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# Les <i>tokenizers</i>
{#if fw === 'pt'}
<CourseFloatingBanner chapter={2}
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notebooks={[
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{:else}
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{/if}
<Youtube id="VFp38yj8h3A"/>
Les *tokenizers* sont l'un des principaux composants du pipeline de NLP. Ils ont un seul objectif : traduire le texte en données pouvant être traitées par le modèle. Les modèles ne pouvant traiter que des nombres, les *tokenizers* doivent convertir nos entrées textuelles en données numériques. Dans cette section, nous allons explorer ce qui se passe exactement dans le pipeline de tokénisation.
Dans les tâches de NLP, les données traitées sont généralement du texte brut. Voici un exemple de ce type de texte :
```
Jim Henson was a puppeteer # Jim Henson était un marionnettiste
```
Les modèles ne pouvant traiter que des nombres, nous devons trouver un moyen de convertir le texte brut en nombres. C'est ce que font les *tokenizers* et il existe de nombreuses façons de procéder. L'objectif est de trouver la représentation la plus significative, c'est-à-dire celle qui a le plus de sens pour le modèle, et si possible qui soit la plus petite.
Voyons quelques exemples d'algorithmes de tokénisation et essayons de répondre à certaines des questions que vous pouvez vous poser à ce sujet.
## <i>Tokenizer</i> basé sur les mots
<Youtube id="nhJxYji1aho"/>
Le premier type de *tokenizer* qui vient à l'esprit est celui basé sur les mots. Il est généralement très facile à utiliser et configurable avec seulement quelques règles. Il donne souvent des résultats décents. Par exemple, dans l'image ci-dessous, l'objectif est de diviser le texte brut en mots et de trouver une représentation numérique pour chacun d'eux :
<div class="flex justify-center">
<img class="block dark:hidden" src="https://huggingface.co/datasets/huggingface-course/documentation-images/resolve/main/en/chapter2/word_based_tokenization.svg" alt="An example of word-based tokenization."/>
<img class="hidden dark:block" src="https://huggingface.co/datasets/huggingface-course/documentation-images/resolve/main/en/chapter2/word_based_tokenization-dark.svg" alt="An example of word-based tokenization."/>
</div>
Il existe différentes façons de diviser le texte. Par exemple, nous pouvons utiliser les espaces pour segmenter le texte en mots en appliquant la fonction `split()` de Python :
```py
tokenized_text = "Jim Henson was a puppeteer".split()
print(tokenized_text)
```
```python out
['Jim', 'Henson', 'was', 'a', 'puppeteer'] # ['Jim', 'Henson', était, 'un', 'marionnettiste']
```
Il existe également des variantes des *tokenizers* basés sur les mots qui ont des règles supplémentaires pour la ponctuation. Avec ce type de *tokenizers* nous pouvons nous retrouver avec des « vocabulaires » assez larges, où un vocabulaire est défini par le nombre total de *tokens* indépendants que nous avons dans notre corpus.
Un identifiant est attribué à chaque mot, en commençant par 0 et en allant jusqu'à la taille du vocabulaire. Le modèle utilise ces identifiants pour identifier chaque mot.
Si nous voulons couvrir complètement une langue avec un *tokenizer* basé sur les mots, nous devons avoir un identifiant pour chaque mot de la langue que nous traitons, ce qui génère une énorme quantité de *tokens*. Par exemple, il y a plus de 500 000 mots dans la langue anglaise. Ainsi pour associer chaque mot à un identifiant, nous devrions garder la trace d'autant d'identifiants. De plus, des mots comme « chien » sont représentés différemment de mots comme « chiens ». Le modèle n'a initialement aucun moyen de savoir que « chien » et « chiens » sont similaires : il identifie les deux mots comme non apparentés. Il en va de même pour d'autres mots similaires, comme « maison » et « maisonnette » que le modèle ne considérera pas comme similaires au départ.
