manière exacte et alimentée aux différentes sources.

C’est ce que nous avons essayé de faire, et j’espère que vous aurez le temps de prendre connaissance de notre enquête sur le site nucléaire du Tricastin, dont il est hélas permis de penser que c’est « la centrale la plus dangereuse de France ».

Je suggère que, selon l’objet du Haut comité, vous voudrez proposer la mesure d’obliger les compagnies oeuvrant dans le champ nucléaire à répondre aux questions des journalistes et à faciliter leur travail d’information de nos concitoyens. Restant à votre disposition pour toute précision, je vous adresse, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, mes salutations respectueuses.

Il n’y a pas que le TGV pour aller vite, le train pendulaire marche bien aussi Enerzine Reporterre 2013/12/16 Enerzine (16 décembre 2013) Il n’y a pas que le TGV pour aller vite, le train pendulaire marche bien aussi. Reporterre. fr

Il n’y a pas que le TGV pour aller vite, le train pendulaire marche bien aussi

Le train pendulaire Pendolino a atteint sur la ligne Gora Wlodowska–Psary, en Pologne, la vitesse record de 293 km/h. Avantage de ce système : il peut utiliser les voies existantes.

Ce record a été enregistré alors qu’Alstom procédait à des essais en présence de son client et partenaire, l’opérateur polonais PKP Intercity, en vue d’obtenir une autorisation de circulation pour les vingt Pendolino commandés par ce dernier en 2011.

Alstom affirme que tous les essais ont été concluants. Ceci va permettre à PKP Intercity d’envisager une mise en service de ses trains avant fin 2014. Le contrat signé avec PKP Intercity comprend également un volet maintenance sur dix-sept ans et la construction d’un nouveau dépôt prévu à cet effet, qui sera inauguré au premier trimestre 2014. Les trains relieront les villes de Varsovie, Gdansk, Gdynia, Cracovie, Katowice et Wrowclaw.

Le précédent record de grande vitesse polonais, à 250 km/h, avait été établi en 1994, également avec un Pendolino. Jusqu’ici, la vitesse maximum enregistrée pour un Pendolino était de 283 km/h. Ce précédent record avait eu lieu en Italie en 2007.

Certifié pour circuler dans treize pays [mais pas en France], il peut traverser sept frontières et semble constituer l’une des réponses aux besoins de toutes les régions - qui souhaitent développer le transport à grande vitesse comme l’Amérique du Nord, la CEI et l’Asie.

En effet, le Pendolino est conçu pour circuler jusqu’à 250 km/h, tant sur les lignes à grande vitesse (25 kV) que sur les réseaux conventionnels (3 kV). Son succès repose sur sa modularité et sa flexibilité.

Il peut de plus être entièrement personnalisé : « Depuis l’agencement de son intérieur jusqu’au nombre de voitures (de quatre à onze) en passant par l’alimentation électrique et la suspension. Il s’adapte à tous les écartements de voies. Le Pendolino est capable de circuler dans des conditions climatiques extrêmes (jusqu’à +45° et - 45°). »

Equipé de Tiltronix, la technologie pendulaire d’Alstom, qui permet au train de s’incliner jusqu’à 8 degrés tout en maintenant sa course à 250 km/h, soit de 30 à 35 % plus vite que les trains traditionnels tout en garantissant un niveau de confort inégalé.

En mode réactif, le degré exact des courbes est déterminé par des gyroscopes et des accéléromètres situés sur le premier bogie de la voiture de tête. L’ordinateur de bord établit l’angle de courbure nécessaire et transmet ces données à chaque cylindre de bogie, en fonction de sa position sur la voie et de la vitesse du train.

En mode anticipatif, le système informatique embarqué intègre en amont l’ensemble des paramètres de la voie. En comparant ces éléments aux informations transmises par les récepteurs de bord, Tiltronix peut déterminer à tout moment l’exacte position du train sur la ligne et transmettre les ordres adéquats aux cylindres de bogie. Grâce à une réactivité plus fine à l’approche des courbes, il offre un meilleur confort aux passagers.

Le Pendolino est principalement produit dans l’usine Alstom de Savigliano, en Italie, qui assemble actuellement des rames pour PKP (Pologne) et CFF (Suisse).

OGM : si on leur appliquait les mêmes critères qu’à l’étude de Séralini, les autres études devraient être annulées Hartmut Meyer et Angelika Hilbeck Reporterre 2013/12/16 Hartmut Meyer et Angelika Hilbeck (16 décembre 2013) OGM : si on leur appliquait les mêmes critères qu’à l’étude de Séralini, les autres études devraient être annulées. Reporterre. fr

OGM : si on leur appliquait les mêmes critères qu’à l’étude de Séralini, les autres études devraient être annulées

Une analyse comparative des études d’alimentation d’OGM avec les rats a été menée. Elle montre que, si l’on appliquait aux autres études les critiques portées contre l’étude de Gilles-Eric Séralini, la majorité d’entre elles, dont celles de Monsanto, devraient aussi être rejetées. Il y a bien eu, en l’espèce, une décision arbitraire contre celle de M. Séralini, critiquée par l’EFSA et retirée

Une controverse récente a porté sur la validité de l’étude publiée par Séralini et al. en tant que preuve suffisante pour remettre en cause la sécurité du maïs NK603 et de sa technologie d’accompagnement à base de glyphosate.

Cette étude de deux ans sur des rats nourris avec le maïs NK603 génétiquement modifié a suscité un débat scientifique et public international, ainsi que des réponses réglementaires de la Commission européenne. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), appliquant de façon rétroactive ses récentes recommandations sur les études d’alimentation de quatre-vingt dix jours, a rejeté l’étude de Séralini comme présentant des lacunes conceptuelles et méthodologiques.

Notre analyse comparative des trois études concernant le NK603, dont une étude de Monsanto sur quatre-vingt dix jours, a montré qu’elles souffrent de lacunes comparables, et qu’aucune n’est conforme aux critères d’évaluation de l’EFSA. Le rejet d’une seule de ces études est donc injustifié scientifiquement.

Nous montrons également que, dans vingt-et-une autres études d’au moins douze mois sur l’alimentation des rats, les critères de l’EFSA ne sont pas appliqués couramment. L’examen révèle qu’il y a donc deux poids, deux mesures dans l’évaluation des études d’alimentation présentées comme des preuves de sécurité pour obtenir l’approbation réglementaire de l’EFSA.

La principale différence entre l’étude du groupe français et celle de Monsanto réside dans la présentation des données finales. En janvier 2013, le groupe français a déposé ses résultats bruts chez un notaire et mis comme condition d’accès la possibilité d’avoir accès également aux données brutes de Monsanto sur la sécurité du NK603 et du glyphosate. Peu après cette annonce, l’EFSA a permis le libre accès aux fichiers NK603 sur sa page web. Mais les données des tests de sécurité avec le glyphosate sont restés confidentiels, comme c’est généralement la règle pour les données sur les pesticides.

En ce qui concerne le choix des rats, nous concluons que Monsanto, Hammond et al. et également Séralini et al. ont tous une approche pragmatique. Le choix de l’espèce de rat était approprié puisque Séralini voulait répéter l’étude d’alimentation de quatre-vingt-dix jours de Monsanto, mais pendant plus longtemps et avec des paramètres mesurés différents. Nous concluons également que la souche de rats SD utilisée est standard pour les tests de toxicité et de cancérogénicité.

Un rejet de la validité de l’étude Séralini sur la base du choix de rats montrerait un manque de familiarité avec le domaine scientifique. Ou alors ces critères de critique devraient s’appliquer à tous les essais de cancérogénicité menées à ce jour avec cette souche de rats et nous laisserait donc avec très peu d’études de cancérogénicité valides. La critique de l’étude Séralini sur la base de l’absence d’une explication scientifique du choix de la souche de rat s’appliquerait de manière similaire aux publications de Monsanto et Hammond.

Nous soutenons ainsi que l’approche actuelle qui est de considérer comme « biologiquement non pertinentes » des différences statistiquement significatives entre les organismes génétiquement modifiés et leurs parents, sur la base de contrôles de référence supplémentaires, manque de rigueur scientifique et de justification juridique selon le système de l’Union européenne (UE).

Nous constatons que depuis vingt-trois ans, la réglementation européenne des évaluations des risques engendrés par des cultures génétiquement modifiées et leurs approbations, se développe en un corpus réglementaire qui se constitue selon des exigences réglementaires états-uniennes, lesquelles sont fondées sur des principes tout à fait différents de ceux de l’UE.

Ce n’est que récemment que les autorités de l’UE ont commencé à construire une réglementation d’application qui leur soit propre, basée sur la mise en œuvre de sa propre législation et conforme à l’approche de l’UE en matière d’évaluation des risques.

Tant que ces problèmes ne seront pas résolus, nous ne prévoyons pas que le débat public ou scientifique s’apaise.

Notre Dame des Landes, une école de la liberté Emmanuel Daniel (Reporterre) Reporterre 2013/12/16 Emmanuel Daniel (Reporterre) (16 décembre 2013) Notre Dame des Landes, une école de la liberté. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes, une école de la liberté

La ZAD de Notre-Dame des Landes n’est pas qu’un lieu de lutte contre le projet d’aéroport. Maraîchage, BTP, construction d’éoliennes et expérimentation de l’autogestion… les élèves de cette école à ciel ouvert apprennent à vivre libre.

- Reportage, Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique)

Un mardi après-midi pluvieux de novembre, à vingt kilomètres au nord de Nantes. Cinq personnes se réchauffent les mains et le corps autour d’un brasero et d’un cubi de vin rouge. Cela fait plus de vingt-quatre heures que ces opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes attendent une hypothétique intervention policière, armés de fusées de détresse, de matraques et de raquettes de tennis. Postés entre une barrière de pneus et une rangée de tracteurs entravant la route, ils se tiennent prêts à faire obstacle aux gendarmes mobiles et à protéger l’entrée d’une maison récemment squattée.

Voilà généralement ce que les journalistes retiennent de la ZAD, la « Zone d’aménagement différé », une étendue bocagère de près de deux mille hectares censée accueillir le nouvel aéroport du Grand ouest et que les opposants ont rebaptisée « Zone à défendre ».

Habitants historiques de la zone, paysans, militants venus de toute l’Europe, ils sont entre cent et trois cents personnes à occuper le terrain afin d’empêcher le début des travaux. Mais cette « zone libérée », comme la qualifient souvent les Zadistes (surnom des occupants), n’est pas qu’un territoire en lutte. C’est aussi un vaste terrain d‘expérimentation, une école à ciel ouvert. « Du maraîchage à l’informatique, ici tu apprends de tout, tu évolues à une vitesse folle », assure Tony [tous les prénoms ont été changés], un des barricadiers rencontré près du brasero.

Et il n’y a pas d’âge pour intégrer cette école. Maquis, ancien ingénieur qui vient de souffler ses soixante-cinq bougies, ne savait pas planter une pomme de terre avant d’arriver sur la ZAD il y a deux ans. Aujourd’hui, il affirme en avoir extrait six tonnes du champ qu’il cultive avec quatre jeunes femmes au centre de la zone, et il pense atteindre l’autonomie alimentaire l’an prochain.

Université à ciel ouvert

Quand on quitte sa cabane et que l’on se balade de tente en yourte et de cabane en bergerie, on se rend compte de l’incroyable concentration de talents regroupés sur cette zone. Chaque lieu de vie est une salle de classe où chacun met ses compétences à disposition de ses amis, de ses voisins, voire de la communauté tout entière.

Le programme des cours, que l’on découvre au fur et à mesure des rencontres, donne le vertige : utilisation des plantes à des fins médicinales, plomberie ou électricité, maraîchage bio, phytoépuration, traction animale, conception de fromages, cours de musique et de langues, science politique, construction d’éoliennes, gestion de réseau informatique… « Les activités ne manquent pas, mais on ne voit pas ça comme un travail, vu qu’on a la liberté d’arrêter à tout moment », explique Camille.

Avec une quinzaine de personnes, il est en train de finaliser une cabane de quatre-vingt dix mètres carrés à proximité d’un potager. Sur pilotis, avec isolation paille, enduits naturels, toit en ardoise et en tôle… cette habitation en bois construite en quelques mois a fière allure. Pourtant, presque aucun des ouvriers qui ont participé au chantier ne travaille dans le bâtiment. « Nous sommes tous menuisiers et tous architectes », lance l’un de ces candidats à l’autonomie avant de fixer au sol une partie du plancher.

Comme souvent dans cette école particulière, l’intelligence collective a fait son travail. Les visiteurs et les voisins bricoleurs y sont allés de leurs conseils pour éviter que le bâtiment ne s’enfonce dans le sol humide ou que la charpente ne s’effondre sous le poids des ardoises.

Et le tout avec peu de moyens. « Sur un chantier classique, tu achètes ton matériel en fonction de tes plans. Ici tu fais les plans en fonction des matériaux que tu as », explique l’un des bâtisseurs. Car le chantier n’a pratiquement rien coûté, la maison étant principalement fabriquée à partir de matériaux de récupération.

A l’école de la ZAD, chacun est tour à tour professeur et apprenant. Fred, boulanger de profession, est un bon exemple de cette porosité entre les rôles. Il a formé une dizaine de personnes à son métier en trois ans tout en se mettant à l’apiculture, à la fabrication de bières et de cidre artisanal et à la construction de maisons en paille. Mais il ne voit là rien d’extraordinaire : « Sur la ZAD, si tu cherches à faire quelque chose, tu trouveras forcement quelqu’un qui s’y connait et qui pourra te prêter le matos. Tu te rends compte qu’il y a plein de choses possibles ».

Se réapproprier les savoirs

Sans compter que sur ces terres boueuses et inhospitalières, « tu ne peux pas payer quelqu’un pour faire ta cabane à ta place. Tu es obligé d’apprendre. On te montre, puis tu fais tout seul », lâche Jean-Michel, ancien cadre commercial qui a troqué son costume pour une veste en cuir usé et son salaire confortable contre un pin’s « anarchie ».

C’est la volonté de mettre en cohérence sa vie et ses principes qui l’a amené à fréquenter cette université champêtre de la transition. Même chose pour Jérémy qui s’est lancé avec quatre autres débutants dans la production et la vente de fromages et produits laitiers à prix libre. Formé auprès d’un agriculteur du coin, qui leur prête les vaches, il souhaite avant tout « se réapproprier les savoirs et les savoir-faire » car pour lui « c’est d’abord ça l’émancipation ».

Mais l’école de la ZAD ne propose pas que des activités dites manuelles. Les élèves apprennent peu à peu à se débarrasser de leurs réflexes individualistes. « Ici on n’a rien, donc tu comprends vite que tu dépends des autres. L’autonomie passe par le collectif », analyse un ancien militaire présent sur place depuis trois ans. Et si tous n’ont pas l’impression d’appartenir à une même grande famille, ils ont au moins en commun le rejet de « l’aéroport et de son monde », comme l’indiquent les affiches et les tracts.

Massage contre fromages

Pour Joseph, ancien ouvrier agricole, sur la zone depuis deux ans, cela suffit à « créer un sentiment d’appartenance. On n’est pas que des voisins. On aide les gens pas forcement par amitié, mais parce qu’on partage quelque chose ». Tout au long de la semaine, des producteurs vendent leur production à prix libre. Pas de caissier au stand, le tout est basé sur la confiance. « L’idée n’est pas de faire des bénéfices, nous sommes dans une logique d’entraide », explique un des néo-maraîchers qui vend ses légumes lors du « non-marché » hebdomadaire.

Et l’euro n’est pas la seule monnaie en circulation sur la zone. « Tu peux mettre de l’argent dans la caisse, mais aussi du tabac ou des services. L’autre jour, quelqu’un a proposé un massage en échange de fromages, c’est génial, s’enthousiasme Richard, ancien agriculteur installé à la ferme de Bellevue, un haut lieu de coopération entre agriculteurs du coin et squatteurs. Ça permet de créer de l’échange et de se rendre compte que chacun à des compétences ».

Ce système permet cependant de réaliser que la ZAD n’est pas un paradis peuplé de femmes et d’hommes vertueux par nature. Il arrive que la caisse des fromagers ou des maraîchers soit dérobée ou que de l’argent soit pris à l’intérieur.

« On nous a inculqué un schéma de pensée attaché à une autorité supérieure depuis l’enfance, que ce soit à l’école, en famille, dans le sport ou dans le travail. Du coup on ne sait pas vivre en groupe et se gérer nous-mêmes », justifie Florian, membre de la commission Communication interne.

Dans ce bocage, les zadistes apprennent aussi à se « libérer de la maladie humaine de la propriété, selon Seamysong qui vit depuis cinq ans sans argent. Ici, tu es presque obligé de changer tes méthodes avec des gens qui sont dans le partage et dans le collectivisme. J’ai vu des personnes abandonner du matériel quand ils n’en avaient plus besoin. J’en ai vu d’autres partir car ils n’acceptaient pas de le faire ». Pour remplacer la notion de propriété lucrative qui guide aujourd’hui nos rapports, il propose de généraliser la propriété d’usage, principe qui veut que l’usager d’un bien (une maison, un manteau, un outil) en ait la propriété et qu’il le libère une fois qu’il ne l’utilise plus.

C’est ce principe qui régit en général l’utilisation des cabanes qui parsèment le lieu. Mais si le concept est largement accepté sur la zone, il n’est pas encore mis en pratique par tous. « Le matériel commun est systématiquement pété, on a besoin de référents, regrette Damien. Sur la Zad, le "tout appartient à tous" ne marche pas ».

Mais malgré ces ratés, ils sont encore nombreux à voir ces échecs comme un passage obligatoire dans le processus d’apprentissage et à vouloir continuer. Récemment, l’idée a été soumise de collectiviser une partie des RSA (revenu de solidarité active), principale source de revenus sur la ZAD, pour pouvoir distribuer de l’argent à ceux qui ne le touchent pas car trop jeunes ou étrangers.

- A suivre… demain

A Bure, c’est le débat qu’on enfouit Commission écologie du Parti de gauche Reporterre 2013/12/16 Commission écologie du Parti de gauche (16 décembre 2013) A Bure, c’est le débat qu’on enfouit. Reporterre. Tribune — Déchets nucléaires fr

A Bure, c’est le débat qu’on enfouit

Une nouvelle mascarade orchestrée par le lobby nucléaire s’est achevée dimanche 15 décembre à Bure, dans la Meuse, avec la fin d’un pseudo-débat public sur l’enfouissement des déchets radioactifs.

Bien loin d’un débat public démocratique et pluraliste, ce qui s’est déroulé à Bure et achevé le 15 décembre est à l’image de près des cinquante ans d’opacité sur le développement de l’électronucléaire français : manipulations, mensonges et intimidations pour défendre un projet inefficace, coûteux et dangereux !

Dangereux car le stockage en couches géologiques profondes des déchets nucléaires est loin d’éliminer toute probabilité d’accident majeur, comme une explosion dans les galeries par dégagement d’hydrogène ou la contamination de l’eau potable du bassin parisien. A ce jour aucune garantie suffisante n’est apportée par l’Andra (Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs) face à ces risques.

Le choix de l’enfouissement des déchets nucléaires en couche géologique profonde est difficilement réversible. Cela représente un risque considérable pour les générations futures dès lors que les déchets qui y seront entreposés seront radioactifs pour plusieurs millions d’années.

Ce projet est coûteux et inefficace car le CiGéo nécessite un investissement de 35 milliards d’euros ! Une somme considérable au regard des autres solutions envisageables comme l’entreposage en surface ou en sub-surface, qui offrent des conditions de sécurité semblables à l’entreposage en profondeur et surtout la possibilité de la réversibilité, et donc d’adaptation aux conditions techniques et technologiques nouvelles ainsi qu’aux risques éventuels qui pourraient être mis à jour.

Que dire du conflit d’usage qui existe entre ce projet CiGéo et le potentiel géothermique du site de Bure ? Ce potentiel géothermique de 585 gigawatt-heures annuel a été reconnu le 4 novembre 2013 par le cabinet d’expertise géologique et hydrologique Géowatt. Une fois de plus, nous affirmons que la manière la plus efficace de gérer les déchets nucléaires est d’arrêter d’en produire : les premiers déchets que l’on élimine sont ceux que l’on ne produit pas !

Ce potentiel géothermique a bel et bien été caché par l’Andra. Une preuve de plus s’il en fallait que le débat public n’est pas composé d’experts indépendants mais bien de mercenaires de l’industrie nucléaire qui n’ont que faire du bien commun. L’Andra est une agence nationale, il n’est pas tolérable qu’elle ne soit pas au service de la collectivité. Cela en dit long sur les conditions dans lesquelles le débat public se déroule.

Des pressions très fortes

Nous étions présents au festival de Bonnet contre la poubelle nucléaire de Bure en août dernier. A cette occasion, nous avons pu constater l’ampleur des manipulations et pressions que mènent l’Andra et les autorités publiques à Bure et dans sa région. A notre arrivée, nous avons observé que les habitants étaient peu bavards sur le sujet. A un premier groupe, rencontré dans un bar d’un petit village voisin de Bonnet : un projet d’enfouissement nucléaire dans la région ? Oui ils en avaient entendu parler, mais n’avaient aucun avis sur le sujet... du moins en apparence puisque deux heures plus tard nous les croisions... au festival.

L’un des habitants nous a alors avoué qu’ils avaient hésité à nous parler, craignant que nous soyons de l’Andra ou des Renseignements Généraux. Cet épisode en dit long sur l’état d’esprit qui règne dans la Région.

Dans la journée du vendredi, nous avions rendez vous avec le maire de Bonnet. Dans un entretien de plus de deux heures, il nous a raconté les pressions et intimidations que lui, élu de la République, avait subi de la part de l’Andra et de la préfecture pour avoir donné un avis défavorable au projet. Parmi les pressions il y a bien sûr l’argent.

Car l’Andra finance largement les communes aux alentours de Bure qui avaient donné un avis favorable au projet. Il n’y a qu’à regarder le mobilier urbain, riche et abondant dans les communes ayant donné un avis favorable, presque absent dans les communes voisines n’ayant pas accepté.

A Bonnet, l’Andra a proposé de financer le projet de la municipalité d’un parc éolien sur le territoire de la commune, moyennant un avis favorable du conseil municipal à Cigéo. Ces pressions, nous les retrouvons dans les témoignages des militants de la Maison de la résistance à Bure. Intimidations, contrôles des plaques d’immatriculations des personnes présentes dans la maison, réveil en pleine nuit... ces faits suffisent à prouver qu’il n’y a pas de démocratie avec le nucléaire.

Le Parti de Gauche a souhaité participer au débat public par une contribution sous forme d’un cahier d’acteur. Nous sommes opposés au projet CiGeo et nous dénonçons avec force les manipulations et pressions exercées par le lobby nucléaire dans le cadre de ce débat public.

Le Ravi n°113 Reporterre 2013/12/16 (16 décembre 2013) Le Ravi n°113. Reporterre. fr

Le Ravi n°113

Le Ravi de décembre est sorti !

Au sommaire de ce numéro :

La grosse enquête

MP 2013 : dépôt de bilan !

La capitale européenne plie boutique. Après le conte, c’est l’heure des comptes. Le bilan - culturel, économique et politique - est contrasté. Et pour l’avenir ? Flou artistique !

Les enquêtes

Bernardini perd son procès contre le Ravi

Suite à une enquête sur la restauration collective, le maire DVG d’Istres (13), flanqué d’un entrepreneur, nous a attaqué pour diffamation. Le juge les a renvoyés dans leurs cordes. Décryptage...

Le cadeau de Gaudin à Veolia

350 millions d’euros ! C’est le cash dégagé entre 1996 et 2012 par la Sem, filiale de Veolia, sur la gestion de l’eau. Avec, aux mieux, l’indifférence complice des élus.

Les magistrats fantômes

33 postes de procureurs et de juges ne sont pas pourvus en Paca alors que les affaires engorgent les tribunaux. Une crise de l’offre mais surtout de la demande.

Nice Matin sur le Tapie

Alors qu’Hersant fait mariner les syndicats, Bernard Tapie négocie le rachat de Corse Matin, titre le plus vendeur du groupe Nice Matin… Qui ramassera les miettes ?

Tchatche

Grande Tchatche

Le retour de l’émission politique radio du Ravi. Avec Yves Moraine, maire UMP du 4e secteur de Marseille, porte parole du candidat Jean-Claude Gaudin.

Opinions

« Vmarseille une dernière fois à la Une », une tribune libre de la rédaction de Vmarseille.

Catch à Tchatche

Pour ou contre le mariage Modem / UDI ?

Reportages

Contrôle technique de la démocratie

Notre grand reporter a testé le conseil communautaire de Communauté de communes Rhône-Lez-Provence (84).

Reportage

« Procès sous rétention » : un après-midi de novembre au TGI de Marseille (13), lors du jugement des deux Tunisiens accusés d’avoir mis le feu au centre de rétention du Canet

Le reportage dessiné

« L’incinérateur incinéré » : Pas de fumée sans feu ? Reportage dessiné à Fos-sur-Mer (13) sur les lieux de l’incendie qui a ravagé l’incinérateur de la communauté urbaine de Marseille.

Mais aussi :

Les chroniques

« Le chiffre qui parle », « j’ai testé pour vous », « le CV du mois », « la bourse ou la vie », « on est Ravi », « cuisiner c’est déjà résister », « la chronique de droite »…

Le Ravi de plâtre a été décerné, ce mois de décembre, à Anna-Rosso Roig, ex-Front de gauche, ex-Front national. Girouette d’un jour, girouette toujours ?

Le Ravi fête son 10e anniversaire et ça risque d’être le dernier ! Pour s’abonner, pour faire un don, le « Couscous Bang Bang » c’est par ici !

Notre Dame des Landes : l’Etat ré-ouvre les hostilités Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/12/16 Camille Martin (Reporterre) (16 décembre 2013) Notre Dame des Landes : l’Etat ré-ouvre les hostilités. Reporterre. Notre-Dame-des-Landes fr

Notre Dame des Landes : l’Etat ré-ouvre les hostilités

Les travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pourront juridiquement commencer à partir de 2014, a annoncé lundi la préfecture de Loire-Atlantique.

Quatre arrêtés environnementaux, deux en matière de loi sur l’eau et deux sur la biodiversité, qui autorisent le début de travaux préalables, vont être « très prochainement signés », a dit le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, lors d’une conférence de presse.

« Ce chantier va commencer l’année prochaine », a précisé de son côté le directeur de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) Patrick Gandil. « L’affaire est trop importante pour que l’autorité publique donne des rendez-vous à qui que ce soit sur le calendrier, à aucune étape que ce soit », a ajouté le préfet.

L’autorité publique ne se laissera « imposer de contraintes ni dans le sens d’un retardement ni dans le sens d’une accélération du projet », a-t-il dit. « C’est un dossier qui avance pas à pas, tranquillement et sereinement », a commenté lundi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes, en marge d’une visite à Alger.

Les trois principales associations d’adversaires au projet, l’Acipa, le Cedpa et l’Adeca, ont donné un « carton rouge » à ce « feu vert » dans un communiqué commun. Elles ont dénoncé « la concertation qui n’a eu lieu que dans la forme » et « l’impossible confiance envers un État qui est juge et partie », réclamant une expertise indépendante des dernières études apportées au dossier notamment par la DGAC.

« Venir aujourd’hui ou demain reprendre les travaux serait mettre le feu aux poudres », a estimé la présidente du Cedpa Françoise Verchère lundi, se déclarant « impatiente » que les arrêtés environnementaux soient signés afin qu’ils puissent être contestés juridiquement.

Si les arrêtés font l’objet d’un « référé suspension », comme les opposants ont manifesté à plusieurs reprises l’intention de le faire dès leur publication, la procédure juridique qui s’ouvrira « suspendra l’autorisation » de travaux, a précisé Christian de Lavernée. Les travaux attendront alors, pendant deux mois au moins (délai juridique minimum, ndlr), l’examen de ces recours, « ultime confrontation juridique très importante », selon le préfet.

En outre, les transferts d’espèces protégées préalables aux travaux ne peuvent se faire qu’à des saisons précises. Les batraciens, en particulier les tritons crêtés, devenus symboliques de la lutte anti-aéroport, ne peuvent être transférés qu’entre février et mai, les espèces végétales parmi lesquelles les fluteaux nageants, en juin ou juillet et les capricornes, insectes réfugiés dans certaines souches de chênes, ne peuvent l’être qu’à l’automne.

Une commission du dialogue a rendu en avril 2013 des conclusions demandant des études supplémentaires et des garanties sur les compensations environnementales, auxquelles la préfecture estime désormais avoir répondu.

Le projet initial de cet aéroport, dont la concession a été confiée au groupe Vinci, prévoyait son inauguration en 2017. La suspension des travaux a déjà retardé le calendrier d’un an. « On n’est pas à un an près ou même deux ans près pour réaliser cet aéroport », a dit Patrick Gandil, qui a refusé de se prononcer sur une date d’ouverture.

L’accord politique de 2012 toujours en vigueur

De son côté, le collectif des avocats et juristes et les grévistes de la faim a indiqué dans un communiqué que, selon lui, l’accord politique du 12 mai 2012 est bien toujours en vigueur. (…) Cet accord, intervenu suite à une grève de la faim d’opposants pendant plusieurs semaines, garantit l’absence d’expulsion des exploitants et habitants avant que les juridictions administratives et judiciaires ne statuent sur un certain nombre de recours. (…)

"En réalité, ce n’est qu’une fois que toutes les voies de recours auront été épuisées concernant les arrêtés de cessibilité que la Cour de Cassation sera amenée à se prononcer sur le fond de ce recours, sans qu’il soit nécessaire d’introduire une nouvelle requête. En effet, une procédure est actuellement devant la Cour Administrative d’Appel de Nantes contre ces arrêtés de cessibilité. Le Président de la juridiction a d’ailleurs décidé de rouvrir l’instruction de l’affaire le 12 décembre suite à la communication de mémoires en réplique par les requérants. (…) "Dès lors, l’accord politique du 8 mai 2012 ne peut être caduc et est bel et bien toujours en vigueur ! (…) "Pour les arrêtés « loi sur l’eau » et « espèces protégées » dont la parution est dite imminente, nous les soumettrons à l’examen du juge dans les meilleurs et les plus brefs délais les enjeux entourant le respect de ces procédures environnementales dépassant de loin le simple cadre du projet d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes."

Pour un nouveau débat public

Quant à Bertrand Pancher, député de la Meuse et responsable du "pôle écologie" de l’UDI (parti centriste de M. Borloo), il a "réclame" dans un communiqué que "l’on sursoie à ce projet tant qu’un véritable débat public n’aura pas été organisé". Ce débat "devrait être doublé d’une étude indépendante et pluraliste notamment des dernières études versées au dossier".

Lire aussi : Analyse plus fouillée : Notre Dame des Landes : l’Etat tergiverse, la mobilisation se prépare.

Notre Dame des Landes : l’Etat tergiverse, la mobilisation se prépare Nicolas de La Casinière (Reporterre) Reporterre 2013/12/17 Nicolas de La Casinière (Reporterre) (17 décembre 2013) Notre Dame des Landes : l’Etat tergiverse, la mobilisation se prépare. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes : l’Etat tergiverse, la mobilisation se prépare

L’annonce par le préfet de Loire-Atlantique de la signature prochaine d’arrêtés autorisant les travaux est ambigue : l’Etat veut être prêt à agir, mais n’engage pas le fer. Sa base juridique est fragile, alors que sur le terrain, on se prépare à toute éventualité.

- Correspondance, Nantes

Entre Nantes et Alger, la communication des partisans du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes a semblé lundi 16 décembre marcher sur un fil. Jean-Marc Ayrault a effectué un numéro de funambule en déclarant, pourtant bien loin des enjeux locaux de son ancien fief nantais, qu’« un arrêté va être pris dans les prochains jours par le préfet de région qui répond aux exigences environnementales. C’est la poursuite des procédures. C’est un dossier qui avance pas à pas, tranquillement et sereinement ». Pour Julien Durand, porte-parole de l’Acipa (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes), cette annonce est bien prudente : « Ces petits pas, ce n’est pas du tout la cadence militaire... »

Le contexte local avait pourtant fait monter la pression. Très impatient, souvent énervé sur cette question du projet d’aéroport, le président PS de la région Pays de Loire, Jacques Auxiette, réclame le démarrage des travaux du projet d’aéroport depuis des mois. Le 13 décembre, il déclare que « le débat est clos. Le retard a déjà coûté cinquante millions d’euros [ un chiffre qu’il a dit tenir du préfet]. Il est temps de signer la fin de la récré (et de) faire respecter l’Etat de droit en Loire-Atlantique » tout en s’en prenant aux« professionnels de la contestation ».

Dimanche soir 15 décembre, pensant anticiper sans risque un scénario bien attendu, Le Figaro annonce au temps présent que « les travaux démarrent malgré la contestation du projet porté par Ayrault ». Un titre péremptoire - et faux. C’était avant la conférence du préfet de Loire-Atlantique, lundi 16 décembre. On pensait que Christian de Lavernée allait annoncer la signature dans la semaine de deux arrêtés rendant possible le démarrage des travaux du futur. Un arrêté au titre de la loi sur l’eau, un autre sur les espèces protégées. Eh bien non, pas exactement.

Permis de détruire les espèces protégées

Contrairement à ce qui a pu être dit, ce second arrêté - en préparation - n’est pas une autorisation de déplacer ces animaux relevant de mesures de protection nationale ou européenne, mais un véritable permis de destruction ; plus précisément une dérogation à ces lois de protection, pour que le chantier puisse en fait faire disparaître le milieu naturel où évoluent ces batraciens, mammifères et invertébrés.

Deux préalables indispensables à une possible action sur le terrain des bulldozers et autres engins de défrichage et de préparation du chantier. Finalement, rien n’a été annoncé précisément. Rien de nouveau.

Lundi, le préfet Christian de Lavernée a annoncé, sans préciser le moindre calendrier, l’imminence de la signature des deux arrêtés, vraisemblablement avant la fin de l’année. Vraisemblablement seulement.

Petits pas et tranquillité pour Ayrault, un calendrier vraisemblable de signatures des arrêtés officiels. Le ton n’est pas vraiment à la fermeté. S’agit-il d’endormir la méfiance des opposants par des "non annonces" dilatoires ? Ou bien de donner quelques gages aux porteurs du projet indiquant publiquement que l’action de l’Etat n’est pas au point mort ? Mais l’annonce est plutôt une non annonce.

« C’est surprenant. Le préfet ne donne pas de date, alors que tout le monde, partisans comme opposants, attendait cela, commente Françoise Verchère, conseillère générale, membre du CéDpa, Collectif des élus anti aéroport. Il a même calmé les ardeurs du directeur général de l’aviation civile qui annonçait un début des travaux en 2014. Ce à quoi le préfet a répondu que l’autorité publique chercherait ’à choisir un calendrier sans se laisser imposer de contraintes ni dans le sens d’un retardement ni dans le sens d’une accélération du projet’. Autant en septembre dernier, j’avais le sentiment d’une très probable intervention rapide sur le terrain de Notre Dame-des-Landes (après signature des deux fameux arrêtés), autant aujourd’hui je ne pense pas que le gouvernement prendrait une décision aussi suicidaire... »

Mobilisation au quart de tour

« On a eu confirmation qu’une intervention officielle a été programmée en novembre dernier, et qu’elle a été arrêté par le gouvernement. Trop dangereux politiquement", dit Julien Durand. « En tous cas, la mobilisation est prête. Bien plus que l’année dernière où l’opération César nous est tombée dessus. En ce moment, toutes les réunions des comités de soutien sont bondées. Tout ça peut repartir au quart de tour. Certains ont déjà prévu qu’il ne viendront pas à Notre Dame mais il feront des actions chez eux, sur place. » Comme l’an dernier, où des mairies, des permanences de parlementaires , des péages et des parking Vinci ont été la cible d’actions de protestation, à l’époque spontanées. « Je suis tenté de dire qu’on risque d’être tranquille jusqu’au début janvier, ajoute Julien Durand. Même s’il est possible qu’une équipe vienne gratter une mare pour tester le terrain et voir comment ça réagit... »

« On les attend chaque jour »

Du côté des zadistes occupant le terrain, « ça n’a pas beaucoup changé. On les attend chaque jour, dit Sophie. Notre plus grosse crainte, c’est de voir arriver les tracto-pelles. Après, s’ils peuvent agir, on ne revient plus en arrière... En attendant, on se tient prêt a déclencher l’alerte dans les collectifs de soutien, et on règle des question d’intendance, quelle organisation de cuisine pour nourrir combien de monde par exemple... Tout en se préparant aussi pour la prochaine grosse manif en mars. En un an, le PS n’a pas vraiment gagné de sympathie auprès de la population en France. Je fais confiance au peuple si à un moment ça se crispe ici. »

Terrain juridique

A Notre Dame des Landes, le terrain de la résistance est multiple, des sols spongieux du bocage au maquis juridiques où s’escrime un collectif de plusieurs dizaines de juristes aux compétences complémentaires, droit rural, administratif, de l’environnement, expulsions.

