Sociologie de la gestion. Les faiseurs de performance Clément Lefranc Encodage en TEI Bertrand Gaiffe Vincent Meslard 309 ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française)
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Clément Lefranc Sociologie de la gestion. Les faiseurs de performance Sciences Humaines Le corps sous contrôle juillet 2008 Sciences Humaines Mensuel n° 195
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Sociologie de la gestion. Les faiseurs de performanceValérie Boussard, Belin, 2008, 263 p., 22 € Clément Lefranc

GMAO, ERP, SMED…, ces quelques acronymes barbares ont pour point commun d’appartenir à un même registre, celui de la sémantique gestionnaire. Elle-même rompue aux techniques de la gestion, l’auteure de l’ouvrage jette un regard sociologique sur des pratiques et des discours qui ont envahi aujourd’hui toutes les organisations. À l’aide de la notion simmélienne de forme, Valérie Boussard commence par faire retour sur la genèse historique de cette modalité très spécifique de gouvernance. La gestion est une invention du XIXe siècle destinée à assurer la conduite rationnelle des affaires dans les grandes entreprises, et plus précisément à contrôler de près aussi bien les échanges économiques que le travail effectué au sein des ateliers. La rhétorique gestionnaire qui prend forme sur les brisées de ce moment fondateur est pleine d’intentions objectives, pour ne pas dire scientifiques : grâce aux dispositifs et indicateurs qu’ils inventent, les gestionnaires affirment qu’ils vont pouvoir maîtriser, rationaliser, améliorer les performances tout en récompensant les uns et les autres de façon juste et vertueuse. En réalité, constate l’auteure, le succès ne provient pas de l’efficacité intrinsèque des instruments mais de la performativité du discours. La forme gestionnaire a de l’emprise sur le monde parce que les gestionnaires y croient et qu’ils savent convaincre et imposer aux autres une fiction qui, aujourd’hui, fait vivre un ensemble impressionnant de professionnels (managers, ingénieurs, consultants, etc.).