Enfin, nous avons besoin d'un *token* personnalisé pour représenter les mots qui ne font pas partie de notre vocabulaire. C'est ce qu'on appelle le *token* « inconnu » souvent représenté par « [UNK] » (de l’anglais « unknown ») ou « &lt;unk&gt ; ». C'est généralement un mauvais signe si vous constatez que le *tokenizer* produit un nombre important de ce jeton spécial. Cela signifie qu’il n'a pas été en mesure de récupérer une représentation sensée d'un mot et que vous perdez des informations en cours de route. L'objectif de l'élaboration du vocabulaire est de faire en sorte que le *tokenizer* transforme le moins de mots possible en *token* inconnu.
Une façon de réduire la quantité de *tokens* inconnus est d'aller un niveau plus profond, en utilisant un *tokenizer* basé sur les caractères.
## <i>Tokenizer</i> basé sur les caractères
<Youtube id="ssLq_EK2jLE"/>
Les *tokenizers* basés sur les caractères divisent le texte en caractères, plutôt qu'en mots. Cela présente deux avantages principaux :
- le vocabulaire est beaucoup plus petit
- il y a beaucoup moins de *tokens* hors vocabulaire (inconnus) puisque chaque mot peut être construit à partir de caractères.
Mais là aussi, des questions se posent concernant les espaces et la ponctuation :
<div class="flex justify-center">
<img class="block dark:hidden" src="https://huggingface.co/datasets/huggingface-course/documentation-images/resolve/main/en/chapter2/character_based_tokenization.svg" alt="An example of character-based tokenization."/>
<img class="hidden dark:block" src="https://huggingface.co/datasets/huggingface-course/documentation-images/resolve/main/en/chapter2/character_based_tokenization-dark.svg" alt="An example of character-based tokenization."/>
</div>
Cette approche n'est pas non plus parfaite. Puisque la représentation est maintenant basée sur des caractères plutôt que sur des mots, on pourrait dire intuitivement qu’elle est moins significative : chaque caractère ne signifie pas grand-chose en soi, alors que c'est le cas pour les mots. Toutefois, là encore, cela diffère selon la langue. En chinois, par exemple, chaque caractère est porteur de plus d'informations qu'un caractère dans une langue latine.
Un autre élément à prendre en compte est que nous nous retrouverons avec une très grande quantité de *tokens* à traiter par notre modèle. Alors qu’avec un *tokenizer* basé sur les mots, pour un mot donné on aurait qu'un seul *token*, avec un *tokenizer* basé sur les caractères, cela peut facilement se transformer en 10 *tokens* voire plus.
Pour obtenir le meilleur des deux mondes, nous pouvons utiliser une troisième technique qui combine les deux approches : la *tokénisation en sous-mots*.
## Tokénisation en sous-mots
<Youtube id="zHvTiHr506c"/>
Les algorithmes de tokenisation en sous-mots reposent sur le principe selon lequel les mots fréquemment utilisés ne doivent pas être divisés en sous-mots plus petits, mais les mots rares doivent être décomposés en sous-mots significatifs.
Par exemple, le mot « maisonnette » peut être considéré comme un mot rare et peut être décomposé en « maison » et « ette ». Ces deux mots sont susceptibles d'apparaître plus fréquemment en tant que sous-mots autonomes, alors qu'en même temps le sens de « maison » est conservé par le sens composite de « maison » et « ette ».
Voici un exemple montrant comment un algorithme de tokenisation en sous-mots tokeniserait la séquence « *Let's do tokenization* ! » :
<div class="flex justify-center">
<img class="block dark:hidden" src="https://huggingface.co/datasets/huggingface-course/documentation-images/resolve/main/en/chapter2/bpe_subword.svg" alt="A subword tokenization algorithm."/>
<img class="hidden dark:block" src="https://huggingface.co/datasets/huggingface-course/documentation-images/resolve/main/en/chapter2/bpe_subword-dark.svg" alt="A subword tokenization algorithm."/>
</div>
Ces sous-mots finissent par fournir beaucoup de sens sémantique. Par exemple, ci-dessus, « *tokenization* » a été divisé en « *token* » et « *ization* » : deux *tokens* qui ont un sens sémantique tout en étant peu encombrants (seuls deux *tokens* sont nécessaires pour représenter un long mot). Cela nous permet d'avoir une couverture relativement bonne avec de petits vocabulaires et presque aucun *token* inconnu.