Ce collectif d’avocats et de conseils juridiques a d’ores et déjà prévu d’attaquer les arrêtés sur l’eau et sur les espèces protégées. Un référé suspension serait alors déposé par les opposants. Par ailleurs, la Cour d’appel du Tribunal administratif de Nantes a relancé ce 12 décembre les espoirs des opposants, en réouvrant l’instruction concernant la contestation de l’arrêté de cessibilité. Le fondement juridique de cet arrêté, c’est la déclaration d’utilité publique (DUP). Le Conseil d’État avait refusé d’invalider cette DUP malgré des éléments nouveaux (économiques, de calcul, de contexte) survenus depuis les études menées pour alimenter l’enquête publique de 2003. Cette fois, la Cour administrative d’appel pourrait bien regarder de près ces arguments.

Le campagnol amphibie fait de la résistance

Quant au duo d’arrêtés à signature imminente, un des deux doit faire face à un problème de droit. Une espèce, le campagnol amphibie (Arvicola sapidus), qui évolue dans le bocage en question, pourrait bien jouer un rôle comparable au fameux pique prune, un scarabée protégé découvert en 1996 aux abords du chantier de l’autoroute A28 et qui avait contraint à déplacer le tracé entre Le Mans et Tours. Le campagnol amphibie, lui, a été oublié par l’état des lieux sur le site. Le milieu lui était pourtant favorable.

En avril 2013, le collège des experts, une des commissions créée pour réinterroger la partie environnementale du projet, avait demandé des compléments d’inventaires, au moins sur deux années, L’inventaire sur le campagnol amphibie a été bâclé en cinq jours, en septembre 2013. « Cette durée et cette période de l’année ne permettent pas de couvrir l’ensemble du cycle de l’espèce et des conditions possibles », dénonce le Collectif des naturalistes en lutte, qui regroupe plusieurs centaines de spécialistes et scientifiques, professionnels et amateurs.

Très présents et actifs en prospections et observations sur le site, ces naturalistes ont souligné que l’état des lieux réalisé en septembre dernier avait été conduite en dépit du bon sens et de la moindre rigueur scientifique. Le bureau d’étude aurait prospecté 2 500 hectares en cinq jours, soit 62 hectares à l’heure !

Depuis, ce fameux « rat d’eau » doit, si l’on peut dire, passer en commission devant le CNPN, le Comité national de protection de la nature. Mais pas avant la deuxième moitié de janvier. Dès lors, soit les services de l’État saucissonnent leur arrêté sur les espèces protégées en reportant la partie sur ce brave campagnol, au risque de fragiliser sa solidité juridique face aux recours. Soit le sort du campagnol est lié à l’ensemble des autres espèces, mais pour ce faire, il faut attendre le Comité permanent du CNPN, Comité national de protection de la nature, placé sous l’égide du ministère de l’écologie.

Le droit impose d’attendre. A moins que le gouvernement Ayrault tente le passage en force.

A Notre Dame des Landes, on renouvelle la démocratie Emmanuel Daniel (Reporterre) Reporterre 2013/12/17 Emmanuel Daniel (Reporterre) (17 décembre 2013) A Notre Dame des Landes, on renouvelle la démocratie. Reporterre. fr

A Notre Dame des Landes, on renouvelle la démocratie

La Zad est aussi un lieu où l’on recherche à appliquer une vraie démocratie, où chacun et chacune participent vraiment aux décisions, sans représentants. On y parvient, mais ce n’est pas facile. La liberté ne signifie pas l’absence de toute règle.

- Reportage, Notre Dame des Landes (Loire-Atlantique)

Dans le volet précédent de ce reportage, les zadistes s’interrogeaient sur l’idée de collectiviser le RSA reçu par certains d’entre eux.

Mais pour appliquer une telle mesure, il faudrait un organe légitime pour prendre des décisions qui s’imposent à tous. Sauf que, pour l’instant, « l’organisation de la ZAD est basée sur des groupes affinitaires, analyse Florian [tous les prénoms ont été changés]. Or on a besoin de structures qui dépassent les affinités, car on ne peut pas être pote avec tout le monde ».

Il existe bien une « réunion habitants » hebdomadaire, où sont discutés les enjeux du moment mais elle n’attire pas les foules. Certains dénoncent une tendance aigüe à la réunionnite, d’autres sont fatigués par les « joutes rhétoriques » qui parasitent les rencontres et les font durer des heures.

Aux assemblées en plénière, de nombreux zadistes préfèrent les regroupements informels, les réunions opérationnelles sur un sujet précis entre gens motivés, de préférence « autour d’une bière ». La gestion du quotidien dépend donc de la bonne volonté de ceux qui s’auto-mandatent pour les questions financières, le ramassage des ordures, l’organisation en cas d’expulsion ou la création d’un potager. Avec plus ou moins de succès selon la pénibilité de la tâche.

Les réunions sont également une occasion d’expérimenter les rapports de pouvoir. « Il y a une attention prêtée à ce que tout le monde puisse s’exprimer. Mais ceux qui savent mieux parler ont plus d’influence », note Camille. Des inégalités de fait qui « bloquent certains qui ont du mal à trouver leurs mots et pensent que les réunions sont réservées à l’élite », estime Jeanne, ancienne infirmière. Malgré tout, elle juge que « la volonté de fonctionner de manière horizontale permet à chacun de donner son avis sans être jugé. J’exprime plus facilement mes envies et ressentis alors qu’avant d’arriver ici, je n’arrivais pas à prendre la parole pendant les réunions ».

Apprendre à gérer la liberté

En l’absence de police, de parents, de politiciens et de patrons, chacun est appelé à se prendre en charge, autant pour assurer sa subsistance que pour ne pas entraver le fonctionnement de la vie en collectif. « Ici, tu as une liberté de ouf, ce n’est pas toujours facile à gérer quand tu n’y a pas été habitué », fait valoir Gildas, arrivé pour un week-end et toujours présent deux ans plus tard. Sur la Zad, les occupants apprennent donc à gérer cette liberté nouvelle ainsi que les responsabilités qui vont avec.

Mais à l’école de l’autogestion, tous ne sont pas logés à la même enseigne car chacun arrive avec dans son cartable le poids des habitudes, bonnes et mauvaises. « Il faut déconstruire pour reconstruire, estime Julie. L’autogestion ça commence par faire soi-même sa vaisselle. Comprendre que c’est pas ta mère qui va passer derrière toi. C’est pas facile, certaines personnes pensent que vu qu’on est sur la ZAD, on peut faire ce qu’on veut, qu’il ne doit pas y avoir de règles ».

Le début d’un nouveau monde ?

Ainsi, certains sont accusés de faire l’école buissonnière dès qu’il s’agit de participer aux tâches collectives. On trouverait d’un côté les bons zadistes, à savoir ceux qui ont une activité, et les mauvais, alcooliques, drogués et inactifs. En d’autres termes, les premiers de la classe et les cancres installés au fond, près du radiateur.

« Certains ont été des consommateurs toute leur vie, avec des chefs qui leurs disent quoi faire et ils attendent ça ici. Ils ont besoin d’une période de transition », lance John qui était « hyper mal dans la société » mais a « réussi à trouver sa place ici ».

Mais le cursus proposé par la ZAD est-il assez long pour permettre de poser les bases d’une société autonome ? Certains en doutent. « L’autogestion et l’autonomie, ce sont des projets qui nécessitent du long terme et là, on est sur du court terme », souligne Fred. Or le temps manque aux zadistes qui vivent dans l’angoisse permanente de l’expulsion.

Cette menace additionnée à la dureté des conditions de vie sur place, a déjà poussé de nombreux zadistes à claquer la porte. Car « vivre sur la ZAD, c’est enrichissant mais éprouvant. On finit par s’oublier », confie Billy qui s’apprête à lever l’ancre, pour la deuxième et sûrement la dernière fois.

D’autant que depuis le printemps et le départ des gendarmes mobiles, les différentes composantes de la lutte n’ont plus en permanence face à eux cet « ennemi commun » qui les réunissait. Certains craignent donc « un pourrissement de la situation » et un regain des tensions, parfois violentes, entre occupants.

ZAD partout

D’autres, comme Jean-Michel, reconnaissent volontiers que la situation sur la ZAD est perfectible. Pour autant, il rappelle qu’il n’existe « pas beaucoup d’endroits en Europe où les gens vivent et travaillent sur un espace autogéré aussi grand. Certes, on est loin d’avoir construit un nouveau monde, mais c’est au moins un embryon. Les paysans du coin sont en train de réfléchir à utiliser les terres de manière collective en cas d’abandon du projet d’aéroport. Sur un coup comme ça, on a gagné dix ans en termes de changement des mentalités ».

Et cette expérience qui marquera à vie les zadistes pourra également inspirer d’autres établissements du même genre qui ne manqueront pas de voir le jour. Car s’il y a bien une chose sur laquelle les zadistes sont d’accord, c’est sur la nécessité de développer ce genre de « zone libérée ». En témoigne le slogan « ZAD partout », tagué à l’envi sur les murs de Notre-Dame des Landes et d’ailleurs.

Pour soutenir la pollutaxe, les Basques lancent le masque blanc Collectif Pays Basque pour la Pollutaxe Reporterre 2013/12/17 Collectif Pays Basque pour la Pollutaxe (17 décembre 2013) Pour soutenir la pollutaxe, les Basques lancent le masque blanc. Reporterre. fr

Pour soutenir la pollutaxe, les Basques lancent le masque blanc

Appel du Collectif Pays Basque pour la Pollutaxe : Partout et tout le monde, à vos masques blancs !

Après sa première intervention sur l’autoroute de Biarritz, le Collectif Pays Basque pour la Pollutaxe a lancé une nouvelle série d’actions.

Très simples à organiser, elles peuvent être menées partout et réalisées par tout le monde. Il s’agit de poser un masque blanc anti-pollution à une ou plusieurs statues de votre ville ou de votre territoire. Et pour en expliquer le sens, ne pas oublier d’accrocher également une banderole, grande ou petite, voire une affichette ou un petit panneau disant « Pollueur = payeur ! Pollutaxe maintenant ! ».

Vous pouvez le faire en groupe ou à une ou deux personnes, quelque soit la taille des statues.

N’oubliez pas d’en poster les photos sur : https://www.facebook.com/PollutaxeMaintenant et sur Twitter : @Pollutaxe

Alors, toutes et tous à vos masques blancs !

La dernière disco-soupe du Jardin d’Alice Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/17 Barnabé Binctin (Reporterre) (17 décembre 2013) La dernière disco-soupe du Jardin d’Alice. Reporterre. fr

La dernière disco-soupe du Jardin d’Alice

Lundi soir, le jardin d’Alice accueillait une Disco Soupe sur les terrains qui seront bientôt rendus à Paris-Habitat pour y bâtir des logements sociaux. Une dernière fête dans le squat artiste et agricole.

- Reportage, Paris

Le 16 décembre, on célèbre la Sainte Alice. Mais lundi soir, au jardin d’Alice, c’était la fin de cet espace partagé que l’on fêtait autour d’une grande Disco Soupe. Une bonne manière de rendre hommage à l’état d’esprit convivial et rassembleur qui aura caractérisé ce lieu pendant cinq ans.

Autour d’un grand feu, les plus motivés maniaient donc râpes et éplucheurs pour cuisiner les fruits et légumes rebuts de la grande distribution. Selon Clément, co-président de Disco Soupe, ce sont près de quarante kilos qui ont été récupéré auprès du Casino de Ménilmontant, lundi matin. « Selon les responsables du magasin, ces déchets alimentaires partent en Allemagne en camion pour faire du biogaz… » confie-t-il, racontant l’étendue du gaspillage alimentaire qu’il rencontre au quotidien auprès des supermarchés.

On prépare une soupe et de la ratatouille, ainsi qu’une salade de fruits géante. En attendant, pour l’apéro, chacun peut profiter d’un smoothie pomme-poire-banane assaisonné au sirop d’agave, ou, plus exotique encore, à la sève de kitul – le suc de tige de fleurs du Canyota Urens, un arbre sri lankais – des produits issus du commerce équitable. Une fois n’est pas coutume, pas de musique disco pour accompagner cette joyeuse cuisine collective, mais de la musique tribale expérimentale. Sur scène, les musiciens jouent du didgéridoo et tapent sur un cajon. Le groupe – PranaVibes – fait partie depuis des années de ce squat d’artistes, poussé à la sortie par Paris Habitat, l’office public de l’habitat parisien.

En mars 2009, cinq artistes précaires avaient investi les lieux. Pendant près de cinq ans, le jardin d’Alice aura mêlé atelier artistique et agriculture urbaine dans l’immeuble occupé aujourd’hui par treize personnes. Il y a quelques semaines, deux des initiateurs du projet présentaient ainsi son objectif : « L’initiative du collectif puis sa légalisation ont permis à des centaines d’artistes de travailler, répéter, créer librement, accueillis en résidence quasi-gratuite et de présenter leurs œuvres au public dans le grand jardin de 800 m2. Il a été un lieu quotidien de jardinage sensible, travail, fête, rencontres, pour les riverains. Pour lire sur un banc, planter, respirer ou écouter les merles ».

Mais la convention d’occupation temporaire est arrivée à échéance, et Paris-Habitat, propriétaire des lieux, récupère le terrain pour y construire des logements sociaux. Pour Sandrine, une habituée de ce jardin, « les citoyens se mobilisent pour continuer de faire vivre l’esprit des jardins partagés, mais ils ne sont pas entendus. Nous demandons par exemple à ce qu’un bout du jardin soit gardé et rendu public, depuis la rue, pour que chacun puisse continuer d’en profiter. Les logements, c’est bien, mais nous avons besoin d’espace de rencontre et de lien social, c’est vital dans la ville ».

Similaire à celui du Bois Dormoy, du Théâtre de Verre ou du Shakirail, le sort du jardin d’Alice s’inscrit dans une tendance plus générale du quartier de la Chapelle, à Paris, d’où disparaissent progressivement les espaces collectifs. Lundi 25 novembre, une grande soirée sur "les jardins partagés, les squats, les lieux autogérés » s’est interrogée sur les moyens de redonner vie aux espaces « d’utopie concrète ».

Les occupants du jardin d’Alice ont jusqu’au 15 janvier pour faire leur déménagement. Après, tout sera rasé. La vieille bâtisse et son parquet en bois disparaîtront. Le potager laissera place à du béton. Ce lundi soir, chacun était ainsi invité à repartir avec une chaussure dans laquelle étaient disposés un peu de terreau, des graines et quelques germes. Pour continuer de cultiver l’esprit du jardin partagé, en attendant, peut-être, de le voir se réinstaller ailleurs…

Silence Reporterre 2013/12/17 (17 décembre 2013) Silence. Reporterre. fr

Silence

Le Silence de décembre est sorti !

DOSSIER

Sortir de la démesure

Bizi ! en lutte contre le changement climatique au Pays Basque (Entretien avec Txetx, propos recueillis par Elise Bancon et Jonathan Palais)

Démesure et démocratie (Geneviève Azam)

Transhumanisme : pour quoi faire ? (Jacques Testart)

• ARTICLES

Coopali pour sortir du supermarché (Christian Jacquiau)

Se souvenir de nos victoires (Marie-Pierre Najman)

Les « clubs de sécurité commune » aux Etats-Unis (Michel Bernard)

Yazid Kherfi, de la délinquance à la non-violence (Guillaume Gamblin)

Potagers en ville : une fausse bonne idée ? (Michel Bernard)

Nucléaire : lentement vers la fermeture ? (Michel Bernard)

Longo Maï : l’utopie des indociles

La dérive énergétique (Francis Vergier)

Tout va de traviole ! (Les Dessin’Acteurs)

• CHRONIQUES

Arrêtons de râler et ramassons les détritus ! (On passe à l’acte)

Éloge de l’improvisation (Michel Scrive)

A Bayonne, la rencontre des alternatives au réchauffement climatique. (Reporterre)

Fukushima (Michel Bernard)

Eliminer le nucléaire civil ? (Dominique Lalanne)

• BRÈVES

Nord/Sud • Vélo(rution) • Climat • Environnement • Alternatives • Femmes, hommes, etc. • Santé • OGM • Nucléaire • Énergies • Paix • Société • Politique • Agenda • Annonces • Courrier • Livres

• ÉDITORIAL

Le bonheur n’est pas sans limites

Avril 2013, garden-party ensoleillée sur le parking du concessionnaire Ferrari de Bayonne. Sous une grande banderole annonçant : « La crise, quelle crise ? », les militants de Bizi ! ont sorti coupes à champagne et diamants de pacotille pour fêter avec ironie le record de vente historique de la marque Ferrari en 2012. 2012… année de crise et d’austérité.

Cette action, point d’orgue d’une campagne contre la démesure, visait à illustrer le fait que la crise n’est pas celle de tout le monde, que l’accumulation démesurée de profits par une minorité est à la base des crises sociale et écologique actuelles. La notion de démesure et de dépassement des limites se retrouve au cœur de notre société.

Il nous paraît évident aujourd’hui que la démesure caractérise notre société au niveau écologique, au niveau des inégalités sociales, au niveau économique avec le mythe de la croissance infinie, et au niveau de notre rapport au temps et à l’espace, par le désir d’aller toujours plus vite, plus loin et plus souvent.

Mais on peut se demander si la démesure ne caractérise pas notre société encore plus profondément dans sa dimension politique et démocratique. Geneviève Azam explique ainsi que « l’une des premières conditions de la démocratie est (…) l’acceptation raisonnée et assumée de la finitude du monde et de sa fragilité ». Jacques Testart, lui, aborde une dimension qui touche la nature même de l’humanité avec le développement de l’idéologie transhumaniste et le refus de la « finitude » de l’humain, le rêve d’une jeunesse éternelle, le tabou sur la mort.

A ces fantasmes de démesure, à cet imaginaire collectif si peu remis en question, que pouvons-nous opposer ? Le fait que le bonheur passe par l’acceptation de ses limites et que la loi est le fondement de la liberté ? Au-delà des mots, nous pouvons agir pour proposer un autre modèle de société, ouvrir toujours plus de pistes vers un avenir où le bonheur de chacun ne se fera pas au détriment de l’autre et de la nature.

Jonathan Palais, Elise Bancon, Txetx Etcheverry

« Le Pacte d’avenir pour la Bretagne » : on continue comme avant mais en pire Agir pour l’Environnement Reporterre 2013/12/17 Agir pour l’Environnement (17 décembre 2013) « Le Pacte d’avenir pour la Bretagne » : on continue comme avant mais en pire. Reporterre. Tribune — fr

« Le Pacte d’avenir pour la Bretagne » : on continue comme avant mais en pire

En signant le « Pacte d’avenir pour la Bretagne », le gouvernement choisit de favoriser une agriculture tournée vers l’exportation, l’intensif et l’agro-alimentaire. En somme de continuer en pire le modèle qui a amené la crise bretonne. Les associations dénoncent les sept lacunes d’un pacte sans avenir.

Monsieur le Président,

Votre Premier ministre a signé vendredi 13 décembre, à Rennes, le « Pacte d’avenir pour la Bretagne », qui inclut un volet en faveur de l’agriculture et de l’agro-alimentaire.

Il est pour le moins étonnant que des mesures destinées à l’agriculture bretonne se retrouvent ainsi engagées avant même l’adoption de la « Loi d’avenir agricole » qui sera examinée par l’Assemblée nationale en janvier. Voilà une singulière innovation : décliner une loi agricole sur le territoire breton... avant même qu’elle soit adoptée et calibrée au niveau national !

Devons-nous en conclure que la « loi d’avenir agricole » est déjà validée avant même d’être passée devant la représentation nationale ?

Il est vrai que vous étiez présent mardi 3 décembre 2013 pour les trente ans de l’entreprise Sofiproteol, groupe qui est en situation de quasi-monopole sur le territoire français pour les agro-carburants... et dont le président, Xavier Beulin, est aussi président de la FNSEA, le syndicat qui orchestre la mise en scène des bonnets rouges en Bretagne.

À cette occasion, vous avez déclaré : « C’est mon rôle de rappeler que l’on doit croire dans le progrès ». Cette étrange coïncidence des calendriers nous conduit à vous rappeler les progrès qu’attendent depuis trop longtemps de nombreuses associations de défense de l’environnement :

- Le premier progrès porté par les philosophes des Lumières est le progrès humain, traduit dans les concepts de solidarité et de fraternité. Or, ce progrès inclut la relation avec les pays les plus pauvres, et suppose de cesser d’entretenir leur pauvreté en évitant d’exporter (lait, viande) et d’importer (soja) des productions qui concurrencent les cultures vivrières locales. Le Pacte d’avenir prévoit pourtant de « soutenir l’export » avec des objectifs pour la Bretagne sensiblement éloignés d’un vrai progrès humain : « investir plus et vendre mieux » !

- Le progrès, c’est la volonté affichée par l’Union Européenne de limiter à 6 % la part des biocarburants destinés au transport, afin d’en limiter les effets pervers sur l’environnement et sur l’économie rurale. Vous vous en démarquez en faisant la promesse de défendre un taux de 7 %. Comme le dit la Commissaire européenne Faustine Defossez, responsable de la politique agricole du Bureau européen de l’environnement (BEE) : « Ce refus de mettre rapidement la politique sur le bon chemin n’est rien d’autre qu’un cadeau à l’industrie des biocarburants ».

- Le progrès, c’est de limiter la méthanisation qui pousse à l’industrialisation de l’élevage (et à la réduction des emplois) et qui nécessite des cultures dédiées (maïs) implantées au détriment des cultures pour les hommes et pour le bétail. Le Pacte d’avenir pour la Bretagne promet une accélération du développement de la méthanisation à base d’effluents d’animaux, avec tous ses effets pervers rétrogrades !

- Le progrès, c’est la prise en compte du « bien commun » avant les intérêts particuliers, ce qui passe par l’amélioration du contrôle de l’autorité administrative pour le respect de l’environnement, en particulier la nécessité d’une enquête publique en cas d’extension d’un élevage. Le Pacte promet de limiter cette obligation !

- Le progrès, c’est d’augmenter la part de l’agriculture biologique dans la SAU totale et de permettre à la France de sortir du groupe des plus mauvais élèves de l’Union Européenne sur ce point. Certes, cette ambition est formellement inscrite dans le Pacte d’avenir : « afin d’atteindre les objectifs du programme national ’Ambition bio 2017’, il est indispensable de passer à la vitesse supérieure et de considérer le bio comme une filière à part entière et non plus seulement comme une niche, d’autant plus que la demande actuelle en produits bio contraint notre pays à importer. »

Mais les moyens alloués pour réaliser cette « ambition » sont absents du Pacte d’avenir, dont les mesures en faveur de l’exportation agro-alimentaire bas-de-gamme sont à l’exact opposé d’une évolution vers l’agriculture biologique.

En outre, votre ministre de l’Agriculture prévoit que le soutien aux agriculteurs biologiques certifiés cesse d’être systématique dans la nouvelle PAC et devienne facultatif, la bio étant ainsi considérée comme une « variable d’ajustement » faisant les frais des limites budgétaires : quelle contradiction flagrante !

- Le progrès, c’est un lien agronomique cohérent entre le nombre des animaux d’élevage et la surface des exploitations (un hectare de prairie pour une vache par exemple). Le Pacte d’avenir pour la Bretagne promet au contraire de « stopper la baisse actuelle des productions animales dans le secteur des viandes », donc de favoriser l’élevage hors-sol, responsable des marées vertes. Ne confondez-vous pas « qualité » (qui impose de réduire le nombre d’animaux, afin de permettre aux éleveurs de vivre de leur métier sans polluer) avec « quantité » ?

- Le progrès, enfin, c’est le respect de la vie animale, loin des excès de cet élevage industriel dont nous sommes aujourd’hui tous les victimes, tant sanitairement qu’économiquement.

Voici les dernières lignes du Pacte : « Aucune ambition ne saurait être conduite pour la filière alimentaire bretonne sans qu’elle ne repose sur la préservation de son territoire et de son environnement. »

Nous vous demandons, monsieur le Président, de prendre avec votre Premier ministre des décisions à la hauteur de cet enjeu historique et de modifier en ce sens le Pacte d’avenir pour la Bretagne et la future loi d’avenir agricole.

Alors, avec vous, nous pourrons croire au progrès.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération,

Jacques Caplat, pour Agir Pour l’Environnement, et Jean Hascoët, pour la Coordination Verte et Bleue

- Lettre ouverte, de la part de l’association Agir Pour l’Environnement avec le soutien des associations bretonnes de la Coordination marées Vertes et algues Bleues : Sauvegarde du Penthièvre, Sauvegarde du Trégor, AE2D, Sous le Vent les Pieds sur Terre, Baie de Douarnenez Environnement, Association de Sauvegarde du Pays Fouesnantais et l’Eau et la Terre.

Carnage d’amphibiens pour le Center Parcs de la Vienne Nicolas de La Casinière (Reporterre) Reporterre 2013/12/18 Nicolas de La Casinière (Reporterre) (18 décembre 2013) Carnage d’amphibiens pour le Center Parcs de la Vienne. Reporterre. Reportage — Animaux fr

Carnage d’amphibiens pour le Center Parcs de la Vienne

Les amphibiens regroupent des espèces particulièrement menacées d’extinction. Mais à Center Parcs, dans la Vienne, le bureau « d’ingénierie écologique » Biotope en a tué un bon nombre. L’affaire agite les milieux naturalistes, alors que la construction du « village » urbanise un domaine forestier de 264 hectares.

- Correspondance, Nantes

Des pièges à batraciens abandonnés, des crapauds décimés, des amphibiens desséchés, des petits cadavres d’insectes -des carabes- accumulés, enfouis dans la poussière : c’est le spectacle désolant qu’a découvert, début septembre 2013, un chasseur dans la Vienne à Trois-Moutiers. Il participait à une battue de décantonnement destinée à débusquer le gros gibier avant la pose du grillage délimitant le futur parc de loisirs Center Parcs. Les photos prises ont depuis été colportées par les naturalistes de toute la France, effarés d’un tel carnage. Le but de ces pièges est en principe de capturer vivants des animaux et espèces protégées, pour les empêcher de pénétrer sur la zone du chantier en cours de Centre Parcs.

Manifestement, les soixante seaux n’avaient pas été relevés tous les jours, comme ils auraient du l’être. Résultat : « Des milliers amphibiens morts liquéfiées ou desséchés dans les seaux », commentent les naturalistes. D’un seul de ces seaux délaissés ont été extraits soixante-onze cadavres de crapauds.

Chargé du projet pour Biotope, Aurélien Ferré avait détaillé il y a huit mois le cadre de son action : « Nous avons mis en place des bâches sur 1,5 km de longueur qui délimitent la zone protégée de la zone de construction, empêchant les amphibiens d’accéder à la zone de chantier. Ceux situés dans la zone de travaux, qui veulent aller dans la zone protégée pour se reproduire, sont recueillis dans les seaux et transférer dans la zone sanctuaire, espace du domaine laissé volontairement à l’état naturel, et qui constitue un cadre de vie favorable aux amphibiens », expliquait-il en avril au quotidien régional, La Nouvelle République.

Technicien cynégétique de la fédération départementale des chasseurs, Michel Faure, était sur place le jour de la battue : « On a retrouvé des petits pots le long de la clôture en grillage à moutons avec au pied une bande de bâche plastique censée cerner les batraciens. Un rapport a été fait par le lieutenant de louveterie à la Direction départementale des territoires [DDT, placée sous l’autorité du préfet]. Mais on n’a pas eu ce rapport ».

« Le rapport a été fait à la DDT, il n’y a rien à cacher », dit Frédéric Duval, le lieutenant de louveterie qui a mené la battue au cours de laquelle les pièges ont été découvert abandonnés, plein de cadavres de bestioles protégées. Amer, il ajoute : « Les défenseurs des petits oiseaux et des fleurs bleues ont été prévenus le lendemain. Et ça a donné quoi ? Rien. Quant au bureau d’étude, ça coûte une fortune à tout le monde pour une incompétence évidente. Il a prétendu après coup que ces pièges avaient été relevés trois jours avant que je ne passe... »

Des naturalistes gênés aux entournures

Vice-présidente de Vienne Nature, association affiliée à France Nature environnement, Marie Legrand est laconique : « On a été prévenus bien sûr. Mais les faits remontant à quatre mois, on ne va pas raconter aujourd’hui des histoires. Nous n’avons pas la moindre volonté de communiquer ».

En fait, les associations naturalistes travaillent souvent pour des aménageurs, ce qui leur permet de se financer. Vienne Nature et Ligue de protection des oiseaux (LPO) sont ainsi en concurrence avec Biotopope auprès de Center Parcs, et ne veulent pas mettre celui-ci en difficulté. Daniel Gilardot, président de la LPO en Vienne, indique ainsi que, « avec Center Parcs, on n’est pas sur l’étude de démarrage [confiée à Biotope], mais on sera dans le comité de suivi ». LPO et Vienne Nature ont aussi récupéré la gestion de l’observatoire de la biodiversité mis en place par Center Parcs, sur lequel lorgnait aussi Biotope.

Ces naturalistes auraient pu tiquer face à cette nature apprivoisée pour touristes. Ils devraient être outrés par une manière de faire bafouant la protection des espèces, leur valeurs de base. Mais ils sont dépendants de contrats… A propos des destructions d’animaux protégés, M. Gilardot joue la prudence : « On n’est pas intervenu. Mais il n’est pas exclu qu’on se porte partie civile, si une action en justice est engagée pour destruction d’espèces protégées ».

Pas plus que les associations environnementalistes, la fédération des chasseurs, qui a aussi une mission de défense de l’environnement, n’a porté plainte. Aucun chasseur n’a fait effectuer un constat d’huissier qui aurait pu être utile pour appuyer une procédure en justice.

Au titre des infractions, les naturalistes qui suivent à distance l’évolution de cette affaire épinglent au moins un non-respect des prescriptions de l’arrêté préfectoral de dérogation concernant les espèces protégées. « Nous, si on fait ça, on se retrouve en correctionnelle ! » lâche un naturaliste du département voisin. Quasiment tous les batraciens sont classés espèces protégées en France. L’article 18 de la toute récente loi du 16 juillet 2013 prévoit désormais un nouveau délit : « Destruction, tentative de destruction ou trafics d’espèces protégées en bande organisée », passible de 150 000 euros d’amende et de sept ans d’emprisonnement. Sans la qualification de « bande organisée », l’article L415-3 du Code de l’environnement prévoit une peine de six mois d’emprisonnement et neuf mille euros d’amende.

La justice est (ou sera) saisie par l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), indique la préfecture, qui relaie une note de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement, et du logement) Poitou-Charentes : « Dans le cadre du dossier Center Parcs, le pétitionnaire a obtenu une dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées par arrêté préfectoral en date du 21 décembre 2012. Concernant les amphibiens, le dossier prévoit des dispositions de transfert hors des emprises du chantier. Il a été constaté début septembre des écarts dans la mise en œuvre de ces dispositions. L’Etat a donc demandé à Center Parcs de prendre les mesures correctives nécessaires pour remédier à cette situation. Ces mesures sont aujourd’hui effectives. Par ailleurs, une procédure judiciaire est engagée par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). »

« Incident mineur »

Chez Pierre et Vacances, on ne peut nier l’évidence. Le service communication tente d’en minorer l’importance : « Sur deux mille crapauds transférés, on en a retrouvé soixante-et-onze morts. C’est une mortalité accidentelle, pas un acte volontaire. Nous travaillons toujours avec Biotope. Ça leur a servi de leçon. Ce qui s’est passé est un incident mineur, qu’on prend en considération, bien sûr, en appliquant des mesures correctives, en accord avec l’État et les associations locales, Vienne Nature et LPO, pour éviter que ça se reproduise ». Les mesures sont techniques : seaux ouverts la veille des transferts hebdomadaires d’amphibiens, fermés le lendemain, retirés après les transferts, passerelles de passage passif vers l’extérieur du chantier permettant aux amphibiens de passer vers les zones refuge.

Le bureau d’étude Biotope - déjà impliqué dans des procédures irrégulières à Notre Dame des Landes - a réagi par un communiqué à Reporterre, se félicitant de son « travail de qualité pour le transfert des amphibiens » dans le cadre de ce projet de Center Parcs, mentionnant un « incident certes regrettable mais qui ne remet absolument pas en cause l’efficacité de cette mesure mise en place en phase travaux ». Les couvercles des seaux auraient sauté pour une raison inconnue, ce qui a « conduit à piéger accidentellement quelques dizaines de crapauds, essentiellement des juvéniles, dans ces seaux ». Ce que le bureau d’étude juge « négligeable par rapport à la dynamique de population des amphibiens (…). Il ne s’agit ni d’un drame, ni du fruit d’un travail mal fait . Le professionnalisme de Biotope dans cette affaire n’a pas à être remis en cause ».

La justice tranchera, si l’instruction ne se perd pas dans les marais de l’oubli.

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Center Parcs : déforestation subventionnée

Le carnage des amphibiens intervient dans le cadre de la réalisation d’un Center Parcs - un village vacances dans une nature restructurée - lancé par la firme Pierre et Vacances. Celle-ci accuse 47,5 millions de pertes à l’exercice arrêté en septembre 2013, avec un chiffre d’affaire en recul de 9,3 %. Un « point bas » estiment les analystes financiers. L’exercice précédent, les actionnaires déploraient 27 millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaire d’1,4 milliard.

La structure s’installera sur un domaine forestier de 264 hectares, propriété de la Caisse des dépôts et consignations, sur les communes de Trois-Moutiers et Morton. Elle aura une capacité de 4 500 touristes, logeant dans 800 "cottages bois" autour d’un "centre village de 26 000m² au cœur du site : espace aqualudique, spa, restaurants, commerces, espaces de jeux, ferme pour les enfants, équipements sportifs, espaces de réunion" sans oublier "des parkings décentralisés pour favoriser les déplacements ’propres’ sur le site".

Ce parc de loisirs est financé par un partenariat public privé qui annonce 300 millions d’euros d’investissement, dont 46 % financés par des subventions. Soit 138 millions d’aides publiques provenant de l’État et des collectivités, régionale et départementale, qui se portent garantes auprès des banques du complément nécessaire à la réalisation du projet. Center Parcs versera un loyer pendant vingt ans. La mise en service est prévue pour 2015.

Emplois a minima

Les raisons d’une telle manne publique pour déforester et urbaniser le domaine ? Les promesses d’emploi. Le 15 novembre, lors de la pose de la première pierre, le projet annonçait 600 emplois créés, mais un tiers à temps partiel. Et si on se réfère aux autres sites, ce sont principalement des emplois payés au minimum, dans la restauration, l’entretien du site et le gardiennage et quelques maîtres nageurs pour la piscine. Au Center Parcs Lorraine, par exemple, sur un effectif similaire de 606 salariés et 26 intérimaires, 60 % sont payés au Smic horaire, dont la moitié à 319 euros par mois, du fait de contrats de neuf heures par semaine, en tant qu’agents techniques de nettoyage par exemple. Seuls 6 % touchent un salaire supérieur de 20 % au Smic, selon une étude de l’Insee.

