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China’s Incredible Shrinking Economy
ITHACA, NY -- The World Bank recently announced that the Chinese and Indian economies are 40% smaller than previously estimated.
Since these are the fastest-growing large economies, the Bank’s revision has clipped half a percentage point off world growth over the last five years, according to the IMF.
The new numbers set off a firestorm of debate, and have brought conspiracy theorists out in force.
But when the dust settles, the new data may be less revolutionary than some people believe. They may also have the unintended benefit of shifting a key policy debate in a more productive direction.
The new data are based on improved estimates of purchasing power parity (PPP).
The basic idea is that, when comparing incomes across countries, variations in purchasing power should be taken into account.
Market exchange rates are not a good indicator of these differences, because they can fluctuate for other reasons.
The World Bank and some other organizations have, collectively, gathered a massive amount of data – covering 1,000 similar products in 146 countries – to construct comparable international prices.
Price levels in China and India, among other developing countries, turn out to be much higher than previously estimated.
Hence, their real per capita incomes are lower relative to other countries.
Despite this massive shrinkage, the reality on the ground is unchanged.
Indeed, people in Beijing and Delhi are showing more equanimity than most would if their incomes were cut by 40%.
The bottom line is that China and India are still large economies, growing rapidly, and consuming massive amounts of resources.
All that has changed is that both countries have been downgraded to smaller roles on the world stage.
But size is not all that matters.
The new PPP data also have implications for evaluating the extent of poverty and the level of a currency’s exchange rate.
This is where the conspiracy theories come in.
The reduction in income levels at international prices means that many more people in China and India are now classified as poor – an automatic boon for the World Bank, whose primary business is to end poverty.
And the fact that China’s market exchange rate was far lower (i.e., more yuan per dollar) than the earlier PPP exchange rate had been interpreted as evidence of huge undervaluation.
The new data, by contrast, show that the exchange rate of the renminbi relative to the dollar is about right.
The calculations can be tweaked, but it is difficult to generate anything close to the dramatic figures of 40-50% undervaluation that had been bandied about by some researchers. This has fomented accusations that China apologists have cooked the new numbers.
But the conspiracy theories are off the mark.
The World Bank has engaged in a good faith effort to make progress on a hugely complicated matter.
Of course, there remain gaping holes in the data.
For example, the data for China are based on surveys in just 11 cities.
Prices for rural areas – where two-thirds of China’s population still resides – are based on extrapolations from these data.
There is guesswork involved, but at least it’s been done in a systematic way.
In any case, earlier calculations depended on an even greater amount of guesswork.
Whatever one makes of the data, the number of people leading lives of quiet desperation in these countries is unconscionably large.
As for the exchange rate, PPP is only one of many ways to calculate its equilibrium level.
Given China’s massive current account surplus (12% of GDP), the renminbi is still undervalued.
But the degree of undervaluation is not the point.
What China needs is a more flexible exchange rate that can respond freely to market forces.
Otherwise, China’s central bank must focus on keeping the exchange rate stable and doesn’t have a truly independent monetary policy.
More flexibility would help attain more balanced and sustainable growth.
It would allow the central bank to raise interest rates aggressively to control runaway credit and investment growth, and keep inflation in check.
Raising interest rates on bank deposits, which are now negative in real terms, would reduce incentives for individuals to pour money into equity markets or real estate, mitigating the risk of asset market bubbles and boom-bust cycles in the economy.
Trying to determine the “right” level of the renminbi, by contrast, is a fool’s game, and the proposal of a step revaluation to get to that level has become a polemical distraction.
Perhaps the new data will cool the heated rhetoric about undervaluation and currency manipulation, and instead generate a substantive discussion about exchange-rate flexibility and its benefits for China and the world. | L’incroyable rapetissement de l'économie chinoise
ITHAQUE, NY – La Banque mondiale a récemment annoncé que les économies chinoise et indienne étaient 40 % moins performantes que selon les précédentes estimations.
D’après le FMI, ces pays ayant la croissance la plus rapide, la révision de la Banque a enlevé un demi point de pourcentage à la croissance mondiale des cinq dernières années.
L’annonce a déclenché un tonnerre de débats et renforcé la position des théoriciens de la conspiration.
Lorsque le calme reviendra, les nouveaux chiffres seront peut-être moins accablants que certains l’imaginent, ou permettront d'orienter involontairement un débat politique essentiel vers une voie plus productive.
Ces nouvelles données s'appuient sur des estimations améliorées de parité de pouvoir d'achat (PPA).
L'idée de départ est de tenir compte des variations de pouvoir d'achat, en comparant les revenus des différents pays.
Les taux de change du marché ne sont pas un indicateur fiable, car ils peuvent fluctuer pour d'autres raisons.
La Banque mondiale et plusieurs autres organisations ont rassemblé pléthore de données –concernant 1 000 produits similaires dans 146 pays – en vue de comparer des prix entre les pays.
Les niveaux en Inde et en Chine, parmi d’autres pays développés, s'avèrent bien plus élevés que selon les estimations passées.
Par conséquent, les revenus réels par habitant y sont inférieurs à ceux des autres pays.
Malgré cette diminution importante, la réalité sur le terrain n'a pas changé.
En apprenant la nouvelle, la population à Pékin et Delhi a fait preuve de plus d’équanimité que ne l’aurait fait le reste du monde.
La vérité, c'est que la Chine et l'Inde sont toujours de grandes des économies, à la croissance rapide, consommant d’énormes quantités de ressources.
Ce qui a changé, c'est que les deux pays se sont vus attribuer des rôles moindres sur la scène mondiale.
La taille ne fait pas tout.
Les nouvelles données de PPA influent aussi sur l'évaluation de l’étendue la pauvreté et du taux de change d'une monnaie.
C'est là que les théories de la conspiration entre en jeu.
Avec cette réduction des revenus, un plus grand nombre de Chinois et d’Indiens sont désormais considérés comme pauvres – une aubaine pour la Banque mondiale dont l'objectif principal est de mettre un terme à la pauvreté.
La faiblesse du taux de change du marché chinois (c'est-à-dire plus de yuans par dollar) par rapport au précédent taux d'échange de PPA semblait prouver une forte sous-évaluation.
Désormais, le taux de change du renminbi par rapport au dollar est plutôt correct.
S’il est possible de gonfler les chiffres, il semble difficile que ce soit au point de la sous‑évaluation de 40-50 % annoncée par les chercheurs qui ont accusé les défenseurs chinois de falsifications.
Les théories de la conspiration sont à côté de la question.
La Banque mondiale redouble d’efforts sincères pour résoudre un problème fort complexe.
Comme on peut s’y attendre, les données contiennent d’énormes zones d’ombre.
Par exemple, celles concernant la Chine sont issues d’études effectuées dans seulement 11 villes.
Dans les zones rurales – où vivent encore deux tiers de la population –, les prix s’appuient sur l’extrapolation de ces données.
Certes, il s'agit surtout de conjectures, mais au moins celles-ci ont été émises de façon systématique.
Dans tous les cas, les calculs antérieurs dépendaient d’encore bien plus de conjectures.
Quoi qu’il advienne de ces données, le nombre de personnes menant une vie de désespoir tranquille dans ces pays est excessivement élevé.
Quant au taux de change, le PPA n'est qu'une des nombreuses façons de calculer son niveau d'équilibre.
Compte tenu de l’excédent de la balance des paiements en Chine (12 % du PIB), le renminbi est toujours sous-évalué.
Mais ce n'est pas le degré de sous-évaluation qui importe.
La Chine a besoin d’un taux de change flexible pouvant réagir librement aux forces de marché.
Autrement, la Banque centrale chinoise doit s'efforcer de maintenir la stabilité de ce taux et n'a pas de politique monétaire véritablement indépendante.
Une flexibilité renforcée permettrait d'obtenir une croissance plus équilibrée et durable.
La Banque centrale pourrait augmenter énergiquement les taux d'intérêt afin de contrôler des crédits effrénés et la croissance de l'investissement, et de mettre un frein à l'inflation.
L'augmentation des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires, désormais négatifs en termes réels, dissuaderait les individus d’alimenter les marchés immobiliers ou d'actions, limitant ainsi le risque de bulles spéculatives et d'économie en dents de scie.
Il n’est pas judicieux de vouloir à tout prix déterminer le « juste » niveau du renminbi ; qui plus est, la proposition d'une brusque réévaluation pour atteindre ce niveau est devenue une distraction polémique.
Les nouvelles données refroidiront peut-être les discours échauffés sur la sous-évaluation et la manipulation monétaire ; et produiront au lieu de cela un débat positif sur la souplesse des taux de change et ses avantages pour la Chine et pour le monde. |
A Fair Deal for Africa’s Resources
WINDHOEK – Namibia is a resource-based economy that has embarked on an ambitious development program.
Our vision is to turn Namibia into a knowledge-based, diversified economy by 2030.
One of the major principles upon which this vision is based is the idea of “partnerships” – a major prerequisite for the achievement of dynamic, efficient, and sustainable development.
Partnerships between governments and foreign investors are at the core of the sound management of natural resources.
But such partnerships can’t be taken for granted on a continent where the quest for natural resources has fueled decades of violent conflict.
Genuine partnership is difficult to achieve when resource-rich countries view foreign mining and drilling companies only as adversaries, seeking unfair and inequitable contracting agreements.
From the perspective of companies, partnership is unattractive when they are forced to incur large losses owing to project disruptions and contract renegotiations.
By contrast, partnerships are strengthened if companies and governments recognize their shared interest in durable, mutually beneficial contracts that ensure stable revenue streams from projects.
This requires a framework that takes into account, among other things, developmental possibilities, environmental concerns, labor conditions, and community interests, and that is adaptable to changing circumstances.
For governments, contracts are more likely to be durable if they are negotiated in a way that enables countries to receive fair and predictable long-term revenues.
For developing countries, this source of income can be substantial over several decades, and is needed by governments for investment in infrastructure, health care, education, etc.
On the other hand, poorly conceived and negotiated contracts not only prevent countries from enjoying the full long-term benefits of their natural resources, but also help to entrench poverty, corruption, and even conflict, particularly when governance systems are inadequate.
For companies, contracts are more likely to be durable if they are negotiated in a way that continuously rewards firms for risky and capital-intensive investment in terms of the net present value of their earnings.
Companies also want, of course, contracts that won’t be repudiated by the next government.
Indeed, poorly negotiated contracts are a recipe for adverse business outcomes, such as reduced security of mining titles, increased likelihood of operational disruptions from targeted civil protests, and greater risk of revisions to tax and other conditions.
Many governments in Africa simply don’t have the capacity to negotiate complex contracts that require a wide range of in-depth knowledge of law, finance, geology, economic modeling, etc., while firms typically do.
As a result, the contracts that are negotiated often do not meet the criteria described above – to the disadvantage not only of governments, but also of firms interested in durable contracts.
In the absence of conditions for equitable negotiations, governments often deem the resulting contracts unfair – thus dooming them to be breached at some point.
In these circumstances, there is an urgent need for a facility that allows governments of poor countries to negotiate on a par with foreign investors to reach contracts that are as fair as possible under the given circumstances.
The outcome of such negotiations can be expected to be – and to be perceived to be – more balanced, more transparent, more stable, and therefore more sustainable.
The time has come to establish such a facility – in the interest of a mutually beneficial partnership between governments and foreign investors. | Une transaction équitable pour les ressources de l’Afrique
WINDHOEK – La Namibie est une économie fondée sur ses ressources naturelles qui s’est engagée dans un ambitieux programme de développement.
Notre projet est de faire de la Namibie une économie de la connaissance, diversifiée, d’ici à 2030.
L’un des principes fondateurs majeurs de cette vision est l’idée de « partenariat » - un préalable important pour parvenir à un développement dynamique, efficace et durable.
Les partenariats entre les gouvernements et les investisseurs étrangers sont au cour d’une gestion saine des ressources naturelles.
Mais de tels partenariats ne peuvent être pris pour acquis sur un continent où la quête des ressources naturelles a alimenté des décennies de conflits violents.
Il est difficile d’aboutir à un véritable partenariat lorsque les pays riches en ressources ne voient les compagnies minières et de forages étrangères que comme des adversaires à la recherche d’accords contractuels injustes et inéquitables.
Du point de vue des entreprises, les lourdes pertes imputables à des perturbations dans les projets et à des renégociations de contrats rendent les partenariats peu attrayants.
Par contre, les partenariats sont plus solides si les compagnies et les gouvernements reconnaissent que des contrats durables et mutuellement bénéfiques sur des projets assurant des revenus stables sont dans leurs intérêts communs.
Cela nécessite un cadre qui prenne entre autre en compte les possibilités de développement, les préoccupations environnementales, les conditions de travail, les intérêts communautaires, et qui soit adaptable aux évolutions circonstancielles.
Pour les gouvernements, les contrats ont un caractère plus durable s’ils sont négociés de manière à permettre aux pays de percevoir des revenus à long terme prévisibles et équitables.
Pour les pays en développement, cette source de revenu peut être substantielle sur plusieurs décennies et est nécessaire aux gouvernements pour leur permettre d’investir dans les infrastructures, la santé, l’éducation, etc.
Par ailleurs, des contrats mal conçus et mal négociés empêchent non seulement les pays de profiter des revenus de leurs ressources naturelles sur le long terme, mais enracinent aussi la pauvreté, la corruption et même les conflits, particulièrement lorsque les systèmes de gouvernance sont inadéquats.
Pour les sociétés, la pérennité des contrats est mieux assurée s’ils sont négociés de manière à ce que la rétribution soit continue pour un investissement risqué et exigeant en capitaux par rapport à la valeur actualisée nette de leurs gains.
Les sociétés veulent aussi, bien sûr, des contrats qui ne seront pas désavoués par le gouvernement suivant.
En effet, des contrats mal négociés sont la garantie de suites économiques négatives comme une fragilité plus grande de la sécurité des concession minières, des probabilités accrues d’interruptions de fonctionnement dues à des mouvements d’agitation civile ciblés et de plus grands risques de révisions des conditions, taxes ou autres.
De nombreux gouvernements en Afrique n’ont tout simplement pas la capacité pour négocier des contrats complexes qui exigent une connaissance approfondie et élargie en droit, en finance, en géologie, en modèles économiques, etc., que maitrisent typiquement les sociétés.
En conséquence, les contrats qui sont négociés ne répondent souvent pas aux critères énoncés précédemment – et portent ainsi préjudice non seulement aux gouvernements, mais aussi aux entreprises intéressées par des contrats durables.
En l’absence de contexte favorable à des négociations équitables, les gouvernements jugent souvent les contrats injustes – les condamnant à terme à la rupture.
Dans ces circonstances, il est urgent de donner aux gouvernements des pays pauvres la facilité pour négocier à parité égale avec les investisseurs étrangers afin de conclure des accords qui seront, contextuellement, aussi justes que possible.
De telles négociations seront vraisemblablement – et perçues comme – plus équilibrées, plus transparentes, et donc plus durables.
Le temps est venu d’instaurer une telle facilité – dans l’intérêt d’un partenariat mutuellement bénéfique entre les gouvernements et les investisseurs étrangers. |
Blood Quest
WASHINGTON, DC – In most developed countries, patients can be confident about the safety of blood transfusions.
The problem is that maintaining a steady, uncontaminated supply of donor blood is not always easy.
Is it possible to ensure an adequate supply of safe blood once and for all?
Today’s blood supplies, often donated by volunteers, can be contaminated with HIV and other infectious agents.
And donor blood must be kept in cold storage, where it has a 28-day shelf life.
Given fear of contamination – and military interest in a more durable supply – research into synthetic alternatives has long been a medical priority.
The idea of using blood substitutes was first advanced in the seventeenth century, and continues to attract researchers today.
Several products that could revolutionize transfusion medicine have already been developed in the pursuit of shelf-stable, portable, one-type-fits-all blood substitutes, which could replace standard blood transfusions in extreme situations, such as on the battlefield.
But, after more than three decades of active research and development, no clinically viable product has obtained regulatory approval, owing to the significant scientific challenges.
Blood is a complicated stew of plasma proteins, red blood cells, platelets, and other cellular components.
These elements perform crucial functions, such as transporting oxygen, nutrients, and immunoglobulins (which defend against infection), and regulating water content, temperature, and pH level.
In the early twentieth century, researchers began to examine hemoglobin – the protein responsible for carrying oxygen from the respiratory organs to the rest of the body – in red blood cells.
They found that, when isolated from aging cells – whether from human or cow blood, or from genetically engineered sources – free hemoglobin can be rejuvenated, chemically stabilized, and re-infused as a blood “substitute” that can carry oxygen as effectively as red blood cells, but for a much shorter time.
(Non-hemoglobin synthetic blood substitutes, known as fluorocarbons, have proved to be less effective oxygen carriers.)
But free hemoglobin can wreak havoc in the human body, causing hypertension, cardiac arrest, or even death.
Indeed, in almost all living creatures, hemoglobin is encapsulated in red blood cells, which protect the body from the protein’s negative effects (and, in turn, protect hemoglobin from the body’s digestive enzymes).
Experts nonetheless believe that hemoglobin-based products can be used to save the lives of trauma patients, as well as to treat patients who object to donated blood on religious grounds (for example, Jehovah’s Witnesses).
Hemoglobin contains hemes, chemical compounds that contain iron – a transition metal that can undergo oxidation, or “rusting” processes.
Outside of red blood cells, “good” ferrous iron – the only oxygen-carrying form – is oxidized uncontrollably to form the “bad” ferric and “ugly” ferryl forms of hemoglobin.
When released into a person’s circulatory system, hemoglobin in these higher oxidation states eventually self-destructs, damaging molecules in surrounding tissue.
Given that these mischievous forms of hemoglobin are difficult to study in living systems, researchers have largely ignored them.
Instead, they have focused on strategies for preventing the kidneys from filtering the infused hemoglobin; the hemoglobin from leaking through the blood-vessel walls; and synthetic hemoglobin from destroying nitric oxide (a gas produced in blood vessels that helps them to dilate and increase blood flow).
Some researchers consider the reaction with nitric oxide the most problematic, because it raises blood pressure.
But progress has been made in finding ways to control these oxidation reactions.
Researchers (including at my laboratory) have investigated how the body naturally handles the occasional release of hemoglobin from aging red blood cells and from cells affected by blood diseases, such as hemolytic anemia.
They have found that the body’s first line of defense against hemoglobin oxidation is a process of reduction, in which molecules like uric acid or ascorbic acid (vitamin C) impede oxidation by reducing the iron to a less oxidizing species.
Moreover, a host of blood proteins are specialized scavengers of hemoglobin or its fragments.
They reduce its toxicity and safely clear it for further processing within specialized cells called macrophages.
For example, haptoglobin tightly binds to hemoglobin subunits, while hemopexin captures the heme when the hemoglobin releases it.
Some recent therapeutic possibilities include the co-infusion of haptoglobin with hemoglobin in circulation or with vitamin C – additives that hold promising implications for the development of safe and effective blood substitutes.
Researchers must build on this progress.
Safe blood substitutes and new therapeutic options that make blood transfusion more effective would significantly improve treatment in challenging situations. Ultimately, that promises to save many lives. | La quête de substituts du sang
WASHINGTON, DC – Dans la plupart des pays développés, les patients peuvent se fier à la sécurité des transfusions sanguines.
Il n’est cependant pas toujours simple de maintenir un approvisionnement stable non contaminé par des donneurs de sang.
Est-ce possible, une fois pour toutes, d’assurer un approvisionnement de sang adéquat et sécuritaire?
Les réserves actuelles de sang, souvent données par des bénévoles, peuvent être contaminées par le VIH et d’autres agents d’infection.
Et les prélèvements de sang doivent être stockés au froid, où ils ont une durée de conservation de 28 jours.
Vu les craintes relatives à la contamination et l’intérêt militaire d’un mode d’approvisionnement plus durable, la recherche de composés synthétiques est depuis fort longtemps une priorité médicale.
L’idée d’utiliser des substituts sanguins a été proposée au XVIIe siècle et continue, à ce jour, d’attirer des chercheurs.
Plusieurs produits qui pourraient révolutionner la médecine sur le plan des transfusions ont déjà été développés dans la quête de substituts sanguins génériques, portables, de longue durée de conservation. Ces substituts pourraient ainsi remplacer les pratiques classiques de transfusion sanguine dans des situations extrêmes, comme sur les champs de bataille.
Mais, après plus de trois décennies d’activités de recherche et développement, aucun produit cliniquement viable n’a obtenu d’homologation réglementaire, en raison des défis majeurs sur le plan scientifique.
Le sang est un amalgame complexe de protéines de plasma, de cellules rouges, de plaquettes et d’autres composantes cellulaires.
Ces éléments remplissent des fonctions cruciales, comme le transport d’oxygène, de nutriments et d’immunoglobulines (qui défendent contre l’infection), tout en régulant la teneur en eau, la température et le niveau de pH.
Au début du XXe siècle, les chercheurs ont entamé des recherches sur l’hémoglobine contenue dans les cellules rouges. C’est par cette protéine que le transport d’oxygène se fait entre les organes respiratoires et le reste de l’organisme.
Ils ont trouvé que, lorsqu’isolée des cellules de vieillissement, pour du sang humain ou bovin, ou de sources transgéniques, l’hémoglobine libre peut être régénérée, stabilisée chimiquement et réinjectée comme « substitut » sanguin qui peut transporter de l’oxygène aussi efficacement que des cellules rouges, mais pour un laps de temps beaucoup plus court.
Des substituts sanguins synthétiques sans hémoglobine, appelés fluorocarbones, se sont cependant avérés des agents moins efficaces de transport d’oxygène.
Mais l’hémoglobine libre peut perturber les fonctions de l’organisme, pouvant provoquer l’hypertension, l’arrêt cardiaque, ou même la mort.
En fait, pour presque tous les êtres vivants, l’hémoglobine est encapsulée dans des cellules rouges, qui protègent l’organisme des effets néfastes des protéines (qui, en retour, protègent l’hémoglobine des enzymes de l’organisme).
Les experts estiment néanmoins que les produits à base d’hémoglobine peuvent être utilisés pour sauver la vie des victimes de traumatismes, ainsi que pour traiter des patients qui s’opposent aux transfusions sanguines pour des motifs religieux (par exemple, les témoins de Jéhovah).
L’hémoglobine est constituée de fer hémique, une famille de composés chimiques qui comprend diverses formes ioniques du fer, en tant que métaux de transition qui lorsqu’ils s’oxydent amorcent un processus de « corrosion ».
Hors des cellules rouges, la seule forme de fer qui transporte l’oxygène, soit les ions ferreux « bénéfiques », s’oxyde de façon déréglée pour se transformer en « mauvaises » et « difformes » molécules d’hémoglobines sous forme ferrique.
Lorsqu’introduite dans le système circulatoire d’une personne, l’hémoglobine dans ces états plus élevés d’oxydation finit éventuellement par s’auto détruire, endommageant les molécules des tissus ambiants.
Puisque ces formes nocives d’hémoglobine sont difficiles à étudier dans des systèmes in vivo, les chercheurs les ont en général ignorées.
Ils se sont surtout concentrés sur des méthodes pour empêcher les reins de retenir l’hémoglobine infusée ; l’hémoglobine de passer au travers des parois des vaisseaux sanguins et l’hémoglobine synthétique de détruire l’oxyde d’azote (un gaz produit dans les vaisseaux sanguins qui facilite leur dilatation et l’augmentation de l’afflux sanguin).
Certains chercheurs considèrent que la r��action avec l’oxyde d’azote est la plus problématique, car elle fait monter la pression artérielle.
Des progrès ont toutefois été réalisés dans les méthodes pour compenser ces réactions d’oxydation.
Des chercheurs (y compris ceux de mon laboratoire) ont analysé les mécanismes naturels que l’organisme utilise pour éliminer des émanations sporadiques d’hémoglobine provenant du vieillissement des cellules rouges et des cellules affectées par des maladies du sang, telle que l’anémie hémolytique.
Ils ont découvert que la première ligne de défense de l’organisme contre l’oxydation de l’hémoglobine est un processus de réduction, dans lequel les molécules comme l’acide urique ou l’acide ascorbique (la vitamine C) viennent empêcher l’oxydation en réduisant le fer en espèces ioniques moins oxydantes.
En outre, un bon nombre de protéines du sang sont des capteurs spécialisés d’hémoglobine ou de ses fragments.
Ils réduisent la toxicité et évacuent sans danger les molécules d’hémoglobine pour les transformer à l’intérieur de cellules spécialisées appelées macrophages.
Par exemple, l’haptoglobine adhère fortement à des sous-unités hémoglobines, tandis que l’hémopexine retient le fer hémique émis par l’hémoglobine.
Certaines options thérapeutiques récentes comprennent la transfusion conjointe d’haptoglobine et d’hémoglobine (ou de vitamine C) dans la circulation sanguine, des additifs qui présentent un avenir prometteur pour le développement de substituts sanguins sûrs et efficaces.
Les chercheurs doivent tabler sur ces progrès.
Des substituts sanguins sûrs et de nouvelles filières thérapeutiques qui rendent les transfusions sanguines plus efficaces amélioreraient grandement les traitements dans des situations difficiles, car, en dernier ressort, ce sont ces substituts qui ont le potentiel de sauver un encore plus grand nombre de vies. |
Europe for Citizens programme (2007-2013) (debate)
The next item is the recommendation for second reading on behalf of the Committee on Culture and Education, on the Council common position (C6-0316/2006 for adopting a decision of the European Parliament and of the Council establishing for the period 2007-2013 the programme 'Europe for Citizens', to promote active European citizenship (09575/1/2006) (Rapporteur: Mr Takkula).
rapporteur. - (FI) Mr President, Commissioner, I would first like to thank everyone who has been involved in the deliberations on this report, especially the shadow rapporteurs and members of other committees who have made their comments.
I wish in particular to thank my esteemed colleagues and coordinators, Mrs Pack and Mrs Prets, because, being a member of the smallest group, I would not have been able to produce this report without your support.
I am also grateful for the excellent team spirit and cooperation which you have shown in our committee.
The programme consists of four areas of action.
The first is a Europe of active citizens, which includes town-twinning and citizens' projects.
Town-twinning has already proven to be a success story, and I hope that this success story will continue and go from strength to strength with this programme.
Furthermore, the citizens' projects are very important.
One central idea in establishing this programme was that the European Union could indeed have a grassroots programme which would not be elitist and which the people, the citizens of the European Union, could think of as theirs.
The second area of action is active civil society in Europe.
This could help provide structural support for EU public policy research organisations (think-tanks) and for NGOs at European level, as well as support for projects coordinated by these NGOs.
I think it is vitally important that open adult education centres and vocational colleges, non-degree-based organisations, have a bigger role, because these are just the sort of organisations that are best at reaching out to ordinary people at grassroots level.
This way, this programme will hopefully also open its doors to people all over the European Union, and they will feel it is something relevant to them.
The third area of action is 'Together for Europe', supporting high visibility events, studies and information and dissemination tools.
As we know, it is important to promote the European Union in the appropriate way and to bring it closer to people, because there are shortcomings too in the area of information and communications.
People feel that they are a long way from the decision-making process, and therefore they feel that European Union programmes are remote.
We have much work to do to bring the Union closer to the people by providing information and through various events.
A fourth area of action was added to the programme, and this is the preservation of Active European Remembrance.
There was intense discussion on this in our committee.
We finally hit on the idea that, when this action was transferred from the Culture 2000 Programme, it was just this memory of Nazism and Stalinism that we needed to preserve, so that no horrors like this can ever occur again in Europe.
We think that it is very important that future generations are also able to understand what the European identity is, what peace is, and what stability is, and it is therefore also important to guarantee active remembrance.
It would also obviously have been desirable for the budget to be up-to-date when this programme was being put together.
We know, however, that for some reason there is not as yet enough sympathy in the European Parliament, or at least not in the European Commission or the Council, for cultural projects, or enough appreciation of their importance.
I myself believe that culture and our civil society create a basis on which a dynamic and thriving economy can also be built.
We on the Committee on Culture and Education, being cultured people, should ensure that the budget will be more effective in the future.
This time we were obliged to some extent to cut it from the Commission's original proposal under pressure from the Council, but I hope that the programme can be got underway here, and that it will become a success story.
Finally, I would like to express my gratitude for the cooperation and general understanding that has been reached between the Commission, the Council and Parliament.
I am especially glad that NGOs, open universities and amateur sports clubs have been included in the programme.
I hope that when this programme starts in early 2007 it might become another success story.
(Applause)
Member of the Commission. Mr President, not more than half a year ago, I was here speaking on the same programme, asking for a quick agreement.
At that time the proposal had a different title: 'Citizens for Europe'.
Now, after half a year we are here, very close to the final decisions with the new title, 'Europe for Citizens', coming from your input; but I think this was a remarkable shift, both in consensus but also in the readiness top progress towards finalisation.
This programme is very important for citizens and civic society organisations.
I am very satisfied with the quality and intensity of negotiations between institutions that have taken place on the programme.
I would like especially and sincerely to thank the Committee on Culture for its efforts to accelerate the procedure, and the rapporteur, Mr Takkula, for his excellent work and cooperation.
Those steps in the interinstitutional procedures were accompanied by informal trilateral meetings.
They resulted in a compromise acceptable to all three institutions in the form of four amendments on which you will vote on tomorrow.
Concerning the budget, we agreed to allocate an amount of EUR 190 million at 2004 prices, which means EUR 215 million at current prices.
This is less than the Commission's original proposal but it still enables us to retain the structure of the programme, only reducing the number of outputs.
I would like once more to express my regrets about the introduction by the Council of a supplementary step to the comitology procedure.
This will slow down the selection procedure for certain categories of projects.
However, with a view to reaching a quick agreement, the Commission accepted the position taken by the Council and supported by you.
Today you are envisaging adopting four amendments: two of them concern the budget breakdown between different actions; one is technical and will accelerate the entry into force of the programme; and the last one adds the promotion of tolerance to the objectives of the programme.
That is fully in line with the programme's philosophy.
Let me repeat that the Commission fully supports the agreed compromise and therefore encourages Parliament to adopt those four amendments.
If you adopt them, the Council has committed itself rapidly to adopt the whole agreed text and the programme should then be able to enter into force by 1 January 2007.
I can assure you that once the programme is adopted the Commission will take all necessary steps to implement it as efficiently and as effectively as possible.
Indeed, my services are already actively preparing its entry into force.
We will work in close cooperation with the Programme Committee and in close dialogue with the organisations involved in this programme.
I would like to finish by repeating what Mr Takkula said, i.e. that culture forms the basis for our societies, which is why we defined the legal base for this programme in combination with the culture-related Article 151 of the Treaty.
It was the subject of many discussions, but I believe it is the right proposal and the right line to take, for future culture and citizenship to go hand in hand towards responsibility on all levels of our public and private engagement in our lives, as well as in the spheres of enlargement and the future of our Union.
Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, let me start with a word of thanks to the rapporteur, Mr Takkula, for this very fine report on 'Europe for Citizens'.
Now that the overall amount has been reduced to EUR 190 million from the EUR 235 million that this House and the Commission originally agreed on, that is the amount with which, for lack of any understanding on the Council's part, we are obliged to manage.
We support the rapporteur's two amendments, one of which aims for a 2% decrease, and the other at an increase by the same amount.
We are particularly glad to see that the new Action 4, which has to do with memorials, keeps alive the memory not only of the crimes committed by the Nazi regime but also of those committed under Stalin.
I would, however, Commissioner, like to address one other problem, one that has been raised by those who benefit from the programmes and by those who run them.
This House wishes to point out that its resolution of 5 April 2006 referred to both conferences and seminars, and the bilateral seminars - working parties and meetings of experts - are essential components of the partnership effort in terms of qualifying the programmes and those who work on them, and grants should be available for them in the same way that they are for multilateral conferences.
Furthermore, this House takes it as read that the Commission will, in the course of the applications procedure, accord equal treatment to local authorities and civil society organisations, and the object of that is that the Commission should be prevented from doing as had originally been planned and imposing additional requirements - such as guarantees and special bank sureties - on too many other social organisations, which they would find it difficult, indeed impossible, to meet.
on behalf of the PSE Group. - (NL) Mr President, first of all, I should like to thank the rapporteur, Mr Takkula, for his excellent report and for his good cooperation.
I welcome this programme with open arms, for it will benefit the public, us in this House and the European Union as a whole.
After all, the Europe for Citizens programme finally indicates that the citizens should not be there for Europe but the other way round. Europe is there for its citizens.
Only when the European Union obtains concrete results for its citizens can we count on support for this European Union.
Needless to say, we can try to enhance the bonding process between our citizens and the EU by organising exchange programmes and events, but it is always more successful if the citizens come up with their own initiatives, which is where this programme comes in.
I am grateful to Mr Takkula, to my fellow Members in all the groups, as well as to the Commission and Council, for the good working relationship we have enjoyed in dealing with this dossier.
There is, however, something that I need to get off my chest.
The European Union has recognised that there is a chasm between its citizens and the institutions.
This programme is in recognition of this and tries to make amends in this respect.
Why then, have we skimped on this programme and other vitally important programmes?
Talking about citizen involvement without injecting money into it is, of course, a waste of time.
I will in any event do all I can to promote this programme to people in the Netherlands.
I hope that other Members will bring this programme to people's attention in their own countries too.
If we all made a huge success of it, next time, the Council and the Commission may have no choice but to increase the budget of the Europe for Citizens programme to an acceptable level.
There is no doubt that the Europe for Citizens programme can become a success.
In Europe, there are many people who are prepared to actively work on Europe's integration.
This programme allows them to take part in the process and get organising.
It is, therefore, enormously important for the European citizens to have the sense of being involved in the EU's development.
That is what this programme makes possible.
My appeal to the citizens of Europe is therefore that they seize that opportunity.
on behalf of the ALDE Group. - Mr President, I congratulate the rapporteur on his excellent work in producing this report on the promotion of active European citizenship.
Many of us who genuinely care about the future of Europe believe that active citizenship will play an important role in the continuation of the European project. The EU is a work in progress; progress from centuries of division to a time of mutual cooperation.
That mutual cooperation is for the benefit of all our citizens. Otherwise the EU has no raison d'être.
It is also important to understand that this mutual cooperation is not just between Member States.
That is certainly important, but it is not enough.
There must also be mutual cooperation between our citizens so that they too are an integral part of the process - not as an audience, but as actors on the stage; not as observers but as participants.
We are looking here at participative democracy alongside representative democracy - sometimes an uneasy alliance on both sides, but one we must promote because otherwise we just pay lip service to our citizens, and they deserve much better than that.
I am pleased to see the inclusion of non-formal education programmes in this report.
Perhaps we might extend that to the recognition of volunteering activities through the provision of a European volunteering passport.
Volunteering plays an important role in active citizenship because many of the activities earmarked in the report, such as town twinning, civil society organisations and amateur sports organisations, involve volunteer participation.
Intercultural dialogue must also be supported.
All of us have our prejudices, our misconceptions about others, and it is only by engaging with each other that we begin to recognise each other's humanity; and that is the foundation of mutual cooperation and mutual respect.
My only regret is that the funding provided will not be sufficient to accomplish the huge and important task we have set ourselves.
However, I agree with the previous speaker: let us roll up our sleeves and get on with it.
on behalf of the Verts/ALE Group. - (DE) Mr President, I, too, should like to start by thanking the rapporteur, Mr Takkula.
I am delighted that there has been a rethink in the naming of the programme, originally called 'Citizens for Europe', and that it is now called 'Europe for Citizens'.
This means that the onus is on Europe, too, and that it must reach out to the public.
The aim is to reach and involve citizens, to meet them locally, to take them seriously, to listen to their concerns and to win them over to Europe and the debate on its future.
Town-twinning activities are a good means of contributing to this.
A general discussion on European globalisation blues will also form part of the debates within this programme, however, as will the question as to how we can strike a balance between excessive neoliberalism on the one hand, and statism or excessive protectionism on the other.
I should like to mention a further point, namely the inclusion of extermination camps - be they Stalinist or Nazi - in this programme.
I believe that a further reappraisal of the history of this particular European totalitarianism, which destroyed Europe and brought great unhappiness to the whole world, is politically appropriate.
Learning the appropriate lessons from this and building a genuinely open and democratic Europe remains one of our challenges for the future.
The programme is also intended to make a contribution to this.
on behalf of the GUE/NGL Group. - (PT) We share the concerns and the objectives of the 'Europe for Citizens' programme and accordingly voted in favour.
The truth of the matter is that this European Union is short of neither 'Europe for businesses' nor 'Europe for the market'.
Far from it, in fact.
We have had far too little 'Europe for citizens', too little support for a European citizenship with an active voice in the major themes on which we are building our shared territory.
In this area, decisions lack courage, laws are thin on the ground and support is virtually non-existent.
This programme alone will not in itself reverse this situation.
We support the programme, but we are also critical of its budgetary weakness.
A 60% cut on the original proposal is clearly excessive, but very much in keeping with the restrictive and outdated rule whereby all programmes in the field of education, culture and youth are underfunded.
Chronic underfunding is not the result of any scarcity of resources, but of a deliberate policy strategy on the type of Union that the Member States want to construct, which resurfaced when the financial perspective for 2007-2013 was adopted, to the detriment of areas such as culture.
There is no such thing as effective policy without adequate funding.
Words and good intentions are all well and good, but the policy must be much more than this.
Mr President, Mr Takkula, we agree with you as regards your preference for transparency in granting funding for projects.
This should be based on clear criteria with open application procedures and impartial adjudicators.
Unfortunately, this has not been the case.
We are pleased to note that we will gradually see an end to the scandal of funding being granted outside the application system to organisations that place themselves above fair competition and are still receiving substantial long-term funding.
This damages the Union's image.
The fact that these organisations are often associated with important personalities who made their careers in the European institutions only makes matters worse.
I come from a southern European country and I must say I warmly welcome the fresh air blowing in from the north in relation to this issue.
Lastly, as regards the new line of funding on memorials to dictatorships, I should like once again to express our complete opposition to the criteria that have been followed.
The exclusion of memorials to dictatorships that for decades oppressed various peoples in the south of Europe shows a lack of respect for the thousands of victims of these dictatorships.
Without the victory over the fascist regimes of southern Europe, the borders of the EU would be quite different today, and its territory smaller.
The exclusion of these dictatorships, and of the memory of them, sends out the wrong message to the citizens, suggesting, as it does, that there are some dictatorships whose memory should not be forgotten and others that are not so bad or even acceptable.
It also sends out the wrong message to the world.
A pragmatic attitude to dictatorships is indicative of double standards, and poisons and discredits the EU's external policy.
A criterion based on unambiguously democratic principles would have been better than a mediocre, mean-spirited criterion that was unable to look beyond the scarcity of funding.
on behalf of the UEN Group. - (PL) Mr President, we are all playing our part in the creation of the European Union, but we bring with us our own particular outlook, experience and observations.
These make it clear that, although we have much in common, there is also much that divides us.
Many European citizens are sceptical about the Union and dubious about European integration.
As a result, whilst some are seeking ways of rapidly bringing about European integration, others feel that if this process has to take place at all, it must do so slowly and be carefully thought through.
They feel it should be a long-term process that respects national traditions and takes account of contemporary experience.
I welcome the fact that the Europe for Citizens Programme contains many of the suggestions made by Members of this House, in particular in the part concerning memorials to the victims of dictatorship.
Financial support is available for places linked to the Nazi regime and also for memorials to the victims of Stalinist crimes.
Much was said during the debate on the programme about how little the citizens identify with the process of European integration.
A distinction was rightly drawn between citizens of the old, new and future Member States.
Insufficient consideration was given, however, to the important fact that, while one group aims to create a single 'one size fits all' European model of national identity as quickly as possible, another inclines towards a Europe of nations, where the sense of national identity would be respected.
The latter group would determine common cultural values on the basis of cultural diversity and dialogue.
on behalf of the IND/DEM Group. - (PL) Mr President, the draft document on 'Europe for Citizens' is an example of detailed wishful thinking.
Someone dreamt up the idea that if more money were invested in awareness raising, informing and including Europeans in Union events, the citizens would be brought closer to the Union and involved in European integration.
A similar argument was adduced in the Soviet sphere of influence, where our lives were dominated by the single orthodox Socialist ideology.
It was believed that pouring money into events would guarantee the development of so-called Socialist awareness.
The Soviet system tried hard to create a single orthodox Soviet identity in the minds of Russians, Ukrainians, Georgians and others.
Nations were deprived of their right to their own distinctive identity.
Someone has now decided that it will be easier to integrate Europeans if the relevant document is entitled 'Europe for Citizens' instead of 'Citizens for Europe'.
We have seen all this before.
Soviet citizens were not supposed to be for the Soviet Union.
The Soviet Union was supposed to be for them.
What was actually the case was that, for Lenin, Stalin and others, people thinking and acting as Russians, Poles or Hungarians were a hindrance.
People brought up in Soviet multiculturalism were more malleable and more amenable to becoming slaves in the service of the empire.
We would do well to remember that the genuine freedom of individuals and nations arises out of national cultures where it has its source.
That is why this document should be consigned to the dustbin along with the legacy of the former Soviet Union.
Mr President, our sense of citizenship, like our sense of identity, arises from our history, our culture, our language and our experience of life.
It comes from the bottom up.
This citizenship programme is top-down. It seeks to create a sense of citizenship where none exists.
As such, it is doomed to fail and it is wholly improper.
I was born a British citizen.
I never asked to be a European citizen.
I do not want European citizenship and I totally reject and repudiate it.
The European Constitution, which incorporates the concept of EU citizenship, has been roundly rejected in France and Holland, and it would be rejected if it were voted on in the United Kingdom.
The promotion of this failed concept is therefore highly contentious.
We are using taxpayers' money to promote one side of a hotly disputed debate, and that is wrong, undemocratic and disgraceful.
I call on colleagues to reject this report out of hand.
Mr President, it is a very important achievement to have a common position adopted by the Council on this 'Europe for Citizens' programme and I congratulate the rapporteur, Mr Takkula, on his work and dedication and, in particular, for improving the scope of the programme.
I want to dwell on two aspects of the programme: town twinning and the memorials to the victims of the twin dictatorships of Hitler and Stalin.
I would urge Commissioner Figeľ to coordinate his work with that of his colleague, Commissioner Wallström, who is responsible for information and public relations, in order to maximise the impact of this extremely important report and programme.
Firstly, on the town-twinning movement, I could not disagree more with the previous speaker.
In my own country there are town-twinning associations which have existed for 50 years and others which have been newly founded.
I wish that the Commissioners - because they are the only people who can do it - would give fair, free and open publicity to the dedication and voluntary work of these organisations.
To hear in my own county town of Hertford, the German, French, British and European anthems sung by local citizens and by school children was infinitely more eloquent than the absurd anti-European propaganda that we are given to digest in much of our popular press.
We are in a battle for the hearts and minds of public opinion and we cannot allow the sceptics simply to have the best tunes.
We have got the best tune, but we have to proclaim it.
Secondly, on the memorials, I am delighted that Mr Takkula has included the victims of Stalinist crimes, because half our European Union was subject to that dictatorship, and just imagine the disbelief of new citizens of the European Union that their suffering should be neglected, whereas those who suffered from Hitler's Third Reich should be commemorated.
Therefore, I commend this report and this programme to Parliament and the entire European Union and let us hope that this time we win the argument.
Mr President, Hungary has commemorated the 50th anniversary of the 1956 revolution.
Old women and men remember the revolutionary events they witnessed, and young people try to image what happened 50 years ago when the anti-Stalinist revolution united the Hungarians, the reformed communists and the democrats.
But some thousand extreme right-wing rioters changed everything last night.
They attacked the police, burned down shops, some of them threw stones and bottles at a synagogue, shouting anti-Semitic slogans under the banner of the Hungarian Nazi movement.
These tragic events show us how important it is to remember, and to allow us to remember, the tragedies and crimes of the 20th century.
Mr Takkula's report rightly calls upon us to commemorate the victims of the Nazi and Stalinist regimes.
But it is not enough to commemorate: we have to combat present-day extremist ideologies as well.
Stalinism is over, thank God; but the danger of the neo-Nazi extremists is still alive.
Every democratic party has to condemn extreme right-wing ideologies and violence.
We have to learn from the lesson of the Weimar Republic.
The smallest concession to the extreme right could lead to huge tragedies.
(PT) Mr President, ladies and gentlemen, the Eurobarometer data are extremely worrying.
Most EU citizens are unfamiliar with the Union's institutional system.
The Commission's role is seen as either vague or very vague.
The Council is virtually unknown as an institution.
The citizens' perceptions are extremely muddled.
Many citizens are incapable of expressing a considered opinion on Europe.
There is one salient fact running through these data: the citizens want more information and have chosen television as the best means to receive that information.
We have seen that theoretical or bland citizenship, some vague feeling of belonging, makes Europe weaker.
Europe is viewed more as an abstraction than an important presence in our lives.
What we need is not theoretical or bland citizenship, but strong, practical citizenship, a feeling of loyalty, a feeling that Europeans can identify with a Community whose destiny is encapsulated in its universal values.
Without this feeling of loyalty and identification, no political project can succeed.
Citizenship is the biggest challenge facing a post-national society such as Europe.
European citizenship is a product of reason, not of tradition.
It needs to be constructed; it is not born spontaneously.
This is a new political era, one characterised by sharing and by new forms of governance.
It is indeed a time in which the sovereignty of States has shifted to a sovereignty of people.
Be that as it may, how ironic is it that the policy does not encourage people to identify with a project that places them at the centre?
The Citizens for Europe Programme does not provide an adequate budget or an incisive enough information strategy.
Publicity about the institutions - especially on television - showing the institutions and the European project must not be delayed any further.
Explaining Europe is vital in forming a feeling for Europe.
- (SL) The greatest achievement of the European Union to date has been guaranteeing peace and coexistence amongst the nations of Europe.
However, critics of the European Union frequently complain that the work carried out by European institutions is too expensive and too remote from its citizens.
The 'Europe for Citizens' programme offers new initiatives that will help to bring European citizens closer together, including those who are not enrolled in any type of formal education but who wish to gain new knowledge and experience and forge contacts with other citizens of the European Union.
Participation in this programme is open to twin towns, so the programme will also be accessible to the kind of people who do not take part in major European Union projects every day.
However, indirect contact and personal experience can contribute appreciably to an understanding of the Union, as I have noticed when I have met groups from Slovenia who are visiting the European Parliament.
Sport, too, has a great power to unify and can communicate across linguistic boundaries.
Participation in top-level sport is fast becoming the preserve of an increasingly narrow circle of people.
This programme supports international participation by the wider masses.
Major projects bring major benefits, but smaller projects bring great pleasure to many individuals.
The programmes will be all the more successful if citizens can access them easily and if they do not have to fill in mountains of forms every time they make an application.
Our citizens often become disenchanted with the European Union precisely because they encounter too many administrative obstacles when attempting to secure funding.
This is why we must endeavour, when offering worthwhile programmes, to streamline procedures and to ensure greater awareness of such funds and easier access to them, at both European and national level.
Member of the Commission. (SK) I would like to thank you for all your contributions and particularly for the commitment you have shown concerning the importance of working together as fellow citizens of the EU when dealing with certain issues or ideas.
The programme itself constitutes the legal basis for implementation and will define the conditions that the Commission too will be required to meet.
It is important that these conditions be known and implemented as soon as possible.
Parliament will be involved through the Steering Committee and programme evaluation.
As regards voluntary work and improvements in the recognition of informal education, we are interested in, and are striving for, progress in these areas, particularly from the perspective of young people.
This will be done through the Youth Pass, which should add greater transparency and value to voluntary work.
I agree that it is necessary to raise awareness of the results achieved so far, and of the successes and the nature of this cooperation, particularly, for example, in the area of cooperation between towns and cities.
More than 10 000 municipalities in the EU are cooperating under the civic programme.
Three weeks ago we awarded 11 golden stars for the best projects - those which are inspiring and which help real people solve real problems in towns and cities across the EU.
Such projects might be more widely copied if people were made more aware of them.
In this respect, I agree with Mr Beazley.
The programme will also provide opportunities for special events.
I would like to refer, for example, to last year's celebrations of the 25th anniversary of the Polish Solidarity Movement that were funded from a special budget line and heading.
It will be possible to implement this approach over the next seven years using the Citizenship Programme.
In conclusion, as well as a 'business-friendly' or 'market-friendly' Europe, we also have a real need for a 'citizen-friendly' Europe that is both well-disposed and helpful to its citizens, having as its foundations civil society and a certain degree of maturity.
I would also like to emphasise that the name of the programme is but one side of the coin, as the relationship between 'citizens for Europe' and 'Europe for Citizens ' is a very important one.
This is our space and at the same time it serves us.
We need to shape and develop this space and to take responsibility for it.
Once again, I would like to thank the rapporteur and the entire Parliament for a very constructive approach to the programme.
The debate is closed.
The vote will take place on Wednesday at 12.30 p.m.
Written statement (Rule 142)
(HU) Mr President, ladies and gentlemen. Please allow me to offer my congratulations on the creation of the 'Europe for Citizens' Programme (2007-2013) and to congratulate Mr Takkula on the most recent version of the report.
Europe's institutional, social and political relationships today form a dense network, the threads of which have become even more closely interwoven since enlargement.
Forming active European citizens plays a key role in this process, and the presence of such citizens is indispensable in order to ensure the continued democratic and balanced development of the European Union.
If we are to have European citizens who take responsibility for themselves and their society, we need to emphasise what today are considered to be 'lost' values, such as freedom, fairness, tolerance and solidarity, which constitute the fundamental values and cohesive bond of European society.
I also consider the balanced integration of citizens to be important, but above all, I believe that we need to foster dialogue between different cultures and worldviews.
Only in this way can we work together toward a common goal, shaping our own visions while accepting the differences of others and respecting our diversity.
Only mutual understanding, solidarity and a sense of belonging can give the citizens of Europe a sense of identity.
I support the efforts to shape a European citizenry based on common values, history and culture.
It is important to promote and celebrate the values and achievements of today's citizens, while not allowing our memories of the past to sink into oblivion.
If we keep our common cultural heritage at the forefront, we will strengthen the foundations of our shared future.
In my view, European citizenship means nothing other than taking responsibility for ourselves, our country and the European Union, and freely exercising our rights while respecting the same rights of others.
The right balance must also be struck between democratic rights and obligations.
This is a common European citizenship of which I would be pleased to be part.
Annex - Commission statement
The Commission should like to draw the legislative authority's attention to the need for the financial package mentioned in the basic act to be expressed at current prices, and for this to be done no later than its final publication in the OJ.
This corresponds to the standard budgetary practice and will help to ensure, with all due transparency, that the legislative authority's decision is complied with.
For the programme in question, the sum at current prices amounts to EUR 215 million. | Programme «L'Europe pour les citoyens» (2007-2013) (débat)
L'ordre du jour appelle la recommandation pour la deuxième lecture, au nom de la commission de la culture et de l'éducation, relative à la position commune du Conseil en vue de l'adoption de la décision du Parlement européen et du Conseil établissant, pour la période 2007-2013, le programme "L'Europe pour les citoyens" visant à promouvoir la citoyenneté européenne active (09575/1/2006 - C6-0316/2006 - (Rapporteur: M. Takkula).
rapporteur. - (FI) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je voudrais remercier tous ceux qui ont pris part aux débats sur ce rapport, en particulier les rapporteurs fictifs ainsi que les membres d'autres commissions qui ont fait part de leurs commentaires.
Je tiens tout particulièrement à remercier mes chères collègues et coordinatrices, Mmes Pack et Prets, car, étant membre du plus petit groupe, je n'aurais pu élaborer ce rapport sans leur soutien.
Je vous suis par ailleurs reconnaissant pour l'excellent esprit d'équipe et la coopération dont vous avez fait preuve au sein de notre commission.
Le programme comporte quatre domaines d'action.
Le premier a trait à une Europe de citoyens actifs, ce qui inclut le jumelage des villes et des projets de citoyens.
Le jumelage des villes s'est déjà avéré être un succès et j'espère qu'il subsistera et s'amplifiera à travers ce programme.
Par ailleurs, les projets de citoyens sont très importants.
Ce programme a notamment été établi en partant du principe que l'Union européenne peut en effet disposer d'un programme populaire non élitiste et que les gens, les citoyens de l'Union européenne, peuvent s'approprier.
Le deuxième domaine d'action concerne la société civile en Europe.
Il pourrait apporter un soutien structurel aux organismes publics européens de recherche politique (groupes de réflexion) et aux ONG au niveau européen ainsi que soutenir des projets coordonnés par ces ONG.
Je pense qu'il est primordial que les centres d'éducation ouverte pour adultes et les instituts de formation professionnelle, des organisations proposant des études ne menant pas à un diplôme, jouent un rôle plus important, car c'est là le type d'organisme le plus apte à toucher les gens ordinaires à la base.
De cette façon, il est à espérer que ce programme ouvrira ses portes aux citoyens de toute l'Union européenne et que ces derniers se sentiront concernés par ce programme.
Le troisième domaine d'action s'intitule "Ensemble pour l'Europe"; il soutient des événements à haute visibilité, des études et des outils d'information et de diffusion.
Comme nous le savons, il est essentiel de promouvoir l'Union européenne comme il se doit et d'en faire une réalité plus concrète pour les citoyens, étant donné que le secteur de l'information et des communications souffre également de lacunes.
Les gens se sentent écartés du processus décisionnel et ont donc le sentiment que les programmes de l'Union européenne sont peu accessibles.
Nous avons fort à faire pour rapprocher l'Union européenne de ses citoyens en communiquant des informations et en mettant sur pied divers événements.
Un quatrième domaine d'action a été ajouté au programme: la préservation d'une mémoire européenne active.
Des discussions intenses ont eu lieu à ce sujet au sein de notre commission.
Nous avons enfin réalisé que lorsque cette initiative a été récupérée du programme Culture 2000, il s'agissait simplement de la mémoire du nazisme et du stalinisme que nous devions préserver afin qu'aucune horreur de ce genre ne puisse à nouveau être perpétrée en Europe.
Nous pensons qu'il est essentiel que les générations futures soient également capables de comprendre ce que l'identité européenne représente, au même titre que la paix et la stabilité. Par conséquent, il est primordial de préserver une mémoire active.
Il aurait évidemment été souhaitable que le budget soit mis à jour lors de l'élaboration de ce programme.
Nous savons toutefois que pour l'une ou l'autre raison, les projets culturels ne sont pas très appréciés au sein du Parlement européen, ou du moins au sein de l'Union européenne ou du Conseil. On n'en apprécie pas suffisamment l'importance.
Je considère que la culture et notre société civile créent une base sur laquelle peut être bâtie une économie dynamique et florissante.
Au sein de la commission de la culture et de l'éducation, en tant que personnes cultivées nous devrions veiller à ce que le budget soit affecté plus efficacement à l'avenir.
Cette fois, nous avons été contraints de le réduire quelque peu par rapport à la proposition initiale de la Commission, mais j'espère que le programme pourra être mis sur les rails et qu'il rencontrera le succès.
Pour conclure, je voudrais faire part de ma gratitude pour la coopération et la compréhension générale auxquelles la Commission, le Conseil et le Parlement sont parvenus.
Je me réjouis tout particulièrement du fait que les ONG, les universités ouvertes et les clubs de sports amateurs aient été inclus dans le programme.
J'espère que lorsque ce programme sera lancé début 2007, il sera lui aussi couronné de succès.
(Applaudissements)
membre de la Commission. - (EN) Monsieur le Président, il y a à peine six mois, je parlais ici du même programme, en demandant que l'on parvienne rapidement à un accord.
À ce moment-là, la proposition portait un autre titre: "Citoyens pour l'Europe".
Aujourd'hui, après six mois, nous sommes ici, tout proches des décisions finales sous le nouveau titre "L'Europe pour les citoyens", grâce à votre contribution. Je crois néanmoins qu'il s'agissait d'un changement remarquable, tant en ce qui concerne le consensus que l'empressement à progresser vers la version définitive.
Ce programme est fondamental pour les citoyens et les organisations de la société civile.
Je suis très satisfait de la qualité et de l'intensité des négociations menées entre les institutions à propos de ce programme.
Je voudrais en particulier remercier sincèrement la commission de la culture des efforts qu'elle a accomplis pour accélérer la procédure et le rapporteur, M. Takkula, pour son rapport et sa coopération remarquables.
Ces mesures prises dans le cadre des procédures interinstitutionnelles ont été accompagnés de réunions trilatérales non officielles.
Elles ont donné lieu à un compromis acceptable pour les trois institutions, sous la forme de quatre amendements sur lesquels vous voterez demain.
Pour ce qui est du budget, nous avons approuvé l'octroi d'un montant de 190 millions d'euros aux prix de 2004, ce qui représente 215 millions d'euros aux prix actuels.
Ce montant est moins élevé que dans la proposition initiale de la Commission, mais il nous permet encore de conserver la structure du programme, en réduisant uniquement le nombre de réalisations.
Je voudrais à nouveau exprimer mes regrets concernant l'introduction par le Conseil d'une étape supplémentaire dans la procédure de comitologie.
Elle ralentira la procédure de sélection pour certaines catégories de projets.
Toutefois, afin d'obtenir un accord rapidement, la Commission a accepté la position que le Conseil a adoptée et que vous avez soutenue.
Aujourd'hui, vous envisagez d'adopter quatre amendements: deux d'entre eux portent sur la ventilation du budget entre différentes actions, un amendement est de nature technique et accélérera l'entrée en vigueur du programme et le dernier amendement intègre la promotion de la tolérance aux objectifs du programme.
Ces amendements sont parfaitement conformes à la philosophie du programme.
Je rappelle que la Commission soutient pleinement le compromis obtenu et, par conséquent, elle encourage le Parlement à adopter ces quatre amendements.
Si vous les adoptez, le Conseil s'est engagé à adopter rapidement l'ensemble du texte approuvé et le programme devrait donc pouvoir entrer en vigueur le 1er janvier 2007.
Je peux vous assurer que, dès que le programme sera adopté, la Commission prendra toutes les mesures nécessaires pour le mettre en œuvre de la manière la plus rationnelle et efficace possible.
En effet, mes services préparent déjà activement l'entrée en vigueur de ce programme.
Nous travaillerons en étroite collaboration avec le comité de programme et en étroite concertation avec les organisations concernées par ce programme.
Je voudrais conclure en rappelant ce que M. Takkula a affirmé, à savoir que la culture constitue la base de nos sociétés, raison pour laquelle nous avons défini la base juridique de ce programme en la fondant sur l'article 151 du Traité, qui concerne la culture.
Cela a fait l'objet de nombreuses discussions, mais je crois que c'est la proposition adéquate et la voie à suivre pour qu'à l'avenir, la culture et la citoyenneté s'orientent indissociablement vers la responsabilité à tous les niveaux de notre engagement public et privé dans notre vie, ainsi que dans le domaine de l'élargissement et de l'avenir de notre Union.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de commencer en adressant mes remerciements au rapporteur, M. Takkula, pour son excellent rapport sur "L'Europe pour les citoyens".
Le montant global étant passé de 235 millions d'euros (convenus à la base par la Commission et le Parlement) à 190 millions d'euros, nous sommes contraints de faire avec ce montant faute de la moindre compréhension dans le chef du Conseil.
Nous soutenons les deux amendements du rapporteur, l'un prônant une réduction de 2% et l'autre une augmentation d'un pourcentage équivalent.
Nous nous réjouissons tout particulièrement de constater que la nouvelle Action 4, relative aux mémoriaux, préserve non seulement la mémoire des crimes perpétrés par le régime nazi, mais également de ceux commis sous le régime stalinien.
Monsieur le Commissaire, je voudrais toutefois aborder un autre problème, soulevé par ceux qui bénéficient des programmes et par ceux qui les gèrent.
Cette Assemblée souhaite souligner que sa résolution du 5 avril 2006 faisait référence à des conférences et séminaires, et que les séminaires bilatéraux - groupes de travail et réunions d'experts - sont des composants primordiaux de l'effort de partenariat en termes de qualification des programmes et de ceux qui y collaborent. Des fonds doivent leur être alloués comme dans le cas des conférences multilatérales.
De plus, cette Assemblée considère qu'il est convenu que la Commission accordera un traitement égal aux autorités locales et aux organisations de la société civile dans le cadre de la procédure de demande. Il s'agit ici d'éviter que la Commission n'agisse comme cela avait été prévu à l'origine et qu'elle n'impose de nouvelles exigences - telles que des garanties et des sécurités bancaires spéciales - à un trop grand nombre d'autres organisations sociales, qu'elles auraient du mal, voire seraient dans l'impossibilité de respecter.
au nom du groupe PSE. - (NL) Monsieur le Président, je tiens avant tout à remercier le rapporteur, M. Takkula, pour son rapport de qualité et pour sa coopération irréprochable.
J'accueille ce programme à bras ouverts, car il bénéficiera au public, à nous dans cette Assemblée et à l'Union européenne dans son ensemble.
Après tout, le programme "L'Europe pour les citoyens" indique enfin que ce ne sont pas les citoyens qui doivent être là pour l'Europe, mais bien l'inverse.
Nous ne pourrons compter sur un soutien de cette Union européenne que si elle obtient des résultats concrets pour ses citoyens.
Il va sans dire que nous pouvons tenter de renforcer le processus de cohésion entre nos concitoyens et l'UE en mettant sur pied des programmes d'échange et des événements, mais les résultats seront bien meilleurs si les citoyens y vont de leurs propres initiatives. C'est justement là qu'intervient ce programme.
Je remercie M. Takkula, mes collègues députés de tous les groupes ainsi que la Commission et le Conseil pour l'excellente relation de travail dont nous avons bénéficié pour traiter ce dossier.
Néanmoins, il est une chose que je tiens à dire.
L'Union européenne a reconnu le schisme existant entre ses citoyens et les institutions.
Ce programme a été élaboré sur la base de ce constat et tente de faire amende honorable à cet égard.
Pourquoi donc avons-nous lésiné sur ce programme ainsi que sur d'autres initiatives vitales?
C'est évidemment une véritable perte de temps que de parler d'impliquer les citoyens sans investir de l'argent à cette fin.
Dans tous les cas, je ferai tout ce que je peux pour promouvoir ce programme aux Pays-Bas.
J'espère que les autres États membres le porteront également à l'attention des citoyens de leur propre pays.
Si cela aboutit, la prochaine fois, le Conseil et la Commission n'auront pas d'autre choix que d'augmenter le budget du programme "L'Europe pour les citoyens" à un niveau acceptable.
Il ne fait aucun doute que ce programme peut être couronné de succès.
En Europe, bon nombre de personnes sont prêtes à travailler d'arrache-pied à l'intégration de l'Europe.
Ce programme leur permettra de prendre part au processus et de s'organiser.
Il est donc primordial que les citoyens européens aient le sentiment d'être impliqués dans le développement de l'UE.
C'est ce que permet ce programme.
J'en appelle donc aux citoyens de l'Europe pour qu'ils saisissent cette opportunité.
au nom du groupe ALDE. - (EN) Monsieur le Président, je félicite le rapporteur pour l'excellent travail de rédaction de ce rapport sur la promotion d'une citoyenneté européenne active.
Bon nombre d'entre nous qui se préoccupent réellement de l'avenir de l'Europe pensent que la citoyenneté active exercera un rôle essentiel dans la poursuite du projet européen.
L'UE est un travail en cours, qui est passé de siècles de division à une époque de coopération mutuelle, cette dernière étant bénéfique pour tous nos concitoyens, sinon l'UE n'a pas de raison d'être.
Il est également important de comprendre que cette coopération mutuelle n'a pas uniquement lieu entre les États membres.
Elle est certainement fondamentale, mais pas suffisante.
Il doit également exister une coopération mutuelle entre nos concitoyens, afin qu'ils fassent aussi partie intégrante du processus, non pas comme spectateurs, mais comme acteurs sur la scène, non pas comme observateurs, mais comme participants.
Nous examinons ici la démocratie participative parallèlement à la démocratie représentative, une alliance qui, parfois, n'est pas aisée des deux côtés, mais que nous devons promouvoir, car, autrement, nous ne ferions qu'adresser de belles paroles à nos concitoyens; ils méritent bien mieux que cela.
Je suis ravie de constater l'inclusion de programmes éducatifs non officiels dans ce rapport.
Nous devrions peut-être également inclure la reconnaissance d'activités volontaires par l'octroi d'un passeport de volontaire européen.
Le volontariat joue un rôle crucial dans la citoyenneté active, car de nombreuses activités bénéficiaires mentionnées dans le rapport, telles que le jumelage de villes, les organisations de la société civile et les organisations de sportifs amateurs, impliquent une participation volontaire.
Il est également indispensable de soutenir le dialogue interculturel.
Nous avons tous des préjugés, des idées fausses sur les autres et c'est seulement en s'engageant auprès de chacun que nous commençons à reconnaître l'humanité de chacun; c'est le fondement de la coopération et du respect mutuels.
Je regrette simplement que le financement prévu ne soit pas suffisant pour accomplir la tâche immense et capitale que nous nous sommes attribuée.
Cependant, je suis d'accord avec l'oratrice précédente: retroussons nos manches et mettons-nous au travail.
au nom du groupe des Verts/ALE. - (DE) Monsieur le Président, je voudrais également commencer en remerciant le rapporteur, M. Takkula.
Je me réjouis que le nom du programme, auparavant intitulé "Citoyens pour l'Europe" ait été rebaptisé "L'Europe pour les citoyens".
Cela signifie que la responsabilité incombe également à l'Europe et qu'elle doit atteindre le public.
Il s'agit de toucher et d'impliquer les citoyens, de les rencontrer localement, de les prendre au sérieux, d'écouter leurs préoccupations et de les faire adhérer à l'Europe et au débat sur son avenir.
Les activités de jumelage des villes sont un bon moyen d'y contribuer.
Une discussion générale sur les problèmes de la mondialisation européenne sera également organisée lors des débats prévus dans le cadre du programme. Il s'agira par ailleurs de déterminer comment trouver un équilibre entre un néolibéralisme excessif, d'un côté, et l'étatisme ou un protectionnisme excessif, de l'autre.
Je voudrais encore mentionner un autre point, à savoir l'inclusion dans ce programme des camps d'extermination - staliniens ou nazis.
Selon moi, une réévaluation de l'histoire de ce totalitarisme européen particulier, qui a détruit l'Europe et a été une source de malheur pour le monde entier, est politiquement correcte.
Tirer les enseignements adéquats de cette expérience et construire une Europe démocratique et ouverte restent l'un de nos défis pour l'avenir.
Le programme vise aussi à contribuer à cet objectif.
au nom du groupe GUE/NGL. - (PT) Nous partageons les préoccupations et objectifs du programme "L'Europe pour les citoyens" et avons par conséquent voté en sa faveur.
La vérité, c'est que l'Union européenne ne manque ni d'une "Europe pour les entreprises" ni d'une "Europe pour les marchés".
Loin de là, en fait.
Nous n'avons pas assez pensé à une "Europe pour les citoyens", à défendre une citoyenneté européenne donnant la possibilité de se faire entendre sur les thèmes majeurs sur lesquels nous développons notre territoire commun.
Dans ce domaine, les décisions manquent de courage, les lois sur le terrain manquent d'ampleur et le soutien est quasi inexistant.
Seul, ce programme n'inversera pas la tendance.
Nous soutenons ce programme, mais critiquons également ses faiblesses budgétaires.
Une réduction de 60% par rapport à la proposition initiale est clairement excessive mais est tout à fait conforme à la règle stricte et dépassée selon laquelle tous les programmes dans les domaines de l'éducation, de la culture et de la jeunesse sont sous-financés.
Le sous-financement chronique ne résulte pas de la rareté des ressources mais d'une stratégie politique délibérée sur le type d'Union que les États membres veulent construire, ce qui est de nouveau apparu lors de l'adoption des perspectives financières 2007-2013, au détriment de domaines tels que la culture.
Aucune politique ne peut être efficace sans un financement adéquat.
Les mots et les bonnes intentions sont une bonne chose, mais la politique doit être plus ambitieuse que cela.
Monsieur le Président, Monsieur Takkula, nous sommes tout à fait d'accord avec votre choix de transparence quant à l'octroi de financements pour les projets.
Ce dernier doit reposer sur des critères clairs accompagnés de procédures de demande ouvertes et d'adjudicateurs impartiaux.
Cela n'a malheureusement pas été le cas.
Nous nous réjouissons de constater qu'il sera progressivement mis fin au scandale des financements octroyés en dehors du système des demandes à des organisations se plaçant au-dessus de la concurrence et percevant encore des financements substantiels sur le long terme.
Cela nuit à l'image de l'Union.
Le fait que ces organisations soient souvent associées à d'importantes personnalités ayant fait carrière au sein des institutions européennes ne fait qu'aggraver les choses.
Je viens d'un pays du sud-est de l'Europe et je dois dire que je me réjouis de ce vent frais du nord sur cette question.
Enfin, eu égard à la nouvelle ligne de financement des mémoriaux en hommage aux victimes de dictatures, je voudrais une fois encore souligner que nous sommes tout à fait opposés aux critères qui ont été appliqués.
L'exclusion de tels mémoriaux en hommage aux victimes de dictatures qui, des décennies durant, ont opprimé divers peuples du sud de l'Europe, témoigne d'un manque de respect à l'égard des milliers de victimes de ces dictatures.
Sans la victoire sur les régimes fascistes du sud de l'Europe, les frontières de l'UE seraient bien différentes aujourd'hui et ses territoires plus petits.
L'exclusion de ces dictatures et de leur souvenir envoie un message erroné aux citoyens, suggérant qu'il convient de ne pas oublier certaines dictatures alors que d'autres ne sont pas mauvaises voire acceptables.
Nous adressons ainsi un mauvais message au monde entier.
Une attitude pragmatique envers les dictatures reflète une politique de deux poids deux mesures, tout en empoisonnant et discréditant la politique extérieure de l'UE.
Des critères basés sur des principes démocratiques non équivoques auraient été préférables plutôt que des critères médiocres et misérables ne permettant pas de faire abstraction de la rareté des financements.
au nom du groupe UEN. - (PL) Monsieur le Président, nous contribuons tous à la création de l'Union européenne, mais en fonction de nos propres perspectives, expériences et constats.
Ces derniers soulignent clairement que même si nous avons bien des choses en commun, de nombreux éléments nous séparent.
De nombreux citoyens européens sont sceptiques à l'égard de l'Union et doutent de l'intégration européenne.
Par conséquent, alors que certains cherchent des solutions permettant une intégration européenne rapide, d'autres ont le sentiment qu'en cas de mise en œuvre de ce processus, cette dernière doit se faire lentement, avec prudence et de manière réfléchie.
Ils considèrent qu'elle doit faire l'objet d'un processus à long terme conforme aux traditions nationales et tenant compte des expériences contemporaines.
Je salue le fait que le programme "L'Europe pour les citoyens" comporte de nombreuses suggestions des membres de cette Assemblée, en particulier dans la partie relative aux mémoriaux en hommage aux victimes de dictatures.
Un soutien financier est disponible pour certains sites liés au régime nazi et pour des mémoriaux dédiés aux victimes des crimes staliniens.
Le débat a longuement porté sur le fait que les citoyens européens s'identifient très peu au processus d'intégration européenne.
Une distinction a été opérée à raison entre les citoyens des anciens, nouveaux et futurs États membres.
Toutefois, un fait important n'a pas été suffisamment considéré: alors qu'un groupe entend créer un modèle d'identité nationale européen "adapté pour tous" aussi rapidement que possible, un autre prône une Europe des nations au sein de laquelle l'identité nationale serait respectée.
Ce dernier groupe définirait des valeurs culturelles communes basées sur la diversité culturelle et le dialogue.
au nom du groupe IND/DEM. - (PL) Monsieur le Président, le projet de document sur l'"Europe pour les citoyens" illustre largement comment on peut prendre ses désirs pour des réalités.
Quelqu'un a rêvé qu'en consacrant davantage d'argent à la sensibilisation, l'information et l'implication des européens dans événements de l'Union, les citoyens se rapprocheraient de celle-ci et participeraient à l'intégration européenne.
Un argument similaire a été évoqué dans la sphère d'influence soviétique, au sein de laquelle notre existence a été dictée par la seule idéologie socialiste orthodoxe.
On estimait alors que le financement d'événements garantirait le développement d'une soi-disant prise de conscience socialiste.
Le système soviétique s'est échiné à forger une identité soviétique orthodoxe unique dans l'esprit des Russes, des Ukrainiens, des Géorgiens et d'autres.
Les nations ont été privées de leur droit à une identité propre.
Quelqu'un vient de décider qu'il serait plus simple d'intégrer les Européens en intitulant le document en question "L'Europe pour les citoyens" et non "Citoyens pour l'Europe".
C'est du déjà-vu.
Les citoyens soviétiques n'étaient pas supposés être en faveur de l'Union soviétique.
Elle était censée être faite pour eux.
Dans les faits, pour Lénine, Staline et d'autres, les gens pensant et agissant en tant que Russes, Polonais ou Hongrois étaient un obstacle.
Ceux qui avaient baigné dans un multiculturalisme soviétique à travers leur éducation étaient plus malléables et disposés à devenir des esclaves au service de l'empire.
Nous ferions bien de nous rappeler que la liberté des individus et des nations découle des cultures nationales où elle est enracinée.
C'est la raison pour laquelle il convient de jeter ce document et de se défaire de l'héritage de l'ancienne Union soviétique.
(EN) Monsieur le Président, notre sens de la citoyenneté, comme notre sens de l'identité, provient de notre histoire, de notre culture, de notre langue et de notre expérience de la vie.
Il part de la base.
Ce programme de citoyenneté est imposé d'en haut; il vise à créer un sens de la citoyenneté là où il n'en existe pas.
En tant que tel, il est voué à l'échec et il n'est pas du tout approprié.
Je suis un citoyen britannique de naissance.
Je n'ai jamais demandé à être un citoyen européen.
Je ne veux pas de la citoyenneté européenne et je la rejette et la récuse totalement.
La Constitution européenne, qui contient le concept de citoyenneté de l'UE, a été rejetée catégoriquement en France et aux Pays-Bas et elle serait également rejetée si elle devait faire l'objet d'un vote au Royaume-Uni.
La promotion de ce concept manqué est donc extrêmement controversée.
Nous utilisons l'argent des contribuables pour promouvoir un aspect d'un débat très houleux, ce qui est injuste, non démocratique et honteux.
J'invite mes collègues à rejeter ce rapport d'emblée.
(EN) Monsieur le Président, l'adoption d'une position commune par le Conseil sur cette "Europe pour les citoyens" est une réussite essentielle et je félicite le rapporteur, M. Takkula, pour son travail, pour son dévouement et, plus particulièrement, pour l'élargissement de la portée du programme.
Je voudrais revenir sur deux aspects du programme: le jumelage de villes et les mémoriaux aux victimes des dictatures jumelles d'Hitler et de Staline.
Je recommande au commissaire Figel' de coordonner son travail avec celui de sa collègue, la commissaire Wallström, qui est responsable de l'information et des relations publiques, afin de maximiser les répercussions de ce rapport et de ce programme cruciaux.
Premièrement, pour ce qui est du mouvement en faveur du jumelage de villes, je suis en désaccord total avec l'orateur précédent.
Dans mon propre pays, il existe des associations de jumelage de villes, certaines ayant été créées il y a 50 ans et d'autres récemment.
Je souhaite que les commissaires - puisqu'ils sont les seuls à pouvoir le faire - parlent honnêtement, librement et ouvertement du dévouement et du travail volontaire de ces organisations.
Le fait d'entendre dans ma propre ville d'Hertford les hymnes allemand, français, britannique et européen chantés par des citoyens locaux et des enfants des écoles était infiniment plus éloquent que la propagande anti-européenne absurde que l'on nous sert dans la plupart de notre presse populaire.
Nous sommes au centre d'une lutte visant à conquérir le cœur et l'esprit de l'opinion publique et nous ne pouvons pas laisser simplement les sceptiques avoir les meilleurs arguments.
Nous avons le meilleur argument, mais nous devons le proclamer.
Deuxièmement, en ce qui concerne les mémoriaux, je suis ravi que M. Takkula ait inclus les victimes des crimes du stalinisme, car la moitié de notre Union européenne a été soumise à cette dictature. Imaginez l'incrédulité des nouveaux citoyens de l'Union européenne si leur souffrance était oubliée, alors que l'on rendrait hommage à ceux qui ont souffert sous le IIIe Reich d'Hitler.
Par conséquent, je recommande ce rapport et ce programme au Parlement et à l'ensemble de l'Union européenne et espérons que, cette fois-ci, nous sortirons gagnants de ce débat.
(EN) Monsieur le Président, la Hongrie a commémoré le 50e anniversaire de la révolution de 1956.
Les femmes et les hommes âgés se souviennent des événements dont ils ont été témoins et les jeunes essaient de s'imaginer ce qu'il s'est produit il y a 50 ans, lorsque la révolution antistalinienne a uni les Hongrois, les communistes réformés et les démocrates.
Cependant, un millier d'émeutiers d'extrême droite ont tout changé la nuit dernière.
Ils ont attaqué la police, ils ont incendié des magasins et certains d'entre eux ont jeté des pierres et des bouteilles sur une synagogue en proférant des slogans antisémites sous la bannière du mouvement nazi hongrois.
Ces événements tragiques nous montrent à quel point il est important de se souvenir, et de nous permettre de nous souvenir, des drames et des crimes du XXe siècle.
Le rapport de M. Takkula nous invite, à juste titre, à commémorer les victimes des régimes nazis et staliniens.
Toutefois, il ne suffit pas de rendre un hommage: nous devons aussi lutter contre les idéologies extrémistes d'aujourd'hui.
Dieu merci, le stalinisme fait partie du passé, mais le danger que représentent les extrémistes néonazis est toujours bien présent.
Tout parti démocratique doit condamner les idéologies et la violence de l'extrême droite.
Nous devons tirer les enseignements de la République de Weimar.
La moindre concession accordée à l'extrême droite pourrait mener à de terribles tragédies.
(PT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, les données de l'Eurobaromètre sont extrêmement préoccupantes.
La plupart des citoyens européens connaissent mal le système institutionnel de l'Union.
Le rôle de la Commission est perçu comme étant vague ou très vague.
Le Conseil est quasi inconnu en tant qu'institution.
Les opinions des citoyens sont extrêmement confuses.
Bon nombre d'entre eux sont incapables de faire part d'un avis sur l'Europe.
Un fait ressort de ces données: les citoyens veulent davantage d'informations et ont privilégié la télévision comme support pour les recevoir.
Nous avons constaté qu'une citoyenneté théorique ou insipide, un vague sentiment d'appartenance affaiblissent l'Europe.
L'Europe est perçue comme une chose abstraite et non comme une réalité importante de notre existence.
Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas d'une citoyenneté théorique or insipide, mais d'une citoyenneté forte, un sentiment de loyauté, le sentiment que les Européens peuvent s'identifier à une communauté dont la destinée fait partie intégrante de ses valeurs universelles.
Sans ce sentiment de loyauté et d'identification, aucun projet politique ne peut aboutir.
La citoyenneté est le plus grand défi auquel une société post-nationale telle que l'Europe est confrontée.
La citoyenneté européenne est le fruit de la raison, non de la tradition.
Elle doit être construite. Elle ne naît pas spontanément.
Il s'agit d'une nouvelle ère politique, caractérisée par le partage de nouvelles formes de gouvernance.
C'est en effet une période au cours de laquelle la souveraineté des États a fait place à une souveraineté des peuples.
Quoiqu'il en soit, n'est-il pas ironique que la politique n'encourage pas les citoyens à s'identifier à un projet au cœur duquel ils se trouvent?
Le programme Citoyens pour l'Europe ne fournit ni un budget suffisant ni une stratégie d'information suffisamment ciblée sur les institutions.
Il convient de ne plus attendre davantage pour présenter les institutions et le projet européen - en particulier à la télévision.
Il est primordial d'expliquer l'Europe pour forger un sentiment européen.
(SL) La plus grande réalisation de l'Union européenne à ce jour est d'avoir garanti la paix et la coexistence des nations européennes.
Toutefois, les détracteurs de l'Union européenne se plaignent fréquemment que les travaux réalisés par les institutions européennes sont trop onéreux et éloignés des citoyens.
Le programme "L'Europe pour les citoyens" propose de nouvelles initiatives qui aideront à rapprocher les citoyens européens, dont ceux qui ne se sont pas engagés dans un type d'éducation officielle quelconque, mais qui souhaitent accumuler des connaissances et de l'expérience ainsi que nouer des contacts avec d'autres citoyens de l'Union européenne.
La participation à ce programme étant ouverte aux villes jumelées, le programme sera également accessible aux personnes qui ne prennent pas part au quotidien à des projets majeurs de l'Union européenne.
Des contacts indirects et l'expérience personnelle peuvent toutefois contribuer grandement à la compréhension de l'Union comme je l'ai constaté lorsque j'ai rencontré des groupes slovènes en visite au Parlement européen.
Le sport possède également un grand pouvoir fédérateur et peut favoriser une communication allant au-delà des frontières linguistiques.
La participation à un sport de haut niveau devient rapidement l'apanage d'un cercle de plus en plus restreint de personnes.
Ce programme encourage la participation internationale du grand public.
Des projets d'envergure offrent d'importants avantages, mais les plus modestes sont source de beaucoup de plaisir pour bon nombre d'individus.
Les programmes rencontreront d'autant plus de succès si les citoyens peuvent y accéder facilement et s'ils ne doivent pas remplir une kyrielle de formulaires chaque fois qu'ils déposent une demande.
Nos citoyens sont souvent déçus par l'Union européenne précisément parce qu'ils sont confrontés à un trop grand nombre d'obstacles administratifs lorsqu'ils cherchent à obtenir des financements.
C'est la raison pour laquelle nous devons nous efforcer de proposer des programmes dignes d'intérêt, de simplifier les procédures et de sensibiliser à l'existence de tels financements en les rendant plus accessibles aux niveaux européen et national.
Je voudrais vous remercier pour vos contributions et en particulier pour l'engagement dont vous faites preuve en ce qui concerne l'importance d'une collaboration en tant que citoyens de l'UE sur certaines questions ou idées.
Le programme lui-même constitue la base juridique de la mise en œuvre et il définira les conditions auxquelles la Commission devra satisfaire.
Il est essentiel de faire connaître ces conditions et de les mettre en œuvre aussi rapidement que possible.
Le Parlement y contribuera par le biais du comité directeur et de l'évaluation des programmes.
En ce qui concerne le volontariat et les améliorations à apporter à la reconnaissance de l'éducation informelle, nous souhaitons et nous nous efforçons de progresser dans ces domaines, en particulier pour les jeunes.
Cet objectif sera concrétisé par le biais du Pass Jeunes, lequel devrait renforcer la transparence et conférer plus de valeur au volontariat.
Je reconnais qu'une meilleure visibilité des résultats atteints à ce stade ainsi que des réussites et de la nature de cette coopération s'impose, notamment dans le domaine de la coopération entre les villes.
Plus de 10 000 municipalités au sein de l'UE coopèrent dans le cadre du programme civique.
Il y a trois semaines, nous avons décerné 11 étoiles d'or aux meilleurs projets - ceux qui inspirent et aident les gens à résoudre des problèmes concrets dans les villes de l'UE.
De tels projets pourraient être reproduits à plus large échelle si les citoyens en avaient davantage conscience.
À cet égard, je partage l'opinion de M. Beazley.
Le programme offrira par ailleurs la possibilité de mettre des événements spéciaux sur pied.
Permettez-moi par exemple de faire référence aux célébrations du 25e anniversaire du mouvement polonais Solidarité, financées par un budget spécial.
Cette approche pourra être mise en œuvre au cours des sept prochaines années à travers le programme Citoyenneté.
En conclusion, outre une Europe favorable aux entreprises ou aux marchés, nous avons aussi réellement besoin d'une Europe axée sur les citoyens, à la fois bien disposée et utile pour ses citoyens, ancrée dans la société civile et jouissant d'une certaine maturité.
Je tiens également à insister sur le fait que le nom du programme n'est qu'un aspect de la question, car la relation entre les "Citoyens pour l'Europe" et "L'Europe pour les citoyens" est très importante.
Cet espace nous appartient et nous est utile.
Nous devons le façonner, le développer et en assumer la responsabilité.
Une fois encore, je tiens à remercier le rapporteur ainsi que l'ensemble du Parlement pour avoir adopté une approche très constructive à l'égard du programme.
Le débat est clos.
Le vote aura lieu mercredi à 12h30.
Déclaration écrite (article 142)
(HU) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, permettez-moi d'adresser mes félicitations pour la mise sur pied du programme "L'Europe pour les citoyens" (2007-2013) et de féliciter M. Takkula pour la version la plus récente du rapport.
Les relations institutionnelles, sociales et politiques de l'Europe constituent à l'heure actuelle un réseau dense dont les liens se sont encore resserrés depuis l'élargissement.
Rendre les citoyens européens actifs est une phase clé de ce processus et leur présence est essentielle pour garantir le développement équilibré et démocratique continu de l'Union européenne.
Si nous voulons que les citoyens européens assument leurs propres responsabilités et celles de leur société, nous devons mettre l'accent sur ce que l'on considère aujourd'hui comme des valeurs "perdues", telles que la liberté, l'équité, la tolérance et la solidarité, lesquelles constituent des valeurs fondamentales et assurent la cohésion de la société européenne.
Si je considère par ailleurs qu'une intégration équilibrée des citoyens est primordiale, j'estime par-dessus tout que nous devons encourager le dialogue entre différentes cultures et visions du monde.
Ce n'est que de cette manière que nous pouvons œuvrer ensemble pour poursuivre un objectif commun, nous forger nos propres opinions tout en acceptant les différences des autres et en respectant notre diversité.
Seuls une compréhension mutuelle, la solidarité et un sentiment d'appartenance peuvent donner aux citoyens européens un sentiment d'identité.
Je soutiens les efforts visant à forger une citoyenneté européenne reposant sur des valeurs, une histoire et une culture communes.
Il est essentiel de promouvoir et célébrer les valeurs et les réalisations des citoyens actuels tout en évitant que les souvenirs du passé ne tombent dans l'oubli.
Si nous maintenons notre héritage commun à l'avant-plan, nous consoliderons les fondations de notre avenir commun.
À mes yeux, la citoyenneté européenne n'est rien de plus que d'assumer des responsabilités qui nous concernent nous, notre pays et l'Union européenne tout en exerçant librement nos droits et en respectant ceux-ci chez les autres.
Il convient par ailleurs de préserver un équilibre adéquat entre les droits et obligations démocratiques.
Cette citoyenneté européenne commune, je serais heureuse d'en faire partie.
Annexe - Déclaration de la Commission
La Commission souhaite attirer l'attention de l'autorité législative sur la nécessité que, au plus tard lors de la publication finale au JO, l'enveloppe financière mentionnée dans l'acte de base soit exprimée à prix courants.
Ceci correspond à la pratique budgétaire habituelle et permet d'assurer en toute clarté le respect de la décision de l'autorité législative.
Pour le programme en question, le montant à prix courants s'élève à 215 millions d'euros. |
How Long for Low Rates?
CAMBRIDGE – How long can today’s record-low, major-currency interest rates persist?
Ten-year interest rates in the United States, the United Kingdom, and Germany have all been hovering around the once unthinkable 1.5% mark.
In Japan, the ten-year rate has drifted to below 0.8%.
Global investors are apparently willing to accept these extraordinarily low rates, even though they do not appear to compensate for expected inflation.
Indeed, the rate on inflation-adjusted US Treasury bills (so-called “TIPS”) is now negative up to 15 years.
Is this extraordinary situation stable?
In the very near term, certainly; indeed, interest rates could still fall further.
Over the longer term, however, this situation is definitely not stable.
Three major factors underlie today’s low yields.
First and foremost, there is the “global savings glut,” an idea popularized by current Federal Reserve Chairman Ben Bernanke in a 2005 speech.
For various reasons, savers have become ascendant across many regions.
In Germany and Japan, aging populations need to save for retirement.
In China, the government holds safe bonds as a hedge against a future banking crisis and, of course, as a byproduct of efforts to stabilize the exchange rate.
Similar motives dictate reserve accumulation in other emerging markets.
Finally, oil exporters such as Saudi Arabia and the United Arab Emirates seek to set aside wealth during the boom years.
Second, in their efforts to combat the financial crisis, the major central banks have all brought down very short-term policy interest rates to close to zero, with no clear exit in sight.
In normal times, any effort by a central bank to take short-term interest rates too low for too long will boomerang.
Short-term market interest rates will fall, but, as investors begin to recognize the ultimate inflationary consequences of very loose monetary policy, longer-term interest rates will rise.
This has not yet happened, as central banks have been careful to repeat their mantra of low long-term inflation.
That has been sufficient to convince markets that any stimulus will be withdrawn before significant inflationary forces gather.
But a third factor has become manifest recently.
Investors are increasingly wary of a global financial meltdown, most likely emanating from Europe, but with the US fiscal cliff, political instability in the Middle East, and a slowdown in China all coming into play.
Meltdown fears, even if remote, directly raise the premium that savers are willing to pay for bonds that they perceive as the most reliable, much as the premium for gold rises.
These same fears are also restraining business investment, which has remained muted, despite extremely low interest rates for many companies.
It is the combination of all three of these factors that has created a “perfect storm” for super low interest rates.
But how long can the storm last?
Although highly unpredictable, it is easy to imagine how the process could be reversed.
For starters, the same forces that led to an upward shift in the global savings curve will soon enough begin operating in the other direction.
Japan, for example, is starting to experience a huge retirement bulge, implying a sharp reduction in savings as the elderly start to draw down lifetime reserves.
Japan’s past predilection toward saving has long implied a large trade and current-account surplus, but now these surpluses are starting to swing the other way.
Germany will soon be in the same situation.
Meanwhile, new energy-extraction technologies, combined with a softer trajectory for global growth, are having a marked impact on commodity prices, cutting deeply into the surpluses of commodity exporters from Argentina to Saudi Arabia.
Second, many (if not necessarily all) central banks will eventually figure out how to generate higher inflation expectations.
They will be driven to tolerate higher inflation as a means of forcing investors into real assets, to accelerate deleveraging, and as a mechanism for facilitating downward adjustment in real wages and home prices.
It is nonsense to argue that central banks are impotent and completely unable to raise inflation expectations, no matter how hard they try.
In the extreme, governments can appoint central bank leaders who have a long-standing record of stating a tolerance for moderate inflation – an exact parallel to the idea of appointing “conservative” central bankers as a means of combating high inflation.
Third, eventually the clouds over Europe will be resolved, though I admit that this does not seem likely to happen anytime soon.
Indeed, things will likely get worse before they get better, and it is not at all difficult to imagine a profound restructuring of the eurozone.
Nevertheless, whichever direction the euro crisis takes, its ultimate resolution will end the extreme existential uncertainty that clouds the outlook today.
Ultra-low interest rates may persist for some time.
Certainly Japan’s rates have remained stable at an extraordinarily low level for a considerable period, at times falling further even as it seemed that they could only rise.
But today’s low interest-rate dynamic is not an entirely stable one.
It could unwind remarkably quickly. | Combien de temps pour les taux bas?
CAMBRIDGE – Combien de temps encore pourront persister les taux d'intérêt planchers qui sont associés actuellement aux devises majeures ?
Les taux d'intérêt à dix ans aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne sont tous en vol stationnaire autour du niveau autrefois impensable de 1,5%.
Au Japon, le taux à dix ans a dérivé au-dessous de 0,8%.
Les investisseurs mondiaux sont apparemment disposés à accepter ces taux extraordinairement bas, quand bien même ils semblent insuffisants à compenser l'inflation attendue.
En effet, le taux sur les bons du Trésor américain ajustés pour l'inflation (appelés « TIPS ») est maintenant négatif jusqu'à 15 ans.
Cette situation extraordinaire est-elle stable ?
A très court terme, certainement : les taux d'intérêt pourraient même encore baisser davantage.
Néanmoins, à plus long terme, cette situation n'est certainement pas stable.
Trois facteurs principaux sous-tendent les rendements faibles d'aujourd'hui.
Tout d'abord, il y a une surabondance d'épargne au niveau mondial, un concept (appelé « saving glut ») popularisé par le président actuel de la Réserve Fédérale Ben Bernanke dans un discours en 2005.
Pour diverses raisons, les épargnants sont devenus majoritaires dans de nombreuses régions.
En Allemagne et au Japon, les populations vieillissantes ont besoin d'épargner pour leur retraite.
En Chine, le gouvernement détient des obligations sans risque en tant que couverture contre une crise bancaire future et, bien sûr, pour financer ses efforts visant à stabiliser le taux de change.
Des motifs similaires dictent l'accumulation de réserves dans d'autres marchés émergents.
Enfin, les exportateurs de pétrole comme l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis cherchent à mettre de côté de la richesse pendant les années fastes.
Deuxièmement, dans leurs efforts pour lutter contre la crise financière, les grandes banques centrales ont toutes ramené pratiquement à zéro leurs taux d'intérêt d’intervention à très court terme, sans aucun signe clair de sortie en vue.
En temps normal, lorsqu’une banque centrale essaie de maintenir les taux d'intérêt à court terme trop bas trop longtemps, un effet boomerang se produit inévitablement.
À court terme, les taux d'intérêt du marché vont effectivement chuter mais, dès que les investisseurs prennent conscience qu’une politique monétaire très souple finit par créer de l’inflation, les taux d'intérêt à long terme se mettent à augmenter.
Cela ne s’est pas encore produit, parce que les banques centrales ont pris soin de répéter leur mantra de faible inflation à long terme.
Les marchés se sont laissés convaincre que tout stimulus sera retiré avant que des forces inflationnistes significatives ne se matérialisent.
Mais un troisième facteur s’est récemment manifesté.
Les investisseurs se méfient de plus en plus d'un effondrement financier mondial, le plus probablement en provenance de l'Europe mais également favorisé par le relèvement fiscal aux États-Unis, l'instabilité politique au Moyen-Orient et le ralentissement en Chine.
La crainte d’un effondrement, même lointain, augmente directement la prime que les épargnants sont prêts à payer pour les obligations qu'ils perçoivent comme les plus fiables, de même que la prime pour l'or se met à monter.
Cette même crainte limite également l'investissement des entreprises, qui est resté modéré malgré les taux d'intérêt extrêmement bas dont bénéficient de nombreuses entreprises.
La combinaison de ces trois facteurs qui a créé une « tempête parfaite » justifiant les taux d'intérêt super bas.
Mais combien de temps la tempête peut-elle durer ?
Bien que très difficile à prévoir, il est aisé d'imaginer comment le processus pourrait être inversé.
Tout d’abord, les mêmes forces qui ont conduit à un déplacement vers le haut de la courbe de l'épargne mondiale ne tarderont pas s’inverser.
Le Japon, par exemple, est en train de connaître un départ à la retraite massif, impliquant une forte réduction de l'épargne dès lors que les personnes âgées se mettent à puiser dans les réserves accumulées au long de leur de vie.
La vieille prédilection du Japon à l'égard de l'épargne a longtemps impliqué un excédent important de ses balances commerciale et courante. Mais ces surplus ont maintenant commencé à s’inverser.
L’Allemagne sera bientôt dans la même situation.
Pendant ce temps, de nouvelles technologies d'extraction d'énergie, ainsi qu’une trajectoire plus douce pour la croissance mondiale, ont pesé fortement sur le prix des matières premières, coupant profondément dans les excédents des pays exportateurs de matières premières, depuis l'Argentine jusqu’à l'Arabie Saoudite.
Deuxièmement, de nombreuses banques centrales (même si pas nécessairement toutes) finiront par comprendre comment générer des attentes d'inflation plus élevée.
Elles seront en effet amenées à tolérer une inflation plus élevée, à la fois en tant que moyen pour forcer les investisseurs à acheter des actifs réels en vue d'accélérer le désendettement, et en tant que mécanisme pour faciliter l'ajustement à la baisse des salaires réels et des prix des maisons.
Il est absurde de prétendre que les banques centrales sont impuissantes et totalement incapables d’augmenter les attentes d'inflation, quels que soient leurs efforts.
Dans le cas extrême, les gouvernements pourraient nommer des dirigeants de banque centrale qui sont connu de longue date pour tolérer une inflation modérée - un parallèle exact à l'idée de nommer des banquiers centraux « conservateurs » afin de lutter contre une inflation élevée.
La troisième et dernière raison, c’est que les nuages au dessus de l'Europe finiront par se dissiper, même si je reconnais que ceci ne se produira vraisemblablement pas de sitôt.
En fait, les choses vont probablement empirer avant de s'améliorer, et il n'est pas du tout difficile d'imaginer une restructuration profonde de la zone euro.
Néanmoins, peu importe la direction que prendra la crise de la zone euro, sa résolution ultime mettra fin à l'incertitude existentielle extrême qui assombrit les perspectives d'aujourd'hui.
Les taux d'intérêt ultra-faibles peuvent encore persister pendant un certain temps.
Certes, les taux japonais sont restés stables à un niveau extraordinairement bas pendant une période considérable, parfois diminuant encore alors que l’on pensait que seule une augmentation était désormais possible.
Toutefois, la dynamique actuelle de faiblesse des taux d'intérêt n'est pas entièrement stable.
Elle pourrait s’inverser à une vitesse remarquable. |
Embryos, Justice, and Personal Responsibility
AMSTERDAM/MONTREAL – A Chinese scientist’s claims to have created the world’s first genetically edited babies have injected a new sense of urgency into the discussions about ethics and social and personal responsibility surrounding the capacity to create and genetically modify human embryos.
New technologies such as genome “base editing” have even raised the specter of widespread “embryo farming,” prompting calls for a reevaluation of how embryo research is regulated.
These issues generate impassioned debate, and to determine right and wrong, the toughest decisions are typically delegated to research ethics committees.
Because these review boards are empowered to rule on the creation, modification, and termination of life, their decision-making processes should satisfy fundamental criteria of justice, including due process, public input, and personal accountability.
At the moment, however, this standard is not being met.
In legal theory, “justice” comprises two components: substantive justice, which concerns a law’s content and the fairness of its application, and natural or procedural justice, which concerns the fairness and transparency of how decisions are made.
In terms of substantive justice, most research ethics protocols are sound; research on human embryos is heavily restricted or banned in most countries.
And “germline” gene editing – genetic alterations of human embryos and gametes that are passed on to future generations – is not approved under international law, and the overwhelming majority of countries that have considered legalizing it have eventually rejected the idea.
But when it comes to natural justice – and in particular, the frameworks guiding decisions – the record is decidedly mixed.
For example, the World Health Organization’s standards for ethics review require only that committees be “independent.”
Given what is at stake, we believe this guidance should go further, and that research reviews should be strengthened.
This will require three key reforms.
First, bioethics review committees must respect due-process standards.
At a minimum, this means publicizing agendas in advance and ensuring that deliberations are conducted in accordance with the Universal Declaration of Human Rights, which defines a “fair” trial as a public hearing conducted by an independent and impartial arbiter.
Moreover, verdicts must be explained clearly, published fully, and subject to appeal.
Second, in order to be legitimate and accountable, the work of research ethics committees must be informed by a diversity of views.
Most international frameworks covering embryo research call for engagement with the public to establish a broad societal consensus.
And while achieving this level of involvement is not always easy, the legal system has a solution that dates to the early days of Roman law: the amicus curiae, or “friend of the court.”
The purpose of the amicus curiae is to improve the quality and legitimacy of the judicial process.
To that end, friends of the court – people who are not party to a case but have an interest in how it is decided – can either submit expert advice or act as a special-interest advocate.
Various national and international courts, including the Supreme Court of the United States and the European Court of Human Rights, invite public input in the form of amicus curiae briefs.
We propose that a similar process be established for research ethics committees considering work with human embryos.
This would give the public an opportunity to share knowledge, perspectives, and interests related to how decisions might affect individuals and society as a whole, not to mention the human embryos themselves.
An amicus-type brief could be particularly relevant to bioethics cases, given that most review boards are dominated by technical experts and do not always represent public opinion.
Finally, technocratic committees must never supplant societal or personal responsibility for sensitive issues involving life and death; ethical obligations cannot be offloaded so easily.
As the World Medical Association’s Declaration of Helsinki notes, “the responsibility for the protection of research subjects must always rest with the physician or other health-care professional and never the research subjects” themselves.
One way to instill individual responsibility would be in the form of a personal declaration.
For example, to ensure transparency, scientific journals require authors to declare conflicts of interest.
Likewise, the European Union’s regulations for clinical trials require that research proposals include a discussion of ethical implications.
Why should a scientist proposing research on human embryos – or, for that matter, the funders and publishers of that research – be held to a lower standard?
Moral and ethical liability for science in general, and embryo research in particular, should never be outsourced.
On the contrary, it is a weight that must be borne as transparently, inclusively, and judiciously as possible. | Embryons, justice et responsabilité personnelle
AMSTERDAM/MONTRÉAL – Un scientifique chinois ayant récemment affirmé avoir créé les premiers bébés génétiquement modifiés de l’histoire, un nouveau sentiment d’urgence gagne les discussions autour de l’éthique ainsi que de la responsabilité sociale et personnelle concernant la capacité de créer des embryons humains génétiquement modifiés.
Un certain nombre de technologies nouvelles, parmi lesquelles l’« édition de base », soulèvent même le spectre des « fermes à embryons », entraînant plusieurs appels à une réévaluation de la manière dont est réglementée la recherche sur les embryons.
Ces questions suscitent un débat passionné. Lorsqu’il s’agit de déterminer ce qui est bien et mal, les décisions les plus délicates sont généralement confiées à des comités d’éthique en matière de recherche.
Ces comités d’examen étant habilités à trancher les questions de création, de modification et d’interruption de la vie, on s’attendrait à ce que leurs processus décisionnels satisfassent au critère fondamental de justice, et par conséquent de procédure diligente, de participation des citoyens, ainsi que de responsabilité personnelle.
Or, en l’état actuel des choses, ce critère n’est pas satisfait.
Dans la théorie du droit, la « justice » se compose de deux éléments : la justice substantielle, relative au contenu d’une loi et au caractère juste de son application, et la justice naturelle ou procédurale, qui concerne l’équité et la transparence avec lesquelles sont prises les décisions.
Du côté de la justice substantielle, la plupart des protocoles d’éthique autour de la recherche s’avèrent raisonnables, la recherche sur les embryons humains étant interdite ou strictement limitée dans la majorité des pays.
Quant à l’édition génétique de la « ligne germinale » – modification génétique d’embryons humains et de gamètes transmis aux générations futures – elle n’est pas approuvée en vertu du droit international, et l’immense majorité des État ayant pour un temps envisagé de la légaliser ont finalement renoncé à cette idée.
En revanche, sur le plan de la justice procédurale – en particulier concernant les cadres qui régissent les décisions – la situation est beaucoup moins claire.
Les normes d’examen éthique de l’Organisation mondiale de la santé, par exemple, exigent seulement des comités qu’ils soient « indépendants ».
Compte tenu des enjeux, nous pensons que ce cadre doit aller plus loin, et que les examens relatifs aux recherches doivent être renforcés.
Ceci exigera trois réformes clés.
Premièrement, il est nécessaire que les comités d’examen sur la bioéthique se conforment à un certain nombre de normes de procédure.
Ceci implique à tout le moins la publication préalable d’agendas, ainsi que de veiller à ce que les délibérations soient menées conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui définit un procès « équitable » comme une audience publique conduite par une juge indépendant et impartial.
Par ailleurs, les verdicts doivent être expliqués clairement, publiés intégralement, et pouvoir faire l’objet d’un appel.
Deuxièmement, pour être légitime et responsable, le travail des comités d’éthique en matière de recherche doit être le fruit d’une diversité de points de vue.
La plupart des cadres internationaux régissant la recherche sur les embryons exigent une consultation auprès du public, afin que puisse émerger un large consensus sociétal.
Bien qu’un tel niveau de consultation ne soit pas toujours facile à atteindre, le système judiciaire prévoit une solution qui remonte aux premiers temps du droit romain : la pratique de l’amicus curiae, littéralement « l’ami de la cour ».
L’amicus curiae a pour objectif d’améliorer la qualité et la légitimité de la procédure judiciaire.
Pour ce faire, les amis de la cour – des individus qui ne sont pas parties à une affaire, mais qui trouvent un intérêt dans son jugement – peuvent soit formuler un conseil d’expert, soit agir en tant que défenseurs d’un intérêt particulier.
Plusieurs tribunaux nationaux et internationaux, parmi lesquels la Cour suprême des États-Unis et la Cour européenne des droits de l’homme, sollicitent ainsi le point de vue du public sous la forme de mémoires d’amicus curiae.
Nous proposons qu’une pratique similaire soit mise en place pour les comités d’éthique en matière de recherche, dans leur réflexion sur les travaux concernant les embryons humains.
Ceci conférerait à l’opinion publique la possibilité de partager des connaissances, points de vue et intérêts autour de la manière dont les décisions sont susceptibles d’impacter les individus et la société dans son ensemble, sans oublier les embryons eux-mêmes.
Une pratique de type amicus pourrait être particulièrement adaptée aux affaires de bioéthique, dans la mesure où la plupart des comités d’examen se composent en majorité d’experts techniques, et ne représentent pas toujours l’opinion publique.
Enfin, les comités technocratiques ne sauraient en aucun cas supplanter la responsabilité sociétale ou personnelle dans le cadre de questions délicates telles que la vie et la mort ; les obligations éthiques ne sauraient être déléguées aussi aisément.
Comme l’énonce la Déclaration d’Helsinki de l’Association médicale mondiale, « la responsabilité de la protection des sujets de la recherche incombe toujours au médecin ou professionnel de santé, et jamais aux sujets de la recherche » eux-mêmes.
L’un des moyens d’inculquer une responsabilité individuelle pourrait résider dans une déclaration personnelle.
C’est ainsi qu’à des fins de transparence, les revues scientifiques exigent par exemple des auteurs qu’ils déclarent tout conflit d’intérêt.
De même, les réglementations relatives aux essais cliniques dans l’Union européenne exigent que les propositions de recherche incluent une réflexion sur les implications éthiques.
Pourquoi les scientifiques qui proposent des recherches sur les embryons humains – ainsi que les financeurs et éditeurs de ces recherches – seraient-ils tenus à une norme moins stricte ?
La responsabilité morale et éthique en matière scientifique de manière générale, et dans la recherche sur les embryons en particulier, ne devrait jamais être déléguée.
Au contraire, c’est un poids qu’il convient de supporter de manière aussi transparente, inclusive et juste que possible. |
Institutional aspects of accession by the European Union to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms - Review Conference of the Rome Statute of the International Criminal Court in Kampala, Uganda (debate)
The next item is the joint debate on:
the report by Ramón Jáuregui Atondo, on behalf of the Committee on Constitutional Affairs, on institutional aspects of accession by the European Union to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms, and
the Council and Commission statements on the Review Conference of the Rome Statute of the International Criminal Court in Kampala, Uganda.
Madam President, Commissioner, Mr López Garrido, I think this is an important day.
I know that there are many important days in this House, but I sincerely believe that since the Treaty of Lisbon was adopted on 1 December 2009, the mandate for the European Union to sign up to the Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms has been one of the big headlines of the process of European integration.
I therefore think that we are witnessing the culmination of a long-held aspiration that is part of the historical process of European integration, because human dignity, human rights, democracy and the rule of law are part of the DNA of what has largely been the historical process of European integration.
The report that we will adopt tomorrow is realising this mandate, which the European Union has had since the Treaty of Lisbon required accession to the convention.
I would like to summarise the content of this report based on three main ideas.
First of all, I would like to point out that it is not only the Member States that protect human rights.
Now it is the European Union that protects human rights, with its new legal personality under the Treaty of Lisbon; it is Union law and it is the development of an EU state that Member States can achieve.
They can do so if they submit to the principles of the European Convention and to a court that is external to the Union and to the Member States and guarantees the fulfilment of those principles at all times and in all places.
The second idea is providing the European public with a new law and a new court: the right of Europeans to apply to this new court in order to guarantee fulfilment of the rights established by the convention in relation to the European Union or the Member States when they are implementing Union law.
Even the European Union's activities involving foreign policy, policing, security outside our borders and international cooperation are subject to the principles of the European Convention on Human Rights.
What does this mean?
In my opinion, ladies and gentlemen, it means a major step forward, historically speaking, in the process of integration and in building the most essential notion of the European idea of human dignity which, as we said before, responds to the demands of the European public.
It also means strengthening the European system for protecting fundamental rights because, alongside the Charter of Fundamental Rights and the Treaty of Lisbon, it creates a setting, a legal protection framework that is almost perfect and is therefore the most advanced in the world.
It also strengthens the Union's credibility in the eyes of third countries, as the European Union has always demanded the fulfilment of human rights in its bilateral relations.
This report sets out institutional and legal aspects that I am not going to describe now.
What I do want to do is point out that here and now, a process is beginning, since, along with this report that has been drafted jointly with the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs and the Committee on Foreign Affairs, the Commission now has a position, a negotiating framework that will enable it to come back to Parliament to adopt this agreement and will enable the Member States to ratify accession to the European Convention.
I would like to thank Mrs Reding for the swiftness with which the Commission adopted the mandate for negotiations, and the European Council, which will do so shortly.
I would also like to thank Mrs Gál and Mr Preda for their cooperation in the two other committees.
Ladies and gentlemen, I think that this is headline news.
Madam President, as Mr Jáuregui was saying, the debate that we are going to have now, along with the one that we have just had, is extraordinarily important.
I think humanity is taking a historical step forward when defending human rights becomes not just the responsibility of states, which are the traditional political actors and the traditional political players of the last few centuries, but something which, in terms of defending humanity, goes beyond the borders of states and establishes a series of mechanisms and institutional guarantees in order to better defend their universal values.
The European Convention on Human Rights, which is probably one of the greatest treasures that Europe possesses, and the International Criminal Court, which goes beyond Europe, are examples of this step forward that is being taken in our times towards the globalisation and defence of human rights.
With regard to the European Convention on Human Rights, there is little to add to the speech made by Mr Jáuregui and to his excellent report, which was drafted along with the rapporteurs for the opinion, Mr Preda and Mrs Gál, on the issue of the European Union signing the European Convention on Human Rights.
I would like to reiterate many of the things that Mr Jáuregui said, and point out that signing the convention constitutes an element of European integration, which therefore strengthens the European Union.
Moreover, it is going to join forces with the major new element brought in by the Treaty of Lisbon, which is the Charter of Fundamental Rights of the European Union, and they are going to work together.
This is one of the tasks - not only political tasks, but also technical tasks - of the European Court of Human Rights and the Court of Justice of the European Union, without impinging even slightly on their jurisdiction.
Moreover, this initiative, which is provided for by the Treaty of Lisbon, also increases the European Union's credibility in defending human rights, as we are asking not European Union countries but European countries to contribute to strengthening the European Convention on Human Rights.
In other words, we are asking them to guarantee that the rights laid down in the convention are respected and protected and, in this way, the European Union itself, not just its Member States, is going to be subject to the jurisdiction of the European Court of Human Rights.
This increases our credibility, as Mr Jáuregui's report very rightly states.
With regard to the International Criminal Court, I think that this is a time that we are also going to describe as 'historic' and of major political significance, because in a few days, the review conference of the Rome Statute is going to meet.
This is the only compulsory conference that must meet to review the Rome Statute if necessary and evaluate the extremely important step forward that is the International Criminal Court.
This is therefore an extremely significant event, which today is being examined in the Political and Security Committee and tomorrow is going to be discussed in the Permanent Representatives Committee (Coreper).
We hope that next week, the Council resolution will be adopted so that we can join in the very positive evaluation of the International Criminal Court given by other states, such as the Latin American states that are part of the Union of South American Nations (Unasur).
We are talking about an International Criminal Court that represents a commitment to defend human rights, and therefore to prosecute crimes against humanity at universal level.
This is a commitment that has been made by the European Union and by its Member States.
I would like to remind you that there was a common position in 2003, there was an action plan in 2004, and there was also an agreement by the European Union on cooperation with the Court in 2006.
All the Member States of the European Union are now parties to the Rome Statute, and therefore submit to the International Criminal Court.
I think this is extremely important in order to highlight the role that the International Criminal Court plays in the world and the European Union's commitment to strengthening it.
The International Criminal Court is currently essentially working on the continent of Africa, but the Kampala conference is telling the African people that we are not against Africa: quite the contrary, we are with Africa.
This is also why this review conference is very important.
It is open to all states, along with civil society and international and regional organisations, and is going to enable us to evaluate the state of international justice at a time when the International Criminal Court is becoming established as the only permanent international criminal court.
Vice-President of the Commission. - Madam President, I agree with all the speakers and with all those Members who have been working on the subject.
The accession of the EU to the European Convention on Human Rights is a step of constitutional importance.
It will complete the system of protection of fundamental rights within the Union, and you know perfectly well that the Lisbon Treaty does not make this an option but a destination.
I therefore welcome the fact that Parliament takes such a great interest in this file - and has from the very beginning, by the way - which is evidenced by the resolution which Parliament has put on the table.
In particular, I would like to thank the rapporteurs of the Committee on Constitutional Rights and the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs for their excellent cooperation on the file.
I would like to thank them for the hearing which was organised and which was of real help and great use in bringing this file forward.
The draft report presented by Mr Jáuregui Atondo is, to a very large extent, in line with the position of the Commission.
Let me just mention three points which, in my view, are very important.
Firstly, the Commission shares the position that accession by the EU to the additional protocols of the European Convention - which, by the way, have not been ratified by all Member States - is also very desirable.
Indeed, many of these protocols are of potential relevance as regards the exercise of the Union's powers, and certain guarantees enshrined in these protocols are also reflected in the Charter.
The negotiation directives should therefore mandate the Commission to negotiate a provision ensuring that the Union may accede to any of the additional protocols.
The decision then to which protocols we will de facto accede, on top of the convention itself, will have to be taken unanimously by the Council after obtaining the consent of Parliament.
In the Commission's view, such decisions should preferably encompass all additional protocols and should be taken together with the decision concluding the accession agreement itself.
Secondly, it is important to deal with the specific situation of the Union as a distinct legal entity vested with autonomous powers that is going to become a contracting Party to a mechanism initially designed for States only.
Therefore, a number of limited and technical procedural adaptations to the convention are necessary with regard to the specific nature of Union law.
Among those is the so-called 'co-respondent mechanism' to take account of the decentralised implementation of Union law by Member States.
By that mechanism, the Union will receive the right to join the proceedings as a co-respondent in cases brought against Member States when Union law is at stake.
I am glad to see that Parliament's report also argues in favour of this.
Thirdly, I fully subscribe to the report which recommends participation by representatives of the Union in the bodies of the convention on an equal footing with those of the contracting parties.
Such participation is indeed a key element in the smooth integration and insertion of the Union into the system of the convention.
You have understood this now to mean, in particular, the presence in the Strasbourg Court of a judge elected from each contracting party.
The Commission is therefore strongly in favour of having a permanent full-time judge elected for the Union, who enjoys the same status and has the same duties as his peers.
An ad hoc judge, who would intervene only in cases brought against the Union or involving Union law, would, in our opinion, not be sufficient.
As for the method of electing a Union judge, the normal procedure provided for in the convention should apply.
This means that the Parliamentary Assembly of the Council will elect a judge from a proposal for three candidates presented by the European Union, and I agree with the draft report that an appropriate number of Members of Parliament should be allowed to participate in sessions of the Assembly when it elects the judges of the European Court.
The procedure for drawing up the list of the three candidates is not a matter for the accession agreement: it is a matter for us.
We have to do this by internal legal rules, and the idea that Parliament should be involved in a way similar to that provided for by Article 255 regarding the selection of candidates for the Court of Justice is a very interesting one which deserves close examination.
Honourable Members, the Spanish Presidency attaches very high priority to this dossier, as you know, and the Spanish Presidency would like to reach an agreement before the end of June.
If the Council could reach an agreement by then - which I hope it will - this will allow us to then start accession negotiations after summer.
As I already said two weeks ago in Brussels, I will ensure that the Commission - as the Union's negotiator - keeps Parliament fully informed throughout the negotiation process.
This all relates to European affairs, but we also have the question of international human rights on the agenda.
As you know, 138 states took a step forward in 1998 when they adopted the Rome Statute creating, for the first time in history, a permanent international court to ensure that perpetrators of genocide, crimes against humanity and war crimes are brought to account.
The Court started to operate in 2003 and now, seven years later, we have the review conference in Kampala, which invites us to conduct an early analysis of the Court's activities, of the challenges that lie ahead and of the effectiveness of EU support.
As regards the activities of the Court, we know that the Court is fully operational, but is still in its infancy.
No judicial cycle has been completed, but the ICC is considering the situation in five countries: one trial has started, another trial is going to start on 5 July and one further case is in the pre-trial stage - all for DAR and DRC.
Let us not forget that this is only a court of last resort, so the primary responsibility lies with the states themselves.
In most cases, the Court acts as a catalyst for states to investigate and prosecute cases before national courts.
At the same time, in its short life, the Court has been a powerful deterrent for future atrocities because perpetrators now know that justice will prevail and, in this sense, the Court faces challenges.
The ratification by Bangladesh brought the number of State Parties to the Rome Statute to 111.
However, it is very clear that we have to go for universal acceptance of the Statute and of the Court.
The Court needs the participation and the cooperation of all State Parties and non-Parties, as well as international and regional organisations.
The Court cannot perform its functions without the states arresting those for whom an arrest warrant has been issued by the ICC; nor if the witnesses cannot be protected; nor if there are no prisons for those who have been condemned, and that is why the EU supported the Court over the last ten years to help solve these problems.
We, as the EU, have, from the outset, been staunch supporters of the establishment of the Court as an essential mechanism in the new international order designed to end impunity which, as you know, has seen millions of people in recent history subjected to crimes but only a handful of those responsible brought to justice.
The EU considers that an effective ICC is an indispensable instrument for the international community to combat this impunity and to promote a rule-based international order.
That is why we have been supporting the Court using the various instruments at our disposal that the Minister has already mentioned.
The common position was translated into an action plan.
We were the first organisation to enter into a cooperation and assistance agreement with the Court in 2006, and we give the ICC full political and diplomatic support with démarches, political dialogues and statements.
The inclusion of ICC clauses in international agreements is now standard practice for the European Union.
Since 2000, the European Initiative - later entitled the European Instrument for Democracy and Human Rights - has contributed EUR 29 million to support the Court directly or indirectly, notably through global civil society campaigns.
The EU has also adopted several decisions in the justice, freedom and security area with a view to strengthening cooperation among Member States in the investigation and prosecution of Rome Statute crimes at national level, so we do our best in order to advance the system.
The system needs further perfection, but it needs strong engagement by all nations around the globe for this to happen.
I am going to refer to Mr Jáuregui Atondo's report.
I wish to begin by congratulating him for drafting this excellent report which, in my view, provides a comprehensive description of the benefits and challenges arising from the European Union's accession to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms.
From the perspective of the opinion which I drafted for the Committee on Foreign Affairs, I would like to emphasise the main benefit of the EU's accession to the ECHR.
This step may seem nowadays, in the post-Lisbon period, to be completely obvious, but it has been hoped for on a regular basis during the last 30 years.
I consider that accession to the ECHR will boost the EU's credibility in any human rights dialogue with third countries, confirming to all once again that the European Union is, above all, a community based on law.
The EU's institutions, as well as those of the Member States of the Council of Europe, will therefore be subject to external, independent control by the European Court of Human Rights in Strasbourg, based on the statement: 'a single standard in human rights, a single Court'.
From the perspective of having a single standard in human rights, I must emphasise that accession to the ECHR offers, at the same time, an opportunity for the EU to accede to other Council of Europe treaties as well.
I mean, of course, the supplementary protocols, the revised European Social Charter which, as you are aware, complements and reinforces this protection at pan-European level.
I also believe that the European authorities' increased involvement in the bodies of the Council of Europe specialising in the protection of human rights is a logical consequence of this single standard of protection.
Another point which I also emphasised in the opinion that I drafted for the Committee on Foreign Affairs is that a balance also needs to be found between, on the one hand, preserving the specific features of the European judicial system and, on the other, preserving the system of jurisdiction in Strasbourg, which has shown its effectiveness in protecting human rights at a pan-European level.
Ladies and gentlemen, first of all, allow me to thank the person responsible for the report of the Committee on Constitutional Affairs, Mr Jáuregui Atondo, for his cooperation.
I believe that the close cooperation between the Committee on Constitutional Affairs and the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs, along with the Subcommittee on Human Rights that supplemented our work, has successfully addressed the series of questions relating to our accession to the convention, and has correctly indicated the emerging questions that remain to be clarified.
I personally, on behalf of the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs, resolved first of all to focus - and this was ultimately confirmed by the Committee - on ensuring that our accession does indeed represent added value for citizens of the European Union and that the latter are aware of these values and opportunities, although we should also avoid raising exaggerated expectations.
There are countless crucial questions that must be clarified in the coming period in the course of the negotiations; these include the relationship between the Strasbourg and the Luxembourg courts, since there will be no change in the system of jurisdiction in either of these courts.
I consider it important to emphasise that reforming the functioning of the Strasbourg court coincides with the accession, and this should be a significant consideration.
I would also like to stress that this accession will be successful only if it truly reinforces the current institutions, and the Member States' judicial systems must take the necessary steps to this end.
The EU's accession to the convention is a unique experiment, but it must not jeopardise what is already in place as regards the enforcement of human rights.
It is very important that we are aware that it will be successful if it reinforces already existing institutions and truly provides added value for citizens.
on behalf of the PPE Group. - Madam President, the review conference of the International Criminal Court (ICC) is a long awaited and important event in the evolution of the Court itself and, more broadly, international criminal justice.
The review conference is a good opportunity for the stakeholders to consider the existing deficiencies of the ICC and propose possible changes or directions for reform.
I would like to mention several issues that EU Member States, as well as the EP delegation, should have on the agenda.
One of the issues is certainly the position of our transatlantic partners on the ICC.
I would like to point out that the lack of participation of the United States in the ICC is the single most important factor reducing the relevance and authority of the ICC.
It would therefore be very useful if our American partners could express more clearly their current position and commitment to the ICC.
I would also like to urge the EU to insist on discussing - and hopefully revising - Article 124, also known as the transitional provision, of the Rome Statute, which allows states to choose not to have their nationals subject to the ICC's jurisdiction over war crimes for a seven-year period after the ratification of the Statute.
This is a regrettable loophole that should be removed from the Rome Statute.
Last but not least, I would like to point out that the EU should strive for the widest ratification and implementation of the Rome Statute in relations with those countries that have not yet done so.
It must be an objective of the EU during the enlargement negotiations and accession phases of the new EU Member States.
It should be high on the agenda in our dealings with Russia as well, especially taking into account the fact that we are currently negotiating the modalities of the partnership agreement with our Russian partners.
Madam President, ladies and gentlemen, I thank the rapporteur for his excellent work on the European Union membership of the Human Rights Convention, which benefits European citizens: due to this convention, there will be a new court, external to the European Union, to ensure that the rights of European citizens are always respected by the European Union and Member States.
Under the principle of democracy, the European Union and its Member States should always have the right to be able to defend themselves.
I therefore believe it is crucial that every nation belonging to the convention should have a judge to explain the context of every appeal, just as I think it important that the European Parliament should have an informal body to coordinate information exchanges between Parliament and the Parliamentary Assembly of the Council, and that Parliament should also be consulted during the negotiation process.
I would also like to add that European citizens have the right to understand the mechanisms governing this membership, just as they have the right to know what their rights are.
Therefore, I believe it is essential for the Council of Europe and the European Union to consider establishing guidelines, with a clear explanation of all the effects and implications that membership will entail.
on behalf of the ALDE Group. - Madam President, the accession of the EU to the ECHR has been a long time coming.
It is an essential piece of the jigsaw whose final picture is to be a superior rights regime fostered by the Court of Justice and enjoying the external supervision of the Court at Strasbourg.
It is a necessarily complex measure because it is a quid pro quo for making binding the Charter of Fundamental Rights.
It signals an important fresh consensus between those like the traditional British, who have favoured the intergovernmental Council of Europe approach, and federalists such as me who have favoured the supranational approach.
Such a twinning is extremely appropriate at this time of coalition politics in the UK between the British Liberal Democrat and Conservative parties.
Madam President, the adoption of the Rome Statute and the establishment of the International Criminal Court (ICC) is a success story.
There are many examples that show this, but the crucial thing is that, for the first time in history, it is now possible for high-ranking representatives of a State - civilian or military - to be called to account for having ordered war crimes or crimes against humanity.
The EU has supported the establishment and the work of the ICC in numerous and very positive ways and it must continue, in future, to support and reinforce the Court and to protect its independence.
The forthcoming review conference in Kampala will take stock and ask what has been successful and what needs to be improved.
Now is exactly the time to clearly recognise that the States must strive at the national level to adopt laws or implement existing laws consistently so as to support the ICC.
Many are still slow to act when it comes to arresting high-ranking people for whom an arrest warrant has been issued.
Commissioner Reding has pointed this out.
Often, the fear of diplomatic difficulties carries more weight than the understanding that the ICC needs tangible support in order to be effective.
The conference in Kampala needs to work on the definition of the term 'war of aggression'.
A dedicated working group from the States that are party to the Rome Statute has done some successful preparatory work on this and has already submitted a suitable text, which can also be found in our resolution.
We call on the Commission and the Member States to work intensively for the incorporation of this definition into the Statute and thus its inclusion within the competence of the Court.
In so doing, the strictest attention must be paid to ensuring that no restrictions are introduced in connection with the Court's independence.
Allow me, in closing, to also emphasise just how important the call for the EU to be represented at the conference by the highest-ranking people possible is.
That would be a signal of our support for the International Criminal Court, as well as a positive example for other governments.
on behalf of the ECR Group. - Madam President, my Group is committed to protecting human rights, but we are not convinced that allowing the EU to sign the convention is wise.
Given that every Member State is already a signatory to the convention, what benefit is there to the EU signing as well?
I should be very pleased if someone in this Chamber could give me a practical example of how the human rights of one of my constituents will be better protected as a result of the EU signing the convention.
At present, Member States are not required to make the convention directly applicable within their domestic law.
I want to be reassured that if the EU signs the convention, that position will not change.
I do not want the power of the British Parliament to change the way we decide to protect human rights to be undermined.
My suspicion is that one of the motives behind this proposal is a desire to enhance the status of the EU to show it is a player on the international stage.
In my view, that is a very good reason not to permit the EU to sign the convention.
Madam President, my group very much welcomes the accession of the European Union to the European Convention on Human Rights.
It is, no doubt, Europe's most important human rights instrument and the importance of the Strasbourg-based European Court of Human Rights - maybe even for Mr Fox - is clear from the fact that it handles an average of 30 000 complaints a year.
In 2009, incidentally, there were 57 000, and the Court issued 2 000 judgments that year or, more accurately, it had to pronounce these judgments.
In the shape of the Court of Justice, the European Union, too, has a court, but, unlike the European Court of Human Rights, the Court of Justice is not solely responsible for protecting fundamental rights, and it is also not completely wrong to establish at this point that the Court of Justice did not, in the past, occupy the sole leading role in evolving European fundamental rights.
Both the Council of Europe and the EU are calling the forthcoming accession historic, and I think we in the plenary will give a majority backing to this in our vote.
I, hope, first and foremost, that it will indeed prove itself to be historic for Europe's citizens, as it will create an area of applicable human rights to which not only 47 governments, but also the institutions of the European Union, are bound.
In that way, the EU will be sending a strong signal to the citizens of Europe that it is not above the law when it comes to human rights and that they, the citizens, can bring an action if the Community institutions should infringe their human rights.
The specific form of the accession process itself will certainly create some problems, and it is therefore important that we find the best solutions for the extremely difficult technical and legal problems quickly and constructively and with open-mindedness and creativity.
Madam President, it is easy to see the benefits of the EU's accession to the European Convention on Human Rights.
It will benefit those people who have been employed in the EU and have been fired for refusing to put their signature to false accounts and becoming whistle blowers.
They can bring cases of this nature before the European Court of Human Rights under Article 6.
It will benefit fellow Members here in Parliament who receive extortionate fines for expressing their opinions freely and who have nowhere to go to appeal against this.
Such cases can be brought before the European Court of Human Rights in Strasbourg under Article 10.
It is thus easy to see the benefits.
The reason that my group and I are nevertheless opposed to the EU's accession to the European Convention on Human Rights is the fact that the disadvantages clearly outweigh the advantages.
For example, there is no doubt that the Court of Justice, in particular, would use the accession to once again extend the EU's powers.
In ever more areas - the social sphere, the policy on aliens and fundamental freedoms - we will see how it will be possible to use accession to the Convention on Human Rights as yet another argument in favour of more decisions being taken at EU level, which means fewer decisions being taken by the Member States.
We do not want to see a situation where Member States are not able to determine their own policy on aliens or issues concerning their freedoms, the freedom of expression and everything else covered by the convention.
These must remain national matters and therefore, the EU should not go down this route.
Madam President, the rapporteur states in his report that the accession to the ECHR will afford citizens protection against the actions of the Union.
I would be far more interested in protecting the residents of my constituency, the West Midlands in the UK, against the action of the Convention on Human Rights.
Of course, in the UK, we incorporated this into our law in 1998, allowing the ECHR to have effect in all our courts.
In the manifesto of the new Conservative government, it was promised that they would repeal the Human Rights Act but, as they should have known, Lisbon made the EU a legal entity and the EU has greater powers than the electorate of the United Kingdom.
We are reminded of George Orwell.
The writing is on the wall and, as we know, some people are more equal than others when it comes to human rights.
Earlier this month, my constituents in Meriden and Hatton suffered invasions by so-called 'travellers', who have broken the peace and who are building unauthorised and possibly illegal developments on what little remains of our precious green-belt land.
Thanks to the Convention on Human Rights, these travellers have special protected rights.
They have priority in health care and education, all at the expense of local taxpayers!
The rapporteur wants us to involve our national courts and ministries of justice in this process.
I say that the Convention on Human Rights has done enough damage already.
Perhaps the rapporteur would like to visit my constituency and witness at first hand the desecration of our land.
Perhaps he would like to speak to the hardworking villagers who have seen the value of their homes plummet.
He can inspect the lines of police drafted in to keep the peace and, of course, preserve the special rights of the travellers.
He could even enjoy the spectacle of 90 lorries laden with gravel churning up the country lanes where parents walk with their children.
He might help residents as they rush to install security equipment in anticipation of the surge in criminal activity that often accompanies such developments.
Of course, these are but small tragedies and are nothing when compared to the important political project that is the European Union, but let us consider that when we propose special rights on one group of citizens, we automatically degrade the rights of others.
The Convention on Human Rights has degraded the rights of my constituents.
It should not be up to unelected officials to decide who is special and who is not.
We have a newly elected government in the UK which has made promises in this area.
In the name of democracy, let them carry out those promises!
(ES) Madam President, more than 20 years ago - in fact 23 years ago - I was fortunate enough to witness the signing of an agreement in the other parliament building between the then President of the European Commission, Jacques Delors, and the Secretary General of the Council of Europe, Marcelino Oreja, for what were then the European Communities to sign up to the European Convention for the Protection of Human Rights.
That was 23 years ago.
This reminds me of the answer that the poet Heinrich Heine gave when he was asked, 'Where would you like to die?' He replied, 'In England, because there everything happens 100 years later'.
Based on some speeches that we have heard, it seems that everything happens 200 years later, Madam President.
I trust, however, that Mr Duff's influence in the new Liberal Democrat-Conservative coalition government will improve this situation.
Therefore, Madam President, my Group, the Group of the European People's Party (Christian Democrats), has been in favour of this accession for a long time now, and we warmly welcome the excellent report by Mr Jáuregui.
It is his first report and I am sure that it will not be his last.
We are doing so because we feel that it will increase guarantees for the public, because what we are doing is giving more guarantees to people that the European Union legislation applied by the Member States and European Union laws is in line with the set of rights recognised in the European Convention for the Protection of Human Rights.
This report opens the way for resolving many of the technical legal problems that are going to arise, because we must not forget that the convention was designed to be ratified and applied by Member States.
Whatever the propaganda from some sides of this House, the European Union is not a state or a super-state.
It is an international organisation, and therefore, there are difficulties in adjusting an international organisation to something that was made for states.
Mrs Giannakou, who was our shadow rapporteur and did an excellent job for which I sincerely thank her, will talk about the specific issues.
All I want to do now is join Vice-President Reding in calling for the Council to give the Commission a mandate to negotiate swiftly, and I am sure that my friend, Mr López Garrido, will ensure that this is the case.
This will mean, Madam President, that soon we will be able to celebrate the European Union signing up to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms.
(ES) Madam President, I would like to join in congratulating the rapporteur, Mr Jáuregui, and the rapporteurs for opinion, who have worked on drafting this report.
I do so, above all, in order to highlight the fact that in the same way that we have been dealing with the economic crisis in the Monetary Union during this year of Parliament's mandate, this is the time to say that Europe will not be built through the internal market or the single currency, but through the people.
The rights of the people are strengthened by the Charter of Fundamental Rights of the European Union, this 'bill of rights' that must take into account the political and public dimension of European integration.
They are also strengthened by the mandate in Article 6 of the Treaty on European Union to sign up to the European Convention on Human Rights.
This does not diminish any of the fundamental rights guaranteed to European citizens by the legislation of the Member States due to the fact that they are citizens of those Member States.
On the contrary, it multiplies, strengthens and increases the rights that we all have as participants and players in a joint project.
I also wish to highlight, as Chair of the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs, the fact that we have discussed all the problems - which will arise - with incorporating the European Convention on Human Rights within that shared culture of strengthening and guaranteeing rights and citizenship.
We have organised extremely fruitful visits to the Court of Justice of the European Union and the European Court of Human Rights, and we have called a third conference on 21 June which is going to be attended by important specialists and judges from the European Court of Human Rights and the Court of Justice of the European Union in order to put together a joint, advance response to what the legal guarantee should be for citizenship rights.
A British legal expert named Hart wrote that there are no rights without legal guarantee, and there is no legal guarantee without judges, in the same way that there can be no Europe without citizens and there are no European citizens if they are not aware that European integration makes us grow and strengthens the fundamental rights that we already have as members of the EU Member States.
Madam President, as we review the Rome Statute of the International Criminal Court, let us be reminded that its creation truly marks a success for liberal democracy and a commitment to effective international law.
With all EU Member States ratifying to comply with the Rome Statute, we set out on the next chapter of meeting our ambitions and responsibilities in the field of human rights, peace and justice.
A critical evaluation is important, but the ICC is already an important institution in ensuring that these fundamental values are not just European but universal.
It is a last resort, as Commissioner Reding said, but an important one.
The EU and Member States should continue their commitment to the ICC, or the principles it seeks to ensure, by adopting the EU guidelines on the ICC.
It is a primary obligation to investigate and prosecute those who commit war crimes, genocide and crimes against humanity.
With the Lisbon Treaty, we are working towards an effective common foreign EU policy.
The High Representative should actively promote the accession to the Rome Statute of other global players - China, India, Russia and important candidate Member States, such as Turkey - but, also, the long-term ally of the EU, the United States, should be engaged in a dialogue of contributing to global justice and should seriously consider joining its ally.
As a Dutch European, I would like to reassure our citizens that the 'Hague Invasion Act' will never be invoked.
The EU needs to work constructively with Turkey and the US to stop impunity in Iran, which is one of the most urgent cases of aggressors and where execution, rape and torture are brought upon citizens by their own government on a daily and systematic basis.
We need to work on the true globalisation or universalisation of human rights, justice and the rule of law, and the ICC is an important instrument to meet this goal.
Support for this Court needs to be globalised as well.
The European Parliament has been working constructively and is united on this subject.
(DE) Madam President, ladies and gentlemen, what we are working towards here today is the extension of law at the supranational level.
The importance of this can be seen from a glance at the terrible history of my own country, along with a glance at the human rights infringements currently taking place.
In reality, Germans did not carry out the most horrific crimes in history because they broke laws, but because they drafted laws that made the unethical legal and that, for example, made the murder of Jews, Communists, Christians, homosexuals and others a legal obligation.
If such people and, above all, those who ordered these actions later say that they only did what the law stated at the time and it was not possible to prosecute them later on, that would demonstrate an unbelievable weakness in the law and in humanity.
For that reason, what we have done here with the International Criminal Court represents a major step forwards in that all such people will know, in future, that there is a judge beyond national law and that, for the rest of their lives, they will have to live with the fact that they will be held to account.
That is a major step forward, just like the European Union's accession to the European Convention on Human Rights, something which we, and I personally, championed for quite some time.
I am pleased that we will be able to implement this together here today and I would like to thank the rapporteur, Mr Jáuregui Atondo, for his outstanding report.
Madam President, my national party, the British Conservatives - for those who do not know, I am a Conservative - has expressed serious concerns in the past about the ICC and its enforcement of international criminal jurisprudence, as encapsulated in the Rome Statute, in the areas of crimes against humanity, war crimes and genocide.
However, the 10th anniversary of the Statute's entry into force does offer us now an opportunity to make a clear assessment of the role of the ICC and, in my view, the Court has, to its credit, stuck rigidly to its brief, eschewing mischievous prosecutions and seeking to arraign only the most serious tyrants.
The Court's Chief Prosecutor, Luis Moreno-Ocampo, has skilfully helped the Court to strengthen its impartiality globally.
The aggressive pursuit of politically motivated cases has, thankfully, failed to materialise, which was one of the big worries of our American allies.
Britain joined the ICC under the previous Labour administration.
Perhaps the recent establishment of a Conservative-Liberal coalition in the UK last week offers us now a chance to reassess Britain's relationship with the ICC and, at Kampala, to amend some of the disputed areas, like command responsibility.
We cannot allow the UK's vital national interests to be compromised by the ICC but, at the same time, we should also recognise that in certain circumstances, the ICC may have a constructive role to play in ending a climate of impunity for genocidal dictators.
(FR) Madam President, Commissioner, Minister, ladies and gentlemen, I would like to talk at the same time about accession to the European Convention on Human Rights (ECHR) and about accession to the International Criminal Court (ICC).
First of all, I would like to thank our rapporteurs for the quality of their reports and for their willingness to integrate everyone's proposals in a great spirit of consensus.
In addition to everything that has been said in favour of this accession, I would like to stress two points that I feel are important: the establishing of a control outside the Union and the extraterritoriality of the convention; in other words, its application to all the acts of the Union, including outside EU territory.
Allow me to express the hope that the 'human rights and democracy' clauses will thus make a little more sense.
Therefore, not only must the Commission's negotiating mandate relate to the convention itself, to all the protocols and agreements already enshrined by the Charter of Fundamental Rights, but we must make a commitment very quickly to accede to all the legal instruments of the ECHR in order to have a coherent system for the protection of human rights.
As for the ICC, I would like to express two wishes.
Firstly, I would like the European Union to be particularly vigilant as regards the rights of victims and of their legal representatives.
That implies ad hoc legal assistance affording access to specialist external lawyers.
I have one other wish, Commissioner: that the Union will use all of its weight, all of its energy, to ensure that the Member States as a whole adapt their law to international law.
France, in particular, has not yet done this.
I regret this, just as I regret that some large countries, such as the United States, are not participating in the implementation of this international law in the area of crimes against humanity.
Madam President, the European Union signing up to the Council of Europe's Convention on Human Rights will be followed by legislation that will make the convention part of European Union law, as well as being another organisation's document as an external benchmark.
That means that the EU's Court in Luxembourg will have the jurisdiction to interpret and enforce two potentially competing documents - the EU's Charter and the Council's Convention.
I have asked several experts in the Committee on Constitutional Affairs and the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs what would happen if there should be a conflict between the two documents or between different sections of the same document.
Which document or which section would take precedence?
I was told, first of all, that the document or section that granted the greater amount of freedom would take precedence over the one that granted the lesser amount of freedom.
I later asked what would be decided if there should be two parties to a dispute and each claimed different but competing, and possibly contradictory, rights - for example, the right to practise one's religion without being offended and the right of freedom of expression involving criticism of the tenets of followers of a religion.
This is not entirely theoretical as the case of the Danish cartoons illustrates.
This was the case of the dog that did not bark or rather the expert who did not venture an opinion.
The silence was as deafening as it was clear for all to hear and to understand.
Free speech will always be sacrificed because that is the EU's default position.
Denying free speech is what the EU does best!
We are talking about two different categories of right - the political right of freedom of expression against prosecution by the state and the right not to be offended by criticism.
The right not to be offended is considered to be much more important than the right to debate a matter of public interest.
Should there be no restrictions on freedom of speech?
There should be restrictions on those who incite violence, but criticism that falls short of that should be free from interference from the criminal law.
(EL) I wish, in particular, to congratulate Mr Jáuregui Atondo on his report and on our excellent cooperation and, of course, Mr Preda and Mrs Gál, on their contribution from two different committees.
The material accession of the European Union to the European Convention on Human Rights and hence, to the jurisdiction of the Court is, of course, based on the fact that the Union acquired its own legal personality under the Treaty of Lisbon.
Of course, some people are wondering why, having incorporated the Charter of Fundamental Rights, we need to accede to the jurisdiction of the Court of Human Rights in Strasbourg.
First of all, the Court in Strasbourg has, in the sense of res judicata, acquired much broader capabilities than those provided for under fundamental rights, as both the Presidency and Commissioner Reding have hinted.
Secondly, this somehow forges a link between the European Union and what is happening in Europe as a whole, and hence with the countries of the Council of Europe.
Of course, some people are wondering if this will cause more general complications, but the report stresses that there should not be any transnational appeals, nor is one Court above or below the other.
Each court will have jurisdiction for the powers vested in it, as will the European Union, therefore, for the Court in Luxembourg.
I consider that accession to the European Convention on Human Rights is an important step, as it is the procedure for accession to the protocols relating to corresponding powers; this will, of course, give the European Parliament the facility to become actively involved in negotiations and to help select a judge through the Parliamentary Assembly of the Council of Europe.
Madam President, I am proud to be chairing this Parliament's delegation to the review conference for the International Criminal Court, to celebrate how its establishment has helped build global justice and fight impunity for crimes against humanity and to represent our European Union's determination, in our common foreign and security policy, to work towards the Court's universal jurisdiction.
In calling for better access to justice for victims, we should acknowledge that 15 of the 24 countries worldwide who have contributed to the Trust Fund for Victims are our own EU Member States - but we should also note with humility that that means 12 EU Members have not given such funding and that 14 of our countries have neither designated national contact points nor responded to the annual survey, as required by the Charter.
Universal jurisdiction abroad starts with universal implementation here at home and, Madam President, I have to regret that one of the first decisions of the UK's new coalition government is to go to the review conference to oppose jurisdiction for the crime of aggression and to resist Belgium's proposal to include the use of prohibited weapons in internal conflict as a war crime.
Aggression, the unlawful use of force against another state, was prosecuted by the Nuremberg and Tokyo Tribunals at the end of the Second World War, and I find it hard to understand why the ICC should not be used to prosecute the war crimes of the 21st century.
Meanwhile, how they justify saying that the use of poison gas or dumdum bullets is illegal if going across a border but not if staying within it, I do not understand.
They are saying that when Saddam Hussein gassed the Marsh Arabs, or when demonstrators in Gaza are shot with bullets that intentionally break into shrapnel inside their bodies, the perpetrators are able to do so free from the fear of being held to account.
Quite simply, they are wrong.
(FR) Madam President, conceived as it was to try the authors of genocide, crimes against humanity and war crimes, the long-awaited International Criminal Court is an initial response to those victims who have too often and, sadly, in vain, demanded compensation and justice.
Prior to its creation, many of us wanted the Court to have a preventative role.
Indeed, could an international body authorised to punish the authors of crimes as heinous as those perpetrated in Bosnia, Rwanda, Cambodia and Darfur not dissuade a given dictator-executioner, who knew that once his crimes had been committed, he would no longer feel safe outside the borders of his country, where he was able to act with complete impunity?
In this regard, I would like to ask the Commission and the Council whether they believe the objective of prevention has been achieved.
For example, could the Commission tell me if, in its opinion, the arrest warrant issued by the International Criminal Court against President Omar al-Bashir constitutes part of the solution or part of the problem?
Personally, I continue to believe that it is part of the solution.
Be that as it may, what lessons will be learnt from the short period in which the Court has been in existence?
Having taken these lessons on board, does the Commission intend - and this is my final question - to table amendments during the ICC review conference in Kampala, which will be an opportunity to table and, if necessary, adopt amendments to the text that constitutes the Court's legal basis?
(PL) When we accede to the European Convention for the Protection of Human Rights, we must, at all costs, avoid a number of serious dangers.
We have a significant problem related to competition between two courts: the one in Strasbourg and the European Court of Justice.
The fact that two documents will be in force - the Charter of Fundamental Rights and the European Convention - will create problems.
It will be very difficult to explain to our citizens which court is the right one for their complaint.
As a result, there will be a rise in the number of instances of refusal to examine a case due to a conflict of jurisdiction of courts and the legal grounds involved.
There is also a danger that accession by the Union to the European Convention will reduce respect for the constitutional traditions of Member States which form the general principles of law today.
In particular, accession by the Union to the convention should not be a means of circumventing the protocol to the Treaty of Lisbon which guarantees the United Kingdom and Poland exemption from any unexpected effects of the Charter of Fundamental Rights.
(HU) Ladies and gentlemen, I am very sorry that I have only one minute for this important topic, so please allow me, no matter how short the time is, to inform you that there is a terrible flood devastating Northern Hungary, Slovakia and Poland as we speak.
The lives of hundreds of people are at stake.
We should reassure them from this Chamber in the European Parliament in Strasbourg that we are in solidarity with them and sympathise with the victims, and that we hope that this destructive flood will recede as soon as possible.
I ask the leaders of the European Parliament to offer assistance to the victims, should this become necessary.
At the moment, there are several dozen towns in northern Hungary that are entirely under water.
We hope that fate and God will have mercy on these disaster-stricken regions.
The main problem with this report is that it is important for all of us present, as MEPs, to raise human rights to a higher dimension, namely the protection of human rights.
Accession to the convention, however, does not increase protection for human rights.
It is only the ideology of a United States of Europe that emerges, which we do not support, since sovereign countries, the Member States, have already signed up to the convention.
We also oppose the notion that this symbolic decision should be taken as suggesting that we are part of a large empire.
(IT) Madam President, Mr López Garrido, Commissioner, ladies and gentlemen, this membership is surely a sign of one of the European Union's missions: the mission to defend and promote human rights.
A mission that is already fully formulated and borne out by history, by the fact that individual Member States already belong to the European Council convention, by the reiteration that the general principles of the convention and Member States' constitutions are now part of European law.
So this symbolic gesture is extremely important.
However, translating this ideal concept into substantive legal rules is not so simple: this report refers chiefly and ultimately only to institutional questions, and is completely acceptable.
I must say that I also thank Mr Atondo, and am bound to report that the AFCO Committee on Constitutional Affairs - which I chair - has approved this document almost unanimously.
We are therefore satisfied with this document, and I will not dwell on individual elements of it, because we fully support everything that the President of the Council and the Commissioner have said.
I would like to make just one suggestion, since the statement about the institutional presence of European Members of Parliament within the European Council Parliamentary Assembly when meeting to appoint the judge and the judges is somewhat vague: I would say that there is a small problem with the relationship between the population of Europe, of the European Union, and the populations of other countries.
Luckily, the regulation governing membership and representation in the European Council Parliamentary Assembly already states that there can be no fewer than two per State, and no more than 18 altogether.
Given the importance of the European Union, I suggest that we should draw the line at 18.
I must conclude, however, and so I will finish by saying that this resolution exposes a problem that it is worth examining in more depth, in other words, the problem that we have already highlighted many times of the relationship between the Courts.
I believe we must reflect a little more upon this problem but, above all, on the problem of the European spirit: we are the European Union and, as stated in Article 2 of the Treaty of Lisbon, we are founded on human dignity and human rights - and equality is founded on human dignity.
In Europe, we are not united on this point, and so we must reflect carefully on this concept of human dignity, its limits and what it covers.
That is not the subject of this decision and this very welcome report, however.
I thank the rapporteur.
(EL) Madam President, the European Union is, and remains, an ardent supporter of the International Criminal Court and its role in defending the universality of human rights.
We all hope that the review conference of the Rome Statute in Kampala will be a real milestone in the further development of the Court.
The international community is being called up to strengthen the validity of the institution and to safeguard the protection and further strengthening of the independence and efficacy of international criminal justice.
Within the framework of the review process, various proposals have already been presented, of which the most important is indubitably that relating to the crime of aggression.
What is paramount today, however, is to make it clear that the European Parliament wishes to stress that heinous crimes against humanity cannot go unpunished.
What we want is clarity of law and cooperation from as many Member States of the international community as possible, so as to put an end to impunity through fair and impartial process.
War criminals must be absolutely certain that they will have to account for their actions.
It is this certainty of punishment that can help to prevent similar actions in the future and pave the way for reconciliation following violent clashes.
We therefore affirm our absolute support for the purpose of the Court and our devotion to human rights and international humanitarian law and wish the review conference in Uganda every success.
(PL) The review conference of the International Criminal Court will be an important opportunity to commit Member States of the Union to values which, to us, are crucial.
Fortunately, there is a general conviction among Europeans that the greatest crimes must be judged, and the perpetrators punished.
In view of this, it is good that the review conference will take place in Africa.
Africa is a continent where many crimes have not yet been punished.
The Court is currently conducting investigations in five African countries: Kenya, the Democratic Republic of Congo, Sudan, Uganda and the Central African Republic.
The impunity of those who commit terrible crimes against their own citizens and against other people regardless of their citizenship must be ended.
The role of the Court in this matter is crucial.
If the Court had existed 70 years ago, perhaps the Katyń Massacre would never have happened.
The existence of an effective court can, of itself, have a preventative effect.
European states should strengthen the Court in its basic roles: investigation and prosecution of war crimes, genocide and crimes against humanity.
It is important that more states accede to the Rome Statute, because the effectiveness of the Court is dependent on cooperation between states and international organisations.
Therefore, all State Parties of the Rome Statute should join in such cooperation, because otherwise, that effectiveness will not be achieved.
(PT) There are important items on the agenda of the Kampala conference such as the crime of aggression.
However, bringing the accused Omar al-Bashir to trial is currently the most significant step in consolidating the universal jurisdiction of the International Criminal Court (ICC).
It was thanks to pressure from the European Union that the Security Council of the United Nations referred the crimes in Darfur to the ICC.
The arrest warrants issued by the ICC include one for the current Head of State of Sudan for crimes against humanity and war crimes.
The European Union must act in accordance with the assessment of its observers in the Sudanese elections, who concluded that the elections had not complied with international standards.
Even if Omar al-Bashir had been elected legitimately, the European Union should still be demanding that he be brought to justice.
The European Union cannot continue to give contradictory signals.
It is imperative that President Omar al-Bashir be handed over to the ICC.
That will send a powerful signal to discourage other dictators from using violence against their peoples; failure in this case will have the opposite effect.
Madam President, I will speak on the Union's accession to the European Convention on Human Rights.
I want to underline that I am going to speak as a lawyer.
I would like to draw attention to the role of the Court of Justice in the construction of the European Union's accession to the European Convention.
In particular, the requirement in the European Convention on Human Rights that the applicant must exhaust domestic remedies before applying to the European Court of Human Rights must be transposed into a procedure which would give the Court of Justice in every case the opportunity to decide as the last domestic remedy before the Strasbourg Court looks into the matter.
I mainly refer to the cases where Member States apply EU law and Member States are sued by individual applicants following the application of that EU law.
The Court in Luxembourg must first be given the possibility to apply the convention in such cases.
Let us not forget that the Court in Luxembourg has been applying the convention for years.
In relation to this, I would like to recall the European Court of Human Rights' finding in the case of Bosphorus Airlines vs. Ireland in 2005. I quote, 'The protection of fundamental rights by Community law can be considered to be equivalent to that of the convention system'.
Along with my colleagues, I welcome the Union's accession to the convention but, at the same time, I ask for a very careful analysis of the procedure we put in place, as we need to protect citizens' interests and, at the same time, to preserve what is working well.
(PT) I would stress that it is with great satisfaction - shall we say - that the Group of the European People's Party (Christian Democrats) and its Portuguese Members are seeing the start of Europe's process of accession to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms.
In the end, in a country like Portugal - which has always been at the forefront of human rights with the abolition of slavery in Portugal as soon as 1761 and which was a pioneer in abolishing the death penalty - we could clearly only be interested in supporting this accession process.
I would like, however, to call attention to the fact that we believe it to be very important for Parliament to monitor the EU's process of accession to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms.
We consider this to be essential from a technical, legal and political point of view, because Parliament itself is a House of human rights and one in which human rights are of great importance.
I would also like it to be noted, Members, that we consider it very important that we are in contact with many third states; this is a very important signal that we are giving to the members of the Council of Europe (the entry of the European Union to the Council of Europe) who are not Member States.
For these members of the Council of Europe, it is a signal of strengthening, of a commitment by the European Union to the situation and levels of democracy and respect for fundamental rights.
(SL) Honourable representatives of the Commission and the Council, it has been some time since human rights and freedoms were confined to the level of the individual nation state.
This renders superfluous the fundamental dilemma of whether the European Union should be based on intergovernmental agreements or whether it should become some sort of a supranational state.
I think that the EU's accession to the European Convention on Human Rights is a step towards extending human freedom and the freedom of the individual.
This move will also bring added value and we must make it our goal to make the European Union a zone where standards of human freedom are the highest in the world.
That said, I do not think that the European Union will become a realm of freedom all of a sudden just because it has acceded to the convention.
On the contrary, there will still be breaches of human rights and freedoms, but it is important that these rights and freedoms are not under systematic and systemic threat.
We must strengthen the functioning of the courts and other structures and delimit their competences, and on this note I would like to bring my speech to a close.
(PL) I would like to say something about the subject of today's proceedings.
It should be borne in mind that, unfortunately, Africa is a continent where there have been numerous cases of crime and genocide on a frequent basis.
The European Union must not be passive in this situation.
Fortunately, the International Criminal Court in Kampala is becoming increasingly significant in measures being taken against these crimes.
Criminals must know they will never go unpunished anywhere.
In relation to this, I am among those who are decidedly in favour of the Union giving its support to the work of the Court.
I do not suppose we can raise any doubts about this, today.
I think we should discuss and think about what to do for the Court in Kampala to work still more efficiently and effectively.
(SK) As has already been mentioned, the accession of the EU to this convention is, above all, a symbolic gesture.
Despite this, I believe that it can only strengthen the integration process, and that it is a further step towards the political unification of the European Union.
In addition to the symbolism, this legal measure also has practical significance for EU human rights policy.
On a formal level, it will also eliminate double standards.
The Union, that is to say, was not previously obliged to observe human rights.
From now on, however, EU laws will be subject to external judicial checks, which will monitor compliance with the convention.
A further practical benefit of the EU's accession to the convention will be a guarantee of protection not only for EU citizens and other persons in the EU, but also for all individuals falling within the jurisdiction of the Union outside its territory.
Personally, I am pleased with the idea that the aim of the Union will be to observe the clauses of the convention fully in all of its external relations and activities.
It is important that the submitted report mentions the possible technical and administrative complications of the whole process, and suggests how to reduce the complexity as much as possible.
The EU, as a non-state member acceding to a convention that was designed for states, should take care not to demand needless changes to the convention or to its judicial system.
The European Court of Human Rights is already overstretched enough.
Moreover, needless complications might undermine the legitimacy and popularity of the process of EU accession to the convention.
(HU) Ladies and gentlemen, I have been a Member of the European Parliament for nearly a year now, and I am beginning to get used to what is impossible to get used to, namely, that the debate on every single report follows the same script.
There are some 20 or 30 of us present in this Chamber out of almost 800 MEPs, with a few of us who are not even here out of a sense of duty, but simply because we do not wish to vote according to the party line but based on personal conviction and sound information, and who all have had the same experience.
We ask questions but never receive any answers to them, save perhaps for some general statements.
I sincerely ask the Commissioner responsible for human rights to make an exception this time and give a precise answer to my question.
The question is what added value and benefit are derived from the perspective of European citizens by the European Union's accession to the same Convention on Human Rights that every single EU Member State has already joined.
I ask that you kindly provide a single example that shows what new contribution this accession will make to the citizens of Europe in terms of protecting their human rights.
I thank you in advance for finally making an exception to the general rule for once.
(IT) Madam President, Commissioner, ladies and gentlemen, becoming a member of the European Court of Human Rights represents a crucial step in the Union's growth: the two systems of guarantee will strengthen the protection of individual fundamental rights, both within and outside our 27 countries, if we consider all the member countries of the European Council.
This is therefore an opportunity not to be wasted, and one for which we have waited many years.
The doctrine and law, both of the Court of Justice and of the Strasbourg Court, have, for some time now, been working towards this moment, or rather paving the way for this goal, because for me it is a goal: it is a goal for all of us.
I am therefore compelled to mention the importance of membership for all Union citizens, who will thus be able to refer cases to the Strasbourg Court against a European institution or a Member State because of the wider protection they enjoy.
I conclude, in the knowledge that the independence of the two courts remains unchanged, as is clearly explained and ratified in the report - more than that, I congratulate my colleague on this report - and accords with all of our wishes, with the obvious exception of cooperation between the two institutions, which respect their own areas of responsibility.
(ES) Madam President, I would like to clarify two things.
Firstly, the articles that are in the Charter of Fundamental Rights that are also in the European Convention on Human Rights are the same and mean the same thing: Articles 52 and 53 of the Charter; there is therefore no contradiction.
Secondly, the jurisdiction of the European Court of Human Rights is supranational.
Therefore, if someone wants to apply to it due to a European Union decision or the application of Union law, they will first have to apply to the Court of Justice of the European Union for a preliminary ruling.
I understand that Europhobes always want to vote against Europe, but at least out of parliamentary courtesy, they should read Mr Jáuregui's report, which sets everything out clearly.
Madam President, in relation to the first point regarding the Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms, I would like to join in congratulating the rapporteurs and also the Commission for the way in which it has very quickly put forward a draft mandate for negotiation.
I would also like to welcome the speech by Mr Duff, who said quite clearly that the government that has been formed in the United Kingdom between the Conservatives and the Liberal Democrats is absolutely in favour of the European Union signing the European Union Convention on Human Rights, and therefore of complying with the Treaty of Lisbon.
However, some of Mr Duff's compatriots said exactly the opposite: representatives of the European Conservatives and Reformists and the representative of the Europe of Freedom and Democracy Group - who is not British - along with Mrs Sinclaire and subsequently Mrs Morvai, who said quite clearly, 'Why does the European Union need to sign the European Convention on Human Rights if the Member States are already parties to it?'
What has happened is that the Member States have transferred some of their competences and powers to the European Union, so they are not exercised by the Member States but by the European Union.
The European Union could therefore theoretically infringe the European Convention on Human Rights.
This is the case unless it is considered that the European Union does not have any power or any competences whatsoever, but it does have powers and competences that have been transferred by the Member States.
This means that it is not enough for the Member States to have signed the convention.
The Union needs to sign it too in order to complete the protection of human rights throughout the whole of the European Union.
I do not understand how people such as the representatives of the two groups that I mentioned, who have demonstrated their obvious euroscepticism, are refusing supranational control over the European Union.
It is absolutely contradictory for someone who wants the European Union to be controlled or considers that everything that the European Union does is bad or that wretched bureaucrats are doing everything badly to be refusing supranational control over the European Union.
This is absolutely contradictory.
There will be other reasons to do with human rights or to do with an international organisation that defends human rights being more legitimate, stronger and more solid.
There may be other reasons, but not the ones being given.
I believe that the need to sign the convention is very clear, and I also believe that it needs to be done with the speed with which the Commission has already begun to act.
As Mr Méndez de Vigo said, the Commission has acted quickly and the Council needs to do the same.
I am sure that the mandate for starting negotiations will be adopted on 4 June at the meeting of the Justice and Home Affairs Council in Brussels, so he does not need to worry.
With regard to the issue of the International Criminal Court, I think that the review conference is a very important meeting.
It is a very important meeting which the Presidency, on behalf of which I am speaking, is going to attend in order to clearly establish and reaffirm that the Member States have to cooperate with the International Criminal Court, and that they are going to work along those lines, naturally based on the principle of complementarity, which is a basic principle of operation of the Criminal Court.
I agree with one of the major objectives of this conference, which is to introduce the crime of aggression, and also with removing from the Rome Statute the possibility of delaying for seven years before handing over possible or alleged war criminals.
I also agree with the issue being debated - a proposal put forward by Belgium - as to whether the use of certain weapons in conflicts can constitute a war crime in itself.
In any case, the Presidency will make a statement supporting the Criminal Court and will also give an evaluation of what the Criminal Court has meant.
I also presume that many Members will be at the debates at the Kampala conference.
I therefore believe that this is a very important conference, with great political, symbolic and legal significance; decisions will be taken that affect legal texts.
I am, of course, very grateful to Parliament for holding this debate today, which has enabled us to reaffirm our common values and also to recall that basically, when we talk about the International Criminal Court, we are talking about people who have suffered the atrocities that the Rome Statute seeks to prosecute, and that it is ultimately about fighting impunity and making it clear that in the 21st century, there is no room for impunity.
Vice-President of the Commission. - Madam President, the Charter of Fundamental Rights and the Convention on Human Rights are extraordinary texts.
They are the basis of the values on which we have been building our society and our European Union.
I think they are much too important and much too historical to give way to party political polemics.
I must say that I am very proud indeed that, at this moment in the construction of the European Union, we can go ahead by putting the Charter of Fundamental Rights into practice and by acceding to the Convention on Human Rights.
When I hear what your rapporteur, Diego López Garrido, and your co-rapporteurs, Cristian Dan Preda and Kinga Gál, have said in your name in this Parliament, I know that you are also very conscious about the historical task which is now in our hands.
The added value of the accession has been very well explained in those texts and in the contributions of many of the Members.
The Member States have all signed up to the Convention but they have also - as the Minister-in-Office of the Council just explained - transferred substantial competences to the European Union.
It is therefore normal that the European Union, when it acts as a European Union, will be subject to the same external control of the specialised Court on Human Rights as are the Member States.
To give one very concrete example, there could be a decision of the European Commission against an industry in the area of competition law which could be potentially challenged directly before the Court in Strasbourg, which is something that is difficult to do today.
As you have already pointed out, there will be a lot of very concrete examples: concrete examples which will help the citizens because - and this is something new - they will now have a double guarantee.
The European Court of Justice in Luxembourg will judge on the basis of the Charter of Fundamental Rights which, by the way, is binding for all Member States.
That should be clearly stated once and for all.
I cannot understand how somebody who has an elected mandate and has been elected by citizens can call into question the rights of those citizens.
It is better for citizens to have twice the rights than to have zero rights.
Here, we are giving them twice the rights, and that is what Europe is about.
Europe is about rights for European citizens and I am very proud that this House is standing for those rights.
Yes, we will now have the bills of rights where the citizens will know that they can go to the courts in order to have their rights taken seriously.
The question of whether or not we shall now be part of the Convention on Human Rights is not a question anymore because Article 6 of the treaty obliges the EU to accede to the European Convention on Human Rights.
So I do not think we should discuss this any further because that is simply done.
We should also know that this accession will leave the position of the individual Member States, vis-à-vis the convention, completely unaffected as long as there is no European law at stake.
This will continue to be the case.
The individual relationship between a Member State and the convention will stay exactly the same as it is.
Now there will be supplementary guarantees concerning the EU law.
Of course the issue of the risk of conflicting jurisprudence has to be analysed.
It is being analysed and I am grateful to the rapporteur who has taken this issue on board.
We have so far seen that these conflicts are considered to be minimal because the convention is already part of the norms which the European Court of Justice in Luxembourg takes into account today and the convention will operate as a minimum standard.
The Commission expects case-law of Strasbourg and of Luxembourg to develop harmoniously and converge in the coming years.
I now move to more specific questions.
On litigation: that is not an issue for the European Court of Human Rights or of the European Court of Justice.
For the moment, that is an issue for the British system of litigation, and I have already started to discuss this with the British Government to see if they could review this system of litigation, which can, in certain cases, when it comes to the freedom of the press for instance, become very harmful indeed.
The European Parliament has so far, under the leadership of its rapporteurs, done very good work.
I count on Parliament to continue to participate in a process which will certainly be a difficult process, a long process, where we have to solve the technical problems - and technical problems can become very political indeed - so I count on Parliament to continue to participate in this very difficult task.
As for relations between the European Parliament and the Parliamentary Assembly of the Council of Europe, I leave that in the hands of Parliament.
If you need a helping hand, I will be there to help you in that respect, but it is a matter for the parliamentarians themselves to see that they find a common ground and I believe that it should not be that difficult.
Concerning the ICC, this Parliament has already received the Prosecutor, Mr Moreno-Ocampo, and the President of the Court, Mr Song.
I think this was a very strong political signal from the European Parliament that Parliament is taking seriously human rights, not only within Europe, but also outside Europe.
We also believe that the Kampala conference is the most important international conference devoted to international justice in a decade.
We have to make it count.
There again, I count on Parliament also because I know that Members will be present and will be speaking up in Kampala.
We know that the EU has played and will play an important role by integrating the outcomes of the conference into its policies on international justice, on its assistance to third states and, most of all, into all the negotiations which will take place in the coming months and years.
In particular, we will continue to support national capacity building in order to strengthen and enable national jurisdictions to conduct credible and effective national investigations and trials of Rome Statute crimes.
Our policy in this respect remains unchanged and undiminished, but we now have a new tool, and the new tool is the Lisbon Treaty, which gives us a new capacity to be more consistent and more effective in our support to the Court.
In line with the encouragement by Parliament and expressed in the resolution and during the debate, the High Representative/Vice-President and her services will continue resolutely to promote universal accession to the Rome Statute.
We will do that systematically in all our discussions with partners outside of Europe.
There were two very specific questions which I would like to answer briefly.
The first was whether an arrest warrant against President al-Bashir is a part of the solution or part of the problem.
The Commission clearly sees this as part of a long-term solution because this arrest warrant shows that, with the establishment of the Court, justice has become imminent.
Whoever the person is, even if this person is a Head of State, and even if this arrest warrant is not immediately enforced, it will not disappear because the ICC is a permanent court, so let me assure you that the EU will continue to call on Sudan to cooperate fully with the Court.
On the question of whether the Commission will present amendments in the Kampala meeting, here the answer is 'no' because the EU, as such, is not a party - it is the Member States who will negotiate the amendments.
However, the Commission will play an active role in the stock-taking part of the conference, and we count fully on the Spanish Presidency to lead the European nations so that their voice will make a big difference in this conference.
Madam President, I would like to express my thanks to all those who have spoken, because the vast majority of them have expressed a very favourable position regarding the accession agreement that we are going to vote on tomorrow; in fact, it has almost been unanimous.
I would especially like to thank Mrs Reding for giving us the opportunity to continue working together, as there are very complex negotiations to come and I believe that Parliament needs to be very close to those negotiations.
I would like to answer a few questions and clarify a few things very quickly.
Accession is not a symbolic act, ladies and gentlemen: it has legal value.
Some are asking what the point is, and what it adds.
I will give you an example.
Let us suppose that a competition for European Union staff discriminates against Hungarian lawyers, for example, for some technical reason or any reason at all.
Where do the Hungarian lawyers take their complaint?
To the Court of Justice of the European Union.
What does accession add?
The opportunity for these lawyers to take their complaint to the European Court of Human Rights if their right to equality has not been recognised by the Court of Justice of the European Union.
It is a new court, it is a new opportunity for guaranteeing fundamental human rights, for example, the right to equality.
It is therefore clear that this event does not make a symbolic contribution but a legal contribution.
I would like to clarify two things, ladies and gentlemen.
Members have expressed their desire for the negotiations not to be limited to accession to the European Convention on Human Rights, but for the protocols that the convention has been building up over the years to be incorporated, especially those that refer to the rights acknowledged by the Charter of Fundamental Rights, as that will provide equivalence between the two documents.
Finally, Parliament is also calling for accession to Convention and Council of Europe bodies and authorities, because this will enable recognition of the universal human rights protection system, including the Turin European Social Charter.
I have received one motion for a resolution at the end of the debate.
The joint debate is closed.
The vote will take place on Wednesday, 19 May 2010.
Written statements (Rule 149)
The entry into force of the Treaty of Lisbon creates the legal framework for the European Union's accession to the European Convention for the Protection of Human Rights (ECHR), thereby making the EU the 48th signatory to the convention.
The EU's accession to the ECHR will supplement the level of protection established by the Treaty of Lisbon through the Charter of Fundamental Rights, which has binding legal force.
The European Court of Human Rights in Strasbourg will acquire the authority to exercise judicial control over the acts of the EU's institutions, bodies and agencies, including decisions made by the European Court of Justice, with regard to compliance with the convention, thereby creating an additional layer of judicial control over fundamental rights within the EU.
Following the EU's accession, the convention will provide the minimum standard of protection for human rights and fundamental freedoms in Europe and will be applied on a mandatory basis, especially in situations where the level of protection provided by the EU is lower than that offered within the convention.
I believe that both Member States and the Commission will have to prepare information briefings which will provide explanations about all the implications and effects of accession so that the EU's citizens are fully aware of the significance of this process.
The European Union's accession to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms is a logical step following on from the entry into force of the Treaty of Lisbon and enhances the depth of integration and creation of a common political area.
The EU's accession to the ECHR will provide greater coherence between the European Union and the countries belonging to the Council of Europe and its pan-European human rights system.
In my opinion, the most important upshot of accession to the ECHR is that it will provide citizens with protection against the actions of the EU, similar to the protection they enjoy against the actions of all Member States.
This is a substantial development, given that Member States have transferred important powers to the European Union.
It is logical to have the option of appeal to the European Court of Human Rights concerning decisions made by the EU as a whole.
As we talk about European citizenship, we must also provide it with specific content, which includes offering this option.
I hope that this additional instrument made available to European citizens will be easily accessible and, in particular, that the decision to accede to this convention will help create a more coherent framework for human rights within the European Union.
In connection with the forthcoming negotiations on accession by the Union to the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms, I would like to draw attention to the matter of external relations.
This is an area which will be particularly affected by the Union's accession to the convention.
Why?
Firstly, I will permit myself to remind us that under the Treaty of Lisbon, the European Court of Justice has very limited jurisdiction in the area of foreign policy.
Accession to the convention will partly make up for these limitations by ensuring external judicial supervision of all aspects of the Union's activity.
The Court of Human Rights in Strasbourg will gain the right to assess how the Union observes fundamental rights in all areas of its activity, and so also in foreign policy.
Secondly, it is not necessary to remind anyone how often discussion on the subject of the necessity to observe human rights comes up in the Union's relations with third countries, including in the forum of the European Parliament.
Accession to the convention will, therefore, give the Union credibility in dialogue with third countries on human rights.
There is no doubt that by submitting to the supervision of the Court of Human Rights in Strasbourg, the Union has the opportunity to strengthen the human rights aspect of foreign policy and security and, in so doing, to promote the idea of human rights more effectively around the world, to the extent that the EU treats its own human rights obligations seriously.
Let us hope that this is how it will be.
(PL) Accession by the European Union to the Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms is, without doubt, a step in the right direction on the road to ensuring our citizens equal and fair privileges.
We must make sure its principles are upheld in all Member States.
This will also improve legislative cohesion between the Union and the countries of the Council of Europe, and will increase the number of institutions to which citizens will be able to appeal if their rights have been breached.
It will also raise the significance and credibility of numerous initiatives of the European Parliament in the area of the protection of fundamental freedoms, which are the right of every person.
However, let us not forget that as well as upholding the rights of the people of third countries, the Union should first take care that these rights are not broken in the Member States.
There is a country in the European Union where, for nearly 20 years, the human rights and fundamental freedoms of about 20% of the population have been violated.
Regardless of this fact, Latvia was accepted into the European Union in 2004.
At the time that Latvia's accession negotiations were taking place, the Latvian Government promised the then EU Enlargement Commissioner, Günther Verheugen, to solve the non-citizen problem, but to this day, regardless of those promises, the question has not been resolved.
As a result, there are approximately 340 000 non-citizens living in EU territory.
In Latvia, they are second-class people, who are not allowed to work in the public sector, or hold official posts even in districts where more than 60% of the population are non-citizens.
There is a city in Latvia, Daugavpils, where more than 90% of the population is Russian-speaking.
Despite this fact, the use of Russian as an official language in the city is forbidden, and 30% of the population do not have the vote in local elections.
Local councillors, elected in a Russian-speaking city, are not allowed to use their mother tongue in meetings.
Funny though it may be, to this very day, the European Commission has found neither the necessary arguments nor the time to influence the Latvian Government to bring to an end discrimination on grounds of language.
It is essential to set up a working group to investigate the situation in Latvia without delay, otherwise I do not see the point of the EU's being a party to the European Convention on Human Rights and Fundamental Freedoms.
We must make it known clearly and unambiguously that there is a country within the European Union where the rights of more than 25% of the population have been cynically violated over many years.
When we talk about accession of the European Union to the European Convention for the Protection of Human Rights, we are talking about work which has been going on for 10 years now and about many fears concerning, inter alia, competition between the Court of Justice and the European Court of Human Rights.
This will certainly lead to problems in the area of jurisdiction and the autonomy of the Court of Justice.
I think, however, that what we have achieved after those 10 years can mean complementarity of the two systems, so perhaps we should depart from such hierarchical thinking.
The Court of Justice has, for a long time, been following the work of the Court of Human Rights in Strasbourg and vice versa.
Both these systems coexist and there is no competition between them, so perhaps those fears are unjustified.
We need accession to the convention for symbolic reasons but, above all, we need the convention because it will complement the system of protection of human rights in the European Union and will give it greater credibility in the eyes of its citizens, for they will gain protection against the European Union and its institutions, and not only against the Member States, as has been the case until now.
So we should be glad that the system will be strengthened.
However, we do need a certain loyalty, so that we do not undermine the credibility of the system.
This is why we propose that Member States do not prosecute each other on matters of EU law by using the possibilities afforded by the convention. | Aspects institutionnels de l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Conférence de révision du statut de Rome de la Cour pénale internationale à Kampala (Ouganda) (débat)
L'ordre du jour appelle la discussion commune sur:
le rapport de Ramón Jáuregui Atondo, au nom de la commission des affaires constitutionnelles, sur les aspects institutionnels de l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et
les déclarations du Conseil et de la Commission sur la Conférence de révision du statut de Rome de la Cour pénale internationale à Kampala (Ouganda).
rapporteur. - (ES) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur López Garrido, je pense que ce jour est important.
Je sais qu'il y a de nombreux jours importants dans cette Assemblée, mais je crois sincèrement que depuis l'adoption du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, le mandat conféré à l'Union européenne d'adhérer à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a constitué un des grands chapitres du processus d'intégration européenne.
Je pense dès lors que nous vivons le moment culminant d'une aspiration ancienne qui fait partie du processus historique de l'intégration européenne car la dignité humaine, les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit font partie de l'ADN de ce qui a été en grande partie le processus historique de l'intégration européenne.
Le rapport que nous adopterons demain traduit le mandat que l'Union européenne détient depuis que le traité de Lisbonne a demandé l'adhésion à cette Convention.
Je voudrais résumer le contenu de ce rapport basé sur trois idées maîtresses.
Tout d'abord, je voudrais signaler que les États membres ne sont pas les seuls à défendre les droits de l'homme.
Désormais, l'Union européenne défend les droits de l'homme avec sa nouvelle personnalité juridique conformément au traité de Lisbonne; c'est le droit de l'Union et c'est le développement d'un État de l'UE que les États membres peuvent obtenir.
Ils peuvent le faire s'ils se soumettent aux principes de la Convention européenne et à une cour qui est externe à l'Union et aux États membres, et qui garantit le respect de ces principes en tout lieu et à tout moment.
La deuxième idée consiste à donner au public européen une nouvelle loi et une nouvelle cour: le droit pour les Européens de saisir cette nouvelle cour afin de garantir le respect des droits établis par la Convention par rapport à l'Union européenne ou aux États membres quand ils appliquent le droit de l'Union.
Même les activités de l'Union européenne qui impliquent la politique étrangère, de la police et de la sécurité hors de nos frontières, ainsi que la coopération internationale, sont soumises aux principes de la Convention européenne des droits de l'homme.
Qu'est-ce que cela signifie?
À mon sens, Mesdames et Messieurs, cela signifie un grand pas en avant, du point de vue historique, dans le processus d'intégration et de construction de la notion la plus essentielle de l'idée européenne de la dignité humaine qui répond, comme nous l'avons déjà dit, aux demandes du public européen.
Cela signifie également le renforcement du système européen de sauvegarde des droits fondamentaux car, à côté de la Charte des droits fondamentaux et du traité de Lisbonne, cela crée un cadre de protection juridique qui est presque parfait et qui est par conséquent le plus avancé au monde.
Cela renforce aussi la crédibilité de l'Union aux yeux des pays tiers, puisque l'Union européenne a toujours demandé le respect des droits de l'homme dans ses rapports bilatéraux.
Ce rapport reprend des aspects institutionnels et juridiques que je ne vais pas décrire à présent.
Ce que je veux faire, c'est signaler qu'un processus commence ici et maintenant, puisque, avec ce rapport rédigé en collaboration avec la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et avec la commission des affaires étrangères, la Commission dispose à présent d'une position, d'un cadre de négociation qui lui permettra de revenir vers le Parlement pour adopter cet accord et qui permettra aux États membres de ratifier l'adhésion à la Convention européenne.
Je voudrais remercier Mme Viviane Reding, pour la rapidité avec laquelle la Commission a adopté le mandat de négociation, et le Conseil européen, qui fera de même bientôt.
Je voudrais remercier aussi Mme Kinga Gál et M. Cristian Dan Preda pour leur coopération au sein des deux autres commissions.
Mesdames et Messieurs, je pense qu'il s'agit de grandes nouvelles.
président en exercice du Conseil. - (ES) Madame la Présidente, comme M. Ramón Jáuregui Atondo le disait, le débat que nous allons avoir maintenant, avec celui que nous venons d'avoir, est extraordinairement important.
Je pense que l'humanité accomplit un pas en avant historique quand la sauvegarde des droits de l'homme cesse d'incomber uniquement aux États, qui sont les acteurs et les intervenants politiques traditionnels de ces derniers siècles, pour devenir quelque chose qui, en termes de sauvegarde de l'humanité, transcende les frontières des États et met en place une série de mécanismes et de garanties institutionnelles afin de mieux défendre leurs valeurs universelles.
La Convention européenne des droits de l'homme, qui est probablement un des plus grands trésors de l'Europe, et la Cour pénale internationale, qui dépasse le cadre de l'Europe, sont des exemples de ce pas en avant que notre époque accomplit vers la mondialisation et la protection des droits de l'homme.
En ce qui concerne la Convention européenne des droits de l'homme, il n'y a pas grand-chose à ajouter à l'intervention de M. Ramón Jáuregui Atondo et à son excellent rapport, qui a été rédigé avec les rapporteurs pour avis, M. Cristian Dan Preda et Mme Kinga Gál, concernant l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme.
Je voudrais répéter plusieurs choses qui ont été dites par M. Ramón Jáuregui Atondo et signaler que l'adhésion à la Convention constitue un élément de l'intégration européenne qui renforce dès lors l'Union européenne.
De plus, elle va rejoindre le grand élément nouveau introduit par le traité de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, pour travailler main dans la main avec lui.
C'est une des tâches - non seulement politiques mais aussi techniques - de la Cour européenne des droits de l'homme et de la Cour de justice de l'Union européenne, sans nullement empiéter sur leur compétence.
De plus, cette initiative, prévue par le traité de Lisbonne, accroît également la crédibilité de l'Union européenne en matière de défense des droits de l'homme, puisque nous ne demandons pas à des pays de l'Union européenne mais à des pays européens de contribuer au renforcement de la Convention européenne des droits de l'homme.
En d'autres termes, nous leur demandons de garantir que les droits prévus dans la Convention sont respectés et protégés, ainsi l'Union européenne elle-même, et pas seulement ses États membres, sera soumise à la juridiction de la Cour européenne des droits de l'homme.
Cela accroît notre crédibilité, comme le rapport de M. Ramón Jáuregui Atondo le dit fort bien.
En ce qui concerne la Cour pénale internationale, je pense que nous allons également qualifier cette époque d'historique et de grande signification politique car la conférence de révision du statut de Rome se réunira dans quelques jours.
C'est la seule conférence obligatoire qui doit se réunir pour réviser le statut de Rome, si nécessaire, et évaluer le pas en avant extrêmement important qu'est la Cour pénale internationale.
C'est donc un événement extrêmement significatif que la commission politique et de sécurité examine aujourd'hui et dont le comité des représentants permanents (Coreper) parlera demain.
Nous espérons que la résolution du Conseil sera adoptée la semaine prochaine afin que nous puissions nous joindre à l'évaluation très positive de la Cour pénale internationale faite par d'autres États, comme les États d'Amérique latine qui font partie de l'Union des nations sud-américaines (Unasur).
Nous parlons d'une Cour pénale internationale qui représente un engagement à sauvegarder les droits de l'homme et, partant, à poursuivre les crimes contre l'humanité au niveau universel.
C'est un engagement qui a été pris par l'Union européenne et par ses États membres.
Je voudrais vous rappeler qu'il y avait une position commune en 2003, il y avait un plan d'action en 2004 et il y avait aussi un accord de l'Union européenne concernant la coopération avec la Cour en 2006.
Tous les États membres de l'Union européenne sont à présent parties au statut de Rome et se soumettent par conséquent à la Cour pénale internationale.
Je pense que c'est extrêmement important afin de souligner le rôle joué par la Cour pénale internationale dans le monde et l'engagement de l'Union européenne à le renforcer.
Actuellement, la Cour pénale internationale travaille essentiellement sur le continent africain, mais la conférence de Kampala dit au peuple africain que nous ne sommes pas contre l'Afrique; bien au contraire, nous sommes avec l'Afrique.
C'est aussi pour cela que cette conférence de révision est très importante.
Elle est ouverte à tous les États, ainsi qu'à la société civile et aux organisations internationales et régionales. Elle va nous permettre d'évaluer la situation de la justice internationale à l'heure où la Cour pénale internationale s'affirme comme la seule Cour pénale internationale permanente.
Madame la Présidente, je suis d'accord avec tous les orateurs et avec tous les députés qui ont travaillé sur ce sujet.
L'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme est un pas d'une importance constitutionnelle.
Il complètera le système de la sauvegarde des droits fondamentaux dans l'Union, et vous savez très bien que cela n'est pas une option mais un aboutissement du traité de Lisbonne.
Je salue par conséquent le fait que le Parlement se soit tant intéressé à ce dossier - et ce dès le tout début, soit dit en passant - comme le montre la résolution déposée par le Parlement.
Je voudrais remercier en particulier les rapporteurs de la commission des affaires constitutionnelles et de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures pour leur excellente coopération dans ce dossier.
Je voudrais les remercier pour l'audition qui a été organisée et qui a vraiment aidé et beaucoup contribué à l'avancement de ce dossier.
Le projet de rapport présenté par M. Ramón Jáuregui Atondo est très largement conforme à la position de la Commission.
Permettez-moi simplement de mentionner trois points très importants à mon sens.
Premièrement, la Commission partage la position selon laquelle l'adhésion de l'UE aux protocoles additionnels de la Convention européenne - qui, soit dit en passant, n'ont pas été ratifiés par tous les États membres - est hautement souhaitable.
En effet, bon nombre de ces protocoles sont potentiellement pertinents en ce qui concerne l'exercice des pouvoirs de l'Union et certaines garanties inscrites dans ces protocoles se reflètent également dans la Charte.
Les directives de négociation devraient par conséquent permettre à la Commission de négocier une disposition garantissant que l'Union puisse accéder à tout protocole additionnel.
La décision sur les protocoles auxquels nous accéderons de facto, en plus de la Convention elle-même, devra être prise à l'unanimité du Conseil après accord du Parlement.
La Commission est d'avis que de telles décisions devraient de préférence englober tout protocole additionnel et devraient être prises en même temps que la décision concluant l'accord d'adhésion lui-même.
Deuxièmement, il est important de traiter de la situation spécifique de l'Union comme une entité juridique distincte investie de pouvoirs autonomes sur le point de devenir une partie contractante à un mécanisme initialement conçu pour des États seulement.
Dès lors, il s'avère nécessaire d'apporter quelques adaptations procédurales et techniques limitées à la Convention en ce qui concerne la nature spécifique du droit de l'Union.
Il s'agit entre autres du "mécanisme du codéfendeur" pour prendre en considération la mise en œuvre décentralisée du droit de l'Union par les États membres.
Grâce à ce mécanisme, l'Union aura le droit de se constituer en qualité de codéfenderesse dans les affaires introduites contre les États membres lorsque le droit de l'Union est en jeu.
Je suis heureuse de voir que le rapport du Parlement plaide lui aussi dans ce sens.
Troisièmement, je souscris entièrement au rapport qui recommande la participation des représentants de l'Union dans les organes de la Convention sur le même pied d'égalité que les parties contractantes.
Une telle participation constitue en effet un élément essentiel de l'intégration et de l'insertion en douceur de l'Union dans le système de la Convention.
Vous avez compris à présent que cela suppose en particulier la présence à la Cour de Strasbourg d'un juge choisi par chaque partie contractante.
La Commission est dès lors très favorable à la désignation d'un juge permanent à plein temps pour l'Union, qui bénéficie du même statut et qui possède les mêmes devoirs que ses pairs.
Un juge ad hoc qui n'interviendrait que dans les affaires intentées contre l'Union ou impliquant le droit de l'Union ne serait pas suffisant à nos yeux.
Pour la méthode de désignation d'un juge de l'Union, il faudrait appliquer la procédure normale prévue par la Convention.
Cela signifie que l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe désignera un juge parmi trois candidats présentés par l'Union européenne. Je suis d'accord avec le projet de rapport pour qu'un nombre approprié de députés européens puisse participer aux sessions de l'Assemblée au moment de la désignation des juges de la Cour européenne.
La procédure pour dresser la liste des trois candidats n'est pas l'affaire de l'accord d'adhésion, c'est notre affaire.
Nous devons nous en occuper en suivant les règles juridiques internes et l'idée que le Parlement devrait être impliqué d'une manière correspondant à celle prévue à l'article 255 concernant la sélection des candidats de la Cour de justice est très intéressante et mérite un examen approfondi.
Mesdames et Messieurs, la Présidence espagnole accorde une très grande priorité à ce dossier, comme vous le savez, et elle voudrait aboutir à un accord avant la fin du mois de juin.
Si le Conseil pouvait parvenir à un accord d'ici là - ce que j'espère - cela nous permettrait d'entamer alors les négociations d'adhésion après l'été.
Comme je l'ai déjà dit il y a deux semaines à Bruxelles, je veillerai à ce que la Commission - comme négociateur de l'Union - informe pleinement le Parlement tout au long de la procédure de négociation.
Tout cela a trait aux affaires européennes, mais il y a aussi la question des droits de l'homme au niveau international.
Comme vous le savez, 138 États ont fait un pas en avant en 1998 en adoptant le statut de Rome qui créait, pour la première fois dans l'histoire, une cour internationale permanente pour garantir que les coupables de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre répondent de leurs actes.
La Cour est entrée en action en 2003 et aujourd'hui, sept ans plus tard, la conférence de révision se tient à Kampala. Elle nous offre l'occasion d'effectuer une première analyse des activités de la Cour, des défis à venir et de l'efficacité du soutien de l'UE.
En ce qui concerne les activités de la Cour, nous savons qu'elle est pleinement opérationnelle, mais qu'elle en est encore à ses premiers pas.
Aucun cycle judiciaire ne s'est achevé mais la CPI étudie la situation dans cinq pays: un procès s'est ouvert, un autre va s'ouvrir le 5 juillet et un autre cas se trouve dans la phase préalable au procès - tous pour le DAR et la RDC.
N'oublions pas qu'il ne s'agit que d'une cour de dernier ressort, par conséquent les États eux-mêmes sont les premiers responsables.
Dans la plupart des cas, la Cour agit comme un catalyseur pour que les États enquêtent et intentent des poursuites devant les tribunaux nationaux.
En même temps, depuis ces récents débuts, la Cour a été une puissante dissuasion contre de futures atrocités parce que les auteurs de ces actes savent à présent que la justice prévaudra et, dans ce sens, la Cour est confrontées à des défis.
La ratification par le Bangladesh a porté à 111 le nombre des parties étatiques au statut de Rome.
Il est clair cependant que nous devons viser une acceptation universelle du statut et de la Cour.
La Cour a besoin de la participation et de la coopération de toutes les parties étatiques et non étatiques, ainsi que des organisations internationales et régionales.
La Cour ne peut remplir ses fonctions si les États n'arrêtent pas les personnes qui font l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI; ni si les témoins ne peuvent être protégés; ni s'il n'existe pas de prisons pour les condamnés, c'est pourquoi l'UE a soutenu la Cour ces dix dernières années pour aider à résoudre ces problèmes.
Dès le début, en tant qu'Union européenne, nous avons été de fervents partisans de la création de la Cour comme un mécanisme essentiel du nouvel ordre international conçu pour mettre fin à l'impunité qui a vu, comme vous le savez, des millions de personnes victimes de crimes dans l'histoire récente, mais seulement une poignée de responsables traduits en justice.
L'UE considère qu'une CPI efficace est un instrument indispensable pour permettre à la communauté internationale de lutter contre cette impunité et promouvoir un ordre international fondé sur des règles.
C'est pourquoi nous soutenons la Cour en nous servant des différents instruments à notre disposition que le ministre a déjà mentionnés.
La position commune s'est traduite dans un plan d'action.
Nous avons été la première organisation à signer un accord de coopération et d'assistance avec la Cour en 2006 et nous accordons un soutien politique et diplomatique total à la CPI grâce aux démarches, dialogues et déclarations politiques.
L'inclusion de clauses CPI dans les accords internationaux est aujourd'hui pratique courante pour l'Union européenne.
Depuis 2000, l'initiative européenne - baptisée plus tard instrument européen pour la démocratie et les droits de l'homme - a consacré 29 millions d'euros pour soutenir la Cour directement ou indirectement, notamment à travers des campagnes mondiales de la société civile.
L'UE a également adopté plusieurs décisions dans le domaine de la justice, de la liberté et de la sécurité en vue de renforcer la coopération entre les États membres dans l'enquête et la poursuite de crimes tombant sous le coup du statut de Rome au niveau national, nous nous efforçons donc de faire progresser le système.
Le système doit être amélioré, mais il faut un engagement ferme de toutes les nations du monde pour que cela soit possible.
Je vais évoquer le rapport de M. Ramón Jáuregui Atondo.
Je voudrais commencer par le féliciter d'avoir rédigé cet excellent rapport qui fournit, selon moi, une description exhaustive des avantages et des défis qui découlent de l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Partant du point de vue de l'avis que j'ai rédigé pour la commission des affaires étrangères, je voudrais souligner le principal avantage de l'adhésion de l'UE à la CEDH.
Depuis Lisbonne, cette étape peut sembler aujourd'hui tout à fait évidente, mais elle se faisait attendre depuis trente ans.
Je considère que l'adhésion à la CEDH va renforcer la crédibilité de l'UE dans tout dialogue sur les droits de l'homme avec les pays tiers, confirmant encore une fois aux yeux de tous que l'Union européenne est avant tout une communauté basée sur le droit.
Les institutions de l'Union européenne, ainsi que celles des États membres du Conseil de l'Europe, seront par conséquent soumises au contrôle externe et indépendant de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg, sur la base de l'affirmation: une seule norme en matière de droits de l'homme, une seule Cour.
Quant à la perspective d'avoir une règle unique en matière de droits de l'homme, je dois souligner que l'adhésion à la CEDH offre en même temps l'occasion à l'UE d'accéder aussi à d'autres traités du Conseil de l'Europe.
Je veux parler bien sûr des protocoles additionnels, de la Charte sociale européenne révisée qui, comme vous le savez, complète et renforce cette protection au niveau paneuropéen.
Je pense également que l'implication accrue des autorités européennes dans les organes du Conseil de l'Europe spécialisés dans la protection des droits de l'homme est une conséquence logique de cette règle unique de sauvegarde.
Dans l'avis que j'ai rédigé pour la commission des affaires étrangères, j'insiste aussi sur un autre point, à savoir qu'il faut trouver un équilibre entre, d'une part, la préservation des caractéristiques spécifiques du système judiciaire européen et, d'autre part, la préservation du système de compétence à Strasbourg, qui a prouvé son efficacité dans la défense des droits de l'homme à un niveau paneuropéen.
Mesdames et Messieurs, permettez-moi avant tout de remercier la personne responsable pour le rapport de la commission des affaires constitutionnelles, M. Jáuregui Ramón Atondo, pour sa coopération.
Je pense que l'étroite coopération entre la commission des affaires constitutionnelles et la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, avec la sous-commission des droits de l'homme qui a complété notre travail, a permis de traiter avec succès la série de questions liées à notre adhésion à la Convention, et d'indiquer correctement les questions émergentes qu'il faut clarifier.
Au nom de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, j'ai personnellement décidé tout d'abord de me concentrer - ce qui a été finalement confirmé par la commission - sur l'assurance que notre adhésion représente en effet une valeur ajoutée pour les citoyens de l'Union européenne et que ceux-ci soient conscients de ces valeurs et de ces occasions, bien que nous devions éviter de susciter des attentes exagérées.
Il existe d'innombrables questions cruciales à clarifier dans la période à venir au cours des négociations. Il s'agit entre autre de la relation entre les cours de Strasbourg et de Luxembourg, puisqu'il n'y aura pas de changement dans le système de compétence dans aucune de ces cours.
Je considère qu'il importe de souligner que la réforme du fonctionnement de la cour de Strasbourg coïncide avec l'adhésion, et cela devrait être une considération significative.
Je voudrais également souligner que cette adhésion ne réussira que si elle renforce vraiment les institutions actuelles et les systèmes judiciaires des États membres doivent entreprendre les démarches nécessaires dans ce but.
L'adhésion de l'UE à la Convention est une expérience unique, mais elle ne doit pas mettre en danger ce qui existe déjà en matière d'application des droits de l'homme.
Il est très important que nous soyons conscients qu'elle réussira si elle renforce les institutions déjà existantes et si elle apporte une réelle valeur ajoutée aux citoyens.
Madame la Présidente, la conférence de révision de la Cour pénale internationale (CPI) constitue un important événement attendu de longue date dans l'évolution de la Cour elle-même et, plus largement, de la justice pénale internationale.
La conférence de révision est une bonne occasion pour les parties prenantes de considérer les défauts existants de la CPI et de proposer d'éventuelles modifications ou directions de réforme.
Je voudrais mentionner plusieurs questions que les États membres de l'Union européenne, ainsi que la délégation du PE, devraient avoir à leur programme.
Une des questions concerne certainement la position de notre partenaire transatlantique dans la CPI.
Je voudrais signaler que le manque de participation des États-Unis à la CPI est le facteur unique le plus important qui réduit la pertinence et l'autorité de la CPI.
Il serait donc très utile que nos partenaires américains puissent exprimer plus clairement leur position et leur engagement actuels vis-à-vis de la CPI.
Je voudrais également que l'UE insiste pour débattre de - et avec un peu de chance revoir - l'article 124 du statut de Rome, connu aussi comme la disposition transitoire, qui permet aux États de choisir de ne pas soumettre leurs ressortissants à la compétence de la CPI concernant les crimes de guerre pendant une période de sept ans après la ratification du statut.
C'est une lacune regrettable qui devrait être éliminée du statut de Rome.
Enfin et surtout, je voudrais souligner que l'UE devrait œuvrer à une ratification et une mise en œuvre la plus large possible du statut de Rome dans les relations avec les pays qui ne l'ont pas encore signé.
Cela doit être un objectif de l'UE durant les négociations des phases d'élargissement et d'adhésion des nouveaux États membres de l'UE.
Cela devrait se trouver également en bonne place dans nos relations avec la Russie aussi, surtout compte tenu du fait que nous négocions actuellement les modalités de l'accord de partenariat avec nos partenaires russes.
au nom du groupe S&D. - (IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je remercie le rapporteur pour son excellent travail sur l'adhésion de l'Union européenne à la Convention des droits de l'homme, qui profite aux citoyens européens. Grâce à cette Convention, il y aura une nouvelle Cour, externe à l'Union européenne, pour garantir que les droits des citoyens européens sont toujours respectés par l'Union européenne et les États membres.
Selon le principe de la démocratie, l'Union européenne et ses États membres devraient toujours avoir le droit de pouvoir se défendre.
Je crois dès lors qu'il est crucial que chaque nation partie à la Convention dispose d'un juge pour expliquer le contexte de chaque appel, tout comme je crois qu'il importe que le Parlement européen dispose d'un organe informel pour coordonner les échanges d'informations entre le Parlement et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, et que le Parlement soit également consulté durant le processus de négociation.
Je voudrais également ajouter que les citoyens européens ont le droit de comprendre les mécanismes qui régissent cette adhésion, tout comme ils ont le droit de savoir quels sont leurs droits.
C'est pourquoi je crois qu'il est essentiel que le Conseil de l'Europe et l'Union européenne prévoient des lignes directrices, en expliquant clairement tous les effets et toutes les implications de cette adhésion.
Madame la Présidente, l'adhésion de l'UE à la CEDH a duré longtemps.
C'est une pièce essentielle du puzzle dont l'image finale sera un régime supérieur de droits favorisés par la Cour de justice et bénéficiant de la supervision externe de la Cour de Strasbourg.
C'est une mesure nécessairement complexe parce qu'il s'agit d'un échange de bons procédés pour rendre contraignante la Charte des doits fondamentaux.
C'est le signe d'un important consensus tout récent entre ceux qui, comme les Britanniques traditionnels, ont privilégié l'approche intergouvernementale du Conseil de l'Europe et les fédéralistes, comme moi, qui ont privilégié l'approche supranationale.
Un tel jumelage est extrêmement approprié en ces temps de coalitions politiques au Royaume-Uni entre le parti des libéraux démocrates et celui des conservateurs.
au nom du groupe Verts/ALE. - (DE) Madame la Présidente, l'adoption du statut de Rome et la création de la Cour pénale internationale (CPI) est une réussite.
Les exemples le prouvent en abondance, mais l'essentiel est que, pour la première fois de l'histoire, il est possible aujourd'hui de demander des comptes à de hauts représentants d'un État - civil ou militaire - pour avoir ordonné de commettre des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité.
L'UE a soutenu la création et le travail de la CPI de nombreuses façons très positives et elle doit continuer à l'avenir de soutenir et renforcer la Cour et de protéger son indépendance.
La conférence de révision qui va se tenir à Kampala fera le bilan et examinera ce qui a fonctionné et ce qu'il faut améliorer.
Il est temps à présent de reconnaître clairement que les États doivent s'efforcer au niveau national d'adopter des lois ou d'appliquer les lois existantes de manière cohérente afin de soutenir la CPI.
Bon nombre d'entre eux sont encore lents quand il s'agit d'arrêter des personnes de haut niveau qui font l'objet d'un mandat d'arrêt.
Mme la commissaire Reding l'a relevé.
Souvent, la crainte de difficultés diplomatiques pèse plus que la conscience que la CPI a besoin d'un soutien tangible afin d'être efficace.
La conférence de Kampala doit travailler à la définition de l'expression "guerre d'agression".
Un groupe de travail spécial des États membres parties au statut de Rome s'est livré à un travail préparatoire sur ce sujet et a déjà soumis un texte approprié, qui se retrouve aussi dans notre résolution.
Nous demandons à la Commission et aux États membres de travailler intensément à incorporer cette définition dans le statut et à l'inclure dans la compétence de la Cour.
Ce faisant, il y a lieu d'accorder l'attention la plus stricte afin qu'aucune restriction ne soit introduite en rapport avec l'indépendance de la Cour.
Permettez-moi, pour conclure, de dire aussi combien il importe de plaider pour que l'UE soit représentée à la conférence par les plus hautes instances possibles.
Cela serait le signe de notre soutien à la Cour pénale internationale, ainsi qu'un exemple positif pour d'autres gouvernements.
Madame la Présidente, mon groupe s'est engagé à défendre les droits de l'homme, mais nous ne sommes pas convaincus qu'il soit sage de permettre à l'UE d'adhérer à la Convention.
Étant donné que chaque État membre y a déjà adhéré, quel est l'avantage de l'adhésion de l'UE?
Je serais enchantée si quelqu'un de cette Assemblée pouvait me fournir un exemple concret de la manière dont les droits de l'homme d'un de mes électeurs seront mieux défendus à la suite de l'adhésion de l'UE à la Convention.
Actuellement, les États membres ne doivent pas rendre la Convention directement applicable dans leur droit national.
Je veux être sûr que cette situation ne changera pas avec l'adhésion de l'UE à la Convention.
Je ne veux pas que le pouvoir du Parlement britannique de changer la manière dont nous décidons de sauvegarder les droits de l'homme soit sapé.
Je soupçonne qu'une des raisons qui se cachent derrière cette proposition est le désir d'améliorer le statut de l'UE pour montrer qu'elle est un acteur de la scène internationale.
À mon sens, c'est une très bonne raison de ne pas permettre à l'UE d'adhérer à la Convention.
au nom du groupe GUE/NGL. - (DE) Madame la Présidente, mon groupe salue vraiment l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme.
C'est sans conteste l'instrument des droits de l'homme le plus important de l'Europe et l'importance de la Cour européenne des droits de l'homme basée à Strasbourg apparaît - même pour M. Ashley Fox - clairement au vu des 30 000 plaintes qu'elle traite en moyenne chaque année.
En 2009, ce chiffre était de 57 000, soit dit en passant, et la Cour a prononcé 2 000 arrêts cette année-là, ou plus précisément a dû prononcer ces arrêts.
Avec la Cour de justice, l'Union européenne possède, elle aussi, une cour, mais contrairement à la Cour européenne des droits de l'homme, la Cour de justice n'est pas seulement responsable de la sauvegarde des droits fondamentaux. Il n'est pas non plus tout à fait faux d'affirmer à ce stade que la Cour de justice n'a pas joué, dans le passé, uniquement le rôle consistant à faire évoluer les droits fondamentaux européens.
Tant le Conseil de l'Europe que l'UE qualifient la future adhésion d'historique et je pense que notre Assemblée lui accordera en plénière son soutien majoritaire lors du vote.
J'espère vraiment que cela s'avèrera historique pour les citoyens européens, dans la mesure où elle créera un espace dans lequel les droits de l'homme seront appliqués et lieront non seulement 47 gouvernements, mais aussi les institutions de l'Union européenne.
L'UE enverra ainsi le signal fort aux citoyens européens qu'elle ne se situe pas au-dessus des lois quand il est question de droits de l'homme et que les citoyens européens peuvent intenter une action si les institutions de l'Union enfreignent leurs droits de l'homme.
La forme spécifique du processus d'adhésion lui-même créera certainement quelques problèmes, il importe donc que nous trouvions rapidement, de manière constructive, l'esprit ouvert et avec créativité les meilleures solutions aux problèmes techniques et juridiques extrêmement difficiles.
Madame la Présidente, on perçoit aisément les avantages de l'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme.
Elle sera utile aux personnes qui ont été employées par l'UE et qui ont été renvoyées pour avoir refusé d'apposer leur signature au bas de comptes frauduleux, aux personnes qui ont tiré la sonnette d'alarme.
Ces personnes peuvent introduire des recours de cette nature devant la Cour européenne des droits de l'homme conformément à l'article 6.
Cette adhésion sera utile aux députés de ce Parlement qui ont été frappés par des amendes exorbitantes pour avoir exprimé leurs opinions librement et qui ne peuvent faire appel nulle part.
Ces recours peuvent être soumis à la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg conformément à l'article 10.
On en perçoit donc aisément les avantages
La raison pour laquelle mon groupe et moi-même sommes néanmoins opposés à l'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme est que les inconvénients dépassent clairement les avantages.
Par exemple, il ne fait pas de doute que la Cour de justice, en particulier, se servira de l'adhésion pour étendre une fois de plus les pouvoirs de l'UE.
Dans un nombre de plus en plus grand de domaines - la sphère sociale, la politique d'immigration et les droits fondamentaux - nous verrons comment il est possible de se servir de l'adhésion à la Convention des droits de l'homme comme d'un argument supplémentaire en faveur d'une plus grande prise de décision au niveau de l'UE, ce qui signifie que moins de décisions soient prises par les États membres.
Nous ne voulons pas d'une situation dans laquelle les États membres ne peuvent déterminer leur propre politique d'immigration ou les questions concernant leurs libertés, la liberté d'expression et tout ce qui est couvert par la Convention.
Cela doit rester du ressort national, c'est pourquoi l'UE ne devrait pas emprunter cette voie.
(EN) Madame la Présidente, le rapporteur déclare dans son rapport que l'adhésion à la CEDH offrira à nos concitoyens une protection contre les actions de l'Union.
Je serais bien plus intéressée par la protection des habitants de ma circonscription, les West Midlands au Royaume-Uni, contre l'action de la Convention des droits de l'homme.
Nous l'avons bien sûr incorporée dans notre droit en 1998 au Royaume-Uni, en permettant à la CEDH de sortir ses effets dans toutes nos cours.
Dans le manifeste du nouveau gouvernement conservateur, il a été promis que la loi sur les droits de l'homme serait abrogée, mais ils devraient savoir que Lisbonne a fait de l'UE une entité juridique et que l'UE a de plus grands pouvoirs que les électeurs britanniques.
Cela nous fait penser à George Orwell.
C'est écrit sur le mur et, comme nous le savons, certains sont plus égaux que d'autres quand il s'agit de droits de l'homme.
Au début du mois, mes électeurs de Meriden et Hatton ont subi l'invasion de soi-disant "voyageurs", qui ont cassé la paix et qui réalisent des aménagements non autorisés et peut-être illégaux dans tout ce qui reste de nos précieuses ceintures vertes.
Grâce à la Convention des droits de l'homme, ces voyageurs disposent de droits spéciaux protégés.
Ils sont prioritaires dans les soins de santé et l'éducation, le tout aux frais des contribuables locaux!
Le rapporteur veut que nous impliquions nos cours nationales et nos ministères de la justice dans ce processus.
Je dis que la Convention des droits de l'homme a déjà fait suffisamment de dégâts.
J'invite le rapporteur à visiter ma circonscription et à constater en personne la profanation de notre contrée.
Peut-être voudra-t-il s'entretenir avec les villageois travailleurs qui ont vu la valeur de leur maison chuter.
Il pourra passer en vue les effectifs policiers appelés pour maintenir la paix et, bien sûr, préserver les droits spéciaux des voyageurs.
Il pourra même profiter du spectacle de 90 camions chargés de gravier retournant les chemins où les parents marchent avec leurs enfants.
Il pourrait aider les habitants dans leur course à l'installation d'équipement de sécurité en prévision de la hausse de la criminalité qui accompagne souvent ce genre d'implantations.
Bien sûr, ce ne sont que de petites tragédies qui ne comptent pas par rapport à l'important projet politique qu'est l'Union européenne, mais n'oublions pas que lorsque nous proposons des droits spéciaux à un groupe de citoyens, nous dégradons automatiquement les droits d'autres citoyens.
La Convention des droits de l'homme a dégradé les droits de mes électeurs.
Il ne devrait pas revenir à des fonctionnaires non élus de décider qui est spécial et qui ne l'est pas.
Nous avons un gouvernement nouvellement élu au Royaume-Uni qui a fait des promesses dans ce domaine.
Au nom de la démocratie, qu'ils respectent ces promesses!
(ES) Madame la Présidente, il y a plus de vingt ans - en fait 23 ans - j'ai eu la chance d'assister à la signature d'un accord dans l'autre bâtiment du Parlement entre le président de la Commission européenne de l'époque, M. Jacques Delors, et le secrétaire général du Conseil de l'Europe, M. Marcelino Oreja, pour l'adhésion de ce qui étaient alors les Communautés européennes à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme.
C'était il y a 23 ans.
Cela me fait penser au poète Heinrich Heine à qui l'on demandait où il voulait mourir et qui répondait en Angleterre parce que tout s'y passe cent ans plus tard.
À entendre certaines interventions, il semblerait que tout s'y passe deux cents ans plus tard, Madame la Présidente.
Je suppose que l'influence de M. Andrew Duff au sein de la nouvelle coalition gouvernementale entre libéraux démocrates et conservateurs va améliorer cette situation.
C'est pourquoi, Madame la Présidente, mon groupe, le groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens), est favorable à cette adhésion depuis longtemps maintenant, et nous saluons chaleureusement l'excellent rapport de M. Ramón Jáuregui Atondo.
C'est son premier rapport et je suis sûr que ce ne sera pas son dernier.
Nous le faisons parce que nous estimons que cela augmentera les garanties pour le public, car ce que nous faisons c'est donner plus de garanties aux personnes que la législation mise en œuvre par les États membres et l'Union européenne est conforme à l'ensemble des droits reconnus par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
Ce rapport ouvre la voie à la résolution de bon nombre de problèmes juridiques techniques qui vont apparaître car nous ne devons pas oublier que la Convention a été conçue pour être ratifiée et appliquée par les États membres.
Malgré la propagande de certains députés de notre Assemblée, l'Union européenne n'est pas un État ou un super État.
C'est une organisation internationale et c'est pour cela qu'il y a quelques difficultés à ajuster une organisation internationale à quelque chose qui a été conçu pour des États.
Notre rapporteure fictive, Mme Marietta Giannakou, qui a fait un excellent travail pour lequel je la remercie sincèrement, vous entretiendra des questions spécifiques.
Tout ce que je veux faire maintenant, c'est rejoindre la vice-présidente, Mme Viviane Reding, pour demander au Conseil de donner à la Commission le mandat de négocier rapidement et je suis sûr que mon ami, M. Diego López Garrido, veillera à ce que cela soit le cas.
Cela signifiera, Madame la Présidente, que nous serons bientôt en mesure de célébrer l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
(ES) Madame la Présidente, je voudrais féliciter moi aussi le rapporteur, M. Ramón Jáuregui Atondo, et les rapporteurs pour avis qui ont travaillé à la rédaction de ce rapport.
Je le fais, avant tout, pour souligner le fait que de la même manière que nous avons traité la crise économique au sein de l'Union monétaire durant cette année de législature Parlementaire, il est temps à présent de dire que l'Europe ne se fera pas par le marché intérieur ou la monnaie unique, mais grâce aux personnes.
Les droits des personnes sont renforcés par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, cette "charte de droits" qui doit prendre en considération la dimension politique et publique de l'intégration européenne.
Ils sont également renforcés par le mandat de l'article 6 du traité sur l'Union européenne en vue d'adhérer à la Convention européenne des droits de l'homme.
Cela ne diminue aucun des droits fondamentaux garantis aux citoyens européens par la législation des États membres du fait qu'ils sont ressortissants de ces États membres.
Au contraire, elle multiplie, renforce et accroît les droits que nous avons tous comme participants et acteurs d'un projet commun.
En tant que président de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, je souhaite aussi souligner le fait que nous avons débattu de tous les problèmes - qui apparaîtront - de l'incorporation de la Convention européenne des droits de l'homme au sein de cette culture commune du renforcement et de la garantie des droits et de la citoyenneté.
Nous avons organisé des visites extrêmement fructueuses à la Cour de justice de l'Union européenne et à la Cour européenne des droits de l'homme, nous avons convoqué une troisième conférence le 21 juin à laquelle participeront d'importants spécialistes et juges de la Cour européenne des droits de l'homme et de la Cour de justice de Union européenne afin de mettre au point une réponse commune et préalable à ce que devrait être la garantie juridique pour les droits de la citoyenneté.
Un expert juridique britannique, du nom de Hart, a écrit qu'il n'existe pas de droits sans garantie juridique et qu'il n'existe pas de garantie juridique sans juges. De la même manière qu'il ne peut y avoir d'Europe sans citoyens et qu'il n'existe pas de citoyens européens sans conscience que l'intégration européenne nous fait grandir et renforce les droits fondamentaux dont nous disposons déjà comme membres des États membres de l'UE.
(EN) Madame la Présidente, au moment de réviser le statut de Rome de la Cour pénale internationale, souvenons-nous que sa création représente vraiment une réussite pour la démocratie libérale et un engagement envers le droit international efficace.
Avec la ratification du statut de Rome par tous les États membres de l'UE, nous ouvrons un nouveau chapitre de nos ambitions et de nos responsabilités dans le domaine des droits de l'homme, de la paix et de la justice.
Il importe de se livrer à une évaluation critique, mais la CPI est déjà une institution importante pour garantir que ces valeurs fondamentales ne sont pas simplement européennes mais universelles.
C'est le dernier recours, comme Mme Viviane Reding l'a dit, mais un recours important.
L'UE et les États membres devraient maintenir leur engagement envers la CPI, ou les principes qu'elle cherche à garantir, en adoptant des lignes directrices concernant la CPI.
L'obligation première consiste à enquêter et poursuivre ceux qui commettent des crimes de guerre, un génocide et des crimes contre l'humanité.
Avec le traité de Lisbonne, nous travaillons à une politique étrangère commune effective de l'UE.
La haute représentante devrait promouvoir activement l'adhésion d'autres acteurs mondiaux - Chine, Inde, Russie et d'importants candidats, comme la Turquie - au statut de Rome, mais aussi celle d'un vieil allié de l'UE, les États-Unis. Ceux-ci devraient s'engager dans un dialogue en vue de contribuer à la justice mondiale et ils devraient envisager sérieusement de rejoindre leur allié.
Comme citoyenne européenne des Pays-Bas, je voudrais rassurer nos concitoyens que la "loi d'invasion de La Haye" ne sera jamais invoquée.
L'UE doit travailler de manière constructive avec la Turquie et les États-Unis pour mettre fin à l'impunité en Iran, qui représente un des cas d'agression les plus urgents et où les citoyens endurent exécutions, viols et tortures de la part de leur propre gouvernement, quotidiennement et systématiquement.
Nous devons travailler à la véritable mondialisation ou universalisation des droits de l'homme, de la justice et de l'État de droit. La CPI est un important instrument pour atteindre cet objectif.
Il faut également mondialiser le soutien en faveur de cette Cour.
Le Parlement européen travaille de manière constructive et il est uni sur ce sujet.
(DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, ce à quoi nous travaillons ici aujourd'hui, c'est à l'extension du droit au niveau supranational.
Un coup d'œil à l'histoire terrible de mon propre pays et aux violations des droits de l'homme qui ont lieu actuellement suffit pour montrer combien c'est important.
Les Allemands n'ont pas perpétré les pires crimes de l'histoire parce qu'ils ont enfreint des lois, mais parce qu'ils ont rédigé des lois qui ont légalisé ce qui n'était pas éthique et qui ont, par exemple, transformé en obligation juridique le meurtre des juifs, des communistes, des chrétiens, des homosexuels et d'autres.
Le fait que ces personnes et surtout celles qui ont ordonné ces actes ont dit ensuite qu'elles ont simplement obéi à la loi et qu'il n'a pas été possible de les poursuivre plus tard, révèle un incroyable point faible du droit et de l'humanité.
Pour cette raison, ce que nous avons fait ici avec la Cour pénale internationale représente un pas important car toutes ces personnes sauront à l'avenir qu'il y a un juge au-delà du droit national et que, pour le reste de leur vie, elles devront vivre avec le fait qu'elles devront rendre des comptes.
C'est un grand pas en avant, au même titre que l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme, une chose que nous défendons depuis longtemps et moi aussi personnellement.
Je suis heureux que nous puissions le mettre en œuvre ensemble aujourd'hui, ici, et je voudrais remercier le rapporteur, M. Ramón Jáuregui Atondo, pour ce remarquable rapport.
(EN) Madame la Présidente, mon parti national, le parti conservateur britannique - pour ceux qui ne le sauraient pas, je suis conservateur - s'est sérieusement inquiété dans le passé de la CPI et de son application de la jurisprudence pénale internationale, telle qu'incarnée par le statut de Rome, dans les domaines des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et des génocides.
Le dixième anniversaire de l'entrée en vigueur du statut nous offre aujourd'hui l'occasion d'évaluer clairement le rôle de la CPI et, à mon sens, la Cour a, c'est tout à son honneur, collé de manière rigide à la tâche qui lui a été assignée, en évitant les mauvaises poursuites et en tentant de traduire en justice uniquement les tyrans les plus sérieux.
Le procureur de la Cour, M. Luis Moreno-Ocampo, a intelligemment aidé la Cour à renforcer son impartialité au niveau mondial.
La poursuite agressive de cas politiquement motivés ne s'est heureusement pas matérialisée. C'était une des grandes inquiétudes de nos alliés américains.
La Grande-Bretagne a rejoint la CPI sous le gouvernement travailliste précédent.
Peut-être que l'avènement récent d'une coalition entre les conservateurs et les libéraux britanniques, la semaine dernière, nous donnera à présent une chance de réévaluer la relation entre la Grande-Bretagne et la CPI pour modifier, à Kampala, quelques domaines litigieux, comme la responsabilité du commandement.
Nous ne pouvons permettre que les intérêts nationaux vitaux du Royaume-Uni soient compromis par la CPI, mais en même temps nous devrions reconnaître aussi que dans certaines circonstances la CPI peut avoir un rôle constructif à jouer pour mettre fin au climat d'impunité qui profite aux dictateurs génocidaires.
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur le Ministre, chers collègues, je voudrais intervenir à la fois sur l'adhésion à la CEDH et sur l'adhésion à la CPI.
Tout d'abord, je voudrais remercier nos rapporteurs pour la qualité de leurs rapports et la volonté qui a été la leur d'intégrer les propositions des uns et des autres dans un large esprit de consensus.
Au-delà de tout ce qui a été dit en faveur de cette adhésion, je voudrais insister sur deux points importants pour moi: la mise en place d'un contrôle externe à l'Union et l'extraterritorialité de la convention, c'est-à-dire son application à tous les actes de l'Union, y compris en dehors du territoire.
Permettez-moi d'espérer que les clauses "droits de l'homme et démocratie" prendront alors un peu plus de sens.
Il faut donc que non seulement le mandat de négociation de la Commission porte sur la convention elle-même, sur l'ensemble des protocoles et accords déjà consacrés par la Charte des droits fondamentaux mais que nous nous engagions très rapidement à adhérer à l'ensemble des instruments juridiques de la CEDH pour avoir un système de protection cohérent des droits de l'homme.
S'agissant de la CPI, je voudrais exprimer deux souhaits.
D'abord, je souhaite que l'Union européenne soit particulièrement vigilante en ce qui concerne les droits des victimes et de leurs représentants légaux.
Cela suppose une aide judiciaire ad hoc permettant d'avoir recours à des avocats externes spécialisés.
Et j'ai un autre souhait, Madame la Commissaire: que l'Union mette tout son poids, toute son énergie pour que l'ensemble des États membres adaptent leur droit à la justice internationale.
La France, notamment, ne l'a pas encore fait.
Je le regrette, tout comme je regrette que de grands États, comme les États-Unis, ne participent pas à la mise en place de cette justice internationale en matière de crimes contre l'humanité.
(EN) Madame la Présidente, l'adhésion de l'Union européenne à la Convention des droits de l'homme du Conseil de l'Europe sera suivie de textes de loi qui incluront la Convention dans le droit de l'Union européenne, en plus de constituer un document d'une autre organisation qui sert de référence externe.
Cela signifie que la Cour de l'UE à Luxembourg sera compétente pour interpréter et appliquer deux documents potentiellement concurrents: la Charte de l'UE et la Convention du Conseil.
J'ai demandé à plusieurs experts de la commission des affaires constitutionnelles et à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures ce qu'il se passerait en cas de conflit entre les deux documents ou entre différentes sections du même document.
Quel document ou quelle section aurait la préséance?
On m'a dit tout d'abord que le document ou la section qui confère le plus de libertés aurait la préséance sur celui ou celle qui en confère le moins.
J'ai demandé ensuite ce qu'il se passerait si deux parties à un litige invoquaient chacune des droits différents mais concurrents, voire contradictoires - par exemple, le droit de pratiquer sa religion sans être offensé et le droit à la liberté d'expression impliquant la critique de la doctrine des adeptes d'une religion.
Cela n'est pas purement théorique comme le cas des caricatures danoises l'a montré.
C'est le cas du chien qui n'a pas aboyé ou plutôt de l'expert qui n'a pas osé émettre un avis.
Comme tout le monde l'a entendu et l'a compris, le silence a été assourdissant.
La liberté d'expression sera toujours sacrifiée parce que c'est la position par défaut de l'UE.
Ce que l'UE fait de mieux, c'est nier la liberté d'expression!
Nous parlons de deux différentes catégories de droit - le droit politique à la liberté d'expression contre la poursuite par l'État et le droit à ne pas être offensé par la critique.
Le droit à ne pas être offensé est considéré comme bien plus important que le droit de débattre d'une question d'intérêt public.
Doit-il exister des restrictions à la liberté de parole?
Il doit exister des restrictions pour ceux qui incitent à la violence, mais la critique qui ne rentre pas dans cette catégorie devrait être libre de l'interférence du droit pénal.
(EL) Je voudrais particulièrement féliciter M. Ramón Jáuregui Atondo pour son rapport et pour notre excellente coopération, ainsi que, bien sûr, M. Cristian Dan Preda et Mme Kinga Gál, pour leur contribution au nom de leur commission.
L'adhésion matérielle de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme et, partant, à la juridiction de la Cour est, bien sûr, basée sur le fait que l'Union a acquis sa propre personnalité juridique avec le traité de Lisbonne.
Bien sûr, certains se demandent pourquoi, ayant incorporé la Charte des droits fondamentaux, nous devons accéder à la juridiction de la Cour des droits de l'homme à Strasbourg.
Tout d'abord, dans le sens de la res judicata, la Cour de Strasbourg a acquis des capacités bien plus larges que celles prévues par les droits fondamentaux, comme la Présidence et la commissaire Reding y ont fait allusion.
Deuxièmement, cela établit en quelque sorte un lien entre l'Union européenne et ce qui se passe en Europe dans l'ensemble et donc avec les pays du Conseil de l'Europe.
Bien sûr, certains se demandent si cela entraînera des complications plus générales, mais le rapport souligne qu'il ne devrait pas y avoir d'appels transnationaux, et qu'aucune cour n'est au-dessus ou en dessous d'une autre.
Chaque cour sera compétente pour les pouvoirs qui sont les siens, tout comme l'Union européenne en ce qui concerne la Cour de Luxembourg.
Je considère que l'adhésion à la Convention européenne des droits de l'homme est un pas important, car c'est la procédure d'adhésion aux protocoles liés à des pouvoirs correspondants. Cela donnera bien sûr au Parlement européen la facilité de devenir activement impliqué dans les négociations et d'aider à la désignation d'un juge à travers l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
(EN) Madame la Présidente, je suis fier de présider la délégation de ce Parlement à la conférence de révision pour la Cour pénale internationale, de célébrer la manière dont sa création a contribué à la justice mondiale et à la lutte contre l'impunité pour les crimes contre l'humanité et à la représentation de la détermination de notre Union européenne, dans notre politique étrangère et de sécurité commune, au travail pour la compétence universelle de la Cour.
En demandant un meilleur accès à la justice pour les victimes, nous devrions reconnaître que sur les vingt-quatre pays qui ont contribué au Fonds pour les victimes quinze sont des États membres de l'Union européenne - mais nous devrions également relever humblement que cela signifie que douze États membres de l'UE ne l'ont pas fait et que quatorze de nos pays n'ont pas désigné non plus de points de contact nationaux ni répondu à l'enquête annuelle, comme le demande la Charte.
La compétence universelle à l'étranger commence avec sa mise en œuvre universelle à l'intérieur et, Madame la Présidente, je regrette qu'une des premières décisions du nouveau gouvernement de coalition britannique consiste à se rendre à la conférence de révision pour faire opposition à la compétence pour le crime d'agression et pour résister à la proposition belge d'inclure l'utilisation d'armes interdites lors d'un conflit intérieur parmi les crimes de guerre.
L'agression, l'utilisation illégale de la force contre un autre État, ont été poursuivies par les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo à la fin de la Seconde Guerre mondiale et je peine à comprendre pourquoi la CPI ne devrait pas servir à poursuivre les crimes de guerre du XXIe siècle.
En outre, comment peuvent-ils justifier que les gaz ou les balles dumdum sont illégaux au-delà des frontières nationales mais pas à l'intérieur de celles-ci?
Je ne comprends pas. Ils disent que quand Saddam Hussein a gazé les arabes des marais, ou quand des manifestants se font tirer dessus à Gaza à l'aide de balles qui se fragmentent une fois à l'intérieur de leur corps, les auteurs ne doivent pas craindre d'être poursuivis.
Ils ont tout simplement tort.
Madame la Présidente, conçue pour juger les auteurs de génocides, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, la CPI, longtemps attendue, constitue un début de réponse aux victimes qui réclamaient trop souvent, et vainement, hélas, réparation et justice.
On était nombreux, avant la création de la Cour, à attribuer à celle-ci un rôle de prévention.
En effet, un ordre international habilité à punir les auteurs de crimes aussi ignobles que ceux qui ont été perpétrés en Bosnie, au Rwanda, au Cambodge, au Darfour, ne serait-il pas de nature à dissuader l'un ou l'autre dictateur-bourreau, sachant qu'une fois ses crimes commis, il ne se sentirait plus en sécurité à l'extérieur des frontières de son pays, où il a pu agir en toute impunité?
À ce propos, j'aimerais demander à la Commission et au Conseil si, de leur point de vue, l'objectif de prévention a été atteint.
La Commission pourrait-elle me faire savoir, par exemple, si le mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale contre le président Omar el-Béchir constitue, selon elle, une partie de la solution ou du problème.
Personnellement, je persiste à croire que c'est une partie de la solution.
Quoi qu'il en soit, quels vont être les enseignements à tirer de la brève existence de la Cour?
La Commission, et c'est ma dernière question, forte de ces enseignements, entend-elle proposer des modifications lors de la conférence de Kampala qui sera l'occasion d'évoquer et, le cas échéant, d'adopter des modifications au texte qui constitue la base légale de la Cour?
(PL) En adhérant à la Convention européenne des droits de l'homme, nous devons à tout prix éviter quelques graves dangers.
Il existe un sérieux problème lié à la concurrence entre deux cours: celle de Strasbourg et la Cour de justice européenne.
Le fait que deux documents seront en vigueur - la Charte des droits fondamentaux et la Convention européenne - créera des problèmes.
Il sera très difficile d'expliquer à nos concitoyens quelle cour est la bonne pour leur plainte.
Il y aura par conséquent une hausse des cas de refus d'examiner une requête pour cause de conflit de compétence des cours et des raisons de droit impliquées.
Il existe aussi un risque que l'adhésion de l'Union à la Convention européenne réduise le respect des traditions constitutionnelles des États membres qui forment les principes généraux du droit aujourd'hui.
En particulier, l'adhésion de l'Union à la Convention ne devrait pas être une manière de contourner le protocole au traité de Lisbonne qui garantit l'exemption du Royaume-Uni et de la Pologne contre tout effet inattendu de la Charte des droits fondamentaux.
(HU) Mesdames et Messieurs, je regrette vivement de n'avoir qu'une minute pour ce sujet important, permettez-moi donc, bien que le temps presse, de vous informer de l'inondation terrible qui ravage le nord de la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne au moment où nous parlons.
La vie de centaines de personnes est en jeu.
Nous devons les assurer de notre solidarité et de notre sympathie à partir de cette Assemblée du Parlement européen à Strasbourg. Nous espérons que cette inondation destructrice cessera le plus vite possible.
Je demande aux dirigeants du Parlement européen d'aider les victimes, le cas échéant.
Pour l'heure, des douzaines de localités du nord de la Hongrie sont entièrement sous eau.
Nous espérons que le sort et Dieu auront pitié de ces régions sinistrées.
Le principal problème de ce rapport est qu'il est important pour nous tous ici présents, en tant que membres du Parlement européen, de conférer une dimension supérieure aux droits de l'homme, à savoir la protection des droits de l'homme.
Toutefois, l'adhésion à la Convention n'accroît pas la sauvegarde des droits de l'homme.
Ce n'est que l'émergence de l'idéologie des États-Unis d'Europe et nous ne la soutenons pas parce que des pays souverains, les États membres, ont déjà adhéré à la Convention.
Nous sommes également opposés à la notion selon laquelle cette décision symbolique devrait être prise comme la suggestion que nous faisons partie d'un grand empire.
(IT) Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, Madame la Commissaire, Mesdames et Messieurs, cette adhésion est certainement le signe d'une des missions de l'Union européenne, celle de la défense et de la promotion des droits de l'homme.
Une mission qui est déjà pleinement formulée et confirmée par l'histoire, par le fait que les États membres appartiennent déjà individuellement à la Convention du Conseil de l'Europe, par la répétition que les principes généraux de la Convention et des constitutions des États membres font à présent partie du droit européen.
Ce geste symbolique est donc extrêmement important.
Cependant, traduire ce concept idéal dans des règles juridiques substantielles n'est guère aisé. Ce rapport se réfère principalement et en définitive seulement à des questions institutionnelles, il est tout à fait acceptable.
Je dois dire que je remercie également M. Ramón Jáuregui Atondo et vous faire part que la commission des affaires constitutionnelles - que je préside - a approuvé ce document presque à l'unanimité.
Nous sommes donc satisfaits de ce document et je ne m'attarderai pas sur des éléments individuels de ce document car nous soutenons pleinement tout ce que le président du Conseil et la commissaire ont dit.
Je voudrais simplement faire une suggestion, comme la déclaration concernant la présence institutionnelle de députés du Parlement européen au sein de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui se réunira pour désigner le juge et les juges est un peu vague, je dirais qu'il existe un petit problème avec la relation entre la population européenne, de l'Union européenne, et les populations d'autres pays.
Heureusement, le règlement régissant l'adhésion et la représentation à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe prévoit déjà qu'il ne peut y avoir moins de deux représentants par État et plus de dix-huit dans l'ensemble.
Étant donné l'importance de l'Union européenne, je suggère de nous fixer à dix-huit.
Je dois conclure cependant, et je terminerai par là, en disant que cette résolution révèle un problème qui mérite un examen plus approfondi. Il s'agit du problème que nous avons déjà souligné à maintes reprises concernant la relation entre les cours.
Je pense que nous devons réfléchir un peu plus à ce problème, mais surtout à celui de l'esprit européen. Nous sommes l'Union européenne et, comme le dit l'article 2 du traité de Lisbonne, nous sommes fondés sur la dignité humaine et les droits de l'homme - et l'égalité est fondée sur la dignité humaine.
En Europe, nous ne sommes pas unis sur ce point, nous devons donc réfléchir attentivement à ce concept de la dignité humaine, à ses limites et à ce qu'il recouvre.
Ce n'est pas cependant le sujet de cette décision et de ce rapport bienvenu.
Je remercie le rapporteur.
(EL) Madame la Présidente, l'Union européenne est et reste un ardent partisan de la Cour pénale internationale et de son rôle dans la défense de l'universalité des droits de l'homme.
Nous espérons tous que la conférence de révision du statut de Rome à Kampala constituera un véritable jalon dans le développement ultérieur de la Cour.
La communauté internationale est appelée à renforcer la validité de l'institution et à sauvegarder la protection et le renforcement ultérieur de l'indépendance et de l'efficacité de la justice pénale internationale.
Dans le cadre du processus de révision, différentes propositions ont déjà été présentées, dont la plus importante est indubitablement celle liée au crime d'agression.
Cependant, aujourd'hui, il est capital de dire clairement que le Parlement européen souhaite souligner que les crimes haineux contre l'humanité ne peuvent rester impunis.
Ce que nous voulons, c'est la clarté de la loi et la coopération du plus grand nombre possible d'États membres de la communauté internationale pour mettre fin à l'impunité grâce à un processus équitable et impartial.
Les criminels de guerre doivent être absolument certains qu'ils devront rendre compte de leurs actes.
C'est cette certitude de la punition qui peut aider à prévenir de tels actes à l'avenir et à préparer la voie de la réconciliation après des affrontements violents.
Nous affirmons par conséquent notre absolu soutien au but de la Cour et notre dévouement envers les droits de l'homme et le droit humanitaire international. Nous souhaitons plein succès à la conférence de révision en Ouganda.
(PL) La conférence de révision de la Cour pénale internationale sera une importante occasion d'engager les États membres de l'Union sur des valeurs qui sont cruciales à nos yeux.
Heureusement, les Européens sont généralement convaincus que les plus grands crimes doivent être jugés et que leurs auteurs doivent être punis.
Voilà pourquoi, c'est une bonne chose que la conférence de révision ait lieu en Afrique.
L'Afrique est un continent où de nombreux crimes n'ont pas encore été punis.
La Cour mène actuellement des enquêtes dans cinq pays africains: Kenya, République démocratique du Congo, Soudan, Ouganda et République centrafricaine.
L'impunité de ceux qui commettent des crimes contre leurs propres citoyens et contre d'autres peuples indépendamment de leur citoyenneté doit cesser.
Le rôle de la Cour dans cette affaire est crucial.
Si la Cour avait existé il y a 70 ans, peut-être que le massacre de Katyń n'aurait pas eu lieu.
L'existence d'une cour efficace peut, en soi, avoir un effet préventif.
Les États européens devraient renforcer la Cour dans ses missions de base: l'enquête et la poursuite des crimes de guerre, des génocides et des crimes contre l'humanité.
Il importe qu'un plus grand nombre d'États adhèrent au statut de Rome, car l'efficacité de la Cour dépend de la coopération entre les États et les organisations internationales.
C'est pourquoi tous les États membres du statut de Rome devraient rejoindre cette coopération, car sans cela cette efficacité ne sera pas possible.
(PT) Des points importants figurent au programme de la conférence de Kampala, comme le crime d'agression.
Toutefois, le pas le plus significatif pour la consolidation de la compétence universelle de la Cour pénale internationale (CPI) consiste à traduire Omar el-Béchir en justice.
C'est grâce à la pression de l'Union européenne que le Conseil de sécurité des Nations unies a soumis les crimes au Darfour à la CPI.
Les mandats d'amener émis par la CPI incluent un mandat concernant le chef d'État actuel du Soudan pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
L'Union européenne doit agir en suivant l'évaluation de ses observateurs lors des élections soudanaises. Ceux-ci ont conclu que les élections n'ont pas respecté les normes internationales.
Même si Omar el-Béchir avait été élu de manière légitime, l'Union européenne devrait demander à ce qu'il soit traduit en justice.
L'Union européenne ne peut continuer à envoyer des signaux contradictoires.
Il est impératif que le président Omar el-Béchir soit remis à la CPI.
Cela enverrait un signal fort pour dissuader d'autres dictateurs d'utiliser la violence contre leurs populations; l'échec dans ce cas produira l'effet contraire.
(EN) Madame la Présidente, je vais parler de l'adhésion de l'Union à la Convention européenne des droits de l'homme.
Je tiens à souligner que je parle en juriste.
Je voudrais attirer l'attention sur le rôle de la Cour de justice dans la construction de l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne.
En particulier, la Convention européenne des droits de l'homme exige du candidat qu'il ait épuisé les voies de recours nationales avant d'en appeler à la Cour européenne des droits de l'homme et que cela soit transposé dans une procédure qui donne à la Cour de justice en tous cas l'occasion de décider en dernier recours national avant que la Cour de Strasbourg se saisisse de l'affaire.
Je me réfère surtout aux cas où les États membres appliquent le droit de l'UE et où les États membres sont poursuivis par des requérants individuels à la suite de l'application de ce droit de l'UE.
La Cour de Luxembourg doit d'abord avoir la possibilité d'appliquer la Convention dans de tels cas.
N'oublions pas que la Cour de Luxembourg applique la Convention depuis des années.
À cet égard, je voudrais rappeler la conclusion de la Cour européenne des droits de l'homme dans l'arrêt Bosphorus Airlines c. Irlande de 2005, qui affirme que la sauvegarde des droits fondamentaux par le droit communautaire peut être considérée comme équivalente à celle du régime de la Convention.
Comme mes collègues, je salue l'adhésion de l'Union à la Convention, mais je demande en même temps une analyse très prudente de la procédure que nous mettons en œuvre car nous devons protéger les intérêts des citoyens et, en même temps, préserver ce qui fonctionne bien.
(PT) Je dirais que c'est avec une grande satisfaction - dirons-nous - que le groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens) et ses membres portugais voient le commencement du processus d'adhésion de l'Europe à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En fin de compte, dans un pays comme le Portugal - qui a toujours été à la pointe des droits de l'homme, avec l'abolition de l'esclavage au Portugal dès 1761, et qui a été un pionnier en matière d'abolition de la peine de mort - nous ne pouvons qu'être évidemment intéressés par le soutien en faveur du processus d'adhésion.
Je voudrais cependant attirer l'attention sur le fait que je crois qu'il est très important pour le Parlement de surveiller le processus d'adhésion de l'UE à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Nous considérons que c'est essentiel d'un point de vue technique, juridique et politique, parce que le Parlement lui-même est une Assemblée des droits de l'homme et une Assemblée dans laquelle les droits de l'homme sont très importants.
Je voudrais également qu'il soit noté, chers collègues, que nous considérons qu'il est très important que nous soyons en contact avec de nombreuses parties tierces; c'est un signal très important que nous donnons aux membres du Conseil de l'Europe (l'entrée de l'Union européenne dans le Conseil de l'Europe) qui ne sont pas des États membres.
Pour ces membres du Conseil de l'Europe, c'est un signal de renforcement, d'engagement de l'Union européenne sur la situation et les niveaux de démocratie et de respect des droits fondamentaux.
(SL) Mesdames et Messieurs les représentants de la Commission et du Conseil, cela fait longtemps que les droits de l'homme et les libertés sont confinés au niveau des États nations.
Ce qui rend superflu le dilemme fondamental qui consiste à savoir si l'Union européenne devrait être basée sur des accords intergouvernementaux ou si elle devrait devenir une sorte d'État supranational.
Je pense que l'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme est un pas vers l'extension de la liberté humaine et de la liberté individuelle.
Cette démarche apportera aussi de la valeur ajoutée et nous devons avoir pour objectif de faire de l'Union européenne une zone où les normes de liberté humaine sont les plus élevées au monde.
Cela dit, je ne pense pas que l'Union européenne deviendra un royaume de liberté du jour au lendemain simplement parce qu'elle a adhéré à la Convention.
Au contraire, il y aura encore des violations des droits de l'homme et des libertés, mais il importe que ces droits et libertés ne soient pas soumis à une menace systématique et systémique.
Nous devons renforcer le fonctionnement des cours et d'autres structures et délimiter leurs compétences. C'est sur cette note que je conclurais mon intervention.
(PL) Je voudrais dire quelque chose au sujet des débats d'aujourd'hui.
Il ne faut pas oublier que, malheureusement, l'Afrique est un continent qui a fréquemment connu de nombreux cas de crime et de génocide.
L'Union européenne ne doit pas être passive dans cette situation.
Heureusement, la Cour pénale internationale à Kampala devient de plus en plus significative dans les mesures qui sont prises contre ces crimes.
Les criminels doivent savoir qu'ils ne seront à l'abri nulle part.
Par rapport à cela je suis de ceux qui sont résolument favorables à ce que l'Union soutienne le travail de la Cour.
Je suppose que cela ne fait pas l'ombre d'un doute aujourd'hui.
Je pense que nous devrions en discuter et réfléchir à ce qu'il faut faire pour que la Cour de Kampala fonctionne encore plus efficacement et effectivement.
(SK) Comme cela a déjà été mentionné, l'adhésion de l'UE à cette Convention est avant tout un geste symbolique.
Malgré cela, je pense que cela ne peut que renforcer le processus d'intégration et que c'est un nouveau pas vers l'unification politique de l'Union européenne.
À côté du symbole, cette mesure juridique possède aussi une signification pratique pour la politique des droits de l'homme de l'UE.
Au niveau formel, elle éliminera aussi les doubles normes.
L'Union n'était pas obligée auparavant de respecter les droits de l'homme.
À compter d'aujourd'hui, les textes juridiques de l'UE seront soumis aux vérifications judiciaires externes, qui contrôleront le respect de la Convention.
L'adhésion de l'UE à la Convention aura pour avantage pratique de garantir par ailleurs la protection non seulement des citoyens de l'UE et d'autres personnes dans l'UE, mais aussi de tous les individus tombant sous la juridiction de l'Union hors de son territoire.
Je suis personnellement heureuse à l'idée que le but de l'Union soit de respecter entièrement les clauses de la Convention dans toutes ses relations et activités extérieures.
Il est important que le rapport qui nous est soumis mentionne les éventuelles complications techniques et administratives de tout le processus et suggère la manière de réduire la complexité autant que possible.
L'UE, en tant que membre non étatique adhérant à une Convention qui a été conçue pour des États, devrait veiller à ne pas demander des modifications inutiles à la Convention ou à son système judiciaire.
La Cour européenne des droits de l'homme est déjà suffisamment sollicitée.
De plus, les complications inutiles pourraient saper la légitimité et la popularité du processus d'adhésion de l'UE à la Convention.
(HU) Mesdames et Messieurs, je suis députée au Parlement européen depuis presque un an et je commence à m'habituer à ce à quoi il est impossible de s'habituer, à savoir à ce que le débat sur chaque rapport suive le même scénario.
Une vingtaine ou une trentaine d'entre nous sont présents en Assemblée sur presque huit cents députés au Parlement européen, avec quelques-uns d'entre nous qui sont présents non par sens du devoir, mais simplement parce que nous ne voulons pas voter suivant la ligne du parti, mais en fonction de nos convictions personnelles, sur la base de bonnes informations et en ayant tous eu la même expérience.
Nous posons des questions, mais nous ne recevons jamais de réponse, hormis peut-être quelques déclarations générales.
Je demande sincèrement à la commissaire responsable des droits de l'homme de faire une exception cette fois et d'apporter une réponse précise à ma question.
La question est de savoir quelle sera la valeur ajoutée et quel sera l'avantage de l'adhésion de l'Union européenne à la même Convention des droits de l'homme que chaque État membre de l'UE a déjà signée.
Je vous demande de bien vouloir nous fournir un seul exemple qui montre quelles nouvelles contributions cette adhésion apportera aux citoyens européens en termes de protection de leurs droits de l'homme.
Je vous remercie d'avance de faire enfin une exception à la règle générale.
(IT) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Mesdames et Messieurs, l'adhésion à la Cour européenne des droits de l'homme représente une étape cruciale dans la croissance de l'Union: les deux régimes de garantie renforceront la protection des droits fondamentaux individuels, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de nos 27 États membres, si nous considérons tous les États membres du Conseil de l'Europe.
C'est donc une occasion à ne pas manquer, que nous attendons depuis longtemps.
La doctrine et le droit, tant de la Cour de justice que de la Cour de Strasbourg, travaillent depuis quelque temps à ce moment ou plutôt préparent le terrain en vue de cet objectif, car pour moi c'est un objectif. C'est un objectif pour nous tous.
Je me sens par conséquent obligée de mentionner l'importance de l'adhésion pour tous les citoyens de l'Union qui pourront ainsi introduire une requête devant la Cour de Strasbourg contre une institution européenne ou un État membre grâce à la plus grande protection dont ils jouissent.
Je conclurais en sachant que l'indépendance des deux cours reste inchangée, comme le rapport l'explique et le ratifie clairement - de plus je félicite mon collègue pour ce rapport - et je suis d'accord avec tous nos souhaits, à l'exception évidemment de la coopération entre les deux institutions, qui respectent leurs propres domaines de responsabilité.
(ES) Madame la Présidente, je voudrais clarifier deux choses.
Premièrement, les articles qui figurent dans la Charte des droits fondamentaux qui sont repris également dans la Convention européenne des droits de l'homme sont les mêmes et signifient la même chose: les articles 52 et 53 de la Charte; il n'y a donc pas de contradiction.
Deuxièmement, la compétence de la Cour européenne des droits de l'homme est supranationale.
Dès lors, si quelqu'un souhaite y faire appel contre une décision de l'Union européenne ou l'application du droit européen, il doit d'abord poser une question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne.
Je comprends que les europhobes souhaitent toujours voter contre l'Europe, mais, au moins par courtoisie parlementaire, ils devraient lire le rapport de M. Ramón Jáuregui Atondo qui explique tout clairement.
président en exercice du Conseil. - (ES) Madame la Présidente, pour ce qui est du premier point concernant la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, je voudrais féliciter moi aussi les rapporteurs et la Commission pour la manière avec laquelle elle a très rapidement soumis un projet de mandat de négociation.
Je voudrais également saluer l'intervention de M. Andrew Duff, qui a dit très clairement que le gouvernement formé au Royaume-Uni entre les conservateurs et les libéraux démocrates est absolument favorable à l'adhésion de l'Union européenne à la Convention des droits de l'homme et, donc, au respect du traité de Lisbonne.
Toutefois, certains compatriotes de M. Andrew Duff ont dit exactement le contraire: les représentants des conservateurs et réformistes européens et le représentant du groupe Europe de la liberté et de la démocratie - qui n'est pas Britannique - ainsi que Mme Nicole Sinclaire et ensuite Mme Krisztina Morvai, qui a demandé très clairement: "Pourquoi l'Union européenne a-t-elle besoin de signer la Convention européenne des droits de l'homme si les États membres sont déjà parties à cette Convention?"
Ce qui s'est passé, c'est que les États membres ont transféré une partie de leurs compétences et de leurs pouvoirs à l'Union européenne, ils ne sont donc plus exercés par les États membres, mais par l'Union européenne.
L'Union européenne pourrait donc théoriquement violer la Convention européenne des droits de l'homme.
C'est le cas sauf si l'on considère que l'Union européenne n'a aucun pouvoir ou aucune compétence quelconque, mais qu'elle a des pouvoirs et des compétences qui lui ont été transférés par les États membres.
Cela signifie qu'il n'est pas suffisant que les États membres aient signé la Convention.
L'Union doit la signer également afin de compléter la protection des droits de l'homme dans toute l'Union européenne.
Je ne comprends pas comment des représentants des deux groupes que j'ai mentionnés, qui font preuve d'un euroscepticisme évident, refusent le contrôle supranational sur l'Union européenne.
Pour quelqu'un qui veut que l'Union européenne soit contrôlée ou qui considère que tout ce que l'Union européenne fait est mauvais ou que des bureaucrates minables font tout de travers, il est absolument contradictoire de refuser le contrôle supranational sur l'Union européenne.
C'est absolument contradictoire.
Il existe d'autres raisons qui ont à voir avec les droits de l'homme ou avec une organisation internationale qui empêchent les droits de l'homme d'être plus légitimes, plus forts et plus solides.
Il peut exister d'autres raisons, mais pas celles qui sont fournies.
Je pense que la nécessité de signer la Convention est très claire et je crois aussi que cela doit être fait avec la vitesse avec laquelle la Commission a déjà commencé à agir.
Comme M. Íñigo Méndez de Vigo l'a dit, la Commission a agi rapidement et le Conseil doit en faire de même.
Je suis sûr que le mandat d'entamer les négociations sera adopté le 4 juin à la réunion du Conseil "Justice et Affaires intérieures" à Bruxelles, il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter.
En ce qui concerne la question de la Cour pénale internationale, je pense que la conférence de révision est une réunion très importante.
C'est une réunion très importante à laquelle la Présidence, au nom de laquelle je vous parle, participera afin de dire et réaffirmer clairement que les États membres doivent coopérer avec la Cour pénale internationale et qu'ils vont travailler conformément à cela, naturellement sur la base du principe de complémentarité, qui est un principe de base du fonctionnement de la Cour pénale.
Je suis d'accord avec un des grands objectifs de cette conférence, qui consiste à introduire le crime d'agression et aussi à éliminer du statut de Rome la possibilité d'attendre sept ans avant de livrer des criminels de guerre potentiels ou allégués.
Je suis également d'accord avec la question débattue - une proposition avancée par la Belgique - en vue de savoir si l'utilisation de certaines armes durant les conflits peut constituer en soi un crime de guerre.
En tous cas, la Présidence fera une déclaration soutenant la Cour pénale et fournira aussi une évaluation de ce que la Cour pénale a signifié.
Je suppose aussi que de nombreux députés assisteront aux débats lors de la conférence de Kampala.
Je crois donc qu'il s'agit d'une conférence très importante, d'une grande signification politique, symbolique et juridique; des décisions seront prises qui influenceront les textes juridiques.
Je suis bien sûr très reconnaissant au Parlement pour ce débat aujourd'hui, qui nous a permis de réaffirmer nos valeurs communes et aussi de rappeler qu'à la base, lorsque nous parlons de la Cour pénale internationale, nous parlons de personnes qui ont souffert des atrocités que le statut de Rome cherche à combattre, c'est-à-dire en fin de compte lutter contre l'impunité et affirmer clairement qu'elle n'a plus sa place au XXIe siècle.
Madame la Présidente, la Charte des droits fondamentaux et la Convention des droits de l'homme sont des textes extraordinaires.
Ils sont la base des valeurs sur lesquelles nous construisons notre société et notre Union européenne.
Je pense qu'ils sont trop importants et trop historiques pour faire l'objet de polémiques politiciennes.
Je dois dire que je suis très fière qu'à ce moment de la construction de l'Union européenne, nous puissions progresser en mettant en pratique la Charte des droits fondamentaux et en adhérant à la Convention des droits de l'homme.
Quand j'entends ce que votre rapporteur, M. Diego López Garrido, et vos corapporteurs, Cristian Dan Preda et Kinga Gál, ont dit en votre nom dans ce Parlement, je sais que vous êtes aussi très conscients de la tâche historique qui est à présent la nôtre.
La valeur ajoutée de l'adhésion a très bien été expliquée dans ces textes et dans les contributions de nombreux députés.
Les États membres ont tous signé la Convention, mais ils ont aussi - le ministre en exercice du Conseil vient de l'expliquer - transféré des compétences importantes à l'Union européenne.
Il est donc normal que l'Union européenne, quand elle agit en tant qu'Union européenne, soit sujette au même contrôle externe que la Cour spécialisée dans les droits de l'homme comme le sont les États membres.
Pour donner un exemple très concret, il pourrait y avoir une décision de la Commission européenne contre une entreprise dans le domaine du droit de la concurrence qui pourrait être potentiellement contestée directement devant la Cour de Strasbourg, chose difficile aujourd'hui.
Comme vous l'avez déjà signalé, il y a beaucoup d'exemples très concrets qui peuvent aider les citoyens parce que - et c'est quelque chose de nouveau - ils disposeront maintenant d'une double garantie.
La Cour de justice européenne à Luxembourg jugera sur la base de la Charte des droits fondamentaux qui est contraignante, soit dit en passant, pour tous les États membres.
Cela doit être dit clairement une fois pour toutes.
Je ne comprends pas qu'une personne qui a été élue par les citoyens puisse remettre en question les droits de ces citoyens.
Il vaut mieux pour les citoyens d'avoir deux fois les mêmes droits que de n'avoir aucun droit.
Dans le cas d'espèce, nous leur donnons deux fois les mêmes droits et c'est cela l'Europe.
L'Europe, c'est une histoire de droits pour les citoyens européens et je suis très fière que cette Assemblée promeuve ces droits.
Oui, nous aurons à présent les chartes de droits qui permettront aux citoyens de savoir qu'ils peuvent saisir les cours afin que leurs droits soient pris au sérieux.
La question de savoir si nous devons ou ne devons pas être partie à la Convention des droits de l'homme n'en est plus une parce que l'article 6 du traité oblige l'UE à adhérer à la Convention européenne des droits de l'homme.
Je ne pense donc pas que nous devions en débattre plus longuement parce que cela est tout simplement fait.
Nous devrions savoir également que cette adhésion ne modifiera nullement la position des États membres vis-à-vis de la Convention puisque aucune loi européenne n'est en jeu.
Cela restera le cas.
La relation individuelle entre un État membre et la Convention restera exactement la même qu'aujourd'hui.
Il y aura des garanties supplémentaires concernant le droit de l'UE.
Bien sûr, il faut analyser la question du risque de conflit de compétence.
C'est le cas et je sais gré au rapporteur d'avoir intégré cette question.
Nous avons vu jusqu'à présent que ces conflits sont considérés comme minimaux parce que la Convention fait déjà partie des normes que la Cour de justice européenne à Luxembourg prend aujourd'hui en considération et que la Convention fonctionnera comme une norme minimale.
La Commission s'attend à ce que la jurisprudence de Strasbourg et de Luxembourg se développe de manière harmonieuse et converge dans les années à venir.
Je passe maintenant à des questions plus spécifiques.
En ce qui concerne les litiges: ce n'est pas un sujet pour la Cour européenne des droits de l'homme ou la Cour de justice européenne.
Pour le moment, c'est un sujet qui concerne le régime britannique de règlement des litiges et j'ai déjà commencé à en débattre avec le gouvernement britannique pour voir s'il peut réviser ce régime de règlement des litiges, qui peut devenir très nuisible dans certains cas, lorsqu'il est question par exemple de la liberté de la presse.
Jusqu'à présent, sous la conduite de ses rapporteurs, le Parlement européen a fait du très bon travail.
Je compte sur le Parlement pour continuer à participer à un processus qui sera certainement difficile et long, dans lequel nous avons à régler les problèmes techniques - et les problèmes techniques peuvent devenir très politiques - je compte donc sur le Parlement pour continuer à participer à cette tâche très difficile.
Pour ce qui est des relations entre le Parlement européen et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, je m'en remets au Parlement.
Si vous avez besoin d'un coup de main, je serai là pour vous aider à cet égard, mais c'est une question qui regarde les parlementaires eux-mêmes, qui doivent trouver un terrain d'entente et je crois que cela ne devrait pas être trop difficile.
Concernant la CPI, votre Parlement a déjà reçu le procureur, M. Moreno-Ocampo, et le président de la Cour, M. Song.
Je pense qu'il s'agissait d'un signal politique très fort de la part du Parlement européen montrant que le Parlement prend les droits de l'homme au sérieux, pas seulement à l'intérieur de l'Europe, mais aussi en dehors.
Nous pensons également que la conférence de Kampala est la conférence internationale la plus importante consacrée à la justice internationale depuis une décennie.
Nous devons veiller à ce qu'elle compte.
Encore une fois, je compte sur le Parlement parce que je sais aussi que les députés européens seront présents et se feront entendre à Kampala.
Nous savons que l'UE a joué et jouera un rôle important en intégrant les résultats de la conférence dans ses politiques concernant la justice internationale, concernant son aide aux États tiers et, surtout, dans toutes les négociations qui auront lieu dans les mois et les années à venir.
En particulier, nous continuerons à soutenir le renforcement des capacités nationales afin de renforcer et de permettre aux juridictions nationales de mener des enquêtes et des procès nationaux crédibles et efficaces concernant les crimes du statut de Rome.
Notre politique à cet égard ne change pas ni ne diminue, mais nous avons à présent un nouvel outil et ce nouvel outil est le traité de Lisbonne, qui nous confère une nouvelle capacité d'être plus cohérents et plus efficaces dans notre soutien à la Cour.
Conformément à l'encouragement du Parlement, qu'il a exprimé dans la résolution et durant le débat, la haute représentante/vice-présidente et ses services continueront résolument de promouvoir l'adhésion universelle au statut de Rome.
Nous le ferons systématiquement dans toutes nos discussions avec les partenaires en dehors de l'Europe.
Il y a eu deux questions très spécifiques auxquelles je voudrais répondre brièvement.
La première était de savoir si un mandat d'arrêt concernant le président el-Béchir fait partie de la solution ou du problème.
La Commission considère clairement que cela fait partie d'une solution à long terme parce que ce mandat d'arrêt montre que, avec la création de la Cour, la justice est devenue imminente.
Quelle que soit la personne, même si cette personne est un chef d'État et même si ce mandat d'arrêt n'est pas immédiatement appliqué, il ne disparaîtra pas parce que la CPI est une cour permanente, permettez-moi par conséquent de vous assurer que l'UE continuera d'insister auprès du Soudan pour qu'il coopère pleinement avec la Cour.
Quant à la question de savoir si la Commission déposera des amendements lors de la réunion de Kampala, la réponse est non parce que l'UE, en tant que telle, n'est pas une partie à la Convention, ce sont les États membres qui négocieront les amendements.
Néanmoins, la Commission jouera un rôle actif dans la partie du bilan de la conférence et nous comptons pleinement sur la Présidence espagnole pour conduire les nations européennes de manière à ce que leur voix fasse une grande différence lors de la conférence.
Madame la Présidente, je voudrais remercier tous ceux qui ont pris la parole car ils ont exprimé dans leur grande majorité, en fait presque unanimement, une position très favorable à l'accord d'adhésion sur lequel nous allons voter demain.
Je voudrais remercier spécialement Mme Viviane Reding pour nous avoir donné l'occasion de continuer à travailler ensemble, parce que des négociations très complexes se profilent et je crois que le Parlement doit être très proche de ces négociations.
Je voudrais répondre à quelques questions et clarifier quelques points très rapidement.
L'adhésion n'est pas un acte symbolique, Mesdames et Messieurs, il possède une valeur juridique.
D'aucuns se demandent à quoi cela sert et quelle est la valeur ajoutée.
Je vais vous citer un exemple.
Supposons qu'un concours de l'Union européenne s'avère discriminatoire pour les juristes hongrois, par exemple, pour une raison technique ou une tout autre raison.
À qui les juristes hongrois doivent-ils adresser leur plainte?
À la Cour de justice de l'Union européenne.
Qu'est-ce que l'adhésion à la Convention apporte de plus?
L'occasion pour ces juristes de déposer plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme, si la Cour de justice de l'Union européenne ne reconnaît pas leur droit à l'égalité.
C'est une nouvelle cour, c'est une nouvelle occasion de garantir les droits de l'homme fondamentaux, comme par exemple le droit à l'égalité.
Il est donc clair que cet événement n'apporte pas une contribution symbolique, mais une contribution juridique.
Je voudrais clarifier deux choses, Mesdames et Messieurs.
Des députés ont exprimé leur souhait que les négociations ne se limitent pas à l'adhésion à la Convention européenne des droits de l'homme, et que les protocoles que la Convention a produits au fil des années soient incorporés, surtout ceux qui se réfèrent aux droits reconnus par la Charte des droits fondamentaux, car cela produira une équivalence entre les deux documents.
Enfin, le Parlement demande aussi l'adhésion des organes et des autorités du Conseil de l'Europe à la Convention, parce que cela permettra de reconnaître le régime universel de sauvegarde des droits de l'homme, y compris la Charte sociale européenne de Turin.
J'ai reçu une proposition de résolution à la fin du débat.
La discussion commune est close.
Le vote aura lieu mercredi 19 mai 2010.
Déclarations écrites (article 149)
L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne crée le cadre juridique de l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), faisant ainsi de l'UE la 48e partie signataire à la Convention.
L'adhésion de l'UE à la CEDH complètera le niveau de protection mis en place par le traité de Lisbonne à travers la Charte des droits fondamentaux, qui possède une force juridique contraignante.
La Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg aura ainsi l'autorité pour exercer le contrôle judiciaire sur les actes des institutions, des organes et des agences de l'UE, y compris les décisions de la Cour de justice de l'Union européenne, en ce qui concerne le respect de la Convention, ce qui crée une couche supplémentaire de contrôle judiciaire sur les droits fondamentaux dans l'UE.
À la suite de l'adhésion de l'UE, la Convention fournira la norme minimale de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en Europe et sera appliquée sur base obligatoire, surtout dans des situations où le niveau de protection accordé par l'UE est inférieur à celui offert par la Convention.
Je pense que tant les États membres que la Commission devront préparer des réunions d'information qui fourniront des explications concernant toutes les implications et tous les effets de l'adhésion pour que les citoyens de l'UE soient pleinement conscients de la signification de ce processus.
L'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est une démarche logique à la suite de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, elle approfondit l'intégration et la création d'un espace politique commun.
L'adhésion de l'UE à la CEDH apportera plus de cohérence entre l'Union européenne et les pays qui appartiennent au Conseil de l'Europe et son régime paneuropéen en matière de droits de l'homme.
À mon sens, le résultat le plus important de l'adhésion à la CEDH est qu'elle assurera aux citoyens une protection contre les actes de l'UE, identique à la protection dont ils jouissent par rapport aux actes de tous les États membres.
C'est une évolution significative étant donné que les États membres ont transféré d'importants pouvoirs à l'Union européenne.
Il est logique de pouvoir faire appel à la Cour européenne des droits de l'homme concernant des décisions prises par l'UE.
Comme nous parlons de citoyenneté européenne, nous devons également la doter d'un contenu spécifique qui prévoit cette option.
J'espère que cet instrument supplémentaire mis à la disposition des citoyens européens sera facilement disponible et, en particulier, que la décision d'adhérer à cette Convention contribuera à créer un cadre plus cohérent pour les droits de l'homme dans l'Union européenne.
par écrit. - (PL) Concernant les négociations à venir concernant l'adhésion de l'Union à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, je voudrais attirer l'attention sur la question des relations extérieures.
Ce domaine sera particulièrement touché par l'adhésion de l'Union à la Convention.
Pourquoi?
Tout d'abord, permettez-moi de vous rappeler que conformément au traité de Lisbonne, la Cour de justice de l'Union européenne possède une compétence très limitée dans le domaine de la politique étrangère.
L'adhésion à la Convention comblera en partie ces limitations en garantissant la supervision judiciaire externe de tous les aspects de l'activité de l'Union.
La Cour des droits de l'homme de Strasbourg aura le droit de déterminer comment l'Union respecte les droits fondamentaux dans tous les domaines de son activité et aussi en politique étrangère.
Ensuite, il est inutile de vous rappeler avec quelle fréquence la discussion concernant la nécessité de respecter les droits de l'homme revient dans les relations de l'Union avec les pays tiers, y compris le forum du Parlement européen.
L'adhésion à la Convention confèrera donc de la crédibilité à l'Union dans le dialogue avec les pays tiers concernant les droits de l'homme.
Il ne fait pas de doute qu'en se soumettant à la supervision de la Cour des droits de l'homme de Strasbourg, l'Union a l'occasion de renforcer l'aspect des droits de l'homme de sa politique étrangère et de sécurité et, ce faisant, de promouvoir l'idée des droits de l'homme plus réellement dans le monde, dans la mesure où l'UE traite sérieusement ses propres obligations en matière de droits de l'homme.
Espérons qu'il en sera ainsi.
(PL) L'adhésion de l'Union européenne à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est sans doute un pas dans la bonne direction en vue de garantir à nos concitoyens les mêmes privilèges.
Nous devons nous assurer que ses principes sont soutenus dans tous les États membres.
Cela améliorera aussi la cohésion législative entre l'Union et les pays du Conseil de l'Europe, et cela accroîtra le nombre d'institutions auxquelles les citoyens pourront faire appel si leurs droits sont violés.
Cette adhésion relèvera aussi la signification et la crédibilité de nombreuses initiatives du Parlement européen dans le domaine de la protection des libertés fondamentales, auxquelles chaque personne a droit.
N'oublions pas cependant que tout en soutenant les droits des populations des pays tiers, l'Union doit d'abord s'assurer que ces droits ne sont pas violés dans les États membres.
Il existe un pays de l'Union européenne dans lequel les droits de l'homme et les libertés fondamentales de 20 % de la population sont violés depuis presque vingt ans.
Malgré cela, la Lettonie a été acceptée dans l'Union européenne en 2004.
Au moment des négociations d'adhésion de la Lettonie, le gouvernement letton a promis au commissaire européen chargé à l'époque de l'élargissement, M. Günther Verheugen, de résoudre le problème des non citoyens, mais à ce jour, en dépit de ces promesses, cette question n'a pas été réglée.
Ainsi, environ 340 000 non citoyens vivant sur le territoire de l'UE.
En Lettonie, il existe des citoyens de seconde zone, qui ne peuvent travailler dans le secteur public ou occuper des postes officiels même dans les arrondissements où ils représentent plus de 60 % de la population.
Il existe une ville en Lettonie, Daugavpils, où plus de 90 % de la population est russophone.
Toutefois, l'utilisation du russe comme langue officielle est interdite dans la ville et 30 % de la population n'a pas le droit de vote aux élections locales.
Les conseillers locaux élus dans une ville russophone ne peuvent utiliser leur langue maternelle lors des réunions.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, à ce jour, la Commission européenne n'a trouvé ni les arguments nécessaires ni le temps d'influencer le gouvernement letton pour mettre fin à cette discrimination sur la base de la langue.
Il est essentiel de créer un groupe de travail pour enquêter sur la situation en Lettonie sans retard, sans quoi je ne vois pas l'intérêt pour l'UE de faire partie de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Nous devons faire savoir clairement et sans ambiguïté que, dans un pays de l'Union européenne, les droits de plus de 25 % de la population sont violés de manière cynique depuis de nombreuses années.
Quand nous parlons de l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme, nous parlons d'un travail qui se poursuit depuis dix ans aujourd'hui et de nombreuses craintes concernant, entre autre, la concurrence entre la Cour de justice et la Cour européenne des droits de l'homme.
Cela conduira certainement à des problèmes dans le domaine de la compétence et de l'autonomie de la Cour de justice.
Je pense cependant que ce que nous avons réalisé après ces dix années peut signifier la complémentarité des deux systèmes, nous devrions donc peut-être nous écarter d'une telle pensée hiérarchique.
La Cour de justice suit, depuis longtemps, le travail de la Cour des droits de l'homme à Strasbourg et vice versa.
Ces deux systèmes coexistent et il n'y a pas de concurrence entre eux, ces craintes sont peut-être injustifiées.
Nous avons besoin de l'adhésion à la Convention pour des raisons symboliques, mais surtout nous avons besoin de la Convention parce qu'elle complète le système de sauvegarde des droits de l'homme dans l'Union européenne et qu'elle lui donnera plus de crédibilité aux yeux de ses citoyens, car ils jouiront d'une protection contre l'Union européenne et ses institutions, pas seulement contre les États membres, comme cela a été le cas jusqu'à présent.
Nous serions donc heureux que le système soit renforcé.
Nous avons besoin cependant d'une certaine loyauté, pour ne pas miner la crédibilité du système.
C'est pourquoi nous proposons que les États membres ne se poursuivent pas l'un l'autre sur des questions du droit de l'UE en se servant des possibilités offertes par la Convention. |
Free-Trade Blinders
CAMBRIDGE – I was recently invited by two Harvard colleagues to make a guest appearance in their course on globalization. “I have to tell you,” one of them warned me beforehand, “this is a pretty pro-globalization crowd.”
In the very first meeting, he had asked the students how many of them preferred free trade to import restrictions; the response was more than 90%. And this was before the students had been instructed in the wonders of comparative advantage!
We know that when the same question is asked in real surveys with representative samples – not just Harvard students – the outcome is quite different.
In the United States, respondents favor trade restrictions by a two-to-one margin.
But the Harvard students’ response was not entirely surprising.
Highly skilled and better-educated respondents tend to be considerably more pro-free trade than blue-collar workers are.
Perhaps the Harvard students were simply voting with their own (future) wallets in mind.
Or maybe they did not understand how trade really works.
After all, when I met with them, I posed the same question in a different guise, emphasizing the likely distributional effects of trade.
This time, the free-trade consensus evaporated – even more rapidly than I had anticipated.
I began the class by asking students whether they would approve of my carrying out a particular magic experiment.
I picked two volunteers, Nicholas and John, and told them that I was capable of making $200 disappear from Nicholas’s bank account – poof! – while adding $300 to John’s.amp#160; This feat of social engineering would leave the class as a whole better off by $100.
Would they allow me to carry out this magic trick?
Those who voted affirmatively were only a tiny minority.
Many were uncertain.
Even more opposed the change.
Clearly the students were uncomfortable about condoning a significant redistribution of income, even if the economic pie grew as a result.
How is it possible, I asked, that almost all of them had instinctively favored free trade, which entails a similar – in fact, most likely greater – redistribution from losers to winners?
They appeared taken aback.
Let’s assume, I said next, that Nicholas and John own two small firms that compete with each other.
Suppose that John got richer by $300 because he worked harder, saved and invested more, and created better products, driving Nicholas out of business and causing him a loss of $200.
How many of the students now approved of the change?
This time a vast majority did – in fact, everyone except Nicholas approved!
I posed other hypotheticals, now directly related to international trade.
Suppose John had driven Nicholas out of business by importing higher-quality inputs from Germany?
By outsourcing to China, where labor rights are not well protected?
By hiring child workers in Indonesia?
Support for the proposed change dropped with each one of these alternatives.
But what about technological innovation, which, like trade, often leaves some people worse off.
Here, few students would condone blocking technological progress.
Banning the light bulb because candle makers would lose their jobs strikes almost everyone as a silly idea.
So the students were not necessarily against redistribution.
They were against certain kinds of redistribution.
Like most of us, they care about procedural fairness.
To pass judgment on redistributive outcomes, we need to know about the circumstances that cause them.
We do not begrudge Bill Gates or Warren Buffett their billions, even if some of their rivals have suffered along the way, presumably because they and their competitors operate according to the same ground rules and face pretty much the same opportunities and obstacles.
We would think differently if Gates and Buffett had enriched themselves not through perspiration and inspiration, but by cheating, breaking labor laws, ravaging the environment, or taking advantage of government subsidies abroad.
If we do not condone redistribution that violates widely shared moral codes at home, why should we accept it just because it involves transactions across political borders?
Similarly, when we expect redistributive effects to even out in the long run, so that everyone eventually comes out ahead, we are more likely to overlook reshufflings of income.
That is a key reason why we believe that technological progress should run its course, despite its short-run destructive effects on some.
When, on the other hand, the forces of trade repeatedly hit the same people – less educated, blue-collar workers – we may feel less sanguine about globalization.
Too many economists are tone-deaf to such distinctions.
They are prone to attribute concerns about globalization to crass protectionist motives or ignorance, even when there are genuine ethical issues at stake.
By ignoring the fact that international trade sometimes – certainly not always – involves redistributive outcomes that we would consider problematic at home, they fail to engage the public debate properly.
They also miss the opportunity to mount a more robust defense of trade when ethical concerns are less warranted.
While globalization occasionally raises difficult questions about the legitimacy of its redistributive effects, we should not respond automatically by restricting trade.
There are many difficult trade-offs to consider, including the consequences for others around the world who may be made significantly poorer than those hurt at home.
But democracies owe themselves a proper debate, so that they make such choices consciously and deliberately.
Fetishizing globalization simply because it expands the economic pie is the surest way to delegitimize it in the long run. | Les œillères du libre-échange
CAMBRIDGE - J'ai été récemment invité par deux collègues de Harvard à faire une intervention dans leur cours sur la globalisation. «amp#160;Je dois vous dire, m'a averti à l'avance l'un d'entre eux, que c'est une foule plutôt favorable à la globalisation.amp#160;» Lors de la toute première réunion, il a demandé aux étudiants combien d'entre eux préféraient le libre-échange aux restrictions sur les importations ; la réponse était de plus de 90%.
Et c'était avant que les étudiants n'aient été instruits des merveilles de l'avantage comparé !
Nous savons que quand la même question est posée dans de vrais sondages à des échantillons représentatifs - pas simplement à des étudiants de Harvard - les résultats sont tout à fait différents.
Aux États-Unis, les personnes interrogées préfèrent les restrictions du commerce à deux contre un.
Mais la réponse des étudiants de Harvard n'était pas entièrement surprenante.
Les personnes interrogées hautement qualifiées et plus instruites ont tendance à être considérablement plus favorables au libre-échange que les cols bleus.
Peut-être que les étudiants de Harvard votaient tout simplement en pensant à leurs propres portefeuilles (futurs).
Ou peut-être n'avaient-ils pas compris comment fonctionne vraiment le commerce.
Après tout, quand je les ai rencontrés, j'ai posé la même question sous une autre forme, en soulignant les probables effets distributionnels du commerce.
Cette fois, le consensus sur le libre-échange s'est évaporé - encore plus rapidement que je ne l'avais prévu.
J'ai commencé le cours en demandant aux étudiants s'ils seraient d’accord pour que je réalise une expérience de magie particulière.
J'ai sélectionné deux volontaires, Nicholas et John, et je leur ai dit que je pouvais faire disparaitre 200 dollars du compte bancaire de Nicholas - pouf ! - tout en ajoutant 300 dollars à celui de John. Cet exploit de technologie sociale enrichirait l'ensemble de la classe de 100 dollars.
Me permettraient-ils d'effectuer ce tour de magie ?
Ceux qui ont voté «amp#160;ouiamp#160;» représentaient seulement une minuscule minorité.
Beaucoup étaient incertains.
Un nombre encore plus important s’est opposé au changement.
Les étudiants étaient clairement gênés d’excuser une redistribution significative du revenu, même si le potentiel économique se développait en conséquence.
Comment est-il possible, ai-je demandé, que presque tous aient instinctivement favorisé le libre-échange, qui nécessite une redistribution semblable - en fait, probablement bien plus grande - des perdants aux gagnants ?
Ils ont eu l'air déconcertés.
Supposons, ai-je continué, que Nicholas et John possèdent deux petites sociétés en concurrence mutuelle.
Supposez que John se soit enrichi de 300 dollars parce qu'il a travaillé plus dur, a économisé et a investi davantage et a créé de meilleurs produits, en forçant Nicholas à se retirer des affaires et en lui causant une perte de 200 dollars.
Combien parmi ces étudiants approuvaient maintenant le changement ?
Cette fois une grande majorité l'ont approuvé – en fait, tous sauf Nicholas !
J'ai posé d'autres hypothèses, directement liées au contexte du commerce international.
Supposez que John ait causé le retrait des affaires de Nicholas en important des apports plus de haute qualité en provenance d'Allemagne ?
En externalisant en Chine, où le droit du travail n’est pas bien défendu ?
En embauchant des enfants ouvriers en Indonésie ?
Le soutien au changement proposé a chuté à chacune de ces solutions de rechange.
Mais que diriez-vous de l'innovation technologique, qui comme le commerce, laisse souvent quelques personnes dans une pire situationamp#160;?
Ici, peu d'étudiants excuseraient de bloquer le progrès technologique.
L’idée d’interdire l'ampoule électrique parce qu'elle fera perdre les emplois des fabricants de bougies frappe presque tout le monde par son idiotie.
Ainsi les étudiants n'étaient pas nécessairement contre la redistribution.
Ils étaient contre certains genres de redistribution.
Comme la plupart d'entre nous, ils se soucient de l'équité procédurale.
Pour émettre un jugement sur des résultats de redistribution, nous devons connaître les circonstances qui les causent.
Nous n'en voulons pas à Bill Gates ni à Warren Buffett d'être milliardaires, même si certains de leurs rivaux ont souffert en cours de route, vraisemblablement parce qu'eux et leurs concurrents opèrent selon les mêmes règles de base et rencontrent plus ou moins les mêmes occasions et les mêmes obstacles.
Nous penserions différemment si les Gates et Buffett s'étaient enrichis non pas par la transpiration et l'inspiration, mais en trichant, en enfreignant le droit du travail, en ravageant l'environnement, ou en tirant profit des subventions de gouvernements étrangers.
Si nous ne pardonnons pas la redistribution qui viole des codes moraux largement partagés chez nous, pourquoi devrions-nous l'accepter juste parce qu'elle comporte des transactions au-delà des frontières politiques ?
De même, quand nous nous attendons à ce que les effets de redistribution s'équilibrent à long terme, de sorte que chacun en sorte gagnant, nous sommes plus favorables à des changements de fonction des revenus.
C'est la raison principale pour laquelle nous croyons que le progrès technologique doit suivre son cours, malgré ses effets destructeurs à court terme sur certains.
Quand d'autre part, les forces du commerce frappent à plusieurs reprises le même peuple - les moins instruits, les cols bleus - nous pouvons nous sentir moins sanguins au sujet de la globalisation.
Trop d'économistes sont sourds à de telles distinctions.
Ils sont enclins à attribuer les questions sur la globalisation à des motifs protectionnistes grossiers ou à l'ignorance, même lorsque de véritables questions morales sont en jeu.
En ignorant que le commerce international, parfois - certainement pas toujours - implique des résultats de redistribution que nous considérerions comme problématiques chez nous, ils échouent à aborder correctement le débat public.
Ils manquent également l'occasion de monter une défense plus robuste du commerce quand des soucis moraux sont moins justifiés.
Tandis que la globalisation soulève de temps en temps des questions difficiles sur la légitimité de ses effets de redistribution, nous ne devrions pas répondre automatiquement par la restriction du commerce.
Il y a beaucoup de différences difficiles à considérer, y compris des conséquences pour d'autres personnes autour du monde qui peuvent être sensiblement plus appauvries que celles qui souffrent chez nous.
Mais les démocraties doivent avoir une discussion appropriée, de sorte qu'elles fassent de tels choix consciemment et délibérément.
Fétichiser la globalisation simplement parce qu'elle augmente le potentiel économique est la meilleure manière de la délégitimer à long terme. |
The Fog of Finance
Military leaders talk about the “fog of war” – the condition of fundamental uncertainty that marks combat.
The recent credit and liquidity crisis has revealed a similar condition in financial markets, because no one, not even central banks, seems to understand its nature or magnitude.
It is often suggested that what is called the “subprime” crisis was the result of lax monetary policies that led to excess liquidity in financial markets.
But there is an obvious paradox here, because how can an excess of liquidity result ultimately in a shortage of liquidity that has to be made up by central banks?
In fact, monetary laxity can be a symptom not of excess liquidity, but of excess saving.
This is reflected in increasing income inequality in much of the developed world, and the vertiginous surpluses of oil-producing countries and Asian nations.
The emergence of sovereign wealth funds like those of China and the Gulf states to invest the savings of these countries’ budget surpluses is but the tip of the global excess savings iceberg.
Whereas excess liquidity is inflationary and calls for higher interest rates, excess saving is deflationary and calls for lower rates.
This brings us to the dilemma faced by central banks.
When central bankers cannot avoid a crisis – or when they contribute to create one – their fundamental mission is to do everything in their power to contain its impact.
Their actions, their every word or wink, suddenly assumes immense importance.
The central banker is not only a lender of last resort, but also a speaker of last resort.
In both respects, the United States Federal Reserve has fared much better than the European Central Bank in this most recent crisis.
If the problem is excess saving, and if uncertainty erodes confidence, a massive injection of liquidity such as the ECB’s in response to the subprime crisis may be necessary but not sufficient.
A rate cut also may be required to restore confidence.
The Fed has understood that message.
Europe needs to know why the ECB has not.
Moreover, the Fed’s efforts were ultimately stabilizing, because it stated its intentions clearly prior to taking action.
By contrast, in late August, the ECB’s governor, Jean-Claude Trichet, referred to the monetary-policy decision taken before the crisis to justify the possibility of a rate hike, then left rates on hold.
On September 6, Trichet said that the ECB had maintained the status quo , leaving it unclear what he meant.
Indeed, whereas the ECB seemed to have implicitly accepted an objective of economic growth, it maintained its hard line against inflation on October 4.
The reason for the ECB’s inertia, obscurity, and rigidity is simple: the ECB is only incidentally in charge of economic growth in the euro area; its primary objective is “price stability.”
Yet the current crisis, like others that preceded it, shows that monetary policy governs anticipations, not only of inflation but also of growth, whether central banks like it or not.
So long as the ECB does not acknowledge the doubts now hovering around Europe’s economies, there is a risk of a crash.
The ECB is convinced that benign neglect is the right exchange rate policy, and that the G7 is the right place to address currency volatility.
But the euro is a European affair.
Why should a situation in which Europe is bearing the burden of weak currencies in the US and Asia be remedied in a global forum?
In the middle of a financial crisis, the only thing worse than doubt is false certainty.
The paradox is that the ECB could have secured its independence by cutting interest rates on September 6, and again on October 4.
Now it will be forced to do so.
A victim of its backward-looking bias, the ECB chose to wait for the worst instead of preventing it.
As a result, the inevitable European rate cut, when it comes, will probably not have the stabilizing effect that it should. | Le brouillard de la finance
Les responsables militaires parlent du “brouillard de la guerre” pour évoquer la condition d’incertitude fondamentale qui marque les combats.
La récente crise des crédits et des liquidités a révélé qu’il existe une condition similaire sur les marchés financiers, car personne, pas même les banques centrales, ne semble comprendre sa nature ou son ampleur.
On suggère souvent que ce que l’on appelle aujourd’hui la crise des “subprimes” est la conséquence de politiques monétaires laxistes ayant entraîné un excès de liquidités sur les marchés financiers.
Il y a toutefois ici un paradoxe évident, car comment un excès de liquidités pourrait-il occasionner, en fin de compte, une insuffisance de liquidités qui doit être compensée par les banques centrales ?
En fait, le laxisme monétaire peut être le symptôme non pas d’un excès de liquidités, mais d’un excès d’épargne.
Cela se reflète dans les inégalités croissantes de revenus qui règnent dans une grande partie du monde développé, ainsi que dans les excédents vertigineux des pays producteurs de pétrole et des nations asiatiques.
L’émergence de fonds souverains comme ceux de la Chine et des États du Golfe pour investir les excédents budgétaires de ces pays n’est que la partie visible de l’iceberg des excès d’épargne.
Alors que l’excès de liquidités génère de l’inflation et appelle une hausse des taux d’intérêt, l’excès d’épargne a des effets déflationnistes et appelle une baisse des taux.
Cela nous amène au dilemme auquel sont confrontées les banques centrales.
Lorsque les banques centrales ne peuvent éviter une crise – ou lorsqu’elles contribuent à en créer une – leur mission fondamentale est de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour en limiter les conséquences.
La moindre de leurs actions, le moindre de leurs mots, revêt soudain une importance immense.
La banque centrale n’est pas seulement un prêteur en dernier ressort, c’est aussi elle qui a le dernier mot.
À ces deux égards, la Réserve fédérale américaine a bien mieux réagi que la Banque centrale européenne face à la crise récente.
Si le problème est l’excès d’épargne et si l’incertitude érode la confiance, une injection massive de liquidités comme l’a fait la BCE en réponse à la crise des subprimes peut être nécessaire, mais pas suffisante.
Une baisse des taux pourrait aussi être nécessaire pour restaurer la confiance.
La Fed a compris le message.
L’Europe doit savoir pourquoi cela n’a pas été le cas de la BCE.
Les efforts de la Fed ont, en outre, fini par avoir un effet stabilisateur, parce qu’elle avait annoncé clairement ses intentions avant de passer à l’action.
Par opposition, à la fin août, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a fait référence aux décisions prises avant la crise en matière de politique monétaire pour justifier la possibilité d’une hausse des taux, avant de les laisser inchangés.
