Les courants de la linguistique au xxe siècle Encodage en TEI Bertrand Gaiffe Vincent Meslard 762 ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française)
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Les courants de la linguistique au xxe siècle Sciences Humaines Les courants de la linguistique au xxe siècle Dossier Sciences Humaines Le Langage - Hors-série n° 27 - Décembre 1999/Janvier 2000
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Les courants de la linguistique au xxe siècle
La révolution saussurienne

Ferdinand de Saussure (1857-1913) est le père de la linguistique moderne. Dans son Cours de linguistique générale (1912), il rompt avec une approche descriptive et historique des langues pour rechercher les règles formelles de son fonctionnement (approche synchronique).

Il défend un point de vue «structural», où la langue est étudiée comme un système. Un signe possède une double face : un signifiant, qui est le support matériel du signe (son ou graphisme), et un signifié, qui correspond à l'idée contenue dans le signe.

Le distributionnalisme

En 1935, Leonard Bloomfield (1887-1949) esquisse, avec le distributionnalisme, une tentative d'inspiration béhavioriste d'expliquer les faits de langage à partir de la fréquence d'apparition des mots.

Le Cercle de Prague

A la fin des années 20, le Cercle de Prague accueille les linguistes russes Roman Jakobson (1896-1982) et Nikolaï Troubetskoï (1890-1938).

Son approche s'inspire de celle de F. de Saussure. La langue forme une structure dont les éléments sont arbitraires mais se tiennent entre eux.

Le Cercle de Copenhague et la glossématique

Dans le prolongement de F. de Saussure, le Danois Louis Trolle Hjelmslev (1899-1965) forge une théorie linguistique, nommée glossématique, dont le projet est de constituer une «algèbre immanente des langues». Cette démarche se veut résolument théorique et formaliste.

L'ethnolinguistique

Selon Edward Sapir (1884-1939) et son élève Benjamin L. Worf (1897-1941), ethnologues et linguistes américains, la variété des langues et des types de vocabulaire contribue à forger des représentations différentes du monde. C'est ce que l'on nomme l'hypothèse Sapir-Worf.

La grammaire générative

Au début des années 60, on assiste à l'éclosion de plusieurs types de grammaires transformationnelles et génératives. Leur but est de constituer une grammaire universelle du langage. Elles sont impulsées notamment par Zellig Harris et son élève Noam Chomsky.

La grammaire générative est à la recherche d'un système formel du langage, d'une grammaire universelle (GU) qui décrirait toutes les langues et leurs énoncés.

A partir des années 80 se développent de nouvelles grammaires, dites «grammaires d'unification», dont l'objectif est d'unifier syntaxe et sémantique. Les modèles formels des grammaires d'unification sont explicitement forgés dans le cadre de la traduction automatique.

Roman Jakobson

Fondateur de la phonologie, R. Jakobson (1896-1982) émigre aux Etats-Unis en 1942.

Dans son Essai de linguistique générale (1963), il propose de distinguer 6 fonctions du langage : référentielle (donner une information), émotive (traduire une émotion), conative (donner un ordre), phatique (maintenir le contact), poétique (rechercher l'esthétique), métalinguistique (réguler son propre discours)...

André Martinet

André Martinet (1908-1999) est le fondateur de la phonologie fonctionnelle. Il est aussi l'inventeur de la célèbre théorie de la double articulation du langage.

La sociolinguistique

William Labov (né en 1928) définit la sociolinguistique comme l'étude des différences linguistiques selon les milieux sociaux.

Argumentation et rhétorique

Chaïm Perleman, le père de la théorie moderne de l'argumentation (La Nouvelle Rhétorique, 1958), a montré comment les discours argumentatifs étaient nichés dans la plupart des formes du langage courant.

La pragmatique

Le philosophe anglais John L. Austin (1911-1960) (Quand dire, c'est faire, 1960) est le fondateur de la pragmatique.

La pragmatique quitte le terrain des structures de la langue pour s'intéresser à la parole et à ses effets dans le cadre d'une communication. Pour elle, les actes de langage désignent des énoncés en tant qu'ils agissent sur les autres.

L'ethnographie de la conversation

L'ethnographie de la conversation (Dell Hymes et John J. Gumperz) repose sur l'analyse de la conversation ordinaire, des tours de parole, des rituels...