Dans la Vienne, élus de droite et de gauche se sont pourtant enthousiasmés, réalisant « l’union sacrée » autour du projet, lui apportant d’importantes aides en espérant des retombées locales. Petit hic, les emplois ne seront pas spécialement dédiés à des locaux, un amendement parlementaire voté début novembre interdisant la « discrimination à l’adresse » et la préférence locale qui privilégierait une candidature en fonction de la proximité. L’emploi c’est toujours l’arbre qui cache la forêt, ici bien disciplinée pour en tirer le meilleur profit.

Poursuivis en justice parce qu’ils veulent vivre dans une yourte Thierry Dubourg (Midi Libre) Reporterre 2013/12/18 Thierry Dubourg (Midi Libre) (18 décembre 2013) Poursuivis en justice parce qu’ils veulent vivre dans une yourte. Reporterre. fr

Poursuivis en justice parce qu’ils veulent vivre dans une yourte

Un couple d’agriculteurs de Gignac (Hérault) est poursuivi pour avoir installé une yourte, sur leur terrain, sans permis.

Arnaud Masson et sa compagne Véronica redoutent de se retrouver à la rue. Le jeune couple, avec un enfant de 18 mois, habite une yourte sur leur terrain dans la campagne gignacoise. Un terrain utilisé pour le maraîchage bio, depuis deux ans. Le couple vit de ce travail, Arnaud cotisant à la Mutualité sociale agricole.

Un flou juridique

Pour être à proximité de leur exploitation, le couple a installé une yourte sur le terrain. Ce qui a fait l’objet d’un signalement et d’un constat, l’affaire remontant jusqu’au procureur de la République. Qui a décidé de poursuivre le couple devant le tribunal correctionnel pour cette installation sans permis de construire, ainsi que pour un abri de jardin de plus de 10 m2, une caisse de camion servant à la production d’énergie notamment solaire, une caravane et une piscine gonflable.

« Ce n’est pas normal qu’une yourte et une maison soient considérées de la même façon en matière d’urbanisme », explique Arnaud Masson. Qui regrette le flou juridique autour de la yourte, alors qu’elle est totalement démontable.

« Ce n’est pas un squat »

Le couple de trentenaires explique que c’est pour eux un « choix de vie alternatif. Il faudrait soit avoir une maison, soit être nomade. Entre les deux, il n’y a rien. Il serait normal de reconnaître que des personnes veulent vivre différemment et que l’on légifère par rapport à ça », explique Arnaud. La possibilité pour les agriculteurs de construire une habitation sur leur exploitation est de plus en plus restreinte.

« Ce n’est pas tenir compte des journées entières à être sur notre exploitation. Par ailleurs, les vols de récoltes et de matériel sont de plus en plus fréquents. Notre projet de vie est sérieux, ce n’est pas un squat », explique Véronica.

Leur démarche est sincère

Le couple est soutenu par la Confédération paysanne et l’association Halem France (habitants des logements éphémères et mobiles). « Les jeunes agriculteurs qui veulent s’installer dans la région sont confrontés au problème du logement », reconnaît Paul Reder, de la Confédération paysanne. Qui ne conteste pas la loi restreignant l’installation des agriculteurs sur leur exploitation.

« Il y a une telle spéculation foncière que des agriculteurs ont profité de ce droit pour revendre ou louer et habiter ailleurs. Nous comprenons cette loi qui anticipe les dérives. Mais c’est regrettable qu’elle ne soit pas capable de s’adapter à une démarche sincère. La nouveauté de ce type d’habitat effraye les gens, alors que l’impact écologique est minimal. Si tout le monde habitait dans des yourtes, il y aurait beaucoup plus de place pour l’agriculture », plaisante Paul Reder. Le dossier sera devant les magistrats jeudi 19 décembre.

L’Etat aide les journaux possédés par les milliardaires, les lecteurs aident Reporterre Par Julien villalard Reporterre 2013/12/18 Par Julien villalard (18 décembre 2013) L’Etat aide les journaux possédés par les milliardaires, les lecteurs aident Reporterre. Reporterre. fr

L’Etat aide les journaux possédés par les milliardaires, les lecteurs aident Reporterre

Le ministère de la Culture vient de publier le tableau des aides de l’Etat à la presse. Instructif.

Amusant : l’Etat accorde des millions d’aides aux journaux possédés par les milliardaires, tels que Le Monde ou Le Figaro - 18 millions d’euros chacun -, et à une kyrielle d’autres titres, dont les propriétaires sont certes moins fortunés. C’est ce qu’indiquent les données publiées par le ministère de la Culture le 13 décembre.

Pour les curieux, voici le tableau complet :

Notez que Reporterre n’y figure pas - non plus que d’autres sites internet indépendants, tels qu’Arrêt sur images, Basta, ou Mediapart. Ces sites vivent grâce à leurs lecteurs, par dons ou par abonnements.

Tiens, à propos, vous cherchez une idée de cadeau de Noël ? Voyez la magnifique idée au bout de ce lien merveilleux.

Au Japon, une loi liberticide est imposée par le gouvernement nucléariste Yûki Takahata Reporterre 2013/12/18 Yûki Takahata (18 décembre 2013) Au Japon, une loi liberticide est imposée par le gouvernement nucléariste. Reporterre. Tribune — fr

Au Japon, une loi liberticide est imposée par le gouvernement nucléariste

« Une manifestation exigeant l’arrêt du nucléaire ou une demande de signature pour une pétition pourrait devenir un acte terroriste »

Après le vote à la Chambre basse le 26 novembre dernier d’un projet de loi relatif à "la protection des secrets d’Etat", le gouvernement du Premier ministre Abe vient de le faire voter à la Chambre des conseillers (la Chambre haute). La dangerosité de cette loi liberticide et la manière anti-démocratique dont le gouvernement en a forcé l’adoption, ont accéléré la mobilisation : un nombre croissant de citoyens opposés à la loi s’est rassemblé devant la Diète jusqu’à atteindre plusieurs dizaines de milliers dans la nuit du 6 décembre, au moment de l’adoption.

Une atteinte majeure au droit à l’information ainsi qu’à la liberté d’expression

- Elle va autoriser les administrations à classer "secret d’Etat" toute information jugée sensible et relative à la sécurité nationale, à la diplomatie, au contre-espionnage et à la lutte contre le terrorisme. Or, la définition du "secret" est si vague que cette loi pourra permettre tous les abus et renforcer la culture du secret du gouvernement japonais et des administrations déjà bien ancrée, et cela d’autant plus qu’aucun organe de contrôle indépendant n’est prévu.

Les administrations auront par ailleurs le droit de détruire les documents "secrets" avant la fin du délai légal de non-publication fixé à 30 ans (et même à 60 ans et au-delà, pour certaines informations, avec l’accord du gouvernement).

- La loi constituera aussi un moyen puissant d’entraver l’accès à l’information des citoyens car elle permettra d’engager à leur encontre des poursuites et de les condamner jusqu’à dix ans d’emprisonnement et jusqu’à dix millions de yens d’amende (environ 70 000€). Cela concerne non seulement ceux qui auront divulgué une information dans les administrations, les Forces japonaises d’autodéfense et les organismes privés mandatés dans le secteur "sensible" (ce qui rendra de fait impossible l’existence des lanceurs d’alerte), mais aussi les journalistes, les citoyens et même les élus qui chercheraient ou inciteraient à chercher une information jugée "secrète".

Par ailleurs, la personne soupçonnée de crime d’après la loi ne bénéficiera pas d’un procès équitable, puisque son avocat n’aura pas accès aux éléments justifiant l’inculpation (il risquerait alors, lui-même, d’être inculpé pour violation du secret) et que le juge ne pourra pas interroger librement les témoins (ils risqueraient également le même traitement). Ce genre de situation s’est d’ailleurs déjà produit en 2002-2005 pour un diplomate qui s’occupait d’affaires "secrètes".

- Elle permettra également de criminaliser toute activité et opinion exprimées à l’encontre des autorités, puisqu’est qualifiée de terrorisme "l’activité visant à imposer ses principes ou opinion politique ou autre à l’Etat ou à autrui" (article 12). Par exemple, une manifestation exigeant l’arrêt du nucléaire ou une demande de signature pour une pétition pourrait devenir un acte terroriste. Curieusement, cette définition se trouve incluse dans le chapitre consacré à "l’évaluation d’aptitude" des personnes censées manipuler une information jugée "secrète" (les fonctionnaires etc.).

Par cette loi, tout citoyen pourra donc être soupçonné de "terrorisme" a priori, et une simple suspicion d’intention équivaudra à un passage à l’acte. Quant à l’évaluation d’aptitude qui doit être effectuée en principe par chaque administration, il est très vraisemblable que ce sera la police et le service des renseignements généraux qui se chargeront de cette opération.

Une tentative de retour au régime dictatorial d’avant-guerre ?

La tentation semble grande en effet chez une grande partie des dirigeants au pouvoir d’un retour à l’autoritarisme anti-démocratique qui prévalait sous le régime militaire des années trente et quarante. Ce n’est sans doute pas surprenant de la part du Premier ministre Abe, petit-fils de l’ancien Premier Ministre Kishi (1957-1960) qui fut un criminel de guerre de "classe A" lors du procès de Tokyo.

Ultra-nationaliste et nostalgique de l’époque d’avant la défaite de 1945, Abe a toujours déclaré vouloir "en finir avec le régime de l’après-guerre", sans jamais cacher sa vision révisionniste de l’histoire nationale concernant les crimes commis par l’armée japonaise, par exemple l’esclavage sexuel imposé aux femmes dites « de réconfort ».

Or, il est troublant de constater que cette loi évoque, par son contenu comme par son esprit, trois lois instituées durant la dernière guerre au Japon : celle sur la protection des secrets de l’Armée (1937), puis la loi sur la sécurité et la défense nationale (1941) et enfin la loi de Préservation de la Paix (loi de 1925 modifiée en 1941).

En affaiblissant ainsi le pouvoir du Parlement et des citoyens, et en renforçant celui des administrations et de la police, cette loi s’attaque de front à la démocratie, à la Constitution japonaise de 1946 (articles 19, 21) et bien entendu aux Droits de l’homme.

Par ailleurs, son adoption est concomitante de celle instituant le "Conseil de sécurité national" (version japonaise de NSC), adoptée le 27 novembre dernier.

Ainsi, cette loi porte gravement atteinte aux garanties des citoyens définies par les « Principes de Tshwane » (nouveaux principes pour un juste équilibre entre sécurité nationale et droit du public à l’information) élaborés par plus de cinq cents spécialistes de soixante-dix pays le 12 juin 2013 en Afrique du Sud. Ils stipulent entre autres que les journalistes comme les citoyens ne doivent pas être visés par une loi de protection de la sécurité nationale, mais aussi qu’un organisme indépendant de contrôle doit être institué, et que les lanceurs d’alerte au service de l’intérêt commun doivent être protégés.

Ce sont donc des pas décisifs (et autant de faits accomplis) vers un objectif cher à de nombreux élus du PLD, et spécialement à Abe, celui de s’attaquer à l’article 9 de la Constitution qui stipule l’abandon définitif de la guerre comme de l’usage de la force pour résoudre les conflits internationaux. Ces lois constituent un premier jalon pour en faire adopter une nouvelle, à la prochaine session du Parlement, la loi fondamentale sur la sécurité nationale instituant le droit de légitime défense collective, qui permettra aux Forces japonaises d’autodéfense l’usage de la force aux côté des Américains.

L’abrogation par un Premier ministre révisionniste de l’article 9, symbole majeur du pacifisme japonais d’après-guerre, porterait un coup très grave aux fondations démocratiques du pays.

Le gouvernement Abe et le parti majoritaire PLD sont parvenus à faire adopter cette loi liberticide à la hâte (douze jours avec quarante-six heures de débat à la Chambre des représentants, et six jours avec vingt-trois heures de débats à la Chambre des conseillers), au mépris de toutes les règles de procédures parlementaires : en ne présentant qu’au dernier moment le document de travail (92 pages déposées au dernier jour de débat à la commission des lois, le 5 décembre), en restreignant les heures de discussion, en désignant comme rapporteur du projet une "Ministre des mesures pour endiguer la baisse de la natalité" qui fournissait des réponses contradictoires, et par le passage "en force" à la commission des lois de la Chambre haute, dans une confusion totale où le greffier n’a même pas pu transcrire ce que le Président de la commission avait dit, etc. Cet épisode restera dans la mémoire du Japon comme une tache des plus noires sur l’histoire de la démocratie parlementaire japonaise d’après-guerre.

D’abord pris de court, le réveil des citoyens a été tardif, puis à la mesure de ce qui se dévoilait du contenu de la loi, c’est une opposition de plus en plus forte qui s’est exprimée, témoignant de l’inquiétude ressentie devant une telle menace pour la démocratie. L’ampleur de cette mobilisation citoyenne a été sans précédent au Japon : l’audition publique sur internet a accueilli pas moins de 90 480 commentaires en quinze jours dont 77% opposés au projet de loi.

De nombreux citoyens, des syndicats et des associations professionnelles ont alors publié une déclaration commune contre ce projet, signée par des avocats, des journalistes de la presse écrite et de la télévision, des universitaires, des scientifiques, des religieux, des personnalités de cinéma, des écrivains, des musiciens et divers artistes...

On a pu lire des positions critiques envers la loi et les procédés du gouvernement, non seulement dans la majorité de la presse régionale mais même dans les grands quotidiens nationaux (à l’exception de Yomiuri et de Sankei, les deux principaux journaux de droite). Comme à l’été 2012, contre le redémarrage de la centrale nucléaire d’Ooi, les rassemblements se sont multipliés dans tout le Japon entraînant une baisse notable de la popularité du Premier ministre.

Pour ces Japonais traités de terroristes par un secrétaire exécutif du parti d’Abe parce qu’ils se rassemblaient par dizaines de milliers devant le Parlement afin d’y exprimer leur colère et leur indignation, comme pour tous ceux qui ont protesté contre cette loi, cela aura peut-être été un baptême du feu, le début d’un engagement citoyen pour la démocratie et contre la dérive anti-démocratique du gouvernement Abe.

Une manifestation d’opposants à la loi a déjà eu lieu le samedi 7 décembre à Tokyo. Le Comité d’exécution "STOP à la loi de protection des secrets d’Etat", regroupant plus de 75 associations, organisations et syndicats, déclare vouloir lutter jusqu’à son abolition.

Par une ironie cruelle de l’Histoire, c’est au lendemain de la mort de Nelson Mandela, le 6 décembre 2013, que la démocratie japonaise s’est retrouvée mutilée par l’adoption d’une loi liberticide. En face d’un pouvoir tout puissant qui dispose de la majorité dans les deux chambres jusqu’aux prochaines élections, les citoyens engagés continueront leurs multiples luttes et mobilisations (dont celle contre le nucléaire et pour la préservation de la vie des sinistrés de Fukushima), mais leur liberté de manifestation et d’opinion se verra gravement entravée.

L’affirmation d’une solidarité internationale envers les citoyens japonais qui luttent pour l’abolition de cette loi scélérate est un devoir nécessaire. Il devient urgent de dénoncer la dérive liberticide du gouvernement Abe qui est indigne d’un pays prétendument "démocratique".

Les routes à vélos conquièrent le nord de l’Europe ConsoGlobe Reporterre 2013/12/18 ConsoGlobe (18 décembre 2013) Les routes à vélos conquièrent le nord de l’Europe. Reporterre. fr

Les routes à vélos conquièrent le nord de l’Europe

Le vélo y étant considéré comme un moyen de transport à privilégier, nos voisins du Nord construisent des routes qui lui sont dédiées.

Se déplacer à vélo est le quotidien de millions de cyclistes en Europe, qui relient leur foyer à leur lieu de travail ou à l’école en deux roues.

Dans le nord de l’Europe où le vélo est un mode de transport préféré par le plus grand nombre, se développent des initiatives pour « sortir le vélo » des villes. En effet, au-delà d’une certaine distance ou parce que les infrastructures ne sont pas adaptées, rouler à vélo peut se révéler au mieux fatigant, au pire, dangereux.

Partant de ce constat, les Pays-Bas, champions du monde des déplacements à vélo, ont été les premiers à développer les autoroutes pour vélos. La 1re relie Breda à Ettenleur, dans la province du Brabant.

Cette méga piste cyclable de sept kilomètres est spécialement aménagée pour faciliter la vie des cyclistes et leur assurer la sécurité. Ainsi, les cyclistes empruntant cette voie sont prioritaires à tous les croisements. Ils peuvent même s’ils le souhaitent se reposer dans l’une des trois aires de repos implantées tout au long du tracé !

La Suède investit cinq millions d’euros sur huit ans dans la construction de quatre voies vertes qui doivent relier Malmö à Lund, soit vingt km pour ce premier tronçon.

Même le maire de Londres s’y est mis, dès 2010. Et pourtant, Londres n’est pas spécialement connue pour être accueillante envers les cyclistes. Le mois de novembre 2013 peut même être qualifié de noir avec une série dramatique de cinq décès de cyclistes en quelques jours seulement…

Boris Johnson, beaucoup critiqué quant à sa politique concernant les vélos, compte sur son projet de « superhighways » qui doit voir le jour en 2015 avec l’ouverture de quatre tronçons, puis huit d’ici 2016. Ces routes d’1,50 mètre de large pour les vélos doivent relier la capitale à la périphérie.

En France, la ville de Strasbourg, ville pour laquelle la place accordée au vélo est un véritable modèle pour le reste du pays avec ses 560 km de piste cyclable, lance le réseau REVE : le Réseau Express VElo. Ce réseau structurant assurera les liaisons principales à l’intérieur des communes et quartiers, ainsi que les liaisons entre ces entités, la desserte des zones d’activités périphériques et des collèges non desservis actuellement.

Le modèle danois

Le Danemark a lui aussi décidé de suivre le chemin tracé par les Néerlandais. En outre, à Copenhague, le vélo est un moyen de transport privilégié. Plus de la moitié des habitants du centre ville roulent à vélo quotidiennement. En revanche, « seuls » 37% des habitants de banlieue l’utilisent.

Ainsi, pour inciter les quelque 15 000 banlieusards à prendre leur vélo, la ville a pris l’initiative de développer 28 voies express dédiées au vélo. Ces autoroutes couvriront des trajets de sept à quinze km du centre et permettront de pédaler à vive allure mais surtout en toute sécurité.

La 1re, inaugurée en avril 2012 est un véritable succès : la ville a enregistré une hausse de 10 % du nombre de cyclistes faisant la navette entre la périphérie et Copenhague, soit une distance de quinze kilomètres.

Quelle différence entre une piste cyclable et une autoroute pour vélos ?

La grande différence tient principalement à l’entretien : les autoroutes pour vélos bénéficieront de la même politique que les autres routes, avec le même niveau de priorité.

En outre, les autoroutes pour vélos, à l’instar des autoroutes pour voitures se présentent comme le plus rectiligne possible. En effet, les pistes cyclables s’adaptent plutôt à la configuration des villes, serpentant entre les infrastructures. Les autoroutes sont plus larges et plus droites. De plus, les feux tricolores ont été configurés pour former des « vagues vertes » : autrement dit, un cycliste peut rouler à vingt km tout au long de son trajet jusqu’en ville sans être arrêté par un feu.

Selon Lars Gaardhøj, président de la commission sur l’environnement et la croissance verte à Copenhague, transformer une piste cyclable en autoroute permet d’augmenter le nombre de déplacements à vélo sur des distances de plus de cinq km, en plus de réduire les dépenses de santé, la congestion automobile et la pollution de l’air en milieu urbain.

La Commission européenne organise la propagande en faveur du traité de libre-échange avec les Etats-Unis Elisabeth Schneiter (Reporterre) Reporterre 2013/12/18 Elisabeth Schneiter (Reporterre) (18 décembre 2013) La Commission européenne organise la propagande en faveur du traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Reporterre. Europe fr

La Commission européenne organise la propagande en faveur du traité de libre-échange avec les Etats-Unis

Le 19 décembre, se tient à Bruxelles un Sommet européen. Des manifestations auront lieu pour protester contre la politique économique menée par la Commission européenne et le projet de Traité transatlantique qu’elle promeut. A cette occasion, rappelons la stratégie de communication mise en place par la Commission pour convaincre l’opinion que ce TAFTA (Accord transatlantique de libre-échange) est une bonne chose.

Les négociations sur un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis (le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP (aussi appelé TAFTA comme Transatlantic free trade agreement) ont commencé en juillet 2013. Elles suscitent de vives inquiétudes sur les conséquences que cet accord pourrait avoir, entre autres, sur la législation environnementale, les normes alimentaires, la confidentialité des données personnelles et le pouvoir des entreprises.

Car le mandat de négociation pour le TAFTA révèle la volonté de la Commission européenne de renforcer le pouvoir des entreprises transnationales. Ce texte fait suite à une intense campagne des lobbies de l’industrie et des cabinets juridiques pour que les grandes entreprises aient le pouvoir de contester les réglementations nationales et internationales si elles affectent leurs profits.

Ainsi, les États membres de l’UE peuvent voir leurs lois nationales, qui visent à protéger l’intérêt général, contestées dans des tribunaux ad hoc, secrets, dans lesquels les lois nationales n’ont aucun poids et les élus politiques aucun pouvoir d’intervention. Les entreprises européennes investissant aux États-Unis auraient le même privilège.

La Commission Européenne, qui représente l’Europe dans ces négociations, a très vite réagi par une campagne de propagande incluant la constitution d’une équipe qui répond aux critiques sur twitter , « @EU TTIP team » et la création d’un site, de questions-réponses rassurantes. Elle promet par exemple que « l’économie de l’Union pourrait en retirer un bénéfice de 119 milliards d’euros par an – l’équivalent d’un bonus de 545 euros en moyenne par ménage de l’Union ! »

Le scepticisme du public ne faisant qu’augmenter, une stratégie de communication a été présentée le 22 novembre dernier, lors d’une réunion informelle avec les représentants des États membres de l’Union européenne (UE) pour qu’ils prennent le relais de l’endoctrinement.

C.E.O (Corporate Europe Observatory, l’Observatoire de l’Europe des grandes entreprises) s’est procuré le document qui a servi de base aux débats et l’a publié le 25 novembre.

Le projet de communication de la Commission européenne

Par cette stratégie, la Commission, espère "réduire les craintes et éviter une prolifération des doutes ». Elle propose de « localiser davantage notre effort de communication au niveau des États membres d’une manière radicalement différente de ce qui a été fait pour les initiatives commerciales du passé ».

Remarquant que « les négociations ont suscité de la part du public et des médias un intérêt sans précédent, et qu’aucune autre négociation n’a été soumise à un niveau de contrôle public similaire », la Commission demande aux États leur coopération pour organiser la coordination de la communication au sujet du TAFTA.

Elle identifie un premier défi de communication : "Faire en sorte que le grand public dans chacun des États membres de l’UE ait une compréhension générale de ce que le TTIP est : une initiative qui vise à délivrer une croissance et des emplois, et de ce qu’il n’est pas : un effort pour saper la réglementation et les niveaux existants de protection dans des domaines comme la santé, la sécurité et l’environnement. »

Pour cette communication, la Commission a constitué une équipe spécialisée au sein de la Direction du Commerce en coordination avec ses représentants dans chaque Etat membre. Elle prévoit que le traité devrait être négocié et signé sur deux ans.

La mise en place du récit

Le document décrit l’approche souhaitée comme « holistique », soit "une attaque globale sur tous les fronts, médias et réseaux sociaux, sensibilisation et gestion des parties prenantes, et transparence."

Les équipes de communication ont élaboré un récit (storytelling) qui se déploie sur le site de questions-réponses. Le document insiste sur l’urgence d’une affirmation positive des promesses du TAFTA, pour éviter de se retrouver sur la défensive.

La narration doit tout particulièrement insister sur le fait que le TAFTA n’a rien à voir avec ACTA, (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement, accord commercial anti-contrefaçon), un accord négocié secrètement de 2007 à 2010 par un petit "club" de trente-neuf pays (dont les membres de l’Union européenne, les États-Unis, le Japon, etc). Négocié et non débattu démocratiquement, ACTA a contourné les parlements et les organisations internationales pour imposer une logique répressive sur internet, dictée par les industries du divertissement.

Le document fait remarquer qu’il faut « garder la main sur le récit des négociations par les médias grand public », où on constate déjà « un large soutien à la logique et à la substance de l’accord. »

Il est préconisé de toucher aussi des « tiers influents » c’est à dire des intellectuels, économistes ou autres personnalités connues, pour obtenir leur soutien public à ces négociations.

Quant à l’inquiétude des citoyens sur l’impact potentiel que le TAFTA aurait sur le modèle social et juridique européen, il est primordial de faire ressortir les gains économiques que chacun en retirerait. « La campagne électorale pour le Parlement européen sera un facteur important dans ce contexte. »

On nous expliquera aussi que, malgré la crise, l’UE reste le plus grand marché du monde et qu’elle est dans une position suffisamment forte pour discuter avec les États-Unis d’égal à égal, puisque les deux côtés ont des intérêts économiques dans ces négociations.

L’interlocuteur privilégié : les grandes entreprises

En octobre dernier, en réponse à la demande d’accès aux documents faite par C.E.O, la Commission européenne a publié une liste de 130 réunions avec des « parties prenantes » à propos de ces négociations. Au moins 119 étaient des rencontres avec des grandes entreprises et leurs groupes de pression, soit plus de 93% des rencontres de la Commission.

En ce qui concerne la « transparence », lors de débats avec la société civile en juillet, la Commission a déclaré explorer « la possibilité de mettre en place un groupe de conseillers experts qui pourraient avoir accès à des informations plus détaillées sur les négociations, dans la ligne de ce qui se pratique actuellement aux USA. »

Les habitudes actuelles de la Commission donnent cependant de bonnes raisons de craindre que ce groupe de conseillers ne soit très déséquilibré. Dans les groupes de travail sur l’accès aux marchés, les fonctionnaires de la Commission et les représentants des Etats membres de l’Union Européenne se réunissent avec les représentants des entreprises afin de discuter des lois et réglementations étrangères qui les gênent – et développer des stratégies conjointes pour s’en débarrasser.

Le monde de l’industrie loue ces rencontres comme un moyen pour la Commission d’« adopter les perspectives des entreprises » et de « parler le langage des affaires ». Tous les membres de ces groupes d’experts font partie du monde des affaires.

Et une question reste encore posée, celle de savoir pourquoi la Commission devrait procéder à une opération d’information orientée et user de fonds publics pour influencer l’opinion publique ?

Qu’est-ce qu’être écologiste ? Retour sur la deuxième rencontre de Reporterre Marie Astier et Hélène Harder (Reporterre) Reporterre 2013/12/19 Marie Astier et Hélène Harder (Reporterre) (19 décembre 2013) Qu’est-ce qu’être écologiste ? Retour sur la deuxième rencontre de Reporterre. Reporterre. fr

Qu’est-ce qu’être écologiste ? Retour sur la deuxième rencontre de Reporterre

Ecologiste : Faire de la politique, donner un autre sens à la vie, agir au quotidien, penser à la beauté ? Les réponses sont diverses, à l’image de la richesse du mouvement d’idée le plus important de ce début du XXIe siècle. De notre rencontre ressort la nécessité d’allier l’agir concret au renouveau du sens.

Quel est le point commun entre un naturaliste, une élue municipale, une philosophe et un journaliste ? Tous peuvent se revendiquer écologiste... Le panel des invités annonce déjà la couleur : les réponses à la question « Qu’est-ce qu’être écologiste ? » promettent d’être éclectiques.

Pour les écouter, mais aussi participer au débat, plus de soixante-dix personnes se serrent sur les chaises en bois du bar le Lieu Dit à Paris, jeudi 12 décembre. Et dans le public, déjà, chacun a sa façon d’être écologiste.

Il y a d’abord ceux qui n’apprécient pas trop qu’on leur attribue cette étiquette. « Je pourrais aussi dire que je suis décroissante ou anticapitaliste... Je n’aime pas m’enfermer dans les mots », explique l’une. Pour d’autres, il s’agit plutôt des gestes du quotidien : « On agit surtout par la consommation. On fait également attention à nos déchets et au gaspillage. On s’efforce d’avoir une conscience écologique. » Pour eux, c’est déjà une démarche politique, car « c’est une façon de participer pour faire évoluer la société. »

Antoine Lagneau, du collectif Quartiers en transition, anime le débat. Il commence par raconter l’anecdote qui a lancé l’idée de la soirée : « Cet été, Reporterre a publié un article à propos d’un projet de mine dans la Sarthe. Le titre était »A Ténnie, les écologistes en lutte« ... Et les associations ont appelé pour expliquer qu’elles ne voulaient pas du terme ’écologistes’. »

En effet, elles ne se considèraient pas comme politiques et encore moins comme appartenant au parti Europe Ecologie les Verts (EELV). « C’est là que l’on s’est rendu compte qu’il est nécessaire de s’interroger sur ce que signifie être écologiste aujourd’hui. »

- Présentation du débat par Antoine Lagneau, interventions de Catherine Larrère (à 5.40) puis de Célia Blauel (22.20) -

Repenser le rapport de l’Homme et de la Nature

Le micro va d’abord à la philosophe Catherine Larrère. Elle cite la définition d’Aldo Leopold, un forestier américain de la première moitié du 20e siècle. Il est l’auteur d’un ouvrage culte aux Etats-Unis, L’Almanach d’un comté des sables. Pour lui, « La question est : à quoi pense un homme au moment où il coupe un arbre, ou au moment où il décide de ce qu’il doit couper ? Un écologiste est quelqu’un qui a conscience, humblement, qu’à chaque coup de cognée, il inscrit sa signature sur la face de la terre. »

Pour Catherine Larrère, l’écologiste n’est donc pas celui qui s’abstient d’intervenir dans la nature, c’est celui qui agit en ayant conscience des conséquences de ses actes : « Pendant longtemps, être écologiste c’était être un lanceur d’alerte, dire aux hommes que notre signature sur la Terre était mauvaise. Mais on en est à un point où il ne suffit plus de dénoncer. » Agir, oui, mais comment ? « Je n’ai pas la réponse. Donc être écologiste, ce n’est pas forcément savoir quoi faire, mais c’est au moins tenter de le savoir. »

Entrer en politique, « pour changer la société »

« Comment agir ? », Célia Blauel a sa réponse. Elle se définit comme une « élue de terrain ». D’ailleurs c’est ainsi que s’est produite sa rencontre avec l’écologie, alors qu’elle s’intéressait au mal-logement : « J’ai eu l’impression que les écolos étaient les seuls à avoir une réponse pragmatique au problème du logement à Paris. (...) Pour moi l’écologie politique est la seule idéologie politique qui porte une véritable alternative, des réponses à la question sociale et environnementale. »

Elle reconnaît avoir mis quelques années avant de se définir comme écologiste. « Quand on se dit ’cologiste’, c’est comme quand on se dit ’féministe’. Cela suscite un petit rejet. » Et puis il faut remettre en cause « ce que l’on nous apprend à l’école, que la croissance ce n’est pas le bonheur en fait. »

Pour agir, elle a choisi l’engagement dans un parti politique, EELV, même si elle admet qu’il y a d’autres façons de s’engager. Son poste de conseillère municipale lui permet « de rentrer dans les politiques publiques : c’est nécessaire pour changer la société. » Une action qu’elle souhaite transversale, « contrairement aux autres politiques qui regardent secteur par secteur ».

La candidate à la mairie du XIVe arrondissement de Paris cite l’exemple de l’éco-quartier en construction dans son arrondissement : « On fait attention aux matériaux, on cherche à limiter la facture énergétique des habitants, à limiter leurs déplacements, à leur donner accès à une alimentation locale... »

Mais elle le reconnaît, il est difficile d’être écologiste en politique car « il faut toujours être dans le combat. »

- Interventions de Pierre Rivallin, puis de Hervé Kempf (5.40) -

Protéger la nature

Le combat, un mot que l’on retrouve également dans la bouche de Pierre Rivallin. Naturaliste, écologue, il est en charge de la protection de la faune et de la flore dans le département de Seine-et-Marne : « Mon travail est de convaincre les élus de protéger la nature. C’est un combat de tous les jours. »

Mais avant d’être écologiste, il se définit d’abord comme écologue : « Au départ, l’écologie est la science qui étudie les êtres vivants. » C’est en s’appuyant sur cette science qu’il conseille les élus. Un travail de terrain, comme celui de Célia Blauel.

Mais il trouve sa tâche de plus en plus difficile. « Les élus ont des problèmes sociaux, de logement, de transports, etc, détaille-t-il. L’environnement passe après. » Il évoque les lignes budgétaires qui disparaissent. La crise et les élections municipales rendent les élus « de plus en plus frileux : ils ont peur que faire de l’écologie soit mal perçu par les électeurs... »

L’idéologie écologiste

L’écologie est donc mal vue, y compris chez les journalistes, ajoute Hervé Kempf. Il s’intéresse aux questions écologiques depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986, il a fondé Reporterre et a travaillé comme journaliste environnement au Monde pendant quinze ans. Pourtant, il affirme avoir passé toute sa vie professionnelle « à refuser le terme écologiste ». Une façon pour lui d’imposer l’écologie comme un sujet à part entière, « tout aussi légitime que les autres matières sérieuses comme l’économie et la politique. »

Puis il y a quelques mois, il a finalement admis être écologiste. Cela n’empêche pas d’être un bon journaliste : « Il y a clairement un enjeu idéologique. (...) Je suis écologiste comme les autres peuvent être croissanciste ou capitaliste. »

Mais alors, que dit l’idéologie écologiste ? « Que la crise écologique est le fait majeur de l’époque, répond Hervé Kempf. Les écologistes sont ceux qui réintroduisent la dimension apocalyptique dans la vision du monde. » Et comme pour contrebalancer ce noir constat, le journaliste ajoute : « Ils disent aussi que la nature est belle, que la beauté fait partie intégrante de la vie. Il ne faut pas protéger la nature seulement parce qu’elle est utile. »

Alerter puis agir

Bilan de ce premier tour de table : être écologiste, c’est d’abord alerter sur la crise environnmentale, mais pas seulement. Il faut vouloir changer la société qui a provoqué cette crise. Cela commence en repensant le rapport de l’Homme à la Nature : coopérer avec elle plutôt que de toujours choisir entre exploitation à outrance et protection absolue.

Il faut ensuite s’engager (par la politique, par son métier, par une activité associative...) pour promouvoir cette vision du monde dans tous les secteurs de la société. Il y a ceux qui agissent sur les idées (le journaliste et la philosophe) et ceux qui tentent de transformer les pratiques (l’élue et l’écologue).

Mais proposer un autre modèle de société n’est pas facile. C’est un combat d’autant plus difficile à mener que l’idéologie écologiste reste minoritaire, et donc mal vue.