Le 6 septembre, il déclarait que la BCE avait maintenu le status quo , sans expliquer clairement où il voulait en venir.
En effet, alors que la BCE semblait avoir implicitement accepté un objectif de croissance économique, elle s’est maintenue dans une ligne rigoureusement anti-inflationniste le 4 octobre.
La raison de l’inertie, du manque de clarté et de la rigidité de la BCE est simple : la BCE n’est qu’incidemment en charge de la croissance économique au sein de la zone euro ; son premier objectif est “la stabilité des prix”.
Toutefois, la crise actuelle, comme d’autres avant elle, montre que la politique monétaire régit les anticipations, non seulement en matière d’inflation, mais aussi de croissance, que cela plaise ou non aux banques centrales.
Tant que la BCE ne prendra pas en compte les doutes qui planent désormais autour des économies européennes, il y aura un risque de krach.
La BCE est convaincue que la douce négligence est la bonne politique pour les taux de change, et que le G7 est le bon endroit pour régler la question de la volatilité des monnaies.
Mais l’euro est une affaire européenne.
Pour quelle raison le problème de l’Europe face à la faiblesse des monnaies aux États-Unis et en Asie devrait-il être réglé lors d’un forum mondial ?
Lors d’une crise financière, seules les fausses certitudes sont pires que les doutes.
Le paradoxe est que la BCE aurait pu assurer son indépendance en baissant ses taux d’intérêt le 6 septembre ou le 4 octobre.
Elle va désormais être forcée de le faire.
Victime de sa tendance à regarder vers l’arrière, la BCE a choisi d’attendre le pire au lieu de le prévenir.
En conséquence, l’inévitable baisse des taux européens, lorsqu’elle arrivera, n’aura sans doute pas l’effet stabilisateur qu’il faudrait. |
Interinstitutional agreement on a common Transparency Register - Amendment of the Rules following the establishment of a common Transparency Register
The next item is the joint debate on
the report by Carlo Casini, on behalf of the Committee on Constitutional Affairs, on conclusion of an interinstitutional agreement between the European Parliament and the Commission on a common Transparency Register, and
the report by Carlo Casini, on behalf of the Committee on Constitutional Affairs, on the amendment of Parliament's Rules of Procedure following the establishment by the European Parliament and the Commission of a joint transparency register.
rapporteur. - (IT) Madam President, Minister, Commissioner, ladies and gentlemen, I will make a single statement covering both matters, which are on the same subject.
With this debate and the vote which will follow, we will conclude a task and a period of negotiations in the working group chaired by Mrs Wallis and composed of fellow Members from all political groups, as well as a Commission delegation led by Mr Šefčovič, which has resulted in the drafting of an agreement for the establishment of a common Transparency Register.
The Committee on Constitutional Affairs (AFCO) has prepared this report in a few months and has also finalised a report on the amendment of Parliament's Rules of Procedure.
Personally, I was very surprised at the amount of public attention that this transparency agreement has garnered.
I fear that people think the results will have a greater effect than was actually pursued.
Transparency is the defence of right political action, but it is not the right instrument for getting to the heart of corruption.
The recent cases of journalists trying to corrupt a few MEPs could also happen outside parliamentary premises.
Furthermore, would-be corruptors know how to avoid being identified and the registers are not, therefore, a silver bullet.
The right tool for the job is criminal law.
Yet if the criminal law of the Member States is not sufficient, we will need to reread Articles 82 to 86 of the Treaty of Lisbon, reflect on whether we can consider the corruption of MEPs to be cross-border crime or an act otherwise detrimental to the Union's financial interests and determine whether or not to create a European Public Prosecutor, which would, moreover, be a significant step along the path to unity.
The Transparency Register has a more modest task.
In some countries the term lobbyist has a negative meaning, while in others lobbying is seen as an almost an act of public service because it informs decision-makers on issues they might not otherwise know about.
This is especially important for the European Parliament, because often the issues faced by MEPs are very complex and technical and we almost always need to find a balance between businesses and countries with divergent interests.
This is where lobbyists become very useful.
So we shall no longer call them lobbyists but stakeholders.
Of course, interests can be conflicting, and rightly so.
I used to be a judge and I can say that cross-examination of opposing sides is considered a condition for uncovering the truth and obtaining justice.
So, having lobbyists or stakeholders with conflicting interests is a good thing: what is important is that the judge - and therefore also the MEP - maintains his freedom of thought, independence, and his honest search for the common good.
Hence, we have established the Transparency Register, in mutual agreement between Parliament and the Commission with the hope that the Council will soon join the agreement.
Those who wish to represent their interests are free to have access to our premises but they must be listed in the Register, where all information needed to identify their legal and financial status will be recorded.
The Register is public.
There are also organisations that do not pursue selfish interests but try to collaborate in European policies in the name of general values, such as churches, political parties and regions.
They do not need to be added to this Register: but, if they have separate offices exclusively tasked with maintaining contact with European institutions, they must be included in their Register, though subject to a different legal regime to stakeholders.
As already stated, the new Register also contains an amendment to the Rules of Procedure.
There are therefore two reports, but in any case this is just a first step towards more complete transparency.
Some hypotheses are already being researched and could be turned into rules after further reflection hence point 9 of the document adopting the agreement indicates the possibility for the reports to carry the details of the stakeholders who met with MEPs during the preparation of the report in question.
This broad provision for possible amendments leads me to express a negative opinion on amendments which would put limits on such future deliberations.
I hope, however, that Council will join this agreement in short order and that there is also immediate and broad consensus in this House, a strong signal of the duty of transparency and also a call to action.
I hope that the vote is nearly unanimous.
President-in-Office of the Council. - (HU) Madam President, Commissioner, ladies and gentlemen, transparency is a particularly important principle of democratic institutions.
This is especially true for the European institutions, because - as it is commonly known - they are often accused of exclusion and of non-transparent operation.
The Council is committed to making efforts to ensure the highest level of transparency between the institutions and bodies of the European Union.
The Council is also aware that citizens expect those who they have put in charge of the management of their affairs to observe the highest possible standards; therefore the Council welcomes the initiative of the European Parliament and Council to establish a transparency register.
I especially welcome the reports by Mr Carlo Casini.
If the House accepts them, it will be possible to create the transparency register in the coming months, based on the reports.
By this we can show once again that the EU is committed to transparency not only in words, but also in deeds.
I take this opportunity to emphasise that I am aware that the Council has been invited to participate in the transparency register.
The Council has so far had no intention to fully participate in the process because unlike Parliament and the Commission, the Council by its nature is not affected by the activity of interest representatives.
Generally they do not contact the Council as an institution, but target their activity at the Member States.
Nevertheless, I have already explained that the Council is prepared to participate in the register and to follow its activity.
We are also ready to discuss aspects of the possible role of the Council with Parliament and the Commission, of course without delaying the entry into force of the agreement between these two institutions.
Ladies and gentlemen, based on the Council's recent decision, we are now considering the possibility of making a political declaration for launching the register in June.
Vice-President of the Commission. - Madam President, transparency is an issue of interest and concern for citizens and is essential to increase the democratic legitimacy of the European Union.
I am very happy to inform you that already today we have more than 3800 registrants in the Commission register.
Therefore, I am absolutely convinced that the adoption of a common transparency register will represent a major further step forward in enhancing transparency in the EU decision-making process and providing a direct response to citizens' concerns.
I would like to praise the very constructive work which we have developed in our joint working group.
Here, I would like to pay tribute to Ms Wallis, our President for today, Mr Casini, our rapporteur, and also to Mr Leinen and Ms Durant.
It was an excellent group and it was a real pleasure to work with together.
The result of our work is a very balanced and pragmatic draft of an interinstitutional agreement, which we are presenting to the House for consideration and debate today.
A positive vote tomorrow will allow the joint launching of the register by our two institutions to take place in June.
This will undoubtedly send a strong political signal confirming our determination to enforce transparent and ethical practices on the European stage.
The register aims to give citizens more transparency as regards organisations and self-employed individuals engaged in EU policy-making or trying to influence the EU decision-making process.
I understand that there have been some concerns about regional public bodies, so I had better clarify.
The question was whether they should register.
I think that if we read the text carefully it is quite true that it would not reflect their true identity and not reflect the fact that they ensure direct representation of their citizens as established by their own constitutional systems.
A careful reading of the content of the agreement should give full reassurances in this regard.
Indeed, the text explicitly mentions that local, regional and municipal authorities are not expected to register.
This approach is even reinforced by Annex I, which indicates that public authorities themselves are not expected to register.
Services forming an integral part of the administration staffed by local, regional and municipal officials and engaged in activities corresponding to institutional or constitutional attributions will also not be expected to register.
I hope this will help to clarify the concerns which I have registered over the last days.
A final word on the interinstitutional dimension.
I think we all share the view that the achievement of common cooperation with the Commission and Parliament would be further consolidated with the involvement of the Council.
Therefore, I am very obliged to, and wholeheartedly thank, the Hungarian Presidency for changing the attitude in the Council and for getting the Council into a positive mood and positive mindset in looking for ways in which we can best arrange the relationship between the Council, Commission and Parliament in managing the register, because the political signal that three institutions are taking this issue so seriously, and that three institutions are going to tackle the issue of transparency together, will be a powerful one.
I am sure that, with such political support from all three institutions, the threshold of 4000 registrants will very soon be reached.
on behalf of the PPE Group. - (DE) Madam President, Minister, Commissioner, transparency is a cornerstone of democracy, ensuring that people know who exerts influence and how decisions are made.
Since the entry into force of the Treaty of Lisbon, the European Parliament has significantly more power.
That is why it is right that our modus operandi should always be open to debate and that we should question ourselves.
The negotiations between the European Parliament and the Commission in relation to the transparency register are a success and we have now produced an excellent result.
I would like to underline once again that it is good that we have found clear regulations for the local and regional authorities, and even for churches, that reflect their interests.
I would also like to say that we do not regard lobbyism as something bad per se.
We need expert opinions and we need to be able to call on experts for our work.
In the end it is important that we, as parliamentarians, should be able to consider issues freely and make decisions independently.
I would now like to state that we parliamentarians have a lot to be proud of.
If we conduct a national comparison, we will see that there are only a few Member States of the European Union who have already established a transparency register at this level.
In my country's capital, Berlin, where I also happen to live, there is no such transparency register, which is why we should all be aware that this is a truly significant step forward.
To the Council I would say: if this issue is not a problem for the Council because lobbyists have very little influence there, then it should be easier for it to sign up to the transparency register.
Accordingly, the Council may be able to conquer its internal resistance.
Finally, Madam President, I would point out that if we in Parliament want to escape the influence of lobbyists to a greater extent in future, then we will need greater supports and more staff, enabling us to achieve more for the citizens of the European Union.
on behalf of the S&D Group. - (DE) Madam President, ladies and gentlemen, firstly I would like to thank the rapporteur and all those involved in this process because tomorrow, after the vote, a long period of hard work will finally come to a conclusion.
This is a good day for Europe, for the European Parliament as an institution, and for the Commission because we have succeeded in getting a common transparency register off the ground.
This an important step along the way, but more work needs to be done.
I would like to address two points.
The first is that the register is not really mandatory.
This needs to be stated openly at this point.
I have a question for the Commissioner in this regard: the Commission has always claimed that the appropriate legal framework for this does not exist.
Is the Commission ready to establish such a legal framework, so that we will have a mandatory register after the revision?
I was very pleased by the statement from the Council indicating that it does not foresee any difficulty in joining our register, as Mr Weber has just pointed out.
I am hopeful that the Council will follow through on this, because the register will really only be complete if all three institutions of the European Union have a common register and if this register is also mandatory.
As a group, we favour the amendment brought forward by another group requiring that the money spent on lobbying should also be listed in the transparency register; we intend supporting this amendment.
As far as the various national lobby groups are concerned, it has been clearly stated that these will not be included in the register.
I would like to thank all my fellow Members for their willingness to compromise on this matter.
It really would have been a black mark for such an agreement if national lobby groups were treated in the same way as industry lobbyists or other professional associations.
on behalf of the ALDE Group. - Madam President, recent scandals have certainly exposed the power that lobbyists can have upon Parliament, so the Liberal Group strongly welcomes the streamlining of the lobbyists' register, which creates effectively a straightforward mandatory system which ought to bring greater transparency and improved consultative processes.
I commend especially paragraph 9 of the report, which invites the Bureau to set up a system of legislative footprints whereby rapporteurs can record those that have lobbied in the course of progressing a draft law.
This is a sensitive question, but I think that it would be a further step forward in improving the popular legitimacy of Parliament and the quality of our law-making.
The system can only be complete once the Council - which is the second chamber of our legislature - joins in, but I welcome the tentative steps forward which are being made and I thank the Presidency for its statement this afternoon.
(The speaker agreed to take a blue-card question under Rule 149(8))
(DE) Madam President, I would like to thank Mr Duff for bringing up the issue of the legislative footprint.
Do you believe that a legislative footprint, the extent of which still has to be defined, might also restrict the work of the European Parliament?
Also: how far-reaching do you expect the impact of the legislative footprint to be?
Madam President, I think this would be an experiment.
Like all experiments, if it were to be successful, the practice would spread.
However, I think that it ought to be limited to rapporteurs who are responsible for drafting a law on behalf of Parliament.
They should publish the names of people with whom they have had official meetings in the course of their work.
I think it would encourage intelligent and informed lobbying in Parliament.
We all know that we rely on the specialism and expertise of professionals outside this House to produce top class drafting.
on behalf of the ECR Group. - Madam President, may I start by thanking Mr Casini for his work in delivering this interinstitutional agreement.
Members of the Committee on Constitutional Affairs and the Commission have worked well to develop a meaningful and practical report which will deliver more transparency in the legislative process.
Madam President, it is good that you are in the chair today; I thank you for your work in the negotiations between Parliament and the Commission.
This report is proportional in its approach; it is useful and I believe it will do good.
It recognises the important role that regional and local governments play in shaping European legislation, and therefore clearly differentiates between lobbyists and local and regional government officials.
Although the report is a step in the right direction, there is still more that needs to be done.
I hope that this register - if it proves to be a success - will develop into a mandatory register of lobbyists.
I agree with Mr Duff's proposal that rapporteurs should name the lobbyists that they have had contact with when drafting a law.
There is no doubt that we in this Chamber are regarded with a fair amount of suspicion by our constituents.
The more transparency and the more openness there is the better.
With that in mind, could I just say that the one problem with this agreement is that it is one institution short.
It is disappointing that the Council has not signed up.
As co-legislator, the Member States should come together and sign up to the register so that we can deliver a truly transparent legislative process.
on behalf of the Verts/ALE Group. - (DE) Madam President, ladies and gentlemen, politics is built on trust.
The Members of this House have been elected in a free and secret ballot by the citizens of our Member States, who rightly expect us to respect their interests, in other words the common good, in all of our speeches and decisions, rather than pursuing our own interests or the interests of third parties, whether businesses or other interest groups.
However, we are also aware that in Brussels, for example, we are surrounded by more than 10 000 professional lobbyists, who do exactly what their job description suggests, namely attempting to exert influence on Members of Parliament and the Commission.
You cannot stop this because it is perfectly normal - we live in a free and open society - however we need to make our voice heard within this structure and maintain our independence.
We have not always succeeded in this and there have been Members who have broken these rules, which is one of the main reasons why we want to improve our rules.
Transparency is one of the most important preconditions for trust and this is precisely what we are working on at present.
After extremely protracted negotiations, we have succeeded in agreeing on this transparency register with the Commission.
Admittedly, I would have preferred it if the Council had also been on board.
The Group of the Greens/European Free Alliance have long campaigned for this.
We are pleased that this has been achieved and also quite proud of the result, however I must say that we are not happy with all aspects.
We would have preferred the register to be mandatory, not just for those who work within the Commission and Parliament buildings, but also for those who ply their trade elsewhere, for example over a glass of wine in one of Brussels' many bars.
We want the register not just to apply to Parliament and the Commission, but also to the Council.
We want the financial details made available to be more precise and meaningful.
We believe that the sums of money involved should be measured in the same way, rather than the situation proposed now in which smaller operations are measured in increments of EUR 50 000, while larger ones are measured in larger increments, making it difficult to know exactly how much money is involved.
We also favour regular checks by a common secretariat.
Nonetheless, this is a good day for Europe because it brings us more transparency.
I would like to thank all those involved for what has been achieved.
on behalf of the GUE/NGL Group. - (DA) Madam President, this report is a step in the direction of greater openness and a mandatory lobbyist register for anyone who attempts to influence the EU.
However, there is still a long way to go before we achieve our objective.
Moreover, as corrupt MEPs have revealed, we also need to put our own house in order.
We must make it clear that it is not acceptable for MEPs to have any form of paid job on the side that might put a question mark against our integrity.
Furthermore, we must have effective means of control and rules to determine the consequences of breaking the rules.
We must also establish clear rules for the protection of whistle-blowers, so as to prevent the messenger from being shot.
We look forward to the report from the special committee and, in this regard, we anticipate a speedy revision of the agreement that we are debating here today and of Parliament's Rules of Procedure.
(The speaker agreed to take a blue-card question under Rule 149(8) of the Rules of Procedure)
(DE) Madam President, Mr Søndergaard, I wanted to ask what you think of the approach of the legislative footprint and what it means from your point of view that the transparency register will continue to be non-compulsory, in other words that enormous loopholes will continue to exist.
(DA) Thank you for your question.
It gives me the opportunity to emphasise the point that I have already made, namely that there is still a long way to go before we achieve our objective.
We do not believe that we have already achieved it.
We believe that there is still something lacking.
It is clear that the question of the mandatory nature of the register is absolutely crucial.
We believe that the idea of a digital footprint in legislative texts is a good one and that this is something that we should apply, but of course we also believe that it has to be mandatory in order for it to work.
However, as I said, this is a step in the right direction, and we hope that, when we receive the report from the special committee and this text is to be revised - because it has to be revised within two years - we will have the opportunity to fully achieve our objective, as we must fully achieve our objective in this area.
Madam President, so we are to have a transparency register!
Unsurprisingly, this has only come about because enterprising British journalists were able to demonstrate the ease with which some MEPs succumbed to the lure of money.
At that point, the European Parliament, not unlike the police chief in the film Casablanca, professed itself to be shocked - shocked! - to discover that corrupt lobbying had been taking place under its very nose.
This register bears all the hallmarks of the stable door being shut long after the horse has gone.
The register will change little; the lobbyists will always get through.
A voluntary system of registration was introduced; it was quite ineffectual.
Now some light will shine on what is going on, but most of this will be thrust back into the murky depths of the stagnant pond; it will be business as usual.
As usual, the law-abiding will bear the brunt of the red tape, and wrongdoers will just find a way of carrying on.
While taxpayers' money sloshes around Brussels in the quantities that it does, there will always be unscrupulous lobbyists, just as where there is carrion, there are always vultures.
(The speaker agreed to take a blue-card question under Rule 149(8))
(DE) Mr President, Mr Agnew, while I am all in favour of a well-managed exchange during debates, I am less pleased when matters are presented in a false way.
For that reason, I would ask you to please correct your last statement.
You have just claimed that Parliament is simply debating the question of a transparency register because a number of British newspapers recently brought a particular story to public attention.
I would therefore ask you to explain to Parliament and to the public at large that we began discussing this issue some time ago and that this transparency register had already been agreed upon before the story you are referring to even happened.
Mr President, this appears to be the catalyst which started the whole thing off.
I do not want any British MEPs to be here anyway.
I do not see why we should have to put up with foreign institutions like this running our affairs.
The further we go to the south and east, the worse the culture of corruption becomes.
I do not like it, and I do not want my country to have any part in it.
(DE) Mr President, we are all aware that not just the European Parliament, but also the European Union as a whole is suffering from a huge credibility problem.
I am sure this is something Mr Häfner will not want to hear, however, although Parliament has finally reached agreement on this transparency register, no doubt bowing to pressure because of the recent lobbying scandal, in my opinion, this register will lack teeth.
I believe that a voluntary register is simply a sham and will not offer greater transparency or bring us to a point where the Council of Ministers will be prepared to get involved, so we do not even have all the key legislative bodies on board.
Even if the Council were to come on board, a whole host of loopholes would still exist.
Apparently there are hundreds of expert groups who work on the official papers published by the Commission, however the identity of the members of these advisory bodies that meet behind closed doors remains a closely-guarded secret.
In my opinion, we need a record not only of all work undertaken for business or for international concerns, but also all paid lobbying for interest groups such as professional organisations and trade unions.
Our citizens have a right to expect genuine transparency here, too.
(EL) Mr President, congratulations to Mr Casini on his report, which is absolutely right.
Of course, the question of transparency touches on the dignity of parliamentarians, of that there can be no doubt.
However, the more such measures we take, the better we promote transparency and functional relations between the institutions of the Union and our social partners and interest groups.
The new register, as proposed, safeguards transparency across the broad spectrum of institutional contacts and concentrates representatives of special interests, representatives of civil society and representatives of the public authorities in separate chapters, thereby distinguishing between the different roles of interest groups and official institutional spokesmen.
The invitation to register safeguards the very identity of interest groups and lobbyists, by recognising them independently and positioning them so that they can speak directly and immediately with the EU institutions.
Following the ratification of the Treaty of Lisbon, the powers of the European Parliament have been enhanced and this is attracting increasing numbers of representatives asking for intervention.
To close, the Transparency Register mainly serves transparency and democratic, pluralistic interaction between the social partners, the citizens who gave parliamentarians a mandate and the EU institutions.
It goes without saying that all EU institutions and senior officers must have a place in any such Transparency Register.
(ES) Mr President, I should like to thank Mr Casini for the reports on this transparency register.
We are living through a crisis on an extraordinary scale, which has been with us for a long time and threatens to stay even longer.
A crisis like this worsens the public's living conditions and lowers their expectations for the future.
When economic crises prevent us from legitimising politics with the positive results we offer the public, we must contribute to this legitimisation with our scrupulous respect for the political values that we advocate: austerity, honesty, closeness to the public, and transparency.
This register is a step toward transparency, but just a step.
I am with my fellow Members who have stressed the need for this register to be obligatory, for it to incorporate the Council, and for it to include harsher penalties when irregular behaviour is detected.
(DE) Mr President, ladies and gentlemen, it will be an important step in the right direction when we vote on the transparency register tomorrow, but no doubt this will not be the last word on the matter.
Firstly, I am pleased that we have chosen a new name for the lobby register of the European Parliament, which dates back to 1996 and which is now to be known as the transparency register.
I find it regrettable to see who will be required to register in order to obtain a one-year building pass - the list includes public institutions and bodies.
As I have stated before, I can understand why it is necessary for a law society to register, but I find it harder to understand why public bodies which have never been active on a party-political level, and never will be, are also required to register.
In the final analysis, irrespective of all the transparency achieved, it all comes down to the moral compass of each Member of this House, as this dictates what he thinks is right, whom he meets and whom he decides not to meet, whom he listens to and whom he decides not to listen to.
After all, people also contact us using many other different communication channels.
(DE) Mr President, obeying your moral compass can be a tricky business.
I think it is all a matter of the independence of the Members of this House.
Of course lobbying becomes a problem if someone tries to change your convictions, using whatever arguments they can, particularly if these arguments are dishonest.
The fact is that even now the lobby register only covers 2 800 of the 20 000 lobbyists in Brussels.
The fact is also that here in this House we have far too few opportunities to develop sufficiently qualified expertise; this could be changed quickly by redirecting funding and this is something I would very much support.
This transparency register may be just a small victory, however it can be seen as a move in the same direction as Washington D.C., where the Lobbying Act on Disclosure has existed for some time.
This works better than anything we have here.
For my part, I believe that we should not only introduce the concept of a legislative footprint as soon as possible, but also a legislative fingerprint, in other words we should go public on all lobbyists with whom we come in contact and what our business is with them.
I would invite you to take a look at my website, where I have set up a lobby ticker that registers every lobbyist contact, irrespective of whether or not I am currently working on a legislative initiative.
(GA) Mr President, this report is important as it goes to the heart of the work we are doing in Parliament: preparing and implementing rules and laws.
As Mr Cassini said, the term 'lobbyist' is somewhat unfortunate because it creates the impression of privilege or corruption or both, whereas in reality these are experts in their field who help to inform us of the intricacies and the nuances of the various pieces of legislation that we are proposing.
I myself am at this point involved in an opinion on data protection and the number of groups that have come to me with their views amazes me.
I would like, if I were compelled to have a register, to record those who came to me as well, because in that way, we could have true transparency.
A register of lobbyists officially, but also a record of those who lobbied us.
That would create true transparency, greater credibility and ultimately greater trust.
Mr President, it has often been said that our citizens are unaware of the greater powers that this Parliament has had since Lisbon.
This may be true, and it is very unfortunate, because, rest assured, lobbyists - or those pretending to be lobbyists, as proven recently - are very much aware of the powers of this Parliament.
We co-decide on almost all major legislation in the EU, and that is a good thing, because we represent the people of the EU.
We are the only body directly elected by them.
Now, although this is, and will remain, one of the most transparent institutions in the Union, I still believe that with greater power comes greater responsibility, and this is precisely what we must strive to achieve in the months to come.
The agreement today with the Commission is not bad, but lobbyists must be obliged to put their names and their real interests in a register.
And this is what this Parliament is already demanding of lobbyists coming here to us.
I hope that the other institutions will follow suit.
I close by saying the following.
As you mentioned, I am a co-chair of this working group that we have in place.
I cannot say much about what we are discussing in detail.
I can assure you, however, that we will ensure that the rules of conduct for this Parliament will be some of the most transparent and will be rules which can make our citizens and ourselves proud of being members of this extraordinary institution.
- (SK) Mr President, I would like to start by applauding the fact that the submitted agreement will improve the situation in the area of EU transparency, but to be honest, it is still far from ideal.
However, it is good that lobbyists now have a greater incentive to join the register, as otherwise they will not get into the European Parliament.
There is also improved access to information concerning lobbyists, including their names, and we should also applaud the fact that lobbyists who fail to comply with the rules will face various penalties, for example they may be excluded from the register, which will mean they are blacklisted.
The question is whether these measures are enough.
For example, I cannot agree that registration is de facto mandatory when only registered lobbyists have access to Parliament.
In the interests of greater transparency it is essential for registration in fact to be de jure mandatory, and I hope we will achieve this in the current parliamentary term.
We also need to improve the rules on the submission of reports by firms of lobbyists regarding their outlays on lobbying activities.
The current setup allows lobbyists to report far less than they have really spent.
It is equally important to have transparency over the financial sources from which lobbyists and consultancy firms draw their revenue.
I would like to end by adding that I would very much appreciate it if Members would not confuse the topic of the 'transparency register' with that of the 'code of conduct', as it is a completely different issue.
Members who have fallen victim in some way - even if through their own fault - to fictional lobbying agencies, should not be motivated in such a way when establishing the rules of the 'transparency register'.
(SV) Mr President, a great deal has already been said, but it is worth repeating.
It is good that we have now finally agreed on a lobbyists register.
Many of us have been fighting for this for a long time.
However, it is still a very cautious proposal.
I nevertheless choose to see it as a first step that can be developed into a broad principle of public access in all of the EU's institutions.
The comments from the Council and from Commissioner Šefčovič today are very positive.
The principle of disclosure and transparency is one of the few truly effective instruments for minimising the risks of infringements and fraud.
It is also an important way of increasing confidence in those of us operating in this political system and in politics in general.
The next steps should be for all institutions to be included, for the register to be made mandatory and, like the approach taken in some Scandinavian countries, for this to be supplemented by a form of informant protection for whistleblowers, who are also extremely important for openness and transparency.
Thank you.
- (SK) Mr President, I welcome and fully support the establishment of a transparency register and a list of lobbyists intended both for organisations and for the independent lobbyists who participate in the creation and implementation of EU policy, because a tightening up of standards aimed at securing the stability and integrity of EU public administration and strengthening institutional regulations is a guarantee of the democratic functioning of the EU.
On the other hand, the register must not, of course, prevent Members from fulfilling their duties arising from their mandate and meeting their constituents or representatives of public bodies on behalf of Member States at the European Parliament.
There must, however, be clear rules applying to representatives of special interest groups, in order to ensure open, transparent and proper dialogue with those who seek to participate in some way in the creation of EU law and to influence that process.
Mr President, I speak as the rapporteur on the public Access to Documents Regulation No 1049/2001 and, in the spirit of the openness and transparency enshrined within that regulation, I welcome this agreement.
It is another step in the right direction because openness and transparency are at the heart of the democratic decision-making process and we should be made aware of all of those who influence and sometimes have an undue influence on policy, procedures and outcomes.
However, we need to do more work, we need to ensure that the transparency and integrity of the work of lobbyists at the EU level is of the highest.
Furthermore, we need to make the new register operational as quickly as possible and, as soon as the register is operational, all persons and organisations falling into its scope should provide correct, up-to-date information so we can see who is influencing what.
Finally, let me quote Jana Mittermaier of Transparency International: 'The new register will be a test of the commitment of all parties involved in lobbying to greater openness.'
You could not say it more succinctly.
(ES) Mr President, I should like to say that the 21st century is the century of the Web, the century of WikiLeaks and the century of institutional openness.
That means transparency and public participation, and we must be partly responsible for constructing our decisions.
We must decide together.
Our work must therefore be proactive in nature.
We cannot simply wait for lobbies and interest groups to pressure us: we must make the effort to get close to the public; to listen to them.
I therefore believe that the transparency register and fingerprinting algorithms will be effective, and, far from limiting and causing fear, they are an opportunity to improve our reports and gauge our results.
I believe that this is the only way we can move toward becoming a modern parliament.
I have been in charge of one report and in the explanatory statement I listed all the agents with whom I worked, because it is a way of working and an attitude that we should clearly separate from all the irresponsible acts we have seen in the past.
(FR) Mr President, I too would like to express my satisfaction at this text, which I will be pleased to vote for tomorrow.
I would simply like to point out that the recent scandals we have witnessed are attempts at bribery, and nothing else.
While this is a serious matter, these are recent developments.
We began our work long before these recent, serious developments, which are covered in another piece of work.
They are isolated cases, and a good job too.
Nevertheless, we can see that a number of groups are employing considerable resources and are doing all they can to influence decision making as much as possible. This register is therefore a step in the right direction.
I contributed to its development and I am also extremely satisfied with the work that has been done.
However, further steps must be taken.
This register must become a dynamic instrument and one which is assessed on an annual basis.
It should be anything but rigid.
In fact, I think that developments in technology and in the means employed by lobbyists will force us to continually review the instrument in order to ensure its effectiveness and to identify, through a directive, who is performing lobbying activities, for how much money and in what way. I am also entirely in favour of ecological footprints - I mean legislative footprints - which publishing the number of lobbyists and the names of the people they met in the reports could provide, and I am in favour of being able to find out exactly who said what and who influenced whom.
Finally, publishing the register is one thing, explaining how it works is quite another.
Citizens also need to be given the means to consult these registers so that they can make meaningful use of the information when trying to understand how we make decisions.
That is why our group will vote unreservedly in favour of this text.
(DE) Mr President, lobbying is a central instrument for the involvement of citizens in political life, which is why it is important to prevent its misuse.
That is why there is an urgent need for a transparency register for all institutions, not just Parliament and the Commission, but also for the Council, after all that is where the real decisions are made.
To restate the point, registration must be mandatory, not just for access to Parliament, after all lobbyists certainly do not just seek out their contacts in the Parliament building itself, but also, more often than not in restaurants, at cocktail receptions or in the gym.
I would also like to say a word about transparency in relation to the political parties.
Even if these are one-man parties and act as a one-man operation, seeking to portray themselves as whiter than white, these parties and persons must demonstrate the requisite level of transparency.
They must ensure transparency in relation to their assets, their claims on the public purse and the reimbursement of campaign costs, in other words in relation to the actual moneys they have received from public bodies in their own countries during their election campaigns.
These costs should be documented in a transparent manner.
(PL) Mr President, thank you very much for the opportunity to take the floor.
In common with the majority of those in this Chamber, I agree that a register will represent progress in terms of the transparency of the legislative procedure, but in my opinion this is only a first step.
We should give serious consideration to other steps and solutions.
As I see it, what is most important is the question of what MEPs are allowed to do.
Are MEPs only allowed to work in a professional capacity here in Parliament, or are they also allowed to undertake other activities in addition to their work in Parliament?
I personally believe that these other activities should be very narrowly defined, and should be limited to scientific work and publications.
Any other activities on various boards will always provoke questions and doubts.
(SV) Mr President, the Treaty of Lisbon has granted increased powers to the European Parliament and with this also comes an increase in responsibility.
Transparency in our work is therefore extremely important in view of the fact that our work involves legislation for 500 million people and often very large sums of money.
The register for lobbyists that has now been decided on in the compromise is, of course, very worthwhile, and I hope that we can go further by providing informant protection for whistleblowers.
I also hope that we can go further and ensure that the information in the register for financial contingent liabilities or ownership becomes mandatory rather than voluntary, as it is at the moment.
I hope, too, that we will have a debate on what subsidiary activities are appropriate from an ethical point of view when we have a job to do as Members of the European Parliament.
I welcome the compromise and see it as a way forward, but there are many more steps to take on this road to transparency, openness and greater democratic trust.
Thank you.
Vice-President of the Commission. - Mr President, I think Mr Weber rightly said that the transparency register being jointly managed is something to be proud of because, with the exception of the United States or Canada, I do not know of any other place outside the European Union where such a lobbies' register with such parameters as we are going to establish is functioning.
Here I am also referring to Member State capitals.
The question that was raised by several speakers, the first being Mr Groote and then Mr Häfner, concerned the mandatory register.
We, in the working group, are discussing this issue at great length.
The problem is that currently we do not see the legal basis that allows us to oblige companies, citizens or interest representatives to register in order to exercise their profession.
We, as an EU administration, cannot refuse to deal with such an entity or entities on this basis.
Therefore we have been looking for ways in which we can turn to the positive motivation of companies, organisations and lobbies to register.
I think we achieved a lot because, with the agreement of Parliament, we are actually turning this system into a mandatory one.
With our joint actions, together with the Council, we will increase the reputation and pressure so much that we will see in the next two years how this is to work and it will give us additional experience to have a high-quality review and we will see how we can improve the working of the system further.
The calls for appropriate verification as regards financing the activities of those who register: here I can assure you that the Commission is already performing random checks on all the registrants that are already in the register and I am sure that these activities will even increase once we manage the register jointly.
All those who are in the register should be sure that if there is something inappropriate we will find it, we will criticise it, try to correct it and we will not be afraid to shame those responsible.
I was very glad - I am coming back to this because several speakers referred to the importance it - that all three institutions are progressing in this work.
I am sure that after this very important opening by the Hungarian Presidency, we will not waste a minute and we will try to start the interinstitutional talks with the Council as soon as possible so we can find, I am sure, a very accommodating manner in which to manage the register together, the three institutions working on this issue with the same goal of increased transparency of European Union legislation.
The last point that was raised by several speakers and described by Mr Casini: the transparency register is definitely not a silver bullet or a magical solution to fight corruption.
We know very well that high moral standards, ethics, dignity and clear rules are key.
But it would certainly serve as a very good instrument and good indicator that those who register are prepared to respect the rules and be transparent, that they have nothing to hide and - this should be the key indicator for all of us - that they should be real partners to work with us and exchange information with us and that they have trust in our future communication.
President-in-Office of the Council. - (HU) Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, please allow me to welcome, as a representative of a Member State which has had an act providing for lobbying since 2006, today's debate and the fact that Parliament and the Commission are able to agree in the issue of the transparency register.
Transparency has always been a very important issue for the Council.
I am very happy to see that while we did not manage to achieve progress in 2008 and 2009, we now made a breakthrough during the Hungarian Presidency in that the Council is prepared to monitor processes, and inasmuch as it is able, will participate in this activity - we will see to what extent, negotiations are still to follow.
So we are ready for negotiations concerning our contribution and, as I indicated in my introductory speech, we think that we would affirm this intention in a political declaration to be issued in June.
So this does not mean that we would accede to the interinstitutional agreement.
The reason why Member States can accept this formula at the moment - which, I must emphasise once again, is a significant progress compared to the previous years - is that lobby organisations do not approach the Council as a European institution, there have been very sporadic examples for that.
The targets of lobbying activities are rather the Member States, the governments of Member States, and governmental agencies.
So the Council is not exposed to lobbying to the extent the Commission or the European Parliament is.
Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, I hope cooperation will be efficient, and we will be able to make this political declaration after these negotiations.
rapporteur. - (IT) Mr President, ladies and gentlemen, I would like to clarify a few things.
I too would like to strongly emphasise that this agreement was concluded long before the outbreak of the episode with the British journalists.
Unfortunately, this is one way in which false information is spread through the media.
For example, a major Italian newspaper, the Corriere della Sera, has today poked fun at Europe by saying that we acted too late and only after these events with journalists.
This is not true.
It unjustly encourages distrust of Europe.
The agreement had been reached long beforehand.
If anything, this discussion has arisen with some delay because, once the scandal had exploded, we wondered if we could attempt to further strenthen the agreement.
The text has, however, remained the unchanged.
That is the first clarification.
The second concerns the question of obligation.
The register is already mandatory.
Those who want to lobby must enrol themselves in the register.
I cannot understand what 'obligatory' means: it cannot mean that all companies, all enterprises or all citizens must be entered in this register.
That is not possible.
If anything, it is up to individual MEPs, who, when approached by someone who wants to exert pressure on them, must invite them to register before making contact.
The third point refers to possible future amendments.
There is a working group for this purpose, which I think needs to have as much room for manoeuvre as possible.
I agree that we should identify the lobbyists encountered during the course of the negotiations but I do not know if this task belongs only to the rapporteur or whether it should be extended to the President.
We grant the working group the freedom to submit any necessary recommendations.
Finally, I too wish to thank both Mr Šefčovič, who has made a huge contribution to the implementation of this agreement, and the representative of the Hungarian Government, for, among other things, the assurance given about the Council joining the agreement in short order, which without doubt has its own uncertainties seeing as the Council certainly represents the second chamber in this case.
If the Council is also equipped with the register, this would therefore underline more effectively that the structure of Europe is made up of a government - the Commission - and a legislative body, consisting both of representatives of citizens and of states.
Howver, I realise that there are still questions to be answered, since the Council of Ministers represents the states.
I am, however, confident that we will come to a positive conclusion.
The debate is closed.
The vote will take place on Wednesday, 11 May 2011.
Written statements (Rule 149)
, in writing. - We always pride ourselves on being the most open among the European institutions.
However, the recent past has demonstrated that, no matter the advantages this provides, the system has its drawbacks, too.
We all know how European citizens have lost and keep losing their confidence in Europe and, let us be honest, in us MEPs.
An important way of regaining this trust is being open about what we do and what influences shape our work.
The joint transparency register that we are to adopt today by voting yes to the two reports on the table is a great first step in this direction.
It is a 'first step' as this will not solve all our problems.
Even if it would be difficult to do it now, in the future we shall move towards mandatory registration for lobbyists.
I would also like to underline that such a register does not replace our individual efforts for transparency and the need for rethinking our work in this regard.
I welcome the common transparency register of the Commission and the European Parliament, at least in this form.
However, it should be just one of a series of essential steps towards greater transparency in the legislative process, which should apply to all three European institutions.
The European Parliament is clearly willing to hold a serious debate on lobbying and the rules for lobbying.
This will also set an example to those Member States that have yet to take such a step.
I believe that the transparency register will also contribute towards the greater credibility of the political environment.
Its actual impact, however, will depend mainly on the willingness of everyone involved to respect the more stringent rules.
, in writing. - (NL) I can only applaud the fact that the Commission and Parliament are pulling together to create a common 'transparency register' for lobbyists, think tanks and other interest organisations.
After all, for every dossier on our agenda, we need to be able to make enquiries of various interest groups and to do so completely openly.
There is nothing wrong, by the way, with organisations defending their own interests, as long as this takes place in an open and balanced fashion.
The principle of 'legislative footprint', whereby rapporteurs have to state with whom they have been in contact in the process of drafting their proposals, is a good policy.
I have actually already addressed this in my report on toy safety.
Clear arrangements to make this principle generally applicable will enhance transparency.
This is also a suitable instrument to bust the myths about lobbying which are circulating amongst the general public, whose common interest we, as members of the European Parliament, are promoting.
The fact that the Council, also, eventually expressed its willingness to join this register means that we are going to have a unique register for all EU lobbyists, which is something that we, together with the European Parliament, have been working towards for years.
I therefore support this approach. | Accord interinstitutionnel sur un registre commun de transparence - Modification du règlement à la suite de la mise en place d'un registre de transparence commun
L'ordre du jour appelle la discussion commune sur:
le rapport de Carlo Casini, au nom de la commission des affaires constitutionnelles, sur la conclusion d'un accord interinstitutionnel entre le Parlement européen et la Commission sur un registre commun de transparence, et
le rapport de Carlo Casini, au nom de la commission des affaires constitutionnelles, sur la modification du règlement du Parlement européen à la suite de la mise en place d'un registre de transparence commun entre le Parlement européen et la Commission.
rapporteur. - (IT) Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je ne ferai qu'une seule déclaration concernant les deux points, qui portent sur le même sujet.
Avec ce débat et le vote qui suivra, nous achèverons une tâche et clorons une période de négociation au sein du groupe de travail présidé par Mme Wallis et composé de collègues de tous les groupes politiques, ainsi que d'une délégation de la Commission menée par M. Šefčovič, qui a abouti à l'élaboration d'un accord pour la création d'un registre de transparence commun.
La commission des affaires constitutionnelles (AFCO) a préparé ce rapport en quelques mois et a également finalisé un rapport sur la modification du règlement du Parlement.
Personnellement, j'ai été très surpris de voir que cet accord sur la transparence a suscité autant d'attention au sein de l'opinion publique.
Je crains que les gens ne pensent que les résultats auront un plus grand effet que celui effectivement escompté.
La transparence est la défense d'une bonne action politique, mais ce n'est pas le bon instrument pour aller au cœur de la corruption.
Les cas récents de journalistes tentant de corrompre quelques députés européens pourraient également se produire en dehors de l'enceinte parlementaire.
En outre, les corrupteurs potentiels savent comment éviter d'être identifiés et les registres ne constituent, dès lors, pas un remède miracle.
L'instrument à la hauteur de cette tâche est le droit pénal.
Cependant, si le droit pénal des États membres n'est pas suffisant, nous devrons relire les articles 82 à 86 du traité de Lisbonne, réfléchir à la question de savoir si nous pouvons considérer la corruption des députés européens comme de la criminalité transfrontalière ou comme un acte autrement préjudiciable aux intérêts financiers de l'Union et décider s'il y a lieu ou non de créer un poste de procureur européen, ce qui, en outre, serait un pas important sur la voie de l'unité.
Le registre de transparence remplit une tâche plus modeste.
Dans certains pays, le terme de lobbyiste a une signification négative, alors que dans d'autres, le lobbying est quasiment considéré comme un acte de service public parce qu'il informe les décideurs sur des questions dont ils n'auraient peut-être pas connaissance autrement.
Le lobbying est particulièrement important pour le Parlement européen, parce qu'il arrive souvent que les questions auxquelles les députés sont confrontés soient d'une complexité et d'une technicité élevées et nous avons presque toujours besoin de trouver un équilibre entre les entreprises et les pays ayant des intérêts divergents.
C'est à ce niveau que les lobbyistes deviennent très utiles.
Ainsi nous ne les appellerons plus des lobbyistes mais des parties intéressées.
Bien sûr, les intérêts peuvent être contradictoires, et à raison.
J'étais juge avant et je peux dire que l'examen contradictoire des parties opposées fait partie des conditions pour découvrir la vérité et obtenir la justice.
Le fait d'avoir des lobbyistes ou des parties intéressées ayant des intérêts contradictoires constitue donc une bonne chose: ce qui est important est que le juge - et donc également le député - conserve sa liberté de pensée et son indépendance et continue de rechercher honnêtement le bien commun.
D'où la création du registre de transparence, d'un commun accord entre le Parlement et la Commission dans l'espoir que le Conseil rejoigne bientôt l'accord.
Les personnes qui souhaitent représenter leurs intérêts sont libres d'accéder à nos locaux mais elles doivent être inscrites dans le registre, où toutes les informations nécessaires pour identifier leur statut juridique et financier seront consignées.
Le registre est public.
Il y a également des organisations qui ne poursuivent pas des intérêts égoïstes mais essaient de collaborer aux politiques européennes au nom de valeurs générales, comme les églises, les partis politiques et les régions.
Elles ne doivent pas être ajoutées à ce registre: cependant, si elles ont des bureaux distincts chargés exclusivement de maintenir le contact avec les institutions européennes, elles doivent être incluses dans leur registre; elles seront néanmoins soumises à un régime juridique différent de celui des parties intéressées.
Comme cela a déjà été indiqué, le nouveau registre implique également une modification du règlement intérieur.
C'est pourquoi il y a deux rapports, mais en tout cas, il ne s'agit que d'un premier pas vers une transparence plus totale.
Certaines hypothèses sont déjà à l'étude et pourraient devenir des règles après mûre réflexion, d'où le point 9 du document adoptant l'accord qui indique la possibilité que les rapports contiennent les détails des parties intéressées qui ont rencontré les députés pendant la préparation du rapport en question.
Cette disposition, rédigée en des termes larges, prévoyant la possibilité d'apporter des modifications m'amène à exprimer un avis négatif sur les modifications qui limiteraient de telles délibérations futures.
J'espèce cependant que le Conseil rejoindra cet accord rapidement et qu'il y a également un consensus immédiat et vaste dans ce Parlement, un signal fort du devoir de transparence et également un appel à l'action.
J'espère que le vote est presque unanime.
présidente en exercice du Conseil. - (HU) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, la transparence est un principe particulièrement important des institutions démocratiques.
C'est particulièrement vrai pour les institutions européennes, car - comme on le sait - elles sont souvent accusées d'exclusion et de fonctionnement non transparent.
Le Conseil s'engage à faire des efforts pour garantir le niveau le plus élevé de transparence entre les institutions et les organes de l'Union européenne.
Le Conseil sait également que les citoyens attendent de ceux qu'ils ont chargé de gérer leurs affaires qu'ils respectent les exigences les plus strictes possibles; c'est pourquoi le Conseil salue l'initiative du Parlement européen et du Conseil de créer un registre de transparence.
Je salue particulièrement les rapports de M. Carlo Casini.
Si le Parlement les approuve, il sera possible de créer le registre de transparence dans les mois à venir, sur la base des rapports.
De cette manière, nous pouvons démontrer une fois de plus que l'Union européenne s'engage en faveur de la transparence pas uniquement dans ses mots, mais également dans ses actes.
Je saisis l'occasion pour souligner que je suis au courant que le Conseil a été invité à participer au registre de transparence.
Jusqu'ici, le Conseil n'a pas eu l'intention de participer pleinement au processus car, contrairement au Parlement et à la Commission, le Conseil n'est, par sa nature, pas concerné par l'activité des représentants d'intérêts.
En général, ceux-ci ne contactent pas le Conseil en tant qu'institution, mais ciblent leurs activités au niveau des États membres.
Néanmoins, j'ai déjà expliqué que le Conseil est disposé à participer au registre et à suivre son activité.
Nous sommes également disposés à discuter des aspects du rôle possible du Conseil avec le Parlement et la Commission, sans retarder, naturellement, l'entrée en vigueur de l'accord entre ces deux institutions.
Mesdames et Messieurs, sur la base de la récente décision du Conseil, nous étudions à présent la possibilité de faire une déclaration politique pour le lancement du registre en juin.
vice-président de la Commission. - (EN) Madame la Présidente, la transparence est une question d'intérêt et de préoccupation pour les citoyens et est essentielle pour accroître la légitimité démocratique de l'Union européenne.
Je suis très heureux de vous informer qu'aujourd'hui déjà nous comptons plus de 3 800 inscriptions dans le registre de la Commission.
C'est pourquoi je suis absolument convaincu que l'adoption d'un registre de transparence commun contribuera considérablement à améliorer la transparence du processus décisionnel de l'Union européenne et à apporter une réponse directe aux préoccupations des citoyens.
Je souhaiterais louer le travail très constructif que nous avons développé dans notre groupe de travail commun.
Je souhaiterais ici rendre hommage à Mme Wallis, notre Présidente pour aujourd'hui, M. Casini, notre rapporteur, ainsi qu'à M. Leinen et à Mme Durant.
C'était un groupe excellent et c'était un vrai plaisir de travailler ensemble.
Le résultat de notre travail est un projet très équilibré et pragmatique d'accord interinstitutionnel, que nous soumettons aujourd'hui au Parlement pour examen et discussion.
Un vote favorable demain permettra à nos deux institutions de lancer conjointement le registre au mois de juin.
Cela enverra indubitablement un signal politique fort confirmant notre intention d'appliquer des pratiques transparentes et éthiques sur la scène européenne.
Le registre vise à donner aux citoyens plus de transparence concernant les organisations et les personnes agissant en qualité d'indépendants qui participent à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques de l'Union.
Je comprends qu'il y a eu quelques inquiétudes à propos des instances publiques régionales, c'est pourquoi je ferais mieux de mettre les choses au clair.
La question était de savoir si elles doivent s'enregistrer.
Je pense que si nous lisons le texte attentivement, il est vrai qu'il ne reflèterait pas leur vraie identité et ne reflèterait pas le fait qu'elles assurent la représentation directe de leurs concitoyens tel que le prévoient leurs propres systèmes constitutionnels.
Une lecture attentive du contenu de l'accord devrait pleinement rassurer à ce sujet.
En effet, le texte mentionne explicitement que les autorités locales, régionales et municipales ne sont pas censées s'enregistrer.
Cette approche est même renforcée par l'annexe I, qui indique que les pouvoirs publics eux-mêmes ne sont pas censés s'enregistrer.
Les services faisant partie intégrante de l'administration, constitués de fonctionnaires locaux, régionaux et municipaux et se livrant à des activités correspondant à des attributions institutionnelles ou constitutionnelles ne seront pas non plus censés s'enregistrer.
J'espère que cette explication aidera à apaiser les inquiétudes que j'ai notées ces derniers jours.
Pour finir, un mot sur la dimension interinstitutionnelle.
Je crois que nous sommes tous d'avis que la réalisation d'une coopération commune avec la Commission et le Parlement serait consolidée davantage par la participation du Conseil.
C'est pourquoi, je suis très reconnaissant à la Présidence hongroise et la remercie de tout cœur d'avoir changé sa position au sein du Conseil et de mettre celui-ci dans un état d'esprit positif en recherchant les manières dont nous pouvons organiser au mieux la relation entre le Conseil, la Commission et le Parlement dans la gestion du registre, car le signal politique que les trois institutions prennent cette question au sérieux, et que les trois institutions vont aborder la question de la transparence ensemble, sera un signal très puissant.
Je suis sûr qu'avec un tel appui politique des trois institutions, le seuil des 4 000 inscrits sera atteint très bientôt.
au nom du groupe PPE. - (DE) Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le Commissaire, la transparence constitue une pierre angulaire de la démocratie, qui garantit que les citoyens savent qui exerce de l'influence et comment les décisions sont prises.
Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le Parlement européen jouit d'un pouvoir considérablement accru.
C'est pourquoi il est bon que notre mode opératoire soit toujours ouvert à la discussion et que nous nous remettions en question.
Les négociations entre le Parlement européen et la Commission concernant le registre de transparence sont un succès et nous avons maintenant produit un excellent résultat.
Je voudrais souligner à nouveau que c'est une bonne chose que nous ayons trouvé des règles claires pour les autorités locales et régionales, et même pour les Églises, qui correspondent bien à leurs intérêts.
Je voudrais dire également que nous ne considérons pas le lobbying comme une mauvaise chose en soi.
Nous avons besoin d'avis d'experts et nous devons pouvoir faire appel à des experts pour notre travail.
Au final, il est important que nous, en notre qualité de député, puissions examiner les questions librement et prendre des décisions en toute indépendance.
Je voudrais à présenter déclarer qu'en tant que députés, nous avons de quoi être fiers.
Si nous comparons la situation au niveau national, nous constaterons qu'il n'y a que quelques États membres de l'Union européenne qui ont déjà créé un registre de transparence à ce niveau.
À Berlin, la capitale de mon pays, où je vis également, un tel registre de transparence n'existe pas, c'est pourquoi nous devrions tous avoir conscience du fait qu'il s'agit d'un pas en avant vraiment important.
Je souhaiterais dire au Conseil la chose suivante: si cette question ne pose aucun problème au Conseil parce que les lobbyistes y ont très peu d'influence, il devrait être plus facile pour eux d'adhérer au registre de transparence.
Le Conseil pourrait ainsi surmonter sa résistance interne.
Enfin, Madame la Présidente, je signalerai que si au Parlement nous souhaitons nous dégager de l'influence des lobbyistes dans une plus grande mesure à l'avenir, nous aurons alors besoin d'un plus grand soutien et de plus de personnel pour nous permettre de faire plus pour les citoyens de l'Union européenne.
au nom du groupe S&D. - (DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je tiens tout d'abord à remercier le rapporteur et toutes les personnes participant à ce processus car demain, après le vote, une longue période de travail intense arrivera enfin à son terme.
C'est une bonne journée pour l'Europe, pour le Parlement européen en tant qu'institution, et pour la Commission, parce que nous avons réussi à faire démarrer un registre de transparence commun.
Il s'agit d'un pas important certes, mais la route est encore longue.
Je voudrais aborder deux points.
Le premier est que le registre n'est pas vraiment obligatoire.
Cela doit être dit ouvertement à ce stade.
J'ai une question pour M. le Commissaire à cet égard: la Commission a toujours prétendu qu'il n'existait pas de cadre juridique approprié à cette fin.
La Commission est-elle prête à mettre en place un tel cadre juridique, afin que nous ayons un registre obligatoire après la révision?
J'ai été très satisfait de la déclaration du Conseil indiquant qu'il ne prévoit aucune difficulté à rejoindre notre registre, comme M. Weber vient de le signaler.
J'ai bon espoir que le Conseil maintiendra cette position jusqu'au bout, car le registre ne sera réellement complet que si les trois institutions de l'Union européenne ont un registre commun et si ce registre est également obligatoire.
En tant que groupe, nous appuyons l'amendement déposé par un autre groupe qui exige que l'argent dépensé en lobbying soit également consigné dans le registre de transparence; nous avons l'intention de soutenir cet amendement.
Concernant les divers groupes nationaux de lobbying, il a été clairement indiqué que ceux-ci ne seront pas inclus dans le registre.
Je voudrais remercier tous mes collègues pour leur volonté de compromis sur cette question.
Cela aurait vraiment été un mauvais point pour cet accord si les lobbies nationaux avaient été traités de la même manière que les lobbyistes industriels ou les autres associations professionnelles.
Madame la Présidente, les scandales récents ont certainement mis à nu le pouvoir que les lobbyistes peuvent exercer sur le Parlement, c'est pourquoi le groupe des libéraux salue vigoureusement la simplification du registre des lobbyistes, qui crée effectivement un système obligatoire simple qui devrait conduire à une plus grande transparence et à des processus consultatifs améliorés.
Je me félicite particulièrement du paragraphe 9 du rapport, qui invite le Bureau à concevoir un système d'empreintes législatives par lequel les rapporteurs peuvent consigner ceux qui ont fait pression pendant l'avancement d'un projet de loi.
Il s'agit d'une question sensible, mais je pense que ce système représenterait un pas en avant supplémentaire dans l'accroissement de la légitimité populaire du Parlement et de la qualité de notre processus législatif.
Le système ne peut être complet que si le Conseil - qui est la deuxième chambre de notre corps législatif - participe, mais je salue les efforts qui sont faits et je remercie la Présidence pour sa déclaration de cet après-midi.
(L'orateur accepte de répondre à une question "carton bleu" (article 149, paragraphe 8, du règlement))
(DE) Madame la Présidente, je souhaiterais remercier M. Duff d'évoquer la question de l'empreinte législative.
Pensez-vous qu'une empreinte législative, dont l'ampleur doit encore être déterminée, pourrait également limiter les travaux du Parlement européen?
Par ailleurs: selon vous, quel sera la portée de l'impact de l'empreinte législative?
(EN) Madame la Présidente, je pense qu'il s'agirait d'une expérience.
Comme toutes les expériences, si elle s'avérait fructueuse, la pratique serait généralisée.
Cependant, je crois qu'elle doit être limitée aux rapporteurs qui sont responsables de la rédaction d'un acte législatif au nom du Parlement.
Ils doivent publier le nom des personnes qu'ils ont rencontrées officiellement au cours de leurs travaux.
Je crois que cette mesure encouragerait un lobbying intelligent et informé au Parlement.
Nous savons tous que nous dépendons de la spécialisation et de l'expertise de professionnels en dehors de ce Parlement pour produire des projets de qualité.
au nom du groupe ECR. - (EN) Madame la Présidente, permettez-moi tout d'abord de remercier M. Casini pour son travail en produisant cet accord interinstitutionnel.
Les membres de la commission des affaires constitutionnelles et la Commission ont bien travaillé pour concevoir un rapport sérieux et pratique qui contribuera à améliorer la transparence du processus législatif.
Madame la Présidente, c'est une bonne chose que vous présidiez aujourd'hui; je vous remercie de votre travail dans les négociations entre le Parlement et la Commission.
Ce rapport adopte une approche proportionnelle; il est utile et je crois qu'il fera du bien.
Il reconnaît le rôle important que les gouvernements régionaux et locaux jouent dans l'élaboration de la législation européenne, et c'est pourquoi il établit clairement la distinction entre les lobbyistes et les responsables des gouvernements locaux et régionaux.
Bien que le rapport soit un pas dans la bonne direction, beaucoup reste encore à faire.
J'espère que ce registre - s'il s'avère un succès - deviendra un registre obligatoire des lobbyistes.
Je suis d'accord avec M. Duff quand il propose que les rapporteurs doivent citer les lobbyistes avec qui ils ont eu des contacts pendant l'élaboration d'un acte législatif.
Il ne fait aucun doute que nos électeurs se montrent plutôt soupçonneux à notre égard dans ce Parlement.
Plus il y a de transparence et d'ouverture, mieux c'est.
Dans cet état d'esprit, permettez-moi de dire que le seul problème de cet accord est qu'il manque une institution.
C'est décevant que le Conseil ne se soit pas joint.
En tant que colégislateurs, les États membres devraient se réunir et se joindre au registre afin que nous puissions atteindre un processus législatif réellement transparent.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, la politique est bâtie sur la confiance.
Les députés de ce Parlement ont été élus lors d'un scrutin libre et secret par les citoyens de nos États membres, qui attendent, à raison, que nous respections leurs intérêts, autrement dit le bien commun, dans l'ensemble de nos discours et de nos décisions, au lieu de poursuivre nos propres intérêts ou les intérêts de tierces parties, qu'il s'agisse de groupes commerciaux ou d'autres groupes d'intérêts.
Cependant, nous savons également qu'à Bruxelles, par exemple, nous sommes entourés par plus de 10 000 lobbyistes professionnels, qui font exactement ce que leur description de poste indique, à savoir tenter d'exercer une influence sur les députés du Parlement et sur la Commission.
Ce n'est pas possible d'enrayer ce phénomène car il est parfaitement normal - nous vivons dans une société libre et ouverte - cependant, nous devons faire entendre notre voix au sein de cette structure et conserver notre indépendance.
Nous n'y avons pas toujours réussi, et des députés ont enfreint ces règles, ce qui est l'une des raisons principales pour lesquelles nous souhaitons améliorer notre règlement.
La transparence est l'une des principales conditions préalables de la confiance et c'est précisément ce à quoi nous travaillons en ce moment.
Après des négociations extrêmement longues, nous avons réussi à nous mettre d'accord sur ce registre de transparence avec la Commission.
Il est vrai que j'aurais préféré que le Conseil se joigne également au projet.
Le groupe Verts/Alliance libre européenne s'est longuement battu pour y arriver.
Nous sommes ravis d'y être arrivés et sommes également plutôt fiers du résultat, cependant je dois dire que nous ne sommes pas satisfaits de tous les aspects.
Nous aurions préféré que le registre soit obligatoire, pas uniquement pour ceux qui travaillent dans les bâtiments de la Commission et du Parlement, mais également pour ceux qui exercent leur métier ailleurs, par exemple autour d'un verre de vin dans l'un des nombreux bars de Bruxelles.
Nous voulons que le registre ne s'applique pas seulement au Parlement et à la Commission, mais également au Conseil.
Nous voulons que les détails financiers disponibles soient plus précis et significatifs.
Nous croyons que les montants des fonds consacrés doivent être mesurés de manière identique, au lieu de ce qui est proposé aujourd'hui, à savoir que les petites opérations sont mesurées en tranches de 50 000 euros, alors que les plus grandes sont mesurées en tranches plus élevées, ce qui rend difficile de déterminer avec exactitude les montants en jeu.
Nous sommes également partisans de contrôles réguliers par un secrétariat commun.
Néanmoins, c'est une bonne journée pour l'Europe car elle nous apporte plus de transparence.
Je voudrais remercier tous les participants pour ce qui a été atteint.
au nom du groupe GUE/NGL. - (DA) Madame la Présidente, ce rapport est un pas vers une plus grande ouverture et vers un registre des lobbyistes obligatoire pour quiconque tente d'influencer l'Union européenne.
Cependant, le chemin est encore long avant d'atteindre notre objectif.
De plus, alors que des députés corrompus ont été démasqués, nous devons également mettre de l'ordre au sein de notre propre Parlement.
Nous devons préciser qu'il est inacceptable que des députés aient un emploi rémunéré, quel qu'il soit, sur le côté, qui pourrait mettre en cause notre intégrité.
En outre, nous devons disposer de moyens efficaces de contrôle et de règles pour déterminer les conséquences qu'implique le non-respect des règles.
Nous devons également instaurer des règles claires pour la protection des dénonciateurs, de manière à éviter que le messager ne soit tué.
Nous attendons avec impatience le rapport de la commission spéciale et, à cet égard, nous attendons impatiemment une révision rapide de l'accord dont nous discutons ici aujourd'hui et du règlement du Parlement.
(L'orateur accepte de répondre à une question "carton bleu" (article 149, paragraphe 8, du règlement))
(DE) Madame la Présidente, Monsieur Søndergaard, je voulais vous demander ce que vous pensez de l'approche de l'empreinte législative et ce que signifie, selon vous, le fait que le registre de transparence continuera d'être non obligatoire, autrement dit que des lacunes énormes continueront d'exister.
(DA) Je vous remercie pour votre question.
Elle me permet d'insister sur le point que j'ai déjà évoqué, à savoir qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'atteindre notre objectif.
Nous ne pensons pas que nous l'avons déjà atteint.
Nous pensons qu'il manque encore quelque chose.
Il est évident que la question de la nature obligatoire du registre est absolument cruciale.
Nous pensons que l'idée d'une empreinte digitale dans les textes législatifs est bonne et que nous devrions l'appliquer, mais bien sûr nous pensons également qu'elle doit être obligatoire pour fonctionner.
Cependant, comme je l'ai dit, il s'agit d'un pas dans la bonne direction, et nous espérons que, lorsque nous recevrons le rapport de la commission spéciale et que ce texte devra être révisé - car il doit être révisé dans les deux ans - nous aurons l'occasion d'atteindre notre objectif, parce que nous devons atteindre pleinement notre objectif dans ce domaine.
(EN) Madame la Présidente, ainsi nous allons avoir un registre de transparence!
Sans surprise, il n'est arrivé que parce que des journalistes britanniques entreprenants ont pu démontrer la facilité avec laquelle certains députés européens ont succombé à l'attrait de l'argent.
À ce moment, le Parlement européen, un peu dans le genre du commissaire dans le film Casablanca, s'est déclaré choqué - choqué! - de découvrir qu'un lobbying corrompu avait eu lieu sous son nez.
Ce registre revêt toutes les caractéristiques de la porte de l'écurie que l'on ferme longtemps après que le cheval s'est enfui.
Le registre ne changera pas grand-chose: les lobbyistes se frayeront toujours un chemin.
Un système volontaire d'enregistrement avait été introduit; il était plutôt inefficace.
Aujourd'hui, un peu de lumière éclairera ce qu'il se passe, mais la plus grande partie en sera repoussée dans les profondeurs sombres du marécage; et la vie continuera.
Comme d'habitude, ceux qui respectent les lois supporteront le poids de la paperasserie, et les délinquants trouveront simplement un moyen de continuer.
Tant que l'argent des contribuables courra les couloirs de Bruxelles dans les quantités que l'on sait, il y aura toujours des lobbyistes peu scrupuleux, tout comme là où il y a de la charogne il y a des vautours.
(L'orateur accepte de répondre à une question "carton bleu" (article 149, paragraphe 8, du règlement))
(DE) Monsieur le Président, Monsieur Agnew, si je suis partisan d'un échange bien mené pendant les débats, je suis moins content quand les matières sont présentées de façon inexacte.
C'est pourquoi je vous demanderai de bien vouloir rectifier votre dernière déclaration.
Vous venez d'affirmer que le Parlement discute de la question d'un registre de transparence juste parce que plusieurs quotidiens britanniques ont récemment attiré l'attention du public sur une histoire en particulier.
Je vous demande donc d'expliquer au Parlement et au grand public que nous avons commencé à discuter de cette question il y a un certain moment et que ce registre de transparence avait déjà été décidé avant même que l'affaire que vous évoquez ne se produise.
(EN) Monsieur le Président, ces événements semblent avoir déclenché toute la chose.
Je ne veux pas que des députés britanniques soient ici de toute façon.
Je ne vois pas pourquoi nous devons tolérer que des institutions étrangères telles que celle-ci gèrent nos affaires.
Plus nous allons vers le Sud et l'Est, plus la culture de la corruption s'aggrave.
Je ne l'aime pas, et je ne veux pas que mon pays y participe.
(DE) Monsieur le Président, nous savons tous qu'il n'y a pas que le Parlement européen, mais également l'Union européenne dans son ensemble qui souffre d'un énorme problème de crédibilité.
Je suis sûr que c'est quelque chose que M. Häfner ne veut pas entendre, mais même si le Parlement est finalement parvenu à un accord sur ce registre de transparence, ployant sans doute sous la pression du récent scandale de lobbying, ce registre ne sera pas suffisant selon moi.
Je crois qu'un registre volontaire n'est que du vent et ne garantira pas une meilleure transparence ni ne nous amènera au point où le Conseil des ministres sera prêt à participer, ainsi nous n'aurons même pas tous les organes législatifs principaux à bord.
Même si le Conseil nous rejoignait, toute une série de lacunes continueraient d'exister.
Apparemment, des centaines de groupes d'experts travaillent sur les documents officiels publiés par la Commission, mais l'identité des membres de ces organes consultatifs qui se rencontrent à huis clos reste un secret bien gardé.
À mon avis, nous avons besoin d'un registre non seulement de tous les travaux entrepris pour les affaires ou pour des entreprises internationales, mais également de tout le lobbying rémunéré par les groupes d'intérêts tels que les organisations professionnelles et les syndicats.
Nos concitoyens sont en droit d'attendre une véritable transparence ici également.
(EL) Monsieur le Président, félicitations à M. Casini pour son rapport, qui est tout a fait correct.
Naturellement, la question de la transparence a trait à la dignité des députés, il n'y a aucun doute là-dessus.
Cependant, plus nous prenons de telles mesures, mieux nous encourageons la transparence et les relations fonctionnelles entre les institutions de l'Union et nos partenaires sociaux et groupes d'intérêts.
Le nouveau registre, tel que proposé, garantit la transparence à travers le large spectre des contacts institutionnels et rassemble les représentants des intérêts particuliers, les représentants de la société civile et les représentants des instances publiques, dans des catégories distinctes, en distinguant ainsi les rôles différents des lobbyistes et des interlocuteurs institutionnels officiels.
L'invitation à s'enregistrer protège l'identité des groupes d'intérêts et des lobbyistes, en les reconnaissant séparément et en les positionnant afin qu'ils puissent s'adresser directement et immédiatement avec les institutions de l'Union européenne.
Après la ratification du traité de Lisbonne, les pouvoirs du Parlement européen se trouvent renforcés, attirant par là-même un nombre croissant de représentants demandant d'intervenir.
Pour finir, le registre de transparence est principalement utile à la transparence et à l'interaction démocratique et pluraliste entre les partenaires sociaux, les citoyens qui ont donné un mandat aux députés et aux institutions de l'Union européenne.
Il va sans dire que toutes les institutions et tous les hauts représentants de l'Union européenne doivent avoir leur place dans un tel registre de transparence.
(ES) Monsieur le Président, je tiens à remercier M. Casini pour les rapports sur ce registre de transparence.
Nous vivons une crise d'une ampleur extraordinaire, qui dure depuis longtemps et menace de durer encore plus longtemps.
Une crise comme celle-ci aggrave les conditions de vie des citoyens et réduit leurs attentes pour l'avenir.
Quand les crises économiques nous empêchent de légitimer la politique par les résultats positifs que nous offrons au public, nous devons contribuer à cette légitimation par notre respect scrupuleux des valeurs politiques que nous défendons: l'austérité, l'honnêteté, la proximité avec les citoyens, et la transparence.
Ce registre est un pas vers la transparence, mais uniquement un pas.
Je rejoins mes collègues qui ont mis l'accent sur la nécessité de rendre ce registre obligatoire, qu'il intègre le Conseil, et qu'il prévoie des sanctions plus lourdes quand un comportement irrégulier est décelé.
(DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, ce sera un pas important dans la bonne direction quand nous voterons demain sur le registre de transparence, mais il ne fait pas de doute que ce ne sera pas le dernier mot de l'affaire.
Tout d'abord, je suis ravie que nous ayons choisi un nouveau nom pour le registre des lobbyistes du Parlement européen, qui date de 1996 et qui s'appelle désormais le registre de transparence.
Je trouve regrettable de voir qui sera prié de s'enregistrer en vue d'obtenir un titre d'accès d'un an aux bâtiments: la liste inclut les institutions et les instances publiques.
Comme je l'ai déjà dit, je peux comprendre pourquoi il est nécessaire qu'un cabinet d'avocats s'enregistre, mais je trouve qu'il est plus difficile de comprendre pourquoi des instances publiques qui n'ont jamais été actives à un niveau politique de parti, et ne le seront jamais, sont également priées de s'enregistrer.
Dans l'analyse finale, indépendamment de toute la transparence atteinte, tout se résume au sens moral de chaque député au Parlement, car celui-ci dicte ce qu'il pense être bien, qui il rencontre et qui il décide de ne pas rencontrer, qui il écoute et qui il décide de ne pas écouter.
Après tout, les gens nous contactent également en utilisant de nombreuses autres voies de communication.
(DE) Monsieur le Président, obéir à son sens moral peut être une tâche difficile.
Je pense qu'il s'agit d'une question d'indépendance des députés de ce Parlement.
Bien sûr, le lobbying devient problématique si quelqu'un essaie d'altérer vos convictions, en usant de tous les arguments qu'ils peuvent, en particulier si ces arguments sont malhonnêtes.
Le fait est que même maintenant le registre des lobbyistes ne couvre que 2 800 lobbyistes sur les 20 000 que compte Bruxelles.
Le fait est également qu'ici dans ce Parlement, nous avons bien trop peu d'occasions de développer une expertise suffisamment qualifiée; cela pourrait changer rapidement en redirigeant les fonds et c'est une mesure que je soutiendrais fermement.
Ce registre de transparence n'est peut-être qu'une petite victoire, cependant, il peut être vu comme un mouvement dans la même direction que Washington D.C., où le Lobbying Act on Disclosure existe depuis un certain temps.
Cela fonctionne mieux que tout ce que nous avons ici.
Pour ma part, je crois que nous ne devrions pas seulement introduire le concept de l'empreinte législative le plus vite possible, mais également d'une empreinte digitale législative, autrement dit, nous devrions rendre public tous les lobbyistes avec lesquels nous sommes en contact et ce que nous faisons avec eux.
Je vous invite à consulter mon site Internet, où j'ai mis en place un lobby ticker qui enregistre chaque contact avec les lobbyistes, peu importe si je suis en train de travailler sur une initiative législative ou non.
(GA) Monsieur le Président, ce rapport est important parce qu'il va au centre du travail que nous faisons au Parlement: élaborer et mettre en œuvre des règles et des lois.
(EN) Comme M. Casini l'a dit, le terme de "lobbyiste" est quelque peu malheureux parce qu'il crée l'impression de privilège ou de corruption, voire les deux, alors qu'en réalité il s'agit d'experts dans leur domaine qui contribuent à nous informer sur les subtilités et les nuances des différents actes législatifs que nous proposons.
En ce moment, je participe moi-même à un avis sur la protection des données et le nombre de groupes qui sont venus à moi pour partager leurs avis me surprend.
Si j'étais obligé d'avoir un registre, je voudrais enregistrer ceux qui sont venus me voir également, car de cette façon, nous pourrions avoir une réelle transparence.
Un registre des lobbyistes officiels, mais également un registre de ceux qui ont fait pression sur nous.
Cela créerait une vraie transparence, une plus grande crédibilité et, en fin de compte, une plus grande confiance.
(EN) Monsieur le Président, il a souvent été dit que nos concitoyens n'ont pas conscience des pouvoirs renforcés dont ce Parlement dispose depuis Lisbonne.
C'est peut-être vrai, et c'est très malheureux, car, soyez-en sûr, les lobbyistes - ou ceux qui prétendent l'être, comme cela a été démontré récemment - ont, eux, parfaitement conscience des pouvoirs de ce Parlement.
Nous codécidons sur quasiment toutes les lois principales de l'Union européenne, et c'est une bonne chose, car nous représentons les citoyens de l'Union européenne.
Nous sommes le seul organe élu directement par eux.
Aujourd'hui, bien qu'il s'agisse de l'une des institutions les plus transparentes de l'Union, et qu'elle le restera, je crois toujours que des pouvoirs accrus s'accompagnent d'une responsabilité accrue, et c'est précisément ce que nous devons nous efforcer d'atteindre dans les prochains mois.
L'accord conclu aujourd'hui avec la Commission n'est pas mauvais, mais il faut obliger les lobbyistes à inscrire leurs noms et leurs vrais intérêts dans un registre.
Et c'est ce que ce Parlement exige déjà des lobbyistes qui viennent ici pour nous voir.
J'espère que les autres institutions nous emboîteront le pas.
Je conclus par la chose suivante.
Comme vous l'avez dit, je copréside ce groupe de travail que nous avons en place.
Je ne peux pas dire grand-chose de ce dont nous discutons en détail.
Je puis vous assurer cependant que nous veillerons à ce que les règles de conduite de ce Parlement fassent partie des règles les plus transparentes et soient telles que nos concitoyens et nous-mêmes pourrons être fiers de faire partie de cette institution extraordinaire.
- (SK) Monsieur le Président, je voudrais tout d'abord applaudir au fait que l'accord soumis améliorera la situation dans le domaine de la transparence dans l'Union européenne, mais pour être honnête, il est loin d'être idéal.
Cependant, il est bon que les lobbyistes soient désormais davantage encouragés à s'inscrire dans le registre, car sinon, ils n'auront pas accès au bâtiment du Parlement européen.
L'accès aux informations relatives aux lobbyistes, y compris leurs noms, s'en trouvera également amélioré, et nous devrions également nous féliciter du fait que les lobbyistes qui ne respectent pas les règles feront l'objet de diverses sanctions, par exemple, ils peuvent être exclus du registre, ce qui signifie qu'ils sont mis sur liste noire.
La question est de savoir si ces mesures seront suffisantes.
Par exemple, je ne suis pas d'accord avec le fait que l'enregistrement soit obligatoire de facto quand seuls les lobbyistes inscrits ont accès au Parlement.
Dans l'intérêt d'une plus grande transparence, il est essentiel que l'enregistrement de fait soit obligatoire de jure, et j'espère que nous y parviendrons au cours de la législature actuelle.
Nous devons également améliorer les règles de soumission de rapports par les lobbies concernant les dépenses qu'elles consacrent à leurs activités de lobbying.
La configuration actuelle permet aux lobbyistes de rendre compte de dépenses bien inférieures à celles qu'ils ont réellement réalisées.
Il est également important d'avoir de la transparence sur les sources financières d'où les lobbyistes et les cabinets de consultance tirent leurs revenus.
Je voudrais conclure en ajoutant que j'apprécierais beaucoup que les députés ne confondent pas le thème du "registre de transparence" avec celui du "code de conduite", car il s'agit d'un sujet totalement différent.
Les députés qui ont en quelque sorte succombé - même si c'est de leur faute - à des agences de lobbying fictives, ne devraient pas être motivés de cette manière lors de l'élaboration des règles du "registre de transparence".
(SV) Monsieur le Président, beaucoup a déjà été dit, mais il est utile de le répéter.
C'est une bonne chose que nous ayons enfin décidé d'avoir un registre des lobbyistes.
Bon nombre d'entre nous se sont longtemps battus pour y arriver.
Cependant, cette proposition est encore très prudente.
Je choisis néanmoins de la voir comme un premier pas qui peut être développé en un grand principe d'accès public à toutes les institutions de l'Union européenne.
Les commentaires formulés aujourd'hui par le Conseil et le commissaire Šefčovič sont très positifs.
Le principe de divulgation et de transparence est l'un des rares instruments réellement efficaces pour réduire les risques d'infractions et de fraude.
Il représente également un moyen important d'augmenter la confiance à l'égard de ceux d'entre nous qui évoluent dans ce système politique et à l'égard de la politique en général.
Les prochaines étapes devraient être que toutes les institutions soient incluses, que le registre soit obligatoire et, comme l'approche adoptée dans certains pays scandinaves, qu'il soit complété par une forme de protection des sources pour les dénonciateurs, qui sont également extrêmement importants pour l'ouverture et la transparence.
Je vous remercie.
- (SK) Monsieur le Président, je salue et soutiens pleinement la création d'un registre de transparence et d'une liste de lobbyistes destinés tant aux organisations qu'aux lobbyistes indépendants qui participent à l'élaboration et à la mise en œuvre de la politique de l'Union européenne, car un renforcement des règles visant à assurer la stabilité et l'intégrité de l'administration publique européenne et à consolider les règlements institutionnels est une garantie du fonctionnement démocratique de l'Union européenne.
Par ailleurs, le registre ne doit pas, naturellement, empêcher les députés d'accomplir les tâches découlant de leur mandat et de rencontrer leurs électeurs ou des représentants d'instances publiques au nom des États membres au Parlement européen.
Il doit cependant y avoir des règles claires s'appliquant aux représentants des groupes d'intérêts particuliers, afin de garantir un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ceux qui cherchent à participer d'une certaine façon à l'élaboration de la législation de l'Union européenne et à influencer ce processus.
(EN) Monsieur le Président, je m'exprime en tant que rapporteur sur le règlement (CE) n° 1049/2001 relatif à l'accès du public aux documents et, dans l'esprit de l'ouverture et de la transparence ancré dans ce règlement, je salue cet accord.
Il s'agit d'un pas supplémentaire dans la bonne direction car l'ouverture et la transparence sont au centre du processus décisionnel démocratique, et nous devrions avoir connaissance de tous ceux qui influent et qui ont parfois une influence excessive sur la politique, les procédures et les résultats.
Cependant, nous devons travailler davantage, nous devons faire en sorte que le niveau de transparence et d'intégrité du travail des lobbyistes à l'échelle de l'Union européenne soit des plus élevés.
En outre, nous devons mettre en œuvre le nouveau registre dans les plus brefs délais et, dès sa mise en service, toutes les personnes et organisations relevant de son champ d'application devront fournir des informations correctes et actualisées pour que nous puissions voir qui influence quoi.
Enfin, permettez-moi de citer Jana Mittermaier de Transparency International: "Le nouveau registre sera un test pour démontrer l'engagement de toutes les parties exerçant des activités de lobbying en faveur d'une plus grande ouverture".
On n'aurait pas pu le dire de manière plus succincte.
(ES) Monsieur le Président, je voudrais dire que le XXIe siècle est le siècle de l'internet, le siècle de WikiLeaks et le siècle de l'ouverture institutionnelle.
Cela signifie transparence et participation citoyenne, et nous devons en être coresponsables pour construire nos décisions.
Nous devons décider ensemble.
Notre travail doit dès lors être de nature proactive.
Nous ne pouvons attendre simplement que les lobbies et les groupes d'intérêts nous mettent la pression: nous devons faire l'effort de nous rapprocher des citoyens, de les écouter.
C'est pourquoi je crois que le registre de transparence et les algorithmes de reconnaissance d'empreintes digitales seront efficaces, et, loin de limiter et de faire peur, ils sont une occasion d'améliorer nos rapports et d'évaluer nos résultats.
Je crois que c'est la seule façon de devenir un parlement moderne.
J'ai été chargé d'un rapport, et dans l'exposé des motifs, j'ai dressé la liste de tous les agents avec qui j'ai travaillé, car c'est une manière de travailler et une attitude que nous devons clairement séparer de tous les actes irresponsables dont nous avons témoins par le passé.
Monsieur le Président, moi aussi, je voudrais me réjouir de ce texte que je voterai avec plaisir demain.
Je voudrais simplement signaler que les scandales récents que nous avons connus, ce sont des tentatives de corruption, et rien d'autre.
C'est grave, mais ce sont aussi des faits récents.
Le travail que nous avons engagé est bien antérieur à ces faits récents, ces faits graves, qui font l'objet d'un autre travail.
Ils sont, heureusement d'ailleurs, isolés.
Par contre, nous voyons que les moyens employés par un certain nombre de groupements sont considérables, que l'ingénierie est sans faille pour essayer au maximum d'influencer la décision, et ce registre est donc un pas dans le bon sens.
J'ai contribué à son élaboration et je me réjouis aussi du travail qui a été fait.
Par contre, d'autres étapes devront être franchies.
Il faut que cela devienne un instrument dynamique, un instrument qu'on évalue chaque année.
C'est tout sauf figé.
Je crois que, justement, l'évolution de la technologie et des moyens des lobbyistes nous obligera sans cesse à le revoir pour qu'il soit efficace et que, par directive, nous puissions identifier qui exerce des activités de lobbying, pour combien d'argent, de quelle manière, et je suis tout à fait favorable aussi à l'empreinte écologique, je veux dire à l'empreinte justement législative que pourrait représenter l'affichage dans les rapports du nombre de lobbyistes, des gens rencontrés, et que nous puissions savoir exactement qui a dit quoi, qui a influencé qui.
Enfin, publier est une chose, expliquer comment ça fonctionne en est une autre!
Les citoyens ont aussi besoin d'une manière de pouvoir consulter ces registres pour pouvoir en faire un bon usage dans leur appréhension de la manière dont nous décidons.
Voilà donc pourquoi notre groupe votera ce texte sans réserve.
(DE) Monsieur le Président, le lobbying est un instrument central de la participation des citoyens à la vie politique, raison pour laquelle il est important d'empêcher son abus.
C'est pourquoi il est urgent d'avoir un registre de transparence pour toutes les institutions, pas uniquement pour le Parlement et la Commission, mais également pour le Conseil, car après tout, c'est là que les vraies décisions sont prises.
Je le répète: l'enregistrement doit être obligatoire, pas seulement pour accéder au Parlement, après tout les lobbyistes ne cherchent certainement pas uniquement leurs contacts dans le bâtiment même du Parlement, mais également, le plus souvent dans les restaurants, lors des cocktails ou au club de gym.
Je voudrais également dire un mot sur la transparence par rapport aux partis politiques.
Même si ce sont des partis d'une seule personne et s'ils agissent individuellement, cherchant à se présenter sous un jour irréprochable, ces partis et personnes doivent démontrer le niveau requis de transparence.
Ils doivent garantir la transparence par rapport à leurs actifs, leurs revendications sur le trésor public et le remboursement des frais de campagne, autrement dit par rapport aux fonds réels qu'ils ont reçus des instances publiques de leurs propres pays pendant leurs campagnes électorales.
Ces frais doivent être détaillés de manière transparente.
(PL) Monsieur le Président, je vous remercie de me donner l'occasion de prendre la parole.
Comme la majorité des députés de ce Parlement, je suis d'accord avec le fait qu'un registre représentera un avancement en termes de transparence de la procédure législative, mais selon moi, il ne s'agit que d'un premier pas.
Nous devons étudier sérieusement d'autres mesures et solutions.
Selon moi, ce qui est le plus important est la question de savoir ce que les députés sont autorisés à faire.
Les députés sont-ils seulement autorisés à travailler à titre professionnel ici au Parlement, ou sont-ils également autorisés à entreprendre d'autres activités en plus de leur travail au Parlement?
Je crois personnellement que ces autres activités doivent être définies très étroitement, et doivent être limitées à la recherche et aux publications scientifiques.
Toute autre activité dans divers conseils suscitera toujours des questions et des doutes.
(SV) Monsieur le Président, le traité de Lisbonne a conféré des pouvoirs renforcés au Parlement européen, ce qui s'accompagne également d'un accroissement des responsabilités.
C'est pourquoi la transparence dans notre travail est extrêmement importante compte tenu du fait que notre travail implique de légiférer pour 500 millions de personnes et souvent de très grosses sommes d'argent.
Le registre des lobbyistes qui a maintenant été décidé dans le compromis est naturellement très utile, et j'espère que nous pourrons aller plus loin en offrant une protection des sources aux dénonciateurs.
J'espère également que nous pourrons aller plus loin et garantir que les informations pour les passifs ou actifs financiers éventuels deviennent obligatoires au lieu de simplement volontaires, comme c'est le cas actuellement.
J'espère également que nous aurons un débat sur les activités complémentaires qui sont appropriées d'un point de vue éthique quand nous occupons une fonction de député au Parlement européen.
Je salue le compromis et le vois comme un progrès, mais le chemin vers la transparence, l'ouverture et une plus grande confiance en la démocratie est encore très long.
Je vous remercie.
vice-président de la Commission. - (EN) Monsieur le Président, je crois que M. Weber a dit, à raison, que le registre de transparence géré conjointement est quelque chose dont nous pouvons être fiers car, à l'exception des États-Unis ou du Canada, je ne connais aucun autre endroit en dehors de l'Union européenne où fonctionne un tel registre des lobbies avec les paramètres que nous allons définir et mettre en œuvre.
Je me réfère ici également aux capitales des États membres.
La question qui a été évoquée par plusieurs orateurs, le premier étant M. Groote et ensuite M. Häfner, concernait le registre obligatoire.
Dans le groupe de travail, nous discutons de cette question en long et en large.
Le problème est qu'actuellement nous ne voyons pas le fondement juridique qui nous permet de contraindre les sociétés, les citoyens ou les représentants d'intérêts à s'enregistrer en vue d'exercer leur profession.
Nous, en tant qu'administration européenne, ne pouvons pas refuser de traiter avec telle ou telle entité sur cette base.
C'est pourquoi nous recherchons des moyens d'encourager positivement les sociétés, les organisations et les lobbies à s'enregistrer.
Je crois que nous avons accompli beaucoup car, avec l'accord du Parlement, nous rendons en fait ce système obligatoire.
Grâce à nos actions communes avec le Conseil, nous renforcerons tellement la réputation et la pression que nous verrons dans les deux prochaines années comment cela va fonctionner et cela nous donnera plus d'expérience pour avoir une révision de haute qualité et nous verrons comment nous pourrons améliorer encore le fonctionnement du système.
Les demandes de vérification appropriée concernant le financement des activités de ceux qui s'enregistrent: je peux vous assurer ici que la Commission effectue déjà des contrôles au hasard parmi tous les inscrits qui sont déjà dans le registre, et je suis sûr que ces activités augmenteront encore dès que nous gèrerons le registre ensemble.
Tous ceux qui sont dans le registre doivent être sûrs que s'il y a quelque chose qui ne correspond pas, nous le trouverons, nous le critiquerons, nous tenterons de le corriger et nous n'aurons pas peur de couvrir de honte les personnes responsables.
J'ai été très content - et je reviens sur ce point car plusieurs orateurs ont fait référence à son importance - que les trois institutions progressent dans ce travail.
Je suis sûr qu'après cette ouverture très importante de la Présidence hongroise, nous ne perdrons pas une minute et nous essayerons d'entamer les négociations interinstitutionnelles avec le Conseil au plus vite pour trouver, j'en suis sûr, une manière très conciliante de gérer le registre ensemble, les trois institutions travaillant sur cette question dans le même but d'améliorer la transparence de la législation de l'Union européenne.
Dernier point, qui a été évoqué par plusieurs orateurs et décrit par M. Casini: le registre de transparence ne constitue vraiment pas un remède miracle ou une solution magique pour lutter contre la corruption.
Nous savons très bien qu'une moralité élevée, l'éthique, la dignité et des règles claires sont essentielles.
Mais un très bon instrument et un bon indicateur serait que ceux qui s'enregistrent soient prêts à respecter les règles et à être transparents, qu'ils n'aient rien à cacher et - cela doit être l'indicateur principal pour nous tous - qu'ils s'engagent à être de vrais partenaires pour travailler avec nous et échanger des informations avec nous et qu'ils aient confiance en notre communication future.
présidente en exercice du Conseil. - (HU) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de saluer, en tant que représentante d'un État membre qui dispose d'une loi sur le lobbying depuis 2006, le débat d'aujourd'hui et le fait que le Parlement et la Commission soient en mesure de s'entendre sur la question du registre de transparence.
La transparence a toujours été une question très importante pour le Conseil.
Je suis très heureuse de voir qu'alors que nous n'avons pas réussi à progresser en 2008 et en 2009, nous avons désormais fait une avancée pendant la Présidence hongroise, en ce sens que le Conseil est disposé à surveiller les processus, et dans la mesure où il le peut, participera à cette activité - nous verrons dans quelle mesure, les négociations doivent encore suivre.
Ainsi, nous sommes prêts pour les négociations concernant notre contribution et, comme je l'ai indiqué dans mon discours introductif, nous pensons que nous affirmerions cette intention dans une déclaration politique à publier en juin.
Cela ne signifie donc pas que nous accèderions à l'accord interinstitutionnel.
La raison pour laquelle les États membres peuvent accepter cette formule en ce moment- qui je dois une nouvelle fois le souligner constitue un progrès considérable par rapport aux années précédentes - est que les organisations de lobbying n'abordent pas le Conseil en tant qu'institution européenne, des exemples très sporadiques l'ont illustré.
Les activités de lobbying ciblent plutôt les États membres, les gouvernements des États membres et les agences gouvernementales.
De ce fait, le Conseil n'est pas exposé au lobbying dans la même mesure que la Commission ou le Parlement européen.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, j'espère que la coopération sera efficace, et que nous pourrons faire cette déclaration politique à l'issue de ces négociations.
rapporteur. - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je tiens à clarifier certaines choses.
Je voudrais moi aussi insister fortement sur le fait que cet accord a été conclu longtemps avant que l'épisode avec les journalistes britanniques ne se produise.
Malheureusement, c'est une façon de diffuser, à travers les médias, des informations fausses.
Par exemple, aujourd'hui un grand quotidien italien, le Corriere della Sera, s'est moqué de l'Europe en disant que nous avons agi trop tard et seulement après ces événements avec les journalistes.
Ce n'est pas vrai.
Cela encourage injustement la méfiance envers l'Europe.
L'accord avait été atteint longtemps avant.
Peut-être que cette discussion a eu lieu avec un léger retard car, une fois que le scandale rendu public, nous nous sommes demandés si nous pourrions tenter de renforcer davantage l'accord.
Le texte est toutefois resté inchangé.
Voici la première clarification.
La deuxième concerne la question de l'obligation.
Le registre est déjà obligatoire.
Ceux qui veulent exercer des activités de lobbying doivent se faire enregistrer dans ce registre.
Je n'arrive pas à comprendre ce que veut dire "obligatoire": cela ne peut pas vouloir dire que toutes les sociétés, toutes les entreprises ou tous les citoyens doivent être inscrits dans ce registre.
C'est impossible.
Cette décision appartient plutôt à chaque député qui, lorsqu'il est approché par quelqu'un qui souhaite exercer une pression sur lui, doit l'inviter à s'enregistrer avant de prendre contact.
Le troisième point porte sur des modifications futures possibles.
Il y a un groupe de travail à cette fin, qui, selon moi, doit disposer de la plus grande marge de manœuvre possible.
Je suis d'accord avec le fait que nous devons identifier les lobbyistes rencontrés pendant les négociations mais je ne sais pas si cette tâche appartient uniquement au rapporteur ou si elle doit être étendue au Président.
Nous donnons au groupe de travail la liberté de soumettre toute recommandation nécessaire.
Enfin, je souhaite également remercier M. Šefčovič, qui a grandement contribué à la mise en œuvre de cet accord, et le représentant du gouvernement hongrois, d'avoir, entre autres, donné l'assurance au Conseil de rejoindre l'accord à court terme, qui a sans doute ses propres incertitudes puisque le Conseil représente certainement la deuxième chambre dans ce cas.
Si le Conseil est également doté du registre, cela soulignerait dès lors plus efficacement le fait que la structure de l'Europe est composée d'un gouvernement, la Commission, et d'un corps législatif, constitué des représentants des citoyens et des États.
Cependant, je me rends compte qu'il y a toujours des questions en suspens, vu que le Conseil des ministres représente les États.
Je suis néanmoins certain que nous arriverons à une conclusion positive.
Le débat est clos.
Le vote aura lieu mercredi 11 mai 2011.
Déclarations écrites (article 149)
, par écrit. - (EN) Nous nous targuons toujours d'être la plus ouverte de toutes les institutions européennes.
Cependant, les événements récents ont montré que, quels que soient les avantages procurés, le système présente ses inconvénients également.
Nous savons tous à quel point les citoyens européens ont perdu et continuent à perdre confiance en l'Europe et, soyons honnêtes, en nous, les députés européens.
Un moyen important de regagner cette confiance est d'être ouverts sur ce que nous faisons et sur les influences qui façonnent notre travail.
Le registre de transparence commun que nous allons adopter aujourd'hui en votant oui aux deux rapports à l'étude constitue un premier pas important en ce sens.
Il s'agit d'un "premier pas" parce que le registre ne résoudra pas tous nos problèmes.
Même si c'était difficile de le faire maintenant, dans le futur, nous nous dirigerons vers l'enregistrement obligatoire des lobbyistes.
Je voudrais également souligner le fait qu'un tel registre ne remplace pas nos efforts individuels en faveur de la transparence et la nécessité de repenser notre travail à cet égard.
Je salue le registre de transparence commun de la Commission et du Parlement européen, sous cette forme du moins.
Cependant, cette mesure essentielle ne devrait être que l'une des nombreuses mesures visant une plus grande transparence dans le processus législatif, et devant s'appliquer aux trois institutions européennes.
Le Parlement européen souhaite clairement avoir un débat sérieux sur le lobbying et les règles du lobbying.
Cela donnera également l'exemple aux États membres qui doivent encore adopter une telle mesure.
Je crois que le registre de transparence contribuera également à une plus grande crédibilité de l'environnement politique.
Son impact réel, cependant, dépendra principalement de la volonté de chaque personne intéressée de respecter les règles les plus strictes.
par écrit. - (NL) Je ne puis qu'applaudir au fait que la Commission et le Parlement coopèrent pour créer un "registre de transparence" commun pour les lobbyistes, les groupes de réflexion et les autres organisations d'intérêts.
Après tout, pour chaque dossier inscrit à l'agenda, nous devons pouvoir nous renseigner auprès de divers groupes d'intérêts et le faire de manière totalement ouverte.
Par ailleurs, il n'y a rien de mal au fait que les organisations défendent leurs intérêts pour autant que cela se passe de manière ouverte et équilibrée.
Le principe de "l'empreinte législative" par laquelle les rapporteurs doivent indiquer avec qui ils ont été en contact pendant l'élaboration de leurs propositions est un bon choix.
D'ailleurs, je l'ai déjà appliqué dans mon rapport sur la sécurité des jouets.
Des dispositions claires visant à généraliser l'application de ce principe amélioreront la transparence.
Il s'agit en outre d'un instrument approprié pour casser le mythe qui entoure le lobbying et qui existe parmi le grand public dont, en tant que députés au Parlement européen, nous défendons l'intérêt général.
Le fait que le Conseil ait lui aussi enfin exprimé sa volonté de rejoindre ce registre signifie que nous allons avoir un registre unique pour tous les lobbyistes dans l'Union européenne, ce qui est un principe que nous défendons depuis des années avec le Parlement européen.
C'est pourquoi j'approuve cette approche. |
Steven Pinker: Human nature and the blank slate
TED Talk Subtitles and Transcript: Steven Pinker's book The Blank Slate argues that all humans are born with some innate traits. Here, Pinker talks about his thesis, and why some people found it incredibly upsetting.
A year ago, I spoke to you about a book that I was just in the process of completing, that has come out in the interim, and I would like to talk to you today about some of the controversies that that book inspired.
The book is called "The Blank Slate," based on the popular idea that the human mind is a blank slate, and that all of its structure comes from socialization, culture, parenting, experience.
The "blank slate" was an influential idea in the 20th century.
Here are a few quotes indicating that: "Man has no nature," from the historian Jose Ortega y Gasset; "Man has no instincts," from the anthropologist Ashley Montagu; "The human brain is capable of a full range of behaviors and predisposed to none," from the late scientist Stephen Jay Gould.
There are a number of reasons to doubt that the human mind is a blank slate, and some of them just come from common sense.
As many people have told me over the years, anyone who's had more than one child knows that kids come into the world with certain temperaments and talents; it doesn't all come from the outside.
Oh, and anyone who has both a child and a house pet has surely noticed that the child, exposed to speech, will acquire a human language, whereas the house pet won't, presumably because of some innate different between them.
And anyone who's ever been in a heterosexual relationship knows that the minds of men and the minds of women are not indistinguishable.
There are also, I think, increasing results from the scientific study of humans that, indeed, we're not born blank slates.
One of them, from anthropology, is the study of human universals.
If you've ever taken anthropology, you know that it's a -- kind of an occupational pleasure of anthropologists to show how exotic other cultures can be, and that there are places out there where, supposedly, everything is the opposite to the way it is here.
But if you instead look at what is common to the world's cultures, you find that there is an enormously rich set of behaviors and emotions and ways of construing the world that can be found in all of the world's 6,000-odd cultures.
The anthropologist Donald Brown has tried to list them all, and they range from aesthetics, affection and age statuses all the way down to weaning, weapons, weather, attempts to control, the color white and a worldview.
Also, genetics and neuroscience are increasingly showing that the brain is intricately structured.
This is a recent study by the neurobiologist Paul Thompson and his colleagues in which they -- using MRI -- measured the distribution of gray matter -- that is, the outer layer of the cortex -- in a large sample of pairs of people.
They coded correlations in the thickness of gray matter in different parts of the brain using a false color scheme, in which no difference is coded as purple, and any color other than purple indicates a statistically significant correlation.
Well, this is what happens when you pair people up at random.
By definition, two people picked at random can't have correlations in the distribution of gray matter in the cortex.
This is what happens in people who share half of their DNA -- fraternal twins.
And as you can see, large amounts of the brain are not purple, showing that if one person has a thicker bit of cortex in that region, so does his fraternal twin.
And here's what happens if you get a pair of people who share all their DNA -- namely, clones or identical twins.
And you can see huge areas of cortex where there are massive correlations in the distribution of gray matter.
Now, these aren't just differences in anatomy, like the shape of your ear lobes, but they have consequences in thought and behavior that are well illustrated in this famous cartoon by Charles Addams: "Separated at birth, the Mallifert twins meet accidentally."
As you can see, there are two inventors with identical contraptions in their lap, meeting in the waiting room of a patent attorney.
Now, the cartoon is not such an exaggeration, because studies of identical twins who were separated at birth and then tested in adulthood show that they have astonishing similarities.
And this happens in every pair of identical twins separated at birth ever studied -- but much less so with fraternal twins separated at birth.
My favorite example is a pair of twins, one of whom was brought up as a Catholic in a Nazi family in Germany, the other brought up in a Jewish family in Trinidad.
When they walked into the lab in Minnesota, they were wearing identical navy blue shirts with epaulettes; both of them liked to dip buttered toast in coffee, both of them kept rubber bands around their wrists, both of them flushed the toilet before using it as well as after, and both of them liked to surprise people by sneezing in crowded elevators to watch them jump.
Now -- the story might seem to good to be true, but when you administer batteries of psychological tests, you get the same results -- namely, identical twins separated at birth show quite astonishing similarities.
Now, given both the common sense and scientific data calling the doctrine of the blank slate into question, why should it have been such an appealing notion?
Well, there are a number of political reasons why people have found it congenial.
The foremost is that if we're blank slates, then, by definition, we are equal, because zero equals zero equals zero.
But if something is written on the slate, then some people could have more of it than others, and according to this line of thinking, that would justify discrimination and inequality.
Another political fear of human nature is that if we are blank slates, we can perfect mankind -- the age-old dream of the perfectibility of our species through social engineering.
Whereas, if we're born with certain instincts, then perhaps some of them might condemn us to selfishness, prejudice and violence.
Well, in the book, I argue that these are, in fact, non sequiturs.
And just to make a long story short: first of all, the concept of fairness is not the same as the concept of sameness.
And so when Thomas Jefferson wrote in the Declaration of Independence, "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal," he did not mean "We hold these truths to be self-evident, that all men are clones."
Rather, that all men are equal in terms of their rights, and that every person ought to be treated as an individual, and not prejudged by the statistics of particular groups that they may belong to.
Also, even if we were born with certain ignoble motives, they don't automatically lead to ignoble behavior.
That is because the human mind is a complex system with many parts, and some of them can inhibit others.
For example, there's excellent reason to believe that virtually all humans are born with a moral sense, and that we have cognitive abilities that allow us to profit from the lessons of history.
So even if people did have impulses towards selfishness or greed, that's not the only thing in the skull, and there are other parts of the mind that can counteract them.
In the book, I go over controversies such as this one, and a number of other hot buttons, hot zones, Chernobyls, third rails, and so on -- including the arts, cloning, crime, free will, education, evolution, gender differences, God, homosexuality, infanticide, inequality, Marxism, morality, Nazism, parenting, politics, race, rape, religion, resource depletion, social engineering, technological risk and war.
And needless to say, there were certain risks in taking on these subjects.
When I wrote a first draft of the book, I circulated it to a number of colleagues for comments, and here are some of the reactions that I got: "Better get a security camera for your house."
"Don't expect to get any more awards, job offers or positions in scholarly societies."
"Tell your publisher not to list your hometown in your author bio."
"Do you have tenure?"
Well, the book came out in October, and nothing terrible has happened.
I -- I like -- There was indeed reason to be nervous, and there were moments in which I did feel nervous, knowing the history of what has happened to people who've taken controversial stands or discovered disquieting findings in the behavioral sciences.
There are many cases, some of which I talk about in the book, of people who have been slandered, called Nazis, physically assaulted, threatened with criminal prosecution for stumbling across or arguing about controversial findings.
And you never know when you're going to come across one of these booby traps.
My favorite example is a pair of psychologists who did research on left-handers, and published some data showing that left-handers are, on average, more susceptible to disease, more prone to accidents and have a shorter lifespan.
It's not clear, by the way, since then, whether that is an accurate generalization, but the data at the time seemed to support that.
Well, pretty soon they were barraged with enraged letters, death threats, ban on the topic in a number of scientific journals, coming from irate left-handers and their advocates, and they were literally afraid to open their mail because of the venom and vituperation that they had inadvertently inspired.
Well, the night is young, but the book has been out for half a year, and nothing terrible has happened.
None of the dire professional consequences has taken place -- I haven't been exiled from the city of Cambridge.
But what I wanted to talk about are two of these hot buttons that have aroused the strongest response in the 80-odd reviews that The Blank Slate has received.
I'll just put that list up for a few seconds, and see if you can guess which two -- I would estimate that probably two of these topics inspired probably 90 percent of the reaction in the various reviews and radio interviews.
It's not violence and war, it's not race, it's not gender, it's not Marxism, it's not Nazism.
They are: the arts and parenting.
So let me tell you what aroused such irate responses, and I'll let you decide if whether they -- the claims are really that outrageous.
Let me start with the arts.
I note that among the long list of human universals that I presented a few slides ago are art.
There is no society ever discovered in the remotest corner of the world that has not had something that we would consider the arts.
Visual arts -- decoration of surfaces and bodies -- appears to be a human universal.
The telling of stories, music, dance, poetry -- found in all cultures, and many of the motifs and themes that give us pleasure in the arts can be found in all human societies: a preference for symmetrical forms, the use of repetition and variation, even things as specific as the fact that in poetry all over the world, you have lines that are very close
to three seconds long, separated by pauses.
Now, on the other hand, in the second half of the 20th century, the arts are frequently said to be in decline.
And I have a collection, probably 10 or 15 headlines, from highbrow magazines deploring the fact that the arts are in decline in our time.
I'll give you a couple of representative quotes: "We can assert with some confidence that our own period is one of decline, that the standards of culture are lower than they were 50 years ago, and that the evidences of this decline are visible in every department of human activity."
That's a quote from T. S. Eliot, a little more than 50 years ago.
And a more recent one: "The possibility of sustaining high culture in our time is becoming increasing problematical.
Serious book stores are losing their franchise, nonprofit theaters are surviving primarily symphony orchestras are diluting their programs, public television is increasing its dependence on reruns of British sitcoms, classical radio stations are dwindling, museums are resorting to blockbuster shows, dance is dying."
That's from Robert Brustein, the famous drama critic and director, in The New Republic about five years ago.
Well, in fact, the arts are not in decline.
I don't think this will as a surprise to anyone in this room, but by any standard they have never been flourishing to a greater extent.
There are, of course, entirely new art forms and new media, many of which you've heard over these few days.
By any economic standard, the demand for art of all forms is skyrocketing, as you can tell from the price of opera tickets, by the number of books sold, by the number of books published, the number of musical titles released, the number of new albums and so on.
The only grain of truth to this complaint that the arts are in decline come from three spheres.
One of them is in elite art since the 1930s -- say, the kinds of works performed by major symphony orchestras, where most of the repertory is before 1930, or the works shown in major galleries and prestigious museums.
In literary criticism and analysis, probably 40 or 50 years ago, literary critics were a kind of cultural hero; now they're kind of a national joke.
And the humanities and arts programs in the universities, which by many measures, indeed are in decline.
Students are staying away in droves, universities are disinvesting in the arts and humanities.
Well, here's a diagnosis.
They didn't ask me, but by their own admission, they need all the help that they can get.
And I would like to suggest that it's not a coincidence that this supposed decline in the elite arts and criticism occurred in the same point in history in which there was a widespread denial of human nature.
A famous quotation can be found -- if you look on the web, you can find it in literally scores of English core syllabuses -- "In or about December 1910, human nature changed."
A paraphrase of a quote by Virginia Woolf, and there's some debate as to what she actually meant by that.
But it's very clear, looking at these syllabuses, that -- it's used now as a way of saying that all forms of appreciation of art that were in place for centuries, or millennia, in the 20th century were discarded.
The beauty and pleasure in art -- probably a human universal -- were -- began to be considered saccharine, or kitsch, or commercial.
Barnett Newman had a famous quote that "the impulse of modern art is the desire to destroy beauty" -- which was considered bourgeois or tacky.
And here's just one example.
I mean, this is perhaps a representative example of the visual depiction of the female form in the 15th century; here is a representative example of the depiction of the female form in the 20th century.
And, as you can see, there -- something has changed in the way the elite arts appeal to the senses.
Indeed, in movements of modernism and post-modernism, there was visual art without beauty, literature without narrative and plot, poetry without meter and rhyme, architecture and planning without ornament, human scale, green space and natural light, music without melody and rhythm, and criticism without clarity, attention to aesthetics and insight into the human condition.
Let me give just you an example to back up that last statement.
But here, there -- one of the most famous literary English scholars of our time is the Berkeley professor, Judith Butler.
And here is an example of one of her analyses: "The move from a structuralist account in which capital is understood to structure social relations in relatively homologous ways to a view of hegemony in which power relations are subject to repetition, convergence and rearticulation brought the question of temporality into the thinking of structure, and marked a shift from the form of Althusserian theory
that takes structural totalities as theoretical objects ..."
Well, you get the idea.
By the way, this is one sentence -- you can actually parse it.
Well, the argument in "The Blank Slate" was that elite art and criticism in the 20th century, although not the arts in general, have disdained beauty, pleasure, clarity, insight and style.
People are staying away from elite art and criticism.
What a puzzle -- I wonder why.
Well, this turned out to be probably the most controversial claim in the book.
Someone asked me whether I stuck it in in order to deflect ire from discussions of gender and Nazism and race and so on. I won't comment on that.
But it certainly inspired an energetic reaction from many university professors.
Well, the other hot button is parenting.
And the starting point is the -- for that discussion was the fact that we have all been subject to the advice of the parenting industrial complex.
Now, here is -- here is a representative quote from a besieged mother: "I'm overwhelmed with parenting advice.
I'm supposed to do lots of physical activity with my kids so I can instill in them a physical fitness habit so they'll grow up to be healthy adults.
And I'm supposed to do all kinds of intellectual play so they'll grow up smart.
And there are all kinds of play -- clay for finger dexterity, word games for reading success, large motor play, small motor play. I feel like I could devote my life to figuring out what to play with my kids."
I think anyone who's recently been a parent can sympathize with this mother.
Well, here's some sobering facts about parenting.
Most studies of parenting on which this advice is based are useless. They're useless because they don't control for heritability. They measure some correlation between what the parents do, how the children turn out and assume a causal relation: that the parenting shaped the child.
Parents who talk a lot to their kids have kids who grow up to be articulate, parents who spank their kids have kids who grow up to be violent and so on.
And very few of them control for the possibility that parents pass on genes for -- that increase the chances a child will be articulate or violent and so on.
Until the studies are redone with adoptive children, who provide an environment but not genes to their kids, we have no way of knowing whether these conclusions are valid.
The genetically controlled studies have some sobering results.
Remember the Mallifert twins: separated at birth, then they meet in the patent office -- remarkably similar.
Well, what would have happened if the Mallifert twins had grown up together?
You might think, well, then they'd be even more similar, because not only would they share their genes, but they would also share their environment.
That would make them super-similar, right?
Wrong. Identical twins, or any siblings, who are separated at birth are no less similar than if they had grown up together.
Everything that happens to you in a given home over all of those years appears to leave no permanent stamp on your personality or intellect.
A complementary finding, from a completely different methodology, is that adopted siblings reared together -- the mirror image of identical twins reared apart, they share their parents, their home, their neighborhood, don't share their genes -- end up not similar at all.
OK -- two different bodies of research with a similar finding.
What it suggests is that children are shaped not by their parents over the long run, but in part -- only in part -- by their genes, in part by their culture -- the culture of the country at large and the children's own culture, namely their peer group -- as we heard from Jill Sobule earlier today, that's what kids care about -- and, to a very large extent, larger than most people are prepared to acknowledge,
by chance: chance events in the wiring of the brain in utero; chance events as you live your life.
So let me conclude with just a remark to bring it back to the theme of choices.
I think that the sciences of human nature -- behavioral genetics, evolutionary psychology, neuroscience, cognitive science -- are going to, increasingly in the years to come, upset various dogmas, careers and deeply-held political belief systems.
And that presents us with a choice.
The choice is whether certain facts about humans, or topics, are to be considered taboos, forbidden knowledge, where we shouldn't go there because no good can come from it, or whether we should explore them honestly.
I have my own answer to that question, which comes from a great artist of the 19th century, Anton Chekhov, who said, "Man will become better when you show him what he is like."
And I think that the argument can't be put any more eloquently than that.
Thank you very much. | Steven Pinker écrit sur la page blanche
TED Talk Subtitles and Transcript: D'après le livre de Steven Pinker, _The Blank Slate_ , tous les humains naîtraient avec des caractéristiques innées. Ici, Pinker expose sa thèse et les raisons qui expliquent pourquoi certains l'ont trouvée particulièrement dérangeante.
Il y a un an, je vous ai parlé d'un livre que j'étais sur le point d'achever, et qui, entretemps, est paru, et je voudrais vous parler aujourd'hui de quelques-unes des controverses qu'il a fait naître.
Le livre s'intitule The Blank Slate et s'appuie sur l'idée commune que l'esprit humain serait une page blanche et que toute sa structure proviendrait de la socialisation, la culture, l'éducation, l'expérience.
L'idée de page blanche a été très importante au XXe siècle.
Voici quelques citations qui le montrent : « L'homme n'a pas de nature », dit l'historien Jose Ortega y Gasset ; « L'homme n'a pas d'instincts », dit l'anthropologue Ashley Montagu ; « Le cerveau humain est capable d'une grande panoplie de comportements mais n'est prédisposé à aucun d'entre eux », dit le scientifique Stephen Jay Gould.
Il y a un certain nombre de raisons qui permettent de douter que l'esprit humain soit une page blanche et certaines d'entre elles sont simplement de bon sens.
Comme on me l'a souvent dit pendant des années, quiconque a eu plus d'un enfant sait que ceux-ci viennent au monde avec un tempérament et des talents propres ; tout ne vient pas de l'extérieur.
Et quiconque a un enfant et un animal de compagnie a certainement noté que l'enfant, exposé à la parole, acquerra une langue humaine, alors que l'animal de compagnie, non, sûrement à cause de quelque différence innée entre les deux.
Et toute personne qui a vécu une relation hétérosexuelle sait que l'esprit des hommes et l'esprit des femmes ne sont pas indifférenciables.
Il y a aussi, je pense, de plus en plus de résultats provenant de l'étude scientifique de l'humain montrant qu'assurément nous ne naissons pas en l'état de pages blanches.
Il y a une étude en particulier, en anthropologie, c'est l'étude des universaux humains.
Si jamais vous avez suivi un cours d'anthropologie, vous savez que c'est une -- une sorte d'occupation plaisante pour les anthropologues que de montrer à quel point les autres cultures peuvent être exotiques et qu'il y a des endroits de par le monde où, supposément, tout fonctionne à l'opposé de chez nous.
Mais si à la place on examine ce qui est commun aux cultures du monde, on découvrira qu'il y un ensemble énormément riche de comportements et d'émotions et de manières de se représenter le monde qu'on peut trouver dans chacune des quelque 6000 cultures du monde.
L'anthropologue Donald Brown a essayé d'en faire la liste complète depuis l'esthétique, l'affection et le statut dû à l'âge jusqu'au sevrage, aux armes, au temps qu'il fait, l'exercice du pouvoir, la couleur blanche et la vision du monde.
De plus, la génétique et les neurosciences montrent de plus en plus que le cerveau est structuré d'une manière complexe.
Voici une étude récente du neurologue Paul Thompson et de ses collègues dans laquelle -- en utilisant l'IRM -- ils ont mesuré la distribution de la matière grise -- c'est-à-dire la couche extérieure du cortex -- et ce pour un grand échantillon de paires de gens.
Ils ont codé les corrélations entre l'épaisseur de la matière grise dans différentes zones du cerveau en fausses couleurs, l'absence de différences étant codée en violet, et toute autre couleur indiquant une corrélation statistiquement significative.
Voici ce qu'on obtient quand on prend deux personnes au hasard.
Par définition, deux personnes choisies par hasard ne peuvent avoir de corrélation dans la distribution de la matière grise corticale.
Voici ce qu'il en est pour des personnes qui partagent la moitié de leur ADN, de « faux » jumeaux.
On peut voir que de grandes zones du cerveau ne sont pas violettes, ce qui montre que si une personne a un morceau de cortex plus épais dans cette région, son « faux » jumeau aussi.
Et voici ce qu'on a si on prend deux personnes qui partagent tout leur ADN, c'est-à-dire des clones ou de « vrais » jumeaux.
On peut voir d'importantes aires du cortex où la distribution de la matière grise est fortement corrélée.
Or, ce ne sont pas que des différences anatomiques, comme la forme du lobe des oreilles, mais elles influent sur la pensée et le comportement, ce qui est bien illustré dans ce célèbre dessin de Charles Addams : « Séparés à la naissance, les jumeaux Mallifert se rencontrent par hasard. »
Comme on peut le voir, il y a deux inventeurs avec des machines identiques sur les genoux, et ils se rencontrent dans la salle d'attente d'un conseil en propriété intellectuelle.
Or, le dessin n'est pas si exagéré, parce que des études sur les « vrais » jumeaux séparés à la naissance puis testés une fois adultes montrent qu'ils ont d'étonnants points communs.
Cela se produit pour chaque paire de « vrais » jumeaux séparés à la naissance qu'on étudie -- mais bien moins pour les « faux » jumeaux séparés à la naissance.
Mon exemple préféré, c'est cette paire de jumeaux, dont l'un a été élevé dans une famille catholique et nazie en Allemagne, et l'autre dans une famille juive à Trinidad.
Lorsqu'ils sont entrés au labo au Minnesota, Ils portaient les mêmes chemises bleu marine à épaulettes, tous deux aimaient tremper des tartines beurrées dans leur café. tous deux portaient des élastiques à leurs poignets, tous deux tiraient la chasse avant et après, et tous les deux aimaient surprendre les gens en éternuant dans des ascenseurs bondés pour les voir sursauter.
Or... Cette histoire semblerait trop belle pour être vraie mais lorsque vous administrez plusieurs batteries de tests psychologiques vous obtenez les mêmes résultats, à savoir que les « vrais » jumeaux séparés à la naissance ont des points communs assez surprenants.
Or, selon le bon sens et les données scientifiques remettant la doctrine de la page blanche en question, qu'y a-t-il de repoussant dans cette idée ?
Déjà, des raisons politiques expliquent pourquoi les gens l'ont trouvée agréable.
La principale est que si nous sommes des pages blanches, alors, par définition, nous sommes égaux, parce que zéro égale zéro égale zéro.
Mais s'il y a quelque chose d'écrit sur la page, alors certains auraient plus que d'autres, et selon cette façon de penser, ceci justifierait les discriminations et l'inégalité.
L'existence d'une nature humaine fait naître une autre peur politique : si nous sommes des pages blanches, nous pouvons perfectionner le genre humain -- ce vieux rêve d'une espèce perfectible par ingénierie sociale.
Alors que si nous sommes nés avec certains instincts, certains d'entre eux pourraient nous condamner à l'égoïsme, aux préjugés et à la violence.
Dans mon livre, j'avance que ces arguments sont absurdes.
En bref : tout d'abord le concept de l'équité n'est pas le même que le concept d'identité.
Ainsi, quand Thomas Jefferson a écrit dans la déclaration d'indépendance, « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux [...] » il n'a pas voulu dire : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont des clones. »
Au contraire, que tous les hommes sont égaux en terme de droits, et que chacun devrait être traité en tant qu'individu sans qu'on préjuge de lui par des statistiques propres aux groupes particuliers auxquels il appartiendrait.
Même si nous avions dès la naissance des intentions ignobles, celles-ci ne mèneraient pas automatiquement à des comportements ignobles.
Et cela parce que le cerveau humain est un système complexe en plusieurs parties, et certaines peuvent en inhiber d'autres.
Par exemple, il y a une excellente raison de croire que pratiquement tous les hommes naissent avec un sens moral, et que nous avons des capacités cognitives qui nous permettent de tirer profit des leçons de l'histoire.
Même si des personnes ont des tendances à l'égoïsme ou l'avidité, elles n'ont pas que cela dans le crâne, et d'autres parties du cerveau peuvent les contrecarrer.
Dans mon livre, je passe en revue ces controverses et nombre d'autres sujets polémiques, de sujets chauds, de Tchernobyls, sujets épineux, etc., comme l'art, le clonage, le crime, le libre arbitre, l'enseignement, l'évolution les différences de genre, Dieu, l'homosexualité, l'infanticide, les inégalités, le marxisme, la morale, le nazisme, l'éducation, la politique, les races, la religion, l'épuisement des ressources, l'ingénierie sociale, les risques technologiques et la guerre.
Et, inutile de le dire, il y avaient certains risques à s'attaquer à de tels sujets.
Lorsque j'ai écrit une première version du livre, je l'ai transmise à des collègues pour qu'ils la commentent, et voici quelques-unes des réactions que j'ai eues : « Vous auriez intérêt à installer une caméra de surveillance chez vous. »
« Ne vous attendez plus à recevoir ni récompenses ni offres d'emploi ni postes dans le monde universitaire. »
« Dites à votre éditeur de ne pas mentionner votre ville dans votre biographie. »
« Est ce que vous êtes titulaire ? »
Eh bien, le livre est paru en octobre, et rien de terrible n'est arrivé.
Je voudrais... Il y avait en effet des raisons d'être nerveux, et il y a eu des moments où je me sentais effectivement nerveux, en sachant ce qui est arrivé aux gens qui ont tenu des positions controversées ou ont fait des découvertes inquiétantes en sciences comportementales.
Il y a plusieurs cas, je parle de certains d'entre eux dans mon livre, de gens qui ont été calomniés, traités de nazis, agressés physiquement, menacés de poursuites judiciaires pour avoir découvert ou soutenu des résultats controversés.
Et on ne sait jamais quand on va tomber sur un de ces pièges.
Mon exemple préféré, ce sont ces deux psychologues qui ont mené des recherches sur des gauchers et ont publié des données montrant que les gauchers sont en moyenne, plus sujets à la maladie, aux accidents et ont une espérance de vie plus courte.
On ne sait pas bien, à ce propos, depuis, si c'est une généralisation exacte, mais les données à l'époque semblaient le confirmer.
Eh bien, très vite ils ont été submergés de lettres enragées, de menaces de mort, interdits d'intervention sur ce sujet dans certains journaux scientifiques, et ce à cause de gauchers en colère et leurs défenseurs, et ils étaient littéralement effrayés d'ouvrir leur courrier à cause du venin et des vitupérations qu'ils avaient suscité involontairement.
Eh bien, nous n'en sommes qu'au début mais le livre est paru depuis six mois et rien de terrible n'est arrivé.
Aucune conséquence professionnelle désastreuse n'est arrivée -- Je n'ai pas été exilé de la ville de Cambridge.
Mais ce dont je voulais parler ce sont deux de ces sujets polémiques qui ont suscité les réponses les plus fortes dans les quelque 80 articles qui ont traité du livre.
Je vais juste remettre la liste quelques secondes pour voir si vous pouvez devinez quels sont ces deux sujets -- j'estime que ces deux sujets ont probablement inspiré 90 pour cent des réactions dans ces diverses revues et les entretiens radiophoniques.
Ce n'est ni la violence, ni la guerre, ce n'est ni la race, ni le genre, ce n'est ni le marxisme, ni le Nazisme.
Ce sont l'art et l'éducation parentale.
Je vais vous dire ce qui a suscité de telles réactions d'indignation et je vous laisserai décider si... ces affirmations sont à ce point scandaleuses.
Commençons par les arts.
Je note que dans la longue liste des universaux humains que j'ai présentée dans une diapositive précédente, il y l'art.
Aucune société connue dans le coin le plus lointain du monde n'a pas eu quelque chose qu'on pourrait considérer comme de l'art.
Les arts visuels -- la décoration des surfaces et des corps -- semblent être un des universaux humains.
L'art du conte, la musique, la danse, la poésie, cela existe dans toutes les cultures et plusieurs des motifs et thèmes qui sont... qui nous donnent du plaisir artistique se trouvent dans toutes les sociétés humaines : le goût pour la symétrie, l'utilisation de la répétition et de la variation, même des choses aussi spécifiques que le fait que dans la poésie, partout dans le monde, on a des vers qui s'approchent
d'une durée de trois secondes, séparés par des pauses.
Or, d'autre part, dans la seconde moitié du XXe siècle, les arts sont souvent dits en déclin.
Et j'ai une collection de probablement 10 ou 15 gros titres tirés de magazines intellos, déplorant le fait que les arts sont en déclin à notre époque.
Je vais vous lire quelques citations représentatives : « Nous pouvons affirmer avec une certaine confiance que notre période est celle du déclin, que les normes culturelles sont plus basses que ce qu'elles étaient il y a 50 ans et que les preuves de ce déclin sont visibles dans tous les domaines de l'activité humaine. »
C'est une citation de T. S. Eliot qui a un peu plus de 50 ans.
Et une plus récente : « La possibilité de maintenir une grande culture à notre époque devient de plus en plus problématique.
Des librairies sérieuses perdent leurs franchises, des cinémas d'art et essai survivent à peine des orchestres symphoniques diluent leurs programmes, la télévision publique augmente sa dépendance aux rediffusions de sitcoms britanniques, des radio classiques disparaissent, les musées ont recours aux spectacles à succès, la danse se meurt. »
C'est de Robert Brustein, le célèbre critique et metteur en scène, dans The New Republic, il y a environ cinq ans.
Eh bien, en fait, l'art n'est pas en déclin.
Je ne pense pas que cela surprendra quiconque dans cette salle mais à tous points de vue il ne s'est jamais autant développé dans une si grande mesure.
Il existe, bien sûr, des formes d'art totalement nouvelles et de nouveaux médias, dont vous avez entendu parlé ces derniers jours.
Quel que soit le point de vue économique, la demande artistique sous toutes ses formes monte en flèche, comme on peut le constater au prix des billets d'opéra, au nombre de livres vendus, au nombre de livres publiés, au nombre de titres musicaux qui sortent, au nombre de nouveaux albums, etc.
La seule once de vérité dans cette plainte, que l'art serait en déclin, provient de trois sphères.
L'une d'entre elles est l'art des élites depuis les années 1930, par exemple les œuvres exécutées par les plus grands orchestres symphoniques dont la majorité du répertoire date d'avant 1930, ou les œuvres exposées dans les plus grandes galeries et les musées prestigieux.
Dans la critique et l'analyse littéraire d'il y a probablement 40 ou 50 ans, les critique littéraires étaient en quelque sorte des héros de la culture ; de nos jours, ils s'apparentent à une blague nationale.
Et les programmes en humanités et arts dans les universités, qui, à tous points de vue, sont de fait en déclin.
Les étudiants s'en écartent par troupeaux entiers, les universités cessent de s'investir dans l'art et les humanités.
Eh bien, voici un diagnostic.
Ils ne me l'ont pas demandé, mais, de leur propre aveu, ils ont besoin de toute l'aide possible.
Et je voudrais suggérer qu'il ne s'agit pas d'une coïncidence, que ce déclin supposé des arts des élites et de la critique est survenu au même moment où, dans l'histoire, il y a eu un dénigrement global de la nature humaine.
On trouve une citation célèbre -- si vous cherchez sur le web, vous pouvez la trouver dans des dizaines de dizaines de programmes de littérature anglaise. « En ou vers décembre 1910, la nature humaine a changé. »
Une paraphrase d'une citation de Virginia Woolf, et on débat pour savoir ce qu'elle entendait effectivement par là.
Mais une chose est sûre, quand on regarde ces programmes, c'est que... on l'utilise actuellement comme une façon de dire que la sensibilité artistique sous toutes ses formes telle qu'elle a existé pendant des siècles, ou des millénaires, a été défaussée au XXe siècle.
La beauté et le plaisir dans l'art -- probablement un des universaux humains -- sont -- ont commencé à être considérés comme mielleux, ou kitsch, ou commerciaux.
On doit à Barnett Newman une célèbre citation disant que l'art moderne vise à détruire la beauté, considérée bourgeoise ou de mauvais goût.
Et en voici un seul exemple.
Bon, voici sans doute un exemple représentatif de la représentation visuelle des formes féminines au XVe siècle ; voici un exemple représentatif de la représentation des formes féminines au XXe.
Et comme vous le voyez il y a... quelque chose a changé dans la manière qu'a l'art des élites d'exciter les sens.
Assurément, dans les mouvements modernistes et post-modernistes, il y a eu un art visuel sans beauté, une littérature sans narration ni intrigue, une poésie sans mètre ni rimes, une architecture et un urbanisme sans ornementation, sans respect de l'échelle humaine, des espaces verts ou de la lumière naturelle, une musique sans mélodie ni rythme, et une critique sans clarté, sans respect de l'esthétique, sans compréhension de la condition humaine.
Permettez-moi de vous donner un seul exemple pour appuyer cette dernière affirmation.
Mais là-bas, une des plus célèbres spécialistes anglaises de littérature, actuellement, est le professeur de Berkeley, Judith Butler.
Et voici un exemple de l'une de ses analyses : « Le passage d'une approche structuraliste dans laquelle le capital est compris comme ce qui structure les relations sociales d'une manière relativement homogène à un point de vue hégémonique dans lequel les relations de pouvoir sont sujettes à la répétition, la convergence et la réarticulation, a fait naître la question de la temporalité dans la pensée de la structure, et a marqué une séparation d'avec cette forme de théorie althusserienne
qui considère les totalités structurelles en tant qu'objets théoriques... »
Bon, vous voyez où je veux en venir.
D'ailleurs, ce n'est qu'une seule phrase ; on peut même en faire l'analyse syntaxique.
Donc, l'argument de La Page blanche est que l'art des élites et la critique au XXe siècle, mais pas dans les arts en général, ont méprisé beauté et plaisir, clarté, perspicacité et style.
Le public s'éloigne de l'art des élites et de la critique.
Quelle énigme ! Je me demande bien pourquoi...
Eh bien il se trouve que cela a sans doute été la thèse la plus controversée du livre.
On m'a demandé si je m'étais cantonné à ce sujet pour ne pas m'attirer les foudres naissant de discussions sur le genre et le nazisme et les races, etc. Je n'ai aucun commentaire à faire.
Mais cela a certainement inspiré des réactions vigoureuses de pas mal de professeurs d'université.
Bon, l'autre sujet polémique, c'est l'éducation parentale.
Et le point de départ en est... pour cette discussion a été le fait que nous avons tous reçu des avis provenant de l'industrie de l'éducation parentale.
Alors voici... voici une citation représentative d'une mère assiégée : « Je suis submergée de conseils éducatifs.
On attend de moi que je fasse faire de l'exercice physique à mes enfants pour qu'ils prennent l'habitude de rester en forme et qu'ils deviennent des adultes en bonne santé.
On attend de moi que je propose tout un tas de jeux intellectuels pour qu'ils deviennent intelligents.
Et il y a toutes sortes de jeux : la glaise pour la dextérité digitale, les jeux verbaux pour faciliter l'accès à la lecture, des jeux de motricité globale, des jeux de motricité fine. J'ai l'impression que je pourrais consacrer ma vie à réfléchir à quel jeu jouer avec mes enfants. »
Je pense que quiconque a eu un enfant récemment peut comprendre ce que ressent cette mère.
Eh bien, voici quelques faits qui sonnent à réfléchir.
La plupart des études sur l'éducation sur lesquelles se basent ces conseils sont inutiles. Elles sont inutiles parce qu'elles ne prennent pas en compte l'héritabilité. Elles constatent une sorte de corrélation entre ce que les parents font et ce que les enfants deviennent et considèrent qu'il y a un lien de cause à effet, que l'éducation modèle l'enfant.
Les parents qui parlent beaucoup à leurs enfants ont des enfants qui deviennent réfléchis, les parents qui fessent leurs enfants ont des enfants qui deviennent violents, etc.
Et très peu d'entre elles prennent en compte la possibilité que ce que les parents transmettent, ce sont les gènes qui augmentent les chances qu'un enfant soit réfléchi ou violent et ainsi de suite.
Jusqu'à ce qu'on reconduise ces études avec des enfants adoptés, qui fournissent un environnement mais non des gènes à leurs enfants, nous ne pouvons pas savoir avec certitude si ces conclusions sont valables.
Les études qui prennent en compte les facteurs génétiques offrent des résultats qui donnent à réfléchir.
Souvenez-vous des jumeaux Mallifert : séparés à la naissance, ils se trouvent alors dans le bureau des brevets... très ressemblants.
Alors, que serait-il arrivé aux jumeaux Mallifert s'ils avaient été élevés ensemble ?
Eh bien, on pourrait penser, qu'ils auraient été encore plus ressemblants, parce qu'ils n'auraient pas seulement reçu des gènes en commun mais ils auraient aussi reçu un environnement commun.
Cela les rendrait super-ressemblants, non ?
Faux. Les jumeaux, ou les frères et sœurs, qui ont été séparés à la naissance ne sont pas moins ressemblants que s'ils avaient été élevés ensemble.
Tout ce qui arrive dans un foyer donné pendant toutes ces années semble ne laisser aucune empreinte permanente sur la personnalité ou l'intellect.
Une découverte complémentaire, d'une approche complètement différente : des frères et sœurs adoptés éduqués ensemble -- à part pour les « vrais » jumeaux éduqués séparément qui se reflètent à l'identique, ils ont en commun parents, foyer, voisinage, n'ont pas de gènes en commun -- ne s'avèrent au final pas du tout ressemblants.
Bon... Deux champs de recherches différents avec des résultats similaires.
Ce que cela suggère, c'est que les enfants sont modelés non par leurs parents sur la durée mais en partie -- en partie seulement -- par leurs gènes, en partie par leur culture -- culture d'un pays en général et culture propre aux enfants, c'est-à-dire celle de leur pairs -- comme nous l'a expliqué Jill Sobule un peu plus tôt, voilà ce qui compte pour les enfants -- et, d'une manière très importante, bien plus que les gens sont prêts à le reconnaître,
par le hasard : les fruits du hasard pendant le câblage du cerveau in utero ; les fruits du hasard pendant la vie.
Ainsi, je vais conclure avec cette simple remarque pour revenir au thème des choix.
Je pense que les sciences qui étudient une nature humaine -- génétique comportementale, psychologie évolutionniste, neurosciences, sciences cognitives -- vont de plus en plus, dans les années à venir, renverser de nombreux dogmes, des carrières et des systèmes de croyances politiques profondément ancrés.
Et cela nous met face à un choix.
Le choix de considérer si certains faits sur l'humain ou certains sujets doivent passer pour des tabous, des savoirs interdits, des lieux interdits, parce qu'il n'y aurait rien de positif à en tirer, ou bien si nous devons les explorer honnêtement.
J'ai ma propre réponse à cette question, qui vient d'un grand artiste du XIXe siècle, Anton Tchekhov, qui a dit : « L'homme deviendra meilleur quand on lui montrera à quoi il ressemble. »
Et je pense que cet argument ne peut être exprimé d'une manière plus éloquente.
Merci beaucoup. |
The Increasing Credit Relevance of Cybersecurity
LONDON – The recent ransomware attack that shut down the Colonial Pipeline in the United States exemplifies the growing sophistication of cyberattacks over the past 12 months.
Ever since the Colonial attack, there have been attacks involving the insurance sector in Asia, a European truck lease provider, a French distressed debt purchaser, and a global food company. All involved ransomware demands and highlighted attackers’ ability to choose targets without regard for geography or sector.
Nor are attacks limited to listed firms: sovereign states and public institutions are acutely vulnerable, too.
We have seen attacks on the US city of Hartford, numerous Texas school districts, and, more recently, on the Irish health-care system.
Not surprisingly, cyber risk is becoming an increasingly important factor in determining credit ratings.
At S&P Global Ratings, we have seen more credit-relevant cyber events in the last six months than in the previous six years, and we routinely reflect on recent cyber developments to sharpen our focus.
Our most recent assessments have reinforced many of our previous views, but our perspective on managing cyber risk continues to evolve.
Many of our rated entities, particularly in information technology and insurance, are seeing more opportunities emerge in cyber services.
But firms would benefit from taking several steps to help mitigate the potential credit impact of cyberattacks.
First, swift action remains vital – as we saw recently in the wake of the cyberattack on the US insurer CNA.
The company’s prompt remedial measures – including communicating with employees, customers, brokers and agents, investors, and regulators – helped to limit the extent of the damage and allayed our initial concerns about the potential impact on its brand, reputation, and competitive position.
Second, while active prevention of cyber events is now becoming the norm, many cyberattacks are being structured in a way that makes them ever more difficult to uncover.
Active detection will therefore become a competitive advantage.
We saw the importance of active detection in the case of SolarWinds Holdings Inc., which is widely reported to have suffered a cyber breach in early 2020 – several months before the firm noticed it.
The time that elapsed from attack to detection increased the scale and magnitude of the event.
The impact and cost of the attack contributed in part to S&P’s recent downgrade of SolarWinds to B from B+.
Third, although the COVID-19 pandemic will likely increase senior executives’ propensity to allocate funds to manage their firms’ exposure to cyber risk, this is not enough.
Given that a large proportion of cyber-related breaches can be traced to a deficient risk culture or human error, even sizeable cyber IT spending is not sufficient.
Money alone cannot address this risk.
We therefore expect to see more C-suite support for simulation exercises to gauge and probe preparedness.
Fourth, the credit impact in the wake of a cyberattack remains contingent on the type of attack and its underlying motive.
Companies may suffer indirectly as a result of centralized, perhaps politically motivated attacks such as the SolarWinds and Microsoft Exchange Server episodes, but these may not always have direct financial and reputational consequences.
Direct attacks on specific firms or institutions, which combine a balance-sheet event with material operational disruptions, are more likely to have ratings implications, particularly if they are poorly managed.
Fifth, companies are in a virtual arms race with attackers, so they need to get cyber risk basics right even to have a chance of staying one step ahead.
Those with subpar governance standards will likely have a relatively weaker credit rating prior to any cyberattack.
We will increasingly watch out for lax cyber governance standards in particular, and especially a lack of basic features such as employee training and software patching.
Adequate and timely patching reduces firms’ potential exposure to known vulnerabilities that cyber attackers often attempt to exploit.
We regard management of cyber risks as a category of overall operational risk management.
Conventional and standard risk management and governance can be easily adapted, so it is important for companies to be aware of their cyber risk appetite and tolerance level.
If a firm cannot stay one step ahead, it must ensure that it does not fall behind its peers.
At a minimum, we would expect a company to have a reliable and fully tested data backup and recovery strategy.
Sixth, the next major threat to the global financial system could easily be cyber related, with more correlated risk and more rapid contagion than is currently anticipated.
Companies and governments should plan accordingly.
Depending on its magnitude and financial impact, as well as the success of mitigation efforts, such an event could trigger widespread rating actions.
Companies with weaker balance sheets that lack adequate cyber insurance will more likely face credit rating pressure.
Insurers themselves are learning from pandemic-related ambiguity across their products, and this must remain a focus.
The August 2020 cyberattack on New Zealand’s stock exchange (NZX) should not have been unexpected, given the role the exchange plays in the financial system.
NZX subsequently accepted that its technology resources and crisis-management planning needed improvements.
Lastly, events over the past 12 months have highlighted the vulnerability of complex, interdependent production networks, making supply chains an increasing source of cyber risk in the coming years.
As a number of recent attacks – including those on SolarWinds, the Microsoft Exchange Server, and Codecov – and the 2013 data breach at Target have highlighted, cyber risk governance must focus on the wider supply chain, including cyber standards at third-party providers.
Firms should make it part of their DNA to learn from past cyberattacks and take active measures to prevent and detect future threats.
Given the importance of cyber-risk governance for credit ratings, the benefits of robust cybersecurity will likely extend beyond the digital realm. | La cybersécurité toujours plus importante dans l’évaluation des risques de crédit
LONDRES – La récente attaque au rançongiciel qui a fermé le Colonial Pipeline aux États-Unis témoigne à elle seule de la sophistication croissante ces cyberattaques au cours des douze derniers mois.
On ne compte plus, depuis, les attaques lancées contre le secteur de l’assurance en Asie, un grand groupe de location de véhicules de transport en Europe, en France, un acheteur de dette désemparé, une entreprise alimentaire mondiale… Toutes impliquent des rançongiciels et soulignent la capacité des pirates à choisir leur cible, quel qu’en soit le secteur ou l’emplacement géographique.
Les attaques ne sont pas non plus limitées aux entreprises : les États souverains et des institutions publiques sont aussi extrêmement vulnérables.
Ainsi avons-nous pu assister à des attaques contre la ville de Hartford aux États-Unis, contre de nombreuses académies de l’instruction publique au Texas et, plus récemment, contre le système irlandais de soins de santé.
Il n’est donc pas étonnant que le risque cyber soit devenu un facteur de plus en plus important dans la notation.
Au cours des six derniers mois, nous avons été témoins, chez Standard & Poor’s Gobal Ratings de plus de cyberévénements dont les conséquences touchent le crédit qu’au cours des six dernières années, et nous surveillons attentivement les récentes évolutions de la cybernétique pour aiguiser nos analyses.
Nos estimations les plus récentes renforcent nombre de nos points de vue, mais nos attentes concernant la gestion du risque cyber continuent elles aussi d’évoluer.
Beaucoup de nos entités notées, notamment dans les technologies de l’information et dans l’assurance, voient émerger plus d’opportunités dans les cyberservices.
Mais les entreprises auraient intérêt à prendre certaines mesures pour contribuer à atténuer les conséquences potentielles des cyberattaques sur leur crédit.
Premièrement, il est toujours vital d’agir rapidement – comme nous l’avons récemment vu à la suite de la cyberattaque dont a été victime l’assureur CNA aux États-Unis.
La compagnie n’a pas tardé à prendre des mesures de sauvegarde – parmi lesquelles une communication d’urgence avec les employés, les clients, les courtiers et les agents, les investisseurs et les autorités de régulation – qui ont contribué à limiter l’étendue des dégâts et à calmer notre inquiétude initiale concernant les conséquences potentielles sur la marque, sa réputation et sa position vis-à-vis de ses concurrents.
Deuxièmement, si la prévention active des cyberévénements est en train de devenir la norme, nombre de cyberattaques sont construites de telle sorte qu’elles deviennent plus difficiles à déceler.
La détection active deviendra donc un avantage compétitif.
Nous avons pu voir combien la détection active était importante dans le cas de SolarWinds Holdings Inc., victime, au début de l’année 2020 – soit plusieurs mois avant que l’entreprise ne le remarque –, d’une cyberintrusion abondamment commentée depuis.
Le temps écoulé entre l’attaque et le moment où elle a été détectée a augmenté l’échelle et l’ampleur de l’événement.
Les conséquences et le coût de l’attaque ont contribué en partie à la récente dégradation de la note attribuée par S&P’s à SolarWinds, passée de B+ à B.
Troisièmement, quoique la pandémie de Covid-19 augmentera probablement la propension des dirigeants à allouer des fonds à la protection de leur entreprise contre le risque cyber, ce n’est pas assez.
Étant donné l’importante proportion d’intrusions informatiques qui peuvent être attribuées à une culture du risque déficiente ou à l’erreur humaine, même des dépenses considérables consenties dans les technologies numériques de l’information ne seront pas suffisantes.
L’argent seul ne peut surmonter ce risque.
Nous prévoyons dès lors un soutien accru des directions d’entreprise aux exercices de simulation, afin d’évaluer et de tester le degré de préparation.
Quatrièmement, les conséquences sur le crédit d’une cyberattaque sont fonction du type d’attaque et des motifs qui la sous-tendent.
Des entreprises peuvent souffrir indirectement à la suite d’une attaque centralisée, guidée peut-être par des considérations politiques, comme lors des épisodes qui ont frappé SolarWinds et le Microsoft Exchange Server, mais elles n’en ressentirons pas toujours les conséquences directes, qu’elles soient financières ou qu’elles portent atteinte à leur réputation.
Il est plus probable en revanche que des attaques directes sur des entreprises ou des institutions déterminées, qui mêlent un événement de bilan à des disruptions opérationnelles matérielles se traduisent au niveau de la notation, notamment si les attaques sont mal gérées.
Cinquièmement, les entreprises sont engagées dans une course à l’armement virtuelle avec les pirates. Elles ont donc besoin d’une bonne évaluation du risque cyber, ne serait-ce que pour avoir une chance de disposer d’une longueur d’avance.
Celles dont les standards de gouvernance sont médiocres ne jouiront probablement que d’une note de crédit relativement plus faible avant même une cyberattaque.
Nous serons de plus en plus attentifs aux standards laxistes de gouvernance cyber, et plus particulièrement à l’absence de mesures élémentaires comme la formation des employés et la mise à jour des logiciels déjà en service.
Les mises à jour et corrections de logiciels adéquates et effectuées à temps réduisent l’exposition potentielle des entreprises aux vulnérabilités connues que les pirates tentent souvent d’exploiter.
Nous considérons la gestion des risques cyber comme l’une des catégories de la gestion opérationnelle globale du risque.
La gouvernance et la gestion conventionnelles des risques peuvent être aisément adaptées ; il est donc important que les entreprises connaissent leur appétence au risque cyber et leur degré de tolérance.
Dès lors qu’une entreprise ne peut maintenir une longueur d’avance, elle doit au moins s’assurer qu’elle ne fait pas moins bien que ses pairs.
Au minimum, nous attendons d’une entreprise qu’elle ait un système de sauvegarde et une stratégie de récupération des données fiables et abondamment testés.
Sixièmement, la prochaine grande menace qui pèsera sur le système financier mondial pourrait fort bien être d’ordre informatique, avec des risques corrélés plus importants et une contagion plus rapide que ce qui est actuellement prévu.
Les entreprises et les pouvoir publics devraient y penser.
Selon son ampleur et ses conséquences financières, en fonction également du succès des mesures prises pour l’atténuer, un tel événement pourrait déclencher d’importantes réactions de la part des agences de notation.
Les entreprises aux bilans les plus faibles et dépourvues d’une bonne assurance contre les risques informatiques devront probablement faire face à une pression plus forte sur leur note de crédit.
Les assureurs eux-mêmes apprennent de l’ambiguïté diffusée par la pandémie dans leurs produits, et cela doit demeurer l’une de leurs préoccupations.
La cyberattaque du mois d’août 2020 sur la Bourse de Nouvelle-Zélande (NZX) n’aurait pas dû constituer une surprise étant donné le rôle joué par les échanges de titres dans le système financier.
NZX a par la suite admis que ses moyens technologiques et son planning de gestion de crise avaient besoin d’améliorations.
Enfin, les événements des douze derniers mois ont souligné la vulnérabilité des réseaux de production complexes et interdépendants, raison pour laquelle les chaînes d’approvisionnement constituent dans les prochaines années une source croissante de risques informatiques.
Comme l’ont souligné un certain nombre d’attaques récentes – y compris celles qui ont été perpétrées contre SolarWinds, le Microsoft Exchange Server et Codecoy – ainsi que l’intrusion dont Target a été victime en 2013, la gouvernance du risque cyber doit porter une attention particulière aux chaînes logistiques, notamment pour ce qui concerne les normes informatiques des fournisseurs tiers.
Les entreprises devraient intégrer à leur ADN les leçons des cyberattaques passées et prendre des mesures concrètes afin de prévenir et de détecter les menaces futures.
Étant donné l’importance de la gouvernance du risque cyber pour les notes de crédit, les bénéfices d’une cybersécurité éprouvée s’étendront très probablement au-delà du seul domaine informatique. |
Germany’s Grave New World
BERLIN – The outcome of Germany’s federal election on Sunday was unexpected and disturbing, at least by German standards. The two main parties, the Social Democrats (SPD) and the Christian Democratic Union (CDU), along with its Bavarian sister party, the Christian Social Union (CSU), were punished at the ballot box, after having governed as a grand coalition under Chancellor Angela Merkel for the past four years.
The SPD’s performance was its worst in any federal election since the Federal Republic’s first, in 1949.
Similarly, the CDU/CSU alliance turned in its second-worst showing since 1949, and the CSU suffered the worst federal-election loss in its history. This is particularly important, given that Bavaria will hold state-level elections next year.
All told, the election was a landslide against Merkel’s grand coalition.
And, to a large extent, it can be seen as a protest vote against Merkel herself.
Internationally, she is appreciated as an effective stateswoman and the guarantor of stability and moral authority in the West.
But at home, that is clearly no longer the case.
Merkel’s greatest mistake in this election was to rely on the same defensive strategy that she used in the last two elections, when she won resoundingly.
She seems to have assumed that avoiding controversy and keeping quiet about the key issues confronting Europe would work once again.
This showed poor judgment, given the 2015 refugee crisis and its implications for Germany, to say nothing of the rise of the far-right Alternative for Germany (AfD), which captured around 13% of the vote.
Many Germans have been wondering what lies ahead for their country, and for German national identity.
Merkel did not provide sufficient answers to these questions.
And while she remained silent, populists such as AfD Vice Chairman Alexander Gauland filled the airwaves with loud appeals to ethnic and nationalist nostalgia.
Indeed, the big winner in this election was the AfD, whose members include neo-Nazis and other extremists.
The party’s success is a disgrace for Germany.
After 72 years, the far right is back in the Bundestag – and with the third-strongest bloc.
And the AfD is now the second-largest party in the Länder (federal states) comprising the former East Germany.
Germany is not the only European country where right-wing populists have made electoral gains in recent years.
But nowhere is the resurgence of the far right more disconcerting than in Germany, owing to its particular history.
To prevent the right from doing irreparable damage to German democracy, the parties that still stand for democratic values must take seriously their responsibility to form a new government.
Merkel will almost certainly remain chancellor in the next government.
As CDU and CSU members debate the matter in the coming days, they will find no credible or equally popular alternative to her.
Electoral losses or not, you can’t overthrow your chancellor without having a convincing replacement waiting in the wings.
Merkel is lucky: the knives haven’t come out yet; and even if they do, they probably won’t draw blood – at least for now.
Another unexpected outcome of the election is that the SPD’s leaders are now arguing for joining the opposition – as if participation in the government were a curse to be avoided at all costs.
This will make the process of forming the next government long and painstaking, which is unusual in German politics.
With the SPD refusing to participate in a grand coalition, the only mathematically viable option that remains is a “Jamaica” alliance – named for Jamaica’s black, yellow, and green flag – comprising the CDU/CSU, the liberal Free Democrats, and the Greens. But getting there will not be easy: while the parties will not have much trouble arriving at the necessary policy compromises, they differ markedly in governing mentality and leadership style.
Moreover, the domestic political calendar will most likely prolong the coalition talks.
Party leaders will posture and try to save face in the eyes of their constituencies, and not much will happen until after the state elections in Lower Saxony on October 15.
And even then, a new government will not be formed quickly.
The only alternatives to a Jamaica coalition are a CDU/CSU minority government or a new election next spring, which would probably only strengthen the AfD’s position.
Both outcomes would be bad for Germany, which is widely perceived – and relied on – as an anchor of stability in Europe.
That means the future of German democracy and European stability will depend on whether reason prevails among the remaining smaller parties.
The Jamaica parties have a responsibility to get behind Merkel, and to compromise as necessary to form a government.
Their leaders, one hopes, will be smart enough to work together in good faith, rather than seeking only narrow partisan advantage.
They can start by making security, economic reform, and ecological and digital modernization the three pillars of a new kind of coalition.
As for Merkel, failing to form a stable majority government would probably spell the end of her chancellorship.
And, more broadly, it could usher in a new period of political chaos. No one should wish that on Germany – or on Europe. | Le pire des mondes en Allemagne
BERLIN – Le résultat des élections législatives fédérales de dimanche dernier en Allemagne est à la fois inattendu et inquiétant, du moins dans une perspective allemande. Les deux principaux partis politiques, le parti social-démocrate (SPD) et l’Union chrétienne-démocrate (CDU), avec son parti frère l’Union chrétienne-sociale (CSU) de Bavière, ont été sanctionnés par les urnes, après avoir gouverné ces quatre dernières années au sein de la grande coalition conduite par la chancelière Angela Merkel.
Le score du SPD est le plus mauvais de toutes les élections fédérales depuis les premières élections d’après-guerre.
De même, l’alliance CDU/CSU enregistre ses résultats les plus bas depuis 1949, et la CSU a subi le pire défaite de son histoire lors d’élections fédérales, un fait d’autant plus marquant que la prochaine échéance électorale du Land de Bavière est prévue à l’automne 2018.
En un mot, ces élections ont été un camouflet pour la grande coalition de Merkel.
Et elles peuvent également être perçue dans une certaine mesure comme un vote de contestation de l’action de la chancelière allemande.
Elle est appréciée au plan international en tant que dirigeante efficace et garante de la stabilité et de l’autorité morale en Occident.
Mais au plan national, ce n’est plus vraiment le cas.
La plus grande erreur de Merkel lors de ces élections a été d’adopter la même tactique défensive qui lui avait permis de remporter une victoire écrasante lors des deux élections fédérales précédentes.
Elle semble avoir pensé qu’éviter la controverse et ne pas parler des principaux problèmes qui se posent à l’Europe serait à nouveau une stratégie gagnante.
Elle a clairement manqué de jugement, compte tenu de la crise des réfugiés en 2015 et de ses conséquences pour l’Allemagne, sans même parler de l’émergence du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui a remporté près de 13 pour cent des suffrages.
De nombreux Allemands se demandent de quoi sera fait l’avenir et en quoi consiste l’identité nationale allemande.
Merkel n’a pas apporté de réponses probantes à ces questions.
Et pendant qu’elle gardait le silence, les populistes, dont le vice-président de l’AfD Alexander Gauland, se répandaient dans les médias avec des déclarations nostalgiques et révisionnistes.
En fait, le grand vainqueur de ces élections est l’AfD, dont les rangs comptent des néonazis et d’autres extrémistes.
La progression de ce parti est une honte pour l’Allemagne.
Après une absence de 72 ans, des députés de l’extrême-droite siègent à nouveau au Bundestag, où l’AfD est à présent la troisième formation politique.
Ce parti est même devenu la deuxième force politique dans les Länder qui composent l’ancienne Allemagne de l’Est.
L’Allemagne n’est pas le seul pays européen où les populistes de droite ont enregistré des succès électoraux.
Mais la résurgence de l’extrême droite n’est nulle part plus perturbante qu’en Allemagne, en raison de son passé.
Pour empêcher que cette tendance politique inflige des dommages irréparables à la démocratie allemande, il faut que les partis qui continuent à défendre les valeurs démocratiques prennent au sérieux leurs responsabilités liées à la formation d’un nouveau gouvernement.
Il est à peu près certain qu’Angela Merkel restera chancelière du prochain gouvernement.
Lorsque les membres de la CDU-CSU débattront de la question dans les jours qui viennent, ils ne trouveront pas d’autre candidat aussi crédible ou aussi populaire.
Recul électoral ou pas, il n’est pas possible de se débarrasser d’un chancelier sans avoir une alternative convaincante en coulisses.
Merkel a de la chance : les critiques n’ont pas commencé à pleuvoir, et même si c’était le cas, elles ne seront pas assassines, du moins pour le moment.
Un autre résultat inattendu de ces élections est que le SPD a maintenant décidé de rejoindre l’opposition – comme si la participation au gouvernement était une malédiction à éviter à tout prix.
En conséquence, le processus de formation du nouveau gouvernement sera long et pénible, une situation inédite en Allemagne.
Avec le retrait du SPD, la seule option mathématiquement viable est une coalition « Jamaïque » - ainsi nommée à cause des couleurs noir, jaune et vert du drapeau jamaïcain qui correspondent aux couleurs des formations politiques allemandes – comprenant la CDU/CSU, le parti libéral-démocrate (FDP) et les Verts (die Grünen). Mais la formation d’une telle coalition ne sera pas une tâche aisée : si ces partis n’auront pas trop de peine à faire les concessions politiques nécessaires, leurs points de vue sur certains sujets cruciaux sont diamétralement opposés.
Il est de plus probable que diverses échéances électorales nationales prolongent les discussions.
Les chefs de file des partis auront une attitude peu conciliante pour sauver la face devant leurs électeurs, et il ne faut rien attendre de concret avant la tenue d’élections régionales anticipées en Basse-Saxe le 15 octobre prochain.
Et même alors, les tractations en vue d’un nouveau gouvernement traîneront sûrement en longueur.
Les seules alternatives à une coalition jamaïque sont un gouvernement minoritaire CDU/CSU ou de nouvelles élections au printemps 2018 qui renforceraient sans doute la position de l’AfD.
Ces deux cas de figure seraient préjudiciables pour l’Allemagne, largement perçue comme un point d’ancrage stable sur lequel compter en Europe.
Cela signifie que la démocratie allemande et la stabilité européenne dépendent de la capacité des petits partis à faire prévaloir la raison.
Les partis de la coalition jamaïque doivent se rallier à Merkel et accepter les compromis nécessaires à la formation d’un gouvernement.
Il est à espérer que leurs dirigeants auront l’intelligence de coopérer de bonne foi au lieu de rechercher de mesquins avantages partisans.
Ils pourraient commencer par donner la priorité à la sécurité, aux réformes économiques et à la modernisation écologique et numérique comme les trois piliers d’une nouvelle forme de coalition.
En ce qui concerne Merkel, échouer à former un gouvernement majoritaire stable signifiera sans doute la fin de son mandat de chancelière.
Et de manière plus générale, cet échec pourrait plonger le pays dans une nouvelle période de chaos politique, ce qui ne serait souhaitable ni pour l’Allemagne, ni pour l’Europe. |
Preventing trafficking in human beings (debate)
The next item is the debate on
the oral question to the Council on preventing trafficking in human beings, by Anna Hedh and Edit Bauer, on behalf of the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs and the Committee on Women's Rights and Gender Equality - B7-0341/2009), and
the oral question to the Commission on preventing trafficking in human beings, by Anna Hedh and Edit Bauer, on behalf of the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs and the Committee on Women's Rights and Gender Equality - B7-0342/2009),
As we are all aware, trafficking in human beings is one of the most serious and heinous crimes in the world.
That is why I am very disappointed to be debating this important issue here so late in the evening before an empty chamber with no audience and no journalists.
In 1850, slavery was officially banned throughout Europe.
Nonetheless, nearly 200 years later, hundreds of thousands of people are suffering the modern form of slavery that is trafficking in human beings in Europe.
The European Parliament and the other EU institutions have a huge responsibility to combat and stop modern day slavery, which takes many different forms: forced labour, sex slavery, trading in organs, adoption and begging, for example.
That is why I am pleased that we are debating this important issue this evening.
I would like to take the opportunity to thank you for your good cooperation to date and I hope that together, we will ultimately be able to arrive at a common resolution.
I also hope that the new Commission will present a directive on trafficking in human beings as soon as possible - a directive that is more forceful and goes even further than the proposal made by the old Commission, which was, in itself, a good one.
In order to tackle the problem of human trafficking we need to have an overall perspective that takes into consideration all the affected policies; that is, not just penal law but also migration.
We also need to have proper sanctions in place that really reflect the seriousness of this crime and that really hurt those who are making money out of trafficking in human beings.
We must ensure that the victims receive better help and protection, that particular consideration is given to victims who are minors, and we need better coordination within the EU institutions.
In order to really get to grips with the problem of human trafficking, however, all the Member States must put substantial effort into preventive work, and that largely means reducing the demand that exists in our countries for the services provided by the victims of human trafficking.
If we can reduce demand, then the supply of services will also go down.
Finally, I appeal to the Council, the Commission, the European Parliament, the Member States and the other EU institutions: let us stand together to put a stop to the trafficking of human beings in Europe, which is a modern form of slavery.
There is no greater sign of the seriousness of the problem of trafficking in human beings than the fact that even in Europe, several hundred thousand people fall victim to it each year.
This is probably so unbelievable that the interpreters said several hundred instead of several hundred thousand.
Popular opinion is also more or less of this view.
It feels that this is a marginal issue, and underestimates both its consequences and the weight of the phenomenon itself.
I think that Europe has an obligation to increase the struggle against human trafficking.
I would like to address two matters.
The first is the protection of victims, and the second the elimination of demand.
As regards victim protection, there is a piece of European Community legislation, which the Commission has promised to reassess by 2009.
Unfortunately, in spite of the fact that this Directive, number 2004/81, indeed requires updating, so far, this reassessment has not seen the light of day, while the majority of victims are treated as accessories to the crime and are further victimised.
We all know, as well, that without the victims' help, it is impossible to round up the criminal gangs, as the management of Europol has also confirmed.
I would like to draw attention to the legislative process regarding another matter, namely, the elimination of demand.
Human trafficking has its own market.
The laws of supply and demand apply there as they do to other markets.
We usually deal with the supply side, and more or less forget, or do not want to address, the demand side, although as long as we have not succeeded in eliminating demand, we will probably strive in vain to combat human trafficking.
In addition, I would like to emphasise the need for policy coordination.
We have found that within the Commission, certain DGs, certain Directorates-General, do not really coordinate their policies, and the flow of information between them is also unsatisfactory.
I think that there is work for us to do in this regard as well.
Mrs Hedh, Mrs Bauer, I could not agree more with the initiative, the question and the debate you have sparked here tonight.
I believe that human trafficking is the greatest scourge of humanity.
It is therefore one of the great challenges we must tackle, and one that we must tackle together.
This is one more example of the importance of combining our efforts at European level, and outside Europe, in order to stamp out this scourge.
In your question, you began by talking about whether the approach to be taken by the European Union should be human rights centred, holistic, and focus on repatriation and reintegration, social affairs and social inclusion.
The answer is yes.
We absolutely agree that this is the right approach.
We also agree with proportionality in the severity of sentencing - this is another of the points you raised in your question - and with the need for additional measures for victim protection.
You pointed out and stressed - and I totally agree with you - that victim protection is essential if we are to fight trade and trafficking in human beings and also that consent by a defenceless victim or child to exploitation is absolutely irrelevant; it has to be irrelevant when it comes to punishing this exploitative behaviour.
I believe that your idea on the subject of demand is also important.
It is a very important idea that must also be seen through.
The same applies to the subject of jurisdiction.
In part 2 of your question, we believe that the coordination of information is absolutely necessary.
We therefore agree with the proposal in this question, which seems to us highly appropriate.
You also asked us about preventive measures.
I can say, on this subject, that the European Union is working on such preventive measures.
Back in 2005, the Council adopted a plan in this regard, which would need to be implemented effectively.
Also, as you know, human trafficking is also included in many agreements between the European Union and third countries, for example, the Africa-European Union Strategic Partnership.
It is also one of the priorities of the stabilisation and association agreements between the European Union and the Western Balkans.
I should also point out that assistance with the training and awareness raising of people who might come into contact with victims plays an important part in the fight against human trafficking.
Examples of such people are border police and police and security officers in third countries.
I wish to end by saying that the Spanish Presidency will work in this direction and will concern itself specifically with the subject of children affected by this trafficking, which is one of the main priorities of the Spanish Presidency.
Among other initiatives, we have called on the Commission to submit an action plan on unaccompanied minors entering the European Union at the start of 2010.
Lastly, Mr President, during its term of office, during this six-month period, the Spanish Presidency is calling for an immediate debate on a directive to combat human trafficking and I am sure that the new Commission will table this immediately.
When the Commission produces its draft, the Spanish Presidency will begin its discussions in the Council and with Parliament.
You can take this as an expression of our determination to fight this modern form of slavery, as the previous speakers aptly described it.
Mr President, the Minister has just explained how, in fact, this trafficking in human beings is a form of slavery.
I would very much like to thank Mrs Hedh and Mrs Bauer for having raised this question.
We must come up with a holistic, multidisciplinary approach which is not limited to repression, but which integrates international cooperation with third countries.
This integrated approach was that adopted by the Commission following the proposal for a framework decision published in March 2009.
This framework decision is based on the 2005 Council of Europe Convention on Action against Trafficking in Human Beings, but it goes further.
Naturally, as the Minister has just said, we are going to use the new legal basis offered by the Treaty of Lisbon to present, as quickly as possible, a proposal for a directive, which will take into consideration the discussions that took place before the entry into force of the Treaty of Lisbon.
With this new proposal for a directive, we hope to be able to maintain a high level of ambition.
We feel that the European Parliament must play a central role and that its commitment is very important in terms of further strengthening the European legal framework of measures to combat trafficking in human beings.
I shall therefore give you some information in response to the content of the question.
Firstly, penalties: trafficking in human beings constitutes a very serious offence, and it must be punished accordingly.
Sentences must be severe and the harmonisation of maximum penalties must continue.
These vary greatly among Member States, from three to twenty years for basic offences and from ten years to life imprisonment for aggravating circumstances.
While I admit that the way in which sentences are pronounced may differ from one Member State to another, such an enormous discrepancy between penalties is unjustifiable in a European context, and so in the new proposal, we will provide for very severe penalties.
I now come to the help and protection provided to victims.
The help, support and protection given to victims of people trafficking, notably as regards accommodation, medical and psychological assistance, advice, information, interpretation services and legal representation, are all essential.
Obviously, as it is something the Spanish Presidency wishes, we will also consider specific and more protective measures for child victims of trafficking.
The system for legal aid and representation should be free, especially for children.
Finally, in the course of 2010, the Commission will publish its first report on the implementation of the directive relating to residence permits issued to nationals of third countries who are victims of trafficking in human beings and who cooperate with the competent authorities.
Following this report, we will see whether it is appropriate to amend the directive.
As for measures aimed at discouraging demand, in its future proposal for a directive, the Commission also intends to include a clause obliging Member States to take initiatives in this area, as well as to encourage them to criminalise the use of sexual services or labour when the user knows that the person is or has been a victim of trafficking in human beings.
As far as jurisdiction is concerned, we must increase the capacity of each Member State to prosecute not just its own nationals, but also people who habitually reside on its territory, and who are found guilty of trafficking in human beings abroad.
This is essential when it comes to combating the phenomenon of the so-called new mafias, namely criminal organisations made up of individuals of different nationalities, who establish the centre of their criminal interests, and therefore their habitual residence, in a country of the European Union.
Next I come to data collection.
The Commission has invested heavily in the development of common indicators for data collection.
We must provide the European Union with reliable and comparable statistics.
Several important projects have been carried out, and the results of these initiatives must be followed up in an appropriate manner, allowing the development of a common model of indicator with Eurostat, with the agencies of the European Union, Europol, Eurojust, Frontex and the Agency for Fundamental Rights.
Finally, I will end with prevention.
We have a financial programme, 'Prevention of and Fight against Crime' which, in 2010, will include a targeted appeal concerning the fight against trafficking in human beings.
Then, the Stockholm Programme provides for specific action which, in the general guidelines document adopted by the Justice and Home Affairs Council, concerns measures to strengthen cooperation with third countries.
A more comprehensive policy for combating trafficking in human beings is therefore taking shape.
As I have said, the Commission will present a draft directive very soon, and I am delighted that the Spanish Presidency has, for its part, announced a debate that will enable you to further enrich the Commission's proposal which, it seems to me, is timely given that this phenomenon is unfortunately far from being in decline and is still growing in our Member States.
It is therefore time to react, and to react forcefully.
Mr President, ladies and gentlemen, first of all, I would like to thank Mrs Hedh and Mrs Bauer for their initiative.
Human trafficking, as everyone has said, is an extremely serious offence linked to sexual exploitation and illegal employment.
These crimes are committed by unscrupulous people who recruit their victims through violence or deception, perhaps by promising an honest, well-paid job or through threats, directed not only at the victims, but also at their children or relatives.
Unfortunately, as is often the case, it is women and children who pay the highest price.
It is estimated that there are nearly three million victims of trafficking worldwide, and nearly 90% of these are women and children.
In 2008, with the first European strategy on the rights of children, the European Parliament stated that trafficking in children has many criminal aims: trafficking in organs, illegal adoption, prostitution, illegal work, forced marriages, exploitation of street begging and sexual tourism, to give just a few examples.
In that document, trafficking was described as a real scourge within the European Union, and it was said that combating trafficking and exploitation must therefore become a priority for the future agenda of the European Union, first and foremost, through the adoption of all the urgent legislative measures needed to guarantee the full protection of and provision of assistance to victims.
The recent Stockholm Programme also talked about the trafficking and exploitation of minors.
In conclusion, therefore, and in the light of this evening's debate, our hope is that the Commission and the Council will maintain their commitments and that the Commission will produce this new proposal for a directive, which we will assess very carefully.
on behalf of the S&D Group. - Mr President, the achievement of Mrs Hedh and Mrs Bauer today, although speaking at a very late hour, as Mrs Hedh said, is to come here tonight and hear the outgoing Commissioner, Mr Barrot, and the new Spanish Presidency use words like 'determined' and 'ambitious' for the Commissioner.
It is worth waiting until this late hour to hear it, because there are many people in this Chamber today, including the authors, who understand the complexity of this brutal modern day phenomenon, but also understand that the EU is expected by its citizens to tackle this modern day scourge.
Mr Barrot talked about the need for new legislation.
We hope we will see the Commission proposal very soon.
This morning, at the hearing of Commissioner-designate Mrs Malmström, we also saw a positive response to our proposal for an EU anti-trafficking coordinator.
If you start to put together the various pieces of this puzzle, at least we are moving forward, but the sheer scale of the problem described by Anna Hedh means that we really have to turn words into action.
With trafficking being such a complex phenomenon, touching on so many different areas such as forced labour, organised crime, sexual exploitation and child abuse, our response must be multi-pronged and holistic.
Mr Barrot listed many of the things that we would like to see as a reality and, if they come together in a package across the EU, we will have a determined policy which EU citizens will see as a plan of action.
At the moment, EU citizens understand the scourge of trafficking but they do not see the holistic approach and they do not understand what the EU is doing as a whole.
I am happy that Commissioner-designate Malmström underlined her commitment today to come forward with a new legislative proposal very soon, and I am also happy to see the Spanish Presidency underlining not just the fight against trafficking but related issues such as violence against women.
It is important that these all come together to show real determination and heart in this proposal.
Although the hour is late, we now need the words to be turned into action and the authors have done a good job for us today.
Mr President, first of all, I would like to thank the rapporteur for her commitment and excellent cooperation, as this really is an important subject.
As we have said already, human trafficking is perhaps the very worst form of crime.
Europol's figures, cited in the question, show that there has been no improvement in this field.
The opposite is true, in fact.
In the area of forced labour, specifically, the figures are going up, whilst the figures on the trafficking of women remain unchanged.
It is thus absolutely clear that there is an urgent need, above all, for consistent action.
In order for such action to succeed, it is necessary, first and foremost, to adopt an integrated approach in the most varied of areas.
One absolutely essential element is to increase awareness - including amongst the population within Europe - that human trafficking takes place right in the middle of Europe, in every country.
We need, above all, to get to work on education in this regard, as we did, for example, for the football World Cup in Germany, in order to bring the issue of forced prostitution to light, and to show that this really happens everywhere, and also to inspire debate amongst the populace so that there is an awareness there which will lead to the victims being helped.
My second point concerns the protection of victims.
Precisely when people are rescued from such a dramatic situation, the Member States, too, must ensure that there is medical and psychological care for them so that they are supported in going back to their countries of origin where appropriate or so that the way is opened to asylum or other similar possibilities here to find a new home and to begin a new life.
Today, there was a report in a Dutch newspaper about an asparagus farmer who was taken into custody because she was suspected of human trafficking and of using slave labour by Romanians, in other words, European citizens.
Human trafficking is not just something that takes place with citizens of countries outside the Union, but also with those of countries within it.
A well-integrated policy on combating human trafficking cannot simply be limited to taking traffickers like this one into custody and robustly tackling those who commit such crimes, but must also properly focus on the victims.
Their rights and their future must be top priority.
Victims of human trafficking should never get the impression that they are alone or that they have been left in the lurch.
We must support them in all kinds of ways: legally, medically, socially and in communities and financially, and we should possibly also compensate them.
The ability of these victims to take possession of their rights and make use of the opportunities that our law allows for is crucial in any new directive.
I heard good things from Mr López Garrido and Mr Barrot in this regard.
The Commissioner also said that people who use the services of people who have been trafficked should face stiffer penalties.
For me, stiffer penalties for such activities are certainly not wrong, but I do wonder how we help the victims if we further criminalise their function, their work - as it is still work, even if it is slave work.
How does it help the victims if they have to be afraid that the work that they are doing at that point in time is being criminalised still further?
I would appreciate an answer to this question.
In the Group of the Greens/European Free Alliance's book, victims of human trafficking have a right to a residence permit, a permanent residence permit under certain circumstances, in order to ensure that they do not have to be afraid of being sent back to the country where it all started and in order to ensure that they are able to bring charges against the trafficker, as they are safe in the knowledge that their stay in the country is secure.
This is because there must not be even a small chance that anyone is sent back and then comes across the trafficker again.
Your new framework directive, Commissioner, President-in-Office of the Council, must be about empowering the victims. It must give them rights and a new future.
That is what I would like to see.
Mr President, it is a matter of extreme embarrassment that modern Europe, which enjoys freedom and respect for human rights, has become a place of oppression and abuse for so many people.
This is all the more shocking because it often concerns women and children, who are at particular risk and are especially helpless.
As Minister for Justice and Prosecutor General in Poland, I supervised numerous investigations which revealed that such things are happening in Europe, that they extend beyond the borders of particular countries and are sometimes very cruel in nature.
The main objective of human trafficking is sexual exploitation or enforced slave labour.
In order to prevent and eliminate these phenomena effectively, it is essential that in particular EU Member States, professional enforcement agencies exist which ideally would be centralised, and would guarantee decisive and effective action as well as good international cooperation.
European Union institutions should play a major role, especially as regards that last point.
In addition, there are two other matters.
Conscious of the fact that human trafficking is often the work of organised criminal gangs, individual countries should guarantee sufficiently severe sanctions for such serious crimes in order to deter and isolate the perpetrators, including sanctions in the form of seizure of assets, which would strike at the economic reason for their activity.
Mr President, human trafficking is, in reality, a scourge of the present day, and it feeds on poverty and ignorance.
Its worst form is the trafficking of children, which is often linked to sexual abuse.
We in the Confederal Group of the European United Left - Nordic Green Left believe that there is an urgent need for action on the Commission's part.
One of the most important prerequisites for successfully combating human trafficking is strengthening the rights of the victims.
Only if this succeeds - and not only through punitive measures - can human trafficking be combated at all.
That requires very clear rules whereby human trafficking will not result in any sanctions against its victims.
One of the things these victims need is effective protection and support before, during and also after criminal proceedings in which they testify as witnesses.
This must be a high priority for the period of reconsideration, specifically, as well as where witness testimonies are retracted.
Long-term witness protection programmes are urgently needed.
Another thing that I think is important is that all victims of human trafficking, not just children, must be given free counselling.
When dealing with children it is also necessary - coming back to this point - for it to be made possible to make use of child-specialist lawyers.
There is a need for urgent measures to strengthen prevention, such as training for lawyers, the police, judges and counsellors.
I am pleased that the Spanish Presidency intends to address this issue.
Mr President, ladies and gentlemen, today, during the hearing of the Commissioner-designate, I heard a very specific commitment regarding combating human trafficking.
I have been pleased to hear a unanimous opinion expressed here.
The same unanimity was not heard when, many years ago, some people occupying these seats - including myself - denounced the dangers that mass illegal immigration would give rise to, among them, a substantial boost for the criminal organisations that utilise this labour and the risks of human trafficking and even organ trafficking.
Today, everyone has discovered this phenomenon, and we can only be pleased with the unanimous nature of the commitment.
However, it is important for us to realise that the cause is still the same.
The cause, the origin, the breeding ground for this trafficking has but one name, or a main name, a main cause: the scale of illegal immigration and the role played in it by local, European and also non-European criminal organisations, because now we also have trafficking in humans easily managed by organisations outside Europe.
Now, let us take this as our starting point.
We should take a considered view that this extremely serious and shameful phenomenon is a sub-species or sub-consequence of mass illegal immigration that has not been properly controlled.
Europe should have the courage to call a spade a spade.
(EL) Mr President, I, too, should like to take my turn in congratulating the authors of this very important question.
We are living in modern times in which one would expect trafficking in human beings to have been eliminated from our society.
Unfortunately, however, the numbers refute this.
For example: it is estimated that over 1 800 000 children and young people fall victim to trafficking throughout the world every year.
According to UN figures, we have 270 000 victims in the European Union.
In Greece alone, the estimated number of victims of trafficking for prostitution has been increased to 40 000 a year, including women and children, but excluding other forms of trafficking.
The two basic parameters that I should like to highlight, without underestimating the importance of other parameters are: firstly, the European institutional framework for combating this crime, which is cross-border and is exacerbated by illegal immigration, is - as has rightly been said - inadequate.
That is why we need to up the ante towards a holistic approach and the directive we are awaiting is very important within this framework, as has rightly been said.
Secondly, a particular gap has been identified in the protection of victims, especially in terms of support structures.
It is therefore necessary - and I am delighted to have heard this from the Spanish Presidency - for resources and infrastructures to be made available in order to improve any existing infrastructures and create new infrastructures and, of course, to give the staff which can provide such support suitable training.
This modern form of the slave trade cannot and must not have any place in a European Union based on the principle of respect for human rights and human dignity.
(IT) Mr President, ladies and gentlemen, I would like to express my great satisfaction that today we are tackling a subject like this with an important question, for which I warmly thank the authors, and I would also like to express my gratitude for the high level of cooperation that we have seen between all the political parties and the two committees.
I am also very happy to have heard very serious commitments voiced by the Commission and also by the Spanish Presidency, and I truly hope that the new directive will soon be drafted along the lines that essentially seem to enjoy a large consensus.
I think we know that the numbers in this field are very complex to analyse, but in brief, we are talking about almost 300 000 people, 79% of them women, many of them minors, being trafficked every year in our civilised Europe.
Unfortunately, numbers have been rising in recent years.
For this reason, too, we need to make very strong progress in the light of the new areas of responsibility that the European Union has and also in the light of what we have already approved in the Stockholm Programme to bring in some innovations.
It was a great step forward when we approved, at EU level, the provision - which, for example, had already been in force in Italy since 1998 - allowing humanitarian residence permits to be issued to victims.
However, we must also make progress on safeguarding victims in relation to protection, social and employment reintegration, the possibility of preventing there being customers - which we must think very seriously about - and more serious and effective measures on sanctions which must, as you said, Commissioner, be harmonised at EU level.
In particular, we ask that the consent of victims to their exploitation be considered irrelevant, in view of the high level of blackmail involved in these circumstances.
I will conclude very shortly, just adding this: we need not only special protection for minors but, above all, also forms of support for persons arriving in Europe who have already previously suffered forms of trafficking along the journeys, ever longer and ever more tragic, that they complete before reaching our coasts and our territories.
(BG) Mr President, ladies and gentlemen, I, too, would like to congratulate the rapporteurs, the Commission and the Spanish Presidency for their boldness in enabling us to finally find a serious solution to this problem.
When we talk about human trafficking, it is extremely important for us to think about establishing a permanent policy at European Union level.
Such a policy will contribute to a more coordinated approach and enable Member States' actions to have a greater impact in terms of law enforcement, and protection and assistance provided to the victims of this form of trafficking.
The appointment of a European Union coordinator for combating human trafficking, working under the direct supervision of the commissioner responsible for justice, fundamental rights and citizenship, will guarantee that a single, coherent political approach is used by all Member States in tackling this serious crime.
The coordinator's role will be to identify the problems and sources of human trafficking, implement preventive measures, devise and enforce strategies at European level, including active cooperation and consultation with civil society agencies, as well as to organise information campaigns and introduce measures to increase protection for and provide help to victims, and also support them in the reintegration process.
In order to tackle this global, transnational problem successfully, a coordinated strategy is required at European level which guides and supports Member States in their joint efforts to combat human trafficking effectively.
Thank you very much for your attention.
One who is another's property and a helpless victim of some dominating influence - you might be forgiven for thinking this is a definition of human trafficking.
In fact, it is a definition of slavery.
Trafficking is today's slavery.
Trafficking of people, be it women, men or children, is a criminal offence and on the increase in all Member States.
Extreme poverty, family breakdown and domestic violence contribute to some of the root causes of human trafficking.
In the UK, we estimate approximately 5 000 victims, of which 330 are children.
The ECR Group welcomes this debate.
National governments, law-enforcement agencies and border-control agencies need to work together.
Mechanisms for victim support need strengthening.
Initiatives must be robust, Member State-driven and EU-supported.
(SV) If there were no demand for exploiting people as cheap labour, if there were no demand for organs, if there were no demand for the purchasing of sexual services - then in such a world, we would not have trafficking in human beings either.
Demand is a key word as regards the combating of trafficking in human beings.
Another important factor is that people in many parts of the world are living in poverty and in inhumane conditions, with the result that they can easily fall prey to those wanting to buy and sell human beings.
We therefore need not just efforts to reduce demand, but also, of course, preventive measures in the form of improving living conditions for many people in those parts of the world where the victims are recruited.
I and the Confederal Group of the European United Left - Nordic Green Left would like to thank Mrs Hedh and Mrs Bauer and their colleagues on the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs and the Committee on Women's Rights and Gender Equality.
However, I would like to see some differentiated proposals for how we can support the victims of trafficking in human beings.
Those who are victims of forced labour need different measures and support to those who are victims of the sex slave trade.
(ES) According to a United Nations report, in 2009, some 270 000 people were victims of human trafficking within the European Union.
With these figures in mind, we need to ensure that European Union action is based, first and foremost, on victim protection, with special focus on the situation of women and children, who are the most vulnerable.
We cannot continue to stand by and remain indifferent to the play that is being enacted, to the sideshow of sexual exploitation that is unfolding before our eyes.
For this reason, I completely support the Parliament's demands that victim assistance should be unconditional and that more forceful methods and more severe penalties should be adopted, as Mr Barrot has just told us.
Having said that, I would like to call on the Spanish Presidency, the European Commission and the Council to use all the European legislation at their disposal, both existing and future legislation, to protect the victims of human trafficking.
I consider that the proposed European victim protection system, which I personally demanded from the Spanish Presidency during the Stockholm Programme debates, and which has finally come to fruition, will be an effective instrument for fighting such crimes.
I hope for a firm undertaking, as we have already seen, from the Spanish Presidency, to ensure that this system offers victims special protective measures that will be effective throughout the European Union.
I hope that we who are responsible for taking action against the most severe problems in our society will come up with a real and substantial response to this extremely severe problem of human trafficking and that our words will not be empty promises.
We really owe it to all the victims.
(SK) First of all, I would like to express my appreciation for my fellow MEPs, Mrs Hedh and Mrs Bauer, because despite the limited space available to them, they approached this topic very comprehensively.
I support the question and I would like to add a few factual observations and notes.
Ordinary people usually have no idea of the enormous scale of trafficking in human beings.
As a matter of fact, it is the third most lucrative illicit trade in the world.
The fact that it mostly concerns women and children makes this immense business all the more inhumane.
Our response to it must be massive and concentrated.
Our fight has to be equally effective at all points of the trafficking triangle - it has to impact the supply and demand sides, as well as the traffickers themselves.
Supply exists especially where there are inhumane living conditions, poverty and its feminisation, unemployment, violence against women, and overall oppression and instability engendering desperate human beings.
Therefore, we should do everything in our power to help the people who fall victim to criminal trafficking within and outside the Union live a more dignified life.
The demand side deserves strict sanctions.
Those who profit from exploitation of desperate or manipulated people within the grey economy must not go unpunished.
Those who provide such services and those who use them consciously should also be faced with sanctions.
Finally, trafficking operators deserve exemplary punishment - organised crime in this area must be a priority target for organisations such as EUROJUST, EUROPOL and FRONTEX.
(SV) Slavery has not yet been abolished, as many in this House have already emphasised.
Modern day slavery takes the form of the sex trade, and it is going on here and now.
The bodies of women, girls and boys are sold like pieces of meat, just like any other goods, and it is happening all the time.
People are robbed of their most basic human rights and become the slaves of our times in our various Member States.
This ought to be seen as Europe's greatest failure and shortcoming, and it must be dealt with by restricting and stopping both supply and demand.
In my home country of Sweden, a law entered into force ten years ago under which it is illegal to purchase sex.
This law is important, because through it, society signals that no human being is for sale.
The slave trade to America was made illegal in 1807, but it is still going on right in our midst in Europe.
It is time that it was consigned to the dark recesses of history.
It is our time and our responsibility to do all we can and I would like to thank the authors, Mrs Hedh and Mrs Bauer, for their excellent work that benefits us all.
(PL) Mr President, a few minutes ago, the representative of the Green party very correctly emphasised that this matter - human trafficking, or the sale of living people - is not an external problem which is imported by the European Union.
It is also an internal problem.
Citizens of my country are also being sold to at least several Member States of the European Union.
It is a very significant and serious problem.
It is my conviction that, on this matter, strong, united action is needed, and not only from EU institutions, but also from individual Member States.
I will recall, here, an incident which took place a couple of years ago, when the Italian police and administration, reacting to certain information coming from Poland, put an end to cases of human trafficking where Polish workers were being illegally employed in Italy.
This, too, is human trafficking, and we must not be silent about it.
(CS) Ladies and gentlemen, every year more than one million people are abused for slave labour, and 90% of them are abused for the purpose of sexual services.
Only 3 000 victims have received assistance, and a mere 1 500 cases have been brought to court, even though this qualifies as a criminal offence throughout the European Union.
Studies have shown that the profits from trafficking in human beings exceed those from drug smuggling and dealing.
This kind of organised crime has grown with the Union's enlargement to the east.
And yet, we still have no common strategy, and there is no coordination of measures taken by the various institutions and the Member States, which should not resist harmonisation of their legislation, even though this is not anchored in the treaties.
That is why I am asking the Spanish Presidency to complete negotiations with the Member States on the common definitions of punishments and sanctions.
I would like to stress that the new directive we are waiting for should also combat more effectively the demand for illegal sexual services; in actual fact, it is alarming that the abuse of children in particular has been rising.
In the case of children, the figure is nearing 20%.
Also missing is effective prevention and education focused on children and parents alike.
Do you know that only 4% of the parents of abused children admitted that their children had been lured to meetings via the Internet?
As many as 1 500 websites where children are sexually abused were discovered in 2008.
What we undoubtedly owe to the citizens of the European Union is a new, coordinated approach, and harmonisation of legislation to also combat the demand for and naturally the trafficking in humans itself.
Therefore, I urge the Commission to submit to the European Parliament a comprehensive legislative proposal for a more effective struggle against trading in humans, within the shortest possible time.
(DA) Mr President, ladies and gentlemen, I would like to thank the authors for this important initiative, for the EU faces a huge challenge in preventing and combating trafficking in human beings.
Trafficking in human beings is a rapidly growing lucrative business, and it is attractive because the punishments are mild compared with other money-making forms of organised crime such as drugs and the arms trade.
Consequently, we have to come down hard on those behind it.
The victims of human trafficking are the most vulnerable and defenceless people, and they need our protection.
We must not send them back into the arms of the human traffickers.
They must be offered residence permits.
In addition, we must also focus on the demand for the services that are provided by people trafficked and implement various measures such as criminalising the purchase of prostitution and increasing the sanctions against those who use trafficked labour.
I am therefore pleased that the Commission is contemplating the criminalisation of the abuse of trafficked human beings.
(LT) Events of recent days in Lithuania, when an organised gang was arrested for profiting from human trafficking, demonstrated once again that this crime is a widespread phenomenon that is intensifying even more during the economic and financial crisis.
At present, almost 90% of the victims of people trafficking are women and children, the majority of whom fall victims because of poverty and attempts to seek means to survive.
Human trafficking is a monstrous crime and an extreme humiliation of human dignity; there is nothing worse than being sold into slavery.
Therefore, it is very important to strengthen cooperation between the Member States and with third countries, to ensure a dialogue with non-governmental organisations and to call on the Commission to establish the position of a European coordinator for these matters.
It is also necessary to ensure the security of victims of trafficking in human beings and their complete integration.
The accomplices, organisers or sponsors of this terrible crime must not be allowed to avoid responsibility.
(SK) I would like to congratulate the authors of this question, Mrs Hedh and Mrs Bauer.
I would like to say that trafficking in human beings is one of the most profitable forms of international organised crime and, according to various reports and sources, its worldwide scale is estimated to be between 700 000 and 2 million persons, some say more, of whom 300 to 500 000 individuals are victims of trafficking in the European Union alone.
The current legal framework appears to be inadequate; therefore, I fully support the adoption in the near future of effective measures to strengthen both prevention and repression of trafficking in human beings.
Stricter sanctions should be imposed on the direct offenders, including legal persons, as well as the users of services provided by the victims.
On the other hand, I firmly believe that a high level of protection, together with fair and adequate compensation, needs to be provided to the victims, regardless of the Member State in which they are located or where the crime was committed.
The protection, support and assistance provided must not lead to secondary victimisation and I would also like to say that the provisions relating to minors, who easily become victims due to their vulnerability and gullibility, deserve special attention.
In conclusion, I would like to say that trafficking in human beings also often occurs for the purpose of organ harvesting.
(DE) Mr President, it is quite significant that we should be debating the subject of human trafficking here today, as this is a subject that remains taboo and since, unfortunately, in our highly developed society, it is women who, in particular, are very often victims of such human trafficking.
I am thinking of prostitution, first and foremost, but also of children.
Very often, we do not want to see it.
For a successful programme against human trafficking, we need to prioritise education, awareness-raising, and we will need money later on.
We should take this into account in our considerations right from the start, as it cannot just be the aim to arrest the perpetrators and enforce a just punishment; we must also seek to have victim protection that means victims do not become victims a second time, but that we also have the funds to re-integrate them into society.
We must aim to take away the traumas experienced by children and integrate the women, as a top priority, into our working world, a legal working world.
Mr President, European action on this issue is long overdue, so I was very pleased to hear Mr López Garrido's remarks on children, the Commissioner's remarks and, this morning, that Commissioner-designate Malmström plans to bring forth a new directive in this area as a priority.
I want to urge both the Council and Commission to look at the support systems for victims, particularly the specific needs of trafficked children, who have very different needs to those of trafficked adults.
In the UK, last year alone, 325 children were identified as being suspected victims of trafficking.
Many of those were UK citizens trafficked within the UK, not externally sourced, if I might use that expression.
There are children in my own region who are trafficked but we find that, even after registration with social services, many trafficked children just disappear because they remain under the control of their traffickers.
They find it just too easy to re-traffic these children.
This occurs all over the EU and we must put a stop to it.
Trafficked people are voiceless and vulnerable and they rely on the European Union to speak out for them, to stop this abhorrent crime, and to care for them.
(DE) Mr President, begging, prostitution, theft and burglary - human traffickers and people-smuggling gangs need people, primarily women and children, for these and other, similar objectionable activities.
We are talking about hard-to-monitor criminal activity here, with a very high number of unreported cases.
At this point, I would like to point out that my home country of Austria is particularly affected, as a popular transit country, but also as a popular final destination.
We therefore need to be aware that the vast majority of people-smuggling gangs are active in moving people from eastern and south-eastern Europe to central Europe and that the victims are not only recruited in third countries but also come from the Member States themselves.
The fact is that there has been a rise in such cases and that our external border controls scarcely function.
In the light of this development and the verifiable reality that these journeys are often undertaken in buses - criminal tourism - the question must be asked as to whether it would not make sense, in these circumstances, in addition to the drawing up of reports by Europol, Frontex and others, to re-introduce border controls in the relevant border regions and suspend Schengen for a limited period where necessary.
(SK) I congratulate the authors on the submitted question and you, Commissioner, on your response.
I would like to underline one of the many topics relating to this issue.
The draft resolution states that children are particularly vulnerable and thus at greater risk of becoming victims of trafficking in human beings.
At the same time, it says that 79% of the identified victims of trafficking are women and girls.
However, it fails to mention that parents should play a primary role in protecting children from trafficking.
Parents often do not even know what risks their children are exposed to or are not at all interested in how they spend their spare time.
In the context of prevention, I have repeatedly proposed a European-wide campaign called: 'Do you know where your child is now?'
This campaign should alert parents to the risks that their children face.
I firmly believe that we can protect children from trafficking only if we cooperate with parents.
Unfortunately, parents are not mentioned anywhere in the draft resolution.
(PL) Mr President, in the context of today's debate, it is necessary to draw attention to three matters which require particular attention.
Too few criminals are brought to justice.
Despite the rise in the number of criminal proceedings involving human trafficking, it is still many times lower than the number of crimes committed.
The victims do not receive appropriate assistance, shelter or compensation.
Bearing in mind the estimated scale of human trafficking in Europe, it should be noted that only several countries have taken measures which can be said to be a real reaction.
Thirdly, the situation is not being monitored sufficiently.
It is obvious that this problem does not affect only the European Union.
It is, therefore, of key significance that the Union work yet more closely with the appropriate international organisations to create a new standard in the fight against this terribly dangerous phenomenon.
I believe that this wide-ranging debate has served to highlight that we are faced with an enormous problem, a problem that poses us an enormous challenge.
I am pleased that this debate has taken place on the very day that I have spoken before the European Parliament for the first time, which is undoubtedly an honour.
I am pleased that it has happened in these two important debates that have been held tonight in this important and mighty Parliament.
I believe that it is not enough to simply refer to or reflect on this huge problem.
It must be tackled with all our strength because it is a very serious problem and the enemies we are facing are very strong.
We therefore need great political will to tackle the problem.
Here tonight, this great political will has been displayed, and how!
I can assure you that the Spanish Presidency is going to show it means to tackle this matter, together with all the other European institutions.
I believe we can also say that this is a problem that must be tackled from a European perspective.
You have stated very clearly how such things come to pass in Europe; Mrs Hirsch pointed it out clearly and Mr Papanikolaou and Mrs Parvanova spoke about the cross-border nature of this matter.
It is happening in Europe and we must tackle it from Europe.
It has been repeated many times and I repeat it now: it is important for the Commission to propose a directive as soon as possible in order to tackle the problem from this angle.
I believe that Mrs Roithová put it very succinctly in her speech.
I believe that the three major aspects that we must cover and emphasise in the regulation that will be issued by Europe, in the work that will be done by Europe, must be as follows.
The first is victim protection.
Victim protection is a central aspect and certainly the one most discussed here tonight.
The authors of the question, Mrs Sargentini, Mrs Ernst, Mrs Thomsen and other speakers indicated the importance of victim protection, which normally refers, above all, to women and children - the most vulnerable people.
Mrs Jiménez-Becerril Barrio, Mrs Kadenbach and Mrs Bearder also eloquently expressed the need to introduce a victim protection system, which is an essential instrument and a priority of the Spanish Presidency.
Victim protection, then, is in first place; secondly, we must have tireless persecution and harsh punishment for traffickers - Mr Ziobro expressed this very forcefully in his speech; and thirdly, we must consider the subject of demand for these services.
This is something hard to tackle but it is part of the problem and, as such, I therefore believe it must be included as one of the three major aspects on which I believe a global approach must be based.
As I stated before, ladies and gentlemen, the Spanish Presidency is and will be absolutely committed to a subject of such overriding importance as this.
Mr President, I believe that this debate has done much to clarify the preparation of the future directive, and I can, of course, confirm Minister that the Commission intends to present it this spring.
I would like to echo the comments made by Mr Moraes, by saying that we must use the most modern means to fight against this scourge, which itself is also often carried out using the most modern methods, and that we must fight against all forms of exploitation.
Minister, you said just now that there are three pillars: the victims, the seriousness of the penalties and then the problem of demand.
I would emphasise somewhat the issue of victims and victim protection since, in the framework decision, we had already negotiated unconditional support for all victims, immunity from criminal prosecution, and the right to legal assistance. Furthermore, in the future directive, we intend to deal with accommodation, medical and psychological treatment, advice and information, in a language that is understood by the victim, and then all kinds of supplementary support.
In response to Mrs Záborská, I would add that, indeed, as far as child victims of people trafficking are concerned, the Commission will address issues relating to the prevention of this scourge, as well as the protection, return and reintegration of these children, in an action plan on the situation of unaccompanied minors. Incidentally, Minister, this was a strong demand made by the Spanish Presidency.
We will therefore present this action plan, which will be adopted by the College in spring 2010, so that it may be examined by the Council and by the European Parliament.
This action plan will propose several areas of action to tackle the main challenges posed by this phenomenon, which affects unaccompanied minors arriving in the European Union in different contexts, and will be guided by the best interests of the child.
However, Mrs Záborská is also right; families must be increasingly involved in supervising, in particular, use of the Internet, which exposes children, once again, to new risks.
As you said, Minister, political will does exist in the European Parliament.
I believe the Commission has already done some good preparation work on this draft directive.
It will submit it shortly, and I would like to thank the European Parliament for offering not just its full support, but also a whole series of very interesting ideas that have emerged during this debate.
Once again, I would like to thank all the speakers. Indeed, I believe that the European Parliament has a crucial role to play in the fight against this major scourge.
The debate is closed.
The vote will take place at the February I part-session.
Written statements (Rule 149)
Those who are involved in human trafficking do not make any distinction between men, women or children, as long as they can make money from trafficking them.
Often, it is children who are in the greatest danger.
According to the ILO, roughly 218 million children are involved in child labour at present.
It is impossible to give a definite figure, however, as these children are involved in prostitution, slavery, forced labour and so on, areas for which accurate figures are not available.
The EU must urgently tackle trafficking in the labour market.
I find it encouraging that this issue is a priority of the Spanish Presidency and I hope that members of the Council will work together to put issues related to human trafficking and child labour at the heart of EU legislation and, in particular, that these questions will be dealt with within the context of trade agreements.
As a result of its important role in global trade matters and its commitment to protecting human rights, the EU has a responsibility to combat human trafficking and child labour.
in writing. - The trafficking of human beings is deplorable anywhere in the world, but particularly disgraceful in the European Union given our high levels of internal cooperation and resources.
In particular, the trafficking of young women for use in the sex trade is a relic of Europe's fragmented past and must become an aspect of European history.
In this regard, the Union must commit over the five-year term of the incoming Commission to increase border security, and to implore national governments to do more to tackle the sex trade, particularly when it involves young women who have been trafficked from another country.
Currently, the laws exist in most countries but are simply not being enforced.
The speed with which this debate has been initiated so soon after the Treaty of Lisbon's entry into force is not only opportune from a legislative perspective, but is also an absolute requirement dictated by a situation exacerbated by the economic crisis.
Poverty, job losses, the lack of prospects for young people, the absence of accurate information about the risks involved and an absence of even a minimal level of sex education are some of the factors contributing significantly to the vulnerable situation of the potential victims.
I believe that a hard-hitting information campaign is required, especially among minors from disadvantaged areas and groups, to improve the effectiveness of preventive actions.
We cannot talk about specifically combating the trafficking of women without considering strong measures for tackling criminal activities and the networks controlling this traffic, which is extremely busy in the Balkan and Mediterranean regions.
I want to emphasise that measures are needed to discourage the level of demand for prostitution, which is the most direct route, with the adoption of measures to punish clients.
I should mention that better funding is also required for the programmes intended to combat human trafficking.
I call for the adoption of harsh punitive legislation and for closer cooperation between Member States and the authorised European institutions: Europol, Frontex and Eurojust.
Although two pieces of European legislation currently in force deal with trafficking in human beings and its victims, the Member States of the European Union in practice often look upon these persons as illegal immigrants.
It is very important to make a distinction between the two.
Illegal immigrants are often obliged to leave their countries on account of some financial or social circumstance, and they arrive on European territory illegally, albeit as a result of their own decision.
Those affected by human trafficking have not taken a free, informed decision about all this.
They are to be treated entirely as victims.
EU Member States must offer victims adequate protection.
Not only should they be guaranteed legal or physical protection, but medical and psychological assistance, social rehabilitation, and those who collaborate with the authorities should be given residence permits for the duration of the investigation of the human trafficking case.
It is important, moreover, that the Commission should use information campaigns to help make sure that all those who may be at risk should be aware of their rights, opportunities and the dangers both within the EU and in third countries, and that it should do everything possible to ensure that Member States duly transpose and implement the relevant European legislation.
Given that the matter of human trafficking falls under the purview of several commissioners, including the commissioners for justice, freedom and security, for external relations, and for employment, social affairs and equal opportunities, it would be worth considering the appointment of a portfolio coordinator who could effectively liaise in order to ensure appropriate handling of this problem.
in writing. - Women and children are the principal victims of human trafficking.
When a new Council Framework Decision will be formulated regarding human trafficking, women and children have to be put at the centre of action.
Therefore, I agree with opinions stating that gender-specific violence data must be collected throughout the European Union as soon as possible.
Victim protection costs money, and this life-saving money should be spent wisely.
We should bear in mind that without reliable and comparable data, we will not be able to locate resources to the appropriate places in an appropriate manner.
We also have to be aware of the fact that different Member States and especially different cultures handle the problem differently.
There are Member States where victim protection is well organised and reachable for everyone, like in Spain, and there are Member States where it is almost a non-issue.
That means that we not only need to locate resources wisely, but we also have to come up with practical and statistical solutions (namely with a minimum European standard at least) in order to tackle the latency problem, and in order to draw attention to this question where it is needed.
in writing. - The problem of the trafficking of human beings has been with us for a long time, but instead of getting to grips with the issue, Member States stand indicted for our individual and collective failure to deal with this exploitation and degradation of women.
While free movement facilitates trafficking in terms of the removal of border controls, on the other hand, one would imagine that increased police cooperation should be in a position to tackle the problem.
What is clear is that the political will is not there.
The May 2005 'Council of Europe Convention on the Action Against trafficking in Human Beings' has only been ratified by nine countries, two thirds of women trafficked for prostitution come from Eastern Europe and yet, countries like the Czech Republic and Estonia have not signed the convention.
Apart from the political will not being there, the police will is not there either.
The number of convictions is derisory in terms of the problem; the police do not see human trafficking as a crime.
The United Nations has estimated that there were around 270 000 victims of human trafficking in 2009 in the European Union.
The European Union must commit itself in the very near future and come up with legislative instruments which will cover both the prevention of and fight against human trafficking, as well as protection of the rights of trafficking victims.
Future European legislation will have to review the level of sanctions against traffickers so that they are commensurate with the severity of the offence.
International judicial cooperation, collaboration among all agencies for protecting minors and those campaigning for human rights, setting up specific funds for providing compensation, and effective protection for victims are all areas which need to be strengthened.
Furthermore, I feel that Eurojust, Europol and Frontex must have even further involvement in the fight against human trafficking and the protection of victims, as well as collect data and compile statistics on this phenomenon. | Traite des êtres humains (débat)
L'ordre du jour appelle le débat sur:
la question orale au Conseil sur la traite des êtres humains, de Anna Hedh et Edit Bauer, au nom de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres - B7-0341/2009), et
la question orale à la Commission sur la traite des êtres humains, de Anna Hedh et Edit Bauer, au nom de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres - B7-0342/2009),
Comme nous le savons tous, la traite des êtres humains constitue un des crimes les plus graves et les plus odieux au monde.
C'est pourquoi je suis très déçue que nous débattions de cette importante question à une heure si tardive devant une Assemblée vide, sans public ni journalistes.
En 1850, l'esclavage a été officiellement aboli en Europe.
Cependant, environ 200 ans plus tard, des centaines de milliers de personnes souffrent de cette forme moderne d'esclavage qu'est la traite des êtres humains en Europe.
Le Parlement européen et les autres institutions de l'Union européenne ont la grande responsabilité de combattre et de stopper l'esclavage des temps modernes, qui revêt de nombreuses formes différentes: travail forcé, esclavage sexuel, trafic d'organes, adoption et mendicité, par exemple.
C'est pourquoi je suis heureuse que nous débattions de cette importante question ce soir.
Je voudrais en profiter pour vous remercier de votre bonne coopération jusqu'à présent et j'espère que nous parviendrons ensemble à une résolution commune en fin de compte.
J'espère également que la nouvelle Commission présentera une directive concernant la traite des êtres humains dès que possible - une directive plus ferme et qui aille même plus loin que la proposition faite par l'ancienne Commission, qui était en soi une bonne proposition.
Pour faire face au problème de la traite des êtres humains, nous devons avoir une perspective générale qui prenne en considération toutes les politiques concernées, c'est-à-dire pas seulement le droit pénal mais aussi la migration.
Nous devons également disposer de sanctions appropriées qui reflètent réellement la gravité de ce crime et qui fassent vraiment mal à ceux qui tirent un profit de la traite des êtres humains.
Nous devons veiller à ce que les victimes reçoivent une aide et une protection meilleures, à ce qu'une attention particulière soit consacrée aux victimes non adultes et nous avons besoin d'une meilleure coordination au sein des institutions communautaires.
Cependant, pour vraiment s'attaquer au problème de la traite des êtres humains, tous les États membres doivent faire un effort substantiel en matière de travail de prévention. Cela signifie réduire la demande existante dans nos pays en matière de services fournis par les victimes de la traite des êtres humains.
Si nous pouvons réduire la demande, alors l'offre de services baissera également.
Enfin, je lance un appel au Conseil, à la Commission, au Parlement européen, aux États membres et aux autres institutions de l'Union européenne: unissons-nous pour mettre un terme à la traite des êtres humains en Europe, cette forme moderne d'esclavage.
Rien n'indique mieux la gravité du problème de la traite des êtres humains que le fait que, même en Europe, plusieurs centaines de milliers de personnes en sont victimes chaque année.
C'est tellement inimaginable que les interprètes ont dit plusieurs centaines au lieu de plusieurs centaines de milliers.
C'est ce que veut aussi plus ou moins la croyance populaire.
Elle pense qu'il s'agit d'une question marginale et sous-estime à la fois ses conséquences et le poids du phénomène lui-même.
Je pense que l'Europe a l'obligation de renforcer la lutte contre la traite des êtres humains.
Je voudrais aborder deux points.
Le premier concerne la protection des victimes et le second la suppression de la demande.
Pour ce qui est de la protection des victimes, la Commission avait promis de réévaluer un texte législatif de l'Union européenne pour 2009.
Malheureusement, malgré le fait que cette directive n° 2004/81 a vraiment besoin d'une mise à jour, jusqu'à présent cette réévaluation n'a pas eu lieu, alors que la majorité des victimes est traitée comme un accessoire de la criminalité et qu'elle est doublement victime.
Nous savons tous aussi que sans l'aide des victimes, il est impossible d'attraper les bandes criminelles, comme la direction d'Europol l'a également confirmé.
Je voudrais attirer l'attention sur le processus législatif concernant une autre question, à savoir la suppression de la demande.
La traite des êtres humains possède son propre marché.
Les lois de l'offre et de la demande s'appliquent également dans ce domaine.
Nous nous occupons d'habitude de l'offre et nous avons plus ou moins tendance à oublier la demande ou à ne pas vouloir nous en préoccuper. Tant que nous ne serons pas parvenus à supprimer la demande, nous nous épuiserons probablement en vain à combattre la traite des êtres humains.
Je voudrais en outre souligner la nécessité de la coordination politique.
Nous avons découvert qu'au sein de la Commission, certaines DG, certaines directions générales, ne coordonnent pas vraiment leurs politiques et que le flux d'informations qui circule entre elles n'est pas satisfaisant.
Je pense que nous avons aussi du travail à faire à cet égard.
Madame Hedh, Madame Bauer, je suis on ne peut plus d'accord avec l'initiative, la question et le débat qui sont les vôtres.
Je pense que la traite des êtres humains est le plus grand fléau de l'humanité.
C'est donc un des plus grands défis auxquels nous devons nous attaquer et auxquels nous devons nous attaquer ensemble.
C'est un exemple de plus de l'importance de combiner nos efforts au niveau européen et hors d'Europe afin d'éradiquer ce fléau.
Dans votre question, vous avez commencé par vous demander si l'approche de l'Union européenne devait être centrée sur les droits de l'homme, si elle devait être globale et se concentrer sur le rapatriement et la réintégration, les affaires sociales et l'inclusion sociale.
La réponse est oui.
Nous sommes entièrement d'accord pour dire qu'il s'agit de la bonne approche.
Nous sommes également d'accord avec la proportionnalité de la sévérité des peines - c'est là un autre point que vous avez soulevé dans votre question - et avec le besoin de mesures supplémentaires pour la protection des victimes.
Vous avez relevé et souligné - et je suis entièrement d'accord avec vous - que la protection des victimes est essentielle si nous voulons lutter contre le commerce et la traite des êtres humains et aussi qu'il n'y a absolument pas lieu de parler du consentement d'une victime ou d'un enfant sans défense; cela doit être hors de propos lorsqu'il s'agit de punir ce comportement d'exploitation.
Je pense que votre idée au sujet de la demande est également importante.
C'est une idée très importante qu'il faut également faire passer.
Cela vaut aussi pour la juridiction.
Pour ce qui est de la deuxième partie de votre question, nous pensons que la coordination des informations est absolument nécessaire.
Nous sommes donc d'accord avec la proposition contenue dans cette question, qui nous apparaît tout à fait appropriée.
Vous nous interrogez également sur les mesures préventives.
À ce sujet, je puis vous dire que l'Union européenne travaille à de telles mesures préventives.
En 2005, le Conseil a adopté un plan à cet égard, qui devrait être mis en œuvre de manière efficace.
Comme vous le savez également, la traite des êtres humains figure aussi dans de nombreux accords signés par l'Union européenne et des pays tiers, comme le partenariat stratégique entre l'Afrique et l'Union européenne.
C'est également l'une des priorités des accords de stabilisation et d'association entre l'Union européenne et les Balkans occidentaux.
J'ajouterais aussi que l'assistance en matière de formation et de sensibilisation des personnes pouvant entrer en contact avec des victimes joue un rôle important dans la lutte contre la traite des êtres humains.
Il peut s'agir de douaniers, d'agents ou d'officiers de sécurité de pays tiers.
Je voudrais conclure en disant que la Présidence espagnole travaillera dans cette direction et s'attachera spécialement aux enfants concernés par cette traite, c'est l'une des principales priorités de la Présidence espagnole.
Parmi les autres initiatives, nous avons invité la Commission à soumettre, au début de 2010, un plan d'action concernant les mineurs non accompagnés qui entrent dans l'Union européenne.
Enfin, Monsieur le Président, au cours de son mandat, au cours de son semestre, la Présidence espagnole demande un débat immédiat sur une directive pour lutter contre la traite des êtres humains et je suis sûr que la nouvelle Commission le prévoira immédiatement.
Dès que la Commission présentera son projet, la Présidence espagnole entamera ses discussions avec le Conseil et avec le Parlement.
Vous pouvez prendre cela comme l'expression de notre détermination à lutter contre cette forme moderne d'esclavage, comme les interventions précédentes l'ont fort justement qualifiée.
vice-président de la Commission. - Monsieur le Président, M. le ministre vient d'expliquer comment, en effet, il s'agissait d'une forme d'esclavage que cette traite des êtres humains.
Je remercie beaucoup Mme Hedh et Mme Bauer d'avoir posé cette question.
Il faut, en effet, parvenir à une approche holistique, pluridisciplinaire, qui ne se borne pas à la répression, mais qui intègre une coopération internationale associant les pays tiers.
Cette approche intégrée était celle adoptée par la Commission lors de la proposition de décision-cadre publiée en mars 2009.
Cette décision-cadre prend appui sur la convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains de 2005, mais elle va au-delà.
Alors, bien sûr, comme vient de le dire M. le ministre, nous allons utiliser la nouvelle base juridique offerte par le traité de Lisbonne pour présenter, le plus vite possible, une proposition de directive, qui tiendra compte des discussions intervenues avant l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne.
Et nous espérons bien maintenir, à l'occasion de cette nouvelle proposition de directive, un niveau élevé d'ambition.
Nous avons le sentiment que le Parlement européen doit jouer un rôle central et que son engagement est très important pour renforcer davantage le cadre juridique européen des mesures de lutte contre la traite des êtres humains.
Je vous donne donc quelques éléments en réponse au texte de la question.
D'abord les sanctions: la traite des êtres humains constitue une infraction très grave, et elle doit être punie en conséquence.
Les sanctions doivent être sévères et il faut que le rapprochement des sanctions maximales se poursuive.
Elles varient beaucoup entre les États membres, de trois à vingt ans pour l'infraction de base et de dix ans d'emprisonnement à la perpétuité pour les circonstances aggravantes.
Même en admettant que le mode d'exécution des peines prononcées puisse différer d'un État membre à l'autre, un écart aussi énorme entre les sanctions est injustifiable dans une perspective européenne, et nous allons donc prévoir, dans la nouvelle proposition, des sanctions très élevées.
J'en viens à l'aide et à la protection fournies aux victimes.
L'aide, le soutien, la protection apportés aux victimes de la traite, notamment en matière de logement, d'assistance médicale, psychologique, de conseil, d'information, de services d'interprétation, de représentation juridique, tout cela est essentiel.
Évidemment, comme la Présidence espagnole le souhaite, nous allons aussi envisager des mesures spécifiques et plus protectrices pour les enfants victimes de la traite.
Le régime d'aide et de représentation juridique devrait être gratuit, notamment pour les enfants.
Enfin, au cours de l'année 2010, la Commission publiera son premier rapport sur l'application de la directive relative aux titres de séjour délivrés aux ressortissants de pays tiers, qui sont victimes de la traite des êtres humains et qui coopèrent avec les autorités compétentes.
Et nous verrons, à la suite de ce rapport, s'il convient de modifier la directive.
Concernant les mesures visant à décourager la demande, la Commission entend, là aussi, dans sa future proposition de directive, inclure une disposition obligeant les États membres à prendre des initiatives à cet effet, ainsi qu'à encourager les États membres à criminaliser le recours aux services sexuels ou à la main-d'œuvre lorsque l'utilisateur sait que la personne est, et a été, victime de la traite des êtres humains.
Pour ce qui est de la compétence juridictionnelle, il faut accroître la capacité de chaque État membre de poursuivre non seulement ses ressortissants, mais aussi les personnes qui résident habituellement sur son territoire et qui se rendent coupables de faits de traite d'êtres humains à l'étranger.
Cela est essentiel pour lutter contre le phénomène dit des nouvelles mafias, à savoir des organisations criminelles composées d'individus de différentes nationalités, qui établissent le centre de leurs intérêts criminels, et donc leur résidence habituelle, dans un pays de l'Union.
Ensuite, j'en viens à la collecte des données.
La Commission s'est investie énergiquement dans l'élaboration d'indicateurs communs pour la collecte des données.
Nous devons doter l'Union européenne de chiffres fiables, comparables.
Plusieurs projets importants ont été réalisés, il faut que les résultats de ces initiatives fassent l'objet d'un suivi approprié permettant d'élaborer un modèle commun d'indicateur avec Eurostat, avec les agences de l'Union européenne, Europol, Eurojust, Frontex, Agence des droits fondamentaux.
Enfin, je termine sur la prévention.
Nous avons un programme financier "Prévenir et combattre la criminalité" qui comportera, en 2010, un appel ciblé concernant la lutte contre la traite des êtres humains.
Et puis le programme de Stockholm prévoit des actions spécifiques qui, dans le document d'orientation générale adopté par le Conseil "Justice et affaires intérieures" concernent des mesures de renforcement de la coopération avec les pays tiers.
S'esquisse donc une politique vraiment plus globale de lutte contre la traite des êtres humains.
Comme je l'ai dit, la Commission présentera très prochainement un projet de directive, et je suis heureux que la Présidence espagnole ait annoncé, de son côté, un débat qui vous permettra d'enrichir encore la proposition de la Commission qui vient, me semble-t-il, à son heure, dans la mesure où ce phénomène, hélas, loin de régresser, s'accroît encore dans nos États membres.
Il est donc temps de réagir, et de réagir énergiquement.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, tout d'abord, je voudrais remercier Mmes Hedh et Bauer pour leur initiative.
Comme tout le monde l'a dit, la traite des êtres humains constitue une infraction extrêmement grave liée à l'exploitation sexuelle et à l'emploi illégal.
Ces crimes sont commis par des personnes sans scrupule qui recrutent leurs victimes par la violence ou la tromperie, en leur promettant parfois un travail honnête et bien rémunéré, ou par des menaces qui visent non seulement les victimes, mais aussi leurs enfants ou parents.
Malheureusement, comme c'est souvent le cas, ce sont les femmes et les enfants qui paient le prix le plus élevé.
On estime qu'il existe environ trois millions de victimes de la traite des êtres humains dans le monde, dont presque 90 % sont des femmes et des enfants.
En 2008, avec la première stratégie européenne sur les droits des enfants, le Parlement européen a déclaré que la traite des enfants poursuit plusieurs visées criminelles: le trafic d'organes, l'adoption illégale, la prostitution, le travail illégal, les mariages forcés, la mendicité dans les rues et le tourisme sexuel, pour ne citer que quelques exemples.
Ce document décrit la traite comme un véritable fléau au sein de l'Union européenne et déclare que la lutte contre la traite et l'exploitation doivent par conséquent devenir une priorité pour l'Union européenne à l'avenir, tout d'abord grâce à l'adoption de toutes les mesures législatives urgentes nécessaires pour garantir toute la protection et l'aide aux victimes.
Le récent programme de Stockholm aborde également la traite et l'exploitation des mineurs.
En conclusion et à la lumière du débat de ce soir, nous espérons donc que la Commission et le Conseil maintiendront leurs engagements et que la Commission rédigera cette nouvelle proposition de directive, que nous examinerons avec beaucoup d'attention.
Monsieur le Président, la performance d'Anna Hedh et d'Edit Bauer aujourd'hui, malgré l'heure tardive, comme l'a dit Anna Hedh, consiste à venir entendre ce soir de la bouche du commissaire sortant, M. Barrot, et de la nouvelle Présidence espagnole des mots tels que "déterminé" et "ambitieux" pour le commissaire.
Cela vaut la peine de veiller tard pour l'entendre, car nombreux sont ceux aujourd'hui ici, y compris les auteures, qui comprennent la complexité de ce phénomène brutal mais qui comprennent aussi que les citoyens attendent de l'UE qu'elle s'attaque à ce fléau des temps modernes.
M. Barrot a dit qu'une nouvelle législation s'avère nécessaire.
Nous espérons que nous lirons bientôt la proposition de la Commission.
Ce matin, au cours de l'audition de la commissaire désignée Mme Malmström, nous avons entendu aussi une réponse positive à notre proposition de coordinateur européen de la lutte contre la traite des êtres humains.
Si vous commencez à rassembler les différentes pièces de ce puzzle, c'est déjà un début, mais l'échelle même du problème décrit par Anna Hedh signifie que nous devons vraiment transformer les paroles en actes.
La traite des êtres humains étant un phénomène si complexe, qui touche à tant de domaines différents comme le travail forcé, la criminalité organisée, l'exploitation sexuelle et les abus à l'égard d'enfants, notre réponse doit être multiple et globale.
M. Barrot a énuméré de nombreuses choses que nous voudrions voir se réaliser et si elles arrivent ensemble dans un paquet communautaire nous aurons une politique déterminée que les citoyens européens verront comme un plan d'action.
Pour l'heure, les citoyens européens comprennent le fléau de la traite des êtres humains, mais ne voient pas d'approche globale et ne comprennent pas ce que l'UE fait dans son ensemble.
Je suis heureux que la commissaire désignée, Mme Malmström, ait aujourd'hui souligné son engagement de faire une nouvelle proposition législative très rapidement, et je suis également heureux de voir que la Présidence espagnole insiste non seulement sur la lutte contre la traite des êtres humains mais aussi sur des questions qui y sont liées, comme la violence à l'égard des femmes.
Il importe que tout cela arrive en même temps pour montrer une réelle détermination et entendre cette proposition.
Malgré l'heure tardive, il faut transformer les paroles en actes et les auteures ont fait un bon travail pour nous aujourd'hui.
Monsieur le Président, tout d'abord, je voudrais remercier le rapporteur pour son engagement et son excellente coopération, car il s'agit vraiment d'un sujet important.
Comme nous l'avons déjà dit, la traite des êtres humains représente peut-être la pire forme de criminalité.
Les chiffres d'Europol, cités dans la question, montrent qu'il n'y a pas eu d'amélioration dans ce domaine.
C'est plutôt l'inverse.
Dans le domaine du travail forcé, en particulier, les chiffres augmentent, alors que ceux concernant la traite des femmes restent inchangés.
Il est donc absolument clair qu'il faut d'urgence une action cohérente.
Pour qu'une telle action réussisse, il est nécessaire, tout d'abord, d'adopter une approche intégrée dans les domaines les plus variés.
Un élément absolument essentiel consiste à sensibiliser les populations - y compris la population européenne - au fait que la traite des êtres humains a lieu au beau milieu de l'Europe, dans chaque pays.
Nous devons, avant tout, nous mettre au travail dans le domaine de l'éducation, comme nous l'avons fait par exemple en Allemagne pour la Coupe du monde de football en traitant la question de la prostitution forcée, et pour montrer que cela se passe vraiment partout. Nous devons aussi susciter le débat au sein de la population pour la sensibiliser et faire en sorte d'aider les victimes.
Mon second point concerne la protection des victimes.
Précisément au moment où les personnes sont tirées d'une telle situation dramatique, les États membres doivent eux aussi garantir qu'elles reçoivent une aide médicale et psychologique afin de pouvoir rentrer dans leur pays d'origine le cas échéant ou que la porte soit ouverte à l'asile ou à d'autres possibilités de ce genre pour leur trouver un nouveau foyer et commencer une nouvelle vie.
Aujourd'hui, un journal néerlandais relate le cas d'une productrice d'asperges arrêtée parce qu'elle est soupçonnée de traite des êtres humains et d'esclavagisme à l'encontre de Roumains, c'est-à-dire de citoyens européens.
La traite des êtres humains ne concerne pas seulement des ressortissants de pays extra-européens, mais aussi des citoyens européens.
Une politique bien intégrée de lutte contre la traite des êtres humains ne peut simplement se limiter à arrêter des trafiquants comme cette personne et à s'attaquer avec vigueur à ceux qui commettent de tels crimes, elle doit également se concentrer sur les victimes.
Leurs droits et leur avenir doivent constituer la première priorité.
Les victimes de la traite des êtres humains ne devraient jamais avoir l'impression qu'elles sont seules ou qu'elles sont laissées le bec dans l'eau.
Nous devons les soutenir de plusieurs manières: légale, médicale, sociale et communautaire, financière. Nous devrions également les indemniser si possible.
La capacité de ces victimes à prendre possession de leurs droits et à se servir des occasions que notre droit permet est essentielle dans n'importe quelle nouvelle directive.
J'ai entendu de bonnes choses à cet égard dans la bouche de M. López Garrido et de M. Barrot.
Le commissaire a dit aussi que les personnes qui recourent aux services de personnes qui ont fait l'objet d'un trafic devraient être confrontées à des peines plus sévères.
Pour moi, des peines plus sévères pour de telles activités ce n'est certainement pas une mauvaise chose, mais je me demande comment nous aidons les victimes si nous criminalisons encore plus leur fonction, leur travail - puisque cela reste du travail, même si c'est de l'esclavagisme.
Comment aidons-nous les victimes si elles doivent craindre que le travail qu'elles font soit encore plus criminalisé?
J'apprécierais une réponse à cette question.
Pour le groupe Verts/Alliance libre européenne, les victimes de la traite des êtres humains ont droit à un permis de séjour, un permis de séjour permanent dans certaines circonstances, afin qu'elles ne craignent plus d'être renvoyées dans le pays où tout a commencé et afin de veiller à ce qu'elles puissent déposer contre les trafiquants en sachant que leur séjour dans le pays est assuré.
Cela afin d'éviter absolument que quelqu'un ne soit renvoyé dans son pays et risque de retomber sur le même trafiquant.
Votre nouvelle directive-cadre, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Président en exercice du Conseil, doit donner des droits et un nouvel avenir aux victimes.
C'est ce que j'appelle de mes vœux.
Monsieur le Président, il est extrêmement embarrassant que l'Europe moderne, qui jouit de la liberté et du respect des droits de l'homme, soit devenue un lieu d'oppression et d'abus pour de si nombreuses personnes.
C'est d'autant plus choquant que cela concerne souvent des femmes et des enfants, qui sont particulièrement en danger et spécialement démunis.
Quand j'étais ministre de la justice et procureur général en Pologne, j'ai supervisé de nombreuses enquêtes qui ont montré que ces choses se passent en Europe, qu'elles s'étendent au-delà des frontières de certains pays et qu'elles sont parfois de nature très cruelle.
L'objectif premier de la traite des êtres humains vise l'exploitation sexuelle ou le travail forcé.
Afin de prévenir et de supprimer effectivement ces phénomènes, il est essentiel que dans les États membres de l'Union européenne, en particulier, il existe des agences professionnelles chargées de l'application de la loi, qui devraient être idéalement centralisées et garantir une action décisive et efficace ainsi qu'une bonne coopération internationale.
Les institutions de l'Union européenne devraient jouer un rôle majeur, surtout en ce qui concerne ce dernier point.
Il y a en outre deux autres questions.
Conscient du fait que la traite des êtres humains est souvent l'apanage de bandes criminelles organisées, chaque pays devrait garantir des sanctions suffisamment sévères pour des crimes aussi graves afin de dissuader et d'isoler les auteurs, y compris des sanctions sous forme de saisie de biens, ce qui pénaliserait l'aspect économique à la base de leurs activités.
Monsieur le Président, la traite des êtres humains est, en réalité, un fléau des temps modernes. Il se nourrit de la pauvreté et de l'ignorance.
Sa pire forme est la traite des enfants, souvent liée aux abus sexuels.
Le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique pense qu'il y a un urgent besoin d'action de la part de la Commission.
Une des conditions préalables les plus importantes pour combattre avec succès la traite des êtres humains consiste à renforcer les droits des victimes.
Ce n'est qu'en y parvenant - et pas seulement à travers des mesures punitives - que l'on pourra combattre vraiment la traite des êtres humains.
Cela nécessite des règles très claires par lesquelles la traite des êtres humains n'aboutira pas à des sanctions contre les personnes qui en sont victimes.
Une des choses dont ces victimes ont besoin, c'est une protection et un soutien effectifs avant, pendant et aussi après les procédures pénales dans lesquelles elles déposent comme témoins.
Cela doit être une priorité pour la période de révision, surtout, ainsi qu'en cas de rétractation des témoins.
Il faut d'urgence des programmes de protection des témoins à long terme.
Il importe aussi, je pense, que toutes les victimes de la traite des êtres humains, pas seulement les enfants, reçoivent une assistance gratuite.
Lorsqu'il s'agit d'enfants, il est également nécessaire - pour revenir à ce point - de pouvoir recourir à des juristes spécialistes des enfants.
Il faut d'urgence des mesures visant à renforcer la prévention, comme la formation de juristes, de policiers, de juges et de conseillers.
Je suis heureuse de voir que la Présidence espagnole a l'intention de traiter cette question.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, au cours de l'audition de la commissaire désignée, j'ai entendu un engagement très précis concernant la lutte contre la traite des êtres humains.
J'ai été heureux d'entendre un avis unanime.
Il y a quelques années, cette même unanimité était absente lorsque certains députés - dont moi-même - dénonçaient les dangers qu'entraîneraient une immigration illégale massive, l'essor considérable des organisations criminelles qui utilisent cette main-d'œuvre et les risques de traite des êtres humains, voire de trafic d'organes.
Aujourd'hui, tout le monde découvre ce phénomène et nous ne pouvons que nous réjouir de la nature unanime de cet engagement.
Toutefois, il est important pour nous de réaliser que la cause reste la même.
La cause, l'origine, le terreau de ce trafic porte un seul nom, ou un nom principal, une cause principale: l'ampleur de l'immigration illégale et le rôle joué par des organisations criminelles locales, européennes et aussi non-européennes, car maintenant nous avons une traite des êtres humains facilement gérée par des organisations situées en dehors de l'Europe.
Nous devrions maintenant partir de cela.
Nous devrions considérer que ce phénomène extrêmement grave et honteux est un sous-produit ou une sous-conséquence de l'immigration illégale de masse qui n'a pas été correctement contrôlée.
L'Europe devrait avoir le courage d'appeler un chat un chat.
(EL) Monsieur le Président, je voudrais féliciter à mon tour les auteures de cette question très importante.
Nous vivons à une époque où on s'attendrait à ce que la traite des êtres humains ait disparu de notre société.
Malheureusement, les chiffres indiquent le contraire.
On estime par exemple que plus de 1 800 000 enfants et jeunes gens sont victimes de la traite dans le monde chaque année.
D'après les chiffres des Nations unies, il y aurait 270 000 victimes dans l'Union européenne.
En Grèce, le chiffre des victimes de la traite des êtres humains à des fins de prostitution a augmenté pour atteindre 40 000 unités par an, femmes et enfants confondus, à l'exclusion des autres formes de traite.
Je voudrais souligner deux paramètres essentiels, sans sous-estimer l'importance d'autres paramètres. Premièrement, le cadre institutionnel européen de la lutte contre ce crime, de nature transfrontalière et exacerbé par l'immigration illégale, est inapproprié, comme cela a été dit à juste titre.
C'est pourquoi nous devons placer la barre plus haut pour une approche globale de ce problème et la directive que nous attendons est très importante dans ce cadre, comme cela a été dit à juste titre.
Deuxièmement, on a identifié des lacunes particulières dans la protection des victimes, surtout en termes de structures de soutien.
Il est donc nécessaire - et je me réjouis de l'avoir entendu de la Présidence espagnole - que les ressources et les infrastructures soient rendues disponibles afin d'améliorer toute infrastructure existante et créer de nouvelles infrastructures et, bien sûr, fournir le personnel à même d'apporter le soutien qu'il faut à cette formation.
Cette forme moderne d'esclavage ne peut pas et ne doit pas avoir sa place dans une Union européenne basée sur le principe du respect des droits de l'homme et de la dignité humaine.
(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je voudrais exprimer ma grande satisfaction de nous voir traiter aujourd'hui un sujet comme celui-ci grâce à une question importante, dont je remercie chaleureusement les auteures, et je voudrais également exprimer ma gratitude pour le niveau élevé de coopération que nous avons vu entre tous les partis politiques et les deux commissions.
Je suis également heureuse d'avoir entendu les engagements très sérieux de la Commission et aussi de la Présidence espagnole. J'espère sincèrement que la nouvelle directive sera bientôt rédigée conformément à ce qui semble essentiellement recueillir un large consensus.
Je pense que nous savons que les chiffres dans ce domaine sont très complexes à analyser. Pour faire court, nous parlons dans notre Europe civilisée de la traite annuelle de presque 300 000 personnes, 79 % de femmes, de nombreuses mineures.
Malheureusement, les chiffres ont augmenté ces dernières années.
C'est aussi pour cela que nous devons faire d'importants progrès à la lumière des nouveaux domaines de responsabilité de l'Union européenne et aussi à la lumière de ce que nous avons déjà approuvé dans le Programme de Stockholm afin d'introduire des innovations.
Nous avons fait un grand pas en avant en approuvant, au niveau de l'UE, la disposition - déjà en vigueur en Italie depuis 1998 - qui permet d'accorder des permis de séjour humanitaires aux victimes.
Cependant, nous devons également progresser en matière de sauvegarde des victimes par rapport à la protection, à la réinsertion dans la société et sur le marché du travail, à la possibilité d'empêcher qu'il y ait des clients - possibilité à laquelle nous devons réfléchir très sérieusement - et à des mesures plus sérieuses et efficaces dans le domaine des sanctions, qui doivent être harmonisées au niveau de l'UE comme vous l'avez dit Monsieur le Commissaire.
En particulier, nous demandons que l'accord des victimes à leur exploitation soit tenu pour non pertinent, en raison de la fréquence des pressions et du chantage dans ces circonstances.
Je conclurai très brièvement en ajoutant simplement ceci: nous avons besoin non seulement d'une protection spéciale des mineurs, mais surtout de formes de soutien pour les personnes qui arrivent en Europe en ayant souffert auparavant de formes de trafic durant le voyage, toujours plus long et toujours plus tragique, qu'elles accomplissent avant d'atteindre nos côtes et nos territoires.
(BG) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je voudrais remercier moi aussi les rapporteurs, la Commission et la Présidence espagnole pour leur audace de nous avoir enfin permis de trouver une solution sérieuse à ce problème.
Quand nous parlons de la traite des êtres humains, il est extrêmement important pour nous de penser à créer une politique permanente au niveau de l'Union européenne.
Une telle politique contribuera à une approche plus coordonnée et permettra aux actions des États membres d'avoir un plus grand impact en termes de répression, de protection et d'aide fournie aux victimes de cette forme de trafic.
La désignation d'un coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre la traite des êtres humains, qui travaille directement sous la supervision du commissaire à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, garantira que tous les États membres utilisent une approche politique unique et cohérente dans le traitement de ce crime grave.
Le rôle du coordinateur consistera à identifier les problèmes et les sources de la traite des êtres humains, à mettre en œuvre des mesures préventives, à concevoir et appliquer des stratégies au niveau européen, y compris une coopération et une consultation actives avec les agences de la société civile. Il organisera aussi des campagnes d'information et introduira des mesures pour accroître la protection et l'aide fournies aux victimes et pour les soutenir également dans leur processus de réinsertion.
Afin de faire face avec succès à ce problème mondial et transnational, il faut une stratégie coordonnée au niveau européen qui guide et soutienne efficacement les États membres dans leurs efforts conjoints de lutte contre la traite des êtres humains.
Merci beaucoup de votre attention.
(EN) On pourrait définir la traite des êtres humains comme le fait d'appartenir à quelqu'un d'autre et d'être la victime sans défense d'une influence dominatrice.
En fait, c'est la définition de l'esclavage.
La traite, c'est l'esclavage d'aujourd'hui.
La traite des êtres humains, qu'il s'agisse de femmes, d'hommes ou d'enfants, est un délit criminel en hausse dans tous les États membres.
L'extrême pauvreté, les ruptures familiales et la violence familiale contribuent aux causes qui se trouvent à la base de la traite des êtres humains.
Au Royaume-Uni, nous estimons qu'il y a environ 5 000 victimes, dont 330 sont des enfants.
Le groupe ECR salue ce débat.
Les gouvernements nationaux, les agences chargées d'appliquer la loi et de surveiller les frontières doivent travailler ensemble.
Les mécanismes de soutien des victimes doivent être renforcés.
Les initiatives doivent être résolues, impulsées par les États membres et soutenues par l'Union européenne.
(SV) S'il n'existait pas de demande de main-d'œuvre bon marché à exploiter, s'il n'existait pas de demande d'organes, s'il n'existait pas de demande de services sexuels rémunérés, alors il n'existerait pas non plus de traite des êtres humains.
La demande est un mot-clé en ce qui concerne la lutte contre la traite des êtres humains.
Un autre facteur important est que de nombreuses personnes dans le monde vivent dans la pauvreté et dans des conditions inhumaines, avec pour résultat qu'elles peuvent aisément devenir la proie des trafiquants d'êtres humains.
Dès lors, nous avons non seulement besoin d'efforts pour réduire la demande, mais aussi, bien sûr, de mesures préventives sous forme d'amélioration des conditions de vie des nombreuses personnes qui vivent dans ces parties du monde où l'on recrute les victimes.
Avec le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, je voudrais remercier Mmes Hedh et Bauer, ainsi que leurs collègues de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la commission des droits des femmes et de l'égalité des genres.
Toutefois, je souhaiterais qu'il y ait des propositions différenciées sur la manière de soutenir les victimes de la traite des êtres humains.
Les victimes du travail forcé ont besoin de mesures et de soutiens différents des victimes de la traite sexuelle.
(ES) D'après le rapport des Nations unies, en 2009, environ 270 000 personnes ont été victimes de la traite des êtres humains dans l'Union européenne.
Compte tenu de ces chiffres, nous devons veiller à ce que l'action de l'Union européenne repose, tout d'abord, sur la protection de la victime, avec un accent particulier pour la situation des femmes et des enfants, qui sont les plus vulnérables.
Nous ne pouvons pas continuer à ne rien faire et à rester indifférents à la pièce qui se joue, au spectacle de l'exploitation sexuelle qui se déroule devant nos yeux.
C'est pourquoi je soutiens tout à fait les demandes du Parlement visant une aide inconditionnelle aux victimes et l'adoption de méthodes plus énergiques et de peines plus sévères, comme M. Barrot vient juste de nous le dire.
Cela dit, je voudrais demander à la Présidence espagnole, à la Commission et au Conseil européen d'utiliser toute la législation européenne à leur disposition, existante et à venir, pour protéger les victimes de la traite des êtres humains.
Je considère que le système européen de protection des victimes qui est proposé, que j'ai personnellement demandé à la Présidence espagnole lors des débats sur le programme de Stockholm, et qui s'est finalement réalisé, sera un instrument efficace de lutte contre de tels crimes.
J'attends un engagement ferme de la Présidence espagnole, comme celui que nous avons déjà vu, afin d'assurer que ce système offrira aux victimes des mesures spéciales de protection qui seront efficaces dans l'ensemble de l'Union européenne.
J'espère que nous qui avons pour responsabilité d'agir contre les problèmes les plus graves de notre société nous apporterons une réponse réelle et substantielle à ce problème extrêmement grave de la traite des êtres humains et que nos paroles ne seront pas des promesses creuses.
Nous le devons vraiment à toutes les victimes.
(SK) Tout d'abord, je voudrais remercier mes collègues, Mmes Hedh et Bauer, car malgré le peu de temps dont elles disposaient, elles ont abordé cette question d'une manière très complète.
Je soutiens la question et je voudrais ajouter quelques observations et notes factuelles.
Le citoyen lambda ignore d'habitude l'ampleur du trafic des êtres humains.
En fait, il s'agit du troisième trafic illicite le plus lucratif au monde.
Le fait qu'il concerne principalement les femmes et les enfants rend cette immense activité encore plus inhumaine.
Notre réponse doit être massive et concentrée.
Notre lutte doit être efficace en tout point du triangle du trafic - elle doit avoir un impact sur l'offre et la demande, ainsi que sur les trafiquants eux-mêmes.
L'offre existe surtout là où se trouvent les conditions de vie inhumaines, la pauvreté et sa féminisation, le chômage, la violence à l'égard des femmes, l'oppression et l'instabilité généralisées qui produisent des êtres humains désespérés.
C'est pourquoi nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les victimes du trafic criminel à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union à vivre plus dignement.
La demande mérite des sanctions strictes.
Ceux qui profitent de l'exploitation de personnes désespérées ou manipulées dans le cadre de l'économie au noir ne doivent pas rester impunis.
Ceux qui fournissent de tels services et ceux qui s'en servent consciemment devraient également subir des sanctions.
Enfin, les trafiquants méritent une punition exemplaire; la criminalité organisée dans ce domaine doit être une cible prioritaire des organisations telles qu'Eurojust, Europol et Frontex.
(SV) L'esclavage n'a pas encore été aboli, comme de nombreux orateurs l'ont déjà dit.
L'esclavage des temps modernes prend la forme du commerce sexuel; il a lieu ici et maintenant.
Les corps de femmes, de jeunes filles et de garçons sont vendus comme de la viande, comme n'importe quelle marchandise et cela se passe tout le temps.
On dépouille les personnes de leurs droits humains les plus élémentaires et elles deviennent les esclaves de notre époque, dans nos États membres.
Cela devrait être considéré comme le plus grand échec et le principal défaut de l'Europe. Il faudrait s'en occuper en restreignant puis en mettant fin à la fois à l'offre et à la demande.
Dans mon pays, la Suède, une loi entrée en vigueur il y a dix ans prévoit qu'il est illégal de payer pour avoir des relations sexuelles.
Cette loi est importante parce qu'à travers elle la société signale qu'aucun être humain n'est à vendre.
Le commerce des esclaves vers l'Amérique est devenu illégal en 1807, mais il se poursuit aujourd'hui au beau milieu de l'Europe.
Il est temps de le reléguer aux sombres recoins de l'histoire.
Il est de notre ressort et de notre responsabilité de faire tout ce que nous pouvons et je voudrais remercier les auteures, Mmes Hedh et Bauer, de leur excellent travail qui nous fait du bien à tous.
(PL) Monsieur le Président, il y a quelques minutes, la représentante du parti vert a fort justement souligné que cette question - la traite des êtres humains ou la vente de personnes - n'est pas un problème extérieur importé par l'Union européenne.
C'est aussi un problème intérieur.
Des citoyens de mon pays sont également vendus dans plusieurs États membres de l'Union européenne.
C'est un problème très important et grave.
J'ai la conviction qu'une action ferme et unie est nécessaire en la matière, non seulement de la part des institutions de l'UE, mais aussi de la part de chaque État membre.
Je rappellerai ici un incident survenu il y a quelques années, lorsque la police et l'administration italiennes, réagissant à des informations venues de Pologne, ont mis fin à des cas de traite des êtres humains dans lesquels des travailleurs polonais étaient illégalement employés en Italie.
Cela est aussi de la traite des êtres humains et nous ne devons pas rester muets face à cela.
(CS) Mesdames et Messieurs, chaque année, plus d'un million de personnes sont victimes du travail forcé et 90 % d'entre elles sont abusées à des fins sexuelles.
Seules 3 000 victimes ont reçu de l'aide et on compte seulement 1 500 cas portés en justice, bien que cette pratique soit qualifiée d'infraction criminelle partout dans l'Union européenne.
Des études ont montré que les profits de la traite des êtres humains dépassent ceux du trafic et de la vente de stupéfiants.
Ce genre de criminalité organisée a proliféré avec l'élargissement de l'Union à l'Est.
Pourtant, nous n'avons pas encore de stratégie commune et il n'existe pas de coordination des mesures prises par les différentes institutions et les États membres, qui ne devraient pas freiner l'harmonisation de leur législation, même si cela n'est pas coulé dans les Traités.
C'est pourquoi je demande à la Présidence espagnole d'achever les négociations avec les États membres concernant les définitions communes des punitions et des sanctions.
Je tiens à souligner que la nouvelle directive que nous attendons devrait également combattre plus efficacement la demande de services sexuels illégaux; en fait, il est alarmant de constater que l'abus d'enfants en particulier a augmenté.
Dans le cas des enfants, le chiffre approche 20 %.
Il manque aussi une prévention efficace et une éducation des enfants et des parents aussi.
Savez-vous que seulement 4 % des parents d'enfants abusés admettent que leur enfant a été attiré à des rendez-vous via l'internet?
En 2008, on a découvert sur l'internet 1 500 sites qui abusent sexuellement d'enfants.
Nous devons indubitablement aux citoyens européens une nouvelle approche coordonnée et une harmonisation de la législation pour combattre également la demande et la traite des êtres humains.
C'est pourquoi je demande avec insistance à la Commission de soumettre au Parlement européen une proposition législative générale pour une lutte plus efficace contre le commerce des êtres humains, dans les plus brefs délais possibles.
(DA) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je voudrais remercier les auteures de cette importante initiative, parce que l'Union européenne est confrontée à un énorme défi dans la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains.
La traite des êtres humains est une activité lucrative en plein essor. Elle est attractive parce que les punitions sont légères comparées à d'autres activités lucratives de la criminalité organisée comme le trafic de stupéfiants et d'armes.
C'est pourquoi nous devons sévir lourdement contre ceux qui s'y livrent.
Les victimes de la traite des êtres humains sont des personnes vulnérables et sans défense. Elles ont besoin de notre protection.
Nous ne devons pas les renvoyer dans les bras des trafiquants d'êtres humains.
Elles doivent recevoir des permis de séjour.
De plus, nous devons également nous concentrer sur la demande des services qui sont fournis par les victimes de ce trafic et appliquer différentes mesures comme la criminalisation des clients des personnes prostituées et augmenter les sanctions à l'encontre de ceux qui recourent au travail illégal.
Je suis donc heureuse que la Commission envisage de criminaliser l'abus des victimes de la traite des êtres humains.
(LT) Les événements récents en Lituanie, durant lesquels une bande organisée a été arrêtée pour avoir tiré profit de la traite des êtres humains, ont démontré une fois de plus que ce délit est un phénomène répandu qui s'intensifie encore plus depuis la crise économique et financière.
Actuellement, environ 90 % des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes et des enfants, qui cherchent en majorité à fuir la pauvreté et à survivre.
La traite des êtres humains est un crime monstrueux et une humiliation extrême de la dignité humaine; il n'existe rien de pire que d'être vendu comme esclave.
C'est pourquoi il est très important de renforcer la coopération entre les États membres et avec les pays tiers, afin d'assurer un dialogue avec les organisations non gouvernementales et de demander à la Commission de créer la fonction de coordinateur européen pour ces questions.
Il est également nécessaire de garantir la sécurité des victimes de la traite des êtres humains et leur intégration totale.
Les complices, les organisateurs ou les parrains de ce crime affreux ne doivent pas pouvoir échapper à leur responsabilité.
(SK) Je voudrais féliciter les auteures de cette question, Mmes Hedh et Bauer.
Je voudrais dire que la traite des êtres humains est une des activités les plus rentables de la criminalité organisée au niveau international. D'après différents rapports et différentes sources, cette activité concernerait entre 700 000 et 2 millions de personnes dans le monde, voire plus, dont 300 000 à 500 000 individus sont des victimes de la traite dans l'Union européenne.
Le cadre juridique actuel apparaît inapproprié; dès lors, je soutiens entièrement l'adoption dans un futur proche de mesures efficaces pour renforcer à la fois la prévention et la répression de la traite des êtres humains.
Des sanctions plus sévères devraient être imposées aux auteurs directs du délit, y compris les personnes morales et les consommateurs de services fournis par les victimes.
Par ailleurs, je crois fermement qu'il faut assurer un niveau élevé de protection en même temps qu'une indemnisation juste et appropriée des victimes, indépendamment de l'État membre dans lequel elles se trouvent et où le délit a été commis.
La protection, le soutien et l'aide fournis ne doivent pas faire des personnes concernées des victimes pour la seconde fois et je voudrais dire également que les dispositions concernant les mineurs, qui font des victimes faciles en raison de leur vulnérabilité et de leur crédulité, méritent une attention particulière.
Enfin, je voudrais dire que la traite des êtres humains a souvent pour objectif également la récolte d'organes.
(DE) Monsieur le Président, il est plutôt significatif que nous débattions du sujet de la traite des êtres humains ici aujourd'hui parce que ce sujet reste tabou et que, malheureusement, dans nos sociétés hautement développées, ce sont souvent les femmes, en particulier, qui sont les victimes de la traite des êtres humains.
Je pense à la prostitution, tout d'abord, mais aussi aux enfants.
Très souvent, nous ne voulons pas le voir.
Pour qu'un programme contre la traite des êtres humains réussisse, nous devons accorder la priorité à l'éducation, à la sensibilisation, et nous aurons besoin d'argent plus tard.
Nous devons en tenir compte dans nos considérations dès le départ, car on ne peut simplement se contenter d'arrêter les malfaiteurs et d'infliger une juste punition; nous devons également viser à protéger la victime, c'est-à-dire faire en sorte que les victimes ne soient pas deux fois victimes, mais aussi disposer des fonds pour les réinsérer dans la société.
Nous devons viser à supprimer le traumatisme vécu par les enfants et intégrer les femmes, c'est une priorité, dans notre monde du travail, un monde du travail légal.
(EN) Monsieur le Président, l'action européenne dans ce domaine se fait attendre depuis longtemps, j'ai donc été heureuse d'entendre les remarques de M. López Garrido concernant les enfants, les remarques du commissaire et, ce matin, que la commissaire désignée, Mme Malmström, envisage de produire une nouvelle directive dans ce domaine par priorité.
Je voudrais inviter à la fois le Conseil et la Commission à considérer les systèmes de soutien aux victimes, en particulier les besoins spécifiques de la traite des enfants, dont les besoins sont très différents de ceux des adultes victimes de cette traite.
Au Royaume-Uni, l'année dernière seulement, 325 enfants ont été identifiés comme des victimes présumées de la traite des êtres humains.
Il s'agissait pour la plupart de citoyens britanniques faisant l'objet de cette traite à l'intérieur du Royaume-Uni et pas d'un approvisionnement extérieur, si vous me passez l'expression.
Il y a des enfants dans ma propre région qui font l'objet de la traite. Nous découvrons que même après enregistrement auprès des services sociaux, nombre d'entre d'eux disparaissent parce qu'ils restent sous la coupe de leurs trafiquants.
Il leur est tout simplement trop facile de soumettre à nouveau ces enfants à la traite.
Cela se passe partout dans l'Union européenne et nous devons y mettre fin.
Les victimes de cette traite sont silencieuses et vulnérables, elles comptent sur l'Union européenne pour parler en leur nom, pour mettre fin à ce crime abominable et pour prendre soin d'elles.
(DE) Monsieur le Président, pour la mendicité, la prostitution, le vol et le cambriolage, ainsi que pour d'autres activités répréhensibles de ce genre, les trafiquants et les bandes de passeurs ont besoin de personnes, principalement des femmes et des enfants.
Nous parlons ici d'une activité criminelle difficile à contrôler, qui concerne un nombre très élevé d'affaires non signalées.
À cet égard, je voudrais dire que mon pays, l'Autriche, est particulièrement touché comme pays de transit, mais aussi comme destination finale prisée.
Nous devons donc savoir que la grande majorité des bandes de passeurs est active dans le transport des personnes d'Europe de l'Est et du Sud-est vers l'Europe centrale et que les victimes ne sont pas seulement recrutées dans des pays tiers, mais aussi dans des États membres.
Le fait est qu'il y a eu une augmentation de ces affaires et que nos contrôles aux frontières extérieures fonctionnent mal.
À la lumière de ce développement et de la réalité vérifiable que ces voyages s'effectuent souvent en bus - tourisme criminel -, nous devons nous demander s'il ne serait pas sensé, dans ces circonstances, en plus de rédiger des rapports à travers Europol, Frontex et d'autres organismes, de réintroduire les contrôles aux frontières dans les régions frontalières concernées et de suspendre Schengen pour une période limitée si nécessaire.
(SK) Je félicite les auteures de la question et vous, Monsieur le Commissaire, pour votre réponse.
Je voudrais souligner un des nombreux sujets qui se rapportent à cette question.
Le projet de résolution déclare que les enfants sont particulièrement vulnérables et qu'ils présentent donc plus de risques de devenir les victimes de la traite des êtres humains.
En même temps, le projet dit que 79 % des victimes identifiées de la traite des êtres humains sont des femmes et des filles.
Ce projet ne mentionne pas cependant que les parents devraient jouer un rôle primordial dans la protection des enfants contre la traite.
Souvent, les parents ne connaissent même pas les risques auxquels leurs enfants sont exposés ou se désintéressent complètement de la manière dont ils occupent leur temps libre.
Dans le contexte de la prévention, j'ai proposé à plusieurs reprises une campagne à l'échelle européenne intitulée: "Savez-vous où se trouve votre enfant en ce moment?".
Cette campagne devrait alerter les parents sur les risques auxquels leurs enfants sont confrontés.
Je suis convaincu que nous ne pourrons protéger les enfants contre la traite que si nous coopérons avec les parents.
Malheureusement, les parents ne sont mentionnés nulle part dans le projet de résolution.
(PL) Monsieur le Président, dans le contexte du débat d'aujourd'hui, il est nécessaire d'attirer l'attention sur trois points qui nécessitent une attention particulière.
Trop peu de criminels sont traduits en justice.
Malgré la hausse du nombre de procédures criminelles impliquant la traite des êtres humains, celles-ci ne représentent toujours qu'une infime partie des crimes commis.
Les victimes ne trouvent pas une aide, un refuge ou une compensation appropriés.
Compte tenu de l'importance estimée de la traite des êtres humains en Europe, il convient de noter que seuls quelques pays ont adopté des mesures qui peuvent être qualifiées de véritable réaction.
Troisièmement, la situation n'est pas suffisamment suivie.
Il est évident que ce problème ne touche pas que l'Union européenne.
Il est par conséquent essentiel que l'Union travaille encore plus étroitement avec les organisations internationales appropriées pour créer une nouvelle norme dans la lutte contre ce phénomène terriblement dangereux.
Je pense que ce large débat a servi à souligner que nous sommes confrontés à un énorme problème, un problème qui nous lance un défi énorme.
Je suis heureux que ce débat ait eu lieu le même jour où je m'exprimais pour la première fois devant le Parlement européen, ce qui est sans conteste un honneur.
Je suis heureux que cela se soit passé dans ces deux débats importants de ce soir devant ce Parlement important et puissant.
Je pense qu'il ne suffit pas de faire simplement référence ou de réfléchir à cet énorme problème.
Il faut s'y attaquer de toutes nos forces parce que c'est un problème très grave et que nous sommes confrontés à des ennemis très forts.
Nous avons donc besoin d'une grande volonté politique pour nous attaquer à ce problème.
Cette grande volonté politique est apparue ici ce soir et de quelle manière!
Je puis vous assurer que la Présidence espagnole va se servir de ses moyens pour s'attaquer à cette question, avec toutes les autres institutions européennes.
Je pense que nous pouvons dire aussi qu'il s'agit d'un problème qui doit être traité d'un point de vue européen.
Vous avez dit très clairement comment les choses se passent en Europe; Mme Hirsch l'a signalé clairement et M. Papanikolaou et Mme Parvanova ont parlé de la nature transfrontalière de cette question.
Cela se passe en Europe et nous devons nous y attaquer à partir de l'Europe.
On a répété plusieurs fois et je le répète maintenant: il importe que la Commission propose une directive dès que possible afin de régler le problème sous cet angle.
Je pense que Mme Roithová l'a exprimé très succinctement dans son intervention.
Je pense que les trois grands aspects que nous devons couvrir et souligner dans le règlement qui sera produit par l'Europe, dans le travail qui sera fait par l'Europe, doivent être les suivants.
Le premier concerne la protection de la victime.
La protection de la victime est un aspect central et certainement un des plus discutés ici aujourd'hui.
Les auteures de la question, Mmes Sargentini, Ernst, Thomsen et d'autres intervenants ont indiqué l'importance de la protection de la victime, ce qui concerne normalement et surtout les femmes et les enfants, les personnes les plus vulnérables.
Mmes Jiménez-Becerril Barrio, Kadenbach et Bearder ont également plaidé avec éloquence pour la nécessité d'introduire un système de protection de la victime, qui est un instrument essentiel et sera une priorité de la Présidence espagnole.
La protection de la victime vient donc en premier lieu. Deuxièmement, il faut poursuivre sans relâche et punir sévèrement les trafiquants - M. Ziobro l'a dit très fermement dans son intervention.
Troisièmement, nous devons considérer la question de la demande de ces services. C'est un point difficile à traiter, mais il fait partie du problème et, en tant que tel, je pense par conséquent qu'il faut l'inclure comme l'un des trois aspects majeurs qui doivent servir de base à une approche globale.
Comme je l'ai dit plus tôt, Mesdames et Messieurs, la Présidence espagnole est et sera absolument engagée sur un sujet aussi important que celui-ci.
vice-président de la Commission. - Monsieur le Président, je crois que ce débat a beaucoup éclairé la préparation de la future directive dont je confirme bien sûr, Monsieur le Ministre, que la Commission entend la présenter au cours de ce printemps.
Je voudrais reprendre la formule de Claude Moraes, en disant qu'il faut lutter avec les moyens les plus modernes contre ce fléau qui est souvent, lui aussi, le fruit de l'utilisation des méthodes les plus modernes, et qu'il faut lutter contre toutes les formes d'exploitation.
Vous venez de dire, Monsieur le Ministre, qu'il y a trois piliers: les victimes, la gravité des sanctions et puis le problème de la demande.
J'insiste un peu sur les victimes, la protection des victimes, car nous avions déjà négocié dans la décision-cadre le soutien à toutes les victimes sans conditions, l'immunité des poursuites pénales, le droit à une assistance juridique et nous entendons bien, dans la directive future, traiter du logement, du traitement médical et psychologique, des conseils et de l'information, dans une langue qui soit comprise par la victime, et puis de toutes les formes de soutien supplémentaires.
J'ajouterai, répondant en cela à Mme Záborská, qu'en effet, en ce qui concerne les enfants qui sont victimes de la traite des êtres humains, la Commission va aborder les questions liées à la prévention de ce fléau ainsi qu'à la protection, au retour et à la réintégration de ces enfants dans un plan d'action sur la situation des mineurs non accompagnés, ce qui était d'ailleurs, Monsieur le Ministre, une forte demande de la Présidence espagnole.
Nous allons donc proposer ce plan d'action, qui sera adopté par le Collège au printemps 2010, pour être examiné par le Conseil et par le Parlement européen.
Ce plan d'action proposera plusieurs pistes pour relever les principaux défis posés par ce phénomène, qui touche les mineurs non accompagnés qui arrivent dans l'Union européenne dans différents contextes, et sera guidé par l'intérêt supérieur de l'enfant.
Mais Mme Záborská a raison aussi; il faut associer de plus en plus les familles à la surveillance, notamment, de l'usage de l'internet qui les expose, encore une fois, à de nouveaux risques.
Comme vous l'avez dit, Monsieur le Ministre, la volonté politique existe dans le Parlement européen.
La Commission a, je crois, déjà bien préparé ce projet de directive.
Elle le soumettra rapidement, et je voudrais remercier le Parlement d'apporter ainsi non seulement tout son appui, mais aussi toute une série de pistes très intéressantes qui sont apparues au cours de ce débat.
Et je remercie encore une fois tous les orateurs, considérant, en effet, que le Parlement européen a un rôle majeur à jouer dans la lutte contre ce grand fléau.
Le débat est clos.
Le vote aura lieu lors de la première période de session de février.
Déclarations écrites (article 149)
Ceux qui sont impliqués dans la traite des êtres humains ne font aucune distinction entre les hommes, les femmes ou les enfants, du moment qu'ils peuvent gagner de l'argent dans cette traite.
Souvent, ce sont les enfants qui courent le plus grand danger.
Selon le BIT, à l'heure actuelle, environ 218 millions d'enfants sont impliqués dans le travail infantile.
Il est impossible toutefois de donner un chiffre précis puisque ces enfants sont mêlés à la prostitution, à l'esclavage, au travail forcé et ainsi de suite, domaines pour lesquels nous ne disposons pas de chiffres précis.
L'UE doit s'attaquer d'urgence au trafic sur le marché du travail.
Je trouve encourageant que cette question soit prioritaire pour la Présidence espagnole et j'espère que les membres du Conseil travailleront ensemble pour mettre les questions liées à la traite des êtres humains et au travail des enfants au cœur de la législation de l'Union européenne et, en particulier, que ces questions seront traitées dans le contexte des accords commerciaux.
Compte tenu de son rôle important dans les affaires commerciales au niveau mondial et de son engagement de protéger les droits de l'homme, l'UE a pour responsabilité de combattre la traite des êtres humains et le travail des enfants.
La traite des êtres humains est déplorable partout dans le monde, mais elle est particulièrement scandaleuse dans l'Union européenne étant donné nos niveaux élevés de coopération et de ressources intérieures.
En particulier, le trafic de jeunes femmes à des fins d'exploitation sexuelle est une relique du passé fragmenté de l'Europe et doit devenir un aspect du passé européen.
À cet égard, durant le quinquennat de la Commission entrante, l'Union doit s'engager à accroître la sécurité aux frontières et à demander aux gouvernements nationaux de faire plus pour s'attaquer au commerce sexuel, en particulier quand il implique des jeunes femmes provenant d'un autre pays.
Actuellement, les lois existent dans la plupart des pays, mais elles ne sont tout simplement pas appliquées.
La vitesse à laquelle ce débat a été lancé si tôt après l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne est non seulement opportune d'un point de vue législatif, mais représente aussi une exigence absolue dictée par une situation exacerbée par la crise économique.
La pauvreté, les pertes d'emplois, l'absence de perspectives pour les jeunes, l'absence d'informations précises concernant les risques impliqués et l'absence même d'une éducation sexuelle minimale constituent certains des facteurs qui contribuent de manière significative à la situation vulnérable des victimes potentielles.
Je pense qu'une campagne d'information percutante s'avère nécessaire, surtout parmi les mineurs provenant de groupes et de lieux défavorisés, pour améliorer l'efficacité des actions de prévention.
Nous ne pouvons parler de combattre spécifiquement la traite des femmes sans considérer des mesures fortes pour s'attaquer aux activités et aux réseaux criminels qui contrôlent ce trafic, extrêmement actifs dans la région des Balkans et de la Méditerranée.
Je veux souligner qu'il faut des mesures qui découragent le niveau de la demande en matière de prostitution, c'est la voie la plus directe, avec l'adoption de mesures de punition des clients.
Je dirais qu'il faut aussi un meilleur financement des programmes visant à combattre la traite des êtres humains.
Je plaide pour l'adoption d'une législation punitive sévère et pour une coopération plus étroite entre les États membres et les institutions européennes autorisées, Europol, Frontex et Eurojust.
Bien que deux éléments de la législation européenne actuellement en vigueur s'occupent de la traite des êtres humains et de ses victimes, dans la pratique, les États membres de l'Union européenne considèrent souvent ces personnes comme des immigrés illégaux.
Il est très important de faire une distinction entre les deux.
Les immigrés sont souvent obligés de quitter leur pays à cause de l'une ou l'autre circonstance financière ou sociale et arrivent illégalement sur le territoire européen, même s'il s'agit de leur propre décision.
Les personnes concernées par la traite des êtres humains n'ont pas pris une décision libre et informée.
Elles doivent être traitées comme des victimes à part entière.
Les États membres de l'Union européenne doivent offrir une protection appropriée aux victimes.
Celles-ci devraient recevoir non seulement l'assurance d'une protection juridique ou physique, mais aussi une assistance médicale et psychologique, et une réhabilitation sociale. Ceux qui collaborent avec les autorités devraient se voir délivrer des permis de séjour pendant la durée de l'enquête sur le cas de traite des êtres humains.
En outre, il est important que la Commission se serve de campagnes d'information pour veiller à ce que ceux qui pourraient courir des risques soient conscients de leurs droits, des possibilités et des dangers à la fois à l'intérieur de l'Union européenne et dans les pays tiers. La Commission devrait faire tout son possible pour s'assurer que les États membres transposent et appliquent comme il se doit la législation européenne pertinente.
Étant donné que la question de la traite des êtres humains est de la compétence de plusieurs commissaires, y compris les commissaires à la justice, à la liberté et à la sécurité, aux relations extérieures, à l'emploi, aux affaires sociales et à l'égalité des chances, il vaudrait la peine d'envisager de désigner un coordinateur de portefeuilles qui pourrait effectivement assurer la liaison afin de garantir un traitement approprié de ce problème.
Les femmes et les enfants sont les principales victimes de la traite des êtres humains.
Au moment de rédiger une nouvelle décision-cadre du Conseil concernant la traite des êtres humains, les femmes et les enfants devront être mis au centre de l'action.
C'est pourquoi, je suis d'accord avec les avis qui prévoient que les données spécifiques concernant la violence liée au genre doivent être récoltées à travers l'Union européenne dès que possible.
Les coûts de la protection des victimes et cet argent destiné à sauver des vies devraient être gérés avec sagesse.
Nous devrions garder à l'esprit que sans données fiables et comparables, nous ne serons pas en mesure d'allouer les ressources aux bons endroits d'une manière appropriée.
Nous devons également savoir que différents États membres et surtout différentes cultures traitent le problème différemment.
Dans certains États membres, la protection des victimes est bien organisée et chacun peut y avoir accès, comme en Espagne et dans d'autres États membres où la question ne se pose plus.
Cela signifie que nous devons allouer les ressources avec sagesse, mais nous devons également proposer des solutions pratiques et statistiques (à savoir avec au moins une norme européenne minimale) afin de nous attaquer au problème de latence, et afin d'attirer l'attention sur cette question là où cela s'avère nécessaire.
Nous connaissons depuis longtemps le problème de la traite des êtres humains, mais au lieu de s'y attaquer, les États membres sont accusés de notre échec individuel et collectif à affronter l'exploitation et la dégradation des femmes.
Alors que la liberté de circulation facilite la traite, du fait de la levée des contrôles aux frontières, on pourrait imaginer qu'une coopération policière accrue devrait permettre de traiter le problème.
Ce qui est clair, c'est que la volonté politique n'est pas présente.
La Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains de mai 2005 n'a été ratifiée que par neuf pays; deux tiers des femmes concernées par la traite à des fins de prostitution proviennent d'Europe orientale, et pourtant des pays comme la République tchèque et l'Estonie n'ont pas signé la convention.
Mis à part l'absence de volonté politique, la volonté policière fait également défaut.
Le nombre des condamnations est dérisoire par rapport au problème; la police ne considère pas la traite des êtres humains comme un crime.
Les Nations unies ont estimé que la traite des êtres humains avait fait environ 270 000 victimes en 2009 dans l'Union européenne.
L'Union européenne doit s'engager dans le futur proche à produire des instruments législatifs qui couvriront à la fois la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains, ainsi que la protection des droits des victimes de la traite.
La future législation européenne devra revoir le niveau des sanctions contre les trafiquants pour les rendre proportionnelles à la gravité de l'infraction commise.
La coopération judiciaire internationale, la collaboration entre les agences chargées de la protection des mineurs et celles qui font campagne pour les droits de l'homme, la création de fonds spécifiques pour assurer l'indemnisation et la protection effective des victimes sont des domaines qui doivent être renforcés.
De plus, j'estime qu'Eurojust, Europol et Frontex doivent être encore plus impliquées dans la lutte contre la traite des êtres humains et dans la protection des victimes. Elles doivent également collecter les données et compiler les statistiques concernant ce phénomène. |
Why an Ebola Vaccine Is Not Enough
ABUJA – When the US Food and Drug Administration approved the new Ebola vaccine Ervebo last month, I was elated.
Ervebo can generate a quick immune response after a single dose, with protection occurring within ten days.
If only such a vaccine had existed a few years ago, I thought.
In 2015, I co-led an African Union-commissioned evaluation by EpiAFRIC of the AU’s efforts to address the Ebola outbreak in Guinea, Liberia, and Sierra Leone.
For two weeks, my team and I traveled throughout the three countries, interviewing AU volunteers, community members, international partners, senior managers at health ministries, and other stakeholders who worked to stem that outbreak.
We also visited a Coyah Ebola treatment center in Guinea.
During our evaluation, we saw the devastation caused by Ebola, and how weak health systems in the three worst-affected countries had enabled the infection to spread like wildfire.
By the time we had finished our interviews, it was clear to us that a stronger health system could have prevented the outbreak, and could even have helped to stop it once it had begun.
We wished there was an Ebola vaccine.
Now, there is one.
Without doubt, Ervebo could be a game changer in tackling future Ebola outbreaks.
But, in order to help protect health workers and communities, the vaccine must be delivered safely, sustainably, and equitably.
That seems unlikely in many countries where Ebola is endemic, owing to security, systemic, and social challenges.
Unless these challenges are addressed, Ervebo won’t be effective.
First, without security, Ervebo will effectively be unavailable.
The recent deaths of health workers in Africa, and the derailment and episodic suspension of the Ebola response in the Democratic Republic of the Congo, underline why security is imperative in health-care delivery.
In April 2019, for example, Richard Mouzoko, a World Health Organization epidemiologist, was killed in an attack on the Butembo University Hospital in the DRC.
In 2013, nine female vaccinators engaged in the global polio eradication initiative were killed in two separate shootings at health centers in Kano, northwest Nigeria.
The Boko Haram insurgency in Nigeria’s northeast has derailed polio eradication efforts and set back the country’s prospects of being declared free of the disease.
Governments must therefore strengthen national security and work closely with health professionals and security agencies to ensure that health workers and community members are not put in harm’s way.
Second, governments must invest in detecting, preventing, and responding to infectious disease outbreaks.
According to preventepidemics.org, a website that ranks countries’ epidemic preparedness, no African country currently has the optimal “ready score” of least 80% on a WHO-supported Joint External Evaluation (JEE) to perform these tasks.
The five countries that have experienced Ebola outbreaks in the last six years are the DRC (with a ready score of 35%), Guinea (35%), Sierra Leone (43%), Liberia (46%), and Nigeria (46%).
This illustrates the huge challenges that lie ahead: If a country cannot efficiently detect, prevent, and respond to infectious disease outbreaks, how can it know when and where to deploy Ervebo or other vaccines?
Third, it is never too early to explain Ervebo’s benefits to communities before the vaccine is needed.
Such efforts should be led by national public health institutes, working with subnational ministries of health and local-government health departments.
This is an area in which donors can invest, because it amounts to money well spent.
Waiting until another Ebola outbreak occurs may delay delivery of the vaccines.
Furthermore, past experience has shown that communities have little trust in Ebola interventions in the midst of an outbreak.
Community engagement should also include risk communication, which involves explaining to communities how Ebola is transmitted and what they can do to help prevent outbreaks.
The University of Global Health Equity in Rwanda says that, “achieving equity in health care depends on equity in health education.”
This should be the global health community’s mantra.
We should never assume that people know enough about Ebola and other deadly diseases.
Finally, we must focus more on the social determinants of health.
These factors are usually not considered to be part of the health sector, but they have serious implications for health and health-seeking behaviors.
For example, access to clean water and the availability of good sanitation in Ebola-prone communities are vital to preventing and responding to outbreaks and stopping the spread of infection.
Yet, according to the WHO, compared to developed countries, 38% of health-care facilities in low- and middle-income countries lack access to an improved drinking-water source, 19% do not have adequate sanitation, and 35% lack water and soap for handwashing.
When health workers cannot wash their hands in clean running water after seeing a patient, they are at greater risk of being infected and of transmitting infections to other patients.
The Ervebo vaccine is a great stride forward in global health.
But while it will save lives, it should not be viewed as a magic bullet for preventing and addressing future Ebola outbreaks.
Above all, international donors must work closely with African governments and national public health institutes to ensure that the vaccine can be delivered to everyone who needs it. | Pourquoi le vaccin contre Ebola ne suffit pas
ABUJA – Quand le mois dernier, la FDA a homologué le nouveau vaccin Ervebo contre Ebola, j’étais ravi.
Ervebo peut rapidement produire une réaction immunitaire après une seule dose, assurant jusqu’à dix jours de protection.
Si seulement un tel vaccin avait existé il y a quelques années, me disais-je.
En 2015, j’ai codirigé une évaluation mandatée par l’Union africaine effectuée par EpiAFRIC des initiatives de l’UA pour combattre les épidémies Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Pendant deux semaines, mon équipe et moi avons voyagé dans trois pays pour interviewer des bénévoles de l’UA, des membres des communautés, des partenaires internationaux, des cadres haut placés des ministères de la Santé et d’autres intervenants pour enrayer cette épidémie.
Nous avons également visité le Centre de traitement d’Ebola de Coyah, en Guinée.
Dans le cadre de l’évaluation, nous avons constaté les effets catastrophiques du virus Ebola ; et dans quelle mesure la vulnérabilité des réseaux de santé a permis à l’infection de se propager comme une traînée de poudre dans les trois pays les plus touchés.
Au bout du compte, il nous est apparu évident qu’un réseau de santé plus robuste aurait pu prévenir l’épidémie et aurait même aidé à l’enrayer son déclenchement.
À l’époque, nous souhaitions tous ardemment un vaccin contre Ebola.
Nous en avons un maintenant.
Certes, Ervebo pourrait vraiment changer la donne dans la lutte aux prochaines épidémies Ebola.
Mais, pour contribuer à la protection des effectifs sanitaires et des communautés, la distribution du vaccin doit se faire en toute sécurité, durablement et équitablement.
Ceci semble peu probable dans la plupart des pays où Ebola est endémique en raison du manque de sécurité et de problèmes systémiques et sociaux.
À moins de régler ces problèmes, le vaccin Ervebo perdra beaucoup de son efficacité.
Primo, sans sécurité, Ervebo sera de fait peu accessible.
Les morts récentes de professionnels de la santé en Afrique, le dérapage et la mise en veille épisodique de la lutte contre Ebola dans la République démocratique du Congo, font ressortir les raisons pour lesquelles la sécurité est primordiale pour la prestation de soins de santé.
Ainsi, en avril 2019, Richard Mouzoko, un épidémiologiste de l’Organisation mondiale de la santé a été tué lors d’une attaque sur l’hôpital universitaire de Butembo en RDC.
En 2013, neuf agentes de vaccination engagées dans une initiative d’éradication mondiale de la poliomyélite ont été tuées lors de deux fusillades dans des centres sanitaires à Kano, au nord-ouest du Nigeria.
La rébellion de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria a fait dérailler les initiatives d’éradication de la poliomyélite et a fait reculer les perspectives de réalisation du pays dans l’objectif d’être déclaré indemne de cette maladie.
Les États doivent donc renforcer la sécurité nationale et travailler étroitement avec les professionnels de la santé et les agences de sécurité afin d’assurer que les effectifs médicaux et les membres des communautés ne risquent pas leur vie.
Secundo, les États doivent investir dans le dépistage, la prévention et la réponse aux épidémies de maladies infectieuses.
Selon preventepidemics.org, un site Web qui classe les pays selon le degré de préparation des interventions contre les épidémies, aucun pays africain n’atteint actuellement la note optimale d’au moins 80 % sur une évaluation jointe externe (EJE) financée par l’OMS pour effectuer ces tâches.
Les cinq pays qui ont subi des épidémies Ebola dans les six dernières années sont la RDC (avec un degré de préparation de 35 %), la Guinée (35 %), la Sierra Leone (43 %), le Liberia (46 %) et le Nigeria (46 %).
Ceci illustre bien les énormes défis qui devront être relevés. En effet, lorsque les autorités sanitaires d’un pays ne parvient pas à dépister, à prévenir et à réagir efficacement aux épidémies de maladies infectieuses, comment peuvent-elles savoir quand et où déployer Ervebo ou d’autres vaccins ?
Tertio, il n’est jamais trop tôt pour expliquer les avantages d’Ervebo aux communautés avant de recourir au vaccin.
De telles initiatives devraient être menées par les institutions nationales de santé publique, en collaboration avec les ministères de la santé infranationaux et les services de santé des instances régionales.
C’est un domaine où l’investissement des donateurs donnera le meilleur rendement, car les montants investis sont judicieux.
Attendre qu’une autre épidémie Ebola se déclare pourrait retarder la distribution du vaccin.
D’autant plus que le passé a démontré que les communautés ont peu confiance dans les interventions contre Ebola en pleine épidémie.
La mobilisation de la communauté doit également comporter une campagne de communication des risques, ce qui implique qu’il faut expliquer aux communautés les mécanismes de transmission d’Ebola et les mesures à prendre pour prévenir les épidémies.
Selon l’Université de l’équité mondiale en santé du Rwanda, « l’atteinte de l’équité des soins de santé dépend de l’équité en éducation sanitaire ».
Ceci doit constituer le leitmotiv de la communauté mondiale de la santé.
Il ne faut jamais présumer que les populations en savent assez sur Ebola et les autres maladies mortelles.
Finalement, il nous faut nous porter une plus grande attention aux déterminants sociaux de la santé.
D’ordinaire, ces facteurs ne sont pas censés faire partie des préoccupations du secteur de la santé, mais ils influent directement sur la santé et les habitudes de vie favorisant la santé.
Par exemple, l’accès à l’eau potable et l’installation de latrines salubres dans des communautés exposées au virus Ebola sont essentiels à la prévention et aux interventions pour enrayer les foyers des épidémies et éviter la propagation de l’infection.
Or, selon l’OMS, à l’opposé des sommets de salubrité occupés par les pays développés, 38 % des établissements de santé dans des pays à moindre revenu n’ont pas accès à des sources d’eau potable, 19 % n’ont pas de systèmes sanitaires adéquats et 35 % n’ont pas d’éviers à l’eau courante pour se laver les mains avec du savon.
Lorsque les effectifs médicaux ne peuvent pas se laver les mains à l’eau courante salubre après avoir soigné un patient, ils courent un plus grand risque de s’infecter et de transmettre des infections à d’autres patients.
Le vaccin Ervebo est un énorme progrès sur le plan de la santé mondiale.
Mais même s’il sauvera des vies, il ne devrait pas être vu comme la panacée pour prévenir et combattre les futures épidémies Ebola.
Avant toutes choses, les donateurs internationaux doivent travailler en étroite collaboration avec les États africains et les institutions nationales de santé publique pour assurer que le vaccin puisse être administré à tous ceux qui en ont besoin. |
Globalization with Chinese Characteristics
BERKELEY – US President Donald Trump’s erratic unilateralism represents nothing less than abdication of global economic and political leadership.
Trump’s withdrawal from the Paris climate agreement, his rejection of the Iran nuclear deal, his tariff war, and his frequent attacks on allies and embrace of adversaries have rapidly turned the United States into an unreliable partner in upholding the international order.
But the administration’s “America First” policies have done more than disqualify the US from global leadership.
They have also created space for other countries to re-shape the international system to their liking.
The influence of China, in particular, is likely to be enhanced.
Consider, for example, that if the European Union perceives the US as an unreliable trade partner, it will have a correspondingly stronger incentive to negotiate a trade deal with China on terms acceptable to President Xi Jinping’s government.
More generally, if the US turns its back on the global order, China will be well positioned to take the lead on reforming the rules of international trade and investment.
So the key question facing the world is this: what does China want?
What kind of international economic order do its leaders have in mind?
To start, China is likely to remain a proponent of export-led growth.
As Xi put it at Davos in 2017, China is committed “to growing an open global economy.”
Xi and his circle obviously will not want to dismantle the global trading system.
But in other respects, globalization with Chinese characteristics will differ from globalization as we know it.
Compared to standard post-World War II practice, China relies more on bilateral and regional trade agreements and less on multilateral negotiating rounds.
In 2002, China signed the Framework Agreement on Comprehensive Economic Cooperation with the Association of Southeast Asian Nations.
It has subsequently negotiated bilateral free-trade agreements with 12 additional countries.
Insofar as China continues to emphasize bilateral agreements over multilateral negotiations, its approach implies a diminished role for the World Trade Organization (WTO).
The Chinese State Council has called for a trade strategy that is “based in China’s periphery, radiates along the Belt and Road, and faces the world.”
This suggests that Chinese leaders have in mind a hub-and-spoke system, with China the hub and countries on its periphery the spokes.
Others foresee the emergence of hub-and-spoke trading systems centered on China and also possibly on Europe and the United States – a scenario that becomes more likely as China begins to re-shape the global trading system.
The government may then elaborate other China-centered institutional arrangements to complement its trade strategy.
That process has already begun.
The authorities have established the Asian Infrastructure Investment Bank, headed by Jin Liqun, as a regional alternative to the World Bank.
The People’s Bank of China has made $500 billion of swap lines available to more than 30 central banks, challenging the role of the International Monetary Fund.
Illustrating China’s leverage, in 2016 the state-run China Development Bank and Industrial and Commercial Bank of China provided $900 million of emergency assistance to Pakistan, helping its government avoid, or at least delay, recourse to the IMF.
A China-shaped international system will also attach less weight to intellectual property rights.
While one can imagine the Chinese government’s attitude changing as the country becomes a developer of new technology, the sanctity of private property has always been limited in China’s state socialist system.
Hence intellectual property protections are likely to be weaker than in a US-led international regime.
China’s government seeks to shape its economy through subsidies and directives to state-owned enterprises and others.
Its Made in China 2025 plan to promote the country’s high-tech capabilities is only the latest incarnation of this approach.
The WTO has rules intended to limit subsidies.
A China-shaped trading system would, at a minimum, loosen such constraints.
A China-led international regime would also be less open to inflows of foreign direct investment.
In 2017, China ranked behind only the Philippines, Saudi Arabia, and Indonesia among the 60-plus countries rated by the OECD according to the restrictiveness of their inward FDI regimes.
These restrictions are yet another device designed to give Chinese companies space to develop their technological capabilities.
The government would presumably favor a system that authorizes other countries to use such policies.
In this world, US multinationals seeking to operate abroad would face new hurdles.
Finally, China continues to exercise tight control over its financial system, as well as maintaining restrictions on capital inflows and outflows.
While the IMF has recently evinced more sympathy for such controls, a China-led international regime would be even more accommodating of their use.
The result would be additional barriers to US financial institutions seeking to do business internationally.
In sum, while a China-led global economy will remain open to trade, it will be less respectful of US intellectual property, less receptive to US foreign investment, and less accommodating of US exporters and multinationals seeking a level playing field.
This is the opposite of what the Trump administration says it wants.
But it is the system that the administration’s own policies are likely to beget. | La mondialisation version chinoise
BERKELEY – L’unilatéralisme imprévisible de Donald Trump s’explique par l’abdication du président américain quant à son leadership économique et politique au niveau mondial.
Le retrait de Trump hors de l’accord climatique de Paris, son rejet de l’accord sur le nucléaire iranien, la guerre qu’il mène en matière douanière, ses attaques fréquentes contre les alliés de l’Amérique, et sa proximité avec les adversaires de celle-ci ont rapidement changé les États-Unis en un partenaire peu fiable dans le maintien de l’ordre mondial.
Mais les politiques de « l’Amérique d’abord » conduites par l’administration ont fait plus que disqualifier les États-Unis sur le terrain du leadership mondial.
Elles ont également créé un espace permettant à d’autres pays de refaçonner à leur guise le système international.
À cet égard, l’influence de la Chine est particulièrement vouée à progresser.
Si l’Union européenne, par exemple, venait à considérer les États-Unis comme un partenaire commercial peu fiable, elle deviendrait nécessairement plus encline à négocier un accord commercial avec la Chine, selon des modalités acceptables pour le gouvernement du président Xi Jinping.
Plus généralement, si les États-Unis tournent le dos à l’ordre mondial, la Chine sera idéalement positionnée pour prendre l’initiative de la réforme des règles régissant le commerce et l’investissement au niveau international.
La question majeure à laquelle le monde se trouve confronté est par conséquent la suivante : que souhaite la Chine ?
Quel type d’ordre économique mondial ses dirigeants envisagent-ils ?
Il faut tout d’abord s’attendre à ce que la Chine demeure partisane d’une croissance fondée sur les exportations.
Comme l’a déclaré Xi à Davos en 2017, la Chine vise le « développement d’une économie mondial ouverte ».
Le président chinois et ses proches conseillers n’entendent certainement pas démanteler le système commercial mondial.
Mais à certains autres égards, la mondialisation version chinoise est vouée à différer de la mondialisation telle que nous la connaissons.
En comparaison à l’ordre standard d’après-guerre, la Chine se fonde davantage sur des accords commerciaux bilatéraux ou régionaux, et beaucoup moins sur des rondes de négociations multilatérales.
En 2002, la Chine a ratifié l’Accord-cadre de coopération économique globale avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est.
Elle a par la suite négocié des accords bilatéraux de libre-échange avec 12 autres États.
La Chine continuant de privilégier les accords bilatéraux par rapport aux négociations multilatérales, son approche implique un moindre rôle pour l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le Conseil d’État chinois préconise une stratégie « basée à la périphérie de la Chine, rayonnant le long de la nouvelle route de la soie, et tournée vers le monde ».
Les dirigeants chinois ont ainsi à l’esprit un système de réseau en étoile, ayant pour centre la Chine, et pour branches les pays situés à sa périphérie.
D’autres annoncent même l’émergence de plusieurs systèmes en étoile centrés sur la Chine, mais également potentiellement sur l’Europe et les États-Unis – scénario qui devient d’autant plus plausible que la Chine commence à refaçonner le système commercial mondial.
Il est possible que le gouvernement élabore ensuite d’autres arrangements institutionnels centrés sur la Chine pour compléter sa stratégie commerciale.
Ce processus a déjà commencé.
Les autorités ont ainsi créé la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, dirigée par Jin Liqun, en tant qu’alternative à la Banque mondiale.
La Banque populaire de Chine a quant à elle mis à disposition pour plus de 500 milliards $ de lignes de swap auprès de plus de 30 banques centrales, venant défier le rôle du Fonds monétaire international.