Cette approche est particulièrement utile dans les langues agglutinantes comme le turc, où l'on peut former des mots complexes (presque) arbitrairement longs en enchaînant des sous-mots.
### Et plus encore !
Il existe de nombreuses autres techniques. Pour n'en citer que quelques-unes :
- le *Byte-level BPE* utilisé par exemple dans le GPT-2
- le *WordPiece* utilisé par exemple dans BERT
- *SentencePiece* ou *Unigram*, utilisés dans plusieurs modèles multilingues.
Vous devriez maintenant avoir une connaissance suffisante du fonctionnement des tokenizers pour commencer à utiliser l'API.
## Chargement et sauvegarde
Le chargement et la sauvegarde des *tokenizers* est aussi simple que pour les modèles. En fait, c'est basé sur les deux mêmes méthodes : `from_pretrained()` et `save_pretrained()`. Ces méthodes vont charger ou sauvegarder l'algorithme utilisé par le *tokenizer* (un peu comme l'*architecture* du modèle) ainsi que son vocabulaire (un peu comme les *poids* du modèle).
Le chargement du *tokenizer* de BERT entraîné avec le même *checkpoint* que BERT se fait de la même manière que le chargement du modèle, sauf que nous utilisons la classe `BertTokenizer` :
```py
from transformers import BertTokenizer
tokenizer = BertTokenizer.from_pretrained("bert-base-cased")
```
{#if fw === 'pt'}
Similaire à `AutoModel`, la classe `AutoTokenizer` récupère la classe de *tokenizer* appropriée dans la bibliothèque basée sur le nom du *checkpoint*. Elle peut être utilisée directement avec n'importe quel *checkpoint* :
{:else}
Similaire à `TFAutoModel`, la classe `AutoTokenizer` récupère la classe de *tokenizer* appropriée dans la bibliothèque basée sur le nom du *checkpoint*. Elle peut être utilisée directement avec n'importe quel *checkpoint* :
{/if}
```py
from transformers import AutoTokenizer
tokenizer = AutoTokenizer.from_pretrained("bert-base-cased")
```
Nous pouvons à présent utiliser le *tokenizer* comme indiqué dans la section précédente :
```python
tokenizer("Using a Transformer network is simple")
```
```python out
{'input_ids': [101, 7993, 170, 11303, 1200, 2443, 1110, 3014, 102],
'token_type_ids': [0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0],
'attention_mask': [1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1]}
```
La sauvegarde d'un tokenizer est identique à celle d'un modèle :
```py
tokenizer.save_pretrained("directory_on_my_computer")
```
Nous parlerons plus en détail des `token_type_ids` au [chapitre 3](/course/fr/chapter3) et nous expliquerons la clé `attention_mask` un peu plus tard. Tout d'abord, voyons comment les `input_ids` sont générés. Pour ce faire, nous devons examiner les méthodes intermédiaires du *tokenizer*.
## Encodage
<Youtube id="Yffk5aydLzg"/>
La traduction d'un texte en chiffres est connue sous le nom d’*encodage*. L'encodage se fait en deux étapes : la tokenisation, suivie de la conversion en identifiants d'entrée.
Comme nous l'avons vu, la première étape consiste à diviser le texte en mots (ou parties de mots, symboles de ponctuation, etc.), généralement appelés *tokens*. De nombreuses règles peuvent régir ce processus. C'est pourquoi nous devons instancier le *tokenizer* en utilisant le nom du modèle afin de nous assurer que nous utilisons les mêmes règles que celles utilisées lors du pré-entraînement du modèle.