Nature et humains

- Débat, première partie -

C’est au tour du public d’apporter sa contribution à cette définition. « Mais alors, est-ce que les écologistes préfèrent la Nature ou les Humains ? » demande quelqu’un. « Mais ils ne sont pas nécessairement antagonistes ! », s’exclame Catherine Larrère. Elle cite l’exemple du pique-prune, un petit insecte qui a arrêté un projet d’autoroute : « Le choix, ce n’était pas le pique-prune ou les hommes, mais entre deux modèles de société. Une société qui préserve le Pique-prune, ou une autre qui construit plein d’autoroutes. »

Hervé Kempf poursuit : « En ce moment, cela ne va pas très bien ni pour la nature, ni pour les humains. La dégradation de la nature ne semble pas leur profiter aux hommes : il y a de plus en plus de pauvres et de chômage. »

EELV « n’a pas le monopole de l’écologie »

Le rôle du parti politique EELV dans ce mouvement écologiste reste aussi à éclaircir. Un militant reconnaît que son parti « n’a pas le monopole de l’écologie. On trouve aussi des écologistes dans le monde associatif et paysan, rappelle-t-il. Mais je voudrais réagir au courant qui dit que la politique, c’est sale. La rénovation thermique des HLM ou les transports en commun demandent des décisions politiques. Si on ne s’occupe pas des problèmes politiques, les institutions vont fonctionner sans nous. »

Célia Blauel approuve. Pour la conseillère municipale, les écologistes doivent être partout, y compris en politique. Cette idéologie « devrait être à terme partagée par le plus grand monde, pour que la société puisse changer. »

Mais cette présence écologiste dans le monde politique, le naturaliste Pierre Rivallin a du mal à la constater. « Il y a une déconnection entre le terrain et la sphère politique », déplore-t-il. Les élus sont en général peu réceptifs. « On s’appuie sur les documents d’urbanisme, pour tenter de les convaincre de prendre en compte la biodiversité. »

Dans la salle, le sociologue Erwan Lecœur a peut-être une explication. « EELV n’a jamais eu autant d’élus et aussi peu d’influence sociale, note-t-il. Le parti est encore trop petit pour jouer dans la cours des grands, celle des élections. Avant de se présenter, il faut d’abord être un mouvement social. »

Plus de concret pour faire passer le message

- Débat, deuxième partie -

Il y a donc encore du travail pour diffuser les idées écologistes, note un spectateur qui rappelle aux intervenants qu’ils sont « restés assez abstraits. » Pour lui, « cela montre qu’il y a un manque de pédagogie. Il faut aussi parler de choses concrètes. C’est peut-être pour cela que le discours écologiste n’est pas entendu. »

Célia Blauel rappelle que « l’écologie concrète » fonctionne déjà bien au niveau local. Les jardins partagés par exemple, « permettent à la fois de faire de la pédagogie, du lien social, et c’est aussi un lieu de citoyenneté. »

« Oui, il faut parler des alternatives et Reporterre le fait jour après jour, poursuit Hervé Kempf. Maisil ne faut pas s’enfermer dans le concret. Les gens aspirent à autre chose, parce que le monde d’aujourd’hui est terriblement concret, enfermé dans la matérialité. Il faut réenchanter le monde plutôt que de s’enfermer dans le politique. »

Le journaliste est le premier à conclure. « Il ne s’agit pas de dire que tout va mal. » Il fait appel à Jean-Pierre Dupuy, auteur du livre Pour un catastrophisme éclairé : « Dupuy explique ce paradoxe qu’il faut formuler la catastrophe pour pouvoir l’éviter. »

Pierre Rivallin, lui, nous incite à tous être écologistes. « Cela commence par des petits gestes au quotidien. Et si on les fait tous, on peut changer les choses », espère le naturaliste.

« Mais il faut aussi prendre le temps de réfléchir », ajoute la philosophe. Pour Catherine Larrère, « il faut prendre de la distance, sinon on ne changera pas. »

Changer, porter un autre projet de société, c’est également ce que prône Célia Blauel. « Pour cela, il faut avoir une vision très lucide de l’état du monde. (...) Et il faut garder espoir. » Parce qu’être écologiste, « c’est un combat, il faut sans cesse se remettre en question. Ca se revendique, d’être écologiste ! »

Un débat dense et riche. Mais il y a eu aussi de bons moments de rigolade, comme lorsqu’une dame a lu un article d’un journal gratuit relatant les sommets de pollution sur la région parisienne ces jours-ci, et l’attribuant à… la nature. Le son n’est pas très bon, mais cela vous donnera une idée de la bonne humeur qui a aussi régné ce soir-là :

Jean Giono, éclaireur de la décroissance Didier Harpagès (Reporterre) Reporterre 2013/12/19 Didier Harpagès (Reporterre) (19 décembre 2013) Jean Giono, éclaireur de la décroissance. Reporterre. fr

Jean Giono, éclaireur de la décroissance

Jean Giono, précurseur de la décroissance

Contrairement à ce que déclarent certains de leurs détracteurs, les objecteurs de croissance ne souhaitent pas, le moins du monde, le retour à l’âge de pierre. Il faut tordre le cou à cette caricature, trop répandue, qui relève de la mauvaise foi ou du procès d’intention plus que de la lecture attentive de leurs analyses.

Saluons donc la collection "Les précurseurs de la décroissance" proposée par les éditions du Passager clandestin. Dirigée par Serge Latouche, cette collection contribue à la diffusion d’une réflexion nouvelle tournant le dos aux discours dominants pour lesquels la croissance représente l’horizon indépassable des sociétés humaines.

Comme désormais il convient d’apprendre à penser autrement afin d’entrevoir le projet d’une société de décroissance plus chaleureuse, plus enthousiasmante, cette collection peut, sans conteste, nous y aider. Grâce à de petits volumes, peu onéreux, Jacques Ellul, Epicure, Charles Fourier, Lanza del Vasto, Léon Tolstoï ont déjà été présentés à un public qui, souhaitons-le, s’élargira.

Dans une livraison de l’automne 2013, le poète et professeur de lettres classiques Edouard Schaelchli présente Jean Giono qui, dit-il, a le malheur d’être à la fois trop bien connu et très mal connu. Derrière le romancier, se cache en effet un penseur auquel le mouvement des objecteurs de croissance ne saurait être insensible.

Dans un premier temps, Edouard Schaelchli revient sur les circonstances historiques qui ont profondément marqué la pensée de Giono. Durant les années 1930, le communisme et le fascisme s’affrontent. Les intellectuels de l’époque sont amenés alors à se positionner face à ces deux idéologies ennemies et Jean Giono adhère à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, affichant ainsi son opposition au capitalisme. Giono avait orienté son regard vers le bolchevisme par antifascisme mais très vite son pacifisme, né de son expérience des horreurs de la précédente guerre, le détourna du communisme dont le productivisme souverain constituait, à ses yeux, une menace redoutable pour l’homme.

Anticommunisme, anticapitalisme, antifascisme, antimilitarisme, mais aussi antiétatisme, autant de dissidences qui le feront cheminer sur la voie d’un retour à la nature indispensable à l’existence paisible des hommes.

Edouard Schaelchli nous rappelle le voisinage étymologique des mots humus, humilité, humain qui dessine, chez Giono, une vie commune sobre de tous les êtres, étrangère au désir de conquête et de domination de la nature. Il termine cette première partie, écrite avec élégance, en soulignant le profond attachement de Jean Giono à la paysannerie.

José Bové reconnaît volontiers avoir choisi son métier de paysan après avoir lu les romans de Jean Giono. Il n’est pas interdit alors de voir, dans le combat du Larzac l’illustration de la profonde conviction de Giono selon laquelle le sort du monde paysan est étroitement lié au refus de voir la terre cédée au pouvoir public inféodé à la puissance militaire.

Les zadistes de Notre Dame des Landes, confrontés à une problématique comparable, prolongent aujourd’hui, à leur manière, l’esprit du Manifeste politique inscrit par Giono dans son œuvre.

Edouard Schaelchli a réuni une sélection de textes extraits, principalement, de trois essais écrits entre 1934 et 1939 : Les vraies richesses, Le poids du ciel et Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix. Plusieurs thèmes se dégagent et s’entremêlent : l’opposition ville-campagne, l’idéalisation du paysan, la passion géante pour l’argent, le déclin de la civilisation paysanne, le procès de la technique, la perte du sens du travail, le pacifisme teinté d’anarchisme.

L’approche de Giono peut faire sourire ou agacer mais, de toute évidence, elle retiendra l’attention de tous ceux qui assistent médusés, depuis le début des années 1950, à la transformation spectaculaire du paysage rural accompagnée d’une disparition brutale, dramatique et douloureuse de la petite paysannerie.

Aujourd’hui, l’objecteur de croissance clame le slogan provocateur : « Manger est un acte politique ! » Aux avant-postes de la contestation apparaissent les défenseurs d’une agriculture biologique locale et paysanne, soucieux de la santé des producteurs et des consommateurs, du maintien des emplois et de la reconquête de la souveraineté alimentaire de tous les peuples. Ils accomplissent ainsi le vieux rêve de Giono qui, espérant des paysans une mobilisation vigoureuse et générale, leur avait adressé ce message : « Vous aurez changé tout le sens de l’humanité, vous lui aurez donné plus de liberté, plus de joie, plus de vérité, que n’ont jamais pu lui donner toutes les révolutions de tous les temps mises ensemble. »

- Le livre : Jean Giono pour une révolution à hauteur d’hommes, présenté par Édouard Schaelchli, Editions Le Passager Clandestin, 8 €, 96 pages.

Fuites de tritium au Tricastin, EDF poursuivi Réseau Sortir du nucléaire et Sortir du nucléaire Drôme-Ardèche Reporterre 2013/12/19 Réseau Sortir du nucléaire et Sortir du nucléaire Drôme-Ardèche (19 décembre 2013) Fuites de tritium au Tricastin, EDF poursuivi. Reporterre. fr

Fuites de tritium au Tricastin, EDF poursuivi

La centrale du Tricastin est une des plus dangereuses de France, comme l’a récemment montré Reporterre. EDF ne parvient pas à y contrôler les fuites de tritium. Des collectifs antinucléaires portent l’affaire en justice.

Ce jeudi 19 décembre 2013, le Réseau "Sortir du nucléaire", soutenu par l’association "Sortir Du Nucléaire Drôme-Ardèche", vient de déposer une plainte contre EDF au sujet de la fuite de tritium en cours depuis plusieurs mois sur le site du Tricastin. Cette fuite s’ajoute à la liste interminable des incidents et pollutions survenus dans cette centrale et sur le gigantesque complexe atomique du Tricastin. Pour la sécurité des populations et des travailleurs, l’arrêt immédiat des réacteurs et du site s’impose !

Une fuite de tritium négligée par EDF

Le 8 juillet 2013, EDF a détecté une fuite de tritium dans les eaux souterraines de la centrale du Tricastin. Symptomatique d’un problème de sûreté, cette fuite aurait dû appeler une réponse immédiate. Pourtant, ce n’est que le 6 août, presque un mois après, qu’elle a été déclarée à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Malgré un premier constat, puis une décision de l’ASN sommant EDF de procéder à une surveillance renforcée des eaux souterraines et de déterminer les équipements à l’origine de la fuite, l’exploitant a minimisé le problème : il lui a fallu plus de cinq mois pour déterminer qu’un joint défectueux serait potentiellement responsable de la pollution. Alors même que les eaux sous la centrale témoignent d’une présence anormale de tritium, largement supérieure à la norme autorisée, EDF continue de parler d’une « légère infiltration » [1] !

Pourtant, le tritium est une substance radioactive et dangereuse, qui provoque des dommages à l’ADN. Très volatil, difficilement détectable, il se mélange facilement à l’eau. Seuls des procédés extrêmement coûteux – et utilisables uniquement en laboratoire - permettraient de le filtrer. Il y a là une vraie menace pour la santé des riverains et des travailleurs de la centrale, d’autant que l’eau tritiée pompée dans les eaux souterraines est rejetée ensuite dans un canal par EDF !

Face à ce risque inacceptable et à l’impardonnable inaction de l’exploitant, le Réseau "Sortir du nucléaire", avec le soutien de l’association "Sortir Du Nucléaire Drôme-Ardèche", porte plainte contre EDF pour pollution des eaux, retard dans la déclaration d’incident et pour cinq violations à la réglementation technique relative aux installations nucléaires de base.

Tricastin, un site et des réacteurs à fermer immédiatement !

Cette fuite s’ajoute aux nombreux incidents et dysfonctionnements qui frappent la centrale depuis des mois : incidents électriques spectaculaires, engorgement du réacteur n° 2 par des boues [2]… Avant qu’un problème plus grave ne survienne, il est grand temps d’arrêter ces réacteurs vieillissants, qui ont largement dépassé les 30 ans de fonctionnement pour lesquels ils ont été conçus et dont les cuves présentent déjà d’inquiétantes fissures.

Le site nucléaire sur lequel est implantée la centrale, un des plus gros complexes atomiques d’Europe, collectionne aussi les problèmes de sûreté. Échantillon de ces derniers mois : rupture d’une tuyauterie à l’usine Areva NC Pierrelatte, laissant s’échapper de la poudre d’uranium appauvri sur le sol [3] ; déversement de 30 kilos de matières uranifère à Areva Socatri suite au basculement d’un fût [4] ; violation des procédures d’utilisation du dangereux gaz trifluorure de chlore lors du rinçage des canalisations de l’ancienne usine d’enrichissement Georges Besse [5]… Il est inacceptable que les pouvoirs publics laissent cette liste s’allonger, au mépris de la santé et de la sécurité des riverains et des travailleurs du site !

L’arrêt immédiat des réacteurs du Tricastin et de l’ensemble du site s’impose, avant que ne survienne un accident grave.

Dossier juridique complet et texte de la plainte.

Notes :

[1] Légère infiltration

[2] Engorgement par les boues

[3] Poudre d’uranium appauvri

[4] Déversement de matières

[5] Rinçage des canalisations

Le libre-échange n’est pas une fatalité : retour sur un monument oublié, la Charte de La Havane François Collart Dutilleul Reporterre 2013/12/19 François Collart Dutilleul (19 décembre 2013) Le libre-échange n’est pas une fatalité : retour sur un monument oublié, la Charte de La Havane. Reporterre. Tribune — fr

Le libre-échange n’est pas une fatalité : retour sur un monument oublié, la Charte de La Havane

En 1944, la communauté internationale avait élaboré un accord de commerce prenant réellement en compte la nécessité de sauvegarder l’agriculture et les ressources naturelles. C’était un « développement durable » avant l’heure. Mais en raison du décès de Roosevelt, cette Charte de La Havane ne fut pas mise en oeuvre, et l’OMC allait s’imposer.

Les négociations des États membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) se sont achevées le 7 décembre dernier par un accord appelé « le paquet Bali ». Cet accord a été salué par les responsables de l’OMC comme « un pas important vers l’achèvement du cycle de Doha ». Il aurait pour mérite de conserver un multilatéralisme plus favorable aux pays en développement que la multiplication d’accords bilatéraux. Pour autant, les questions de développement, d’emploi, de gestion des crises alimentaires et de préservation des ressources naturelles n’y sont introduites que par petites touches.

Ces petites touches sont insuffisantes si l’on veut véritablement mettre le commerce international au service du développement durable. Mais comment faire ? La solution se trouve peut être dans une charte élaborée juste après la Seconde guerre mondiale, signée mais jamais ratifiée : la Charte de la Havane, initiée lors de la conférence de Hot Springs de 1943.

Un peu d’histoire…

A l’initiative du Président Roosevelt qui souhaitait établir un nouvel ordre mondial pour une paix durable dans l’après-guerre, trois conférences furent réunies aux Etats-Unis entre les pays alliés : à Hot Springs en mai 1943 sur l’agriculture et l’alimentation, à Philadelphie en mai 1944, sur le travail et l’emploi, et à Bretton Woods en juillet 1944 sur la monnaie et la finance.

La conférence de Hot Springs était inspirée par la conviction que l’éradication de la faim et de la pauvreté est une condition de la paix. Cette conférence a produit deux effets majeurs. Elle a pour la première fois lié ressources naturelles, agriculture et alimentation dans les politiques publiques à mettre en œuvre, aux plans national et international. Elle a aussi créé une organisation internationale qui allait devenir la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) deux ans plus tard.

L’Acte final de la conférence fait référence à l’alimentation comme un droit de l’humanité, ce qui suppose la mise en œuvre d’une politique d’abondance, la gestion des ressources de l’agriculture et l’accroissement de la production des denrées alimentaires. Si elle encourage le commerce international des denrées, elle préconise aussi le paiement de prix suffisants aux producteurs, la nécessité de l’intervention directe des États « de la fourche à la fourchette », et le contrôle des fluctuations des prix des produits agricoles et alimentaires.

On est loin de l’instauration d’un marché autorégulateur. Mais tout le monde a oublié la conférence de Hot Springs. C’est pourtant sur ces bases qu’en 1945, Roosevelt lance avec cinquante-trois pays, dont la Chine, la Russie, la France, la Grande Bretagne et bien sûr les États-Unis, des négociations sur les relations internationales du commerce. Il meurt peu après et ne les accompagnera pas. Elles se termineront en mars 1948 à La Havane.

Alors qu’on approche de la fin de ces négociations, vingt-trois pays décident de mettre en œuvre sans attendre un système de libre-échange qui s’appuie sur l’un des chapitres de ce qui deviendra la charte de La Havane quelques mois plus tard. Ils baptisent leur accord le GATT (General agreement on tariffs and trade). Cet accord est conçu comme un système provisoire et appelé à disparaître une fois que la totalité de la charte sera adoptée. Après avoir signé le GATT en octobre 1947, ces vingt-trois pays ont repris la négociation générale à La Havane avec les trente autres.

Un régime spécial pour les produits de l’agriculture

La Charte de La Havane est libérale dans son inspiration, comme le GATT, mais avec un régime spécial pour les produits de l’agriculture, du sous-sol (mines), de la pêche et de la forêt. Après avoir été signée par les cinquante-trois pays participant à la discussion, elle devait être ratifiée par les Parlements.

Mais tous ont attendu que les États-Unis la ratifient avant de le faire eux-mêmes. Ceux-ci l’auraient sans doute fait si Roosevelt n’était pas mort, mais son successeur, Harry Truman s’est retrouvé face à un Congrès plutôt hostile et très libéral, et la ratification n’a donc jamais eu lieu.

Le monde a beaucoup perdu en n’optant pas pour la Charte de La Havane. Le GATT a perduré, puis tous les pays s’y sont peu à peu ralliés, jusqu’à sa transformation en OMC en 1994-1995 et à la "mondialisation libérale" actuelle.

Cette charte avait comme objectif la recherche du plein emploi et le développement du commerce n’était qu’un moyen d’y contribuer. Elle avait surtout un chapitre 6 qui posait des règles spécifiques et moins libérales pour le commerce des « produits de base », autrement dit pour les produits des ressources naturelles.

En effet, la charte fixait des objectifs qui justifiaient des dérogations au libre-échange : sécurité alimentaire, réglementation des prix en cas de volatilité, priorité accordée aux produits nationaux dans le but d’améliorer la situation de l’emploi, préservation des ressources naturelles, maîtrise de prix équitables pour les consommateurs et bénéfiques pour les producteurs. C’était un développement durable avant l’heure.

C’est pourquoi le "programme Lascaux" (programme international de recherche en droit et sciences sociales)(1) fait d’un retour à l’esprit du chapitre 6 de la Charte de La Havane l’une de ses principales propositions.

Si cette charte voyait le jour aujourd’hui, elle permettrait non seulement une meilleure prise en compte des enjeux de développement durable dans les règles qui régissent le commerce international, mais également un dialogue plus poussé entre la FAO et l’OMC, qui fait défaut aujourd’hui.

Note :

(1) Financé par l’Union Européenne, le programme de recherche Lascaux a pour objectifs de diagnostiquer les causes juridiques de l’insécurité alimentaire dans le monde et de proposer des pistes de solutions.

Areva a-t-elle offert un avion au président du Niger ? L’Observatoire du nucléaire publie de forts indices Camille Martin (Reporterre) Reporterre 2013/12/19 Camille Martin (Reporterre) (19 décembre 2013) Areva a-t-elle offert un avion au président du Niger ? L’Observatoire du nucléaire publie de forts indices. Reporterre. fr

Areva a-t-elle offert un avion au président du Niger ? L’Observatoire du nucléaire publie de forts indices

Vendredi 20 décembre, Stéphane Lhomme, animateur de l’Observatoire du nucléaire sera confronté au Tribunal de grande instance de Paris à la compagnie Areva, qui l’a assigné en justice. Areva estime que l’accusation de corruption de l’Etat nigérien - versement de 35 millions d’euros - que porte contre elle M. Lhomme est infondée et le poursuit pour diffamation.

L’Observatoire du nucléaire publie sur son site un document à l’appui de ses dires.

Il s’agit d’une lettre d’amendement au projet de budget 2013 de l’Etat du Niger, datée du 29 novembre 2012, signée par le ministre nigérien des Finances Gilles Baillet, et qui précise les modifications de dernière minute.

Un tableau permet de constater que la plupart des nouvelles dépenses correspondent à des recettes d’un montant équivalent. Plus particulièrement, le « don d’Areva » de 17 milliards de France CFA (26 millions d’euros) est directement pré-affecté à l’achat d’un avion présidentiel (10 milliards FCFA) et d’un avion de reconnaissance (7 milliards FCFA).

Tableau à télécharger :

L’Observatoire du nucléaire a de surcroît mis en ligne l’enregistrement audio de la séance du 4 décembre 2012 à l’Assemblée nationale du Niger, notamment de l’intervention du ministre des finances Gilles Baillet.

- Gilles Baillet -

Dans une dépêche du 18 décembre, l’AFP indique que « la voix [de M. Baillet] a été identifiée par un journaliste de l’AFP comme étant celle de M. Baillet. L’occasion à laquelle il s’exprime n’a pu être confirmée ».

Voici ce que l’on entend sur l’enregistrement : « Et je dois également préciser que ce don ne lie en rien du tout le gouvernement dans son engagement à avoir des conventions gagnant-gagnant avec Areva. Voilà, bon, ça, vous êtes libres de penser ce que vous voulez… ».

Areva a reconnu le versement d’une aide de 35 millions d’euros en trois ans. Mais, selon la compagnie interrogée mercredi 18 décembre par l’AFP, elle « n’a jamais versé d’argent à l’Etat du Niger pour l’achat d’un avion ou quelque autre affectation que ce soit. La construction de son budget par l’Etat souverain du Niger relève des seules autorités nigériennes ».

L’Observatoire du nucléaire maintient que « le versement de ce curieux ’don’ est une pratique relevant de la corruption, au moins moralement si ce n’est juridiquement. L’objectif d’Areva est assurément d’inviter les dirigeants du Niger à continuer à porter de façon très modérée les revendications du peuple nigérien qui ne supporte plus d’être contaminé et spolié par l’industrie nucléaire française. Cette dernière alimente ainsi à bon compte son parc de centrales dans le cadre d’une fausse ’indépendance énergétique’ basée... sur l’importation de l’uranium ».

Appel pour une zone blanche en Ardèche Marie (Le Rayon Vert) Reporterre 2013/12/20 Marie (Le Rayon Vert) (20 décembre 2013) Appel pour une zone blanche en Ardèche. Reporterre. Tribune — fr

Appel pour une zone blanche en Ardèche

En Ardèche, une des rares « zones blanches », c’est-à-dire à peu près libres d’ondes électromagnétiques, est menacée d’un nouveau relais téléphonique.

A Pailharès en Ardèche, commune de mes parents, il y a une zone presque blanche c’est-à-dire que le portable ne passe pas partout, pas très bien et donc que cette zone est encore relativement indemne de pollution aux ondes électromagnétiques.

Nous avons découvert ça, quand une femme électrohypersensible, Isabelle, est venue se réfugier là pour cette raison, car les ondes et notamment la proximité des antennes relais, mais aussi de téléphones mobiles allumés, d’ordinateurs, lui provoquent différents problèmes de santé (mauvaise irrigation du cerveau, troubles de l’équilibre, problèmes de mémoire, migraines insupportables, paralysies partielles, pertes de sommeil, etc.).

Les symptômes varient selon l’intensité et la nature des appareils. Isabelle est à un stade qui justifie qu’on la qualifie d’hypersensible. Depuis 3 ans, elle a réussi à se reconstituer un peu. Elle n’est pas seule dans ce cas, et les EHS sont en grande détresse car les endroits non pollués par les ondes deviennent de plus en plus rares.

Leur problème n’est pas du tout reconnu en France sauf par le professeur Dominique BELPOMME, seul médecin à avoir établi un diagnostic précis de l’électro sensibilité et hypersensibilité. Quant à l’étranger, en Angleterre et d’autres pays, les EHS sont d’office internés en HP ; en Allemagne, toute association relative au sujet se voit empêchée dès le début ; en Suède c’est reconnu comme un handicap et indemnisé comme tel.

Les victimes de ce syndrome sont de plus en plus nombreuses mais l’ignorent pour la plupart. Un déni formidable existe à l’échelle de la société, à cause de plusieurs facteurs :

- des lobbies très puissants, - des intérêts financiers colossaux derrière l’extension de la technologie de communication à tous les domaines de la vie, - un attachement très fort au mythe du progrès : les EHS ne sont défendus ni par la droite, ni par la gauche ; le PS est à fond pour désenclaver les campagnes, mettre des ordinateurs dans les maternelles, faire de la croissance sur cette technologie.

A Pailharès, un projet d’antenne a vu le jour et malgré la poignée d’opposants, les travaux ont commencé. D’ici quelques mois, une des dernières zones blanches (enfin grise mais vivable) habitée va disparaître.

Nous avons créé une association, « Le Rayon Vert », pour défendre ces zones peu polluées par les ondes, pour que les EHS et autres personnes sensibles puissent avoir des lieux de vie et des refuges. D’ailleurs la résolution européenne n°1815 de mai 2011 préconise dans chaque état européen la création de zones blanches non couvertes par les réseaux sans fil afin de protéger les personnes EHS. Nous voulons faire connaître ce problème et travailler sur la prévention.

Or le sujet est méconnu, et surtout dérange : on touche aux pratiques quotidiennes voire intimes (certains ados sont paniqués s’il leur faut éteindre leur portable, à l’idée de rater un sms). Et en plus cela ne se voit pas, cela ne peut nuire : ça rappelle le nucléaire.

Bref avec mon enthousiasme et mon indignation, je n’arrive à intéresser personne au sujet, mais alors personne. Pourtant l’enjeu est de taille, il s’agit de santé publique, de notre mode de vie et aussi d’éducation, sans parler de l’obsolescence rapide de ces technologies sans cesse remplacées par d’autres, des matières premières utilisées pour la fabrication de toutes ces machines à renouveler souvent par de plus récentes ; c’est fou.

La publicité omniprésente incite les gens à acheter une technologie qui abîme leur santé ; troubles du sommeil et de l’attention ainsi que maux de tête pour ne nommer que les premiers troubles qui apparaissent chez les personnes non encore EHS. Depuis quelques années, apparition de cancers du nourrisson, multiplication des cancers de l’enfant.

Malgré l’OMS en mai 2011 qui a classé les rayonnements électromagnétiques comme « possibles cancérigènes », aucune mesure de précaution n’est envisagée par les politiques pour limiter leur expansion. On le voit bien avec le rapport tout récent de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire).

Ici, à Pailharès la construction de l’antenne relais est quasi achevée malgré de multiples démarches auprès des élus et un recours au tribunal administratif pour absence de permis de construire. Nous avons besoin du soutien de tous pour défendre le droit de vivre quelque part et non de survivre comme c’est le cas pour beaucoup de ces personnes atteintes d’intolérance aux ondes électromagnétiques artificielles. Ce combat permet également de faire prendre conscience de la nocivité de ces ondes pour tous et de faire passer des messages de prévention.

Le maintien de cette zone en Ardèche permettrait à Isabelle de ne pas refaire son baluchon sans savoir où aller, et pourrait permettre à d’autres personnes EHS de bénéficier de ce site pour se ressourcer ou s’installer à plus long terme. Nous aurons certainement besoin de votre présence lors d’une prochaine mobilisation afin de tenter de préserver cette zone et le cas échéant, de mettre les élus devant leur responsabilité quant à la suppression d’un lieu de vie d’une personne sans solution de repli. Merci de prêter attention. Nous vous tiendrons au courant de la date de la mobilisation.

Le phénomène des lanceurs d’alerte témoigne de la maladie de la démocratie Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/20 Barnabé Binctin (Reporterre) (20 décembre 2013) Le phénomène des lanceurs d’alerte témoigne de la maladie de la démocratie. Reporterre. Luttes fr

Le phénomène des lanceurs d’alerte témoigne de la maladie de la démocratie

Nucléaire, gaz de schiste, perturbateurs endocriniens : sans lanceurs d’alerte, la situation serait encore pire que ce qu’elle est. Un colloque a réfléchi à leur rôle dans un système de décision de moins en moins démocratique.

La philosophe Catherine Larrère rappelait récemment qu’être écologiste, avait d’abord été d’être lanceur d’alerte, tels Aldo Léopold ou Rachel Carson. Le rôle des lanceurs d’alerte reste toujours aussi important, qu’il s’agisse de l’énergie nucléaire, des OGM (organismes génétiquement modifiés), du gaz de schiste, des perturbateurs endocriniens ou des ondes électromagnétiques.

Mais leur reconnaissance par la société politique est toujours aussi difficile, comme l’a montré le colloque organisé, mardi 17 décembre, par la Fondation Sciences citoyennes, sur le thème « Alerte, expertise et démocratie ».

Pour Michèle Rivasi, qui est passée de l’expertise indépendante avec la CRIIRAD (Commissionde recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) au jeu institutionnel avec EELV (Europe Ecologie Les Verts) dont elle est députée européenne, le problème tient à la « gadgétisation » des processus de concertation publique :

« On organise des grandes conférences citoyennes pour l’aide à la décision, mais… la conclusion est prête avant même les débats. C’était le cas avec la commission nationale de débat public sur les EPR, comme avec celle sur les déchets radioactifs. A chaque fois, on instrumentalise les processus participatifs. La seule commission qui ait réellement pris en compte l’avis citoyen est celle qui concernait les lignes haut-tension dans les gorges du Verdon… et à la fin, le projet a été annulé ».

Des outils de concertation existent, comme le référendum, facilement utilisable à l’échelle municipale. Mais « les politiques ont peur du débat public, de ce qu’il peut faire advenir. Alors ils prennent la décision en amont. Les rencontres entre partenaires ne sont que du ‘blabla’. On a un vrai souci dans les neurones de la gouvernance de la politique française ».

Un homme dans la salle rappela l’issue du référendum sur le traité européen. Refusé par les peuples français, irlandais et néerlendais en 2005, ce traité a quand même été imposé sous l’habillage du Traité de Lisbonne. Selon Michèle Rivasi, les conséquences sont profondes, à travers une défiance grandissante à l’égard du monde politique : « Les politiques sont les premiers responsables de la perte de crédibilité dont ils sont victimes aujourd’hui ».

De leur côté, les lobbys infiltrent les lieux officiels d’expertise scientifique, comme l’a montré Martin Pigeon de Corporate Europe Observatory (Observatoire des multinationales européennes). A travers une étude publiée récemment, il s’est intéressé aux liens d’intérêts des deux cent dix scientifiques siégeant à l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) :

« Le résultat est plus grave que ce que nous imaginions : 58 % des experts ont des liens d’intérêts – souvent financiers – avec des entreprises commerciales dont les activités correspondent au champ d’investigation de l’EFSA ».

L’enjeu réside aujourd’hui dans l’indépendance de l’expertise scientifique : « C’est un schéma typique de l’oligarchie. Les politiques s’appuient pour prendre leur décision sur un discours présentant la science comme source de vérité et de neutralité. Mais de quelle science parle-t-on ? Lorsqu’elle fait allégeance aux intérêts commerciaux, l’objectivité n’existe pas ».

Le domaine des OGM en est peut-être l’exemple le plus significatif. Eric Meunier, rédacteur au site Inf’OGM qui propose une information indépendante sur ce thème, constate cette manipulation de l’expertise :

« Les entreprises d’innovation en biotechnologie édictent elles-mêmes, à travers ces organismes, les règles de mise sur le marché, et dans le même temps, on refuse la parole aux citoyens et aux gouvernements sous prétexte que l’expertise scientifique leur ferait défaut ».

Conclusion générale : face aux poids des intérêts établis, le travail des lanceurs d’alerte est essentiel. Et rappelle combien la question de la transparence est fondamentale en démocratie : qui prend véritablement les décisions, en tenant compte de quels avis, avec quel financement ?

Ils livrent tout, par tous les temps et à l’heure... en vélo ! Grégoire Comhaire (Reporterre) Reporterre 2013/12/20 Grégoire Comhaire (Reporterre) (20 décembre 2013) Ils livrent tout, par tous les temps et à l’heure... en vélo !. Reporterre. fr

Ils livrent tout, par tous les temps et à l’heure... en vélo !

Au pays du vélo, Eddy Merckx a fait des émules. Mais pas forcément pour la compèt’. A Bruxelles, une jeune entreprise lance la livraison à vélo, de la simple lettre au canapé trois places, et se montre tout aussi efficace, sinon plus, que les services de livraison motorisés, tout en proposant une alternative à l’étouffement du traffic automobile bruxellois.

- Correspondance, Bruxelles

Un colis à livrer ? Une lettre ? Une machine à laver ? Pas besoin d’appeler une camionnette ou un service de livraison polluant. Pour le même prix, et par la simple force de leurs jambes, et de leur guidon, les livreurs à vélo de “Dioxide de Gambettes” amèneront vos envois à bon port, quelle que soit la météo, et sans jamais souffrir des embouteillages.

Dioxide de Gambettes, c’est le nom de la petite entreprise bruxelloise fondée en 2009 par Damien Lesca (34 ans). Une structure de trois personnes, qui pédalent à contre-courant, et qui a transporté 38 tonnes – l’équivalent d’un semi remorque - l’an dernier, sans jamais déroger à la sacro-sainte règle de la ponctualité.

“Tout est parti d’un constat” explique Damien Lesca. “Bruxelles est étouffée par le traffic, notamment par les centaines de milliers de voitures qui y entrent chaque jour, conduites par des gens qui n’y vivent pas et qui viennent pour y travailler.”

“Ces automobilistes”, poursuit-il, “voient notre ville comme un grand parking. L’espace public se réduit chaque jour un peu plus au profit des voitures.” Des voitures où les gens sont seuls, le plus souvent, et qui donnent à Damien Lesca un profond sentiment d’étouffement. “Il y a cent quarante sociétés de livraison enregistrées à Bruxelles. Chaque jour on brûle du pétrole pour transporter des petites enveloppes dans des grandes camionnettes. C’est un véritable gaspillage des ressources naturelles, un vrai gâchis.” Le concept de Dioxide de Gambette était né.

Damien Lesca s’achète un vélo danois muni d’une sorte de benne à l’avant, auquel il est possible de rajouter une remorque, au besoin. Il commence seul mais est vite rejoint par deux comparses, Fanny et Thomas, qui permettent à l’entreprise de couvrir les dix-neuf communes (arrondissements) bruxelloises pour des envois allant de la simple enveloppe au canapé trois places !

L’avantage d’avoir recours à un livreur à vélo est double : il est “eco-friendly”, et aujourd’hui beaucoup de particuliers et d’entreprises intègrent la dimension d’empreinte écologique dans leurs comportements.

Il est économique, ensuite, puisque Damien et ses collègues se faufilent sans problème à travers les voitures. “Certains clients, comme les snacks ou les traiteurs, ont un besoin impératif que la commande arrive à l’heure. S’ils envoient leurs sandwichs en camionnette, ils courent le risque que la commande soit bloquée des heures dans un embouteillage.”

Dans une ville où la mobilité est catastrophique Damien a donc trouvé un bon créneau. Les clients ne manquent pas, des plis administratifs aux distributions de magazines, en passant par les déménagements et la livraison de paniers bios. Mais la structure mise en place il y à quatre ans a tout de même du mal à se développer.

“Je sens qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure. Il faudrait mettre quelqu’un à temps plein à l’administratif, engager plusieurs cyclistes, acheter d’autres vélos, commencer des livraisons en tandem pour des envois plus lourds. Mais il n’y a pas de soutien des pouvoirs publics. On est dans le règne de la machine. Si je voulais acheter un camion électrique, je l’aurais presque gratuitement grâce aux primes de la Région. Mais pour embaucher des cyclistes il n’y rien. Personne ne s’intéresse à une structure de trois personnes.”

Damien craint l’arrivée, un jour, d’un investisseur qui mettra d’un coup vingt-cinq vélos sur le terrain et viendra tuer dans l’oeuf cette belle entreprise qu’il s’efforce de faire éclore. Mais en attendant, lui et ses amis se sont lancés il y a quelques jours dans un défi de taille : amener 450 kilos de sapins depuis les Ardennes belges vers Bruxelles (180 kilomètres) en trois jours.

“Ce défi, c’était l’occasion de montrer au grand jour tout ce qu’il est possible de transporter à vélo. On peut transporter presque tout, et pas seulement les petits colis. C’est aussi une volonté de prise de conscience autour de la notion de “Sport utile”. Une notion qui naît au regard des parcs bruxellois, pris d’assaut sur le temps de midi par des centaines de joggeurs qui se dépensent pour préparer des marathons mais effectuent tous leur déplacements en voiture. Dans la société d’aujourd’hui, les gens travaillent tellement qu’ils n’ont plus le temps d’être en mouvement. Par contre, certains vont dépenser une énergie folle à réaliser des exploits parfaitement inutiles.”

A travers leur métier, Damien, Fanny et Thomas, prouvent qu’on peut rester en forme tout en gagnant sa vie et en inventant d’autres manière de participer à l’économie.