Illustration du levier dont bénéficie la Chine, la Banque chinoise de développement ainsi que la Banque industrielle et commerciale de Chine ont en 2016 apporté 900 millions $ d’aide d’urgence au Pakistan, permettant à son gouvernement d’éviter, ou au moins de retarder, le recours au FMI.
Un ordre international façonné par la Chine accorderait par ailleurs moins d’importance aux droits de propriété intellectuelle.
Bien que l’on imagine que la position du gouvernement chinois puisse évoluer à mesure de la progression du pays en tant que développeur de nouvelles technologies, le caractère sacré de la propriété privé s’est toujours limité au système étatique socialiste de la Chine.
Les barrières de protection de la propriété intellectuelle s’annoncent par conséquent plus frêles que dans l’ordre mondial conduit par les États-Unis.
Le gouvernement chinois entend façonner son économie via des subventions et directives auprès des sociétés d’État et autres entités.
Son plan Made in China 2025 visant à développer les capacités de haute technologie du pays constitue seulement la dernière manifestation de cette approche.
L’OMC impose des règles destinées à limiter les subventions.
Une ordre commercial à la chinoise viendrait pour le moins alléger ces contraintes.
Un ordre mondial conduit par la Chine se révélerait par ailleurs moins ouvert aux flux entrants d’investissements directs étrangers.
En 2017, la Chine a été positionnée derrière les Philippines, l’Arabie saoudite et l’Indonésie parmi plus de 60 pays classés par l’OCDE en fonction de la restrictivité de leur système régissant les IDE entrants.
Ces restrictions ne sont qu’une autre forme de mécanisme visant à conférer aux sociétés chinoises l’espace leur permettant de développer leurs capacités technologiques.
Le gouvernement se montrerait probablement favorable à un système autorisant les autres États à user de telles mesures.
Dans ce monde, les multinationales américaines cherchant à opérer à l’étranger rencontreraient de nouveaux obstacles.
Enfin, la Chine continue d’exercer un contrôle strict sur son système financier, ainsi que de maintenir des restrictions sur les flux de capitaux entrants et sortants.
Le FMI s’étant récemment montré plus compréhensif concernant ce type de contrôles, un ordre mondial version chinoise en userait sans doute avec encore plus de souplesse.
En résulteraient de nouvelles barrières dressées sur le chemin des institutions financières américaines désireuses de faires des affaires à l’international.
En somme, s’il faut s’attendre à ce que l’économie mondiale conduite par la Chine demeure ouverte au échanges commerciaux, il faut par ailleurs craindre un moindre respect de la propriété intellectuelle américaine, moins de réceptivité aux investissements étrangers américains, ainsi que moins de facilités pour les multinationales et exportateurs américains aspirant à un terrain de jeu équitable.
C’est l’inverse de ce que l’administration Trump dit souhaiter.
Or, c’est précisément ce que les propres politiques de l’administration américaine sont vouées à engendrer. |
Redesigning Capitalism
PARIS – When the heads of state of the world’s 20 largest economies come together on short notice, as they just did in Washington, D.C., it is clear how serious the current global crisis is.
They did not decide much, except to call for improved monitoring and regulation of financial flows.
More importantly, they committed themselves to launching a lasting process to reform the world’s financial system.
Of course, those who dreamed of a Bretton Woods II were disappointed.
But the original Bretton Woods framework was not built in a day; indeed, the 1944 conference was preceded by two and a half years of preparatory negotiations, which is probably the minimum needed to decide such weighty issues.
The recent G-20 summit occurred with virtually no real preliminary work.
Three tasks must now be addressed.
First, a floor must be put under the international financial system in order to stop its collapse.
Second, new regulations are needed once the system revives, because if it remains the same way, it will only produce new crises.
Finding the right mix will not be easy.
For 25 years, the world has experienced a huge financial crisis every five years, each seemingly with its own cause.
The third task is to focus on real economic activity, end the recession, sustain growth, and, above all, reform the capitalist system to make it be less dependent on finance. Long-term investments, not short-term profits, and productive work, rather than paper gains, need to be supported.
The first task is already being tackled.
But, although the United States and some European countries have gone a long way toward restoring the lending capacity of banks, that may not be enough.
After all, if the economy is to grow again, banks need borrowers, but the recession has led entrepreneurs to cut their investments.
The second task remains open.
Disagreements about how to re-regulate the financial markets are deep, owing to countless taboos and the huge interests at stake.
Moreover, there can be no comprehensive agreement that does not take into account the relationship between finance and the real economy.
The essential problem in addressing the third task is to find out precisely what is going on in the real economy.
Some states (Iceland and Hungary) are clearly bankrupt. Some merely face a hazardous financial situation (Denmark, Spain, and others).
Their financial crisis is the main reason for their weakness.
All of these problems are so difficult to resolve because they have been festering for so long.
It is now increasingly evident that today’s crisis has its roots in February 1971, when US President Richard Nixon decided to break the link between the dollar and gold.
Until that point, America’s pledge to maintain the gold standard was the basis for the global fixed-exchange-rate system, which was the heart of the Bretton Woods framework.
During the 27 years that it lasted, huge growth in international trade, supported by non-volatile pricing, was the norm, and large financial crises were absent.
Since then, the international financial system has been highly volatile.
The era of floating exchange rates that followed the end of the gold standard required the development of products that could protect international trade from price volatility.
This opened the way to options, selling and buying on credit, and derivatives of all kinds.
These innovations were considered technical successes.
Prices were (mostly) stabilized, but with a slow, if continuous, rising trend.
The market for these financial products grew over 30 years to the point that they delivered huge opportunities for immediate gain, which provided a strong incentive for market participants to play with them more and more.
During this time, capitalism – smooth and successful between 1945-1975 (sustained high growth, low unemployment, and no financial crises) – weakened.
Through pension funds, investment funds, and arbitrage (or hedge) funds, shareholders became well organized and seized power in developed countries’ firms.
Under their pressure, more and more processes were “outsourced.”
In real terms, wages no longer rose (indeed, the average real wage has been stagnant for 25 years in the US), and a growing share of manpower (currently around 15%) was without steady employment.
Everywhere, the share of wages and incomes began to fall as a proportion of GDP.
As a result, consumption weakened, unsteady employment grew, and unemployment stopped declining.
Under such circumstances, the upper middle classes in developed countries increasingly came to look for capital gains instead of improving their living standards through productive work.
This promoted inequality, and led to the under-regulated financial system’s seizure of power over the entire economy, destabilizing the real economy by fatally weakening its capacity to react to external shocks.
Today’s crisis marks the end of economic growth fueled only by credit.
But untying the knot that an overweening financial sector has drawn around the economy will take time.
Indeed, there is still no consensus that this needs to be done.
Yet the G-20 has opened the way to discussion of these fundamental issues.
Today’s recession will be a long one, but it will compel everybody to consider its root causes. | Refonder le capitalisme !
PARIS – Lorsque les chefs d’Etat des vingt plus grands pays industriels de la planète se réunissent d'urgence comme ils viennent de le faire récemment lors du G20 à Washington, c'est le signe de la gravité de la situation.
Ils n’ont pas décidé grand-chose, sinon d’appeler à améliorer la surveillance et la réglementation des mouvements financiers sur la planète.
Mais ils ont surtout engagé un processus à long terme destiné à réformer le système financier mondial.
Ceux qui ont rêvé d'un Bretton Woods II ont sûrement été déçus.
Mais les accords de Bretton Woods ne se sont pas fait en un jour. La conférence de 1944 avait été précédée par deux ans et demi de travail préparatoire, ce qui est sans doute le minimum nécessaire pour décider de problèmes aussi importants.
Or le G20 s’est réuni sans pratiquement aucune phase préparatoire.
Trois choses sont à faire.
La première est d’enrayer l’effondrement du système financier international.
La seconde est d’arrêter de nouvelles règles du jeu pour que ce système une fois revigoré ne conduise pas à de nouvelles crises, car si on le restaure à l'identique, c'est ce qui se produira.
Il ne sera pas facile de trouver le bon équilibre.
On a tout de même connu une grande crise financière tous les cinq ans depuis vingt-cinq ans, apparemment chaque fois pour des raisons différentes.
La troisième chose est de s’occuper de l’économie réelle, d’arrêter la récession, de relancer la croissance, et surtout de réformer le système capitaliste pour qu'il dépende moins de la finance et qu’il encourage moins le court terme contre le long terme et l’espoir de gain en capital contre le gain normal du travail productif.
La première tâche est largement engagée.
Même si les Etats-Unis et certains pays européens ont agi avec force et rapidité pour restaurer la capacité de crédit des banques, cela semble ne pas suffire.
Si la croissance doit reprendre, les banques doivent avoir à qui prêter, or la récession a conduit les entrepreneurs à freiner les investissements.
La seconde tâche n’a été entreprise qu’en partie.
Les désaccords sont importants sur le diagnostic comme sur les remèdes en cause, on commence à se heurter à ce sujet à des intérêts financiers colossaux.
Et surtout il n’y a pas de solution complète à ce problème qui ne dépende de la relation entre la sphère financière et l'économie réelle.
La grande affaire est bien la troisième question. Qu’est ce qui se passe dans l’économie réelle ?
Certains pays sont en quasi faillite (l'Islande, la Hongrie), d'autres en extrême danger financier (le Danemark, l'Espagne et quelques autres).
La crise bancaire a pris une telle ampleur dans ces pays qu’elle explique largement leur situation.
Tous ces problèmes sont difficiles à résoudre parce qu'ils couvaient depuis très longtemps.
Il est aujourd’hui acquis que tout a commencé en février 1971 avec une décision absolument majeure prise par le Président Nixon : le décrochage du dollar et de l’or.
Jusque là, l’engagement des Etats-Unis d’assurer une convertibilité absolue à taux constant entre le dollar et l’or servait de fondement au système mondial de changes fixes qui était au cœur des accords de Bretton Woods.
Pendant les vingt-sept ans où il a tenu, ce système a permis un énorme accroissement du commerce international, favorisé par la prévisibilité des prix et l'absence de crise financière majeure.
Depuis cette rupture, le système financier mondial est extrêmement volatil.
L'ère des changes flottants qui a suivi a nécessité l'invention de produits capables de protéger le commerce international contre la volatilité des prix.
Ainsi sont nés options, achats et ventes à terme et produits dérivés de toutes natures.
Ces inventions furent considérées comme des triomphes techniques.
On réussit à stabiliser les prix dans les échanges commerciaux en acceptant une tendance à la hausse lente et régulière.
Le marché de ces produits financiers se développa en trente ans et plus au point d’offrir d’énormes chances de gain en capital immédiat. On chercha à jouer davantage.
Pendant ce temps le capitalisme bien régulé des années 1945-1975 (croissance régulière et rapide sur longue période, plein-emploi, absence de crises financières) s’est affaibli.
Fonds de pension, fonds d’investissement, fonds d’arbitrage ou hedge funds : les actionnaires maintenant organisés ont pris le pouvoir dans les sociétés des pays développés.
Sous leur pression, on a “ externalisé ” le maximum de tâches.
Les salaires réels ont cessé d’augmenter (le salaire réel moyen aux USA est stable depuis vingt-cinq ans), une part croissante de la main-d’œuvre (aujourd’hui 15 %) a vu son travail précarisé.
Un peu partout la part des salaires et des revenus de protection sociale ont baissé dans le partage de produit brut.
Cela a affaibli la consommation et accru la précarité, tandis que le chômage n'a pas diminué.
Dans ce contexte, les classes moyennes supérieures des pays développés ont recherché de plus en plus le gain en capital plutôt que l’espoir normal d’arriver à l’aisance par le travail.
Cela a provoqué une énorme aggravation des inégalités, la prise de commandement de la finance non régulée sur l’économie, déstabilisant l’économie réelle en affaiblissant ses possibilités de réaction face aux chocs extérieurs.
On assiste à la fin d’un système de croissance financé par l’endettement.
Mais desserrer l'emprise d'un secteur financier qui se veut tout puissant sur l'économie va prendre du temps.
On n'est pas encore parvenu à un consensus sur ce qu'il convient de faire.
Mais le G20 a tout de même ouvert des pistes qui vont obliger à la confrontation des analyses.
La récession sera longue mais elle va nous obliger à nous pencher sur ses causes profondes. |
The Price of Crisis Prevention
BRUSSELS – Two years have passed since the financial crises erupted, and we have only started to realize how costly it is likely to be.
Andrew Haldane of the Bank of England estimates that the present value of the corresponding losses in future output could well reach 100% of world GDP.
This estimate may look astonishingly high, but it is relatively conservative, as it assumes that only one-quarter of the initial shock will result in permanently lower output.
According to the true doomsayers, who believe that most, if not all, of the shock will have a permanent impact on output, the total loss could be two or three times higher.
One year of world GDP amounts to $60 trillion, which corresponds to about five centuries of official development assistance or, to be even more concrete, 10 billion classrooms in African villages.
Of course, this is no direct cost to public budgets (the total cost of bank rescue packages is much lower), but this lost output is the cost that matters most when considering how to reduce the frequency of crises.
Assume that, absent adequate preventive measures, a crisis costing one year of world GDP occurs every 50 years (a rough but not unreasonable assumption).
It would then be rational for the world’s citizens to pay an insurance premium, provided its cost remains below 2% of GDP (100%/50).
A simple way to reduce the frequency of crises is to require banks to rely more on equity and less on debt so that they can incur more losses without going bankrupt – a measure that is currently being considered at the global level.
Thanks to reports just released by the Financial Stability Board and the Basel Committee – one on the long-term implications of requiring higher capital-to-asset ratios, and one on the transitory effects of introducing them – we know more now about the likely impact of such regulation.
The first report finds that, starting from the current low level of bank capitalization, a one-percentage-point increase in capital ratios would permanently reduce the frequency of crises by one-third, while increasing interest rates by some 13 basis points (banks would need to charge more because it costs them more to raise capital than to issue debt).
In other words, the price of losing one year of income every 75 years instead of every 50 years would lead banks to increase the rate on a loan from 4% to 4.13%.
Such an insignificant increase would at most lead a few bank customers to turn to alternative sources of finance, most likely with no discernible effect on GDP.
It is stunning to find that a regulation can do so much good at such a small cost – much smaller than in many other fields where public policy imposes economically costly safety requirements.
Think, for example, of the environment or public health, where the precautionary principle guides decision-making.
So much for the long term. The hotly debated question nowadays is whether the transition to higher mandatory reserves would involve excessive short-term costs (as banks will likely increase lending spreads and reduce credit volumes).
Subjecting banks, some of which are still ailing, to new regulation may lead them to curtail lending even more, thereby further weakening the pace of economic recovery.
Sound judgment is needed regarding the speed and timing of regulatory tightening.
The second report finds that a one-percentage-point increase in bank capital ratios, if introduced gradually over four years, would lower GDP by about 0.2%.
Given that increases by three percentage points are frequently mentioned, the total effect could be 0.6%.
But uncertainties abound.
The report oddly finds that raising the target capital ratio would have a significantly greater adverse effect in the United States than in the eurozone, despite the latter’s more pronounced reliance on bank-based financing.
Moreover, the report assumes that monetary policy can offset part of the shock, which may not be true where near-zero interest rates already prevail – or in the euro area where the effort may vary across countries while monetary policy is uniform.
So the impact of new regulations on countries where banks are significantly under-capitalized could easily be four or five times larger than the headline figure – say, in the vicinity of a percentage point at a four-year horizon.
This may still look small, but it is hardly a trivial sum in view of the short-term growth outlook in the developed world.
At a time when growth is too slow to reduce massive unemployment, every decimal matters.
To lower growth by this magnitude at a time when the private sector has not yet completed its deleveraging cycle – and governments are starting their own – is to risk a prolonged period of near-stagnation, which could turn crisis-induced unemployment into structural unemployment.
Furthermore, tighter credit standards over a prolonged period are likely to fall disproportionately on cash-poor, fast-growing companies, with consequences for innovation, productivity, and ultimately growth potential.
None of this means that banks should be granted a regulatory holiday and forget the need to recapitalize. But it does suggest, first, that timing matters.
Policymakers should be wary of imposing a regulatory shock simultaneously with a fiscal shock.
For this reason, enacting new regulatory standards now while setting distant deadlines is a sensible strategy.
Second, the existence and magnitude of transition costs means that not everythingthat reduces the probability of financial crises is worth undertaking.
For politicians obsessed by current difficulties, whether the next crisis occurs in 50 or 75 years may seem secondary.
As a result, regulatory reform must be designed in a way that minimizes short-term costs.
Higher capital ratios and liquidity ratios are only one of several approaches to making the financial system safer.
Other measures – say, capital insurance, or reform of the boundaries within the financial industry, à la Paul Volcker – are worth considering.
There is no doubt that the long-term price of insuring against crises is worth paying.
But that doesn’t mean that reform should not be as cost-effective as possible. | Le coût de la prévention des crises
BRUXELLES – La crise financière a éclaté il y a deux ans et c'est seulement maintenant que nous commençons à réaliser combien elle est coûteuse.
Selon Andrew Haldane de la Banque d'Angleterre, les pertes de production à venir pourraient atteindre 100% du PIB mondial.
Cette estimation paraît étonnement élevée, pourtant elle est relativement modérée ; car elle se base sur l'hypothèse que seulement le quart des pertes initiales dues à la crise entraînera une baisse de production permanente.
Les plus pessimistes estiment que la presque totalité, si ce n'est la totalité des pertes dues à la crise, aura un impact permanent sur la production. En conséquence ils prévoient une baisse de production qui pourrait atteindre deux à trois fois le PIB mondial.
Le PIB mondial annuel s'élève à 60 000 milliards de dollars, soit cinq siècles d'aide publique au développement, ou pour être plus concret, dix milliards de salles de classe dans des villages africains.
Certes, cette somme n'a pas beaucoup de conséquences directes sur le budget de l'Etat (le coût total des plans de sauvetage des banques est beaucoup plus faible), mais la perte de production est le paramètre à prendre en compte lorsqu'on cherche à réduire la fréquence des crises.
Supposons que sans mesure préventive adéquate, une crise dont le coût égale le montant du PIB mondial annuel éclate deux fois par siècle (une hypothèse pas totalement irréaliste).
Dans ces conditions, il serait logique que les citoyens de la planète versent une prime d'assurance annuelle, dans la mesure où elle reste inférieure à 2% du PIB mondial (le coût de deux crises par siècle).
Il serait facile de réduire la fréquence des crises en exigeant des banques qu'elles aient davantage de fonds propres et moins de dettes, de manière à ce qu'elles puissent faire face à un montant de dettes plus élevé sans faire faillite.
On envisage d'appliquer cette mesure à l'échelle internationale, or nous en savons maintenant davantage quant à ses conséquences probables grâce à deux rapports que viennent de publier le Conseil de stabilité financière (FSB) et le Comité de Bâle. L'un porte sur les effets à long terme de l'exigence d'un ratio de solvabilité des banques (ratio de couverture des actifs par les fonds propres) plus élevé et l'autre sur les effets transitoires de cette mesure.
Selon le premier de ces rapports, une hausse d'un point de pourcentage de ce ratio à partir de son bas niveau actuel réduirait d'un tiers la fréquence des crises et s'accompagnerait d'une hausse de 13 points des taux d'intérêt (car il est plus coûteux pour les banques d'accroitre leurs fonds propres que d'émettre des titres de créance).
Autrement dit, une crise qui coûte un an de revenu qui éclaterait tous les 75 ans au lieu d'éclater tous les 50 ans se traduirait par une hausse de 4 à 4,13% du taux d'intérêt sur les prêts.
Dans le pire des cas, une hausse aussi faible se traduirait par la perte de quelques clients, ce qui serait sans doute sans conséquence observable sur le PIB.
Il est rare qu'une mesure aussi peu coûteuse puisse être aussi efficace.
Son coût est bien plus faible que dans d'autres secteurs pour lesquels la législation exige de prendre des mesures de protection bien plus coûteuses - c'est le cas pour l'environnement ou pour la santé publique où les décisions sont guidées par le principe de précaution.
Ce que nous venons d'examiner concerne le long terme, mais maintenant le débat fait rage sur la question de savoir si le coût à court terme de la transition vers une exigence plus forte en termes de fonds propres ne sera pas trop élevé, car les banques augmenteront sans doute la couverture du crédit qu'elles accordent, tout en réduisant le volume de ce dernier.
Imposer aux banques, dont certaines sont encore en situation difficile, une nouvelle réglementation pourrait les conduire à restreindre encore leurs crédits, ce qui pourrait menacer une reprise économique des plus fragiles.
Il faudra donc faire preuve de qualité de jugement pour décider du rythme et du calendrier de l'application d'une réglementation plus stricte.
Le second rapport montre qu'une hausse d'un point de pourcentage du ratio de solvabilité, si elle intervient progressivement sur une durée de quatre ans, entraînerait une baisse d'environ 0,2% du PIB.
Etant donné que le ratio de solvabilité pourrait augmenter de trois points de pourcentage, l'effet total serait une baisse de 0,6% du PIB.
Mais il y a beaucoup d'incertitudes.
Etrangement, le rapport conclut que l'impact négatif de l'augmentation du ratio de solvabilité des banques serait plus important aux USA que dans la zone euro, alors que le recours au financement par les banques y est plus fréquent.
Par ailleurs, le rapport estime qu'une politique monétaire appropriée permettrait d'absorber une partie du choc dû à l'augmentation du taux de solvabilité. Cela ne s'applique peut-être pas aux pays dont les taux d'intérêt sont déjà proches de zéro et à la zone euro où la situation varie d'un pays à l'autre, alors que la même politique monétaire s'applique à tous.
Aussi, les conséquences d'une nouvelle réglementation dans les pays où les banques sont fortement sous-capitalisées pourraient être facilement quatre à cinq fois plus importantes que ce qui est annoncé - peut-être de l'ordre d'un point de pourcentage du PIB sur un horizon de quatre ans.
Cela ne paraît pas grand chose, mais c'est une somme conséquente si l'on considère les perspectives de croissance à court terme dans le monde développé.
Au moment où la croissance est insuffisante pour réduire massivement le chômage, chaque décimale compte.
Une baisse de croissance de cette importance au moment où le secteur privé n'a pas achevé son cycle de désendettement - et où les Etats entament le leur - pourrait entraîner une longue période de quasi stagnation qui transformerait le chômage dû à la crise en un élément structurel.
Enfin, durcir les critères d'attribution du crédit sur une longue période pourrait avoir des conséquences funestes pour les entreprises en croissance rapide sans grande liquidité, ce qui freinerait l'innovation et diminuerait la productivité et en fin de compte le potentiel de croissance.
Tout cela ne veut pas dire qu'il faut laisser la réglementation bancaire en l'état et négliger le besoin de recapitalisation, mais cela indique toute l'importance du calendrier.
Les responsables politiques doivent éviter que le choc d'une nouvelle réglementation ne survienne au même moment qu'un choc fiscal.
C'est pourquoi il faudrait décider dès maintenant d'une nouvelle réglementation en y incluant des dates limites relativement éloignées.
Enfin, étant donné le coût de la transition vers une nouvelle réglementation, il faut choisir soigneusement le moyen de la réaliser.
Pour les dirigeants politiques obsédés par les difficultés du moment, que la prochaine crise survienne dans 75 ans plutôt que dans 50 ans est tout à fait secondaire.
Il faut donc concevoir la réforme réglementaire de manière à réduire au maximum son coût à court terme.
Les ratios de solvabilité et de liquidité ne sont que l'une des approches possibles pour améliorer la sécurité du système financier.
D'autres mesures, par exemple l'assurance du capital ou la modification des frontières au sein du secteur financier à la manière de Paul Volker, méritent d'être prises en considération.
Nous avons tout intérêt à payer pour diminuer la fréquence des crises.
Mais la réforme qui y conduit doit être faite en évitant tout gaspillage. |
The Creative State
LONDON – The conventional view in mainstream economics today is that governments have little capacity to spark innovation.
The state should play as limited a role in the economy as possible, the thinking goes, intervening only in cases of “market failure.”
This is far from the truth.
In fact, governments can and do play a critical role in spurring innovation – actively creating new markets, instead of just fixing them.
To be sure, advocates of a limited economic role for government believe that market failure justifies some funding of infrastructure and basic science.
But such limited intervention can hardly explain the billions of public-sector dollars that have flowed toward downstream applied research, even providing early-stage financing for companies.
Indeed, in some of the world’s most famous innovation hubs, the state has played a key “entrepreneurial” role, envisioning and financing the creation of entire new fields, from information technology to biotech, nanotech, and green tech.
In Silicon Valley, for example, the government has acted as a strategic investor through a decentralized network of public institutions: The Defense Advanced Research Projects Agency, NASA, the Small Business Innovation Research program (SBIR), and the National Science Foundation.
The sums involved can be staggering, and not just in IT; large amounts of funding have also been channeled to energy and life sciences.
In 2011, for instance, the US National Institutes of Health (NIH) invested $31 billion in biomedical research.
Marcia Angell, a professor at Harvard Medical School, has shown that this financing played a crucial role in the development of some of the most revolutionary new drugs in recent decades.
Similarly, for some of the most innovative American companies, financing from the SBIR has proved to be more important than private venture capital.
Examples outside the US include Israel, where the public venture-capital fund Yozma has provided early-stage funding to some of the country’s most dynamic companies, and Finland, where Sitra, the public innovation fund, supplied early financing for Nokia.
In China, the state-owned development bank is offering billions of dollars in loans to some of the country’s most innovative companies, including Huawei and Yingli Solar.
These types of public investments are critical in creating and shaping new markets.
Indeed, government investment played a central role in developing nearly all of the technologies that make the iPhone a smart phone: the Internet, GPS, touchscreens, and the advances in voice recognition underlying Siri.
Similarly, in many countries, it is the public sector that is leading the way in making green technology possible.
Recognizing the importance of government investment in promoting innovation and growth implies the need to rethink the conventional wisdom about state intervention.
Instead of focusing on picking individual technologies or firms, public organizations should act like investors, betting on a diversified “portfolio” of choices.
Like any other investor, the state will not always succeed.
In fact, failure is more likely, because government agencies often invest in the areas of highest uncertainty, where private capital is reluctant to enter.
This means that public organizations must be capable of taking chances and learning from trial and error.
If failure is an unavoidable part of the innovation game, and if government is crucial for innovation, society must be more tolerant of “government failure.”
But the reality is that when government fails, there is public outcry – and silence when it succeeds.
For example, the bankruptcy of the US solar energy firm Solyndra, which received a $500 million government-guaranteed loan, triggered partisan protests.
Yet few have paused to consider that the government provided nearly the same amount to Tesla to help it develop the Tesla S car, a product that is considered an archetype of Silicon Valley innovation.
What, then, might make the public more accepting of government failure?
Private venture capitalists cover their losses from failed investments with their profits from those that succeed; but government programs are rarely set up to generate significant returns.
While some argue that the government’s return comes through taxes, the current tax system is not working, owing not only to loopholes, but also to rate reductions.
When NASA was founded, the top marginal tax rate was over 90%.
And capital gains tax has fallen by more than 50% since the 1980s.
In order to build support for public investment in higher-risk innovation, perhaps taxpayers should receive a more direct return, by channeling profits into a public innovation fund to finance the next wave of technologies.
When investments are in upstream basic research, the spillover effect across industries and sectors is sometimes enough of a social reward.
But other cases might require creating alternative incentives.
For example, some of the profits from the government’s investment in Tesla could have been recovered through shares (or royalties), and used to cover the losses from its investment in Solyndra.
Repayment of public loans to business could be made contingent on income, as student loans often are.
And the prices of drugs that are developed largely with NIH funding could be capped, so that the taxpayer does not pay twice.
One thing is clear: the current approach suffers from serious shortcomings, largely because it socializes the risks and privatizes the rewards.
This is hurting not only future innovation opportunities, but also the government’s ability to communicate its role to the public.
Acknowledging the role that the state has played – and should continue to play – in shaping innovation enables us to begin debating the most important question: What are the new visionary public investments needed to drive future economic growth? | L’état créatif
LONDRES – La vision la plus courante dans la théorie économique contemporaine dominante veut que l’État soit peu en mesure de susciter l’innovation.
L’État devrait intervenir le moins possible dans l’économie, selon la théorie, uniquement dans les cas où le marché échoue.
Tout cela est peu vraisemblable.
En fait, l’État peut jouer un rôle essentiel dans la dynamisation de l’innovation – créant activement de nouveaux marchés, au lieu de seulement les réparer.
Évidemment, les partisans d’un rôle économique limité de l’État estiment que l’échec du marché justifie une certaine forme de financement pour les infrastructures et la recherche scientifique de base.
Mais de telles interventions limitées peuvent difficilement expliquer les milliards de dollars du secteur public versés en aval vers la recherche appliquée, assurant même le financement de départ de sociétés.
En fait, dans certains des plus grands pôles d’innovation mondiale, l’État a joué un rôle « d’entrepreneur » prépondérant, imaginant et finançant la création de champs de recherche entièrement nouveaux, des technologies de l’information à la biotechnologie, de la nanotechnologie aux technologies vertes.
Dans la Silicon Valley, par exemple, l’État a agi comme investisseur stratégique par l’entremise d’un réseau décentralisé d’institutions publiques : l’agence gouvernementale DARPA pour le financement des projets de recherche avancée, la NASA, le programme SBIR pour l’innovation des PME la National Science Foundation.
Les sommes en cause sont impressionnantes, et pas seulement dans les technologies de l’information ; des fonds importants ont été distribués dans les domaines de l’énergie et des sciences de la vie.
Ainsi, en 2011, les instituts nationaux de santé (NIH) aux États-Unis ont investi 31 milliards $ en recherche biomédicale.
Marcia Angell, professeur à la faculté de médecine de Harvard, a démontré que ce financement a été décisif dans le développement de certains des nouveaux médicaments les plus prometteurs dans les dernières décennies.
De même, pour certaines des sociétés américaines les plus innovantes, le financement du programme SBIR s’est avéré plus important que le capital de risque du secteur privé.
Des exemples ailleurs qu’aux États-Unis on retrouve le cas d’Israël, où le fonds de capital de risque public Yozma a financé les débuts de certaines des sociétés les plus dynamiques du pays. On compte aussi la Finlande, où Sitra, le fonds public d’innovation, a financé la transition de Nokia en téléphonie.
En Chine, la Banque de développement financée par l’État offrant des milliards de dollars en prêts pour certaines des sociétés les plus innovantes du pays, notamment Huawei et Yingli Solar.
Ces types d’investissements publics sont essentiels à la création et à la création de nouveaux marchés.
En fait, l’investissement public a été déterminant pour le développement de presque toutes les technologies qui font du iPhone un téléphone intelligent : l’Internet, la géolocalisation GPS, les écrans tactiles et les progrès en reconnaissance de la voix essentielle à Siri.
Dans beaucoup d’autres pays, c’est le secteur public qui prend les devants pour rendre les technologies vertes possibles.
Reconnaître l’importance des investissements publics pour la promotion de l’innovation et la croissance implique le besoin de revoir la sagesse populaire sur l’intervention de l’État.
Au lieu de se concentrer sur des technologies ou des entreprises individuelles, les organismes publics devraient agir comme des investisseurs, misant sur un « portefeuille » diversifié de choix.
Comme tout autre investisseur, l’État manquera parfois son coup.
En fait, l’échec est plus que probable, car les agences gouvernementales investissent souvent dans les secteurs les plus risqués, où le capital privé hésite à entrer.
Ceci signifie qu’on doit laisser les organismes publics prendre des risques et apprendre de ces succès comme de ses erreurs.
Si l’échec est une conséquence inévitable des paris sur l’innovation et si l’État est essentiel pour l’innovation, la société doit être plus tolérante envers « l’échec de l’État ».
Mais la réalité est que l’échec des projets financés par l’État déclenche un tollé général – et le silence règne lorsqu’ils rencontrent du succès.
Par exemple, le dépôt de bilan de la société américaine d’énergie solaire Solyndra, qui a obtenu un prêt garanti par l’État de 500 millions $, a déclenché des polémiques partisanes.
Pourtant peu de personnes se sont penchées sur le fait que l’État a octroyé presque le même montant à Tesla pour aider au développement de la voiture électrique Tesla S, un produit considéré comme l’archétype de l’innovation dans la Silicon Valley.
Qu’est-ce qui pourrait faire que le public soit plus ouvert aux échecs des interventions publiques ?
Les investisseurs en capital de risque couvrent leurs pertes des mauvais investissements par leurs profits de ceux qui ont bien tourné ; mais les programmes gouvernementaux sont rarement structurés pour générer des rendements importants.
Même si certains font valoir le fait que le retour sur investissement de l’État se matérialise en revenus de taxe, le système fiscal actuel ne fonctionne pas, non seulement en raison des échappatoires fiscales, mais également baisses de taux.
À la création de la NASA, le taux marginal supérieur d’imposition était au-dessus de 90 %.
Et la taxe sur les gains de capital a baissé de plus de 50 % depuis les années 1980.
Afin de soutenir l’investissement public dans les projets d’innovation plus risqués, les contribuables devraient recevoir un retour plus direct, en affectant les bénéfices dans un fonds public d’innovation pour le financement de la prochaine vague de technologies.
Lorsque les investissements se font dans des projets en amont de recherche fondamentale, les retombées sur les autres industries et secteurs génèrent parfois des retombées sociales suffisantes.
Mais d’autres cas pourraient nécessiter la création de nouvelles mesures incitatives.
Ainsi, une partie des bénéfices de l’investissement public dans Tesla aurait pu être récupérée par la cession de titres (ou de royautés) et pourrait servir à couvrir les pertes de son investissement dans Solyndra.
Le remboursement de prêts publics octroyés à des entreprises pourrait être en proportion de ses revenus, comme le sont souvent les prêts étudiants.
Et les prix des médicaments qui sont développés en grande partie grâce au financement des NIH pourraient être plafonnés, de sorte que le contribuable n’ait pas à payer deux fois.
Une chose est claire : la structure actuelle présente de grandes lacunes, surtout parce qu’elle socialise les risques et privatise les bénéfices.
Ceci nuit aux perspectives d’innovation, mais aussi à la capacité de l’État de communiquer son rôle au grand public.
En saluant le rôle que l’État a joué – et qu’il devrait continuer à exercer – dans l’orientation de l’innovation, ceci nous permet d’amorcer le débat sur la question la plus importante : quels sont les nouveaux investissements publics visionnaires nécessaires à la stimulation de la croissance économique future ? |
Erin McKean: The joy of lexicography
TED Talk Subtitles and Transcript: Is the beloved paper dictionary doomed to extinction? In this infectiously exuberant talk, leading lexicographer Erin McKean looks at the many ways today's print dictionary is poised for transformation.
Now, have any of y'all ever looked up this word?
You know, in a dictionary? Yeah, that's what I thought.
How about this word?
Here, I'll show it to you.
Lexicography: the practice of compiling dictionaries.
Notice -- we're very specific -- that word "compile."
The dictionary is not carved out of a piece of granite, out of a lump of rock. It's made up of lots of little bits.
It's little discrete -- that's spelled D-I-S-C-R-E-T-E -- bits.
And those bits are words.
Now one of the perks of being a lexicographer -- besides getting to come to TED -- is that you get to say really fun words, like lexicographical.
Lexicographical has this great pattern: it's called a double dactyl. And just by saying double dactyl, I've sent the geek needle all the way into the red. But "lexicographical" is the same pattern as "higgledy-piggledy."
Right? It's a fun word to say, and I get to say it a lot.
Now, one of the non-perks of being a lexicographer is that people don't usually have a kind of warm, fuzzy, snuggly image of the dictionary.
Right? Nobody hugs their dictionaries.
But what people really often think about the dictionary is, they think more like this.
Just to let you know, I do not have a lexicographical whistle.
But people think that my job is to let the good words make that difficult left-hand turn into the dictionary, and keep the bad words out.
But the thing is, I don't want to be a traffic cop.
For one thing, I just do not do uniforms.
And for another, deciding what words are good and what words are bad is actually not very easy.
And it's not very fun. And when parts of your job are not easy or fun, you kind of look for an excuse not to do them.
So if I had to think of some kind of occupation as a metaphor for my work, I would much rather be a fisherman.
I want to throw my big net into the deep, blue ocean of English and see what marvelous creatures I can drag up from the bottom.
But why do people want me to direct traffic, when I would much rather go fishing?
Well, I blame the Queen.
Why do I blame the Queen?
Well, first of all, I blame the Queen because it's funny.
But secondly, I blame the Queen because dictionaries have really not changed.
Our idea of what a dictionary is has not changed since her reign.
The only thing that Queen Victoria would not be amused by in modern dictionaries is our inclusion of the F-word, which has happened in American dictionaries since 1965.
So, there's this guy, right? Victorian era.
James Murray, first editor of the Oxford English Dictionary.
I do not have that hat. I wish I had that hat.
So he's really responsible for a lot of what we consider modern in dictionaries today.
When a guy who looks like that, in that hat, is the face of modernity, you have a problem.
And so, James Murray could get a job on any dictionary today.
There'd be virtually no learning curve.
And of course, a few of us are saying: okay, computers!
Computers! What about computers?
The thing about computers is, I love computers.
I mean, I'm a huge geek, I love computers.
I would go on a hunger strike before I let them take away Google Book Search from me.
But computers don't do much else other than speed up the process of compiling dictionaries.
They don't change the end result.
Because what a dictionary is, is it's Victorian design merged with a little bit of modern propulsion.
It's steampunk. What we have is an electric velocipede.
You know, we have Victorian design with an engine on it. That's all!
The design has not changed.
And OK, what about online dictionaries, right?
Online dictionaries must be different.
This is the Oxford English Dictionary Online, one of the best online dictionaries.
This is my favorite word, by the way.
Erinaceous: pertaining to the hedgehog family; of the nature of a hedgehog.
Very useful word. So, look at that.
Online dictionaries right now are paper thrown up on a screen.
This is flat. Look how many links there are in the actual entry: two!
Right? Those little buttons, I had them all expanded except for the date chart.
So there's not very much going on here.
There's not a lot of clickiness.
And in fact, online dictionaries replicate almost all the problems of print, except for searchability.
And when you improve searchability, you actually take away the one advantage of print, which is serendipity.
Serendipity is when you find things you weren't looking for, because finding what you are looking for is so damned difficult.
So -- -- now, when you think about this, what we have here is a ham butt problem.
Does everyone know the ham butt problem?
Woman's making a ham for a big, family dinner.
She goes to cut the butt off the ham and throw it away, and she looks at this piece of ham and she's like, "This is a perfectly good piece of ham. Why am I throwing this away?"
She thought, "Well, my mom always did this."
So she calls up mom, and she says, "Mom, why'd you cut the butt off the ham, when you're making a ham?"
She says, "I don't know, my mom always did it!"
So they call grandma, and grandma says, "My pan was too small!" So, it's not that we have good words and bad words.
We have a pan that's too small!
You know, that ham butt is delicious! There's no reason to throw it away.
The bad words -- see, when people think about a place and they don't find a place on the map, they think, "This map sucks!"
When they find a nightspot or a bar, and it's not in the guidebook, they're like, "Ooh, this place must be cool! It's not in the guidebook."
When they find a word that's not in the dictionary, they think, "This must be a bad word." Why? It's more likely to be a bad dictionary.
Why are you blaming the ham for being too big for the pan?
So, you can't get a smaller ham.
The English language is as big as it is.
So, if you have a ham butt problem, and you're thinking about the ham butt problem, the conclusion that it leads you to is inexorable and counterintuitive: paper is the enemy of words.
How can this be? I mean, I love books. I really love books.
Some of my best friends are books.
But the book is not the best shape for the dictionary.
Now they're going to think "Oh, boy.
People are going to take away my beautiful, paper dictionaries?"
No. There will still be paper dictionaries.
When we had cars -- when cars became the dominant mode of transportation, we didn't round up all the horses and shoot them.
You know, there're still going to be paper dictionaries, but it's not going to be the dominant dictionary.
The book-shaped dictionary is not going to be the only shape dictionaries come in. And it's not going to be the prototype for the shapes dictionaries come in.
So, think about it this way: if you've got an artificial constraint, artificial constraints lead to arbitrary distinctions and a skewed worldview.
What if biologists could only study animals that made people go, "Aww." Right?
What if we made aesthetic judgments about animals, and only the ones we thought were cute were the ones that we could study?
We'd know a whole lot about charismatic megafauna, and not very much about much else.
And I think this is a problem.
I think we should study all the words, because when you think about words, you can make beautiful expressions from very humble parts.
Lexicography is really more about material science.
We are studying the tolerances of the materials that you use to build the structure of your expression: your speeches and your writing. And then, often people say to me, "Well, OK, how do I know that this word is real?"
They think, "OK, if we think words are the tools that we use to build the expressions of our thoughts, how can you say that screwdrivers are better than hammers?
How can you say that a sledgehammer is better than a ball-peen hammer?"
They're just the right tools for the job.
And so people say to me, "How do I know if a word is real?"
You know, anybody who's read a children's book knows that love makes things real.
If you love a word, use it. That makes it real.
Being in the dictionary is an artificial distinction.
It doesn't make a word any more real than any other way.
If you love a word, it becomes real.
So if we're not worrying about directing traffic, if we've transcended paper, if we are worrying less about control and more about description, then we can think of the English language as being this beautiful mobile.
And any time one of those little parts of the mobile changes, is touched, any time you touch a word, you use it in a new context, you give it a new connotation, you verb it, you make the mobile move.
You didn't break it. It's just in a new position, and that new position can be just as beautiful.
Now, if you're no longer a traffic cop -- the problem with being a traffic cop is there can only be so many traffic cops in any one intersection, or the cars get confused. Right?
But if your goal is no longer to direct the traffic, but maybe to count the cars that go by, then more eyeballs are better.
You can ask for help!
If you ask for help, you get more done. And we really need help.
Library of Congress: 17 million books, of which half are in English.
If only one out of every 10 of those books had a word that's not in the dictionary in it, that would be equivalent to more than two unabridged dictionaries.
And I find an un-dictionaried word -- a word like "un-dictionaried," for example -- in almost every book I read. What about newspapers?
Newspaper archive goes back to 1759, 58.1 million newspaper pages. If only one in 100 of those pages had an un-dictionaried word on it, it would be an entire other OED.
That's 500,000 more words. So that's a lot.
And I'm not even talking about magazines. I'm not talking about blogs -- and I find more new words on BoingBoing in a given week than I do Newsweek or Time.
There's a lot going on there.
And I'm not even talking about polysemy, which is the greedy habit some words have of taking more than one meaning for themselves.
So if you think of the word "set," a set can be a badger's burrow, a set can be one of the pleats in an Elizabethan ruff, and there's one numbered definition in the OED.
The OED has 33 different numbered definitions for set.
Tiny, little word, 33 numbered definitions.
One of them is just labeled "miscellaneous technical senses."
Do you know what that says to me?
That says to me, it was Friday afternoon and somebody wanted to go down the pub. That's a lexicographical cop out, to say, "miscellaneous technical senses."
So, we have all these words, and we really need help!
And the thing is, we could ask for help -- asking for help's not that hard.
I mean, lexicography is not rocket science.
See, I just gave you a lot of words and a lot of numbers, and this is more of a visual explanation.
If we think of the dictionary as being the map of the English language, these bright spots are what we know about, and the dark spots are where we are in the dark.
If that was the map of all the words in American English, we don't know very much.
And we don't even know the shape of the language.
If this was the dictionary -- if this was the map of American English -- look, we have a kind of lumpy idea of Florida, but there's no California!
We're missing California from American English.
We just don't know enough, and we don't even know that we're missing California.
We don't even see that there's a gap on the map.
So again, lexicography is not rocket science.
But even if it were, rocket science is being done by dedicated amateurs these days. You know?
It can't be that hard to find some words!
So, enough scientists in other disciplines are really asking people to help, and they're doing a good job of it.
For instance, there's eBird, where amateur birdwatchers can upload information about their bird sightings.
And then, ornithologists can go and help track populations, migrations, etc.
And there's this guy, Mike Oates. Mike Oates lives in the U.K.
He's a director of an electroplating company.
He's found more than 140 comets.
He's found so many comets, they named a comet after him.
It's kind of out past Mars. It's a hike.
I don't think he's getting his picture taken there anytime soon.
But he found 140 comets without a telescope.
He downloaded data from the NASA SOHO satellite, and that's how he found them.
If we can find comets without a telescope, shouldn't we be able to find words?
Now, y'all know where I'm going with this.
Because I'm going to the Internet, which is where everybody goes.
And the Internet is great for collecting words, because the Internet's full of collectors.
And this is a little-known technological fact about the Internet, but the Internet is actually made up of words and enthusiasm.
And words and enthusiasm actually happen to be the recipe for lexicography. Isn't that great?
So there are a lot of really good word-collecting sites out there right now, but the problem with some of them is that they're not scientific enough.
They show the word, but they don't show any context.
Where did it come from? Who said it?
What newspaper was it in? What book?
Because a word is like an archaeological artifact.
If you don't know the provenance or the source of the artifact, it's not science, it's a pretty thing to look at.
So a word without its source is like a cut flower.
You know, it's pretty to look at for a while, but then it dies.
It dies too fast.
So, this whole time I've been saying, "The dictionary, the dictionary, the dictionary, the dictionary."
Not "a dictionary," or "dictionaries." And that's because, well, people use the dictionary to stand for the whole language.
They use it synecdochically.
And one of the problems of knowing a word like "synecdochically" is that you really want an excuse to say "synecdochically."
This whole talk has just been an excuse to get me to the point where I could say "synecdochically" to all of you.
So I'm really sorry. But when you use a part of something -- like the dictionary is a part of the language, or a flag stands for the United States, it's a symbol of the country -- then you're using it synecdochically.
But the thing is, we could make the dictionary the whole language.
If we get a bigger pan, then we can put all the words in.
We can put in all the meanings.
Doesn't everyone want more meaning in their lives?
And we can make the dictionary not just be a symbol of the language -- we can make it be the whole language.
You see, what I'm really hoping for is that my son, who turns seven this month -- I want him to barely remember that this is the form factor that dictionaries used to come in.
This is what dictionaries used to look like.
I want him to think of this kind of dictionary as an eight-track tape.
It's a format that died because it wasn't useful enough.
It wasn't really what people needed.
And the thing is, if we can put in all the words, no longer have that artificial distinction between good and bad, we can really describe the language like scientists.
We can leave the aesthetic judgments to the writers and the speakers.
If we can do that, then I can spend all my time fishing, and I don't have to be a traffic cop anymore.
Thank you very much for your kind attention. | Erin McKean redéfinit le dictionnaire
TED Talk Subtitles and Transcript: Notre bon vieux dictionnaire papier est-il condamné à disparaître ? Dans cette présentation à l'exubérance contagieuse, la lexicographe Erin McKean regarde les nombreuses pistes de transformations pour les dictionnaires imprimés d'aujourd'hui.
L'un d'entre vous a-t-il déjà cherché ce mot ?
Vous savez, dans le dictionnaire ? . Oui, c'est bien ce que pensais.
Et ce mot-là ?
Tenez, je vais vous montrer :
Lexicographie : discipline dont l'objet est la compilation des dictionnaires.
Notez -- nous sommes très précis. Ce mot "compilation".
Le dictionnaire n'est pas gravé dans un bloc de granit, pas gravé dans la pierre. Il est fait de plein de petits bouts.
Ce sont des petits bouts distincts -- oui, D-I-S-T-I-N-C-T-S.
Et ces petits bouts sont des mots.
L'un des plaisirs d'être lexicographe -- outre être invitée à venir à TED -- est de prononcer des mots très rigolos, comme "lexicographique".
Lexicographique a une particularité géniale -- on appelle ça une double dactyle. Et rien qu'en disant double dactyle, j'envoie l'aiguille du geek tout en haut dans le rouge. Mais l'accentuation de "lexicographique" est la même que "tohu-bohu."
Pas vrai ? C'est un mot rigolo à dire, et je le dis très souvent.
Maintenant, un des inconvénients d'être lexicographe, c'est que souvent, les gens n'ont pas une vision gentille et douce du dictionnaire.
Pas vrai ? Personne ne fait un câlin à ses dictionnaires.
La façon dont les gens voient vraiment les dictionnaires, c'est plutôt ça.
Pour votre information, je n'ai pas de sifflet lexicographique.
Mais les gens pensent que mon travail est de laisser les bons mots négocier leur virage délicat, pour entrer dans le dictionnaire, et de ne pas laisser entrer les mauvais mots.
Mais je n'ai pas envie de faire la circulation.
D'abord, je n'aime pas les uniformes.
Et ensuite -- décider quels mots sont bons et quels mots sont mauvais n'est pas facile en réalité.
Ce n'est pas très rigolo. Et si une part de votre travail n'est ni facile ni rigolote, vous avez tendance à chercher un prétexte pour ne pas la faire.
Donc, si je devais réfléchir à un travail qui soit une métaphore de mon travail, je préférerais la pêche.
J'ai envie de jeter mon grand filet dans l'océan profond de l'anglais et de voir quelles créatures merveilleuses je peux remonter du fond.
Pourquoi les gens veulent-ils que je fasse la circulation, quand je préfère pêcher ?
C'est la faute de la Reine.
Pourquoi dis-je que c'est la faute de la Reine ?
D'abord parce que c'est marrant d'accuser la Reine.
Mais aussi, j'accuse la Reine parce que les dictionnaires n'ont pas véritablement changé.
Notre conception d'un dictionnaire n'a pas changé depuis son règne.
La seule chose qui ne ferait pas rire la Reine Victoria dans les dictionnaires modernes, c'est l'ajout du gros mot P..., entré dans les dictionnaires américains en 1965.
Donc, voici ce type, d'accord ? De l'époque victorienne.
James Murray, le premier éditeur du Dictionnaire d'anglais d'Oxford.
Je n'ai pas ce chapeau. J'aimerais bien l'avoir.
Donc, il est responsable d'une grosse partie de ce que nous considérons moderne dans les dictionnaires actuels.
Quand un type qui ressemble à ça -- avec ce chapeau -- est le visage de la modernité, il y a un problème.
Donc, James Murray pourrait travailler sur un dictionnaire aujourd'hui.
Il n'y aurait quasiment aucune courbe d'apprentissage.
Bien sûr, quelques-uns d'entre nous disons : les ordinateurs !
Les ordinateurs ? Et les ordinateurs, alors ?
Donc, à propos des ordinateurs -- j'adore les ordinateurs.
Je vous promets, je suis une vraie geek. J'adore les ordinateurs.
Je ferai une grève de la faim pour éviter qu'on m'enlève Google Book Search.
Mais les ordinateurs ne font pas beaucoup plus qu'accélérer le processus de compilation des dictionnaires.
Ils ne changent pas le résultat final.
Parce qu'un dictionnaire, c'est une conception victorienne mélangée avec un peu de propulsion moderne.
C'est du futur à vapeur. On a un vélocipède électrique.
C'est une conception victorienne avec un moteur dessus. C'est tout !
La conception n'a pas changé.
Bon, et les dictionnaires électroniques ?
Les dictionnaires électroniques doivent être différents.
Voici le Dictionnaire d'anglais d'Oxford en ligne, l'un des meilleurs dictionnaires électroniques.
Et voici mon mot préféré, à propos :
Erinacé : relatif à la famille du hérisson; de la nature d'un hérisson.
Un mot très utile. Donc, regardez ça.
Les dictionnaires électroniques actuels ne sont que du papier projeté sur un écran.
C'est plat. Regardez combien de liens il y a pour ce mot : deux !
Vous voyez ? Ces petits boutons -- je les ai fait agrandir sauf pour le graphe de la date.
Donc, il ne se passe pas grand chose ici.
Ca ne clique pas des masses.
Et en fait, les dictionnaires électroniques répliquent presque tous les problèmes de l'impression, sauf pour la recherche.
Et quand vous améliorez la recherche, vous supprimez en fait le seul avantage de l'imprimé, qui est l'heureux hasard.
L'heureux hasard, c'est quand vous trouvez des choses que vous ne cherchiez pas, parce que trouver ce que vous cherchez est sacrément difficile.
Donc, -- -- quand on y pense, on est confronté au problème du cul du jambon.
Est-ce que tout le monde connait le problème du cul du jambon ?
Une femme prépare un jambon pour un grand diner familial.
Elle va couper le cul, l'extrémité du jambon et le jeter, quand elle regarde ce morceau de jambon, et elle se dit : "C'est un très bon morceau de jambon. Pourquoi est-ce que je le jette ?"
Elle pense : "Parce que maman faisait toujours comme ça."
Donc, elle appelle sa maman, et elle lui dit : "Maman, pourquoi tu jetais le cul du jambon ?"
Sa mère répond : "Je ne sais pas, ma mère a toujours fait ça !"
Donc, elles appellent grand-mère, et grand-mère leur dit : "Mon plat était trop petit !" Donc, ce n'est pas que nous avons des mots bons ou mauvais --
nous avons un plat qui est trop petit !
Vous savez, ce cul de jambon est délicieux ! Il n'y a aucune raison de le jeter.
Les mauvais mots -- tenez, quand des gens cherchent un lieu et qu'ils ne le trouvent pas sur une carte, ils pensent : "Cette carte est nulle !"
Quand ils trouvent une boîte de nuit ou un bar qui n'est pas dans un guide, ils se disent "Oh, cet endroit doit être génial, il n'est pas dans le guide !"
Quand ils trouvent un mot qui n'est pas dans le dictionnaire, ils pensent : "Ça doit être un mauvais mot." Pourquoi ? Il est plus probable que le dictionnaire soit mauvais.
Est-ce que vous en voulez au jambon d'être trop gros pour le plat ?
Donc, vous ne pouvez pas prendre un plat plus petit.
La langue anglaise est vaste, c'est tout.
Donc, si vous avez le problème du cul du jambon, et que vous réfléchissez au problème du cul du jambon, la conclusion à laquelle vous arrivez est inexorable et contre-intuitive : Le papier est l'ennemi des mots.
Comment est-ce possible ? Moi, j'adore les livres. Vraiment.
Certains de mes meilleurs amis sont des livres.
Mais le livre n'est pas la meilleure forme pour le dictionnaire.
Maintenant, vous allez penser "Oh non !
Est-ce qu'on va m'enlever mon dictionnaire en papier qui est si beau ?"
Non. Il y aura toujours des dictionnaires en papier.
Quand les voitures sont devenues le mode de transport dominant, nous n'avons pas regroupé tous les chevaux pour les tuer.
Vous savez, il y aura encore des dictionnaires en papier, mais ce ne sera pas le dictionnaire dominant.
Le dictionnaire au format papier ne sera plus le seul format dans lequel on pourra trouver les dictionnaires. Ce ne sera pas le prototype des nouvelles formes de dictionnaires.
Prenez le problème de ce point de vue : si vous avez une contrainte artificielle, les contraintes artificielles débouchent sur des distinctions arbitraires et une vision du monde biaisée.
Imaginez que les biologistes ne puissent étudier que des animaux qui attendrissent les gens. D'accord ?
Que se passerait-il si nous faisions des jugements esthétiques sur les animaux, et que seuls ceux que nous trouvions mignons pourraient être étudiés ?
Nous en saurions beaucoup sur la méga faune charmante, et pas grand chose sur le reste.
Et je pense que c'est un problème.
Je pense que nous devons étudier tous les mots, car quand on pense aux mots, ont peut créer des expressions magnifiques à partir d'éléments très modestes.
La lexicographie est en réalité une science des matériaux.
Nous étudions les tolérances des matériaux que vous utilisez pour construire la structure de vos expressions : vos discours et vos écrits. Et les gens me disent souvent : "Bon, OK, comment savoir si ce mot est réel ?"
Ils pensent : "Bon, si on considère que les mots sont des outils que nous utilisons pour construire les expressions de nos pensées, comment peut-on dire qu'un tournevis est meilleur qu'un marteau ?
Comment peut-on dire qu'une masse est meilleure qu'un marteau à tête ronde ?
Ce sont simplement les bons outils pour le travail."
Et les gens me demandent : "Comment puis-je savoir si un mot est réel ?"
Vous savez, quiconque a lu un livre pour enfants sait que l'amour rend les choses réelles.
Si vous aimez un mot, utilisez-le. Ça le rendra réel.
Être dans un dictionnaire est une distinction artificielle.
Ça ne rend pas un mot plus réel qu'autre chose.
Si vous aimez un mot, il devient réel.
Donc, si on ne s'embête plus à faire la circulation, si on transcende le papier, si on se préoccupe moins de contrôle, et plus de description, alors, nous pouvons imaginer que la langue anglaise est comme ce mobile magnifique.
Et chaque fois qu'une petite partie de ce mobile bouge, qu'elle est touchée -- chaque fois qu'on touche un mot, qu'on l'utilise dans un nouveau contexte, qu'on lui donne une nouvelle connotation, qu'on le transforme en verbe -- on fait bouger le mobile.
On ne l'a pas cassé ; il est simplement dans une nouvelle position, et cette nouvelle position peut être tout aussi jolie.
Maintenant, si on n'est plus agent de la circulation -- le problème quand on fait la circulation, c'est qu'on ne peut en mettre qu'un nombre limité à un croisement, ou les voitures ne sauront plus quoi faire. Non ?
Mais si l'objectif n'est plus de diriger le trafic, mais, disons, de compter les voitures qui passent, plus il y a d'yeux, mieux c'est.
On peut demander de l'aide !
Si on demande de l'aide, on peut en faire plus. Et nous avons vraiment besoin d'aide.
La Bibliothèque du Congrès : 17 millions de livres. Dont la moitié sont en anglais.
Si seulement un de ces livres sur 10 contient un mot qui n'est pas dans le dictionanaire, ce serait l'équivalent de plus de 2 dictionnaires non abrégés.
Et je trouve un mot non-dictionnarisé -- un mot comme "non-dictionnarisé", par exemple -- dans presque chaque livre que je lis. Et qu'en est-il des journaux ?
Les archives des journaux remontent à 1759. 58,1 millions de pages de journaux. Si seulement une sur 100 de ces pages avait un mot non-dictionnarisé, cela remplirait un dico d'Oxford.
Ça représente 500 000 mots de plus. Donc c'est... beaucoup.
Et je ne parle même pas des magazines, des blogs -- je trouve plus de nouveaux mots chaque semaine sur BoingBoing que sur Newsweek ou Time.
Beaucoup de choses se passent ici.
Et je ne parle même pas de la polysémie, qui est l'habitude gourmande de certains mots de prendre plusieurs significations.
Si vous prenez le mot anglais "set" -- un "set" peut être un terrier de blaireaux, un "set" peut être l'un des plis sur une collerette élizabéthaine -- et ce n'est que l'une des définitions numérotées du dico d'Oxford.
Le dico d'Oxford a 33 définitions numérotées différentes pour le mot "set".
Un tout petit mot, 33 définitions numérotées
L'une d'entre elle est simplement définie comme "divers sens techniques."
Vous savez ce que ça me dit ?
Ça me dit que c'était vendredi après-midi, et que quelqu'un voulait aller au bistro. C'est une solution de facilité de lexicographe, de dire "divers sens techniques".
Donc, nous avons tous ces mots; et nous avons vraiment besoin d'aide !
Et le truc, c'est que nous pourrions demander de l'aide -- demander de l'aide n'est pas si compliqué.
C'est vrai, la lexicographie, ce n'est pas sorcier.
tenez, je vous donne juste un groupe de mots et un groupe de nombres, et ceci est plus une explication visuelle.
Si nous considérons le dictionnaire comme la carte de la langue anglaise, ces points clairs sont ceux que nous connaissons et les points sombres sont ceux qui sont dans l'obscurité.
Si c'était la carte de tous les mots d'anglais-américain, nous serions ignorants.
Et nous ne connaissons même pas la forme générale du langage.
Si c'était le dictionnaire -- si c'était la carte de l'anglais-américain -- regardez, nous avons une vague idée de la Floride, mais il n'y a pas de Californie !
Il nous manque la Californie à la carte.
Nous n'en savons pas assez, et nous ne savons même pas qu'il nous manque la Californie.
Nous ne pouvons même pas voir qu'il y a un trou sur la carte.
Une fois de plus, la lexicographie, ce n'est pas comme construire une fusée.
Mais même si ça l'était, des fusées sont construites par des amateurs passionnés de nos jours. Vous savez ?
Ça ne doit pas être si difficile que ça de trouver des mots !
Donc, assez de scientifiques dans d'autres disciplines demandent de l'aide auprès du public, et ça marche assez bien.
Par exemple, il y a eBird, ou des observateurs d'oiseaux amateurs peuvent montrer les oiseaux qu'ils ont vus.
Ensuite, les ornithologistes peuvent se connecter et cela leur aide à suivre les populations, les migrations, etc.
Et il y a Mike Oates. Mike Oates vit en Angleterre.
C'est le directeur d'une société de galvanoplastie.
Il a trouvé plus de 140 comètes.
Il en a tellement trouvé qu'on a donné son nom à une comète.
Elle est au delà de Mars -- ça fait une sacrée balade.
Je ne crois pas qu'il pourra s'y faire photographier dans un avenir proche.
Mais il a trouvé 140 comètes sans télescope.
Il a téléchargé des données du satellite SOHO, de la NASA, et c'est comme ça qu'il les a trouvées.
Si nous pouvons trouver des comètes sans télescope, est-ce qu'on ne pourrait pas trouver des mots ?
Bon, vous voyez tous où je veux en venir.
Parce que je vais sur Internet, ce que tout le monde fait.
Internet est génial pour collectionner les mots, parce qu'Internet est rempli de collectionneurs.
Et puis il y a un fait pas très connu à propos d'Internet, Internet est en fait construit avec des mots et de l'enthousiasme.
Et les mots et de l'enthousiasme se trouvent être la recette de la lexicographie. Est-ce que ce n'est pas génial ?
Donc, il y a beaucoup de très bons sites de collecte de mots actuellement, mais le problème avec certains, c'est qu'ils ne sont pas assez scientifiques.
Ils montrent le mot, mais pas le contexte :
D'où vient-il ? Qui l'a dit ?
Dans quel journal était-il ? Dans quel livre ?
Parce qu'un mot, c'est comme un objet archéologique.
Si on ne connaît pas la provenance ou la source de l'objet, ce n'est pas de la science -- c'est juste une jolie chose à regarder.
Donc, un mot sans sa source est comme une fleur coupée.
Vous savez -- c'est joli à regarder un moment, mais après, ça meurt.
Ça meurt trop vite.
Donc, durant toute cette présentation, j'ai dit "Le dictionnaire, le dictionnaire, le dictionnaire."
Pas "un dictionnaire", ou "les dictionnaires". Et c'est parce que -- et bien, les gens utilisent le dictionnaire pour désigner toute la langue.
Ils l'utilisent comme synecdoque --
et un des problème de connaître un mot comme "synecdoque", c'est que vous cherchez toujours une excuse pour dire synecdoque.
Cette présentation n'est qu'un prétexte pour en arriver au point où je peux vous dire synecdoque.
Donc, je suis désolée. Mais quand vous utilisez une partie d'une chose -- comme un dictionnaire est une partie du langage ou un drapeau pour représenter les Etats-Unis, un symbole du pays -- alors, vous l'utilisez comme synecdoque.
Nous pouvons faire entrer toute la langue dans le dictionnaire.
Si nous avons de plus grands plats, nous pouvons y mettre tous les mots.
Nous pouvons y mettre tous les sens.
Est-ce que nous ne cherchons pas tous plus de sens à nos vies ?
Et nous pouvons faire du dictionnaire pas seulement le symbole de la langue -- nous pouvons en faire l'ensemble de la langue.
Vous voyez, ce que j'espère vraiment, c'est que mon fils -- qui aura 7 ans ce mois ci -- je veux qu'il se rappelle à peine que les dictionnaires étaient disponible sous cette forme là.
Voici à quoi les dictionnaires ressemblaient.
Je veux qu'il voie ce type de dictionnaire comme une bande huit-pistes.
C'est un format qui est mort parce qu'il n'était pas assez utile.
Il ne correspondait pas assez aux attentes des gens.
Et si nous pouvons inclure tous les mots, supprimer cette distinction artificielle entre le bien et le mal, nous pouvons vraiment décrire le langage comme des scientifiques.
Nous pouvons laisser les jugements esthétiques aux écrivains et aux orateurs.
Si nous pouvons faire ça, alors je pourrais passer tout mon temps à pêcher, et je n'aurais plus à faire la circulation.
Merci beaucoup pour votre attention. |
Bush’s Crash Test Economics
Fifteen years ago, the United States was in the midst of what you could call its “Age of Diminished Expectations.”
Productivity gains had stalled, energy prices were high, the backlog of potential technologies that originated in the Great Depression had been exhausted, and waning benefits from economies of scale led nearly every economist to project that economic growth would be slower in the future than it had been in the past.
With productivity growth stagnating for almost two decades, it made sense back then to argue that the US government’s social-insurance commitments (Social Security, Medicare, and Medicaid) were excessive and so had to be scaled back.
That was then, this is now.
The intervening years have seen an explosion of technological innovation that has carried America’s general productivity growth back up to its pre-slowdown levels.
Indeed, today the US economy is standing on the brink of biotechnological and, perhaps, nanotechnological revolutions of vast scale and scope.
Yet the same calls to scale back America’s social commitments are heard.
Social Security’s actuaries may not have fully recognized the impact of today’s technological revolutions, but they have markedly boosted the scale of the system that the US government can afford.
Fifteen years ago, the consensus was that America's Social Security System was in huge trouble, that it needed the equivalent of an engine rebuild.
Today its problems look, as the Brookings Institution economist Peter Orszag says, much more like the equivalent of a slow tire leak: you have to fix it eventually, but it isn’t very hard to do and repair it isn’t terribly urgent.
So why is the Bush administration spending time and energy proposing radical changes to the Social Security System as its signature domestic policy initiative – indeed, as virtually its only policy initiative?
Everyone who worries about America’s weak fiscal position puts Social Security’s relatively small funding imbalance far down the list of priorities.
The highest priority problem is the overall budget’s medium-run outlook, as the Bush tax cuts have opened Reagan-size deficits that threaten to cripple US economic growth.
The second highest priority problem is figuring out what to do in the long term with Medicare and Medicaid.
America must decide the size of its public health programs and how to finance them.
In reality, this is more of an opportunity than a problem: if we did not expect that doctors and nurses will be able to do marvelous things in a generation or two that they cannot do now, we would not be projecting serious fiscal deficits arising from the health programs.
The third most serious problem is to put the US government’s General Fund budget on a sustainable basis, so that the non-Social Security government can finance itself and meet its commitments after the date – around 2020 – when it can no longer borrow from the Social Security Trust Fund.
The bottom line is that Social Security’s long-term funding difficulty, while real, is projected to be much smaller and much further in the future than any of the nearer, larger, and more significant fiscal problems currently facing the US government.
If Social Security is a slow tire leak, then the post-2020 General Fund is an urgent brake job, Medicare and Medicaid are a melted transmission, and the budget deficit is the equivalent of having just crashed into a tree.
What kind of driver, owning a car that has just crashed into a tree, has a burned-out transmission, and needs a brake job, says, “The most important thing is to fix this slow leak in the right rear tire?”
George W. Bush is that type of driver.
There are three theories as to why the Bush administration is focusing on Social Security.
The first is simple incompetence: Bush and his inner circle simply do not understand the magnitude and importance of the federal government’s other fiscal problems.
The second is ideology. For some reason Bush and his people think it is important to undermine the successes of the New Deal institutions established under Franklin Roosevelt.
The third reason is bureaucratic capture: just as the principal aim of Bush’s Medicare Drug Benefit bill of 2003 was to boost pharmaceutical company profits, so the Bush administration’s Social Security proposal will most likely be tailored to the interests of Wall Street.
I don’t see any other, more pressing, reforms – such as raising income taxes to pay for national security – gaining any traction in the Bush regime.
If I had to bet on a cause, I would put my money on sheer incompetence.
After all, that seems to be the common denominator of every policy controlled by his White House. | L’économie selon Bush - Une simulation d’accident
Il y a quinze ans, les Etats-Unis traversaient une phase de “ perspectives réduites ”.
La productivité avait cessé de croître, l’énergie coûtait cher, les réserves de technologies nées de la Grande Dépression étaient épuisées, et les économies d’échelle ne rapportaient plus autant qu’avant. Presque tous les économistes prévoyaient donc un ralentissement durable de la croissance économique.
La productivité ayant stagné pendant près de vingt ans, il semblait raisonnable à l’époque de soutenir que les engagements du gouvernement américain en matière de protection sociale (Social Security, Medicare et Medicaid) étaient excessifs et devaient donc être réduits.
A l’époque peut-être, mais aujourd’hui ?
Entre temps, on a assisté à une véritable explosion de l’innovation technologique, qui a ramené la croissance de la productivité à son niveau antérieur.
A présent, l’économie américaine est au bord d’une révolution biotechnologique, voire nanotechnologique, de très grande ampleur. Les répercussions seront considérables.
Et pourtant, il est de nouveau question de réduire les prestations sociales.
S’ils n’ont pas totalement perçu les conséquences de ces mutations technologiques, les spécialistes de la sécurité sociale ont nettement augmenté la marge de manœuvre du gouvernement.
Il y a quinze ans, on s’accordait en effet à diagnostiquer de graves ennuis pour le système américain de sécurité sociale : il lui fallait un nouveau moteur.
Aujourd’hui, les problèmes s’apparentent davantage à une fuite d’air lente dans un pneu, pour reprendre les mots de l’économiste Peter Orszag de la Brookings Institution : il faudra réparer, mais ce n’est ni très difficile ni très urgent.
Alors pourquoi le gouvernement Bush consacre-t-il tant de temps et d’énergie à des propositions de modification radicale du système de sécurité sociale ? Pourquoi est-ce devenu son initiative emblématique de politique intérieure ?
Pratiquement sa seule initiative… Pour tous ceux qui s’inquiètent de la position budgétaire délicate des Etats-Unis, le léger déséquilibre du financement de la sécurité sociale est loin d’être une priorité majeure.
Le problème le plus important est l’évolution budgétaire globale à moyen terme, car les réductions d’impôts instaurées par Bush ont creusé des déficits semblables à ceux de l’époque Reagan, qui menacent de compromettre gravement la croissance économique du pays.
Le deuxième problème majeur est de régler le sort à long terme de Medicare et Medicaid.
Les Etats-Unis doivent décider de l’ampleur de leurs programmes de santé publique, et du mode de financement.
En réalité, c’est plutôt un point positif : si l’on prévoit de graves déficits budgétaires dus aux soins de santé, c’est bien parce qu’on pense que - dans une ou deux générations – le personnel médical et soignant sera capable d’accomplir des choses merveilleuses, encore impossibles aujourd’hui.
Le troisième problème est de trouver un fonctionnement durable pour le budget général américain, pour que ce qui ne relève pas de la sécurité sociale puisse encore être financé, dans le respect des engagements, lorsque – vers 2020 – il ne sera plus possible d’emprunter au fonds spécial de la sécurité sociale.
En résumé, les difficultés de financement à long terme de la sécurité sociale, bien réelles, devraient survenir beaucoup plus tard et être beaucoup moins importantes que tous les autres problèmes budgétaires du gouvernement américain.
Si la sécurité sociale est une fuite d’air, alors la situation budgétaire après 2020 est un problème de freins urgent, Medicare et Medicaid une boîte de vitesse cassée, et le déficit budgétaire revient à percuter un platane.
Or quel conducteur et propriétaire d’une voiture qui vient de rentrer dans un arbre, avec une boîte de vitesse anéantie et des freins détruits, se préoccuperait de réparer une petite fuite dans le pneu arrière droit ?
George W. Bush.
Trois théories permettent d’expliquer la concentration du gouvernement Bush sur la sécurité sociale.
Premièrement, l’incompétence : Bush et son entourage ne comprennent pas l’ampleur et la gravité des autres problèmes budgétaires du gouvernement fédéral.
Deuxièmement, l’idéologie : le président et son équipe estiment qu’il est important de s’attaquer au succès des institutions créées par Franklin Roosevelt dans le cadre du New Deal.
Troisièmement, l’influence des entreprises : de même que l’objectif principal de la Medicare Drug Benefit Bill promulguée par George W. Bush en 2003 était d’augmenter les bénéfices des compagnies pharmaceutiques, la proposition de son gouvernement en matière de sécurité sociale a de fortes chances d’être adaptée aux intérêts de Wall Street.
Je crois qu’aucune autre réforme plus urgente – par exemple l’augmentation de l’impôt sur le revenu pour financer la sécurité nationale - n’a de chances d’être entreprise sous la présidence Bush.
Et si je devais choisir une des trois théories avancées pour expliquer cette situation, je parierais sur l’incompétence.
Après tout, c’est bien ce qui semble unir toutes les politiques mises en œuvre actuellement par la Maison Blanche. |
Robots on the Brain
CALGARY – When Harvey Cushing and William Bovie introduced electrocautery (which uses a high-frequency current to seal blood vessels or make incisions) in 1926, their innovation transformed neurosurgery.
Given the precision required to operate on an organ as delicate as the brain, the convergence of mechanical technologies with the art of surgery catalyzed progress in the field.
Neurosurgical advances always pursue minimalism.
As in any other surgical field, the less the procedure interferes with the body, the less likely it is to affect the patient’s quality of life adversely, and the sooner the patient will be able to return to normal activity.
This imperative is even more pronounced when it comes to sensitive neurological procedures.
Tasks like maneuvering small blood vessels that are 1-2 millimeters in diameter, or removing a brain tumor without damaging the surrounding tissue, require technologies, such as the operating microscope and multimodal imaging tools, that complement surgeons’ skills and augment their abilities.
A step further would be to allow a human-controlled robot to enter the brain.
Robots are capable of performing repetitive tasks with a higher degree of precision and accuracy than are humans, and without muscle fatigue.
And they can be upgraded periodically to integrate new features seamlessly.
What robots lack is the human brain’s executive capacity.
Given that comprehending – and reacting appropriately to – the immense number of variables that can arise during surgery would require enormous computing power, surgical robots aim to integrate human experience and decision-making ability with mechanized accuracy.
One example of this convergence is neuroArm, developed by my research team at the University of Calgary in conjunction with engineers at MacDonald, Dettwiler and Associates.
The neuroArm actually has two arms, which can hold various surgical tools while the surgeon maneuvers them from a remote workstation.
The workstation provides a multitude of data – including magnetic resonance imaging (MRI), a three-dimensional image of the surgical field, sonic information, and quantifiable haptic (or tactile) feedback from tool-tissue interaction – that enable the surgeon to experience the surgery through sight, sound, and touch.
Because the human brain makes decisions based on sensory input – and, of course, experience – such data are essential for the surgeon to make the most informed choices possible during surgery.
Technologies like MRI can help in surgical planning, resection control, and quality assurance.
Magnetic-resonance-compatible robotics allow for real-time imaging, providing information about anatomical structures and changes in the brain relative to surgical pathology while operating, thereby minimizing risk.
Given that the robot receives the MRIs and provides haptic feedback, electronic highways or surgical corridors can be established before the procedure, as can “no-go” zones.
Tool manipulation can thus occur only within the predetermined corridor, preventing unintended injury to the brain.
Furthermore, robotic surgery has the potential to progress beyond the scope of unaided human capability.
Motion scaling – which allows the robotic arms to mimic the exact movements of the surgeon’s hands, but on a much smaller scale – will enable surgeons to manipulate tissue that is too small for the naked eye to detect.
With the development of smaller microsurgical tools and high-performance cameras and monitors, operating at the cellular level will be possible.
A related area with important implications for neurosurgery is virtual reality.
Building on simulation technology, virtual reality will allow surgeons to rehearse procedures, including with surgical robots, in a digital environment.
The ability to map out complex cases and practice rare procedures before performing them on a patient will undoubtedly lead to better surgical performance and improved medical outcomes.
Virtual reality will also enhance surgical training, by providing students with a wider range of experience and enabling quantification of their performance.
Surgeons operating manually know how much force they exert only by the way it feels; a surgical simulator, by contrast, could measure that force and indicate when a trainee is applying excessive or insufficient pressure.
Moreover, instructors will be able to program controlled scenarios to assess how a trainee copes in challenging circumstances.
The ability to reset and retry surgeries without any risk or additional cost will enhance neurosurgical training significantly.
After all, practice makes perfect.
To be sure, virtual reality remains a relatively young technology.
Given that realistic neurosurgical simulations, which must account for a large number of variables and potential outcomes, are particularly difficult to develop, virtual reality is not yet being used widely in the field.
But surgical-simulation technology is advancing rapidly, bolstered by developments in parallel computing.
As these simulations become more realistic, their training value will increase.
The merging of human surgical experience with machines and computerized technologies is driving neurosurgical advancement, with robotic surgery serving as an important model of the benefits of the human-machine interface.
Add virtual reality to the equation and the future of neurosurgery takes shape – a future in which the discipline is elevated to new levels of excellence. | Des robots dans le cerveau
CALGARY – La mise au point en 1926 par Harvey Cushing et William Bovie de l’électrocautère (qui permet de cautériser un vaisseau sanguin ou de pratiquer une incision grâce à un courant à haute fréquence) est une innovation qui a révolutionné la neurochirurgie.
Compte tenu de la précision nécessaire pour opérer un organe aussi délicat que le cerveau, cette convergence des technologies mécaniques avec l’art de la chirurgie a permis de grandes avancées dans ce domaine.
Les progrès de la neurochirurgie se veulent toujours minimalistes.
Comme dans tous les autres domaines de la chirurgie, moins la procédure interfère avec le corps, moins le risque d’effets négatifs sur la qualité de vie du patient est grand, lui permettant ainsi de récupérer une activité normale plus rapidement.
Cet impératif est d’autant plus prononcé lorsqu’il s’agit de procédures neurologiques sensibles.
Des tâches comme de manœuvrer autour de petits vaisseaux sanguins d’un à deux millimètres de diamètre ou de retirer une tumeur cervicale sans endommager les tissus périphériques exigent des technologies comme le microscope opératoire et des outils multimodaux d’imagerie qui viennent soutenir et renforcer la compétence des chirurgiens.
L’étape suivante serait de permettre à un robot contrôlé par l’homme de pénétrer dans le cerveau.
Les robots sont capables de réaliser des tâches répétitives avec un degré de précision et d’exactitude supérieur à celui de l'homme, and sans fatigue musculaire.
Et ils peuvent être périodiquement actualisés pour intégrer harmonieusement de nouvelles caractéristiques.
Mais les robots ne possèdent pas la capacité exécutive du cerveau humain.
Comprendre et réagir de manière appropriée à un nombre élevé de variables pouvant survenir lors d’une opération chirurgicale nécessiterait de considérables capacités de calcul ; les robots chirurgicaux cherchent donc à intégrer l’expérience humaine et la capacité décisionnelle avec une précision mécanisée.
Un exemple de cette convergence est le neuroArm, développé par mon équipe de recherche à l’Université de Calgary en conjonction avec les ingénieurs de MacDonald, Dettwiler et Associés.
Le neuroArm est en fait constitué de deux bras qui peuvent tenir différents outils chirurgicaux tandis que le chirurgien les manœuvre à distance depuis son poste de travail.
Le poste de travail transmet une multitude de données – images à résonnance magnétique (IRM), images tridimensionnelles du champs chirurgical, informations sonores, et retours haptiques (ou tactiles) quantifiables de l’interaction entre les outils et les tissus traités ; cela permet au chirurgien de ressentir l’opération de manière visible, sonore, et tactile.
Parce que le cerveau humain prend des décisions fondées sur les flux sensoriels – et bien sûr, l’expérience, – de telles données sont essentielles au chirurgien pour faire les choix les mieux informés possible au cours de l’opération.
Des technologies comme l’IRM constituent une aide pour planifier la chirurgie, assurer le contrôle de la résection et la qualité de l’opération.
La robotique compatible avec la résonnance magnétique donne des images en temps réel, avec des informations sur les structures et les modifications anatomiques dans le cerveau relatives à la pathologie chirurgicale lors de l’opération, ce qui minimise les risques.
Dans la mesure où le robot reçoit les IRM et transmet un retour haptique, les autoroutes électroniques ou les corridors chirurgicaux peuvent être établis avant la procédure, tout comme les zones à éviter.
La manipulation de l’outil ne peut donc intervenir que dans le cadre de ce corridor chirurgical prédéterminé, ce qui permet d’éviter tout dommage cérébral involontaire.
De plus, la chirurgie robotisée peut potentiellement progresser au-delà de la simple capacité humaine.
La graduation du mouvement – qui permet au bras robotisé de reproduire les mouvements exacts de la main du chirurgien, mais à une échelle beaucoup plus réduite – permettra au chirurgien de manipuler des tissus trop petits pour être perçus par l’œil humain.
Grâce au développement d’outils microchirurgicaux plus petits et de caméras et de moniteurs à haute résolution, il sera possible d’opérer au niveau cellulaire.
La réalité virtuelle est un autre domaine associé dont les implications sont importantes pour la neurochirurgie.
A partir de technologies de simulation, la réalité virtuelle permettra aux chirurgiens de répéter les procédures, y compris avec le robot chirurgical, dans un environnement numérique.
La capacité de configurer des cas complexes et de s’exercer à des procédures rares avant de les pratiquer sur les patients aboutira sans aucun doute à une meilleure performance chirurgicale et à de meilleurs résultats médicaux.
La réalité virtuelle permettra aussi d’améliorer la formation des chirurgiens puisque les étudiants pourront bénéficier d’une plus large expérience et leurs performances pourront être quantifiées.
Les chirurgiens qui opèrent manuellement connaissent la force qu’ils appliquent juste en la ressentant, alors qu’un simulateur chirurgical pourrait mesurer cette force et informer l’étudiant sur les pressions, excessives ou insuffisantes, qu’il applique.
Les formateurs seront en outre en mesure de programmer des scénarios contrôlés pour évaluer la capacité des étudiants à gérer des situations délicates.
La possibilité de recommencer des opérations sans aucun risque ni coût additionnel sera une contribution majeure à la formation neurochirurgicale.
Car c’est bien en forgeant que l’on devient forgeron.
Bien sûr, la réalité virtuelle est encore une technologie relativement récente.
Dans la mesure où il est particulièrement difficile de développer des simulations neurochirurgicales réalistes qui doivent prendre en compte un nombre important de variables et de résultats possibles, la réalité virtuelle est encore peu utilisée dans ce domaine.
Mais la technologie de simulation chirurgicale progresse rapidement, encouragée par les développements dans le domaine du parallélisme informatique.
Lorsque ces simulations deviendront réalistes, elles n’en auront que plus de valeur en matière de formation.
Cette fusion entre l’expérience chirurgicale humaine, les machines, et les technologies informatiques est au cœur des avancées neurochirurgicales ; et les robots chirurgicaux constituent un modèle important des bénéfices issus de l’interface homme-machine.
Ajouter la réalité virtuelle à cette équation permettra à l’avenir de la neurochirurgie de prendre forme – un avenir dans lequel la discipline s’élèvera à un nouveau degré d’excellence. |
Saving Refugees to Save Europe
NEW YORK – The refugee crisis in Europe was already pushing the European Union toward disintegration when, on June 23, it helped drive the British to vote to Brexit the EU.
The refugee crisis and the Brexit calamity that it spawned have reinforced xenophobic, nationalist movements that will seek to win a series of upcoming votes– including national elections in France, the Netherlands, and Germany in 2017, a referendum in Hungary on the EU refugee policy on October 2, and a rerun of the Austrian presidential election on December 4.
Rather than uniting to resist this threat, EU member states have become increasingly unwilling to cooperate with one another.
They pursue self-serving, beggar-thy-neighbor migration policies – such as building border fences – that further fragment the Union, seriously damage member states, and subvert global human-rights standards.
The current piecemeal response to the refugee crisis, culminating in the agreement reached earlier this year between the EU and Turkey to stem the flow of refugees from the Eastern Mediterranean, suffers from four fundamental flaws.
First, it is not truly European; the agreement with Turkey was negotiated and imposed on Europe by German Chancellor Angela Merkel.
Second, it is severely underfunded.
Third, it has transformed Greece into a de facto holding pen with inadequate facilities.
Most important, the response is not voluntary.
The EU is trying to impose quotas that many member states strenuously oppose, forcing refugees to take up residence in countries where they are not welcome and do not want to go, and returning to Turkey others who reached Europe by irregular means.
This is unfortunate, because the EU cannot survive without a comprehensive asylum and migration policy.
The current crisis is not a one-off event; it augurs a period of higher migration pressures for the foreseeable future, due to a variety of causes. These include demographic shortfalls in Europe and a population explosion in Africa; seemingly eternal political and military conflicts in the broader region; and climate change.
The agreement with Turkey was problematic from its inception.
The very premise of the deal – that asylum-seekers can legally be returned to Turkey – is fundamentally flawed.
Turkey is not a “safe third country” for most Syrian asylum-seekers, especially since the failed coup in July.
What would a comprehensive approach look like?
Whatever its final form, it would be built on seven pillars.
First, the EU must take in a substantial number of refugees directly from front-line countries in a secure and orderly manner.
This would be far more acceptable to the public than the current disorder.
If the EU made a commitment to admit even a mere 300,000 refugees annually, most genuine asylum-seekers would view their odds of reaching their destination as good enough to deter them from seeking to reach Europe illegally – an effort that would disqualify them from legal admission.
Second, the EU must regain control of its borders.
There is little that alienates and scares publics more than scenes of chaos.
Third, the EU needs to find sufficient funds to finance a comprehensive migration policy.
It is estimated that at least €30 billion per year will be needed for a number of years, and the benefits of “surge funding” (spending a large amount of money up front, rather than the same amount over several years) are enormous.
Fourth, the EU must build common mechanisms for protecting borders, determining asylum claims, and relocating refugees.
A single European asylum process would remove the incentives for asylum shopping and rebuild trust among member states.
Fifth, a voluntary matching mechanism for relocating refugees is needed.
The EU cannot coerce member states to accept refugees they do not want, or refugees to go where they are not wanted.
A scheme like the one used by Canada could elicit and match the preferences of both refugees and receiving communities.
Sixth, the EU must offer far greater support to countries that host refugees, and it must be more generous in its approach to Africa.
Instead of using development funds to serve its own needs, the EU should offer a genuine grand bargain focused on the needs of recipient countries.
This means creating jobs in refugees’ home countries, which would reduce the pressure to migrate to Europe.
The final pillar is the eventual creation of a welcoming environment for economic migrants.
Given Europe’s aging population, the benefits migration brings far outweigh the costs of integrating immigrants.
All the evidence supports the conclusion that migrants can contribute significantly to innovation and development if they are given a chance to do so.
Pursuing these seven principles, described in greater deal elsewhere, is essential in order to calm public fears, reduce chaotic flows of asylum-seekers, ensure that newcomers are fully integrated, establish mutually beneficial relations with countries in the Middle East and Africa, and meet Europe’s international humanitarian obligations.
The refugee crisis is not the only crisis Europe has to face, but it is the most pressing.
And if significant progress could be made on the refugee issue, it would make the other issues – from the continuing Greek debt crisis to the fallout from Brexit to the challenge posed by Russia – easier to tackle.
All the pieces need to fit together, and the chances of success remain slim.
But as long as there is a strategy that might succeed, everyone who wants the EU to survive should rally behind it. | Sauver les réfugiés pour mieux sauver l’Europe
NEW YORK – La crise des réfugiés en Europe avait déjà commencé à créer un risque de désintégration de l’Union européenne lorsque, le 23 juin, elle est venue influencer les Britanniques dans leur vote sur la sortie de l’UE.
Cette crise des réfugiés, ainsi que le désastre du Brexit auquel elle a contribué, renforcent plusieurs mouvements xénophobes et nationalistes qui s’apprêtent à concourir dans le cadre de prochaines échéances de vote – parmi lesquelles les élections nationales françaises, hollandaises et allemandes de 2017, le référendum hongrois du 2 octobre sur la politique de l’UE relative aux réfugiés, ou encore un nouveau vote dans le cadre de l’élection présidentielle autrichienne reportée au 4 décembre.
Plutôt que de s’unir pour mieux faire face à cette menace, les États membres de l’UE se montrent de moins en moins disposés à coopérer les uns avec les autres.
Sur la question des migrations, leur priorité demeure la poursuite de politiques du chacun pour soi, autocentrées – comparables à la construction d’un mur – qui fragmentent encore davantage l’Union, mettent sérieusement à mal les États membres, et trahissent les valeurs mondiales en matière de droits de l’Homme.
L’actuelle démarche confuse censée répondre à la crise des réfugiés, et qui a eu pour point culminant l’accord conclu plus tôt dans l’année entre l’UE et la Turquie dans le but d’endiguer le flux de réfugiés en Méditerranée orientale, présente quatre défaillances fondamentales.
Pour commencer, cette réponse n’est pas réellement européenne, dans la mesure où l’accord conclu avec la Turquie a été négocié et imposé à l’Europe par la chancelière allemande Angela Merkel.
Elle est en outre considérablement sous-financée.
Troisièmement, elle transforme de facto la Grèce en terre d’accueil provisoire, alors même que le pays ne dispose pas des installations adéquates.
Mais plus problématique encore, cette réponse n’a rien de volontaire.
L’UE tente d’imposer des quotas auxquels s’opposent fermement de nombreux États, contraignant les réfugiés à élire résidence au sein de pays dans lesquels ils ne sont pas les bienvenus, ou dans lesquels ils ne souhaitent pas vivre, et renvoyant en Turquie les réfugiés ayant atteint l’Europe par des moyens illégaux.
Ce constat est d’autant plus malheureux que l’Europe ne peut espérer survivre sans une politique globale en matière d’asile et de migrations.
L’actuelle crise ne se limite pas à une situation ponctuelle ; elle augure une période de migrations encore plus lourdes dans un avenir proche, en raison de causes multiples, parmi lesquelles le vieillissement des populations d’Europe, l’explosion démographique en Afrique, l’existence de conflits politique et militaires semble-t-il insolubles autour de la région, ainsi que les changements climatiques.
L’accord conclu avec la Turquie était problématique dès le départ.
Le postulat même de cet accord – le renvoi légal des demandeurs d’asile vers la Turquie – est fondamentalement vicié.
La Turquie ne constitue pas un « pays tiers sûr » pour la plupart des demandeurs d’asile syriens, et encore moins depuis le coup d’État avorté du mois de juillet.
Ainsi, à quoi pourrait ressembler une approche globale et adaptée ?
Quelle que soit sa forme finale, il s’agirait de la bâtir sur sept piliers.
Tout d’abord, il s’agirait pour l’UE d’intégrer un nombre substantiel de réfugiés directement en provenance des pays situés en première ligne, de manière sécurisée et ordonnée.
Une telle démarche apparaîtrait beaucoup plus acceptables au yeux du public que le chaos actuel.
Si l’UE s’engageait à accueillir même 300 000 réfugiés chaque année, la plupart des demandeurs d’asile considéreraient leurs chances d’atteindre leur destination comme suffisamment bonnes pour renoncer à tenter une entrée clandestine en Europe – tentative qui disqualifierait leur admission légale.
Deuxièmement, il incombe à l’Europe de regagner le contrôle de ses frontières.
Peu de choses semblent en effet aussi envahissantes et aussi effrayantes aux yeux du public que les scènes de chaos jusqu’à présent observées.
Troisièmement, l’UE doit trouver les fonds suffisants pour financer une politique globale en matière de migrations.
On estime qu’au moins 30 milliards € seront nécessaires chaque année et sur plusieurs années, sachant par ailleurs que les bienfaits de tout « financement massif » (débourser d’emblée un important montant, plutôt que le même montant année après année) sont considérables.
Quatrièmement, l’UE doit élaborer des mécanismes communs de protection des frontières, de gestion des demandes d’asile, et de relocalisation des réfugiés.
L’existence d’un seul et unique système européen dissuaderait les tentatives de shopping au droit d’asile, et permettrait de rebâtir la confiance entre les États membres.
Cinquièmement, il est nécessaire que soit élaboré un mécanisme d’adéquation volontaire en matière de relocalisation des réfugiés.
L’UE ne peut plus continuer d’obliger les États membres à accepter des réfugiés dont ils ne veulent pas, ni de contraindre les réfugiés à rejoindre des territoires qui ne correspondent pas à leur choix.
Un mécanisme du type de celui utilisé au Canada pourrait permettre de laisser s’exprimer et de faire correspondre les préférences des uns et des autres, qu’il s’agisse des réfugiés ou des communautés d’accueil.
Sixième pilier, il s’agirait pour l’UE d’apporter une aide beaucoup plus conséquente aux pays qui accueillent des réfugiés, et de se montrer autrement plus généreuse dans son approche de l’Afrique.
Plutôt que d’utiliser les fonds de développement aux fins de ses propres intérêts, l’UE aurait tout intérêt à miser massivement sur les besoins des pays bénéficiaires de ces fonds.
Ceci signifierait créer des emplois au sein des pays d’origine des réfugiés, ce qui atténuerait chez eux la volonté nécessaire de migrer vers l’Europe.
Le dernier pilier d’une telle approche réside dans la création d’un environnement accueillant pour les migrants économiques.
Compte tenu du vieillissement des populations européennes, les bienfaits de l’immigration l’emportent haut la main sur les coûts liés à l’intégration des immigrants.
Toutes les données confirment la conclusion selon laquelle les migrants peuvent significativement contribuer à l’innovation et au développement, lorsqu’on leur en laisse la possibilité.
La mise en œuvre de ces sept principes, évoqués plus en détails dans une autre publication, est indispensable si l’Europe entend apaiser les craintes de l’opinion, réduire les flux chaotiques de demandeurs d’asile, permettre aux nouveaux arrivants d’être pleinement intégrés, instaurer des relations mutuellement bénéfiques auprès des pays du Moyen-Orient et d’Afrique, et honorer ses obligations humanitaires internationales.
Bien que la crise des réfugiées ne soit pas la seule crise à laquelle l’Europe est actuellement confrontée, elle constitue certainement la plus pressante.
Des avancées significatives sur ce front pourraient en outre faciliter la résolution d’autres problématiques – qu’il s’agisse de l’incessante crise de la dette grecque, des retombées du Brexit, ou du défi que représente la Russie.
Toutes les pièces du puzzle devront être correctement disposées, et le potentiel de réussite demeure limité.
Pour autant, dès lors qu’une telle stratégie a de chances d’aboutir, quiconque souhaite la survie de l’Europe aurait tout intérêt à s’y rallier. |
The Obama Effect
LONDON – In the last two months, I have been in eight American cities – Boston, New York, Washington, Houston, Chicago, Los Angeles, San Francisco, and Seattle.
Phew!
I am left with several sentiments.
First, if you have to travel from city to city in the United States, you would do yourself a favor if you could find a way of journeying by train.
American airlines are pretty awful.
They are lucky that hostility to competition in what purports to be the homeland of free-market capitalism has kept Asian airlines out of their domestic marketplace.
Do American air travelers know just how bad the service that they get really is?
American airports are as dire as British ones, maybe worse.
Los Angeles gets the Oscar, with Soviet-style queues through security.
How is it that America gives us Silicon Valley wizardry and Third World infrastructure?
But, for all the misery of air travel in America, when you get to your destination it can still blow your socks off. The lakeside architecture of Chicago.
The sight of Puget Sound in Seattle (one of my favorite cities).
The view across San Francisco’s bay from Nob Hill.
Park Avenue in New York on a fine late spring morning. They are all, to borrow from Frank Sinatra, “my kind of town.”
What is surprising for a European – at least for this European – at the moment is the relative optimism in all these cities.
Yes, the economic news has been and remains grim.
Much of the automobile industry is bust.
Car dealerships are being closed.
House prices remain pretty flat.
Unemployment and the budget deficit are soaring.
But there is not the same sense of gloom that envelops you in Britain and much of Europe.
My guess is that much of this is the result of traditional American ebullience: the view that what goes down will sooner or later bounce back up.
This is one of the reasons why America has represented a quarter or more of the world’s output for the best part of 150 years.
But there is another factor at work.
We often talk – a good Marxist point – about the impact of economics on politics. And we have seen this recently in Britain.
Down goes the economy and down goes the Labour government’s standing.
Britain’s Labour government is just about as unpopular as it is possible to be.
It performed disastrously in recent elections for local councils and the European parliament.
Prime Minister Gordon Brown is sustained in office primarily by the calculation of his ministers that getting rid of him would trigger an early election that they would lose heavily.
But what about the impact of politics on economics?
That is what I believe you see today in the US.
The economy may look bad, but the president looks great.
Despite the ubiquitous efforts of Fox News, President Barack Obama dominates, enthralls, and enthuses the audience of American voters – consumers, workers, investors, one and all.
He is, as one American commentator calls him, The One.
Obama seems to have every political talent, and he passes the character test too. Moreover, his wife is a star in her own formidable right.
Turn on any TV channel and there they are: glamorous, decent, and smart.
So, while the economic numbers may look bad, the country’s political leadership looks great.
And if you’re an American, you observe other countries around the world (especially in Europe) where people say, “If only he was ours.”
I am a fan myself: a fan with two worries.
First, what happens if politics does not trump economics, and Obama’s policies don’t start to produce a recovery?
That is when the old political calculus may take its grim toll.
If there are no signs of economic recovery by the end of the year, the polls may start to turn.
Obama is smart enough to understand this.
So why – my second worry – does he take quite so much on his own shoulders?
Every day, on every news bulletin, he is out there swinging.
He might argue that he has to be. There are so many issues, from health-care reform to the Middle East, that need his attention.
I just worry about the boredom factor.
If you assume that governing is like campaigning – that you have to be on top of the debate 24 hours a day, seven days a week – can you really anticipate a long shelf life?
Don’t you risk becoming, even if you are smart as hell, too much of a good thing?
I hope I am wrong.
Barack Obama is a star. The world needs one.
But it needs one who continues to shine brightly for several years to come. | L’effet Obama
LONDON – Ces deux derniers mois, je suis allé dans huit ville américaines : Boston, New York, Washington, Houston, Chicago, Los Angeles, San Francisco et Seattle.
Eh bien !
Mes impressions sont pour le moins mitigées.
Tout d’abord, si vous devez voyager d’une ville à une autre aux Etats-Unis, rendez-vous ce service : prenez le train.
Les compagnies aériennes américaines sont atroces.
Elles peuvent s’estimer heureuses que l’hostilité envers la concurrence dans ce qui est censé être la patrie de l’économie de marché capitaliste éloigne les compagnies aériennes asiatiques du marché intérieur.
Les usagers américains ont-ils conscience de la mauvaise qualité du service qu’ils obtiennent ?
Les aéroports américains sont aussi lamentables, voire pires, que les aéroports britanniques.
Los Angeles remporte la palme avec ses files d’attente à la soviétique pour passer les contrôles de sécurité.
Comment l’Amérique peut-elle avoir à la fois l’ingénieuse Silicone vallée et une infrastructure digne d’un pays arriéré ?
Pourtant, malgré le supplice des déplacements aériens, une fois arrivé à destination, il arrive qu’on en prenne plein la vue : l’architecture au bord du lac à Chicago, la vue du Puget Sound à Seattle (l’une de mes villes préférées), le panorama de la baie de San Francisco depuis Nob Hill, Park Avenue, à New York, par une belle matinée à la fin du printemps.
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Ces villes sont toutes, comme le disait Frank Sinatra, mon type de ville (« my kind of town »).
Ce qu’il y a de surprenant à l’heure actuelle pour un Européen – tout du moins pour moi –, c’est l’optimisme relatif que ces villes ont en commun.
Certes, l’économie a été et reste morose.
L’industrie de l’automobile est en grande partie sinistrée.
Nombre de concessionnaires mettent la clé sous la porte.
Les prix de l’immobilier demeurent très bas.
Les taux chômage et le déficit budgétaire atteignent des sommets.
Pourtant, on ne ressent pas aux Etats-Unis cette impression d’austérité qui nous enveloppe en Grande-Bretagne et dans la majorité des pays européens.
J’imagine que cela est dû en grande partie à la traditionnelle exubérance américaine, à l’idée que ce qui baisse finira tôt ou tard par remonter.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Amérique a été à l’origine d’un quart ou plus de la production mondiale pendant la majeure partie des 150 dernières années.
Mais il y a un autre facteur en jeu.
On parle souvent de l’impact de l’économie sur la politique – bon argument marxiste –, comme récemment en Grande-Bretagne.
L’économie chancelle, le gouvernement travailliste aussi.
Le gouvernement travailliste britannique ne pourrait être plus impopulaire.
Il a obtenu des scores désastreux aux dernières élections des conseils locaux et du Parlement européen.
Le Premier ministre Gordon Brown doit le maintien à son poste essentiellement au calcul de ses ministres : se débarrasser de lui provoquerait des élections anticipées qu’ils perdraient dans les grandes largeurs.
Mais qu’en est-il de l’impact de la politique sur l’économie ?
La situation actuelle aux Etats-Unis est un bon exemple en la matière.
L’économie a beau être mauvaise, le président est formidable.
Malgré les efforts constants de Fox News, Barack Obama domine, captive et enthousiasme les électeurs américains : consommateurs, travailleurs, investisseurs, tous sans exception.
Pour reprendre l’expression d’un commentateur américain, il est LE président (« the One »).
Obama semble avoir tous les talents politiques, et il réussit haut la main le test de la personnalité.
Sa superbe femme est aussi une star à part entière.
On les voit sur toutes les chaînes de télévision, glamours, bienséants et intelligents.
Même si l’économie est mal en point, la direction politique du pays est donc en grande forme ; et tout le monde l’envie (en particulier l’Europe).
Je suis fan moi-même d’Obama, mais un fan doublement inquiet.
Premièrement, que se passera‑t‑il si la politique ne fait pas mieux que l’économie et si les politiques d’Obama ne déclenchent pas la reprise ?
C’est là que le vieux calcul politique risque de causer des dégâts.
S’il n’y a pas de signes de reprise économique avant la fin de l’année, il y a de fortes chances pour que les sondages changent.
Obama est suffisamment intelligent pour comprendre cela.
Alors, seconde inquiétude, pourquoi porte-t-il tant sur ses épaules ?
Tous les jours, aux informations, on le voit se démener.
Il pourrait se défendre en disant que c’est son devoir, vu le nombre de questions (de la réforme du système de santé au Moyen-Orient) qui réclament son attention.
C’est le risque de lassitude du public qui me préoccupe.
Si l’on gouverne comme l’on fait campagne, en première ligne des débats 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, peut-on réellement avoir une longue durée de vie médiatique ?
Même si l’on est extrêmement intelligent, ne risque‑t‑on pas de lasser ?
J’espère avoir tort.
Barack Obama est une étoile, celle dont le monde a besoin.
Mais il faut que cette étoile continue de briller de mille feux encore durant plusieurs années. |
India’s Chinese Dream
SEOUL – In recent years, China and India have both emerged as global economic superpowers, with China leading the way.
But, with Chinese growth slowing and the need for structural change becoming increasingly acute, will the economic-reform efforts of India’s new prime minister, Narendra Modi, enable the country to catch up?
Since the 1980s, China has experienced unprecedented economic growth, fueled by abundant low-cost labor, high saving and investment rates, substantial market reforms, outward-oriented policies, and prudent macroeconomic management.
Its leaders now hope to achieve high-income status by developing more technologically sophisticated industries.
India’s economic performance has been less remarkable.
Economic growth began to accelerate dramatically in the early 1990s, owing to trade liberalization and other economic reforms.
Then reforms stalled, the fiscal and current-account deficits soared, and annual GDP growth fell to 4-5%.
As a result, China has pulled ahead, with per capita income last year standing at $11,850 – more than double India’s $5,350.
The question now is whether Modi’s push for faster growth can narrow the income gap in the coming decades.
The most important factor working in India’s favor is its “demographic dividend.” In China, population aging and low fertility rates are already causing the prime working-age population, people aged 15-59, to decline.
From 2015-2040, this group is expected to shrink by more than 115 million.
Meanwhile, India’s prime working-age population will increase by 190 million.
But favorable demographics alone will not bring about the kind of growth that has made China the world’s second-largest economy.
India’s leaders must develop a comprehensive plan to eliminate barriers to economic competitiveness, expand employment opportunities in manufacturing, and improve workers’ education and skills.
As it stands, India ranks 60th in the world for economic competitiveness – much lower than China, which, at 29th, is closing in on high-income countries like South Korea (25th) and France (23rd).
The reasons for this are not difficult to discern: India performs poorly on the fundamental drivers of long-term economic prosperity.
Indeed, despite steady improvements, public health and education levels remain low (102nd worldwide).
Moreover, the lack of adequate transport, communication, and energy infrastructure (85th) is undermining India’s productivity growth.
And India lags behind China in the efficiency of its product and labor markets (ranking 85th and 99th, respectively).
Only by addressing these shortcomings can India attract sufficient investment and boost economic growth.
At the same time, India should expand labor-intensive manufacturing, thereby creating employment opportunities for its growing pool of workers.
Given that manufacturing contributes only 15% of India’s total output, compared to 31% in China, there is considerable room for growth.
In a sense, India has the advantage of being able to learn from China.
China transformed its agrarian economy by building a strong, labor-intensive industrial base, shifting workers from agriculture to manufacturing and construction, and improving productivity across all sectors.
Today, the agricultural sector accounts for only one-third of total employment in China, compared to one-half in India.
India’s structural transformation and sustainable growth will hinge on its efforts to build a flexible labor market, centered on the easing of outdated and complicated employment laws.
The legal protections of workers in India’s formal sector exceed those of most developed countries, as well as China, with mandated requirements rising as the number of employees increases.
As Jagdish Bhagwati and Arvind Panagariya have pointed out,excessive labor-market regulations deter Indian entrepreneurs from employing unskilled workers and developing labor-intensive manufacturing, implying that the Indian government should redouble its reform efforts in this area.
Equally important, Indian workers – especially young people – need opportunities to upgrade their skills continuously.
The McKinsey Global Institute estimates that, of the potential global oversupply of 90 million low-skilled workers in 2020, 27 million will be in India.
Meanwhile, the country will face a shortage of 13 million medium-skilled workers.
Despite India’s educational expansion, especially at the secondary and tertiary levels, its system of higher education, including technical and vocational education and training, remains inadequate.
Though India’s public vocational education and training systems are well institutionalized, they lack the scale, curriculum, financing, and incentives needed to prepare young workers to meet the demands of rapid globalization and technological advancement.
The good news is that Modi seems committed to boosting India’s competitiveness by improving its business climate.
For example, he has already announced measures to promote foreign direct investment in insurance, defense, and telecommunications, including higher infrastructure spending and new tax incentives for savings and investment.
India’s government will also sustain its predecessors’ efforts to strengthen vocational education and skills training.
What Modi’s plan lacks is a strong focus on expanding India’s labor-intensive industries.
That, together with the planned reforms, would enable India to seize the opportunities that arise with favorable demographics and achieve Chinese-style growth. | L’Inde rêve d’une croissance à la chinoise
SÉOUL – Ces dernières années, la Chine et l’inde ont toutes deux émergé en tant que superpuissances économiques mondiales, la Chine occupant toutefois la première place.
Mais à l’heure où ralentit la croissance chinoise, et où la nécessité de réforme structurelle s’y fait de plus en plus pressante, les efforts du nouveau Premier ministre indien Narendra Modi en matière de réforme économique peuvent-ils lui permettre d’espérer voir l’Inde rattraper la Chine ?
Depuis les année s1980, la Chine connaît une croissance économique sans précédent, alimentée par une abondante main-d’œuvre à bas coût, de forts taux d’épargne et d’investissement, d’importantes réformes du marché, des politiques axées sur l’extérieur, ainsi que par une prudente gestion macroéconomique.
Ses dirigeants aspirent désormais au statut de pays à revenu élevé, en développant pour cela des industries plus abouties sur le plan technologique.
Les performances économiques de l’Inde se sont révélées moins spectaculaires.
La croissance économique a commencé à fortement s’accélérer au début des années 1990, grâce à la libéralisation du commerce et à d’autres réformes économiques.
Ces réformes se sont par la suite relâchées, les déficits du budget et de la balance courante ont explosé, et la croissance annuelle du PIB est retombée aux alentours de 4 à 5%.
Conséquence, la Chine a pris de l’avance, son revenu par habitant ayant atteint 11 850 $ l’an dernier – soit plus que le double des 5 350 $ de l’Inde.
La question se pose désormais de savoir si les efforts de Modi en direction d’une plus forte croissance permettront ou non de réduire cet écart de revenu au cours des prochaines décennies.
Le principal atout de l’Inde réside dans son « dividende démographique. » En Chine, le vieillissement de la population et la faiblesse des taux de natalité conduisent à un déclin de la population en âge de travailler, soit celle des 15-59 ans.
Entre 2015 et 2040, il est prévu que cette catégorie voit son nombre diminuer de plus de 115 millions.
Par opposition, la population indienne en âge de travailler devrait d’ici là intégrer 190 millions de nouveaux individus.
Pour autant, son atout démographique à lui seul ne saurait permettre à l’Inde de bénéficier d’une croissance du genre de celle qui a fait de la Chine la deuxième puissance économique de la planète.
Il appartient aux dirigeants indiens d’élaborer un programme global, qui permette d’éliminer les obstacles à la compétitivité économique, de développer les opportunités d’emploi dans le secteur manufacturier, ainsi que d’améliorer l’instruction et les compétences des travailleurs.
En l’État actuel des choses, l’Inde occupe le 60e rang mondial en termes de compétitivité économique – bien en-dessous de la Chine, qui figure en 29e position et se rapproche peu à peu de pays à revenu élevé tel que la Corée du Sud (25e) et la France (23e).
Les raisons de ce retard apparaissent sans difficulté : l’Inde est à la traîne s’agissant de ces moteurs fondamentaux qui propulsent la prospérité économique à long terme.
En effet, en dépit de progrès constants, la santé publique et l’éducation y demeurent au bas du classement (à la 102e place mondiale).
Par ailleurs, le manque d’infrastructures adéquates en matière de transports, de communications et d’énergies (85e) entrave la croissance de la productivité indienne.
L’Inde se place également derrière la Chine quant à l’efficience de ses marchés des produits et du travail (toutes deux étant respectivement classées 85e et 99e).
Ce n’est qu’en remédiant à ces défaillances que l’Inde pourra attirer suffisamment d’investisseurs et dynamiser sa croissance économique.
Dans le même temps, il s’agirait pour l’Inde de renforcer sa production manufacturière à forte intensité de main-d’œuvre, générant ainsi des opportunités d’emploi en faveur d’un bassin de travailleurs croissant.
Dans la mesure où le secteur manufacturier ne contribue à la production indienne totale qu’à hauteur de 15%, contre 31% pour la Chine, il y a là un potentiel de croissance considérable.
En un sens, l’Inde a pour avantage de pouvoir tirer enseignement de l’expérience chinoise.
La Chine s’est transformée en passant du statut d’économie agraire à celui de bâtisseur d’une solide base industrielle à forte intensité de main-d’œuvre, réorientant les travailleurs agricoles vers le secteur manufacturier et le bâtiment, tout en améliorant la productivité dans tous les secteurs.
Aujourd’hui, le secteur agricole représente tout juste un tiers des emplois en Chine, contre la moitié en Inde.
Transformation structurelle et croissance durable de l’Inde dépendront de ses efforts dans la construction d’un marché du travail flexible, axé sur l’assouplissement d’un droit du travail complexe et obsolète.
La protection juridique conférée aux employés du secteur formel de l’Inde surpasse celle de la plupart des pays développés, de même qu’en Chine, et voit les contraintes réglementaires s’accentuer à mesure qu’augmente le nombre d’employés.
Comme l’ont expliqué Jagdish Bhagwati et Arvind Panagariya, l’excès des réglementations sur le marché du travail dissuade les entrepreneurs indiens d’embaucher des travailleurs non qualifiés, et de développer une production à forte intensité de main-d’œuvre, sous-entendant qu’il s’agirait pour le gouvernement indien de redoubler d’efforts quant aux réformes dans ce domaine.
Aspect non moins important, les travailleurs indiens – et notamment les plus jeunes – manquent d’opportunités leur permettant de développer leurs compétences en continu.
Selon l’estimation du McKinsey Global Institute, parmi les 90 millions de travailleurs non qualifiés potentiellement constitutifs d’une offre excédentaire d’ici 2020, 27 millions seront des travailleurs indiens.
D’ici là, l’Inde devrait également être confrontée à une pénurie de quelque 13 millions de travailleurs à qualification intermédiaire.
Malgré le développement de l’éducation en Inde, notamment aux niveaux secondaire et tertiaire, son système d’enseignement supérieur demeure inadéquat, y compris s’agissant de l’éducation et de la formation technique et professionnelle.
Bien que le système public indien d’éducation et de formation professionnelle soit correctement institutionnalisé, il manque de l’ampleur, des programmes, des financements et des mécanismes incitatifs nécessaires pour préparer les jeunes travailleurs à répondre aux besoins des avancées rapides de la technologie et de la mondialisation.
La bonne nouvelle, c’est que Modi semble avoir pour volonté de booster la compétitivité de l’Inde en améliorant l’environnement des affaires.
Il a par exemple d’ores et déjà annoncé plusieurs mesures d’appui aux investissements directs étrangers en matière d’assurances, de défense et de télécommunications, y compris des dépenses plus élevées en infrastructures, ainsi que de nouveaux mécanismes fiscalement incitatifs en faveur de l’épargne et de l’investissement.
Les dirigeants indiens entendent également poursuivre les efforts de leurs prédécesseurs quant au renforcement de l’enseignement professionnel et de la formation.
Le grand absent du projet de Modi n’est autre qu’un effort accru de développement des industries indiennes à forte intensité de main-d’œuvre.
Une telle démarche, associée à des réformes planifiées, pourrait permettre à l’Inde de saisir les opportunités liées à sa démographie favorable, et d’atteindre un rythme de croissance à la chinoise. |
The Future of Computing
ZURICH – Ever since the American computer scientist John McCarthy coined the term “Artificial Intelligence” in 1955, the public has imagined a future of sentient computers and robots that think and act like humans.
But while such a future may indeed arrive, it remains, for the moment, a distant prospect.
And yet the foreseeable frontier of computing is no less exciting.
We have entered what we at IBM call the Cognitive Era.
Breakthroughs in computing are enhancing our ability to make sense of large bodies of data, providing guidance in some of the world’s most important decisions, and potentially revolutionizing entire industries.
The term “cognitive computing” refers to systems that, rather than being explicitly programmed, are built to learn from their experiences.
By extracting useful information from unstructured data, these systems accelerate the information age, helping their users with a broad range of tasks, from identifying unique market opportunities to discovering new treatments for diseases to crafting creative solutions for cities, companies, and communities.
The Cognitive Era marks the next stage in the application of science to understand nature and advance human prosperity.
Its beginning dates to early 2011, when the cognitive computing system Watson beat two human champions on the game show “Jeopardy!”.
Since then, Watson has gone on to do much more, demonstrating how cognitive computing can use big data to tackle some of the most difficult systemic issues facing humanity.
Broadly, cognitive systems offer five core capabilities.
First, they create deeper human engagement, using data about an individual to create more fully human interactions.
Second, they scale and elevate expertise, learning from experts in various fields and making that know-how available to broad populations.
Third, they provide products, such as those connected to the Internet of Things, with the ability to sense the world around them and to learn about their users.
Fourth, they allow their operators to make sense of large amounts of data, helping manage workflows, providing context, and allowing for continuous learning, better forecasting, and improved operational effectiveness.
And, finally – perhaps most important – they allow their users to perceive patterns and opportunities that would be impossible to discover through traditional means.
Cognitive systems are inspired by the human brain, an organ that still has much to teach us.
With systems growing in size and complexity, traditional computer architecture seems to be reaching its limits, as power consumption soars and the transmission delay between components becomes increasingly burdensome.
Indeed, when it comes to energy efficiency – measured in terms of the number of computations per energy unit on “unstructured” data – the human brain performs roughly 10,000 times better than the best man-made machines.
Today, computers consume about 10% of the world’s electricity output, according to Mark Mills, CEO of the Digital Power Group.
In order to benefit fully from the Cognitive Era, we will have to be able to harness huge amounts of information; during the next 15 years, the amount of “digitally accessible” data is expected to grow by a factor of more than 1,000.
Performing the calculations necessary for using such a large amount of data will not be possible without huge strides in improving energy efficiency.
Matching the performance and efficiency of the human brain will likely require us to mimic some of its structures.
Rather than attempting to squeeze energy-intensive performance out of ever-larger chips, we can arrange computer components in a dense 3D matrix similar to a human brain, maximizing not performance, but energy efficiency.
Arranging computer chips in a 3D environment puts the various elements of the computer closer to one another.
This not only reduces the time they take to communicate; it improves energy efficiency by a factor of as much as 5,000 – potentially providing computers with efficiency close to that of a biological brain.
Already, a much denser computer built from available mobile technology and hot water cooling allows for ten times higher efficiency than a conventional system.
But man-made computers are so inefficient not only because they need to power the chips, but also because they need energy to run the air conditioners that remove the heat generated by the processors.
The human brain has a lesson to teach here as well.
Just as the brain uses sugar and blood to provide energy and cooling to its various regions, a 3D computer could use coolant fluid to deliver energy to the chips.
In addition to dissipating heat, the fluid could be used to power an electrochemical system providing power to the processors.
This, in turn, would allow for further increases in packaging density – and thus efficiency.
By adopting some of the characteristics of the human brain, computers have the potential to become far more compact, efficient, and powerful.
And this, in turn, will allow us to take full advantage of cognitive computing – providing our real brains with new sources of support, stimulus, and inspiration. | L'avenir de l'informatique
ZURICH – Depuis que l'informaticien américain John McCarthy a inventé le terme « intelligence artificielle » en 1955, le grand public s'imagine un avenir peuplé d'ordinateurs conscients et de robots qui pensent et agissent comme des humains.
Bien qu'un tel avenir puisse en effet se concrétiser, il reste pour le moment une perspective lointaine.
Toutefois la frontière prévisible de l'informatique n'en est pas moins passionnante.
Nous sommes entrés dans ce qu'IBM appelle l'ère cognitive.
Les avancées de l'informatique renforcent notre capacité à interpréter de grandes quantités de données, afin de conseiller certaines des décisions les plus importantes du monde et de potentiellement révolutionner des secteurs d'activités entiers.
Le terme « informatique cognitive » renvoie aux systèmes qui, plutôt qu'étant explicitement programmés, sont conçus pour tirer les leçons de leurs expériences.
Grâce à l'extraction des informations utiles à partir de données non structurées, ces systèmes accélèrent l'ère de l'information, en aidant leurs utilisateurs dans une vaste gamme de tâches, allant de l'identification de nouvelles opportunités de marché, à la découverte de nouveaux traitements pour les maladies ou encore à l'élaboration de solutions créatives pour les villes, les entreprises et les collectivités.
L'ère cognitive marque la prochaine étape dans l'application de la science à la compréhension de la nature et au progrès de la prospérité humaine.
Ses débuts remontent au début de l'année 2011, lorsque le système informatique cognitif Watson a battu deux champions humains au jeu télévisé Jeopardy.
Depuis lors Watson a continué à développer ses activités, en démontrant ainsi comment l'informatique cognitive peut utiliser des données massives pour s'attaquer à certains des problèmes systémiques les plus difficiles auxquels l'humanité est confrontée.
De façon générale, les systèmes cognitifs offrent cinq fonctions principales.
Premièrement ils créent un engagement humain plus actif, en utilisant les données qui concernent un individu pour créer davantage d'interactions pleinement humaines.
Deuxièmement, ils permettent de proportionner et d'élever le niveau d'expertise, en apprenant des experts dans différents domaines d'apprentissage et en mettant ce savoir-faire à la disposition de populations plus étendues.
Troisièmement, ils offrent des produits, comme ceux liés à l'Internet des objets, dotés d'une capacité à ressentir le monde autour d'eux et à se renseigner sur leurs utilisateurs.
Quatrièmement, ils permettent à leurs opérateurs d'interpréter de grandes quantités de données, pour aider à gérer les charges de travail, en fournissant le contexte et en permettant un apprentissage en continu, pour mieux prévoir et améliorer l'efficacité opérationnelle.
Et enfin (ce qui est peut-être le point le plus important), ils permettent à leurs utilisateurs de percevoir des tendances et des opportunités qui seraient impossibles à découvrir par des moyens traditionnels.
Les systèmes cognitifs s'inspirent du cerveau humain, un organe qui a encore beaucoup à nous apprendre.
Alors que les systèmes augmentent en taille et en complexité, l'architecture des ordinateurs traditionnels semble avoir atteint ses limites, car la consommation de puissance s'envole et le délai de transmission entre les composants devient plus en plus contraignant.
En effet, sur le plan de l'efficacité énergétique (mesurée en termes de nombre de calculs par unité d'énergie sur des données « non structurées »), le cerveau humain fonctionne environ 10 000 fois mieux que les meilleures machines artificielles.
Aujourd'hui les ordinateurs consomment environ 10 % de la production d'électricité du monde, selon Mark Mills, directeur général du groupe Digital Power.
Afin de profiter pleinement de l'ère cognitive, nous devrons être en mesure d'exploiter d'énormes quantités d'informations. Au cours des 15 prochaines années, la quantité de données « numériquement accessibles » est censée augmenter d'un facteur de plus de 1 000.
Effectuer les calculs nécessaires pour utiliser une quantité de données aussi grande ne sera pas possible sans d'énormes progrès dans l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Égaler le fonctionnement et l'efficacité du cerveau humain va probablement nous obliger à imiter certaines de ses structures.
Plutôt que d'essayer de comprimer une performance gourmande en énergie dans des puces toujours plus grandes, nous pouvons structurer les composants d'un ordinateur dans une matrice 3D compacte semblable à un cerveau humain, en maximisant non pas la performance, mais l'efficacité énergétique.
Structurer les puces d'ordinateur dans un environnement 3D rapproche les divers éléments d'un ordinateur les uns des autres.
Cela réduit non seulement le temps qui leur est nécessaire pour communiquer, mais améliore par ailleurs l'efficacité énergétique d'un facteur de 5 000, ce qui permet de fournir à des ordinateurs une efficacité proche de celle d'un cerveau biologique.
Un ordinateur beaucoup plus dense, construit à partir des technologies de téléphonie mobile et de systèmes de refroidissement disponibles, permet déjà une grande efficacité dix fois supérieure au système conventionnel.
Mais les ordinateurs artificiels sont donc inefficaces non seulement parce qu'ils ont besoin d'alimenter les puces, mais également parce qu'ils ont besoin d'énergie pour faire fonctionner les climatiseurs qui éliminent la chaleur générée par les processeurs.
Le cerveau humain a là encore beaucoup à nous apprendre.
Tout comme le cerveau utilise le sucre et le sang pour fournir l'énergie et le refroidissement à ses diverses régions, un ordinateur 3D pourrait utiliser son fluide de refroidissement pour fournir de l'énergie aux puces.
En plus de dissiper la chaleur, le fluide pourrait servir à alimenter un système électrochimique offrant de l'électricité aux processeurs.
Ce procédé permettrait à son tour d'autres augmentations dans la densité des composants et donc l'efficacité.
En adoptant certaines caractéristiques du cerveau humain, les ordinateurs peuvent devenir beaucoup plus compacts, plus efficaces et plus puissants.
Et cela va nous permettre en fin de compte de profiter pleinement de l'informatique cognitive : en offrant à notre véritable cerveau de nouveaux outils pour l'aider, pour le stimuler et pour l'inspirer. |
How to Avoid a War in Venezuela
NEW YORK – One month after Juan Guaidó, the speaker of Venezuela’s National Assembly, said he was assuming the powers of the Venezuelan presidency, currently held by Nicolás Maduro, the country’s political crisis remains far from over.
Tensions have escalated to the point that a full-blown civil war – a seemingly implausible scenario just weeks ago – is now becoming increasingly possible.
At least four people died and hundreds were injured in violent clashes at Venezuela’s borders last weekend as government forces opened fire on an attempt by the opposition to bring aid convoys into the country.
The Maduro regime is authoritarian, militarized, and ready to kill civilians to maintain power.
The society is bitterly divided between the revolutionaries inspired by Hugo Chávez, Maduro’s predecessor, and a large and aggrieved opposition.
Each side despises the other.
The question is therefore a complex and practical one: what to do to help guide Venezuela away from civil war and toward a peaceful and democratic future?
On this great challenge, US President Donald Trump’s administration has gravely miscalculated.
When the United States chose to recognize Guaidó as Venezuela’s president – along with a group of Latin American countries – and ban oil trade with the Maduro government, it was betting that the pressure would be sufficient to topple the regime.
As a former senior US official told the Wall Street Journal, “they thought it was a 24-hour operation.”
This type of miscalculation predates the Trump administration.
In mid-2011, President Barack Obama and Secretary of State Hillary Clinton announced that Syrian President Bashar al-Assad must “step aside.”
Similarly, in 2003, George W. Bush declared “Mission Accomplished” shortly after the US invasion of Iraq.
All of these cases reflect the arrogance of a superpower that repeatedly overlooks local realities.
Maduro’s ability to withstand intense US pressure is not a surprise to close observers of Venezuela’s military.
The centralized structures of command and control of military intelligence, as well as the personal interests of senior officers who control major chunks of the economy, make it highly unlikely that the army will turn on Maduro.
US provocation might create a schism between military commanders and more junior officers, but that would only make the plunge into a bloody civil war more likely.
To date, there have been no defections among high-ranking officers with direct control of troops.
Faced with the prospect that regime change will not come quickly, the Trump administration and some parts of Venezuela’s opposition have begun seriously considering military action.
Echoing language recently used in a speech by Trump, Guaidó wrote on Saturday that he would formally request the international community to “keep all options open.”
Similarly, Republican Senator Marco Rubio, who has acted as a self-appointed guru for Trump on Venezuela, warned on Twitter that Maduro’s actions had opened the door to “multilateral actions not on the table just 24 hours ago.”
Actually, these ideas appear to have been on Trump’s mind for some time.
As former acting FBI director Andrew G. McCabe revealed recently in his book The Threat, Trump said in a 2017 meeting that he thought the US should be going to war with Venezuela.
McCabe quotes Trump as saying: “They have all that oil and they’re right on our back door.” The comments echo Trump’s 2011 statement that Obama let himself get “ripped off” by not demanding half of Libya’s oil in exchange for US help in overthrowing dictator Muammar el-Qaddafi.
US military interventions are not driven only by economic and business interests.
Being tough on Maduro is also highly popular with many Cuban-American and Venezuelan-American voters in Rubio’s home state of Florida, which will be a key battleground in the 2020 presidential election.
Advocates of US military intervention regularly cite the cases of Panama and Grenada as precedents for rapid US-led regime change.
Yet, in contrast to those two countries, Venezuela has a well-armed military of more than 100,000 soldiers.
Of course, the US could defeat the Venezuelan army, but one need not be blind to the atrocities of authoritarian regimes to understand that, as has happened repeatedly in US wars in the Middle East, attempts to overthrow such regimes often end in catastrophe.
Even without military intervention, US sanctions policies, if sustained, are bound to create a famine.
By cutting off Venezuela’s oil trade with the US and threatening to sanction non-US firms that do business with Venezuela’s state-owned oil company, the Trump administration has created one of the most punitive economic sanctions regimes in recent history.
But rather than provoking a coup, economically isolating a country that essentially feeds itself with its oil export revenues could lead to mass hunger instead.
Venezuela’s neighbors and world leaders must put aside the US military option.
Venezuela needs mediation leading to new elections, not war.
It also needs an urgent, interim period of political truce in 2019 to end the devastating hyperinflation, restore flows of foodstuffs and medicines, and reconstitute the electoral rolls and institutions for a peaceful and credible election in 2020.
A pragmatic approach might involve the current government continuing to control the army, while technocrats backed by the opposition take control over finances, the central bank, planning, humanitarian relief, health services, and foreign affairs.
Both sides would agree to a timeline for a national election in 2020, and to an internationally supervised demilitarization of daily life, with a restoration of civil and political rights and physical security in the country.
The United Nations Security Council should oversee such a solution.
Chapter VII of the UN Charter gives the Security Council the mandate to “determine the existence of any threat to the peace, breach of the peace, or act of aggression” and to take actions to “restore international peace and security.”
The Security Council is also the right venue pragmatically, as the US, China, and Russia all have financial and political interests in finding a peaceful solution in Venezuela.
All three countries could readily agree to a path to elections in 2020.
Encouragingly, Pope Francis and the governments of Mexico and Uruguay have also offered to help facilitate mediation to find a peaceful way forward.
Trump and other US leaders say that the time for negotiation has passed.
They believe in a short, quick war if necessary.
World leaders – and those in Latin American countries first and foremost – should open their eyes to the risks of a devastating war, one that could last for years and spread widely. | Comment éviter une guerre au Venezuela ?
NEW YORK – Un mois après que Juan Guaidó, le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne s’est proclamé « président par intérim » du Venezuela, charge actuellement détenue par Nicolás Maduro, la crise politique dans laquelle est plongé le pays demeure loin de son dénouement.
Les tensions se sont accrues au point qu’une guerre civile – scénario qui paraissait peu plausible voici seulement quelques semaines – devient aujourd’hui de plus en plus probable.
Au moins quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées dans les heurts violents qui ont éclaté aux frontières le week-end dernier, tandis que les forces gouvernementales ouvraient le feu afin d’empêcher l’opposition de faire entrer dans le pays des convois d’aide humanitaire.
Le régime Maduro est autoritaire, militarisé et prêt à tuer des civils pour se maintenir au pouvoir.
La société est violemment divisée entre révolutionnaires mus par l’exemple de Hugo Chávez, le prédécesseur de Maduro, et une large opposition, qui se sent lésée.
Chaque camp méprise l’autre.
La question est donc aussi complexe que pratique : que faire pour aider le Venezuela à éviter la guerre civile et à s’orienter vers un avenir pacifique et démocratique ?
Devant cette gageure, l’administration du président des États-Unis Donald Trump a commis une énorme erreur d’appréciation.
Lorsque les États-Unis – ainsi qu’un groupe de pays d’Amérique latine – ont décidé de reconnaître Guaidó comme président du Venezuela et de mettre hors la loi les échanges pétroliers avec le gouvernement Maduro, ils ont fait le pari que ces pressions suffiraient à renverser le régime.
Comme un ancien haut responsable américain le confiait au Wall Street Journal : « Ils pensaient que l’affaire ne durerait pas vingt-quatre heures. »
Les erreurs de ce genre ne datent pas de l’administration Trump.
À la mi-2011, le président Barack Obama et la secrétaire d’État Hillary Clinton annoncèrent que le président syrien Bachar Al-Assad devait « quitter le pouvoir ».
Sur un ton similaire, en 2003, George W. Bush avait déclaré « mission accomplie », peu de temps après l’invasion de l’Irak par les Américains.
Ces exemples traduisent l’arrogance d’une superpuissance qui, régulièrement, néglige les réalités locales.
Pour les connaisseurs de l’armée vénézuélienne, la capacité dont fait preuve Maduro à résister aux pressions intenses exercées par les États-Unis n’est pas une surprise.
Les structures centralisées de son commandement, la surveillance du renseignement militaire et les intérêts personnels des officiers supérieurs qui contrôlent les principaux segments de l’économie rendent parfaitement improbable que l’armée s’en prenne à Maduro.
Les provocations américaines pourraient créer un schisme entre les commandants militaires et des officiers plus jeunes, mais cela ne déboucherait que plus vraisemblablement vers une sanglante guerre civile.
À cette date, on ne connaît aucune défection d’officier de haut rang disposant d’une autorité directe sur les troupes.
Confrontées à la perspective d’un changement de régime qui ne surviendrait que trop lentement, l’administration Trump et certains éléments de l’opposition vénézuélienne commencent d’envisager sérieusement une action militaire.
Faisant écho aux termes utilisés par Trump lors d’un récent discours, Guaidó a écrit samedi qu’il demandait solennellement à la communauté internationale de « maintenir toutes les options ».
De même, le sénateur Marco Rubio, qui se conduit comme l’expert autoproclamé de Trump sur le Venezuela, avertissait sur Twitter que la conduite de Maduro ouvrait la porte à des « actions multilatérales qui n’étaient pas sur la table voici vingt-quatre heures ».
De fait, ces idées, Trump semble depuis quelque temps les avoir en tête.
Ancien directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe a récemment révélé dans son livre The Threat [« La Menace », non traduit] que Trump avait lancé, lors d’une réunion en 2017, que les États-Unis devaient, pensait-il, entrer en guerre avec le Venezuela.
Et McCabe de citer Trump : « Ils ont tout ce pétrole et ils sont juste là, dans notre arrière-cour. » Le commentaire fait écho à la déclaration de Trump en 2011, où il reprochait à Obama de se faire « arnaquer » parce que ce dernier ne demandait pas, en échange de l’aide américaine au renversement du dictateur Mouammar Kadhafi, la moitié du pétrole libyen.
Les interventions militaires des États-Unis ne répondent pas à leurs seuls intérêts économiques et commerciaux.
La fermeté envers Maduro est très bien vue de nombreux électeurs américano-cubains ou américano-vénézuéliens en Floride, l’État du sénateur Rubio, qui sera l’un des États les plus disputés et les plus importants de l’élection présidentielle de 2020.
Les partisans d’une intervention militaire des États-Unis citent les exemples du Panama et de la Grenade, qui connurent une transition rapide sous la houlette américaine.
Mais au contraire de ces deux pays, le Venezuela dispose d’une armée bien équipée, de plus de 100 000 soldats.
Certes, les États-Unis pourraient vaincre l’armé vénézuélienne, mais nul besoin d’être aveugle aux atrocités des régimes autoritaires pour comprendre que les tentatives de les renverser se terminent souvent en catastrophe, comme cela s’est régulièrement vérifié dans les guerres américaines au Moyen-Orient.
Même en l’absence d’intervention militaire, la politique de sanctions des États-Unis, si elle est maintenue, ne manquera pas de créer une famine.
En interrompant les échanges pétroliers du Venezuela avec les États-Unis et en menaçant de punir les entreprises non américaines qui entretiennent des relations commerciales avec la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, l’administration Trump donne naissance à l’un des systèmes de sanctions les plus punitifs mis en place dans l’histoire récente.
Or ce n’est pas tant un coup d’État que risque de provoquer l’isolement économique d’un pays qui se nourrit essentiellement des recettes de ses exportations pétrolières, mais une famine de masse.
Les voisins du Venezuela et les dirigeants mondiaux doivent mettre de côté l’option militaire américaine.
Le Venezuela a besoin d’une médiation sur le chemin de nouvelles élections, non d’une guerre.
Il a également un besoin urgent d’une période intérimaire de trêve politique en 2019, afin de juguler l’hyperinflation, de restaurer les flux de nourriture et de médicaments, de reconstituer les listes électorales et de rebâtir les institutions qui lui permettront d’organiser des élections crédibles et pacifiques en 2020.
Une approche pragmatique pourrait envisager de laisser au gouvernement actuel le contrôle de l’armée, tandis que des techniciens, soutenus par l’opposition, prendraient en charge les finances, la banque centrale, la planification, l’aide humanitaire, les services de santé et les affaires étrangères.
Les deux camps s’entendraient sur un calendrier devant conduire aux élections nationales de 2020 et sur la démilitarisation de la vie quotidienne, sous supervision internationale, ainsi que sur la restauration des droits civils et politiques et de la sûreté des personnes dans le pays.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait coordonner la mise en œuvre d’une telle solution.
Le chapitre VII de la Charte des Nations Unies détermine l’action du Conseil de sécurité s’il « constate l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression » ; il « fait [alors] des recommandations ou décide quelles mesures seront prises […] pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ».
Le Conseil de sécurité est par ailleurs le lieu idoine, d’un point de vue pragmatique, car États-Unis, Chine et Russie ont tous trois intérêt, financièrement et politiquement, à trouver une solution pacifique au Venezuela.
Les trois pays pourraient facilement s’entendre sur une feuille de route pour des élections en 2020.
Le pape François et les gouvernements du Mexique et de l’Uruguay ont aussi proposé leurs bons offices pour trouver une issue pacifique, ce qui est encourageant.
Trump et d’autres dirigeants américains disent que le temps des négociations est révolu.
Ils croient, si nécessaire, en une guerre courte et rapide.
Les dirigeants de la planète – d’abord et surtout ceux d’Amérique latine – devraient ouvrir les yeux sur les risques d’une guerre dévastatrice, qui pourrait durer des années et s’étendre bien au-delà du Venezuela. |
Cities and Sustainable Development
NEW YORK – Tacloban in the Philippines has now joined the growing list of cities – including New Orleans, Bangkok, Moscow, New York, Beijing, Rio de Janeiro, and Port-au-Prince, to name just a few – pummeled in recent years by climate catastrophes.
Many of the world’s largest cities, built on seacoasts and rivers, face the threat of rising sea levels and intensifying storms.
So the new global development agenda now taking shape should empower cities to help lead the way to sustainable development in the twenty-first century.
The importance of cities in today’s world economy is unprecedented.
Until the Industrial Revolution, human history was overwhelmingly rural.
Only around 10% of people lived in cities.
Today, the share of urbanites is around 53% and is likely to rise to around 67% by 2050.
Because per capita incomes are higher in cities than in rural areas, the world’s cities today are estimated to account for more than 80% of global income, with the largest 600 accounting for around half.
Most of the new jobs over the next few decades will be created in cities, offering livelihoods to hundreds of millions of young people and, as China and Brazil have demonstrated, helping to slash extreme poverty.
Cities are also the innovation hubs for public policy.
Every day, mayors are called on to get the job done for residents.
They are the ones responsible for providing safe water, garbage collection, safe housing, infrastructure, upgraded slums, protection from disasters, and emergency services when catastrophes hit.
So it is not surprising that while national governments often are paralyzed by partisan politics, city governments foster action and innovation.
In the United States, for example, Martin O’Malley, Baltimore’s former mayor and now Maryland’s popular governor, pioneered the use of advanced information systems for urban management.
New York City’s outgoing mayor, Michael Bloomberg, worked relentlessly to implement a new sustainability plan (called PlaNYC).
And the city’s incoming mayor, Bill de Blasio, is championing a bold program of educational innovations to narrow the vast gaps in income, wealth, and opportunity that divide the city.
Sustainable development offers a new concept for the world economy in the twenty-first century.
Rather than focusing solely on income, sustainable development encourages cities, countries, and the world to focus simultaneously on three goals: economic prosperity, social inclusion, and environmental sustainability.
Economic prosperity speaks for itself.
Social inclusion means that all members of society – rich and poor, men and women, majority and minority groups – should have equal rights and equal opportunities to benefit from rising prosperity.
And environmental sustainability means that we must reorient our economies and technologies to provide basic services like safe water and sanitation, combat human-induced climate change, and protect biodiversity.
Achieving these three goals will require good governance, public finance, and effective institutions.
Cities will be in the front lines of the battle for sustainable development.
Not only do they face direct threats; they also have the best opportunities to identify and deliver solutions.
As high-density, high-productivity settlements, cities can provide greater access to services of all kinds – including energy, water, health, education, finance, media, transport, recycling, and research – than can most rural areas.
The great challenge for cities is to provide this access inclusively and sustainably.
A significant part of the solution will come through advanced technologies, including information systems and materials science.
The information and communications revolution has spawned the idea of the “smart city,” which places the relevant technologies at the heart of systems that collect and respond to information: smart power grids, smart transport networks (potentially including self-driving vehicles), and smart buildings and zoning.
The advances in materials science open the possibility of much more energy-efficient residences and commercial buildings.
Cities also give rise to the opportunity to combine public utilities, as when urban power plants use the steam released in electricity generation to provide hot water and heating to residents.
Yet technology will be only part of the story.
Cities need to upgrade their governance, to allow for a greater role for poorer and more marginalized communities, and to enable much more effective coordination across city lines when a metropolitan area is home to many individual cities.
Metropolitan governance is therefore crucial, as smart cities require networks that operate at the metropolitan scale.
When the metropolitan scale is recognized, the importance of leading urban areas is even more remarkable.
New York City has around 8.4 million people, but the NYC metropolitan area has roughly 25 million people, with an economy estimated at about $1.4 trillion per year.
If this metropolitan area were a country, it would rank about 14th in the world in GDP terms.
A wise political doctrine known as subsidiarity holds that public-policy challenges should be assigned to the lowest level of government able to address them, thereby ensuring maximum democratic participation in problem solving and the greatest opportunity to tailor solutions to genuine local needs.
While some issues – for example, a national highway or rail system – require national-level problem solving, many key challenges of sustainable development are best confronted at the urban level.
The world’s governments are now negotiating the Sustainable Development Goals, which will guide the world’s development agenda from 2015 to 2030.
In an important meeting on September 25, the United Nations General Assembly agreed that the SDGs would be adopted at a global summit in September 2015, with the next two years used to select the priorities.
An urban SDG, promoting inclusive, productive, and resilient cities, would greatly empower tens of thousands of cities worldwide to take up the cause of sustainable development for their own citizens, their countries, and the world. | Les villes et le développement durable
NEW YORK – La municipalité philippine de Tacloban a désormais rejoint la liste croissante des villes – parmi lesquelles la Nouvelle-Orléans, Bangkok, Moscou, New York, Pékin, Rio de Janeiro ou encore Port-au-Prince, pour n’en citer que quelques-unes – frappées ces dernières années par les catastrophes naturelles.
Nombre des plus grandes villes au monde, bâties au bord du littoral ou à proximité de fleuves, sont aujourd’hui confrontées à la menace de la montée du niveau des mers ainsi que de l’intensification des tempêtes.
C’est pourquoi il est nécessaire que le nouvel agenda du développement mondial qui se dessine à l’heure actuelle confère aux villes la possibilité de s’inscrire en chefs de file du développement durable au XXIe siècle.
L’importance des villes dans l’économie mondiale actuelle se révèle sans précédent.
Jusqu’à la Révolution industrielle, l’histoire humaine fut principalement rurale.
Seulement environ 10% des individus vivaient dans les villes.
À l’heure actuelle, la proportion de citadins avoisine les 53%, et devrait s’élever jusqu’aux alentours de 67% d’ici 2050.
Le revenu par habitant étant plus élevé en milieu urbain qu’en zone rurale, les différentes villes de la planète représenteraient plus de 80% du revenu global, les 600 plus grandes d’entre elles équivalant à environ la moitié de ce pourcentage.
La plupart des emplois créés au cours des prochaines décennies le seront au sein des villes, contribuant à la subsistance de centaines de millions de jeunes, et, comme la Chine et le Brésil l’ont démontré, permettant de réduire considérablement la misère.
Les municipalités se démarquent également en tant que pôles d’innovation des politiques publiques.
Chaque jour, les populations des villes en appellent à leur maire pour assurer les missions nécessaires.
Le maire n’est-il pas en effet l’acteur en charge de l’approvisionnement en eau potable, de la collecte des déchets, de la salubrité des logements, de l’infrastructure, de l’aide aux quartiers défavorisés, de la protection contre les catastrophes, ou encore des services d’urgence qu’il s’agit de déployer lorsque ces catastrophes frappent.
Il n’est donc pas surprenant que là où les gouvernements nationaux se trouvent souvent paralysés par la politique partisane, les municipalités soient celles qui favorisent l’action et l’innovation.
Aux États-Unis, par exemple, l’ancien maire de Baltimore et désormais gouverneur populaire du Maryland, Martin O’Malley, a été l’un des pionniers de l’utilisation de systèmes d’information de pointe pour la gestion des villes.
Michael Bloomberg, maire sortant de New York, a quant à lui œuvré à la mise en place d’un nouveau plan de développement durable (baptisé PlaNYC).
Quant au maire entrant, Bill de Blasio, il s’inscrit en soutien d’un audacieux programme d’innovations éducatives destiné à réduire les importants écarts de revenus, de richesse et d’opportunité qui divisent la ville.
Le développement durable offre un nouveau concept à l’économie mondiale du XXIe siècle.
Loin d’être uniquement axé sur le revenu, ce développement durable encourage les villes, les États, et le monde entier, à se concentrer simultanément sur trois objectifs : prospérité économique, inclusion sociale et durabilité environnementale.
L’objectif de prospérité économique parle de lui-même.
L’objectif d’inclusion sociale consiste quant à lui à faire en sorte que chaque membre de la société – qu’il soit riche ou pauvre, homme ou femme, qu’il appartienne à un groupe majoritaire ou minoritaire – jouisse des mêmes opportunités et des mêmes droits à bénéficier de cette prospérité.
Enfin, la durabilité environnementale voudrait que nous réorientions notre économie et nos technologies de manière à délivrer les services de base tels que l’eau potable et l’hygiène publique, à combattre les changements climatiques d’origine humaine, et à préserver la biodiversité.
La réalisation de ces trois objectifs exigera une gouvernance adéquate, des finances publiques appropriées, ainsi que des institutions efficaces.
Les villes sont vouées à se situer en première ligne du combat pour le développement durable.
Non seulement elles sont confrontées à des menaces directes, mais ce sont également elles qui disposent des meilleures opportunités d’identifier et de délivrer des solutions.
En tant qu’entités à forte densité et à productivité élevée, les villes ont la capacité de fournir un meilleur accès aux différents services – énergie, eau potable, santé, éducation, financement, médias, transports, recyclage ou encore recherche – que ne le peuvent la plupart des zones rurales.
Le grand défi des villes consiste toutefois à fournir un tel accès de manière inclusive et durable.
La solution à cette problématique reposera pour une part significative sur les technologies de pointe, parmi lesquelles les systèmes d’information et la science des matériaux.
La révolution de l’information et des communications a fait naître le concept de « ville intelligente, » qui place ces technologies au cœur des systèmes qui collectent les informations et y répondent : réseaux électriques intelligents, réseaux de transport intelligents (avec la possibilité de véhicules à conduite automatique), ainsi qu’intelligence des constructions et de l’aménagement du territoire.
Les avancées accomplies en science des matériaux ouvrent la possibilité d’immeubles résidentiels et commerciaux beaucoup plus efficients en termes d’énergie.
Les villes sont également un lieu à l’échelle duquel il est possible de voir combinés les services publics, les centrales électriques urbaines pouvant par exemple utiliser la vapeur générée par la production d’électricité afin de fournir eau chaude et chauffage aux résidents.
Les technologies ne constitueront pour autant qu’une partie de la solution.
Il appartient aux villes d’optimiser leur gouvernance, de manière à conférer un rôle plus important aux communautés les plus défavorisées et les plus marginalisées, ainsi qu’à permettre une coordination beaucoup plus efficace aux limites des villes lorsque les agglomérations se constituent de multiples municipalités individuelles.
La gouvernance métropolitaine se révèle par conséquent cruciale, dans la mesure où les villes intelligentes ne sauraient exister sans la présence de réseaux opérant à l’échelle de l’agglomération.
Si la nécessité d’une action à l’échelle des agglomérations est largement admise, l’importance du leadership au sein des zones urbaines se révèle encore plus considérable.
Si la ville de New York héberge quelque 8,4 millions d’habitants, l’agglomération new-yorkaise accueille près de 25 millions d’individus, pour une économie estimée aux alentours de 1 400 milliards $ par an.
Si cette agglomération était un pays, cet État se situerait au 14e rang mondial en termes de PIB.
La judicieuse doctrine politique que l’on a qualifiée de principe de subsidiarité voudrait que les questions de politique publique soient confiées, dès lors qu’elles sont capables de les gérer, aux entités gouvernementales les plus locales possibles, garantissant ainsi une participation démocratique maximale dans la résolution des problématiques, ainsi qu’une meilleure opportunité de façonner des solutions qui répondent véritablement aux besoins locaux.
Bien qu’un certain nombre de questions – telles que la construction d’un réseau national d’autoroutes ou de chemin de fer – exige un travail sur le plan national, de nombreux défis clés du développement durable sont beaucoup mieux appréhendés à l’échelle des villes.
Les gouvernements de la planète négocient à l’heure actuelle les Objectifs de développement durable, qui guideront l’agenda du développement mondial de 2015 à 2030.
Lors de l’importante réunion du 25 septembre, l’Assemblée générale des Nations Unies s’est entendue sur la perspective d’une adoption des ODD au cours d’un sommet mondial en septembre 2015, les deux prochaines années devant permettre de déterminer les priorités.
La mise en place d’un ODD urbain, en faveur de villes inclusives, productives et résilientes, renforcerait considérablement la possibilité, pour des dizaines de milliers de villes à travers le monde, de s’atteler au combat du développement durable, pour le bien de leurs propres habitants, mais également de celui de leur pays et du monde entier. |
An Opportunity for Egypt and the IMF
LAGUNA BEACH – The Egyptian authorities and International Monetary Fund staff have struck a deal.
If the IMF Board agrees next month, Egypt will receive a $12 billion loan to support the implementation of economic reforms.
The primary objective of the three-year program will be to unleash Egypt’s considerable potential, enhance growth and job creation, and tackle foreign-exchange shortages.
But the deal also represents an important opportunity to improve relations between Egypt and the IMF – an outcome that would yield far-reaching benefits for both sides.
Egypt’s relationship with the IMF has long been rocky.
Most notably, in 1977, when Egypt reduced food subsidies in exchange for IMF financing, riots erupted in Egypt’s major cities, resulting in nearly 80 deaths and hundreds of injuries.
The deal had to be terminated, and subsidies reinstated.
Several more deals have been discussed since then, including in 2012; but most have gone off track or been abandoned.
Against that background, it is not surprising that many Egyptians view the IMF as overbearing, seeking to impose its will on countries without sufficient regard for local conditions.
Some even view it as a tool of Western domination.
This perception has caused past Egyptian governments not only to shy away from IMF support, but also to delay the annual economic consultations required under the Fund’s Articles of Agreement.
But Egypt’s economy is struggling, having been hit hard by both economic and non-economic shocks in the last few years.
Security concerns, heightened by the downing of a Russian jet in Sinai last October, have produced a sharp decline in tourism, a major revenue generator.
Remittances from Egyptians working in the wealthy Gulf states, another key source of income, are being undermined by the decline in oil prices.
Receipts from the Suez Canal have been hit by to the slowdown in global growth and international trade.
And foreign direct investment has declined, pending, among other things, greater clarification of the reforms that the government intends to pursue.
This would be a tough combination of economic challenges for any country to address.
But, for Egypt, which has been performing below economic potential for decades, it has been particularly difficult.
Indeed, Egypt now faces large twin fiscal and balance-of-payments deficits, rising inflation, and reduced economic growth.
As a result, its international reserves and exchange rate have come under pressure, despite assistance from wealthy countries like Kuwait and, especially, Saudi Arabia and the United Arab Emirates.
Enter the IMF.
The recent staff-level agreement with the Egyptian authorities is expected to be finalized in September, upon Board approval.
On that basis, Egypt is already making plans to raise funds from other sources, including international bond markets, to support its reforms.
The Fund’s involvement seems appropriate.
After all, the IMF was designed to help member countries confronting precisely the types of challenges that Egypt faces.
Specifically, it provides focused technical assistance in key areas of economic and financial management, while aiding in the design of macroeconomic frameworks for national policies.
And its quickly disbursed financial assistance often catalyzes other financial inflows from public and private sources.
But, as history shows, taking advantage of what the IMF offers is not always easy.
Past experience from many countries indicates that success depends on six key factors.
· A carefully designed economic program that is locally owned and accounts for a country’s economic realities.
· A focus on addressing social challenges that may arise – in particular, protecting the most vulnerable segments of the population.
· A strong and sustained political commitment to ensuring the program’s proper implementation.
· Sufficient and timely external financing.
· Transparent and timely communication, not only between the IMF and national officials, but also with other stakeholders, particularly citizens.
· Trust, so that if (or, rather, when) things do not go according to plan, the relevant parties can work together effectively to make the needed adjustments.
The good news is that the recently agreed deal between Egypt and the IMF seems to lay the groundwork for success (though the full details have yet to be released).
For starters, Egyptian and IMF officials are said to have placed substantial emphasis on a set of pro-growth reforms aimed at improving sectors of Egypt’s economy with significant untapped potential.
Moreover, the agreement is understood to include fiscal, monetary, and exchange-rate measures aimed at containing financial imbalances and ensuring the program’s medium-term viability.
And, importantly, it promotes the strengthening of social-welfare programs and safety nets – features that can do much to revive the IMF’s reputation in Egypt and bolster trust among stakeholders.
Of course, there is no way to guarantee careful implementation, comprehensive communication, or consistent efforts to reinforce trust – all of which are vital to enable mid-course adjustments that reflect inevitable changes in the domestic and external economic environment.
But, based on their recent interactions, it seems that Egypt and the IMF have the potential to overcome their legacy of testy relations.
A constructive relationship between Egypt and the IMF would help attract more support for the country, both through additional bilateral and multilateral agreements and from domestic and foreign investors.
Given the enthusiasm showed at last year’s Egypt Economic Development Conference in Sharm El Sheikh, which focused on attracting investment, it seems clear that Egypt’s prospects for economic and financial recovery are considerable.
As for the IMF, it is now in a better position to demonstrate its capabilities to help member countries, thereby strengthening both its credibility and effectiveness. | Une opportunité pour l’Égypte et le FMI
LAGUNA BEACH – Les autorités égyptiennes et le Fonds monétaire international sont parvenus à un accord.
Le mois prochain, si le conseil d’administration du FMI l’accepte, l’Égypte se verra octroyer un prêt de 12 milliards $ en soutien à la mise en œuvre de réformes économiques.
Le principal objectif de ce programme sur trois ans consistera à permettre au formidable potentiel de l’Égypte de s’exprimer, à dynamiser la croissance et la création d’emplois, ainsi qu’à remédier aux pénuries de devises.
Mais cet accord représente également une opportunité majeure d’amélioration des relations entre l’Égypte et le FMI – une évolution qui bénéficierait considérablement aux deux camps.
Les relations entre le FMI et l’Égypte sont depuis longtemps mouvementées.
C’est ce qu’illustrent notamment les événements de 1977, lorsque l’Égypte décide de restreindre les subventions alimentaires en échange d’un financement de la part du FMI, ce qui provoquera des émeutes dans plusieurs grandes villes d’Égypte, pour un bilan de près de 80 morts et plusieurs centaines de blessés.
L’accord sera finalement résilié, et les subventions rétablies.
Plusieurs autres accords ont depuis fait l’objet de discussions, notamment en 2012, mais la plupart n’ont pas été mis en œuvre comme prévu, ou ont été abandonnés.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que de nombreux Égyptiens considèrent le FMI comme une organisation impérieuse, déterminée à imposer sa volonté aux États sans prendre suffisamment en considération les réalités locales.
Certains y voient même un outil de la domination occidentale.
Cette perception a non seulement conduit les précédents gouvernements égyptiens à se passer du soutien du FMI, mais également à reporter les consultations économiques annuelles qu’exigent les statuts du Fonds.
Seulement voilà, l’économie égyptienne est aujourd’hui à la peine, durement frappée par les chocs à la fois économiques et non économiques des dernières années.
Les préoccupations de sécurité, aggravées par le crash d’un chasseur russe abattu dans le ciel du Sinaï en octobre dernier, ont sévèrement fait chuter le tourisme, une source majeure de revenu pour le pays.
De même, les envois de fonds effectués depuis l’étranger par les Égyptiens employés dans les pays riches du Golfe, transferts qui participent également en grande partie au revenu du pays, sont mis à mal par la baisse des prix du pétrole.
Les recettes en provenance du canal de Suez ont été affectées par le ralentissement de la croissance mondiale et du commerce international.
Quant aux investissements directs étrangers, ils ont eux aussi décliné, dans l’attente notamment d’une plus grande clarification des réformes que le gouvernement égyptien entend mettre en œuvre.
Il y a là une combinaison de défis économiques difficiles, que n’importe quel pays aurait du mal à surmonter seul.
Mais ces épreuves sont pour l’Égypte d’autant plus difficiles à surmonter que le pays se situe depuis des décennies bien en dessous de son potentiel économique.
En effet, l’Égypte est aujourd’hui confrontée à un double déficit important, qui par définition concerne à la fois son budget et sa balance courante, et doit faire face à une inflation en hausse, pour une croissance économique réduite.
Résultat, ses réserves internationales et son taux de change se trouvent sous pression, malgré l’aide de pays riches comme le Koweït, mais surtout de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
C’est ici qu’intervient le FMI.
Le récent accord préparé par ses équipes auprès du gouvernement égyptien devrait être finalisé en septembre, et soumis à l’approbation du conseil d’administration du Fonds.
Sur cette base, l’Égypte prévoit d’ores et déjà de lever des fonds auprès d’autres sources, notamment sur les marchés obligataires internationaux, afin de soutenir ses réformes.
L’entrée en jeu du Fonds apparaît logique.
Après tout, le FMI a été créé pour aider ses pays membres à faire face précisément au type de difficultés que rencontre actuellement l’Égypte.
Il propose spécifiquement une assistance technique ciblée, dans des domaines clés de la gestion économique et financière, tout en aidant à l’élaboration de cadres macroéconomiques destinés aux politiques nationales.
Rapidement débloquées, les aides financières qu’il octroie viennent bien souvent catalyser l’entrée d’autres flux financiers, issus de sources publiques et privées.
Pour autant, et l’histoire le confirme, il n’est pas toujours facile de profiter de ce que le FMI peut offrir.
L’expérience de nombreux pays démontre que le succès de la démarche dépend de six facteurs clés.
· Un programme économique soigneusement élaboré, localement ciblé, et conscient des réalités économiques du pays.
· Un effort d’appréhension des défis sociaux susceptibles de survenir – et plus précisément la protection des catégories les plus vulnérables de la population.
· Une volonté politique solide et durable dans la mise en œuvre effective du programme.
· Des financements extérieurs en quantité suffisante et octroyés dans les temps.
· Une communication transparente et opportune, non seulement entre les dirigeants nationaux et le FMI, mais également auprès d’autres parties prenantes, en premier lieu desquelles les citoyens.
· La confiance, de sorte que si (ou plutôt quand) les choses ne se déroulent pas comme prévu, les parties concernées puissent travailler ensemble et efficacement à la mise en œuvre des ajustements nécessaires.
La bonne nouvelle, c’est que l’accord récemment convenu entre l’Égypte et le FMI semble poser les bases d’un succès (bien que tous les détails n’aient pas encore été publiés).
Pour commencer, il semblerait que les dirigeants du FMI et de l’Égypte aient significativement mis l’accent sur un ensemble de réformes de soutien à la croissance, destinées à optimiser les secteurs de l’économie égyptienne les plus sous-exploités par rapport à leur potentiel.
Il semblerait par ailleurs que l’accord fasse intervenir des mesures budgétaires, monétaires et liées au taux de change, avec pour objectif de maîtriser les déséquilibres financiers, et d’assurer la viabilité à moyen terme du programme.
Autre aspect important, l’accord promeut le renforcement des prestations et des filets de sécurité en matière de solidarité sociale – efforts qui contribueraient significativement à redorer la réputation du FMI en Égypte, et à consolider la confiance entre les acteurs.
Bien entendu, rien ne peut garantir une mise en œuvre consciencieuse, une communication approfondie, ou des efforts constants de renforcement de la confiance – autant d’aspect qui seront indispensables à des ajustements à mi-parcours, voués à refléter des changements inévitables au sein de l’environnement économique national et extérieur.
Néanmoins, sur la base de leurs interactions récentes, il semble que l’Égypte et le FMI soient capables de surmonter leur héritage de relations tendues.
L’émergence d’une relation constructive entre l’Égypte et le FMI permettrait du susciter davantage de soutien en faveur du pays, à la fois au travers d’autres accords bilatéraux et multilatéraux, mais également via l’entrée en jeu d’investisseurs nationaux et étrangers.
Compte tenu de l’enthousiasme observé l’an dernier à Charm el-Cheikh autour de la Conférence sur le développement économique de l’Égypte, dont l’axe principal consistait à attirer des investisseurs, les perspectives de rétablissement économique et financier de l’Égypte apparaissent considérables.
Quant au FMI, il est désormais en meilleure position pour démontrer sa capacité à aider ses pays membres, et ainsi renforcer à la fois sa crédibilité et son efficacité. |
The Battle for Hope
PARIS – Since the arrival of President Barack Obama in the White House, there has been an undeniable rapprochement between Europe and the United States.
But on the deeper and more fundamental level of emotions and values, is it possible that the gap between the two sides of the Atlantic has widened?
Today, there is much more collective hope and much more individual fear in America in the wake of the global economic crisis.
But the reverse is true in Europe. Here one encounters less collective hope and less individual fear.
The reason for this contrast is simple: the US has Obama, and Europe has the welfare state.
So what can be done to promote an “Americanization” of Europe in political terms and a “Europeanization” of America in social terms?
Comforted by a new President who incarnates a return of hope, who inspires and reassures at the same time, Americans are starting to believe that the worst of the economic crisis is behind them.
What was at the beginning of this spring no more than “a glimmer of hope,” to use Obama’s phrase, has become a more serious and positive trend.
Animated collectively by a combination of natural optimism and deep nationalism, Americans have made their president’s campaign slogan, “Yes, we can,” their own.
By contrast, when the personal situations of many individual Americans are examined through European eyes, the extreme individualism that constitutes a key part of American optimism translates into an unacceptable social scandal.
“Cities of Tents are Filling with the Victims of the Economic Crisis,” read one headline a month ago on the front page of a mass-circulation American newspaper.
Journalists report tragic stories of middle-class Americans losing their jobs and homes, potentially putting their lives at risk without any social protection.
Who will pay for your costly cancer treatment if you lose the health insurance policy that came with your job?
It is wrong to assume, as some ultra-free marketers do, that the absence of social protection makes you stronger.
The ambition of a country and a society born of the principles of the Enlightenment cannot be to create a people armed to the teeth with guns yet entirely disarmed in the face of illness.
Moreover, in a society that “lives to work,” where one’s job is such a central component of one’s identity, the loss of work is more destabilizing than in a culture where one “works to live,” as in Europe.
Americans’ perspective on retirement is highly revealing: they are afraid of it. What will they do?
This perspective is not simply rooted in economics, even if today a large proportion of older Americans are rushing back to work as the downturn wrecks their retirement plans.
The geographic separation of families, owing to America’s size and Americans’ mobility, makes the association between retirement and being a grandparent less practicable in the US than it is in Europe.
In Europe, meanwhile, there is undeniably less collective hope and probably a little less individual fear.
Perhaps because they are older and more cynical, European societies seem to bask in a “collective moroseness,” from which they have difficulty emerging.
The record level of abstention in the recent European Parliament elections is further proof of that growing cynicism and alienation.
Of course, it is neither possible nor desirable to “clone” Obama in each of the European Union’s 27 member states.
But what is needed to reduce the deficit of hope that plagues Europe today?
The answer is far from obvious.
Europe suffers from a shortage of leaders who can speak in its name; from a shortage of ambition (what, after all, is the collective ambition of Europeans now that the EU is perceived more as part of the problem than part of the solution).
But, above all, Europe suffers from an identity deficit, for no one seems to know what it means to be a European nowadays.
America, by contrast, seems to have an abundance of all the things Europe lacks.
Formulated in such terms, the European challenge seems even more formidable than the American one.
Nevertheless, it is far from clear that the US will find it easier to reform its health and social security system, and thus alleviate the individual fears of its citizens, than for Europe to inspire its citizens with a sense of collective hope.
In reality, Europe and America should represent a source of mutual inspiration that would reduce the human consequences of inequality in the one, and restore a sense of hope in the other. | La bataille de l’espoir
PARIS – Le rapprochement entre l’Europe et les Etats-Unis, depuis l’arrivée du président Barack Obama à la Maison Blanche, est indéniable.
Mais sur le plan essentiel que sont les émotions et les valeurs, serait-il possible que le fossé entre les deux côtés de l'Atlantique se soit élargi ?
Suite à la crise économique mondiale, l'Amérique fait davantage preuve d'espoir collectif tandis que ses habitants sont de plus en plus sujets à de terribles craintes.
En Europe, c’est l’inverse qui prévaut : moins d’espoir collectif et moins de peurs individuelles.
La raison en est simple : les Etats-Unis ont Obama et l’Europe l’état providence.
Mais comment promouvoir une “Américanisation” de l’Europe sur le plan politique et une “Européanisation” de l’Amérique sur le plan social ?
Réconfortés par un nouveau président qui incarne le retour de l’espoir, inspire et rassure en même temps, les Américains commencent à croire que le pire de la crise économique est derrière eux.
Ce qui n’était au début de ce printemps qu’une simple « lueur d’espoir », pour reprendre les mots d’Obama, s’est mué en une sérieuse tendance positive.
Collectivement animés par un mélange d’optimisme naturel et de nationalisme bien ancré, les Américains se sont approprié le slogan de la campagne d’Obama « Yes, we can » [Oui, nous le pouvons].
En revanche, lorsque la situation personnelle de bon nombre d’Américains est envisagée d’un point de vue européen, l’individualisme extrême, composant essentiel de l’optimisme américain, se transforme en inacceptable scandale social.
La une d’un grand journal américain titrait il y a un mois : « Les tentes des victimes de la crise économique poussent comme des champignons ».
Les journalistes narrent l’histoire tragique de la classe moyenne sans emploi ni maison, risquant parfois leur vie sans aucune protection sociale.
Qui payera votre onéreux traitement contre le cancer si vous perdez la mutuelle qui allait de pair avec votre emploi ?
Présumer, à l’instar de certains marchands ultra-libéraux, que l'absence de protection sociale vous rend fort, est une erreur.
L’ambition d’un pays et d’une société née des principes des Lumières ne peut pas créer un peuple littéralement armé jusqu’aux dents mais véritablement désarmé face à la maladie.
De plus, perdre son emploi dans une société qui « vit pour travailler » et pour laquelle la profession est un composant identitaire essentiel est nettement plus déstabilisant que dans la culture européenne où l’on « travaille pour vivre ».
Ce que les Américains pensent de la retraite en dit long : ils craignent de ne pas savoir quoi en faire.
Cette vision n’est pas seulement due à l'économie, même si une vaste proportion d'Américains plus âgés s'empresse de retourner travailler tandis que le ralentissement saccage leur plan de retraite.
L’éclatement familial sur le plan géographique, dû à la taille du pays et à la mobilité de ses habitants, y est aussi pour quelque chose. Elle rend le lien entre être retraité et être grand-parent moins évident qu’en Europe.
Il est indéniable que l’Europe, quant à elle, suscite moins d’espoir collectif mais aussi moins de craintes individuelles.
De par leur ancienneté et leur cynisme peut-être, les sociétés européennes se complaisent, semble-t-il, dans la « morosité collective », dont ils ont bien du mal de sortir.
Le record d’abstention aux dernières élections parlementaires européennes est une nouvelle preuve de leur cynisme croissant et de leur sentiment d’aliénation.
Il est évidemment impossible, et non souhaitable, de « cloner » Obama pour le mettre à la tête de chacun des 27 états membres de l’Union européenne.
Mais que faire pour réduire le déficit d’espoir qui fait aujourd’hui rage en Europe ?
La réponse est loin d’être évidente.
L’Europe souffre d’une pénurie de dirigeants qui parleraient en son nom, d’un manque d’ambition (quelle peut donc être l’ambition collective des Européens maintenant qu’ils perçoivent l’UE comme un problème plutôt qu'une solution ?).
Mais, surtout, l’Europe souffre d’un déficit identitaire, car de nos jours plus personne ne semble savoir ce que signifie être européen.
En revanche, tout ce qui manque en Europe abonde aux Etats-Unis.
Formulé ainsi, le défi européen paraît encore plus impressionnant que celui des Américains.
Pourtant, pas facile à dire si les Etats-Unis auront moins de mal à réformer leur système de santé et de sécurité sociale, et par là soulager la peur de chacun de ses citoyens, que l’Europe à inspirer ses citoyens et à lui redonner un sentiment d'espoir collectif.
En réalité, l’Europe et les Etats-Unis devraient s'inspirer l'un l'autre pour réduire les conséquences des inégalités chez l'un et retrouver l'espoir chez l'autre. |
Financial Regulators’ Fine Mess
WASHINGTON, DC – When an athlete breaks the rules, it is easy to figure out whether the relevant disciplinary body really wants to discourage repeat offenses.
Suspending a player from the sport – as happens in soccer in the case of dangerous fouls – is a real punishment, not only for the individual but also for the team.
Consider the case of Michael Clarke, the captain of the Australian cricket team, who recently threatened bodily harm to an opposing player.
Despite public hand-wringing, Cricket Australia (the governing body) imposed only a small fine (that is, small relative to Clarke’s annual salary).
Whether or not this was appropriate, Cricket Australia was making it clear that such behavior merited only a symbolic punishment.
The recent $13 billion settlement between the US Department of Justice and JPMorgan Chase (JPM), one of the world’s largest international banks, should be viewed the same way.
To the uninitiated, the fine appears significant (which explains all the attention-grabbing headlines), and it certainly has made America’s financial regulators look busy and serious.
But, just like Cricket Australia, the message is clear: There will be no change to business as usual.
JPM was accused of a wide range of illegal activities, including misrepresenting securities to investors and much more.
Better Markets, a pro-financial-reform group, points out that what we know about the settlement suggests that it is largely meaningless.
As Dennis Kelleher, head of Better Markets, put it,
“Rather than throwing the book at [JPM] and its executives, the Department of Justice called off a press conference and stopped a lawsuit because the bank’s high profile, politically-connected CEO, Jamie Dimon, personally called the Attorney General and asked him to do so.”
The way in which the settlement was worked out should also give us pause – with Dimon having direct access to US Attorney General Eric Holder, America’s top law-enforcement official. “Few if any Americans have the ability to even get the AG on the phone,” Kelleher reminds us, “much less the power to get him to stop him from filing a lawsuit that would have revealed to the public the details of JPMorgan’s alleged illegal conduct.”
As a result, we will not learn exactly what was alleged in the case against JPM, including the evidence used.
The level of public scrutiny and concern will subside.
But at least JPM must pay a high price to make the entire matter disappear, right?
Well, no.
A $13 billion “fine” for a company the size of JPM is about as painful as Clarke’s fine is for him – not painful at all.
Clarke earns about $6 million (Australian dollars) per year; in addition to an annual retainer, he receives a $14,000 match fee for every international test match, along with other tour fees and bonuses.
He was fined 20% of the international match fee ($2,800), or about 0.05% of his annual salary.
For anyone with an annual income of $50,000 (which is close to the median for US households), this would be equivalent to a fine of $25.
JPM has a total balance sheet of around $4 trillion, measured using international accounting standards.
As management told shareholders after the settlement was announced, “the Firm is appropriately reserved for all of these matters,” meaning that there would be no material impact on earnings.
And, predictably, “the Firm did not admit any violations of law.”
In fact, while Clark’s paltry fine presumably at least comes out of his own pocket, the penalty levied on JPM is to be paid largely by its shareholders.
And, because there is no market for corporate control over megabanks (because protections provided by regulators prevent hostile takeovers or effective shareholder activism), frustration on the part of JPM’s investors cannot result in a change of management.
But, again, JPM’s shareholders have little cause for concern.
Marianne Lake, JP Morgan’s chief financial officer, has suggested that about $7 billion of the fine is likely to be tax deductible, that is, treated as a form of necessary and usual business expense.
The bank was taxed at an effective rate of 31.3% in the first nine months of 2013, according to the Wall Street Journal, implying a tax break worth around $2.2 billion (which could end up higher).
While JPM is now off the hook, holding individual employees personally accountable for their behavior is still an option.
But no one should hold their breath.
The chances that anyone will be suspended from the industry are minimal, and the impact on management is likely to be nil.
Kelleher sent a forceful letter to Holder, urging full disclosure of all relevant details in the case – and there are many.
Americans owe it to themselves to read it and recommend it to their elected representatives.
Kelleher concludes, “Equal justice for all without fear or favor is the bedrock of our democracy and, indeed, our country.” Unfortunately, the Department of Justice still seems to believe that very large companies deserve special access and special treatment. | Pagaille chez les régulateurs financiers
WASHINGTON, DC – Lorsqu’un athlète enfreint les règles, il est relativement simple pour l’organe disciplinaire compétent de décider s’il entend ou non procéder de manière à éviter une récidive.
Le fait de suspendre un sportif de l’exercice de sa discipline – ce qui se produit par exemple dans le football lorsqu’un joueur se livre à une faute dangereuse – constitue une sanction réelle, non seulement pour l’individu concerné, mais également pour son équipe.
Prenons le cas de Michael Clarke, capitaine de l’équipe australienne de cricket, qui a récemment menacé physiquement l’un de ses adversaires.
Bien que l’opinion publique s’en soit arrachée les cheveux, Cricket Australia (l’entité compétente en la matière) n’a prononcé qu’une très faible amende à son encontre (à savoir insignifiante par rapport au salaire annuel de Clarke).
Indépendamment du caractère approprié ou non de cette décision, Cricket Australia a clairement considéré que le comportement incriminé méritait seulement une sanction symbolique.
Le récent prononcé d’une résolution pour un montant de 13 milliards $ entre le département américain de la Justice et JPMorgan Chase (JPM), l’une des plus grandes banques internationales de la planète, peut être considéré sous un angle similaire.
Aux yeux des plus profanes d’entre nous, cette amende peut sembler significative (expliquant l’ampleur de la couverture médiatique autour de l’événement), et donne clairement l’impression d’un travail complet et sérieux de la part des régulateurs financiers américains.
Or, comme de la part de Cricket Australia, le message formulé est tout à fait clair : aucun changement ne sera apporté au statu quo des affaires courantes.
L’accusation formulée à l’encontre de JPM a fait valoir tout un ensemble d’agissements illicites, parmi lesquels de fausses déclarations de titres auprès des investisseurs, pour ne citer qu’une des nombreuses allégations.
Better Markets, groupe œuvrant en faveur d’une réforme dans le domaine financier, a souligné que ce que nous savions de cet arrangement suggérait combien celui-ci était dénué de signification.
Comme l’explique Dennis Kelleher, directeur de Better Markets :
« Plutôt que de charger lourdement [JPM] et ses dirigeants, le département de la Justice a annulé une conférence de presse et mis un terme à la procédure judicaire, dans la mesure où le bien en vue et très politiquement connecté PDG de la banque, Jamie Dimon, avait personnellement appelé le procureur général pour lui demander de le faire. »
La manière dont s’est opérée cette résolution laisse quelque peu songeur – Dimon ayant en effet un accès direct au procureur général des États-Unis, Eric Holder, plus haut fonctionnaire judiciaire d’Amérique. « Bien peu d’Américains, pour ne pas dire aucun, ont ne serait-ce que la possibilité de joindre l’Attorney General par téléphone, » nous rappelle Kelleher, « et encore moins la possibilité de l’amener à cesser ses poursuites dans le cadre d’un procès qui aurait pourtant permis de révéler au grand public les détails des agissements présumés illicites de JPMorgan. »
C’est ainsi que nous n’en saurons pas davantage sur les allégations formulées dans cette affaire à l’encontre de JPM, y compris sur les preuves avancées.
La critique publique et les inquiétudes de l’opinion sont par conséquent vouées à s’estomper peu à peu.
Ne s’attendrait-on pas alors à ce que JPM soit au minimum contrainte de verser un lourd tribut pour faire disparaître cette affaire ?
Eh bien, il n’en est rien.
Le prononcé d’une « amende » de 13 milliards $ à l’encontre d’une société de l’envergure de JPM est à peu près aussi douloureux que l’a été pour Clarke la sanction financière décidée à son encontre – c’est-à-dire bien peu éprouvante.
Clarke perçoit chaque année un salaire d’environ 6 millions $ (en dollar australien) ; en plus de cette rémunération annuelle, il touche une prime de match de 14 000 $ à l’occasion de chaque rencontre d’essai internationale, sans oublier un certain nombre d’autres gratifications et bonus dans le cadre de ses déplacements sportifs.
Il n’a pourtant été soumis qu’à une amende équivalente à 20% de sa prime de match international (2 800 $), ce qui représente environ 0,05% de son salaire annuel.
Chez une personne percevant un revenu annuel de 50 000 $ (ce qui s’approche davantage du ménage moyen aux États-Unis), ceci équivaudrait à une amende de 25 $.
JPM présente un bilan total d’environ 4 000 milliards $, selon un calcul conforme aux normes comptables internationales.
Comme la direction l’a affirmé à ses actionnaires peu après l’annonce de la résolution, « la société dispose de réserves suffisantes pour faire face à toutes ces questions, » sous-entendant une absence d’impact significatif sur les bénéfices.
Elle précise d’autre part, sans surprise, que « la Société reconnaît n’avoir commis aucune infraction à la loi. »
Il convient par ailleurs de relever que, là où Clarke paiera très certainement de sa poche la ridicule amende prononcée à son encontre, la sanction imposée à JPM sera en grande partie assumée par ses actionnaires.
Et dans la mesure où il n’existe aucun marché du contrôle d’entreprise sur les mégabanques (puisque les protections apportées par les régulateurs empêchent la survenance d’OPA hostiles, et anéantissent toute l’efficacité d’éventuelles démarches activistes de la part des actionnaires), la frustration des investisseurs de JPM ne saurait aboutir à un changement au sein de la direction.
Mais ici encore, les actionnaires de JPM ont peu de raisons de s’inquiéter.
Marianne Lake, directrice financière de JP Morgan, a laissé entendre qu’environ 7 milliards des dollars composant cette amende seraient probablement déductibles fiscalement, à savoir enregistrés en tant que dépense attachée au fonctionnement nécessaire et habituel de l’entreprise.
Sachant que la banque a été imposée à un taux effectif de 31,3% pour les neuf premiers mois de l’année 2013, selon le Wall Street Journal, cette possibilité représente un avantage fiscal d’environ 2,2 milliards $ (voire plus élevé en fin de compte).
JPM étant désormais tirée d’affaire, il reste encore la possibilité d’engager la responsabilité personnelle des employés individuels pour leurs agissements.
Nul ne devrait pour autant avoir à retenir son souffle.
La probabilité de voir l’un d’entre eux suspendu de ses fonctions au sein du secteur est tout à fait minime, et les conséquences pour la direction sans aucun doute inexistantes.
Quoi qu’il en soit, Kelleher a adressé une lettre épicée à Holder, réclamant la pleine et entière divulgation de l’ensemble des détails constituant cette affaire – et ils sont nombreux.
Il appartient aux Américains de prendre connaissance de ce courrier, et de saisir leurs représentants politiques de la question.
Comme le conclut Kelleher, « l’existence d’une justice égale pour tous, dénuée de toute crainte ou faveur, constitue le fondement de notre démocratie et, en fin de compte, de notre pays. » Malheureusement, aux yeux du département de la Justice, les plus grandes entreprises semblent encore aujourd’hui mériter un pouvoir d’accès particulier et un traitement privilégié. |
Are We Working Ourselves to Death?
Work can give structure and meaning to life.
But working conditions can also trigger or accelerate the symptoms of ill health - physical and mental - that feed back into our productivity and earning capacity, as well as into our social and family relationships.
In fact, an alarmingly large number of people appear to be at risk.
Of the EU's 160 million-strong labour force, 56% report working at very high speeds, and 60% to tight deadlines.
More than a third have no influence on task order, and 40% perform monotonous tasks.
This probably contributes to a host of health-related problems: 15% of the workforce complain of headaches, 33% of backache, 23% of fatigue, and 23% of neck and shoulder pains, plus a host of other illnesses, including life-threatening ones.
Sustained work-related stress is also an important determinant of depressive disorders - the fourth-largest cause of disease world-wide.
They are expected to rank second by 2020, behind only heart disease.
In the EU, the cost of these and related mental health problems is estimated to average 3-4% of GNP, amounting to approximately 265 billion euros annually.
Moreover, sustained work-related stress is likely to contribute to `metabolic syndrome,' a cluster of pathogenic mechanisms characterised by an accumulation of abdominal fat, a decrease in sensitivity to insulin, increased levels of cholesterol, and heightened blood pressure, all related to the onset of heart disease and diabetes.
Of course, working conditions may be experienced as threatening even when objectively they are not, or trivial symptoms may be interpreted as manifestations of serious illness.
But stress is worrisome precisely because even misinterpretations can add to, or result in, a wide variety of health problems, including heart disease, stroke, cancer, musculoskeletal and gastrointestinal diseases, anxiety and depression, accidents, and suicides.
Briefly stress consists of a pattern of built-in processes preparing the human organism for physical activity in response to demands and influences that tax its capacity to adapt.
Activation of our "fight or flight" mechanism is an appropriate adaptive response when facing a wolf pack, but not so when struggling to adjust to rotating shifts, monotonous and fragmented tasks, or over-demanding customers.
If sustained, stress is often maladaptive and eventually disease provoking.
Stress-related paths to pathologies take a wide variety of forms.
They can be emotional (anxiety, depression, hypochondria, and alienation), cognitive (loss of concentration or recall, inability to learn new things, be creative, make decisions), behavioural (abuse of drugs, alcohol, and tobacco, refusal to seek or accept treatment), or physiological (neuroendocrine and immunological dysfunction).
To identify, prevent, and counteract the causes and consequences of work-related stress, we need to monitor job content, working conditions, terms of employment, social relations at work, health, well-being and productivity.
The first step is to identify the incidence, prevalence, severity, and trends of work-related stress and its causes and health consequences.
Are they likely to contribute to stress-related ill health?
Can they be changed?
Are such changes acceptable to workers and employers?
Wherever the answers are affirmative, an integrated package of organisational changes should be considered.
Such changes are likely to include the following areas:
Work schedule.
Design labor time to avoid conflict with demands and responsibilities unrelated to the job;
Participation/control.
Allow workers to take part in decisions or actions affecting their jobs;
Workload.
Ensure that workers have enough time to complete assigned tasks, and allow for recovery from especially demanding physical or mental tasks;
Content.
Design tasks to provide meaning, stimulation, a sense of completeness, and an opportunity to use skills;
Roles.
Define work roles and responsibilities clearly;
Social environment.
Ensure a working atmosphere free of all forms of invidious discrimination and harassment;
Future.
Avoid ambiguity in matters of job security and career development; promote life-long learning and employability.
Although it is likely, the short- and long-term outcomes of such changes may not always suffice in the fight against work-related stress.
They need therefore to be evaluated in terms of exposures and reactions to stress, the incidence and prevalence of ill health, and the quality and quantity of goods or services.
Many companies world-wide recognize that success requires satisfying the three elements of sustainable development: financial, environmental, and social.
Failure to do so leads, over time, to terminal organizational weakness, owing to lost credibility amongst employees, shareholders, customers, and communities.
This has numerous implications for relations with employees.
Ensuring long-term economic growth and social cohesion requires a commitment to health and safety, a better balance between work, family and leisure, lifelong learning, greater workforce diversity, gender-blind pay and career prospects, and profit-sharing and equity-ownership schemes.
These practices can have a positive impact on profits through increased productivity, lower staff turnover, greater amenability to change, more innovation, and better, more reliable output.
Indeed, companies often have an interest in going beyond minimum legal requirements: peer respect and a good reputation as an employer are marketable assets.
The challenge for science is to find out what to do, for whom, and how.
The challenge to workers, employers, governments, and communities is to translate what we now know into coordinated and sustainable programs. | Sommes-nous en train de nous tuer à la tâche ?
Le travail peut structurer la vie et lui donner un sens.
Mais les conditions de travail peuvent également déclencher ou accélérer les symptômes d'une mauvaise santé, tant physique que mentale, qui s'insinuent dans notre productivité et notre capacité à gagner notre vie, ainsi que dans nos relations sociales et familiales.
En fait, un nombre grandissant d'employés semblent, de manière alarmante, vulnérables.
Sur les 160 millions d'employés de constitution robuste dans l'Union Européenne, 56 % déclarent travailler à une cadence très soutenue et 60 % selon des délais très serrés.
Plus d'un tiers d'entre eux reconnaissent n'avoir aucune influence sur l'ordre des tâches et 40 % effectuent des tâches monotones.
Il est probable que cette situation engendre toute une série de problèmes liés à la santé : 15 % des effectifs se plaignent de maux de tête, 33 % de maux de dos, 23 % de fatigue et 23 % de douleurs cervicales et de douleurs à l'épaule, ainsi que de plusieurs autres maladies, notamment des maladies affectant le processus vital.
La tension nerveuse prolongée liée au travail joue également un rôle essentiel dans la survenue de troubles dépressifs, la quatrième cause la plus importante de maladie dans le monde.
Ces troubles devraient occuper la deuxième place d'ici 2020, derrière les maladies cardiaques.
Dans l'Union Européenne, le coût de ces troubles dépressifs et des problèmes liés à la santé mentale atteindrait en moyenne 3 à 4 % du PNB, soit environ 265 milliards d'euros par an.
De plus, la tension nerveuse prolongée liée au travail est susceptible de contribuer à l'apparition du « syndrome métabolique », un groupe de mécanismes pathogènes caractérisés par une accumulation de graisse abdominale, une diminution de la sensibilité à l'insuline, des niveaux accrus de cholestérol et une pression artérielle plus importante, tous liés aux premiers symptômes de la crise cardiaque et du diabète.
Bien évidemment, les conditions de travail peuvent être ressenties comme menaçantes, même lorsque, en toute objectivité, elles ne le sont pas, ou bien des symptômes insignifiants peuvent être interprétés comme une manifestation d'une maladie grave.
Mais la tension nerveuse est inquiétante précisément parce que même une erreur d'interprétation peut provoquer ou s'ajouter à une vaste plage de problèmes de santé, notamment une cardiopathie, une attaque, un cancer, des maladies musculo-squelettiques et gastro-intestinales, une anxiété et une dépression, des accidents et des suicides.
En bref, la tension nerveuse se compose d'un schéma de processus intégrés qui préparent l'organisme humain à l'activité physique en réponse aux exigences et aux influences qui éprouvent sa capacité à s'adapter.
L'activation de notre mécanisme de « lutte ou de fuite » constitue une réaction adaptative appropriée lorsque nous sommes confrontés à une meute de loups, mais non lorsque nous luttons pour nous adapter à des roulements de postes, à des tâches monotones et fragmentées ou à des clients trop exigeants.
Si elle se prolonge, la tension nerveuse est souvent mal supportée et entraîne finalement des maladies.
Les voies menant aux pathologies, liées à la tension nerveuse, prennent diverses formes.
Elles peuvent être émotionnelles (anxiété, dépression, hypocondrie et aliénation), cognitives (perte de concentration ou de mémoire, incapacité à apprendre de nouvelles choses, à être créatif, à prendre des décisions), comportementales (usage de la drogue, de l'alcool et du tabac, refus de chercher ou d'accepter un traitement) ou physiologiques (dysfonctionnement neuroendocrinien et immunologique).
Pour pouvoir identifier, prévenir et contrecarrer les causes et les conséquences de la tension nerveuse liée au travail, nous avions besoin de suivre le contenu des tâches, les conditions de travail, les conditions d'embauche, les relations sociales sur le lieu de travail, l'hygiène, le bien-être et la productivité.
La première étape consistait à identifier l'incidence, la fréquence, la gravité et les tendances de la tension nerveuse liée au travail, ainsi que ses causes et ses conséquences sur la santé.
Etaient-elles susceptibles d'engendrer une mauvaise santé liée à la tension nerveuse ?
Pouvaient-elles être modifiées ?
Ces modifications paraîtraient-elles acceptables aux yeux des employés et des employeurs ?
Chaque fois que les réponses étaient affirmatives, des modifications devaient être prises en considération au niveau organisationnel.
Ces modifications étaient susceptibles de porter sur les domaines suivants :
Horaires de travail.
Planifier le programme de travail afin d'éviter des conflits entre demandes et responsabilités sortant du cadre du travail ;
Participation/contrôle.
Permettre aux employés de prendre part aux décisions ou aux actions influençant leur travail ;
Charge de travail.
Assurer que les employés disposent d'un temps suffisant pour terminer les tâches qui leur ont été assignées et leur permettre de récupérer après des tâches physiquement ou mentalement exigeantes ;
Contenu.
Concevoir des tâches apportant un sens, une stimulation, un sentiment de complétude et une occasion de mettre en oeuvre ses compétences ;
Rôles.
Définir clairement les rôles des employés et leurs responsabilités ;
Environnement social.
Assurer une ambiance de travail exempte de toute forme de discrimination et de harcèlement pénible ;
Futur.
Eviter toute ambiguïté au niveau de la sécurité de l'emploi et du développement de carrière ; promouvoir un apprentissage et une aptitude au travail permanents.
Il est fort probable que les résultats à court et à long terme de ces modifications ne suffiront pas toujours à lutter contre la tension nerveuse liée au travail.
Ils doivent donc être évalués en termes d'exposition et de réaction à la tension nerveuse, d'incidence et de fréquence de la mauvaise santé, et de qualité et de quantité des biens ou des services.
Un grand nombre d'entreprises dans le monde entier reconnaissent que réussite implique satisfaction des trois éléments d'un développement durable : l'élément financier, environnemental et social.
Si ces trois éléments ne sont pas remplis, des faiblesses peuvent apparaître, au fil du temps, au niveau de l'organisation en raison d'une perte de crédibilité auprès des employés, des actionnaires, des clients et des communautés.
Les implications sur les relations avec les employés sont nombreuses.
L'assurance d'une croissance économique et d'une cohésion sociale sur le long terme exige un engagement sur la santé et la sécurité, un meilleur équilibre entre le travail, la famille et les loisirs, un apprentissage permanent, une main-d'oeuvre plus diverse, un salaire et des perspectives de carrière équitables entre les sexes, et des schémas de participation au bénéfice et au capital social de la société.
Ces pratiques peuvent avoir un impact positif sur les bénéfices grâce à un accroissement de la productivité, une diminution du roulement du personnel, une plus grande tolérance envers le changement, un nombre d'innovations plus important et un rendement accru plus fiable.
En effet, les sociétés ont souvent intérêt à dépasser les exigences légales minimales : elles y gagnent le respect de leurs pairs et une bonne réputation en tant qu'employeur qui constituent des atouts commercialisables.
Le défi que doit relever la science consiste à découvrir quoi faire, pour qui et comment.
Les employés, les employeurs, les gouvernements et les communautés, quant à eux, doivent traduire ce que nous connaissons en programmes coordonnés et viables. |
Homelands for Plants
DURHAM, NORTH CAROLINA – My day begins with a cup of coffee and ends with hot chocolate.
In between, I consume a variety of food and medicines, including my daily 81mg dose of aspirin.
A brightly colored orchid enlivens my study, and, through the window, I catch a glimpse of my green garden.
In short, my life – like everyone’s – is enabled, enriched, and extended by a wide variety of plants and their derivatives.
But the biodiversity on which all of us depend is under threat, as human activity devastates forests and other plant-rich habitats.
The question now is how quickly are species being destroyed – and what can be done to stop it.
Designing effective conservation strategies must begin with knowledge of the species we need to protect.
So far, taxonomists have described roughly 297,500 plant species.
How many have they not yet described?
Where are we likely to find them?
It might seem that, as the pool of undescribed species diminishes, the rate at which taxonomists describe new species should decline.
But the opposite has happened, with rates often increasing nearly exponentially from year to year – a phenomenon that can be explained largely by the growing number of taxonomists.
Indeed, it is only the ratio of new species to taxonomists describing them that is declining.
Based on this development, mathematical models predict that roughly 15% more plant species exist than are currently known, for a total of some 350,000 species – a figure that is consistent with expert opinion.
Perhaps half of the undescribed species have already been collected and housed in herbaria, where they await detection and analysis.
To find the rest, taxonomists must rely on three general patterns governing species’ geographical distribution:
· Most species have very small geographical ranges and are uncommon locally.
· The number of species found in any one habitat varies considerably.
Large tracts of boreal forest across North America and Eurasia have only a handful of tree species, while the Amazon basin may house 16,000.
· Species with small geographical ranges are often concentrated in the same areas, but they tend to be in areas different from where the largest numbers of species live.
Based on these patterns, one could predict that most undescribed species have small geographical ranges and are scarce within them – that is why we have not found them yet.
Moreover, they are likely to be located within known concentrations of species with small ranges, in areas like Central America, the Caribbean, the northern Andes, Brazil’s coastal forests, southern Africa, Madagascar, Southeast Asia, New Guinea, Western Australia, and many tropical islands.
Given that most plants that are currently threatened with extinction – 20% of known species, and probably 30% of all species – fall within this category, efforts to preserve plant biodiversity should emphasize such concentrations of small-range species.
The fact that endangered plant species tend to be concentrated geographically raises the stakes for conservation efforts in those areas.
But it could also facilitate success by enabling policymakers to focus on narrow areas instead of vast habitats.
The nearly 200-member Convention of Biological Diversity – which embodies the global consensus on the need to protect ecological diversity – aims to do just that. The CBD’s Strategic Plan for Biodiversity calls for the formal protection of at least 17% of the most ecologically important terrestrial areas, while the Global Strategy for Plant Conservation seeks to protect 60% of plant species.
Given that some 67% of plant species live entirely within the selected areas, and an additional 14% live partly in these areas, this approach is highly promising.
Moreover, while some 13% of the world’s land area is currently protected, only 14% of the 17% that contains the most plant species fall within the protected areas.
In order to improve the CBD’s chances of success, countries with higher concentrations of unique species need more robust protections.
Given that many of these countries are in the developing world, the international community should support such efforts.
The situation is complicated by the “Noah’s Ark” effect: while a small total area can house many species, it may not be able to ensure their long-term sustainability.
In other words, even if the aggregate size of all protected areas is large, the individual areas may not be large enough to support viable populations.
The ecological questions involved – how much area countries should protect, and where – are not easy to answer; doing so requires ever-deeper knowledge of plant species and their habitats.
And translating those answers into action demands something that may be even more difficult to secure: strong and sustained political will. | Des patries durables pour les plantes
DURHAM, CAROLINE DU NORD – Ma journée commence avec une tasse de café et se termine par un chocolat chaud.
Dans l’intervalle, je consomme une variété d’aliments et de médicaments, dont une dose quotidienne de 81 mg d’aspirine.
Une orchidée de couleur vive illumine mon bureau, et par la fenêtre, j’entrevois le jardin.
En bref, ma vie est – comme celle de tout le monde – enrichie, rendue possible et allongée par un large éventail de plantes et de produits qui en sont dérivés.
Mais la biodiversité dont nous dépendons tous est menacée parce que les forêts et autres habitats riches en plantes sont dévastés par l’activité humaine.
La question qui se pose aujourd’hui est celle de la vitesse de destruction des espèces – et ce qui peut être fait pour remédier à cette destruction.
Mais pour mettre au point des stratégies de conservation efficaces, il nous faut connaître les espèces devant être protégées.
Jusqu’à présent, les taxonomistes ont identifié environ 297.000 espèces de plantes.
Mais combien n’ont pas encore été décrites ?
Et où se trouvent-elles ?
On pourrait imaginer, avec la diminution du nombre d’espèces non encore décrites, que le taux de description de nouvelles espèces par les taxonomistes déclinerait.
Mais c’est le contraire qui s’est produit, avec une croissance quasi exponentielle d’une années sur l’autre – un phénomène qui s’explique en grande partie par l’augmentation du nombre de taxonomistes.
En fait, ce n’est que le ratio entre les nouvelles espèces et les taxonomistes qui les décrivent qui décline.
Sur la base de cette évolution, les modèles mathématiques postulent qu’il existe environ 15 pour cent de plantes inconnues, pour un total de 350.000 espèces – un chiffre qui rejoint celui avancé par les experts.
Près de la moitié des espèces non encore décrites ont déjà été collectées et rassemblées dans des herbiers en attendant d’être analysées et identifiées.
Pour trouver les plantes qui ne l’ont pas encore été, les taxonomistes peuvent se référer aux trois critères généraux qui régissent la distribution géographique des espèces :
· La plupart des espèces occupent une aire géographique réduite et sont rares localement
· Le nombre d’espèces trouvées dans un habitat donné varie beaucoup.
De vastes étendues de forêts boréales d’Amérique du Nord et d’Eurasie ne comptent que quelques espèces d’arbres, alors que le bassin amazonien pourrait en compter 16.000.
· Les espèces occupant des aires réduites sont souvent concentrées dans les mêmes zones, qui sont en général différentes de celles occupées par une multitude d’espèces.
Sur la base de ces critères, on peut prédire que la majorité des espèces non décrites occupent des aires géographiques réduites et qu’elles sont rares au sein de ces aires – raison pour laquelle elles n’ont pas encore été trouvées.
Il est de plus probable qu’elles poussent au sein de concentration connues d’espèces ayant une aire réduite, dans des régions comme l’Amérique centrale, les Caraïbes, les Andes du Nord, les forêts côtières du Brésil, l’Afrique australe, Madagascar, l’Asie du Sud-Est, la Papouasie Nouvelle-Guinée, l’Australie occidentale et plusieurs îles tropicales.
Étant donné que la plupart des plantes menacées d’extinction – 20 pour cent des espèces connues, soit probablement 30 pour cent de toutes les espèces – entrent dans cette catégorie, les efforts pour préserver la biodiversité de la flore doivent mettre l’accent sur la concentration des espèces à aire réduite.
Le fait que les espèces de plantes menacées tendent à être géographiquement concentrées augmente les enjeux des efforts de conservation dans ces régions.
Mais cette caractéristique pourrait également favoriser un succès en permettant aux décideurs politiques de se concentrer sur des superficies plus ou moins petites au lieu de vastes habitats.
C’est précisément l’objectif suivi par la Convention sur la diversité biologique (CDB), signée par près de 200 pays – et qui incarne le consensus mondial sur la nécessité de protéger la biodiversité. Le Plan stratégique pour la diversité biologique appelle lui à la préservation de 17 pour cent au moins des zones terrestres les plus importantes du point de vue écologique, tandis que La Stratégie mondiale pour la Conservation des Plantes vise à protéger 60 pour cent des espèces de plantes.
Étant donné que 67 pour cent des espèces de plantes vivent entièrement au sein des zones sélectionnées et que 14 pour cent de plus vivent en partie dans ces zones, cette approche semble très prometteuse.
De plus, alors que 13 pour cent environ des zones terrestres mondiales sont aujourd’hui protégées, seuls 14 pour cent des 17 pour cent de terres qui contiennent la plus grande quantité d’espèces de plantes se trouvent au sein de zones protégées.
Pour améliorer les chances de réussites de la CDB, les pays comprenant des concentrations plus élevées d’espèces uniques doivent bénéficier d’une protection plus résolue.
Et compte tenu du fait que ces pays font partie du monde en développement, la communauté internationale se doit de soutenir ces efforts.
La situation est compliquée par le paradoxe de « l’Arche de Noé » : si une superficie totale réduite peut contenir de nombreuses espèces, elle n’est pas forcément à même d’assurer leur survie à long terme.
En d’autres termes, même si la surface agrégée de toutes les zones protégées est grande, chaque zone individuelle pourrait ne pas être suffisamment étendue pour permettre la survie de populations viables d’espèces de plantes.
Les questions écologiques qui se posent – quelle superficie les pays doivent-ils protéger, et où – n’ont pas de réponse facile, et il est de plus nécessaire pour y répondre adéquatement de connaître encore mieux les espèces de plantes et leurs habitats.
Et enfin, traduire ces réponses en actes nécessite une qualité rare : une volonté politique forte et durable. |
Learning from Rwanda
GENEVA – How is it that Rwanda, among the world’s poorest countries – and still recovering from a brutal civil war – is able to protect its teenage girls against cancer more effectively than the G-8 countries?
After just one year, Rwanda reported vaccinating more than 93% of its adolescent girls against the human papillomavirus (HPV) – by far the largest cause of cervical cancer.
Vaccine coverage in the world’s richest countries varies, but in some places it is less than 30%.
In fact, poor coverage in the world’s richest countries should come as no great surprise, especially when one considers the demographics of those missing out.
Where available, evidence suggests that they are mainly girls at the lower end of the socioeconomic spectrum – often members of ethnic minorities with no health-care coverage.
This implies that those who are at greatest risk are not being protected.
It is a familiar story, one that is consistent with the global pattern of this terrible disease, which claims a life every two minutes: those most in need of protection have the least access to it.
Of the 275,000 women and girls who die of cervical cancer every year, 88% live in developing countries, where mortality rates can be more than 20 times higher than in France, Italy, and the United States.
That is not just because vaccines are not readily available; it is also because women in these countries have limited access to screening and treatment.
Without prevention, they have no options if they get sick.
Alarmingly, in some of the wealthy countries, where both screening and treatment should be readily available, vaccine coverage now appears to be declining, raising a real danger that socioeconomically disadvantaged girls there will face a similar fate.
If it turns out that girls at risk of not receiving all three doses of the HPV vaccine are also those with an elevated risk of being infected and missing cervical screenings as adults, they may be slipping through not one but two nets.
It is still not clear why this is happening.
What we do know is that HPV is a highly infectious sexually transmitted virus, which is responsible for almost all forms of cervical cancer.
HPV vaccines can prevent 70% of these cases by targeting the two most common types of the virus, but only if girls have not yet been exposed to the virus, which means vaccinating them before they become sexually active.
Yet efforts to communicate this to the public have been met with skepticism from some critics, who argue that the vaccine gives young girls tacit consent to engage in sexual activity, ultimately leading to an increase in promiscuity.
However, quite apart from the evidence to the contrary, intuitively this makes no sense.
To suggest that giving girls aged 9-13 three injections over six months gives them a green light to engage in sex and sets them on a path to promiscuity is utter nonsense.
It is like saying that people are more likely to drive dangerously if they wear a seat belt; in fact, the opposite is more often the case.
Whether such attitudes and misinformation account for poor vaccine coverage in places like France and the US is still not known.
It may simply be that some parents or girls mistakenly believe that one shot of the HPV vaccine is enough to provide protection, or that some socially disadvantaged girls lack sufficient access to in-school vaccination services.
Or perhaps the cost of the vaccine is a barrier in some of these countries.
Whatever the reason, unless coverage for all three doses increases, cervical cancer and pre-cancer rates will increase.
In countries like Rwanda, people know this only too well, which is why they have been so eager to tighten the net on HPV.
They have seen the horrors of cervical cancer, with women in the prime of their lives presenting with late-stage disease and suffering slow and painful deaths.
Without changes in prevention and control, deaths from cervical cancer worldwide are projected to rise almost two-fold by 2030, to more than 430,000 per year.
And now, with help from my organization, the GAVI Alliance, a public-private partnership created to improve access to new vaccines for the world’s poorest children, other low-income countries are following Rwanda’s lead.
As of this year, Ghana, Kenya, Laos, Madagascar, Malawi, Mozambique, Niger, Sierra Leone, Tanzania, and Zimbabwe have all taken steps to introduce HPV vaccines, with more countries expected to follow.
G-8 countries’ generous contributions to organizations like mine show that they understand the importance of childhood immunization.
But, while HPV infection rates may be falling in some of these countries, are they falling fast enough?
In the US, for example, the G-8 country for which we currently have the most data, infection rates have halved in the six years since the vaccine was first introduced.
Yet failure to reach the 80% coverage mark means that 50,000 American girls alive today will develop cervical cancer, as will another 4,400 girls with each year of delay.
So it is worth remembering that even in wealthy countries, there is an urgent need to overcome challenges in protecting the hardest-to-reach girls, who often are at high risk of HPV infection.
Overcoming these challenges is essential to reducing cervical cancer and pre-cancer rates in the coming years.
Rwanda’s success should be the norm, not the exception. | Les leçons du Rwanda
GENEVE – Comment se fait-il que le Rwanda, l’un des pays les plus pauvres du monde – et encore convalescent d’une guerre civile d’une grande brutalité – soit capable de protéger ses jeunes filles contre le cancer plus efficacement que les pays du G8 ?
En moins d’un an, le Rwanda a déclaré avoir vacciné plus de 93% de ses jeunes adolescentes contre le papillomavirus humain (HPV) – de loin la cause la plus importante de cancer du col de l’utérus.
Quoique variable d’un pays à l’autre, la couverture vaccinale peut être de moins de 30% dans certains pays les plus riches.
En fait, il n’est pas si étonnant que la couverture vaccinale dans certains des pays les plus riches soit médiocre, surtout si l’on considère les données démographiques de celles qui ne sont pas vaccinées.
Lorsque disponibles, les données suggèrent que ce sont principalement les jeunes filles issues des classes les plus défavorisées du spectre socioéconomique – souvent membres de minorités ethniques sans couverture de santé.
Ceci implique que celles qui sont le plus à risque ne sont pas protégées.
C’est un peu toujours la même histoire, une histoire en phase avec la tendance globale de cette terrible maladie qui provoque un décès toutes les deux minutes : celles qui ont le plus besoin de protection sont celles qui y ont le moins accès.
Parmi les 275 000 femmes et jeunes filles qui meurent d’un cancer du col de l’utérus chaque année, 88% habitent dans un pays en développement où le taux de mortalité peut être 20 fois supérieur à celui de la France, de l’Italie et des Etats-Unis.
Ce n’est pas uniquement parce que les vaccins n’y sont pas disponibles ; c’est aussi parce que les femmes dans ces pays ont un accès limité au dépistage et au traitement.
Sans prévention, elles n’ont aucune option lorsqu’elles tombent malade.
Il est alarmant de constater que dans certains pays riches, où tant le dépistage que le traitement devraient être facilement accessibles, la couverture vaccinale semble en régression, ce qui constitue un réel danger pour les jeunes filles issues de milieux socio-économiquement défavorisés de ces pays et qui pourraient connaître le même destin.
Et si les jeunes filles qui risquent de ne pas recevoir les trois doses du vaccin sont aussi celles qui ont un risque élevé d’être infectées sans être dépistées à l’âge adulte, elles passeront au travers des mailles non pas d’un, mais de deux filets.
Les raisons de cette situation ne sont pas très claires.
Mais nous savons que le HPV est un virus hautement sexuellement transmissible, responsable de presque toutes les formes de cancer du col de l’utérus.
Le vaccin peut éviter 70% de ces cas en ciblant les deux types du virus les plus communs, mais uniquement si les jeunes filles n’ont pas encore été exposées au virus, ce qui signifie qu’elles devraient être vaccinées avant de devenir actives sexuellement.
Mais les efforts de communication auprès du public ont été critiqués par certains sceptiques qui prétendent que le vaccin serait un consentement tacite à l’activité sexuelle, ce qui entrainerait à terme une plus grande promiscuité sexuelle.
Cependant, et au-delà des éléments qui démontrent le contraire, cela est illogique.
Il est absolument absurde de suggérer que le fait de donner trois injections à des jeunes filles âgées de 9 à 13 ans sur une période de six mois constituerait un feu vert pour démarrer une activité sexuelle et les engagerait sur la voie d’une promiscuité sexuelle.
Ce serait comme de dire que les gens sont plus prônes à une conduite dangereuse s’ils attachent leur ceinture de sécurité ; en fait, c’est souvent le contraire.
Il n’a pas encore été établi que de telles réactions et une telle désinformation sont à l’origine de la médiocre couverture vaccinale en France et aux Etats-Unis.
Il se peut que certains parents ou jeunes filles pensent simplement par erreur qu’une seule injection du vaccin suffit à les protéger, ou que certaines jeunes filles socialement défavorisées n’ont pas accès aux services scolaires de vaccination.
Le coût de la vaccination peut aussi constituer un frein dans certains de ces pays.
Quelle que soit la raison, et à moins d’une couverture vaccinale pour les trois doses requises, on assistera à une hausse des taux de diagnostique et de cancer du col de l’utérus.
Un fait que le Rwanda ne connait que trop bien, et c’est pourquoi le pays est déterminé à resserrer les mailles du filet HPV.
Il a vu les horreurs provoquées par le cancer du col de l’utérus, avec des femmes dans la fleur de l’âge en phase terminale de la maladie, subissant une mort lente et douloureuse.
Si rien n’est fait en matière de prévention et de contrôle de la maladie, on estime que le nombre de décès par cancer du col de l’utérus dans le monde devrait doubler d’ici 2030, avec plus de 430 000 morts par an.
Et aujourd’hui, grâce à mon organisation, l’Alliance GAVI, un partenariat public-privé créé pour améliorer l’accès aux nouveaux vaccins pour les enfants les plus pauvres du monde, d’autres pays à faibles revenus emboitent le pas du Rwanda.
Cette année, le Ghana, le Kenya, le Laos, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, le Niger, le Sierra Leone, la Tanzanie, et le Zimbabwe ont entrepris des démarches pour mettre en place des campagnes de vaccination contre le HPV, et d’autres pays devraient suivre rapidement.
Les généreuses contributions des pays du G8 à des organisations comme la mienne montrent qu’ils comprennent l’importance de l’immunisation des enfants.
Mais alors que le taux d’infection du HPV baissera peut-être dans certains de ces pays, cela sera-t-il suffisant ?
Aux Etats-Unis par exemple, le pays du G8 pour lequel nous avons le plus de données chiffrées, le taux d’infection a été réduit de moitié depuis la mise en circulation du vaccin il y a six ans.
Mais le fait de ne pas avoir atteint le seuil des 80% de couverture vaccinale signifie que 50 000 jeunes filles américaines développent aujourd’hui un cancer de l’utérus, et 4 400 autres jeunes filles seront touchées par année de retard.
Il est donc bon de se souvenir que même dans les pays riches, il est urgent de surmonter les défis et d’atteindre les jeunes filles difficiles à diagnostiquer, et qui sont souvent très à risque d’être infectées par le virus HPV.
Il est essentiel de surmonter ces défis pour réduire le taux de mortalité par cancer du col de l’utérus dans les années à venir.
Le succès du Rwanda devrait être la norme, et non l’exception. |
Europe’s Test in North Africa
LONDON – Europe’s reaction to the historic revolutions in North Africa has vacillated between exhilaration and fear.
The natural instinct to celebrate and support democratization across the Mediterranean has been tempered by concerns that the crisis will spill onto European shores.
A few leaders have invoked the post-World War II Marshall Plan as a model for large-scale European development assistance for the region, the aim being to ensure the sustainability of a democratic transformation and generate long-term political and economic benefits for Europe.
But the mainstream reaction has been much more fearful: media and politicians throughout the European Union are obsessing about the threat of waves of migrants reaching their borders.
Such a threat should not be taken lightly.
Already, the controversy over Tunisian migrants in Italy has started to fray the political underpinnings that allow free movement in the Schengen area. The war in Libya, meanwhile, could lead to many more thousands of civilians fleeing the violence and needing international protection.
So far, nearly 400,000 people have filled refugee camps in Tunisia and Egypt, and an estimated 20,000 have reached Italy’s shores.
Dealing with any surge of asylum seekers will require the EU to strengthen its capacity to offer temporary protection – and possibly to reconsider how its overall asylum system works.
That the Union has been moving towards a common approach to border security, most visibly with the expansion of the Frontex border agency, will be of help here.
But if Europe allows itself to be consumed by the short-term crisis, it risks squandering an extraordinary long-term opportunity.
By using this moment strategically and wisely, the EU would have a chance to reframe its relationship with the southern Mediterranean (as it is being redubbed) to promote generational development and growth in ways that can address Europe’s interests, too.
The best way to allay European fears and prevent uncontrolled migration is to establish positive incentives, and the practical means,for potential migrants to stay home – most significantly by creating jobs in the southern Mediterranean.
After all, the vast majority of migrants leave home reluctantly.
Yet, at the same time, as its baby boomers retire en masse in the coming decade, Europe will need workers at all skill levels.
The southern Mediterranean can be the source of this labor, given its huge youth bulge.
The trick will be to ensure that migrants are given the chance to acquire the skills that European employers need, and that they have the chance to move in a safe, legal, and orderly fashion.
Policies that help train the next generation of North Africans, and allow them to circulate more freely between Europe and their home countries, are a much smarter solution than the current approach, which sustains illegal migration without meeting Europe's labor needs.
This is an argument not for more migration, but for better migration – well thought out and planned.
Of course, if Europe helps North Africa build sustainable, prosperous democracies, this would be the greatest long-term deterrent to illegal migration of all.
It is worth recalling that 50 years ago, the largest immigrant populations in northern Europe hailed from Italy, Greece, Portugal, and Spain.
As those countries prospered, the émigrés returned home: their countries eventually became engines of European growth, and major export markets for Germany, France, and other EU member states.
The same arc of development can and should be limned for the southern Mediterranean.
Fortunately, research on migration and development in recent years has helped foster a range of policy tools that Europe should be considering.
Experts and policymakers have been devising many innovative programs, including low-cost remittances from migrants to their home countries, efforts to strengthen ties between diasporas and their homelands, and initiatives that help skilled migrants find proper employment, so that qualified surgeons are not driving taxis.
In thinking about how to reframe the EU’s relationship with the southern Mediterranean, we should draw on these ideas as expansively as possible.
In order to connect our societies in positive ways, we should seriously consider liberalizing trade regimes, opening new avenues for legal migration, and vastly expanding the number of students from the region who come to Europe for education and professional training.
After all, it was the youth of North Africa, both at home and abroad, whose notions of freedom helped bring down dictators in Egypt and Tunisia.
Their talents and energy should now be cultivated and harnessed to help rebuild their societies.
Responding to the challenges and opportunities of this moment demands the creation of strong partnerships among states, international institutions, and non-governmental actors.
Since its inception in 2006, the Global Forum on Migration and Development (GFMD) has provided a much-needed platform for dialogue among states and other stakeholders on issues related to migration and development.
Its annual plenary sessions facilitate the exchange of experiences and good practices in a way that transcends traditional “North-South” conflicts.
Among other changes that it has spurred, the GFMD has compelled governments to understand migration more holistically, and to develop a “whole of government” approach to addressing the opportunities and challenges that it poses.
It also has highlighted the importance to development of protecting migrant rights and of fighting illegal migration.
The Global Forum has done its job by generating and fostering ideas that can make migration benefit the development of countries of origin and destination.
It is high time that these ideas are implemented.
There could be no greater opportunity for doing so than this strategically crucial window in the history of Europe and the southern Mediterranean.
If we do not seize this moment for action, history could well pass us by. | Le test de l’Europe en Afrique du nord
LONDRES – La réaction de l’Europe face aux révolutions historiques en Afrique du nord a vacillé entre euphorie et crainte.
L’instinct naturel à célébrer et à soutenir la démocratisation à travers la Méditerranée fut tempéré par des inquiétudes sur l’éventualité d’une propagation de la crise sur les côtes européennes.
Quelques dirigeants ont évoqué un type de Plan Marshall post-seconde guerre mondiale comme modèle pour une assistance européenne au développement à grande échelle pour la région dont l’objectif serait d’assurer la viabilité de l’évolution démocratique et de générer des bénéfices politiques et économiques à long terme pour l’Europe.
Mais plus généralement, la réaction a été bien plus craintive : la presse et les hommes politiques partout dans l’Union Européenne sont obsédés par la menace de vagues de migrants à leurs frontières.
Une telle menace ne devrait pas être prise à la légère.
La controverse autour des migrants tunisiens en Italie fragilise déjà les fondations politiques de la libre circulation autorisée par la zone Schengen ; tandis que la guerre en Libye pourrait entrainer le départ de milliers de civils supplémentaires fuyant la violence et recherchant une protection internationale.
Jusqu’à présent, près de 400 000 personnes se sont amassés dans les camps de réfugiés en Tunisie et en Égypte et l’on estime à 20 000 le nombre de ceux qui auraient atteint les côtes italiennes.
Gérer l’arrivée en masse de demandeurs d’asile va obliger l’Europe à renforcer sa capacité à offrir une protection temporaire – et même à revoir le fonctionnement de son système d’asile dans sa globalité.
Le fait que l’Union ait travaillé dans le sens d’une approche commune à la sécurité des frontières, surtout avec le renforcement de l’agence de surveillance des frontières Frontex, sera ici d’une grande aide.
Mais si l’Europe se laisse dépasser par la crise immédiate, elle risque de gâcher une extraordinaire opportunité de long terme.
Si elle profite de l’occasion de manière stratégique et judicieuse, l’Union Européenne aura la possibilité de redéfinir sa relation avec le sud de la Méditerranée pour promouvoir un développement et une croissance générationnels qui soient aussi en phase avec les intérêts européens.
La meilleure manière de soulager les craintes européennes et d’éviter une migration non contrôlée est d’établir des incitations positives et des dispositifs pratiques pour convaincre les migrants de rester chez eux – principalement en y créant des emplois.
Car la grande majorité des migrants quittent en effet leur pays à contre cour.
Pourtant, dans le même temps, et alors que ses baby boomers vont massivement partir à la retraite dans la décennie à venir, l’Europe aura besoin de travailleurs de tous niveaux de compétence.
Le sud méditerranéen, avec ses très nombreux jeunes, peut être la source de cette main d’ouvre.
Il faudrait donc veiller à ce que les migrants aient l’opportunité d’acquérir les compétences utiles aux employeurs européens et qu’ils aient la possibilité de déménager de manière sûre, légale et organisée.
Des dispositifs qui permettent de former la prochaine génération de nord-africains et de les autoriser à circuler plus librement entre l’Europe et leur pays natal seraient une solution bien plus intelligente que l’approche actuelle, qui encourage une migration illégale sans qu’elle ne corresponde aux besoins européens de main d’ouvre.
Ceci n’est pas un argument en faveur de plus de migration mais plutôt pour une meilleure migration – bien pensée et planifiée.
Bien sûr, la participation de l’Europe à une aide visant à établir des démocraties durables et prospères en Afrique du nord constituerait la meilleure dissuasion à long terme contre la migration illégale.
Il est bon de rappeler que cinquante ans en arrière, les principales vagues d’immigrations vers le nord de l’Europe provenaient d’Italie, de Grèce, du Portugal et de l’Espagne.
Au fur et à mesure que ces pays ont prospéré, les émigrés sont retournés chez eux : leurs pays ont fini par devenir les moteurs de la croissance européenne, et d’importants marchés d’exportation pour l’Allemagne, la France, et d’autres états membres de l’UE.
Le même arc de développement peut et doit être mis en place pour le sud méditerranéen.
Par chance, les études sur la migration et le développement menées ces dernières années ont permis de concevoir un ensemble d’outils que l’Europe devrait envisager d’utiliser.
Les experts et les politiciens ont développé de nombreux programmes innovants, dont la possibilité pour les migrants de transférer des fonds à moindre frais vers leurs pays d’origine, des efforts pour renforcer les liens entre les diasporas et leurs pays d’origine et des initiatives permettant aux migrants qualifiés de trouver un emploi adapté, pour que des chirurgiens qualifiés ne se retrouvent chauffeurs de taxi.
La réflexion sur la nouvelle relation à établir avec le sud méditerranéen doit s’inspirer largement de ces idées.
Pour relier nos sociétés de manière positive, nous devrions sérieusement envisager une libéralisation des régimes commerciaux pour ouvrir d’autres voies à la migration légale, et développer le nombre d’étudiants de la région qui viennent étudier et se former professionnellement en Europe.
Car la chute des dictateurs en Egypte et en Tunisie a pour une grande part été provoquée par la jeunesse nord-africaine, à la fois sur place et à l’étranger, et ses idées de liberté.
Il faut désormais miser sur les talents et l’énergie de ces jeunes pour les aider à reconstruire leurs sociétés.
Répondre aux défis et aux opportunités de ce moment exige la création de partenariats forts entre les états, les institutions internationales et les acteurs non gouvernementaux.
Depuis sa mise en place en 2006, le Forum Global sur la migration et le développement (FGMD) s’est avéré être une plateforme bien nécessaire pour le dialogue entre les états et les autres parties prenantes sur les questions de migration et de développement.
Ses sessions plénières annuelles facilitent les échanges d’expérience et de bonnes pratiques d’une façon qui transcende les conflits traditionnels « nord-sud ».
Parmi les changements qu’il a initié, le FGMD a forcé les gouvernements à envisager la migration de manière plus holistique et à développer une approche gouvernementale globale pour répondre aux opportunités et aux défis qu’elle pose.
Il a aussi insisté sur l’importance pour le développement de protéger les droits des migrants et de combattre la migration illégale.
Le Forum Global a fait sa part du travail en produisant des idées susceptibles de faire de la migration un bénéfice pour le développement des pays d’origine et de destination.
Il est grand temps que ces idées soient appliquées.
Il n’y a pas meilleure opportunité pour cela que cette ouverture stratégique cruciale dans l’histoire de l’Europe et du sud méditerranéen.
Si nous ne profitons pas de cette opportunité pour agir, il se pourrait bien que l’histoire nous oublie. |
Waste Not, Want Not
ROME – Every year, we waste or lose 1.3 billion metric tons of food – one-third of the world’s annual food production.
The sheer scale of the number makes it almost impossible to grasp, no matter how one approaches it.
Try to imagine 143,000 Eiffel Towers stacked one on top of another, or a pile of 10 trillion bananas.
The figure is all the more unfathomable, given that, alongside this massive wastage and loss, 840 million people experience chronic hunger on a daily basis.
Many millions more suffer from “silent hunger” – malnutrition and micronutrient deficiencies.
For the more economically minded, here is another number: food wastage and loss, expressed in producer prices, costs roughly $750 billion per year.
If we were to consider retail prices and the wider impacts on the environment, including climate change, the figure would be much higher.
In an era of austerity, it is difficult to understand how such a massive hemorrhage of resources could be neglected.
In fact, in some places, the volume of food wastage is rising.
Now a new report by the United Nations Food and Agriculture Organization focuses on another troubling aspect of the problem: the negative consequences for the environment and the natural resources on which we rely for our survival.
When food is lost or wasted, the energy, land, and water resources that went into producing it are squandered as well.
At the same time, large amounts of greenhouse gases are released into the atmosphere during production, processing, and cooking.
From any perspective – ethical, economic, environmental, or in terms of food security – we simply cannot tolerate the annual wastage of 1.3 billion tons of food.
This is why serious reduction of food loss and wastage is one of the five elements of UN Secretary General Ban Ki-moon’s “Zero Hunger Challenge” and a major focus of the UN High Level Task Force on Global Food Security.
We are working together within the UN system and with a broad coalition of other partners to ensure universal access to adequate food all year round; eliminate childhood stunting; make all food systems sustainable; and eradicate rural poverty.
Next week, the Global Green Growth Forum in Copenhagen will allow for a deeper look at this issue.
There is much that can be done.
For starters, food loss and wastage needs to be seen as a cross-cutting policy issue, rather than a lifestyle choice to be left in the hands of individual consumers and their consciences.
The world needs to wake up to the need for policies that address all stages of the food chain, from production to consumption.
Food loss – on farms, during processing, transport, and at markets – undermines food security in most developing countries, where post-harvest losses can reach as high as 40% of production.
Investment in infrastructure for transport, storage, and marketing of food is badly needed, as are programs to train farmers in best practices.
In developed countries, food-retailing practices require a rethink.
For example, rejection of food products on the basis of aesthetic concerns is a major cause of wastage.
Some supermarkets have already begun relaxing standards on fruit appearance, selling “misshapen” items at reduced prices and helping to raise awareness that ugly does not mean bad.
More approaches like this – and concerted efforts to find markets or uses for surplus food – are needed.
Businesses and households alike should monitor where and how they waste food and take corrective steps, because prevention of wastage is even more important than recycling or composting.
Yes, 1.3 billion tons is a mindboggling figure.
But these simple steps are easy enough to grasp – and within reach for everyone.
The world confronts many seemingly intractable problems; food wastage is one issue that we all can do something about now. | Contre le gaspillage mondial de nourriture
ROME – Chaque année, nous gaspillons ou perdons 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit un tiers de la production annuelle mondiale de nourriture.
La mesure proprement colossale de ce chiffre le rend presque impossible à envisager, quelle que soit la manière de l'aborder.
Essayez d'imaginer que 143 000 Tours Eiffel empilées les unes sur les autres, ou bien un tas de 10 trillions de bananes.
Ce chiffre est tout simplement inimaginable, étant donné qu'à côté de ce gaspillage et de cette perte énorme, 840 millions de personnes souffrent de faim chronique chaque jour.
Des millions d'autres souffrent de la « faim silencieuse », à savoir de malnutrition et de carences en micronutriments.
Pour ceux plus sensibles à une approche économique de ce problème, voici un autre chiffre : le gaspillage et la perte de nourriture, exprimés en prix à la production, coûtent approximativement 750 milliards de dollars par an.
Si nous devions considérer les prix au détail et les impacts plus larges sur l'environnement, y compris sur le changement climatique, ce chiffre serait bien plus important.
Dans une ère d'austérité, il est difficile de comprendre comment nous pouvons négliger une hémorragie si massive de ressources.
En fait, dans certains endroits, le volume de gaspillage de nourriture augmente.
A présent un nouveau rapport publié par l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) se concentre sur un autre aspect préoccupant du problème : les conséquences négatives pour l'environnement et les ressources naturelles sur lesquelles nous comptons pour notre survie.
Quand la nourriture est perdue ou gaspillée, l'énergie, la terre et les ressources en eau qui entrent dans sa production sont elles aussi gaspillées.
En même temps, de grandes quantités de gaz à effet de serre sont déchargées dans l'atmosphère pendant la production, le traitement et la cuisson.
Sous aucun aspect - moral, économique, environnemental, ou en termes de sécurité alimentaire - nous ne pouvons tolérer le gaspillage annuel de 1,3 milliard de tonnes de nourriture.
C'est pourquoi la réduction sérieuse de la perte et du gaspillage de nourriture est l'un des cinq éléments du « Défi Faim zéro » du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et un thème important pour le Groupe de travail spécial des Nations Unies sur la crise alimentaire mondiale.
Nous travaillons ensemble au sein de l'ONU et avec une large coalition d'autres partenaires pour assurer un accès universel à une alimentation proportionnée tout au long de l'année, pour éliminer le retard de croissance dû à la malnutrition infantile, pour rendre durables tous les systèmes alimentaires et pour supprimer la pauvreté rurale.
La semaine prochaine, le Global Green Growth Forum de Copenhague procédera à l'examen approfondi de cette question.
Il y a beaucoup à faire dans ce domaine.
Tout d'abord, la perte et le gaspillage de nourriture doivent être envisagés comme des problèmes politiques transversaux, plutôt que comme un choix de vie à laisser entre les mains de différents consommateurs et de leur conscience.
Le monde doit prendre conscience du besoin de mesures qui doivent s'appliquer à tous les stades de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation.
La perte de nourriture - dans les fermes, pendant le traitement, le transport et sur les marchés - mine la sécurité alimentaire de la plupart des pays en voie de développement, où les pertes après récolte peuvent s'élever jusqu'à 40% de la production.
L'investissement en infrastructure pour le transport, le stockage et la vente de nourriture est un mal nécessaire, de même que les programmes pour former les fermiers à de meilleures pratiques.
Dans les pays développés, les méthodes de vente au détail de nourriture doivent être révisées.
Par exemple, le rejet de produits alimentaires d'après des critères esthétiques est une cause importante de gaspillage.
Quelques supermarchés ont déjà commencé à assouplir certaines normes sur l'aspect des fruits, en vendant les articles « mal formés » à prix réduits et en aidant à faire prendre conscience que « laid » ne veut pas dire « mauvais ».
D'autres approches comme celle-ci, et des efforts concertés pour trouver des marchés ou des utilisations pour la nourriture en surplus, sont nécessaires.
Les entreprises et les ménages doivent aussi surveiller les lieux de gaspillage et les manières de gaspiller la nourriture et prendre des mesures correctives, parce que la prévention du gaspillage est bien plus importante que la réutilisation ou le compost.
Oui, ce chiffre de 1,3 milliard de tonnes a de quoi nous laisser perplexes.
Mais il existe des étapes assez simples à mettre en œuvre - et à la portée de chacun.
Le monde est confronté à de nombreux problèmes apparemment insurmontables : le gaspillage de nourriture est un problème sur lequel nous pouvons tous agir dès maintenant. |
Facing Nature’s Fury
The Pakistan earthquake continues a streak of shocking natural disasters during the past year: the Indian Ocean tsunami, killer droughts in Niger and other countries in Africa, Hurricanes Katrina and Rita, Central American mudslides, and Portugal’s wildfires.
These events are unrelated, and humankind’s vulnerability to natural hazards is as old as our species.
Yet there are also commonalities – and warnings to us all: we are not prepared for these massive shocks, more of which are certain to come.
Massive population growth has exposed vast numbers of people to new kinds of extreme vulnerability.
There are now 6.5 billion people on the planet, almost four billion people more than fifty years ago.
Current trends, according to the United Nations, will push the world’s population up to around 9.1 billion by 2050.
As population rises, billions of people crowd into Earth’s vulnerable areas – near coastlines battered by storms and rising sea levels, on mountainsides susceptible to landslides and earthquakes, or in water-stressed regions plagued by drought, famine, and disease.
Typically, the poorest of the poor are pushed into the riskiest places to live and work – and also to die when natural catastrophes strike.
Many of the key hazards are increasing in frequency and intensity. Climate change is partly responsible.
Both the number and strength of hurricanes are most likely increasing as a result of rising sea-surface temperatures caused by man-made global warming.
Earth is set to warm further in the decades ahead, bringing more and bigger fires, mudslides, heat waves, droughts, and powerful hurricanes.
Similarly, we are also seeing the emergence and spread of new infectious diseases, such as AIDS, SARS, and avian flu.
As human populations crowd new parts of the planet and come into contact with new animal habitats, new infectious diseases spread from animals to humans.
Such is the case with AIDS and avian flu.
Other infectious diseases are likely to emerge, or to become more severe (as with dengue fever in Asia this year), as a result of changes in climate and interaction between human and animal habitats.
Another common element in all of these disasters is our shocking lack of preparedness, especially to help the poorest members of society.
After Hurricane Katrina hit the United States, we discovered that President Bush had appointed a crony rather than a professional as head of America’s emergency relief agency.
Equipment and personnel needed to address the crisis were halfway around the world in Iraq.
Likewise, Pakistan was substantially ill equipped to deal with the recent earthquake, in part because, like the US, Pakistan over-spends on its military and under-spends on public health and emergency preparedness.
International relief agencies are also starved for cash and resources.
Governments should be taking some basic steps.
First, they should be making careful assessments of the specific kinds of risks their countries face, including risks from epidemics, climate change, extreme weather events, and earthquakes.
Such assessments require establishing and maintaining a system of high-level and high-quality scientific advising.
Bush, for example, would vastly improve US and global security if he started listening to top scientists and paid less attention to political lobbyists regarding the growing risks from man-made climate change.
There is a growing body of expertise to help get the job done.
The Earth Institute at Columbia University, which I direct, recently completed a global assessment of several kinds of natural hazards, such as droughts, earthquakes, and floods, in partnership with the World Bank.
Using advanced statistical and mapping methods, they identified how these various threats are arrayed around the world.
Other colleagues at the Earth Institute, and in similar research institutes, are making careful estimates of how these risks are evolving in view of changes in our planet’s climate, population, and patterns of international travel and human settlement.
But political leaders are not using this kind of scientific information adequately, owing mainly to deep divides that persist between the scientific community, politicians, and the general public.
The public is largely unaware of the scientific knowledge we have concerning the threats and risks that we face, and that we can reduce these risks by thinking ahead.
Politicians, in general, are experts at winning votes or building alliances, rather than at understanding the underlying global processes of climate, energy, disease, and food production that affect all of our planet’s inhabitants.
Even different groups of scientists – in public health, climate, seismology, and other specialities – do not communicate adequately with one another, despite the fact that today’s threats often cut across different scientific disciplines.
These gaps between politicians and scientists, and among scientists themselves, must be closed if we are to overcome the risks that we face.
Nature has reminded us all year of what is at stake.
The bad news is that the threats will almost surely intensify in the coming years, as our planet becomes even more crowded and subject to man-made change.
The good news is that we have the science and the technology to address these risks better than we ever have.
We can build a safer future, but only if we are prepared to use our scientific knowledge and expertise for the common good. | Face au déchaînement de la nature
Le séisme au Pakistan s’inscrit dans une effarante vague de catastrophes naturelles qui dure depuis un an : tsunami dans l’Océan Indien, sécheresse meurtrière au Niger et dans d’autres pays d’Afrique, ouragans Katrina et Rita, glissements de terrain en Amérique centrale et incendies ravageurs au Portugal.
Ces événements ne sont pas liés, et de tout temps l'espèce humaine a été victime des bouleversements naturels.
Cependant, certains points communs apparaissent, qui sont des mises en garde : nous ne sommes pas préparés à ces catastrophes qui se reproduiront à coup sûr.
La croissance démographique exponentielle a placé un grand nombre de personnes dans une position de vulnérabilité extrême jusque-là inédite.
La planète compte à présent 6,5 milliards d’habitants, soit quatre milliards de plus qu’il y a cinquante ans.
Selon les Nations Unies, les courbes actuelles devraient faire grimper la population mondiale à 9,1 milliards d’habitants d’ici à 2050.
À mesure que la population augmente, des milliards de personnes se concentrent dans des zones à risque : sur des côtes ravagées par les tempêtes et la montée du niveau de la mer, dans des régions montagneuses sujettes aux glissements de terrain et aux séismes, ou dans des zones où la pénurie d’eau provoque sécheresses, famines et maladies.
Évidemment, ce sont les plus misérables qui vivent et travaillent dans les endroits les plus exposés, et meurent quand survient une catastrophe naturelle.
L'augmentation de la fréquence et de l'intensité des catastrophes naturelles est en partie imputable aux changements climatiques.
Les ouragans sont plus nombreux et plus intenses sans doute sous l’effet de l’élévation des températures de la surface de la mer, due elle-même au réchauffement de la planète.
Au cours des prochaines décennies, la Terre continuera de se réchauffer et connaîtra en conséquence une multiplication de grands incendies, de glissements de terrain, de canicules, de sécheresses et de puissants ouragans.
Dans le même temps, on observe l’émergence et la propagation de nouvelles maladies infectieuses, comme le sida, le SRAS et la grippe aviaire.
De nouvelles maladies passent de l’animal à l’homme alors que les humains peuplent de nouvelles parties de la planète et entrent en contact avec de nouveaux habitats animaux.
C'est le cas pour le sida comme pour la grippe aviaire.
D’autres pathologies sont susceptibles d’apparaître ou de s'aggraver (comme la dengue en Asie l’an dernier) en conséquence du changement climatique et de l’interaction entre les humains et les habitats animaux.
Autre point commun à toutes ces catastrophes, notre manque total de préparation, notamment pour venir en aide aux plus pauvres.
Quand l’ouragan Katrina a frappé les États-Unis, nous avons ainsi découvert que le président Bush avait nommé une relation plutôt qu’un professionnel à la tête de l'agence de gestion des crises américaine.
Le matériel et les hommes qu’il aurait fallu pour faire face à la crise se trouvaient à l’autre bout du monde, en Irak.
De la même façon, le Pakistan était particulièrement mal équipé pour faire face au récent séisme, en partie car, à l’instar des États-Unis, le pays favorise les dépenses militaires au détriment de la santé publique et de la sécurité civile.
Par ailleurs, les organisations internationales de secours manquent cruellement de fonds et de ressources.
Les gouvernements devraient prendre certaines mesures indispensables.
Tout d’abord, ils devraient évaluer avec justesse les risques spécifiques qu’encourt leur pays, comme les épidémies, les changements climatiques, les événements météorologiques extrêmes et les séismes.
Une telle évaluation requiert la mise en place et le maintien d’un système de veille scientifique de haut niveau et de haute qualité.
Par exemple, Bush améliorerait grandement le niveau de sécurité américaine et mondiale s’il se mettait à écouter les scientifiques plutôt que les lobbies politiques.
Les experts capables de contribuer à cette tâche sont toujours plus nombreux.
L'Institut de la Terre de l'université de Columbia, que je dirige, a récemment mené une étude mondiale en partenariat avec la Banque mondiale portant sur plusieurs types de catastrophes naturelles, comme les sécheresses, les séismes et les inondations.
À partir de méthodes avancées de statistiques et de cartographie, ils ont pu identifier la répartition mondiale de ces diverses menaces.
Par ailleurs, des collègues de l'Institut de la Terre et d'autres instituts de recherche sont en train d’effectuer des estimations précises de l’évolution de ces risques, en fonction des changements du climat, de la population et des schémas de déplacements internationaux et de peuplement.
Pourtant, les dirigeants politiques n’utilisent pas ces informations scientifiques à bon escient, en grande partie à cause des profondes divisions existant entre la communauté scientifique, le monde politique et le public.
Ce dernier ignore d'ailleurs largement l'état de nos connaissances scientifiques sur les menaces et les risques auxquels nous faisons face, et le fait que nous pouvons réduire ces risques en anticipant.
Du côté des politiques, s’ils sont experts dans l’art de remporter des voix et de créer des alliances, ils le sont moins dans celui de comprendre les phénomènes liés au climat, à l’énergie, aux maladies et à la production alimentaire qui affectent tous les habitants de notre planète.
Et même les différentes spécialités scientifiques – santé publique, climat, séismologie et autres – ne communiquent pas entre elles comme il le faudrait, bien que les menaces d’aujourd’hui concernent souvent plusieurs disciplines.
Le fossé qui sépare les politiques et les scientifiques, et les scientifiques eux-mêmes, doit impérativement être comblé pour faire face aux risques qui nous menacent.
Cette année, la nature n'a eu de cesse que de nous en rappeler les enjeux.
La mauvaise nouvelle, c’est que ces menaces vont presque certainement s’intensifier dans les années à venir, à mesure que notre planète sera plus peuplée et plus sensible aux changements que nous lui imposons.
La bonne nouvelle, c’est que nous maîtrisons plus de science et de technologie que jamais pour faire face à ces risques.
Il est possible de construire un avenir plus sûr, mais à la condition d’utiliser nos connaissances et notre expertise scientifiques pour le bien de tous. |
Germany’s Ineffective Green Unilateralism
MUNICH – Germany already has one of the world’s most ambitious climate programs.
Now the country wants to become the global leader in terms of climate goals.
But this strategy will not be able to slow down climate change.
Chancellor Angela Merkel’s government recently signaled its intent by presenting a draft law to reduce carbon dioxide emissions by 65% by 2030 and by 88% by 2040, relative to their level in 1990 – the reference year of the Paris climate agreement.
Under the proposed legislation, Germany plans to become entirely climate-neutral by 2045, five years earlier than previously planned.
The plan is embedded in the European Union’s European Green Deal, which targets a 55% reduction in CO2 emissions by 2030 and climate neutrality by 2050, because Germany had always agreed to bear a disproportionate share of Europe’s climate-mitigation efforts in recent years.
The government’s decision to enhance its climate targets reflects a sense of responsibility for global environmental stability.
This is a sentiment born of the green movement, which originated in Germany almost a half-century ago and is stronger than ever.
The immediate trigger for Merkel’s new targets was an April ruling by Germany’s Federal Constitutional Court in a case won by environmental activists.
The court recognized the concept of a strict carbon budget and the target of limiting global warming to 1.5 degrees Celsius relative to pre-industrial levels in order to prevent major climate damage.
It argued that the remaining carbon budget for future generations would be too small if Germany consumed as much as previously planned in the years leading up to 2030.
Moreover, some opinion polls are now suggesting that the Greens could be the largest party in the German Bundestag after this September’s general election.
Merkel’s government thus appears to have adopted a strategy of “asymmetric demobilization,” with the chancellor seeking to coopt core Green policies, in order to keep the Greens down.
Merkel did much the same to the Social Democratic Party early in her chancellorship, and succeeded in attracting their voters, pushing the SPD to the left and reducing its popularity.
But her strategy of trying to keep the Greens at bay has been failing since 2011.
Back then, within days of the Fukushima nuclear disaster in Japan, Merkel, seeking to boost her Christian Democratic Union’s electoral prospects in Baden-Württemberg, pushed through plans to phase out Germany’s nuclear power plants until 2022.
Instead, that election led to the installation of the first-ever Green president of a German state, seemingly because voters preferred the original to a copy.
Something similar could happen in September.
The problem with such hasty strategic choices based on the current zeitgeist is that the government had no time to carefully consider their likely effectiveness and cost.
It relied on climate models in which economic considerations regarding industrial competitiveness and the reaction of global fuel markets do not figure at all.
Germany is planning to base its power supply primarily on electricity generated from wind and solar energy to be consumed directly or indirectly via hydrogen production.
However, as of today, the share of wind and solar power in total final energy consumption, including traffic, heating, industrial processing, and the like, is less than 7%, even though the entire country is sprinkled with wind turbines and solar roofs.
It is true that the share in electricity production already is a third, but the electricity itself is only one-fifth of the total.
Today, Germany has the Western world’s highest electricity prices, because “green” electricity from wind and solar power is very volatile and needs the entire conventional generating network, though possibly one converted to natural gas, to compensate for the fluctuations, in particular for the frequent dark dulls.
This doubling of fixed costs explains the high electricity price.
In addition, a rising market share for wind and solar power will imply excess power spikes that would need intermediate storage devices if they are to be used.
That means three times the fixed costs.
With its strategy of relying almost entirely on fluctuating green energy while shutting down nuclear power stations, Germany is in danger of ruining its industry.
The chemical sector alone would consume as much electricity as Germany currently produces if it were to rely on electricity instead of fossil fuel.
And automotive traffic – which is to become completely electric, directly or indirectly via hydrogen – also would require as much or even more.
German and European efforts will hardly be able to slow down climate change, because they are based on a semantic definition of climate neutrality.
In fact, only the CO2 emissions from EU territories, and not the emissions caused by the EU’s actions, are taken into account.
If the EU is to realize its climate ambitions, it must phase out not only coal, whose stocks it can control, but also oil and gas, which are internationally tradable.
Abandoning oil and gas means subsidizing their consumption in other parts of the world, because it will directly and inevitably cause a reduction in global prices, unless the EU stores the unused quantities.
If not, the CO2 that Europe saves on imported fuels will be emitted elsewhere.
Even customs duties on the import of CO2-intensive goods would not prevent this as other countries could use the fuels set free by the EU for non-exported goods.
Nearly 200 governments signed the Paris agreement, but only 30 of them have accepted binding limits on CO2 emissions.
The overwhelming majority that have not will be even less inclined to shoulder harsh restrictions, which would force them to block their citizens’ additional fossil-fuel demand induced by the fall in prices.
Climate change is a serious problem for humanity, but ambitious unilateral action by governments is self-defeating and will achieve little.
Without binding international agreements, Germany and the EU risk becoming global guinea pigs whose fate will deter others from emulating them. | L'unilatéralisme vert inefficace de l'Allemagne
MUNICH – L'Allemagne dispose déjà de l'un des programmes climatiques les plus ambitieux au monde.
Le pays entend à présent devenir le leader mondial en termes d'objectifs climatiques.
Mais cette stratégie ne sera pas en mesure de ralentir le changement climatique.
Le gouvernement de la Chancelière Angela Merkel a récemment fait part de son intention en présentant un projet de loi visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone de 65 % d'ici 2030 et de 88 % d'ici 2040, par rapport à leur niveau de 1990 – l'année de référence de l'Accord de Paris sur le climat.
En vertu de la législation proposée, l'Allemagne prévoit de parvenir entièrement à sa neutralité climatique d'ici 2045, cinq ans plus tôt que dans les politiques précédentes.
Ce plan est intégré dans le Pacte vert pour l'Europe de l'Union européenne, qui se fixe comme objectifs la réduction de 55 % des émissions de CO2 d'ici 2030 et la neutralité climatique d'ici 2050, dans la mesure où l'Allemagne avait toujours accepté de supporter une part disproportionnée des efforts européens d'atténuation du changement climatique ces dernières années.
La décision du gouvernement de revoir à la hausse ses objectifs climatiques reflète un sentiment de responsabilité vis-à-vis de la stabilité environnementale mondiale.
C'est un sentiment né du mouvement Vert, qui est né en Allemagne il y a près d'un demi-siècle et qui est plus fort que jamais.
Le déclencheur immédiat des nouveaux objectifs de Merkel a été une décision rendue en avril par la Cour constitutionnelle fédérale allemande, un jugement dans lequel des militants écologistes ont eu gain de cause.
La Cour a reconnu le concept d'un budget carbone strict et l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels afin d'éviter d'importants dégâts climatiques.
La Cour a fait valoir que le budget carbone restant pour les générations futures serait trop faible si l'Allemagne consommait autant que prévu dans les années qui précèdent 2030.
En outre, certains sondages d'opinion suggèrent à présent que les Verts pourraient être le plus grand parti du Bundestag allemand après les élections législatives de septembre.
Le gouvernement Merkel semble donc avoir adopté une stratégie de « démobilisation asymétrique », par laquelle la Chancelière cherche à coopter les politiques fondamentales des Verts, afin de maintenir ces derniers à un bas niveau dans les sondages.
Merkel a agi de la même manière face au Parti social-démocrate (SPD) dès son arrivée à la Chancellerie et a réussi à attirer les électeurs du SPD, en poussant le SPD à gauche et en réduisant ainsi sa popularité.
Mais sa stratégie consistant à maintenir les Verts à distance échoue depuis 2011.
À l'époque, dans les jours qui ont suivi la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, Merkel, cherchant à améliorer les perspectives électorales de son Union chrétienne-démocrate (CDU) dans l'État de Bade-Wurtemberg, a mis en œuvre des plans visant à démanteler progressivement les centrales nucléaires allemandes d'ici 2022.
Au lieu de cela, cette élection a conduit à l'accession au pouvoir du tout premier président Vert d'un État allemand, apparemment pour cette raison que les électeurs préféraient l'original à la copie.
Une situation similaire pourrait se produire en septembre.
Le problème avec des choix stratégiques aussi hâtifs fondés sur l'air du temps, c'est que le gouvernement n'a pas eu le temps d'examiner soigneusement leur efficacité et leur coût probables.
Le gouvernement s'est appuyé sur des modèles climatiques dans lesquels les considérations économiques relatives à la compétitivité industrielle et à la réaction des marchés mondiaux des carburants ne sont pas du tout pris en compte.
L'Allemagne prévoit de baser son approvisionnement en électricité principalement sur l'électricité produite à partir de l'énergie éolienne et solaire pour être consommée directement ou indirectement par la production d'hydrogène.
Toutefois, à ce jour, la part de l'énergie éolienne et solaire dans la consommation finale totale d'énergie, notamment le trafic, le chauffage, le traitement industriel, et autres, est inférieur à 7 %, même si tout le pays est parsemé d'éoliennes et de toits solaires.
Il est vrai que la part de la production d'électricité est déjà d'un tiers, mais l'électricité elle-même ne représente qu'un cinquième du total.
Aujourd'hui, l'Allemagne a le prix de l'électricité le plus élevé du monde occidental, parce que l'électricité « verte » produite par l'énergie éolienne et solaire est très instable et a besoin de l'ensemble du réseau de production conventionnel, ou peut-être d'un réseau converti au gaz naturel, pour compenser les fluctuations, en particulier lors des nombreuses journées maussades.
Ce doublement des coûts fixes explique le prix élevé de l'électricité.
En outre, une part croissante du marché de l'énergie éolienne et solaire va impliquer des pics d'énergie excessifs qui auraient besoin de dispositifs de stockage intermédiaires si l'on compte les utiliser.
Cela signifie un coût trois fois supérieur aux coûts fixes.
Avec sa stratégie consistant à compter presque entièrement sur une énergie verte soumise à tant de fluctuations, tout en fermant les centrales nucléaires, l'Allemagne risque de ruiner son industrie.
Le secteur chimique à lui seul consommerait autant d'électricité que la production actuelle de l'Allemagne si elle devait compter sur l'électricité plutôt que sur les combustibles fossiles.
Le trafic automobile quant à lui – qui doit devenir entièrement électrique, directement ou indirectement grâce à l'hydrogène – aurait aussi besoin d'autant, voire de plus d'électricité.
Les efforts allemands et européens ne pourront pas ralentir le changement climatique, car ils sont basés sur une définition sémantique de la neutralité climatique.
En fait, seules les émissions de CO2 des territoires de l'UE, et non les émissions causées par les actions de l'UE, sont prises en compte.
Si l'UE veut concrétiser ses ambitions climatiques, elle doit démanteler progressivement non seulement le charbon, dont elle peut contrôler les stocks, mais également le pétrole et le gaz, ce qui est négociable à l'échelle internationale.
Abandonner le pétrole et le gaz signifie subventionner leur consommation dans d'autres parties du monde, parce que cela entraînera directement et inévitablement une réduction des prix mondiaux, à moins que l'UE ne stocke les quantités inutilisées.
Dans le cas contraire, le CO2 que l'Europe économise sur les carburants importés sera émis ailleurs.
Même les droits de douane sur l'importation de marchandises à forte teneur en CO2 ne pourraient pas empêcher cela, car d'autres pays pourraient utiliser les carburants rendus disponibles par l'UE pour les marchandises non exportées.
Près de 200 gouvernements ont signé l'Accord de Paris, mais seuls 30 d'entre eux ont accepté des limites contraignantes sur les émissions de CO2.
La majorité écrasante de ceux qui ne l'ont pas encore fait sera encore moins encline à prendre des restrictions sévères, ce qui les obligerait à bloquer la demande supplémentaire de leurs citoyens en combustibles fossiles, qui sera induite par la chute des prix.
Le changement climatique est un problème grave pour l'humanité, mais une action unilatérale ambitieuse des gouvernements est autodestructrice et ne débouchera que sur de maigres résultats.
Sans accords internationaux contraignants, l'Allemagne et l'UE risquent de devenir des cobayes mondiaux dont le sort risque de dissuader d'autres pays de leur emboiter le pas. |
How Safe Substances Become Dangerous
PALO ALTO – Since the development of the science of toxicology in the sixteenth century, its guiding principle has been that “the dose makes the poison.”
It is a rule that applies to the medicines used by patients worldwide many billions of times a day.
The right dose of aspirin can be a therapeutic godsend, but consuming too much can be lethal.
The principle even applies to foods: Large amounts of nutmeg or licorice are notoriously toxic.
The risk that a substance poses broadly depends on two factors: its inherent capacity to cause harm and one’s exposure to it.
It is a simple idea, but even some presumptive professionals seem unable to grasp it – as evidenced by the decision by the International Agency for Research on Cancer (IARC), a component of the World Health Organization, to classify the commonly used herbicide 2,4-D as “possibly carcinogenic to humans.”
When it comes to herbicides, the IARC seems to be on a losing streak.
The organization recently classified glyphosate, another popular herbicide, as “probably” carcinogenic, a conclusion at odds with those of regulatory agencies around the world.
Similarly, not a single governmental agency has deemed 2,4-D a carcinogen.
Earlier this year, the United States Environmental Protection Agency (EPA) concluded that “based on weight of evidence consideration of the available data, 2,4-D would be classified as ‘Not Likely to be Carcinogenic to Humans.’” The European Food Safety Authority also recently concluded that “2,4-D, as currently manufactured, is unlikely to have a genotoxic potential or pose a carcinogenic risk to humans.”
The decision by the IARC to classify substances like 2,4-D and glyphosate as potentially harmful is likely to cause alarm among farmers and consumers, who will wonder about the appropriateness of its continued use in commercial agriculture or gardening.
This would be a shame, because these are highly effective and widely used herbicides, and when the IARC makes its decisions, it does not consider whether the substance in question is actually likely to cause cancer in the real world.
Its panels do not assess whether a chemical will cause cancer – only if it is capable of causing cancer.
As a result, the IARC has in the past classified aloe vera, acrylamide (a substance created by frying foods, such as French fries and potato chips), cell phones, working night shifts, Asian pickled vegetables, and coffee as “probable” or “possible” carcinogens.
This is because it ignores the dosage, failing to consider the likelihood of coming into contact with enough of the substance to cause actual harm.
In the case of coffee, for example, one would need to drink more than 50 cups a day, for an extended period of time, before any deleterious effects became likely.
Classifying 2,4-D as a cancer risk to humans ignores extensive research and analysis conducted by health authorities worldwide, including the United Nations WHO/FAO Joint Meeting on Pesticide Residue (JMPR).
This body evaluates the risks of substances like 2,4-D, considering real-world variables such as the amounts in soil and nearby water, exposure to animals passing through treated fields, and the potential for direct human contact.
In reviews beginning in 1970, the JMPR has always found that when 2,4-D is applied correctly, it does not pose a health threat to anyone or anything on land or water.
This finding has been affirmed by numerous government agencies, including the European Food Safety Authority, the EPA, the US Department of Agriculture, and Health Canada.
When the IARC, which restricts its panels to consider only a narrow spectrum of selected publications, makes a mistaken decision, the effects are harmful.
Its rulings give credibility to chemophobic activists looking for headlines and raise the likelihood that substances wrongly labeled as harmful will be replaced by other products that could pose greater risks or provide fewer benefits.
If products such as glyphosate and 2,4-D were to become unavailable, farmers would be forced to resort to other methods to control weeds – none of them as efficient.
Indeed, many of the alternatives would be more toxic or require more tillage, resulting in damaging soil erosion, increased CO2 emissions, decreased crop yields, greater production costs, and higher consumer prices.
Nor would the problem be limited to farmers.
There are more than 100 prescribed uses for 2,4-D, including the control of invasive weeds on lawns, in forestry, and to enhance safety along highways, power line corridors, and rail lines.
The process the IARC uses in coming to conclusions is not only scientifically wrong; it is harmful.
Its decisions, which have wide exposure, pose the greatest risk to human and other animal life – at any dose. | Comment de bonnes substances deviennent dangereuses
PALO ALTO – Depuis le développement de la science de la toxicologie au XVIème siècle, son principe directeur est que « la dose fait le poison ».
Cette règle s'applique aux médicaments utilisés par les patients dans le monde plusieurs milliards de fois par jour.
D'un point de vue thérapeutique, la bonne dose d'aspirine peut être un don du ciel, mais une consommation excessive peut être mortelle.
Ce principe s'applique même aux aliments : de grandes quantités de noix de muscade ou de réglisse sont réputées pour leur toxicité.
Le risque d'une substance dépend principalement de deux facteurs : sa capacité inhérente de nuisance et l'exposition d'une personne à cette substance.
C'est une idée simple, mais même certains professionnels dignes de foi semblent incapables de la saisir, comme en témoigne la décision prise par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), une branche de l'Organisation Mondiale de la Santé, qui a classé l'herbicide 2,4-D à l'usage le plus répandu, comme étant « probablement cancérigène pour l'être humain. »
Dans le domaine des herbicides, le CIRC ne semble pas vraiment en veine.
L'organisation a dernièrement classé le glyphosate, un autre herbicide populaire, comme « probablement » cancérigène, une conclusion contradictoire avec celles des organismes de réglementation partout dans le monde.
De même, pas une seule agence gouvernementale n'a considéré le 2,4-D comme une substance cancérigène.
Cette année, l'Agence de Protection de l'Environnement des États-Unis (EPA) a conclu que « suite à l'examen des données disponibles, le 2,4-D serait classé comme « probablement non cancérigène pour les humains. » » L'Autorité européenne de sécurité des aliments a également conclu récemment que « le 2,4-D tel qu'il est fabriqué actuellement a peu de chances d'avoir un potentiel génotoxique ou de présenter un risque cancérigène pour les humains ».
La décision du CIRC de classifier des substances du type du 2,4-D et du glyphosate comme potentiellement nocives risque de provoquer une inquiétude parmi les fermiers et les consommateurs, qui vont s'interroger sur le caractère approprié du maintien de son utilisation dans l'agriculture commerciale ou dans le jardinage.
Cela serait dommage, parce qu'elles sont des herbicides très efficaces et largement utilisés. Et lorsque le CIRC prend ses décisions, il ne considère pas si la substance en question est effectivement susceptible de provoquer le cancer dans le monde réel.
Ses comités n'évaluent pas si un produit chimique va effectivement causer le cancer, mais seulement s'il est capable de causer le cancer.
En conséquence, le CIRC a classé dans le passé l'Aloe vera, l'acrylamide (une substance conçue pour frire des aliments comme les frites et les chips), les téléphones portables, les postes de travail de nuit, les légumes marinés asiatiques et le café comme des cancérigènes « probables » ou « possibles ».
C'est parce que cette organisation ignore le dosage et ne considère pas la probabilité d'entrer en contact avec une quantité suffisante de cette substance pour causer un mal réel.
Dans le cas du café, par exemple, il faudrait en boire plus que de 50 tasses par jour, pendant une longue période, avant que des effets délétères ne deviennent probables.
Classer le 2,4-D comme un risque de cancer pour les humains ne tient pas compte des recherches approfondies, ni de l'analyse effectuée par les autorités sanitaires du monde entier, notamment par la Réunion conjointe du FAO et de l'OMS sur les résidus de pesticides (Joint Meeting on Pesticide Residue (JMPR) des Nations Unies.
Cet organisme évalue les risques des substances comme le 2,4-D en tenant compte de variables réelles comme les quantités dans le sol et à proximité de l'eau, l'exposition aux animaux qui traversent les champs traités et la possibilité d'un contact humain direct.
Dans ses commentaires depuis 1970, le JMPR a toujours trouvé que lorsque le 2,4-D est utilisé correctement, il ne cause aucune menace envers la santé de quiconque ni de quoi que ce soit sur terre ou sur l'eau.
Cette conclusion a été confirmée par nombreuses agences gouvernementales, y compris par l'Autorité européenne de sécurité des aliments, l'EPA, le Ministère de l'Agriculture des États-Unis et l'Agence de Santé du Canada.
Lorsque le CIRC, qui restreint ses comités pour n'étudier qu'une partie limité de certaines publications, rend une décision erronée, ses effets sont nocifs.
Ses actes confèrent une crédibilité aux activistes hostiles à la chimie à la recherche de gros titres visant à augmenter la probabilité que les substances incorrectement étiquetées comme nocives soient remplacées par d'autres produits, qui pourraient causer des risques plus importants ou fournir peu d'avantages.
Si des produits comme le glyphosate et le 2,4-D en venaient à ne plus être commercialisés, les agriculteurs seraient obligés de recourir à d'autres méthodes pour réguler les mauvaises herbes, aucune d'entre elles n'étant aussi efficace.
En effet, la plupart des solutions seraient plus toxiques ou demanderaient davantage de labour, portant ainsi préjudice à l'érosion des sols, augmentant les émissions de CO2, diminuant le rendement des cultures, faisant de la sorte augmenter les coûts de production et les prix à la consommation.
Le problème ne se limiterait pas non plus aux agriculteurs.
Il y a plus de 100 utilisations prescrites du 2,4-D, dont la régulation des mauvaises herbes sur les pelouses, la sylviculture et une meilleure sécurité le long des routes, des couloirs de ligne à haute tension et des lignes ferroviaires.
Non seulement le processus que le CIRC utilise pour parvenir à ses conclusions est scientifiquement faux, mais il est également nocif.
Ses décisions largement diffusées causent un très grand risque à la vie humaine et à toute autre vie animale, tous dosages confondus. |
Bombs Away
LONDON – One of the most dispiriting features of today’s international debates is that the threat to humanity posed by the world’s 23,000 nuclear weapons – and by those who would build more of them, or be only too willing to use them – has been consigned to the margin of politics.
US President Barack Obama did capture global attention with his Prague speech in 2009, which made a compelling case for a nuclear weapon-free world.
And he did deliver on a major new arms-reduction treaty with Russia, and hosted a summit aimed at reducing the vulnerability of nuclear weapons and materials to theft or diversion.
But nuclear issues still struggle for public resonance and political traction.
It would take a brave gambler to bet on ratification of the Comprehensive Test Ban Treaty by the US Senate any time soon.
The film An Inconvenient Truth won an Academy Award, led to a Nobel Prize for Al Gore, and attracted huge international attention to the disastrous impact of climate change.
But Countdown to Zero, an equally compelling documentary, made by the same production team and making shockingly clear how close and how often the world has come to nuclear catastrophe, has come and gone almost without trace.
Complacency trumps anxiety almost everywhere.
Japan’s Fukushima disaster has generated a massive debate about the safety of nuclear power, but not about nuclear weapons.
Fear of a nuclear holocaust seems to have ended with the Cold War.
Indeed, Hiroshima and Nagasaki seem an eternity ago; new nuclear-weapons states have emerged without the world ending; no terrorist nuclear device has threatened a major city; and possession of nuclear weapons, for the states that have them, seems to be a source of comfort and pride rather than concern or embarrassment.
With only a handful of exceptions, the current generation of political leaders shows little interest in disarmament, and not much more in non-proliferation.
And their publics are not pressuring them to behave otherwise.
Few have worked harder to shake the world out of its complacency than four of the hardest-nosed realists ever to hold public office: former US Secretaries of State Henry Kissinger and George Shultz, former US Secretary of Defense William Perry, and former US Senator Sam Nunn.
In a series of opinion articles over the last five years, they have repeatedly sounded the alarm that the risks of nuclear weapons outweigh any possible usefulness in today’s security environment.
Moreover, they have called for a complete rethinking of deterrence strategy, in order to minimize, and ultimately eliminate, reliance on the most indiscriminately destructive weapons ever invented.
Last week in London, the “gang of four” convened a private meeting with leading think-tank researchers and a worldwide cast of some 30 former foreign and defense ministers, generals, and ambassadors who share their concern and commitment.
But our average age was over 65, and the limits of our effectiveness were neatly described by former British Defence Minister Des Browne: “People who used to be something really want to tackle this issue.
The trouble is that those who are something don’t.”
No quick fix will turn all this around.
Getting the kind of messages that emerged from the London meeting embedded in public and political consciousness is going to be slow boring through hard boards.
But the messages demand attention, and we simply have to keep drilling.
The first message is that the threat of a nuclear weapons catastrophe remains alarmingly real.
Existing global stockpiles have a destructive capacity equal to 150,000 Hiroshima bombs, and in handling them there is an omnipresent potential for human error, system error, or misjudgment under stress.
Pakistan versus India is a devastating conflict-in-waiting, and North Korea and Iran remain volatile sources of concern.
We know that terrorist groups have the capacity to engineer nuclear devices and would explode them anywhere they could; we simply cannot be confident that we can forever deny them access to the fissile material they need to fuel them.
The second message is that Cold War nuclear-deterrence doctrine is irrelevant to today’s world.
So long as nuclear weapons remain, states can justify maintaining a minimum nuclear-deterrent capability.
But that can be done without weapons on high alert, and with drastically reduced arsenals in the case of the US and Russia, and, at worst, at current levels for the other nuclear-armed states.
The third message is that if the existing nuclear powers sincerely want to prevent others from joining their club, they cannot keep justifying the possession of nuclear weapons as a means of protection for themselves or their allies against other weapons of mass destruction, especially biological weapons, or conventional weapons.
Indeed, the single most difficult issue inhibiting serious movement toward disarmament – certainly in the case of Pakistan versus India, and Russia and China versus the US – are conventional arms imbalances, and ways of addressing them must rise to the top of the policy agenda.
The final message is that neither piecemeal change nor sloganeering will do the job.
Nuclear disarmament, non-proliferation, counter-terrorism, and civil nuclear-energy risk reduction are inextricably connected, and they call for sustained commitment around a comprehensive agenda, and detailed argument.
Sound bites and tweets are an unlikely route to nuclear salvation.
Kissinger is no idealist icon.
But he’s always worth listening to, and never more so than with respect to the question that he has been asking for years: When the next nuclear-weapons catastrophe happens, as it surely will, the world will have to respond dramatically.
Why can’t we start right now? | Plus de bombes
LONDRES – L’un des aspects les plus décourageants des débats internationaux actuels est que la menace posée par les 23 000 têtes nucléaires dans le monde – et par ceux qui veulent en fabriquer encore plus, ou n’attendent que de pouvoir les utiliser – a été consignée en marge de la politique.
Le président Barack Obama a effectivement concentré l’attention internationale avec son discours de Prague en 2009, en appelant de manière convaincante à un monde sans arme nucléaire.
Il est d’ailleurs parvenu à un nouveau traité majeur avec la Russie sur la limitation des armes nucléaires, et a présidé un sommet visant à réduire la vulnérabilité des armes et du matériel nucléaires par rapport au vol ou au détournement.
Mais les questions nucléaires ne parviennent pas à trouver de résonance auprès de l’opinion publique ou à éveiller suffisamment d’élan politique.
Seul un parieur fou miserait sur la ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires par le Sénat américain dans un avenir proche.
Le film An Inconvenient Truth a remporté un AcademyAward, permis à Al Gore d’obtenir le Prix Nobel, et attiré l’attention internationale sur l’impact désastreux du changement climatique.
Mais Countdown to Zero, un documentaire tout aussi convainquant, réalisé par la même équipe de production et expliquant de manière choquante les différentes occasions nombreuses et répétées dans lesquelles le monde a frôlé la catastrophe nucléaire, est passé pratiquement inaperçu.
Presque partout, la suffisance l’emporte sur l’anxiété.
Le désastre de Fukushima au Japon a généré un intense débat sur la sécurité de l’énergie nucléaire, mais pas sur l’arme nucléaire.
Il semble que la crainte d’un holocauste nucléaire se soit évanouie avec la guerre froide.
En effet, Hiroshima et Nagasaki paraissent extrêmement lointains ; de nouveaux états nucléaires ont émergé sans que cela n’entraine la fin du monde ; aucun dispositif nucléaire terroriste n’a menacé de métropole ; et la possession d’armes nucléaires, pour les états concernés, semble être source de confort et de fierté plutôt que d’inquiétude ou d’embarras.
A quelques rares exceptions, la génération actuelle de dirigeants politiques montre peu d’intérêt pour le désarmement, et à peine plus pour la non-prolifération.
Et les pressions de leurs opinions publiques ne sont pas suffisantes pour les convaincre d’agir différemment.
Peu de personnes ont autant ouvré pour sortir le monde de sa suffisance que quatre des plus impitoyables réalistes à n’avoir jamais tenu un poste officiel : les anciens Secrétaires d’état américains Henry Kissinger et George Shultz, l’ancien Secrétaire américain à la défense William Perry, l’ancien Senator Sam Nunn.
Dans une série d’articles motivés publiés depuis cinq ans, ils ont, de manière répétée, tiré la sonnette d’alarme sur le fait que les risques que font peser les armes nucléaires sont largement supérieurs à leur utilité dans l’environnement sécuritaire actuel.
Ils en appellent en outre à une profonde refonte de la stratégie de dissuasion, de manière à minimiser, et à terme, éliminer cette dépendance envers l’arme la plus aveuglément destructrice jamais inventée.
La semaine dernière à Londres, la « bande des quatre » s’est réunie en privé avec d’éminents chercheurs de groupes de réflexion et une trentaine d’anciens ministres de la défense et des affaires étrangères, de généraux, d’ambassadeurs, qui partagent leurs inquiétudes et leur engagement.
Mais notre âge moyen dépasse les 65 ans et les limites de notre efficacité ont été joliment résumées par l’ancien ministre de la défense britannique Des Browne : « Les personnes qui ont compté veulent véritablement s’atteler à cette question.
Le problème est que ceux qui comptent aujourd’hui ne font rien. »
Un simple pansement ne suffira pas.
Faire en sorte que les messages qui ressortent de cette réunion de Londres marquent véritablement la conscience politique et l’opinion publique sera un processus long et difficile.
Mais ces messages exigent d’être entendus, et il nous faudra être persévérants.
Le premier message est que la menace d’une catastrophe provoquée par l’arme nucléaire demeure dangereusement présente.
La capacité destructrice des stocks internationaux existants est égale à 150 000 bombes d’Hiroshima, et leur manipulation constitue un potentiel permanent d’erreur humaine, d’erreur de système ou d’erreur de jugement sous l’effet du stress.
Le conflit entre le Pakistan et l’Inde est un conflit latent dévastateur, et la Corée du Nord et l’Iran restent des sources volatiles d’inquiétude.
Nous savons que les groupes terroristes ont la capacité de fabriquer des dispositifs nucléaires et les moyens de les faire exploser n’importe où ; mais nous ne pouvons pas être certains de pouvoir indéfiniment leur interdire l’accès au matériau fissible dont ils ont besoin pour les fabriquer.
Le second message est que la doctrine de dissuasion nucléaire de la guerre froide n’est plus pertinente dans le monde actuel.
Tant que l’arme nucléaire existera, des états pourront justifier le maintien d’une capacité de dissuasion nucléaire minimum.
Mais cela peut se faire sans qu’il y ait d’armes en alerte rouge, et avec des arsenaux considérablement réduits dans le cas des États-Unis et de la Russie, et au pire, aux niveaux actuels pour les autres pays possédant l’arme nucléaire.
Le troisième message est que si les puissances nucléaires existantes veulent sincèrement éviter que d’autres ne rejoignent leur club, ils ne peuvent continuer de justifier de la possession d’armes nucléaires comme moyen de protection, pour eux-mêmes ou leurs alliés, contre d’autres armes de destruction massive, surtout les armes biologiques ou conventionnelles.
En effet, l’unique question très délicate qui constitue un frein à un réel élan vers le désarmement – certainement dans le cas du Pakistan contre l’Inde, et de la Russie et de la Chine contre les États-Unis – est celle qui concerne les déséquilibres entre les différents arsenaux d’armes conventionnelles, et les moyens de s’atteler à cette question doivent être remis en tête de l’ordre du jour politique.
Le dernier message est que ni une approche décousue, ni la persuasion au moyen de slogans vides ne fera l’affaire.
Le désarmement nucléaire, la non-prolifération, le contre-terrorisme et la réduction des risques induits par l’énergie nucléaire civile sont inextricablement liés et demandent un engagement durable autour d’un ordre du jour complet et d’un argumentaire détaillé.
Il est peu probable que quelques voix ici ou là et des tweets soient la voie idéale pour sortir du nucléaire.
Kissinger est loin d’être une icône idéaliste.
Mais il est toujours bon de l’écouter et surtout au sujet de la question qu’il pose depuis des années : lorsque la prochaine catastrophe nucléaire surviendra, et elle surviendra certainement, le monde devra impérativement y répondre.
Pourquoi ne pas commencer dès maintenant ? |
A Cautionary Tale for Media Regulators
QUITO – To understand the possible consequences of US President Donald Trump’s constant denunciations of the press, one need look no further than Ecuador, where former President Rafael Correa’s government attacked the news media for years.
During his 2007-2017 presidency, Correa implemented a raft of measures aimed at stifling press freedom.
And, like Trump, he regularly used the media as a whipping boy to rally his supporters.
In 2015, Correa managed to pass a constitutional amendment re-categorizing communications as a public service, like water or electricity, thereby allowing for more state control over speech.
And with the stated goal of ensuring “balanced media coverage,” he pushed through the 2013 Ecuadorian Communication Law, and enacted additional regulations allowing the government to crack down on journalists with fines, forced public apologies, and even prison sentences.
Like Trump, Correa would sometimes go on television or radio programs to denounce journalists by name; and his government repeatedly took news organizations to court.
For example, Correa brought an $80 million lawsuit against El Universo, one of the country’s major newspapers.
In the end, the paper was forced to pay $40 million in exchange for a “pardon.”
With the spread of disinformation online fueling distrust of the media and other institutions, regulations to police some kinds of speech may seem like a good idea.
Clearly, major distribution platforms like Facebook need to be more heavily regulated.
But, in some cases, laws enacted in the “public interest” can actually work against it.
And at the same time, laws meant to support legitimate journalism usually offer only scant protection against those who are determined to act in bad faith.
I learned this first-hand when I accompanied a group from the Committee to Protect Journalists (CPJ) on a recent trip to Ecuador.
From speaking to Ecuadorian journalists, it is clear that most of Correa’s media policies and enforcement practices crossed the line into outright censorship.
News outlets that did not provide ample coverage of government statements were fined, as were outlets that did not recirculate foreign press reports that were favorable to the government or critical of opposition figures.
On some occasions, news outlets were even forced to print or air lengthy dissenting statements from government officials who disliked their treatment in the media.
Ecuador’s experience shows how laws that seem reasonable on paper – such as those guaranteeing subjects of news stories a “right to reply” – can easily be abused.
According to Ecuadorian journalists, government officials often refuse to speak to reporters because they know that, should a story about them appear, they can simply force the outlet to publish a long, unedited statement of their own.
And though news outlets may appeal in “right to reply” cases, doing so can lead to lengthy and costly lawsuits.
Similarly, laws affording ordinary citizens the right to complain about press reports are easily gamed.
Government officials routinely find “ordinary citizens” to file complaints against media organizations on their behalf.
Ecuador’s current president, Lenín Moreno, has promised to ease the country’s media restrictions.
And in a recent meeting with the CPJ, Ecuadorian Secretary of Communication Andrés Michelena said the government plans to reform the Ecuadorian Communications Law this year.
Still, as the journalists we met noted, the structure and language of the law have not changed.
In general, Latin American media tend to be captured by elites, with wealthy owners whose interests are represented in how the news is reported.
This is why many of the leftist politicians who came to power in the last two decades pledged to make media more representative of voiceless and marginalized communities.
For example, in Argentina, certain forms of cross ownership were banned.
In other countries, underrepresented indigenous communities were given cameras and broadcast licenses.
And in some cases, governments have interrupted programming on privately owned television stations to issue political statements.
Under Correa, the government even assumed editorial management of the country’s oldest newspaper, El Telégrafo.
In Ecuador, what started as a move toward media diversity ten years ago has ended up eliminating much of the country’s capacity for investigative and critical reporting.
This does not bode well for the country’s future.
Aggressive, fact-based journalism is a public good.
As the fourth estate, the media holds governments and corporations accountable by reporting on corruption, environmental degradation, and other violations of the public trust.
But in Ecuador, journalists now must fear the consequences of doing their jobs.
Like many Latin American countries, Ecuador is deeply polarized.
Correa still has many supporters on the left who point to his government’s stunning achievements in reducing poverty and boosting health and education spending.
They say that the corruption during Correa’s presidency was no worse than under previous governments, and they applaud his government’s efforts to rein in the media, which they view as dishonest and representative of right-wing, corporate interests.
There is a lesson here for the US and other countries where distrust of the media is growing.
Since the revelations that Facebook and Twitter played a key role in disseminating false information and sowing mistrust and racial tension in the 2016 US election, a growing chorus has called for stricter regulations.
But such regulations can be difficult to implement fairly, and can have unintended consequences.
Ecuador has learned the hard way that if combating misinformation means the loss of in-depth, factual reporting and a media that can play a watchdog role, then the price is too high.
Let us hope that this lesson is taken on board not just in Ecuador, but in democracies worldwide. | Un conte moral pour les organismes de contrôle des médias
QUITO – Pour comprendre les conséquences possibles des dénonciations constantes de la presse par le Président américain Donald Trump, il suffit de considérer le cas de l'Équateur, où le gouvernement de l'ancien Président Rafaël Correa a attaqué les médias des années durant.
Durant sa présidence de 2007 à 2017, Correa a mis en application un train de mesures visant à museler la liberté de la presse.
Comme Trump, il a régulièrement utilisé les médias comme boucs émissaires pour fédérer ses partisans.
En 2015, Correa est parvenu à faire passer un amendement constitutionnel qui a recatégorisé les communications en tant que service public, comme l'eau ou l'électricité, ce qui lui a permis par ce moyen d'exercer davantage de contrôle de l'État sur le droit d'expression.
Avec l'objectif affiché d'assurer « une couverture médiatique équilibrée, » il a fait passer la loi de 2013 sur les Communications équatoriennes et a décrété des règlements supplémentaires permettant au gouvernement de sévir contre les journalistes par des amendes, des excuses publiques forcées, voire même des peines de prison.
Comme Trump, Correa a parfois utilisé la télévision ou les émissions de radio pour dénoncer les journalistes en citant leurs noms.
Par ailleurs, son gouvernement a à plusieurs reprises poursuivi des organes de presse en justice.Par exemple, Correa a intenté un procès de 80 millions de dollars contre El Universo, un des principaux journaux du pays.
En fin de compte, le journal a été forcé de payer 40 millions de dollars en échange d'un « pardon. »
Avec la diffusion de la désinformation en ligne qui provoque la perte de confiance dans les médias et dans d'autres types d'institutions, les réglementations visant à maintenir l'ordre dans certains genres de discours peut ressembler à une bonne idée.
Il paraît évident que certaines des principales plateformes de distribution comme Facebook doivent être plus fortement réglementées.
Mais dans certains cas, les lois décrétées dans « l'intérêt public » peuvent en fait se retourner contre ce dernier.
En même temps, les lois qui devaient avoir pour vocation première de soutenir le journalisme légitime ne proposent plus qu'une maigre protection contre ceux qui sont déterminés à être de mauvaise foi.
J'ai appris ceci à mes dépens quand j'ai accompagné un groupe du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) lors d'un voyage récent en Équateur.
En parlant avec ces journalistes équatoriens, il est clair que la plupart des politiques de médias de Correa et des pratiques de contrôle ont franchi la limite de la censure pure et simple.
Les organes de presse qui n'ont pas fourni une couverture suffisante des rapports du gouvernement ont reçu des amendes, de même que les organes qui n'ont pas fait circuler les articles de presse étrangère qui se montraient favorables au gouvernement ou critiques à l’égard de personnalités d'opposition.
À quelques occasions, certains organes de presse ont été même forcés de publier ou de diffuser de longs rapports d'avis divergent de la part de membres du gouvernement qui n'ont pas apprécié leur traitement dans les médias.
L'expérience de l'Équateur montre comment des lois qui semblent raisonnables sur le papier - comme celles qui garantissent aux sujets des histoires publiées dans la presse d'avoir un « droit de réponse » - peuvent facilement être détournées.
Selon certains journalistes équatoriens, les membres du gouvernement refusent souvent de parler aux journalistes parce qu'ils savent que si une histoire à leur sujet est publiée, ils peuvent simplement forcer l'organe de presse à publier un long article non édité de leur cru.
Bien que les organes de presse puissent faire appel dans certains cas au « droit de réponse », les actions de ce genre peuvent conduire à des procès longs et coûteux.
De même les lois qui donnent les moyens à des citoyens ordinaires de se plaindre au sujet des articles de presse de pression sont facilement baisées.
Les membres du gouvernement trouvent souvent « des citoyens ordinaires » pour porter plainte contre des organes de presse en leur nom.
Le président équatorien actuel, Lenín Moreno, a promis d'adoucir les restrictions du pays sur les médias.
Lors d'une réunion récente avec le CPJ, le secrétaire équatorien de la communication Andrés Michelena a déclaré que le gouvernement entendait réformer la Loi sur les Communications équatoriennes cette année.
Néanmoins, comme l'ont remarqué les journalistes que nous avons rencontrés, la lettre et l’esprit de la loi n'ont pas changé.
En général, les médias latino-américains ont tendance à être sous la coupe des élites, avec de riches propriétaires dont les intérêts sont représentés dans la manière dont les nouvelles sont rapportées.
C'est pourquoi plusieurs politiciens de gauche, arrivés au pouvoir ces deux dernières décennies, ont juré de rendre les médias plus représentatifs des communautés sans voix et marginalisées.
Par exemple en Argentine, certaines formes de propriété croisée ont été interdites.
Dans d'autres pays, des caméras et des licences de diffusion ont été allouées aux communautés indigènes sous-représentées.
Dans certains cas, les gouvernements ont interrompu la programmation sur certaines chaînes privées de télévision pour diffuser des déclarations politiques.
Sous Correa, le gouvernement a même assumé la direction éditoriale du plus ancien journal du pays, El Telégrafo.
En Équateur, ce qui a commencé comme un mouvement vers la diversité de médias il y a dix ans a fini vers par éliminer une grande partie de la capacité du pays produire des reportages d'enquête critique.
Ceci n'est pas de bon augure pour l'avenir du pays.
Le journalisme agressif et basé sur les faits est un bien public.
En tant que quatrième pouvoir, les médias tiennent pour responsables les gouvernements et les sociétés, en rendant compte de la corruption, de la dégradation de l'environnement et d'autres violations de la confiance publique.
Mais en Équateur, les journalistes doivent à présent craindre les conséquences de l'exercice de leur profession.
Comme de nombreux pays latino-américains, l'Équateur est profondément polarisé.
Correa a toujours beaucoup de défenseurs à gauche qui citent les succès éblouissants de son gouvernement dans la réduction de la pauvreté et dans l'augmentation des dépenses de santé et d'éducation.
Ils disent que la corruption durant la présidence de Correa n'était pas pire que sous les gouvernements précédents et ils applaudissent les efforts de son gouvernement dans son rôle de contrôle des médias, qu'ils considèrent comme malhonnêtes et comme des représentants des intérêts de droite et des entreprises.
Il y a une leçon à tirer ici pour les États-Unis et pour d'autres pays où la méfiance envers les médias est en hausse.
Depuis les révélations selon lesquelles Facebook et Twitter ont joué un rôle majeur dans la diffusion de fausses informations en semant la méfiance et la tension raciale dans les élections de 2016 aux États-Unis, une clameur grandissante appelle désormais à des réglementations plus strictes.
Mais des réglementations de ce genre peuvent être difficiles à mettre en application de manière juste et peuvent avoir des conséquences fortuites.
L'Équateur a appris à ses dépens que si le combat contre les fausses informations équivaut à la perte de la capacité à effectuer des reportages détaillés et factuels, en contrepartie de médias capables de jouer un rôle de surveillance, alors ce prix est trop élevé.
Il faut espérer que l'on saura en tirer les leçons non seulement en Équateur, mais également dans les démocraties du monde entier. |
New Year’s Hope against Hope
NEW YORK – The time has come for New Year’s resolutions, a moment of reflection.
When the last year hasn’t gone so well, it is a time for hope that the next year will be better.
For Europe and the United States, 2010 was a year of disappointment.
It’s been three years since the bubble broke, and more than two since Lehman Brothers’ collapse.
In 2009, we were pulled back from the brink of depression, and 2010 was supposed to be the year of transition: as the economy got back on its feet, stimulus spending could smoothly be brought down.
Growth, it was thought, might slow slightly in 2011, but it would be a minor bump on the way to robust recovery.
We could then look back at the Great Recession as a bad dream; the market economy – supported by prudent government action – would have shown its resilience.
In fact, 2010 was a nightmare.
The crises in Ireland and Greece called into question the euro’s viability and raised the prospect of a debt default.
On both sides of the Atlantic, unemployment remained stubbornly high, at around 10%.
Even though 10% of US households with mortgages had already lost their homes, the pace of foreclosures appeared to be increasing – or would have, were it not for legal snafus that raised doubts about America’s vaunted “rule of law.”
Unfortunately, the New Year’s resolutions made in Europe and America were the wrong ones.
The response to the private-sector failures and profligacy that had caused the crisis was to demand public-sector austerity!
The consequence will almost surely be a slower recovery and an even longer delay before unemployment falls to acceptable levels.
There will also be a decline in competitiveness.
While China has kept its economy going by making investments in education, technology, and infrastructure, Europe and America have been cutting back.
It has become fashionable among politicians to preach the virtues of pain and suffering, no doubt because those bearing the brunt of it are those with little voice – the poor and future generations.
To get the economy going, some people will, in fact, have to bear some pain, but the increasingly skewed income distribution gives clear guidance to whom this should be: Approximately a quarter of all income in the US now goes to the top 1%, while most Americans’ income is lower today than it was a dozen years ago.
