L'éloquence des pantomimes Encodage en TEI Bertrand Gaiffe Vincent Meslard 275 ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française)
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L'éloquence des pantomimes Sciences Humaines Le souci du corps Novembre 2002 Sciences Humaines Mensuel n° 132
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L'éloquence des pantomimes

Au mois de janvier dernier, The American Journal of Psychology rapportait les résultats détonants d'une étude américaine sur le rôle de la gestuelle associée à la parole. Les gestes ont une fonction « principalement cognitive » en aidant l'orateur à trouver ses mots, écrivaient les chercheurs (voir Sciences Humaines, n° 124, février 2002). La théorie du psychologue McNeil (1985) sur la fonction communicante des gestes spontanés n'était pour autant pas remise en cause : deux psychologues anglais, Geoffrey Beattie et Heather Shovelton, se sont employés à réaccréditer la validité de cette première hypothèse. Convaincus des vertus communicationnelles de nos pantomimes, ils ont eu l'idée d'identifier les gestes les plus efficaces en matière de transmission, et d'en percer le mystère. Les différents rôles joués par le narrateur-mime (l'une des propriétés fondamentales du discours selon le chercheur McNeil) ont été soumis à leur test d'efficacité. L'influence du rôle joué par le narrateur sur l'intelligibilité de son message aurait été confirmée. Et avec elle, la fonction communicante des gestes spontanés. Il semble ainsi que le spectateur visualise mieux l'environnement et la taille relative des entités représentées lorsque le narrateur fait corps avec son personnage que lorsqu'il mime la vision distanciée d'un observateur. Les chercheurs suggèrent par ailleurs que les gestes donnent une information sur la construction grammaticale du texte prononcé. Dans le doute de ses fonctions, cognitives, de communication sémantique et/ou syntaxique, on retiendra que l'art de la gestuelle mérite d'être pratiqué et regardé.