Clown activisme à la ZAD Reporterre 2013/12/20 (20 décembre 2013) Clown activisme à la ZAD. Reporterre. fr

Clown activisme à la ZAD

Semaine de clown activisme à la ZAD de Notre Dame des Landes du 28 décembre au 5 janvier !

Quoi qu’il arrive d’autre, nous sommes déjà quatre clowns, deux de la Brigade Parisienne et deux de celle de Tours, à venir animer chaque jour des ateliers « clown activisme » sur la ZAD du 28 décembre au 5 janvier... soit neuf jours de clowneries pour bien commencer l’année...

Le menu provisoire ?

Autoréduction pour se payer un super nouvel an sur le dos des actionnaires et multinationales, Grand Banquet offert par un supermarché (bon y sont pas encore au courant, mais ça va venir...), des entrainements chaque matin et des lâchers de clowns chaque aprem, des ateliers couture, costumes, affiches, dessin... et tout un tas de partage de jeux collectifs coopératifs utiles partout...

Les horaires et lieux précis, ainsi que les détails techniques, ce sera pour plus tard... mais ce serait très bien que l’info circule le plus vite possible...

Pour les inscriptions et questions : devenezvousmeme (arobase) zici.fr

Et les Infos

« La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique » Entretien avec Serge Latouche Reporterre 2013/12/21 Entretien avec Serge Latouche (21 décembre 2013) « La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique ». Reporterre. Entretien — Économie fr

« La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique »

Dans un entretien avec Reporterre, Serge Latouche rappelle l’histoire de la décroissance, et prend ses distances avec la gauche.

Serge Latouche est professeur émérite d’économie et un des principaux inspirateurs du mouvement de la décroissance. On avait envie de le revoir, pour retracer les racines de la décroissance, entre Club de Rome, Illich et Gorz, et savoir où il en est par rapport au pouvoir, aux économistes altermondialistes, et à la gauche.

Reporterre - Quelle est l’histoire de la décroissance ?

Serge Latouche - L’histoire de la décroissance, en tant qu’étiquette, est très brève. Cette appellation a été inventée dans les années 2000 par des « casseurs de pub ». Elle a pour fonction de casser la langue de bois. Comme le dit Paul Ariès, c’est un « mot-obus ». Mais derrière ce mot, il y a tout un projet d’objection de croissance. Et ce projet a une assez longue histoire.

Elle débute en 1972 avec la publication du rapport au Club de Rome Les limites de la croissance. En tant que projet de société socialiste anti-productiviste et anti-industraliste, la décroissance est alors proche de l’écosocialisme qui apparaît dans les mêmes années avec André Gorz. Cette première phase de la décroissance est essentiellement une phase de critique de la croissance : on veut l’abandonner car elle n’est pas soutenable. C’est une phase « écologique ».

Mais un second courant, porté par Ivan Illich – qui a d’ailleurs refusé de participer au Club de Rome –, est apparu en disant que ce n’est pas parce que la croissance est insoutenable qu’il faut en sortir, mais parce qu’elle n’est pas souhaitable ! C’est la critique du développement – terme que l’on utilise dans les pays du Sud comme équivalent de la croissance au Nord –, c’est le mouvement post-développementiste. Personnellement, je me rattache à ce courant-là depuis que j’ai viré ma cuti au milieu des années 1960 alors que j’étais au Laos. La fusion de ces deux courants s’est opérée à l’occasion du colloque organisé en février-mars 2002 à l’Unesco « Défaire le développement, refaire le monde ».

Pourquoi la croissance n’est-elle pas souhaitable ?

Elle n’est pas souhaitable parce qu’elle est, comme le disait Illich, la destruction du vernaculaire. C’est la guerre aux pauvres. Une guerre qui transforme la pauvreté en misère. La croissance développe les inégalités, les injustices, elle détruit l’autonomie. Illich a développé cette thèse avec la critique des transports, de l’école, de la médecine, en analysant la façon dont les institutions engendrées par le développement et la croissance acquièrent un monopole radical sur la fourniture de ce qui permet aux gens de vivre et qu’ils se procuraient jusqu’alors par leurs propres savoir-faire traditionnels. Ayant travaillé sur le Tiers-Monde, j’ai effectivement vu, en Afrique, en Asie, comment le rouleau compresseur de l’occidentalisation détruisait les cultures.

Quel regard portez-vous sur les économistes ?

L’économie est une religion, et non pas une science. Par conséquent, on y croit ou on n’y croit pas. Les économistes sont des prêtres, des grands ou des petits, des orthodoxes ou des hétérodoxes. Même mes amis Bernard Maris ou Frédéric Lordon – les meilleurs d’entre eux. Les altermondialistes, par exemple, dont la plupart sont des économistes, ont tendance à réduire tous les malheurs du monde au triomphe du néo-libéralisme. Mais ils restent dans le productivisme et la croissance. Or le mal vient de plus loin. La décolonisation de l’imaginaire que je préconise vise précisément à extirper la racine du mal : l’économie. Il faut sortir de l’économie !

Quelle est votre définition de la décroissance ?

C’est très difficile de définir la décroissance car je considère que ce n’est pas un concept, c’est une bannière, un drapeau. Pour moi, c’est un mot d’ordre qui permet de rallier les objecteurs de croissance. C’est aussi un horizon de sens vers lequel chacun chemine comme il l’entend. La décroissance permet surtout de s’affranchir de la chape de plomb de l’impérialisme économique pour recréer la diversité détruite par l’occidentalisation du monde. Elle n’est pas à proprement parler une alternative, mais plutôt une matrice d’alternatives : on ne va pas construire une société décroissance de la même façon au Chiapas et au Texas, en Amérique du Sud et en Afrique... Il y a des histoires et des valeurs différentes.

Avec la décroissance, on n’est plus dans l’intérêt, l’égoïsme, le calcul, la destruction de la nature, dont l’homme serait maître et possesseur, ce qui définit le paradigme occidental. On veut vivre en harmonie avec elle et, par conséquent, retrouver beaucoup de valeurs des sociétés traditionnelles. On sort aussi de la vision « économiciste » de la richesse, de la pauvreté, de la rareté. D’où l’idée d’« abondance frugale », qui semble être un oxymore du fait de la colonisation de notre imaginaire, mais qui dit en réalité qu’il ne peut y avoir d’abondance sans frugalité et que notre société dite d’abondance est au fond une société de rareté, de frustration et de manque. La décroissance implique aussi évidemment une autre répartition des richesses, une autre redistribution, le changement des rapports de production, une démondialisation, pas seulement économique – à la Montebourg –, mais aussi culturelle. Il faut retrouver le sens du local et, naturellement, réduire notre empreinte écologique, réutiliser, recycler, etc., ce que l’on a définit par les « 8 R ».

Comment les idées décroissantes peuvent-elles avancer dans notre société ?

Pour moi, même si on a en face de nous à une énorme machine médiatique qui matraque et qui manipule, tous les terrains sont bons. Comme le terrain politique, par exemple. Je crois beaucoup, non pas à la politique de participation, mais à la politique d’interpellation. On ne veut pas le pouvoir. Le pouvoir est toujours mauvais, mais c’est une triste nécessité. On veut seulement que le pouvoir respecte nos droits. La décroissance doit être un mouvement d’interpellation du pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche.

A la différence de mes camarades du journal La Décroissance, qui passent leur temps à exclure, je pense que nous devons faire un bout de chemin avec des gens comme Pierre Rabhi, Nicolas Hulot, le mouvement Slow Food, etc. La décroissance, c’est comme une diligence. Même s’il y a un cheval qui tire à hue et l’autre à dia, l’important est que la diligence avance. Les initiatives des villes en transition et de simplicité volontaire – comme ce qu’Illich appelait le « techno-jeûne » – s’inscrivent aussi parfaitement dans la décroissance.

La décroissance contient-elle en germe un « risque de pureté » ?

Oui. Toute culture a un double mouvement, centrifuge et centripète. Et une culture n’existe que dans le dialogue avec les autres cultures. Par conséquent, soit elle est ouverte et accueillante, soit elle a tendance à se replier sur elle-même et à s’opposer, c’est l’intégrisme. On trouve cela dans les mouvements politiques et religieux. Même dans les sectes philosophiques.

La décroissance est quelque fois dénoncée comme étant autoritaire. Les décroissants seraient des catastrophistes, des « prophètes de malheur ». Que répondez-vous à ce genre de critiques ?

C’est n’importe quoi. Il est vrai aussi que les gens qui adhèrent à la décroissance ne sont pas très différents de ceux qui adhéraient autrefois au socialisme, au communisme, au mouvement Occident... Il y a de tout : le bon grain et l’ivraie ! Via leur histoire personnelle, certains sont intolérants, d’autres sectaires, d’autres encore ont une vision manichéiste des choses. Il ne faut pas pour autant accuser le projet de la décroissance des vices de ceux qui la diffusent.

Au contraire, la décroissance nous permet de renouer avec ce qui était la base de toutes les philosophies de toutes les sociétés et cultures humaines : la sagesse. Comme dans le stoïcisme, l’épicurisme, le cynisme, le bouddhisme, etc. Le fondement de tout cela est ce que les Grecs appelaient la lutte contre l’hubris. L’homme doit discipliner sa démesure, s’auto-limiter. C’est seulement ainsi qu’il peut espérer mener une vie saine, heureuse, juste, équilibrée. Alors si c’est cela un projet autoritaire...

Vous avez écrit un ouvrage intitulé L’âge des limites. Quelle pourrait être cette nouvelle ère ?

Avec la modernité, les limites sont devenues bidon. Il faudrait s’en émanciper. Mais s’il n’y a plus de limites, il n’y a plus de société. Certes, certaines limites doivent être remises en cause, mais on s’en donne de nouvelles. On déplace les frontières, mais on ne les abolit pas. Je suis viscéralement attaché aux libertés individuelles, mais à l’intérieur de certaines limites. Est-ce qu’une société démocratique peut exister avec une absence totale de limites à l’enrichissement et à l’appauvrissement personnel ?

Jean-Jacques Rousseau a écrit qu’une société démocratique est telle que personne ne doit être riche au point de pouvoir acheter l’un de ses concitoyens, et aucun ne doit être pauvre au point d’être obligé de se vendre. Dans notre société, on en est loin... L’idéologie moderne stipule qu’on ne doit subir aucune atteinte à notre liberté, jusqu’à pouvoir choisir son sexe, la couleur de sa peau, sa nationalité, etc. C’est donc refuser l’héritage. Tout cela nous mène au transhumanisme : on n’accepte plus la condition humaine, on s’imagine être des dieux. La liberté, au contraire, c’est d’abord accepter les limites de sa propre culture, en être conscient et agir en conséquence, quitte à les remettre en question.

La décroissance est-elle de droite ou de gauche ?

Pour moi, elle est à gauche. Mais le débat est biaisé. Comme le dit Jean-Claude Michéa, finalement, ne faut-il pas abandonner la dichotomie droite-gauche qui tient à notre histoire ? Par exemple, dois-je interdire à Alain de Benoist de se revendiquer de la décroissance sous prétexte qu’il est classé à droite ? Est-ce qu’il est condamné ad vitam aeternam à être enfermé dans cette catégorie ? Sa position pourrait être réévaluée, rediscutée.

- Propos recueillis par Anthony Laurent

Pour nous, du lobby électromagnétique, tu es trop bon, Père Noël Frédéric Wolff Reporterre 2013/12/21 Frédéric Wolff (21 décembre 2013) Pour nous, du lobby électromagnétique, tu es trop bon, Père Noël. Reporterre. Tribune — fr

Pour nous, du lobby électromagnétique, tu es trop bon, Père Noël

Les lobbies n’ont jamais existé, de même que le père noël. Alors vraiment, pas d’inquiétude. Non, vraiment pas. Et merci quand même pour tout, en matière d’ondes électromagnétiques, on est vraiment gâté.

Cher Père Noël,

Nous t’écrivons pour une commande très particulière.

Nous avons été très gâtés, cette année. Même dans nos rêves les plus déraisonnables, nous n’aurions jamais espéré tant de cadeaux et d’attentions.

Tout a commencé avec les vœux que la ministre des télécoms nous a adressés en janvier dernier. Son propos sur les peurs irrationnelles, à propos du danger imaginaire des ondes de téléphonie mobile nous a profondément touchés, vraiment.

Le soir de l’enterrement sans débat du projet de loi de santé publique sur les rayonnements électromagnétiques, nous avons fêté l’évènement. L’euphorie était à son comble et, à ce stade, nous pensions avoir eu largement notre Noël. Mais c’était compter sans ton infinie bonté.

La mise en place de la 4G sans étude d’impact sanitaire et environnemental nous a fait chaud au cœur. Quant au rapport lénifiant de l’agence de sécurité sanitaire, l’ANSES, ce fût pour nous une surprise inespérée, vu le nombre colossal d’études scientifiques indépendantes très alarmantes. Mais tes largesses ne devaient pas s’arrêter là.

Technologies sans fil introduites à l’école dans l’enthousiasme général, pillage et saccage de la nature dans l’indifférence du grand nombre, emprise croissante de l’industrie numérique dans nos vies, flicage et assujettissement volontaire, augmentation du temps de cerveau disponible à la machine… Merci, merci, merci !

En plus, ce Noël qui vient s’annonce fantastique. Ainsi, les tablettes juniors autorisées à la publicité et à la vente pour les très jeunes enfants. Cette libéralité relève pour nous du miracle biblique. Quant à l’ANSES, qui sortira son rapport sur les ondes et les enfants après Noël, c’est trop, vraiment. Beaucoup trop.

Nous allons finir par être embarrassés devant tant de prodigalité. Une telle bienveillance va finir par se voir, Père Noël, et cela pourrait un jour se retourner contre nous.

Pour le Noël qui vient, surtout pas de cadeau supplémentaire. Nous nous satisferons du bonheur des bambins de quatre ans rayonnants avec leurs écrans. Nous avons aussi notre part d’humanité sensible et désintéressée. Si tu peux juste nous mettre de côté quelques milliers de sapins pour que nous puissions intégrer de façon esthétique nos antennes-relais dans l’environnement, ce serait là un beau geste pour la planète.

Sinon, notre commande est des plus simples : sur le fond, pas de changement ; sur la forme, quelques petits aménagements. Ainsi, pour le projet de loi sur les ondes qui doit être présenté au Parlement en janvier prochain, surtout pas de renvoi sans débat en commission, cette fois. L’idéal serait de consacrer plusieurs séances de discussions houleuses et d’accepter une ou deux concessions mineures pour donner l’illusion que nous sommes en démocratie. Bref, tu vois l’esprit. Donner l’impression de faire quelque chose sans rien faire. Finalement, nous sommes dans l’ère du virtuel, non ?

Enfin, un dernier mot concernant les électro-hypersensibles (EHS). Leur nombre ne cesse d’augmenter et nous sommes inquiets, très inquiets, même. On en parle de plus en plus dans les médias, notre image n’en sort pas grandie et ce sont là des clients en moins.

Alors voilà notre idée. Nous envisageons de créer une nouvelle activité de coach-conseil aux EHS. Comment apprendre à vivre dans une cage en tissus blindés, dans une cave humide, une caravane isolée, une grange délabrée en plein hiver ? Comment surmonter le mépris des autorités, la psychiatrisation du corps médical ?

Nous pensons également proposer à la vente des dispositifs de protection dernier cri contre les ondes, afin que tout un chacun puisse continuer à utiliser les nouvelles technologies. Il y va de la lutte contre l’isolement social et la fracture numérique. Nous comptons sur toi, le moment venu, pour la promotion de ces idées.

Enfin, une dernière demande : si tu pouvais demander aux ministres, conseils régionaux et généraux, de répondre aux courriers qui leurs sont envoyés à propos des EHS, ce serait parfait. Question d’image et de politesse, simplement.

Merci d’avance à toi. Tu trouveras notre chèque pour tes étrennes.

Le lobby du numérique

Recettes et idées pour un Noël écologique Olivia Desmoines Reporterre 2013/12/21 Olivia Desmoines (21 décembre 2013) Recettes et idées pour un Noël écologique. Reporterre. Quotidien fr

Recettes et idées pour un Noël écologique

Pour la neuvième année consécutive, le Collectif Vivre Autrement propose un Noël alternatif, moins polluant et plus respectueux de la planète en faisant le pari qu’échapper à la surconsommation peut être source de joie. Cette année, il propose un accompagnement aux personnes désireuses de changer leurs habitudes, sous forme d’un livret au titre provocateur : Noël sans cadeaux...mais avec joie, simplicité, imagination fête. Diffusé essentiellement par le bouche à oreille, ce livret est en train de remporter un beau succès avec huit mille exemplaires vendus en moins de deux mois dans seulement deux librairies et par commande téléphonique. Ceci démontre qu’il existe une vraie attente de pratiques alternatives pour ce rendez-vous très paradoxal qu’est Noël, entre spiritualité et ripaille, où toujours plus de personnes décident de questionner leurs pratiques.

Collectif vivre autrement qu’est-ce que c’est ?

Le Collectif Vivre Autrement est composé de vingt-quatre associations chrétiennes (protestantes et catholiques) des plus variées : scouts et éclaireurs, associations de femmes, mouvements ruraux ou associations de solidarité.... Elles se réunissent chaque année pour inventer ensemble un message alternatif aux injonctions de consommations véhiculées par la publicité. Durant huit ans, des messages ont été diffusés par affichage : « Ne prenons pas noël pour une dinde » ; « Arrêtons l’hyper noël » ; « Offrons-nous un avenir », etc.

Cette année, le livret propose treize fiches pratiques issues d’un sélection d’expériences collectés par les rédacteurs, le jeune mouvement chrétien écolo : Chrétiens unis pour la terre, mais aussi des textes de réflexion, des témoignages...

Les cadeaux de Noël, une coutume très récente

D’après l’anthropologue Martyne Perrot, citée dans le livret, Noël n’est synonyme de cadeaux et de grande fête familiale que depuis le XIXe siècle. La coutume est née chez la bourgeoisie anglaise et a été diffusée par les grand magasins. Le collectif parie donc sur un noël de « libération », où l’on choisirait ce qui est à garder ou à laisser dans cette tradition.

Des idées concrètes

- En préparation du 24 décembre : Le livret explique comment fabriquer des cadeaux ou des décorations comestibles à la maison, par exemple des bonhommes en pain d’épice à suspendre dans la maison...puis à manger ; il montre comment fabriquer un sapin avec ces bouchons en liège que beaucoup gardent « au cas où » mais dont on ne sait que faire...et bien d’autres astuces écolo.

- Des idées pour le jour « j » : Le dernier chapitre, intitulé « célébrer sans blesser » propose des recettes pour un repas de Noël végétarien… et appétissant ! En effet, si même de grands chefs dénoncent aujourd’hui le gavage des animaux, l’opinion majoritaire considère toujours que rien n’est aussi bon et festif qu’une tartine de foie gras ou qu’une dinde farcie. Avec son entrée composée de Tartines de faux-gras (un foi gras végétal), ou de Trévise en aumônière, son plat de Rôti de noix ou son Soufflé de Noël, ou sa Buche roulée bio, le livret veut faire rimer éthique et hédonisme.

Pour le 25, il est proposé de ne pas réduire la journée au déballage et au repas, mais d’employer un partie de la journée dans un activité collective et belle, comme « planter un arbre ensemble ». Ce geste à forte dimension symbolique est en outre partageable entre personnes aux convictions hétérogènes.

C’est aussi l’occasion d’expérimenter des jeux coopératifs comme le Tao où les joueurs s’accompagnent mutuellement dans leurs quêtes.

Enfin, on suggère de présenter et de soutenir ensemble des projets allant dans le sens de la transition écologique, comme la conversion d’un monastère français à l’agriculture biologique, un projet agroécologique de plantation de baies en Sibérie ou un carré de forêt amazonienne à protéger.

- Plus d’info sur Collectif vivre autrement

- Commandes auprès de Pax christi : 01 44 49 06 36 ( 2€ l’unité puis dégressif).

- En téléchargement.

Notre Dame des Landes, la publication des arrêtés soude les opposants Nicolas de La Casinière (Reporterre) Reporterre 2013/12/21 Nicolas de La Casinière (Reporterre) (21 décembre 2013) Notre Dame des Landes, la publication des arrêtés soude les opposants. Reporterre. fr

Notre Dame des Landes, la publication des arrêtés soude les opposants

L’Etat va-t-il tenter le passage en force ? Le préfet de Loire-Atlantique vient de publier samedi après-midi les arrêtés censés permettre le début des travaux à Notre Dame des Landes. A télécharger ici. Cet acte de l’Etat devrait entraîner rapidement le dépôt de recours juridiques. Sur le terrain et dans toute la France, on se prépare à une éventuelle intervention policière.

- Correspondance, Nantes

Attendus en novembre, reportés, annoncés en fin de semaine dernière, quatre arrêtés relatifs au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes ont été promulgués ce samedi 21 décembre dans l’après-midi, sur le site du recueil des actes administratifs de la préfecture de Loire-Atlantique. Cet acte juridique entend ouvrir la voie à un début de travaux.

Quatre arrêté ont été publiés :

- deux de dérogations à la loi sur les espèces protégées : et

- un de dérogation à la loi sur l’eau :

- un sur la desserte routière du projet d’aéroport :

Du côté du collectif de juristes qui assiste les opposants au projet, les recours sont prêts. Dès publication, un référé suspension pourra être déposé. Ils escomptent que cela interrompra la possibilité pour les porteurs de projet, Vinci et l’Etat, de s’appuyer sur la base légale des arrêtés pour lancer des préparatifs à un grand chantier de défrichage et de bucheronnage, ainsi que les expulsions de celles et ceux qui occupent le terrain.

Ce référé suspension accorderait au moins un délai avant qu’il ne soit purgé. Un délai ? « Deux mois » a évalué le préfet Christian de Lavernée lors de sa dernière conférence de presse lundi 16 décembre. Bien davantage, estiment des opposants. C’est aussi ce que semble penser Vinci : selon le témoignage d’une personne présente lors de la conférence de presse, Eric Delobel, en charge chez Vinci de la réalisation de l’aéroport, faisait la grimace quand Christian de Lavernée a parlé de deux mois.

L’autre course contre la montre concerne les espèces protégées : du fait des retards risquant de mener au dépassement de la saison favorable, la campagne de déplacement de tritons crêtés et marbrés pourrait être reportée au printemps. Un répit sur lequel certains spéculent, calculant que si Jean-Marc Ayrault n’était plus au gouvernement avant l’été prochain, ce projet épineux d’aéroport nantais perdrait un ardent défenseur et pourrait plus facilement être abandonné. Quoi qu’il en soit, il reste que les travaux préalables au chantier de l’aéroport et des ses dessertes routières, qui devaient débuter à l’automne 2012, ont pris plus d’un an de retard. L’inauguration de l’aéroport, prévue pour 2017, est désormais envisagée pour 2020.

Malgré ces scénarios juridique et politique, les militants sur place restent très vigilants. Les deux arrêtés ouvrent en effet le risque d’un coup fourré, d’un passage en force. Personne n’évacue l’éventualité d’une intervention militaire pendant la période des fêtes, réputée moins propice aux mobilisations populaires. Ce qui n’est pas complètement vrai pour les comités anti aéroport créés l’an dernier, parfaitement au fait de la menace et plus mobiles qu’on ne croit en période de vacances scolaires.

"La mobilisation n’a jamais été aussi affûtée"

« On craint une petite opération pour tâter le terrain, mais une grosse intervention destinée à faire place nette parait plus improbable. Quoi qu’il en soit, on maintient un fort niveau de vigilance. La mobilisation, sur place, dans le département, dans l’ouest et dans toute la France, n’a jamais été aussi affutée. Tout le monde est prêt. Dans chaque département, les paysans savent qui fera quoi, où, avec des codes d’alerte par téléphones portables pour déclencher ses actions en réponse… La vigilance est forte et permanente.

"Bien sûr, on fait attention à ne pas solliciter le réseau pour rien et les gens en sont très conscients, mais s’il se passe quoi que soit, il y aura très vite du monde sur place. On s’est rendu compte que dans toute la France, les gens se suivent de près la situation. On est allé diffuser des tracts sur les marchés dans les Hauts –de-Seine récemment. J’étais surpris : le gens rencontrés étaient très au courant », dit Vincent Delabouglise, du collectif des paysans Copain44, qui regroupe des paysans bio, des membres de la Confédération paysanne, des agriculteurs en conventionnel du site et des zadistes.

L’union

Le 5 octobre dernier, une journée de remise en culture de parcelles en friches de la Zad, et de replantation de haies, avait manifesté une belle alliance entre ces différents groupes entretenant des rapports à la terre parfois divergents, des cultures conventionnelles aux pratiques bio en passant par les semailles à la main, avec traction animale par les zadistes. Trois mondes qui ont su démontrer une capacité à s’entendre en dépassant des clivages, face à la priorité de l’objectif commun. Ce jour-là avait surpris cuex qui pensaient que cette unité n’était pas possible. « Certains paysans historiques, que l’on ne voit pas tous les jours sur le terrain, étaient scotchés », note Vincent Delabouglise. Construite depuis plusieurs années, cette alliance que beaucoup pensaient improbable sera un acquis précieux quand il faudra s’opposer sur le terrain aux travaux.

Appel au clairon

« Ces deux arrêtés, c’est l’appel au clairon, pas encore la déclaration de guerre, commente Julien Bayou, nouveau porte-parole national d’EELV. Mais si les militaires interviennent sur la ZAD, alors là oui, ce sera une déclaration de guerre. Et même un très beau cadeau : les luttes sur le terrain, ca ressoude énormément… Quant à ce bocage nantais, tous les militants ont envie d’y retourner… On est en train de s’organiser pour ça. Au-delà du seul rejet de ce grand projet inutile, on espère une victoire idéologique, sur ce modèle de développement dépassé. Aujourd’hui, c’est un mouvement planétaire : l’austérité doit s’appliquer aux projets débiles ».

En Lorraine, des boues de gaz de houille disparaissent… - mais on les a retrouvées ! Reporterre // Collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » Reporterre 2013/12/22 Reporterre // Collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » (22 décembre 2013) En Lorraine, des boues de gaz de houille disparaissent… - mais on les a retrouvées !. Reporterre. fr

En Lorraine, des boues de gaz de houille disparaissent… - mais on les a retrouvées !

Un chantier de forage de gaz de houille se déroule en Moselle. Elle produit des boues que des camions convoient vers une destination… inconnue. Des habitants, plus qu’inquiets, adressent une lettre ouverte à Philippe Martin, ministre de l’Ecologie. Mais selon des informations recueillies par Reporterre, les boues iraient à la station d’épuration de Faulquemont.

Actualisation d’information : Suite à la parution de l’article ci-dessous, paru le 20 décembre, un habitant de Faulquemont a appelé Reporterre le 22 décembre pour indiquer que les boues rejetées par la société EGL partent dans une station d’épuration gérée par le district urbain de Faulquemont. Les boues y sont analysées. Elles ne contiennent pas de métaux toxiques ou de produits chimiques hors normes, sans quoi elles ne seraient pas acceptées. Toujours selon cette source, qui a voulu rester anonyme, les boues épurées sont ensuite ré-utilisées comme engrais agricole.

Il aurait été plus simple que les autorités répondent directement aux Collectifs qui leur ont posé la question. Et il serait plus simple qu’elles confirment officiellement ce qu’un citoyen de base a expliqué à Reporterre.

Depuis octobre 2013, la société EGL travaille sur un chantier de forage à Tritteling-Redlach, dans le bassin de Saint-Avold (en Moselle) pour évaluer la présence de gaz de couche, communément appelé « gaz de houille ». Mais le forage est arrêté depuis une dizaine de jours, et ce pour une durée indéterminée, selon les laconiques informations transmises par la commune aux habitants du village le 3 décembre.

Des "problèmes techniques" justifient cet arrêt, que d’anciens mineurs interprètent comme un potentiel blocage d’une tête de forage dans le puits, problème toujours délicat à résoudre.

Mais ceci n’est qu’une broutille de quelques dizaines (voir centaines) de milliers d’euros. Ce qui inquiète beaucoup plus les membres des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille est la gestion des effluents de ce forage - qui se présentent sous la forme de très grandes quantités de boues extrêmement chargées en sel, et pouvant contenir, en plus de produits toxiques utilisés par les agents chargés du forage, des éléments fossiles : métaux lourds, chrome, arsenic, lithium, mercure, strontium, baryum, voire radium, ainsi que des particules en concentration variable suivant les sites explorés et donc potentiellement radioactives.

Ce qui est inquiétant, c’est que ces boues ont été convoyées, y compris à travers le village, dans des véhicules-citernes appartenant à des exploitants agricoles du village ! A l’heure où nous rédigeons ces lignes et malgré plusieurs courriers adressés à la préfecture de Moselle et à la DREAL, à laquelle la première nous renvoie, nous n’avons pu obtenir aucune information sur l’endroit où ces eaux ont officiellement été amenées, sur les autorisations et habilitations de transport, ni surtout sur la nature de ces eaux.

Selon des témoins, plusieurs de ces véhicules chargés en provenance du site de forage se seraient engagés sur une voie sans issue débouchant dans des champs proches du village. D’autres se seraient dirigés directement vers des exploitations agricoles locales. Nous avons donc de fortes raisons de penser que ces boues de forages ne sont pas gérées comme il se doit, qu’elles sont soit déversées en pleine nature, soit peut-être stockées dans des fosses à purin, ce qui a été observé pour les boues d’un forage gazier en Suisse où 850 tonnes de boues ont été stockées ainsi durant plusieurs mois.

Les Collectifs français « NON au pétrole et gaz de schiste et de houille », gaz de couche en l’occurrence, demandent aujourd’hui instamment aux plus hautes autorités de l’Etat de prendre toutes les mesures pour que les citoyens puissent bénéficier dans les plus brefs délais d’informations fiables et complètes concernant ce forage.

Nous exigeons que soient précisées de même, et de manière exhaustive, toutes les mesures prises par les autorités de notre pays, de manière générale et au cas par cas, pour l’élimination des effluents de ce forage et de tous les autres forages en cours en France.

Nous exigeons qu’une enquête soit menée par les services de l’Etat afin de préciser les responsabilités concernant, dans le cas de la gestion des boues de forage, le non-respect et les manquements à la charte de l’environnement, à la directive sur l’eau, à la législation environnementale dans notre pays et à la directive REACH [relative aux produits chimiques] de manière générale.

Collectifs signataires :

Association Stop Forages Bugey (01) Collectif Haut-Bugey, non aux forages d’hydrocarbures (01) Collectif Stop Forages Bugey Sud (01) Collectif 07 Collectif Touche pas à mon schiste (07) Collectif Roynac (26) Collectif AJC LES MAGES (30) Collectif Auzonnet, Cèze et Ganière (30) Collectif Basta ! Gaz Alès (30) Collectif de Barjac (30) Collectif Camisgaz (30) Collectif Gard Rhodanien (30) Collectif Garrigue Vaunage (30) Collectif Hautes Cévennes (30) Collectif GDS Gardonnenque (30) Collectif Non au gaz de schiste Anduze (30) Collectif Rochegude (30) Collectif Non au gaz de schiste (32) Collectif anti GDS du Ceressou (34) Collectif d’action contre l’AGCS (34) Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau de Guers et environs (34) Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste !" (34) Collectif Orb Jaur non au gaz de schiste (34) L’ensemble des collectifs Stop GHRM 38 Collectif stop aux gaz de schiste (39) Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON ! (48) Collectif citoyen "Stop Gaz d’hydrocarbures" de Lorraine et d’Alsace (54-55-57-67-68-88) Collectif houille-ouille-ouille (59/62) Collectif citoyen Ile de France Non aux GPDS Collectif du Pays de Coulommiers (77) Collectif du pays fertois (77) Stop Pétrole de Schiste Sud (77) Collectif du Bocage Gâtinais (77-89-45) Collectif 91Non au gaz et huile (pétrole) de schiste Collectif citoyen "Non aux forages d’hydrocarbures" Val-de-Travers (Suisse) Dindons de la Farce Collectif des Taupes énervées

Ils vivent en roulotte et ils sont heureux Thomas Jonckeau (Reporterre) Reporterre 2013/12/26 Thomas Jonckeau (Reporterre) (26 décembre 2013) Ils vivent en roulotte et ils sont heureux. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

Ils vivent en roulotte et ils sont heureux

Pendant douze ans, la famille Hemelrijk a sillonné l’Europe en roulotte. Cette année, ils ont décidé de faire une pause et font le bilan de leurs années de vadrouille.

- Marciac (Gers), reportage

C’est loin, très loin, à l’écart des grands axes routiers, à quelques kilomètres du village de Marciac, dans le Gers, que les roulottiers ont établi leur campement. Quatre roulottes aux couleurs éclatantes et joliment décorées, sont installées au sommet d’un coteau, à l’ombre des chênes. C’est ici que la famille Hemelrijk a posé ses valises, après douze ans de vadrouille à travers l’Europe.

- André et Judith -

Judith s’affaire à la préparation du café sur un réchaud à gaz et au rangement de sa roulotte. Elle tient à ce que tout soit toujours bien rangé et propre autour du camp, c’est une question d’image. “Nous avons toujours beaucoup de visites, dit-elle. Et les gens ont déjà beaucoup de préjugés sur notre mode de vie. Nous ne pouvons pas nous permettre de donner l‘impression que nous sommes sales ou mal habillés.”

Ses vêtements colorés et ses couettes ornées de rubans lui donnent un air de petite fille espiègle. Toujours souriante, elle s’exprime dans un français fortement teinté d’accent hollandais, qui n’hésite pas à emprunter des mots à l’espagnol ou à l’anglais. Une langue de voyage, apprise au gré des rencontres et des paysages.

André vient de terminer sa journée de bricolage sur leur dernière roulotte. Il est accompagné par la meute des six chiens, recueillis le long du chemin et qui constituent le reste de la famille. Lui a opté pour un style cheveux longs et lunettes rondes à la John Lennon. Les filles sont encore au collège, pour la première fois de leur vie, elles ont fait leur rentrée en septembre, comme les autres enfants.

- André pose les tôles qui constituent le toit de la future "maison roulante" -

“Pour moi, vivre en roulotte a toujours été un rêve d’enfant”, confie Judith. Le rêve s’est réalisé en 2000, lorsque, après quatre ans de préparation, toute la famille est partie de Hollande, à bord de la première roulotte pour partir à l’aventure. Safire, leur fille aînée, avait trois ans, Yetl Rose, la cadette, venait de naître. Pour gagner un peu d’argent, André faisait des photos et Judith des maquillages pour enfants sur les foires et les marchés.

“J’allais beaucoup dans les crèches ou les écoles pour faire de jolis portraits des enfants que je vendais aux parents, se souvient André. Et comme les gens trouvaient les roulottes jolies, ils nous louaient souvent comme attraction pour différents événements, j’exposais mes photos et Judith maquillait les enfants.”

Sur la route, la famille a dû apprendre à vivre de peu. “Les gens croient toujours qu’ils ont besoin de plein de choses, lâche André. Quand on vit en roulotte, on doit faire attention à tout : l’eau, l’électricité, l’argent, etc. On ne peut pas emporter trop de choses car ça alourdirait trop la roulotte.” Des fruits, légumes et autres plantes sauvages glanées en chemin constituent une part importante de leurs repas quotidiens.

“Notre mode de vie intéresse beaucoup de gens qui viennent nous voir, nous posent des questions et très souvent, ils nous amènent de la nourriture, des légumes, où nous laissent utiliser leur douche ou leur machine à laver.” Petit à petit, le convoi grandit et passe de une à trois roulottes. “En 2008, nous nous sommes arrêtés en Galice, raconte André. Les filles avaient grandi et la roulotte était trop petite pour nous quatre. Mon père nous a donné un peu d’argent pour en construire une deuxième. A chaque fois, il faut trouver des idées d’aménagement pour gagner de l’espace et limiter le poids au maximum.”