Simply put, most Americans didn’t share in what many called the Great Moderation, but was really the Mother of All Bubbles.
So, should innocent victims and those who gained nothing from fake prosperity really be made to pay even more?
Europe and America have the same talented people, the same resources, and the same capital that they had before the recession.
They may have overvalued some of these assets; but the assets are, by and large, still there.
Private financial markets misallocated capital on a massive scale in the years before the crisis, and the waste resulting from underutilization of resources has been even greater since the crisis began.
The question is, how do we get these resources back to work?
Debt restructuring – writing down the debts of homeowners and, in some cases, governments – will be key.
It will eventually happen.
But delay is very costly – and largely unnecessary.
Banks never wanted to admit to their bad loans, and now they don’t want to recognize the losses, at least not until they can adequately recapitalize themselves through their trading profits and the large spread between their high lending rates and rock-bottom borrowing costs.
The financial sector will press governments to ensure full repayment, even when it leads to massive social waste, huge unemployment, and high social distress – and even when it is a consequence of their own mistakes in lending.
But, as we know from experience, there is life after debt restructuring.
No one would wish the trauma that Argentina went through in 1999-2002 on any other country.
But the country also suffered in the years before the crisis – years of IMF bailouts and austerity –from high unemployment and poverty rates and low and negative growth.
Since the debt restructuring and currency devaluation, Argentina has had years of extraordinarily rapid GDP growth, with the annual rate averaging nearly 9% from 2003 to 2007.
By 2009, national income was twice what it was at the nadir of the crisis, in 2002, and more than 75% above its pre-crisis peak.
Likewise, Argentina’s poverty rate has fallen by some three-quarters from its crisis peak, and the country weathered the global financial crisis far better than the US did –unemployment is high, but still only around 8%.
We could only conjecture what would have happened if it had not postponed the day of reckoning for so long – or if it had tried to put it off further.
So this is my hope for the New Year: we stop paying attention to the so-called financial wizards who got us into this mess – and who are now calling for austerity and delayed restructuring – and start using a little common sense.
If there is pain to be borne, the brunt of it should be felt by those responsible for the crisis, and those who benefited most from the bubble that preceded it. | Des voux pour la nouvelle année contre à contre-courant
NEW YORK – Le temps est venu des résolutions pour la nouvelle année, un moment propice à la réflexion.
Lorsque l’année écoulée n’a pas été vraiment bonne, c’est un temps pour espérer que la prochaine soit meilleure.
Pour l’Europe et les Etats Unis, 2010 a été une année décevante.
Cela fait trois ans que la bulle a éclaté, et plus de deux ans que Lehman Brothers s’est effondré.
En 2009, nous avons échappé de justesse à la dépression, et 2010 était censé être une année de transition : avec la reprise économique, les dépenses de stimulus devaient être lentement diminuées.
La croissance pouvait ralentir légèrement en 2011, mais on pensait qu’il s’agirait d’un choc mineur sur le chemin d’une reprise durable.
La Grande Récession pourrait alors être considérée comme un mauvais rêve ; l’économie de marché – soutenue par l’action prudente du gouvernement – aurait montré sa capacité de récupération.
En réalité, 2010 fut un cauchemar.
Les crises en Irlande et en Grèce ont remis en question la viabilité de l’euro et ont fait apparaître la perspective d’un défaut sur la dette.
Des deux côtés de l’Atlantique, le chômage est resté à un niveau élevé, autour des 10%.
Alors que 10% des ménages américains ayant un prêt hypothécaire avaient déjà perdu leur maison, le rythme des saisies a encore augmenté – ou en tout cas aurait augmenté si la pagaille légale n’avait pas mis en doute l’ « état de droit » américain tant vanté.
Malheureusement, les résolutions du nouvel an qui ont été faites en Europe et aux Etats-Unis ne sont pas les bonnes.
La réponse aux manquements et à l’extrême prodigalité du secteur privé, qui ont causé la crise, a été d’imposer l’austérité au secteur public !
La conséquence en sera, de manière presque certaine, une reprise économique plus lente et un délai encore plus long avant que le chômage ne revienne à des niveaux acceptables.
Cela entraînera aussi un déclin de compétitivité.
Alors que la Chine a préservé sa croissance en investissant dans l’éducation, la technologie et l’infrastructure, l’Europe et les USA se sont lancés dans un programme d’économies drastiques.
Il est devenu à la mode pour les politiciens de prêcher les virtus de la douleur et de la souffrance, évidemment parce que ceux qui portent le plus gros fardeau ont peu de poids politique – les pauvres et les générations futures.
Certes, certains coûts sont inévitables pour relancer l’économie, mais la distribution de plus en plus inégale du revenu fournit une indication claire quant à savoir qui doit les supporter : approximativement un quart du revenu total des USA est à présent accumulé par le pourcent le plus riche de la population, alors que le revenu de la majorité des Américains est plus faible aujourd’hui qu’il y a une douzaine d’années.
Pour dire les choses simplement, la majorité des Américains n’ont pas bénéficié de ce que beaucoup ont appelé la Grande Modération, qui était en réalité la mère de toutes les bulles.
Pourquoi donc des innocents, qui n’ont rien gagné de cette fausse prospérité, devraient payer encore plus ?
L’Europe et les USA ont la même main d’ouvre qualifiée, les mêmes ressources et le même capital que ce dont ils disposaient avant la récession.
Certains de ces actifs étaient sans doute surévalués, mais les actifs sont, pour la plupart, toujours là.
Les marchés financiers privés ont largement misalloué le capital dans les années précédant la crise, et le gâchis résultant de la sous-utilisation des ressources n’a cessé de se faire sentir de manière de plus en plus importante depuis le début de la crise.
La question est donc la suivante : comment retourner à la pleine utilisation de ces ressources ?
La restructuration de la dette – réduire la valeur des dettes des propriétaires immobiliers et, dans certains cas, des gouvernements – sera la clef.
Cela arrivera inévitablement.
Mais repousser l’échéance est très coûteux – et largement non nécessaire.
Les banques n’ont jamais voulu reconnaître leurs mauvaises dettes, ni à présent leurs pertes, du moins pas avant de pouvoir se recapitaliser de manière adéquate grâce à leur marges commerciales et la différence importante entre leurs taux débiteurs élevés et leurs coûts d’emprunt au plus bas.
Le secteur financier poussera les gouvernements à repayer entièrement, quand bien même cela engendrera un gâchis social massif, un énorme taux de chômage et beaucoup d’agitation sociale – et quand bien même la situation actuelle est la conséquence de ses propres erreurs en matière de prêt.
Cependant, comme l’expérience nous l’enseigne, il existe une vie après la restructuration de la dette.
Personne ne souhaiterait à aucun autre pays le traumatisme que l’Argentine a vécu dans les années 1992-2002.
Mais l’Argentine a également souffert dans les années précédant la crise – les années des renflouements par le FMI et d’austérité – d’un taux de chômage et de pauvreté élevés combinés à une croissance faible et négative.
Depuis la restructuration de la dette et la dévaluation de la monnaie, l’Argentine a vécu des années de croissance du PIB extraordinairement rapide, à un taux moyen annuel de presque 9% entre 2003 et 2007.
En 2009, le revenu national était deux fois plus élevé qu’au plus fort de la crise, en 2002, et plus de 75% au dessus de son niveau d’avant crise.
De même, le taux de pauvreté en Argentine a diminué de ¾ par rapport à son niveau de crise, et le pays a fait face à la crise financière globale bien meilleure manière que les USA – le chômage y est élevé, mais reste autour des 8% seulement.
Nous en sommes réduits aux conjectures quant à savoir ce qui se serait passé s’ils n’avaient pas refusé de faire face à la réalité si longtemps – ou s’ils avaient essayé de postposer l’inévitable réaction encore davantage.
Dès lors, voici mes voux pour la nouvelle année : cesser de se préoccuper des soi-disant magiciens de la finance qui ont provoqué la gâchis actuel – et qui réclament à présent l’austérité et veulent repousser la restructuration – au profit d’enfin un peu de bon sens.
S’il y a des coûts à endurer, leur poids doit être supporté par les responsables de la crise et ceux qui ont profité le plus de la bulle qui l’a précédée. |
Health Food Truths
“Low-carbohydrate” pasta is in a category of health foods known in the trade as “lesser evils” – foods with fewer unwanted calories, fat, trans fat, sugars, salt, or carbohydrates.
There is now a whole industry of such products, as well as health foods classified as “natural,” “organic,” and “functional.”
But are these foods really better for you?
In the United States, “organic” has a precise meaning established by the US Department of Agriculture. “Natural,” however, means whatever the food producer or manufacturer says it means.
So-called “functional” foods – or “techno-foods” – are those to which manufacturers add omega-3 oils, artificial sweeteners, indigestible starches, cholesterol reducers, soy or milk (whey) proteins, phytochemicals, and other ingredients to enable them to take advantage of “qualified” health claims permitted by the Food and Drug Administration (FDA).
Sales of lesser-evil and functional foods have done well in recent years, bringing in about $85 billion in US sales in 2004.
If you routinely buy such foods, you are among LOHAS (Lifestyles of Health and Sustainability) consumers – the health food industry’s cherished demographic base.
You buy low-carbohydrate products, energy and nutrition bars, vitamin- and mineral-fortified foods and beverages, soy foods, and practically anything with a health claim.
Like many people, I thought that small, innovative companies dominated functional foods.
In fact, PepsiCo holds a 25% share of the market with products like Quaker cereals and fortified Tropicana juices, which qualify for FDA-approved health claims.
Coca-Cola, General Mills, Kellogg, Kraft, Nestlé, and Groupe Danone all have market shares ranging from 4% to 7%.
These companies’ control of this market makes sense if you think about what they are selling.
The most popular functional foods are soft drinks, sports drinks, breakfast cereals, snacks, energy bars, and juice drinks.
About three-quarters of breakfast cereals make health claims for the whole grain or fiber that has been added to make them “functional.”
Moreover, as Nancy Childs, a business school professor, wrote in Nutrition Business Journal in 2004, functional foods for obesity, for example, promise their manufacturers “a double reward”: eligibility for qualified health claims and possible reimbursement under Medicare as a disease treatment.
They also provide “balance to food company product portfolios, thereby limiting corporate liability on both legal and stock valuation fronts” – a reference to potential claims against companies that their products might cause obesity or poor health.
But many of these products are basically sugar water or sugary foods that might as well be cookies, with ingredients added or removed to appeal to LOHAS customers who would otherwise not buy them.
A private testing laboratory, ConsumerLab.com, found that hardly any of the “vitamin waters” it tested contained what their labels said they did, and some had only 20% to 50% of the amounts of nutrients listed.
Likewise, half the fat in most power and energy bars – which bring in $2 billion in annual sales – is saturated and some is trans.
Many bars targeted to low-carbohydrate dieters have misleading “net carb” calculations.
Some do not disclose their content of sugar alcohols, and some have so much of these additives that they are almost certain to produce laxative effects or gas.
Others are so highly fortified with vitamin A or D that ConsumerLab advises against giving them to young children.
Even if I had not seen these results and warnings, I wouldn’t eat power and energy bars, which, according to the magazine Consumer Reports , taste “gritty, chalky, or chemical.”
I agree.
When I ask friends and colleagues why they buy the bars, they say: “Because I know they are healthy and I don’t care how they taste.”
Well, I do.
I can’t see the point of eating indigestible vitamin-and-fiber supplemented carbohydrates flavored with artificial sweeteners.
If I think I need more vitamins, I prefer to take a multivitamin supplement.
If I need a hundred or so calories in a hurry, I prefer a banana, a handful of nuts, or, for that matter, a delicious candy bar.
This is not to diminish the value of some of the lesser evils – low-fat milk and yogurt, for example.
But most foods posing as “health food” raise the same question as vitamin-supplemented candy: does adding vitamins really make a food better for you?
Real health foods do not need to be made functional to be good for you. They are functional just the way they are. | La vérité sur les produits diététiques
Les pâtes « à faible teneur en glucides » font partie d’une catégorie de produits diététiques étant un « moindre mal » – c’est-à-dire comptant moins de calories, graisses, acides gras insaturés, sucres, sels ou glucides indésirables.
Il existe désormais toute une industrie de ce type de produits, ainsi que d’autres considérés comme « naturels », « bio » ou « fonctionnels ».
Mais ces produits sont-ils vraiment meilleurs pour notre santé ?
Aux Etats-Unis, si le Ministère de l’agriculture a défini précisément le terme « bio », la notion de « naturel » est laissée au bon vouloir des producteurs et fabricants de produits alimentaires.
Dans lesdits « alicaments » – ou techno-food – sont ajoutés des oméga-3, édulcorants, glucides indigestibles, réducteurs de cholestérol, protéines de soja ou de lait (lactosérum), composés phytochimiques et autres ingrédients permettant aux fabricants de bénéficier d’allégations santé reconnues par la Food and Drug Administration (administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments ).
Les ventes d’alicaments et d’aliments causant de moindres maux se portent bien depuis quelques années, et pesaient environ 85 milliards de dollars dans les ventes américaines en 2004.
En achetant régulièrement ces produits, vous devenez consommateur « Lifestyles of Health and Sustainability » (LOHAS, « Modes de vie pour la santé et la durabilité ») – base démographique chérie de l’industrie des aliments diététiques.
Vous achetez des produits faibles en glucides, des barres énergétiques et nutritives, des boissons et aliments enrichis en vitamines et en minéraux, à base de soja, et tout autre produit aux allégations santé.
Comme la plupart des gens, je pensais que les petites entreprises novatrices dominaient le marché des aliments fonctionnels.
En fait, PepsiCo en détient 25 %, à côté notamment des céréales Quaker et des jus de fruits enrichis Tropicana, bénéficiant de l’homologation santé de la FDA.
Les parts de marché de Coca-Cola, General Mills, Kellogg, Kraft, Nestlé et du Groupe Danone vont de 4 à 7 %.
Le contrôle qu’exercent ces sociétés sur le marché a un sens si l’on pense à ce qu’elles vendent.
Les alicaments les plus populaires sont les boissons non alcoolisées, les boissons de l’effort, les barres de céréales, les en-cas, les barres énergétiques et les boissons aux fruits.
Environ trois-quarts des céréales consommées au petit déjeuner se prévalent de leurs vertus diététiques – de leur enrichissement en fibres pour les rendre « fonctionnelles ».
Qui plus est, comme Nancy Childs, professeur d’économie, l’a écrit dans Nutrition Business Journal en 2004, par exemple, les alicaments contre l’obésité promettent aux fabricants « une double récompense » : l’éligibilité aux allégations santé reconnues et leur remboursement éventuel par Medicare, dans le cadre d’un traitement thérapeutique.
Ils établissent également « un équilibre dans les portefeuilles de produits des sociétés alimentaires, limitant ainsi leur responsabilité aux niveaux juridique et de l’évaluation des produits » – en référence à d’éventuelles plaintes déposées contre des sociétés parce que leurs produits causeraient l’obésité ou nuiraient à la santé.
Pourtant, bon nombre de ces alicaments ne sont en fait que de l’eau et des aliments sucrés qui pourraient tout aussi bien être des gâteaux secs, à la différence que des ingrédients ont été ajoutés ou supprimés pour attirer les consommateurs LOHAS qui, sinon, ne les achèteraient pas.
Selon ConsumerLab.com, presque aucune des « eaux vitaminées » analysées par ce laboratoire d’analyses privé n’avait un contenu conforme à son étiquette, et certaines n’avaient que 20 % à 50 % des éléments nutritifs supposés entrer dans leur composition.
De même, la moitié des graisses présentes dans les barres énergétiques – qui représentent 2 milliards de dollars des ventes annuelles – est saturée et parfois insaturée.
La teneur en glucides nets indiquée sur la majorité des barres destinées aux personnes suivant un régime faible en glucides est trompeuse.
Certaines ne révèlent pas leur teneur en polyols, tandis que d’autres contiennent tant d’additifs de ce type qu’elles ont certainement des effets laxatifs ou provoquent des flatulences.
D’autres sont tellement enrichies en vitamines A ou D que ConsumerLab les déconseille aux jeunes enfants.
Même sans voir ces résultats ni être au fait de ces avertissements, je ne mange pas de barres énergétiques qui, d’après le magazine Consumer Reports , ont un goût « de sable, de craie ou de produits chimiques ».
Je partage cet avis.
Lorsque je demande à mes amis et collègues pourquoi ils achètent ces barres, ils me répondent : « car je sais qu’elles sont saines ; et je me moque de leur goût ».
Eh bien, pas moi.
Je ne vois pas l’intérêt de consommer des glucides indigestibles enrichis en fibres et vitamines au goût d’édulcorants artificiels.
Si j’estime avoir besoin de vitamines, je préfère prendre un complément multivitaminé.
Si je dois absorber en hâte une centaine de calories, je préfère manger une banane, une poignée de fruits secs, ou même une délicieuse confiserie.
Je ne m’acharne pas à diminuer la valeur de certains aliments qui sont un moindre mal – comme le lait écrémé ou les yaourts à 0 %.
Mais la plupart des produits censés « sains » soulève la même question que les bonbons enrichis en vitamines : cet ajout rend-il réellement un aliment meilleur pour notre santé ?
Les aliments véritablement sains n’ont pas besoin de devenir « fonctionnels » : ils le sont naturellement. |
Europe and the New World Order
BERLIN – November 15, 2008, is a date to remember, because on that day history was made.
For the first time, the G-20, the world’s 20 leading economies, came together in Washington, D.C., to find an answer to the global financial and economic crisis.
While this first meeting resulted in nothing more than declarations of intent, it still marks a historic turning point.
Faced with the gravest financial and economic crisis worldwide since the 1930’s, the Western industrial nations (including Russia) that previously dominated the world economy are no longer capable of coming up with an effective response.
Moreover, hopes for mitigating or, indeed, overcoming the global economic crisis rest exclusively with the emerging economic powers, first and foremost China.
As a result, the G-8, which excludes the most important emerging-market countries, has lost its significance for good.
Globalization has resulted in a lasting change in the distribution of power and opportunities, laying the groundwork for a new world order for the twenty-first century.
Once the current global crisis is over, nothing will ever be the same again.
The West – the United States and Europe – are in relative decline, while the emerging Asian and Latin American powers will be among the winners.
The US has responded to the decline of its global strength in an impressive manner, with the election of its first African-American president, Barack Obama.
Amidst one of the gravest crises in its history, America has proven to itself and the world its ability to reinvent itself.
And it is clear even now that this decision will have three long-term consequences.
First, the election of a black president will put to rest the tragic legacy of slavery and the American Civil War.
From now on, the issues of skin color, eye shape, or gender will no longer play a deciding role for a candidate for high, or even the highest, office.
The US political system now reflects the country’s demographic changes, as non-white sections of the population grow the fastest.
Second, Obama’s election will lead to a reorientation of US foreign policy in the medium term.
In particular, the transatlantic/European focus of American foreign policy, which was previously a matter of course, will increasingly become a thing of the past.
Third, the internal realignment of America’s political-cultural perspective will be reinforced by the ongoing global shift of wealth and power from the West to the East.
The Northeastern Pacific powers – China, Japan, and South Korea – are already America’s most significant creditors by far, and their importance will increase further as a result of the financial crisis.
For the foreseeable future, the greatest opportunities for growth lie in this region, and for both economic and geopolitical reasons America will increasingly turn toward the Pacific region, thus downgrading its transatlantic orientation.
All of this is bad news for Europe, because once this global crisis is over, Europeans will simply have become less important.
And, unfortunately, Europe is not only doing nothing to hold off or reverse its decline – it is accelerating the process through its own behavior.
With the election of Obama, America has turned toward the future within a globalized, multipolar world; Europe, on the other hand, is rediscovering national action in this time of crisis, and thus banking on the past!
The European constitution has failed, the Lisbon reform treaty is in limbo after the Irish rejected it, and stronger European economic governance is blocked by German-French disunity.
The reaction of EU member states to this ongoing self-inflicted impasse is unambiguous: rather than trying to reenergize the process of further political and economic integration, they are primarily acting on their own to try to fill the vacuum that has emerged.
Certainly, coordination between the member states exists, and is even successful at times, but without strong European institutions, such singular successes will not last.
There is a very real danger that Europe will simply miss out on an historic strategic turn towards a multipolar world – and at a high price.
After the summit in Washington, it should have sunk in among Europeans everywhere – even the Euroskeptics of the British Isles – that this strategic realignment is taking place right now!
If Europeans cannot get their heads around the fact that the nineteenth century is over, the global caravan will continue to move forward into the twenty-first century without them. | L’Europe et le nouvel ordre mondial
BERLIN – Le 15 novembre 2008 est une da te à retenir - une date historique.
Pour la première fois, le G-20, les 20 principales économies mondiales, se sont réunies à Washington pour tenter d’apporter une réponse à la crise économique et financière mondiale.
Bien que cette première réunion n’ait pas débouché sur autre chose que des déclarations d’intention, elle marque un tournant dans l’Histoire.
Confrontées à la pire crise économique et financière depuis les années 1930, les nations industrialisées occidentales (y compris la Russie) qui dominaient auparavant l’économie mondiale ont découvert qu’elles étaient incapables d’apporter une réponse efficace à la crise.
Il est de plus apparu que le seul d’espoir d’atténuer, ou mieux, de surmonter la crise économique globale repose exclusivement entre les mains des économies émergentes, et avant tout de la Chine.
En conséquence, le G-8, qui ne comprend pas les principales économies émergentes, a perdu toute pertinence.
La mondialisation a donné lieu à une redistribution du pouvoir et des opportunités, et a creusé les fondations d’un nouvel ordre mondial pour le XXIème siècle.
Plus rien ne sera comme avant, une fois la crise actuelle surmontée.
L’Occident – les États-Unis et l’Europe – sont en déclin relatif, tandis que les puissances asiatiques et latino-américaines émergentes seront parmi les gagnantes.
Les États-Unis ont réagi au déclin de leur hégémonie de manière impressionnante, avec l’élection du tout premier président Africain-Américain, Barack Obama.
Confrontés à l’une des pires crises de leur histoire, les États-Unis ont démontré, à eux-mêmes et au reste du monde, leur capacité à se renouveler.
Et il est déjà apparent que ce choix aura trois conséquences à long terme.
Premièrement, l’élection d’un président noir enterre le triste héritage de l’esclavage et de la Guerre de Sécession.
Dès aujourd’hui, les questions de couleur de peau, de forme des yeux ou de genre ne joueront plus un rôle décisif dans l’accès aux postes de responsabilité, voire à la fonction suprême.
Le système politique américain reflète à présent l’évolution démographique du pays, où les groupes non-Blancs ont la croissance la plus rapide.
Deuxièmement, l’élection d’Obama se traduira par une réorientation de la politique étrangère américaine au moyen terme.
En particulier, l’accent mis actuellement sur la relation transatlantique, qui allait auparavant de soi, deviendra de plus en plus en plus une chose du passé.
Troisièmement, l’alignement interne des perspectives politico-culturelles des États-Unis sera renforcée par le déplacement global en cours des richesses et du pouvoir, de l’Ouest vers l’Est.
Les puissances du Pacifique du Nord-est – la Chine, le Japon et la Corée du Sud – sont déjà, et de loin, les principaux créanciers des États-Unis et leur importance ira croissant en raison de la crise financière actuelle.
Dans un avenir prévisible, la région Pacifique est celle qui offre les principales opportunités de croissance et pour des raisons à la fois économiques et géopolitiques, les États-Unis se tourneront de plus en plus vers cette région, au détriment de la relation transatlantique.
Toutes ces évolutions n’augurent rien de bon pour l’Europe. Une fois la crise passée, les Européens auront perdu de leur importance.
Et le pire est que non seulement l’Europe ne fait rien pour atténuer ou retarder son propre déclin, elle l’accélère par son comportement.
Avec l’élection d’Obama, les États-Unis se sont résolument tournés vers l’avenir au sein d’un monde globalisé et multipolaire. En ces temps de crise, l’Europe, elle, redécouvre l’intervention gouvernementale et mise sur le passé !
La constitution européenne est un échec, le traité de Lisbonne est dans les limbes depuis le rejet des Irlandais, et une plus forte gouvernance économique européenne est bloquée par la désunion franco-allemande.
La réaction des États membres de l’UE face à cette impasse qu’ils se sont eux-mêmes infligées est sans ambiguïté : au lieu de tenter de redonner une impulsion au processus d’intégration politique et économique, chaque État agit individuellement pour tenter de combler le vide qui s’ouvre sous ses pieds.
Bien sûr, une coordination existe entre les États membres, et est même parfois couronnée de succès, mais sans institutions européennes fortes, ces succès isolés ne se reproduiront pas.
Le danger est bien réel de voir l’Europe manquer un virage stratégique et historique vers un monde multipolaire – un aveuglement qui lui coûtera cher.
Après le sommet de Washington, il aurait dû être évident pour les Européens partout, même pour les eurosceptiques des îles britanniques, que ce réalignement stratégique intervient aujourd’hui même !
Si les Européens n’arrivent pas à se faire à l’idée que le XIXème siècle est bien mort, la caravane continuera à avancer, sans eux, dans le XXIème siècle. |
Presentation of the Czech Presidency's programme (debate)
The next item is a statement by the Council on the presentation of the Czech Presidency's programme.
I should like to welcome most warmly the President of the Council, the Prime Minister of the Czech Republic, Mirek Topolánek, to the European Parliament.
A very warm welcome to you, Mr Topolánek.
(Applause)
I should also like to welcome most warmly the President of the European Commission, José Manuel Durão Barroso.
Ladies and gentlemen, we all know that holding the Presidency is particularly challenging, and I know that Prime Minister Topolánek finds it not only intellectually but also emotionally very touching, with his political experience in the years of communism, to now be delivering his report for the European Union as its representative.
This is the second Presidency, the first being Slovenia, to hail from a country that joined the European Union on 1 May 2004.
I am sure that I speak for all of you, ladies and gentlemen, when I say that the Czech Presidency has our full support and that we intend to do our utmost to ensure it is a successful Presidency for the European Union at this difficult time.
On this basis, President-in-Office of the Council, Prime Minister Topolánek, I should like to invite you to address this House.
Once again, a very warm welcome to the European Parliament.
(Applause)
President-in-Office of the Council. - (CS) Mr President of the European Parliament, Mr President of the European Commission, ladies and gentlemen, I come before you today for the first time as President of the European Council.
The Czech Republic has assumed leadership of the EU after France, which I consider to be more than symbolic.
France played an important role in the birth of the modern Czech state.
The French court is where our greatest king, Charles IV, Holy Roman Emperor, grew up, and, following the model of the Sorbonne in Paris, he founded the university in Prague, one of the outstanding institutions of European learning.
We are linked to France, then, both through the fulfilment of our national aspirations and in the promotion of universal European values.
Just as it was not easy to found a university in Bohemia to compare with the Sorbonne, it is not easy to take over the EU presidency from France.
I see only one way of fulfilling this task honourably.
It is no accident that I have chosen a medieval monarch as an example of our links with France and with European values.
Charles IV, in his policies, could not uphold a narrowly Czech stance; on the contrary, he had to integrate and represent a whole diverse empire.
In a sense, the European Union follows on from this medieval universalism - if nothing else, in the fact that it prefers a common moral code and common legal basis over local power interests.
There is also talk of a second European Union, bureaucratic, technocratic and soulless, but I believe in that first Europe: the Europe of freedom, justice, ideas and rules.
In that universe of values where the law is promoted above the individual, the size of the country does not matter.
What matters is the ability to serve a common idea.
The role of the country holding the presidency is neither to promote its interests nor to make decisions.
Its role is to moderate and inspire debate.
Today I do not stand before you as the Prime Minister of the Czech Republic, but as the President of the European Council.
The views which I shall be representing here, over the next six months, will not be my personal views or those of the Czech government.
They will be the consensus of 27 countries, embodied in the conclusions of the European Council.
I cannot imagine coming before you in any other way.
You, of course, as the directly elected Members of the European Parliament, have the right to ask me about anything, and, if you are interested, I shall always be happy to give you my opinion or to explain the Czech position; but I myself do not consider this to be essential.
The arena for national interests is the European Council, which was conceived as such within the necessarily complex system of checks and balances of European democracy.
However, the Council's primary mission is to seek a meeting-point, a compromise acceptable to all.
I shall always rigorously, decisively and correctly uphold that here.
In the EU, they say the Czechs are always dissatisfied with something.
That we are among the grumblers that others should be afraid of, that we are a nation of Hussites and hotheaded chauvinists. I fundamentally disagree with this type of criticism.
Like our first president, T.G. Masaryk, I am convinced that the 'Czech question' is in fact a European question, and that it has always developed within a pan-European context, in accordance with common European values and in conjunction with developments in other countries.
As Masaryk wrote a hundred years ago in the second edition of his 'Czech Question': 'Our national literary and language revival took place at the same time as revivals and new developments in all European nations.
This means that our revival was not as isolated and miraculous as it is usually said to have been, but was fully part of the Europe-wide trend.'
I believe these words are still relevant now, when the European Union as a whole, and its individual states, are seeking out a new face for Europe.
A face in which traditional European values will be reflected, and which will also look boldly ahead into the third millennium.
A face in keeping with the Union motto, 'In varietate concordia', an expression of unity and at the same time diversity.
Just as in the 19th century, the Czechs are entering this debate as a young and small Member.
Just as then, however, we consider ourselves a long-standing part of the great family of proud European nations.
Over the next six months we shall have the opportunity to demonstrate fully our attitude towards European integration.
The Czech presidency comes in a year significant for a number of reasons.
This year is the fifth anniversary of the historically largest EU expansion, in 2004, which was the symbolic and practical culmination of the successful process of reunifying a previously divided continent; and this year Europe celebrates 20 years since the fall of the Iron Curtain, which enabled the countries of the former Soviet bloc to return to freedom and democracy.
2009 will also be the 30th anniversary of the first direct elections to the European Parliament which you represent.
Of the triangle of EU institutions, it is Parliament that we consider to be the source of direct political legitimacy.
The European Parliament is the only directly elected body of the EU, and with repeated calls for a reduction of the so-called 'democratic deficit', its authority has increased over the decades.
Finally, this year marks 60 years since the founding of NATO, which is the most important Transatlantic defence alliance.
NATO is the manifestation, at security level, of the Euro-Atlantic ties that confirm the validity of our European civilisation's values on both sides of the ocean.
2009 will not only be a year of significant anniversaries, but also a year of important and difficult challenges.
We must continue to resolve institutional issues.
The international role of the EU will be tested not only by the still-unresolved conflict in Georgia, but also by the new escalation of tensions in the Middle East.
Finally, the issue of energy security once again demands our urgent attention.
In addition to our scheduled tasks we shall, like the French presidency, have to face new events.
Further surprises can never be ruled out.
The country holding the presidency cannot influence the EU's long-term agenda or the emergence of new problems.
What it can and must influence is the selection of presidential priorities; and, as is customary, I intend to set out these priorities here.
Our primary effort has been to ensure that these priorities not only represent the Czech point of view, but also reflect the continuity of developments in the EU, and the positions and ideas of individual Member States and political tendencies.
This has been a broad and consensual task, not a confrontational and one-sided one.
Even though it is of course impossible for everyone to be 100% satisfied with these priorities, I believe that all of you can find something in our programme that you can identify with.
At the same time, I am certainly not hiding the fact that for the Czech Republic, just like every other Member State, the presidency provides an opportunity to draw attention to areas where our specific know-how enables us to contribute something to Europe.
What are those areas?
As a country dependent on oil and gas imports and as a former Eastern Bloc country, we are well aware of the importance of energy security as a requirement not only for economic wellbeing, but also for a free and independent foreign policy.
As a new Member State with experience of totalitarianism, our membership of the Community means a great deal to us, and we consider it our moral duty to strengthen cooperation with those who are left outside.
Just as France put its know-how to use in relation to the Mediterranean, we want to convince the EU of the importance of the Eastern Partnership.
The third contribution that I want to mention here is our experience with the crisis in the banking sector which we went through at the end of the 1990s.
We can contribute to the current debate with our recommendations and our experts.
Due to the stabilisation of financial institutions we are one of the very few countries today that have not had to pump taxpayers' money into rescuing banks affected by the financial crisis.
Our priorities for the presidency reflect Czech know-how, respect the continuity of EU development and are in fact well-matched to the existing problems.
As you probably know, the motto of our presidency is 'Europe without barriers'.
I would add to that the subtitle 'a Europe of rules'.
This vision gains new importance in today's troubled political and economic situation.
We believe that only a Europe that makes full use of its economic, human and cultural potential can hold its own, economically and politically, in global competition.
This is doubly true in times of crisis.
The full development of Europe's potential is hindered by a number of internal barriers that we should try to remove.
I am thinking, for example, of the last remaining obstacles to the full exercise of the four basic EU freedoms by all Member States - the unnecessary administrative burden for entrepreneurs, or the lack of connections between energy networks, which is an obstacle to increased energy security and the development of the internal energy market.
On the other hand, a Europe without barriers cannot be a Europe without rules and borders.
The removal of internal barriers must go hand in hand with protection against illegal activities that threaten the safety and interests of Europeans, especially in the areas of protection of intellectual property, and illegal immigration.
Only clearly set boundaries will enable us to play a more active role in breaking down external barriers, for example in international trade, so that we can make better use of the potential, and the comparative advantages, of European countries.
During the six months of its presidency, the Czech Republic will aim for these overarching objectives through the implementation of three main programme areas, the 'Three Czech E's': 1.
Economy, 2.
Energy, 3. The European Union in the World.
With slight exaggeration, it could be said that these 3 E's have been transformed, at the beginning of the year, into 2 G's: Gas and Gaza.
In physics, E means energy and G is the symbol of gravitational acceleration.
For anyone in need of exercise, 2 Gs is plenty of exertion.
I shall say straight away that I could speak for hours about individual priorities and tasks; but more important than any words are the results of the Czech presidency so far.
Today is the 14th of January, which means we have held the presidency for two weeks.
Within this time, we have managed to find a political solution to the complicated problem of Russian gas, and to negotiate an agreement between the two sides in the dispute.
We have also led a European delegation to the area of the Middle East conflict.
The delegation completed a difficult round of talks with all the parties involved, and achieved the first successes in opening a humanitarian corridor to Gaza.
All this has come at a time when we have faced a difficult situation at home, with a government reshuffle, and have been subjected to attacks from the opposition, which has been irresponsibly torpedoing the Czech presidency of the EU and holding the country's foreign commitments to ransom in a domestic political dispute.
I think the results we have achieved in spite of this are a more than adequate response to the doubting voices that said that the Czech Republic, for objective and subjective reasons, was not up to the task of leading the EU.
Turning, now, to individual areas in more detail:
The first E: Economics
The Czech presidency will press mainly for the full implementation of the conclusions of the G20 Summit Declaration of November 2008 and the European Council conclusions of December 2008.
In accordance with these conclusions the key requirement for success is to prevent excessive regulation and to avoid protectionism - or in other words, to abide by primary EU law, to abide by established rules.
The EU must not close itself off from the world; on the contrary, it must strive for the greatest possible openness in world trade and draw the maximum benefit from it.
Here, the words of my friend Joseph Daul of the PPE-DE Group are very much to the point: 'The current economic crisis is not a defeat for capitalism, but rather the result of political mistakes and a lack of rules for the oversight of financial markets.'
The priority tasks will be a review of the directive on capital adequacy of investment companies and lending institutions, the completion of talks on the directive regulating insurance, a regulation on the activities of ratings agencies, and a directive on electronic money institutions.
The presidency will also press for a review of the regulation on payments in euros, and, last but not least, for prompt and thorough implementation of the roadmap of the Economic and Financial Affairs Council, which was adopted in response to the crisis on the financial markets.
At the same time, it is essential to thoroughly analyse the possibilities offered by the legislation currently in force, and to make full use of these.
Only an economically strong and influential EU can manage to resolve the important questions of global policy, security, trade and the environment.
The presidency must therefore devote itself to the realisation of the European Economic Recovery Plan, with emphasis on its incorporation into the Lisbon Strategy framework: after short-term tools for strengthening our economies, the tools for medium- and long-term structural reforms will come into play.
An example of these important structural reforms is the common agricultural policy.
The key lies in setting equal terms for all EU Member States in the making of direct payments - both in terms of the amounts paid, and in terms of the payment system (removing historical disparities, making allowance for the diversity of individual Member States' agriculture).
The Czech Republic wants to incorporate this dimension into the debate on the future of the common agricultural policy after 2013.
In the long term, the best protection against the devastating impact of future crises is to strengthen the EU's competitiveness.
As I have said before, this is about the full assertion and exercise of the four basic freedoms on which the EU is founded.
To these, I would add a 'fifth freedom' - the free movement of knowledge, which is something of a return to the medieval universalism I have mentioned.
An important factor for improving competitiveness is an improvement in the quality of regulation, including a decrease in the regulatory burden, to make doing business easier, especially for small and medium-sized enterprises.
The Czech Republic is taking a very high profile in this area.
In the area of foreign trade, the presidency is focusing on a revival of discussions at the WTO.
Here, we attach great importance to successful completion of the Doha Development Agenda (DDA).
The DDA represents an effort to achieve a transparent liberalisation of trade at multilateral level, which will bring long-term benefits.
If the talks on the DDA are suspended, the presidency will attempt to set in motion some thinking on multilateral trade tools and will support a step-up of discussions within the framework of the other WTO agendas.
We must not forget investments in education, research, development and innovation, alongside the need to improve the regulatory environment and reduce the administrative burden.
Here I shall quote the Chairman of the Socialist Group in the European Parliament, Martin Schulz: 'Europe cannot successfully compete with other regions of the world on low wages and social standards, but on technological innovations, higher quality of work and the competence and knowledge of its people.'
I fully endorse this view.
The second E: Energy
The second priority, like the first, fits into the context of current developments.
Even more urgently and compellingly, I would say.
The global crisis may weaken Europe in the short term; but the energy shortage that threatens us would immediately, and in the long term, destroy not only the European economy, but also our freedom and security.
The Czech presidency will definitely continue its efforts to provide secure, competitive and sustainable energy for Europe.
In the area of energy security, we would like to focus on three aspects: firstly, completing the Second Strategic Energy Review, including an analysis of medium-term energy demand and supply in the EU and, based on this, the identification of appropriate infrastructure projects.
Secondly, completing the directive on the maintenance of minimum stocks of crude oil and petroleum products, where we support an increase in the mandatory minimum stocks from 90 to 120 days.
Thirdly, reforming the Trans-European Energy Networks (TENs-E); here, the energy security legislation package approved by the Commission in November 2008 also includes the Green Paper on European energy networks.
No less important is the strengthening of infrastructure on the Member States' territory, including the existing trans-border connections, and implementation of new energy network connections.
In all related legislative acts, we hope to have the European Parliament's support.
Naturally, we are also interested in diversifying the supply and transport routes.
It is clear that the construction of the Nabucco gas pipeline, for example, is an issue of the highest priority, and support for construction of new oil pipelines is equally important.
Further, we must make efforts to diversify the energy mix, including the rehabilitation of nuclear energy and investment in new technologies.
As an example of our ability to achieve energy security in practice, we would point to the agreement we have brokered on the creation of a monitoring mechanism for the transit of Russian gas.
The goal was to restore basic trust between the Russian Federation and Ukraine, and to introduce elementary transparency to the issue.
We have managed to get Russia and Ukraine to sign a single document, so that renewal of supplies to the EU becomes possible.
Now the EU must take decisions and measures to ensure that in future there is no repeat of this crisis with its impact on the Member States.
Transparency in the gas business must be increased, and the supply routes and suppliers must be diversified.
The EU countries' energy mix must be diversified.
We need to think seriously about developing safe nuclear energy.
The building of infrastructure in the EU must be implemented rapidly, in order to provide effective connections between Member States as a prerequisite for building an effective gas market.
In the area of the internal market and infrastructure, we must make efforts to achieve effective coordination of transmission system operators, to complete the building of a unified internal market for electricity and gas, and to ensure that the gaps in the transmission and transport system are eliminated.
On the question of legislative priorities in this area, we want to conclude the third package on the internal energy market, which means completing the review of two directives and two regulations on electricity and gas whose goal is to complete the liberalisation of the electricity and gas market.
We also aim to bring the regulations properly into operation, and to establish an agency for cooperation between energy regulators.
Another area is the increase in energy efficiency, which the Swedish presidency wants to take on in greater detail; this means that the France - Czech Republic - Sweden trio of presidency countries will have tackled the energy issue truly comprehensively and from all sides.
While this priority is called Energy, it is inseparably linked with climate protection policy.
In this area, the presidency will try to achieve a globally acceptable agreement on the setting of reduction commitments after 2012.
This especially means getting the USA, India and China on board, and it will prepare the way for achieving a broad international consensus at the end of 2009 in Copenhagen.
Such a consensus should also reflect current trends in the world economy.
In the context of the coming economic recession and the supply crisis, it will be particularly important to harmonise the requirements of the environment, competitiveness and security.
The beginning of the year reminded us that as part of the priority of 'the EU in the World', we must also allow for unforeseen urgent tasks.
The new escalation of tension between Israel and Hamas requires not only an active approach from the EU itself, but also coordination with important global and regional players.
Again it is confirmed that peace cannot be achieved until Palestine begins to function as a fully-fledged state which is able to guarantee law and order in its territory and safety for its neighbours.
For this reason, in addition to current diplomatic activities, the European Union must continue its efforts to build the Palestinian infrastructure, with the training of security forces and reinforcement of the authority of the Palestinian administration.
In the process of resolving the conflict, the Czech presidency will want to make use of its good relations with both Palestine and Israel; but it is obvious that without mutual trust, long-term peace in the Middle East is not possible.
I have already mentioned the Eastern Partnership.
The Georgian crisis showed how important it is for the EU to have a strategy for that region.
The deepening of the eastern dimension of the European Neighbourhood Policy, through a strengthening of cooperation with the countries of the region (above all, with Ukraine), and likewise with the countries of the Transcaucasian and Caspian region, is of great importance, not only morally but also practically.
This cooperation will enable us to diversify our foreign trade and supplies of energy raw materials.
As far as Transatlantic relations are concerned, it is obvious that unless they are strengthened and developed, the EU cannot effectively perform its role as a strong global player, just as the United States is now unable to perform this role independently.
In the long term, we can only succeed if we work together.
The Czech presidency will therefore place emphasis on intensive dialogue with the representatives of the new US administration in the key areas of economy, climate and energy, and cooperation with third countries (Pakistan, Afghanistan, Russia, Middle East).
Also of fundamental importance for the EU's standing in the world is the position taken by the Member States when negotiating a new agreement on partnership with Russia.
Events of recent years, and especially recent months, raise a number of questions and underline the necessity of a unified approach from the EU as a whole.
Prerequisites for this are an understanding of Russia and a common analysis, and we therefore support the cooperation of experts on Russia across the European Union.
Under the Czech presidency, talks will also continue on enlargement covering the countries of the Western Balkans and Turkey.
The Western Balkans must not be forgotten because of our economic problems and current international crises.
In the case of Croatia, the presidency will do all it can to ensure that this country joins the EU as soon as possible.
The positive example of Croatia is a necessary condition for maintaining the European prospects of other Western Balkan countries.
We shall certainly do everything possible to support their progress within the Stabilisation and Association Process.
As part of this project, the Czech presidency is also prepared to continue developing a southern dimension to the European Neighbourhood Policy and improving relations with partner countries.
This includes strengthening EU-Israel relations and the Middle East peace process in general - the current dramatic events in that region must not deter us.
On the contrary, they underline the necessity of finding a peaceful solution.
Last but not least, the priority of Europe in the World includes the area of internal security.
This is because current security threats, by their nature, increasingly intrude into internal security.
The building of a space of freedom, security and law is a common interest of the EU that touches the lives of all its citizens.
In this context, the presidency will make efforts towards further progress in Schengen cooperation, in police and customs cooperation, and in cooperation between Member States in civil and criminal matters.
We are aware that the end of our presidency will be marked by elections to the European Parliament, a more intense political atmosphere, and the need to complete the legislative process for selected legislative acts, so that they do not fall by the wayside.
Also on our agenda is the start of discussions about the new form of the European Commission.
It is also up to the Czech presidency to continue the debate with Ireland on the fate of the Treaty of Lisbon.
I am convinced that it is necessary to conduct these talks sensitively and with respect for the sovereignty of Irish citizens.
Besides, if a referendum on the Treaty of Lisbon were to take place in the Czech Republic, all the signs are that it would not pass there either.
It is necessary to find a solution that a majority of the Irish will be able to accept.
This will undoubtedly help us in our internal political debate as well.
I began by saying that the Czech question is also a European question.
Probably no other nation has devoted so much space, effort and time to a debate on its own identity as the Czechs have.
What the European Union is going through now, a search for its form and the purpose of its existence, is something we know very well from our own history.
In our role as the country holding the presidency, we therefore offer the Community our two hundred years of experience in seeking our own historical role, our own place in the family of European nations.
The Czech relationship to Europe was well described more than seventy years ago by the critic and philosopher František Václav Krejčí: 'We do not see the Czech lands as 'the heart of Europe' in a geographical sense so much as in a cultural and intellectual sense.
We are in the deepest heartland of the continent, where influences from all its parts converge; we feel surrounded by all European nations, if not directly, then through the imaginative power of cultural works.
We say this because we are at the crossroads of intellectual currents, and it follows that it is our mission to mediate, and especially to mediate between east and west.'
I think these words are an inspiration at the beginning of 2009, when the task facing the Czech Republic over the next six months is to be the moderator of debate in the European Union.
Thank you for your attention.
President-in-Office of the Council, we wish to thank you for your most constructive, extensive report, and to wish you all the best for your Presidency!
Mr President, Mr President-in-Office of the Council, ladies and gentlemen, the first few days of 2009 leave no room for doubt.
The next six months are going to put the European Union to the test.
Europe will have to prove its determination to help its citizens, workers and businesses to face and to overcome the economic crisis.
Europe will have to prove its solidarity in emergency situations such as the sudden turn-off of the gas supply that we are experiencing at present.
Europe will have to demonstrate its ability to use all its external influence to settle international conflicts as dangerous for world peace as the Gaza conflict is today.
In close cooperation with the Czech Presidency-in-Office of the Council - and I should like to welcome Prime Minister Topolánek and all of his team, I wish them every success at the head of the Council, and, once again, I wish to express my full confidence in the Czech Republic's ability to fulfil this very important role - in close cooperation with the latter and with the European Union, the Commission will strive to demonstrate that the Union is equal to the task.
Together, we can show Europeans during these six months why the European Union is so vitally important today.
We can show them why it is directly in their interest to voice their opinions by electing MEPs who will sit in the next European Parliament.
Let us show our fellow citizens why Europe needs the increase in democracy and effectiveness provided for by the Treaty of Lisbon and why it should benefit from it, and let us also show them why, now more than ever, we need a Treaty of Lisbon that has the backing of all our Member States.
We have a solid foundation from which to start.
In 2008, the Union demonstrated that it was capable of taking difficult decisions that commit our societies for many years.
The energy and climate-change package clearly illustrates the political will of a visionary and determined Europe.
With this package, we are able to take steps towards reaching an ambitious international agreement in December.
In 2008, the Union also proved its capacity to adapt to change.
It quickly found the means to react to the financial crisis, and it very quickly reached an agreement on a recovery plan to stimulate the European economy without delay. I shall come back to this.
The Union also enters 2009 secure in the strength of its international reputation.
It was first in line to help resolve conflicts such as the one between Russia and Georgia; it will not diminish its efforts to help bring together parties in conflict such as in Gaza; and, in fact, it is thanks to the European Union that at least humanitarian corridors have been opened up to help the people of Palestine.
The European Union has also inspired the courses of action that the G20 has taken forward to tackle the economic crisis.
It has reaffirmed its full commitment to the opening up of markets, especially to the conclusion of the Doha process for development and trade and also to the Millennium Development Goals, which the rigours of the crisis must not call into question.
Europe must also continue to do everything it can to meet today's challenges, and I believe that we have reason to be confident.
In the course of this year the Commission is going to continue to do everything to ensure that we do not lose the momentum that we gained at Washington during the G20.
We believe that it is important to continue to pull out all the stops to reform the global financial system, and we have an extraordinary opportunity with the G20 in London.
The European Union must speak with one voice in London and must continue to show its leadership in the context of reforming the global financial system.
The Commission will continue to propose important initiatives this year, for example to better regulate the way in which the financial markets operate, to launch a new action programme in the field of justice, freedom and security, and to propose new measures for adapting to climate change.
We shall draft our proposals with the budgetary review in mind.
Furthermore, we shall pay particular attention to developments in the economic and social situation and shall take all necessary measures.
You are still in the process of examining some very important proposals, ladies and gentlemen.
We hope that they will be able to be adopted by the end of the parliamentary term, and this, in particular, thanks to the commitment made by the Czech Presidency.
I have in mind, more specifically, the proposals linked to the economic and financial crisis, to the social package, to the internal energy market - which current events have shown to be so very crucial - and also to the telecoms package and to road transport.
I will focus my remarks today on energy and on the economy.
It is here where Europe's citizens will feel most pressure this year.
And it is here where decisive effective action by the European Union can make a real difference.
An issue which requires urgent and decisive European attention is gas, where, through no fault on the European Union side, we have had to plunge into a dispute between Russia and Ukraine on gas transit.
The current situation is, in short, both unacceptable and incredible.
Unacceptable, as the European Union consumers in some Member States are still without gas after a week without supplies.
Incredible, because we remain in this situation the day after an important agreement was signed at senior level with assurances from Russian and Ukrainian leaders that they will implement the agreement and let the gas flow.
Without judging intentions, there is an objective fact: Russia and Ukraine are showing that they are incapable of delivering on their commitments to some European Union Member States.
The fact is that Gazprom and Naftogas are unable to fulfil their obligations towards European consumers.
I would like to convey a very clear message to Moscow and Kiev.
If the agreement sponsored by the European Union is not honoured as a matter of urgency, the Commission will advise European companies to take this matter to the courts and call on Member States to engage in concerted action to find alternative ways of energy supply and transit.
(Applause)
We will see very soon whether there is a technical hitch or whether there is no political intention to honour the agreement.
I shall spell this out. If the agreement is not honoured, it means that Russia and Ukraine can no longer be considered reliable partners for the European Union in matters of energy supply.
(Applause)
In any case, the Commission will come forward with further proposals to improve energy security in Europe, following our strategic energy review of last November.
Implementation of the climate and energy package and the mobilisation of the EUR 5 billion of unspent money from the Community budget in favour of energy interconnections will also be crucial, and I would like to thank the Czech presidency for its support for the fulfilment of this commitment which was taken at the highest level at the last European Council.
Europe must act now to avoid future repetitions of this type of situation.
Let me now widen the scope and look at the economy.
All the signs are that the economic climate is continuing to worsen.
Unemployment is rising.
Production figures continue to fall.
Things are likely to get worse before becoming better.
We must not hide the seriousness of the situation, but we must not be negative and fatalistic.
We have designed the right strategies to get us through this crisis.
We can cushion its impact on the most vulnerable in our societies, and we can take decisions now which will stand us in good stead when we come out of this crisis, and we hope that we will come out of this crisis.
The top priority for the coming weeks must be to work together to turn our intentions into reality.
The recovery plan proposed by the Commission and backed by the European Council is the right response.
It provides a stimulus large enough to have an impact in every Member State: around 1.5% of European Union GDP represents a significant amount of money, if well spent.
It aims at maximum effectiveness by hitting two targets with one shot: the long-term health and competitiveness of the European economy, and the need for a short-term stimulus to arrest the downturn.
It recognised that this is not an abstract economic debate, but a crisis that affects Europeans, their livelihoods and their well-being.
The social consequences of the crisis must be addressed directly.
Finally, it uses the European dimension to best effect through appropriate coordination to ensure that action in one Member State has a positive knock-on in the others and sparks a positive interaction.
To put this programme into action we need the active commitment of the presidency, the support of individual Member States and of the Council, and the clear engagement of this Parliament.
It means, in particular, swift agreement on the legal proposals in the package, from accelerating the use of the Structural Funds to the revised European Globalisation Adjustment Fund, and agreement on the release of EUR 5 billion of unspent commitments to strategic projects, with a particular focus on energy and energy interconnections.
The Russian-Ukrainian crisis has made it clearer than ever that filling in the gaps in our energy infrastructure is to the strategic benefit of all Europe.
It means effective implementation of the plan to release a stimulus of around EUR 200 billion into our economy.
And, of course, it means keeping the situation under review because, as you will understand, the situation may evolve.
As we take this short-term action we must not lose sight of the long term.
We can work best if we build on some of the successes on which Europe's prosperity has been based, such as the internal market.
The motto of the Czech presidency, 'Europe without barriers', is indeed an important and inspiring message, but as Prime Minister Topolánek said, let me also emphasise that a Europe without barriers needs rules - European rules.
Rules to ensure a level playing field between Member States and between economic operators.
Rules to ensure that the benefits of European integration are shared out amongst citizens.
Rules to ensure the long-term sustainability of our way of life.
We will work closely with the presidency and with this Parliament in this direction because the Europe we want and the Europe we need is one that combines freedom, solidarity and security for the benefit of all Europeans.
(Applause)
on behalf of the PPE-DE Group. - (FR) Mr President, Mr President-in-Office of the Council, Mr President of the European Commission, ladies and gentlemen, having only just taken office, the Czech Presidency finds itself faced with considerable difficulties and entrusted with the onerous task of managing three major crises: the continuation of the economic and social crisis, the gas crisis bringing Russia and Ukraine into conflict and seriously affecting the Union and its neighbourhood, and the outbreak of another war in the Middle East.
In the face of these challenges, the only stance that our countries can take is to join forces, show solidarity and take both coordinated and determined action.
I am pleased to note that the Czech Presidency, in close cooperation with the European Commission, has acted swiftly and as one in the energy crisis bringing Kiev and Moscow into conflict with one another.
Although a solution is not yet in place, we cannot accept being held hostage; we need to act forcefully.
You are right, Mr Topolánek and Mr Barroso.
By including energy among its three major priorities, the Czech Presidency fully grasped what will be one of Europe's major challenges in the years to come, namely our energy independence and the necessary diversification of our energy resources.
The Group of the European People's Party (Christian Democrats) and European Democrats is, like all European citizens, extremely concerned about this conflict and about the threat that it poses to European countries as a whole.
We cannot tolerate EU Member States being held hostage in this conflict, and this demonstrates, once again, the urgent need for agreement on a European energy policy.
We must therefore give serious thought to ways of reducing our dependence and must take action to implement energy mixes.
Ladies and gentlemen, the situation prevailing in the Middle East also takes us back to the need to accept our responsibilities at international level.
Yes, Europe is the world's biggest donor of humanitarian aid - we can be proud of that, and it must continue - but it is not humanitarian aid on its own that is going to resolve the conflict between the Israelis and the Palestinians.
What Europe needs is a strong, articulate political will, one with enough human, military and financial resources to make it a credible actor on the world stage.
Why does the world have its eyes glued to Barack Obama?
Because Europe is not yet capable of putting forward his vision, ideals and knowledge.
Europe has criticised, and rightly so, the unilateralism of the current US administration, and if, as I hope, things change with the new occupant of the White House, are we ready to guarantee our share of multilateralism?
Are we ready to release the military resources, not to go to war, but to guarantee peace?
Are we ready to release the budgetary resources needed to give us the means to conduct our policy?
Mr Topolánek, you have rightly made the Union's external relations one of your priorities.
Current events provide many examples of the urgency with which this subject should be treated, be it in relations with Russia, the United States or the Middle East, not to mention with the Mediterranean, the Balkans, Africa or the emerging countries.
Europeans expect Europe to exert its influence on the international stage; all the opinion polls have shown this for years.
Why wait?
Lastly, the Presidency-in-Office will have to cope with the economic and social crisis by overseeing the implementation of the national recovery plans, by leading the European Union at the G20 summit to be held in London in April.
We call on the Czech Presidency to work hand in hand with the European Commission to define and implement, together with our international partners, rules to be imposed on economic operators.
The European Union must protect its social model, the social market economy, and must promote the implementation on the world financial markets of a market supervision system similar to that which prevails in our countries.
Europe must be united and determined in the management of the financial crisis and of the economic crisis also.
We are counting on you, Mr Topolánek, on your Presidency, to show drive and to guide Europe during this difficult period.
(Applause)
on behalf of the PSE Group. - (DE) Mr President. Prime Minister Topolánek, you are heading the last Council Presidency of the current term of the European Parliament.
This parliamentary term started with the Dutch Presidency, headed by Mr Balkenende, and no one remembers what he said here and what we replied.
Therefore, what we discuss and achieve together now, in the next five or six months, will be the fundamental precondition for a high turnout in the European elections.
If people see that we - the Presidency, Parliament and the Commission - have come together and successfully met the challenges facing us in a crisis situation, I am sure that this will create a fundamentally positive and constructive mood in the run-up to the European elections.
That is why we, the Socialist Group in the European Parliament, have an interest in the success of your Presidency.
I had some doubts in the first few days of the Presidency, when Mr Schwarzenberg said that Israel was exercising its right of self-defence and aligned himself with one party in a period when the European Union was needed as a mediator.
He put that right, which is a good thing.
Mr Topolánek, you yourself said, 'we shall not mediate in the gas conflict'.
You have now put that right.
There were some initial problems, but they have now been overcome, which is a good thing.
If the initial uncertainties - and I should like to emphasise that Mr Barroso was right about this - now in fact lead to your activities producing positive results, you will have the full support of our group.
That also goes for the speech you held here this morning, which we all listened to and noted with great goodwill and also with a feeling of confidence for the next few months.
I should like to take up one of the points you raised.
You quoted my friend Mr Daul - a clever man, but in this case he was wrong - who said here that the financial crisis did not represent the defeat of capitalism.
It is true that it has not defeated capitalism - unfortunately that still exists - but it has defeated the capitalists who told us for years that we had no need of rules, as the market would regulate itself, would regulate things itself.
These capitalists have suffered a defeat, and when you - having up to now indulged in policies similar to those of the people who said we had no need of rules - tell the House this morning that we need a Europe of rules, I can only agree: we do indeed need more rules to manage, to overcome the financial crisis.
Mr Topolánek, I should like to wish you a warm welcome to the club of regulators in Europe - it seems that you, too, have learned your lesson.
(Applause)
Prime Minister, this is a decisive period in international politics.
If the European Union wishes to assume the global role described by the Commission President, among others, in the matters of energy security or the Gaza conflict, it cannot allow itself to disintegrate; we need the Union of 27 as a strong economic and political bloc.
Only if we do not allow ourselves to be divided will we be strong.
After all, the strength of others is that they can always hope for Europeans to speak with different voices.
Karel Schwarzenberg says Israel is acting in self-defence, whilst Louis Michel says the country is violating international law.
If that is what the European Union is like, there is no need to negotiate with it.
If Russia or Ukraine believes that one half of Europe is on their side and the other half on the other, we are not strong.
Yet we are strong if we have a strong treaty basis; which is provided by the Treaty of Lisbon.
If this Treaty is ratified under your Presidency by your government - which, of course, has been punished enough given your country's president - that would send out a strong signal that Europe is strong.
(Applause)
Prague Castle is the seat of Václav Klaus, who will be speaking to us in February, when he comes to Brussels.
Prague Castle was also the seat of Charles IV, as the Prime Minister mentioned.
Charles IV built the Golden Road from Prague to Nuremberg, which, in his day, was a tremendous feat, and was intended to connect peoples and nations.
Before he became German emperor, with his seat in Prague, Charles IV was Duke of Luxembourg.
Therefore, this period in Prague Castle was truly European.
Let us hope that Prague Castle is soon occupied once more by someone as European as this.
(Applause)
on behalf of the ALDE Group. - Mr President, on behalf of my group I welcome the President-in-Office.
We wish you success, President-in-Office.
A great Czech once said: 'I am no longer a rookie: goals are expected of me; scoring is my job.'
Well, what was true for Milan Baroš is also true for you and your ministers.
Your work programme outlines those goals.
On the economy, you have said that barriers to the market - internal and external - must come down, and that Europe's answer to recession must not be Keynesian spending alone, but that we must strive for fairer competition, trade liberalisation, and freer movement of people and goods across national boundaries.
These are hard times for Europe's citizens.
Your recipe will be contested, but not by Liberals and Democrats.
For the experience of the Czech Republic - and so many others - proves the power of markets in lifting people out of poverty.
On energy, you are right to pursue the aims of the Strategic Energy Review, but the Review and our climate change targets should not be a ceiling to our ambitions, rather a springboard to greater and greener heights, to force the pace on Europe's switch from fossil fuels to renewables and put an end to our umbilical energy dependence.
Currently, our monitors are blocked from Ukrainian dispatch centres.
Russia claims it cannot export gas because Ukraine will not transport it, and Ukraine claims it has no gas to export because the Russians have switched the transit route.
Meanwhile, industry across eastern and central Europe is suffering, some people are freezing in their homes, and there are moves to reopen nuclear reactors condemned as unsafe by our Union.
That is not a functioning energy market. It is the plot of a Marx Brothers' film: A Night in the Cold - or, rather, twelve nights and counting.
So stop talking about the internal market in energy and the development of renewals: use your presidency's powers to mobilise the necessary investment.
On the EU in the world, we welcome your presidency's ambitions.
Europe should play a leading role in resolving conflicts, supporting development and promoting human rights.
But, if you truly seek to widen the EU's capacity to act, why have you delayed yet again ratification of the Treaty of Lisbon?
If you want to prevent weapons proliferation, why are you building a ballistic missile defence system on European soil?
(Applause)
And if you want peace in the Middle East, why allow Europe to be ridiculed by so many different peace missions?
As events unfold in Gaza, it becomes harder for many of us to remain detached.
This House will never unite around a common position if we seek to apportion blame precisely, but fault can be found on both sides, violence denounced, and an immediate ceasefire sought.
There is no excuse for Hamas rocket attacks, but nor for the use of dense inert metal explosives to maim civilians.
The tag line for your Presidency is 'Europe without Borders'.
Perhaps its author had in mind that old Czech proverb: 'Protect yourself not by fences but by your friends'.
President-in-Office, we, your fellow Europeans, are your friends.
Your country's President compared the European Union to the Soviet Union.
Well, we do not bug private discussions, as he did to Members of this House.
He who wishes to remain on the margin is free to do so.
But this is a Union of friends - friends, equals and partners.
Your presidency's aims are bold.
We support them.
Stick to them, and we will stick by you.
(Applause)
on behalf of the UEN Group. - (GA) Mr President, a better political and economic relationship must be promoted between the European Union and America.
I hope that the Czech Republic Presidency will address this in the coming months.
America will have a new president next week; and we all have major challenges ahead of us.
Certainly we must regulate the financial markets soon.
President-in-Office, we welcome you to this House today, in particular we welcome the presidency of the Czech Republic to take over the leadership of the European Union at a very crucial time.
On behalf of my group, the Union for Europe of the Nations Group, we also offer our support towards your programme to guarantee that there is a clear and stronger voice for the European Union, as well as the Member States within the European Union.
Many colleagues have spoken already with regard to the current series of crises, and, at the outset, I want to pay tribute to both your presidency and to President Barroso for the decisive action that was taken when the issue with regard to the cutting-off of the gas supply to the European Union was brought about, and not just because we apportioned blame but because we immediately intervened on a social level, an economic level and on a political level to bring both sides to sit down to talk each other where they had failed before.
That is why it is important under the presidency now to expand this idea of partnership with the East, that we look to the East and to the Balkans because they are the fault lines within the European Union at the present time, not only because of political instability but also because of our interdependence on energy and economic activity.
Finally, because time is so short, you spoke about the fifth freedom - the freedom of the movement of knowledge.
That knowledge can give us the tools that we now require to move up the chain of the innovation, research and abilities that can be made towards us.
Through your own history - individually, as well as a country - of totalitarianism, freedom, and greatness in education and innovation, we now look to you to give us the next step to where the European Union must move.
Let me finish with a short quote from John F. Kennedy who said in his inauguration speech: 'We stand today on the edge of a new frontier.
But the new frontier of which I speak is not a set of promises - it is a set of challenges'.
I know you have the capacity to meet those challenges.
on behalf of the Verts/ALE Group. - (IT) Mr President, ladies and gentlemen, at the very moment that we are having this debate, bombs are falling on the people of Gaza.
I think that our greatest priority as MEPs, and the greatest priority of the Council and the Commission, should be to stop the bombing of the people of Gaza.
I think that is our duty at the moment, above and beyond deciding who is responsible and above and beyond the differences among us on that point.
I must say that our group, the Group of the Greens/European Free Alliance, has rather a clear idea on this, as we will say this afternoon.
Mr President, you began your observations by speaking of medieval times, an age that was violent, remote, dark with a few lights, but certainly violent and dark.
In fact, regardless of the efforts of your coalition partners, the programme for these six months seems to us to bear the strong stamp of a slightly passé vision, let us say; the strong mark of a conformist, ultra laissez-faire approach, dominated by business and the market, which is now, Mr President, out of fashion.
I think that it is also a little indifferent with regard to the need for policies, laws and instruments on social issues that meet the real needs of citizens, and a little off-track in its view of environmental policy on the fight against climate change as a cost or an obstacle, instead of a major opportunity for innovation and sustainable growth.
It even, if you will permit me, leans a little towards machismo, in saying that there is a need to review the Barcelona objectives on support structures for children, naturally with the aim of sending women back to the home.
This then, is a programme that sees migrants solely as a security issue, that looks to NATO rather than to multilateralism, that is still toying with the missiles issue, and does not really place the emphasis on what for us is truly important in foreign policy, namely cohesion: the cohesion of our Union.
Nor are we pleased with the fact that no mention is made of such an important sector as that of combating discrimination, and on this point I would like to know what priority you place on adopting the directive on discrimination.
To sum up, this is a programme that reveals a world with many dangers and few opportunities.
You spoke of your mediation work in the conflict between Russia and Ukraine over gas, but it can be seen very clearly from your programme that it will not be during your Presidency that clear action is taken against those countries, such as Slovakia and Bulgaria, that are taking the opportunity presented by the gas crisis to reopen dangerous, obsolete nuclear plants.
Additionally, Mr President, please remember that there is no safe nuclear power; perhaps there will be in 30, 40, 50 or 60 years - I do not know - but right now it does not exist.
It is therefore not worth discussing it, because it is a very expensive mirage, and certainly distracts us from our real priorities.
Energy security and solidarity can be achieved through strong action, with no distractions, to promote energy efficiency and energy saving, which is an enormous sphere for innovation, employment and reduction of consumption.
This is the roadmap that we should use to respond to the gas war, among other things.
We are making a specific request to you, Mr President; we are asking you to persuade your colleagues to place at the heart of the spring European Council the aim of making a binding commitment to the target of 20% energy cuts by 2020, the Cinderella of the energy package last year, and to review your priorities by assessing in a less superficial manner the decisions taken in December regarding renewable energy.
Mr President, one last word on the future of Europe: the Treaty of Lisbon is not perfect, but it is really strange that you have not yet ratified it.
Therefore, please, take this opportunity to explain to us why, and to tell us when you will do so.
(Applause)
on behalf of the GUE/NGL Group. - (CS) The President-in-Office of the Council has talked about our complex historical experiences.
I take the view that the Czech Presidency is an opportunity for us to help overcome the existing division of Europe into West and East.
In his novel Schweik, Jaroslav Hašek once made a pun, a German-Hungarian pun, kelet oszt, nyugat veszti, which loosely translated means that the East gives and the West takes.
Consequently, that is the way history has progressed.
I believe that we have an opportunity to bring an end to this.
I think that the Czech Presidency is also an opportunity for us to liberate ourselves from our own dogmas and prejudices.
I offer, as an example of such dogmas, the recent article by Václav Klaus advising us how to overcome this financial crisis by temporarily softening social, environmental and health standards because, he says, these standards obstruct rational human behaviour.
I would say that the opposite is true, that the Czech Presidency should help to ensure that we have a socially and ecologically driven economy, that is, an economy powered by social and environmental factors.
I would like to note here that I agree with Prime Minister Topolánek on one thing: the need to rely on the flow of innovation to bring us out of the crisis and the need to develop - in the words of Richard Florida, if you will - a creative class that will help our economies escape the impasse.
I mean to say that we all need the courage to change.
Stefan George, the great German writer, says that the future belongs to those who are capable of change.
I hope that we will be capable of changing, our enslavement to the past, that we will be capable of closing the divide between Eastern and Western Europe and forming a single unit that is free from complexes about the superiority of the United States or anyone else.
I should like to end my contribution by pointing out that, while Prime Minister Topolánek's speech was peppered with noble intentions, resolutions and goals, and while it is quite right and proper for the Czech Presidency to set out ambitious projects - I do have one sceptical comment, in the form of an aphorism by the Polish satirist Jerzy Lec, to the effect that going on a holy pilgrimage will not stop your feet from sweating.
on behalf of the IND/DEM Group. - (CS) Mr President-in-Office of the Council, no country has commenced its Presidency under such a barrage of negativity or been subjected to so many dire predictions as the Czech Republic.
The French press in particular is falling over itself to depict the storm clouds gathering over the wretched Union because it is no longer presided over by someone as infinitely able as the French President but has instead been taken over by a band of Czechs.
Those Czechs indeed, who have caused such deadly offence by not yet ratifying the Treaty of Lisbon, under which a few large countries will permanently usurp decision-making within the Union.
To make matters worse, those Czechs have a popular president with a disagreeably sharp intellect who not only opposes the Treaty of Lisbon, but can competently call attention to the ever-widening democratic deficit in the Union.
It was because of such a deficit that, twenty years ago, we overthrew socialism in our country.
Yet the Czech Presidency is pursuing restrained objectives and sensible priorities, and will be very successful.
Let us wish it well and give it our support, despite the embarrassing howls from the Czech Socialists who have long since exchanged love of country for proletarian internationalism, and thus today, on the instructions of their socialist masters, venomously seek to destabilise the Czech Presidency.
I could not care less!
The plot is for the Czech Presidency to demonstrate that small countries are inept and that it is time permanently to hand over the reins of the Union, via the Treaty of Lisbon, to the large, capable and experienced countries.
This is what makes this Presidency so important.
It will prove that smaller countries are equally capable of managing the EU.
What sets them apart is that they steer clear of megalomania, self-centredness, public relations hysteria, the self-indulgent hyperactivity of certain presidents and constant bragging about non-existent achievements.
I wholeheartedly wish Prime Minister Topolánek, Deputy Prime Minister Vondra and the rest much success.
This will be more than just the success of my own country; it will be the success of a small and new country.
That is the important message for the EU.
You see, we have experience in one other area too.
While the largest EU countries have lived as predictable democracies and have learned to deal only with standard situations, we have spent half a century living under a highly non-standard totalitarian regime.
This has taught us to find creative solutions to non-standard situations, which is going to come in useful.
(CS) Mr President-in-Office of the Council of the European Union, ladies and gentlemen, I am proud of the dexterity and capacity for action demonstrated by the Czech Presidency over the issue of gas supplies to EU countries.
And I would be delighted if the President-in-Office of the Council, Mirek Topolánek, in the talks on the future of the EU, that is, on the Treaty of Lisbon, could show the same determination as we witnessed in the gas negotiations with Vladimir Putin and Yulia Tymoshenko.
The ambition of the President-in-Office of the Council should be to play the role of a group leader, not just a maintenance man.
Mr President-in-Office of the Council, you have a unique chance to demonstrate that all states, regardless of size, are equal partners in the European Union.
If you can keep your nerve, Mr Topolánek, you will go down in history.
You have been given the opportunity and the power to declare publicly that the Treaty of Lisbon is dead in the wake of the Irish referendum and that it has led us up a blind alley.
You are in a position to propose the creation of a new visionary document which will constitute a true common denominator of the interests of individual EU members and which will win the support of citizens in referendums.
There is no need to promote blindly the Treaty of Lisbon, which reinforces the undemocratic power of officials while papering over the failure of the European elite to reach agreement and, in particular, their reluctance to be held accountable to citizens.
Mr Topolánek, you represent here a country which, in the last century, succeeded in breaking free from the Austro-Hungarian Empire, which survived the treachery of Munich, and which withstood the horrors of Nazism.
You represent a country where people took a stand against the invasion by Warsaw Pact troops.
You represent a country which spent 40 years under the thumb of the Soviet Union, which spiralled down inevitably into planned poverty under the Council for Mutual Economic Assistance, and which shook off a totalitarian regime without shedding blood.
I refuse to believe that as prime minister of a country with such historical experience, you would want decisions on social policy, energy, taxes, justice and security to be taken anywhere other than in the individual Member States.
I do not believe that you actually want the exclusive powers of the Union to overrule the powers of Member States.
I do not believe that you want the Union to intervene in the protection and improvement of human health, industry, culture, tourism, education or sport.
I do not believe that you welcome the fact that, in more than fifty areas, the Treaty of Lisbon abolishes the right of national veto and lowers the voting weight of smaller countries, including the Czech Republic.
Mr President-in-Office of the Council and Prime Minister of the Czech Republic, have the courage to tell the other 26 Heads of State what you say in private at home.
Say that the Treaty of Lisbon is no good and that you reject it.
Do this in the name of democracy and freedom.
This will not earn you the applause of the so-called 'European elite', Commission officials, or even the majority of this Parliament.
But what you will earn is the admiration and respect of citizens, who are easily forgotten here, and you will boost your prestige in your own country.
You are presiding over 450 million citizens, not just a few politicians and officials.
In the Czech Republic, you often refer to the Treaty of Lisbon as a necessary evil.
Yet what makes the evil necessary?
Stop persuading yourself that the Treaty of Lisbon is a necessary evil.
It is simply evil, and you can change it.
Initiate work on a new document, refer to the Rome Treaties and the Messina Declaration for inspiration, and promote the common interest of the European Union.
That is, freedom, prosperity, competitiveness and security, not euro-health, euro-taxes, euro-parks and euro-beer.
Mr Topolánek, necessary evil is a coward's alibi.
You are no coward, or at least I hope you are not.
You are backed up by the Irish referendum, you are supported by the 55% of Czech citizens who are opposed to the Treaty of Lisbon, and you can rely on the powerful voice of the Czech President, Václav Klaus.
I am sure you know that the greatest cowardice is knowing what should be done and not doing it.
President-in-Office of the Council. - (CS) Thank you for all your questions and comments on my speech.
In the Czech Republic, too, we have a parliament where we are used to a plurality of views, so some of the views came as no surprise to me, although I could not fully agree with them.
However, I would like to repeat at the outset - and I say this in reply to a whole range of questions - that I feel my role here to be that of President of the European Council, and during these six months I do not intend to push my personal or party-political views; but I feel I must respond on one issue, because it concerns me personally, and that is the very harsh assessments of the Czech president Václav Klaus, a president who has made a name for himself with European citizens, which I think is a good thing, and I am proud of it.
Václav Klaus is the icon of the Czech transformation in the 1990s, and it is, I might add, thanks to him that we are successful today and that we have emerged safely from those first ten years.
I am proud of the fact that we came safely through the Velvet Revolution, proud of the fact that we drove the Russian troops out of our country in 1991, that we joined NATO in 1999, joined the European Union in 2004, and that last year we eliminated the barriers between EU countries and can now travel from Lisbon to Vilnius without passports or any restrictions.
I am proud to have been part of that, and to be standing here today, and it seems incredible to me that the Czech Republic now holds the presidency of a community which has a population of nearly half a billion and comprises as many as 27 countries.
If the European Union loses the capability - leaving aside the question of rules and unification - for free public discussion, and seeks to unify this discussion too, then it will not be my European Union.
If we lose the capability, the possibility of freely expressing our views, it is the road to disaster, and I strongly object to the attacks on Václav Klaus.
He has a unique ability to insert his views into this unified and, I would say, over-correct discussion, and thereby set the parameters for fresh discussion.
Free discussion should be a matter of pride for the European Union in future, and should never be stifled.
As for the Treaty of Lisbon - which deserves a mention - I would say it is essentially a 'middling' treaty.
A little worse than the Treaty of Nice and a little better than the one that followed.
That happens to be my personal view of it.
I negotiated this treaty on behalf of the Czech Republic; we approved this treaty in parliament, I signed this treaty and I shall vote for it in parliament - but once again the idea that we should dictate in advance to individual Member States that they have to ratify a document, that they do not have a national right to follow their own procedure and decide for themselves whether to accept it, seems to me absurd.
We need to change the institutions, we need to improve the functioning of the European mechanisms, we need to simplify the rules; whether all this is in the Treaty of Lisbon, I am not entirely sure.
Each of us had a slightly different view of how it should look, and for me, Mrs Bobošíková, it is a compromise, perhaps a very complex compromise, and I shall support its ratification.
At least a few words should be said about the situation in the Middle East and Europe's position on that conflict.
For a long time the European Union has been seen as 'a very big payer but not a player'.
This means it has made a big contribution to investments, including humanitarian and development investments in that region, but has not pulled its weight within the 'quartet', and has not shown the responsibility which participation in the quartet entails.
I think the existing situation, with the arrival of the new American administration, gives the European Union an opportunity to invest not only money in that region, but also its problem-solving initiatives and a higher level of activity.
I do not wish to be the judge of one side or the other, because the fact is that the Israelis have a right to live safely without rocket attacks, and I have been in Sderot and Ashkelon and other parts of Israel.
Likewise, the people of Palestine have the right, at this moment, to create their own state and a functioning administration, and to live a safe and decent life.
This 60-year conflict has solved nothing.
I have no illusions that we will solve it now; our short-term aim is to achieve a truce and a cessation of hostilities.
I would like to assess not only the role of the European negotiators, and the mission led by Karel Schwarzenberg which has departed for the region, but also, of course, the role of the Arab states in the region, which has been positive.
This can be said of Egypt's role or, for example, the role of Turkey and other countries.
I think that after certain conditions have been met, such as a clampdown on arms smuggling from Sinai to Gaza, we could jointly achieve a situation - within the global security architecture, or through the European Union alone or only a part of that global architecture - where conflict could be ended, although I am not convinced that it would happen quickly.
On the questions of energy, energy security, climate change, and the European Union's role in the process: it should be obvious to everyone that if the European Union's leadership on the issue of climate change - whatever my own views on the subject - does not gain support from economies and major players such as the USA, the Russian Federation, Brazil, India and China, then this initiative by the European Union is isolated, a voice in the wilderness and, on a global scale, worthless.
Our role is to persuade the other world powers and the biggest producers of emissions to follow our example, and this is where I see our role in the first half of this year, because in my view the climate and energy package is now signed and sealed, and is simply awaiting implementation, after it has been approved in the European Parliament, of course - as I hope it will be.
The whole question of the energy mix is sometimes over-ideologised, over-politicised, and in my view the European Union should take a very practical and pragmatic approach to it, and should be looking at the short-term, mid-term and long-term targets, and the short-term, mid-term and long-term means of achieving those targets.
I cannot imagine that countries which are 90% dependent on coal-based manufacture, such as Poland, are capable of radically, in some very ruthless manner, changing that dependence within the space of fifteen or twenty years.
We must of course invest in new coal technologies, 'clean coal technologies', and in improvements to plant efficiency, because we cannot unilaterally and very rapidly change this dependence.
We must discuss this, and must invest in innovation, and of course gradually adjust the energy mix in the directions we are talking about - in other words, in the direction of greater environmental protection, less dependence on fossil fuels and, of course, secure and relatively cheap supplies of energy so that Europe can remain competitive, able to compete on a global scale.
The whole Russian-Ukrainian crisis is not only a crisis of confidence, but one where commercial, economic, political, geopolitical and strategic interests are involved.
It is a multi-layered problem, and I certainly do not wish to be the judge of who at this moment is the short-term culprit, because for us, for the European Union and for European countries, both Russia and Ukraine are currently to blame.
Russia is not supplying the gas, and Ukraine is blocking the transit of gas; in this matter, we must exert our influence in the region and must seek ways of ending this problem in the short term and - in the medium- to long-term - diversifying the sources and the transit routes, and ensuring the interconnection of electricity and gas systems in the European Union, so that we can achieve what has not yet been achieved: solidarity and the implementation of emergency crisis plans, because, although I do not want to be a prophet of doom, the crisis is not over yet, and the situation in Slovakia, Bulgaria and the Balkans is very grave and critical.
Based on my notes on what has been said by representatives of individual Parliamentary groups, it is not at all my view that our agenda is too liberal or too conservative; our agenda arises from the long-term aims and long-term agenda of the European Union, and the Czech contribution to it, the Czech imprint, showed itself in the very first days of the New Year as being well-conceived, because our emphasis on energy security may lead us, unexpectedly and none too soon, into some very thorough, in-depth discussion on how to ensure the independence and freedom of the European Union, which presupposes independence or less dependence on energy imports and sources outside the European Union.
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Questions have been raised here regarding the anti-discrimination directive, the Barcelona Targets, and the low emphasis placed on social questions.
I do not see it this way - though of course we have tried to reduce these basic targets to a rather symbolic form - because we certainly do not underestimate either the anti-discrimination question, or the question of protection for women.
I assure you that we do indeed have very extensive experience of children having to stay in various institutions, and for us it is crucial that women and families should have a choice: that they should be able to choose whether they will, at a certain time, devote themselves to childcare, and we want to create the most varied mechanisms to make this possible, so that the family is not forced into a position of social need; and it is equally important that there should be an adequate range of options from child institutions, and believe me, a country such as the Czech Republic has a wealth of experience of this from totalitarian times, when this principle was rather forcibly imposed.
I think this is probably all I need to say by way of introduction.
If there is anything Czechs do not lack, it is self-confidence, so I would like end by saying that we do not suffer from the slightest feeling of inferiority because the Czech Republic is the smallest of the big countries or the biggest of the small countries; we are the twelfth largest country in the European Union.
I would simply like to remind you that when the Swedish presidency took over in 2001, the articles in the press were just the same as they were in November and December in the European media, doubting whether the Euro-sceptic Swedes, who do not have the euro and do not want it, were capable of tackling the issue of the single currency, whether they were capable of leading discussions on ratification of the Treaty of Nice, and indeed, whether they were capable, as a new country, of leading the European Union at all.
If we now exchange the Treaty of Nice for the Treaty of Lisbon, and replace Sweden with the Czech Republic, those articles look exactly the same.
We have no inferiority complex about that.
(CS) Mr President-in-Office of the Council, I will continue with the Czech theme that has been set in motion here.
What we are seeing is something you spotted and acknowledged yourself and which you stressed in your speech, namely that the elections to the European Parliament are fast approaching and you are very likely to hear a number of contributions both from Czechs and from other MEPs that are influenced more by the mounting pre-election atmosphere than by any attempt to evaluate the Presidency programme you have presented.
I believe that in the first days of the Czech Presidency, the Czech government has been confronted with a test of unprecedented magnitude and that it has passed this test with flying colours.
I am very glad that a number of my fellow Members have emphasised this here.
It has also become apparent that the 3E, the three priorities of the economy, energy and external relations, have been identified quite correctly as Czech priorities, because the events with which the year began - the conflict in Gaza and the crisis over gas supplies to Europe - can be grouped under at least two of these priorities.
A fact we failed to acknowledge openly before has also emerged clearly, namely that energy security is an absolutely key issue for the future of the European Union and is more important than anything else, including I dare say the Treaty of Lisbon, since the Treaty will provide us neither with light nor with heat.
Energy security is an issue not just for one Presidency, but for many years; it is a great challenge and a great honour for the Czech Republic to be able to make progress on this issue.
At the same time, it shows how all of the 3E are interlinked, because energy security has implications for the economy, which will always feel the initial impact of restrictions, as well as for external relations, since we cannot safeguard Europe's energy security and diversity of supply without an Eastern Partnership, a neighbourhood policy or further enlargement of the European Union to include, for example, Turkey.
I believe that the Czech Republic will address itself to this task, that it will move this debate forward, and that it will leave its indelible mark on the Czech Presidency and the EU leadership.
I wish all of us every success in this respect.
(CS) Prime Minister Topolánek, President Barroso, ladies and gentlemen, I do not know anyone in this Parliament, any Member, who does not want the Czech Presidency to be a success.
Europeans in the east, west, north and south, in Old Europe and in New Europe, wish for the success of the European Union and the success of the Czech Presidency.
It goes without saying that Members of this Parliament, irrespective of whether they come from the social democratic, populist, liberal or green camp, also have the same hope.
Regrettably, however, I repeat regrettably, there are certain fears and certain doubts prevailing among the European public and even in this Parliament as to whether the Czech Republic will manage the Presidency successfully.
There are several reasons for this.
The first reason is the instability within the ruling coalition in the Czech Republic.
My fellow Members, for example, find it incomprehensible that, at the very beginning of the Presidency, ministers have been replaced and the government has been reorganised.
How can new ministers, such as the ministers for transport and for regional development, who have no European experience, cope successfully with the European agenda and preside over the European Council?
Nor can my fellow Members understand why, for example, the Christian Democrats who are currently in office in the Czech Republic and who are fighting for survival, should have chosen to hold their electoral congress during the Czech Presidency.
The relationship between the government and the Czech President has also provoked a number of questions, as we have already heard.
I would like a clear answer as to whether the Czech Presidency, or the Czech government, agrees with the views of President Václav Klaus, who rejects the Treaty of Lisbon, denies global warming and argues that the current financial and economic crisis was caused by over-regulation and the existence of social and environmental policies.
There are also serious grounds for doubt concerning the failure to do your homework and honour the pledge made to Chancellor Merkel and President Sarkozy that the Czech government, as the country holding the Presidency, would ratify the Treaty of Lisbon by the end of last year.
Prime Minister, I would like you to make a clear statement as to when the Treaty will be ratified in the Czech Parliament.
I would also like a clear statement as to why ratification of the Treaty has been made contingent on the ratification of bilateral agreements with the United States over the radar issue and on a law dealing with the relationship between the two chambers of the Czech Parliament.
The Treaty of Lisbon, as we have heard here, is a necessity.
We need it, among other things, in order to fulfil the Czech priorities.
These priorities, I think, are correct, but in order to be in a position to continue pursuing them in the future, for example in terms of energy security and a greater role for Europe in external relations, we need closer cooperation and, to that end, we need the Treaty of Lisbon.
In conclusion, I wish the Czech Presidency the best of luck and much success.
This is in the interests of both the Czech Republic and the European Union.
(DE) Madam President, President-in-Office of the Council, the European Union has had six months of drama, dynamism and declarations under President Sarkozy, and now you have taken over, Mr President, with a sense of humour that may take some getting used to.
I hope that yours will be a constructive, productive Council Presidency, as the EU faces immense challenges.
You yourself mentioned the war between Israel and Hamas and the economic crisis, and of course there are also internal issues such as the Treaty of Lisbon.
Allow me to take up one aspect of your speech: energy security.
You stressed its fundamental importance, and I agree with you that energy is the basic raw material of modern society.
Our lifestyle, our economy, our further development - all of this depends upon it.
We cannot be dependent on energy supplies.
Independence requires that we have a good mix of various energy sources.
Therefore, I hope that with your open, direct manner, you will be able to persuade your European partners to engage in a new discussion on nuclear power and, in particular, to encourage the German Government to end its anti-nuclear policy.
This is a requirement of security for our continent.
There is a great deal to be done, and this is your opportunity to take Europe forward.
I should like to express my thanks and my confidence in successful cooperation to come.
(PL) Madam President, President-in-Office, there is only one yardstick against which to measure the Czech presidency appointed by your Government, and the dramatic events of recent weeks, and that is the energy policy of the European Union.
Today we are coming to the end of yet another round of energy disputes between Russia and Europe, but we still have no systemic guarantee or political framework to avoid similar problems in future.
After the energy crises of 2004, 2006 and 2008 it is high time for the European Union to get on with diversification, not just of energy supplies, but of the very sources of energy we so urgently need.
For this reason I expect the Czech presidency to take fresh steps towards securing financial support for the Nabucco gas pipeline and a more vigorous energy policy in Central Asia.
I therefore expect the Northern Gas Pipeline to be struck off the list of the European Commission's priority, for failure to take these measures will mean waking up next winter to the same problems as we have now.
- (FR) Madam President, Europe's credibility is at stake with regard to the energy issue.
Thank you, Mr Barroso, for your very clear words this morning.
These Gazprom and Naftogaz companies, this performance that we have been seeing for two, three, four, five days now, it is unbelievable!
From now on, we have to say: 'Gentlemen, enough is enough!'
To do that, we have to act together.
Thank you for the good coordination!
Can someone here explain to me what these visits to Moscow by the Slovakian and the Bulgarian Prime Ministers are all about?
This already shows Gazprom that we are not united.
Explain these two visits to me.
Moving on, I believe that the Commission has a major role to play: we need to establish emergency gas plans.
The first thing to do is to recast the Gas Security Directive, otherwise the European Commission will not have enough political power to act.
European coordination is required.
Secondly, we need an emergency 'Central and Eastern Europe gas infrastructure' plan, with the money that is available.
Thirdly, we need to combine Europe's economic recovery with a major energy investment plan.
The main priority is the buildings in Eastern Europe.
It is scandalous to see such a small proportion of the Structural Funds being invested in something useful!
Rather than having stadiums built for European championships, I would prefer money to be invested for our citizens - in buildings, heating networks and renewable energies.
My final remark is that we are more dependent when it comes to nuclear energy than we are with respect to gas.
We import 99% of our nuclear fuels!
Stop linking nuclear energy to independence!
Mrs Koch-Mehrin, you sound ridiculous when you mention that.
(CS) Prime Minister, ladies and gentlemen, I am quite sure there is no one in this hall who envies the Czech Presidency the circumstances in which it has assumed the leadership of the European Community.
Prime Minister, one of the main slogans you have proclaimed for your Presidency is a Europe without Barriers.
This slogan can be interpreted in different ways, depending on one's political and personal experience.
Personally, I believe that it cannot be understood as nothing more than a further relaxation of financial and market mechanisms; rather, I see it as a challenge to refine what Europe can rightly be proud of, namely the European social model.
I am not thinking here simply of the chance to remove meaningless constraints, or of the prospects for employment.
I view this opportunity as a chance to give the mobile workforce credible guarantees of equal treatment.
This may include, for example, positive developments over the unresolved issue of cross-border health care during the Czech Presidency.
If Europe is to be without barriers, it might be good to start by not creating any new ones.
Europe is not only the European Community; Europe also encompasses our neighbours, who belong not only geographically but also historically to Europe.
I would like to know your opinion on this topic, as well as the strategy the Presidency will apply to our neighbours along the borders of the European Union.
I am thinking mainly of Serbia and the sensitive issue of Kosovo, and I am also thinking particularly of Moldova, which has taken many positive steps towards closer relations with the European Community.
In my view, not creating barriers also entails a principled but European policy towards Russia and China.
It is necessary to seek a balanced relationship with these countries too, especially where European interests are involved.
Europe without Barriers also means paying serious attention to the fact that numerous minorities are to be found within the territory of the EU.
This includes one minority we are reluctant to discuss in this Parliament, namely the non-citizens in some states of the European Union.
The key to addressing these issues hinges, inter alia, on the introduction of a new policy, in other words in eliminating the policy of double standards.
You have said that freedom and decision-making are of fundamental importance.
Give the citizens of your own country a chance to decide in a referendum on the Treaty of Lisbon and the siting of the US radar installation.
This will confirm the sincerity of your words.
- (FR) Madam President, on behalf of my Independence and Democracy Group, I should like respectfully to welcome the Czech Presidency, and to do so by expressing the high regard in which we hold it, for the Czech people have experienced some great hardships and are better equipped than many of us to understand the value and the meaning of the word freedom.
I should also like to welcome it by expressing our hopes.
Mr Topolánek, Mr Klaus, you represent two hopes for us: listening to the voice of the people, that is, ensuring that the referendum on the Treaty of Lisbon is respected throughout Europe, and giving the people back their freedom in order to free them from the Brussels bureaucracy that is swamping us.
Today more and more of us, the peoples of Europe, are Brussels dissidents.
(NL) Madam President, with only one minute speaking time, all I can do is plead with the Czech Presidency to help us ensure the European institutions respect democracy.
In a democracy, it is the people who decide.
As it happens, in the countries where the people were allowed to speak their minds - in France, the Netherlands and Ireland - the Treaty of Lisbon, otherwise known as the European Constitution, was consigned to the wastepaper basket.
I hope that the new presidency will actually side even more with the citizens and freedom and not, as we have grown accustomed from most presidencies, with the arrogant European mandarins.
There is also the Turkish issue.
The large majority of Europeans are opposed to the accession of a non-European country to our Union.
In this dossier too, though, the eurocrats are imposing their own will, and we need the help of the Czech Presidency.
Given that the Czech Republic shook off a dictatorship not so long ago, your presidency could prove to be a beacon of democracy and freedom in the next six months, if you dare to go against the wishes of this EU elite, that is.
Madam President, I welcome Prime Minister Topolánek to the European Parliament and I know from past discussions that Europe is in very good hands for the next six months.
It is a historic moment for the Czech Republic and one to which you bring your customary political skill.
The Czech presidency programme has set some important priorities: the three 'E's of energy, economic improvement, and Europe's role in the world.
In the early days of your presidency you have indeed been faced with substantial challenges.
You have been to Moscow and Kiev and you are working hard to get a deal to restore the flow of natural gas to European countries.
You have displayed great diplomatic skills so far working with Russia and Ukraine, but it is vital that the Russian Government understands that holding nations to ransom is no way to conduct business in the modern world.
You have led the way for the EU so far, and I congratulate you, and also in your work to resolve the current crisis in the Middle East to bring about a credible ceasefire that will enable peace talks to resume.
The economic crisis remains high on your agenda.
You are supporting sensible measures to ensure the economic slowdown is tackled.
You have been clear about the importance of Europe and the Member States not imposing new and heavy-handed regulation at European or national level.
You have spoken of mobilising those countries which share your liberal economic outlook to oppose protectionism at this time.
What we must do is ensure that any regulatory changes are proportionate and sensible.
Finally, in a week's time there will be a new US President in the White House.
I know we can rely on you, Prime Minister, to establish a good working relationship with President-elect Obama.
I know you share my view that the future of the transatlantic alliance is vital to our security and our prosperity.
I wish you every success.
To quote Winston Churchill in his last great speech in the House of Commons: 'Never flinch; never weary; never despair'.
Good luck.
Madam President, we have to admit that the Czech presidency faced a very difficult beginning.
The worsening economic crisis, the brutal military operation by Israel and the biggest crisis so far in European gas supplies.
Your activity will become even more difficult with the rising political tensions related to the European election campaign.
The end of your presidency will be marked by the election of 532 new MEPs.
I underline this figure because it is not the one foreseen in the Treaty of Lisbon.
I think that the ratification of the Treaty and its entry into force should be higher on your agenda both nationally and at European level.
It may look as though you are unlucky to be leading the EU in such a situation, but every crisis is also an opportunity.
Use these opportunities.
Make the EU more active, visible and credible in the Middle East.
Try to develop a more responsible EU policy on energy and energy supplies.
Do more to put the European economy back on track while preserving people's jobs.
Mr Topolánek, I would like to see another presidency by a new Member State succeed.
This is your special responsibility. This will prove that the newcomers are able not only to follow, but also to lead.
The main prerequisite for success is to bring together all 27 Member States and to make them unite around policies and actions. This will not be possible if there is no unity within your own country.
The contradictory messages coming from different Czech institutions harm your prospects of success, so please do your best to put an embargo on all internal political games.
It is not easy in a pre-election situation, but Slovenia is an example that you can follow.
The second prerequisite is to unite behind you the main political parties in this Parliament.
For six months, you must forget your own political membership and hold a broad dialogue.
This is something to be learned from the French presidency.
Finally, I would like to draw attention to the rise of extremism, anti-Semitism and xenophobia in Europe.
The Czech Republic is also affected by this trend.
I ask you to include this issue high on your agenda, particularly in view of the upcoming European elections.
I wish you every success.
Madam President, I would like to thank the President-in-Office of the Council for coming here today to outline the Czech presidency's programme.
However, I will draw attention to some issues that I hope your presidency can address.
Firstly, the motto you have chosen is 'Europe without barriers'.
I agree with the premise of this motto.
It should especially hold true for European citizens who have the right to move and reside freely within the EU.
I am the rapporteur on the application of the Free Movement Directive.
Unfortunately, it seems that your motto is under threat from national authorities.
The Commission has recently released a very disappointing report on the implementation of this directive.
Given the directive's improper transposition by Member States, I would hope that you will give this issue much more weight than is indicated by your programme in the area of freedom and security.
Secondly, in addition to some daunting issues that you will have to confront during your presidency - such as the continuing global financial crisis and energy security concerns - you will also have a large legislative burden.
Therefore, I trust that you will employ all the necessary means to properly conclude the numerous outstanding reports before the end of the parliamentary mandate.
In particular, expectations have been created for European citizens on price reduction for voice, SMS and data roaming.
I hope that you will honour your commitment to reach a first reading agreement with my Roaming II report.
Thank you, and I wish you the best of luck during your presidency.
(IT) Madam President, ladies and gentlemen, I offer a warm welcome to the Czech Presidency and I hope that it will succeed in moving Europe on from the useless persiflage of Brussels to action on combating the disgraceful human trafficking of illegal migrants taking place in the Mediterranean.
Minister Maroni, at a recent meeting of the ministers of home affairs of Cyprus, Greece, Italy and Malta, finally gave a wake-up call to Europe.
It is time for Europe to realise the gravity of the situation in the Mediterranean: trafficking is taking place in illegal immigrants and drugs from Africa and Asia.
The Czech Presidency must consider the urgent need for specific measures mandating the ministers of home affairs to conclude readmission agreements with the non-EU countries from which these illegal immigrants come.
We need to strengthen the action taken by Frontex, which ought, however, to be coordinated with the appropriate instruments and resources, and Europe must realise that such action will be effective only if it is accompanied by policies for the readmission of illegal immigrants and funds for countries, such as mine, that have to receive illegal immigrants.
President-in-Office, go to Lampedusa and see how serious the problem is.
We are becoming the centre for combating drug trafficking in the Mediterranean - a disgrace that we must root out.
Go to Lampedusa as a politician and then return as a tourist, to the most beautiful island in the Mediterranean!
(Applause)
(DE) Madam President, Mr Barroso, Mr Topolanek, I welcome the Czech presidency!
As a Prague citizen elected to the European Parliament as a German member of the Group of the Greens/European Free Alliance, I am particularly pleased that the Czech Republic is to hold the Council Presidency for the next six months.
More than 40 years ago, following the occupation of Czechoslovakia, I went into political exile in Germany, and I still marvel that we are now free to drive forward the development of democracy and the respect for human rights in the Czech Republic and Central Europe.
The current political, economic and environmental developments would represent a great challenge for any Council Presidency - but this one, I believe, will overcome it.
I should like to wish us all, not just the Czech Republic, all the best for this Presidency.
(Applause)
(EL) Mr President of the Commission, Mr President-in-Office of the Council, the priorities of your Presidency include the following: in order for the European Union to take international action, it needs to tie its security in with strategic cooperation with ΝΑΤΟ and to develop its own defence capability to complement ΝΑΤΟ.
The citizens are wondering who is threatening the European Union to the extent that it needs to tie its security in with ΝΑΤΟ?
On the contrary, a visible threat to the European Union is the strategy being applied by Israel, the strategy of war, which the European Union has not roundly condemned and for which it has not imposed sanctions, as it has done in other cases.
You further state that you want an economy without borders and that excessive regulation should be avoided, that an increase in the level of protectionism should be avoided.
Are these the lessons that we, as the European Union, have learned from the economic crisis?
No protection for the weak and market speculation?
It is hardly surprising, therefore, that the citizens are losing patience with the policies of the European Union.
The Euro-barometer, which we always ignore, tells us as much.
What is topical today and what the mass demonstrations are highlighting is the need for a policy of peace, not complicit neutrality.
The reactions and the grassroots protest are blatant proof of the need for justice and for political control of the market and of the price of commodities which will allow each state to perform the social role which its citizens allocate to it without the dogmatic limitations of the Stability Pact.
Mrs. President, I should like to welcome the President-in-Office and to wish him well in his presidency and also to wish his people well.
As an Irish Member, I should like to thank the Czech Government and people.
When my people voted in a referendum to reject the Treaty of Lisbon, the Czech representation alone said it respected the Irish vote.
In an environment of disrespect for the French, Dutch and Irish votes - and of people not allowed to vote - this respect was very welcome.
Respect is a valuable and necessary attitude.
In Europe we are faced with many crises.
You have spelled out an ambitious programme to deal with these.
Such a programme requires respect between Member States.
It also requires respect for the peoples of those Member States to have any hope of success.
I am impressed at the respect you have shown your people in acknowledging that they, like the Irish, would, if given a chance, probably reject the Treaty of Lisbon as well.
Such respect bodes well for your presidency and for Europe.
(DE) Madam President, ladies and gentlemen, it could be that you were not expecting such a friendly, benevolent reception in the European Parliament, Mr Topolánek - but the Czech Council Presidency is an event tinged with history.
I have seen two landmark events in my political career, the first being German reunification and the second Europe's reunification following two bloody European civil wars in the last century.
The fact that the Czech Republic is representing the Presidency in the European Parliament today is a reflection of the incredible historic changes to which we have been witness and for which we can be grateful.
I assure you of the support of the Group of the European People's Party (Christian Democrats) and European Democrats, without reservation and without scepticism.
You rightly set the ball rolling with Charles IV, who was not only one of the first architects of a trans-European transport network but also the founder of one of the oldest and most prestigious universities in Europe, and thus an exponent of a European universality that has possibly left at least as great a mark on us Europeans as the treaties we have concluded.
The occasional Eurosceptic remark aside - which we are familiar with from your own country - you meet with our support.
We in the PPE-DE Group are very staunch Europeans - there is no doubt about that - but precisely because of this we are able to recognise wrong turns taken by Europe and to help put them right.
The Treaty of Lisbon is an excellent instrument for correcting any wrong turns taken by Europe.
For this reason, I wish to express here the expectation that you, as President of the Council, will contribute to the entry into force of this Treaty and that your country will ratify the Treaty as soon as possible.
(ES) Madam President, President-in-Office of the Council, President of the Commission, ladies and gentlemen, I offer the Czech Presidency the same friendly welcome that I gave in 1991 when, as President of the European Parliament, I addressed the Senate of the then Czechoslovakia to invite them to join us.
In my opinion, that great generation of Czech and Slovak citizens is embodied in someone who is well-respected in Europe and throughout the world.
I am of course talking about President Václav Havel.
I have two comments and questions for the President-in-Office.
You have taken a decision - and I am glad that you are talking about a Europe of rules - to subordinate ratification of the Treaty of Lisbon to ratification of the missile defence shield.
Many of us believe that this is not the way forward, but you have taken the decision to subordinate your own country to something that must be considered jointly.
There is one fact that cannot be ignored, however, which is that the gas dispute is a political dispute.
In my view, it will be very difficult for you to have a policy towards the East in this situation.
I also cannot understand why, when the Czechs are a people proud of their sovereignty and independence, you can subordinate what the Czechs have to decide to what the Irish do.
Secondly, President-in-Office of the Council, you have not mentioned the euro.
Yesterday in this House we celebrated the 10th anniversary of the euro and the entry of your sister republic, Slovakia, into the euro.
What are you going to do in order to defend the euro during the Czech Presidency?
(SV) Madam President, Mr Topolánek, Mr Barroso, it is absolutely correct that we are in the midst of two crises: a climate crisis and a financial crisis.
To these, we can add an energy crisis.
It is therefore important not to lose focus.
My question to Prime Minister Topolánek is therefore the following: will the Czech Republic ensure that the emergency economic crisis programmes also work to solve the climate crisis?
After all, we have, here, the opportunity to help our citizens to both a better environment and new jobs and to help our small businesses.
History has shown that every financial crisis is followed by a technological shift.
With investments in new green technology, such as district heating, biofuels, combined heat and power, energy-efficient houses, solar panels, smart grids and so on we can benefit from the adaptations that are necessary in order to deal with the climate threat and create the economic upswing that Europe and the world needs.
A simultaneous investment in climate-smart technology and employment will also stabilise the security policy situation with regard to Russia.
Those who opposed the energy package and a comprehensive common European energy policy will perhaps now understand why we put so much work into enabling the EU to speak with one voice on these issues.
In any case, Europe's freezing citizens understand what needs to be done.
We cannot have a situation like we had in the Middle East crisis, with three or four European delegations running around each other.
I therefore welcome the Czech Presidency and the well-established cooperation with the next country to hold the presidency, Sweden, and I wish you good luck.
(LV) Fellow Members, Mr Barroso, Mr Topolánek, I should like to express my appreciation of the Czech government for its resolve to continue the evaluation of the political, moral and legal aspects of the crimes of the Communist regime that was begun under the Slovenian Presidency.
The consequences of the Communist regime's crimes are a repulsive scar on the face of Europe.
However, under the influence of realpolitik, European politicians still pretend not to notice it.
That shows that Europe still lacks self-respect in the face of Russia's authoritarian ideology.
Unfortunately, for as long as the acts of Nazism are recognised as a crime against humanity but the crimes of the Communist regime of the USSR are excused, we have to face the fact that Europe and its historical truth is split between its eastern and western halves.
Ukraine's gas supply is cut off and Russian tanks enter Georgia.
For so long, Europe's common values remain nothing but a dream.
I call on the Czech Presidency to carry out the resolve expressed in the Prague declaration.
Madam President, this is the first presidency of a former Soviet bloc country, and we are keeping our fingers crossed for you, Prime Minister, that it will be a first-class presidency.
You have inaugurated your presidency in a hot political temperature and the freezing wind of the energy crisis.
I should like to congratulate you, Prime Minister Topolánek, for your quick action and commitment to finding a solution to the gas crisis and the mediation you have undertaken between Russia and Ukraine.
Two of the three main priorities of the Czech presidency - energy and the Eastern Partnership - need gas.
This is the crossroads of both your presidency priorities.
You have to find an emergency solidarity solution right now.
You have to work on unblocking gas deliveries to 18 Member States whose citizens and industries are suffering.
Then you have to find a lasting, sustainable and systemic solution for the longer term.
We need you to design a comprehensive and decisive strategy.
I also welcome your priority on the Eastern Partnership, which would give us an appropriate framework for better cooperation with our eastern partners, who are so close to our borders.
The European Parliament will complement it with its own dimension by building an interparliamentary assembly, which we call EURONEST.
This partnership would contribute to preventing another crisis like the present one.
I am confident that the Czech presidency, which is confronted with such challenging times and crisis management, will be able to fulfil our expectations and that in six months we will have fewer barriers and a strong and safer Europe, also a sweeter Europe, as your slogan says:
(CS) Making Europe sweeter!
I wish you much success.
(DE) Madam President, President-in-Office of the Council, 'Europe without Barriers' is a good motto, as it goes to the heart of the European idea - bringing people together.
I also hope, however, that it proves possible to break down the barriers in the minds of some people, who still have political, if not ideological reservations about the European Union, and therefore close their minds to its further development as envisaged in the Treaty of Lisbon.
There is a good deal more work to do on this in your country, too.
The Reform Treaty is essential.
How are you going to make energy policy without the basis laid down for this in the Treaty of Lisbon?
It cannot be done.
Many other policy areas can be looked at in the same way.
It is completely unacceptable to link ratification to other domestic problems, as this is a common Treaty and has nothing to do with domestic political disputes - the opposition against the government or vice versa.
Europe is a community of values.
Human rights and the rule of law - where your country also shows deficits - take centre stage.
I should like to take this opportunity to mention the case of Dr Yekta Uzunoglu, who has spent 14 years fighting for justice and compensation.
I appeal to you to ensure that this unfortunate case, for which Václav Havel has already gone on hunger strike, is resolved under your Presidency.
At the end of the French Council Presidency, President Sarkozy said that the previous six months had changed him.
I hope that this experience will also change you and several others in the Czech Republic.
Madam President, I should like to ask the President-in-Office four questions.
Mr President-in-Office, if, as you said, you find the Treaty of Lisbon worse than the Treaty of Nice, why did you sign it?
Secondly, will you please confirm that the Czech Republic will not be tempted to follow the Irish example and seek to pull apart the Lisbon package?
Thirdly, do you not see a contradiction in coming here and praising the legitimacy of the Parliament but declining to support the Treaty which so greatly increases its powers?
Fourthly, can the Czech presidency really have authority unless and until the Czech Republic ratifies the Treaty?
(PL) Madam President, President-in-Office, it is paradoxical that this multiple crisis that has afflicted the world, including Europe, can also be a great ally, as those who have got used to telling everyone how to run their business bear the brunt of the responsibility for this crisis.
It was they who presided over it and got us into it.
Today we can see a wind of change in your statement and therefore wish the Czech presidency all the best.
I would like to remind you of a fact from history that should be useful to you.
In 1618, an unpleasant Habsburg diplomatic mission came to Hradčany whose behaviour was unprecedentedly arrogant.
The Czechs rightly threw them out of the window in an act known as ''defenestration''.
I look forward to such a political defenestration now.
I hope you throw all dishonest advisers out of the window of decency and reason, and that you succeed in pushing European affairs forward.
That is what Europe's citizens are expecting, and you will not succeed by listening to these charlatans.
(IT) Madam President, ladies and gentlemen, as always in Europe we are living through important historic events, and the six months of the Czech Presidency is certain to number among these.
There are many major problems outstanding, to which this Presidency will have to find solutions: for the Treaty of Lisbon, which requires final adoption, the path has already been outlined, but what is needed is a further impetus to ensure that the process is not drawn out beyond the current year.
The serious world economic crisis will continue to produce effects, and there is no doubt that these will be significant over the course of this year.
It is to be hoped that the Presidency will continue along the road already embarked upon by the French Presidency so that the next G8 meetings, with Italy presiding, can produce results that meet Europe's needs.
Europe is facing a serious problem in terms of energy supply: this is a crucial fact, and it seems a complex problem to resolve.
A solution may, however, be on the point of being found; in any case the future ought to be guaranteed, in view of the dependence of many states, including my own, on such supplies.
The situation in the Gaza Strip can no longer be tolerated.
One should not negotiate with terrorists but the attacks on the Israeli people must stop once and for all, and we should no longer tolerate the death of innocent civilians on the front line of an absurd and, unfortunately, permanent war.
Immigration ought to be resolved at a European level and therefore considerable attention should be paid to the situation of certain states, including Italy and Malta, which have significant problems relating to this issue.
The Cyprus issue should be tackled swiftly, in order to resolve once and for all relations between Greece and Turkey, and between Europe and Turkey, which, moreover, is still permanently awaiting accession.
Finally, Mr Topolánek, I hope to see you always present in this Chamber; I wish you all the best for your work, and I congratulate you on still being here with us after your first reply.
With previous Presidencies, we have not been very used to that.
Thank you; it is a good sign.
- (FR) Madam President, Mr President-in-Office of the Council, I have discovered from your Czech historians the reason why you have not ratified the Treaty of Lisbon: they talk in fact of the magic of the figure 8, as in 2008.
This figure punctuates your history, they say: in 1918 Czechoslovakia was created and, in 1348, Prague. They cite forty-odd examples and, in particular, three recent painful ones: 1938, when France and the United Kingdom abandoned you; 1948, when you were set aside by a coup d'état; and 1968, when the Soviet tanks rolled in.
So 2008, I can understand - you put it to one side because you thought ratifying the treaty that year was suspect, all the more so since some people were comparing the limited sovereignty of Brezhnev with the treaty.
In spite of all his faults and his past, comrade Barroso, who is here, is not Brezhnev!
(Laughter)
We are part of a project that is characterised by its shared and voluntary sovereignty.
The Treaty of Lisbon is just one moment in this history; it is just one stage in this history.
I beg you: 2008 is over, ratify in 2009!
(Applause)
(LT) The Czech Republic is taking over the European Union Presidency at a time when we are debating how to transform the economy and whether the future model of the European Union will be more socially-oriented or more liberal.
Sometimes this is even presented as a row between Old and New Europe, but I think the Czechs will be able to find consensus, as there really is not a great difference between these two conceptions.
Their coming together is determined by globalisation and the multicultural economic environment which is still developing.
The concept of a 'market economy' is understood very differently by various people and this is a behavioural factor.
The countries in the post-Soviet bloc understand perfectly that the existence of market institutions and laws does not necessarily mean that the market will flourish successfully.
They must match people's mentality and expectations.
Although we sometimes try to underline those differences between the economic models for political gain, in the long-term political perspective delaying the reform of economic policy, if we take into account the changing multilingual and multicultural economic environment, will help radical populist groups come to power and will cause long-term political instability and economic backwardness.
(DE) Madam President, President-in-Office of the Council, ladies and gentlemen, I should like to congratulate the Czech Council Presidency on its assumption of office.
This is the first Council Presidency from a former Warsaw Pact country and therefore of symbolic importance, as Mr Nassauer rightly said.
The matters of the gas negotiations and the activities of President-in-Office Schwarzenberg in the Middle East and many other examples show that the Czech Council Presidency is well prepared for the work that awaits it.
Therefore, I attach particular importance to the fact that great store has been set by what has been called a strategic energy security concept.
This example, in particular, makes it clear that there are many areas in which nation-states alone are no longer able to look after the interests of their citizens, and only a common European approach will do.
However, President-in-Office, only the Treaty of Lisbon confers on us this competence in matters of energy and energy security.
Our current activities are as coordinators and are non-binding.
In the case of many of the challenges we need to take up, we shall not be able to do so without the scope for action offered by the Treaty of Lisbon - the scope for greater democratisation, namely the reinforcement of the rights of the European Parliament and those of the national parliaments.
I am assuming, therefore, that there was a mistake in the German interpretation when it interpreted you as saying that the Treaty of Nice may be better than the Treaty of Lisbon.
You should still be able to correct the German version.
For this reason, we should seek an opportunity to make clear that we can improve the way we overcome our shared challenges in all the major areas only with the help of the Treaty of Lisbon.
Thank you very much.
(PT) Mr President-in-Office, you spoke of a Europe of rules.
You spoke a lot about rules, in fact.
Now, one of the rules of democracy is the fulfilment of undertakings.
You made an undertaking to ratify the Treaty of Lisbon by the end of 2008.
You did not and that was wrong.
For that reason I ask: 'When will the Czech Republic ratify the Treaty of Lisbon?'
You also spoke about self-confidence.
It sounded like arrogance to me.
The Czech Government, including its President, has every right to say and do what it likes, but it cannot forget that it belongs to the European Union and now speaks on behalf of nearly 500 million citizens and 27 Member States.
That is why you cannot ignore the fact that 25 Member States have already ratified the Treaty of Lisbon and that Ireland has already planned a second referendum.
Happily, the polls indicate a 'yes' majority.
The Irish have realised that, in this particularly difficult international environment, the fact that they belong to the European Union and to the euro area has protected them from greater trouble.
What remains now is for the Czech Republic to state when it is going to ratify the Treaty of Lisbon.
As my group chairman, Martin Schulz, has stated, at a moment when Europe is confronting unprecedented challenges, it is necessary for Europe to speak with a single voice.
Now, this will only be possible with the Treaty of Lisbon.
(IT) Madam President, Mr Topolánek, ladies and gentlemen, you spoke of the eastern partnership, Mr Topolánek.
Partnership is a fairly recent invention by the European Union, which did not exist in the Europe which the founding fathers of the Ventotene Manifesto wished to see, or in the Europe of the initial periods after the Second World War.
That Europe gave its neighbours, including those in Central and Eastern Europe, the prospect of accession.
Europe has been a factor for peace not because it offered the prospect of partnership to its neighbours, but because it offered the prospect of membership, of becoming a part of the EU.
The French Presidency which preceded you, however, was very clear, if we are talking about barriers, in wanting to define the borders of Europe, by slamming the door in the face of Turkey, most of all, and making it clear that the European Union wants to close its borders.
The result of that is that surrounding the European Union, where in past decades there was hope for countries such as yours, today, instead, there are wars and tensions in the Middle East, the Balkans, the Caucasus, the Urals and the Maghreb.
The call that we, the non-violent Radical Party, would like to make to you is to take into consideration the urgent need, once again, for the United States of Europe, opening up to membership, to members, and not to confused relations of partnership.
That partnership rules out the inclusion of the most important thing: civil and political rights for citizens in Europe and at the borders of Europe.
Madam President, I would like to congratulate the President-in-Office on the ability which his presidency has already demonstrated to deal with a number of issues.
Many Swedes still have the feeling that Prague is to the east of Stockholm, due to the heritage of the political geography of the last century.
That is wrong, and your presidency, Mr President-in-Office, will restore the Czech Republic to its proper place in our mental maps - at the heart of Europe in history, as well as in the future.
May I also express the hope that you will pave the way well for the Swedish presidency: as regards climate issues and competitiveness, where it is so important for you to demonstrate that we will tackle the economic problems with openness, without protectionism and with the dynamics of an open economy; and regarding energy issues, where you will play a crucial role, since you are clearly very well-placed.
The times we are living in underline the need for reforms and change.
I think it is fair to say that solidarity and security as regards energy means that we need to reform and deepen the European internal energy market.
Without that, we will be exposed to different threats and attempts to divide us, to fragment us.
One aim should be to ensure that no one can control the supply and production of gas and electricity at the same time as distribution; to ensure that we will have one common market.
If that can be achieved during your presidency, it will be a strategic step forward that I hope we can all congratulate you on in six months' time.
(DE) Madam President, President-in-Office of the Council, I and some fellow Members present here today belonged to the group of MEPs from the Joint Parliamentary Committee who particularly promoted the cause of Czech membership in the period up to 2004.
Therefore, being able to welcome a Czech Presidency for the first time makes today a special day for non-Czech MEPs, too.
I might add from the point of view of an Austrian MEP that it was not always very popular to campaign in Austria for the accession of the Czech Republic.
Thus, we are certainly among those who offer the Czech Presidency particular support and do not intend to attach too much importance to teething problems - the rather one-sided initial position on the Gaza conflict and the Czech President's view that social and environmental standards are too high have already been mentioned.
From an Austrian point of view, we are particularly hurt by the sympathetic reaction to Slovakia's plans to restart Bohunice, which would be a clear infringement of existing EU law.
The excellent philosopher and writer Jiří Gruša has written a 'User manual for the Czech Republic and Prague', which I can only recommend to all my fellow Members as an enjoyable and extremely humorous read.
As yet, there is no user manual for Europe in written form but, if one should ever be issued, all new Presidencies would be well advised not to turn down the support offered to them in Parliament or by the governments of neighbouring States.
(DE) Madam President. President-in-Office, you have a particular responsibility.
The Czech Council Presidency has got off to a bumpy start - its art installation has been provocative and given rise to indignation - but its serious efforts to find its feet and assume responsibility for the whole Union have been perceptible even before today.
It seems to be well prepared.
Its programme contains the right priorities.
It will subsequently be judged, however, on the determination, personal commitment and European-mindedness with which these are implemented, and on the success rate.
Commission President Barroso said that the EU is being put to the test in these six months.
The Czech Council Presidency and the Czech Government are being put to the European-policy test.
These tests can be passed only if we all give of our best.
For that reason, I would ask you to stop playing domestic policy off against European policy and burdening your Council Presidency with domestic issues.
You should make clear to citizens that you already feel that, in the matters of the gas dispute, Gaza, Slovakia's actions with regard to Bohunice and the financial crisis, the Treaty of Lisbon would strengthen your role and enable you to carry it out in better harmony with the other European institutions.
The European Union is a community of values and a common system of law.
Yes, we do have rules, and anyone breaking them, anyone not keeping to their promises, shows a lack of solidarity.
We are united despite all our differences by our community of values, our common system of law, our political objectives.
Therefore, I would make the following appeal: do not hide behind Ireland, take a step forward, ratify the Treaty of Lisbon before Europe Day 2009, before the end of your Council Presidency.
We shall judge you by your deeds and not by the comments by your President in the Czech Republic.
Madam President, I was interested that the Czech President-in-Office said that the opposition is trying to torpedo the Czech presidency because, from where I sit, the Czech President is doing a very good job all on his own of torpedoing the Czech presidency.
I notice the Czech presidency states that it is doing all it can to enlarge the European Union and to admit Croatia.
If it is doing all it can, why can it not ratify the Treaty of Lisbon?
After all, the Czech presidency agreed to it and, therefore, should fulfil its obligations.
We must be honest: it is not a great start to a presidency.
The Czech President describes the climate change package as a silly luxury.
The Czech Finance Minister describes the economic recovery plan as being reminiscent of the Communist era.
We have a so-called work of art - which has given offence to everybody, but particularly the Bulgarians - and the first statement on the Gaza crisis had to be withdrawn several hours later.
What we need at the moment is leadership, and what I have seen so far has taught me that the sooner we get a full-time president of the Council the better, because it is only coherent European action that will deliver security to Europe, will deliver world influence and deliver economic recovery.
So let us have some leadership.
(The President cut off the speaker.)
(CS) Madam President, the Czech Presidency deserves recognition for its active role in settling the dispute over the renewal of Czech gas supplies.
However, it would be a big mistake to turn away before addressing the long-term causes of this problem.
The origin clearly lies in Russia's ambitions to extend its sphere of influence into Ukraine and on into Central Europe.
The aim of the EU must therefore be to keep Ukraine on the Union's radar screen.
However, this will not be possible if Ukraine continues to sponsor opaque transactions and to cling to 'neighbourly prices' which fail to reflect the true market situation and which keep Ukraine politically dependent on Russia.
The Czech Presidency's priorities include energy security and reinforcement of the Eastern Partnership.
A fundamental aspect of this partnership must be to help Ukraine set market energy prices, negotiated in the context of long-term contracts, as quickly as possible.
The Presidency should also exert effective pressure on Kiev to dismantle opaque economic structures which undermine efforts to reform and develop a legal state.
Only strong external pressure on Ukraine and active cooperation can help it to abandon short-term and often personal interests in favour of genuine independence from Russia, and a legal state that is free of ubiquitous corruption.
Unless a clean-up is achieved in Ukraine, we cannot expect the EU to respond effectively to Russia's increasingly assertive policy towards Central and Eastern Europe.
The right time to establish close cooperation between the EU and Ukraine will be immediately after the gas crisis has been defused.
Unless the Czech Presidency, on behalf of the EU, succeeds in placing effective pressure on Ukrainian leaders, we will soon witness not only further days of freezing weather and no gas, with major consequences for the economies of Member States, but above all a dangerous shift in geopolitical relations in Central and Eastern Europe.
Madam President, like everyone in this Parliament I wish the Czech Presidency-in-Office well.
However, I am appalled, President-in-Office, by your disgraceful comment here this morning that Lisbon is worse than Nice.
That is not only untrue, it is divisive and it is a breach of trust.
Now you have to seriously consider withdrawing your comments here this morning in relation to Lisbon.
We need the more united democratic effective Union offered by Lisbon to face the many problems, any one of which can plunge our world into conflict: energy security, climate change, the economic and financial crisis, and the many wars in many regions.
As President-in-Office, your task is to mediate for, and lead, Europe based on our common values of solidarity - internally and externally - a social market economy, multilateralism and equality between men and women - and that includes the right of both men and women to share the task of parenting.
President-in-Office, you must park your conservative and neo-liberal views for six months, otherwise you are going to be in conflict constantly with this Parliament for those six months.
Ireland will probably have a referendum on a clarified Treaty of Lisbon in the autumn of this year.
I will work hard to ensure a positive outcome for Ireland and Europe.
Your comments here today have made that task much harder.
If the referendum fails, Sir, you will not be thanked by the vast majority of Europeans.
(The President cut off the speaker.)
(PL) Madam President, President-in-Office, President of the Commission, I would like in particular to thank the President-in-Office for taking on the presidency and congratulate you on a difficult, but successful first two weeks in the presidency.
I perfectly understand your words on national identity, an identity which we, the countries between the east and the west of Europe, have built up successfully.
I would like to draw your attention to a matter that I believe will be crucial in these six months: the third energy package.
This package deals firstly with the common energy market, a common European agency for cooperation between national regulators, cross-border connections and joint investments, and therefore with integration - in other words, with energy solidarity and secure energy supplies.
Secondly, the third energy package also means liberalisation, the fair regulation of access to networks, that is, competition on the market, which means lower costs and damage to the environment and cheaper energy for consumers, and hence for the economy, which will help to deal with the crisis.
And thirdly, the third energy package fair rules for the operation of countries outside our markets, with common policies for supplying the EU countries and the possibility of transportation through third countries.
In the context of the EU's eastern partnership and eastern dimension, the third package clearly speaks for itself.
The third package can be benefit each of the three main priorities of your presidency - energy, the economy, and Europe's eastern dimension.
I call upon you to keep this priority and to fully ...
(The President cut off the speaker)
(SV) Madam President, I, too, would like to welcome the Czech Presidency.
During this Presidency, we will have low growth and unemployment will rise.
We have a difficult economic situation.
I was reading about President Klaus's solutions last week in the Financial Times, and I do not agree with them at all.
He says that we must lower our ambitions with regard to environmental policy and climate policy and we must lower our ambitions with regard to social policy.
That is absolutely the wrong way to go.
If Europe is to be able to compete in future, we must invest in modern environmental technology.
We must invest in modern infrastructure in order for us to have a society that is sustainable in the long term, and in an active climate policy.
This will provide a higher rate of growth and increased employment.
It is a similar situation with social policy.
We must invest in a social policy with fair working conditions, equal treatment of workers, a good working environment and so on. This will not mean lower growth, but growth that is more sustainable in the long term.
Finally, I would like to mention family policy.
The family policy that I read about in your programme is an old-fashioned family policy.
Modern family policy is about the equal responsibility of men and women for children and work.
You point down a completely different path in your programme.
(BG) Thank you, Madam President.
As an MEP from Bulgaria, I welcome the fact that the Czech presidency is including energy and energy security among its key priorities.
During the last few days, a large number of EU Member States have become hostages in the dispute between Ukraine and Russia.
In Bulgaria alone more than 160 000 households have been left without heating.
Unfortunately, the Bulgarian Government was unable to help its citizens during this crisis.
Bulgaria is the only country in the EU which does not have alternative sources, suppliers and reserves of gas.
We must learn the lesson from this case.
Fellow Members, I think that I am speaking for the whole Parliament when I say that we cannot allow European citizens to pay the price for political games involving countries using their energy resources as political tools.
This is why I believe that we need sustainable solutions in the energy sector.
We need a common European energy policy.
One important element in this is to improve the energy infrastructure.
When we talk about European energy solidarity, we mean joint energy projects in the European Union and avoiding the current practice of bilateral agreements.
I would also like to believe that before long, it will be possible in Europe to build pan-European nuclear power facilities as joint projects involving Member States.
In this context I also welcome the fact that the Czech presidency is making the expansion of forms of cooperation with countries from the southern Caucasus and the Balkans, and with Ukraine another key priority. It is only by adopting an integrated approach which takes into account the interests and opportunities deriving from these interests of both Member States and the countries from the regions just mentioned that we can guarantee overcoming and averting crises, such as the gas crisis we have just been through.
We need to take action immediately and do what is best for the European Union.
The need for concrete action aimed at establishing a common European energy policy is now greater than ever.
I wish the Czech presidency every success.
(HU) Madam President, Prime Minister, the Czech presidency has chosen the tagline ''Europe Without Borders'' as its motto, setting as its foremost priorities the issues of energy policy and economic stability.
In addition, I wish to emphasise the importance of including a further priority, that of the European citizen.
I would urge that more attention be paid to issues that directly affect the daily lives of citizens.
More emphasis should be given to the enhancement of state-of-the-art European social programmes, to guarantees of European solidarity and equality of opportunity, and to the implementation of the minorities policy.
I agree with those who urge the ratification of the Treaty of Lisbon.
Citizens must be involved more closely in European politics because I believe that the lack of social packages and effective communication lead to a growing loss of confidence in European institutions.
I believe the role of education is especially important ...
(The President cut off speaker.)
(CS) Mr President-in-Office of the Council, ladies and gentlemen, the beginning of the Czech Presidency has been marked by the conflict in Gaza and the energy crisis.
After a wave of dismissive and doubting remarks as to the Czech Republic's ability to lead the Union, Europe and other parts of the globe are watching with surprise how responsibly and effectively the Czech Presidency has acted as it deals with the unexpected crises.
I wonder, however, whether they were so unexpected, and I applaud the fact that the Czech government started dealing with them early on, at Christmas, because the French Presidency had failed to nip them in the bud.
I would like you to engage just as fearlessly in negotiations with China, which is wilfully breaking the rules on world trade, promoting unfair competition and threatening the health of Europeans by churning out counterfeit and dangerous products.
Today, for example, European parents have great difficulty in finding children's shoes that pose no health risks, yet so far the Council and the Commission have paid little attention to this issue.
I welcome, then, the fact that you have placed 'Europe in the World' among your priorities.
I assure you that Europe is very open to world trade, but no President of the Council has yet been able to ensure fair reciprocity and to open up China to European producers.
I hope that you and your first-rate team will be more successful.
Mr President-in-Office of the Council, I congratulate you on presenting a truly high-quality, realistic programme for Europe and also on your personal growth.
Considering that you are the leader of a political party some of whose current ministers voted in 2003 against our accession to the Union, you are doing extremely well on the European scene.
I just hope we will witness a similar mellowing of opinion among your party colleagues in relation to the Treaty of Lisbon too.
The media are reporting that the Irish, under pressure from the financial crisis, now understand better that the Treaty is a decent instrument which was put together for dealing with hard times.
I hope that you too will start to view the Treaty in a positive light, even if it means deleting President Klaus from your mobile phone.
I wish us all a successful Czech Presidency, notwithstanding the pluralism of our views.
(EL) Madam President, Prime Minister, in addition to the question of foreign policy, action to deal with the economic crisis and the ratification of the Treaty of Lisbon, one of the basic priorities of the European Union must be young people.
I read about this priority in your programme.
I believe that your programme should be more integrated and more pro-active on the question of young people.
Young people are no longer convinced by pronouncements and promises.
They do not feel secure in the face of a state which is collapsing and which is unable to address the economic crisis.
They do not accept education systems which send them to the market of unemployment and social disdain.
They do not accept euro-scepticism, the fear of Europe.
They have a problem with the ratification of the Treaty of Lisbon.
They clash on a daily basis.
It is the new generation that can understand what is meant by ...
(The President cut off the speaker.)
Mr President, I should like to say to the President-in-Office that his country is symbolised for me by two men: Franz Kafka and Jan Palach.
Both symbolise the struggle for freedom and for democracy and both showed the frustration, the pain and the sacrifice that can sometimes come in that struggle.
For that reason I think, Mr President-in-Office, you will have a particular insight into the struggle in Gaza and you will understand the pain and the frustration of the people of Gaza and the people of Israel.
I hope you will, therefore, throw everything into stopping the slaughter that is going on there.
You will also be able to reach out to the American President on the issues of climate change and bring him into the equation for Copenhagen.
At home you will have the chance to make your mark in the remaining legislative proposals of this Parliament - and I highlight the new opportunities for citizens that will flow from cross-border health, an item I know is on your agenda.
You mentioned the free movement of knowledge.
Nowhere is that more important than in medical science, and that goes, too, for mental health.
I have had the privilege of supporting some of the work for reform on mental health in the Czech Republic.
I know you will want to further those reforms not just in your country but throughout Europe.
I would like you to cast your mind back to June when we set out the mental health pact for the European Union.
It is not on your list at the moment, but I hope you will ensure that it is on your agenda as an item to be furthered because, above all, our task - your task - is to benefit those people in our community who are vulnerable and need our support.
I know you will do your best in that, and I wish you well in all your endeavours.
(Applause)
(PL) I would like to start by recalling the Polish-Czech underground opposition meeting organised 21 years ago by Solidarity in the Giant Mountains on the Polish-Czech border.
The Czech Republic is the first country of Central and Eastern Europe to take the EU presidency.
This is a duty, Mr President-in-Office.
The Czechs heading the European Union are heirs to the Central and Eastern European tradition of the struggle to bring down the Iron Curtain and for a democratic community of societies on the continent of Europe.
I stress the special intellectual and political importance of the Czech presidency.
Of its many priorities, the main one is to conclude the ratification of the Treaty of Lisbon and to strengthen European common foreign policy.
Another very important outstanding task is to prepare a transatlantic strategy for transatlantic relations following the election of the new American president.
And finally I would like to wish President Vaclav Havel a rapid recovery from his recent operation.
(SL) The Czech Presidency has expressed its readiness to intervene to break the deadlock in the negotiations regarding Croatia's accession to the European Union.
Mr President, allow me to remind you in this regard that each candidate country is required to submit credible documents.
If the documents are not credible, that fact should be drawn to the attention of the country concerned.
In the specific case of Croatia, Croatia has marked on its maps a border which is in dispute.
Instead of mentioning that such and such a section of the border is in dispute, it simply marked the border as it sees it.
Naturally, such a document cannot be credible, because it actually concerns a dispute between the two countries which will have to be resolved elsewhere.
This is a bilateral dispute between two countries who are otherwise good neighbours on excellent terms, and yet it is a dispute that will have to be resolved elsewhere.
Therefore, I would like to point out that Slovenia is not being capricious in mentioning that Croatia's documents are not credible.
Slovenia is in fact making the point that Member States are obliged to draw this candidate country's attention to the fact that it is required to submit documents which conform to the European Union's standards.
And what is a possible solution?
Many proposals have already been put forward and I believe that the Czech Presidency will likewise try to come up with an appropriate proposal.
The solution might be for Croatia to submit a government or parliament decision which clearly states that these borders are orientational, provisional or any other term specifying clearly that the borders are temporary and that they have not yet been determined.
That way, I think, we would make a small step forward and make it possible for Croatia to join the European Union as soon as possible, which would also be in Slovenia's interest.
In conclusion, allow me to wish you every success in heading the Council of the European Union.
(CS) Criticism has been heaped on the President-in-Office of the Council; I intentionally refrain from joining in.
In Czech fairy tales, we usually find the castle occupied by a wise king who provokes no one, causes no offence, and does not claim to be an expert in all matters.
This is not the case at Prague Castle.
Well, nothing is perfect.
Yet I have faith that the President-in-Office of the Council will cope successfully with this handicap and keep the promises he has made to us today.
I have known him for almost 20 years, and I am pleased to see how membership of the European Union has fuelled his political growth.
I am crossing my fingers for him because, as the Spanish say, Con mi patria, con razón o sin ella, as the English say, 'Good or bad, my country', and as I say, 'My country, through thick and thin'.
- (SK) I would like to begin by expressing my pleasure that right at the beginning of its presidency our fraternal neighbour the Czech Republic has dispelled any doubts as to the ability of a new Member State to manage and administer the affairs of the European Union.
The Czech presidency has demonstrated that it is capable of responding to and acting in critical situations, such as the war in Gaza and the disruption of gas supplies from Russia to the EU.
As a representative of Slovakia, which receives almost 97% of its gas from Russia and which, together with Bulgaria, is in the most critical situation, I would like to acknowledge personally Prime Minister Mirek Topolánek's involvement in the negotiations with the Russian and Ukrainian parties.
Prime Minister, Slovakia still has no gas and therefore still needs your active help.
Europe needs a common energy policy and it needs to improve its negotiating position in the field of energy.
France started its presidency with the Russian-Georgian conflict and the Czech presidency has to handle the commercial and political dispute between Russian and Ukraine.
I firmly believe that the time has come to learn a lesson from these events.
It is important to identify areas where the EU is dependent on Russia, as well as areas where Russia is dependent on the EU.
Relations with Russia are important but it is unacceptable that Russia should use gas as a political weapon.
It is necessary to deal promptly with the issues of diversifying energy sources and constructing the Nabucco pipeline.
Prime Minister, Slovakia is in an extraordinary situation and it sees you as an ally in the matter of a strategic decision on Jaslovské Bohunice.
I would also like to request your help Mr Barroso, as President of the European Commission.
Personally, I think that many shortcomings still exist in the implementation of the free movement of persons and I therefore welcome the motto of the Czech presidency - Europe without barriers.
I wish the Czech presidency success in implementing its 3E programme and in bringing the EU closer to achieving the Lisbon goals.
- (SK) Prime Minister, we are former fellow citizens and as such I am delighted to welcome you to the European Parliament and to wish you good luck with implementing the objectives you have presented to us.
Your 3E priorities certainly sum up the current problems facing the European Union, although I trust that in the economy section you will not forget its social aspects which are so important for the majority of EU citizens.
When I saw you at the celebrations for the adoption of the euro in Slovakia, I was delighted to discover that the new President-in-Office of the Council was a supporter of closer integration between the countries of the Union.
Nevertheless, like most Members of this Parliament, I would be even more delighted if you contribute to the ratification of the Treaty of Lisbon in the Czech Republic.
Failing this, it will be difficult to achieve the priorities you have set out for yourself.
If we want the EU to become, as you have said, not merely a payer but also a player in world affairs, then we must take this step.
Prime Minister, as has been said many times, the European elections will be a significant moment during your presidency.
Turnout in the elections will influence EU policy for the next five years and material support from the Council can play a major role here.
When Slovakia is eliminated from the ice-hockey world championship and the Czech Republic qualifies for the next round ...
(The President cut off the speaker.)
Madam President, I would like to extend the warmest Estonian support for the Czech presidency.
Truly increased competitiveness is the best remedy for the economic crisis, with the completion of four basic freedoms.
President-in-Office, I support your idea of developing to the full extent the Eastern Partnership.
We understand now how important it is to engage countries like Ukraine and Georgia to the rule of law and democratic accountability.
Last September the European Parliament suggested marking 23 August as a day of joint commemoration of the victims of Communism and Nazism.
We trust that you will take the lead in convincing all the 27 governments to officially mark this day, beginning from next August.
We also expect you to lead us to a European moral and political assessment of the crimes committed under totalitarian Communism.
(The President cut off the speaker.)
(RO) 'Economy, Energy and European Union in the World' is the motto of the EU's Czech Presidency.
Europe's citizens expect European institutions to protect them against crises and improve their quality of life.
The European Union's economic recovery plan, increasing energy efficiency and energy supply security are currently the priorities of Europe's citizens.
I urge the Czech Presidency, in spite of the approaching European elections, or especially for this reason, to demonstrate vision, political will and, above all, commitment to Europe's citizens.
Together we can reach an agreement at first reading on the directive on energy efficiency in buildings.
I assure you that both the European Parliament and European Commission are ready to support you so that the directive on energy efficiency in buildings features among the achievements of the Czech Presidency.
Madam President, having had the traumatic experience of Russian Communism in the past, the Czech Republic has now gone to the extreme of attaching itself firmly and with obedience to the USA.
This is demonstrated clearly not just by your stance on Gaza and the Treaty of Lisbon, President-in-Office, but also by your Government's decision to station American missiles on Czech soil.
Your willingness to serve faithfully the Washington administration at the expense of putting Europe's peace at risk is unacceptable and suspicious.
Your country is today part of the EU, not of the US, and you must make sure your Government acts accordingly.
American satellite states have no place in our Union.
So, you must make up your mind: EU or US?
You cannot have both!
(PL) Madam President, President-in-Office, the Czech presidency has been the first in many years to drop that old chestnut, the European Constitution, also known as the Treaty of Lisbon, from the agenda.
This realistic approach inspires optimism, and shows respect for democracy and the principle of unanimity.
The Czech Presidency has decided to focus on the most urgent topical issues, including the Gaza conflict and energy security.
Initially there was no plan to intervene in the gas conflict between Russia and Ukraine, but when it started to affect large numbers of Member States, Mr Topolánek stepped in to mediate.
It is clear that in six months the presidency will not achieve all the aims it has set out to achieve, but the first two weeks already indicate that it can be an effective presidency, despite the Cassandrian prophecies of some politicians sitting in this House.
On behalf of the delegation ...
(The President cut off the speaker.)
(BG) Thank you, Madam President.
I have heard the news that with the Czech presidency's support, something supposed to be a work of art has been put up in Brussels, which depicts my country, Bulgaria, as a toilet.
This is deeply offensive and is contrary to the European Union's traditions of partnership and mutual respect.
This is why we insist that this image is removed immediately by the Czech presidency and by whoever has actually dared to cause such offence to one of the Member States, which we cannot tolerate.
If this image is not removed immediately, my colleagues and I will go and remove it personally with our own hands.
President-in-Office of the Council. - (CS) Thank you for giving me the floor.
I would like to start my closing address by thanking you for all your views; it was a very warm welcome and one that I was not expecting.
I would also like to note that the Czech Presidency and I myself, in my capacity as President of the European Council, will be in close contact and will work in close cooperation with the European Commission over the entire six months.
The first fortnight has shown how continuous, daily and very active contact, not only with José Manuel Barroso, but also with the entire Commission, has secured joint action over the issues that descended upon us at the beginning of the year.
I am referring here not only to our cooperation with the European Parliament, but in particular to our communication with the European Commission as we sought to handle these ad hoc issues.
I would like to extend my gratitude to President Barroso.
Before I came here, I swore I would tell no jokes.
The one joke I did tell, which everyone at home would laugh at, fell flat.
Never mind, I will keep on trying and perhaps eventually even the German translation will get it right and we will understand one another.
The Treaty of Lisbon cannot be a mantra.
It must be a means, not an end.
It is a means to improve the working of the European Union.
It must never be a matter of compulsion.
Each country has its own tools and rules of the game for achieving ratification.
The fact that I signed the Treaty does not mean that I will influence the decisions of the two chambers of the Czech Parliament, which are autonomous and free and will decide for themselves.
Likewise, we have no intention of exerting advance pressure on the decision of the Irish people.
It is impossible to impose the validity of the Treaty in any way, although I do think that the Treaty is needed at this time and will facilitate the working of the European Union.
That is my final observation on the matter and I will not return to it because I have explained my personal position.
I liked the quote delivered by the honourable Member Mr Kirkhope, and I will paraphrase another of Churchill's quotes to demonstrate what I think of the current time: 'No more crises tomorrow, my diary is already full.'
I think what we have been through in the first few weeks shows that we chose our priorities correctly and that we were well prepared.
Besides, we began to address the gas issue in mid-December, during the French Presidency.
I apologise to all those honourable Members whose specific questions I do not answer; I will try to generalise this discussion a little and I will try to shed light rather on the general approach to handling these specific problems.
The question of smuggling people, drugs and children, child trafficking and the like.
Just as this Parliament is holding a debate regarding levels of freedom and security, so is the Czech Republic and we are keen to accelerate the directives and the entire legislative plan within the framework of Council decisions to combat people smuggling.
I just want to say that we are ready for this and want to address the individual elements of these problems.
The large-scale discussion on Nabucco.
We must concede, in all honesty, that Nabucco will be an alternative to other transit routes only if it also provides an alternative source of supply.
As for the debate on Ukraine, my countryman Josef Zieleniec said it quite clearly - this is a political and geopolitical problem, and in my opinion if we do not give Ukraine a chance to resolve its internal problems, if we do not place restrictions on the conduct of the various players, whether they be individuals or firms in the gas market, then we could lose the pro-European orientation of Ukraine, which is, of course, a geopolitical problem.
We can only speculate on the goals of the whole crisis - perhaps only a short-term price increase, maybe much greater pressure to build the Nord Stream, the alternative northern route, or perhaps the aim really is to inhibit Ukraine's European inclinations.
Whatever the case, these factors are part of the problem, which is not just short-term and is not just about energy.
If I had to respond to the reference as to whether Europe should be more liberal or more socialist, I would attempt one more joke and say that I propose a compromise of a liberal-conservative Europe, but that really is my last joke.
With regard to the path followed by the Czech Republic and the adoption of the euro, on 1 January I declared that the Czech Republic would announce its date of entry on 1 November this year.
My government is the first government that will meet the Maastricht criteria.
I do not look on this as a race.
I congratulate my Slovak counterparts, and we will wait to see how the financial crisis affects compliance with the rules of the Stability and Growth Pact and what sort of effect it has on the de facto fulfilment of all the rules governing the euro area.
I am concerned - and this also applies to the handling of the financial crisis - that the loosening of the EU's own rules is a destructive step, and therefore when we talk of a Europe of rules, we will naturally insist on compliance with the directives on state aid and competition, and this will be one of the criteria for assessing all proposals on how to address the financial crisis.
Rules apply in good times and in bad, and they apply to everyone.
Equality here must be absolute.
I will actually comment on 'A Europe without Barriers'.
Yes, it is meant to have at least three senses.
There is the economic sense, which involves the removal of barriers to the internal market, the mental or psychological sense, in other words the removal of barriers in the minds of Europeans, which is of course an objective of the recently acceding countries, and finally there is the removal of external barriers, the avoidance of protectionism, a genuine liberalisation of world trade as one of the tools for managing the crisis, boosting demand, and bringing about an effective realisation of the conclusions of the Washington G20.
I would like to say perhaps one thing here which affects me personally and which has already found its way into the media.
Václav Havel is gravely ill and has been hospitalised.
He is a man who symbolises both our pre-November and our post-November direction, and not just for the Czech Republic - he essentially symbolises the fall of the Iron Curtain.
He was the first Czech to address this European Parliament, and on behalf of us all I would like to wish him a speedy recovery.
I have a few very specific responses for one honourable Member of this assembly.
I was touched by Mr Rouček's concern for the Czech government, and I could list at least six examples from the last ten to fifteen years where countries holding the Presidency of the European Union had many internal problems yet enjoyed a successful Presidency.
There was Belgium at the time the Maastricht Treaty entered into force, where constitutional changes took place without affecting the Presidency, there was the time of the French Presidency, when the European Union was enlarged to include Sweden, Finland and Austria while France was suffering an internal political crisis, there was the time of the Amsterdam Treaty in 1999, during the German Presidency, when Gerhard Schröder was facing major problems and Lafontaine quit his party, there was the time the euro was introduced during the Spanish Presidency headed by José María Aznar, there was the time of the Irish Presidency, and I could mention many more.
Do not worry about the internal problems of Czech politics; they will not affect the Czech Presidency.
On the Nuclear Forum: we cannot have a nuclear debate in which the dispute between the greens, liberals, conservatives, and so on ends up in a forced result.
The Nuclear Forum, organised in cooperation with the European Commission and taking place in Bratislava and Prague, should launch a new debate on security, on opportunities, on risks and needs, and on all of those things that have actually become a little taboo in recent years.
Breaking down this taboo is actually the objective of the Slovak-Czech Nuclear Forum.
It is obvious why Prime Minister Fico is in Ukraine and Moscow; the problems of Bulgaria and Slovakia are critical because they are countries wholly dependent on gas supplies from Ukraine.
Bulgaria is capable of storing only a third of the capacity it requires, Slovakia has already reduced production at thousands of businesses, its thermal power plant in Nováky has burned out and it is suffering a major crisis.
I am in daily contact with Robert Fico and I support his mission, even though I do not think it will be successful at this time.
We must be much tougher towards the two players, Ukraine and Russia, Naftohaz and Gazprom.
Furthermore, I believe that the next steps must be far more effective and tougher on the part of both the European Commission and the Czech Presidency.
We must look for the tools to overcome a number of technical problems.
It is not possible for these supplies not to be resumed for a wholly irrelevant reason (that is, the use of technical gas), and we will be taking further action in this respect.
We talked a lot about the Balkans and related problems, and many questions were raised in this respect.
Mr Peterle knows full well that, if the chapters in Croatia's accession process are to be unblocked, a bilateral solution must be found to the Slovenian-Croatian dispute.
This is not a European dispute, although it is in fact starting to interfere with the accession talks.
In this sense, my contacts with the two prime ministers and the two presidents, together with my personal input into this problem, will perhaps help to resolve the Slovenian-Croatian border problems.
There is much that I would still like to say, but I will try not to keep you much longer.
I will attempt to make way for your next proceedings.
I would like to end by saying that we greatly appreciate the opportunity to belong to a community of states built on values and on foundations that we, after November 1989, have been able to adopt once more as our own values and our own goals.
We also value the opportunity to preside over this entire community.
It is something so unique, something my generation, which was 33 years old in 1989, never thought it would live to see.
We also appreciate the fact that we can tackle many problems.
What we value most of all is the internal liberal debate.
This is the freedom which allows us to articulate these problems within a spectrum of views which is relevant to their solution.
I can unequivocally declare here that Tomas Garrigue Masaryk has said that 'democracy is discussion'.
I am keen to follow in the footsteps of the first Czechoslovak president; I remain absolutely open to this discussion.
I thank you for your attention today and look forward to meeting you again.
President of the Commission. - Madam President, this has been a very interesting discussion, and I am encouraged by the common understanding of the challenges and generally speaking by the support given to the Czech presidency.
Once again I reiterate my wish to work loyally, constructively and in the best spirit, with our Czech friends.
Their success is also Europe's success.
As some of you have underlined, this is the last presidency before the European Parliament elections.
I think it is very important that during these months we all show how relevant all our institutions are to the wellbeing, prosperity and solidarity of our citizens.
It is very important to communicate, and that cannot be done only by the European institutions or only by Member States.
We have to do it together in a true spirit of partnership, so a lot of what will happen during these months will be very important for the future of Europe, and also for the respect accorded to our institutions all over Europe.
I would like to use this time to answer some concrete questions put to me, specifically on energy.
Yes, we need an urgent revision of the Gas Security Directive.
The Commission said so when it presented its strategic energy review last November, and we are working flat-out to put the legislative proposal before the European Parliament and the Council as soon as possible.
Yes, we need more solidarity and more progress in terms of energy security in Europe.
That was the substance of our strategic energy review presented very recently.
I would like to use this time once again to ask all Member States and European institutions to work more actively on the mechanisms of European energy solidarity.
Yes, we also need to accelerate investment in energy infrastructure, interconnectors and energy efficiency.
That is why it is so crucial to get the EUR 5 billion of the Community budget allocated for these purposes.
I appeal to you, both Parliament and the Czech presidency, to translate this into practice as soon as possible.
Yes, economic recovery needs to be coupled with smart green growth if we want to come out of this crisis stronger.
Our proposals are on the table to accelerate the use of Structural Funds for these purposes.
Funds are needed for energy efficiency and for energy interconnections, and by the coordination of national stimulus programmes we will align national efforts in this direction as well, in line with European Council conclusions.
Let me also say that getting through this economic crisis and putting Europe back on the path towards sustainable growth will also require respect for Community rules on equal opportunities.
Europe needs to continue facilitating the participation of both men and women in the economy, as well as helping combine family and professional life.
A word also on the Treaty of Lisbon, which many of you mentioned: we need this Treaty more than ever, ratified by all Member States.
Yes, we need to respect all national ratification processes, but when a government, on behalf of a state, signs a treaty it takes a solemn commitment to put it into force.
(Applause)
Many of you spoke about the Czech presidency and how important it is.
As some of you said - Mr Nassauer, Mr Brok and others - the very fact that we have a Czech presidency is in itself an event of great importance.
It is the first time a former Warsaw Pact country has assumed the responsibility of chairing the European Council.
When you think about it, what a great achievement it is, 20 years after the fall of the Iron Curtain, to have the Czech Republic at the head of the European Council, and to have Prime Minister Topolánek and Vice-Prime Minister Vondra cooperating in this responsibility.
I have full confidence in what you are going to do.
Let me share with you an experience I had last year during the Portuguese presidency.
Prime Minister Socrates of Portugal and I were in Zittau, on the border between the Czech Republic, Poland and Germany, and I saw the emotion Prime Minister Topolánek was feeling at that moment.
That border, which once separated us in Europe, between the two sides of Europe, is now a free point of circulation among Europeans from all those countries.
It was a great moment and a great achievement, of which we should be proud.
That is why I really believe that it is important to defend our values to make a success of this presidency.
Some of you said it is important that the Czech Republic be successful, because it is a small country.
I am sorry but the Czech Republic is not a small country, even in European terms.
In fact, it is sometimes a sign of an inferiority complex to consider some of our Member States as small countries.
Let me tell you that - as Paul-Henri Spaak, one of the founders of our European project, said - in the European Union there are no longer small and big countries; if you like, none of them is big: the problem is that some of them have not yet noticed it.
In fact, when we look at the rest of the world - when we see the dimension of America's strength in terms of defence and in technology; when we see the huge geographical dimension of Russia; when we see the huge demographic dimension of China and India - can we say that there are any big countries in Europe?
There are no longer big countries in Europe.
All are great in terms of dignity.
For the European Commission all the Member States have exactly the same dignity, but if we want to be big in the world we need the European Union to be strong.
We need to act together; we need to use the leverage of all our institutions and, if we act together like that, we will make a difference in the world for good.
That is why we need the Treaty of Lisbon.
That is why we need a common purpose.
That is why we need strong institutions.
I wish the Czech presidency all the best.
(Sustained applause)
The debate is closed.
The vote will follow.
Written statements (Rule 142)
in writing. - Some of us are very much looking forward to being addressed by President Klaus in February.
How refreshing it will be to hear someone who has the intelligence and honesty to doubt the ideological orthodoxies of ever-closer European Union and climate change.
President Klaus has been quite right to compare the European Union to the old Soviet Union.
My friend, the heroic Russian dissident, Vladimir Bukovsky says of the European Union, 'I have lived in your future and it doesn't work.'
Mr Bukovsky is quite right, the EU is a form of soft communism.
We can only hope that the Czech presidency will be a little more sceptical of the great European project than some previous presidencies.
One thing that the Czechs can do is to delay ratification of the Treaty of Lisbon until after the second Irish referendum.
Then when the Irish vote 'no' again to the failed constitution the Czechs can acknowledge the democratic decision of the only EU nation allowed a referendum and stop the Treaty in its tracks by withholding their ratification.
Let's hope that President Klaus is the man to do that.
Thank you, Madam President, and I offer my sincere wishes to the Czech Republic for success in its work.
The signs do not augur well at the beginning of its Presidency: its fundamental Euro-scepticism, which has underpinned many Czech acts in the recent past (such as the failure, to date, to ratify the Treaty of Lisbon), offers no comfort even to optimists.
The statement on Gaza made by the President-in-Office of the Council has also demonstrated a lack of institutional feeling: positions ought to be agreed with the other 26 Member States.
Additionally, the failure to meet with the Socialist Group in the European Parliament sends out a very bad signal: it has never before happened that a President-in-Office of the Council has not found the time to hold a dialogue with a large political group in Parliament.
Madam President, we hope that we will be surprised by effective, authoritative action: in that case, at the end of the six months, we will have the intellectual honesty to give credit for it.
The Czech Presidency put forward three priorities: economy, energy and foreign relations.
Thus, the presentation of the programme of the Czech Presidency followed lines that were already known, but it had some peculiarities, specifically with regard to the ratification of the Treaty of Lisbon.
The Czech Prime Minister affirmed the need to respect the sovereignty of the Irish citizens.
He even considered that, if there had been a referendum in the Czech Republic, perhaps the result would have been identical to what occurred in Ireland, accepting that the draft Treaty might be rejected.
In relation to the gas crisis between Russia and Ukraine, he considered both countries were to blame, underlining economic, strategic and political reasons for their actions, and he supported a greater intervention of the European Union, but he was not very forthcoming with specific proposals.
With regard to socio-economic issues, he did not put forward anything different, which means maintaining the neo-liberal positions, the proposals rejected by the European Parliament on the Working Time Directive, the Stability and Growth Pact and the neo-liberal Lisbon Strategy, and he ignored the economic crisis and its serious consequences in the social dimension.
Moreover, in relation to the war crimes that Israel continues to commit against the Palestinians, he said virtually nothing, which we deplore.
in writing. - (PL) The Czech presidency has come at a difficult time for the entire EU.
The financial crisis, the energy crisis and economic recession are more trying than at any time in its fifty-six year history.
And to add to this we have the June elections to the European Parliament and the latest military conflict in the Gaza strip.
I personally regret that the Czechs do not have the proper tools for the job.
I regret that the Treaty of Lisbon reforming the EU is not a reality.
That is the reason for the lack of a common foreign policy: there is no system for making decisions, and the Member States are not bound by a principle of energy solidarity.
And President Vaclav Klaus' views on climate change, EU reform and the euro, which are bizarre, if not hostile, have a great deal to answer for in this respect.
I therefore appeal to the Czech government and premier Mirek Topolánek, to constrain Klaus' public declarations on EU affairs as much as possible.
This is for his own good, as well as in our common interest.
The Czech ''three E'' priorities - economy, energy and external relations - are Europe's needs in a nutshell.
I therefore believe that Mr Schwarzenberg's promise that the Czechs will significantly ''push European matters forward'', and that they ''will not be bottom of the class'' will come true.
I wholeheartedly wish our southern neighbour a successful presidency!
in writing. - The Economic Recovery Plan - agreed in December - is a major step in the right direction to cope with the current economic slowdown.
It must now see its concrete aspects implemented rapidly and effectively.
In this respect, the Union ought to maximise its efforts in facilitating access to available resources.
We should, therefore - while restoring confidence in our financial market - particularly improve and simplify measures in order to accelerate implementation of structural and cohesion funds.
Cohesion policy is the greatest instrument of solidarity in the Union, and its role in tackling the negative effects of a global crisis of this scale is, of course, essential.
Moreover, let me welcome among the priorities of the new Czech presidency the will to initiate discussion on the redefinition of the Less Favoured Areas parallel to the Commission communication.
A better delimitation of these areas will indeed help in better targeting their needs and foster their development potentials and thus work in line with the objectives of social, territorial and economic convergence throughout the Union.
We need indeed to further our efforts to avoid the negative consequences of the crisis not only on the economy but on our citizens, mainly the most vulnerable ones.
in writing. - (PL) I would like to thank President Mirek Topolánek for setting out the priorities of the Czech Presidency.
The three 'E's - the Economy, Energy and Europe in the world, which will constitute the framework of the Community presidency, will suffer from additional, unplanned external events: Gaza and gas.
The problem of the Gaza conflict has political dimensions.
However, it has now become so militarised that humanitarian issues have now come to the fore.
People are dying there!
Not just the Hamas militants who triggered the military conflict, but innocent children, women and men.
The EU must in conjunction with the UN do everything possible to find a solution to this bloody conflict.
Jews and Palestinians can live peacefully side by side.
Please be unrelenting in your efforts to achieve this aim.
The gas crisis has hit many European states.
The dispute between two companies, one Russian and the other Ukrainian, has snowballed into a dispute between the two countries.
Now many citizens in many countries are suffering considerably as a result, and their energy supplies have been cut in the middle of a bitter winter.
It has also resulted in significant economic losses, as the gas is also needed in manufacturing.
It is therefore high time to set up an EU-wide oil and gas system benefiting from a variety of sources.
We also have to urgently look for new sources of energy, and use modernised methods of coal gasification.
Poland is taking steps of this kind.
I cordially wish our Czech friends success in bringing the aims of the EU to fruition.
The Czech Presidency finds itself in a difficult situation.
It is hard to take the reins of power for the first time after a Presidency which, well established as one of the engines of Europe, has already steered the ship of the Union several times.
Their situation is difficult since the financial crisis is only now making its effects felt all over Europe.
And it is difficult because they have to contend not only with the extreme Eurosceptics within Parliament but also with high-ranking political representatives of their home country.
Nonetheless, the programme of the Czech Presidency seems to be one that tries to keep the European Union well balanced.
With the lofty aim of the motto 'Europe Without Borders', it places at the forefront not only the problem of how to manage the economic crisis but also how to affirm effectively the EU's longer-term principles.
The Czech Republic is the first country in the Eastern-Central European region incorporating all of the common characteristics of new EU Member States.
Consequently, the programme of the Czech Presidency attempts a proportional representation of the requirements of new Member States.
We are delighted that the Czech Presidency's response to the economic crisis focuses on developing the internal labour force and promoting vertical mobility.
At the same time I would draw the attention of the Presidency particularly to the need for improving the situation of the most underdeveloped regions and of the Roma minority.
Indeed, these are social and economic problems at a European level that transcend borders.
Besides making use of immigrant workers, the ageing of the EU population and the resulting social tensions can be managed in the long run by developing the internal labour force represented by those with uncompetitive knowledge and skills.
I want to congratulate the Czech Republic on taking over the Presidency of the European Union.
I would also like to express my appreciation of the fact that it has been possible to draw up an 18-month programme as part of a cooperation process together with France, which previously held the Presidency of the European Union, and Sweden, which will take over the EU Presidency in the second half of this year.
The challenges facing this presidency just as it has started, such as the war in Gaza, the disruption to the supply of Russian gas, not to mention the global economic crisis, have confirmed the fact that the priorities identified by the Czech Republic are totally relevant.
Of the three priorities announced by the Czech Presidency, Energy, Economy and Europe in the World, I would like to refer to the energy aspect.
I personally feel that Europe needs a united energy policy so that excessive dependency can be avoided on resources from a single area.
In this respect, I support the need to develop relations with new suppliers, as well as the importance of investing in unconventional technologies for generating energy.
We need to improve the transport infrastructure and devote proper attention to building the route for the Nabucco gas pipeline.
I also believe that it is essential to shorten the procedures for rolling out projects aimed at finding alternative and unconventional sources of energy.
in writing. - The failure of the European Council to date to address the real issues behind the Irish 'no' to the Treaty of Lisbon make it possible that there will be a second 'no' vote.
Realising that a second 'no' vote is a realistic prospect the Czech presidency is looking to prepare for the eventuality that the Treaty of Lisbon will not enter into force.
It is looking to prepare a 'plan B' for the selection of a new Commission under the rules of the Treaty of Nice.
The reported idea of selecting a Commission of 26 Commissioners plus a High Representative for European Foreign and Security Policy from the 27th Member State is just one possible way in which this issue could be dealt with.
People across the EU recognise that the Treaty of Lisbon is not the panacea that many of its most fervent supporters present it as being.
On the contrary: it could serve to deepen the economic and social problems facing us.
On the crisis in Gaza, the response of the Czech presidency is very far from what is required.
The EU must take concerted action to uphold the rights of beleaguered Palestinians and to try and end the bloodshed.
The Czech Republic, which took over the Presidency of the European Union Council on 1 January 2009, is facing, along with other states which joined the EU in 2004 and later, problems linked to the precarious state, in terms of thermal insulation, of a large number of residential buildings.
We should bear in mind the following: the significant energy savings and reduction in heating costs paid by citizens which could be achieved by renovating the heating systems in these buildings, as well as the limited opportunities to use structural and cohesions funds to invest in this area.
I think therefore that the Czech Presidency of the Council should include this issue among its priorities.
Secondly, with regard to the European arrest warrant, the Czech Republic has made a statement, based on Article 32 of the Framework Decision, to the effect that it applies the surrender procedure 'only for acts committed after 1 November 2004'.
Similar regulations apply in other European states too.
Cases such as this undermine citizens' belief in the effectiveness of European policies in combating crime.
The Czech Republic holding the Presidency of the Council provides a good opportunity to re-examine these statements.
in writing. - (EL) The statements by the Czech Prime Minister and President of the European Commission and the debate in general in the European Parliament on the programme of the Czech Presidency of the EU are the sequel to the single anti-grassroots policy of the EU under previous presidencies.
They have sent a message that the attack by capital on the workers, on the grassroots classes, will continue unabated.
The imperialist role of the EU will be strengthened, as the Czech Presidency took pains to demonstrate the moment it assumed office by supporting the criminal imperialist attack by Israel on the Gaza Strip and legitimising the barbaric slaughter of the Palestinian people, with the full support of the USA and in keeping with the US/NATO/EE plan for the 'New Middle East'.
The programme of the Czech Presidency signals continued intensification of the anti-grassroots attacks by the ΕU in order to shift the impact of the crisis in the capitalist system on to the working class and poor grassroots classes, an increase in EU aggression against the people and imperialist intervention and improvements to its capability for military intervention around the world.
The people need to respond to EU aggression by counterattacking.
Resistance, disobedience and breaking from the reactionary policy of the EU, from the EU itself, are the way forward for the people.
I would like to begin my speech by raising again the idea which I spoke about on Monday during the opening of the plenary session.
You are holding the presidency during a period which has a special significance for us.
This year marks 20 years since the fall of the Iron Curtain.
I was saying on Monday that for us, but especially for the millions of citizens who have sent us here, these 20 years have marked a period of waiting, to some extent, and acceptance, to another extent.
Perhaps it was normal for us not to be able to escape more quickly from the burden of the 50 years which separated us from the rest of Europe.
I wanted to make an intervention to congratulate you on including the third priority, Europe in the World, but especially for dealing with the Eastern Partnership as a priority.
The histories of our two countries, Romania and the Czech Republic, have two strong features in common: 1968 and then the Prague Spring, which represented for us Romanians, subjected to the most cruel Communist dictatorship, a ray of light which guided us along the path to freedom.
As a Romanian MEP, I would like to ask you to give proper, specific substance to the Eastern Partnership.
There are millions of citizens in this region who need to rekindle this hope by symbolically going through again now, in the forthcoming months, the events of the Prague Spring.
Both you and I have the opportunity to understand perfectly the weight of this expectation.
in writing. - (PL) We now have six months of the Czech presidency of the European Union ahead of us, a presidency which, as is now clear, will not be easy.
The two major crises we have had to deal with in recent weeks show us that good leadership of the European Union involves not just carefully prepared programmes, but above all the ability to react quickly and appropriately to difficult problems.
That is something every Member State preparing to take on the EU presidency should remember.
The Czech presidency follows on from a very dynamic and ambitious French presidency.
It is unlikely that no comparisons will be drawn between the two.
However, in my view the Czech authorities are well prepared for the job, and the Czech presidency will be an example of how even a small country that has only recently joined the Community is capable of providing it proper leadership.
And not even political divisions in the national arena should stop them.
I would like to appeal to the presidency to devote some of its attention to everyday problems.
Large-scale, ambitious plans are important and necessary, but very often far off the radar of ordinary citizens.
And it is important that today, on the eve of the Parliamentary elections, the people of the European Union must feel that the Community was created for it, for its citizens, that it is there to improve their daily lives.
So grand visions - yes, but through the prism of everyday life.
I wish you success!
The Czech Republic is taking the helm at the EU at a time when Europe is facing the challenges of the global financial crisis, the disrupted Russian gas supplies and the Gaza conflict.
I believe that the Czech presidency's ambitious programme will be achieved through close cooperation between the European Parliament and the European Commission.
Europe must continue to take an active stance on all the items on the EU citizens' agenda.
At the moment, the issue of energy security is particularly topical and the efforts of all the Member States need to be galvanised.
The disruption of Russian gas supplies to European consumers in sub-zero temperatures, which has paralysed Europe, adds a new dimension to the concept of energy independence.
This crisis situation imposes the need to reduce Member States' dependency on Russian gas supplies and to look for alternatives.
The citizens of a united Europe are expecting the Czech presidency to take an active stance and get involved in resolving this problem, which has long since gone beyond a trade dispute between Russia and Ukraine.
I wish the presidency every success.
I welcome the fact that the Czech Presidency has specified the energy issue as a priority.
The unacceptable events of the last few weeks concerning the security of the supply of natural gas to certain EU Member States have demonstrated yet again the need for a European energy policy, implemented through clearly defined European projects, supported by European funds.
The EU's internal natural gas market can only function normally by rapidly developing storage facilities for natural gas, including liquefied gas, and by speeding up the implementation of the Nabucco project.
in writing. - (FR) I should like to send my best wishes to the Czech Government, which is presiding over the Union in delicate conditions, due to the complexity of its national political situation and to a particularly worrying international context.
The Czech Presidency must be determined and dynamic, just as the presidency embodied by Nicolas Sarkozy was over the last six months, in order to work actively in favour of an immediate ceasefire in Gaza and to maintain a strong political momentum, on the basis of the preparatory work programme drafted jointly with France and Sweden, which will succeed it at the head of the Council.
In the face of the economic crisis, the coordinated recovery plan adopted by the 27 should be applied without delay, to protect industry, competitiveness and European jobs.
Europe holds a vital part of the solution to the crisis, and the Czech Presidency must help to prove this.
I welcome the Czech Prime Minister's commitment to have the Treaty of Lisbon ratified by his country by the end of this presidency.
Of the economic, diplomatic and institutional crises weakening Europe, the last one is the only one whose outcome depends solely on Europeans.
The Czech Presidency must enable the Union to achieve this success, in order to guarantee future prospects to our fellow citizens. | Présentation du programme de la présidence tchèque (débat)
L'ordre du jour appelle la déclaration du Conseil concernant la présentation du programme de la présidence tchèque.
Je souhaite chaleureusement la bienvenue au Parlement européen à M. Mirek Topolánek, Premier ministre de la République tchèque et président en exercice du Conseil.
M. Topolánek, je vous souhaite de tout cœur la bienvenue.
(Applaudissements)
Je souhaite également accueillir chaleureusement le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso.
Mesdames et Messieurs, nous savons tous qu'assurer la présidence présente de nombreux défis. Je sais également que pour M. le Premier ministre Topolánek, dont l'activité politique a commencé à l'époque du communisme, le fait de présenter un rapport à l'Union européenne en tant que son représentant est un acte intellectuellement grisant mais aussi chargé d'émotion.
Il s'agit de la deuxième présidence exercée par un pays ayant adhéré à l'Union le 1er mai 2004, la première ayant été assurée par la Slovénie.
Mesdames et Messieurs, je suis sûr de parler en votre nom à tous quand je dis que la présidence tchèque bénéficie de tout notre appui et que nous comptons faire tout notre possible pour que cette présidence soit une réussite en ces temps difficiles.
Sur ces mots, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Premier ministre Topolánek, je vous invite à vous adresser à cette assemblée.
Une fois encore, je vous souhaite la bienvenue au Parlement européen.
(Applaudissements)
président en exercice du Conseil. - (CS) Monsieur le Président du Parlement européen, Monsieur le Président de la Commission européenne, Mesdames et Messieurs, je m'adresse à vous pour la première fois aujourd'hui en tant que président en exercice du Conseil européen.
La République tchèque prend les rênes de l'UE après la France, ce qui me semble plus que symbolique.
La France a joué un rôle important dans la naissance de l'État tchèque moderne.
C'est à la cour de France qu'a grandi notre plus grand roi, le saint-empereur romain Charles IV. Celui-ci s'est inspiré de la Sorbonne pour fonder l'université de Prague, l'un des grands centres européens de la connaissance.
Nous sommes donc liés à la France par la réalisation de nos aspirations nationales et par la promotion des valeurs européennes universelles.
Tout comme il n'est pas facile de fonder en Bohème une université comparable à la Sorbonne, il n'est pas aisé d'assurer la présidence de l'UE après la France.
Je ne vois qu'une seule façon de réussir honorablement dans cette tâche.
Ce n'est pas par hasard que j'ai choisi un monarque médiéval comme exemple de notre attachement à la France et aux valeurs européennes.
Charles IV n'aurait pas pu mener une politique repliée sur la Tchéquie. Au contraire, il a du intégrer et représenter un empire d'une grande diversité.
Dans un sens, l'Union européenne s'inscrit dans la tradition de cet universalisme médiéval - ne serait-ce que parce qu'elle privilégie aux intérêts locaux un code moral commun et une base légale commune.
On parle parfois d'une deuxième Union européenne, bureaucratique, technocrate et sans âme, mais je crois en cette première Europe: l'Europe de la liberté, de la justice, des idées et du droit.
Dans cet univers de valeurs où la loi prime sur l'individu, la taille du pays n'a pas d'importance.
Ce qui compte est la capacité à servir une idée commune.
Le rôle du pays qui assure la présidence n'est pas d'avancer ses propres intérêts ni de prendre des décisions.
Son rôle est de guider et d'inspirer le débat.
Je ne m'adresse pas à vous aujourd'hui en tant que Premier ministre de la République tchèque, mais en tant que président du Conseil européen.
Les opinions que je vous soumettrai au cours des six prochains mois ne seront pas mes opinions personnelles, ni les positions du gouvernement tchèque.
Elles représenteront un consensus développé par 27 pays et intégré aux conclusions du Conseil européen.
Je n'imagine pas de m'adresser à vous autrement.
Vous êtes bien sûr des députés directement élus au Parlement européen. Vous avez donc le droit de me poser toutes les questions que vous souhaitez, et si cela vous intéresse, je vous expliquerai volontiers mon avis ou la position de la République tchèque; mais cela ne me semble pas essentiel.
Le Conseil européen est le forum au sein duquel se rencontrent les intérêts nationaux. Il a été conçu comme tel dans le cadre du système d'équilibre des pouvoirs forcément complexe de la démocratie européenne.
Mais la première mission du Conseil est de trouver un point de rencontre, de parvenir à un compromis acceptable pour tous.
C'est ce principe que je défendrai toujours avec rigueur et détermination devant cette Assemblée.
Dans l'UE, on dit que les Tchèques se plaignent toujours bien de quelque chose.
On dit que nous sommes des insatisfaits dont il faut se méfier, que nous sommes une nation de hussites et de chauvinistes exaltés Je m'inscris en faux contre ce genre de critique.
Tout comme notre premier président, T.G. Masaryk, je suis convaincu que la "question tchèque" est en fait une question européenne, et qu'elle a toujours été développée dans un contexte paneuropéen conformément aux valeurs européennes communes et parallèlement à l'évolution d'autres pays.
Comme l'écrivait Masaryk il y a cent ans, dans la deuxième édition de sa "Question tchèque": "Notre renaissance littéraire et linguistique nationale a eu lieu au même moment que les renaissances et les développements nouveaux vécus par toutes les autres nations européennes.
Cela signifie que notre renaissance ne fut pas un événement isolé et miraculeux, comme on l'a souvent dit, mais qu'elle s'inscrit parfaitement dans la tendance européenne."
Je pense que ces mots gardent tout leur sens aujourd'hui, à un moment où l'Union européenne dans son ensemble et ses différents États membres recherchent un nouveau visage pour l'Europe.
Un visage qui reflétera les valeurs traditionnelles européennes tout en étant résolument tourné vers le troisième millénaire.
Un visage fidèle à la devise de l'Union, "In varietate concordia", une expression de l'unité dans la diversité.
Tout comme au XIXe siècle, les Tchèques se lancent dans ce débat en tant que petit et jeune pays.
Mais tout comme à l'époque, nous estimons faire partie de longue date de la grande famille des fières nations européennes.
Au cours des six prochains mois, nous aurons l'opportunité d'exprimer sans ambiguïté notre attitude vis-à-vis de l'intégration européenne. La présidence tchèque intervient à un moment important pour plusieurs raisons.
Nous fêterons cette année le cinquième anniversaire du plus grand élargissement que l'UE ait jamais connu, en 2004.
Cet élargissement fut le point culminant symbolique et pratique du processus de réunification d'un continent autrefois divisé. Cette année encore, l'Europe fêtera le vingtième anniversaire de la chute du Rideau de fer, qui a permis aux pays de l'ancien bloc soviétique de retrouver la liberté et la démocratie.
L'année 2009 est également le trentième anniversaire des premières élections directes au Parlement européen que vous représentez.
Au sein du triangle formé par les institutions de l'UE, le Parlement est la source de légitimité politique directe.
Le Parlement européen est le seul organe directement élu de l'Union européenne, et dans le contexte des appels répétés à une réduction du "déficit démocratique" de l'Union, son autorité s'est accrue au cours des décennies.
Enfin, cette année marque le soixantième anniversaire de l'OTAN, la plus importante alliance de défense transatlantique.
L'OTAN est la manifestation, au niveau de la sécurité, des liens transatlantiques qui confirment la validité des valeurs de notre civilisation européenne des deux côtés de l'océan.
Mais au-delà des anniversaires, 2009 sera également une année pleine de défis importants et difficiles.
Nous devons continuer à résoudre les problèmes institutionnels.
Le rôle international de l'UE sera mis à l'épreuve non seulement par le conflit toujours irrésolu en Géorgie, mais aussi par la nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient.
Enfin, la question de la sécurité énergétique réclame une fois de plus toute notre attention.
Tout comme la présidence française, outre nos tâches prévues, nous devons faire face à de nouveaux événements.
Nous ne sommes jamais à l'abri de nouvelles surprises.
Le pays qui assure la présidence ne maîtrise pas l'agenda à long terme de l'UE et ne contrôle pas l'apparition de nouveaux problèmes.
Il peut et doit par contre influer sur le choix des priorités présidentielles. Et, comme de coutume, je compte exprimer ici ces priorités.
Notre première préoccupation a été de veiller à ce que ces priorités ne représentent pas seulement le point de vue tchèque, mais qu'elles reflètent également la continuité des évolutions au sein de l'Union, les tendances politiques ainsi que les positions et les idées des différents États membres.
Ces priorités sont le fruit d'un travail large et consensuel, et non d'une approche unilatérale et conflictuelle.
Ces priorités ne peuvent bien entendu satisfaire tout le monde à 100 %, mais je pense que chacun d'entre vous trouvera dans notre programme certains éléments auxquels il peut s'identifier.
Je ne veux pas non plus nier que pour la République tchèque, comme pour n'importe quel autre État membre, la présidence représente une opportunité d'attirer l'attention de l'Union sur des domaines dans lesquels notre expertise spécifique nous permet de contribuer au développement de l'Europe.
De quels domaines s'agit-il?
En tant que pays dépendant d'importations de pétrole et de gaz, et en tant qu'ancien pays du bloc de l'Est, nous sommes particulièrement conscients de l'importance de la sécurité énergétique non seulement pour notre bien-être économique, mais aussi pour sauvegarder une politique étrangère libre et indépendante.
Nous sommes un nouvel État membre qui a connu un régime totalitaire. À ce titre, notre appartenance à la Communauté signifie beaucoup pour nous, et nous ressentons une obligation morale de renforcer notre coopération avec ceux qui n'en font pas partie.
Tout comme la France a mis sa propre expérience au service des relations avec les pays de la Méditerranée, nous voulons convaincre l'UE de l'importance du Partenariat oriental.
La troisième contribution que je souhaite mentionner ici est notre expérience de la crise bancaire que nous avons traversée à la fin des années 1990.
Nous possédons des experts bien placés pour contribuer au débat actuel.
Parce que nous sommes parvenus à stabiliser nos institutions financières, nous faisons parti aujourd'hui des rares pays qui ne doivent pas puiser dans l'argent des contribuables pour sauver des banques touchées par la crise financière.
Nos priorités pour la présidence reflètent l'expertise tchèque, respectent la continuité de l'évolution européenne et correspondent en fait tout à fait aux problèmes existants.
Comme vous le savez probablement, la devise de notre présidence est "une Europe sans barrières".
J'aimerais y ajouter le sous-titre "une Europe de règles".
Cette vision est de plus en plus importante dans le contexte politique et économique troublé que nous connaissons actuellement.
Nous pensons que seule une Europe qui utilise pleinement son potentiel économique, humain et culturel peut s'imposer du point de vue économique et politique face à la concurrence mondiale.
Ceci est encore plus vrai en temps de crise.
Le développement du potentiel de l'Europe est entravé par une série de barrières internes que nous devons essayer de supprimer.
Je pense par exemple aux derniers obstacles qui empêchent à tous les États membres d'exercer pleinement les quatre libertés fondamentales européennes - les contraintes administratives inutiles imposées aux entrepreneurs, ou encore le manque de connectivité entre les réseaux énergétiques qui réduit notre sécurité énergétique et qui entrave le développement du marché intérieur de l'énergie.
D'un autre côté, une Europe sans barrières ne peut pas être une Europe sans règles ni sans frontières.
La suppression des frontières intérieures doit s'accompagner d'une protection contre les activités illégales qui menacent la sécurité et les intérêts des Européens, notamment dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle et de la lutte contre l'immigration illégale.
Ce n'est qu'en fixant des limites claires que nous parviendrons à jouer un rôle plus actif dans la suppression des barrières externes, par exemple en matière de commerce international, afin de mieux profiter du potentiel et des avantages comparatifs des pays européens.
Au cours des six mois de sa présidence, la République tchèque poursuivra ces objectifs par la mise en œuvre de programmes dans trois domaines principaux, les "trois E tchèques": 1.
Économie, 2.
Énergie et 3. l'Europe dans le monde.
En exagérant quelque peu, on pourrait dire qu'en ce début d'année, ces trois E se sont transformés en 2 G: le gaz et Gaza.
En physique, E désigne l'énergie et G est le symbole de l'accélération gravitationnelle.
Pour quiconque a besoin d'exercice, 2 G représentent un poids considérable.
Je pourrais parler pendant des heures et en détail des différentes priorités et des tâches qui nous attendent, mais les résultats obtenus jusqu'à présent par la République tchèque sont plus importants que tous les mots.
Nous sommes aujourd'hui le 14 janvier, ce qui signifie que nous assurons la présidence depuis deux semaines.
Au cours de cette période, nous sommes parvenus à trouver une solution politique au problème compliqué du gaz russe et à négocier un accord entre les deux parties de ce conflit.
Nous avons également pris la tête d'une délégation européenne qui s'est rendue sur le terrain pour tenter de trouver une solution au conflit au Moyen-Orient.
Cette délégation a mené une série de pourparlers difficiles avec toutes les parties concernées, et a obtenu de premiers résultats en permettant l'ouverture d'un corridor humanitaire vers Gaza.
Tout ceci s'est fait dans le contexte d'une situation difficile dans notre propre pays, avec un remaniement ministériel, et nous avons subi les attaques de l'opposition qui s'efforce, de façon tout à fait irresponsable, de saboter la présidence tchèque de l'UE et de prendre les engagements étrangers du pays en otage sous prétexte d'un conflit politique interne.
Je pense que les résultats que nous avons obtenus malgré cette situation constituent une réponse plus que suffisante aux doutes exprimés par ceux qui pensaient que la République tchèque, pour des raisons objectives et subjectives, n'était pas capable de diriger l'Union.
Je voudrais maintenant aborder plus en détail les différents domaines d'action.
Premier E: l'Économie
La présidence tchèque insistera principalement sur la mise en œuvre complète des conclusions contenues dans la déclaration de clôture du sommet du G20 de novembre 2008 et des conclusions du Conseil européen de décembre 2008.
Selon ces conclusions, l'un des facteurs essentiels de réussite est d'éviter une réglementation excessive et le recours au protectionnisme. Il faut donc respecter le droit de l'UE, respecter les règles établies.
L'UE ne doit pas se fermer au monde. Au contraire, elle doit tendre vers la plus grande ouverture possible dans le commerce mondial et en tirer un avantage maximal.
Les mots de mon ami Joseph Daul, du groupe PPE-DE, sont tout à fait à propos: "La crise économique actuelle n'est pas une défaite du capitalisme, mais plutôt le résultat d'erreurs politiques et d'une insuffisance des règles de contrôle des marchés financiers. "
Les tâches prioritaires consisteront à réviser la directive sur les exigences de fonds propres des sociétés d'investissement et des organismes de crédit, à conclure les discussions relatives à la directive de réglementation des assurances et à élaborer un règlement relatif aux activités des agences de notation et une directive sur les établissements de monnaie électronique.
La présidence demandera également un réexamen du règlement relatif aux paiements en euros et, last but not least, une mise en œuvre rapide et complète de la feuille de route du Conseil des affaires économiques et financières adoptée en réaction à la crise des marchés financiers.
Il est également essentiel d'analyser rigoureusement les possibilités offertes par la législation actuellement en vigueur et de les exploiter pleinement.
Seule une Europe économiquement forte et influente sera en mesure de surmonter les difficultés importantes qui se présentent en matière de politique mondiale, de sécurité, de commerce et d'environnement.
La présidence doit donc se consacrer à la réalisation du Plan européen de relance économique, en insistant sur son intégration dans le cadre de la stratégie de Lisbonne: après l'utilisation d'outils à court terme pour renforcer nos économies, les réformes à moyen terme et à long terme entreront en jeu.
La politique agricole commune est l'un des domaines nécessitant des réformes structurelles importantes.
La clé consiste à mettre tous les États membres de l'UE sur le même pied en matière de paiements directs, qu'il s'agisse des montants versés ou du système de paiement (en supprimant les disparités historiques et en tenant compte des différences entre les secteurs agricoles des différents États membres).
La République tchèque souhaite intégrer cette dimension au débat sur l'avenir de la politique agricole commune après 2013.
À long terme, la meilleure protection contre l'impact dévastateur des crises futures est de renforcer la compétitivité de l'UE.
Comme je l'ai dit précédemment, il s'agit d'affirmer et d'exercer pleinement les quatre libertés fondamentales qui sont le fondement de l'UE.
J'aimerais y ajouter une "cinquième liberté", la libre circulation des connaissances, qui s'inspire en quelque sorte de l'universalisme médiéval auquel j'ai déjà fait référence.
Un facteur important pour améliorer la compétitivité est la mise en place d'une meilleure réglementation. Celle-ci doit réduire les contraintes réglementaires et faciliter les activités des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises.
La République tchèque joue un rôle majeur dans ce domaine.
Dans le domaine du commerce extérieur, la présidence se concentre sur la relance des discussions au sein de l'OMC.
Dans ce contexte, nous attachons une grande importance à la réussite du Programme de Doha pour le développement (PDD).
Le PDD s'efforce de parvenir à une libéralisation transparente du commerce à un niveau multilatéral, ce qui apportera des avantages à long terme.
Si les pourparlers relatifs au PDD sont suspendus, la présidence s'efforcera d'engager une réflexion sur les outils du commerce multilatéral et soutiendra une intensification des discussions dans le cadre des autres programmes de l'OMC.
Hormis la nécessité d'améliorer l'environnement réglementaire et de réduire la charge administrative, nous ne devons pas oublier les investissements dans l'éducation, la recherche, le développement et l'innovation.
Je saisis l'opportunité de citer le président du groupe socialiste du Parlement européen, Martin Schulz: "L'Europe ne parviendra pas à concourir avec les autres régions du monde au niveau des salaires et des normes sociales. Elle doit se baser sur l'innovation technologique, la qualité de son travail et les compétences et l'expertise de ses citoyens".
Je partage entièrement cet avis.
Le deuxième E: l'Énergie
La deuxième priorité, tout comme la première, s'inscrit dans le contexte des développements actuels.
J'ai tendance à dire qu'elle est encore plus urgente et indispensable.
La crise mondiale affaiblit l'Europe à court terme, mais la pénurie énergétique qui nous menace pourrait anéantir immédiatement et à long terme non seulement l'économie européenne, mais aussi notre liberté et notre sécurité.
La présidence tchèque poursuivra sans relâche ses efforts pour fournir à l'Europe une énergie sûre, concurrentielle et durable.
En matière de sécurité énergétique, nous souhaitons nous concentrer sur trois aspects principaux: tout d'abord, finaliser la Deuxième analyse stratégique de la politique énergétique, y compris l'analyse de l'offre et de la demande énergétiques à court terme au sein de l'UE et, sur cette base, la définition des projets d'infrastructure nécessaires.
Deuxièmement, finaliser la directive relative à l'obligation de maintenir un niveau minimum de stocks de pétrole brut et de produits pétroliers. Dans ce contexte, nous sommes favorables à une augmentation du stock minimum de 90 à 120 jours.
Troisièmement, réformer les Réseaux transeuropéens de l'énergie (RTE-E). Dans ce contexte, le paquet législatif en matière de sécurité énergétique adopté par la Commission en novembre 2008 inclut également le Livre vert sur les réseaux européens d'énergie.
Il est tout aussi important de renforcer l'infrastructure en place sur le territoire des États membres, y compris les connexions transfrontalières, et de mettre en place de nouvelles connexions entre les réseaux énergétiques.
Nous espérons pouvoir bénéficier de l'appui du Parlement européen pour toutes ces mesures législatives.
Bien entendu, nous souhaitons également diversifier les itinéraires d'approvisionnement et de transport.
Il est clair, par exemple, que la construction du gazoduc Nabucco est une priorité absolue, et nous attachons également une grande importance à la construction de nouveaux oléoducs.
Nous souhaitons également faire des efforts pour diversifier le mix énergétique, y compris par la réhabilitation de l'énergie nucléaire et par des investissements dans de nouvelles technologies.
Afin d'illustrer notre capacité à assurer la sécurité énergétique dans la pratique, j'aimerais souligner l'accord que nous avons aidé à conclure sur la création d'un mécanisme de contrôle pour le transit du gaz en provenance de Russie.
L'objectif était de rétablir un minimum de confiance entre la Fédération de Russie et l'Ukraine et d'introduire une certaine transparence dans cette question.
Nous sommes parvenus à convaincre la Russie et l'Ukraine de signer un document unique permettant la reprise de l'approvisionnement de l'Union européenne.
Aujourd'hui, l'UE doit prendre des décisions et des mesures pour éviter que cette crise se reproduise et affecte à nouveau les États membres à l'avenir.
Il faut renforcer la transparence du secteur du gaz et diversifier les itinéraires d'approvisionnement et les fournisseurs.
Nous devons diversifier le mix énergétique des pays de l'UE.
Nous devons réfléchir sérieusement au développement d'une énergie nucléaire sûre.
Nous devons développer rapidement les infrastructures de l'UE afin d'assurer des connexions effectives entre les États membres, ce qui est une condition indispensable à la mise en place d'un marché effectif du gaz.
Dans le domaine du marché intérieur de l'infrastructure, nous devons déployer des efforts pour coordonner efficacement le travail des opérateurs de systèmes de transmission, pour achever la mise en place d'un marché intérieur unifié de l'électricité et du gaz et pour combler les lacunes du système de transmission et de transport.
En ce qui concerne les priorités législatives dans ce domaine, nous souhaitons conclure le troisième paquet relatif au marché intérieur de l'énergie. Ceci implique de terminer la révision de deux directives et de deux règlements relatifs aux gaz et à l'électricité afin d'achever la libéralisation du marché du gaz et de l'électricité.
Nous souhaitons également faire appliquer correctement ces règlements et créer une agence destinée à faciliter la coopération entre les autorités de régulation de l'énergie.
Un autre domaine est l'augmentation de l'efficacité énergétique, que la présidence suédoise souhaite aborder plus en détail. Cela signifie que le trio des présidences française, tchèque et suédoise aura réellement abordé tous les aspects de la question énergétique.
Bien que cette priorité soit désignée sous le titre "Énergie", elle est liée de façon indissociable à la politique de protection du climat.
Dans ce domaine, la présidence s'efforcera de parvenir à un accord globalement acceptable sur la définition d'objectifs de réduction au-delà de 2012.
Cela nécessite avant tout d'obtenir la collaboration des États-Unis, de l'Inde de la Chine, et ces discussions prépareront l'adoption d'un large consensus international fin 2009 à Copenhague.
Ce consensus devra également refléter les tendances actuelles de l'économie mondiale.
Dans le contexte de la récession économique qui s'annonce et de la crise des approvisionnements, il sera particulièrement important d'harmoniser les exigences en matière d'environnement, de compétitivité et de sécurité.
Le début de cette année nous a rappelé que dans le cadre de la priorité"l'Europe dans le Monde", nous devions être prêts à affronter des tâches urgentes et imprévues.
La nouvelle escalade du conflit entre Israël et le Hamas nécessite non seulement une approche active de la part de l'Union européenne elle-même, mais aussi une coordination avec des acteurs globaux et régionaux importants.
Ces événements démontrent une fois de plus que la paix ne sera pas possible tant que la Palestine ne fonctionnera pas comme un État à part entière, capable d'assurer la loi et l'ordre sur son territoire et de garantir la sécurité de ses voisins.
C'est pourquoi, outre ses activités diplomatiques actuelles, l'Union européenne doit poursuivre ses efforts visant à développer l'infrastructure palestinienne, à former les forces de sécurité palestiniennes et à renforcer l'autorité de l'administration palestinienne.
Pour contribuer à résoudre ce conflit, la présidence tchèque compte tirer parti des bonnes relations qu'elle entretient tant avec la Palestine qu'avec Israël. Mais il est évident que sans une confiance mutuelle, aucune paix durable n'est possible au Moyen-Orient.
J'ai déjà mentionné le Partenariat oriental.
La crise en Géorgie a montré l'importance, pour l'UE, d'avoir une stratégie pour cette région.
L'approfondissement de la dimension orientale de la Politique européenne de voisinage, qui passe par un renforcement de la coopération avec les pays de cette région (et notamment avec l'Ukraine) mais aussi avec les pays de la région transcaucasienne et de la Mer caspienne, revêt une grande importance morale mais aussi pratique.
Cette coopération nous permettra de diversifier notre commerce extérieur et notre approvisionnement en énergie et en matières premières.
En ce qui concerne les relations transatlantiques, il est clair que l'UE ne saurait jouer un rôle important au niveau mondial sans les renforcer et les développer davantage, tout comme les États-Unis sont aujourd'hui incapables de remplir ce rôle à eux seuls.
À long terme, nous ne pouvons réussir qu'en coopérant.
La présidence tchèque mettra donc l'accent sur un dialogue intensif avec les représentants du nouveau gouvernement américain dans les domaines essentiels de l'économie, du climat et de l'énergie ainsi que de la coopération avec les pays tiers (Pakistan, Afghanistan, Russie, Moyen-Orient).
La position adoptée par les États membres lors de la négociation d'un nouvel accord de partenariat avec la Russie revêt également une importance fondamentale pour la position de l'UE dans le monde.
Les événements de ces dernières années, et surtout de ces derniers mois, soulèvent toute une série de questions et soulignent la nécessité d'une approche unifiée de l'UE dans son ensemble.
Une telle approche nécessite une compréhension et une analyse commune de la Russie, c'est pourquoi nous appuyons la coopération de tous les experts sur la Russie à travers l'Union européenne.
Sous la présidence tchèque, les pourparlers d'élargissement continueront également avec les pays des Balkans orientaux et de la Turquie.
Les problèmes économiques et les crises internationales actuelles ne doivent pas nous faire oublier les Balkans orientaux.
En ce qui concerne la Croatie, la présidence fera tout ce qui est en son pouvoir pour que ce pays puisse adhérer à l'UE le plus rapidement possible.
L'exemple positif de la Croatie est une condition nécessaire pour préserver les perspectives européennes des autres pays des Balkans orientaux.
Nous ferons tout notre possible pour appuyer leurs progrès dans le cadre du processus de stabilisation et d'association.
Dans le cadre de ce projet, la présidence tchèque souhaite également poursuivre le développement d'une dimension méridionale de la Politique européenne de voisinage et l'amélioration des relations de l'Europe avec ses pays partenaires.
Ceci inclut le renforcement des relations entre l'Union européenne et Israël et la participation au processus de paix au Moyen-Orient de façon générale. Les événements dramatiques qui touchent actuellement cette région ne doivent pas nous faire renoncer.
Au contraire, ils soulignent la nécessité de trouver une solution pacifique.
Last but not least, la priorité "l'Europe dans le monde" couvre également le domaine de la sécurité intérieure.
En effet, la nature des menaces de sécurité actuelles est telle qu'elles touchent de plus en plus à la sécurité intérieure.
La construction d'un espace de liberté, de sécurité et de justice est une aspiration commune de l'UE qui touche la vie de tous ses citoyens.
Dans ce contexte, la présidence déploiera des efforts pour améliorer encore la coopération Schengen, la coopération policière et douanière et la coopération entre les États membres en matière civile et pénale.
Nous avons conscience du fait que la fin de notre présidence sera marquée par des élections au Parlement européen, par une atmosphère politique plus intense et par la nécessité de terminer le processus d'adoption de certains actes législatifs pour éviter qu'ils ne soient oubliés.
Notre programme prévoit également le début de discussions relatives à la nouvelle forme de la Commission européenne.
C'est également à la présidence tchèque qu'il revient de poursuivre le débat avec l'Irlande concernant l'avenir du traité de Lisbonne.
Je suis convaincu qu'il est nécessaire de mener ces pourparlers en faisant preuve de sensibilité et en respectant la souveraineté des citoyens irlandais.
En outre, si un référendum sur le traité de Lisbonne devait être organisé en République tchèque, tout indique que là aussi, le résultat serait négatif.
Il est nécessaire de trouver une solution acceptable pour la majorité des Irlandais.
Il ne fait aucun doute que cela nous aidera également dans notre propre débat politique interne.
J'ai commencé en disant que la question tchèque était également une question européenne.
Il est probable qu'aucune autre nation n'ait consacré tant d'efforts, tant d'espace et tant de temps à débattre de sa propre identité que les Tchèques.
La crise que traverse actuellement l'Union européenne, à la recherche de sa forme et de sa raison d'être, est un phénomène dont notre histoire nous rend familiers.
En tant que pays assurant la présidence, nous offrons donc à la Communauté deux siècles d'expérience dans la recherche de notre propre rôle historique, de notre propre place dans la famille des nations européennes.
Il y a plus de soixante-dix ans, le critique et philosophe František Václav Krejčí a décrit parfaitement la relation entre la Tchéquie et l'Europe: " Pour nous, les pays tchèques sont 'au cœur de l'Europe' non pas tellement dans un sens géographique que dans un sens culturel et intellectuel.
Nous sommes en plein cœur du continent, là où convergent toutes les influences venant de ses différentes régions.
Nous disons cela parce que nous sommes à la croisée des courants intellectuels; notre rôle est donc celui d'un médiateur, et notamment d'un médiateur entre l'Est et l'Ouest."
Je pense que ces mots doivent nous servir d'inspiration en ce début d'année 2009, alors que la République tchèque se prépare à guider les débats au sein de l'Union européenne au cours des six prochains mois.
Je vous remercie pour votre attention.
Monsieur le Président en exercice du Conseil, je vous remercie pour ce rapport constructif et complet, et je vous souhaite une présidence couronnée de succès.
Président de la Commission. - Monsieur le Président du Parlement européen, Monsieur le Président du Conseil, Mesdames et Messieurs les députés, les tous premiers jours de 2009 ne laissent aucune place aux doutes.
Les six prochains mois vont mettre l'Union européenne à l'épreuve.
L'Europe devra prouver sa détermination à aider les citoyens, les travailleurs, les entreprises, à affronter et à surmonter la crise économique.
L'Europe devra prouver sa solidarité dans les situations d'urgence comme l'arrêt brutal de l'approvisionnement en gaz que nous vivons actuellement.
L'Europe devra montrer sa capacité de mettre toute son influence extérieure au service du règlement de conflits internationaux aussi dangereux pour la paix du monde que celui de Gaza aujourd'hui.
En étroite collaboration avec la Présidence tchèque du Conseil - et je tiens à saluer le Premier ministre Topolánek et toute son équipe, je leur souhaite le plus grand succès à la tête du Conseil et, encore une fois, je veux dire ma pleine confiance dans la capacité de la République tchèque à remplir cette fonction tellement importante - en étroite collaboration avec la Présidence tchèque et avec le Parlement européen, la Commission s'attachera à démontrer que l'Union est à la hauteur de la tâche.
Ensemble, nous pouvons pendant ces six mois, démontrer aux citoyens pourquoi l'Union européenne est si indispensable aujourd'hui.
Démontrer aux Européens pourquoi ils ont un intérêt direct à prendre la parole en élisant les députés qui siégeront au prochain Parlement européen.
Démontrons à nos concitoyens pourquoi l'Europe a besoin d'un gain de démocratie et d'efficacité que prévoit le traité de Lisbonne et pourquoi elle doit en bénéficier et pourquoi nous avons, plus que jamais, besoin d'un traité de Lisbonne approuvé par tous nos États membres.
Nous partons d'une base solide.
En 2008, l'Union a démontré qu'elle était capable de prendre des décisions difficiles qui engagent nos sociétés pour de nombreuses années.
Le paquet énergie-climat illustre bien la volonté politique d'une Europe visionnaire et déterminée.
Ce paquet nous permet d'avancer vers un accord international ambitieux en décembre prochain.
En 2008, l'Union a aussi apporté la preuve de sa capacité d'adaptation au changement.
Elle a trouvé rapidement les moyens de réagir à la crise du secteur financier, elle s'est très vite mise d'accord sur un plan de relance pour stimuler sans attendre l'économie européenne, j'y reviendrai.
L'Union entame aussi 2009 forte d'une solide réputation internationale.
Elle a été en première ligne pour contribuer à la résolution de conflits comme celui de la Russie avec la Géorgie; elle ne relâche pas ses efforts pour aider à rapprocher les parties en conflit comme à Gaza et, en fait, c'est grâce à l'Union européenne qu'au moins des couloirs humanitaires ont été ouverts pour aider le peuple palestinien.
L'Union européenne a aussi inspiré les pistes d'action que le G20 a avancées pour s'attaquer à la crise économique.
Elle a réaffirmé son attachement sans réserve à l'ouverture des marchés, notamment à la conclusion du processus de Doha pour le développement et le commerce et aussi aux objectifs de développement du millénaire que les rigueurs de la crise ne doivent pas remettre en question.
L'Europe doit aussi continuer à tout mettre en œuvre pour relever les défis d'aujourd'hui et je crois que nous avons des raisons d'avoir confiance.
La Commission va continuer pendant cette année à tout faire pour qu'on ne perde pas l'élan qu'on a trouvé à Washington lors du G20.
Nous pensons qu'il est important de continuer à tout faire pour une réforme du système financier global et nous avons une occasion extraordinaire qui sera le G20 à Londres.
Il faut qu'à Londres l'Union européenne parle d'une seule voix et qu'elle continue à montrer son leadership pour la réforme du système financier global.
La Commission continuera à proposer des initiatives importantes cette année, par exemple, pour mieux réglementer le fonctionnement des marchés financiers, pour lancer un nouveau programme d'action dans le domaine justice, liberté et sécurité et pour proposer des mesures d'adaptation au changement climatique.
Nous préparerons nos propositions en vue du réexamen budgétaire.
Et nous serons particulièrement attentifs à l'évolution de la situation économique et sociale et prendrons toute initiative nécessaire.
Des propositions très importantes sont encore en cours d'examen devant vous, Mesdames et Messieurs les députés.
Nous espérons qu'elles pourront - notamment grâce à l'engagement de la Présidence tchèque - être adoptées avant la fin de la législature.
Je pense plus précisément aux propositions liées à la crise économique et financière, au paquet social, au marché intérieur de l'énergie - dont l'actualité démontre à quel point il est indispensable - et aussi au paquet télécom et aux transports routiers.
Président de la Commission. - (EN) Je voudrais aujourd'hui concentrer mon propos sur l'énergie et l'économie.
C'est là où les citoyens européens subiront les pressions les plus fortes cette année.
Et c'est là où une action décisive et efficace de l'Union européenne peut faire toute la différence.
Le gaz est un problème qui requiert l'attention urgente et décisive de l'Europe. Bien que l'Union européenne n'y soit pour rien, nous avons été entraînés dans un litige opposant la Russie et l'Ukraine sur le transport du gaz.
En résumé, la situation actuelle est à la fois inacceptable et incroyable.
Inacceptable parce que les consommateurs de l'Union européenne dans certains États membres sont toujours privés de gaz après une semaine sans approvisionnement.
Incroyable parce que nous nous retrouvons dans cette situation au lendemain de la signature au plus haut niveau d'un accord important, les dirigeants ukrainiens et russes ayant assuré qu'ils respecteraient cet accord et achemineraient le gaz.
Sans porter de jugement, il est un fait objectif: la Russie et l'Ukraine démontrent qu'elles sont incapables de respecter leurs engagements vis-à-vis de certains États membres de l'Union européenne.
Il s'avère que Gazprom et Naftogas sont incapables de remplir leurs obligations envers les consommateurs européens.
Je voudrais transmettre un message très clair à Moscou et à Kiev.
Si l'accord soutenu par l'Union européenne n'est pas honoré dans les plus brefs délais, la Commission recommandera aux entreprises européennes de porter cette affaire devant les tribunaux et appellera les États membres à engager une action conjointe afin de trouver des alternatives à la fourniture et au transport de l'énergie.
(Applaudissements)
Nous verrons très bientôt s'il s'agit d'un incident technique ou d'une absence de volonté politique de respecter l'accord.
Je vais mettre les points sur les i: si l'accord n'est pas observé, cela signifie que la Russie et l'Ukraine ne peuvent plus être considérées comme des partenaires fiables de l'Union européenne en matière de fourniture d'énergie.
(Applaudissements)
En tout état de cause, la Commission présentera d'autres propositions visant à améliorer la sécurité énergétique en Europe, conformément à notre analyse stratégique de la politique énergétique publiée en novembre dernier.
La mise en œuvre du paquet "énergie-climat" et la mobilisation de 5 milliards d'euros provenant de crédits non consommés du budget communautaire en faveur des interconnexions énergétiques seront également cruciales. Je tiens également à remercier la présidence tchèque pour son soutien à la réalisation de cet engagement pris au plus haut niveau lors du dernier Conseil européen.
L'Europe doit agir immédiatement afin d'éviter que ce type de situation ne se reproduise dans le futur.
Permettez-moi maintenant d'élargir la portée et la perspective de mon propos à l'aspect économique.
Tous les signes montrent que le climat économique continue à se dégrader.
Le chômage est en hausse.
Les chiffres de production sont en baisse.
Les choses risquent d'empirer avant de s'améliorer.
Nous ne devons pas dissimuler la gravité de la situation, mais nous ne devons pas non plus tomber dans le négativisme et le fatalisme.
Nous avons élaboré les bonnes stratégies pour surmonter cette crise.
Nous sommes en mesure d'amortir son impact sur les plus faibles de nos sociétés, et nous pouvons, dès aujourd'hui, prendre les décisions qui nous mettront en bonne place lorsque nous sortirons de cette crise et nous espérons bien en sortir.
Au cours des prochaines semaines, il nous faudra accorder une priorité absolue à la collaboration afin de concrétiser nos intentions.
Le plan de relance proposé par la Commission et soutenu par le Conseil européen est la bonne solution.
Il fournit un stimulus suffisamment fort pour avoir des répercussions dans chaque État membre: 1,5 % environ du PIB de l'Union européenne représente un montant important, s'il est dépensé à bon escient.
Il vise une efficacité maximale et fait d'une pierre deux coups en tenant compte à la fois de la santé et de la concurrence à long terme de l'économie européenne, et du besoin d'un stimulus à court terme afin de freiner son ralentissement.
Il reconnaît qu'il ne s'agit pas d'un débat économique abstrait, mais bien d'une crise qui affecte les Européens, leur gagne-pain et leur bien-être.
Il faut aborder directement les conséquences sociales de la crise.
Enfin, il utilise au mieux la dimension européenne en instaurant une juste coordination afin de garantir que toute action entreprise dans un État membre ait un impact positif sur les autres et déclenche une interaction positive.
Pour mettre ce programme en œuvre, nous devons compter sur l'engagement actif de la présidence, sur le soutien de chaque État membre et du Conseil, et sur l'engagement clair de ce Parlement.
Cela implique, en particulier, un accord rapide sur les propositions juridiques du paquet, depuis l'accélération de l'utilisation des Fonds structurels en passant par le Fonds européen révisé d'ajustement à la mondialisation, et l'accord concernant l'injection de 5 milliards d'euros de crédits non consommés dans des projets stratégiques, principalement liés à l'énergie et aux interconnexions énergétiques.
La crise russo-ukrainienne a démontré plus clairement que jamais que pallier les lacunes de notre infrastructure énergétique serait profitable d'un point de vue stratégique à toute l'Europe.
Cela implique l'exécution efficace du plan d'injection d'un stimulus d'environ 200 milliards d'euros dans notre économie.
Et, bien entendu, une surveillance continue de la situation, car, comme vous l'aurez compris, elle peut évoluer.
En s'engageant dans cette action à court terme, nous ne devons pas perdre de vue le long terme.
Notre travail sera plus efficace si nous nous appuyons sur certains des succès qui ont fait la prospérité de l'Europe, tel le marché intérieur.
La devise de la présidence tchèque, "Une Europe sans barrières", constitue en effet un message important et enthousiasmant, mais, comme l'a déclaré le Premier ministre Topolánek, permettez-moi d'insister sur le fait qu'une Europe sans barrières a besoin de règles - de règles européennes.
De règles qui garantissent des conditions équitables entre tous les États membres et entre les opérateurs économiques.
De règles qui garantissent que les profits de l'intégration européenne sont partagés entre les citoyens.
De règles qui garantissent une durabilité à long terme de notre mode de vie.
C'est dans cette direction que nous travaillerons main dans la main avec la présidence et avec ce Parlement, parce que l'Europe que nous désirons et l'Europe dont nous avons besoin est une Europe où coexistent la liberté, la solidarité et la sécurité, pour le bien de tous les Européens.
(Applaudissements)
au nom du groupe PPE-DE. - Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Président de la Commission européenne, chers collègues, à peine entrée en fonction, la Présidence tchèque se trouve confrontée à des difficultés considérables et se voit confier la lourde tâche de gérer trois crises majeures. La poursuite de la crise économique et sociale, le conflit gazier qui oppose la Russie et l'Ukraine et qui affecte gravement l'Union et son voisinage, et l'éclatement d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
Face à ces défis, la seule attitude pour nos pays est de faire bloc, de faire preuve de solidarité et d'agir de façon à la fois coordonnée et déterminée.
Je constate, avec satisfaction, que la Présidence tchèque, en lien étroit avec la Commission européenne, a agi de manière rapide et unie dans le conflit énergétique qui oppose Kiev et Moscou.
Même si la solution n'est pas encore là, nous ne pouvons accepter d'être otages, il faut réagir énergiquement.
Vous avez raison, Monsieur le Président du Conseil et Monsieur le Président de la Commission.
En prévoyant parmi ses trois priorités majeures le domaine de l'énergie, la Présidence tchèque avait touché du doigt l'un des défis majeurs de l'Europe dans les années à venir, celui de notre indépendance énergétique et de la nécessaire diversification de nos ressources en énergie.
Le groupe PPE-DE est, comme tous les citoyens européens, extrêmement préoccupé par ce conflit et par la menace que celui-ci fait peser sur les pays européens, dans leur ensemble.
Nous ne pouvons tolérer que les États membres de l'Union se retrouvent pris en otage dans ce conflit et celui-ci démontre, une fois encore, la nécessité de s'accorder, de manière urgente, sur une politique européenne de l'énergie.
Nous devons donc sérieusement réfléchir aux moyens de réduire notre dépendance et agir pour la mise en place de mix énergétiques.
Chers collègues, la situation qui prévaut au Moyen-Orient nous renvoie, là aussi, à la nécessité de prendre nos responsabilités sur le plan mondial.
Oui, l'Europe est le premier donateur d'aide humanitaire au monde, nous pouvons en être fiers, et il faut continuer, mais ce n'est pas l'aide humanitaire seule qui va résoudre le conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens.
Ce qu'il faut à l'Europe, c'est une volonté politique forte, articulée et disposant des moyens humains, militaires et financiers suffisants pour être un acteur crédible dans le monde.
Pourquoi le monde a-t-il les yeux rivés sur Barak Obama?
Parce que l'Europe n'est pas encore capable de faire valoir sa vision, ses idéaux et son savoir-faire.
L'Europe a critiqué, à juste titre, l'unilatéralisme de l'administration américaine actuelle et si, comme je l'espère, les choses changent avec le nouvel occupant de la Maison Banche, sommes-nous prêts à assurer notre part de multilatéralisme?
Sommes-nous prêts à dégager les moyens militaires, pas pour faire la guerre, mais pour assurer la paix?
Sommes-nous prêts à dégager les ressources budgétaires nécessaires pour nous donner les moyens de notre politique?
Monsieur le Président du Conseil, vous avez justement fait des relations extérieures de l'Union l'une de vos priorités.
L'actualité fournit de nombreux exemples de l'urgence de traiter enfin de ce sujet, que ce soit dans les relations avec la Russie, les États-Unis, le Moyen-Orient, sans parler de la Méditerranée, des Balkans, de l'Afrique ou des pays émergents.
Les citoyens européens attendent de l'Europe qu'elle pèse sur le plan mondial, tous les sondages d'opinion en attestent depuis des années.
Pourquoi attendre?
Enfin, la Présidence en exercice devra faire face à la crise économique et sociale en veillant à la mise en place des plans de relance nationaux, en pilotant l'Union européenne lors du sommet du G20 qui se réunira à Londres au mois d'avril.
Nous appelons la Présidence tchèque à travailler main dans la main avec la Commission européenne pour définir et mettre en place, avec nos partenaires internationaux, des règles qui s'imposeront aux opérateurs économiques.
L'Union européenne doit défendre son modèle de société, l'économie sociale de marché, et promouvoir la mise en place sur les marchés financiers mondiaux d'un système de supervision des marchés similaires à celui qui prévaut dans nos pays.
Dans la gestion de la crise financière et de la crise économique également, l'Europe doit être unie et déterminée.
Nous comptons sur vous Monsieur Topolánek, sur votre Présidence, pour faire preuve de volontarisme et pour la guider dans cette période difficile.
(Applaudissements)
au nom du Groupe PSE. - (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre Topolánek, vous prenez la tête de la dernière présidence du Conseil de la période de législature actuelle du Parlement européen.
Cette période parlementaire a commencé par la présidence néerlandaise, menée par M. Balkenende, et personne ne se souvient de ce qu'il a dit ici ni de ce que nous avons répondu.
Nos discussions et les résultats que nous obtiendrons ensemble au cours des cinq ou six prochains mois détermineront donc le taux de participation aux élections européennes.
Si les citoyens constatent que la présidence, le Parlement et la Commission ont travaillé ensemble pour affronter avec succès les défis auxquels nous sommes confrontés en cette période de crise, je suis sûr que cela engendrera un esprit fondamentalement positif et constructif à l'approche des élections européennes.
Le groupe socialiste du Parlement européen a donc tout intérêt à ce que votre présidence soit couronnée de succès.
J'ai eu quelques doutes pendant les premiers jours de la présidence, lorsque M. Schwarzenberg a déclaré qu'Israël exerçait son droit de légitime défense et qu'il s'est aligné sur l'une des parties de ce conflit à un moment où l'Union européenne aurait dû jouer le rôle de médiateur.
Il est revenu sur ces paroles, ce qui est une bonne chose.
Monsieur Topolánek, vous aviez vous-même déclaré "nous ne jouerons pas le rôle de médiateur dans le conflit sur le gaz".
Vous êtes également revenu à de meilleurs sentiments.
Il y a eu quelques problèmes initiaux, mais ces problèmes ont été résolus, et je m'en réjouis.
Si les incertitudes initiales - et je tiens à souligner que M. Barroso avait raison à ce sujet - permettent finalement à vos activités de produire des résultats positifs, vous bénéficierez de tout l'appui de notre groupe.
Ceci vaut également pour le discours que vous avez prononcé ici ce matin, que nous avons tous écouté avec bienveillance et avec un sentiment de confiance pour les prochains mois.
J'aimerais aborder l'un des points que vous avez soulevés.
Vous avez cité M. Daul - un homme intelligent, mais en l'occurrence dans l'erreur - qui a déclaré ici même que la crise financière ne représentait pas la défaite du capitalisme.
Il est vrai que cette crise n'a pas vaincu le capitalisme, qui persiste malheureusement, mais il a vaincu les capitalistes qui nous ont dit pendant des années que nous n'avions pas besoin de règles, parce que le marché allait s'autoréguler, qu'il allait tout régler lui-même.
Ces capitalistes ont essuyé une défaite, et en vous entendant ce matin déclarer devant cette Assemblée que nous avions besoin d'une Europe de règles, vous qui jusqu'à présent avez mené des politiques semblables à celles que préconisent ceux-là mêmes qui pensent que nous n'avons pas besoin de règles, je ne peux qu'être d'accord: nous avons effectivement besoin de plus de règles pour gérer et pour surmonter cette crise financière.
Monsieur Topolánek, je vous souhaite la bienvenue dans le club des Européens favorables à la régulation. Il semble que vous ayez, vous aussi, appris la leçon.
(Applaudissements)
Monsieur le Premier ministre, nous vivons une période décisive en matière de politique internationale.
Si l'Union européenne souhaite assurer le rôle mondial décrit par le président de la Commission, notamment en matière de sécurité énergétique ou dans le cadre du conflit à Gaza, elle ne peut pas se permettre de se désintégrer. Nous avons besoin d'une Union de 27 membres agissant sous la forme d'un bloc économique et politique fort.
Nous ne pourrons pas être forts si nous permettons les divisions.
Après tout, les autres ont cet avantage qu'ils peuvent toujours compter sur les Européens pour envoyer des messages conflictuels.
Karel Schwarzenberg déclare qu'Israël agit en légitime défense, alors que Louis Michel affirme que le pays viole le droit international.
Si c'est là l'Union européenne, inutile de négocier avec elle.
Si la Russie ou l'Ukraine pensent que la moitié de l'Europe et de leur côté et que l'autre moitié leur est défavorable, nous ne sommes pas forts.
Mais nous serons forts si nous nous basons sur un traité solide, comme le traité de Lisbonne.
Si votre gouvernement pouvait ratifier ce traité pendant votre présidence - et nous savons que votre gouvernement a suffisamment souffert des actions du président de votre pays - cela permettrait d'envoyer un message clair témoignant de la puissance européenne.
(Applaudissements)
Le Château de Prague est le siège de Václav Klaus, qui s'adressera à nous en février lorsqu'il viendra à Bruxelles.
Il fut aussi le siège de Charles IV, comme l'a mentionné M. le Premier ministre.
Charles IV a construit la Route d'or reliant Prague à Nuremberg, une réalisation considérable pour l'époque et destinée à relier les peuples et les nations.
Avant de devenir empereur germanique et de s'installer à Prague, Charles IV était Duc du Luxembourg.
Cette période du Château de Prague fut donc réellement européenne.
Espérons que bientôt, le Château de Prague sera de nouveau occupé par une personne à l'esprit tout aussi européen.
(Applaudissements)
au nom du groupe ALDE. - (EN) Monsieur le Président, au nom de mon groupe, je souhaite la bienvenue au président en exercice.
Monsieur le Président en exercice, nous vous souhaitons beaucoup de succès.
Un grand citoyen tchèque a déclaré un jour: "Je ne suis plus un bleu: on attend de moi que j'atteigne des objectifs; marquer des points est mon travail."
Eh bien, ce qui était vrai pour Milan Baroš l'est également pour vous et vos ministres.
Votre programme de travail souligne ces objectifs.
En matière d'économie, vous avez déclaré que les barrières du marché - intérieur et extérieur - doivent tomber, et que la réponse de l'Europe à la récession ne doit pas consister uniquement en dépenses keynésiennes, mais également en notre lutte pour une concurrence plus loyale, pour la libéralisation du commerce et pour une circulation plus libre des personnes et des biens à travers les frontières nationales.
Les citoyens européens traversent une période difficile.
Vos moyens seront contestés, mais pas par les libéraux et les démocrates.
L'expérience de la République tchèque - et de nombreux autres pays - prouve en effet que la puissance des marchés peut sortir les gens de la pauvreté.
En ce qui concerne l'énergie, vous avez raison de poursuivre les objectifs de l'analyse stratégique de la politique énergétique, mais l'analyse ainsi que les objectifs liés au changement climatique ne doivent pas constituer un frein à nos ambitions, mais plutôt un tremplin vers des sommets plus élevés et plus écologiques, afin d'accélérer le passage de l'Europe des combustibles fossiles aux énergies renouvelables et de mettre un terme à notre dépendance énergétique viscérale.
Actuellement, nos moniteurs sont bloqués sur les centres ukrainiens de distribution.
La Russie prétend qu'elle ne peut exporter de gaz parce que l'Ukraine ne le transportera pas, et l'Ukraine prétend qu'elle n'a pas de gaz à exporter parce que les Russes ont détourné l'itinéraire de transport.
En attendant, l'industrie en Europe orientale et centrale est lésée, des personnes ont froid dans leurs propres maisons, et des démarches sont en cours pour remettre en service des réacteurs nucléaires déclarés dangereux par notre Union.
Ce n'est pas là un marché de l'énergie efficace, mais plutôt l'intrigue d'un film des Marx Brothers: Une nuit dans le froid - ou, plutôt, douze nuits et ce n'est pas fini.
Dès lors, cessez de parler du marché intérieur en matière d'énergie et de développement des énergies renouvelables: utilisez les pouvoirs de votre présidence pour mobiliser les investissements nécessaires.
Quant à l'Union européenne dans le monde, nous approuvons les ambitions de votre présidence.
L'Europe devrait jouer un rôle prépondérant dans la résolution des conflits, le soutien du développement et la promotion des droits de l'homme.
Mais, si vous cherchez véritablement à élargir le champ d'action de l'UE, pourquoi avez-vous reporté une fois de plus la ratification du traité de Lisbonne?
Si vous souhaitez juguler la prolifération des armes, pourquoi construisez-vous un système de défense contre les missiles balistiques sur le sol européen?
(Applaudissements)
Et si vous souhaitez la paix au Moyen-Orient, pourquoi laisser l'Europe se ridiculiser par tant de missions de paix?
Au fur et à mesure du déroulement des événements à Gaza, il devient plus difficile pour beaucoup d'entre nous de rester indifférents.
Ce Parlement ne se réunira jamais autour d'une position commune si nous cherchons à désigner un responsable en particulier, alors que l'on peut imputer la faute aux deux parties, dénoncer la violence et instaurer un cessez-le-feu immédiat.
Rien n'excuse les tirs de roquette du Hamas, mais rien n'excuse non plus l'utilisation d'explosifs à métaux denses et inertes pour mutiler des civils.
Le slogan de votre présidence est "Une Europe sans barrières".
Peut-être son auteur avait-il à l'esprit cet ancien proverbe tchèque: "Ne te protège pas derrière des clôtures, mais grâce à tes amis."
Monsieur le Président en exercice, nous, vos concitoyens européens, sommes vos amis.
Le président de votre pays a comparé l'Union européenne à l'Union soviétique.
Eh bien, nous ne mettons pas de discussions privées sur table d'écoute, comme il l'a fait à des membres de ce Parlement.
Lui qui souhaite rester en marge en a le droit.
Mais c'est une Union d'amis - d'amis, de pairs et de partenaires.
Les objectifs de votre présidence sont audacieux.
Nous les soutenons.
Soyez-y fidèles et nous vous serons fidèles.
(Applaudissements)
au nom du Groupe UEN. - (GA) Monsieur le Président, nous devons promouvoir de meilleures relations politiques et économiques entre l'Union européenne et l'Amérique.
J'espère qu'au cours des prochains mois, la présidence tchèque se penchera sur ce problème.
L'Amérique aura un nouveau président à partir de la semaine prochaine, et de grands défis nous attendent tous.
Il est clair que nous devons réglementer rapidement les marchés financiers.
au nom du Groupe UEN. - (EN) Monsieur le Président en exercice, nous vous souhaitons aujourd'hui la bienvenue au Parlement et, en particulier, nous accueillons chaleureusement la présidence de la République tchèque pour prendre la direction de l'Union européenne en cette période si difficile.
Au nom de mon groupe, l'Union pour l'Europe des nations, nous soutenons également votre programme visant à garantir une voix claire et forte en faveur de l'Union européenne, ainsi que des États membres au sein de l'Union européenne.
De nombreux collègues ont déjà mentionné la série actuelle de crises et, d'emblée, je voudrais rendre hommage à la fois à votre présidence et au président Barroso pour l'action décisive entreprise lors de l'interruption de la fourniture de gaz à l'Union européenne, et pas seulement parce que nous avons identifié les responsables, mais parce que nous sommes intervenus immédiatement aux niveaux social, économique et politique afin d'amener les deux parties à débattre de leurs échecs passés.
Voilà pourquoi il importe maintenant, pendant cette présidence, de développer cette idée de partenariat avec l'Est, de nous tourner vers l'Est et les Balkans, parce qu'ils constituent actuellement les lignes de démarcation au sein de l'Union européenne, à cause non seulement de l'instabilité politique, mais également de notre interdépendance concernant l'énergie et l'activité économique.
Pour conclure, faute de temps, je tiens à évoquer vos propos concernant la cinquième liberté - la libre circulation de la connaissance.
Cette connaissance peut nous fournir les outils dont nous avons besoin aujourd'hui pour promouvoir l'innovation, la recherche et les capacités qui sont devant nous.
À travers votre propre histoire - individuelle et en tant que pays -, marquée par le totalitarisme, la liberté, et la grandeur en matière d'éducation et d'innovation, nous nous tournons vers vous pour nous indiquer la phase suivante dans laquelle l'Union européenne doit s'engager.
Permettez-moi de conclure par une brève citation de John F. Kennedy qui a déclaré lors de son discours d'investiture: "Nous sommes aujourd'hui au bord d'une nouvelle frontière.
Mais la nouvelle frontière dont je parle n'est pas une série de promesses - c'est une série de défis."
Je sais que vous êtes capables de relever ces défis.
au nom du groupe Les Verts/ALE. - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, au moment même où nous tenons ce débat, des bombes s'abattent sur la population de Gaza.
Je pense que notre première priorité en tant que députés européens, et la première priorité du Conseil et de la Commission, devrait être de mettre fin aux bombardements de la population de Gaza.
Tel est notre devoir à l'heure actuelle. C'est bien plus important que de décider qui est le responsable et de discuter des différends qui nous opposent sur ce point.
Notre groupe, le groupe des Verts/Alliance Libre Européenne, a une idée assez claire à ce sujet, comme nous l'indiquerons cet après-midi.
Monsieur le Président, vous avez commencé votre allocution en mentionnant l'époque médiévale, une époque lointaine, violente et sombre - avec certes quelques lumières, mais malgré tout violente et sombre.
En fait, malgré tous les efforts de vos partenaires au sein de la coalition, le programme de ces six prochains mois semble porter la marque d'une vision dépassée, l'empreinte profonde d'une approche conformiste prônant le laisser-faire à outrance, dominée par les entreprises et le marché. Monsieur le Président, cette approche est passée de mode.
Je pense également qu'elle fait peu de cas de la nécessité d'adopter des politiques, des lois et des instruments en matière sociale répondant aux vrais besoins des citoyens. Cette approche s'égare également quelque peu en considérant la politique de lutte contre le changement climatique comme un coût ou un obstacle plutôt qu'une opportunité majeure d'innovation et de croissance durable.
Elle affiche même, vous m'excuserez de le dire, un certain machisme en affirmant la nécessité de réexaminer les objectifs de Barcelone relatives aux structures d'accueil pour les enfants, le but étant bien entendu de ramener les femmes au foyer.
Ce programme envisage l'immigration uniquement sous l'angle de la sécurité, il préfère l'OTAN au multilatéralisme, il garde un certain intérêt en matière de missiles et ne met pas réellement l'accent sur ce qui nous semble réellement important en politique étrangère, à savoir la cohésion: la cohésion de notre Union.
Nous regrettons également que vous ne mentionniez pas un thème aussi important que celui de la lutte contre la discrimination, et sur ce point particulier, j'aimerais savoir quelle importance vous accordez à l'adoption de la directive sur la lutte contre la discrimination.
En résumé, voici un programme qui voit dans le monde de nombreux dangers et bien peu d'opportunités.
Vous parlez de vos efforts de médiation dans le conflit opposant la Russie à l'Ukraine à propos du gaz, mais à la lecture de votre programme, il apparaît clairement qu'aucune action déterminée ne sera prise au cours de votre présidence contre les pays, tels que la Slovaquie et la Bulgarie, qui profitent de la crise du gaz pour remettre en service des centrales nucléaires dépassées et dangereuses.
Monsieur le Président, n'oubliez pas que l'énergie nucléaire sans danger n'existe pas. Elle existera peut-être dans 30, 40, 50 ou 60 ans, je n'en sais rien, mais elle n'existe pas à l'heure actuelle.
Il n'est donc pas utile d'en discuter, car il ne s'agit là que d'une illusion coûteuse qui nous détourne de nos véritables priorités.
Pour parvenir à la sécurité et à la solidarité énergétiques, nous devons prendre des mesures décisives sans nous laisser distraire. Nous devons promouvoir l'efficacité énergétique et les économies d'énergie, un domaine qui présente un potentiel énorme d'innovation, d'emploi et de réduction de la consommation.
Voilà la feuille de route que nous devrions suivre pour faire face à la guerre du gaz, entre autres choses. Nous vous adressons une demande précise, Monsieur le Président.
Nous vous demandons de persuader vos collègues de mettre au centre du Conseil européen du printemps l'objectif de parvenir à un engagement contraignant à réduire la consommation d'énergie de 20 % d'ici 2020, l'objectif orphelin du paquet énergétique de l'année dernière. Nous vous demandons également de revoir vos priorités en analysant de façon plus approfondie les décisions prises en décembre concernant l'énergie renouvelable.
Monsieur le Président, un dernier mot sur l'avenir de l'Europe: le traité de Lisbonne n'est pas parfait, mais il est fort étrange que vous ne l'ayez pas encore ratifié.
Je vous demande donc de profiter de cette occasion pour nous expliquer pourquoi, et de nous dire quand vous comptez le faire.
(Applaudissements)
au nom du groupe GUE/NGL. - (CS) Le président en exercice du Conseil a mentionné nos expériences historiques complexes.
Je considère la présidence tchèque comme une opportunité de surmonter les divisions qui subsistent entre l'Ouest et l'Est de l'Europe.
Dans son roman Schweik, Jaroslav Hašek fait un jeu de mot germano-hongrois, kelet oszt, nyugat veszti, qui se traduit approximativement par "l'Est donne, l'Ouest prend".
C'est effectivement comme cela que les choses se sont passées historiquement.
Je pense que nous avons l'opportunité d'y mettre un terme.
Je pense que la présidence tchèque est également l'opportunité de nous libérer de nos propres dogmes et préjudices.
À titre d'exemple de ces dogmes, je mentionnerai l'article écrit récemment par Václav Klaus, qui conseille de surmonter cette crise financière en relâchant temporairement les normes sociales, environnementales et de santé au motif que ces normes seraient des entraves au comportement humain rationnel.
Je pense que l'inverse est vrai, et que la présidence tchèque devrait contribuer à nous doter d'une économie sociale et écologique, c'est-à-dire d'une économie guidée par des facteurs sociaux et environnementaux.
Je voudrais dire ici que je suis d'accord sur une chose avec M. le Premier ministre Topolánek: la nécessité de nous baser sur l'innovation pour sortir de la crise et la nécessité de développer une "classe créative" - au sens entendu par Richard Florida - qui aidera nos économies à sortir de l'impasse.
Je tiens à dire que nous avons tous besoin de faire preuve du courage de changer.
Selon l'écrivain allemand Stefan George, l'avenir appartient à ceux qui sont capables de changer.
J'espère que nous serons capables de changer, de nous libérer du passé, de combler le fossé qui sépare l'Europe de l'Ouest de l'Europe de l'Est et de former une seule entité libérée de ses complexes concernant la supériorité des États-Unis ou de n'importe qui d'autre.
J'aimerais terminer en soulignant que, bien que le discours de M. le Premier ministre soit parsemé de bonnes intentions, de résolutions et d'objectifs nobles, et bien qu'il soit juste que la présidence tchèque se fixe des objectifs ambitieux, je me dois de faire un commentaire sceptique en citant l'aphorisme du satiriste polonais Jerzy Lec: aussi sacré que soit le pèlerinage, il fera toujours mal aux pieds.
au nom du groupe IND/DEM. - (CS) Monsieur le Président en exercice du Conseil, aucun pays n'a abordé sa présidence sous un tel barrage d'opinions négatives ni subi autant de prédictions funestes que la République tchèque.
La presse française, en particulier, passe son temps à décrire la tempête qui s'annonce pour la malheureuse Union maintenant qu'elle n'est plus présidée par une personne aussi éminemment capable que le président français et qu'elle est livrée aux mains d'une bande de Tchèques.
Ces Tchèques, qui ont suscité une telle indignation en ne ratifiant pas le traité de Lisbonne qui permettrait à quelques grands pays d'usurper en permanence le pouvoir décisionnel de l'Union.
Pis encore, ces Tchèques ont un président populaire à l'esprit malheureusement affûté qui, en plus de s'opposer au traité de Lisbonne, n'hésite pas à mettre en évidence le déficit démocratique toujours plus important de l'Union.
C'est ce déficit qui, il y a 20 ans, nous a poussés à renverser le socialisme dans notre pays.
Mais la présidence tchèque poursuit des objectifs modérés et des priorités raisonnables, et elle sera couronnée de succès.
Nous lui souhaitons de réussir et nous lui apportons notre soutien, malgré les bêlements honteux des socialistes tchèques qui ont échangé depuis longtemps l'amour de leur pays contre l'internationalisme prolétaire et qui aujourd'hui, sur l'ordre de leurs maîtres socialistes, utilisent tout leur venin pour tenter de déstabiliser la présidence tchèque.
Je n'en ai cure!
L'idée est de prouver, par l'exemple de la présidence tchèque, que les petits pays sont incapables et qu'il est temps, via le traité de Lisbonne, de confier définitivement les rênes du pouvoir de l'Union aux grands pays compétents et expérimentés.
C'est ce qui rend cette présidence si importante.
Elle apportera la preuve que les petits pays sont parfaitement capables de gérer l'UE.
La seule différence est que ces pays ne succombent pas à la mégalomanie, à l'égocentrisme, à l'obsession des relations publiques, à l'hyperactivité narcissique de certains présidents et à la mise en avant constante de réalisations inexistantes.
Je souhaite de tout cœur au Premier ministre Topolánek, au Vice-premier ministre Vondra et à leurs collègues de réussir.
Cette réussite ne sera pas seulement la réussite de mon pays; ce sera la réussite d'un petit pays devenu récemment membre de l'Union.
Voilà le message important pour l'UE.
Car voyez-vous, nous avons aussi de l'expérience dans un autre domaine.
Alors que les grands pays de l'UE sont depuis longtemps des démocraties prévisibles qui n'ont eu à faire face qu'à des situations normales, nous avons passé un demi-siècle sous le joug d'un régime totalitaire hors normes.
Cela nous a appris à trouver des solutions créatives aux situations exceptionnelles, et c'est une compétence qui nous sera bien utile.
(CS) Monsieur le Président en exercice du Conseil de l'Union européenne, Mesdames et Messieurs, je suis fière de l'adresse et de la capacité d'action dont la présidence tchèque a fait preuve sur la question de l'approvisionnement en gaz des pays européens.
Et je serais donc ravie, lors des discussions sur l'avenir de l'UE - c'est-à-dire sur le traité de Lisbonne - de voir le président en exercice du Conseil, Mirek Topolánek, montrer la même détermination que celle dont il a fait preuve lors des négociations sur le gaz avec Vladimir Poutine et Yulia Timochenko.
L'ambition d'un président en exercice du Conseil devrait être de jouer le rôle d'un chef de groupe, et pas simplement d'un homme à tout faire.
Monsieur le Président en exercice du Conseil, vous avez une occasion unique de démontrer que tous les pays, quelle que soit leur taille, sont des partenaires égaux au sein de l'Union européenne.
Si vous gardez votre sang-froid, Monsieur Topolánek, l'histoire se souviendra de vous.
Vous avez l'opportunité et le pouvoir de déclarer publiquement que le traité de Lisbonne est mort à la suite du référendum irlandais et qu'il nous a menés dans une impasse.
Vous êtes en position de proposer l'élaboration d'un nouveau document visionnaire qui représentera un véritable dénominateur commun des intérêts des différents États membres de l'Union européenne et qui recevra l'appui des citoyens lors de référendums.
Il est inutile de promouvoir aveuglément le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir antidémocratique des fonctionnaires tout en masquant l'incapacité des élites européennes à parvenir à un accord et leur réticence à assumer leurs responsabilités face aux citoyens.
Monsieur Topolánek, vous représentez ici un pays qui, au cours du dernier siècle, s'est libéré de l'empire austro-hongrois, a survécu à la trahison de Munich et a résisté aux horreurs du nazisme.
Vous représentez un pays dont la population a résisté à l'invasion des troupes du pacte de Varsovie.
Vous représentez un pays qui a passé 40 ans sous le joug de l'Union soviétique, qui est tombé inexorablement dans une pauvreté planifiée sous le Conseil d'assistance économique mutuelle et qui est parvenu à se débarrasser d'un régime totalitaire sans effusion de sang.
Je refuse de croire qu'en étant le Premier ministre d'un pays possédant une telle histoire, vous puissiez souhaiter que les décisions en matière de politique sociale, d'énergie, de fiscalité, de justice et de sécurité soient prises ailleurs que dans les différents États membres concernés.
Je ne peux pas croire que vous souhaitiez réellement que les pouvoirs exclusifs de l'Union priment sur les pouvoirs des États membres.
Je ne peux pas croire que vous soyez favorable à ce que l'Union intervienne dans la protection et l'amélioration de la santé, l'industrie, la culture, le tourisme, l'éducation ou le sport.
Je ne peux pas croire que vous soyez favorable à un traité de Lisbonne qui, dans plus de 50 domaines, supprime le droit de veto des pays et réduit le nombre de vote des petits pays, dont la République tchèque.
Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Premier ministre de la République tchèque, ayez le courage de dire aux 26 autres chefs d'État ce que vous dites en privé.
Dites que le traité de Lisbonne ne vaut rien et que vous le rejetez.
Faites-le au nom de la démocratie et de la liberté.
Ceci ne vous vaudra pas les applaudissements des "élites européennes", des fonctionnaires de la Commission ni même d'une majorité de ce Parlement.
Vous gagnerez par contre l'admiration et le respect des citoyens, que nous oublions si facilement dans cette Assemblée, et vous gagnerez en prestige dans votre propre pays.
Vous présidez au devenir de 450 millions de citoyens, et pas juste de quelques politiciens et fonctionnaires.
En République tchèque, vous qualifiez souvent le traité de Lisbonne de mal nécessaire.
Mais qu'est-ce qui rend ce mal nécessaire?
Arrêtez de vous convaincre que le traité de Lisbonne est un mal nécessaire.
Il est tout simplement mauvais, et vous pouvez le changer.
Lancez l'élaboration d'un nouveau document, inspirez-vous des traités de Rome et de la déclaration de Messine, et défendez les intérêts communs de l'Union européenne.
Ces intérêts sont la liberté, la prospérité, la compétitivité et la sécurité, et non l'euro-santé, les euro-taxes, les euro-parcs et l'euro-bière.
Monsieur Topolánek, le mal nécessaire est l'excuse des lâches.
Vous n'êtes pas un lâche, ou du moins je l'espère.
Vous pouvez vous appuyer sur le référendum irlandais, vous êtes soutenu par les 55 % des Tchèques opposés au traité de Lisbonne et vous pouvez compter sur la voix puissante du président tchèque Václav Klaus.
Vous savez certainement que la pire des lâchetés est de savoir ce qu'il faut faire et de ne pas le faire.
président en exercice du Conseil. - (CS) Je vous remercie pour toutes vos questions et vos commentaires sur mon allocution.
En République tchèque aussi, nous avons un Parlement qui se distingue par la diversité des opinions exprimées. Certaines des opinions exprimées ici ne me surprennent donc pas, même si je ne peux les partager entièrement.
Toutefois, je tiens à répéter d'emblée, en réponse à toute une série de questions, que je considère mon rôle comme étant celui de président du Conseil européen, et qu'au cours des six prochains mois, je ne compte pas mettre en avant mes opinions personnelles ni celles de mon parti. Mais je me sens obligé de réagir sur une question, car cette question me concerne personnellement.
Il s'agit des critiques très dures exprimées à l'encontre du président tchèque Václav Klaus, un président qui s'est fait connaître des citoyens européens, ce qui est une bonne chose et ce dont je suis fier.
Václav Klaus symbolise la métamorphose tchèque des années 1990, et je dois dire que c'est grâce à lui que nous réussissons aujourd'hui et que nous sommes sortis indemnes de ces dix premières années. Je suis fier que la Révolution de velours se soit déroulée sans effusion de sang, que nous ayons chassé les troupes russes de notre pays en 1991, que nous ayons rejoint l'OTAN en 1999 et l'Union européenne en 2004, et que l'année dernière, nous ayons éliminé les frontières entre les pays de l'Union européenne et que nous puissions désormais voyager de Lisbonne à Vilnius sans passeport ni sans aucune restriction.
Je suis fier d'avoir participé à cette métamorphose et de me trouver ici aujourd'hui, et il me semble incroyable que la République tchèque préside aujourd'hui une communauté de près d'un demi-milliard d'habitants et de 27 pays.
Indépendamment de la question des règles et de l'unification, si l'Union européenne perd la capacité de discuter librement et si elle s'efforce d'uniformiser cette discussion également, elle ne sera plus mon Union européenne.
Si nous perdons la capacité, la possibilité d'exprimer librement nos opinions, nous allons droit au désastre, et je m'oppose fermement aux attaques à l'encontre de Václav Klaus.
Il a une possibilité unique d'exprimer ses opinions dans le cadre de cette discussion uniforme et, dirai-je, un peu trop correcte, et de créer ainsi les conditions d'un nouveau débat.
La liberté de débat doit faire la fierté de l'Union européenne et ne doit jamais être étouffée.
En ce qui concerne le traité de Lisbonne, qui mérite d'être mentionné, je dirais qu'il s'agit essentiellement d'un traité "moyen".
Légèrement pire que le traité de Nice, mais légèrement meilleur que celui qui l'a suivi. Voilà mon avis personnel sur ce traité.
J'ai négocié ce traité au nom de la République tchèque.
Nous l'avons approuvé au Parlement tchèque, je l'ai signé et je voterai en sa faveur au Parlement. Mais une fois de plus, l'idée que nous puissions imposer par avance aux différents États membres l'obligation de ratifier un document, leur refuser le droit de respecter leurs propres procédures et de décider par eux-mêmes de l'accepter ou non, me semble absurde.
Nous devons modifier les institutions, nous devons améliorer le fonctionnement des mécanismes européens, nous devons simplifier les règles. Je ne suis pas sûr que le traité de Lisbonne permette tout cela.
Chacun a une idée différente de la forme qu'il devrait prendre. Pour moi, Madame Bobošíková, il s'agit d'un compromis, fort complexe sans doute, et je soutiendrai sa ratification.
Je ne saurais passer sous silence la situation du Moyen-Orient et la position de l'Europe dans ce conflit.
Pendant longtemps, l'Union européenne a été considéré comme "un grand bailleur de fonds mais pas un acteur".
Cela signifie qu'elle a apporté des contributions importantes aux investissements, y compris aux investissements en matière de développement et d'aide humanitaire dans la région, mais qu'elle n'a pas joué un rôle à sa mesure au sein du "quartette" et qu'elle n'a pas fait preuve de la responsabilité qu'implique cette participation au quartette.
Je pense que la situation actuelle, avec l'arrivée d'un nouveau gouvernement américain, donne à l'Union européenne l'opportunité d'offrir plus qu'un soutien financier à cette région, mais aussi des initiatives de résolution des problèmes et un niveau d'activité supérieur.
Je ne souhaite pas juger l'une ou l'autre partie du conflit. Le fait est que les Israéliens ont le droit de vivre en toute sécurité sans subir d'attaques à la roquette, et je me suis moi-même rendu à Sderot, à Ashkelon et dans d'autres parties d'Israël.
De même, le peuple palestinien a le droit de créer son propre État, de mettre en place une administration fonctionnelle et de vivre une vie décente et sûre.
Ces 60 années de conflit n'ont rien résolu.
Je ne pense pas que nous puissions le résoudre aujourd'hui. Notre objectif à court terme est d'instaurer une trêve et de faire cesser les hostilités.
J'aimerais dire un mot non seulement sur le rôle de négociateurs européens, et sur la mission dirigée par Karel Schwarzenberg, qui vient de partir pour la région, mais aussi et bien entendu sur le rôle des États arabes dans la région, qui a été positif.
C'est par exemple le cas du rôle joué par l'Égypte, par la Turquie et par d'autres pays.
Je pense qu'une fois que certaines conditions seront remplies, comme par exemple la fin de la contrebande d'armes depuis le Sinaï vers Gaza, nous pourrions parvenir ensemble à une situation - dans le cadre de l'architecture globale de sécurité, via l'Union européenne seule ou en collaboration avec une partie seulement de cette architecture globale - susceptible de mettre fin à ce conflit, bien que je ne sois pas convaincu que ce résultat puisse être atteint rapidement.
En ce qui concerne l'énergie, la sécurité énergétique, le changement climatique et le rôle de l'Union européenne dans ce processus: quelle que soit ma propre opinion à ce sujet, il devrait être évident pour tous que si le rôle moteur joué par l'Union européenne en matière de changement climatique n'obtient pas l'appui des économies et des acteurs majeurs tels que les États-Unis, la Fédération de Russie, le Brésil, l'Inde et la Chine, cette initiative de l'Union européenne restera isolée, une voix dans le désert et finalement, à l'échelle mondiale, inutile. Notre rôle est de convaincre les autres puissances mondiales et les principaux pays émetteurs de suivre notre exemple.
Voilà selon moi ce à quoi nous devons œuvrer pendant le premier semestre de cette année. Il me semble que le paquet climatique et énergétique est finalisé, et qu'une fois qu'il aura été adopté par le Parlement européen, comme j'espère qu'il le sera, il ne restera plus qu'à le mettre en œuvre.
Toute la question du mix énergétique fait l'objet de débats par trop idéologiques et politiques. Il me semble que l'Union européenne devrait l'aborder de façon pratique et pragmatique et envisager des objectifs à court terme, à moyen terme et à long terme et des mesures à court terme, à moyen terme et à long terme permettant de réaliser ces objectifs.
Je n'imagine pas que des pays qui dépendent à 90 % d'une industrie de fabrication basée sur le charbon, comme la Pologne, soient capables de mettre fin brutalement à cette dépendance en l'espace de quinze ou vingt ans.
Nous devons bien entendu investir dans de nouvelles technologies en matière de charbon, dans les technologies du "charbon propre" et dans l'amélioration du rendement des centrales, parce qu'il est impossible de mettre un terme à cette dépendance rapidement et de façon unilatérale.
Nous devons en discuter, nous devons investir dans l'innovation, et nous devons bien entendu modifier progressivement le mix énergétique dans la direction envisagée - c'est-à-dire vers une meilleure protection de l'environnement, une diminution de la dépendance aux combustibles fossiles et, bien entendu, un approvisionnement sûr et relativement bon marché en énergie pour permettre à l'Europe de rester compétitive et de concourir à l'échelle mondiale. La crise entre la Russie et l'Ukraine n'est pas seulement une crise de confiance, mais aussi une crise impliquant des intérêts commerciaux, économiques, politiques, géopolitiques et stratégiques.
Il s'agit d'un problème multiple et je ne veux en aucun cas essayer de désigner un responsable immédiat, parce que pour nous, pour l'Union européenne et pour les pays d'Europe, tant la Russie que l'Ukraine méritent la critique.
La Russie ne fournit pas le gaz, et l'Ukraine empêche le passage du gaz. À cet égard, nous devons utiliser notre influence dans la région et rechercher des façons de mettre fin à ce problème à court terme.
Par ailleurs, à moyen et à long terme, nous devons diversifier nos sources et les itinéraires de transit et assurer l'interconnexion des systèmes de transport de l'électricité et du gaz dans l'Union européenne afin d'atteindre des objectifs qui nous échappent encore: la solidarité et la mise en œuvre de plans d'urgence. Bien que je ne souhaite pas être un prophète de malheur, cette crise n'est pas encore terminée et la situation de la Slovaquie, de la Bulgarie et des Balkans est aussi grave que critique.
D'après mes notes sur ce qui a été dit par les représentants des différents groupes parlementaires, je ne pense pas du tout que notre programme soit trop libéral ni trop conservateur. Notre programme se base sur les objectifs et les programmes à long terme de l'Union européenne, et la contribution apportée par la République tchèque, l'empreinte tchèque, s'est révélée judicieuse dès les premiers jours de l'année: en effet, l'importance que nous accordons à la sécurité énergétique pourrait susciter, de façon aussi inattendue que tardive, un débat approfondi sur la façon de garantir l'indépendance et la liberté de l'Union européenne.
Cette indépendance nécessite de mettre fin ou de réduire fortement notre dépendance aux sources d'énergie en provenance de pays tiers.
Des questions ont été soulevées concernant la directive sur la lutte contre les discriminations, les objectifs de Barcelone et l'importance insuffisante accordée aux questions sociales.
Je ne vois pas cela sous cet angle, bien que nous ayons évidemment tenté de réduire ces objectifs de base à une forme plutôt symbolique, parce que nous ne sous-estimons pas la question de la lutte contre la discrimination ni celle de la protection des femmes. Je vous assure que nous avons bien une grande expérience de la nécessité de placer des enfants dans différentes infrastructures.
Il est donc essentiel pour nous que les femmes et les familles puissent avoir le choix: il faut qu'elles puissent choisir, à un certain moment, de se consacrer à l'éducation des enfants, et nous souhaitons mettre en place les mécanismes les plus variés pour rendre ce choix possible sans que les familles se retrouvent socialement défavorisées. Il est également important de proposer un éventail adéquat d'infrastructures d'accueil des enfants, et croyez-moi, un pays comme la République tchèque possède une grande expérience en la matière depuis l'époque totalitaire, pendant laquelle ce principe était imposé de façon plutôt brutale.
Je pense que c'est probablement tout ce que j'ai à dire à titre d'introduction.
S'il est une chose dont les Tchèques ne manquent pas, c'est l'assurance. Je souhaite donc affirmer pour conclure que nous ne souffrons pas du moindre sentiment d'infériorité parce que la République tchèque est le plus petit des grands pays ou le plus grand des petits pays - nous somme le douzième plus grand pays de l'Union européenne.
Je voudrais simplement vous rappeler que lorsque la Suède a assuré la présidence en 2001, les articles parus dans la presse étaient exactement identiques à ceux parus en novembre et en décembre 2008. Tout le monde craignait que les eurosceptiques suédois, qui n'ont pas adopté l'euro et ne le souhaitent pas, ne soient pas en mesure de traiter les questions relatives à la monnaie unique, qu'ils ne soient pas capable de mener les discussions relatives à la ratification du traité de Nice, et même qu'ils soient incapables, en tant que membres récents, de diriger l'Union européenne.
Il suffit de remplacer le traité de Nice par le traité de Lisbonne, et la Suède par la République tchèque, et ces articles sont exactement les mêmes.
Nous n'avons aucun complexe d'infériorité à ce sujet.
(CS) Monsieur le Président en exercice du Conseil, je poursuivrai sur le thème tchèque qui a été lancé ici.
Nous assistons à quelque chose que vous avez remarqué et reconnu vous-même, et que vous avez souligné dans votre allocution, à savoir qu'à l'approche des élections parlementaires européennes, vous entendrez forcément de nombreuses interventions, de la part de députés tchèques et autres, dont le contenu résulte davantage de la pression préélectorale que d'une quelconque tentative d'évaluer le programme de présidence que vous venez de présenter.
Je pense que pendant les premiers jours de la présidence tchèque, le gouvernement tchèque s'est trouvé confronté à une épreuve d'une ampleur sans précédent et qu'il a réussi cette épreuve avec brio.
Je me réjouis que plusieurs de mes collègues députés l'aient souligné ici.
Il est clair également que les priorités "3 E" définies pour la présidence tchèque, l'économie, l'énergie et les relations extérieures, ont été choisies à juste titre, car les événements qui ont marqué ce début d'année - le conflit à Gaza et la crise de l'approvisionnement en gaz en Europe - relèvent d'au moins deux de ces priorités.
Une autre réalité que nous n'avions pas encore reconnue est apparue clairement, à savoir le fait que la sécurité énergétique est un facteur absolument essentiel pour l'avenir de l'Union européenne. Cette sécurité est plus importante que tout, je dirais même plus importante que le traité de Lisbonne, car ce traité ne nous apportera ni éclairage, ni chauffage.
La sécurité énergétique ne concerne pas uniquement la présidence actuelle, c'est un problème qui nous suivra pendant de nombreuses années. Il s'agit d'un défi considérable, et c'est un honneur pour la République tchèque de pouvoir contribuer aux progrès accomplis sur cette question.
La situation actuelle montre également que ces "3 E" sont interconnectés. La sécurité énergétique a en effet des conséquences sur l'économie, qui sera toujours la première à ressentir l'impact des restrictions, ainsi que sur les relations extérieures, puisque nous ne pouvons pas préserver la sécurité énergétique et la diversité d'approvisionnement de l'Europe sans un Partenariat oriental, une politique de voisinage ou la poursuite de l'élargissement de l'Union européenne pour inclure, par exemple, la Turquie.
Je suis convaincu que la République tchèque s'attellera à cette tâche, qu'elle fera avancer ce débat et que cette question laissera une empreinte indélébile sur la présidence tchèque et sur la direction de l'Union européenne.
Je nous souhaite à tous de réussir.
(CS) Monsieur le Premier ministre Topolánek, Monsieur le Président Barroso, Mesdames et Messieurs, je ne connais personne au sein de ce Parlement, aucun député qui ne souhaite pas la réussite de la présidence tchèque.
Les Européens de l'Est, de l'Ouest, du Nord et du Sud, de la vieille Europe de la nouvelle Europe, souhaitent la réussite de l'Union européenne et de la présidence tchèque.
Il va sans dire que les députés de ce Parlement, qu'ils appartiennent au camp social-démocrate, populiste, libéral ou vert, partagent cet espoir.
Mais malheureusement, il existe certaines craintes et certains doutes dans l'opinion publique européenne, et même au sein de ce Parlement, quant à la capacité de la République tchèque à assurer la présidence.
Il y a plusieurs raisons à cela.
La première raison est l'instabilité de la coalition au pouvoir en République tchèque.
Mes collègues députés, par exemple, trouvent incompréhensible le remaniement ministériel qui a eu lieu tout au début de cette présidence.
Comment de nouveaux ministres, comme par exemple les ministres du transport et du développement régional, sans aucune expérience européenne, pourraient-ils gérer avec succès l'agenda européen et présider le Conseil européen?
Mes collègues députés ne comprennent pas non plus, par exemple, pourquoi les démocrates-chrétiens actuellement au pouvoir en République tchèque, et qui luttent pour leur survie, ont décidé d'organiser leur congrès électoral pendant la présidence tchèque.
La relation entre le gouvernement et le président tchèque a également suscité différentes questions, comme nous l'avons entendu.
Je voudrais obtenir une réponse claire à la question de savoir si la présidence tchèque, ou le gouvernement tchèque, partage l'opinion du président Václav Klaus, qui rejette le traité de Lisbonne, nie le réchauffement planétaire et prétend que la crise financière et économique actuelle a été provoquée par un excès de réglementation et par les politiques sociales et environnementales.
On peut également se poser des questions sérieuses à la suite du non-respect de la promesse faite à la chancelière Merkel et au président Sarkozy que le gouvernement tchèque, en tant que pays assurant la présidence, ratifierait le traité de Lisbonne avant la fin de l'année dernière.
Monsieur le Premier ministre, j'aimerais que vous nous disiez clairement quand ce traité sera ratifié par le parlement tchèque.
J'aimerais également entendre une déclaration claire expliquant pourquoi la ratification de ce traité a été soumise à la condition de la ratification d'accords bilatéraux avec les États-Unis concernant la question des radars et à l'adoption d'une loi relative à la relation entre les deux chambres du parlement tchèque.
Le traité de Lisbonne, comme nous l'avons entendu, est une nécessité.
Nous en avons besoin entre autres pour réaliser les priorités tchèques.
Je pense que ces priorités sont correctes, mais pour pouvoir continuer à les poursuivre à l'avenir, par exemple en termes de sécurité énergétique et du rôle plus important de l'Europe dans les relations extérieures, nous avons besoin d'une coopération plus étroite et donc du traité de Lisbonne.
Pour conclure, je souhaite bonne chance à la République tchèque.
Sa réussite profitera à la fois à la République tchèque et à l'Union européenne.
(DE) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice du Conseil, l'Union européenne vient de vivre six mois de drame, d'enthousiasme et de grandes déclarations sous le président Sarkozy. Vous avez maintenant pris la relève, Monsieur le Président, avec un sens de l'humour qui nécessitera peut-être un temps d'adaptation.
J'espère que votre présidence du Conseil sera constructive et productive, car l'UE est confrontée à des défis considérables.
Vous avez mentionné vous-même la guerre entre Israël et le Hamas et la crise économique, et il y a également les questions internes comme le traité de Lisbonne.
Permettez-moi d'aborder l'un des thèmes de votre allocution: la sécurité énergétique.
Vous avez souligné son importance fondamentale, et je suis d'accord avec vous pour dire que l'énergie est la matière première de base de la société moderne.
Notre style de vie, notre économie, notre développement - tous en dépendent.
Nous ne pouvons pas être dépendants en matière d'approvisionnement énergétique.
L'indépendance nécessite une bonne combinaison de différentes sources d'énergie.
J'espère donc qu'avec votre style ouvert et direct, vous parviendrez à convaincre vos partenaires européens de se lancer dans une nouvelle discussion sur l'énergie nucléaire, et que vous encouragerez notamment le gouvernement allemand à renoncer à sa politique d'opposition au nucléaire.
Ceci est indispensable à la sécurité de notre continent.
Il y a beaucoup à faire, et vous avez l'opportunité de faire avancer l'Europe.
Je voudrais vous exprimer ma reconnaissance et la confiance que j'éprouve vis-à-vis de notre coopération à venir.
(PL) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice, il existe un seul étalon par rapport auquel nous évaluerons la présidence tchèque désignée par votre gouvernement, et les événements dramatiques des dernières semaines, et cette référence est la politique énergétique de l'Union européenne.
Nous assistons aujourd'hui à la fin d'un nouveau cycle de différends énergétiques entre la Russie et l'Europe, mais nous n'avons toujours pas de garantie systématique ni de cadre politique destiné à éviter des problèmes semblables à l'avenir.
Après les crises énergétiques de 2004, 2006 et 2008, il est grand temps que l'Union européenne se décide à diversifier non seulement son approvisionnement en énergie, mais également les sources même de l'énergie dont nous avons tant besoin.
C'est pourquoi j'attends de la présidence tchèque qu'elle prenne de nouvelles dispositions pour assurer le financement du gazoduc Nabucco et pour mener une politique énergétique vigoureuse en Asie centrale.
Je m'attends donc à ce que le gazoduc nordique soit rayé de la liste des priorités de la Commission européenne, car faute de prendre ces mesures, nous nous réveillerons l'hiver prochain avec les mêmes problèmes que ceux que nous connaissons actuellement.
Madame la Présidente, sur la question de l'énergie, il en va de la crédibilité de l'Europe.
Merci, Monsieur Barroso, pour vos mots très clairs ce matin.
Ces Gazprom et Naftogaz, ce cirque qu'on voit depuis deux, trois, quatre ou cinq jours, c'est incroyable!
Et d'ici, on doit dire: "Messieurs, ça suffit!"
Pour cela, il faut agir ensemble!
Merci pour la bonne coordination!
Quelqu'un, ici, peut-il m'expliquer ce que signifient ces voyages du Premier ministre slovaque et du Premier ministre bulgare à Moscou?
C'est déjà montrer à Gazprom que nous ne sommes pas unis.
Donnez-moi une explication de ces deux voyages.
Ensuite, je crois que la Commission a un grand rôle à jouer: nous devons établir des plans d'urgence gaz.
La première chose à faire c'est une refonte de la directive Sécurité-gaz, sinon la Commission européenne n'aura pas assez de pouvoir politique pour agir.
Il faut une coordination européenne.
Deuxièmement, il faut un plan d'urgence "infrastructures-gaz Europe centrale et de l'Est", avec l'argent qui est disponible.
Troisièmement, il faut combiner la relance économique européenne avec un grand plan d'investissement énergétique.
Première priorité: les bâtiments en Europe de l'Est.
C'est un scandale de voir si peu d'argent des fonds structurels être investi dans ce qui est utile!
Au lieu de construire des stades pour des championnats européens, moi je préférerais qu'on investisse pour les citoyens: bâtiments, réseaux chaleur, énergies renouvelables.
Dernière remarque: concernant l'énergie nucléaire, nous sommes plus dépendants que par rapport au gaz.
Nous importons 99% de nos matériaux combustibles nucléaires!
Arrêtez de lier le nucléaire à l'indépendance!
Madame Koch-Mehrin, vous êtes ridicule quand vous mentionnez cela.
(CS) Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs, je suis convaincu que personne dans cette Assemblée n'envie à la présidence tchèque les circonstances dans lesquelles elle a dû prendre les rênes de la Communauté européenne.
Monsieur le Premier ministre, l'une des principales devises de votre présidence est l'Europe sans barrières.
Ce slogan se prête à différentes interprétations selon l'expérience politique et personnelle de chacun.
Personnellement, je pense qu'il ne faut pas entendre par là un nouveau relâchement en faveur des mécanismes financiers et du marché. Au contraire, je vois là une mise au défi d'améliorer l'une des réalisations dont l'Europe peut être fière, à savoir le modèle social européen.
Je ne pense pas simplement à la possibilité de supprimer des contraintes inutiles ou d'améliorer les perspectives d'emploi.
Je considère cette opportunité comme l'occasion de donner aux travailleurs mobiles des garanties en matière d'égalité de traitement.
Ceci peut inclure, par exemple, un progrès sur la question non résolue des soins de santé transfrontaliers durant la présidence tchèque.
Si l'Europe doit être sans barrières, la première chose à faire est de ne pas en créer de nouvelles.
L'Europe ne se limite pas à la Communauté européenne; elle inclut également nos voisins, qui font partie de l'Europe au sens historique autant que géographique.
J'aimerais connaître votre opinion à ce sujet ainsi que la stratégie que la présidence compte appliquer à nos voisins le long des frontières de l'Union européenne.
Je pense principalement à la Serbie et à la délicate question du Kosovo, et je pense aussi notamment à la Moldavie, qui a pris de nombreuses mesures positives pour se rapprocher de la Communauté européenne.
Selon moi, le fait de ne pas créer de barrières nécessite une politique basée sur les principes européens à l'égard de la Russie et de la Chine.
Il faut tenter de parvenir à une relation équilibrée avec ces pays également, surtout lorsque des intérêts européens sont en jeu.
L'Europe sans barrières implique également d'accorder une attention suffisante aux nombreuses minorités qui vivent sur le territoire de l'UE.
On trouve parmi celles-ci une minorité dont ce Parlement hésite à discuter, à savoir les résidents non citoyens de certains États de l'Union européenne.
Pour résoudre ces problèmes, il faut notamment instaurer une nouvelle politique, et donc renoncer à la politique de deux poids et deux mesures.
Vous avez souligné l'importance fondamentale de la liberté et de la prise de décision.
Donnez aux citoyens de votre propre pays la possibilité de se prononcer par référendum sur le traité de Lisbonne et sur l'implantation des radars américains.
Ceci permettra de confirmer la sincérité de vos paroles.
Madame la Présidente, je voudrais, au nom du groupe indépendance et démocratie, saluer respectueusement la Présidence tchèque, la saluer en lui disant notre considération, parce que le peuple tchèque a traversé de grandes épreuves et est mieux à même que beaucoup d'entre nous de comprendre le prix et le sens du mot liberté.
La saluer aussi avec nos espoirs.
Vous représentez, Monsieur Topolánek, Monsieur Vaclav Klaus, deux espoirs pour nous: écouter la voix des peuples, c'est-à-dire, faire respecter le référendum sur le traité de Lisbonne dans toute l'Europe et rendre aux peuples leur liberté pour libérer les peuples de la bureaucratie bruxelloise qui nous submerge.
Nous sommes aujourd'hui de plus en plus nombreux, les peuples d'Europe, à être les dissidents de Bruxelles.
(NL) Madame la Présidente, avec une minute à peine de temps de parole, je peux tout juste implorer la présidence tchèque de nous aider à veiller à ce que les institutions européennes respectent la démocratie.
Dans une démocratie, c'est le peuple qui décide.
Or dans les pays où la population a pu s'exprimer, c'est-à-dire en France, aux Pays-Bas et en Irlande, le traité de Lisbonne, connu également sous le nom de constitution européenne, a fini à la poubelle.
J'espère que la nouvelle présidence se rangera aux côtés des citoyens et de la liberté et non, comme nous y sommes habitués, des mandarins arrogants de l'Europe.
Il y a également la question turque.
La grande majorité des Européens s'opposent à ce qu'un pays non européen adhère à notre Union.
Mais dans ce dossier également, les eurocrates imposent leur propre volonté, et nous avons besoin de l'aide de la présidence tchèque.
Étant donné que la République tchèque s'est débarrassée d'une dictature il n'y a pas si longtemps, votre présidence pourrait être un symbole de démocratie et de liberté au cours des six prochains mois, si toutefois vous avez l'audace d'aller à l'encontre des desiderata des élites européennes.
(EN) Madame la Présidente, j'accueille chaleureusement M. le Premier ministre Topolánek au Parlement européen et, fort d'échanges de vues passés, je sais que l'Europe est en de très bonnes mains pour les six mois à venir.
Il s'agit d'un moment historique pour la République tchèque, pendant lequel pour apporterez vos compétences politiques coutumières.
Le programme de la présidence tchèque a établi quelques priorités importantes: les trois "E" de l'énergie, de l'amélioration économique et du rôle de l'Europe dans le monde.
À l'aube de votre présidence, vous avez en effet été confronté à des défis de taille.
Vous vous êtes rendu à Moscou et à Kiev et vous travaillez dur pour tenter d'obtenir un accord afin de rétablir la fourniture de gaz naturel aux pays européens.
Vous avez fait preuve de grandes qualités diplomatiques jusqu'à présent en travaillant avec la Russie et l'Ukraine, mais il est vital que le gouvernement russe comprenne que prendre des nations en otage n'est pas une façon de conduire les affaires dans le monde moderne.
Vous avez montré le chemin à l'UE jusqu'à ce jour et je vous en félicite. Je salue également votre travail afin de résoudre la crise actuelle au Moyen-Orient en instaurant un cessez-le-feu crédible et en permettant ainsi la reprise des pourparlers de paix.
La crise économique reste l'une de vos priorités.
Vous soutenez des mesures raisonnables afin de surmonter le ralentissement économique.
Vous avez été clair sur l'importance de la non-imposition, par l'Europe et les États membres, de nouveaux règlements inappropriés au niveau européen ou national.
Vous avez abordé la mobilisation des pays qui partagent votre perspective économique libérale afin de s'opposer au protectionnisme.
Notre tâche consiste à s'assurer que tout changement réglementaire soit adapté et raisonnable.
Enfin, dans une semaine, un nouveau président américain occupera la Maison Blanche.
Je sais que nous pouvons vous faire confiance, Monsieur le Premier ministre, pour établir une bonne relation de travail avec le président Obama.
Je sais que vous partagez mon point de vue selon lequel l'avenir de l'alliance transatlantique est vital pour notre sécurité et notre prospérité.
Je vous souhaite beaucoup de succès.
Je citerai Winston Churchill lors de son dernier discours mémorable à la Chambre des communes: "ne jamais fléchir, ne jamais abandonner, ne jamais désespérer."
Bonne chance.
(EN) Madame la Présidente, nous devons admettre que la présidence tchèque a été confrontée dès le début à de graves difficultés.
La crise économique qui empire, l'opération militaire brutale menée par Israël et la plus grande crise de fourniture de gaz que l'Europe ait jamais connue.
Votre tâche sera d'autant plus ardue que les tensions politiques liées à la campagne électorale européenne seront plus fortes.
La fin de votre présidence sera marquée par l'élection de 532 nouveaux députés européens.
J'insiste sur ce chiffre parce que ce n'est pas celui prévu dans le traité de Lisbonne.
Je pense que la ratification du traité et son entrée en vigueur devraient occuper une place prioritaire dans votre programme, au niveau à la fois national et européen.
On peut avoir l'impression que vous n'avez pas eu de chance en prenant la tête de l'UE dans une telle situation, mais chaque crise constitue également une occasion.
Saisissez-la.
Rendez l'UE plus active, visible et crédible au Moyen-Orient.
Tentez de développer une politique communautaire plus responsable en matière d'énergie et de fourniture d'énergie.
Faites-en davantage pour remettre l'économie européenne sur les rails tout en maintenant les emplois.
Monsieur Topolánek, je voudrais qu'une autre présidence par un nouvel État membre soit un succès.
Telle est la responsabilité particulière qui vous incombe et qui prouvera que les nouveaux arrivants sont capables non seulement de suivre, mais également de diriger.
La condition principale à la réussite est de rassembler les 27 États membres et de les unir autour de politiques et d'actions, ce qui est impossible si l'unité ne règne pas dans votre propre pays.
Les messages contradictoires provenant de différentes institutions tchèques nuisent à vos perspectives de succès. Dès lors, faites de votre mieux pour interdire toutes les manœuvres politiques internes.
Ce n'est pas simple dans un contexte pré-électoral, mais la Slovénie est un exemple que vous pouvez suivre.
La seconde condition est de rassembler derrière vous les principaux partis politiques de ce Parlement.
Pendant six mois, vous devez oublier votre propre appartenance politique et engager un large dialogue.
La présidence française peut être une source d'inspiration dans ce domaine.
Enfin, je voudrais attirer l'attention sur la montée de l'extrémisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie en Europe.
La République tchèque n'échappe pas non plus à ce phénomène.
Je vous demande d'inclure ce problème dans votre programme, en particulier au vu des prochaines élections européennes.
Je vous souhaite beaucoup de succès.
(EN) Madame la Présidente, je tiens à remercier le président en exercice pour sa présence ici aujourd'hui afin d'exposer le programme de la présidence tchèque.
Cependant, j'attirerai l'attention sur certaines questions auxquelles, je l'espère, votre présidence pourra répondre.
Tout d'abord, la devise que vous avez choisie est "Une Europe sans barrières."
J'approuve les prémisses de cette devise.
Elle devrait particulièrement s'appliquer aux citoyens européens qui ont le droit de se déplacer et de résider librement au sein de l'UE.
Je suis la rapporteure pour l'application de la directive sur la libre circulation.
Malheureusement, il semble que votre devise soit menacée par les autorités nationales.
La Commission a récemment publié un rapport très décevant sur l'application de cette directive.
Au vu de la transposition incorrecte de la directive par les États membres, j'espère que vous accorderez à cette question plus de poids que ce qui apparaît dans votre programme en matière de liberté et de sécurité.
Ensuite, outre certaines questions décourageantes auxquelles vous serez confronté pendant votre présidence - à savoir, la crise financière mondiale persistante et les problèmes liés à la sécurité énergétique - vous devrez également porter une lourde charge législative.
Par conséquent, j'espère que vous utiliserez tous les moyens nécessaires afin de boucler correctement les nombreux rapports en suspens avant la fin du mandat parlementaire.
En particulier, les citoyens européens attendent des informations concernant la réduction du prix des communications vocales, par SMS et de l'itinérance.
J'espère que vous honorerez votre engagement de conclure un accord en première lecture concernant mon rapport Itinérance II.
Je vous remercie et vous souhaite bonne chance pendant votre présidence.
(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je souhaite chaleureusement la bienvenue à la présidence tchèque et j'espère qu'elle parviendra à sortir l'Europe des persiflages inutiles de Bruxelles et à la pousser enfin à agir pour lutter contre le trafic honteux d'immigrants illégaux en Méditerranée.
Lors d'une réunion des ministres de l'intérieur de Chypre, de Grèce, d'Italie et de Malte organisée récemment à Chypre, M. le ministre Maroni a finalement lancé un appel à l'Europe.
Il est temps que l'Europe se rende compte de la situation en Méditerranée, qui est le théâtre d'un trafic d'immigrés clandestins et de stupéfiants en provenance d'Afrique et d'Asie.
La présidence tchèque doit tenir compte de la nécessité urgente de prendre des mesures permettant aux ministres de l'intérieur de conclure des accords de réadmission avec les pays non européens dont sont originaires ces immigrés clandestins.
Nous devons renforcer l'action de Frontex, qui doit toutefois reposer sur une coordination, des ressources et des instruments adéquats. L'Europe doit comprendre que cette action ne peut être efficace que si elle s'accompagne de politiques de réadmission des immigrés illégaux et de fonds alloués aux pays, comme le mien, qui doivent accueillir des immigrés illégaux.
Monsieur le Président en exercice, allez à Lampedusa vous rendre compte de la gravité du problème.
Nous sommes en train de devenir le centre de la lutte contre le trafic de drogue en Méditerranée - une activité scandaleuse que nous devons éradiquer.
Allez à Lampedusa en tant qu'homme politique et retournez-y en tant que touriste, sur la plus belle île de la Méditerranée!
(Applaudissements)
(DE) Madame la Présidente, Monsieur Barroso, Monsieur Topolánek, je salue l'arrivée de la présidence tchèque.
En tant que citoyen pragois élu au Parlement européen sur la liste allemande des Verts, je me réjouis particulièrement que la République tchèque occupe la Présidence du Conseil au cours des six prochains mois.
Il y a plus de quarante ans, à la suite de l'occupation de la Tchécoslovaquie, je suis parti en exil politique en Allemagne. Je m'émerveille encore à l'idée que nous sommes aujourd'hui libres de faire avancer le développement de la démocratie et du respect des droits de l'homme en République tchèque et en Europe centrale.
La situation politique, économique et environnementale poserait des défis considérables à n'importe quelle présidence du Conseil, mais je pense que celle-ci sera à mesure de les relever.
Je voudrais nous souhaiter à tous, et pas seulement à la République tchèque, un maximum de réussite pour cette présidence.
(Applaudissements)
(EL) Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le Président en exercice du Conseil, parmi les priorités définies pour votre présidence, on retrouve celle-ci: pour que l'Union européenne puisse mener une action internationale, elle doit lier sa sécurité à une coopération stratégique avec l'OTAN et développer ses propres capacités de défense en complément de l'OTAN.
Les citoyens se posent la question: qui donc présente une telle menace pour l'Union européenne qu'elle est obligée de lier sa sécurité à l'OTAN?
Au contraire, une menace visible pour l'Union européenne est la stratégie appliquée par Israël, une stratégie de guerre, que l'Union européenne n'a pas condamnée clairement et contre laquelle elle n'a pas imposé de sanctions, comme elle l'a fait dans d'autres cas.
Vous affirmez également que vous souhaitez une économie sans frontières, qu'il faut éviter les réglementations excessives et le durcissement du protectionnisme.
Est-ce que ce sont là les leçons que nous, Union européenne, avons retenues de la crise économique?
Pas de protection pour les pauvres, et un maximum de spéculation sur les marchés?
Il n'est donc guère surprenant que nos citoyens perdent patience face aux politiques de l'Union européenne.
L'Eurobaromètre, que nous choisissons toujours d'ignorer, nous l'indique clairement.
L'essentiel aujourd'hui, comme le montrent les manifestations massives, est la nécessité d'une politique de paix au lieu d'une neutralité complice.
Les réactions et les protestations de la base démontrent amplement le besoin de justice et la nécessité d'exercer un contrôle politique sur le marché et sur le prix des matières de base afin de permettre à chaque pays de jouer le rôle social que ses citoyens attendent de lui, sans se plier aux restrictions dogmatiques du pacte de stabilité.
(EN) Madame la Présidente, je tiens à accueillir chaleureusement le président en exercice et je souhaite beaucoup de succès à sa présidence ainsi qu'à son peuple.
En tant que députée irlandaise, je voudrais remercier le gouvernement et le peuple tchèques.
Lorsque mon peuple a voté "non" par référendum au traité de Lisbonne, seule la représentation tchèque a déclaré respecter le vote irlandais.
Dans un climat d'irrespect des votes français, hollandais et irlandais - et des personnes qui n'ont pas pu voter -, ce signe de respect était le bienvenu.
Le respect est une attitude précieuse et nécessaire.
L'Europe traverse de nombreuses crises.
Vous avez élaboré un programme ambitieux afin de les surmonter.
Un tel programme exige le respect entre les États membres.
Il réclame également le respect des personnes de ces États membres s'il veut avoir la moindre chance de réussir.
Je suis impressionnée par le respect dont vous avez fait preuve envers votre peuple en reconnaissant qu'il pouvait également, à l'instar des Irlandais et s'il en avait l'opportunité, probablement refuser le traité de Lisbonne.
Un tel respect est de bon augure pour votre présidence et pour l'Europe.
(DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, il est probable que vous ne vous soyez pas attendu à une réception aussi amicale et bienveillante de la part du Parlement européen, Monsieur Topolánek - mais il est vrai que la présidence tchèque du Conseil est un événement chargé d'histoire.
J'ai assisté à deux événements réellement historiques au cours de ma carrière politique, le premier étant la réunification allemande, et le deuxième la réunification de l'Europe après deux guerres civiles meurtrières au cours du siècle dernier.
Le fait que la République tchèque représente aujourd'hui la présidence devant le Parlement européen témoigne des changements historiques incroyables dont nous avons été témoins et pour lesquels nous pouvons nous montrer reconnaissants.
Je vous garantis l'appui du groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates Chrétiens) et des Démocrates Européens, sans réserve et sans scepticisme.
Vous avez à juste titre évoqué Charles IV, qui fut non seulement le premier architecte d'un réseau transeuropéen de transport mais également le fondateur de l'une des universités les plus anciennes et les plus prestigieuses d'Europe. Il est à ce titre le digne représentant d'une universalité européenne qui a probablement marqué plus profondément les Européens que tous les traités que nous avons pu signer.
À l'exception des quelques remarques eurosceptiques auxquelles votre pays nous a habitués, vous avez toute notre soutien.
Les membres du groupe PPE-DE sont des Européens convaincus, cela ne fait aucun doute, mais c'est précisément cette conviction qui nous permet de reconnaître les erreurs de l'Europe et d'aider à les corriger.
Le traité de Lisbonne est un excellent instrument pour corriger les erreurs de l'Europe.
C'est pourquoi je tiens à exprimer l'espoir qu'en tant que président du Conseil, vous contribuerez à l'entrée en vigueur de ce traité et que votre pays le ratifiera dès que possible.
- (ES) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Président de la Commission, Mesdames et Messieurs, je souhaite chaleureusement la bienvenue à la présidence tchèque avec autant de sincérité qu'en 1991, lorsque je me suis adressé au sénat de Tchécoslovaquie en tant que président du Parlement européen pour l'inviter à nous rejoindre.
Selon moi, cette grande génération de citoyens tchèques et slovaques est symbolisée par une personne respectée en Europe et dans le monde entier.
Je veux évidemment parler du président Václav Havel.
J'ai deux commentaires et suggestions pour le Président en exercice.
Vous avez pris la décision - et à cet égard, je suis heureux que vous mentionniez l'Europe des règles - de subordonner la ratification du traité de Lisbonne à la ratification de l'accord sur le bouclier anti-missiles.
Nous sommes nombreux à penser que cela n'est pas la bonne façon de procéder, mais vous avez pris la décision de subordonner votre propre pays à quelque chose qui nécessite une décision commune.
Il est une chose que nous ne pouvons cependant ignorer, c'est le fait que le conflit du gaz est un conflit politique.
Je pense que dans cette situation, il vous sera très difficile de mener une politique vis-à-vis de l'Est.
Je ne comprends pas pourquoi, alors que les Tchèques sont si fiers de leur souveraineté et de leur indépendance, vous subordonnez le comportement des Tchèques aux actions des Irlandais.
Deuxièmement, Monsieur le Président en exercice du Conseil, vous n'avez pas mentionné l'euro.
Hier, nous avons célébré au Parlement le 10e anniversaire de l'euro et son adoption par votre république sœur, la Slovaquie.
Qu'allez-vous faire pour défendre l'euro au cours de la présidence tchèque?
(SV) Madame la Présidente, Monsieur Topolánek, Monsieur Barroso, il est tout à fait exact que nous vivons actuellement deux crises: une crise du climat et une crise financière.
Nous pouvons également y ajouter une crise énergétique.
Il est donc important de ne pas nous dissiper.
Ma question au Premier ministre Topolánek est donc la suivante: la République tchèque veillera-t-elle à ce que les programmes adoptés face à la crise économique servent également à résoudre la crise climatique?
Après tout, nous avons ici l'opportunité d'offrir à nos citoyens un meilleur environnement et de nouveaux emplois et d'aider les petites entreprises.
L'histoire montre que chaque crise financière est suivie d'une évolution technologique.
Grâce aux investissements dans de nouvelles technologies écologiques telles que les centrales de chauffage, les biocarburants, la cogénération, les maisons à haut rendement énergétique, les panneaux solaires, les réseaux intelligents etc., nous pouvons bénéficier des ajustements nécessaires pour faire face à la menace climatique tout en suscitant la reprise économique dont l'Europe et le monde ont besoin.
Des investissements simultanés dans les technologies respectueuses du climat et dans l'emploi permettront également de stabiliser notre situation vis-à-vis de la Russie en matière de sécurité.
Ceux qui se sont opposés au paquet énergétique et à une politique énergétique exhaustive à l'échelle européenne comprendront peut-être maintenant pourquoi nous nous sommes donné tant de mal pour permettre à l'Europe de parler d'une seule voix sur ces questions.
En tout cas, les citoyens européens privés de chauffage en plein hiver savent ce qu'il faut faire.
Nous ne pouvons pas revivre une situation comme celle que nous avons connue au Moyen-Orient, avec trois ou quatre délégations européennes qui se tournent autour.
Je salue donc la présidence tchèque et je me réjouis de sa coopération déjà bien établie avec le prochain pays destiné à occuper la présidence, la Suède, et je vous souhaite bonne chance.
(LV) Chers collègues députés, Monsieur Barroso, Monsieur Topolánek, je tiens à remercier le gouvernement tchèque pour sa détermination à poursuivre l'évaluation, entamée sous la présidence slovène, des aspects politiques, moraux et légaux des crimes commis par le régime communiste.
Les conséquences des crimes du régime communiste sont comme une cicatrice repoussante sur le visage de l'Europe.
Pourtant, au nom de la realpolitik, les politiciens européens continuent à faire semblant de ne pas la voir.
Cela montre que l'Europe continue à manquer de respect d'elle-même face à l'idéologie totalitaire de la Russie.
Malheureusement, aussi longtemps que les actions du nazisme seront reconnues comme des crimes contre l'humanité alors que les crimes du régime communiste de l'URSS seront excusés, nous devrons accepter le fait que l'Europe et sa réalité historique sont divisées en une moitié Ouest et une moitié Est.
L'approvisionnement en gaz de l'Ukraine est interrompu et des chars russes pénètrent en Géorgie.
Aussi longtemps que cela durera, les valeurs communes de l'Europe ne seront qu'un rêve.
J'appelle la présidence tchèque à mettre en pratique la détermination manifestée dans la déclaration de Prague.
(EN) Madame la Présidente, c'est la première fois qu'un pays de l'ex-Union soviétique assume la présidence, et nous croisons les doigts, Monsieur le Premier ministre, pour que ce soit une présidence de premier ordre.
Vous avez inauguré votre présidence dans un climat politique tendu et sous le vent glacial de la crise énergétique.
Je tiens à vous féliciter, Monsieur le Premier ministre Topolánek, pour votre action rapide et pour votre engagement à trouver une solution à la crise du gaz, ainsi que pour la médiation que vous avez entreprise entre la Russie et l'Ukraine.
Deux des trois priorités de la présidence tchèque - l'énergie et le partenariat oriental - dépendent du gaz.
Il est au centre des deux priorités de votre présidence.
Vous devez trouver dès maintenant une solution urgente au problème de la solidarité.
