Les mots qui comptent : Résilience Julien Damon Encodage en TEI Bertrand Gaiffe Vincent Meslard 343 ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française)
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Régulièrement, de nouveaux mots surgissent dans les débats d’idées et de société. Ils se répandent comme une traînée de poudre à travers revues et médias. En s’appuyant sur les statistiques de l’AFP, Julien Damon analyse chaque mois l’un de ces top ten de notre vocabulaire. Julien Damon Les mots qui comptent : Résilience Sciences Humaines L'art de convaincre d'Aristote à Obama novembre 2009 Sciences Humaines Mensuel n° 209
Julien Damon français
Les mots qui comptent : Résilience Julien Damon Régulièrement, de nouveaux mots surgissent dans les débats d’idées et de société. Ils se répandent comme une traînée de poudre à travers revues et médias. En s’appuyant sur les statistiques de l’AFP, Julien Damon analyse chaque mois l’un de ces top ten de notre vocabulaire.

La résilience a fait une entrée récente et importante dans la famille des concepts à emploi varié. Ses occurrences dans les dépêches AFP ne débutent véritablement qu’au début des années 2000, avec la présentation et la reprise d’ouvrages de l’éthologue et psychiatre Boris Cyrulnik qui ont fait le succès de la notion. En 1986, deux dépêches, traitant d’acier, utilisent néanmoins le terme ; mais c’est en l’employant dans un sens originel de résistance des matériaux aux chocs.

La notion, désignant la capacité à renaître de sa souffrance, est utilisée en psychologie depuis le milieu du XXe siècle pour décrire les conditions de sortie de traumatismes vécus par des enfants. L’œuvre de B. Cyrulnik, rencontrant un large public de chercheurs, de professionnels et de parents, va populariser le vocable. Celui-ci va être de plus en plus souvent convoqué en matière de droits des enfants, de chocs affectifs, de divorces, et de toute expérience traumatisante, allant du chômage au terrorisme.

Signe de son implantation, la résilience va également être appelée pour décrire des phénomènes de résistance et d’adaptation dans le cas des antilopes africaines, des crises boursières, des quartiers défavorisés, des récessions ou encore du changement climatique. D’extraction relativement claire, la résilience, qui donne lieu à réussites éditoriales et débats universitaires, est devenue une notion à extension indéfinie et peut-être infinie. C’est là l’exemple d’une prospérité sémantique.