Les roulottes font en moyenne 8 m2. Une fois aménagée il ne leur reste que 4 m2 d’espace à vivre. Pour chauffer ces petits espaces mal isolés tout en consommant le moins possible, André a trouvé l’astuce : il fabrique de petits poêles à bois avec des objets de récupération : extincteur, bouteille de gaz ou fût à bière. Passionné d’électronique, il a aussi installé deux panneaux solaires inclinables de 20 et 80 watts qui leurs fournissent l’électricité pour alimenter l’éclairage à ampoules LED et quelques appareils électriques comme un ordinateur portable.

- De droite à gauche : la "Roulotte Papillotte" (la plus ancienne), la "Roulotte Pâquerette" (la dernière, depuis 2013) et la "Casita Libelotta" (maisonnette libellule, achetée en 2008) -

André et Judith, ont bien conscience qu’ils sont porteurs d’un message, qu’il est possible de vivre différemment, de consommer moins en vivant plus près de la nature. Pour André, “Ecologie rime aussi avec économie. On montre que c’est possible et pas forcément ennuyeux de consommer moins. On donne une image plus jolie de l’écologie.” C’est ainsi qu’est né le projet de raconter leurs aventures dans un livre, un conte pour petits et grands pour faire vivre au lecteur le quotidien du roulottier, le faire voyager et lui donner à réfléchir.

Mais ce choix de vie n’est pas toujours facile dans une société basée sur le principe de sédentarité. N’ayant aucune preuve de résidence à fournir à l’administration, ils n’ont droit à aucune aide gouvernementale ni de la France ni des Pays-Bas. Pire, ils n’ont aucune couverture santé. “Quand on a bien travaillé, on va chez le dentiste ou on achète des chaussures", lâche André d’un ton sarcastique.

En 2013, la famille a décidé de faire une pause : « Nos filles ont toujours vécu avec nous, sur la route, explique Judith. Nous voulions qu’elles connaissent aussi la vie sédentaire, qu’elles aillent au collège comme les autres enfants et qu’elles puissent se faire de vrais amis. » Pour l’instant, l’expérience n’est pas tout à fait concluante pour André : « Elles s’ennuient, elles ont du mal à s’intéresser aux cours. Quand nous étions en Galice, nous avons vu des dauphins depuis la côte, elles se sont alors renseignées sur leur mode de vie, les différentes espèces, tout ça. Ici, ils ont passé un mois à apprendre l’évolution de l’aspirateur et de la machine à laver ! »

Les parents se sont aussi vite rendus compte que la roulotte est peu adaptée à la vie sédentaire. C’est pourquoi, l’année dernière, la famille a acheté et aménagé une troisième roulotte pour gagner encore un peu de place. Ils se sont aussi attaqués à la fabrication de leur quatrième roulotte, ou plutôt leur « maison sur roues » comme ils préfèrent l’appeler, car celle-ci sera trop lourde pour être tirée par des chevaux.

- Judith et André vivent à deux dans leur première roulotte d’un espace de 8 m2. -

« Maintenant que nous voyageons moins et que le filles vont au collège, nous avons besoin de beaucoup plus de place pour vivre ; il y a tous les livres à stocker, il faut de la place pour faire les devoirs, etc. Mais nous voulons pouvoir bouger quand on veut. » En bons roulottiers, les Hemelrijk ne savent pas vraiment de quoi leur avenir sera fait. Ils n’ont rien contre un retour à la vie sédentaire mais ils ne veulent « surtout pas acheter », de peur de se retrouver enchaînés.

« Et puis nous partirons souvent », assure André, car pour eux, l‘appel de la route est toujours le plus fort.

Les Trentes Glorieuses étaient désastreuses Entretien avec Christophe Bonneuil Reporterre 2013/12/26 Entretien avec Christophe Bonneuil (26 décembre 2013) Les Trentes Glorieuses étaient désastreuses. Reporterre. Entretien — Économie fr

Les Trentes Glorieuses étaient désastreuses

Les « Trentes glorieuses », qui ont marqué la France de 1945 à 1975, sont célébrées comme une période idéale. Mais la prospérité de l’époque s’est fait à un lourd prix environnemental. Sous plusieurs aspects, ces décennies ont en fait marqué une régression. Reporterre s’entretient avec l’historien Christophe Bonneuil.

Dans un nouvel ouvrage, des chercheurs français et américains proposent Une autre histoire des « Trente Glorieuses » (Ed. La Découverte). Renouvelant notre regard sur les décennies d’après-guerre, les différents textes réunis s’inscrivent dans une histoire environnementale globale. Rencontre avec Christophe Bonneuil, historien des sciences, qui a co-dirigé ce livre collectif.

Reporterre - Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre ?

Christophe Bonneuil - Avec Céline Pessis et Sezin Topçu, nous avons longuement travaillé sur les « Trente Glorieuses » à travers nos études sur les technocraties coloniales, le nucléaire et la modernisation agricole. Et nous avons constaté que les récits historiens étaient souvent imprégnés de l’idéologie des protagonistes de la modernisation d’après-guerre. Le métabolisme environnemental de la période, par exemple, est très peu étudié. En rédigeant ce livre collectif, notre idée était de lancer un pavé dans la mare pour décoloniser le regard historien du mythe des « Trente Glorieuses ».

En quoi les « Trente Glorieuses » sont-elles un mythe ?

Il y a premièrement le mythe de la rupture avec Vichy. Les « Trente Glorieuses » s’inscriraient en rupture avec le retour à la terre et à la tradition prôné par le régime pétainiste. Or, c’est dans les années 1930, en réponse à la Grande Dépression, qu’un dirigisme modernisateur étatique émerge. Plusieurs historiens en ont montré les continuités à travers les régimes politiques de 1936 jusqu’aux années 1960.

Au-delà des affichages traditionnalistes, le régime de Vichy était en fait déjà dominé par des technocrates modernisateurs qui ont pensé le premier Plan, par exemple. Le mythe des Trente glorieuses a eu pour fonction, en réalité, de disqualifier toute critique du modèle de développement d’après-guerre en assimilant ces critiques au vichysme, au passé, à la réaction.

Un deuxième mythe est celui d’une France métropolitaine qui accède à la modernité seule, grâce à la perte du « boulet » des colonies, comme ont pu l’écrire certains historiens... Or, la croissance des décennies d’après-guerre est inséparable d’un échange inégal avec le Tiers-Monde et du pillage des ressources naturelles limitées de la planète.

Enfin, un troisième mythe est celui d’un consensus social autour du « progrès ». Dans la nostalgie collective, tout le monde aurait communié après-guerre dans une même société consumériste, avec un même rapport à la technique, au « progrès », à la croissance. Les historiens ont énormément étudié les clivages idéologiques Est-Ouest qui traversaient la France à cette époque, mais ils ont négligé d’étudier les oppositions au machinisme et à l’emprise de la technique, ou les centaines de conflits socio-environnementaux qui se sont produits.

Cela a eu pour effet de gommer les alertes scientifiques et les résistances sociales du passé, ce qui dépolitise la problématique environnementale, comme si elle n’était qu’une simple facette, alors invisible, d’un nécessaire redressement du pays.

D’où vient l’expression « Trente Glorieuses » et comment expliquez-vous qu’elle ait rencontré un tel succès politique et médiatique ?

Elle a été proposée en 1979 par l’économiste Jean Fourastié dans son livre Les Trente Glorieuses, ou la révolution invisible de 1946 à 1975. Il fait une analogie avec les Trois Glorieuses, ces trois jours de révolution de juillet 1830 qui ont installé une monarchie bourgeoise et industrialiste. Par un jeu de contraste, il affirme aussi que les « Trente Glorieuses » ont été une « révolution » menée de façon consensuelle par des technocrates.

Cette expression est une manière de caractériser une période de croissance économique, d’expansion capitaliste dirigée, qu’a connu l’Occident jusqu’au milieu des années 1970. Il n’y a plus eu ensuite d’années de croissance à 5 %, mais une croissance beaucoup plus faible et un chômage de masse. Fourastié a proposé une lecture dépolitisée des années d’après-guerre où les tensions et les limites sous-jacentes n’apparaissent pas. D’où l’impression dominante qu’il suffirait de restaurer la croissance d’antan pour que tout aille mieux.

Quelles étaient ces tensions ? Autrement dit, quels étaient les terrains de lutte à l’époque ?

Ils étaient multiformes. Il y avait, par exemple, un syndicalisme minoritaire qui critiquait l’organisation scientifique du travail. Il y avait des résistances passives autour du travail à la chaîne dans l’industrie automobile. Des agriculteurs refusaient la modernité agricole en se lançant dans l’agriculture biologique ou en cultivant des variétés anciennes de semences.

Il y avait aussi des scientifiques critiques, comme les savants du Museum Roger Heim et Théodore Monod. La Communauté de l’Arche de Lanza Del Vasto – la version française et catholique du gandhisme – était également très active dans l’anticolonialisme et l’opposition au nucléaire, avant de jouer un rôle-clé dans la lutte du Larzac.

Dans le champ intellectuel et culturel, on trouve des critiques du modèle d’après-guerre à travers les critiques des « mythologies » chez Roland Barthes et de la « vie quotidienne » chez Henri Lefebvre, mais aussi chez Jacques Tati, Boris Vian, Georges Brassens, René Barjavel, et dans un tout autre registre, dans le mouvement naturiste. Des intellectuels que l’on redécouvre aujourd’hui, comme Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, s’en prenaient à l’emprise de la technique prolétarisant et déresponsabilisant les femmes et les hommes. Mais tous ces contestataires ont été activement marginalisés.

Comment ?

C’est un véritable chantier pour les historiens que de montrer les différentes tactiques par lesquelles la critique a été gérée, gouvernée par les nouvelles élites politiques, religieuses, scientifiques et techniques. La montée des technocrates – comme les X-Mines, par exemple, qui dirigeaient tout le secteur de l’énergie et du nucléaire – et la « guerre culturelle » qu’ils menaient contre les secteurs « traditionnels » de la société en sont un élément.

Certains politistes ont même pu parler de la Cinquième République comme la « République des technocrates » enfin « libérés » du parlementarisme et autres archaïsmes pour conduire plus vite la France vers le « progrès ». Avec l’expertise sanitaire et environnementale, on assiste aussi à une sorte de digestion, voire une disqualification, de la critique par son institutionnalisation et sa « technicisation ». Enfin, le consumérisme et la publicité jouent également un rôle très important.

Christophe Bonneuil -

Vous proposez de renommer les « Trente Glorieuses » les « Trente Ravageuses ». Pourquoi ?

Il faut metttre en lumière le bilan environnemental, énergétique et sanitaire des décennies de haute croissance. Du point de vue sanitaire, il y a eu, par exemple, plus de 75 000 morts de silicose entre 1946 et 1987. Des millions de mètres carrés de bâtiments ont été recouverts d’amiante, le produit-phare de la modernité d’après-guerre. D’ici 2025, l’amiante aura fait plus de 100 000 morts.

L’indicateur de progrès véritable (ou Genuine Progress Indicator) montre que le bien-être réel dans les pays industrialisés décline à partir de 1978, alors que le PIB augmente, ce qui veut dire que les choix techniques et économiques qui fondent le modèle de développement d’après-guerre n’ont mis qu’une génération pour montrer leur contre-productivité.

Du point de vue environnemental, pour chaque point de croissance économique, il y avait deux points de croissance de la consommation d’énergies fossiles. La ville, la production industrielle, l’agriculture et le modèle d’habitat et de consommation des « Trente Glorieuses » représentent un recul en termes d’efficacité énergétique et d’efficacité matière. En fait, nous nous sommes engagés à l’époque dans une voie néfaste pour les générations futures.

Notre mémoire associe toujours cette période à une « croissance », un essor. Mais tout dépend de ce que l’on compte : la production augmente, mais le rendement énergétique se dégrade. Le réseau routier et autoroutier s’étoffe, mais le réseau ferroviaire est amputé. Entre 1948 et 1974, le nombre de voyageurs en train – hors Paris-banlieue – chute de plus de 25 %.

Donc parler de « Trente Ravageuses » ou de « Trente Pollueuses » est un pied de nez provocateur à l’histoire officielle qui ne compte que les « progrès », alors qu’une histoire de ce qui décline, de ce qui se dégrade est toute aussi éclairante pour comprendre la période et l’héritage qu’elle nous laisse.

L’augmentation du nombre d’« affaires médiatico-scientifiques » depuis de nombreuses années, comme le dossier de l’amiante, par exemple, est-elle une conséquence de la modernisation d’après-guerre ?

Il y a effectivement un certain nombre de problèmes sanitaires qui se sont révélés à retardement. Mais des scientifiques et des apiculteurs dénonçaient déjà les dégâts des pesticides à la fin des années 1940, par exemple. Souvent, ces alertes et ces contestations ont été doublement étouffées : elles ont d’abord été marginalisées par les modernisateurs ; puis elles ont connu une deuxième mort dans notre mémoire collective du fait que les historiens ne s’y sont pas intéressés jusque récemment. Notre livre entend sonner la fin de cette amnésie et contribuer ainsi à la reconstitution de la mémoire longue des questions et des luttes socio-environnementales.

Vous qualifiez la période d’après 1945 comme la « grande accélération de l’Anthropocène ». Qu’entendez-vous par là ?

Des scientifiques ont proposé de baptiser les 200-250 dernières années du nom d’« Anthropocène », succédant ainsi à la période de l’Holocène. Ils signifient par là que l’humanité est devenue une force géologique majeure.

A la fin du XXIe siècle, la température à la surface de la Terre risque fort d’avoir augmenté de 4°C, ce qui serait inédit depuis 15 millions d’années... Cette nouvelle période géologique qu’est l’« Anthropocène » est le moment où l’histoire humaine a rendez-vous avec celle de la Terre. La nature n’est plus le cadre impassible à l’action humaine. Les études scientifiques qui font débuter l’Anthropocène avec la révolution thermo-industrielle notent aussi une « grande accélération » après 1945.

Les 24 indicateurs des perturbations humaines du système-Terre retenus par ces scientifiques (émissions de gaz à effet de serre, biodiversité, cycles du phosphate, de l’azote, de l’eau, etc.) virent au rouge. Toutefois, ces mêmes scientifiques espèrent que s’ouvre désormais une troisième phase de l’Anthropocène, qui sera celle de la prise de conscience et de l’action...

- Propos recueillis par Anthony Laurent.

Ce jardinier réinvente l’agriculture sur moins d’un hectare Christine Laurent (Reporterre) Reporterre 2013/12/29 Christine Laurent (Reporterre) (29 décembre 2013) Ce jardinier réinvente l’agriculture sur moins d’un hectare. Reporterre. Agriculture fr

Ce jardinier réinvente l’agriculture sur moins d’un hectare

Dans sa ferme des « Jardins de la Grelinette », au sud de Montréal, Jean-Martin Fortier, l’auteur de Jardinier-maraîcher, cultive des légumes bio sur moins d’un hectare. « Le nouveau paradigme est de comprendre que nous faisons partie de la nature et que l’on peut s’inspirer d’elle. Nous sommes au début de cette nouvelle vision de l’agriculture. » Entretien.

Comment êtes-vous devenu un maraîcher militant ?

J’ai grandi dans la banlieue de Montréal dans un endroit pas totalement bétonné, mais où les maisons se ressemblent toutes. (…) L’écologie ne m’intéressait pas particulièrement. C’est à 18 ans que j’ai découvert la beauté et la fragilité du monde, dans les grandes forêts de Colombie britannique. Ce voyage m’a orienté vers des études d’écologie. Je voulais consacrer ma vie à la défense de cette nature.

Si on ne la protège pas, elle devient du béton. La nature ne peut pas toujours être recréée. On peut planter des arbres, mais on ne peut pas restituer des écosystèmes. J’ai choisi finalement ce métier de jardinier pour être dehors, car je ne me voyais pas travailler dans un bureau

Vous dites de vous que vous êtes un fermier de familles, qu’est-ce au juste ?

Un fermier de famille, c’est un peu comme un médecin de famille. Nous sommes en ASC (agriculture soutenue par la commnauté). La ferme est à une heure de Montréal. On les rencontre chaque semaine, on discute et on les invite deux fois par an. Avec le temps, les gens nous connaissent bien.

Je sais que mes légumes sont très importants dans leur vie. Ils goûtent, ils voient et ils nous rencontrent. Ils se rendent compte que ces légumes n’ont rien à voir avec ce que l’on peut trouver dans les supermarchés. Ils savent que cela vient de chez nous et comment nous travaillons pour les produire. Ils me racontent que lorsqu’ils rentrent chez eux, ils déballent les légumes, et les posent un à un sur la table. Ils trouvent cela beau. Ces légumes ont une grande valeur. Car on met tout en œuvre pour faire des légumes qui sont beaux en apparence mais aussi de très bonne qualité.

Comment produit-on de tels légumes ?

Notre projet de ferme est basé sur la vie dans le sol. Nous faisons des légumes qui ont une super qualité nutritive. C’est difficile à mesurer mais c’est mon impression. Cela se ressent dans l’énergie de ces légumes. Les légumes conventionnels sont aussi souvent très beaux, mais ils sont comparables aux solutions que l’on vous donne à l’hôpital. Elle vous apporte tous les éléments nutritifs dont vous avez besoin, mais ce n’est pas comme un bon repas pris à la maison. J’ai cette conviction que l’énergie d’un sol vivant se retrouve dans les légumes. Mais je n’ai pas le bagage scientifique pour l’expliquer.

Comment entretenez-vous la vie dans votre sol ?

Nous avons appelé notre ferme les jardins de la Grelinette, car cet outil est symbolique de notre façon de faire : ne pas retourner le sol, pratiquer un travail doux, gentil, qui permet d’aérer sans bouleverser les couches. Depuis 2005, nous avons installé sur 8000 m2 des planches permanentes, comme un gros potager. Nous n’avons jamais labouré. La flore microbienne est à sa place, là où elle s’est développée.

Si on vient toujours bouleverser le sol, on dérange, voire on empêche ce travail que la nature fait gratuitement. Par exemple, en laissant faire les vers de terre qui transforment les matières organiques en humus et aèrent le sol. Les équipements utilisés sont très importants. C’est aussi le choix et la quantité des matières organiques que l’on apporte pour nourrir le sol.

Vous ne touchez jamais le sol ?

On le touche un peu, car nous produisons cinquante légumes différents sur neuf mois de l’année. Nous travaillons en surface, délicatement, avec la grelinette et des outils légers qui fonctionnent, une simple perceuse, par exemple pour mélanger le compost à la terre avec des mouvements rotatifs horizontaux. Depuis huit ans, la qualité de notre sol s’est améliorée. On le voit à l’œil nu. Sa texture est plus grumeleuse. Nous avons de moins en moins de mauvaises herbes car on ne remonte pas les graines en surface en retournant la terre. Les analyses que nous réalisons chaque année en laboratoire le montre aussi. À force d’entretenir le jardin gentiment, il est devenu plus clément.

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Eliot Coleman, qui est un des pionniers de l’agriculture biologique aux Etats-Unis. Dans son premier livre, il a jeté les bases d’un système tel que celui que nous avons mis en place. Il a inventé ou importé d’Allemagne, de Suisse, de France, la plupart des outils que nous utilisons, et qui pour la plupart ne sont pas connus en France. Son premier livre m’a guidé quand j’ai commencé et je l’ouvrais chaque fois que je ne savais pas comment m’y prendre. Cela m’a donné envie d’écrire Le jardinier maraîcher, car j’ai pris conscience de la portée que peut avoir la transmission d’un savoir-faire. Il n’y avait rien de tel en français.

Est-ce un modèle reproductible ?

Tout ce que je fais a été inspiré de ce que faisaient les maraîchers en Ile-de-France au XIXe siècle. J’ai vu des photos dans des livres de l’époque et cela ressemble à ma ferme. C’était du maraîchage intensif sur petite surface. C’étaient des outils qui ressemblent à ceux que l’on utilise, c’était de la vente directe, c’était de la qualité. Ce qui manquait c’était un modèle pour montrer comment faire.

Tout le monde a un tracteur aujourd’hui, même les petits agriculteurs. Mais le tracteur détermine les outils dont vous allez avoir besoin. Or, dans ce métier, la récolte représente 50 % du temps et ça ne se fait pas avec un tracteur ! Nous, nous avons commencé avec peu : un petit motoculteur et quelques outils à main. C’était accessible.

L’agriculture conventionnelle utilise environ dix calories par calorie produite. Quelle est la performance de votre système du point de vue énergétique ?

Je n’ai jamais fait ce calcul. Je ne sais même pas la quantité de légumes que je produis dans l’année. On parle en coût et en prix. Dans mon livre, il y a beaucoup de technique maraîchère, mais j’ai aussi développé cet aspect économique car nous faisons cela pour gagner notre vie. Nous sommes des écologistes, mais le projet de la ferme, c’est pour en vivre. Et nous en vivons bien.

C’est-à-dire ?

C’est un revenu suffisant pour payer les factures et avoir une certaine liberté sans que cela soit des extravagances. Nous travaillons sur la ferme avec ma femme. Nous avons deux enfants. Nous avons construit la maison. Nous vivons avec une certaine autonomie. Pas de transport quotidien pour aller travailler, des bons légumes sur place que nous échangeons contre d’autres fermiers. On mange comme des rois. On prend trois mois de vacances par an, on part voyager avec le camion et les vélos, beaucoup en Amérique centrale.

C’est important d’avoir du temps pour faire autre chose. Notre vie a beaucoup de sens et nos clients nous le rappellent toutes les semaines. À nous deux, on génère 60000 $ de revenu annuel. Il faut comprendre que pour arriver là, nous avons mis du temps pour apprendre ce métier. En partageant nos connaissances, j’espère que cela pourra accélérer le processus.

Quelle est la situation des agriculteurs de petites surfaces outre-atlantique ?

Notre ferme est bien connue du ministre de l’Agriculture et ce n’est pas facile de nous mettre des bâtons dans les roues. Les écoles d’agriculture ont doublé leur nombre d’élèves. Nous avons été les seuls sur moins d’un hectare jusqu’en 2010.

Mais notre travail a fait évoluer cette situation. Cinq de nos stagiaires ont créé leur propre ferme sur notre modèle et elle marche bien, dès le démarrage. Je suis surpris de voir qu’au Québec mon livre, qui est un ouvrage technique, est devenu un best-seller, que l’on trouve en grande surface, bien en vue. Je cherche à toucher la génération qui va me succéder.

Aux Etats-Unis, où l’on fait du marketing autour de tout, les jeunes trouvent que l’agriculture que je pratique est « cool ». Je suis accueilli comme un héros avec des affiches dans les rencontres organisées par les Greenhorns (association d’aide aux jeunes agriculteurs bios qui démarrent une ferme) ou dans les Farmhack qui permettent aux agriculteurs et ingénieurs d’inventer des outils simples qui facilitent le travail et sont disponibles en Open source. Ce sont des fêtes, très colorées, avec banjos et DJ. Depuis dix ans, ces évènements se multiplient. Il y a toute une jeunesse mobilisée autour d’une autre agriculture, avec des marchés de producteurs, ces rencontres avec les ingénieurs. Ils forment une communauté très connectée, très innovante.

Comment voyez-vous votre ferme dans dix ans ?

J’aime le voyage. Je n’ai pas de destination finale. J’apprécie énormément d’approfondir ce que nous faisons aujourd’hui et d’avoir le luxe de pouvoir faire des expériences, en innovant au niveau biologique. Ce qui m’intéresse n’est pas la technique, la machinerie, mais la biologie du sol. Je cherche comment créer des synergies dans la nature qui vont être bénéfiques à la croissance des légumes.

Le nouveau paradigme, c’est de comprendre que nous faisons partie de la nature et que l’on peut s’inspirer d’elle. Nous sommes au début de cette nouvelle vision de l’agriculture.

- Propos recueillis par Christine Laurent

Des écologistes vivent dans des grottes, c’est le progrès Marianne Liégeois (Reporterre) Reporterre 2013/12/29 Marianne Liégeois (Reporterre) (29 décembre 2013) Des écologistes vivent dans des grottes, c’est le progrès. Reporterre. Habitat et urbanisme fr

Des écologistes vivent dans des grottes, c’est le progrès

Un terrain truffé de caves troglodytiques aménagé depuis quinze ans en village est devenu un lieu ouvert à tous où l’on expérimente un mode de vie alternatif.

L’histoire de Troglobal commence en 1997, lorsque cinq amis, dont deux acheteurs, décident de réinvestir un terrain truffé de caves troglodytiques avec, en contrebas, une ancienne petite carrière d’exploitation de tuffeau. De cette friche situé près de la Loire, ils décident de faire un village ouvert. À force de bonne volonté et de soutien, la décharge sauvage que l’endroit est devenu au fil du temps et la végétation envahissante sont déblayées pour rendre le lieu habitable.

Les entrées de deux caves troglotytiques.

Un lieu collectif

Le site troglodytique est actuellement occupé par une vingtaine d’âmes en moyenne, qui s’installent ou repartent selon leurs besoins et envies. Le quotidien se partage entre un lieu privé – une cave aménagée, une maison, un bus, une cabane, un dôme –et des lieux communs.

Dans la forêt, un dôme en bois recouvert de métal sert d’habitation.

La grande cour au cœur du hameau en est le centre névralgique. C’est par elle que l’on accède à la cuisine, à la réserve, au bureau avec ordinateurs et téléphone à disposition, à la bibliothèque ou à la salle de musique, chaque espace étant une cave creusée dans la roche.

La cour est le centre du collectif.

Décoration de la porte de la cuisine.

Le village lui-même devient alors un lieu collectif réunissant des gens de tous bords et de tous horizons, car aucune ligne politique ou religieuse n’oriente la philosophie de ce groupe. L’aspiration commune de ceux qui s’y établissent est de prendre un peu de recul face à une société qui ne répond pas pleinement à leurs attentes. Sans hiérarchie établie, les décisions concernant les travaux, les rénovations ou les tâches à effectuer se prennent en commun, au cours de réunions hebdomadaires.

Forge.

Ces discussions, parfois vives, servent aussi à soulever les problèmes que pose inévitablement la vie en collectivité : l’utilisation des espaces, les éventuelles difficultés relationnelles ou l’établissement des priorités de la semaine peuvent être sujets à controverse. Pas de vote à la majorité, le consensus est de mise dans le fonctionnement de ce collectif.

Création et soudure d’une sphère en tiges de métal autour d’un arbre de la cour.

Cependant, la part de liberté est assez grande pour que chacun soit aussi libre de prendre ses propres initiatives à tout moment. Ainsi la bonne volonté de chacun est-elle le moteur du quotidien du village Troglobal, suivant la motivation à effectuer ou non les tâches journalières comme la cuisine, la vaisselle, l’entretien du jardin, des toilettes sèches, etc.

Une démarche écologique et alternative

La dynamique du lieu incite les résidents du village à adopter une démarche écologique. Les toilettes sèches en sont un exemple, comme l’eau, puisée dans une nappe phréatique et évacuée dans un système de phytoépuration avant d’être rendue à la nature. Dans le même esprit, la serre et le potager permettent quelques récoltes issues du travail de la terre fourni par certains. Celles-ci leurs étant insuffisantes pour se nourrir, les habitants récupèrent, chez les commerçants et agriculteurs des alentours, des aliments consommables mais impropres à la vente.

La réserve abrite le fruit de la récup’. On y stocke les vivres.

La récup’ n’est d’ailleurs pas exclusivement alimentaire. Pour les travaux, les rénovations et autres chantiers, la plupart des matériaux sont des rebuts chinés çà et là. Avec peu d’argent, les villageois subviennent à leurs besoins primordiaux et peuvent avoir du temps pour se consacrer à leurs occupations personnelles.

La part de l’art

Un lion sculpté dans le tuffeau surplombe la porte du bureau et de la bibliothèque.

L’art, par exemple, est omniprésent à Troglobal, sous différentes formes : musique, peinture, photo ou vidéo… Partout où le regard se pose, des sculptures ornent les lieux. Celles de pierre, taillées dans le tuffeau, surplombent la cour et décorent les caves. Celles de métal, immense sphère de tiges de fer ou arbre immortel, modèlent un paysage atypique. Portes et fenêtres sont souvent ornées de vitraux créés dans l’atelier voisin.

L’art a toute sa place au village. Le fondeur prépare les moules pour ses futures sculptures de bronze.

Soudure de feuilles d’arbres en bronze sur un arbre de métal.

Car outre les caves d’habitation et les caves collectives, on trouve dans le village des caves ateliers. Vitrail donc, poterie, fonderie, couture, forge ou polyvalent, ces espaces sont à la disposition de qui veut y travailler. La taille de pierre, vocation historique du lieu, n’est pas en reste puisque l’ancienne carrière, tout en bas du site, est en cours de rénovation.

La consolidation du ciel de carrière par la confortation des piliers et la création de voutes en pierre est un chantier titanesque, mais qu’importe : les artisans qui s’y attèlent ont le temps.

C’est là le luxe qu’ont choisi les habitants de ce lieu, quelle que soit leur activité : le temps et la solidarité, forces de leur collectif, plutôt que le coûteux confort superflu qui engendre la surconsommation des ressources et des biens. Ils travaillent la pierre, le métal ou la terre. Ils conçoivent des sculptures de tuffeau ou de bronze, des vitraux ou des meubles. Mais surtout et avant tout, ils créent un mode de vie choisi et responsable.

La verrière sert d’atelier vitrail.

A Lyon, la ZAD contre le Grand stade résiste toujours Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/29 Barnabé Binctin (Reporterre) (29 décembre 2013) A Lyon, la ZAD contre le Grand stade résiste toujours. Reporterre. fr

A Lyon, la ZAD contre le Grand stade résiste toujours

A Lyon, municipalités et grandes entreprises veulent construire un grand stade inutile, dévorant encore des terres agricoles. Les opposants résistent tenacement, et une Zad s’est installée au pied des travaux. Malgré le froid et la dispersion des soutiens, les zadistes tiennent bon et relancent la mobilisation. Reporterre est allé les voir.

- Reportage, Decines-Charpieux (Rhône)

C’est un lopin de terre dont ont pris possession les herbes, hautes et vagabondes. Au milieu subsiste un arbre abandonné, à l’allure incertaine. La nature livre ici l’ultime combat contre le bitume envahisseur : le bout de verdure est cerné par les constructions. Au nord comme au sud, les routes qu’arpentent assidument les voitures constituent une première clôture. A l’est, quelques pavillons froids contemplent les HLM au loin. A l’ouest, une station essence et des supermarchés occupent l’espace. Bienvenue dans la zone d’activité commerciale de Décines.

C’est là qu’ont emménagé, depuis deux semaines, quelques opposants au projet de Grand Stade, dans la banlieue est de Lyon. Eux, les zadistes, qui luttent en occupant les terrains voués au béton. A travers la « ZAD » (Zone à défendre), ils cherchent à protéger l’environnement et dénoncent un grand projet inutile, dispendieux et basé sur des collusions entre les dirigeants du privé et les responsables élus.

Ils expérimentent à ciel ouvert un autre mode de vie collective, au beau milieu du royaume de la consommation, à la sortie d’un parking. Entre fric, pétrole et béton. Aux prises avec la justice et la police depuis plusieurs semaines, les zadistes n’ont pas eu le choix de ce nouvel emplacement.

Jusqu’alors, les zadistes lyonnais vivaient sur une petite butte à l’autre bout de la ville, de l’autre côté du site de cinquante hectares voué aux travaux du stade. Les « Fils de Butte », comme ils se surnomment, s’y sont installés en avril 2012. Dawan fait partie des fondateurs de l’aventure : « Nous étions quelques-uns à nous être engagés dans la contestation de Loppsi 2 en montant des camps, en pleine ville de Lyon, en avril 2011. Un an plus tard, nous avons participé à la Marche des Possibles, lorsqu’elle a traversé Lyon. Cela a ravivé nos rêves d’occupation et ce projet de stade incarnait le modèle général que nous dénonçons ». Les quelques motivés concrétisent l’idée aux abords de la ferme de Philippe Layat, « le dernier paysan qui n’a pas accepté les sous de l’Etat ». Et pour cause : exproprié à 1 € par mètre carré, l’agriculteur est engagé dans différents recours contre la puissance publique. En attendant les verdicts, il a mis à disposition quelques parcelles de terre de ses neuf hectares pour les zadistes. « Le matin, on se réveillait à côté des moutons », se rappelle l’un d’eux. Progressivement, ils se sont installés sur la butte qui surplombe le village et offre un joli coucher de soleil sur la métropole lyonnaise.

On y a construit de jolies cabanes en bois, on a développé quelques potagers où cultiver patates et oignons. On y trouvait aussi des livres rangés au sein d’une bibliothèque éphémère. La ZAD a pris vie. « Du 10 au 30 avril 2013, nous avons fêté la première année d’existence de la ZAD par une festival qu’on a appelé ’les 20 jours du Possible en référence à la marche fondatrice. Sur un an, nous estimons qu’un millier de personne différente est passée. Au quotidien, par contre, nous ne sommes qu’une quinzaine de réguliers », décrit Dawan.

Depuis quelques mois, les voilà pourtant rattrapés par la justice et affaiblis par différentes épreuves. Plusieurs d’entre eux sont en procès pour des actions autour des chantiers de construction. Si les faits restent mineurs, deux d’entre eux ont écopé d’interdiction de séjour sur le territoire.

Le 3 septembre, une impressionnante opération policière a bien failli mettre fin à l’occupation. Les forces de l’ordre, CRS (Compagnies républicaines de sûreté) et GIPN (Groupe d’intervention de la politique nationale), ont délogé les zadistes qui se savaient expulsables depuis une décision de justice du 30 avril. A l’origine de cette expulsion soudaine ? L’accueil de trois familles de Roms sur le camp.

Merlin – « L’enchanteur ? – non, mais enchanté ! » - est présent sur la ZAD depuis le début, il raconte cet épidose : « Trois familles de Roms nous ont rejoint lorsqu’ils se sont fait expulser de Vaulx-en-Velin, fin août. On se connaissait déjà un peu avant, certains d’entre nous faisaient la manche avec eux. Pendant cinq jours, nous avons cohabité, nous faisions les assemblées avec eux, on réfléchissait ensemble à l’organisation du camp. Cela a modifié la vie sur la ZAD, mais cela avait du sens. Il y avait des enfants, on enseignait le français à une gamine en âge d’être au collège… ».

Mais quelques mètres plus bas, au sortir de la butte, l’accueil n’était pas aussi favorable. Tous les soirs, les riverains manifestaient contre l’arrivée de ces trois familles de Roms sur le camp, dans un climat délétère (voir le reportage et le petit film réalisé par Politis à ce sujet->http://www.politis.fr/A-Decines-les-opposants-au-stade,23496.html]). Certaines associations pourtant opposées au grand stade se sont désolidarisé des zadistes. Les Roms cristallisaient l’impossible convergence des luttes locales.

Les zadistes n’ont pas pour autant abondonné le lieu. Dans un jeu du chat et de la souris avec la justice, ils ont fait échouer l’expulsion. Une histoire de cadastre : « Certaines parcelles étaient assignées à expulsion, mais pas toutes. Dès le lendemain, nous construisions de nouvelles cabanes, quelques mètres à côté, sur des terrains non-expulsables. L’huissière n’a pu que constater notre bon droit », sourit Dawan.

L’accalmie a toutefois été brève. Le 28 octobre, le tribunal de Lyon a déclaré les zadistes expulsables au 30 décembre sur ces derniers terrains de la Butte. Alors que la situation est devenue critique, les zadistes ont trouvé une nouvelle parade lors d’un week-end de mobilisation. Ils ont investi un des derniers lieux du tracé sur lequel les travaux n’ont pas encore commencé : le propriétaire ne veut pas vendre son terrain situé directement sur le plan de prolongement de la ligne T3 du tramway. Mieux, il a obtenu l’annulation de la déclaration d’utilité publique ; le Grand Lyon vient certes de lancer une nouvelle enquête publique, mais il faudra du temps pour obtenir le blanc-seing : un temps précieux s’offre ainsi aux zadistes.