Vous devez vous atteler à débloquer les fournitures de gaz aux 18 États membres dont les citoyens et les industries sont lésés.
Vous devez ensuite dégager une solution durable et systémique à long terme.
Nous attendons de vous que vous établissiez une stratégie complète et décisive.
Je salue également la priorité que vous accordez au partenariat oriental, qui nous fournirait un cadre approprié pour une meilleure coopération avec nos partenaires orientaux, si proches de nos frontières.
Le Parlement européen le complétera par sa propre dimension en créant une assemblée interparlementaire, l'Euronest.
Ce partenariat contribuera à prévenir une autre crise similaire à celle-ci.
Je suis certain que la présidence tchèque, confrontée à une période si délicate et à la gestion d'une crise, sera capable de combler nos attentes et que, dans six mois, les barrières seront réduites et l'Europe plus forte, plus sûre et plus juste, comme l'affirme votre slogan.
- (CS) Rendre l'Europe plus douce!
Je vous souhaite bonne chance.
- (DE) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice du Conseil, "une Europe sans barrières" est une bonne devise. Elle touche le cœur de l'idée européenne, le fait de rapprocher les peuples.
J'espère toutefois qu'il sera possible d'abattre les barrières qui ferment les esprits de certaines personnes, qui éprouvent encore des réserves politiques, voire idéologiques face à l'Union européenne, et qui s'opposent donc à son évolution telle que la prévoit le traité de Lisbonne.
Il reste aussi beaucoup de travail à faire en la matière dans votre propre pays.
Le traité de réforme est essentiel.
Comment comptez-vous mener une politique énergétique sans la base prévue par le traité de Lisbonne?
C'est impossible.
De nombreux autres domaines politiques peuvent et doivent être envisagés de la même façon.
Il est absolument inacceptable de lier la ratification du traité à d'autres questions d'ordre intérieur. Il s'agit d'un traité communautaire sans aucun rapport avec les différends politiques nationaux, opposition contre gouvernement ou inversement.
L'Europe est une communauté de valeurs.
Les droits de l'homme et la règle de droit - des domaines dans lesquels votre pays présente également des lacunes - sont au centre des préoccupations.
J'aimerais profiter de cette opportunité pour mentionner le cas du Dr Yekta Uzunoglu, qui lutte depuis 14 ans pour la justice et pour obtenir réparation.
Je vous demande de tout faire pour que cette affaire malheureuse, pour laquelle Václav Havel a déjà fait une grève de la faim, trouve une issue positive sous votre présidence.
Au terme de la présidence française du Conseil, le président Sarkozy a déclaré que ces six mois l'avaient changé.
J'espère que cette expérience vous changera également, ainsi que plusieurs autres dirigeants de République tchèque.
(EN) Madame la Présidente, je voudrais poser quatre questions au président en exercice.
Monsieur le Président en exercice, si, comme vous l'avez déclaré, vous pensez que le traité de Lisbonne est pire que le traité de Nice, pourquoi l'avoir signé?
Deuxièmement, pourriez-vous confirmer que la République tchèque ne sera pas tentée de suivre l'exemple irlandais et ne cherchera pas à démonter le paquet Lisbonne?
Troisièmement, n'est-ce pas contradictoire de venir ici et faire l'éloge de la légitimité du Parlement pour ensuite refuser de soutenir le traité qui renforce tant ses pouvoirs?
Quatrièmement, la présidence tchèque peut-elle réellement jouir d'une autorité à moins qu'elle ne ratifie le traité et jusqu'à ce qu'elle le ratifie?
(PL) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice du Conseil, paradoxalement, cette crise multiple qui frappe le monde entier et l'Europe peut également être une alliée, vu que ceux qui avaient pris l'habitude de donner à tous des leçons de gestion assument une lourde part de responsabilité dans cette crise.
Ce sont eux qui tenaient les rênes du pouvoir et qui nous ont plongés dans cette crise.
Un vent de changement souffle aujourd'hui, il était perceptible dans votre allocution, et je souhaite donc à la présidence tchèque de réussir.
J'aimerais évoquer un événement historique qui pourrait vous inspirer.
En 1618, une délégation diplomatique envoyée par les Habsbourg s'est rendue à Hradčany, où elle a fait preuve d'une arrogance sans précédent.
Les Tchèques les ont jetés par la fenêtre, comme ils le méritaient, dans un épisode connu sous le nom de "défénestration de Prague".
J'appelle aujourd'hui de mes vœux une nouvelle défénestration.
J'espère que vous jetterez tous les conseillers malhonnêtes par la fenêtre de la décence et de la raison et que vous parviendrez à faire avancer les affaires de l'Europe.
Voilà ce qu'attendent les citoyens européens, et vous ne réussirez pas en écoutant ces charlatans.
(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, comme toujours en Europe, nous traversons des événements historiques importants, et les six mois de la présidence tchèque en feront certainement partie.
Nous sommes confrontés à de nombreux problèmes importants auxquels la présidence devra trouver une solution. La voie à suivre pour le traité de Lisbonne, dont l'adoption doit être finalisée, a déjà été définie.
Mais nous avons besoin d'on nouvel élan pour éviter que ce processus ne se prolonge pendant au-delà de cette année. La grave crise économique mondiale continuera à produire ses effets, et il ne fait aucun doute que ces effets seront importants tout au long de cette année.
Il faut espérer que cette présidence suivra la voie choisie par la présidence française pour que les prochaines réunions du G8, sous la présidence italienne, produisent les résultats dont l'Europe a besoin.
L'Europe est confrontée à un problème grave en termes d'approvisionnement en énergie: c'est là un problème crucial et difficile à résoudre.
Toutefois, nous sommes peut-être sur le point de trouver une solution. En tout cas, il faut absolument garantir l'avenir étant donné la dépendance de nombreux pays, y compris le mien, à ces approvisionnements.
La situation de la bande de Gaza est intolérable.
On ne négocie pas avec des terroristes, mais les attaques à l'encontre du peuple israélien doivent cesser une bonne fois pour toutes et nous ne pouvons plus tolérer la mort de civils innocents dans cette guerre absurde et malheureusement ininterrompue.
Il faut résoudre le problème de l'immigration au niveau européen, et il convient donc d'accorder une grande importance à la situation de certains pays, dont l'Italie et Malte, qui sont confrontés à des problèmes considérables dans ce domaine.
Nous devons nous pencher rapidement sur la question cypriote afin de régler une fois pour toutes les relations entre la Grèce et la Turquie, et entre l'Europe et la Turquie qui, en outre, attend toujours de pouvoir adhérer à l'Union.
Enfin, M. Topolánek, je souhaite vous voir toujours présent dans cette Assemblée; je vous souhaite bonne chance dans votre travail, et je vous remercie d'être resté avec nous après votre première réponse.
Les présidences précédentes ne nous y ont pas habitués.
C'est bon signe, et je vous en remercie.
Madame la Présidente, Monsieur le Président, j'ai découvert chez vos historiens tchèques la raison pour laquelle vous n'avez pas ratifié le traité de Lisbonne: ils parlent en effet de la magie du chiffre 8, comme 2008.
Ce chiffre ponctue votre histoire, disent-ils: 1918, Tchécoslovaquie créée, 1348, Prague, ils citent une quarantaine d'exemples et notamment, trois derniers douloureux: 1938, où France et Royaume-Uni vous abandonnent, 1948 où vous êtes mis de l'autre côté par un coup d'État et 1968, les chars soviétiques.
Alors 2008, je comprends, vous avez laissé de côté, puisque vous avez pensé que le ratifier cette année-là c'était suspect, d'autant qu'on a entendu dans certaines bouches la comparaison entre la souveraineté limitée de Brejnev et le traité.
Le camarade Barroso, qui est là, malgré tous ses défauts et malgré son passé, n'est pas Brejnev!
(Rires)
Nous sommes dans une construction à souveraineté partagée et librement consentie.
Le traité de Lisbonne, ce n'est qu'un moment dans cette histoire, ce n'est qu'une étape dans cette histoire.
Je vous en supplie, 2008 c'est fini, ratifiez en 2009!
(Applaudissements)
(LT) La République tchèque accède à la présidence de l'Union européenne à un moment où nous discutons de la façon de transformer l'économie et où nous débattons de l'adoption, pour l'avenir, d'un modèle plus social ou plus libéral pour l'avenir de l'Union européenne.
Ce débat est parfois présenté comme un conflit entre la vieille Europe et la nouvelle Europe, mais je pense que les Tchèques parviendront à un consensus - après tout, il n'y a pas de si grandes différences entre ces deux conceptions.
La mondialisation et l'environnement économique multiculturel qui se développe encore actuellement les rapprochent.
La notion d'"économie de marché" est perçue très différemment par différentes personnes, et c'est là un facteur comportemental.
Les pays de l'ancien bloc soviétique comprennent parfaitement que l'existence d'institutions du marché et de lois ne signifie pas nécessairement que le marché va s'épanouir. Ces institutions doivent correspondre à la mentalité et aux attentes des citoyens.
Nous essayons parfois d'accentuer ces différences entre les différents modèles économiques à des fins politiques.
Dans une perspective politique à long terme cependant, si l'on tient compte de l'évolution de l'environnement économique multilingue et multiculturel, le fait de retarder la réforme des politiques économiques ne peut que renforcer l'influence des groupes populistes radicaux. Cela risque de provoquer une instabilité politique à long terme et un retard économique.
(DE) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice, Mesdames et Messieurs, je voudrais féliciter la présidence tchèque du Conseil à l'occasion de son entrée en fonction.
C'est la première fois que la présidence du Conseil est assurée par un pays de l'ancien pacte de Varsovie, ce qui, comme M. Nassauer l'a mentionné à juste titre, revêt une importance symbolique.
Les négociations sur le gaz, les activités du président en exercice Schwarzenberg au Moyen-Orient et de nombreux autres exemples montrent que la présidence tchèque du Conseil est bien préparée au travail qui l'attend.
J'attache donc une grande importance aux espoirs fondés sur ce que l'on appelle un concept stratégique de sécurité énergétique.
Cet exemple particulier montre clairement qu'il existe de nombreux domaines dans lesquels les États nations ne sont plus en mesure de défendre seuls les intérêts de leurs citoyens, et où seule une approche européenne commune peut y parvenir.
Cependant, Monsieur le Président en exercice, ces compétences en matière d'énergie et de sécurité énergétique ne nous sont conférées que par le traité de Lisbonne.
Actuellement, nous agissons uniquement à titre de coordinateurs, et nos actions ne sont pas contraignantes.
Il existe de nombreux défis que nous ne serons pas en mesure de relever sans la capacité d'action que nous donne le traité de Lisbonne - la capacité d'une plus grande démocratisation, à savoir le renforcement des droits du Parlement européen et de ceux des parlements nationaux.
J'espère donc que l'interprétation vers l'allemand s'est fourvoyée quand elle vous a fait dire que le traité de Nice était sans doute meilleur que le traité de Lisbonne.
Vous devriez encore être en mesure de corriger la version allemande.
Nous devons donc nous efforcer de dire clairement que seul le traité de Lisbonne nous permettra de mieux affronter nos principaux défis dans tous les domaines principaux.
Merci beaucoup.
(PT) Monsieur le Président en exercice, vous avez parlé d'une Europe de règles.
En fait, vous avez beaucoup parlé de règles.
Eh bien, l'une des règles de la démocratie est qu'il faut respecter ses engagements.
Vous vous étiez engagé à ratifier le traité de Lisbonne avant la fin de l'année 2008.
Vous ne l'avez pas fait, et c'est un tort.
Je vous pose donc la question: "Quand la République tchèque va-t-elle ratifier le traité de Lisbonne?"
Vous avez également parlé d'assurance.
Cette assurance me fait plutôt penser à de l'arrogance.
Le gouvernement et le président tchèques ont parfaitement le droit de dire ce qu'ils veulent, mais ils ne doivent pas oublier qu'ils font partie de l'Union européenne et qu'ils parlent désormais au nom de près de 500 millions de citoyens et de 27 États membres.
C'est pourquoi vous ne pouvez ignorer le fait que 25 États membres ont déjà ratifié le traité de Lisbonne et que l'Irlande a déjà prévu un deuxième référendum.
Heureusement, les sondages semblent indiquer une majorité en faveur du traité.
Les Irlandais ont compris que dans cet environnement international particulièrement difficile, leur appartenance à l'Union européenne et leur adoption de l'euro les ont protégés de problèmes plus graves encore.
Il ne reste plus à la République tchèque qu'à indiquer quand elle compte ratifier le traité de Lisbonne.
Comme l'a indiqué le président de mon groupe, Martin Schulz, à un moment où l'Europe fait face à des difficultés sans précédent, il faut qu'elle parle d'une seule voix.
Seul le traité de Lisbonne le permet.
- (IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, Monsieur Topolánek, vous avez mentionné le Partenariat oriental.
Ce partenariat est une invention relativement récente de l'Union européenne. Il n'existait pas dans l'Europe que les pères fondateurs du manifeste de Ventotene appelaient de leurs vœux, ni dans l'Europe des premiers temps après la seconde Guerre Mondiale.
Cette Europe donnait à ses voisins, y compris ceux d'Europe centrale et de l'Est, la perspective de la rejoindre.
L'Europe a été un facteur de paix non pas en offrant à ses voisins la perspective d'un partenariat, mais la perspective d'une adhésion, de devenir membres de l'UE.
Puisque nous parlons de barrières, de définir les limites de l'Europe, la présidence française qui vous a précédé a claqué la porte au nez de la Turquie et a exprimé clairement l'intention de l'Union européenne de fermer ses frontières.
Le résultat est que tout autour de l'Union européenne, qui représentait autrefois un espoir pour les pays comme le vôtre, nous voyons aujourd'hui des guerres et des tensions au Moyen-Orient, dans les Balkans, dans le Caucase, l'Oural et le Maghreb.
Nous, les membres du Parti Radical non violent, vous demandons de tenir compte de la nécessité urgente d'envisager des États-Unis d'Europe, d'ouvrir l'Union à de nouveaux membres et de ne pas se fourvoyer dans des relations de partenariat.
Ce partenariat ne couvre pas les facteurs les plus importants: les droits civiques et politiques des citoyens de l'Europe et des pays limitrophes du continent européen.
(EN) Madame la Présidente, je tiens à féliciter le président en exercice pour la compétence dont sa présidence a déjà fait preuve en traitant de nombreuses questions.
Beaucoup de Suédois ont toujours le sentiment que Prague est à l'est de Stockholm, et ce en raison de l'héritage laissé par la géographie politique du siècle dernier.
C'est inexact et votre présidence, Monsieur le Président en exercice, rendra à la République tchèque la place qui lui est propre dans nos cartes mentales - au cœur de l'Europ,e dans le passé, ainsi que dans le futur.
Puis-je également exprimer l'espoir que vous ouvrirez la voie à la présidence suédoise: d'une part, en ce qui concerne les questions climatiques et la compétitivité, domaines dans lesquels il est capital pour vous de démontrer que nous traiterons les problèmes économiques dans un esprit d'ouverture, sans protectionnisme et avec le dynamisme d'une économie ouverte; et, d'autre part, en ce qui concerne les questions énergétiques, où vous jouerez un rôle crucial, étant donné que vous êtes très bien placés.
La période que nous traversons accentue le besoin de réformes et de changements.
Je pense qu'il est juste de dire que la solidarité et la sécurité en matière d'énergie impliquent que nous devons réformer et approfondir le marché intérieur européen de l'énergie.
Sans cela, nous nous exposerons à diverses menaces et tentatives de nous diviser, de nous fragmenter.
L'un des objectifs devrait consister à s'assurer que personne ne puisse contrôler à la fois la fourniture et la production de gaz et d'électricité d'une part et leur distribution d'autre part; pour garantir cela, nous aurons besoin d'un marché commun.
Si votre présidence y parvient, ce sera un pas stratégique en avant, qui, je l'espère, vous vaudra nos félicitations à tous dans six mois.
(DE) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice du Conseil, plusieurs de mes collègues députés présents aujourd'hui et moi-même faisions partie des députés membres de la commission interparlementaire qui ont plaidé en faveur de l'adhésion de la République tchèque avant 2004.
Ainsi, le fait d'accueillir pour la première fois une présidence tchèque fait de ce jour un jour spécial pour des députés autres que les députés tchèques.
Je voudrais ajouter, du point de vue d'une députée autrichienne, qu'il n'était pas toujours bien vu de mener campagne en Autriche pour l'adhésion de la République tchèque.
Nous faisons donc partie de ceux qui offrent à la présidence tchèque un soutien particulier et qui ne comptent pas accorder trop d'importance aux petits problèmes des premiers jours - on a déjà mentionné la prise de position partisane dans le conflit de Gaza ou l'opinion du président tchèque, qui pense que les protections sociales et environnementales sont trop strictes.
Du point de vue autrichien, nous sommes particulièrement attristés par la réaction positive exprimée face au projet slovaque de remettre en service la centrale de Bohunice, ce qui constituerait une violation claire du droit européen.
L'excellent philosophe et écrivain Jiří Gruša a écrit un "Manuel d'utilisation pour la République tchèque et Prague", que je ne peux que recommander à tous mes collègues députés. Il s'agit d'un ouvrage agréable et plein d'humour.
Il n'existe actuellement aucun manuel d'utilisation pour l'Europe; si un tel manuel devait un jour être écrit, il recommanderait certainement à toutes les nouvelles présidences de ne pas rejeter le soutien offert par le Parlement ou par les gouvernements des États voisins.
(DE) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice, vous avez une responsabilité particulière: la présidence tchèque du Conseil a connu des débuts chaotiques.
Son installation artistique provocante a suscité l'indignation, mais les efforts sérieux qu'elle a consentis pour reprendre pied et assumer la responsabilité de l'ensemble de l'Union se sont fait sentir bien avant tout aujourd'hui.
Elle semble bien préparée.
Son programme contient les bonnes priorités.
Elle sera cependant jugée d'après la détermination, l'engagement personnel et l'esprit européen dont vous ferez preuve pour mettre en œuvre ces priorités, et d'après votre taux de réussite.
Le président de la Commission, M. Barroso, a dit que l'UE serait mise à l'épreuve au cours des six prochains mois.
La présidence tchèque du Conseil et le gouvernement tchèque sont eux aussi mis à l'épreuve du test de la politique européenne.
Nous ne réussirons ces épreuves qu'en donnant le meilleur de nous-mêmes.
C'est pourquoi je vous demande d'arrêter d'utiliser la politique européenne à des fins de politique intérieure et de ne plus encombrer la présidence du Conseil avec des questions d'ordre national.
Vous devriez dire clairement aux citoyens que vous sentez déjà que dans des domaines tels que le conflit sur le gaz, la guerre à Gaza, les actions de la Slovaquie par rapport à Bohunice et la crise financière, le traité de Lisbonne vous donnerait un rôle plus fort et vous permettrait de jouer ce rôle en meilleure harmonie avec les autres institutions européennes.
L'Union européenne est une communauté de valeurs et un système commun de droit.
Oui, nous avons des règles, et quiconque les enfreint, quiconque ne tient pas ses promesses, fait preuve d'un manque de solidarité.
Malgré toutes nos différences, nous sommes unis par notre communauté de valeurs, notre système de droit commun et nos objectifs politiques.
C'est pourquoi je vous lance l'appel suivant: ne vous cachez pas derrière l'Irlande, faites un pas en avant, ratifiez le traité de Lisbonne avant la journée de l'Europe 2009, avant la fin de votre présidence du Conseil.
Nous vous jugerons sur vos actes et non sur la base des commentaires de votre président en République tchèque.
(EN) Madame la Présidente, j'ai trouvé intéressant que le président tchèque en exercice ait déclaré que l'opposition tentait de torpiller la présidence tchèque parce que, de mon point de vue, il s'en charge très bien tout seul.
Je remarque que la présidence tchèque affirme faire tout son possible pour élargir l'Union européenne et y intégrer la Croatie.
Si c'est le cas, pourquoi ne peut-elle ratifier le traité de Lisbonne?
Après tout, la présidence tchèque l'avait approuvé et devrait, dès lors, remplir ses obligations.
Soyons honnêtes: la présidence ne commence pas sous les meilleurs auspices.
Le président tchèque décrit le train de mesures sur le changement climatique comme un luxe ridicule.
Le ministre tchèque des finances apparente le plan de relance économique à une réminiscence de l'ère communiste.
Et la perle - qui a offensé tout le monde, mais spécialement les Bulgares -: la rétractation de la première déclaration sur la crise de Gaza quelques heures après sa diffusion.
À l'heure actuelle, nous avons besoin d'être dirigés, et d'après ce que j'ai pu observé jusqu'à présent, je pense que plus tôt nous aurons un président du Conseil à temps plein, mieux ce sera, parce que seule une action européenne cohérente fournira une sécurité à l'Europe, aura une influence mondiale et apportera une relance économique.
Par conséquent, soyons dirigés.
(La présidente retire la parole à l'orateur)
(CS) Madame la Présidente, la présidence tchèque mérite notre reconnaissance pour le rôle actif qu'elle a joué dans la résolution du conflit relatif au renouvellement de l'approvisionnement en gaz tchèque.
Cependant, ce serait une grave erreur que de se s'en détourner avant d'aborder les causes fondamentales de ce problème.
Ce conflit trouve clairement son origine dans l'ambition de la Russie d'étendre sa sphère d'influence à l'Ukraine et à l'Europe centrale.
L'objectif de l'UE doit donc être de maintenir l'Ukraine sur l'écran radar de l'Union.
Mais cela ne sera pas possible si l'Ukraine continue de favoriser des transactions opaques et s'accroche à des "prix de voisin" qui ne reflètent pas la véritable situation du marché et qui prolongent la dépendance politique de l'Ukraine vis-à-vis de la Russie.
Les priorités de la présidence tchèque incluent la sécurité énergétique et le renforcement du Partenariat oriental.
L'un des aspects fondamentaux de ce partenariat doit être d'aider l'Ukraine à fixer dès que possible des prix de l'énergie conformes au marché et négociés dans le contexte de contrats à long terme.
La Présidence devrait également faire pression sur Kiev pour démanteler les structures économiques opaques qui nuisent aux efforts de réforme et de développement d'un État de droit.
Seule une pression extérieure forte sur l'Ukraine et une coopération active peuvent l'aider à renoncer aux intérêts à court terme et souvent personnels en faveur d'une véritable indépendance par rapport à la Russie et d'un État de droit libéré de la corruption omniprésente.
Faute d'un grand nettoyage en Ukraine, l'UE ne saurait pas réagir efficacement à la politique de plus en plus assurée de la Russie vis-à-vis de l'Europe centrale et de l'Est.
Le moment idéal pour établir une coopération étroite entre l'UE et l'Ukraine sera juste après la fin de cette crise du gaz.
Si la présidence tchèque ne parvient pas à exercer une pression efficace sur les dirigeants ukrainiens au nom de l'UE, nous assisterons bientôt à de nouveaux épisodes d'interruption de l'approvisionnement en gaz par temps de gel, avec des conséquences majeures pour les économies des États membres, mais aussi et surtout à un glissement dangereux des relations géopolitiques en Europe centrale et de l'Est.
(EN) Madame la Présidente, comme chacun au sein de ce Parlement, j'adresse mes meilleurs vœux à la présidence tchèque en exercice.
Cependant, Monsieur le Président en exercice, je suis consterné par le commentaire scandaleux que vous avez formulé ici même ce matin, en déclarant que le traité de Lisbonne était pire que celui de Nice.
Non seulement, cette affirmation est inexacte, mais elle sème également la discorde et constitue un abus de confiance.
Vous devez maintenant sérieusement envisager de retirer les commentaires que vous avez exprimés ici même ce matin concernant le traité de Lisbonne.
Nous avons besoin de l'Union la plus unie, la plus démocratique et la plus efficace que propose le traité de Lisbonne afin d'affronter les problèmes multiples, chacun d'entre eux pouvant précipiter notre monde dans un conflit: l'énergie, la sécurité, le changement climatique, la crise économique et financière, et les nombreuses guerres dans de nombreuses régions.
En tant que président en exercice, votre rôle est d'intercéder pour l'Europe et de conduire une Europe basée sur des valeurs communes de solidarité - intérieure et extérieure -, une économie sociale de marché, le multilatéralisme et l'égalité entre hommes et femmes - en ce compris le droit à la fois des hommes et des femmes de partager le rôle parental.
Monsieur le Président en exercice, vous devez oublier vos opinions conservatrices et néolibérales pendant six mois. À défaut, vous serez en conflit permanent avec ce Parlement pendant cette période.
L'Irlande devra probablement voter par référendum sur un traité de Lisbonne clarifié en automne de cette année.
Je travaillerai dur afin de garantir une issue positive pour l'Irlande et l'Europe.
Vos commentaires d'aujourd'hui ont rendu cette tâche beaucoup plus ardue.
Si le référendum échoue, Monsieur, la large majorité des Européens ne vous en sera pas reconnaissante.
(La présidente retire la parole à l'orateur)
(PL) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice, Monsieur le Président de la Commission, je tiens en particulier à remercier M. le Président en exercice à l'occasion se son entrée en fonction et à le féliciter après ces deux premières semaines difficiles mais réussies de sa présidence.
Je comprends parfaitement vos réflexions sur l'identité nationale, une identité que nous, les pays situés entre l'Est et l'Ouest de l'Europe, avons développée avec succès.
Je voudrais attirer votre attention sur une question dont je pense qu'elle sera cruciale au cours des six prochains mois: le troisième paquet énergétique.
Ce paquet traite en premier lieu du marché commun de l'énergie, d'une agence européenne de coopération entre les régulateurs nationaux, des connexions transfrontalières et d'investissements communs, et donc d'intégration - en d'autres termes, ce paquet se penche sur la solidarité énergétique et la sécurité des approvisionnements en énergie.
Deuxièmement, ce troisième paquet énergétique permet la libéralisation du marché, un accès équitable aux réseaux et donc la concurrence sur le marché, ce qui implique une réduction des coûts et de l'impact environnemental, une énergie moins chère pour les consommateurs et donc pour l'économie, ce qui nous aidera à faire face à la crise.
Et troisièmement, le troisième paquet énergétique instaure des règles équitables pour le comportement des pays situés en dehors de nos marchés, avec des politiques communes d'approvisionnement des pays de l'UE et la possibilité de transit via des pays tiers.
Dans le contexte du Partenariat oriental de l'UE et de la dimension orientale, ce troisième paquet s'exprime clairement.
Ce troisième paquet présente des avantages pour chacune des trois priorités principales de votre présidence - l'énergie, l'économie et la dimension orientale de l'Europe.
Je vous invite à respecter cette priorité et à...
(La présidente retire la parole à l'orateur)
(SV) Madame la Présidente, je souhaite moi aussi souhaiter la bienvenue à la présidence tchèque.
Au cours de cette présidence, nous connaîtrons une faible croissance et une augmentation du chômage.
Nous sommes confrontés à une situation économique difficile.
Je lisais la semaine dernière dans le Financial Times les solutions proposées par le président Klaus, et je ne suis pas du tout d'accord avec elles.
Il dit que nous devons réduire nos ambitions en matière de politique environnementale et climatique, mais aussi en matière de politique sociale.
C'est une approche que nous ne devons absolument pas adopter.
Si l'Europe doit être en mesure de concourir à l'avenir, nous devons investir dans une technologie environnementale moderne.
Nous devons investir dans une infrastructure moderne et dans une politique climatique active afin de créer une société durable à long terme.
Ceci permettra d'augmenter la croissance économique et l'emploi.
La situation est semblable en matière de politique sociale.
Nous devons investir dans une politique sociale basée sur des conditions de travail équitables, l'égalité de traitement des travailleurs, un environnement de travail de qualité, etc. Cela ne signifie pas une croissance moindre, mais une croissance que nous pourrons maintenir à plus long terme.
Et enfin, j'aimerais mentionner la politique familiale.
La politique familiale mentionnée par votre programme est désuète.
Une politique familiale moderne doit se baser sur une responsabilité égale des hommes et des femmes par rapport aux enfants et au travail.
Votre programme pointe dans une tout autre direction.
(BG) Merci, Madame la Présidente.
En tant que députée européenne de Bulgarie, je me réjouis que l'énergie et la sécurité énergétique fassent partie des principales priorités de la présidence tchèque.
Ces derniers jours, un grand nombre d'États membres de l'UE ont été pris en otage dans le conflit qui oppose l'Ukraine à la Russie.
Rien qu'en Bulgarie, plus de 160 000 ménages ont été privés de chauffage.
Malheureusement, le gouvernement bulgare n'a pas été en mesure d'aider ses citoyens au cours de cette crise.
La Bulgarie est actuellement le seul pays de l'UE à ne pas posséder de sources, de fournisseurs alternatifs ni de réserves de gaz.
Nous devons tirer les leçons de cette affaire.
Chers collègues députés, je pense que je m'exprime au nom de tout le Parlement quand je dis que nous ne pouvons pas permettre que les citoyens européens paient le pris de jeux politiques entre pays qui se servent des ressources énergétiques comme outils politiques.
C'est pourquoi je pense que nous avons besoin de solutions durables dans le secteur énergétique.
Nous avons besoin d'une politique européenne commune en matière d'énergie.
Un élément important de cette politique est l'amélioration de notre infrastructure énergétique.
Lorsque nous parlons de solidarité énergétique européenne, nous pensons à des projets énergétiques communs dans l'Union européenne et à la fin des pratiques actuelles basées sur des accords bilatéraux.
J'aimerais également croire qu'avant longtemps, il sera possible de construire en Europe des infrastructures nucléaires paneuropéennes dans le cadre de projets communs impliquant les États membres.
Dans cette perspective, je me réjouis également que le développement de la coopération avec l'Ukraine, les pays du Caucase méridional et des Balkans fasse partie des priorités de la présidence tchèque Ce n'est qu'en adoptant une approche intégrée tenant compte des intérêts des États membres et des pays des régions que je viens de mentionner, mais aussi des opportunités engendrées par ces intérêts, que nous parviendrons à éviter et à surmonter les crises telles que la crise du gaz que nous venons de traverser.
Nous devons prendre des mesures immédiatement et agir dans l'intérêt de l'Union européenne.
La création d'une politique européenne commune en matière d'énergie est plus nécessaire que jamais.
Je souhaite beaucoup de succès à la présidence tchèque.
(HU) Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, la présidence tchèque a choisi pour devise "une Europe sans barrières". Elle s'est fixé comme priorités la politique énergétique et la stabilité économique.
Je tiens à souligner l'importance d'une autre priorité, celle du citoyen européen.
J'aimerais que nous accordions davantage d'attention aux problèmes qui touchent directement la vie des citoyens.
Il faut accorder plus d'importance à l'amélioration des programmes sociaux européens, aux garanties de solidarité, d'égalité et d'opportunité en Europe et à la mise en œuvre de la politique relative aux minorités.
Je joins ma voix à ceux qui demandent la ratification du traité de Lisbonne.
Il faut impliquer plus étroitement les citoyens dans la politique européenne, car je pense que l'insuffisance des paquets sociaux et le manque de communication entraînent une perte de confiance toujours plus importante dans les institutions européennes.
Je pense que le rôle de l'éducation est particulièrement important...
(La présidente retire la parole à l'orateur.)
(CS) Monsieur le Président en exercice du Conseil, Mesdames et Messieurs, le début de la présidence tchèque a été marqué par le conflit à Gaza et la crise énergétique.
Après une vague de commentaires dubitatifs et dédaigneux quant à la capacité de la République tchèque à diriger l'Union, l'Europe et le reste du monde constatent avec étonnement le comportement responsable et efficace de la présidence tchèque face à ces crises inattendues.
Je me demande cependant ce qui justifie cet étonnement, et je me réjouis que le gouvernement tchèque se soit penché sur ces problèmes très tôt, dès Noël, parce que la présidence française n'avait pas su les étouffer dans l'œuf.
J'aimerais que vous fassiez preuve de la même assurance dans les négociations avec la Chine, qui viole sciemment toutes les règles du commerce international, favorise une concurrence déloyale et menace la santé des Européens en inondant le marché de contrefaçons et de produits dangereux.
Aujourd'hui par exemple, les parents européens ont bien du mal à trouver des chaussures pour enfants ne présentant aucun risque pour la santé, mais jusqu'à présent, ni le Conseil ni la Commission n'ont accordé beaucoup d'attention à ce problème.
Je me réjouis donc que l'"Europe dans le monde" fasse partie de vos priorités.
Je vous assure que l'Europe est ouverte au commerce mondial, mais aucun président du Conseil n'est encore parvenu à assurer une réciprocité équitable et à ouvrir la Chine aux producteurs européens.
J'espère que votre excellente équipe et vous-même aurez plus de succès.
Monsieur le Président en exercice du Conseil, je vous félicite pour l'excellente qualité et le réalisme de ce programme pour l'Europe, mais aussi pour votre évolution personnelle.
Sachant que vous dirigez un parti politique dont certains courants ont voté en 2003 contre notre adhésion à l'Union, vous vous en tirez magnifiquement sur la scène européenne.
J'espère que nous assisterons à un assouplissement semblable des opinions de certains autres membres de votre parti par rapport au traité de Lisbonne.
Les médias nous rapportent que les Irlandais, face à la crise financière, comprennent mieux aujourd'hui que ce traité est un instrument décent conçu pour permettre d'affronter les périodes difficiles.
J'espère que vous percevrez vous aussi bientôt ce traité sous un jour plus positif, même s'il faut pour cela supprimer le numéro du président Klaus de votre répertoire téléphonique.
Malgré les différences d'opinion qui nous séparent, je nous souhaite à tous une présidence tchèque réussie.
(EL) Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, outre la question de la politique étrangère, les mesures à prendre face à la crise économique et le traité de Lisbonne, l'une des priorités fondamentales de l'Union européenne doit être la jeunesse.
Votre programme mentionne cette priorité.
Je pense qu'en ce qui concerne les jeunes, votre programme devrait être mieux intégré et plus proactif.
Les jeunes ne se laissent plus convaincre par des déclarations et des promesses.
Ils ne se sentent pas en sécurité face à des États qui s'écoulent et qui s'avèrent incapables de réagir à la crise économique.
Ils n'acceptent plus des systèmes éducatifs qui les mènent tout droit au chômage et à l'exclusion sociale.
Ils n'acceptent pas l'euroscepticisme, la peur de l'Europe.
La ratification du traité de Lisbonne leur pose un problème.
Ils connaissent des conflits quotidiens.
C'est la nouvelle génération qui peut comprendre ce que signifie...
(La présidente retire la parole à l'orateur.)
(EN) Madame la Présidente, je voudrais dire au président en exercice qu'en ce qui me concerne, son pays est symbolisé par deux hommes: Franz Kafka et Jan Palach.
Tous deux incarnent la lutte pour la liberté et la démocratie et tous deux ont représenté la frustration, la douleur et le sacrifice parfois inhérents à cette lutte.
C'est pourquoi je pense, Monsieur le Président en exercice, que vous considérerez la lutte de Gaza d'un point de vue tout particulier et que vous comprendrez la douleur et la frustration du peuple de Gaza et du peuple israélien.
J'espère dès lors que vous ferez tout pour stopper le massacre qui se déroule dans cette région.
Vous serez également en mesure de sensibiliser le président américain aux questions du changement climatique et de l'amener dans l'équation à Copenhague.
Sur le plan intérieur, vous aurez l'occasion d'apporter votre touche personnelle aux propositions législatives en suspens au sein de ce Parlement - et je souligne les nouvelles possibilités pour les citoyens qui découleront de la fourniture des soins de santé transfrontaliers, un point qui, je le sais, figure dans votre programme.
Vous avez mentionné la libre circulation de la connaissance.
Il n'est pas de domaine où cette libre circulation est plus importante que celui de la science médicale et de la santé mentale.
J'ai eu le privilège de soutenir partiellement le travail de réforme de la santé mentale en République tchèque.
Je sais que vous aurez à cœur de poursuivre ces réformes, non seulement dans votre pays, mais dans toute l'Europe.
Je voudrais que vous vous rappeliez de juin dernier, lorsque nous avons élaboré le pacte pour la santé mentale pour l'Union européenne.
Ce thème ne figure pas aujourd'hui dans votre programme, mais j'espère que vous ferez en sorte qu'il y soit comme question à approfondir, parce que, surtout, notre tâche - votre tâche - est d'aider les personnes de notre communauté qui sont vulnérables et ont besoin de notre soutien.
Je sais que vous ferez de votre mieux pour y parvenir, et je vous souhaite de réussir dans toutes vos tentatives.
(Applaudissements)
(PL) Je souhaite tout d'abord évoquer la réunion des mouvements clandestins d'opposition polonais et tchèques organisée il y a 21 ans par Solidarité dans les Monts des Géants, à la frontière entre la Pologne et la Tchéquie.
La République tchèque est le premier pays d'Europe centrale et de l'Est à assurer la présidence de l'UE.
Monsieur le Président en exercice, c'est un devoir.
Les Tchèques qui dirigent l'Union européenne sont les héritiers de la longue lutte de l'Europe centrale et de l'Est pour briser le Rideau de fer et pour rétablir une communauté démocratique de sociétés européennes.
Je tiens à souligner l'importance intellectuelle et politique particulière de la présidence tchèque.
Parmi ses nombreuses priorités, la plus importante est de conclure la ratification du traité de Lisbonne et de renforcer la politique étrangère commune de l'Europe.
Une autre tâche essentielle est de préparer une stratégie pour les relations transatlantiques à la suite de l'élection d'un nouveau président américain.
Et enfin, je souhaite un prompt rétablissement au président Václav Havel à la suite de sa récente opération.
(SL) La présidence tchèque s'est déclarée prête à intervenir pour sortir de l'impasse dans les négociations relatives à l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne.
Monsieur le Président, permettez-moi de vous rappeler à cet égard que chaque pays candidat est tenu de soumettre des documents crédibles.
Si les documents ne sont pas crédibles, ce fait doit être porté à l'attention des pays concernés.
Dans le cas précis de la Croatie, celle-ci a indiqué sur ses cartes une frontière contestée.
Au lieu de mentionner que telle ou telle section de la frontière est contestée, elle a simplement tracé la frontière comme elle l'entend.
Il va de soi qu'un tel document n'est pas crédible, car il concerne un litige entre deux pays qui devra être résolu dans un autre contexte.
Il s'agit d'un désaccord bilatéral entre deux pays qui entretiennent par ailleurs des relations de bon voisinage, mais il s'agit bien d'un désaccord qu'il va falloir résoudre.
Je tiens donc à souligner que la Slovénie ne fait pas preuve d'intransigeance quand elle affirme que les documents soumis par la Croatie ne sont pas crédibles.
La Slovénie fait simplement valoir que les États membres sont tenus d'attirer l'attention de ce pays candidat sur le fait qu'il est tenu de soumettre des documents conformes aux normes de l'Union européenne.
Quelle solution est possible?
De nombreuses solutions ont déjà été avancées, et je pense que la présidence tchèque s'efforcera elle aussi d'élaborer une proposition adéquate.
La Croatie pourrait par exemple déposer une décision gouvernementale ou parlementaire indiquant clairement que ces frontières sont indicatives, provisoires ou utilisant tout autre terme spécifiant clairement que ces frontières sont temporaires et n'ont pas encore été fixées.
Je pense que cela nous permettrait d'avancer un peu et que la Croatie pourrait ainsi adhérer aussi rapidement que possible à l'Union, ce qui serait également dans l'intérêt de la Slovénie.
Pour conclure, permettez-moi de vous souhaiter un maximum de réussite dans votre présidence du Conseil de l'Union européenne.
(CS) Le président en exercice du Conseil a déjà subi de nombreuses critiques. Je m'abstiendrai d'en rajouter.
Dans les contes de fées tchèques, le château est généralement occupé par un roi sage qui ne provoque personne, ne vexe personne et ne prétend pas être un expert en toutes choses.
Tel n'est pas le cas du Château de Prague.
Ma foi, rien n'est parfait.
Je suis pourtant convaincu que le président en exercice du Conseil parviendra à compenser ce handicap et qu'il tiendra les promesses qu'il nous a faites aujourd'hui.
Je le connais depuis près de 20 ans, et je me réjouis de la façon dont l'appartenance à l'Union européenne l'a fait évoluer du point de vue politique.
Je croise les doigts pour et lui souhaite de réussir parce que, comme disent les Espagnols: "Con mi patria, con razón o sin ella". Les Anglais diraient "Good or bad, my country", et moi-même j'affirme: mon pays, pour le meilleur et pour le pire.
(SK) Je souhaite tout d'abord exprimer ma satisfaction de constater que dès le début de sa présidence, notre voisin fraternel la République tchèque a dissipé tous les doutes quant à la capacité d'un nouvel État membre à gérer et à administrer les affaires de l'Union européenne.
La République tchèque a prouvé qu'elle était capable de réagir aux situations critiques, comme la guerre à Gaza et la perturbation de l'approvisionnement en gaz de l'UE depuis la Russie.
En tant que représentant de la Slovaquie, qui importe près de 97 % de son gaz naturel depuis la Russie et qui, avec la Bulgarie, se trouve dans la situation la plus critique, j'aimerais féliciter personnellement M. le Premier ministre Topolánek pour sa participation aux négociations avec la Russie et l'Ukraine.
Monsieur le Premier ministre, la Slovaquie est toujours privée de gaz et a donc besoin de votre aide d'urgence.
L'Europe a besoin d'une politique énergétique commune, et elle doit améliorer sa position de négociation en matière d'énergie.
La France a entamé sa présidence sous le signe du conflit russo-géorgien, et la présidence tchèque doit faire face au conflit commercial et politique entre la Russie et l'Ukraine.
Je suis convaincue que l'heure est venue de tirer la leçon de ces événements.
Il est important d'identifier les domaines dans lesquels l'UE dépend de la Russie et les domaines dans lesquels la Russie dépend de l'UE.
Les relations avec la Russie sont importantes, mais il est inacceptable que la Russie se serve du gaz comme d'une arme politique.
Il faut diversifier rapidement nous sources énergétiques et commencer la construction du gazoduc Nabucco.
Monsieur le Premier ministre, la Slovaquie se trouve dans une position extraordinaire, et vous considère comme un allié dans le cadre de sa décision stratégique concernant Jaslovské Bohunice.
Monsieur Barroso, j'aimerais également demander votre aide en tant que président de la Commission européenne.
Je pense personnellement qu'il reste de nombreuses imperfections en matière de libre circulation des personnes, et je me réjouis donc de la devise de la présidence tchèque "une Europe sans barrières".
J'espère que la présidence tchèque parviendra à mettre en œuvre son programme 3E et à rapprocher l'UE des objectifs de Lisbonne.
(SK) Monsieur le Premier ministre, nous avons été autrefois des concitoyens, et à ce titre je me réjouis de vous accueillir au Parlement européen et je vous souhaite bonne chance dans la réalisation des objectifs que vous nous avez présentés.
Vos 3E prioritaires résument clairement les problèmes auxquels l'Union européenne se trouve actuellement confrontée, même si j'espère que dans le volet économique, vous n'oublierez pas les aspects sociaux si importants pour la plupart des citoyens européens.
En vous voyant participer aux festivités organisées pour saluer l'adoption de l'euro par la Slovaquie, j'ai été ravi de découvrir que le nouveau président en exercice du Conseil était partisan d'une intégration plus étroite des pays de l'Union.
Néanmoins, comme la plupart de mes collègues députés, je serais encore plus heureux de vous voir contribuer à la ratification du traité de Lisbonne en République tchèque.
Sans cette ratification, il sera difficile de réaliser les priorités que vous vous êtes fixées.
Nous devons faire ce pas en avant si nous voulons réellement que l'UE devienne, selon vos propres mots, non seulement un bailleur de fonds mais aussi un acteur.
Monsieur le Premier ministre, comme l'ont déjà dit de nombreux autres députés, les élections européennes seront un moment important de votre présidence.
La participation aux élections aura une influence sur la politique européenne des cinq prochaines années, et le soutien matériel du Conseil peut jouer un rôle important en la matière.
Lorsque la Slovaquie est éliminée du championnat du monde de hockey sur glace et que la République tchèque se qualifie pour le tour suivant...
(La présidente retire la parole à l'orateur.)
(EN) Madame la Présidente, je souhaiterais apporter le soutien le plus chaleureux à la présidence tchèque.
Le renforcement réel de la compétitivité constitue le meilleur remède à la crise économique, assorti du respect des quatre libertés fondamentales.
Monsieur le Président en exercice, je soutiens votre idée de développer au maximum le partenariat avec l'Est.
Nous comprenons maintenant l'importance d'impliquer des pays tels l'Ukraine et la Géorgie dans l'État de droit et le contrôle démocratique.
En septembre dernier, le Parlement européen a suggéré la date du 23 août comme journée commémorative commune des victimes du communisme et du nazisme.
Nous espérons que vous prendrez l'initiative de convaincre les 27 gouvernements de commémorer officiellement cette date à partir d'août prochain.
Nous attendons également que vous procédiez à une évaluation morale et politique des crimes commis sous le communisme totalitaire.
(La présidente retire la parole à l'orateur)
(RO) "L'économie, l'énergie et l'Union européenne dans le monde", telle est la devise de la présidence tchèque de l'UE.
Les citoyens de l'Europe attendent des institutions européennes qu'elles les protègent des crises et améliorent leur qualité de vie.
Le plan de relance économique de l'Union européenne, l'amélioration de l'efficacité énergétique et la sécurité de l'approvisionnement en énergie sont les priorités actuelles des citoyens européens.
Malgré l'approche des élections européennes, ou particulièrement à l'approche de ces élections, j'invite la présidence tchèque à faire preuve de vision, de volonté politique et d'engagement envers les citoyens de l'Europe.
Ensembles, nous pouvons parvenir à un accord en première lecture concernant la directive sur l'efficacité énergétique des bâtiments.
Je puis vous assurer que le Parlement européen et la Commission européenne sont disposés à vous soutenir pour que cette directive sur l'efficacité énergétique des bâtiments fasse partie des réussites de la présidence tchèque.
(EN) Madame la Présidente, après avoir vécu l'expérience traumatique du communisme russe par le passé, la République tchèque a maintenant fait le choix opposé de se lier fermement et fidèlement aux États-Unis.
Cela se révèle clairement non seulement par votre position concernant Gaza et le traité de Lisbonne, Monsieur le Président en exercice, mais également par la décision de votre gouvernement de poster des missiles américains sur le sol tchèque.
Votre volonté de servir loyalement l'administration de Washington au risque de menacer la paix en Europe est inacceptable et suspecte.
Votre pays fait à présent partie de l'UE, non des États-Unis, et vous devez vous assurer que votre gouvernement agit en conséquence.
Les États satellites des États-Unis n'ont aucune place dans notre Union.
Dès lors, vous devez faire un choix: l'UE ou les États-Unis.
Vous ne pouvez avoir les deux!
(PL) Madame la Présidente, Monsieur le Président en exercice, la présidence tchèque est la première présidence depuis de nombreuses années à ne pas mentionner dans son programme cette vielle blague qu'est la constitution européenne, aussi connue sous le nom de traité de Lisbonne.
Cette approche réaliste inspire l'optimisme, et témoigne d'un certain respect pour la démocratie et le principe de l'unanimité.
La présidence tchèque a décidé de se concentrer sur les thèmes les plus urgents, y compris le conflit à Gaza et la sécurité énergétique.
Il n'était pas prévu initialement d'intervenir dans ce conflit sur le gaz entre la Russie et l'Ukraine, mais quand ce conflit a commencé à avoir des conséquences pour de nombreux États membres, M. Topolánek est intervenu en tant que médiateur.
Il est clair qu'en six mois, la présidence ne réalisera pas tous les objectifs qu'elle s'est fixés. Ses deux premières semaines ont par contre apporté la preuve qu'elle pouvait être une présidence efficace, malgré les prédictions apocalyptiques de certains politiciens au sein de cette Assemblée.
Au nom de la délégation...
(La présidente retire la parole à l'orateur.)
(BG) Merci, Madame la Présidente.
J'ai appris aujourd'hui par les médias qu'avec le soutien de la présidence tchèque, une prétendue installation artistique présentée à Bruxelles représentait mon pays, la Bulgarie, sous la forme d'une cuvette de WC.
Ceci est profondément offensant et contraire aux traditions européennes de partenariat et de respect mutuel.
C'est pourquoi nous insistons pour que la présidence tchèque, ou n'importe qui d'autre qui a osé insulter de la sorte un État membre, fasse immédiatement enlever cette image intolérable.
Si cette image n'est pas enlevée immédiatement, mes collègues et moi-même irons l'enlever de nos propres mains.
président en exercice du Conseil. - (CS) Je vous remercie de me donner la parole.
Je voudrais commencer cette dernière intervention en vous remerciant pour toutes les opinions exprimées. C'est un accueil chaleureux auquel je ne m'attendais pas.
Je tiens également à souligner qu'au cours des six prochains mois, la présidence tchèque restera en contact étroit et travaillera en collaboration avec la Commission européenne. Ce sera évidemment aussi mon cas en tant que président du Conseil européen.
Ces deux premières semaines ont montré comment un contact continu, quotidien et actif non seulement avec José Manuel Barroso, mais avec la Commission dans son ensemble, a permis de prendre ensemble des mesures face aux problèmes qui se sont abattus sur nous en ce début d'année.
Je fais allusion ici non seulement à notre coopération avec le Parlement européen, mais en particulier à notre communication avec la Commission européenne dans la recherche de solutions à ces problèmes.
Je souhaite exprimer ma gratitude au président Barroso.
Avant de venir ici, je m'étais juré de ne pas raconter de blagues.
La seule que j'ai racontée, et qui ferait rire n'importe qui en Tchéquie, est tombée à plat. Peu importe.
Je continuerai à essayer. Peut-être qu'un jour la traduction allemande sera correcte et que nous pourrons nous comprendre.
Le traité de Lisbonne ne peut pas être un mantra.
Il doit être le moyen de parvenir à une fin, pas une fin en soi.
Il doit servir à améliorer le fonctionnement de l'Union européenne.
Il ne doit jamais devenir un moyen de coercition.
Chaque pays utilise ses propres outils et suit ses propres règles pour arriver à la ratification.
Le fait que j'aie signé ce traité ne signifie pas que j'aurai une influence sur la décision des deux chambres du parlement tchèque, qui sont autonomes et libres et qui décident par elles-mêmes.
De même, je n'ai pas l'intention de faire pression sur la décision du peuple irlandais.
Il est impossible d'imposer le traité, même si je pense que ce traité est nécessaire et qu'il facilitera le fonctionnement de l'Union européenne.
C'est ma dernière explication sur cette question. J'ai exposé ma position personnelle et je n'y reviendrai plus.
J'ai apprécié la citation de l'estimé député M. Kirkhope, et je me permets de paraphraser une autre citation de Churchill pour exprimer de que je pense de cette période: "Plus de crises pour demain, mon agenda est déjà plein."
Je pense que les épreuves traversées au cours de ces premières semaines montrent que nos priorités sont correctes et que nous étions bien préparés.
Nous avons en outre commencé à travailler à la question du gaz au milieu du mois décembre, pendant la présidence française.
Je présente mes excuses à tous les députés dont les questions spécifiques resteront sans réponse aujourd'hui. Je vais m'efforcer de généraliser quelque peu cette discussion et de jeter la lumière sur l'approche générale de gestion de ces problèmes spécifiques.
Tout d'abord la question du trafic d'êtres humains, de drogues et d'enfants.
Alors même que ce Parlement organise un débat sur le niveau de liberté et de sécurité, la République tchèque en fait de même. Nous tenons à accélérer les directives et l'ensemble du projet législatif dans le cadre des décisions du Conseil sur la lutte contre le trafic d'êtres humains.
Je souhaite juste dire que nous y sommes préparés et que nous souhaitons aborder les éléments individuels de ces problèmes.
La grande discussion concernant Nabucco.
Nous devons admettre en toute honnêteté que Nabucco ne pourra servir d'alternative à d'autres itinéraires d' acheminement que s'il permet aussi d'accéder à d'autres sources d'approvisionnement.
En ce qui concerne le débat sur l'Ukraine, mon compatriote Josef Zieleniec l'a dit clairement - il s'agit d'un problème politique et géopolitique, et selon moi, si nous ne donnons pas à l'Ukraine une chance de résoudre ses problèmes internes, si nous n'imposons pas de restrictions au comportement des différents acteurs, qu'il s'agisse de personnes ou d'entreprises actives sur le marché du gaz, nous risquons de perdre l'attitude pro-européenne de l'Ukraine, ce qui représenterait évidemment un problème géopolitique.
Nous ne pouvons que spéculer sur les objectifs poursuivis dans toute cette crise - peut-être tout simplement une augmentation des prix à court terme, peut-être une pression plus importante pour la construction du gazoduc Nordstream, la route septentrionale alternative, ou peut-être calmer les aspirations européennes de l'Ukraine.
Quoi qu'il en soit, ces facteurs font partie du problème, qui n'est pas un problème à court terme et qui ne concerne pas uniquement l'énergie.
Si je devais répondre à la question de savoir si l'Europe devrait être plus libérale ou plus socialiste, j'essayerais une dernière blague en disant que je propose le compromis d'une Europe libérale et conservatrice, mais c'est réellement ma dernière tentative d'humour.
En ce qui concerne l'approche adoptée par la République tchèque et l'adoption de l'euro, j'ai déclaré le 1er janvier que la République tchèque annoncerait la date de son adhésion à l'euro le 1er novembre de cette année.
Mon gouvernement sera le premier à respecter les critères de Maastricht.
Je ne considère pas cela comme une course.
Je félicite mes homologues slovaques, et nous attendrons de voir quels effets la crise financière aura sur le respect des règles du pacte de stabilité et de croissance et sur le respect de toutes les règles qui régissent la zone euro.
Je crains - et ceci concerne également la gestion de la crise financière - que le relâchement des règles européennes n'ait un effet destructeur. Quand nous parlons d'une Europe des règles, nous insisterons donc évidemment sur le respect des directives en matière de concurrence et d'aides d'État, et ce respect sera l'un des critères utilisés pour évaluer les propositions de réaction face à la crise financière.
Les règles s'appliquent dans les moments faciles comme dans les moments difficiles, et elles s'appliquent à tous.
Dans ce contexte, l'égalité doit être absolue.
Je me tourne maintenant vers notre devise "une Europe sans barrières".
Oui, cette devise a été conçue pour avoir au moins trois significations différentes.
Il y a le sens économique, qui implique la suppression des barrières du marché intérieur, le sens mental ou psychologique, en d'autres termes la suppression des barrières dans l'esprit des Européens, qui est évidemment l'un des objectifs des nouveaux États membres, et il y a enfin la suppression des barrières extérieures, le refus du protectionnisme, une véritable libération du commerce mondial en tant qu'outil de gestion de la crise, de relance de la demande et de mise en œuvre des conclusions du sommet du G20 de Washington.
J'aimerais mentionner une chose qui me touche personnellement et qui a été rapportée par les médias.
Václav Havel est gravement malade et il a été hospitalisé.
Cet homme symbolise notre histoire d'avant et d'après novembre, et pas uniquement pour la République tchèque - il incarne essentiellement la chute du Rideau de fer.
Il fut le premier Tchèque à s'adresser au Parlement européen, et en notre nom à tous, je lui souhaite un prompt rétablissement.
J'ai quelques réponses spécifiques à adresser à l'un des estimés députés de ce Parlement.
J'ai été touché par les préoccupations de M. Rouček concernant le gouvernement tchèque, et je pourrais donner au moins six exemples, au cours des dix ou quinze dernières années, de pays qui ont assuré avec succès la présidence de l'Union européenne malgré de nombreux problèmes internes.
Il y a eu la Belgique à l'époque où le traité de Maastricht est entré en vigueur - ce pays a connu un changement de constitution sans que cela n'affecte sa présidence; il y a eu l'époque où l'Union a accueilli la Suède, la Finlande et l'Autriche, sous une présidence assurée par la France en pleine crise politique; il y a eu l'époque du traité d'Amsterdam, en 1999, pendant la présidence allemande, alors que Gerhard Schröder connaissait de graves problèmes et qu'Oskar Lafontaine quittait son parti; il y a eu le lancement de l'euro sous la présidence espagnole de José María Aznar, il y a eu l'époque de la présidence irlandaise, et je pourrais en citer beaucoup d'autres.
Ne vous inquiétez pas des problèmes internes de la politique tchèque; ils seront sans effet sur la présidence tchèque.
En ce qui concerne le Forum nucléaire: nous ne pouvons pas avoir un débat sur le nucléaire dans lequel les différences d'opinion entre les verts, les libéraux, les conservateurs et les autres aboutissent toujours à des insultes.
Le Forum nucléaire, organisé à Bratislava et à Prague en coopération avec la Commission européenne, devrait permettre de lancer un nouveau débat sur la sécurité, les risques, les opportunités et les besoins, et tous les autres éléments qui sont devenus un peu tabous ces dernières années.
L'objectif du Forum nucléaire organisé par la Slovaquie et la République tchèque est précisément de lever ce tabou.
Nous savons tous pourquoi le Premier ministre Fico se rend en Ukraine et à Moscou; les problèmes de la Bulgarie et de la Slovaquie sont critiques parce que ces pays dépendent entièrement du gaz importé via l'Ukraine.
La Bulgarie ne peut entreposer qu'un tiers de la capacité dont elle a besoin, des milliers d'entreprises slovaques ont déjà réduit leur production, la centrale électrique thermique de Nováky est à court de combustible et le pays traverse une crise majeure.
Je garde un contact quotidien avec Robert Fico et je l'appuie dans sa mission, même si je ne pense pas qu'elle sera couronnée de succès cette fois-ci.
Nous devons nous montrer nettement plus fermes vis-à-vis des deux parties à ce conflit, l'Ukraine et la Russie, Naftohaz et Gazprom.
En outre, je pense que les prochaines mesures prises par la Commission européenne et la présidence tchèque devront être nettement plus fermes et effectives.
Nous devons trouver les outils nécessaires pour surmonter une série de problèmes techniques.
Il n'est pas possible de refuser la reprise des fournitures de gaz pour une raison sans aucune pertinence (à savoir l'utilisation de gaz technique), et nous prendrons de nouvelles mesures à cet égard.
Nous avons beaucoup parlé des Balkans et des problèmes connexes, et de nombreuses questions ont été soulevées à cet égard.
M. Peterle sait parfaitement que pour pouvoir débloquer de nouveaux chapitres dans le processus d'adhésion de la Croatie, il faut d'abord trouver une solution bilatérale au différend qui oppose la Croatie à la Slovénie.
Il ne s'agit pas d'un conflit européen, même s'il commence à avoir un impact négatif sur les pourparlers d'adhésion.
Dans cette perspective, j'espère que mes contacts avec les deux Premiers ministres concernés ainsi que mes propres réflexions sur ce problème contribueront à résoudre les problèmes frontaliers entre la Slovénie et la Croatie.
J'aimerais encore en dire beaucoup plus, mais je vais essayer de ne pas vous retenir plus longtemps.
Je vais laisser la place à la suite de vos débats.
Pour conclure, j'aimerais dire que nous apprécions vivement l'opportunité d'appartenir à une communauté d'États basée sur des valeurs et des fondements que nous avons pu, après novembre 1989, adopter une fois de plus comme nos propres valeurs et nos propres objectifs.
Nous nous réjouissons également de l'opportunité qui nous est offerte de présider aux destinées de toute cette communauté.
C'est quelque chose d'unique, une chose à laquelle les membres de ma génération, qui avaient 33 ans en 1989, n'auraient jamais cru assister un jour.
J'apprécie également le fait que nous puissions résoudre de nombreux problèmes.
Nous apprécions par dessus tout la liberté du débat intérieur.
C'est la liberté qui nous permet d'articuler ces problèmes à travers un large éventail d'opinions qui contribuent à les résoudre.
Je peux confirmer sans réserve les paroles de Tomas Garrigue Masaryk, qui disait que "la démocratie, c'est le débat".
Je me réjouis de marcher sur les traces du premier président tchécoslovaque; je reste absolument ouvert à cette discussion.
Je vous remercie de votre attention et me réjouis de vous rencontrer à nouveau.
président de la Commission. - (EN) Madame la Présidente, voilà qui a été une discussion très intéressante, et je me réjouis de la compréhension commune des défis et, en général, du soutien apporté à la présidence tchèque.
Je réitère encore une fois mon souhait de travailler loyalement, concrètement et dans le meilleur esprit, avec nos amis tchèques.
Leur succès représente aussi le succès de l'Europe.
Comme certains d'entre vous l'ont souligné, c'est la dernière présidence avant les élections du Parlement européen.
Je pense qu'il est capital qu'au cours de ces mois, nous montrions tous à quel point toutes nos institutions sont importantes pour le bien-être, la prospérité et la solidarité de nos concitoyens.
Il est essentiel de communiquer, et cela ne peut être fait uniquement par les institutions européennes ou uniquement par les États membres.
Nous devons le faire ensemble, dans un véritable esprit de partenariat, de façon à ce que la plupart des événements qui se produiront pendant ces mois soient essentiels pour l'avenir de l'Europe, et également pour le respect accordé à nos institutions dans toute l'Europe.
Je souhaiterais utiliser le temps qui m'est imparti pour répondre à certaines questions concrètes qui m'ont été posées, en particulier sur l'énergie.
Oui, il est urgent de réviser la directive sur la sécurité du gaz.
C'est ce que la Commission a déclaré lorsqu'elle a présenté son analyse stratégique de la politique énergétique en novembre dernier, et nous travaillons d'arrache-pied afin de présenter la proposition législative au Parlement européen et au Conseil dès que possible.
Oui, nous devons renforcer la solidarité et les progrès en termes de sécurité énergétique en Europe.
C'était là le contenu de notre analyse stratégique de la politique énergétique présentée très récemment.
Je voudrais profiter de ce temps de parole pour demander encore une fois à tous les États membres et aux institutions européennes de travailler plus activement sur les mécanismes de solidarité européenne en matière d'énergie.
Oui, nous devons également accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques, les interconnexions et le rendement énergétiques.
C'est la raison pour laquelle il est si important d'obtenir les 5 milliards d'euros du budget communautaire alloués à cette fin.
Je fais appel à la fois au Parlement et à la présidence tchèque pour que vous mettiez cela en pratique dans les plus brefs délais.
Oui, la relance économique doit aller de pair avec une croissance verte intelligente si nous voulons sortir plus forts de cette crise.
Nos propositions sont là et visent à accélérer l'allocation des Fonds structurels à ces objectifs.
Des fonds sont nécessaires pour l'efficacité énergétique et pour les interconnexions énergétiques et, en coordonnant des programmes d'incitation nationaux, nous aligneront également les efforts nationaux dans ce sens, conformément aux conclusions du Conseil européen.
Permettez-moi aussi d'ajouter que surmonter cette crise économique et remettre l'Europe sur les rails d'une croissance durable exigera également le respect des règles communautaires en matière d'égalité des chances.
L'Europe doit continuer à faciliter la participation à la fois des hommes et des femmes à l'économie, et aider à combiner vie familiale et professionnelle.
Un mot également sur le traité de Lisbonne, que bon nombre d'entre vous ont mentionné: nous avons plus que jamais besoin de ce traité, ratifié par tous les États membres.
Oui, nous devons respecter tous les processus de ratification nationaux, mais lorsqu'un gouvernement, au nom d'un État, signe un traité, il prend l'engagement solennel de l'appliquer.
(Applaudissements)
Beaucoup d'entre vous ont parlé de la présidence tchèque et de sa grande importance.
Comme certains l'ont déclaré - M. Nassauer, M. Brok et d'autres - le fait même d'avoir une présidence tchèque constitue un événement majeur.
C'est la première fois qu'un pays de l'ex-Pacte de Varsovie assume la responsabilité de présider le Conseil européen.
Quand on y pense, quelle grande réussite, 20 ans après la chute du rideau de fer, de voir la République tchèque à la tête du Conseil européen, et le Premier ministre Topolánek et le vice-Premier ministre Vondra assumant ensemble cette responsabilité.
J'ai pleine confiance dans vos actions futures.
Laissez-moi partager avec vous une expérience que j'ai vécue l'année dernière pendant la présidence portugaise.
Le Premier ministre Socrates du Portugal et moi-même étions à Zittau, à la frontière entre la République tchèque, la Pologne et l'Allemagne, et j'ai vu à cet instant l'émotion ressentie par le Premier ministre Topolánek.
Cette frontière, qui autrefois nous séparait en Europe, la partageant en deux, est maintenant devenue un point de libre circulation pour les Européens de tous ces pays.
C'était un grand moment et un grand succès, dont nous devrions être fiers.
C'est pourquoi je pense sincèrement qu'il importe de défendre nos valeurs pour faire de cette présidence une réussite.
Certains d'entre vous ont déclaré qu'il importait que la présidence tchèque soit un succès, parce qu'il s'agissait d'un petit pays.
Je m'excuse, mais la République tchèque n'est pas un petit pays, même en termes européens.
En réalité, considérer certains de nos États membres comme de petits pays est parfois le signe d'un complexe d'infériorité.
Laissez-moi vous dire - comme Paul-Henri Spaak, l'un des fondateurs du projet européen l'a dit - que, dans l'Union européenne, il n'y a plus de petits et de grands pays; en d'autres termes, aucun n'est grand: le problème est que certains d'entre eux ne l'ont pas encore remarqué.
En réalité, si l'on observe le reste du monde - face à la puissance américaine en matière de défense et de technologie, face au vaste territoire russe et face à l'envergure démographique de la Chine et de l'Inde - pouvons-nous dire qu'il existe de grands pays en Europe?
Il n'y a plus de grands pays en Europe.
Tous sont grands en termes de dignité.
Aux yeux de la Commission européenne, tous les États membres jouissent de la même dignité, mais si nous voulons être grands dans le monde, il faut que l'Union européenne soit forte.
Nous devons agir ensemble. Nous devons tirer profit de toutes nos institutions et, si nous agissons ensemble de la sorte, nous changerons le monde pour de bon.
Voilà pourquoi le traité de Lisbonne est indispensable.
Voilà pourquoi nous devons avoir un objectif commun.
Voilà pourquoi nous avons besoin d'institutions fortes.
Je souhaite tout le meilleur à la présidence tchèque.
(Applaudissements prolongés)
Le débat est clos.
Nous allons procéder aux votes.
Déclarations écrites (article 142)
par écrit. - (EN) Certains d'entre nous se réjouissent du discours que le président Klaus prononcera en février.
Comme il sera réconfortant d'entendre quelqu'un ayant l'intelligence et l'honnêteté de remettre en question les dogmes idéologiques d'une Union européenne toujours plus forte et du changement climatique.
Le président Klaus a eu tout-à-fait raison de comparer l'Union européenne à l'ex-Union soviétique.
Mon ami, l'héroïque dissident soviétique Vladimir Bukovsky, dit de l'Union européenne, "J'ai vécu dans votre futur et cela ne fonctionne pas."
M. Bukovsky a entièrement raison, l'UE est une forme de communisme modéré.
Nous ne pouvons qu'espérer que la présidence tchèque se montrera un peu plus sceptique que certains de ses prédécesseurs quant au grand projet européen.
Les Tchèques pourraient reporter la ratification du traité de Lisbonne après le deuxième référendum irlandais.
Ensuite, lorsque les Irlandais auront voté "non" encore une fois à la Constitution, les Tchèques pourront reconnaître la décision démocratique du seul État membre de l'UE ayant bénéficié d'un référendum et bloquer le traité en différant leur ratification.
Espérons que le président Klaus est l'homme de la situation.
par écrit. - (IT) Madame la Présidente, je vous remercie et j'exprime mes vœux les plus sincères de réussite à la République tchèque.
Sa présidence ne s'annone pas sous des auspices favorables: son scepticisme fondamental vis-à-vis de l'Europe, qui sous-tend de nombreuses actions récentes de la République tchèque (comme son refus de ratifier le traité de Lisbonne), inquiète même les plus optimistes.
La déclaration relative à Gaza prononcée par le président en exercice du Conseil témoigne également d'un manque de considération pour les institutions: ces positions doivent faire l'objet d'un consensus avec les 26 autres États membres.
En outre, le refus de rencontrer le groupe socialiste du Parlement européen envoie un signal fort négatif: c'est la première fois qu'un président en exercice du Conseil ne trouve pas le temps d'avoir une discussion avec l'un des grands groupes politiques du Parlement.
Madame la Présidente, nous espérons nous faire surprendre par une action efficace et décisive. Dans ce cas, au bout de six mois, nous aurons l'honnêteté intellectuelle de l'admettre et d'en féliciter la présidence.
La présidence tchèque propose trois priorités: l'économie, l'énergie et les relations extérieures.
Ainsi, la présentation du programme de la République tchèque a suivi des lignes déjà connues, mais elle a aussi présenté certaines particularités, notamment en ce qui concerne la ratification du traité de Lisbonne.
Le Premier ministre tchèque a affirmé la nécessité de respecter la souveraineté des citoyens irlandais.
Il a même émis l'hypothèse que si un référendum avait été organisé en République tchèque, le résultat aurait sans doute été identique à celui du référendum irlandais, et que le projet de traité aurait été rejeté.
En ce qui concerne la crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine, il a considéré que les deux parties étaient à blâmer, il a souligné les raisons économiques, stratégiques et politiques de leurs actions et il a soutenu une intervention plus importante de l'Union européenne, sans toutefois émettre de propositions spécifiques.
En ce qui concerne les questions socio-économiques, il n'a rien proposé de différent, ce qui signifie qu'il s'en tient aux positions néolibérales, aux propositions rejetées par le Parlement européen à propos de la directive sur le temps de travail, au pacte de stabilité et de croissance et à la stratégie néolibérale de Lisbonne, en ignorant la crise économique et ses graves conséquences pour la dimension sociale.
Il n'a par ailleurs presque rien dit sur les crimes de guerre qu'Israël continue à commettre à l'encontre des Palestiniens, et nous le déplorons.
La présidence tchèque arrive à un moment difficile pour toute l'UE.
La crise financière, la crise de l'énergie et la récession économique sont plus éprouvantes qu'à tout autre moment de ses 56 ans d'histoire.
À cela s'ajoutent les élections parlementaires européennes du mois de juin et le dernier conflit militaire dans la bande de Gaza.
Je regrette personnellement que les Tchèques ne possèdent pas les outils dont ils auraient besoin pour ce travail.
Je regrette que le traité de Lisbonne réformant l'Union européenne ne soit pas une réalité.
Ceci explique l'absence d'une politique étrangère commune: il n'y a pas de système pour la prise de décisions, et les États membres ne sont pas tenus au principe de la solidarité énergétique.
Les opinions du président Václav Klaus par rapport au changement climatique, à la réforme de l'UE et à l'euro, qui sont bizarres sinon hostiles, sont en partie responsables de cette situation.
J'invite donc le gouvernement tchèque et le Premier ministre Mirek Topolánek à limiter autant que possible les déclarations publiques de Klaus concernant les affaires européennes.
Cela dans son intérêt tout autant que dans notre intérêt commun.
Les priorités "3E" de la présidence tchèque - économie, énergie et relations extérieures - résument en quelques mots les besoins de l'Europe.
M. Schwarzenberg a fait la promesse que les Tchèques "[feraient] avancer l'Europe" et qu'ils ne "[seraient] pas les derniers de la classe", et je pense que cette promesse sera tenue.
Je souhaite de tout cœur à notre voisin du Sud une présidence réussie!
par écrit. - (EN) Le plan de relance économique - entériné en décembre - constitue une étape majeure dans la bonne direction afin de faire face au ralentissement économique actuel.
Ses aspects concrets doivent maintenant être appliqués de manière rapide et efficace.
À ce propos, l'Union doit accroître ses efforts pour faciliter l'accès aux ressources disponibles.
Nous devrions, dès lors - tout en restaurant la confiance dans notre marché financier -, particulièrement améliorer et simplifier les mesures permettant d'accélérer la mise en œuvre des Fonds structurels et des Fonds de cohésion.
La politique de cohésion constitue l'instrument principal de solidarité dans l'Union et son rôle dans la lutte contre les effets négatifs d'une crise mondiale de cette ampleur est, bien entendu, essentiel.
En outre, permettez-moi d'approuver, parmi les priorités de la nouvelle présidence tchèque, la volonté d'instaurer un débat concernant la redéfinition des zones défavorisées, parallèlement à la communication de la Commission.
Une délimitation plus précise de ces zones facilitera en effet l'identification de leurs besoins et favorisera leur potentiel de développement, œuvrant ainsi en ligne avec les objectifs de la convergence sociale, territoriale et économique au sein de l'Union.
Nous devons effectivement poursuivre nos efforts afin d'éviter que les conséquences négatives de la crise n'affectent non seulement l'économie mais aussi nos concitoyens, surtout les plus vulnérables.
par écrit. - (PL) J'aimerais remercier M. le Président Mirek Topolánek d'avoir défini les priorités de la présidence tchèque.
Les trois E - l'économie, l'énergie et l'Europe dans le monde, qui constitueront le cadre de cette présidence de la Communauté, subiront l'impact d'événements extérieurs imprévus: Gaza et le gaz.
Le problème du conflit à Gaza a des dimensions politiques.
Cependant, ce conflit est aujourd'hui tellement militarisé que les questions humanitaires sont passées à l'avant-plan.
Ce conflit tue des gens!
Et pas juste les militants du Hamas qui ont déclenché le conflit militaire, mais des hommes, des femmes et des enfants innocents.
En collaboration avec l'ONU, l'UE doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour trouver une solution à ce conflit sanglant.
Les Juifs et les Palestiniens peuvent vivre en paix côte à côte.
Je vous demande ne pas relâcher vos efforts pour atteindre cet objectif.
La crise du gaz a touché de nombreux pays européens.
Un conflit entre deux entreprises, l'une russe et l'autre ukrainienne, s'est transformé en conflit entre les deux pays.
Aujourd'hui, de nombreux citoyens de nombreux pays souffrent considérablement des suites de ce conflit, et leur approvisionnement en énergie a été interrompu au beau milieu d'un hiver rigoureux.
Ce conflit a également provoqué des pertes économiques considérables, dans la mesure où ce gaz est également nécessaire pour l'industrie.
Il est donc grand temps de mettre en place un système européen de distribution du pétrole et du gaz permettant de profiter de différentes sources.
Nous devons également rechercher d'urgence de nouvelles sources d'énergie et utiliser des méthodes modernes de gazéification du charbon.
La Pologne prend déjà des mesures dans ce sens.
Je souhaite à nos amis tchèques de réussir à faire progresser les objectifs de l'UE.
La présidence tchèque se trouve dans une situation difficile.
Il est difficile de prendre les rênes du pouvoir pour la première fois après la présidence d'un pays qui, en tant que l'un des moteurs de l'Europe, a déjà gouverné à plusieurs reprises le navire de l'Union.
Cette situation est difficile parce que la crise financière commence seulement à produire ses effets à travers l'Europe.
Et elle est difficile parce que les Tchèques doivent faire face non seulement aux eurosceptiques extrêmes au sein de ce Parlement, mais aussi à certains représentants du pouvoir politique dans leurs propre pays.
Néanmoins, le programme de la présidence tchèque semble vouloir préserver l'équilibre de l'Union européenne.
S'inspirant de la noble devise "une Europe sans barrières", elle s'efforce de mettre à l'avant-plan non seulement le problème de la gestion de la crise économique, mais aussi l'affirmation effective des principes à long terme de l'UE.
La République tchèque est le premier pays d'Europe centrale à intégrer toutes les caractéristiques communes des nouveaux États membres.
Par conséquent, le programme de la présidence tchèque s'efforce de représenter de façon équilibrée les attentes des nouveaux États membres.
Nous sommes ravis que la réaction de la présidence tchèque face à la crise économique se concentre sur le développement de la main d'œuvre locale et sur la promotion de la mobilité verticale.
Je souhaite également attirer l'attention de la présidence sur la nécessité d'améliorer la situation des régions les moins développées et de la minorité Rom.
Il s'agit là de problèmes sociaux et économiques européens qui transcendent les frontières.
Outre le recours à une main d'œuvre immigrée, il est possible de gérer à long terme le vieillissement de la population européenne et les tensions sociales qui en découlent en développant la main d'œuvre locale constituée par ceux dont les connaissances et les compétences ne sont actuellement pas compétitives.
Je souhaite féliciter la République tchèque au début de sa présidence de l'Union européenne.
J'apprécie également la création d'un programme de 18 mois dans le cadre d'un processus de coopération avec la France, qui a assuré la présidence précédente de l'Union européenne, et la Suède, qui prendra la relève au second semestre de cette année.
Les défis auxquels cette présidence s'est trouvée confrontée dès les premiers jours, comme la guerre à Gaza, la perturbation de l'approvisionnement en gaz depuis la Russie, sans parler de la crise économique mondiale, démontrent la pertinence des priorités identifiées par la République tchèque.
Parmi les trois priorités annoncées par la République tchèque - l'énergie, l'économie et l'Europe dans le monde - j'aimerais me pencher sur la question de l'énergie.
Je pense personnellement que l'Europe a besoin d'une politique énergétique uniforme afin d'éviter une dépendance excessive vis-à-vis de ressources en provenance d'une seule région.
À cet égard, j'insiste sur la nécessité de développer les relations avec de nouveaux fournisseurs et d'investir dans des technologies non conventionnelles de génération d'énergie.
Nous devons améliorer l'infrastructure de transport et accorder une attention suffisante au développement du gazoduc Nabucco.
Je pense également qu'il est essentiel de raccourcir les procédures de déploiement des projets destinés à trouver des sources d'énergie alternatives et non conventionnelles.
par écrit. - (EN) Considérant que le Conseil européen n'a pas fixé de date pour traiter les réels problèmes qui se cachent derrière le "non" irlandais au traité de Lisbonne, un deuxième "non" est envisageable.
La présidence tchèque, consciente qu'un deuxième "non" est une perspective réaliste, se prépare à l'éventualité de la non-entrée en vigueur du traité de Lisbonne.
Elle prépare un "plan B" pour la sélection d'une nouvelle Commission conformément aux règles du traité de Nice.
L'idée rapportée de sélectionner une Commission à 26 commissaires ainsi qu'un haut représentant pour la politique européenne étrangère et de sécurité dans le 27e État membre n'est qu'une possibilité parmi d'autres de traiter ce problème.
Les Européens reconnaissent que le traité de Lisbonne n'est pas la panacée, comme le soutiennent beaucoup de ses plus fervents partisans.
Au contraire: il pourrait servir à approfondir les problèmes économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés.
En ce qui concerne la crise de Gaza, la réponse de la présidence tchèque est très éloignée de la solution.
L'UE doit entreprendre une action conjointe afin de maintenir les droits des Palestiniens assiégés et de tenter de mettre un terme aux effusions de sang.
Tout comme d'autres États membres qui ont adhéré à l'Union depuis 2004, la République tchèque, qui assure la présidence du Conseil de l'Union européenne depuis le 1er janvier 2009, souffre de l'isolation thermique déficiente de nombreux immeubles résidentiels.
Nous devons penser aux économies d'énergie considérables et la réduction du coût du chauffage dont pourraient profiter les citoyens suite à une rénovation des systèmes de chauffage de ces immeubles, mais également aux opportunités limitées d'utiliser les fonds structurels et les fonds de cohésion pour investir dans ces domaines.
Je pense donc que la présidence tchèque du Conseil devrait inclure cette question dans ses priorités.
Deuxièmement, en ce qui concerne le mandat d'arrêt européen, la République tchèque a fait une déclaration basée sur l'article 32 de la décision-cadre et selon laquelle elle appliquera la procédure de remise "uniquement pour les actes commis après le 1er novembre 2004".
D'autres États européens ont adopté des règlementations semblables.
Les cas comme celui-ci sapent la confiance des citoyens dans l'efficacité des politiques européennes de lutte contre la criminalité.
La présidence tchèque du Conseil européen représente une bonne opportunité de réexaminer ces déclarations.
par écrit. - (EL) Les déclarations du Premier ministre tchèque et du Président de la Commission européenne, ainsi que le débat général au sein du Parlement européen concernant le programme de la présidence tchèque de l'UE, sont la suite logique de la campagne antipopulaire continue menée par l'UE sous les présidences précédentes.
Le message est clair: l'attaque du capital contre les travailleurs, contre les classes populaires, va se poursuivre sans relâche.
Le rôle impérialiste de l'UE sera renforcé, comme la présidence tchèque a pris soin de le démontrer dès les premiers jours en soutenant l'agression impérialiste criminelle d'Israël contre la bande de Gaza et en justifiant le massacre barbare du peuple palestinien, avec l'appui inconditionnel des États-Unis et conformément au projet d'un "nouveau Moyen-Orient" mené par les États-Unis, l'OTAN et l'Europe.
Le programme de la présidence tchèque signale l'intensification des attaques antipopulaires de l'UE destinées à rejeter toutes les conséquences de la crise du système capitaliste sur la classe ouvrière et sur les classes populaires pauvres, le renforcement de l'agression de l'UE contre les peuples, de ses interventions impérialistes et de ses capacités d'intervention militaire dans le monde entier.
Le peuple doit contre-attaquer face à l'agression de l'UE.
Le peuple ne pourra progresser qu'en résistant, en pratiquant la désobéissance civique et en rompant avec les politiques réactionnaires de l'UE, avec l'UE elle-même.
Je voudrais commencer mon intervention en mentionnant à nouveau l'idée dont j'ai parlé lundi dernier lors de l'ouverture de la séance plénière.
Vous assurez la présidence à un moment qui présente pour nous une importance particulière.
Cette année marque le 20e anniversaire de la chute du Rideau de fer.
Je disais lundi dernier que pour nous, mais surtout pour les millions de citoyens qui nous ont envoyés ici, ces 20 ans ont été en partie une période d'attente et en partie une période d'acceptation.
Il est peut-être normal qu'il nous ait fallu un certain temps pour nous défaire du poids de ces 50 ans qui nous séparaient du reste de l'Europe.
Je tenais à prendre la parole pour vous féliciter d'avoir identifié la troisième priorité, l'Europe dans le monde, mais surtout d'avoir fait du Partenariat oriental une priorité.
L'histoire de nos deux pays, la Roumanie et la République tchèque, présentent deux points communs importants: 1968 et le Printemps de Prague. Pour les Roumains soumis à une dictature communiste monstrueuse, ces événements représentaient une lumière d'espoir qui nous a guidés sur le chemin de la liberté.
En tant que députée européenne de Roumanie, je vous demande de donner au Partenariat oriental une consistance spécifique et réelle.
Des millions de citoyens de cette région doivent retrouver cet espoir en revivant symboliquement, au cours des prochains mois, les événements du Printemps de Prague.
Vous et moi sommes bien placés pour comprendre le poids de cette attente.
Nous sommes aujourd'hui au début de six mois de présidence tchèque de l'Union européenne. Il est déjà clair que cette présidence ne sera pas facile.
Les deux crises majeures auxquelles nous avons dû faire face ces dernières semaines montrent qu'une direction efficace de l'Union européenne nécessite non seulement des programmes bien préparés, mais aussi et surtout la capacité à réagir rapidement et correctement face à des problèmes difficiles.
C'est quelque chose dont devrait se souvenir chaque État membre qui se prépare à assurer la présidence de l'UE.
La présidence tchèque succède à une présidence française particulièrement dynamique et ambitieuse.
Il est inévitable que des comparaisons soient faites entre les deux.
Je pense cependant que les autorités tchèques sont bien préparées pour ce travail, et que la présidence tchèque montrera que même un petit pays qui a rejoint récemment la Communauté est capable de la diriger correctement.
Mêmes les divisions politiques présentes au niveau national ne devraient pas l'en empêcher.
J'invite la présidence à consacrer une partie de son attention aux problèmes de tous les jours.
Les projets ambitieux à grande échelle sont importants et nécessaires, mais ils échappent souvent à l'attention des citoyens ordinaires.
À l'approche des élections parlementaires, il est important que les citoyens de l'Union européenne aient le sentiment que cette Communauté est faite pour eux, pour les citoyens, et qu'elle est là pour faire une différence dans leur vie quotidienne.
Alors oui aux grandes visions, mais envisagées à travers le prisme de la vie quotidienne.
Tous mes vœux de réussite!
La République tchèque prend le gouvernail de l'Europe à un moment où celle-ci doit faire face aux défis de la crise financière mondiale, de la perturbation de l'approvisionnement en gaz depuis la Russie et du conflit à Gaza.
Je pense que le programme ambitieux de la présidence tchèque ne pourra être réalisé que moyennant une collaboration étroite entre le Parlement européen et la Commission européenne.
L'Europe doit continuer à prendre activement position sur toutes les questions qui intéressent les citoyens de l'UE.
À l'heure actuelle, la question de la sécurité énergétique est particulièrement importante et il convient de galvaniser les efforts de tous les États membres.
La perturbation de l'approvisionnement en gaz russe en plein hiver, qui a paralysé l'Europe, ajoute une nouvelle dimension à la notion d'indépendance énergétique.
Cette situation de crise montre la nécessité de réduire la dépendance des États membres aux importations de gaz russe et de rechercher des alternatives.
Les citoyens d'une Europe unie attendent de la présidence tchèque qu'elle joue un rôle actif et qu'elle s'implique dans la résolution de ce problème, qui dépasse depuis longtemps le cadre d'un simple conflit commercial entre la Russie et l'Ukraine.
Je souhaite beaucoup de succès à la présidence tchèque.
par écrit. - (RO) Je me réjouis que la présidence tchèque ait fait de l'énergie l'une de ses priorités.
Les événements inacceptables de ces dernières semaines concernant la sécurité d'approvisionnement en gaz naturel de certains États membres de l'UE ont démontré une fois de plus la nécessité d'une politique énergétique européenne mise en œuvre par le biais de projets européens clairement définis financés par des fonds européens.
Le marché intérieur européen du gaz naturel ne peut fonctionner correctement que moyennant le développement rapide d'infrastructures de stockage du gaz naturel, y compris de gaz liquéfié, et l'accélération de la mise en œuvre du projet Nabucco.
par écrit. - J'adresse mes meilleurs vœux au gouvernement tchèque qui préside l'Union dans des conditions délicates, du fait de la complexité de sa situation politique nationale, et d'un contexte international particulièrement préoccupant.
La présidence tchèque doit être déterminée et dynamique, à l'image de celle incarnée par Nicolas Sarkozy le semestre dernier, pour œuvrer activement en faveur d'un cessez-le-feu immédiat à Gaza et pour maintenir une impulsion politique forte, sur la base du programme de travail préparatoire élaboré conjointement avec la France et la Suède, qui lui succédera à la tête du Conseil.
Face à la crise économique, le plan de relance coordonné adopté par les Vingt-sept doit être appliqué sans délai, pour protéger l'industrie, la compétitivité, et les emplois européens.
L'Europe détient une part essentielle de la solution à la crise, et la présidence tchèque doit contribuer à en apporter la preuve.
Je salue l'engagement du Premier ministre tchèque de faire ratifier le traité de Lisbonne par son pays d'ici la fin de cette présidence.
Des crises économique, diplomatique et institutionnelle qui affaiblissent l'Europe, la dernière est la seule dont l'issue dépend uniquement des Européens.
La présidence tchèque doit offrir ce succès à l'Union, pour garantir des perspectives d'avenir à nos concitoyens. |
Building Back Fairer and Greener
GENEVA – Like farmers planning the following season’s crop, we must now sow the seeds of the post-pandemic future we want.
That means putting gender equality and sustainability at the heart of the recovery and promoting more inclusive development through “good trade.”
The most serious challenge we face is economic inequality – not only between and within countries.
In particular, COVID-19 has revealed the depth of gender inequities, with women suffering the most from the pandemic’s economic fallout.
Research by the International Trade Centre shows that nearly 65% of women-led small businesses across 120 countries have been strongly affected by the crisis (compared to just over half of firms led by men).
Sectors that employ mostly women – including retail, hospitality, tourism, and artisanal and light manufacturing – were hit the hardest.
Moreover, accelerated digitalization and shifting supply-chain configurations mean that female entrepreneurs everywhere – but especially in developing countries – face additional obstacles, ranging from accessing information and resources to building skills and networks.
In a recent commentary in the Financial Times, Linda Scott of the University of Oxford’s Saïd Business School called for an end to the “male monopoly” in international trade.
If women became significant agents in the economic recovery, she argued, then, “a cascade of benefits would result and suffering would be substantially reduced.” Successfully tackling this challenge would reposition women entrepreneurs in new global value chains, helping them to meet modern product standards and take advantage of proliferating e-commerce opportunities.
The post-pandemic recovery also needs to be sustainable – and business is responding.
Last month, more than 20 leading firms from Adidas to Unilever welcomed the European Union’s initiative to introduce new binding standards to promote sustainability, while more than 1,000 CEOs signed a United Nations statement calling for renewed global cooperation.
Policymakers, too, are increasingly linking the post-COVID recovery to climate action – as the French government’s conditional bailouts of Air France and Renault illustrate.
At the recent UN General Assembly, China announced its intention to become carbon-neutral before 2060, and called on all countries to, “achieve a green recovery of the world economy in the post-COVID era.”
European, Latin American, Caribbean, and Pacific leaders are putting climate mitigation and inclusive development at the center of their pandemic recovery plans.
Some, such as New Zealand’s prime minister, Jacinda Ardern, have pledged to link their COVID-19 responses to climate action.
Versions of green new deals are gaining traction around the world.
In September, European Commission President Ursula von der Leyen laid out plans to cut the EU’s greenhouse-gas emissions by 55% by 2030.
France had earlier adopted a €100 billion ($117.6 billion) recovery plan, including €30 billion to support a green transition.
The mood is changing.
The world is looking for ways to pivot to good trade – cleaner, fairer, and more resilient to shocks.
But new schemes must not overlook support for the micro, small, and medium-size enterprises – many of them run by or employing women – that participate in global value chains and drive local economies.
For example, the EU’s proposed carbon border adjustment mechanism – which von der Leyen highlighted in her State of the Union address – will raise concerns in developing countries.
The Boston Consulting Group thinks such a regime would mean that, “non-European companies that had been under little regulatory pressure to map, report, and control their emissions would have to build these capabilities quickly and scramble to catch up in order to remain competitive in Europe.”
As a result, a European paper company, for example, that can cope with a border-adjustment mechanism may gain a competitive advantage over an Asian or African firm in the same sector that currently exports to Europe.
The international community needs to develop a broad understanding of how to build a cleaner, more equal world, and work with public and private-sector partners toward common goals.
Regarding value chains, small and medium-size enterprises are themselves pushing industries to address the challenges of social and environmental compliance and reduce “audit fatigue.” Initiatives such as the Social and Labor Convergence Program, which serves the apparel and footwear sectors, can be supported by modest funding and hosted by a neutral, not-for-profit organization.
They can provide efficient, scalable, and sustainable social assessments across industries and along value chains, and deliver credible and comparable data.
This model frees up resources for firms to improve working conditions and processes − and could lend itself widely to post-COVID compliance regimes in developing countries.
On gender equality, a growing number of corporations such as UPS, MasterCard, Visa, Procter & Gamble, and eBay support women’s entrepreneurship through supply-chain diversity programs, mentoring, capacity-building schemes, and targeted services.
These initiatives have scaled up by leveraging the expertise and networks of international organizations and local institutions, tapping resources that governments often lack, and they can be deployed in flexible and market-based ways.
The many inequities exposed by COVID-19 are becoming increasingly hard to ignore.
We have a golden opportunity to build back boldly and put gender equality, social responsibility, and environmental protection at the core of our plans.
With a deliberate and strategic focus on these issues, the future we sow could be more bountiful than the past. | Vers une reconstruction plus juste et plus verte
GENÈVE – À l'image des agriculteurs qui préparent leur prochaine récolte, nous devons dès à présent semer les graines de notre avenir post-pandémie.
Cela implique de placer l'égalité entre les sexes et le développement durable au centre de la relance économique et de promouvoir un développement plus inclusif dans le cadre d'un « commerce responsable. »
L'un des défis majeurs auxquels nous sommes confrontés est celui des inégalités sur le plan économique.
La COVID-19 met l'accent sur des inégalités entre les sexes très marquées, qui laissent les femmes très exposées aux répercussions économiques de la pandémie.
Une recherche menée par le Centre du commerce international (CCI) montre que près de 65 % des petites entreprises gérées par des femmes dans 120 pays sont durement touchées par cette crise (par rapport à seulement la moitié des entreprises gérées par des hommes).
Les secteurs d'activité qui emploient majoritairement des femmes – qu'il s'agisse du commerce de détail, de l'hôtellerie, du tourisme, de l'artisanat et de l'industrie légère – ont été les plus touchés.
En outre, la numérisation et la modification des chaînes d'approvisionnement signifient que les femmes entrepreneurs partout dans le monde – mais tout particulièrement dans les pays en développement – sont confrontées à des obstacles supplémentaires, qu'il s'agisse aussi bien de l'accès aux informations et aux ressources, que d'enrichir leur expérience ou de constituer leurs réseaux.
Dans un article récent du Financial Times, Linda Scott de la Saïd Business School de l'Université d'Oxford a demandé à mettre un terme au « monopole des hommes » sur le commerce international.
Si les femmes étaient amenées à jouer un rôle important dans la relance économique, alors selon elle « une multiplicité de bienfaits pourrait en découler et les malheurs du monde seraient en grande partie atténués. » Mener à bien ce défi pourrait repositionner les femmes entrepreneurs au sein des chaînes de valeur mondiales, en les aidant à respecter les normes de produit et à tirer parti des innombrables opportunités d'e-commerce.
La relance post-pandémie doit également être une relance durable – et le marché semble accueillir favorablement cette évolution.
Le mois dernier, plus de 20 grandes entreprises comme Adidas et Unilever ont accueilli favorablement l'initiative de l'Union européenne visant à introduire de nouvelles normes contraignantes pour promouvoir le développement durable, alors que plus de 1 000 PDG ont ratifié une déclaration des Nations Unies appelant à renouveler la coopération mondiale.
Les décideurs, à leur tour, associent de plus en plus la relance post-COVID à l'action climatique – comme le montrent les renflouements d'entreprises assujettis à des conditions de la part du gouvernement français, dans le cas des entreprises Air France et Renault.
Lors de la dernière Assemblée générale des Nations Unies, la Chine a fait part de son intention de parvenir à la neutralité carbone avant 2060 et a appelé les autres pays à « accomplir une relance verte de l'économie mondiale dans l'ère post-COVID. »
Les dirigeants d'Europe, d'Amérique latine, des Caraïbes et du Pacifique placent l'atténuation des changements climatiques et le développement inclusif au cœur de leurs projet de relance post-pandémie.
Certains d'entre eux, comme le Premier ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern, ont promis d'associer leurs réponses à la COVID-19 à l'action climatique.
Des versions du New Deal vert sont en train de prendre de l'ampleur dans le monde entier.
En septembre, la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a divulgué ses plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 55 % d'ici 2030.
La France avait adopté auparavant un plan de relance de 100 milliards d'euros (117,6 milliards de dollars), dont 30 milliards d'euros alloués à la transition verte.
Les mentalités sont en train d'évoluer.
Le monde est à la recherche de façons de se réorienter vers un commerce responsable – plus propre, plus juste et plus résistant aux chocs.
Mais ces nouveaux programmes doivent impérativement tenir compte des micro-entreprises et des PME – dont un grand nombre sont gérées par des femmes – qui participent aux chaînes de valeur mondiales et stimulent les économies locales.
Par exemple, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières proposé par l'UE – mis en avant par von der Leyen dans son discours sur l'état de l'Union – va être préoccupant pour les pays en développement.
Le Boston Consulting Groupestime qu'un régime de ce type pourrait signifier que « les sociétés non européennes qui jusqu'ici ne subissaient qu'une très faible pression réglementaire dans le traçage, le signalement et le contrôle de leurs émissions vont devoir mettre en place ces capacités rapidement en vue de rattraper leur retard et de rester compétitives en Europe. »
En conséquence, une usine de papeterie européenne, par exemple, à même de se conformer au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières va avoir un avantage compétitif par rapport à une société asiatique ou africaine du même secteur d'activité qui exporte actuellement vers l'Europe.
La communauté internationale doit adopter une conception plus large de la manière de construire un monde plus propre et plus égalitaire, tout en collaborant avec des partenaires des secteurs public et privé pour réaliser ces objectifs communs.
Sur le plan des chaînes de valeur, les PME incitent elles-mêmes les industries à relever les défis de la conformité sociale et environnementale, ainsi qu'à réduire la « fatigue d'audit. » Des initiatives comme celle du Social and Labor Convergence Program, consacrées au secteur de l'habillement et de la chaussure, peuvent être financées par des capitaux modestes et accueillies par une organisation neutre à but non lucratif.
Elles permettront de fournir des analyses sociales efficaces, modulables et durables dans tous les secteurs et toutes les chaînes de valeur, ainsi que des données crédibles et comparables.
Ce modèle libère des ressources au sein des entreprises en vue d'améliorer les conditions de travail et les processus − ce qui pourrait s'adapter en grande partie à des régimes de conformité post-COVID dans les pays en développement.
Quant à l'égalité des sexes, un nombre croissant de société comme UPS, MasterCard, Visa, Procter & Gamble et eBay soutiennent l'esprit d'entreprise des femmes par leur programmes de diversité des chaînes d'approvisionnement, leur mentorat, leurs programmes de renforcement des capacités et leurs services dédiés.
Ces initiatives ont été adaptées grâce à la mobilisation de l'expertise et des réseaux d'institutions internationales et d'institutions locales, en exploitant des ressources qui font souvent défaut aux pouvoirs publics et qui peuvent être utilisées de façon flexible pour répondre aux besoins du marché.
Il est de plus en plus difficile de faire la sourde oreille face aux nombreuses inégalités que nous révèle la COVID-19.
Nous avons une occasion rêvée de reconstruire avec audace en mettant l'égalité entre les sexes, la responsabilité sociale et la protection de l'environnement au cœur de nos projets.
En préparant une bonne stratégie pour aborder ces problèmes, l'avenir que nous semons pourrait s'avérer plus fructueux que notre passé. |
Ending Nuclear Evil
CAPE TOWN – Eliminating nuclear weapons is the democratic wish of the world’s people.
Yet no nuclear-armed country currently appears to be preparing for a future without these terrifying devices.
In fact, all are squandering billions of dollars on modernization of their nuclear forces, making a mockery of United Nations disarmament pledges.
If we allow this madness to continue, the eventual use of these instruments of terror seems all but inevitable.
The nuclear power crisis at Japan’s Fukushima power plant has served as a dreadful reminder that events thought unlikely can and do happen.
It has taken a tragedy of great proportions to prompt some leaders to act to avoid similar calamities at nuclear reactors elsewhere in the world.
But it must not take another Hiroshima or Nagasaki – or an even greater disaster – before they finally wake up and recognize the urgent necessity of nuclear disarmament.
This week, the foreign ministers of five nuclear-armed countries – the United States, Russia, Britain, France, and China – will meet in Paris to discuss progress in implementing the nuclear-disarmament commitments that they made at last year’s Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT) review conference.
It will be a test of their resolve to transform the vision of a future free of nuclear arms into reality.
If they are serious about preventing the spread of these monstrous weapons – and averting their use – they will work energetically and expeditiously to eliminate them completely.
One standard must apply to all countries: zero.
Nuclear arms are wicked, regardless of who possesses them.
The unspeakable human suffering that they inflict is the same whatever flag they may bear.
So long as these weapons exist, the threat of their use – either by accident or through an act of sheer madness – will remain.
We must not tolerate a system of nuclear apartheid, in which it is considered legitimate for some states to possess nuclear arms but patently unacceptable for others to seek to acquire them.
Such a double standard is no basis for peace and security in the world.
The NPT is not a license for the five original nuclear powers to cling to these weapons indefinitely.
The International Court of Justice has affirmed that they are legally obliged to negotiate in good faith for the complete elimination of their nuclear forces.
The New START agreement between the US and Russia, while a step in the right direction, will only skim the surface off the former Cold War foes’ bloated nuclear arsenals – which account for 95% of the global total.
Furthermore, these and other countries’ modernization activities cannot be reconciled with their professed support for a world free of nuclear weapons.
It is deeply troubling that the US has allocated $185 billion to augment its nuclear stockpile over the next decade, on top of the ordinary annual nuclear-weapons budget of more than $50 billion.
Just as unsettling is the Pentagon’s push for the development of nuclear-armed drones – H-bombs deliverable by remote control.
Russia, too, has unveiled a massive nuclear-weapons modernization plan, which includes the deployment of various new delivery systems.
British politicians, meanwhile, are seeking to renew their navy’s aging fleet of Trident submarines – at an estimated cost of £76 billion ($121 billion).
In doing so, they are passing up an historic opportunity to take the lead on nuclear disarmament.
Every dollar invested in bolstering a country’s nuclear arsenal is a diversion of resources from its schools, hospitals, and other social services, and a theft from the millions around the globe who go hungry or are denied access to basic medicines.
Instead of investing in weapons of mass annihilation, governments must allocate resources towards meeting human needs.
The only obstacle we face in abolishing nuclear weapons is a lack of political will, which can – and must – be overcome.
Two-thirds of UN member states have called for a nuclear-weapons convention similar to existing treaties banning other categories of particularly inhumane and indiscriminate weapons, from biological and chemical arms to anti-personnel land mines and cluster munitions.
Such a treaty is feasible and must be urgently pursued.
It is true that nuclear weapons cannot be uninvented, but that does not mean that nuclear disarmament is an impossible dream.
My own country, South Africa, gave up its nuclear arsenal in the 1990’s, realizing it was better off without these weapons.
Around the same time, the newly independent states of Belarus, Kazakhstan, and Ukraine voluntarily relinquished their nuclear arms, and then joined the NPT.
Other countries have abandoned nuclear-weapons programs, recognizing that nothing good could possibly come from them.
Global stockpiles have dropped from 68,000 warheads at the height of the Cold War to 20,000 today.
In time, every government will come to accept the basic inhumanity of threatening to obliterate entire cities with nuclear weapons.
They will work to achieve a world in which such weapons are no more – where the rule of law, not the rule of force, reigns supreme, and cooperation is seen as the best guarantor of international peace.
But such a world will be possible only if people everywhere rise up and challenge the nuclear madness. | En finir avec le diable nucléaire
CAPE TOWN – Éliminer les armes nucléaires est le vou démocratique de tous les peuples du monde.
Et pourtant, aucune des nations qui possèdent l’arme nucléaire ne semble se préparer à un avenir sans ces dispositifs terrifiants.
En fait, ils gaspillent des milliards de dollars à moderniser leurs forces nucléaires, faisant une farce des engagements de désarmement de l’ONU.
Si nous permettons à cette folie de persister, l’utilisation éventuelle de ces instruments de terreur semble incontournable.
La crise de pouvoir nucléaire à la centrale de Fukushima au Japon a tristement rappelé que des évènements jugés improbables peuvent survenir et surviennent.
Il aura fallu une immense tragédie pour convaincre certains dirigeants d’agir pour éviter des calamités similaires dans d’autres réacteurs nucléaires ailleurs dans le monde.
Mais il ne faudrait pas être obligé d’en arriver à un autre Hiroshima ou Nagasaki – ou quelqu’autre plus grand désastre encore – pour qu’enfin ils se réveillent et admettent l’urgente nécessité du désarmement nucléaire.
Cette semaine, les ministres des Affaires Étrangères de cinq nations nucléaires – les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et la Chine – se retrouveront à Paris pour discuter des progrès dans l’application des engagements au désarmement nucléaire faits l’année dernière à la Conférence de révision du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP.)
Cela constituera le test de leur détermination à faire de la vision d’un avenir sans l’arme nucléaire une réalité.
S’ils envisagent sérieusement de prévenir la prolifération de ces armes monstrueuses – et en empêcher l’utilisation – ils travailleront énergiquement et promptement pour les éliminer complètement.
Un seul standard doit s’appliquer à tous les pays : zéro.
L’arme nucléaire est diabolique, quel que soit celui qui la détient.
L’indicible souffrance humaine qu’elle inflige est la même quelque soit les couleurs de son drapeau.
Aussi longtemps que ces armes existent, la menace de leur utilisation – soit par accident, soit par pure folie – demeurera.
Nous ne pouvons tolérer un système d’apartheid nucléaire dans lequel il serait considéré légitime pour certains états de posséder l’arme nucléaire, mais parfaitement inacceptable pour d’autres qui chercheraient à l’acquérir.
La paix et la sécurité dans le monde ne peuvent se fonder sur un tel double standard.
Le TNP ne constitue pas un droit pour les cinq puissances nucléaires originelles de s’accrocher à ces armes indéfiniment.
La Cour Pénale Internationale a affirmé qu’elles sont légalement dans l’obligation de négocier en toute bonne foi pour l’élimination complète de leurs forces nucléaires.
Le nouvel accord START entre les États-Unis et la Russie, tout en constituant un pas dans la bonne direction, ne fera qu’écrémer la surface des amples arsenaux nucléaires des anciens ennemis de la guerre froide – qui représentent 95% du total global.
En outre, les démarches de modernisation de ces derniers et d’autres pays ne peuvent se concilier avec leur prétendu soutien à un monde sans arme nucléaire.
Il est particulièrement troublant que les États-Unis aient alloué 185 Milliards de dollars à l’augmentation de leur arsenal nucléaire dans la prochaine décennie, en supplément du budget normalement alloué annuellement à l’armement nucléaire de plus de 50 milliards de dollars.
Tout aussi étonnant est la pression du Pentagone pour le développement de drones munis de têtes nucléaires – des bombes H à déclenchement par commande à distance.
La Russie aussi a révélé un plan de modernisation nucléaire massif, qui comprend le déploiement de divers nouveaux systèmes de vecteurs de déclenchement.
Les décisionnaires politiques britanniques pendant ce temps, cherchent à renouveler la flotte vieillissante de sous-marins Trident de leur marine – pour un coût estimé de 76 milliards de livres sterling (121 milliards de dollars).
S’ils en décidaient ainsi, ils rateront une opportunité historique de prendre la tête du désarmement nucléaire.
Chaque dollar investi dans le renforcement de l’arsenal nucléaire d’un pays est un détournement des ressources de ses écoles, de ses hôpitaux, et autres services sociaux, et constitue un vol subi par es millions d’individus autour du monde qui ont faim ou se voient refuser l’accès aux médecines de base.
Plutôt que d’investir dans des armes de destruction massive, les gouvernements doivent allouer des ressources pour répondre aux besoins humains.
L’unique obstacle auquel nous sommes confrontés dans l’abolition des armes nucléaires est le manque de volonté politique, qui peut – et doit – être dépassé.
Deux-tiers des états membres de l’ONU ont appelé de leur voux une convention sur les armes nucléaires, similaire aux traités existants pour la suppression d’autres catégories d’armes particulièrement inhumaines et discriminantes, des armes biologiques et chimiques au mines antipersonnel et à fragmentation.
Un tel traité est possible et doit être envisagé de manière urgente.
Il est vrai qu’il est difficile de désinventer l’arme nucléaire, mais cela ne veut pas dire que le désarmement nucléaire est un rêve impossible.
Mon propre pays, l’Afrique du Sud, a abandonné son arsenal nucléaire dans les années 90, prenant conscience du fait qu’elle se porterait mieux sans ces armes.
A peu près au même moment, les toutes récentes républiques du Belarus, du Kazakhstan, et d’Ukraine ont volontairement renoncé à leurs armes nucléaires avant de rejoindre le TNP.
D’autres pays ont abandonné leurs programmes d’armement nucléaire, reconnaissant que rien de bien ne pouvait en sortir.
Les réserves globales ont chuté de 68 000 têtes au plus fort de la guerre froide à 20 000 aujourd’hui.
Avec le temps, tous les gouvernement seront amenés d’admettre l’inhumanité fondamentale que constitue la menace de l’anéantissement de villes entières par l’arme nucléaire.
Ils s’efforceront de faire de ce monde un monde sans de telles armes – dans lequel l’autorité de la loi, et non celle de la force, règnera en suprématie, et la coopération sera considérée comme le meilleur garant de la paix internationale.
Mais un tel monde ne sera possible que si tous, partout dans le monde, se lèvent et affrontent la folie nucléaire. |
The AI Road to Serfdom?
LONDON – Surveys from round the world show that people want secure jobs.
At the same time, they have always dreamed of a life free from toil.
The “rise of the robots” has made the tension between these impulses palpable.
Estimates of job losses in the near future due to automation range from 9% to 47%, and jobs themselves are becoming ever more precarious.
Yet automation also promises relief from most forms of enforced work, bringing closer to reality Aristotle’s extraordinary prediction that all needed work would one day be carried out by “mechanical slaves,” leaving humans free to live the “good life.”
So the age-old question arises again: are machines a threat to humans or a means of emancipating them?
In principle, there need be no contradiction.
Automating part of human labor should enable people to work less for more pay, as has been happening since the Industrial Revolution.
Hours of work have fallen and real incomes have risen, even as the world’s population increased sevenfold, thanks to the increased productivity of machine-enhanced labor.
In rich countries, productivity – output per hour worked – is 25 times higher than it was in 1831.
The world has become steadily wealthier with fewer man-hours of work needed to produce that wealth.
Why should this benign process not continue?
Where is the serpent in the garden?
Most economists would say it is imaginary.
People, like novice chess players, see only the first move, not the consequences of it. The first move is that workers in a particular sector are replaced by machines, like the Luddite weavers who lost their jobs to power looms in the nineteenth century.
In David Ricardo’s chilling phrase, they become “redundant.”
But what happens next?
The price of clothes falls, because more can be produced at the same cost.
So people can buy more clothes, and a greater variety of clothes, as well as other items they could not have afforded before.
Jobs are created to meet the shift in demand, replacing the original jobs lost, and if productivity growth continues, hours of work can fall as well.
Notice that, in this rosy scenario, no trade unions, minimum wages, job protections, or schemes of redistribution are needed to raise workers’ real (inflation-adjusted) income.
Rising wages are an automatic effect of the fall in the cost of goods.
Provided there is no downward pressure on money wages from increased competition for work, the automatic effect of technological innovation is to raise the standard of living.
This is the famous argument of Friedrich Hayek against any attempt by governments or central banks to stabilize the price level.
In any technologically progressive economy, prices should fall except in a few niche markets.
Businessmen don’t need low inflation to expand production.
They need only the prospect of more sales.
“Dearness” of goods is a sign of technological stagnation.
But our chess novice raises two important questions: “If automation is not confined to a single industry, but spreads to others, won’t more and more jobs become redundant?
And won’t the increased competition for the remaining jobs force down pay, offsetting and even reversing the gains from cheapness?”
Human beings, the economist replies, will not be replaced, but complemented.
Automated systems, whether or not in robot form, will enhance, not destroy, the value of human work, just as a human plus a good computer can still beat the best computer at chess.
Of course, humans will have to be “up-skilled.”
This will take time, and it will need to be continuous.
But once up-skilling is in train, there is no reason to expect any net loss of jobs.
And because the value of the jobs will have been enhanced, real incomes will continue to rise.
Rather than fearing the machines, humans should relax and enjoy the ride to a glorious future.
Besides, the economist will add, machines cannot replace many jobs requiring person-to-person contact, physical dexterity, or non-routine decision-making, at least not any time soon.
So there will always be a place for humans in any future pattern of work.
Ignore for a moment, the horrendous costs involved in this wholesale re-direction of human work.
The question is which jobs are most at risk in which sectors.
According to MIT economist David Autor, automation will substitute for more routinized occupations and complement high-skill, non-routine jobs.
Whereas the effects on low-skill jobs will remain relatively unaffected, medium-skill jobs will gradually disappear, while demand for high-skill jobs will rise.
“Lovely jobs” at the top and “lousy jobs” at the bottom, as LSE economists Maarten Goos and Alan Manning described it.
The frontier of technology stops at what is irreducibly human.
But a future patterned along the lines suggested by Autor has a disturbingly dystopian implication.
It is easy to see why lovely human jobs will remain and become even more prized.
Exceptional talent will always command a premium.
But is it true that lousy jobs will be confined to those with minimal skills?
How long will it take those headed for redundancy to up-skill sufficiently to complement the ever-improving machines?
And, pending their up-skilling, won’t they swell the competition for lousy jobs?
How many generations will have to be sacrificed to fulfil the promise of automation?
Science fiction has raced ahead of economic analysis to imagine a future in which a tiny minority of rich rentiers enjoy the almost unlimited services of a minimally-paid majority.
The optimist says: leave it to the market to forge a new, superior equilibrium, as it always has.
The pessimist says: without collective action to control the pace and type of innovation, a new serfdom beckons.
But while the need for policy intervention to channel automation to human advantage is beyond question, the real serpent in the garden is philosophical and ethical blindness.
“A society can be said to be decadent,” wrote the Czech philosopher Jan Patočka, “if it so functions as to encourage a decadent life, a life addicted to what is inhuman by its very nature.”
It is not human jobs that are at risk from the rise of the robots.
It is humanity itself. | En route vers la servitude avec l’intelligence artificielle ?
LONDRES – Les enquêtes, partout dans le monde, montrent que les gens veulent des emplois stables.
En même temps, ils ont toujours rêvé d’une vie libérée du labeur.
L’« essor des robots » a rendu palpable les tensions entre ces deux désirs.
Les estimations des pertes d’emplois imputables à l’automation dans un avenir proche vont de 9 % à 47 %, et les emplois deviennent eux-mêmes encore plus précaires.
Mais l’automation porte aussi en elle la promesse d’une libération de la plupart des formes de travail obligatoire, avec la possibilité de faire advenir à la réalité l’extraordinaire prédiction d’Aristote, selon laquelle tout le travail nécessaire sera un jour réalisé par des « esclaves mécaniques », laissant les humains libres de mener une « vie bonne ».
Ainsi la question des temps anciens est-elle à nouveau soulevée : les machines sont-elles une menace pour les humains ou un moyen d’émancipation ?
En principe, la contradiction ne va pas de soi.
En automatisant une part du labeur humain, on devrait permettre aux gens de travailler moins pour être payés plus, comme cela s’est produit depuis la révolution industrielle.
Les heures de travail ont diminué et les revenus réels ont augmenté, alors même que la population mondiale a été multipliée par sept, grâce à la productivité accrue d’un travail recevant le concours de la machine.
Dans les pays riches, la productivité – la production par heure travaillée – est vingt-cinq fois plus élevée qu’elle ne l’était en 1831.
Le monde s’est constamment enrichi alors que les heures de travail humain nécessaires à la production de cette richesse se réduisaient.
Pourquoi ce processsus bénéfique ne se poursuivrait-il pas ?
Où est caché le serpent dans ce jardin d’Éden ?
La plupart des économistes diraient qu’il est une créature de l’imagination.
À l’instar de joueurs d’échecs débutants, les gens ne voient guère au-delà du premier mouvement, sans en percevoir les conséquences, comme ces tisserands et tricoteurs luddistes des débuts du XIXe siècle qui perdirent leur emploi avec l’apparition des métiers à tricoter et à tisser mus par la vapeur.
Selon l’expression de David Ricardo, qui fait froid dans le dos, ils étaient devenus « redondants ».
Mais que se passe-t-il ensuite ?
Les prix des vêtements chutent, car pour le même coût, on peut en produire plus.
Ainsi les gens peuvent-ils acheter non seulement plus de vêtements et d’une plus grande variété, mais aussi d’autres objets manufacturés, qu’ils n’auraient pas eu, auparavant, les moyens de se procurer.
Des emplois sont créés pour répondre à cette évolution de la demande, qui viennent remplacer la perte des emplois précédents, et si la croissance de la productivité se poursuit, les heures de travail peuvent diminuer.
Remarquons que dans ce scénario idyllique, ni les syndicats, ni le salaire minimum, la protection de l’emploi ou la redistribution ne sont nécessaires pour augmenter les revenus réels (corrigés de l’inflation) des travailleurs.
La hausse des salaires est un effet automatique de la baisse des coûts de fabrication des biens de consommation.
Dès lors qu’une concurrence accrue pour le travail n’exerce pas de pression à la baisse sur les salaires perçus, l’effet automatique de l’innovation technologique est une élévation du niveau de vie.
C’est le célèbre argument de Friedrich Hayek contre toute tentative des États ou des banques centrales de stabiliser les prix.
Dans toute économie reposant sur le progrès technologique, les prix devraient chuter, à l’exception de quelques niches du marché.
Les hommes d’affaires n’ont pas besoin que l’inflation soit contenue pour que leur production augmente.
Seule l’augmentation des ventes doit leur importer.
La « cherté » des biens est un signe de stagnation technologique.
Mais notre joueur d’échecs débutant soulève deux questions importantes : « Si l’automation ne se restreint pas à une seule industrie, mais s’étend aux autres, de plus en plus d’emplois ne vont-ils pas devenir redondants ?
Et la concurrence accrue pour les emplois restants ne risque-t-elle pas de faire baisser la paie, contrebalançant, voire inversant les gains obtenus par la baisse des prix ? »
Les êtres humains, réplique l’économiste, ne seront pas remplacés mais augmentés.
Les système automates, qu’ils prennent ou non la forme de robots, augmenteront et ne détruiront pas la valeur du travail humain, tout comme un humain auquel on adjoint un bon ordinateur peut encore battre aux échecs le meilleur des ordinateurs.
Certes, il faudra « accroître les compétences » des humains.
Cela prendra du temps et ce mouvement doit être continu.
Mais dès lors que l’accroissement des compétences est en cours, il n’y a aucune raison de s’attendre à des pertes nettes d’emploi.
Et comme les emplois s’en trouveront valorisés, les revenus réels continueront d’augmenter.
Plutôt que de craindre les machines, les humains devraient se rassurer et jouir de cette promenade vers un glorieux avenir.
En outre, ajoutera l’économiste, les machines ne pourront remplacer avant longtemps les nombreux emplois qui requièrent une relation interpersonnelle, une certaine dextérité ou encore qu’on y prenne des décisions échappant à la routine.
Il y aura toujours une place pour les humains, quel que soit, à l’avenir, le modèle de travail.
Ignorons pour le moment les coûts horrifiques de cette réorientation complète du travail humain.
La question devient celle des emplois qui sont le plus en danger et des secteurs d’activité où ils le sont.
Selon David Autor, économiste au Massachusetts Institute of Technology, l’automation se substituera aux occupations les plus routinières et augmentera les capacités des emplois hautement qualifiés et non routiniers.
Si les emplois peu qualifiés demeureront relativement peu touchés, les emplois moyennement qualifiés disparaîtront rogressivement, tandis que la demande pour les emplois hautement qualifiés augmentera.
Des emplois « attractifs » au sommet, des emplois « pourris » à la base, comme les ont décrits deux économistes de la London School of Economics, Maarten Goos et Alan Manning.
La frontière technologique ne va pas au-delà de ce qui est irréductiblement humain.
Mais un avenir modelé sur les prévisions d’Autor a de troublantes répercussions dystopiques.
Il n’est pas difficile de voir pourquoi les emplois attractifs seront conservés et deviendront de plus en plus prisés.
Le talent, lorsqu’il est exceptionnel, se distinguera toujours.
Mais est-il vrai que les emplois pourris ne seront attribués qu’à ceux qui sont les moins qualifiés ?
Combien de temps faudra-t-il à celles et ceux que menace la redondance pour accroître suffisamment leurs compétences afin de pouvoir augmenter des machines qui ne cessent de s’améliorer ?
Et tandis que se renouvelleront ces compétences, les rangs des candidats aux emplois pourris ne grossiront-t-ils pas ?
Combien de générations devront-elles être sacrifiées pour que s’accomplisse la promesse de l’automation ?
La science-fiction a devancé l’analyse économique et imaginé un avenir où une infime minorité de riches rentiers jouissent des services presque illimités d’une majorité payée au minimum.
L’optimiste dit : laissons le marché créer un nouvel et meilleur équilibre, comme il le fait toujours.
Le pessimiste dit : sans action collective pour contrôler le rythme de l’innovation et les domaines qu’elle aborde, nous sommes en route vers une nouvelle servitude.
Mais si le besoin d’une action politique pour canaliser l’automation afin que les humains puissent en tirer les fruits est irréfutable, le véritable serpent du jardin d’Éden est l’aveuglement philosophique et éthique.
Comme l’a écrit le philosophe tchèque Jan Patočka : « Une société déchue est une société dont le fonctionnement mène à une vie déchue, tombée sous la coupe de ce qui a une nature étrangère à l’être de l’homme. »
Ce ne sont pas les emplois humains que l’essor des robots met en péril.
C’est l’humanité elle-même. |
Inspiring Economic Growth
NEW HAVEN – In his First Inaugural Address, during the depths of the Great Depression, US President Franklin Delano Roosevelt famously told Americans that, “The only thing we have to fear is fear itself.”
Invoking the Book of Exodus, he went on to say that, “We are stricken by no plague of locusts.”
Nothing tangible was causing the depression; the problem, in March 1933, was in people’s minds.
The same could be said today, seven years after the 2008 global financial crisis, about the world economy’s many remaining weak spots.
Fear causes individuals to restrain their spending and firms to withhold investments; as a result, the economy weakens, confirming their fear and leading them to restrain spending further.
The downturn deepens, and a vicious circle of despair takes hold.
Though the 2008 financial crisis has passed, we remain stuck in the emotional cycle that it set in motion.
It is a bit like stage fright.
Dwelling on performance anxiety may cause hesitation or a loss of inspiration.
As fear turns into fact, the anxiety worsens – and so does the performance.
Once such a cycle starts, it can be very difficult to stop.
According to Google Ngrams, it was during the Great Depression – around the late 1930s – that the term “feedback loop” began to appear frequently in books, often in relation to electronics.
If a microphone is placed in front of a loudspeaker, eventually some disturbance will cause the system to produce a painful wail as sound loops from the loudspeaker to the microphone and back, over and over.
Then, in 1948, the great sociologist Robert K. Merton popularized the phrase “self-fulfilling prophecy” in an essay with that title.
Merton’s prime example was the Great Depression.
But the memory of the Great Depression is fading today, and many people probably do not imagine that such a thing could be happening now.
Surely, they think, economic weakness must be due to something more tangible than a feedback loop.
But it is not, and the most direct evidence of this is that, despite rock-bottom interest rates, investment is not booming.
In fact, real (inflation-adjusted) interest rates are hovering around zero throughout much of the world, and have been for more than five years.
This is especially true for government borrowing, but corporate interest rates, too, are at record lows.
In such circumstances, governments considering a proposal to build, say, a new highway, should regard this as an ideal time.
If the highway will cost $1 billion, last indefinitely with regular maintenance and repairs, and yield projected annual net benefits to society of $20 million, a long-term real interest rate of 3% would make it nonviable: the interest cost would exceed the benefit.
But if the long-term real interest rate is 1%, the government should borrow the money and build it.
That is just sound investing.
In fact, the 30-year inflation-indexed US government bond yield as of May 4 was only 0.86%, compared with more than 4% in the year 2000.
Such rates are similarly low today in many countries.
Our need for better highways cannot have declined; on the contrary, given population growth, the need for investment can only have become more pronounced.
So why are we not well into a highway-construction boom?
People’s weak appetite for economic risk may not be the result of pure fear, at least not in the sense of an anxiety like stage fright.
It may stem from a perception that others are afraid, or that something is inexplicably wrong with the business environment, or a lack of inspiration (which can help overcome background fears).
It is worth noting that the US experienced its fastest economic growth since 1929 in the 1950s and 1960s, a time of high government expenditure on the Interstate Highway System, which was launched in 1956.
As the system was completed, one could cross the country and reach its commercial hubs on high-speed expressways at 75 miles (120 kilometers) an hour.
Maybe the national highway system was more inspirational than the kinds of things that Roosevelt tried to stimulate the US out of the Great Depression.
With his Civilian Conservation Corps, for example, young men were enlisted to clean up the wilderness and plant trees.
That sounded like a pleasant experience – maybe a learning experience – for young men who would otherwise be idle and unemployed.
But it was not a great inspiration for the future, which may help to explain why Roosevelt’s New Deal was unable to end America’s economic malaise.
By contrast, the apparent relative strength of the US economy today may reflect some highly visible recent inspirations.
The fracking revolution, widely viewed as originating in the US, has helped to lower energy prices and has eliminated America’s dependency on foreign oil.
Likewise, much of the rapid advance in communications in recent years reflects innovations – smartphone and tablet hardware and software, for example – that has been indigenous to the US.
Higher government spending could stimulate the economy further, assuming that it generates a level of inspiration like that of the Interstate Highway System.
It is not true that governments are inherently unable to stimulate people’s imagination.
What is called for is not little patches here and there, but something big and revolutionary.
Government-funded space-exploration programs around the world have been profound inspirations.
Of course, it was scientists, not government bureaucrat, who led the charge.
But such programs, whether publicly funded or not, have been psychologically transforming.
People see in them a vision for a greater future.
And with inspiration comes a decline in fear, which now, as in Roosevelt’s time, is the main obstacle to economic progress. | Inspirer la croissance économique
NEW HAVEN – Lors de son premier discours inaugural, au plus profond de la Grande Dépression, le président américain Franklin Delano Roosevelt avait adressé cette phrase célèbre aux Américains : « La seule chose que nous devons craindre est la peur elle-même ».
Invoquant le livre de l'Exode, il avait ajouté « nous ne sommes frappés par aucune invasion de sauterelles ».
Rien de tangible ne causait la dépression ; le problème, en mars 1933, était dans la tête des gens.
La même chose pourrait être dite aujourd'hui, sept ans après la crise financière mondiale de 2008, à propos des nombreux points faibles qui demeurent dans l'économie mondiale.
La peur pousse les individus à restreindre leurs dépenses et les entreprises à différer leurs investissements ; en conséquence, l'économie faiblit, confirmant leur peur et les conduisant à restreindre davantage les dépenses.
Le ralentissement s’approfondit et un cercle vicieux de désespoir se met en place.
Bien que la crise financière de 2008 soit derrière nous, nous restons coincés dans le cycle émotionnel qu’elle a initié.
C’est un peu comme le trac des comédiens.
Ressasser l'anxiété de la performance peut entraîner une hésitation ou une perte d'inspiration.
Lorsque la peur se transforme en fait, l'anxiété s’aggrave – et il en va de même de la performance.
Une fois qu’un tel cycle commence, il peut être très difficile de l'arrêter.
Selon Google Ngrams, c’est pendant la Grande Dépression – autour de la fin des années 1930 – que le terme « boucle de rétroaction » a commencé à apparaître fréquemment dans les livres, souvent en relation à l'électronique.
Si un microphone est placé en face d'un haut-parleur, une perturbation finira par provoquer un hurlement douloureux à cause d’une boucle sonore entre le haut-parleur et le microphone et inversement, qui continue indéfiniment.
Puis, en 1948, le grand sociologue Robert K. Merton a popularisé l'expression « prophétie auto-réalisatrice » dans un essai du même titre.
Le premier exemple de Merton était la Grande Dépression.
Or, le souvenir de la Grande Dépression disparait progressivement aujourd'hui et beaucoup de monde ne s’imaginent sans doute pas qu'une telle chose pourrait se produire à l’heure actuelle.
Sûrement, pensent-ils, la faiblesse économique doit être due à quelque chose de plus tangible qu’une boucle de rétroaction.
Ce n’est pourtant pas le cas ; la preuve la plus directe en est que, en dépit de taux d'intérêt au plus bas, l'investissement ne connait pas de forte croissance.
En fait, les taux d'intérêt réels (corrigés de l'inflation) tournent autour de zéro dans la majeure partie du monde, et ce depuis plus de cinq ans.
Cela est surtout vrai pour les emprunts du gouvernement, mais les taux d'intérêt pour les entreprises sont eux aussi au plus bas.
Dans de telles circonstances, les gouvernements qui envisagent un projet de construction, par exemple, d’une nouvelle autoroute devraient considérer ce moment comme idéal.
Si l'autoroute coûte 1 milliard de dollars, dure indéfiniment avec des coûts d’entretien et de réparation réguliers et procure un bénéfice net annuel prévu pour la société de 20 millions de dollars, elle ne serait pas viable à un taux d'intérêt réel de long terme de 3% : le coût d’intérêts dépasserait le bénéfice.
Par contre, si le taux d'intérêt réel à long terme est de 1%, le gouvernement devrait emprunter l'argent nécessaire et la construire.
Il s’agit tout simplement d’un bon investissement.
En fait, le rendement des obligations du gouvernement américain sur 30 ans indexées sur l'inflation était de seulement 0,86% en date du 4 mai, contre plus de 4% en 2000.
Ces taux sont aussi faibles aujourd'hui dans de nombreux autres pays.
Notre besoin de meilleures routes ne peut pas avoir diminué ; au contraire, au vu de la croissance de la population, le besoin d'investissement ne peut qu’être devenu plus prononcé.
Alors, pourquoi ne sommes-nous pas au beau milieu d’un boom de construction d’autoroutes ?
Le faible appétit des agents économiques pour le risque économique n’est probablement pas le résultat de la peur seule, du moins pas dans le sens d'une angoisse semblable au trac des acteurs.
Il pourrait provenir de la perception que les autres agents ont peur ou que l'environnement des affaires s’est détérioré de manière inexplicable, ou encore provenir d’un manque d'inspiration (qui peut aider à surmonter les craintes latentes).
Il est intéressant de noter que les États-Unis ont connu leur plus forte croissance économique depuis 1929 dans les années 1950 et 1960, une période de dépenses publiques élevées destinées à financer le Interstate Highway System, qui a été lancé en 1956.
Lorsque le système a été achevé, on a pu traverser le pays et atteindre ses pôles commerciaux en empruntant des autoroutes rapides à 75 miles (120 km) à l’heure.
Peut-être le système routier national était-il plus inspirant que le genre de choses que Roosevelt a essayé pour faire sortir les Etats-Unis de la Grande Dépression.
Au travers de son Civilian Conservation Corps, par exemple, les jeunes hommes ont été enrôlés pour nettoyer la nature et planter des arbres.
Cela semblait une expérience agréable – peut-être même une expérience d'apprentissage – pour des jeunes hommes qui auraient été par ailleurs non occupés et au chômage.
Néanmoins, ce n'a pas été une grande source d'inspiration pour l'avenir, ce qui peut expliquer en partie pourquoi le New Deal de Roosevelt a été incapable de mettre fin au malaise économique de l'Amérique.
En revanche, la force relative apparente de l'économie américaine aujourd'hui pourrait refléter certaines inspirations très visibles apparues récemment.
La révolution de la fracturation hydraulique, largement considérée comme étant originaire des États-Unis, a contribué à la baisse des prix de l'énergie et a éliminé la dépendance américaine au pétrole étranger.
De même, une grande partie de l'avance rapide des communications au cours des dernières années reflète des innovations – comme par exemple les smartphones et tablettes, ainsi que leurs logiciels – qui sont nées aux États-Unis.
Une hausse des dépenses publiques pourrait stimuler davantage l'économie, en supposant qu’elles génèrent un niveau d'inspiration comme dans le cas de l'Interstate Highway System.
Il est faux de prétendre que les gouvernements sont intrinsèquement incapables de stimuler l'imagination des gens.
Ce qui est nécessaire n’est pas de rapiécer l’économie au moyen de petites réformes éparses, mais bien quelque chose de grand et révolutionnaire.
Les programmes d’exploration spatiale financés par les gouvernements du monde entier ont été de profondes sources d’inspiration.
Bien sûr, c’était les scientifiques, pas les bureaucrates des gouvernements, qui ont mené la charge.
Mais ces programmes, qu'ils soient financés publiquement ou non, ont généré des transformations psychologiques.
Les gens voient en ceux-ci une vision pour un avenir meilleur.
Or, avec l'inspiration vient un déclin de la peur, qui, aujourd’hui comme à l'époque de Roosevelt, est le principal obstacle au progrès économique. |
Islam as a Tool of Modernization
A big worry in Iraq and the wider Middle East is that Islam and modernization are enemies.
But Malaysian history over the past three decades shows that this belief is mistaken.
In fact, Islamization has proved to be an effective political means of reconciling the majority of Malays to the country’s rapid economic development.
In the early 1970’s, when it was still an overwhelmingly agrarian country and Islamization was just gaining momentum, Malaysia embarked on its so-called “New Economic Policy” (NEP), designed to help the majority Malays gain a bigger share of the country’s wealth.
After three decades of spectacular economic growth, many Malays have become prosperous and content not only through secular capitalism, but through the country’s renewed sense of Islamic identity, one which – for the most part – embraced modernization.
(Of course, paradoxes appear every now and then, such as when globalization is advocated alongside demands for stronger censorship.)
Islamic-minded politicians such as Anwar Ibrahim gained prominence when Islamization took off in the 1970’s. But the Islam they promoted was not backward looking; instead, it sought to shape a modernizing economic policy that took note of Muslim sensibilities.
Faced with the grassroots popularity of this movement, by 1982 the government of then Prime Minister Mahathir Mohamed decided to co-opt Anwar Ibrahim into his United Malays National Organisation (UMNO), the dominant party within the country’s ruling coalition.
The strategy worked well, and helped defuse Islamic opposition to the wrenching changes that accompanied the country’s rapid economic modernization.
During the 1990’s, however, Anwar increased his influence within the party, unsettling many of the old guard.
Matters came to a head after the 1997 financial crisis, when Anwar, the deputy prime minister, adopted an even more economically liberal approach than Mahathir.
Partly in response to this challenge, Anwar was sacked.
Anwar’s bizarre trial and sentencing on charges of sodomy and abuse of power invigorated the reformasi movement, as growing anti-UMNO and anti-Mahathir sentiments took hold among Islamic-minded Malays.
This culminated in poor electoral results for the ruling coalition in November 1999.
The Islamist party, Parti Islam SeMalaysia (PAS), took power in the states of Kelantan and Trengganu and strongly threatened UMNO in other northern states.
The personal conflict between Mahathir and Anwar thus led to an apparent rupture between Malaysia’s Islamist political forces and the modernizers of UMNO.
So, once again, Mahathir felt pressure to adopt a strategy aimed at preventing Islam from becoming a tool of opposition.
This impulse strongly affected his choice of a successor when he decided to step down as prime minister.
His choice of Abdullah Badawi, the current prime minister, helped UMNO regain the Islamist moral high ground that the PAS had been claiming.
It was the beginning of America’s global “war on terror” in 2001, however, that brought the political march of the Islamist parties to a screeching halt, as it provided an excuse for the government to crack down on the Malay right and the PAS.
But this only renewed UMNO’s desire to portray itself as sufficiently Islamist.
So, before stepping down, Mahathir went so far as to declare Malaysia a de facto Muslim state.
Eyebrows were raised and questions were asked about the lengths to which Mahathir would go to counteract the Islamist appeal.
This trend continues.
One of Badawi’s first acts after taking over as prime minister in October 2003 was to introduce the concept of Islam Hadhari.
This vague term was finally fleshed out with a list of ten principles in September 2004, all but one of which, however, was without religious connotations.
Nevertheless, this move appeared to be all that was needed for Islam-minded voters to return to the fold of the ruling front.
In the general election in March 2004 – the first since Mahathir stepped down after 22 years in power – moderate Muslims helped Abdullah Badawi to a landslide victory.
The release of Anwar Ibrahim soon afterwards raised the new premier’s prestige further as a leader who could heal intra-Malay, and intra-Muslim, conflicts.
Since then, Abdullah Badawi has been popularizing the concept of “Hadhari,” shaping it as a means to shift Islam’s focus from its sanctioning function to its civilizing potential and rendering it less ideological.
In Malaysia today, Islam is being presented as a generator of civilization and culture, and not merely as a source of religious inspiration.
This has helped to counter extremist tendencies domestically and provides a conceptual platform for moderate Islam.
Islam Hadhari tries to project the idea that UMNO’s materialism and nationalism do not contradict Islam.
With various feints and strategies, Malaysia has effectively managed the tensions between a secular, modernizing agenda and the Islamic faith that the Malays profess.
By making Islamists and Islamist sentiments a part of the process of modernization, Malaysia demonstrates that Islamic faith and economic growth can be reconciled if politicians are clever enough not to treat them as contradictions. | L’Islam, un outil de modernisation
L’Irak, et le grand Moyen-Orient en général, s’inquiète du fait que l’islam et la modernisation sont en position ennemie.
L’histoire de la Malaisie, ces trente dernières années, montre pourtant que cette croyance est erronée.
En fait, l’islamisation s’est montrée efficace comme un moyen politique dans la réconciliation de la majorité des Malais et du développement économique rapide du pays.
Au début des années 1970, alors que la Malaisie était encore en grande partie agricole et que l’islamisation ne faisait que commencer, elle s’est lancée dans ce qu’on a appelé la « nouvelle politique économique » (NPE), conçue pour aider la majorité des Malais à accéder à une meilleure part des richesses du pays.
Après trente ans de croissance économique spectaculaire, de nombreux Malais ont connu une certaine prospérité et une certaine satisfaction grâce à un capitalisme laïque ainsi qu’à un sens renouvelé de leur identité islamiste dans tout le pays, identité qui, généralement, embrasse la modernité.
(Bien sûr, certains paradoxes surgissent parfois, quand par exemple la mondialisation est popularisée en même temps qu’une demande renforcée de censure.)
Certains politiciens ouverts à l’islam, tels Anouar Ibrahim, ont acquis une certaine visibilité quand l’islamisation a commencé dans les années 1970.
L’islam qu’ils proposaient n’était cependant pas rétrograde mais cherchait plutôt à donner forme à une politique économique de modernisation prenant en compte les sensibilités musulmanes. Grâce à la popularité de ce mouvement dans la population, dès 1982, le gouvernement de Mahathir Mohamed, alors Premier ministre, décida de faire entrer Anouar Ibrahim dans l’Organisation nationale des Malais unis (ONMU), le parti dominant de la coalition au pouvoir dans le pays.
Cette stratégie fonctionna bien et permit de contrer l’opposition islamiste dans les changements poignants qui accompagnèrent la modernisation économique rapide du pays.
Dans les années 1990, cependant, Anouar a accru son influence au sein du parti, ce que la vieille garde n’apprécie guère.
La situation atteignit un point critique après la crise financière de 1997, quand Anouar, Premier ministre adjoint, adopta une approche économique encore plus libérale que Mahathir.
Anouar fut démis, en réponse partiellement à ce défi.
L’étrange procès et la condamnation d’Anouar suite à des accusations de sodomie et d’abus de pouvoir ont revigoré le mouvement reformasi, alors que le ressentiment contre l’OMNU et Mahathir prend place chez les Malais de sensibilité islamiste.
Cela culmina dans les mauvais résultats que la coalition au pouvoir réalisa pendant les élections de novembre 1999.
Le parti islamiste, Parti Islam SeMalaysia (PAS), pris le pouvoir dans les États de Kelantan et de Trengganu et a fortement menacé l’OMNU dans d’autres États du nord.
Le conflit personnel qui opposait Mahathir et Anouar mena ainsi à une rupture apparente entre les forces politiques islamistes malaisiennes et les modernisateurs de l’OMNU.
Ainsi, une fois de plus, Mahathir sentit la pression monter pour adopter une stratégie visant à empêcher l’islam de devenir un outil d’opposition.
Ce sentiment a fortement affecté son choix pour un successeur quand il décida de quitter son poste de Premier ministre.
Il choisit Abdullah Badawi, le Premier ministre actuel, ce qui permit à l’OMNU de regagner une bonne considération morale auprès des islamistes que lui disputait le PAS.
Ce furent cependant les débuts de la « guerre contre le terrorisme » que les États-Unis lancèrent dans le monde entier en 2001 qui mirent fin dramatiquement aux avancées politiques des partis islamistes, fournissant au gouvernement le prétexte nécessaire à la répression de la droite malaisienne et du PAS.
Cela ne fit que renforcer le désir de l’OMNU de s’afficher comme suffisamment islamiste.
Ainsi, avant de démissionner, Mahathir se permit de pousser jusqu’à déclarer de facto la Malaisie comme un État musulman.
On s’étonna et on remit en cause les mesures que Mahathir était prêt à prendre pour contrer le pouvoir attrayant de l’islam.
Cette tendance se poursuit encore aujourd’hui.
Un des premiers gestes de Badawi après sa prise de pouvoir au poste de Premier ministre en octobre 2003 fut d’introduire le concept d’islam Hadhari.
Ce terme vague fut finalement étoffé d’une liste de dix principes en septembre 2004 qui, tous sauf un seul, cependant, n’ont aucune connotation religieuse.
Cet acte, néanmoins, semble avoir suffit pour que les électeurs de sensibilité islamiste reviennent soutenir le front au pouvoir.
Lors de l’élection générale de mars 2004, la première depuis le départ de Mahathir qui détint le pouvoir pendant 22 ans, les musulmans modérés aidèrent Badawi sur le chemin d’une victoire électorale sans précédent.
La libération d’Anouar Ibrahim peu de temps après éleva un peu plus le prestige du nouveau Premier ministre comme leader capable de résoudre les conflits internes aux Malais et internes aux musulmans.
Depuis lors, Abdullah Badawi s’est lancé dans la popularisation du concept d’« Hadhari », lui donnant la forme d’un moyen de déplacer le centre d’intérêt de l’islam de sa fonction de sanction vers son potentiel civilisant et le dépouillant quelque peu de son idéologie.
Dans la Malaisie d’aujourd’hui, l’islam se présente comme générateur de civilisation et de culture et non pas simplement comme source d’inspiration religieuse.
Cela a permit de contrer les tendances islamistes sur le plan domestique et fournit une plate-forme conceptuelle pour l’islam modéré.
L’islam Hadhari tente de projeter l’idée que le matérialisme et le nationalisme de l’OMNU n’est pas en contradiction avec l’islam.
A l’aide de diverses feintes et stratégies, la Malaisie a géré avec efficacité les tensions entre un programme laïc de modernisation et la foi islamiste que les Malais professent.
En intégrant les islamistes et les sentiments islamistes dans le processus de modernisation, la Malaisie fait la preuve que la foi islamiste et la croissance économique ne sont pas inconciliables si les hommes politiques sont suffisamment intelligents pour ne pas les traiter comme antagonistes. |
Who Wants Cold War II?
TOLEDO, Spain – Does the war in the Caucasus herald the coming of Cold War II?
Or is it a Russian invitation to the West to reshape the global status quo that has prevailed since the end of Cold War I?
Russia’s military is certainly not fit for a global confrontation with the West.
Not only did Russian intelligence fail to catch the coming Georgian attack on South Ossetia, but Russia’s electronic warfare system and ill-equipped ground troops looked like outdated Soviet-era relics.
Then again, a war does not have to display state-of-the-art weaponry to convey a powerful political message.
After all, America’s global leverage is dwindling even as its army remains the most sophisticated military machine in history.
By showing that the United States has lost its monopoly on the unilateral use of force, and by invading an American ally – which even the Soviet Union never dared – Russia blatantly challenged the Pax Americana that emerged from the US victory in the Cold War.
The war in Georgia could not have happened if America had not mishandled its global hegemony so disastrously.
The US entered a calamitous war in Iraq, missed more than one opportunity to engage Iran's revolutionary regime, pushed for unending expansion of NATO onto the doorstep of Russia, and haughtily ignored Russia’s protests against the deployment of missile defenses in Eastern Europe.
Under the cover of the “war on terror,” the US played into Russia’s fear of encirclement through its military penetration into Central Asian countries such as Afghanistan, Pakistan, Uzbekistan, Kyrgyzstan, Kazakhstan, and Tajikistan.
In its quest to counter what it sees as a hostile US strategy of creating American “Cubas” on its doorstep, the Kremlin is promoting alliances with Raúl Castro’s Cuba and Hugo Chávez’s Venezuela.
In the Middle East, Russia is doing everything to regain some of the footholds it had in the past with the aim of sidelining America as the sole global actor in the region.
Syrian President Bashar al-Assad’s recent visit to Moscow is a transparent manifestation of the potential for a renewed alliance.
Russia continues to place hurdles before American proposals for sanctions on Iran, has signed with it lavish energy contracts, and is about to sell it advanced aerial systems aimed at thwarting a possible Israeli or American attack.
Likewise, the Russians have just erased much of Iraq’s debt and agreed lucrative oil drilling deals.
One victim of American post-Cold War unilateralism has been the transatlantic alliance.
The US drive to expand NATO is not shared by all its allies, and Europe is in no mood to follow in the footsteps of Georgia’s impulsive president and be dragged by the ex-Soviet Baltic states and Poland into a confrontation with Russia.
Europe, dependent as it is on Russian energy supplies, is not prepared for a new Cold War, and its alternative to Russian oil – Iran – is not palatable to the Americans.
A return to a Cold War strategy is clearly not in the West’s interest.
Threats to expel Russia from the G-8 or keep it out of the World Trade Organization will only increase its sense of isolation, strengthen its authoritarianism, and push it into the role of a revolutionary anti-status quo power in the Soviet Union’s old sphere of influence and beyond.
Russian minorities still waiting to be “redeemed” in Ukraine, the Baltic states, and Moldova are potential triggers for Russia’s neo-imperialism.
But, as a power burdened with too many domestic ills and a chronic sense of insecurity along its vast and dangerously depopulated borders, Russia cannot be interested in a Cold War II, either.
Its recent agreement with China on border demarcation notwithstanding, Russia can never be assured of China’s ultimate intentions as a colossal power hungry for raw materials for its booming economy and living space for its massive population.
As the war in the Caucasus has shown, the global economy does not offer a foolproof guarantee against war.
But it is one thing to take a calculated risk, as the Russians did in rightly assuming that the West would not go to war over Georgia; it is another thing for Russia to jeopardize its colossal economic gains of recent years in an all-out confrontation with the West.
Indeed, the war in Georgia already has thrown Russia into the most severe financial crisis since its virtual bankruptcy in 1998; $17 billion were lost in capital flight in just one week.
The Moscow stock exchange lost 15% of its value in August, and Russia’s central bank forecasts a 25% decline in foreign investment this year.
Russia must seek genuine strategic partnership with the US, and the latter must understand that, when excluded and despised, Russia can be a major global spoiler.
Ignored and humiliated by the US since the Cold War ended, Russia needs integration into a new global order that respects its interests as a resurgent power, not an anti-Western strategy of confrontation. | La Deuxième Guerre froide ?
TOLEDO, Espagne – La guerre dans le Caucase est-elle le prélude à une Deuxième Guerre froide ?
Ou est-ce une invitation des Russes à l'Occident en vue de réformer le statu quo en place depuis la fin de la Première Guerre froide ?
L'armée russe n'est sûrement pas prête à une confrontation générale avec l'Occident.
Non seulement les services de renseignement russes n'ont pas prévu l'attaque de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud, mais le système de guerre électronique russe et les troupes au sol sous-équipées ressemblent à des reliques vieillottes de l'époque soviétique.
Mais il n'est pas nécessaire de déployer un armement dernier cri dans une guerre pour envoyer un message politique dépourvu d'ambiguïté.
Force est de constater que l'influence de l'Amérique au niveau mondial est en chute libre, même si son armée est la machine militaire la plus sophistiquée de toute l'Histoire.
En montrant que les USA n'ont plus le monopole de l'emploi unilatéral de la force et en envahissant un de leurs alliés – ce que même l'Union soviétique n'avait jamais osé faire – la Russie a défié ouvertement la Pax Americana résultant de la victoire américaine lors de la Guerre froide.
La guerre en Géorgie ne serait pas arrivée si l'Amérique n'avait pas géré aussi lamentablement son hégémonie mondiale.
Elle s'est lancée dans une guerre calamiteuse en Irak, a manqué à plusieurs reprises l'occasion de combattre efficacement le régime révolutionnaire iranien et a favorisé un élargissement sans limite de l'OTAN aux portes de la Russie, tout en faisant fi de ses protestations à l'encontre du déploiement de missiles antimissiles en Europe de l'Est.
Sous le prétexte de la "guerre contre le terrorisme", par leur présence militaire en Asie centrale en Afghanistan, au Pakistan, en Ouzbékistan, au Kirghizistan, au Kazakhstan et au Tadjikistan, les USA ont attisé inutilement la peur de l'encerclement qu'éprouve la Russie.
Pour contrer ce qu'il considère comme une stratégie hostile des USA visant à créer une myriade de "Cuba américains" à ses portes, le Kremlin tend à forger des alliances avec Raul Castro à Cuba et Hugo Chavez au Vénézuéla.
Au Moyen-Orient, la Russie fait tout ce qu'elle peut pour regagner un peu de l'influence qu'elle avait, dans l'objectif de marginaliser l'Amérique en tant que seul acteur global dans la région.
La récente visite du président syrien Bachar Al Assad à Moscou traduit de toute évidence la possibilité d'un renouveau de l'alliance russo-syrienne.
La Russie continue à faire obstacle aux propositions américaines de sanctions contre l'Iran, elle a signé avec ce pays des contrats dispendieux en matière d'énergie et elle est sur le point de lui vendre des systèmes de défense antiaérienne sophistiqués qui lui permettraient de déjouer une attaque israélienne ou américaine.
Dans la même perspective, les Russes viennent d'annuler la plus grande partie de la dette irakienne et ont signé de lucratifs contrats portant sur des forages pétroliers.
L'alliance atlantique est l'une des victimes de l'unilatéralisme américain de l'après-Guerre froide.
Les alliés européens des USA ne partagent pas leur volonté d'élargissement de l'OTAN. L'Europe n'est pas d'humeur à se mettre sur les traces de l'impulsif président géorgien ou à se laisser embarquer par les pays baltes de l'ex-Union soviétique et la Pologne dans une confrontation avec la Russie.
Très dépendante pour son approvisionnement du gaz et du pétrole russe, elle ne souhaite pas une nouvelle Guerre froide, et l'alternative au pétrole russe, l'Iran, n'est pas du goût des Américains.
Le retour à une Guerre froide n'est manifestement pas dans l'intérêt de l'Occident.
La menace d'exclure la Russie du G8 ou de ne pas l'intégrer à l'Organisation mondiale du commerce ne fera qu'accroître son sentiment d'isolement, renforcera ses tendances autoritaires et l'incitera à jouer le rôle d'une puissance révolutionnaire qui s'oppose au statu quo dans l'ancienne sphère d'influence de l'Union soviétique et au-delà.
Les minorités russes d'Ukraine, des Etats baltes et de Moldavie qui attendent de revenir dans le giron russe sont les détonateurs potentiels du néo-impérialisme russe.
Mais connaissant beaucoup de difficultés sur le plan intérieur et habitée par un sentiment chronique d'insécurité en raison de ses frontières étendues et dangereusement dépeuplées, la Russie n'a elle non plus aucun intérêt à une Deuxième Guerre froide.
Malgré son récent accord frontalier avec la Chine, elle n'est jamais certaine des objectifs ultimes de cette dernière - puissance avide de matières premières pour entretenir son boom économique et d'espace vital pour son énorme population.
Ainsi que la guerre dans le Caucase l'a montré, l'économie mondialisée n'est pas une garantie absolue contre la guerre.
Mais c'est une chose pour la Russie que de prendre un risque calculé en pensant à juste titre que l'Occident n'entamera pas une guerre pour la Géorgie, et cela en est une autre que de risquer de perdre les énormes bénéfices qu'elle a engrangés depuis quelques années par une confrontation directe avec l'Occident.
La guerre en Géorgie a déjà plongé la Russie dans sa plus grave crise financière depuis sa quasi-faillite financière de 1998, lorsque 17 milliards de dollars de capitaux se sont volatilisés en seulement une semaine.
La Bourse de Moscou a perdu 15% de sa valeur en août et la Banque centrale russe prévoit une baisse de 25% des investissements étrangers pour cette année.
La Russie doit établir un véritable partenariat stratégique avec les USA, et ces derniers doivent comprendre que si elle se sent exclue et méprisée, la Russie pourrait jouer un rôle déstabilisateur majeur au niveau de la planète – or elle a été ignorée et humiliée par les USA depuis la fin de la Guerre froide.
Au lieu de la pousser dans une stratégie de confrontation anti-occidentale, il faudrait au contraire l'intégrer dans un nouvel ordre mondial qui prenne en compte ses intérêts de grande puissance renaissante. |
African Women on Top
TORONTO – Africa has a long history of female leadership.
Yet leadership can be a challenging aspiration for the continent’s young women, owing to enduring barriers to success.
If African countries – and Africa’s women – are to meet their potential, this must change.
Women were leaders on the frontlines of Africa’s decolonization struggle.
Queen Anna Nzinga, the monarch of the Ndongo and Matamba Kingdoms in what is now Angola, spent decades fighting to protect her people from the Portuguese and their expanding slave trade.
In 1900, Yaa Asantewaa, queen mother of the Ashanti Empire (part of modern-day Ghana), led a rebellion against British colonialism.
Nearly three decades later, women in southeastern Nigeria organized a revolt, known as the Aba Women’s Riots, against British colonial policies.
More recently, President Ellen Johnson Sirleaf – a Nobel Peace Prize laureate – led her country to reconciliation and recovery following a decade-long civil war, managing a devastating Ebola epidemic along the way.
Former Rwandan Minister of Health Agnes Binagwaho has dedicated her career to achieving equitable access to health care in her country and beyond.
As a young teenager, Kakenya Ntaiya agreed to undergo female circumcision (a traditional Maasai rite of passage) in exchange for the opportunity to get an education.
After earning a PhD in education, she founded Kakenya’s Dream, which focuses on educating girls, ending harmful traditional practices, and uplifting rural communities in Kenya.
Yet barriers to women’s leadership in Africa today remain systemic, widespread, and they begin early.
They start at home, where girls are expected to take on more responsibility, including chores like childcare, cooking, and laundry.
This, and other factors, undermines African girls’ educational attainment: 47% either do not complete school or never attend at all.
Girls’ paths are no easier when they grow up.
From limited land rights to the enduring expectation that they perform the majority of unpaid household labor, women in Africa face major economic, legal, and cultural barriers to advancement.
According to the World Economic Forum’s Gender Gap Report, Sub-Saharan Africa has closed the disparity in economic empowerment by only 68%, with women still far more likely to be unemployed, underemployed, or hold precarious employment in the informal sector.
But while the barriers to women’s leadership are formidable, they are not insurmountable.
Whether in politics or health, law, or engineering, African women are showing the world how to unleash their fellow women’s leadership potential.
In Uganda, Favourite Regina is keeping refugee girls out of early marriage and pregnancy, as part of an initiative led by CIYOTA, a youth-led, volunteer-based organization established in the Kyangwali refugee settlement.
In Nigeria, Blooming Soyinka employs a half-dozen economically disadvantaged and disabled artisans at Africa Blooms, creating conditions for those employees and their families to thrive and educate their children.
In Kenya, Fanice Nyatigo is developing MammaTips, an app that will provide timely information on pregnancy, breastfeeding, immunization, and other important health matters to new mothers.
These are young people – all Mastercard Foundation Scholars – to watch, as they are only just beginning to demonstrate the breadth of their potential as leaders.
Africa needs more such remarkable woman leaders.
And, though research on how to champion female African leadership is sparse, early findings from the scholars program suggest that there are several pathways that young African women can take – and that we can support – to assume their rightful place among the continent’s leaders.
For starters, while education plays an important role, experience shows that it is not enough.
Deliberate investment in leadership programs for young women are also essential.
Young women need opportunities to practice leadership, whether in school, the workplace, or the community.
And they need supportive spaces where they can hone these skills, build networks, and obtain support.
Moreover, recognition of young women’s talent and potential is needed to nurture their confidence and self-esteem, and to raise their profile beyond their immediate community.
Mentors and role models – especially female ones – are also extremely valuable.
This is a job not only for African governments or local NGOs.
All global policy discussions concerning education, the environment, science, and health must explicitly address how to develop woman leaders.
Africa’s aspiring young women are often motivated by the desire to give back to their communities.
We should empower them to do just that.
If we provide young women with the right support, they will transform their communities, their continent, and the world.
They will provide ethical leadership inspired by shared values, passion for community, and a commitment to a brighter future.
For those of us who believe in their potential, it is a privilege to accompany them on this journey. | Les femmes africaines aux commandes
TORONTO – Depuis bien longtemps, les femmes font preuve de leadership sur le continent africain.
Cette aspiration demeure cependant un défi pour les jeunes femmes du continent, en raison d’obstacles qui persistent sur le chemin de la réussite.
Si les pays africains – et les femmes qui les habitent – entendent exprimer leur plein potentiel, la situation doit changer.
Les femmes ont œuvré en première ligne dans le combat pour la décolonisation de l’Afrique.
La reine Anna Nzinga, souveraine des royaumes du Ndongo et du Matamba, qui correspondent à l’actuelle Angola, a lutté pendant plusieurs décennies pour protéger son peuple contre les Portugais et leur entreprise de traite d’esclaves.
En 1900, Yaa Asantewaa, reine mère de l’Empire Ashanti (partie de l’actuel Ghana), mène la rébellion contre le colonialisme britannique.
Près de trente ans plus tard, les femmes du sud-est nigérian organisent un soulèvement, baptisé révolte des femmes d’Aba, contre les politiques coloniales britanniques.
Plus récemment, la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf – prix Nobel de la paix – a mené son pays vers la réconciliation et le renouveau à l’issue d’une guerre civile de dix ans, parvenant au passage à gérer une épidémie Ebola dévastatrice.
L’ancienne ministre rwandaise de la santé Agnes Binagwaho a consacré sa carrière à promouvoir un accès équitable aux soins de santé dans son pays et au-delà.
Adolescente, Kakenya Ntaiya a accepté à subir une excision (rite de passage maasai traditionnel) pour avoir l’opportunité de faire des études.
Quelques années plus tard, après avoir obtenu un doctorat en éducation, elle a fondé l’organisation Kakenya’s Dream, qui œuvre pour l’éducation des jeunes filles, la fin des pratiques traditionnelles de mutilation, et le soutien aux communautés rurales du Kenya.
Les obstacles au leadership féminin sur le continent africain demeurent cependant systémiques, omniprésents, et apparaissent dès le plus jeune âge.
Ils débutent au sein du foyer, lorsque les jeunes filles sont chargées d’endosser davantage de responsabilités, notamment la surveillance des enfants, la cuisine et le linge.
Ce phénomène, associé à d’autres facteurs, met à mal la réussite scolaire des jeunes filles africaines, dont 47 % ne finissent pas leur scolarité, ou n’en suivent jamais.
Le destin de ces jeunes filles n’est pas facilité lorsqu’elles grandissent.
Limitation de leurs droits fonciers, attente persistante de les voir effectuer la plupart des tâches domestiques non payées, les femmes africaines se heurtent à d’importants obstacles économiques, juridiques et culturels sur la voie de leur épanouissement.
D’après le rapport sur la parité entre hommes et femmes du Forum économique mondial, l’Afrique subsaharienne n’a comblé qu’à hauteur de 68 % les disparités en termes d’autonomisation économique, les femmes étant encore aujourd’hui beaucoup plus susceptibles de subir le chômage, le sous-emploi, ou d’exercer un emploi précaire dans le secteur informel.
Mais si les obstacles au leadership féminin sont considérables, ils ne sont pas insurmontables.
Que ce soit en politique, dans le domaine de la santé, du droit ou de l’ingénierie, les femmes d’Afrique montrent aujourd’hui au monde comment libérer le potentiel de leadership des habitantes du continent.
En Ouganda, Favourite Regina gère un foyer pour jeunes filles victimes de mariages et grossesses précoces, dans le cadre d’une initiative menée par CIYOTA, organisation conduite par de jeunes bénévoles dans le camp de réfugiés de Kyangwali.
Au Nigeria, Blooming Soyinka emploie au sein d’Africa Blooms une demi-douzaine d’artisans défavorisés et handicapés, et crée les conditions permettant à ces employés ainsi qu’à leur famille de s’en sortir et d’offrir une éducation à leurs enfants.
Au Kenya, Fanice Nyatigo développe actuellement MammaTips, une application qui fournira aux jeunes mamans des informations opportunes concernant la grossesse, l’allaitement, la vaccination, et autres aspects importants en matière de santé.
Ce sont autant de jeunes femmes – toutes boursières de la Mastercard Foundation – qu’il faudra continuer d’observer, car elles commencent tout juste à démontrer l’ampleur de leur potentiel en tant que leaders.
L’Afrique a besoin d’autres meneuses aussi remarquables.
Et bien que les recherches sur la manière d’encourager le leadership des femmes en Afrique soient limitées, les premières conclusions du programme de bourses suggèrent l’existence de plusieurs voies permettant aux jeunes femmes africaines – avec notre soutien – d’endosser le rôle qui leur revient en tant que leaders du continent.
Pour commencer, bien que l’éducation joue un rôle majeur, l’expérience démontrer qu’elle ne suffit pas.
L’investissement actif dans des programmes de leadership pour les jeunes femmes est également essentiel.
Ces jeunes femmes ont besoin d’opportunités de pratiquer le leadership, que ce soit à l’école, au travail ou au sein de la communauté.
Elles ont également besoin d’espaces qui les soutiennent, où parfaire ces compétences, nouer des réseaux et obtenir un appui.
Une reconnaissance du talent et du potentiel des jeunes femmes est par ailleurs indispensable pour nourrir leur confiance et leur estime d’elles-mêmes, ainsi que pour étendre leur visibilité au-delà de la communauté immédiate.
Les mentors et les modèles – notamment féminins – sont également extrêmement précieux.
Cette tâche n’incombe pas seulement aux gouvernements africains et ONG locales.
Tous les débats de politique mondiale sur l’éducation, l’environnement, la science et la santé doivent explicitement aborder la manière de développer les leaders féminins.
Les jeunes africaines en devenir sont souvent animées par le désir de restituer à leurs communautés.
Nous devons précisément les aider à y parvenir.
Si nous apportons à ces jeunes femmes un soutien adapté, elles transformeront leurs communautés, leur continent, et le reste du monde.
Elles exerceront un leadership éthique, inspiré par des valeurs communes, une passion pour la communauté, ainsi qu’un engagement pour un avenir meilleur.
Pour ceux d’entre nous qui croient au potentiel de ces femmes, c’est un privilège de les accompagner dans cette aventure. |
Harnessing China’s Competitive Streak
HONG KONG – China’s State Council recently unveiled a comprehensive blueprint for capital-market reform until 2020, in which it identifies two key objectives: “to support open, fair, and integral market processes, and to protect investors, particularly the legal rights of small investors.”
Achieving these goals, as the blueprint recognizes, will require policymakers to weigh market autonomy against state authority, innovation against stability, investor protection against caveat emptor, and the temptation of rapid reform against the need for pragmatism.
Can it be done?
From a policy perspective, the goal should be to strike a balance between competition (which spurs growth-enhancing innovation but can also generate instability) and cooperation (which promotes long-term social cohesion but can also lead to stagnation).
In doing so, China’s leaders must account for three levels of competition: inter-enterprise competition, inter-sectoral competition, and competition among the interests of citizens, businesses, and the state.
The implementation of a competition framework for enterprises is a work in progress.
In 2008, the government enacted an anti-monopoly law aimed at preventing anti-competitive or “monopoly” agreements among enterprises, minimizing abuse of market dominance, and blocking mergers and acquisitions that would eliminate or unduly restrict competition.
But managing competition in a market that has three major players – state-owned enterprises (SOEs) and domestic and foreign private companies – is a complex task.
Private-sector firms are frustrated with the privileges that SOEs enjoy, while foreign-owned enterprises complain that they are at a disadvantage vis-à-vis domestic companies.
The management of inter-sectoral competition is even more complicated.
In banking, for example, competition is extremely fierce, and China is one of the few economies where concentration (the market share of the top five players) has declined in recent years.
But, more than a decade after China’s accession to the World Trade Organization, foreign banks’ share of the Chinese market stands at a miniscule 2% – a reflection of Chinese regulators’ failure to create a level playing field.
The challenge is intensified by technological advances and regulatory arbitrage.
E-commerce platforms like Alibaba have not only breached banks’ payment business; they have also begun to offer wealth-management products.
And regulatory arbitrage has fueled the emergence of shadow banking, which is competing actively with traditional financial institutions for wealth-management and lending business.
Regulatory arbitrage arises from competition among central-government agencies for the authority to regulate – competition that often delays market reforms and institutional change, owing to agencies’ unwillingness to accept one another’s authority.
For example, overlapping regulation by at least five agencies and ministries has delayed the development of China’s bond market considerably.
The best example of healthy competition in China is that which occurs among cities.
China has 287 prefecture-level cities, with a median population of 3.7 million and median per capita GDP of $5,800.
Sixteen cities have already crossed the World Bank’s threshold for high-income status, with annual per capita incomes of more than $12,616, and four – Beijing, Shanghai, Guangzhou, and Shenzhen – have global reach.
These cities hold the key to the ability of China as a whole to avoid the middle-income trap.
That should come as no surprise.
The secret of China’s economic success since 1979 has been the easing of central-planning rules to empower cities, markets, and private businesses to experiment, innovate, and grow.
Given the difficulty of identifying which of the old rules needed to be reformed or eliminated, the process depended on the delegation of central-government powers to local governments, which were better equipped to experiment with market rules to boost economic growth.
At the same time, in order to preserve the system’s stability and integrity, these efforts were accompanied by the centralization of fiscal authority and certain oversight powers.
This balance between horizontal competition and vertical regulation was critical to promoting growth and dynamism in Chinese cities.
But the balance has been far from ideal.
Indeed, competition among cities – intensified by the large role that municipal-level GDP growth plays in determining local officials’ career paths – went too far, creating destabilizing imbalances.
Yes, local autonomy facilitated bold productivity-enhancing activities, such as the use of rural land for industry and commerce and the creation of public-private partnerships to finance major infrastructure projects; private enterprises were thus able to seize market share from SOEs in the service and manufacturing sectors.
But cities’ hasty efforts to imitate one another’s growth models also led to overwhelming environmental pollution, mounting debt, excess infrastructure capacity, rising inequality, depletion of farmland, and rampant corruption, including administrative abuses that encroached on citizens’ property rights.
Competition-fueled growth propelled China’s emergence as the world’s second-largest economy.
But it is unsustainable.
The imperative now is to rebalance competition to address the negative externalities of state and market activities that harm citizens’ interests.
The central government’s recent removal of certain judicial powers from local governments, thereby strengthening protection of property rights, is an important step in this direction.
But it is not enough.
Enabling the market to drive resource allocation, while ensuring a level playing field for all participants, will require the establishment of clear competition principles, possibly supported by a powerful “competition commission.”
No competition can work without clear, fair rules.
That is the real challenge facing China’s leaders today.
If they succeed, a high-income China will be only a matter of time. | Exploiter le filon compétitif de la Chine
HONG KONG – Le Conseil d'Etat de la Chine a récemment dévoilé un plan global de réforme du marché des capitaux jusqu'en 2020, dans lequel il identifie deux objectifs principaux : « soutenir des processus de marché ouverts, équitables et complets, ainsi que protéger les investisseurs, en particulier les droits des petits investisseurs ».
Pour atteindre ces objectifs, comme le plan le reconnaît lui-même, il faudra que les décideurs mettent en balance l’autonomie du marché et l'autorité de l'Etat, l'innovation et la stabilité, la protection des investisseurs et la responsabilisation des acheteurs, la tentation de réformes rapides et la nécessité de pragmatisme.
Cela est-il possible?
D'un point de vue politique, l'objectif devrait être de trouver un équilibre entre la concurrence (qui stimule l'innovation au service de la croissance mais peut aussi générer de l'instabilité) et la coopération (qui favorise la cohésion sociale à long terme mais peut aussi conduire à la stagnation).
Ce faisant, les dirigeants chinois doivent tenir compte de trois niveaux de concurrence : la concurrence inter-entreprises, la concurrence intersectorielle, ainsi que la concurrence entre les intérêts des citoyens, des entreprises et de l'Etat.
La mise en œuvre d'un cadre de concurrence pour les entreprises est déjà en cours.
En 2008, le gouvernement a promulgué une loi anti-monopole visant à prévenir des accords entravant la concurrence ou de « monopole » entre les entreprises, à minimiser les abus de position dominante sur le marché et à bloquer les fusions et acquisitions qui permettraient d'éliminer ou de restreindre indûment la concurrence.
Cependant, la gestion de la concurrence dans un marché qui connait trois principaux acteurs –les entreprises publiques, les entreprises privées nationales et celles étrangères – est une tâche complexe.
Les entreprises privées sont frustrées par les privilèges dont les entreprises publiques bénéficient, tandis que les entreprises à capitaux étrangers se plaignent qu’elles sont dans une situation désavantageuse par rapport aux entreprises nationales.
La gestion de la concurrence intersectorielle est encore plus compliquée.
Dans le secteur bancaire, par exemple, la concurrence est extrêmement féroce, et la Chine est l'un des rares pays où la concentration (la part des cinq plus gros acteurs du marché) a diminué au cours des dernières années.
Néanmoins, plus d'une décennie après l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce, la part des banques étrangères dans le marché chinois correspond à un minuscule 2% - reflétant l’échec des régulateurs chinois à créer un terrain de jeu équitable.
Le défi est renforcé par les progrès technologiques et l'arbitrage réglementaire.
Les plates-formes d’e-commerce comme Alibaba n’ont pas seulement ouvert une brèche dans l’industrie des paiements bancaires ; elles ont également commencé à offrir des produits de gestion de patrimoine.
De plus, l'arbitrage réglementaire a alimenté l'émergence d’un système bancaire parallèle, qui est en train de concurrencer activement les institutions financières traditionnelles dans les domaines de la gestion de fortune et des opérations de crédit.
L’arbitrage réglementaire résulte de la concurrence entre les organismes du gouvernement central pour obtenir le pouvoir de réglementation – concurrence qui retarde souvent les réformes du marché et les changements institutionnels, en raison de la réticence des organismes à accepter l’autorité l’un de l’autre.
Par exemple, l’existence d'au moins cinq organismes et ministères avec des pouvoirs de réglementation se recoupant a considérablement retardé le développement du marché obligataire chinois.
Le meilleur exemple d'une saine concurrence en Chine est celle qui se déroule entre les villes.
La Chine regroupe 287 villes au niveau de la préfecture, qui affichent une population moyenne de 3,7 millions et un PIB par habitant médian de 5 800 dollars.
Seize villes ont déjà franchi le seuil fixé par la Banque mondiale pour accéder au statut de région à revenu élevé, avec un revenu par habitant annuel dépassant les 12 616 dollars, et quatre – Beijing, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen – ont une envergure mondiale.
Ces villes sont la clé pour permettre à la Chine dans son ensemble d’éviter le piège du revenu intermédiaire.
Cela ne devrait pas surprendre.
Le secret de la réussite économique de la Chine depuis 1979 a été l'assouplissement des règles de planification centrale en vue de donner aux villes, marchés et entreprises privées la possibilité d’expérimenter, d'innover et de croître.
Compte tenu de la difficulté d'identifier quelles règles parmi l’ancienne régulation devaient être réformées ou éliminées, le processus s’est basé sur la délégation de pouvoirs du gouvernement central vers les gouvernements locaux, qui sont mieux équipés pour expérimenter avec les règles du marché destinées à stimuler la croissance économique.
Dans le même temps, afin de préserver la stabilité et l'intégrité du système, ces efforts ont été accompagnés par la centralisation de l'autorité budgétaire et certains pouvoirs de surveillance.
Cet équilibre entre concurrence horizontale et réglementation verticale était essentiel pour promouvoir la croissance et le dynamisme des villes chinoises.
Cependant, l'équilibre est loin d'être idéal.
En effet, la concurrence entre les villes – intensifiée par le rôle important que la croissance du PIB au niveau municipal joue dans la détermination des perspectives de carrière des fonctionnaires locaux – est allée trop loin et a créé des déséquilibres déstabilisateurs.
Certes, l'autonomie locale a encouragé les activités qui améliorent fortement la productivité, telles que l'utilisation des terres rurales pour l'industrie et le commerce ainsi que la création de partenariats public-privé pour financer de grands projets d'infrastructure; les entreprises privées ont ainsi pu saisir des parts de marché des entreprises publiques dans les secteurs des services et de la manufacture.
Cependant, les efforts hâtifs des villes pour imiter les modèles de croissance l’une de l'autre ont également conduit à une énorme pollution de l'environnement, une augmentation de la dette, une capacité d'infrastructure excédentaire, une montée des inégalités, un épuisement des terres agricoles, et une corruption généralisée, y compris des abus administratifs qui violaient les droits de propriété des citoyens.
La croissance générée par la concurrence a propulsé l'émergence de la Chine en tant que deuxième plus grande économie du monde.
Mais elle n'est pas soutenable.
L'impératif est maintenant de rééquilibrer la concurrence pour remédier aux externalités négatives des activités de l'Etat et du marché qui nuisent aux intérêts des citoyens.
Le retrait récent par le gouvernement central de certains pouvoirs judiciaires des gouvernements locaux, renforçant ainsi la protection des droits de propriété, est une étape importante dans cette direction.
Mais cela ne suffit pas.
Pour permettre au marché d’allouer efficacement les ressources, tout en assurant des conditions de concurrence équitables pour tous les participants, il faudra mettre en place des principes de concurrence clairs, éventuellement soutenus par une puissante « commission de la concurrence ».
Aucune concurrence ne peut fonctionner sans règles claires et équitables.
C'est le véritable défi des dirigeants de la Chine aujourd'hui.
S'ils réussissent, ce ne sera qu’une question de temps pour que la Chine devienne un pays à revenu élevé. |
The World Economy Without China
NEW HAVEN – Is the Chinese economy about to implode?
With its debt overhangs and property bubbles, its zombie state-owned enterprises and struggling banks, China is increasingly portrayed as the next disaster in a crisis-prone world.
I remain convinced that such fears are overblown, and that China has the strategy, wherewithal, and commitment to achieve a dramatic structural transformation into a services-based consumer society while successfully dodging daunting cyclical headwinds.
But I certainly recognize that this is now a minority opinion.
For example, US Treasury Secretary Jacob J. Lew continues to express the rather puzzling view that the United States “can’t be the only engine in the world economy.”
Actually, it’s not: the Chinese economy is on track to contribute well over four times as much to global growth as the US this year.
But maybe Lew is already assuming the worst for China in his assessment of the world economy.
So what if the China doubters are right? What if China’s economy does indeed come crashing down, with its growth rate plunging into low single digits, or even negative territory, as would be the case in most crisis economies?
China would suffer, of course, but so would an already-shaky global economy. With all the handwringing over the Chinese economy, it’s worth considering this thought experiment in detail.
For starters, without China, the world economy would already be in recession.
China’s growth rate this year appears set to hit 6.7% – considerably higher than most forecasters have been expecting.
According to the International Monetary Fund – the official arbiter of global economic metrics – the Chinese economy accounts for 17.3% of world GDP (measured on a purchasing-power-parity basis). A 6.7% increase in Chinese real GDP thus translates into about 1.2 percentage points of world growth.
Absent China, that contribution would need to be subtracted from the IMF’s downwardly revised 3.1% estimate for world GDP growth in 2016, dragging it down to 1.9% – well below the 2.5% threshold commonly associated with global recessions.
Of course, that’s just the direct effect of a world without China.
Then there are cross-border linkages with other major economies.
The so-called resource economies – namely, Australia, New Zealand, Canada, Russia, and Brazil – would be hit especially hard.
As a resource-intensive growth juggernaut, China has transformed these economies, which collectively account for nearly 9% of world GDP.
While all of them argue that they have diversified economic structures that are not overly dependent on Chinese commodity demand, currency markets say otherwise: whenever China’s growth expectations are revised – upward or downward – their exchange rates move in tandem.
The IMF currently projects that these five economies will contract by a combined 0.7% in 2016, reflecting ongoing recessions in Russia and Brazil and modest growth in the other three.
Needless to say, in a China implosion scenario, this baseline estimate would be revised downward significantly.
The same would be the case for China’s Asian trading partners – most of which remain export-dependent economies, with the Chinese market their largest source of external demand.
That is true not only of smaller Asian developing economies such as Indonesia, the Philippines, and Thailand, but also of the larger and more developed economies in the region, such as Japan, Korea, and Taiwan.
Collectively, these six China-dependent Asian economies make up another 11% of world GDP.
A China implosion could easily knock at least one percentage point off their combined growth rate.
The United States is also a case in point. China is America’s third-largest and most rapidly growing export market.
In a China-implosion scenario, that export demand would all but dry up – knocking approximately 0.2-0.3 percentage points off already subpar US economic growth of around 1.6% in 2016.
Finally, there is Europe to consider.
Growth in Germany, long the engine of an otherwise sclerotic Continental economy, remains heavily dependent on exports.
That is due increasingly to the importance of China – now Germany’s third-largest export market, after the European Union and the United States.
In a China implosion scenario, German economic growth could also be significantly lower, dragging down the rest of a German-led Europe.
Interestingly, in its just-released October update of the World Economic Outlook, the IMF devotes an entire chapter to what it calls a China spillover analysis – a model-based assessment of the global impacts of a China slowdown.
Consistent with the arguments above, the IMF focuses on linkages to commodity exporters, Asian exporters, and what they call “systemic advanced economies” (Germany, Japan, and the US) that would be most exposed to a Chinese downturn.
By their reckoning, the impact on Asia would be the largest, followed closely by the resource economies; the sensitivity of the three developed economies is estimated to be about half that of China’s non-Japan Asian trading partners.
The IMF research suggests that China’s global spillovers would add about another 25% to the direct effects of China’s growth shortfall.
That means that if Chinese economic growth vanished into thin air, in accordance with our thought experiment, the sum of the direct effects (1.2 percentage points of global growth) and indirect spillovers (roughly another 0.3 percentage points) would essentially halve the current baseline estimate of 2016 global growth, from 3.1% to 1.6%.
While that would be far short of the record 0.1% global contraction in 2009, it wouldn’t be much different than two earlier deep world recessions, in 1975 (1% growth) and 1982 (0.7%).
I may be one of the only China optimists left.
While I am hardly upbeat about prospects for the global economy, I think the world faces far bigger problems than a major meltdown in China.
Yet I would be the first to concede that a post-crisis world economy without Chinese growth would be in grave difficulty.
China bears need to be careful what they wish for. | Si l'économie chinoise implosait…
NEW HAVEN – L'économie chinoise est-elle sur le point d'imploser ?
Au vu de son surendettement, de ses bulles immobilières, de ses entreprises publiques zombies et de ses banques aux abois, on considère de plus en plus la Chine comme l'épicentre du prochain désastre dans un monde sujet aux crises.
Je reste convaincu que cette crainte est exagérée et que l'Empire du Milieu dispose de la stratégie, des ressources et de la volonté nécessaire pour se transformer en une société de consommation basée sur les services, capable de déjouer les grosses difficultés cycliques.
Mais je reconnais que mon opinion est minoritaire.
A titre d'exemple le secrétaire américain au Trésor Jacob J. Lew s'en tient à l'idée quelle que peu étrange selon laquelle les USA "ne peuvent être le seul moteur économique de la planète".
Mais ils ne le sont plus : cette année la contribution de la Chine à la croissance mondiale devrait être quatre fois supérieure à celle des USA.
Il semble que Lew envisage le pire pour la Chine dans son appréciation de l'économie mondiale.
Que se passerait-il si les sombres prévisions sur les perspectives de l'économie chinoise se révélaient exactes, si son économie s'effondrait - avec un taux de croissance en chute libre, peut-être même négatif, ainsi que c'est souvent le cas dans les économies en crise ?
En raison de l'inquiétude suscitée par l'économie chinoise, il est intéressant d'examiner en détail ce scénario.
Sans l'Empire du Milieu l'économie mondiale serait déjà en récession.
Cette année le taux de croissance de la Chine devrait être d'environ 6,7% - une valeur largement supérieure à la plupart des prévisions.
D'après le FMI (la référence en terme d'indicateurs économiques), elle représente 17,3% du PIB mondial mesuré en parité de pouvoir d'achat.
Dans ces conditions, une augmentation de 6,7% de son PIB réel se traduira par une augmentation de 1,2 points de pourcentage du PIB mondial.
Sans la Chine, la dernière prévision de croissance du PIB mondial faite par le FMI ne serait donc plus de 3,1%, mais de 1,9% - bien en dessous du seuil de 2,5% généralement associé aux récessions mondiales.
Ce serait la conséquence directe de son effacement, mais il faut aussi tenir compte de ses échanges commerciaux avec les autres grandes économies.
Cinq pays riches en ressources naturelles (l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, la Russie et le Brésil) seraient durement touchés.
Poids lourd de l'utilisation intensive des matières premières, l'Empire du Milieu a transformé leur économie qui représente presque 9% du PIB mondial.
Les cinq pays prétendent qu'ils ont diversifié leur économie pour ne pas être trop dépendants de la demande de la Chine en matières premières. Mais ce n'est pas ce que disent les marchés des changes : chaque fois que les attentes relatives à la croissance de la Chine sont revues à la hausse ou à la baisse, les taux de change suivent le mouvement.
Le FMI prévoit actuellement qu'en raison de la récession en Russie et au Brésil et de la faible croissance des trois autres pays, leur PIB d'ensemble va diminuer de 0,7% cette année.
Inutile d'ajouter que si l'économie chinoise implosait, cette prévision serait fortement modifiée à la baisse.
La plupart des partenaires commerciaux de la Chine en Asie sont eux aussi dépendants de leurs exportations, avec le marché chinois comme débouché majeur.
C'est vrai non seulement pour les petites économies asiatiques en développement comme l'Indonésie, les Philippines et la Thaïlande, mais aussi pour les grandes économies développées de la région comme le Japon, la Corée et Taiwan.
Tous ensembles, ces 6 pays asiatiques qui dépendent de la Chine représentent 11% du PIB mondial.
Un atterrissage brutal de l'économie chinoise pourrait facilement se traduire par une baisse d'un point de pourcentage de leur taux de croissance.
Quant aux USA, la Chine constitue leur troisième marché exportateur et celui qui connaît la croissance la plus forte.
Si la Chine implosait, sa demande s'effondrerait - ce qui se traduirait par une baisse du PIB américain de 0,2 à 0,3 points de pourcentage, alors qu'il ne devrait augmenter que de 1,6% cette année.
Enfin considérons l'Europe.
De longue date moteur économique d'un continent sclérosé, l'Allemagne reste très dépendante de ses exportations.
Cela tient à la place grandissante de la Chine, devenue le troisième marché exportateur de l'Allemagne, derrière l'UE et les USA.
Si la Chine implosait, l'économie allemande serait frappée de plein fouet, entraînant à sa suite le reste de l'Europe.
Dans ses toutes récentes Perspectives économiques mondiales d'octobre, le FMI consacre tout un chapitre à une analyse de l'effet de contagion d'un éventuel ralentissement chinois.
En cohérence avec ce que j'ai dit précédemment, le FMI s'intéresse notamment aux répercussions d'un crash de la Chine sur les pays qui seraient les premiers affectés, à savoir les exportateurs de matières premières, ses partenaires commerciaux en Asie et les "économies avancées d'importance systémique" (l'Allemagne, le Japon et les USA).
Les pays asiatiques seraient les plus touchés, suivis de près par les cinq pays déjà mentionnés riches en ressources naturelles ; enfin les répercussions sur l'Allemagne, le Japon et les USA seraient environ moitié moindre de celles qui affecteraient les partenaires commerciaux de la Chine en Asie (hors Japon).
L'étude du FMI suggère que l'effet de contagion d'un crash chinois représenterait le quart de la contribution directe de la Chine à la croissance mondiale qui est évaluée à 1,2 points de pourcentage - soit 0,3 point de pourcentage.
Autrement dit un crash de l'économie chinoise se traduirait par une baisse totale de 1,5 points de pourcentage du taux de croissance mondial qui pour cette année tomberait ainsi de 3,1% à 1,6% - soit une contraction d'environ 50%.
Ce taux de 1,6% est très éloigné de celui de 2009 après la crise financière mondiale (0,1%), mais il se rapproche de ceux atteints lors des deux précédentes grandes récessions mondiales en 1975 et en 1982 (respectivement 1% et 0,7%).
Peut-être suis-je le seul à rester optimiste en ce qui concerne la Chine, par contre je ne le suis pas excessivement pour l'économie mondiale.
Je crois que le monde est confronté à des problèmes bien plus graves qu'un atterrissage brutal de l'économie chinoise.
C'est pourquoi les prophètes de malheur devraient réfléchir soigneusement aux priorités.
Ceci dit, je suis le premier à reconnaître que sans la locomotive chinoise, l'économie mondiale d'après-crise serait en grande difficulté. |
Chris Bangle: Great cars are great art
TED Talk Subtitles and Transcript: American designer Chris Bangle explains his philosophy that car design is an art form in its own right, with an entertaining -- and ultimately moving -- account of the BMW Group's Deep Blue project, intended to create the SUV of the future.
What I want to talk about is, as background, is the idea that cars are art.
This is actually quite meaningful to me, because car designers tend to be a little bit low on the totem pole -- we don't do coffee table books with just one lamp inside of it -- and cars are thought so much as a product that it's a little bit difficult to get into the aesthetic side under the same sort of terminology that one would discuss art.
And so cars, as art, brings it into an emotional plane -- if you accept that -- that you have to deal with on the same level you would with art with a capital A.
Now at this point you're going to see a picture of Michelangelo.
This is completely different than automobiles.
Automobiles are self-moving things, right? Elevators are automobiles.
And they're not very emotional; they solve a purpose; and certainly automobiles have been around for 100 years and have made our lives functionally a lot better in many ways; they've also been a real pain in the ass, because automobiles are really the thing we have to solve.
We have to solve the pollution, we have to solve the congestion -- but that's not what interests me in this speech.
What interests me in this speech is cars. Automobiles may be what you use, but cars are what we are, in many ways.
And as long as we can solve the problems of automobiles, and I believe we can, with fuel cells or hydrogen, like BMW is really hip on, and lots of other things, then I think we can look past that and try and understand why this hook is in many of us -- of this car-y-ness -- and what that means, what we can learn from it.
That's what I want to get to. Cars are not a suit of clothes; cars are an avatar. Cars are an expansion of yourself: they take your thoughts, your ideas, your emotions, and they multiply it -- your anger, whatever. It's an avatar.
It's a super-waldo that you happen to be inside of, and if you feel sexy, the car is sexy. And if you're full of road rage, you've got a "Chevy: Like a Rock," right?
Cars are a sculpture -- did you know this?
That every car you see out there is sculpted by hand.
Many people think, "Well, it's computers, and it's done by machines and stuff like that."
Well, they reproduce it, but the originals are all done by hand.
It's done by men and women who believe a lot in their craft.
And they put that same kind of tension into the sculpting of a car that you do in a great sculpture that you would go and look at in a museum.
That tension between the need to express, the need to discover, then you put something new into it, and at the same time you have bounds of craftsmanship.
Rules that say, this is how you handle surfaces; this is what control is all about; this is how you show you're a master of your craft.
And that tension, that discovery, that push for something new -- and at the same time, that sense of obligation to the regards of craftsmanship -- that's as strong in cars as it is in anything.
We work in clay, which hasn't changed much since Michelangelo started screwing around with it, and there's a very interesting analogy to that too.
Real quickly -- Michelangelo once said he's there to "discover the figure within," OK?
There we go, the automobile.
That was 100 years right there -- did you catch that?
Between that one there, and that one there, it changed a lot didn't it?
OK, it's not marketing; there's a very interesting car concept here, but the marketing part is not what I want to talk about here.
I want to talk about this.
Why it means you have to wash a car, what is it, that sensuality you have to touch about it? That's the sculpture that goes into it. That sensuality.
And it's done by men and women working just like this, making cars.
Now this little quote about sculpture from Henry Moore, I believe that that "pressure within" that Moore's talking about -- at least when it comes to cars -- comes right back to this idea of the mean.
It's that will to live, that need to survive, to express itself, that comes in a car, and takes over people like me.
And we tell other people, "Do this, do this, do this," until this thing comes alive.
We are completely infected. And beauty can be the result of this infectiousness; it's quite wonderful.
This sculpture is, of course, at the heart of all of it, and it's really what puts the craftsmanship into our cars.
And it's not a whole lot different, really, when they're working like this, or when somebody works like this.
It's that same kind of commitment, that same kind of beauty.
Now, now I get to the point. I want to talk about cars as art.
Art, in the Platonic sense, is truth; it's beauty, and love.
Now this is really where designers in car business diverge from the engineers.
We don't really have a problem talking about love.
We don't have a problem talking about truth or beauty in that sense.
That's what we're searching for -- when we're working our craft, we are really trying to find that truth out there.
We're not trying to find vanity and beauty.
We're trying to find the beauty in the truth.
However, engineers tend to look at things a little bit more Newtonian, instead of this quantum approach.
We're dealing with irrationalisms, and we're dealing with paradoxes that we admit exist, and the engineers tend to look things a little bit more like two and two is four, and if you get 4.0 it's better, and 4.000 is even better.
And that sometimes leads to bit of a divergence in why we're doing what we're doing.
We've pretty much accepted the fact, though, that we are the women in the organization at BMW -- BMW is a very manly type business, -- men, men, men; it's engineers.
And we're kind of the female side to that. That's OK, that's cool. You go off and be manly. We're going to be a little bit more female.
Because what we're interested in is finding form that's more than just a function.
We're interested in finding beauty that's more than just an aesthetic; it's really a truth.
And I think this idea of soul, as being at the heart of great cars, is very applicable. You all know it. You know a car when you've seen it, with soul. You know how strong this is.
Well, this experience of love, and the experience of design, to me, are interchangeable. And now I'm coming to my story.
I discovered something about love and design through a project called Deep Blue.
And first of all, you have to go with me for a second, and say, you know, you could take the word "love" out of a lot of things in our society, put the word "design" in, and it still works, like this quote here, you know. It kind of works, you know?
You can understand that. It works in truisms.
"All is fair in design and war."
Certainly we live in a competitive society.
I think this one here, there's a pop song that really describes Philippe Starck for me, you know, this is like you know, this is like puppy love, you know, this is cool right?
Toothbrush, cool.
It really only gets serious when you look at something like this. OK?
This is one substitution that I believe all of us, in design management, are guilty of.
And this idea that there is more to love, more to design, when it gets down to your neighbor, your other, it can be physical like this, and maybe in the future it will be.
But right now it's in dealing with our own people, our own teams who are doing the creating. So, to my story.
The idea of people-work is what we work with here, and I have to make a bond with my designers when we're creating BMWs.
We have to have a shared intimacy, a shared vision -- that means we have to work as one family; we have to understand ourselves that way.
There's good times; there's interesting times; and there's some stress times too.
You want to do cars, you've got to go outside.
You've got to do cars in the rain; you've got to do cars in the snow.
That's, by the way, is a presentation we made to our board of directors.
We haul their butts out in the snow, too. You want to know cars outside?
Well, you've got to stand outside to do this.
And because these are artists, they have very artistic temperaments.
All right? Now one thing about art is, art is discovery, and art is discovering yourself through your art. Right?
And one thing about cars is we're all a little bit like Pygmalion, we are completely in love with our own creations.
This is one of my favorite paintings, it really describes our relationship with cars.
This is sick beyond belief.
But because of this, the intimacy with which we work together as a team takes on a new dimension, a new meaning.
We have a shared center; we have a shared focus -- that car stays at the middle of all our relationships.
And it's my job, in the competitive process, to narrow this down.
I heard today about Joseph's death genes that have to go in and kill cell reproduction.
You know, that's what I have to do sometimes.
We start out with 10 cars; we narrow it down to five cars, down to three cars, down to two cars, down to one car, and I'm in the middle of that killing, basically.
Someone's love, someone's baby.
This is very difficult, and you have to have a bond with your team that permits you to do this, because their life is wrapped up in that too.
They've got that gene infected in them as well, and they want that to live, more than anything else.
Well, this project, Deep Blue, put me in contact with my team in a way that I never expected, and I want to pass it on to you, because I want you to reflect on this, perhaps in your own relationships.
We wanted to a do a car which was a complete leap of faith for BMW.
We wanted to do a team which was so removed from the way we'd done it, that I only had a phone number that connected me to them.
So, what we did was: instead of having a staff of artists that are just your wrist, we decided to free up a team of creative designers and engineers to find out what's the successor to the SUV phenomenon in America.
This is 1996 we did this project. And so we sent them off with this team name, Deep Blue. Now many people know Deep Blue from IBM -- we actually stole it from them because we figured if anybody read our faxes they'd think we're talking about computers.
It turned out it was quite clever because Deep Blue, in a company like BMW, has a hook -- "Deep Blue," wow, cool name.
So people get wrapped up in it. And we took a team of designers, and we sent them off to America. And we gave them a budget, what we thought was a set of deliverables, a timetable, and nothing else.
Like I said, I just had a phone number that connected me to them.
And a group of engineers worked in Germany, and the idea was they would work separately on this problem of what's the successor to the SUV.
They would come together, compare notes. Then they would work apart, come together, and they would produce together a monumental set of diverse opinions that didn't pollute each other's ideas -- but at the same time came together and resolved the problems.
Hopefully, really understand the customer at its heart, where the customer is, live with them in America. So -- sent the team off, and actually something different happened. They went other places.
They disappeared, quite honestly, and all I got was postcards.
Now, I got some postcards of these guys in Las Vegas, and I got some postcards of these guys in the Grand Canyon, and I got these postcards of Niagara Falls, and pretty soon they're in New York, and I don't know where else.
And I'm telling myself, "This is going to be a great car, they're doing research that I've never even thought about before."
Right? And they decided that instead of, like, having a studio, and six or seven apartments, it was cheaper to rent Elizabeth Taylor's ex-house in Malibu.
And -- at least they told me it was her house, I guess it was at one time, she had a party there or something.
But anyway, this was the house, and they all lived there.
Now this is 24/7 living, half-a-dozen people who'd left their -- some had left their wives behind and families behind, and they literally lived in this house for the entire six months the project was in America, but the first three months were the most intensive.
And one of the young women in the project, she was a fantastic lady, she actually built her room in the bathroom.
The bathroom was so big, she built the bed over the bathtub -- it's quite fascinating.
On the other hand, I didn't know anything about this. OK?
Nothing. This is all going on, and all I'm getting is postcards of these guys in Las Vegas, or whatever, saying, "Don't worry Chris, this is really going to be good." OK?
So my concept of what a design studio was probably -- I wasn't up to speed on where these guys were.
However, the engineers back in Munich had taken on this kind of Newtonian solution, and they were trying to find how many cup holders can dance on the head of a pin, and, you know, these really serious questions that are confronting the modern consumer.
And one was hoping that these two teams would get together, and this collusion of incredible creativity, under these incredible surroundings, and these incredibly stressed-out engineers, would create some incredible solutions.
Well, what I didn't know was, and what we found out was -- these guys, they can't even like talk to each other under those conditions.
You get a divergence of Newtonian and quantum thinking at that point, you have a split in your dialog that is so deep, and so far, that they cannot bring this together at all.
And so we had our first meeting, after three months, in Tiburon, which is just up the road from here -- you know Tiburon?
And the idea was after the first three months of this independent research they would present it all to Dr. Goschel -- who is now my boss, and at that time he was co-mentor on the project -- and they would present their results.
We would see where we were going, we would see the first indication of what could be the successive phenomenon to the SUV in America.
And so I had these ideas in my head, that this is going to be great.
I mean, I'm going to see so much work, it's so intense -- I know probably Las Vegas meant a lot about it, and I'm not really sure where the Grand Canyon came in either -- but somehow all this is going to come together, and I'm going to see some really great product.
So we went to Tiburon, after three months, and the team had gotten together the week before, many days ahead of time.
The engineers flew over, and designers got together with them, and they put their presentation together.
Well, it turns out that the engineers hadn't done anything.
And they hadn't done anything because -- kind of, like in car business, engineers are there to solve problems, and we were asking them to create a problem.
And the engineers were waiting for the designers to say, "This is the problem that we've created, now help us solve it."
And they couldn't talk about it. So what happened was, the engineers showed up with nothing.
And the engineers told the designers, "If you go in with all your stuff, we'll walk out, we'll walk right out of the project."
So I didn't know any of this, and we got a presentation that had an agenda, looked like this.
There was a whole lot of dialog.
We spent four hours being told all about vocabulary that needs to be built between engineers and designers.
And here I'm expecting at any moment, "OK, they're going to turn the page, and I'm going to see the cars, I'm going to see the sketches, I'm going to see maybe some idea of where it's going."
Dialog kept on going, with mental maps of words, and pretty soon it was becoming obvious that instead of being dazzled with brilliance, I was seriously being baffled with bullshit.
And if you can imagine what this is like, to have these months of postcard indication of how great this team is working, and they're out there spending all this money, and they're learning, and they're doing all this stuff.
I went fucking ballistic, right? I went nuts.
You can probably remember Tiburon, it used to look like this.
After four hours of this, I stood up, and I took this team apart.
I screamed at them, I yelled at them, "What the hell are you doing?
You're letting me down, you're my designers, you're supposed to be the creative ones, what the hell is going on around here?"
It was probably one of my better tirades, I have some good ones, but this was probably one of my better ones. And I went into these people; how could they take BMW's money, how could they have a holiday for three months and produce nothing, nothing?
Because of course they didn't tell us that they had three station wagons full of drawings, model concepts, pictures -- everything I wanted, they'd locked up in the cars, because they had shown solidarity with the engineers -- and they'd decided not to show me anything, in order to give the chance for problem solving a chance to start, because they hadn't realized, of course,
that they couldn't do problem creating.
So we went to lunch -- And I've got to tell you, this was one seriously quiet lunch.
The engineers all sat at one end of the table, the designers and I sat at the other end of the table, really quiet.
And I was just fucking furious, furious. OK?
Probably because they had all the fun and I didn't, you know.
That's what you get furious about right?
And somebody asked me about Catherine, my wife, you know, did she fly out with me or something?
I said, "No," and it triggered a set of thoughts about my wife.
And I recalled that when Catherine and I were married, the priest gave a very nice sermon, and he said something very important.
He said, "Love is not selfish," he said, "Love does not mean counting how many times I say, 'I love you.' It doesn't mean you had sex this many times this month, and it's two times less than last month, so that means you don't love me as much.
Love is not selfish." And I thought about this, and I thought, "You know, I'm not showing love here. I'm seriously not showing love.
I'm in the air, I'm in the air without trust.
This cannot be. This cannot be that I'm expecting a certain number of sketches, and to me that's my quantification method for qualifying a team.
This cannot be."
So I told them this story. I said, "Guys, I'm thinking about something here, this isn't right. I can't have a relationship with you guys based on a premise that is a quantifiable one.
Based on a dictate premise that says, 'I'm a boss, you do what I say, without trust.'" I said "This can't be."
Actually, we all broke down into tears, to be quite honest about it, because they still could not tell me how much frustration they had built up inside of them, not being able to show me what I wanted, and merely having to ask me to trust them that it would come.
And I think we felt much closer that day, we cut a lot of strings that didn't need to be there, and we forged the concept for what real team and creativity is all about.
We put the car back at the center of our thoughts, and we put love, I think, truly back into the center of the process.
By the way, that team went on to create six different concepts for the next model of what would be the proposal for the next generation after SUVs in America.
One of those was the idea of a crossover coupes -- you see it downstairs, the X Coupe -- they had a lot of fun with that.
It was the rendition of our motorcycle, the GS, as Carl Magnusson says, "brute-iful," as the idea of what could be a motorcycle, if you add two more wheels.
And so, in conclusion, my lesson that I wanted to pass on to you, was this one here. I'm also going to steal a little quote out of "Little Prince."
There's a lot to be said about trust and love, if you know that those two words are synonymous for design.
I had a very, very meaningful relationship with my team that day, and it's stayed that way ever since.
And I hope that you too find that there's more to design, and more towards the art of the design, than doing it yourself.
It's true that the trust and the love, that makes it worthwhile.
Thanks so much. | Chris Bangle dit que les voitures d'exception sont de l'art.
TED Talk Subtitles and Transcript: Le designer américain Chris Bangle explique sa philosophie selon laquelle le design automobile est une forme d'art en lui-même, en faisant référence de manière amusante - et finalement touchante - au projet Deep Blue du Groupe BMW, dont le but est de créer le SUV du futur.
Ce dont je veux parler c'est, en toile de fond c'est de l'idée que les voitures sont de l'art.
C'est quelque chose qui a réellement du sens pour moi, parce que les designers automobiles ont tendance à être relégués au pied de la pyramide, nous ne faisons pas de livres de tables basses avec juste une lampe à l'intérieur, et on ne pense aux voitures qu'en tant que produit ce qui rend un peu difficile d'en approcher le côté esthétique avec la même terminologie qu'on emploierait pour discuter d'art.
Et donc les voitures, en tant qu'art, s'inscrivent dans un contexte émotionnel -- si vous l'acceptez -- que vous devez appréhender de la même manière que vous le feriez avec l'art avec un grand A.
Maintenant vous allez voir une image de Michel-ange.
C'est complètement différent des automobiles.
Les automobiles sont des choses qui se déplacent seules, n'est-ce pas? Les ascenseurs sont des automobiles.
Et ils ne transmettent pas vraiment d'émotion, ils répondent à un besoin, et effectivement les voitures existent depuis une centaine d'années et ont rendu nos vies meilleures d'un point de vue fonctionnel de bien des manières, elles ont aussi été une vraie source d'emmerdements. Parce que les automobiles sont vraiment la chose qu'il nous faut résoudre.
Il nous faut résoudre la pollution, il nous faut résoudre les embouteillages -- mais ce n'est pas ce qui m'intéresse ici.
Ce qui m'intéresse dans ici c'est les voitures. Les automobiles sont peut-être ce que vous utilisez mais les voitures sont ce que nous sommes, de bien des manières.
Et tant que nous pourrons résoudre le problème des voitures, et je pense que nous le pouvons, avec les piles à combustible ou l'hydrogène, sujet qui séduit beaucoup BMW, et beaucoup d'autres choses, alors je pense que nous pouvons regarder au-delà et essayer de comprendre pourquoi tant d'entre nous sommes si accros à la voiture -- et ce que ça signifie, ce que nous pouvons en apprendre.
Voilà où je veux en venir. Les voitures ne sont pas des costumes, les voitures sont un avatar, les voitures sont une extension de vous-mêmes, elles prennent vos pensées, vos idées, vos émotions et elles les multiplient -- votre colère ou encore autre chose. C'est un avatar.
C'est un super waldo et vous êtes à l'intérieur, et si vous vous sentez sexy, la voiture est sexy. Et si la circulation vous enrage, vous avez une "Chevy : tel un roc, " pas vrai?
Les voitures sont une sculpture - le saviez-vous?
Que chaque voiture que vous voyez là dehors est sculptée à la main.
Beaucoup de gens pensent, "Et bien, ce sont les ordinateurs, et c'est fait par des machines et des trucs comme ça."
Et bien, elles le reproduisent, mais les originaux sont tous fait à la main.
C'est fait par des hommes et des femmes qui croient beaucoup dans leur métier.
Et ils mettent la même sorte de tensions dans la sculpture d'une voiture que vous mettez dans une grande sculpture que vous iriez voir dans un musée.
Cette tensions entre le besoin d'exprimer, le besoin de découvrir, et puis vous y mettez quelque chose de nouveau, et en même temps vous avez les limites de l'art.
Des règles qui disent, voilà comment on traite les surfaces, voilà ce que c'est que le contrôle, voici comment on montre qu'on maîtrise son art.
Et cette tension, cette découverte, qui poussent à quelque chose de nouveau -- et en même temps, ce sens d'obligation envers l'artisanat -- c'est aussi fort pour les voitures que ça l'est pour n'importe quoi.
Nous travaillons avec de l'argile, ce qui n'a pas beaucoup changé depuis que Michel-Ange a commencé à jouer avec, et il y a une analogie très intéressante pour ça aussi.
Pour faire rapide -- Michel-Ange a un jour dit qu'il était là pour 'découvrir la silhouette à l'intérieur', vous voyez?
Nous y voilà, l'automobile.
Ce que vous avez vu, c'était 100 ans, vous vous en êtes rendu compte?
Entre celle-là et celle-ci, ça a beaucoup changé, non?
Bon, ce n'est pas du marketing, c'est un concept de voiture très intéressant ici mais le côté marketing n'est pas ce dont je veux parler ici.
Je veux parler de ceci.
Qu'est ce ça veut dire que vous deviez laver votre voiture, de quoi s'agit-il, cette sensualité qui fait que vous devez la toucher? Voilà la sculpture qui va dedans. Cette sensualité.
Et c'est fait par des hommes et des femmes qui travaillent comme ça, qui font des voitures.
Maintenant cette petite citation sur la sculpture de Henry Moore, Je crois que cette "pression à l'intérieur" dont Moore parle - au moins quand il s'agit de voitures - ramène à cette idée de la moyenne.
C'est cette volonté de vivre, ce besoin de survivre, de s'exprimer, qui vient dans une voiture, et s'empare de gens comme moi.
Et nous disons aux autres, «Faites ceci, faites ceci, faites cela», jusqu'à ce que cette chose prenne vie.
Nous sommes complètement infectés. Et la beauté peut être le résultat de cette contagion, c'est tout à fait merveilleux.
Cette sculpture est, bien sûr, au cœur de tout cela, et c'est vraiment ce qui met le savoir-faire dans nos voitures.
Et ce n'est pas vraiment très différent, quand ils travaillent comme ça, ou lorsque quelqu'un travaille comme ça.
C'est ce même genre d'engagement, ce même genre de beauté.
Maintenant, j'en viens au fait. Je veux parler de voitures en tant qu'art.
L'art, au sens platonicien, c'est la vérité, la beauté, et l'amour.
Maintenant, c'est vraiment là que les designers de l'industrie automobile s'écartent des ingénieurs.
Parler d'amour ne pose pas vraiment de problème.
Parler de la vérité ou de la beauté ne nous pose pas vraiment de problème dans ce sens.
C'est ce que nous recherchons - lorsque nous faisons notre métier, nous essayons vraiment de trouver cette vérité cachée.
Nous n'essayons pas de trouver la vanité et la beauté.
Nous essayons de trouver la beauté dans la vérité.
Cependant, les ingénieurs ont tendance à regarder les choses un peu plus selon Newton, au lieu de cette approche quantique.
Nous avons affaire à des irrationalismes, et nous avons affaire à des paradoxes dont nous admettons l'existence, et les ingénieurs ont tendance à regarder les choses un peu plus peu comme deux et deux font quatre, et si vous obtenez 4,0 c'est mieux, et 4,0000, c'est encore mieux.
Et cela conduit parfois à une certaine divergence quant à savoir pourquoi nous faisons ce que nous faisons.
Nous avons à peu près accepté le fait, cependant, que nous sommes les femmes dans l'organisation chez BMW - BMW est une entreprise de type très viril, - les hommes, les hommes, les hommes, ce sont des ingénieurs.
Et nous sommes en quelque sorte le côté féminin. C'est d'accord, c'est cool, tu la joues viril, nous allons être un peu plus féminines.
Parce que ce qui nous intéresse est de trouver la forme qui est plus qu'une simple fonction.
Ce qui nous intéresse c'est de trouver la beauté qui est plus qu'une simple esthétique, c'est vraiment une vérité.
Et je pense que cette idée de l'âme, comme étant au cœur de superbes voitures, est très valable. Vous le savez tous. Vous reconnaissez une voiture quand vous l'avez vue, avec l'âme. Vous savez comment c'est fort.
Eh bien, cette expérience de l'amour, et l'expérience de la conception, selon moi, sont interchangeables. Et maintenant j'en viens à mon histoire.
J'ai découvert quelque chose à propos de l'amour et du design au travers d'un projet appelé Deep Blue.
Et d'abord, vous devez venir avec moi pendant une seconde, et disons, vous pouvez sortir le mot amour d'un tas de choses dans notre société, le remplacer par le mot design, et ça marchera encore, comme cette citation ici, vous savez. Ça fonctionne, vous savez?
Vous pouvez comprendre cela. Ça marche en truismes.
"Tout est juste dans le design et la guerre."
Certes, nous vivons dans une société compétitive.
Je pense que celui-là, il y a une chanson pop qui décrit vraiment Philippe Starck pour moi, c'est comme 'puppy love' l'amour d'un chiot, c'est cool, non?
Brosse à dents, cool.
Ça ne devient grave que quand on regarde quelque chose comme ça. OK?
Il s'agit d'une substitution dont je crois que chacun d'entre nous, dans la gestion du design, est coupable.
Et cette idée qu'il y a plus à aimer, plus à designer, quand il s'agit de votre voisin, votre personne, ça peut être physique comme ça, et peut-être que dans l'avenir, ça le sera.
Mais maintenant ce qui compte c'est de s'occuper des nôtres, de nos propres équipes qui font la création. Donc, venons-en à mon histoire.
L'idée de gens au travail est ce avec quoi nous travaillons ici, et je dois établir un lien avec mes designers lorsque nous créons des BMW.
Il nous faut une intimité partagée, une vision partagée Cela signifie que nous devons travailler comme une seule famille, nous devons nous comprendre de cette façon.
Il y a de bons moments, il y a des moments intéressants, et il y a parfois un peu de stress aussi.
Vous voulez faire des voitures, vous devez sortir.
Vous devez faire des voitures sous la pluie, vous devez faire des voitures dans la neige.
C'est, soit dit en passant, une présentation que nous avons faite devant notre conseil d'administration.
Nous les avons trainés dans la neige aussi. Vous voulez connaitre les voitures à l'extérieur?
Eh bien, vous devez être dehors pour faire ça.
Et parce que ce sont des artistes, ils ont des tempéraments très artistiques.
Pas vrai? Maintenant une chose à propos de l'art, l'art c'est la découverte, et l'art c'est vous découvrir vous-même à travers votre art. Vous voyez?
Et une chose à propos des voitures, c'est que nous sommes tous un peu comme Pygmalion, nous sommes complètement amoureux de nos propres créations.
C'est un de mes tableaux préférés, il décrit vraiment notre relation avec les voitures.
C'est incroyablement écoeurant.
Mais de ce fait, l'intimité avec laquelle nous travaillons ensemble comme une équipe prend une nouvelle dimension, un sens nouveau.
Nous avons un centre commun, nous avons tous un objectif commun, que la voiture reste au centre de toutes nos relations.
Et c'est mon travail, dans le processus concurrentiel, de restreindre ça.
J'ai entendu aujourd'hui parler des gènes de mort de Joseph qui doivent entrer et tuer la reproduction cellulaire.
Vous savez, c'est ce que je dois faire parfois.
Nous commençons avec 10 voitures, nous réduisons à cinq voitures, à trois voitures, à deux voitures, à une voiture, et je suis au milieu de cette mise à mort, au fond.
L'amour de quelqu'un, le bébé de quelqu'un.
C'est très difficile, et vous devez avoir un lien avec votre équipe qui vous permet de faire cela, parce que leur vie tourne autour de ça aussi.
Ils ont ce gène infecté en eux aussi, et ils veulent que cela vive, plus que toute autre chose.
Eh bien, ce projet, Deep Blue, m'a mis en contact avec mon équipe d'une manière que je n'attendais pas, et je tiens à vous le transmettre, parce que je veux que vous réfléchissiez à ça , peut-être dans vos propres relations.
Nous voulions faire une voiture qui soit un acte de foi complet pour BMW.
Nous voulions faire une équipe qui soit tellement éloignée de la façon dont nous l'avions fait, que je n'avais qu'un numéro de téléphone qui me reliait à eux.
Donc, ce que nous avons fait au lieu d'avoir un groupe d'artistes qui soient vos exécutants, nous avons décidé de libérer une équipe de designers et d'ingénieurs créatifs pour savoir quel serait le successeur du phénomène SUV en Amérique.
C'est en 1996 que nous avons fait ce projet. Et nous les avons donc envoyés avec ce nom d'équipe, Deep Blue. Maintenant, beaucoup de gens connaissent Deep Blue d'IBM, nous leur avons volé le nom parce que nous avons pensé que si quelqu'un lisait nos télécopies ils penseraient que nous parlions d'ordinateurs.
Il s'est avéré que c'était très futé parce que Deep Blue, dans une entreprise comme BMW, a une accroche - Deep Blue, wow, cool comme nom.
Donc, les gens se sont investis. Et nous avons pris une équipe de designers, et nous les avons envoyés en Amérique. Et nous leur avons donné un budget, ce que nous pensions être un ensemble de choses à faire, un calendrier, et rien d'autre.
Comme je l'ai dit, je n'avais qu'un numéro de téléphone qui me reliait à eux.
Et un groupe d'ingénieurs a travaillé en Allemagne, et l'idée était qu'ils travaillent séparément sur ce problème de ce qui succèderait au SUV,
ils se réuniraient, compareraient leurs notes. Ensuite, ils travailleraient séparément, se réuniraient, et ils produiraient ensemble un ensemble monumental de différentes opinions qui ne pollueraient pas les idées des uns et des autres - mais en même temps, se réuniraient et résoudraient les problèmes.
En espérant qu'ils comprendaient vraiment le coeur du client, là où le client est et vit avec eux en Amérique. Donc - on a envoyé l'équipe, et en fait quelque chose de différent s'est produit. Ils sont allés ailleurs.
Ils ont disparu, très honnêtement, et tout ce que j'ai eu ce sont des cartes postales.
Maintenant, j'ai reçu des cartes postales des gars à Las Vegas, et j'ai reçu des cartes postales des gars dans le Grand Canyon, et j'ai reçu ces cartes postales des chutes du Niagara, et rapidement, ils sont allés à New York, et je ne sais où encore.
Et je me dis, "Cela va être une super voiture, ils font des recherches auxquelles je n'avais même jamais pensé avant. "
Vous voyez? Et ils ont décidé que, au lieu d'avoir un studio, et six ou sept appartements, il était moins coûteux de louer , l'ex-maison d'Elizabeth Taylor à Malibu.
Et - tout du moins, ils m'ont dit que c'était sa maison, Je crois qu'une fois, elle y a fait une petite fête ou quelque chose comme ça.
Mais de toute façon, c'était la maison, et ils vivaient tous là-bas.
Maintenant, c'est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 de vie en commun, une demi-douzaine de gens qui avaient quitté leur - certains avaient laissé leurs femmes et leurs familles derrière eux, et ils ont littéralement vécu dans cette maison pendant les six mois durant lesquels le projet a été en Amérique, mais les trois premiers mois ont été les plus intenses.
Et l'une des jeunes femmes dans le projet, c'était une dame fantastique, elle a en fait construit sa chambre dans la salle de bains.
La salle de bain était si grande, elle a construit le lit sur la baignoire - c'est tout à fait fascinant.
D'autre part, je ne savais rien à ce sujet. OK?
Rien. Tout ça se déroule, et tout ce que je reçois ce sont des cartes postales de ces gars à Las Vegas, ou d'ailleurs, qui disent: «Ne vous inquiétez pas Chris, ce sera vraiment très bien." OK?
Donc, l'idée que j'avais de ce qu'est un studio de design était sans doute - Je n'étais pas au courant de l'endroit où se trouvaient ces gens.
Cependant, les ingénieurs à Munich avaient adopté une solution relevant de Newton, et ils essayaient de trouver combien de porte-gobelets peuvent danser sur la tête d'une épingle, et ces questions vraiment graves auxquels le consommateur moderne est confronté.
Et on espérait que ces deux équipes se réuniraient, et que cette collusion de créativité incroyable, dans cet incroyable environnement, et ces ingénieurs incroyablement stressés, créerait des solutions incroyables.
Eh bien, ce que je ne savais pas, et ce que nous avons découvert c'était - ces gars-là, ils ne peuvent même pas se parler dans ces conditions.
Vous obtenez une divergence entre pensées newtonienne et quantique à ce stade, vous avez une scission si profonde et si avancée dans votre dialogue, qu'ils ne peuvent pas mettre leur travail en commun du tout.
Et donc nous avons eu notre première réunion, au bout de trois mois, à Tiburon, qui est à deux pas d'ici - vous connaissez Tiburon?
Et l'idée était qu'au bout des trois premiers mois de ces recherches indépendantes ils présenteraient le tout à M. Goschel - qui est maintenant mon patron, et à cette époque, était le co-mentor sur le projet - et ils présenteraient leurs résultats.
Nous pourrions voir où nous allions, nous verrions la première indication de ce qui pourrait être le phénomène qui succèderait au SUV en Amérique.
Et j'avais donc ces idées dans ma tête, que ça allait être génial.
Je veux dire, je vais voir tant de travail, c'est si intense - Je sais que probablement Las Vegas y était pour beaucoup, et je ne suis pas vraiment sûr de ce qu'apportait le Grand Canyon - mais de toute façon tout cela allait s'assembler, et j'allais voir un produit vraiment super.
Donc nous sommes allés à Tiburon, après trois mois, et l'équipe s'était réunie la semaine précédente, plusieurs jours à l'avance.
Les ingénieurs étaient venus en avions, et les designers se sont réunis avec eux, et ils ont préparé leur présentation ensemble.
Eh bien, il s'est avéré que les ingénieurs n'avaient rien fait.
Et ils n'avaient rien fait parce que - comme dans l'industrie automobile, les ingénieurs sont là pour résoudre des problèmes, et nous leur demandions de créer un problème.
Et les ingénieurs attendaient que les designeurs leur disent, "Voici le problème que nous avons créé, maintenant aidez-nous à le résoudre."
Et ils ne pouvaient pas en parler. Donc ce qui s'est passé, les ingénieurs se sont pointé avec rien.
Et les ingénieurs ont dit aux designers , "Si vous arrivez avec tous vos trucs, nous partons, nous nous retirerons du projet. "
Donc, je ne savais rien de tout cela, et nous avions une présentation qui avait un ordre du jour, et tout ça.
Il y avait beaucoup de dialogue.
Nous avons passé quatre heures à entendre parler du vocabulaire qu'il faut construire entre les ingénieurs et les designers.
Et là, je m'attends à tout moment, "OK, on va tourner la page, et je vais voir les voitures, je vais voir les croquis, Je vais peut-être voir une idée de la direction où on va."
Le dialogue continue , avec des cartes mentales de mots, et bientôt il est devenu évident que, au lieu d'être ébloui par la brillance, j'ai été sérieusement dérouté par les conneries.
Et si vous pouvez imaginer à quoi ça ressemble, d'avoir pendant des mois des indications par cartes postales de la super façon dont l'équipe travaille, et ils sont là dehors à dépenser tout cet argent, et ils apprennent, et ils font tous ces trucs.
J'ai pété les plombs, vous comprenez? Ça m'a rendu fou.
Vous vous souvenez probablement de Tiburon, ça ressemblait à ça.
Après quatre heures, je me suis levé et j'ai mis cette équipe en miette.
J'ai leur ai crié dessus, j'ai hurlé, «Qu'est-ce que vous fichez?
Vous me laisser tomber, vous êtes mes designers, vous êtes censés être les créatifs, bon sang, qu'est-ce qui se passe ici? "
C'était probablement une de mes meilleures tirades, j'en ai de bonnes, mais ce fut probablement une de mes meilleurs. Et je leur suis rentré dedans; comment pouvaient-ils prendre l'argent de BMW, comment pouvaient-ils avoir des vacances pendant trois mois et ne rien produire, rien?
Parce que bien sûr, ils ne nous disaient pas qu'ils avaient trois breaks plein de dessins, de modèles, de photos - tout ce que je voulais, qu'ils avaient enfermés dans les voitures, parce qu'ils avaient manifesté leur solidarité avec les ingénieurs - et ils avaient décidé de ne pas me montrer quoi que ce soit, afin de donner à la résolution des problèmes une chance de commencer, parce qu'ils ne s'étaient pas rendus compte, bien sûr,
qu'ils ne pouvaient pas créer de problème.
Donc nous sommes allés déjeuner - Et je dois vous dire, ce fut un déjeuner sérieusement silencieux.
Les ingénieurs étaient tous assis à un bout de la table, les designers et moi étions assis à l'autre bout de la table, très silencieux.
Et j'étais tellement furieux, furieux. OK?
Probablement parce qu'ils s'étaient bien amusés et moi pas, vous savez.
C'est ce qui rend furieux, pas vrai?
Et quelqu'un m'a demandé des nouvelles de Catherine, ma femme, avait-elle pris l'avion avec moi ou quelque chose comme ça?
J'ai dit: «Non,» et ça m'a fait penser à ma femme.
Et je suis rappelé que lorsque Catherine et moi nous sommes mariés, le prêtre a fait un sermon très plaisant, et il a dit quelque chose de très important.
Il a dit, "L'amour n'est pas égoïste, L'amour ne signifie pas compter combien de fois je dit, 'Je t'aime." Cela ne signifie pas que vous eu des rapports sexuels tant de fois ce mois-ci, et que c'est deux fois moins que le mois dernier, ce qui signifie que tu ne m'aimes pas autant.
L'amour n'est pas égoïste. "Et j'ai réfléchi à ça et je me suis dit, «Vous savez, je ne fais pas preuve d'amour ici. Je ne montre vraiment pas d'amour.
Je suis incertain, je suis incertain et sans confiance.
Ce n'est pas possible. Ce ne peut pas être que j'attends un certain nombre de croquis, et pour moi c'est ma méthode de quantification pour qualifier une équipe.
Cela ne peut pas être. "
Alors je leur ai raconté cette histoire. Je ai dit, "Les gars, je pense à quelque chose ici, ça ne va pas. Je ne peux pas avoir une relation avec vous les gars qui repose sur un postulat qui est quantifiable.
Basé sur un principe dicté qui dit: «Je suis un patron, vous faites ce que je dis, sans confiance." J'ai dit: «Cela ne peut pas être."
En fait, nous avons tous éclaté en larmes, pour être honnête, parce qu'ils ne pouvaient toujours pas me dire combien de frustration ils avaient accumulé en eux, de ne pas pouvoir me montrer ce que je voulais, et d'avoir simplement à me demander de leur faire confiance que cela viendrait.
Et je pense que nous nous sommes sentis beaucoup plus proches ce jour-là, on a coupé un grand nombre de chaînes qui n'ont pas lieu d'être là, et nous avons forgé le concept de ce que sont une vraie équipe et une vraie créativité.
Nous avons remis la voiture au centre de nos pensées, et nous avons bien remis l'amour, je pense, au centre du processus.
Soit dit en passant, cette équipe a continué à créer six concepts différents pour le prochain modèle de ce que serait la proposition pour la génération qui succèderait aux SUV en Amérique.
Un de ces concepts était l'idée d'un coupé crossover - vous le voyez en bas, le Coupé X - ils ont eu beaucoup de plaisir avec ça.
C'était l'interprétation de nos motos, la GS, comme Carl Magnusson dit, "brute-iful", de l'idée de ce que pourrait être une moto, si vous ajoutez deux roues de plus.
Et donc, en conclusion, la leçon que je voulais vous transmettre, était celle-ci. Je vais aussi voler une petite citation tirée du «Petit Prince».
Il y a beaucoup à dire sur la confiance et l'amour, si vous savez que ces deux mots sont synonymes de design.
J'ai eu une relation très, très significative avec mon équipe ce jour-là, et c'est resté comme ça depuis.
Et j'espère que vous aussi vous trouvez que le design, et l'art du design, c'est plus que de le faire vous-même.
Il est vrai que la confiance et l'amour, qui le rend int�ressant.
Merci beaucoup. |
Billy Graham: On technology and faith
TED Talk Subtitles and Transcript: Speaking at TED in 1998, Rev. Billy Graham marvels at technology's power to improve lives and change the world -- but says the end of evil, suffering and death will come only after the world accepts Christ. A legendary talk from TED's archives.
As a clergyman, you can imagine how out of place I feel.
I feel like a fish out of water, or maybe an owl out of the air.
I was preaching in San Jose some time ago, and my friend Mark Kvamme, who helped introduce me to this conference, brought several CEOs and leaders of some of the companies here in the Silicon Valley to have breakfast with me, or I with them.
And I was so stimulated.
And had such -- it was an eye-opening experience to hear them talk about the world that is yet to come through technology and science.
I know that we're near the end of this conference, and some of you may be wondering why they have a speaker from the field of religion.
Richard can answer that, because he made that decision.
But some years ago I was on an elevator in Philadelphia, coming down.
I was to address a conference at a hotel.
And on that elevator a man said, "I hear Billy Graham is staying in this hotel."
And another man looked in my direction and said, "Yes, there he is. He's on this elevator with us."
And this man looked me up and down for about 10 seconds, and he said, "My, what an anticlimax!"
I hope that you won't feel that these few moments with me is not a -- is an anticlimax, after all these tremendous talks that you've heard, and addresses, which I intend to listen to every one of them.
But I was on an airplane in the east some years ago, and the man sitting across the aisle from me was the mayor of Charlotte, North Carolina.
His name was John Belk. Some of you will probably know him.
And there was a drunk man on there, and he got up out of his seat two or three times, and he was making everybody upset by what he was trying to do.
And he was slapping the stewardess and pinching her as she went by, and everybody was upset with him.
And finally, John Belk said, "Do you know who's sitting here?"
And the man said, "No, who?"
He said, "It's Billy Graham, the preacher."
He said, "You don't say!"
And he turned to me, and he said, "Put her there!"
He said, "Your sermons have certainly helped me."
And I suppose that that's true with thousands of people.
I know that as you have been peering into the future, and as we've heard some of it here tonight, I would like to live in that age and see what is going to be.
But I won't, because I'm 80 years old. This is my eightieth year, and I know that my time is brief.
I have phlebitis at the moment, in both legs, and that's the reason that I had to have a little help in getting up here, because I have Parkinson's disease in addition to that, and some other problems that I won't talk about.
But this is not the first time that we've had a technological revolution.
We've had others.
And there's one that I want to talk about.
In one generation, the nation of the people of Israel had a tremendous and dramatic change that made them a great power in the Near East.
A man by the name of David came to the throne, and King David became one of the great leaders of his generation.
He was a man of tremendous leadership.
He had the favor of God with him.
He was a brilliant poet, philosopher, writer, soldier -- with strategies in battle and conflict that people study even today.
But about two centuries before David, the Hittites had discovered the secret of smelting and processing of iron, and, slowly, that skill spread.
But they wouldn't allow the Israelis to look into it, or to have any.
But David changed all of that, and he introduced the Iron Age to Israel.
And the Bible says that David laid up great stores of iron, and which archaeologists have found, that in present-day Palestine, there are evidences of that generation.
Now, instead of crude tools made of sticks and stones, Israel now had iron plows, and sickles, and hoes and military weapons.
And in the course of one generation, Israel was completely changed.
The introduction of iron, in some ways, had an impact a little bit like the microchip has had on our generation.
And David found that there were many problems that technology could not solve.
There were many problems still left.
And they're still with us, and you haven't solved them, and I haven't heard anybody here speak to that.
How do we solve these three problems that I'd like to mention?
The first one that David saw was human evil.
Where does it come from?
How do we solve it?
Over again and again in the Psalms, which Gladstone said was the greatest book in the world, David describes the evils of the human race.
And yet he says, "He restores my soul."
Have you ever thought about what a contradiction we are?
On one hand, we can probe the deepest secrets of the universe and dramatically push back the frontiers of technology, as this conference vividly demonstrates.
We've seen under the sea, three miles down, or galaxies hundreds of billions of years out in the future.
But on the other hand, something is wrong.
Our battleships, our soldiers, are on a frontier now, almost ready to go to war with Iraq.
Now, what causes this?
Why do we have these wars in every generation, and in every part of the world?
And revolutions?
We can't get along with other people, even in our own families.
We find ourselves in the paralyzing grip of self-destructive habits we can't break.
Racism and injustice and violence sweep our world, bringing a tragic harvest of heartache and death.
Even the most sophisticated among us seem powerless to break this cycle.
I would like to see Oracle take up that, or some other technological geniuses work on this.
How do we change man, so that he doesn't lie and cheat, and our newspapers are not filled with stories of fraud in business or labor or athletics or wherever?
The Bible says the problem is within us, within our hearts and our souls.
Our problem is that we are separated from our Creator, which we call God, and we need to have our souls restored, something only God can do.
Jesus said, "For out of the heart come evil thoughts: murders, sexual immorality, theft, false testimonies, slander."
The British philosopher Bertrand Russell was not a religious man, but he said, "It's in our hearts that the evil lies, and it's from our hearts that it must be plucked out."
Albert Einstein -- I was just talking to someone, when I was speaking at Princeton, and I met Mr. Einstein.
He didn't have a doctor's degree, because he said nobody was qualified to give him one.
But he made this statement.
He said, "It's easier to denature plutonium than to denature the evil spirit of man."
And many of you, I'm sure, have thought about that and puzzled over it.
You've seen people take beneficial technological advances, such as the Internet we've heard about tonight, and twist them into something corrupting.
You've seen brilliant people devise computer viruses that bring down whole systems.
The Oklahoma City bombing was simple technology, horribly used.
The problem is not technology.
The problem is the person or persons using it.
King David said that he knew the depths of his own soul.
He couldn't free himself from personal problems and personal evils that included murder and adultery.
Yet King David sought God's forgiveness, and said, "You can restore my soul."
You see, the Bible teaches that we're more than a body and a mind.
We are a soul.
And there's something inside of us that is beyond our understanding.
That's the part of us that yearns for God, or something more than we find in technology.
Your soul is that part of you that yearns for meaning in life, and which seeks for something beyond this life.
It's the part of you that yearns, really, for God.
I find [that] young people all over the world are searching for something.
They don't know what it is. I speak at many universities, and I have many questions and answer periods, and whether it's Cambridge, or Harvard, or Oxford -- I've spoken at all of those universities.
I'm going to Harvard in about three or four -- no, it's about two months from now -- to give a lecture.
And I'll be asked the same questions that I was asked the last few times I've been there.
And it'll be on these questions: where did I come from? Why am I here? Where am I going?
What's life all about? Why am I here?
Even if you have no religious belief, there are times when you wonder that there's something else.
Thomas Edison also said, "When you see everything that happens in the world of science, and in the working of the universe, you cannot deny that there's a captain on the bridge."
I remember once, I sat beside Mrs. Gorbachev at a White House dinner.
I went to Ambassador Dobrynin, whom I knew very well.
And I'd been to Russia several times under the Communists, and they'd given me marvelous freedom that I didn't expect.
And I knew Mr. Dobrynin very well, and I said, "I'm going to sit beside Mrs. Gorbachev tonight.
What shall I talk to her about?"
And he surprised me with the answer.
He said, "Talk to her about religion and philosophy.
That's what she's really interested in."
I was a little bit surprised, but that evening that's what we talked about, and it was a stimulating conversation.
And afterward, she said, "You know, I'm an atheist, but I know that there's something up there higher than we are."
The second problem that King David realized he could not solve was the problem of human suffering.
Writing the oldest book in the world was Job, and he said, "Man is born unto trouble as the sparks fly upward."
Yes, to be sure, science has done much to push back certain types of human suffering.
But I'm -- in a few months, I'll be 80 years of age.
I admit that I'm very grateful for all the medical advances that have kept me in relatively good health all these years.
My doctors at the Mayo Clinic urged me not to take this trip out here to this -- to be here.
I haven't given a talk in nearly four months.
And when you speak as much as I do, three or four times a day, you get rusty.
That's the reason I'm using this podium and using these notes.
Every time you ever hear me on the television or somewhere, I'm ad-libbing.
I'm not reading. I never read an address.
I never read a speech or a talk or a lecture.
I talk ad lib.
But tonight, I've got some notes here so that if I begin to forget, which I do sometimes, I've got something I can turn to.
But even here among us, most -- in the most advanced society in the world, we have poverty.
We have families that self-destruct, friends that betray us.
Unbearable psychological pressures bear down on us.
I've never met a person in the world that didn't have a problem or a worry.
Why do we suffer? It's an age-old question that we haven't answered.
Yet David again and again said that he would turn to God.
He said, "The Lord is my shepherd."
The final problem that David knew he could not solve was death.
Many commentators have said that death is the forbidden subject of our generation.
Most people live as if they're never going to die.
Technology projects the myth of control over our mortality.
We see people on our screens.
Marilyn Monroe is just as beautiful on the screen as she was in person, and our -- many young people think she's still alive.
They don't know that she's dead.
Or Clark Gable, or whoever it is.
The old stars, they come to life.
And they're -- they're just as great on that screen as they were in person.
But death is inevitable.
I spoke some time ago to a joint session of Congress, last year.
And we were meeting in that room, the statue room.
About 300 of them were there.
And I said, "There's one thing that we have in common in this room, all of us together, whether Republican or Democrat, or whoever."
I said, "We're all going to die.
And we have that in common with all these great men of the past that are staring down at us."
And it's often difficult for young people to understand that.
It's difficult for them to understand that they're going to die.
As the ancient writer of Ecclesiastes wrote, he said, there's every activity under heaven.
There's a time to be born, and there's a time to die.
I've stood at the deathbed of several famous people, whom you would know.
I've talked to them.
I've seen them in those agonizing moments when they were scared to death.
And yet, a few years earlier, death never crossed their mind.
I talked to a woman this past week whose father was a famous doctor.
She said he never thought of God, never talked about God, didn't believe in God. He was an atheist.
But she said, as he came to die, he sat up on the side of the bed one day, and he asked the nurse if he could see the chaplain.
And he said, for the first time in his life he'd thought about the inevitable, and about God.
Was there a God?
A few years ago, a university student asked me, "What is the greatest surprise in your life?"
And I said, "The greatest surprise in my life is the brevity of life.
It passes so fast."
But it does not need to have to be that way.
Wernher von Braun, in the aftermath of World War II concluded, quote: "science and religion are not antagonists.
On the contrary, they're sisters."
He put it on a personal basis.
I knew Dr. von Braun very well.
And he said, "Speaking for myself, I can only say that the grandeur of the cosmos serves only to confirm a belief in the certainty of a creator."
He also said, "In our search to know God, I've come to believe that the life of Jesus Christ should be the focus of our efforts and inspiration.
The reality of this life and His resurrection is the hope of mankind."
I've done a lot of speaking in Germany and in France, and in different parts of the world -- 105 countries it's been my privilege to speak in.
And I was invited one day to visit Chancellor Adenauer, who was looked upon as sort of the founder of modern Germany, since the war.
And he once -- and he said to me, he said, "Young man." He said, "Do you believe in the resurrection of Jesus Christ?"
And I said, "Sir, I do."
He said, "So do I."
He said, "When I leave office, I'm going to spend my time writing a book on why Jesus Christ rose again, and why it's so important to believe that."
In one of his plays, Alexander Solzhenitsyn depicts a man dying, who says to those gathered around his bed, "The moment when it's terrible to feel regret is when one is dying."
How should one live in order not to feel regret when one is dying?
Blaise Pascal asked exactly that question in seventeenth-century France.
Pascal has been called the architect of modern civilization.
He was a brilliant scientist at the frontiers of mathematics, even as a teenager.
He is viewed by many as the founder of the probability theory, and a creator of the first model of a computer.
And of course, you are all familiar with the computer language named for him.
Pascal explored in depth our human dilemmas of evil, suffering and death.
He was astounded at the phenomenon we've been considering: that people can achieve extraordinary heights in science, the arts and human enterprise, yet they also are full of anger, hypocrisy and have -- and self-hatreds.
Pascal saw us as a remarkable mixture of genius and self-delusion.
On November 23, 1654, Pascal had a profound religious experience.
He wrote in his journal these words: "I submit myself, absolutely, to Jesus Christ, my redeemer."
A French historian said, two centuries later, "Seldom has so mighty an intellect submitted with such humility to the authority of Jesus Christ."
Pascal came to believe not only the love and the grace of God could bring us back into harmony, but he believed that his own sins and failures could be forgiven, and that when he died he would go to a place called heaven.
He experienced it in a way that went beyond scientific observation and reason.
It was he who penned the well-known words, "The heart has its reasons, which reason knows not of."
Equally well known is Pascal's Wager.
Essentially, he said this: "if you bet on God, and open yourself to his love, you lose nothing, even if you're wrong.
But if instead you bet that there is no God, then you can lose it all, in this life and the life to come."
For Pascal, scientific knowledge paled beside the knowledge of God.
The knowledge of God was far beyond anything that ever crossed his mind.
He was ready to face him when he died at the age of 39.
King David lived to be 70, a long time in his era.
Yet he too had to face death, and he wrote these words: "even though I walk through the valley of the shadow of death, I will fear no evil, for you are with me."
This was David's answer to three dilemmas of evil, suffering and death.
It can be yours, as well, as you seek the living God and allow him to fill your life and give you hope for the future.
When I was 17 years of age, I was born and reared on a farm in North Carolina.
I milked cows every morning, and I had to milk the same cows every evening when I came home from school.
And there were 20 of them that I had -- that I was responsible for, and I worked on the farm and tried to keep up with my studies.
I didn't make good grades in high school.
I didn't make them in college, until something happened in my heart.
One day, I was faced face-to-face with Christ.
He said, "I am the way, the truth and the life."
Can you imagine that? "I am the truth.
I'm the embodiment of all truth."
He was a liar.
Or he was insane.
Or he was what he claimed to be.
Which was he?
I had to make that decision.
I couldn't prove it.
I couldn't take it to a laboratory and experiment with it.
But by faith I said, I believe him, and he came into my heart and changed my life.
And now I'm ready, when I hear that call, to go into the presence of God.
Thank you, and God bless all of you.
Thank you for the privilege. It was great.
Richard Wurman: You did it.
Thanks. | Billy Graham sur la technologie, la foi et la souffrance
TED Talk Subtitles and Transcript: Parlant à TED en 1998, le révérant Billy Graham est émerveillé par le pouvoir que détient la technologie à améliorer la vie et à changer le monde – mais il prononce que la fin du mal, de la souffrance et de la mort ne viendra que lorsque le monde acceptera le Christ. Un discours légendaire des archives de TED.
En tant que révérend vous pouvez imaginer à quel point je ne me sens pas ici à ma place.
Je me sens comme un poison hors de l'eau, ou peut-être comme un hibou qui tombe.
Je prêchais à San José quand mon ami Mark Kvamme, a insisté pour me présenter à cette conférence, a amené plusieurs PDG et dirigeants, de différentes sociétés issues de la Silicon Valley, à prendre le petit déjeuner avec moi, ou moi avec eux.
C’était très stimulant.
Ce fut tel que je le pensais – une expérience révélatrice, de les entendre parler du monde à venir à travers la technologie et la science.
Je sais que nous arrivons à la fin de cette conférence, et que certains d’entre vous se demandent peut-être pourquoi écouter un orateur du domaine de la religion.
Richard pourra vous répondre, parce qu’il est celui qui a prit cette décision.
Il y a quelques années j’étais sur dans un ascenseur à Philadelphie, descendant.
Je devais m’adresser à une conférence dans un hôtel.
Et dans cet ascenseur un homme dit, « j’ai entendu que Billy Graham séjournai dans cet hôtel »
Et un autre homme a regardé dans ma direction et dit, « Oui, le voila. Il est là dans l’ascenseur avec nous. »
Cet homme m’a alors regardé de haut en bas pendant environ dix secondes, et il dit, « mon dieu, quel déception ! »
J’espère que vous ne sentirez pas que ces quelques moments avec moi sont une déception, après tous ces discours épatants que vous avez entendu, auxquelles j’ai essayé d’assister.
J’étais dans un vol dans l’est, des USA il y a quelques années, et l’homme assis de l’autre coté du couloir était le maire de Charlotte, en Caroline du Nord.
Il s’appelait John Belk. Certains d’entre vous le connaissent déjà.
Et là, il y avait un homme ivre, qui a quitté sa chaise deux ou trois fois, il dérangeait tout le monde par ce qu’il essayait de faire,
il touchait l’hôtesse et la pinçait quand elle passait, et tout le monde était énervé par son comportement.
Finalement John Belk dit, « vous savez qui est assis ici ? »
et l’homme répliqua, « Non, qui c'est? »
il dit, « c’est Billy Graham, le pasteur."
Il dit, « c’est pas vrai ! »
et il se tourna vers moi et dit, « serrez moi la main !
vos sermons m’ont vraiment aidés. »
Et je suppose que cela est vrai pour des milliers de personnes
Je sais que puisque vous avez cherchés à discerner l'avenir, comme nous l'avons entendu ce soir, j’aimerais vivre dans ce futur afin de voir ce qu’il se passera.
Mais je ne pourrais pas, parce que j’ai 80 ans ; ceci est ma 80eme année, et je sais que mon temps ici sera court.
Maintenant je souffre de phlébite dans mes deux jambes, c’est pour ca que j’avais besoin d’un peut d’aide en montant l’estrade, parce que j’ai aussi la maladie de Parkinson et en plus de ca, j'ai d’autres problèmes que je n’ose citer.
Mais ce n’est pas la première fois que nous vivons une révolution technologique.
Nous en avons eu d’autres.
Il y en a une que j’aimerais partager avec vous.
En une génération, la nation du peuple d’Israël a vécu une transformation énorme et dramatique, qui a fait d’eux une grande puissance dans le proche orient.
Un homme au nom de David est monté sur le trône, et le roi David devint un des plus grand chef de sa génération.
C’était un homme avec un excellent leader.
Dieu était à ses côtés.
C’était un poète, un philosophe, un écrivain et un soldat remarquable, il usait de stratègies dans les batailles et les conflits que l’on étudie même encore aujourd'hui.
Mais environ deux siècles avant David, Les Hittites avaient découvert le secret du processus de la fonte du fer, et progressivement cette technique s’était propagé.
Ils ne voulaient pas permettre aux Israélites de développer et d'obtenir cette dernière.
Cependant David a tout changé, il a introduit l’âge du fer en Israël.
Et la Bible cite que David a stocké des réserves de fer, que les archéologues ont découverts, dans la Palestine actuelle, on y trouve d'autres indices de cette génération.
Maintenant, à la place des outils bruts fait de bâton et de pierre, Israël avait maintenant des charrues en fer des faucilles, des houes, et des armes.
En l’espace d’une génération, Israël fut complètement transformée.
L’introduction du fer, a en quelque sorte, eu des conséquences comparable au microprocesseur de notre génération.
Et David a découvert qu’il y avait beaucoup de problèmes que la technologie ne pouvait pas résoudre.
Il y avait encore beaucoup de problèmes à résoudre.
Ils sont encore d'actualité et vous ne les avaient toujours pas résolus, et je n’ai entendu personne ici dire le contraire.
Comment pouvons-nous résoudre ces problèmes ? c’est ce que je me demande.
Le premier identifié par David était le mal de l’humain.
D’où cela vient-il ?
Comment pouvons-nous le résoudre ?
Mille et une fois dans les Psaumes, cité comme le meilleur livre au monde par Gladstone, David décrit les malaises de la race humaine.
Néanmoins il dit, « il rétablit mon âme. »
Avez vous déjà songé à quel point nous sommes en contradiction ?
D’un coté nous pouvons expliquer les secrets les plus profond de l’univers et bouleverser les frontières de la technologie, comme cette conférence nous l'a très bien démontré.
Nous avons exploré sous l’eau, à cinq kilomètres de profondeur, vu des galaxies à des centaines de milliards d’années, vers l'avenir.
Mais d'un autre coté, quelque chose cloche toujours.
Nos bateaux de guerre, nos soldats, sont maintenant sur une frontière prêts à déclarer la guerre à l’Irak.
Alors, quel est la cause de cela ?
Pourquoi avons-nous de telles guerres à chaque génération, et ceci partout dans le monde ?
Et les révolutions ?
Nous ne pouvons pas nous entendre avec l’un et l’autre, même dans nos propres familles.
Nous nous trouvons paralysés par ces habitudes autodestructrices que nous ne pouvons rompre.
Le racisme, l’injustice et la violence s'étendent dans notre monde, amenant tragédie, chagrin et mort.
Même les plus astucieux d’entre nous ont l’air impuissant face à ce cycle.
J’aimerais avoir les pronostics de l’Oracle concernant cela ou que certains génies parmi vous se penchent dessus.
Comment pouvons-nous changer l’homme afin qu’il cesse de mentir et de tricher, et que nos journaux ne soient plus remplis d’histoires d’escroquerie dans les affaires, le travail ou l’athlétisme ou n’importe où?
Dans la Bible, il est dit que le problème demeure en nous, dans nos cœurs et nos âmes.
Le problème, c’est que nous nous sommes séparés de notre créateur que nous appelons Dieu, et que nous devons restaurer nos âmes, une chose que seul Dieu pourra faire.
Jésus a dit, “car du cœur viennent les mauvaises pensées: les meurtres, l’immoralité sexuelle, le vol, les faux témoignages, les injures.”
Le philosophe britannique Bertrand Russell qui n’était pas un homme religieux, mais il a dit, “c’est dans nos cœurs que se trouve le mal, et c’est de nos cœurs qu’il doit être arracher.”
Albert Einstein -- Je parlais avec quelqu’un – quand je faisais un discours à Princeton, et j’ai rencontré Mr. Einstein.
Il n’avait pas un doctorat, parce qu’il disait que personne n’était compétent pour le lui donner.
Mais il a fait cette déclaration.
Il a dit, “il’est plus facile de traiter le plutonium que de traiter le mal de l’esprit humain.”
Et beaucoup d’entre vous, j’en suis certain, ont songé à cela et discuté de cela.
Vous avez vu des gens transformer des avances bénéfiques en technologie, comme l’Internet dont nous avons parler ce soir, et les déformer en outils de corruption.
Vous avez vu des gens brillants concevoir des virus d’ordinateur qui peuvent détruire des systèmes entiers.
Les attentats dans la citée d’Oklahoma étaient de la technologie simple, utilisés affreusement.
Le problème ce n’est pas la technologie.
Le problème c’est la personne qui la possède.
Le Roi David a disait qu’il connaissait les profondeurs de son âme.
Il ne pouvait échapper à ses problèmes personnels et à ses démons parmi lesquels le meurtre et l’adultère.
Pourtant le Roi David a cherché le pardon de Dieu, et a dit, « Tu peut réparer mon âme. »
Vous voyez, la Bible enseigne que nous somme plus qu’un corps et un cerveau.
Nous sommes une âme.
Et il y a quelque chose en nous qui va au-delà de notre compréhension.
C’est la part de nous qui désire Dieu, ou quelque chose de plus que ce que nous trouvons dans la technologie.
Votre âme est cette partie de vous qui désire donner sens à la vie et qui cherche quelque chose au delà de cette vie.
C’est la part de vous qui désire vraiment Dieu.
Je rencontre des jeunes partout dans le monde qui recherche quelque chose.
Ils ne savent ce que c’est. Je donne des discours dans beaucoup d’universités et j’ai beaucoup de temps pour les questions et les réponses, et -- qu’il soit à Cambridge ou Harvard ou Oxford -- J’ai parlé dans toutes ces universités.
Je serais à Harvard dans environ trois ou quatre -- non, c’est dans environ deux mois, pour donner un discours.
Et on me posera les mêmes questions que l’on m’a posé les fois passées.
Et ce sera ces quelques questions: D’où es ce que je viens ? Pourquoi suis-ici ? Où es ce que je vais ?
Quel est le but de la vie? Pourquoi suis-ici ?
Même si vous n’avez pas de croyances religieuses, Il y a des fois où vous vous demandez s’il y a quelque chose de plus.
Thomas Edison a aussi dit, « Quand vous voyez tout ce qui ce passe dans le monde scientifique, et dans le fonctionnement de l’univers, vous ne pouvez pas nier qu’il doit y avoir un capitaine au bord. »
Je me rappelle une fois, J'étais assis à côté de Mme Gorbatchev à un dîner à la Maison Blanche.
J’ai dit à l’ambassadeur Dobrynin, que je connaissais très bien,
j’avais été en Russie plusieurs fois au temps des Communistes, et ils m’avaient donnés une liberté incroyable que je n'attendais pas.
Je connaissais très bien Mr. Dobrynin, et je lui ai dit, “je vais être assis à coté de Mme Gorbatchev ce soir.
De quoi pourrais-je lui parler ? »
Et sa réponse m’a surpris.
Il a dit, “Parle lui de religion et de philosophie.
C’est ce qui l’intéresse le plus.”
J’étais un peu étonné, mais cette soirée là ce fut notre sujet de conversation, et c’était une conversation excitante,
à la fin elle dit, “vous savez, je suis athée, mais je sais qu’il y a quelque chose là-haut plus haut que nous.”
Le deuxième problème que le Roi David n'avait pas résolu était celui de la souffrance humaine.
Job a écrit le plus ancien livre au monde, et il y dit “l’Homme est né dans la misère pendant que les étincelles jaillissées. »
Oui, c'est sûr que la science à beaucoup aider à repousser certaines souffrances humaines.
Mais je -- dans quelques mois j’aurais 80 ans.
J’admets que je suis très reconnaissant pour toutes les avancées en médecine qui m’ont permis de rester en assez bonne santé durant toutes ces années.
Mes docteurs à la clinique Mayo m’ont encouragé à ne pas faire ce voyage jusqu'ici à cette – à venir ici.
Cela fait presque quatre mois que je n’ai pas fait de discours.
Et quand vous parlez autant que moi, trois ou quatre fois par jour, vous perdez aussi l’habitude.
C’est pour cela que j’ai ce pupitre et ces notes.
Chaque fois que vous m’entendez à la télévision ou autre part, J’improvise.
Je ne lis pas. Je n’ai jamais lu un discours.
Je n’ai jamais lu un discours ou un exposé ou une conférence.
L’improvisation c’est ma façon.
Mais ce soir j’ai quelques notes, comme ça si je commence à oublier, ce qui m’arrive de temps en temps, Ça me donne un point de repère.
Mais même ici entre nous, la plupart -- dans la société la plus avancé au monde, nous avons de la pauvreté.
Nous avons des familles qui s’autodétruisent, des amis qui nous trahissent.
Des pressions psychologiques insoutenables nous accablent.
Je n’ai jamais rencontré une personne au monde sans problèmes ou soucis.
Pourquoi souffrons-nous? Une question séculaire à laquelle nous n’avons su répondre.
Néanmoins David a toujours dit qu’il se tournerait vers Dieu.
Il a dit, “Dieu est mon berger.”
L’ultime problème que David connaissait était la mort.
Beaucoup de commentateurs ont dit que la mort est le sujet interdit de notre génération.
La plupart des gens vivent comme s’ils n'allaient jamais mourir.
La technologie crée le mythe du contrôle de notre mortalité.
Nous voyons des gens sur nos écrans.
Marilyn Monroe était aussi belle sur l’écran qu’en personne, et nos – beaucoup de jeunes la croie encore vivante.
Ils ne savent pas qu’elle est morte.
Ou Clark Gable ou qui que ce soit.
Les anciennes stars. Elles revivent.
Et elles sont -- elles sont aussi formidables sur l’écran qu’en personne.
Mais la mort est inévitable.
J’ai donné un discours jadis à une session jointe au Congrès, l’année passée.
Et nous nous rencontrions dans cette pièce, La pièce des statues--
ils étaient à environ 300.
Et j’ai dit, « il y a une chose que nous avons en commun dans cette pièce, chacun d’entre nous ensemble, que l’on soit Républicain ou Démocrate, ou quiconque. »
J’ai dit, « nous allons tous mourir. »
c´est ce que nous avons en commun avec tous les hommes important de jadis qui nous regardent d´en haut.
Et ça c´est souvent difficile pour les jeunes à comprendre.
C´est difficile pour eux de comprendre qu'ils vont mourir.
Comme écrivait l´ancien écrivain Ecclésiastes, il disait que toute action se fait sous le Ciel.
Un temps pour naitre, et un temps pour mourir.
J´ai assisté à la mort de plusieurs personnes célèbres que vous connaissait sûrement.
J´ai parlé avec eux.
Je les ai vues dans des moments atroces quand ils étaient morts de peur.
Pourtant, quelques années avant, la mort ne les auraient jamais troublés.
J´ai parlé avec une femme la semaine dernière qui avait pour père un docteur célèbre.
Elle disait qu'il ne pensait et ne parlait jamais de Dieu, ne croyait pas en Dieu. Il était athée.
Mais elle a dit, à la fin de sa vie, il s´est un jour redressé sur son lit, et il a demandé à l'infirmière s´il pouvait voir l´aumônier.
Et il a dit que pour la première fois dans sa vie il a réfléchi à l´inévitable, et à Dieu.
Y avait-il un Dieu ?
Il y a quelques années un étudiant m´a demandé, « Quel était la plus grande surprise de votre vie ? »
Et j´ai dit, la plus grande surprise de ma vie c'est la brièveté de la vie.
Elle passe très vite.
Mais ce n´est pas obligé d´être comme ça.
Werner von Braun, à la fin de la seconde guerre mondiale a conclu, je cite : « La science et la religion ne sont pas opposées.
Au contraire, elles sont sœurs. »
C´était son opinion.
Je connaissais très bien le Dr. Von Braun.
Il a aussi dit, “Pour moi, je suis certain que la grandeur du cosmos sert simplement à confirmer une croyance absolue en un créateur."
Il a aussi dit, « En cherchant à connaître Dieu, je me suis rendu compte que la vie de Jésus devait être le point de repère dans nos efforts et notre inspiration.
La réalité de cette vie et de Sa résurrection est l´espoir de l´humanité. »
J´ai fait beaucoup de discours en Allemagne et en France, et dans d´autres parties du monde -- j'ai eu ce privilège dans 105 pays.
Et on m´a invité un jour à visiter le chancelier Adenauer qui était perçu comme un des fondateurs de l´Allemagne actuelle depuis la guerre.
Et une fois -- et il m´a dit, il m'a dit, « Jeune homme, » il a dit, « Croyez-vous en la résurrection de Jésus Christ ? »
Et j´ai dit, « Oui, Monsieur. »
Il a dit, “Moi aussi.”
Il a dit, « Quand je quitterai ma fonction, je passerai mon temps à écrire un livre expliquant pourquoi Jésus Christ est ressuscité, et pourquoi il est tellement important d’y croire. »
Dans une de ses pièces, Alexandre Solzhenitsyn décrit un homme qui se meurt, qui dit à ceux rassemblés autour de son lit, « Le moment le plus terrible pour avoir des regrets est quand on meurt. »
Comment devrait-on vivre pour éviter de sentir du regret quand on meurt ?
Blaise Pascal a précisément posé cette question dans la France du 17ème siècle.
On appelait Pascal l´architecte de la civilisation moderne.
C´était un scientifique brillant repoussant les limites des mathématiques, même quand il était jeune.
Il est perçu par beaucoup comme le fondateur du calcul des probabilités, et comme le créateur du premier modèle d´ordinateur.
Bien sûr vous connaissez tous le langage d´ordinateur décrit par lui.
Pascal a exploré en détail nos dilemmes humains du mal, de la souffrance, et de la mort.
Il était étonné par le phénomène que nous sommes en train de considérer : que les gens peuvent atteindre des hauteurs extraordinaires en science, en art et dans l´esprit d'initiative, cependant ils sont aussi troublés par la colère, l´hypocrisie, et ont -- et un dégoût de soi.
Pascal nous voyait comme un mélange remarquable de génie et de faiblesse.
Le 23 Novembre, 1654, Pascal a eu une expérience religieuse profonde.
Il a écrit ces paroles dans son journal : « Je me soumet, entièrement, à Jésus Christ mon Rédempteur. »
Un historien français a dit, deux siècles plus tard, « Il est rare qu’un intellect aussi puissant se soumette avec une telle humilité à l’autorité de Jésus Christ. »
Pascal fini par croire que non seulement la grâce et l’amour de Dieu pourraient nous rendre l’harmonie, mais il croyait que ces propres péchés et échecs pourraient êtres pardonnés, et que quand il viendrait à mourir il irait au ciel.
Il éprouva cela d’une façon qui allait au-delà du raisonnement et de l'observation scientifique.
Ce fut lui qui écrivit ces mots très connus, « Le cœur a ces raisons que la raison ne connait guère. »
Connu de la même manière est le Pari de Pascal.
Par essence il a dit ceci : « si vous pariez sur Dieu, et vous vous ouvrez à son amour, vous ne perdez rien même si vous avez tort.
Mais si vous pariez plutôt qu’il n’y a pas de Dieu, vous risquez de tout perdre, dans cette vie et celle à venir. »
Pour Pascal, le savoir scientifique était éclipsé par le savoir de Dieu.
Le connaissance de Dieu allait au-delà de toutes choses qui lui serait venu à l’esprit.
Il était prêt à Le retrouver quand il décéda à l’âge de 39.
Le Roi David vécu jusqu'à 70 ans -- une longue vie à son époque.
Pourtant lui aussi a dû affronter la mort, et il a écrit ces mots : « Même quand je marcherais dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal, car Tu es avec moi. »
C’était la réponse de David pour les trois dilemmes du mal, la souffrance et la mort.
Elle peut être la votre aussi, si vous cherchez le Dieu vivant si vous lui permettez de combler votre vie et de vous donner l’espoir en l’avenir.
Quand j’avais 17 ans, Je suis né et est été élevé dans une ferme en Caroline du Nord.
Je trayais les vaches chaque matin, et je devais traire les mêmes vaches tous les soirs quand je rentrais de l’école,
et il y en avait 20 que je devais -- qui étaient sous ma responsabilité, je travaillais à la ferme et j’essayais de continuer mes études.
Je n’ai pas eu de bon résultats au collège.
Ni à l’université, pas avant qu’une chose se soit passé dans mon cœur.
Un jour j’ai affronté face à face le Christ.
Il a dit, « Je suis le chemin, la vérité et la vie. »
Pouvez-vous l’imaginer ? « Je suis la vérité.
Je suis l'incarnation de toute vérité. »
C’était un menteur.
Ou il était fou.
Ou il était ce qu’il prétendait.
Lequel était-il ?
J’ai du choisir.
Je ne pouvais pas le prouver.
Je ne pouvais pas le placer dans un laboratoire et faire des tests.
Mais grâce à la foi j’ai dit, je crois en Lui, et Il est venu dans mon cœur et Il a changé ma vie.
Et maintenant je suis prêt, quand j’entendrai l’appel, pour partir rejoindre Dieu.
Merci, et que Dieu vous bénisse tous.
Merci pour ce privilège. C’était formidable.
Richard Wurman : Tu l’as fait.
Merci [pas clair]. |
The Drums of War in Kashmir
LAHORE – Tensions between India and Pakistan are at their highest level in decades, and many fear the nuclear-armed neighbors are on the brink of yet another war over the disputed Kashmir region.
But the latest eruption is different from its predecessors.
The two countries’ struggle over Kashmir began in 1947.
After Pakistan supported a Muslim insurgency in the princely state of Jammu and Kashmir, the state’s Hindu ruler, Maharaja Hari Singh, decided to cede the territory to India in exchange for armed assistance.
Since the state’s population was predominantly Muslim, however, Pakistan cried foul and sent in troops, which India countered with more troops of its own.
The war resulted in a stalemate, with the United Nations helping to secure a ceasefire in 1949. As part of the deal, the state was divided between India and Pakistan – and remains so to this day.
The fight over Kashmir picked up again in 1965, when Pakistan sent troops to an Indian-controlled area to encourage locals to revolt against their “occupiers.”
But, instead of spurring a rebellion, Pakistan elicited a major offensive by India.
A 17-day war ensued, but the status quo prevailed.
The two sides fought again in 1971, though Kashmir was not the focus.
After the civil war pitting then-West Pakistan against the Bengali freedom fighters of then-East Pakistan fueled a wave of refugees from the east, India began supporting rebel groups there.
West Pakistan was forced to surrender, and East Pakistan became the independent state of Bangladesh.
Then, in 1999, another Indo-Pakistani skirmish over Kashmir erupted, after Pakistan sent troops to the Indian-controlled district of Kargil.
India responded forcefully, launching air strikes and threatening all-out war.
The conflict was cut short when US President Bill Clinton convinced then-Pakistani Prime Minister Nawaz Sharif to withdraw his forces from the area.
Whereas Pakistan provoked previous Indo-Pakistani conflicts, India is driving the current one.
To be sure, the escalation was triggered by an attack on Indian paramilitary police: on February 14, a young militant in Indian-administered Kashmir carried out a suicide bombing that killed 40.
The next day, the Pakistan-based Jaish-e-Mohammed terrorist group claimed responsibility for the bombing.
India’s government pledged retaliation not just against Jaish-e-Mohammed, but also against Pakistan, though most analysts agree that this decision does not reflect a fair assessment of the situation.
While Jaish-e-Mohammed is technically based in Pakistan, it has developed a strong following among young people – like the February 14 suicide bomber – in Indian-controlled Kashmir.
The reason is simple. In an effort to control the insurgency in Kashmir, Indian Prime Minister Narendra Modi’s government has made the state one of the world’s most militarized areas, with 250,000 armed personnel present.
The excessive force used by those personnel has driven many young people into the arms of extremist organizations.
For Modi, however, ignoring this reality and blaming Pakistan is politically expedient. He and his Bharatiya Janata Party are engaged in a tight election campaign.
A landslide victory in 2014 enabled the BJP to form a government on its own, breaking India’s decades-long pattern of coalition rule.
But, in the last year, the BJP has lost several state elections.
Modi was thus eager to satisfy BJP supporters when many took to the streets carrying signs bearing slogans like, “Attack Pakistan.
Crush It.”
India’s retaliation quickly escalated from economic measures – a 200% tariff on Pakistani imports, for example – to an airstrike near the Pakistani town of Balakot, which India claims targeted a Jaish-e-Mohammed training camp.
The next day, a dogfight between Pakistani and Indian warplanes left a downed Indian pilot (who has subsequently been released) in Pakistani custody.
Pakistani Prime Minister Imran Khan, meanwhile, continues to deny any responsibility for the initial attack and to call for dialogue; this, together with his government’s decision to release the captured pilot, could go a long way toward defusing tensions.
In fact, Khan is a very different kind of Pakistani leader – at the head of a different kind of political party – than those who previously stoked conflict in Kashmir.
Khan’s party, Pakistan Tehreek-e-Insaf, has the support of a large share of Pakistani young people – a huge cohort in Pakistan, where the median age is just 24 years.
When up to 60% of young people voted for Khan and the PTI in last year’s election, they were concerned not with recapturing control of Kashmir; they wanted a government that would deliver quality education, health care, and employment.
As Fatima Bhutto, the niece of the assassinated Pakistani politician Benazir Bhutto, wrote, though Pakistan’s “recent history has been bloody,” the country’s “long history with military dictatorships and experience of terrorism and uncertainty means that my generation of Pakistanis have no tolerance, no appetite, for jingoism or war.” As Bhutto acknowledges, Khan seems to understand this.
“My question [to the Indian government],” he said in a televised address, “is that, given the weapons we have, can we afford miscalculation?”
Fighting in Kashmir may summon a sense of déjà vu, but the fact is that the dynamic has been reversed, with Pakistan now the side vying for peace.
It is up to Modi’s government to look past short-term political considerations and allow tensions in Kashmir to ease.
If it does, perhaps the next Indian government can take advantage of the shift that has occurred in Pakistan to work for the stable, long-term peace that Kashmir’s people deserve. | Nouveau bras de fer militaire au Cachemire
LAHORE – Les tensions entre l’Inde et le Pakistan sont plus vives aujourd’hui qu’elles ne l’ont été depuis des décennies et il est à craindre que ces pays voisins, tous deux des puissances nucléaires, soient à la veille d’une nouvelle guerre au sujet du territoire disputé du Cachemire.
Cette dernière confrontation est toutefois très différente des précédentes.
Le Cachemire est une pomme de discorde entre les deux pays depuis 1947.
Après que le Pakistan ait soutenu une insurrection dans l’État princier du Jammu-et-Cachemire, le dirigeant hindou de cet État, le maharaja Hari Singh, décida de solliciter l’aide militaire de l’Inde en échange de l’accession du Cachemire à l'Union indienne.
Mais étant donné que la population du Jammu-et-Cachemire est majoritairement musulmane, le Pakistan a crié à l’injustice et envoyé des troupes, incitant l’Inde à faire de même.
Les hostilités prennent fin en 1949 avec un cessez-le-feu négocié par l’ONU, et la partition– qui demeure aujourd’hui – de ce territoire entre l’Inde et le Pakistan, de part et d’autre d’une « ligne de contrôle ».
Un nouveau conflit éclate en 1965, lorsque le Pakistan envoie des soldats infiltrer la partie contrôlée par l’Inde dans le but d’encourager un soulèvement de la population contre « l’occupant ».
Mais au lieu de provoquer une rébellion, le Pakistan déclenche une riposte majeure des forces armées indiennes.
A l’issue d’une guerre de 17 jours, les deux pays campent à nouveau de part et d’autre de la ligne de cessez-le-feu de 1949.
L’Inde et le Pakistan entrent à nouveau en guerre en 1971, mais le Cachemire n’est cette fois-ci pas l’enjeu.
Des affrontements entre les forces armées du Pakistan occidental et les insurgés indépendantistes dans ce qui était alors le Pakistan oriental provoquent l’afflux de millions de réfugiés en Inde. Le gouvernement indien décide alors d’intervenir et de soutenir activement le mouvement indépendantiste.
Le Pakistan occidental est contrait de capituler et le Pakistan oriental devient le Bangladesh, État indépendant et souverain.
Enfin, en 1999, de nouveaux affrontements éclatent entre les deux pays lorsque l’armée pakistanaise viole la ligne de contrôle pour occuper des positions stratégiques dans le district indien de Kargil.
L’Inde réagit par une vaste offensive accompagnée de frappes aériennes et la menace d’une guerre totale.
Le conflit prend fin lorsque le président américain Bill Clinton convainc le premier ministre pakistanais de l’époque, Nawaz Sharif, de retirer les combattants pakistanais des zones occupées.
Alors que le Pakistan a provoqué les précédents conflits indo-pakistanais, l’Inde est à l’origine de la confrontation actuelle.
L’escalade des tensions a certes été provoquée par l’attaque kamikaze à la voiture piégée d’un convoi de la police militaire indienne le 14 février dernier par un terroriste originaire du Jammu-et-Cachemire.
Le lendemain, le groupe islamiste Jaish-e-Mohammed, basé au Pakistan, revendiquait cet attentat-suicide qui a tué au moins 40 paramilitaires indiens.
Le gouvernement indien a alors promis de faire payer le prix fort, non seulement à Jaish-e-Mohammed, mais également au Pakistan. La plupart des analystes estiment pourtant que ces menaces de représailles ne correspondent pas à une juste évaluation de la situation.
Si le groupe islamiste est dans les faits basé au Pakistan, il compte de nombreux partisans parmi les jeunes, comme l’auteur de l’attentat-suicide du 14 février, de la partie du Cachemire administrée par l’Inde.
Pour tenter de contrôler l’insurrection au Cachemire, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a déployé quelques 500.000 militaires du côté indien de la ligne de démarcation, faisant de cette région l’une des plus militarisée au monde.
L’usage excessif de la force par ces militaires a conduit de nombreux jeunes à adhérer à des mouvements extrémistes.
Pour Modi, nier cette réalité et accuser le Pakistan est politiquement opportun, dans le contexte d’une campagne électorale qui s’annonce serrée pour lui-même et son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP).
Une victoire écrasante en 2014 a permis au BJP de former seul un gouvernement, mettant fin à des décennies de gouvernements de coalition.
Au cours de l’année dernière, ce parti a toutefois perdu les élections dans plusieurs États.
Modi est donc soucieux de satisfaire les partisans du BJP qui manifestent avec des slogans comme « Attaquez le Pakistan.
Écrasez le ».
La riposte de l’Inde a connu une escalade rapide, allant de mesures économiques – une hausse de 200 pour cent des droits de douane sur les importations en provenance du Pakistan par exemple – à une « frappe préventive » contre un camp d'entraînement du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed.
Le jour suivant, un avion de chasse indien a été abattu par les forces armées pakistanaises et son pilote capturé (il a été relâché depuis).
Dans l’intervalle, le Premier ministre Imran Khan a continué à nier toute responsabilité concernant l’attentat à l’origine de cette nouvelle confrontation et à appeler au dialogue. Cette attitude, couplée à la libération du pilote indien, pourrait contribuer à réduire les tensions.
Par ailleurs, Khan est un dirigeant pakistanais très différent de ceux qui l’ont précédé et attisé les conflits au Cachemire.
Il a également fondé un parti, le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI), qui se démarque des autres partis et qui a la faveur de nombreux jeunes Pakistanais, soit une énorme proportion de la population dont l’âge moyen est de 24 ans seulement.
Lorsque 60 pour cent des jeunes ont voté pour Khan et le PTI lors des législatives de 2018, leur principale revendication n’était pas de prendre le contrôle du Cachemire, mais un gouvernement qui fournirait une éducation de qualité, des soins de santé et des emplois.
Comme l’a écrit Fatima Bhutto, nièce de Benazir Bhutto, femme d’État pakistanaise assassinée en 2007, même si « l’histoire récente du Pakistan compte des épisodes sanglants, c’est surtout la longue histoire de dictatures militaires et l’expérience du terrorisme et de l’incertitude qui fait que ma génération de Pakistanais n’a aucune tolérance, aucun appétit pour le chauvinisme ou la guerre », ce que, selon elle, Khan semble avoir compris. « Ma question (au gouvernement indien) » a-t-il dit lors d’un bref discours télévisé, « est : Pouvons-nous nous permettre le moindre mauvais calcul avec le genre d'armes que nous avons et que vous avez ? ».
nan
Les affrontements au Cachemire ont sans doute un air de déjà vu, mais en fait la dynamique s’est inversée et que c’est aujourd’hui le Pakistan qui appelle à la paix.
Il revient à Modi d’avoir une vision qui aille au-delà de considérations politiques à court terme et de chercher à résorber les tensions au Cachemire.
Il est possible dans ce cas que le prochain gouvernement indien tire parti du changement d’approche du Pakistan pour négocier la paix durable et à long terme que mérite le peuple cachemiri. |
Norway's Sovereign Duty
BRUSSELS – Recent developments in Norway could have momentous implications for climate-related commitments at the UN climate-change conference (COP26) in Glasgow this November.
In August, a government-appointed committee recommended that Norway put its sovereign wealth fund (SWF) on track for net-zero greenhouse-gas (GHG) emissions by 2050, and that the fund’s activities be made consistent with Norway’s commitments under international climate agreements.
Soon thereafter, the Norwegian Labour Party’s candidate for prime minister, Jonas Gahr Støre, confirmed that, if elected, he would introduce a net-zero target for the fund.
Now that Støre has emerged victorious in this month’s parliamentary elections, his challenge is to form a coalition that will allow him to follow through on his conviction.
Norway’s $1.4 trillion Government Pension Fund Global is the world’s largest SWF.
But the country has been hesitant to put the weight of its fund behind its own international climate commitments.
It is not alone.
Under existing international agreements, climate commitments are based on emissions originating within each country’s physical borders.
Emissions resulting from countries’ foreign asset holdings are not counted in the domestic inventory.
Thus, while governments have scrutinized their economies for emissions cuts, they have tended to leave their countries’ SWFs on the sideline.
As a result, only one sovereign fund, Germany’s KENFO, has signed on to the United Nations-convened Net-Zero Asset Owner Alliance, which represents some $6.7 trillion in assets under management, and counts 46 pension funds and insurance companies among its members.
Given that Norway’s massive SWF owns 1.4% of all the world’s listed companies, on average, the country’s apparent change of heart is important both symbolically and as a practical matter.
The new Norwegian government is backed up by the recent recommendation from Olivier Blanchard, a former chief economist at the International Monetary Fund, and others recommending it to sign up its SWF for the Net-Zero Alliance at COP26.
But Norway should not stop there.
All told, sovereign funds represent some $10 trillion in assets under management, or about seven times that of Norway’s SWF alone.
As the country with the world’s largest SWF, Norway should spearhead a diplomatic effort for a global movement of sovereign funds toward net-zero commitments at COP26.
Norway has a proud history of activist international diplomacy.
Its highly capable foreign service has played a central role in mediating an end to armed conflicts around the world.
Moreover, its sovereign-fund manager, Norges Bank Investment Management, is a sophisticated and globally respected investor.
Together, these attributes place Norway in a strong position to mobilize others within a sovereign-fund coalition toward net-zero targets.
Fortunately, some SWFs have already demonstrated burgeoning climate ambitions.
Norway can look to countries like France, Ireland, New Zealand, Singapore, and the United Arab Emirates for potential partners.
These countries’ sovereign funds have sophisticated investment teams that would be perfectly capable of implementing net-zero targets.
And one hopes that when they do, SWFs at an earlier stage of their climate commitments, or that have more limited resources, will join the new global consensus.
As the most recent report from the Intergovernmental Panel on Climate Change reminds us, the window for averting catastrophic climate change is closing quickly.
And yet, many countries remain unable or unwilling to make the necessary emissions cuts within their own borders.
Under these fraught conditions, governments with large foreign asset holdings should look for ways to mitigate climate change not only within their borders but across all assets that they own and are able to influence.
For Norway and several Gulf countries whose SWFs’ asset holdings amount to multiples of their domestic economy’s GDP, the largest potential climate gains can be found in SWF portfolios.
Countries with SWFs should recognize that accounting for climate risk and climate-related investment opportunities is no longer sufficient.
In fact, countries doing only that with their SWFs are essentially taking advantage of the climate crisis without doing anything to prevent it.
Norway, a star of international peace negotiations, should seize the opportunity to lead a global sovereign-fund movement.
Doing so would establish it as a champion of international climate diplomacy and leadership.
For a country that built its wealth by pumping hydrocarbons out of the seabed and exporting them along with their inherent GHG emissions, it is the right thing to do.
The views expressed in this article do not necessarily represent those of the OECD. | Le devoir souverain de la Norvège
BRUXELLES – L’actualité norvégienne récente pourrait avoir une influence déterminante sur les engagements qui seront pris lors de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26) qui se tiendra au mois de novembre à Glasgow.
En août, une commission nommée par le gouvernement recommandait que la Norvège prenne sans tarder les dispositions permettant à son fonds souverain de parvenir d’ici 2050 à la neutralité carbone et que les placements de ce fonds se conforment aux accords internationaux sur le climat signés par le pays.
Aussitôt, le candidat du parti travailliste au poste de Premier ministre, Jonas Gahr Støre annonçait que s’il était élu, il fixerait au fonds un objectif de neutralité carbone.
Maintenant que Støre a remporté les élections, il doit former une coalition qui lui permettra de donner corps à ses convictions.
Le Fonds de pension global norvégien, qui détient 1 400 milliards de dollars d’actifs, est le fonds souverain le plus important du monde.
Mais le pays hésite encore à mobiliser sa puissance financière au nom de ses propres engagements internationaux sur le climat.
Un dilemme auquel il n’est pas le seul à faire face.
Aux termes des accords internationaux actuels, les objectifs climatiques sont calculés en fonction des émissions des pays signataires au sein de leurs frontières géographiques.
Les émissions imputables aux actifs détenus à l’étranger ne sont pas prises en compte.
En conséquence de quoi, si les États se sont bien efforcés d’examiner leurs activités économiques au prisme de la réduction des émissions, ils ont eu tendance à laisser en dehors de ces évaluations leurs fonds souverains.
De fait, un seul de ces fonds, le KENFO allemand, est aujourd’hui signataire de la Net-Zero Asset Owner Alliance lancée par les Nations Unies, qui représente 6 700 milliards de dollars de fonds sous mandat de gestion et compte parmi ses membres 46 fonds de pension et compagnies d’assurances.
Dans la mesure où l’énorme fonds souverain norvégien possède, en moyenne, 1,4 % de l’ensemble des entreprises cotées, le changement d’attitude du pays aurait des conséquences tant symboliques que pratiques.
Le nouveau gouvernement norvégien a reçu le récent soutien d’Olivier Blanchard, qui fut chef économiste du Fonds monétaire international, et recommande à la Norvège, avec quelques autres experts, d’engager son fonds souverain dans l’alliance à l’occasion de la COP26.
Mais la Norvège ne devrait pas s’arrêter là.
Dans leur ensemble, les fonds souverains représentent quelque 10 000 milliards d’actifs sous mandat de gestion, soit environ sept fois le poids du fonds norvégien.
La Norvège, parce qu’elle est le pays qui détient le fonds le plus important, devrait prendre la tête d’une offensive diplomatique qui initierait lors de la COP26 un mouvement d’engagement mondial des fonds souverains en faveur de la neutralité carbone.
La Norvège peut se targuer de la belle histoire de ses chancelleries sur la scène internationale.
Son excellente diplomatie a joué un rôle de premier plan dans les négociations qui ont mis fin à maints conflits armés de par le monde.
En outre, le gestionnaire de son fonds souverain, la banque centrale norvégienne, est un investisseur de réputation mondiale.
Tous ces éléments offrent à la Norvège une position idéale pour mobiliser ses partenaires dans une coalition des fonds souverains qui fixerait des objectifs de neutralité carbone.
Fort heureusement, certains fonds souverains ont déjà démontré qu’ils entendaient développer leurs actions en faveur du climat.
La Norvège peut se tourner vers des pays comme la France, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, Singapour et les Émirats arabes unis pour trouver des partenaires.
Les fonds souverains de ces pays peuvent s’appuyer sur les équipes de grande qualité qui gèrent leurs investissements et seraient parfaitement capables de fixer des objectifs de neutralité carbone.
Et l’on peut espérer que lorsque ce sera chose faite, les fonds souverains d’autres pays, moins avancés dans leurs engagements en faveur du climat ou dont les ressources son plus limitées, finiront par rejoindre le nouveau consensus mondial.
Comme nous le rappelle le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la fenêtre d’opportunités pour éviter un changement climatique catastrophique se referme rapidement.
De nombreux pays demeurent pourtant incapables de procéder aux réductions nécessaires d’émissions de gaz à effet de serre à l’intérieur de leurs propres frontières géographiques, voire ne le veulent pas.
Dans une situation aussi tendue, les États qui disposent d’actifs étrangers devraient chercher des solutions pour atténuer les effets des changements climatiques non seulement à l’intérieur de leurs frontières, mais en jouant, à l’extérieur, de l’influence ainsi acquise.
Pour la Norvège et plusieurs pays du Golfe, dont les titres détenus par leurs fonds souverains représentent plusieurs fois la valeur de leur PIB, c’est dans ces portefeuilles que les gains les plus substantiels en faveur du climat peuvent être réalisés.
Les pays détenteurs de fonds souverains devraient reconnaître qu’il ne suffit plus d’avoir conscience des risques climatiques et des opportunités d’investissements qui s’offrent dans la protection du climat.
En réalité, s’ils se contentent de ce type d’initiatives, ces pays ne feront guère que tirer profit de la crise climatique, sans empêcher son aggravation.
La Norvège, qui a tant brillé dans les négociations internationales de paix, devrait saisir l’occasion qu’elle a de prendre la tête d’un mouvement mondial des fonds souverains.
Elle s’affirmerait ainsi comme le champion de la diplomatie climatique et son chef de file.
Pour un pays qui a construit sa prospérité en pompant des hydrocarbures au fond des mers et en les exportant, avec les inhérentes émissions de gaz à effet de serre, c’est, à n’en pas douter, ce qu’il convient de faire aujourd’hui.
Les points de vue exprimés dans cet article ne représentent pas nécessairement ceux de l’OCDE. |
What Is Resilience?
CANBERRA – “Resilience,” like love, is difficult to define.
Yet everyone – from United Nations Secretary-General Ban Ki-moon to government agencies, company boards, and community groups – is talking about how to build or maintain it.
So, is resilience a useful concept or just a fleeting buzzword?
To answer that question, we need to start with a different one: How much do you think you can change without becoming a different person?
How much can an ecosystem, city, or business change before it looks and functions like a different kind of ecosystem, city, or business?
All of these are self-organizing systems.
Your body, for example, maintains a constant temperature of approximately 37 degrees Celsius.
If your body temperature rises, you start to sweat in order to cool down; if your temperature falls, your muscles vibrate (shiver) to warm up.
Your body relies on negative feedbacks to keep it functioning in the same way.
That is basically the definition of resilience: the capacity of a system to absorb disturbance, re-organize, and keep functioning in much the same way as before.
But there are limits, or thresholds, to a system’s resilience, beyond which it assumes a different way of functioning – a different identity.
Many coral reefs that were once home to a rich diversity of fish, for example, have become algal or turf ecosystems with very few fish.
Two main thresholds dictate this change in coral reefs.
The more nutrients that enter the water (run-off from nearby land), the more the algae are favored, until, at some point, they take over.
Likewise, if too many herbivorous fish are removed, algae gain a competitive advantage over the corals.
These two thresholds interact: the more nutrients there are, the less fishing is needed to “flip” the system into the algal state; and the fewer fish there are, the less nutrients are needed.
Moreover, thresholds can move as the environment changes.
In the coral reef example, both the nutrient and fish thresholds fall as sea temperatures rise and the oceans become more acidic.
So, as climate change proceeds, smaller incremental rises in nutrient levels and drops in fish stocks will flip coral reefs to algal states.
Thresholds also occur in social systems: think of fads or, more seriously, riot behavior in crowds.
In business, the debt/income ratio is a well-known threshold, one that can move in step with exchange rates.
Threshold effects have also been identified in labor supply, transport services, and other determinants of companies’ well-being.
Given the importance of threshold effects, how can a system’s resilience be maintained?
For starters, making a system very resilient in one way can cause it to lose resilience in other ways.
So we have to understand and enhance general resilience – a system’s capacity to cope with a variety of shocks, in all aspects of its functioning.
From research on a variety of systems, the following attributes have been shown to confer general resilience:
· A high degree of diversity, especially response diversity (different ways of doing the same thing, often mistakenly thought of as “redundancy”).
· A relatively modular structure that does not over-connect its components.
· A strong capacity to respond quickly to change.
· Significant “openness,” allowing emigration and immigration of all components (closed systems remain static).
· Maintenance of adequate reserves – for example, seed banks in ecosystems or memory in social systems (which speaks against just-in-time supply services).
· Encouragement of innovation and creativity.
· High social capital, particularly trust, leadership, and social networks.
· Adaptive governance (flexible, distributive, and learning-based).
These attributes comprise the essentials of a resilient system.
But resilience itself is neither “good” nor “bad.”
Undesirable systems, such as dictatorships and saline landscapes, can be very resilient.
In these cases, the system’s resilience should be reduced.
Moreover, it is impossible to understand or manage a system’s resilience at only one scale.
At least three must be included – the focal scale and at least one below and one above – for cross-scale connections most often determine a system’s longer-term resilience.
Most losses in resilience are unintended consequences of narrowly focused optimization (like an “efficiency” drive) that fails to recognize feedback effects on the focal scale that stem from changes produced by such optimization at another scale.
Resilience should not be confused with resistance to change.
On the contrary, trying to prevent change and disturbance to a system reduces its resilience.
A forest that never burns eventually loses species capable of withstanding fire.
Children who are prevented from playing in dirt grow up with compromised immune systems.
Building and maintaining resilience requires probing its boundaries.
If a shift into a “bad” state has already happened, or is inevitable and will be irreversible, the only option is transformation into a different kind of system – a new way of living (and making a living).
Transformability and resilience are not opposites.
In order for a system to remain resilient at one scale, parts of it at other scales may have to transform.