La deuxième étape consiste à convertir ces *tokens* en nombres afin de construire un tenseur à partir de ceux-ci ainsi que de les transmettre au modèle. Pour ce faire, le *tokenizer* possède un *vocabulaire*, qui est la partie que nous téléchargeons lorsque nous l'instancions avec la méthode `from_pretrained()`. Encore une fois, nous devons utiliser le même vocabulaire que celui utilisé lors du pré-entraînement du modèle.
Pour mieux comprendre les deux étapes, nous allons les explorer séparément. A noter que nous utilisons des méthodes effectuant séparément des parties du pipeline de tokenisation afin de montrer les résultats intermédiaires de ces étapes. Néanmoins, en pratique, il faut appeler le *tokenizer* directement sur vos entrées (comme indiqué dans la section 2).
### Tokenisation
Le processus de tokenisation est effectué par la méthode `tokenize()` du *tokenizer* :
```py
from transformers import AutoTokenizer
tokenizer = AutoTokenizer.from_pretrained("bert-base-cased")
sequence = "Using a Transformer network is simple"
tokens = tokenizer.tokenize(sequence)
print(tokens)
```
La sortie de cette méthode est une liste de chaînes de caractères ou de *tokens* :
```python out
['Using', 'a', 'transform', '##er', 'network', 'is', 'simple']
```
Ce *tokenizer* est un *tokenizer* de sous-mots : il découpe les mots jusqu'à obtenir des *tokens* qui peuvent être représentés par son vocabulaire. C'est le cas ici avec `transformer` qui est divisé en deux *tokens* : `transform` et `##er`.
### De <i>tokens</i> aux identifiants d'entrée
La conversion en identifiants d'entrée est gérée par la méthode `convert_tokens_to_ids()` du *tokenizer* :
```py
ids = tokenizer.convert_tokens_to_ids(tokens)
print(ids)
```
```python out
[7993, 170, 11303, 1200, 2443, 1110, 3014]
```
Une fois converties en tenseur dans le *framework* approprié, ces sorties peuvent ensuite être utilisées comme entrées d'un modèle, comme nous l'avons vu précédemment dans ce chapitre.
> [!TIP]
> ✏️ **Essayez !** Reproduisez les deux dernières étapes (tokénisation et conversion en identifiants d'entrée) sur les phrases des entrées que nous avons utilisées dans la section 2 (« <i>I've been waiting for a HuggingFace course my whole life.</i> » et « <i>I hate this so much!</i> »). Vérifiez que vous obtenez les mêmes identifiants d'entrée que nous avons obtenus précédemment !
## Décodage
Le *décodage* va dans l'autre sens : à partir d'indices du vocabulaire nous voulons obtenir une chaîne de caractères. Cela peut être fait avec la méthode `decode()` comme suit :
```py
decoded_string = tokenizer.decode([7993, 170, 11303, 1200, 2443, 1110, 3014])
print(decoded_string)
```
```python out
'Using a Transformer network is simple'
```
Notez que la méthode `decode` non seulement reconvertit les indices en *tokens* mais regroupe également les *tokens* faisant partie des mêmes mots. Le but étant de produire une phrase lisible. Ce comportement sera extrêmement utile lorsque dans la suite du cours nous utiliserons des modèles pouvant produire du nouveau texte (soit du texte généré à partir d'un *prompt*, soit pour des problèmes de séquence à séquence comme la traduction ou le résumé de texte).
Vous devriez maintenant comprendre les opérations atomiques qu'un *tokenizer* peut gérer : tokenisation, conversion en identifiants, et reconversion des identifiants en chaîne de caractères. Cependant, nous n'avons fait qu'effleurer la partie émergée de l'iceberg. Dans la section suivante, nous allons pousser notre approche jusqu'à ses limites et voir comment les surmonter.
<EditOnGithub source="https://github.com/huggingface/course/blob/main/chapters/fr/chapter2/4.mdx" />

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