Si certains restent pour l’heure sur la ZAD historique, une bonne partie du groupe a donc délocalisé son habitat vers ce deuxième point d’occupation le 17 novembre dernier. La date avait été choisie avec soin, en hommage à la date anniversaire de la manifestation de réoccupation à Notre Dame des Landes, il y a un an. Beaucoup y étaient. Dans le difficile contexte actuel, la référence à la lutte contre l’aéroport est omniprésente : « Il y a l’idée commune d’agir, en occupant une terre pour la protéger. Mais à Notre Dame des Landes, le terrain à occuper est bien plus grand et pas encore détruit. Nous, nous sommes encastrés dans la ville et nous manquons d’espace », explique Dawan. Gwénolé, lui, invoque l’historique de la lutte : « C’est un combat qui date de quarante ans. A Notre-Dame-des-Landes, on organise des soirées sur l’histoire de la lutte pour les nouveaux militants. Ici, l’occupation est trop récente et nous n’avons pas l’appui de la population. C’est difficile d’installer une culture populaire de lutte dans ce contexte ».

L’opposition au projet, bien que réelle et vigoureuse, reste éparse et faible au regard des enjeux. Marc Chinal est un des rares journalistes locaux à suivre attentivement ce dossier. Selon lui, la raison est simple : « Les Lyonnais n’en entendent parler que par bribes, de temps en temps. Il n’y a pas de débat de fond donc ils ne savent pas ce qu’il y a derrière. C’est le silence des médias qu’il faut expliquer. Le journalisme lyonnais est fragile car il est précaire économiquement. Il est soutenu par quelques grands revenus publicitaires de l’automobile ou de l’immobilier, ainsi que par les subventions ’ culture’ du Grand Lyon. Or le projet de grand stade concerne les acteurs de ces trois secteurs. ». Son documentaire sur le sujet, Corrompus, sorti il y a quelques mois, est disponible gratuitement sur internet : « Le dossier est complexe, il y a une multitude de problématiques, qui sont toutes plus ou moins en interaction. Cette affaire est un sac de nœud, et il faut un outil pédagogique pour bien l’appréhender ».

C’est peut-être l’intérêt de cette nouvelle ZAD : « En nous installant ici, nous nous rendons plus visibles. Notre message passera peut-être plus facilement. Nous souffrons aussi de ne pas bien communiquer sur nos actions », explique Gekos, qui travaille à la coordination entre tous les opposants au projet. De cette nouvelle ZAD – « une ZAD de survie » – on peut voir les travaux, au plus près. Face aux grues qui les surplombent de loin, les zadistes ont monté un tipi, ce mercredi 27 novembre. Une douzaine de bras ont dressé les bambous de huit mètres qui portent la bâche. Le tableau a valeur de symbole : derrière l’installation précaire, les tractopelles se succèdent sur le chantier.

La nuit tombe et le froid s’intensifie, alors on lance un feu, à l’intérieur. Autour d’une guitare, on chante quelques morceaux connus de tous. Tant que le premier coup de sifflet n’a pas retenti, l’espoir est permis.

François Hollande et Arnaud Montebourg rêvent de vendre une centrale nucléaire à la fragile Arabie Saoudite Reporterre // L’Avenir sans pétrole Reporterre 2013/12/29 Reporterre // L’Avenir sans pétrole (29 décembre 2013) François Hollande et Arnaud Montebourg rêvent de vendre une centrale nucléaire à la fragile Arabie Saoudite. Reporterre. fr

François Hollande et Arnaud Montebourg rêvent de vendre une centrale nucléaire à la fragile Arabie Saoudite

François Hollande et Arnaud Montebourg visitent l’Arabie Saoudite, dans l’espoir de lui vendre des réacteurs nucléaires. Mais ce pays est en grande difficulté, et son avenir incertain : fragilité politique, agriculture en chute, consommation excessive d’eau et de pétrole. Un client pas vraiment fiable.

Actualisation : Le 29 décembre 2013, François Hollande se rend, pour la deuxième fois, en Arabie Saoudite.

…………………….

Le ministre du Redressement productif a passé trois jours aux Emirats arabes unis et en Arabie Saoudite, du 22 au 25 novembre. Pendant que l’agriculture industrielle s’effondre en Bretagne et que cinq mille emplois sont menacés chez le transporteur Mory, M. Montebourg tente de vendre des réacteurs nucléaires subventionnés à l’Arabie saoudite. Il en est même tout fier, comme en atteste le tweet qu’il a envoyé hier :

Seul ennui : l’Arabie Saoudite est un géant aux pieds d’argile, un pays dont la richesse pétrolière et la prospérité apparente cachent mal les énormes difficultés. Est-il vraiment raisonnable de vendre une centrale nucléaire à ce pays ? Lisez ci-dessous.

L’Arabie Saoudite dans la tourmente

Acteur incontournable de l’énergie mondiale, premier producteur et exportateur de pétrole, l’Arabie Saoudite donne une impression de puissance inégalée, voire inégalable car elle est la pile qui permet au coeur de l’économie mondiale de continuer à battre avec une certaine régularité. Grâce à ses immenses réserves et à sa capacité à moduler sa production pétrolière en fonction du prix, elle joue un rôle de régulateur et est au centre de l’attention des pays importateurs et principalement des Etats-Unis qui entretiennent avec elle des relations étroites depuis les années 1930. Mais ce pays de la démesure pourra-t-il préserver cette puissance longtemps ?

Difficultés de gouvernance

L’organisation de la succession au trône de la monarchie saoudienne permet difficilement de répondre aux défis auxquels le royaume est confronté actuellement. Les princes héritiers, fils du roi Abdelaziz lui-même âgé de 92 ans, décèdent les uns après les autres. Nayef ben Abdel Aziz, décédé le 16 juin 2012, huit mois seulement après avoir succédé au prince Sultan, est aujourd’hui remplacé par le prince Salmane, âgé de 78 ans et à la santé déclinante, qui cumule les postes de vice-Premier Ministre et de Ministre de la défense. En arrière plan, ce sont quatre princes plus jeunes qui tentent d’assurer la stabilité du Royaume.

Difficultés économiques

C’est avant tout une gestion rentière qui s’est mise en place en Arabie Saoudite, avec un laxisme budgétaire qui s’est illustré récemment par l’enclenchement d’un plan de dépense publique de 130 Md$ sur cinq ans pour limiter les effets du printemps arabe sur son territoire.

La gestion rentière basée sur l’importation de tous les biens de consommation afin de répondre à la demande d’une population très jeune (1/3 de la population a moins de 14 ans et l’âge médian est de 21,4 ans) et en très forte croissance (multipliée par trois en 30 ans), va provoquer un déséquilibre progressif de la balance fiscale qui deviendrait déficitaire vers 2022. Si le prix du baril descend en dessous de 80$, l’Arabie Saoudite plongerait encore plus rapidement vers son seuil de déficit. L’absence de diversité dans les recettes de l’Etat rend l’Arabie Saoudite extrêmement vulnérable à un effondrement des cours, hypothèse hautement probable en cas de récession mondiale.

Difficultés énergétiques

La consommation intérieure de son pétrole est en forte hausse alors que la vente de ce dernier représente 75% des recettes de l’Etat. Le pays consommait 5% de sa production au moment des deux premiers chocs pétroliers. Cette part est passée à 15% au début des années 1990 pour atteindre 25% en 2012 soit 2,8 Mb/j. Cette consommation intérieure représente 17 litres par habitant et par jour, c’est-à-dire quatre fois plus que la moyenne européenne.

Mais que font-ils donc avec ce pétrole ? En premier lieu, ils produisent de l’électricité qui est principalement consommée par les unités de climatisation (la température peut atteindre 60°C au mois d’août). La consommation d’électricité augmente à un rythme de 10% par an et 2/3 de l’électricité sont produits à partir du pétrole dans des centrales à mazout. Ensuite, c’est la production pétrolière elle-même qui est consommatrice, puisque la compagnie Aramco, première compagnie pétrolière mondiale, absorbe 10% de la production énergétique nationale pour le fonctionnement des pompes et des unités de désalinisation de l’eau qui est injectée dans les gisements pétroliers.

Une étude publiée fin 2011 par le cabinet anglais Chatham House montre que, si la tendance actuelle se poursuit, l’Arabie Saoudite pourrait devenir importatrice nette de pétrole en 2037.

Le pays est contraint d’engager une réforme politique profonde s’il veut réduire ses dépenses, diversifier l’économie, créer de l’emploi pour la population jeune et finalement inverser les tendances pour éviter un effondrement de son économie. La situation est donc très complexe pour le premier producteur mondial de pétrole qui fait face à d’énormes défis politiques sans disposer d’un mode de gouvernance suffisamment efficace pour y répondre.

Le problème de l’eau

L’Arabie Saoudite n’a plus assez d’eau. Peu de pluie, absence de lacs et de rivières, ce territoire aride dispose uniquement de réservoirs souterrains ou d’eau de mer dessalée. Le plus étonnant, c’est que la consommation d’eau moyenne y est deux fois supérieure à la moyenne mondiale et chaque habitant consomme 265 litres d’eau (150 litres en moyenne pour un Français). C’est d’autant plus alarmant que la consommation augmente trois fois plus vite que la population. Pour ne rien arranger, la dégradation du réseau provoquerait, dans certaines régions, plus de 50% de pertes.

Le royaume est le premier producteur mondial d’eau dessalée avec 30 usines qui fournissent 50% de l’eau potable et 5000 km de pipelines pour alimenter les principaux centres urbains. Pour répondre à l’explosion de la demande, un doublement de la capacité de dessalement est prévu pour un budget de 70 milliards de dollars. L’eau souterraine et fossile, qui doit également être traitée et dessalée, est prélevée dans des gisements qui ne se remplissent plus, à des profondeurs allant jusqu’à 2400 mètres. Elle arrive en tête de puits à une température de 70°C.

Cela pose évidemment la question de la production alimentaire pour nourrir une population toujours plus nombreuse. En effet, l’agriculture consomme 80% de l’eau « produite » par les installations du royaume alors qu’elle ne fournit que 20% de l’alimentation et de manière très intensive, à l’image de la ferme Al Safi qui abrite plus de 37 000 vaches laitières sur 3500 hectares (en partenariat avec Danone !). D’immenses zones de cultures irriguées apparaissent en plein désert pour produire les fourrages qui vont nourrir les vaches entassées dans des entrepôts situés à proximité. Ces installations peuvent être observées avec google map®. Le destin de telles installations sera surement le même que la production intensive de blé initiée dans les années 1980. Depuis 1990, la production a été divisée par quatre à cause du manque d’eau et la tendance ne s’inverse pas. L’autosuffisance acquise en dix années seulement aura été aussi impressionnante qu’éphémère.

Les experts du Earth Policy Institute sont très clairs : « Pour la première fois dans l’histoire, la production céréalière est en baisse dans une région géographique entière, sans aucune perspective pour enrayer le déclin ».

Quel futur pour l’Arabie Saoudite ?

Les perspectives sont peu réjouissantes pour ce Royaume qui reste le seul au monde à disposer d’une marge de capacité de production suffisante pour réguler le prix du pétrole sur les marchés. Faut-il s’en inquiéter ? Tout à fait, car aucun autre pays producteur, pas même les Etats-Unis que tout le monde regarde avec attention, ne dispose (et ne disposera) des mêmes leviers d’action.

L’économie de tous les pays européens, comme celle de la France, est donc soumise à l’équilibre fragile du royaume saoudien. Les catastrophistes se risqueront à dire que les choses vont très mal tourner, les autres préféreront miser sur la capacité des Saoudiens à faire preuve de responsabilité, en gérant raisonnablement leurs ressources pour préserver l’équilibre mondial.

Le meilleur réveillon alternatif ! A Décines... Réveillon à Décines Reporterre 2013/12/29 Réveillon à Décines (29 décembre 2013) Le meilleur réveillon alternatif ! A Décines.... Reporterre. fr

Le meilleur réveillon alternatif ! A Décines...

Le meilleur réveillon alternatif ! A Décines, près de Lyon, avec la Zad de résistance au stade absurde.

L’hiver, c’est le moment d’hiberner bien au chaud, ou de partir en voyage vers le sud... Ça fait quelques temps que sur la Butte, dans ce paysage de brume gelée, il y a très peu de personnes. L’absence d’êtres humains ne fait que renforcer la magie de la forêt, mais voilà : les cabanes sont toujours menacées d’expulsion...

Nous lançons donc cet appel à RENDONS-NOUS festif le 30 décembre (et les jours qui suivent) pour réveillonner ensemble sur la Butte du Biezin, à Décines !

Sont évidemment invités les instruments de musique, les animaux, l’eau, le rire, le bois de chauffage, les bulles, les ballons, la jongle......

Pierre Rabhi : « Le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable » Barnabé Binctin (Reporterre) Reporterre 2013/12/29 Barnabé Binctin (Reporterre) (29 décembre 2013) Pierre Rabhi : « Le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable ». Reporterre. Entretien — Culture et idées fr

Pierre Rabhi : « Le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable »

Démographie, mariage homosexuel, OGM, ministres écologistes : Pierre Rabhi répond en franchise et fermement, dans le deuxième volet du long entretien qu’il nous a accordés.

Après un premier entretien il y a quinze jours, Reporterre retrouve Pierre Rabhi pour prolonger la discussion sur les grands enjeux écologiques de la société française.

Le gouvernement organise un débat public national la « transition énergétique ». Qu’en attendez-vous ? Que doit mettre en place le gouvernement ?

Pierre Rabhi - Avant toute chose, il faut d’abord qu’on réduise notre avidité. Comment voulez-vous répondre à une insatiabilité permanente par des ressources limitées ? Lorsqu’on cherche à résoudre à un problème, il faut commencer par savoir ce qui le détermine. Quel est le problème du monde ? Notre insatiabilité. Et qu’est-ce qu’on a fait de l’être humain ? Un être insatiable.

On ne met jamais en évidence ce que l’on a, ce qui peut déjà nous réjouir. On ne parle jamais de ce dont on a vraiment besoin. J’ai besoin d’être nourri, j’ai besoin d’être vêtu, j’ai besoin d’être abrité et j’ai besoin d’être soigné. Tous ces éléments-là doivent être partagés avec l’ensemble du genre humain. Tout le monde doit, légitimement, bénéficier de ça. Après, que reste-t-il ? Il reste ce qu’on appelle le superflu. Et aujourd’hui, le superflu est sans limites alors que l’on ne parvient pas à assurer l’indispensable... Il paraît que le marché de luxe ne connaît pas de crise. Par contre, on n’a plus d’argent pour ce qui est indispensable, pour nourrir des enfants qui viennent au monde, pour les aider à survivre et à créer une société conviviale et belle.

Et les gaz de schistes participent de cette tendance énergivore…

Ca prouve une fois de plus que la civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. On a créé une civilisation fondée sur la consommation énergétique, sur l’usage de l’énergie, et on est devenu prêt à toutes les concessions pour que ça perdure. Parce qu’on sait parfaitement qu’aujourd’hui, sans pétrole et sans électricité, tout s’effondre. On a fondé une civilisation qui a un besoin absolument vital, et sans aucune restriction, de la combustion énergétique. On comprend ensuite pourquoi la question de l’énergie devient si gigantesque, et pourquoi on essaye de trouver d’autres ressources…

Pourtant, notre population augmente, nous sommes sept milliards d’êtres humains sur Terre, bientôt neuf. Cela va augmenter le niveau de consommation, il faut un réseau de production énergétique important, pour les transports, pour l’alimentation,...

Non, l’histoire de la démographie n’a rien à voir là-dedans. Je suis radical là-dessus, je ne peux pas supporter qu’on dise que c’est parce que nous sommes trop nombreux qu’il y a la faim dans le monde. On agite en permanence cette idée et beaucoup de gens pensent ça. C’est une réalité dans nos consciences collectives, mais ce n’est pas vrai !

Il n’y a pas la faim dans le monde parce que nous sommes trop nombreux, il y a la faim dans le monde parce que nous faisons partie des gens qui se baffrent au-dessus de la nécessité, qui satisfont leur poubelle et leur décharge publique bien plus que tous les autres… Cela repose la question éthique de notre système planétaire.

Aujourd’hui, on concentre beaucoup de moyens sur le meurtre, on est capable de créer des armes terrifiantes et on consacre beaucoup d’argent pour fabriquer des missiles intercontinentaux ou des avions de guerre. C’est significatif du niveau moral où nous nous situons. Une grande partie de l’énergie humaine est consacrée à la destruction de l’homme par l’homme. Et l’autre partie de l’énergie est destinée à détruire le milieu vivant. Ça veut dire que l’on rend beaucoup plus hommage à l’aspect négatif de notre destin : on entretient beaucoup mieux ce qui relève de la mort que ce qui relève de la vie.

Un autre sujet de ce début d’année, qui intéresse beaucoup les écologistes, c’est le mariage homosexuel. De quelle manifestation étiez-vous en janvier ?

D’aucune.

Vous n’avez pas d’avis sur le mariage homosexuel ?

Pour être honnête, je ne sais pas comment l’aborder. Cette mobilisation est devenue un tel enjeu de société ces dernières semaines... Pour moi, ça ne figure pas sur l’agenda des priorités. Je crois que c’est quelque chose qui m’intéresse assez peu, je suis beaucoup plus préoccupé par les enfants qui meurent de faim. C’est là qu’on se rend compte que nous ne subissons pas les problèmes fondamentaux, que nous sommes dans une sorte de délire généralisé. Le mariage homosexuel est un symbole de cette manipulation des consciences, où on crée des phénomènes de société qui n’en sont pas.

Le principe de lutte pour l’égalité du droit au mariage ne vous touche pas particulièrement ?

Si, bien sûr. Je suis plein de compassion à l’égard de ceux qui ont été victimes de discrimination et d’exaction. Que des gens s’aiment et aient des attirances, quels que soient les sexes... je ne vois pas où est le problème. Ils sont libres de le faire et heureusement. Mais que cela devienne ensuite une problématique sociale aussi énorme… Par contre, ce qui me pose problème dans le débat actuel, c’est qu’il y a une troisième entité qui n’est pas consulté. C’est l’enfant. L’enfant qu’on va faire naître par je ne sais quel stratagème…

Vous pensez à la PMA ?

Je ne peux pas souscrire à un tel mécanisme de procréation artificielle. Est-ce que l’on réalise ce que cela implique comme destin pour la personne concernée ? J’essaye d’imaginer un enfant à l’école, expliquant à ses camarades comment il est venu au monde... Je ne peux pas comprendre qu’on fasse advenir sur Terre un être humain selon un tel procédé, qui l’engage pour toute sa vie, sans qu’il ait pu un seul instant être consulté auparavant. Car personne ne peut se mettre à sa place pour savoir comment il vivre cela...

Privilégieriez-vous l’adoption dans ce cas, ou êtes-vous simplement opposé à l’idée d’enfants pour les couples homosexuels ?

Non, je n’ai aucun problème avec l’idée de familles homoparentales, bien au contraire. Vous savez, il y a tellement d’enfants qui ne demanderaient que de l’amour pour grandir... L’adoption me semble un processus beaucoup plus sain en effet, j’y vois beaucoup moins d’inconvénients que dans les artifices de la PMA.

La PMA, c’est simple, je m’y oppose. C’est un syndrome inhérent à la modernité : on intègre dans des activités humaines des éléments qui n’ont pas raison d’être. Qu’est-ce que l’agriculture chimique, si ce n’est d’empoisonner la terre pour nourrir les gens ? On s’étonne après que les gens soient malades, qu’ils aient des cancers. Il y a une logique simple : si on met des poisons dans la Terre, on les retrouve dans le corps humain, dans le corps animal et dans le corps végétal. Si on n’est pas assez intelligent pour comprendre cette évidence, alors c’est désespérant.

La question des OGM paraît être un peu plus importante dans votre hiérarchie des priorités...

Les OGM sont un crime contre l’humanité. C’est un enjeu énorme pour moi. Il faut comprendre ce que cela implique pour nos semences traditionnelles et reproductibles. Depuis 12 000 ans, date de ce qu’on appelle la révolution néolithique, l’humanité dans son aventure agronomique n’a pas cessé, sur toute la planète, de repérer dans le sauvage ce qui peut être domestiqué à des fins de survie. Cela a représenté un potentiel énorme que l’humanité s’est transmise de génération en génération.

Combien de variétés ont-elles ainsi circulé ? Une multitude. On a mutualisé tout cela, et on a enrichi le potentiel alimentaire de l’humanité par le partage et l’échange. Aujourd’hui, on prétend qu’on va supprimer cette richesse immense – 60 % des semences anciennes ont déjà disparu ! – ce qui laisse le champ libre et un espace commercial aux OGM. C’est cousu de fil blanc, mais c’est criminel.

Que peut faire le monde paysan face à ça ?

On a détruit les paysans, qui géraient les entités en système écologique. On en a fait des exploitants agricoles, en leur disant « consommez toujours plus d’engrais chimiques, de pesticides,... ». Et on a ainsi ouvert des marchés mondiaux, qui nous donnent une nourriture qui porte en elle les germes de la mort.

Est-ce au niveau politique qu’il faut agir aujourd’hui ? Que pensez-vous des deux ministres écologistes au sein du gouvernement, par exemple ?

Cela ne m’inspire rien. Tant qu’on maintiendra notre modèle de société dans la logique actuelle – cette logique qu’on lui a, nous humains, attribué et avec laquelle on l’a organisé – on ne fera que de l’ersatz, du semblant. On continuera de manier des rustines, mais on ne prendra pas le problème dans sa globalité. Il faut véritablement changer de paradigme, c’est-à-dire adopter une vision qui mette l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations, non le profit.

Pourquoi ne vous engagez-vous pas plus dans la politique ?

Je fais de la politique, mais non politicienne. Je travaille à la prise de conscience, à ce que chacun comprenne que nous avons un pouvoir. C’est l’histoire du colibri. Il y a un potentiel qui permettrait de changer la société, mais il n’est pas en cohésion, il n’est pas orienté pour aller dans le même sens. Il faut mobiliser ce potentiel. Je fais de la résistance, donc je fais de la politique. Mais je n’ai pas besoin de strapontin politique.

Propos recueillis par Barnabé Binctin

Lire le premier volet de cet entretien : Pierre Rabhi : « l’écologie interroge notre regard sur la vie ».

Le berger qui n’a pas peur des loups Daniel Bordur (Reporterre) Reporterre 2013/12/30 Daniel Bordur (Reporterre) (30 décembre 2013) Le berger qui n’a pas peur des loups. Reporterre. Animaux fr

Le berger qui n’a pas peur des loups

Berger-paysan dans le Jura, Gérard Vionnet vient d’expérimenter sur un alpage des hauts plateaux du Vercors un système de garde protecteur du troupeau. Chance des débutants ou efficacité ? Il n’y a eu qu’une brebis tuée au lieu de cinquante les années précédentes.

Vétérinaire de 1979 à 1990, Gérard Vionnet élève depuis dix ans une dizaine de chevaux de monte et de trait, quelques vaches allaitantes, et quelques brebis pour les agneaux et la laine dans une ferme d’estive de soixante-dix hectares à 900 m d’altitude, à Vaux-et-Chantegrue, dans le Doubs. L’été, ses animaux entretiennent des espaces naturels (Natura 2000, pelouses sèches), tandis qu’il accueille en pension une centaine de vaches allaitantes suisses et des génisses montbéliardes.

Il participe aussi à un projet de réintroduction de céréales, dans le cadre d’un réseau de bergers-boulangers.

Reporterre - Vous vouliez garder votre troupeau en zone à loup. Pourquoi et comment ?

Gérard Vionnet - Je n’avais jamais gardé plus de deux cents moutons et je voulais garder avec le loup. Je veux aussi poser le problème du loup dans un contexte large... Ce que cache la problématique loup, c’est qu’on n’a pas les mêmes intérêts que les éleveurs. Les bergers croient les éleveurs solidaires, mais il y a beaucoup de différences. Je l’ai découvert en gardant avec un collègue deux mille brebis dans la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors, la plus grande de France, avec huit alpages de deux mille moutons sur quatorze mille hectares.

Cela fait trente-sept ans que je connais le Vercors. Les hauts plateaux, c’est quarante km de long sur deux de large, sans habitation, sauvage, plat, sans eau. Parfois, on passe quarante jours sans pluie. Ils récupèrent les eaux superficielles lors des fortes pluies aux sources intermittentes qu’on capte alors pour remplir des réservoirs. Deux mille moutons, c’est sept mètres cubes d’eau en complexe d’abreuvement à gérer avec la mise à disposition d’une vingtaine de bassins.

Marin reconverti depuis deux ans, le berger n’avait jamais fait d’estive dans le Vercors, arrivait sans idée préconçue, avec une solide formation dans la Crau. J’avais le statut d’aide-berger, financé entièrement par les aides publiques, comme les filets de protection pour parcs de nuit et les quatre patous. C’est un dispositif accessible à tous et obligatoire pour être indemnisé en cas d’attaque. Il faut que les deux bergers s’entendent, gardent de la même façon.

Le retour du loup a révolutionné l’itinéraire technique de garde dans les montagnes françaises pour les bergers expérimentés. Pour certains, c’est une grande douleur de renoncer à un type de garde dans une montagne qu’ils adorent, qu’ils connaissent bien, où ils parvenaient à des pratiques de haut niveau. Il leur faut dire adieu à tout ça ! Maintenant, il y a des filets, des chiens, et il faut garder les troupeaux plus serrés.

Avant, il n’y avait pas de point d’eau sur les alpages du Vercors, les brebis mangeaient la nuit et on leur donnait du sel (pour conserver l’eau dans le corps). Maintenant, on met des citernes, comme chez nous dans le Jura, ce qui fait que le berger devra passer au point d’eau tous les trois jours, c’est une nouvelle contrainte. Mais si les brebis ont très soif, elles sur-pâtureront près du point d’eau...

Comment vous êtes-vous adapté ?

Depuis 2001, l’alpage de la Grande Cabane que nous avons gardé cette année subissait beaucoup d’attaques et de dégâts. Certains bergers refusent de s’adapter. Je suis arrivé sans savoir ce qui m’attendait. Je n’avais ni solution ni objectif. On avait de très bons patous, mais ils ne pouvaient pas s’exprimer efficacement dans l’ancien système de garde. Il faut créer une relation entre les chiens de protection, les chiens de conduite, le troupeau et le berger...

Dans le Vercors, nous avons la chance d’avoir un réseau radio financé par la Réserve naturelle : il y a deux radios par alpage, en lien avec le gardes de la réserve. On peut agir de manière synchrone et cohérente sur le troupeau quand deux bergers gardent ensemble, ou appeler l’autre quand le troupeau vient de se couper.

Il y a un passage très juste dans le Journal d’un berger nomade, de Pascal Vick. Il écrit : ’’Ulysse [le berger] ne soupçonnait pas que l’efficacité est le résultat d’une collaboration étroite entre l’homme et le chien. C’est évident pour leur chien de conduite, mais ils ne savent pas encore avec les patous’’.

- Chien patou -

Certains bergers, certains éleveurs raisonnent comme s’il y avait des salauds qui veulent imposer le loup et paient pour le protéger. Les bergers détestent les contraintes. Les écolos des villes, la société, sont à mille lieux de savoir ce que vivent les bergers.

Etre pour ou contre le loup, c’est comme si on me demandait si j’étais pour ou contre la foudre, c’est une contrainte qui fait partie du métier... Pascal Vick écrit encore : ’’un autre rapport est possible entre le berger et le loup’’. Mais il faut aussi entendre le berger qui dit : ’’Ecoutez-moi, je n’en peux plus’’. Il se sent impuissant, c’est terriblement dévalorisant vis-à-vis de soi-même et des éleveurs.

Le bémol à tout cela, c’est mon inexpérience d’autres contextes. Il existe peut-être des alpages non défendables. Mais ce n’est pas le cas du Vercors où nous n’avons pas été les seuls à subir très peu d’attaques.

Sur les hauts plateaux du Vercors, un des alpages a été attaqué tout l’été. Les trois bergers étaient séparés et ne pouvaient se relayer, le troupeau était scindé en trois unités géographiques. Ils étaient en net sous-effectif de patous, qui en plus n’étaient pas fidélisés à chacun des groupes. Dans ce cas, il n’y a pas d’entraide possible entre bergers. L’anomalie, c’est que sur les trois bergers, deux étaient financés par les aides publiques avec le statut d’aide-berger.

En avez-vous parlé avec eux ?

Non, c’est tabou... Par exemple, les bergers hésitent à parler de l’attaque qu’ils viennent de subir à la radio. Au moins deux autres alpages avaient le même mode de garde que nous, l’un sans patou. Il y a eu une seule attaque et un mouton mort, comme les années précédentes.

Quelle a été votre pratique ?

Ce qui va protéger est la connaissance fine du loup. Il faudrait un socle partagé de connaissances scientifiques. Un exemple : de 2001 à 2012, il y avait eu sur la Grande Cabane chaque année cinq à sept attaques occasionnant une cinquantaine de cadavres. Cet été, le loup n’a consommé en quatre attaques que très partiellement une seule brebis dont le cadavre a aussitôt été protégé par les patous qui ont déboulé en moins d’une minute.

Elle a ensuite été mangée par les vautours. Il y a eu deux attaques avec une blessée et une sans victime. Soit on a eu la chance inouïe des débutants, soit c’est l’efficacité de notre mode de garde différent.

Le mouton ne représente que 5 à 10% du régime estival actuel du loup. Le challenge à mettre en place, c’est que la viande de mouton soit plus chère pour le loup. Le loup va manger autre chose si cela lui coûte de se battre avec les patous, de subir des échecs successifs. Dans sa stratégie, il apprécie sans cesse le coût énergétique d’une attaque. Le risque d’être blessé par un patou peut mettre sa vie en danger. Le berger doit avoir ça en tête. Il faut essayer de stresser le loup, de lui compliquer la vie.

On a gardé à deux dans les circonstances les plus difficiles, des zones à relief tourmenté ou boisées, ou en automne quand le troupeau a tendance à se couper car il manque d’herbe, qu’arrive le brouillard et que les loups adolescents s’émancipent en circulant beaucoup.

Nous étions alors chacun d’un côté du troupeau très serré pour ne pas le laisser se couper. Sur le Vercors, les mérinos, race très grégaire, se gardent plus facilement que les tarrasconnaises pyrénéennes au caractère plus indépendant.

L’utilisation du parc nocturne regroupant toutes les brebis a été systématique, sauf trois ou quatre fois où un groupe a dormi dehors, protégé par un patou.

Si le prédateur sait que son attaque marche, il revient. Il va sur les proies les plus faciles, c’est difficile de l’en empêcher s’il a pris ses habitudes sans avoir été dérangé.

Que faire pour connaître le loup ?

Accepter de s’intéresser à lui. Il faut l’état d’esprit de la cohabitation pastorale.

Les troupeaux sont-ils trop gros ?

Le loup pourrait bien être une nouvelle chance pour un pastoralisme qui conviendrait aux bergers. Les bergers pyrénéens reconnaissent par exemple que mille brebis tarrasconnaises sont impossibles à garder serrées pour les protéger du loup et de l’ours. Par contre, des troupeaux de trois cents brebis seraient protégeables.

C’est l’intensification moderne du monde de l’élevage qui a amené un pastoralisme de grands troupeaux à taille inhumaine sur lesquels les grands prédateurs ont la tâche facilitée. Le loup devient l’arbre qui cache la forêt du mal être animal : les bergers s’accordent à considérer que l’individualisation des soins n’est pas possible dans ces conditions, ont par exemple du mal à isoler rapidement et soigner une brebis boiteuse.

C’est ça qu’il faut demander, mais ce serait se désolidariser de certains éleveurs ; les vrais prédateurs ne sont-ils pas ces quelques éleveurs qui ne paient pas bien les bergers, se plaignent du loup et ramassent l’argent des aides publiques sans les optimiser et parlent haut et fort ?

S’ils font des cabanes en plus, fractionnent les troupeaux, achètent des patous, on saura faire, c’est de l’extensification ! Dans le Vercors, l’arrivée des aides bergers, en doublant la présence humaine, oblige actuellement à repenser le logement et améliorer le confort.

- Propos recueillis par Daniel Bordur

Consommation d’énergie par personne Burn Reporterre 2013/12/30 Burn (30 décembre 2013) Consommation d’énergie par personne. Reporterre. Tribune — fr

Consommation d’énergie par personne

Consommation d’énergie par habitant (en moyenne pour chaque pays).

En marron foncé, la plus grande consommation, en bleu, la moindre.

Le mieux est d’aller examiner ceci en détail sur la carte à meilleure définition de Burn

Nouvel an, élan Par Julien villalard Reporterre 2013/12/31 Par Julien villalard (31 décembre 2013) Nouvel an, élan. Reporterre. Tribune — fr

Nouvel an, élan

On est des grands enfants, à Reporterre, on croit au Père Noël. Pourquoi ? Parce que depuis trois mois que nous avons pris la mer, il nous accompagne. Jour après jour, par Paypal ou par l’envoi de chèques, il nous adresse les 5, 10, 40, 100, et parfois plus, euros qui font que, jour après jour, Reporterre enquête, informe, réfléchit, propose, amuse (pas assez !)…

C’est grâce au Père Noël que l’on a pu enquêter au Tricastin, révéler une nouvelle arnaque sur l’aéroport de Notre Dame des Landes, rencontrer des bergers, réfléchir à l’avenir d’EELV, écouter l’homme qui aimait les arbres, allumer un contre-feu aux bonnets rouges ou peser sur l’interdiction du pétrole de schiste, raconter la vie en roulotte, parler de luttes ignorées à Toulouse ou à Lyon, se passionner pour des écoles différentes, décrire les nouveaux paysans…

Sacré Père Noël ! Il apporte 46 % de notre petit budget. Le reste, c’est 29 % de conférences rémunérées – les Pères Noël qui nous invitent savent qu’ainsi ils soutiennent Reporterre – et 25 % d’une fondation alternative, qui nous a permis de lancer notre fusée écologique.

Vous savez quoi ? On veut continuer ! Faire encore mieux, agrandir notre petite équipe payée, parce que le travail doit l’être (environ deux équivalents temps plein), lancer plus de reportages, soutenir encore plus efficacement les luttes et les alternatives, faire savoir qu’il y a maintenant un quotidien de l’écologie.

Mais pour cela, il faut que le Père Noël ait envie de nous faire un beau cadeau. Et là, on va être aussi francs et candides que des enfants : le Père Noël, on sait bien que c’est vous. Et c’est vous qui pouvez faire un beau cadeau à la liberté, et un cadeau à vous aussi : - lire tous les jours une information libre qui place au centre du jeu la question principale de l’époque, l’écologie et le renouveau des relations humaines ; - savourer un média sans publicité (eh oui, sans publicité) ; - partager les bonnes informations, en accès libre pour que d’autres, moins avertis, moins responsables ou plus démunis, puissent aussi en profiter ; - savoir que des bonnes surprises vont arriver tout au long de l’année.

Alors oui, merci, Père Noël, d’envoyer un chèque garni d’autant de zéros que de rennes à votre traineau (à l’ordre de La Pile, 60 rue des Vignoles, 75020 Paris) ou de passer par le système Paypal en cliquant ci-dessous :

LES BRÈVES de l’année 2013 Reporterre 2013/12/31 (31 décembre 2013) LES BRÈVES de l’année 2013. Reporterre. En bref — fr

LES BRÈVES de l’année 2013

Mardi 31 décembre 2013

- Un décret facilite la création ou l’extension de porcheries

Lundi 30 décembre 2013

- Explosion dans le Dakota du nord (Etats-Unis) d’un train rempli de pétrole de schiste

Dimanche 29 décembre 2013

- Les elfes bloquent un projet d’autoroute en Islande.

Vendredi 27 décembre 2013

- Des brise-glace chinois, français et australien, en Antarctique, à la rescousse d’un bateau de croisière russe.

- Le Xue Long chinois près de l’Antarctique (Photo) -

Jeudi 26 décembre 2013

- Noël, une bavure policère :

- Notre Dame des Landes : la porte-parole du gouvernement affirme qu’« il est temps de passer aux travaux ».

- Greenpeace : Moscou annonce la fin des poursuites judiciaires contre les « Trente de l’Arctique ».

Mardi 24 décembre 2013

- Un train de déchets radioactifs a déraillé lundi à Drancy (Seine-Saint-Denis), sans conséquence sanitaire.

- Notre Dame des Landes : Chantal Jouanno (UDI) prend position contre le projet d’aéroport.