In Australia, for example, the Murray-Darling basin cannot continue as a resilient agricultural region if all parts of it continue doing what they are doing now.
There simply is not enough water.
So some parts of it will have to transform.
Of course, the need for transformation to create or maintain resilience may also affect the highest scale: If some countries and regions are to remain (or become) resilient social-ecological systems with high human well-being, it may be necessary to transform the global financial system.
Transformation requires getting past denial, creating options for change, and supporting novelty and experimentation.
Financial support from higher levels (government) all too often takes the form of help not to change (bailouts of too-big-to-fail banks, for example), rather than help to change.
Resilience, in short, is largely about learning how to change in order not to be changed.
Certainty is impossible.
The point is to build systems that will be safe when they fail, not to try to build fail-safe systems. | Qu’est-ce que la résilience ?
CANBERRA – La « résilience, » un peu comme l’amour, est une chose difficile à définir.
Il semble pourtant que tout le monde en parle actuellement – du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon aux agences gouvernementales, en passant par les conseils d’administration des entreprises ou encore les groupes communautaires – et s’interroge sur les moyens de la bâtir et de la maintenir.
La résilience est-elle ainsi un concept utile, ou une simple expression de buzz du moment ?
Afin de répondre à cette question, il nous faut commencer par en soulever une autre : À quel point pensons-nous pouvoir changer sans pour autant devenir quelqu’un d’autre ?
À quel point un écosystème, une ville ou une entreprise peuvent-ils changer avant de ressembler à – et de fonctionner comme – un nouveau type d’écosystème, de ville ou d’entreprise ?
Toutes ces entités constituent des systèmes auto-organisés.
Notre corps, par exemple, entretient une température constante d’environ 37 degrés Celsius.
Lorsque la température de notre corps augmente, nous commençons à transpirer afin de le refroidir ; lorsque celle-ci diminue, nos muscles s’activent (sous forme de frissons) pour le réchauffer.
Notre corps se base sur des rétroactions négatives dans le but de fonctionner de la même manière, aussi constamment que possible.
C’est là grosso modo la définition de la résilience : la capacité d’un système à absorber une perturbation, à se réorganiser, et à continuer de fonctionner de la même manière qu’avant la survenance de cette perturbation.
Il existe toutefois un certain nombre de limites, ou seuils, à la résilience d’un système, au-delà desquelles ce système adopte une manière différente de fonctionner – c’est-à-dire une nouvelle identité.
Nombre de récifs coralliens qui hébergeaient autrefois une vaste diversité de poissons se sont par exemple changés en écosystèmes algueux ou herbeux, pauvres en espèces de poissons.
Ce changement qui affecte les récifs coralliens est dicté par deux principaux seuils.
Plus un certain nombre de nutriments pénètrent les eaux (en provenance des terres avoisinantes), et plus la formation d’algues est favorisée, jusqu’à ce qu’elles prennent le dessus à un moment donné.
De même, lorsqu’un nombre trop important de poissons herbivores disparaissent, les algues gagnent un avantage compétitif sur les coraux.
Ces deux seuils interagissent par ailleurs : plus les nutriments sont nombreux, moins la pêche est nécessaire pour « changer » le système en un environnement algueux ; et moins les poissons sont nombreux, moins les nutriments sont nécessaires.
De plus, les seuils peuvent changer à mesure que l’évolution est modifiée.
Au sein des récifs coralliens, par exemple, les seuils intéressant à la fois les nutriments et les poissons diminuent à mesure que la température des eaux augmente, et que les océans deviennent plus acides.
Ainsi, à mesure que les changements climatiques s’opèrent, les moindres augmentations progressives de niveaux de nutriments et les diminutions en nombre de poissons sont vouées à transformer les récifs coralliens en environnements algueux.
On constate également l’existence de seuils dans les systèmes sociétaux : pensez par exemple aux modes ou, plus sérieusement, aux comportements d’émeute au sein d’une foule.
En affaires, le ratio dettes/revenus constitue un seuil bien connu, qui peut évoluer par étapes avec les taux de change.
Des effets de seuil ont également été identifiés en matière de main d’œuvre, de services de transport, et autres déterminants du bon état de fonctionnement d’une entreprise.
Étant donné l’importance des effets de seuil, comment la résilience d’un système peut-elle être maintenue ?
Tout d’abord, le fait de conférer une forte résilience à un système à certains égards peut faire perdre en résilience à ce système à d’autres égards.
Il nous faut ainsi comprendre et améliorer la résilience générale – la capacité d’un système à faire face à une variété de chocs, dans tous les aspects de son fonctionnement.
D’après un certain nombre de recherches réalisées sur plusieurs systèmes, il a été prouvé que les attributs suivants conféraient une résilience générale :
· Un degré élevé de diversité, et notamment une diversité de réponses (différentes manières d’effectuer une seule et même chose, souvent désignée à tort comme « redondance »).
· Une structure relativement modulaire, dans laquelle ne s’opère pas une connexion excessive des différentes composantes.
· Une solide capacité à réagir rapidement au changement.
· Une nature significativement « ouverte, » permettant l’émigration et l’immigration de l’ensemble des composantes (les systèmes clos ont tendance à rester statiques).
· Le maintien de réserves adéquates – comme par exemple la présence de banques de semences dans un écosystème, ou encore la mémoire dans les systèmes sociétaux (qui contredit les services d’approvisionnement juste-à-temps).
· La promotion de l’innovation et de la créativité.
· Un capital social élevé, notamment riche en confiance, en leadership, et en réseaux au sein de la société.
· Une gouvernance adaptative (flexible, distributive, et basée sur l’apprentissage).
Tels sont les attributs qui constituent les fondamentaux d’un système résilient.
Mais la résilience en elle-même n’est ni une « bonne » chose, ni une « mauvaise » chose.
Un certain nombre de systèmes peu souhaitables, tels que les dictatures ou les paysages salins, peuvent s’avérer extrêmement résilients.
Dans de tels cas, il conviendrait de réduire la résilience du système.
Par ailleurs, il est impossible de comprendre ou de gérer la résilience d’un système à une seule et même échelle.
Il convient au minimum d’en inclure trois – une échelle centrale, accompagnée d’une échelle inférieure et d’une échelle supérieure – dans la mesure où les connexions inter-échelle déterminent le plus souvent la résilience d’un système à plus long terme.
La plupart des pertes de résilience ne sont que les conséquences involontaires d’une optimisation trop étroitement concentrée (en tant que moteur d’ « efficience »), qui échoue à reconnaître les effets de rétroaction sur l’échelle centrale, lesquels découlent des changements engendrés par une telle optimisation à une autre échelle.
La résilience ne doit pas être confondue avec la résistance au changement.
Au contraire, les efforts destinés à empêcher le changement et la perturbation d’un système réduisent en réalité la résilience de celui-ci.
Une forêt qui ne connaîtrait jamais d’incendie finirait par voir disparaître en son sein les espèces capables de survivre au feu.
Les enfants qui n’ont jamais eu la permission de jouer dans la poussière grandiront avec un système immunitaire plus faible.
La construction et le maintien de la résilience exigent de tester ses limites.
Lorsque le passage à un état défavorable a déjà eu lieu, ou que ce passage est inévitable et sera irréversible, l’unique solution réside dans une transformation en un système d’un genre différent – un nouveau mode de vie (ainsi qu’un nouveau moyen de gagner sa vie).
La capacité de transformation et la résilience ne sont pas antinomiques.
Pour qu’un système puisse demeurer résilient à une certaine échelle, ses autres échelles doivent pouvoir en partie se transformer.
En Australie, par exemple, le bassin Murray-Darling ne pourra continuer à constituer une région agricole résiliente si l’ensemble des parties qui la composent continuent d’agir comme elles le font actuellement.
Les ressources en eau ne sont tout simplement pas suffisantes.
Certaines de ses parties devront par conséquent être transformées.
Bien entendu, la transformation nécessaire à la construction ou au maintien de la résilience est également susceptible d’affecter l’échelle la plus élevée : pour que certains États et certaines régions demeurent (ou deviennent) des systèmes socio-écologiques résilients capables d’offrir un haut niveau de bien-être humain, il pourra être nécessaire de transformer le système financier mondial.
La transformation exige de surmonter le déni, de travailler à des solutions en faveur du changement, ainsi que de soutenir la nouveauté et l’expérimentation.
Le soutien financier émanant des plus hauts échelons (l’État) prennent trop souvent la forme d’une aide étrangère au changement (comme par exemple le sauvetage de banques à priori trop solides pour échouer), plutôt que la forme d’une aide en faveur du changement.
En bref, la résilience revient en grande partie à répondre à la question de savoir comment changer tout en ne changeant pas soi-même.
La certitude n’est pas de ce monde.
L’objectif consiste à bâtir des systèmes qui se révéleront capables de survivre à l’échec, et non à bâtir des systèmes résistant à toute éventualité d’échec. |
EU-Cameroon forest law agreement - EU-Republic of Congo forest law agreement - FLEGT voluntary partnership agreements (debate)
Madam President, Commissioner, ladies and gentlemen, I would like, at this early stage, to express my thanks to all my fellow Members for the work that we have carried out together on this issue, which has enabled all the political groups in this Parliament to reach a common position and has allowed them to table an oral question and to draw up a resolution to accompany the voluntary partnership agreements.
The subject is an important one.
As you all know, the forest is receding.
Every two seconds, across the world, the equivalent of a football pitch is destroyed; within a year, an area the size of Greece is deforested. Clearly, this is a tragic situation.
It is tragic from the point of view of diversity: a few thousand plant and animal species are threatened, and the forests which are most affected - tropical forests - contain half of the world's biodiversity.
It is obviously tragic, too, from the point of view of climate change: deforestation is responsible for 20% of greenhouse gas emissions.
Finally, deforestation puts some hundreds of millions of people in danger - people who either live in the forests or live off them.
Forest exploitation and the forestry industry are among the principal causes of deforestation, particularly in the area on which we are focusing today: the Congo basin.
It is estimated that 20 to 40% of the timber felled and exchanged in the world is illegal timber.
The issue that we are raising today is therefore obviously a crucial one.
These voluntary partnership agreements have been approved in the context of the approval procedure within the Committee on International Trade.
Thanks to the Treaty of Lisbon, this procedure allows the European Parliament to express its view. At the same time, however, it can only say yes or no.
Hence, this debate is extremely important because it allows us to go into more detail, and it allows you, Commissioner, as a representative of the Commission, to respond to the questions that Parliament is putting to you.
These agreements are important; they allow us to ensure the traceability of timber.
They also put in place independent verification procedures, and supplement forest policies and governance in the countries concerned.
Today, we are talking about the Republic of the Congo and Cameroon.
However, I would like to make an initial point before going into these agreements and Parliament's questions: we really must differentiate between legal timber and sustainable timber.
Obviously, we are dealing with the legality of timber here, but legal timber does not necessarily mean sustainable forest exploitation.
Therefore, the first general question that I would ask the Commission is: how will the Commission act to ensure overall consistency on the issue of forests - 2011 is the International Year of Forests - while taking account of what was said in Nagoya and what was decided in Cancún, in particular, on the REDD+ mechanism, and taking account too of the trade agreements that have been negotiated, which are sometimes responsible for deforestation through liberalising trade in timber?
Next, we are still waiting for an answer from the European Commission on the question of biofuels and indirect changes in land use.
As you know, Parliament has asked you to integrate these issues into the criteria for evaluating the sustainability of biofuels.
More specifically, concerning the voluntary partnership agreements, there are many positive elements: we greatly appreciated the negotiation efforts and, in particular, the involvement of members of civil society in Cameroon and the Republic of the Congo. We know that it is not easy and, from this point of view, these voluntary partnership agreements seemed to be a success.
As I was saying just now, however, a number of questions and requests remain. Commissioner, are you ready to come, for example, every six months, or six months after the signing of an agreement, to update us on the implementation of the agreement?
I ask because it is clear that the negotiation and the implementation of the agreement may be of a very different quality.
We would therefore like you to come and tell us if the parties concerned, in particular, the members of civil society, continue to be involved in its implementation.
In countries in which it is still not easy to complain, particularly when corruption exists, have complaint mechanisms been provided for - in particular, independent ones - so that these members of civil society can complain about poor implementation and report that they are no longer being listened to?
In the same way, we would like you to regularly report on the impacts of the implementation of these agreements, so that you can tell us where we have got to with them, both in terms of the overall consistency of the Commission's actions on forests, and in terms of their specific implementation on the issue of the legality of timber.
Lastly, a final point: you claim that there is no budget in these agreements.
Yet we will obviously need budgets to support these policies, so can you clarify the budgetary issue in relation to these voluntary partnership agreements?
author. - Madam President, the tropical rainforests in Cameroon and the Congo are precious and we must welcome this voluntary agreement to address the sustainability of the harvesting of the timber that they contain.
The forests belong not only to the people of these countries but they are part of the ecosystem of the planet, they are key to the life-sustaining systems and they contain billions of tonnes of carbon.
Halting deforestation is one of the ways that we should be tackling climate change, and governments around the globe have been trying to do this for years.
These two countries should be congratulated for their courage and foresight in signing up to these voluntary agreements with the EU.
However, regulating and enforcing these agreements will prove a challenge.
Heaven knows, building in sustainable management of our own continent's resources is hard enough.
But the will is there and for that we should be very pleased.
Careful management can bring down illegal and unsustainably imported timber.
At the moment, the amount of timber that is illegally harvested and imported into the EU constitutes almost one fifth of the timber products on our markets, despite Parliament and others trying to tackle this.
Enforcement will be made easier with the involvement of local people and civil society in these countries, and we must ensure that their right to be heard and involved is maintained and listened to.
After all, they have the most to lose if their forests are removed.
The widespread removal of tropical timber is driven by an insatiable appetite for products to grace our homes.
We should value this resource better and take greater care of the resource that not only sustains a whole host of plant and animal species but is slow growing and takes many years to reach maturity.
We must take care not to undermine our own efforts to fight deforestation and climate change by simultaneously providing the largest market for illegal timber products in the world.
The result of these agreements may mean that tropical timber reaches a higher price, and that is something that we should not object to.
It is not only a limited resource, but it is the only thing that local people have to sell.
They know the true value of their resource and with this agreement, so will we.
These people are our eyes and ears in the forest and we need their help to enforce the agreements.
They need us to support their ability to voice any concerns.
These agreements are a two-way process and we look to you, Commissioner, to be able to enforce it.
The VPAs (Voluntary Partnership Agreements) are good for the planet, good for our partner countries and good for the EU.
We must ensure that the agreements work and that any breaches are monitored and addressed.
Then we must look to other countries in Africa, Asia and South America to sign up to similar agreements as soon as possible and I look forward to working with you and the Commission to achieve this.
author. - Madam President, let me begin by thanking Yannick Jadot for his exemplary cooperation with his shadows.
We all worked extremely well on this report and I am delighted - as he has said - that we managed to reach a broad consensus.
The agreements with Congo and Cameroon, taken together with Ghana, means that some of Africa's most vulnerable forests are now covered by Voluntary Partnership Agreements.
The existence of these agreements, as the two previous speakers have said, is to be warmly welcomed.
They provide a mechanism for tackling the massive illegal trade in timber.
They provide an opportunity for the better management of a vital natural resource and, hopefully, they will bring greater transparency and help us tackle corruption in the forest sector, which, unfortunately in Africa, is endemic at the moment.
But, while welcoming these agreements, I nevertheless share with the rapporteur a number of concerns.
I would just like to express three this evening.
First and foremost, the danger - it is not the intention, but there is a danger - of agreeing such a framework is that it is seen as providing a framework for large-scale exploitation of our forests, leading to the opposite of the purpose of the agreement, namely, further degradation and further deforestation, thus contributing to the very destruction of the global environment we are trying to avoid.
What we want is an agreement that contributes to the conservation and sustainable management of our biodiversity resources.
I agree with the rapporteur that this means that the Commission has to constantly monitor the situation and report back regularly on how the agreement is progressing.
Secondly, indigenous people, who are so often the victims of environmental exploitation, should benefit from this agreement.
The promise in the Voluntary Partnership Agreement by the Congolese Government to promote a law ensuring that the rights of indigenous people are promoted and respected must be delivered upon.
Again, I urge the Commission, in their contact with the government, to continually press for the delivery of this promise until it is there on the statute book in the Congo.
Thirdly, we must ensure - and I agree with Catherine Bearder who mentioned this - that appropriate funds are available to properly implement this agreement.
No matter how good an agreement is on paper, without the resources to carry it out, it is a meaningless piece of paper.
As has been indicated, there are no financial packages attached to the agreement itself.
It is up to us - both the Commission to propose, and Parliament and Council to put into the budget appropriate budgetary facilities - to make this agreement work.
That means we need to have money to verify the legality of timber coming into the European Union, we need money to train, equip and give the technical expertise to those operating in the African countries we have VPAs with, and we also need resources to carry out the monitoring that I have already mentioned.
So we need to make sure, in the coming months, that we deliver the financial framework to make a success of these agreements.
I repeat that these are good agreements but, like all agreements, they will depend on the goodwill and vigilance of individuals - the non-government organisations, the Member States, the Congolese and Cameroon governments - to deliver on their promises to make sure these agreements work in practice.
They should lead to better management of our forests and better management of vital global resources but, if wrongly handled, they could take us in the opposite direction.
We look to the Commission to keep a beady eye on the progress that is being made.
author. - Madam President, we agree with the general approach of Yannick Jadot to this issue.
I welcome any agreement that guarantees protection of the rainforests of our planet, if such agreements also advance the protection of the indigenous people of the forest and give a better life to the majority of the people in the countries concerned.
It must be said at the start that both the Republic of Congo and Cameroon have highly repressive governments.
Cameroon is very high in the Corruption Index kept by Transparency International, and in the Republic of Congo, there has been horrific exploitation of some sections of the population, notably the pygmy people, although a new law has just been passed and people will wait to see what this does to protect indigenous people.
The logging industry in these countries is implicated in corruption and in the exploitation of workers and the deforestation involved is a huge threat to the livelihoods of the indigenous people.
It is for this reason that the original resolution of the European United Left Group calls for the logging industry to be in public ownership and under democratic control, crucially involving workers in the industry and the indigenous communities in the forests affected by logging.
The Left's resolution also points out that illegal logging is related to poverty levels in the countries concerned.
It can provide an income for individuals and their families who would otherwise go hungry, and therefore, ending illegal logging is also linked to ending the poverty and deprivation of many communities in the relevant countries.
This will not be done by the corrupt local elites, nor by European multinational corporations whose key motivation is private profit, but by the forestry workers and the indigenous peoples themselves taking democratic ownership of their resources.
In this sense, the people of sub-Saharan Africa can take inspiration from their brothers and sisters in Tunisia in their heroic struggle against a corrupt dictatorship over the past weeks.
Madam President, ladies and gentlemen, several countries that export tropical hardwood have started to sign voluntary partnership agreements with the EU under the Forest Law Enforcement, Governance and Trade (FLEGT) Action Plan.
The European Union will provide support for forest governance reforms and capacity building, in particular, the implementation of traceability and legality verification systems for wood-based products.
There is something I believe to be particularly important: if it helps to improve transparency and prevent environmental damage in connection with forestry activities, then it is a good thing for the partners to commit to amending and improving current legal provisions.
I also expressly welcome the fact that the European Union has made a commitment to provide support for capacity building in the timber producing countries, particularly in connection with the implementation of traceability and legality verification systems for timber and wood-based products.
There are two more points I would like to mention.
The idea behind the voluntary partnership agreements is to put an end to the trade in illegally felled wood and products made from this wood and to help to stop deforestation, forest degradation and their effects in the form of CO2 emissions, as well as the loss of biodiversity, throughout the world.
Further large-scale exploitation of tropical and other particularly species-rich forests with a high carbon storage capacity is irresponsible and may lead to further deforestation and forest degradation, with devastating consequences for the environment worldwide.
These agreements are therefore a small, but positive step in the right direction.
I am in complete agreement with the points made by the previous speakers.
I would like to thank the rapporteur for his excellent cooperation and I would be very pleased if we could make real progress with these agreements in order to make our world a little bit better.
Member of the Commission. - Madam President, I would like to start by thanking the rapporteur, Mr Jadot, for his support for the Voluntary Partnership Agreements on Forest Law Enforcement, Governance and Trade with Congo and Cameroon.
I hope this House will follow the recommendations for consent to conclude these two agreements.
This would also encourage the parliaments in both Cameroon and Congo to complete their consideration.
It is important that both the European Union and our partner countries endorse the VPAs, since illegal logging is a problem for all.
I know that illegal logging is just the visible tip of the iceberg.
Basically, we are talking about starting to work together for sustainable management of forestry resources.
And, to answer one of the rapporteur's suggestions immediately, I could say that, yes, I am ready to come here every six months, as Parliament calls me, to monitor the implementation of these agreements.
It is true that this is a commitment.
There are risks but this is the only way, in my opinion, to achieve really sustainable management of this resource, because if we do not do this, we will not manage to be successful through declarations alone.
For our partner countries, there is a lot of commitment, but I believe that one important factor is the loss that results from illegal logging.
Each year, USD 10-15 billion is lost in revenue.
Illegal logging also has extremely negative consequences for indigenous peoples, for biodiversity and in terms of climate change.
At the same time, it is also important to emphasise that the EU is one of the biggest markets for tropical wood.
This means that our approach is extremely important in how the whole issue is being addressed.
Of the tropical wood arriving in the EU, 20% comes from illegal sources, so we have an obligation to ensure that we source only legal wood.
The climate change issue is another concern for everyone, and the protection of forests needs to start somewhere.
It is very simple to say that we need to pay to protect forests: it is a simple formula, but applying it requires a lot of commitment from both sides.
I shall try to answer a couple of questions that have been put to me.
On enforcement and implementation, the VPA establishes a joint committee to monitor implementation of the agreement.
It will also establish an independent audit to analyse the legality assurance system and its effectiveness and efficiency.
There is also an annual reporting mechanism, and the annual report will be made public and will definitely be available to the European Parliament.
Moreover, in preparation for the VPAs, we have involved civil society and indigenous peoples.
Until now, they had been completely left out of the process, so we have agreed, under the new agreements, to set up multi-stakeholder committees to monitor, or guide, the implementation process where indigenous people are involved.
In addition, the VPAs include a complaints mechanism, and the independent auditor will have access to, and will rely on, information from a wide array of sources, including civil society and communities.
There is a definite cost in terms of resources.
Between 2002 and 2008, the EU contributed EUR 544 million to forestry in general in the developing world, some of it directed to FLEGT work in individual countries.
The Commission has so far spent a further EUR 35 million to support FLEGT more generally, and we will spend EUR 35 million more between 2011 and 2013.
I would emphasise, too, that Member States also make fiscal contributions.
We have also dedicated human resources to the implementation of FLEGT.
I have seven civil servants dealing with this, and they are working closely with the European Forest Institute and national forest authorities.
An additional effort has been made in the form of the Illegal Timber Regulation, adopted in 2010 as a key element of the FLEGT action plan, and this will complement the VPA approach.
It will discourage unregulated, unsustainable exploitation of forests.
The recent agreement in Cancún on action to reduce emissions due to deforestation and forest degradation (known as 'REDD') will facilitate further Commission support for developing countries.
Our future work on forest governance through VPAs will be helped by the fact that REDD makes provision for governance and for observance of the rights of indigenous peoples and members of local communities.
I take note of the human rights situation in partner countries.
I agree with the draft motion for a resolution that the Commission should continue to focus on these issues.
I can assure you that we keep human rights issues at the centre of our political dialogue with the partner countries, and I can assure you that the fight against corruption is one of the issues we address when dealing with the partner countries.
But I would emphasise one particular point that represents encouragement for the whole process: the fact that partner countries feel engaged.
Without real engagement from our partner countries, given all the weaknesses at administrative level, we cannot protect forests more effectively.
I know that this is the start of the process, but it is a start being made by both sides, and I am always ready to come to Parliament to report on how the implementation is going.
However, with FLEGT, we are definitely not taking a wrong step.
It is a step in the right direction: we are not increasing the risk.
Perhaps we are not providing entirely sufficient solutions, but at least it is a decent step that we can be proud of. | Accord UE-Cameroun sur l'application des réglementations forestières - Accord UE-République du Congo sur l'application des réglementations forestières - Accords de partenariat volontaires FLEGT (débat)
rapporteur. - Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je voudrais déjà exprimer à tous mes collègues mes remerciements pour le travail que nous avons mené en commun sur cette question, qui a permis que l'ensemble des groupes politiques de ce Parlement ait une position commune et soit amené à poser une question orale et à rédiger une résolution qui accompagne les accords de partenariat volontaire.
Le sujet est d'importance.
Vous le savez tous, la forêt recule.
Toutes les deux secondes dans le monde, c'est l'équivalent d'un terrain de football qui est détruit, c'est en un an l'équivalent du territoire de la Grèce qui est déforesté et c'est évidemment dramatique.
C'est dramatique du point de vue de la diversité: ce sont quelques milliers d'espèces végétales et animales qui sont mises en danger alors que les forêts les plus touchées - les forêts tropicales -comprennent la moitié de la biodiversité terrestre.
C'est évidemment dramatique aussi du point de vue des changements climatiques: la déforestation contribue à hauteur de 20 % à l'effet de serre.
Enfin, la déforestation met en danger quelques centaines de millions de personnes qui, soit vivent dans les forêts, soit vivent de la forêt.
L'exploitation et l'industrie forestières figurent parmi les principales causes de la déforestation, en particulier, dans la zone qui nous intéresse aujourd'hui: le bassin du Congo.
On estime que 20 à 40 % du bois coupé et échangé dans le monde est du bois illégal.
La question que nous évoquons aujourd'hui est donc évidemment essentielle.
Ces accords de partenariat volontaire ont été approuvés dans le cadre de la procédure d'approbation au sein de la commission du commerce international.
Cette procédure permet, grâce au traité de Lisbonne, au Parlement européen de s'exprimer mais, en même temps, il peut uniquement dire oui ou non.
C'est donc pour cela que ce débat est extrêmement important, parce qu'il nous permet de rentrer davantage dans le détail et qu'il vous permet, Monsieur le Commissaire, en tant que représentant la Commission, de répondre aux questions que vous adresse le Parlement.
Ces accords sont importants, ils permettent d'assurer la traçabilité du bois.
Ils mettent aussi en place des procédures de vérification indépendantes, et accompagnent les politiques et la gouvernance forestières dans les pays concernés.
Aujourd'hui, nous parlons du Congo Brazzaville et du Cameroun.
Mais déjà un premier point avant de rentrer dans ces accords et dans les questions du Parlement: il faut bien faire la différence entre le bois légal et le bois durable.
Évidemment, nous traitons ici de la légalité du bois mais qui dit légalité du bois ne dit pas durabilité de l'exploitation forestière.
Donc, la première question générale que je poserais à la Commission est: comment la Commission s'engage-t-elle à assurer la cohérence globale autour de la question des forêts- l'année 2011 est l'année internationale des forêts - en prenant en compte ce qui a été dit à Nagoya, en prenant en compte ce qui a aussi été décidé à Cancun, notamment sur le mécanisme REDD-plus et en tenant compte également des accords commerciaux négociés qui parfois, en libéralisant le commerce du bois, participent à la déforestation?
Ensuite, nous attendons toujours une réponse de la Commission européenne sur la question des agrocarburants et des changements indirects d'affectation des sols.
Vous savez que le Parlement vous a demandé d'intégrer ces enjeux dans les critères d'évaluation de durabilité des agrocarburants.
Concernant plus spécifiquement les accords de partenariat volontaire, il y a beaucoup d'éléments positifs: nous avons fortement apprécié le travail de négociation et, notamment, d'association des acteurs de la société civile au Cameroun et en République du Congo; on sait que ce n'est pas facile et de ce point de vue là, il apparaît que ces accords de partenariat volontaire sont un succès.
Mais, comme je le disais tout à l'heure, un certain nombre de questions et de demandes demeurent: Monsieur le Commissaire, êtes-vous prêt à venir, par exemple, tous les six mois ou six mois après la signature d'un accord, nous rendre compte de la mise en œuvre de l'accord?
Parce qu'il est évident que, entre la qualité de la négociation et la mise en œuvre, il peut y avoir une grande différence.
Nous souhaiterions donc que vous veniez nous dire si les acteurs, notamment les acteurs de la société civile, continuent à être associés à la mise en œuvre.
Dans des pays où il n'est pas toujours facile de se plaindre, notamment quand il y a de la corruption, est-ce qu'il est prévu des mécanismes de plaintes - notamment indépendants - qui permettraient à ces acteurs de la société civile de dénoncer une mauvaise mise en œuvre, de dire que leur parole n'est plus écoutée?
De la même façon, nous souhaiterions que vous fassiez régulièrement rapport sur les impacts de la mise en œuvre de ces accords, pour que vous nous disiez où nous en sommes, à la fois en termes de cohérence globale de l'action de la Commission sur les forêts, et en termes de mise en œuvre spécifique sur la question de la légalité du bois.
Enfin un dernier élément: vous prétendez que, dans ces accords, il n'y a pas de budget.
Or, il va évidemment falloir des budgets pour accompagner ces politiques, donc pouvez-vous clarifier la question budgétaire autour de ces accords de partenariat volontaire?
Madame la Présidente, les forêts tropicales du Cameroun et du Congo sont précieuses et nous devons saluer cet accord volontaire qui vise à garantir la durabilité de l'exploitation du bois qu'elles contiennent.
Les forêts n'appartiennent pas seulement aux peuples de ces pays, elles font aussi partie de l'écosystème de la planète. Elles sont essentielles aux systèmes à la base de la vie et contiennent des milliards de tonnes de carbone.
L'arrêt de la déforestation est l'un des moyens que nous devons employer pour lutter contre le changement climatique et les gouvernements du monde entier s'efforcent d'y parvenir depuis de nombreuses années.
Ces deux pays doivent être félicités pour le courage et la prévoyance dont ils font preuve en signant ces accords volontaires avec l'Union européenne.
Toutefois, la réglementation et la mise en œuvre de ces accords s'avéreront problématiques.
Dieu sait à quel point il est difficile de développer une gestion durable des ressources sur notre propre continent.
Cependant, la volonté est présente et nous devons nous en réjouir.
Une gestion prudente permettra de réduire les importations de bois illégales et non durables.
Actuellement, le bois illégalement exploité et importé dans l'Union européenne représente près d'un cinquième des produits de bois présents sur nos marchés, en dépit des efforts mis en œuvre par le Parlement et par d'autres afin de s'attaquer au problème.
La mise en œuvre sera facilitée par l'engagement de la population locale et de la société civile de ces pays et nous devons veiller à ce que leur droit d'être entendues et de participer soit respecté et pris en considération.
Après tout, ce sont elles qui ont le plus à perdre si leur forêt disparaît.
La disparition à grande échelle de la forêt tropicale est poussée par une soif insatiable de produits servant à embellir nos habitations.
Nous devons apprécier davantage cette ressource et mieux en prendre soin car elle abrite un très grand nombre d'espèces végétales et animales et, de surcroît, pousse lentement et met de nombreuses années avant de parvenir à maturité.
Nous devons veiller à ne pas contrecarrer les efforts que nous mettons en œuvre pour lutter contre la déforestation et le changement climatique en fournissant, simultanément, le plus grand marché de produits de bois illégaux du monde.
Ces accords peuvent entraîner un renchérissement du bois tropical et nous ne devons pas nous y opposer.
Il s'agit d'une ressource limitée, mais aussi de la seule chose que la population locale ait à vendre.
Elle connaît la véritable valeur de sa ressource, et nous la connaîtrons grâce à cet accord.
Ces gens sont nos yeux et nos oreilles dans la forêt et nous avons besoin de leur aide pour appliquer les accords.
Ils ont besoin que nous les aidions à faire part de leurs inquiétudes.
Ces accords constituent un processus bidirectionnel et nous comptons sur vous, Monsieur le Commissaire, pour les faire respecter.
Les APV (accords de partenariat volontaires) sont bons pour la planète, pour nos pays partenaires et pour l'Union européenne.
Nous devons veiller à ce que les accords fonctionnement et à ce que toute infraction soit suivie et traitée.
Nous devons ensuite nous tourner vers d'autres pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud pour qu'ils concluent des accords similaires dans les meilleurs délais et je me réjouis de travailler avec vous et la Commission pour y parvenir.
Madame la Présidente, permettez-moi tout d'abord de remercier Yannick Jadot pour sa collaboration exemplaire avec ses rapporteurs fictifs.
Nous avons tous travaillé de manière extrêmement efficace sur ce rapport. Je suis ravi que nous ayons réussi, comme il l'a indiqué, à atteindre un large consensus.
Les accords conclus avec le Congo et le Cameroun, avec la participation du Ghana, signifient que certaines forêts parmi les plus vulnérables d'Afrique sont désormais couvertes par des accords de partenariat volontaires.
L'existence de ces accords, comme l'ont déclaré les deux orateurs précédents, est à saluer chaleureusement.
Ils établissent un mécanisme de lutte contre le commerce illégal du bois.
Ils nous donnent la possibilité de mieux gérer une ressource vitale et, espérons-le, renforceront la transparence et contribueront à lutter contre la corruption dans le secteur forestier, un phénomène malheureusement endémique actuellement en Afrique.
Toutefois, bien que je salue ces accords, je partage plusieurs inquiétudes avec le rapporteur.
Je voudrais vous en présenter trois cet après-midi.
Premièrement, le risque - ce n'est pas le but, mais le danger existe - lorsque l'on convient d'un cadre tel que celui-ci, c'est qu'il soit considéré comme un cadre pour l'exploitation à grande échelle de nos forêts, avec un effet inverse à l'objectif de l'accord, à savoir une dégradation et une déforestation accrues, ce qui contribuerait à la destruction de l'environnement international que nous nous efforçons d'éviter.
Ce que nous voulons, c'est un accord contribuant à la conservation et à la gestion durable de nos ressources de biodiversité.
Je suis d'accord avec le rapporteur lorsqu'il affirme qu'en raison de cette situation, la Commission doit superviser en permanence la situation et faire régulièrement rapport sur l'état d'avancement de cet accord.
Deuxièmement, les peuples indigènes, qui sont si souvent les victimes de l'exploitation de l'environnement, devraient bénéficier de cet accord.
L'engagement que prend, par l'intermédiaire de l'accord de partenariat volontaire, le gouvernement congolais au sujet de l'adoption d'une loi garantissant la promotion et le respect des droits des peuples indigènes doit être concrétisé.
J'appelle une nouvelle fois la Commission à exercer, dans ses contacts avec le gouvernement, une pression continuelle en vue de la réalisation de cet engagement jusqu'à ce qu'il figure dans la législation congolaise.
Troisièmement, nous devons faire en sorte - et je suis d'accord avec Catherine Bearder qui a mentionné ce point - de disposer de fonds suffisants pour appliquer cet accord de manière appropriée.
Quelle que soit la qualité de cet accord sur papier, si nous n'avons pas les ressources permettant de le transposer, ce n'est qu'un morceau de papier sans valeur.
Comme cela a été dit: l'accord proprement dit ne s'accompagne d'aucune mesure financière.
Il nous incombe de faire en sorte que cet accord fonctionne; la Commission doit soumettre une proposition et le Parlement et le Conseil doivent inscrire dans le budget les instruments budgétaires requis.
Nous devons par conséquent disposer de fonds pour contrôler la légalité du bois qui arrive dans l'Union européenne, nous avons besoin d'argent pour former, équiper et fournir l'expertise technique à ceux qui opèrent dans les pays africains avec lesquels nous avons des APV, et nous avons également besoin de ressources pour assurer la surveillance que je viens d'évoquer.
Nous devrons donc veiller, dans les mois à venir, à mettre en place le cadre financier pour assurer la réussite de ces accords.
Je le répète, il s'agit d'accords solides, mais comme tous les accords, ils dépendront de la bonne volonté et de la vigilance de certaines personnes - des organisations non gouvernementales, des États membres, des gouvernements congolais et camerounais - pour que leurs promesses deviennent réalité et pour que ces accords fonctionnent dans la pratique.
Ils doivent aboutir à une gestion plus efficace de nos forêts et à une meilleure gestion de ressources internationales vitales. Toutefois, mal utilisés, ils pourraient avoir l'effet inverse.
Nous demandons à la Commission de garder un œil vigilant sur les progrès réalisés.
Madame la Présidente, nous approuvons l'approche générale suivie par Yannick Jadot sur cette question.
Je salue tout accord garantissant la protection des forêts tropicales de notre planète pour autant que ces accords promeuvent également la protection des peuples indigènes de la forêt et assurent une amélioration des conditions de vie de la majeure partie de la population des pays concernés.
Signalons d'emblée que la République du Congo et le Cameroun ont tous deux des gouvernements très répressifs.
Le Cameroun se trouve dans le peloton de tête de l'indice de la corruption établi par Transparency International et certaines franges de la population, notamment le peuple pygmée, ont été les victimes d'une horrible exploitation en République du Congo, même si une nouvelle loi vient d'être adoptée et qu'il faut attendre ses effets en ce qui concerne la protection des peuples indigènes.
Le secteur de la coupe des arbres de ces pays participe à la corruption, tandis que l'exploitation des travailleurs et la déforestation concernée constituent de graves menaces pour les moyens de subsistance des peuples indigènes.
C'est pour cette raison que la résolution initiale du groupe de la Gauche unie européenne réclame le placement du secteur de l'abattage sous le contrôle de l'État et sous contrôle démocratique, en faisant participer pleinement les travailleurs du secteur et les communautés indigènes des forêts affectées par l'abattage.
La résolution de la Gauche souligne également que l'abattage illégal est lié à la pauvreté régnant dans les pays dont il est question.
Il peut constituer une source de revenus pour les personnes et leurs familles, lesquelles souffriraient de la faim sans cette activité. Par conséquent, la fin de l'abattage illégal nécessite également de mettre un terme à la pauvreté et au dénuement dans les pays concernés.
Cela ne sera pas fait par les élites locales corrompues ni par les multinationales européennes, dont la principale motivation est le profit, mais par les travailleurs du secteur forestier et les peuples indigènes proprement dits lorsqu'ils prendront le contrôle démocratique de leurs ressources.
Sur ce plan, les peuples de l'Afrique subsaharienne peuvent s'inspirer de leurs frères et sœurs tunisiens dans leur lutte héroïque contre une dictature corrompue au cours de ces dernières semaines.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, plusieurs pays qui exportent des bois durs tropicaux ont commencé à signer des accords de partenariat volontaires avec l'Union européenne sous l'égide du programme d'action sur les réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT).
L'Union européenne soutiendra les réformes dans les domaines de la gouvernance forestière et du développement de capacité, en particulier, le déploiement des systèmes de traçabilité et de contrôle de la légalité des produits à base de bois.
Un élément me semble particulièrement important: s'il est utile d'améliorer la transparence et d'empêcher les dégâts environnementaux liés à l'activité forestière, il est bon que les partenaires s'engagent à amender et à améliorer le cadre législatif actuel.
Par ailleurs, je salue chaleureusement le fait que l'Union européenne se soit engagée à soutenir le développement de capacité dans les pays producteurs de bois, tout particulièrement au niveau de la mise en place de systèmes de traçabilité et de contrôle de la légalité du bois et des produits à base de bois.
Je tiens à faire deux remarques supplémentaires.
L'idée à la base des accords de partenariat volontaires est de mettre un terme au commerce du bois coupé illégalement et des produits fabriqués avec ce bois, d'une part, et de contribuer à mettre un terme à la déforestation, à la dégradation de la forêt et à leurs effets sous la forme d'émissions de CO2, ainsi qu'à la perte de biodiversité à travers le monde, d'autre part.
La poursuite de l'exploitation à grande échelle des forêts tropicales et des autres forêts particulièrement riches en espèces, qui se caractérisent par leur importante capacité de stockage du carbone, est irresponsable et peut entraîner une déforestation supplémentaire et la poursuite de la dégradation de la forêt, avec des conséquences dévastatrices pour l'environnement du monde entier.
Par conséquent, ces accords constituent un petit pas, mais un pas positif, dans la bonne direction.
Je suis tout à fait d'accord avec les remarques formulées par les intervenants précédents.
Je tiens à remercier le rapporteur pour son excellente coopération et je serais très heureux si nous pouvions réaliser de véritables avancées avec ces accords, afin d'améliorer un peu notre planète.
Madame la Présidente, je voudrais tout d'abord remercier le rapporteur, Monsieur Jadot, pour le soutien qu'il a apporté aux accords de partenariat volontaires sur les réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux avec le Congo et le Cameroun.
J'espère que cette Assemblée suivra les recommandations relatives à l'approbation de la conclusion de ces deux accords.
Cela inciterait également les parlements camerounais et congolais à achever leur examen.
Il est important que l'Union européenne et nos pays partenaires soutiennent les APV, car l'abattage illégal est un problème pour tous.
Je sais que l'abattage illégal n'est que le sommet de l'iceberg.
En somme, nous parlons de commencer à travailler ensemble pour gérer durablement les ressources forestières.
Et pour répondre immédiatement à l'une des suggestions du rapporteur, je pourrais dire que oui, je suis disposé à venir ici tous les six mois, lorsque le Parlement m'appellera, pour suivre la mise en œuvre de ces accords.
Il est vrai que c'est un engagement.
Il y a des risques, mais il s'agit selon moi de la seule manière de parvenir à une gestion réellement durable de cette ressource, car si nous ne le faisons pas, nous ne réussirons pas en nous contentant de déclarations.
C'est un engagement majeur pour nos pays partenaires, mais je pense que la perte causée par l'abattage illégal est un facteur important.
Chaque année, 10 à 15 milliards de dollars de recettes sont perdus.
L'abattage illégal présente également des conséquences extrêmement négatives pour les populations indigènes, pour la biodiversité et sur le plan du changement climatique.
Toutefois, il importe également de souligner que l'Union européenne est l'un des marchés les plus importants pour le bois tropical.
Cela signifie que notre approche est capitale par rapport à la manière dont cette question est traitée.
Vingt pour cent du bois tropical qui arrive dans l'Union européenne provient de sources illégales. Par conséquent, nous avons l'obligation de veiller à n'acheter que du bois légal.
Le changement climatique est une source d'inquiétude supplémentaire pour chacun de nous et la protection des forêts doit débuter quelque part.
Il est très facile de dire que nous devons payer pour protéger les forêts: c'est une formule simple, mais l'appliquer nécessite un engagement sérieux des deux parties.
Je m'efforcerai de répondre à deux questions qui m'ont été posées.
En ce qui concerne l'exécution et la mise en place, l'APV établit une commission conjointe chargée de surveiller le déploiement de l'accord.
Il créera également un audit indépendant visant à analyser le système de vérification de la légalité et son efficacité.
Il existe également un mécanisme de rapport annuel. Ce rapport annuel sera rendu public et sera sans aucun doute à la disposition du Parlement européen.
Par ailleurs, pour préparer les APV, nous avons fait participer la société civile et les peuples indigènes.
Ils avaient été intégralement laissés à l'écart du processus jusqu'à présent. Nous avons par conséquent convenu, dans le cadre des nouveaux accords, de mettre en place des commissions rassemblant plusieurs parties prenantes afin de suivre, ou d'orienter le processus de déploiement avec la participation des peuples indigènes.
En outre, les APV intègrent un mécanisme de plainte et l'auditeur indépendant pourra consulter et utiliser des informations émanant de multiples sources, notamment de la société civile et des communautés.
Ces actions ne sont pas gratuites, c'est évident.
Entre 2002 et 2008, l'Union européenne a globalement dépensé 544 millions d'euros pour la sylviculture dans le monde en développement. Une partie de ces fonds a été attribuée à des actions de FLEGT dans différents pays.
La Commission a, à ce jour, dépensé 35 millions d'euros supplémentaires pour soutenir FLEGT de manière générale et nous dépenserons 35 millions d'euros de plus entre 2011 et 2013.
Je souligne que les États membres fournissent également des contributions fiscales.
Nous avons également consacré des ressources humaines au déploiement de FLEGT.
Sept fonctionnaires se chargent de cette question dans mon service. Ils travaillent en étroite collaboration avec l'Institut forestier européen et les autorités forestières nationales.
Un effort supplémentaire a été consenti sous la forme du règlement sur le bois illégal, adopté en 2010 en tant qu'élément essentiel du programme d'action FLEGT. Cette démarche complètera l'approche des APV.
Cela découragera l'exploitation non réglementée et non durable des forêts.
L'accord récemment conclu à Cancún au sujet des actions visant à réduire les émissions causées par la déforestation et la dégradation des forêts (baptisé "REDD") viendra renforcer le soutien apporté par la Commission aux pays en développement.
Nos futurs travaux sur la gouvernance forestière par l'intermédiaire des APV seront aidés par le fait que le dispositif REDD tient compte de la gouvernance et de l'observation des droits des peuples indigènes et des membres des communautés locales.
Je prends note de la situation en matière de droits de l'homme dans les pays partenaires.
J'approuve le projet de proposition de résolution invitant la Commission à continuer de se concentrer sur ces problèmes.
Je peux vous assurer que les questions de droits de l'homme restent au centre de notre dialogue politique avec les pays partenaires et que la lutte contre la corruption est l'un des sujets que nous abordons lorsque nous traitons avec les pays partenaires.
Je tiens cependant à souligner un aspect encourageant pour l'ensemble du processus: le fait que les pays partenaires se sentent concernés.
À défaut d'un engagement réel de nos pays partenaires, compte tenu de toutes les faiblesses au niveau administratif, nous ne pouvons protéger les forêts plus efficacement.
Je sais que le processus commence, mais il commence pour les deux parties et je suis toujours prêt à venir au Parlement pour présenter l'évolution de sa mise en place.
Néanmoins, avec FLEGT, nous ne commettons pas une erreur, c'est une certitude.
C'est un pas dans la bonne direction: nous n'augmentons pas le risque.
Peut-être ne fournissons-nous pas des solutions entièrement suffisantes, mais il s'agit au moins d'un pas positif dont nous pouvons être fiers. |
The Enigma of European Defense
PARIS – While Europe’s citizens largely support the establishment of a common security and defense policy, most European leaders have demonstrated a clear lack of interest in creating one – including at last month’s European Council meeting.
What accounts for this paradox?
One possible explanation is that financially strained European governments lack the means to fulfill their citizens’ expectations.
But that is unconvincing, given that the issue was framed in almost identical terms three decades ago, when budgetary constraints were not a problem.
In fact, it could be argued that such constraints should spur, not impede, the creation of a European defense structure.
After all, member countries would then be able to pool their resources, harmonize programs, and rationalize costs, thereby reducing individual governments’ financial burden.
Another, far more credible explanation is that Europeans’ interpretations of “a more active and stronger security policy” differ widely.
Indeed, current discussions in Europe concerning the use of force are dominated by three main perspectives, championed by France, the United Kingdom, and Germany.
France, which has once again intervened in Africa – this time to restore order in the Central African Republic – is the only European Union country that seems genuinely interested in satisfying popular demand for more robust European security structures.
The French consider Europe to be a kind of superpower – a status that implies a corresponding military capacity.
While this view probably stems from France’s historical political and military prowess, it also reflects the country’s current interests.
As Europe’s greatest military power (despite the UK’s larger defense budget), France would play a key role in any wide-ranging European military operation.
The UK, for its part, shares France’s belief that military power is a prerequisite to strategic effectiveness.
It claims that its opposition to a European defense structure stems from its belief that NATO – and thus the United States – is critical to European defense.
But, given that no other EU country has seriously considered excluding NATO, this argument seems to be little more than an excuse.
The truth is that the only kind of defense the British accept is that conducted by a coalition of European states acting under their national flags, as occurred in Libya.
In the UK’s view, “European” operations should be limited to humanitarian and peacekeeping objectives.
While it supported the fight against piracy off the Horn of Africa, that was more a policing operation than a military one, and it was guided by a shared interest in protecting trade routes from the Middle East and Asia.
Germany’s vision of European defense is very different from the French and British perspectives.
Unlike the UK, Germany supports a European security and defense policy, proudly highlighting its consistent military budget and major presence in European missions (larger than that of the overstretched French).
And, though Germany shares the UK’s belief that NATO bears primary responsibility for protecting Europe, its view of European engagement is even more restrictive.
In Germany’s view, European military intervention should be limited to the continent, and should not include combat operations.
In fact, a majority of Europe’s citizens prefer that European forces be deployed only for non-combat missions.
And, so far, virtually all European military operations have been aimed at evacuating European nationals, delivering humanitarian aid, or maintaining peace in the aftermath of conflict.
These differing views explain the uncertainty surrounding France’s recent interventions in Africa.
The French have lamented the miniscule support offered by the rest of Europe for its operations in Mali and the Central African Republic – exemplified by Germany’s refusal to create a fund for EU member-state operations.
But, given the urgency of the situations in Libya, Mali, and the Central African Republic, this lack of support has not undermined France’s efforts as much as prior consultation with European leaders would have done.
Had the Germans been consulted, they probably would have rejected the interventions anyway.
This conflict between the need for rapid response and the requirement for deliberation explains why the EU’s much-discussed “battlegroups” are unlikely ever to be deployed.
The fact that most Europeans are satisfied with limited political and military involvement outside of Europe makes increased defense cooperation even less likely.
A pessimist would say that Europeans are unable – or at least unwilling – to rethink their defense policy, because the US ultimately ensures their security through NATO.
According to this view, France’s efforts to encourage both transatlantic integration and autonomous political action are insufficient to change most Europeans’ minds.
A more optimistic interpretation is that Europe needs defense structures that account for the role of member states – not just for that of the EU.
From this perspective, Europe does have a significant military presence, whether in Afghanistan and Libya or Mali and the Central African Republic.
That is a start. | L’énigme de la défense européenne
PARIS – Bien que les citoyens européens soutiennent largement l’instauration d’une politique commune en matière de sécurité et de défense, la plupart des dirigeants de l’UE font preuve d’un manque d’intérêt évident quant à la création d’un tel mécanisme – comme l’a illustré la réunion du Conseil européen du mois dernier.
Comment expliquer un tel paradoxe ?
Selon un premier argument, la pression financière expliquerait l’impossibilité pour les gouvernements européens de répondre aux attentes des citoyens, en raison d’un manque de moyens.
Une analyse peu convaincante, dans la mesure où cette problématique fut abordée il y a trente ans dans un cadre quasi-identique, les contraintes budgétaires n’ayant à l’époque pas été considérées comme un obstacle.
On peut d’ailleurs estimer que de telles contraintes seraient davantage de nature à impulser la création d’une structure de défense européenne, bien plus qu’à l’entraver.
La possibilité pour les États membres d’associer leurs ressources, d’harmoniser leurs programmes, et de rationaliser les coûts ne permettrait-elle pas en effet à chacun d’atténuer la pression financière pesant sur les gouvernements.
Une autre explication, beaucoup plus crédible, réside dans les divergences considérables quant à l’interprétation des Européens autour de ce que devrait être « une politique de sécurité plus active et plus forte. »
Les discussions qui se jouent actuellement en Europe concernant l’usage de la force sont en effet principalement régies par trois conceptions, emmenées par la France, les États-Unis et l’Allemagne.
La France, qui a de nouveau décidé d’intervenir en Afrique – cette fois pour rétablir l’ordre en République centrafricaine – semble être le seul pays de l’Union européenne à véritablement s’efforcer de répondre aux aspirations de l’opinion en direction de structures sécuritaires européennes plus solides.
Les Français considèrent en effet l’Europe comme une sorte de superpuissance – statut impliquant par conséquent une capacité militaire à la hauteur du défi.
S’il est probable que cette conception découle de l’histoire politique et militaire de la France, elle reflète également les intérêts actuels du pays.
En tant que première puissance militaire européenne (malgré l’importance du budget de la Défense britannique), la France a en effet vocation à jouer un rôle clé dans le cadre de toute opération militaire européenne de grande envergure.
De son côté, le Royaume-Uni partage le point de vue de la France selon lequel la puissance militaire constituerait une condition préalable à l’efficacité stratégique.
Il justifie son opposition à l’instauration d’une structure de défense européenne à travers l’idée selon laquelle ce serait l’OTAN – et par conséquent les États-Unis – qui constituerait la composante cruciale de la défense européenne.
Or, aucun autre État de l’UE n’envisageant sérieusement de mettre l’OTAN sur la touche, cet argument apparaît comme un prétexte.
La vérité c’est que la seule forme de défense que les Britanniques sont disposés à accepter consisterait en une démarche conduite par une coalition d’États européens opérant sous la bannière de leur propre drapeau national, comme cela a été le cas en Libye.
Aux yeux du Royaume-Uni, les interventions « européennes » devraient se limiter aux initiatives humanitaires et autres opérations de maintien de la paix.
Et si le Royaume-Uni a effectivement soutenu la lutte contre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique, il s’agissait davantage d’une opération policière que d’une intervention militaire, poursuivant un intérêt commun dans la protection des routes commerciales en provenance du Moyen-Orient et d’Asie.
L’Allemagne aborde quant à elle la question de la défense européenne sous un angle tout à fait différent des conceptions françaises et britanniques.
À la différence du Royaume-Uni, l’Allemagne s’inscrit en soutien d’une politique de sécurité et de défense européenne, faisant fièrement valoir la solidité de son budget militaire ainsi qu’une importante présence allemande dans le cadre de différentes missions européennes (bien plus significatifs que ceux d’une France considérée comme tirant sur la corde).
Et si elle partage le point de vue britannique selon lequel il appartiendrait en premier lieu à l’OTAN de protéger l’Europe, l’idée que se fait l’Allemagne de l’engagement européen se révèle encore plus restrictive.
Selon la vision allemande, les interventions militaires européennes devraient se limiter au continent, et ne sauraient impliquer d’opérations de combat.
Le fait est que la majorité des citoyens d’Europe préfère effectivement voir les forces européennes n’être déployées que dans le cadre de missions non combattantes.
Il se trouve d’ailleurs que la quasi-totalité des interventions militaires européennes ont jusqu’à présent eu pour objectif l’évacuation de ressortissants européens, la fourniture d’une aide humanitaire, ou encore le maintien de la paix au lendemain d’un conflit.
Ces divergences de conception expliquent l’incertitude ayant entouré les récentes interventions de la France en Afrique.
Les Français regrettent en effet de n’avoir pu compter que sur un soutien presque insignifiant de la part du reste de l’Europe autour de ses opérations au Mali et en République centrafricaine – situation notamment illustrée par le refus de l’Allemagne de créer un fonds destiné aux opérations des États membres de l’UE.
Mais compte tenu de l’urgence des situations en Lybie, au Mali et en République centrafricaine, ce manque de soutien a bien moins découragé les efforts de la France que ne l’aurait fait une consultation préalable auprès des différents dirigeants européens.
En effet, même si les Allemands avaient été consultés, ils auraient probablement refusé ces interventions.
Cette opposition entre nécessité d’une réponse rapide et exigence de délibération explique pourquoi il est peu envisageable que les fameux « groupes de combat » de l’UE soient un jour déployés.
Le fait que la plupart des Européens se satisfassent du caractère limité de l’engagement politique et militaire au-delà des frontières de l’Europe rend tout renforcement de la coopération en matière de défense encore moins probable.
Les plus pessimistes mettront sans doute en avant une incapacité des Européens – ou au moins un manque de volonté de leur part – à repenser leur politique de défense, dans la mesure où les États-Unis demeurent en fin de compte présents pour garantir leur sécurité par le biais de l’OTAN.
Selon cette conception, les efforts de la France consistant à promouvoir l’intégration transatlantique et l’action politique autonome ne sauraient suffire à faire évoluer l’état d’esprit des Européens.
Selon une interprétation plus optimiste, il appartiendrait à l’Europe d’instaurer des structures de défense qui représentent l’incarnation du rôle des États membres – et pas seulement du rôle de l’UE.
Vu sous cet angle, l’Europe jouit effectivement d’une présence militaire significative, que ce soit en Afghanistan et en Lybie, ou encore au Mali et en Centrafrique.
Et c’est alors un bon début. |
Frank Gehry: My days as a young rebel
TED Talk Subtitles and Transcript: Before he was a legend, architect Frank Gehry takes a whistlestop tour of his early work, from his house in Venice Beach to the American Center in Paris, which was under construction when he gave this talk.
I'm going to go right into the slides.
And all I'm going to try and prove to you with these slides is that I do just very straight stuff.
And my ideas are -- in my head, anyway -- they're very logical and relate to what's going on and problem solving for clients.
I either convince clients at the end that I solve their problems, or I really do solve their problems, because usually they seem to like it.
Let me go right into the slides.
Can you turn off the light? Down.
I like to be in the dark.
I don't want you to see what I'm doing up here.
Anyway, I did this house in Santa Monica, and it got a lot of notoriety.
In fact, it appeared in a porno comic book, which is the slide on the right.
This is in Venice.
I just show it because I want you to know I'm concerned about context.
On the left-hand side, I had the context of those little houses, and I tried to build a building that fit into that context.
When people take pictures of these buildings out of that context they look really weird, and my premise is that they make a lot more sense when they're photographed or seen in that space.
And then, once I deal with the context, I then try to make a place that's comfortable and private and fairly serene, as I hope you'll find that slide on the right.
And then I did a law school for Loyola in downtown L.A.
I was concerned about making a place for the study of law.
And we continue to work with this client.
The building on the right at the top is now under construction.
The garage on the right -- the gray structure -- will be torn down, finally, and several small classrooms will be placed along this avenue that we've created, this campus.
And it all related to the clients and the students from the very first meeting saying they felt denied a place.
They wanted a sense of place.
And so the whole idea here was to create that kind of space in downtown, in a neighborhood that was difficult to fit into.
And it was my theory, or my point of view, that one didn't upstage the neighborhood -- one made accommodations.
I tried to be inclusive, to include the buildings in the neighborhood, whether they were buildings I liked or not.
In the '60s I started working with paper furniture and made a bunch of stuff that was very successful in Bloomingdale's.
We even made flooring, walls and everything, out of cardboard.
And the success of it threw me for a loop.
I couldn't deal with the success of furniture -- I wasn't secure enough as an architect -- and so I closed it all up and made furniture that nobody would like.
So, nobody would like this.
And it was in this, preliminary to these pieces of furniture, that Ricky and I worked on furniture by the slice.
And after we failed, I just kept failing.
The piece on the left -- and that ultimately led to the piece on the right -- happened when the kid that was working on this took one of those long strings of stuff and folded it up to put it in the wastebasket.
And I put a piece of tape around it, as you see there, and realized you could sit on it, and it had a lot of resilience and strength and so on.
So, it was an accidental discovery.
I got into fish.
I mean, the story I tell is that I got mad at postmodernism -- at po-mo -- and said that fish were 500 million years earlier than man, and if you're going to go back, we might as well go back to the beginning.
And so I started making these funny things.
And they started to have a life of their own and got bigger -- as the one glass at the Walker.
And then, I sliced off the head and the tail and everything and tried to translate what I was learning about the form of the fish and the movement.
And a lot of my architectural ideas that came from it -- accidental, again -- it was an intuitive kind of thing, and I just kept going with it, and made this proposal for a building, which was only a proposal.
I did this building in Japan.
I was taken out to dinner after the contract for this little restaurant was signed.
And I love sake and Kobe and all that stuff.
And after I got -- I was really drunk -- I was asked to do some sketches on napkins.
And I made some sketches on napkins -- little boxes and Morandi-like things that I used to do.
And the client said, "Why no fish?"
And so I made a drawing with a fish, and I left Japan.
Three weeks later, I received a complete set of drawings saying we'd won the competition.
Now, it's hard to do. It's hard to translate a fish form, because they're so beautiful -- perfect -- into a building or object like this.
And Oldenburg, who I work with a little once in a while, told me I couldn't do it, and so that made it even more exciting.
But he was right -- I couldn't do the tail.
I started to get the head OK, but the tail I couldn't do.
It was pretty hard.
The thing on the right is a snake form, a ziggurat.
And I put them together, and you walk between them.
It was a dialog with the context again.
Now, if you saw a picture of this as it was published in Architectural Record -- they didn't show the context, so you would think, "God, what a pushy guy this is."
But a friend of mine spent four hours wandering around here looking for this restaurant.
Couldn't find it.
So ...
As for craft and technology and all those things that you've all been talking about, I was thrown for a complete loop.
This was built in six months.
The way we sent drawings to Japan: we used the magic computer in Michigan that does carved models, and we used to make foam models, which that thing scanned.
We made the drawings of the fish and the scales.
And when I got there, everything was perfect -- except the tail.
So, I decided to cut off the head and the tail.
And I made the object on the left for my show at the Walker.
And it's one of the nicest pieces I've ever made, I think.
And then Jay Chiat, a friend and client, asked me to do his headquarters building in L.A.
For reasons we don't want to talk about, it got delayed.
Toxic waste, I guess, is the key clue to that one.
And so we built a temporary building -- I'm getting good at temporary -- and we put a conference room in that's a fish.
And, finally, Jay dragged me to my hometown, Toronto, Canada.
And there is a story -- it's a real story -- about my grandmother buying a carp on Thursday, bringing it home, putting it in the bathtub when I was a kid.
I played with it in the evening.
When I went to sleep, the next day it wasn't there.
And the next night, we had gefilte fish.
And so I set up this interior for Jay's offices and I made a pedestal for a sculpture.
And he didn't buy a sculpture, so I made one.
I went around Toronto and found a bathtub like my grandmother's, and I put the fish in.
It was a joke.
I play with funny people like [Claes] Oldenburg.
We've been friends for a long time.
And we've started to work on things.
A few years ago, we did a performance piece in Venice, Italy, called "Il Corso del Coltello" -- the Swiss Army knife.
And most of the imagery is -- Claes', but those two little boys are my sons, and they were Claes' assistants in the play.
He was the Swiss Army knife.
He was a souvenir salesman who always wanted to be a painter, and I was Frankie P. Toronto.
P for Palladio.
Dressed up like the AT&T building by Claes -- with a fish hat.
The highlight of the performance was at the end.
This beautiful object, the Swiss Army knife, which I get credit for participating in.
And I can tell you -- it's totally an Oldenburg.
I had nothing to do with it.
The only thing I did was, I made it possible for them to turn those blades so you could sail this thing in the canal, because I love sailing.
We made it into a sailing craft.
I've been known to mess with things like chain link fencing.
I do it because it's a curious thing in the culture, when things are made in such great quantities, absorbed in such great quantities, and there's so much denial about them.
People hate it.
And I'm fascinated with that, which, like the paper furniture -- it's one of those materials.
And I'm always drawn to that.
And so I did a lot of dirty things with chain link, which nobody will forgive me for.
But Claes made homage to it in the Loyola Law School.
And that chain link is really expensive.
It's in perspective and everything.
And then we did a camp together for children with cancer.
And you can see, we started making a building together.
Of course, the milk can is his.
But we were trying to collide our ideas, to put objects next to each other.
Like a Morandi -- like the little bottles -- composing them like a still life.
And it seemed to work as a way to put he and I together.
Then Jay Chiat asked me to do this building on this funny lot in Venice, and I started with this three-piece thing, and you entered in the middle.
And Jay asked me what I was going to do with the piece in the middle.
And he pushed that.
And one day I had a -- oh, well, the other way.
I had the binoculars from Claes, and I put them there, and I could never get rid of them after that.
Oldenburg made the binoculars incredible when he sent me the first model of the real proposal.
It made my building look sick.
And it was this interaction between that kind of, up-the-ante stuff that became pretty interesting.
It led to the building on the left.
And I still think the Time magazine picture will be of the binoculars, you know, leaving out the -- what the hell.
I use a lot of metal in my work, and I have a hard time connecting with the craft.
The whole thing about my house, the whole use of rough carpentry and everything, was the frustration with the crafts available.
I said, "If I can't get the craft that I want, I'll use the craft I can get."
There were plenty of models for that, in Rauschenberg and Jasper Johns, and many artists who were making beautiful art and sculpture with junk materials.
I went into the metal because it was a way of building a building that was a sculpture.
And it was all of one material, and the metal could go on the roof as well as the walls.
The metalworkers, for the most part, do ducts behind the ceilings and stuff.
I was given an opportunity to design an exhibit for the metalworkers' unions of America and Canada in Washington, and I did it on the condition that they become my partners in the future and help me with all future metal buildings, etc. etc.
And it's working very well to have these people, these craftsmen, interested in it.
I just tell the stories.
It's a way of connecting, at least, with some of those people that are so important to the realization of architecture.
The metal continued into a building -- Herman Miller, in Sacramento.
And it's just a complex of factory buildings.
And Herman Miller has this philosophy of having a place -- a people place.
I mean, it's kind of a trite thing to say, but it is real that they wanted to have a central place where the cafeteria would be, where the people would come and where the people working would interact.
So it's out in the middle of nowhere, and you approach it.
It's copper and galvanize.
I used the galvanize and copper in a very light gauge, so it would buckle.
I spent a lot of time undoing Richard Meier's aesthetic.
Everybody's trying to get the panels perfect, and I always try to get them sloppy and fuzzy.
And they end up looking like stone.
This is the central area.
There's a ramp.
And that little dome in there is a building by Stanley Tigerman.
Stanley was instrumental in my getting this job.
And when I was awarded the contract I, at the very beginning, asked the client if they would let Stanley do a cameo piece with me.
Because these were ideas that we were talking about, building things next to each other, making -- it's all about [a] metaphor for a city, maybe.
And so Stanley did the little dome thing.
And we did it over the phone and by fax.
He would send me a fax and show me something.
He'd made a building with a dome and he had a little tower.
I told him, "No, no, that's too ongepotchket.
I don't want the tower."
So he came back with a simpler building, but he put some funny details on it, and he moved it closer to my building.
And so I decided to put him in a depression.
I put him in a hole and made a kind of a hole that he sits in.
And so then he put two bridges -- this all happened on the fax, going back and forth over a couple of weeks' period.
And he put these two bridges with pink guardrails on it.
And so then I put this big billboard behind it.
And I call it, "David and Goliath."
And that's my cafeteria.
In Boston, we had that old building on the left.
It was a very prominent building off the freeway, and we added a floor and cleaned it up and fixed it up and used the kind of -- I thought -- the language of the neighborhood, which had these cornices, projecting cornices.
Mine got a little exuberant, but I used lead copper, which is a beautiful material, and it turns green in 100 years.
Instead of, like, copper in 10 or 15.
We redid the side of the building and re-proportioned the windows so it sort of fit into the space.
And it surprised both Boston and myself that we got it approved, because they have very strict kind of design guideline, and they wouldn't normally think I would fit them.
The detailing was very careful with the lead copper and making panels and fitting it tightly into the fabric of the existing building.
In Barcelona, on Las Ramblas for some film festival, I did the Hollywood sign going and coming, made a building out of it, and they built it.
I flew in one night and took this picture.
But they made it a third smaller than my model without telling me.
And then more metal and some chain link in Santa Monica -- a little shopping center.
And this is a laser laboratory at the University of Iowa, in which the fish comes back as an abstraction in the back.
It's the support labs, which, by some coincidence, required no windows.
And the shape fit perfectly.
I just joined the points.
In the curved part there's all the mechanical equipment.
That solid wall behind it is a pipe chase -- a pipe canyon -- and so it was an opportunity that I seized, because I didn't have to have any protruding ducts or vents or things in this form.
It gave me an opportunity to make a sculpture out of it.
This is a small house somewhere.
They've been building it so long I don't remember where it is.
It's in the West Valley.
And we started with the stream and built the house along the stream -- dammed it up to make a lake.
These are the models.
The reality, with the lake -- the workmanship is pretty bad.
And it reminded me why I play defensively in things like my house.
When you have to do something really cheaply, it's hard to get perfect corners and stuff.
That big metal thing is a passage, and in it is -- you go downstairs into the living room and then down into the bedroom, which is on the right.
It's kind of like a whole built town.
I was asked to do a hospital for schizophrenic adolescents at Yale.
I thought it was fitting for me to be doing that.
This is a house next to a Philip Johnson house in Minnesota.
The owners had a dilemma -- they asked Philip to do it.
He was too busy.
He didn't recommend me, by the way.
We ended up having to make it a sculpture, because the dilemma was, how do you build a building that doesn't look like the language?
Is it going to look like this beautiful estate is sub-divided?
Etc. etc.
You've got the idea.
And so we finally ended up making it.
These people are art collectors.
And we finally made it so it appears very sculptural from the main house and all the windows are on the other side.
And the building is very sculptural as you walk around it.
It's made of metal and the brown stuff is Fin-Ply -- it's that formed lumber from Finland.
We used it at Loyola on the chapel, and it didn't work.
I keep trying to make it work.
In this case we learned how to detail it.
In Cleveland, there's Burnham Mall, on the left.
It's never been finished.
Going out to the lake, you can see all those new buildings we built.
And we had the opportunity to build a building on this site.
There's a railroad track.
This is the city hall over here somewhere, and the courthouse.
And the centerline of the mall goes out.
Burnham had designed a railroad station that was never built, and so we followed.
Sohio is on the axis here, and we followed the axis, and they're two kind of goalposts.
And this is our building, which is a corporate headquarters for an insurance company.
We collaborated with Oldenburg and put the newspaper on top, folded.
The health club is fastened to the garage with a C-clamp, for Cleveland.
You drive down.
So it's about a 10-story C-clamp.
And all this stuff at the bottom is a museum, and an idea for a very fancy automobile entry.
This owner has a pet peeve about bad automobile entries.
And this would be a hotel.
So, the centerline of this thing -- we'd preserve it, and it would start to work with the scale of the new buildings by Pelli and Kohn Pederson Fox, etc., that are underway.
It's hard to do high-rise.
I feel much more comfortable down here.
This is a piece of property in Brentwood.
And a long time ago, about '82 or something, after my house -- I designed a house for myself that would be a village of several pavilions around a courtyard -- and the owner of this lot worked for me and built that actual model on the left.
And she came back, I guess wealthier or something -- something happened -- and asked me to design a house for her on this site.
And following that basic idea of the village, we changed it as we got into it.
I locked the house into the site by cutting the back end -- here you see on the photographs of the site -- slicing into it and putting all the bathrooms and dressing rooms like a retaining wall, creating a lower level zone for the master bedroom, which I designed like a kind of a barge, looking like a boat.
And that's it, built.
The dome was a request from the client.
She wanted a dome somewhere in the house.
She didn't care where.
When you sleep in this bedroom, I hope -- I mean, I haven't slept in it yet.
I've offered to marry her so I could sleep there, but she said I didn't have to do that.
But when you're in that room, you feel like you're on a kind of barge on some kind of lake.
And it's very private.
The landscape is being built around to create a private garden.
And then up above there's a garden on this side of the living room, and one on the other side.
These aren't focused very well.
I don't know how to do it from here.
Focus the one on the right.
It's up there.
Left -- it's my right.
Anyway, you enter into a garden with a beautiful grove of trees.
That's the living room.
Servants' quarters.
A guest bedroom, which has this dome with marble on it.
And then you enter into the living room and then so on.
This is the bedroom.
You come down from this level along the stairway, and you enter the bedroom here, going into the lake.
And the bed is back in this space, with windows looking out onto the lake.
These Stonehenge things were designed to give foreground and to create a greater depth in this shallow lot.
The material is lead copper, like in the building in Boston.
And so it was an intent to make this small piece of land -- it's 100 by 250 -- into a kind of an estate by separating these areas and making the living room and dining room into this pavilion with a high space in it.
And this happened by accident that I got this right on axis with the dining room table.
It looks like I got a Baldessari painting for free.
But the idea is, the windows are all placed so you see pieces of the house outside.
Eventually this will be screened -- these trees will come up -- and it will be very private.
And you feel like you're in your own kind of village.
This is for Michael Eisner -- Disney.
We're doing some work for him.
And this is in Anaheim, California, and it's a freeway building.
You go under this bridge at about 65 miles an hour, and there's another bridge here.
And you're through this room in a split second, and the building will sort of reflect that.
On the backside, it's much more humane -- entrance, dining hall, etc.
And then this thing here -- I'm hoping as you drive by you'll hear the picket fence effect of the sound hitting it.
Kind of a fun thing to do.
I'm doing a building in Switzerland, Basel, which is an office building for a furniture company.
And we struggled with the image.
These are the early studies, but they have to sell furniture to normal people, so if I did the building and it was too fancy, then people might say, "Well, the furniture looks OK in his thing, but no, it ain't going to look good in my normal building."
So we've made a kind of pragmatic slab in the second phase here, and we've taken the conference facilities and made a villa out of them so that the communal space is very sculptural and separate.
And you're looking at it from the offices and you create a kind of interaction between these pieces.
This is in Paris, along the Seine.
Palais des Sports, the Gare de Lyon over here.
The Minister of Finance -- the guy that moved from the Louvre -- goes in here.
There's a new library across the river.
And back in here, in this already treed park, we're doing a very dense building called the American Center, which has a theater, apartments, dance school, an art museum, restaurants and all kinds of -- it's a very dense program -- bookstores, etc.
In a very tight, small -- this is the ground level.
And the French have this extraordinary way of screwing things up by taking a beautiful site and cutting the corner off.
They call it the plan coupe.
And I struggled with that thing -- how to get around the corner.
These are the models for it.
I showed you the other model, the one -- this is the way I organized myself so I could make the drawing -- so I understood the problem.
I was trying to get around this plan coupe -- how do you do it?
Apartments, etc.
And these are the kind of study models we did.
And the one on the left is pretty awful.
You can see why I was ready to commit suicide when this one was built.
But out of it came finally this resolution, where the elevator piece worked frontally to this, parallel to this street, and also parallel to here.
And then this kind of twist, with this balcony and the skirt, kind of like a ballerina lifting her skirt to let you into the foyer.
The restaurants here -- the apartments and the theater, etc.
So it would all be built in stone, in French limestone, except for this metal piece.
And it faces into a park.
And the idea was to make this express the energy of this.
On the side facing the street it's much more normal, except I slipped a few mansards down, so that coming on the point, these housing units made a gesture to the corner.
And this will be some kind of high-tech billboard.
If any of you guys have any ideas for it, please contact me.
I don't know what to do.
Jay Chiat is a glutton for punishment, and he hired me to do a house for him in the Hamptons.
And it's got a fish.
And I keep thinking, "This is going to be the last fish."
It's like a drug addict.
I say, "I'm not going to do it anymore -- I don't want to do it anymore -- I'm not going to do it."
And then I do it.
There it is.
But it's the living room.
And this piece here is -- I don't know what it is.
I just added it so that we'd have enough money in the budget so we could take something out.
This is Euro Disney, and I've worked with all of the guys that presented to you earlier.
We've had a lot of fun working together.
I think I'm from Mars for them, and they are for me, but somehow we all manage to work together, and I think, productively.
So far.
This is a shopping thing.
You come into the Magic Kingdom and the hotel that Tony Baxter's group is doing out here.
And then this is a kind of a shopping mall, with a rodeo and restaurants.
And another restaurant.
What I did -- because of the Paris skies being quite dull, I made a light grid that's perpendicular to the train station, to the route of the train.
It looks like it's kind of been there, and then crashed all these simpler forms into it.
The light grid will have a light, be lit up at night and give a kind of light ceiling.
In Switzerland -- Germany, actually -- on the Rhine across from Basel, we did a furniture factory and a furniture museum.
And I tried to -- there's a Nick Grimshaw building over here, there's an Oldenburg sculpture over here -- I tried to make a relationship urbanistically.
And I don't gave good slides to show -- it's just been completed -- but this piece here is this building, and these pieces here and here.
And as you pass by it's always part -- you see it as all of these pieces accrue and become part of an overall neighborhood.
It's plaster and just zinc.
And you wonder, if this is a museum, what it's going to be like inside?
If it's going to be so busy and crazy that you wouldn't show anything, and just wait.
I'm so cunning and clever -- I made it quiet and wonderful.
But on the outside it does scream out at you a bit.
It's actually basically three square rooms with a couple of skylights and stuff.
And from the building in the back, you see it as an iceberg floating by in the hills.
I know I'm over time.
See, that skylight goes down and becomes that one.
So it's pretty quiet inside.
This is the Disney Hall -- the concert hall.
It's a complicated project.
It has a chamber hall.
It's related to an existing Chandler Pavilion that was built with a lot of love and tears and caring.
And it's not a great building, but I approached it optimistically, that we would make a compositional relationship between us that would strengthen both of us.
And the plan of this -- it's a concert hall.
This is the foyer, which is kind of a garden structure.
There's commercial at the ground floor.
These are offices, which, really, in the competition, we didn't have to design.
But finally, there's a hotel there.
These were the kind of relationships made to the Chandler, composing these elevations together and relating them to the buildings that existed -- to MOCA, etc.
The acoustician in the competition gave us criteria, which led to this compartmentalized scheme, which we found out after the competition would not work at all.
But everybody liked these forms and liked the space, and so that's one of the problems of a competition.
You have to then try and get that back in some way.
And we studied many models.
This was our original model.
These were the three buildings that were the ideal -- the Concertgebouw, Boston and Berlin.
Everybody liked the surround.
Actually, this is the smallest hall in size, and it has more seats than any of these because it has double balconies.
Our client doesn't want balconies, so -- and when we met our new acoustician, he told us this was the right shape or this was the right shape.
And we tried many shapes, trying to get the energy of the original design within an acoustical, acceptable format.
We finally settled on a shape that was the proportion of the Concertgebouw with the sloping outside walls, which the acoustician said were crucial to this and later decided they weren't, but now we have them.
And our idea is to make the seating carriage very sculptural and out of wood and like a big boat sitting in this plaster room.
That's the idea.
And the corners would have skylights and these columns would be structural.
And the nice thing about introducing columns is they give you a kind of sense of proscenium from wherever you sit, and create intimacy.
Now, this is not a final design -- these are just on the way to being -- and so I wouldn't take it literally, except the feeling of the space.
We studied the acoustics with laser stuff, and they bounce them off this and see where it all works.
But you get the sense of the hall in section.
Most halls come straight down into a proscenium.
In this case we're opening it back up and getting skylights in the four corners.
And so it will be quite a different shape.
The original building, because it was frog-like, fit nicely on the site and cranked itself well.
When you get into a box, it's harder to do it -- and here we are, struggling with how to put the hotel in.
And this is a teapot I designed for Alessi.
I just stuck it on there.
But this is how I do work. I do take pieces and bits and look at it and struggle with it and cut it away.
And of course it's not going to look like that, but it is the crazy way I tend to work.
And then finally, in L.A. I was asked to do a sculpture at the foot of Interstate Bank Tower, the highest building in L.A.
Larry Halprin is doing the stairs.
And I was asked to do a fish, and so I did a snake.
It's a public space, and I made it kind of a garden structure, and you can go in it.
It's a kiva, and Larry's putting some water in there, and it works much better than a fish.
In Barcelona I was asked to do a fish, and we're working on that, at the foot of a Ritz-Carlton Tower being done by Skidmore, Owings and Merrill.
And the Ritz-Carlton Tower is being designed with exposed steel, non-fire proof, much like those old gas tanks.
And so we took the language of this exposed steel and used it, perverted it, into the form of the fish, and created a kind of a 19th-century contraption that looks like, that will sit -- this is the beach and the harbor out in front, and this is really a shopping center with department stores.
And we split these bridges.
Originally, this was all solid with a hole in it.
We cut them loose and made several bridges and created a kind of a foreground for this hotel.
We showed this to the hotel people the other day, and they were terrified and said that nobody would come to the Ritz-Carlton anymore, because of this fish.
And finally, I just threw these in -- Lou Danziger.
I didn't expect Lou Danziger to be here, but this is a building I did for him in 1964, I think.
A little studio -- and it's sadly for sale.
Time goes on.
And this is my son working with me on a small fast-food thing.
He designed the robot as the cashier, and the head moves, and I did the rest of it.
And the food wasn't as good as the stuff, and so it failed.
It should have been the other way around -- the food should have been good first.
It didn't work.
Thank you very much. | Frank Gehry, le jeune rebelle
TED Talk Subtitles and Transcript: Avant d'être une légende, l'architecte Frank Gehry nous emmène dans une visite éclair de ses premiers travaux, de sa maison à Venice Beach à l'American Center de Paris, encore en travaux quand il a donné cette conférence.
Je vais passer directement aux diapositives.
Et tout ce que je vais essayer de vous prouver avec ces diapos c'est que ce que je fais est vraiment très simple.
Mes idées sont -- dans ma tête, tout du moins -- elles sont très logiques et liées à ce qui se passe et à la résolution des problèmes de mes clients.
Soit je convaincs mes clients qu'à la fin je résous leurs problèmes, soit je les résous vraiment, car en général ils sont satisfaits.
Passons directement aux diapos.
Pouvez-vous éteindre la lumière ? Complètement.
J'aime être dans l'obscurité.
Je ne veux pas que vous voyez ce que fais ici.
J'ai fait cette maison à Santa Monica, et elle a eu beaucoup de notoriété.
En fait, elle est apparue dans une bd porno, qui est la diapo à droite.
C'est à Venice.
Je voulais juste vous la monter car je veux que vous sachiez que le contexte pour moi est important.
Sur le côté gauche, j'ai le contexte de ces petites maisons, et j'ai essayé de construire un bâtiment qui s'adapte à ce contexte.
Quand des gens prennent en photo ces bâtiments hors du contexte ils ont l'air vraiment étrange, et mon postulat est qu'ils prennent beaucoup plus de sens quand ils sont photographiés ou vus dans cet espace.
Puis, une fois que j'ai réglé le problème du contexte, j'essaye de créer un endroit confortable, privé et assez serein, et j'espère que vous verrez cela sur la diapo de droite.
Puis j'ai fait une école de droit pour Loyola dans le centre de L.A.
Je me suis attaché à créer un endroit pour l'étude du droit.
Et nous continuons à travailler avec ce client.
Le bâtiment en haut à droite est pour le moment en construction.
Le garage sur la droite - la structure grise - va être démoli, finalement, et plusieurs petites salles de classe seront placées le long de cette avenue que nous avons créée, c'est le campus.
Et tout cela a eu un rapport dès la toute première rencontre avec les clients et les étudiants quand ils ont dit qu'ils avaient l'impression qu'on ne leur accordait pas un endroit.
Ils voulaient avoir l'impression d'avoir un endroit à eux.
Et donc l'idée générale ici était de créer ce type d'espace en centre ville, dans un quartier où il était difficile de s'adapter.
Et c'était ma théorie, ou mon point de vue, qu'il ne fallait éclipser le voisinage - on a procédé à des adaptations.
J'ai essayé d'être inclusif, d'inclure les bâtiments dans le quartier, même s'ils y avaient des bâtiments que j'aimais et d'autres pas.
Dans les années 60 j'ai commencé à travailler sur des meubles en carton, et nous avons crée pas mal de choses qui ont eu beaucoup de succès chez Bloomingdale.
Nous avons même fait du parquet, des murs et tout, en carton.
Et le succès de tout cela m'a sidéré.
Je ne pouvais gérer tout ce succès dans les meubles -- Je n'étais pas assez confiant comme architecte -- et j'ai donc tout arrêté et créé des meubles que personne ne voudrait.
Donc, personne ne les aimait.
Et c'était, en préalable à tous ces meubles, parce que Ricky et moi avions travaillé sur les meubles par la tranche.
Et après cet échec, j'ai continué à échouer.
Cette pièce à gauche -- qui cela a finalement abouti à la pièce à droite -- est arrivée quand le jeune qui travaillait dessus a pris une de ces longues chaînes de choses et les a repliées pour les mettre dans la corbeille.
Puis j'ai mis du scotch tout autour, comme vous pouvez le voir, et j'ai réalisé qu'on pouvait s'asseoir dessus, et ça avait beaucoup de résistance et de force et ainsi de suite.
C'était donc un découverte accidentelle.
Je me suis intéressé au poisson.
L'histoire que je raconte c'est que j'étais furieux contre le postmodernisme -- le pomo -- et j'ai dit que les poissons étaient là 500 millions d'années avant l'homme, et si on devait revenir en arrière, autant revenir au début.
Et j'ai donc commencé à faire ces choses rigolotes.
Et elles ont commencé à avoir une vie propre et devenir de plus en plus importantes -- comme celle en verre au Walker.
Puis j'ai coupé la tête, la queue et tout le reste, et essayé de traduire ce que j'apprennais sur la forme du poisson et son mouvement.
Et beaucoup de mes idées en architecture sont venues de là -- par accident, encore -- c'était quelque chose d'intuitif, et j''ai juste continué comme ça, et fait cette proposition pour un bâtiment, c'était seulement une proposition.
J'ai fait ce bâtiment au Japon.
On m'a emmené diner après la signature du contrat pour ce petit restaurant.
J'adore le saké, kobe et ce genre de choses.
Et après cela -- j'étais vraiment saoul -- on m'a demandé de faire des croquis sur des serviettes en papier.
Et j'ai fait quelques croquis sur des serviettes -- des petites boites et des choses comme ces Morandi que j'aime faire d'habitude.
Et le client m'a demandé, "Pourquoi pas un poisson ?"
Et donc j'ai fait un dessin avec un poisson et j'ai quitté le Japon.
Trois semaines plus tard, j'ai reçu un jeu complet de dessins m'annonçant que j'avais gagné le concours.
Maintenant, c'est difficile à faire. Il est difficile de traduire une forme de poisson, car ils sont si beaux -- parfaits -- en un bâtiment ou un objet comme ça.
Et Oldenburg, avec qui je travaille un peu de temps en temps, me disait que je ne pouvais pas le faire, et cela a rendu le tout encore plus excitant.
Mais il avait raison -- je n'arrivais pas à faire la queue.
La tête c'était bon, mais pour la queue je n'y arrivais pas.
C'était vraiment difficile.
La chose à droite est une forme de serpent, un ziggourat.
Je les ai mis ensemble, et on peut marcher entre les deux.
C'était encore une fois un dialogue avec le contexte.
Maintenant, si vous regardiez cette image telle qu'elle a été publiée dans Architectural Record, ils ne montraient pas le contexte, et donc vous pourriez vous dire, "Mon dieu, ce type est un vrai arriviste."
Mais un ami à moi a passé quatre heures à déambuler pour trouver ce restaurant.
Il n'arrivait pas à le trouver.
Donc --
comme pour l'artisanat, la technologie et toutes ces choses dont vous avez parlé, j'étais complétement sidéré.
Cela fut construit en six mois.
Voici comment nous avons envoyé les croquis au client -- nous avons utilisé le fantastique ordinateur du Michigan qui fait des modèles sculptés. et nous l'avons utilisé pour faire les maquettes des choses scannés.
Nous avons ainsi fait les dessins du poisson et des écailles.
Et quand je suis arrivé, tout était parfait -- sauf la queue.
J'ai donc décidé de couper la tête et la queue.
Et j'ai fait l'objet à gauche pour mon show au Walker.
Et c'est une des plus jolies pièces que j'ai jamais faites, je pense.
Puis Jay Chiat, un ami et client m'a demandé de faire l'immeuble de son siège social à L.A.
Pour des raisons dont nous ne parlerons pas, il y a eu du retard.
Des déchets toxiques, je pense, c'est la clé de celui-là.
Nous avons alors construit un immeuble temporaire -- Je deviens bon dans le temporaire -- et avons mis une salle de conférence dans ce poisson.
Puis finalement, Jay m'a trainé avec lui dans ma ville natale, Toronto, Canada.
Et voici l'histoire -- l'histoire vraie -- de ma grand-mère qui achète une carpe un jeudi, la ramène à la maison, et la met dans la baignoire quand j'étais gamin.
J'ai joué avec le soir.
Puis je suis allé me coucher et le jour suivant elle n'était plus là.
La nuit suivante, j'avais au diner une carpe farcie.
J'ai ensuite aménagé l'intérieur des bureaux de Jay et j'ai installé un piédestal pour une sculpture.
Il n'a pas acheté de sculpture, j'en ai donc fait une.
Je me suis baladé dans Toronto et j''ai trouvé une baignoire identique à celle de ma grand-mère et j'ai mis un poisson dedans.
C'était une blague.
Je m'amuse avec des gens drôles comme Oldenburg.
Nous sommes amis depuis longtemps.
Et nous avons commencé à travailler sur des trucs.
Il y a quelques années, nous avons fait une performance à Venise, Italie, qui s'appelait "Il Corso del Coltello"-- Le couteau de l'armée Suisse.
Et la plupart des scènes sont -- de Claes, mais ces deux petits garçons sont mes fils, et ils étaient les assistants de Claes dans la pièce.
Il était le couteau de l'armée Suisse.
Il était un vendeur de souvenirs qui avait toujours rêvé d'être peintre, et j'étais Frankie P. Toronto.
P pour Palladio.
Costumés comme le bâtiment AT&T de Claes -- avec un chapeau poisson.
Le clou de la pièce était à la fin.
Ce bel objet, le couteau de l'armée Suisse, auquel j'ai eu l'honneur de participer.
Je peux vous dire -- c'est totalement un Oldenburg.
Je n'ai rien avoir avec ça.
La seule chose que j'ai faite, c'est rendre la chose possible pour eux de transformer ces lames pour qu'il puisse naviguer cette chose dans le canal, car j'adore naviguer.
Nous en avons fait une embarcation à voile.
Je suis connu pour chambouler les choses comme ce grillage en fer.
Je le fais car c'est quelque chose de curieux dans la culture quand les choses sont faites en si grandes quantités, absorbées en si grandes quantités, et il y a tellement de déni envers ces choses.
Les gens détestent ces objets.
Et je suis fasciné par ces choses-là qui, comme les meubles en papier -- c'est un de ces matériaux.
Et cela m'attire toujours.
Et donc je fais beaucoup de choses sales avec des chaînes que personne ne me pardonnera.
Mais Claes a essayé de le faire comprendre à Loyola Law School.
Et cette chaîne est très chère.
Elle est en perspective et tout.
Et puis nous avons fait un camp ensemble pour les enfants atteints de cancer.
Et comme vous pouvez le voir, nous avons commencé à faire un bâtiment ensemble.
Bien sûr, le bidon de lait est le sien.
Mais nous tentions de confronter nos idées, de juxtaposer des objets.
Comme un Morandi -- comme les petites bouteilles qui le composent comme une nature morte.
Et c'était une façon de nous mettre lui et moi ensemble qui semblait fonctionner.
Et puis Jay Chiat m'a demandé de faire ce bâtiment dans ce drôle d'emplacement à Venice, et j'ai commencé avec ce truc en trois morceaux, et on y entrait par le milieu.
Et Jay m'a demandé ce que j'allais faire avec le morceau du milieu.
Et il a poussé ça.
Et un jour où j'avais un -- Oh, bon, dans l'autre sens.
J'avais les jumelles de Claes, et je les ai mises là, et je n'ai jamais pu m'en débarrasser après ça.
Oldenburg a rendu les jumelles incroyables quand il m'a envoyé la première maquette de la vraie position.
ça donnait au bâtiment un look d'enfer.
Et c'est cette interaction entre ce genre de, le coup de faire monter les enchères qui est devenu vraiment intéressant.
Cela a conduit au bâtiment à gauche.
Et je continue à penser que l'image dans Time Magazine sera celle avec les jumelles et laissera de côté le -- bon sang.
J'utilise beaucoup de métal dans mes oeuvres, à j'ai du mal à connecter ça avec le métier.
Le truc avec ma maison, l'utilisation de menuiserie brute etcetera, c'était la frustration par rapport à l'artisanat disponible.
Et j'ai dit, " si je ne peux pas avoir les techniques artisanales que je désire, j'utiliserai les techniques artisanales à ma disposition."
Et il y avait plein de modèles pour ça, chez Rauschenberg et Jasper Johns, et de nombreux artistes qui faisaient de magnifiques sculptures avec des matériaux recyclés.
Je me suis mis au métal parce que c'était une façon de construire un bâtiment qui était une sculpture.
Et c'était un matériau à tout faire, et le métal pouvait servir pour le toit comme pour les murs.
Et les métallurgistes, pour la plupart, font des conduits derrière le plafond et des trucs comme ça.
On m'a donné l'opportunité de concevoir une exposition pour les syndicats de métallurgistes d'Amérique et du Canada à Washington, et je l'ai fait à la condition qu'ils deviennent mes partenaires à l'avenir et qu'ils m'aident avec toutes mes constructions métalliques futures etc.
Et ça marche très bien le fait d'avoir ces gens, ces artisans, qui s'y intéressent.
Je ne fais que raconter les histoires.
D'une certaine manière, c'est une façon d'être en contact avec certaines de ces personnes qui sont si importantes pour la réalisation de l'architecture.
Le métal s'est retrouvé dans un bâtiment -- Herman Miller, à Sacramento.
Et c'est simplement un complexe de bâtiments d'usine.
Et Herman Miller à cette philosophie d'avoir un lieu -- un lieu pour les gens.
Je veux dire, c'est une banalité, mais il est vrai qu'il voulait avoir un lieu central où se trouverait la cafétéria, où les gens viendraient et où les gens qui travaillent interagiraient.
Donc c'est au milieu de nulle part, et vous vous en approchez.
C'est en cuivre et en galvanisé.
Et j'ai utilisé le galvanisé et le cuivre dans un diamètre très fin pour qu'il fasse une boucle.
J'ai passé beaucoup de temps à défaire l'esthétique de Richard Meier.
Tout le monde essaye d'obtenir des panneaux parfaits, et j'essaie toujours de faire qu'ils soient brouillons et flous.
Et ils finissent par avoir l'aspect de la pierre.
C'est la zone centrale.
Il y a une rampe d'accès.
Et ce petit dôme là-dedans c'est un bâtiment de Stanley Tigerman.
C'est Stanley qui m'a fait avoir ce boulot.
Et quand on m'a remis le contrat, au début, j'ai demandé au client s'il laisserait Stanley intervenir un peu avec moi.
Parce que c'étaient des idées dont nous discutions, construire des trucs l'un à côté de l'autre, en faisant -- il s'agit d'une métaphore de la ville peut-être.
Et donc Stanley a fait le petit dôme.
Et nous l'avons fait par téléphone et par fax.
Il m'envoyait un fax, me montrait quelque chose.
Il avait fait une construction avec un dôme et il avait mis une petite tour.
je lui ai dit, " non non, ça ne va pas du tout.
je ne veux pas la tour."
Alors il est revenu avec une construction plus simple mais il a mis de drôles de détail dessus et il l'a rapprochée de ma construction.
Et donc j'ai décidé de le mettre dans un creux.
Je l'ai mis dans un trou et j'ai fait un genre de trou au milieu.
Et ensuite il a mis deux ponts -- tout ça c'est passé par fax, avec des échanges sur deux ou trois semaines.
Et il a mis ces deux ponts avec des garde-fous roses.
Et ensuite j'ai mis ce grand panneau d'affichage derrière.
Et je l'ai appelé "David et Goliath."
Et voilà ma cafétéria.
A Boston nous avions ce vieux bâtiment sur la gauche.
C'était un bâtiment bien visible depuis l'autoroute, et nous avons ajouté un étage, nous l'avons nettoyé, réparé et nous avons utilisé -- je le pensais -- le langage du quartier, avec ces corniches, ces corniches qui avancent.
Les miennes étaient un peu exubérantes, mais j'ai utilisé du cuivre et du plomb, un matériau magnifique, et il devient vert au bout d'une centaine d'années.
Plutôt que du cuivre qui met 10 ou 15 ans.
Nous avons refait le côté du bâtiment et redimensionné les fenêtres pour qu'il s'intègre dans l'espace.
Et Boston et moi-même avons été surpris qu'il obtienne l'approbation, parce qu'ils ont des directives de design très strictes et ne pensaient pas que je pourrais m'y plier.
On a été très minutieux avec le cuivre plomb et dans la fabrication des panneaux et leur fixation solide dans le bâtiment existant.
A Barcelone, sur les Ramblas, pour un festival du film. J'ai fait aller et venir le panneau de Hollywood, j'en ai fait un bâtiment, ils l'ont construit.
J'y suis allé en avion un soir j'ai pris cette photo.
Mais ils l'ont fait un tiers plus petit que mon modèle sans me le dire.
Et ensuite plus de métal et plus de maillons de chaîne à Santa Monica -- un petit centre commercial.
Et c'est le laboratoire laser de l'université de l'Iowa, dans lequel les poissons reviennent comme une abstraction dans le fond.
C'est le laboratoire d'appui qui, par coïncidence, n'a pas besoin de fenêtres.
Et la forme allait parfaitement.
J'ai juste relié les pointes.
Dans la partie incurvée il y a tout l'équipement mécanique.
Et ce mur plein derrière c'est pour faire passer les tuyaux et donc c'était une occasion que j'ai saisie, parce que je n'avais pas besoin de faire dépasser des conduits ou des trucs du genre dans cette forme.
ça me donnait la possibilité d'en faire une sculpture.
C'est une petite maison quelque part.
Ça fait si longtemps qu'ils la construisent que je ne me rappelle pas où elle se trouve.
C'est dans la vallée ouest.
Et nous avons commencé avec le cours d'eau, et nous avons construit la maison le long du cours d'eau -- sur lequel nous avons fait un barrage pour faire un lac.
Voici les maquettes.
La réalité, avec le lac -- la réalisation est plutôt mauvaise.
Et ça m'a rappelé pourquoi je joue la prudence pour des choses comme ma maison.
quand vous devez faire quelque chose très bon marché, c'est difficile d'obtenir des angles parfaits etc.
Ce gros truc en métal c'est un passage, et il est -- en descendant le séjour et on descend encore dans la chambre, qui est sur la droite.
C'est un peu comme une ville entière.
On m'a demandé de faire un hôpital pour adolescents schizophrènes à Yale.
Et j'ai pensé que ça m'allait bien de faire ça.
C'est une maison à côté de la maison Philippe Johnston dans le Minnesota.
Les propriétaires avaient un dilemme -- ils avaient demandé à Philippe de la faire.
Il était trop occupé.
Il ne m'a pas recommandé, en fait.
Nous avons fini par devoir en faire une sculpture, parce que le dilemme était, comment faire un bâtiment qui ne ressemble pas au langage?
Est-ce que ce beau domaine aura l'air d'être subdivisé?
etc. etc.
Vous voyez ce que je veux dire.
Et donc nous avons fini par le faire.
Ces gens sont des collectionneurs d'art.
Et nous avons fini par le faire pour qu'il ait l'air très sculptural depuis la maison principale, et toutes les fenêtres sont de l'autre côté.
Et le bâtiment est très sculptural quand on en fait le tour à pied.
Il est en métal et le matériau marron c'est du contreplaqué -- fait à partir de bois de Finlande.
Nous l'avons utilisé pour la chapelle à Loyola, et ça n'a pas marché.
Je continue à essayer de m'en servir.
Dans ce cas nous avons appris comment le détailler.
A Cleveland, il y a Burnham Mall, à gauche.
Il n'a jamais été terminé.
En allant vers le lac, vous pouvez voir tous ces nouveaux bâtiments que nous avons construits.
Et nous avons eu la possibilité de construire un bâtiment sur ce site.
Il y a une voie ferrée.
C'est la mairie quelque part par ici, et le tribunal.
Et la ligne centrale du centre commercial va vers l'extérieur.
Burnham avait dessiné une gare qui n'a jamais été construite, et nous sommes partis de là.
Sohio est dans l'axe ici, et nous avons suivi l'axe, et ça fait comme deux poteaux de but.
Et voici notre bâtiment, qui est le siège central d'une compagnie d'assurances.
Nous avons collaboré avec Oldenburg et mis le journal sur le dessus, plié.
Le club de sport est attaché au garage par un serre-joint, en forme de C pour Cleveland.
On y descend en voiture.
C'est donc un serre-joint de 10 étages.
Et tout ce truc en bas c'est un musée, et une idée pour une entrée voitures très fantaisie.
Ce propriétaire à une sainte horreur des vilaines entrées voitures.
Et ceci est un hôtel.
Donc, la ligne centrale de cette chose -- nous l'avons conservée, et elle commencerait à fonctionner avec l'échelle des nouveaux bâtiments de Pelli et Kohn Pederson Fox, etc., qui sont en construction.
Il est difficile de faire des gratte-ciels.
Je suis beaucoup plus à l'aise avec des petites tailles.
C'est une propriété à Brentwood.
Il y a longtemps, en 82 ou dans ces eaux-là, après ma maison -- j'ai conçu une maison pour moi qui serait un village de plusieurs pavillons autour d'une cour -- et la propriétaire de ce lot travaillait pour moi et a réalisé la maquette de gauche.
Et elle est revenue, je présume qu'elle était plus riche ou quelque chose comme ça -- il s'est passé quelque chose -- et elle m'a demandé de dessiner une maison pour elle sur ce site.
Et en suivant l'idée de base du village, nous l'avons modifiée une fois que nous nous y sommes vraiment mis.
J'ai enfermé la maison dans le site en coupant le fond -- ici vous voyez les photos du site -- en la coupant en mettant toutes les salles de bains et les dressings comme le mur de soutènement, en créant une zone de niveau inférieur pour la chambre principale, que j'ai dessiné comme une sorte de péniche, qui ressemble à un bateau.
Et voilà, c'est construit.
Le dôme correspond à une demande de la cliente.
Elle voulait un dôme quelque part dans la maison.
Peu importe où.
quand vous dormez dans cette chambre j'espère -- Je veux dire, je n'ai pas encore dormi dedans.
je lui ai proposé de l'épouser pour que je puisse dormir là mais elle a dit que ce n'était pas nécessaire.
Mais quand vous êtes dans cette chambre, vous avez l'impression d'être sur une péniche sur un lac.
Et c'est très intime.
Le paysage est construit autour pour créer un jardin privé.
Et ensuite au-dessus il y a un jardin de ce côté du salon, et un de l'autre côté.
Ils sont un peu flous.
Je ne sais pas comment le faire d'ici.
Faites le point sur celui de droite.
C'est là haut.
A gauche -- c'est ma droite.
En fait, pénétrer dans un jardin avec un beau bosquet d'arbres.
Voilà le salon.
Les apparetements des domestiques.
Une chambre d'invités, qui à ce dôme couvert de marbre.
Et ensuite vous pénétrez dans le salon etc.
Voici la chambre.
Vous descendez de ce niveau par l'escalier et vous pénétrez dans la chambre ici, en entrant dans le lac.
Et le lit est au fond dans cet espace, avec des fenêtres qui donnent sur le lac.
Ces trucs genre Stonehenge ont été conçu pour faire un avant-plan et créer une plus grande profondeur dans cet espace.
Le matériau est du cuivre plomb, comme pour le bâtiment de Boston.
Et donc j'avais l'intention de transformer cette petite parcelle de terre -- 100 par 200 -- en un domaine en séparant ces zones et en transformant le salon et la salle à manger en ce pavillon avec un vaste espace à l'intérieur.
Et c'est arrivé par accident si j'ai aligné ça sur un axe avec la table de la salle à manger.
Il semble que j'ai gagné un tableau de Baldessari.
mais l'idée est, les fenêtres sont toutes placées pour que vous voyez des morceaux de la maison dehors.
Au final, tout cela sera entouré d'écran -- ces arbres vont pousser -- et ce sera très intime.
Et vous avez l'impression que vous êtes dans votre propre village.
C'est pour Michael Eisner - Disney.
Nous travaillons pour lui.
Et c'est à Anaheim, Californie, et c'est un bâtiment sur l'autoroute.
On passe sous ce pont à environ 100 km/h, et il y a un autre pont ici.
Et on traverse cette pièce en une fraction de seconde, et le bâtiment reflètera cela.
Sur la face arrière, c'est bien plus humain -- une entrée, une salle de restaurant etc.
Et puis il y a ce truc ici -- j'espère qu'en passant en voiture vous entendrez l'effet de barrières du son qui le frappe.
Un truc marrant à faire.
Je fais un bâtiment en Suisse, à Bale, qui est un immeuble de bureaux pour une compagnie de meubles.
Et nous avons eu du mal avec l'image.
Voici les premières études, mais ils doivent vendre des meubles à des gens ordinaires alors si je faisais un bâtiment trop fantaisiste, les gens diraient, "oui, les meubles ont l'air bien là-dedans, mais non ça ne ressemblera à rien dans mon bâtiment normal."
Alors nous avons fait une dalle pragmatique dans la deuxième phase ici, et nous avons pris les installations de conférence et nous en avons fait une villa pour que l'espace communal soit très sculptural et séparé.
Et vous le regardez depuis les bureaux et vous créez une sorte d'interaction entre ses pièces.
C'est à Paris, le long de la Seine.
Le palais des sports, la Gare de Lyon là-bas.
Le ministre des finances -- le gars qui a déménagé du Louvre -- rentre là-dedans.
Il y a une nouvelle bibliothèque de l'autre côté de la rivière.
Et de ce côté-ci, dans ce parc déjà arboré, nous faisons un bâtiment très dense appelé American center, avec un théâtre, des appartements, une école de danse, un musée d'art, des restaurants et toutes sortes -- c'était un programme très dense -- des librairies etc.
Dans un très petit -- c'est le rez-de-chaussée.
Et les français ont une manière extraordinaire de bousiller les choses en prenant un beau site et en en coupant un coin.
Ils appellent ça un plan de coupe.
Et j'ai bataillé avec ce truc -- comment passer autour du coin.
Voici les maquettes.
Je vous ai montré l'autre maquette, celle -- c'est comme ça que je me suis organisé pour pouvoir faire le dessin -- et pour comprendre le problème.
J'essayais de contourner ce plan de coupe -- comment faire?
Appartements, etc.
Et ce sont les maquettes d'études que nous avons faites.
Et celle de gauche est assez horrible.
Vous pouvez voir pourquoi j'étais prêt à me suicider quand on a construit celui-là.
Mais de là est finalement sorti cette résolution, où l'ascenseur fonctionnait frontalement, parallèlement à cette rue et aussi parallèlement à ici.
Et puis il y a ce petit truc, avec ce balcon et la jupe, un peu comme une ballerine qui soulève sa jupe pour me laisser entrer dans le foyer.
Les restaurants ici -- les appartements et le théâtre, etc.
Alors il serait entièrement construit en pierre, en comblanchien, sauf pour cette pièce en métal.
Et il est face au parc.
Et l'idée était que ça exprime l'énergie de cela.
Sur le côté qui donne sur la rue c'est beaucoup plus normal, sauf que j'ai glissé une ou deux mansardes vers le bas, et ça vient donc sur la pointe, ces unités d'habitation ont fait un geste vers le coin.
Et ça ce sera un panneau d'affichage high-tech.
Si l'un d'entre vous a idée de ce qu'on peut en faire, contactez-moi.
Je ne sais pas quoi faire.
Jay Chiat est maso, et il m'a embauché pour lui faire une maison dans le Hamptons.
Et elle a un poisson.
Et je continue à penser, "Ce sera le dernier poisson."
C'est comme un drogué.
Je dit que je ne le referai plus -- je ne veux plus le faire -- Je ne vais pas le faire.
Et puis je le fais.
Et voilà.
Mais c'est le salon.
Et cette pièce est -- Je ne sais pas ce que c'est.
J'ai juste ajouté ça pour que nous ayons assez d'argent dans le budget pour pouvoir enlever quelque chose.
C'est EuroDisney, et j'ai travaillé avec tous ces gens que je vous ai présentés tout à l'heure.
Nous nous sommes bien amusés à travailler ensemble.
Je pense qu'ils croient que je viens de Mars, et pour moi c'est eux qui viennent de Mars, mais d'une certaine façon nous arrivons à travailler ensemble, et je pense de façon productive.
Jusqu'à présent.
C'est un truc commercial.
Vous venez au Royaume Magique et l'hôtel que le groupe de Tony Baxter est en train de faire ici --
Et puis c'est une centre commercial, avec un rodéo et des restaurants.
Et un autre restaurant.
Ce que j'ai fait -- parce que le ciel de Paris étant plutôt morne, j'ai fait une grille légère qui est perpendiculaire à la gare, vers le trajet du train.
C'est comme s'il était ici, et puis toutes ces formes simples s'y écrasaient.
La grille légère aura une lumière, qui sera allumée la nuit et donnera un genre de plafond lumineux.
En Suisse -- en Allemagne en fait -- sur le Rhin en face de Bâle, nous avons fait une usine de meubles et un musée du meuble.
Et j'ai essayé de -- Il y a un un bâtiment Nick Grimshaw ici, il y a une sculpture Oldenburg ici -- J'ai essayé d'établir une relation urbanistique.
Et je n'ai pas donné de bonnes diapos à montrer -- ça vient juste d'être terminé -- mais cette pièce ici est ce bâtiment, et ces pièces ici et ici.
Et quand vous passez devant ça fait toujours partie de -- vous voyez le tout comme faisant un seul ensemble.
C'est en plâtre et en zinc.
Et vous vous demandez si c'est un musée, à quoi ça va ressembler à l'intérieur?
Si il va y avoir tellement d'affluence et que ça va être tellement dingue que vous ne montreriez rien et vous attendriez.
Je suis si rusé et malin -- je l'ai fait calme et merveilleux.
Mais de l'extérieur, ça vous hurle un peu après.
C'est en fait essentiellement trois pièces carrées avec deux ou trois lucarnes et des trucs.
Et depuis le bâtiment dans le fond, vous le voyez comme un iceberg qui flotte dans les collines.
Je sais que j'ai dépassé le temps qui m'était imparti.
Vous voyez, cette lucarne descend et devient celle-ci.
Alors c'est plutôt calme à l'intérieur.
C'est le Disney Hall -- la salle de concert.
C'est un projet compliqué.
Il y a une salle de réunion.
C'est en rapport avec un Pavillon Chandler existant qui a été construit avec beaucoup d'amour, de larmes et de soin.
Et ce n'est pas un bâtiment génial, mais j'ai adopté une approche optimiste, que nous établirions une relation compositionnelle entre nous qui nous rendrait tous les deux plus forts.
Et le plan est le suivant -- c'est une salle de concert.
C'est le foyer, qui est une sorte de structure de jardin.
Le centre commercial est au rez-de-chaussée.
Ce sont les bureaux, que vraiment, dans le concours, nous n'avions pas à concevoir.
Mais finalement, il y a un hôtel là.
C'est le genre de relation établie avec le Chandler, composant ces élévations ensemble et les mettant en relation avec les bâtiments qui existaient -- avec MOCA etc.
L'acousticien du concours nous a donné des critères qui ont conduit à ce plan compartimenté, au sujet duquel nous avons découvert après le concours qu'il ne fonctionnerait pas du tout.
Mais tout le monde aimait ces formes et aimait l'espace, et donc c'est un des problèmes d'un concours.
Vous devez alors essayer de rester dans la course d'une façon ou d'une autre.
Et nous avons étudié de nombreuses maquettes.
C'était notre maquette d'origine.
Voici les trois bâtiments qui étaient idéaux -- le Concertgebouw, Boston et Berlin.
Tout le monde aimait le surround.
En fait, c'est la plus petite salle par la taille, et elle a plus de sièges que toutes les autres parce qu'elle a des doubles balcons.
Notre client ne veut pas de balcons, alors -- et quand nous avons rencontré notre nouvel acousticien, il nous a dit ça c'était la bonne forme ou ça c'était la bonne forme.
Et nous avons essayé de nombreuses formes, essayé d'obtenir l'énergie du design original en gardant un format acoustique acceptable.
Nous sommes finalement tombés d'accord sur une forme qui était la proportion du Concertgebouw avec les murs extérieurs inclinés, dont l'acousticien avait dit qu'ils étaient cruciaux et a décidé plus tard qu'ils ne l'étaient plus, mais maintenant nous les avons.
Et notre idée est de faire la partie des sièges très sculpturale en bois et comme un gros bateau au milieu de cette salle en plâtre.
C'est l'idée.
Et les coins auraient des lucarnes et ces colonnes seraient sculpturales.
Et ce qui est chouette dans le fait de rajouter des colonnes c'est qu'elles vous donnent une impression d'avant-scène par rapport à l'endroit où vous êtes assis, et créaient une intimité.
Maintenant, ce n'est pas le design final -- ceux-là sont inachevés -- et donc je ne le prendrais pas littéralement, sauf l'impression d'espace.
Nous avons étudié l'acoustique avec des trucs laser, et ils les envoient là dessus et ils voient comment ça marche.
Mais vous avez l'impression de la salle en section.
La plupart des salles viennent tout droit dans une avant-scène.
Dans ce cas nous l'ouvrons vers l'arrière et mettons des lucarnes dans les quatre coins.
Et donc il aura une forme assez différente.
Le bâtiment original, parce qu'il avait l'air d'une grenouille, allait bien sur le site et se tenait bien debout.
Quand vous entrez dans une boite, c'est plus dur à faire -- et nous voilà, en train de batailler pour faire entrer l'hôtel là-dedans.
Et voici une théière que j'ai dessinée pour Alessi.
Je l'ai mise là.
Mais c'est comme ça que je travaille. Je prends de trucs ici et là et j'observe et je bataille avec et je le découpe.
Et bien sûr ça ne ressemblera pas à ça, mais c'est la façon folle avec laquelle j'ai tendance à travailler.
Et puis finalement, à Los Angeles on m'a demandé de faire une sculpture au pied de l'Interstate Bank Tower, l'immeuble le plus haut de L.A.
Larry Halprin fait les escaliers.
Et on m'a demandé de faire un poisson, donc j'ai fait un serpent.
C'est un espace public, et et j'en ai fait une sculpture de jardin, et on peut entrer dedans.
C'est une Kiva et Larry met de l'eau dedans, et ça marche bien mieux qu'un poisson.
A Barcelone on m'a demandé de faire un poisson, et nous y travaillons, au pied du RItz-Carlton que Skidmore, Owings and Merrill. sont en train de faire.
ET la tour du Ritz-Carlton est dessinée avec de l'acier exposé, non ignifugé, un peu comme ces anciennes citerne de gaz.
Et donc nous avons pris le langage de cet acier exposé et nous l'avons utilisé, nous l'avons perverti, en forme d'un poisson, et nous avons créé un bidule du 19ème siècle qui ressemble à, qui sera -- voici la plage et le port là-bas devant, et ceci est en fait un centre commercial avec des grands magasins.
Et nous coupons en deux ces ponts.
Au départ, c'était solide avec un trou dedans.
Nous les avons coupés et avons fait plusieurs ponts et créé une sorte de premier plan pour cet hôtel.
Nous avons montré ça aux gens de l'hôtel l'autre jour et ils ont été terrifiés et ils ont dit que personne ne viendrait plus au Ritz-Carlton à cause de ce poisson.
et pour finir, j'ai juste mis ces trucs-là --Lou Danziger.
Je ne m'attendais pas à ce que Lou Danziger soit ici mais c'est un bâtiment que j'ai fait pour lui en 1964, je crois.
Un petit studio -- et c'est triste mais il est à vendre.
Le temps passe.
Et voici mon fils qui travaille avec moi sur ce petit projet fast-food.
Il a conçu le robot comme un caissier et la tête bouge et j'ai fait le reste.
Mais la nourriture n'était pas aussi bonne que ce truc est donc ça n'a pas marché.
Ça aurait dû être le contraire la nourriture aurait dû être bonne d'abord.
Ça n'a pas marché.
Merci beaucoup. |
Mechai Viravaidya: How Mr. Condom made Thailand a better place for life and love
TED Talk Subtitles and Transcript: Thailand's "Mr. Condom," Mechai Viravaidya, retells the country's bold plan to raise its standard of living, starting in the 1970s. First step: population control. And that means a lot of frank, funny -- and very effective -- talk about condoms.
Welcome to Thailand.
Now, when I was a young man -- 40 years ago, the country was very, very poor with lots and lots and lots of people living in poverty.
We decided to do something about it, but we didn't begin with a welfare program or a poverty reduction program.
But we began with a family-planning program, following a very successful maternal child health activity, sets of activities.
So basically, no one would accept family planning if their children didn't survive.
So the first step: get to the children, get to the mothers, and then follow up with family planning.
Not just child mortality alone, you need also family planning.
Now let me take you back as to why we needed to do it.
In my country, that was the case in 1974.
Seven children per family -- tremendous growth at 3.3 percent.
There was just no future.
We needed to reduce the population growth rate.
So we said, "Let's do it."
The women said, "We agree. We'll use pills, but we need a doctor to prescribe the pills," and we had very, very few doctors.
We didn't take no as an answer; we took no as a question.
We went to the nurses and the midwives, who were also women, and did a fantastic job at explaining how to use the pill.
That was wonderful, but it covered only 20 percent of the country.
What do we do for the other 80 percent -- leave them alone and say, "Well, they're not medical personnel."
No, we decided to do a bit more.
So we went to the ordinary people that you saw.
Actually, below that yellow sign -- I wish they hadn't wiped that, because there was "Coca-Cola" there.
We were so much bigger than Coca-Cola in those days.
And no difference, the people they chose were the people we chose.
They were well-known in the community, they knew that customers were always right, and they were terrific, and they practiced their family planning themselves.
So they could supply pills and condoms throughout the country, in every village of the country.
So there we are. We went to the people who were seen as the cause of the problem to be the solution.
Wherever there were people -- and you can see boats with the women, selling things -- here's the floating market selling bananas and crabs and also contraceptives -- wherever you find people, you'll find contraceptives in Thailand.
And then we decided, why not get to religion because in the Philippines, the Catholic Church was pretty strong, and Thai people were Buddhist.
We went to them and they said, "Look, could you help us?"
I'm there -- the one in blue, not the yellow -- holding a bowl of holy water for the monk to sprinkle holy water on pills and condoms for the sanctity of the family.
And this picture was sent throughout the country.
So some of the monks in the villages were doing the same thing themselves.
And the women were saying, "No wonder we have no side-effects.
It's been blessed."
That was their perception.
And then we went to teachers.
You need everybody to be involved in trying to provide whatever it is that make humanity a better place.
So we went to the teachers.
Over a quarter of a million were taught about family planning with a new alphabet -- A, B for birth, C for condom, I for IUD, V for vasectomy.
And then we had a snakes and ladders game, where you throw dice.
If you land on anything pro-family planning, you move ahead.
Like, "Mother takes the pill every night.
Very good, mother. Move ahead.
Uncle buys a condom. Very good, uncle. Move ahead.
Uncle gets drunk, doesn't use condom. Come back, start again."
Again, education, class entertainment.
And the kids were doing it in school too.
We had relay races with condoms, we had children's condom-blowing championship.
And before long, the condom was know as the girl's best friend.
In Thailand, for poor people, diamonds don't make it -- so the condom is the girl's best friend.
We introduced our first microcredit program in 1975, and the women who organized it said, "We only want to lend to women who practice family planning.
If you're pregnant, take care of your pregnancy.
If you're not pregnant, you can take a loan out from us."
And that was run by them.
And after 35/36 years, it's still going on.
It's a part of the Village Development Bank; it's not a real bank, but it's a fund -- microcredit.
And we didn't need a big organization to run it -- it was run by the villagers themselves.
And you probably hardly see a Thai man there, it's always women, women, women, women.
And then we thought we'd help America, because America's been helping everyone, whether they want help or not.
And this is on the Fourth of July.
We decided to provide vasectomy to all men, but in particular, American men to the front of the queue, right up to the Ambassador's residence during his [unclear].
And the hotel gave us the ballroom for it -- very appropriate room.
And since it was near lunch time, they said, "All right, we'll give you some lunch.
Of course, it must be American cola.
You get two brands, Coke and Pepsi.
And then the food is either hamburger or hotdog."
And I thought a hotdog will be more symbolic.
And here is this, then, young man called Willy Bohm who worked for the USAID.
Obviously, he's had his vasectomy because his hotdog is half eaten, and he was very happy.
It made a lot of news in America, and it angered some people also.
I said, "Don't worry. Come over and I'll do the whole lot of you."
And what happened?
In all this thing, from seven children to 1.5 children, population growth rate of 3.3 to 0.5.
You could call it the Coca-Cola approach if you like -- it was exactly the same thing.
I'm not sure whether Coca-Cola followed us, or we followed Coca-Cola, but we're good friends.
And so that's the case of everyone joining in.
We didn't have a strong government. We didn't have lots of doctors.
But it's everybody's job who can change attitude and behavior.
Then AIDS came along and hit Thailand, and we had to stop doing a lot of good things to fight AIDS.
But unfortunately, the government was in denial, denial, denial.
So our work wasn't affected.
So I thought, "Well, if you can't go to the government, go to the military."
So I went to the military and asked to borrow 300 radio stations.
They have more than the government, and they've got more guns than the government.
So I asked them, could they help us in our fight against HIV.
And after I gave them statistics, they said, "Yes. Okay. You can use all the radio stations, television stations."
And that's when we went onto the airwaves.
And then we got a new prime minister soon after that.
And he said, "Mechai, could you come and join?"
He asked me in because he liked my wife a lot.
So I said, "Okay."
He became the chairman of the National AIDS Committee and increased the budget fifty-fold.
Every ministry, even judges, had to be involved in AIDS education -- everyone -- and we said the public, institutions, religious institutions, schools -- everyone was involved.
And here, every media person had to be trained for HIV.
And we gave every station half a minute extra for advertising to earn more money.
So they were happy with that.
And then AIDS education in all schools, starting from university.
And these are high school kids teaching high school kids.
And the best teachers were the girls, not the boys, and they were terrific.
And these girls who go around teaching about safe sex and HIV were known as Mother Theresa.
And then we went down one more step.
These are primary school kids -- third, fourth grade -- going to every household in the village, every household in the whole of Thailand, giving AIDS information and a condom to every household, given by these young kids.
And no parents objected, because we were trying to save lives, and this was a lifesaver.
And we said, "Everyone needs to be involved."
So you have the companies also realizing that sick staff don't work, and dead customers don't buy.
So they all trained.
And then we have this Captain Condom, with his Harvard MBA, going to schools and night spots.
And they loved him. You need a symbol of something.
In every country, every program, you need a symbol, and this is probably the best thing he's ever done with his MBA.
And then we gave condoms out everywhere on the streets -- everywhere, everywhere.
In taxis, you get condoms.
And also, in traffic, the policemen give you condoms -- our "cops and rubbers" programs.
So, can you imagine New York policemen giving out condoms?
Of course I can. And they'd enjoy it immensely; I see them standing around right now, everywhere.
Imagine if they had condoms, giving out to all sorts of people.
And then, new change, we had hair bands, clothing and the condom for your mobile phone during the rainy season.
And these were the condoms that we introduced.
One says, "Weapon of mass protection."
We found -- you know -- somebody here was searching for the weapon of mass destruction, but we have found the weapon of mass protection: the condom.
And then it says here, with the American flag, "Don't leave home without it."
But I have some to give out afterward.
But let me warn you, these are Thai-sized, so be very careful.
And so you can see that condoms can do so many things.
Look at this -- I gave this to Al Gore and to Bill Senior also.
Stop global warming; use condoms.
And then this is the picture I mentioned to you -- the weapon of mass protection.
And let the next Olympics save some lives.
Why just run around?
And then finally, in Thailand we're Buddhist, we don't have a God, so instead, we say, "In rubber we trust."
So you can see that we added everything to our endeavor to make life better for the people.
We had condoms in all the refrigerators in the hotels and the schools, because alcohol impairs judgment.
And then what happened?
After all this time, everybody joined in.
According to the U.N., new cases of HIV declined by 90 percent, and according to the World Bank, 7.7 million lives were saved.
Otherwise there wouldn't be many Thais walking around today.
So it just showed you, you could do something about it.
90 percent of the funding came from Thailand.
There was political commitment, some financial commitment, and everybody joined in the fight.
So just don't leave it to the specialists and doctors and nurses.
We all need to help.
And then we decided to help people out of poverty, now that we got AIDS somewhat out of the way -- this time, not with government alone, but in cooperation with the business community.
Because poor people are business people who lack business skills and access to credit.
Those are the things to be provided by the business community.
We're trying to turn them into barefoot entrepreneurs, little business people.
The only way out of poverty is through business enterprise.
So, that was done.
The money goes from the company into the village via tree-planting.
It's not a free gift.
They plant the trees, and the money goes into their microcredit fund, which we call the Village Development Bank.
Everybody joins in, and they feel they own the bank, because they have brought the money in.
And before you can borrow the money, you need to be trained.
And we believe if you want to help the poor, those who are living in poverty, access to credit must be a human right.
Access to credit must be a human right.
Otherwise they'll never get out of poverty.
And then before getting a loan, you must be trained.
Here's what we call a "barefoot MBA," teaching people how to do business so that, when they borrow money, they'll succeed with the business.
These are some of the businesses: mushrooms, crabs, vegetables, trees, fruits, and this is very interesting -- Nike ice cream and Nike biscuits; this is a village sponsored by Nike.
They said, "They should stop making shoes and clothes.
Make these better, because we can afford them."
And then we have silk, Thai silk.
Now we're making Scottish tartans, as you can see on the left, to sell to all people of Scottish ancestors.
So anyone sitting in and watching TV, get in touch with me.
And then this is our answer to Starbucks in Thailand -- "Coffee and Condoms."
See, Starbucks you awake, we keep you awake and alive.
That's the difference.
Can you imagine, at every Starbucks that you can also get condoms?
You can order your condoms with your with your cappuccino.
And then now, finally in education, we want to change the school as being underutilized into a place where it's a lifelong learning center for everyone.
We call this our School-Based Integrated Rural Development.
And it's a center, a focal point for economic and social development.
Re-do the school, make it serve the community needs.
And here is a bamboo building -- all of them are bamboo.
This is a geodesic dome made of bamboo.
And I'm sure Buckminster Fuller would be very, very proud to see a bamboo geodesic dome.
And we use vegetables around the school ground, so they raise their own vegetables.
And then, finally, I firmly believe, if we want the MDGs to work -- the Millennium Development Goals -- we need to add family planning to it.
Of course, child mortality first and then family planning -- everyone needs family planning service -- it's underutilized.
So we have now found the weapon of mass protection.
And we also ask the next Olympics to be involved in saving lives.
And then, finally, that is our network.
And these are our Thai tulips.
Thank you very much indeed. | Mechai Viravaidya : Comment Mr Préservatif a fait de la Thailande un endroit meilleur.
TED Talk Subtitles and Transcript: A TEDxChange, le "Mr Préservatif" de la Thailande, Mechai Viravaidya nous guide à travers le plan audacieux visant à élever le niveau de vie du pays, en commençant dans les années 1970. Première étape: le contrôle de la population. Et cela signifie beaucoup de franc-parler, d'humour et de pragmatisme dans ses discours sur les préservatifs.
Bienvenue en Thailande.
Bon, quand j'étais un jeune homme, il y a 40 ans, le pays était très, très pauvre avec des tas et des tas de gens vivant dans la misère.
On a décidé de faire quelque chose pour remédier à cela, mais on n'a pas commencé par un programme d'aide sociale ou un programme de réduction de la pauvreté.
Mais on a commencé par un programme de planning familial, suivant une action très réussie pour la santé des mères et des enfants, une série d'activités.
Donc, en gros, personne n'accepterait un planning familial si ses enfants ne survivaient pas.
Donc la première étape : s'occuper des enfants, s'occuper des mères, et continuer ensuite avec un planning familial.
Pas seulement la mortalité infantile, vous avez aussi besoin d'un planning familial.
Maintenant laissez-moi vous ramenez dans le passé pour vous expliquer pourquoi nous avions besoin de faire ça.
Dans mon pays, la situation en 1974 était la suivante.
Sept enfants par famille. Un taux de croissance énorme de 3,3%.
Il n'y avait pas d'avenir.
Il nous fallait réduire le taux de croissance de la population.
On a donc dit, "Allons-y."
Les femmes ont dit, "On est d'accord. On prendra la pilule, mais on a besoin d'un docteur pour prescrire la pilule." et nous avions très, très peu de docteurs.
On n'a pas pris ce non comme une réponse on a pris ce non comme une question.
On est allé voir les infirmières et les sage-femmes, qui sont aussi des femmes, et fait un travail fantastique pour expliquer comment utiliser la pilule.
C'était merveilleux mais cela ne couvrait que 20% du pays.
Qu'est-ce que l'on fait pour les 80% restants -- on les laisse à leur sort et on dit, "Et bien, ils ne sont pas du personnel médical"?
Non, on a décidé de faire un peu plus.
Donc on est allé voir les gens ordinaires que vous avez vus.
En fait, sous ce panneau jaune --- j'aurais aimé qu'ils ne l'effacent pas, parce qu'il y avait "Coca-Cola" là.
On était tellement plus important que Coca-Cola à l'époque.
Et pas de différence, les gens qu'ils ciblaient étaient les gens qu'on ciblait.
Ils étaient connus dans la société, ils savaient que les consommateurs avaient toujours raison, et ils étaient formidables, et ils ont pratiqué le planning familial eux-mêmes.
Ils pouvaient donc fournir des pilules et des préservatifs à travers le pays, dans chaque village du pays.
Et nous voila. On est allé voir les gens qui étaient perçus comme la cause du problème pour qu'ils deviennent la solution.
Partout où il y avait des gens -- et vous pouvez voir des bateaux avec des femmes -- vendant des choses -- voici le marché flottant où sont vendus des bananes et des crabes et aussi des contraceptifs -- partout où vous trouvez des gens, vous trouverez des contraceptifs en Thailande.
Et ensuite on a décidé, pourquoi ne pas entrer en contact avec la religion parce qu'aux Philippines, l'Eglise Catholique était très influente, et les Thais étaient bouddhistes.
On est allé les voir, et ils ont dit "Ecoutez, pouvez-vous nous aider ?"
Je suis là, celui en bleu, pas le jaune, tenant un bol d'eau bénite pour que le moine asperge d'eau bénite les pilules et les préservatifs et qu'il bénisse la famille.
Et cette photo a été envoyée dans tous le pays.
Donc certains des moines dans les villages faisaient la même chose eux-mêmes.
Et les femmes disaient, "Pas étonnant qu'on ne souffre pas d'effets secondaires.
Cela a été béni."
C'était leur perception.
Et ensuite, on est allé voir les professeurs.
Vous avez besoin que tout le monde soit impliqué pour essayer de fournir quoi que ce soit qui fasse de l'humanité un meilleur endroit.
On est donc allé voir les professeurs.
Plus de 250 000 ont été formés sur le planning familial avec un nouvel alphabet -- A, B pour naissance, C pour préservatif, I pour DIU, V pour vasectomie.
Et puis nous avons eu le jeu de l'oie, où vous jetez les dés.
Si vous tombez sur une case avec la planification familiale, vous avancez.
Par exemple, "La maman prent la pilule tous les soirs.
Très bien, maman. Avance d'une case.
Tonton achète un préservatif. Très bien, tonton. Avance d'une case.
Tonton se soûle, n'utilise pas de préservatif. Tu retournes à la case départ."
Encore une fois, l'éducation, le divertissement en classe.
Et les enfants y jouaient en classe aussi.
On a eu des courses de relais avec les préservatifs. Nous avons eu championnats de gonflage de préservatifs pour enfants.
Et très vite, le préservatif était réputé être le meilleur ami des filles.
En Thaïlande, pour les pauvres, les diamants ne font pas l'affaire. Donc le préservatif est le meilleur ami des filles.
Nous avons lancé notre premier programme de micro-crédit en 1975, et les femmes qui l'organisaient disaient, "Nous voulons seulement prêter aux femmes qui pratiquent le planning familial.
Si vous êtes enceinte, prenez soin de votre grossesse.
Si vous n'êtes pas enceinte, vous pouvez prendre un prêt chez nous. "
Et cela a été géré par elles.
Et après 35/36 ans, cela continue.
Cela fait partie de la Village Development Bank. Ce n'est pas une banque réelle mais c'est un fonds -- microcrédit.
Et on n'avait pas besoin d'une grosse organisation pour gérer ça. C'était géré par les villageois eux-mêmes.
Et vous n'y verrez probablement pas d'homme Thai. C'est toujours des femmes, des femmes, des femmes, des femmes.
Et puis on a pensé que l'on aiderait l'Amérique, parce que l'Amérique aide tout le monde, qu'ils veulent de l'aide ou pas.
Et c'est le 4 Juillet.
On a décidé de proposer des vasectomies à tous les hommes, mais en particulier, les hommes américains au début de la file d'attente, juste à côté de la résidence de l'Ambassadeur pendant son [Pas clair].
Et l'hôtel nous a donné la salle de bal pour ça. Une salle très appropriée.
Et comme il était bientôt l'heure du déjeuner ils ont dit "Très bien, on va vous servir le repas.
Bien entendu, ce sera du Cola américain.
Vous avez deux marques, Coke et Pepsi.
Et puis la nourriture est soit hamburger soit hotdog. "
Et je me suis dit qu'un hotdog serait plus symbolique.
Et voilà ensuite, un jeune homme nommé Willy Bohm qui travaillait pour USAID.
De toute évidence, il a eu sa vasectomie parce que son hot-dog est à moitié mangé, et il semble très heureux.
On en a beaucoup parlé dans les journaux aux Etats-Unis, et cela a irrité certaines personnes aussi.
J'ai dit, "Ne vous inquiétez pas. Venez et je vous ferai la totale."
Et qu'est-ce qui s'est passé ?
Au final, nous sommes passés de sept enfants à 1,5 enfants. La croissance de la population est passée de 3,3 à 0,5.
Vous pourriez l'appeler l'approche Coca-Cola, si vous le souhaitez. Ce fut exactement la même chose.
Je ne suis pas sûr de savoir si Coca-Cola nous a suivi ou si on a suivi Coca-Cola mais on est de bons amis.
Et c'est le cas de tous les gens qui se joignent à nous.
On n'avait pas un gouvernement fort. On n'avait pas beaucoup de médecins.
Mais c'est le travail de tous ceux qui changent d'attitude et de comportement.
Ensuite, le sida est arrivé et a frappé la Thaïlande, et on a dû arrêter de faire beaucoup de bonnes choses pour combattre le sida.
Mais malheureusement, le gouvernement était dans le déni complet.
Donc notre travail n'a pas été affecté.
Alors j'ai pensé: «Eh bien, si vous ne pouvez pas aller au gouvernement, allez à l'armée."
J'ai donc contacté l'armée et demandé à emprunter 300 stations de radios.
Ils en ont plus que le gouvernement et ils ont plus d'armes que le gouvernement.
Alors je leur ai demandé s'ils pouvaient nous aider dans notre combat contre le VIH.
Et après je leur ai montré les chiffres. Ils ont dit, "D'accord. Vous pouvez utiliser les stations radios, les stations de télévisions."
Et c'est comme ça qu'on est passé sur les ondes.
Et puis on a eu un nouveau Premier ministre peu après.
Et il a dit, "Mechai, pouvez-vous venir et participer ?"
Il m'a demandé car il aimait beaucoup mon épouse.
J'ai donc dit, "OK."
Il est devenu le président du Comité National SIDA et a multiplié le budget par cinquante.
Chaque ministre, même les juges, doit être impliqué dans la sensibilisation au sida. Tout le monde. Et on a dit le public, les institutions, les autorités religieuses, les écoles -- tout le monde était impliqué.
Et là, toutes les personnalités médiatiques devaient être formées au sujet du sida.
Et on a donné à toutes les stations 30 secondes supplémentaires de publicité pour lever des fonds.
Ils étaient donc très satisfaits de ça.
Et ensuite, la sensibilisation au sida dans toutes les écoles, en commençant par l'université.
Et voici des élèves du secondaire qui enseignent aux élèves du secondaire.
Et les meilleurs profs furent les filles, pas les garçons. Et elles étaient formidables.
Et ces filles qui enseignaient autour d'elles ce qu'est la sexualité protégée et le VIH étaient connues comme Mère Térésa.
Et ensuite, on a descendu un échelon de plus.
Ce sont des élèves du primaire-- CE2, CM1-- allant dans chaque foyer du village, chaque foyer dans toute la Thailande, donner des informations sur le sida et un préservatif à chaque foyer, donné par ces jeunes enfants.
Et aucun parent ne s'est opposé, car on essayait de sauver des vies, et ça a été une bouée de sauvetage.
Et on a dit, "Tout le monde a besoin d'être impliqué."
Les entreprises ont également réalisé que des employés malades ne vont pas au travail et que des consommateurs morts n'achètent pas.
Elles ont donc toutes organisé des formations.
Et donc on a le Capitaine Préservatif, avec son MBA de Harvard, qui se rend dans les écoles et les lieux de la vie nocturnes,
Et ils l'aimaient. Vous avez besoin d'un symbole de quelque chose.
Dans chaque pays, chaque programme, vous avez besoin d'un symbole, et c'est probablement la meilleure chose qu'il ait fait avec son MBA.
Et ensuite on a donné des préservatifs à tout le monde dans les rues -- partout, partout.
Dans les taxis, vous avez des préservatifs.
Et également, dans la circulation, les policiers vous donnent des préservatifs -- nos programmes "flics et préservatifs".
Alors, est-ce que vous pouvez imaginer des policiers New Yorkais vous donner des préservatifs ?
Bien sûr que je peux. Et ils apprécieraient énormément. Je les vois debout, partout.
Imaginez s'ils avaient des préservatifs, les donnant à toutes sortes de personnes.
Et ensuite, nouveau changement, on avait des bandeaux pour les cheveux, des vêtements, et le préservatif pour votre téléphone portable pendant la saison des pluies.
Et voici les préservatifs que l'on a amené.
L'un dit, "Arme de protection massive."
On a trouvé. Vous savez, quelqu'un recherchait l'arme de destruction massive, mais on a trouvé l'arme de protection massive -- le préservatif.
Et ensuite c'est écrit, avec le drapeau américain, "Ne quittez pas la maison sans lui."
Mais j'en ai à donner après.
Mais laissez-moi vous prévenir, ce sont des modèles à la taille thailandaise, donc soyez très prudents.
Et donc vous pouvez voir que les préservatifs peuvent faire un tas de choses.
Regardez ça. J'ai donné ça à Al Gore et à Bill père aussi.
Arrêtez le réchauffement climatique; utilisez des préservatifs.
Et ensuite voici l'image dont je vous ai parlée -- l'arme de protection massive.
Et que les prochains Jeux olympiques sauvent des vies.
Pourquoi se contenter de courir?
Et puis pour finir, en Thailande, on est bouddhistes, on n'a pas un dieu. donc à la place, on dit "Dans le préservatif on croit"
Donc vous pouvez voir qu'on a tout ajouté à notre effort pour rendre la vie des gens meilleure.
On a mis des préservatifs dans tous les frigos des hôtels et des écoles, car l'alcool altère le jugement.
Et alors que s'est-il passé ?
Après tout ce temps, tout le monde nous a rejoint.
Selon les Nations Unies, les nouveaux cas de VIH ont baissé de 90%. Et selon la Banque Mondiale, 7,7 millions de vie ont été sauvées.
Sinon il n'y aurait pas beaucoup de Thaïlandais qui circulent aujourd'hui.
Donc, cela montre que vous pouvez faire quelque chose contre ça.
90% du financement provient de la Thaïlande.
Il y a eu un engagement politique, un peu d'engagement financier, et tout le monde a rejoint le combat.
Donc ne laissez pas juste ce combat aux spécialistes et aux médecins et aux infirmières.
On a tous besoin d'aider.
Et puis on a décidé d'aider les gens à sortir de la pauvreté, maintenant que l'on a un peu jugulé le sida, cette fois, pas avec le gouvernement seul, mais avec la coopération de la communauté des entreprises.
Parce que les gens pauvres sont des entrepreneurs qui manquent de compétences en affaires et d'accés au crédit.
Ce sont les choses à fournir par la communauté des entrepreneurs.
On essaie de les transformer en entrepreneurs aux pieds nus, des petits entrepreneurs.
Le monde de l'entreprise est la seule façon de sortir de la pauvreté.
Donc, c'est fait.
L'argent va de l'entreprise au village via la plantation d'arbres.
Ce n'est pas un cadeau gratuit.
Ils plantent des arbres, et l'argent va dans des fonds de micro-crédit, dont le nom est la Banque de Développement des Villages.
Tout le monde nous rejoint et ils ont l'impression de posséder la banque, car ils y ont investi de l'argent.
Et avant, vous pouvez emprunter de l'argent, vous avez besoin d'être formés.
Et nous croyons que si vous voulez aider les pauvres, ceux qui vivent dans la misère, l'accés au crédit doit être un droit humain.
L'accés au crédit doit être un droit humain.
Autrement ils ne sortiront jamais de la misère.
Et ensuite, avant d'obtenir un prêt, vous devez être formé.
Voici ce qu'on appelle un MBA pieds nus qui enseigne aux gens comment gérer des affaires pour que, quand il empruntent de l'argent, leur entreprise soit un succés.
Voici quelques unes des affaires : des champignons, des crabes, des légumes, des arbres, des fruits, et c'est très intéressant -- de la crème glacée Nike et des biscuits Nike. C'est un village sponsorisé par Nike.
Ils ont dit, "Ils devraient arrêter de faire des chaussures et des vêtements.
Faites-les mieux, car on pourra les acheter."
Et donc nous avons de la soie, de la soie Thai.
Maintenant, nous faisons des tissus écossaises, comme vous pouvez le voir sur la gauche, pour les vendre à tous les descendants d'écossais.
Donc si vous êtes assis devant la télévision, entrez en contact avec moi.
Et puis, voici notre réponse à Starbucks en Thaïlande - "Café et Préservatifs."
Voyez, Starbucks vous réveille, on vous tient éveillé et en vie.
C'est ça la différence.
Pouvez-vous imaginez, que dans chaque Starbucks vous puissiez aussi avoir des préservatifs ?
Vous pouvez commander vos préservatifs avec votre cappucino.
Et enfin désormais, dans l'enseignement, nous voulons faire de l'école qui est actuellement sous-utilisée un endroit qui devienne un centre d'apprentissage continu pour tout le monde.
Nous l'appelons le Développement Rural Intégré basé sur l'Ecole,
Et c'est un centre, un point focal, pour le développement économique et social.
Re-faire l'école, la rendre utile aux besoins de la communauté.
Et voici un bâtiment en bambou. Ils sont tous en bambou.
Il s'agit d'un dôme géodésique, fait de bambou.
Et je suis sûr que Buckminster Fuller serait très, très fier de voir un dome géodésique en bambou.
Et l'on utilise des végétaux autour du terrain de l'école pour qu'ils cultivent leurs propres légumes.
Et pour finir, je crois fermement que si on veut que les OMD fonctionnent les Objectifs du millénaire pour le développement -- on a besoin d'y ajouter le planning familial.♫
Bien entendu, d'abord la mortalité infantile et ensuite le planning familial. Tout le monde a besoin d'un service de planning familial. C'est sous-utilisé.
Donc on a désormais trouvé l'arme de protection massive.
Et on a également demandé aux prochains Jeux Olympiques d'être impliqués pour sauver des vies.
Et enfin voici notre réseau.
Et voici nos tulipes Thai.
Merci beaucoup. |
The G20’s Harmony Without Trump
MEDELLÍN – O Freunde, nicht diese Töne!
(Oh friends, not these sounds!), proclaimed the baritone in the stirring performance of Beethoven’s Ninth Symphony to the G20 leaders in Hamburg last Friday evening.
That soul-stirring phrase, the opening line of “Ode to Joy,” Beethoven’s appeal to universal brotherhood, was the perfect message to the global leaders sitting in the concert hall’s balcony.
The G20 President, German Chancellor Angela Merkel, actually made remarkable headway in channeling Beethoven’s spirit.
This G20 summit, of course, was the first with Donald Trump as US President.
The summit’s discordant tones, echoed in the stormy sections of Beethoven’s symphony, emanated entirely from the United States.
Trump has no use for appeals to brotherly love.
He traffics in ethnic and religious divisiveness, hostility to neighbors (insisting again at the summit that the US will build a wall on the Mexican border and that Mexico will pay for it), and Manichean images of a Western civilization vulnerable to collapse at the hands of radical Islam, rather than at the height of unimaginable wealth and technological prowess.
While the conductor led the orchestra in a breathtaking performance, the true maestro of the evening was Merkel.
What a stroke of genius to bring the G20 leaders to Hamburg’s spectacular new Elbphilharmonie concert hall, itself a triumph of architectural vision, to be inspired by perhaps the greatest musical work of universal culture, with its message of world harmony.
The concert itself offered layer upon layer of significance.
The Germany of Beethoven has been reborn on the ashes of the Germany of Hitler.
Germany today is a globally admired, peace-loving, war-abhorring, democratic, prosperous, innovative, and cooperative country.
At the same time, Beethoven’s genius belongs not only to his native Germany, or even to the West, but to all of humanity.
His scoring of Schiller’s poetic ode reflects the truly global aspirations of the Enlightenment.
Yes, the Enlightenment was a European phenomenon; but it was utterly aware of the entire world and of the dangers of particularism and chauvinism.
In Germany, it was imbued with Immanuel Kant’s vision of “perpetual peace,” grounded in the “categorical imperative” to act according to maxims that can be made into a universal law, rather than according to personal whims and narrow self-interest.
Trump’s “America First” is a brazen affront to Kantian ethics and a threat to peace.
His break with the rest of the world on the Paris climate agreement is his most chilling act of naked self-interest so far.
Its origin lies in the aim of a few US companies – led by Koch Industries, Continental Resources, Peabody Energy, ExxonMobil, Chevron, and a few others – to maximize profits from gas and oil fracking, deep-sea drilling, and continued coal mining and use, the climate consequences be damned.
These fossil-fuel companies have financed the campaigns of the Republican representatives and senators who called on Trump to withdraw from the Paris accord.
They, and the Republican politicians on their payroll, are prepared to sacrifice the wellbeing of fellow Americans, even their own families, not to mention the rest of the world and future generations.
Greed über alles.
The question ahead of the G20 summit was therefore clear: Would other countries follow the US in recklessly putting self-interest above the common good?
Rumors were flying.
The New York Times ran a curtain raiser suggesting that Trump might succeed in pulling Russia, Saudi Arabia, Turkey, and even Indonesia into a petrostate coalition to weaken or overturn the Paris agreement.
For this reason, the future of global cooperation was at stake in Hamburg.
It had taken many years – by one plausible accounting a full generation since the 1992 Rio Earth Summit – to reach the Paris climate agreement, unanimously adopted by all 193 UN member states in December 2015.
Could the US oil lobby, with their political lackeys in tow, send the world back to square one?
Merkel proved once again to be a bulwark of reason and efficiency.
She did not panic, raise her voice, or make demands.
But she made clear where she, Germany, and Europe stood.
Following the G7 meeting in late May, she lamented that Europe could no longer fully rely on the US.
Behind the scenes, she and the highly professional Germany diplomatic corps worked overtime to secure consensus – minus America – at the G20.
As the G20 leaders headed to the concert on Friday, their Sherpas stayed behind to debate the final text.
Would Russia, Saudi Arabia, and others play Trump’s game?
When the communiqué appeared, diplomats and climate activists around the world breathed a sigh of relief.
All other G20 countries had resisted the US ploy.
The communiqué was simple, accurate, and reassuring on climate change: “The Leaders of the other G20 members state that the Paris Agreement is irreversible….We reaffirm our strong commitment to the Paris Agreement, moving swiftly towards its full implementation…”
The communiqué does contain a paragraph of Trump doublespeak.
The US affirmed “its strong commitment to an approach that lowers emissions while supporting economic growth and improving energy security needs,” and would “work closely with other countries to help them access and use fossil fuels more cleanly and efficiently and help deploy renewable and other clean energy sources.”
As a teenager might say, “Whatever.”
On several other global issues, a full consensus was reached.
The G20 reaffirmed that “international trade and investment are important engines of growth, productivity, innovation, job creation, and development.”
All G20 leaders recommitted their countries to universal health coverage (another clear message to Trump, Senate Majority Leader Mitch McConnell, and House Speaker Paul Ryan), and to strengthening health systems.
They reiterated their commitment to sustainable development and to the UN Sustainable Development Goals.
When the concert ended, the G20 leaders and the rest of the theater rose to their feet in a prolonged standing ovation.
The curtain call truly belonged to Beethoven, Kant, and Merkel. | L’harmonie du G20 sans Trump
MEDELLIN – O Freunde, nicht diese Töne!
(Ô amis, pas de ces accents !), s’est exclamé le baryton dans son interprétation enthousiasmante de la Neuvième Symphonie de Beethoven devant les dirigeants du G20 rassemblés à Hambourg vendredi soir dernier.
Cette expression remuant l’âme, qui est la ligne d'ouverture de « l’Ode à la joie », l'appel de Beethoven à la fraternité universelle, était le message parfait pour les leaders mondiaux assis dans le balcon de la salle de concert.
Le président du G20, la chancelière allemande Angela Merkel, a effectivement engrangé des progrès remarquables pour encourager l’assemblée à s’inscrire dans l’esprit de Beethoven.
Ce sommet du G20, bien sûr, était le premier depuis que Donald Trump soit devenu le président des USA.
Les accents discordants du sommet, qui faisaient écho aux sections tumultueuses de la symphonie de Beethoven, ont tous émané des États-Unis.
Trump n'a que faire des appels à l'amour fraternel.
Il pratique le trafic des dissensions ethniques et religieuses, de l'hostilité envers les voisins (insistant à nouveau lors du sommet sur le fait que les Etats-Unis entendent construire un mur à la frontière mexicaine et que le Mexique devra payer pour cela), et des images manichéennes d'une civilisation occidentale qui risque de s’effondrer aux mains de l'islam radical, et non qui dispose de richesses et de prouesses technologiques inimaginables.
Bien que le chef ait dirigé l'orchestre dans un spectacle à couper le souffle, le vrai maestro de la soirée était Merkel.
Quel coup de génie d’amener les dirigeants du G20 dans la spectaculaire nouvelle salle de concert Elbphilharmonie de Hambourg, elle-même un triomphe de vision architecturale, afin de les laisser s’inspirer de ce qui est peut-être la plus grande œuvre musicale de la culture universelle, avec son message d'harmonie du monde.
Le concert lui-même a offert des couches successives de sens.
L'Allemagne de Beethoven est renée des cendres de l'Allemagne d'Hitler.
L'Allemagne est aujourd'hui un pays admiré dans le monde entier, épris de paix, haïssant la guerre, démocratique, prospère, innovant et coopératif.
En même temps, le génie de Beethoven n’appartient pas seulement à son Allemagne natale, ni même à l'Occident, mais à toute l'humanité.
Sa mise en musique de l’ode poétique de Schiller reflète les aspirations véritablement mondiales des Lumières.
Certes, les Lumières étaient un phénomène européen; mais ses partisans étaient tout à fait conscients du monde entier et des dangers du particularisme et du chauvinisme.
En Allemagne, le mouvement était imprégné de la vision de « paix perpétuelle » d'Emmanuel Kant, fondée sur « l’impératif catégorique » d'agir selon des maximes pouvant être transformées en loi universelle, au lieu de suivre des lubies personnelles et des intérêts étroits.
La logique « America First » de Trump est un affront éhonté à l'éthique kantienne et une menace pour la paix.
Sa rupture avec le reste du monde sur l'accord climatique Paris est son acte le plus effrayant de pur intérêt jusqu'à présent.
Son origine se situe dans le but de quelques entreprises américaines – dont les principales sont Koch Industries, Continental Resources, Peabody Energy, ExxonMobil, Chevron, et quelques autres – de maximiser les profits tirés de la fracturation hydraulique du gaz et du pétrole, du forage en eau profonde et la poursuite de l’exploitation du charbon, peu importe les conséquences climatiques.
Ces entreprises de combustibles fossiles ont financé les campagnes des représentants et sénateurs républicains qui ont appelé Trump à se retirer de l'accord de Paris.
Celles-ci, ainsi que les politiciens républicains qui acceptent leurs émoluments, sont prêts à sacrifier le bien-être des compatriotes américains, y compris leurs propres familles, sans oublier le reste du monde et les générations futures.
L’avidité über alles.
La question à l’entame du sommet du G20 était donc claire : d'autres pays suivraient-ils l’exemple irresponsable des Etats-Unis de mettre leur intérêt au-dessus du bien commun?
Les rumeurs allaient bon train.
Le New York Timesavait publié un lever de rideau suggérant que Trump pourrait réussir à convaincre la Russie, l’Arabie Saoudite, la Turquie, et même l’Indonésie de rejoindre une coalition d’états producteurs de pétrole pour affaiblir ou renverser l'accord de Paris.
Pour cette raison, l'avenir de la coopération mondiale était en jeu à Hambourg.
Il a fallu de nombreuses années – d’un certain point de vue plausible, une génération entière depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992 – pour atteindre l'accord sur le climat de Paris, adopté à l'unanimité par les 193 Etats membres de l'ONU en décembre 2015.
Le lobby pétrolier des États-Unis, flanqués de leurs larbins politiques, pouvaient-ils renvoyer le monde à la case départ ?
Merkel a une nouvelle fois prouvé être un rempart de raison et d’efficacité.
Elle n'a pas paniqué, élevé la voix, ni exigé quoi que ce soit.
Mais elle a indiqué clairement la position de l'Allemagne et de l'Europe.
Suite à la réunion du G7 à la fin mai, elle avait déploré que l’Europe ne puisse plus compter entièrement sur les Etats-Unis.
Dans les coulisses, elle et le corps diplomatique hautement professionnel de l’Allemagne ont mis les bouchées doubles pour obtenir un consensus – moins les USA – au G20.
Pendant que les dirigeants du G20 se rendaient au concert vendredi, leurs sherpas sont restés pour débattre du texte final.
Est-ce que la Russie, l'Arabie Saoudite et d'autres allaient jouer le jeu de Trump ?
Lorsque le communiqué est apparu, les diplomates et les militants du climat dans le monde ont poussé un soupir de soulagement.
Tous les autres pays du G20 avaient résisté au stratagème des États-Unis.
Le communiqué était simple, précis et rassurant à propos du changement climatique : « Les dirigeants des autres membres du G20 déclarent que l'Accord de Paris est irréversible.... Nous réaffirmons notre ferme engagement envers l'Accord de Paris, et de progresser rapidement vers sa pleine mise en œuvre... »
Le communiqué contenait malgré tout un paragraphe de double langage à la Trump.
Les Etats-Unis ont affirmé « leur ferme attachement à une approche qui réduit les émissions, tout en soutenant la croissance économique et l'amélioration des besoins en matière de sécurité énergétique », et « travaillerait en étroite collaboration avec les autres pays pour les aider à accéder et à utiliser des combustibles fossiles plus propres et plus efficaces et aider à déployer les énergies renouvelables et d’autres sources d'énergie propre. »
Comme un adolescent pourrait dire: « c’est cela, oui ».
Sur plusieurs autres questions mondiales, un consensus complet a été atteint.
Le G20 a réaffirmé que « le commerce international et l'investissement sont des moteurs importants de la croissance de la productivité, l'innovation, la création d'emplois et le développement. »
Tous les dirigeants du G20 ont réengagés leurs pays à mettre en œuvre une couverture maladie universelle (un autre message clair à Trump, le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell et le président de la Chambre Paul Ryan), et à renforcer les systèmes de santé.
Ils ont réitéré leur engagement envers le développement durable et les objectifs du développement durable des Nations Unies.
A la fin du concert, les dirigeants du G20 et le reste du théâtre se sont levés pour une longue standing ovation.
Le rappel appartenait véritablement à Beethoven, Kant et Merkel. |
Defusing the Nuclear Arms Race
BERLIN – As the recent UN and Washington summits have demonstrated, nuclear arms control and disarmament are among the top issues on the world’s political agenda.
They are likely to remain so for the foreseeable future.
Indeed, 2010 will determine whether US President Barack Obama’s vision of a nuclear-free world will remain a distant but achievable hope, or must be abandoned.
No one should be under any illusions.
Even if all of the world’s nuclear-weapon states embrace the vision of a world free of the threat of nuclear conflict, nuclear weapons will remain with us for two decades at least, and even that would require the most favorable conditions for disarmament.
This year is crucially important.
The agreement signed in early April in Prague between Russia and the United States on the reduction of strategic nuclear weapons and possibly on further cuts was accompanied by the publication of the US Nuclear Posture Review, identifying the nuclear capabilities that Obama’s administration wishes to preserve for the next four years.
The Nuclear Non-Proliferation Treaty review conference will begin the work of adapting the NPT to our rapidly changing world.
Many policymakers hope that 2010 will bring clarity on the North Korean and Iranian nuclear programs.
There are roughly 23,000 nuclear weapons today, which is 40,000 fewer than at the Cold War’s height. These weapons’ total yield is greater than 150,000 Hiroshima-size nuclear explosions.
Nuclear disarmament is therefore still urgently needed, and prominent politicians in the US and Germany have produced the US-led Global Zero initiative and createdthe International Commission on Nuclear Non-Proliferation and Disarmament (ICNND), sponsored by Australia and Japan and co-chaired by former Foreign Ministers Yoriko Kawaguchi and Gareth Evans.
The US, Russia, France, the United Kingdom, and China – all NPT signatories – possess nine-tenths of the world’s nuclear weapons, while India, Pakistan, and probably Israel possess around 1,000.
North Korea presumably has a few, and Iran is most likely pursuing a nuclear-weapons program.
Obama and Russian President Dmitri Medvedev have agreed to reduce their strategic arsenals to 1,550 weapons each – far more than the 1,000 that Obama had in mind, but nonetheless a huge step that could bring about further cuts.
But the road to global nuclear disarmament will be long and bumpy.
To begin with, the capacity to dismantle and destroy nuclear warheads is limited, and likely to remain so.
Current capacity is roughly 500 weapons annually in both Russia and the US, which means that the total of 2,000 weapons each that the ICNND Report suggests for the year 2025 cannot be fully implemented much before 2028.
Then, there is the risk that other countries, particularly in the Middle East, will follow the example of North Korea and Iran.
The ICNND report Eliminating Nuclear Threats, released late last year, proposes meeting these challenges with a comprehensive agenda for reducing nuclear risks.
As the German ICNND Commissioner, I believe that this report is the first and only one so far to suggest precise and feasible steps towards a nuclear-free world.
The report consists of 20 proposals to be decided on at this year's NPT review conference, and ends with proposed decisions to be taken after 2025.
It leaves no room for doubt that a nuclear-free world is achievable without any risk to the security of individual states, provided that for the next 20 years or so there is sustained political will around the world, particularly in the nuclear-weapon states.
In addition, the report proposes a declaration by these states that the sole purpose of nuclear weapons is to deter others from their use, coupled with an obligation not to increase their stockpiles.
For the 2025 timeframe, the aim is to reduce the global nuclear stockpile to 2,000, or less than 10% of today’s total.
A “No First Use” declaration should be collectively agreed upon, in conjunction with corresponding verifiable force structures, deployments, and readiness status.
As supplementary steps, the report suggests negotiating limitations on missiles, strategic missile defense, space-based weapons, and biological weapons, as well as holding talks on eliminating conventional weapons imbalances."
Achieving this ambitious agenda by 2025 would usher in the last phase in the quest for a nuclear-free world, and requires, first and foremost, political conditions that reliably rule out regional or global wars of aggression.
Nuclear weapons would thus become superfluous.
Only then could they be banned and their total elimination begin.
In parallel, mandatory measures would penalize any states attempting to circumvent the ban, as well as individuals involved in producing nuclear weapons.
Obama’s vision could thus become reality 20 years from now, provided that the US and Russia take the first steps this year.
Immediate further cuts must include sub-strategic weapons, with the few remaining American nuclear weapons in Europe withdrawn in exchange for the elimination of the still substantial Russian stockpile.
But the withdrawal of American nuclear weapons from Europe is by no means the first step towards nuclear disarmament.
To suggest it as an opening move could damage European security and jeopardize transatlantic cohesion, so the message has to be “no” to unilateral withdrawal, but “yes” to including these weapons in future arms-control negotiations.
Withdrawal of these weapons would not mean the end of nuclear deterrence for Europe, as deterrence will remain necessary until the last nuclear weapon is dismantled.
But the sole purpose of retaining some degree of deterrence will be to deter the use of nuclear weapons.
Europe perhaps benefited more than any other part of the world from nuclear deterrence, because it helped to preserve peace during the Cold War and prevented nuclear proliferation.
But the time has now come to join Presidents Obama and Medvedev in bringing about disarmament.
Indeed, without the US and Russian examples, the world would see more, not fewer, nuclear-weapon states. | Un Adieu aux armes nucléaires?
BERLIN – Comme l’ont démontré les récents sommets des Nations Unies et de Washington, le contrôle et le désarmement des armes nucléaires sont des dossiers majeurs dans l’ordre du jour politique mondial.
Et ce pour encore un certain temps.
C’est en effet en 2010 que devrait se décider si la vision de Barack Obama d’un monde sans arme nucléaire demeurera un espoir distant mais néanmoins accessible ou si elle doit être abandonnée.
Personne ne devrait se bercer d’illusions.
Même si tous les états dotés de l’arme nucléaire embrassent la vision d’un monde libéré de la menace nucléaire, les armes nucléaires demeureront une réalité pour encore au moins une vingtaine d’année, dans le meilleur des cas, et moyennant des conditions optimales en faveur du désarmement.
Cette année sera déterminante.
L’accord signé au début du mois d’avril à Prague entre la Russie et les Etats-Unis sur la réduction des armes nucléaires, et sur l’éventualité de coupes supplémentaires, était accompagné de la publication du Rapport sur la position nucléaire américaine (US Nuclear Posture Review), indiquant la capacité nucléaire que l’administration Obama désire préserver pour les quatre prochaines années.
La conférence de révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) aura pour tâche d’adapter le Traité à notre monde changeant.
De nombreux responsables politiques espèrent que 2010 apportera des éclaircissements sur les programmes nucléaires Nord Coréen et Iranien.
Il y a environ 23 000 têtes nucléaires dans le monde aujourd’hui, soit 40 000 unités de moins qu’au plus fort de la guerre froide. L’impact de ces armes est 150 000 fois supérieur à celui de Hiroshima.
Le désarmement nucléaire est donc plus que jamais une nécessité ; d’éminents hommes politiques aux Etats-Unis et en Allemagne ont d’ailleurs développé l’initiative Global Zero menée par les américains, et ont créé la Commission internationale pour la non-prolifération et le désarmement nucléaire (ICNND), soutenue par l’Australie et le Japon et co-présidée par les anciens ministres des affaires étrangères Yoriko Kawaguchi et Gareth Evans.
Les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande Bretagne et la Chine – tous signataires du TNP – possèdent neuf dixième de l’ensemble des armes nucléaires dans le monde, tandis que l’Inde, le Pakistan, et probablement Israël, en possèdent 1000.
La Corée du Nord semble vraisemblablement en avoir quelques unes et il et fort probable que l’Iran poursuive son propre programme nucléaire.
Obama et le président russe Dmitri Medvedev sont d’accord pour réduire leurs arsenaux stratégiques de 1,550 unités chacun – bien plus que les 1000 unités envisagées par Obama, mais néanmoins un grand pas en vue de réductions supplémentaires.
Mais la route vers un désarmement nucléaire mondial sera longue et difficile.
Pour commencer, la capacité de démantèlement et de destruction des têtes nucléaires est limitée, et devrait le rester.
La capacité actuelle est de l’ordre de 500 têtes par an aussi bien en Russie qu’aux Etats-Unis, ce qui signifie que l’objectif des 2000 têtes chacun que le Rapport du ICNND propose pour 2025 ne pourra probablement pas être totalement mis en ouvre avant 2028.
D’ici là, d’autres pays, particulièrement au Moyen Orient, pourraient suivre l’exemple de la Corée du Nord et de l’Iran.
Le rapport Eliminer les menaces nucléaires, publié en fin d’année dernière par le ICNND, propose de s’atteler à ces défis selon un ordre du jour détaillé pour réduire les risques nucléaires.
En tant que commissaire allemand du ICNND, j’estime que ce rapport est le premier et le seul à ce jour à proposer des étapes détaillées et plausibles vers un monde sans l’arme nucléaire.
Le Rapport consiste en vingt propositions qui seront débattues cette année lors de la conférence de révision du TNP et se termine par la proposition d’une série de décisions qui devront être prises après 2025.
Il ne laisse aucun doute sur le fait qu’un monde sans l’arme nucléaire est possible sans aucun risque pour la sécurité individuelle des états, à condition qu’une réelle volonté politique s’affirme dans les vingt prochaines années, particulièrement dans les états dotés de l’arme nucléaire.
De plus, le rapport propose que ces pays fassent une déclaration stipulant que le seul objet des armes nucléaires est de dissuader les autres de les utiliser, attaché à une obligation de ne pas augmenter leur arsenal.
L’objectif du calendrier de 2025 est de réduire l’arsenal nucléaire mondial de 2000 unités, ou moins de 10% de l’arsenal actuel.
Il faudrait convenir collectivement d’une déclaration d’engagement à ‘ne pas commencer’ avec la possibilité de vérifier la structure des forces, les déploiements et les états de préparation correspondants.
Le rapport propose aussi une négociation sur les limitations concernant les missiles, la stratégie de défense anti-missiles, les armes basées dans l’espace et les armes biologiques, ainsi que la tenue de discussions à propos de l’élimination des déséquilibres concernant les armes conventionnelles.
Réussir cet ambitieux projet d’ici à 2025 conduirait à la dernière phase de la quête pour un monde sans arme nucléaire ; et la condition préalable sera de réunir les conditions politiques qui permettront de manière fiable d’exclure toute forme de conflit d’agression régional ou global.
Les armes nucléaires deviendraient alors de fait superflues.
C’est à cette seule condition que les armes seront bannies et que leur élimination pourra débuter.
En parallèle, des mesures systématiques devraient pénaliser les états qui seraient tentés d’outrepasser l’interdiction, tout comme les individus impliqués dans la production d’armes nucléaires.
La vision d’Obama pourra alors devenir une réalité d’ici vingt ans, à condition que les Etats-Unis et la Russie engagent les premières démarches dès cette année.
Les réductions supplémentaires immédiates doivent aussi concerner les armes sous-stratégiques, avec le retrait des dernières armes nucléaires américaines implantées en Europe en échange de l’élimination de l’arsenal russe encore substantiel.
Mais le retrait des armes nucléaires américaines du sol européen ne constitue en aucun cas la première étape vers le désarmement nucléaire.
Suggérer cela comme démarche initiale pourrait nuire à la sécurité européenne et menacer la cohésion transatlantique ; le message doit donc être ‘non’ à un retrait bilatéral, mais ‘oui’ pour inclure ces armes dans les négociations futures sur le contrôle des armes.
Le retrait de ces armes ne signifierait pas la fin de la dissuasion pour l’Europe, car tant que la dernière arme nucléaire ne sera pas démantelée, la dissuasion demeurera indispensable.
Mais l’unique objectif du maintien d’un certain degré de dissuasion sera de dissuader un recours à l’utilisation d’armes nucléaires.
L’Europe est peut-être la région du monde qui le plus bénéficié du principe de dissuasion nucléaire, parce que cela lui a permis de préserver la paix pendant les années de guerre froide et a évité la prolifération nucléaire.
Mais le temps est venu de rejoindre les présidents Obama et Medvedev dans cette poursuite du désarmement.
Sans les exemples américain et russe, le monde compterait plutôt plus, et non moins d’états dotés de l’arme nucléaire. |
Information on medicinal products (Community code relating to medicinal products) - Information on medicinal products (Community procedures for the authorisation and supervision of medicinal products) (debate)
The next item is the joint debate on
the report by Christofer Fjellner, on behalf of the Committee on the Environment, Public Health and Food Safety, on the proposal for a directive of the European Parliament and of the Council amending, as regards information to the general public on medicinal products subject to medical prescription, Directive 2001/83/EC on the Community code relating to medicinal products for human use - C6-0516/2008 -, and
the report by Christofer Fjellner, on behalf of the Committee on the Environment, Public Health and Food Safety, on the proposal for a regulation of the European Parliament and of the Council amending, as regards information to the general public on medicinal products for human use subject to medical prescription, Regulation (EC) No 726/2004 laying down Community procedures for the authorisation and supervision of medicinal products for human and veterinary use and establishing a European Medicines Agency - C6-0517/2008 -.
Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, at last, we have come to the plenary debate on the new legislation on information on medicinal products.
What we are about to debate is the last part of what certain people are calling the most controversial issue in the medicinal products package, namely, information on medicinal products.
I will admit that as recently as a year ago, I probably would never have believed that we would come to plenary together in as much agreement as we have nevertheless achieved here in Parliament.
The fact that this is the case is largely down to my shadow rapporteurs.
It is their constructive proposals and their willingness to compromise that has helped us to reach agreement and hopefully adopt this report with considerable support in plenary.
It is not only a question of willingness to compromise.
I think that perhaps it is even more important that we have realised that we want, and are working for, the same things here in Parliament.
The first is that we all, first and foremost, want Europe's patients to have better and more accessible information on medicinal products.
The second is that none of us wants advertising for prescription-only medicinal products, and the third is that the information that reaches patients and is disseminated by companies must be checked and approved by the relevant authorities.
These are principles that everyone shares and that have made it easier for us to reach agreement.
However, it is also why we felt somewhat compelled to re-draft the Commission's proposal.
I would like to highlight five things that we focused on when re-drafting the Commission's original legislative proposal.
The first is that we tried to change the perspective of the legislation - from a focus on the right of pharmaceutical companies to disseminate information to now focusing on the right of patients to have access to information and, with that, the companies' obligation to publish and make available this information.
Secondly, we tried to tighten up all of the exceptions that existed to avoid possible loopholes for advertising - something none of us wants.
Thirdly, we ensured that the information on medicinal products coming from companies is checked and is reliable in that it must have passed through a pharmaceuticals authority somewhere.
The fourth thing we did was to say that any information that could come from pharmaceutical companies should not be received by patients or the general public without them asking for it first.
No one should ever receive unsolicited information on medicinal products.
We have therefore rejected any so-called 'push channels', such as advertisements on the radio, television or in newspapers.
The last point I would like to highlight is that companies are only one link in the information chain.
Healthcare and society in many countries throughout Europe must take a much greater share of the responsibility than they currently do.
There are points on which we do not agree.
In this regard, I would simply like to ask a question and call on my fellow Members to in fact accept the exception relating to information that doctors give to patients they are treating, in other words, that such information need not go through the same process of checks as other information.
I have a specific example that could pose a problem if such an exception is not accepted, namely that a doctor in Sweden, for example, would not be able to give an English package leaflet to a patient who does not understand Swedish on account of the fact that it could never be approved in Sweden, as English is not an official language there.
I will conclude by addressing the Council, which, unfortunately, is not here - something that has been quite telling in this matter.
I regret the absence of the Council.
I really wanted to take account of the Council's opinions and arguments in order to facilitate the debate, but as yet I have been met almost entirely by a flat refusal.
It has been difficult to listen to someone who does not provide any information.
We have succeeded in reaching agreement on this matter.
I am certain that the Council, too, if it begins to discuss this matter in detail, will actually encounter more or less the same conditions for agreement as we have created here.
However, the Council must not try to ration information in order to save money.
That is not something that we want to encounter.
We do not believe that more poorly informed patients are in any way easier to deal with or that it is cheaper to withhold information.
I call on the Council to take the baton so that, together, we can ensure that Europe has better information on medicinal products for the sake of the patients.
Member of the Commission. - Mr President, during my hearing as Commissioner-designate, I made it clear that information to patients is a very important topic for me.
Patients are highly interested in their own health and wellbeing.
But today, the availability of information on medicines in Europe is very diverse: you could even say very unfair.
Whether patients obtain the relevant information depends on languages, IT skills and often even social class and networks.
For a Europe that strives to overcome today's health and inequalities, this is not sustainable.
The key ambition of the Commission's initial proposal therefore remains justified, and I applaud Parliament and, in particular, your rapporteur, Mr Fjellner, on taking this important proposal forward.
However, I strongly believe - as I also stressed during my hearing - that we have to address this file from a patient's angle.
We have to ask what information patients need, not what information industry may wish to provide.
We have to ensure that we do not drift into direct-to-consumer advertising, which patients clearly do not want.
Again, I applaud Parliament for taking exactly this stance.
This will allow the Commission to accept many of your key amendments when we present our modified proposals.
This concerns, in particular, the obligation to publish information, the question of what information is covered, the information distribution channels and the control mechanisms.
Firstly, I support the amendment stating that industry must have the obligation and not just the right to make certain information on medicinal products available.
This is a very important change.
Secondly, as regards what information is published, I generally agree that information should not cover comparisons between medicinal products, as this could be seen as promotional.
Of course, this information is highly relevant for patients and healthcare professionals but, due to its potential abuse for promotion, it needs a strict framework.
We are cooperating with Member States on such a framework in the area of health technology assessments.
I also share the view that the proposals should concern the information made available by industry and not by third parties such as journalists and scientists.
However, we know that there is a grey zone which leaves room for abuse.
I therefore believe that such parties should be obliged to declare whether they have received financial or other benefits from industry.
Thirdly, as regards the information channels, I partially agree with your amendments.
However, not everybody uses the Internet; we must avoid corroborating inequalities by excluding those who do not use digital communication tools from access to medical information.
I consider, therefore, that it should be possible for industry to draft printed material on its own initiative and not only by request.
This draft information could be used on request by the public or via healthcare professionals.
Fourthly, on the control of information, I agree that information which has not already been approved during the marketing authorisation process must be pre-approved by competent authorities as a matter of principle.
However, I believe that Europe should play close attention to the constitutional concerns that some Member States raise as regards the compatibility of pre-vetting with freedom of expression.
It should be possible for these Member States to provide for exposed control, irrespective of whether they already have such exposed control in place.
Several of Parliament's amendments concern information from sources other than industry sources.
In this context, let me stress that I fully agree with the political ambition to place the proposals on industry-generated information on medicines, which we are discussing today, in a broader and more comprehensive agenda on patient information.
Yes, there are other very important sources which have to be exploited as fully as possible, but the proposals are not the right place to address them.
The Commission is already obliged to draft a report on the readability of the package leaflet.
Therefore, any changes regarding this issue would be premature.
Nor is it feasible to introduce, for each clinical study mentioned in the summary of the European Public Assessment Report, a link to the Eurydice Database on clinical trials.
A general link between databases would suffice.
The public summary of the assessment report should not be annexed to the European marketing authorisation, as it is already publicly available through the EMA website.
I recognise that, in addition to information provided by industry, there are already a number of European and national databases and portals providing information on medicinal products.
What we lack is interlinkage between them.
I propose that the future European medicinal web portal recently created by the Pharmacovigilance Directive be used as a central point to access information.
In this context, I fully recognise the need for broader information about diseases and their prevention.
Patients are interested in all different treatment options, not just learning about medicines.
However, this cannot be addressed through the present proposals, which focus on medicines.
Nevertheless, the Commission is well placed to serve as a European information switchboard.
I see our role as connecting other reliable information providers such as Member States or patient organisations.
European action can add value, and many information tools such as the EU health portal are already in place.
Honourable Members, you will not be surprised that there are some amendments that the Commission, after careful reflection, cannot support.
The right of citizens to lodge complaints, for example, is a fundamental EU principle.
It is neither appropriate nor necessary to restate this.
The level of penalties should be determined at national level and not at European legislative level.
A list of the Commission's positions on all the proposed amendments has been made available to Parliament.
Let me conclude by again thanking Parliament and Mr Fjellner and the shadow rapporteurs for your important contribution.
I hope this week's vote will help strengthen patients' access to information and convince the Council of the need to start in-depth discussions of the proposals.
Mr President, ladies and gentlemen, Commissioner Dalli, patients should have the right to know as much as possible about their illness and the medication available to treat it.
Yet how can we distinguish information from advertising?
Where and how is it possible to obtain objective and unbiased information?
There are various interpretations of the texts currently in force, with the result that they need to be harmonised, strengthening the sovereignty of the individual.
Information needs to be reliable, validated by the authorities, independent, accessible and targeted to an average, non-expert audience.
The intention is to ensure more informed and responsible citizenship on the part of the end user.
The deadline for the tacit approval of the European Medicines Agency (EMA) should be extended from 60 to 120 days.
The requirement to state the reasons for a refusal lends weight to such rejections and gives balance to the final outcome.
The EMA has a vital role as the preferred source of objective information.
I would like to conclude by congratulating the rapporteur, Mr Fjellner, on his work, and by saying that I am delighted that he accepted almost all the proposals that I tabled as rapporteur for the opinion of the Committee on the Internal Market and Consumer Protection.
rapporteur for the opinion of the Committee on the Internal Market and Consumer Protection. - Mr President, I would like to congratulate the rapporteur and the other colleagues who have contributed to this dossier.
I would also like to congratulate Commissioner Dalli.
I think we have reached a good outcome, and now the report is much more patient-oriented than the initial proposal.
Nowadays, patients increasingly tend to seek health-related information so that they can be actively involved in the decisions concerning their health.
Patients also tend to seek information online.
This information is not easy to control on the Internet, but sooner or later we have to deal with that problem, which will not disappear if we simply do not do anything because it is too complicated.
I therefore support imposing strict rules for the registration and monitoring of websites, as well as making available a list of registered websites so that patients can be sure of the reliability of their source.
Safeguards are also needed, and the report provides them, namely by limiting the information that can be made available to information that is approved by the competent authorities.
To this end, we in the Committee on the Internal Market and Consumer Protection have adopted a number of amendments covering advertising, concentrating on changing the wording from 'disseminate' to 'make available' in the context of non-promotional information according to the 'pull principle', whereby patients have access to information if they need it.
Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, when you consider how we debated this proposal from the Commission during the last parliament - going from outright rejection to celebrating all the good things coming our way - then I must say that I am very enthusiastic about what has been tabled here.
For this, we owe the rapporteur and his co-rapporteurs a great deal of thanks for having brought together this broad spectrum of opinions into a coherent position.
I feel that the key words here are 'patient oriented'.
In other words, we have not been distracted by peripherals but instead have asked what it is that the patient needs.
I believe it is right that we have established that patients are able to obtain information from a number of channels, not just one.
I should like to reiterate, however, that the doctor must continue to be the trusted point of contact for the patient and must undoubtedly have an influence over decisions.
The way we are guaranteeing that is by banning advertising and ensuring that the information patients receive has been checked and approved by an authority.
This means that the information is based on scientific fact to start with, so patients can rely on it.
Of course, it is true that not everyone is able to find these things out via the Internet.
That is why we have various channels, however, and I think it is so widespread that we do not need to worry about that.
I only hope that the Council will now at last have the courage to deal with this matter.
It is very important; action needs to be taken quickly.
Our patients expect it.
Then we will have done a good job.
Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, as the 21st century dawns, patients particularly need appropriate information so that they can be fully involved in the treatment pathway, know where to find treatment, decide on the best treatment with healthcare professionals and follow the planned treatment to the letter.
Nowadays, patients demand independent, comparative information that is tailored to individual needs.
Unfortunately, the proposals for the revision of the directive submitted by the European Commission failed to properly meet the needs expressed by European citizens.
These proposals opened the door to direct promotion by pharmaceutical companies, which we believe is a nonsense in terms of responding to patients' real needs.
Neither the public nor the Member States stand to gain from this move.
On the contrary, it means more red tape, increased costs and risks to patients.
It is for these reasons that we initially submitted a proposal to reject these texts, thereby requiring the Commission to revise its proposals.
This approach, which was also adopted by my fellow Member, Mr Schlyter, of the Group of the Greens/European Free Alliance, enabled our rapporteur, Mr Fjellner - to whom I pay tribute - to undertake a major review of the Commission's proposals.
At the same time, we tabled some 60 amendments with the aim of better protecting the health of our citizens and of facilitating patient access to independent, comparative information tailored to individual needs.
The adoption of these amendments by the Committee on the Environment meant that we could place more emphasis on patients' rights to information, rather than make it an option for the pharmaceutical industries to provide that information.
In light of the compromise amendments reached, and given the positive changes made to the substance of the text over recent months, we have decided to withdraw our proposal to reject the texts.
The draft report, as amended, has succeeded in counterbalancing the European Commission's initial proposals.
Nevertheless, we shall continue to speak out against health professionals being used to distribute to their patients brochures and information that have been supplied by pharmaceutical companies without any checks by health authorities.
Similarly, we will oppose the authorisation of industrial campaigns, especially information campaigns, in relation to vaccines.
Information must not be freely distributed by pharmaceutical companies.
Experience shows that we must be very vigilant - and what happened with the Mediator medicinal products shows, in fact, just how vigilant we must be - and make sure that we strike a balance, as we have sought to do with this draft report.
on behalf of the ALDE Group. - Mr President, on behalf of my group's shadow rapporteur, I would like to congratulate Mr Fjellner for the great work accomplished.
The ALDE Group welcomes this report, which finally sets a clear framework for the provision of information to patients on medicinal products.
Patients need to be informed objectively and there needs to be a clear barrier between information and advertising.
Therefore, information about prescription medicines should be regulated strictly.
Special attention has also been given to new media - mainly Internet websites - defining clear safeguards, developing mechanisms for the monitoring of contents and ensuring specific provision for proper enforcement.
I would also like to make a personal point with regard to the materials provided to healthcare professionals for distribution to patients.
There is no objective reason to exclude such materials from the provision covering other contents, especially when we know that doctors are the most trusted sources of information to patients.
I will therefore personally vote against Amendment 88 and I hope coherence will guide our voting position in order to maintain the major improvement that this report would bring to the Commission proposal.
on behalf of the ECR Group. - (CS) Mr President, I would like to begin by emphasising that this is one the reports that I fully support.
I have been campaigning throughout my career for every citizen to be put in charge of his or her own health, but this can happen only if people are properly informed
As Horst Schnellhardt has already mentioned here, we have been campaigning since the last legislative session for progress to be made over this standard.
These eternal debates over the fact that we are unable to distinguish between advertising and information now seem ridiculous to me, if you will pardon the expression.
We can all distinguish between requested information and information that is forced on us.
We should open the door fully to all information that is requested.
Let us not forget that we are living in a globalised world, and let us not oblige European citizens to seek out information on US websites.
Madam President, just like Mr Ouzký, I, too, have devoted my professional career as a doctor to the question of how better to inform my patients.
However, it is customary to begin by applauding the good work of the rapporteur, and I would like to do this, although with a minor criticism which I will return to later.
When we began negotiating this proposal, we faced two problems following the election of the new Commission.
First, the issue had transferred to a new Commissioner, and second, we faced a problem over whether to continue the work started, or to throw away the existing document and start afresh.
Just like most of you and Commissioner Dalli, I agreed that the original Commission proposal was not a good one, as it did not address the needs of patients and consumers.
We therefore did not want to lose time working together on the old document. We agreed to reject the commercial campaign mounted by the pharmaceutical companies.
We ruled out print media as a communications channel, and we agreed that patients had a right to know who was providing information, and that companies were responsible for all the information they disseminated.
I am rather surprised that Mr Fjellner is again submitting to the plenary an amendment proposal which we rejected in the committee and which would be a retrograde step, contrary to the amended wording of the proposal.
If such a proposal were to be adopted, I would find it difficult to vote for what is generally a decent document.
Madam President, Commissioner, I agree with the rapporteur that the focus should be on patient safety and providing patients with information.
Patients, nurses and doctors should all have access to the best possible information on a given medicinal product.
Doctors I speak to want greater accessibility of impartial information on medicinal products, both for themselves and for patients and other professionals.
They also want the descriptions of the preparations to be standardised, as they use the Internet predominantly to find information on the effects of medicinal products.
Here they compare the active ingredients of the same medicine from different companies at home and abroad.
It is therefore extremely important for pharmaceutical companies to understand their responsibility and the importance of their information being factually and technically correct and of it not being construed as advertising.
Pharmaceutical companies must sell their products, we know that, but accountability actually increases consumers' confidence in a preparation.
(DE) Madam President, the wellbeing of patients is key here.
In order to cover themselves, pharmaceutical companies often include every minor side effect in package leaflets, which, of course, complicates matters greatly.
Confused patients tend to change the dose on their own initiative or to discontinue the medication.
Moreover, the flood of information via the Internet, some of which is reliable and some not, adds greatly to the confusion and uncertainty.
Certified websites are a step in the right direction, but are not yet enough.
A further priority is to make the information comprehensible even to those without medical or pharmaceutical qualifications.
The package leaflet must be unmistakable and legible.
The font size should be increased, particularly for older people.
I regret to say that there are third countries that are profiting from the high level of protection in the European pharmaceutical sector.
Both original and fake medicines are thus freely available in large quantities in Turkish bazaars.
We therefore also need to impose obligations on these third countries in order to put an end to this black market entirely.
(IT) Madam President, ladies and gentlemen, the directive that we are discussing is intended to harmonise the content and quality of pharmaceutical information which is accessible to all citizens of the Union.
Whilst it stresses the right to advertise, it ultimately asserts the patient's right to information.
We must give all European citizens the same opportunity to access information on medicinal products.
The main objective of this directive is to make European patients more informed so that they can take a more knowledgeable approach to medicine.
Every one of us, and especially the pharmaceutical industry, must have the same objective, which is to provide information that is accurate and useful and, at the same time, available to all citizens without distinction.
I believe that there are two particularly important points in the directive.
Firstly, citizens must be given the opportunity, by means of accurate information, to use medicines correctly, so that they have a more beneficial effect on their health, whilst the risks associated with their misuse are minimised.
Secondly, accurate and effective information can increase citizens' awareness of the burden of pharmaceutical costs on public spending.
In any case, we must be very attentive and rigorous on certain points.
I refer, above all, to the danger of medicinal information turning into disguised advertising.
We must avoid the risk of supposedly scientific information disguising a much less noble intention, which is to influence patients and steer them towards buying a particular medicine.
It is therefore crucial to have effective tools to control information, especially that which patients may obtain from the Internet.
In conclusion, I therefore hope that the Committee will provide ways to control information in such a way as to guarantee its accuracy.
These controls should be entrusted to dedicated independent organisations so as to offer greater guarantees of impartiality.
(DE) Madam President, Commissioner, ladies and gentlemen, in his address, Commissioner Dalli himself said that we must focus on the patient.
Although the original proposal from the Commission tended rather to put the market at the centre, we have now succeeded - through a wide range of amendments that were adopted with a large majority - in putting people at the centre instead, thereby taking into account what Commissioner Dalli said.
The right of the patient to high quality non-promotional information on the benefits and risks of prescription-only medicines was urgently needed.
We need this regulation.
I myself come from the world of advertising - my professional background is in advertising and PR - and I know that advertising has one aim, and that is to sell.
Our task, however, is to provide information.
I believe that the present report and the corresponding amendments give due consideration to our responsibility to provide information.
Commissioner, since the costs of medicines make up a large proportion of healthcare spending, I urge you to work to ensure that patients are well informed and continue to pursue and focus on your initiatives, prevention and health promotion.
Together, we will then be successful.
Madam President, how often do we wonder about the side-effects of medicines we are taking?
How often do we wish for more information on products and illnesses?
This report deals with these questions and the need the public has for information.
The change of focus from the original Council proposals was important, as was the emphasis on the patient's right to access information as opposed to the possibility of pharmaceutical companies providing information.
This was achieved by a ban on direct consumer advertising for prescription-only medicines.
In addition, an important issue was the recognition of the national competent authority and healthcare professionals as the main source of information.
Again, this was achieved.
The Information to Patients Directive sends a strong message on the rights of patients.
I congratulate the rapporteur on tackling a difficult dossier and producing a comprehensive directive which, I hope, we will all support unitedly.
(LT) Madam President, in the European Union, we stand for the principle of consumer, in this case, patient, awareness and are aiming for citizens to partly take responsibility for their own health.
However, our duty as politicians is to protect patients from incorrect and misleading information.
That is what we are doing today.
As far as public access to information about pharmaceuticals is concerned, it would seem that the situation varies across the European Union.
The distinction between information and advertising is becoming less clear.
I therefore support Parliament's position which aims for a clearer definition of information and advertising.
It is important for patients to obtain reliable objective information in their mother tongue, for it to be designed for the non-expert public, and for it to be easy to understand and access, bearing in mind the particular needs of consumers.
As well as patients, we must protect doctors from hidden advertising as their relationship in the treatment process is particularly important.
We are living in an age when borders are disappearing and information can move freely, just as we can ourselves.
Therefore, we must apply certain safeguards to ensure the wellbeing of European patients.
I therefore congratulate the rapporteur for his excellent work and hope that we will all be healthier and will have easier access to information.
(CS) Madam President, the directive on medicinal products has not been significantly amended for almost 10 years, and a revision of this directive is therefore long overdue.
I fully support patients being fully informed and being made equal partners with doctors, sharing in decisions and also taking their share of responsibility for such decisions.
Accessibility of information will undoubtedly play a fundamental role in this change.
Such information clearly includes information on medicinal products, including those that are subject to medical prescription.
Patients should have access to information on a product, and not only in printed form, but also in electronic form.
They should have access to information that is independent, objective, comprehensive, true and accessible in an intelligible form and intelligible language.
I would like to thank the rapporteur for his good work.
I support his proposal.
(DE) Madam President, I would like to thank the rapporteur, Christofer Fjellner, and his shadow rapporteurs. Under difficult conditions, and despite battling against a severe headwind, a very good result has genuinely been achieved with this report.
The Commission proposal has been improved considerably.
A strict ban on advertising remains: there will be no information on the radio, television or in magazines; instead, patients must actively seek out the information.
I base my position on the idea that patients are responsible people.
They want to be informed, and I would very much like to help them achieve that.
I therefore also want the patient to be at the centre of the information.
I would like to focus on two key points.
I myself have said in no uncertain terms - including in the Committee on the Internal Market and Consumer Protection and in the Committee on the Environment, Public Health and Food Safety - that I would like to see health portals on the Internet and similar information in printed media.
Our citizens often look things up on the Internet, where they often come across poor and uncontrolled information.
We must therefore counter this with an alternative: controlled information.
Pharmacovigilance was a first success, with the adoption of drug safety portals that included the package leaflets and information on the medicines.
However, I would like to go beyond this, Commissioner, and would have liked to have seen comprehensive Internet portals that also provide information on illnesses and prevention.
If I have understood you correctly, you support this in principle, but perhaps have not said so in this dossier.
I would like the Commissioner to make a clear statement as to whether he also supports this.
I consider this to be a very, very important matter.
(FR) Madam President, I would like to congratulate our rapporteur, Mr Fjellner, on the excellent work he has been doing for several months on these two reports.
I say this especially because we have been waiting years for this text. The oldest MEPs among us will remember that, back when the pharmaceutical legislation was being revised, we wanted to talk about teaching patients about medicinal products and treatments, but that, unfortunately, there was some confusion between information and advertising.
Nowadays, information must not be allowed to be disguised advertising and, in fact, the emphasis in these reports is no longer on the right of companies to convey information but on the right of patients to access it.
The rationale is therefore completely different, and that is why patients are the priority.
Moreover, we say 'no' to unsolicited information, a move that will reduce the distribution channels and thus the risks of advertising.
Patients themselves will search for the information they want, which will not be forced on them, via the radio or television, newspapers or magazines.
That, in fact, is what makes it different from advertising.
Some information will therefore need to be pre-vetted.
Such pre-vetting must be carried out by national authorities, and it must allow for the creation of specialist, objective websites, and the use of specific printed materials, as Commissioner Dalli has explained.
All the conditions are therefore in place for ensuring good quality information, objective information, information for which patients have long been waiting.
This is why the Council absolutely must fulfil its responsibilities and agree to it, because we cannot allow just any information to be found on websites.
We have been waiting for 10 years: 10 years for the Council to make its decision.
(HU) Madam President, Mr Fjellner, too, deserves thanks for the report, for we have long needed a proposal for providing patients with more and better information on the prescription-only medicinal products prescribed to and used by them.
Quality information is very important and contributes to improved healthcare conditions.
When patients are adequately informed, they are more likely to follow the required treatment and will better understand the decisions relating to their treatment.
What we need is not only harmonisation of European regulations.
We must also ensure an improvement in public health through the provision of correct information.
Pharmaceutical companies also play an important role in this.
However, we must also make sure that there is no excessive drug consumption as a result of commercial promotion.
There are numerous problems with the provision of information on medicines in EU Member States today.
In some Member States, patients have difficulty accessing even the most basic information about prescribed medicines.
This causes serious inequalities in EU healthcare.
In addition to information available on the Internet, we need to provide guidance through traditional channels as well.
However, our aim is not to ensure that pharmaceutical companies have the right to provide information, but to give patients the opportunity to obtain information.
We need to distinguish between information and advertising.
In my view, communication between patients and doctors is also important, since the primary source of information for the patient must be the physician who prescribes the medication.
Other information channels should only serve to supplement that information.
(CS) Madam President, I very much applaud the work of the rapporteur on regulations for improving the accessibility and quality of information on medicines for European patients.
As a doctor, I can say that the information on product leaflets is reliable and intelligible to doctors.
Now, it must also be written in such a way that lay persons also understand it.
However, we are also aiming to put an end to misleading advertisements on the Internet that encourage people to buy products that not only do not cure, but may even harm patients.
It is, however, not easy to regulate web content in a globalised digital environment.
I would like to emphasise again that the solution is to implement as soon as possible the proposal to introduce reliability marks for safe websites.
Only then will it be possible to ensure reliable content concerning medicines on the Internet, regardless of where in the world the website operator is based.
Such a plan was also included in my report on consumer confidence in the digital environment.
(IT) Madam President, Commissioner, ladies and gentlemen, the report being discussed is extremely important, since it will enable European legislation on access to information on medicinal products to be harmonised and, above all, because it will ensure that patients obtain more information about prescription medicines.
The posting of this information on websites must be transparent and independent.
To ensure this, all information must be examined by the relevant national or European authorities, to prevent it from becoming disguised advertising of medicinal products, perhaps through the action of production companies.
Finally, I call for the same attention to be given to information contained in prescription medicine brochures also.
In this regard, I would prefer doctors or pharmacists to be the ones who provide detailed information to patients, to ensure the thorough understanding of medicine administration that is required.
(IT) Madam President, ladies and gentlemen, we believe that the regulation is positive, since it is aimed at providing a harmonised legislative framework with regard to non-promotional information on prescription medicines which pharmaceutical companies may communicate to the public, leaving the advertising ban unchanged.
The motion stresses the difference between advertising and information.
The provision of information is based on the principles of active research.
Doctors must continue to be the main source of information on medicinal products.
Other sources, which are understood to be complementary and which include magazines and newspapers, should be maintained.
The central focus is the patient's right to information, with the active participation of organisations that represent citizens, particularly patients.
We voted in favour.
Madam President, we would all like to see patients using the existing information that is available to them.
We need to create awareness among citizens about the use of the information currently available.
I support colleagues here who say that we should not advertise products, and would say to the companies involved that communicating quality information to consumers is the best form of advertising, because if a product works for the citizen, then that is a clear message that it will be used where it is required.
Of course, we need to have general practitioners communicating medical and scientific information to their patients.
This often does not happen in the best possible way.
Finally, we also need to be clear about how medicaments are allocated to citizens of different age groups.
They are prescribed today with no review of the case for a year.
This is very dangerous, and we need to have much more rigorous assessment of how patients are cared for, on a regular basis.
Otherwise, we will have medical problems.
Member of the Commission. - It is indeed gratifying to see such a level of positive engagement on such an important file and the general agreement that there is on the trust that has been placed in the basic principles and concepts on which this proposal should be moving forward.
As I stated earlier, it was very important that we shift the focus of the original proposal into a patient-orientated proposal based on the patient's perspective.
I have been following the debate in Parliament very assiduously.
I have talked to many of you to see what is being talked about, and I believe that what we have - as I stated in my original comments - is a very positive document on which we should be now building in order to come to a final agreement.
I would like to make some short comments on what you have said.
Concerning the ex-ante controls by EMA mentioned by Mr Correia, I believe that 120 days would be somewhat excessive and, in fact, what we will be proposing will be in the region of 60 days.
The Internet is a daunting task, and controlling websites containing information for patients is vital - but we all understand that it is also difficult.
The points raised by Mr Buşoi and Ms Grossetête concerning strict rules covering the Internet is very important, and this is what we should be developing.
The focal point which the doctor needs to continue to have in the relationship with the patient is also very important, as stated by Mr Schnellhardt and also, in their own ways, by Mr Pargneaux and Mr Parvanova.
I agree that doctors should not be instrumentalised by the pharmaceutical industry but, on the other hand, a doctor should be a good medium through which information should flow.
Here, we must ensure that information in the hands of doctors, as Mrs Rosbach has stated, should also be objective.
My last point regards the comprehensive portal on diseases, which was mentioned by Mrs Weisgerber.
I have to say that, in the case of medicines, this is already covered by the pharmacovigilance legislation that we are proposing.
It is somewhat more difficult in the case of diseases.
We already have a portal on rare diseases, but in the case of the overall spectrum of diseases, we have started and are attempting to tackle this issue.
However, it is proving to be a very complex and, as you will understand, an extremely extensive exercise.
So I would like to thank you for the work that has been done on this dossier.
I would like to thank the rapporteur and the co-rapporteurs again for the work that they have done, and I hope, as I said, that finally, we will have a document on which we can work further.
Commission's position on the amendments tabled by the Parliament:
- C6-0156/2008 -
Amendments:
Directly acceptable: 1, 3, 4, 10, 11, 12, 22, 26, 35, 39, 40, 42, 56, 60, 63, 64, 65, 67 and 69
Acceptable in principle: 9, 13, 14, 16, 19, 20, 21, 23, 27, 32, 34, 36, 37, 41, 46, 48, 50, 52, 58, 62, 66, 72, 74, 75, 76, 77 and 78.
Acceptable subject to rewording: 5, 6, 7, 8, 15, 24, 25, 28, 33, 44, 49, 53, 59 and 70.
Partly acceptable: 2, 29, 31, 43, 54, 55, 61 and 79.
NOT acceptable: 17, 18, 30, 38, 45, 47, 51, 57, 68, 71 and 73
- C6-0517/2008 -
Amendments:
Acceptable: 2 and 7
Acceptable in principle: 6
Acceptable subject to rewording: 1
Partly acceptable: 9, 10 and 12
NOT acceptable: 3, 4, 5, 8 and 11
Madam President, I am pleased that the Commission started by pointing out precisely the fact that access to information on medicinal products currently varies enormously throughout Europe, because we have tried very hard to ensure that everyone has good access and to harmonise this access.
At the same time, I had a requirement of my own and that was that the information must not be worse or sparser in any particular country.
I know that this is something that many people were concerned about in some countries, including Sweden, where, for a long time, we have had a system called Fass.
I will now address those people directly and say that the way Parliament has voted here not only means that it is possible to retain Fass, but it is also possible for other countries to introduce similar systems.
In other respects, of course, the rules in Europe today are rather strange in that anyone can say whatever they like about medicinal products that are subject to medical prescription except those who manufacture these medicinal products; in other words, those who should know most about them.
I am therefore pleased that we have established that they not only have the right, they actually have a duty to disseminate certain basic information.
They must also contribute, because after all, they are the ones sitting on a lot of the information.
To the Commissioner I would simply like to say that I am very pleased to see that you and I seem to agree on all of the points that are key for me in this work.
I believe that the Commission and Parliament are now in agreement.
This puts considerable pressure on the Council to take up this matter in a constructive way and work further on it.
To be honest, even with regard to the points in the proposal to which the Commission has stated that it has objections, I would maintain that the essence of what we want to achieve is very similar, for example, as regards printed material and the possibility of helping those countries that have constitutional problems, including Sweden, to solve them in the proposal.
Finally, I would like simply to address those Members here who do not think that we should have an exception for doctors and the information that doctors are to provide.
Personally, I think that a doctor who sees a clinical trial published by a company should have the right to give it to a patient if the doctor deems the information to be relevant, or that a doctor who finds a package leaflet in a language other than that Member States' official language should have the right to print out that information and give it to a patient.
In that case, however, we must vote for the doctor himself to be able to decide and not for this directive to govern what doctors are to give to patients.
It is always the doctors' responsibility and we should not regulate it here.
The joint debate is closed.
The vote will take place on Wednesday, 24 November 2010.
Written statements (Rule 149)
in writing. - Information regarding consumer products has become essential.
Information on medicines is especially sensitive.
One important distinction which has to be made is between information and advertisement.
The European Parliament, in discussing this report, is making safeguards where medicines are concerned.
One instance is that printed matter has to be submitted to the European Medicines Agency (EMA) 90 days in advance for analyses before being forwarded to consumers.
One important element which is not being addressed is information on prices.
During this legislature, I have insisted on the high prices of medicines in Malta when compared to the same medicines elsewhere in the European Union.
The difference in price is not minimal but unbelievable.
The cost of some medicines in Malta is double or even more than the cost in Europe.
When I submitted questions to the Commission on the subject, they always indicated that this is an issue for the national government.
I strongly believe that the EMA should not only act as a shield for consumers in relation to information on medicines, but when consumers are being blatantly overcharged for medicines and national governments are unable to tackle the issue, the EMA should have the ability to address the issue.
in writing. - I welcome the provisions in the report on the information on medicinal products which emphasise the right of consumers to information.
Regarding this, I would like to draw your attention to the online public consultation launched by the EC in connection with forthcoming amendments to the Tobacco Products Directive.
Undoubtedly, this initiative is praiseworthy and I support it.
But I would like to see the position of Parliament and the Council because, since I have familiarised myself with the proposals, I define some as extreme, unreasonable and, to some extent, I am even surprised at their inclusion for discussion.
I mean some of the proposed options such as the introduction of simplified uniform packing without insignia, a ban on the display of products in sale and prohibiting the use of additives in the production of tobacco products.
I believe that in drawing up new regulations, reality must be considered.
Extreme bans and restrictive regulatory measures on tobacco should be treated with caution.
This is a growing problem and I don't want this signal to remain without discussion.
The Commission proposes, but what it gives us as proposals is not always the best for all Member States.
A debate in this case is obligatory!
I think it is a good thing that, as a result of this proposal, the focus of the directive and the regulation has moved from drug manufacturers to patients.
It is extremely important to raise patients' awareness of prescription drugs in order to prevent overconsumption of medicines as a result of commercial considerations.
Unfortunately, in many Member States, it has become the norm for drug companies to lobby hard, offering a number of benefits which certainly have an influence on doctors' decisions.
Needless to say, business interests are not always consistent with the interests of patients, and this is why the amendment to Directive 2001/83/EC and Regulation (EC) No 726/2004 are necessary in order to create a clear framework for giving out information on prescription drugs.
A clear framework would help to promote the rational use of drugs and would be in the interest of patients.
There should certainly be clearer distinctions made between advertising and information, even though direct advertising of prescription drugs to consumers will remain prohibited under the relevant proposals.
in writing. - The Environment Committee has made some important improvements to the Commission's proposal which, in its original form, would not have prevented all forms of advertising of prescription drugs directly to patients.
Prescription medicines are not like ordinary consumer goods.
They should be supplied by clinical experts, not marketed like cars or cosmetics.
So I welcome the continued ban on advertising of prescription medicines on television, radio, and in the print media.
Healthcare professionals remain the most trusted source of information about medicines.
So I cannot support the rapporteur's amendment which would allow healthcare professionals to distribute additional, unapproved material from the pharmaceutical companies directly to patients.
This would represent a clear opportunity to advertise, something which we want to avoid and which would be inconsistent with our position against direct advertising to patients.
It is especially inappropriate because the material directly from the pharmaceutical company would, in the patient's eyes, carry the legitimacy of the doctor distributing it.
On the whole, the report represents improvements for patients compared to the Commission proposal, and we should not undermine these improvements by allowing pharmaceutical companies to advertise directly to patients in the doctor's surgery. | Informations relatives aux médicaments (code communautaire relatif aux médicaments) - Informations relatives aux médicaments (procédures communautaires pour l'autorisation et la surveillance en ce qui concerne les médicaments) (débat)
L'ordre du jour appelle la discussion commune sur:
le rapport de Christofer Fjellner, au nom de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant, en ce qui concerne la diffusion auprès du public d'informations relatives aux médicaments soumis à prescription médicale, la directive 2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain - C6-0516/2008 -, et
le rapport de Christofer Fjellner, au nom de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant, en ce qui concerne la diffusion auprès du public d'informations relatives aux médicaments à usage humain soumis à prescription médicale, le règlement (CE) n° 726/2004 établissant des procédures communautaires pour l'autorisation et la surveillance en ce qui concerne les médicaments à usage humain et à usage vétérinaire, et instituant une Agence européenne des médicaments - C6-0517/2008 -.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, voici enfin venue l'heure du débat en séance plénière sur la nouvelle législation sur les informations relatives aux médicaments.
Nous nous apprêtons à discuter de la dernière partie de ce que certains considèrent comme la question la plus controversée du paquet médicaments, à savoir les informations relatives aux médicaments.
Je dois bien avouer qu'il y a un an encore, je n'aurais probablement jamais cru que nous arriverions en séance plénière avec autant d'accords conclus ici, au Parlement.
Si tel est le cas aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à mes rapporteurs fictifs.
Ce sont en effet leurs propositions constructives et leur volonté d'aboutir qui nous ont permis d'obtenir un accord et, je l'espère, d'adopter ce rapport avec un large soutien en séance plénière.
Il ne s'agit pas seulement de la volonté d'aboutir à un compromis.
Ce qui est peut-être plus important encore, je crois, c'est de nous être rendu compte qu'ici, au Parlement, nous poursuivions les mêmes objectifs et faisions tout pour qu'ils se réalisent.
Premièrement, ce que nous voulons avant tout, c'est que les patients européens disposent des meilleures informations possibles sur les médicaments et que celles-ci soient plus accessibles.
Deuxièmement, aucun d'entre nous ne souhaite voir se développer de la publicité pour des médicaments soumis à prescription médicale. Et, troisièmement, nous entendons que les informations destinées aux patients et diffusées par des entreprises soient vérifiées et approuvées par des autorités compétentes.
Ce sont ces principes, que nous partageons tous, qui nous ont permis d'aboutir à un accord.
Mais c'est aussi en quelque sorte pour ça que nous nous sommes sentis obligés de remanier la proposition de la Commission.
Je voudrais relever cinq points sur lesquels nous nous sommes concentrés lors de la refonte de la proposition législative originale de la Commission.
Premièrement, nous avons essayé de changer la perspective de la législation en modifiant l'approche basée sur le droit des sociétés pharmaceutiques à communiquer pour se concentrer d'une part sur le droit des patients à accéder aux informations et, d'autre part, sur l'obligation des sociétés de publier et de mettre ces informations à la disposition des patients.
Deuxièmement, nous avons essayé de restreindre autant que possible toutes les exceptions qui existaient pour éviter de créer des brèches favorables aux publicités, ce qu'aucun d'entre nous ne souhaite.
Troisièmement, nous nous sommes assurés que les informations sur les médicaments communiquées par les sociétés étaient vérifiées et fiables, puisqu'elles doivent avoir été certifiées par un organe compétent à un moment donné.
Quatrièmement, nous avons établi qu'aucune information ne devait être transmise par les sociétés pharmaceutiques aux patients ou au grand public sans que ceux-ci ne les aient expressément sollicitées.
Personne ne devrait jamais recevoir d'informations non sollicitées relatives à des médicaments.
Nous avons donc rejeté tout ce que recoupe l'expression "chaîne de diffusion", comme les annonces à la radio, à la télévision ou dans les journaux.
Enfin, je voudrais insister sur le fait que les sociétés ne sont qu'un des maillons dans la chaîne de l'information.
Le monde médical et la société dans son ensemble devraient, dans de nombreux pays d'Europe, assumer une part de responsabilité beaucoup plus grande.
Nous nous sommes également heurtés à certains points de désaccord.
À cet égard, je voudrais simplement soulever une question et demander à mes collègues d'accepter l'exception portant sur les informations fournies par les médecins aux patients qu'ils soignent, en d'autres termes, que ces informations ne soient pas soumises au même processus de contrôle que celui imposé aux autres informations.
J'ai ici un cas spécifique qui pourrait poser un problème si une telle exception n'était pas acceptée. Un docteur en Suède, par exemple, ne pourrait jamais donner une notice rédigée en anglais à un patient qui ne comprend pas le suédois, car celle-ci ne pourrait pas avoir été approuvée en Suède, où l'anglais n'est pas une langue officielle.
Je conclurai en m'adressant au Conseil, qui, malheureusement, n'est pas présent, ce qui est assez révélateur.
Je déplore l'absence du Conseil.
J'ai sincèrement voulu tenir compte des avis et des arguments du Conseil afin de faciliter la discussion, mais jusqu'à présent j'ai presque toujours été confronté à un refus catégorique.
Or, il est bien difficile d'écouter quelqu'un qui ne fait pas valoir sa position.
Nous sommes parvenus à conclure un accord sur ce sujet.
Je suis certain que le Conseil, lui aussi, s'il commence à en discuter en détail, aboutira à peu de chose près aux mêmes résultats que ceux que nous avons obtenus ici.
Cependant, le Conseil ne doit pas se montrer avare en informations sous prétexte de vouloir épargner de l'argent.
Ce n'est pas ce que nous voulons.
Nous ne croyons pas que des patients moins bien informés soient d'une quelconque manière plus faciles à traiter ou qu'il soit financièrement plus intéressant de taire des informations.
Je lance un appel au Conseil pour qu'il prenne le relais de sorte que, ensemble, nous puissions garantir à l'Europe de meilleures informations sur les médicaments dans l'intérêt des patients.
Monsieur le Président, pendant mon audition en tant que Commissaire désigné, j'ai expliqué que l'information aux patients était pour moi un sujet crucial.
Les patients sont très soucieux de leur santé et de leur bien-être.
Mais aujourd'hui, la disponibilité d'informations sur les médicaments en Europe est très diverse, voire très inégalitaire.
Les informations pertinentes que peuvent glaner les patients dépendent bien souvent des langues qu'ils parlent, de leur maîtrise des technologies de l'information et parfois même de leur classe sociale et de leurs réseaux.
Dans une Europe qui tâche de surmonter les inégalités actuelles en matière de santé, ce n'est pas acceptable.
L'ambition principale de la proposition initiale de la Commission demeure donc justifiée, et je félicite le Parlement et, en particulier, votre rapporteur, M. Fjellner, d'avoir présenté cette importante proposition.
Cependant, je crois fermement, comme je l'ai également souligné pendant mon audition, que nous devons aborder ce problème du point de vue du patient.
Nous devons nous interroger sur les informations dont les patients ont besoin, non sur celles que l'industrie a envie de fournir.
Nous devons faire très attention de ne pas tomber dans de la publicité directe au consommateur. Ce n'est pas ce que veulent les patients.
Une fois de plus, je félicite le Parlement qui a parfaitement saisi cette position.
Cela permettra à la Commission d'accepter plusieurs de vos amendements essentiels lors de la présentation de nos propositions modifiées.
Je me réfère, en particulier, à l'obligation de publier l'information, à la question de savoir quelles informations sont concernées, aux canaux de diffusion de l'information et aux mécanismes de contrôle.
Premièrement, je soutiens l'amendement selon lequel l'industrie doit avoir l'obligation et non pas simplement le droit de fournir des informations sur les médicaments.
C'est une modification très importante.
Deuxièmement, en ce qui concerne les informations publiées, je suis également d'avis qu'elles ne devraient pas faire état de comparaisons entre médicaments, car cela pourrait être perçu comme une démarche promotionnelle.
Naturellement, ce type d'information reste pertinent pour les patients et les professionnels de la santé mais, en raison du risque d'abus à des fins promotionnelles, sa délivrance doit être strictement encadrée.
Nous coopérons actuellement avec les États membres en vue d'établir un cadre pour l'évaluation des technologies de la santé.
Je suis également d'avis que ces propositions devraient porter sur les informations fournies par l'industrie et non par sur celles communiquées par des tiers tels que des journalistes ou des scientifiques.
Cependant, nous savons qu'il existe une zone grise propice aux abus.
Je crois donc que ces journalistes ou scientifiques devraient être obligés de déclarer s'ils ont bénéficié d'avantages financiers ou autres de la part de l'industrie.
Troisièmement, en ce qui concerne les canaux de diffusion de l'information, je suis partiellement d'accord avec vos amendements.
Cependant, tout le monde n'utilise pas l'internet; nous devons éviter d'accentuer les inégalités en empêchant ceux qui ne recourent pas aux outils de communication numérique d'avoir accès à l'information médicale.
J'estime donc que l'industrie devrait prévoir systématiquement une notice imprimée sans attendre qu'on en fasse la demande.
Ce modèle d'information pourrait être visualisé sur demande par le public ou par l'intermédiaire des professionnels de la santé.
Quatrièmement, concernant le contrôle de l'information, je conviens que les informations qui n'ont pas encore été approuvées pendant le processus d'autorisation de mise sur le marché devraient, par principe, être pré-approuvées par des autorités compétentes.
Cependant, je crois que l'Europe devrait prêter la plus grande attention aux questions constitutionnelles que pourraient soulever certains États membres par rapport à la compatibilité du pré-contrôle avec la liberté d'expression.
Ces États membres devraient pouvoir proposer un contrôle exposé, indépendamment du fait qu'ils disposent ou non d'un tel contrôle exposé.
Plusieurs amendements du Parlement concernent les informations provenant de sources autres que l'industrie.
À cet égard, laissez-moi vous dire que je suis entièrement d'accord avec la politique ambitieuse consistant à placer les propositions relatives aux informations sur les médicaments fournies par l'industrie, dont nous débattons aujourd'hui, dans un agenda plus large et plus complet sur l'information aux patients.
Il existe effectivement d'autres sources très importantes qui méritent d'être mieux exploitées, mais pas dans le cadre de ces propositions.
La Commission est déjà tenue de rédiger un rapport sur la lisibilité des notices.
Par conséquent, tout changement concernant cette question serait prématuré.
Il n'est pas non plus imaginable de présenter, pour chaque étude clinique mentionnée dans le résumé du rapport européen public d'évaluation, un lien vers la base de données Eurydice concernant les essais cliniques.
Un lien général entre les bases de données devrait suffire.
Le résumé public du rapport d'évaluation ne devrait pas être annexé à l'autorisation européenne de mise sur le marché, puisqu'il est déjà mis à la disposition du public sur le site Internet de l'EMA.
Je reconnais que, outre les informations fournies par l'industrie, un certain nombre de bases de données et de portails européens et nationaux fournissent déjà des informations sur les médicaments.
Ce qu'il nous faut, c'est établir des liens entre ceux-ci.
Je propose que le futur portail européen sur les médicaments récemment créé par la directive sur la pharmacovigilance serve de point central pour accéder aux informations.
Dans ce contexte, je reconnais tout à fait la nécessité de proposer davantage d'informations sur les maladies et leur prévention.
Les patients veulent connaitre, outre les informations sur les médicaments, toutes les différentes options de traitement.
Cependant, cela ne peut pas être traité dans le cadre de ces propositions, qui se concentrent sur les médicaments.
Pourtant, la Commission est bien placée pour faire office de standard européen de l'information.
Selon moi, notre rôle est de servir de lien entre des sources d'informations fiables telles que les États membres ou les associations de patients.
L'action européenne peut apporter une valeur ajoutée. D'ailleurs, de nombreux outils d'information, tels que le portail Santé de l'Union, sont déjà en place.
Chers députés, vous vous doutez qu'il reste certains amendements que la Commission, après une longue réflexion, ne peut soutenir.
Le droit des citoyens de porter plainte, par exemple, est un principe fondamental de l'Union.
Il n'est donc ni indiqué, ni nécessaire de le réaffirmer.
Le montant des amendes devrait être fixé au niveau national et non au niveau législatif européen.
Une liste des positions de la Commission sur tous les amendements proposés a été mise à la disposition du Parlement.
Permettez-moi de conclure en remerciant une fois encore le Parlement ainsi que M. Fjellner et les rapporteurs fictifs pour leur importante contribution.
J'espère que le vote de cette semaine permettra de renforcer l'accès des patients à l'information et de convaincre le Conseil de la nécessité d'entamer des discussions approfondies sur ces propositions.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Commissaire Dalli, les patients devraient avoir le droit d'obtenir un maximum d'informations sur leur maladie et les médicaments disponibles pour les soigner.
Cependant, comment faire la différence entre l'information et la publicité?
Où et comment obtenir une information objective et non biaisée?
Il existe diverses interprétations des textes actuellement en vigueur. Ils doivent donc être harmonisés en renforçant la souveraineté de chaque individu.
L'information doit être fiable, validée par les autorités, indépendante, accessible et orientée vers un public ordinaire, et non pas expert.
Le but est de permettre aux citoyens, autrement dit à l'utilisateur final, de mieux s'informer et de manière plus responsable.
Le délai pour l'accord tacite de l'Agence européenne du médicament (AEM) devrait passer de 60 à 120 jours.
L'obligation de motiver tout refus donne du poids à ces rejets et du crédit au résultat final.
L'AEM joue un rôle primordial en tant que source privilégiée d'informations objectives.
Pour conclure, je tiens à féliciter le rapporteur, M. Fjellner, pour son travail, et à lui dire que je suis ravi qu'il ait accepté presque toutes les propositions que j'ai présentées en tant que rapporteur pour avis de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs.
Monsieur le Président, je voudrais féliciter le rapporteur et tous les collègues qui ont contribué à ce dossier.
Je voudrais également féliciter le commissaire Dalli.
Je pense que nous avons obtenu un bon résultat et que ce rapport est désormais beaucoup plus orienté vers le patient que la proposition initiale.
De nos jours, les patients ont de plus en plus tendance à chercher des informations médicales afin de pouvoir s'impliquer activement dans les décisions concernant leur santé.
Les patients ont également tendance à chercher les informations en ligne.
Il n'est pas facile de contrôler ces informations sur l'internet, mais il faudra tôt ou tard régler ce problème qui ne se résoudra pas si nous n'agissons pas sous prétexte que c'est là une tâche trop compliquée.
Je soutiens donc l'imposition de règles strictes pour l'enregistrement et le contrôle des sites Internet. Je pense qu'il faut aussi diffuser une liste des sites Internet autorisés afin que les patients puissent être certains de la fiabilité de leur source.
Des mécanismes de protection sont également nécessaires, et le rapport les prévoit notamment en limitant les informations disponibles à celles approuvées par les autorités compétentes.
C'est pourquoi nous avons, au sein de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, adopté un certain nombre d'amendements relatifs à la publicité en veillant à modifier la notion de "diffusion des informations" par celle de "mise à disposition des informations" dans le cadre d'informations non promotionnelles, recherchées par les patients qui en ont besoin et non imposées à ceux-ci.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, quand je repense à la façon dont nous avons débattu de cette proposition de la Commission lors de la dernière législature et aux positions allant du rejet le plus catégorique à l'encensement aveugle de toutes les propositions qui se présentaient à nous, je dois bien dire que je suis très heureux de ce qui nous a été proposé ici.
Nous devons nous montrer très reconnaissants envers le rapporteur et ses corapporteurs pour avoir rassemblé un large éventail d'opinions en une position cohérente.
Je pense que le mot-clé, ici, est "orienté vers le patient".
En d'autres termes, nous ne nous sommes pas laissé distraire par des considérations triviales. Au lieu de cela, nous nous sommes demandé ce dont le patient avait besoin.
Je pense que c'est une bonne chose de permettre aux patients d'obtenir des informations de différentes manières et non pas par une voie unique.
Je voudrais cependant rappeler que le médecin doit rester le point central de référence pour le patient et qu'il doit continuer à exercer une influence indiscutable sur les décisions.
Nous y parviendrons en interdisant la publicité et en garantissant que les informations fournies aux patients soient vérifiées et approuvées par une autorité compétente.
Cela signifie que l'information est basée sur des faits scientifiques et que les patients peuvent s'y fier.
Bien sûr, tout le monde n'est pas en mesure de trouver ces informations sur l'internet.
C'est la raison pour laquelle nous disposons de plusieurs voies de diffusion. Cependant je pense que l'internet est tellement répandu que nous ne devons pas trop nous en inquiéter.
J'espère seulement que le Conseil aura désormais le courage de se pencher sur le sujet.
C'est très important, il faut agir rapidement.
Nos patients l'attendent.
Nous aurons alors fait du bon travail.
au nom du groupe S&D. -Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, en ce début de XXIe siècle les patients ont particulièrement besoin d'une information appropriée afin d'être pleinement impliqués dans le parcours de soins, de savoir où chercher les soins, de décider du meilleur traitement avec les professionnels de santé et de suivre à la lettre le traitement prévu.
Aujourd'hui, les patients réclament une information indépendante, comparative et adaptée aux besoins de chacun.
Malheureusement, les propositions de révision de la directive transmises par la Commission européenne ne répondaient pas correctement aux besoins exprimés par les citoyens européens.
Ces propositions ouvraient la porte à la promotion directe par les firmes pharmaceutiques, ce qui nous apparaît comme un non-sens en termes de réponse aux besoins réels des patients.
Cette opération ne présente aucun intérêt, ni pour les citoyens, ni pour les États membres.
Elle signifie, au contraire, de la bureaucratie supplémentaire, une augmentation des dépenses et des risques pour les patients.
C'est pour ces raisons que, dans un premier temps, nous avions présenté une proposition de rejet de ces textes, demandant ainsi à la Commission de revoir sa copie.
Cette approche, également adoptée par mon collègue Carl Schlyter, du groupe des Verts, a permis à notre rapporteur, M. Fjellner - que je salue -, de procéder à une révision importante des propositions de la Commission.
En parallèle, nous avions déposé une soixantaine d'amendements visant à protéger davantage la santé de nos citoyens et à faciliter l'accès des patients et l'information indépendante, comparative et adaptée aux besoins de chacun.
L'adoption de ces amendements en commission de l'environnement a permis de mettre davantage l'accent sur les droits des patients à l'information plutôt que de faire de la mise à disposition d'informations une option pour les industries pharmaceutiques.
À la lumière des amendements de compromis obtenus, nous avons décidé de retirer notre proposition de rejet des textes, la substance du texte ayant évolué dans une bonne direction au cours des derniers mois.
Le projet de rapport, tel que modifié, est parvenu à contrebalancer les propositions initiales de la Commission européenne.
Cependant, nous continuerons à refuser que les professionnels de santé puissent être instrumentalisés pour distribuer à leurs patients brochures et informations fournies par les firmes pharmaceutiques sans aucun contrôle des autorités de santé.
De même, nous nous opposerons à l'autorisation de campagnes industrielles, d'information notamment, en matière de vaccination.
L'information ne peut venir librement des firmes pharmaceutiques.
L'expérience montre que nous devons être très vigilants - et d'ailleurs ce qui s'est passé avec les médicaments Mediator montre à quel point nous devons l'être - et faire en sorte d'atteindre le point d'équilibre, tel que nous l'avons recherché avec ce projet de rapport.
Monsieur le Président, au nom du rapporteur fictif de mon groupe, je voudrais féliciter M. Fjellner pour le travail considérable qui a été accompli.
Le groupe ALDE accueille favorablement ce rapport, qui définit enfin un cadre clair pour la délivrance aux patients des informations relatives aux médicaments.
Les patients doivent être informés objectivement, c'est pourquoi la frontière entre l'information et la publicité doit être clairement marquée.
Les informations relatives aux médicaments soumis à prescription médicale devraient donc être strictement réglementées.
Une attention particulière a été également accordée aux nouveaux médias - principalement l'internet - pour établir des garde-fous efficaces, développer des mécanismes pour le contrôle du contenu et assurer une disposition spécifique pour une application correcte.
Je voudrais également faire une remarque personnelle concernant les brochures fournies aux professionnels de la santé à destination des patients.
Il n'y a aucune raison objective d'exclure ces brochures de la disposition relative aux autres contenus, surtout lorsque l'on sait que les médecins sont la source d'informations à laquelle les patients font le plus confiance.
Je voterai donc personnellement contre l'amendement 88 et j'espère que la cohérence guidera notre vote afin de maintenir la plus-value substantielle que ce rapport apporterait à la proposition de la Commission.
au nom du groupe ECR. - (CS) Monsieur le Président, je voudrais commencer en soulignant le fait que je soutiens pleinement le rapport.
J'ai milité toute ma carrière pour que chaque citoyen soit responsable de sa propre santé, mais ce n'est possible que si le public est correctement informé.
Comme Horst Schnellhardt l'a déjà mentionné ici, nous avions fait campagne depuis la dernière session législative pour faire évoluer cette idée.
Ces débats sans fin sur le fait que nous sommes incapables de distinguer la publicité de l'information me paraissent à présent bien ridicules, si vous voulez bien me pardonner l'expression.
Nous pouvons tous faire la distinction entre les informations que nous avons sollicitées et celles qui nous sont imposées.
Nous devrions être entièrement ouverts à toutes les informations demandées.
N'oublions pas que nous vivons dans un monde globalisé, n'obligeons donc pas les citoyens européens à chercher des informations sur des sites Internet américains.
Madame la Présidente, tout comme M. Ouzký, j'ai moi aussi consacré ma carrière professionnelle en tant que médecin à chercher comment informer au mieux mes patients.
Mais, comme il est de coutume, je tiens à commencer mon intervention par féliciter le rapporteur pour son très bon travail, même si je dois émettre quelques réserves. Mais j'y reviendrai plus tard.
Lorsque nous avons commencé à négocier cette proposition, nous étions confrontés à deux problèmes après l'élection de la nouvelle Commission.
Premièrement, la question a été transférée à un nouveau commissaire, et deuxièmement, nous avons dû décider s'il fallait poursuivre les travaux entamés ou abandonner le document existant pour repartir d'une feuille blanche.
Tout comme la plupart d'entre vous et le commissaire Dalli, je pensais moi aussi que la proposition originale de la Commission n'était pas bonne, car elle ne répondait pas aux besoins des patients et des consommateurs.
Nous n'avons donc pas voulu perdre de temps en travaillant ensemble sur l'ancien document et nous avons convenu de rejeter la campagne commerciale orchestrée par les sociétés pharmaceutiques.
Nous avons exclu la presse en tant que canal de communication. Nous avons alors convenu que les patients avaient le droit de savoir qui fournissait les informations et que les entreprises étaient responsables de toute les informations qu'elles diffusaient.
Je suis plutôt étonné que M. Fjellner soumette une nouvelle fois à l'assemblée plénière une proposition d'amendement que nous avons rejetée en commission et qui constituerait un pas en arrière, contrairement au nouveau libellé de la proposition.
Si une telle proposition devait être adoptée, je trouverais difficile de voter pour un document qui est pourtant dans l'ensemble plutôt bon.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, je pense moi aussi, comme le rapporteur, qu'il faut mettre l'accent sur la sécurité des patients et les informations qui leur sont fournies.
Les patients, les infirmières et les médecins devraient tous avoir accès aux meilleures informations possibles sur un médicament donné.
Les médecins dont je parle veulent pouvoir accéder plus facilement à une information impartiale sur des médicaments, à la fois pour eux-mêmes, pour leurs patients et pour d'autres professionnels.
Ils veulent également que les descriptions des préparations soient normalisées, car ils utilisent l'internet principalement pour trouver des informations sur les effets des médicaments.
Ils y comparent les principes actifs de médicaments similaires de différentes sociétés pharmaceutiques d'ici et d'ailleurs.
Il est donc extrêmement important que les sociétés pharmaceutiques comprennent leur responsabilité et l'importance de fournir des informations objectives et techniquement correctes et de ne pas les présenter comme de la publicité.
Les sociétés pharmaceutiques doivent vendre leurs produits, c'est clair, mais la responsabilité accroît la confiance des consommateurs dans la préparation.
(DE) Madame la Présidente, le bien-être des patients est au centre du débat.
Pour se couvrir, les sociétés pharmaceutiques incluent souvent toute la liste des effets indésirables mineurs dans la notice, ce qui, naturellement, complique considérablement le problème.
Les patients ainsi troublés tendent à modifier les doses de leur propre initiative ou à interrompre le traitement.
En outre, la pléthore d'informations disponibles sur l'internet, certaines fiables et d'autres beaucoup moins, vient considérablement accentuer la confusion et l'incertitude.
Les sites Internet certifiés sont un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas encore suffisant.
Une autre priorité est de rendre l'information compréhensible, même à ceux qui ne disposent d'aucune qualification médicale ou pharmaceutique.
La notice doit être claire et lisible.
Il faudrait augmenter la taille de la police, en particulier pour les personnes âgées.
Je suis au regret de constater que certains pays tiers profitent du haut niveau de protection du secteur pharmaceutique européen.
Des médicaments originaux et contrefaits sont ainsi disponibles en grande quantité dans les bazars turcs.
Nous devons donc également imposer des obligations à ces pays tiers afin de mettre un terme à ce marché noir.
(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, la directive dont nous débattons vise à harmoniser le contenu et la qualité des informations pharmaceutiques mises à la disposition de tous les citoyens de l'Union.
Tout en réaffirmant le droit à la publicité, elle revendique le droit du patient à l'information.
Nous devons donner à tous les citoyens européens les mêmes chances d'accéder aux informations sur les médicaments.
L'objectif principal de cette directive est de mieux informer les patients européens de sorte qu'ils puissent adopter une approche plus avertie de la médecine.
Chacun d'entre nous, et plus particulièrement l'industrie pharmaceutique, doit avoir pour objectif de fournir les informations les plus précises et les plus utiles possibles à tous les citoyens sans distinction.
Je voudrais souligner deux aspects particulièrement importants de cette directive.
Premièrement, les citoyens doivent pouvoir, grâce à des informations précises, utiliser correctement les médicaments, pour que ceux-ci soient plus efficaces et limiter au maximum les risques d'abus potentiels.
Deuxièmement, une information précise et efficace peut faire mieux comprendre aux citoyens la charge que représentent les coûts pharmaceutiques pour les dépenses publiques.
En tous cas, nous devons nous montrer très attentifs et rigoureux sur certains points.
Je me réfère, surtout, au danger que représente la publicité déguisée sous forme d'informations médicales.
Nous devons éviter le risque de voir apparaître des informations prétendument scientifiques déguisant une intention beaucoup moins noble, consistant à influencer les patients et à les inciter à acheter un médicament en particulier.
Il est donc crucial de disposer d'outils efficaces pour contrôler les informations, notamment celles que les patients peuvent obtenir sur l'internet.
En conclusion, j'espère que la Commission fournira des moyens de contrôler les informations de façon à garantir leur exactitude.
Ces contrôles devraient être confiés à des organes indépendants spécialisés afin d'offrir les meilleures garanties d'impartialité.
(DE) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, dans son discours, le commissaire Dalli a lui-même précisé que nous devions nous concentrer sur le patient.
Même si la proposition originale de la Commission tendait plutôt à mettre l'accent sur le marché, nous avons maintenant réussi, grâce à un large éventail d'amendements adoptés à une grande majorité, à placer les personnes au centre du débat, prenant ainsi en considération les propos du commissaire Dalli.
Il était urgent de s'occuper de la question du droit des patients à une information non promotionnelle de haute qualité sur les avantages et les risques des médicaments soumis à prescription médicale.
Nous avions besoin d'une telle réglementation.
Je viens moi-même du monde de la publicité - j'ai une expérience professionnelle en publicité et en relations publiques - et je sais que la publicité n'a qu'un seul but, celui de vendre.
Notre tâche, cependant, est de fournir des informations.
Je crois que ce rapport et ses amendements prennent dûment en considération notre responsabilité dans la délivrance des informations.
Monsieur le Commissaire, puisque les coûts des médicaments représentent une grande partie des dépenses en soins de santé, je vous demande instamment de travailler pour faire en sorte que les patients soient bien informés et de poursuivre et de concentrer vos initiatives sur la prévention et la promotion de la santé.
Ensemble, nous réussirons.
(EN) Madame la Présidente, combien de fois nous interrogeons-nous sur les effets indésirables des médicaments que nous prenons?
Combien de fois souhaitons-nous disposer de plus d'informations sur certains produits ou certaines maladies?
Ce rapport aborde ces questions et le besoin d'information du public.
Il était important de modifier l'accent des propositions originales du Conseil et d'insister sur le droit du patient d'accéder à l'information par opposition à la possibilité pour les sociétés pharmaceutiques de communiquer ces informations.
Nous y sommes arrivés en interdisant la publicité directe au consommateur pour les médicaments soumis à prescription médicale.
En outre, la reconnaissance de l'organe national compétent et des professionnels de la santé comme sources d'informations principales était un enjeu important.
Cela a également pu être réalisé.
La directive concernant la diffusion d'informations aux patients véhicule un message clair en faveur du droit des patients.
Je félicite le rapporteur de s'être attelé à ce dossier difficile et d'avoir produit une directive complète que, je l'espère, nous soutiendrons tous ensemble.
(LT) Madame la Présidente, dans l'Union européenne, nous croyons au principe de sensibilisation du consommateur, en l'occurrence, du patient, et nous voulons que les citoyens assument leur part de responsabilité concernant leur propre santé.
Cependant, notre devoir en tant qu'hommes et femmes politiques est de protéger les patients des informations incorrectes et mensongères.
C'est ce que nous faisons aujourd'hui.
Il semblerait que la situation relative à l'accès du public à l'information en matière de médicament varie d'un État membre à l'autre.
La distinction entre l'information et la publicité est de moins en moins claire.
Je soutiens donc la position du Parlement visant à définir plus précisément les notions d'information et de publicité.
Il est important que les patients puissent disposer d'informations objectives et fiables dans leur langue maternelle, que ces informations soient rédigées pour un public profane, et qu'elles soient faciles à comprendre et à obtenir, en gardant toujours à l'esprit les besoins particuliers des consommateurs.
Nous devons protéger les médecins au même titre que les patients contre la publicité déguisée car leurs relations dans le processus de traitement sont particulièrement importantes.
Nous vivons à une époque où les frontières s'estompent et où l'information peut circuler librement, tout comme nous.
Par conséquent, nous devons établir certains garde-fous pour assurer le bien-être des patients européens.
Je félicite donc le rapporteur pour son excellent travail et j'espère que nous serons tous en meilleure santé et que nous pourrons accéder plus facilement à l'information.
(CS) Madame la Présidente, la directive relative aux médicaments n'a pratiquement pas été modifiée pendant près de 10 ans, il est donc grand temps de revoir cette directive.
Je suis tout à fait d'accord pour que les patients soient pleinement informés et considérés comme des partenaires de leurs médecins, partageant les décisions et assumant leur part de responsabilité dans ces décisions.
L'accessibilité des informations jouera assurément un rôle fondamental dans ce changement.
Cela concerne clairement toutes les informations sur les médicaments, y compris ceux soumis à prescription médicale.
Les patients devraient avoir accès aux informations relatives à un produit non seulement sous la forme d'une notice, mais également au moyen d'un formulaire électronique.
Ils devraient avoir accès à une information indépendante, objective, complète, authentique et accessible, rédigée de façon intelligible dans une langue intelligible.
Je voudrais remercier le rapporteur pour son bon travail.
Je soutiens sa proposition.
(DE) Madame la Présidente, je voudrais remercier le rapporteur, Christofer Fjellner, et ses rapporteurs fictifs, qui ont réussi, dans des conditions difficiles et malgré une opposition farouche, à réaliser cet excellent rapport.
La proposition de la Commission a été considérablement améliorée.
L'interdiction stricte de la publicité persiste: aucune information ne sera relayée par la radio, la télévision ou les magazines.
En revanche, les patients devront chercher activement l'information.
Je fonde ma position sur l'idée selon laquelle les patients sont des personnes responsables qui souhaitent être informées, et je voudrais les y aider.
Je veux donc également que le patient soit au centre de l'information.
Je voudrais me concentrer sur deux points clés.
J'ai moi-même dit en des termes clairs - y compris au sein de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs et de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire - que je voulais pouvoir disposer de portails sur la santé sur l'internet et d'informations similaires dans la presse.
Nos concitoyens cherchent souvent des informations sur l'internet, alors même que les informations qu'on y trouve sont souvent médiocres et mal contrôlées.
Nous devons donc faire face à cette situation en proposant une alternative: une information contrôlée.
L'adoption de portails sur la pharmacovigilance incluant des notices et des informations sur les médicaments était une première réussite.
Cependant, Monsieur le Commissaire, je voudrais aller au-delà et pouvoir compter sur des portails complets fournissant également des informations sur les maladies et la prévention.
Si je vous ai bien compris, vous soutenez ce principe, mais vous ne l'avez peut-être pas dit tel quel dans ce dossier.
Je voudrais que le commissaire se prononce clairement à cet égard pour savoir s'il soutient cette idée.
Je considère qu'il s'agit là d'une question très importante.
Madame la Présidente, je voudrais féliciter notre rapporteur, Christofer Fjellner, pour l'excellent travail qu'il a accompli depuis plusieurs mois sur ces deux rapports.
Je le dis d'autant plus que cela fait des années que nous attendions ce texte, puisque les plus anciens dans ce Parlement se souviendront que lors de la révision de la législation pharmaceutique, nous voulions parler de la formation des patients aux médicaments et aux traitements, mais que malheureusement, il y avait eu confusion entre information et publicité.
Or, aujourd'hui, l'information ne doit pas permettre d'être une publicité déguisée et justement, dans ces rapports, il n'est plus question du droit des firmes à communiquer mais du droit des patients à accéder à l'information.
On est donc dans une tout autre logique et c'est pourquoi la priorité, c'est le patient.
D'ailleurs, nous disons non à la formation sans sollicitation, ce qui réduit les canaux de diffusion et donc les risques de publicité.
Les patients iront chercher eux-mêmes les informations souhaitées, qui ne leur seront pas imposées par la radio ou la télévision, les journaux ou les magazines.
Et c'est bien là la différence avec la publicité.
Pour cela, il faut un contrôle préalable de certaines informations.
Ce contrôle doit être effectué par les autorités nationales et il doit permettre la création de sites Internet spécialisés, objectifs, et permettre aussi d'utiliser des supports papier spécifiques comme l'a expliqué notre commissaire, M. Dalli.
Toutes les conditions sont donc réunies pour garantir une bonne information, une information objective, une information que les patients attendent depuis longtemps.
C'est pourquoi il faut absolument que le Conseil prenne ses responsabilités et accepte cette publicité parce que nous ne pouvons pas admettre de retrouver n'importe quelle information sur des sites Internet.
Cela fait dix ans que nous attendons, dix ans que le Conseil doit se prononcer.
(HU) Madame la Présidente, M. Fjellner mérite nos remerciements pour ce rapport, car nous avions depuis longtemps besoin d'une proposition visant à fournir aux patients de meilleures informations sur les médicaments soumis à prescription médicale qu'ils utilisent.
Il est essentiel de pouvoir compter sur une information de qualité, car elle contribue à améliorer l'état de santé général.
Lorsque les patients sont mieux informés, ils sont plus enclins à suivre le traitement requis et comprennent mieux les décisions concernant leur traitement.
Harmoniser les règlementations européennes ne suffit pas.
Nous devons également garantir une amélioration de la santé publique en fournissant des informations correctes.
Les sociétés pharmaceutiques jouent également un rôle majeur en la matière.
Cependant, nous devons également nous assurer que de la promotion commerciale n'entraîne aucune consommation excessive de médicaments.
De nos jours, la délivrance d'informations sur les médicaments dans les différents États membres de l'Union ne se fait pas sans problèmes.
Dans certains États membres, les patients ont même parfois du mal à accéder aux informations les plus basiques relatives aux médicaments qui leur ont été prescrits.
Cela engendre de profondes inégalités dans l'Union en matière de soins de santé.
Outre les informations disponibles sur l'internet, il nous faut aussi fournir des conseils par le biais des canaux traditionnels.
Cependant, notre but n'est pas d'affirmer le droit des sociétés pharmaceutiques à communiquer, mais de donner aux patients l'occasion d'obtenir les informations souhaitées.
Nous devons distinguer l'information de la publicité.
Selon moi, la communication entre patients et médecins est également importante, puisque la première source d'information pour le patient doit être le médecin qui prescrit le médicament.
Les autres canaux de diffusion de l'information ne devraient servir qu'à compléter cette information.
(CS) Madame la Présidente, je félicite sincèrement le rapporteur pour le travail accompli sur les réglementations visant à améliorer l'accessibilité et la qualité des informations concernant les médicaments destinés aux patients européens.
En tant que médecin, je peux vous dire que les informations figurant dans les notices des produits sont fiables et intelligibles pour les professionnels de la médecine.
Maintenant, elles devraient également être rédigées de telle manière que les profanes puissent également les comprendre.
Mais notre objectif est également de mettre un terme aux publicités mensongères sur l'internet qui encouragent certaines personnes à acheter des produits qui non seulement ne leur sont d'aucun secours, mais peuvent leur nuire.
Il n'est cependant pas facile de règlementer le contenu de l'internet dans un environnement numérique généralisé.
Je voudrais encore souligner que la solution consiste à mettre en œuvre le plus rapidement possible la proposition visant à décerner des labels de confiance à des sites Internet sécurisés.
Ce n'est qu'alors qu'il sera possible de garantir sur l'internet des informations fiables relatives aux médicaments, indépendamment du pays où se trouve l'opérateur du site Internet.
Cette proposition est également reprise dans mon rapport sur la confiance des consommateurs dans l'environnement numérique.
(IT) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, le rapport dont il est question ici est extrêmement important, puisqu'il permettra d'harmoniser la législation européenne sur l'accès à l'information concernant les médicaments et, surtout, parce qu'il permettra aux patients d'obtenir plus d'informations sur les médicaments soumis à prescription médicale.
La diffusion de ces informations sur des sites Internet doit se faire de manière transparente et indépendante.
Pour pouvoir le garantir, toutes les informations doivent être examinées par les autorités nationales ou européennes compétentes, ceci afin d'éviter qu'elles ne prennent la forme de publicité déguisée pour des médicaments, peut-être à l'instigation des sociétés pharmaceutiques.
En conclusion, je demande que la même attention soit accordée aux informations contenues dans les notices de médicaments soumis à prescription médicale.
À cet égard, je préférerais que ce soient les médecins ou les pharmaciens qui fournissent les informations détaillées aux patients, car eux seuls sont capables de dissiper tous les doutes relatifs à l'administration des médicaments prescrits.
(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, nous estimons ce règlement positif, puisqu'il vise à harmoniser le cadre législatif des informations non promotionnelles sur les médicaments soumis à prescription médicale que les sociétés pharmaceutiques peuvent communiquer au public, sans lever l'interdiction de la publicité.
La proposition souligne la différence entre la publicité et l'information.
La délivrance de l'information se base sur le principe de la recherche active.
Les médecins doivent rester la principale source d'information sur les médicaments.
Les autres canaux de diffusion considérés comme complémentaires, à savoir les revues et les journaux, devraient être maintenus.
Le point central est le droit du patient à l'information, avec la participation active des organismes qui représentent les citoyens, et plus particulièrement les patients.
Nous avons voté pour.
(EN) Madame la Présidente, nous voudrions tous voir les patients recourir aux informations existantes qui sont mises à leur disposition.
Nous devons faire prendre conscience aux citoyens de l'intérêt qu'ils ont à utiliser les informations actuellement disponibles.
Je soutiens mes collègues qui pensent que nous ne devrions pas faire de publicité pour ces produits. Je dirais par ailleurs aux sociétés concernées que communiquer une information de qualité aux consommateurs est la meilleure forme de publicité, car si un produit fonctionne pour le citoyen, il sera forcément utilisé correctement lorsqu'il s'avérera nécessaire.
Naturellement, les médecins généralistes doivent communiquer l'information médicale et scientifique à leurs patients.
Mais cela ne se passe pas toujours de la meilleure façon possible.
En conclusion, nous devons également être certains de la façon dont les médicaments sont proposés aux citoyens des différentes tranches d'âge.
L'âge du patient n'est aujourd'hui pas suffisamment pris en considération lors de la prescription de médicaments.
C'est très dangereux. C'est pourquoi il convient de faire régulièrement le point sur la façon dont les patients sont traités.
Sans quoi nous devrons faire face à des problèmes médicaux.
membre de la Commission. - (EN) C'est en effet gratifiant de voir un tel niveau d'engagement positif sur un dossier aussi important que celui-ci et la confiance générale qui a été placée dans les concepts et les principes de base à partir desquels cette proposition doit avancer.
Comme je l'ai dit plus tôt, il était essentiel de déplacer l'accent de la proposition originale pour en faire une proposition orientée vers le patient et basée sur le point de vue du patient.
J'ai suivi très assidûment le débat au Parlement.
J'ai parlé à bon nombre d'entre vous pour voir ce dont vous discutiez, et je crois que nous avons là - comme je l'ai dit dans mes commentaires originaux - un document très positif à partir duquel nous devrions maintenant construire un accord définitif.
Je voudrais vous faire part de quelques brefs commentaires sur ce que vous avez dit.
En ce qui concerne les contrôles antérieurs réalisés par l'AEM mentionnés par M. Correia, je pense qu'un délai de 120 jours serait quelque peu excessif. En fait, nous allons proposer un délai d'environ 60 jours.
Régler la question de l'internet est une tâche colossale. Il est essentiel de contrôler les sites Internet contenant des informations à destination des patients, mais nous sommes tous d'accord sur le fait que cela reste néanmoins un travail très difficile.
Les points soulevés par M. Bușoi et Mme Grossetête au sujet des règles strictes régissant l'internet sont très importants, et c'est ce que nous devrions élaborer.
Il est également primordial que le médecin continue d'entretenir des relations privilégiées avec son patient, comme l'ont souligné M. Schnellhardt et, à leur façon, M. Pargneaux et M. Parvanova.
Je suis d'accord pour dire que les médecins ne devraient pas être instrumentalisés par l'industrie pharmaceutique mais, d'autre part, un médecin devrait être un bon moyen de faire transiter l'information.
Ce qu'il faut faire, c'est nous assurer que l'information fournie par les médecins, comme l'a dit Mme Rosbach, soit également objective.
Mon dernier point concerne le portail complet sur les maladies, mentionné par Mme Weisgerber.
Je dois dire que, pour ce qui est des médicaments, ce point est déjà couvert par la législation sur la pharmacovigilance que nous proposons.
C'est sensiblement plus difficile à réaliser dans le cas des maladies.
Nous avons déjà un portail sur les maladies rares et, en ce qui concerne le spectre global de toutes les autres maladies, nous avons commencé à nous pencher sur la question.
Cependant, vous le comprendrez aisément, cela s'avère être un exercice très complexe et extrêmement vaste.
Je voudrais bien entendu vous remercier pour le travail qui a été accompli sur ce dossier.
Je voudrais encore remercier le rapporteur et les corapporteurs pour le travail qu'ils ont réalisé. J'espère, comme je l'ai dit, que cela nous permettra d'avoir enfin un document grâce auquel nous pourrons aller de l'avant.
Position de la Commission sur les amendements déposés par le Parlement:
- C6-0156/2008 -
Amendements:
Acceptables tel quel: 1, 3, 4, 10, 11, 12, 22, 26, 35, 39, 40, 42, 56, 60, 63, 64, 65, 67 et 69
Acceptables en principe: 9, 13, 14, 16, 19, 20, 21, 23, 27, 32, 34, 36, 37, 41, 46, 48, 50, 52, 58, 62, 66, 72, 74, 75, 76, 77 et 78.
Acceptables moyennant reformulation: 5, 6, 7, 8, 15, 24, 25, 28, 33, 44, 49, 53, 59 et 70.
Partiellement acceptables: 2, 29, 31, 43, 54, 55, 61 et 79.
NON acceptables: 17, 18, 30, 38, 45, 47, 51, 57, 68, 71 et 73
- C6-0517/2008 -
Amendements:
Acceptables: 2 et 7
Acceptable en principe: 6
Acceptable moyennant reformulation: 1
Partiellement acceptables: 9, 10 et 12
NON acceptables: 3, 4, 5, 8 et 11
Madame la Présidente, je suis heureux que la Commission ait commencé par préciser que l'accès à l'information sur les médicaments variait en fait énormément dans l'ensemble de l'Europe. En effet, nous nous sommes efforcés d'assurer à chacun un bon accès à l'information et d'harmoniser cet accès.
Mais je m'étais aussi fixé un principe: cette harmonisation ne devait jamais se faire au détriment de la qualité ou de la disponibilité des informations dans aucun pays.
Je sais que cet aspect inquiétait de nombreuses personnes, comme en Suède, où, pendant longtemps, nous avons disposé d'un système appelé Fass.
Je voudrais à présent m'adresser à ces personnes pour leur dire que la façon dont le Parlement s'est exprimé ici permettra non seulement de maintenir le système Fass, mais également de mettre en place des systèmes similaires dans d'autres pays.
À d'autres égards, les règles en Europe sont aujourd'hui plutôt étranges étant donné que chacun peut dire ce qu'il veut au sujet des médicaments soumis à prescription médicale, sauf ceux qui les fabriquent, c'est-à-dire ceux qui sont censés en savoir le plus.
Je suis donc satisfait que nous ayons pu établir qu'en réalité ils avaient non seulement le droit, mais également le devoir de diffuser certaines informations de base.
S'ils sont tenus de contribuer à la diffusion d'informations, c'est parce qu'après tout ce sont eux qui disposent du plus grand nombre d'informations.
Je voudrais simplement dire au commissaire que je suis très heureux de constater que nos avis convergent sur tous les points qui me paraissent essentiels dans ce travail.
Je crois que la Commission et le Parlement sont à présent d'accord.
Cela va nous permettre de mettre la pression sur le Conseil pour qu'il aborde cette question de manière constructive et qu'il fasse avancer le dossier.
Pour être honnête, je maintiendrais que, même concernant les points de la proposition sur lesquels la Commission a formulé des objections, l'essence de ce que nous voulons réaliser est très similaire, notamment pour ce qui est des brochures et de la possibilité d'aider les pays susceptibles de rencontrer des problèmes constitutionnels, y compris la Suède. L'idée reste de résoudre ces problèmes dans la proposition.
En conclusion, je voudrais simplement m'adresser aux députés qui pensent qu'il n'est pas nécessaire de prévoir une exception pour les médecins et les informations qu'ils doivent fournir.
Personnellement, je pense qu'un médecin qui prend connaissance d'un test clinique publié par une société devrait avoir le droit d'en faire part à un patient s'il juge l'information appropriée, ou qu'un médecin qui lit une notice dans une langue autre que la langue officielle des États membres devrait avoir le droit d'imprimer cette information et de la donner à un patient.
Dans ce cas, cependant, nous devons voter pour que le médecin puisse lui-même décider et non pas pour que cette directive régisse ce que les médecins doivent donner aux patients.
Cela reste de la responsabilité des médecins, ce n'est pas à nous de réglementer ce point.
La discussion commune est close.
Le vote aura lieu mercredi 24 novembre 2010.
Déclarations écrites (article 149)
L'information concernant les produits de consommation est devenue essentielle.
L'information sur les médicaments est particulièrement sensible.
Une distinction importante doit être faite entre l'information et la publicité.
Le Parlement européen, à l'occasion du débat sur ce rapport, établit des garde-fous lorsqu'il s'agit de médicaments.
Par exemple, les brochures doivent être soumises pour analyse à l'Agence européenne du médicament (AEM) 90 jours avant d'être distribuées aux consommateurs.
Un élément important qui n'est pas abordé est celui de l'information sur les prix.
Pendant cette législature, j'ai insisté sur les prix élevés des médicaments à Malte en comparaison avec les mêmes médicaments ailleurs dans l'Union européenne.
L'écart des prix est véritablement considérable.
Certains médicaments à Malte coûtent deux fois plus cher, voire même plus, qu'en Europe.
Lorsque j'ai présenté des questions à la Commission sur le sujet, il m'a toujours été répondu qu'il s'agissait d'une question relevant de la compétence du gouvernement national.
Je crois fermement que l'AEM devrait non seulement servir à filtrer les informations sur les médicaments communiquées aux consommateurs, mais qu'elle devrait également pouvoir intervenir lorsque les consommateurs paient clairement trop cher pour des médicaments et que les gouvernements nationaux se montrent incapables de résoudre le problème.
J'accueille favorablement les dispositions du rapport sur les informations relatives aux médicaments qui soulignent le droit des consommateurs à l'information.
À cet égard, je voudrais attirer votre attention sur la consultation publique mise en ligne par la CE sur les prochains amendements relatifs à la directive sur les produits du tabac.
Il est clair que cette initiative est précieuse et je la soutiens.
Mais je voudrais connaître la position du Parlement et du Conseil parce que, depuis que j'ai pris connaissance de ces propositions, certaines me paraissent clairement extrêmes et déraisonnables. Je m'étonne même dans une certaine mesure de les voir figurer dans la discussion.
Je fais référence à certaines des options proposées telles que l'introduction d'un emballage uniforme simplifié sans insignes, l'interdiction d'afficher les produits commercialisés et l'interdiction d'utiliser des additifs dans la production des produits du tabac.
Je crois qu'il faut tenir compte de la réalité lorsque l'on élabore de nouveaux règlements.
Les interdictions catégoriques et les mesures de réglementation restrictives sur le tabac devraient être traitées avec prudence.
C'est un problème croissant et je ne voudrais pas que cette question reste sans réponse.
La Commission propose, mais ces propositions ne sont pas toujours les meilleures pour tous les États membres.
Une discussion est donc nécessaire.
Je pense que c'est une bonne chose que cette proposition déplace l'accent de la directive et du règlement depuis les fabricants de médicaments vers les patients.
Il est extrêmement important d'éveiller la conscience des patients à l'égard des médicaments soumis à prescription médicale afin d'empêcher la consommation excessive de médicaments pour des motifs commerciaux.
Malheureusement, dans de nombreux États membres, il est devenu normal que les sociétés pharmaceutiques exercent de fortes pressions sur les médecins, en leur offrant un certain nombre d'avantages qui ont certainement une influence sur leur décisions.
Il est inutile de dire que les intérêts commerciaux ne sont pas toujours compatibles avec les intérêts des patients, c'est pourquoi les amendements à la directive 2001/83/CE et au règlement (CE) n° 726/2004 sont nécessaires afin d'établir un cadre clair pour la délivrance d'informations relatives aux médicaments soumis à prescription médicale.
Un cadre clair permettrait de favoriser une utilisation rationnelle des médicaments, ce qui serait dans l'intérêt des patients.
Il convient de différencier plus clairement la publicité de l'information, quoique la publicité directe au consommateur pour des médicaments soumis à prescription médicale demeure interdite en vertu des propositions en question.
La commission de l'environnement a apporté plusieurs améliorations importantes à la proposition de la Commission qui, sous sa forme d'origine, n'aurait pas permis d'empêcher toutes les formes de publicité directe au consommateur pour des médicaments soumis à prescription médicale.
Les médicaments soumis à prescription médicale ne sont pas de simples biens de consommation.
Ils devraient être fournis par des experts médicaux, et non pas commercialisés comme des voitures ou des cosmétiques.
Je me réjouis donc du maintien de l'interdiction de la publicité des médicaments soumis à prescription médicale, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans la presse.
Les professionnels de la santé restent la principale référence pour les informations relatives aux médicaments.
Je ne peux donc pas soutenir l'amendement du rapporteur permettant à des professionnels de la santé de distribuer directement aux patients des brochures supplémentaires des sociétés pharmaceutiques qui n'auraient pas été approuvées.
Cela reviendrait à laisser la porte ouverte à la publicité directe au patient. Cet aspect que nous voulons éviter à tout prix entre en contradiction avec notre position.
Cela serait particulièrement malvenu, car les brochures transmises directement par les sociétés pharmaceutiques jouiraient, aux yeux du patient, de toute la légitimité du médecin qui les distribuerait.
Dans l'ensemble, le rapport apporte des améliorations en faveur des patients par rapport à la proposition de la Commission. Il ne faut donc pas compromettre ces améliorations en permettant aux sociétés pharmaceutiques de communiquer directement aux patients dans le cabinet du médecin. |
Japan Must End its Silence
A recent opinion poll in Japan shows that 68% of Japanese believe that the US and Britain should not attack Iraq.
Yet, in debates in the Diet, our parliament, neither Prime Minister Koizumi nor the Foreign Minister utter anything more than such tepid responses as: "Japan cannot respond to a hypothetical situation;" or "Japan cannot take a definitive stance without assessing the results of the inspections;" and "It is in Japan's national interest not to declare whether or not it supports the use of force."
But Japan can no longer afford to be silent or vague about growing global insecurity, as the crisis next door on the Korean peninsula demonstrates.
Why is Japan so seemingly detached in international affairs?
Japan has relied entirely on the US for its security needs for over fifty years and the Japanese government essentially believes that it has no option but to agree with the US or to keep silent.
Indeed, since the end of WWII, Japan has avoided a full-fledged debate on the country's national security framework, in which Japan would have the courage to disagree with the US.
Of course, most Japanese politicians, media commentators, and academics understand the need for this stance, and the Japanese trait of putting a lid on troublesome issues reinforces this silence, compounding all problems in foreign policy.
But at times like these, when issues such as North Korea's bid to acquire nuclear weapons and a possible US-led war against Iraq provoke heated debate in the international community, the Japanese public is also engaged in frequent, daily exchanges about what Japan should do.
It is only the government that steadfastly refuses to intervene in the debate or propose any action.
Criticizing Japan's silence need not undermine the Japanese-US strategic alliance.
Only last year the two countries commemorated the 50 th anniversary of the signing of the US-Japan Security Treaty.
During those fifty years, however, the map of world conflict has been rewritten and the means of warfare transformed, while Japan remains locked in viewpoints forged in the trauma of wartime defeat and US occupation.
There is another factor at work, too. Japan's "Peace Constitution" supposedly bans possession of military forces.
As a party to Japan's debate on national security, I know from experience that attempting to clarify the vague constitutional status of our Self Defense Forces would lead China and South Korea--victims of past Japanese invasions--to use dissenting voices within Japan to smother all discussion, killing mature debate.
But Japan urgently needs such a debate if it is to respond to a world exposed to the threat of terrorism and gripped by fear.
The terrorist attacks of September 11, 2001, and recent statements by CIA Director George Tenet that North Korea possesses missiles capable of reaching the US West Coast undoubtedly shocked Americans out of their complacency over North Korea's nuclear status.
But what can shake Japan's political class out of its silence?
Japan's dependence on imported Middle Eastern oil also demands that we understand what a war against Iraq might mean.
If Iraq's oil fields are destroyed or the war is prolonged, surging oil prices will hit Japan and the world economy hard.
The best way to avoid this risk is for Iraq to raise its level of cooperation towards the inspections unconditionally and show all the proof needed to dispel the allegations leveled against it.
Japan ought to speak up and say this.
Japan also can directly assist in resolving the North Korea crisis by acting as a facilitator, encouraging Russian President Vladimir Putin--in concert with Japan, South Korea, and China--to initiate negotiations with North Korea's Kim Jong Il.
President Putin enjoys a relationship of trust with Kim and thus may be able to persuade him that only by abiding by international law will he ensure his country's future and that this, indeed, is the only option left open to him.
But Putin needs to be convinced to take the lead. His hope for better relations with Japan gives Japan's leaders leeway to nudge him in this direction.
Undoubtedly, most Japanese strongly support the US-Japan alliance.
While unequivocally commending America's tough stance in pressuring Iraq, Japan should not hesitate to deliver a clear message to the US: exercise patience to avoid war.
But Japan's government also must stop prevaricating with the Japanese people: it should welcome and encourage debate about Japan's defense posture, without fearing that the US-Japan friendship is so fragile that it will be destroyed.
The benefits and burdens of international affairs must become subjects of open debate in the Japanese Diet.
A clear statement from the government, now rather than later, on what contribution Japan would make to any post-war reconstruction effort in Iraq is needed.
Japan must avoid repeating the unseemly scenario following Saddam Hussein's defeat in the Gulf War of 1991, when it wrote large checks to cover the war's costs, yet had no say in the war's conduct or war aims.
Transparency of this kind is needed if Japan is to make a stronger contribution to world affairs and help prevent the 21 st century from becoming yet another century of war. | Le Japon doit sortir de son silence
Un sondage d'opinion conduit récemment au Japon montre que 68% des Japonais pensent que les États-Unis et la Grande-Bretagne ne devraient pas attaquer l'Irak.
Toutefois, dans les débats de la Diète, notre parlement, ni le premier ministre M. Koizumi ni le ministre des affaires étrangères n'offrent autre chose que des réponses sans passion : « le Japon ne peut réagir à une situation hypothétique » ou bien « le Japon ne peut prendre de position définitive sans estimer les résultats des inspections » ou encore « il en va de l'intérêt national du Japon de ne pas se prononcer sur un éventuel soutien de l'usage de la force ».
Pourtant le Japon ne peut plus se permettre de garder le silence ni de rester vague sur l'insécurité internationale croissante tout comme le démontre la crise de la péninsule coréenne toute proche.
Pourquoi le Japon semble-t-il si détaché des affaires internationales ?
Le Japon s'appuie depuis plus de cinquante ans sur les États-Unis presque exclusivement pour sa propre défense et le gouvernement japonais pense foncièrement qu'il n'a pas d'autre choix que de soutenir le gouvernement américain ou de garder le silence.
En fait, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, le Japon a évité d'ouvrir un débat à grande échelle à propos de l'organisation de la défense du territoire qui permettrait au Japon d'exprimer courageusement son désaccord avec les États-Unis.
Bien sûr, la plupart des hommes politiques japonais, les journalistes et les universitaires comprennent la nécessité de cette position et l'habitude japonaise de taire les problèmes criants renforce ce silence, composition de tous les problèmes de politique étrangère.
Pourtant, par les temps qui courent, quand des questions telles que la Corée du nord cherchant à s'équiper de la bombe atomique et celle de la guerre qui couve entre les États-Unis et l'Irak provoquent d'ardents débats dans la communauté internationale, le public japonais prend aussi part à de fréquents échanges quotidiens sur ce que le Japon devrait faire.
Seul le gouvernement refuse fermement d'intervenir dans le débat ou de proposer une solution quelconque.
Critiquer le silence japonais ne sape pas nécessairement l'alliance stratégique entre les États-Unis et le Japon.
Rien que l'année dernière, les deux pays célébraient le 50 è anniversaire du Traité de défense américano-japonais.
Au cours de ces cinquante années, cependant, la carte des conflits internationaux a été réécrite et les accessoires de l'art de la guerre transformés, tandis que le Japon restait prisonnier de points de vue formulés dans la douleur de la défaite militaire et de l'occupation américaine.
Il y a un autre facteur à l'oeuvre ici : la « constitution pacifique » du Japon est censée interdire la possession de forces militaires.
En qualité de partie prenante au débat sur la défense nationale du Japon, je sais d'expérience que toute tentative de clarification du vague statut constitutionnel de nos forces de défense nationale mènerait à ce que la Chine et la Corée du sud, victimes des invasions japonaises par le passé, utilisent la voix des contestataires japonais pour étouffer toute discussion, anéantissant ainsi un débat raisonnable.
Néanmoins le Japon a grand besoin d'un tel débat s'il doit réagir à un monde sous le coup de la menace terroriste et sous l'emprise de la terreur.
L'attaque terroriste du 11 septembre 2001 et les dernières déclarations du directeur de la CIA, George Tenet, sur la Corée du nord possédant des missiles capables d'atteindre la côte ouest des États-Unis ont sans aucun doute choqué les Américains au point de leur faire perdre leur assurance à propos du statut de puissance nucléaire de la Corée du nord.
Alors, qu'est-ce qui pourra secouer la classe politique japonaise et lui faire abandonner son silence ?
La dépendance japonaise vis-à-vis du pétrole importé du Moyen-Orient implique que nous comprenions les conséquences d'une guerre contre l'Irak.
Si les champs de pétrole irakiens sont détruits ou si la guerre se prolonge, la montée des prix du pétrole frappera le Japon et l'économie mondiale durement.
Le meilleur moyen d'éviter ce risque reste d'obliger l'Irak à coopérer inconditionnellement avec les inspecteurs et à apporter les preuves nécessaires à la levée des accusations portées contre lui.
Le Japon devrait faire entendre sa voix et faire connaître cet opinion.
Le Japon peut également intervenir directement pour la résolution de la crise nord-coréenne en qualité d'intermédiaire, en encourageant le président russe Vladimir Poutin, de concert avec le Japon, la Corée du sud et la Chine, à ouvrir des négociations avec la Corée du nord et Kim Jong Il.
Le président Poutin jouit d'une relation de confiance avec Kim et pourrait de ce fait le persuader qu'en se pliant simplement aux lois internationales, il offrira un futur à son pays et que c'est bien là la seule option qu'il lui reste.
Toutefois Poutin a besoin d'être persuadé d'en prendre la direction et son espoir d'améliorer les relations russo-japonaise donne aux dirigeants japonais la liberté de manoeuvre nécessaire pour le pousser dans ce sens.
Indéniablement, la plupart des Japonais soutiennent l'alliance américano-japonaise.
Tandis qu'il approuve sans équivoque la position inflexible des Américains mettant sous pression l'Irak, le Japon ne devrait pas hésiter à faire entendre clairement son message aux États-Unis : faire preuve de patience pour éviter la guerre.
Le gouvernement japonais doit également cesser de tergiverser avec le peuple japonais : il devrait encourager le débat sur la position japonaise en matière de défense et s'en réjouir, sans craindre que l'amitié américano-japonaise soit trop fragile pour y survivre.
Les avantages et les inconvénients des affaires internationales doivent faire l'objet d'un débat ouvert devant l'assemblée japonaise.
Une déclaration claire du gouvernement, au plus tôt, sur la contribution japonaise à l'effort de reconstruction d'après-guerre en Irak est nécessaire.
Le Japon doit éviter la répétition indécente du scénario qui suivit la défaite de Saddam Hussein à la fin de la guerre du Golf de 1991, quand il dut faire de gros chèques pour couvrir les coûts de ce conflit sans avoir son mot à dire dans la conduite de cette guerre ou la définition de ses objectifs.
Une transparence de ce genre sera nécessaire si le Japon veut contribuer de manière plus importante aux relations internationales pour empêcher le 21 è siècle de se transformer en un siècle de guerre une fois de plus. |
Somalia’s Endless Hell
MOGADISHU -- Somalia’s internal conflict is propelled by a combustible mix of religion, politics, and clan rivalry.
Civilians are killed daily in Mogadishu, there are roadside bombs and mortar attacks, and politicians and journalists are targeted.
Making matters worse, the country has suffered this year from both floods and drought.
This combination of insecurity and natural disasters has displaced huge numbers of people and caused suffering on a scale painful to behold.
According to the most recent United Nations figures, 400,000 people, or roughly one-third of Mogadishu’s population, have fled the city.
Yet Somalia still rarely gets into the headlines.
This partly reflects the near impossibility of gathering news.
Few foreign journalists venture in – it is too difficult and too dangerous for them to work inside the country – and local reporters are harassed by the authorities.
And, even when there is news, the world’s capacity to absorb bad and sad stories from yet another hellish place is limited.
Since last December, Somalia has been in a de facto state of civil war.
The secular government, supported by the UN, the European Union, and the United States, with military reinforcements from Ethiopia, has been fighting insurgents from the Union of Islamic Courts, a group accused of harboring al-Qaeda terrorists whose leaders are supported by Eritrea.
The lawlessness and absence of security makes finding a political solution almost impossible.
When local elders and delegates wanted to assemble in Mogadishu for a reconciliation conference, security conditions forced them to postpone the conference for several months (though when they did meet, in big numbers and for a long time, they achieved no breakthrough).
A plane with the UN envoy for human rights was denied landing rights in Baidoa (seat of the Somali parliament) not long ago, and pilots sometimes refuse to fly foreigners to Mogadishu, because it is too dangerous.
The same lack of security applies to delivering aid: on a recent visit to North Somalia to assess humanitarian needs, a team from the International Rescue Committee of which I was a part spent more time, effort, and funds on security issues than on inspecting wells and evaluating the need for latrines, although the lack of water and sanitation is acute.
On a 25 mile stretch of road between the southern cities of Kismayo and Jilib, there are at least 35 checkpoints manned by armed men who take $50 to $200 from passing travelers.
Offshore, piracy seriously disrupts aid being brought in by ships.
One incident in southern Somalia vividly demonstrated how insecurity can hamper humanitarian work.
While our assessment team was in the town of Marare, a banal scene of two friends in their twenties having breakfast turned into a major drama when one of the boys mishandled his Kalashnikov and accidentally killed his friend.
The boys were from the same clan, but, alas, from different sub-clans.
The customary procedure is that the victim’s family gets to kill someone from the perpetrator’s sub-clan.
The elders of the two sub-clans spent four days negotiating a less bloody solution, and the agreed price of 100 camels – worth $7,000 – was paid as compensation.
But during those four days, work at the local hospital (run by an international non-governmental organization) was impeded, as all staff from the perpetrator’s sub-clan stayed away from their jobs, lest they be targeted for a revenge killing.
The dilemma that the accident presented is not easy for a foreigner to understand.
But the way the elders steered clear of a violent resolution is an admirable example of good governance.
If only such practices were used to tackle the vast majority of the problems that overwhelm Somalia.
In this quintessential “failed state,” this sort of elders’ wisdom may be the only option to start dealing with the quagmire created by the lawlessness that has gripped the country since the departure of the dictator Said Barre in 1991.
Ignoring the situation in Somalia and not trying to reestablish law and order is not an option.
The two main factions fighting in Mogadishu are backed, respectively, by Ethiopia and Eritrea.
Because those nations - among the poorest in Africa - have an unresolved border dispute that led to a 1998-2000 war in which tens of thousand died on both sides and hostilities in the area continue, their involvement, by proxy, in the Somali civil war may have grave implications for the entire Horn of Africa. | L’éternel enfer somalien
Le conflit interne somalien est alimenté par un cocktail explosif de religion, de politique et de rivalités claniques.
Des civils sont tués quotidiennement à Mogadiscio, des bombes ont été plantées au bord des routes, il y a des attaques au mortier, les journalistes et les politiciens sont pris pour cibles.
Pour compliquer un peu plus la situation, le pays a souffert cette année à la fois de sécheresses et d’inondations.
Cette combinaison d’insécurité et de catastrophes naturelles a entraîné le déplacement d’un très grand nombre de personnes et engendré des souffrances à un niveau difficilement soutenable.
D’après les chiffres les plus récents des Nations Unies, 400 000 personnes, soit un tiers environ de la population de Mogadiscio, ont fui la ville.
Pourtant, la Somalie fait encore rarement les gros titres des journaux.
Cela reflète en partie la quasi impossibilité de rassembler des informations.
Peu de journalistes étrangers osent s’y aventurer (il est trop difficile et trop dangereux pour eux de travailler dans le pays) et les reporters locaux sont harcelés par les autorités.
Et, quand bien même il y a des nouvelles, la capacité de l’opinion internationale à écouter les histoires tristes et sombres de pays cauchemardesques comme celui-ci est limitée.
Depuis décembre dernier, la Somalie est de facto en état de guerre civile.
Soutenu par les Nations Unies, l’Union européenne et les États-Unis, le gouvernement laïc combat, avec le renfort de l’armée éthiopienne, les rebelles de l’Union des tribunaux islamiques, groupe accusé d’héberger des terroristes d’Al-Qaida, dont les chefs sont soutenus par l’Érythrée.
Le non respect des lois et l’absence de sécurité font qu’il est presque impossible de trouver une solution politique.
Lorsque les anciens et les délégués locaux ont voulu se rassembler à Mogadiscio pour une conférence de réconciliation, les conditions de sécurité les ont forcé à reporter la conférence pour plusieurs mois (ils se sont ensuite finalement rassemblés, longuement et en grand nombre, mais n’ont pas obtenu de véritable percée).
Un avion transportant un envoyé de l’ONU pour les droits de l’homme s’est récemment vu refuser l’atterrissage à Baidoa (où siège le gouvernement somalien) et les pilotes refusent parfois d’emmener les étrangers à Mogadiscio tant cela est dangereux.
Ce même manque de sécurité s’applique à l’aide humanitaire : lors d’une récente visite dans le nord de la Somalie pour évaluer les besoins du pays, une équipe du Comité international de secours (IRC) à laquelle j’appartenais a passé plus de temps et dépensé plus d’efforts et d’argent à des questions de sécurité qu’à l’inspection des puits et à l’évaluation des besoins en latrines, alors que la carence en eau et en infrastructures sanitaires est extrêmement grave.
Sur un tronçon de route de 40 km entre les villes méridionales de Kismayo et Jilib, on compte pas moins de 35 checkpoints gardés par des hommes en armes qui font payer de 50 $ à 200 $ aux voyageurs souhaitant passer.
En mer, les pirates perturbent sérieusement l’aide apportée par bateau.
Un incident dans le sud de la Somalie a montré de façon frappante à quel point l’insécurité peut handicaper le travail humanitaire.
Alors que notre équipe se trouvait dans la ville de Marare, un simple petit déjeuner entre deux amis d’une vingtaine d’années a tourné au drame lorsque l’un des deux a maladroitement manipulé sa Kalachnikov, tuant accidentellement son ami.
Les deux garçons étaient du même clan, mais, hélas, de sous-clans différents.
La coutume veut que la famille de la victime tue l’un des membres du sous-clan du tueur.
Les anciens des deux sous-clans ont passé quatre jours à négocier une solution moins sanglante et se sont mis d’accord sur un prix de 100 chameaux (soit une valeur de 7 000 $) à payer en compensation à la famille de la victime.
Toutefois, durant ces quatre jours, le travail à l’hôpital local (assuré par une ONG internationale) a été entravé par le fait qu’aucun des membres du sous-clan du tueur n’est venu travailler, de peur de voir la famille de la victime les tuer en représailles.
Le dilemme posé par cet accident n’est pas facile à comprendre pour un étranger.
Mais la manière dont les anciens ont réussi à éviter la violence est un exemple admirable de bonne gouvernance.
Si seulement ce type de pratique pouvait être mis en œuvre pour résoudre la majorité des problèmes qui assomment la Somalie !
Dans cet État on ne peut plus en faillite, cette “sagesse des anciens” est peut-être le seul moyen de se sortir du bourbier engendré par l’anarchie qui règne dans le pays depuis le départ du dictateur Said Barré en 1991.
Il n’est pas envisageable d’ignorer la situation somalienne et de ne pas tenter de rétablir l’ordre et la loi. Les deux principales factions qui s’affrontent à Mogadiscio sont soutenues l’une par l’Éthiopie et l’autre par l’Érythrée.
Ces deux nations (qui comptent parmi les plus pauvres d’Afrique) se disputent une frontière pour laquelle il y eut une guerre en 1998-2000.
Cette dernière a fait des dizaines de milliers de morts dans les deux camps et, aujourd’hui encore, les hostilités continuent dans la région. Aussi, leur engagement, par procuration, dans la guerre civile somalienne pourrait avoir des implications dans toute la corne de l’Afrique. |
The Economic Consequences of War with Iraq
War with Iraq seems inevitable, with or without the support of the UN.
The economic costs of such a war could be huge, both in direct American outlays for war and its aftermath, and in the indirect spillovers on the world economy.
This war would take place against a background of weak economic conditions globally, and would exacerbate those weaknesses, perhaps throwing the world economy into recession.
The economic outcome of war could well depend on the diplomatic context.
If America acts alone, the likely costs of war to the world economy will be higher than if it has the backing of the UN.
The costs of war must be balanced against the costs of alternative actions.
A high cost of war is certainly not a case for inaction, especially in the face of a serious risk that Iraq could obtain, and eventually use, weapons of mass destruction.
Yet pursuing war where diplomatic means - weapons inspections, threats of retaliation in the face of Iraqi aggression, readiness of the UN to act if dangers from Iraq become imminent - might suffice could result in huge and avoidable economic (as well as other) costs.
The traditional textbook view of war is that war stimulates an economy, at least in the short term.
But that simple view of wartime economics is too narrow to describe the possible effects of an Iraqi war.
We must also recognize that a war with Iraq, even a limited war, could profoundly disrupt the international flow of goods, services, and investments upon which our global economy now rests.
These disruptive effects would not only dampen production, but would undermine investor and consumer confidence and thereby limit both private investment and consumer spending.
The direct macroeconomic stimulus that could arise from military spending may be overwhelmed by the uncertainties and disruptions that would accompany military conflict.
Such uncertainties are already visible.
Oil prices have risen several dollars a barrel since late summer.
Since June, US and world stock markets have declined by around 20% in dollar terms.
Each rise in the probability of war has tended to push the markets down further.
The modern world economy is built upon a complex network of global economic connections, and those connections are directly threatened by war.
War would pose obvious and direct risks to shipping, notably shipping of oil from the Middle East.
The increased costs could further depress the drop of cross-border capital flows that has been underway for two years, since the end of the US stock market boom.
The decline in cross-border flows intensified after the September 11 attacks last year.
Foreign direct investment in many developing regions has dried up, and emerging markets that depend on such capital flows, particularly in South America, have seen their economies thrown into a renewed financial crisis.
Even if the US economy might experience some short-term demand boost from increased military spending, the rest of the world would not.
Most countries would feel only negative effects - disruptions of trade, higher oil prices, withdrawals of international capital, cutbacks on investment plans - without any offsetting direct stimulus.
America's macroeconomic situation is also worrisome.
The Bush Administration's fiscal policies, combined with the bursting of the US financial bubble of the late 1990s, have pushed America onto an unstable fiscal trajectory.
In contrast to budget surpluses "as far as the eye could see," the US now has large budget deficits that will linger for many years to come.
War with Iraq would likely cause those budget deficits to soar.
Rising budget deficits will poison US domestic politics and lead to budgetary gridlock. That in turn, could lead to a loss of consumer confidence.
Since consumer spending has been the remaining bulwark of the US economy since the collapse of the financial bubble, war with Iraq could puncture the last point of stability in the US economy.
Of course, US policymakers have a hidden "ace in the hole."
They believe that the war will be quick, virtually effortless, and self-financing, as the US. effectively gains control of Iraqi oil supplies, which will not only drive down world oil prices but also finance Iraq's postwar reconstruction.
An alluring prospect, but perhaps improbable.
War might not be quick at all. Postwar Iraq could be unstable even if the war is brief.
An alternative scenario is huge uncertainty and turmoil throughout the Middle East, with major disruptions in oil flows, for political if not military reasons.
The geopolitical costs of a unilateral US war will be even higher.
A quick and successful war, strongly and explicitly backed by the UN, offers the greatest chance of avoiding a huge negative economic fallout.
A war that pits America against the world could call into doubt the progress of globalization, particularly international trade negotiations.
Moreover, if the US acts alone, no doubt the post-conflict costs that America will bear alone will be higher as well.
Open and deep political divisions between America and other major countries will incite a loss of investor confidence, undermining global economic stability. | Les Conséquences d'une guerre contre l'Irak
La guerre contre l'Irak semble inévitable, avec ou sans le soutien de l'ONU.
Le coût économique d'une telle guerre pourrait se révéler astronomique, aussi bien pour les dépenses militaires américaines directes et leurs conséquences que pour les retombées indirectes que cela entraînerait sur l'économie mondiale.
Cette guerre s'inscrirait sur fond de situation économique mondiale déclinante et accentuerait ses faiblesses, la projetant peut-être dans une récession.
Les séquelles économiques de la guerre pourraient très bien dépendre du contexte diplomatique.
Si l'Amérique agit seule, les coûts probables de cette guerre pour l'économie mondiale seront plus élevés que si elle obtennait le soutien de l'ONU.
Les coûts de la guerre doivent être mesurés à l'aune du coût des alternatives disponibles.
Le coût élevé d'une guerre n'est certainement pas une bonne raison pour ne pas passer à l'action, particulièrement face au grave risque que représente l'acquisition, et l'utilisation éventuelle, d'armes de destruction de masse par l'Irak.
Pourtant, se lancer dans la guerre là où les moyens diplomatiques (inspections des stocks d'armes, menace d'une réplique face à une agression irakienne ou encore empressement de l'ONU à réagir si l'Irak représente une menace imminente) devraient suffire et pourraient entraîner des coûts économiques (et d'autres encore) importants qui pourraient être évités.
Une vision traditionnelle et orthodoxe de la guerre part du principe que toute guerre stimule l'économie, du moins à court terme.
Mais cette vision simpliste de l'économie de guerre est trop étroite pour décrire les effets possibles d'une guerre contre l'Irak.
Nous devons aussi admettre que la guerre contre l'Irak, même limitée, pourrait profondément gêner la circulation mondiale des biens, des services, des investissements sur lesquels notre économie mondiale repose aujourd'hui.
Ces effets perturbateurs pourraient d'une part affaiblir la production mais aussi ébranler la confiance des investisseurs et des consommateurs, limitant ainsi l'investissement privé et les dépenses des ménages.
La stimulation macroéconomique directe qui se produirait suite aux dépenses militaires pourrait très bien être débordée par les incertitudes et les perturbations qui accompagneraient un conflit armé.
De telles incertitudes sont déjà visibles.
Les prix du pétrole sont montés de quelques dollars par baril depuis la fin de l'été.
Depuis juin, les places boursières des États-Unis et du monde entier ont baissé d'environ 20% en terme de dollar.
Chaque mouvement d'escalade vers une possibilité de conflit armé a eu tendance à pousser toujours plus les marchés à la baisse.
L'économie mondiale moderne repose sur un réseau complexe de connexions économiques internationales, et ces connexions sont directement menacées par la guerre.
La guerre poserait des risques évidents et directs pour le transports des marchandises, en particulier le transport du pétrole du Moyen-Orient.
Les coûts élevés pourraient accentuer plus encore la baisse de la circulation mondiale des capitaux qui s'est déclenchée voilà deux ans, depuis la fin du boom du marché boursier américain.
Le déclin des flux internationaux s'est intensifié après les attaques du 11 septembre de l'année dernière.
L'investissement étranger direct s'est raréfié dans de nombreuses régions en développement et les marchés émergeants qui dépendent de ces flux de capitaux, l'Amérique latine tout particulièrement, ont vu leur économie projetée dans des crises financières sans cesse renouvelées.
Même si l'économie américaine peut bénéficier à court terme d'une stimulation de la demande suite à l'augmentation des dépenses militaires, le reste du monde, non.
La plupart des pays n'en ressentirait que les effets négatifs : le dérèglement des échanges, l'augmentation des prix du pétrole, le retrait des capitaux internationaux, les coupes dans les programmes d'investissement, sans qu'aucune stimulation directe ne vienne les compenser.
La situation macroéconomique de l'Amérique est également inquiétante.
Les politiques fiscales du gouvernement Bush, associées à l'éclatement de la bulle financière américaine de la fin des années 1990, ont poussé l'Amérique sur une trajectoire fiscale instable.
Contrairement aux excédents budgétaires s'étalant « à perte de vue » dont elle bénéficiait par le passé, l'Amérique souffre aujourd'hui d'un énorme déficit budgétaire qui perdurera dans les années à venir.
La guerre contre l'Irak pourrait facilement créer une envolée de ces déficits budgétaires.
L'accroissement des déficits budgétaires empoisonnera la politique intérieure des États-Unis et mènera à une impasse budgétaire, qui à son tour pourrait mener à une perte de confiance des consommateurs.
Les dépenses des ménages ayant représenté le dernier rempart de l'économie américaine depuis l'éclatement de la bulle financière, la guerre contre l'Irak pourrait rompre le dernier point d'appui de sa stabilité économique.
Il est évident que les politiciens américains gardent un as « caché dans la manche ».
Ils sont convaincus que la guerre sera courte, ne requièrant pratiquement aucun effort, et s'auto-financera, dès que les États-Unis gagneront de facto le contrôle des réserves de pétrole irakien, ce qui fera baisser les prix du baril mais financera aussi la reconstruction d'après-guerre en Irak.
Une possibilité attrayante mais certainement peu probable.
L'Irak d'après-guerre pourrait se montrer instable même en cas de guerre éclair.
L'autre scénario possible est l'énorme incertitude et le désarroi qui se répandraient à travers tout le Moyen-Orient, avec des perturbations majeures des approvisionnements pétroliers pour des raisons politiques si ce n'est militaires.
Les coûts géopolitiques d'une guerre unilatéralement décidée par les États-Unis seraient encore plus élevés.
Une guerre éclair réussie soutenue officiellement par l'ONU offre de meilleures chances pour empêcher des retombées économiques négatives importantes.
Une guerre qui opposerait l'Amérique au reste du monde pourrait semer le doute sur les progrès de la mondialisation, dans les négociations commerciales en particulier.
De plus, si les États-Unis agissent seuls, il ne fait aucun doute que les coûts d'après-guerre que l'Amérique supportera seule seront également plus élevés.
Des dissensions ouvertes et politiques profondes entre l'Amérique et les autres principaux pays entraîneront une perte de confiance chez les investisseurs et saperont la stabilité de l'économie mondiale. |
Putin’s History Lessons
CAMBRIDGE – Soviet ideology was always about the future. By contrast, today’s official Russian ideology seems to be focused squarely on the past.
Prime Minister Vladimir Putin’s recent article for the Polish newspaper Gazeta Wyborcza – written to commemorate the 60th anniversary of the Nazi invasion of Poland – expresses his determination to make twentieth-century European history a major part of the Russian government’s business.
That article reflects the deep, unresolved problems of Putin’s era: the inability to distinguish between the Soviet past and the Russian present; an unscrupulous mix of political conservatism and historical revisionism; and indifference, bordering on incomprehension, with regard to the key values of democracy.
In his article, Putin did not mourn the collapse of the USSR, though he previously called it “the greatest catastrophe of the twentieth century.”
Indeed, he even praised the democratic movements that buried the Soviet Union and its sphere of influence, and he expressed no sympathy for the twentieth century’s revolutions, which he called “deep wounds” that humanity inflicted on itself.
What really worries Putin and his historical advisers is the memory of World War II.
They regard the Soviet victory over Nazi Germany as the highest achievement of the state and nation that they inherited from the USSR.
They also see this victory as the main counter-weight to the memory of the USSR as a reign of brutal, unjustified violence.
Not that Putin’s version of history denies this memory altogether. This summer, he publicly instructed his education minister to include passages from Aleksandr Solzhenitsyn’s The Gulag Archipelago in the high school curriculum.
Rather, what concerns Putin is the balancing of WWII and Stalinism in Soviet history.
Calling for a “contextual” and “causal” view of history, he acknowledges the Stalinist terror but interprets it as a response to the extraordinary need to defeat Nazism.
Putin summarizes his understanding of the scale of the war by recalling the loss of “27 million lives of my compatriots.”
That number has grown over the years, as Soviet officials broadened the definition of wartime deaths to mean total “population loss,” rather than direct military casualties.
Official estimates of Soviet deaths in WWII thus rose from seven million (the figure put forth under Stalin) to 20 million (Khrushchev) to 26.6 million (Gorbachev), with civilian deaths accounting for at least two-thirds of Putin’s estimate.
Unfortunately, Putin does not explain whom he counts as his compatriots. If he meant those who lived within Russia’s contemporary borders, the number would have been much lower.
Instead, he includes all citizens of the USSR who died during the war, including millions of Ukrainians, Belarusians, and others. And, when the USSR annexed the Baltic countries, Königsberg, parts of Poland, Finland, Moldova, and Japan, their citizens, too, became Soviet compatriots.
Moreover, because Putin’s “contextual” history subordinates Soviet-era suffering to the purpose of fighting the Great Patriotic War, his number mixes those who died in battle fighting for the USSR with those whom the Soviets killed through mass murder, deportation, and forced labor.
By this logic, one could also reclassify the victims of the terror, collectivization, and famine of the 1930’s in order to boost the number of Hitler’s casualties in the USSR.
Putin connects two events that triggered WWII, the Munich Agreement of 1938 and the Molotov–Ribbentrop Pact of 1939, in one causal construction.
Both acts of collusion with Nazi Germany were immoral mistakes, writes Putin, but the latter was merely a response to the former.
To be sure, Britain’s Neville Chamberlain and France’s Edouard Daladier signed a shameful treaty with Hitler and Mussolini in Munich. But when Hitler breached the treaty, both Chamberlain and Daladier lost popular support, and, by the start of WWII, neither was still in office.
The dictators remained, however, Molotov and Stalin among them.
Moreover, while the Munich Agreement cynically blessed Hitler’s dismemberment of Czechoslovakia, it was a public document that meant what it said.
But the truly important part of the Molotov-Ribbentrop Pact was its Secret Protocols, which divided Europe into two imperial domains, Stalin’s and Hitler’s, without the consent – or even the knowledge – of the nations consigned to them.
Molotov, who remained in power throughout the war and until 1956, denied the existence of the Secret Protocols until his death 30 years later.
Democracies make shameful mistakes, but they eventually correct them, or at least apologize for them.
And they dethrone those who got them into trouble.
It is wrong, and even immoral, to equate democratic and dictatorial practices.
But this is the new Russian equation. | Leçons d'histoire à la Poutine
CAMBRIDGE – Si l’idéologie soviétique a toujours porté sur l’avenir, l'idéologie russe officielle semble aujourd'hui totalement axée sur le passé.
L'article récent du premier ministre Vladimir Poutine pour le journal polonais Gazeta Wyborcza – à l’occasion du 60e anniversaire de l'invasion de la Pologne par les nazis – exprime sa détermination à faire de l'histoire européenne du XXe siècle une partie majeure des préoccupations du gouvernement russe.
Cet article reflète les problèmes profonds et irrésolus de l’ère Poutine : l'incapacité à distinguer le passé soviétique du présent russe, un mélange sans scrupules de conservatisme politique et de révisionnisme historique, et une indifférence qui frise l’incompréhension à l'égard des valeurs clés de la démocratie.
Dans son article, Poutine ne pleure pas l'effondrement de l'URSS, même s’il lui est arrivé de le décrire comme la « plus grande catastrophe du XXe siècle ».
En fait, il y salue même les mouvements démocratiques qui ont enterré l'Union soviétique et sa sphère d'influence, et ne fait pas preuve de compassion pour les révolutions du XXe siècle, qu'il qualifie de « blessures profondes » que l'humanité s'est infligée à elle-même.
Ce qui inquiète réellement Poutine et ses conseillers historiques, c'est le souvenir de la Seconde Guerre mondiale.
Ils considèrent la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie comme la réussite primordiale de l'Etat et de la nation qu'ils ont hérités de l'URSS.
Ils voient également cette victoire comme le principal contrepoids au souvenir de l'URSS en tant que règne de violence injustifié et brutal.
Non pas que la version de l'histoire de Poutine nie cette mémoire en bloc : cet été, il a ordonné publiquement à son ministre de l'Education d'inclure des passages de L’archipel du goulag d'Alexandre Soljenitsyne dans les programmes universitaires.
Ce qui inquiète plutôt Poutine, c’est l’équilibre entre la Seconde Guerre mondiale et le stalinisme dans l'histoire soviétique.
En appelant à une vision « contextuelle » et « causale » de l'histoire, il reconnaît la terreur staliniste mais l'interprète comme une réponse à la nécessité extraordinaire de vaincre le nazisme.
Poutine résume sa compréhension de l'ampleur de la guerre en rappelant la perte de « 27 millions de [ses] compatriotes ».
Ce nombre a augmenté au fil des ans à mesure que les représentants soviétiques élargissaient la définition de « victimes de guerre » à la perte totale d’individus plutôt qu'aux victimes militaires directes.
Les estimations officielles du nombre de morts côté soviétique durant la Seconde Guerre mondiale sont donc passées de 7 millions (chiffre avancé sous Staline) à 20 millions (Khrouchtchev), puis 26,6 millions (Gorbatchev), les victimes civiles représentant au moins deux tiers de l'estimation de Poutine.
Il est regrettable que ce dernier ne nous explique pas qui il compte parmi ses compatriotes.
S'il parlait de ceux qui vivent à l’intérieur des frontières actuelles de la Russie, ce chiffre serait bien inférieur, or, il inclut l’ensemble des habitants de l'URSS morts durant la guerre, y compris des millions d'Ukrainiens, de Bélarusses, etc. Quand l'URSS a annexé les Etats baltes, Königsberg, des parties de la Pologne, la Finlande, la Moldova et le Japon, les habitants de ces territoires étaient eux aussi compatriotes soviétiques.
De plus, puisque l'histoire « contextuelle » de Poutine subordonne les souffrances de l’ère soviétique aux fins du combat de la Grande guerre patriotique, son chiffre comprend à la fois les personnes tombées en luttant pour l'URSS et les victimes des soviétiques lors de tueries, de déportations et de travaux forcés.
En suivant cette logique, on pourrait également reclasser les victimes de la terreur, de la collectivisation et de la famine des années 30 pour gonfler le nombre de victimes d'Hitler en URSS.
Poutine établit un lien de causalité entre deux événements qui ont déclenché la Seconde Guerre mondiale, à savoir les accords de Munich de 1938 et le pacte germano-soviétique Molotov-Ribbentrop de 1939.
Ces deux actes de collusion avec l'Allemagne nazie ont été des erreurs immorales, écrit Poutine, alors que ce deuxième acte était simplement une réponse au premier.
Certes, le Britannique Neville Chamberlain et le Français Édouard Daladier ont signé un traité honteux avec Hitler et Mussolini à Munich, mais lorsque Hitler a rompu ce traité, Chamberlain tout autant que Daladier ont perdu le soutien populaire et n’étaient plus en fonction à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Les dictateurs sont cependant restés, parmi lesquels Molotov et Staline.
Qui plus est, les accords de Munich bénissaient cyniquement le démembrement de la Tchécoslovaquie par Hitler et leur sens était écrit noir sur blanc.
En revanche, la partie réellement importante du pacte Molotov-Ribbentrop était l’ensemble de ses protocoles secrets, qui divisaient l'Europe en deux domaines impériaux, celui de Staline et celui d'Hitler, sans le consentement des nations qui leur étaient attribuées – ni même sans que celles-ci soient au courant.
Demeuré au pouvoir durant toute la guerre et jusqu'en 1956, Molotov a nié l'existence de ces protocoles secrets jusqu'à sa mort, 30 ans plus tard.
Les démocraties ont certes fait des erreurs honteuses mais elles ont fini par les corriger ou au moins par s'en excuser.
Et elles détrônent ceux qui leur causent du tort.
Il est faux et même immoral de mettre sur un pied d'égalité pratiques démocratiques et pratiques dictatoriales.
C’est pourtant la nouvelle équation russe. |
The Brexit Alarm
BERKELEY – I have no special expertise on the question of whether Britain should leave (or “Brexit”) the European Union.
True, I did live in the United Kingdom until a bit less than a year ago.
And here in California, we have our own Brexit-like debate, with a movement to place a proposal to secede from the United States on the November ballot.
But while the idea of California independence might seem comical, the Brexit referendum on June 23 is no laughing matter.
Most obviously, Brexit would damage Britain’s export competitiveness.
To be sure, ties with the EU would not be severed immediately, and the UK government would have a couple of years to negotiate a trade agreement with the European Single Market, which accounts for nearly half of British exports.
The authorities could cut a bilateral deal like Switzerland’s, which guarantees access to the Single Market for specific industries and sectors.
Or they could follow Norway’s example and access the Single Market through membership in the European Free Trade Association.
But Britain needs the EU market more than the EU needs Britain’s, so the bargaining would be asymmetric.
And EU officials would most likely drive a hard bargain indeed, in order to deter other countries from contemplating exits of their own.
The UK would have to accept EU product standards and regulations lock, stock and barrel, with no say in their design – and would be in a far weaker position when negotiating market-access agreements with non-EU partners like China.
In addition, Brexit would undermine London’s position as Europe’s financial center.
It is quite extraordinary that the principal center for euro-denominated financial transactions is outside the eurozone.
This attests to the strength of EU regulations prohibiting discrimination within the Single Market.
But in a post-Brexit world, Frankfurt and Paris would no longer be prevented from imposing measures that favored their banks and exchanges over London’s.
The City is also an example of a sector that relies heavily on foreign labor.
Upwards of 15% of workers in banking, finance, and insurance were born abroad.
Attracting and retaining this foreign talent will become harder after Brexit, when EU workers moving to Britain will no longer be able to take their pension rights with them, and the other conveniences of a single labor market are lost.
Brexit could have more mundane, but highly noticeable, effects on Britain.
Anyone who has spent time in the UK knows that the single greatest gain in the quality of life over the last generation has been in the caliber of the food.
One shudders to imagine the culinary landscape of a UK abandoned by its French and Italian chefs.
Somewhat more weightily, a Britain that is just another middle power would be less able to project military and diplomatic influence globally than it currently is, working in concert with the EU.
Although the UK would remain a member of NATO, we have yet to see how functional the Alliance will be in the era after US hegemony.
While the EU has yet to develop a coherent foreign and security policy, the ongoing refugee crisis makes clear that it will have to move in that direction.
Indeed, this is the single most ironic aspect of the Brexit debate.
After all, British public opinion first began to turn in favor of EU membership after the failed Suez invasion of 1956, which taught the country that, bereft of empire, it could no longer execute an effective foreign policy on its own.
All of which leads one to ask: What can Brexit’s proponents possibly be thinking?
The answer is that they are not – thinking, that is.
The Brexit campaign is tapping into the same primordial sentiments as Donald Trump is in the US.
Most Brexit supporters are angry, disaffected voters who feel left behind.
Exposure to international trade and finance, which is what EU membership entails, may have benefited the UK as a whole, but it has not worked to every individual’s advantage.
So the disadvantaged are lashing out – against trade, against immigration, and against the failure of conventional politicians to address their woes.
Fundamentally, a vote for Brexit is a vote against Prime Minister David Cameron, Chancellor of the Exchequer George Osborne, and the political mainstream generally.
The real problem, obviously, is not the EU; it is the failure of the British political class to provide meaningful help to the casualties of globalization.
Within the last month, Work and Pensions Secretary Iain Duncan Smith resigned in protest over the government’s proposed cuts to welfare benefits.
And on April 1, the minimum wage was raised.
Maybe the voices of the angry and disaffected are finally being heard.
If so, the Brexit debate will not have been pointless after all. | L’alarme du Brexit
BERKELEY – Je n'ai aucune expertise particulière pour me prononcer sur l’opportunité pour la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne (autrement dit d’opérer un « Brexit »).
Certes, j’ai vécu au Royaume-Uni jusqu'à il y a un peu moins d'un an.
Par ailleurs, ici en Californie, nous avons notre propre débat de type Brexit, avec un mouvement qui voudrait inscrire une proposition de faire sécession des États-Unis sur le bulletin électoral de novembre.
Néanmoins, alors que l'idée de l'indépendance de la Californie peut sembler comique, le référendum du 23 juin sur le Brexit n’est pas matière à rire.
De toute évidence, un Brexit nuirait à la compétitivité des exportations de la Grande-Bretagne.
Bien sûr, les liens avec l'UE ne seraient pas immédiatement coupés, et le gouvernement britannique aurait un ou deux ans pour négocier un accord commercial avec le marché unique européen, qui représente près de la moitié des exportations britanniques.
Les autorités pourraient négocier un accord bilatéral comme celui avec la Suisse, qui garantit l'accès au marché unique pour des industries et secteurs spécifiques.
Alternativement, elles pourraient suivre l'exemple de la Norvège et accéder au marché unique grâce à l'adhésion à l'Association européenne de libre-échange.
Cependant, la Grande-Bretagne a plus besoin du marché de l'UE que l'UE n’a besoin de la Grande-Bretagne, de sorte que la négociation serait asymétrique.
Et, selon toute vraisemblance, les responsables européens se montreraient effectivement très durs dans la négociation, afin de dissuader d'autres pays d’envisager leur propre sortie.
Le Royaume-Uni serait obligé d'accepter en bloc les normes et réglementations européennes sur les produits, sans n’avoir rien à dire sur leur conception – et serait dans une position beaucoup plus faible lors de la négociation d’accords en vue d’accéder au marché de partenaires non-européens comme la Chine.
En outre, un Brexit porterait atteinte à la position de Londres en tant que centre financier de l'Europe.
Il est tout à fait extraordinaire que le principal centre pour les transactions financières en euros se trouve en dehors de la zone euro.
Ceci témoigne de la force de la réglementation européenne interdisant la discrimination au sein du marché unique.
Mais, dans un monde post-Brexit, Francfort et Paris ne seraient plus empêchées d'imposer des mesures favorisant leurs banques et bourses au détriment de celles de Londres.
La City est aussi un exemple d'un secteur qui repose en grande partie sur le travail étranger.
Plus de 15% des travailleurs dans les secteurs de la banque, de la finance et de l'assurance sont nés à l'étranger.
Attirer et retenir ces talents étrangers deviendra plus difficile après un Brexit, qui empêcherait les travailleurs de l'UE se déplaçant en Grande-Bretagne de conserver leurs droits à la pension, et éliminerait les autres avantages d'un marché du travail unique.
Un Brexit pourrait aussi avoir des effets plus terre-à-terre, mais très visibles, sur la Grande-Bretagne.
Quiconque a passé du temps au Royaume-Uni sait que le plus grand gain dans la qualité de vie au cours de la dernière génération a été dans le domaine de la nourriture.
On frémit à l’idée que le paysage culinaire du Royaume-Uni puisse être abandonné par ses chefs français et italiens.
Plus lourd de conséquences, une Grande-Bretagne seule redeviendrait une puissance moyenne avec une influence militaire et diplomatique plus limitée à l'échelle mondiale qu'elle ne l'a actuellement, de concert avec l'Union européenne.
Bien que le Royaume-Uni resterait membre de l'OTAN, il n’est pas encore évident que l'Alliance pourra rester fonctionnelle dans l'ère post-hégémonie américaine.
Bien que l'UE n’ait toujours pas de politique étrangère et de sécurité cohérente, la crise des réfugiés actuelle implique de manière évidente qu'elle devra s’y atteler rapidement.
En effet, cet aspect est le plus paradoxal du débat sur le Brexit.
Après tout, l'opinion publique britannique a commencé à se prononcer en faveur de l'adhésion à l'UE après l'invasion ratée de Suez en 1956, qui a enseigné au pays que, privé de son empire, il ne pouvait plus mener de politique étrangère efficace à lui seul.
Tout cela conduit à se demander: qu’est-ce que les partisans du Brexit peuvent bien avoir en tête ?
La réponse est qu'ils n’ont rien – ou plus précisément aucun raisonnement.
La campagne pour le Brexit puise dans les mêmes sentiments primordiaux que Donald Trump aux États-Unis.
La plupart des partisans d’un Brexit sont des électeurs mécontents, en colère et qui se sentent délaissés.
L'exposition au commerce et à la finance internationaux, qui est impliquée par l'UE, a certes bénéficié au Royaume-Uni dans son ensemble, mais a aussi fait des perdants individuels.
Dès lors, les personnes défavorisées s’en prennent violemment au commerce, à l'immigration et à l'échec des politiciens classiques à répondre à leurs malheurs.
Fondamentalement, un vote pour le Brexit est un vote contre le Premier ministre David Cameron, le chancelier de l'Échiquier George Osborne et plus généralement le courant politique dominant.
Le vrai problème, évidemment, n’est pas l'UE ; c’est l'échec de la classe politique britannique à fournir une aide significative aux victimes de la mondialisation.
Au cours du mois dernier, le Ministre du travail et des pensions Iain Duncan Smith a démissionné pour protester contre les réductions des prestations sociales proposées par le gouvernement.
Et le 1er avril, le salaire minimum a été augmenté.
Peut-être que la voix des citoyens en colère et mécontents a enfin été entendue.
Si tel est le cas, le débat sur le Brexit n’aura pas été inutile après tout. |
Is International Justice the Enemy of Peace?
It is only a little more than fifteen years ago that the first of the contemporary international courts was created to prosecute those who commit war crimes, crimes against humanity, and genocide.
That court, the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia, may soon mete out justice to a new defendant, following the arrest in Belgrade of Radovan Karadzic, wartime leader of Bosnia’s Serbs.
Yet there is already a persistent theme in criticism of such tribunals: in their effort to do justice, they are obstructing achievement of a more important goal, peace.
Such complaints have been expressed most vociferously when sitting heads of state are accused of crimes.
The charges filed by the prosecutor of the International Criminal Court against Sudanese President Omar Hassan al-Bashir for crimes against humanity and genocide in Darfur are the latest example.& Indeed, the denunciations of the justice process this time are more intense and more vehement than in the past.
The complaints were also loud in 1995, when the ICTY’s prosecutor indicted Karadzic and his military chief, General Ratko Mladic, and even louder when they were indicted again later in the same year for the massacre at Srebrenica.
The timing of that second indictment especially aroused critics, because it came just before the start of the Dayton peace conference.& Because they faced arrest, Karadzic and Mladic did not go to Dayton.
But, as matters turned out, their absence did not hinder the parties from reaching an agreement.
Indeed, it may have helped as the leaders of Bosnia, Croatia, and Yugoslavia negotiated an end to the war in Bosnia.
In 1999, the ICTY indicted Slobodan Milosevic, President of Yugoslavia, for crimes committed in Kosovo.
Again, there were denunciations that focused on timing.
NATO’s intervention in Kosovo was underway, and critics claimed that prosecuting Milosevic made the tribunal an arm of NATO and would prevent a settlement.
That prediction was wrong.
Milosevic capitulated two weeks after he was indicted, and the war ended.
The next sitting head of state to be indicted was Liberian President Charles Taylor.
Although the prosecutor for the Special Court for Sierra Leone indicted Taylor in March 2003 for his crimes in the war that had devastated that country, the indictment was not disclosed publicly until three months later.
Again, timing was a principal factor in sparking outrage.
The indictment was made public in June 2003, while Taylor was attending a peace conference in Ghana that was intended to settle the civil war in his own country.
As hosts of the conference, the Ghanaians were particularly incensed at being asked to make an arrest under such circumstances, and refused to do so.
Though it is possible to sympathize with the Ghanaians, who were placed in a very awkward position, the indictment intensified demands for Taylor’s removal.
He fled into exile in August, effectively ending the war.
Taylor is now being tried in The Hague, and, after two decades of horrendous conflict, Liberia is at peace and rebuilding under a democratic government.
We cannot rule out the possibility that doing justice in Darfur will make it more difficult to achieve peace there.
Justice and peace are independent values.
Each is immensely important in its own right.
In the long run, doing justice seems a way to contribute to peace, but one cannot be sure that things will work out that way every time.
On the basis of the record so far, however, some skepticism seems in order over the claim that justice will obstruct peace.
After all, the conflict in Darfur has been underway for five and a half years. An estimated 300,000 people have been killed by forces ultimately controlled by al-Bashir, and an estimated 2.7 million have been forcibly displaced.
Just a week before the indictment, seven African Union and UN peacekeepers were killed and 22 injured during an ambush by well-armed militiamen.
No peace settlement is under serious consideration.
So what basis is there for suggesting that the indictment of al-Bashir is obstructing a settlement?
What settlement is there to obstruct?
It should be noted that the Darfur case was referred to the ICC by the UN Security Council.
The treaty establishing the ICC empowers the Security Council to delay a prosecution if this is needed to bring about a peace settlement.
So critics of the indictment should at least be made to bear the burden of demonstrating to the Security Council that a peace settlement is likely if they wish the Council to act.
The world embarked on the creation of international criminal tribunals a decade and a half ago in order to end the impunity with which heads of state and leaders of guerrilla groups commit atrocious crimes.
As the arrest of Karadzic shows, that effort is gradually succeeding.
The indictment of al-Bashir, who is as entitled to the presumption of innocence as any other defendant, is another important milestone on the long road that must be traveled to reach the goal that the world set for itself. | La justice internationale, un obstacle à la paix ?
Le premier tribunal international destiné à poursuivre les auteurs de crime de guerre, de crime contre l'humanité ou de génocide date d'une quinzaine d'années seulement.
Dans ce cadre, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pourrait bientôt rendre justice en jugeant un nouvel inculpé, après l'arrestation à Belgrade de Radovan Karadzic, le leader des Serbes de Bosnie pendant la guerre.
Néanmoins, ce type d'institution fait l'objet de critiques persistantes& : cherchant à rendre la justice, il constituerait un obstacle sur le chemin d'un objectif encore plus important, la paix.
Ces critiques sont particulièrement virulentes lorsque des chefs d'Etat en exercice sont inculpés.
L'inculpation du président soudanais Omad Hassan Al-Bachir pour crimes contre l'humanité et génocide au Darfour par le procureur de la Cour pénale internationale en est l'exemple le plus récent. Et cette fois-ci la dénonciation du processus judiciaire est plus véhémente que jamais.
Les critiques s'étaient déchaînées en 1995 lorsque le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avait inculpé le président de la République serbe de Bosnie, Radovan Karadzic, et le chef de l'armée, le général Ratko Mladic. Et elles ont encore redoublé d'intensité lorsqu'ils ont été inculpés une deuxième fois au cours de la même année pour le massacre de Serinera.
Le moment de cette deuxième inculpation notamment a été vivement critiqué parce qu'elle intervenait juste avant le début de la conférence de paix de Dayton. Risquant une arrestation, Karadzic et Mladic ne sont pas allés à Dayton.
Mais finalement leur absence n'a pas empêcher de parvenir à un accord.
Cela a peut-être même eu un rôle positif, car les dirigeants bosniaques, croates et yougoslaves sont parvenus à mettre fin à la guerre en Bosnie.
En 1999, le TPIY a inculpé Slobodan Milosevic, le président de la Yougoslavie, pour crimes de guerre au Kosovo.
A nouveau, on s'en est pris au moment choisi pour cette inculpation.
L'intervention de l'OTAN au Kosovo était en cours et l'on clamait ici ou là que l'inculpation de Milosevic faisait du Tribunal une arme au service de l'OTAN et que cela empêcherait le règlement du conflit.
Cette prévision s'est révélée erronée.
Milosevic a capitulé deux semaines après avoir été inculpé et la guerre s'est arrêtée.
Ensuite, il y a eu un autre chef d'Etat en exercice à être inculpé, le président libérien Charles Taylor.
Bien que le procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone ait inculpé Taylor en mars 2003 pour les crimes de guerre qui ont ravagé son pays, son inculpation n'a été rendue publique que trois mois plus tard.
A nouveau, le calendrier a été le principal élément qui a déclenché les critiques.
L'inculpation a été rendue publique en juin 2003, alors que Taylor participait à une conférence de paix au Ghana visant à mettre fin à la guerre civile dans son propre pays.
En tant qu'hôtes de la conférence, les Ghanéens étaient furieux qu'on leur demande de l'arrêter dans ces conditions et ils ont refusé.
Si on peut les comprendre, car ils étaient dans une situation très embarrassante, l'inculpation de Taylor a renforcé les appels en faveur de sa destitution.
Il s'est enfui en exil en août, ce qui a mis fin à la guerre.
Il est maintenant jugé à La Haye et après 20 ans d'un terrible conflit, le Libéria connaît la paix et se reconstruit sous les auspices d'un gouvernement démocratique.
On ne peut exclure que le processus juridique au sujet du Darfour ne rende la paix plus difficile à atteindre.
Justice et paix sont des valeurs indépendantes.
Chacune a une valeur inestimable en elle-même.
A long terme, il semble que rendre la justice contribue à la paix, mais rien ne garantit que les choses se passent toujours ainsi.
Au vu des antécédents, on ne peut qu'être sceptique à l'argument selon lequel la justice fait obstacle à la paix.
Le conflit du Darfour dure depuis cinq ans et demi, quelques 300& 000 personnes auraient été tuées par des éléments contrôlés de près ou de loin par Al-Bachir et 2,7 millions de personnes auraient été déplacées sous la contrainte.
Une semaine avant son inculpation, 7 membres des forces de maintien de la paix de l'Union africaine et de l'ONU ont été tués et 22 blessés au cours d'une embuscade menée par des milices bien équipées.
Aucun véritable accord de paix n'est en vue.
Sur quelle base peut-on affirmer que l'inculpation de Al-Bachir constitue un obstacle à un règlement& du conflit& ?
Quel est ce règlement qui pourrait être bloqué& ?
C'est le Conseil de sécurité qui a saisi la Cour pénale internationale (CPI) du cas du Darfour.
Le traité fondateur de la CPI autorise le Conseil à retarder des poursuites si cela paraît nécessaire pour parvenir à un accord de paix.
C'est donc à ceux qui mettent en garde contre les poursuites de démontrer au Conseil de sécurité qu'un accord de paix est sur le point d'aboutir.
Il y a quinze ans, le monde s'est lancé dans la création de tribunaux pénaux internationaux pour mettre fin à l'impunité des chefs d'Etat et des dirigeants de guérilla qui commettent des crimes abominables.
L'arrestation de Karadzic montre que cette tentative aboutit progressivement.
L'inculpation d'Al-Bachir (qui a droit autant que tout autre à la présomption d'innocence) est un autre pas important sur la route qui mène au but que le monde s'est fixé. |
Turning the Page on Ebola
WASHINGTON, DC – The Ebola outbreak that began last year in Guinea, Sierra Leone, and Liberia, three of the four countries of the Mano River Union, is the most severe on record since the disease was first diagnosed in Central Africa in 1976.
The impact of the epidemic has been devastating, calling into question our three countries’ significant socioeconomic progress in the aftermath of decades of conflict and instability.
The region has so far registered a total of 25,791 cases and 10,689 deaths – almost ten times the number of deaths from all other Ebola epidemics combined.
For 2014, the projected growth rates for our three countries were 4.5%-11.3%.
These projections have now been reduced to 2.2% at best.
In the absence of mitigation measures, a recession cannot be ruled out.
The uncontrolled spread of the disease exposed the shortcomings of our national health care systems, as well as regional and global institutions’ weak capacity for coordination and effective response.
Simply put, we were ill prepared to cope with, much less prevent, an outbreak on this scale.
We bear a collective responsibility for the thousands of lives lost to Ebola and the tens of thousands affected by the disease.
And, today, thanks to institutional improvement and adaptation, we are closer to winning the fight against Ebola.
Although the disease has not been contained and eradicated throughout the region, its spread has slowed; now we have to start planning our recovery, which must include strengthening the national, regional, and international systems that protect our people’s lives and futures.
We, the presidents of the three affected countries, met in Conakry, Guinea, in February, joined by Côte d’Ivoire, to adopt a common strategy to end the epidemic and guide post-Ebola socioeconomic recovery.
This meeting was followed by a donors meeting in Brussels at the beginning of March, and a meeting in Freetown, Sierra Leone, two weeks later to coordinate our technical committees.
We will continue to build on these efforts in Washington, DC, at the spring meetings of the International Monetary Fund and the World Bank.
We are determined to eradicate Ebola by exchanging information, sharing technical expertise, creating innovative and accessible community health systems, and intensifying public education strategies, including steps that can be shared in families, such as applied water, sanitation, and hygiene (WASH) standards.
Only then can investment by the private sector – the engine of employment and stable livelihoods – begin to recover.
The spread of the Ebola virus has been facilitated by our countries’ shared history and culture, which has enabled the disease to cross borders easily and move quickly from remote rural areas to urban centers.
Unfortunately, the epidemic forced us to close some of our borders, preventing access to relatives and care.
We want our infrastructure, health policies, and economic strengths to benefit people across borders through links – community support systems and development corridors – that encourage collaboration and job creation.
And we ask our international partners to support a common economic stimulus plan, with an emphasis on practical solutions that can enhance growth and increase employment.
Four elements are essential to our recovery effort.
The first component is the creation of resilient public health systems, which requires trained community health workers in order to expand coverage in rural areas.
It also requires nationwide water and sanitation programs and well-equipped centers for the control of infectious diseases in each country.
Second, we need to focus on infrastructure, particularly roads and electricity and telecommunication networks.
We ask the African Development Bank to take the initiative in creating an infrastructure fund, an extension of the Mano River Initiative, launched in 2013, with the objective of furthering regional integration.
And we ask our partners to recognize that programs originally planned on a ten-year time horizon, must be implemented urgently.
Third, we need to support economic recovery by encouraging confidence within the private sector, which has been hit by rising costs in the region.
Specifically, the region would benefit from grants to local entrepreneurs, concessional financing and loans to foreign investors, and budgetary support from the government.
Finally, in line with the recommendation of the Commission for Africa, the United Nations, and the African Union, we ask for a total cancellation of our foreign debt.
This would allow us to recover the fiscal flexibility we need to enable us to co-finance the reconstruction of our health systems.
We urge our international partners to support our economic recovery in the same spirit of cooperation, and with the same sense of urgency, that helped us fight the Ebola virus.
Together, we can build health care systems, infrastructure, and regional institutions that will be stronger than before the start of the epidemic.
Together, we can build a lasting legacy of health and progress for our peoples. | Tourner la page Ebola
WASHINGTON, DC – L’épidémie d’Ebola survenue l’an dernier en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, trois des quatre pays composant l’Union du fleuve Mano, constitue la plus grave jamais observée depuis le tout premier diagnostic de cette maladie en Centrafrique, en 1976.
L’impact de cette épidémie s’est révélé dévastateur, remettant en question les progrès socio-économiques considérables accomplis par nos trois pays à l’issue de dizaines d’années de conflits et d’instabilité.
La région a enregistré à ce jour un total de 25 791 cas et 10 689 décès – soit presque dix fois le nombre de décès survenus dans le cadre de toutes les autres épidémies d’Ebola cumulées.
Pour 2014, les prévisions de taux de croissance de nos trois pays s’élevaient entre 4,5 % et 11,3 %.
Ces prévisions ont désormais été réduites à 2,2 % tout au plus.
En l’absence de mesures d’atténuation des risques, une récession apparaît inévitable.
La propagation non contrôlée de la maladie a mis en lumière les défaillances de nos systèmes nationaux de santé, de même que la faible capacité de coordination et de réponse efficace des institutions régionales et internationales.
En bref, nous étions piètrement équipés pour faire face à une épidémie d’une telle ampleur, et encore moins pour l’éviter.
Nous partageons la responsabilité collective des milliers de morts entraînées par Ebola, ainsi que des dizaines de milliers de personnes affectées par cette maladie.
Aujourd’hui, grâce à l’engagement et à l’adaptation dont font preuve les institutions, nous sommes plus proches de remporter le combat contre Ebola.
Bien que la maladie ne soit pas totalement maîtrisée et éradiquée dans la région, sa propagation connaît un ralentissement ; il nous faut désormais commencer à planifier notre rétablissement, ce qui exige de renforcer les systèmes nationaux, régionaux et internationaux destinés à protéger la vie et l’avenir de nos populations.
En qualité de présidents des trois pays affectés, nous nous sommes réunis au mois de février à Conakry, en Guinée, également rejoints par la Côte d’Ivoire, afin d’adopter une stratégie commune destinée à mettre un terme à l’épidémie, ainsi qu’à tracer le cap de la reprise socioéconomique de l’après-Ebola.
Ce rassemblement a été suivi d’une réunion de donateurs à Bruxelles au début du mois de mars, ainsi que d’un rassemblement deux semaines plus tard à Freetown, en Sierra Leone, destiné à nous permettre de coordonner nos comités techniques.
Nous poursuivrons par ailleurs ces efforts à Washington DC lors des rassemblements de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Nous sommes déterminés à éradiquer Ebola grâce à l’échange d’informations, au partage d’expertises techniques, à la création de systèmes communautaires de santé innovants et accessibles, ainsi qu’à l’intensification des stratégies de sensibilisation du public, notamment à travers des enseignements que les familles pourront inculquer, en termes de normes liées par exemple à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (normes WASH).
Seulement alors l’investissement du secteur privé – moteur de l’emploi et de moyens de subsistance stables – pourra-t-il commencer à reprendre.
La propagation du virus d’Ebola a été facilitée par l’histoire et la culture commune de nos pays, qui ont permis à la maladie de traverser facilement les frontières, et de se propager rapidement des zones rurales éloignées aux centres urbains.
Malheureusement, l’épidémie nous a contraints à fermer certaines de nos frontières, empêchant ainsi l’accès aux proches et aux soins.
Nous souhaitons que nos infrastructures, que nos politiques de santé et que nos points forts économiques bénéficient aux populations par-delà les frontières, au moyen de relais – systèmes de soutien communautaire et corridors de développement – permettant d’encourager la collaboration et la création d’emplois.
Nous demandons également à nos partenaires internationaux de soutenir un plan de relance économique conjoint, en plaçant l’accent sur des solutions concrètes permettant d’améliorer la croissance et l’emploi.
Quatre éléments s’avèrent essentiels à notre effort de rétablissement.
La première composante réside dans la création de systèmes de santé publique résilients, ce qui exige la présence de professionnels communautaires de la santé qui soient formés, afin d’étendre la couverture aux zones rurales.
Ceci exige également la mise en place de programmes de gestion des eaux et de l’assainissement à l’échelle nationale, ainsi que de centres correctement équipés dans le cadre du contrôle des maladies infectieuses au sein de chaque pays.
Deuxièmement, il nous faut mettre l’accent sur les infrastructures, en particulier sur les routes, installations électriques et réseaux de télécommunication.
Nous demandons à la Banque africaine de développement de prendre l’initiative dans la création d’un fonds pour les infrastructures, selon une extension de l’Initiative du fleuve Mano lancée en 2013, avec pour objectif le renforcement de l’intégration régionale.
Nous demandons également à nos partenaires de reconnaître la nécessaire mise en œuvre urgente des programmes initialement planifiés sur un horizon à dix ans.
Troisièmement, il nous faut soutenir la reprise économique en encourageant la confiance au sein du secteur privé, qui a durement souffert de la hausse des prix dans la région.
Plus précisément, il serait bon que la région puisse bénéficier de subventions aux entrepreneurs locaux, de financements concessionnels et de prêts pour les investisseurs étrangers, ainsi que d’un soutien budgétaire de la part du gouvernement.
Enfin, dans le sillage de la recommandation formulée par la Commission pour l’Afrique, les Nations Unies et l’Union africaine, nous en appelons à l’annulation totale de nos dettes à l’étranger.
Ceci nous permettrait de retrouver la flexibilité budgétaire nécessaire pour nous permettre de cofinancer la reconstruction de nos systèmes de santé.
Nous appelons nos partenaires internationaux à soutenir notre reprise économique selon ce même esprit de coopération et de sens de l’urgence qui nous a aidé à combattre le virus Ebola.
Ensemble, nous pouvons bâtir des systèmes de santé, infrastructures et institutions régionales plus solide demain qu’avant l’apparition de l’épidémie.
Ensemble, nous pouvons bâtir un héritage durable de santé et de progrès pour nos populations. |
Ending the Islamic Democracy Deficit
Despite encouraging signs, it is impossible to ignore a "democracy deficit" in the Muslim world, especially the Arab part of it.
Only one of every four countries with Muslim majorities has a democratically elected government.
Worse yet, the gap between Muslim countries and the rest of the world is widening.
Democracy and freedom expanded over recent decades into Latin America, Africa, Europe, and Asia, but the Muslim world continues to struggle.
By the reckoning of Freedom House, a think-tank devoted to monitoring democracy worldwide, the number of "free" countries around the world increased by nearly three dozen over the past 20 years. Not one has a Muslim majority.
This phenomenon has been noted within the Muslim world as well.
In the summer of 2002, a team of Arab scholars produced the Arab Human Development Report , written on behalf of the UN Development Program and the Arab Fund for Economic and Social Development.
It portrays an Arab world lagging behind other regions in key measures, including individual freedom and women's empowerment, as well as economic and social development.
Disturbing trends, such as a demographic youth "bulge" combined with high youth unemployment rates--reaching almost 40% in some places--highlight potentially explosive social conditions.
The Arab world faces serious problems that can only be met by more flexible, democratic political systems.
The second Arab Human Development Report , issued in 2003, underscores the close relationship between the Arab world's educational shortcomings and its lack of democracy.
Democracy requires an informed citizenry able to question its government.
A well-educated citizenry is also essential if young men and women are to acquire the skills needed to perform the sort of jobs today's global and competitive world demands.
Alas, instead of progress, what we see is a cycle of inadequate educational opportunity leading to a lack of economic opportunity.
Neither freedom nor prosperity can develop in such conditions.
Muslims cannot blame the United States for their lack of democracy. Still, America does play a large role on the world stage; and in many parts of the Muslim world, particularly in the Arab world, successive US administrations--Republican and Democratic alike--have not made democratization a priority.
At various times, the US avoided scrutinizing the internal workings of friendly countries in the interest of ensuring a steady flow of oil; containing Soviet, Iraqi, and Iranian expansionism; addressing issues related to the Arab-Israeli conflict; resisting communism in East Asia; or securing military bases.
By failing to foster gradual democratization--and yielding to a "democratic exception" in parts of the Muslim world--America missed an opportunity to help these countries adapt to the stresses of a globalizing world.
Continuing this policy is not in America's interest.
According to the Bush administration's 2002 National Security Strategy, US policy will be more actively engaged in supporting democratic trends globally, with no exception for the Muslim world.
This commitment was made with the full knowledge that democracies are imperfect and terribly complicated.
Leaders in some Muslim states contrast democratic systems with their more orderly arrangements and point with satisfaction to the seeming stability that alternatives to democracy provide.
But stability based on authority alone is illusory and ultimately impossible to sustain.
Iran, Romania, and Liberia illustrate that rigid authoritarian systems cannot withstand the shocks of social, political, or economic change, especially at the pace that characterizes today's world.
Any doubt that promoting democracy now receives greater emphasis in US foreign policy was removed by President Bush's speech of last November, in which he made clear that the Muslim world's democratic deficit is not tied to religion, but to "failures of political and economic doctrines."
President Bush also made clear that Americans had learned from the past.
Sixty years of Western nations excusing and accommodating the lack of freedom in the Middle East did nothing to make us safe--because, in the long run, stability cannot be purchased at the expense of liberty. « Après avoir passé 60 ans à excuser l'absence de liberté au Moyen-Orient et à s'en accommoder, l'Occident constate que le monde n'en est pas pour autant un havre de paix, parce que, à long terme, la stabilité ne s'acquiert pas aux dépens de la liberté.
As long as the Middle East remains a place where freedom does not flourish, it will remain a place of stagnation, resentment, and violence ready for export.
So the US now actively supports the extension of democracy throughout the Arab and Muslim worlds, not simply for humanitarian reasons, or for theoretical reasons, but from self-interest.
History shows that societies where opportunity is safeguarded tend to be societies that are good international citizens.
But, like medical doctors' Hippocratic oath, America and others must pledge to do no harm in promoting democracy.
Unrestrained zeal to make the world better could make it worse. Promoting democracy must be undertaken with humility, care, and wisdom.
Many models of democracy exist; and some models cannot be exported.
Moreover, mere elections should never be confused with democracy.
Rather, what distinguishes democracy from other systems is a distribution of power both within government and within society.
Until such a balance exists, elections can threaten freedom by concentrating too much authority in one person or body without providing adequate checks and balances, including independent media.
Not surprisingly, this takes time, resources, and effort.
Finally, political reform must go hand in hand with economic and educational reform for all the citizens in a society, including the 50% who happen to be women.
No country can succeed if it denies itself the talents of half of its people.
True, democracy can only be built and maintained from within, by a country's people and leaders.
Outsiders, however, can and should help.
There is a role for governments, international organizations, corporations, universities, and journalists--from the US, but also from Europe and countries in Latin America, Asia, and Africa where democracy has taken root.
Indeed, it is difficult to imagine a more important task for established democracies than helping other countries join their ranks. | Mettre fin au déficit démocratique de l'islam
En dépit de signes prometteurs, il est impossible d'ignorer le « déficit démocratique » du monde musulman, particulièrement dans sa partie arabe.
Seul un pays sur quatre dans les pays à majorité musulmane possède un gouvernement issu d'élections démocratiques.
Pire encore, le fossé entre les pays musulmans et le reste du monde se creuse.
La démocratie et la liberté se sont répandues durant ces dernières décennies en Amérique latine, en Afrique, en Europe et en Asie mais le monde musulman se débat encore.
Selon l'aveu même de Freedom House, un groupe de réflexion consacré à l'étude de la démocratie sur le plan international, le nombre de pays « libres » dans le monde a augmenté de plus de trois dizaines ces vingt dernières années mais aucun de ces pays n'est à majorité musulmane.
Ce phénomène a aussi été remarqué par les penseurs du monde musulman.
À l'été 2002, une équipe d'universitaires arabes publiait un rapport sur le développement humain dans le monde arabe ( Arab Human Development Report ), présenté au nom du Programme des Nations unies pour le développement et le Fonds arabe pour le développement économique et social.
Il décrit un monde arabe en retard sur les autres régions dans des zones de développement fondamentales telles que les libertés individuelles et l'autonomie des femmes ainsi que le développement social et économique.
Des tendances troublantes, telles que « la bosse » démographique de la jeunesse associée à des taux de chômage élevés chez les jeunes, atteignant près de 40% dans certaines régions, mettent en avant des conditions sociales potentiellement explosives.
Le monde arabe fait face à de sérieux problèmes qui pourront uniquement être résolus par des systèmes politiques plus flexibles et démocratiques.
Le deuxième rapport sur le développement humain dans le monde arabe, publié en 2003, souligne les liens étroits entre les lacunes des systèmes éducatifs du monde arabe et son manque de démocratie.
La démocratie requiert une assise populaire éduquée pour être à même de remettre en question son gouvernement.
Il est également essentiel d'assurer la bonne éducation du peuple pour que les jeunes hommes et femmes puissent acquérir les capacités nécessaires aux activités professionnelles qualifiées qu'exigent la mondialisation et la concurrence de notre monde contemporain.
Hélas, au lieu de constater des progrès, nous constatons que le cercle vicieux d'une formation inadéquate mène au manque d'opportunités économiques.
Or, ni la liberté ni la prospérité ne peuvent se développer dans de telles conditions.
Les musulmans ne peuvent pas accuser les États-Unis pour leur manque de démocratie, même si l'Amérique joue un rôle important sur la scène mondiale et que dans de nombreuses régions du monde arabe, les gouvernements successifs des États-Unis, républicains comme démocrates, n'ont jamais fait de la démocratie leur priorité.
À différentes époques, les États-Unis ont évité d'examiner de trop près le fonctionnement interne de pays alliés dans l'intérêt de leur approvisionnement continu en pétrole, limitant l'expansionnisme soviétique, irakien et iranien, gérant les désaccords issus du conflit israélo-palestinien, résistant au communisme en Asie de l'Est ou se ménageant des bases militaires.
En ne parvenant pas à créer les conditions d'une démocratisation progressive, et laissant le pas à une « exception démocratique » dans certaines régions du monde musulman, l'Amérique a laissé passé la possibilité d'aider ces pays à s'adapter aux tensions d'un univers en pleine mondialisation.
Il n'est pas dans l'intérêt de l'Amérique que de poursuivre cette politique.
Selon la politique nationale pour la sécurité du gouvernement Bush de 2002, la politique américaine s'engagera de manière plus active dans le soutien de la démocratie au plan mondial, sans exception pour le monde musulman.
Cet engagement fut pris en toute connaissance de cause : les démocraties sont imparfaites et terriblement compliquées.
Les leaders de certains États musulmans comparent les systèmes démocratiques à leur règne plus ordonné et insistent avec satisfaction sur le semblant de stabilité que les alternatives à la démocratie apportent.
Pourtant, la stabilité fondée sur l'autorité seule est une illusion qui finalement n'est pas tenable à long terme.
L'Iran, la Roumanie et le Liberia illustrent bien le fait que les régimes autoritaires rigides ne peuvent tenir face aux évolutions économiques, politiques et sociales, particulièrement au rythme que l'on peut constater dans notre monde contemporain.
Le discours du Président Bush, en novembre dernier, a balayé tout doute qui subsisterait quant à l'accent mis aujourd'hui par la politique étrangère américaine sur la promotion de la démocratie, quand il déclara clairement que le déficit démocratique du monde musulman n'était aucunement lié à la religion mais « aux échecs des doctrines politiques et économiques ».
Le Président Bush a également bien indiqué que les Américains avaient appris les leçons du passé.
Tant que le Moyen-Orient restera une zone où la liberté ne peut s'épanouir, il restera un lieu de stagnation, de ressentiments et de violence prête à s'exporter ».
Ainsi, les États-Unis soutiennent activement maintenant la propagation de la démocratie dans le monde arabe et musulman, pas seulement pour des raisons humanitaires, ni uniquement des raisons théoriques, mais bien dans leur propre intérêt.
L'histoire montre que les sociétés qui protègent les possibilités à exploiter ont tendance à être de bonnes citoyennes internationales.
Cependant, tout comme le serment d'Hippocrate que les médecins respectent, l'Amérique et d'autres pays doivent s'engager à promouvoir la démocratie de manière pacifique.
Un zèle débridé pour faire du monde un monde meilleur pourrait se révéler catastrophique : l'avancement de la démocratie doit être entrepris avec humilité, attention et philosophie.
Il existe de nombreux modèles de démocratie, dont certains qui ne peuvent s'exporter.
De plus, il ne faut jamais confondre de simples élections avec l'avènement de la démocratie.
Il faut plutôt distinguer ce qui différencie la démocratie des autres systèmes par la distribution des pouvoirs au sein du gouvernement et au sein de la société.
Tant que cet équilibre ne sera pas créé, les élections peuvent représenter une menace contre la liberté en concentrant trop d'autorité sur une seule personnalité ou une seule institution sans aucun mécanisme de régulation et de compensation tel que des médias indépendants, par exemple.
Bien évidemment, cela prend du temps et de l'énergie.
Finalement, toute réforme politique doit être accompagnée de réformes économiques et éducatives pour toutes les couches de la population, y compris les 50% représentés par les femmes.
Aucun pays ne peut réussir s'il se refuse à lui-même les talents de la moitié de sa population.
Il est vrai que la démocratie ne peut se construire et se maintenir que de l'intérieur par le peuple et les leaders du pays concerné.
L'étranger, cependant, peut et doit aider.
Tous ont un rôle à jouer : les gouvernements, les organisations internationales, les entreprises, les universités, les journalistes, des États-Unis mais aussi d'Europe et des pays d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique où la démocratie s'est installée.
En effet, il est difficile d'imaginer tâche plus importante pour les démocraties établies que d'aider les autres pays à rejoindre leurs rangs. |
Silicon Valley Everywhere
CAMBRIDGE – During the last decades of the twentieth century, Silicon Valley was the unparalleled epicenter of high-tech innovation.
Other regions tried to imitate its success, but none succeeded.
France’s Sophia Antipolis, a top-down attempt by the government to create an innovation hub near Cannes, never evolved beyond its origins as a relatively tranquil technology park – notwithstanding its mythological name, California-like weather, and the surrounding area’s unbeatable gastronomy.
In the twenty-first century, however, Silicon Valley’s competition has gotten fiercer – as reflected by the increasing number of locations affixing the chemical element to their names: Silicon Alley (New York), Silicon Wadi (Tel Aviv), Silicon Sentier (Paris), etc. In London, for example, the emergence of Silicon Roundabout in the late 2000s caught the British government almost by surprise.
Now rebranded Tech City, the innovation hub in the old Shoreditch neighborhood has evolved into one of London’s key economic engines and talent magnets.
Similar scripts are playing out around the world.
In Berlin, a new startup is said to be founded every 20 minutes.
Paris is busy building what will be Europe’s largest incubator at Halle Freyssinet.
And in Tel Aviv, the phrase “Startup Nation” has gone from a political slogan to economic reality.
For the first time, “unicorns” (startups that reach a valuation of more than $1 billion) are no longer the exclusive preserve of the United States – a reality that would have been unthinkable only a few years ago.
A bright generation of global youth – from Mumbai to Prague to Kenya to Singapore – is betting on innovation, and American venture capital funds, sustained by access to cheap financing, are sating their investment appetites overseas.
There are several factors behind this phenomenon.
In a globalized world, capital flows have accelerated and extended their reach.
Innovators around the world are able to muster support from traditional venture capitalists or from crowd-funding platforms such as Kickstarter.
Ideas move even faster – propelled, sustained, and strengthened by the Internet.
And the ability to turn them into reality is keeping pace, as global supply chains and new technologies like 3D printing reduce implementation times.
Meanwhile, the Great Recession that followed the 2008 global financial crisis has disrupted traditional industries, while creating a large surplus of creative talent and affordable workspaces.
As a highly mobile, well educated, risk-taking workforce converges on urban hubs, the excitement of city life, coupled with the availability of co-working spaces and a variety of supporting mechanisms, helps to sustain innovative momentum.
Former New York City Mayor Michael Bloomberg provided what is perhaps the pithiest summary of the attraction of urban life.
Speaking at Stanford University’s 2013 commencement, he quipped, “I believe that more and more Stanford graduates will find themselves moving to Silicon Alley, not only because we’re the hottest new tech scene in the country, but also because there’s more to do on a Friday night than go to the Pizza Hut in Sunnyvale.
And you may even be able to find a date with a girl whose name is not Siri” (the digital personal assistant installed on Apple’s handheld devices).
Bloomberg is generally credited as one of the major forces behind Silicon Alley.
During his tenure in office, he funded early-stage technology companies, hired the city’s first chief digital officer, and launched a new university to develop high-tech talent.
Similar policies are now being implemented in many urban areas, in order to attract a critical mass of creative, technologically savvy people.
Cities, as a recent World Economic Forum report highlights, are rapidly becoming not just drivers of innovation, but also testing grounds for new technologies, such as reprogrammable space, self-driving mobility, urban farming, and intelligent street lighting.
Meanwhile, vehicle-hailing apps like Uber and apartment-sharing platforms like Airbnb are demonstrating how cities have become some of the most fertile environments for technological development.
That is yet another reason why many new startups are putting down roots in urban centers.
Most likely, this proliferation of innovation is just the beginning.
As the Internet continues its penetration of all aspects of our lives, we are entering what the computer scientist Mark Weiser has called the era of “ubiquitous computing” – a time when technology is so prevalent that it “recedes into the background of our lives.”
Before long, the digital world and the physical world will be indistinguishable.
The era of “Silicon Everywhere” is upon us – and it is taking shape in the world’s cities. | Silicon Valley partout
CAMBRIDGE – Durant les dernières décennies du XXème siècle, Silicon Valley fut l'épicentre inégalé de l'innovation en matière de technologie de pointe.
D'autres régions ont essayé d'imiter son succès, sans jamais y parvenir.
Sophia Antipolis en France, une tentative descendante du gouvernement pour créer un pôle d'innovation près de Cannes, n'a jamais évolué au-delà de ses origines. Elle est restée une technopole relativement tranquille en dépit de son nom mythologique, de son climat proche de celui de la Californie et de la gastronomie incomparable de cette région.
Toutefois au XXIème siècle, la Silicon Valley a connu une concurrence plus acharnée, comme en témoigne le nombre croissant de sites qui ont apposé cet élément chimique à leur nom : Silicon Alley (New York), Silicon Wadi (Tel Aviv), Silicon Sentier (Paris), etc. À Londres, par exemple, l'apparition de Silicon Roundabout à la fin des années 2000 a presque surpris le gouvernement britannique.
Rebaptisé aujourd'hui Tech City, le pôle d'innovation dans le vieux quartier de Shoreditch est devenu le principal moteur économique et le principal attracteur de talents de Londres.
Le même scénario se répète partout dans le monde.
À Berlin, une nouvelle start-up est créée toutes les 20 minutes.
Paris construit en ce moment-même ce qui sera le plus grand incubateur de talents de toute l'Europe à Halle Freyssinet.
Et à Tel Aviv, l'expression « Startup Nation » est passée du slogan politique au statut de réalité économique.
Pour la première fois, les « licornes » (les start-ups dont la valorisation dépasse 1 milliard de dollars) ne sont plus le privilège exclusif des États-Unis : une réalité impensable il y a seulement quelques années.
Une brillante génération de la jeunesse du monde entier (de Bombay à Prague et du Kenya à Singapour), mise sur l'innovation et les fonds de capital-risque américains, aidée par un accès au financement à bas prix pour assouvir ses appétits d'investissements à l'étranger.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène.
Dans une économie mondialisée, les flux de capitaux se sont accélérés. Leur portée a également été étendue.
Les innovateurs du monde entier peuvent mobiliser le soutien des bailleurs de capital-risque traditionnels ou celui des plates-formes de financement participatif (crowdfunding) comme Kickstarter.
Les idées se déplacent encore plus vite, propulsées, aidées et renforcées par Internet.
Et la possibilité de les transformer suit la même cadence, grâce aux chaînes d'approvisionnement mondiales et aux nouvelles technologies comme l'impression 3D, qui réduisent les délais de mise en œuvre.
En outre, la Grande récession qui a suivi la crise financière mondiale de 2008 a bouleversé les secteurs d'activités traditionnels, en créant un excédent important de talents créatifs et des espaces de travail à des prix abordables.
Une population active très mobile, instruite et disposant d'une culture de la prise de risque converge vers les pôles urbains. Elle y trouve l'excitation de la vie urbaine, la disponibilité d'espaces de travail collaboratifs et une gamme de mécanismes de soutien qui contribuent à maintenir le rythme de l'innovation.
L'ancien maire de la ville de New York Michael Bloomberg a peut-être trouvé la formule la plus concise pour décrire cette attraction de la vie urbaine.
Lors de sa prise de parole à la cérémonie de remise des diplômes de 2013 à l'Université de Stanford, il a eu ce trait d'esprit : « Je crois que de plus en plus de diplômés de Stanford vont se déplacer vers Silicon Alley, non seulement parce que nous sommes le fleuron de l'innovation technologique du pays, mais également parce qu'il y a plus de choses à faire le vendredi soir qu'aller à Pizza Hut à Sunnyvale.
Et vous pourrez même sortir avec une fille qui ne s'appelle pas Siri » (l'assistant numérique personnel installé sur les dispositifs portables d'Apple).
Bloomberg est généralement reconnu comme l'un des principaux protagonistes dans l'émergence de Silicon Alley.
Durant son mandat, il financé des entreprises technologiques naissantes, a embauché le premier responsable des services numériques de la ville et a lancé une nouvelle université pour développer les talents en industrie de pointe.
Des politiques semblables sont actuellement mises en application dans de nombreux secteurs urbains, afin d'attirer une masse critique des personnes créatrices et versées dans les nouvelles technologies.
Comme le révèle un récent rapport du Forum Économique Mondial, les villes sont en train de devenir non seulement des pilotes de l'innovation, mais testent également de nouveaux terrains d'applications pour les nouvelles technologies, comme l'espace reprogrammable, la conduite sans chauffeur, l'agriculture urbaine et l'éclairage public intelligent.
En attendant, les applis de réservation de véhicule comme Uber et les plateformes de partage d'appartement comme Airbnb démontrent de quelle manière les villes sont devenues des environnements très propices au développement technologique.
Il y a encore une autre raison pour laquelle de nombreuses nouvelles start-ups s'implantent dans les centres urbains.
Il y a de très grandes chances pour que cette prolifération d'innovations ne soit qu'un commencement.
Alors qu'Internet continue de pénétrer dans tous les recoins de nos vies, nous entrons dans ce que l'informaticien Mark Weiser a appelé l'ère de « l'informatique ubiquitaire » : une époque où la technologie sera si répandue qu'elle sera « reléguée à l'arrière-plan de nos vies ».
D'ici peu, le monde numérique et le monde physique seront indiscernables.
L'ère de « Silicon partout » est proche : elle prend forme dans les villes du monde. |
Relearning to Love the Bomb
WASHINGTON, DC – The shocking thing about nuclear weapons is that they seem to have lost their power to shock.
While the nuclear deal that was just reached with Iran in Lausanne might suggest otherwise and is very good news, that effort should not obscure the bad news elsewhere.
The momentum toward a nuclear-weapon-free world driven by US President Barack Obama’s landmark 2009 speech in Prague, having faltered for the last few years, has now gone into sharp reverse.
When Russia annexed Crimea last year, President Vladimir Putin announced his readiness to put Russian nuclear forces on alert, and even signaled plans to “surprise the West with our new developments in offensive nuclear weapons.”
The world barely stirred.
Meanwhile, China and India are steadily increasing the size of their nuclear arsenals, and Pakistan is doing so even faster, even spelling out plans to combine battlefield nukes with conventional weapons.
Again, the world shrugs.
For its part, the United States plans to spend $355 billion upgrading and modernizing its vast nuclear arsenal over the next ten years.
Far from moving toward disarmament, the intention seems to be to maintain and enhance every component of America’s current land, sea, and airborne nuclear capability.
There was more amusement than alarm at a conference of 800 nuclear specialists in Washington, DC, in March, when a senior Air Force general, eerily channeling George C. Scott in “Dr. Strangelove,” offered a nostrils-bared defense of “an ability to allow no adversary to have sanctuary anywhere in the world.”
Spooked by Russia’s incursions into Ukraine, North Korea’s erratic intransigence, and China’s new foreign-policy assertiveness, US allies and partners in East Asia and Europe have rushed back to unthinking embrace of Cold War assumptions about the deterrent utility of nuclear weapons and their central importance in security policy.
As my colleagues and I put it in our book-length report Nuclear Weapons: The State of Play 2015, launched in Geneva, Vienna, and Washington in March: “On the evidence of the size of their weapons arsenals, fissile material stocks, force modernization plans, stated doctrine and known deployment practices, all nine nuclear-armed states foresee indefinite retention of nuclear weapons and a continuing role for them in their security policies.”
All of this has serious implications for the five-year review conference of the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT), scheduled to begin in New York in late April.
The NPT has been the single most crucial factor in limiting the world’s nuclear-armed states to the current nine, rather than the 20-30 widely feared a generation ago.
But its credibility now hangs by a thread.
The NPT, after all, is based on a bargain: states that do not possess nuclear weapons promise not to acquire them, in exchange for a pledge by those that do to move seriously toward eliminating their arsenals.
And recent developments have once again jeopardized that bargain, with many states again asking why, if the US, Russia, and others need nuclear weapons, they do not.
Given such sentiments, it will prove almost impossible at the review conference to build a consensus in favor of further necessary strengthening of the non-proliferation regime, with improved safeguards, export controls, security disciplines, and sanctions against withdrawal from the treaty.
The irrationality of such resistance is not likely to weaken it.
Not all the news is bleak.
Aside from the Iran negotiations, other arms control cooperation is continuing, including between the US and Russia over the New START treaty to reduce strategic deployments, and over chemical weapons in Syria.
Despite lack of any visible progress toward ridding the Middle East of weapons of mass destruction, the signs are encouraging that Egypt and others in the region want to keep trying, and will not use the issue of a WMD-free zone to blow up the review conference, as had been feared.
Most encouraging of all, a major new international movement is gathering pace to focus policy attention on the horrific humanitarian consequences of any use of nuclear weapons, and to create the conditions for a treaty to ban them once and for all.
Since 2012, major conferences have been hosted by Norway, Mexico, and Austria, and more than 155 states have pledged support for appropriate action, with only the nuclear-armed states and their allies and partners dragging their feet.
The nuclear-armed states will not sign on any time soon to any treaty that bans the use of their weapons under all circumstances.
They will resist even more strongly the outright elimination of their weapons, given that the world is probably still decades away from devising sufficient verification and enforcement measures.
But if the NPT review conference is not to end in tears, with all the accompanying risks for world order that failure would entail, the five nuclear-armed states that are NPT signatories can and must be prepared to bring more to the table than they have so far.
Baby steps – improving their transparency in reporting, or agreeing on the meaning of technical terms like “strategic,” “deployed,” and “reserve” – will not begin to satisfy the many NPT countries that have been appalled by the recent re-emergence of Cold War mindsets and behavior.
The nuclear-armed states can and should make serious commitments to dramatic further reductions in the size of their arsenals; hold the number of weapons physically deployed and ready for immediate launch to an absolute minimum; and change their strategic doctrines to limit the role and salience of nuclear weapons, ideally by committing to “no first use.”
Most important, they should agree on indicative target dates – from five to 15 years – for achieving all of these initial objectives.
Deadlines have been indispensable for achieving sustainable-development and carbon-reduction goals: saving the world from the threat of nuclear annihilation is hardly a less urgent and important objective. | Réapprendre à redouter la bombe
WASHINGTON, DC – L’aspect le plus choquant en matière d’armements nucléaires réside précisément en ce qu’elles semblent avoir perdu leur pouvoir de choc.
Bien que l’accord nucléaire tout juste conclu auprès de l’Iran à Lausanne constitue une très bonne nouvelle, cet accomplissement ne doit pas éclipser un certain nombre de mauvaises nouvelles en d’autres régions du globe.
La dynamique amorcée en direction d’un monde sans armes atomiques par le président américain Barack Obama dans son discours phare de Prague en 2009 s’est en effet enrayée ces dernières années, et connaît actuellement un net revirement.
Au moment de l’annexion de la Crimée par la Russie l’an dernier, le président Vladimir Poutine a fait savoir qu’il était prêt à mettre les forces nucléaires russes en alerte, allant même jusqu’à confier sa volonté de « surprendre l’Occident par les nouvelles avancées des armements nucléaires offensifs » de son pays.
Le monde n’a pas semblé s’en inquiéter outre mesure.
De même, la Chine et l’Inde développent actuellement en continue la taille de leur arsenal nucléaire, le Pakistan y travaillant à un rythme encore plus effréné, décrivant même son projet consistant à intégrer des têtes nucléaires de combat à ses armements conventionnels.
Ici encore, le monde hausse à peine les épaules.
De leur côté, les États-Unis prévoient d’investir 355 milliards $ dans la mise à niveau et la modernisation de leur arsenal nucléaire colossal sur les dix prochaines années.
Bien loin d’une volonté de désarmement, l’intention semble consister à maintenir et à optimiser chaque composante de la capacité nucléaire terrestre, marine et aérienne dont dispose actuellement l’Amérique.
L’ambiance était davantage à la plaisanterie qu’à la préoccupation lors d’une conférence du mois de mars réunissant 800 spécialistes du nucléaire à Washington DC, au cours de laquelle un haut général de l’armée de l’air, tel la cynique réincarnation de George C. Scott dans « Docteur Folamour », argumenta avec excitation autour de la défense d’une « capacité conduisant l’ennemi à ne disposer d’aucun refuge où que ce soit dans le monde. »
Affolés par les intrusions de la Russie en Ukraine, par l’intransigeance fantasque de la Corée du Nord, et par une politique étrangère chinoise depuis peu extrêmement déterminée, les alliés et partenaires de l’Amérique en Asie de l’Est et en Europe renouent soudainement et de manière impensable avec plusieurs postulats de guerre froide, autour de l’utilité dissuasive de l’arme atomique ainsi que de son importance centrale dans la politique de sécurité.
Comme mes collaborateurs et moi-même l’expliquons dans notre rapport de plusieurs centaines de pages intitulé Nuclear Weapons: The State of Play 2015, présenté à Genève, à Vienne et à Washington au mois de février : « Compte tenu des données de preuve relatives à la taille de leur arsenal nucléaire, à leurs stocks de matières fissiles, à leurs projets de modernisation des forces armées, à leurs doctrines affirmées ainsi qu’à leurs pratiques de déploiement connues, l’ensemble des neuf États dotés de l’arme atomique laissent présager une conservation des armes nucléaires pour une durée indéfinie, ainsi que la persistance du rôle de ces armes dans le cadre de leurs politiques de sécurité. »
Tout ceci présente de sérieuses implications pour la conférence d’examen qui a lieu tous les cinq ans dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), et qui devrait s’ouvrir à New York à la fin du mois d’avril.
Le TNP a constitué l’unique facteur crucial de limitation des États nucléaires de la planète à un nombre actuel de neuf, au lieu des 20 à 30 que beaucoup craignaient voir apparaître il y a de cela une génération.
Or, la crédibilité de ce traité ne tient plus aujourd’hui qu’à un fil.
Après tout, le TNP repose sur un deal : les États ne possédant pas l’arme atomique promettent de ne pas l’acquérir, en contrepartie de la promesse de ceux qui la possèdent de s’orienter sérieusement vers l’élimination de leur arsenal.
Or, de récents événements ont à nouveau mis à mal cette entente, de nombreux États soulevant la question de savoir pourquoi ils ne posséderaient pas l’arme atomique alors même que c’est le cas des États-Unis, de la Russie, et d’autres pays.
Compte tenu de telles revendications, il sera presque impossible lors de la conférence d’examen de bâtir un consensus en faveur d’un renforcement nécessaire du régime de non-prolifération, au moyen de garanties améliorées, de contrôles des exportations, d’une discipline de la sécurité, et de sanctions en cas de sortie du traité.
Il règne une résistance si irrationnelle qu’elle ne saurait fléchir.
L’actualité n’est toutefois pas totalement sombre en la matière.
Outre les négociations relatives à l’Iran, d’autres démarches de coopération autour du contrôle des armes se poursuivent, notamment entre les États-Unis et la Russie autour d’un traité intitulé New START et destiné à réduire les déploiements stratégiques, ainsi que face aux armes chimiques en Syrie.
Malgré l’absence de toute avancée visible en direction d’une disparition des armes de destruction massive au Moyen-Orient, plusieurs signaux encourageants semblent indiquer que l’Égypte et d’autres pays de la région continueraient d’y travailler, et qu’ils n’auraient pas l’intention d’exploiter la question d’une zone exempte d’ADM pour faire capoter la conférence d’examen, comme certains le craignaient.
Aspect sans doute le plus encourageant de tous, un récent mouvement international majeur assemble de plus en plus ses forces afin d’attirer l’attention des politiques sur les conséquences humanitaires terribles de l’utilisation des armes nucléaires, ainsi que d’établir une atmosphère propice à la conclusion d’un traité destiné à interdire ces armes une bonne fois pour toutes.
Depuis 2012, d’importantes conférences ont ainsi été organisées par la Norvège, le Mexique ainsi que l’Autriche, et plus de 155 pays se sont engagés à soutenir une action appropriée en la matière, les États nucléaires ainsi que leurs alliés et partenaires étant les seuls à traîner les pieds.
Les États nucléaires ne signeront pas de sitôt le moindre traité susceptible d’interdire l’utilisation de leurs armements quelles que soient les circonstances.
Ils s’opposeront encore plus vivement à l’élimination pure et simple de leur arsenal, dans la mesure où plusieurs décennies seront encore probablement nécessaires à l’élaboration de mesures de vérification et d’exécution suffisantes.
Mais si nous n’entendons pas voir la conférence d’examen du TNP s’achever dans les larmes, avec tout ce que cela inclurait en termes de risques pour l’ordre mondial, les cinq États nucléaires signataires du TNP peuvent et doivent être prêts à fournir davantage que ce qu’ils ont jusqu’à présent mis sur la table.
Les simples petits pas – amélioration de la transparence des rapports, ou encore acceptation de la signification de termes techniques tels que « stratégique », « déploiement » et « réserves » – ne satisferont pas le moins du monde les nombreux pays du TNP qui déplorent la résurgence récente d’états d’esprit et de comportements dignes de la guerre froide.
Les États nucléaires peuvent et doivent prendre de sérieux engagements afin de réduire de manière véritablement significative la taille de leur arsenal ; maintenir à un strict minimum le nombre d’armements physiquement déployés et prêts à un lancement immédiat ; ainsi que revoir leur doctrine stratégique de sorte de limiter le rôle et la prépondérance des armes nucléaires, idéalement en s’engageant à respecter le principe de « non recours en premier ».
Plus important encore, il leur faut s’entendre sur des échéances indicatives ciblées – de cinq à 15 ans – pour l’accomplissement de l’ensemble de ces objectifs initiaux.
La fixation d’échéances s’est avérée indispensable dans l’accomplissement du développement durable et des objectifs de réduction des émissions. La préservation du monde face à la menace d’annihilation nucléaire est loin de constituer un objectif moins urgent ou moins important. |
In Search of Convergence
CAMBRIDGE – One puzzle of the world economy is that for 200 years, the world’s rich countries grew faster than poorer countries, a process aptly described by Lant Pritchett as “Divergence, Big Time.”
When Adam Smith wrote The Wealth of Nations in 1776, per capita income in the world’s richest country – probably the Netherlands – was about four times that of the poorest countries.
Two centuries later, the Netherlands was 40 times richer than China, 24 times richer than India, and ten times richer than Thailand.
But, over the past three decades, the trend reversed.
Now, the Netherlands is only 11 times richer than India and barely four times richer than China and Thailand.
Spotting this reversal, the Nobel laureate economist Michael Spence has argued that the world is poised for The Next Convergence.
Yet some countries are still diverging.
While the Netherlands was 5.8, 7.7, and 15 times richer than Nicaragua, Côte D’Ivoire, and Kenya, respectively, in 1980, by 2012 it was 10.5, 21.1, and 24.4 times richer.
What could explain generalized divergence in one period and selective convergence in another?
After all, shouldn’t laggards grow faster than leaders if all they have to do is imitate others, even leapfrogging now-obsolete technologies?
Why didn’t they grow faster for so long, and why are they doing so now?
Why are some countries now converging, while others continue to diverge?
There are potentially many answers to these questions.
But I would like to outline a possible explanation that, if true, has important implications for development strategies today.
The economic expansion of the last two centuries has been based on an explosion of knowledge about what can be made, and how.
An apt metaphor is a game of Scrabble: Goods and services are made by stringing together productive capabilities – inputs, technologies, and tasks – just as words are made by putting letters together.
Countries that have a greater variety of capabilities can make more diverse and complex goods, just as a Scrabble player who has more letters can generate more and longer words.
If a country lacks a letter, it cannot make the words that use it. Moreover, the more letters a country has, the greater the number of uses it could find for any additional letter it acquired.
This leads to a “quiescence trap,” which lies at the heart of the Great Divergence.
Countries with few “letters” lack incentives to accumulate more letters, because they cannot do much with any additional one: you would not want a TV remote control if you didn’t have a TV, and you would not want a TV broadcasting company if your potential customers lacked electricity.
This trap becomes deeper the longer the alphabet and the longer the words.
The last two centuries have seen an explosion in technologies – letters – and in the complexity of goods and services that can be made with them.
So the techies get techier, and the laggards fall further behind.
Why, then, are some poorer countries now converging?
Is the technological alphabet getting shorter?
Are products getting simpler?
Obviously not. What is happening is that globalization has split up value chains, allowing trade to move from words to syllables.
Now, countries can get into business with fewer letters and add letters more parsimoniously.
It used to be that if you wanted to export a shirt, you had to be able to design it to the taste of people you didn’t really know, procure the appropriate materials, manufacture it, distribute it through an effective logistical network, brand it, market it, and sell it.
Unless you performed all of these functions well, you would go out of business.
Globalization allows these different functions to be carried out in different places, thereby allowing countries to participate earlier, when they still have few locally available capabilities, which can then be expanded over time.
A recent example is Albania.
Known as the North Korea of Europe until the early 1990s, when Albania abandoned its quixotic quest for autarky, it started cutting and sowing garments and shoes for Italian manufacturers, gradually evolving its own fully integrated companies.
Other countries that started in garments – for example, South Korea, Mexico, and China – ended up reusing the accumulated letters (industrial and logistical capabilities) while adding others to move into the production of electronics, cars, and medical equipment.
Consider this a stylized version of the sale of IBM’s Thinkpad to China’s Lenovo.
Once upon a time, IBM asked a Chinese manufacturer to assemble its Thinkpad – using the components that it would supply and following a set of instructions – and send the final product back to IBM.
A couple of years later, the Chinese company suggested that it take responsibility for procuring the parts.
Later, it offered to handle international distribution of the final product.
Then it offered to take on redesigning the computer itself.
Soon enough, it was no longer clear what IBM was contributing to the arrangement.
Learning to master new technologies and tasks lies at the heart of the growth process.
If, while learning, you face competition from those with experience, you will never live long enough to acquire the experience yourself.
This has been the basic argument behind import-substitution strategies, which use trade barriers as their main policy instrument.
The problem with trade protection is that restricting foreign competition also means preventing access to inputs and knowhow.
Participating in global value chains is an alternative way to learn by doing that is potentially more powerful than closing markets to foreign competition.
It enables a parsimonious accumulation of productive capabilities by reducing the number of capabilities that need to be in place in order to get into business.
This strategy requires a highly open trade policy, because it requires sending goods across borders many times.
But this does not imply laissez-faire; on the contrary, it requires activist policies in many areas, such as education and training, infrastructure, R&D, business promotion, and the development of links to the global economy.
Some dismiss this strategy, arguing that countries end up merely assembling other people’s stuff.
But, as the famous astronomer Carl Sagan once said: “If you want to make an apple pie from scratch, you must first invent the universe.” | Le protectionnisme contre le développement
CAMBRIDGE – Voici l'un des plus grands mystères de l'économie mondiale : comment se fait-il que pendant 200 ans la croissance des pays riches a été plus rapide que celle des pays pauvres ? L'économiste américain Lant Pritchett qualifie ce phénomène de Grande divergence (Divergence, Big Time).
En 1776, quand Adam Smith a écrit La richesse des nations, le revenu par habitant du pays le plus riche du monde à moment-là, probablement la Hollande, était quatre fois supérieur à celui des pays les plus pauvres.
Deux siècles plus tard, la Hollande était 40 fois plus riche que la Chine, 24 fois plus riche que l'Inde et 10 fois plus que la Thaïlande.
Mais au cours des trois dernières décennies, la tendance s'est inversée.
Aujourd'hui la Hollande est seulement 11 fois plus riche que l'Inde et à peine 4 fois plus riche que la Chine et la Thaïlande.
Constatant ce renversement, Michael Spence, économiste titulaire du prix Nobel affirme que le monde est sur la voie de la prochaine convergence.
Pourtant il y a des contre-exemples.
Entre 1980 et 2012, les rapports des richesses entre la Hollande d'une part et le Nicaragua, la Côte d'Ivoire et le Kenya d'autre part ont fait un bond respectivement de 5,8 à 10,5 ; de 7,7 à 21,1 et de 15 à 24,4.
Comment expliquer une divergence généralisée durant une période et une convergence sélective durant une autre ?
Ne peut-on pas s'attendre à ce que les pays à la traîne aient une croissance plus rapide que les autres dans la mesure où il leur suffit de les imiter et qu'ils peuvent avancer à pas de géant en sautant par-dessus les technologies aujourd'hui obsolètes ?
Pourquoi leur croissance a-t-elle été si faible pendant si longtemps, et pourquoi décolle-t-elle aujourd'hui ?
Pourquoi certains pays convergent-ils maintenant, tandis que d'autres continuent à diverger ?
On peut apporter de nombreuses réponses à ces questions.
Mais je voudrais esquisser une explication, qui si elle est exacte, est lourde de conséquences pour les stratégies de développement.
C'est l'explosion de la connaissance relative à ce qui peut être fabriqué, et aux technologies afférentes, qui a produit l'expansion économique des deux derniers siècles.
Le scrabble constitue une bonne métaphore : de même que l'on crée un mot en assemblant des lettres, on crée un bien ou un service en réunissant des capacités productives (des éléments à assembler, la technologie voulue et du travail).
A l'image du joueur de scrabble qui peut générer des mots plus longs et plus nombreux s'il dispose de davantage de lettres, un pays qui dispose d'un éventail de capacités plus étendu peut réaliser des produits plus diversifiés et plus complexes.
Pour prolonger la métaphore, on pourrait dire que plus grand est le nombre de lettres dont dispose déjà un pays, plus élevé sera le nombre de mots qu'il pourra créer avec des lettres supplémentaires.
Par contre, s'il lui manque une lettre, il ne pourra pas créer certains mots.
Cela conduit à la stagnation économique que l'on trouve au cœur de la Grande divergence. Les pays qui ont peu de lettres ne cherchent pas à en accumuler d'autres, car avec seulement une lettre supplémentaire ils ne pourront pas faire grand chose de plus : pourquoi produire une télécommande électronique si l'on n'a pas de télé, pourquoi créer une chaîne de TV si les clients potentiels ne disposent pas d'électricité ?
Plus l'alphabet compte de lettres et plus les mots sont longs, plus marquée sera la stagnation.
Les deux derniers siècles ont vu un développement foudroyant des technologies (les lettres), ainsi que de la complexité des biens et services qu'elles permettent de réaliser ou d'offrir.
Ainsi les pays de haute technologie deviennent de plus en plus sophistiqués sur ce terrain, tandis que le retard des traînards ne fait que croître.
Dans ces conditions, pourquoi certains pays pauvres convergent-ils maintenant ?
L'alphabet technologique devient-il plus court, les produits moins complexes ?
Ce n'est évidemment pas le cas.
La mondialisation a entraîné une segmentation des chaînes de valeur - un peu comme si l'on jouait au scrabble en formant des syllabes et non plus des mots.
Aujourd'hui un pays peut participer à l'économie mondiale avec seulement quelques lettres de l'alphabet et une lettre supplémentaire peut lui être utile.
Auparavant, pour se lancer dans l'exportation de chemises par exemple, il fallait être capable de concevoir un patron qui réponde à la demande d'une population dont on connaissait mal les goûts, acheter les éléments nécessaires, fabriquer les chemises, les acheminer et les mettre sur le marché par l'intermédiaire d'un réseau logistique, faire de la publicité et les vendre.
Si l'un des maillons de cette chaîne manquait ou ne remplissait pas son rôle, c'était l'échec assuré.
Du fait de la mondialisation il est possible de réaliser ces différentes tâches en différents endroits, ce qui permet à un pays de participer plus précocement qu'il ne l'aurait fait auparavant à la chaîne de valeur, même si ces capacités sont limitées - quitte à ce qu'il les étende par la suite.
L'Albanie est un bon exemple.
Elle était connue comme la Corée du Nord européenne jusqu'au début des années 1990. A cette époque, lorsqu'elle a abandonné sa chimérique recherche d'autarcie, des entreprises albanaises ont commencé à participer à certaines étapes de la fabrication de vêtements et de chaussures pour des firmes italiennes jusqu'à se transformer peu à peu en entreprises entièrement intégrées .
D'autres pays qui avaient commencé par l'habillement (tels la Corée du Sud, le Mexique ou la Chine) ont réutilisé leurs capacités industrielles et logistiques et développé de nouvelles capacités pour se faire une place dans les secteurs de l'électronique, de l'automobile et du matériel médical.
Voici une version simplifiée de la vente du Thinkpad d'IBM au Chinois Lenovo.
Un jour, IBM a demandé à un fabricant chinois d'assembler son Thinkpad conformément à ses instructions en utilisant les composants qu'il lui fournirait et de lui renvoyer le produit fini.
Deux ans plus tard, l'entreprise chinoise a proposé de se procurer elle-même les divers composants.
Un peu plus tard elle a proposé d'assurer la distribution dans le monde du produit fini.
Ensuite elle a suggéré de revoir elle-même la conception de l'ordinateur.
A ce moment-là on pouvait se demander quelle était la part d'IBM dans le ThinkPad.
L'apprentissage de nouvelles technologies est au cœur du processus de croissance.
Si en découvrant de nouvelles technologies, une entreprise se trouve en concurrence avec d'autres, plus expérimentées, elle ne survivra pas très longtemps.
C'est l'argument de base en faveur de la stratégie de substitution des importations qui fait appel au protectionnisme.
Mais limitant la concurrence étrangère, ce dernier empêche d'accéder à certains produits et à un savoir-faire.
Participer à la chaîne de valeur mondiale est un autre moyen d'apprendre tout en faisant - un moyen potentiellement plus efficace que la fermeture des marchés à la concurrence étrangère.
Cela permet de réduire quantitativement les capacités productives nécessaires pour lancer une entreprise.
Cette stratégie suppose des marchés extrêmement ouverts, car elle nécessite de nombreux passages transfrontaliers des marchandises.
Mais ce n'est pas le laissez-faire ; bien au contraire, cette stratégie exige une politique volontariste dans de nombreux domaines, notamment l'éducation et la formation, les infrastructures, la recherche et le développement, l'aide aux entreprises et le resserrement des liens avec l'économie mondiale.
Certains rejettent cette stratégie en disant que cela conduit certains pays à se contenter d'assembler des pièces provenant de l'extérieur.
Mais comme l'a si bien dit le célèbre astronome Carl Sagan : "Si vous voulez faire une tarte aux pommes à partir de zéro, il vous faut d'abord créer l'univers". |
Adam Davidson: What we learned from teetering on the fiscal cliff
TED Talk Subtitles and Transcript: At the end of 2012, the US political system was headed for the "fiscal cliff" -- a budget impasse that could only be solved with bipartisan agreement. Adam Davidson, cohost of "Planet Money," shares surprising data on how bipartisan we truly are -- and hints at the disconnect between representatives and the people they represent.
So a friend of mine who's a political scientist, he told me several months ago exactly what this month would be like.
He said, you know, there's this fiscal cliff coming, it's going to come at the beginning of 2013.
Both parties absolutely need to resolve it, but neither party wants to be seen as the first to resolve it.
Neither party has any incentive to solve it a second before it's due, so he said, December, you're just going to see lots of angry negotiations, negotiations breaking apart, reports of phone calls that aren't going well, people saying nothing's happening at all, and then sometime around Christmas or New Year's, we're going to hear, "Okay, they resolved everything."
He told me that a few months ago. He said he's 98 percent positive they're going to resolve it, and I got an email from him today saying, all right, we're basically on track, but now I'm 80 percent positive that they're going to resolve it.
And it made me think. I love studying these moments in American history when there was this frenzy of partisan anger, that the economy was on the verge of total collapse.
The most famous early battle was Alexander Hamilton and Thomas Jefferson over what the dollar would be and how it would be backed up, with Alexander Hamilton saying, "We need a central bank, the First Bank of the United States, or else the dollar will have no value.
This economy won't work," and Thomas Jefferson saying, "The people won't trust that.
They just fought off a king. They're not going to accept some central authority."
This battle defined the first 150 years of the U.S. economy, and at every moment, different partisans saying, "Oh my God, the economy's about to collapse," and the rest of us just going about, spending our bucks on whatever it is we wanted to buy.
To give you a quick primer on where we are, a quick refresher on where we are.
So the fiscal cliff, I was told that that's too partisan a thing to say, although I can't remember which party it's supporting or attacking.
People say we should call it the fiscal slope, or we should call it an austerity crisis, but then other people say, no, that's even more partisan.
So I just call it the self-imposed, self-destructive arbitrary deadline about resolving an inevitable problem.
And this is what the inevitable problem looks like.
So this is a projection of U.S. debt as a percentage of our overall economy, of GDP.
The light blue dotted line represents the Congressional Budget Office's best guess of what will happen if Congress really doesn't do anything, and as you can see, sometime around 2027, we reach Greek levels of debt, somewhere around 130 percent of GDP, which tells you that some time in the next 20 years, if Congress does absolutely nothing,
we're going to hit a moment where the world's investors, the world's bond buyers, are going to say, "We don't trust America anymore. We're not going to lend them any money, except at really high interest rates."
And at that moment our economy collapses.
But remember, Greece is there today.
We're there in 20 years. We have lots and lots of time to avoid that crisis, and the fiscal cliff was just one more attempt at trying to force the two sides to resolve the crisis.
Here's another way to look at exactly the same problem.
The dark blue line is how much the government spends.
The light blue line is how much the government gets in.
And as you can see, for most of recent history, except for a brief period, we have consistently spent more than we take in. Thus the national debt.
But as you can also see, projected going forward, the gap widens a bit and raises a bit, and this graph is only through 2021.
It gets really, really ugly out towards 2030.
And this graph sort of sums up what the problem is.
The Democrats, they say, well, this isn't a big deal.
We can just raise taxes a bit and close that gap, especially if we raise taxes on the rich.
The Republicans say, hey, no, no, we've got a better idea.
Why don't we lower both lines?
Why don't we lower government spending and lower government taxes, and then we'll be on an even more favorable long-term deficit trajectory?
And behind this powerful disagreement between how to close that gap, there's the worst kind of cynical party politics, the worst kind of insider baseball, lobbying, all of that stuff, but there's also this powerfully interesting, respectful disagreement between two fundamentally different economic philosophies.
And I like to think, when I picture how Republicans see the economy, what I picture is just some amazingly well-engineered machine, some perfect machine.
Unfortunately, I picture it made in Germany or Japan, but this amazing machine that's constantly scouring every bit of human endeavor and taking resources, money, labor, capital, machinery, away from the least productive parts and towards the more productive parts, and while this might cause temporary dislocation, what it does is it builds up the more productive areas and lets the less productive areas fade away and die,
and as a result the whole system is so much more efficient, so much richer for everybody.
And this view generally believes that there is a role for government, a small role, to set the rules so people aren't lying and cheating and hurting each other, maybe, you know, have a police force and a fire department and an army, but to have a very limited reach into the mechanisms of this machinery.
And when I picture how Democrats and Democratic-leaning economists picture this economy, most Democratic economists are, you know, they're capitalists, they believe, yes, that's a good system a lot of the time.
It's good to let markets move resources to their more productive use.
But that system has tons of problems.
Wealth piles up in the wrong places.
Wealth is ripped away from people who shouldn't be called unproductive.
That's not going to create an equitable, fair society.
That machine doesn't care about the environment, about racism, about all these issues that make this life worse for all of us, and so the government does have a role to take resources from more productive uses, or from richer sources, and give them to other sources.
And when you think about the economy through these two different lenses, you understand why this crisis is so hard to solve, because the worse the crisis gets, the higher the stakes are, the more each side thinks they know the answer and the other side is just going to ruin everything.
And I can get really despairing. I've spent a lot of the last few years really depressed about this, until this year, I learned something that I felt really excited about. I feel like it's really good news, and it's so shocking, I don't like saying it, because I think people won't believe me.
But here's what I learned.
The American people, taken as a whole, when it comes to these issues, to fiscal issues, are moderate, pragmatic centrists.
And I know that's hard to believe, that the American people are moderate, pragmatic centrists.
But let me explain what I'm thinking.
When you look at how the federal government spends money, so this is the battle right here, 55 percent, more than half, is on Social Security, Medicare, Medicaid, a few other health programs, 20 percent defense, 19 percent discretionary, and six percent interest.
So when we're talking about cutting government spending, this is the pie we're talking about, and Americans overwhelmingly, and it doesn't matter what party they're in, overwhelmingly like that big 55 percent chunk.
They like Social Security. They like Medicare.
They even like Medicaid, even though that goes to the poor and indigent, which you might think would have less support.
And they do not want it fundamentally touched, although the American people are remarkably comfortable, and Democrats roughly equal to Republicans, with some minor tweaks to make the system more stable.
Social Security is fairly easy to fix.
The rumors of its demise are always greatly exaggerated.
So gradually raise Social Security retirement age, maybe only on people not yet born.
Americans are about 50/50, whether they're Democrats or Republicans.
Reduce Medicare for very wealthy seniors, seniors who make a lot of money. Don't even eliminate it. Just reduce it.
People generally are comfortable with it, Democrats and Republicans.
Raise medical health care contributions?
Everyone hates that equally, but Republicans and Democrats hate that together.
And so what this tells me is, when you look at the discussion of how to resolve our fiscal problems, we are not a nation that's powerfully divided on the major, major issue.
We're comfortable with it needing some tweaks, but we want to keep it.
We're not open to a discussion of eliminating it.
Now there is one issue that is hyper-partisan, and where there is one party that is just spend, spend, spend, we don't care, spend some more, and that of course is Republicans when it comes to military defense spending.
They way outweigh Democrats.
The vast majority want to protect military defense spending.
That's 20 percent of the budget, and that presents a more difficult issue.
I should also note that the [discretionary] spending, which is about 19 percent of the budget, that is Democratic and Republican issues, so you do have welfare, food stamps, other programs that tend to be popular among Democrats, but you also have the farm bill and all sorts of Department of Interior inducements for oil drilling and other things, which tend to be popular among Republicans.
Now when it comes to taxes, there is more disagreement.
That's a more partisan area.
You have Democrats overwhelmingly supportive of raising the income tax on people who make 250,000 dollars a year, Republicans sort of against it, although if you break it out by income, Republicans who make less than 75,000 dollars a year like this idea.
So basically Republicans who make more than 250,000 dollars a year don't want to be taxed.
Raising taxes on investment income, you also see about two thirds of Democrats but only one third of Republicans are comfortable with that idea.
This brings up a really important point, which is that we tend in this country to talk about Democrats and Republicans and think there's this little group over there called independents that's, what, two percent?
If you add Democrats, you add Republicans, you've got the American people.
But that is not the case at all.
And it has not been the case for most of modern American history.
Roughly a third of Americans say that they are Democrats.
Around a quarter say that they are Republicans.
A tiny little sliver call themselves libertarians, or socialists, or some other small third party, and the largest block, 40 percent, say they're independents.
So most Americans are not partisan, and most of the people in the independent camp fall somewhere in between, so even though we have tremendous overlap between the views on these fiscal issues of Democrats and Republicans, we have even more overlap when you add in the independents.
Now we get to fight about all sorts of other issues.
We get to hate each other on gun control and abortion and the environment, but on these fiscal issues, these important fiscal issues, we just are not anywhere nearly as divided as people say.
And in fact, there's this other group of people who are not as divided as people might think, and that group is economists.
I talk to a lot of economists, and back in the '70s and '80s it was ugly being an economist.
You were in what they called the saltwater camp, meaning Harvard, Princeton, MIT, Stanford, Berkeley, or you were in the freshwater camp, University of Chicago, University of Rochester.
You were a free market capitalist economist or you were a Keynesian liberal economist, and these people didn't go to each other's weddings, they snubbed each other at conferences.
It's still ugly to this day, but in my experience, it is really, really hard to find an economist under 40 who still has that kind of way of seeing the world.
The vast majority of economists -- it is so uncool to call yourself an ideologue of either camp.
The phrase that you want, if you're a graduate student or a postdoc or you're a professor, a 38-year-old economics professor, is, "I'm an empiricist.
I go by the data."
And the data is very clear.
None of these major theories have been completely successful.
The 20th century, the last hundred years, is riddled with disastrous examples of times that one school or the other tried to explain the past or predict the future and just did an awful, awful job, so the economics profession has acquired some degree of modesty.
They still are an awfully arrogant group of people, I will assure you, but they're now arrogant about their impartiality, and they, too, see a tremendous range of potential outcomes.
And this nonpartisanship is something that exists, that has existed in secret in America for years and years and years.
I've spent a lot of the fall talking to the three major organizations that survey American political attitudes: Pew Research, the University of Chicago's National Opinion Research Center, and the most important but the least known is the American National Election Studies group that is the world's longest, most respected poll of political attitudes.
They've been doing it since 1948, and what they show consistently throughout is that it's almost impossible to find Americans who are consistent ideologically, who consistently support, "No we mustn't tax, and we must limit the size of government," or, "No, we must encourage government to play a larger role in redistribution and correcting the ills of capitalism."
Those groups are very, very small.
The vast majority of people, they pick and choose, they see compromise and they change over time when they hear a better argument or a worse argument.
And that part of it has not changed.
What has changed is how people respond to vague questions.
If you ask people vague questions, like, "Do you think there should be more government or less government?"
"Do you think government should" — especially if you use loaded language -- "Do you think the government should provide handouts?"
Or, "Do you think the government should redistribute?"
Then you can see radical partisan change.
But when you get specific, when you actually ask about the actual taxing and spending issues under consideration, people are remarkably centrist, they're remarkably open to compromise.
So what we have, then, when you think about the fiscal cliff, don't think of it as the American people fundamentally can't stand each other on these issues and that we must be ripped apart into two separate warring nations.
Think of it as a tiny, tiny number of ancient economists and misrepresentative ideologues have captured the process.
And they've captured the process through familiar ways, through a primary system which encourages that small group of people's voices, because that small group of people, the people who answer all yeses or all noes on those ideological questions, they might be small but every one of them has a blog, every one of them has been on Fox or MSNBC in the last week.
Every one of them becomes a louder and louder voice, but they don't represent us.
They don't represent what our views are.
And that gets me back to the dollar, and it gets me back to reminding myself that we know this experience.
We know what it's like to have these people on TV, in Congress, yelling about how the end of the world is coming if we don't adopt their view completely, because it's happened about the dollar ever since there's been a dollar.
We had the battle between Jefferson and Hamilton.
In 1913, we had this ugly battle over the Federal Reserve, when it was created, with vicious, angry arguments over how it would be constituted, and a general agreement that the way it was constituted was the worst possible compromise, a compromise guaranteed to destroy this valuable thing, this dollar, but then everyone agreeing, okay, so long as we're on the gold standard, it should be okay.
The Fed can't mess it up so badly.
But then we got off the gold standard for individuals during the Depression and we got off the gold standard as a source of international currency coordination during Richard Nixon's presidency.
Each of those times, we were on the verge of complete collapse.
And nothing happened at all.
Throughout it all, the dollar has been one of the most long-standing, stable, reasonable currencies, and we all use it every single day, no matter what the people screaming about tell us, no matter how scared we're supposed to be.
And this long-term fiscal picture that we're in right now, I think what is most maddening about it is, if Congress were simply able to show not that they agree with each other, not that they're able to come up with the best possible compromise, but that they are able to just begin the process towards compromise, we all instantly are better off.
The fear is that the world is watching.
The fear is that the longer we delay any solution, the more the world will look to the U.S.
not as the bedrock of stability in the global economy, but as a place that can't resolve its own fights, and the longer we put that off, the more we make the world nervous, the higher interest rates are going to be, the quicker we're going to have to face a day of horrible calamity.
And so just the act of compromise itself, and sustained, real compromise, would give us even more time, would allow both sides even longer to spread out the pain and reach even more compromise down the road.
So I'm in the media. I feel like my job to make this happen is to help foster the things that seem to lead to compromise, to not talk about this in those vague and scary terms that do polarize us, but to just talk about it like what it is, not an existential crisis, not some battle between two fundamentally different religious views, but a math problem, a really solvable math problem,
one where we're not all going to get what we want and one where, you know, there's going to be a little pain to spread around.
But the more we address it as a practical concern, the sooner we can resolve it, and the more time we have to resolve it, paradoxically.
Thank you. | Adam Davidson: Ce que nous avons appris en nous balançant au bord de la falaise fiscale
TED Talk Subtitles and Transcript: C'est la fin 2012 et le système politique américain est empêtré dans le problème du "fiscal cliff" de l'année suivante - une impasse budgétaire qui ne peut être résolue qu'avec un accord bipartisan. Adam Davidson, co-animateur de "Planet Money", partage des données surprenantes qui montrent comment ce problème pourrait être résolu.
J'ai un ami politologue, qui m'a dit, il y a quelques mois, exactement comment ce mois-ci se déroulerait.
Il m'a dit, tu sais, on va bientot avoir une crise budgétaire, qui va commencer début 2013.
Les deux partis doivent absolument la résoudre, mais aucun des deux ne veut être le premier à le faire.
Aucun des partis n'a de raison de la résoudre une seconde avant qu'elle n'arrive. Donc il m'a dit, en Décembre, tu vas voir un tas de négociations féroces, de négociations échouées, des rapports de conférences téléphoniques qui n'aboutissent pas, des gens qui disent que rien du tout ne se passe, et soudain, aux environs de Noël ou du jour de l'An, on va entendre: « Ok, ils ont tout résolu. »
Il m'a dit cela il y a quelques mois. Il disait qu'il était sur à 98% qu'ils arriveraient à résoudre le problème. Et aujourd'hui, j'ai reçu un email de lui disant, d'accord, nous sommes sur la bonne voie, mais maintenant je suis sûr à 80% qu'ils arriveront à résoudre le problème.
Et du coup, ça m'a fait réfléchir. J'adore étudier ces moments de l'histoire américaine quand il y a ces folies de colère partisane, que l'économie est sur le bord de l'effondrement total.
L'une des premières célèbres disputes, c'était entre Alexander Hamilton et Thomas Jefferson, pour savoir sur quoi et comment le dollar serait soutenu, avec Alexander Hamilton qui disait: « Nous avons besoin d'une banque centrale, la Première Banque des Etats-Unis ou alors le dollar n'aura aucune valeur.
Cette économie ne tiendra pas. » Et Thomas Jefferson disait: « Les gens n'auront pas confiance.
Ils viennent juste de se battre contre un roi. Ils ne vont pas accepter une autorité centrale. »
Cette lutte définit les 150 premières années de l'économie américaine, et à chaque instant, différents partisans disaient: « Oh mon Dieu, l'économie est sur le point de s'effondrer », et le reste d'entre nous continuait notre vie, dépensant notre argent un peu n'importe comment.
Pour vous donner un petit aperçu de notre situation, voici un bref rappel.
Donc, le "fiscal cliff", la falaise fiscale, on m'a dit que c'était une expression trop partisane à utiliser, bien que je ne me rappelle pas quel parti elle soutient ou attaque.
Certains disent que nous devrions l'appeler "pente fiscale" ou que nous devrions l'appeler une crise d'austérité, mais alors d'autres personnes disent que c'est encore plus partisan.
Donc je l'appelle simplement la date butoir auto-imposée, auto-destructive et arbitraire pour résoudre un problème inévitable.
Et voilà ce à quoi ressemble ce problème inévitable.
Ceci est une projection de la dette américaine en pourcentage de notre économie globale, du PIB.
La ligne en pointillée bleue claire représente la meilleure estimation du Bureau du Budget du Congrès américain de ce qu'il arrivera si le Congrès ne fait strictement rien. Et comme vous pouvez le voir, quelque part vers 2027, nous atteignons les niveaux de dette de la Grèce, quelque part autour de 130% du PIB, ce qui nous dit que dans les vingt prochaines années, si le Congrès ne fait absolument rien,
nous allons atteindre un moment où les investisseurs à travers le monde, les acheteurs de dettes du monde, vont dire: « Nous ne faisons plus confiance aux Etats-Unis. Nous n'allons plus leur prêter d'argent, sauf à un très gros taux d'intérêt. »
Et à ce moment, notre économie s'effondrera.
Mais rappelez-vous, la Grèce en est là aujourd'hui.
Nous y serons dans 20 ans. Nous avons encore plein de temps pour éviter cette crise, et le "fiscal cliff" était juste un essai de plus pour essayer de forcer les deux côtés à résoudre la crise.
Voici une autre façon d'aborder le même problème.
La ligne bleue foncée représente ce que le gouvernement dépense.
La ligne bleue claire représente ce que le gouvernement reçoit.
Et comme vous le voyez, pour la plupart de l'histoire récente, à l'exception d'une brève période, nous avons constamment dépensé plus que ce que nous recevons. D'où la dette nationale.
Mais comme vous pouvez aussi le constater, via une projection future, l'écart se creuse et s'agrandit un peu, et ce graphe ne va que jusqu'en 2021.
Cela devient très très moche à l'horizon 2030.
Et ce graphe résume en quelque sorte le problème.
Les Démocrates disent que ce n'est pas un drame.
Nous pouvons juste augmenter les impôts un petit peu et réduire l'écart surtout si nous augmentons les impôts des riches.
Les Républicains disent, hey, non, non, nous avons une meilleure idée
Pourquoi ne baisserions-nous pas les deux lignes ?
Pourquoi ne baisserions-nous pas les dépenses du gouvernement ainsi que les impôts gouvernementaux et alors nous aurions une trajectoire du déficit à long-terme encore plus favorable ?
Et derrière ce désaccord important sur comment supprimer ou combler cet écart, on trouve la plus cynique espèce des politiques partisanes, la pire espèce de petite réglementation, de lobbying et tout mais il y a aussi ce désaccord, profondément interessant et respectueux entre deux philosophies économiques fondamentalement différentes.
Et j'aime à penser que, quand j'imagine comment les Républicains voient notre économie, ce qu'ils imaginent est juste une machine superbement bien faite, une machine parfaite.
Malheureusement, je l'imagine faite en Allemagne ou au Japon, mais cette incroyable machine qui ne cesse de récurer chaque aspect de l'effort humain et confisque ressources, argent, travail, capital, machines aux parties les moins productives au profit des parties les plus productives et malgré le fait que cela puisse causer des mises à l'écart temporaires ce qu'elle fait c'est qu'elle construit les domaines les plus productifs et laisse les domaines les moins productifs disparaitre et mourir
et en conséquence, le système entier est tellement plus efficace, tellement plus riche et plus efficace pour tout le monde.
Et cette façon de voir les choses croit généralement qu'il y a un rôle à jouer pour le gouvernement, un petit rôle, pour définir les règles pour que les gens ne mentent pas et ne trichent ou fassent souffrir les autres, comme peut-être une force de police ou des pompiers ou une armée, mais qui ait une portée très limitée dans le mécanisme de la machine.
Et quand je pense à comment les Démocrates et les économistes sympathisants imaginent l'économie, eh bien, la plupart des économistes Démocrates sont capitalistes, ils pensent que c'est un bon système une grande partie du temps.
C'est une bonne chose de laisser les marchés déplacer les ressources vers des utilisations plus productives.
Mais ce système a des tonnes de problèmes.
L'argent s'accumule dans les mauvais endroits.
L'argent est arraché aux gens qui ne devraient pas être considérés comme improductifs.
Cela ne va pas créer une société juste et équitable.
Cette machine se fiche de l'environnement, du racisme, de tous ces problèmes qui rendent cette vie plus accablante pour tous, et donc le gouvernement a en effet le rôle de prendre des ressources des endroits plus productifs ou de sources plus riches, et de les donner à d'autres sources.
Et quand vous réfléchissez à l'économie sous ces deux aspects, vous comprenez pourquoi cette crise est si compliquée à résoudre, car plus la crise empire, plus les enjeux sont élevés, et plus chacun des camps pense qu'il a la réponse et que l'autre camp va tout détruire.
Et je suis parfois vraiment désespéré. J'ai passé pas mal d'années vraiment déprimé sur le sujet, jusqu'à cette année, j'ai appris quelque chose qui m'enthousiasme beaucoup. Je pense que c'est une très bonne nouvelle, et c'est tellement choquant, je n'aime pas dire cela, car je pense que les gens ne vont pas me croire.
Mais voici ce que j'ai appris.
Les américains, pris dans leur entièreté, quand il s'agit de ces problèmes, de problèmes fiscaux, sont des centristes pragmatiques et modérés.
Et je sais que c'est difficile à croire, que les américains soient des centristes pragmatiques et modérés.
Mais laissez-moi vous expliquer ma pensée.
Quand on regarde comment le gouvernement fédéral dépense l'argent, ce qui est le sujet de dispute ici, 55%, plus de la moitié, va à la Sécurité Sociale, Medicare, Medicaid et quelques autres programmes de santé, 20% à la défense, 19% sont discrétionnaire, et 6% aux intérêts.
Donc quand on parle de couper dans les dépenses gouvernementales, c'est l'assiette dont nous parlons, et les Américains, de manière écrasante, peu importe le parti auquel ils appartiennent, de manière écrasante, ils apprécient cette énorme tranche de 55%.
Ils aiment la Sécurité Sociale. Ils aiment Medicare.
Ils aiment même Medicaid, malgré le fait que ça aille aux pauvres et indigents, ce que l'on aurait pu penser avoir moins de soutien.
Et ils ne veulent pas qu'elle soient fondamentalement réformée même si les Américains sont remarquablement à l'aise, Démocrates et Républicains à peu près à égalité, avec des ajustements mineurs pour créer un système plus stable.
La Sécurité Sociale est assez facile à réparer.
Les rumeurs de sa mort sont toujours grandement exagérée.
Ainsi l'âge de la retraite augmente graduellement, peut-être seulement pour les gens qui ne sont pas encore nés.
Les Américains sont à 50/50, qu'ils soient Démocrates ou Républicains, pour
réduire Medicare pour les personnes âgées très riches, les personnes âgées qui gagnent beaucoup d'argent. Ne les supprimons pas, réduisons-les juste un peu.
Les gens sont généralement d'accord avec cela, Démocrates comme Républicains.
Augmenter les contributions aux soins médicaux ?
Tout le monde déteste cela de la même manière, Républicains et Démocrates détestent tous les deux cela.
Et donc qu'est-ce que cela me dit ? Quand on étudie cette discussion sur comment résoudre nos problèmes fiscaux, nous ne sommes pas une nation fortement divisée sur les problèmes les plus importants.
Nous sommes d'accord avec l'idée de l'ajuster un peu, mais nous voulons la garder.
Nous ne sommes pas ouverts à une discussion où il serait question de l'éliminer.
Maintenant, il y a un problème qui reste hyper partisan, et où un parti ne fait que dépenser, dépenser, dépenser, on s'en fiche, dépensons plus et bien sûr, ce sont les Républicains quand il s'agit des dépenses de défenses militaires.
Ils font plus que contre-balancer les Démocrates.
La grande majorité veut protéger les dépenses de la Défense.
Cela représente 20% du budget, et cela présente un problème bien plus difficile.
Je devrais aussi préciser que les dépenses discrétionnaires, qui forment 19% du budget, sont un problème des Démocrates et des Républicains, donc nous pourrions avoir allocations, bons alimentaires et autres programmes qui ont tendance à être populaire chez les Démocrates, mais vous avez aussi les lois sur l'agriculture et toute sorte d'incitations du Département de l'Intérieur pour le forage pétrolier et autres qui ont tendance à être populaire chez les Républicains.
Maintenant quand il s'agit des impôts, il y a plus des désaccords.
C'est un sujet plus partisan.
Vous avez les Démocrates soutenant de manière écrasante une augmentation des impôts sur les salaires des gens qui gagnent 250 000 dollars par an. Les Républicains sont plutôt contre, bien que, si vous ventilez cela par revenu, les Républicains qui gagnent moins de 75 000 dollars par an apprécient cette idée.
Donc en fait, les Républicains qui gagnent plus de 250 000 dollars par an ne veulent pas être taxés.
Augmenter les impôts sur les revenus financiers, environ deux tiers des Démocrates et seulement un tiers des Républicains sont d'accord avec cette idée.
Ce qui nous amène à un point très important, qui est que nous avons tendance dans ce pays à parler de Démocrates et Républicains et penser qu'il y a un petit groupe là-bas appelé indépendants qui représente quoi, 2% ?
Si vous ajoutez Démocrates, et les Républicains, vous obtenez le peuple Américain.
Mais ce n'est pas du tout le cas.
Et cela n'a pas été le cas pour la plupart de l'histoire moderne des Etats-Unis.
A peu près un tiers des américains se disent Démocrates.
Environ un quart dit qu'ils est Républicain.
Une toute petit frange se définit libertaire ou socialiste ou quelqu'autre petit parti tiers et le large bloc, 40%, dit qu'ils est indépendants.
Donc la plupart des américains ne sont pas partisans, et la plupart des gens dans le camps de indépendants tombe quelque part au milieu, donc même si nous avons énormément de chevauchement sur les points de vue des questions fiscales des Démocrates et Républicains, nous avons encore plus de chevauchement quand vous y ajoutez les indépendants.
Maintenant nous nous battons sur plein de problèmes différents.
Nous nous détestons sur le contrôle des armes, et l'avortement, et l'environnement, mais sur ces problèmes fiscaux, ces importants problèmes fiscaux, nous ne sommes pas du tout aussi divisé que ce que les gens disent.
Et en fait, il y a cet autre groupe de gens qui ne sont pas aussi divisés qu'on le dit, et ce groupe est celui des économistes.
J'ai discuté avec de nombreux économistes. Dans les années 70 et 80, être économiste était très moche.
Vous étiez dans ce qu'ils appelaient le camps "des eaux de mer" à savoir Harvard, Princeton, MIT, Stanford, Berkeley, ou vous étiez dans le camps des eaux fraîches, Université de Chicago, Université de Rochester.
Vous étiez un économiste capitaliste de libre marché ou vous étiez un économiste libéral Keynesien, et ces gens n'allaient pas au marriage des autres, ils s'ignoraient aux conférences.
C'est toujours plutôt moche encore maintenant, mais d'expérience, c'est très très dur de trouver un économiste de moins de 40 ans qui a toujours cette vision du monde.
La plupart des économistes - ça semble tellement nul de s'appeler idéologue de l'un ou l'autre camp.
Ce que vous voulez dire, si vous êtes étudiant ou post-doctorant ou professeur, un professeur d'économie de 38 ans, c'est : « Je suis un empiriste.
Je me fie aux données. »
Et les données sont très claires.
Aucune de ces théories majeures n'a complètement réussi.
Le 20ème siècle, les 100 dernières années, sont criblées d'exemples désastreux de périodes où une école ou une autre a essayé d'expliquer le passé ou de prévoir le futur et a juste fait un terrible, terrible travail. Donc la profession des économistes a acquis un certain degré de modestie.
Ils forment toujours un groupe de gens terriblement arrogants, je vous rassure, mais ils sont maintenant arrogants sur leur impartialité et, eux aussi, voient un énorme éventail de débouchés potentiels.
Et ce non-partisianisme est quelque chose qui existe, qui a existé en secret aux Etats-Unis pendant des années et des années.
J'ai passé beaucoup de temps cet automne à discuter avec trois grandes organisations qui enquêtent sur les tendances politiques des Américains: Pew Research, le Centre de Recherche de l'Opinion National à l'Université de Chicago et la plus importante mais la moins connue est le groupe d'Etudes sur les Elections Nationales Américaines qui est l'institut de sondage des tendances politiques le plus ancien et le plus respecté.
Ils font cela depuis 1948, et ce qu'ils montrent constamment c'est qu'il est presque impossible de trouver des Américains qui soient idéologiquement loyaux, qui constamment soutiennent, « Non, ne devons pas taxer et nous devons limiter la taille du gouvernement », ou « Non, nous devons encourager le gouvernement à jouer un rôle plus important pour redistribuer et corriger les maux du capitalisme. »
Ces groupes sont très, très restreints.
La vaste majorité des gens, ils font les difficiles, ils voient des compromis et ils changent au fil du temps quand ils entendent un meilleur ou un pire argument.
Et cette portion des gens n'a pas changé.
Ce qui a changé, c'est comment les gens répondent à de vagues questions.
Si vous posez de vagues questions aux gens, comme « Pensez-vous qu'il faudrait plus de gouvernement ou moins de gouvernement ? »
« Pensez-vous que le gouvernement devrait » - surtout si vous utilisez des expressions biaisées « Pensez-vous que le gouvernement devrait fournir des allocations ? »
ou bien, « Pensez-vous que le gouvernement devrait redistribuer ? »
Alors vous pouvez voir des changements partisans radicaux.
Mais quand vous devenez précis, quand vous posez une vraie question sur les taxes réelles et les problèmes de dépenses considérés, les gens sont remarquablement centristes, ils sont remarquablement ouverts aux compromis.
Donc quand on considère le problème fiscal, ne pensez pas à cela comme si les Américains ne peuvent fondamentalement pas se supporter sur ces problèmes et nous devrions être divisés en deux nations séparées qui s'opposent.
Pensez plutôt que c'est un tout petit nombre de vieux économistes et d'idéologues non représentatifs qui ont capté le processus.
Et ils ont capté le processus via des moyens familiers, à travers un système primaire qui encourage les voix d'un petit nombre de personne, car ce petit groupe de personnes, ces personnes qui répondent que oui ou non sur ces questions idéologiques, elle sont peut-être peu nombreuses, mais chacune d'entre elles a un blog, chacune d'entre elles a été sur Fox ou MSNBC la semaine dernière.
Chacune d'entre elles devient une voix de plus en plus forte mais elles ne nous représentent pas.
Elles ne représentent pas ce qu'est notre vision.
Et cela me ramène au dollar, et cela m'amène à me rappeler que nous connaissons cette expérience.
Nous savons ce que c'est que d'avoir ces gens à la télé, au Congrès, hurlant que la fin du monde approche si nous n'adoptons pas complètement leur vision, car cela s'est produit concernant le dollar et ce, depuis que le dollar existe.
Nous avons eu la bataille entre Jefferson et Hamilton.
En 1913, nous avons eu cette affreuse lutte à propos de la Réserve Fédérale, quand elle a été créée, avec des arguments brutaux et violents sur comment elle devrait être constituée, et un accord général sur le fait qu'elle a été constituée sur le pire compromis possible, un compromis qui garantissait de détruire cette chose précieuse, le dollar, mais après, chacun a dit d'accord tant que nous sommes alignés sur l'étalon-or, ça devrait passer.
La Fed ne peut pas tout fiché en l'air.
Mais quand nous avons décroché de l'étalon-or durant la Grande Dépression et nous avons décroché afin de coordonner les monnaies internationales durant la présidence de Richard Nixon.
A chacune de ces fois, nous avons été au bord de l'effondrement.
Et rien ne s'est produit du tout.
A travers tous cela, le dollar a été l'une des monnaies les plus anciennes, les plus stables et raisonnables et nous l'utilisons tous les jours, peu importe ce que les gens qui hurlent ont à nous dire peu importe combien nous devrions être effrayés.
Et cette image fiscale à long-terme dans laquelle nous sommes actuellement, je pense que ce qui en est le plus énervant si le Congrès était simplement capable de montrer non pas qu'ils se mettent d'accord ensemble, non pas qu'ils sont capables de trouver le meilleur compromis possible mais qu'ils sont simplement capables de démarrer le processus vers un compromis, nous serions tous instantanément mieux lottis.
La peur, c'est que le monde nous regarde.
La peur, c'est que plus nous retardons une solution, plus le monde va regarder les US
non pas comme un socle de stabilité dans l'économie mondiale, mais comme un lieu qui ne peut pas résoudre ses propres disputes et plus nous repoussons cela, plus nous rendons le monde nerveux, plus les taux d'intérêts vont s'accroître, plus vite nous devrons faire face à un jour d'horrible calamité.
Et donc rien que l'acte de compromis lui-même, un compromis réel et prolongé, nous donnerait un peu plus de temps, donnerait à chaque camps plus de temps pour étaler la douleur et atteindre un plus grand compromis en chemin.
Donc je suis dans les media. Je pense que mon boulot pour que cela arrive est d'aider à promouvoir les choses qui semblent mener à un compromis, de ne pas parler de cela en termes vagues et effrayants qui nous polarisent, mais simplement de parler de cela tel que c'est, pas une crise existentielle, pas une bataille entre deux visions religieuses complètement différentes, mais comme un problème de math, un problème de math vraiment résoluble,
où nous n'allons pas tous obtenir ce que nous voulons et où il y aura un peu de douleur à étaler.
Mais plus nous l'abordons comme un problème pratique, plus tôt nous pourrons le résoudre, et plus nous aurons le temps de le résoudre, paradoxalement.
Merci. |
The Mealy-Mouthed West
MADRID – Among the numerous challenges the West faces, one is consistently overlooked: its addiction to meaningless rhetoric.
From US President Barack Obama’s oxymoronic first-term mantra “leading from behind” to the recent German variant “leading from the center,” empty phrases have become the currency of Western governments’ foreign policies.
Of course, the inherent complexity and unpredictability of international affairs intensify politicians’ inclination to equivocate.
And today, with the geopolitical environment more complicated and less predictable than ever, our leaders have even less incentive to offer the kind of boldness and clarity that effective policymaking demands.
Unfortunately, the result has been to make a bad situation worse.
Strategic statements play an important role in signaling a country’s direction and intentions to its adversaries, allies, citizens, and government agencies.
When such statements require endless interpretation and explanation, their impact is weakened dramatically.
This is not to say that there is no place for ambiguity in international affairs.
History abounds with episodes when strategic ambiguity would have been beneficial.
For example, some historians suggest that then-US Secretary of State Dean Acheson’s decision in 1950 to exclude South Korea from America’s “defense perimeter” signaled to North Korea and the Soviet Union that the United States would not defend the South in the event of an attack.
The problem with today’s ambiguity is that it is not particularly strategic.
Consider Obama’s underlying rationale for his foreign policy – the so-called “Obama doctrine” – which he finally provided following the announcement of the framework agreement on Iran’s nuclear program. “We will engage,” Obama declared, “but we preserve all our capabilities.”
On the surface, that statement makes sense.
But it leaves us with more questions than answers.
What has Obama really signaled?
What, in his view, are the boundaries for US engagement?
Under what conditions would the US use its capabilities?
Nearly 70 years ago, when George Orwell examined the tendency toward ambiguity, he offered the rather simple explanation that “political speech and writing are largely the defense of the indefensible.” In other words, hazy language is necessary to obscure unsavory realities.
Massive violence against civilian populations is “pacification,” and ethnic cleansing is a “transfer of population.”
As Orwell noted, “[t]he great enemy of clear language is insincerity.”
To some extent, Orwell’s observations still ring true.
But the issue today is different: politicians are using vague rhetoric less because their policies are fundamentally indefensible than because they fear having to defend any position at all.
While there are myriad reasons for this reticence, when it comes to international relations, two stand out.
The first is the hyperbolic political atmosphere in Western democracies, where the 24-hour news cycle and social media have made “gotcha politics” the order of the day.
Add to that the intrinsic uncertainty of foreign affairs, and it is unsurprising that politicians would rather spout empty lines than risk saying something that might blow up in their faces.
Indeed, one need only consider the years-long stream of commentary – characterized by partisanship, hearsay, and hostility – following the 2012 attack on the US diplomatic compound in Benghazi to understand leaders’ angst.
The second reason is more fundamental: the waning sense of purpose and conviction that characterizes Western democracies today.
Whereas, say, Presidents John F. Kennedy and Ronald Reagan clearly confronted the Soviet Union in their speeches at the Berlin Wall, a succession of Western leaders has spoken in nods and winks about the crisis in Ukraine and China’s aggressive stance toward its neighbors.
The difference is not difficult to discern.
During the Cold War, the West’s certainty that it occupied the moral high ground inspired confidence in both word and deed.
Though the West still occupies the moral high ground on many important issues – such as the Islamic State and Russia’s invasion of Ukraine – the global system is far less clear-cut today.
Internal social challenges, which have called into question the justness of Western countries’ liberal model, have exacerbated politicians’ reticence.
As diffident Western leaders offer garbled messages or, worse, mere verbal fluff, they allow cynical actors with simpler and more forceful narratives, often based on lies and distortions, to win support more easily.
In Europe, the rise of demagogic populists on both ends of the political spectrum exemplifies this phenomenon.
Likewise, Russian President Vladimir Putin, unburdened by facts or guilt, has taken advantage of domestic and international audiences’ deep-seated resentments and insecurities to craft compelling narratives in support of his policy toward Ukraine.
Western leaders should see no need to dispense with the truth; the facts are on their side.
What is needed is the confidence to defend the liberal rules-based international order – and to back up arguments with action.
After all, powerful declarations mean nothing if leaders do not follow through; worse, they undermine the credibility of the speaker’s future statements.
Obama learned this the hard way, when he drew a “red line” against Syria’s use of chemical weapons and then failed to act forcefully when Syria crossed that line.
The Obama doctrine cannot be credible if the US is not willing to use the capabilities that the president has pledged to preserve.
This imperative is not limited to Obama.
All Western policymakers will, before long, have to move beyond their parochial political considerations and anxieties to present a clear strategic vision.
The habit of bland rhetoric is a hard one to break.
Indeed, Orwell warned of its potential to weaken one’s capacity for critical thought, because “every such phrase anaesthetizes a portion of one’s brain.” But, as the global balance of power shifts toward the East and the South, the West must do what it takes to secure its continued influence – and that means taking a firm, clear, and credible stance on the strategic challenges it faces. | L’insipidité du discours occidental
MADRID – Parmi les nombreux problèmes qu’il incombe à l’Occident de résoudre, passe constamment à la trappe celui de son addiction pour les discours sans véritable substance.
Qu’il s’agisse de l’approche antinomique privilégiée par le président américain Barack Obama lors de son premier mandat et consistant à « diriger de l’arrière », ou de sa récente version allemande visant à « diriger depuis le centre », les formules les plus vides semblent être devenues monnaie courante dans le cadre de la politique étrangère des gouvernements occidentaux.
Bien entendu, la complexité et l’imprévisibilité inhérentes aux affaires internationales accentuent le penchant des responsables politiques pour l’équivoque.
De plus, face à un environnement géopolitique aujourd’hui plus alambiqué et plus incertain que jamais, nos dirigeants sont encore moins incités à faire preuve du genre d’audace et de clarté qu’exige tout exercice efficace d’élaboration des politiques.
Seulement voilà, le résultat n’est autre que l’aggravation d’une situation déjà peu favorable.
Les déclarations de nature stratégique jouent un rôle important dans la signalisation de l’orientation et des intentions d’un État auprès de ses rivaux, alliés, citoyens, et organes gouvernementaux.
Pour autant, lorsque de telles déclarations exigent une infinité d’interprétations et d’explications, leur impact s’en trouve considérablement réduit.
Il ne s’agit pas d’affirmer qu’il n’y aurait aucune place pour l’ambiguïté dans les affaires internationales.
L’histoire abonde d’épisodes au cours desquels l’ambiguïté stratégique aurait pu se révéler bénéfique.
Par exemple, aux yeux de certains historiens, la décision prise en 1950 par le Secrétaire d’État américain de l’époque Dean Acheson et consistant à exclure la Corée du Sud du « périmètre de défense » de l’Amérique expliquerait que la Corée du Nord et l’Union soviétique aient pensé que les États-Unis ne défendraient pas le Sud en cas d’attaque.
Le problème avec l’ambiguïté actuelle, c’est qu’elle ne joue pas véritablement de rôle stratégique.
Songez au raisonnement qui sous-tend la politique étrangère d’Obama – la fameuse « doctrine Obama » – et qu’a enfin livré le président américain suite à l’annonce d’accord-cadre relatif au programme nucléaire iranien. « Nous entendons faire preuve d’engagement, » a en effet déclaré Obama, « mais également préserver toutes nos capacités. »
En surface, cette déclaration revêt une signification.
Elle nous laisse toutefois avec plus de questions que de réponses.
Quel est le véritable message envoyé par Obama ?
Quelles sont selon lui les frontières de l’engagement des États-Unis ?
Dans quelles circonstances l’Amérique ferait-elle usage de ses capacités ?
Il y a près de 70 ans, époque à laquelle George Orwell s’intéressa à cette tendance à l’ambiguïté, l’écrivain fournit cette explication relativement simple selon laquelle « discours et écrits politiques consistent principalement à défendre l’indéfendable. » Autrement dit, le langage équivoque serait nécessaire à l’obscurcissement de réalités peu plaisantes.
Ainsi les violences perpétrées en masse à l’encontre de populations civiles sont-elles parfois présentées comme des démarches de « pacification », et l’épuration ethnique comme un « transfert de population ».
Comme le relève en effet Orwell, « le plus grand ennemi du langage clair n’est autre que l’insincérité. »
Dans une certaine mesure, les observations d’Orwell s’inscrivent encore aujourd’hui dans le vrai.
La problématique actuelle s’avère toutefois différente : si nos politiciens emploient un langage flou, c’est moins parce que leurs politiques s’avèrent fondamentalement indéfendables que parce qu’ils craignent tout simplement d’avoir à défendre la moindre position.
S’il existe d’innombrables raisons à cette réticence, deux explications se dégagent lorsqu’il s’agit des relations internationales.
La première réside dans la nature hyperbolique de l’atmosphère des politiques des démocraties occidentales, au sein de laquelle le cycle en 24 heures des plateformes sociales et médias d’actualité place à l’ordre du jour les simples manœuvres politiciennes.
Ajoutez à cela l’incertitude inhérente aux affaires étrangères, et vous ne serez pas étonnés que les dirigeants politiques préfèrent formuler des déclarations sans substance que risquer de lâcher une phrase susceptible de leur exploser au visage.
Il suffit en effet de songer à ce torrent de commentaires qui a déferlé pendant plusieurs années – caractérisé par le sectarisme, la rumeur et l’hostilité – à la suite de l’attentant sur le bâtiment diplomatique américain de Bengazi en 2012 pour comprendre toute l’hésitation des dirigeants.
De nature plus fondamentale, la deuxième explication réside dans l’érosion du sens de l’accomplissement et des convictions au sein des démocraties occidentales d’aujourd’hui.
Là où les présidents John F. Kennedy et Ronald Reagan s’opposèrent à l’Union soviétique de manière claire dans leurs discours du mur de Berlin, les dirigeants occidentaux qui se succèdent aujourd’hui ne s’expriment que par clins d’œil et hochements de tête lorsqu’il s’agit d’évoquer la crise d’Ukraine ou encore la posture agressive de la Chine vis-à-vis de ses voisins.
La différence n’est pas difficile à discerner.
Pendant la guerre froide, la certitude qu’avait l’Occident d’occuper une position morale supérieure inspirait confiance à la fois dans les mots et les actes.
Bien que l’Occident soit encore aujourd’hui numéro un de la morale sur de nombreuses questions majeures – telles que l’État islamique ou l’invasion de l’Ukraine par la Russie – le système mondial est désormais beaucoup moins nettement défini.
Les défis sociaux internes, qui soulèvent la question de l’équité du modèle libéral des pays occidentaux, exacerbent par ailleurs la réticence de nos dirigeants.
Pendant que nos timides dirigeants occidentaux formulent des messages confus ou, pire encore, se contentent de verbalement brasser du vent, ils permettent aux acteurs les plus cyniques, par l’emploi de discours plus simples et plus percutants, souvent fondés sur le mensonge et les demi-vérités, de susciter beaucoup plus efficacement l’adhésion.
En Europe, la montée des partis démagogues populistes aux deux extrémités du spectre politique illustre parfaitement ce phénomène.
De même, peu soucieux des faits ou des considérations de culpabilité, le président russe Vladimir Poutine se nourrit de l’amertume et des peurs profondes des opinions publiques domestiques et internationales pour façonner un discours puissant en appui de sa politique vis-à-vis de l’Ukraine.
Nul besoin pour les dirigeants occidentaux d’être avares de vérités ; les faits sont de leur côté.
Il leur incombe davantage d’avoir confiance dans la défense d’un ordre international libéral fondé sur des règles – et de joindre la parole aux actes.
Après tout, les déclarations les plus percutantes signifient bien peu lorsque les dirigeants n’agissent en conséquence ; pire encore, elles mettent à mal la crédibilité des déclarations futures de l’acteur concerné.
C’est une leçon qu’Obama a appris à ses dépens, en traçant une « ligne rouge » censée interdire à la Syrie l’utilisation d’armes chimiques, pour ensuite échouer à intervenir avec fermeté une fois cette ligne franchie.
La doctrine Obama ne peut être crédible si l’Amérique n’est pas prête à utiliser les capacités que le président s’est engagé à préserver.
Cet impératif ne se limite pas au président Obama.
Il est nécessaire que tous les dirigeants politiques occidentaux s’affirment sans plus attendre au-delà de leurs inquiétudes et considérations politiques de paroisse, afin de formuler une vision stratégique claire.
L’habitude du discours insipide n’est pas facile à évacuer.
En effet, Orwell nous met en garde sur la capacité de cette tendance à affaiblir la faculté de raisonnement critique d’un individu, tant il est vrai que « chaque expression de ce type anesthésie une partie de notre cerveau. » Néanmoins, à l’heure où l’équilibre des puissances mondiales se déplace vers l’Orient et le Sud, il incombe à l’Occident de faire le nécessaire pour pérenniser son influence – ce qui exige une prise de position ferme, claire et crédible autour des défis stratégiques qui lui font face. |
Saving the Greek Sinner
MUNICH – The euro’s current weakness has one culprit: Greece.
At 14% of GDP, Greece’s latest current-account deficit was the largest of the euro-zone countries after Cyprus.
Its debt-to-GDP ratio stood at 113% by the end of 2009.
As this year’s deficit is projected to be more than 12% of a shrinking GDP, the debt-to-GDP ratio will soar above 125% by the end of 2010, the highest in the euro zone.
Investors have reacted by trying to get out of the euro and, in particular, steer clear of Greek government debt.
Greece had to offer them increasingly higher interest rates to stay put.
In January, the interest premium was 2.73 percentage points relative to German public debt.
If this premium prevails, Greece will have to pay €7.4 billion more in interest per year on its €271 billion debt than it would have to pay at the German rate.
The problem is not only the premium itself, but the imminent risk that Greece will not be able to find the €53 billion it needs to service its debt falling due in 2010, let alone the estimated additional €30 billion to finance the new debt resulting from its projected budget deficit.
The Greek disaster was possible because its government deceived its European partners for years with faked statistics.
In order to qualify for the euro, the Greek government asserted that its budget deficit stood at 1.8% of GDP in 1999 – well below the 3%-of-GDP limit set by the Maastricht Treaty.
That figure, we now know, had no basis in reality.
After euro banknotes with Greek motifs had already been printed and distributed, Eurostat, Europe’s statistics agency, reported that Greece’s deficit had actually been 3.3 % of GDP in 1999.
Yet the revised number was also overly generous, and Eurostat later withdrew it.
Today, no official figure on the budget deficit in 1999, the year on which the EU based its decision about Greece’s entry, is available.
Reports issued by Greece in 2009 were similarly misleading, jumping from 5% of GDP to 12.7% after Eurostat had a closer look.
Indeed, the official figures were so unreliable that Eurostat felt forced to express “reservation on the data reported by Greece due to significant uncertainties over the figures notified by the Greek statistical authorities” – a stiff rebuke in bureaucratic language.
So what Greece got exactly is what it sought to avoid with its dodgy data: the rise in interest-rate spreads for Greek state bonds.
This trickery allowed the Greeks to have several good years.
Since entering the euro zone in 2001, social-welfare expenditures increased at an annual rate that was 3.6 percentage points higher than that of GDP growth.
According to OECD statistics, pensions in Greece, available after only 15 years of work, reach an incredible 111% of average net incomes.
By contrast, in Germany the average pension level is about 61% of average net earnings for people who have worked at least 35 years.
The Greek attempt to create a land of milk and honey by excessive borrowing is hair-raising.
If no support comes from abroad, Greece will have to announce a formal debt moratorium, thereby declaring that it will only service part of its debt, as was done by Mexico and Brazil in 1982 and Germany in 1923 and 1948.
The other euro-zone countries, however, will not let Greece go under, because they fear a domino effect similar to the one triggered among banks by the collapse of Lehman Brothers in 2008.
If Greece went bust, investors from all over the world would lose their trust in the stability of the weaker euro-zone members, primarily Ireland, but also Portugal, Italy, and Spain.
If these countries became insolvent and curtailed their expenditure, a new worldwide recession would be likely.
Of course, the EU countries could leave Greece to the mercy of the International Monetary Fund, which is willing and able to help – conditional on the government’s implementation of a strict austerity program.
But many euro-zone politicians regard turning to the IMF as a sign of weakness and prefer their countries to shoulder the burden themselves.
Another reason why help will likely come from euro-zone countries is that they would bear a substantial share of the Greek losses anyway.
Greece’s public debt was placed in its own banking system, which is indebted to the European Central Bank via the issuance of euros.
If the Greek state goes bust, so will Greek banks, and the ECB would have to write off its claims against them, taking a charge of roughly €6 billion.
As the ECB belongs to all euro countries, they would all bear the loss.
Helping Greece is easier said than done, as the European Union has no mandate to take such a step.
On the contrary, Article 125 of the Maastricht Treaty explicitly excludes bailouts, stating that neither the Union nor its member states are liable for the commitments of EU governments.
Indeed, some countries insisted on the no-bailout clause as a condition of their participation in the euro, fearing that Europe’s debtor countries could, by majority voting, expropriate the thriftier countries, thereby generating moral-hazard effect that would undermine the stability of the EU.
That concern remains no less valid today.
Thus, only bilateral help seems possible, perhaps coordinated by the EU and coupled with strong supervision of the Greek budget and Greece’s statistical office. The Greek statistical office has already been severed from the government, and Eurostat will have the right to oversee Greece’s official statistics directly.
Similarly, Greece will lose its sovereignty insofar as the EU will now directly control all budget-relevant decisions of the Greek government.
This spring, before the first big issues of new Greek debt must be launched, the world will see which solution Europe has chosen. | La Grèce, cette pécheresse
MUNICH – Le coupable de la faiblesse actuelle de l’euro n’est autre que… la Grèce.
Avec un déficit public de 14 % du PIB, le déficit de la Grèce est le plus élevé des pays de la zone euro après Chypre.
Fin 2009, son ratio dette/PIB se montait à 113 %.
Comme le déficit de cette année devrait atteindre plus de 12 % d’un PIB en chute, le ratio dette/PIB s’envolera jusqu’à 125 % fin 2010, en faisant le ratio le plus élevé de la zone euro.
Les investisseurs ont par conséquent tenté de sortir de l’euro et, notamment, de se tenir à l’écart du déficit budgétaire grec.
Or, pour rester à niveau, la Grèce a dû leur offrir des taux d’intérêt toujours plus élevés.
En janvier, le renchérissement des intérêts était supérieur au déficit fiscal allemand de 2,73 points.
Si cette situation perdure, la Grèce devra payer 7,4 milliards d’euros d’intérêts de plus par an que si elle devait payer au taux allemand, pour une dette de 271 milliards d’euros.
Le problème ne réside pas seulement dans la hausse des intérêts, mais surtout dans le risque imminent que la Grèce ne sera pas capable de trouver les 53 milliards d’euro dont elle a besoin pour rembourser sa dette en 2010, sans parler des quelque 30 milliards supplémentaires pour financer le nouveau déficit résultant de l’estimation de son prochain déficit budgétaire.
La tragédie grecque s’est produite, car le gouvernement a trompé ses partenaires européens pendant des années avec des statistiques frauduleuses.
Afin de répondre aux critères de l’euro, le gouvernement grec a affirmé que son déficit budgétaire se maintenait à 1,8 % de son PIB en 1999 – bien en dessous de seuil de 3 % du PIB fixé par le Traité de Maastricht.
Ce chiffre, nous le savons désormais, n’avait rien de réel.
Une fois les billets avec des caractères grecs imprimés et distribués, Eurostat (ffice statistique de l’Union européenne) a annoncé que le déficit de la Grèce en 1999 s’était en fait porté à 3,3 % du PIB.
La révision de ce chiffre aussi était généreuse, et de beaucoup. Eurostat a fini par démentir son information.
A l’heure actuelle, aucun chiffre officiel sur le déficit public de 1999 (année de base pour décider de l'entrée de la Grèce dans la zone euro), n’est disponible.
De même, les rapports émis par la Grèce en 2009 étaient erronés, passant d'un petit 5 % du PIB à 12,7 %, après vérification d’Eurostat.
En effet, les chiffres officiels étaient si peu fiables qu’Eurostat s’est senti obligé d’exprimer une « réserve sur les données fournies par la Grèce en raison d'incertitudes significatives quand aux chiffres notifiés par les autorités statistiques grecques » – verte réprimande dans le jargon bureaucratique.
La Grèce a donc fini par récolter ce qu'elle cherchait à éviter avec ses données louches : la montée de l’écart des taux d’intérêt des obligations de l’état grec.
La tricherie a permis aux Grecs de vivre de bonnes années.
Depuis leur entrée dans la zone euro en 2001, les dépenses pour l’action sociale ont augmenté au rythme annuel de 3,6 points de plus que l’accroissement du PIB.
D’après les statistiques de l’OCDE, les retraites, que les Grecs peuvent toucher après 15 ans de travail seulement, atteignent 111 % du revenu net moyen, chiffre assez époustouflant !
En revanche, une retraite moyenne allemande est d’environ 61 % des revenus nets moyens pour les personnes qui ont travaillé au moins 35 ans.
La tentative grecque de création d’une terre promise en empruntant avec excès est effrayante.
Si l’étranger ne lui vient pas en aide, la Grèce devra lancer un moratoire officiel sur sa dette, annonçant ainsi l’impossibilité de la rembourser totalement, comme ce fut le cas au Mexique et au Brésil en 1982 et en Allemagne en 1923 et en 1948.
Les autres pays de la zone euro ne peuvent cependant pas la laisser tomber : ils craignent un effet domino du style de celui qui a touché les banques après l’effondrement de Lehman Brothers en 2008.
Si la Grèce faisait banqueroute, les investisseurs du monde entier perdraiennt aussi leur foi dans la stabilité des membres les plus faibles de la zone euro, comme l’Irlande, mais aussi le Portugal, l’Italie et l’Espagne.
Si ces pays n’étaient pas solvables et réduisaient leurs dépenses, une nouvelle récession mondiale serait probablement à l’horizon.
Bien sûr, les membres de l’UE pourraient laisser la Grèce à la merci du Fonds monétaire international, désireux et en mesure d’aider – à condition que le gouvernement applique un programme austère très strict.
Mais bon nombre de responsables politiques de la zone euro considèrent le fait de se tourner vers le FMI comme un signe de faiblesse. Ils préfèrent que les pays assument le fardeau eux-mêmes.
Autre raison pour laquelle l’aide viendra probablement de la zone euro : quoi qu’il arrive, les pertes grecques se répercuteront dans cette région.
Le déficit public de la Grèce s’est contracté sous son propre système bancaire, redevable à la Banque centrale européenne par l’émission d’euros.
Si l’état grec fait banqueroute, les banques grecques aussi. La BCE devra annuler ses dettes, accusant des frais d’environ 6 milliards d’euro.
Comme la BCE appartient à tous les pays de la zone euro, ils seraient tous perdants.
Mais aider la Grèce est plus facile à dire qu’à faire, puisque l’UE n’a aucun droit de prendre de telles mesures.
Au contraire, l’article 125 du Traité de Maastricht exclut explicitement tout sauvetage, stipulant que ni l’Union ni ses états membres ne peuvent être tenus responsable de l’engagement des gouvernements de l’UE.
En effet, certains pays ont insistés sur une clause « non renflouement » comme condition de participation à l’euro, de crainte que les pays débiteurs européens puissent, par vote majoritaire, exproprier les pays les plus économes, générant ainsi un effet d’aléa moral qui saperait la stabilité de l’UE.
Cette inquiétude est toujours valable aujourd'hui.
Donc seule une aide bilatérale semble possible, peut-être coordonnée par l’UE et associée à une forte supervision du budget de la Grèce et de l’Office des statistiques grec. L’office des statistiques grec a déjà été sévèrement amputé par le gouvernement et Eurostat aura le droit de surveiller le bureau officiel des statistiques grec directement.
Enfin, la Grèce perdra sa souveraineté dans la mesure où l’UE contrôlera désormais directement toutes les décisions concernant le budget du gouvernement grec.
Nous découvrirons au printemps, avant de lancer les premières grandes questions sur le nouveau déficit grec, la décision de l’Europe à ce propos. |
Europe’s Renminbi Romance
ROME/MADRID – The Chinese are losing confidence in their currency.
Faced with faltering economic growth, the People’s Bank of China has stepped up efforts to restore stability to the renminbi, using its vast foreign reserves to prop up its exchange rate and stem the flow of funds fleeing the country.
The PBOC’s governor, Zhou Xiaochuan, has repeatedly stated that there is no basis for continued depreciation, but few in the country seem to be listening.
In the last quarter of 2015 alone, the net capital outflow amounted to $367 billion.
And yet crumbling confidence within China has not prevented the West – and Europe in particular – from doubling down on the currency.
When the International Monetary Fund announced in December that the renminbi would join the US dollar, the British pound, the euro, and the Japanese yen in the currency basket underlying its unit of account, the Special Drawing Rights basket, the decision was clearly political.
Few would argue that the renminbi meets the IMF’s criteria for inclusion in the SDR currency basket.
It is not freely convertible, and access to it is limited both inside and outside China.
Some foreign branches of Chinese banks offer renminbi-denominated deposit accounts, and qualified investors can purchase debt instruments pegged to the currency in mainland China.
But the volume is capped.
To be sure, the renminbi performs well in trade-related statistics.
According to the financial network SWIFT, it is the second most used currency in trade finance, having overtaken the euro, and ranks fifth in terms of international payments.
These figures are inflated, however, by transactions with Hong Kong, which accounts for roughly 70% of international trade payments settled in renminbi.
Vanishingly few contracts are issued in renminbi; the dollar remains king in invoicing, with the euro a distant second.
Even the shares of the Japanese yen and the British pound, though very small, are still higher than that of the renminbi.
The IMF’s decision to add the Chinese currency to the SDR basket owes much to the decision by the United States to defer to Europe.
The US had argued for years that the renminbi should be included in the SDR only if China opened its capital account, let its currency float freely, and had a more independent central bank.
None of this has happened.
But after China established the Asian Infrastructure Investment Bank with the support of Europe, the US agreed to drop its objections.
After all, the SDR basket plays a minor role in global finance, and admitting the renminbi was seen as a small price to pay to keep China embedded in the Bretton Woods institutions.
Europe’s investment in the renminbi, however, goes far beyond political symbolism.
The continent’s leaders have been strong supporters of the internationalization of the renminbi and the efforts of reform-minded officials such as Zhou.
The currency’s inclusion in the SDR, it is hoped, will encourage China to liberalize its capital account further.
European governments and central banks are also actively working to make the renminbi a viable reserve currency, to increase trade with China.
British Chancellor George Osborne has made it clear that he would like the City of London to be the most important offshore market for renminbi trading and services.
It was no coincidence that during President Xi Jinping’s state visit to the United Kingdom in October 2015, China chose London to issue its first overseas renminbi sovereign debt.
The rest of Europe is equally enthusiastic.
Today, the continent is home to the largest number of renminbi bank clearings.
Offshore renminbi hubs have emerged in Frankfurt, Paris, Milan, Luxemburg, Prague, and Zurich, and most of Europe’s central banks have added – or are considering adding – China’s currency to their portfolios.
In October 2013, the PBOC and the European Central Bank signed a bilateral currency swap agreement for €45 billion ($50 billion), the largest ever for China outside of Asia.
By propping up the renminbi as a reserve currency, Europe is hoping to support the liberalizers inside China and welcome the country to the core group of world powers that decide global monetary affairs.
Unfortunately, however, it is doing so at a time when the renminbi is under speculative attack and the Chinese themselves are losing confidence.
Europe’s efforts could succeed; but unless China makes its currency even more widely accessible and opens its market further, they are almost sure to fail. | L’Europe mise sur le renminbi
ROME/MADRID – Les Chinois ont de moins en moins confiance en leur monnaie nationale.
Confrontée au ralentissement de la croissance économique du pays, la Banque populaire de Chine redouble actuellement d’efforts pour stabiliser le renminbi, usant de ses importantes réserves de devises étrangères pour appuyer son taux de change et endiguer la fuite des capitaux hors du pays.
Bien que le gouverneur de la BPC, Zhou Xiaochuan, ne cesse de répéter que la situation n’est pas celle d’une dépréciation prolongée, peu de Chinois semblent l’entendre.
Rien qu’au dernier trimestre 2015, les sorties nettes de capitaux se sont élevées à 367 milliards $.
Or, cet effondrement de la confiance au sein même de la Chine n’empêche pas les pays occidentaux – et notamment l’Europe – de miser toujours plus sur la monnaie chinoise.
Lorsque le Fonds monétaire international a annoncé au mois de décembre que le renminbi allait rejoindre le dollar américain, la livre sterling, l’euro et le yen japonais au sein du panier de devises fondant son unité de compte, à savoir les droits de tirage spéciaux (DTS), la décision était clairement de nature politique.
Rare sont en effet les observateurs à considérer que le renminbi répond pleinement au critères imposés par le FMI pour une intégration au panier de devises composant les DTS.
La monnaie chinoise n’est pas librement convertible, et n’offre qu’un accès limité, que ce soit depuis l’intérieur ou l’extérieur de la Chine.
Les branches étrangères de certaines banques chinoises proposent des comptes de dépôt libellés en renminbi, et les investisseurs éligibles ont la possibilité d’acheter des instruments de dette arrimés à la monnaie de Chine continentale.
Le volume en question est toutefois plafonné.
Bien entendu, le renminbi enregistre de bonnes performances dans les statistiques liées aux échanges commerciaux.
D’après le réseau d’échange d’informations financières SWIFT, le renminbi figure en deuxième position des devises les plus utilisées en matière de financements commerciaux, surpassant l’euro, et en cinquième position du côté des paiements internationaux.
Ces chiffres se trouvent toutefois gonflés par la quantité de transactions effectuées à Hong Kong, qui représente environ 70 % des paiements commerciaux internationaux réglés en renminbi.
Une quantité infime de contrats sont émis en renminbi, le dollar demeurant souverain en matière de facturation, suivi de loin par l’euro.
Dans ce domaine, même le yen japonais et la livre sterling, pourtant très peu présents proportionnellement, l’emportent sur le renminbi.
La décision du FMI consistant à intégrer la monnaie chinoise au panier des DTS repose en grande partie sur la décision des États-Unis de s’en remettre à l’Europe.
Pendant des années, l’Amérique a considéré que le renminbi ne pourrait intégrer les DTS que si la Chine ouvrait son compte de capital, laissait sa monnaie fluctuer librement, et conférait davantage d’indépendance à sa propre banque centrale.
Mais rien de tout cela n’a eu lieu.
C’est seulement après que la Chine ait créé la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, avec le soutien de l’Europe, que les États-Unis ont accepté de lever leurs objections.
Après tout, les Américains ont été considéré que le panier des DTS ne jouait qu’un rôle mineur dans la finance planétaire, et que l’acceptation du renminbi représentait finalement un faible prix à payer pour maintenir la Chine intégrée aux institutions de Bretton Woods.
Pour autant, les efforts fournis par l’Europe autour du renminbi revêtent une finalité bien au-delà du simple symbole politique.
Les dirigeants du continent soutiennent vivement l’internationalisation du renminbi, ainsi que les démarches des responsables chinois favorables aux réformes, tels que Zhou.
L’Europe a pour espoir que l’actuelle intégration du renminbi aux DTS encourage la Chine à libéraliser davantage son compte de capital.
Les gouvernements et banques centrales d’Europe travaillent également activement pour faire du renminbi une monnaie de réserve viable, afin de développer les échanges commerciaux avec la Chine.
Le chancelier de l'Échiquier britannique, George Osborne, a fait clairement savoir qu’il souhait voir la ville de Londres jouer le rôle de premier marché étranger des transactions et services en renminbi.
Ce n’est pas un hasard si lors de la visite d’État du président Xi Jinping au Royaume-Uni, en octobre 2015, la Chine a choisi Londres pour lancer à l’étranger sa toute première émission de dette souveraine chinoise en renminbi.
L’enthousiasme est le même partout en Europe.
C’est aujourd’hui sur ce continent que s’effectue le plus grand nombre de compensations bancaires en renminbi.
Des plateformes étrangères en renminbi ont désormais été créées à Francfort, Paris, Milan, Luxembourg, Prague et Zurich, sachant par ailleurs que la plupart des banques centrales d’Europe ont ajouté la monnaie chinoise à leur portefeuille, ou envisagent de le faire.
En octobre 2013, la BPC et la Banque centrale européenne ont conclu un accord bilatéral de swap de devises pour un montant de 45 milliards €, soit le plus important qu’ait conclu la Chine hors du continent asiatique.
En appuyant le renminbi pour en faire une monnaie de réserve, l’Europe espère soutenir les partisans du libre-échange à l’intérieur de la Chine, et accueillir le pays au rang des puissances mondiales en charge des affaires monétaires internationales.
Seulement voilà, l’Europe se lance dans cette entreprise alors même que le renminbi fait face à une attaque spéculative, et que la confiance des Chinois s’érodent.
Il est possible que les efforts de l’Europe aboutisse à un succès. Mais si la Chine ne rend pas sa monnaie plus largement accessible, et que le pays n’ouvre pas davantage son marché, les efforts européens seront quasiment voués à l’échec. |
The “Impact” Illusion in Science
STANFORD – Government-funded scientific research runs the gamut from studies of basic physical and biological processes to the development of applications to meet immediate needs.
Given limited resources, grant-making authorities are always tempted to channel a higher proportion of funds toward the latter.
And, faced with today’s tight budget constraints, the inclination to favor projects that have demonstrable short-term returns is arguably stronger now than in the past.
But to succumb to it is a mistake.
Some of science’s most useful breakthroughs have come as a result of sustained investment in basic research or as by-products of unrelated efforts.
Indeed, evaluating the impact of any research project is difficult.
As Marc Kirschner, a professor at Harvard Medical School, pointed out in a thoughtful editorial in the journal Science: “One may be able to recognize good science as it happens, but significant science can only be viewed in the rear-view mirror.”
Even preeminent researchers may underestimate the significance of their findings at the time they obtain them.
When Salvador Luria, my university microbiology professor, received the 1969 Nobel Prize in Physiology or Medicine, he made the point eloquently, sending a humorous cartoon to all who had congratulated him on the award.
It depicted an elderly couple at the breakfast table.
The husband, reading the morning newspaper, exclaims, “Great Scott!
I’ve been awarded the Nobel Prize for something I seem to have said, or done, or thought, in 1934!”
Discoveries can come from unforeseen directions, as seemingly unrelated and obscure research areas intersect unexpectedly.
In a 2011 editorial, the French biologist François Jacob described the research that led to his 1965 Nobel Prize in Physiology or Medicine.
His lab had been working on the mechanism that under certain circumstances causes the bacterium E. coli suddenly to produce bacterial viruses.
At the same time, another research group was analyzing, also in E. coli, how the synthesis of a certain enzyme is induced in the presence of a specific sugar.
As Jacob put it, “The two systems appeared mechanistically miles apart.
But their juxtaposition would produce a critical breakthrough for our understanding of life.” Thus was born the concept of an “operon,” a cluster of genes whose expression is regulated by an adjacent regulatory gene.
Another quintessential example of both the synergy and serendipity of basic research is the origin of recombinant DNA technology, the prototypical technique of modern genetic engineering (sometimes called “genetic modification,” or GM).
It resulted from a combination of findings in several esoteric, largely unrelated areas of basic research in the early 1970s.
Research in enzymology and nucleic acid chemistry led to techniques for cutting and rejoining segments of DNA.
Advances in fractionation procedures permitted the rapid detection, identification, and separation of DNA and proteins.
And the accumulated knowledge of microbial physiology and genetics allowed foreign DNA to be introduced into a cell and made to function there.
The result was the birth of modern biotechnology.
Over the last 40 years, recombinant DNA technology has revolutionized numerous industrial sectors, including agriculture and pharmaceuticals.
It has enabled the development of vaccines against infectious diseases and drugs that treat non-infectious illnesses like diabetes, cancer, cystic fibrosis, psoriasis, rheumatoid arthritis, and some genetic disorders.
Another example is the creation of hybridomas, hybrid cells created in the laboratory by fusing normal white blood cells that produce antibodies with a cancer cell.
Researchers wanted to combine the cancer cells’ rapid growth and the normal cells’ ability to dictate the production of a single specific “monoclonal” antibody.
Their goal was to learn more about the rates of cellular mutation and the generation of antibody diversity.
But, as it turned out, these immortal, antibody-producing cells were useful not only for scientific inquiry, but also as a novel technological instrument for a variety of medical and industrial applications.
Indeed, the technology has led to the development of highly specific diagnostic tests; blockbuster anti-cancer drugs such as Rituxan (rituximab), Erbitux (cetuximab), and Herceptin (trastuzumab); and Avastin (bevacizumab), which is widely used to treat both cancer and diseases of the retina that commonly cause blindness.
In his editorial, Kirschner bemoaned the “tendency to equate significance to any form of medical relevance,” noting that it caused research into non-mammalian systems to be treated “as intrinsically less valuable than studies on human cells.” As a result, simple but informative model systems can be overlooked, and an important link between basic science and human medicine can be lost.
The past century of research on various non-mammalian model systems makes this point persuasively.
For example, studies of Caenorhabditis elegans, a tiny roundworm, have provided a wealth of information on cellular differentiation, neural networks, meiosis, and programmed cell death.
Studies of the fruit fly, Drosophila melanogaster, have significantly advanced our understanding of the mechanisms underlying Mendelian genetics.
The amount of money funneled by governments into research is large.
In the United States, the National Institutes of Health spends roughly $30 billion a year, and the National Science Foundation adds another $7 billion.
As officials decide how that money is to be spent, they would be wise to glance in the rear-view mirror and fund the basic research that keeps science moving forward. | L’illusion de l’ « impact » en matière scientifique
STANFORD – Les recherches scientifiques publiquement financées couvrent un large spectre, allant de l’étude des processus physiques et biologiques de base au développement d’applications destinées à répondre à des besoins immédiats.
Dans la mesure où les ressources sont limitées, les autorités qui octroient ces financements sont systématiquement tentées d’en accorder davantage à ces applications immédiates.
Et face aux strictes contraintes budgétaires actuelles, cette tendance à favoriser les projets les plus démonstrateurs de résultats à court terme est sans doute actuellement plus marquée que jamais auparavant.
Or, nous avons tort de succomber à cette tentation.
Plusieurs des avancées les plus utiles de la science sont en effet le fruit d’un investissement soutenu dans les recherches de base, ou encore les dérivés de démarches a priori sans lien les unes avec les autres.
L’évaluation de l’impact de tout projet de recherche n’est en effet pas chose facile.
Come l’a souligné Marc Kirschner, professeur à la Harvard Medical School, dans une chronique pertinente parue dans la revue Science : « Bien que nous ayons tendance à saluer les progrès de la science dès lors qu’ils nous apparaissent, les avancées scientifiques les plus significatives ne peuvent s’observer qu’au travers du rétroviseur. »
Les chercheurs les plus éminents sous-estiment eux-mêmes parfois l’importance de leurs découvertes au moment où ils y parviennent.
Lorsque Salvador Luria, mon professeur de microbiologie à l’université, a obtenu le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1969, il a mis en évidence cette tendance avec brio, faisant parvenir un dessin humoristique à tous ceux qui l’avaient félicité pour ce prix.
Ce dessin fait apparaître un couple de personnes âgées à leur table du petit déjeuner.
Prenant connaissance des journaux du matin, le mari s’exclame : « Nom de Zeus !
J’ai reçu le prix Nobel pour quelque chose que je semble avoir dit, fait ou pensé, en 1934 ! »
Les découvertes découlent parfois de l’exploration de directions imprévues, fruits de l’intersection inattendue de domaines de recherche a priori déconnectés et confus.
Dans une publication de 2011, le biologiste français François Jacob décrit les recherches l’ayant conduit à obtenir le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1965.
Son laboratoire travaillait alors sur un mécanisme qui dans certaines circonstances conduit la bactérie E. coli à produire soudainement des virus bactériens.
À la même époque, un autre groupe de recherche analysait, également autour de la bactérie E. coli, la manière dont la synthèse d’un certain enzyme était induite en présence d’un sucre spécifique.
Comme l’explique Jacob, « Ces deux systèmes apparaissaient mécaniquement aux antipodes l’un de l’autre.
Or, leur juxtaposition allait permettre une découverte fondamentale dans notre compréhension de la vie. » Ainsi allait naître le concept d’ « opéron, » ensemble de gènes dont l’expression se trouve régie par un gène régulateur adjacent.
Un autre parfait exemple du caractère à la fois synergique et aléatoire des recherches de base réside dans l’origine de la technologie de l’ADN recombinant, technique expérimentale d’ingénierie génétique moderne (parfois appelée « modification génétique, » ou GM).
Cette avancée est en effet le fruit d’une combinaison de découvertes dans des domaines divers et largement déconnectés, dans le cadre de recherches de base conduites au début des années 1970.
Les recherches en enzymologie et en chimie des acides nucléiques ont fait naître des procédés de découpage et d’assemblage de segments d’ADN.
Les progrès des procédures de fractionnement ont permis la détection rapide, l’identification et la séparation de l’ADN et des protéines.
Enfin, les connaissances cumulées de la physiologie microbienne et de la génétique ont permis d’introduire de l’ADN étranger au sein d’une cellule et de l’y faire fonctionner.
Le résultat n’est autre que la naissance de la biotechnologie moderne.
Au cours des 40 dernières années, la technique de l’ADN recombinant a véritablement révolutionné divers secteurs industriels, parmi lesquels l’agriculture et le domaine pharmaceutique.
Elle a permis le développement de vaccins contre plusieurs maladies infectieuses, ainsi que l’élaboration de médicaments destinés à traiter des maladies non infectieuses telles que le diabète, le cancer, la fibrose kystique, le psoriasis, l’arthrite rhumatoïde, ainsi que certaines maladies génétiques.
Un autre exemple réside dans la création des hybridomes, cellules hybrides conçues en laboratoire par fusion de globules blancs sains, producteurs d’anticorps, avec une cellule cancéreuse.
Les chercheurs souhaitaient allier croissance rapide des cellules cancéreuses et capacité des cellules saines à dicter la production d’un anticorps « monoclonal » unique et spécifique.
L’objectif consistait à en apprendre davantage sur le taux de mutation cellulaire, ainsi que sur la création d’une diversité d’anticorps.
Or, nous avons fini par utiliser ces cellules immortelles et productrices d’anticorps non seulement à des fins de recherche scientifique, mais également comme instrument technologique novateur dans le cadre de diverses applications médicales et industrielles.
Cette technologie a en effet abouti au développement de tests de diagnostic extrêmement spécifiques ; médicaments révolutionnaires contre le cancer tels que le Rituxan (rituximab), l’Erbitux (cetuximab), l’Herceptin (trastuzumab), ou encore l’Avastin (bevacizumab), qui est largement utilisé pour traiter à la fois le cancer et les maladies de la rétine habituellement à l’origine de la cécité.
Dans sa publication, Kirschner déplore notre « tendance à considérer l’importance d’une découverte selon sa pertinence médicale, » constatant combien cette propension aboutit à une situation dans laquelle la recherche sur les systèmes non mammifères est considérée comme « intrinsèquement moins précieuse que l’étude des cellules humaines. » C’est ainsi que des systèmes de référence simples mais instructifs peuvent être négligés, et que peuvent nous échapper des relations importantes entre la science basique et la médecine humaine.
Les recherches du siècle passé autour de divers systèmes de référence non mammifères ont clairement appuyé cet argument.
À titre d’exemple, l’étude du minuscule ver rond Caenorhabditis elegans nous a conféré toute une richesse d’informations concernant la différenciation cellulaire, la méiose, ou encore la mort programmée des cellules.
L’étude de la mouche à fruits Drosophila melanogaster, a permis de faire avancer significativement notre compréhension des mécanismes sous-tendant la génétique mendélienne.
Le volume des fonds que les gouvernements investissent dans la recherche est considérable.
Aux États-Unis les National Institutes of Health dépensent environ 30 milliards $ chaque année, et la National Science Foundation quelque 7 milliards $ supplémentaires.
Tandis que nos dirigeants réfléchissent à la répartition des dépenses, il serait judicieux de leur part de jeter un œil dans le rétroviseur et de ne pas négliger ces recherches de base qui permettent à la science de progresser. |
Formal sitting - 2008, European Year of Intercultural Dialogue
Ladies and gentlemen, on behalf of the President of the European Parliament, I have the great honour and pleasure, in this European Year of Intercultural Dialogue, of welcoming to the European Parliament the UN Special Rapporteur on Freedom of Religion or Belief, Dr Asma Jahangir.
Our Parliament attaches particular importance to this Year of Intercultural Dialogue.
Through a series of events and initiatives, our Parliament provides a forum for the exchange of ideas between citizens from different cultures and communities, and between citizens of different religions and beliefs.
In the course of this year, we have already invited politicians and religious leaders from around the world to address us.
We hope that our Parliament will also serve as a forum for communication, the spreading of a common message and the promotion of genuine free dialogue and better mutual acquaintance.
It is my particular pleasure to welcome you, Dr Jahangir, to address the plenary on issues of vital importance to world peace and development.
As part of our common mission to promote democracy and human rights, we have been closely watching events in your country, Pakistan, and during your detention last year, the European Parliament passed a resolution calling for your immediate release.
For this reason above all, we are particularly glad to have you with us today.
There is another reason why your visit is especially significant at this time.
This year we are celebrating the 60th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights, which was adopted by the General Assembly of the United Nations on 10 December 1948.
This Declaration heralded a new era in a world that had just survived the tribulations of the worst war in history, a war that began in Europe.
The Declaration laid down the first international, formal obligation regarding the dignity and equality of all human beings, regardless of colour, belief or origin.
Article 18 of the Declaration states that 'Everyone has the right to freedom of thought, conscience and religion; this right includes freedom to change his religion or belief, and freedom, either alone or in community with others and in public or private, to manifest his religion or belief in teaching, practice, worship and observance.'
Your task as Special UN Rapporteur is to identify existing barriers or possible future barriers to the exercise of this right, and to propose methods and measures to counteract and overcome them.
In your reports, you emphasise the importance of ongoing, intensified dialogue with communities that adhere to different religions or beliefs.
This is a dialogue that must be held at all levels, by all social groups.
In particular, you emphasise the need for widespread participation by women in promoting greater tolerance, respect and mutual understanding.
In many of its resolutions, the European Parliament has highlighted the fact that women play a vital role in promoting dialogue and peace, as was also underlined at the conference that we organised on the occasion of International Women's Day.
You yourself have participated in many conferences on the promotion of dialogue, for example in the context of the Alliance of Civilizations, and have taken many initiatives to give women a greater role.
You have also stressed the role of education as the most important factor in preventing conflict.
Education can teach respect and the acceptance of pluralism and diversity in the context of religion and beliefs.
It thus contributes to the dissemination and enforcement of human rights in all societies.
What you are advocating is in line with the motto of the European Year of Intercultural Dialogue, 'Together in Diversity'.
It complements the leading role assigned to activities promoting knowledge, respect, and tolerance of different beliefs.
Today's meeting is a grand occasion.
For those wishing to continue the discussion with you, there will be a special meeting tomorrow morning, organised by the Subcommittee on Human Rights.
Dr Jahangir, I have great pleasure in inviting you now to address the European Parliament.
(applause)
United Nations Special Rapporteur on Freedom of Religion or Belief. - Madam President, distinguished Members of the European Parliament, ladies and gentlemen, dear friends, it is a great honour and an immense pleasure to be here with you today.
I would like to very warmly thank the President, Hans-Gert Pöttering, for having invited me to address the European Parliament.
I must also thank you for the support that you have given me, both as a UN Special Rapporteur and, personally, when I was a prisoner last year.
Your decision to designate 2008 as the European Year of Intercultural Dialogue and develop various related initiatives is indeed timely and very important.
The history of Europe has been shaped by many positive instances of intercultural dialogue.
However, a lack of such constructive dialogue is also noticeable, for example when we remind ourselves of the religious wars or the ghettoisation of certain believers in the Middle Ages.
In my speech I would like to share with you some thoughts, mainly on interreligious dialogue, based on the experience I have gained in the past four years as the United Nations Special Rapporteur on Freedom of Religion or Belief.
I would like to raise four questions, basically with regard to the what, why, who and how of intercultural dialogue.
Let us start with the first question: what do we mean by intercultural dialogue?
Already the terminology seems to be tricky: does 'intercultural' also include 'interreligious' dialogue?
Of course, I would answer this question in the affirmative, since religions are part of culture.
At the same time, 'intra-religious' tensions also need to be adequately addressed.
Consequently, intercultural dialogue should also take the believers of different denominations of the various religions on board and their ideas into account.
What about dialogue between theistic, non-theistic and atheistic believers?
All of these believers are protected under international human rights law, as well as the right not to profess any religion or belief.
So, in my opinion, these dimensions should also be included in initiatives of intercultural dialogue.
At the level of the United Nations there are further terms, such as the Alliance of Civilizations or 'International Year for the Rapprochement of Cultures 2010'.
These titles avoid the often contentious word 'religion', but they are very much designed to foster interreligious and intercultural dialogue, understanding and cooperation for peace.
So 'intercultural dialogue' could be seen as a comprehensive term, including the various dimensions mentioned earlier on: interreligious dialogue and intra-religious approaches, also when they involve atheistic non-believers.
I very much like the way the European Parliament and the Council have described the goals of intercultural dialogue in their decision No 1983/2006/EC, which established the European Year 'to strengthen respect for cultural diversity and deal with the complex reality in our societies and the coexistence of different cultural identities and beliefs.
Furthermore, it is important to highlight the contribution of different cultures to the Member States' heritage and way of life and to recognise that culture and intercultural dialogue are essential for learning to live together in harmony.'
More importantly, the state must abide by policies and develop its governance skills to include diverse interests.
Both government and civil society have a role in creating an environment where people of various religions and beliefs can effortlessly interact.
As such, the concept of intercultural dialogue must be broadened.
This leads me to the second question: why is intercultural dialogue important?
I am convinced that maintaining an intercultural dialogue is of the utmost importance in order to overcome sectarian and intransigent attitudes and to enhance religious tolerance all over the world.
Apart from education, interreligious dialogue constitutes one of the principal means of preventing misunderstandings, conflicts and violations in the area of freedom of religion or belief.
If conducted successfully, intercultural dialogue can indeed promote tolerance, respect and understanding.
Although cultures and religions may be quite different, there is no justification for saying that, because they are different, they do not have equal status.
While a vast number of people, regardless of their religion or belief, adhere to universal values, there have always been individuals who try to prove that their culture, their religion, their language or their history is superior to that of their neighbours.
My predecessor as United Nations Special Rapporteur, Professor Abdelfattah Amor from Tunisia, has already asked if there is anything that people have not done throughout history 'in the name of religion'.
Nevertheless, religions share many moral values which could and should make it possible for them to come to a common understanding of respect.
During my country visits I have seen how beneficial efforts to engage in interreligious dialogue can be.
At the same time, the absence of such a dialogue may be an early-warning sign for forthcoming interreligious tensions and conflict.
It is evident that dialogue alone does not solve the underlying problems; it may, rather, be a first step in the right direction.
Interreligious dialogue should not only be an intellectual and theological exercise, it can also activate the silent majority to look for a common strategy on how to find harmony and peace.
There are true success stories of interreligious dialogue; however, the grass-root efforts rarely make headlines in the media - unlike interreligious violence.
Let me share with you two experiences from my recent fact-finding missions, which demonstrate that interlocutors do not have to go far in order to conduct a meaningful dialogue.
During my visit to Israel and the Occupied Palestinian Territory, I was informed of various interfaith meetings where Israeli and Palestinian residents come together and do not let recent political events hamper their dialogue.
One NGO reported: 'both Israelis and Palestinians spoke of frustration and despair about the extreme attitudes in each society and the reluctance of the majority to work together non-violently to find solutions.
Both spoke of the need to hear the other side acknowledge their own violence and express regret.'
Furthermore, in Northern Ireland I witnessed the importance of interreligious dialogue in the neighbourhoods: in Belfast there are many initiatives at the grass-root level that bring together people from different political and religious backgrounds, some of them living next to each other but partitioned by the so-called 'peace lines'.
This brings us to the third question: who should be involved in intercultural dialogue?
The Millennium World Peace Summit, held in New York in August 2000, brought together over 1 000 religious and spiritual leaders.
In their final Commitment to Global Peace they emphasised that no real peace could be achieved unless all communities acknowledged the cultural and religious diversity of the human family in a spirit of mutual respect and understanding.
Such meetings of religious leaders are important, but, at the same time, interreligious dialogue at the grass-root levels should also be encouraged and nurtured.
In my opinion, exchanges of views should, if possible, also include believers who are dispassionate about their faith, as well as atheistic and non-theistic believers and members of religious minorities.
Any dialogue would also greatly benefit from the perspectives of women, who tend to be marginalised in major events of interreligious dialogue.
Women are one of the worst sufferers of religious intolerance, yet I noticed that women's groups across religious lines have been very effective human rights advocates in situations of communal tensions.
Sometimes it may also be useful to have present people of the same faith with contrasting opinions.
One good example from my recent visit to the United Kingdom is a roundtable discussion in London which also dealt with legislation against discrimination on the grounds of sexual orientation and statutory exceptions to organisations relating to religion or belief.
That discussion would have been completely different without the participation of members of the Lesbian and Gay Christian Movement.
Artists may also play an important role in public education regarding religious tolerance and in building bridges between different communities.
One good example is the West-Eastern Divan Orchestra, which is composed of young Israeli, Palestinian, Lebanese, Syrian, Jordanian and Egyptian musicians.
Its founder and conductor, Daniel Barenboim, described the humanitarian idea of this orchestra as follows: 'We don't see ourselves as a political project, but rather as a forum where young people from Israel and all Arab countries can express themselves freely and openly whilst at the same time hearing the narrative of the other.
It is not necessarily a question of accepting the narrative of the other, let alone agreeing with it, but rather the indispensable need to accept its legitimacy.'
My most recent visit to India, however, has also shown how vulnerable even artists feel vis-à-vis mob pressure on the streets.
The visual arts industry there has played an important role in public education regarding religious tolerance.
However, some Bollywood films have effectively been banned by non-state actors through intimidation.
Regrettably, professionals of the audiovisual arts industry seem to routinely seek the approval of self-appointed custodians of religious sentiments before going ahead with a film which touches upon communal issues.
This shows how important the artist's contribution to intercultural dialogue is - or at least could be.
Journalists and lawyers can also make a difference, especially when their statements and actions transcend religious lines.
There are innumerable examples where individuals have come to each other's rescue, crossing all religious boundaries.
Furthermore - and more importantly - politicians would need to undertake a joint brainstorming on how to address the new challenges in a world that is getting even more globalised.
Such brainstorming could eventually lead to concrete actions with regard to mainstreaming diversity, for example in housing projects, school curricula and nominations to statutory bodies.
Finally, I would like to raise the fourth question: how can intercultural dialogue be conducted effectively?
There are different levels of intercultural dialogue: international and regional organisations such as the UN, EU and OIC can play a role in facilitating platforms for intercultural dialogue.
Furthermore, NGOs are currently proposing to advance the culture of peace through dialogue and cooperation between individuals and communities of diverse religions and beliefs through a UN Decade of Interreligious Dialogue and Cooperation for Peace, possibly to run from 2011 to 2020.
In this regard it seems vital to have a multitude of good initiatives at global, regional, national or local levels.
Let me highlight that it is also possible to use old, new and creative means of communication to establish intercultural dialogue at low cost, for example through penfriend programmes in schools or via Internet chats on specific topics, street theatre and puppet shows.
The EU's Lifelong Learning Programmes can - and already do - serve as perfect platforms for intercultural and interreligious dialogue.
The various programmes are indeed examples of good practice: Comenius seeks to develop understanding of and between various European cultures through exchanges and cooperation between schools in different countries; more than 1.5 million students have already participated in the higher education exchange programme Erasmus; the Leonardo da Vinci scheme funds transnational mobility in vocational education and training; the Grundtvig programme provides new learning opportunities, especially for adults at risk of social exclusion and for older workers; and, finally, the Jean Monnet network is stimulating teaching, research and reflection on European integration at higher education institutions throughout the world.
Let me emphasise how important it is for the European Union to reach out to the whole world, especially in the framework of intercultural dialogue.
The role of educational institutions is vital.
They could either inculcate a spirit of tolerance or promote tensions, even at an early age.
Therefore, the emphasis must lie on enlightened education that teaches children to recognise the diversity that exists.
There is a significant potential of voluntary school exchanges with other countries, both in Europe and elsewhere.
In this regard I would like to refer to the 2001 International Consultative Conference on School Education in Relation to Freedom of Religion or Belief, Tolerance and Non-Discrimination.
It adopted by consensus the Madrid Final Document, which recommended that teachers and students are provided with voluntary opportunities for meetings and exchanges with their counterparts of different religions or beliefs.
The family is another entry point where open-mindedness can either be hampered or nurtured, very much depending on individual upbringing.
Furthermore, mixed marriages - quite naturally - give new perspectives and may facilitate intercultural or interreligious dialogue.
In my opinion it is important to start at an early age with getting acquainted with the approaches of your neighbours or of other religions.
This would not necessarily need to involve long-distance travel, but, for example, could be organised by setting foot and meeting people at your local church, mosque, synagogue, temple or other places of worship.
The size of the groups - especially for grass-root interfaith meetings - should not be too big, in order to give the interlocutors an opportunity to speak and to get to know each other personally.
However, there are several potential risks to intercultural dialogue: if not properly conducted, it may turn out to be a superficial, vague and ineffective exercise.
Furthermore, intercultural dialogue can also be used as a tool for emphasising the evil sides of the 'other'.
Participants may feel tempted to convince their interlocutors of the superiority of their religion or culture.
Concerning the possible substance of dialogue, there is also a fundamental question to be answered: Should the participants also ask about their respective religions and theological approaches, or would this be dangerous?
A positive aspect would be that the interlocutors can become aware of similar approaches but also of differences.
However, these differences may be interpreted as sensitive or even offensive.
Just think of a discussion focusing on contentious issues such as: Who was the last prophet?
Did God have a son?
Are religious leaders infallible?
What are you supposed to eat or not to?
Is there reincarnation?
A tempting alternative might be to look only for non-contentious topics which are not at all related to theology, for example to discuss common environmental concerns.
But these topics may be difficult to find and could be quite boring and, ultimately, such an approach would defeat the purpose of a real intercultural and interreligious dialogue.
I do not think that it would help to add a layer of 'religious correctness' to the existing approach of political correctness.
You sometimes hear from diplomats that we must not engage in criticising religions other than our own.
However, I would like to ask: Does dialogue exclude the possibility of criticising the tenets of other religions?
In my opinion, in a true dialogue one of the options should also be that the interlocutors ultimately may agree to disagree, obviously while still respecting each other's views and approaches.
(Applause)
If somebody wants to criticise their counterpart's religion, it is, of course, advisable do so in an informed manner and to weigh one's words carefully.
Furthermore, it may also help if mutual trust has already been established between the various groups.
I firmly believe, however, that it would be wrong to follow the approach of protecting religions per se rather than individuals or groups of believers, as affirmed by international human rights standards.
(Applause)
On many occasions I have voiced concerns that criminalising so-called defamation of religions can be counterproductive, since it may create an atmosphere of intolerance and fear and may even increase the chances of a backlash.
Accusations of defamation of religion might stifle legitimate criticism or even research on practices and laws appearing to be in violation of human rights that are - or at least are perceived to be - sanctioned by religion.
Finally, I believe that the rule of law and the functioning of democratic institutions are prerequisites for the establishment of a favourable climate which would be conducive to real dialogue and understanding.
People need to have trust in the system, and thus diversity within institutions may contribute to creating such an environment.
Intercultural dialogue should not be imposed or be designed in a condescending way.
The policies of states in this regard should give room and space for the variety of religions and beliefs, thus creating natural opportunities for interaction and understanding.
These are my ideas on the what, why, who and how of intercultural dialogue.
I am afraid that, rather than providing comprehensive answers, I may have raised a number of new issues.
In my observations I have already alluded to the potential - but also to possible pitfalls - of intercultural dialogue.
It seems crucial to institutionalise an intercultural dialogue at various levels in the right format and with a wide selection of participants, while still allowing for a real exchange of views.
I think that joint declarations and statements by religious leaders are important; however, I would like to take this opportunity to emphasise the vital role of grass-root initiatives, concrete meetings and joint actions.
I also believe that it is better to have a war of words than to have tensions that are long-lasting.
When average, theistic, atheistic and non-theistic believers get together, some of them perhaps for the first time ever, they - hopefully - learn a lot from each other, even if they finally disagree on substantive issues.
Universal values should serve as a bridge between different religions and beliefs, and I do not accept the fact that universal values of human rights can be and should be subservient to either social or religious norms.
(Applause)
This may, ultimately, also lead to the reinforcement of universal human rights, both in terms of promoting and protecting human rights and freedoms.
In conclusion I would like to cite Boutros Boutros-Ghali, the former UN Secretary-General, who said: 'Human rights, when viewed from a universal perspective, force us to face the most demanding of all dialectics: the dialectics of identity and otherness, of "self” and "the other”.
They teach us, in the most direct way, that we are, at one and the same time, the same and different.'
(The House accorded the speaker a standing ovation.)
Dr Jahangir, thank you very much for your address.
We have listened very carefully to what you have said, which was based on your respect for human rights, your wealth of experience, and what the important work you do is all about.
I hope your visit to the European Parliament will give us the opportunity for wider cooperation in our common mission for democracy, peace and development. | Séance solennelle - 2008, Année européenne du dialogue interculturel
(EL) Mesdames et Messieurs, au nom du Président du Parlement européen, j'ai l'insigne honneur et le plaisir, en cette année européenne du dialogue interculturel, d'accueillir au Parlement européen la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, le Dr Asma Jahangir.
Notre Parlement accorde une importance particulière à cette année du dialogue interculturel.
Par le biais d'une série d'événements et d'initiatives, il fournit un forum pour l'échange d'idées entre les citoyens de différentes cultures et communautés, et entre les citoyens de différentes religions et convictions.
Tout au long de cette année, nous avons déjà invité des politiciens et des dirigeants religieux du monde entier pour s'adresser à nous.
Nous espérons que notre Parlement servira également de forum de communication, de transmission d'un message commun et de promotion d'un véritable dialogue libre et d'une meilleure connaissance mutuelle.
Je suis particulièrement fière de vous accueillir, Dr Jahangir, pour vous adresser à la plénière sur des questions d'importance vitale pour la paix mondiale et le développement.
Dans le cadre de notre mission commune visant à promouvoir la démocratie et les droits de l'homme, nous avons suivi de près les événements dans votre pays, le Pakistan, et durant votre emprisonnement, l'année dernière, le Parlement européen a adopté une résolution appelant à votre libération immédiate.
C'est avant tout pour cette raison que nous sommes particulièrement fiers de vous recevoir aujourd'hui.
Toutefois, il y a une autre raison pour laquelle votre visite est particulièrement importante en ce moment.
Cette année, nous célébrons le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948.
Cette déclaration a marqué une nouvelle ère dans un monde qui venait de vivre la pire guerre de l'histoire, une guerre qui avait commencé en Europe.
La déclaration établissait la première obligation internationale formelle relative à la dignité et à l'égalité de tous les être humains, quelle que soit leur couleur, leur conviction ou leur origine.
L'article 18 de la déclaration dispose que "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites".
Votre mission, en tant que rapporteuse spéciale des Nations unies, est d'identifier les obstacles existants ou futurs à l'exercice de ce droit, et de proposer des méthodes et mesures pour les contrer et les surmonter.
Dans vos rapports, vous soulignez l'importance d'un dialogue continu et soutenu avec les communautés qui adhèrent à différentes religions ou convictions.
Ce dialogue doit être tenu à tous les niveaux, par tous les groupes sociaux.
En particulier, vous insistez sur la nécessité d'une vaste participation des femmes à la promotion d'une tolérance, d'un respect et d'une compréhension mutuelle accrus.
Dans plusieurs résolutions, le Parlement européen a souligné le fait que les femmes jouaient un rôle essentiel dans la promotion du dialogue et de la paix, ce qui a également été mentionné lors de la conférence que nous avons organisée à l'occasion de la journée internationale de la femme.
Vous avez vous-même participé à de nombreuses conférences sur la promotion du dialogue, par exemple dans le cadre de l'alliance des civilisations, et vous avez pris de nombreuses initiatives pour donner aux femmes un plus grand rôle.
Vous avez également souligné le rôle de l'éducation en tant que facteur le plus important pour prévenir les conflits.
L'éducation peut enseigner le respect et l'acceptation du pluralisme et de la diversité en matière de religions et de convictions.
Elle contribue donc à la diffusion et à l'application des droits de l'homme dans toutes les sociétés.
Ce que vous préconisez est dans le droit fil de la devise de l'année européenne du dialogue interculturel, "Vivre ensemble la diversité".
Cela vient compléter le rôle crucial que jouent les activités de promotion de la connaissance, du respect et de la tolérance des différentes convictions.
La réunion d'aujourd'hui est une grande occasion.
Pour ceux qui souhaitent poursuivre la discussion avec vous, une réunion spéciale aura lieu demain matin, organisée par la sous-commission des droits de l'homme.
Dr Jahangir, j'ai l'immense plaisir de vous inviter maintenant à vous adresser au Parlement européen.
(Applaudissements)
rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction. - (EN) Madame la Présidente, chers Membres du Parlement européen, Mesdames et Messieurs, chers amis, c'est un grand honneur et un immense plaisir pour moi d'être ici avec vous aujourd'hui.
Je voudrais remercier chaleureusement le Président, Hans-Gert Pöttering, de m'avoir invitée à m'adresser au Parlement européen.
Je dois également vous remercier pour le soutien que vous m'avez témoigné, à la fois en tant que rapporteuse spéciale des Nations unies et en tant que personne, lorsque j'étais prisonnière l'année dernière.
Votre décision de faire de 2008 l'année européenne du dialogue interculturel et de développer différentes initiatives connexes vient bien à point et est très importante.
L'histoire de l'Europe a été façonnée par de nombreux cas positifs de dialogue interculturel.
Toutefois, on remarque également que les dialogues constructifs de ce type sont trop peu nombreux, par exemple, lorsque nous nous rappelons des guerres de religion ou de la ghettoïsation de certains croyants au Moyen-Âge.
Dans mon discours, je voudrais partager avec vous certaines pensées, principalement sur le dialogue interreligieux, sur la base de l'expérience que j'ai acquise au cours des quatre dernières années en tant que rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction.
Je voudrais soulever quatre questions concernant le dialogue interculturel: quoi, pourquoi, qui et comment.
Commençons par la première question: qu'entendons-nous par dialogue interculturel?
La terminologie même semble complexe: le terme "interculturel" désigne-t-il aussi le dialogue "interreligieux"?
Bien sûr, je répondrai à cette question par l'affirmative, étant donné que les religions font partie de la culture.
En même temps, les tensions "intrareligieuses" doivent également être abordées de manière appropriée.
Par conséquent, le dialogue interculturel devrait concerner les croyants des différentes dénominations des diverses religions et tenir compte de leurs idées.
Qu'en est-il du dialogue entre déistes, non-déistes et athées?
Tous ces croyants sont protégés en vertu de la législation internationale et matière de droits de l'homme ainsi que par le droit de ne pas professer une religion ou une conviction.
Ainsi, selon moi, ces dimensions devraient également être incluses dans les initiatives en matière de dialogue interculturel.
Au niveau des Nations unies, nous utilisons d'autres termes comme dans l'alliance des civilisations ou l'"année internationale du rapprochement des cultures 2010".
Ces intitulés permettent d'éviter de citer le mot souvent controversé de "religion", mais sont conçus pour stimuler le dialogue interreligieux et interculturel, ainsi que la compréhension et la coopération pour la paix.
Ainsi, le "dialogue interculturel" pourrait être considéré comme une expression complète, incluant les différentes dimensions mentionnées plus tôt: le dialogue interreligieux et les approches intrareligieuses, même quand ils impliquent des non-croyants athées.
J'aime beaucoup la manière dont le Parlement européen et le Conseil ont décrit les objectifs du dialogue interculturel dans leur décision n° 1983/2006/CE instituant l'année européenne "pour renforcer le respect de la diversité culturelle et appréhender la réalité complexe de nos sociétés et la coexistence d'identités culturelles et de croyances différentes.
En outre, il est important de souligner l'apport des différentes cultures au patrimoine et aux modes de vie des États membres et de reconnaître que la culture et le dialogue interculturel sont essentiels pour apprendre à vivre ensemble en harmonie".
Plus important, l'État doit respecter des politiques et développer ses compétences en matière de gouvernance pour inclure divers intérêts.
Tant le gouvernement que la société civile ont un rôle à jouer pour créer un environnement dans lequel les personnes de différentes religions et convictions peuvent interagir sans effort.
Dès lors, le concept de dialogue interculturel doit être élargi.
Cela m'amène à ma deuxième question: pourquoi le dialogue interculturel est-il important?
Je suis convaincue qu'il est crucial de maintenir un dialogue interculturel pour surmonter les attitudes sectaires et intransigeantes et pour renforcer la tolérance religieuse dans le monde entier.
En dehors de l'éducation, le dialogue interreligieux constitue un des principaux moyens d'éviter les malentendus, les conflits et les violations de la liberté de religion ou de conviction.
S'il est mené de manière fructueuse, le dialogue interculturel peut effectivement promouvoir la tolérance, le respect et la compréhension.
Même si les cultures et les religions peuvent être très différentes, rien ne justifie de dire que, puisqu'elles sont différentes, elles ne bénéficient pas d'un statut égal.
Alors qu'un grand nombre de personnes, quelle que soit leur religion ou conviction, adhèrent à des valeurs universelles, il y a toujours des individus qui essaient de prouver que leur culture, leur religion, leur langue ou leur histoire est supérieure à celle de leurs voisins.
Mon prédécesseur au poste de rapporteur spécial des Nations unies, le professeur Abdelfattah Amor, originaire de Tunisie, a déjà demandé s'il y avait quelque chose que les personnes n'avaient pas fait au cours de l'histoire "au nom de la religion".
Toutefois, les religions partagent de nombreuses valeurs morales qui pourraient permettre d'arriver à une notion commune de respect.
Au cours de mes visites dans les différents pays, j'ai constaté combien les efforts pour entamer un dialogue interreligieux pouvaient être bénéfiques.
En même temps, l'absence d'un dialogue de ce type peut être un signe avant-coureur de tensions interreligieuses à venir et de conflits.
Il est évident que le dialogue ne résout pas à lui seul les problèmes sous-jacents. Il constitue plutôt un premier pas dans la bonne direction.
Le dialogue interreligieux ne devrait pas seulement être un exercice intellectuel et théologique, mais aussi pousser la majorité silencieuse à envisager une stratégie commune sur la manière d'atteindre l'harmonie et la paix.
Le dialogue interreligieux a connu quelques succès. Toutefois, les efforts de base font rarement la Une des journaux - au contraire de la violence interreligieuse.
Permettez-moi de vous faire part de deux expériences vécues lors de mes récentes missions d'enquête, qui montrent que les interlocuteurs ne doivent pas aller loin pour mener un dialogue sensé.
Au cours de ma visite en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, j'ai été mise au courant de plusieurs réunions interconfessionnelles où Israéliens et Palestiniens se rassemblaient sans laisser les événements politiques nuire à leur dialogue.
Une ONG affirmait que "les Israéliens et les Palestiniens parlaient de frustration et de désespoir au vu des attitudes extrêmes dans chaque société et de la réticence de la majorité de travailler ensemble de manière non violente à la recherche de solutions.
Les deux camps évoquaient la nécessité d'entendre l'autre camp reconnaître sa propre violence et exprimer des regrets".
En outre, en Irlande du Nord, j'ai été le témoin de l'importance du dialogue interreligieux dans les différents quartiers: à Belfast, de nombreuses initiatives à la base sont prises pour rassembler des personnes de différentes convictions politiques et religieuses, dont certaines vivent l'une à côté de l'autre mais sont séparées par lesdites "lignes de paix".
Cela nous amène à la troisième question: qui doit participer au dialogue interculturel?
Le sommet du millénaire pour la paix dans le monde, qui s'est tenu à New York en août 2000, a rassemblé plus de 1 000 chefs religieux et spirituels.
Dans leur engagement final à la paix dans le monde, ils ont souligné qu'aucune paix véritable ne pouvait être atteinte sans la reconnaissance par toutes les communautés de la diversité culturelle et religieuse de la famille humaine dans un esprit de respect mutuel et de compréhension.
Ces réunions de chefs religieux sont importantes, mais en même temps, le dialogue interreligieux au niveau de base doit également être encouragé et nourri.
Selon moi, les échanges de vues devraient, si possible, également inclure les croyants dépassionnés par leur fois, ainsi que les athées et les non-déistes et les membres de minorités religieuses.
Tout dialogue devrait également bénéficier grandement des points de vues des femmes, qui tendent à être marginalisées dans les principaux événements du dialogue interreligieux.
Les femmes sont parmi les pires victimes de l'intolérance religieuse, même si j'ai remarqué que des groupes de femmes interreligieux s'avéraient des défenseurs efficaces des droits de l'homme dans des situations de tensions communautaires.
Parfois, il pourrait également être utile d'inviter des gens de la même confession, mais avec des avis différents.
J'en ai vu un bon exemple lors de ma récente visite au Royaume-Uni, où avait lieu une table ronde à Londres qui traitait également de la législation antidiscriminatoire sur la base de l'orientation sexuelle et des exceptions statutaires accordées aux organisations relatives à la religion ou à la croyance.
Cette discussion aurait été complètement différente sans la participation des membres du Lesbian and Gay Christian Movement.
Les artistes peuvent également jouer un rôle important dans l'éducation du public à la tolérance religieuse et le tissage de liens entre les différentes communautés.
Cela est bien illustré par l'orchestre West-Eastern Divan, composé de jeunes musiciens israéliens, palestiniens, libanais, syriens, jordaniens et égyptiens.
Son fondateur et chef d'orchestre, Daniel Barenboim, a décrit l'idée humanitaire de cet orchestre comme suit: "Nous ne nous considérons pas comme un projet politique, mais plutôt comme un forum où les jeunes d'Israël et de tous les pays arabes peuvent s'exprimer librement et ouvertement tout en écoutant le discours de l'autre.
Il ne s'agit pas nécessairement d'une question d'acceptation du discours de l'autre, ni même d'être d'accord avec lui, mais plutôt d'accepter obligatoirement sa légitimité".
Ma dernière visite en Inde m'a toutefois également montré la vulnérabilité des artistes par rapport à la pression de la population dans les rues.
L'industrie des arts visuels a joué un rôle important dans l'éducation du public en matière de tolérance religieuse.
Cependant, certains films de Bollywood ont effectivement été interdits par des acteurs non étatiques par le biais de l'intimidation.
Il faut déplorer que les professionnels des arts audiovisuels semblent demander systématiquement l'aval de gardiens autoproclamés des sentiments religieux avant de proposer un film qui touche aux questions communautaires.
Cela montre l'importance de la contribution de l'artiste au dialogue interculturel - ou du moins, sa contribution potentielle.
Les journalistes et les juristes peuvent également faire la différence, surtout lorsque leurs déclarations et leurs actions transgressent les lignes religieuses.
Les exemples sont innombrables d'individus qui sont venus au secours de l'autre, par delà les frontières religieuses.
De plus - et c'est plus important -, les politiciens devraient procéder à un brainstorming commun sur la manière de relever les nouveaux défis à une ère de mondialisation de plus en plus grande.
Ce brainstorming pourrait en fin de compte mener à des actions concrètes en matière d'intégration de la diversité, par exemple dans les projets de logements, les cursus scolaires et les nominations aux organes statutaires.
Enfin, je voudrais soulever la quatrième question: comment le dialogue interculturel peut-il être mené efficacement?
Il existe plusieurs niveaux de dialogues interculturels: les organisations internationales et régionales comme l'ONU, l'UE et l'OCI peuvent jouer un rôle pour faciliter les plates-formes du dialogue interculturel.
En outre, les ONG proposent actuellement de faire progresser la culture de la paix par le dialogue et la coopération entre les individus et les communautés de diverses religions et convictions grâce à la décennie du dialogue interreligieux et de la coopération pour la paix, qui pourrait s'étaler de 2011 à 2020.
À cet égard, il semble essentiel d'avoir une multitude de bonnes initiatives au niveau mondial, régional, national ou local.
Permettez-moi de souligner qu'il est également possible d'utiliser des moyens de communication anciens, nouveaux et créatifs pour établir le dialogue interculturel à faible coût, par exemple par des programmes de correspondance dans les écoles ou par des discussions via l'internet sur des sujets spécifiques, le théâtre de rue et les spectacles de marionnettes.
Les programmes d'apprentissage tout au long de la vie de l'UE peuvent servir - et le font déjà - de plates-formes parfaites pour le dialogue interculturel et interreligieux.
Les divers programmes sont effectivement des exemples de bonnes pratiques: Comenius vise à développer la compréhension des différentes cultures européennes et l'entente entre celles-ci par le biais d'échanges et d'une coopération entre des écoles de différents pays; plus de 1,5 million d'étudiants ont déjà participé au programme Erasmus d'échange pour l'enseignement supérieur; le programme Leonardo da Vinci finance la mobilité transnationale dans l'enseignement et la formation professionnels; le programme Grundtvig fournit de nouvelles opportunités d'apprentissage, surtout pour les adultes présentant un risque d'exclusion sociale et pour les travailleurs âgés; et enfin, le réseau Jean Monnet stimule l'apprentissage, la recherche et la réflexion sur l'intégration européenne dans des instituts d'enseignement supérieur du monde entier.
Permettez-moi d'insister sur l'importance pour l'Union européenne d'atteindre le monde entier, surtout dans le cadre du dialogue interculturel.
Le rôle des institutions internationales est essentiel.
Elles peuvent soit inculquer un esprit de tolérance, soit accentuer les tensions, même à un stade précoce.
C'est pourquoi il faut mettre l'accent sur une éducation éclairée qui apprend à l'enfant à reconnaître les diversités.
Le potentiel des échanges scolaires volontaires avec d'autres pays est important, que ce soit en Europe ou ailleurs.
À cet égard, je voudrais mentionner la conférence consultative internationale sur l'enseignement scolaire en relation avec la liberté de religion ou de conviction, la tolérance et la non-discrimination de 2001.
Le document final de Madrid y a été adopté par consensus, recommandant que les enseignants et les élèves se voient offrir des opportunités de rencontres et d'échanges avec leurs homologues de différentes religions ou convictions.
La famille est un autre point d'entrée ou l'ouverture d'esprit peut soit être entravé, soit nourri, en fonction de l'éducation individuelle.
En outre, les mariages mixtes - assez naturellement - donnent de nouvelles perspectives et peuvent faciliter le dialogue interculturel ou interreligieux.
Selon moi, il est important de commencer dès le plus jeune âge à se familiariser avec les approches de vos voisins ou des autres religions.
Cela ne doit pas nécessairement impliquer des longs voyages, mais, par exemple, pourrait être organisé en mettant sur pied des rencontres à votre église, mosquée, synagogue, temple ou autre lieu de culte local.
La taille des groupes - surtout pour les réunions interconfessionnelles à la base - ne doit pas être trop grande afin de donner aux interlocuteurs l'opportunité de parler et de connaître l'autre personnellement.
Toutefois, le dialogue interculturel comporte des risques potentiels: s'il n'est pas mené de manière adéquate, il peut s'avérer être un exercice superficiel, vague et inefficace.
En outre, le dialogue interculturel peut également être utilisé pour souligner les mauvais côtés de l'"autre".
Les participants pourraient être tentés de convaincre leurs interlocuteurs de la supériorité de leur religion ou culture.
Concernant la substance éventuelle du dialogue, il faut répondre à une question fondamentale: les participants doivent-ils également être interrogés sur leurs religion et approche théologique respectives, ou est-ce dangereux?
Un aspect positif serait que les interlocuteurs puissent prendre conscience des approches similaires, mais aussi des différences.
Toutefois, ces différences pourraient être interprétées comme étant sensibles, voire offensantes.
Imaginez simplement une discussion portant sur des questions contentieuses comme: qui a été le dernier prophète?
Dieu a-t-il eu un fils?
Les chefs religieux sont-ils infaillibles?
Qu'êtes-vous supposés manger ou ne pas manger?
La réincarnation existe-t-elle?
Une alternative tentante serait de n'aborder que des sujets non polémiques, pas du tout liés à la théologie, par exemple, les préoccupations environnementales communes.
Toutefois, ces sujets pourraient être difficiles à trouver et être assez ennuyeux. En fin de compte, une telle approche nuirait à l'objectif d'un véritable dialogue interculturel et interreligieux.
Je ne pense pas qu'il servira à quelque chose d'ajouter une couche de "religieusement correct" à l'approche existante du politiquement correct.
Vous entendez parfois les diplomates dire qu'il ne faut pas critiquer une religion autre que la sienne.
Je voudrais néanmoins demander: le dialogue doit-il exclure la possibilité de critiquer les principes des autres religions?
Selon moi, dans un véritable dialogue, une des options serait que les interlocuteurs puissent en fin de compte être d'accord ou pas, en respectant évidemment les avis et les approches de l'autre.
(Applaudissements)
Si quelqu'un souhaite critiquer la religion d'autrui, il lui est bien sûr conseillé de le faire de manière informée et de peser attentivement ses mots.
En outre, il serait peut-être utile d'établir une confiance mutuelle au préalable entre les différents groupes.
Je crois fermement, toutefois, qu'il serait erroné de poursuivre l'approche de la protection des religions en soi plutôt que des individus ou des groupes de croyants, tel qu'affirmé par les normes internationales en matière de droits de l'homme.
(Applaudissements)
À maintes reprises, j'ai exprimé des inquiétudes par rapport au fait qu'incriminer la soi-disant diffamation des religions pouvait être contreproductif, étant donné qu'elle peut créer une atmosphère d'intolérance et de peur, voire augmenter les risques de retour de flamme.
Les accusations de diffamation d'une religion peuvent décourager les critiques légitimes ou les recherches sur les pratiques et les lois qui semblent violer les droits de l'homme qui sont - ou sont au moins perçues comme telles - consacrées par la religion.
Enfin, je crois que l'État de droit et le fonctionnement des institutions démocratiques sont des conditions préalables à l'établissement d'un climat favorable pouvant mener à un véritable dialogue et à la compréhension.
Les citoyens doivent avoir confiance dans le système et donc, la diversité au sein des institutions peut contribuer à créer un tel environnement.
Le dialogue interculturel ne doit pas être imposé ou conçu de manière condescendante.
Les politiques des États à cet égard devraient faire la part belle aux différentes religions et croyances, créant ainsi des opportunités naturelles d'interaction et de compréhension.
Voilà ce que je pense du quoi, pourquoi, qui et comment du dialogue interculturel.
Je crains qu'au lieu de fournir des réponses exhaustives, j'aie soulevé de nouvelles questions.
Dans mes observations, j'ai déjà fait allusion au potentiel - mais aussi aux éventuels pièges - du dialogue interculturel.
Il semble essentiel d'institutionnaliser un dialogue interculturel à différents niveaux dans le bon format et avec une sélection large de participants, tout en permettant un véritable échange de vues.
Je pense que les déclarations conjointes de chefs religieux sont importantes. Toutefois, je voudrais saisir cette opportunité pour souligner le rôle capital des initiatives à la base, des réunions concrètes et des actions communes.
Je crois également qu'il vaut mieux avoir une guerre des mots que des tensions durables.
Lorsque des déistes, athées et non-déistes ordinaires se réunissent, certains parfois pour la première fois, ils apprennent beaucoup l'un de l'autre - espérons-le - même s'ils sont en désaccord au final sur les questions de fond.
Les valeurs universelles devraient constituer un pont entre les différentes religions et croyances et je n'accepte pas le fait que les valeurs universelles des droits de l'homme puissent et doivent être subordonnées aux normes sociales ou religieuses.
(Applaudissements)
En fin de compte, cela pourrait également mener au renforcement des droits de l'homme, à la fois en termes de promotion et de protection des droits de l'homme et des libertés.
Pour conclure, je voudrais citer Boutros Boutros-Ghali, l'ancien secrétaire général de l'ONU, qui a affirmé: "dans une perspective universelle, les droits de l'homme nous poussent à faire face à la dialectique la plus exigeante: la dialectique de l'identité et de l'autre ou du "soi” et de l'"autre”.
Ils nous apprennent, de la manière la plus directe, en même temps, le même et le différent".
(L'Assemblée, debout, applaudit l'orateur.)
(EL) Dr Jahangir, merci infiniment pour votre discours.
Nous avons écouté très attentivement ce que vous avez dit, sur la base de votre respect des droits de l'homme, de votre expérience et de vos travaux importants.
J'espère que votre visite au Parlement européen nous donnera l'opportunité d'élargir notre coopération dans notre mission commune en faveur de la démocratie, de la paix et du développement. |
Biden Was Right
WASHINGTON, DC – It has been excruciating to watch the Taliban roll across Afghanistan, undoing in a matter of months two decades of efforts by the Afghan people and the international community to build a decent, secure, and functioning state.
The Taliban effectively wrapped up its stunning sweep of the country on Sunday, moving into Kabul and prompting President Ashraf Ghani to flee.
The Taliban’s virtually uncontested takeover over Afghanistan raises obvious questions about the wisdom of US President Joe Biden’s decision to withdraw US and coalition forces from the country.
Paradoxically, however, the rapidity and ease of the Taliban’s advance only reaffirms that Biden made the right decision – and that he should not reverse course.
The ineffectiveness and collapse of Afghanistan’s military and governing institutions largely substantiates Biden’s skepticism that US-led efforts to prop up the government in Kabul would ever enable it to stand on its own feet.
The international community has spent nearly 20 years, many thousands of lives, and trillions of dollars to do good by Afghanistan – taking down al-Qaeda; beating back the Taliban; supporting, advising, training, and equipping the Afghan military; bolstering governing institutions; and investing in the country’s civil society.
Significant progress was made, but not enough.
As the Taliban’s speedy advance has revealed, even two decades of steady support failed to create Afghan institutions capable of holding their own.
That is because the mission was fatally flawed from the outset.
It was a fool’s errand to try to turn Afghanistan into a centralized, unitary state.
The country’s difficult topography, ethnic complexity, and tribal and local loyalties produce enduring political fragmentation.
Its troubled neighborhood and hostility to outside interference make foreign intervention perilous.
These inescapable conditions ensured that any effort to turn Afghanistan into a modern state would fail.
Biden made the tough and correct choice to withdraw and end a losing effort in search of an unattainable goal.
The case for withdrawal is also buttressed by the reality that even if the United States has fallen short on the nation-building front, it has achieved its primary strategic goal: preventing future attacks on America or its allies from Afghan territory.
The US and its coalition partners have decimated al-Qaeda in Afghanistan and Pakistan.
The same goes for the Afghan branch of the Islamic State, which has demonstrated no ability to carry out transnational attacks from Afghanistan.
In the meantime, the US has built a global network of partners with which to fight terrorism worldwide, share relevant intelligence, and jointly boost domestic defenses against terrorist attacks.
The US and its allies are today much harder targets than they were on September 11, 2001.
Al-Qaeda has not been able to carry out a major overseas attack since the bombings in London in 2005.
There is of course no guarantee that the Taliban will not again provide safe harbor to al-Qaeda or similar groups. But that outcome is highly unlikely.
The Taliban has been doing just fine on its own and has little reason to revive its partnership with the likes of al-Qaeda.
The Taliban will also want to maintain a measure of international legitimacy and support, likely quashing any temptation to host groups seeking to organize terrorist attacks against foreign powers.
Moreover, those groups have little incentive to seek to regroup in Afghanistan when they can do so more easily elsewhere.
Finally, Biden is right to stand by his decision to end the military mission in Afghanistan, because doing so is consistent with the will of the American electorate.
Most of the American public, Democrats and Republicans alike, has lost patience with the “forever wars” in the Middle East.
The illiberal populism that led to Donald Trump’s election (and near re-election) emerged in part as a response to perceived American overreach in the broader Middle East.
Against a backdrop of decades of economic discontent among US workers, recently exacerbated by the devastating impact of the pandemic, voters want their tax dollars to go to Kansas, not Kandahar.
The success of Biden’s effort to repair American democracy depends principally on delivering domestic investment; the infrastructure and social policy bills now moving through Congress are critical steps in the right direction.
But foreign policy also matters.
When Biden pledges to pursue a “foreign policy for the middle class,” he needs to deliver by pursuing a brand of statecraft that enjoys the backing of the American public.
Afghanistan deserves the support of the international community for the foreseeable future.
But the US-led military mission has run its course.
Sadly, the best the international community can do for now is help alleviate humanitarian suffering and press Afghans to look to diplomacy, compromise, and restraint as their country now searches for a peaceful and stable political equilibrium. | Biden a eu raison
WASHINGTON, DC – Voir les talibans prendre le contrôle de l’Afghanistan, anéantissant en quelques mois deux décennies d'efforts déployés par le peuple afghan et la communauté internationale pour construire un État intègre, sûr et opérationnel, a été une expérience particulièrement pénible.
Les insurgés ont achevé leur mainmise fulgurante sur le pays le week-end dernier, occupant Kaboul et poussant le président afghan Ashraf Ghani à fuir à l’étranger.
La prise de contrôle quasi incontestée de l’Afghanistan par les talibans soulève évidemment des questions au sujet du bien-fondé de la décision du président américain Joe Biden de retirer les forces américaines et de l’Otan de ce pays.
Mais paradoxalement, la rapidité et la facilité de l’avancée des insurgés ne fait que confirmer que Biden a pris la bonne décision – et qu’il ne doit pas faire marche arrière.
L’inefficacité et l’effondrement des forces gouvernementales et des institutions afghanes justifient en grande partie le scepticisme de Biden quant au fait que les efforts déployés par les États-Unis pour tenir le gouvernement de Kaboul à bout de bras le rendrait un jour capable de voler de ses propres ailes.
La communauté internationale a consacré près de 20 ans, des milliers de milliards de dollars et sacrifié des milliers de vie pour venir en aide à l’Afghanistan, en éliminant Al-Qaïda ; en repoussant les talibans ; en soutenant, conseillant, formant et équipant l’armée afghane ; en renforçant les institutions gouvernementales ; et en investissant dans la société civile du pays.
Des progrès considérables ont été réalisés, mais ils sont restés insuffisants.
Comme l’a révélé l’offensive éclair des talibans, même deux décennies de soutien constant n’ont pas suffit pour créer des institutions afghanes viables.
La raison en est que la mission était, d’entrée de jeu, vouée à l’échec.
C’était se bercer d’illusions que de croire qu’il serait possible de transformer l’Afghanistan en un État unitaire centralisé.
La topographie complexe du pays, la multitude des groupes ethniques, et les liens de loyauté tribaux et locaux sont à la base d'une fragmentation politique pérenne.
L’environnement régional précaire et l’hostilité de l’Afghanistan à l'égard de toute ingérence extérieure rendent n’importe quelle intervention étrangère périlleuse.
Ces conditions incontournables ont garanti que tout effort pour transformer l’Afghanistan en un État moderne échouerait.
Biden a fait le choix juste et difficile de se retirer du pays et de mettre fin à la tentative futile de parvenir à un objectif illusoire.
Les arguments en faveur du retrait sont également étayés par le fait que, même si les États-Unis ont échoué à mettre en place un processus d’édification d’une nation afghane, ils ont atteint leur principal objectif stratégique : empêcher de futures attaques contre l'Amérique ou ses alliés depuis le territoire afghan.
Les États-Unis et leurs partenaires de la coalition ont décimé Al-Qaïda en Afghanistan et au Pakistan.
Il en va de même pour la branche afghane du groupe État islamique, qui n'a démontré aucune capacité à mener des attaques transnationales depuis l'Afghanistan.
Dans l’intervalle, les États-Unis ont construit un réseau mondial de partenaires avec lesquels combattre le terrorisme à l’échelle internationale, partager les renseignements pertinents et conjointement renforcer les défenses nationales contre les attentats terroristes.
Les États-Unis et leurs alliés sont des cibles beaucoup moins vulnérables qu’ils ne l’étaient le 11 septembre 2001.
Al-Qaïda n’a pas été en mesure de mener des attaques majeures à l’étranger depuis les attentats à la bombe contre les transports publics à Londres en 2005.
Il n’existe bien sûr aucune garantie que les talibans n’offrent pas à nouveau un refuge sûr à Al-Qaïda et à d’autres groupes similaires, même si cela paraît très peu probable.
Les talibans s’en sortent très bien tous seuls et n’ont guère de raisons de renouer des partenariats avec des groupes islamistes radicaux.
Les talibans souhaiteront également conserver une certaine légitimité et un certain soutien au niveau international et seront donc peu enclins à céder à la tentation d’héberger des groupes susceptibles de mener des attaques contre des puissances étrangères.
En outre, ces groupes ont peu d’intérêt à chercher à se regrouper en Afghanistan quand ils peuvent le faire plus aisément ailleurs.
Enfin, Biden a raison de persister dans sa décision de mettre fin à la mission militaire en Afghanistan, parce qu’elle est conforme à la volonté de l’électorat américain.
La majorité des citoyens américains, démocrates comme républicains, est lassée des « guerres interminables » au Moyen-Orient.
Le populisme illibéral qui a conduit à l’élection (et de peu à la réélection) de Donald Trump, est en partie apparu en réponse à ce que les citoyens considère comme une présence démesurée américaine au Proche-Orient.
Dans le contexte de décennies de grogne des travailleurs américains face aux difficultés économiques, récemment exacerbées par les conséquences dévastatrices de la pandémie, les électeurs veulent que l’argent de leurs impôts aille au Kansas et pas à Kandahar.
Que les efforts déployés par Biden pour réparer la démocratie américaine réussissent dépend principalement de la réalisation d'investissements au plan national. Les projets de loi sur les infrastructures et la politique sociale qui sont actuellement examinés par le Congrès sont des étapes essentielles dans la bonne direction.
La politique étrangère conserve toutefois son importance.
Lorsque Biden s'engage à mener une « politique étrangère pour la classe moyenne », il doit tenir ses promesses en adoptant une politique gouvernementale qui bénéficie du soutien de l'opinion publique américaine.
L'Afghanistan mérite d’être soutenu par la communauté internationale dans un avenir prévisible.
Mais la mission militaire dirigée par les États-Unis a fait son temps.
Malheureusement, le mieux que la communauté internationale puisse faire pour l'instant est d'aider à soulager la détresse de la population civile et de pousser les Afghans à privilégier la diplomatie, le compromis et la retenue alors que leur pays est à la recherche d'un équilibre politique pacifique et stable. |
The Turkish Chimera
WASHINGTON – The dramatic revolts in Tunisia, Egypt, and Libya have acted as a catalyst for a broader Arab awakening that has fundamentally shaken the Middle East’s political order, which has been in place since the late 1970’s.
While it is too early to predict the final outcomes, several important regional implications are already beginning to emerge.
First, the revolts are a double-edged sword for Iran.
The Iranian regime may benefit from the ouster or weakening of pro-Western Arab leaders and regimes in Egypt, Jordan, and Saudi Arabia, but Iran’s initial encouragement of the democratic uprisings in Tunisia and Egypt came with a sting in the tail.
Iranian officials had to shift gears quickly once their own population began to call for the same democratic rights, suggesting that Iran could face stronger pressures for democracy and political change over the medium and long run.
Second, the upheavals threaten to leave Israel more isolated.
With Mubarak gone, Israel has lost its most important regional partner.
Indeed, given the serious deterioration in Israel’s relations with Turkey, Mubarak’s departure has deprived it of its two most demonstrable allies in the region.
While Egypt’s interim military regime has pledged to adhere to the 1979 peace agreement, a new, more democratic government could adopt a different attitude.
Third, the pressures for democratic change have significantly bolstered Turkey’s regional influence.
While the United States and the European Union initially hedged their bets, Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan sided squarely with the demonstrations for democracy in Tahrir Square – a move that enhanced Turkey’s prestige among the democratic opposition in Egypt and elsewhere in the region.
Many Arabs regard the brand of moderate Islam espoused by Turkey’s ruling Justice and Development Party (AKP) as a possible model for the Middle East.
Many Turks have begun to see things the same way.
In a recent interview, Erdoğan noted that Turkey could be a “source of inspiration” for countries in the Middle East, because it has shown that Islam and democracy can coexist harmoniously.
At first glance, the Turkish model – with its emphasis on secularism and democracy – has obvious appeal in a region burdened by corrupt, autocratic, incompetent, and inefficient governments.
But Turkey’s historical experience and political evolution differ in important ways from Arab countries’. As a result, its model cannot easily be transplanted.
Turkish Islam is more moderate and pluralistic than elsewhere in the Middle East, and, since at least the late Ottoman period, Turkey has sought to fuse Islam and Westernization.
This differentiates Turkey from most other Muslim countries in the Middle East, and has enabled it to avoid the sharp dichotomies, ruptures, and violence that have characterized political modernization elsewhere in the region.
The rise of the AKP’s moderate brand of Islam was largely in response to internal factors, particularly the cumulative effects of several decades of democratization and socioeconomic transformation, which gave rise to a new entrepreneurial class in Anatolia that was economically liberal but socially and politically conservative.
This class, one of the AKP’s main pillars of electoral support, does not exist elsewhere in the Middle East.
Moreover, the Turkish model owes much to the leadership of Kemal Ataturk, founder of the Turkish Republic.
Ataturk, a committed Westernizer and political visionary, transformed the multinational Ottoman empire into a modern state based on Turkish nationalism.
But, in transforming Turkey, Ataturk did not begin entirely from scratch.
The process of Westernization and modernization had begun in the late nineteenth century under the Ottomans during the period of the Tanzimat.
While the Kemalists sought a radical break with the Ottoman past, there were important elements of continuity between their Westernization efforts and those undertaken in the late Ottoman period.
Both were elitist and state-driven.
These important pre-conditions do not exist in the Arab Middle East.
Most countries in the region lack strong independent political institutions and traditions on which to build a democratic political order.
They also lack a vibrant civil society.
Ultimately, the Arab countries do not have the benefit of Turkey’s tradition of moderate Islam or its history of successfully fusing Islam and Westernization.
As a result, the collapse of the old power structures in many Middle East countries is likely to be accompanied by considerable political turmoil and violence. | La chimère turque
WASHINGTON – Les spectaculaires révoltes populaires en Tunisie, Égypte et Libye ont servi de catalyseur à un éveil plus général du monde arabe, une évolution qui a fondamentalement ébranlé l’ordre politique du Moyen-Orient en place depuis la fin des années 1970.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour prédire l’issue de ces changements, plusieurs de leurs répercussions régionales importantes commencent à se faire jour.
Tout d’abord, ces révoltes populaires sont une épée à double tranchant pour l’Iran.
Le régime iranien pourrait profiter du renversement ou de l’affaiblissement de régimes et de dirigeants favorables à l’Occident en Égypte, en Jordanie et en Arabie saoudite, mais l’appui initial donné par l’Iran aux soulèvements démocratiques tunisien et égyptien comportait un revers de la médaille.
Les autorités iraniennes durent rapidement revoir leur position lorsque les Iraniens commencèrent à réclamer les mêmes droits démocratiques, laissant à penser que des pressions plus fortes en faveur de la démocratie et d’un changement politique pourraient s’exercer en Iran même au moyen et long terme.
Ensuite, ces soulèvements risquent de contribuer à isoler davantage encore Israël.
Avec le départ de Moubarak, l’État hébreu a perdu son plus important partenaire régional.
En fait, cette perte, couplée à la sérieuse dégradation de ses relations avec la Turquie, lui ont fait perdre ses alliés les plus avérés de la région.
Même si le régime militaire d’intérim égyptien s’est engagé à adhérer au traité de paix de 1979, un nouveau gouvernement, plus démocratique, pourrait adopter une position différente.
Enfin, les appels en faveur d’un changement démocratique ont déjà renforcé de manière significative l’influence régionale de la Turquie.
Alors que dans un premier temps, les Etats-Unis et l’Union européenne ont réservé leur pronostic, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a sans hésiter pris le parti des manifestants de la place Tahrir – une prise de position qui a rehaussé le prestige de la Turquie au sein de l’opposition démocratique en Égypte et ailleurs dans la région.
De nombreux Arabes estiment que la forme d’islam modéré adopté par le parti au pouvoir en Turquie, le Parti pour la justice et le développement (AKP), pourrait être un modèle potentiel pour le Moyen-Orient.
Et de nombreux Turcs se sont ralliés à ce point de vue.
Lors d’une récente interview, Erdogan a remarqué que la Turquie pourrait être une « source d’inspiration » pour les pays du Moyen-Orient, ayant démontré que l’islam et la démocratie pouvaient cohabiter harmonieusement.
Au premier abord, le modèle turc – qui met l’accent sur la laïcité et les valeurs démocratiques – ne manque pas d’attrait pour une région accablée par des gouvernements corrompus, autoritaires, incompétents et inefficaces.
Mais l’expérience historique et l’évolution politique de la Turquie diffèrent sous plusieurs aspects importants de celles des pays arabes et le modèle qu’elle offre ne peut pas être facilement transplanté ailleurs.
L’islam turc est plus modéré et pluraliste que dans les pays du Moyen-Orient, et au moins depuis la fin de la période ottomane, la Turquie a cherché à fusionner l’islam et l’occidentalisation.
Ces caractéristiques différencient la Turquie de la plupart des autres pays musulmans du Moyen-Orient et lui ont permis d’éviter les sévères dichotomies, ruptures et violences qui ont marqué la modernisation politique ailleurs dans la région.
L’émergence de la forme d’islam modéré auquel adhère l’AKP tient en grande partie à des facteurs internes, en particulier à l’effet cumulatif de plusieurs décennies de démocratisation et de transformations socioéconomiques qui a donné lieu à la naissance d’une classe sociale d’entrepreneurs en Anatolie, libérale du point de vue économique, mais socialement et politiquement conservatrice.
Cette classe sociale, pilier de l’électorat de l’AKP, n’existe pas ailleurs au Moyen-Orient.
De plus, le modèle turc doit beaucoup aux qualités de dirigeant de Kemal Atatürk, fondateur de la République de Turquie.
Atatürk, un visionnaire politique fervent partisan des valeurs occidentales, a transformé un empire ottoman multinational en un État moderne basé sur le nationalisme turc.
Mais en transformant la Turquie, Atatürk n’était pas parti de rien.
Le processus d’occidentalisation et de modernisation avait déjà été entamé à la fin du XIXe siècle pendant la période des Tanzimat, une ère de réformes de l’empire ottoman.
Même si les Kémalistes souhaitaient une rupture radicale avec le passé ottoman, il existait des éléments de continuité importants entre leur volonté d’occidentalisation et les efforts entrepris dans ce sens à la fin de l’empire ottoman.
Tous deux étaient à la fois élitistes et encouragés par l’État.
Ces conditions préalables essentielles n’existent pas dans les pays arabes du Moyen-Orient.
La plupart des pays de la région n’ont ni les institutions politiques indépendantes, ni les traditions sur lesquelles bâtir un ordre politique démocratique.
Une société civile dynamique fait également défaut.
En résumé, les pays arabes ne bénéficient pas, comme la Turquie, d’une tradition d’islam modéré et d’une longue histoire de fusion de l’islam et de l’occidentalisation.
Il est donc fort probable que l’effondrement des anciennes structures de pouvoir dans plusieurs pays de Moyen-Orient s’accompagne de troubles politiques et de violences considérables. |
Implementation of the posting of workers directive following the judgments of the Court of Justice (debate)
The next item is the Commission statement on the implementation of the posting of workers directive following the judgments of the Court of Justice.
This is an important matter, which has given rise to a series of misunderstandings and, above all, various rumours and concerns in some of our countries, and therefore we are going to follow this debate with a great deal of interest, and in particular the statement that Mr Spidla is to make on behalf of the Commission.
Member of the Commission. - (CS) Mr President, ladies and gentlemen, in its June 2007 communication entitled 'Posting of workers in the framework of the provision of services: Maximising its benefits and potential while guaranteeing the protection of workers', the Commission highlighted some shortcomings in the implementation and cross-border enforcement of the Posting of Workers Directive.
At that time we came to the conclusion that these problems could be solved only if the Member States stepped up their mutual cooperation and, in particular, if they discharged their obligations concerning administrative cooperation and accessibility of information, as stipulated in the Directive.
Correct and effective implementation and enforcement are the key elements in the protection of the rights of posted workers, while insufficient enforcement weakens the effectiveness of the Community Directives in force in this area.
Consequently, on 3 April this year the Commission adopted a Recommendation on better cooperation in order to remedy the shortcomings in the implementation, application and enforcement of the existing Directive.
The Recommendation focuses in particular on better exchange of information, improving access to information and exchange of best practices.
Better administrative cooperation should therefore lead to greater protection of working conditions in practice, lower administrative burdens for companies, more effective monitoring of the discharge of existing obligations to observe working conditions, and provision of effective controls.
The Recommendation also proposes the creation of a High-Level Committee that should directly involve the social partners, who are closest to the problems on the ground, and lay the basis for closer cooperation between labour inspectorates.
This Committee could be the appropriate forum to discuss a wide range of issues stemming from the implementation of the Posting of Workers Directive.
The Commission is convinced that this Recommendation lays the basis for a more intensive fight against infringements of workers' rights and undeclared work, and that it improves working conditions for migrant workers throughout the European Union.
It is up to the Member States now to take the necessary steps to improve the implementation of the Posting of Workers Directive.
The Recommendation is expected to be approved by the next Employment and Social Affairs Council on 9 June.
The Commission then intends to evaluate the implementation of the Directive in the light of the latest European Court of Justice decisions, while cooperating closely with the European Parliament on the preparation of its own-initiative report.
The Commission is fully committed to ensuring effective protection of workers' rights and will continue to combat all forms of social dumping and infringements of workers' rights.
It should be stressed that there is no conflict between consistent support for workers' rights and support for a competitive internal market, which gives us the means to preserve Europe's social well-being.
If our society and our economy are to continue to flourish, we have to give equal priority to social aspects and to competitiveness.
(on behalf of the PPE-DE Group). - (SV) Mr President, I would like to thank the Commissioner for his presentation, and I welcome the fact that he emphasises the importance of greater cooperation between the Member States and the responsibility Member States have for implementing the Posting of Workers Directive correctly.
I think it may be justified in this debate to emphasise one thing, and that is that since 2004 we have seen rapid change in the European labour market.
We have gained increased mobility.
It is important to say that the various horror scenarios which were spread at the time regarding the consequences of increased mobility have proved to be false.
There was talk of welfare tourism and countless other problems.
In fact today there are one million Europeans posted in different countries.
Also it is the Member States where we have seen the greatest openness which have also seen the best labour market development and pay setting.
The Posting of Workers Directive has helped to ensure better opportunities for individuals and has also contributed towards the European economy and a European labour market.
One million people!
We must remember this when discussing the three different court cases.
This is because once the court has issued its judgment, we see that it is a question of different situations in different cases.
What is also important, however, is that there is nothing in this to say that there are no barriers to different kinds of industrial action in the different Member States.
There is nothing in the court judgments which means that they conflict with different types of collective agreements or other pay-setting arrangements.
On the other hand, the Member State must have legislation and society must function, in order to permit and encourage mobility.
It is in this context that I also think it is important that we now develop better cooperation, and that the different Member States make sure that they implement and evaluate this so as to combine mobility with social security and stability for everyone in Europe.
We must not blame the EU for the problems which exist.
Instead we must take responsibility in the different Member States, and we must welcome the increased mobility and the wellbeing which can be seen as an opportunity provided by the Posting of Workers Directive.
on behalf of the PSE Group. - (NL) Mr President, I would like to thank the Commissioner for the recommendation for improved administrative cooperation and better options for the labour inspectorates.
However, Commissioner, you are aware of the fact that our delight about this has been negated by the Laval and Rüffert rulings?
These caused a great commotion, not only in the Socialist Group in the European Parliament, but also among the trade unions outside Parliament and among the countries that are currently ratifying the Lisbon Treaty.
We have long thought that the Posting of Workers Directive was an excellent directive with a clear principle.
In view of the fact that we cannot ensure that wages and working conditions are equal throughout Europe, it is not unreasonable for employees to be able to expect equal treatment in the place where they work, regardless of their nationality.
It is right that the Posting of Workers Directive does not employ a comprehensive State of employment principle, but simply imposes a number of binding conditions.
Yet the directive also allows the Member States the space to impose more generous provisions for the protection of workers, in accordance with their own social traditions and in keeping with collective agreements or generally binding collective agreements.
The rulings took away the ground of equal treatment from under our feet.
The minimum protection provided by the directive is gradually becoming a maximum.
For a long time now, it has no longer been a problem of poor transposition in certain Member States.
Our awareness is growing, however, that the basic philosophy of the directive is wrong and that is: workers should be protected, but in moderation.
Social rights to negotiate and strike exist, but on the condition that they do not interfere with the free movement of services.
This is not a question of xenophobic remarks; on the contrary.
Foreign employees are more than welcome.
Indeed, the free movement of workers guarantees equal treatment from day one and that is also what we want to achieve with regard to the free movement of services.
My group therefore requests a revision of the Posting of Workers Directive for three reasons: firstly, to ensure that the equal treatment of native and foreign workers is guaranteed; secondly, to guarantee that national systems for social dialogue are fully respected; and thirdly, to ensure that fundamental social rights are safeguarded for everyone.
We are relying on your support, Commissioner.
on behalf of the ALDE Group. - (DA) Mr President, I would like to thank the Commissioner for his statement.
There have certainly been many strong reactions to numerous judgements by the Court of Justice in recent times.
Some observers feel that, on account of the Laval judgement, among others, the Treaty of Lisbon should be amended and that the Court of Justice should be restrained.
I would like to say that this is overshooting the mark and is due to the fact that people on certain sides would like to put a spanner in the works and make people believe that the Treaty of Lisbon could represent a problem for the legal security of employees. On the contrary, the Treaty of Lisbon will mean more rights for employees.
Other observers such as Mrs Van Lancker believe that the Posting of Workers Directive should be amended.
Again, I would say no.
I do not think that this should be done in the first instance.
I believe, like the Commissioner who proposed it, that we should first do some thorough work to see how the Posting of Workers Directive is implemented in practice, and assess the possibilities for safeguarding against social dumping within the framework of the applicable legislation.
I also think that we should await the reaction of the Member States.
In this connection I am perhaps particularly thinking about the Laval case.
The final judgement has not been reached in the Laval case in Sweden, and there are many aspects to this judgement - both the obvious discrimination against foreign enterprises, which we cannot support, and also the unclear information given to the enterprise.
In Denmark a working committee has been set up by the government, consisting of social experts - both legal experts and social partners - to assess how the latest judgement harmonises with the Danish model, which is agreement-based and governed by legislation only to a very limited extent.
I think that it would be useful to await the outcome of this committee's work.
It is a fast-working committee and will complete its work by June.
As is often the case in politics, the devil is in the detail, and it is therefore important that we retain a balanced attitude towards these questions.
It is only a year and a half since we had a thorough discussion in Parliament of the Posting of Workers Directive and carried out a consultation process with social partners.
Everyone said that the Directive was good, but difficult to implement in practice.
Employees do not know their rights and employers do not know their obligations well enough.
Therefore, our conclusion is that there is a need for better information and better cooperation; this is something that you, Commissioner, are now also proposing.
We have, for example, also proposed that the Dublin agency be used, which represents both governments and social partners in order to develop good practice in this area.
I would very much like to hear what is happening in this area.
I can well understand the fear of social dumping; however, I feel that we must deal with this issue wisely.
It will take a long time if the Posting of Workers Directive is to be amended, and it is therefore important that we investigate all the possibilities in order to secure the basis for flexible labour markets such as the Danish labour market under the applicable rules.
It is a question of ensuring that we can actually have flexible labour markets.
The right to take industrial action will not be threatened by the judgement; however, there should be a balance regarding matters connected with conflicts.
I think that it is important to emphasise that the rights of employees will be strengthened by the Treaty of Lisbon and that both social partners and governments must work together irrespective of boundaries in order to make the legislation work better and to operate without friction.
This is the way forward!
on behalf of the UEN Group. - (LV) Thank you, Mr President, Commissioner.
The verdict in this case truly offers hope that the European Court of Justice understands the European Union's four basic freedoms in real terms.
On this occasion the term 'social dumping', which is so popular in this Parliament too, did not work in a case where the objective was to ban a business from another Member State from providing services in the EU internal market.
In this discussion, I would like to single out one political aspect: EU Member States, and among them, largely, states such as Sweden, have in recent years made enormous profits in the Baltic states through the provision of 'aggressive' financial services, particularly loans for immovable property.
We have never restricted the flow of this capital, even when the profits were exceptionally high and were partly obtained through the singular social dumping of exports - that is, Latvians who worked in these banks received salaries that were nowhere near the pay received by Swedes for the same work in Sweden.
Now, during the financial crisis, many Latvian families will be paying through the nose for a long time for the money they have borrowed, but our people and our businesses will not be able to compete in the EU market, and so they will not be able to pay back these debts.
As a result, it will in reality be the Swedish pension funds and other bank shareholders themselves that will lose out.
Ladies and gentlemen, we are all in the same European boat: let us allow Europe's basic freedoms to be truly free, as we will all gain!
Thank you.
on behalf of the Greens/ALE Group. - (DE) Mr President, ladies and gentlemen, all the court judgments concern cases in which the trade unions have taken internationally recognised collective measures for action against social dumping.
In all three judgments the European Court of Justice recognised that the trade unions had a legitimate right to take these measures.
The Court of Justice, however, challenged this right in relation to the internal market.
In the Laval and Rüffert cases, the legal minimum standard was interpreted as the only maximum standard valid on the internal market.
The European Court of Justice therefore interpreted the Posting of Workers Directive in a very specific way.
The legislator did not, however, intend it that way.
In considering the Directive, the free trade in services must be promoted in fair competition and employees' rights must be guaranteed.
The Posting of Workers Directive also contains a most-favoured nation clause for employees and this was not taken into account in the court judgments.
The Court of Justice is now creating a situation in the European Union in which the Posting of Workers Directive has been changed from a minimum directive to a maximum directive and in which it is legitimate to assert a competitive advantage over social dumping.
International social law should now be subject to charges for enterprises on the free internal market.
It may be that I am thereby criticising the court judgments.
However, a Union without equivalent elements of a social Europe, such as collective bargaining agreements, collective measures and combating social dumping, is doomed to failure and will no longer have the citizens' support.
Our group's response therefore at this point is: the principle of 'equal pay for equal work in the same establishment' must occupy an equivalent position in the internal market with regard to the criteria of freedom.
on behalf of the GUE/NGL Group. - (FR) Commissioner, first of all, I would like to note for the record that my colleagues from the Conference of Presidents, who decided on a late-night debate against my wishes, are all absent this evening.
Were it not for this being a late-night debate, I would be pleased to have finally initiated a discussion of this serious matter, which is the recognition by the Court of Justice of wage dumping, a matter that you just spent 20 seconds on, Commissioner, in a remarkably offhand manner.
Therefore, I will briefly outline the three stages of this new dimension of European law.
11 December 2007: the Court quashed a trade union action claiming that the Finnish shipping company Viking Line should not be allowed to register its ferry in Estonia to reduce workers' wages.
18 December 2007: the Court again found against the unions, this time in Vaxholm, Sweden, for blockading a building against a Latvian company which was refusing to observe the collective agreement applicable to the building sector.
3 April 2008: the Court found Lower Saxony in Germany guilty of imposing a minimum salary on any construction company awarded a procurement contract.
The Court then found in favour of a Polish subcontractor of a German company, which was paying its workers less than half the prescribed minimum wage.
This was the Rüffert ruling.
In all three cases, the fundamental reason invoked by the Court to justify its decision to encourage wage dumping was that Community law prohibits any measure - take note - likely to 'make less attractive' the conditions of a company from another Member State because this is - and I quote - a 'restriction on the freedom to provide services' or the freedom of establishment, which are among the fundamental freedoms guaranteed by the Treaty.
This is quite simply unacceptable.
Where is the social aspect of this liberal reasoning?
Effectively, any social progress in a country will make a market less attractive - to use the Court's expression - for competing companies.
I should add that, in all three cases, the famous Posting of Workers Directive has not offered the slightest protection to the workers concerned.
Incidentally, the Court explained that, and I quote, the 'directive seeks in particular to bring about the freedom to provide services'.
It did not mention the protection of workers.
Finally, in all three cases, the Court reached its decision in the light of specific articles of the Treaty and not just the directive.
These were Article 43, in the first case, and Article 49, in the two others, both being reproduced word for word in the draft Treaty of Lisbon currently in the process of ratification.
My conclusion is therefore clear.
Amending a directive to solve the problem posed by these rulings is not sufficient.
Anyone who wants to re-establish the primacy of social rights over free trade must insist on a revision of the treaties, and specifically the articles relied on by the Court to justify its recent decisions.
This is difficult, but I think that it is necessary, because otherwise we can expect a real crisis over the legitimacy of the current European economic and social model.
on behalf of the IND/DEM Group. - Mr President, recently, in the Rüffert case, a Polish company paid 53 workers only 46% of the agreed wage for the trade in Germany.
The Polish contractor was prosecuted; they responded by taking the case to court, and the ECJ recently voted in favour of the Polish subcontractor.
Not long ago, Mr John Monks, the President of the European Trade Union Confederation, speaking in a hearing in the Committee on Employment and Social Affairs about an earlier case - the Laval case - and warning of future cases, said that 'we have been told that our right to strike is fundamental, but not as fundamental as the free movement of services'.
The trade union movement is rendered powerless by these rulings.
The Services Directive and the Posting of Workers Directive represent a direct threat to everything that has been gained in workers' rights in the last 30 years.
There have been three cases - Laval, Viking and now Rüffert - and a body of judicial interpretation is building that renders contracts meaningless, unions impotent and fairness of wages an empty term.
As Mr Monk stated in the hearing on Laval, we need a protective protocol in the Lisbon Treaty or face social dumping in the future.
Mr President, I believe that the Commission first published a guidance document on the implementation of the Posting of Workers Directive back in 2006, and at the time the Socialist Group - in response - led a call in Parliament for a toughening up of the Directive.
The Commission did not feel this was necessary then and clearly does not feel it is necessary now, and for the record I agree with it.
The problem lies, as the Commission has so clearly defined, in weaknesses in national implementation, in insufficient cooperation between Member States and in poor supply of information.
Toughening up EU legislation would not address these weaknesses.
In fact it would make them even more difficult to address.
Finally, I would observe that the Commissioner confirms full commitment to protect workers' rights and to fight against social dumping.
We should all agree with that on all sides of the House, but we should also agree that there is another right to be protected: the right of all workers to be mobile, to be posted and to provide services across borders.
The rights of social protection must go hand in hand with the right to provide services, and there need be no contradiction.
It is, of course, a major challenge to get the right balance.
However, the challenge is for Member States to resolve, not by the EU proposing tougher laws.
I suggest that the Commissioner has pointed the way and invite him to agree with me that our role as MEPs should be to get each of our own countries to follow.
(SV) Mr President, Commissioner, I welcome the recommendation, and I welcome even more the fact that the Commissioner seeks to combat social dumping and that Mr Barroso and Mr Špidla say that the right to strike does not subordinate free movement.
However, your proposal does not go far enough.
It does not go far enough to prevent social dumping.
Let us first look at what the court said in the Rüffert and Laval cases.
It said that it is the minimum wage in the country of origin which counts, in other words a Polish worker must work in the same workplace as a German worker for 46% of the pay the German worker works for.
If you had said that women had to work for 46% of what a man earns, we would have said that this was discrimination.
In this case it is discrimination against Polish workers who do not receive the same pay as German workers.
This is unacceptable.
Secondly, different social models are not judged in the same way.
In the Rüffert case it is pointed out that collective agreements must be universally applicable, and not the model which was chosen in Lower Saxony.
The same thing is done in the Laval case.
Certain labour market models take precedence over others.
This too is unacceptable.
Thirdly, it is said that the right to strike is fundamental, but when it is then weighed against free movement, it does not weigh very heavily, not very heavily at all.
Instead it is free movement which takes precedence over it.
Some speakers have said 'yes, but we must have free movement'.
Of course we must, but how do we encourage free movement if we dump the conditions in countries?
Do you believe that the people living in these countries will say 'we welcome people'?
No, they will be demanding closed borders.
I am in favour of open borders between new and old Member States, but I am also in favour of equal terms for equal work, and that too must be fundamental.
Therefore the Commission must take stronger action regarding amendments to the Posting of Workers Directive.
(FR) Mr President, Commissioner, I share the opinion of my colleagues Mrs Van Lancker and Mr Wurtz for the most part. Ultimately the question is how many more poor workers do we want there to be in the European Union?
That is the fundamental question.
Without repeating the Court rulings, I see that we have reached a point where the Posting of Workers Directive is being used against national or regional provisions that are designed to ensure a 'level playing field' for all workers, to guarantee a minimum wage for all workers.
We have therefore reached a situation in which this directive undermines the territoriality of the right to work.
We can guarantee the mobility of workers, while ensuring the territoriality of the right to work, and that is what is under discussion.
Leaving the Posting of Workers Directive behind for a second, I would like to draw your attention to another related subject, to the complaint that the company TNT has filed with the Commission following a judgment by an administrative tribunal in Berlin, claiming that the German government, by imposing a minimum wage in the postal sector, has failed to take into account the economic impact of the minimum wage - we are talking about a minimum wage of EUR 9.80 an hour - on its competitors.
We find ourselves in a situation where the minimum wage, which is a national competence, in reality is discouraging competition. This is TNT's interpretation.
The Commission is currently examining this petition.
If you or your colleagues and the College, find in TNT's favour in this case, I believe, Mr Špidla, that you will lose all credibility, in this and in other cases, and that it will take more than a recommendation from the Commission on the best information and administrative cooperation between Member States to truly guarantee the dignity of workers in the European Union.
(SV) Mr President, it is the task of the European Court of Justice to issue judgments in line with the Treaties.
Therefore the Treaties must be amended in order to protect workers' interests.
The conclusion from the Court's rulings in the Laval, Viking Line and Rüffert cases is that the Lisbon Treaty cannot be approved by the wage-earners of Europe unless a clause on workers' rights is added to the Treaty - the right to defend collective agreements, the right to take industrial action to improve pay and employment conditions.
Demanding pay higher than the minimum wage is now a trade barrier according to the Court, and the unions will not be able to prevent wage dumping.
On 17 April this year Commissioner McCreevy answered in writing a question I asked on union rights as follows: 'Trade unions can continue to take industrial action provided that this is motivated by legitimate aims which are compatible with EC law.'
You cannot put it more clearly than that.
EC law must therefore be changed.
Free movement, yes, but without discriminating against workers from other countries.
(SV) Mr President, time and time again the European Court of Justice has made it clear to the Member States that they cannot consider themselves independent when it comes to fundamental policy areas such as health policy, gambling policy, alcohol advertising and now, most recently, labour market policy.
This is what is known as legal activism, and it must be seen as a direct threat to democracy and the principle of subsidiarity.
Owing to its arrogant attitude to the democratically elected governments of Member States, the European Court of Justice is in fact a self-appointed power in Europe.
When it comes to the Laval judgment, it means that Swedish and foreign companies will operate on completely different terms in Swedish territory.
This is completely unacceptable.
I urge members to think again the next time they decide to grant more power to the EU's unelected institutions.
As for today, it seems as though we are waking up at last.
- (PL) Mr President, the Posting of Workers Directive is one of the foundations on which the practical implementation of one of the four basic Community freedoms, which are European freedoms, is based and which has accompanied treaties and the European Community right from the start.
Article 49 of the Treaty is one of the most clearly formulated regulations governing the internal affairs of the European Union, and it states unambiguously that restrictions on freedom to provide services within the Community shall be prohibited in respect of nationals of Member States who are established in a State of the Community other than that of the person for whom the services are intended.
The persistent practices found in many Member States aimed at administrative restriction of this freedom, which is guaranteed in the Treaty, are therefore surprising.
Since being elected to this Parliament, I have received a flow of complaints from businesspeople originating mainly from the new Member States that acceded to the EU after 2004, against the activities of local and regional authorities that wilfully impose on these businesspeople additional requirements that are not justified in the least by any EU legal act.
I have raised this issue on many occasions in this House, demanding an unambiguous statement from the European Commission on behalf of EU law, and consequently in defence of the freedom to provide services.
I am pleased that my efforts have received such a clear confirmation in the ruling of the European Court of Justice that we are discussing today.
I am convinced that in the light of recent Court verdicts we - that is, Parliament and the European Commission together - will be able to draw up a formula for the organisation of an internal services market that, while ensuring the fundamental rights of employees, ensuring those rights - those fundamental rights - will not impose extra burdens on EU businesspeople that will hamper their activities and that are by definition - as the Court's rulings state - in breach of European law.
A free market for services and employee mobility should be supported, not fought.
These are the challenges of the 21st century.
(HU) Thank you, Mr President, Commissioner.
After several European Court of Justice rulings, the Posting of Workers Directive (96/71/EC) has become a focus of attention in the Union.
The Court has spoken.
What it actually said might be debated, but that would not be worthwhile as its decision will remain valid, and anyway the Court did not establish a scale of values.
We can see that in Parliament these rulings have given rise to mutually exclusive opinions, but it is good that the Commission has considered what has to be done and has asked the Member States.
This is even more important as they are trying to pour oil on troubled waters.
It is pertinent that an earlier omission by the Commission unfortunately contributed to the heightened atmosphere, as they still had not thought through the transposition of the Posting of Workers Directive into national systems, although two years before it had been emphatically requested in a European Parliament resolution.
So there is no answer as to whether the Member State measures protecting workers conform to the Posting of Workers Directive and, for want of this, we are unable to state whether the Posting of Workers Directive is really working well or if it needs to be amended in the light of the laws of the service market.
There are no lessons on implementation, at most there are violently clashing statements.
We are moved by the question of whether this uncertain situation gives some scope to populism and demagogy.
And are we not creating a political problem from accidental legal shortcomings?
It may be that we have produced political tension where there should only be sober-minded regulation.
Ladies and gentlemen, the freedom of the service market operates, with very few exceptions, within the provisions of legislation.
On the other hand, specific measures are required to make good the law.
We hope for these specific steps from the Commission, since a comprehensive examination of the legal material cannot be undertaken by the Court.
That is for the Commission to do.
And it is the Commission's job to initiate proceedings against violations of the law, where necessary.
This could reinforce Mr Spindla's words, that we have to act simultaneously and together, in the interests of the legal rights of employees and in the interests of the social market.
Thank you.
(DE) Mr President, Commissioner, I disagree with you in that there would be no discrepancy between strong social protection of employees and a strong internal market.
An EU internal market that complies with the system of global competition is ultimately the incarnation of this kind of opposition.
I do agree with you, however, that Member States bear responsibility for the transposition of EU law into national law.
At least in the Rüffert case, the rulers in Berlin and Lower Saxony do not simply point the finger at the European Court of Justice.
They have failed in general to explain the law on collective bargaining authoritatively and to demand the legal minimum wage.
Commissioner, I demand that you discharge your responsibility and openly demand the necessary requirement to amend the EU legal bases.
This concerns Article 50 and Article 56, for example, of the consolidated version of the Lisbon Treaty of 15 April, the sharpening of the Posting of Workers Directive, the granting of the right to take industrial action and the cross-border right to take industrial action.
I also refer to the fact that the review of the political problems should not simply be left to the ECJ, but that here both the EU Institutions - the Council, the Commission and the European Parliament - and the nation states bear responsibility for this through their legislation.
(DE) Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, the Treaty of Lisbon will mean a considerable improvement for employees - Mr Wurtz, I have to contradict you here.
We therefore have to accept it because social policy is becoming a duty across the board.
Everything in future has to be checked by legislative means from the viewpoint of social policy and the definition of the social market economy as provided for in the Treaty represents substantial progress.
We need competitiveness, we need more productivity - and this must certainly be a headline in a global order - but in all three cases we note that it is not a matter of competition in a global order here, but rather whether work was carried out in certain sectors in the European Union between its Member States as part of a common internal market.
We must not get into a situation in which global order is used here to set employees from different Member States up against one another on the basis of international competitiveness.
If employee solidarity is destroyed, the European Union, the cohesion of our societies, will also be destroyed.
For this reason it is important that we are not now taken to task by the courts, but that we make it clear that we have to examine the legislation.
The Posting of Workers Directive dates from the beginning of the 1990s.
It no longer applies today.
We have to find out what is wrong with it.
I do not know in detail.
Collective bargaining partners must check that they are concluding their collective bargaining agreements in accordance with the internal market.
National legislation must be adapted to it.
We have to check all this.
At the same time this must not lead to partitioning and protectionism because mobility should be guaranteed.
When we address the four basic freedoms, we mean the four basic freedoms of the market.
However, my definition of a social market economy means that market can take place only within the framework permitted by the legislator so that we have a fair distribution of the benefits of this economic order and do not leave them to the free play of market forces. If this happens, the market will devour even itself.
We therefore need this kind of framework condition of a social market economy.
Mr President, allow me in conclusion to read out a quotation. 'Not the free market economy of the laissez-faire plundering of a past era, nor the free play of market forces' - and similar phrases - 'but the socially responsible market economy, in which the individual comes into his own again, which places a high value on the person and subsequently also provides a fair return for work carried out; this is the market economy of a modern type'.
This is a quotation by Ludwig Erhard, of whom it definitely cannot be said that he was against a market economy.
Mr President, let me say how much I agree with Mr Brok and how much I disagree with Mr Bushill-Matthews, but I will come to that in a moment.
I would like to thank the Commissioner for the recommendation adopted on 3 April.
It is an important step in the right direction.
I believe that the more effective exchange and access to information and the exchange of best practice will certainly help, but it was one of those strange quirks of timing that the recommendation was adopted on the same day that the Rüffert judgment was handed down.
I think the Laval and Rüffert cases in particular require us to go much further than that recommendation now.
Those cases raise the prospect that the economic freedoms can be interpreted as granting undertakings the right to evade or circumvent national, social and employment laws and practices.
The only protection, it seems, are the provisions of the posted workers directive.
If that is the case, then it is clear that we need to revisit the directive.
In particular, we need to clarify the scope for collective agreements, to set mandatory standards, and for collective action to enforce those standards.
I think we need to do a number of things.
We need to ensure that host country collective agreements can provide for higher than minimum standards.
We need to make mandatory what are currently only options for Member States, such as applying all generally binding collective agreements to posted workers.
I think we also need a clear time limit for the definition of a posted worker, so that there is a clear idea of when a posted worker ceases to be a posted worker.
Finally, for now, I think we need to broaden the legal base of the directive to include freedom of movement of workers, as well as the freedom to provide services.
That was a proposal which was rejected back in 1996, but I hope we can see now how important it is.
It is the Court that has said that the right to strike and the right of association are fundamental rights, but not as fundamental as the economic freedoms.
Trade unions might be forgiven for thinking that they are suddenly living on Animal Farm.
We owe it to them to restore a proper balance.
I think these modest proposed changes to the posting of workers directive would be a start.
(DA) Mr President, when we considered the Treaty of Lisbon in February, both my fellow Members and I proposed that the right to take collective industrial action should belong within the competence of the Member States.
Unfortunately, the majority of you voted against this and now the following question must be raised: why did you do it?
The only logical explanation and the logical consequence is that the cross-border pursuit of the biggest profits possible by employers will ultimately take precedence over the right of employees to defend themselves against social dumping.
You might of course believe this, but you must then stop talking about a social Europe.
Employees in every country must have the unconditional right to take industrial action in order to ensure that migrant workers receive at least the same salaries as themselves.
This is not discrimination.
We do not believe that migrant workers should have lower salaries than workers who already live in the country.
We are against discrimination and action must therefore be taken.
The alternative is social dumping.
This is a downward spiral.
Therefore, using whatever means necessary, we must at least secure the free and unrestricted right to take industrial action through a legally binding protocol in the Treaty of Lisbon.
(FR) Commissioner, it is true that we are extremely disappointed to see how the freedom of provision of services is being applied in case law.
One might be forgiven for thinking that, in some interpretations, the ECJ has sought to establish the pre-eminence of articles 43 and 49 over every other consideration.
However, I am wary of Manichean analyses of these case-law decisions, which, as you all know, are first and foremost test cases.
I believe that the question we need to ask ourselves is how to guarantee the social acquis. More specifically, we need to answer two questions.
Firstly, what wage level must companies be subjected to under the national laws of the host country?
Secondly, to what extent can we restrict the collective action of trade unions intended to ensure equal treatment of national and posted workers?
In answer to these questions, I do not believe in a change in the Posting of Workers Directive.
I even think that we would be taking a huge risk in attempting this.
Conversely, I find the European Trade Union Confederation's proposal for a social clause more interesting.
I think that this is quite simply, as Mr Brok said, a case of applying the treaties, both old and new: Article 3.3, Article 6.1 and the Charter of Fundamental Rights, which is now substantive law.
We also need to enforce - and the national parliaments could supervise this - the principle of subsidiarity in all that concerns the right to work, workers' rights and the right to strike in particular.
In the more immediate future, the French Presidency is about to launch the Social Agenda. For you, Commissioner, the Commission must go further than the point that you made and the minimum administrative recommendation for a more political text, taking full account of the uncertainties arising from case law.
(DE) Mr President, Commissioner, ladies and gentlemen, closer cooperation between national administrations is, of course, right and proper.
I welcome this.
It is even essential.
However, if we all genuinely want to avert a race for the lowest minimum wage in Europe, we need more, and you know that, too, Commissioner.
According to the Rüffert judgment, there is only one solution in my opinion.
We have to improve the Posting of Workers Directive.
The Commission is also required to do this.
We have to draw legislative consequences from this judgment because it reverses the intention of the Posting of Workers Directive.
The freedom to provide services is placed higher than the protection of employees here.
Even the planned change from minimum to maximum protection is explained.
In my country, Germany, 8 out of 16 federal states are directly affected by this judgment.
The regional governments just wanted to serve as models here on wage dumping matters.
Based on the Posting of Workers Directive as well as on the procurement directives, they wanted to ensure compliance with certain social criteria, at least when awarding public contracts.
They have therefore demanded compliance with local standard wage rates as a social criterion, since these are above the minimum wage.
It is difficult for me to understand the decision of the Court of Justice.
If we really want social criteria - and I think we all want this - then it must be possible to achieve even more than a minimum wage.
The judgment should not entrap us into continuing to authorise minimum standards alone in future for posted workers.
This is not the social Europe that my group wants.
To be on the safe side, we also need to examine the procurement directives carefully.
Back in Germany, the judgments of the European Court of Justice on employment addressed this evening have created a back flash in Europe's acceptance.
We are all now being asked to change tack again here.
(ES) Mr President, Commissioner, if we were dealing with a minor problem I would understand that a simple recommendation dealing with exchanging good practice and incorporating more efficient information could resolve the problem.
However, Commissioner, the problem is that we are dealing with a major problem, which I regret very much was not even mentioned in your speech.
The problem, Commissioner, is that currently we have consistent case law from the Court of Justice that states that workers from one country may work in another country for less than 50% of the salary, under a directive which, it has to be said, was created precisely to prevent this.
Therefore, if it is possible to have legislation in force that allows this situation, we clearly have a fundamental problem that cannot be solved purely by solving information problems.
Secondly, Commissioner, we have a problem in that the various national union practices on setting salaries and collective agreements are left out.
Finland, Sweden, Denmark and Germany have been left out.
This is therefore a massive problem, not for those countries, but for the whole of Europe, which is seeing how its national laws are being undermined, and how Europe is not only failing to guarantee better protection for its workers but is breaking the systems of national protection.
In view of this situation, Commissioner, I do not think that we can look the other way.
I do not think that we can prescribe aspirin when what is needed is major surgery, and I think that we need to restore a balance between the principles of workers' rights and the rights of the market, because otherwise not only social Europe but the whole of Europe will go this way.
(PL) Mr President, Commissioner, the aim of the Posting of Workers Directive is to ensure the freedom to provide services while at the same time guaranteeing employee's rights.
In my view this Directive has benefited of the European Union, and the criticism I am hearing today here in this House is to a large extent unjustified.
I would point out that in the Rüffert case, which we are discussing, violation of social standards and the setting of wages at the scandalously low level of 46% took place not as a result of any defects in the Posting of Workers Directive, but simply as a result of the failure to implement part of the relevant legislation of Lower Saxony in the manner envisaged in the Posting of Workers Directive.
We are consequently dealing here with a problem implementing legislation within Germany, not with defects in the Posting of Workers Directive.
We have a similar situation in the Laval case, where there is in turn a situation in Sweden where minimum pay is not prescribed either by statute or in a collective agreement in the manner envisaged in the Posting of Workers Directive.
It is my view, therefore, that the way out of this situation is primarily through the adaptation of national legislation to the provisions of the current Directive, although I concede that there are many matters that could still be improved in the Directive, and in these matters I support the Commission's opinion.
I would also like to take this opportunity to speak about the concept of social dumping, which has been very frequently mentioned here.
I note that the concept of social dumping does not exist either in international law or in economic theory.
It is purely a propaganda term.
One cannot speak of dumping in a situation where posted workers - Poles in Germany or Latvians in Sweden - receive a remuneration that is higher than what they would get in their own country. Nor can one speak of social dumping in a situation where there are no binding social or wage standards for all countries, and the reason there are no such standards is that the level of development of our Member States is different, and in addition, policy differs from state to state.
(ES) Mr President, I think that it is clear that the judgment of the Court of Justice threatens the very foundations of the European Union.
It is clear that the Court of Justice is the highest body for interpreting European Union law, and there is no one right now who wants to weaken that institution.
This case law, however, as Mr Cercas pointed out, threatens the principle of social cohesion.
For many people in Europe, a European Union that does not guarantee minimum social rights does not deserve to exist and therefore we are threatening the very existence of the European Union.
As we cannot go against the judgments of the Court and we have to comply with them, the time has clearly come for the institutions with legislative power - the Commission, Parliament and the Council - to adopt measures to ensure that this case law does not become permanent, because it is case law attached to specific legal texts that can be changed.
It appears that the Court itself is inviting us to make this legislative change, and I think that it is now the responsibility of the Commission, first of all, but also of Parliament and the Council, to change the legislative texts in order to prevent this case law from becoming permanent.
(RO) The legislative provisions we are discussing today could improve the lives of more than one million European citizens working in another Member State as suppliers of services or posted workers.
In particular the provisions of Article 3 of the Directive are not implemented entirely in every European Union Member State.
Work health and safety standards, the maximum number of working hours and the minimum period of leave or maternity benefits are not implemented when it comes to posted workers.
Moreover, the minimum wage provided by the host country legislation should be guaranteed.
Nevertheless, this last issue makes very many companies resort to alternative labour contracts, which automatically prevent the payment of lower wages.
Moreover, it has become a practice for many European companies to hire workers from new Member States and send them abroad as posted workers for a period that can be extended up to 24 months, thus taking advantage of the differences existing as to the payment of contributions to social insurance.
I end by saying that this type of social dumping must be stopped by implementing all the provisions of the Directive on the posting of workers.
(PL) Mr President, a lot of remarks have been heard in this House, as well as some very critical evaluations, of judgments - judgments by the European Court of Justice.
I would appeal for calm.
Judgments by the European Court of Justice are not, after all, political in nature; they are based on a penetrating analysis of actual states of affairs and law in the Member States.
This is the role of this agency, and let us respect it.
Let us take a calm approach to this.
Let us not react badly to these judgments when they do not suit us and well to them when they please us.
Such à la carte justice should not motivate us, and we should not accept it.
The second matter to which I wish to draw attention is this: let us not allow confrontation to arise between employees in the old and the new Member States.
It would be the worst thing if we brought trades unionists from the old Member States into confrontation with trades unionists from the new Member States.
This is not what justice in the European Union is supposed to be based on.
I am warning against this.
Mr President, at the moment in Ireland we are debating the pros and cons of the Lisbon Treaty and there are conflicting interpretations of the recent rulings from the Court of Justice and their implications for the protection of workers and workers' rights.
While I know we do not have a final ruling on the Laval case, I would ask the Commissioner to briefly outline his reaction to the situation and his views as to how the transposition and implementation of the Posting of Workers Directive in Sweden in particular has impacted on the judgment on the Laval case.
A previous speaker, Mr Andersson, made the very valid point that, if a woman was paid 46% of what a man was paid for doing the same work in the same country, it would be considered as discrimination.
Yet this seems to be sanctioned by the courts when it comes to workers from different countries doing the same work in the same country.
Again, I would like the Commissioner's comments as to how the transposition and implementation of the Directive impacted on this situation.
Finally, I listened very carefully to what the Commissioner said when he spoke about guaranteeing the rights of workers and combating social dumping, but I am not entirely satisfied that his proposals and suggestions will accomplish that aim, and I look forward to hearing more robust proposals from the Commission.
(EL) Mr President, the European Court of Justice's three judgements on Viking Lines, Laval and Rüffert are based a single premise.
That premise stems from the four freedoms of movement of capital enshrined in the Treaty of Maastricht, the Directives on the internal market and on the posting of workers, as confirmed by Articles 43 and 49 in the renamed European Constitution, which is the Treaty of Lisbon.
The judgements of the European Court of Justice are political and deeply reactionary: big business groups impose mediaeval terms of employment to increase their profits.
Not only are the rights to strike and to collective bargaining being called into question, but there is a third important factor that I should like to add.
International labour conventions, which have been signed and ratified through the International Labour Organisation (ILO), are being called into question.
For this reason, equal pay and equal work for all workers must be guaranteed.
Workers from the countries joining the EU after 1 May 2004 owe nothing to anyone.
Together with all the other workers of Europe, they should fight to improve working conditions and pay.
There should be equal pay for equal work.
(PL) Mr President, the posting of workers is indissolubly linked to the freedom to provide services.
By its decision, the Court of Justice supported this, in my view, supremely important principle of the common market.
I would, however, like to express my disenchantment with the fact that regulations still exist in the Community market that are out of line with the Posting of Workers Directive.
Let us not forget that the Directive is aimed at helping both workers and contractors.
Situations in which key provisions of the Directive are interpreted differently in the different Member States are also inadmissible.
Workers are not aware of their rights, and Member States do not monitor whether the provisions of the Directive are being correctly applied.
Proper implementation and execution of these provisions is, after all, key to the efficient functioning of the internal market.
This is why all measures, whether in the form of administrative cooperation or of pointers to the proper application of the Directive, are essential actions.
I do hope, however, that the result of such initiatives will be an improvement in the interpretation of the provisions, and not yet more complaints about non-existent social dumping.
(ET) Mr President, colleagues.
I too am a big fan of equal treatment as a principle and can honestly say that sometimes I find it very difficult to understand why, for the work I do in this House, I receive a much lower salary than my western colleagues (ten times less than the Italians).
However, I understand that it will take some time for salaries in Europe to equalise.
Today I am left with the impression of great hypocrisy here.
Many people take the floor and speak on behalf of the one million posted workers, fighting for their rights.
But let's be honest - most speakers are not in fact representing those one million posted workers here, but are instead protecting their own labour market.
Because of this I am very pleased that the Commissioner has promised to establish a committee to examine this matter.
A very unfair impression has been left here by these three cases.
It was, however, necessary in order to report on areas where there is exploitation, where there is social dumping, where there is insecurity.
Fortunately, in these three cases there was none.
The free movement of services is in all our interests.
I have been waiting for a plumber to come to my flat in Brussels for three weeks - the drains are blocked.
At night, I can promise you, the legendary Polish plumber haunts my dreams.
member of the Commission. - (FR) Mr President, ladies and gentlemen, thank you for all your contributions.
It has been very interesting hearing them.
I think that we have had a rich and lively debate here today.
I have also taken note of the various opinions expressed.
These differences of interpretation and points of view have led me to treat this subject with caution.
The debate has also revealed the enormous complexity of the subject and the difficult legal issues that arise here.
The three Court of Justice rulings are all specific.
It would be wrong to draw general conclusions from them.
First of all, it is up to the Member States concerned to assess what they need to do in a national context to comply with the Court rulings.
I would also like to endorse the constructive approach taken in Sweden and Denmark to bring about this compliance.
However, today has shown that it is important to have an in-depth discussion so that we can give the appropriate response to the problems raised.
This is precisely one of the priorities of the Commission at this time.
We have effectively decided to continue this discussion as we prepare for a new Social Agenda.
This Agenda, which I will unveil next June before the College, will of course include the results of a wide-ranging consultation launched on the new social realities.
It also follows on from the Commission Communication on 'Opportunities, access and solidarity: towards a new social vision for 21st century Europe'.
This is a real opportunity to promote new solutions to respond to the challenges faced by our European societies.
Among these challenges are, of course, demographic change and the increasing pace of technological progress, but also the social impact of globalisation.
The diverse forms of mobility among workers and the rise in migration, which is probably inevitable, pose new challenges to which we must respond.
These are questions that we must address in order to preserve and strengthen our European social model.
I am convinced that the Social Agenda is the right vehicle to propose an initial response designed and tailored for the challenges of mobility to ensure protection for workers.
The debate that the European Parliament is about to have in the context of its own initiative report will also be a step in the right direction.
The Commission is also committed to playing an active role in this and to facilitating discussions and the search for solutions.
I want to work with an open mind, setting high standards that are in tune with social and economic realities.
I want us to progress constructively and confidently.
The complexity of social realities makes it harder to formulate 'turnkey' solutions.
We need to spend more time discussing the Social Agenda.
By doing this, a more protective and global approach will emerge for the Community's workers.
The Commissioner's speech brings the debate to a close.
I must acknowledge that, although it is not typical of the Presidency to say so, I am closing it with a degree of perplexity.
This must be because for 30 years of my life I have been fighting to ensure that a Spanish worker in Sweden or Germany does not earn less than a German or Swedish worker, and because for 20 more years I have been fighting to ensure that a Polish, Romanian or Moroccan worker does not earn less in Spain than a Spanish worker.
(Applause)
Written statements (Rule 142)
The recent judgments of the Court of Justice in the Laval-Vaxholm case in Sweden, the Viking Line case in Finland and now the Rüffert case in Germany simply serve to clarify the real objectives and priorities of this European Union.
To be more specific, the 'primacy' of the principle of 'freedom of establishment', as laid down in Articles 43 and 46 of the Treaty, which prohibits any 'restrictions on the freedom of establishment'.
The Court of Justice considers as a 'restriction', and therefore 'unlawful' under Community law, the freedom of workers and their representative bodies to defend their rights and interests, namely respect for what has been agreed in collective bargaining.
This legitimises social dumping and attacks on collective negotiation and bargaining in the EU and encourages 'competition' between workers, in practice imposing the prevalence of the 'country of origin' principle, that is to say, paying lower salaries and downgrading protection of workers' rights in contractual relations with employers.
These judgments uncover the EU's class nature and who its neoliberal policies really benefit (and who they are driven by), dispelling all the speechifying about the much proclaimed 'social Europe' and showing how EU policies are an affront to workers' hard-won rights.
in writing. - The way in which the existing treaties are being used to undermine workers' rights is a scandal.
The European Court of Justice stated that its judgment on the Rüffert case is in keeping with the provisions of the existing Treaties.
The Lisbon Treaty will do nothing to improve this situation.
Protection of vulnerable workers throughout the European Union should have been secured in the negotiations on the Treaty.
It was not.
The direction in which the Treaty wants to take Europe is one which fundamentally undermines Europe's social model.
In Ireland we have known since Irish Ferries and before that the pre-eminence of the internal market was leading to situations where workers' rights are being undermined.
I support the spirit of the ETUC call for a social progress clause to be inserted into the Treaty I believe that the only way to secure workers' rights into the future is to reject this Treaty and send Member States back to the negotiating table.
A new Treaty could firmly establish that fundamental rights, the right to strike and the right of workers to take collective action to improve their working and living conditions beyond minimum standards, would take precedence over the internal market.
in writing. - (FI) The Court of Justice of the European Communities has delivered three judgments against the trade union movement, and we can therefore expect more court decisions on cases in the same series.
The cases concern Viking Line, Vaxholm (Laval) and Rüffert, and in all of them the Court has interpreted the Treaties from just one point of view, i.e. freedom of competition, ignoring Parliament's will.
The proposal to comply with the working conditions of the country of origin in the case of posted workers, as in the 'Bolkestein Directive', was dismissed.
Unfortunately, the Court has, with the decisions it has taken in these individual cases, taken on the role of legislator and ignored the interpretation of the will of a genuine legislator, in this case the European Parliament.
The Commission should not defend such a breach of competence on the part of this institution. | Mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs suite aux arrêts de la Cour de justice (débat)
Le point suivant concerne la déclaration de la Commission concernant la mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs suite aux arrêts de la Cour de justice.
Il s'agit d'une question importante qui a donné lieu à une série de malentendus et, surtout, à différentes rumeurs et inquiétudes dans certains de nos pays. Nous allons donc suivre ce débat avec un intérêt certain et notamment la déclaration que Monsieur Spidla va faire au nom de la Commission.
Membre de la Commission. - (CS) Monsieur le Président, mesdames et messieurs, dans sa communication de juin 2007 intitulée "Détachement de travailleurs dans le cadre de la prestation de services: en tirer les avantages et les potentialités maximums tout en garantissant la protection des travailleurs", la Commission soulignait certaines lacunes dans la mise en œuvre et l'application transfrontalière de la directive sur le détachement des travailleurs.
Parallèlement à cela, nous en sommes venus à la conclusion que ces problèmes ne peuvent être résolus que si les États membres renforcent leur coopération mutuelle et, en particulier, s'ils remplissent leurs obligations en matière de coopération administrative et d'accessibilité de l'information, comme stipulé dans la directive.
Une mise en œuvre de même qu'une application correctes et efficaces sont des éléments clés dans la protection des droits des travailleurs détachés, tandis qu'une application insuffisante réduit l'efficacité des directives communautaires en vigueur dans ce domaine.
En conséquence, le 3 avril dernier, la Commission a adopté une recommandation en vue d'une meilleure coopération afin de remédier aux faiblesses dans la mise en œuvre, l'application et le respect de la directive existante.
La recommandation est plus particulièrement axée sur l'amélioration de l'échange d'informations, de l'accès à l'information et les échanges de bonnes pratiques.
Une meilleure coopération administrative devrait par conséquent déboucher sur une meilleure protection des conditions de travail dans la pratique, sur un allègement du fardeau administratif pour les entreprises, sur un contrôle plus efficace du respect des obligations existantes d'observer les conditions de travail et sur la réalisation de contrôles efficaces.
La recommandation propose également la création d'un comité de haut niveau qui devrait directement associer les partenaires sociaux, qui sont les plus proches des problèmes sur le terrain, et jeter les bases d'une coopération plus étroite entre les inspections du travail.
Ce comité pourrait être l'instance appropriée pour discuter de toute une série de questions découlant de la mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs.
La Commission est convaincue que cette recommandation jette les bases d'une lutte plus intense contre les violations des droits des travailleurs et le travail non déclaré et qu'elle améliore les conditions de travail des travailleurs immigrés dans l'ensemble de l'Union européenne.
Il revient à présent aux États membres de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs.
La recommandation devrait être approuvée par le prochain Conseil "Emploi et affaires sociales" le 9 juin.
La Commission a ensuite l'intention d'évaluer la mise en œuvre de la directive en tenant compte des derniers arrêts de la Cour de justice européenne, tout en coopérant étroitement avec le Parlement en ce qui concerne la préparation de son rapport d'initiative.
La Commission a la ferme volonté d'assurer une protection efficace des droits des travailleurs et elle continuera à lutter contre toutes les formes de dumping social et de violations des droits des travailleurs.
Il convient de souligner que la protection systématique des droits des travailleurs n'est pas en contradiction avec la facilitation d'un marché intérieur compétitif, qui nous donne les moyens de préserver le bien-être social de l'Europe.
Si l'on veut que notre société et notre économie continuent à prospérer, nous devons accorder une priorité égale aux aspects sociaux et à la compétitivité.
(au nom du Groupe PPE-DE). - (SV) Monsieur le Président, j'aimerais remercier le commissaire pour son exposé et je salue le fait qu'il souligne l'importance d'une plus grande coopération entre les États membres, de même que la responsabilité de ceux-ci dans la bonne mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs.
Je pense qu'il y a lieu d'insister sur une chose dans le présent débat, à savoir que depuis 2004, le marché du travail européen connaît une évolution rapide.
La mobilité s'est renforcée.
Il est important de dire que les différents scénarios d'horreur qui se propageaient à l'époque au sujet des conséquences du renforcement de la mobilité se sont avérés erronés.
On parlait alors de tourisme social et d'innombrables autres problèmes.
En réalité, on compte aujourd'hui un million d'Européens détachés à l'étranger.
Par ailleurs, ce sont les États membres qui se sont montré les plus ouverts qui ont aussi connu la meilleure évolution sur le marché du travail et le meilleur contexte salarial.
La directive sur le détachement des travailleurs a contribué à offrir de meilleures chances aux personnes et a également œuvré en faveur de l'économie européenne et d'un marché du travail européen.
Un million de personnes!
Il faut songer à cela lorsqu'on évoque les trois affaires différentes.
En effet, lorsque la Cour rend un jugement, on s'aperçoit que l'on parle de situations différentes dans des affaires différentes.
Un autre élément important, cependant, c'est que rien dans ces arrêts ne dit qu'il n'existe pas d'obstacles à différents types d'action industrielle dans les différents États membres.
Rien dans ces arrêts de la Cour n'indique qu'elles sont en contradiction avec différents types de conventions collectives ou d'autres modalités de fixation des salaires.
En revanche, les États membres doivent avoir une législation et la société doit fonctionner de sorte à permettre et à encourager la mobilité.
C'est dans ce contexte qu'il importe aussi, je pense, de mettre en place à présent une meilleure coopération et que les différents États membres veillent à mettre en œuvre et à évaluer cette coopération afin d'associer mobilité et sécurité sociale de même que stabilité pour chacun en Europe.
Il ne faut pas reprocher à l'UE les problèmes qui existent.
Nous devons plutôt assumer nos responsabilités dans les différents États membres et nous devons nous réjouir de l'accroissement de la mobilité et du bien-être, que l'on peut considérer comme une opportunité offerte par la directive sur le détachement des travailleurs.
au nom du Groupe PSE. - (NL) Monsieur le Président, j'aimerais remercier le commissaire pour sa recommandation au sujet d'une amélioration de la coopération administrative et des options pour les inspections du travail.
Cependant, Monsieur le Commissaire, vous n'êtes pas sans savoir que notre joie à cet égard a été réduite à néant par les arrêts Laval et Rüffert?
Ces arrêts ont fait beaucoup de bruit, non seulement au sein du Groupe socialiste au Parlement européen, mais aussi parmi les syndicats en dehors du Parlement et dans les pays qui ratifient en ce moment le traité de Lisbonne.
Nous avons pendant longtemps pensé que la directive sur le détachement des travailleurs était une excellente directive, avec un principe clair.
Étant donné que l'on ne peut assurer une égalité des salaires et des conditions de travail à l'échelle européenne, il n'est pas déraisonnable pour les travailleurs de pouvoir s'attendre à un traitement égal sur leur lieu de travail, indépendamment de leur nationalité.
C'est une bonne chose que la directive sur le détachement des travailleurs n'emploie pas un principe exhaustif en ce qui concerne l'État d'emploi, mais impose simplement un certain nombre de conditions contraignantes.
La directive permet néanmoins aussi aux États membres d'imposer des dispositions plus généreuses en faveur de la protection des travailleurs, conformément à leurs propres traditions sociales et dans le respect des conventions collectives ou des conventions collectives contraignantes d'une manière générale.
Les arrêts nous ont débarrassés de la question de l'égalité de traitement.
La protection minimale offerte par la directive devient progressivement un maximum.
Cela fait bien longtemps maintenant que ce n'est plus un problème de mauvaise transposition dans certains États membres.
On se rend toutefois de plus en plus compte que la philosophie de base de la directive est erronée, à savoir: les travailleurs doivent être protégés, mais avec modération.
Les droits sociaux à négocier et à conclure existent, mais à condition qu'ils n'interfèrent pas avec la libre circulation des services.
Ce n'est pas une question de remarques xénophobes; au contraire.
Les travailleurs étrangers sont plus que les bienvenus.
En effet, la libre circulation des travailleurs garantit une égalité de traitement dès le premier jour et c'est également à cela que nous voulons parvenir dans le cadre de la libre circulation des services.
Mon groupe demande par conséquent une révision de la directive sur le détachement des travailleurs pour trois raisons: premièrement, afin de garantir l'égalité de traitement des travailleurs locaux et étrangers; deuxièmement, afin de garantir le respect total des systèmes nationaux de dialogue social; et troisièmement, afin de s'assurer que les droits sociaux fondamentaux de chacun sont protégés.
Nous comptons sur votre soutien, Monsieur le Commissaire.
au nom du Groupe ALDE. - (DA) Monsieur le Président, j'aimerais remercier le Commissaire pour sa déclaration.
Beaucoup d'arrêts de la Cour de justice ont certes suscité un grand nombre de réactions virulentes ces derniers temps.
Certains observateurs ont le sentiment que, en raison de l'arrêt Laval, notamment, le traité de Lisbonne doit être modifié et que la Cour de justice doit être limitée dans son action.
J'aimerais dire que cela dépasse l'objectif et que c'est dû au fait que certaines personnes aimeraient mettre des bâtons dans les roues et faire croire aux gens que le traité de Lisbonne pourrait représenter un problème pour la sécurité juridique des travailleurs, alors qu'au contraire, il va renforcer les droits des travailleurs.
D'autres observateurs comme Madame Van Lancker estiment que la directive sur le détachement des travailleurs doit être modifiée.
Encore une fois, je dirais que non.
Je ne pense pas qu'il faille faire cela dans un premier temps.
Je pense, comme le commissaire l'a proposé, que nous devrions d'abord effectuer un travail approfondi afin de voir comment la directive sur le détachement des travailleurs est mise en œuvre dans la pratique et d'évaluer les possibilités de protection contre le dumping social dans le cadre de la législation applicable.
Je pense aussi que nous devrions attendre la réaction des États membres.
À cet égard, je songe sans doute plus particulièrement à l'affaire Laval.
L'affaire Laval en Suède n'a pas abouti à un arrêt définitif et cet arrêt présente de nombreux aspects que nous ne pouvons cautionner, comme la discrimination manifeste à l'égard des entreprises étrangères ainsi que les informations peu précises données à l'entreprise.
Au Danemark, le gouvernement a mis en place un groupe de travail, composé d'experts sociaux - des experts juridiques ainsi que des partenaires sociaux - afin d'évaluer la mesure dans laquelle le dernier arrêt cadre avec le modèle danois, lequel est fondé sur des conventions et régi par la législation dans une mesure très limitée seulement.
Je pense qu'il serait utile d'attendre l'issue des travaux de ce groupe de travail.
Il travaille vite et achèvera ses travaux d'ici le mois de juin.
Comme c'est souvent le cas en politique, les difficultés surgissent des menus détails et il est dès lors important que nous conservions une attitude nuancée à l'égard de ces questions.
Il n'y a qu'un an et demi que nous avons discuté de manière approfondie au Parlement de la directive sur le détachement des travailleurs et organisé un processus de consultation avec les partenaires sociaux.
Tout le monde disait que la directive était bonne mais difficile à mettre en œuvre dans la pratique.
Les travailleurs ne connaissent pas leurs droits et les employeurs ne connaissent pas suffisamment leurs obligations.
En conséquence, notre conclusion est qu'une meilleure information et une meilleure coopération s'imposent; c'est là quelque chose que vous proposez aussi, aujourd'hui, Monsieur le Commissaire.
Nous avons, par exemple, également proposé d'utiliser l'agence de Dublin, qui représente à la fois les gouvernements et les partenaires sociaux, afin de développer les bonnes pratiques dans ce domaine.
J'aimerais vraiment savoir ce qu'il en est actuellement.
Je peux parfaitement comprendre les craintes au sujet du dumping social; je pense néanmoins que nous devons traiter cette question avec sagesse.
Il faudra du temps pour que la directive sur le détachement des travailleurs soit modifiée et il est par conséquent important que nous examinions toutes les possibilités afin de permettre la création de marchés du travail flexibles, à l'instar du marché de l'emploi danois, dans le cadre des règles applicables.
Le but est de s'assurer que nous pouvons effectivement avoir des marchés de l'emploi flexibles.
L'arrêt ne menace pas le droit de prendre des actions industrielles; cependant, il convient d'être nuancé dans les affaires liées aux conflits.
Je pense qu'il est important de souligner que le traité de Lisbonne va renforcer les droits des travailleurs et que les partenaires sociaux comme les gouvernements doivent travailler ensemble, par-delà les frontières, afin d'améliorer le fonctionnement de la législation et d'opérer sans frictions.
Voilà la voie à suivre!
au nom du Groupe UEN. - (LV) Merci, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire.
Le verdict dans cette affaire permet véritablement d'espérer que la Cour de justice comprenne les quatre libertés fondamentales de l'Union européenne en termes réels.
À cette occasion, l'expression "dumping social", tellement populaire au sein de ce Parlement aussi, n'a pas fonctionné dans une affaire où l'objectif était d'empêcher une entreprise d'un autre États membre d'offrir ses services sur le marché intérieur de l'UE.
J'aimerais, dans le cadre de cette discussion, mettre en évidence un aspect politique: les États membres de l'UE et, parmi ceux-ci, dans une large mesure, des pays tels que la Suède, ont réalisé des bénéfices énormes ces dernières années dans les pays Baltes en proposant des services financiers "agressifs", comme des crédits pour des biens immeubles.
Nous n'avons jamais limité le flux de ces capitaux, même lorsque les bénéfices étaient exceptionnellement élevés et étaient en partie le résultat d'un dumping social singulier des exportations - en d'autres termes, les Lettons qui travaillaient dans ces banques percevaient des salaires nettement inférieurs à ceux des Suédois pour un travail similaire en Suède.
Aujourd'hui, dans le cadre de la crise financière, beaucoup de familles lettones vont payer le prix fort, pendant longtemps, pour l'argent qu'elles ont emprunté, mais nos entreprises et nos travailleurs ne seront pas en mesure de rivaliser sur le marché communautaire, et ils ne pourront donc pas rembourser ces dettes.
En conséquence, ce sont en réalité les fonds de pension suédois et les autres actionnaires du secteur bancaire eux-mêmes qui seront perdants.
Mesdames et messieurs, nous sommes tous dans le même bateau européen: permettons aux libertés fondamentales de l'Europe d'être véritablement libres, dans l'intérêt de nous tous!
Merci.
au nom du Groupe des Verts/ALE. - (DE) Monsieur le Président, mesdames et messieurs, tous les arrêts de la Cour concernent des cas où les syndicats ont pris des mesures collectives reconnues sur le plan international en vue d'agir contre le dumping social.
Dans les trois arrêts, la Cour de justice a reconnu que les syndicats avaient le droit légitime de prendre ces mesures.
La Cour de justice a néanmoins remis ce droit en question eu égard au marché intérieur.
Dans les affaires Laval et Rüffert, la norme juridique minimale a été interprétée comme la seule norme maximale valable sur le marché intérieur.
La Cour de justice a donc interprété la directive sur le détachement des travailleurs de façon bien spécifique.
Le législateur ne l'avait cependant pas imaginée de cette manière.
Si l'on en croit la directive, le libre-échange des services doit être favorisé dans le cadre d'une concurrence loyale et les droits des travailleurs doivent être garantis.
La directive sur le détachement des travailleurs contient aussi une clause de la nation la plus favorisée pour les travailleurs et la Cour n'en a pas tenu compte dans ses arrêts.
La Cour de justice crée aujourd'hui une situation dans l'Union européenne où la directive sur le détachement des travailleurs est passée du statut de directive minimale à celui de directive maximale, et où il est légitime de revendiquer un avantage concurrentiel en matière de dumping social.
Le droit social international doit aujourd'hui être subordonné à des frais pour les entreprises sur le marché libre intérieur.
Il se pourrait que je sois en train de critiquer les arrêts de la Cour.
Cependant, une Union dépourvue d'éléments équivalents à une Europe sociale, comme des conventions collectives, des mesures collectives et une lutte contre le dumping social, est vouée à l'échec et ne bénéficiera plus du soutien des citoyens.