Lundi 23 décembre 2013

- Le leader des Bonnets rouges, Christian Troadec, appelle à manifester contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. . Mais le mouvement des Bonnets rouges est divisé sur le projet d’aéroport.

Samedi 21 décembre 2013

- Total lance un méga-projet d’exploitation de gaz dans la péninsule de Yamal, au bord de l’Arctique. En association avec Novatek. La production sera exportée par brise-glace.

Vendredi 20 décembre 2013

- Notre Dame des Landes : le préfet s’apprêterait à publier les arrêtés d’autorisation de déplacement des espèces protégées et de dérogation à la loi sur l’eau.

- EELV - Jean-Vincent Placé, sénateur EELV, a accumulé plus de 18 000 euros d’amendes pour une centaine d’infractions au Code de la Route. Analyse par Olivier Razemon.

- Pesticides Non, il n’y a pas eu de baisse de la consommation de pesticides, révèle Générations futures.

- OGM - En Argentine, Monsanto veut créer une usine géante de semences transgéniques. Une pétition internationale est lancée pour s’y opposer.

- Eolien - La Cour de justice européenne confirme que les aides à l’énergie éolienne sont une aide d’Etat. Elle satisfait ainsi Vent de colère et les associations opposées à l’éolien industriel, qui avaient saisi la Cour. La balle revient maintenant au Conseil d’Etat.

- Ondes - Exposition des populations aux ondes électromagnétiques : un décret du 18 décembre la confie à l’ANFR (Agence nationale des radiofréquences).

Jeudi 19 décembre 2013

- Libertés - La protestation se poursuit contre la surveillance d’Internet par l’Etat. . La surveillance des communications internet autorisée par la loi de programmation militaire. EELV proteste, et parle d’un « jour noir de la démocratie ». Ce parti a deux ministres dans le gouvernement qui vient de faire adopter cette loi… . Lire explication du contenu de cette loi.

- Afrique - Au Sénégal, l’accaparement des terres fertiles touche 30 % des surfaces arables disponibles.

- Lobbies - Un ex-directeur des Routes devient vice-président du Conseil du développement durable. Ingénieur général des ponts et chaussées, Patrice Parisé, a été nommé par le ministre de l’Ecologie à la tête du CGEDD (Conseil général de l’Environnement et du Développement durable). Il a notamment été directeur des routes de 2003 à 2008, directeur des programmes aéronautiques civils de 2001 à 2003, directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Aménagement du Territoire, de la Ville et de l’Intégration de 1995 à 1997 et directeur général adjoint de l’établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Sénart en 1985 et 1986. Un pur écolo, autrement dit. . Après Christian Leyrit, autre ex-directeur des Routes et maître du Corps des Ponts et chaussées, à la tête de la Commission nationale du débat public. Voir « Le béton au pouvoir ».

- Gaz de schiste : une étude universitaire révèle que des produits chimiques employés pour la fracturation sont des pertubateurs endocriniens.

- Pollution de l’air : il n’y a pas qu’en France, New Delhi, en Inde, noyée sous le smog.

Mercredi 18 décembre 2013

- EPR en Grande-Bretagne : la Commission européenne lance une enquête sur les aides accordées. . Lire à ce propos : EPR en Angleterre : il faudra l’accord de Bruxelles… et de l’Allemagne.

- L’huile de palme accélère la déforestation des pays du bassin du Congo, selon un rapport de la Rainforest Foundation.

- Les « Trente de l’Arctique » sont libérés des charges qui pesaient sur eux, annonce Greenpeace : ‘Après amendement du décret d’amnistie voté par la Douma à l’occasion des 20 ans de la Constitution russe, les charges de hooliganisme qui pesaient sur les 30 de l’Arctique ont été abandonnées. La procédure judiciaire est maintenant terminée."

- Au Québec, l’opposition s’organise contre les projets d’exportation du pétrole des sables bitumineux par oléoduc. . Contact de l’association Stop Oléoduc.

- Gaz de schiste : le premier ministre anglais David Cameron demande à la Commission européenne de ne pas élaborer de réglementation (en anglais).

- Mauvaise nouvelle pour l’Antarctique : on y a trouvé des roches contenant des diamants (en anglais).

Mardi 17 décembre 2013

- La plus grande commande jamais passée pour un parc éolien à terre : 1 050 megawatts (en anglais). Reçue par Siemens, pour 448 éoliennes par MidEnergy, aux Etats-Unis, à installer dans cinq sites dans l’Iowa.

- Areva veut utiliser l’argent du démantèlement pour faire des EPR en Grande-Bretagne. Le WWF proteste.

- EPR de Flamanville : EDF continue le chantier, malgré les irrégularités relevées par l’Inspection du travail.

Lundi 16 décembre 2013

- En Grande-Bretagne, des opposants au gaz de schiste plantent une pale d’éolienne dans un site de forage (en anglais).

- Inondations suite à des pluies torrentielles à Gaza (en anglais). 5 000 personnes évacuées.

Dimanche 15 décembre 2013

- Projet de barrage de Sivens (Tarn) - Un incendie criminel a détruit dans la nuit du 12 au 13 décembre la maisonnette des opposants au projet de barrage de Sivens, annonce le collectif « Tant qu’il y aura des Bouilles » dans un communiqué envoyé à Reporterre.

. Lire à ce propos : Dans le Tarn, les citoyens font barrage pour sauver une zone humide.

- Le monde croule sous les déchets électroniques, selon un rapport de l’ONU.

- EELV a désigné ses têtes de liste pour les élections européennes : José Bové, Michèle Rivasi, Pascal Durand, Karima Delli, Yannick Jadot, Sandrine Bélier, notamment.

Samedi 14 décembre 2013

- Notre Dame des Landes : le préfet s’apprêterait à prendre les arrêtés de déplacement des espèces. Il doit tenir une conférence de presse lundi 16 décembre.

- Chalutage profond : imbroglio du vote au Parlement européen, l’association Bloom estime que la situation n’est pas si mauvaise qu’on l’a craint. . Voir à ce propos : Claire Nouvian : « Il faut en finir avec la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire ».

- Abandon du projet de casino géant, Eurovegas, près de Madrid, en Espagne. . Lire l’analyse (en espagnol) de l’association écologiste Ecologistas. . Lire à ce propos : En Espagne, l’Etat sommé d’abandonner toute règle pour un casino géant.

Vendredi 13 décembre 2013

- OGM : la Cour de justice européenne annule l’autorisation de la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora.

- « Oui à la pollutaxe ! » : le Collectif Pays Basque pour une pollutaxe a réalisé sa première action à Biarritz.

- Sierra Leone : la police tire sur des manifestants opposés à un projet de plantation de palmiers à huile du groupe Bolloré. . Lire à ce propos : En Sierra Leone, des paysans en lutte contre le groupe Bolloré vont passer en justice.

Jeudi 12 décembre 2013

- Notre Dame des Landes : Vinci condamné à payer mille euros - Le 10 décembre, le tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire a débouté la société AGO Vinci dans sa procédure pour expulser Virgile Mazery, paysan apiculteur dont les ruches participent depuis plusieurs années à la biodiversité sur la zad de Notre-Dame- des-Landes. Le tribunal condamne AGO Vinci à verser mille euros à Virgile Mazery et à payer les frais de justice. Surtout le tribunal réfute la qualification de trouble illicite pour l’occupation de la parcelle par l’apiculteur, ses ruches et ses abeilles. Selon le COPAIN 44 (Collectif des organisations professionelles agricoles indignées par le projet d’aérport), « par ce jugement, comme par l’annulation de l’ordonnance sur requête concernant les semis collectifs du 5 octobre, le tribunal légitime notre action d’occupation, de protection et d’entretien des terres de la zad » - Source : courriel à Reporterre.

- Notre Dame des Landes - Le préfet de région Pays-de-Loire a convoqué pour vendredi 13 décembre au matin le Comité de suivi des engagements de l’Etat et des collectivités locales pour l’Aéroport du Grand Ouest. Ordre du jour : « un point complet de la mise en oeuvre des recommandations de la commission du dialogue ; une information détaillée de l’instruction des dossiers ’lois sur l’eau’ et ’espèces protégées’ ». - Source : Reporterre.

- En Roumanie, le Parlement a rejeté, mardi 10 décembre, le projet d’exploitation minière de Rosia Montana (en anglais). . Lire à ce propos : En Roumanie, les citoyens remportent une victoire contre le projet de mine d’or à Rosia Montana.

- La BERD (Banque européenne pour la construction et le développement) a décidé le 10 décembre de limiter ses investissements dans des centrales thermiques au charbon.

Mercredi 11 décembre 2013

- L’Assemblée nationale lance une mission d’information sur les coûts de la filière nucléaire.

Mardi 10 décembre 2013

- Le Parlement européen n’interdit pas la pêche en eaux profondes. . Voir à ce propos l’ITV vidéo : Claire Nouvian : « Il faut en finir avec la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire ».

- Pollution de l’air élevée en Ile-de-France. Aujourd’hui en Ile-de -France le niveau de pollution de l’air est très élevé : 90 sur l’échelle de 1 à 100.

Cette pollution a commencé hier (niveau de mesure 91) et a également atteint un niveau élevé le 4 décembre. Elle est notamment due à l’émission de particules très fines dites PM10 issues, parmi d’autres causes, de la combustion incomplète des véhicules Diesel à l’usage.

La fréquence des pollutions de l’air en Ile-de-France est quasiment hebdomadaire. Les grandes villes sont aussi victimes de cette nuisance plusieurs fois par mois.

Pour en savoir plus, le site d’Airparif.

Dimanche 8 décembre 2013

- Banderoles sur les ponts bretons contre les grands projets inutiles : "Ce week-end a vu plusieurs dizaines de ponts en Bretagne se décorer de banderoles, drapeaux... pour mettre en visibilité, tant notre opposition au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes que notre solidarité avec les autres groupes en lutte contre des projets pharaoniques. Pour les ponts, 24 vers Brest, 10 autour de Vannes, 6 vers St-Nazaire, plusieurs également sur le périphérique de Nantes, à Cholet, etc.“ - Source : Communiqué de presse du groupe GPII de la coordination des opposants, courriel à Reporterre. . Lire à ce propos : Le réseau français et européen contre les grands projets inutiles imposés prend de l’ampleur.

Vendredi 6 décembre 2013

- Nouveau départ d’EELV : la députée du Calvados, Isabelle Attard, quitte EELV pour La Nouvelle Donne. . Après Yves Paccalet et Noël Mamère. . Consulter notre dossier : Le débat de l’écologie politique.

- Le gouvernement japonais remet le nucléaire au centre de son programme énergétique.

Mercredi 4 décembre 2013

- La loi renforce les services de renseignement de l’armée.

Mardi 3 décembre 2013

. Le braconnage pour le trafic de l’ivoire pourrait faire disparaître un cinquième des éléphants d’Afrique. . Les éléphants d’Afrique de plus en plus menacés. Communiqué (en anglais) de la Cites sur ce sujet et lien vers le rapport cité dans l’article.

(photo : Cites)

- En Italie, les habitants de la Campanie se battent contre la pollution créée par la mafia. . Lire à ce propos : La mafia envahit le marché de l’environnement.

- Plus de 15 000 sinistrés après les inondations au Niger.

Lundi 2 décembre 2013

- Roumanie : intervention en force des gendarmes contre des opposants aux gaz de schiste. . Lire le témoignage des citoyens roumains expulsés.

Dimanche 1 décembre 2013

- Deux millions de salariés en France exposés à des produits cancérigènes.

- En Italie, l’ours a bloqué l’ouverture de parcs éoliens.

- Quinze mille manifestants samedi à Berlin pour la transition énergétique.

Samedi 30 novembre 2013

- Russie : le dernier membre de l’équipage de Greenpeace sort de prison.

Jeudi 28 novembre 2013

- Tout ce que vous consommez au quotidien appartient à seulement 10 groupes

- Une étude internationale révèle que les subventions de l’Union européenne allouées à la pêche favorisent l’industrie des pays du Nord et encouragent la surpêche en Afrique et dans le Pacifique Sud.

- États-Unis : les émissions de méthane, notamment liées au gaz de schiste, sont très importantes, selon un article scientifique paru dans les PNAS sous la signature de Scott Miller et al. : « Anthropogenic emissions of methane in the United States ». Le méthane est un gaz à effet de serre très puissant. Depuis plusieurs années, des scientifiques ont montré que l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis était à la source d’importants volumes de méthane, donc accroit l’effet de serre. Cependant, les émissions analysées par les scientifiques menées par Scott Miller comprennent aussi les dégagements provenant de l’agriculture, l’élevage ou l’exploitation du charbon.

Mercredi 27 novembre 2013

- Nouveau cadeau du gouvernement aux sociétés d’autoroutes. Elles obtiennent 1,14 % d’augmentation du prix des péages et pourront engager de nouveaux travaux. Réaction indignée du Parti de gauche. Le gouvernement n’a pas écouté l’appel lancé par des élus de tous les partis contre ce cadeau aux sociétés d’autoroutes.

Mardi 26 novembre 2013

- Excellente vidéo racontant la mobilisation en faveur de l’indispensable aéroport à Rueil Malmaison (voir ci-dessous, à la date du vendredi 22 novembre, infos sur cette action).

- Dominique Voynet, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ne se représentera pas. Elle s’explique.

Lundi 25 novembre 2013

- Les électeurs suisses ont repoussé la limitation des plus hauts salaires.

Dimanche 24 novembre 2013

- L’oléoduc qui a explosé en Chine vendredi soir a causé une cinquantaine de morts.

Vendredi 22 novembre 2013

- Un aéroport construit devant le siège de la société Vinci, à Rueil-Malmaison - enfin, un aéroport…

- Photos : Twitter, @romaintoublant) . Dans le cadre de la manifestation-happening organisée par le Collectif IDF-Notre Dame des Landes.

- Jugement favorable à Gérard Depardieu, pour construire sa maison dans un espace naturel à Trouville. . Lire à ce propos : A Trouville, Gérard Depardieu fait détruire un site naturel.

- Les Suisses votent dimanche 24 novembre pour réduire les inégalités de revenu. Ce référendum porte le nom de Initiative 1-12 salaires équitables : il s’agit de limiter de un à 12 l’écart des salaires dans les grandes entreprises.

Jeudi 21 novembre 2013

- Climat : A Varsovie, les ONG claquent la porte de la négociation - « Les organisations de la société civile mondiale ont donc décidé de se retirer volontairement des négociation climatiques de Varsovie. C’est la première fois que cela arrive dans l’histoire du processus de négociation. » - Communiqué de presse du WWF. . Voir aussi Les Echos. . Lire l’analyse de Maxime Combes, d’ATTAC.

- Ferme des Mille vaches : Novissen et Confédération paysanne en garde à vue - Le président de l’assocation Novissen, Michel Kfoury, et plusieurs membres de la Confédération paysanne ont été placés ce matin en garde à vue, selon des informations transmises à Reporterre : il s’agit de Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat agricole, de Manuel Aze, paysan, et de trois salariés du syndicat. . Voir détails dans cet article. . En septembre dernier, des membres de la Confédération paysanne avaient investi, durant la nuit, le chantier de cette ferme industrielle à Buigny-Saint- Maclou et Drucat-le-Plessiel, dans la Somme, près d’Abbeville.

- Depuis le 18 novembre, occupation d’une nouvelle maison sur la ZAD de Notre Dame des Landes.

- Le Sénat a adopté une proposition de loi pour limiter l’usage des pesticides.

Mercredi 20 novembre 2013

- Notre Dame des Landes : la Commission européenne autorise la subvention de l’Etat français de 150 millions d’euros à la construction de l’aéroport.

Mardi 19 novembre 2013

- Plaine du Var : le Parlement européen juge recevable une pétition sur l’urbanisation de cette zone naturelle près de Nice

- Notre Dame des Landes : le transfert d’espèce protégés reporté à 2014

On nous écrit : « Au conseil municipal de lundi 12 novembre à Notre Dame des Landes, Jean-Paul Naud, le maire, a annoncé que les transferts d’espèces protégées étaient »reportés à l’année prochaine« . Il avait l’information depuis samedi. Même si janvier-février 2014, c’est aussi »l’année prochaine« , cela ne peut qu’être mis en lien avec le report in extremis de la réunion du comité de suivi où le Préfet devait annoncer son calendrier [Voir ci-dessous brève du mercredi 13 novembre] et, peut-être même une prise de conscience des multiples impasses juridiques où Biotope a mis le dossier naturaliste. Un ordre de repli en attendant des jours meilleurs peut très bien être venu d’en haut pour éviter un nouveau front. »

Source : Courriel à Reporterre.

Lundi 18 novembre 2013

- Greenpeace : la justice russe discute du maintien en détention des « Trente de l’Arctique ».

Dimanche 17 novembre 2013

- EELV (Europe Ecologie Les Verts) : la motion de Cécile Duflot en tête, mais pas majoritaire. Consulter à ce propos : DOSSIER : Le débat de l’écologie politique.

Vendredi 15 novembre 2013

- Biodiversité : 78 sites dans le monde absolument irremplaçables. L’étude scientifique à la base de cet article est parue dans la revue Science.

Jeudi 14 novembre 2013

- Le gouvernement autorise le projet de route autour de l’ïle de la Réunion malgré les avis contraires du Conseil national de protection de la nature et du Conservatoire botanique

Mercredi 13 novembre 2013

- Les capitalistes rêvent de la viande de synthèse

- Notre Dame des Landes : le préfet reporte sans date la réunion du comité de suivi : "Messieurs les présidents, Mesdames, Messieurs les maires, Mesdames les directrices, Messieurs les directeurs, Mesdames, Messieurs, Bonjour Je vous informe que le Comité de suivi des engagements de l’État du vendredi 15 novembre 2013-14h30 est reporté à une date ultérieure." - Source : courriel communiqué à Reporterre.

- Le mercure dentaire pourrait être prohibé prochainement - si les députés l’acceptent

- Shell ne trouve pas de pétrole au large de la Guyane (en anglais).

- Artificialisation des sols : une nouvelle politique foncière proposée par le Parti de gauche.

Mardi 12 novembre 2013

- Le ministre Philippe Martin se prépare à accorder des permis d’exploration de pétrole de schiste en Seine-et-Marne. Analyse critique des avocats Arnaud Gossement et Olivier Meyer : Il est possible de ne pas signer

- Pic pétrolier : le pétrole « non conventionnel » compensera le déclin de la production de pétrole conventionnel, selon l’Agence internationale de l’énergie. Lien vers le rapport de l’AIE, World outlook 2013.

- Fukushima : assouplissement des conditions de retour des habitants. Lire à ce propos l’analyse de Thierry Ribault.

Dimanche 10 novembre 2013

- Les actions de déboulonnage et de déprédations de de pylones de lignes à haute tension se multiplient.

(Photo : ledauphine).

- Notre Dame des Landes : mobilisation intacte : 600 personnes présents ou représentés à l’Assemblée générale de l’Acipa le 8 novembre

- Le typhon aux Philippines aurait causé… dix mille morts. Lire notre récit : Le typhon qui a ravagé les Philippines, une puissance monstrueuse.

Samedi 9 novembre 2013

- Le plus puissant typhon de l’année 2013 a causé au moins cent morts aux Philippines

- Manifestation en Grèce contre le projet de la mine d’or. Soutien en France par le Parti de gauche.

- Le moratoire sur le gaz de schiste au Québec est menacé

- Incendie de quatre éoliennes en Espagne (en espagnol).

Vendredi 8 novembre 2013

- A Avignon, les occupants du camp d’opposition à l’autoroute LEO ont été expulsés mardi 5 par la police. Ecouter à ce propos : Pourquoi êtes-vous contre la liaison routière LEO au sud d’Avignon ?. Lire aussi le communiqué de Leopart sur l’expulsion.

Jeudi 7 novembre 2013

- La Côte d’Ivoire assouplit l’interdiction des sacs en plastique.

Mercredi 6 novembre 2013

- La Commission européenne autorise dix nouveaux OGM à l’importation.

- L’alliance UDF et Modem se présente comme « la première force de propositions écologistes en France ».

Mardi 5 novembre 2013

- La Hulotte, « journal le plus lu dans les terriers », fête son centième numéro.

- La Commission pêche du Parlement européen encadre le chalutage profond sans l’interdire.

Lundi 4 novembre 2013

- Vote aujourd’hui au Parlement européen sur la pêche en eau profonde

- Des élus verts chez le ministre pour souligner l’absurdité de l’autoroute A 831 reliant Fontenay-le-Comte à Rochefort.

Samedi 2 novembre 2013

- Fos : important incendie sur l’incinérateur. L’incendie permettrait de remettre à plat la carte des déchets autour de Marseille, selon Objectif Transition.

Jeudi 31 octobre 2013

- Reprise des travaux sur le chantier du barrage de Belo Monte, au Brésil.

- Nathalie Kosciusko-Morizet promet un Paris sans perturbateurs endocriniens.

Mercredi 30 octobre 2013

- Les otages de l’uranium, au Niger, ont été libérés.

Mardi 29 octobre 2013

- Jean-Marc Ayrault suspend l’écotaxe. Lire par ailleurs L’écotaxe est bonne pour l’économie locale, ainsi que : José Bové : « La reculade de M. Ayrault sur l’écotaxe est minable ».

- Tempête Christian : au moins douze morts en Europe.

Lundi 28 octobre 2013

- Flamanville : une pièce de moteur chute dans l’enceinte du réacteur EPR. L’incident est survenu le 16 octobre. Plus de nouvelle depuis...

- A Paluel, un incendie le 21 octobre sur le toit de la centrale.

- Ex-mineur d’uranium victime d’un cancer : la cour d’appel annule un jugement condamnant Areva.

- En Chine, un gigantesque projet de transfert d’eau sur des milliers de kilomètres.

- Des milliers de manifestants samedi 26 au Portugal contre la politique imposée par l’Europe.

Samedi 26 octobre 2013

- En Bretagne, des paysans affrontent les policiers pour abattre un portique d’éco-taxe.

- Un militant de Greenpeace dans une tente suspendue au deuxième étage de la Tour Eiffel.

Photo de Greenpeace. Lire à ce propos : « Liberté pour les militants de Greenpeace », demandent ensemble Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon.

Jeudi 24 octobre 2013

- Le Gabon veut produire de l’huile de palme

- Notre Dame des Landes : prolongation jusqu’au 7 novembre de la consultation sur les espèces protégées. Lire à ce propos : Les citoyens doivent faire entendre leur voix.

Mercredi 23 octobre 2013

- Abus d’antibiotiques dans l’élevage aux Etats-Unis, regrette une commission d’experts (en anglais).

- LGV : le ministère de l’Ecologie annonce avoir choisi le tracé de Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax.

- Antarctique : la création d’une nouvelle zone marine protégée à l’ordre du jour de la conférence qui s’ouvre aujourd’hui.

Mardi 22 octobre 2013

- Zadistes et Acipa craignent une provocation policière à Notre Dame des Landes. Lire aussi : Pour sauver les espèces à Notre-Dame-des-Landes, les citoyens doivent faire entendre leur voix.

- Dans le cadre de sa politique anti-écologique, la majorité PS augmente le taux de la TVA sur les transports publics. EELV proteste. Mais l’abaisse sur les travaux de rénovation énergétique.

- Le prix mondial de l’alimentation décerné aux dirigeants de… Monsanto et Syngenta.

- La fermeture de Fessenheim attendra encore : le chargé du dossier devient directeur de cabinet de Philippe Martin.

- En Chine, la ville de Harbin est bloquée par des niveaux de pollution pulvérisant les normes sanitaires

Lundi 21 octobre 2013

- Grand Paris : le Conseil régional d’Ile-de-France ne sait plus où il en est.

- Les coûts du futur aéroport de Berlin s’envolent.

Samedi 19 octobre 2013

- Un millier de manifestants en Roumanie contre le gaz de schiste.

- Union européenne-Canada : vers la signature de l’accord de libre-échange. Lire le point de vue d’Attac.

Vendredi 18 octobre 2013

- Au Mexique, la justice a ordonné la suspension des autorisations d’OGM.

- Notre Dame des Landes : La préfecture annonce la fermeture du réseau routier entre Notre Dame des Landes et Fay de Bretagne jusqu’au 31 décembre.

- Le Parlement européen reporte de nouveau sa décision sur la pêche profonde. Lire à ce propos : Pêche : vote décisif en préparation au Parlement européen.

- La Bulgarie poursuivie par la Commission européenne pour avoir implanté des éoliennes sur la route des oiseaux migrateurs (en anglais).

- Investissements records pour trouver du pétrole et du gaz. 104 000 puits forés à terre en 2013.

Jeudi 17 octobre 2013

- La pollution de l’air est un cancérogène certain, annonce le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

- En Roumanie, Chevron cesse ses travaux de recherche de gaz de schiste du fait de l’opposition des paysans.

- Ligne THT Cotentin-Maine : relaxe pour les antinucléaires :

Nous vous avions fait part de notre soutien aux inculpés antinucléaires accusés d’avoir « dégradé en réunion » un pylône en construction de la ligne Très Haute Tension Cotentin-Maine par laquelle devrait transiter l’électricité produite par le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville. Le rendu du jugement du procès qui a eu lieu le 11 juillet 2013 au tribunal de grande instance de Laval a été prononcé le 26 septembre. Nous vous faisons suivre la bonne nouvelle reçue d’un des inculpés : « Le tribunal correctionnel de Laval a prononcé la relaxe pour les cinq inculpés. RTE a été débouté de sa demande de dommages et intérêts. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui se sont intéressés à cette affaire et ont montré leur solidarité. D’autres procès sont toujours en cours. »

Source : Courriel envoyé à Reporterre par Quelques opposants à Center Parcs.

- Le gouvernement brésilien pourrait ouvrir l’exploitation de son pétrole aux compagnies étrangères.

Mercredi 16 octobre 2013

- Gaz de schiste : des paysans roumains bloquent les travaux d’exploration de la multinationale Chevron

- Typhon au Japon : treize morts, Fukushima épargné.

Mardi 15 octobre 2013

- Quand Mamère et Mélenchon écrivent ensemble pour soutenir Greenpeace en Russie, les médias dominants s’en foutent.

Voici le texte de Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon boycotté par les médias dominants.

- Deux journalistes de Basta ! poursuivis par le groupe Bolloré.

- Notre Dame des Landes : Vinci a obtenu l’interdiction de semer sur la ZAD (!). Les opposants vont en justice à Saint Nazaire aujourd’hui.

Lundi 14 octobre 2013

- La Commission européenne publie ses projets d’infrastructures : plein de lignes THT en France. C’est une liste en tableau, (cherchez "France") et en anglais.

- Au Niger, manifestation contre Areva à Arlit, la cité de l’uranium, samedi 12 octobre

- La production de pétrole de l’OPEP passe en dessous des 30 millions de barils par jour.

Jeudi 10 octobre 2013

- Le Fonds monétaire international conseille - enfin, « juge possible » - de taxer les riches. Voir le document source du FMI : Tax Policy Can Help Countries Turn Corner on Debt.

- Aux Etats-Unis, l’Agence de sécurité nucléaire à l’arrêt en raison de la panne budgétaire.

Mercredi 9 octobre 2013

- Décision du Conseil d’Etat favorable aux opposants au projet de méga-scierie du Morvan.

Communiqué d’Adret Morvan, 9 octobre : “Pour la quatrième fois, la justice a donné raison aux opposants à Erscia (méga- scierie et incinérateur). C’est une nouvelle avancée obtenue par le collectif des habitants de Marcilly, Loire vivante et Decavipec (les requérants en justice) dont Adret Morvan se félicite. Le Conseil d’État, en confirmant la décision du juge du tribunal administratif de Dijon qui avait permis de suspendre les travaux sur le site, légitime une nouvelle fois ce qu’Adret Morvan démontre depuis plus d’un an : ce projet est contraire à l’intérêt public et nuisible pour l’environnement. En attendant le jugement sur le fond des 6 arrêtés attaqués, Adret Morvan espère que les élus locaux de la Nièvre feront preuve de sagesse en annonçant rapidement l’abandon définitif du projet Erscia."

- Le Parlement européen favorable au renforcement des études d’impact environnemental des projets. Les textes officiels sont ici.

Mardi 8 octobre 2013

- Le tribunal administratif de Nice a jugé illégal l’abattage de loups

- Au Brésil, Marina Silva s’allie au Parti socialiste brésilien pour la présidentielle de 2014.

Vendredi 4 octobre 2013

- En Suisse, 125 000 signatures déposées pour une votation sur le revenu de base. Lire à ce propos : Bientôt en Suisse, une votation sur le revenu de base.

- En Nouvelle-Calédonie, le gouvernement français soutient le charbon, fortement émetteur de CO2, plutôt que le gaz.

- La loi française sur les semences contredit le Traité international sur les ressources phytogénétiques, qui vient de se réunir, estime la Confédération paysanne. Le Comité directeur du Traité vient de se réunir à Oman.

- Les hydroliennes ne sont pas sans effet sur l’environnement, avertit Robin des Bois, alors que François Hollande lance à Cherbourg la filière hydrolienne.

- En Roumanie, nouvelle manifestation dimanche 29 contre le projet minier de Rosia Montana.

Dimanche 29 septembre 2013

- Total va édifier une grande centrale solaire au Chili.

Lire à ce propos : Au Chili, un immense gisement solaire.

Jeudi 26 septembre 2013

- La police est intervenue à Strasbourg pour empêcher que Jean-Marc Ayrault lise un tee-shirt sur lequel était écrit « Non à l’aéroport Notre Dame des Landes »

- Côte d’Ivoire : les autorités appellent à promouvoir les emplois verts pour résorber le chômage des jeunes

- Le Canard Enchaîné avance que Cécile Duflot aurait demandé l’éviction des petites associations de la Conférence environnementale :

Selon Le Canard enchaîné du 25 septembre, « Pour être sûr d’avoir la paix, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, avait décidé d’exclure de la conférence [environnementale] des associations petites mais combatives, telles que Générations futures, spécialiste des pesticides, les Robins des Bois [sic ; il s’agit de Robin des Toits, et non pas de Robin des Bois ], très impliqués dans les combats contre les antennes relais, Ecologie sans frontière, observateurs de la pollution de l’air, ou encore Sea Shepherd, qui défend la biodiversité marine. A EELV, personne n’a moufté, ni Durand ni Placé. D’autant moins que Cécile Duflot en personne avait réclamé à Martin l’éviction de ces associations, en délicatesse avec la direction d’EELV ».

Lire aussi : Les associations de santé environnementale exclues de la Conférence sur l’environnement

- Des éleveurs de la FDSEA ont saccagé le mercredi 18 septembre la Maison du Parc naturel régional du Morvan

Mercredi 25 septembre 2013

- EDF prépare déjà l’allongement à soixante ans de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires

- Noël Mamère annonce qu’il quitte les Verts

Mardi 24 septembre 2013

- Réunie à Montréal, l’aviation civile internationale discute de la réduction de ses émissions de gaz carbonique

- Gaz de schiste : le Conseil constitutionnel se prononcera la 11 octobre.

- Des milliers de Roumains ont manifesté dimanche 22 contre le projet de mine d’or de Rosia Montana. Voir aussi : En Roumanie, les citoyens remportent une victoire contre le projet de mine d’or à Rosia Montana

- Pascal Durand s’apprête à ne plus être secrétaire national d’EELV

Lundi 23 septembre 2013

- La réglementation thermique RT 2013 attaquée au Conseil d’Etat parce qu’elle défavoriserait le chauffage électrique et le nucléaire

- Une « substance gélatineuse » s’est échappée de fûts de déchets nucléaires en Belgique

Dimanche 22 septembre 2013

- Quatre élus écolos portent plainte pour sauver l’air de la montagne

Samedi 21 septembre 2013

- Le bateau de Greenpeace arraisonné par les forces russes en mer arctique

Vendredi 20 septembre 2013

- Le texte du discours de François Hollande lors de la Conférence environnementale

Mercredi 18 septembre 2013

- François Hollande prononcera un discours lors de la Conférence environnementale vendredi 20 matin

- Pétrole en Arctique : deux militants de Greenpeace escaladent une plateforme de Gazprom. Et l’info émise par Greenpeace (en anglais).

- Inondations torrentielles au Mexique : 55 morts, 40 000 touristes bloqués à Acapulco

Mardi 17 septembre 2013

- Notre-Dame-des-Landes : selon Bruxelles, la France n’est pas en infraction

- Notre Dame des Landes : à 10 h, audience des opposants par la Commission européenne à Bruxelles : la Commission Européenne qui étudie l’ensemble du dossier à propos, notamment, des compensations environnementales, dira si le projet d’aéroport respecte le droit environnemental européen ou pas. Vous pouvez suivre en direct le débat à partir de ce lien

Lundi 16 septembre 2013

- Le Brésil ne construira « probablement pas » quatre nouveaux réacteurs nucléaires, annonce le responsable de l’agence énergétique (en anglais).

- François Hollande : pas de taxation du diesel en 2014

Dimanche 15 septembre 2013

- Le Japon sort à nouveau du nucléaire : sa dernière centrale s’arrête

- Fermeture de Fessenheim : l’ASN appelle EDF à accélérer le rythme

Vendredi 13 septembre 2013

- Attaques de troupeaux en Champagne : un loup identifié

- Fukushima : de la vapeur réapparue au-dessus du réacteur 3

Jeudi 12 septembre 2013

- Nucléaire : Stop Uranium a bloqué un camion de tétrafluorure d’uranium à Malvesi

- Des louveteaux sont nés dans les Vosges

- Transition énergétique : la loi prend du retard, un projet sera présenté au printemps 2014

Mercredi 11 septembre 2013

- Déchargement de gravats radioactifs au Bugey : EDF condamné

- Gaz de schiste : le renforcement des études d’impact discuté ce mercredi au Parlement européen

Mardi 10 septembre 2013

- Un rapport suggère d’augmenter la fiscalité verte en baissant la TVA

Lundi 9 septembre 2013

- A l’est de la Russie, les plus grandes inondations depuis cent vingt ans

- Manifestation dimanche 8 septembre : Mine d’or en Roumanie : septième nuit de contestation. Lire aussi : En Roumanie, la mobilisation enfle contre un projet de mine d’or, et La mine de Rosia Montana bientôt un problème européen

- Les toits solaires sont dangereux pour les pompiers (en anglais).

- Le Journal Officiel publie le « Vocabulaire de l’environnement »

Dimanche 8 septembre 2013

- Deux permis de recherche d’hydrocarbures accordés en Alsace et en Lorraine

Samedi 7 septembre 2013

- Le projet de centrale à gaz de Landivisiau, en Bretagne, repoussé de plusieurs mois

Vendredi 6 septembre 2013

- Le déficit commercial accrue en juillet en raison du gonflement des importations d’énergie

- Les phosphates limités dans les détergents pour lave-vaisselle.

- Taxe sur l’aviation : l’Europe lâche encore du lest.

- OGM : aux Etats-Unis, des paysans portent leur plainte contre Monsanto auprès de la Cour suprême (en anglais).

Mercredi 4 septembre 2013

- Grenoble : incident nucléaire sur un chantier de démantèlement du CEA

Mardi 3 septembre 2013

- Des faucheurs volontaires ont investi lundi une coopérative agricole à la recherche de colza muté.

- « Il est minuit moins cinq pour le climat », selon le directeur du Giec

Lundi 2 septembre 2013

- Fukushima : l’eau décontaminée pourrait être rejetée en mer

- Une nouvelle maison occupée dans la ZAD de Notre Dame des Landes.

Jeudi 29 août 2013

- Gaz de schiste : en Alaska, des victimes des séismes provoqués par la fracturation hydraulique obtiennent gain de cause (article en anglais).

- En Colombie, 200 000 paysans bloquent les routes et demandent une nouvelle politique agricole. Info en français datée du 22 août

Mercredi 28 août 2013

- Pause dans le réchauffement global : l’explication par l’océan Pacifique. Une présentation plus fouillée en anglais dans Science News.

- Utrecht (Pays-Bas) va construire le plus grand parking à vélos du monde

- Mercedes pourra vendre ses voitures en France, malgré son fluide réfrigérant polluant

- Les incendies font rage dans l’ouest des Etats-Unis