La réponse de notre groupe à ce stade est par conséquent la suivante: le principe du "à travail égal, salaire égal au sein d'un même établissement" doit occuper une position équivalente sur le marché intérieur par rapport aux critères de liberté.
au nom du Groupe GUE/NGL. - (FR) Monsieur le Commissaire, tout d'abord, je voudrais constater que mes collègues de la Conférence des présidents qui avaient décidé de l'heure tardive de ce débat, contre ma volonté, sont tous absents ce soir.
Mais fût-ce en séance de nuit, je me réjouis pour ma part d'avoir enfin obtenu un premier débat sur cette grave affaire qu'est la légitimation par la Cour de justice européenne du dumping salarial, affaire sur laquelle, Monsieur le Commissaire, vous venez de passer en vingt secondes, avec une singulière désinvolture.
Je rappellerai donc brièvement les trois étapes de cette nouvelle dérive du droit européen.
11 décembre 2007: la Cour condamne une action syndicale qui s'opposait à ce que l'armateur finlandais Viking Line réimmatricule son ferry en Estonie pour casser les salaires des marins.
18 décembre 2007: la Cour condamne à nouveau des syndicats, cette fois en Suède, à Vaxholm, pour avoir bloqué les travaux d'une entreprise lettone qui refusait d'appliquer la convention collective en vigueur dans ce secteur.
3 avril 2008: la Cour condamne le Land de Basse-Saxe, en Allemagne, coupable d'avoir institué un salaire minimum s'imposant à toute entreprise de construction obtenant un marché public.
La Cour donne ainsi raison à un sous-traitant polonais d'une société allemande, qui versait à ses ouvriers des salaires inférieurs de plus de moitié à la règle en vigueur.
C'est l'arrêt Rüffert.
Dans les trois cas, la raison de fond invoquée par la Cour pour justifier sa décision encourageant le dumping salarial a été la même: le droit communautaire interdit toute mesure - écoutez bien - susceptible de rendre moins attrayantes les conditions faites à une entreprise d'un autre État membre car cela - je cite encore - constitue une restriction à la libre prestation des services ou à la liberté d'établissement, lesquelles comptent parmi les libertés fondamentales garanties par le traité.
C'est tout simplement inacceptable.
Où est la place du social dans une telle logique libérale?
En effet, toute avancée sociale dans un pays rend d'une certaine manière un marché moins attrayant - pour reprendre l'expression de la Cour - pour les entreprises concurrentes.
J'ajoute que, dans les trois cas, la fameuse directive sur le détachement des travailleurs n'a pas apporté la moindre protection aux travailleurs concernés.
Au demeurant, la Cour précise, je la cite que "cette directive vise à réaliser la libre prestation des services".
Elle ne parle pas de protection des travailleurs.
Enfin, dans les trois cas, la Cour a pris sa décision à la lumière d'articles précis du traité et pas seulement du texte de la directive.
À la lumière d'articles précis du traité, article 43, dans le premier cas, article 49, dans les deux autres, tous deux étant repris tels quels dans le projet du traité de Lisbonne en cours de ratification.
Ma conclusion est donc claire.
Il ne suffira pas d'amender une directive pour surmonter le problème posé par ces arrêts.
Qui veut rétablir la primauté des droits sociaux sur la liberté du commerce doit demander la révision des traités, en particulier sur les articles invoqués par la Cour pour justifier ses récentes décisions.
C'est difficile mais je pense que c'est nécessaire car sinon, il faut s'attendre, dans l'avenir, à une sacrée crise de légitimité de l'actuel modèle économique et social européen.
au nom du Groupe IND/DEM. - Monsieur le Président, récemment, dans l'affaire Rüffert, une entreprise polonaise n'a versé à 53 salariés que 46 % du salaire convenu pour la profession en Allemagne.
Le contractant polonais a été poursuivi; il a réagi en portant l'affaire devant les tribunaux et la Cour de justice s'est récemment prononcée en faveur du sous-traitant polonais.
Il y a peu, Monsieur John Monks, le président de la Confédération européenne des syndicats, a déclaré, à l'occasion d'une audience en commission de l'emploi et des affaires sociales au sujet d'une affaire antérieure (l'affaire Laval), en guise d'avertissement pour les affaires futures, qu'"on nous dit que notre droit de grève est fondamental, mais pas autant que la libre circulation des services".
Ces arrêts rendent le mouvement syndical impuissant.
La directive sur les services et la directive sur le détachement des travailleurs représentent une menace directe pour tout ce qui a été acquis dans le cadre des droits des travailleurs au cours de ces 30 dernières années.
Il y a eu trois affaires - Laval, Viking et maintenant Rüffert - et un ensemble d'interprétations judiciaires est en train de se constituer, qui rendent les contrats vains, les syndicats, impuissants, et qui font de l'égalité salariale un terme creux.
Comme l'a indiqué Monsieur Monk lors de l'audience sur l'affaire Laval, le traité de Lisbonne doit contenir un protocole protecteur sans quoi le dumping social sera une réalité demain.
Monsieur le Président, je pense que la Commission a d'abord publié un document d'orientation sur la mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs en 2006 et à cette époque, le Groupe des socialistes a réagi en plaidant au Parlement pour un renforcement de la directive.
La Commission n'a alors pas jugé cela utile et elle ne le juge clairement pas utile aujourd'hui non plus, et il faut noter que je suis d'accord avec elle.
Le problème réside, comme la Commission l'a tellement bien défini, dans les faiblesses dans la mise en œuvre nationale, la coopération insuffisante entre les États membres et le manque d'informations.
Le renforcement de la législation communautaire ne résoudrait en rien ces faiblesses.
En réalité, cela les rendrait encore plus difficiles à résoudre.
Pour terminer, je constate que le Commissaire confirme l'attachement à la protection des droits des travailleurs et à la lutte contre le dumping social.
Nous devrions tous être d'accord avec cela au Parlement, quel que soit le parti auquel nous appartenons, mais nous devons aussi reconnaître qu'il y a un autre droit à protéger: le droit de tous les travailleurs à être mobiles, à être détachés et le droit d'offrir des services transfrontaliers.
Les droits à la protection sociale doivent aller de pair avec le droit d'offrir des services, et il ne doit pas y avoir de contradiction entre les deux.
Il est bien sûr très difficile de trouver un juste milieu.
Cependant, c'est aux États membres à résoudre ce problème, et non à l'UE en proposant des textes de lois plus sévères.
J'estime que le commissaire a montré la voie à suivre et je l'invite à reconnaître avec moi que notre rôle en tant que députés au Parlement européen doit être d'amener chacun de nos pays à la suivre.
(SV) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je me réjouis de la recommandation et je me réjouis encore plus du fait que le commissaire cherche à lutter contre le dumping social et que Messieurs Barroso et Špidla déclarent que le droit de grève ne l'emporte pas sur la libre circulation.
Votre proposition ne va toutefois pas assez loin.
Elle ne va pas assez loin pour empêcher le dumping social.
Commençons par analyser ce que la Cour a dit dans les affaires Rüffert et Laval.
Elle a dit que c'est le salaire minimal dans le pays d'origine qui compte, en d'autres termes, qu'un travailleur polonais doit travailler au même endroit qu'un travailleur allemand pour 46 % du salaire perçu par ce dernier.
Si vous aviez dit que les femmes devaient travailler pour 46 % de ce que gagnent les hommes, on aurait dit que c'était de la discrimination.
Dans le cas qui nous occupe, c'est effectivement de la discrimination à l'égard des travailleurs polonais, qui ne perçoivent pas le même salaire que les travailleurs allemands.
C'est inacceptable.
Deuxièmement, les différents modèles sociaux ne sont pas jugés de la même manière.
Dans l'affaire Rüffert, on indique que les conventions collectives doivent être applicables au niveau universel, et pas le modèle qui a été choisi en Basse-Saxe.
On fait la même chose dans l'affaire Laval.
Certains modèles de marché de l'emploi l'emportent sur d'autres.
C'est inacceptable aussi.
Troisièmement, on dit que le droit de grève est fondamental, mais en comparaison avec la libre circulation, il ne pèse pas très lourd, vraiment pas très lourd du tout.
En revanche, c'est la libre circulation qui l'emporte sur le droit de grève.
Certains intervenants ont dit "d'accord, mais on doit veiller à la libre circulation".
Bien sûr que nous devons y veiller, mais comment encourager la libre circulation si l'on pratique un dumping sur les conditions appliquées dans les pays?
Vous pensez que les gens qui vivent dans ces pays vont souhaiter la bienvenue aux étrangers?
Non, ils vont demander la fermeture des frontières.
Je suis favorable à l'ouverture des frontières entre les nouveaux et les anciens États membres, mais je suis aussi favorable au principe "à travail égal, conditions égales" et cela aussi doit être un principe fondamental.
La Commission doit donc prendre des mesures plus strictes en ce qui concerne les amendements à la directive sur le détachement des travailleurs.
(FR) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je partage l'avis de ma collègue Van Lancker et de mon collègue Wurtz pour l'essentiel; la question, finalement, c'est de savoir combien de travailleurs pauvres de plus on veut encore dans l'Union européenne?
C'est ça la question fondamentale.
Sans revenir sur les arrêts de la Cour, je constate, néanmoins, qu'on aboutit à ce que la directive "Détachement des travailleurs" soit utilisée contre des dispositions nationales ou régionales qui visent à assurer un level playing field pour l'ensemble des travailleurs, à assurer un salaire minimum pour l'ensemble des travailleurs.
Donc, on aboutit à une situation où cette directive met en cause la territorialité du droit du travail.
On peut assurer la mobilité des travailleurs, tout en assurant la territorialité du droit du travail et c'est cela qui est en discussion.
Pour quitter un moment le champ de cette directive "Détachement des travailleurs", j'attire votre attention sur un autre sujet totalement connexe, la plainte que l'entreprise TNT a déposée auprès de la Commission suite à un jugement d'un tribunal administratif de Berlin, qui estime que le gouvernement allemand, en imposant dans le secteur de la poste un niveau de salaire minimum, n'a pas pris en compte l'impact économique du salaire minimum - on parle d'un salaire minimum de 9,80 euros par heure - sur les concurrents.
Et on se retrouve dans une situation où le salaire minimum, qui est de compétence nationale, vise, en réalité, à décourager la concurrence et l'interprétation donnée par TNT.
La Commission examine, pour le moment, cette plainte.
Si vous-mêmes, ou vos collègues et le Collège, devaient donner raison à TNT dans cette affaire-là, je pense, Monsieur Špidla, que toute votre crédibilité serait perdue dans cette affaire comme dans les autres et qu'il ne suffit pas d'une recommandation de la Commission sur les meilleures informations et les meilleures coopérations administratives entre les États pour assurer véritablement la dignité des travailleurs dans l'Union européenne.
(SV) Monsieur le Président, la Cour de justice a pour mission de prononcer des arrêts qui cadrent avec les traités.
Il faut donc revoir les traités afin de protéger les intérêts des travailleurs.
La conclusion qui ressort des arrêts de la Cour dans les affaires Laval, Viking Line et Rüffert est que les salariés d'Europe ne peuvent approuver le traité de Lisbonne si l'on n'y ajoute pas une clause sur les droits des travailleurs - le droit de défendre les conventions collectives, le droit de prendre des mesures industrielles pour améliorer les conditions salariales et d'emploi.
La Cour estime que le fait d'exiger un salaire supérieur au salaire minimum constitue aujourd'hui un obstacle au commerce, et les syndicats ne vont pas pouvoir empêcher le dumping des salaires.
Le 17 avril dernier, le commissaire McCreevy a répondu par écrit comme suit à une question que j'ai posée sur les droits syndicaux: "les syndicats peuvent continuer à prendre des mesures industrielles pour autant que celles-ci soient motivées par des objectifs légitimes compatibles avec le droit communautaire".
On ne pourrait être plus clair.
Il faut donc revoir le droit communautaire.
Oui à la libre circulation, mais sans engendrer une discrimination à l'égard des travailleurs provenant d'autres pays.
(SV) Monsieur le Président, la Cour de justice s'est échinée à expliquer aux États membres qu'ils ne pouvaient pas se considérer comme indépendants lorsqu'il s'agit de domaines stratégiques fondamentaux tels que la politique de la santé, la politique relative aux jeux de hasard, la publicité pour l'alcool et aujourd'hui, plus récemment, la politique relative au marché du travail.
C'est ce qu'on appelle de l'activisme juridique, et l'on doit considérer cela comme une menace directe pour la démocratie et le principe de subsidiarité.
Compte tenu de son attitude arrogante vis-à-vis des gouvernements démocratiquement élus des États membres, la Cour de justice est en réalité une autorité autoproclamée en Europe.
S'agissant de l'arrêt Laval, cela signifie que les entreprises suédoises et étrangères vont opérer sur la base de conditions totalement différentes sur le territoire suédois.
C'est totalement inacceptable.
J'invite les membres à y réfléchir à deux fois la prochaine fois qu'ils décident de renforcer les compétences des institutions communautaires non élues.
Pour l'heure, il semble bien qu'on se réveille enfin.
(PL) Monsieur le Président, la directive sur le détachement des travailleurs est l'un des fondements sur lesquels repose la mise en œuvre pratique de l'une des quatre libertés communautaires fondamentales, qui sont des libertés européennes, et qui accompagne les traités et le droit communautaire depuis le début.
L'article 49 du traité est l'une des règles les plus clairement formulées régissant les affaires intérieures de l'Union européenne, et il stipule clairement que les restrictions à la libre prestation des services à l'intérieur de la Communauté sont interdites à l'égard des ressortissants des États membres établis dans un pays de la Communauté autre que celui du destinataire de la prestation.
Les pratiques persistantes observées dans beaucoup d'États membres et qui visent une restriction administrative de cette liberté, qui est garantie dans le traité, sont par conséquent surprenantes.
Depuis mon élection au sein de ce Parlement, j'ai reçu une série de plaintes d'hommes d'affaires essentiellement originaires de nouveaux États membres ayant adhéré à l'UE après 2004 contre les activités des autorités locales et régionales, qui leur imposent délibérément des exigences supplémentaires qui ne sont justifiées par aucun acte juridique communautaire.
J'ai soulevé cette question à de nombreuses occasions au sein de ce Parlement, et j'ai demandé une déclaration claire de la part de la Commission européenne au nom du droit communautaire et en conséquence en faveur de la protection de la libre prestation de services.
Je suis ravi que mes démarches aient débouché sur une confirmation aussi claire dans l'arrêt de la Cour de justice que nous examinons aujourd'hui.
Je suis convaincu que compte tenu des récents verdicts de la Cour, nous (c'est-à-dire le Parlement et la Commission européenne ensemble) allons pouvoir concevoir une formule pour l'organisation d'un marché des services intérieur qui, bien qu'il garantira les droits fondamentaux des travailleurs, garantira ces droits (ces droits fondamentaux) sans imposer de fardeaux supplémentaires aux hommes d'affaires européens, susceptibles d'entraver leurs activités, et qui sont par définition (comme l'énoncent les arrêts de la Cour) en contravention avec le droit européen.
Il faut se battre pour un libre marché des services et pour la mobilité des travailleurs, et pas contre.
Voilà les défis du XXIe siècle.
(HU) Merci, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire.
Après plusieurs arrêts de la Cour de justice, la directive sur le détachement des travailleurs (96/71/CE) est devenue le centre d'attention dans l'Union.
La Cour s'est prononcée.
On peut bien discuter de ce qu'elle a dit, mais un tel débat ne servirait à rien étant donné que cela ne remettra pas en cause sa décision et, quoi qu'il en soit, la Cour n'a pas établi une échelle de valeurs.
On constate qu'au Parlement, ces arrêts ont donné naissance à des opinions inconciliables, mais il est bon que la Commission ait examiné ce qui doit être fait et ait demandé leur avis aux États membres.
C'est d'autant plus important qu'ils essaient de ramener le calme.
Il est intéressant de noter qu'une omission antérieure de la Commission a malheureusement contribué à aggraver l'atmosphère, étant donné qu'ils n'avaient toujours pas réfléchi à la transposition de la directive sur le détachement des travailleurs dans les systèmes nationaux alors que deux ans plus tôt, le Parlement européen l'avait clairement demandé dans une résolution.
Il n'y a donc pas de réponse à la question de savoir si les mesures prises par les États membres pour protéger les travailleurs sont conformes à la directive sur le détachement des travailleurs et nous sommes par conséquent incapables de dire si cette directive fonctionne vraiment bien ou si elle doit être modifiée en tenant compte de la législation du marché des services.
Il n'y a pas d'enseignements sur la mise en œuvre, il y a tout au plus des déclarations incompatibles.
Cette situation nous amène à nous demander si cette situation incertaine ouvre la voie au populisme ou à la démagogie.
Par ailleurs, ne sommes-nous pas en train de créer un problème politique à partir de lacunes juridiques accidentelles?
Il se pourrait que nous ayons produit une tension politique là où il ne devrait y avoir qu'une réglementation à l'esprit sobre.
Mesdames et messieurs, la liberté du marché des services s'applique, à quelques très rares exceptions près, dans le cadre des dispositions de la législation.
En revanche, des mesures spécifiques s'imposent pour remédier à la législation.
Nous espérons que la Commission prendra ces mesures spécifiques, car la Cour ne peut entreprendre un examen complet des textes juridiques.
C'est à la Commission de le faire.
Et c'est à la Commission d'entamer des procédures contre les violations de la législation, le cas échéant.
Cela pourrait renforcer les paroles de Monsieur Spindla, selon lesquelles nous devons agir simultanément et ensemble, dans l'intérêt des droits juridiques des travailleurs et dans l'intérêt du marché social.
Merci.
(DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je ne suis pas d'accord avec vous lorsque vous dites qu'il n'y aurait pas d'incompatibilité entre une protection sociale solide des travailleurs et un marché intérieur solide.
Un marché intérieur dans l'UE qui se conforme au système de concurrence mondiale est finalement l'incarnation de ce type d'opposition.
Je suis néanmoins d'accord avec vous sur le fait qu'il revient aux États membres de transposer le droit communautaire dans le droit national.
Au moins dans l'affaire Rüffert, les autorités de Berlin et de Basse-Saxe ne pointent pas uniquement la Cour de justice du doigt.
Elles ont omis, d'une manière générale, d'expliquer sérieusement la loi sur les conventions collectives et d'exiger le salaire minimum légal.
Monsieur le Commissaire, je demande que vous exerciez votre responsabilité et que vous exigiez ouvertement les conditions nécessaires pour modifier le fondement juridique communautaire.
Cela concerne les articles 50 et 56, par exemple, de la version consolidée du traité de Lisbonne du 15 avril, l'amélioration de la directive sur le détachement des travailleurs, la reconnaissance du droit de prendre des mesures industrielles et du droit transfrontalier de prendre des mesures industrielles.
Je songe également au fait que la révision des problèmes politiques ne doit pas être confiée à la seule Cour de justice, mais qu'à cet égard, tant les institutions de l'UE (le Conseil, la Commission et le Parlement européen) que les États nations en sont responsables dans le cadre de leur législation.
(DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mesdames et messieurs, le traité de Lisbonne engendrera une amélioration considérable pour les travailleurs - Monsieur Wurtz, je me dois de vous contredire à cet égard.
Nous devons donc l'accepter car la politique sociale devient un devoir dans tous les domaines.
À l'avenir, tout va devoir être vérifié par des moyens législatifs du point de vue de la politique sociale et la définition de l'économie de marché sociale telle que prévue dans le traité représente un progrès considérable.
Nous avons besoin de compétitivité, nous avons besoin de plus de productivité - et cela doit sans aucun doute constituer une priorité dans l'ordre mondial - mais dans les trois affaires, on remarque qu'il ne s'agit pas ici d'une question de concurrence dans un ordre mondial, mais plutôt de savoir si des travaux ont été réalisés dans certains secteurs dans l'Union européenne entre ses États membres dans le cadre d'un marché intérieur commun.
Il faut éviter d'en arriver à ce que l'ordre mondial serve dans ce domaine à monter les travailleurs de différents États membres les uns contre les autres sur la base de la compétitivité internationale.
Si la solidarité entre les travailleurs disparaît, l'Union européenne, la cohésion de nos sociétés disparaîtront elles aussi.
Il est donc important que nous ne soyons pas mis à l'amende par les tribunaux, mais que nous disions clairement que nous devons examiner la législation.
La directive sur le détachement des travailleurs date du début des années 90.
Elle ne s'applique plus aujourd'hui.
Nous devons trouver ce qui ne va pas dans cette directive.
Je ne connais pas les détails.
Les partenaires concernés par les conventions collectives doivent vérifier qu'ils concluent ces conventions conformément au marché intérieur.
La législation nationale doit être adaptée à cela.
Nous devons vérifier tout cela.
En même temps, ces mesures ne doivent pas déboucher sur un découpage et un protectionnisme car la mobilité doit être garantie.
Lorsqu'on parle des quatre libertés fondamentales, on parle des quatre libertés fondamentales du marché.
Cependant, ma définition d'une économie de marché sociale implique que le marché ne peut exister que dans le cadre autorisé par le législateur afin d'avoir une répartition équitable des avantages de cet ordre économique et de ne pas les laisser au libre jeu des forces du marché, sans quoi le marché se consumera par lui-même.
Nous avons par conséquent besoin de ce type de condition cadre relative à une économie de marché sociale.
Monsieur le Président, permettez-moi de vous lire une citation en guise de conclusion: "ni l'économie de marché libre caractérisée par le pillage et le laissez-faire d'autrefois, ni le libre jeu des forces du marché" - et autres phrases similaires -, "mais l'économie de marché socialement responsable, dans laquelle l'individu se réalise à nouveau, qui accorde une grande importance à la personne et qui sait par conséquent aussi récompenser comme il se doit le travail réalisé; voilà l'économie de marché d'un type moderne".
Cette citation est de Ludwig Erhard, dont on ne peut vraiment pas dire qu'il était contre une économie de marché.
Monsieur le Président, permettez-moi de dire à quel point je suis d'accord avec Monsieur Brok et à quel point je ne suis pas d'accord avec Monsieur Bushill-Matthews, mais j'y reviendrai dans quelques instants.
J'aimerais remercier le Commissaire pour la recommandation adoptée le 3 avril.
C'est un pas important dans la bonne direction.
Je pense que l'amélioration de l'efficacité des échanges et de l'accès à l'information et que l'échange de meilleures pratiques vont certes améliorer les choses, mais le fait que la recommandation a été adoptée le jour où l'arrêt Rüffert a été rendu fait partie des bizarreries du calendrier.
Je pense que les affaires Laval et Rüffert, notamment, nous obligent à aller bien plus loin que ce que la recommandation ne propose pour l'instant.
Avec ces affaires, les libertés économiques risquent d'être interprétées comme des éléments qui donnent aux entreprises le droit d'échapper à la législation et aux pratiques nationales en matière sociale et d'emploi, ou de les contourner.
La seule protection, semble-t-il, concerne les dispositions de la directive sur le détachement des travailleurs.
Si tel est le cas, il ne fait aucun doute que l'on doit revoir la directive.
Plus particulièrement, il faut préciser le contenu des conventions collectives, fixer des normes obligatoires et faire en sorte que l'action collective veille à l'application de ces normes.
Je pense qu'il y a plusieurs choses à faire.
Nous devons veiller à ce que les conventions collectives du pays d'accueil puissent prévoir des normes supérieures aux normes minimales.
Nous devons rendre obligatoires ce qui ne constitue pour l'instant que des options pour les États membres, comme l'application de l'ensemble des conventions collectives généralement contraignantes aux travailleurs détachés.
Je pense que nous devons aussi prévoir un délai précis dans le cadre de la définition des travailleurs détachés, afin d'avoir une idée précise du moment où un travailleur détaché cesse d'être un travailleur détaché.
Enfin, pour l'instant, je pense que nous devons élargir le fondement juridique de la directive afin d'y inclure la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre prestation de services.
Cette proposition a été rejetée en 1996, mais j'espère qu'on se rendra compte aujourd'hui de son importance
C'est la Cour qui a dit que le droit de grève et le droit d'association sont des droit fondamentaux, mais pas aussi fondamentaux que les libertés économiques.
On peut pardonner aux syndicats le fait qu'ils se croient soudain dans La Ferme des Animaux.
C'est à eux que l'on doit le rétablissement d'un juste équilibre.
Je pense que ces modestes propositions de modifications à la directive sur le détachement des travailleurs seraient un bon début.
(DA) Monsieur le Président, lorsque nous avons examiné le traité de Lisbonne en février, mes collègues et moi-même avons proposé que le droit de prendre des mesures industrielles collectives relève de la compétence des États membres.
Malheureusement, la majorité d'entre vous s'est prononcée contre cette mesure et la question suivante doit à présent être soulevée: pourquoi avez-vous fait cela?
La seule explication logique et la conséquence logique de cela est que la recherche transfrontalière des plus grands profits possibles par les employeurs va finir par l'emporter sur le droit des travailleurs à se défendre contre le dumping social.
Vous avez bien entendu le droit de penser cela, mais vous devez alors cesser de parler d'une Europe sociale.
Les travailleurs de tous les pays doivent avoir le droit inconditionnel de prendre des mesures industrielles afin de s'assurer que les travailleurs migrants perçoivent au moins les mêmes salaires qu'eux.
Ce n'est pas de la discrimination.
Nous ne pensons pas que les travailleurs migrants doivent percevoir des salaires inférieurs à ceux des travailleurs qui vivent déjà dans le pays.
Nous sommes contre la discrimination et des mesures doivent par conséquent être prises.
L'alternative, c'est le dumping social.
C'est une spirale vers le bas.
Nous devons par conséquent utiliser tous les moyens nécessaires pour garantir, au moins, le droit absolu et sans réserves de prendre des mesures industrielles en intégrant un protocole juridiquement contraignant dans le traité de Lisbonne.
(FR) Monsieur le Commissaire, il est vrai que notre déception est grande de voir la manière dont s'applique, selon la jurisprudence, la liberté de prestation de services.
On peut penser que, dans certaines interprétations, la Cour de justice veut instaurer une prééminence des articles 43 et 49 sur toute autre considération.
Mais je me méfie des analyses manichéennes des décisions de jurisprudence qui sont, vous le savez tous, d'abord des cas d'espèce.
Je crois que la question qu'il faut que nous nous posions au delà de cela, c'est comment garantir les acquis sociaux et comment, en particulier, répondre à deux questions.
Quel est le niveau de salaire auquel une entreprise doit se soumettre selon le droit national du pays d'accueil?
Et deuxième question: jusqu'à quel point peut-on limiter l'action collective des syndicats destinée à assurer l'égalité de traitement entre les travailleurs nationaux et les travailleurs détachés?
Pour répondre à ces questions, je ne crois pas en un changement de la directive "Détachement".
Je pense même que nous prendrions un grand risque à nous y lancer.
Je trouve plus intéressante, en revanche, la proposition de la Confédération européenne des syndicats en faveur d'une clause sociale.
Je crois surtout qu'il s'agit tout simplement, comme Elmar Brok l'a dit, d'appliquer les traités, les anciens et les nouveaux; l'article 3.3, l'article 6.1 et la Charte des droits fondamentaux, qui est maintenant du droit positif.
Il s'agit aussi de faire appliquer - et les parlements nationaux pourront y veiller - le principe de subsidiarité dans tout ce qui concerne le droit du travail, les droits des travailleurs et le droit de grève, en particulier.
Dans l'immédiat, la présidence française doit, prochainement, activer l'Agenda social et pour vous, Monsieur le Commissaire, la Commission doit aller au delà du simple constat que vous avez fait, et au delà de la recommandation purement administrative et a minima, pour aller vers un texte plus politique tenant compte pleinement des incertitudes nées de la jurisprudence.
(DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mesdames et messieurs, une coopération plus étroite entre les administrations nationales est bien sûr de mise et une bonne chose.
Je salue cette initiative.
Elle est même essentielle.
Cependant, si nous voulons tous vraiment éviter une course aux salaires minimums les plus bas possibles en Europe, nous devons aller plus loin, et vous le savez, Monsieur le Commissaire.
D'après l'arrêt Rüffert, il n'y a qu'une solution, selon moi.
Nous devons améliorer la directive sur le détachement des travailleurs.
La Commission est également tenue de le faire.
Nous devons tirer des conséquences législatives de cet arrêt car il modifie totalement l'intention de la directive sur le détachement des travailleurs.
Il fait passer la libre prestation de services avant la protection des travailleurs.
Même l'évolution prévue de la protection minimale à la protection maximale est expliquée.
Dans mon pays, l'Allemagne, 8 États fédéraux sur 16 sont directement touchés par cet arrêt.
Les gouvernements régionaux voulaient juste servir de modèles dans cette affaire dans les questions de dumping des salaires.
Sur la base de la directive sur le détachement des travailleurs ainsi que des directives sur les marchés, ils voulaient assurer la conformité avec certains critères sociaux, du moins dans le cadre de l'attribution de marchés publics.
Ils ont par conséquent demandé le respect des taux de salaires standard locaux en guise de critère social, étant donné que ces taux sont supérieurs au salaire minimal.
J'ai du mal à comprendre la décision de la Cour de justice.
Si l'on veut vraiment des critères sociaux - et je pense que c'est ce que nous voulons tous -, alors il doit être possible de parvenir à autre chose qu'un salaire minimum.
Cet arrêt ne doit pas nous amener à continuer à autoriser des normes minimales uniquement à l'avenir pour les travailleurs détachés.
Ce n'est pas l'Europe sociale à laquelle mon groupe aspire.
Par précaution, nous devons aussi examiner attentivement les directives sur les marchés.
En Allemagne, les arrêts de la Cour de justice en matière d'emploi évoqués ce soir ont créé un revers d'étincelles dans l'acceptation de l'Europe.
Nous sommes à présent tous invités à changer de tactique encore une fois dans ce domaine.
(ES) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, si nous étions en train de parler d'un problème mineur, je comprendrais qu'une simple recommandation en faveur de l'échange de bonnes pratiques et de l'intégration d'informations plus efficaces puisse résoudre le problème.
Cependant, Monsieur le Commissaire, le problème est que nous sommes en train de parler d'un problème majeur, dont je regrette vraiment que vous ne l'ayez pas même mentionné dans votre discours.
Le problème, Monsieur le Commissaire, est qu'actuellement, on dispose d'une jurisprudence conséquente de la Cour de justice qui stipule que les travailleurs peuvent travailler dans un autre pays pour moins de 50 % du salaire, au titre d'une directive qui, il faut le dire, a été créée précisément pour empêcher cela.
En conséquence, si la législation en vigueur peut permettre cette situation, nous sommes clairement en présence d'un problème fondamental qui ne peut être résolu en se contentant de résoudre des problèmes d'information.
Deuxièmement, Monsieur le Commissaire, nous avons un problème en ce que les différentes pratiques syndicales nationales en matière de fixation des salaires et de conventions collectives sont laissées de côté.
La Finlande, la Suède, le Danemark et l'Allemagne ont été laissés de côté.
Il s'agit par conséquent d'un problème majeur, non pas pour ces pays, mais pour l'ensemble de l'Europe, qui constate que ses lois nationales sont ébranlées et que l'Europe ne parvient non seulement pas à garantir une meilleure protection pour ses travailleurs, mais détruit aussi les systèmes de protection nationale.
Je ne pense pas que nous puissions fermer les yeux face à cette situation, Monsieur le Commissaire.
Je ne pense pas que l'on puisse prescrire de l'aspirine lorsque ce dont on a besoin, c'est d'une opération sérieuse, et je pense que nous devons rétablir l'équilibre entre les principes des droits des travailleurs et des droits du marché, sans quoi ce n'est pas seulement l'Europe sociale, mais l'ensemble de l'Europe qui va en pâtir.
(PL) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, l'objectif de la directive sur le détachement des travailleurs est de garantir la libre prestation de services tout en garantissant les droits des travailleurs.
Selon moi, cette directive a profité à l'Union européenne et les critiques que j'entends aujourd'hui dans cet hémicycle sont en grande partie injustifiées.
Je tiens à indiquer que dans l'affaire Rüffert, que nous sommes en train d'examiner, la violation des normes sociales et la fixation de salaires au niveau scandaleusement faible de 46 % sont le résultat non pas de lacunes éventuelles dans la directive sur le détachement des travailleurs, mais simplement du refus de mettre en œuvre une partie de la législation concernée de Basse-Saxe selon la manière envisagée dans la directive sur le détachement des travailleurs.
Nous sommes donc confrontés, dans cette affaire, à un problème de mise en œuvre de la législation en Allemagne, et non à des lacunes dans la directive sur le détachement des travailleurs.
La situation est la même dans l'affaire Laval, où le problème se déroule en Suède, où le salaire minimum n'est pas prescrit, ni par la loi, ni par une convention collective, conformément aux dispositions de la directive sur le détachement des travailleurs.
Selon moi, par conséquent, le meilleur moyen de se sortir de cette situation consiste essentiellement à adapter la législation nationale aux dispositions de la directive actuelle, même si je reconnais que beaucoup de matières pourraient encore être améliorées dans la directive, et dans ces matières, je rejoins l'avis de la Commission.
J'aimerais également en profiter pour parler de la notion de dumping social, que l'on a beaucoup évoquée ici.
Je remarque que le concept de dumping social n'existe ni dans le droit international, ni dans la théorie économique.
Il s'agit d'un terme de pure propagande.
On ne peut pas parler de dumping dans une situation où des travailleurs détachés - des Polonais en Allemagne ou des Lettons en Suède - perçoivent une rémunération supérieure à celle qu'ils percevraient dans leur propre pays. on ne peut pas parler non plus de dumping social dans une situation où il n'existe pas de normes sociales ou salariales contraignantes pour tous les pays, et la raison pour laquelle ces normes n'existent pas est que le niveau de développement de nos États membres est différent et, en outre, que la politique varie d'un pays à l'autre.
(ES) Monsieur le Président, je pense qu'il est clair que l'arrêt de la Cour de justice menace les fondements mêmes de l'Union européenne.
Il va de soi que la Cour de justice est l'instance suprême pour interpréter le droit de l'Union européenne, et personne ne souhaite à l'heure actuelle affaiblir cette institution.
Il n'en reste pas moins que, comme l'a indiqué Monsieur Cercas, cette jurisprudence menace le principe de cohésion sociale.
Pour beaucoup de personnes en Europe, une Union européenne qui ne garantit pas des droits sociaux minimums ne mérite pas d'exister et c'est par conséquent l'existence même de l'Union européenne qui est aujourd'hui menacée.
Étant donné que l'on ne peut pas aller à l'encontre des arrêts de la Cour et que nous devons nous y conformer, le moment est manifestement venu pour les institutions dotées de compétences législatives - la Commission, le Parlement et le Conseil - d'adopter des mesures visant à s'assurer que cette jurisprudence ne deviendra pas permanente, car c'est la jurisprudence liée à certains textes juridiques qui peut être modifiée.
Il apparaît que la Cour nous invite elle-même à effectuer ce changement législatif, et je pense qu'il revient à présent à la Commission, d'abord, mais aussi au Parlement et au Conseil de revoir les textes législatifs afin d'éviter que cette jurisprudence ne devienne permanente.
(RO) Les dispositions législatives que nous évoquons aujourd'hui pourraient améliorer la vie de plus d'un million de citoyens européens employés dans un autre État membre en tant que prestataires de services ou travailleurs détachés.
Plus particulièrement, les dispositions de l'article 3 de la directive ne sont pas entièrement mises en œuvre dans chaque État membre de l'Union européenne.
Les normes de santé et de sécurité au travail, celles relatives au nombre maximum d'heures de travail et à la période minimale de congé ou de prestations de maternité ne sont pas appliquées lorsqu'il s'agit de travailleurs détachés.
Qui plus est, le salaire minimum prévu par la législation du pays d'accueil doit être garanti.
Reste que cette dernière question amène un grand nombre d'entreprises à recourir à des contrats de travail alternatifs, qui empêchent automatiquement le versement de salaires plus faibles.
Par ailleurs, le fait d'engager des travailleurs issus de nouveaux États membres et de les envoyer à l'étranger en tant que travailleurs détachés pour une période pouvant s'étendre jusqu'à 24 mois est devenu une pratique courante pour beaucoup d'entreprises européennes, qui profitent ainsi des différences qui existent en ce qui concerne le versement des contributions à l'assurance sociale.
Je terminerai en disant qu'il faut mettre fin à ce type de dumping social en mettant en œuvre l'ensemble des dispositions de la directive sur le détachement des travailleurs.
(PL) Monsieur le Président, nous avons entendu un grand nombre de remarques dans cet hémicycle, de même que certaines appréciations très critiques d'arrêts - des arrêts de la Cour de justice.
J'aimerais que nous retrouvions notre calme.
Les arrêts de la Cour de justice ne sont après tout pas de nature politique; ils sont fondés sur une analyse perspicace de situations réelles et du droit dans les États membres.
C'est là la mission de cette agence, respectons-la.
Examinons la situation calmement.
Évitons de réagir de façon négative à ces arrêts lorsqu'ils ne nous conviennent pas et de façon positive lorsqu'ils nous satisfont.
Nous ne devons pas viser une justice "à la carte" de ce type, et nous ne devons pas l'accepter.
La seconde question sur laquelle j'aimerais attirer l'attention est la suivante: évitons de laisser le conflit s'installer entre les travailleurs des anciens et des nouveaux États membres.
La pire chose qui pourrait nous arriver serait un conflit entre les syndicalistes des anciens États membres et ceux des nouveaux États membres.
Ce n'est pas sur cela que la justice dans l'Union européenne est censée reposer.
J'aime autant vous mettre en garde contre ce phénomène.
Monsieur le Président, l'Irlande est en train de discuter des avantages et des inconvénients du traité de Lisbonne et on constate des interprétations contradictoires des récents arrêts de la Cour de justice et de leurs conséquences pour la protection des travailleurs et des droits des travailleurs.
Même si je sais que l'on ne dispose pas d'un arrêt final dans l'affaire Laval, j'aimerais demander au Commissaire d'expliquer en quelques mots ce qu'il pense de cette situation ainsi que de l'influence qu'ont eue la transposition et la mise en œuvre de la directive sur le détachement des travailleurs en Suède notamment sur l'arrêt rendu dans l'affaire Laval.
Monsieur Andersson, qui est intervenu tout à l'heure, a indiqué à très juste titre que si une femme percevait 46 % du salaire perçu par les hommes pour un travail équivalent dans le même pays, cela serait considéré comme de la discrimination.
Cette pratique semble toutefois sanctionnée par les tribunaux lorsqu'il s'agit de travailleurs issus de pays différents et effectuant le même travail dans le même pays.
Ici aussi, j'aimerais entendre les commentaires du Commissaire en ce qui concerne l'influence qu'ont eue la transposition et la mise en œuvre de la directive sur cette situation.
Pour terminer, j'ai écouté très attentivement ce qu'a dit le Commissaire lorsqu'il a parlé de garantir les droits des travailleurs et de lutter contre le dumping social, mais je ne suis pas totalement convaincu que ses propositions et ses suggestions permettront d'atteindre cet objectif et j'espère entendre des propositions plus solides de la part de la Commission.
(EL) Monsieur le Président, les trois arrêts de la Cour de justice dans les affaires Viking Lines, Laval et Rüffert reposent sur un principe simple.
Ce principe provient des quatre libertés relatives à la circulation des capitaux inscrits dans le traité de Maastricht, dans les directives sur le marché intérieur et sur le détachement des travailleurs, tels que confirmés par les articles 43 et 49 dans la Constitution européenne rebaptisée, qui n'est autre que le traité de Lisbonne.
Les arrêts de la Cour de justice sont politiques et profondément réactionnaires: de grands groupes d'entreprises imposent des conditions d'emploi moyenâgeuses afin d'augmenter leurs profits.
Non seulement les droits de grève et aux conventions collectives sont remis en question, mais il existe un troisième facteur important que j'aimerais ajouter.
Les conventions de travail internationales, qui ont été signées et ratifiées par le biais de l'Organisation internationale du travail (OIT), sont aujourd'hui remises en question.
C'est la raison pour laquelle nous devons garantir le principe du "à travail égal, salaire égal" pour tous les travailleurs.
Les travailleurs issus de pays ayant adhéré à l'UE après le 1er mai 2004 ne doivent rien à personne.
Ils doivent se battre avec les autres travailleurs d'Europe pour améliorer les conditions de travail et les salaires.
Nous devons garantir le principe du "à travail égal, salaire égal".
(PL) Monsieur le Président, le détachement des travailleurs est indissolublement lié à la libre prestation de services.
Par sa décision, la Cour de justice a confirmé ce principe suprêmement important, selon moi, du marché commun.
J'aimerais néanmoins exprimer ma déception quant au fait qu'il existe encore des règles sur le marché communautaire qui sont en contradiction avec la directive sur le détachement des travailleurs.
N'oublions pas que la directive a pour but d'aider aussi bien les travailleurs que les entrepreneurs.
Les situations où des dispositions essentielles de la directive sont interprétées différemment dans les différents États membres sont aussi inadmissibles.
Les travailleurs ne connaissent pas leurs droits, et les États membres ne vérifient pas si les dispositions de la directive sont appliquées correctement.
Une mise en œuvre et une exécution efficaces de ces dispositions sont, après tout, indispensables au bon fonctionnement du marché intérieur.
C'est pourquoi toutes les mesures, qu'elles prennent la forme d'une coopération administrative ou de conseils en vue d'une bonne application de la directive, sont des actions essentielles.
Reste que j'espère vraiment que ces initiatives vont déboucher sur une amélioration dans l'interprétation des dispositions, et pas sur des plaintes encore plus nombreuses au sujet d'un dumping social inexistant.
(ET) Monsieur le Président, chers collègues.
Je suis moi aussi une fervente partisane du principe relatif à l'égalité de traitement et je peux dire que j'ai parfois beaucoup de mal à comprendre pourquoi je perçois un salaire nettement inférieur à celui de mes collègues occidentaux (dix fois moins que les Italiens) pour mon travail au sein de ce Parlement.
Je comprends néanmoins qu'il va falloir un certain temps avant que les salaires en Europe ne s'alignent.
J'ai une impression de grande hypocrisie ici, aujourd'hui.
Beaucoup de personnes prennent la parole et parlent au nom du million de travailleurs détachés, afin de lutter pour leurs droits.
Mais soyons honnêtes: la plupart des intervenants n'ont en réalité pas l'intention de représenter ce million de travailleurs détachés dans ce Parlement, mais bien de protéger leur propre marché du travail.
Je suis donc ravie que le Commissaire ait promis d'établir un comité chargé d'examiner cette question.
Ces trois affaires ont produit une impression de grande injustice parmi nous.
Elles étaient pourtant nécessaires afin de dénoncer les régions marquées par l'exploitation, le dumping social et l'insécurité.
Heureusement, dans ces trois affaires, il n'y en avait pas.
La libre circulation des services est dans notre intérêt à tous.
Cela fait trois semaines que j'attends qu'un plombier vienne chez moi à Bruxelles - la canalisation est bouchée.
Je peux vous assurer que la légende du plombier polonais hante mes rêves la nuit.
membre de la Commission. - (FR) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, merci à tous pour vos interventions.
Je les ai écoutées avec beaucoup d'intérêt.
Je pense que nous avons eu un débat riche et animé.
J'ai également bien noté les opinions différentes qui se sont exprimées aujourd'hui.
Ces différences dans les interprétations et les points de vue m'encouragent à rester prudent sur ce sujet.
De plus, la discussion a montré la grande complexité du sujet et les questions juridiques difficiles qui se posent dans ce contexte.
Les trois décisions de la Cour de justice sont toutes spécifiques.
Il serait incorrect d'en tirer des conclusions trop générales.
Il appartient d'abord aux États membres concernés d'évaluer ce qu'ils devraient faire dans leur contexte national pour s'adapter aux décisions de la Cour.
J'aimerais d'ailleurs soutenir la démarche constructive commencée en Suède et au Danemark pour réaliser cette adaptation.
Néanmoins, la discussion aujourd'hui montre qu'il est important de mener une réflexion en profondeur afin de répondre de manière pertinente aux problèmes soulevés.
C'est justement un des objectifs prioritaires de la Commission actuellement.
Nous sommes effectivement résolus à poursuivre cette réflexion dans le cadre de la préparation d'un agenda social renouvelé.
Cet agenda, que je présenterai en juin prochain au Collège, intégrera bien sûr les résultats de la grande consultation lancée sur les nouvelles réalités sociales.
Il s'inscrit aussi dans la perspective de la communication de novembre 2007 sur une nouvelle vision sociale de l'Europe pour le 21e siècle.
Il s'agit là d'une réelle possibilité de promouvoir de nouvelles solutions pour répondre aux défis auxquels sont confrontées nos sociétés européennes.
Parmi ces défis, il y a bien sûr le changement démographique, le progrès technologique de plus en plus rapide, mais aussi l'impact social de la mondialisation.
La diversification des formes de mobilité chez les travailleurs ainsi que l'augmentation des migrations, qui est probablement inévitable, posent des défis nouveaux auxquels nous devons répondre.
Ce sont des questions que nous devons aborder pour préserver et renforcer notre modèle social européen.
Je suis convaincu que l'agenda social est le véhicule approprié pour proposer une première réponse construite et adaptée aux enjeux de la mobilité pour la protection des travailleurs.
Le débat que le Parlement européen s'apprête à mener dans le cadre de son rapport d'initiative va aussi dans le bon sens.
La Commission s'engage d'ailleurs à y prendre une part active et à faciliter les discussions et la recherche de solutions.
Je souhaite travailler dans un esprit ouvert, exigeant, et en prise avec les réalités économiques et sociales.
Je souhaite que nous avancions aussi de manière constructive et sereine.
La complexité des réalités sociales rend plus difficile la formulation de solutions "clé en main".
Il est nécessaire de se donner du temps dans le cadre de la discussion en cours sur l'agenda social.
C'est comme cela que pourra émerger une approche globale et plus protectrice pour les travailleurs de l'Union.
L'intervention du Commissaire clôture le débat.
Je dois reconnaître que, même s'il n'est pas courant pour la présidence de s'exprimer ainsi, je le clôture avec une certaine perplexité.
Cela doit être dû au fait que pendant trente ans, je me suis battu pour faire en sorte qu'un travailleur espagnol en Suède ou en Allemagne ne gagne pas moins qu'un travailleur allemand ou suédois, et que pendant vingt autres années, je me suis battu pour qu'un travailleur polonais, roumain ou marocain ne gagne pas moins en Espagne qu'un travailleur espagnol.
(Applaudissements)
Déclarations écrites (article 142 du règlement)
par écrit. - (PT) Les récents arrêts de la Cour de justice dans les affaires Laval-Vaxholm en Suède et Viking Line en Finlande et à présent dans l'affaire Rüffert en Allemagne ne font que mettre en évidence les véritables objectifs et priorités de cette Union européenne.
Pour être plus précis, la "primauté" du principe de "liberté d'établissement", tel qu'énoncé aux articles 43 et 46 du traité, qui interdit toute "restriction à la liberté d'établissement".
La Cour de justice considère comme une "restriction" et, partant, comme "illégale" au titre du droit communautaire, la liberté des travailleurs et de leurs organes représentatifs de défendre leurs droits et leurs intérêts, à savoir le respect de ce qui a été convenu dans le cadre de conventions collectives.
Cette façon de penser légitime le dumping social et les critiques à l'égard des négociations et conventions collectives dans l'UE et encourage la "concurrence" entre travailleurs en imposant, dans la pratique, la prévalence du principe du "pays d'origine", c'est-à-dire en versant des salaires inférieurs et en dégradant la protection des droits des travailleurs dans les relations contractuelles avec les employeurs.
Ces arrêts font apparaître la nature de la classe communautaire ainsi que ceux à qui ses politiques néolibérales profitent réellement (et par qui elles sont conduites); ils font taire les beaux discours au sujet de l'"Europe sociale" souvent proclamée et montrent à quel point les politiques de l'UE sont un affront pour les droits durement acquis des travailleurs.
par écrit. - La façon dont on se sert des traités existants pour saper les droits des travailleurs est un scandale.
La Cour de justice européenne a déclaré que son arrêt dans l'affaire Rüffert est conforme aux dispositions des traités existants.
Le traité de Lisbonne ne va rien faire pour améliorer cette situation.
La protection des travailleurs vulnérables dans l'ensemble de l'Union européenne aurait dû être assurée dans les négociations relatives au traité.
Elle ne l'a pas été.
La direction dans laquelle le traité souhaite emmener l'Europe fragilise fondamentalement le modèle social de l'Europe.
En Irlande, depuis Irish Ferries et avant cela, nous savons que la prééminence du marché intérieur entraîne des situations où les droits des travailleurs sont ébranlés.
Je souscris à l'esprit de l'appel lancé par la CES en faveur de l'intégration d'une clause relative au progrès social dans le traité. Je suis convaincue que la seule façon de protéger les droits des travailleurs à l'avenir consiste à rejeter ce traité et à renvoyer les États membres à la table des négociations.
Un nouveau traité pourrait fermement établir que les droits fondamentaux, le droit de grève et le droit des travailleurs de prendre des mesures collectives afin d'améliorer leurs conditions de travail et de vie au-delà des normes minimales l'emporteraient sur le marché intérieur.
par écrit. - (FI) La Cour de justice des Communautés européennes a rendu trois arrêts contre le mouvement syndical et l'on peut dès lors s'attendre à d'autres décisions de la Cour dans des affaires du même ordre.
Les affaires concernent Viking Line, Vaxholm (Laval) et Rüffert, et dans toutes ces affaires, la Cour a interprété les traités d'un seul point de vue, à savoir celui de la libre concurrence, sans tenir compte de la volonté du Parlement.
La proposition relative au respect des conditions de travail du pays d'origine dans le cas des travailleurs détachés, comme dans la "directive Bolkestein", a été rejetée.
Malheureusement, avec les décisions qu'elle a prises dans ces différents cas, la Cour a joué le rôle de législateur et n'a pas tenu compte de la volonté du véritable législateur, en l'occurrence le Parlement européen.
La Commission ne devrait pas défendre ce non-respect des compétences de la part de cette institution. |
Dave Isay: Everyone around you has a story the world needs to hear
TED Talk Subtitles and Transcript: Dave Isay opened the first StoryCorps booth in New York’s Grand Central Terminal in 2003 with the intention of creating a quiet place where a person could honor someone who mattered to them by listening to their story. Since then, StoryCorps has evolved into the single largest collection of human voices ever recorded. His TED Prize wish: to grow this digital archive of the collective wisdom of humanity. Hear his vision to take StoryCorps global — and how you can be a part of it by interviewing someone with the StoryCorps app.
Tonight, I'm going to try to make the case that inviting a loved one, a friend or even a stranger to record a meaningful interview with you just might turn out to be one of the most important moments in that person's life, and in yours.
When I was 22 years old, I was lucky enough to find my calling when I fell into making radio stories.
At almost the exact same time, I found out that my dad, who I was very, very close to, was gay.
I was taken completely by surprise.
We were a very tight-knit family, and I was crushed.
At some point, in one of our strained conversations, my dad mentioned the Stonewall riots.
He told me that one night in 1969, a group of young black and Latino drag queens fought back against the police at a gay bar in Manhattan called the Stonewall Inn, and how this sparked the modern gay rights movement.
It was an amazing story, and it piqued my interest.
So I decided to pick up my tape recorder and find out more.
With the help of a young archivist named Michael Shirker, we tracked down all of the people we could find who had been at the Stonewall Inn that night.
Recording these interviews, I saw how the microphone gave me the license to go places I otherwise never would have gone and talk to people I might not otherwise ever have spoken to.
I had the privilege of getting to know some of the most amazing, fierce and courageous human beings I had ever met.
It was the first time the story of Stonewall had been told to a national audience.
I dedicated the program to my dad, it changed my relationship with him, and it changed my life.
Over the next 15 years, I made many more radio documentaries, working to shine a light on people who are rarely heard from in the media.
Over and over again, I'd see how this simple act of being interviewed could mean so much to people, particularly those who had been told that their stories didn't matter.
I could literally see people's back straighten as they started to speak into the microphone.
In 1998, I made a documentary about the last flophouse hotels on the Bowery in Manhattan.
Guys stayed up in these cheap hotels for decades.
They lived in cubicles the size of prison cells covered with chicken wire so you couldn't jump from one room into the next.
Later, I wrote a book on the men with the photographer Harvey Wang.
I remember walking into a flophouse with an early version of the book and showing one of the guys his page.
He stood there staring at it in silence, then he grabbed the book out of my hand and started running down the long, narrow hallway holding it over his head shouting, "I exist! I exist."
In many ways, "I exist" became the clarion call for StoryCorps, this crazy idea that I had a dozen years ago.
The thought was to take documentary work and turn it on its head.
Traditionally, broadcast documentary has been about recording interviews to create a work of art or entertainment or education that is seen or heard by a whole lot of people, but I wanted to try something where the interview itself was the purpose of this work, and see if we could give many, many, many people the chance to be listened to in this way.
So in Grand Central Terminal 11 years ago, we built a booth where anyone can come to honor someone else by interviewing them about their life.
You come to this booth and you're met by a facilitator who brings you inside.
You sit across from, say, your grandfather for close to an hour and you listen and you talk.
Many people think of it as, if this was to be our last conversation, what would I want to ask of and say to this person who means so much to me?
At the end of the session, you walk away with a copy of the interview and another copy goes to the American Folklife Center at the Library of Congress so that your great-great-great-grandkids can someday get to know your grandfather through his voice and story.
So we open this booth in one of the busiest places in the world and invite people to have this incredibly intimate conversation with another human being.
I had no idea if it would work, but from the very beginning, it did.
People treated the experience with incredible respect, and amazing conversations happened inside.
I want to play just one animated excerpt from an interview recorded at that original Grand Central Booth.
This is 12-year-old Joshua Littman interviewing his mother, Sarah.
Josh has Asperger's syndrome.
As you may know, kids with Asperger's are incredibly smart but have a tough time socially.
They usually have obsessions.
In Josh's case, it's with animals, so this is Josh talking with his mom Sarah at Grand Central nine years ago.
Josh Littman: From a scale of one to 10, do you think your life would be different without animals?
Sarah Littman: I think it would be an eight without animals, because they add so much pleasure to life.
JL: How else do you think your life would be different without them?
SL: I could do without things like cockroaches and snakes.
JL: Well, I'm okay with snakes as long as they're not venomous or constrict you or anything.
SL: Yeah, I'm not a big snake person -- JL: But cockroach is just the insect we love to hate.
SL: Yeah, it really is.
JL: Have you ever thought you couldn't cope with having a child?
SL: I remember when you were a baby, you had really bad colic, so you would just cry and cry.
JL: What's colic? SL: It's when you get this stomach ache and all you do is scream for, like, four hours.
JL: Even louder than Amy does?
SL: You were pretty loud, but Amy's was more high-pitched.
JL: I think it feels like everyone seems to like Amy more, like she's the perfect little angel.
SL: Well, I can understand why you think that people like Amy more, and I'm not saying it's because of your Asperger's syndrome, but being friendly comes easily to Amy, whereas I think for you it's more difficult, but the people who take the time to get to know you love you so much.
JL: Like Ben or Eric or Carlos? SL: Yeah -- JL: Like I have better quality friends but less quantity? SL: I wouldn't judge the quality, but I think -- JL: I mean, first it was like, Amy loved Claudia, then she hated Claudia, she loved Claudia, then she hated Claudia.
SL: Part of that's a girl thing, honey.
The important thing for you is that you have a few very good friends, and really that's what you need in life.
JL: Did I turn out to be the son you wanted when I was born?
Did I meet your expectations?
SL: You've exceeded my expectations, sweetie, because, sure, you have these fantasies of what your child's going to be like, but you have made me grow so much as a parent, because you think -- JL: Well, I was the one who made you a parent.
SL: You were the one who made me a parent. That's a good point. But also because you think differently from what they tell you in the parenting books, I really had to learn to think outside of the box with you, and it's made me much more creative as a parent and as a person, and I'll always thank you for that.
JL: And that helped when Amy was born?
SL: And that helped when Amy was born, but you are so incredibly special to me and I'm so lucky to have you as my son.
David Isay: After this story ran on public radio, Josh received hundreds of letters telling him what an amazing kid he was.
His mom, Sarah, bound them together in a book, and when Josh got picked on at school, they would read the letters together.
I just want to acknowledge that two of my heroes are here with us tonight.
Sarah Littman and her son Josh, who is now an honors student in college.
You know, a lot of people talk about crying when they hear StoryCorps stories, and it's not because they're sad. Most of them aren't.
I think it's because you're hearing something authentic and pure at this moment, when sometimes it's hard to tell what's real and what's an advertisement.
It's kind of the anti-reality TV.
Nobody comes to StoryCorps to get rich. Nobody comes to get famous.
It's simply an act of generosity and love.
So many of these are just everyday people talking about lives lived with kindness, courage, decency and dignity, and when you hear that kind of story, it can sometimes feel like you're walking on holy ground.
So this experiment in Grand Central worked, and we expanded across the country.
Today, more than 100,000 people in all 50 states in thousands of cities and towns across America have recorded StoryCorps interviews.
It's now the largest single collection of human voices ever gathered.
We've hired and trained hundreds of facilitators to help guide people through the experience.
Most serve a year or two with StoryCorps traveling the country, gathering the wisdom of humanity.
They call it bearing witness, and if you ask them, all of the facilitators will tell you that the most important thing they've learned from being present during these interviews is that people are basically good.
And I think for the first years of StoryCorps, you could argue that there was some kind of a selection bias happening, but after tens of thousands of interviews with every kind of person in every part of the country -- rich, poor, five years old to 105, 80 different languages, across the political spectrum -- you have to think that maybe these guys are actually onto something.
I've also learned so much from these interviews.
I've learned about the poetry and the wisdom and the grace that can be found in the words of people all around us when we simply take the time to listen, like this interview between a betting clerk in Brooklyn named Danny Perasa who brought his wife Annie to StoryCorps to talk about his love for her.
Danny Perasa: You see, the thing of it is, I always feel guilty when I say "I love you" to you.
And I say it so often. I say it to remind you that as dumpy as I am, it's coming from me.
It's like hearing a beautiful song from a busted old radio, and it's nice of you to keep the radio around the house.
Annie Perasa: If I don't have a note on the kitchen table, I think there's something wrong.
You write a love letter to me every morning. DP: Well, the only thing that could possibly be wrong is I couldn't find a silly pen.
AP: To my princess: The weather outside today is extremely rainy.
I'll call you at 11:20 in the morning.
DP: It's a romantic weather report.
AP: And I love you. I love you. I love you.
DP: When a guy is happily married, no matter what happens at work, there's a shelter when you get home, there's a knowledge knowing that you can hug somebody without them throwing you downstairs and saying, "Get your hands off me."
Being married is like having a color television set.
You never want to go back to black and white.
DI: Danny was about five feet tall with crossed eyes and one single snaggletooth, but Danny Perasa had more romance in his little pinky than all of Hollywood's leading men put together.
What else have I learned?
I've learned about the almost unimaginable capacity for the human spirit to forgive.
I've learned about resilience and I've learned about strength.
Like an interview with Oshea Israel and Mary Johnson.
When Oshea was a teenager, he murdered Mary's only son, Laramiun Byrd, in a gang fight.
A dozen years later, Mary went to prison to meet Oshea and find out who this person was who had taken her son's life.
Slowly and remarkably, they became friends, and when he was finally released from the penitentiary, Oshea actually moved in next door to Mary.
This is just a short excerpt of a conversation they had soon after Oshea was freed.
Mary Johnson: My natural son is no longer here.
I didn't see him graduate, and now you're going to college.
I'll have the opportunity to see you graduate.
I didn't see him get married.
Hopefully one day, I'll be able to experience that with you.
Oshea Israel: Just to hear you say those things and to be in my life in the manner in which you are is my motivation.
It motivates me to make sure that I stay on the right path.
You still believe in me, and the fact that you can do it despite how much pain I caused you, it's amazing.
MJ: I know it's not an easy thing to be able to share our story together, even with us sitting here looking at each other right now.
I know it's not an easy thing, so I admire that you can do this.
OI: I love you, lady. MJ: I love you too, son.
DI: And I've been reminded countless times of the courage and goodness of people, and how the arc of history truly does bend towards justice.
Like the story of Alexis Martinez, who was born Arthur Martinez in the Harold Ickes projects in Chicago.
In the interview, she talks with her daughter Lesley about joining a gang as a young man, and later in life transitioning into the woman she was always meant to be.
This is Alexis and her daughter Lesley.
Alexis Martinez: One of the most difficult things for me was I was always afraid that I wouldn't be allowed to be in my granddaughters' lives, and you blew that completely out of the water, you and your husband.
One of the fruits of that is, in my relationship with my granddaughters, they fight with each other sometimes over whether I'm he or she.
Lesley Martinez: But they're free to talk about it.
AM: They're free to talk about it, but that, to me, is a miracle.
LM: You don't have to apologize. You don't have to tiptoe.
We're not going to cut you off, and that's something I've always wanted you to just know, that you're loved.
AM: You know, I live this every day now.
I walk down the streets as a woman, and I really am at peace with who I am.
I mean, I wish I had a softer voice maybe, but now I walk in love and I try to live that way every day.
DI: Now I walk in love.
I'm going to tell you a secret about StoryCorps.
It takes some courage to have these conversations.
StoryCorps speaks to our mortality.
Participants know this recording will be heard long after they're gone.
There's a hospice doctor named Ira Byock who has worked closely with us on recording interviews with people who are dying.
He wrote a book called "The Four Things That Matter Most" about the four things you want to say to the most important people in your life before they or you die: thank you, I love you, forgive me, I forgive you.
They're just about the most powerful words we can say to one another, and often that's what happens in a StoryCorps booth.
It's a chance to have a sense of closure with someone you care about -- no regrets, nothing left unsaid.
And it's hard and it takes courage, but that's why we're alive, right?
So, the TED Prize.
When I first heard from TED and Chris a few months ago about the possibility of the Prize, I was completely floored.
They asked me to come up with a very brief wish for humanity, no more than 50 words.
So I thought about it, I wrote my 50 words, and a few weeks later, Chris called and said, "Go for it."
So here is my wish: that you will help us take everything we've learned through StoryCorps and bring it to the world so that anyone anywhere can easily record a meaningful interview with another human being which will then be archived for history.
How are we going to do that? With this.
We're fast moving into a future where everyone in the world will have access to one of these, and it has powers I never could have imagined 11 years ago when I started StoryCorps.
It has a microphone, it can tell you how to do things, and it can send audio files.
Those are the key ingredients.
So the first part of the wish is already underway.
Over the past couple of months, the team at StoryCorps has been working furiously to create an app that will bring StoryCorps out of our booths so that it can be experienced by anyone, anywhere, anytime.
Remember, StoryCorps has always been two people and a facilitator helping them record their conversation, which is preserved forever, but at this very moment, we're releasing a public beta version of the StoryCorps app.
The app is a digital facilitator that walks you through the StoryCorps interview process, helps you pick questions, and gives you all the tips you need to record a meaningful StoryCorps interview, and then with one tap upload it to our archive at the Library of Congress.
That's the easy part, the technology.
The real challenge is up to you: to take this tool and figure out how we can use it all across America and around the world, so that instead of recording thousands of StoryCorps interviews a year, we could potentially record tens of thousands or hundreds of thousands or maybe even more.
Imagine, for example, a national homework assignment where every high school student studying U.S. history across the country records an interview with an elder over Thanksgiving, so that in one single weekend an entire generation of American lives and experiences are captured.
Or imagine mothers on opposite sides of a conflict somewhere in the world sitting down not to talk about that conflict but to find out who they are as people, and in doing so, begin to build bonds of trust; or that someday it becomes a tradition all over the world that people are honored with a StoryCorps interview on their 75th birthday; or that people in your community
go into retirement homes or hospitals or homeless shelters or even prisons armed with this app to honor the people least heard in our society and ask them who they are, what they've learned in life, and how they want to be remembered.
Ten years ago, I recorded a StoryCorps interview with my dad who was a psychiatrist, and became a well-known gay activist.
This is the picture of us at that interview.
I never thought about that recording until a couple of years ago, when my dad, who seemed to be in perfect health and was still seeing patients 40 hours a week, was diagnosed with cancer.
He passed away very suddenly a few days later.
It was June 28, 2012, the anniversary of the Stonewall riots.
I listened to that interview for the first time at three in the morning on the day that he died.
I have a couple of young kids at home, and I knew that the only way they were going to get to know this person who was such a towering figure in my life would be through that session.
I thought I couldn't believe in StoryCorps any more deeply than I did, but it was at that moment that I fully and viscerally grasped the importance of making these recordings.
Every day, people come up to me and say, "I wish I had interviewed my father or my grandmother or my brother, but I waited too long."
Now, no one has to wait anymore.
At this moment, when so much of how we communicate is fleeting and inconsequential, join us in creating this digital archive of conversations that are enduring and important.
Help us create this gift to our children, this testament to who we are as human beings.
I hope you'll help us make this wish come true.
Interview a family member, a friend or even a stranger.
Together, we can create an archive of the wisdom of humanity, and maybe in doing so, we'll learn to listen a little more and shout a little less.
Maybe these conversations will remind us what's really important.
And maybe, just maybe, it will help us recognize that simple truth that every life, every single life, matters equally and infinitely.
Thank you very much.
Thank you. Thank you.
Thank you. | Dave Isay : Tout le monde a une histoire que le monde doit entendre
TED Talk Subtitles and Transcript: Dave Isay a inauguré la première cabine d'enregistrement StoryCorps à Grand Central Terminal, à New York, en 2003, avec l'intention de créer un lieu paisible où l'on puisse honorer une personne qui nous est chère en écoutant son histoire. Depuis ce jour, le projet StoryCorps s'est transformé en la plus vaste collection de voix humaines jamais enregistrée. Son souhait en tant que lauréat du prix TED : étendre ces archives numériques du savoir collectif du genre humain. Écoutez-le lorsqu'il donne sa vision de l'avenir à l'échelle globale de StoryCorps — et lorsqu'il explique comment vous pouvez y participer en interviewant vous-même quelqu'un avec l'application StoryCorps.
Ce soir, je vais essayer de vous convaincre qu'inviter un proche, un ami, ou même un étranger à enregistrer une entrevue significative avec vous pourrait être l'un des moments les plus marquants de la vie de cette personne et de la vôtre.
Quand j'avais 22 ans, j'ai eu la chance de trouver ma vocation en faisant des reportages à la radio.
Et quasiment au même moment, j'ai découvert que mon père, avec qui j'étais très proche, était gay.
J'étais complètement surpris.
Nous étions une famille très soudée, et j'étais brisé.
Un jour, lors d'un de nos échanges tendus, mon père m'a parlé des émeutes de Stonewall.
Il m'a raconté qu'une nuit de 1969, un groupe de jeunes drag queens noirs latinos s'était battu contre la police dans un bar gay de Manhattan appelé le Stonewall Inn, ce qui déclencha le mouvement moderne de défense des droits des gays.
C'était une histoire passionante, et cela a éveillé mon intérêt.
J'ai décidé de prendre mon magnétophone et de chercher à en savoir plus.
Avec l'aide d'un jeune archiviste appelé Michael Shirker, nous avons recherché tous ceux qu'on pouvait retrouver qui étaient à Stonewall Inn cette nuit là.
En enregistrant ces entrevues, j'ai constaté que le micro me permettait d'aller là où je ne serais jamais allé autrement et de parler à des gens auxquels je n'aurais autrement jamais parlés.
J'ai eu le privilège de connaître certains des êtres humains les plus exceptionnels, féroces, et courageux que je n'ai jamais rencontrés.
Pour la premère fois, l'histoire de Stonewall atteignait un auditoire national.
J'ai dédié l'émission à mon père. Ça a changé ma relation avec lui, et ça a changé ma vie.
Pendant les 15 années suivantes, j'ai fait beaucoup d'autres documentaires, tentant de mettre en avant ceux souvent oubliés par les médias.
Je voyais encore et toujours que ce simple acte d'être interviewé, pouvait être si important pour les gens, surtout ceux à qui on avait dit que leur histoire ne comptait pas.
Je pouvais littéralement voir le dos des gens se redresser lorsqu'ils commençaient à parler dans le microphone.
En 1998, j'ai fait un documentaire sur les derniers asiles de nuit sur la Bowery à Manhattan.
Des gens logeaient dans ces hotels à bas prix pendant des décennies.
Ils vivaient dans des carrés de la taille de cellules de prison entourés de barbelés pour ne pas passer d'une chambre à l'autre.
J'ai écrit un livre sur ces hommes avec le photographe Harvey Wang.
Je me rappelle être entré dans l'asile avec une version préliminaire du livre et en avoir montré une page à l'un des hommes.
Il se tenait là, le contemplant en silence, et puis il a arraché le livre de ma main et il a commencé à courir dans un couloir étroit en le brandissant au-dessus de sa tête et en criant : « J'existe, j'existe ! »
En fait, « j'existe » est devenu l'origine de StoryCorps, c'est-à-dire cette idée folle que j'ai eu il y a douze ans.
Le concept était de prendre le travail documentaire et de le renverser.
Traditionnellement, il consiste en l'enregistrement d'entrevues afin de créer un produit artistique, de divertissement, ou encore éducatif, qui va être regardé ou écouté par un groupe de personnes, Mais je voulais tenter une expérience qui avait comme objectif l'entrevue elle-même, et voir si l'on pouvait donner à plein de gens la possibilité d'être écoutés grâce à ça.
Alors, dans Grand Central Terminal, il y a onze ans, on a érigé une cabine d'enregistrement où n'importe qui pouvait honorer un individu en l'interviewant sur sa vie.
Vous arrivez à la cabine, une personne vient et vous fait entrer.
Vous vous asseyez devant votre grand-père, par exemple, pendant presque une heure, et vous l'écoutez et vous parlez.
Beaucoup de gens se disaient : si c'était notre dernière conversation, qu'est-ce que je voudrais dire et demander à cette personne qui m'est si chère ?
La séance terminée, une copie de l'entrevue vous est consignée et une deuxième est envoyée à l'American Folklife Center, à la Bibliothèque du Congrès. pour que vos petits-petits-petits-enfants puissent connaître leur grand-père par sa voix et son histoire.
On a inauguré cette cabine dans l'un des endroits plus fréquentés au monde et on a invité les gens à avoir cette conversation intime avec un autre être humain.
Je ne savais pas si ça allait marcher, mais dès le début ça a fonctionné.
Les gens traitaient l'expérience avec très grand respect, et d'incroyables conversations ont eu lieu là-dedans.
Je voudrais vous montrer un extrait animé seulement, tiré d'une entrevue enregistrée dans la cabine à Grand Central.
C'est Joshua Littman, âgé 12 ans, lorsqu'il interviewe sa mère, Sarah.
Josh souffre du syndrome d'Asperger.
Les enfants souffrant de ce syndrome sont extrêmement intelligents, mais ont des difficultés dans les relations sociales.
Ils ont souvent des obsessions.
Dans le cas de Josh, c'était les animaux. Donc voilà Josh qui parle avec sa mère Sarah dans Grand Central il y a neuf ans.
Josh Littman : Sur une échelle de 1 à 10, tu crois que ta vie serait différente sans animaux ?
Sarah Littman : Je pense que ce serait un huit sans animaux, car ils apportent un tel plaisir à la vie.
JL : À quel point penses-tu que ta vie serait différente sans eux ?
SL : Je pourrais faire sans cafards et sans serpents.
JL : Je n'ai rien contre les serpents non venimeux ou constricteurs.
SL : Je ne suis pas une grande fan des serpents. JL : Les cafards ne sont que des insectes qu'on aime haïr.
SL : Oui, c'est tellement vrai.
JL : As-tu déjà pensé ne pas être capable d'élever un enfant?
SL : Quand tu étais bébé, tu avais des coliques très intenses, et tu n'arrêtais pas de pleurer.
JL : Des coliques? SL : C'est quand on a mal au ventre et on ne fait que crier pendant des heures.
JL : Même plus fort qu'Amy ?
SL : Tu criais plutôt fort, mais Amy avais une voix plus aiguë.
JL : Je crois avoir l'impression que tout le monde préfère Amy à moi, comme si elle était un petit ange parfait.
SL : Je peux comprendre pourquoi tu penses que les gens la préférent, et ce n'est pas dû au syndrome d'Asperger, mais, c'est plus facile d'être aimable pour Amy, et je crois que c'est plus difficile pour toi. Mais ceux qui prennent le temps de te connaître t'aiment tellement.
JL : Comme Ben, ou Eric, ou Carlos ? SL : Oui. JL : Peut-être que j'ai des amis de meilleure qualité en moins grande quantité ? SL : Je ne jugerais pas leur qualité, mais... JL : Avant Amy aimait Claudia, puis elle détestait Claudia, elle l'aimait et puis la détestait.
SL : C'est en partie une chose de filles, mon chéri.
Ce qui doit t'importer est que tu as des très bons amis, et c'est ce dont tu as besoin dans la vie.
JL : Je suis devenu le fils que tu aurais voulu quand je suis né ?
J'étais à la hauteur de tes attentes ?
SL : Tu les as dépassées, mon coeur, car, bien sûr, on a des fantasies sur comment sera son enfant, mais tu m'as fait grandir tellement en tant que parent, parce que tu penses -- JL : J'étais celui qui t'a fait un parent.
SL : Tu étais celui qui m'a rendu parent. Bien dit. Mais aussi, tu penses différemment de ce qu'on nous dit dans les livres pour parents. J'ai vraiment dû me servir de mon imagination, et ça m'a rendue beaucoup plus créative en tant que parent et personne, je t'en serai toujours reconnaissante.
JL : Ça t'a aidé quand Amy est née ?
JL : Oui, ça m'a aidé, mais tu es si spécial pour moi, je suis chanceuse de t'avoir comme fils.
David Isay : Après la diffusion à la radio, Josh a reçu des centaines de lettres lui disant qu'il était un enfant incroyable.
Sa mère, Sarah, les a recueillies dans un livre, et chaque fois que Josh était harcelé à l'école, ils les lisaient ensemble.
Je veux simplement vous dire que deux de mes héros sont ici avec nous ce soir.
Sarah Littman et son fils Josh, étudiant avec mérite à l'université.
Beaucoup de gens disent avoir pleuré en écoutant les histoires de StoryCorps, ce n'est pas parce qu'elles sont tristes, la plupart ne le sont pas.
Je pense que c'est parce qu'on entend quelque chose d'authentique et pur, alors qu'il est parfois difficile de distinguer la réalité de la publicité.
C'est une espèce de télévision anti-réalité.
Personne ne vient pour l'argent, personne ne vient pour devenir célèbre.
C'est tout simplement un acte d'amour et de générosité.
La plupart d'entre eux sont des gens ordinaires, qui parlent de vies vécues avec bonté, courage, décence, et dignité. Quand on entend une histoire pareille, parfois on peut avoir l'impression de marcher sur un sol sacré.
Alors, cette expérience dans Grand Central a marché, et s'est répandue à l'échelle nationale.
Aujourd'hui, plus de 100 000 personnes dans tous les 50 états dans des milliers de villes partout en Amérique ont enregistré des entrevues chez StoryCorps.
C'est la plus vaste collection de voix humaines jamais rassemblées.
Nous avons employé et formé des centaines de facilitateurs afin d'aider les personnes à travers l'expérience.
La plupart travaillent pendant 1 an ou 2 chez StoryCorps en se déplaçant à travers le pays, rassemblant la sagesse humaine.
Ils appellent cela des témoignages, et si vous leur demandez, tous vous répondront que la chose la plus importante qu'ils ont apprise en assistant aux entrevues est que les gens sont fondamentalement bons.
Pendant les premières années de StoryCorps, on pouvait soutenir qu'il existait une sorte de préjugé au niveau de sélection, mais après des dizaines de millers d'entrevues avec tout genre de gens partout dans le pays -- riches, pauvres, âgés de 5 à 105 ans, dans 80 langues, de tout l'éventail politique -- il faut penser que peut-être qu'ils ont raison.
Moi aussi, j'ai appris beaucoup de ces entrevues.
J'ai appris la poésie, la sagesse, la grâce, qu'on peut trouver dans les mots de ceux qui nous entourent si seulement on prend le temps d'écouter. Par exemple, cette entrevue entre un preneur de paris de Brooklyn, Danny Perasa, et qui a amené sa femme chez StoryCorps afin de parler de son amour pour elle.
Danny Perasa : Tu vois, je me sens toujours coupable quand je te dis que je t'aime.
Et je le dis si souvent. Je le dis pour te rappeler que, même si je suis courtaud, c'est de ma part.
C'est écouter une jolie chanson qui vient d'une vieille radio rouillée, et tu es gentil de garder cette radio chez toi.
Annie Perasa : Si je ne trouve pas de mot sur la table, il y a un problème.
Tu m'écris une lettre d'amour par jour. DP : Le seul problème possible, c'est que je ne puisse pas trouver un stupide stylo.
AP : À ma princesse : Aujourd'hui il pleut beaucoup dehors.
Je t'appellerai à 11h20 du matin.
DP : C'est un bulletin météo romantique.
AP : Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime.
DP : Avec un mariage heureux, peu importe ce qui se passe au travail, ou pendant la journée. on a toujours un abri chez soi, on a la certitude de pouvoir donner un câlin à quelqu'un sans que cette personne ne te jette en bas de l'escalier en disant : « Laisse-moi ! »
Être marié est comme avoir un téléviseur couleur.
On ne voudrait plus revenir au noir et blanc.
DI : Danny mesurait un mètre cinquante, il louchait et il avait une dent de travers, mais Danny Perasa possédait plus de romanticisme dans son petit doigt que toutes les vedettes d'Hollywood mises ensemble.
Qu'est ce-que j'ai appris d'autre ?
J'ai appris la capacité presque inimaginable de l'esprit humain à oublier.
J'ai appris la ténacité et j'ai appris la force.
Comme dans l'entrevue avec Oshea Israel et Mary Johnson.
Quand Oshea était adolescent, il a assassiné le seul enfant de Mary, Laramiun Byrd, dans une bagarre entre gangs.
Douze ans plus tard, Mary est allée à la prison pour rencontrer Oshea et découvrir qui était la personne qui avait pris la vie de son fils.
Lentement et incroyablement, ils devinrent amis, et le jour où il fut relâché du pénitencier, Oshea déménagea dans la maison voisine de celle de Mary.
Vous allez voir seulement un extrait de la conversation qu'ils ont eue après la libération d'Oshea.
Mary Johnson : Mon fils n'est plus là.
Je ne l'ai pas vu obtenir son diplôme, et maintenant tu vas à l'université.
J'aurai l'occasion de te voir l'obtenir.
Je ne l'ai pas vu se marier.
J'espère qu'un jour je pourrai le voir à travers toi.
Oshea Israel : Simplement t'entendre dire ces choses et t'avoir dans ma vie de la manière dont tu y es représente ma motivation.
Ça me motive à faire un effort pour rester sur le juste chemin.
Tu crois toujours en moi, et le fait que tu puisses le faire malgré le mal que je t'ai causé, c'est incroyable.
MJ : Je sais que ce n'est pas facile de partager notre histoire, même si nous sommes assis ici en nous regardant maintenant.
Je sais que ce n'est pas facile, et j'admire le fait que tu y arrives.
OI : Je t'aime, Madame. MJ : Je t'aime, mon fils.
DI : J'ai eu d'innombrables démonstrations du courage et de la bonté des gens, et du fait que l'arc de l'histoire se courbe vraiment vers la justice.
Comme l'histoire d'Alexis Martinez, né Arthur Martinez dans les logements sociaux de M. Ickes à Chicago.
Dans l'entrevue, elle parle avec sa fille Lesley à propos de sa jeunesse dans un gang en tant qu'homme, et de sa transition, plus tard, vers la femme qu'elle a toujours voulu être.
Voilà donc Alexis et sa fille Lesley.
Alexis Martinez : L'une des choses les plus difficiles pour moi était ma peur de ne plus pouvoir faire partie de la vie de mes petites-filles, et vous l'avez écartée complètement, ton mari et toi.
L'une des conséquences est ma relation avec mes petites-filles. Elles se battent parfois pour déterminer si je suis un homme ou une femme.
Lesley Martinez : Mais elles sont libres d'en parler.
AM : Elles sont libres d'en parler, mais pour moi c'est un miracle.
LM : Tu ne dois pas t'excuser. Tu ne dois pas hésiter.
Nous ne couperons pas les liens avec toi et c'est quelque chose que j'ai toujours voulu que tu saches, que tu es aimée.
AM : Tu sais, je l'expérimente tous les jours maintenant.
Je marche dans la rue en tant que femme et je me sens en paix avec qui je suis.
Je veux dire, je voudrais peut-être avoir une voix plus douce, mais maintenant je marche dans l'amour et j'essaie de vivre comme ça chaque jour.
DI : Maintenant je marche dans l'amour.
Je vais vous dire un secret au sujet de StoryCorps.
Il faut du courage pour soutenir ces conversations.
StoryCorps parle à notre mortalité.
Les participants savent que leur dialogues seront écoutés longtemps après leur mort.
Il y a un médecin qui s'appelle Ira Byock, qui a enregistré avec nous des entrevues avec des patients en phase terminale.
Il a écrit le livre « Les 4 choses les plus importantes » au sujet des 4 choses que l'on veut dire aux personnes les plus importantes dans sa vie avant leur mort ou la vôtre : merci, je t'aime, excuse-moi, je te pardonne.
Ce sont les mots les plus puissants que l'on puisse se dire, et c'est très souvent ce qui se passe dans une cabine StoryCorps.
C'est une occasion pour tourner la page avec quelqu'un qui nous est cher. Aucun regret, tout est dit.
C'est difficile et il faut du courage, mais c'est pour ça que nous vivons, n'est-ce pas ?
Le Prix TED.
La première fois que TED m'a informé, il y a quelques mois, de la possibilité d'obtenir le prix, j'étais totalement étonné.
Ils m'ont demandé de penser à un rêve pour l'humanité, très bref, qui ne dépasse pas 50 mots.
J'y ai donc pensé, j'ai écrit mes 50 mots, et quelques semaine plus tard, Chris m'a téléphoné et m'a dit : « Vas-y ! »
Voilà donc mon rêve : que vous nous aidiez à rassembler tout ce que nous avons appris grâce à StoryCorps et à l'offrir au monde pour que toute personne, partout, puisse enregistrer une entrevue avec un autre être humain, qui sera archivée pour l'histoire.
Comment est-ce que nous allons faire ? Avec ça.
Nous avançons rapidement dans un avenir où tout le monde aura accès à un smartphone. Il possède des pouvoirs que je n'aurais jamais pu imaginer il y a 11 ans quand j'ai créé StoryCorps.
Il est doté d'un microphone, il peut vous donner des instructions, et il peut envoyer des fichiers audio.
Ce sont les ingrédients clés.
La première partie du rêve est déjà en cours.
Au cours des derniers mois, l'équipe de StoryCorps a travaillé intensément afin de créer une application qui amènera StoryCorps au monde entier, pour que n'importe qui, n'importe où ou quand, puisse l'utiliser.
N'oubliez pas, StoryCorps a toujours été deux personnes et un facilitateur les aidant à enregistrer leur conversation qui sera préservée pour toujours, mais à cet instant précis, on est en train de lancer une version béta publique de l'app StoryCorps.
L'app est un facilitateur numérique qui vous accompagne à travers le processus d'entrevue de StoryCorps, vous aide à choisir les questions, et vous donne tous les conseils nécessaires pour enregistrer une entrevue StoryCorps signifiante, et la télécharger dans nos archives dans la Bibliothèque du Congrès.
C'est le côté simple, la technologie.
Le vrai défi c'est à vous : prendre cet outil et comprendre comment on peut l'utiliser partout en Amérique et dans le monde, pour que, au lieu d'enregistrer des milliers d'entrevues StoryCorps par an, l'on puisse enregistrer des dizaines de milliers ou des centaines de milliers ou même plus.
Imaginez, par exemple, un travail assigné au niveau national où tous les lycéens qui étudient l'histoire américaine dans ce pays enregistrent une entrevue avec une personne plus âgée pendant Thanksgiving. Pour qu'en une seule semaine, les vies et les expériences d'une génération entière soient saisies.
Ou imaginez des mères qui appartiennent à deux côtés opposés d'un conflit qui ne parlent pas du conflit, mais découvrent qui elles sont en tant que personnes, et à travers ça, qui commencent à établir des liens de confiance. Ou qu'un jour ce sera une tradition partout dans le monde que les gens soient honorés avec une entrevue StoryCoprs le jour de leur 75ème anniversaire ; ou que les personnes de votre communauté
visitent des maisons de retraite, des hôpitaux, des foyers pour sans-abris, ou des prisons, armées de leur app pour honorer les oubliés de notre société et leur demander qui ils sont, ce qu'ils ont appris dans la vie, et comment ils souhaitent qu'on se rappelle d'eux.
Il y a diz ans, j'ai enregistré une entrevue StoryCorps avec mon père qui était psychiatre avant de devenir un militant gay très connu.
Vous voyez la photo de nous deux pendant cette entrevue.
Je n'ai plus pensé à cet enregistrement jusqu'à il y a deux ans, quand mon père, qui semblait être en parfaite santé, et voyait des patients 40 heures par semaine, a reçu un diagnostic de cancer.
Il est décédé très soudainement quelques jours plus tard.
C'était le 28 juin 2012, l'anniversaire des émeutes de Stonewall.
J'ai écouté cette entrevue pour la première fois à 3h du matin le jour de sa mort.
J'ai deux jeunes enfants chez moi, et je savais que la seule façon pour eux de connaître cette personne, tellement importante dans ma vie, c'était à travers cette session.
Je pensais ne pas pouvoir croire plus profondément en StoryCorps, mais c'était à cet instant-là que j'ai compris viscéralement et complètement l'importance d'enregistrer.
Chaque jour, des personnes viennent me dire : « J'aurais aimé interviewer mon père, ou ma grand-mère, ou mon frère, mais j'ai attendu trop longtemps. »
Aujourd'hui, personne ne doit plus attendre.
En ce moment, où l'on communique de manière si fugace et insignifiante, contribuez avec nous à créer ces archives numériques de conversations qui soient durables et importantes.
Aidez-nous à créer ce cadeau pour nos enfants, ce témoignage de ce que nous sommes en tant qu'êtres humains.
J'espère que vous nous aiderez à réaliser ce rêve.
Interviewez un membre de votre famille, un ami, ou même un inconnu.
Ensemble, nous pouvons créer des archives du savoir collectif, et peut-être que de cette façon nous apprendrons à écouter un peu plus et à crier un peu moins.
Peut-être que ces conversations nous rappelleront ce qui importe réellement.
Et peut-être, peut-être, qu'elles nous aideront à reconnaître la toute simple vérité que toute vie, n'importe quelle vie, est également et infiniment importante.
Merci beaucoup.
Merci, merci beaucoup.
Merci beaucoup. |
Rescuing Yemen
LONDON – Yemen has suddenly joined Afghanistan and Pakistan as a risk to global security.
Indeed, it is increasingly seen as a nascent failed state and potential replacement host for Al Qaeda.
The attempted bombing of a Detroit-bound airliner on Christmas Day by a young Nigerian man trained by Al Qaeda in Yemen appeared to open the West’s eyes to the country’s problems.
Following that failed attack, US President Barack Obama and British Prime Minister Gordon Brown jointly pushed a conference in London to propose solutions for the previously overlooked crises in Yemen.
But if the conference focuses too narrowly on Al Qaeda’s presence in Yemen, it will do more harm than good.
Instead, the conference must aim to address broader issues of political and social stability within Yemen.
Al Qaeda is not the primary danger to Yemen’s security and stability, but Yemen’s geography and political problems are well suited to its activities.
A particularly attractive feature is the prevalence of the severe Wahhabi religious dogma, which was exported to Yemen by Saudi Arabia but now provides fertile ground for recruiting disaffected young Yemeni men for assaults on Saudi Arabia.
Yemen ’s central problems are two: the ongoing civil war that the government is waging against the Houthi tribe in the country’s north, and the suppression of a secessionist movement in the south.
It is the Yemeni government’s inability to find a political solution to these problems that has led Yemen to the brink of fragmentation.
So far, Obama and Brown seem unable to fully grasp the fact that Yemen’s problems go well beyond Al Qaeda’s presence in the country.
As a result, they appear to be playing into Yemeni President Ali Abdullah Saleh’s hands. Saleh wants to use the London conference as a means to leverage Western backing, particularly military aid, to pursue his wars against the Houthis and the southern secessionists.
Saleh has regularly employed the danger of Al Qaeda to obtain additional financial and security support from both the West and Saudi Arabia.
For him, the attempted Christmas Day bombing was a gift from heaven.
Saleh’s dilemma is that Western aid may now come with increased interference in Yemen’s internal affairs at a time when he wants the world to turn a blind eye to his conduct of the country’s civil wars.
The West and Saleh do not have the same enemy.
Al Qaeda is the West’s enemy, while Saleh’s true enemies are the Houthis and the separatists of the south.
But if the West is to curtail Al Qaeda’s activities in Yemen, it will need to push Saleh into reaching accommodations with both the Houthis and the southerners, and this will undoubtedly mean sharing power with them. Saleh will undoubtedly resist such an effort.
Last December, Saleh called for national dialogue, but on his own terms: the Houthis and the southern leaders are to be excluded from the discussions unless they support the Yemeni constitution that has kept Saleh in power for decades.
But Saleh’s hardline approach is failing. More than half of Yemen’s territory is falling out of government control.
The US should not be surprised by any of these developments because American involvement in Yemen is not new.
Al Qaeda in Yemen has been targeted since the USS Cole was bombed while in the port of Aden in 2000.
Missile strikes by US drones last December in Abein and Shabwa killed a number of Al Qaeda members, as well as civilians.
Fighting Al Qaeda in Yemen through such means may temporarily reduce terrorism, but it will not end it.
The real question is whether the West will address Yemen’s failed political and military strategies, which are the root cause of Al Qaeda’s mushrooming presence in the country.
Only if Western intervention aims to rescue the Yemeni state from itself will there be any possibility to contain Al Qaeda.
And it is not just the Yemeni state that is at fault.
Yemen’s neighbors have also played a role.
Saudi Arabia exported both its Wahhabism and Al Qaeda to Yemen by funding thousands of madrassas where fanaticism is taught.
Moreover, since the 1991 Gulf War, Saudi Arabia and Kuwait have been expelling Yemeni workers.
Last month alone, 54,000 Yemeni workers were expelled from Saudi Arabia.
Although Yemen is geographically part of the Arabian Peninsula, it was excluded from the Gulf Cooperation Council, primarily because its size – it is the most populous state on the peninsula – would have given it great influence.
In fact, the Yemeni population exceeds the population of all six GCC members combined.
Saleh received a strong endorsement from the GCC last December for his domestic wars, and Saudi Arabia has been in direct military confrontation with the Houthis, its army having crossed Yemen’s border.
But the GCC members’ failure to open their economies – which are always in need of guest workers – to Yemen’s young men is short-sighted.
The US and Britain, both patrons of the GCC, must encourage its members to include Yemen if they want to solve its problems.
Yemenis are known as skilled labourers.
So, instead of exporting religious radicalism to Yemen, importing its manpower could neutralize Yemen’s problems.
The forthcoming London conference could prove to be either a trap for the West or the beginning of a true effort at the kind of domestic reform that can prevent Yemen from becoming another Afghanistan.
If the West buys into Saleh’s depiction of a war against Al Qaeda, it will be trapped into supporting him and his failed policies.
But if it looks beyond terrorism to the root causes of the problem, and presses Saleh to begin to share power, Yemen need not become another safe haven for terrorists. | Sauver le Yémen
LONDRES – Du jour au lendemain, le Yémen a rejoint les rangs des pays, aux côtés de l’Afghanistan et du Pakistan, qui présentent un risque pour la sécurité mondiale.
Il est de plus en plus perçu comme un État failli et potentiellement comme un nouveau pays d’accueil pour Al Qaïda.
La tentative d’attentat commise à bord d’un avion de ligne à destination de Détroit le jour de Noël par un jeune Nigérian, entraîné par Al Qaïda au Yémen, semble avoir ouvert les yeux de l’Occident sur les problèmes de ce pays.
À la suite de l’attentat manqué, le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont appelé à la tenue d’une conférence à Londres pour trouver des solutions aux problèmes jusqu’ici négligés du Yémen.
Mais si la conférence met trop étroitement l’accent sur la présence d’Al Qaïda au Yémen, elle fera plus de mal que de bien.
Cette conférence doit davantage chercher à s’attaquer au problème plus général de la stabilité politique et sociale du Yémen.
Bien qu’Al Qaïda ne soit pas la principale menace pour la stabilité et la sécurité du Yémen, la géographie et les problèmes politiques du pays sont tout à fait adaptés à ses activités.
Un élément particulièrement intéressant est la prédominance du strict dogme religieux wahhabite qui, après avoir été exporté par l’Arabie saoudite au Yémen, fournit aujourd’hui un terrain fertile pour le recrutement de jeunes Yéménites désenchantés et prêts à commettre des attentats en Arabie saoudite et ailleurs.
Le Yémen a deux problèmes principaux : la guerre civile que le gouvernement mène aujourd’hui contre les rebelles Houthi dans le nord du pays et la répression d’un mouvement sécessionniste dans le sud.
C’est l’incapacité du gouvernement yéménite à trouver une solution politique à ces deux problèmes qui a amené le Yémen au bord de la désintégration.
Jusqu’à présent, ni Obama, Ni Brown ne semblent avoir saisi que les problèmes du Yémen vont bien au-delà de la présence d’Al Qaïda dans ce pays.
Ils donnent en conséquence l’impression de faire le jeu du président yéménite Ali Abdullah Saleh, qui compte utiliser la conférence de Londres pour obtenir une aide occidentale, et en particulier une aide militaire, pour poursuivre ses guerres contre les Houthis et les sécessionnistes du sud.
Ce ne sera pas la première fois que Saleh se sert de la menace d’Al Qaïda pour obtenir une aide financière et militaire supplémentaire, à la fois de l’Occident et de l’Arabie saoudite.
L’attentat raté du jour de Noël est pour lui du pain béni.
La difficulté pour Saleh aujourd’hui est que l’aide occidentale risque d’être à présent accompagnée d’une interférence accrue dans les affaires intérieures yéménites, à un moment où il préférerait que le monde ignore la guerre qu’il mène aujourd’hui sur deux fronts.
L’Occident et Saleh n’ont pas le même ennemi.
Al Qaïda est l’ennemi de l’Occident, tandis que les véritables ennemis de Saleh sont les rebelles Houthi et les séparatistes dans le sud du pays.
Mais pour que les puissances occidentales parviennent à circonscrire les activités d’Al Qaïda au Yémen, elles devront inciter Saleh à trouver un arrangement avec à la fois les Houthis et les séparatistes, l’obligeant sans doute à un partage du pouvoir, une issue à laquelle il résistera sans aucun doute.
En décembre dernier, Saleh a lancé un appel en faveur d’un dialogue national, mais selon ses termes : les Houthis et les dirigeants du sud seraient exclus des discussions à moins de soutenir la constitution yéménite, qui permet à Saleh de conserver le pouvoir depuis des décennies.
Mais la ligne dure adoptée par Saleh est un échec : plus de la moitié du territoire yéménite échappe au contrôle gouvernemental.
Les Etats-Unis ne doivent pas être surpris par ces évolutions, parce que l’ingérence américaine au Yémen ne date pas d’hier.
Al Qaïda est visé au Yémen depuis l’attentat contre le USS Cole dans le port d’Aden en 2000.
En décembre dernier, des tirs de missiles effectués par des drones à Abein et Shabwa ont tué des membres d’Al Qaïda, mais aussi des civils.
Combattre Al Qaïda au Yémen par ces moyens pourrait temporairement limiter le terrorisme, mais ne le fera pas disparaître.
La véritable question est de savoir si les pays occidentaux s’attelleront à la question des stratégies politiques et militaires défaillantes du Yémen – la cause première de la présence croissante d’Al Qaïda dans ce pays.
Ce n’est qu’en sauvant l’État yéménite de lui-même que l’intervention occidentale a la moindre chance de contenir la mouvance terroriste.
L’État yéménite n’est pas seul en cause.
Les pays voisins ont également joué un rôle.
L’Arabie saoudite a exporté à la fois le wahhabisme et Al Qaïda au Yémen en finançant des milliers d’écoles coraniques propageant le fanatisme.
Depuis la guerre du Golfe de 1991, l’Arabie saoudite et le Koweït ont en outre expulsé des milliers de travailleurs yéménites.
Rien que le mois dernier, 54.000 d’entre eux ont été expulsés d’Arabie saoudite.
Bien que le Yémen fasse partie de la Péninsule arabique, il a été exclu du Conseil de coopération du Golfe (CCG), principalement du fait de sa taille (c’est l’État le plus peuplé de la péninsule) qui lui aurait donné une influence considérable.
En fait, la population yéménite est supérieure à la population totale des six États membres du CCG.
Saleh a reçu un appui inconditionnel de la part du CCG en décembre dernier concernant les guerres qu’il mène contre les insurrections yéménites, et l’Arabie saoudite s’est engagée dans une confrontation militaire directe avec les rebelles Houthi en envoyant son armée de l’autre côté de la frontière.
Ne pas ouvrir leurs économies, qui ont toujours besoin de main d’œuvre, aux jeunes Yéménites est toutefois une erreur de la part des pays du CCG.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, tous deux protecteurs du CCG, doivent encourager ses membres à inclure le Yémen s’ils veulent résoudre les problèmes de ce pays.
Les Yéménites sont connus pour être des ouvriers compétents.
Au lieu d’exporter l’extrémisme religieux au Yémen, importer sa main d’œuvre pourrait contribuer à aplanir les difficultés du pays.
La prochaine conférence de Londres pourrait se révéler comme un piège pour les pays occidentaux ou comme le début d’un véritable effort en vue des réformes nécessaires pour empêcher le Yémen de devenir un nouvel Afghanistan.
Si les pays occidentaux adhèrent à ce que Saleh qualifie de guerre contre Al Qaïda, ils seront contraints de le soutenir lui et ses politiques déficientes.
Mais s’ils sont capables de voir au-delà du terrorisme et d’appréhender les causes premières des problèmes du Yémen, en demandant à Saleh d’accepter un partage du pouvoir, le Yémen ne deviendra pas nécessairement un autre refuge sûr pour les terroristes. |
Opening of the sitting
(The sitting was opened at 9.05 a.m.)
on behalf of the PSE Group. - (DE) Mr President, I should like to come back to a decision that was made yesterday afternoon.
However, I must put on record that neither the Socialist Group in the European Parliament, nor the Group of the European People's Party (Christian Democrats) and European Democrats, or any of the other groups were informed about the wish for us to adopt a resolution on Russia this time, even though this has been repeatedly rejected in the Conference of Presidents.
We must, of course, take note of the decision.
However, I should like to record here - and we shall also inform the groups that have requested this, particularly the Group of the Greens/European Free Alliance and the Group of the Alliance of Liberals and Democrats for Europe - that we are not asking for this resolution to be adopted now, but at Parliament's next sitting instead.
I should simply like to record this here.
We must, of course, formally abide by the rules.
However, we do want to say here, out of fairness to the Greens and Liberals, that we are asking for this resolution to be adopted not this week, but at the next plenary session.
The Socialist Group will be voting on it in any case and I believe the EPP has a similar idea.
Mr President, actually I totally support Mr Swoboda, since we were not told and therefore have not prepared anything for this resolution this week.
Our group, like the PSE Group, did not know about this, and we ask you to postpone the vote to the next part-session.
Thank you, we take note of your request.
It will be passed on to the other groups as appropriate and we will see how the matter can be resolved. | Ouverture de la séance
(La séance est ouverte à 9 h 05.)
au nom du groupe PSE. - (DE) M. le Président, j'aimerais revenir sur une décision qui a été prise hier après-midi.
Toutefois, je dois préciser que ni le groupe socialiste au Parlement européen, ni le groupe du parti populaire européen (démocrates chrétiens) et des démocrates européens, ni aucun autre groupe n'a été informé de notre désir d'adopter une résolution sur la Russie en l'espèce, même si celui-ci a été rejeté en conférence des présidents.
Nous devons donc prendre acte de la décision.
Cependant, j'aimerais préciser - et nous devons également informer les groupes que nous en avons fait la demande, notamment le groupe des Verts/Alliance libre européenne et le groupe de l'alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe - que nous ne demandons pas que cette résolution soit adoptée maintenant, mais plutôt lors de la prochaine séance du Parlement.
Je tiens simplement à l'indiquer en l'espèce.
Naturellement, nous devons respecter les règles.
Mais nous tenons à indiquer, par honnêteté envers les Verts et les Libéraux, que nous demandons que cette résolution ne soit pas adoptée cette semaine, mais lors de la prochaine plénière.
Le groupe socialiste la mettra aux vois de toute façon et je pense que le PPE partage la même idée.
au nom du Groupe PPE-DE. - Monsieur le Président, effectivement, je soutiens totalement le collègue Swoboda, puisque nous n'étions effectivement pas au courant; donc nous n'avons rien préparé pour cette semaine, pour cette résolution.
Notre groupe n'était pas au courant, comme le groupe du PSE, et on vous demande de reporter le vote à la prochaine session.
(ES) Je vous remercie, nous prenons acte de votre requête.
Elle sera transmise aux autres groupes si cela s'avère approprié et nous examinerons la manière de résoudre ce problème. |
A Nation of Vidiots
NEW YORK – The past half-century has been the age of electronic mass media.
Television has reshaped society in every corner of the world.
Now an explosion of new media devices is joining the TV set: DVDs, computers, game boxes, smart phones, and more.
A growing body of evidence suggests that this media proliferation has countless ill effects.
The United States led the world into the television age, and the implications can be seen most directly in America’s long love affair with what Harlan Ellison memorably called “the glass teat.” In 1950, fewer than 8% of American households owned a TV; by 1960, 90% had one.
That level of penetration took decades longer to achieve elsewhere, and the poorest countries are still not there.
True to form, Americans became the greatest TV watchers, which is probably still true today, even though the data are somewhat sketchy and incomplete.
The best evidence suggests that Americans watch more than five hours per day of television on average – a staggering amount, given that several hours more are spent in front of other video-streaming devices.
Other countries log far fewer viewing hours.
In Scandinavia, for example, time spent watching TV is roughly half the US average.
The consequences for American society are profound, troubling, and a warning to the world – though it probably comes far too late to be heeded.
First, heavy TV viewing brings little pleasure.
Many surveys show that it is almost like an addiction, with a short-term benefit leading to long-term unhappiness and remorse.
Such viewers say that they would prefer to watch less than they do.
Moreover, heavy TV viewing has contributed to social fragmentation.
Time that used to be spent together in the community is now spent alone in front of the screen.
Robert Putnam, the leading scholar of America’s declining sense of community, has found that TV viewing is the central explanation of the decline of “social capital,” the trust that binds communities together.
Americans simply trust each other less than they did a generation ago.
Of course, many other factors are at work, but television-driven social atomization should not be understated.
Certainly, heavy TV viewing is bad for one’s physical and mental health.
Americans lead the world in obesity, with roughly two-thirds of the US population now overweight.
Again, many factors underlie this, including a diet of cheap, unhealthy fried foods, but the sedentary time spent in front of the TV is an important influence as well.
At the same time, what happens mentally is as important as what happens physically.
Television and related media have been the greatest purveyors and conveyors of corporate and political propaganda in society.
America’s TV ownership is almost entirely in private hands, and owners make much of their money through relentless advertising.
Effective advertising campaigns, appealing to unconscious urges – typically related to food, sex, and status – create cravings for products and purchases that have little real value for consumers or society.
The same, of course, has happened to politics.
American politicians are now brand names, packaged like breakfast cereal.
Anybody – and any idea – can be sold with a bright ribbon and a catchy jingle.
All roads to power in America lead through TV, and all access to TV depends on big money.
This simple logic has put American politics in the hands of the rich as never before.
Even war can be rolled out as a new product.
The Bush administration promoted the premises of the Iraq war – Saddam Hussein’s non-existent weapons of mass destruction –in the familiar colorful, fast-paced, and graphics-heavy style of television advertising.
Then the war itself began with the so-called “shock and awe” bombing of Baghdad – a made-for-TV live spectacle aimed at ensuring high ratings for the US-led invasion.
Many neuroscientists believe that the mental-health effects of TV viewing might run even deeper than addiction, consumerism, loss of social trust, and political propaganda.
Perhaps TV is rewiring heavy viewers’ brains and impairing their cognitive capacities.
The American Academy of Pediatrics recently warned that TV viewing by young children is dangerous for their brain development, and called on parents to keep children under two away from the TV and similar media.
A recent survey in the US by the organization Common Sense Media reveals a paradox, but one that is perfectly understandable.
Children in poor American households today not only watch more TV than children in wealthy households, but are also more likely to have a television in their room.
When a commodity’s consumption falls as income rises, economists call it an “inferior” good.
To be sure, the mass media can be useful as a provider of information, education, entertainment, and even political awareness.
But too much of it is confronting us with dangers that we need to avoid.
At the very least, we can minimize those dangers.
Successful approaches around the world include limits on TV advertising, especially to young children; non-commercial, publicly-owned TV networks like the BBC; and free (but limited) TV time for political campaigns.
Of course, the best defense is our own self-control.
We can all leave the TV off more hours per day and spend that time reading, talking with each other, and rebuilding the bases of personal health and social trust. | Une nation de vidiots
NEW YORK –Le demi-siècle écoulé a été celui des médias électroniques de masse.
La télévision a refaçonné notre société partout dans le monde.
Aujourd’hui, une explosion de nouveaux outils de communication a rejoint le téléviseur : DVD, ordinateurs, consoles de jeux, smartphones, et plus encore.
Mais de plus en plus d’éléments montrent que cette prolifération de moyens a d’infinies conséquences néfastes.
Les Etats-Unis ont entrainé le monde dans l’ère de la télévision, et les implications de ce phénomène sont clairement mises en évidence dans la longue histoire d’amour que l’Amérique entretient avec ce que Harlan Ellison avait mémorablement appelé « le mamelon de verre. » En 1950, moins de 8% des foyers américains possédaient un téléviseur ; en 1960, ils étaient 90%.
Ce niveau de pénétration a été bien plus lent ailleurs, et les pays les plus pauvres en sont encore très loin.
Fidèles à eux-mêmes, les Américains sont devenus les plus grands téléspectateurs, ce qui est probablement encore vrai aujourd’hui, même si les données statistiques sont quelque peu sommaires et incomplètes.
Le chiffre le plus probant indique que les Américains regardent la télévision plus de cinq heures par jour en moyenne – un chiffre effarant compte tenu du temps consacré par ailleurs à d’autres outils de communication.
Ailleurs, les chiffres sont bien plus faibles.
En Scandinavie, par exemple, le temps passé devant la télévision est inférieur de moitié.
Les conséquences pour la société américaine sont profondes, troublantes et devraient constituer un avertissement pour le monde – même s’il est probablement bien trop tard pour y changer quelque chose.
D’abord, il semble que toutes ces heures passées devant le petit écran ne soient pas à la mesure de la maigre satisfaction qu’elles apportent.
De nombreuses enquêtes montrent que le phénomène relève presque de l’addiction, dont le bénéfice à court terme ne débouche à long terme qu’à la frustration et au remord.
Ces téléspectateurs déclarent d’ailleurs vouloir moins la regarder.
Cette surconsommation télévisuelle est de plus à l’origine d’une fragmentation sociale.
Le temps auparavant dévolu à la vie en communauté est désormais consacré au petit écran.
Robert Putnam, le grand spécialiste américain du déclin du sens communautaire, a déterminé que la principale explication au déclin du « capital social, » ce lien de confiance qui rapproche les différentes communautés, est la télévision et les heures qui lui sont consacrées.
Les Américains aujourd’hui se font simplement moins confiance que la génération précédente.
Bien sûr, d’autres facteurs entrent en jeu, mais l’atomisation sociale résultant de cette activité ne devrait pas être minimisée.
A l’évidence, une surconsommation de télévision est mauvaise pour la santé physique et mentale.
Les Américains sont les champions mondiaux de l’obésité, avec environ deux-tiers de la population américaine aujourd’hui en surpoids.
Là encore, de nombreux facteurs corroborent le phénomène, dont un régime alimentaire constitué de produits frits bon marché et malsains, mais la sédentarité induite par ce temps passé devant le petite écran en est aussi l’un des aspects importants.
Mais les incidences mentales sont aussi sérieuses que les incidences physiques.
La télévision et les autres outils de communication ont été les plus grands pourvoyeurs et transmetteurs de propagande politique et commerciale dans la société.
Les chaines de télévision américaines sont principalement détenues par des mains privées, et leurs propriétaires tirent une grande part de leurs revenus de l’incessant flot de publicités.
Des campagnes publicitaires efficaces, répondant à des envies inconscientes –généralement en lien avec la nourriture, le sexe et le statut – créent des désirs insatiables pour des produits et des acquisitions qui n’ont que peu de valeur pour les consommateurs et la société.
Et il en est bien sûr de même avec la politique.
Les hommes politiques américains sont désormais devenus des marques que l’on habille comme des céréales pour petit déjeuner.
Quiconque – ou quelque concept – peut être vendu avec un joli ruban et un slogan accrocheur.
Toutes les routes du pouvoir aux Etats-Unis passent par la télévision, et tous les accès à la télévision passent par l’argent.
Cette simple logique a plus que jamais mis la politique américaine entre les mains des riches.
Même la guerre peut être vendue comme un nouveau produit.
L’administration Bush a fait la promotion des débuts de la guerre en Irak – la prétendue non-existence d’armes de destruction massive par Saddam Hussein – dans un style classique familier de campagne publicitaire, coloré, enlevé et graphiquement puissant.
Puis la guerre elle-même a débuté avec le « choc terrible » du bombardement de Bagdad – un spectacle live, spécial télévision, conçu pour assurer un audimat de poids à l’invasion menée par les Etats-Unis.
De nombreux neurologues pensent que les effets de la télévision sur la santé mentale pourraient être plus profonds que l’addiction, le consumérisme, la perte de confiance sociale et la propagande politique.
Il se peut que la télévision reconfigure les cerveaux de ceux qui la regarde énormément et diminue leur capacité cognitive.
L’Académie Américaine des Pédiatres a récemment déclaré que la télévision peut être dangereuse pour le développement cérébral des jeunes enfants, et conseille aux parents d’écarter les enfants de moins de deux ans du petit écran et des moyens électroniques de même type.
Une récente enquête effectuée aux Etats-Unis par l’organisation Common Sense Media révèle un paradoxe, mais un paradoxe parfaitement compréhensible.
Non seulement les enfants issus de foyers américains pauvres regardent-ils plus la télévision que ceux des familles riches, mais ils sont aussi plus susceptibles d’avoir un poste de télévision dans leur chambre.
Lorsqu’un bien de consommation se fait moins courant au fur et à mesure que l’échelle des revenus est importante, les économistes le qualifient de bien « inférieur. »
Ce média de masse peut bien sûr être utile en tant que vecteur d’information, d’éducation, de divertissement et même de conscience politique.
Mais en excès, il nous met face à des dangers qu’il nous faut éviter.
A tout le moins, nous pouvons minimiser ces risques.
Des approches qui fonctionnent de par le monde incluent la limitation des coupures publicitaires à la télévision, surtout à l’attention des jeunes enfants, des réseaux de télévision publique comme la BBC, et un temps libre (mais limité) dédié aux campagnes politiques.
Et la meilleure défense est notre propre détermination.
Nous sommes tous en mesure de laisser la télévision éteinte plus longtemps pour consacrer ce temps à lire plus, discuter, et renforcer les fondements de notre propre santé et de la confiance sociale. |
New Europe’s Old Problems
The riots in Budapest, incited by leaked tapes that show Prime Minister Ferenc Gyurcsany openly admitting that his government had lied for over a year about the country’s dire finances, are but the latest evidence that things are going seriously wrong across Eastern Europe.
Last June, the Slovaks evicted the government that brought the country out of the international isolation and economic malaise that it had suffered under the autocratic regime of Vladimir Meciar.
Mikulas Dzurinda, whose reforms provided the country with growth and economic stability, was replaced by Robert Fico, a leftist who, having forged an alliance with Meciar and a neo-fascist party, has also adopted a worrisomely populist tone.
That same month, Hungary reelected Gyurcsany, who had pursued a supposedly reformist program, but also oversaw a massive accumulation of public debt.
Earlier plans to adopt the euro quickly have now been shelved, with the target date pushed back to 2011 or 2012.
But even that may be wishful thinking.
Meanwhile, financial markets fret about the country’s budget deficit and talk of a serious crisis.
Meanwhile, the Czechs managed to elect a perfectly hung parliament.
Prime Minister Mirek Topolanek is an advocate of urgently needed reforms, but he lacks a parliamentary majority and is pressing for a fresh general election in the first half of 2007.
With no means of stemming election-year fiscal expansion, the Czechs, too, have been forced to abandon their 2010 target date for euro adoption.
Then consider Poland, where the Kaczynski twins, who hold the presidency and the prime ministership, have allied themselves with populist, xenophobic, and anti-Semitic parties.
One of their priorities is to attack the central bank and slander its governor, Leszek Balcerowicz, the iconic father of Poland’s economic transformation, with accusations that echo those of the Stalinist era.
So much for the region’s “big four” countries. But bad news is emerging from the smaller countries as well, including the Baltic states.
Across Central and Eastern Europe, the scene is almost universally depressing.
When so much goes wrong at the same time, it is tempting to look for a common cause.
One factor that is often cited is “reform fatigue.”
In barely 15 years, these countries have moved from central planning and economic backwardness to “normal” market economies with impressive GDP growth.
But rapid change is always unnerving, and not everyone has emerged better off.
Above all, uncertainty has become the norm, in contrast to the gray but predictable future offered by the old communist regimes.
Today, many people now long for that period, which they see as less driven by material values.
Communist parties, more or less reformed as socialists, appeal to a surprising number of voters.
In some countries, like Slovakia and Poland, far-right nationalist parties provide another alternative, by offering the soothing appeal of traditional values and familiar enemies.
Reform fatigue implies that Central and Eastern Europe needs a respite to catch its breath.
But another explanation of recent developments in the region begins by noting that post-communist reforms were largely dictated from outside, as a condition of admission to the European Union.
With membership achieved and EU money starting to pour in, leaders feel secure enough to let economic policy slip.
Thus, budget deficits are the rule, and where they are largest, as in the Czech Republic and Hungary, they have gained priority over euro adoption.
Indeed, only Slovenia has been admitted to join the euro area in 2007, the earliest possible date.
Estonia and Lithuania applied as well, but were refused entry.
There is some truth in both explanations of Eastern Europe’s backsliding.
But what is the phenomenon that such explanations are supposed to clarify?
There has been no general tilt to the right or left in the region.
Reforms that are attacked in one country continue to guide others.
Nevertheless, the EU’s newest members share some key features.
Most importantly, they inherited from the Soviet era bloated and inefficient public sectors, which they are finding hard to downsize and professionalize.
The private sector has been entirely rebuilt and is vibrant, but it cannot remain competitive if fiscal demands are not reduced – a familiar problem in Europe as a whole.
For now, the tension has been left unresolved, leading to high budget deficits.
But the EU’s new member countries have no access to any safety net.
They could well squander the significant transfers that they receive through the agricultural and structural funds, as many previous EU recipients did.
If they abandon macroeconomic discipline, as Hungary and possibly the Czech Republic may be doing, they alone will face the consequences.
Being outside the euro area, their currencies would fall, undermining growth in purchasing power and living standards.
As they are economically small, the rest of the EU would barely shudder.
Fortunately, the main lesson to emerge from the region’s current troubles is that economies adapt faster than polities to changing conditions.
Growth has been strong; while it could have been stronger under more favorable policies, only huge mistakes could break the rise in living standards, given the region’s productivity gains.
Western Europe went through a similar phase of economic development in the 1950’s and 1960’s; now it is Central and Eastern Europe’s turn.
Sadly, then as now, countries never seem to learn from others’ mistakes. | Les vieux problèmes de la nouvelle Europe
Les émeutes de Budapest, provoquées par un enregistrement dans lequel on entend le Premier ministre Ferenc Gyurcsany reconnaître que son gouvernement a menti pendant un an sur l'état catastrophique des finances du pays, sont le dernier signe en date de la détérioration de la situation en Europe de l'Est.
En juin dernier, les Slovaques ont chassé le gouvernement qui avait sorti le pays de son isolation au niveau international et du marasme économique dont il souffrait sous le régime autocratique de Vladimir Meciar.
Mikulas Dzurinda, dont les réformes ont apporté croissance et stabilité économique au pays, a cédé la place à Robert Fico, un homme de gauche, qui a forgé une alliance avec Meciar, ainsi qu'avec un parti néo-fasciste, et adopté un style populiste assez inquiétant.
A la même époque, la Hongrie a réélu Gyurcsany qui a poursuivi un programme supposé réformiste, mais qui a aussi gravement creusé la dette publique.
Le projet d'adoption rapide de l'euro a été remis dans les cartons et la date repoussée à 2011 ou 2012.
Mais là encore, c'est prendre ses désirs pour la réalité.
En attendant, les marchés financiers s'inquiètent du déficit budgétaire et parlent de crise grave.
Au même moment, les Tchèques ont réussi à élire un Parlement sans majorité.
Le Premier ministre, Mirek Topolanek, veut effectuer les réformes dont le besoin est urgent, mais il ne dispose pas de la majorité parlementaire requise et appelle à de nouvelles élections générales durant le premier semestre de 2007.
Sans les moyens de contenir l'inflation budgétaire qui accompagne cette année électorale, les Tchèques eux aussi se voient contraints de renoncer à adopter l'euro en 2010, contrairement à ce qu'ils avaient prévu.
Considérons la Pologne où les jumeaux Kaczynski se partagent le poste de président et celui de Premier ministre. Ils se sont alliés avec des partis populistes, xénophobes et antisémites.
L'une de leur priorité consiste à attaquer la Banque centrale et à calomnier son gouverneur, Leszek Balcerowicz, un personnage respecté, père de la transformation économique de la Pologne, avec des accusations qui ne sont pas sans rappeler le stalinisme.
Cela pour les "Quatre Grands" de la région, mais de mauvaises nouvelles parviennent aussi des petits pays, notamment des Etats baltes.
A travers toute l'Europe centrale et l'Europe de l'Est, le paysage est presque aussi déprimant.
Quand tant de choses vont mal au même moment, il est tentant de rechercher une cause commune.
On cite souvent la "fatigue des réformes".
En seulement 15 ans, ces pays sont passés d'une planification centralisée et d'une économie arriérée à une économie de marché "normale", avec des taux de croissance impressionnant.
Mais un changement rapide est toujours déconcertant, et il n'a pas été à l'avantage de tous.
Par-dessus tout, l'incertitude est devenue la règle, par opposition à l'avenir grisâtre mais prévisible qu'offraient les régimes communistes d'antan.
Aujourd'hui, beaucoup de gens regrettent cette époque, dont ils estiment qu'elle était moins matérialiste.
Les partis communistes, plus ou moins transformés en partis socialistes, attirent un nombre surprenant de suffrages.
Dans certains pays, comme la Slovaquie et la Pologne, les partis nationalistes d'extrême-droite, qui jouent sur les valeurs traditionnelles et ont recours aux boucs émissaires habituels, constituent une alternative attirante pour une partie de l'opinion.
La fatigue des réformes implique que l'Europe centrale et l'Europe de l'Est ont besoin d'un répit afin de reprendre leur respiration.
Mais il y a une autre explication possible des développements récents dans la région : les réformes post-communistes ont été largement dictées de l'extérieur, car elles étaient une condition de l'admission au sein de l’Union européenne.
Ayant obtenu leur adhésion, et l'argent de l'UE commençant à arriver, les dirigeants ont pris tellement d'assurance qu'ils ont délaissé l'économie.
C'est ainsi que le déficit budgétaire est devenu la règle. Dans les pays où il est le plus important, en République tchèque et en Hongrie, il est prioritaire par rapport à l'adoption de l'euro.
Seule la Slovénie a été admise à rejoindre la zone euro en 2007, autrement dit, la date la plus proche possible.
L'Estonie et la Lituanie ont fait aussi acte de candidature, mais n'ont pas été acceptées.
Il y a une part de vérité dans les deux explications sur le déclin de l'Europe de l'Est.
Mais quel est le phénomène que ces explications sont supposées éclairer ?
Il n'y a pas eu d'évolution générale de la région vers la droite ou vers la gauche.
Les réformes qui sont critiquées dans un pays continuent à être appliquer dans d'autres.
Néanmoins, les nouveaux membres de l'UE ont des points communs d'importance.
Avant tout, l'ère soviétique leur a légué des services publics surdimensionnés et inefficaces qu'il leur est difficile de réduire et de professionnaliser.
Leur secteur privé a été entièrement reconstruit et il est très actif, mais il ne peut rester compétitif s'il n'est pas mis fin à l'inflation budgétaire – un problème qui touche l'Europe dans son ensemble.
Pour l'instant cette contradiction n'est pas résolue, ce qui creuse les déficits budgétaires.
Les nouveaux membres de l'UE ne bénéficient d'aucun système de protection.
Il se pourrait qu'ils gaspillent les transferts financiers non négligeables qu'ils reçoivent des fonds d'aide structuraux et agricoles, comme l'ont fait de précédents bénéficiaires.
S'ils abandonnent la discipline macroéconomique, à l'image de la Hongrie et peut-être de la République tchèque, ils seront seuls à en supporter les conséquences.
Se trouvant hors de la zone euro, leurs devises pourraient s'effondrer, portant atteinte à la croissance en termes de pouvoir d'achat et de niveau de vie.
Et comme ils ne pèsent pas lourd sur le plan économique, cela n'affecterait guère le reste de l'UE.
Heureusement, les difficultés actuelles de la région semblent montrer que les économies s'adaptent plus vite au changement que les institutions politiques.
Même si elle avait été plus importante avec une meilleure politique, la croissance reste forte. Etant donné les gains de productivité de la région, seules de grosses erreurs peuvent porter atteinte à l'élévation du niveau de vie.
Dans les années 1950 et 1960, l'Europe de l'Ouest est passé par des phases de développement économiques analogues, c'est maintenant au tour des pays d'Europe centrale et d'Europe de l'Est.
Mais jusqu'à présent, ils ne semblent pas avoir retenu la leçon des erreurs d'autrui. |
Can Chinese Industry Be Made Safe?
After a massive gas well explosion killed 243 people in southwest China last December, China's State Council and National People's Congress have announced new rules for industrial safety.
The authorities' response follows a now-familiar pattern: high-profile pronouncements in the wake of workplace disaster give way to neglect of basic safety standards.
But if Western experience is any guide, ad hoc responses to high rates of work accidents won't reduce the risks to Chinese workers.
Only the development of basic legal institutions will help make Chinese workplaces safer.
China and other developing Asian economies are experiencing an industrial accident crisis of world-historical proportions.
Official sources report 14,675 industrial-accident deaths in China in 2003, but statistics on workplace accidents are notoriously unreliable, and some observers suggest that the number may be closer to 120,000.
China's coalmines are among the most dangerous places to work in the world.
Chinese garment factories have repeatedly experienced disasters on a par with the infamous Triangle Shirtwaist fire in New York City a century ago, which killed 146 workers, all young women.
Conditions may well get worse before they get better.
Even though China instituted new initiatives in industrial safety at the beginning of 2003, official estimates indicate that industrial accident deaths increased by almost 10% last year.
Yet as the example of the Triangle fire suggests, the China's experience is not unprecedented.
Until the recent Asian accident crisis, the poorest workplace safety record in world history belonged to the United States in the fifty years following the American Civil War.
Coalmines in Pennsylvania in the 1860s - where 6% of the workers were killed each year, 6% crippled, and another 6% temporarily disabled - looked very much like the mines now operating in China's Shaanxi Province.
Industry-wide, one American worker in fifty at the turn of the last century was killed or seriously disabled each year in work-related accidents.
Accidents were the leading cause of death among workers in dozens of hazardous industries.
Of course, American industry is still plagued by serious safety problems.
But seen from a historical perspective, there has been a striking decline in work-related injuries and deaths in the US.
There were 30,000 annual work-related fatalities a century ago; today, the annual average is around 5,000, even as the population has tripled.
What explains this huge improvement in occupational safety in the US?
Increased union membership in the mid-twentieth century clearly helped, as workers bargained and lobbied for improved working conditions.
In recent decades, some of the most dangerous work has been shipped overseas (ironically, much of it to China). And as Americans have grown wealthier, they have been willing to spend more on safety.
But the deeper historical reasons for improved workplace safety lie in an array of legal institutions developed by workers, employers, lawyers, and lawmakers at the end of the 19th and beginning of the 20th centuries.
American workers' organizations, for example, developed insurance benefits for their members and sought to exercise collective control to improve workplace safety.
American lawyers developed modern accident law that created remedies against negligent employers.
Most importantly, drawing on reforms first implemented in Germany, England, and France, workers' compensation statutes provided compensation for injured workers and created powerful incentives for employers to reduce accident tolls.
In the 1910's, American workplace injuries began to fall in virtually every industry, except coal mining (where injury rates remained high for several decades).
Each of these innovations helped create an institutional infrastructure capable of dealing with the problem of work accidents - and, indeed, with the wider social problems of disability, sickness, old age, and unemployment.
Why?
Because workplace safety and industrial accident compensation turned out to be critical early tests of western legal systems' administrative capacity to deal with the systemic problems of industrial free-market societies.
Of course, what worked for the US may not work for China.
There are many different ways that legal systems can respond to occupational safety problems.
The US, for example, never developed a powerful body of factory inspectors capable of providing effective enforcement of public safety standards.
Other western states, such as Germany, have successfully relied on centralized regulation and social insurance systems ever since Bismarck reformed the German law of accidents in the 1880's.
Unfortunately, China is obstructing all available paths to improved workplace safety.
National safety standards and inspection regimes reflect the underlying pathologies of the Chinese state, in which lower-ranking officials report only positive information up the bureaucratic food chain.
At the same time, limits on workers' ability to organize independent unions have inhibited grassroots forms of safety monitoring.
Even Chinese media have come under fire from officials for uncovering the kinds of workplace hazards that muckraking journalists revealed a century ago in the US.
Lawsuits are apparently increasingly common, but they are notoriously cumbersome, and judges are not independent from factory bosses.
Compensation awards to injured workers and their families are pitifully low and fail to give employers incentives to make their workplaces safe.
The lesson of the US and European experiences is that improving workplace safety depends on the development of basic rule-of-law standards in courts, workplaces, and administrative bureaucracies.
Edicts and exhortations from the State Council are all well and good. But only effective legal institutions, not Party fiat, will reduce Chinese workers' risk of death or injury on the job. | Comment lutter contre les accidents du travail en Chine ?
Après une gigantesque explosion de gaz qui a tué 243 personnes dans le sud-ouest de la Chine en décembre dernier, le Conseil des affaires d'Etat et l'Assemblée populaire nationale ont annoncé une nouvelle réglementation sur la sécurité industrielle.
La réaction des autorités se déroule selon un scénario familier : une catastrophe suivie de proclamations grandiloquentes, avant de revenir à l'habituelle inobservation des règles fondamentales de sécurité.
Mais si l'on en croit l'expérience des pays occidentaux, édicter des mesures de sécurité ne suffira pas à protéger les travailleurs chinois.
Seuls le développement des institutions voulues permettra d'améliorer leur sécurité.
Le nombre de catastrophes industrielles majeures qui frappent la Chine et d'autres pays asiatiques en développement bat tous les records.
Officiellement, il y a eu 14.675 décès consécutifs à des accidents du travail en Chine en 2003, mais il est notoirement connu que ces statistiques ne sont pas fiables et certains observateurs estiment que leur nombre réel est proche de 120.000.
Les mines de charbon chinoises sont parmi les lieux de travail les plus dangereux de la planète.
Les usines de vêtements ont connu des catastrophes à répétition, comparables à l'incendie tristement célèbre de la Triangle Shirtwaist Company à New-York, il y a un siècle, qui a coûté la vie à 146 jeunes ouvrières.
La situation risque de se dégrader encore avant que des mesures efficaces ne soient appliquées.
Bien que la Chine ait pris au début de 2003 de nouvelles initiatives concernant la sécurité au travail, selon les statistiques officielles l'année dernière le nombre de décès dus aux accidents du travail était en hausse de presque 10%.
Comme le montre l'incendie de la Triangle Shirtwaist Company, la situation chinoise a des précédents.
Jusqu'à la récente épidémie de catastrophes industrielles en Asie, ce sont les USA qui détenaient le record mondial d'accidents du travail pendant tout le demi-siècle qui a suivi la guerre de Sécession.
Avec 6% de mineurs tués chaque année, 6% de blessés et 6% atteints d'un handicap temporaire, les mines de charbon de Pennsylvanie des années 1860 ressemblaient aux mines de la province chinoise de Shaanxi d'aujourd'hui.
Au début du siècle dernier, dans l'ensemble du secteur industriel, 2% des travailleurs américains étaient tués ou gravement blessés chaque année à la suite d'un accident du travail.
Les accidents constituaient la première cause de mortalité dans des dizaines d'industries à risques.
Aux Etats-Unis il y a encore de graves problèmes de sécurité sur les lieux de travail.
Mais considéré d'un point de vue historique, le nombre d'accidents a fortement baissé.
Il y a un siècle, ils entraînaient 30.000 décès par an, contre 5.000 aujourd'hui, alors que la population a triplé.
Comment expliquer ce progrès ?
Les syndicats, dont les rangs se sont gonflés vers le milieu du 20° siècle ont incontestablement joué un rôle en faisant pression pour améliorer les conditions de travail.
Plus récemment, les travaux les plus dangereux ont été délocalisés (paradoxalement en grande partie vers la Chine) et les Américains devenant plus riches, ils ont été disposés à dépenser davantage pour la sécurité.
Mais la raison profonde de ce progrès tient à l'instauration de mesures institutionnelles, législatives et financières prises par les travailleurs, les employeurs, les juristes et les décideurs politiques à la fin du 19° siècle et au début du 20° siècle.
Ainsi, les organisations de travailleurs ont créé des fonds d'indemnisation pour leurs membres et elles ont cherché à avoir un droit de contrôle sur les questions de sécurité.
Les juristes américains ont développé une législation moderne portant sur les accidents du travail, de manière à parer aux carences des patrons négligeants.
Un autre élément a joué un rôle majeur, c'est la réglementation instaurée à l'origine en Allemagne, en Angleterre et en France prévoyant une indemnisation pour les victimes. C'est ce qui a fortement incité les employeurs à prendre des mesures pour améliorer la sécurité.
Au cours des années1910, le taux d'accidents du travail a diminué dans pratiquement tous les secteurs, à l'exception des mines de charbon (secteur dans lequel il est resté élevé pendant plusieurs décennies).
Chacune de ces innovations a favorisé la création d'institutions destinées à faire face aux accidents du travail mais aussi au handicap à la maladie, à la vieillesse et au chômage.
Pourquoi ?
Parce que la sécurité au travail et l'indemnisation des accidents ont été l'un des premiers tests de l'aptitude des pays occidentaux industrialisés à traiter les problèmes systémiques qui se posent dans une économie libérale.
Mais rien ne dit que ce qui a été efficace aux USA va aussi l'être en Chine.
La législation peut répondre de différentes manières aux accidents du travail.
Ainsi, les USA n'ont pas créé un puissant corps d'inspecteurs du travail pour contrôler l'application des normes de sécurité.
D'autres pays occidentaux comme l'Allemagne se sont appuyés avec succès sur un système de réglementation centralisée et de sécurité sociale depuis que Bismarck a réformé la législation sur les accidents dans les années 1880.
Malheureusement, en Chine des obstacles se dressent quant à la mise en œuvre des moyens permettant d'améliorer la sécurité.
Les normes de sécurité et le régime des inspections reflètent la pathologie qui affecte ce pays et qui fait que chaque fonctionnaire ne rapporte que ce que souhaitent entendre ses supérieurs.
En même temps, les restrictions à la création de syndicats indépendants limitent les possibilités de contrôle de la sécurité émanant de la base.
Les autorités ont même critiqué les médias chinois pour avoir parlé des risques encourus au travail, exactement ce qu'ont fait des journalistes un peu fouineurs aux USA il y a un siècle.
Les travailleurs chinois commencent à intenter des procès, mais les procédures sont extrêmement lourdes et les juges ne sont pas indépendants vis-à-vis des patrons d'usine.
Ridiculement bas, le niveau d'indemnisation des victimes d'accidents du travail et de leur famille est insuffisant pour inciter les employeurs à prendre des mesures destinées à améliorer la sécurité.
L'expérience européenne et américaine montre que la lutte contre les accidents du travail passe par l'instauration de normes minimum à respecter dans les tribunaux, sur les lieux de travail et par l'administration.
Des lois et des exhortations du Conseil des affaires d'Etat sont sans doute bienvenues, mais seules des institutions efficaces, pas des décrets édictés par le Parti, permettront de diminuer les risques auxquels sont exposés les travailleurs chinois. |
The Financial Fire Next Time
NEW HAVEN – If we have learned anything since the global financial crisis peaked in 2008, it is that preventing another one is a tougher job than most people anticipated.
Not only does effective crisis prevention require overhauling our financial institutions through creative application of the principles of good finance; it also requires that politicians and their constituents have a shared understanding of these principles.
Today, unfortunately, such an understanding is missing.
The solutions are too technical for most news reporting aimed at the general public.
And, while people love to hear about “reining in” or “punishing” financial leaders, they are far less enthusiastic about asking these people to expand or improve financial-risk management.
But, because special-interest groups have developed around existing institutions and practices, we are basically stuck with them, subject to minor tweaking.
The financial crisis, which is still ongoing, resulted largely from the boom and bust in home prices that preceded it for several years (home prices peaked in the United States in 2006).
During the pre-crisis boom, homebuyers were encouraged to borrow heavily to finance undiversified investments in a single home, while governments provided guarantees to mortgage investors.
In the US, this occurred through implicit guarantees of assets held by the Federal Housing Administration (FHA) and the mortgage agencies Fannie Mae and Freddie Mac.
At a session that I chaired at the American Economic Association’s recent meeting in Philadelphia, the participants discussed the difficulty of getting any sensible reform out of governments around the world.
In a paper presented at the session, Andrew Caplin of New York University spoke of the public’s lack of interest or comprehension of the rising risks associated with the FHA, which has been guaranteeing privately-issued mortgages since its creation during the housing crisis of the 1930’s.
Caplin’s discussant, Joseph Gyourko of the Wharton School, concurred.
Gyourko’s own 2013 study concludes that the FHA, now effectively leveraged 30 to one on guarantees of home mortgages that are themselves leveraged 30 to one, is underwater to the tune of tens of billions of dollars.
He wants the FHA shut down and replaced with a subsidized saving program that does not attempt to compete with the private sector in evaluating mortgage risk.
Similarly, Caplin testified in 2010 before the US House Committee on Financial Services that the FHA was at serious risk, a year after FHA Commissioner David Stevens told the same committee that “We will not need a bailout.”
Caplin’s research evidently did not sit well with FHA officials, who were hostile to Caplin and refused to give him the data he wanted.
The FHA has underestimated its losses every year since, while proclaiming itself in good health.
Finally, in September, it was forced to seek a government bailout.
At the session, I asked Caplin about his effort, starting with his co-authored 1997 book Housing Partnerships, which proposed allowing homebuyers to buy only a fraction of a house, thereby reducing their risk exposure without putting taxpayers at risk.
If implemented, his innovative idea would reduce homeowners’ leverage.
But, while it was a highly leveraged mortgage market that fueled the financial crisis 11 years later, the idea, he said, has not made headway anywhere in the world.
Why not, I asked?
Why can’t creative people with their lawyers simply create such partnerships for themselves?
The answer, he replied, is complicated; but, at least in the US, one serious problem looms large: the US Internal Revenue Service’s refusal to issue an advance ruling on how such risk-managing arrangements would be taxed.
Given the resulting uncertainty, no one is in a mood to be creative.
Meanwhile, there is strong public demand – angry and urgent – for a government response aimed at preventing another crisis and ending the problem of “too big to fail” financial institutions.
But the political reality is that government officials lack sufficient knowledge and incentive to impose reforms that are effective but highly technical.
For example, one reform adopted in the US to help prevent the “too big to fail” problem is the risk retention rule stipulated by the 2010 Dodd Frank Act.
In order to ensure that mortgage securitizers have some “skin in the game,” they are required to retain an interest in 5% of the mortgage securities that they create (unless they qualify for an exemption).
But, in another paper presented at our session, Paul Willen of the Federal Reserve Bank of Boston argued that creating such a restriction is hardly the best way for a government to improve the functioning of financial markets.
Investors already know that people have a stronger incentive to manage risks better if they retain some interest in the risk.
But investors also know that other factors may offset the advantages of risk retention in specific cases.
In trying to balance such considerations, the government is in over its head.
The most fundamental reform of housing markets remains something that reduces homeowners’ overleverage and lack of diversification.
In my own paper for the session, I returned to the idea of the government encouraging privately-issued mortgages with preplanned workouts, thereby insuring them against the calamity of ending up underwater after home prices fall.
Like housing partnerships, this would be a fundamental reform, for it would address the core problem that underlay the financial crisis.
But there is no impetus for such a reform from existing interest groups or the news media.
One of our discussants, Joseph Tracy of the Federal Reserve Bank of New York (and co-author of Housing Partnerships), put the problem succinctly: “Firefighting is more glamorous than fire prevention.”
Just as most people are more interested in stories about fires than they are in the chemistry of fire retardants, they are more interested in stories about financial crashes than they are in the measures needed to prevent them.
That is not a recipe for a happy ending. | Mieux vaut prévenir que guérir
NEW HAVEN – La crise financière mondiale qui a éclaté en 2008 nous a montré qu'il est plus difficile que prévu d'en éviter une nouvelle.
Une prévention efficace des crises suppose non seulement de reformer les institutions financières en appliquant de manière créative les principes de bon fonctionnement du système financier, mais aussi la compréhension de ces principes par les dirigeants politiques et les électeurs.
Malheureusement cette compréhension fait défaut.
Les solutions sont trop techniques pour la plupart des médias qui s'adressent au grand public.
Et si l'opinion publique aime entendre parler de "mettre au pas" ou de "sanctionner" les responsables financiers, elle fait preuve de bien moins d'enthousiasme quand il s'agit de leur demander d'élargir ou d'améliorer la gestion des risques financiers.
Mais comme des groupes d'intérêt se sont créés autour des institutions et de leurs pratiques, à quelques ajustements prés, on est plus ou moins contraints de s'en accommoder.
La crise financière qui se prolonge est due essentiellement à la formation d'une bulle de l'immobilier résidentiel et à son éclatement qui l'a précédé de quelques années (les prix de l'immobilier ont connu leur pic en 2006 aux USA).
Durant le boom de pré-crise, les propriétaires étaient encouragés à emprunter massivement sur le seul marché hypothécaire pour investir dans l'achat d'une maison, tandis que l'Etat donnait des garanties aux prêteurs hypothécaires.
Aux USA, cela s'est fait par la garantie implicite constituée par des actifs détenus par l'Administration fédérale du logement (FHA, Federal Housing Administration) et par des organismes de prêts hypothécaires comme Fannie Mae et Freddie Mac.
Lors de la session que j'ai présidée à la récente réunion de l'Association économique américaine à Philadelphie, les participants ont discuté des difficultés à convaincre un Etat d'accomplir les réformes voulues.
Présentant lors de cette session un article, Andrew Caplin de l'Université de New-York a évoqué le manque d'intérêt et de compréhension de l'opinion publique à l'égard de l'augmentation des risques associés à la FHA qui garantit les prêts hypothécaires privés depuis sa création lors de la crise de l'immobilier des années 1930.
Après la présentation de Caplin, un autre intervenant, Joseph Gyourko de la Wharton School, a abondé dans le même sens.
Dans sa propre étude de 2013, il conclut que la FHA est insolvable à hauteur de dizaines de milliards de dollars - son ratio de levier financier est maintenant de 30 contre un en matière de garantie des prêts hypothécaires à des emprunteurs dont le ratio de levier financier est aussi élevé.
Il propose de remplacer la FHA par un programme d'épargne subventionné qui ne chercherait pas à concurrencer le secteur privé en matière d'évaluation des risques des prêts hypothécaires.
De la même manière, Caplin a déclaré en 2010 devant la commission sur les services financiers de la Chambre des Représentants que la FHA était en danger. C'était un an après que le commissaire de la FHA, David Stevens ait affirmé à la même commission : "Nous n'aurons pas besoin d'un plan de sauvetage".
Les déclarations de Caplin ont déplu aux dirigeants de la FHA qui ont refusé de lui communiquer les données dont il avait besoin.
Depuis, la FHA a sous-estimé ses pertes tout en proclamant que tout allait bien.
Finalement en septembre dernier elle s'est trouvée contrainte de demander l'aide de l'Etat.
Lors de cette même session, j'ai interrogé Caplin sur une idée de partenariat qu'il a lancée dans un livre publié en 1997 dont il est l'un des co-auteurs, Housing Partnerships. Il y proposait de permettre aux acquéreurs, grâce à un partenariat avec un investisseur, de n'acheter qu'une partie d'une maison, de manière à réduire leur exposition au risque sans l'intervention des contribuables.
Si elle était appliquée, cette proposition novatrice réduirait l'endettement des acheteurs.
Dans sa réponse, Caplin a souligné que même si un effet de levier important sur le marché hypothécaire a alimenté la crise financière, 11 ans après qu'il l'ait formulée, sa proposition n'a jamais été appliquée où que ce soit dans le monde.
Je lui ai alors demandé pourquoi.
Pourquoi des personnes créatives aidées par un avocat ne peuvent-elles pas créer elles-mêmes ce type de partenariat ?
La réponse est compliquée, a-t-il dit, mais en ce qui concerne les USA, il y a un obstacle important : le refus des services fiscaux de décider au préalable comment serait taxé un tel système de gestion des risques.
Du fait de cette incertitude, personne n'a envie d'être créatif.
L'opinion publique gronde en attendant que l'Etat agisse de toute urgence pour éviter une nouvelle crise et mettre fin au problème des institutions financières "trop grosses pour faire faillite".
Mais les dirigeants politiques n'ont pas les connaissances voulues et il leur manque la stimulation nécessaire pour mettre en oeuvre des réformes efficaces, mais très techniques.
Pour répondre au problème des institutions "trop grosses pour faire faillite" les USA ont adopté une "règle de rétention des risques" dans le cadre la loi Dodd-Frank de 2010.
Elle stipule que les établissements de titrisation des prêts hypothécaires doivent conserver 5% des actifs titrisés qu'ils créent, de manière à ce qu'ils soient eux aussi exposés aux risques liés à ces actifs (à moins qu'ils ne répondent aux conditions voulues pour en être dispensés).
Mais dans un autre article présenté au cours de la même session, Paul Willen de la Banque de la Réserve fédérale de Boston, estime que cette règle n'est sûrement pas le meilleur moyen pour l'Etat d'améliorer le fonctionnement des marchés financiers.
Les investisseurs savent déjà que l'on gère mieux les risques si on y est soi-même exposé.
Mais ils savent aussi que dans certains cas, d'autres facteurs peuvent contrebalancer les avantages de la "rétention des risques".
En essayant de prendre en compte toutes ces considérations, l'Etat se trouve complètement dépassé.
La réforme la plus fondamentale du marché immobilier résidentiel consisterait à réduire le surendettement des acquéreurs et le manque de diversification de leurs emprunts.
Dans l'article que j'ai présenté lors de la même session, j'en suis revenu à l'idée que l'Etat pourrait encourager des prêts hypothécaires privés "souples" (workout mortgages) qui s'adapteraient aux fluctuations du marché immobilier et de l'économie, ce qui permettrait de protéger les acquéreurs contre le risque d'avoir à rembourser une somme supérieure à la valeur de leur maison en cas de baisse du marché immobilier.
Comme le partenariat proposé par Caplin, il s'agirait d'une réforme fondamentale, car elle vise le cœur du problème qui sous-tend la crise financière.
Mais les groupes d'intérêt en place et les médias ne s'y intéressent guère.
L'un de nos intervenants, Joseph Tracy de la Banque de la Réserve fédérale de New-York (l'un des co-auteurs de Housing Partnerships), a formulé succinctement le problème : "Eteindre un incendie est plus glorieux que de le prévenir".
De la même manière que la plupart des gens s'intéressent davantage aux histoires d'incendie qu'à la chimie des produits ignifuges, ils s'intéressent davantage aux histoires de crise financière qu'aux mesures destinées à les éviter.
Ce n'est sans doute pas la meilleure attitude… |
The CEO Pay Slice
CAMBRIDGE – There is now intense debate about how the pay levels of top executives compare with the compensation given to rank-and-file employees.
But, while such comparisons are important, the distribution of pay among top executives also deserves close attention.
In our recent research, we studied the distribution of pay among top executives in publicly traded companies in the United States. Such firms must disclose publicly the compensation packages of their five highest-paid executives.
Our analysis focused on the CEO “pay slice” – that is, the CEO’s share of the aggregate compensation such firms award to their top five executives.
We found that the pay slice of CEOs has been increasing over time.
Not only has compensation of the top five executives been increasing, but CEOs have been capturing an increasing proportion of it. The average CEO’s pay slice is about 35%, so that the CEO typically earns more than twice the average pay received by the other top four executives.
Moreover, we found that the CEO’s pay slice is related to many aspects of firms’ performance and behavior.
To begin, firms with a higher CEO pay slice generate lower value for their investors.
Relative to their industry peers, such firms have lower market capitalization for a given book value.
The ratio of market value to book value, termed “Tobin’s Q” by financial economists, is a standard measure for evaluating how effectively firms use the capital they have.
Moreover, firms with a high CEO pay slice are associated with lower profitability.
The operating income that such firms generate, relative to the value of their assets, tends to be lower.
What makes firms with a higher CEO pay slice generate lower value for investors?
We found that the CEO pay slice is associated with several dimensions of company behavior and performance that are commonly viewed as reflecting governance problems.
First, firms with a high CEO pay slice tend to make worse acquisition decisions.
When such firms make acquisition announcements, the stock-market returns accompanying the announcement, which reflect the market’s judgment of the acquisition, tend to be lower and are more likely to be negative.
Second, such firms are more likely to reward their CEOs for “luck.”
They are more likely to increase CEO compensation when the industry’s prospects improve for reasons unrelated to the CEO’s own performance (for example, when oil companies benefit from a steep rise in world oil prices).
Financial economists view such luck-based compensation as a sign of governance problems.
Third, a higher CEO pay slice is associated with weaker accountability for poor performance. In firms with a high CEO pay slice, the probability of a CEO turnover after bad performance (controlling for the CEO’s length of service) is lower.
Lower sensitivity of turnover to performance reflects less willingness on the part of directors to discipline the CEO.
Finally, firms with a higher CEO pay slice are more likely to provide their CEO with option grants that turn out to be opportunistically timed. A high CEO pay slice is associated with an increased likelihood of the CEO receiving a “lucky” option grant with an exercise price equal to the lowest price in the month in which it was granted.
Such “lucky” timing is likely to reflect the use of insider information or the backdating of option grants.
What explains this emerging pattern?
Some CEOs take an especially large slice of the top five executives’ compensation because of their special abilities and opportunities relative to the other four. But the ability of some CEOs to capture an especially high slice might reflect undue power and influence over the company’s decision-making.
As long as the latter factor plays a significant role, the CEO pay slice partly reflects governance problems.
We should stress that a positive correlation between a CEO’s pay slice and governance problems does not imply that every firm with a high CEO pay slice has governance problems, much less that such firms would necessarily be made better off by lowering it.
In some such firms, the large pay slice captured by the CEO may be optimal, given the CEO’s talents and the firm’s environment, and reducing the CEO pay slice might thus make the firm and its shareholders worse off.
Still, our evidence indicates that, on average, a high CEO pay slice may signal governance problems that might not otherwise be readily visible.
Investors and corporate boards would thus do well to pay close attention not only to the compensation captured by the firms’ top executives, but also to how this compensation is divided among them. | Le pdg et sa part du gâteau
CAMBRIDGE – Il y a actuellement un grand débat sur le niveau de rémunération des dirigeants des entreprises comparé à ceux des employés ordinaires.
Mais si cette comparaison est importante à faire, la distribution des revenus entre ces dirigeants eux-mêmes mérite aussi que l'on s'y attarde.
Dans un travail récent, nous avons étudié la distribution des revenus entre les principaux dirigeants de sociétés américaines cotées en Bourse - elles sont tenues de rendre public les revenus de leurs cinq dirigeants les mieux payés.
Notre analyse a porté sur la part revenant au pdg. Nous avons établi qu'elle a augmenté au cours du temps.
nan
Non seulement le revenu global des cinq dirigeants les mieux payés a augmenté, mais la part relative du pdg dans ce groupe a elle-même augmenté, jusqu'à représenter en moyenne 35% de la somme globale (plus du double du revenu moyen des quatre autres dirigeants les mieux payés).
nan
Les sociétés dont le pdg a un revenu proportionnellement plus élevé par rapport aux autres hauts revenus rapportent moins à leurs investisseurs.
Comparées aux autres sociétés de leur secteur, à valeur comptable identique leur capitalisation boursière est moindre.
Leur taux de capitalisation par rapport à leur valeur comptable, ce que les économistes financiers appellent le quotient de Tobin, est un critère qui permet d'évaluer l'utilisation de leur capital par les entreprises.
Les sociétés qui attribuent une grande part du gâteau des revenus au pdg par rapport aux autres dirigeants sont également moins rentables.
Leurs revenus d'exploitation rapportés à la valeur de leurs actifs tendent à être plus faibles.
Pourquoi ces sociétés rapportent-elles moins à leurs investisseurs ?
Nous avons observé que la part de revenu du pdg est liée à différentes facettes de la politique et des résultats de ces sociétés, qui paraissent refléter des problèmes de gouvernance.
- Elles tendent à prendre de mauvaises décisions en termes d'acquisitions.
Quand elles annoncent une acquisition, leur rendement en Bourse – qui traduit la manière dont le marché juge cette acquisition – baisse ou devient souvent négatif.
- Elles récompensent plus fréquemment que d'autres leur pdg pour des événements dus au hasard.
Elles tendent à augmenter le revenu de ce dernier quand les perspectives dans leur secteur d'activité s'améliore pour des raisons qui n'ont rien à voir avec lui (par exemple lorsqu'une compagnie pétrolière bénéficie d'une montée en flèche du prix du pétrole sur les marchés mondiaux).
Les économistes financiers considèrent ce surcroît de rémunération lié à un événement fortuit comme un signe de mauvaise gouvernance.
- Elles ont moins tendance que les autres à considérer le pdg comme responsable en cas de mauvais résultats.
Son renvoi est alors moins fréquent, du fait sans doute de la moindre volonté de leurs administrateurs de discipliner le pdg.
- Enfin, ces sociétés distribuent fréquemment à leur pdg des options financières extrêmement rentables à un moment étrangement bien choisi, celui où leur prix d'exercice est au plus bas du mois de leur attribution au pdg.
Ce choix de la date indique le recours à des informations d'initiés ou l'antidatage de ces options.
Comment expliquer l'ensemble de ces caractéristiques ?
Il arrive que la part de certains pdg par rapport aux quatre autres revenus les plus élevées soit particulièrement importante en raison de leurs compétences spécifiques, mais elle est parfois la conséquence de leur excès de pouvoir et d'influence sur le processus de décision de l'entreprise.
Leur part de rémunération est alors l'expression d'un problème de gouvernance.
Soulignons qu'une corrélation positive entre problèmes de gouvernance et part de revenu qui échoit au pdg n'implique pas qu'une rémunération importante de ce dernier soit nécessairement liée à un problème de gouvernance, et encore moins que sa diminution serait bénéfique à l'entreprise.
Dans certaines firmes, la part importante qui revient au pdg se justifie par son talent et par l'environnement. Dans ce cas, la diminuer serait néfaste à l'entreprise et à ses actionnaires.
Néanmoins notre étude montre qu'en moyenne une grosse part du gâteau des revenus allant au pdg peut traduire un problème de gouvernance qui autrement ne serait pas aussi visible.
Les investisseurs et les conseils d'administration seraient donc bien inspirés d'examiner de près non seulement le montant total des revenus les plus élevés, mais aussi leur répartition entre les dirigeants. |
Bono: My wish: Three actions for Africa
TED Talk Subtitles and Transcript: Musician and activist Bono accepts the 2005 TED Prize with a riveting talk, arguing that aid to Africa isn't just another celebrity cause; it's a global emergency.
Well, as Alexander Graham Bell famously said on his first successful telephone call, "Hello, is that Domino's Pizza?"
I just really want to thank you very much.
As another famous man, Jerry Garcia, said, "What a strange, long trip."
And he should have said, "What a strange, long trip it's about to become."
At this very moment, you are viewing my upper half.
My lower half is appearing at a different conference in a different country.
You can, it turns out, be in two places at once.
But still, I'm sorry I can't be with you in person.
I'll explain at another time.
And though I'm a rock star, I just want to assure you that none of my wishes will include a hot tub.
But what really turns me on about technology is not just the ability to get more songs on MP3 players.
The revolution -- this revolution -- is much bigger than that.
I hope, I believe.
What turns me on about the digital age, what excites me personally, is that you have closed the gap between dreaming and doing.
You see, it used to be that if you wanted to make a record of a song, you needed a studio and a producer.
Now, you need a laptop.
If you wanted to make a film, you needed a mass of equipment and a Hollywood budget.
Now, you need a camera that fits in your palm, and a couple of bucks for a blank DVD.
Imagination has been decoupled from the old constraints.
And that really, really excites me.
I'm excited when I glimpse that kind of thinking writ large.
What I would like to see is idealism decoupled from all constraints.
Political, economic, psychological, whatever.
The geopolitical world has got a lot to learn from the digital world.
From the ease with which you swept away obstacles that no one knew could even be budged.
And that's actually what I'd like to talk about today.
First, though, I should probably explain why, and how, I got to this place.
It's a journey that started 20 years ago.
You may remember that song, "We Are the World," or, "Do They Know It's Christmas?"
Band Aid, Live Aid.
Another very tall, grizzled rock star, my friend Sir Bob Geldof, issued a challenge to "feed the world."
It was a great moment, and it utterly changed my life.
That summer, my wife, Ali, and myself went to Ethiopia.
We went on the quiet to see for ourselves what was going on.
We lived in Ethiopia for a month, working at an orphanage.
The children had a name for me.
They called me, "The girl with the beard."
Don't ask.
Anyway, we found Africa to be a magical place.
Big skies, big hearts, big, shining continent.
Beautiful, royal people.
Anybody who ever gave anything to Africa got a lot more back.
Ethiopia didn't just blow my mind; it opened my mind.
Anyway, on our last day at this orphanage a man handed me his baby and said, "Would you take my son with you?"
He knew, in Ireland, that his son would live, and that in Ethiopia, his son would die.
It was the middle of that awful famine.
Well, I turned him down.
And it was a funny kind of sick feeling, but I turned him down.
And it's a feeling I can't ever quite forget.
And in that moment, I started this journey.
In that moment, I became the worst thing of all: I became a rock star with a cause. Except this isn't the cause, is it?
Six-and-a-half thousand Africans dying every single day from AIDS -- a preventable, treatable disease -- for lack of drugs we can get in any pharmacy.
That's not a cause. That's an emergency.
11 million AIDS orphans in Africa, 20 million by the end of the decade.
That's not a cause. That's an emergency.
Today, every day, 9,000 more Africans will catch HIV because of stigmatization and lack of education.
That's not a cause. That's an emergency.
So what we're talking about here is human rights.
The right to live like a human.
The right to live, period.
And what we're facing in Africa is an unprecedented threat to human dignity and equality.
The next thing I'd like to be clear about is what this problem is, and what this problem isn't.
Because this is not all about charity.
This is about justice. Really.
This is not about charity. This is about justice.
That's right.
And that's too bad, because we're very good at charity.
Americans, like Irish people, are good at it.
Even the poorest neighborhoods give more than they can afford.
We like to give, and we give a lot.
Look at the response to the tsunami -- it's inspiring.
But justice is a tougher standard than charity.
You see, Africa makes a fool of our idea of justice.
It makes a farce of our idea of equality.
It mocks our pieties. It doubts our concern.
It questions our commitment.
Because there is no way we can look at what's happening in Africa, and if we're honest, conclude that it would ever be allowed to happen anywhere else.
As you heard in the film, anywhere else, not here.
Not here, not in America, not in Europe.
In fact, a head of state that you're all familiar with admitted this to me. And it's really true.
There is no chance this kind of hemorrhaging of human life would be accepted anywhere else other than Africa.
Africa is a continent in flames.
And deep down, if we really accepted that Africans were equal to us, we would all do more to put the fire out.
We're standing around with watering cans, when what we really need is the fire brigade.
You see, it's not as dramatic as the tsunami.
It's crazy, really, when you think about it.
Does stuff have to look like an action movie these days to exist in the front of our brain?
The slow extinguishing of countless lives is just not dramatic enough, it would appear.
Catastrophes that we can avert are not as interesting as ones we could avert.
Funny, that.
Anyway, I believe that that kind of thinking offends the intellectual rigor in this room.
Six-and-a-half thousand people dying a day in Africa may be Africa's crisis, but the fact that it's not on the nightly news, that we in Europe, or you in America, are not treating it like an emergency -- I want to argue with you tonight that that's our crisis.
I want to argue that though Africa is not the front line in the war against terror, it could be soon.
Every week, religious extremists take another African village.
They're attempting to bring order to chaos.
Well, why aren't we?
Poverty breeds despair. We know this.
Despair breeds violence. We know this.
In turbulent times, isn't it cheaper, and smarter, to make friends out of potential enemies than to defend yourself against them later?
"The war against terror is bound up in the war against poverty."
And I didn't say that. Colin Powell said that.
Now when the military are telling us that this is a war that cannot be won by military might alone, maybe we should listen.
There's an opportunity here, and it's real.
It's not spin. It's not wishful thinking.
The problems facing the developing world afford us in the developed world a chance to re-describe ourselves to the world.
We will not only transform other people's lives, but we will also transform the way those other lives see us.
And that might be smart in these nervous, dangerous times.
Don't you think that on a purely commercial level, that anti-retroviral drugs are great advertisements for Western ingenuity and technology?
Doesn't compassion look well on us?
And let's cut the crap for a second.
In certain quarters of the world, brand EU, brand USA, is not at its shiniest.
The neon sign is fizzing and cracking.
Someone's put a brick through the window.
The regional branch managers are getting nervous.
Never before have we in the west been so scrutinized.
Our values: do we have any?
Our credibility?
These things are under attack around the world.
Brand USA could use some polishing.
And I say that as a fan, you know?
As a person who buys the products.
But think about it.
More anti-retrovirals make sense.
But that's just the easy part, or ought to be.
But equality for Africa -- that's a big, expensive idea.
You see, the scale of the suffering numbs us into a kind of indifference.
What on earth can we all do about this?
Well, much more than we think.
We can't fix every problem, but the ones we can, I want to argue, we must.
And because we can, we must.
This is the straight truth, the righteous truth.
It is not a theory.
The fact is that ours is the first generation that can look disease and extreme poverty in the eye, look across the ocean to Africa, and say this, and mean it: we do not have to stand for this.
A whole continent written off -- we do not have to stand for this.
And let me say this without a trace of irony -- before I back it up to a bunch of ex-hippies.
Forget the '60s. We can change the world.
I can't; you can't, as individuals; but we can change the world.
I really believe that, the people in this room.
Look at the Gates Foundation.
They've done incredible stuff, unbelievable stuff.
But working together, we can actually change the world.
We can turn the inevitable outcomes, and transform the quality of life for millions of lives who look and feel rather like us, when you're up close.
I'm sorry to laugh here, but you do look so different than you did in Haight-Ashbury in the '60s.
But I want to argue that this is the moment that you are designed for.
It is the flowering of the seeds you planted in earlier, headier days.
Ideas that you gestated in your youth.
This is what excites me.
This room was born for this moment, is really what I want to say to you tonight.
Most of you started out wanting to change the world, didn't you?
Most of you did, the digital world.
Well, now, actually because of you, it is possible to change the physical world.
It's a fact.
Economists confirm it, and they know much more than I do.
So why, then, are we not pumping our fists into the air?
Probably because when we admit we can do something about it, we've got to do something about it.
It is a pain in the arse.
This equality business is actually a pain in the arse.
But for the first time in history, we have the technology; we have the know-how; we have the cash; we have the life-saving drugs.
Do we have the will?
I hope this is obvious, but I'm not a hippie.
And I'm not really one for the warm, fuzzy feeling.
I do not have flowers in my hair.
Actually, I come from punk rock.
The Clash wore big army boots, not sandals.
But I know toughness when I see it.
And for all the talk of peace and love on the West Coast, there was muscle to the movement that started out here.
You see, idealism detached from action is just a dream.
But idealism allied with pragmatism, with rolling up your sleeves and making the world bend a bit, is very exciting. It's very real. It's very strong.
And it's very present in a crowd like you.
Last year at DATA, this organization I helped set up, we launched a campaign to summon this spirit in the fight against AIDS and extreme poverty.
We're calling it the ONE Campaign.
It's based on our belief that the action of one person can change a lot, but the actions of many coming together as one can change the world.
Well, we feel that now is the time to prove we're right.
There are moments in history when civilization redefines itself.
We believe this is one.
We believe that this could be the time when the world finally decides that the wanton loss of life in Africa is just no longer acceptable.
This could be the time that we finally get serious about changing the future for most people who live on planet Earth.
Momentum has been building.
Lurching a little, but it's building.
This year is a test for us all, especially the leaders of the G8 nations, who really are on the line here, with all the world in history watching.
I have been, of late, disappointed with the Bush Administration.
They started out with such promise on Africa.
They made some really great promises, and actually have fulfilled a lot of them.
But some of them they haven't.
They don't feel the push from the ground, is the truth.
But my disappointment has much more perspective when I talk to American people, and I hear their worries about the deficit, and the fiscal well being of their country.
I understand that.
But there's much more push from the ground than you'd think, if we got organized.
What I try to communicate, and you can help me if you agree, is that aid for Africa is just great value for money at a time when America really needs it.
Putting it in the crassest possible terms, the investment reaps huge returns.
Not only in lives saved, but in goodwill, stability and security that we'll gain.
So this is what I hope that you will do, if I could be so bold, and not have it deducted from my number of wishes.
What I hope is that beyond individual merciful acts, that you will tell the politicians to do right by Africa, by America and by the world.
Give them permission, if you like, to spend their political capital and your financial capital, your national purse on saving the lives of millions of people.
That's really what I would like you to do.
Because we also need your intellectual capital: your ideas, your skills, your ingenuity.
And you, at this conference, are in a unique position.
Some of the technologies we've been talking about, you invented them, or at least revolutionized the way that they're used.
Together you have changed the zeitgeist from analog to digital, and pushed the boundaries.
And we'd like you to give us that energy.
Give us that kind of dreaming, that kind of doing.
As I say, there're two things on the line here.
There's the continent Africa.
But there's also our sense of ourselves.
People are starting to figure this out.
Movements are springing up.
Artists, politicians, pop stars, priests, CEOs, NGOs, mothers' unions, student unions.
A lot of people are getting together, and working under this umbrella I told you about earlier, the ONE Campaign.
I think they just have one idea in their mind, which is, where you live in the world should not determine whether you live in the world.
History, like God, is watching what we do.
When the history books get written, I think our age will be remembered for three things.
Really, it's just three things this whole age will be remembered for.
The digital revolution, yes.
The war against terror, yes.
And what we did or did not do to put out the fires in Africa.
Some say we can't afford to. I say we can't afford not to.
Thank you, thank you very much.
Okay, my three wishes.
The ones that TED has offered to grant.
You see, if this is true, and I believe it is, that the digital world you all created has uncoupled the creative imagination from the physical constraints of matter, this should be a piece of piss.
I should add that this started out as a much longer list of wishes.
Most of them impossible, some of them impractical and one or two of them certainly immoral.
This business, it gets to be addictive, you know what I mean, when somebody else is picking up the tab.
Anyway, here's number one.
I wish for you to help build a social movement of more than one million American activists for Africa.
That is my first wish.
I believe it's possible.
A few minutes ago, I talked about all the citizens' campaigns that are springing up.
You know, there's lots out there.
And with this one campaign as our umbrella, my organization, DATA, and other groups, have been tapping into the energy and the enthusiasm that's out there from Hollywood into the heartland of America.
We know there's more than enough energy to power this movement.
We just need your help in making it happen.
We want all of you here, church America, corporate America, Microsoft America, Apple America, Coke America, Pepsi America, nerd America, noisy America.
We can't afford to be cool and sit this one out.
I do believe if we build a movement that's one million Americans strong, we're not going to be denied.
We will have the ear of Congress.
We'll be the first page in Condi Rice's briefing book, and right into the Oval Office.
If there's one million Americans -- and I really know this -- who are ready to make phone calls, who are ready to be on email, I am absolutely sure that we can actually change the course of history, literally, for the continent of Africa.
Anyway, so I'd like your help in getting that signed up.
I know John Gage and Sun Microsystems are already on board for this, but there's lots of you we'd like to talk to.
Right, my second wish, number two.
I would like one media hit for every person on the planet who is living on less than one dollar a day.
That's one billion media hits.
Could be on Google, could be on AOL.
Steve Case, Larry, Sergey -- they've done a lot already.
It could be NBC. It could be ABC.
Actually we're talking to ABC today about the Oscars.
We have a film, produced by Jon Kamen at Radical Media.
But you know, we want, we need some airtime for our ideas.
We need to get the math; we need to get the statistics out to the American people.
I really believe that old Truman line, that if you give the American people the facts, they'll do the right thing.
And, the other thing that's important is that this is not Sally Struthers.
This has to be described as an adventure, not a burden.
: One by one they step forward, a nurse, a teacher, a homemaker, and lives are saved.
The problem is enormous.
Every three seconds one person dies.
Another three seconds, one more.
The situation is so desperate in parts of Africa, Asia, even America, that aid groups, just as they did for the tsunami, are uniting as one, acting as one.
We can beat extreme poverty, starvation, AIDS.
But we need your help.
One more person, letter, voice will mean the difference between life and death for millions of people.
Please join us by working together.
Americans have an unprecedented opportunity.
We can make history.
We can start to make poverty history.
One, by one, by one.
Please visit ONE at this address.
We're not asking for your money. We're asking for your voice.
Bono: All right. I wish for TED to truly show the power of information, its power to rewrite the rules and transform lives, by connecting every hospital, health clinic and school in one African country.
And I would like it to be Ethiopia.
I believe we can connect every school in Ethiopia, every health clinic, every hospital -- we can connect to the Internet.
That is my wish, my third wish.
I think it's possible.
I think we have the money and brains in the room to do that.
And that would be a mind-blowing wish to come true.
I've been to Ethiopia, as I said earlier.
It's actually where it all started for me.
The idea that the Internet, which changed all of our lives, can transform a country -- and a continent that has hardly made it to analog, let alone digital -- blows my mind.
But it didn't start out that way.
The first long-distance line from Boston to New York was used in 1885 on the phone.
It was just nine years later that Addis Ababa was connected by phone to Harare, which is 500 kilometers away.
Since then, not that much has changed.
The average waiting time to get a landline in Ethiopia is actually about seven or eight years.
But wireless technology wasn't dreamt up then.
Anyway, I'm Irish, and as you can see, I know how important talking is.
Communication is very important for Ethiopia -- will transform the country.
Nurses getting better training, pharmacists being able to order supplies, doctors sharing their expertise in all aspects of medicine.
It's a very, very good idea to get them wired.
And that is my third and final wish for you at the TED conference.
Thank you very much once again. | Bono lance un appel à la mobilisation pour l'Afrique
TED Talk Subtitles and Transcript: Bono, musicien et militant, reçoit le Prix Ted pour l'année 2005 et prononce un discours passionnant dans lequel il parle du SIDA en Afrique, non pas comme d'une cause propre à attirer les célébrités mais comme d'une urgence mondiale.
Lors du célèbre premier appel téléphonique de l'histoire, Alexander Graham Bell a dit: "Allô, je suis bien chez Domino's Pizza?"
Je veux juste vous dire un grand merci.
Et comme l'a dit un autre homme célèbre, Jerry Garcia: "Quel long et étrange voyage."
Il aurait plutôt dû dire: "Quel long et étrange voyage, c'est en train de devenir."
A cet instant, vous voyez le haut de mon corps.
Le bas tient une autre conférence ailleurs, dans un autre pays.
En fait, on peut être à deux endroits en même temps.
Malgré tout, je regrette de ne pouvoir être parmi vous.
Je vous expliquerai plus tard.
Même si je suis une rock star, je vous assure que je n'ai pas demandé de jacuzzi.
Mais ce que je trouve excitant dans le domaine technologique ce n'est pas simplement la capacité de stocker plus de chansons sur un lecteur mp3.
La révolution, cette révolution, est beaucoup plus spectaculaire.
J'espère, j'y crois.
Ce qui est stimulant dans l'ère numérique, ce que je trouve stimulant c'est que vous avez comblé le fossé entre le rêve et la réalité.
Avant, pour faire une chanson, vous aviez besoin d'un studio et d'un producteur.
Aujourd'hui, vous avez juste besoin d'un ordinateur portable.
Si vous vouliez réaliser un film, il fallait un équipement énorme et un budget hollywoodien.
Aujourd'hui, vous avez juste besoin d'une caméra et de quelques dollars pour acheter un DVD vierge.
L'imagination s'est vue libérée de toutes ces vieilles contraintes.
Et je trouve ça vraiment très excitant.
Je suis enthousiaste en imaginant ce type de pensée à grande échelle.
J'aimerais que l'idéalisme se libère de toute contrainte,
politique, économique, psychologique, etc.
La géopolitique a beaucoup à apprendre du monde numérique
dans la manière de surmonter les obstacles que l'on pensait ne jamais pouvoir surmonter.
Et c'est le thème de mon intervention.
D'abord, il faut que j'explique pourquoi et comment je me suis retrouvé là.
C'est un voyage qui a débuté il y a 20 ans.
Vous vous souvenez probablement de la chanson "We are the world," ou de "Do They Know It's Christmas?"
de Band Aid ou Live Aid.
Une autre star, grisonnante et de petite taille, mon ami Sir Bob Geldof a lancé un défi: "nourrir le monde."
Ce fut un moment historique qui a totalement changé ma vie.
Cet été-là, ma femme Ali et moi-même sommes partis en Ethiopie.
Nous sommes partis incognito pour voir la réalité des choses.
Nous avons passé un mois en Ethiopie à travailler dans un orphelinat.
Les enfants m'ont donné un nom.
Ils m'ont surnommé "la fille à barbe".
Sans commentaire.
Mais nous avons trouvé que l'Afrique est un endroit magique.
Des cieux immenses, des coeurs immenses, un continent immense et radieux.
Des gens magnifiques et dignes.
Quiconque a donné à l'Afrique se l'est vu rendre au centuple.
L'Ethiopie ne m'a pas juste ému, elle m'a ouvert l'esprit.
Et le dernier jour, à l'orphelinat, un homme m'a tendu son bébé et m'a dit: "Est ce que vous pourriez emmener mon fils avec vous?"
Il savait qu'en Irlande, son fils survivrait. En Ethiopie, son fils mourrait.
On était en pleine famine.
Mais j'ai refusé.
J'ai eu une impression de malaise mais j'ai refusé.
Et cette impression est encore là.
C'est à ce moment-là que mon voyage a commencé.
A ce moment-là, je suis devenu la pire des créatures: une rock star portant une cause... mais ce n'est pas une cause.
Six mille cinq cents Africains meurent chaque jour du SIDA, une maladie que l'on peut éviter et traiter parce que les médicaments ne se trouvent pas dans n'importe quelle pharmacie.
Ce n'est pas une cause. C'est une urgence.
11 millions d'orphelins du SIDA en Afrique. 20 millions d'ici 2010.
Ce n'est pas une cause. C'est une urgence.
Aujourd'hui, chaque jour, 9000 nouvelles personnes en Afrique contracteront le VIH par la stigmatisation et le manque d'éducation.
Ce n'est pas une cause. C'est une urgence.
Ce dont nous parlons ici, ce sont les Droits de l'Homme,
le droit de vivre comme un être humain.
Le droit de vivre, point final.
Et en Afrique, nous faisons face à une menace nouvelle à la dignité et à l'égalité des hommes.
Je voudrais aussi faire une distinction sur ce problème,
parce qu'il ne s'agit pas d'une oeuvre caritative.
Il s'agit de justice. Vraiment.
Nous ne parlons pas de caritatif mais de justice.
Voilà.
Et c'est dommage parce que nous sommes bons en caritatif.
Les Américains, les Irlandais sont bons en caritatif.
Les quartiers les plus miséreux donnent plus qu'ils ne devraient.
Nous aimons donner et nous donnons beaucoup.
Regardez les réactions après le tsunami, c'est vraiment formidable.
Mais la justice est un projet plus ardu que le caritatif.
L'Afrique ridiculise notre idée de justice.
Elle ridiculise notre idée de l'égalité.
Elle se moque de nos croyances, elle remet en question nos convictions.
Elle interroge nos engagements,
parce qu'il n'y a pas de moyen de regarder l'Afrique en étant honnête et de se dire que partout ailleurs, la situation serait insupportable.
Comme vous l'avez vu dans le film, partout ailleurs, pas ici.
Pas ici, pas aux Etats-Unis, pas en Europe.
D'ailleurs, un chef d'Etat que vous connaissez m'a avoué cela. Et c'est la vérité.
Il n'y a aucun doute sur le fait qu'une telle proportion de pertes humaines puisse être acceptée ailleurs qu'en Afrique.
L'Afrique est en flammes.
Et au fond, si nous acceptions vraiment que les Africains soient nos égaux, nous ferions plus qu'éteindre l'incendie.
Nous avons des arrosoirs quand il faudrait une brigade de pompiers.
Ce n'est pas aussi spectaculaire que le tsunami.
C'est fou quand on y pense.
Faut-il désormais que ces choses-là ressemblent à un film d'action pour que nous nous rendions compte ?
Le long décompte des vies perdues n'est semble-t-il tout simplement pas assez spectaculaire .
Les catastrophes que nous pouvons éviter ne sont pas aussi intéressantes que celles que nous pourrions éviter.
C'est amusant.
En tout cas, je crois que cette manière de penser insulte la rigueur intellectuelle de cette salle.
Six mille cinq cents morts chaque jour, c' est peut-être le reflet d'une crise africaine mais le fait que nous n'en fassions pas la une, que l'Europe ou l'Amérique ne traitent pas ce sujet comme une urgence, laissez-moi vous opposer ce soir l'idée qu'il s'agit bien de notre crise.
Je veux opposer l'idée que l'Afrique n'est en effet pas la ligne de front d'une guerre contre la terreur mais elle pourrait bientôt le devenir.
Chaque semaine, des extrémistes religieux s'emparent d'un nouveau village d'Afrique.
Ils essaient de ramener l'ordre.
Pourquoi n'y arrivons-nous pas?
La pauvreté nourrit le désespoir. C'est un fait.
Le désespoir nourrit la violence. C'est aussi un fait.
Dans des périodes troublées, n'est-il pas plus facile et plus intelligent de s'associer à nos ennemis potentiels plutôt que de risquer d'avoir à se défendre contre eux plus tard?
La guerre contre la terreur est intimement liée à la guerre contre la pauvreté.
Ce n'est pas de moi, c'est Colin Powell qui a prononcé ces mots.
Aussi si un militaire nous dit que c'est une guerre qu'on ne peut gagner seulement avec les armes, peut-être faudrait-il l'écouter.
Il y a une chance à saisir, une vraie chance.
Il ne s'agit pas d'un tour de magie ou d'un voeu pieux.
Les problèmes des pays en voie de développement donnent une opportunité à nos pays développés de se redéfinir vis-à-vis du monde.
Nous ne transformerons pas seulement la vie des autres, nous transformerons aussi la vision qu'ils ont de nous.
Et c'est sans doute un bon calcul dans ces périodes troublées.
Ne croyez-vous pas que sur le seul plan commercial, les médicaments rétroviraux ne seraient pas une promotion de l'ingéniosité et de la technologie occidentale?
La compassion nous va-t-elle si mal?
Arrêtons les conneries une seconde.
Dans certaines parties du monde, les échanges commerciaux européens ou américains ne sont pas au mieux.
Le néon clignote et se fissure.
Quelqu'un a lancé un pavé dans la vitrine.
Les directeurs de filiales deviennent nerveux.
Jamais auparavant l'Occident n'a été autant observé.
Nos valeurs: en avons-nous?
Notre crédibilité?
Ces valeurs sont attaquées dans le monde entier.
Les marques américaines auraient bien besoin d'un coup de jeune.
Et je parle en tant que fan,
en tant que client de ces marques.
Mais réfléchissez.
Fournir davantage d'anti-rétroviraux a un sens.
Mais c'est la partie la plus facile et elle a lieu d'être.
Mais l'égalité pour l'Afrique, est un concept énorme et coûteux.
Un tel degré de souffrance nous mène vers une sorte d'indifférence.
Que pouvons-nous faire?
Eh bien, certainement plus que nous pensons.
Nous ne pouvons pas tout résoudre, mais ce qui peut être fait, j'insiste, nous devons le faire.
Et parce que nous pouvons, nous en avons l'obligation.
C'est la stricte vérité, une vérité morale.
Il ne s'agit pas d'une théorie.
En fait, nous sommes la première génération confrontée à regarder en face la maladie et l'extrême pauvreté, à voir l'Afrique et à dire ceci et à le penser. Nous ne pouvons pas laisser faire ça.
Nous ne pouvons pas laisser un continent entier disparaître.
Laissez-moi vous dire ceci, sans la moindre ironie avant que j'en parle à une bande d'ex-hippies.
Oubliez les années 60. Nous pouvons changer le monde.
Vous ou moi, en tant qu'individu, ne pouvons pas mais tous ensemble nous pouvons changer le monde.
Je crois en cela, nous tous ici présents.
Regardez la fondation Gates.
Ils ont réalisé des choses incroyables.
En travaillant tous ensemble, nous pouvons vraiment changer le monde.
Nous pouvons changer les choses et améliorer la qualité de vie de millions d'êtres humains qui nous ressemblent et ressentent les mêmes choses que nous.
Pardon de rire mais vous tous paraissez si différents de ce que vous étiez dans le quartier de Haight-Ashbury dans les années 60.
Mais je veux dire que c'est le moment où vous intervenez.
C'est le moment où les plantes que vous avez semées vont fleurir à une époque ancienne et grisante.
Les idées que vous avez fait naître dans votre jeunesse.
C'est ce que je trouve stimulant.
Cet endroit existe pour cet instant, c'est vraiment ce que je veux vous dire ce soir.
Beaucoup d'entre vous ont commencé parce qu'ils voulaient changer le monde, n'est ce pas?
Beaucoup l'ont fait par le monde numérique.
Eh bien maintenant, avec vous, il est possible de changer le monde physique.
C'est un fait.
Les économistes le confirment et ils en savent plus que moi.
Alors pourquoi ne pouvons-nous pas?
probablement parce que lorsqu'on admet que nous pouvons faire quelque chose, nous nous devons de le faire.
C'est chiant.
Le business de l'égalité est chiant.
Mais pour la première fois dans l'histoire, nous disposons de la technologie, du savoir-faire, de l'argent, des traitements médicaux.
Mais avons-nous la volonté?
Je pense que c'est clair mais je ne suis pas un hippie.
Et je ne suis pas du genre nostalgique.
Je ne porte pas de fleurs dans les cheveux
Je suis plus dans le punk rock.
Les Clash portaient des rangers, pas des sandales.
Mais je sais reconnaître la dureté.
Et à chaque parole de paix et d'amour de la côte ouest le mouvement qui a commencé ici parlait avec ses poings.
L'idéalisme détaché de l'action n'est qu'un rêve.
Mais l'idéalisme allié au pragmatisme, le fait de se relever les manches et de changer un peu ce monde est très excitant, très concret, très fort.
Et c'est très présent dans une audience comme la vôtre.
L'an dernier avec DATA, cette organisation que j'ai aidé à créer, nous avons initié une campagne pour créer cet esprit dans le combat contre le Sida et la pauvreté extrême.
Nous l'avons appelé campagne ONE.
Elle est basée sur l'idée que l'action d'une personne peut changer les choses mais les actions de plusieurs personnes ensemble et unies peuvent changer le monde.
Eh bien nous pensons que désormais il faut prouver que nous sommes dans le vrai.
Il est des moments dans l'histoire où la civilisation se redéfinit.
Nous pensons que nous en sommes là,
que nous pourrions être à un moment où le monde décide enfin que la perte de tant de vies en Afrique n'est plus acceptable.
Ce pourrait être le moment où nous nous décidons enfin de changer le futur de la plupart des gens qui vivent sur la planète Terre.
L'impulsion se fait.
Elle vacille un peu mais elle se fait.
Cette année est un test pour nous tous et surtout pour les leaders du G8 qui sont les premiers concernés car le monde les regarde.
J'ai été déçu par l'Administration Bush ces derniers temps.
Ils ont fait tant de promesses à l'Afrique.
Ils ont fait de grandes promesses et en ont tenu plusieurs.
Et d'autres pas.
Ils n'ont pas conscience de cette impulsion. C'est la réalité.
Mais ma déception est atténuée quand je parle à des Américains et qu'ils me parlent de leurs déficits et du bien-être fiscal de leur pays,
ce que je comprends.
Mais l'impulsion serait plus forte que vous le pensez si nous nous nous organisions.
Ce que j'essaie de dire, et vous pouvez m'aider si vous êtes d'accord c'est que l'aide envers l'Afrique est rentable dans une période où l'Amérique a besoin de rentabilité.
En disant ça en termes horriblement cyniques, le retour sur investissement est énorme.
Non seulement des vies seront sauvés mais en termes de bonne volonté, de stabilité et de sécurité nous serons gagnants.
Alors pour être audacieux, c'est le voeu que je formule en espérant qu'il ne soit pas décompté de ma liste de voeux.
Ce que j'espère, au-delà d'actions altruistes individuelles c'est que vous direz à vos représentants politiques de bien agir en Afrique, en Amérique et dans le monde.
Donnez-leur le droit, si vous préférez, de consacrer leur capital politique et vos capitaux, votre richesse nationale pour sauver la vie de millions de gens.
C'est vraiment ce que je veux faire.
Et nous avons aussi besoin de votre capital intellectuel, de vos idées, de vos compétences, de votre inventivité.
Et vous, ici, êtes dans une position unique.
Certaines des technologies dont nous parlons, vous les avez inventées ou au moins révolutionné la manière de les utiliser.
Ensemble vous avez transformé l'analogique en digital et repoussé les frontières.
Et nous voulons que vous nous transmettiez cette énergie.
Offrez-nous ce rêve et ce savoir faire.
Et comme je disais, il y a deux choses à prendre en compte.
Il y a le continent africain.
Et il y a aussi notre conscience.
Les gens commencent à le comprendre.
Le mouvement est en train de naître:
artistes, politiciens, pop stars, prêtres, PDG, ONG, des associations de mères et d'étudiants.
Les gens s'unissent et travaillent sous la bannière dont je vous ai parlé, la campagne ONE.
Et la seule idée qu'ils portent est la suivante: l'endroit où vous vivez dans le monde, ne détermine pas votre manière d'exister dans ce monde.
L'Histoire, comme Dieu, nous observe.
Quand notre histoire s'écrira dans les livres je pense que trois éléments resteront.
Je crois que notre époque marquera l'histoire en trois points.
La révolution numérique.
La guerre contre le terrorisme.
et ce que nous aurons fait ou pas pour sauver l'Afrique.
Certains pensent que nous n'en avons pas les moyens, je crois que nous n'avons pas les moyens de l'éviter.
Merci, merci beaucoup.
Ok, mes trois voeux.
Ceux que TED a proposé de récompenser.
S'il est vrai, comme je le crois, que le monde numérique que vous avez créé va libérer l'imagination des contraintes physiques. Ca devrait être quelque peu merdique.
Je dois ajouter que la liste était beaucoup plus longue.
La plupart étaient irréalisables, et un ou deux étaient certainement inavouables.
Ce business devient addictif, vous savez de quoi je parle, quand quelqu'un d'autre paie l'addition.
Bref, voici le numéro un.
Je souhaite que vous aidiez à construire un mouvement social de plus d'un million de militants pour l'Afrique.
C'est mon premier voeu.
Je pense qu'il est réalisable.
Il y a quelques minutes, je parlais des campagnes citoyennes qui sont en train de naître.
Il y en a beacoup vous savez.
Et grâce à la campagne ONE, mon organisation, DATA et d'autres groupes ont puisé l'énergie et l'enthousiasme d'Hollywood jusqu'au coeur de l'Amérique.
Nous savons que pour soutenir ce mouvement, ce n'est pas l'énergie qui manque.
Nous avons juste besoin de vous pour le lancer.
Nous voulons que vous tous, l'église, les entreprises, Microsoft, Apple, Coca Cola, Pepsi, l'Amérique des informaticiens, l'Amérique bruyante.
On ne peut pas se permettre de rester là à attendre.
Je crois que si nous créons un mouvement fort d'un million d'Américains nous ne pourrons pas être ignorés.
Le Congrès nous regardera.
Condoleeza Rice nous inscrira dans son agenda et la Maison Blanche en fera autant.
SI un million d'Américains, et j'en suis certain, sont prêts à téléphoner, à envoyer des mails, je suis certain que l'on peut modifier le cours de l'histoire et le sort de l'Afrique.
En tout cas, j'aimerais aider ce mouvement.
Je sais que John Gage et Sun Microsystems sont déjà partants mais nous aimerions nous adresser à nombre d'entre vous.
Ok, mon deuxième voeu, le numéro deux.
J'aimerais qu'il y ait un seul clic média pour chaque être humain qui vit avec moins d'un dollar par jour.
C'est un milliard de clics.
Cela peut se faire avec Google, avec AOL,
Steve Case, Larry, Sergey. Ils ont déjà beaucoup fait.
Ce peut-être NBC ou ABC.
D'ailleurs, nous discutons avec ABC en ce moment à propos des Oscars.
Nous avons un film produit par Jon Karmen pour Radical Media.
Mais nous avons d'une exposition médiatique pour faire connaître nos idées.
Nous avons besoin de chiffres et de statistiques pour les soumettre aux Américains.
Je crois en la vieille idée de Truman, qui dit que si vous donnez les faits au peuple américain, ils prendront la bonne décision.
Et l'autre point important, c'est qu'on ne parle pas de Sally Struthers.
Ceci doit être perçu comme une aventure ,pas un fardeau.
: Un à un, ils nous rejoignent, une infirmière, un enseignant, un constructeur et des vies sont sauvées.
Le problème est énorme.
Une personne meurt toutes les trois secondes.
Trois secondes de plus, une autre meurt.
La situation est si désespérée dans certaines parties de l'Afrique, d'Asie ou même d'Amérique, que des groupes d'aide, comme pour le tsunami, s'unissent et agissent dans le même sens.
Nous pouvons combattre la pauvreté, la famine, le Sida.
Mais nous avons besoin de vous.
Une autre personne, une lettre, une voix distinguera la vie de la mort pour des millions de personnes.
S'il vous plaît, rejoignez-vous et travaillons ensemble.
L'Amérique a une chance inédite
de construire l'Histoire.
Nous pouvons commencer à faire de la pauvreté de l' histoire ancienne.
Un par un.
Allez voir le site ONE à cette adresse.
Nous ne demandons pas d'argent. Nous voulons vous entendre.
Bono: Je souhaite à TED de vraiment montrer le pouvoir de l'information. Il a le pouvoir de réécrire les règles et de transformer nos vies en connectant chaque hôpital, chaque clinique et école dans un pays d'Afrique.
Et j'aimerais que ce soit en Ethiopie
je crois qu'on peut connecter chaque école d'Ethiopie, chaque clinique, chaque hôpital. Nous pouvons nous connecter à Internet.
C'est mon souhait, le troisième.
Je crois que c'est possible.
Nous avons l'argent et la connaisance dans cette salle pour y parvenir.
Et ce serait extraordinaire que ce voeu devienne réalité.
Je suis allé en Ethiopie, je l'ai dit.
C'est là que tout a commencé pour moi.
L'idée qu'Internet, qui a tant transformé nos vies, puisse transformer un pays, et un continent qui a à peine découvert les connections analogiques, me renverse.
Mais ça n'a pas commencé comme ça.
La première connexion téléphonique longue distance entre Boston et New York a été utilisée en 1885.
A Addis Abeba, ça s'est passé à peine neuf ans plus tard par une connexion avec Harare, à 500 kms de là.
Depuis, ça n'a pas beaucoup évolué.
Le temps d'attente moyen pour obtenir une ligne téléphonique fixe en Ethiopie est d'environ sept à huit ans.
Mais la technologie sans fil était inimaginable.
Moi je suis Irlandais. Comme vous voyez, je connais l'importance de la parole.
La communication est très importante en Ethiopie et transformera le pays.
Les infirmières seront mieux formées, les pharmaciens pourront commander des médicaments, les médecins pourront partager leurs connaissances dans tous les domaines médicaux.
Il est vraiment très important qu'ils soient connectés.
Et c'est le troisième et dernier voeu que j'adresse à cette conférence TED.
Merci encore. |
5th cohesion report and strategy for the post-2013 cohesion policy - Implementation of cohesion policy programmes for 2007-2013 - European urban agenda and its future in cohesion policy - Objective 3: future agenda for cross-border, transnational and interregional cooperation - Increased effectiveness between ERDF and other structural funds (continuation of debate)
We now continue with the debate on the reports on cohesion policy.
Mr President, I would like to begin by thanking all of my fellow Members for the excellent cooperation and for a very constructive debate.
I would like to conclude by making two rather provocative comments on the discussion as a whole.
The structural funds were set up mainly to even out differences between individual regions, and they should therefore be directed particularly towards the most backward parts of the EU, in other words towards convergence Objective 1.
The richer regions will benefit from this through increased market opportunities for their products and services.
On the other hand, we should reject all proposed attempts to boost investment in the Objective 2 regions, or to create a strong transitional category of regions without financial expertise.
I see no reason for the endless redistribution of money from the rich to the rich.
I do, however, regard a specific transition mechanism between Objectives 1 and 2 as an appropriate addition.
Secondly, I think it is vital for us to stop market distortions through the funds.
The fact that one businessman obtains a grant to construct a factory building and the other does not, will logically lead to a distortion of the market.
The other will then have to include the cost of constructing the factory building in the price of the products he sells, and he will therefore logically have higher prices or lower profits.
It would be far better if the only final beneficiaries were public administration bodies, in other words the state, the regions, prefectures, towns and villages, which would invest the money in growth measures.
It is clear to me that such a radical change is impossible.
It is, however, possible at least to try this way out, and to take a small step in this direction.
In the words of Neil Armstrong, it would be a small step for European funds, but a giant leap for the European economy.
Mr President, Europe is currently in crisis: there is a financial crisis, a macroeconomic crisis, a social crisis and a moral crisis.
Citizens perceive Europe as an enemy who regulates and imposes drastic austerity.
They do not see what the Union does to invest, to support growth, to integrate those with fewer opportunities and to make up for development imbalances between regions.
In a short while we will be voting on the package on economic governance, which sets out responsible measures in order to adhere to the Stability and Growth Pact, clean up public finances and allow growth to pick up.
Cohesion policy is the second pillar on which this growth must rely, a sustainable, intelligent and inclusive growth.
Economic governance and cohesion policy are two sides of the same coin and it is important to point out that one cannot go without the other.
That is why we must fight to defend this policy, to defend its budget, to convince the Member States that regional policy is not a luxury but a necessity.
There is a lot at stake in the budget negotiations for the next programming period.
We must continue to take action in favour of a policy of European cohesion that is integrated and ambitious, simpler and more visible, one which enhances territorial cooperation and which is fairly directed at all regions.
Thus, I particularly support the proposal, put forward in the Pieper report, proposing the creation of an intermediate category for regions where GDP is between 75 and 90% of the EU average.
This category will enable many regions facing structural growth problems to receive fair and balanced treatment.
Moreover, I naturally wish to insist once again on the importance of developing European territorial cooperation.
It is the practical embodiment of Robert Schuman's saying: Europe will not be made all at once or through overall integration; it will be built through concrete achievements which first create a de facto solidarity.
This was true 60 years ago and it is still true today.
rapporteur. - (EL) Mr President, I should like to congratulate the rapporteurs on their reports, which have given us an opportunity today to debate basic dimensions of future cohesion policy and to express our main positions on them.
However, I should like to comment on Mr Pieper's report, for which I was the shadow rapporteur, because it sets out the detailed positions of the European Parliament on the post-2013 architecture needed for cohesion policy.
I should like to point out that the European Parliament's main positions have already been formulated and approved by plenary in a special chapter of the resolution on the future financial perspective of the European Union as regards cohesion policy.
We shall not be making concessions on those positions.
Future cohesion policy must have an appropriate budget, so that it can effectively meet the new challenges, support all the regions of the European Union, with particular emphasis as always on the regions with the most development problems, include thematic objectives and, at the same time, a degree of flexibility, rely on simplified rules which have been unified to the maximum possible extent between its funds and ensure that all citizens of the Union will be able to enjoy its benefits, even if they are living in the most remote parts of the European Union, on islands and in mountain areas.
Finally, as regards, in particular, the proposal to create an intermediate support category, which both I and my political group and a large majority in Parliament have always supported, I should like to stress that I absolutely agree with the opinion expressed today by Commissioner Hahn.
Its creation is absolutely justified and we want the future regional support system to address regions at the same development level in a fair, simplified and transparent manner.
I believe that we must send out a clear message that the European Union looks behind the statistics, especially in the present economic crisis.
The joint debate is closed.
The vote will take place shortly.
(The sitting was suspended at 11.45 and resumed at 11.50)
Written statements (Rule 149)
in writing. - (BG) Improving the business climate is also part of cohesion policy.
However, an efficiently operating judicial system is required to do this.
The lack of action from the legislative authority regarding the extremely urgent changes in the judicial system is noticeable.
We have obligations to our European partners to undertake large-scale reforms in this area, which need to cope adequately with the numerous cases in Bulgaria's courts, especially with those involving corruption at high levels and the indications of it.
The numerous negative assessments, as a whole, from the European Commission and the European courts regarding the reforms to the judicial system and the spreading corruption have not changed the government's criminally negligent attitude towards any kind of reforms in this area.
Why do people who have the right to initiate changes to the law not do it, yet, at the same time, justify their mistakes with the lack of reforms?
Why are double standards being protected?
In whose interest is it to delay reforms?
It is shocking that in the 21st century citizens in Bulgaria do not have the opportunity to bring an individual complaint before the Constitutional Court, a right which is taken for granted by citizens in Germany, for instance.
Why are senior judges elected in an extremely dubious, obscure way and why do very grave doubts remain about interference from the executive?
in writing. - (LT) As we prepare for the new financial period post-2013, we must put forward specific proposals for the European Union financial perspective (2014-2020) on a single strategic framework to ensure the implementation of the EU cohesion policy objectives and the effectiveness of the structural funds.
At this difficult time, in order to overcome the consequences of the financial and economic crisis, we have a good opportunity to use the future negotiations on the next Multiannual Financial Framework to achieve more effective governance and implementation of the EU structural funds and programmes.
The European Commission should increase the technical assistance given to Member State, regional and local government bodies and organise more training for them, in order to increase their capabilities and broaden their knowledge of the rules applied to address issues related to implementation.
In addition, the Member States themselves should give priority to investment in institutional capacity, and simplify administrative provisions in order to reduce the administrative burden.
I agree with the European Parliament's call for the Commission to draft a European handbook on multi-level governance and encourage the Member States to follow it, taking into account specific local and regional objectives, to extend the application of cohesion policy governance measures (that is, programming, funding and implementation on the basis of national, regional and local partnership) and to apply them to funds that will be included in the planned common strategic framework, in order to ensure greater public expenditure efficiency.
in writing. - (HU) Cohesion policy has proved its indispensability, efficiency and flexibility in combating the crisis.
Furthermore, it contributes significantly to achieving the Europe 2020 goals, although it is important to emphasise that cohesion policy is only one of the means of achieving these goals, and every policy field must contribute to an appropriate extent to the success of the new growth strategy of the European Union.
I would like to highlight the fact that the error rate has decreased substantially in recent years, and the majority of errors derive from fields outside cohesion policy (e.g. public procurement).
The financing of cohesion policy should not be reduced because there are still imbalances that can only be tackled by cohesion policy.
The most impoverished regions need more support, but in return they should be more efficient.
At the same time it is important that the conditions applied in the field of regional policy should relate to fields which cohesion policy can influence, and Member States should not be required to implement essential social and economic reforms in the name of conditionality.
Simplification of the currently extremely complicated regulation system, uniform interpretation of rules and obligations, consistency of the legislative environment and a clear delineation of responsibilities are essential for increasing the efficiency of cohesion policy.
Cohesion policy is not an aid policy; rather it involves investment in the alignment of less developed areas, the positive consequences of which will have effects on the more affluent regions as well, due to an increase in demand.
Cohesion policy is vital for eliminating the disparities between Europe's regions, exiting the crisis and achieving smart, sustainable and inclusive growth.
In spite of what has been achieved, there are still regions whose development is lagging behind.
This creates the need for more and better targeted measures aimed at reducing the social and economic imbalances in Europe and combating poverty and social exclusion.
What is required to increase the effectiveness of cohesion policy is better interaction between the Structural Funds, as well as better coordination with the other EU financial instruments and domestic assistance.
Making the operational programmes sufficiently flexible would also play a key role in ensuring that they are as relevant as possible to the surrounding conditions.
We need to move towards reducing the administrative burdens faced by beneficiaries, including by making wider use of eGovernment facilities, and towards strengthening the role played by local and regional authorities, as well as socio-economic partners.
By way of conclusion, I would like to emphasise that, in order to achieve genuine social, economic and territorial cohesion and ensure that every European citizen has a good place to live and work, the size of the cohesion policy funds in the next programming period must be at least the same as in the current period.
in writing. - (ET) In future, the European Union's cohesion policy must be bolder in taking macro-regional strategies such as the Baltic Sea Strategy and the Danube Region Strategy into consideration more than has hitherto been the case.
Macro-regional strategies are well-placed to take advantage of transnational potential, to improve cooperation between different levels of government, to make use of a common approach in order to tackle common problems, and to increase regional competitiveness and the capacity for innovation.
In preparing cohesion policy for the upcoming period, it is necessary to specify more clearly how to implement the macro-regional strategies in the upcoming period and what their role and place within cohesion policy should be, as well as how they should be financed in the upcoming period.
It is important that macro-regional strategies be examined in the context of the objective of European territorial cohesion prescribed in the Treaty of Lisbon and the EU's territorial development plan for 2020.
The European Commission must provide more precise guidelines for Member States, such as a specification of particular courses of action or areas that have macro-regional relevance: for example, transport corridors, the free movement of services and environmental issues.
Through better coordination of existing support mechanisms, it will become possible to make more purposeful use of the EU's structural funds without requiring a greater allocation of resources to those inter-regional areas of cooperation.
I also believe that it is extremely important to provide for additional resources to coordinate macro-regional strategies and increase cooperative synergy.
Coordination requires continuous improvement, and the responsibility of Member States in this area should certainly be increased.
Cohesion policy is the best proof of the solidarity which exists in the European Union.
Poland, and in particular poor regions like the one I represent - Lubelskie Voivodship - have used these funds for rapid development.
Today it is hard to imagine what our region would be like without EU support.
It is a pity that there is a lack of information about the specific effects of spending this money, because in fact it is research evaluating the way in which the whole region has used a variety of programmes, and not evaluation of individual programmes, which should suggest the way forward for cohesion policy in future years.
Cohesion policy is a pillar of the Europe 2020 strategy, so the money allocated to cohesion policy in the next common financial framework should not be less than the amounts made available in the current programming period.
We are currently looking for resources for new objectives which are to increase Europe's competitiveness.
We should not, however, look for these at the cost of cities and regions.
In the report of the Policy Challenges Committee and in the Pieper report the European Parliament has sent a strong message to the governments of the Member States and the Council: do not tamper with cohesion policy.
In its report on the future strategy for the post-2013 cohesion policy, the European Parliament proposes a balanced position which is favourable to the European Union.
The Union continues to need a strong cohesion policy which will also be financed accordingly.
At the same time, regulations need to be improved.
Other requirements include projects with large European added value, fairness, responsibility and a commitment from Member States, based on a contract with the European Commission, to use the total amount of allocated funds.
During a period of economic decline, investments are needed to preserve jobs and foster development.
Cohesion policy is targeted exclusively at investments.
For the future financial year, the budget allocated to cohesion policy must be at least equivalent to the current level.
Cohesion policy after 2013 should continue to be an important factor in the development of Europe.
It must guarantee infrastructure development and correct the imbalances in development between individual regions.
The financial crisis has further exacerbated regional differences.
Europe is confronting large-scale unemployment.
At present, when there are more than 23 million unemployed, cohesion policy is one of the policies that can also contribute to creating new jobs.
There is perhaps not a single MEP who doubts the need for cohesion policy to continue after 2013.
The question of efficient use of funds, transparency and improvement of the overall process, and return on investment is becoming topical.
The successes of cohesion policy are measurable and are very much noticed and applauded by inhabitants of the EU.
It is therefore also important that cohesion policy is given sufficient funding when the Multiannual Financial Framework is approved.
Investments in regional development are investments in the future and the development of the EU.
Pursuit of the objectives of European cohesion policy is undoubtedly moving in the right direction in many areas, although at this stage there are already some lessons which can be learned from its progress to date for the construction of the future priorities of European cohesion policy.
The relatively poor take-up of funds for infrastructure and the environment has given rise to the need for a review of the tools which offer encouragement to begin projects in this area.
This is particularly important for the countries of Eastern Europe, in which spending of funds allocated for this purpose is lower in comparison with other strategic areas.
Furthermore, additional support is required for transnational and cross-border cooperation, which is needed from the point of view of development and European convergence, and for the accomplishment of joint regional projects in the area of infrastructure and the environment.
Another important element is the strengthening of development based on small and medium-sized enterprises.
What is important here is not only to stimulate the establishment of new enterprises, but to create suitable conditions for them to survive in the market.
This gives rise to the need to achieve greater integration of the principles of the Small Business Act with cohesion policy.
Consideration given to these areas in the construction of post-2013 strategy and cohesion policy can contribute to the lasting and harmonious economic development of the European Union. | Cinquième rapport sur la cohésion et stratégie de la politique de cohésion après 2013 - Mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion 2007-2013 - L'agenda urbain européen et son avenir au sein de la politique de cohésion - Objectif 3: un défi pour la coopération territoriale - le futur agenda de la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale - Situation actuelle et futures synergies pour une efficacité accrue entre le FEDER et d'autres fonds structurels (suite du débat)
L'ordre du jour appelle le débat sur les rapports relatifs à la politique de cohésion.
Monsieur le Président, permettez-moi de commencer par remercier tous mes collègues de leur excellente coopération et du débat très constructif qui a eu lieu.
Je conclurai, si vous le permettez, par deux commentaires plutôt provocateurs à propos du débat en général.
Les fonds structurels ont été essentiellement créés pour aplanir les différences entre les régions individuelles, et leur action doit donc être plus particulièrement dirigée vers les régions de l'UE les plus en retard, en d'autre termes être orientée vers la convergence (Objectif 1).
Les régions les plus riches en bénéficieront grâce à de plus nombreux débouchés commerciaux pour leurs produits et services.
Par ailleurs, nous devrions rejeter toutes les tentatives proposées visant à accroître les investissements dans les régions de l'Objectif 2, ou à créer une importante catégorie intermédiaire de régions en transition sans expertise financière.
Je ne vois pas l'intérêt de redistribuer sans cesse l'argent entre les riches.
Mais je considère une transition spécifique entre les objectifs 1 et 2 comme un complément adéquat.
Deuxièmement, je pense qu'il est vital pour nous de stopper les distorsions de concurrence au travers des fonds.
Si un homme d'affaires obtient une subvention pour construire une usine et qu'un autre n'en obtient pas, cela conduit logiquement à une distorsion du marché.
Le second devra répercuter les frais liés à la construction de l'usine dans le prix des produits qu'il vend, ce qui aura pour conséquence logique des prix plus élevés et des bénéfices moins élevés pour lui.
Ce serait nettement mieux que les seuls bénéficiaires finaux soient des organismes de l'administration publique, en d'autres termes l'État, les régions, les préfectures, les villes et les villages, qui investiraient l'argent dans des mesures de croissance.
Il est clair à mes yeux qu'un changement si radical ne peut pas se produire.
Mais il est possible, à tout le moins, d'essayer de prendre cette direction et de faire un petit pas dans cette direction.
Pour reprendre les paroles de Neil Armstrong, ce serait un petit pas pour les fonds européens, mais un pas de géant pour l'économie européenne.
rapporteure. - Monsieur le Président, aujourd'hui, l'Europe est en crise: crise financière, crise macroéconomique, crise sociale et crise morale.
Les citoyens voient en l'Europe un ennemi qui régule et qui impose une rigueur drastique.
Ils ne voient pas ce que fait l'Union pour investir, pour accompagner la croissance, pour intégrer les plus défavorisés et pour rattraper les déséquilibres de développement entre les régions.
Nous voterons tout à l'heure le paquet sur la gouvernance économique, qui prévoit des mesures responsables pour respecter le pacte de stabilité, assainir les finances publiques et permettre une reprise de la croissance.
La politique de cohésion est le deuxième pilier sur lequel doit s'appuyer cette croissance, une croissance durable, intelligente et inclusive.
Gouvernance économique et politique de cohésion sont les deux côtés d'une même pièce et il est important de rappeler que l'une ne peut pas aller sans l'autre.
C'est pourquoi nous devons nous battre pour défendre cette politique, pour défendre son budget, pour convaincre les États que la politique régionale n'est pas un luxe mais une nécessité.
Les enjeux des négociations budgétaires pour la prochaine période de programmation sont nombreux.
Nous devons continuer à agir en faveur d'une politique de cohésion européenne intégrée et ambitieuse, plus simple et plus visible, qui renforce la coopération territoriale et qui s'adresse de manière juste à l'ensemble des régions.
Ainsi, je soutiens particulièrement la proposition, formulée dans le rapport Pieper, qui propose la création d'une catégorie intermédiaire pour les régions dont le PIB est entre 75 % et 90 % de la moyenne communautaire.
Cette catégorie permettra à de nombreuses régions qui sont confrontées à des problèmes structurels de croissance d'obtenir un traitement équitable et équilibré.
Et, bien sûr, je souhaite insister encore une fois sur l'importance du renforcement de la coopération territoriale européenne.
Elle est la matérialisation concrète de la maxime de Robert Schuman: l'Europe ne se fera pas d'un coup ni dans une construction d'ensemble, elle se fera par des réalisations concrètes, créant d'abord une solidarité de fait.
Cela était vrai il y a soixante ans, c'est encore vrai aujourd'hui.
rapporteur. - (EL) Monsieur le Président, permettez-moi de féliciter les rapporteurs pour leurs rapports, qui nous ont donné aujourd'hui l'occasion de débattre des bases de la future politique de cohésion et de faire part de nos points de vue principaux à leur sujet.
Je souhaite toutefois revenir sur le rapport du M. Pieper, dont j'ai été le rapporteur pour avis, parce qu'il présente dans les détails les idées du Parlement européen à propos de l'architecture dont la politique de cohésion a besoin après 2013.
Je tiens à faire remarquer que les principaux points de vue du Parlement européen ont déjà été formulés et approuvés en session plénière dans le cadre d'un chapitre spécial de la résolution sur les perspectives financières de l'Union européenne concernant la politique de cohésion.
Nous ne devons accorder aucune concession là-dessus.
La future politique de cohésion doit avoir un budget approprié, pour être en mesure de relever efficacement les nouveaux défis, de soutenir toutes les régions de l'Union européenne, et plus particulièrement, comme toujours, celles qui accusent le plus grand nombre de problèmes de développement, d'inclure des objectifs thématiques et, en même temps, une certaine flexibilité, de se baser sur des règles simplifiées et unifiées le plus largement possible entre les fonds, et de garantir à tous les citoyens de l'Union qu'ils pourraient profiter des avantages qu'elle apporte, même s'ils vivent dans les régions les plus reculées de l'Union européenne, sur des îles ou dans des régions montagneuses.
Pour terminer, en ce qui concerne plus particulièrement la proposition de créer une catégorie intermédiaire de régions, que mon groupe politique et moi-même avons toujours soutenue, de même qu'une grande majorité de députés européens, je tiens à insister sur le fait que je suis totalement d'accord avec l'opinion exprimée aujourd'hui par le commissaire Hahn.
La création de cette catégorie intermédiaire est totalement justifiée et nous voulons que le futur système de soutien régional s'applique aux régions présentant le même niveau de développement de manière juste, simplifiée et transparente.
Je crois que nous devons envoyer un message clair, à savoir que l'Union européenne regarde au-delà des statistiques, en particulier en ces temps de crise économique.
La discussion commune est close.
Le vote aura lieu tout à l'heure.
(La séance, suspendue à 11 h 45, est reprise à 11 h 50)
Déclarations écrites (article 149)
par écrit. - (BG) L'amélioration du climat conjoncturel fait également partie de la politique de cohésion.
Toutefois, il est nécessaire d'avoir un système judiciaire qui fonctionne avec efficacité.
L'inaction de l'autorité législative face aux changements extrêmement urgents dont le système judiciaire a besoin est perceptible.
Nous avons des obligations envers nos partenaires européens, à savoir d'entreprendre des réformes à grande échelle dans ce domaine, qui doit traiter de manière adéquate les nombreuses affaires dont sont saisis les tribunaux de Bulgarie, en particulier celles impliquant des cas de corruption dans les hautes sphères et les signes de cette corruption.
Les nombreuses évaluations négatives générales exprimées par la Commission européenne et les tribunaux européens quant aux réformes du système judiciaire et la propagation de la corruption n'ont pas changé la négligence criminelle du gouvernement envers tout type de réforme dans ce domaine.
Pourquoi les personnes qui ont le droit d'être l'initiateur de changements législatifs restent-elles inactives tout en rejetant leurs erreurs sur l'absence de réformes?
Pourquoi l'approche "deux poids, deux mesures" est-elle protégée?
À qui profite le retard pris par les réformes?
Il est choquant qu'au 21e siècle, des citoyens de Bulgarie n'aient pas la possibilité de saisir individuellement la cour constitutionnelle, un droit considéré comme allant de soi en Allemagne, par exemple.
Pourquoi les hauts magistrats sont-ils élus de manière extrêmement douteuse et obscure et pourquoi de très sérieux doutes subsistent-ils à propos de l'interférence de l'exécutif?
par écrit. - (LT) Alors que se prépare la nouvelle période financière de l'après-2013, nous devons émettre des propositions spécifiques pour les perspectives financières de l'Union (2014-2020) portant sur une approche stratégique unique qui vise à garantir la mise en œuvre des objectifs de la politique de cohésion de l'UE et l'efficacité des fonds structurels.
En ces temps difficiles, afin de surmonter les conséquences de la crise économique et financière, nous avons une bonne occasion d'utiliser les futures négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel pour parvenir à faire gagner en efficacité la gouvernance et la mise en œuvre des fonds et des programmes structurels de l'UE.
La Commission européenne devrait accroître l'assistance technique donnée aux États membres, aux gouvernements locaux et régionaux et organiser davantage de formations de manière à améliorer leurs capacités et à élargir leur connaissance des règles appliquées pour traiter les questions de mise en œuvre.
En outre, les États membres eux-mêmes devraient investir en priorité dans la capacité institutionnelle et simplifier les dispositions administratives afin d'alléger la charge administrative.
Le Parlement européen appelle la Commission à élaborer un manuel européen sur la gouvernance multiniveaux et à encourager les États membres à s'y conformer, en prenant en compte les objectifs régionaux et locaux spécifiques, à élargir l'application de mesures de gouvernance de la politique de cohésion (à savoir, la programmation, le financement et l'application sur la base d'un partenariat national, régional, local), et à les appliquer aux fonds qui seront inclus dans le cadre stratégique commun planifié, afin de garantir une meilleure efficacité des dépenses publiques. Je suis d'accord avec cette initiative du Parlement.
par écrit. - (HU) La politique de cohésion a démontré qu'elle était indispensable, efficace et flexible dans la lutte contre la crise.
En outre, elle contribue de manière significative à réaliser les objectifs de la stratégie Europe 2020, même s'il est important de souligner que la politique de cohésion n'est qu'un moyen parmi d'autres d'atteindre ces objectifs et que chaque domaine politique doit contribuer dans une mesure appropriée au succès de la nouvelle stratégie de croissance de l'Union européenne.
Je voudrais souligner que le pourcentage d'erreurs a diminué substantiellement ces dernières années et que la majorité d'entre elles proviennent de domaines autres que la politique de cohésion (p. ex. les marchés publics).
Le financement de la politique de cohésion ne devrait pas être réduit parce qu'il existe encore des déséquilibres que seule la politique de cohésion peut traiter.
Les régions les plus pauvres ont besoin d'être plus soutenues, mais en échange, elles devraient gagner en efficacité.
En même temps, il est important que les conditions appliquées dans le domaine de la politique régionale aient un lien avec les domaines susceptibles d'être influencés par la politique de cohésion, et il est important que les États membres ne soient pas tenus de mettre en œuvre des réformes économiques et sociales essentielles au nom de la conditionnalité.
Il est essentiel de simplifier le système réglementaire actuel extrêmement compliqué, de donner une interprétation uniforme des règles et obligations, de donner de la cohérence à l'environnement législatif et de délimiter clairement les responsabilités pour accroître l'efficacité de la politique de cohésion.
Cette dernière n'est pas une politique d'aide; elle implique des investissements visant à l'alignement des régions les moins développées, dont les conséquences positives auront également des retombées positives sur les régions les plus riches, en raison d'une augmentation de la demande.
La politique de cohésion est vitale pour éliminer les disparités entre les régions européennes, sortir de la crise et parvenir à une croissance intelligente, durable et inclusive.
Malgré les réalisations accomplies, il reste des régions en retard de développement.
D'où le besoin de prendre des mesures plus nombreuses et mieux ciblées visant à réduire les déséquilibres sociaux et économiques en Europe et à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
Ce dont nous avons besoin pour améliorer l'efficacité de la politique de cohésion, c'est d'une meilleure interaction entre les fonds structurels, ainsi qu'une meilleure coordination avec les autres instruments financiers de l'UE et l'aide domestique.
Donner une flexibilité suffisante aux programmes opérationnels jouerait un rôle clé pour assurer qu'ils sont aussi pertinents que possible par rapport aux conditions.
Nous devons aller de l'avant pour réduire les charges administratives auxquelles doivent répondre les bénéficiaires, notamment en élargissant l'utilisation des services gouvernementaux en ligne, et pour renforcer le rôle joué par les autorités locales et régionales, ainsi que par les partenaires socio-économiques.
Pour conclure, je voudrais insister sur le fait suivant: pour parvenir à une cohésion sociale, économique et territoriale authentique et s'assurer que tous les citoyens européens pourront bénéficier d'une vie et d'un travail décents, l'enveloppe budgétaire octroyée à la politique de cohésion au cours de la prochaine période de programmation doit être au moins équivalente à celle de l'actuelle période de programmation.
par écrit. - (ET) À l'avenir, la politique de cohésion de l'Union européenne devra être plus hardie et prendre en considération les stratégies macrorégionales telles que la Stratégie pour la mer Baltique et la Stratégie pour la région du Danube, ce qui n'était pas vraiment le cas jusqu'aujourd'hui.
Les stratégies macrorégionales sont bien placées pour tirer avantage du potentiel transnational, pour améliorer la coopération entre les différents niveaux gouvernementaux, pour adopter une approche commune de règlement des problèmes communs, et pour accroître la compétitivité régionale et la capacité d'innovation.
Lors de la préparation de la politique de cohésion pour la prochaine période, il sera nécessaire de définir plus clairement comment mettre en œuvre les stratégies macrorégionales au cours de la prochaine période de programmation, quel rôle et quelle place elles devraient avoir au sein de la politique de cohésion, et comment elles devraient être financées.
Il est important d'examiner les stratégies macrorégionales dans le contexte de l'objectif de cohésion territoriale européenne inscrit dans le traité de Lisbonne et la stratégie de développement territorial de l'UE à l'horizon 2020.
La Commission européenne doit donner des lignes directrices plus précises aux États membres, par exemple les volets ou les domaines d'action ayant une pertinence macrorégionale: par exemple, les corridors de transport, la libre circulation des services et les questions environnementales.
Grâce à une meilleure coordination des mécanismes de soutien existants, il deviendra possible de mieux cibler l'utilisation des fonds structurels de l'UE sans qu'il soit nécessaire d'allouer des ressources supplémentaires à la coopération interrégionale.
Je crois également qu'il est extrêmement important de prévoir des ressources supplémentaires pour coordonner les stratégies macrorégionales et améliorer la synergie coopérative.
La coordination nécessite une amélioration continue, et la responsabilité des États membres dans ce domaine devrait certainement être accrue.
La politique de cohésion est la meilleure preuve de la solidarité qui existe dans l'Union européenne.
La Pologne, et en particulier les régions pauvres telles que celles que je représente - la voïvodie de Lubelskie - ont utilisé ces fonds pour un développement rapide.
Aujourd'hui, il est difficile d'imaginer ce que serait notre région sans le soutien de l'UE.
Il est dommage qu'il y ait un manque d'information à propos des effets spécifiques liés à l'utilisation de ces ressources, parce qu'en fait il s'agit d'une recherche évaluant la manière dont la région entière a utilisé un éventail de programmes, et pas d'une évaluation des programmes individuels, ce qui devrait montrer la voie de la politique de cohésion à l'avenir.
La politique de cohésion est un pilier de la stratégie Europe 2020, si bien que l'argent alloué à la politique de cohésion dans le prochain cadre financier commun ne devrait pas être inférieur aux montants mis à la disposition dans l'actuelle période de programmation.
Nous sommes en train de chercher des ressources pour financer de nouveaux objectifs visant à accroître la compétitivité de l'Europe.
Nous ne devrions cependant pas le faire au détriment des villes et des régions.
Dans le rapport de la commission sur les défis politiques et dans le rapport Pieper, le Parlement européen a envoyé un message fort aux gouvernements des États membres et au Conseil: ne touchez pas à la politique de cohésion!
Dans son rapport sur la stratégie de la politique de cohésion après 2013, le Parlement européen propose une position équilibrée favorable à l'Union européenne.
L'Union a toujours besoin d'une politique de cohésion forte qui sera financée en conséquence.
En même temps, les réglementations doivent être améliorées.
Parmi les autres exigences, il y a des projets avec une importante valeur ajoutée européenne, l'équité, la responsabilité et un engagement des États membres, reposant sur un contrat avec la Commission européenne, à utiliser la totalité des fonds alloués.
En période de déclin économique, il est nécessaire d'investir pour préserver les emplois et favoriser le développement.
La politique de cohésion est exclusivement axée sur les investissements.
Pour le prochain exercice, le budget alloué à la politique de cohésion doit être au moins équivalent au budget actuel.
La politique de cohésion après 2013 doit continuer à être un facteur important du développement de l'Europe.
Elle doit garantir le développement de l'infrastructure et corriger les déséquilibres existant entre les régions.
La crise financière a amplifié les différences régionales.
L'Europe doit faire face à un chômage de masse.
En ce moment, alors qu'il y a plus de 23 millions de chômeurs, la politique de cohésion est de celles qui peuvent contribuer à créer de nouveaux emplois.
Pas un seul député européen n'a de doute sur la nécessité de poursuivre la politique de cohésion après 2013.
La question de l'utilisation efficace des fonds, de la transparence et de l'amélioration du processus général, et du retour sur investissement, devient un sujet d'actualité.
Les réussites de la politique de cohésion sont mesurables, et les habitants de l'UE y sont sensibles et s'en félicitent.
De ce fait, il est important qu'un financement suffisant soit octroyé à la politique de cohésion lorsque le cadre financier pluriannuel sera approuvé.
Les investissements effectués dans le développement régional sont des investissements pour l'avenir et pour le développement de l'UE.
La poursuite des objectifs de la politique européenne de cohésion va sans aucun doute dans la bonne direction dans de nombreux domaines, même si à ce stade on peut déjà tirer certaines leçons des progrès accomplis jusqu'à présent au niveau de la construction des futures priorités de la politique européenne de cohésion.
La sous-utilisation relative des fonds dans le domaine des infrastructures et l'environnement a donné lieu à la nécessité de réviser les outils qui encouragent le lancement de projets dans ce domaine.
C'est particulièrement important pour les pays d'Europe orientale, où l'utilisation des fonds alloués à cette fin est plus faible en comparaison avec d'autres domaines stratégiques.
En outre, il est nécessaire de donner un soutien supplémentaire en faveur de la coopération transnationale et transfrontalière, ce qui est nécessaire du point de vue de développement et de la convergence européenne, et pour la réalisation de projets régionaux communs dans le domaine de l'infrastructure et de l'environnement.
Un autre élément important est le renforcement du développement basé sur les petites et moyennes entreprises.
Ce qui est important ici, c'est non seulement de stimuler la création de nouvelles entreprises, mais également de créer les conditions adéquates pour leur permettre de survivre sur le marché.
Cela implique la nécessité de parvenir à une meilleure intégration des principes du "Small Business Act" avec la politique de cohésion.
En prenant en considération ces domaines dans la construction de la stratégie post 2013 et de la politique de cohésion, cela peut contribuer au développement économique durable et harmonieux de l'Union européenne. |
Should Tech Companies Be More Tightly Regulated?
WASHINGTON, DC – In the wake of recent high-profile tech scares, such as a fatality involving an Uber self-driving car and Facebook’s alleged mishandling of users’ personal data, stricter regulation of the industry – along the lines of, say, the financial sector – has become the policy question du jour.
Stock-market values for leading tech companies are down – or perhaps just becoming more volatile – in the light of such concerns.
Obviously, rules regarding motor vehicles need to be examined carefully.
In the United States, this is generally a state-level decision, though the federal National Transportation Safety Board has a very good reputation for its investigations and often changes how we think about best practices.
The NTSB is investigating the Uber crash and previously assessed a fatality involving a Tesla vehicle.
As for Facebook, press reports suggest that the company may have made some egregious mistakes.
One hopes we will learn more about the details of its decision-making on data privacy when its chairman and CEO, Mark Zuckerberg, testifies before Congress, as he has agreed to do.
But responding with tighter regulation at the federal level seems premature, even for these specific activities – let alone for the broader tech sector.
Finance is regulated because of major potential spillover effects: bank failures can bring down the whole economy.
That is why safety nets, such as deposit insurance, have been put in place.
But the existence of deposit insurance creates room for abuse, in the form of excessive risk taking, because bank executives get the upside if things goes well, and any potential losses are imposed on the insurance fund.
Preventing abuse and encouraging appropriate caution requires rules, and the US Federal Deposit Insurance Corporation is one of the world’s best examples of how to make these work.
The world of high technology – computer hardware, software, and digital services – is very different.
There is plenty of competition for hardware.
If one firm gets into trouble, it will not bring down the system.
Of course, some policymakers like to favor “national champions” vis-à-vis international competitors; but this raises issues that are different from regulating behavior.
Amazon is a powerful and rising company, spanning multiple activities – now including grocery stores and the delivery of fresh food.
But it has plenty of competitors in this area, and existing rules and regulations (such as those covering how food is handled) seem sufficient.
Other digital-based companies, such as Google and Apple, are very strong in specific activities.
But they do not exhibit the kind of monopoly pricing behavior that triggers anti-trust action by the government.
And it is not clear what other kind of regulation would be helpful to customers.
The European Union is considering more regulation of digital firms, and insisting on greater care for the handling of data may make sense.
But the EU also substantially missed out on the round of digital entrepreneurship that began in the 1990s, and it is not generally at the forefront of this sector currently – so few people in the US are rushing to follow its example.
To avoid misunderstanding, let me be clear: not everything is going well with regard to US government policy in this area.
In particular, the impending repeal of the “net neutrality” rule by the Federal Communications Commission (FCC) appears to be a major step toward favoring large incumbents and away from making it easy for digital start-ups to prosper quickly.
Andy Lippman of the MIT Media Lab has a very good video explainer on this issue, which should be required viewing for policymakers (and voters).
Facebook currently looks like a special case, in the sense that network effects mean millions of people will stick with this service, regardless of how they are treated.
And there may have been some misunderstanding or (allegedly) miscommunication regarding how their personal data would be treated.
Facebook faces understandable political pressure to change its practices, but what it really needs is new competitors that prove they can be profitable while putting privacy first.
Cryptocurrencies reflect a growing overlap between finance and tech.
It would not be a surprise if the US Securities and Exchange Commission determined that a great deal of recent money-raising activity (known as Initial Coin Offerings) in this industry actually amounts to the issuance of securities, which would trigger the application of various rules and requirements.
But such a decision would not amount to new regulation – just the application of existing regulations.
The principles applied by securities regulators since the 1930s remain sensible: protect investors and require sufficient disclosure of all the risks involved in an investment.
The same is true of self-driving cars.
There were 40,000 road fatalities in 2016 in the US, and more than one million worldwide, according to the latest World Health Organization data.
As in all previous years, human error of various kinds was responsible for most of these deaths.
Reducing road fatalities is an important goal, and the growing engagement of tech companies (and competition with the established auto companies) should be welcomed, in the interest of improving road safety.
Here, too, existing regulatory principles, and the agencies that apply and enforce them, should be given an opportunity to prove themselves. | Faut-il exercer une réglementation plus contraignante sur les sociétés technologiques ?
WASHINGTON, DC – À la suite de paniques récentes sur des technologies de grande notoriété, comme cet accident qui a impliqué une voiture Uber sans chauffeur et l'accusation de mauvaise gestion des données personnelles par Facebook, une réglementation plus stricte de ce secteur d'activité (dans la lignée de celle du secteur financier), est devenue la question politique du jour.
Les valeurs boursières des principales sociétés de technologie sont en baisse - ou peut-être en passe de devenir plus instables - au vu d'inquiétudes de ce genre.
La réglementation concernant les véhicules à moteur doit sans aucun doute faire l'objet d'un examen minutieux.
Aux États-Unis, ces décisions sont prises en général au niveau étatique, même si l'office fédéral du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) a une très bonne réputation quant à ses enquêtes et si cet organisme a souvent fait avancer notre manière de penser les bonnes pratiques.
Le NTSB enquête sur l'accident de Uber et a auparavant évalué une victime impliquant un véhicule Tesla.
Quant à Facebook, les informations parues dans la presse suggèrent que cette société a pu faire quelques erreurs monumentales.
On espère que nous en apprendrons davantage au sujet des détails de sa prise de décision sur les données lorsque son PDG Mark Zuckerberg témoignera devant le Congrès, comme il a accepté de le faire.
Mais répondre par une réglementation plus stricte au niveau fédéral semble prématuré, même pour ces activités spécifiques, d'autant plus pour le secteur de technologie au sens large.
Les finances sont réglementées en raison de leurs principales retombées potentielles : les faillites bancaires peuvent nuire à l'économie tout entière.
C'est pourquoi des filets de sécurité, comme l'assurance des dépôts, ont été mis en place.
Mais l'existence de l'assurance des dépôts ouvre la voie à des abus, sous la forme de prises de risque excessives, car les dirigeants des banques sont augmentés si les choses se passent bien et les pertes potentielles sont imposées au fonds d'assurance.
Prévenir les abus et encourager la prudence appropriée exige des règles et l'Organisme fédéral américain de garantie des dépôts bancaires est l'un des meilleurs exemples au monde en la matière.
Le monde de la technologie de pointe (matériel informatique, logiciel et services numériques) est très différent.
Il y a une forte concurrence sur le matériel.
Si une entreprise est en difficulté, elle ne met pas le système en péril.
Naturellement certains décisionnaires aiment favoriser « les champions nationaux » vis-à-vis des concurrents internationaux. Mais ceci soulève des questions qui sont différentes du comportement de régulation.
Amazon est une société puissante et en plein essor, comprenant des activités multiples - qui comptent à présent des épiceries et des services de livraison d'aliments frais.
Mais il a pléthore de concurrents dans ce domaine et la réglementation existante (comme celle qui s'applique à la manipulation de la nourriture) semble suffisante.
D'autre entreprises numériques comme Google et Apple sont très fortes dans des activités spécifiques.
Mais elles ne présentent pas le genre de comportement monopolistique de tarification qui déclenche des mesures anti-trust de la part des pouvoirs publics.
Et il n'est pas clair qu'une autre sorte de réglementation soit utile aux consommateurs.
L'Union européenne envisage une réglementation plus stricte sur les sociétés numériques et plaide pour que davantage de précautions soient prises dans la manipulation des données personnelles.
Mais l'UE semble avoir en grande partie raté le tournant numérique qui a commencé dans les années But1990 et elle n'est pas globalement à l'avant-garde rang de ce secteur actuellement. C'est pourquoi peu de gens aux États-Unis s'empressent de suivre son exemple.
Pour éviter toute méprise, soyons clair : tout ne va pas bien en ce qui concerne la politique publique des États-Unis dans ce domaine.
En particulier, l'abrogation imminente de la règle de « la neutralité du Net » par la Federal Communications Commission (FCC) semble être une étape importante en vue de favoriser de gros opérateurs historiques, ce qui sera loin de faciliter la vie pour les start-ups numériques qui comptent se développer rapidement.
Andy Lippman du laboratoire de médias du MIT a fait une très bonne explication en vidéo sur cette question, que les décisionnaires (et des électeurs) feraient bien de regarder.
Facebook ressemble actuellement à un cas d'espèce, dans le sens où l'effet de réseau signifie que des millions de gens resteront fidèles à ce service, indépendamment de la façon dont ils sont traités.
Et il a pu y avoir eu un certain malentendu ou (prétendument) une mauvaise communication sur la manière dont leurs données personnelles sont traitées.
Facebook fait face à une pression politique compréhensible visant à changer ses pratiques. Mais ce dont cette entreprise a vraiment besoin, c'est de nouveaux concurrents en mesure d'être rentables s'ils placent au premier plan la protection des données privées.
Les crypto-monnaies reflètent un recoupement de plus en plus grand entre les finances et la technologie.
Ce ne serait pas une surprise si la Securities and Exchange Commission américaine déterminait qu'une grande partie de cette récente activité de collecte de fonds (connue sous le nom de Initial Coin Offerings) dans ce secteur, revienne en fait à une émission de titres, ce qui déclencherait l'application de diverses règles et exigences.
Pourtant une telle décision n'équivaudrait pas à une nouvelle réglementation, mais simplement à l'application des règlements existants.
Les principes appliqués par les organismes de réglementation des valeurs mobilières depuis les années 1930 restent pertinents : protéger les investisseurs et exiger une divulgation suffisante de tous risques impliqués dans un investissement.
La même chose est vraie pour les voitures sans chauffeur.
Il y a eu 40 000 décès sur la route en 2016 aux États-Unis et plus d'un million de décès dans le monde, selon les dernières données de l'Organisation Mondiale de la Santé.
Comme pour toutes les années précédentes, des erreurs humaines de différents types ont été à l'origine de la plupart de ces décès.
La réduction du nombre de morts sur la route est un objectif important et l'engagement croissant des sociétés de technologie (et de la concurrence avec les sociétés automobiles historiques) devrait être bien accueilli, dans l'intérêt d'améliorer la sécurité routière.
Là encore, il faut donner une chance de faire leurs preuves aux principes de normalisation existants, tout comme aux agences qui les appliquent et les imposent. |
Democracy, Responsibility, and Honor
Hardly a day goes by on which we do not hear of a government minister somewhere resigning his or her office.
In a sense, this is hardly surprising.
After all, the twenty-five member states of the European Union alone employ hundreds of ministers between them - and even more if junior ministers are included.
But why do ministers resign?
More interestingly still: why do some not resign although there seem to be compelling reasons for some to do so?
In the absence of empirical research, generalizations must be guesswork.
Ministers frequently resign because they find themselves involved in scandals, often connected in recent times with financing political parties.
In Italy, one encounters several ghosts of such past misdeeds.
Sometimes ministers resign for what they call "personal reasons."
Such reasons may conceal more compelling factors, as the recent resignation of American CIA Director George Tenet suggests.
But Tony Blair lost one of his best and most loyal cabinet friends, Alan Milburn, because he genuinely wanted to spend more time with his family.
Blair also lost his ministers of foreign affairs and of development assistance, Robin Cook and Clare Short, respectively.
In their case, it was a serious policy disagreement - over the Iraq war - that made them go, and Mr. Cook certainly remains a politician-in-waiting.
Yet Geoff Hoon, Prime Minister Blair's defence minister, as well as his American counterpart, Donald Rumsfeld, remain in office.
Neither, to be sure, is clearly involved in a manifest scandal, nor do they disagree with the policies set by their leaders.
On the contrary, they not only support these policies but stubbornly defend even their aberrations, like the mistreatment of prisoners of war.
These ministers institute investigations, they move generals sideways or even into premature retirement, they haul perpetrators before military tribunals; but they apparently see no reason to respond to those members of Congress or Parliament, let alone of the public, who wonder whether it is not time for the ministers themselves to go.
The case of crimes in Iraq is particularly dramatic, but less obvious cases make the same point.
The German minister of transport, for example, presided over a catastrophic and costly failure of a road toll system that he had proudly announced.
But even he may stay in office to try again, having blamed others - in this case private companies - for the debacle.
If something unacceptable happens without a minister's direct involvement, he or she can get away with it, or so it seems, by pointing a finger at the bureaucrats or contractors who are responsible for implementing an approved policy.
Was it always thus?
One would like to think not.
In any case, two ethical concepts come to mind, neither of which is much in vogue these days when talking about government: responsibility and honor.
Both values are, or at least used to be, part of the ethics of governance.
Responsibility concerns the fact that ministers are accountable for everything that happens within their sphere.
In fact, they alone are accountable in the strict sense.
In parliamentary systems, they can and must appear before the elected representatives of the people and explain what happened.
Because they alone are directly accountable, it is not enough for a minister to point to and name the miscreants in any particular case.
Civil servants cannot defend themselves in the same way; they have to be defended by their ministers.
If something of such severity has happened that a minister finds it impossible to defend them, they may have to pay the penalty, but the minister still must assume responsibility.
It is proper to assume that Secretary Rumsfeld did not condone, let alone order, the abuse of Iraqi prisoners.
There may be the vexing question of whether instructions or reports passed over his desk that contained relevant information.
But, either way, the minister is ultimately and uniquely responsible for what happened under his command.
He cannot escape this responsibility even if the perpetrators are identified and prosecuted.
This is where the second ethical concept, honor, comes into play.
This may seem an old-fashioned term.
What it says in Rumsfeld's case is that there may be no legal or constitutional obligation for a responsible minister to resign over the Iraqi abuse scandal; but once upon a time it would have been regarded as a matter of honor that he does resign.
Such a step not only demonstrates that the minister in question is fully aware of the burden of his responsibility, but also that he puts the integrity of democratic institutions above his personal interest, let alone the electoral prospects of those whom he served.
Democracy is a precious but also a precarious set of values.
If we want to persuade others to subscribe to it, we do well to demonstrate that we not only believe in elections and majorities but also in the virtues of responsibility and honor. | Démocratie, responsabilité et honneur
Il ne se passe pas une journée sans que nous entendions parler dans le monde entier d'un ministre qui se démette de ses fonctions.
Dans un sens, ceci n'est guère surprenant.
Après tout, les vingt-cinq états membres de l'Union européenne emploient à eux seuls des centaines de ministres, et bien plus si l'on compte les sous-ministres.
Mais pourquoi les ministres se démettent-ils de leurs fonctions ?
Et, plus intéressant encore, pourquoi certains ne se démettent-ils pas de leurs fonctions alors que semblent exister des raisons convaincantes pour qu'ils le fassent ?
En l'absence de données empiriques, les généralisations doivent être de simples suppositions.
Les ministres se démettent fréquemment de leurs fonctions car ils se retrouvent impliqués dans des scandales, souvent liés, récemment, au financement de partis politiques.
En Italie, les ministres doivent faire face à plusieurs fantômes de ces délits passés.
Parfois, les ministres se démettent de leurs fonctions en invoquant des " raisons personnelles ".
Ces raisons peuvent masquer des facteurs plus contraignants, comme le suggère la récente démission du directeur américain de la CIA, George Tenet.
Mais Tony Blair a perdu l'un de ses meilleurs et plus fidèles amis au sein de son Cabinet, Alan Milburn, qui souhaitait sincèrement consacrer davantage de temps à sa famille.
Blair a également perdu son ministre des Affaires étrangères et son ministre du Développement international, Robin Cook et Clare Short, respectivement.
Dans leur cas, ce fut un grave désaccord politique (sur la guerre en Irak) qui a entraîné leur départ, Mr. Cook demeurant certainement un politicien en attente de pouvoir.
Cependant, Geoff Hoon, ministre de la Défense du premier ministre Blair, et son homologue américain, Donald Rumsfeld, demeurent au pouvoir.
Aucun d'eux n'est manifestement impliqué dans un scandale apparent et ils ne désapprouvent pas les politiques mises en place par leur dirigeant.
Au contraire, non seulement ils soutiennent ces politiques, mais ils défendent opiniâtrement leurs aberrations, telle que les mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre.
Ces ministres ouvrent des enquêtes, écartent les généraux quand ils ne les mettent pas en préretraite, traînent les auteurs de crimes devant les tribunaux militaires, mais ils ne voient apparemment aucune raison de répondre à ces membres du Congrès ou du Parlement, sans parler du grand public, qui se demandent s'il n'est pas temps pour ces ministres de se retirer de la scène politique.
La question des crimes en Irak est particulièrement dramatique, mais des affaires moins évidentes parviennent au même résultat.
Le ministre allemand du Transport, par exemple, a présidé à l'échec catastrophique et onéreux d'un système de péage routier qu'il avait fièrement annoncé.
Mais même lui peut demeurer au pouvoir pour faire une nouvelle tentative, après avoir rejeté la responsabilité de cette débâcle sur autrui (dans ce cas, des sociétés privées).
Si un événement inacceptable se produit sans qu'un ministre soit directement impliqué, il/elle peut s'en sortir, semble-t-il, en montrant du doigt les bureaucrates ou les entrepreneurs chargés de mettre en oeuvre une politique approuvée.
En a-t-il toujours été ainsi ?
Nous aimerions penser que non.
Dans tous les cas, deux concepts éthiques viennent à l'esprit, bien qu'aucun d'eux ne soit très en vogue ces jours-ci lorsque l'on parle de gouvernement : responsabilité et honneur.
Ces deux valeurs font, ou du moins faisaient, partie de l'éthique de la gouvernance.
La responsabilité implique que les ministres doivent répondre de tout ce qui se produit dans leur sphère d'action.
En fait, ils sont seuls responsables au sens strict.
Dans les systèmes parlementaires, ils peuvent et ils doivent apparaître avant les représentants élus du peuple et expliquer ce qui s'est produit.
Du fait qu'ils sont les seuls responsables directs, il ne suffit pas qu'un ministre désigne et nomme les coupables dans une situation particulière.
Les fonctionnaires ne peuvent pas se défendre de la même manière ; ils doivent être défendus par leurs ministres.
S'il se produit un événement d'une gravité telle qu'un ministre juge impossible de défendre ses fonctionnaires, ces derniers devront en subir les conséquences, mais le ministre doit néanmoins en assumer la responsabilité.
Il est correct de supposer que le ministre Rumsfeld n'a pas fermé les yeux, et encore moins n'a pas ordonné, les mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens.
Peut alors se poser la question ennuyeuse de savoir si les instructions ou les rapports contenant les informations pertinentes à ce propos sont passés sur son bureau.
Mais, dans les deux cas, le ministre est finalement et uniquement responsable de ce qui se produit sous son commandement.
Il ne peut pas échapper à cette responsabilité, même si les auteurs des crimes sont identifiés et poursuivis.
C'est là que le deuxième concept éthique, celui de l'honneur, entre en jeu.
Ce terme peut sembler désuet.
Mais dans le cas de Rumsfeld, il stipule qu'il n'existe aucune obligation juridique ou constitutionnelle contraignant un ministre responsable à se démettre de ses fonctions suite au scandale des mauvais traitements des prisonniers irakiens ; mais jadis, on aurait considéré comme une question d'honneur que le ministre en question se démette de ses fonctions.
Ceci démontrait non seulement que le ministre en question était pleinement conscient de la charge de ses responsabilités, mais également qu'il plaçait l'intégrité des institutions démocratiques au-dessus de ses intérêts personnels, sans parler des perspectives électorales de ceux qu'il avait servis.
La démocratie est un jeu de valeurs précieux, bien que précaire.
Si nous voulons persuader les pays non démocratiques d'y souscrire, nous ferions bien de leur montrer que nous croyons non seulement dans les élections et les majorités, mais également dans les vertus des concepts de responsabilité et honneur. |
Dame Ellen MacArthur: The surprising thing I learned sailing solo around the world
TED Talk Subtitles and Transcript: What do you learn when you sail around the world on your own? When solo sailor Ellen MacArthur circled the globe – carrying everything she needed with her – she came back with new insight into the way the world works, as a place of interlocking cycles and finite resources, where the decisions we make today affect what's left for tomorrow. She proposes a bold new way to see the world's economic systems: not as linear, but as circular, where everything comes around.
When you're a child, anything and everything is possible.
The challenge, so often, is hanging on to that as we grow up.
And as a four-year-old, I had the opportunity to sail for the first time.
I will never forget the excitement as we closed the coast.
I will never forget the feeling of adventure as I climbed on board the boat and stared into her tiny cabin for the first time.
But the most amazing feeling was the feeling of freedom, the feeling that I felt when we hoisted her sails.
As a four-year-old child, it was the greatest sense of freedom that I could ever imagine.
I made my mind up there and then that one day, somehow, I was going to sail around the world.
So I did what I could in my life to get closer to that dream.
Age 10, it was saving my school dinner money change.
Every single day for eight years, I had mashed potato and baked beans, which cost 4p each, and gravy was free.
Every day I would pile up the change on the top of my money box, and when that pile reached a pound, I would drop it in and cross off one of the 100 squares I'd drawn on a piece of paper.
Finally, I bought a tiny dinghy.
I spent hours sitting on it in the garden dreaming of my goal.
I read every book I could on sailing, and then eventually, having been told by my school I wasn't clever enough to be a vet, left school age 17 to begin my apprenticeship in sailing.
So imagine how it felt just four years later to be sitting in a boardroom in front of someone who I knew could make that dream come true.
I felt like my life depended on that moment, and incredibly, he said yes.
And I could barely contain my excitement as I sat in that first design meeting designing a boat on which I was going to sail solo nonstop around the world.
From that first meeting to the finish line of the race, it was everything I'd ever imagined.
Just like in my dreams, there were amazing parts and tough parts.
We missed an iceberg by 20 feet.
Nine times, I climbed to the top of her 90-foot mast.
We were blown on our side in the Southern Ocean.
But the sunsets, the wildlife, and the remoteness were absolutely breathtaking.
After three months at sea, age just 24, I finished in second position.
I'd loved it, so much so that within six months I decided to go around the world again, but this time not in a race: to try to be the fastest person ever to sail solo nonstop around the world.
Now for this, I needed a different craft: bigger, wider, faster, more powerful.
Just to give that boat some scale, I could climb inside her mast all the way to the top.
Seventy-five foot long, 60 foot wide.
I affectionately called her Moby.
She was a multihull.
When we built her, no one had ever made it solo nonstop around the world in one, though many had tried, but whilst we built her, a Frenchman took a boat 25 percent bigger than her and not only did he make it, but he took the record from 93 days right down to 72.
The bar was now much, much higher.
And these boats were exciting to sail.
This was a training sail off the French coast.
This I know well because I was one of the five crew members on board.
Five seconds is all it took from everything being fine to our world going black as the windows were thrust underwater, and that five seconds goes quickly.
Just see how far below those guys the sea is.
Imagine that alone in the Southern Ocean plunged into icy water, thousands of miles away from land.
It was Christmas Day.
I was forging into the Southern Ocean underneath Australia.
The conditions were horrendous.
I was approaching a part in the ocean which was 2,000 miles away from the nearest town.
The nearest land was Antarctica, and the nearest people would be those manning the European Space Station above me.
You really are in the middle of nowhere.
If you need help, and you're still alive, it takes four days for a ship to get to you and then four days for that ship to get you back to port.
No helicopter can reach you out there, and no plane can land.
We are forging ahead of a huge storm.
Within it, there was 80 knots of wind, which was far too much wind for the boat and I to cope with.
The waves were already 40 to 50 feet high, and the spray from the breaking crests was blown horizontally like snow in a blizzard.
If we didn't sail fast enough, we'd be engulfed by that storm, and either capsized or smashed to pieces.
We were quite literally hanging on for our lives and doing so on a knife edge.
The speed I so desperately needed brought with it danger.
We all know what it's like driving a car 20 miles an hour, 30, 40.
It's not too stressful. We can concentrate.
We can turn on the radio.
Take that 50, 60, 70, accelerate through to 80, 90, 100 miles an hour.
Now you have white knuckles and you're gripping the steering wheel.
Now take that car off road at night and remove the windscreen wipers, the windscreen, the headlights and the brakes.
That's what it's like in the Southern Ocean.
You could imagine it would be quite difficult to sleep in that situation, even as a passenger.
But you're not a passenger.
You're alone on a boat you can barely stand up in, and you have to make every single decision on board.
I was absolutely exhausted, physically and mentally.
Eight sail changes in 12 hours.
The mainsail weighed three times my body weight, and after each change, I would collapse on the floor soaked with sweat with this freezing Southern Ocean air burning the back of my throat.
But out there, those lowest of the lows are so often contrasted with the highest of the highs.
A few days later, we came out of the back of the low.
Against all odds, we'd been able to drive ahead of the record within that depression.
The sky cleared, the rain stopped, and our heartbeat, the monstrous seas around us were transformed into the most beautiful moonlit mountains.
It's hard to explain, but you enter a different mode when you head out there.
Your boat is your entire world, and what you take with you when you leave is all you have.
If I said to you all now, "Go off into Vancouver and find everything you will need for your survival for the next three months," that's quite a task.
That's food, fuel, clothes, even toilet roll and toothpaste.
That's what we do, and when we leave we manage it down to the last drop of diesel and the last packet of food.
No experience in my life could have given me a better understanding of the definition of the word "finite."
What we have out there is all we have.
There is no more.
And never in my life had I ever translated that definition of finite that I'd felt on board to anything outside of sailing until I stepped off the boat at the finish line having broken that record.
Suddenly I connected the dots.
Our global economy is no different.
It's entirely dependent on finite materials we only have once in the history of humanity.
And it was a bit like seeing something you weren't expecting under a stone and having two choices: I either put that stone to one side and learn more about it, or I put that stone back and I carry on with my dream job of sailing around the world.
I chose the first.
I put it to one side and I began a new journey of learning, speaking to chief executives, experts, scientists, economists to try to understand just how our global economy works.
And my curiosity took me to some extraordinary places.
This photo was taken in the burner of a coal-fired power station.
I was fascinated by coal, fundamental to our global energy needs, but also very close to my family.
My great-grandfather was a coal miner, and he spent 50 years of his life underground.
This is a photo of him, and when you see that photo, you see someone from another era.
No one wears trousers with a waistband quite that high in this day and age. But yet, that's me with my great-grandfather, and by the way, they are not his real ears. We were close. I remember sitting on his knee listening to his mining stories.
He talked of the camaraderie underground, and the fact that the miners used to save the crusts of their sandwiches to give to the ponies they worked with underground.
It was like it was yesterday.
And on my journey of learning, I went to the World Coal Association website, and there in the middle of the homepage, it said, "We have about 118 years of coal left."
And I thought to myself, well, that's well outside my lifetime, and a much greater figure than the predictions for oil.
But I did the math, and I realized that my great-grandfather had been born exactly 118 years before that year, and I sat on his knee until I was 11 years old, and I realized it's nothing in time, nor in history.
And it made me make a decision I never thought I would make: to leave the sport of solo sailing behind me and focus on the greatest challenge I'd ever come across: the future of our global economy.
And I quickly realized it wasn't just about energy.
It was also materials.
In 2008, I picked up a scientific study looking at how many years we have of valuable materials to extract from the ground: copper, 61; tin, zinc, 40; silver, 29.
These figures couldn't be exact, but we knew those materials were finite.
We only have them once.
And yet, our speed that we've used these materials has increased rapidly, exponentially.
With more people in the world with more stuff, we've effectively seen 100 years of price declines in those basic commodities erased in just 10 years.
And this affects all of us.
It's brought huge volatility in prices, so much so that in 2011, your average European car manufacturer saw a raw material price increase of 500 million Euros, wiping away half their operating profits through something they have absolutely no control over.
And the more I learned, the more I started to change my own life.
I started traveling less, doing less, using less.
It felt like actually doing less was what we had to do.
But it sat uneasy with me.
It didn't feel right.
It felt like we were buying ourselves time.
We were eking things out a bit longer.
Even if everybody changed, it wouldn't solve the problem.
It wouldn't fix the system.
It was vital in the transition, but what fascinated me was, in the transition to what? What could actually work?
It struck me that the system itself, the framework within which we live, is fundamentally flawed, and I realized ultimately that our operating system, the way our economy functions, the way our economy's been built, is a system in itself.
At sea, I had to understand complex systems.
I had to take multiple inputs, I had to process them, and I had to understand the system to win.
I had to make sense of it.
And as I looked at our global economy, I realized it too is that system, but it's a system that effectively can't run in the long term.
And I realized we've been perfecting what's effectively a linear economy for 150 years, where we take a material out of the ground, we make something out of it, and then ultimately that product gets thrown away, and yes, we do recycle some of it, but more an attempt to get out what we can at the end, not by design.
It's an economy that fundamentally can't run in the long term, and if we know that we have finite materials, why would we build an economy that would effectively use things up, that would create waste?
Life itself has existed for billions of years and has continually adapted to use materials effectively.
It's a complex system, but within it, there is no waste.
Everything is metabolized.
It's not a linear economy at all, but circular.
And I felt like the child in the garden.
For the first time on this new journey, I could see exactly where we were headed.
If we could build an economy that would use things rather than use them up, we could build a future that really could work in the long term.
I was excited.
This was something to work towards.
We knew exactly where we were headed. We just had to work out how to get there, and it was exactly with this in mind that we created the Ellen MacArthur Foundation in September 2010.
Many schools of thought fed our thinking and pointed to this model: industrial symbiosis, performance economy, sharing economy, biomimicry, and of course, cradle-to-cradle design.
Materials would be defined as either technical or biological, waste would be designed out entirely, and we would have a system that could function absolutely in the long term.
So what could this economy look like?
Maybe we wouldn't buy light fittings, but we'd pay for the service of light, and the manufacturers would recover the materials and change the light fittings when we had more efficient products.
What if packaging was so nontoxic it could dissolve in water and we could ultimately drink it? It would never become waste.
What if engines were re-manufacturable, and we could recover the component materials and significantly reduce energy demand.
What if we could recover components from circuit boards, reutilize them, and then fundamentally recover the materials within them through a second stage?
What if we could collect food waste, human waste?
What if we could turn that into fertilizer, heat, energy, ultimately reconnecting nutrients systems and rebuilding natural capital?
And cars -- what we want is to move around.
We don't need to own the materials within them.
Could cars become a service and provide us with mobility in the future?
All of this sounds amazing, but these aren't just ideas, they're real today, and these lie at the forefront of the circular economy.
What lies before us is to expand them and scale them up.
So how would you shift from linear to circular?
Well, the team and I at the foundation thought you might want to work with the top universities in the world, with leading businesses within the world, with the biggest convening platforms in the world, and with governments.
We thought you might want to work with the best analysts and ask them the question, "Can the circular economy decouple growth from resource constraints?
Is the circular economy able to rebuild natural capital?
Could the circular economy replace current chemical fertilizer use?"
Yes was the answer to the decoupling, but also yes, we could replace current fertilizer use by a staggering 2.7 times.
But what inspired me most about the circular economy was its ability to inspire young people.
When young people see the economy through a circular lens, they see brand new opportunities on exactly the same horizon.
They can use their creativity and knowledge to rebuild the entire system, and it's there for the taking right now, and the faster we do this, the better.
So could we achieve this in their lifetimes?
Is it actually possible?
I believe yes.
When you look at the lifetime of my great-grandfather, anything's possible.
When he was born, there were only 25 cars in the world; they had only just been invented.
When he was 14, we flew for the first time in history.
Now there are 100,000 charter flights every single day.
When he was 45, we built the first computer.
Many said it wouldn't catch on, but it did, and just 20 years later we turned it into a microchip of which there will be thousands in this room here today.
Ten years before he died, we built the first mobile phone.
It wasn't that mobile, to be fair, but now it really is, and as my great-grandfather left this Earth, the Internet arrived.
Now we can do anything, but more importantly, now we have a plan.
Thank you. | Dame Ellen MacArthur: La chose surprenante que j'ai apprise en faisant le tour du monde à la voile en solitaire
TED Talk Subtitles and Transcript: Qu'apprend-on lorsque l'on navigue autour du monde tout seul ? Lorsqu'Ellen MacArthur, navigatrice solitaire, a parcouru le globe — transportant tout ce dont elle avait besoin avec elle — elle est revenue avec un nouveau regard sur le fonctionnement du monde, qui serait un endroit de cycles imbriqués et de ressources limitées, où les décisions que l'on prend aujourd'hui affectent ce qui restera demain. Elle propose une façon nouvelle et audacieuse de percevoir les systèmes économiques mondiaux : non en tant que systèmes linéaires, mais circulaires, où tout est lié.
Lorsque l'on est enfant, absolument tout est possible.
Le défi est, bien souvent, de conserver ce sentiment en grandissant.
Lorsque j'avais quatre ans, j'ai eu l'opportunité de naviguer pour la première fois.
Je n'oublierai jamais l'excitation lorsque nous avons quitté la côte.
Je n'oublierai jamais la sensation d'aventure lorsque je suis montée à bord du bateau et ai regardé avidement sa petite cabine pour la première fois.
Mais la sensation la plus incroyable a été la sensation de liberté, la sensation que j'ai éprouvée lorsque nous avons mis les voiles.
Pour une enfant de quatre ans, c'était la plus grande sensation de liberté que j'aurais jamais pu imaginer.
Là-bas, j'ai décidé qu'un jour, d'une façon ou d'une autre, j'allais naviguer autour du monde.
Alors j'ai fait ce que j'ai pu pour me rapprocher de ce rêve.
À 10 ans, c'était économiser la monnaie de l'argent de la cantine.
Chaque jour pendant huit ans, je mangeais de la purée et des haricots, qui coûtaient 4 pence chacun, et la sauce était gratuite.
Chaque jour, j'empilais la monnaie sur ma tirelire, et quand cette pile faisait 1 livre, je la mettais dedans, et cochais l'un des cents carrés que j'avais dessinés sur une feuille de papier.
Enfin, j'ai acheté un tout petit canot.
Dans le jardin j'ai passé des heures dedans, m'imaginant réaliser mon rêve.
J'ai lu chaque livre que j'ai pu sur la voile, puis, alors que mon école m'avait dit que je n'étais pas assez intelligente pour être vétérinaire, j'ai quitté l'école à 17 ans pour commencer mon apprentissage de la voile.
Imaginez comment je me suis sentie, seulement quatre ans plus tard, d'être assise dans une salle de conférence, devant quelqu'un qui, je le savais, pouvait réaliser mon rêve.
J'ai eu l'impression que ma vie dépendait de ce moment, et incroyablement, il a dit oui.
Je pouvais à peine contenir mon excitation lorsque j'ai assisté à cette première réunion pour concevoir un bateau avec lequel j'allais naviguer en solitaire, sans escale, autour du monde.
Depuis cette première réunion à la ligne d'arrivée de la course, c'était tout ce que j'avais jamais imaginé.
Comme dans mes rêves, il y eut des moments formidables et des moments difficiles.
Nous avons évité de six mètres un iceberg.
Neuf fois, j'ai grimpé au sommet du mât de 27 mètres.
Le vent soufflait en travers dans l'océan Austral.
Mais les couchers de soleil, la faune et l'éloignement étaient absolument époustouflants.
Après trois mois en mer, à tout juste 24 ans, j'ai terminé en deuxième position.
J'avais tant adoré cette course qu'en moins de six mois, j'avais décidé de faire encore le tour du monde, mais cette fois, pas lors d'une course : pour essayer d'être la personne la plus rapide de l'histoire à naviguer en solitaire sans escale autour du monde.
Pour ce faire, j'avais besoin d'un bateau différent : plus grand, plus large, plus rapide, plus puissant.
Pour donner une idée de son échelle, je pouvais grimper à l'intérieur de son mât jusqu'au sommet.
23 mètres de long, 18 mètres de large.
Je l'appelais affectueusement Moby.
C'était un multicoque.
À l'époque, personne n'avait jamais réussi un voyage en solitaire sans escale autour du monde en une fois, bien que beaucoup aient essayé, mais durant la construction, un Français prit un bateau 25% plus grand, et non seulement a-t-il réussi, mais il a battu le record de 93 jours, et l'a fait descendre à 72.
La barre était désormais bien plus haute.
Ces bateaux étaient sensationnels à naviguer.
C'était un essai en mer sur la côte française.
Je connais bien parce que j'étais l'une des cinq membres d'équipage à bord.
Alors que tout allait bien, il n'a fallu que cinq secondes pour que notre monde s'obscurcisse et que les hublots soient sous l'eau et ces cinq secondes passent vite.
Regardez la distance entre la mer et ces gars.
Imaginez ça, seule, dans l'océan Austral, plongée dans l'eau glacée, à des milliers de kilomètres de la terre ferme.
C'était le jour de Noël.
J'avançais dans l'océan Austral, au-dessous de l'Australie.
Les conditions étaient atroces.
J'approchais un endroit dans l'océan qui était à plus de 3 000 kilomètres de la ville la plus proche.
La terre la plus proche était l'Antarctique et les gens les plus proches étaient de service à l'European Space Station
au-dessus de moi. Vous êtes vraiment au milieu de nulle part.
Si vous avez besoin d'aide, et si vous êtes toujours en vie, il faut quatre jours pour qu'un bateau arrive jusqu'à vous, puis quatre jours pour que ce bateau vous ramène au port.
Aucun hélicoptère ne peut vous atteindre là-bas, et aucun avion ne peut atterrir.
Nous allions au devant d'une énorme tempête.
En son centre le vent atteignait 80 nœuds, bien plus que ce que le bateau et moi-même pouvions supporter.
Les vagues atteignaient déjà 12 à 15 mètres de haut, et l'écume des crêtes déferlantes était projetée horizontalement comme la neige durant un blizzard.
Si nous ne naviguions pas assez vite, nous serions engloutis par cette tempête, nous allions chavirer ou être réduits en pièces.
Nous nous accrochions littéralement à la vie, et nous étions au bord du gouffre.
La vitesse dont j'avais désespérément besoin s'accompagnait de son lot de dangers.
On sait tous ce que ça fait de conduire une voiture à 40, 50, 60 km à l'heure.
Ça n'est pas trop stressant. On peut se concentrer.
On peut écouter la radio.
Roulez à 80, 90, 100, accélérez jusqu'à 120, 130, 140 km par heure.
Maintenant l'adrénaline monte, et on serre le volant.
Maintenant conduisez cette voiture hors route, de nuit, et enlevez les essuie-glaces, le pare-brise, les phares et les freins.
C'est comme ça dans l'océan Austral.
Vous imaginez combien il peut être difficile de dormir dans cette situation, même en tant que passager.
Mais vous n'êtes pas passager.
Vous êtes seul sur un bateau dans lequel vous tenez à peine debout, et vous devez prendre toutes les décisions à bord.
J'étais absolument exténuée, physiquement et mentalement.
Huit changements de voile en douze heures.
La grand-voile faisait trois fois mon poids, et après chaque changement, je m'effondrais sur le sol, trempée par la sueur, alors que l'air glacial de l'océan Austral brûlait le fond de ma gorge.
Mais là-bas, les pires moments contrastent si souvent avec les moments les plus forts.
Quelques jours plus tard, nous sommes sortis du gouffre.
Contre tout attente, nous avions battu tous les pronostics au cœur de cette dépression.
Le ciel s'est éclairci, la pluie s'est arrêtée, et en un clin d’œil, la mer monstrueuse s'était transformée en la plus belle des montagnes au clair de lune.
C'est dur à expliquer, mais vous fonctionnez différemment lorsque vous partez là-bas.
Votre bateau est votre monde entier, et ce que vous prenez avec vous au départ est tout ce que vous avez.
Si je vous disais maintenant : « Allez à Vancouver et trouvez ce dont vous avez besoin pour survivre durant trois mois », ce n'est pas une mince affaire.
Il s'agit de la nourriture, l'essence, les vêtements, même le papier toilette et le dentifrice.
C'est ce que nous faisons, et lorsque nous partons, nous gérons jusqu'à la dernière goutte d'essence et le dernier sachet de nourriture.
Aucune expérience dans ma vie n'aurait pu m'apporter une meilleure compréhension de la définition du mot « limité ».
Ce que nous avons là-bas est tout ce que nous avons.
Ni plus ni moins.
Et jamais dans ma vie je n'ai pu étendre cette définition du limité que j'ai pu ressentir à bord à quoi que ce soit en dehors de la voile, jusqu'à ma descente du bateau à la ligne d'arrivée, après avoir battu le record.
Tout à coup, j'ai fait le lien.
Notre économie mondiale n'est pas différente.
Elle est entièrement dépendante de matières limitées que nous ne possédons qu'une fois dans l'histoire de l'humanité.
C'était un peu comme voir quelque chose d'inattendu sous un rocher et avoir deux choix : soit je mets ce rocher de côté et j'en apprends plus à son sujet, soit je le remets en place et je poursuis le métier de mes rêves : naviguer autour du monde.
J'ai choisi le premier.
Je l'ai mis de côté et j'ai entrepris l'aventure d'un nouvel apprentissage, parlant à des PDG, des experts, des scientifiques, des économistes, pour essayer de simplement comprendre comment marche notre économie mondiale.
Ma curiosité m'a conduite dans des endroits extraordinaires.
Cette photo a été prise dans le brûleur d'une centrale électrique au charbon.
J'étais fascinée par le charbon, essentiel à nos besoins énergétiques mondiaux, mais également très lié à ma famille.
Mon arrière-grand-père était mineur, et il avait passé cinquante ans de sa vie sous terre.
Voici une photo de lui, et lorsque vous voyez cette photo, vous voyez quelqu'un d'une autre époque.
Plus personne ne porte des pantalons avec une taille aussi haute de nos jours. Mais encore, c'est moi avec mon arrière-grand-père, et en passant, ce ne sont pas ses vraies oreilles. Nous étions proches. Je me rappelle m'asseoir sur ses genoux et écouter ses histoires.
Il parlait de la camaraderie sous terre, et du fait que les mineurs gardaient les croûtes de leurs sandwiches pour les donner aux poneys avec qui ils travaillaient sous terre.
C'était comme si c'était hier.
Et dans mon aventure vers le Savoir, j'ai visité le site de la World Coal Association, et sur la page d'accueil était écrit : « Il nous reste environ 118 ans de charbon. »
Et je me suis dit, bon, c'est bien après mon existence, et un chiffre bien meilleur que les prédictions pour le pétrole.
Mais j'ai compté, et j'ai réalisé que mon arrière-grand-père était né exactement 118 ans avant cette année-là, et je m'asseyais sur ses genoux jusqu'à ce que j'aie 11 ans. J'ai réalisé que ce n'était rien ni en termes d'années, ni d'histoire.
Et ça m'a fait prendre une décision tout à fait inattendue : de laisser la voile en solitaire derrière moi, et de me concentrer sur le plus grand défi que j'avais jamais rencontré : le futur de notre économie mondiale.
J'ai vite réalisé que ça ne concernait pas que l'énergie,
mais aussi les matières premières.
En 2008, j'ai trouvé une étude scientifique qui étudiait combien d'années de matériaux précieux à extraire du sol il nous reste : cuivre, 61 ; étain, zinc, 40 ; argent, 29.
Ces chiffres ne pouvaient pas être exacts, mais nous savions qu'ils étaient limités.
Nous ne les avons qu'une fois.
Pourtant, la vitesse à laquelle nous les utilisons a rapidement augmenté, de façon exponentielle.
Toujours plus nombreux à posséder toujours plus de choses, nous avons en effet vu cent ans de baisse de prix pour ces produits de base être effacée en seulement dix ans.
Et ça nous touche tous.
Ça a amené une énorme instabilité dans les prix, tant et si bien qu'en 2011, le constructeur automobile européen moyen a vu le prix des matières premières augmenter de 500 millions d'euros, effaçant la moitié de ses bénéfices d'exploitation au profit de quelque chose sur lequel il n'a absolument aucun contrôle.
Plus j'en apprenais, plus je commençais à changer ma propre vie.
J'ai moins voyagé, moins fait, moins utilisé.
Il semblait que moins faire était ce qu'il fallait faire.
Mais ça me mettait mal à l'aise.
Ça n'allait pas.
J'avais l'impression que l'on gagnait du temps.
Nous rallongions un peu les choses.
Même si tout le monde changeait, le problème ne serait pas résolu.
Ça ne réparerait pas le système.
C'était vital dans la transition, mais voici ce qui me fascinait : la transition vers quoi ? Qu'est-ce qui pourrait vraiment marcher ?
J'ai constaté que le système en lui-même, le cadre dans lequel nous vivons, est fondamentalement imparfait, et j'ai réalisé à la fin que notre système de fonctionnement, la façon dont notre économie marche, dont notre économie a été construite, est un système en lui-même.
En mer, j'avais dû comprendre des systèmes complexes.
Je devais intégrer de multiples informations, je devais les traiter, et je devais comprendre le système pour gagner.
Je devais le rendre intelligible.
Alors que j'étudiais notre économie, j'ai réalisé que c'était aussi un système, mais c'est un système qui ne peut pas fonctionner sur le long terme.
J'ai réalisé que nous avions parfait ce qui est une économie linéaire pendant cent cinquante ans, où nous sortons une matière du sol, nous en faisons quelque chose, et à la fin, ce produit est jeté, et oui, nous en recyclons une partie, mais plus comme une façon d'en tirer ce qu'on peut à la fin, pas parce qu'on l'a prévu.
C'est une économie qui ne peut pas marcher sur le long terme, et si nous savons que nos matières sont limitées, pourquoi construirions-nous une économie qui consommerait les choses, qui créerait des déchets ?
La vie elle-même existe depuis des milliards d'années et s'est continuellement adaptée à l'utilisation efficace des matières.
C'est un système complexe, mais il n'y a pas de gaspillage.
Tout est métabolisé.
Ce n'est pas du tout une économie linéaire, mais circulaire.
Je me suis sentie comme l'enfant dans le jardin.
Pour la première fois dans cette aventure, je pouvais voir exactement où nous allions.
Si nous pouvions bâtir une économie qui utiliserait les choses au lieu de les consommer, nous pourrions bâtir un futur qui serait viable sur le long terme.
J'étais excitée.
C'était la voie à suivre.
Nous savions exactement où aller. Nous devions juste comprendre comment y aller, et c'est avec cette idée-là en tête que nous avons créé la Fondation Ellen MacArthur en septembre 2010.
Beaucoup d'écoles de pensée ont nourri notre réflexion et indiqué ce modèle : symbiose industrielle, économie performante, économie de partage, biomimétisme, et bien sûr, une production du berceau au berceau.
Les matières seraient soit définies comme techniques, soit comme biologiques, le gaspillage serait entièrement supprimé, et on aurait un système qui pourrait absolument fonctionner sur le long terme.
À quoi donc ressemblerait cette économie ?
Peut-être que l'on n'achèterait pas de lampes mais que l'on paierait pour un service. Les fabricants récupéreraient les matériaux, et remplaceraient les appareils par des produits plus efficaces.
Et si des emballages non-toxiques pouvaient se dissoudre dans l'eau et à la fin, être bus ? Ne devenant jamais des déchets.
Et si les moteurs pouvaient être remanufacturés, si on pouvait récupérer leurs pièces et considérablement réduire la demande en énergie.
Et si on pouvait récupérer les éléments des circuits imprimés, les réutiliser, et récupérer les matériaux à l'intérieur, une deuxième fois ?
Et si on pouvait collecter les restes de nourriture ?
Et si on pouvait les transformer en engrais, en chaleur, en énergie, à la fin rétablir les systèmes nutritifs et construire à nouveau un capital naturel ?
Et les voitures — ce que l'on veut, c'est se déplacer.
Nous n'avons pas besoin de posséder les matériaux.
Les voitures pourraient-elles devenir un service et nous offrir la mobilité ?
Tout ceci semble incroyable, mais ce ne sont pas que des idées, c'est réel, et elles sont au premier rang de l'économie circulaire.
La prochaine étape devant nous est de les développer et les diffuser.
Alors, comment passeriez-vous du linéaire au circulaire ?
À la Fondation, nous avons voulu travailler avec les meilleures universités du monde, avec les entreprises de pointe, avec les plus grandes plateformes du monde, et avec les gouvernements.
Ou avec les meilleurs analystes et leur poser la question : « Cette économie peut-elle séparer la croissance des contraintes en ressources ?
L'économie circulaire peut-elle reconstruire du capital naturel ?
L'économie circulaire peut-elle remplacer l'utilisation d'engrais chimiques ? »
Oui fut la réponse à cette séparation, mais également oui, nous pourrions diminuer l'utilisation d'engrais en la divisant par 2,7.
Ce qui m'a le plus inspiré dans l'économie circulaire était sa capacité à inspirer les jeunes.
Lorsque les jeunes voient l'économie à travers un prisme circulaire, ils voient de nouvelles opportunités sur la même ligne d'horizon.
Ils peuvent utiliser leur créativité et leur savoir pour reconstruire le système entier, et il n'y a plus qu'à agir, et plus vite nous le faisons, meilleur ce sera.
Pouvons-nous accomplir ça durant leurs existences ?
Est-ce vraiment possible ?
Je crois que oui.
Lorsque vous regardez l'existence de mon arrière-grand-père, tout est possible.
Lorsqu'il est né, il n'y avait que vingt-cinq voitures dans le monde ; elles venaient à peine d'être inventées.
Lorsqu'il avait 14 ans, nous avons volé pour la première fois de l'histoire.
Maintenant, il y a 100 000 vols charters chaque jour.
Lorsqu'il avait 45 ans, nous avons construit le premier ordinateur.
Beaucoup ont dit que ça ne prendrait pas, c'était faux, et vingt ans après, nous l'avons transformé en puce, dont il y a des milliers dans cette pièce aujourd'hui.
Dix ans avant sa mort, nous avons fabriqué le premier téléphone mobile.
À dire vrai, ce n'était pas si mobile, mais maintenant ça l'est vraiment. Et alors que mon arrière-grand-père a quitté cette Terre, Internet est arrivé.
Dorénavant, nous pouvons tout faire, mais le plus important, maintenant nous avons un plan.
Merci. |
Planting the Seeds of Africa’s Growth
WEST LAFAYETTE, INDIANA – After decades of bad news, at least three major trends are turning Africa’s way: agricultural policies, rural demography, and farm productivity all promise improved opportunities for farm families across the continent.
These trends move too slowly to make headlines, but cumulatively they offer a whole new world of bigger payoffs from public and private investment in agriculture and rural development.
Each country in every year faces a unique set of circumstances.
Novelties get the most attention, like the possibility that outside investors might control large areas of farmland.
Spatial diversity is also important, because it ensures that each place differs from the aggregate average.
For Africa as a whole, however, at least three slow trends have recent turning points that offer game-changing new incentives for entrepreneurs and governments.
The first turning point is political.
New data from a World Bank study that compares farm policies around the world since 1955 shows for the first time just how far today’s African governments have gone to reduce the cost to farmers of the export taxes, marketing boards, and other interventions imposed by previous regimes (www.worldbank.org/agdistortions).
Africa’s policy-induced price distortions peaked in the late 1970’s, and reforms since then have removed about two-thirds of that burden, greatly facilitating productivity growth and poverty alleviation.
Further reforms could yield additional benefits, but much of the handicap imposed on African farmers by post-colonial governments has now been removed.
The second transition is demographic.
Census data compiled in recent revisions of United Nations population projections reveal the slowly unfolding implications of African history.
African households obtained access to modern medicine much later and more suddenly than people in other regions.
The resulting improvement in child survival rates and population growth during the 1970’s and 1980’s were faster than those seen earlier in Asia or Latin America.
Africa’s towns and cities have been growing at some of the world’s fastest rates, but their absolute size is so small that they can absorb only a fraction of all new workers.
Consequently, Africa’s rural population has been growing faster and for longer than any other in human history, with a correspondingly rapid and prolonged decline in per-capita endowments of land and other natural resources.
Moreover, post-independence improvements in child survival triggered a rise in child dependency rates, which also reached historically unprecedented levels in the 1970’s and 1980’s.
Africa’s demographic burdens began to lighten in the 1990’s, thanks to gradual reduction in fertility rates and continued urbanization.
As seen earlier in Asia, the slowdown in rural population growth and the reduced burden of childcare creates a window of opportunity for new investment to bring larger year-on-year increases in output per capita.
The third turning point in this sequence is technological: national estimates of cereal crop productivity show how, after decades of stagnation during the Asian green revolution, African yields have grown steadily over the past decade, so that estimated cereal grain output per capita now equals that of South Asia.
The start of this turnaround could be associated with the other two trends, as the cumulative result of more favorable policies and increased labor per hectare, but it could also reflect the gradual spread of improved crop varieties that resulted from earlier investment in agricultural technology.
The inflow of foreign aid to boost agricultural production did not rise until after the world food crisis of the 1970’s, and it peaked in the late 1980’s, yielding payoffs some years later.
Taken together, African politics, demography, and the delayed arrival of new technologies imposed severe headwinds against per-capita growth of agricultural output in the last quarter of the twentieth century.
But, looking forward, as these headwinds fade, faster growth and poverty alleviation are becoming easier to achieve.
Of course there is no guarantee of further progress.
The engines of growth include public and private investment, particularly for the new technologies needed to raise farm productivity.
Past efforts have been victims of their own success: as the burst of worldwide agricultural research and development in the 1970’s and 1980’s led to global food abundance in the 1990’s and 2000’s, foreign-aid donors turned to other priorities, and their per-capita support for African agriculture fell to a historical low in 2006 of around one dollar per year.
The global food crisis of 2007-2008 brought a brutal end to that complacency, and many investors have pledged a renewed focus on agriculture, but the proof will be in the spending.
African agriculture continues to face serious challenges.
Soil nutrients are being depleted, soil moisture is falling, temperatures are rising, and disease pressures are worsening.
Fortunately, a growing arsenal of solutions is available through local innovations that are increasingly well adapted to Africa’s unique needs.
Generalizations and predictions rarely survive for long on a continent as diverse and volatile as Africa is.
But African countries do have some things in common: widespread improvements in farm policy, improved demographic conditions, and the availability of new technologies create new opportunities for the decade ahead.
These three mega-trends put African farmers in a better position than ever before to take advantage of increased public and private investment.
As the obstacles created by previous government policies and past population growth are gradually removed, adopting successful innovations will yield increasingly large payoffs and faster per-capita growth over time.
For investors, the deepest obstacles are informational: what works best, and under which circumstances?
New data sources about relative impacts are becoming available, and are desperately needed.
Governments, donors, and other investors can still make bad choices, but there are unprecedented opportunities for high-payoff growth.
If funders take notice, farmers are poised to respond – and 2010 could mark the start of a bright new era in African agriculture. | Une ère nouvelle pour l'agriculture africaine
WEST LAFAYETTE, INDIANA – Après des décennies de mauvaises nouvelles, enfin la tendance s'inverse pour l'Afrique : pour les paysans à travers le continent la politique agricole, la démographie rurale et la productivité des terres sont bien plus prometteuses que dans le passé.
Ces paramètres évoluent trop lentement pour faire les gros titres des médias, mais grâce à leur évolution conjointe, les investissements publiques et privés dans l'agriculture et le développement rural ouvrent enfin la perspective de bénéfices intéressants.
Chaque année qui passe confronte chaque pays à une situation unique.
Ce sont les nouveautés qui retiennent le plus l'attention, comme par exemple la possibilité que des investisseurs étrangers contrôlent une grande partie des terres agricoles.
La diversité spatiale compte également beaucoup, c'est grâce à elle que chaque lopin de terre diffère de la moyenne.
En ce qui concerne l'ensemble de l'Afrique, trois tendances lentes qui se sont récemment inversées offrent maintenant des occasions d'investissements intéressants, tant de la part de l'Etat que du secteur privé.
Le premier changement est politique.
Une étude récente de la Banque mondiale (www.worldbank.org/agdistortions) compare les politiques agricoles dans le monde depuis 1955. Elle montre pour la première fois tout ce que les gouvernements africains ont fait pour diminuer les charges supportées par les agriculteurs - qu'il s'agisse des taxes à l'exportation, du financement des offices de commercialisation ou des autres frais imposés par les précédents régimes.
La distorsion des prix des produits africains pour des raisons purement politique a culminé à la fin des années 1970, mais les réformes qui ont suivi ont permis d'alléger ce fardeau des deux tiers, ce qui a beaucoup favorisé la productivité et la lutte contre la pauvreté.
Continuer sur la voie des reformes pourraient être porteur d'avantages supplémentaires, mais la plus grande partie du handicap imposé aux agriculteurs africains par les Etats post-coloniaux a disparu.
Le deuxième changement est démographique.
La récente compilation par l'ONU des données démographiques montre le déroulement de l'Histoire de l'Afrique.
Les ménages africains n'ont eu accès à la médecine moderne que bien plus tard que les autres peuples, mais plus rapidement.
Durant les années 1970 et 1980 cela s'est traduit par une diminution de la mortalité infantile et une croissance démographique bien plus rapide que celles qu'il y a eu antérieurement en Asie ou en Amérique latine.
La croissance des villes africaine est l'une des plus rapides au monde, mais leur taille relativement modeste ne leur permet d'absorber qu'une fraction des nouveaux arrivants sur le marché du travail.
De ce fait, la croissance démographique de la population rurale africaine a été la plus rapide et la plus longue de toute l'histoire de l'humanité. Elle a eu pour conséquence un déclin important et prolongé des ressources naturelles et de la surface cultivable par habitant.
Par ailleurs la diminution de la mortalité infantile après l'indépendance a provoqué une hausse du taux d'enfants dans la population qui a atteint un niveau sans précédent dans les années 1970 et 1980.
Le fardeau de la démographie africaine a commencé à diminuer dans les années 1990 en raison de la diminution du taux de fertilité des femmes et de l'urbanisation.
Ainsi qu'on l'avait déjà constaté en Asie, du fait du ralentissement de la croissance démographique rurale et de la diminution du nombre d'enfants, année après année les investissements ont abouti à une augmentation des revenus des ménages.
Le troisième changement est de nature technologique : selon les estimations, après des années de stagnation durant la révolution verte asiatique, le rendement de l'agriculture africaine a fortement augmenté lors des 10 dernières années, et la production de céréales par habitant est maintenant égale à celle de l'Asie du Sud.
On peut associer cette amélioration avec les deux autres facteurs, une meilleure politique agricole et une main d'ouvre plus nombreuse, mais elle reflète aussi la généralisation progressive de meilleures variétés céréalières obtenues grâce aux investissements réalisés dans la technologie agricole.
L'aide étrangère en faveur de l'agriculture n'a augmenté qu'après la crise alimentaire des années 1970, avec un pic à la fin des années 1980. Elle a entraîné une amélioration de la production quelques années plus tard.
Dans les 25 dernières années du 20° siècle, la politique africaine, la démographie et le retard technologique ont freiné la croissance de la production agricole par habitant.
Mais la disparition de ces obstacles a favorisé la lutte contre la pauvreté et l'augmentation de la production agricole.
Cela ne suffit certes pas à garantir des progrès futurs.
Les investissements publics et privés (notamment dans les nouvelles technologies destinées à améliorer la production agricole) sont les moteurs de la croissance. La politique mise en place dans le passé a été victime de son propre succès.
L'envolée de la recherche et du développement agricole au niveau mondial dans les années 1970 et 1980 s'étant traduite 20 ans plus tard par une abondance alimentaire généralisée, l'aide étrangère s'est tournée vers d'autres priorités. Aussi, l'aide à l'agriculture africaine a-t-elle chuté au niveau sans précédent de un dollar par habitant en 2006.
La crise alimentaire mondiale de 2007-2008 a mis une fin brutale à cette autosatisfaction et beaucoup d'investisseurs ont promis de s'intéresser à nouveau à l'agriculture. Il reste à attendre qu'ils passent aux actes.
L'agriculture africaine reste confrontée à de sérieux problèmes.
La terre manque d'éléments nutritifs, l'humidité du sol diminue, la température augmente et les maladies sont plus fréquentes.
Heureusement l'arsenal des solutions adaptées aux besoins spécifiques de l'Afrique s'enrichit à travers l'innovation au niveau local.
Les généralisations et les prédictions se révèlent rarement exactes pour un continent aussi divers et imprévisible que l'Afrique.
Pourtant les pays africains ont quelque chose en commun : une amélioration à grande échelle de la politique agricole, une démographie plus favorable et l'arrivée des nouvelles technologies qui sont autant d'atouts pour l'avenir.
Ces trois tendances lourdes mettent les agriculteurs africains en meilleure position qu'ils ne l'ont jamais été pour profiter de l'augmentation des investissements publics et privés.
Les obstacles dus aux politiques agricoles et à la croissance démographique du passé s'estompent. Aussi l'innovation en matière agricole va-t-elle être de plus en plus bénéfique et contribuer à une augmentation de la croissance par habitant.
Pour les investisseurs, le plus gros obstacle est celui de la connaissance : qu'est-ce qui marche le mieux et dans quel environnement ?
De nouvelles sources d'information apparaissent, elles répondent à un besoin urgent.
Les occasions pour une plus forte croissance sont sans aucun précédent.
Si les gouvernements, les donateurs et les investisseurs font les bons choix, les agriculteurs sont prêts et 2010 pourrait marquer le début d'une ère nouvelle pour l'agriculture africaine. |
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